n°344
24 décembre 2025 I 4 Tévet 5786 I Vayigach
L'ÉDITO DE LA SEMAINE Réflexion après l'attentat de Sydney La terrible nouvelle de l’attentat meurtrier perpétré à Sydney contre des Juifs réunis pour célébrer la fête de ‘Hanouka nous a tous ébranlés. On prend conscience que l’expansion de l’antisémitisme, un peu partout dans le monde, revêt désormais une dimension extrêmement grave. Il ne s’agit plus seulement de graffitis sur les murs extérieurs des synagogues et sur les tombes, ni même d’agressions verbales ou physiques, mais bien de tueries sans distinction entre adultes et enfants. On s’empressera d’accuser certains gouvernements occidentaux qui, sous couvert de propos critiques envers la politique du gouvernement israélien, expriment en réalité un antisémitisme hérité de leur ascendant ‘Essav. On dénoncera certaines associations qui permettent d’entretenir financièrement les nids de ces islamistes radicaux. On parlera aussi du manque de sécurité pour protéger les citoyens juifs, dont l’attentat en Australie est une preuve supplémentaire. Mais, en définitive, il est nécessaire d’admettre que les temps ont changé et qu’il n’est plus évident de vivre sereinement en tant que Juifs en Gola. Dorénavant, chaque événement communautaire exige de la part des responsables des précautions accrues afin d’assurer la sécurité des fidèles. Pourtant, il ne faut pas non plus tomber dans l’autre extrême et céder à la panique. De toute façon, toute tentative de fuite vers une contrée paisible et rassurante est un leurre, car il n’existe pas d’îlot privilégié de tranquillité dans le monde. La 'Alyah dans cette optique n’est guère une solution absolue, Israël n’étant pas épargné par les attentats. Alors, il y en a qui décideraient dès lors de s’abstenir de fréquenter les synagogues, les écoles juives, les magasins d’alimentation Cachères, afin de ne pas prendre le moindre
risque. C’est en effet dans ces lieux que les terroristes cherchent à perpétrer leurs desseins maléfiques contre les Juifs. Mais un tel choix revient à choisir la mort ! (Dans un autre contexte, Franz Kafka dénonçait dans son œuvre Le Terrier celui qui, pour se protéger de tous les dangers, s’est construit un refuge et passe son temps à renforcer ses défenses, à surveiller le moindre bruit, à anticiper une attaque… au point de ne plus vivre.) Le Talmud (Brakhot 61b), à ce propos, nous rapporte la discussion entre Rabbi ‘Akiva et un autre Juif qui lui reprochait de se mettre en danger en enseignant la Torah, acte prohibé par les Romains. Le maître lui répond par une parabole : "Un renard conseilla à un poisson qui risquait à tout moment de se faire attraper par l’hameçon d’un pêcheur de venir sur la terre ferme. Le poisson lui répondit : ‘C’est de toi que l’on dit que tu es intelligent ?! Sur la terre, il est certain que je meurs immédiatement, alors que dans le fleuve, malgré les périls, je suis dans mon élément et je peux survivre’." Un Juif qui cesse de fréquenter la synagogue et la communauté s’éteint. Étudier la Torah, prier en Minyan, participer aux actions de ‘Hessed constituent la nourriture du Juif. Et c’est peut-être cela l’épreuve que soulève cet attentat d’Australie : comment allonsnous réagir à l’avenir ? Écouter le conseil du renard et éviter toute manifestation en lien avec le judaïsme, ou au contraire prendre conscience que notre élément vital, à nous Juifs, c’est la Torah. Cette seconde option est certes accompagnée de certains risques, mais au moins ainsi, un Juif vit sa vie dans toutes ses dimensions. Ces événements douloureux nous obligent à approfondir le sens de notre destin, car quand on en veut aux Juifs, c’est assurément à l’héritage dont ils sont porteurs qu’on en veut. Renoncer à cet héritage reviendrait à donner raison à nos ennemis de toujours. Rav Daniel Scemama Magazine I n°344
3
SOMMAIRE Daniel Scemama 03 Rav L'Édito - Réflexion après l'attentat de Sydney 07 Actualités 15 Devinettes sur la Paracha Hayot 16 Rony De Sydney à Bruxelles, la stratégie du Djihad Chaalti 18 A'hat Un Kaddich pour l’élévation de l’âme de mon chien ?
20 Femmes Le matin où tout a basculé Benayoun 22 Rav Le message d'un rabbin d'Aix-les-Bains Yehonathan Gefen 23 Rav Parachat Vayigach – Comment réagir face aux souffrances
25 Shabatik 29 Histoire 7 x 50 étages à pied 31 Flash Chabbath au point 32 Mise Les pigeons du 24 décembre DOSSIER
Bita’hon : l’art juif de la confiance
34 Les racines profondes du Bita’hon 36 Vivre le Bita’hon au quotidien 38 Comment l’homme confiant se distingue des autres 39 Les écueils à éviter Bé’hayé ibn Pakouda, la sagesse millénaire 40 Rabbénou Comment aurais-je peur… c’est mon père ! Un récit sur 40 le Bita’hon 42 "Je perds confiance en D.ieu à cause de la Parnassa !"
46 Questions au Rav Paracha pour les enfants 48 LaSpoiler : l’envers du décor
50 Recette Parguiot laquées au sirop de grenade & gingembre, sur lit de patates douces rôties
Responsable publication David Choukroun Rédacteurs Rav Daniel Scemama, Alexandre Rosemblum, Joana Abecassis, Elyssia Boukobza, Rav Benayoun, Binyamin Benhamou, Rav Its'hak Zilberstein, Rav Yehonathan Gefen, Rav Gabriel Dayan, Élie Marciano, Rav Aharon Sabbah, Rony Hayot, Sarah Kisielewski, Vanessa Sarah, Murielle Benainous Mise en page Dafna Uzan Secrétariat 02.37.41.515 Publicité Daniel Peretz daniel26mag@gmail.com 054-24-34-306 Distribution diffusion@torah-box.com Remarques & commentaires magazine@torah-box.com Abonnement torah-box.com/magazine
Les annonces publicitaires sont
sous la responsabilité de leurs annonceurs
Ne pas lire pendant la prière Ce magazine contient des
enseignements de Torah, ne pas le jeter dans une poubelle
Mercredi 24 Décembre Rabbi 'Haïm Chaoul Hacohen Daviq
MER
24 Déc. 4 Tévet
Rav Avraham Ya'akov de Sadigora
Michna Yomit Békhorot 7-6
Vendredi 26 Décembre
JEU
25 Déc. 5 Tévet
Michna Yomit Békhorot 8-1
VEN
Jeudi 25 Décembre
Daf Hayomi Zéva'him 101
26 Déc. 6 Tévet
Michna Yomit Békhorot 8-3
SAM
CALENDRIER DE LA SEMAINE
27 Déc. 7 Tévet
Daf Hayomi Zéva'him 102
Rabbi Ye'hezkel Chraga Rav Yehochou'a Samedi 9 MarsAmram Rabbi Guershon Liebman Samedi 27 Décembre
Lundi 11 Mars Rav Avorbi'a Amram Rav Raphael Ya'akov Israël (deTov Sarcelles) Rabbi Tsvi Ben Haba'al Chem
Daf Hayomi Zéva'him 103
Horaires du Chabbath Jéru.
Tel Aviv
Achdod
Natanya
Parachat Vayigach
Entrée
16:02
16:23
16:24
16:22
Daf Hayomi Zéva'him 104
Sortie
17:23
17:24
17:25
17:23
Jéru.
Tel Aviv
Achdod
Natanya
Nets
06:38
06:40
06:40
06:41
Fin du Chéma (2)
09:09
09:11
09:11
09:11
'Hatsot
11:40
11:42
11:43
11:42
Chkia
16:42
16:44
16:45
16:43
DIM
Daf Hayomi Zéva'him 105
28 Déc. 8 Tévet
Michna Yomit Békhorot 8-7
LUN
Zmanim du 27 Décembre
29 Déc. 9 Tévet
Michna Yomit Békhorot 8-9
MAR
Michna Yomit Békhorot 8-5
30 Déc. 10 Tévet
Daf Hayomi Zéva'him 106
Jeûne du 10 Tévèt Daf Hayomi Zéva'him 107 Michna Yomit Békhorot 9-1
ACTUALITÉ Tsahal se prépare à une reprise des combats dans le Nord Sur fond de tensions croissantes avec le 'Hezbollah et d’après des évaluations sécuritaires, l’organisation terroriste chiite pourrait dissimuler ses capacités militaires dans des tunnels et bunkers sous des zones résidentielles de Beyrouth et préparer une riposte massive.
Israël attend toutefois l’aval du président américain Donald Trump avant toute opération majeure, rendant improbable une action avant la visite du 1er ministre Binyamin Netanyahou à la Maison-Blanche. L'armée israélienne affirme être prête à un nouvel affrontement.
Trump ferme l’entrée des États-Unis aux Palestiniens Le président américain Donald Trump a élargi l’interdiction d’entrée aux États-Unis notamment aux détenteurs de passeports de l’Autorité palestinienne ainsi qu’aux ressortissants de six pays, dont la Syrie. L’administration justifie cette mesure par des impératifs de sécurité nationale, dans
un contexte de durcissement des politiques migratoires. Quinze autres États feront l’objet de restrictions partielles. Cette annonce intervient après l’arrestation récente d’un citoyen afghan impliqué dans une attaque contre des membres de la Garde nationale.
Magazine I n°344
7
ACTUALITÉ Allemagne : accord Arrow 3 élargi
Israël et l’Allemagne ont conclu une extension de 3,1 milliards $ à leur accord sur le système de défense aérienne Arrow 3. Cette augmentation porte la valeur totale du contrat à environ 6,7 milliards $, soit la plus importante exportation de défense de l’histoire d’Israël. L’accord prévoit une hausse significative de la production d’intercepteurs et de lanceurs destinés à l’Allemagne, afin de consolider sa défense aérienne. Pour Israël, il représente un levier majeur de soutien à l’industrie de défense, à l’économie nationale et au renforcement des capacités de Tsahal.
Thérapeute spécialisée
Confiance et estime de soi Coach de vie Trouble émotionnel Traumatismes/Dépression Stress/anxiété
Dites adieu à vos tourments : décidez le changement ! Adulte - adolescent - enfant
Thérapie Comportementale et Cognitive Imagination guidée suggestive (Israël) Hypnose thérapeutique France /U.S.A/Canada /Dubai etc..
Consultation à distance et/ou en presentiel Appelez maintenant pour une consultation téléphonique gratuite et sans engagement :
054 21 22 067
8
Magazine I n°344
Le 'Hermon enneigé pendant 'Hanouka
Environ deux centimètres de la première neige de la saison ont recouvert la partie basse du site du 'Hermon, où le mercure est descendu jusqu’à 1 °C, offrant une atmosphère résolument hivernale. Il s’agit des toutes premières chutes de neige de l’année en Israël. À l’occasion de 'Hanouka, le site a été ouvert gratuitement au public et une 'Hanoukia géante a été installée à l’entrée. Des images aériennes captées par drone ont dévoilé un paysage entièrement recouvert de blanc.
1-2-3
Vendu! 2 Derniers Appartements avec Jardin à pourvoir
Illustration non contractuelle
Dans le projet de Haut Standing - Jérusalem Up, à Bayt Vegan. Une chance à saisir pour profiter d'un bien sublime avec une cour spacieuse. Au coeur du projet le plus demandé de Jérusalem
BAIT YERUSHALMI
ABOVE & BEYOND
Accompagnement Bancaire Complet
*5924
jerusalem-up.co.il
ent: ProchainemClés! Remise des
ACTUALITÉ Israël–Égypte : un accord gazier historique à 112 milliards de shekels Binyamin Netanyahou a annoncé avoir approuvé l’accord gazier conclu avec l’Égypte, qu’il qualifie de plus important contrat énergétique de l’histoire d’Israël. D’un montant total d’environ 112 milliards de shekels, l’accord devrait rapporter près de 58 milliards à l’État sur sa durée. Dès
les premières années, les recettes augmenteront progressivement jusqu’à atteindre environ 6 milliards de shekels par an. L’accord inclut d’importants investissements dans les infrastructures énergétiques et vise à renforcer l’économie, la sécurité et le rôle régional d’Israël comme puissance gazière.
'Alyah des Bnei Menashé : première vague en 2026 Le gouvernement israélien a lancé la première phase du programme d’'Alyah des Bnei Menashé. Dans environ deux mois, 600 membres de cette communauté, originaires du Mizoram et du Manipur dans le nord-est de l’Inde, immigreront en Israël. D’ici fin 2026, 1 200 personnes devraient faire leur 'Alyah
10
Magazine I n°344
dans le cadre d’un plan de 90 millions de shekels incluant conversion, logement et intégration. L’objectif est de faire venir l’ensemble de la communauté, soit environ 6 400 personnes, d’ici 2030, et de réunifier des familles déjà installées en Israël.
ACTUALITÉ Wizz Air ouvre une base à Ben-Gourion La compagnie low cost Wizz Air ouvrira en mars sa première base opérationnelle en Israël, à l’aéroport Ben-Gourion, avec au moins un avion basé localement. L’activité reposera sur des équipages étrangers et des employés israéliens formés par la compagnie. Ce dispositif permettra
d’augmenter les fréquences, d’améliorer les horaires et de réduire les coûts. Deux liaisons internationales au départ de l’aéroport Ramon à Eilat sont également envisagées. Wizz Air affirme vouloir maintenir des tarifs bas grâce à la concurrence.
Uber en route vers Israël Le service de VTC Uber est sur le point de faire son entrée sur le marché israélien. Un rapport commandé par le ministère des Transports prévoit l’adoption des réglementations nécessaires à un lancement effectif d’ici le second semestre 2026. Ce rapport prévoit aussi un dispositif de compensation
12
Magazine I n°344
pour les chauffeurs de taxi, principaux
concernés
par
cette future concurrence : une indemnisation de 200 000 shekels contre l’abandon de leur licence, ou une prime de 50 000 shekels pour ceux qui choisiront de la conserver. Le coût total est estimé à 4 milliards de shekels.
Une future prison entourée de crocodiles
Gaza : vers un gouvernement de transition soutenu par les U.S.A.
Les États-Unis annoncent une avancée vers la deuxième phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza. Selon l’émissaire américain Steve Witkoff, des discussions menées avec l’Égypte, le Qatar et la Turquie ont confirmé les progrès de la première phase, marquée par l’extension de l’aide humanitaire et une baisse des hostilités. La phase suivante prévoit la création d’une autorité gouvernante unifiée à Gaza pour protéger les civils et maintenir l’ordre, ainsi que la mise en place prochaine d’un Conseil de paix faisant office de gouvernement de transition. Washington appelle toutes les parties à respecter leurs engagements et à coopérer.
L’administration pénitentiaire israélienne examine une proposition du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir visant à créer une prison de haute sécurité entourée de crocodiles pour empêcher les évasions de détenus sécuritaires, dont les terroristes de la Nuhbah. Inspirée d’un modèle existant en Floride, l’initiative est présentée comme une solution dissuasive, efficace et peu coûteuse. Un site situé près de 'Hamat Gader est envisagé. D’abord accueillie avec scepticisme, la proposition fait désormais l’objet d’une étude de faisabilité préliminaire, malgré les réserves exprimées par certains responsables des forces de l’ordre.
