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Torah-Box Magazine n°369 Israël - Matot Massé

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L'ÉDITO DE LA SEMAINE

Tu vas nous manquer, Rabbi Ron !

Il y a des pertes qui sont irremplaçables. Celle du Rav Ron Chaya en fait partie. Il nous a quittés brusquement, nous laissant tous sous le choc. Le seul qui s’était préparé à ce départ, c’est luimême. Depuis plusieurs dizaines d’années, il avait réalisé la précarité de ce monde et se préparait au ‘Olam Haba (Monde futur), accumulant des mérites comme des pierres précieuses. La mort ne lui faisait pas peur :"Ce n’est qu’un passage du vestibule au palais du Roi", disait-il.

Nous avons fait connaissance en 1990. Nous fréquentions alors le même Beth Hamidrach (centre d’étude de la Torah). Je remarquais son investissement dans l’étude, du matin jusqu’au soir, avec beaucoup d’ardeur. À la pause, il ne consommait qu’une partie de son repas, et lorsqu’il était fatigué, il s’allongeait quelques minutes sur un banc.

Il avait déjà, à cette époque, animé des séminaires de judaïsme. Un jour, en 1991, il m’accosta pour me faire savoir qu’il allait ouvrir une Yéchiva pour francophones, à la demande d’un groupe de jeunes Canadiens qui lui réclamaient une suite au séminaire. Sachant que j’avais une certaine expérience dans ce domaine, il m’avait proposé de faire partie de son équipe.

C’est là que commença une aventure extraordinaire, qui allait s’étendre sur plusieurs dizaines d’années, avec beaucoup de défis – mais aussi beaucoup de satisfactions. Il fallait d’abord concevoir une Yéchiva pour Ba’alé Téchouva (personnes qui se rapprochent du judaïsme). En effet, il fallait créer un programme qui corresponde aux besoins de ces jeunes, dans lequel ils trouveraient des réponses à leurs questions et qui leur permettrait de découvrir toute la richesse de la Torah. La difficulté était aussi de réunir dans un même cadre des personnes très différentes de par leur culture, leur âge, leur niveau intellectuel et religieux. De plus, certains ne venaient que pour quelques

jours, alors que d’autres restaient pour une longue période.

Que faire de leur passé qui remontait tout le temps ? Comment s’arranger avec la famille qui s’opposait ? Comment conserver les acquis réalisés à la Yéchiva après l’avoir quittée ?, se questionnaient les étudiants. Le Rav Chaya, nullement décontenancé, savait trouver une solution pour chacun, sans que cela porte préjudice à la collectivité que formait la Yéchiva. Bien que très occupé, on pouvait à tout moment frapper à sa porte et obtenir une écoute, avec toute la patience, l’intérêt et l’affabilité qu’il témoignait à chacun. Dans la discrétion la plus totale, il aidait aussi financièrement ceux qui étaient dans le besoin.

Au-delà des cours qu’il dispensait, le Rav était avant tout un exemple : sa ferveur dans la prière, son humilité, sa droiture parfaite, son amour extraordinaire pour la Torah, préservant ses yeux et sa bouche de visions et propos interdits.

Parallèlement à son activité au sein de la Yéchiva, il continua pendant des années à voyager à l’étranger dans le cadre des séminaires, malgré le sacrifice que cela représentait pour lui et sa famille. Rappelons l’abnégation de son épouse, que D.ieu lui accorde une longue vie, qui a pu souvent se retrouver seule un Chabbath sur deux avec des enfants en bas âge et qui, non seulement ne se plaignait pas, mais en plus l’encourageait. Un véritable couple d’anges, qui pourtant n’avaient pas été "programmés" pour mener ce type de vie dans leur jeunesse.

Son départ laisse un grand vide pour sa famille, ses élèves et pour toute la communauté juive francophone répartie à travers le monde, à laquelle il diffusait ses enseignements et répondait à ses questions à travers son site. Personnellement, j’ai aussi perdu un ami, avec qui j’échangeais régulièrement, au-delà de nos relations de travail.

Nous ne t’oublierons jamais, mon cher Ron ! Rav Daniel Scemama

Il y a des projets où tout s’harmonise parfaitement. Carasso Nia réunit une alliance rare entre une communauté de qualité, un emplacement privilégié et une expérience de vie d’exception.

Rejoignez des dizaines de familles d’Israël et de l’étranger qui ont déjà choisi d’assurer leur avenir dans ce projet recherché situé sur Derech Bethléem, à Jerusalem. Accès rapide

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SOMMAIRE

Rav Daniel Scemama

L'Édito - Tu vas nous manquer, Rabbi Ron !

Actualités

Rony Hayot

Israël-ONU : Fin des politesses

Rav Ilan Drai

Le message d'un rabbin de Nice

Femmes

Question au Psy : Je suis une femme trop "soumise"

La Paracha pour les enfants

Étape par étape

Devinettes sur la Paracha

Rav Yehonathan Gefen

Parachat Matot – La mort de Bil’am

Shabatik

Histoire

Simon, Juif condamné à la guillotine

Flash Chabbath

DOSSIER Rav Ron Chaya

"Ron Chaya" raconte son parcours "légendaire"

"Il faut reprendre les séminaires en France", retour sur une révolution

D'une caméra empruntée à 1M de vues : l’aventure

Internet du Rav Ron Chaya

Questions au Rav Recette

Responsable publication

David Choukroun

Rédacteurs

Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Elyssia Boukobza, Ariel Marciano, Rony Hayot, Rav Ilan Drai, Sarah Kisielewski, Nathalie Seyman, Binyamin Benhamou, Rav Yonathan Geffen, Léa Nabet, Rav Gabriel Dayan, Dan Cohen, Murielle Benainous

Mise en page Dafna Uzan

Secrétariat 02.37.41.515

Publicité

Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306

Distribution diffusion@torah-box.com

Remarques & commentaires magazine@torah-box.com

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 Ne pas lire pendant la prière

 Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle

CALENDRIER DE LA SEMAINE

Daf Hayomi 'Houlin 69

Michna Yomit Kélim 16-8

Daf Hayomi 'Houlin 70

Michna Yomit Kélim 17-2

Daf Hayomi 'Houlin 71

Michna Yomit Kélim 17-4

Parachat Matot Mass'é

Daf Hayomi 'Houlin 72

Michna Yomit Kélim 17-6

Daf Hayomi 'Houlin 73

Michna Yomit Kélim 17-8

Daf Hayomi 'Houlin 74

Michna Yomit Kélim 17-10

Daf Hayomi 'Houlin 75

Michna Yomit Kélim 17-12

Vendredi 10 Juillet

Rav Arié Leib Ginzbourg

Dimanche 12 Juillet

Rabbi El'azar Abi'hssira

Lundi 13 Juillet

Rav Chlomo Ganzfried

Rav Yossef Chalom Elyashiv

Rav Ya'akov Chaoul Elyachar

Rav Moché Teitelbaum

Horaires du Chabbath

Jéru. Tel Aviv Achdod Natanya

Entrée 19:07 19:29 19:29 19:30

Sortie 20:29 20:32 20:32 20:32

Zmanim du 11 Juillet

Jéru. Tel Aviv Achdod Natanya

Nets 05:42 05:43 05:44 05:42

Fin du Chéma (2) 09:13 09:14 09:15 09:14

'Hatsot 12:45 12:46 12:47 12:46

Chkia 19:47 19:49 19:49 19:49

Netanya : Assassinat tragique du Rav 'Amos Goeta, Tsadik au cœur ouvert

Le Rav 'Amos ‘Haïm Goeta, kabbaliste et Roch Yéchiva à Netanya, a été assassiné dans son Beth Hamidrach par un individu déséquilibré. Figure de la communauté juive libyenne, il avait fait de sa Yéchiva, située dans un quartier difficile, un refuge pour tous : Ba’alé Téchouva, jeunes en rupture, personnes sans toit ni repas. Ses proches racontent un Rav qui ne repoussait

personne, offrant un matelas, un repas chaud, une écoute et une parole de Torah. Très discret, il fuyait toute publicité et interdisait même que l’on diffuse sa photo. Des milliers de personnes ont accompagné sa levée du corps, en présence notamment de l’Admour de Sanz, avant son inhumation au cimetière de Chikoun Vatikin, à Netanya.

Turquie : Après les propos haineux du ministre des AE turc, Israël dénonce une “incitation au génocide”

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Guid'on Sa’ar, a vivement condamné les propos haineux de son homologue turc, Hakan Fidan, qui a affirmé sur CNN Türk que “les gens en Israël” étaient devenus “un fardeau que l’humanité ne peut plus supporter”. Sa’ar voit dans la longue diatribe du ministre une

“incitation claire au génocide”, dénonçant une déshumanisation du peuple juif qui rappelle “le langage classique des grands persécuteurs de l’Histoire”.

Il a appelé les pays de l’OTAN à condamner sans ambiguïté ces propos et l’appel explicite à la destruction d’Israël.

Iran : Appels au meurtre de Donald Trump et de Binyamin Netanyahou aux funérailles de Khamenei

Des centaines de milliers de personnes ont participé, à Téhéran, au deuxième jour des funérailles de l’ancien Guide suprême Ali Khamenei. Lors de la cérémonie, le poète Mohammad Rasouli a publiquement appelé à la mort du président américain Donald Trump, sous les acclamations de la foule. Des slogans comme “Mort à l’Amérique !” et “Mort à Israël !” ont été scandés. Cette

rhétorique intervient alors que l’Iran mène en parallèle des négociations avec les ÉtatsUnis en vue d’un accord censé mettre fin au conflit. L’affluence était nettement plus importante que la veille. Le nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, était absent : blessé lors de la frappe qui a éliminé son père, il reste caché pour raisons de sécurité.

Zurich : 1 an de réclusion requis pour avoir administré 17 coups de couteau à un Juif

Un jeune musulman suisse-tunisien, âgé de 15 ans au moment des faits, risque au maximum un an de prison pour avoir poignardé 17 fois un Juif orthodoxe de 50 ans à la sortie d'une synagogue de Zurich, le 2 mars 2024. Selon l’accusation, le jeune homme radicalisé après le 7 octobre voulait tuer “le plus de Juifs possible”, planifiait

VISION PARFAITE

de confectionner une bombe artisanale et s’était revendiqué de Daech. Mais le droit suisse des mineurs privilégie la rééducation et limite fortement les peines des mineurs.

Des élus réclament désormais un durcissement de la loi pour les crimes terroristes.

Trump et Netanyahou bientôt réunis aux États-Unis

Donald Trump a annoncé une prochaine rencontre avec Benjamin Netanyahou, possiblement dès la semaine prochaine, après le sommet de l’OTAN en Turquie. Les deux dirigeants s’étaient entretenus par téléphone vendredi, le Premier ministre israélien félicitant le président américain pour le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. Cette rencontre intervient dans un contexte diplomatique sensible, marqué par les dossiers iranien, libanais et les efforts américains pour peser sur la suite du conflit au Moyen-Orient. Le bureau de Netanyahou a souligné les liens étroits entre Israël et son principal allié.

Israël débloque 60 millions de Chékels pour les survivants du Nova

Le gouvernement israélien a approuvé un programme d’aide de près de 60 millions de Chékels destiné aux survivants du festival Nova, attaqué par le 'Hamas le 7 Octobre. Prévu pour 2026-2028, il doit assurer un accompagnement médical, psychologique, social et professionnel sur le long terme. Environ 3 600 rescapés du festival ont été reconnus comme victimes d’actes terroristes, beaucoup souffrant encore de lourdes séquelles physiques et psychologiques.

Un service gouvernemental unique coordonnera les soins, les démarches administratives et l’accès aux droits, avec un soutien renforcé aux familles et à la réinsertion professionnelle.

