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Torah-Box Magazine n°372 Israël - Ki-Tavo

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Ki-Tavo

n°372

26 août 2026 I 13 Eloul 5786


Illustration

Il y a des projets où tout s’harmonise parfaitement. Carasso Nia réunit une alliance rare entre une communauté de qualité, un emplacement privilégié et une expérience de vie d’exception. Rejoignez des dizaines de familles d’Israël et de l’étranger qui ont déjà choisi d’assurer leur avenir dans ce projet recherché situé sur Derech Bethléem, à Jerusalem.

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L'ÉDITO DE LA SEMAINE Le seul jumelage dont Israël a besoin Une décision venue de Londres a suscité dernièrement une vive controverse : le quartier londonien de Hackney a demandé à suspendre le jumelage conclu en 1968 avec la ville de ‘Haïfa. Le conseil municipal de cette localité estime que le maintien de ce lien n’est plus compatible avec "sa position sur la guerre de Gaza et les droits humains". En Israël, c’est le choc ! Une polémique supplémentaire provient du fait que la maire avait initialement fixé la date du 7 octobre (!) comme date de rupture, mais que, face aux critiques, elle a finalement changé l’échéance. En quoi consiste exactement un jumelage entre deux villes ? Il s’agit d’un accord de coopération conclu entre deux collectivités locales de pays différents. Les jumelages sont apparus en Europe après la Seconde Guerre mondiale pour favoriser la réconciliation entre les peuples, puis se sont étendus au monde entier. Un jumelage vise généralement à développer des échanges culturels, scolaires et économiques. Pour Israël, le jumelage constitue surtout un outil de diplomatie qui s’ajoute aux relations entre gouvernements. Il permet de rompre un certain isolement politique avec les Nations et de faire connaître la réalité israélienne. Sachons que l’on compte plus d’une centaine de jumelages internationaux impliquant des villes israéliennes, et quelque 42 communes françaises y sont impliquées. Face à cette décision de rupture, Israël se trouve à la fois offusqué et inquiet, craignant un effet domino : d’autres municipalités pourraient être encouragées à faire de même sous la pression de campagnes militantes, et l’État hébreu se retrouverait encore plus isolé que jamais sur la scène internationale.

Bien sûr, on peut comprendre les sentiments du gouvernement israélien mais, d’un autre côté, on peut tout aussi bien ne pas s’en émouvoir outre mesure. En effet, depuis quelque temps déjà, à Londres comme dans beaucoup d’autres villes d’Europe, la culture dominante devient de plus en plus celle d’un radicalisme musulman qui n’est pas censé intéresser Israël. De plus, depuis le 7 octobre, on condamne presque systématiquement cet État, sans lui donner la légitimité de se défendre. La ville de ‘Haïfa devrait, au contraire, être plutôt satisfaite de se débarrasser d’un jumelage qui, dans le fond, n’apporte pas grand-chose à ses habitants, si ce n’est du mépris de la part d’une civilisation en voie d’extinction. Depuis longtemps, Israël se bat pour se faire sa place auprès des Nations : c’est peut-être le seul pays au monde à devoir justifier sa présence sur la terre de ses ancêtres, sa capitale n’étant généralement même pas reconnue. Le moment est peutêtre arrivé de chercher dans son propre patrimoine, si riche, des réponses aux grandes questions liées à son identité et à son destin particuliers. Pour cela, une forme de jumelage intéressante serait de lier toutes les villes d’Israël avec celle de Jérusalem, qui possède beaucoup de quartiers riches en Torah, synagogues, maisons d’étude et centres de ‘Hassidout : Baït Végan, Ramot, Ramat Chlomo, Sanhédria, Har Nof, Méa Ché’arim, Boukharim, Romema, Cha’aré ‘Hessed, Guéoula… Voilà une liste non exhaustive de ces quartiers dans lesquels une vie juive est véritablement ressentie. Une telle initiative permettrait à tous les citoyens israéliens de connaître la richesse de nos valeurs et, parallèlement, de bien réaliser l’inconsistance de tous les jumelages que l’on connaît aujourd’hui. Rav Daniel Scemama Magazine I n°372

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SOMMAIRE Daniel Scemama 03 Rav L'Édito - Le seul jumelage dont Israël a besoin

07 Actualités 14 Humeur En Israël, même les vacances prouvent qu’on a gagné 18 Évènements Jérusalem, Paris, Londres :3 grandes soirées d’hommage au Rav Yossef-‘Haïm Sitruk

20 Femmes Eloul : vous êtes tombé ? Remontez ! 25 Devinettes sur la Paracha Its'hak Jessurun 28 Rav Le message d'un rabbin de Marseille

Responsable publication David Choukroun Rédacteurs Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Ariel Marciano, David Choukroun, ‘Haya Hertzberg, Rav Its’hak Jessurun, Rav Yehonathan Gefen, Rav Nathaniel Mimoun, Sarah Kisielewski, Rav Gabriel Dayan, No’am Zigdon

Yehonathan Gefen 29 Rav Ki-Tavo – La joie des érudits

Mise en page Dafna Uzan

31 Shabatik 35 Histoire Taz le boucher

Secrétariat 02.37.41.515

DOSSIER

Objectif Yéchiva

38 Comment la Yéchiva a sauvé le peuple juif 45 Interview - Pourquoi envoyer son fils en Yéchiva ? veille sur les étudiants de Yéchiva français en 48 Qui Israël ? 50 "Maman, laisse-moi partir !" 3 mamans témoignent 54 On a testé : 1 semaine en Yéchiva 58 Questions au Rav Paracha pour les enfants 60 LaConstruire ou casser, il faut choisir 62 Recette Huile verte aromatique aux herbes fraîches

Couverture 3d.oshri

Publicité Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306 Distribution diffusion@torah-box.com Remarques & commentaires magazine@torah-box.com Abonnement torah-box.com/magazine

 Les annonces publicitaires sont

sous la responsabilité de leurs annonceurs

 Ne pas lire pendant la prière  Ce magazine contient des

enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle


Daf Hayomi 'Houlin 120 Michna Yomit Kélim 27-6

JEU

pour le mariage de sa fille 'Hanna ! et à Lirane Benzecri pour sa Bar Mitsva !

27 août 14 Eloul

VEN

Daf Hayomi 'Houlin 119 Michna Yomit Kélim 27-4

28 août 15 Eloul

SAM

Grand Mazal Tov à Ya'akov Melki

29 août 16 Eloul

DIM

Daf Hayomi 'Houlin 118 Michna Yomit Kélim 27-2

30 août 17 Eloul

Daf Hayomi 'Houlin 122 Michna Yomit Kélim 27-10

LUN

26 août 13 Eloul

31 août 18 Eloul

Daf Hayomi 'Houlin 123 Michna Yomit Kélim 27-12

MAR

MER

CALENDRIER DE LA SEMAINE

1er sept. 19 Eloul

Daf Hayomi 'Houlin 124 Michna Yomit Kélim 28-2

Parachat Ki-Tavo Daf Hayomi 'Houlin 121 Michna Yomit Kélim 27-8

Horaires du Chabbath Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

Entrée

18:28

18:50

18:50

18:50

Sortie

19:45

19:47

19:47

19:47

Zmanim du 29 Août Jéru.

Tel Aviv

Achdod

Natanya

Nets

06:13

06:14

06:15

06:14

Fin du Chéma (2)

09:26

09:27

09:28

09:27

'Hatsot

12:40

12:42

12:42

12:42

Chkia

19:07

19:09

19:09

19:09


ACTUALITÉS Vallée du Jourdain : un Israélien blessé dans un attentat au couteau Un Israélien de 24 ans a été blessé dimanche matin dans un attentat au couteau à Al-Auja, dans la vallée du Jourdain, en Judée-Samarie. Le jeune homme a été attaqué alors qu’il faisait des achats dans le village. Touché au haut du corps, il a été pris en charge par le Maguen David Adom

et une équipe médicale de Tsahal, puis évacué dans un état modéré vers l’hôpital Cha'aré Tsedek de Jérusalem. Le terroriste a pris la fuite après l’attaque. Tsahal a lancé une vaste chasse à l’homme et installé des barrages sur les routes du secteur afin de le retrouver.

Syrie : Israël et la Turquie maintiennent des contacts secrets pour éviter une confrontation Israël et la Turquie maintiennent des canaux systèmes de défense aérienne, de drones ou de communication secrets afin d’éviter de missiles susceptibles de limiter la liberté une confrontation en Syrie, a indiqué un d’action de Tsahal. L’armée israélienne a responsable sécuritaire israélien. Jérusalem récemment frappé l’aéroport militaire d’Abu assure ne pas chercher à faire d’Ankara un al-Duhur, dans le nord du pays, avant l’arrivée ennemi, tout en fixant plusieurs lignes rouges de matériel destiné, selon Israël, à renforcer concernant une éventuelle implantation la présence turque sur place. Ankara nie militaire turque en Syrie. Israël s’oppose toutefois toute présence militaire sur la base notamment au déploiement de radars, de au moment des frappes. ‫בס”ד‬

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Magazine I n°372

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ACTUALITÉS 44 ans après sa disparition au Liban, Yéhouda Katz inhumé à Jérusalem Le sergent de première classe Yéhouda Katz a été inhumé vendredi au cimetière du mont des Oliviers, à Jérusalem, 44 ans après sa disparition lors de la bataille de Sultan Yacoub, au Liban, en 1982. Sa dépouille, retrouvée lors d’une opération spéciale menée par le renseignement militaire et le Mossad, avait été rapatriée en Israël mardi. Des centaines

de personnes ont accompagné le cortège, parti de la Yéchiva Kerem Béyavné, où le soldat avait étudié. Son frère Avi a livré des mots bouleversants : "Pour nous, Yéhouda est mort cette semaine, pas il y a 44 ans." Après plus de quatre décennies d’attente, le soldat disparu a enfin été ramené en terre d’Israël.

Kotel : des dizaines de milliers de fidèles aux Seli’hot aux côtés d’anciens otages Des dizaines de milliers de

Rav

Chemouel

personnes se sont rassemblées

Une

prière

dans

à

remerciement a été récitée pour

dimanche au Kotel, à Jérusalem,

leur retour, ainsi que des prières

la

nuit

de

samedi

de

pour une grande soirée de Séli’hot. Plusieurs

pour la protection des soldats de Tsahal et

anciens otages libérés de Gaza, parmi

des forces de sécurité, l’unité du peuple juif,

lesquels Noa Argamani, Itay Regev, Omer

et la paix et la sécurité d’Israël. Le prochain

Chem Tov et Eliya Cohen, ont participé

grand rassemblement de Séli’hot au Kotel est

à l’événement aux côtés du Rav du Kotel,

prévu jeudi à 00h15.

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Magazine I n°372

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ACTUALITÉS Téhéran

menace

s’associeraient

les aux

pays

qui

sanctions

France : Des tags antisémites et racistes découverts sur une école du Havre

américaines

Une école élémentaire

Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil

du

suprême de sécurité nationale iranien, a

vandalisée

averti samedi que tout pays participant

nuit de mercredi à

aux restrictions économiques contre

jeudi. Des inscriptions

Téhéran

serait

désormais

considéré

comme "un ennemi". Il a appelé les gouvernements étrangers à ne pas se joindre à la "guerre économique" menée par Washington, menaçant de représailles ceux qui refuseraient de s’en éloigner.

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Havre

racistes,

a

été

dans

la

antisémites

et offensantes ont été découvertes sur les murs de l’école Paul-Bert, actuellement en rénovation, ainsi que des jets de peinture et des dégradations de matériel. La préfecture de Seine-Maritime a fermement condamné ces actes "inacceptables", estimant qu’ils portent

Rezaï a également prévenu que l’Iran

atteinte "aux valeurs fondamentales de la

pourrait viser à l’avenir des intérêts

République".

économiques américains dans la région,

À ce stade, aucune information n’a été

affirmant que, jusqu’ici, Téhéran n’avait

communiquée sur l’identité des auteurs ni sur

ciblé que des bases militaires.

d’éventuelles interpellations.

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ACTUALITÉS Pologne : Grave profanation dans un cimetière juif lors de travaux Une vive émotion secoue la communauté juive en Pologne après de graves dégradations survenues dans le cimetière juif de Brzesko, lors de travaux de rénovation d’un mur. Un engin de chantier aurait circulé sur des tombes et des pierres tombales, en brisant plusieurs dizaines et en creusant directement dans certaines sépultures. Des fragments d’ossements humains auraient également été

dispersés sur le site. Les travaux, initiés par la communauté juive de Cracovie, auraient été menés sans supervision halakhique spécialisée. L’organisation J-nerations, engagée dans la préservation du patrimoine juif en Europe, a vivement dénoncé la situation et appelé à garantir un contrôle religieux strict lors de toute intervention dans les cimetières juifs.

Colombie : Israël envoie 5 tonnes de matériel médical suite au séisme Israël a envoyé en Colombie un nouvel avion transportant près de cinq tonnes de matériel médical destiné aux victimes du récent séisme. La

cargaison

a

été

accueillie

par

l’ambassadrice d’Israël, Vivian Eisen, et

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Magazine I n°372

le vice-président colombien José Manuel Restrepo Abundano. Cette livraison intervient une semaine après l’arrivée d’une première mission israélienne de secours, composée de personnels du ministère des Affaires étrangères et du Commandement du front intérieur.


Eurovision 2027 : les Pays-Bas se retirent à nouveau

L'épave de l'Altalena retrouvée après des décennies de fouilles

Les Pays-Bas ont annoncé lundi qu’ils ne participeraient pas à l’Eurovision 2027, estimant que le concours n’est désormais "plus neutre". Cette décision prolonge la polémique autour de la participation d’Israël.

Les ministres Itamar

Fin 2025, après le feu vert de l’Union européenne de radio-télévision à la présence israélienne en 2026, les PaysBas avaient déjà choisi le boycott, aux côtés de l’Espagne, de l’Irlande, de la Slovénie puis de l’Islande.

de 500 m de profondeur, après des décennies de

La prochaine édition doit se tenir à Bourgas, en Bulgarie, les 11, 13 et 15 mai 2027, après la victoire de la chanteuse bulgare Dara à Vienne en 2026.

de la société israélienne", a déclaré Ben-Gvir,

Ben-Gvir et 'Ami'hay Eliajou ont annoncé lundi que l'épave du navire Altalena avait été retrouvée à plus fouilles au large des côtes israéliennes. "Ce soir, nous refermons un cercle historique autour de l’un des événements les plus douloureux et les plus fondateurs de l’histoire évoquant "un effort secret mené pendant de nombreuses années" visant à servir "la vérité historique, la mémoire des disparus et l’unité d’Israël".