בס"ד
A S H D O D sil
Coup de fu
Bombe
Grand 3 pièces et demi "Dalet" balcon, 2 ascenseurs dont 1 shabat, mamad, parking, emplacement idéal Prix négocié 1 690 000 sh (Prix marché 1 990 000 sh)
(449 000€) 052 591 60 75
3 pièces "Tet Vav" avec terrasse de 100m2, ascenseur, parking, cave, mamad, clim 2 350 000 sh
(626 000€)
L'Affaire
4 pièces "Yakinton" nouvelle résidence, 6ème étage, balcon, clim, parking 2 250 000 sh
(599 000€)
Hagdoud 5/12, Hayir, 77456 Ashdod Dov Uzan 07 57 99 03 58 Hagdoud AivriAivri 5/12, GanGan Hayir, 77456 Ashdod
Dov Uzan Magazine I n°344
13
ACTUALITÉ Iran : Israël inquiet du réarmement balistique En Israël, les services de sécurité suivent avec inquiétude la reprise des efforts iraniens pour reconstruire leurs capacités balistiques et leurs systèmes de défense aérienne, sévèrement touchés lors de l’opération “Am Kélavi - le réveil du lion”. Si le rythme du redressement préoccupe, il ne surprend pas les responsables israéliens, qui constatent une motivation croissante de Téhéran après une phase de ralentissement. Les chiffres avancés par certains médias internationaux sont jugés exagérés, mais la menace reste prise très au sérieux. Dans ce contexte, la question d’un éventuel feu vert américain à une future action contre l’Iran est de nouveau posée.
À Sydney, hommage rendu au héros de l’attentat
Le rabbin Mendel Kastel, beau-frère d’une victime de l’attentat de Sydney, s’est rendu à l’hôpital pour remercier A'hmed al-A'hmed, d’origine syrienne qui a neutralisé l’un des terroristes et sauvé des vies. Ému, le rabbin a salué son courage et la portée symbolique de son geste au-delà des religions. A'hmed a répondu par un message d’humanité et de fraternité. Gravement blessé par balles, il affirme qu’il referait la même chose, convaincu d’avoir sauvé de nombreuses vies. Joana Abecassis
Le bruit : l’ennemi sous-estimé de notre santé mentale On pense souvent que le stress vient de ce que l’on vit. Mais parfois, il vient simplement de ce que l’on entend ! Bruits de circulation, notifications, appareils en fond sonore… Le bruit est devenu permanent, et même si nous sommes persuadés d’être assez forts pour l’occulter, notre cerveau, lui, ne l’ignore jamais totalement. • Le cerveau ne "débranche" jamais : Même quand on croit ne plus y faire attention, le bruit maintient le système nerveux en alerte. • Il fatigue sans prévenir : L’exposition au bruit prolongée provoque baisse de concentration, irritabilité et maux de tête. • Il perturbe le sommeil : Les micro-réveils liés au bruit ou aux ondes empêchent un sommeil vraiment réparateur. Tâchez de déconnecter vos appareils avant de dormir ! • Il augmente le stress chronique : Le bruit stimule la production de cortisol, même à faible intensité. • Le silence est devenu rare… mais essentiel. Quelques minutes de calme suffisent déjà à apaiser le système nerveux. En prenant le temps de respirer profondément, c’est encore mieux ! Le bruit n’est pas anodin : c’est un stress discret mais cumulatif. Réduire les sources inutiles, s’offrir des moments de silence n’est pas un luxe mais une vraie hygiène mentale. En prendre conscience et poser de vrais moments de calme dans la journée est le meilleur remède pour se sentir mieux, durablement. Sarah Kisielewski 14
Magazine I n°344
Parachat Vayigach 5786
par Michaël Lumbroso
Règle du jeu : Dans ce jeu, des questions correspondent aux lettres de l’alphabet. La première réponse commence par un Alef, la deuxième par un Beth, etc. Les participants doivent trouver le mot en hébreu. Le point est attribué à celui qui donne la bonne réponse en premier. Il y a des devinettes pour tous les âges. Le mot en gras dans la devinette indique ce qu’il faut chercher. Ce que Yossef et Binyamin ont fait chacun sur l'épaule de l'autre.
Au début Ya'akov a refusé de ... que Yossef était en vie, jusqu'à ce qu'il vit les chariots que Yossef avait envoyés. (croire) האמין
(le meilleur du pays d'Égypte) טוב ארץ מצרים
La question que Pharaon posa à Ya'akov lorsqu'il se présenta devant lui.
Lorsque Yossef se dévoila à ses frères et leur posa une question, ils ne purent lui ... car ils étaient consternés. (répondre) לענות
Yéhouda a raconté à Yossef qu'il s'était porté ... de Binyamin vis-à-vis de son père, et donc voulait être esclave à sa place.
(offrandes) זבחים
כמה ימי שני חייך (combien sont les jours des années de ta vie)
Yossef a donné du pain aux Égyptiens en échange de ces animaux qu'ils lui amenèrent. (des chevaux) סוסים
Afin de vérifier sur son visage s'il était resté ... malgré tout.
Séra'h a annoncé à Ya'akov en chantant, que Yossef était en vie, et qu'il était ... sur l'Égypte.
Ce que les Égyptiens ont proposé à Yossef lorsqu'ils n'avaient plus d'argent ni de biens à donner pour obtenir de quoi manger.
(Juste) צדיק
Ce que Ya'akov a dit lorsque son fils Yossef s'est jeté à son cou.
Toute cette mise en scène de Yossef était pour amener ses frères à faire cela sur ce qu'ils lui avaient fait. (repentir) תשובה
('Houchim) חושים
(Chéma' Israël) שמע ישראל
(Yéhouda) יהודה נפשו קשורה בנפשו (son âme est attachée à son âme) (visage) פנים
Elle s'est arrêtée de sévir dès que Ya'akov descendit en Égypte.
(il le bénit) ויברך
Comment Yéhouda décrit le lien fort qui unit Ya'akov à son fils Binyamin.
Pharaon a encouragé les membres de la famille de Yossef à venir s'installer en leur disant qu'il leur donnerait le ... ... ... .
(garant) ערב
(Dan) דן
Le nom du fils de Dan.
Par son discours éloquent et vibrant d'émotion, il a réussi à émouvoir Yossef au point qu'il révèle son secret.
Ya'akov savait lire sur le ... des gens, il voulait donc descendre en Égypte observer celui de Yossef.
(décret) גזרה
Ya'akov, ayant pris la route vers l'Égypte, s'est arrêté à Béer Chéva' et y immola des ... .
Ce que Ya'akov a fait à Pharaon lors de leur rencontre ; depuis, le Nil montait aux pieds de Pharaon lorsqu'il s'y dirigeait.
(acquiers-nous) קנה אותנו
(Acher) אשר
(ils ont pleuré) בכו
Parmi les frères, celui qui n'a eu qu'un seul fils.
Ya'akov et sa famille descendent donc en Égypte, accomplissant ainsi le ... qu'Hachem avait annoncé à Avraham concernant sa descendance.
(Roi) מלך
Le nom du papa de Séra'h, la fille qui a annoncé à Ya'akov que Yossef était en vie.
Magazine I n°344
15
(la famine) רעב
TRIBUNE par Rony Hayot De Sydney à Bruxelles, la stratégie du Djihad L’État d’Israël n’est que la ligne de front d’un combat qui vise, à terme, l’ensemble du monde occidental. Le conflit israélo-palestinien est un prétexte. Aujourd’hui, les Juifs sont visés ; demain, ce sera l’Occident tout entier qui devra faire face à cette génération fanatisée de jeunes occidentaux, qui a troqué l’intégration de ses parents pour le rêve d’un califat mondial. L’attentat de Sydney marque une nouvelle étape dans la dynamique de l’État islamique. Par un communiqué officiel diffusé ce 19 décembre 2025, l’organisation appelle désormais les réfugiés politiques en Belgique à exploiter les fêtes de ‘Hanouka et les célébrations chrétiennes de fin d’année pour relancer le combat sur le sol européen. Ce sentiment d’impunité chez les extrémistes s’appuie sur une stratégie précise et une vision du monde ancrée dans le concept de Dar alIslam. Selon ce principe, toute terre ayant été conquise une fois par l’islam lui appartient à jamais, tandis que le reste du monde, le Dar alHarb ou maison de la guerre, a vocation à être conquis pour atteindre enfin le Dar al-Salam, la maison de la paix. Lorsqu’un imam parle de paix, de quelle paix parle-t-il ? Cette conception de la "paix" est indissociable d’un objectif de domination. Pour les radicaux, la France et l’Espagne sont des terres d’islam où la reconquête est un devoir individuel. Actuellement, leur stratégie privilégie une approche pacifique et non armée, tant qu’ils bénéficient du soutien de certains mouvements de gauche, une gauche qui insulte les catholiques et qui perturbe leurs fêtes populaires. Il est donc urgent de dissiper le brouillard sémantique actuel : le conflit au Proche-Orient n’est pas une simple cause territoriale palestinienne, mais le moteur d’une cause islamiste mondiale. C’est cette dimension religieuse qui permet de fédérer des radicaux de tous horizons, par-delà les frontières. 16
Magazine I n°344
Le socle de cette idéologie repose sur le droit islamique classique et ses trois piliers d’inégalité jugés inamovibles : entre le musulman et le non-musulman, entre l’homme et la femme, et entre l’homme libre et l’esclave. Dans cette structure, l’humanité est scindée en deux. Les polythéistes font face au choix entre la conversion ou la mort, tandis que les "gens du Livre", juifs et chrétiens, se voient imposer le statut de dhimmi, une citoyenneté de seconde zone marquée par la soumission. Contrairement aux discours politiques et médiatiques qui présentent l’islamisme comme une dérive extérieure à la religion, les actions menées par le ‘Hamas, l’État islamique ou les auteurs des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan ne sont que l’application littérale des textes originels et des quatre grandes écoles de jurisprudence de l’islam sunnite. L’Occident, par peur ou par méconnaissance, refuse de voir que le terrorisme est le produit d’une lecture juridique précise : celle qui impose la peine de mort pour blasphème ou l’élimination des "koufars" (infidèles) refusant de se soumettre. Alors, comment passe-t-on de l’invasion à la "légitime défense" ? Le droit islamique classique ne s’embarrasse pas de nuances diplomatiques, il divise le combat en deux piliers brutaux. Le Djihad al-Dafa (défensif) est l’obligation sacrée de riposter pour protéger une terre musulmane sous attaque ; le Djihad al-Talab (offensif) est
la guerre de conquête pure et simple pour étendre le territoire de l’islam (Dar al-Islam) au reste du monde.
littérale et déshumanisante du Coran. Un verset est utilisé pour justifier une guerre perpétuelle jusqu'à ce que seul le système
Nous arrivons à la grande manipulation. Alors islamique subsiste ; un autre (le verset du que l’Occident subit aujourd’hui une offensive sabre) est invoqué pour abroger les versets caractérisée, la stratégie des radicaux de paix et légitimer l'extermination repose sur une ruse sémantique des non-musulmans. Un verset est grossière : faire croire aux utilisé pour déshumaniser et populations européennes maudire les Juifs, présentés Le conflit au que seul le Djihad "défensif" existerait encore. C’est un Proche-Orient n'est comme des ennemis de D.ieu à éliminer ; et un écran de fumée. En réalité,
"
pas une simple autre est utilisé pour les islamistes jouent sur un flou géographique et légaliser l'esclavage sexuel cause territoriale démographique total. des captives de guerre. Leur logique est la palestinienne, mais Le massacre du 7 octobre suivante : dès lors qu’une le moteur d'une 2023 n’était pas une lutte communauté de fidèles est installée massivement sur pour l’autodétermination, cause islamiste un territoire occidental, ce mais l’application brutale de territoire commence, à leurs mondiale. cette théologie de la haine. Pour yeux, à devenir une terre d’islam. masquer cette réalité, le ‘Hamas et Le piège se referme, ils s’installent ses soutiens ont créé une diversion en et imposent leurs codes. Toute tentative utilisant des termes comme "antisionisme", de l’État d’origine pour faire respecter ses "occupation" ou "génocide". propres lois ou freiner cette installation est immédiatement requalifiée en "agression L’État d’Israël n’est que la ligne de front d’un contre l’islam". Et voilà le tour de passe-passe combat qui vise, à terme, l’ensemble du monde accompli : l’offensive de conquête (al-Talab) se occidental. Le conflit israélo-palestinien est déguise en légitime défense (al-Dafa). un prétexte. Aujourd’hui, les Juifs sont visés ; Ce grignotage territorial ne se fait plus seulement par les armes, mais par le nombre et l’occupation de l’espace. Ce processus de colonisation inversée se déroule sous nos yeux, avec la complicité passive, voire l’aveuglement volontaire, de dirigeants politiques qui refusent de voir l’agression derrière le discours victimaire.
demain, ce sera l’Occident tout entier qui
Malgré les efforts de certains centres de veille, comme l’Observatoire d’Al-Azhar qui essaie de contextualiser les versets, ou une grande partie des musulmans modérés qui affirment que les musulmans et l’islam, ce n’est pas la même chose, la mouvance radicale continue de s'appuyer sur une lecture
plus vulnérables. Ils constituent une avant-
devra faire face à cette génération fanatisée de jeunes occidentaux, qui a troqué l’intégration de ses parents pour le rêve d’un califat mondial. Contrairement à l’illusion de sécurité que certains peuvent entretenir, les Juifs de la diaspora sont en réalité les plus fragiles et les garde sans défense, la cible idéale pour servir la stratégie fondamentale des terroristes qui consiste à frapper les civils désarmés en priorité pour maximiser l’effet de terreur. Rony Hayot Magazine I n°344
17
A'HAT CHAALTI par Rav Its'hak Zilberstein Un Kaddich pour l’élévation de l’âme de mon chien ?
Le chargé d’une synagogue raconte : "Un matin, à la porte de notre synagogue se présenta un homme qui ne vient d’habitude qu’à Yom Kippour. J’étais très surpris de le voir arriver à la prière de Cha’harit, je lui remis immédiatement un Talith et des Téfilin, et je lui proposai de les mettre. L’homme accepta, puis je l’aidai à mettre les Téfilin du bras et de la tête. À la fin de la prière, alors que nous arrivions au Kaddich Yatom, l’homme se leva et récita le Kaddich d’une voix étouffée et émue, tandis que des larmes coulaient de ses yeux. Les gens comprirent qu’apparemment, l’un de ses proches bien-aimés était décédé. Après la prière, j’allai le voir d’un visage chaleureux : “Nous sommes tellement heureux de vous voir ici ! Votre Kaddich, dit avec tant de dévotion, a certainement eu un impact immense dans le Ciel !” Puis, je m’intéressai : “Quelqu’un chez vous est-il décédé ?” L’homme hocha la tête et de nouveau ses yeux se remplirent de larmes. Lorsqu’il me raconta qui était le défunt, je faillis m’évanouir. “Mon chien est mort hier. Nous lui avons organisé un cortège mortuaire spécial, et j’ai décidé 18
Magazine I n°344
d’essayer de venir ici au moins durant les sept premiers jours suivant son décès afin de réciter le Kaddich à sa mémoire…” J’étais tellement choqué que je décidai de me taire, de ne rien dire à cet homme, afin de ne pas le repousser de venir à la synagogue. Je souhaiterais savoir si l’on peut permettre à cet homme de dire Kaddich en souvenir de son chien. Réponse : Le Rav Steinman répondit à la question ainsi : l’essence du Kaddich est composée de louanges et d’éloges à Hachem, c’est une demande qui grandit et sanctifie Son Nom. Même ce Juif dans l’erreur prononce en réalité des mots de louange et d’éloge envers Hachem, et en cela c’est un Kaddich (il est certain qu’il n’a pas l’intention de dénigrer l’honneur dû à Hachem, il pense naïvement que la récitation du Kaddich fera du bien à l’âme de son chien…). Aussi, on laissera l’homme dire Kaddich et on répondra Amen, car l’intention erronée en son cœur de le faire en l’honneur de son chien ne nous préoccupe pas, elle est comme inexistante. Il faudra le rapprocher avec amour et chaleur,
lui enseigner la véritable signification du Kaddich, et tenter de le ramener vers Hachem, et ainsi Son Nom sera grandi et sanctifié !
