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Ce sont les secres des dames

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LES SECRES DES DAMES Deffendus à révéler


Ce livre a été tiré à 342 exemplaires numérotés à la presse, dont : 2 exemplaires sur peau de vélin . . . nos

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sur papier de Hollande, n^s 18 — 42

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Secrcs des Datnes i\!bliés pour la première fois d après des manuscrils du xv° siècle dej Fac-jimiJe. une InircHiuctionj lie j A .'ti'i et un Appendtee

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Secres des Dames DefTendus à révéler

Publiés pour la première fois d’après des manuscrits du XV® siècle Ai'ec des Fac-similé^ une Introduction^ des Notes et un Appendice Par les D " A l . C ...... & C h . - E d .

TARIS Librairie Ancienne ÉDOUARD

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INTRODUCTION

Labore et canore.

Le petit traité de gynécologie que nous repro­ duisons est extrait d’un manuscrit du xv“ siècle, qui fait partie de la riche bibliothèque du doc­ teur Al. Colson, de Noyon. La singularité de cet opuscule, son caractère d’ouvrage classique de médecine populaire, le fait qu’on y trouve des préceptes magistraux d’obstétrique exposés en langue vulgaire pour la première fois peut-être, l’intérêt qui s’attache toujours aux premiers bé­ gaiements de la science, tout cela le signalait à l’attention des curieux et, plus encore, à celle des érudits. Aussi, sur l’avis émis par des biblio­ graphes autorisés qu’il n’avait point encore été imprimé, une copie en avait été préparée, il y a plus de dix ans, en vue d’une publication à en faire dans un de nos plus importants journaux de 1


médecine. La composition typographique s’avan­ çait et ie tirage était proche, lorsque la guerre de 1870 arrêta le travail. L’odieuse insurrection qui vint ensuite acheva dans l’incendie la ruine de l’œuvre Assez d’autres et graves soucis avaient fait presque oublier cette tentative avortée. Pour­ tant, confident des regrets qu’on en gardait au fond, nous les partagions, surtout lorsque, tenant en nos mains ce précieux volume, nous étudiions ces pages où l’art du calligraphe a con­ signé, avec un luxe attrayant, les pieuses for­ mules, les naïves superstitions, le savoir nais­ sant, les pratiques déjà moins incertaines, des <1 Meiges » du moyen âge. Les premiers feuillets de ce manuscrit, consa­ cré dans tout le reste à l’œuvre magistrale de chirurgie de Guy de Chauliac, sont occupés par la compilation des « Secrets des Dames ». Ce titre, nous le retrouvâmes, en dépouillant pour d’autres recherches les catalogues des manuscrits de la Bibliothèque nationale, dans des recueils inven­ toriés au Fonds français sous les n“®631, 2027 et 19 99A. L’examen de ces documents nous ré­ véla leur similitude avec celui que nous con1. ï Honoré confrère, les Seereis des Dames [votre copie, les épreuves] ont été incendiés, hélas ! avec tous les livres de ma bibliothèque, tous mes manuscrits et tous mes meubles! C’est un motif de plus pour moi de déplorer ce désasire!... D«" A. D. » — Lettre au D*" Colson.


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naissions déjà et les moyens qu’ils fournissaient d’en corriger et compléter le texte, qui s’aug­ mentait ainsi de plus d’un cinquième. Il nous sembla, dès lors, mériter encore davantage d’être mis au jour ; nous décidâmes d’en reprendre l’impression. Pour ne rien négliger, dans l’espoir d’en découvrir quelque autre exemplaire, nous visitâmes les autres principales bibliothèques pu­ bliques de Paris (l’Arsenal, la Mazarine, SainteGeneviève, l’Institut, ia Faculté de médecine); nous nous renseignâm.es en Beigique, aux biblio­ thèques de Bruxelles, en Italie, à celle de Bréra à Milan, à celle de Saint-Marc à Venise; nos in­ vestigations restèrent infructueuses. C’est donc seulement à l’aide des quatre ver­ sions citées que nous avons institué la leçon définitive que nous publions. Voici en entier leurs titres, avec le début et la fin du texte; nous les rapprochons parce que les variantes qu’ils présentent ne sont point sans intérêt. Nous donnons en même temps quelques notions néces­ saires sur l’état matériel et la composition des Recueils qui ont servi à notre travail.


I.

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DESCRIPTION

d’ après

SOMMAIRE

DES

MANUSCRITS

l e s q u e l s nous a v o n s i n s t i t u é

notre

TEXTE.

A. Ms. Colson. Pet. in-fol. parchemin, xv® siè­ cle. — Il contient les pièces suivantes : 1° Calendrier perpétuel. 2” Au huitième feuillet :

Ce sont les segres des Dames translates de latin en fransois mes il sont defandus de rever [sic] a fame par nostre sainct pere le pape sus peine descomunieinent en la de­ cretal ad meam doctrinam. Une damoiselle me pria pour loyalle cortoysie... A la fin : — Item sans peril donnez luy a boyre de yvoire avec vin blanc et tantost délivrera. Deo gratias. 3" « Inventarium seu colectarium in arte cyrurgicali ej medicine cüpletum et côpilatum. Anno domini milesimo trecentesimo sexagesimo [tertio] per me Guidonem de Galliacn cirurgicum et m agislrum in medicin in preclaro studio medicor. Montispessulani. Il Puis que je ara y premièrement rendu grâces a Dieu qui me donne vie perpétuelle a lame et sante ou corps... A la fin ; — Super ignem incorporantur et liât emplastrum . Et sic est finis. S it nomen domini benedictum et qui venit in sedia seculorum. A men, n

Nous donnerons plus loin une description dé­ taillée et critique de ce manuscrit.


B. Ms. 631, Fonds français de la Bibl. nat. — In-i», papier, xv®siècle. Texte sur deux colonnes. Écriture nette, mais un peu turbulente, toute de la même main. Un certain nombre de majuscules initiales en rouge sont agrémentées de figures grotesques. Titre au dos ; Traités de Chirurgie. — 11 contient les pièces suivantes : 1° <1 La chirurgie-n [de Lanfranc]. 2“ Traité d’ « Anathomie ». 3» Au fol. 278 :

Ce sont les secres des femes translates de latin en fransois mais ils sont deffendus de re­ veler es femes par nostre seint pere le pape sur peine descomuniement en la decretal ad meam doctrinam. Une damoUelle me pria pour loiale cortoisie... A la fin : — Avant qui touche charnellement a la fênie car cest chouse humaine et naturelle. Explicit. 4“ Au fol. 286 : uCy sensuitpour purgación de mestrue.»

G. Ms. 2027, Fonds français de la Bibl. nat. — Pet. in-fi", papier et parchemin alternés sans ré­ gularité. XV® siècle. Écriture assise et nette à lignes entières, toute de la même main. Titre au dos : Traités de Chirurgie. — Il contient les pièces suivantes : t° <i Traite de lanathomie » [par Guy de Chauliac]. 2" « Le formulaire des aides des plages ordonne par maislre Guidon de Calhac, » etc. 3“ Il Abregie de lanathomie de la saignee expert et magnifesle par Jehan de Borna, » etc.


4“ « Le premier livre de Galien auquel sont mises au­ cunes choses moult necessaires a tous cyrurgiens. » 5“ Petit Traité de la n Saignee ou flebothomie. » 6° « Les degree et les vertus des medicines de cyrurgie... ’selon l’ordre de l’A B C D E » par o Guidon » [de Chauliac.] 7“ Au fol. 107 :

Ce sont les secres aux femes deffendns a re­ veler sus paine de escommunye et de la decretale a la mienne doctrine. Au cômancement de cest livre vous devez ouir et en­ tendre... A la fin : — Item sans peril donnez luy a boire pouldre de yvoire avec vin blanc et tantost se délivrera. Explicit secretum muliere.

8“ Au fol. 118 : Fragments de traités de chirurgie. 9° « Duodecim signa », commençant par « Arries est signe chault et sec coloricque »... et finissant par (I ... Comme ycy dessus pouvez veoir en figure. E xpliciunt duodecim signa. »

D. Sis. 19996, Fonds français de la Bibl. nat. — Pet. in-6°, papier, xv“ siècle. Écriture nette et lisible. Les premiers feuillets sont occupés par un Calendrier (noté comme toulousain par M. L. Delisle dans Vinventaire général et méthodique des maniiscrüs français de la Bibliothèque natiocale^ t. II, p. 222). Au fol. 9 on lit : — « Cy apres sensuit la Table par laquelle pourras trouver toutes les parties des traicties et livrez contenus en ce present livre selon le nombre en quoy le cômancement desdicta traities est signe dessus. Lequel livre a este escheve par moy Estienne Beludet escripteur pour et ou nom de


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VI I

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[Jaques de la Croio)] barbier [et chirurgien] lequel la fait compiler et escripre. En remerciant Dieu mou créateur et sa glorieuse mere saint Cosme et Damyens et madame sainete Marguerite mon patron qui mont donne grace de lavoir escheve et orne ainsi que cy apres sensuît. Lequel livre a este fini par moi Estienne dessus dit lan mil cccc u n le jeudi xvi® jour de jan­ vier. — Beludet. » N o ta . Les mots placés par nous entre [ ] sont d’une autre main. Au verso du fol. 2¿i est figuré un zodiaque ana­ tomique dont le dessin est similaire à celui dont nous donnons la reproduction à la page 20 de notre texte. Puis se succèdent ies pièces sui­ vantes :

U 1“ a Disputacions de cyrurgie... ordonnées sur les œuvres de maistre Guidon de Caillac. » 2° (I Traictie danathomie. » 3“ <i Formulaire [de chirurgie] de maistre Lanfranc. n 4“ « Formulaire des aydes des aposthemes par Guidon de Cailhac. » 5" Il Aucunes bonnes receptes, n 6“ Il Propriétés de certaines eaues. » 7“ Il Aucunes questions touchant le fait de flebotomie prises au vij“ livre de Guidon de Cailhac. » 8" U Traictie fait par maistre Jehan le Lievre sur le fait du nombre des vaynes. » 9“ Au fol. vij'^xiij [118] :

Cy cômance le livre des secrez des dames lequel estdeffendu a reveler sur peine descomeniement en la clementine a nulle féme ne a nul home se il nest de loffice de cyrurgie.