Elyssia Boukobza

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HUMEUR

En Israël, même les vacances prouvent qu’on a gagné Ici, quand D.ieu t’aime beaucoup, que ton patron est de bonne humeur et que les planètes sont correctement alignées, tu peux éventuellement réussir à prendre trois jours et demi. Et trois jours et demi, en Israël, ça ne rigole pas : on appelle ça les vacances ! Ah, les belles vacances qu’on avait en France… Juillet-août. Bon, en juillet, on travaillait encore un petit peu, histoire de faire semblant d’être sérieux, mais quand arrivait le mois d’août, là, c’étaient les vraies vacances. Deux semaines, trois semaines, parfois quatre pour les plus talentueux. On partait à la montagne, à la mer, en Israël, peu importe : on partait ! Et surtout, on avait le temps de comprendre qu’on était partis. Puis on a fait notre ‘Alya. Alors les vacances en Israël… comment dire ? Non. Non, non. Pas du tout du tout. Ici, quand D.ieu t’aime beaucoup, que ton patron est de bonne humeur et que les planètes sont correctement alignées, tu peux éventuellement réussir à prendre trois jours d’affilée. Peut-être même trois jours et demi. Et trois jours et demi, en Israël, ça ne rigole pas : on appelle ça les vacances. Évidemment, puisqu’on est en vacances, il faut partir. On remplit donc la voiture jusqu’au plafond, on case les enfants entre les valises et la glacière, et direction le Nord. Pour ceux qui connaissent mal la géographie israélienne, permettez-moi de vous présenter cette contrée lointaine et mystérieuse : elle se situe approximativement à 150 km de Jérusalem. Ce qui, dans un pays normalement constitué, représente environ 1h30 de route. En Israël, au mois d’août, comptez 6 heures. À ce rythme-là, 14

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en France, vous avez le temps de changer de région, de pays et probablement de langue. Après 6 heures passées à admirer le pare-chocs de la voiture devant vous, vous arrivez enfin. Et là commence la promenade familiale. Le principe est d’une simplicité remarquable : il fait 42°C à l’ombre, donc évidemment, on décide d’aller marcher pendant 3h30 en plein soleil avec les enfants. On prend des sacs, des bouteilles, des casquettes, on transpire, on porte le petit qui avait pourtant juré qu’il pouvait marcher tout seul et, au bout de 3 heures, complètement déshydraté, on arrive enfin devant la récompense ultime : une cascade. Et là, il faut reconnaître que c’est magnifique. Enfin, la cascade est magnifique. Parce qu’en dessous, dans les 2 m² d’eau disponibles, se trouvent déjà approximativement 250 enfants qui hurlent, sautent et éclaboussent dans toutes les directions. Tu essaies de mettre un pied dans l’eau, tu reçois celui d’un enfant que tu ne connais pas dans l’oreille et, à côté de toi, quelqu’un contemple le paysage et s’exclame : "Waouh, c’est magnifique ici !" Parce que oui, c’est magnifique. Ce sont les vacances en Israël. Une fois cette formidable expérience terminée, direction la petite maison de vacances. Prenez 25 m², mettez 8 lits dedans, ajoutez une piscine dehors et multipliez le prix par 4 parce que nous sommes au mois d’août. Bienvenue, vous êtes en vacances. On s’entasse, on dort vaguement,


les enfants crient, on fait des grillades et vers 1h du matin, on commence éventuellement à envisager l’hypothèse qu’ils pourraient aller dormir. Au bout de deux nuits de ce régime, un phénomène extraordinaire se produit : vous êtes incroyablement heureux de rentrer chez vous. Votre appartement vous paraît soudain immense, votre lit extraordinaire et votre douche digne d’un palace. Vous rentrez donc de vacances plus fatigué qu’avant votre départ, ce qui prouve que vous les avez parfaitement réussies. Voilà c’est terminé. Enfin pas pour tout le monde. Parce qu’il reste un léger problème que nous avons volontairement omis pendant les paragraphes précédents : les enfants. Eux, curieusement, ont toujours juillet et août. Et dans le monde des Yéchivot, nous avons en plus cette merveilleuse période qui va de Tich’a Béav à Roch ‘Hodech Eloul, avec trois semaines de vacances qu’il va bien falloir remplir. Et

c’est à ce moment-là que commence ce que j’appellerais le "semi-travail, semi-vacances". La journée, vous travaillez normalement. Enfin, vous essayez. Mais lorsque vous terminez votre journée, au lieu de rentrer tranquillement chez vous en considérant que vous avez accompli votre devoir envers l’humanité, une deuxième journée commence : il faut maintenant trouver quoi faire avec les enfants. Et à Jérusalem, pour cela, nous avons une institution : Gan Saker. Pour ceux qui ne connaissent pas Gan Saker, c’est un peu le Jardin des Tuileries, mais sans le jardin et sans les Tuileries. À part ça, c’est exactement pareil. C’est grand, il y a de la pelouse, des arbres, de l’ombre, le soir il fait bon et, surtout, tout le monde finit par s’y retrouver. Cette semaine, je m’y suis donc retrouvé avec ma famille. Et en regardant autour de moi, j’ai vu quelque chose qui, derrière son apparente banalité, m’a frappé.

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HUMEUR J’ai compris qu’on avait gagné. Oui, les amis, on a gagné. Autour de moi, des familles entières se retrouvaient. Et quand je dis "famille", je ne parle pas d’un couple, d’un bébé, d’une poussette et d’un chien venus pique-niquer tranquillement sur un coin de pelouse. Non. Ici, quand on se retrouve en famille, on fait les choses sérieusement. Vous voyez un homme de 80 ou 85 ans assis avec son épouse. Autour d’eux, leurs enfants, leurs petits-enfants et parfois leurs arrièrepetits-enfants. Des dizaines de personnes. Des adultes, des adolescents, des petits qui courent dans tous les sens. Ça parle, ça discute, ça joue, ça rigole, ça chante. On échange des nouvelles, on étudie, on mange quelque chose, on raconte les dernières histoires de la famille. C’est bruyant, certainement. Organisé, probablement pas. Mais c’est vivant.

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Et c’est en regardant ces familles que j’ai compris ce que signifiait réellement cette phrase : nous avons gagné. Nos ennemis ont voulu faire de nous un souvenir ; nous sommes devenus des grandsparents entourés de dizaines de descendants. On nous a annoncé mille fois notre disparition ; nous sommes toujours obligés de chercher où caser tous les enfants dans la voiture. On nous a expliqué que notre tradition finirait par s’éteindre ; elle continue de passer du père au fils, du grand-père au petit-fils, génération après génération. Et tant que cette chaîne continuera, nos ennemis pourront faire beaucoup de choses. Mais ils auront un problème assez embêtant : nous serons encore là. Bon, maintenant, si on pouvait être encore là avec trois semaines de vraies vacances en août, je ne serais pas contre. David Choukroun


ÉVÈNEMENTS

Jérusalem, Paris, Londres : 3 grandes soirées d’hommage au Rav Yossef-‘Haïm Sitruk A l’occasion des 10 ans de la disparition du grand rabbin de France, Rav Yossef‘Haïm Sitruk, Torah-Box, et la famille Sitruk organisent trois soirées exceptionnelles : le jeudi 3 septembre à la grande synagogue de Jérusalem, le dimanche 6 septembre au Dôme de Paris, avec l'association Or Babayit et le mardi 8 septembre à la St John’s Wood Synagogue de Londres. Le Rav Sitruk n’a pas été un grand rabbin parmi d’autres. Il a été la voix qui a rendu le judaïsme français audible, fier et vivant. Ouvrant des écoles là où il n’y a pas d’accès à l’éducation juive, parlant à ceux que personne n’avait réussi à sensibiliser, défendant Israël quand c’était une position impopulaire, l’éclat du Rav Sitruk n’a pas son pareil et reste vivant jusqu’à aujourd’hui. Des dizaines de milliers de foyers pratiquent le judaïsme aujourd’hui grâce à lui, souvent sans le savoir. Si vous-mêmes êtes proches de la Torah, il y a de fortes chances qu’il y soit pour quelque chose, directement ou à travers un 18

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rabbin qu’il a formé, un cours qu’il a organisé, une émission qu’il a lancée. Ce qui rend ces 3 soirées différentes, c’est non seulement le fait qu’elles marquent une décennie depuis la disparition du Rav mais aussi le fait que nous serons en plein mois d’Eloul, au milieu d’une période de guerre, d’inquiétude et d’antisémitisme qui ne faiblit pas. En présence de la famille du Rav, de grands Rabbanim venus nous délivrer leurs messages, d’artistes de tout premier rang (Motty Steinmetz, Avraham Fried, Moshé Louk, Amir Dadoun, Ouriel Elbilia) et d’autres surprises exclusives, venez partager ces moments inoubliables à la mémoire de notre cher Rav Yossef-‘Haïm Sitruk. À cette occasion, découvrez en avantpremière le nouveau livre des Éditions TorahBox "Taureau assis", qui réunit des entretiens exclusifs avec la Rabbanite Sitruk et les enfants du Rav, où ils dévoilent anecdotes inédites et souvenirs précieux de leur vie à ses côtés. Pour y participer : www.torah-box.com/evenements


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Eloul : vous êtes tombé ? Remontez ! Durant toute son Histoire, l’essence du peuple juif a été "d’aller et venir". Mais dans notre génération, celle qui précède la venue du Machia’h, c’est encore plus vrai.

Pour être tout à fait honnête, avant, je n’aimais pas ce mot, Téchouva. "Faire Téchouva" signifiait pour moi acheter un billet pour assister au festival de l’échec, de la culpabilité et de toutes ces occasions manquées de m’améliorer. Jusqu’à ce qu’un jour, je découvre que faire Téchouva signifiait en réalité revenir à moimême, ramener l’objet perdu à son propriétaire. Revenir chez moi, à la maison, redécouvrir qui je suis vraiment. Faire Téchouva, ça n’est pas pointer du doigt avec un air accusateur tout ce qui ne tourne pas rond chez moi. Non, faire Téchouva, c’est au contraire allumer une lueur dans l’obscurité de mes faiblesses, découvrir un nouveau paysage derrière une porte que l’on croyait fermée. C’est réaliser que derrière toutes les

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couches de poussière et d’impuretés qui se sont accumulées en moi, se cache une lumière infinie qui ne demande qu’à briller. Et le mois d’Eloul nous offre finalement l’occasion de subir une petite "douche" désaltérante afin d’aborder la nouvelle année, fraîche et dispose Le secret de la lettre Alef Les Sages enseignent que l’essence de la condition humaine est contenue dans la lettre Alef. La lettre Alef est composée de trois traits : un partant du milieu vers le haut, un partant du milieu vers le bas, et un troisième qui relie les deux en diagonale. Le premier symbolise les mondes spirituels, le second notre monde matériel et le troisième, l’homme qui est censé faire le lien entre les deux dimensions ! Ainsi que l’enseignent nos Maîtres : "Il y a les cieux


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et la terre ; l’homme les relie entre eux."

Comment effectuer concrètement cette union ? C’est simple, regardez le trait qui symbolise l’homme. Il est en diagonale, un peu comme un toboggan sur lequel on monte, on monte… puis sur lequel on redescend d’un seul coup ! Si nous ne faisions que monter, si nous ne trébuchions jamais, cela signifierait que nous resterions perchés tout en haut, dans les mondes spirituels, et serions détachés du monde matériel. Ce n’est pas ça, unir. Pour unir les deux mondes, il faut "savoir aller et savoir venir."

COUPLE

La dernière ligne droite avant la venue du Machia’h Durant toute son Histoire, l’essence du peuple juif a été "d’aller et venir". Mais dans notre génération, celle qui précède la venue du Machia’h, c’est encore plus vrai. Les évènements s’enchaînent à la vitesse de la lumière, les informations se succèdent les unes aux autres,

au point que nous ne sommes même plus capables de nous souvenir de ce qu’était hier. Nous nous trouvons sur la dernière ligne droite avant le dévoilement de la Guéoula et c’est pourquoi tout s’enchaîne avec une telle rapidité. Et D.ieu, dans Son infinie miséricorde, passe une sorte de marché secret avec nous : "Je M’engage à vous aider à ne pas rester coincés en bas, dans les méandres de vos échecs, mais de votre côté, Je vous demande de ne pas vous apitoyer sur votre sort si vous tombez ! Relevez-vous vite et avec force, car le temps presse !" Le désespoir n’existe pas ! Souvenez-vous : l’homme n’a pas été créé comme un végétal, qui pousse paisiblement à côté des cours d’eau et passe le plus clair de sa vie dans une attitude contemplative… Non ! Cela ne constitue pas notre modèle. Nous sommes en mouvement perpétuel, du haut vers le bas et du bas vers le haut, un peu comme des enfants qui montent et descendent sur un toboggan… Car telle est notre nature et le matériau dont nous sommes faits ! Et la seule chose qui nous incombe, mes chères amies, est d’implorer l’aide divine. C’est là le secret que Rabbi Na’hman de Breslev ne cesse de répéter à notre attention : "Le désespoir n’existe pas ! Ne te fie ni aux critiques, ni au jugement des autres ! Tu es tout en bas ? Tu vas remonter ! Demande à Hachem de t’aider à te relever. Et la boucle sera bouclée !" ‘Haya Hertzberg

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Parachat Ki Tavo par Michaël Lumbroso Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

(fer) ‫ברזל‬

Notre Paracha commence par ce mot qui est un langage de joie, certains l’expliquent par le fait qu’il transforme le passé en futur.

(bontés) ‫חסדים‬ Le saviez-vous ? Ces deux rois étaient frères, ‘Og et … . (Si’hon) ‫סיחון‬

(ses mains) ‫ידיו‬

Pendant quarante ans dans le désert, les vêtements et les … ne se sont pas usés. (chaussures) ‫נעליים‬

Lorsqu’il y a la bénédiction, les ennemis qui sortent en guerre contre nous par un chemin, s’enfuiront de devant nous par … chemins. (sept) ‫שבע‬

(peur) ‫פחד‬ Ainsi sont désignés les Bikourim dans le verset.

En écoutant la voix d’Hachem, tu seras béni à ta venue et béni à ta … . (ta sortie) ‫צאתך‬

‫מעט‬ (peu nombreux)

Quand on lit toutes ces malédictions, il y a de quoi prendre … ; cela doit nous encourager à faire Téchouva.

Hachem a vu en Égypte notre … , la Haggada dit que cela fait référence aux garçons.

Le plus grand cadeau qu’on puisse faire à Hachem, c’est d’écouter Sa … .

On lit ces malédictions à la fin de l’année, afin qu’on souhaite : "… … …" !

‫תכלה שנה‬ (que l’année ‫וקללותיה‬ se finisse ainsi que ses malédictions)

‫כרת ברית‬ (scelle une alliance)

On est descendu en Égypte … , et on est devenu là-bas très nombreux.

En Égypte, il fallait travailler sans arrêt, les Égyptiens nous ont mis beaucoup de … .

(voix) ‫קול‬

(queue) ‫זנב‬

Curieusement, ce mot est utilisé pour dire couper ou faire une alliance.

‫טוב לבב‬ (le contentement du coeur)

(miel) ‫דבש‬

Le Cohen place les siennes sous celles du propriétaire et ensemble, ils soulèvent et balancent le panier des Bikourim.

Hachem attend de nous qu’on Le serve dans la joie et le … … .

(labeur) ‫עמלנו‬

(je déclare) ‫הגדתי‬

La Mitsva des Bikourim nous apprend à regarder les … qu’Hachem nous envoie, depuis le début de notre existence jusqu’au moment présent.

Si on écoute la voix d’Hachem, alors on sera a la tête et non à la … .

(pression) ‫לחץ‬

Le premier mot du texte que doit réciter celui qui amène les Bikourim.

Et on sera spolié et … tous les jours.

(et ce sera) ‫והיה‬

(bateaux) ‫אוניות‬ Le saviez-vous ? Lorsqu’on loue la terre d’Israël en disant qu'il y coule le lait et le … , c’est celui des dattes et non celui des abeilles.

Si ‘Has Véchalom, on n’écoute pas la voix d’Hachem, les cieux seront d’airain et la terre sera de ce métal,

(volé) ‫גזול‬

Ces moyens de transport serviraient pour ramener les Bné Israël captifs en Égypte.

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‫ראשית כל פרי האדמה‬ (prémices des fruits de la terre)


LE MESSAGE D'UN RABBIN DE MARSEILLE La peur qui nous protège La Paracha de Ki-Tavo contient l’un des passages les plus redoutables de la Torah : les Klalot, les malédictions qui pourraient frapper le peuple juif s’il s’éloigne des Mitsvot. Leur lecture est si terrifiante que, dans certaines communautés, l’habitude s’est installée que personne ne souhaite être appelé à la Torah pour ce passage. Pourtant, Hachem n’a pas inscrit les Klalot dans la Torah pour nous terroriser, mais pour nous protéger. Et c’est précisément parce qu’elles font peur qu’elles peuvent remplir cette fonction. La Guémara (Berakhot 59a) donne une clé pour comprendre cette idée à propos d’un autre phénomène effrayant qu’est le tonnerre. Rav Alexandri enseigne au nom de Rabbi Yéhochou'a Ben Lévi que les tonnerres ont été créés “pour redresser ce qui est tordu dans le cœur”. Lorsqu’un violent coup de tonnerre éclate audessus de nous, quelque chose nous saisit. Pendant quelques secondes, l’homme prend conscience de sa petitesse et de la puissance du Créateur. Cette peur n’est donc pas une fin en soi, elle vient réveiller l’homme.

apaisant. La tempête n’a pas changé ; c’est notre position face à elle qui a changé. Les Klalot doivent être regardées de la même manière. Hachem ne souhaite pas que nous soyons “dehors”, au milieu de la tempête, et que ces malédictions s’abattent sur nous. Il veut au contraire que nous les observions “depuis l’intérieur”, en les étudiant et en prenant conscience de ce qu’elles signifient. Leur rôle est de nous montrer jusqu’où peut conduire un monde qui s’éloigne de Lui, afin précisément que nous n’empruntions pas ce chemin.