Le Rav estime en effet qu’on ne doit pas négliger les questions des gens comme cellesci, car si l’on néglige leurs questions simples,
À ce propos, nous pouvons ajouter en fin de compte, ils ne viendront le récit suivant : c’est l’histoire pas poser les questions plus d’un Juif (alors non regardant importantes. D’autre part, de la Torah et des Mitsvot) On laissera l’homme lorsque l’on témoigne d’une qui se rendit chez le Rav véritable considération, et Its’hak Zylberstein afin de dire Kaddich et on que l’on fait "un monde" lui faire part de la mort de son fidèle chien. Puis, il de leur question, cela répondra Amen, car demanda : "Étant donné la les éveille à s’intéresser l’intention erronée peine que je ressens suite à davantage aux lois et la mort de mon chien biencoutumes de la Torah. en son cœur ne nous aimé, pourrais-je réciter la bénédiction Dayan Haémet ?" Rav Its'hak Zilberstein préoccupe pas.
"
La réponse du Rav fut la suivante : un homme dont l’animal est décédée fera la bénédiction Dayan Haémet (comme cela est rapporté dans Biour Halakha ch. 222). Cependant, cela se rapporte à du bétail et non à un chien, étant donné que la personne subit alors une perte financière. Mais dans ce cas, l’homme ne veut pas faire de bénédiction pour la perte, mais en raison de l’affection qu’il éprouvait pour ce chien, il n’y a pas à bénir puisque Hachem a ordonné "Tu aimeras ton prochain comme toi-même", mais Il n’a pas ordonné d’aimer un chien. Toutefois, s’il s’agit d’un chien qui nous est cher, comme un chien de garde contre les voleurs et les brigands, ou encore un chien d’aveugle, dont la mort affecte beaucoup financièrement son maître, il pourra faire la bénédiction Dayan Haémet. Autre récit incroyable : une femme téléphona un jour à Rav Tsvi Cohen et lui raconta que son chien était mort, et elle ne savait pas si elle pouvait aller à un mariage de la famille proche en raison du "deuil" du chien… Le Rav Cohen fit comme s’il recherchait dans un livre de loi juive, puis demanda à la femme : "Quel âge avait le chien ?" Lorsqu’il entendit la réponse, il dit : "Dans un tel cas, on pourra se montrer indulgent !"
Pour égayer votre table de Chabbath, commandez sans plus attendre les livres A'hat Chaalti, volume 1, 2, 3, 4 et 5 au : 02.37.41.515 ou www.torah-box.com/editions
VOTRE RETRAITE FRANÇAISE UNE PREETUDE DE VOTRE DOSSIER AVANT DE VOUS ENGAGER AVEC NOUS
La retraite commence à 62 ans
Vous avez exercé une activité en France ? "Nous vous assistons complètement jusqu'à l'obtention de tous vos droits à retraite" Si vous êtes déjà retraité du régime Français et vous rencontrer des problèmes de toute nature Nous vous aidons à régler tous ces problèmes Nos services :
- Pension de réversion - Bilan Retraite www.optimum-retraite.net
054 494 72 41 Magazine I n°344
19
FEMMES FAMILLE ÉDUCATION FEMMES COUPLE
Le matin où tout a basculé On me place aux urgences, je passe des examens, dont une IRM. Suite aux résultats, le médecin m’annonce que j’ai eu une attaque cérébrale, un AVC...
J’ai 39 ans, mariée depuis 17 ans, j’ai 4 enfants, 5 ans d’Alya et aucun problème de santé particulier. Jusque là, tout va bien… Puis, un beau matin, enceinte de dix semaines, je me réveille, mais ce matin-là n’est pas le même pour moi. Tout d’abord, je prononce un Modé Ani embrouillé, aucun mot ne s’enchaine l’un après l’autre. Bizarre, je dois être fatiguée ; après tout, je suis au début d’une grossesse. Une matinée pas comme les autres Je me rends à la salle de bain, impossible d’ouvrir le robinet avec ma main, j’essaie d’attraper ma brosse à dents, elle tombe. Ma main bouge, mais je n’arrive pas à serrer mes doigts. Décidément, je suis fatiguée, il est 5h30, trop tôt, je retourne me coucher. Mais en fermant les yeux, je me sens m’enfoncer dans le lit, je vois trouble, j’essaie d’alerter mon mari… mais impossible, aucun son ne sort de ma bouche (moi qui parle tout le temps à tort et à travers, qui crie sur mes enfants pour tout et pour rien et peut-être parfois aussi, et j’ai honte, qui dit du Lachone Hara’…), je sens qu’il se passe quelque chose de bizarre ce matin. Mon mari s’est réveillé et lui aussi le sent. J’essaie de parler, mais il ne sort que des syllabes, des sons, rien de compréhensible. Il comprend de suite l’urgence et appelle Maguen David Adom. Les secours arrivent très rapidement, puis m’emmènent à l’hôpital le 20
Magazine I n°344
plus proche. Entre temps, Baroukh Hachem, je retrouve l’usage de la parole et de ma main. On me place aux urgences, je passe des examens, dont une IRM. Suite aux résultats, le médecin m’annonce que j’ai eu une attaque cérébrale, un AVC... Quoi ? J’ai un souci à la tête ?! À cet instant précis, je me pose cette question : "Qu’est-ce qu’Hachem veut me faire comprendre ?" La première décision que je prends est de me couvrir la tête. Cela me semble évident. En réalité, j’y pensais depuis longtemps, mais je n’arrivais pas à me décider auparavant ; comment cacher mes cheveux, ce signe de féminité ? C’est si difficile de prendre une telle décision. S’ensuivent de nombreux examens pour moi et, bien sûr, pour le bébé. On fait une échographie, son cœur bat Baroukh Hachem, il parait qu’il va bien. On me demande de voir le gynécologue. Ce médecin m’annonce très clairement qu’à tout moment, je peux refaire un autre AVC, aujourd’hui, demain, ou dans un mois... qui pourrait être nettement plus sérieux que le précédent. Ma vie est en danger ! Et la sentence tombe : on me demande explicitement d’interrompre ma grossesse le plus rapidement possible. Leurs arguments sont clairs, j’ai déjà d’autres enfants et presque 40 ans, ce n’est pas comme si c’était mon
premier. En les écoutant, j’ai l’impression de vivre un cauchemar, de rentrer dans un tunnel sans issue. Il faut choisir : le bébé ou moi. Mais est-ce un choix ? Ce petit cœur qui bat en moi, qui fait à peine quelques millimètres, c’est déjà une vie qui commence ! Ils me demandent de tuer mon bébé ?!
pour votre don. ‘Celui qui se préoccupe des autres, Hachem s’occupera de lui directement.’ Avec toute notre reconnaissance." Enfin la délivrance ?
Pour la suite de la grossesse, je passe de rendezvous en rendez-vous, d’échographie en échographie; certains rendez-vous à Je suis torturé… un étau me serre. la Koupat ‘Holim (centre médical) Le corps médical insiste : on avaient des délais de plus de 6 décrète que je dois arrêter J’ai l’impression mois, spécialement celle pour cette grossesse rapidement. De faire une échographie du cœur mon côté, après avoir fait tous de vivre un du bébé, et tout cela sous un les autres examens qui étaient lourd traitement d’anticoagulant cauchemar, de satisfaisants, je veux quitter et du diabète gestationnel. l’hôpital, j’étouffe. Je cherche rentrer dans Je passe cette période avec à recevoir des bénédictions, je prie Hachem pour qu’Il me un tunnel sans beaucoup d’angoisses et de peurs, mais également avec guide vers le meilleur chemin, issue. Il faut beaucoup de Émouna et de j’ai besoin d’un miracle. Je prie, prières. je pleure, je supplie Hachem de choisir : le bébé m’aider... J’ai peur ! La fête de Souccot approche, Je demande l’avis de plusieurs ou moi. Mais est- et, pour moi, le moment d’accoucher. Ce jour auquel j’ai médecins, aucun ne se prononce ce un choix ? tellement pensé, la surprise de vraiment. Je demande l’avis d’un Rav spécialisé dans les questions médicalesqui savoir si c’est une fille, un garçon... Et enfin, le me recommande d’aller voir un gynécologue, miracle de la vie se produit ! Il est là, mon bébé, Dr Dov Fieldberg. Il décide de me recevoir sur mon ventre, je l’entends pleurer, crier, je le dès le lendemain (plutôt rare en Israël d’avoir touche, je le respire. On va l’appeler ‘Haï, qui des rendez-vous si rapidement), m’écoute signifie "vivant" en hébreu... attentivement et, assez rapidement, nous Merci Hachem pour ce merveilleux cadeau, allons avec lui à l’hôpital Beilinson. Nous sommes quelques jours avant Pessa’h, et, sur la merci pour cette épreuve qui m’a fait devenir route, j’ouvre ma boîte mail et décide de faire plus forte et qui m’a permis de renforcer ma Émouna ! Je nous souhaite à toutes d’avoir un don pour les paniers de Pessa’h. toujours la force, la santé et la patience de À notre arrivée, mon dossier est analysé avec nous occuper de nos enfants et de nos foyers. la plus grande attention par le chef de service Souvenez-vous juste que rien n’est normal et gynécologique, qui conclut en me disant que qu’il est de notre devoir de remercier Hachem mon cas est très sérieux, mais qu’ils ont déjà à tout moment et pour chaque chose… traité des grossesses semblables et qu’ils savent exactement ce qui devra être surveillé Mon récit vient surtout souligner l’impact attentivement. Il accepte de me suivre en inimaginable de nos actes, et le fait qu’il ne faille jamais désespérer, car D.ieu veut notre grossesse à haut risque. bien. À nous de tenir bon et de savoir qu’Il est Je respire mieux et sors de ce rendez-vous le là, derrière les événements de notre vie, même cœur plus léger. À ce moment, je consulte mon s’ils semblent a priori dramatiques... téléphone : j’avais reçu un SMS de confirmation Témoignage de Vanessa Sarah consécutif au don que je venais de faire : "Merci
"
Magazine I n°344
21
LE MESSAGE D'UN RABBIN D'AIX-LES-BAINS Réfléchir avant d’agir Dans l’un des moments les plus bouleversants de la Torah, Yossef se dévoile enfin à ses frères et, au lieu de commencer par des explications ou des accusations, il demande : “Est-ce que mon père est encore vivant ?” Le verset ajoute aussitôt : “Ils ne purent lui répondre, car ils furent troublés devant lui.” Pourquoi cette question, alors que les frères venaient justement d’expliquer que Ya’akov était âgé et fragile, et que toute l’histoire de Binyamin reposait sur la crainte de le faire souffrir ? Et surtout, pourquoi Yossef dit-il “mon père” alors qu’il se présente comme leur frère ? Le Kli Yakar ouvre ici une lecture qui transforme la scène en miroir pour toute une vie.
justesse de leur décision. Ils ont pesé l’affaire, ils ont établi une sorte de “tribunal”, ils étaient sûrs d’être dans le vrai. Mais ce que Yossef pointe d’un mot, c’est ce que nous oublions si facilement lorsque nous sommes persuadés d’avoir raison : les conséquences, les dégâts collatéraux, les victimes invisibles. On peut construire un raisonnement impeccable, et passer à côté de l’essentiel : qu’estce que mon acte a produit autour de moi ? Quelle souffrance ai-je semée chez ceux qui ne sont pas au centre de mon calcul ?
Cet épisode est un appel à l’introspection. Avant d’agir, avant de parler, avant de trancher, ai-je vraiment envisagé tout ce qui va découler de mes choix ? La Torah ne nous demande pas d’être parfaits, mais d’être lucides, C'est ce que responsables, capables de nous oublions si regarder plus loin que l’instant facilement lorsque et que notre logique interne.
"
D’abord, répond-il, Yossef veut vérifier un point simple : ses frères ont-ils dit la vérité ou ont-ils utilisé l’argument du “vieux père” pour l’attendrir et sauver Binyamin ? Peut-être, C’est dans ce sens que la nous sommes pense Yossef, que Ya’akov est Guémara dans ‘Haguiga déjà décédé, et que l’histoire rapporte que Rabbi El'azar persuadés d’avoir servait seulement de levier pleurait en arrivant à ce émotionnel. Mais c’est la raison : les passage. Parce que si les seconde question qui révèle de Yossef, des hommes conséquences, les frères la profondeur du passage. grands, sincères, persuadés En disant “mon père”, Yossef dégâts collatéraux, d’agir pour le Ciel, n’ont pas adresse un reproche cinglant. su répondre quand la vérité “Moi, je suis vraiment son fils. les victimes leur a été révélée, que dironsMais vous, vous ne vous êtes nous lorsque le Maître du invisibles pas comportés comme des monde nous questionnera ? fils envers votre père.” Car la “Pourquoi as-tu parlé ainsi ? Pourquoi as-tu faute n’est pas seulement la vente de Yossef, agi ainsi ?” L’homme se raconte facilement des ni même la rivalité entre frères : c’est l’onde de histoires. Il s’imagine qu’il aura toujours une choc, la souffrance infligée à un père pendant explication. Mais face à une vérité totale, face à vingt-deux ans, la douleur prolongée, qu’ils une lumière qui dévoile nos contradictions, nos ont provoquée en le laissant croire que son fils angles morts, nos justifications intéressées, il était mort. n’y a parfois… rien à dire. Et c’est précisément pour cela qu’ils restent sans voix. Le Midrach explique qu’au moment où les frères ont agi, ils se sont convaincus de la 22
Magazine I n°344
Rav Benayoun, co-directeur du Beth Yaacov Tomer Debora d’Aix-Les-Bains (retranscrit d’un cours paru sur torah-box.com)
M A G A Z I N E
Supplément spécial Chabbath Pour en profiter, veuillez le détacher avant Chabbath...