Venezuela : Plus de 3 000 morts et 41 000 disparus, Israël salué pour son aide par la présidente

Plus d’une semaine après les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le nord du Venezuela, le bilan officiel atteint 3 342 morts, 16 592 blessés et plus de 41 000 disparus. La région de La Guaira, près de Caracas, est la plus touchée, tandis que des familles cherchent encore leurs proches dans les décombres. La présidente Delcy Rodríguez a publiquement remercié la délégation israélienne, arrivée via la communauté juive locale, saluant des experts capables de déterminer s’il reste des survivants ou des corps à extraire. Un geste notable, alors qu’Israël et le Venezuela n’ont pas de relations diplomatiques.

Israël nomme sa première ambassadrice résidente en Slovénie

Le gouvernement israélien a approuvé à l’unanimité la nomination de Ruth Cohen-Dar comme ambassadrice d’Israël à Ljubljana, une première depuis l’établissement des relations diplomatiques entre Israël et la Slovénie en 1992. Jusqu’ici, l’État hébreu y était représenté par un ambassadeur non résident. Diplomate chevronnée, Ruth CohenDar a notamment servi à Washington, Vienne et Varsovie, et dirigé le département chargé de la lutte contre l’antisémitisme et de la mémoire de la Shoah au ministère des Affaires étrangères.

L’ouverture officielle de l’ambassade est en cours de préparation.

Iran : Activité suspecte près du site nucléaire de Natanz

De récentes images satellites montrent une reprise de travaux à proximité du complexe nucléaire de Natanz, en Iran. Selon l’Institute for Science and International Security, basé à Washington, des ouvriers et des engins ont été observés autour du site souterrain surnommé “Pickaxe Mountain”, près de l’installation d’enrichissement d’uranium. Les

travaux semblent viser le renforcement des entrées de tunnels. Ces activités interrogent sur le respect du mémorandum conclu entre Téhéran et Washington, alors que le dossier nucléaire iranien reste au cœur des tensions régionales. Le site de Natanz reste l’un des points névralgiques du programme d’enrichissement iranien.

Ukraine : Un Séfer Torah offert à la communauté de Vinnytsia Beau geste de solidarité juive en Ukraine : la communauté de Dnipro a achevé l’écriture d’un Séfer Torah avant de l’offrir à la communauté ‘Habad de Vinnytsia. La cérémonie s’est tenue au centre juif de Dnipro, en présence de nombreux membres de la communauté, d’une délégation de Vinnytsia conduite par son Rav, le Rav

Chaoul Horowitz, et d’élèves de la Yéchiva Tomkhé Temimim d’Ukraine. Après l’écriture des dernières lettres, le Séfer Torah a été porté en procession dans l’ancien quartier juif de Dnipro jusqu’à la synagogue centrale.

Le Rav Horowitz a salué un symbole fort du lien entre les communautés juives d’Ukraine, en ces temps difficiles. Elyssia Boukobza

Israël-ONU : Fin des politesses

Comment une armée démocratique, qui prévient les populations civiles avant de frapper et qui applique les standards de ciblage les plus stricts au monde, peut-elle être mise sur le même plan que des barbares qui utilisent leurs propres enfants comme boucliers humains ?

Le récent coup d’éclat à New York entre l’ambassadeur d’Israël, Danny Danon, et la fonctionnaire onusienne Vanessa Frazier n’a rien d’un dérapage protocolaire isolé. Quand un diplomate lance "Vous allez vous taire — vous et votre rapport honteux" à une représentante des Nations Unies, ce n’est pas un manque de courtoisie ; c’est le cri d’indignation légitime d’un État souverain qui refuse de se laisser lyncher par une institution passée maîtresse dans l’art de l’inversion des valeurs. Cet incident est l’aboutissement logique d’une hostilité systémique, d’un harcèlement textuel et d’un naufrage moral qui gangrènent les couloirs de l’ONU depuis des décennies, et qui ont atteint leur paroxysme aujourd’hui.

Le détonateur immédiat du clash du 19 juin fut la réunion marquant la Journée internationale pour l’élimination des violences sexuelles dans les conflits, au cours de laquelle Danon a exigé la démission de Pramila Patten, dont le rapport a placé Israël sur une liste noire aux côtés d’organisations terroristes. Le cas de Vanessa Frazier, qui a tenté d’interrompre l’ambassadeur pour défendre ce même rapport, est l’illustration parfaite de l’arrogance institutionnelle onusienne. Et pour que les choses soient claires sur ses partis pris : cette haute fonctionnaire avait récemment suscité l’indignation en répondant de manière bienveillante sur les réseaux sociaux à un compte arborant une image antisémite, où le drapeau d’Israël voyait son étoile de David remplacée par une croix gammée.

Israël a été placé sur cette liste noire aux côtés du ‘Hamas, de l’État islamique et de Boko Haram — ce que Danon a qualifié de "déshonneur moral qui restera comme l’une des plus grandes taches sur le bilan d’António Guterres". Comment une armée démocratique, qui prévient les populations civiles avant de frapper et qui applique les standards de ciblage les plus stricts au monde, peut-elle

être mise sur le même plan que des barbares qui utilisent leurs propres enfants comme boucliers humains ? La réponse réside dans l’opacité totale des méthodes onusiennes. Israël affirme pourtant avoir pleinement coopéré avec l’ONU, en transmettant des documents, des données et des réponses détaillées à chaque accusation formulée, et avoir même invité des représentants onusiens à se rendre sur place pour examiner les éléments disponibles. En vain. Mais Vanessa Frazier n’est que la partie émergée d’un iceberg idéologique profondément ancré. Selon une source informée citée par le Jerusalem Post, cette inscription constitue une "dernière tentative" de Guterres avant de quitter ses fonctions en décembre 2026, dans un contexte de compétition ouverte pour sa succession. En contextualisant jadis l’horreur du 7 octobre en affirmant que les massacres "ne s’étaient pas produits dans un vide", le Secrétaire général avait déjà brisé définitivement le miroir de la neutralité. Cette liste noire n’est que l’aboutissement de cette dérive.

Que dire également des "experts indépendants" comme Francesca Albanese ? Sa partialité obsessionnelle et ses déclarations répétées démontrent que les mécanismes de nomination de l’ONU sont infiltrés par le militantisme radical. Même les profils présentés comme des technocrates neutres, à l’image de la Néerlandaise Sigrid Kaag, traînent un passif d’accointances politiques avec des structures pro-palestiniennes qui rend toute illusion d’impartialité grotesque.

Le tableau est donc d’une cohérence effrayante : d’un côté, une majorité automatique d’États autoritaires et de dictatures qui utilisent l’Assemblée générale pour détourner l’attention de leurs propres violations des droits de l’homme ; de l’autre, une bureaucratie onusienne qui s’auto-entretient en produisant des rapports à charge. L’ONU a créé une véritable industrie de la condamnation d’Israël. Pendant que des

crises humanitaires majeures et de véritables génocides sont ignorés ou relégués au second plan à travers le globe, l'organisation consacre l'essentiel de ses résolutions à diaboliser l'État hébreu.

C’est précisément ce mur d’hypocrisie que Danny Danon a voulu briser, en déclarant : "Nous ne vous permettrons pas de nous intimider. Nous sommes un État membre, et vous travaillez pour l’ONU." Sa réaction face à Vanessa Frazier est une mise au point salutaire. Elle rappelle une vérité juridique et politique fondamentale que l’ONU feint d’oublier : l’organisation n’est pas un gouvernement mondial et ses fonctionnaires ne sont pas des juges suprêmes. Qu’une employée de l’organisation tente de faire la leçon et de faire taire le représentant d’une nation souveraine, qui plus est une nation en guerre pour sa survie face à des monstres qui ont juré sa destruction, est une anomalie politique intolérable. Danon a d’ailleurs annoncé le dépôt d’une plainte officielle auprès de l’ONU pour les interruptions de Frazier durant la réunion.

Israël a trop longtemps accepté de jouer le jeu d'une diplomatie feutrée face à des interlocuteurs de mauvaise foi. En réponse à l'inscription sur la liste noire, Jérusalem a annoncé le gel de ses relations avec le bureau du Secrétaire général et précisé qu'elle ne maintiendrait aucun contact avec ce bureau aussi longtemps que Guterres resterait en fonction. La stratégie de la confrontation ouverte est désormais la seule réponse digne. Face à un tribunal populaire truqué, on ne vient pas plaider sa cause poliment ; on récuse les juges et on dénonce la mascarade. L’ONU a perdu son autorité morale en devenant l’instrument d’un lynchage diplomatique permanent. Le message de Jérusalem est désormais clair, franc et sans nuance : Israël continuera à défendre ses enfants et ses frontières, avec ou sans le consentement d’une organisation internationale qui a choisi le camp de l’aveuglement et du déshonneur.

Rony Hayot, journaliste et analyste politique

LE MESSAGE D'UN RABBIN DE NICE

Chaque étape compte

La Parachat Mass’é énumère longuement les quarante-deux étapes traversées par les Bné Israël dans le désert. À première lecture, cette liste peut sembler répétitive, voire inutile. La Torah, pourtant, ne s’étend jamais inutilement. Si elle prend le temps de mentionner chaque déplacement, c’est que ces étapes portent un message.

Rachi explique d’abord que cette énumération révèle la bonté de Hachem. Les Bné Israël n’ont pas erré sans répit pendant quarante ans. Sur les quarante-deux étapes, quatorze ont eu lieu la première année, huit la dernière, et seulement vingt durant les trentehuit années intermédiaires. Autrement dit, même dans le décret du désert, Hachem leur a accordé des périodes de stabilité, de repos et de sérénité.

Le Malbim développe davantage cette idée. Les Bné Israël sortaient d’Égypte profondément marqués par l’impureté du pays dans lequel ils avaient vécu. Entrer immédiatement en Israël n’aurait pas suffi. Changer de lieu ne suffit pas à changer l’homme. On peut quitter un endroit, mais emporter avec soi ses faiblesses, ses habitudes et ses blessures. Il fallait donc un chemin, des étapes, un travail progressif.

"
Les passages les plus difficiles ont souvent été ceux qui nous ont le plus fait grandir.

Mais Rachi rapporte une deuxième explication. Il compare ces étapes à un roi qui voyage avec son fils malade pour le conduire vers la guérison. Une fois le voyage terminé, le père lui rappelle : ici nous avons dormi, ici nous avons eu froid, ici tu as eu mal à la tête. Chaque endroit rappelle une autre étape de la guérison.

Ces deux explications se complètent. La première nous apprend à voir ce que Hachem donne. La seconde nous apprend à comprendre ce que nous recevons. Car celui qui donne sait ce qu’il donne, mais celui qui reçoit ne mesure pas toujours ce qu’il a reçu. Les Bné Israël ne voyaient peut-être qu’un déplacement de plus, une difficulté de plus, une fatigue de plus. Mais Hachem, Lui, savait que chaque étape participait à leur transformation.

Chaque station du désert avait son rôle. Ici, il manquait de l’eau. Là, il fallait affronter la chaleur. Ailleurs, il y avait la peur, l’ennemi ou l’incertitude. Chaque difficulté permettait de travailler une dimension particulière du peuple, corriger une Mida, préparer une nouvelle maturité. Le désert était une école. Et comme toute vraie construction, elle ne pouvait pas se faire en un instant.

C’est une leçon essentielle pour notre propre vie. Nous voudrions souvent arriver directement au résultat : comprendre tout de suite, réussir tout de suite, être réparés tout de suite. Mais la Torah nous enseigne que la grandeur ne se construit pas de la sorte. Il faut des étapes. Certaines sont aisées, d’autres douloureuses. Certaines semblent inutiles sur le moment, mais en réalité, elles nous façonnent.

Avec le recul, nous découvrons parfois que les passages les plus difficiles ont été ceux qui nous ont le plus fait grandir. Ce que nous pensions être un détour était en réalité une préparation. Ce que nous pensions être une perte de temps était peut-être une étape nécessaire.