"

C’est ainsi que l’on peut comprendre l’expression : “Heureux l’homme qui craint constamment.” À première vue, les mots semblent contradictoires, comment celui qui a peur peut-il être heureux ? Mais il existe une peur qui paralyse et une peur qui protège. Celle dont parlent nos Sages est une conscience du danger suffisamment forte pour nous empêcher de franchir certaines limites. Nous aimerions toujours avoir la force de choisir spontanément ce qui est juste, mais l’être humain a parfois besoin de barrières pour rester fidèle à ce qu’il veut profondément être.

Regarder la tempête depuis la fenêtre, comprendre ce qu’elle pourrait provoquer, puis choisir de rester à l’abri, attaché à la Torah et aux Mitsvot.

Une image permet de le comprendre. Un violent orage peut être terrifiant lorsqu’on se trouve dehors, exposé à la pluie, aux éclairs et au tonnerre. Mais observons exactement le même orage depuis l’intérieur d’une maison, derrière une fenêtre. Nous entendons la pluie battre, nous voyons les éclairs et entendons le tonnerre, mais nous sommes à l’abri. Étonnamment, ce spectacle peut même devenir 28

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La véritable leçon de Ki-Tavo n’est donc pas de vivre dans l’angoisse, mais de savoir utiliser la peur. Regarder la tempête depuis la fenêtre, comprendre ce qu’elle pourrait provoquer, puis choisir de rester à l’abri, attaché à la Torah et aux Mitsvot. Rav Its'hak Jessurun de Marseille (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)


M A G A Z I N E

Supplément spécial Chabbath Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

Ki-Tavo – La joie des érudits Si la Torah affirme elle-même que le Temple fut détruit à cause d’un manque de joie dans le service divin, comment le Talmud peut-il soutenir que ce fut à cause de la haine gratuite ? "Parce que tu n’auras pas servi Hachem, ton D.ieu, avec joie et bonté du cœur, [alors que tu jouissais] de l’abondance de tout." (Dévarim 28, 47) La Torah décrit les terribles malédictions qui s’abattront sur le peuple juif s’il n’accomplit pas la Volonté divine. Elle donne ensuite la raison de ces sévères sanctions ; c’est parce que la nation n’a pas servi Hachem avec joie. Manque de joie ou haine gratuite ? Le Ramban écrit que les Klalot (malédictions) de cette Paracha correspondent à la destruction du deuxième Temple et à l’exil qui s’ensuivit. (Vayikra 26, 16). Il écrit que les malédictions présentes dans la Paracha de Bé’houkotaï correspondent à la destruction du premier Beth Hamikdach. Rav Issakhar Frand pose une question intéressante. Comme nous le savons, nos Sages affirment que le deuxième Beth Hamikdach fut détruit à cause de la haine gratuite (Yoma 9b) ; d’où la contradiction : si la Torah affirme ellemême que le Temple fut détruit à cause d’un manque de joie dans le service divin, comment la Guémara peut-elle soutenir que ce fut à cause de la haine gratuite ? Le Michmar Haléviim rapporte l’explication du Rav Yé’hezkel Avrahamsky. La Guémara affirme que les Talmidé ’Hakhamim, les érudits, augmentent la paix dans le monde. (Brakhot 64a) Les commentateurs demandent pourquoi : Rav Avrahamsky explique qu’un Talmid ’Hakham

ne se suffit pas d’accumuler beaucoup de connaissances en Torah, mais il est en paix avec lui-même, il est satisfait de ce qu’il accomplit. Distinguer l’essentiel de l’accessoire Par conséquent, il apprécie ce qui est réellement important et n’accorde aucune valeur à ce qui n’entre pas dans le domaine spirituel. Il n’a donc jamais de raison d’être jaloux des autres à cause de leur succès matériel. De ce fait, il parvient à éviter la Ma’hloket (controverse) et est en paix avec tout le monde. C’est la raison pour laquelle les Talmidé ’Hakhamim augmentent la paix dans le monde. Avec cette explication, nous pouvons résoudre la contradiction des deux raisons données à la destruction du second Temple. La Torah a donné la cause originelle de la destruction – le manque de joie dans la pratique des Mitsvot. Cette négativité envahissante entraîna la haine gratuite qui fut la cause immédiate de la destruction. Quand on manque de joie dans la spiritualité, on est davantage intéressé par les plaisirs éphémères comme l’honneur, le pouvoir, l’argent et le luxe et l’on risque alors fortement de nourrir de mauvais sentiments à l’égard d’autrui, car celui-ci menace l’accès à ces "valeurs". Par exemple, si quelqu’un désire les honneurs, il risque de jalouser celui qui en reçoit plus que lui et cette convoitise provoquera la haine. Ainsi, un manque de satisfaction spirituelle dans la

Supplément spécial Chabbath I n°372

29


vie aura beaucoup plus tendance à développer des sentiments de haine. La Sinat ’Hinam, la haine gratuite qui ravagea le peuple provenait donc d’un manque de joie véritable dans le domaine spirituel. Quant aux Talmidé ’Hakhamim, ils respirent la paix et la répandent, parce qu’ils sont satisfaits de leur observance de la Torah et sont au-dessus de ces soucis mondains. Fuir les honneurs L’histoire suivante illustre bien cette idée. Rav El’azar Gordon était le Rav et le Roch Yéchiva de la ville de Telshe. Quand il décéda, ses proches voulurent lui trouver un successeur au plus vite. Il avait deux gendres, tous deux dignes de prendre sa suite. Le plus âgé s’appelait Rav Zalman Sorotskin – auteur du Oznaïm Latorah, éminent Talmid ’Hakham – et le plus jeune gendre était Rav Yossef Leib Bloch, également érudit exceptionnel, qui pouvait admirablement remplacer son beau-père. Il fut convenu que Rav Sorotskin serait choisi, car il était le plus âgé. Mais quand ce dernier sentit qu’il y avait un risque quelconque que ce choix puisse mener à une Ma’hloket, il décida de s’installer en Erets Israël avec sa famille. Ainsi, Rav Bloch serait incontestablement nommé à ce poste. Pour s’assurer que son beaufrère prenne la suite, il demanda à sa femme de rassembler le maximum de signatures sur un texte de pétition des habitants de la ville attestant qu’ils souhaitaient que Rav Bloch soit Rav et Roch Yéchiva de la ville. Cette histoire extraordinaire montre un parfait exemple de l’indifférence du Talmid ’Hakham pour les honneurs, ce qui lui permet de fuir la Ma’hloket. Celui qui désire les honneurs ne sera jamais capable d’y renoncer pour préserver la paix et malheureusement, de nombreuses disputes dévastatrices éclatèrent quand le désir des honneurs outrepassait la conscience des dommages causés par la Ma’hloket. Puissions-nous mériter de trouver la joie dans la pratique des Mitsvot et de profiter des fruits de la paix qui émaneront de cette joie. Rav Yehonathan Gefen 30

Magazine I n°372 Supplément spécial Chabbath I n°372

Résumé de la Paracha La Paracha parle de la Mitsva des Bikourim qui consiste à apporter chaque année au Beth Hamikdach le premier de la production des fruits des 7 espèces d’Israël, en exprimant notre reconnaissance à Hachem.

1

Moché contracte une alliance avec les Bné Israël destinée à assurer l’observance des Mitsvot de la Torah. Cette alliance prend forme par la récitation de bénédictions et malédictions sur les monts Guérizim et ‘Eval, la construction d’un autel à l’aide de douze pierres transportées depuis le Jourdain sur lequel toute la Torah devait être retranscrite.

2

Voici le cérémonial des bénédictions et malédictions : six tribus montent sur le mont Guérizim et six autres sur le mont ‘Eval. Les tribus de Cohen et de Lévi sont entre les deux montagnes, avec l'Arche sainte. Les Léviim se tournent d’abord vers le mont Guérizim et récitent douze bénédictions, puis vers le mont ‘Eval et récitent douze malédictions.

3

Une longue série de 98 punitions est énumérée en cas de transgression des Mitsvot de la Torah par les Bné Israël.

4

La Paracha rappelle brièvement les bienfaits d’Hachem envers les Bné Israël depuis la sortie d’Égypte jusqu’à la veille de leur entrée en terre d’Israël.

5


SHABATIK

N°491 Feuillet parents-enfants pour Chabbath par PRÉPARATIONS GÉNÉRALESédité : USTENSILES À NE PAS OUBLIER : Bougies de Yom Tov : s’assurer qu’elles sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

Un étui pour ranger l’Afikomane

Ki Tavo 5786

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

1 JEU PAR ÉQUIPE

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

Une Haggada par personne (si possible, la

même pour tout le monde)

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa Un verre de 9 à 10 cl (1 réviit) par personne Formez équipes s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 ! (voirqui ci-dessous) et Maror pour tous les deux invités Une bassine jetable pour y verser le vin JESiUPessah tombe un jeudi, ne pas oublier le lors de l’énumération des 10 plaies “Erouv tavchiline” Des récompenses (friandises, fruits secs,...) A pour les enfants afin qu’ils participent au Séder

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES

LE QUIZ À ÉTAGES

e .O

uf d u r

2.

1. 3 Matsot chemourot

aule d’ag Ép

au ne

B

r

7

JE U

1. Choisissez un de ces noms pour votre équipe : Les Paniers Perchés ou Les Figues Farceuses. ORDRE ALIMENTS : pourquoi vous êtes 2 points :pour le sloganDES le plus sympa) 3. Expliquez 2. Trouvez un slogan PLATEAU à votre équipe.DU ( SÉDER ar2opoints pour les plus drôles) M 2 points pour les plus convaincants, les plus forts. ( . 3

(rondes, faites à la Un quiz sur la Paracha de la semaine ! Avant chaque question, l’équipe choisit son main)

6

arpas 2 (moyen, 2 points) ou Niveau 3 (difficile, 2. Épauleniveau : Niveau 1 (facile, 1 point), s . K Niveau Harossèréponse : on gagne les points. 4 points). On annonce le niveau, puis on écoute la question. 3 d’agneau . ‘ Bonne t Mauvaise réponse : l’autre équipe peut voler la question ! 3. Maror tC so at 1. M

5. ‘Hazeret

5.

(laitue ou endives)

Questions à 1 point

6.‘Harossèt 7. Oeuf dur Qu’apporte-t-on au Cohen dans un Mitsva des Bikourim ? pour lasalée 8.panier, Bol d’eau e Les premiers fruits de sa récoltem

Hazeret

Questions

à 2 points

Avec quel type de pierres devait-on construire l’autel sur le mont Eval ? Des pierres entières, jamais taillées par le fer

Questions

à 3 points

alée

(laitue romaine) 4. Karpass (céleri)

au s

MATSA

h

Combien de malédictions compte la Tokhé’ha de Ki Tavo ? ’e 98 8. Bol d ou Selon Rachi, en combien de ro Sur quelle montagne les Combien de malédictions les t langues la Torah a-t-elle été écrite bénédictions ont-elles été Lévites ont-ils prononcées face au sur les pierres ? prononcées ? QUANTITÉS OBLIGATOIRES MATSA & MAROR peuple, chacune suivie DE d’un Amen ? 70 Le mont Guerizim Douze A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main À qui l’expression “Arami oved Que répondait tout le peuple après Comment appelle-t-on la longue référence selon chaque phrasedu prononcée par les Etapes Séder Motsi (sandwich)avi” fait-elle Tsafoun (fin du repas) série de malédictions deKore’h cette Rachi ? Lévites ? paracha, qu’on a l’habitude de lire à Minimum 1 Kazayit 1 Kazayit 1 Kazayit Amen À Lavan voix basse ? Standard 2 Kazayit 1 Kazayit 1 Kazayit Combien de tribus se tenaient sur La Tokhé’ha Que devenaient les paniers des Bikourim apportés par les pauvres, chaque montagne ? Hidour (au mieux) 2 Kazayit 1 Kazayit 2 Kazayit Comment commence la déclaration contrairement à ceux des riches ? Six que l’on récitait en apportant les Ils restaient au Cohen avec les Bikourim ? Pendant les 40 ans dans le désert, MAROR fruits (lesKore’h riches, eux, récupéraient Séder (sandwich) “Arami oved avi” — Un AraméenMaror qu’est-ce qui ne s’est jamais usé ?Etapes du leurs paniers en or ou en argent — voulait faire périr mon père Les vêtements et les chaussures La quantité de Maror 1 Kazayit 1 Kazayit Michna Bikourim 3:8) Supplément spécial Chabbath I n°372

1

31


SHABATIK

32 JEU

UNE FAMILLE EN OR

3

JEU EN ÉQUIPE (SUITE)

(jeu d’intuition)

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point

pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Citez quelque chose qu’on fait quand on arrive trop en avance quelque part

Citez quelque chose qu’on retrouve toujours au fond d’un tiroir de cuisine

Citez quelque chose qu’on fait quand il fait vraiment trop chaud

Regarder son téléphone / Passer un coup de fil

Des piles / Des élastiques

Allumer la climatisation / un ventilateur

Dire des Tehilim

Des sacs plastique

Boire de l’eau glacée

Faire les cent pas

Des bouchons

Prendre une douche froide

Vérifier l’heure sans arrêt

Des bougies

Fermer les volets

Répéter dans sa tête ce qu’on va dire

De vieux tickets de caisse

Manger une glace

JEU

JEUX EN VRAC

4

Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

• Je m’allume et je me forme sous le pied après une longue marche.

• Trou noir domestique qui avale les chaussettes une par une.

> L’ampoule

> La machine à laver

• On s’accoude à moi pour boire un verre, et on me pêche en mer.

• Baguette magique qui fabrique du silence à distance.

> Le bar

JEU

6

> La télécommande

DISCUTONS JUSQU’À ÊTRE D’ACCORD On vous donne une liste à classer selon une règle. Vous devez discuter pour vous convaincre et vous mettre tous d’accord sur le premier élément du classement. Si tout le monde est d’accord : chaque équipe gagne points.Sinon : personne ne gagne. 3 Pour laquelle de ces choses oublie-t-on le plus souvent de dire merci ?

• Le serveur qui t’apporte ton plat au restaurant • Ta mère qui a préparé le repas que tu es en train de manger

• La caissière qui scanne tes courses depuis ce matin • Le professeur à l’école

• Le chauffeur de bus, quand tu descends à ta station À vous de vous mettre d’accord : Pour laquelle de ces choses oublie-t-on le plus souvent de dire merci ? 32

Supplément spécial Chabbath I n°372


SHABATIK

3 JEU

6

JEUX

LA DRÔLE D’HISTOIRE

On choisit un convive qui sort de table. On lit une histoire interrompue à 4 moments, avec 3 choix possibles à chaque fois. On doit deviner quelle réponse ce convive choisira pour chacun des 4 moments. Le convive revient, on lui lit l’histoire et il donne sa réponse pour chacun des 4 moments. On gagne 1 point par bonne prédiction.

La salle des fêtes Tu arrives en retard à une grande soirée. Tu te faufiles jusqu’à une table libre, tu t’assieds, tu attaques les cacahuètes… et tu réalises que tu ne connais absolument personne dans cette salle.

Moment 1

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu finis les cacahuètes d’abord, on réfléchira après B. Tu prends un air très occupé et tu marches vite vers nulle part C. Tu demandes à ton voisin chez qui on est, l’air de rien Un monsieur traverse toute la salle, te serre la main avec émotion et hurle : « LE COUSIN DE LYON ! Quinze ans ! » Toute la salle se retourne et applaudit.

Moment 2

Qu’est-ce que tu fais ?

A. Tu salues la foule des deux mains comme un champion B. Tu réponds « Lyon a bien changé, tu sais » et tu improvises C. Tu murmures « je crois qu’il y a erreur » pendant que tout le monde applaudit On t’installe à la table d’honneur. Le micro arrive vers toi : « Et maintenant, quelques mots du cousin de Lyon ! »

Moment 3

Qu’est-ce que tu fais ?

A. Tu fais un discours magnifique sur des gens que tu n’as jamais vus B. Tu portes un toast en trois mots et tu te rassieds très vite C. Tu prétends avoir perdu ta voix et tu montres ta gorge d’un air tragique Ton téléphone sonne. C’est celui qui t’a vraiment invité : « Tu es où ?! On t’attend ! » Sa soirée est dans l’autre salle, au bout du couloir. Et on t’apporte ton dessert.

Moment 4

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu finis le dessert. On ne quitte pas une table d’honneur le ventre vide B. Tu pars en promettant de revenir, et tu ne reviens jamais C. Tu emmènes tout le monde avec toi dans l’autre salle Supplément spécial Chabbath I n°372

33 3


SHABATIK

4

JEUX

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme basée sur un fait réel et étonnant. On lit l’histoire, puis on répond aux 4 questions à choix multiples. 1 point par bonne réponse.