Vayigach – Comment réagir face aux souffrances Pourquoi Ya’akov, malgré une vie jalonnée d’épreuves, fut-il sanctionné pour la manière dont il parla de son existence devant Pharaon ? Lors de la rencontre entre Ya’akov et Pharaon, celui-ci demande au patriarche son âge. Ya’akov donne une longue réponse dans laquelle il évoque une vie difficile qui ne fut pas aussi longue que celle de ses pères. Ce dialogue est très difficile à comprendre. Pourquoi Pharaon demande à Ya’akov son âge, alors qu’il aurait pu lui poser toutes sortes de questions ? La réponse de Ya’akov n’en est pas moins énigmatique. Le Ramban et le Rachbam précisent que Ya’akov paraissait particulièrement âgé, son apparence étonna Pharaon, si bien qu’il lança ce sujet. Ya’akov lui répondit que bien qu’il fût très vieux, il paraissait encore plus âgé à cause des nombreux soucis qu’il rencontra au cours de sa vie. On ne comprend toujours pas pourquoi sa réplique fut à ce point pessimiste. Rav Steinman estime que Ya’akov ne voulait pas éveiller le ‘Ayin Hara’ (le mauvais œil) de Pharaon, c’est pourquoi il mit l’accent sur les difficultés traversées dans sa vie. Dure existence Nos Sages critiquent néanmoins Ya’akov et soulignent qu’il fut sévèrement puni à la suite de ce dialogue. Le Da’at Zékénim rapporte un Midrach étonnant : "Quand Ya’akov dit : ‘Peu nombreux et mauvais ont été les jours des années de ma vie’, Hachem lui dit : ‘Je t’ai sauvé des mains d’Essav et de Lavan, Je t’ai rendu Dina ainsi que Yossef, et tu te plains d’une vie courte et malheureuse ?! Par ta vie, le nombre de mots depuis ‘Pharaon dit’ jusqu’à ‘Jours de leurs séjours’ te sera déduit et tu ne vivras pas
aussi longtemps que ton père, Its’hak.’ En effet, Its’hak vécut 180 ans et Ya’akov mourut à l’âge de 147 ans." Le Midrach blâme Ya’akov qui qualifia les années de sa vie de "peu nombreuses et mauvaises". Il perdit à cause de cela une année de vie par mot employé dans ce dialogue plaintif. Or celui-ci comprenait 33 mots et c’est ainsi que Ya’akov ne vécut que jusqu’à 147 ans au lieu des 180 années de vie de son père. Inutile de préciser que, comme toujours, nos Sages grossissent les erreurs des grands personnages de la Torah pour que cela nous serve d’exemple. Ya’akov Avinou souffrit plus que ce que l’on pourrait imaginer et fut jugé de manière très rigoureuse pour ces paroles. Cultiver une vision optimiste Deux enseignements importants sont à tirer de ce Midrach. Tout d’abord, Rav ’Haïm Chmoulévitz note que Ya’akov ne prononça que 25 mots, les 8 autres ont été dits par Pharaon ou ont servi à introduire la question de ce dernier. (Si’hot Moussar 29) Ya’akov ne fut pas seulement sanctionné pour les mots qu’il émit, mais aussi pour ceux de son interlocuteur. Pourquoi ? Rav Chmoulévitz explique que Ya’akov semblait tellement âgé à cause de son attitude face aux souffrances. S’il n’avait pas eu une vision aussi négative de la vie, il n’aurait pas paru si vieux et cela n’aurait pas éveillé cette question immédiate de la part de Pharaon. Donc, il perdit 25 ans à cause de sa réaction face à ses épreuves, et 8
Supplément spécial Chabbath I n°344
23
ans supplémentaires à cause de cette même attitude qui le fit paraitre vieux, au point que Pharaon le questionna à ce propos. Ceci nous apprend que les sentiments de la personne jouent sur son aspect extérieur et si cette apparence transmet un message négatif, l’individu en est tenu responsable. Le deuxième enseignement de taille peut être tiré en analysant la critique qu’Hachem formula à Ya’akov. On ne prétend pas que Ya’akov n’a traversé aucune difficulté dans sa vie, mais Hachem évoqua les quatre grandes épreuves que Ya’akov dut affronter : la menace d’Essav, l’affreuse période passée auprès de Lavan, l’enlèvement de Dina et la disparition de Yossef. Hachem souligna qu’Il l’avait finalement sauvé d’Essav et de Lavan et qu’Il lui avait rendu Dina et Yossef. Ya’akov est donc critiqué pour ne s’être focalisé que sur la douleur causée par ces événements plutôt que sur le sauvetage d’Hachem à chaque fois, aussi terrible la souffrance fut-elle. Du positif dans le négatif C’est une leçon fondamentale. Oui, on traverse parfois des moments douloureux dans la vie qui ne se terminent pas de la manière la plus rose qui soit. Mais souvent, l’individu parvient à sortir de cette difficulté et cette même épreuve s’avère parfois positive. La sévère réprimande contre Ya’akov nous enseigne que nous devons tous nous efforcer de voir le côté positif des désagréments subis et ne pas ressasser sans arrêt leur côté éprouvant. L’observation du Rav Chmoulévitz va plus loin et s’avère plus exigeante : si l’on traverse une dure épreuve, il nous faut quand même paraître radieux et sereins. De nombreux Guédolim furent frappés par de grandes tragédies au cours de leur vie, mais on retrouvait toujours en eux un comportement positif. Prenons l’exemple admirable du Rav de Brisk : il souffrit le martyre durant l’Holocauste, perdit sa femme et trois enfants. Sa douleur était telle qu’il n’arrivait même pas à en parler, il en faisait souvent des cauchemars. Il était par ailleurs connu pour son impressionnante crainte du Ciel et pour son sérieux. Pourtant, son proche disciple et membre de sa famille, Rav Moché Chmouel Chapira, témoigna que ce qui émanait de la maison du Rav de Brisk, c’était la joie de vivre. Puissions-nous tous mériter de tirer leçon de cette conversation. Rav Yehonathan Gefen 24
Magazine I n°344 Supplément spécial Chabbath I n°344
Résumé de la Paracha Yossef se dévoile à ses frères ; il leur demande de prendre leur père Ya’akov et de venir s’installer à Gochen, en Égypte.
1
Pharaon ordonne à Yossef de remettre des chariots à ses frères afin de transporter Ya’akov et sa famille de Canaan vers l’Égypte.
2
En route pour l’Égypte, Ya’akov fait une halte à Béer Chéva’ pour y offrir des sacrifices. Hachem rassure Ya’akov, lui annonce qu’aucun mal ne lui sera fait en Égypte et qu’il sera inhumé en terre d’Israël.
3
Yossef présente son père et cinq de ses frères à Par’o. Il dit à ses frères de se présenter comme étant de simples bergers auprès de Par’o, afin qu’il ne soit pas tenté de les réquisitionner pour en faire des soldats.
4
Yossef vend la nourriture à tous les habitants du pays pendant les années de famine. L’argent des Égyptiens étant épuisé, ils achètent de la nourriture contre leur bétail dans un premier temps puis contre leurs terrains. Petit à petit, Par’o devient propriétaire de toute l’Égypte.
5
Yossef fournit des graines aux Égyptiens afin qu’elles soient plantées. 20% de la récolte appartiendront à Par’o et les 80% restants leur appartiendront.
6
SHABATIK
N°457 Feuillet parents-enfants pour Chabbath
PRÉPARATIONS GÉNÉRALESédité : par
USTENSILES À NE PAS OUBLIER :
Bougies de Yom Tov : s’assurer qu’elles sont sufisamment grandes pour tenir jusqu’à la fin du repas
Un étui pour ranger l’Afikomane
Vayigach 5786
Un grand foulard pour recouvrir le plateau avant le chant « Ma Nichtana »
1 JEU PAR ÉQUIPE
Préparer une ou deux bougies de 24h pour les besoins de la fête
Une Haggada par personne (si possible, la
même pour tout le monde)
Préparer les kazétim (mesures) de Matsa Un verre de 9 à 10 cl (1 réviit) par personne et Maror pour tous les invités (voir ci-dessous) Formez deux équipes qui s’affronteront au coursUne des jeux des pages 1, 2, 3pour et 4 !y verser le vin bassine jetable lors de l’énumération des 10 plaies Si Pessah tombe un jeudi, ne pas oublier le “Erouv tavchiline” Des récompenses (friandises, fruits secs,...) pour les enfants afin qu’ils participent au Séder
PLATEAU DU SÉDER : ORDRE DES ALIMENTS : IDENTIFICATION 1 DES ÉQUIPES
JE U
Maro 3. r
e .O
uf d u r
le d
2.
7
main)
LUI, PAS LUI, QUELQU’UN D’AUTRE. Hazer .
et
Pour chacun des éléments 5suivants, vous direz s’il concerne Béréchit, Chémot ou Le petit chaperon rouge.
tC so at 1. M
(laitue ou endives)
Harossè .‘ t
6.‘Harossèt Le premier qui donne la bonne réponse remporte le point 7. Oeuf• dur On y voit un méchant loup. • Deux sœurs ont le même mari. 8. Bol>d’eau salée Le petit chaperon rouge. e > Béréchit.
h
m
MATSA
• Les Bné Israël traversentoular ot mer à pieds secs.
• Un idolâtre se convertit. > Chémot.
alée
(laitue romaine) 4. Karpass (céleri)
5. ‘Hazeret
Karpass
.
au s
2
4.
6
2. Épaule d’agneau 3. Maror
au ne
u ’àavotre aslogan g équipe. ( 1. Donnez un nom qui commence par un R à votre équipe. 2. Trouvez un 2 points pour Ép 1. 3 Matsot chemourot 2 points pour les plus convaincants, le slogan le plus sympa) 3. Expliquez pourquoi vous êtes les plus forts. ( (rondes, faites2àpoints la pour les plus drôles)
• Des villes y sont détruites par le feu.
’e 8. Bol d
> Béréchit.
> Chémot. • Une grand-mère y est en danger. QUANTITÉS OBLIGATOIRES MATSA & MAROR • On n’y parle pas deDE Hachem. • Un homme y tue son frère. > Le ronde petit chaperon savoir : 1 Kazayit = 28g | 1 Kazayit>de correspond à ½ Matsa chémoura faite à larouge. main LeMatsa petit chaperon rouge. > ABéréchit. • La création du (fin monde. • Hachem se révèleKore’h dans (sandwich) un dupetite Séder Motsi Tsafoun du repas) •Etapes Il y a une fille tout de buisson. rouge vêtue. Béréchit. > Minimum 1 Kazayit 1 Kazayit 1 Kazayit > Le petit chaperon rouge. > Chémot. Standard 2 Kazayit 1 Kazayit 1 Kazayit • Un père y a presque tué son • Une petite montagne devient Hidour (au mieux) 2 Kazayit 1 Kazayit 2 Kazayit fils. célèbre. > Béréchit. > Chémot. MAROR Etapes du Séder Maror Kore’h (sandwich) • Des hommes vendent leur • Je compte 12 Parachiot. frère. La quantité de Maror 1 Kazayit 1 Kazayit > Béréchit. >Béréchit. Supplément spécial Chabbath I n°344
1
25
SHABATIK
JEU
3
32
UNE FAMILLE EN OR
JEUJEUX EN ÉQUIPE (SUITE)
(jeu d’intuition)
Répondez à la question proposée et gagnez 1 point
JEU
4
Citez des animaux célèbres de la Bible.
Cite des animaux qui savent sauter.
Le serpent de la faute.
Kangourou.
Les flaques se forment.
L’agneau pascal.
Grenouille.
Les parapluies s’ouvrent.
Le veau d’or.
Sauterelle.
Les routes deviennent glissantes.
La colombe de Noa’h.
Puce.
Les gouttes frappent les vitres.
L’âne de Bil’am.
Chat.
Les vêtements se mouillent.
Cite des choses qui arrivent en temps de pluie.
LES DÉFIS DE LA SEMAINE Répète sans te tromper, 7 fois, la phrase
• Trouvez l’intrus : Autruche, Mésange, Perroquet, Corbeau, Oie, Pie > L’autruche n’est pas un oiseau qui vole. • Le saviez-vous : Qu’ont en commun ces inventions ? La scie circulaire, le lave-vaisselle, le gilet pare-balles et l’aquarium ? > elles ont toutes été inventées par des femmes. • Qu’est-ce que les gorilles ne savent pas faire ? > Nager.
26
pour chaque réponse qui se trouve dans la liste proposée.
“Je veux et j’exige ; j’exige et je veux.” • Record du monde : en Avril 2019 un coureur australien a réalisé une grande performance en courant le marathon en 3 heures, 37 minutes et 32 secondes. Il n’a pas gagné, mais il portait quelque chose de particulier. > Des tongs • Terminer la blague : La vitamine C, mais… > … elle ne dira rien.
Supplément spécial Chabbath I n°344
SHABATIK
3
ÉNIGMES
1ère énigme Pendant 1 mois, Thomas regarde chaque nuit le ciel sans nuages, mais il ne voit jamais la lune.
Pourquoi ?
mas est un astronaute Réponseet il: estTho sur la lune. .
2ème énigme
Mr et Mme Rivtoutaleur ont une fille,
comment s’appelle-t-elle ?
Réponse : Elsa
DANS LE BON ORDRE Classe ces aliments du plus sucré au plus salé : • chips, pain, chocolat, pomme, fromage, anchois.
> chocolat, pomme, pain, fromage, chips, anchois.
HALAKHA QUIZ
Dans ce QCM sur la Halakha, il peut y avoir une ou plusieurs bonnes réponses. Chaque bonne réponse rapporte 1 point à son équipe.
D’où apprend-on l’obligation d’honorer le conjoint du parent ? 1. De nos Sages. 2. Du mot “Ète” supplémentaire dans le verset sur le respect des parents.
2. De David Hamélèkh. 3. De Chaoul.
Réponse : 2
Réponses : 1 et 2
3. Du roi David.
D’où apprend-on l’obligation d’honorer les parents du conjoint ? 1. De Moché Rabbénou.
Supplément spécial Chabbath I n°344
27 3
SHABATIK
4
JEUX
Le but de ce jeu est de résoudre une énigme qui se base sur un fait réel et étonnant.
Énigme L’oubli nocturne Un garçon de seulement 11 ans laissa une petite expérience dehors, sans y penser. Au matin, le froid avait transformé son oubli en une douceur qui allait conquérir des générations d’enfants.
Quelle friandise est née ainsi ? La glace à l’eau (popsicle). En 1905, Frank Epperson, âgé de 11 ans, découvrit par hasard ce dessert après avoir oublié dehors un verre contenant un mélange sucré et un bâton. Des années plus tard, il brevete l’idée, donnant naissance à la fameuse glace sur bâton.
B
Réponse de la semaine dernière Être sur le point de partir.
La réponse, la semaine prochaine !
Shabatik est une publication hebdomadaire éditée par l'association Torah-Box Textes : Chlomo Kessous et Yael Allouche | Responsable : Rav Michael Allouche 28
Supplément spécial Chabbath I n°344
4
7 x 50 étages à pied À la place du Roch Yéchiva, beaucoup auraient été profondément découragés. Pourtant, il remercie sincèrement le philanthrope pour son temps, avant de redescendre les cinquante étages. À pied. Rabbi Chlomo est Roch Yéchiva. Il se dévoue corps et âme pour sa Yéchiva et le bien-être de ses étudiants. Chaque année, il a l’habitude de se rendre aux États-Unis pour collecter les fonds nécessaires au bon fonctionnement de son établissement. Il rencontre de généreux donateurs susceptibles de participer au travail sacré de la Yéchiva et d’avoir ainsi une part éternelle dans la Torah qui y est étudiée. La réussite de ce voyage annuel est essentielle : la Yéchiva ne vit que grâce à la générosité de ses donateurs. Sans ces dons, impossible de payer les taxes, les factures et toute la logistique du centre d’étude.
pour les copropriétaires. Ne vivant pas dans ces immeubles, ne payant aucune charge, il ne s’arroge pas le droit d’utiliser l’ascenseur aux frais des autres. Ce n’est en rien une obligation, mais un geste de grande piété qu’il s’impose afin de travailler son caractère, son intégrité et sa sensibilité envers son prochain. Cette fois, l’effort est d’autant plus important que le Rav a passé la soixantaine et n’a jamais monté cinquante étages à pied. Mais pour lui, il n’y a pas de discussion, seulement une prière à Hachem pour recevoir la force nécessaire. L’ascension avant la chute
Le donateur perché Un jour, alors que Rabbi Chlomo se trouve aux États-Unis, un donateur lui dit : "Rav, il y a un philanthrope que vous devez rencontrer à tout prix. C’est un homme très généreux et d’une grande humilité. Il reçoit chez lui, au cinquantième étage d’un gratte-ciel. De nombreuses institutions bénéficient déjà de son aide, il sera certainement ravi de faire votre connaissance et d’aider votre belle Yéchiva." Le Rav note l’adresse sur son petit carnet et se rend chez le philanthrope. Arrivé devant l’imposant gratte-ciel, il prie : "Hachem, je Te remercie pour tout ce que Tu m’accordes à chaque instant. S’il Te plaît, aide-moi à monter ces cinquante étages avec facilité." Pourquoi une telle prière ? Parce que Rabbi Chlomo a une habitude bien particulière : il n’utilise jamais l’ascenseur dans les immeubles où il se rend ; non par peur, mais par respect
À l’entrée de la tour, un agent d’accueil lui demande où il va, Rabbi Chlomo lui répond et lui demande où se trouvent les escaliers. L’agent rit et tente de le dissuader : "Monsieur, c’est au cinquantième étage !" Mais le Rav insiste, et l’agent, ébaubi, finit par lui montrer l’accès à l’escalier. Rabbi Chlomo entame alors la montée, marche après marche. L’effort est intense : ses jambes soixantenaires deviennent lourdes, sa respiration se fait plus courte. Sous sa veste longue et son chapeau en velours, la sueur coule sur son front. Il fait quelques pauses pour reprendre des forces, mais il ne pense pas à renoncer. Dans son esprit, il ne s’agit pas seulement d’obtenir un don, mais d’offrir à un frère juif l’occasion d’acquérir de nouveaux mérites. Après une demi-heure d’effort, Rabbi Chlomo atteint enfin le cinquantième étage. Il s’éponge
Supplément spécial Chabbath I n°344
29
Rabbi Chlomo lui répond calmement : "Vous n’êtes pas le premier à me poser cette question. Le Yétser Hara’, mon mauvais penchant, me la pose chaque année. Il me dit : ‘Pourquoi continuer ? Tu vois bien que c’est Introduit chez le donateur, il est accueilli inutile.’ Mais je me dis une chose : chaleureusement. Le Rav expose s’il ne se fatigue jamais de la mission de sa Yéchiva et m’envoyer découragement ses besoins financiers et désespoir, moi La réussite de ce pour l’année à venir. non plus je ne me Mais rapidement, fatiguerai jamais de voyage annuel le philanthrope lui continuer, d’espérer est essentielle : répond : "Rav, je et d’avancer. Tant suis désolé, mais qu’il m’attaque, la Yéchiva ne vit cette année, j’ai déjà je continuerai à que grâce à la distribué tout ce que monter." j’avais prévu. J’aurais générosité de ses Le donateur reste aimé participer, mais je silencieux. Profondément donateurs ne peux pas faire plus." bouleversé par cette ténacité et cette foi, il ne À la place du Roch Yéchiva, voit plus seulement devant lui un beaucoup auraient été profondément homme venu demander de l’argent, mais un découragés. Pourtant, Rabbi Chlomo remercie Juif ayant fait de sa vie un combat contre sincèrement le philanthrope pour son temps, le découragement. Ce jour-là, il contribue le salue et redescend les cinquante étages à généreusement à la Yéchiva, lui permettant de pied. Une fois à l’extérieur, il s’assoit quelques se développer comme jamais auparavant. instants et se dit : "Hakol Min Hachamaïm, Hakol Létova, tout vient du Ciel, et tout est pour le Nous avons tous un combat intérieur à mener. bien." Le Yétser Hara’ ne se repose jamais. Chaque le front et prend quelques minutes avant de se diriger vers l’appartement du philanthrope, afin de ne pas inspirer de pitié par une fatigue visible.