Rav Ilan Drai, rabbin à Nice (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)

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Question au Psy : Je suis une femme trop "soumise"

Depuis l’enfance, je fais ce que les autres attendent de moi. Je n’ai jamais réussi à prendre vraiment des décisions par moi-même. C’est vrai que mon père autoritaire et ma mère passive ont certainement contribué à cela... Avec mon mari, je suis aussi soumise et j’ai du mal à faire accepter mes prises de position. Mais je suis en colère, car il y a au fond de moi une envie d’être acceptée pour ce que je suis, d’exprimer mes idées, de savoir dire "non". Mais j’ai peur que cela nous mène à des disputes, voire au divorce, donc je continue de me taire. Aidez-moi !

Réponse de Mme Nathalie Seyman, 

Faire en sorte de maintenir une bonne entente en fuyant les conflits est une très grande qualité. Pourtant, conserver une paix qui n’est finalement pas sereine, est-ce vraiment ça le bonheur ? Faut-il considérer tous les conflits dans la même catégorie, c’est-à-dire improductifs, négatifs, un manque de sagesse ? Et si, finalement, la véritable paix s’obtenait par un passage obligatoire par la case conflit constructif, permettant un réajustement de situation, et surtout une juste affirmation de soi ?

Oser s’affirmer

Évidemment, entrer en conflit à la moindre opposition n’est pas constructif. Mais, à l’inverse, fuir automatiquement chaque tentative de débat peut cacher une faille et surtout empêcher de progresser dans sa relation avec les autres, voire envenimer la situation. Cette conduite d’évitement vient en général d’un manque d’estime de soi. Fuir la discussion, c’est éviter de se sentir infériorisé par l’autorité de l’autre et maintenir, de façon illusoire et à court terme, qu’il n’existe

aucun conflit et que l’entente est parfaite. Avoir eu l’image d’un couple parental avec un père très autoritaire et une mère évitant de s’opposer vous a certainement fait intégrer un mode d’éducation où affronter une situation s’apparente à un conflit violent, et donc mal perçu. Vous n’avez ainsi pas construit une assurance intérieure suffisamment solide pour différencier lorsqu’il est nécessaire de vous affirmer. Pour vous, un conflit est quoi qu’il arrive trop risqué : il met en danger votre équilibre intérieur, il vous ferait sortir de votre zone de confort, et vous vous l’assurez en imaginant une issue négative du désaccord : disputes violentes, cris, et même divorce…

S’affirmer pour vous-même : Le problème lorsque l’on ne laisse pas sortir son être intérieur, lorsque l’on essaie de l’effacer, c’est qu’il finit par ressortir d’une manière à laquelle on ne s’attend pas, et pire, d’une manière qu’on ne peut plus gérer : angoisses, stress, dépression, douleurs psychosomatiques, colère grandissante qui peut finir par sortir d’un coup d’une manière incontrôlée et arriver au stade que l’on voulait à tout prix éviter.

S’affirmer pour les autres : En évitant d’être soi-même et donc de s’opposer lorsque l’on n’est pas d’accord, on détourne finalement la

FEMMES

COUPLE

FEMMES communication au sein de la relation, et surtout on empêche la recherche de compromis, activité qui participe à la construction d’un couple. On n’est du coup jamais vraiment honnête avec l’autre, on ne lui laisse pas la chance de pouvoir nous connaître réellement et pouvoir nous accepter telle que l’on est. On empêche le problème de se résoudre et l’autre de peutêtre pouvoir s’améliorer.

Finalement, c’est en évitant de faire passer votre message que vous pourriez arriver à ce que vous craignez le plus.

Gestion du conflit

"
La paix ne résulte donc pas de l’évitement des conflits mais de leur gestion

La paix ne résulte donc pas de l’évitement des conflits mais de leur gestion. C’est parce que nous avons tendance à confondre le conflit et la violence que nous n’osons pas entrer en opposition par peur que ça ne dégénère.

Vous devez choisir vos combats. Il ne s’agit pas de vous opposer à tout et n’importe quoi, mais choisir vraiment ce qui va être constructif pour votre vie. Demandez-vous : quel est le message que je veux faire passer ? Est-ce important pour moi ou n’est-ce qu’une exigence futile ? Que va m'apporter le fait de m'opposer ? Il faut que le désaccord ait un véritable intérêt pour vous.

Utilisez la communication non violente : Ne cherchez jamais à dominer l’autre. Le meilleur moyen de faire passer correctement un message est de le faire d’égal à égal. Ne parlez pas sous la colère, elle desservira votre cause. De même, ne vous servez jamais du mépris, de l’humiliation ou de la dévalorisation. Gardez à l’esprit que votre but reste la paix. La gestion des conflits repose sur votre capacité à préciser vos objectifs et par la façon dont vous négocierez leur satisfaction dans une relation équilibrée où chacun peut s’épanouir.

Gardez toujours le respect envers votre interlocuteur : il est important de savoir créer un climat de confiance dans lequel l’autre sent qu’il pourra dire ce qu’il pense sans crainte, que vous le respectez, à défaut d’être d’accord avec lui. Il faut parvenir à ce qu’aucun d’entre vous ne finisse par penser qu’il a perdu la partie, mais, au contraire, que tout le monde est gagnant.

Maintenir une paix sereine

Le Rabbi de Kotzk enseignait ce qui suit : "Une paix sans vérité est une fausse paix" et Rabbi Na’hman de Breslev disait : "La paix, c’est concilier deux contraires."

Forcez-vous à vous affirmer un peu chaque jour. Au début cela ne sera pas évident, votre voix ne sera pas assurée, vous aurez peur de la réaction de celui à qui vous vous opposez. Mais chaque opposition que vous émettrez sera votre petite victoire.

Apprenez à dire "non". Ne vous obligez plus à faire quelque chose à contrecœur. C’est une question de respect de vous-même. Si vous voulez que les autres vous écoutent et vous respectent, il vous faut apprendre à vous écouter vous-même et respecter vos envies.

N’essayez pas de plaire à tout le monde, personne n’a ce pouvoir ! Savoir faire plaisir en se faisant plaisir, c’est le véritable secret du bonheur.

Et une fois que vous aurez trouvé enfin votre place, que ce soit avec vos parents, dans votre couple, votre travail, ou même avec vos amis, ne laissez plus s’installer de non-dits. Les meilleures relations ne sont pas celles qui sont parfaites, mais celles où l’on se sent aimé en dépit de nos différences et nos oppositions.

Béhatsla'ha !

LA PARACHA POUR LES ENFANTS

Étape par étape

Les enfants, cette semaine, choisissons une petite étape pour avancer dans un projet important qui nous tient à cœur (exposé, préparation des vacances, Dvar Torah à table...)

L'HISTOIRE

Jour de départ en vacances pour la famille

Cohen : les valises sont bouclées, le coffre est plein et les enfants excités.

Au bout de vingt minutes de route, Yoni pose la question bien connue des parents : "On arrive bientôt ?" Maman sourit. "Pas encore. On a plusieurs étapes avant d’arriver."

Un peu avant l’arrivée, ils s’arrêtent près d’un magnifique point de vue sur un massif montagneux.

Yoni regarde autour de lui. "C’est magnifique !" Papa lui dit : "Si on ne pensait qu’à l’arrivée, on raterait tout ce qu’il y a sur la route."

Une heure plus tard, ils s’arrêtent à une station-service. Il faut se dégourdir les jambes, aller aux toilettes, acheter de l’eau, retrouver le doudou de Sheindy tombé sous le siège. Yoni soupire. "Mais pourquoi on s’arrête ? On perd du temps !" Maman répond : "S’arrêter fait aussi partie du voyage."

Les Cohen reprennent la route, le voyage devient monotone, les enfants se disputent, la petite sœur pleure et papa se trompe de sortie. Yoni lève les yeux au ciel. "On n’arrivera jamais !" Papa remet le GPS et reprend la bonne route. "Tu vois, même quand on se trompe, on peut retrouver le chemin."

Le soir, quand ils arrivent enfin, Yoni repense au trajet : les arrêts, les disputes, l’erreur de route, le beau paysage. Tout cela fait partie des vacances. Il comprend qu’un voyage ne se résume pas à l’endroit où l’on arrive. Chaque étape compte : avancer, s’arrêter, recommencer... et apprendre.

Les enfants, posons-nous les bonnes questions !

Est-ce qu’il t’arrive de vouloir réussir tout de suite ?

Quelle petite étape peux-tu respecter cette semaine ?

Quand tu te trompes, comment peux-tu retrouver le chemin ?

La Torah raconte toutes les étapes des Bné Israël dans le désert. Pas seulement le départ d’Égypte et l’arrivée près d’Erets

Israël : elle détaille les endroits où ils se sont arrêtés, où ils ont avancé, où ils ont parfois eu peur, faim, soif ou des difficultés.

Pourquoi écrire toutes ces étapes ? Parce qu’un voyage ne se résume pas à l’arrivée ; chaque étape compte. Dans la vie aussi,

on aimerait souvent être déjà "arrivé" : réussir tout de suite, réaliser parfaitement les Mitsvot. Mais Hachem nous fait avancer étape par étape : échecs, nouveaux départs, doutes, cela fait partie du chemin.

La Paracha nous apprend à ne pas mépriser les petites avancées. Un effort, une erreur réparée, un pas de plus : tout cela construit notre périple dans ce monde.

Nos maîtres montrent l’exemple

Un soir, dans la Lituanie du 19e siècle, Rav Israël Salanter marche dans une rue sombre. Il est tard. Les maisons sont déjà silencieuses, la ville semble arrêtée. En passant devant une petite échoppe, le Rav remarque une lumière. À l’intérieur, un cordonnier est encore penché sur son travail. Devant lui, une vieille chaussure abîmée, quelques outils, et une petite bougie qui vacille.

Rav Israël Salanter entre et lui demande est très tard. Pourquoi travailles-tu encore bientôt s’éteindre." Le cordonnier lève les yeux et répond simplement : "Tant que la bougie brûle encore, on peut encore réparer."

vers Erets Israël. Rav Israël Salanter nous apprend la même chose : une vie se construit étape après étape. On ne devient pas meilleur d’un coup. On apprend à parler plus gentiment, puis on recommence quand on s’est trompé. On essaye de mieux prier, puis on progresse petit à petit. On fait une erreur, puis on répare. On tombe, puis on se

Cette phrase toute simple bouleverse Rav Israël Salanter. Il ne l’entend pas seulement comme une phrase sur une chaussure. Il y entend une grande leçon pour la vie. Tant que la bougie brûle, on peut encore réparer. Tant qu’un enfant est encore en train d’apprendre, il peut avancer. Tant qu’une journée n’est pas terminée, on peut encore faire un effort. Tant qu’on a la possibilité d’essayer, il ne faut pas dire : "C’est trop tard, j’ai raté, je n’y arriverai jamais."

Comme dans Parachat Mass’é où la Torah revient sur les moments difficiles des Bné Israël dans le désert, nous apprenons que chaque étape faisait partie du chemin

Un enfant peut parfois se décourager : "Je suis nul en maths", "Je me mets toujours en colère", "Je n’arrive jamais à me concentrer", "J’ai encore raté." Mais cette histoire nous enseigne : la bougie brûle encore. Il reste une étape à franchir. Un mot à corriger. Une excuse à présenter. Une Mitsva à faire. Une nouvelle tentative à démarrer. Ce qui compte, c’est de ne pas s’arrêter en chemin. Comme les Bné Israël dans le désert, chaque voyage a ses étapes. Certaines sont faciles, d’autres moins. Mais si on continue à avancer, même doucement, on construit quelque chose de grand.

L'exercice de la semaine

Cette semaine, les enfants, choisissez une chose où vous voulez progresser. Pas tout d’un coup : une petite étape. Une phrase plus gentille, une bénédiction avec plus d’attention, une excuse à faire...

Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher.

a le pouvoir d’entériner ou d’annuler les vœux de la fille qui est sous sa tutelle.

(son père)

Les filles de Tsélof’had se sont mariées avec les fils de leurs … .

(cousins)

De la vaisselle faite en cette matière précieuse est aussi Cachérisable par de l’eau bouillante.

Des casseroles faites en cette matière sont Cachérisables par de l’eau bouillante.