Le pont qui a déménagé dans le désert L’histoire : En 1968, un homme d’affaires américain achète un pont entier à la ville de Londres, pour 2 460 000 dollars. Le pont traverse l’océan Atlantique puis tout le continent américain, pour être remonté à Lake Havasu City, en p l e i n désert de l’Arizona. Aujourd’hui encore, il est là — et c’est l’une des attractions les plus visitées de l’État.

A

Pourquoi cet Américain a-t-il voulu acheter un vieux pont anglais ? A. Il était en train de créer une ville nouvelle dans le désert et voulait attirer les gens B. Il voulait l’offrir à un musée C. Il pariait que les pierres valaient plus cher que le prix payé

B

Pourquoi la ville de Londres voulait-elle se séparer de son pont ? A. Il était devenu trop étroit pour les bateaux B. Il s’enfonçait lentement dans la Tamise C. Il avait été détruit pendant la guerre

Comment le pont a-t-il fait le voyage jusqu’en Amérique ? A. Remorqué en un seul morceau par bateau B. Démonté pierre par pierre, chaque pierre numérotée avant d’être expédiée C. Il n’a pas voyagé : on l’a simplement reconstruit à neuf sur les plans d’origine

B

Une fois le pont remonté en Arizona, quel problème restait-il à régler ? A. Il manquait plusieurs centaines de pierres B. Personne ne savait dans quel sens le remonter C. Il n’y avait pas d’eau en dessous

C

Le pont de Londres, construit en 1831, s’enfonçait dans la Tamise sous le poids de la circulation moderne. Plutôt que de le détruire, la ville l’a mis en vente. Robert McCulloch, qui bâtissait de toutes pièces une ville dans le désert, l’a acheté pour attirer des habitants et des touristes. Chaque pierre a été numérotée, démontée, transportée par bateau puis par camion, et remontée à l’identique. Mais le pont a été reconstruit sur la terre ferme ! Ce n’est qu’ensuite qu’on a creusé un canal en dessous, pour faire passer l’eau sous le pont et créer une île. Il a été inauguré en 1971. Ce vieux pont usé n’a pas été détruit, mais démonté pierre par pierre pour devenir une merveille. C’est tout le message du mois d’Eloul : on ne jette rien, on reconstruit — et on peut toujours repartir à neuf.

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche 34

Supplément spécial Chabbath I n°372

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Taz le boucher "Tu rêvais d’un lieu où personne ne te connaît, pour étudier sereinement et atteindre des niveaux inespérés. Pourquoi as-tu dévoilé ta science, en sachant que tu allais être découvert ?"

Rav David Segal a vécu en Pologne au XVIIe siècle. Les étudiants de Torah le connaissent sous le nom de Taz, abréviation de Touré Zahav, "les colonnes d’or", en référence à son commentaire sur le Choul’han ‘Aroukh, le livre de référence de la Halakha. Un jour, Rav Segal décide de déménager, sa notoriété l’empêchant de trouver la sérénité nécessaire à son étude. Il s’exile avec son épouse dans une ville où personne ne le connaît. Ce changement le remplit de joie : "Je peux enfin vivre mon rêve : étudier comme un Juif simple. Je peux atteindre des niveaux que je n’aurais jamais atteints avec les honneurs." À l’abattoir Rav Segal progresse rapidement dans son étude, mais la situation économique étant difficile, il se rend à l’abattoir de la communauté où il officie comme Ménaker, chargé d’extraire les graisses et les parties interdites comme le nerf sciatique. Il s’agit là d’un travail technique exigeant une solide connaissance de l’anatomie animale et de la loi juive. Il se trouve que le Rav de la ville n’est pas particulièrement compétent en Diné Tréfot, les lois de la Cacheroute relatives aux animaux impropres à la consommation. Par doute, il

déclare souvent non-Cachère ce qu’on lui soumet. Un jour, des clients posent leurs questions directement à Rav Segal, sans savoir qui il est, et il leur explique pourquoi la viande est Cachère. Rapidement, on remarque que Rav Segal déclare Cachère ce que le Rav de la ville refuse, et explique toujours ses choix, contrairement à lui. Peu à peu, les gens cessent de consulter le Rav de la ville et s’adressent uniquement à l’employé de l’abattoir. Ne recevant plus aucune question de Cacheroute, le Rav de la ville envoie son assistant enquêter à l’abattoir. Le propriétaire confirme que le nouveau Ménaker, très compétent, répond lui-même aux clients avec expertise et conclue humblement : "Je vous dis seulement ce qui me semble juste, pour la Halakha, vous devez consulter le Rav de la ville !" Mais les clients répondent : "Si on va le voir, il va nous dire que c’est Taref !" En cage L’assistant rapporte au Rav que cet employé donne des instructions halakhiques sans son accord. Scandalisé, le Rav réunit aussitôt les Dayanim, les juges rabbiniques. Le tribunal rend son Din Torah, son verdict : l’attitude du boucher

Supplément spécial Chabbath I n°372

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est jugée déshonorante envers le rabbin. Il est condamné à trois jours de prison dans une cage près de la synagogue et du Beth Hamidrach ; il est interdit de l’approcher ni de lui parler.

et autorise le poulet. Puis il rappelle la fillette : "Comment connais-tu cette référence ?" Elle avoue, intimidée : "C’est l’homme en prison près de la synagogue."

Le Rav se précipite vers le prisonnier Pourtant, loin de se défendre, Rav et lui demande son identité. Segal ne dit rien, il est même "Je m’appelle David. particulièrement joyeux : "Loué soit le nom d’Hachem - Quel est ton nom de Toutes les élévations pour toujours ! Non famille ? seulement personne ne spirituelles de ce - Je suis un simple Juif. me connaît, mais en plus - Au nom de la Torah, monde ne valent je suis en prison !" j’exige que tu révèles Assis toute la journée rien si je ne peux pas ton identité complète. avec ses livres saints, il - Je m’appelle... David sécher les larmes est au comble du bonheur. Halévi Segal." d'un enfant. Le troisième jour, il voit une Le Rav manque de tomber petite fille de dix ans sortir du à la renverse : "Le... le Taz en Beth Hamidrach en pleurant, un sac personne ?" Rav Segal acquiesce. Le à la main. Inquiet, il l’appelle. Effrayée par Rav se jette alors à ses pieds : "Pardon, votre cet homme en cage, elle presse le pas, mais il la honneur, nous ne savions pas qui vous étiez !" Il rassure : "Je suis en prison par erreur, cela peut propose de devenir son assistant et de lui céder arriver à tout le monde, je ne te ferai aucun mal. sa place, ce que Rav Segal refuse. Il le libère et Dis-moi pourquoi tu pleures." annonce à tous : "C’est le Taz !" Toute la ville se Rassurée, elle raconte que sa famille, très courbe devant lui et demande pardon. pauvre, a mis des mois à économiser pour Rentré chez lui, sa femme, qui a appris toute acheter un poulet en l'honneur du Chabbath. l’histoire, l’interroge : "Tu rêvais d’un lieu Mais pendant la Ché’hita, l’abattage rituel, une où personne ne te connaît, pour étudier question s’est posée, et le Rav de la ville a sereinement et atteindre des niveaux inespérés. déclaré le poulet Taref, ordonnant de le jeter. Pourquoi as-tu dévoilé ta science à cette fillette, "Qu’est-ce que je vais dire à mes parents ? Que sachant que tu allais être découvert ?" des mois de travail sont à jeter ?!" Le Taz répond : "Tu as raison. Dans cette prison, j’étais si heureux, combien de Torah j’aurais pu Le génie compris étudier encore ! Mais en voyant cette fillette Rav Segal examine le poulet et lui dit : pleurer avec son poulet, j’ai compris que toutes "Retourne voir le Rav, dis-lui qu’il y a erreur, ce les élévations spirituelles de ce monde ne valent poulet est Cachère. Dis-lui d’ouvrir le Choul’han rien si je ne peux pas sécher les larmes d’un ‘Aroukh, section Yoré Dé’a", et il lui donne la enfant. Donner de l’espoir et enlever la tristesse référence exacte, en lui indiquant de bien lire d’un cœur, cela vaut la peine de perdre tout le commentaire du Taz, c’est-à-dire lui-même, progrès possible." ce que la fillette ignore. Il lui fait répéter la Voilà une belle définition de la Torah : les référence avant qu’elle reparte, pleine d’espoir. bonnes Midot, le Derekh Erets, la Yirat Chamaïm, Surpris de la revoir, le Rav écoute la fillette la crainte du Ciel. La Torah, ce sont d’abord des affirmer que le poulet est Cachère. D’abord leçons de morale qui doivent nous transformer amusé, il finit, devant son insistance et la en bonnes personnes, prêtes à tout pour le bien précision de la référence citée, par vérifier, et de leur prochain. il découvre, stupéfait, qu’il s’agit exactement du Alexandre Rosemblum même cas, tranché Cachère par le Taz. Il s’excuse 36 36

Supplément spécial Chabbath I n°372


DOSSIER

Pourquoi la Yéchiva occupe-t-elle une place si essentielle dans la construction d’un jeune Juif ? De son rôle à travers l’Histoire à ce qu’elle transforme, très concrètement, dans une vie, ce dossier vous emmène au cœur de cet univers. Nous donnerons aussi la parole aux directeurs de Yéchivot, à ceux qui accompagnent les jeunes Français au quotidien, puis aux mamans qui vivent, elles aussi, cette aventure à distance. Plusieurs voix pour comprendre ce qui se joue vraiment derrière les murs de ces établissements !

Comment la Yéchiva a sauvé le peuple juif "Si ce n’est Ta Torah qui a fait ma joie, j’aurais périclité dans ma misère." (Téhilim 119, 92). Il y a quelques jours, le 1er Eloul, des dizaines de milliers de jeunes Juifs à travers le monde ont franchi un cap décisif : leur entrée en Chi’our Alef, en première année de Yéchiva. Ce moment réveille en moi le souvenir vibrant de mes propres premiers pas. Je revois encore cette porte s’ouvrir sur un univers fascinant, franchie la gorge un peu nouée par le trac, mais le cœur débordant d’enthousiasme. Comment oublier le bouillonnement du Beth Hamidrach, cet océan de voix où les idées s’entrechoquent pour faire jaillir l’étincelle du sens ? Comment oublier ce silence presque sacré qui s’installe 38

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soudain, quand s’élève le tout premier cours du Roch Yechiva, dévoilant les mystères du nouveau traité ? Derrière ce seul mot de Yéchiva réside toute l’intensité d’une quête : une immersion spirituelle totale, une recherche sans relâche de la vérité et une métamorphose intérieure. Mais plus encore qu’un lieu d’étude, la Yéchiva est un havre de sérénité, un sanctuaire de la pensée divine, le battement de cœur de notre mémoire collective et la promesse vivante de notre éternité. À travers les tourmentes de l'Histoire, les déracinements et les persécutions, une question taraude les historiens du monde


Jérusalem Objectif Yéchiva profane : par quel miracle le peuple juif a-t-il préservé son identité, sa mémoire et sa vigueur intellectuelle intacts ? La réponse réside dans une institution unique : la Yéchiva. La Yéchiva, au-delà de l’étude La Yéchiva évoque souvent l'institution née à Volozhin au XIXème siècle. Pourtant, l’étymologie du terme, issue de Lachévet ("être assis"), révèle une réalité plus vaste : la Yéchiva désigne un état de quiétude, de sérénité et de disponibilité absolues de l'esprit pour s'adonner corps et âme à l'analyse profonde. La véritable Yéchiva est celle où l'âme s'installe dans les profondeurs de la Torah.

un jour de neige sur le toit de l’édifice pour écouter les paroles de Chema’ya et Avtalyon à travers le vasistas, jusqu’à perdre connaissance sous une couche de neige épaisse. Cet amour désintéressé posa les bases de l’éthique de la Yéchiva. Beth Hillel et Beth Chammaï : l’amour de la vérité dans le respect de l’autre

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Bien que divisés sur de multiples points de droit rabbinique, les disciples de Beth Hillel et de Beth Chamaï entretenaient des relations empreintes d’un profond respect mutuel. Le Talmud souligne qu’ils se mariaient volontiers entre familles des deux écoles et partageaient leurs repas. (Yébamot 13a) La sérénité et l’humilité de Beth Hillel, qui enseignait toujours les arguments de Beth Chamaï avant les siens, valurent à cette école qu’une voix céleste (Bat Kol) proclame à Yavné que la Halakha suivait ses décisions.

La véritable Yéchiva est celle où l'âme s'installe dans les Les précurseurs patriarcaux et profondeurs de la bibliques Torah L'étude organisée de la Torah n'a pas débuté au mont Sinaï. Adam reçut un livre de secrets célestes, le Séfer Yetsira, transmis à Noa'h, Chem et 'Ever. Leur Yéchiva constituait le phare spirituel face au paganisme. Avraham y resta trois ans pour comprendre l’ouvrage ; Ya'akov s'y immergea 14 ans. Les Patriarches observaient les Mitsvot par anticipation : Avraham possédait un traité sur l'idolâtrie de 400 chapitres, Yossef et Ya'akov étudiaient la ‘Egla ‘Aroufa et Yéhouda fonda une maison d'étude en Égypte. Rescapés du Déluge et de Babel, Chem et 'Ever transmettaient une méthode de résistance spirituelle face à une société corrompue, cette science de la survie en exil que Ya'akov transmit à Yossef. Le second Temple et l’époque Tanaïque : l’émergence des grandes écoles À l'époque du second Temple, l’institution prit une forme plus communautaire avec l’apparition du Beth Hamidrach. C’est l’époque héroïque des Tanaïm, illustrée par la figure emblématique de Hillel l’ancien. Pauvre au point de ne pouvoir payer le faible droit d’entrée perçu par le gardien du Beth Hamidrach, Hillel se hissa

Après la tragédie de la destruction du second Temple en 70 de l’ère commune, Rabbi Yo’hanan Ben Zakaï accomplit un acte fondateur : il obtint de l’empereur Vespasien le salut de la ville de Yavné et de ses Sages. En déplaçant le centre de la vie juive du Temple vers l’Académie, il prouva que la nation juive ne dépendait pas d’un territoire ou d’un édifice de pierre, mais de la préservation de sa Torah. Malgré les persécutions romaines sanglantes qui suivirent la chute de Bétar en 135 et le martyr de Rabbi ‘Akiva, les Sages survivants se rassemblèrent à Oucha pour rallumer le flambeau, aboutissant vers l’an 200 à la rédaction de la Michna par Rabbi Yéhouda Hanassi. L’époque des Amoraïm et des Guéonim : le rayonnement de la Babylonie Avec le déclin du centre judéen, la Babylonie, où le peuple juif se trouvait en partie depuis la chute du premier Temple, devint le véritable cœur battant du monde juif pendant près de 39 Magazine I n°372 39


DOSSIER mille ans. C’est là que virent le jour les deux plus prestigieuses académies de l’Histoire : Soura, fondée par Rav, et Poumbédita, fondée par Chmouel. Ces Yéchivot acquirent une structure institutionnelle d’une modernité stupéfiante. Pour la première fois, la Yéchiva n’était plus seulement un lieu de rassemblement pour l’élite : elle structurait la vie économique et sociale de toute la population. Durant les mois d’Adar et d’Eloul, les académies organisaient les Yar’hé Kala : des dizaines de milliers de commerçants, d’agriculteurs et d’artisans interrompaient leurs travaux pour venir étudier intensivement à la Yéchiva le traité talmudique de l’année. Les têtes d’académie, portant le titre illustre de Guéonim, recevaient des responsas d’Espagne, d’Afrique du Nord et de Perse ; ils fixèrent définitivement le Talmud de Babylone comme la charte suprême du peuple juif. La diaspora médiévale : l’épanouissement des Richonim Au Moyen Âge, avec le déclin de l’école babylonienne, la lumière de la Torah se dissémina à travers la diaspora, créant deux grands foyers aux méthodologies complémentaires : - le foyer séfarade (Espagne et Afrique du Nord) : Dans des centres florissants comme Kairouan, Lucena, Cordoue et Tolède, des maîtres exceptionnels comme le Rif (Rabbi Its’hak Alfassi), le Rambam (Maïmonide) et le Ramban (Na’hmanide) développèrent une étude alliant profondeur talmudique, rigueur codificatrice et clarté synthétique. La Yéchiva y forme des esprits complets, capables de guider la cité ; - le foyer ashkénaze (France et Allemagne) : Dans la vallée du Rhin et en Champagne, sous la houlette de Rachi puis de ses disciples les Tossafistes, les Yéchivot devinrent le théâtre d’une analyse dialectique d’une acuité incomparable. L’étude n’était pas une simple lecture, mais une joute intellectuelle passionnée où chaque contradiction apparente du Talmud 40