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vin

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One dame ma prie par courtoisie loyale que je dic­ tasse ou scrivisse... Cest present traictie sera apele le secret des dames... A la fin : — Item sans peril dônez luy a boire yvoire avecques vin blanc et tantost enfan­ tera. Finito secreto laudetur Xristus rex angelorum. Amen.

Ce texte est divisé, proprio ingenio de l’écri­ vain Beludet (croyons-nous), en vingt-trois cha­ pitres, dont voici les titres, qui pourraient servir de sommaire à notre livre : Le premier chapitre est comme chacun peut entendre de la maniere comment chacun prent estre ou ■ventre de sa mere. Âu second chap, parle Aristotel de la mayro et dit que cest ung membre naturel. Le iij® chap, declaire comme maistre Solnis declaire du mestruum des fémes et de son estre.. Au iiij® chap, parle Putagoras et ditcOme chacun prent char ou ventre do sa mere. Le V® chap. cOme M® Solnis declaire la maniere du nourrissement que lenfant prent ou ventre de sa mere. Au vj® chap, parle Ion des xij signes. Le vij® chap, dit còme chacune pianeta ouvre son mois a len­ fant. Le viij® chap, est de lestât de la lune. Le ix® chap, dit corne Alixandre enseigne côment le s dames portent leurs enfans. Le X® chap, dit la constellation de la naissance des enfans en chacune pianeta. Le xj® chap, parle cOme les saiges dames doivent recevoir les enfans. Le xij® chap, dit còme Albert declaire que toutes les vajnes des fémes se assemblent a la mayre. Le xiij® chap. Aristote dit còme en nature souvent se trouvent monstres. Le xiiij® chap, còme Albert parle de deux enfans qui furent nez en grant force. Le XV® chap, dit còrno Avicenno declaire de féme qui peut savoir SC elle a conceu quant est couchee avecques son mari.


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IX

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Le xvj* chap, parle sayoir se une fôme est grosso se elle a fil ou fille en son ventre. Le xvijo chap, dit cOme les maistres dient le coste dextrc estre plus [c] liault que le seneslre ol pourquoy. Le iviij® chap, dit cOme aucuns maistres deciairant en oppinions de la plus grande valence dos dames pour jou damours blanches ou noiros. Le lix® chap, parle cOme une fôme peut concevoir. Le XX® chap. Ypo [crate] demonstre que.impossible est que enfant puisse venir a perfection ou temps do mestruum. Le xxj® chap, parle des flux des dames. Le xxije chap, parle cOme la mayre se depart de sou lieu et la maladie que en ont. ■Le xxiij« chap, parle cOme Ion peut aydier a une fôme quant elle traveille enfant.

10” Au fol. viij** viij [ I3S] : n Des aydes de la mayre des dames. « 11“ n Le meilleur livre que Ypocras eust qui traicle de la congnoissance de la vie et de la m ort. » 12“ OCollación pour congnoistre toutes les complexions selon la parole de maistre A Ibubert. » 13“ « Certaines cures et regimens daucunes oeuvres particulières faictespar maistre Jehan Piscis chancellier de la faculte de medecine de Montpellier. » 14“ « Aucunes proprietez de certaines viandes par le meme Jehan Piscis. » 15“ « Les cynonismes de maistre Guidon de Cailhac. » 16° Le livre des constellations pour savoir en quelle constellation est homme ne. »

Le texte que nous avons pris pour base de notre publication est celui du Ms. A, qui est plus étendu et relativement plus correct que les autres. L’importance de ce manuscrit et les con­ ditions exceptionnelles d’exécution qui le carac­ térisent justifient le chapitre spécial que nous allons lui consacrer.


II. — DESCRIPTION BIBLIOGRAPIIIODE ET CRITIQUE DD MANUSCRIT

A ET INDICATION

DE QUELQUES

PARTICULARITÉS ÉTABLISSANT SON ORIGINE ET

SA DATE. Ce volume, avant d’entrer dans la collection du D'' Colson, faisait partie de la bibliothèque de M. G. D. M., qui fut vendue aux enchères par le libraire Potier, en mars 1854. Le catalogue le mentionnait sous le n“ 101 , comme ms] du XIV' siècle, avec le titre de Recueil de traités de chirurgie en français. Revêtu depuis d’une reliure en vélin, il mesure 0"',32 de hauteur, 22 de lar­ geur et 6 d’épaisseur au dos. Il se compose de 2 feuillets de parchemin ordinaire pour les gardes, et de 248 feuillets non chiffrés de peau de vélin, où les matières sont distribuées dans l’ordre suivant : Sur le recto du premier feuillet de garde, quelques aphorismes médicaux en français du XV' siècle et en latin ont été écrits par un des premiers possesseurs du livre. Le verso de ce feuillet et le recto du second sont blancs. Au verso de ce deuxième feuillet, premier du ms., se trouvent les prolégomènes du calendrier qui se développe, à un mois par page, sur les six feuillets qui suivent. Vient un feuillet blanc, puis six feuillets con­ sacrés aux Segres des Dames.


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XI

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Un dernier feuillet blanc précède VInventaire de Chirurgie de Guy de Chauliac, qui occupe sans discontinuité tout le reste du volume et se termine à moitié de la seconde colonne au recto du dernier feuillet. Ce manuscrit est ordonné avec un luxe qu’on n’accordait pas ordinairement aux œuvres de science et surtout à celles de pratique médicale destinées à être souvent consultées par les labo­ rieux et humbles suppôts de S. Còme. 11 est vrai qu’à cette heure les produits de l’imprimerie naissante rivalisaient de richesse, de correction et de bon marché, avec ceux des écrivains de profession. Hic veram esemplar mendax son transit in instar. Nullus pro simili scriberet hune precio,

imprimait glorieusement Schoeffer en là73, à la fin du Gregorii IX nova compii, decretai. Les scribes, menacés dans leur industrie, devaient mettre en jeu toutes leurs ressources et essayer de lutter avec des armes plus brillantes, sinon plus efficaces. Dans notre volume, la copie s’établit partout, entre de belles et larges marges, sur deux co­ lonnes formées chacune de quarante à quarantedeux lignes, dressées et limitées par un réglage discret à la pointe rouge. Une jolie miniature est en tête de l’œuvre de Guy de Chauliac. Dix pages, têtes de chapitres, sont ornées de riches


bordures composées de rinceaux de feuillages, de fleurs et de fruits, et un nombre considérable de lettres initiales, grandes et petites, enrichissent ce bel ouvrage. Le texte courant est écrit en entier de la même main en encre noire. Une autre main, celle du rubriqueur, a tracé, après coup, en encre rouge, tous les titres et sous-titres, et posé en vermillon et outremer alternativement les signes c indiquant la coupure des phrases. 11 semble que c’est aussi à cette main qu’il faut attribuer les treize pages du calendrier où les encres de couleur abondent. Une troisième main plus légère a dessiné, colorié et rehaussé d’or les fleurons, guirlandes et ornements des bor­ dures, et, sans doute, les Innombrables lettres majuscules relevées également d’or et de cou­ leurs. Enfin, un véritable artiste a peint la minia­ ture dont nous avons emprunté le dessin pour servir de frontispice à ce petit livre. Nous devons signaler qu’au verso du dernier feuillet des « Secrets des Dames «, qui se termi­ nent à la lin de la première colonne, il existe, au haut de la page, une note de très ancienne écriture, donnant en memento la nomenclature latine des seize espèces d’épidémies. De cette même écriture deux additions ont été faites au calendrier ; « Macarii abbatis », au 2 janvier, <1 Lupii epi et confessons », au 1" septembre. En bas de la page, après le Deo gralias final,


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on lit ces deux notes, chacune en écriture de son temps : B Ex libris Gulelmi Innocenta Tolosatis chirurgi. 1582. — Fuit emptus hic liber in vico porlœ Arietis 3“ maii. 1582. 3 * ». « Ex libris Villar Tolosatis professoris chirurgi. 1777. — Fuit missus hic liber ad dominum Peyrilhe doctorem medicum, necnon professorem chirurgicum almœ Âcademiœ parisiensis socium. 5 octobre 1777 ». Ces ex-libris nous apprennent que le volume était à Toulouse en 1777 et en 1582. D’un autre côté, la manière d’écrire phonétiquement sobnus pour somnus, oblalmia pour ophtalmia, dans la B liste des épidémies » dont nous venons de par­ ler, est un idiotisme topique, tout comme l’ex­ pression «Sans açMei/es»,dansun des aphorismes écrits sur le feuillet de garde ; elles caractérisent particulièrement (nos oreilles l’ont maintes fois constaté chez nos contemporains) la nationalité toulousaine ou languedocienne de ceux qui les ont rédigés antérieurement à 1582. En outre, i’emploi, par l’écrivain du ms., de certains mots tels que done pour dame, aigue pour eau, oly pour huile, etc., d’usage dans nos provinces mé­ ridionales, nous induit, avec ce qui précède, à conclure que ce manuscrit a été créé dans le pays toulousain et qu’il y est resté jusqu’au jour de son envoi à Peyrilhe *. I. Peyrilhe qui, nous le voyons, était déjà professeur de chi-


Un autre argument à l’appui de cette opinion sortira de l’examen que nous allons faire du ca­ lendrier. Le Calendrier et ses prolégomènes occupent, avons-nous dit, les treize premières pages du manuscrit. Ce que nous appelons prolégomènes consiste en ce qui suit : 1 2 3 4 Exclamant tristes indumentis spoliati. 5 6 7 8 Lugent penitentes letantur glorificati. 9 10 U 12 Decantant humilescarnalibus evacuati. 13 14 15 16 17 Carmina dcspiciunt redimuniscelus cdifficati. 18 19 Menstrua mundiffîcant.