La mer Méditerranée est appelée dans la Torah Hayam …

Ce lieu, le plus bas du monde, marque la frontière Est de la terre d’Israël. (mer morte) חלמה

Bien qu’Hachem lui eût annoncé qu’il mourrait après la guerre de Midyan, il s’est empressé d’accomplir Sa volonté.

est sorti aussi en guerre avec les soldats, bien qu’étant Cohen.

doit fuir dans une des villes de refuge.

Cette personne a le droit de tuer celui qui a commis un homicide involontaire sur son proche.

grande)

Matière à l’école, ville dans notre Paracha et Moché a dû en faire pour partager le butin.

Ce lac est aussi une délimitation de la frontière est du pays.

La guerre contre Midyan était à la fois une … des Bné Israël et à la fois une … pour Hachem.

La Paracha de Massé récapitule l’itinéraire des Bné Israël dans le désert et emploie ces deux verbes pour décrire leurs déplacements et leurs arrêts.

(ils quittèrent, ils campèrent)

Par gratitude envers Hachem, les officiers ont offert leur part de bijoux du butin, anneaux, bracelets, … etc.

Une personne qui formule un vœu a l’obligation de faire ce qu’elle a dit et l’interdiction suivante : ...

ne profanera pas sa parole)

Ce désert qui a le même nom qu’un grand pays d’Asie désigne la frontière Est d’Israël.

D’ailleurs c’est lui qui s’étant revêtu de cet objet sacré de Cohen Gadol, a fait tomber Bil’am et les cinq rois de Midyan.

Seulement s’il a commis le meurtre de cette manière.

Ce bijou en or porté à l’époque sur le nez a aussi été offert pour Hachem par les officiers.

Les villes données aux Léviim devaient être entourées d’espace libre faisant mille coudées d’alentour à partir du … de la ville.

Moché a accepté la demande des tribus de Réouven et Gad sous …

Supplément spécial Chabbath MAGAZINE

Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...

Matot – La mort de Bil’am

Pourquoi Bil’am a-t-il volé jusqu’au Trône céleste ? Enfin, pourquoi Pin’has a-t-il ramené Bil’am sur terre avant de le tuer – il était certainement passible de mort sans même passer par un jugement ?

"Et les rois de Midian, ils [les] tuèrent sur leurs cadavres : Evi et Rékem, Tsour, ’Hour et Réva’ ; cinq rois de Midian, et Bil’am Ben Bé’or, ils [les] tuèrent par l’épée." (Bamidbar 31,8)

Rav Chmouel Ben Na’hman dit au nom de Rabbi Yo’hanan : "Quand Pin’has alla à Midian avec tous les soldats qui l’accompagnaient, Bil’am l’a vu, il a transformé ses bras en deux tablettes de pierre et s’envola, parce qu’il avait utilisé le Chem Haméforach, le Nom divin ineffable. Et quand Pin’has l’a vu voler, il a également transformé ses bras en deux tablettes de pierre, s’est envolé derrière lui, et le trouva devant le Trône céleste. Pin’has lui mit immédiatement le Tsits d’Hakadoch Baroukh Hou, l’attrapa et le fit descendre vers Moché où le Sanhédrin le jugea et le tua, comme il est écrit : 'Ils tuèrent Bil'am...'"(Yalkout Chim’oni, Bamidbar 685)

La mort de Bil’am est brièvement mentionnée dans cette Paracha. Il était à Midian pour recevoir son paiement à la suite des conseils qu’il donna à cette nation pour attirer les Juifs dans l’immoralité. Le peuple juif a alors attaqué Midian, y a rencontré Bil’am et l’a tué pour le rôle qu’il avait joué. Plusieurs paroles de nos Sages détaillent les circonstances de sa mort.

Bras de pierre

Le Yalkout Chim’oni raconte que lorsque Bil’am a vu Pin’has, il a transformé ses bras en tablettes de pierre et s’est envolé vers le Trône céleste.

Pin’has a également transformé ses bras en tablettes de pierre et a emmené Bil’am là où il fut jugé et tué. Bien évidemment, ce Midrach est très profond, mais même à notre niveau, nous pouvons tirer des leçons des différents détails de l’histoire.

Un certain nombre de questions fondamentales se posent : pourquoi Bil’am a-t-il transformé ses bras en tablettes de pierre pour voler ?

Et pourquoi Pin’has en a-t-il fait de même ? Pourquoi Bil’am a-t-il volé jusqu’au Trône céleste ? Enfin, pourquoi Pin’has a-t-il ramené Bil’am sur terre avant de le tuer – il était certainement passible de mort sans même passer par un jugement ?

Certains commentaires répondent, en se basant sur le Mégalé ‘Amoukot, que l’envol de Bil’am vers le Trône céleste montre qu’il s’était repenti. Par conséquent, Pin’has ne savait pas s’il était encore passible de mort. Il a donc emmené Bil’am vers un Beth-Din pour qu’il soit jugé. Nous nous baserons sur une approche différente dans cet article...

La facette matérielle qui distingue le ‘Am Israël

Afin de répondre à ces questions, il convient d’analyser la nature de la haine de Bil’am à l’égard du peuple juif. Le Chem Michmouel pense que Bil’am redoutait une facette du peuple juif et son effet sur le monde. Il cite le ’Hidouché Harim sur le célèbre verset de Téhillim : "Les

cieux sont à Hachem et la terre, Il l’a donnée à l’homme." (Téhilim 115, 1) D’après le ’Hidouché Harim, ce verset révèle le but de la Création. Cela signifie que l’homme est censé prendre la terre et la transformer en "paradis" par l’accomplissement de Mitsvot dans le monde physique. Il ne suffit pas de vivre une existence purement spirituelle. Le but de la nation juive, qui a débuté lors du don de la Torah, est d’élever le monde matériel Quand cet objectif sera atteint, la Création aura abouti au but ultime, ce sera la fin des temps ; et les nations nonjuives seront également profondément affectées par ce changement, car elles seront forcées de rejeter toute immoralité et d’élever leur existence physique.

L’objectif de la Création

Bil’am (ainsi que Balak) craignait qu’en entrant en Erets Israël, le peuple juif atteigne le but ultime de la Création et que les nations non-juives soient alors forcées de changer radicalement leur propre mode de vie. C’était absolument impensable pour Bil’am –il n’avait aucun problème avec la spiritualité en soi, mais c’était un concept totalement indépendant du monde physique, qui n’affectait aucunement sa vie matérielle. Son dédain pour le peuple juif concernait cet objectif d’élever le monde physique à travers la spiritualité.

Ceci nous aide à comprendre un peu mieux le récit énigmatique de la rencontre de Bil’am avec Pin’has. Quand Bil’am transforma ses bras en tablettes de pierre, c’était pour faire allusion aux tables de la Loi, c’est-à-dire à la Torah. Il s’est envolé vers le Ciel pour montrer sa croyance en une Torah céleste, qui avait sa place dans le Ciel et qui n’avait aucun lien avec ce bas-monde. En réponse, Pin’has transforma également ses bras en tablettes de pierre, s’envola vers le Ciel, puis fit retomber Bil’am avant de le tuer, allusion à l’approche juive, qui estime que la Torah est également reliée à la terre, au monde matériel.

Cette analyse nous rappelle le principe fondamental suivant : il ne suffit pas d’être "spirituel", mais il faut utiliser le monde physique et l’élever, l’ennoblir au maximum.

Résumé de la Paracha

1

La Paracha contient les lois relatives aux engagements et aux vœux.

2 Sur ordre d’Hachem, les Bné Israël mènent la guerre contre Midian pour venger la faute que ce peuple leur a fait commettre, et ils remportent la victoire.

3

Des instructions sont données pour cachériser les ustensiles de cuisine saisis à la guerre.

4 Les tribus de Réouven, Gad et la moitié de Ménaché demandent à s’installer à l’est du Jourdain, mais Moché craint une répétition de la faute des explorateurs. Ces tribus promettent de participer à la conquête de la terre de Kéna’an, et Moché accepte.

5 La Paracha liste les 42 étapes parcourues par les Bné Israël dans le désert depuis l’Égypte jusqu’aux plaines de Moav, à la veille d’entrée en terre d’Israël.

6 Aharon meurt à 123 ans.

7 Hachem prévient les Bné Israël de chasser la population et d’anéantir toutes les idoles de la terre de Kena’an, faute de quoi ils ne pourront se maintenir sur cette terre.

8 Hachem définit les frontières d’Israël et nomme un responsable pour chaque tribu chargée du partage des terres.

9

Des villes et des terrains seront réservés pour la tribu de Lévi, qui serviront également de "villes de refuge" pour les auteurs de meurtres involontaires.

N°484

Feuillet parents-enfants pour Chabbath

PRÉPARATIONS GÉNÉRALES :

Bougies de Yom Tov : sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas

USTENSILES À NE PAS OUBLIER : pour ranger l’Afikomane

Matot Mass’é 5786

Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête

1

Préparer les kazétim (mesures) de Matsa et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous)

Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »

JEU PAR ÉQUIPE

Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le “Erouv tavchiline”

1 JEU

IDENTIFICATION DES ÉQUIPES

Une Haggada par personne (si possible, la même pour tout le monde)

Un verre (1 réviit) par personne

Formez deux équipes qui s’affronteront au cours des jeux des pages 1, 2, 3 et 4 !

Une bassine jetable pour y verser le vin lors de l’énumération des 10 plaies

PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS :

1. Choisissez un de ces noms pour votre équipe : Les Sardines Spatiales ou Les Stylos Sauteurs

2. Trouvez un slogan à votre équipe. ( 2 points pour le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( 2 points pour les plus convaincants, 2 points pour les plus drôles)

1. 3 Matsot chemourot (rondes, faites à la main)

2. Épaule d’agneau

LE FAST DUEL

3. Maror (laitue romaine)

4. Karpass (céleri)

5. ‘Hazeret (laitue ou endives)

7.Oeuf dur 3. Maror

2.Épaule d’agneau

4.Karpass

Pour chaque question, le premier qui trouve un mot qui répond à la question et qui commence par la lettre de la semaine, a gagné. 2 (Les réponses proposées sont données à titre d’exemple)

6.‘Harossèt

7. Oeuf dur

8. Bol d’eau salée

Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder 1

Un animal qui peut faire un peu peur

> Serpent, scorpion, sanglier

Un endroit dans la nature

6.‘Harossèt 5.Hazeret

Un objet qu’on trouve dans une cuisine

Un objet qu’on trouve dans une trousse

> Savane, steppe, sous-bois

> Spatule, saladier, sucrier

QUANTITÉS OBLIGATOIRES DE MATSA & MAROR

> Stylo, surligneur, scotch

A savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit de Matsa correspond à ½ Matsa chémoura ronde faite à la main

Etapes du Séder Motsi Kore’h (sandwich) Tsafoun (fin du repas)

Un animal qu’on peut voir dans la mer

> Sardine, saumon, seiche

MAROR

Un pays

> Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse

Etapes du Séder

Un métier

> Sapeur-pompier, sculpteur, sommelier

8. Bold’eau

SHABATIK

UNE FAMILLE EN OR

(jeu d’intuition)

Répondez à la question proposée et gagnez 1 point pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.

Citez quelque chose qu’on fait le vendredi avant Chabbat

Faire le ménage

Préparer les plats

Se doucher

Mettre la table

Allumer les bougies

JEUX EN VRAC

Citez un endroit où on ne voudrait PAS oublier son téléphone

Dans le taxi

Dans l’avion

À la piscine

Chez le médecin

Au restaurant

Le double sens : Quel mot correspond à cette définition à double sens ?

• Douce à croquer et vive à regarder.

> l’orange

• Je suis un morceau de bois plat et un style de nage.

> La planche

JEU

5

Citez quelque chose qu’un enfant adore mais que ses parents détestent

Le bruit

Les bonbons

Les écrans

Se coucher tard

Le désordre

La définition farfelue : Trouve le mot qui correspond à cette définition :

• Machine à transformer les rêves en images immobiles.

> L’appareil photo

• Couloir suspendu entre deux endroits pour passer de l’un à l’autre.