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était disséquée et résolue. Aux heures les plus sombres des Croisades, le Beth Hamidrach resta le seul refuge où l’âme juive trouvait la force de surmonter le martyre. L’âge d’or des Yéchivot polonaises À la fin du Moyen Âge, alors que les feux de l'intolérance s'allumaient en France et en Espagne, le centre de gravité du monde juif glissa irrésistiblement vers l'Est. La Pologne, vaste terre d'accueil, allait devenir le nouveau berceau de l'étude talmudique. Dès le XIIIème siècle, sous la conduite éclairée de princes comme Boleslav le Pieux à Kalisz, puis de Casimir III le Grand, surnommé avec gratitude le "roi des serfs et des Juifs", des chartes royales offrirent aux communautés persécutées une protection sans pareil. Fuyant les exactions des Croisades, les massacres de Rindfleisch et les délires antisémites collectifs nés de la peste noire, des milliers de familles germaniques rejoignirent la Pologne. La progression fut fulgurante : d’à peine 25 000 âmes à la fin du XVème siècle, la population juive polonaise franchira le cap du million à l’aube du XVIIIème siècle, érigeant la région en une métropole spirituelle inédite. Cette expansion s’accompagna d’une autonomie remarquable. En 1551, la charte du roi Sigismond-Auguste consacra la gestion locale par le Kahal. Bientôt naquit le Va’ad Arba‘ Aratsot (Conseil des Quatre Pays) : réuni lors des grandes foires, ce parlement de rabbins et directeurs de Yéchivot répartissait l'impôt royal, tranchait la Halakha et finançait les académies. Comme l’écrivait Rabbi Nathan Néta‘ Hanover en 1653, "Il n’y eut nulle part autant de Torah qu’en Pologne... Il n’y avait pas une maison où elle n’était pas étudiée." Au cœur de cette effervescence, Rabbi Ya’akov Polack insuffla un renouveau intellectuel en prônant le retour direct au texte talmudique via le Pilpoul (ou ‘Hiloukim). L’objectif est d’habituer l’esprit à déceler les contradictions sous-jacentes, à rapprocher des passages éloignés et à susciter une réflexion personnelle


DOSSIER audacieuse. Si cette technique suscita plus tard des dérives virtuoses parfois critiquées par de grands maîtres comme le Maharchal ou le Gaon de Vilna pour son excès d’abstraction, elle insuffla une passion renouvelée et une acuité conceptuelle inégalée parmi les jeunes étudiants. Une pléiade de géants marqua le XVIème siècle : Rabbi Chalom Chakhné à Lublin, le Maharchal clarifiant les textes sources, et le Rema (Rabbi Moché Isserles) fixant la norme halakhique ashkénaze dans ses commentaires du Choul’han ‘Aroukh. Leurs œuvres, aux côtés de celles du Maharcha, du Ba’al Halévouch ou du Taz, demeurent au XXIème siècle des piliers de l’étude.

Volozhin transforma radicalement le modèle d’une institution locale financée par la communauté de ville, pour devenir une académie internationale, totalement indépendante, attirant l’élite de la jeunesse juive d’Europe de l’Est. L’étude y fonctionnait jour et nuit en relais ininterrompu. À cette même époque, Rabbi Israël Salanter implanta dans les Yéchivot le mouvement du Moussar, intégrant l’introspection éthique, le perfectionnement du caractère et la responsabilité morale au cœur du cursus talmudique. De Volozhin naquirent les grandes Yéchivot lituaniennes : Mir, Slabodka, Telshe, Poniovitz et Kletzk.

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Fondée en 1802-1803 dans un bourg biélorusse entre Vilna et Minsk, la Yéchiva de Volozhin est conçue comme une institution d’élite réunissant plusieurs centaines d’étudiants choisis. Financés par la Yéchiva et logés sur place, ces 400 élèves soutiennent activement l’économie de la communauté locale. Personnalité humble et rassembleuse, Rabbi ‘Haïm refuse de participer aux excommunications contre la ‘Hassidout et protégera le peuple juif de la Haskala, les "Lumières" berlinoises, en cherchant avant tout à préserver son unité et en élevant le niveau d’étude talmudique à un degré exceptionnel.

Plutôt qu’une posture physique passive, la Yéchiva désigne un état de quiétude, de sérénité et de disponibilité absolues de l’esprit

Dès 1559, toutes les Yéchivot polonaises étudiaient le même traité au même rythme. Pris en charge par les communautés, les étudiants étaient logés et nourris dans les familles "comme des fils". L’année s’articulait autour de deux semestres (Zmanim), coupés par les foires commerciales (Yerid). Ces rassemblements voyaient converger des milliers d’érudits pour des joutes halakhiques et des alliances matrimoniales, tissant un réseau de solidarité indestructible. Ce monde ardent et lumineux connut un crépuscule tragique en 1648 lors des massacres commis par les Cosaques, brisant l’un des plus magnifiques âges d’or de notre histoire. L’époque moderne et la révolution de Volozhin À l'aube du XIXème siècle, face aux bouleversements de la modernité, l'institution de la Yéchiva connut la plus grande transformation de son histoire. En 1803, Rabbi ‘Haïm de Volozhin, disciple éminent du Gaon de Vilna, fonda la célèbre Yéchiva de Volozhin, surnommée à juste titre la "mère des Yéchivot". 42

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Pendant plus d’un siècle, la direction de la Yéchiva reste aux mains des descendants de Rabbi ‘Haïm (le Beth Harav). En 1821, son fils, Rabbi Its’hak (Rabbi Itselé), prend la relève. Érudit, polyglotte et versé dans les sciences, il défend fermement l’éducation juive traditionnelle face aux persécutions tsaristes (décret des cantonistes sous Nicolas Ier, réformes assimilatrices du Dr Lilienthal). À son décès en 1849, la succession passe à son gendre, le Netsiv (Rabbi Naftali Tsvi Yéhouda Berlin). Auteur d’ouvrages majeurs


Jérusalem Objectif Yéchiva (Ha’amek Davar, Méchiv Davar), le Netsiv prône une connaissance encyclopédique des textes originels et fait rayonner la Yéchiva dans toute la diaspora pendant 40 ans. Dans les années 1880, Rabbi ‘Haïm Soloveitchik de Brisk (arrière-petit-fils du fondateur) seconde le Netsiv. Il révolutionne l’étude rabbinique en introduisant une méthode d’analyse logique et conceptuelle quasi scientifique, comme le concept des zwei dinim (deux lois), particulièrement articulée autour de l’œuvre de Maïmonide. Cette approche moderne, analysant les concepts sous-jacents des sujets talmudiques, conquiert définitivement le monde des Yéchivot. De futurs géants du judaïsme du XXème siècle y sont formés, dont Rav ‘Haïm ‘Ozer Grodzinski, le Rav Kook, ou Rav Isser Zalman Meltser. Face au refus de se conformer aux exigences du gouvernement tsariste, qui imposait dès 1891 six heures quotidiennes d’études profanes, la limitation des heures d’étude et des diplômes d’État, le Netsiv choisit la fermeté pour préserver l’esprit fondateur. En février 1892, les autorités russes ferment brutalement la Yéchiva et expulsent étudiants et maîtres sous trois jours. Bien qu’une réouverture partielle ait lieu en 1896 sous la direction de Rabbi Refaël Chapira (qui y intègre le mouvement du Moussar), la Yéchiva ne retrouve plus son éclat d’antan. L’institution cesse ses activités lors de la Première Guerre mondiale, avant que son bâtiment ne soit transformé en restaurant sous le régime soviétique. En juin 1941, l’invasion nazie et le massacre de toute la communauté juive de Volozhin mettent un terme à cette prestigieuse épopée. Mais l’étincelle de l’étude s’était déjà rallumée autre part, comme nous le verrons. L’épopée des Yéchivot renaissance spirituelle

séfarades :

une

De l’autre côté du globe, le monde de la Torah se développait aussi en terre séfarade dans un modèle d’étude vibrant et profondément ancré dans le quotidien.

Pendant longtemps, le paysage toranique séfarade s'est distingué par sa proximité avec le tissu social. Les espaces d'étude n'étaient pas seulement réservés à une jeunesse en formation, mais accueillaient aussi des érudits plus mûrs, souvent soutenus à demeure par de généreux patrons désireux de préserver l'étude de la Torah. Du Maroc à la Tunisie, la passion des textes imprégnait la vie communautaire : • l’Afrique du Nord : au Maroc, chaque cité arborait sa propre sensibilité intellectuelle : Marrakech la talmudique, Fès la halakhique, Meknès la pieuse. En Tunisie, l’étude s’invitait au cœur du peuple, tandis qu’à Djerba, une pédagogie unique incitait chaque élève à devenir auteur en consignant ses propres découvertes ; • l’éclat du Moyen-Orient : À Bagdad, la Yéchiva Beth Zilkha, fondée sous l’impulsion du Rav Abdallah Somekh et guidée par les enseignements du Ben Ich ‘Haï, a fait vivre l’héritage babylonien avec un rayonnement exceptionnel. De même, à Alep et Damas, les Sages ont su maintenir une élite brillante malgré les difficultés économiques. L’avènement du XIXème et du XXème siècle, avec l’essor des protectorats et l’implantation des écoles de l’Alliance israélite universelle, a bouleversé cet équilibre traditionnel. Confrontées au risque de l’assimilation et à un essoufflement général, les communautés ont vu émerger de véritables bâtisseurs de la Torah. Des figures visionnaires comme le Rav Chlomo Dana à Tunis ou les maîtres du Maroc appuyés par des initiatives européennes à Tanger aprèsguerre ont su recréer des structures modernes, capables d’accueillir et d’inspirer les nouvelles générations. Le véritable tournant s’opère en terre d’Israël, et plus particulièrement à Jérusalem, avec la création de la Yéchiva Porat Yossef en 1923. Sous la direction lumineuse du Rav ‘Ezra Attia durant un demi-siècle, une révolution discrète mais profonde voit le jour, comme la démocratisation de l’accès aux Yéchivot, au-delà Magazine I n°372 43


DOSSIER de l’ancien modèle élitiste ou encore l’étude pour la beauté pure du savoir (Lichma), et non plus pour les seules fonctions rabbiniques. La renaissance contemporaine : reconstruire sur les cendres En Europe, la Shoah a balayé physiquement ces sanctuaires de la pensée humaine. Seule exception à ce désastre : les maîtres et les 300 étudiants de la Yéchiva de Mir qui fuirent via la Lituanie et le Transsibérien (grâce aux visas du diplomate japonais Chiune Sugihara), jusqu’à Kobé puis Shanghai, en Chine occupée par le Japon, où l'étude ne s'interrompt pas un seul jour durant toute la guerre. Tout spécialiste de l’histoire aurait prédit la fin définitive du monde des Yéchivot. C’était compter sans la puissance d’éternité contenue dans cette institution. Des géants de la Torah, rescapés de l’enfer, tels que le Rav de Poniovitz (Rav Kahaneman) et le ‘Hazon Ich à Bné Brak, le Rav Aharon Kotler à Lakewood, ou le Rav Dessler, entreprirent de reconstruire le monde de la Torah à partir de ses derniers tisons sauvés des flammes. En quelques décennies, en terre d’Israël et aux États-Unis, les Yéchivot connurent une expansion sans précédent dans l’histoire humaine. Qu’il s’agisse des grandes académies lituaniennes et de l’intellect aigu de 'Hévron, Poniovitz et tant d’autres, des centres ‘hassidiques vibrant d’ardeur, des Yéchivot séfarades dont certaines perpétuent les méthodes d’études ancestrales (comme Kissé Ra’hamim du Rav Mazouz et sa fameuse analyse tunisienne), la Yéchiva Or Ha’haïm, la plus grande Yéchiva séfarade au monde avec ses centaines de Collelim essaimés à travers Israël, des Yéchivot du monde sioniste religieux, ou des établissements destinés aux jeunes en quête de retour aux sources, la Yéchiva est plus vivante que jamais. 44

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La France connaît elle aussi sa renaissance. Dès 1945, Rav Moché Leybel et le grandrabbin Ernest Weill rouvrent dans une villa d’Aix-les-Bains la première Yéchiva française d’après-guerre, confiée à Rav Chajkin, élève de Rav El’hanan Wasserman et du ‘Hafets ‘Haïm, la future Yéchiva ‘Hakhmé Tsarfat. La même génération voit naître à Brunoy la Yéchiva Loubavitch Tomkhé Témimim. À Paris, le Beth Hamidrach renaît autour du Pletzl du Marais et de sa synagogue de la rue Pavée autour de Rav Rottenberg, le Rouv, tandis que le 9ème arrondissement s’impose comme foyer d’étude, avec Rav Elie Munk à la rue Cadet, puis, plus tard, Rav ‘Haïm Tsvi Rozenberg à la Rachi Choul. Marseille et Sarcelles (la "petite Jérusalem"), portées par l’arrivée massive des Juifs d’Afrique du Nord dans les années 1960, deviennent à leur tour des bastions du Limoud. Aujourd’hui, ce maillage s’est démultiplié à travers toute la banlieue parisienne, petite et grande couronne, et aussi dans certains arrondissements et villes du pays : 19ème arrondissement, l’Ouest parisien (17e, Neuilly, Levallois, Boulogne), le Raincy-Gagny-Villemomble, Villeurbanne et tant d’autres comptent parmi les nombreux foyers où fleurissent Yéchivot et Collelim. L’ancre d’éternité de la nation juive L’histoire des Yéchivot est l'explication même de la survie du peuple juif. Comme l’écrivait Rav Baroukh Epstein, la Yéchiva offre à chaque génération cet espace de quiétude sacrée et de clarté intellectuelle où l’homme s’élève audessus des contingences matérielles. Aujourd’hui comme aux jours de Chem et ‘Ever, de Yavné ou de Volozhin, tant que résonnera le chant passionné de la ‘Havrouta (binôme d’étude) entre les murs d’un Beth Hamidrach, le peuple juif demeurera invincible. La Yéchiva n’est pas seulement notre passé : elle est le garant absolu de notre avenir et le véhicule de notre éternité. Rav Nathaniel Mimoun


Objectif Yéchiva

Rav Yéhouda Samuel

Rav Avraham Bloch

Pourquoi envoyer son fils en Yéchiva ? Chaque année, des centaines de jeunes Français partent étudier une année, parfois plus, dans une Yéchiva en Israël. Un monde souvent mystérieux pour leurs parents, leurs amis, et parfois pour eux-mêmes avant d’y entrer. Pour en comprendre les ressorts, nous avons interrogé deux directeurs de Yéchiva français en Israël : Rav Yéhouda Samuel de la Yéchiva Kéter Chlomo à Bné Brak, et Rav Avraham Bloch de la Yéchiva Beth Halévy à Bayit Vagan, Jérusalem. Deux regards, une même conviction : une année de Yéchiva ne s’oublie jamais. Pourquoi un jeune homme a-t-il besoin de passer, au minimum, une année en Yéchiva ? Qu’est-ce qu’il ne pourrait pas acquérir de la même manière ailleurs ? Rav Yéhouda Samuel : "Le monde occidental repose principalement sur des valeurs matérielles : les études, un métier, le sport, les loisirs. La Néchama, l’âme, y est complètement mise de côté. Un jeune juif doit prendre conscience qu’il a une Néchama à faire grandir : découvrir ce qu'est une Téfila (prière) sérieuse, une étude sérieuse, un Chabbath comme il faut. On part en Yéchiva pour acquérir une autonomie dans l’étude pour le restant de sa vie. Sans cette base, on se condamne à rester ignorant." Rav Avraham Bloch : "Il y a deux choses qu’on ne peut acquérir qu’en Yéchiva. D’abord, comprendre ce qu’est un Ben Torah (un homme dont la vie est structurée par la Torah, ndlr)

avant même d’apprendre à étudier : c’est l’expérience de l’immersion totale, 24/7, une vraie coupure avec les repères de la vie occidentale. Ensuite, le contact quotidien avec des Rabbanim accessibles, pieux et heureux de leur choix de vie : les jeunes les admirent presque comme un modèle, et cela déteint sur eux, jusque dans leur façon de parler ou de s’habiller. Un garçon qui a fait deux ans de Yéchiva devient un Ben Torah quoi qu’il arrive, quel que soit le métier qu’il exercera ensuite. Deux ans de Yéchiva, aujourd’hui, c’est vraiment la base." À quoi ressemble une journée en Yéchiva, du lever au coucher ? Qu’est-ce qui est le plus difficile pour un jeune Français qui arrive en Yéchiva en Israël ? Rav Samuel : "La journée se partage en trois temps : la Téfila, où l’on apprend à prier lentement et avec application ; un cours Magazine I n°372