Per versus precedentes poles scire anno quolibet quoi sepUmane sunt a proximiori dominica naiivitalis domini usque ad proximam dominicam xnê. Et est sciendum quod cum aip-fus m imerus currit per j dictionein videlicet e x c l a m a n t desei'vit illi anno. Et quot lilterc su7it in dicta dictio7ie tôt septimane sunt a,proximiori dominica nativitate usque ad proximam domini^ rurgie à Paris en 1777, remplit encore ces fonctions sous la République, avec le titre de professeur à l ’Ecole de santé qui était la Faculté de médecine d’alors. Continuant l'I/isloire de la Chirurgie dont Dujardin avait donné le premier volume, il publia le second en 1780. Lorsqu’il mourut en 1804, il laissa en autographe une suite complètement terminée qui conduit cette histoire jusqu’à la fin du xvic siècle. Dans ces derniers temps, les héritiers du professeur Paul Dubois ont offert ce travail à l’Aca­ démie de médecine, qui s'est mise en instance pour le faire im­ primer aux frais de l'État. Nous y avons vérifié que si Peyrilhe n’a pas mentionné, à l ’article Guy de Chauliac, le manuscrit que le Toulousain Villar lui a communiqué en 1777, quelques notes marginales d’écriture moderne, attirant l’attention sur cer­ tains passages dans ce manuscrit, sont certainement de sa main.


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XV

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cam xLê. El sic per conseguens de aliis dictionibus sic per orrftnem deservientibus. 1 2 3 4 5 6 7 Primus homo cœdens socia mala plurima fecit. 8 9 10 11 12 13 Infelix mulier cito credens offuit ade 14 15 16 n 18 19 Fellit culpa xeos elatis mucro minatam

Nola quod in tribus veìsibus supra scriplis sunt xix dicliones secundum aureum numerum lune. Et quoi litteì'e sunt in qualibel dictioiie tot ebdomade sunt a proxirniori domintca natoli domini usque ad l x x «“ *.

Tout ce bas latin est assez transparent pour n’avoir pas besoin de traduction. Nous n’en relè­ verons pas la fantaisie, les incorrections, les fautes de quantité, etc. Nous nous demandons seulement si carmina n’est pas un lapsus pour crimina ? Les vers, puisqu’il plaît au scribe de les qualifier ainsi, sont donc un assemblage de mots choisis, sans grand souci du bon sens, pour constituer des formules mnémoniques au moyen desquelles, étant connu le nombre d’or de Tan­ née, on puisse savoir quand tombera le dimanche de la Quadragèsime ou celui de la Septuagésime, et par conséquent en déduire celui de Pâques, jour où alors commençait Tannée. Or on sait que la Quadragèsime est le sixième dimanche, et la Septuagésime le neuvième dimanche avant Pâques. Poursuivons notre description. En regard de ce latin, sur la même page, est figuré un cadran ou gnomon chronologique dressé suivant la période julienne, où sont


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XVI

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inscrits quatre cercles concentriques, les deux plus grands divisés en vingt-huit cases, et les deux petits en dix-neuf seulement. Dans le pre­ mier cercle extérieur sont distribuées vingt-huit lettres majeures comprenant le cycle solaire. Dans le second, sept lettres majeures seulement, espacées de quatre en quatre cases, représentent les lettres dominicales. Dans le troisième cercle sont distribués les chiffres 1 à 19, constituant la série des nombres d’or du cycle lunaire. — Le cycle pascal de 532 ans étant le pro­ duit des cycles solaire et lunaire multipliés l’un par l’autre, nous avons ici les éléments d’un calendrier perpétuel. — Dans le quatrième et plus petit cercle, dix-neuf lettres mineures occupent les caseSj sans être ordonnées en suite régulière. Nous n’avons pu en découvrir le rôle; aucun des ouvrages spéciaux que nous avons consultés ne nous en a donné l’explication. Un fleuron, placé en dehors et en haut du ca­ dran, comme pour lui servir de poignée, ren­ ferme le nombre 1468, et ce nombre est répété dans un pareil fleuron renversé, placé au centre du cadran. Les branches de ces fleurons, ainsi opposées, embrassent dans leur ouverture quatre des cases décrites superposées verticalement et contenant de haut en bas les lettres et chiffre C. B. 6. i. L’énoncé de toutes ces dispositions peut être vérifié sur le fac-similé de ce gnomon que nous joignons ici pour la satisfaction des


— xvn — curieux en matière de comput. Nous prions les spécialistes de donner la signification du qua­ trième cercle.

A première vue, on pouvait présumer que le nombre 1A68, deux fois répété, était une date, la date même de l’année où fut achevé le manu­ scrit. Il était important de s’en assurer; nos recherches nous en ont fourni la certitude. En consultant les Tables de concordance chro­ nologique de Duchesne, insérées dans YAnnuaire 2


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X V 111 —

pour Í8i2 de la Société de l'IIisloire de France, nous avons trouvé que l’année I /168 était une année bissextile ayant C. B. pour lettres domini­ cales et 6 pour nombre d’or, résultat conforme à celui indiqué par les fleurons du cadran. Pour contrôle, nous étant reportés aux formules mné­ moniques citées plus haut, nous avons vu que le nombre 6 correspondait d’un côté au mot peni­ tentes, composé de dix lettres, indiquant que le dimanche de la Quadragésime est tombé cette année-là dix semaines après Noël, et, de l’autre côté, au mot plurima, composé de sept lettres, indiquant les sept semaines qui ont séparé Noël de la Septuagésimo. Et, en effet, le 1'” jan­ vier 1468 étant un vendredi, le dimanche le plus proche de Noël tombait le 27 décembre, la Qua­ dragésime le 6 mars, la Septuagésime le l/i fé­ vrier. ’i^oilà donc l’âge de notre manuscrit défi­ nitivement fixé. Le calendrier journalier se signale par un grand luxe de majuscules décorées, et par l’emploi d’encres de couleur variée. On y remarque quel­ ques détails qu’on nous saura peut-être gré de faire connaître. En tête de chaque mois, sauf janvier où la place est envahie par les ornements de la bor­ dure, un vers latin à rimes léonines forme une devise qui note de certains jours, deux par mois, l’influence fâcheuse. Ces jours sont les Dies œgri, jours malsains, ou Dies œgyptiaci, ainsi nommés


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XIX

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parce que cette superstition remonte aux usages de l’ancienne Égypte. Comme ces vers diffèrent de ceux attribués à Bède le Vénérable (m. en 735) qu’on trouve plus ordinairement dans les ma­ nuscrits, ii nous a semblé utile de les citer. F évrier.... Mars......... Avril......... Mai........... Juin ......... Juillet ....... Août......... Septembre. Octobre... Novembre. Décembre .

Quarta subiti mortem 'prostcrnil teì'tia fortem. Primus vtandenlem disrumpit quarta bihenlem. Denus et undenus inorlis sunt vulnere plenus. Tercius oecidil et bora septima relidit. Demis pallescil quindenus federa nescit. Tredecimus mactal julii denus labefactat. Prima necal fortem perdit que secunda cohortem. Tercia septembris et denus ferì mala membris. Tercius et denus est sicut mors alienus. IVovembris quintus et tercius est nece cinctus. Septimus exaTtgis virosus denus et anguis.

Nous devons dire que la notation des jours mauvais dans notre calendrier n’est pas con­ forme à celle donnée dans ces vers. Le rubriqueur qui signale ces jours par la mention d. eg. ou d. eger, suivie de l’indication précise de l’heure la plus critique, ne maintient que le premier jour à la date fixée et transporte le second jour à une date variable entre le 20 et le 30, hormis pour le mois de juin, où il le place au 16. Obéit-il là à une autre règle, ou ne suit-il que son caprice? c’est ce que nous ne saurions dire. Pour chaque jour du mois, les indications qui suivent sont ordonnées dans autant de colonnes distinctes : 1° Aureus numerus; — 2“ Hore gradus lune; — 3° Minute; — à" Gradus salis [in signo


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XX

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congruente]; — 5“ Lülere domi?iicales; — 6“ Le quantième romain ; — 7° L’eponymie des fêtes fixes de l’Église et de quelques saints principaux ou topiques; — 8° Numerus dierum; — 9° Aureus numerus communis. En outre, des colonnes partielles supplémen­ taires donnent, dans les cinq premiers mois, des Claves lerminorum ainsi distribuées : Ad iiweniendam Septuagesimam, commençant au 7 janvier. Ad inveniendum Quadragesimamy — 7 février. Ad inveniendum festam Pasche, — I l mars. Ad inveniendum Rogationcs, — 15 avril. Ad inveniendum Peutliecostam — 9 mai.