> Le pont

DISCUTONS JUSQU’À ÊTRE D’ACCORD

On vous donne une liste à classer selon une règle. Vous devez discuter pour vous convaincre et vous mettre tous d’accord sur le premier élément du classement.

Si tout le monde est d’accord, chaque équipe gagne 3 points. Sinon, personne ne gagne.

“Je rangerai ma chambre ce soir.”

Laquelle de ces promesses vous semble la plus difficile à tenir ?

“Je ne mangerai plus de sucreries.”

“Je serai à l’heure la prochaine fois.”

“Je lirai 20 minutes chaque soir.”

“Je ne dirai plus jamais de mensonge.”

À vous de vous mettre d’accord : quelle est la chose qu’on oublie le plus souvent dans cette liste ?

JEU

6

LA DRÔLE D’HISTOIRE

On choisit un convive qui sort de table. On lit une histoire interrompue à 4 moments, avec 3 choix possibles à chaque fois. On doit deviner quelle réponse ce convive choisira pour chacun des 4 moments. Le convive revient, on lui lit l’histoire et il donne sa réponse pour chacun des 4 moments. On gagne 1 point par bonne prédiction

La valise mystérieuse

Moment 1

Tu rentres de l’école et tu trouves une valise inconnue devant ta porte. Elle est fermée à clé, mais on entend un bruit bizarre venant de l’intérieur.

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu colles ton oreille contre la valise pour mieux entendre

B. Tu appelles un adulte immédiatement

C. Tu la secoues doucement pour voir ce qui se passe

> La valise s’ouvre toute seule. Il y a dedans... un chat qui tient un papier dans la bouche.

Moment 2

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu lis le papier tout de suite

B. Tu t’occupes d’abord du chat

C. Tu refermes la valise et fais semblant de n’avoir rien vu

> Le papier dit : “Va au parc, deuxième banc à gauche, à 17h.”

Moment 3

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu y vas avec un ami

B. Tu y vas seul, c’est plus mystérieux

C. Tu n’y vas pas et tu appelles la police

> Sur le banc, tu trouves ta boîte de gâteaux préférée (fermée) avec ton prénom dessus.

Moment 4

Qu'est-ce que tu fais ?

A. Tu en manges immédiatement

B. Tu attends de savoir qui l’a mis là avant de toucher

C. Tu emmènes la boite chez toi sans poser de questions

SHABATIK

Le secret des soldats qui ne parlaient pas

Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant en posant des questions.

Comment un simple bâton pouvait-il servir à envoyer des messages secrets que seul le général pouvait lire ? 4

Durant l’Antiquité et au Moyen Âge, les armées avaient un problème majeur : comment transmettre des ordres secrets sans que l’ennemi ne les intercepte ? Les messagers pouvaient être capturés, les lettres volées... Une armée grecque célèbre avait trouvé une solution ingénieuse avec un simple bâton en bois.

On enroulait un long ruban de cuir autour d’un bâton d’un diamètre précis (la scytale spartiate), puis on écrivait le message sur le ruban. Une fois déroulé, les lettres étaient mélangées et illisibles. Pour lire le message, il fallait posséder un bâton identique et y enrouler le ruban à nouveau. C’est l’un des premiers systèmes de cryptographie de l’histoire !

Réponse de la semaine dernière

Prise de judo

Indice : Diffuser

La réponse, la semaine prochaine !

Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box

Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche

Simon, Juif condamné à la guillotine

Simon a juste le temps de ranger son traité du Talmud quand sa porte est forcée par la garde nationale révolutionnaire. Dans la cave, ils trouvent des livres, un Séfer Torah et une Kippa...

Nous sommes en France en 1793, en pleine Terreur révolutionnaire. La guillotine tourne à plein régime. Un mouvement général de déchristianisation balaye le pays : églises profanées, livres de prière brûlés, mise en place du calendrier révolutionnaire pour effacer toute référence religieuse. Dans ce contexte, les Juifs de France sont eux aussi "invités" à faire disparaître leur identité au profit de la République.

Simon vit dans une petite ruelle de Metz, où réside la plus grande communauté juive de l’époque. Il est tailleur, discret, et son voisinage ne le connaît guère, sinon pour une chose : tous les vendredis après-midi, il ferme son atelier, même avec du travail en retard, et il ne rouvre que le dimanche matin. Les rumeurs enflent. Certains pensent qu’il est un ancien rabbin mystique.

Le petit ‘Héder de Lorraine

Ce que personne ne sait, c’est que dans la cave de Simon se tient un Talmud Torah clandestin. Une petite cave humide, sans lumière naturelle, où dix enfants, dont certains sont devenus orphelins pendant la Terreur, apprennent chaque jour la Torah et la Michna. Simon leur dit : "Les enfants, vous êtes les phares du judaïsme en France : tant que vous étudierez ici, le judaïsme vivra dans ce pays."

Une nuit, des bottes résonnent dans la ruelle. Simon a juste le temps de ranger son traité du Talmud quand sa porte est forcée par la garde nationale révolutionnaire. Dans la cave, ils trouvent des livres, un Séfer Torah et une Kippa . Simon a été dénoncé par un voisin. Il est arrêté, transféré à Paris et incarcéré à la Conciergerie, sur l’île de la Cité dans le Palais de Justice, prison que l’on surnommait alors l’antichambre de la mort. Le tribunal révolutionnaire le condamne à la guillotine pour "complot souterrain d’un fanatique religieux". L’exécution est prévue le samedi après-midi.

Dans sa cellule, Simon se tourne vers D.ieu. Il pleure en pensant aux enfants : que vont-ils devenir ? Il n’a aucun regret, mais il supplie Hachem que son sacrifice ne soit pas vain.

Chabbath à la Conciergerie

Vendredi, veille de l’exécution, Simon demande au gardien un morceau de pain, du sel et deux bougies. Le gardien lui demande la raison, Simon répond : "Ce soir, c’est Chabbath. Je veux sanctifier le Nom de mon D.ieu avant de partir dans l’autre monde." Le gardien hausse les épaules : "Tu seras mort demain, vieux fou ! Ton D.ieu t’a abandonné." Il tourne les talons, mais quelques minutes plus tard, à l’abri des regards, il revient avec deux petits pains et deux bougies abîmées. Simon remarque, stupéfait, qu’on lui a apporté ce qu’il a demandé ainsi que deux pains entiers, conformément à la

Halakha, alors qu’il n’avait demandé qu’un bout de pain ! Un signe du Ciel, sans aucun doute.

Il se couvre la tête avec un vieux mouchoir, allume les cierges et récite en pleurant la bénédiction. À peine a-t-il prononcé le dernier mot qu’une voix lui répond Amen depuis le couloir. Simon sursaute.

Il regarde, il n’y a personne. Son cœur bat à tout rompre : on lui a répondu du Ciel ! Hachem ne l’a pas abandonné.

Je ne vous demande
qu’une seule chose : prenez soin de mon fils Salomon, qui étudie chez vous.

Le lendemain, le capitaine entre dans la cellule : "Un décret vient d’être signé. Les condamnés qui ont exercé des fonctions d’instituteurs peuvent bénéficier d’un sursis, à condition de prêter serment à la République." Simon sait ce que cela implique : renier la Torah. Il répond, d’un calme qui glace l’officier, qu’il ne renie ni la Torah, ni ses élèves, ni le Chabbath. Le capitaine sort, mâchoires serrées.

Le mystérieux gardien

J’aimerais qu’il soit un érudit en Torah.

Le gardien est juif pratiquant. Il y a si peu de Juifs à Paris à cette époque, encore moins de pratiquants, et encore moins dans les prisons révolutionnaires. Tout se bouscule dans la tête de Simon : ce gardien qui lui avait apporté deux petits pains, c’est lui aussi qui avait répondu Amen depuis le couloir. Quand Simon lui demande des nouvelles des enfants, le gardien ajoute : "Ils sont en sécurité. Le voisin qui vous a dénoncé est en prison à son tour, pour vol." Puis il ajoute : "En échange, je ne vous demande qu’une seule chose : prenez soin de mon fils Salomon, qui étudie chez vous. J’aimerais qu’il soit un érudit en Torah."

Le gardien de sa cellule est le père d’un de ses élèves.

Peu après, le gardien revient seul. "J’ai besoin de comprendre. Pourquoi vous sacrifier ainsi pour ces enfants ?" Simon lui dit : "Chaque enfant qui étudie la Torah, qui sait prier et connaît le Chéma’ Israël, c’est une étincelle qui empêche l’obscurité de gagner. Mon sort importe peu. Si eux continuent à vivre et à apprendre, le peuple juif vivra."

Le gardien sort un papier plié de sa poche. "C’est un ordre de libération. Disparaissez maintenant, avant que le capitaine ne revienne."

Simon hésite, serait-ce un piège ? Mais il n’a plus rien à perdre. Le gardien lui indique l’adresse de sa chambre, à quelques pas de là : "Ma porte est ouverte. Vous donnez l’ordre de libération avant de sortir, et vous n’avez rien à porter pour ne pas transgresser Chabbath. Samedi soir, rentrez chez vous."

Après un Chabbath particulier passé dans la chambre de son geôlier, Simon reprend la route de Metz le samedi soir et arrive au petit matin. Une chandelle éclaire faiblement sa cave. Les dix enfants versent des larmes en le voyant arriver, mais ils ne s’interrompent pas, et continuent la prière du matin : Torah Tsiva Lanou Moché Moracha Kéhilat Ya’akov.. Simon verse lui aussi une larme et encourage ses élèves : "Les enfants, la France changera encore et encore. Mais tant que vous prononcerez ces mots, que vous vous attacherez à Hachem et à sa Torah, rien ne pourra nous effacer."

Même aux heures les plus sombres de l’Histoire, une Mitsva accomplie dans le secret peut renverser un décret. "Ce n’est pas par la force ni par la puissance que l’on triomphe, mais par Mon esprit, dit Hachem." (Zékharia 4, 6) Simon n’avait ni armée ni fortune. Il avait un Chabbath, un peu de pain, et une Émouna plus forte que la guillotine.

Une perle sur la Paracha

La parole est d’or

"[...] il ne peut violer sa parole : tout ce qu’a proféré sa bouche, il doit l’accomplir." (Bamidbar 30, 3)

Nos Sages enseignent : "Par la faute des vœux, l’épouse d’un homme meurt. Rabbi Méir dit : les enfants meurent…" (Chabbath 32b)

Lorsque des personnes formulent toutes sortes de vœux en s’engageant par la parole, si elles ne les respectent pas, nous comprenons du Talmud que cela cause la mort de leurs proches, D.ieu nous en préserve.

De nombreuses personnes s’engagent en promettant des dons à différentes institutions de Torah ; or, cela est considéré comme un vœu qui doit être respecté. Malheureusement, il arrive assez fréquemment que les gens trouvent de bonnes excuses pour ne pas s'exécuter. Il est du devoir des responsables communautaires de leur rappeler leur engagement.

Il est écrit qu’il est préférable de ne pas formuler des vœux, même si on les respecte !

Rabbi Yossef Chalom Elyashiv, Possek Hador

Ce lundi 28 Tamouz (13/07/2026) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi Yossef Chalom Elyashiv. Il fut l’un des plus grands décisionnaires de la loi juive au 20e siècle. Ses ouvrages Yachiv Moché et Kovets Téchouvot incluent ses décisions Halakhiques

Né en Russie, il monte rapidement en Israël et vécut toute sa vie dans un modeste appartement de Jérusalem. Près d’un demimillion de personnes lui rendirent hommage lors de son enterrement. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !

FLASH CHABBATH

Halakha x 3

Attendre 6h après avoir consommé du jus de viande pour manger un mets lacté ?

Oui, on attendra le même délai de 6 heures avant de manger du lacté, comme si on avait mangé de la viande. (Kitsour Choul’han ‘Aroukh I 111, 10)

Éteindre un réveil mécanique le Chabbath, permis ?

Oui, à l’exception des réveils électriques. (Or Letsion II 47, 17)

Deux sortes de céréales dans mon bol, quelle Brakha réciter ?