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DOSSIER d’approfondissement, le ‘Iyoun ; puis un temps installés entraînant une trentaine de nouveaux. dit de Békiout, pour lire plus vite et gagner L’ambiance du Chabbath où l’on chante à table en apprentissage général. On commence à 7 pendant une heure, le Tisch (un repas avec heures, on termine vers 22 heures, avec une des chants et des paroles de Torah autour du pause. Le plus dur, c’est le décalage : ici, le Rav, ndlr) qui se prolonge tard dans la nuit, la dimanche, on commence aussi la prière à 7h, prière de Moussaf de Roch Hachana qui dure pas à 9h30 comme en France. Il faut apprendre une heure... Ce sont les premières choses que les Ba’hourim racontent à leurs parents. à vivre sans smartphone, mettre de côté La plus belle année a paradoxalement été la Coupe du monde, se déconnecter du celle du Covid : coincés ensemble pour monde une année entière pour se donner Souccot, le groupe a forgé un à fond, tout en restant, bien sûr, En Yéchiva, on noyau plus soudé que ceux des en contact avec ses parents." découvre qu’on années précédentes." Rav Bloch : "Le plus difficile, c’est le manque d’activité physique a un patrimoine Concrètement, qu’est-ce qu’un régulière. En France, le trajet jeune homme "gagne" après bien plus riche, une année de Yéchiva, même vers l’école, la récréation, tout cela fait bouger le corps. Ici, on bien plus profond dans le cas où il ne deviendra reste assis du matin au soir sur pas Rav ou grand érudit ? que Molière ou des livres, dès 7h30, et le corps Rav Samuel : "D’abord, on n’y est pas habitué. Mais la vraie Corneille. C’est une apprend à gérer le temps : ici, coupure n’est pas celle qu’on chaque minute compte, alors vraie surprise. imagine : les Ba’hourim gardent qu’en France on en perd tant. le contact avec leurs proches. Ensuite, le rapport aux autres change : on C’est la façon même de vivre qui change du devient moins agressif, on prend conscience tout au tout." qu’on n’est pas le centre du monde, qu’on vit Et à l’inverse, qu’est-ce qui est généralement pour quelque chose de plus grand que soi. Concrètement, cela reste toute une vie : des le plus beau, ou le plus marquant ? horaires fixes d’étude, un vrai respect de la Rav Samuel : "C’est de découvrir, à travers le prière. J’ai d’anciens élèves, aujourd’hui dans contact avec les Rabbanim et les Séfarim, un des métiers éloignés de la Torah, qui étudient monde auquel on était complètement étranger, encore quelques heures chaque jour." celui de ses ancêtres. Jusqu’à la Haskala, tout Rav Bloch : "Au bout d’un an, un élève sérieux le monde vivait avec un niveau de Torah très devient autonome en Békiout, en lecture fluide élevé ; et depuis deux siècles, ce lien s’est et rapide d’un texte simple. Au bout de deux distendu. En Yéchiva, on découvre qu’on a un ans, il commence à produire ses premiers petits patrimoine bien plus riche, bien plus profond ‘Hidouchim (des interprétations innovantes et que Molière ou Corneille. C’est une vraie personnelles d’un texte, ndlr). Mais il y a un surprise." obstacle propre aux Français : avant même Rav Bloch : "Pour les meilleurs, c’est tout de comprendre un texte, ils pensent presque de suite le plaisir de comprendre : la beauté malgré eux qu’il faut d’abord le traduire. Un du Talmud, d’une Guémara, même simple, habitué peut lire en sept secondes ce qui travaillée en profondeur, quand un cours demandera dix heures de travail à un débutant. d’ici n’a rien à voir avec ce qu’on a connu en Mais ces dix heures ne sont jamais perdues : France. Et puis, il y a l’ambiance : la Yéchiva c’est le prix du plaisir d’étudier qui vient vit par promotions, une trentaine d’anciens ensuite."

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Jérusalem Objectif Yéchiva Quelle est, selon vous, la responsabilité principale d’un Roch Yéchiva : transmettre un savoir ou construire des hommes ? Rav Samuel : "C’est avant tout ouvrir des horizons à des garçons souvent loin de connaître leur propre patrimoine, leur montrer que tout est déjà écrit : à eux de s’en nourrir. Pour eux, on n’est plus seulement un professeur : on devient un "re-père", presque un second père. Je reçois encore aujourd’hui des appels d’anciens élèves qui me demandent conseil, dans toutes les situations de leur vie. Ils savent que nous sommes là pour les aider." Rav Bloch : "La vie d’un Roch Yéchiva est dure : on a entre les mains un pouvoir énorme. Le choix d’une ‘Havrouta, d’un binôme d’étude, peut changer une vie entière, en bien comme en mal, et on n’échappe pas à sa conscience quand les choses tournent mal. Chez nous, rien n’est centralisé sur un seul Rav en particulier, mais chacun trouvera un écho chez l’un des Rabbanim de la Yéchiva. Mais on reste redevable de ce métier : pouvoir peser sur la vie de plusieurs générations, ce n’est pas donné à tout le monde. Le travail quotidien, c’est notre oxygène." Avez-vous une anecdote particulièrement marqué ?

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Il s’est installé à Modi’in, a fondé une famille pratiquante avec de nombreux petits-enfants. Cela tient à la Providence divine et aux efforts que chacun est prêt à consentir." Pour finir, que diriez-vous aux parents ou aux jeunes qui hésitent à se lancer ? Rav Samuel : "N’ayez pas peur : la Yéchiva ne va pas vous ‘manger’. Laissez-vous construire : vous en ressortirez avec une autre personnalité, un autre horizon. Vous serez un autre homme. Je souhaite à chaque jeune Français qui termine le lycée de trouver sa Yéchiva : il y a de la place pour tous. Ensuite, chacun continuera sa vie comme il l’aura choisi, comme il l’aura compris." Rav Bloch : "Je réponds souvent par une histoire vraie : quelqu’un a fait dix ans de

Rav Samuel : "Un matin, une maman d’un élève m’a téléphoné : ‘Rav, vous avez sauvé mon fils !’ La veille, il lui avait annoncé qu’il voulait tout arrêter, rentrer à la maison. Ce matin-là, sans même y penser, je lui avais mis la main sur l’épaule en lui demandant si tout allait bien. Ce simple geste l’avait bouleversé. Un tout petit geste peut changer une vie entière. C’est une responsabilité immense."

médecine par pression familiale, sans jamais

Rav Bloch : "Il y a des années, un garçon du nord de la France débarque à la Yéchiva avec son sac à dos. Le portrait est éloquent : parents quasiment assimilés, lui ne connaît rien, ne fait pas Chabbath… Ça a été très dur, il a voulu tout arrêter plusieurs fois, mais il s’est accroché. Des années plus tard, on lui propose de se marier avec la fille du banquier de Bné Brak.

voilà le vrai risque. Une année de Yéchiva, c’est

vraiment s’y retrouver, jusqu’au jour où sa femme lui a dit : ‘Tu préfères arrêter d’exercer et jeter les cinquante prochaines années à la poubelle ?’ Parcoursup [système d’inscription pour l’enseignement supérieur en France, ndlr] demande à un jeune de choisir sa vie à 17 ans, sans qu’il se connaisse encore vraiment : l’inverse : le plus beau des voyages, celui où l’on sort de la bulle familiale et scolaire pour apprendre qui l’on est. En plus de trente ans, je ne connais pas un seul ancien élève qui regrette d’y être allé." Propos recueillis par Alexandre Rosemblum Magazine I n°372 47


DOSSIER Qui veille sur les étudiants de Yéchiva français en Israël ? À 18 ans, ils quittent la France, leur famille et tous leurs repères pour rejoindre une Yéchiva en Israël. Une aventure exaltante, mais aussi exigeante. Raphaël Belhassen et Netanel Lasry, qui accompagnent ces jeunes francophones, nous racontent ce grand saut, ses challenges… et ce qu’il apporte pour le reste de la vie. Saviez-vous que quelque 800 jeunes Français se trouvent cette année en Israël pour un passage à la Yéchiva ? Mais derrière cette belle aspiration à grandir dans la Torah se cache aussi des défis : nouvelle langue, nouveaux codes, éloignement familial, solitude… Raphaël Belhassen et Netanel Lasry connaissent bien ces jeunes, qu’ils accompagnent au quotidien. Ils lèvent le voile sur les challenges relevés par ces jeunes mais aussi sur leur formidable ascension personnelle. Torah-Box : Un garçon qui a déjà connu la Yéchiva en France peut-il vraiment être dépaysé en arrivant en Israël ? Raphaël : Énormément ! Même un jeune issu d’un milieu très religieux peut ressentir une différence considérable. Je comparerais cela au passage entre un stage et l’entrée dans la vie professionnelle : on connaît déjà le domaine, mais tout à coup, tout prend une autre dimension. En Israël, il se retrouve plongé dans un univers où l’exigence dans l’étude et la ‘Avodat Hachem est omniprésente. Il découvre aussi de nouveaux codes sociaux. Ajoutez à cela la langue. Imaginez un garçon de 18 ans qui se retrouve dans une chambre avec des Israéliens dont il ne comprend pas toujours l’humour ni les conversations, et qui ne maîtrise pas assez l’hébreu pour dire exactement ce qu’il pense. Il peut réellement se sentir perdu. Netanel : Et beaucoup ne viennent pas forcément de familles religieuses au sens classique. Un garçon peut avoir grandi à Marseille, passé son bac là-bas et pourtant avoir une véritable aspiration à venir étudier ici. 48

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Qu’est-ce qui est le plus difficile une fois sur place ? Raphaël : Le jeune ne quitte pas uniquement ses parents. Il quitte ses amis, sa communauté, son quartier, ses habitudes… tout un univers dont il ne mesurait pas forcément l’importance auparavant. Comment passe-t-on Chabbath lorsqu’on est loin de sa famille ? Netanel : Toute la semaine, tu es pris par l’étude. Chabbath, c’est justement le moment où tu aurais envie de retrouver la chaleur familiale. Quand j’étais moi-même à la Yéchiva, une famille francophone habitait juste à côté. Chaque vendredi soir, elle invitait les Français de notre Yéchiva et quelques autres garçons. On pouvait rester jusqu’à une ou deux heures du matin ! Et ce n’était pas que pour les bons plats. On venait surtout retrouver pendant quelques heures l’ambiance de la maison. On attendait cette invitation toute la semaine. Après, on rentrait à la Yéchiva et on pouvait encore étudier avec une énergie incroyable. C’était comme si on avait rechargé nos batteries. Votre rôle consiste donc surtout à leur montrer qu’ils ne sont pas seuls ? Netanel : Nous allons aussi directement les voir dans les Yéchivot. Quelques fois dans l’année, on leur apporte un petit colis avec une brioche, des bonbons, une boisson… Mais le paquet est surtout un prétexte. Quand j’arrive dans une Yéchiva où il y a 15 Français, je les fais descendre et on discute. Au début, certains pensent : "Pourquoi tu viens me voir ? Je vais très bien !" Puis ils finissent par attendre ces moments. Ils plaisantent, racontent ce qui leur arrive. Et parfois, plus tard, l’un d’eux t’appelle seul.


Jérusalem Objectif Yéchiva pour "étudier plus". Il vient chercher une autre intensité de Torah, de ‘Avodat Hachem, de crainte du Ciel, une autre vision de la vie. Il vient pour Netanel : Oui. Lors d’un grand Chabbath bâtir sa personnalité à l’aube de sa vie d’adulte. organisé avec près de 200 jeunes, j’ai Je prends souvent cette comparaison : parlé de l’importance de ne pas garder imaginez qu’un étudiant puisse intégrer ses problèmes pour soi. Un garçon est l’une des meilleures universités venu me voir ensuite en me Il vient chercher du monde. Il sait qu’il devra disant : "Ce que tu as dit m’a travailler davantage, quitter beaucoup touché. J’ai plein une autre intensité son environnement et de choses à te raconter." Puis s’adapter. Mais s’il sait que de Torah, de il m’a expliqué que, pour des cela peut transformer son raisons familiales très difficiles, crainte du Ciel, avenir, il acceptera les efforts cela faisait environ deux ans une autre vision nécessaires. Pour un garçon qui qu’il ne rentrait plus chez lui en veut grandir dans la Torah, c’est France. Pendant les vacances, de la vie. Il vient un peu la même chose. il allait chez des familles par-ci, pour bâtir sa Lorsqu’on vit auprès de par-là. Finalement, la semaine personnes qui étudient avec dernière, il m’a appelé en me personnalité à une intensité extraordinaire et disant : "Regarde, ma mère est l’aube de savie ont consacré leur existence à venue seule en Israël. Elle est la Torah et à l’épanouissement d’adulte. restée une semaine et demie des autres, on découvre de avec moi. Ça faisait deux ans et nouveaux horizons. Quand on se tient à côté demi que je ne l’avais pas vue !" de quelqu’un de beaucoup plus grand que Votre aide peut aussi être très pratique… soi, on a naturellement envie de grandir. Les jeunes s’attachent souvent à leurs maîtres de Netanel : Complètement. Prenez la couverture manière indéfectible, ce sont des exemples de médicale. Un jeune arrive avec sa carte Vitale personnalités exceptionnelles qu’ils garderont française, mais s’il tombe malade ici, il ne pour toute la vie et qui les inspireront pour sait pas comment faire. Un garçon que nous orienter leur existence dans la bonne direction accompagnions a commencé à avoir de gros à leur tour. vertiges. Ses parents, en France, ont paniqué et voulaient qu’il rentre immédiatement. Finalement, le jeune vient étudier la Comme la question de sa couverture médicale Torah, mais apprend aussi à se construire… avait été organisée en amont par nos soins, il a pu consulter en Israël. Il avait simplement Raphaël :Exactement. L’expérience n’est pas une infection aux oreilles : antibiotiques, et adaptée de la même manière à tout le monde et c’était réglé. Cela paraît banal, mais imaginez elle n’est pas forcément facile. Mais lorsqu’un garçon trouve réellement sa place à la Yéchiva, l’angoisse évitée aux parents ! il peut découvrir qu’en quittant son confort À vous écouter, l’expérience paraît pendant quelques années, il acquiert quelque particulièrement exigeante. Pourquoi alors chose qui l’accompagnera toute sa vie. Il est venu pour étudier la Torah. Mais c’est aussi luivenir étudier si loin ? même qu’il apprend à construire. Raphaël :Parce que le garçon sait ce qu’il Propos recueillis par David Choukoun vient chercher. Il ne vient pas uniquement Est-il déjà arrivé qu’on vous confie des situations pas évidentes du tout ?