Les escaliers contre le mal L’année suivante, Rabbi Chlomo retourne aux États-Unis… et revient voir ce même donateur. Une nouvelle fois, il gravit les cinquante étages à pied. Une nouvelle fois, la réponse est la même. Et cela se reproduit encore et encore, pendant six ans. Six fois, la montée éprouvante. Six fois, la même réponse négative. Et pourtant, le Rav ne se décourage pas. La septième année, lorsqu’il se présente une fois de plus, le philanthrope le regarde avec étonnement et lui demande : "Rav, je ne comprends pas. Pourquoi revenez-vous chaque année ? Vous auriez dû comprendre depuis longtemps que je ne donnerai pas à votre Yéchiva. Pourquoi insistez-vous autant ?" 30 30
jour, il frappe à notre porte et nous murmure : "Arrête, tu n’y arriveras pas, renonce." Notre réponse doit être la persévérance : ne pas céder, ne pas abandonner, continuer à avancer dans la prière, l’étude et les Mitsvot. Comme Rabbi Chlomo, monter marche après marche l’escalier de la vie, même lorsque c’est difficile et que les résultats tardent à venir. La Torah ne nous demande pas de gagner rapidement, mais d’avancer sans renoncer. Ce n’est pas la victoire immédiate qui compte, mais la constance, l’endurance et la fidélité. Disons au Yétser Hara’ : "Tu ne gagneras pas. Tu peux essayer de me décourager autant de fois que tu veux, moi je continuerai à monter, avec l’aide d’Hachem."
Supplément spécial Chabbath I n°344
Alexandre Rosemblum
FLASH CHABBATH Une perle sur la Paracha Cinq habits pour Binyamin ?! ָיִָמן ָנָ ַַתן ְׁש� ְ ֹל ֹׁׁש ֵֵמאֹוֹ ת ִ ְ"ְלְ ֻכֻ ָָּל� ם ָנָ ַַתן ָלָ ִִא ׁיׁש ֲֲחִלִ פֹוֹ ת ְׂש�ְ ָָמֹלֹת ּוְּלְ ִִבְנ "ֶֶּכ� ֶֶסף ְוְ ָָח ֵֵמ ׁׁש ֲֲחִלִ ֹפֹת ְׂש�ְ ָָמֹלֹת "Il donna des habits à tous, et à Binyamin 300 pièces d’argent et 5 habits." (Béréchit 22 ,45) Il existe une loi stipulant que celui qui provoque un dégât indirectement n’est pas responsable vis-à-vis des hommes. Cependant, il l’est vis-àvis du Ciel. Or Yossef provoqua un dégât indirect à ses frères car ces derniers déchirèrent leurs habits. Ainsi, afin de s’acquitter de ce dégât vis-à-vis d’Hachem, Yossef donna un habit à chacun de ses frères. Mais pourquoi en donna-t-il à Binyamin ? Un premier habit pour s’acquitter de son dégât indirect vis-à-vis d’Hachem, comme nous l’avons expliqué ; un second habit car Binyamin est son frère du côté de sa mère ; un troisième en dédommagement de la honte ; un quatrième car il voulait le considérer comme un voleur, et le cinquième car il le considérait comme un esclave.
Rav Nathan Sternhartz, le fameux Rabbi Nathan de Breslev
Ce mardi 10 Tévet (30/12/2025) tombe dans le calendrier hébraïque la Hiloula de Rabbi Nathan Sternhartz de Breslev. Principal disciple de Rabbi Na’hman de Breslev, il consigna tous ses enseignements dans une série de collections, très utilisée de nos jours en particulier par la communauté Breslev. De l’aveu de Rabbi Na’hman de Breslev, sans Rabbi Nathan, tous ses enseignements seraient demeurés oraux et se seraient perdus. N’oubliez pas d’allumer une bougie en son honneur afin qu’il prie pour vous !
Halakha x 3 Profiter de soldes liées à une fête non-juive, permis ? Oui. À l’époque, la loi juive interdisait le commerce avec les païens trois jours avant leurs fêtes. Aujourd’hui, les nonjuifs n’étant plus idolâtres, c’est permis. (Choul’han ‘Aroukh Yoré Dé’a 148, 12) Une femme enceinte jeûne-telle le 10 Tévet ? Non, et cela dès quarante jours après le début de la grossesse (même avant si elle se sent faible). Mais elle évitera de consommer viande & sucreries. Idem pour une accouchée dans les 24 derniers mois. (‘Hazon ‘Ovadia, Ta’anit 59) Quelle date de Azkara pour un défunt sans date de décès connue ? Le 10 Tévet est la date fixée par le grand-rabbinat d’Israël pour le Kaddich général de tous les défunts dont nous ignorons la date de décès. C'est la plus propice pour allumer une bougie ou lire des Psaumes pour l'élévation de son âme.
Les lois du langage
Plus on est de médisants, plus c’est grave Le ‘Hafets ‘Haïm nous enseigne que lorsque le Lachon Hara’ est formulé par deux personnes ou plus, la faute est plus grave encore, étant donné qu’une information rapportée par plusieurs individus semble plus véridique.
Magazine I n°344
31
MISE AU POINT par Binyamin Benhamou Les pigeons du 24 décembre Perpétuer des traditions païennes, c’est contredire l’essence de tout ce qui est écrit dans le Séfer Torah.
Chaque fin d’année civile, la même question revient quand les rues de France deviennent rouges, belles et enguirlandées : le 25 décembre, est-ce vraiment compatible pour un Juif de célébrer, même dans un cadre inoffensif et familial, cette fête ? Même si ce n’est pas sous son aspect religieux. "Après tout, on ne va pas à la messe, on fait juste un petit repas avec une bûche cachère à la fin, en dessert ?!" D’expérience, si vous voulez un jour que vos enfants fassent Noël pour de vrai, avec vos petits-enfants autour de la table qui ne seront plus Juifs, habituez-vous à mettre un sapin dans votre salon le 24 décembre au soir et distribuez ce jour-là des cadeaux à vos enfants. J’en connais même un qui avait commencé comme ça, qui ne fait plus rire personne, qui n’en a même plus honte et qui va depuis péleriner régulièrement à Lourdes. Première évidence : un Juif qui fête le 25 décembre ne connaît rien à la signification profonde de cette date et à la richesse de son propre héritage, ni à la profondeur spirituelle extraordinaire et largement suffisante des fêtes juives. Deuxièmement, il faut savoir que même si nous respectons tout le monde, cette fête n’est pas la nôtre, nous n’avons aucune raison de la faire. 32
Magazine I n°344
Célébrons déjà ce que nous avons déjà, ce qui nous appartient, surtout quand cela tombe à la même période ! On n’a jamais vu des chrétiens manger de la Matsa à Pessa’h. On n’a jamais vu des musulmans allumer les bougies de ‘Hanouka. Troisièmement, tâchons de faire honneur à nos ancêtres qui se sont battus pour préserver notre existence, l’existence de notre peuple, notre Torah, tout au long de l’Histoire. Combien ont préféré mourir sous les coups plutôt que de renier leur identité juive ? Espagne, Portugal : l’Inquisition, la torture de dizaine de milliers Juifs. Croisades : des centaines de milliers de Juifs massacrés par les chrétiens, ces mêmes personnes qui, eux, mettent le sapin à Noël. Et encore 150 000 Juifs tués par les Cosaques. Si je vous proposais de piétiner un Séfer Torah, est-ce que vous le feriez ? Vous allez dire que j’abuse. Alors, dites-vous bien que perpétuer des traditions païennes, c’est juste contredire l’essence de tout ce qui est écrit dans le Séfer Torah, dans lequel il est écrit Chéma’ Israël, "Hachem est Un", la proclamation de l’unité de D.ieu. Quatrièmement, la Halakha, la loi juive, c’est ce qui nous régit. Elle interdit de célébrer ou de participer à des fêtes issues de coutumes nonjuives. La racine de Noël, "No-ël", pourrait être
traduire par No (il n’y a pas) et E.l (D.ieu) : "Il n’y a pas de D.ieu". Même sans son aspect religieux, tous les symboles liés à cette fête le sont. Le sapin, par exemple, rappelle les offrandes qu’ils faisaient aux idoles. Or, nous savons très bien que l’idolâtrie, la ‘Avoda Zara, est une des pires transgressions de la Torah, pour laquelle il vaudrait mieux se laisser mourir. Et nos ancêtres l’ont fait, plutôt que de transgresser cela. Dans certaines religions, la frontière entre D.ieu et leur représentant humain est assez mince, pour ne pas dire plus.
vous avez déjà chez vous ? Vous vous réunissez autour des bougies, vous mangez de délicieux beignets, vous mettez Torah-Box, il y a des cours de Torah. Posez-vous la question en famille : pourquoi est-ce que le peuple juif est comparé à l’huile ? Est-ce que vous vous êtes déjà posé cette question ?
La réponse est puissante. De la même façon que les olives, quand on les écrase pour en extraire l’huile, notre peuple, malgré toutes les épreuves, est devenu et devient meilleur lorsqu’on l’écrase. C’est à ce moment-là qu’il illumine le En célébrant cette fête, nous envoyons monde. Et comme l’huile ne se mélange aussi un message de non-respect pas aux autres liquides, un Juif total de la Torah à nos enfants. doit absolument préserver D’ailleurs, c’est précisément ce son identité unique, tout en que les Grecs, à ‘Hanouka, ont Un Juif doit tenté de nous faire accepter. respectant les autres cultures. absolument Que voulaient-ils faire ? Nous Rappelez-vous juste les miracles faire accepter que la Torah n’est préserver récents. Je ne vous parle même qu’une culture parmi d’autres, pas des Cosaques, je vous parle qu’il n’y a pas de dimension son identité de l’année dernière et de cette divine derrière, que c’est un unique, tout en année. Nasrallah, Sinwar, c’est loisir. Je vais au sport et je fais du Limoud Torah, de l’étude de la respectant les impensable. La guerre contre Torah. C’est pour cela qu’ils n’ont l’Iran, la Syrie qui s’écroule, les pas détruit le Temple. Ils l’ont autres cultures. bipeurs au Liban, les otages transformé. Ils l’ont réformé. Ils libérés de Gaza. La main l’ont libéralisé. On le garde, mais on en fait ce d’Hachem, le Yad Hachem, ne nous quitte jamais. qu’on veut. On enlève le caractère divin. Pourtant, la Torah est la lumière qui va éclairer Célébrer ‘Hanouka, c’est reconnaître tous les notre chemin. C’est elle, et il n’y a que ça. C’est miracles quotidiens, jour après jour, et aussi les pour cela qu’on allume la Ménora à ‘Hanouka. miracles extraordinaires, impensables. Prenez On allume la lumière pour nous reconnecter au conscience de la richesse que nous avons dans spirituel, pour nous reconnecter à notre âme, le judaïsme. C’est le judaïsme qui a dévoilé pour la nourrir, pour donner un sens profond à l’absurdité du polythéisme. C’est la religion notre vie. originelle.
"
Franchement, se faire piéger à ce point, sous prétexte que les rues sont belles, se faire influencer parce que les vitrines sont bien décorées, et en venir, à cause de techniques commerciales, à mettre un sapin qui a une valeur religieuse chez soi… sommes-nous si "pigeons" et si faibles que cela ? Alors, si les soirées de ‘Hanouka vous semblent longues, pourquoi cherchez-vous ailleurs ce que
Participer à des coutumes étrangères revient à tourner le dos à tout notre héritage et manquer de respect à nos ancêtres. Alors, respectons les autres cultures, oui, mais ne nous laissons pas éloigner de notre propre identité. Si nous voulons être respectés, c’est en se respectant d’abord soi-même. Binyamin Benhamou Magazine I n°344
33
DOSSIER
Dans un monde où tout vacille, le Bita’hon nous apprend à confier notre chemin à D.ieu. Il s’agit d’un véritable art de vivre : se libérer des craintes, agir sans dépendre des autres et des regards extérieurs, trouver la paix intérieure. En allant chercher dans l’œuvre millénaire ‘Hovot Halévavot de Rabbénou Bé’hayé, découvrons comment la raison et la confiance totale en D.ieu peuvent se réconcilier pour transformer la peur en force et le doute en certitude.