Si une céréale est Mézonot et l’autre Haadama, qu’elles sont toutes deux essentielles, on récitera une seule bénédiction sur la céréale majoritaire dans le bol. (Michna Beroura 212, 1)

Les lois du langage

Érudit, vraiment ?!

Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne qu’il est absolument interdit de rabaisser un maître de la Torah ou une personne reconnue pour son érudition en déclarant que son intelligence ou son niveau de connaissances ne justifient pas sa renommée. Le livre des lois du langage nous apprend que quiconque dit du mal de son prochain finira par être tôt ou tard lui-même l’objet d’un dénigrement, outre le châtiment qui l’attend dans l’au-delà.

DOSSIER

De la Suisse à Israël, des séminaires de Téchouva aux cours diffusés sur Internet, le Rav Ron Chaya aura marqué des centaines de milliers de Juifs. En préparant ce dossier, nous avons reçu une multitude de témoignages de proches, d’élèves et de collaborateurs : tous semblaient avoir entretenu avec lui un lien unique, presque filial. À travers ces pages, nous avons voulu retracer quelques facettes de l'héritage immense que nous laisse la Rav Chaya : l’homme de vérité, le Roch Yéchiva , le pionnier de la Torah en ligne et le Rav qui fut le père spirituel de tant de Ba'alé Téchouva .

"Ron Chaya" raconte son parcours "légendaire"

En 2016, dans le cadre du livre "En chemin vers Hachem", aux éditions Torah-Box, Rav Chaya acceptait de se livrer sur sa vie, son enfance en Suisse, son ‘Alya en Israël puis sa Téchouva et son implication dans le monde de la Téchouva francophone. Découvrez son parcours passionnant :

Adolescent, j’étais vraiment tiraillé. Qui suis-je ?

Un Israélien ou un Suisse ? Je connaissais ma différence car à l’école, j’étais le seul juif, ce qui nourrissait d’autres interrogations. A la maison, nous étions assez éloignés de la pratique religieuse. Vers l’âge de 17-18 ans, je continuais de me chercher. Je me sentais bien en Suisse mais je ressentais le besoin de connaître Israël.

"Je suis né en Suisse. Mes parents, comme beaucoup d’Israéliens, avaient décidé de se rendre un an en Suisse pour améliorer leur situation financière. Entre temps, je suis né puis mon frère. Ils avaient beau répéter qu’il n’était pas question d’élever leurs enfants en Suisse, les affaires de mon père étaient tellement florissantes que nous ne sommes jamais rentrés. Toute mon enfance, j’ai entendu mes parents nous répéter : "l’année prochaine, nous rentrons en Israël".

Jérusalem

Rav Ron Chaya

Toutefois, notre niveau de vie était tellement élevé que j’avais du mal à me décider.

A la conquête d'Israël

A 19 ans, j’ai eu le bac et deux jours après, je suis parti en Israël. Dès mon arrivée, j’ai tout de suite compris que j’avais trouvé ma place. Désireux de mieux connaitre ma religion, je me suis inscrit dans un séminaire mixte. Mais Hachem m’a aimé : je crois que durant les 30 ans d’existence de ce séminaire, la seule session qui ait été annulée fut la mienne ! Suite à cette décision, je me suis retrouvé en Israël, ne sachant pas quoi faire. Alors j’ai décidé d’intégrer l’université, où je me suis inscrit en Philosophie.

Mais comprenant bien vite l’absurdité de ces enseignements, j’ai suivi des cours de Torah en externe et, au bout d’un an, je suis arrivé à trois conclusions, concernant mon avenir :

1) La Torah est vraie, donc il faut être religieux ;

2) Je reste en Israël ;

3) Etant de nationalité israélienne par mes parents, j’avais l’obligation de faire l’armée.

Je n’arrivais pas à choisir entre l’armée et la Yéchiva. Mais après une visite dans une Yéchiva avec des hommes tout vêtus de noir et de blanc, j’ai décidé de ne faire que l’armée. A ce moment, je ne pratiquais pas mais je savais que la Torah était vraie et qu’un jour je deviendrai religieux.

Un jour, alors que je rentrais chez moi de l’armée pour le weekend, j’ai eu un déclic et me suis dit "Demain quand je retournerai à l’armée, je commencerai à pratiquer". Cela a été pour moi l’une des épreuves les plus dures de ma vie, la plus dure peut-être, avec mon entrée à la Yéchiva…

Trois semaines plus tard, en 1982, la première guerre du Liban a éclaté. Pendant cette période, j’ai senti deux anges me protéger. Un jour où nous étions placés en retrait derrière une petite colline, je suis monté sur le haut de la colline pour regarder avec mes jumelles ce qui se passait. Au moment où je redescends, j’entends une énorme explosion derrière moi, une pluie de terre me tombe dessus puis je m’écroule. Quand je me redresse, je découvre un cratère à l’endroit

DOSSIER

où j’étais posté, deux secondes auparavant ! Je venais d’assister à un des nombreux miracles dont D.ieu m’a fait bénéficier pendant cette guerre.

Trois mois après la guerre du Liban, j’ai terminé mon service. C’est alors qu’un Rav m’a conseillé de ne faire que la Yéchiva. J’avais entendu parler d’une Yéchiva, Torah Véémouna, une Yéchiva orthodoxe pour Ba’alé Téchouva. Je me suis donc rendu là-bas, et ce fut ma deuxième grande épreuve !

Premiers pas à la Yéchiva J’arrive un matin, au pied du bâtiment. La Yéchiva se trouvait au premier étage. En montant, j’ai eu une peur terrible. Puis, d’un coup, j’entends un cri en yiddish ! Je me retrouve glacé sur place… et je décide aussitôt de faire demitour ! Je rentre à la maison puis je me dis : "Quoi ! Il y a quatre mois, tu étais au Liban dans une région infestée de commandos syriens hyper dangereux, et tu as survécu ! Maintenant, parmi tes frères, à Jérusalem, tu as peur ?!"

Le dimanche, premier jour du séminaire, je me faisais un sang d’encre : "Elle va remettre en place tout le monde… Elle va incendier tout le monde et ça va être terrible !"

Mais voilà que je rentre dans la salle de conférences et que… je vois ma mère en train d’écouter le rabbin parler ! C’est sûr, Machia’h est là ! Puis le mercredi, la forteresse s’écroule… Maman éclate en sanglots. A partir de ce moment, elle a commencé un processus de Téchouva ; aujourd’hui, Baroukh Hachem, elle respecte parfaitement les Mitsvot ! Par la suite, mes parents ont même fait leur ‘Alya, après 51 ans d’exil en Suisse. La boucle est bouclée, ils sont revenus en Israël et dans la Torah.

Finalement j’y suis retourné. Là-bas, j’eus le mérite d’apprendre la Guémara avec le Rav Mordékhaï Neugroeschel, conférencier réputé en Israël, le Rav Ben Ménate, qui est à l’origine de tout le mouvement de Téchouva en Israël, et le Rav Chalom Serbernick, ancien candidat au prix Nobel de chimie, lui aussi l’un des grands fondateurs de l’organisation ‘Arakhim

Après huit mois en Yéchiva, je me suis marié avec une jeune fille originaire de Genève.

En revanche, avec ma mère, ça ne s’arrangeait pas. En vraie israélienne, elle m’attaquait toujours en me disant par exemple : "Tu dois aller consulter un psychiatre, tu as des troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ! Tu te laves les mains toute la journée !"

Un jour, je lui ai rétorqué : "Je suis d’accord pour aller voir un psychologue, si toi, tu vas pendant une semaine au séminaire d’Arakhim !"

Le miracle, c’est qu’elle a accepté !

Pour ma part, passé les premières difficultés, je n’ai cessé d’étudier. Petit à petit, l’idée d’organiser des séminaires, des conférences pour les francophones a germé… Je suis allé une fois à une réunion avec des étudiants en Torah à Bné Brak pour échanger des idées mais pour eux, la méthode ‘Arakhim n’était pas adaptée aux Français. La preuve par A + B ne pouvait pas fonctionner avec les Français, disaient-ils. Il leur faut de la pensée, de la philosophie. C’est de cette manière qu’ils feront Téchouva !

Je n’étais pas d’accord. J’avais vécu un séminaire, je savais à quel point c’était fort. Mais étant en minorité, j’ai laissé tomber. Je suis rentré chez moi à une heure du matin. Au moment où je m’apprêtais à aller dormir, je vois le livre ‘Hovot Halévavot – Les devoirs du cœur de Rabbénou Ba’hya Ibn Pakuda sur le rebord de la fenêtre.

Je l’ai ouvert au "hasard" pour le lire avant de m’endormir et suis tombé sur le passage suivant : "Celui qui peut faire faire Téchouva aux frères de son peuple et ne le fait pas, verra leur sang retomber sur sa tête".

La révolution des séminaires

Le message était parfaitement clair ! Le lendemain matin, je suis allé voir le Rav Ben Tsion Aba Chaoul, mon maître, en lui faisant

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DOSSIER

part de mon hésitation et du "message" du livre de la veille.

Il m’a répondu : "Continue à étudier. Pendant les vacances de la Yéchiva, tu feras des séminaires". Finalement, je me suis remis à l’étude de la Torah.

Quelques années plus tard, je fis la connaissance de ‘Haïm Ziegler, le principal conférencier de l’organisme ‘Arakhim, qui me proposa de faire des conférences en français afin d’encourager nos frères à faire Téchouva. Ça m’a pris 3 semaines de mettre au point le cours qui deviendra plus tard le célèbre cours "La preuve irréfutable".

Boukhariens à Jérusalem, et petit clin d’œil de la Providence, l’endroit où j’allais ouvrir ma Yéchiva se situait dans l’appartement qu’il habitait il y a plus d’un siècle !

Deux ans plus tard, nous avons ouvert notre propre Yéchiva à Ramot, Yéchouot Yossef, qui, jusqu’à aujourd’hui, prend en charge les Ba’alé Téchouva qui demandent à grandir en Torah. Certains viennent une matinée, d’autres quelques jours, d’autres un mois, d’autres une année, et certains se marient et intègrent même le Collel de la Yéchiva.

Un jour, un certain Pin’has Adam a proposé d’organiser des séminaires de type ‘Arakhim en France. J’ai alors formé un coéquipier conférencier, le Rav Eliahou Pérèts, et nous avons commencé à faire des séminaires en France sous l’égide de la Yéchiva Or Ha’haïm du Rav Réouven Elbaz. Cela a duré quelques années.

"Après quelques séminaires, ce jeune m’a dit : "Rav, il faut assurer le service aprèsvente, ouvrez une Yéchiva !"

La naissance de Yéchouot Yossef Par la suite, j’ai aussi fait des séminaires au Canada. Là-bas, il y avait un jeune homme de 17 ans (Michaël Ifrah, qui aujourd’hui dirige l’organisation Nefesh Yehoudi en France) qui était très doué pour convaincre des dizaines d’amis de venir participer aux séminaires. Après quelques séminaires, il m’a dit : "Rav, il faut assurer le service après-vente, ouvrez une Yéchiva !" Ouvrir une Yéchiva ne faisait pas du tout partie de mes projets. Vu son insistance, je suis allé voir le Rav Réouven Elbaz, qui a accepté de me fournir des locaux. En me les montrant, il m’a demandé : "Sais-tu où tu te trouves ? Il s’agit de l’appartement de ton arrière-grand-père !" Effectivement, mon arrière grand-père, Rabbi Chlomo Moussaïoff, avait créé le quartier des

La diffusion de la Torah via Internet

En 2005, j’ai commencé à faire des cours sur internet et peu à peu, j’ai arrêté d’organiser des séminaires en constatant que les vidéos par Internet faisaient plus d’effet, touchaient beaucoup plus de monde et coûtaient moins d’argent que l’organisation d’un séminaire. De plus, le Rav Aharon Leib Steinmann m’avait conseillé de continuer à travailler sur internet et d’arrêter les séminaires.