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DOSSIER "Maman, laisse-moi partir !" 3 mamans témoignent Trois mamans, trois parcours différents… mais un même choix : laisser leur fils partir étudier en Yéchiva à des milliers de kilomètres de la maison. Entre le manque, les inquiétudes, les surprises mais surtout les transformations en bien observées au fil des années, elles racontent ce que signifie, pour une mère, d'accepter de voir son enfant prendre son envol. Envoyer son fils étudier loin de la maison n’a rien d’anodin pour une maman. Nous avons croisé les témoignages de Mme Bismuth, mère de cinq garçons partis étudier en Israël, de Mme Attali, qui en a accompagné quatre sur ce chemin, et de Mme Ohayon, dont le fils a emprunté une voie au départ inenvisageable pour elle. Torah-Box : Comment avezvous pris la décision d’envoyer vos fils en Yéchiva ? Mme Bismuth : Pour nous, cela a toujours été très clair. Mon mari a lui-même étudié en Yéchiva et nous avons éduqué nos garçons dans ce sens. Ils ont grandi en sachant que cela ferait partie de leur parcours. Mon premier fils est parti il y a plus de dix ans, puis ses frères ont suivi. Mme Attali : Mon fils aspirait vraiment à partir en Israël. Ensuite, il fallait simplement trouver l’endroit qui lui conviendrait. Nous nous sommes beaucoup renseignés auprès de la famille en Israël. Finalement, chacun de mes garçons a étudié dans une Yéchiva différente et chacun y a trouvé sa place. Mme Ohayon : Chez nous, c’était beaucoup moins évident ! Nous sommes une famille pratiquante, mais pas au point de faire un long passage par la Yéchiva. Mon mari avait certes étudié deux ans à Aix-les-Bains et, dès la naissance de notre fils Aharon, il répétait : "Lui aussi ira à Aix !" Moi, je répondais : "Jamais je ne me séparerai de mon fils à 15 ans !" Et puis je ne sais pas trop comment… à 15 ans, je l’ai laissé partir ! Je crois qu’à un moment, on cesse 50

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de penser au prix qu’on va soi-même payer, pour regarder ce dont notre enfant a besoin. Aharon avait envie d’approfondir l’étude et il s’est extraordinairement épanoui à Aix-les-Bains. Après son bac, nous souhaitions, lui comme nous, qu’il fasse une année de Yéchiva en Israël. Dans ma tête, le programme était très clair : Yéchiva, puis études supérieures. Mais lui avait visiblement un autre programme ! La séparation, justement : comment la viton lorsqu’on est maman ? Mme Bismuth : La première fois, c’est très difficile. On pleure. Je ne vais pas prétendre le contraire. Mais lorsqu’on sait que c’est pour leur bien, on l’accepte de bon cœur. Mme Attali : J’avais vu beaucoup de mamans souffrir énormément et j’avais décidé d’essayer de vivre les choses autrement. Je me suis souvenue de ce que j’avais moi-même ressenti lorsque j’avais quitté la maison : cette joie de découvrir, de devenir autonome. Au début, ils appellent beaucoup. Et puis les appels s’espacent… paradoxalement, c’est souvent très bon signe ! Cela veut dire qu’ils ont trouvé leur place. Mme Ohayon : Moi, j’avais déjà connu une première séparation puisqu’Aharon était parti à 15 ans. Et cela avait été déchirant. Je voulais constamment savoir où il était, ce qu’il faisait, s’il allait bien… J’étais à l’affût de la moindre information. J’ai vraiment ressenti l’absence dans tous ces petits moments ordinaires : une


Jérusalem Objectif Yéchiva sortie en famille, un anniversaire, un repas… Lorsqu’il est ensuite parti en Israël, c’était encore une étape. Cette fois, il y avait un voyage en avion entre nous et surtout la perspective qu’il puisse véritablement construire sa vie làbas. Mais j’ai toujours essayé de me répéter une chose : son épanouissement passe avant mon confort à moi. Quels changements avez-vous observés chez vos garçons ?

les trois semaines de vacances, il a étudié chaque matin jusqu’à 13h30 et n’a pas voulu déroger à son programme. Pour une maman qui imaginait un tout autre parcours, il faut aussi apprendre à regarder son enfant tel qu’il est devenu, et pas uniquement à travers l’avenir qu’on avait dessiné pour lui. Y a-t-il un souvenir qui particulièrement cette expérience ?

résume

Mme Bismuth : Mon deuxième fils ne semblait Mme Bismuth : Cela dépend de chaque pas du tout destiné, au départ, au monde de enfant. Chez certains, j’ai vu davantage la Yéchiva. Il a finalement tenté l’expérience d’assiduité, de sérieux, d’ambition. Plus et s’est énormément attaché à généralement, ils ont mûri son Roch Yéchiva. Aujourd’hui, il À la Yéchiva, je vit en France, travaille, mais ce dans leur manière de réfléchir et dans leurs aspirations. La l’ai vu s’ouvrir aux qu’il a acquis est ancré en lui : Yéchiva les a transformés. il nous prépare des Divré Torah autres, devenir et en l’écoutant, je suis à la fois Mme Attali : Ils reviennent avec une bouffée d’air pur du monde plus posé, plus étonnée et admirative ! de la Torah. Mon quatrième fils, Mme Attali : Un été, nous avions depuis qu’il est parti, rayonne construit. En Israël, prévu de faire revenir mon fils littéralement. C’est vraiment le cela s’est encore quelques jours après la rentrée mot : il rayonne de bonheur. de la Yéchiva, période où les accentué. Mme Ohayon : A la base, billets étaient beaucoup moins Aharon était plutôt réservé. À chers. Lui n’a pas supporté l’idée de manquer la la Yéchiva, je l’ai vu s’ouvrir aux autres, devenir reprise : il a pris son propre argent de poche et plus posé, plus construit. En Israël, cela s’est acheté lui-même un billet plus cher pour être là encore accentué. Il n’a que 20 ans et pourtant, à temps ! Cela en disait long sur ce que l’étude le mot qui me vient est : "sage". Il est réfléchi, représente pour lui. posé, il sait où il va. Je ne dirais même pas que la Yéchiva l’a changé. Elle a révélé quelque chose Mme Ohayon : Pour mon dernier anniversaire, qui était déjà en lui. Et le plus surprenant, c’est cela faisait près de six mois que je n’avais pas vu que cela a aussi eu un effet sur sa sœur. Ils sont Aharon. Mon mari avait préparé une surprise : très proches et son frère est devenu un peu sa au lieu de m’offrir un voyage, il lui a pris un référence. Elle-même part maintenant pour une billet pour venir passer le week-end avec nous. Un soir, on sonne. J’ouvre la porte… je trouve année de séminaire. mon fils ! Je me souviens avoir crié, pleuré, Mme Ohayon, vous imaginiez pourtant être tombée dans ses bras… Je ne pouvais pour votre fils un avenir assez différent… imaginer un plus merveilleux cadeau. Aharon Complètement ! Aharon était excellent à l’école. devait repartir dès le dimanche pour retrouver Il a eu son bac avec mention, 17 en maths, 16 sa Yéchiva. Mais la guerre s’est déclenchée et en physique… Pour moi, il était évident qu’après a entraîné l’annulation de son vol, puis des son année de Yéchiva, il ferait des études. Sauf suivants. Ce séjour de quelques jours s’est que son année de Yéchiva est devenue une finalement transformé en un mois entier à la deuxième, puis une troisième… Même pendant maison ! Je ne vous cache pas que lui ne pensait

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DOSSIER qu’à repartir étudier. Moi, je dois avouer que je n’étais pas pressée que l’aéroport rouvre ! Que diriez-vous aujourd’hui à une maman qui hésite à laisser partir son fils ? Mme Bismuth : Je lui dirais que sa peur est parfaitement normale. Mais la Yéchiva est une véritable école de la vie. Même lorsqu’un garçon a grandi dans une famille pratiquante, il y apprend à vivre ses valeurs de façon autonome et à les faire réellement siennes. Mme Attali : Et très concrètement : prévoyez beaucoup de linge, de quoi tenir deux semaines, quelques gâteaux maison pour retrouver le goût du foyer… et demander qu’il appelle régulièrement, même quand tout va bien ! Mme Ohayon : Je dirais : regardez d’abord le bonheur de votre enfant, pas votre propre confort. Bien sûr qu’il faut connaître son fils et savoir s’il est prêt. Mais ensuite, il faut aussi savoir lui faire confiance. Et faire confiance aux personnes qui l’entourent. À Aix-lesBains comme aujourd’hui en Israël, j’ai vu des Rabbanim extrêmement bienveillants, auxquels

mon fils peut se confier. Quand on est loin, savoir qu’il existe sur place des adultes qui veillent sur lui comme sur leur propre enfant change énormément de choses. Avec le recul, referiez-vous le même choix ? Mme Bismuth : Sans hésitation. Ils ont acquis un bagage pour toute la vie. Alors oui, la séparation est difficile. Mais lorsqu’on sait que l’on offre à son enfant quelque chose qui l’accompagnera toute son existence, on trouve la force de le laisser partir. Mme Attali : Oui. Pour acquérir une véritable vie de Torah, je trouve extraordinaire qu’ils puissent goûter à ce parfum d’Erets Israël. Chez moi, les plus jeunes en parlent déjà : "Quand je serai en Yéchiva en Erets Israël…" Mme Ohayon : Moi qui ne voulais absolument pas laisser partir mon fils, je souris aujourd’hui en y repensant. Mon fils est devenu vraiment un sage, une référence. Ça n’a pas de prix ! Propos recueillis par Elyssia Boukobza

Tout pour une rentrée sans pression ! Après l’été, c’est la course : on passe d’un rythme complètement décalé à une organisation militaire, plus cette petite voix qui nous dit : "maintenant, je reprends mon alimentation sérieusement". Entre l’école, le travail, les courses, les devoirs, les repas à préparer et la routine à retrouver, le corps n’a pas besoin d’un régime draconien en plus. Le piège, c’est de vouloir "réparer" l’été : supprimer le pain, les plaisirs, manger trois feuilles de salade, se promettre de ne plus jamais toucher au sucre… Résultat : frustration, fatigue, craquages, et l’impression de repartir dans le même cercle. On reprend simplement : • Retrouver des repas simples et réguliers : des légumes, une source de protéines, un féculent ou des légumineuses de qualité, un peu de bon gras. Sans oublier de se faire plaisir de temps en temps ! • Remettre l’eau au centre : après les jus, cafés glacés et autres, une bonne hydratation aide déjà la digestion, l’énergie, la peau, et même les envies de sucre. • Prévoir quelques bases faciles : œufs durs, crudités lavées, thon, cottage, riz, quinoa, légumes au four, soupe. De quoi éviter le dîner "n’importe quoi" quand on rentre chez soi épuisé. • Revenir au mouvement, en douceur : marcher un peu plus, prendre les escaliers, sortir avec les enfants. Mieux vaut reprendre des habitudes régulières que de se faire des promesses intenables ! La rentrée est trop souvent perçue comme une punition, alors que c’est simplement le moment de redonner au corps la stabilité dont il a besoin, pour soutenir notre quotidien. Sarah Kisielewski 52

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DOSSIER

On a testé : la rubrique où on vit les expériences du monde religieux avant vous, pour vous ! Cette fois, cap sur une semaine complète en immersion à la Yéchiva. Guémara, ‘Havrouta, tchoulent du jeudi soir, Chabbath inoubliable. Verdict ? A découvrir ! L’idée est partie d’une conversation toute bête : et si, au lieu de passer une semaine de vacances à ne rien faire, on allait carrément vivre à la Yéchiva ? Pas en touriste, pour de vrai. Dormir là-bas, manger là-bas, prier là-bas, étudier matin, après-midi et soir, vivre avec les étudiants, faire Chabbath sur place. Bref, l’immersion complète ! Suivez notre équipe.

Bienvenue sur une nouvelle planète Premier truc qu’on découvre assez rapidement : ici, ce n’est pas vous qui décidez quand votre journée commence. Elle commence avec l’office Cha’harit où tout le monde doit être présent, point. C'est là que vous entendez pour la première fois un mot qu’on va vous répéter à peu près 74 fois par jour : "Séder". Le Séder, c’est en fait des plages horaires d’étude. Et des plages horaires d’étude, dans une Yéchiva, il y en a plein. Dans la plupart des Yéchivot, le programme s’enchaîne dès le matin jusqu’à 22h30, parfois 23h.

Une journée à étudier : plus fatigant qu’on ne l’imaginait C’est probablement la plus grosse surprise du séjour. On ne peut pas dire ni qu’on a porté lourd, ni qu’on a fait du sport, et pourtant, dès 20h, on est lessivé. Votre ‘Havrouta (c’est votre compagnon d’étude que vous a désigné le Roch Yéchiva, on en reparlera juste en-dessous) elle, est persuadée d’avoir compris. Vous, vous êtes persuadé qu’elle n’a rien compris. Finalement, au bout d’un moment, vous réalisez que c’est vous qui n’aviez rien compris. Mais il y a ce moment, difficile à décrire pour qui ne l’a jamais vécu : après 40 minutes bloqué sur trois lignes, tout devient limpide d’un coup. Ce petit "Aaaah !" de compréhension vaut étonnement toute la fatigue accumulée.

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DOSSIER La ‘Havrouta : je t’aime moi non plus Oubliez le bachotage enfermé dans votre chambre. Ici, on étudie à 2, et souvent en criant très fort. Des dizaines de personnes qui parlent en même temps, argumentent, se lèvent d’un coup. Ca parle araméen, hébreu et français dans la même phrase. Et dix minutes après avoir expliqué à votre ‘Havrouta qu’elle n’a "absolument rien pigé à la Souguia", vous partez déjeuner ensemble, comme si de rien n’était.

Jeudi soir, le rituel Le jeudi soir, quelque chose bascule. La fin de la semaine arrive et on commence à sentir Chabbath dans l’air. À Jérusalem, il existe une institution que les étudiants en Yéchiva prennent extrêmement au sérieux : le tchoulent du jeudi soir. Pommes de terre, haricots, viande, orge — à une heure où en fait n’importe quel nutritionniste sérieux vous conseillerait plutôt une salade. Après avoir bien mangé, direction le Kotel, à pied. On marche dans les ruelles avec nos nouveaux amis, ça rigole, ça refait le monde, ça parle Torah, mariage, avenir, et de sujets nettement moins philosophiques. Puis on arrive au Kotel. Tout le monde baisse d’un ton. ‘Arvit, puis retour à pied. Il est déjà 2h. Le lendemain matin, on regrette d’avoir dormi si tard. Mais on recommencerait sans hésiter !

Opération Chabbath Vendredi arrive et on change complètement de rythme. Dans plusieurs Yéchivot, le programme est volontairement allégé pour laisser la place aux préparatifs de Chabbath. Douche, rangement express, on enfile une chemise blanche fraîchement repassée par votre voisin de chambre et des belles chaussures. Le garçon qu’on a croisé toute la semaine épuisé, café à la main et Guémara sous le bras, devient soudain méconnaissable — présentable, presque élégant. Quoi déjà 19h06 ? Chabbath arrive !

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Jérusalem Objectif Yéchiva Le jour où tout a basculé C’est une expérience difficile à raconter à quelqu’un qui ne l’a jamais vécu. Après la Kabbalat Chabbath et ‘Arvit suit le repas avec des dizaines de garçons autour des tables pour le Kiddouch. On enchaine des chants de Chabbath, des Divré Torah, des blagues aussi un peu, encore des chants. C’est la tête pleine de nouvelles perspectives qu’on goûte enfin à ce sommeil réparateur qui n’est propre qu’au Chabbath. Lorsqu’à Sé’ouda Chlichit, la lumière baisse et que tout le monde se met à chanter ensemble, c’est là qu’on comprend pourquoi ceux qui ont étudié en Yéchiva parlent encore de leurs Chabbatot passés là-bas vingt ans plus tard.

Je me sens bien, c’est normal ? On pensait que la Yéchiva, c’était juste un endroit où on étudiait la Torah. Mais en fait on a découvert un nouvel univers : des nouveaux amis hyper bienveillants, des Rabbanim qui inspirent le respect et auxquels on a presqu’envie de ressembler, des fous rires, des discussions au bout de la nuit, des moments de découragement, des petites victoires quand on comprend enfin trois mots de Guémara. Et cette sensation assez rare d’avoir rempli sa journée avec quelque chose qui reste.

Fatigue

Difficulté

No comment.

Tosfot, il va falloir qu’on parle tous les deux.

Tchoulent du jeudi soir

Chabbath

Mais n’en parlez surtout pas à votre coach sportif.

Oui, on sait. Normalement on ne peut mettre que cinq étoiles.

Envie de rentrer chez soi au jour 1

Ambiance

Envie de revenir après le jour 7

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Pose ta question, un rabbin répond !