Les racines profondes du Bita’hon "classique" du Moussar, la littérature La prière, l’étude et les bonnes œuvres sont la clé de voûte du judaïsme mais éthique, écrit par Rabbénou le Bita’hon en est certainement l’un Bé’hayé Ibn Pakouda. L’ouvrage des piliers centraux. Il représente se compose de dix parties ou tout à la fois un idéal, une vertu Il faut réfléchir aux portes (Ché’arim), dont la et une obligation. quatrième est consacrée au thème du Bita’hon. causes qui font Mais qu’est-ce que le Bita’hon
"
D’emblée, l’auteur y qu’un homme se souligne l’utilité de cette confie à l’autre, et qualité. Le Bita’hon donne la paix de l’âme et stimule les appliquer au la confiance en D.ieu, telle la nécessité qui oblige un Créateur pour ne serviteur à tout attendre de se confier qu’à son maître. Pour bien cerner cette notion, il faut aller à la source et puiser Lui seul Qui ne s’abandonne pas à D.ieu au juste ? De la confiance ? De l’optimisme ? De la quiétude ? De l’estime de soi ? De l’assurance ? Un sentiment de bonheur ? Un abandon à D.ieu ? Oui, mais pas seulement…
dans un livre célèbre qui fait autorité en la matière. Il s’agit du ‘Hovot Halévavot (les devoirs du cœur), un 34
Magazine I n°344
se livre à tout autre que Lui ; qui s’abandonne à tout autre que Lui
Bita’hon : l’art juif de la confiance n’est plus sous la Providence divine et reste livré à l’objet de son attente. Le Bita’hon conduit à ne servir que D.ieu et à ne rien attendre de personne ; il délivre du souci de plaire à chacun et donne le courage d’exprimer ses opinions sans rougir. Il permet de balayer son cœur des sujets mondains et de l’unifier pour la soumission divine. Bref, il est paix et quiétude, dans l’esprit du verset : "Il me fait reposer dans de verts pâturages. Près des eaux paisibles Il me conduit." (Téhilim 23) Voici la définition du Bita’hon selon Rabbénou Bé’hayé : "Le Bita’hon est ce qui, par essence, donne la paix de l’âme. Celui qui s’abandonne doit s’appuyer sur celui en qui il met sa confiance. Il a la certitude que son fondé de pouvoir fait ce qui est bon et convenable dans les affaires qu’il lui remet […] et fait non seulement ce à quoi il est tenu, mais encore, par sollicitude et générosité, ce dont il n’est pas obligé." Comme toutes les vertus que prône le judaïsme, le Bita’hon s’acquiert à force de réflexion, de pratique et d’habitude. Le procédé est simple : il faut réfléchir aux causes qui font qu’un homme se confie à l’autre, et les appliquer au Créateur pour ne se confier qu’à Lui seul. Les fondements du Bita'hon en 7 étapes un homme connaît la tendresse et l’amitié que quelqu’un lui voue, alors son esprit se repose sur cet ami avec une entière confiance ;
1
s’il constate en lui une amitié effective, prévenante et une sollicitude constante, alors sans aucun doute le Bita’hon s’enracine ;
2
3
l’ami doit être fort et invincible, sans quoi le Bita’hon ne saurait être entier ;
l’ami doit connaître ce qui est le plus utile à son confident et ne pas ignorer la voie de son bonheur ;
4
l’ami doit être aussi l’unique gouverneur de la vie de l’autre, depuis sa naissance jusqu’à sa vieillesse ;
5
la vie du tout abandonné doit être si bien livrée à l’ami que personne d’autre ne peut lui faire du bien ou du mal, l’atteindre ou le préserver du mal, si ce n’est l’ami lui-même ;
6
7
enfin, l’ami doit être d’une générosité et d’un amour absolus, sans fin ni rupture.
Or, quand on réfléchit à ces sept qualités, on constate qu’elles n’appartiennent quasiment à aucune créature, mais nous les trouvons toutes réunies dans le Créateur. En effet :
1
D.ieu est la source même de l’amour et de la tendresse ;
2
Il est prévenant et prodigue constamment ses bienfaits à l’homme ;
Il est plus puissant que toute puissance, nul ne peut récuser son décret : "Comme la pluie et la neige descendent des cieux, n’y retournent pas sans avoir fertilisé la terre et fait germer les plantes […] la parole de D.ieu ne retourne pas à Lui sans effet." (Yéchayahou 55, 10-11) ;
3
4
le Créateur connaît, plus que tout autre, les voies du salut de l’homme car il est son œuvre ;
le Créateur veille providentiellement sur la vie de l’homme ; rien n’échappe à sa vigilance ; Il n’oublie ni n’abandonne ni les petites ni les grandes choses ;
5
aucune créature ne peut faire du bien ou du mal à l’homme sans que le Créateur ne l’ait voulu : "Ne comptez pas sur les nobles, sur le fils de l’homme qui ne sait pas secourir. Son souffle périt, il rentre en terre." (Téhilim 146) ;
6
l’on peut observer l’infinie bonté du Créateur pour l’homme, toute la grâce dont il le comble gratuitement : "Tu as multiplié, D.ieu, Tes merveilles, Tes desseins en notre faveur. Je voudrais […] les proclamer, mais ils sont trop nombreux." (Téhilim 40).
7
35 Magazine I n°344 35
DOSSIER
Vivre le Bita’hon au quotidien "Celui qui m’a fait naître dans ce monde à un moment donné, ni avant, ni après, est Celui qui retient ma nourriture pour me la donner au jour, à l’instant qu’Il sait être le plus salutaire pour moi..." Après avoir étudié ce qui amène l’homme à se confier au Créateur, l’auteur explique comment l’on applique le Bita’hon à tous les domaines de la vie. En d’autres termes, comment l’on passe de la théorie à la pratique. C’est sans doute la partie la plus importante du portique car elle contient la "recette". L’homme doit se confier à D.ieu dans toutes les catégories de ses activités. Elles sont au nombre de sept : soins du corps, subsistance, rapports familiaux et sociaux, préceptes qui ne concernent que l’homme, préceptes qui lui incombent vis-à-vis de la société, rétribution des actions, plénitude éternelle. Voyons cela de plus près.
1
Soins du corps
Le Botéa’h (le tout abandonné) sait que personne ne dispose de sa vie ou de sa mort, de sa santé ou de sa maladie, des besoins de son corps (nourriture, vêtements, habitation etc.). 36
Magazine I n°344
Ils sont tous réglés par la seule volonté divine. Pour autant, l’homme ne doit pas se mettre en danger sous prétexte qu’il s’en remet à D.ieu. Nos Sages le disent : "Un homme ne doit jamais s’exposer à un danger en pensant : ‘Un miracle me sauvera’, de peur qu’aucun miracle ne survienne." (Chabbath 32b) Ni rester passif. Il doit au contraire œuvrer et faire tout son possible, mais avec la claire certitude que les causes intermédiaires – les efforts, les moyens déployés pour obtenir le résultat – n’ont d’efficacité que par le décret d’Hachem. De même pour la santé et la maladie : l’homme doit s’en remettre à son Créateur et s’efforcer de se maintenir en forme par des moyens naturels et des remèdes efficaces. Et quand il le faut, consulter un médecin. C’est ce que D.ieu Lui-même ordonne, en obligeant celui qui a blessé son prochain à le soigner jusqu’à guérison complète (Chémot 21, 19). Il faut cependant prendre garde à ne pas
Bita’hon : l’art juif de la confiance s’abandonner aux causes intermédiaires – le l’instant qu’Il sait être le plus salutaire pour médecin, le traitement, le diagnostic etc. – car moi." Alors naîtra le chant de louange du roi elles n’agissent ou ne nuisent que sur l’ordre David : "Je veux T’exalter, ô mon D.ieu […] Toi de D.ieu. Il est même possible à D.ieu de guérir qui, ouvrant Ta main, rassasies à souhait tout ce une maladie par un moyen qui semble plus qui a vie." (Téhilim 145). néfaste que le mal. Élicha’ assainit des eaux 3 Rapports sociaux imbuvables en y mêlant du sel (Mélakhim II 2, 19). Moché adoucit des eaux amères en Tout homme se trouve placé dans cette y jetant une branche qui, d’après nos Sages, alternative : soit il est solitaire (sans famille), soit il est membre d’une famille, entouré était de l’amer laurier-rose (Chémot 15, 25). En de ses proches. S’il est seul, il revanche, Assaf fut châtié pour s’être doit se consoler en D.ieu et confié aux seuls médecins, lors de sa s’abandonner à la toutemaladie, et n’avoir pas recherché puissance divine. Il doit D.ieu (Divré Hayamim II 16, 12). Il faut cependant sentir combien l’âme est Car "Lui seul blesse et sauve." aussi une étrangère prendre garde à ne (Iyov 5, 18). dans ce monde, et se 2 Subsistance pas s’abandonner aux rappeler que ceux qui ont des liens ne les ont L’homme œuvre pour ses causes intermédiaires que pour un temps... affaires, son commerce, S’il a une femme, des – le médecin, le son métier, ses fonctions parents, des amis, il publiques ; il fait toutes traitement, le doit faire confiance sortes d’ouvrages et se à D.ieu et s’efforcer livre à mille travaux qui diagnostic etc. – car d’accomplir chacun de ont pour but d’amasser de elles n’agissent ou ne ses devoirs à leur égard, l’argent et d’accroître son rechercher leur bonheur bien-être. Si sa subsistance nuisent que sur et leur être fidèle en lui est accordée par le moyen toute chose. Dans le même d’une cause déterminée, il ne l’ordre de D.ieu. temps, il ne doit attendre d’eux doit pas s’abandonner à elle car elle aucune récompense, ne désirer ne lui donne pas plus de bien qu’il n’en aucun honneur, aucune louange, mais préexistait dans le plan divin. Il ne doit donc seulement accomplir la volonté de D.ieu à leur pas se réjouir ni se complaire dans cette cause, égard. S’il agit sincèrement au nom du Ciel, il mais seulement rendre grâce au Créateur qui sera loué, grandi à leurs yeux et atteindra la agrée son effort et ne renvoie pas au néant félicité dans le monde futur. ses peines et ses œuvres. "Heureux est-il de Préceptes qui ne concernent que 4 [pouvoir] manger du travail de ses mains." l’homme (Téhilim 128, 2). Le paysan doit labourer sa Nous savons que l’accomplissement des Mitsvot terre, l’ensemencer, la sarcler, l’arroser, s’il le ne prend tout son sens que s’il réunit trois peut, mais s’abandonner au Créateur pour qu’Il facteurs : libre choix d’accomplir telle Mitsva, donne les fruits et préserve la récolte. volonté d’agir selon ce choix, et effort manifeste Si jamais la subsistance vient à faire défaut, pour le réaliser concrètement. Bien sûr, il le Botéa’h doit dire en son cœur : "Celui qui serait absurde de s’en remettre à D.ieu dans ce m’a fait naître dans ce monde à un moment domaine, puisqu’Il nous a doté du libre-arbitre : donné, ni avant, ni après, est celui qui retient "Voici, J’ai placé devant toi la vie et la mort, ma nourriture pour me la donner au jour, à la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras
"
37 Magazine Magazine I n°344 I n°344 37
DOSSIER la vie afin que tu vives." (Dévarim 30, 19) Néanmoins, il ne nous est pas toujours donné de concrétiser nos intentions dans les actes que le judaïsme prescrit, et c’est là qu’il convient de s’en remettre à D.ieu, car il est certes en notre pouvoir de choisir et tenter d’accomplir une Mitsva, mais le résultat n’est pas toujours garanti. Si les causes échappent à notre volonté de parfaire l’acte sacré, nous aurons au moins le bénéfice de notre choix et de notre volonté. Par exemple : tel homme souhaite se consacrer exclusivement à l’étude de la Torah mais sa condition ne le lui permet pas. Son intention aura tout de même été agréée.
5
Obligations sociales
Ce sont les Mitsvot telles que la charité, le prélèvement des dîmes, les bonnes actions, les bonnes paroles, le respect des parents etc. Là aussi, la voie droite est de concevoir mentalement tous ces actes, de vouloir les accomplir et d’agir de toutes ses forces mais, pour le reste, se confier au Créateur. Il faut chercher à se rapprocher de D.ieu seul, ne pas avoir pour but d’acquérir du renom ou de la gloire. Il faut agir en toute discrétion et cacher ses efforts à qui ne doit pas les connaître.
6
Rétribution des actions
Elle s’effectue ici-bas et dans l’au-delà. Une bonne action peut être récompensée sur terre seulement, ou dans le ciel, ou sur terre et dans le ciel à la fois. Les modalités de cette récompense ne nous sont pas connues. L’abandon à D.ieu pour la récompense qu’Il accorde dans ce monde et dans la vie future, est de croire en la justice divine, d’avoir une foi parfaite, la foi d’Avraham qui lui fut comptée à mérite ; c’est une confiance irréductible dans le triomphe de la bonté divine sur la terre des vivants.
7
Plénitude éternelle
Nous arrivons enfin aux grâces que D.ieu accorde à ses élus dans le monde futur. Elles sont indicibles et c’est pourquoi elles ne sont pas clairement exposées dans la Torah. Là encore, la voie droite du Bita’hon, c’est de s’attacher aux causes qui font atteindre l’homme aux degrés de la sainteté. Le chemin n’est pas facile. Il faut de la soumission, de la patience au temps des épreuves, de la force devant la tentation. Mais l’on est assuré de réussir, et la récompense sera extraordinaire : "Jamais on n’entendit, jamais oreille ne perçut, ni œil ne vit, hormis Toi, ce que Tu réserves à ceux qui Te sont fidèles." (Yéchayahou 64, 3)
Comment l’homme confiant se distingue des autres L’homme qui a confiance en D.ieu s’occupe des choses du monde afin d’amasser sa provision de route pour le voyage de l’au-delà. Il ne perd jamais de vue le but de son existence. Il est indéniable que le Bita’hon confère à l’homme une aura et un charisme particuliers. Sa compagnie est agréable et réconfortante. Il se distingue des autres hommes sous divers aspects : Le Botéa’h (l’homme confiant) sait louer son Créateur dans le bonheur comme dans le malheur ; celui qui n’a pas de Bita’hon exulte quand ses désirs se réalisent mais s’irrite du sort contraire. 38
Magazine I n°344
Le Botéa’h est serein et tranquille, l’autre vit dans l’angoisse constante, le souci perpétuel, une tristesse sans répit. Le premier ne s’appuie jamais sur les causes intermédiaires mais s’en sert pour obéir à D.ieu. S’il en retire un avantage ou écarte un préjudice, il n’en loue que D.ieu seul. Le second s’occupe des causes intermédiaires en croyant qu’elles peuvent lui être nuisibles ou utiles. Il s’épuise en elles.
Bita’hon : l’art juif de la confiance Le premier consacre son superflu à ce qui est agréable à D.ieu, avec générosité et bon cœur car tout vient de Lui. Le second est avare de son argent et le garde pour lui-même. Il n’a de souci pour D.ieu que lorsque sa richesse disparaît et qu’il reste seul. Le Botéa’h s’occupe des choses du monde afin d’amasser sa provision de route pour le voyage de l’au-delà. Il ne perd jamais de vue le but de son existence. L’autre ne se confie pas à D.ieu mais s’abandonne aux causes intermédiaires et ne pense pas à sa fin. Le premier est aimé par les hommes les plus différents, ils ont confiance en lui sachant qu’il ne leur fera aucun mal. Et lui-même a confiance
en chacun puisqu’il sait que son bonheur ou son malheur ne sont dans la main ni au pouvoir d’aucun être créé. "La grâce environne qui se confie dans D.ieu." (Téhilim 32). Mais personne n’aime l’autre, l’esclave du monde, qui est envieux, jaloux, et accuse l’univers tout entier de son malheur. "L’homme tortueux ne trouve jamais le bonheur." (Michlé 17, 20) Enfin, le premier ne s’attriste jamais lorsqu’un de ses désirs reste inaccompli ou qu’un ami lui fait défaut. Il ne s’inquiète pas du lendemain car il ignore l’heure de sa mort. Il remet en D.ieu son sort. L’autre gémit sans cesse sur son sort ; il perd ses amis, ses désirs lui échappent. Il entasse des richesses comme s’il devait vivre éternellement.
Les écueils à éviter La confiance en D.ieu grandit à mesure que s’élève la connaissance de Son règne et s’approfondit la foi en Sa providence généreuse... Rabbénou Be’hayé conclut ce portique en foi en Sa Providence généreuse. Voici : l’enfant ajoutant ceci : ce qui altère le Bita’hon ou lui s’abandonne tout d’abord au sein qui l’allaite ; puis il rapporte sa confiance à la mère fait obstacle, c’est essentiellement qui veille sur lui. Lorsque son esprit l’ignorance, le défaut de se développe, il découvre que connaissance, de méditation, d’observation. En effet, celui Celui qui n’étudie celle-ci s’appuie sur le père, alors lui aussi s’en remet au qui ne comprend pas la père. Quand il avance un peu pas et ne se clémence de D.ieu pour Ses dans la vie, il s’appuie (à tort) créatures, la manière dont Il renseigne pas sur sa force ou son travail. les gouverne et leur accorde Ses bontés, celui qui ne sur les préceptes Mais lorsque sa raison s’affermit et qu’il constate s’applique pas à observer la divins, ne peut combien elle est imparfaite, Providence divine, et enfin combien elle dépend de D.ieu, celui qui n’étudie pas et ne se pas cultiver le alors il met sa confiance en renseigne pas sur les préceptes D.ieu et en Lui seul. Et il chante Bita’hon. divins, ne peut pas cultiver le avec le roi David : "Tout comme le Bita’hon. cerf brame près des cours d’eau, ainsi La conclusion est donc celle-ci : la confiance mon âme brame vers Toi, ô D.ieu. Mon âme a en D.ieu grandit à mesure que s’élève la soif de D.ieu, quand donc irai-je paraître devant connaissance de Son règne et s’approfondit la D.ieu ?" (Téhilim 42)
"
39 Magazine Magazine I n°344 I n°344 39
DOSSIER Rabbénou Bé’hayé ibn Pakouda, l'auteur du 'Hovot Halévavot Nous n’avons que très peu d’informations sur sa vie. Nous savons seulement qu’il exerça des fonctions de Dayan (juge) dans une cour rabbinique et qu’il vécut en Espagne au 11e siècle (et début du 12e). Sur des indices assez fragiles, les érudits le situent plus précisément à Saragosse. La tradition nous rapporte l’écho de sa sainteté. Rabbénou Bé’hayé est dénommé dans les écrits Hé’hassid, le saint. Il a été amené à écrire le ‘Hovot
Halévavot après avoir constaté que la pratique habituelle de la religion était insuffisante, parfois superficielle. En préambule à son livre, il note : "J’eus le désir de faire œuvre durable et complète, de constituer un trésor caché, d’allumer un feu pour éclairer les hommes et leur montrer la voie sur laquelle s’engager. J’espérais que ma voie deviendrait celle de tous, l’accomplissement de mon dessein, un enseignement pour chacun."