« On appelait claves lerminorum^ clefs des fêtes mobiles, un nombre propre à chaque an­ née et qui, étant compté à partir de certains jours fixés pour ies différentes fêtes mobiles, in­ diquait l’époque où ces fêtes devaient tomber. » N. de Wailly, Paléographie. — Nous noterons que M. de Wailiy fixe au 28 janvier pour la Quadragésime, et au 19 avril pour la Pente­ côte, les termes que notre manuscrit fait partir du 7 février et du 9 mai. Ces différences sont peut-être dues à une négligence de l’écrivain; autrement, elles provoqueraient l’attention des chronologistes. Signalons aussi les indications anormales des saisons qui sont mises non à leur date astrono­ mique, mais simplement à leur époque climaté­ rique : — 22 février. Inilium veris. — 2/i mai.


Inilium eslalis. — L’automne manque. — 20 no­ vembre, Inilium yemis. Enfin, un dernier détail ne sera peut-être pas indlflérent aux « abstracteurs de quintessence ». — Au 25 novembre, le nom de Katherine Virginie et marlyris est écrit en encre de vermillon, parmi ceux des autres saints, qui ne sont écrits qu’en encre noire. Si ce n’est un hasard, on peut voir là une intention courtoise du scribe qui mettait ainsi en relief la patronne de la « si digne et si parfaiete damoiselle » pour qui l’œuvre a été faite. En comparant notre liste éponymique des fêtes fixes et des saints avec celles des calen­ driers usités au moyen âge dans divers diocèses de France, reproduits par M. L. Delisle dans VAn7iuaire historique de la Soc. d'IIisl. de France pour 185ij nous nous sommes assurés qu’à quel­ ques légères dissemblances près, dues peut-être seulement à la différence des âges, cette liste se rapprochait de celle du calendrier de 1298-99, indiqué comme tiré d’un missel provenant d’une dépendance de l’abbaye de Grand-Selve, au diocèse de Toulouse. Nous constatons en plus, dans notre calendrier, l’inscription de quel­ ques saints topiques, tels que saint Fulcran, honoré spécialement à Lodève, sainte Quiterie à Aire-en-Gascogne, saint Paul, évêque, à Nar­ bonne, etc. Ces particularités justifieraient à elles seules la présomption de l’origine toulou­


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XXII

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saine, ou tout au moins languedocienne, du ma­ nuscrit A; jointes à celles que nous avons expo­ sées plus haut, elles nous semblent la confirmer d’une manière indiscutable.


III. — DE L ’ A O T E U D , DE

XXlll

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de

DATE ET DES SODRC ES

la

l ’o eu v r e .

Si l’opuscule que nous éditons s’était rencontré seulement dans notre manuscrit A, ou si les trois autres versions que nous en connaissons n’avaient été réunies qu’à des œuvres de Guy de Chauliac, nous nous serions moins défendus d ’admettre, comme d’excellents esprits l’ont in­ sinué, que l’auteur de Vinventaire de la chirurgie est aussi celui des « Secrets des Dames », et que nous avons là peut-être « une œuvre de sa jeu­ nesse ». Mais l’axiome : Is pater est... était ici sans valeur ; il n’y avait pas plus de raison d’at­ tribuer cette paternité à l’illustre chirurgien des papes d’Avignon, qu’à Lanfranc, à Jehan de Borno, à Jehan le Lièvre, à Jehan Piscis, etc., dont nous voyons les ouvrages figurer dans les Recueils manuscrits B, G, D. Nous n’avons aucun guide, aucun indice pour la rechercher ailleurs. En l’état actuel des choses, elle reste une énigme à déchiffrer, nous l’avons vainement essayé. Sans entrer bien avant dans la discussion à laquelle nous nous sommes livrés sur cette ques­ tion, donnons l’argument péremptoire qui met Guy de Chauliac hors de cause. C’est la mention faite de Valesius, ou Valescus, en deux passages de nos « Secrets » (p. 28 et à3). Or, Valescus de Tarenta, dont il s’agit, médecin de Montpel­


lier, n’y dicta qu’en IZ1I 8, année de sa mort, son grand Recueil connu sous le titre de Philonium, dont le sixième livre traite des maladies des femmes. Guy de Chauliac, lui, avait donné, en 1363, rInventaire, son dernier ouvrage, « com­ posé pour le soûlas de sa vieillesse ». De Lanfranc il ne pouvait être question, car on sait qu’il était mort au commencement du xiv' siècle. Quant aux autres personnages prénommés Jehan, nous ne les connaissons que par la mention qu’on en trouve aux sommaires de nos manuscrits. « Je ne suis pas accoustumé descrypre ne dic­ ter », dit notre auteur anonyme. Si ce n’est pas là simplement un moyen de se déguiser pour éviter les foudres de la Décrétale, c’est du moins une habileté pour attirer davantage l’attention du lecteur. Ce procédé de fausse modestie n’est pas nouveau, on en avait déjà maint exemple. Pour n’en citer qu’un : Jehan du Pin, moine de Vaucelles, auteur du Livre de bonne vie et d’autres ouvrages qui ont une place dans l’his­ toire littéraire du moyen âge, disait • Je ne suis clerc ne usagez Je no sçay latin no ebrieiz.

Or, c’était un personnage notable dans les lettres, au xiv® siècle, que La Croix du Maine qualifie de théologien, de médecin, de poète et d’orateur. Notre homme aussi sait écrire; bien plus, il


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sait le latin, puisque « pour le premier il trans­ late en fransois ung livre lequel nos devize les Secres des Dames ». C’est un philosophe, un érudit, un médecin. Il extrait des maîtres an­ ciens des passages qui ne se trouvaient pas dans ce « Livre »; il en emprunte d’autres aux maîtres des XIV“ et xv“ siècles, à ses contemporains peutêtre; et il nous révèle ainsi les noms de maîtres ignorés : Solnis, Liensceval, Pleing, et celui d’Alix Patrix, la matrone émérite dont les préceptes d’obstétrique remplissent un long chapitre. L’époque à laquelle ce livret fut composé est tout indiquée par deux dates certaines : celle de 1A18, où Valescus publie son Philonium, celle de 1Î|53, où le copiste Beludet transcrit le manuscrit D. C’est donc dans l’espace de trente-cinq ans qui les sépare que, pour complaire à « une damoiselle (une sage-femme peut-être, ou aspirante à le devenir) qui le pria pour loiale cortoisie », le compilateur inconnu a rédigé « cest présent traictîé qui sera appellé le Secret des Dames ». A l’énoncé du titre, on pouvait présumer, à la lecture des premiers feuillets, on ne pouvait douter que le fameux Alberli magni Secrela mulierum n’en fût le premier modèle. Les citations et les rapprochements, extraits d’un exemplaire imprimé au xv” siècle, qu’on lira dans nos notes, le démontrent assez. Mais ce n’est pas là une imitation servile; des retouches profondes ont été faites, d’autres traits ont été ajoutés qui lui


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donnent une physionomie personneile ; en un mot, nous n’avons point ici ia première tra­ duction française du Secreta^ dont ia pius an­ cienne édition connue n’apparut qu’au miiieu du XVI® siècie, ni encore moins la première forme de ces Admirables secrets d'Albert le Grande dont ies nombreuses éditions passent sous la presse depuis l’année 1703. A quelles sources ont été puisées ces additions? C’est ce que nous aurions voulu éclaircir ; mais dans les manuscrits, dans les imprimés, nous avons poursuivi une piste qui s’est incessamment dérobée. Nous avons ainsi vaipement étudié, en même temps que nombre d’autres, les manuscrits de la Bibl. nat. : Latins n” 7106 : Traclalus de secrelis mulierum editus a Cleopatra, summo medico', Anonymi opusculum de eodevi argumento; n°* 696Z|, 6988, 7056 [5"] : üe passionibus mulierum secundurn Trotulam, etSumma secundurn Trotulam n°" 7036, ]. Plus ordinairemoEt, mais aussi'faussement attribué à Cléo­ pâtre, reine d’Égypte. Le ms. 'îOSô (6o| on contient un autre exemplaire avec le titre : Cleopatrœ ad Deodalam liber de morbis

mulierum. 2. Trotula, magisira saîernitana (dont le dict. de Moreri, au mot Sáleme, estropie le nom en Trotuosa), florissait dans la seconde moitié du xii« siècle. Son œuvre est imprimée dans l’éd. Aldine des Medid antiqui omne.'i qui latin. HL, etc. Venetiis, ISdT ; dans le recueil de Wolphius, cité plus loin, où 'irotula est déguisée sous le personnage d'Éros, médecin de Néron ; et encore dans la Colleclio salo'niiana donnée par M. de Renzi, Neapoli, 1852. — On a admis difficilement, paraît-il, que Trotula fut une femme. Ne voyons-nous pas les savants rédacteurs du


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7056 l8“] : Anonymus de midierum œgrüudinibus ; Français, n« 1327 : Le Voidum du regime des damesJ on Trocula [sic]; les imprimés: De secrelis mulierum, dans Ic Poema medicum... édité par C. Dareraberg ‘ ; la collection de Gaspard Wolpliius : Gynœciorum sive de mulierum affectibus cominenlarii...lamolimelnunc recens edilorum... Basilæ, 1586, 3 in-Zi°, et la réédition augmentée qu’en a publiée Israel Spachius, Argentinæ, 1597, in-foL; sans avoir négligé de nous renseigner dans J.-G. Schenkius : Pinax auciorum... qui de Gynœcia... scriplis excoluerunl. Argentorati,1606, in-S». Il nous faut rester court en face des œuvres ignorées de ces maîtres, qu’on ne connaîtra vrai­ semblablement jamais que par les emprunts que leur a faits notre auteur. catalogue des mss. latins de la Bibliothèqno nationale, au siècle dernier, en mémo temps qu’ils faisaient do Cléopâtre un sumrmis medicus, noter ainsi une pièce d'un ms. chiffré par erreur typographique (et que nous n’avons pu à cause de cela exa­ miner) : Magistrœ Trotnlœ Salci'nilanœ, sive potius maçistn

Trotulœ, docloris Salernitani^ tractatus de symploniatibus rmilierum! 1. De secrelis mulierum, De chirurgia, De modo medendi, libri septem. Poema medicum nunc primum edidit d*" Car. Darem* berg. Nespoli, 1855, in-8®.