Je donne trop de Ma’asser, à qui diminuer ? Je viens d’entendre qu’on ne peut pas donner plus de 20% de notre Ma’asser. Or, je donne 35,75% : une partie à mes parents et une autre à des organismes. Que dois-je faire ? Diminuer le montant à mes parents ou aux organismes ? Réponse de Rav Gabriel Dayan 1. En effet, il faut éviter de donner plus de 20% de ses gains. Et à présent, il faut donner la priorité à vos parents. (Talmud Ketoubot 50a ; ‘Erkhin 28a ; Choul’han ‘Aroukh Yoré Dé’a 249, 1 ; Rambam Hilkhot ‘Erkhin 8, 13) 2. Nos Sages ont interdit de donner plus de 20% afin que le donateur ne risque pas de se trouver, lui-même, dans une situation où il aura besoin de faire appel aux dons des autres. 3. Dans certains cas, bien particuliers, il est permis de donner plus de 20% : A. S’il faut venir en aide à une personne dont la vie est en danger ; B. Si le donateur est vraiment riche et qu’il n’y a pas de risque qu’il s’appauvrisse ; C. Si le don est destiné à aider pour l’étude la Torah (dans cette éventualité, le donateur a une part dans l’étude de la Torah de celui qui reçoit la Tsédaka, donc, cela est permis) ; D. Si le donateur a l’intention de se faire pardonner des fautes ; E. Si le donateur gaspille, de toute façon, son argent pour des futilités ; F. Si le don est suite à un héritage ou à un cadeau reçu. (Béora’h Tsédaka 1, 20)

Sœurs, belles-sœurs, frères, beaux-frères dans une piscine privée ?! Peut-on louer une piscine entre beaux-frères et belles-sœurs, ainsi qu’entre frères et sœurs, avec les enfants ? Toutes les femmes et les filles sont couvertes (maillot Tsni’out, Kissouy...). Pourrait-on alterner hommes et femmes pour aller dans l’eau, sachant qu’on serait en famille autour de la piscine, vêtus de cette façon ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Lorsque les femmes sont autour de la piscine ou dans l’eau, les hommes et les garçons ne doivent pas se trouver dans les alentours, même si elles portent des "maillots Tsni’out". Un Rav qui permettrait une telle chose n’est pas digne de ce nom et rendra des comptes après 120 ans, et, certainement, bien avant, aussi. Même si les femmes portent des vêtements couvrants, le contact de l’eau rend les tissus collants et révèle les formes du corps. De plus, l’ambiance de détente autour d’une piscine favorise une proximité qui n’est pas conforme à la distance requise entre beaux-frères et belles-sœurs. L’alternance des baignades ne suffit absolument pas, car la simple présence visuelle des hommes et des femmes dans cet espace va à l’encontre de la Tsni’out. En d’autres termes, le simple fait de se détendre ensemble au bord d’une piscine en tenue de bain crée une atmosphère de proximité et de relâchement qui est incompatible avec ce que la Torah attend de nous. On sait très bien que l’exemple donné par les adultes est le premier guide des enfants. Agir comme mentionné dans votre question affaiblit leur perception des barrières fondamentales de la Tsni’out, ce qui va à l’encontre de l’éducation que nous devons leur donner et des principes que nous devons leur inculquer. Vous ne pourrez pas dire que la réponse n’était pas claire et explicite. Je m’excuse pour le ton que nous lui avons donné, mais qui aime bien châtie bien. 58

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Faire "revivre" un mort avec l’IA Peut-on, d’après la Halakha, faire "revivre" une personne décédée, en utilisant l’intelligence artificielle, et qu’elle souhaite un joyeux anniversaire ? Réponse de Rav Gabriel Dayan Vous faites vraisemblablement allusion à ces vidéos générées par intelligence artificielle dans lesquelles apparaît un proche qui n’est plus de ce monde. Par exemple, lors d’un mariage ou d’une fête de famille, le défunt apparaît sur un écran pour souhaiter un Mazal Tov ou souhaiter un joyeux anniversaire. Bien que cette idée naisse souvent d’un sentiment d’affection ou du manque laissé par la disparition d’un membre de la famille très cher, le simple bon sens conduit à considérer qu’une telle démarche n’est ni honorable ni respectueuse envers le défunt. Faire prononcer à un défunt des paroles qu’il n’a jamais dites ou lui attribuer des gestes qu’il n’a jamais accomplis, en manipulant artificiellement son image, revient à créer une mise en scène fictive, difficilement compatible avec la dignité qui lui est due. De plus, voir apparaître artificiellement un défunt sur un écran peut raviver la douleur du deuil au lieu d’apporter du réconfort. Lors d’une fête, cela peut aussi provoquer un profond malaise chez les proches et les invités, en donnant l’impression, même pendant quelques instants, que le défunt est de retour parmi eux, ce qui est assez frustrant.

Mon neveu se marie avec une non-juive, lui offrir un cadeau ? J’ai deux frères, dont le fils de l’un se marie malheureusement avec une Goya. Le neveu habite très loin, l’oncle a une bonne excuse pour ne pas assister au mariage, mais se sent obligé de faire un cadeau. Est-ce permis ? Réponse de Rav Gabriel Dayan 1. Il est strictement interdit d’assister à un tel mariage ou d’envoyer un cadeau, même si cette décision risque de provoquer des tensions dans la famille. 2. Offrir un cadeau dans une telle situation équivaut à encourager un mariage strictement interdit alors que la Torah nous impose de réprimander et de marquer une désapprobation claire. Dans un tel contexte, la Mitsva de réprimander et de fermeté l’emporte sur les considérations familiales. 3. Dans le même ordre d’idée, il est également interdit d’inviter le couple. Mais inviter le neveu sans qu’il soit accompagné est permis. (Vayikra 19, 17 ; Rambam Hilkhot Dé’ot 6, 6-7 ; Cha’ar Hatsiyoun 347, 8 ; Min’hat ‘Hinoukh 239, 7) Cacheroute · Pureté familiale · Chabbath · Limoud · Deuil · Téchouva · Mariage · Yom Tov · Couple · Travail · etc...

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LA PARACHA POUR LES ENFANTS Construire ou casser, il faut choisir Les enfants, cette semaine, avant de faire une bêtise et de se dire "ce n’est pas grave", demandons-nous plutôt ce que cela va provoquer.

L'HISTOIRE Les vacances touchent à leur fin. Chez les Lévy, les cartables sont encore vides, les trousses ouvertes sur la table, et chacun prépare ses affaires pour la rentrée. Maman demande :

À la récréation, Ari repense à la veille. Personne ne l’a puni, mais son choix a laissé une trace : il s’est très mal préparé, et maintenant il se retrouve embêté.

"Les enfants, chacun vérifie son cartable aujourd’hui. Comme ça, demain, on sera tranquilles."

Le soir, aussitôt rentré, il prépare son cartable sans attendre. Il taille ses crayons, range ses cahiers et vérifie sa liste. Papa sourit : "Parfois, les conséquences de nos actes nous apprennent mieux qu’un long discours."

Ari entend, mais il joue avec ses cousins. "Oui, oui, après…"

Ari comprend que chaque choix construit quelque chose, ou complique la suite.

Un peu plus tard, papa lui rappelle : "Ari, tu as bien vérifié ta liste de fournitures ?"

Nos actions ont des conséquences. Un bon chemin apporte bénédiction et réussite, mais un mauvais choix finit par abîmer quelque chose.

- Pas besoin, je sais déjà." En réalité, Ari n’a rien vérifié, il préfère continuer à jouer pour l’instant. Le lendemain matin, c’est la rentrée, tout le monde se dépêche. Ari ouvre son cartable. Il manque la règle, la colle, deux cahiers… et sa trousse n’a plus de crayon taillé. Il alerte : "Maman ! Je n’ai pas tout !" Maman l’aide comme elle peut, mais il est trop tard. Ari part à l’école stressé. En classe, quand l’instituteur demande le cahier de Paracha, Ari baisse les yeux. Il l’a oublié.

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t’arrive de Est-ce qu’il faire ? que tu dois peut-il uence cela q sé n o c e ll Que avoir ? e tout eux-tu fair p ix o h c n o Quel b de suite ?

L'ENSEIGNEMENT Dans Parachat Ki-Tavo, la Torah annonce des bénédictions, mais aussi des malédictions. Ces passages peuvent impressionner, car ils montrent que nos choix ne sont jamais "gratuits". Hachem ne nous donne pas la Torah pour nous faire peur. Il nous montre simplement qu’un bon chemin construit, et qu’un mauvais chemin détériore les choses. Comme un panneau qui dit "Danger !"

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n’est pas pour nous punir, mais pour nous empêcher de tomber. La Paracha nous apprend que nos actions ont des conséquences. Quand on choisit la vérité, le respect, la Torah et les Mitsvot, on apporte de la bénédiction. Quand on s’éloigne, qu’on se moque ou qu’on fait comme si rien ne comptait, on finit par perdre quelque chose. Alors, avant d’agir, on peut se demander : est-ce que ce que je fais construit ou abîme ?


Un récit qui inspire Un groupe de personnes voyage sur un bateau. Chacun a sa place, ses affaires, son petit coin. Le bateau avance sur l’eau, et tout semble tranquille. Soudain, l’un des voyageurs sort un outil et commence à faire un trou sous sa place. Les autres passagers le voient et s’écrient : "Tu es devenu fou ? Tu vas faire entrer l’eau dans le bateau !" L’homme répond : "Pourquoi vous vous inquiétez ? Je ne fais un trou que sous ma place. Ce n’est pas votre problème." Les passagers lui répondent alors : "Si l’eau entre, ce n’est pas seulement ta place qui va couler. C’est tout le bateau !" Cette parabole paraît simple, mais elle contient une grande leçon. Parfois, quelqu’un agit mal, et pense : "C’est mon choix, ça ne concerne que moi." Il se dit qu’un mensonge, une moquerie, un oubli, un manque de respect, une fois de temps en temps, ce n’est pas si grave. Mais nos Sages nous apprennent que chaque choix laisse une trace. Une mauvaise parole peut blesser quelqu’un et créer une dispute. Une règle qu’on ne respecte pas peut déranger tout un groupe. Un effort repoussé peut compliquer la suite. Et à l’inverse, une bonne action peut apporter de la paix, aider quelqu’un, encourager toute une famille ou toute une classe. C’est exactement ce que nous apprend Parachat Ki-Tavo. La Torah parle de bénédictions et de malédictions pour

Nos Sages racontent une parabole nous montrer que les actions ont des conséquences. Hachem ne nous avertit pas pour nous faire peur, mais pour nous aider à choisir le bon chemin. Si un enfant prépare ses affaires la veille, le lendemain commence plus calmement. S’il répond avec respect, l’ambiance reste bonne. S’il dit la vérité, on peut lui faire confiance. Mais s’il repousse toujours, s’il se moque, s’il prend ce qui n’est pas à lui, il finit par abîmer quelque chose autour de lui. Le voyageur du bateau pensait que son trou ne concernait que lui. Mais il a compris que ses actes touchaient aussi les autres. Nous aussi, nous devons apprendre à nous demander : "Ce que je fais maintenant, est-ce que cela construit ou non ? Est-ce que cela apporte de la bénédiction ou estce que cela complique la suite ?" La Torah nous donne des panneaux pour avancer sans tomber. Et chaque bon choix, même petit, peut protéger tout le bateau.

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L'exercice d

avant e semaine, tt e c , ts n Les enfa z-vous une hoix, arrête c n u u’est-ce e ir fa de z-vous : “Q e d n a m e d isissez seconde et ?" Puis cho s rè p a r e ss a qui va se p nger, dire la ut ositive : ra p n o rer to ti c a e un ent ou répa m ti n e g r ose e vérité, parl s avez fait quelque ch u o v de suite si dû. ’auriez pas que vous n

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RECETTE Huile verte aromatique aux herbes fraîches Quelques herbes fraîches, de l’ail et de l’huile suffisent pour préparer ce condiment aussi parfumé que coloré. Une huile maison qui apportera une touche de fraîcheur et une jolie couleur à vos plats. Pour 1 bouteille de 250 à 500 ml

Temps de préparation : 5 min

Temps de cuisson : 30 min

Ingrédients • Un assortiment d’herbes aromatiques fraîches au choix : coriandre, persil, aneth, céleri, thym, feuilles de blette, basilic… • 3 à 5 gousses d’ail • 250 à 500 ml d’huile • À noter : toutes les herbes aromatiques conviennent, à l’exception du romarin.

Réalisation - Lavez soigneusement les herbes aromatiques, vérifiez l’absence de bêtes, puis placez-les dans une casserole avec les gousses d’ail. - Versez suffisamment d’huile pour recouvrir entièrement les herbes et l’ail. - Faites cuire à feu doux pendant environ 30 minutes. - Retirez la casserole du feu et laissez complètement refroidir. - Filtrez soigneusement l’huile afin d’en retirer les herbes et les gousses d’ail. - Versez l’huile dans une bouteille hermétique et conservez-la au réfrigérateur.

Conseils : Cette huile verte est idéale pour assaisonner une salade, parfumer des légumes rôtis ou apporter une touche finale à un poisson, une soupe, une purée ou un plat mijoté.

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Difficulté : facile

No’am Zigdon Pour une présentation élégante, versez-en quelques gouttes autour de l’assiette juste avant de servir : sa jolie couleur verte donnera immédiatement une allure raffinée aux préparations les plus simples.


LE COIN SYMPATIK

Oulpan

Le premier jour de la rentrée

Le premier jour des cours, les enfants retournent à l’école et les parents peuvent enfin boire leur café pendant qu’il est encore chaud. On dirait qu’en fait, le premier jour de la rentrée des classes est aussi le premier jour des vacances des parents !

Vocabulaire • ‫ּודים‬ ִ ‫( ִל ּמ‬Limoudim) – études, cours • ‫( יְ ָל ִדים‬Yéladim) – enfants ֹ (’Hozrim) – reviennent, • ‫חו ְז ִרים‬ retournent • ‫( ֵ ּבית ֵס ֶפר‬Beth séfer) – école ֹ (Horim) – parents • ‫הו ִרים‬ ֹ ֹ (Sof-sof) – enfin • ‫ף־סוף‬ ‫סו‬ • ‫( ׁש ֹו ִתים‬Chotim) – boivent • ‫’( ַחם‬Ham) – chaud

ׁ ‫ַה ֹּיום ָה ִר‬ ‫אש ֹון‬ ‫ּודים‬ ִ ‫ַל ִל ּ​ּמ‬

ׁ ‫ַ ּב ֹּיום ָה ִר‬ ‫ ַהיְ ָל ִדים‬,‫ּודים‬ ִ ‫אש ֹון ַל ִ ּל ּמ‬ ֹ ‫חוזְ ִרים ְל ֵבית ַה ֵּס ֶפר‬ ֹ ֹ ‫הו ִרים‬ ֹ ‫וְ ַה‬ ‫ף־סוף‬ ‫סו‬ ‫ׁש ֹו ִתים ָק ֶפה ְ ּכ ׁ ֶשהּוא‬ ֹ ‫ ִנ ְר ֶאה ׁ ֶש ַה ֹּיום‬.‫עוד ַחם‬ ׁ ‫ָה ִר‬ ‫אש ֹון ַל ִ ּל ּמ ִּודים הּוא‬ ׁ ‫ְ ּב ֶע ֶצם ַה ֹּיום ָה ִר‬ ‫אש ֹון ַל ֻח ְפ ׁ ָשה‬ ֹ ‫ׁ ֶשל ַה‬ !‫הו ִרים‬ • ‫( ִנ ְר ֶאה‬Niré) – il semble, on dirait • ‫( ְ ּב ֶע ֶצם‬Bé’étsèm) – en fait, en réalité

• ‫’( ֻח ְפ ׁ ָשה‬Houfcha) – vacances, congé D’autres mots avec la racine .‫ר‬.‫פ‬.‫(( ס‬livre)

• ‫( ֵס ֶפר‬Séfer) – livre • ‫( ִס ְפ ִריָ ּה‬Sifriya) – bibliothèque • ‫( ַס ְפ ָרן‬Safran) – bibliothécaire

Prions pour la guérison complète de Ava Rahel bat Shoshana

Beatrice bat Jacqueline

Sarah Beïla bat Pessia

Yaccov ben Annette Shrina

Nathaniel Menahem Mendel Israel ben Bella Blor

Schoulamite bat Nicole

Nicole Mbirka bat Juliette Sarah

Éveline Ava bat Mouna

Armand Amram ben Tamo

Michaël Moshé ben Celia Sarah

Mazal bat Zorah

Ham Eliahou Rafael ben Saada

Baou ben Sultana

Michael Moché ben Celia Sarah

Shimon ben Hanina

Vous connaissez un malade ? Envoyez-nous son nom

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Il faut rester calme face aux épreuves. Rabbi Na’hman de Breslev comparait ce monde à un pont très étroit et enseignait : "L’essentiel est de ne pas avoir peur et de se renforcer dans le Bita’hon en Hachem" Recevez-la chaque jour sur WhatsApp : torah box.com/whatsapp/join/15 Magazine I n°372

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Life Time BAYT YEROUSHALMI À HAR HOMA

LE MOMENT EST VENU DE VIVRE JÉRUSALEM À HAR HOMA BY Bayit Yérouchalmi, une référence de l’immobilier à Jérusalem, signe à Har Homa deux nouvelles résidences pensées pour la vie de famille. Deux résidences intimistes proposant des appartements de 3 à 6 pièces et des penthouses.

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Perle de la semaine par

"Pour aimer quelqu'un, il faut se mettre à sa place, sentir ses douleurs et ses joies." (Rav Arié Levine)


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