Comment aurais-je peur… c’est mon père ! Un récit sur le Bita’hon "Qui est concentré sur une idée fixe ne tombe pas ... Qui ancre dans sa conscience la pensée que D.ieu est un et Son nom est un, et que Lui seul dirige ses pas, ne tombe jamais !"
Rabbi Mendel Futerfas était un homme très pieux, qui vénérait son Créateur et qui, de surcroît, était un érudit. Originaire de Russie, ce ‘Hassid fut exilé en Sibérie, comme tant d’autres, d’ailleurs. Et pour cause : il avait mené clandestinement des activités religieuses. De cet exil, très peu sont revenus vivants. Les travaux forcés et le froid avaient souvent raison des prisonniers. La Sibérie était donc synonyme de malheur et d’épreuves. 40
Magazine I n°344
Pourtant, Rabbi Mendel Futerfas fut l’un des rares survivants, les récits et anecdotes qu’il a racontés après son incarcération sont édifiants. À des amis qui, des années plus tard, l’interrogeaient sur son courage et sa résistance héroïques, et sur ses moyens de survie, il répondit : "La foi ! La foi seule !" Mais là est toute la question, lui diton : comment garder la foi dans de telles circonstances ?
Bita’hon : l’art juif de la confiance Rabbi Mendel fit alors un récit dont il avait été le témoin. Près d’une ville, en Sibérie, se dressaient deux collines très hautes, séparées par un vallon profond. Un non-juif s’était amusé à planter un mât au sommet de chaque colline et avait tendu une corde de l’une à l’autre. "Regardez bien", lança-t-il à la foule, "Je vais marcher sur la corde, au-dessus du précipice…"
creux de la brouette. Et l’homme, encore une fois, marcha d’un bout à l’autre de la corde, en poussant la brouette chargée. Quand la fille fut descendue, la première question qu’on lui posa était de savoir comment elle avait eu le courage de se prêter à cet exercice dangereux.
"
Sa réponse : "Comment aurais-je eu peur ? C’est mon père…"
Rabbi Mendel conclut : "J’en ai Ses amis tentèrent de le dissuader car il allait certainement à Quand je marche tiré une grande leçon. Dès lors sa perte. Mais lui persista à je suis persuadé que mon sur la corde, plus que marcher sur la corde. Or il Père guide mes pas et veille avait exécuté parfaitement rien n’existe pour sur moi – le principe même le tour et, malgré le danger moi ! À l’instant où du Bita’hon –, plus rien ne et toutes les difficultés, m’effraie !" était arrivé sain et sauf à je fais le premier l’autre mât. "Voulez-vous Mais ce n’est pas tout. que je refasse le tour ?" On pas, je ne pense à Rabbi Mendel a précisé lui répondit : "Surtout pas ! qu’après l’événement, il rien d’autre qu’à Si tu as eu de la chance la avait abordé le non-juif et lui première fois, tu pourrais la manœuvre. avait demandé : "Comment bien tomber cette fois-ci." Je me concentre fais-tu pour ne pas tomber ?" Mais il répéta la manœuvre Sa réponse l’avait instruit : audacieuse. À l’évidence,
uniquement sur "Quand je marche sur la corde, ce pas plus rien n’existe pour moi ! À
il maîtrisait parfaitement le numéro. Et quand il proposa de l’exécuter une troisième fois, il reçut la réponse qu’il espérait tant :
l’instant où je fais le premier pas, je ne pense à rien d’autre qu’à la manœuvre.
"Inutile ! Tu nous as convaincus, nous savons désormais que tu en es tout à fait capable. Tu n’as rien à prouver.
Je me concentre uniquement sur ce pas. Et
- Bien. Croyez-vous que je pourrais le refaire avec une brouette ?
cette condition que j’arrive à traverser le ravin
- Si tu peux garder l’équilibre sur une corde, tu le peux tout aussi bien avec une brouette ! - Vous me faites confiance", reprit hardiment le funambule. "Dans ce cas, qui d’entre vous est prêt à s’asseoir sur la brouette que je ferai rouler sur la corde ?" Il ne se trouva aucun volontaire. Ou presque. Car une jeune fille consentit à s’installer au
quand je fais le deuxième pas, je me concentre à nouveau sur ce pas et sur lui seul. C’est à sans tomber. Si je devais laisser ma pensée se distraire de la mission, ne fût-ce qu’une seconde, je tomberais aussitôt." Rabbi Mendel remarqua : "Qui est concentré sur une idée fixe ne tombe pas ... Qui ancre dans sa conscience la pensée que D.ieu est un et Son nom est un, et que Lui seul dirige ses pas, ne tombe jamais !" Élie Marciano 41 Magazine Magazine I n°344 I n°344 41
DOSSIER ''Je perds confiance en D.ieu à cause de la Parnassa !' Bonjour Rav, je traverse actuellement de graves difficultés financières : je suis en retard dans le règlement de mon loyer et de mes factures, mes dettes s’accumulent, j’ai des travaux urgents à faire chez moi que je ne peux pas lancer faute de budget. Mon salaire ne suffit pas à couvrir mes besoins essentiels. Au-delà de ces difficultés matérielles concrètes, ces problèmes m’empêchent de ressentir la sérénité nécessaire pour me consacrer pleinement à ma ‘Avodat Hachem, je sens que ma confiance en D.ieu est fragilisée par l’inquiétude constante et la peur de l’avenir.Dans ce contexte, comment faire pour garder ma confiance en Hachem, tout en faisant face à ces épreuves matérielles et en continuant à accomplir mes Mitsvot comme il faut ? Réponse du Rav Gabriel Dayan
Essayons de rappeler quelques points qui vont renforcer notre Émouna et faire sentir qu’Hachem est à nos côtés avec, entre Ses mains, les bénédictions qui nous sont réservées. Il suffit d’ouvrir les yeux pour lire ce qui suit et vous en rendre compte : 1. Il faut travailler pour vivre. La Hichtadlout / le travail est l’ensemble des efforts à fournir pour
42
Magazine I n°344
subvenir aux besoins permettant notre survie. Mais ce n’est pas la Hichtadlout qui produit les résultats, c’est la volonté d’Hachem. Depuis la faute d’Adam, la Hichtadlout est devenue une obligation, donc, il n’y a pas le choix. Mais nous devons garder à l’esprit que c’est uniquement grâce à la volonté d’Hachem que nos efforts portent leurs fruits. Le verset dit : "Si Hachem ne bâtit pas une maison, c’est en vain que peinent
Bita’hon : l’art juif de la confiance ceux qui la construisent ; si Hachem ne garde pas une ville, c’est en vain que le soldat veille avec soin." (Téhilim 127, 1)
Plus nous accomplirons les Mitsvot et plus notre comportement sera exemplaire, plus notre Parnassa sera abondante et moins nous devrons fournir d’efforts pour l’obtenir.
n’est pas libéré de l’angoisse que provoque en lui le souci de la subsistance, il n’y a point de place pour la réalisation intégrale de la loi divine. Cependant, la délivrance de cette obsession n’est possible que grâce à la prise de conscience que le souci de subsistance, premier de tous nos soucis, ne repose pas seul, et pas en premier lieu, sur nos épaules. Il incombe à l’homme, dans ce domaine, comme en bien d’autres, de faire son devoir, tout en confiant la réussite à la constante sollicitude du Créateur. Sans cette prise de conscience, l’homme rivé à la poursuite du gain matériel, ne connait pas de limite dans sa lutte pour l’existence. Elle le poussera sans cesse à la recherche de nouveaux profits, sans égards pour autrui, et elle ne tolèrera auprès d’elle aucun autre objectif et aucun autre idéal." (Commentaire sur Chémot 16, 2)
3. Le Rav Munk écrit : "La menace de la faim, réelle ou prétendue, fait oublier tous les principes et réduit à néant les meilleurs engagements. Aussi longtemps que l’homme
4. Les élèves de Rabbi Chim’on bar Yo’haï lui demandèrent : "Pourquoi Hachem a-t-Il fait pleuvoir la manne du Ciel chaque jour plutôt que d’en faire pleuvoir une fois par an ?
2. Nos Sages disent : "Avez-vous déjà vu un lion obligé de se faire porteur pour gagner sa vie, un cerf devenir fermier ou un renard commerçant ? Et pourtant, bien qu’ils ne connaissent aucun métier, Hachem subvient à leurs besoins. Pourquoi donc l’homme, supérieur à toutes les créatures, doit-il passer sa vie à la poursuite de son gagne-pain ? Ce n’est qu’à cause de la faute qu’il a perdu sa position particulière dans la Création et est obligé de s’efforcer de gagner luimême sa vie en fournissant tellement d’efforts." (Kidouchine 82b)
43 Magazine Magazine I n°344 I n°344 43
DOSSIER - Je vais vous l’expliquer par une parabole", répondit-il. "Un roi soutenait financièrement son fils en lui allouant une rente suffisante pour subvenir à ses besoins pendant un an. Le prince ne venait donc voir son père qu’une fois par an, le jour où il était à court d’argent. Le père décida donc de changer de méthode. Il ne donna plus à son fils qu’une petite somme à la fois, suffisante pour couvrir ses besoins d’un jour. Le fils se rendit donc chez son père tous les jours. De la même façon, Hachem ne fournit aux Bné Israël de la nourriture que pour un jour afin qu’ils ne L’oublient pas et que leur cœur soit constamment dirigé vers Lui. En effet, les chefs de famille se faisaient du souci (pour les membres de leur famille) et se demandaient si la manne allait également tomber le lendemain." 5. Après la construction du Michkan, Hachem ordonna à Moché de dire à Aharon : "Mets un ‘Omer de manne dans un flacon d’argile et dépose-le devant le Aron Hakodech (se trouvant dans le Michkan et le Beth-Hamikdach). Il servira de témoignage éternel de la façon miraculeuse dont J’ai nourri les Bné Israël dans le désert."
44
Magazine I n°344
La manne de ce flacon ne fondit pas et ne se détériora jamais. Elle resta toujours fraîche. Elle fut conservée dans le Michkan et plus tard, dans le Beth Hamikdach, jusqu’au temps du roi Yochiyahou, qui la cacha avant la destruction du Temple. Dans le futur, le prophète Eliahou rendra ce flacon aux Bné Israël. 6. Au temps du prophète Yirmiyahou, les Bné Israël négligèrent l’étude de la Torah, et il leur reprocha leur défaillance. "Nous ne pouvons pas étudier la Torah", répondirent-ils. "Nous devons gagner notre vie !" Yirmiyahou sortit alors le flacon de manne qui était posé dans le Beth Hamikdach et le montra au peuple. "Regardez cela !" s’exclamat-il en désignant la manne. Vos ancêtres se sont immergés dans l’étude de la Torah, et Hachem a pris soin d’eux. Votre devoir est d’étudier la Torah et d’accomplir les Mitsvot. Sachez que Hachem a de nombreux agents pour envoyer leur subsistance à ceux qui Le craignent !" La manne sert donc de leçon concrète pour montrer que c’est le Créateur seul qui donne la nourriture à toutes les créatures.
Bita’hon : l’art juif de la confiance Nous devons renforcer notre Émouna et voir la main d’Hachem dans tout ce qui nous arrive, même quand le café tombe pile sur la chemise blanche avant un rendez-vous important. La Hichtadlout, le travail, n’est qu’un outil, pas la source de la réussite. Celui qui a nourri un peuple entier dans le désert peut sans aucun doute subvenir aux besoins de chacun d’entre nous aujourd’hui, même sans CV impressionnant ni réseau "très bien placé". La manne que reçurent nos ancêtres nous rappelle qu’on ne "gagne" pas sa vie : on la reçoit. Alors oui, il faut aller travailler, mais avec la conscience que la Parnassa ne dépend pas du nombre d’heures passées au bureau, sinon, les insomniaques seraient tous millionnaires ! Plus nous faisons confiance à Hachem et plus nous accomplirons Ses Mitsvot, plus nos efforts porteront des fruits. Cette Émouna nous aide à vivre dans la joie, et à nous souvenir qu’Hachem n’a jamais "raté une paie" depuis la création du monde ! Plus nous intégrons cette vérité, plus notre cœur s’apaise, et moins notre estomac se noue à la vue des factures. Lorsque l’effort est accompagné de
confiance, lorsque la Torah et les Mitsvot occupent la place centrale qu’elles méritent, la Parnassa cesse d’être une source d’angoisse. Celui qui vit avec cette conscience ne manque jamais de l’essentiel, car il sait que les bénédictions qui lui sont destinées l’attendent déjà, soigneusement emballées, à l’heure exacte fixée par le Ciel. On raconte souvent l’histoire de ce commerçant qui passait ses journées à s’agiter, transpirer et se plaindre de ses difficultés financières. Un ami tente de le rassurer : "Mais enfin, aie un peu de confiance ! Hachem dirige l’univers entier, Il nourrit des milliards de créatures, du plus petit insecte jusqu’aux plus grands animaux !" L’homme soupire, essuie son front et répond : "Je sais bien que pour Hachem, nourrir le monde entier, c’est facile ! Mais est-ce que Tu te rends compte de mes frais fixes ?!" Cette petite anecdote nous rappelle avec un sourire que notre tendance humaine est de croire que nos problèmes sont "trop complexes" pour la Providence, alors que Celui qui a créé le monde n’est évidemment pas limité par nos relevés bancaires !
Oulpan La gorge brûle, le nez coule, et l’énergie décline. Avec du sommeil, du thé et un pyjama chaud, ça passera — mais comme chaque hiver, ça m’est tombé dessus juste avant les vacances qu’on avait prévues.