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IV.

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X X VI II

DE LA DÉCRÉTALE ET

DE LA DÉFENSE

DE RÉVÉLER (I LES SECRETS ».

Existe-t-il vraiment une décrétale commençant par ces mots : Arf meam docirinam? A quelle époque a-t-elle été édictée? Visait-elle particu­ lièrement des œuvres d’enseignement ou de pra­ tique comme celle que nous étudions? Ces questions ont été posées. Bien qu’il soit difficile d’y répondre catégoriquement, nous allons les examiner. En se reportant aux titres de nos quatre ma­ nuscrits, on voit que l’interdiction de révéler ces secrets n’est pas formulée de la même ma­ nière. Les deux premiers disent; — ... « défendus de révéler aux femmes sous peine d’excommuni­ cation par N. S.-P. le pape en la décrétale Ad meam docirinam. » Le troisième est moins expli­ cite ; — ...« défendus à révéler sous peine d’ex­ communication et de la décrétale à la mienne doctrine. » Le quatrième ne cite pas les premiers mots de la décrétale, mais il particularise d’une autre façon défendus à révéler sous peine d’excommunication en la Clémentine à nulle femme ni à nul homme s’il n’est de l’office de chirurgie. » Nous sommes donc avertis par les uns que la caractéristique de la décrétale est ; Ad meam docirinam^ et que la défense est générale pour les femmes, par le troisième que cette dé-


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fense est générale pour tout le monde, par le quatrième, que cette décrétale est une Clémen­ tine, et que la défense ne s’applique pas aux femmes et hommes se livrant à la pratique de la chirurgie. De ces allégations, il nous a été im­ possible de contrôler l’exactitude, aucun docu­ ment ne nous ayant apporté d’éclaircissements précis. Alors que le manuscrit A était seul connu de nous, de savants spécialistes en matières cano­ niques nous écrivaient cette consultation : — « Malgré nos investigations répétées, nous n’a­ vons pu arriver à retrouver ce document dans les différentes collections de pièces pontificales. La plupart de ces collections s’arrêtent à une époque antérieure à celle où aurait été rédigée cette décrétale, et aucun supplément n’a pu nous en fournir la trace. Du reste, l’opinion de mon confrère et la mienne se rencontrent pour esti­ mer que cette pièce est supposée. Tout au moins ce début : Ad meam doclrinam, sort complètement du style connu des préambules-titres des Actes pontificaux. 11 y aurait lieu de croire que cette supposition d’une décrétale dans le titre de votre manuscrit a été faite pour piquer la curiosité du lecteur. Il y a de nombreux exemples de sup­ positions semblables aux xiv® et xv“ siècle... G. S. » — Lettre au D"" Colson. Tout en accueillant cet avis avec la déférence que méritent ses auteurs, nous n’avons pu dé­


couvrir la raison qui leur faisait pressentir l’é­ poque où cette décrétale aurait été rédigée. Quant à déduire la négation de cette pièce de ce que « son début sort du style connu des préam­ bules-titres des Actes pontificaux », nous objecte­ rons que s’il est vrai que ce titre se compose, presque toujours à présent, des deux premiers mots seulement de l’acte, on en rencontre beau­ coup qui sont formés, comme le nôtre, de trois mots, et même d’un seul. Et si c’est la formule Ad meam doclrinam qui paraît n’être pas suffi­ samment autoritaire, ou, comme on dirait mieux aujourd’hui, infaillible, nous représenterons qu’il s’agit ici d’une simple lettre et non d’une bulle solennelle. De notre côté, nous poursuivîmes nos recher­ ches. Sans négliger, dans notre zèle d’écolier (qu’on veuille bien nous absoudre!), de prendre connaissance des nombreux et majestueux infolio des BuUarum amplìssima — nova et accu­ ratissima — colleclio, du N. de Tudeschis in décrétâtes, du Jus canonicum in V libres decretalium... de Pirhing, de divers autres traités des fausses ou vraies décrétales, du Pseudo-decretales Isidorianœ, du Concordaniia discordantium canonum de Gratien, etc., nous dépouillâmes consciencieusement, mais vainement VAnliquœ coUectiones très decretalium, le Gregorii IX nova compüatio decretalium, dans la monumentale édition de Mayence, 1A73, le Bonifacii VU! liber


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sextus decrelaliun, le Clemenlis papce V singu­ lares conslilulionum lexlus, contenant en outre les Extravagantes decretales de Jean XXII, et enfin les Extravagantes communes dont la série se poursuit jusqu’en 1/|83, collections qui, avec les précédentes, forment l’ensemble considé­ rable, mais néanmoins incompiet, des Décrétaies édictées jusqu’aiors. La pièce cherchée ne nous apparut pas davantage dans le Regesta Pontificum romanorum de Ph. Jafifé, catalogue dressé avec toutes les ressources de l’érudi­ tion moderne pour les bulles et lettres des papes antérieures à 1198; dans la continua­ tion de ces Regesta, à partir de cette date, par Aug. Potthast, actueliement en cours de publication, mais dont ia dernière livraison, existant à la-Bibl. nat. au moment où nous les compulsions, n’atteint que i’année 130Zi. {Beroiin., 1875.) Nous ne vouions pas néanmoins con­ clure, dès à présent, à la non-existence dudit acte. Il reste à achever le dépouillement de la collection des minutes des lettres apostoliques dont ia série complète de 1198 à 1566 est, pa­ raît-il, conservée au Vatican; M. Potthast s’en occupe peut-être ! Si nous avons ainsi fouillé dans les plus an­ ciens âges, c’est que rien n’indiquait alors dans quelles limites nous pouvions nous borner. A notre tour, nous pressentons que ces documents» auxquels nous nous sommes laborieusement


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adressés, se réfèrent presque tous à des temps antérieurs à notre décrétale. C’est qu’il nous est venu par le manuscrit de 1453 un renseignement qui précise une époque, ou qui, du moins, res­ treint le champ dans lequel les recherches restent à faire. « En la Clémentine! » On a donné spéciale­ ment le nom de Clémentines au recueil des actes de Clément V, publié sous le titre de ConstüuHones démentis papœ. Nous avons cité tout à l’heure ces « Constitutions » parmi les collec­ tions dépouillées infructueusement. Il n’y a là, en effet, qu’un petit nombre relatif d’actes régle­ mentant le droit canonique; ceux qui touchent au gouvernement spirituel en général et à la police morale n’y sont pas compris. Clément V occupa le saint-siège de 1305 à 1314. Nous avons dit que les Tables de M. Potthast s’arrêtent pour le présent à 1304. Deux autres papes du même nom. Clément VI, de 1342 à 1352, Clément VII, de 1378 à 1394, peuvent aussi être argués pour le rescrit dont il s’agit. Leurs Actes ont dû être aussi qualifiés de Clémen­ tines, au moins dans leur siècle; et nous sa­ vons maintenant que les « Secrets » ont été rédigés entre 1418 et 1453. Ces trois Clément ont siégé à Avignon, et si le dernier, élu en opposition à Urbain VI, ouvre le « Grand schisme » et, con­ sidéré comme antipape, est mis hors de la série légitime des souverains pontifes, il n’en fut pas


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XXXIll

moins seul reconnu et obéi dans une grande partie de l’Europe chrétienne, et notamment en France. Il y aura donc à le prendre à partie au besoin; puisse de celuFci quelque archiviste dé­ voué cataloguer un jour les diplômes ! Alors que cette vérification aura tout entière été accomplie sans résultat, alors seulement, nous aussi, nous tiendrons pour apocryphe cette décrétale, nous la déclarerons imaginée par le sagace auteur des « Secrets », en vue d’assurer le succès de son œuvre, de stimuler la curiosité des femmes (et des hommes!) par l’attrait du fruit défendu, aussi vif de son temps et du nôtre que de celui de notre mère Ève ! On voit bien que nous sommes disposés à croire à la réalité de cette défense, avec ou sant décrétale. Pour ne parler que du passé, il était dans l’intérêt comme dans les volontés de l’Ëglise de hérisser d’obstacles les abords de l’arbre de la science. En maintes circonstances, le laïque en fut repoussé par des décrets inhibitoires, par des menaces d’excommunication. Au moyen âge, clerc et savant étaient synonymes, les prêtres étaient presque seuls lettrés; il fallait appartenir à l’ordre de clergie pour exercer et même pour être admis à étudier la médecine : l’autorité papale veillait jalousement sur ce pri­ vilège. La chirurgie, au contraire, considérée seulement comme art manuel, et tout au plus organisée en confrérie, ne relevait que de l’adn