Grâce à D.ieu, le site leava.fr, dans lequel je publie mes coursvidéo que je réalise à la Yéchiva, est très consulté et beaucoup de gens font Téchouva par son biais.

A mes yeux, il est clair que tout le mérite revient à D.ieu qui m’a permis de faire faire Téchouva. Sans Lui, j’aurais vraisemblablement été un millionnaire en Suisse loin de la moindre connaissance en Torah. Hachem, aussi dans Sa grande bonté, m’a accordé le don de savoir parler afin de convaincre nos frères de la véracité de la Torah.

Merci Hachem, de nous avoir fait faire Téchouva et de nous avoir donné le mérite de pouvoir faire faire Téchouva, et espérons-le, de pouvoir voir bientôt Machia’h parmi nous ! Amen."

"Il faut reprendre les séminaires en France", retour sur une révolution

Rav Mordékhaï Bitton, proche collaborateur du Rav Ron Chaya pendant près de 30 ans, revient sur l’aventure des séminaires Oraïta puis Leava, leur impact immense sur la Téchouva francophone, et lance un appel : à l’heure où tant de jeunes Juifs de France sont renvoyés brutalement à leur identité, il est temps de recréer ces espaces de transmission et de réveil.

Rav Ron Chaya aura marqué des dizaines de milliers de francophones par ses cours, ses vidéos, sa Yéchiva et son engagement total pour la Torah. Mais avant Internet, il y eut les séminaires. Des Chabbatot pleins, intenses, rythmés par des conférences, des chants, des discussions jusqu’au bout de la nuit, et surtout par une question cruciale : la Torah est-elle vraie ?

Rav Mordékhaï Bitton a côtoyé Rav Ron Chaya pendant près de trois décennies. Dans cet entretien, il raconte de l’intérieur cette aventure de Kirouv qui a transformé le paysage juif francophone.

Rav Bitton, comment avez-vous connu le Rav Ron Chaya ?

Rav Mordékhaï Bitton : J’ai connu Ron en 1996, à l’époque où les séminaires Arakhim cherchaient des conférenciers en France. C’est là que nous nous sommes connus, parce qu’on voulait aussi le recruter comme conférencier. Ensuite, nous sommes restés proches. Mais ce

qui a véritablement lancé notre amitié et notre collaboration, c’est l’année 1998. À ce momentlà, le philanthrope Wolfson a voulu investir dans la diffusion de la Torah en France, et Ron m’a proposé de m’occuper du suivi des séminaires. À partir de là, notre collaboration a commencé, et elle ne s’est jamais démentie.

Vous participiez vous-même aux séminaires comme conférencier ?

En Israël, oui. En France, j’intervenais surtout au niveau 2, c’est-à-dire dans les séminaires qui suivaient le premier choc. J’intervenais aussi dans la formation des personnes qui assuraient le suivi, et bien sûr dans toutes les conférences de suivi. Ce travail nous obligeait à collaborer en permanence. Il fallait s’asseoir avec Ron, discuter, réfléchir, prendre des décisions. C’est là que je l’ai vraiment mieux connu. Le suivi, c’était relancer les gens, leur proposer des cours, mais surtout les écouter et rester en contact avec eux. C’était un maillage qui permettait à la fois de mesurer l’effet du séminaire, de le prolonger,

Rav Ron Chaya

et d’aider ceux qui voulaient s’engager sur cette route à se construire, à se structurer.

Qui venait à ces séminaires ? Des gens déjà convaincus ? Des familles touchées par la Téchouva de leurs enfants ? Ou vraiment des personnes éloignées ?

Dans les années 1980-1990, la majorité des gens qui venaient étaient des gens complètement éloignés. Puis, au fil du temps, le public est devenu de plus en plus pratiquant. Certains revenaient parce qu’ils avaient vécu une expérience formidable et qu’ils voulaient la revivre.

Ron étant le seul de la bande à avoir effectué son service militaire, nous l’avions placé en première position pour faire irruption et récupérer le Séfer Torah des mains de ce forcené… (Rires) Mais outre tous ses talents, ce que j’ai pu constater de lui au cours de ces séminaires, c’était son extraordinaire sang-froid, ses Midot exceptionnelles Il ne s’emportait jamais, répondait toujours avec calme et limpidité, alors que nous avions parfois affaire à de vrais énergumènes, des gens venus en découdre ou d’autres très agressifs…

"

C’est aussi l’un des éléments qui a conduit Ron à arrêter les séminaires pour investir davantage Internet. Par Internet, il pouvait toucher le monde entier, des gens qui étaient vraiment à des années-lumière. Mais il y avait aussi un autre élément, qui montre la pureté de Ron. Se protéger de visions impudiques était très difficile en France et dans les séminaires. Donc s’il pouvait influencer sans s’exposer spirituellement, c’était préférable pour lui. Et il a réussi à diffuser à des millions de gens, tout en préservant ce qui était essentiel pour lui. C’est un exemple.

Le Rav Chaya a réussi à diffuser à des millions de gens, tout en préservant ce qui était essentiel pour lui. C’est un exemple.

Tant de souvenirs me reviennent de cette époque… Je me rappelle cette fois où, bloqués dans un bouchon géant sur la A6 alors que Chabbath approchait, Ron et son coéquipier avaient dû abandonner leur voiture sur le bascôté, confier les clés à un non-juif et rejoindre le séminaire à pied, parcourant quelque 8 km… Cette fois où, un homme un peu dérangé avait dérobé en cachette le Séfer Torah de la salle de prière du séminaire. Nous étions montés à 6 dans sa chambre, un véritable commando mais,

Combien de personnes participaient à ces séminaires ?

En moyenne, il y avait une bonne centaine de participants par séminaire, parfois un peu plus. Au total, près de 7000 personnes sont passées par ces séminaires. Et moi, je peux vous donner les statistiques parce que je m’en occupais très directement : les séminaires ont permis à environ 30 % des participants de faire Téchouva. Puis, avec Internet, ce sont encore des milliers et des milliers de personnes qui ont été directement impactées dans leur vie.

Et les 70 % restants ? Étaient-ils convaincus mais incapables de changer ?

Le séminaire avait été conçu de telle manière qu’il ne pouvait pas ne pas convaincre. Mais pour beaucoup, il était très difficile de traduire cette prise de conscience dans les faits. La majorité des personnes ont un temps d’absorption. Beaucoup ont certainement modifié certaines choses plus tard.

Et puis il y avait aussi ceux qui ne voulaient pas changer. À la fin d’un séminaire, certains prenaient la parole et disaient : “C’est très intéressant”. Quand j’entends cela, je tremble.

DOSSIER

C’est la phrase du détachement. Ce n’est pas seulement intéressant. C’est passionnant, c’est transformant ! Mais certains refusaient ce mouvement.

Quels étaient les thèmes abordés pendant les séminaires ?

On commençait par “Science et Torah”, avec des éléments scientifiques qui permettaient de montrer qu’on ne pouvait pas rejeter la véracité de la Torah. Puis on abordait les questions existentielles : pourquoi ai-je été créé ? Suis-je maître de mon destin ? Quel est le sens de la vie ?

gens découvraient un Rav Ron Chaya qui jouait merveilleusement bien du piano, qui chantait, qui dansait. Il y avait un karaoké. Il faut dire aussi que la réussite des séminaires a été le fruit d’une rencontre entre Ron, avec sa rigueur, la puissance de son travail, son engagement et toute une équipe d’animateurs dans l’âme, des gens qui avaient repris des tubes de l’époque avec des paroles de Torah, des gens bons vivants, avec un bon cœur. Cette rencontre a créé la combinaison gagnante des séminaires.

Pourquoi, finalement, ces séminaires se sont-ils arrêtés en France ?

Il y avait la soirée musique du samedi soir. Les gens découvraient un Rav Ron Chaya qui jouait merveilleusement bien du piano, qui chantait, qui dansait.

Ensuite venaient les prophéties. Les prophéties, c’est littéralement un appel venu du fond des âges, qui interpelle les gens dans leur présent le plus intime. Or Ron Chaya a été, dans le monde francophone, celui qui a le plus massivement diffusé les prophéties de la Torah, notamment avec le cours “La preuve irréfutable”. Il y avait aussi le cours de Guermamia, très spectaculaire, qui présentait une actualité brûlante avec un regard de Torah extrêmement pertinent. Les gens voyaient bien qu’il y avait là quelque chose d’écrit depuis des milliers d’années, et qui reflétait très exactement leurs préoccupations quotidiennes.

Et puis il y avait la soirée musique du samedi soir. C’était un moment extraordinaire. Les

Au bout d’un certain temps, le public qui venait était déjà très engagé. Il y avait une forme de redondance. Et puis tout a été mis sur Internet en français. Mais je pense qu’aujourd’hui, il est temps de recommencer. Parce qu’il y a aujourd’hui en France tout un public de jeunes frappés de plein fouet par l’antisémitisme. Ils ne savent pas pourquoi on les traite de “sale juif” ou de “sale sioniste”. Ils se retrouvent d’un seul coup collés à une identité dont ils ne connaissent pas le contenu.

Avec Internet, on a gagné une diffusion immense. Mais qu’a-t-on perdu ?

On a perdu le contact direct avec les gens. Depuis le Covid, tout passe par Internet. Le monde est là-bas. Mais il faut construire autre chose. Les gens aujourd’hui ont soif de contact, soif de rencontrer des interlocuteurs, soif qu’on leur parle.

Mais peut-on imaginer quelqu’un de la même carrure que le Rav Ron Chaya pour porter de tels séminaires ?

Chaque génération a ses maîtres et ses conférenciers. Le premier à avoir commencé les

Jérusalem

Rav Ron Chaya

séminaires, c’était Rav Claude Lemmel. Il parlait de manière très châtiée. Les gens venaient, ils étaient intéressés, il y avait un contenu. Puis on est passé à quelque chose de plus direct avec Ron et son équipe. Aujourd’hui, on est encore dans autre chose. Chaque génération a son style.

Pour les séminaires, il y aura certainement des conférenciers qui vont se lever. Il faut les former, susciter des vocations. Il faut beaucoup de force dans la Torah, c’est clair. Il faut être érudit, il faut étudier, il faut aimer la Torah. Mais il faut aussi une grande affection pour le peuple juif et bien sûr de la force physique, pour pouvoir rester jusqu’à deux ou trois heures du matin parler avec les participants.

Parlons de la Yéchiva Yéchouot Yossef. Quel lien y avait-il entre les séminaires et la Yéchiva ?

Certains venaient au séminaire, puis faisaient un passage à la Yéchiva. Là, ils étaient profondément

marqués, parce qu’ils rencontraient cette fois le Rav Chaya en live. Ils rencontraient aussi des Rabbanim comme Rav Goldschmidt, Rav Fhima, ou encore Michaël Ifrah.

Et puis il y avait ceux qui sont vraiment passés par la Yéchiva et qui sont devenus aujourd’hui très visibles dans le paysage rabbinique francophone. La Yéchiva a attiré les plus motivés, les plus déterminés, ceux qui voulaient transformer ce qu’ils avaient reçu au séminaire en une réalité concrète dans leur vie. Pour la majorité, ils sont devenus des érudits.

Ce qui est très important dans cette Yéchiva, c’est qu’elle a été construite “en escalier”. Une personne pouvait arriver sans savoir lire, avec un niveau de connaissances zéro. Et aujourd’hui, certains de ces jeunes ont étudié plusieurs traités du Talmud. Elle a été pensée pour que chacun puisse monter marche après marche et arriver à un vrai résultat.

Plus une personne a une grande confiance en D.ieu, moins il ressent le besoin de s’acharner pour gagner sa vie ou résoudre un problème. Il sait que tout est dirigé et décidé par Hachem, mais il doit agir afin que le miracle reste discret, sans excès d’efforts superflus.

DOSSIER

Vous qui avez côtoyé le Rav Chaya de près, quelles étaient selon vous ses principales qualités ?

D’abord, c’était quelqu’un de Naki, de propre.