Vocabulaire • ( ּגָרֹוןGaron) – gorge • ׂשֹורף ֵ (Soref) – brûle • ( הָ אַ ףHaaf) – le nez • ( נֹוזֵלNozel) – coule • ( הַ ּכ ַֹחHakoa’h) – l’énergie / la force • ( אֹוזֶלOzel) – décline • ( ֵׁשנָהChéna) – sommeil • ( ִפּיגְ ’מָ ה ַח ָּמהPyjama ‘Hama) – pyjama chaud • ‘( חֹ ֶרףHoref) – hiver • ( ָּתפַ סTafass) – attrapé, agrippé, tombé dessus
On dirait bien que l’hiver est là
ֶׁשֶּזֶ ה ֶ ִנִ ְְרֶאֶ ה ְּכְ ָבָ ר ַהַ ֹחֹ ֶֶרף
ׂ רֹון ֹ ָ�ַַהָּג ָָה ַַאף,ׂש ֹֹו ֵֵרף ֹ נֹו ֵֵזל ְוְ ַַהֹּכ� ֹ ַַח ֹ .אֹו ֶֶזל ֵ�ֵּתה,ִִעם � ֵֵׁש ָָנה ’ָמה ַַח ָ�ָּמה ָ יְג ְ ּוִפ ִ ֶזֶ ה ַיַ ֲֲעֹבֹר — ֲֲא ָָבל ֹ ְ �ְּכ ֶזֶ ה,מֹו ְ �ְּב ָָכל ֹח ֹ ֶֶרף ֹ ָ �ָּת ַַפס אֹו ִִתי ְ �ְּב ִִדּיּוק ִִׁל ְְפ ֵֵני ַַהּנּ ֹֹו ֵֵפׁש .� ֶֶׁש ִ �ִּת ְְכ ַַנּנּ ּו
• ( נֹופֵ ׁשNofech) – vacances, séjour • ( ִּתכְ נַּנּוTikhnanou) – nous avons planifié D’autres mots avec la racine .ן.נ.כ.( תplanifier, programmer) • ( ִּתכְ נִ יתTokhnit) – programme/ plan/émission • ( לְ ַתכְ נֵןLétakhnèn) – planifier / organiser / concevoir • ( ּתֹוכְ נָהTokhna) – logiciel / programme informatique 45 Magazine Magazine I n°344 I n°344 45
Pose ta question, un rabbin répond !
Thérapeute en manque de travail, travailler dans un spa mixte ouvert ? Je suis thérapeute en drainage lymphatique, massothérapeute pour les douleurs musculaires, madérothérapeute etc. Chez moi, j’ai une pièce pour recevoir uniquement des femmes. Cependant, le travail venant à manquer, j’ai reçu une proposition pour travailler dans un hôtel-resort 5 étoiles avec spa, mais là, le massage est pour tout le monde. Est-ce permis, comme pour les infirmières, de travailler en espace ouvert ? Je précise que je suis divorcée mais Choméret Mitsvot. Réponse de Rav Gabriel Dayan Vous pourrez "soigner" et prendre en charge uniquement les femmes et non les hommes !
Chaussette à jambon en polyamide pour charcuterie maison, autorisée ? Je souhaiterais faire de la charcuterie maison. On me dit qu’il faut utiliser une chaussette à jambon en polyamide, est-ce que cela pose problème ? Je ne sais pas s’ils utilisent des produits non Cachères pour la fabrication ou autre. Réponse de Rav Aharon Sabbah Une chaussette à jambon (également appelée filet à jambon ou chaussette de cuisson) est une gaine en maille extensible dans laquelle on insère toute pièce de viande destinée à être séchée ou cuite. Il faut savoir qu’elle est composée uniquement de fibres synthétiques (polyamide/nylon). Elle ne contient ni graisse, ni additif alimentaire, ni aucun enrobage. Elle est simplement fabriquée en polyamide tissé. Aucun ingrédient non-cachère n’est utilisé dans sa fabrication. Vous pouvez l’utiliser en toute tranquillité pour la préparation de charcuterie maison respectant les règles de la Cacheroute.
‘Hanouka à l'époque du second Temple Comment ‘Hanouka se fêtait à la période du second Temple (Beth Hamikdach) ? Est-ce que le peuple venait au Temple ? Réponse de Rav Gabriel Dayan 1. Le second Beth Hamikdach fut construit en 3408. 2. Il fut détruit en 3828. 3. Le miracle de ‘Hanouka eut lieu en 3622, 206 ans avant sa destruction. 4. Donc, durant plus de deux siècles après l’époque des Grecs, le service se poursuivait comme à l’accoutumée dans le Beth Hamikdach et la Mitsva consistant à s’y rendre durant les trois fêtes ainsi que l’offrande des Korbanot, etc. étaient scrupuleusement accomplies. 5. La fête de ‘Hanouka est célébrée depuis l’année 3623, l’année qui suivit celle du miracle. (Talmud Chabbath 21b)
46
Magazine I n°344
Réparer un vol d’avant ma conversion Je suis converti, Baroukh Hachem, et étant Avrekh maintenant, une question me préoccupe. Lorsque j’étais adolescent Goy, j’ai volé une montre à un Juif. Évidemment, je regrette énormément cet acte. Est-ce que je dois faire quelque chose par rapport à ça maintenant que je suis Juif ? Un remboursement ? Je connais juste le nom de cette personne mais je n’ai aucun moyen de savoir là où il est aujourd’hui. Réponse de Rav Aharon Sabbah Il faut tout d’abord savoir que, lorsqu’une personne se convertit sincèrement et accepte la Torah, toutes les fautes qu’elle a pu commettre auparavant sont effacées. C’est comparable à quelqu’un qui aurait accompli une Téchouva (retour sincère vers Hachem) d’un niveau très élevé. Ainsi, du point de vue spirituel, il ne sera pas puni pour ses fautes passées, à l’instar d’un bébé qui vient de naître. Cependant, lorsqu’une personne a volé, il ne suffit pas seulement de regretter et de faire Téchouva. Il faut également restituer ce qu’elle a volé ! Il en va de même pour un converti : même s’il est aujourd’hui considéré comme une personne entièrement nouvelle, il reste néanmoins tenu de restituer une somme volée à un Juif. (Responsa ‘Havot Yaïr 79)
Ninja, Cookeo : robot de cuisine Bassari et ‘Halavi en changeant le récipient ? J’ai un robot de cuisine Ninja encore non utilisé. Peut-on utiliser cet appareil en ‘Halavi et en Bassari en changeant les bacs (il y a deux casiers l’un à côté de l’autre), pour deux utilisations distinctes, l’une à la suite de l’autre évidemment ? Est-il possible également d’utiliser un Cookeo en changeant la marmite pour utiliser en alternance du Bassari et du ‘Halavi ? Réponse de Rav Gabriel Dayan 1. Vraisemblablement, vous faites allusion au Air fryer Dual de Ninja : il est interdit d’utiliser l’appareil, tantôt pour du Bassari, tantôt pour du ‘Halavi, et ce même si vous avez deux séries de bacs. 2. En ce qui concerne le Cookeo : il est également interdit de l’utiliser tantôt pour du Bassari, tantôt pour du ‘Halavi, même si vous utilisez une cuve différente pour les deux utilisations. 3. Donc, il ne suffit pas de changer les cuves / bacs, il faut aussi changer les appareils. Chaque dépense permettant d’accomplir les Mitsvot d’une meilleure manière est remboursée par la "Sécurité Sociale". (Ritva sur Talmud Bétsa 16a) Cacheroute · Pureté familiale · Chabbath · Limoud · Deuil · Téchouva · Mariage · Yom Tov · Couple · Travail · etc...
Une équipe de Rabbanim répond à vos questions du matin au soir, selon vos coutumes :
01.80.20.5000
02.37.41.515
+33 6 24 44 66 07
www.torah-box.com/question Magazine I n°344
47
LA PARACHA POUR LES ENFANTS Spoiler : l’envers du décor Les enfants, cette semaine, apprenons à être patient et découvrons que certaines situations ne prennent du sens qu’avec le temps.
L'HISTOIRE À la maison, la famille Cohen se prépare pour Chabbath. No’am aide à mettre la table pendant que sa petite sœur, Yaël, cherche l’huile pour l’allumage des bougies. Mais l’ambiance est étrange. Papa est silencieux, maman semble inquiète, et personne n’explique vraiment ce qui se passe. No’am ne comprend pas. Depuis quelques jours, tout est compliqué. Papa part souvent plus tôt, maman chuchote au téléphone, et on lui demande sans cesse d’être patient. Le vendredi après-midi, No’am explose : "Pourquoi personne ne m’explique ? J’ai l’impression que quelque chose ne va pas et on ne me dit rien !" Maman lui sourit doucement et lui dit : "Encore un peu de patience, mon trésor." Après l’allumage des bougies, papa s’assoit avec No’am et lui explique enfin : un membre de la famille est malade, et ils ont dû organiser beaucoup de choses en secret pour lui venir en aide. "On ne voulait pas t’inquiéter avant d’avoir des solutions", dit-il. D’un coup, No’am comprend. Les silences, les départs pressés, les discussions discrètes…
tout prend un sens. Ce qui lui semblait injuste ou étrange était en réalité rempli d’attention et d’amour. Papa ajoute : "Parfois, on ne comprend pas ce qui nous arrive. Mais quand la vérité se révèle, on réalise que tout avait une raison." No’am regarde les bougies briller. Il se sent plus calme. Il comprend que même quand tout paraît confus, il peut y avoir une explication qui viendra plus tard.
ous , posons-n Les enfants estions ! qu les bonnes e pas
arrivé de n T’est-il déjà on sur une situati re d n re p m o c ? le moment nd tu agis-tu qua Comment ré nses ? o p utes les ré n’as pas to nnée, tuation do Dans une si même e confiance peux-tu fair ncore n’est pas e quand tout clair ?
L'ENSEIGNEMENT Quand Yossef dit enfin à ses frères : "Je suis Yossef", tout devient clair d’un seul coup. Jusque-là, ils ne comprenaient rien à ce qui leur arrivait : pourquoi cet homme était si dur, pourquoi la prison, pourquoi Chim’on retenu, pourquoi ces changements soudains de comportement. Ils se posaient beaucoup de questions et se sentaient perdus. Mais au moment où Yossef révèle qui il est, toutes les pièces du puzzle s’assemblent. 48
Magazine I n°344
Ils comprennent que chaque étape avait un sens. Le ‘Hafets ‘Haïm explique que ce sera pareil pour le monde entier à la fin des temps. Aujourd’hui, nous ne comprenons pas toujours ce qu’Hachem fait. Mais un jour, quand Il dira : "Je suis Hachem", toutes les questions disparaîtront, et nous verrons que tout avait un but, même ce qui était difficile.
Nos maîtres montrent l’exemple Le ‘Hafets ‘Haïm expliquait souvent qu’un Juif ne voit qu’un petit morceau de l’histoire, alors qu’Hachem voit tout le plan. Ses élèves racontent qu’un jour, un père de famille est venu le voir, le visage fatigué. "Rav, je fais de mon mieux : je prie, j’étudie un peu, je fais attention à être honnête. Et pourtant, tout se complique. J’ai perdu mon travail, les dettes arrivent, et à la maison on est inquiet. Pourquoi Hachem me fait vivre ça ?" Le ‘Hafets ‘Haïm l’a écouté sans l’interrompre, puis il lui a posé une drôle de question. "Tu as déjà vu le dessous d’un tapis ? Et si oui, qu’astu vu ? - Oui… on voit des fils emmêlés, des nœuds, des couleurs sans logique. On dirait que tout est raté. - Et si tu retournes le tapis ? - On voit un motif, et d’un coup, on comprend que chaque fil avait sa place." Le Rav a alors dit : "Dans ce monde, nous regardons souvent le tapis à l’envers. Nous voyons des retards, des pertes, des incompréhensions, et nous demandons : ‘Pourquoi ?’ Mais celui qui voit l’endroit, c’est Hachem. Chaque fil est placé pour former un dessin." Puis il a ajouté : "Parfois, on ne voit que le feu du four, la farine, les choses qui paraissent ‘dures’. Mais celui qui connaît la recette sait qu’à la fin, cela devient quelque chose de bon. C’est ce qui arrive aux frères de Yossef. Tant qu’ils ne savent pas qui est ‘l’homme d’Égypte’, tout leur paraît injuste : l’accusation d’espionnage,
la prison, la rétention de Chim’on, la peur de rentrer chez leur père… Et puis, en une seconde, Yossef dit : ‘Je suis Yossef’. À ce moment-là, toutes les pièces s’assemblent. Ils comprennent que chaque étape menait à un but." Le ‘Hafets ‘Haïm a alors ajouté : "Même si vous ne comprenez pas aujourd’hui, vous pouvez choisir une chose : rester attaché à Hachem et rester serein." Puis il a conclu : "Un jour viendra où le monde entendra aussi : ‘Je suis Hachem’. Alors, beaucoup de questions tomberont. Nous verrons que même ce qui nous a fait pleurer avait un sens pour construire et réparer. En attendant, notre mission est de continuer : prier, faire les Mitsvot, être bons, même quand on ne comprend pas encore." Le père de famille est reparti plus calme. Ses problèmes n’avaient pas disparu, mais sa vision des choses s’était éclaircie : ne pas comprendre ne veut pas dire être abandonné. Parfois, cela veut juste dire que l’on ne voit pas encore l’histoire jusqu’au bout.
e
e la semain
L'exercice d
aine, , cette sem Les enfants lque chose quand que u le injuste o vous semb es : "Je it d , le ensib incompréh n", puis encore la fi ne vois pas a de plus petite Mitsv ne faites une d, u , un ‘Hesse (un service nfiance. r garder co prière) pou Magazine I n°344
49
RECETTE Parguiot laquées au sirop de grenade & gingembre, sur lit de patates douces rôties Une recette originale, parfumée et visuellement raffinée ! Pour 6 personnes
Temps de préparation : 25 min
Difficulté : Facile
Temps de cuisson : 45 min
Ingrédients Pour les Parguiot : • 1,2 kg de Parguiot • 3 cuil. à soupe de sirop de grenade • 2 cuil. à soupe de sauce soja • 2 cuil. à soupe de miel • 1 cuil. à soupe de gingembre frais râpé • 2 gousses d’ail écrasées • 1 cuil. à soupe d’huile d’olive • Sel & poivre noir du moulin Pour l’accompagnement : • 3 belles patates douces, coupées en cubes • 2 cuil. à soupe d’huile d’olive • 1 cuil. à café de Za’atar • Sel, poivre Pour la touche finale : • Quelques graines de grenade fraîches • Coriandre ou persil plat ciselé • Un filet de sirop de grenade pour le dressage
Réalisation - Dans un saladier, mélangez tous les ingrédients de la marinade. Ajoutez les morceaux de poulet et enrobez-les bien. Couvrez et laissez reposer au frais pendant au moins 2h (idéalement toute une nuit). - Préchauffez votre four à 200°C. Disposez les cubes de patate douce sur une plaque recouverte de papier cuisson. Arrosez d’huile d’olive, saupoudrez de Za’atar, salez, poivrez. Enfournez pendant 30 à 35 min, jusqu’à ce qu’ils soient tendres et légèrement dorés. - Faites chauffer une poêle-grill ou une grande poêle. Faites griller les morceaux de poulet 5 à 6 minutes de chaque côté jusqu’à obtenir une belle caramélisation. Vous pouvez ajouter un peu de marinade restante en fin de cuisson pour plus de goût. - Au moment de servir : sur chaque assiette, disposez un lit de patates douces rôties. Déposez par-dessus les Parguiot dorées. Parsemez de graines de grenade et d’herbes fraîches. Terminez par un léger filet de sirop de grenade pour sublimer le tout. Chabbath Chalom ! Murielle Benainous
50
Magazine I n°344
VIVRE DANS LE JÉRUSALEM DE DEMAIN
• APPARTEMENTS DE 3-5 PIÈCES • PENTHOUSES
DEVENIR PROPRIÉTAIRE À JÉRUSALEM DANS LE NOUVEAU TALPIOT, AVEC UN APPORT DE
480 000₪
*
LIVRAISON DÉCEMBRE 2027 *Cette somme correspond à 15 % du prix total de l’appartement, DANS LA LIMITE DES STOCKS DISPONIBLES. Prix à partir de 3,200,000₪
• SANS FRAIS D’AGENCE Vente directe promoteur. • PRESTATIONS HAUT DE GAMME • FRAIS DE COURTIER OFFERTS pour prêt promoteur, Préparation complète de votre dossier bancaire. • AUCUN INTÉRÊT JUSQU’EN 2027 pris en charge par le promoteur jusqu’à la livraison. Pour plus d’informations ou pour fixer un rendez-vous, appelez
Chloé Levy:
(+972) 53 368 3147
בס"ד
Perle de la semaine par
"La véritable force ne consiste pas à dominer les autres, mais à se maîtriser soi-même." (Rav Yigal Avraham)