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ministration civile. L’un et l’autre sexe pouvait la pratiquer librement ; aussi en résultait-il de graves désordres. « La majeure partie de ceux qui exercent cet art, — disait Brunus en 1252, — sont des idiots, des rustiques et des imbéciles; et ce qui est plus horrible encore, des femmes viles et présomptueuses ne craignent pas d’en faire abus. » Tempore presenti... illi qui hanc artem exercent pro majori parte sunt idioti, rustici et stolidi; immo, quod indecenlius et horribüius judicatur, viles fœminæ et prœsumptuosœ artem hanc usvrpaverunt et abutuntur eâ. (Chirurgia magna Bruni Longoburgensis, — in prologue, — Venetiis, 15Zi6.) Ce n’est, paraît-il, qu’en 1311 pour la première fois, qu’un règlement de police édicta l’observa­ tion préalable de certaines formalités. Une ordon­ nance de Philippe le Bel, rendue sur la plainte des confrères chirurgiens « qu’ une infinité de personnes infâmes et de mauvaise vie faisaient profession dans Paris de l’art de chirurgie, au grand préjudice de la santé et de la morale pu­ blique », défendit à tous individus de l’un ou de l’autre sexe « nullus chirurgiens, nulla chi­ rurgica », d’exercer la chirurgie s’ils n’ont, après examen devant les maîtres assemblés, ob­ tenu du chirurgien du Roy au Châtelet la licence de pratiquer, « licentiam operandi in arte predicla ». Un serment devait en outre être prêté entre les mains du prévôt royal. Ne serait-


ce pas à ce moment que Clément V, à l’invita­ tion de Philippe, intervint de son côté pour por­ ter remède à un mal qui s’aggravait! (V. à l’Appendice : Addilion aux notes.) Et nul doute que parmi les moyens à employer, il n’ait songé à empêcher la vulgarisation de livres tels que ceux déjà anciens de Cleopatra, de Trotula, etc., probablement aussi ceux plus récents, contem­ porains peut-être, tels que le Poema medicum, et même l’opuscule d’Albert le Grand. Cet illustre savant était mort depuis une trentaine d’années seulement — 1282 — mais le Sécréta, présenté comme écrit par lui alors qu’il professait à Pa­ ris — morans Parisius — vers 12A5-12A8, devait déjà être répandu et vraisemblablement avoir tenté les traducteurs. La responsabilité de ce cé­ lèbre traité appartient-elle à Albert, ou à son disciple Henri de Saxe, ou à quelque autre de ses disciples, qui l’aurait rédigé sur ses leçons ? C’est ce qui a été maintes fois débattu avec des fortunes contraires, et que pour notre compte, nous ne chercherons pas à approfondir en ce moment, la question étant indifférente à cette étude. Le De secrelis du « Poema medicum », que Littré et Daremberg font remonter à la fin du xiii” siècle, avait sans doute paru; et nous sa­ vons qu’une traduction ou un similaire en vers flamands, de même titre et de même date, existe à Bruxelles dans la Bibliothèque des ducs de Bourgogne, où il est classé sous le n” 15 0.87. Il


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est remarquable que de ces divers ouvrages il ne se trouve à la Bibl. nat. parmi les manuscrits, en dehors des trois exemplaires de nos « Secrets », qu’un spécimen unique d’une version française de Trotula ; « Le Voulum du regime des Dames ». N’est-on pas en droit de supposer que la crainte de pénalités sévères a arrêté les traducteurs, ou que le plus grand nombre des exemplaires des traductions qu’on a faites ont été détruits par l’autorité ecclésiastique, ou par leurs posses­ seurs eux-mêmes, sous la menace de l’excom­ munication, pendant les xiv” et xv' siècles. Plus tard, l’anathème atteignit jusqu’aux textes latins. L'Index operum H. Alberti magni... Parisiis, G. Sassier, 1646, nous apprend que la censure ecclé­ siastique a frappé le « De secrelis mulierum » en 160.3, et qu’il est signalé dans Vl/idex librorum proinbitorum de 1612. Par suite, sans doute, un Incunable provenant d’une bibliothèque conven­ tuelle et conservé à la Bibl. nat.. Réserve R. 619 Ge, porte en marge de la première page l’anno­ tation ms. : Liber prohibilus. Ces livres traitent des organes et des œuvres de la reproduction humaine. Ce sont là matières délicates réservées à la science; que la médecine et la philosophie en fassent leur domaine exclusifi — « Hogans — dit Albert — ut in hoc opéré de negotio cons tans ac celans sitis, ne aliquem puerum tam in (elate quam in moribus ad preesenliam pervenire permillilis. » Telles connais­


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sances sont nuisibles aux esprits faibles, cor­ ruptrices aux natures grossières; elles fournissent des armes aux mains perverses; Ad meam docirinairij — dit le Pontife, gardien suprême des bonnes mœurs, — tels secrets sont dangereux, qu’il soit interdit de les révéler 1


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XXXV i i r

Ainsi qu’on a pu le voir dans la description sommaire de nos manuscrits, les « Secrets des Dames » n’apparaissent que dans des recueils exclusivement composés de pièces traitant de matières de médecine ou de chirurgie. C’est donc un livret classique nécessaire à l’instruction des praticiens, barbiers et sages-femmes d’alors, au même titre que Lanfranc, Guy de Chauliac, etc. Mais est-ce bien ce caractère seulement qui lui attirait des lecteurs? D’honnêtes gens, dans leur zèle, ont pu en penser autrement!... Oublié depuis quatre siècles, s’il revient à la lumière aujourd’hui, il n’a plus la prétention d’être un livre d’enseignement scientifique, encore moins risque-t-il de passer pour un instrument de propagande scélérate; par conséquent, à l’abri désormais du juste dédain des vrais savants et des anathèmes de l’Église, il ne s’offre à l’atten­ tion bienveillante des hommes d’étude qu’avec le simple mérite de n’être plus qu’une épave cu­ rieuse et inoffensive du passé. C’est, nous l’avons dit, la leçon du manuscrit A que nous avons reproduite intégralement comme étant la plus correcte et la plus étendue. Ses lacunes ont été remplies, ses obscurités ont été éclairées par les textes des mss. B et G. Notre travail était achevé d’imprimer lorsque nous


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eûmes connaissance du ms. D; nous ne pûmes donc utiliser cette nouvelle version que pour contrôler l’à-propos et la justesse des additions et corrections déjà faites particulièrement au moyen du mss. G. Elle ne nous fournissait d’ail­ leurs aucun élément qui modifiât l’état acquis ; cependant quelques additions et variantes étaient à signaler, nous les avons fait figurer à l’appen­ dice, dans le chapitre : Addition aux notes. On peut classer ces manuscrits en deux groupes. D’une part, les mss. A et B sont apparentés quant au style et sont les plus modernes. A en juger par le genre de l’écriture et l’allure plus libre de la phrase, le second serait le dernier venu. D’une' autre part, les mss. G et D présentent aussi un type commun : ils ont la même grammaire et leurs omissions se font aux mêmes endroits. G a plus condensé la matière; il supprime volontiers les choses inutiles, à commencer par le préambule. D l’a conservé, mais son texte est encore davan­ tage écourté. Nous ne saurions dire de ces deux quel est le plus ancien. Malgré l’air de conformité qui caractérise chaque groupe, il est manifeste que de ces quatre manuscrits aucun n’a servi de modèle à l’autre. Les dissemblances notables qu’on y rencontre dans la langue, dans la construction des phrases, dans le développement même de la matière, font voir la diversité des originaux et la variété des façons d’opérer des copistes. L’œuvre a été


exécutée sur commande, luxueusement, avec apparence d’attention, comme notre ms. A, ou, en prévision d’une demande éventuelle, simple­ ment, un peu sans façon, comme le ms. D; elle a été écrite avec soin comme le ms. C, ou grossoyée négligemment comme le ms, B. Chaque scribe suivait plus ou moins scrupuleusement son modèle; car, on dirait de certains passages qu’ils ont été écrits sous la dictée, l’oreille n’ayant perçu que des assonnances dépourvues de sens, ou altérant le sens; de certains autres qu’ils ont été rédigés de mémoire, le sens différant entiè­ rement et se contredisant même parfois dans les diverses leçons. A cela se joignent les altérations de mots dues à une mauvaise lecture, ou à un déchiffrement difficile de l’original. Nous n’avons relevé que quelques-unes de ces incorrections dans les notes, mais nous en avons donné un spécimen plus étendu dans l’Appendice, à la suite de nos observations sur l’orthographe défec­ tueuse ou singulière du ms. A. Quant aux omis­ sions, elles peuvent, autant que les autres imper­ fections dont nous venons de parler, provenir des vices du modèle; mais il n’est pas douteux qu’elles ne soient parfois volontaires; dues à la paresse du scribe, elles trahissent son infidélité, tout comme les jeux de mots et coq-à-l’âne, insi­ nués effrontément à travers le texte témoignent de son espièglerie. Par ce qui précède, on com­ prendra que l’étude de ces documents nous ait


apporté maintes difficultés à résoudre, et que nous ayions dû dire, à notre tour, comme Schoeffer en 1473 (v. Supraj p. xv) : Scribi scripturas disponoro si volo... Est labor et falsos accomodare libros.

Les additions et corrections faites au texte du ms. A sont renfermées entre des crochets [ ] et spécifiées au bas des pages par les abréviations add. et corr. De même les variantes sont précé­ dées de la syllabe var. D’autres notes mettent eu regard de certains passages les passages corres­ pondants du Secratamuiieram d’Albert le Grand’, qui est la source principale de nos « Secrets ». D’autres notes encore exposent les observations que la matière nous a suggérées, ou ont pour 1. L’édition où nous avons puisé ces extraits est un incunable provenant de la bibliothèque de Hazard, do l’Institut. En voici la description : Sécréta mulierum/ et virorumahalberlomagno composi / la nu~ perrime correcta et emendata. Au-dessous de ce titre se trouvo la marque du libraire Denis Roce, et plus bas : Venduntur sub signo divi martini / vicosancti iacobi. A la iîn du volume on lit : Impressumpa/ risii pro dionhio Roce |s, d. vers 1500]. — Pet. in-8® gotli. de 44 iT. non chiffrés, do 33 lignes à la page. L'imprimerie, dès ses débuts jusqu’au milieu du siècle der­ nier, n’a cessé de multiplier les exemplaires de ce célèbre opus­ cule. La place importante qu’il occupe dans l’histoire des sciences et dos mœurs de nos aïeux justifierait qu'on prit la peine de dresser sa bibliographie critique. Dans un rôle plus modeste, nous avons essayé de faire cello des éditions an­ ciennes do sa traduction en français, et nous l’avons placée à la fin do l’Appendice comme un complément naturel de ce pré­ sent livre.