Un vrai Mensch, très propre dans sa relation aux gens. Lors de la semaine de deuil, un des proches du Rav a confié avoir consulté le carnet dans lequel il notait méthodiquement les points sur lesquels il estimait qu’il devait travailler, suivant l’ordre du ‘Hovot Halévavot. Une autre

Oulpan

En France, c’est la canicule, et les gens marchent lentement, boivent beaucoup d’eau et cherchent de l’ombre. Dans la rue, tout le monde parle de la météo, comme si c’était le sujet le plus important du pays

Vocabulaire

anecdote : à l’époque des séminaires financés par Wolfson, un soir, Ron l’appelle avec une demande pour le moins singulière : le séminaire est terminé et il reste de l’argent, par quel moyen les lui restituer ? Le philanthrope n’en croyait pas ses oreilles, c’était – de ses propres dires – la première fois qu’on lui disait une telle chose ! Pour Rav Chaya en revanche, c’était parfaitement naturel…

La deuxième chose, c’était cette notion de Emet, de vérité. En français, je crois que la meilleure manière de l’exprimer, c’est la justesse. Il cherchait à être juste dans son propos, juste dans ses attitudes, juste dans son approche des gens et des situations. C’est une qualité énorme. Il était aussi très direct. Il n’avait peur de personne ni de dire ce qu’il devait dire, même si cela pouvait choquer. Et puis il y avait chez lui une aptitude extraordinaire à ne pas garder rancune. Certaines personnes ont été très dures avec lui. Vraiment très dures. Mais il ne gardait pas rancune. Une fois que c’était terminé, c’était

Canicule en France

(Ré’hov) – rue

(Gal ‘Hom) – canicule, vague de chaleur

(Anachim) – gens, personnes

(Holkhim) – marchent, vont

(Léat) – lentement

(Chotim) – boivent •  םִימ (Mayim) – eau •

ְפ חְמ (Mé’hapessim) – cherchent

(Tsel) – ombre

(Mézeg Haavir) – météo, temps qu’il fait

(Médina) – pays, État

D’autres mots avec la racine כ.ל.ה. (aller / marcher)

(Halikha) – marche

ךיֵא (Ekh Holekh ?) – comment ça va ? / comment ça marche ?

(Mahalakh) – démarche, processus, mouvement

Jérusalem

Rav Ron Chaya

fini. Je peux vraiment en témoigner, parce que je l’ai vu de l’intérieur. Il disait ! “Mais c’est D.ieu qui a voulu. Tu ne vois pas ? Laisse tomber, ce n’est pas grave !”

Personnellement, cela m’a beaucoup marqué. J’ai vu chez lui à quel point il ne faut pas s’accrocher. Quand Hachem ne veut pas une rencontre, une collaboration, il ne faut pas forcer. C’est une leçon que j’ai reçue de lui.

Finalement, que reste-t-il aujourd’hui de cette aventure des séminaires ?

Il reste des milliers de vies changées. Des familles, des Rabbanim, des élèves, des gens qui sont venus pour un Chabbath et dont la vie a pris une autre direction.

Mais il reste aussi un appel. Aujourd’hui, une nouvelle génération de jeunes Juifs de France est confrontée à une violence identitaire terrible. On les renvoie à leur judaïsme, mais on ne leur a pas toujours donné les clés pour le

comprendre. C’est pour cela qu’il faut reprendre les séminaires.

Le Rav Ron Chaya a été l’un des grands artisans de la Téchouva francophone. Il a parlé à des gens très loin, il les a convaincus, secoués, accompagnés, puis il a construit une Yéchiva pour leur permettre de tenir debout. Reprendre les séminaires en France, ce n’est pas seulement honorer sa mémoire. C’est continuer son œuvre.

Propos recueillis par Elyssia Boukobza

DOSSIER

Le site leava.fr en 2006

À un moment, les collaborateurs du Rav évoquent l’idée d’un accès payant aux cours, pour aider à financer la Yéchiva. Il balaie ça d’un revers de main : "Laisse tomber, donne-leur gratuit !" Cette décision, anodine sur le coup, fait de lui l’un des tout premiers à avoir ouvert grand la porte de la Torah sur Internet, sans rien demander en retour.

Il y avait deux grandes familles de cours : les cours de pensée juive, qui ont formé l’esprit de milliers de gens, et les cours de loi juive, qui apprenaient tout simplement comment se comporter au quotidien. Et ce qui rendait chaque cours si fort, c’est qu’il était filmé devant de vrais élèves, en pleine Yéchiva. On n’avait jamais l’impression qu’il avait préparé quoi que ce soit pour la caméra. Un élève posait une question qu’il découvrait sur le moment, et il déballait un cours entier, structuré, clair, comme si tout était déjà organisé dans sa tête. Il avait de l’humour, il était piquant — suisse, pas français — avec des mots très crus (à la suisse) quand il fallait dire à quelqu’un qu’il racontait n’importe quoi.

Deux conférences très puissantes restèrent pourtant longtemps hors ligne. Un jour, en voiture avec lui, j’insiste pour qu’elles soient enfin diffusées. Lui, d’habitude si partant, se montre réticent. Il m’avoue que ces cours sont exclusifs aux séminaires en France et que cela l’aide en quelque sorte à financer la Yéchiva Quelques jours plus tard, pourtant, il change d’avis : "On y va, je livre tout", me dit-il. Le cours "La preuve irréfutable", on l’a même gravé sur 10 000 CD-ROM, glissés au hasard dans des boîtes aux lettres de foyers juifs partout en France. Des années plus tard, j’apprendrai qu’un de mes étudiants à plein temps au Collel de Torah-Box a fait Téchouva en recevant un beau jour ce disque par la poste. Encore aujourd’hui, je reçois des dizaines de personnes qui me disent explicitement que tout a commencé pour eux avec ce cours-là.

Le géant de la simplicité

Il y a quelques mois, le Rav a annoncé avoir des soucis de santé. On a alors organisé pour lui, à la Yéchiva, une prière du Hallel en musique — quelque chose qu’il n’avait jamais vécu, avec des musiciens. À la fin, pourtant, malgré cette ambiance qui n’était pas apriori la sienne, il a dit qu’il n’avait jamais vécu un Hallel aussi beau. Il pleurait et il m’a même envoyé un message après coup pour me le redire.

Il répondait aussi à des dizaines de milliers de questions. A une époque où les outils de retranscription n’existaient pas encore, luimême a fait tout ceci sans jamais s’approcher d’un clavier. Il dictait ses réponses au magnétophone, ses élèves les retranscrivaient, et il relisait chaque mot avant de valider.

Et malgré cette popularité grandissante, rien ne changeait dans sa vie. Toujours le même costume, le même style, jamais l’envie de plaire ou de montrer. Toujours les mêmes chaussures,

Pourquoi la vie a l’air si dure ?

Je suis un adolescent et j’aimerais savoir pourquoi la vie a l’air si dure. Par exemple : la Parnassa, il paraît que c’est difficile, le mariage aussi, l’éducation des enfants… Est-ce que la vie est vraiment comme cela ou est-ce que c’est bien ? Est-ce que si on est à fond dans la ‘Avodat Hachem, tous les soucis disparaîtront ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Le roi Chlomo écrit : "D.ieu a fait l’homme droit, mais eux ont recherché de nombreux calculs." (Kohélet 7, 29)

Nos Sages, les ‘Hakhamim, expliquent que Hachem a créé un monde bon et ordonné. L’homme a été créé avec tout ce dont il a besoin pour vivre correctement et accomplir sa mission.

Bien souvent, une grande partie des difficultés que l’homme rencontre ne provient pas du monde tel qu’Hachem l’a créé, mais des complications que l’être humain introduit lui-même par ses choix, ses calculs et son éloignement des Mitsvot de la Torah.

Lorsqu’une personne vit conformément à la volonté d’Hachem, avec Émouna et confiance, elle découvre souvent que beaucoup de soucis qui paraissaient insurmontables sont en réalité le résultat de préoccupations, de craintes ou de comportements qui ne correspondent pas à la voie droite voulue par la Torah.

Cela ne signifie pas qu’une vie de Torah est sans aucune épreuve. Les défis font partie de la vie mais le verset précité nous enseigne que le monde n’a pas été créé comme un lieu de souffrance permanente. Hachem a créé un monde droit ; ce sont souvent les "nombreux calculs" de l’homme qui lui attirent des complications et lui rendent la vie plus difficile qu’elle ne devrait l’être.

C’est pourquoi plus une personne s’attache à la Torah et à la ‘Avodat Hachem, plus elle revient à cette simplicité et à cette droiture originelles dont parle le verset.

Aller souvent au Kotel

Y a-t-il une contre indication d’aller souvent au Kotel pour prier ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

C’est une excellente chose, mais il faut être prudent. Explications :

Il n’existe aucune contre-indication à se rendre fréquemment au Kotel pour y prier. Bien au contraire, c’est un lieu investi d’une grande Kédoucha. Mais, comme pour toute bonne chose, il faut garder le sens des priorités. Lorsque la prière au Kotel empiète sur des obligations d’une certaine priorité, il est préférable de prier Hachem là où, en fait, Il se trouve (partout, et surtout dans n’importe quel Beth Knesset), en accomplissant les devoirs qui nous incombent.

Si le fait de se déplacer fréquemment au Kotel doit se faire au détriment d’obligations importantes, il serait préférable de diminuer les visites. L’étude de la Torah, l’accomplissement des Mitsvot, les responsabilités familiales et l’aide que l’on doit apporter aux membres de son foyer sont également des devoirs essentiels qu’il ne faut surtout pas négliger.

En été, il faut redoubler d’attention car les touristes ont très chaud et laissent une partie de leur vêtement dans les hôtels. Ceci est valable que ce soit pour une personne mariée ou non.

Thé matcha, Cachère ?

Je suis en France. Est-ce que le matcha au supermarché ou même de marques connues comme Milia Matcha ou d’autres marques, c’est Cachère ?

Réponse de Dan Cohen

Non, il faut prendre le thé matcha avec un tampon de Cacheroute.

Le thé matcha, contrairement aux thés classiques (à l’exception des thés aux fruits rouges) nécessite une surveillance rabbinique ou à défaut d’être référencé sur une liste de Cacheroute.

En effet, dans une étape de la fabrication, le thé matcha est séché souvent par spray drying, dans un courant d’air chaud. C’est l’atomisation, c’est ce qui transforme le thé matcha en poudre.

Cette étape est commune à la fabrication du lait en poudre. Il y a parfois une contamination croisée, entre le lait et le thé, ce qui est problématique pour les consommateurs de lait surveillé, ce qui est recommandé.

Red Bull goût coco-açaï, pas Cachère ?

La boisson énergisante Red Bull goût coco-açaï est-elle vraiment pas Cachère ? Je viens d’apprendre qu’elle n’était pas Cachère après en avoir consommée, que faire ?

Réponse de Dan Cohen

Elle est référencée comme non Cachère par la liste des Pays-Bas. Que faut-il faire ? Ne pas en consommer à l’avenir.

Magazine Torah-Box aux toilettes, permis ?

A-t-on le droit de lire le magazine de Torah-Box au toilettes ? Et avons-nous le droit de le lire entièrement pendant Chabbath ?

Réponse de Rav Gabriel Dayan

Il est interdit d’introduire des paroles de Torah aux toilettes. Il en est de même pour le magazine Torah-Box qui, en fait, est un magazine de Torah. (Michna Beroura 43, 25)

Il est également interdit de penser à des paroles de Torah en se trouvant aux toilettes. (Choul’han ‘Aroukh Ora’h ‘Haïm 85, 2 ; Michna Beroura 84, 7 ; Iché Israël 53, 25)

Durant Chabbath, on ne lit pas les publicités et les informations, à plus forte raison si elles rendent triste. (Ayil Mechoulach 158, 6, 80, Halakha 6 ; 167, 28.

Perle de la semaine par

"La foi, ce n’est pas ignorer les épreuves, c’est leur donner un sens."
(Rabbi Lord Jonathan Sacks)

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