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XLII —

objet d’établir la valeur linguistique de quelques mots anciens. Pour achever d’édifier le lecteur et épargner son temps, nous avons développé ces études, à l’Appendice, dans le chapitre : Addilion aux notes, et dans un Glossaire spécial dont quelques-unes des remarques philologiques pro­ cèdent de la savante et judicieuse étude deM. L. Constans sur Marie de Compïègne et l'Évangile aux femmes La lithographie qui sert de frontispice à notre livre est le dessin de la miniature qui c<illustre » le début de l'Inventaire de chirurgie dans le ms. A. Sauf un fragment de la partie su­ périeure, nous avons dû, pour le réduire à notre format, supprimer les ornements qui l’encadrent et bordent toute la page. Cette miniature représente le maître, assis dans une chaire surmontée d’un dais richement sculpté et surélevée de plusieurs degrés, lisant dans un volume ouvert sur un pupitre la leçon qu’il ex­ plique à ses disciples placés autour de lui sur des bancs. Debout à ses côtés, S. Còme et S. Da­ mien, reconnaissables aux nimbes qui les cou­ ronnent, l’assistent de leur présence. Tous deux tiennent de 1a main droite la spatule et de 1 . Marie de Compiègne d’ajrrès VEvangile aux femmes. Texte publié pour la premièi’e fois dans son intégnlé d'après les guatre manuscrits connus des xiiie, xiv® et xv® siècles, avec un cotn~ mentaire philologique et gi'ammatical, par M. Constans. — Paris, 1876, inSo.


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XLI II

—

l’autre la boîte à onguents, attributs des chirur­ giens. (« Le chirurgien ouvrant manuellement doit porter avec soy cinq onguents, cest assavoyr : Basilicum à madurer, Apostolorum à mundifier, Aureum à incarner. Album à consolider, Diallhæum à adoucir ». — Guy de Chauliac.) Les saints et le maître sont coiffés du haut bon­ net rond à houppe rigide, et revêtus de la robe longue à camail garni d’hermine, insignes de dignité qu’alors les médecins jaloux ne contes­ taient peut-être pas encore aux chirurgiens. La figure du zodiaque anatomique qui remplit la page 20 est un fac-similé de celle que donne le Trésor des pauvres, éd. de 1528, au verso du 5' feuillet. Ce zodiaque, annoncé dans le ma­ nuscrit G, y fait défaut; celui qui se trouve dans le manuscrit D a des dimensions trop grandes et laisse à désirer pour la netteté des détails; les deux autres manuscrits se bornent à le dé­ crire. Bien que les « Almanachs des bergers » et d’autres petits livres populaires l’aient reproduit incessamment pendant des siècles, il nous a sem­ blé utile de le mettre en regard du paragraphe qui traite de l’inQuence des constellations sur le corps humain. Ce sujet avait dès longtemps exercé l’habileté des calligraphes : un très beau dessin, le plus ancien que nous ayons vu, existe au recto du dernier feuillet d’un manuscrit du xin' siècle, coté Zi82 à la bibliothèque Mazarine. Nous le si­ gnalons à fattention des curieux.


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XI, I V

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Avant de tourner la page qui va lui ouvrir les « Secrets des Dames », que le lecteur veuille bien s’arrêter encore un instant à l’avertissement, plein de prud’homie, qu’on lit dans les éditions du Sécréta données par les libraires parisiens Jehan Petit (Joannes Parvus), à la fin du xv' siècle, et Pierre Sergent, en 1539. Petrus C ham aillard senonensis de Sacello supcrlanacensi Stephano Lupo salutem P. D.

Tu qui fwmineas conaris scire latebras Ac secum pavido gesta lateìile viro, Ihme lege, tum vero cognosces carmine causas. Son tarnen in cunctis est adhibenda ßdes. Sed quia scire bonum est,non cunctis semper abati, Quw prodesse queunt carpere rite potes. Cerala non tot habent squamosos equora pisces Quam faceta istad dieta volumen habet. Vale.


CE SONT LES

S e cres des Daines DKF KE N DÜS

A KEVELER

T E X T E F R A N Ç A I S DU XV« S I E C L E d ’a p r è s

les

ma n u s c r i t s

A. — Appartenant B. — NO 6.‘U i da fonds français do la c . — N« 2027 Bibliothèque nationale. D. ~ N“ 19991 )


Avantd«; ««¡etocr u í ^ii.: u m m few <M a r m i À iktKH!» », ..o«-}« ^•oiisífe bien t a JT«te»t;-:i.- >*ávf-í*Uí»u.««ktv ií-í

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'• î r n / f i ï i f . u j i i o i

.Ittiniyííitiú JÎUi'iSü.

1/


ne îiam otseUc tnf pria pour lop ollf cortopstf que fe M c taose ou escripuije aucune 0

el)Oe

p rou ffüûble'.

Com bien que îre- ce me

pusse pou apî»er pour ce que je nestap pas ocoustume* bescripre ue îilctcr u eo n tmotns belle.

ie

lentrcpronïtrap

pour

amour

C a r samour ma parti le cucr

et le sans tellement que je ne bcstre que a faire cl)ose qui lu g plaise et soit a g g r e o ble car je porte en mon cuer lam our belle sans repentir.

C t aussi jag e s -

1. Ce début est calqué de loin sur celui du s é c r é t a WüLiERUM ; — Fuù quidam sacerdos qui rogavit dominum Albertum ut sibi scriberet librum de secretis mulierum..... Albertus videns quod juste peteret consensU ei. î. ms. B var : ft ne ente pas estotumr.

i


—4—

ÎJfrancf ìrauoir m ifu lï an^ auiun confort îtcUc et pour ce quelle est si iiiqne et si parfaicte itam oiselle que î»e tous biens cest la non pareille ou monile itonneur' et île beoulte te nous conterap pour le premier one matière que te ap ttouue en nni0 liure lequel no? Îiiuise'’ les secretj îles îiames®. (!Et pour a ceste amoureuse Îiamoiselle que quant elle lira le liure quelle ne se corrosse point a mop ne m anenast' Îre ce que te ap pep coûte les secret? belle ou plus orapement que te puis B ie u lup boiut*bon jour car elle est la meilleure bam opselle que je tiis oneques ne que oneques fut nee be l)omme niuant. s. ms. B var : ou, 4 . ms. B var : bomour.

». ms. B var : bnitoe, 6. Ce livre est évidemment le secreta mülierum, alias DE 8ECRETIS MÜLIERUM, d’Albert le Grand.

7. Ne faut-il pas lire malmenasi ou maumenasi? L’omission de ce passage dans les mss. b et c nous laisse sans éclaircissement certain.


- 5 -

U fom m m cim ant &f cf Ihtrc îifu fj ecauoir ft fntenîrrf fomtne Diif f t untj fl)ûfun praiit fl)af ft com m fiiffm ant Df fs s fiiff 01t fe trf. fffe pl)tlo00}jl)fs Dtfnt® ijuf ffjacun tifn t sou fs tr f Df la sfm an cf Du p tr f f t Df la n ifif fu sugoant Df ijuog f d l f Df lomiuf fst appfU f spfttna ft ffU f Df la fam m f fSt ap p fU ff m f0truum ^ € t D fUf} scûuotr i]Uf quant ong Ijommf fst aufcqufs

uu f fom m f

d ja r u fllfu ifu t If

spfrnif court l]0rs Df son corps et Du corps Df la fam m f gst m fstruum . ®r Difnt les liu rfs Df mcDicinc quf quant lommf ft la fam m f fngenDrfnt quf la Sfm ancf D fulr oifn t l)ors tot'° fnscm blf 8. ms. B var : noue Donnent a entenDre. 9. Le ras. B emploie toujours le mot meslrue, comme .1 mestruum. Il faut lire menslme et mens­ truum, ainsi que le prouve la lettre ê abréviation équivalente à en, qu’ils y mettent quelquefois, et la forme courante menstruum du ms. c. 10. ms. Bvar : tout.

.i

%


_

6 —

û t)ng moment” jusques a la porte î)e la famme [alo rs” ] ils se assemblent et la m atrir le reçoit tantost. A r is to te b it que la m a trir” est unqi membre noturel beîrans les famines nn0 pou beîmns la porte” qui reçoit la semance be lomme quant il engeubre et tantost apres quelle a prins [ain si” ] la semanee elle se reelost tantost ferme­ ment.

€ a r ï)pocrûs bit que en

la

m atrir il np entreroit pas opres [ce quelle 11. ms. B m r : a »ne Ijeiire et n wiig mouement. — N’y a-t-il pas ici une malice du scribe? Nous en retrouverons d’autres flagrantes plus tard. 12. ms. B [add.]. 13. On trouve dans les trois mss. tantôt matrix, tantôt malris, ou encore matrice. Le ms. b dit plus souvent maris, d’où est venue l’expression Vamarry employée fréquemment plus tard concurremment avec le mot mère dans les ouvrages de médecine. 11. Ce mot porte qui va être souvent répété est la traduction du latin mlva. En effet le Secreta mulierum dit : — Nota quod vulva dicilur quasi valva quia est janua venlris. 18. ms. B[add.].


— 7 —

est ainsi ledose*®] la poinete îumg gref" et la rause est eor se apres le recep«entent elle nestoit [si bien“] clouse la semanee secoleroit Ijars îtessoiibj la parte. € t tantast que famme a concepu enfant tantost mestruum cesse a nenir“ .

iîle s-

tnuim ce sont les fleurs lesquelles uien16. ms. c [aoirf.].

17. ms. B var : bunt fsgutlle ; ms. c bunt otguille.—Secundum Avicennam m a acus inlrare non potest. [Secreta.) Ambroise Paré, Œuvres, liv. XXIV, chap. XV, s’exprime ainsi : « L’orifice de la matrice, tout le temps que la femme est grosse, est tellement clos que seulement la poincte d’une esprouvette (stylet, alibi d’un poinçon) ou d’une aiguille n’y peut entrer. » — Ce mot gref qu’emploie notre manuscrit a vient du latin graphium qui signifie stylet à écrire. Ducange, dans son Glossaire français, relève seulement les formes grafe, grefé et graife. Il cite do la pre­ mière quatre exemples dont celui-ci : Un grafe tient de son grafîer Dargent bien faite......... (Roman de Flore et Blanceflor,)

18. ms. B \add.].

19. m s. B var :

q u a n t o n e fe m m e Iji eo n c e u e n ­

f a n t e lle a r e te n u a i n s i q u e b it e s t a b o n e m e s tr u e r e s s e a o e n ir .


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8 —

nfitt au« fatnm fs cl)ttcun tnojje. [tlfa n m0tn$ aucunes femmes ssnt t)ui lont ij foie le mats. ® r p srro it on iemonîrer dont tel s a n j ou fleurs dont nous parlons Otent onr femmes'".] A r is to te dit que mestruum oient des oiandes m al digerees [pour la froideur des femmes“ ] et ee dit aussi que la plus el)aulde famme du monde est plus froide que le plu s froit i)omme. (Êt pour ee que la famme pour la froideur d elU ne peut bien ses oiandes diqerer comme onfl l)omme pour ce en son corps demeure sanq l]abundant lequel par tous les mogs oient a u ï fammes quant elles ont r ij ou r iii ans et aucunes nen ont point ju s ques a " xix ans et leur dure jusques a [ce quelles aien t“ ] r l ou 1“ selon ce î». ms. c [add.]. 11. ms. c [add!\. ‘ î 2. ms. B var : diuant quelUe aient. 13. ms. B [add.].


-

9 —

quellea sont il)oulï(fô ou frogîres.

(Et

nucuiifg les ont en temps î>e lune n o u uelle et les au tres p lu s ta r t“^ [ear elles ne les ont pos toutes tem ps“ .]

en nufl

meme

CÊt O ûueunes leur îiure plus

et oultres m oins selon quelles sont com plerionees car la froiîte en l)a p lu s que la el)auî»e“ [mats la el)aulbe” ] a p lu s îie pojjite que la froiîte eor celle m atière ne se îiespart point si toust îte lo el)aulîte que i e la

froiîre“ . (Et sont bien îtes

fammes qui ont bien g ra n t talan t îte g é ­ sir auecques l)omme tant comme celle m a laM e leur îture“ . î4. ms. c var. : Its oni0 plus tost tt les autres plus tari. 2s. ras. B [addi\. 26. ras. c var. : elles burent plus a lo frotbe que O la eijaulbe. 27. rass. B et c \add.]. 28. ras. c var. : ear geelle mattere ne oeult sog perbre si legierement be lo cljaulbe eomme be lo frotbe. 29. ms. c var. : (Êt sont oueunes femmes qui ont


Î l l û t s t i 'i ô o ln iô "“ îitt que m eetruum est song roufle eler p o u r les tre u a u U quelles ont île uoj"’ et oucunes fois est île foible g r a n t t a l e n t be g é s i r a u e e l e s Ijo m m es e n e s p e e t a l

— Ce mot talent qu’on trouve ici dans les trois mss. n’a pas le sens d’habileté, d’aptitude, mais celui de désir. On le re­ trouvera encore plus loin avec cette même acception. 30. Notre ms. a donne ici fautivement Salus; les mss. B et c écrivent lisiblement Solnis, comme ms. A le fait plus loin. Nous avons recherché vainement quelque notion sur ce personnage qui n’est pas d’ail­ leurs mentionné dans le Sécréta mulierum; ce qui montre bien une fois de plus que nos « S e c r e s d e s DAMES » ne sont pas une simple traduction plus ou moins littérale de ce livre. 31. ms. B var. : r’rst tout gang rltr rouge pour leg trauaur et enuoigemcut qucUeg ont be nous. — Ce mot envoisement qui manque dans le ms. a , est remplacé dans le ms. c par celui d’euvreme7itj dont le sens du moins n’a pas besoin de commentai­ res. Envoisement ne figure pas au glossaire de La Curne de Sainte-Palaye ; mais on y trouve envoiser noté avec le sens d’attaquer :

t a n t q u e r e s te m a la b ie le u r b u r e .

.

Sire fait-il avant venez Et vostre gent à vos tenez Oirai as païens envoiser Remandrai o vos au m ester... (Roman de Partenopex de Blois.)

Notre texte signifierait donc : pour les travaux et attaques qu’elles ont de nous.


fo lfu r ou pâlie ou uopre et ne peuet pesir îfel)or6 ique par lo porte ïte la inatrir"'. © n pourroit îiemanîrer pour quop les fammes ont eeo nieotruee et non pas les l)ommes. [(¡[est“ ] pour re pue la famme n’ est pas si el)aulîie comme lomme et pour ee î>emeure sang Ijobunîrant îtes nianîres non îiigerees en son corps et î*e rest song oienncnt mestruum et pour re gue la froiîm re belle est plus tormentee be mestruum gue les l)ommes ne sont be sperma. [ € t pourroit on encor bemanber pour guop ne oiennent aur femmes enseintes pour la porte coucet“ guant elles gisent ouec les l)ommcs. € a r ccst gue mestrue 32. ms. B var. : et te mestrue ne peut issir ies femmes fors gue par la porte be la maris, 33. ms. B [add.]. 34. Nous n’avons pu lire autrement ce mot couret et nous n’essayerons pas d’en discuter le sens. Fau­ drait-il supposer que le scribe a mal écrit : owverlel


f6t Ifurs flfu rs qui cfssm t a ffmmra it isfin tfg p0ur ce que lenfont en eet norrg beîittns le neutre îie eu mere, illa t« puur ce ne lug cesse rate î»e su nature la se­ mence laquelle uient Ijors îre la ,p e r te quant on fait lontien raestier'* pour le fr ô ­ lement et lescl)offement îre lomrne"“. . . . . . . 2lussi quant une femme est enseinte ouient souuent que elle a plu s gra n t talent îtomme que na en aultre temps pour ce que lo porte est trop escljoffee îre niestiue que a îtonc îremeure pour lenfons norrir et ne peust gssir. Ctest pour ce quelle îresire 3s. Cette locution est un euphémisme transparent; on la trouvera encore plus loin, mais ici, ni là, on ne comprend l’opportunité d’un pareil scrupule. 36. Il y a ici, dans le ms. b que nous copions, trois lignes dont nous avons vainement essayé d’assembler les mots déchiffrables. Ce n’est, comme on dit de cer­ tains devoirs d’écolier, que du gribouillage; il est impossible de le reproduire. Peut-être n’est-ce après tout qu’une malice de l’écrivain, comme devait bientôt en faire Rabelais lorsqu’il mit en scène la « sibylle de Panzoust »; mais nous n’avons pas la sagacité di­ vinatrice de Panurge.


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13 -

ttïumc le frôlement &e lomme pour estre refrotiûe iie la matière île lomme selon ce que nous aprent m aistre S o ln is. (Et satrlje^ que île toutes les creatures nulle ne reprent eljarnellement ensemble apres ee quelles ont coneeu ereepte la femme et lo iument^^ € or® u iU es** b it que apres ee que mestrue a laissie les femmes il leur oient one aulire m olabie grtesu e'q u i les tormente. C e s i one matière be blanel)e coleur laquelle g st belle par la porte icelles femmes sont be très froibe nature et b it le m aistre que ce becoulement les tormente burement car abonc sont elles continuelle­ ment m ollies entre les cuisses. € t leur bure aussi longuem ent et tellem ent que on^ arbre qui boit fru it porter ainsi ape premièrement sr. — Praeter mulierem panca ammalia coüum novere gravida. (Pline, livr. VII, chap, ix.) 38. Ce nom de Tuilles nous est inconnu. Mais peutôtre faut-il lire Tralles? en ce cas on pourrait songer à Alexandre de Tralles. V. plus loin, noie 7 5 .


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14 —

Ifs flfurs ft îionne aprfs sfs fruie““ ft tcUmfiU «m m f rl)a6fune fm m f qui iioit fitfans povtfv l)a cfstf tnalûîtif"“. ] [Pÿ|ta0oras noue a p m it fonifnt fl^oefun p rfn t ttfcroieefm fnt ou orntrf î«f eu m fff. € t oprfe f f q u f Ifnfont fet fonofu U eet otj ioure fom m f la it f t otj fonttuf eang ft a 39. — « Tel flux l’appellent fleurs rouges et celles qui sint blanches, fleurs blanches, parce que tout ainsi que la fleur précède le fruict des plantes, pareille­ ment les femmes ne conçoivent point, ou rarement, que leurs mois n’ayent coulé. » (Ambroise Paré, Œi(rvres, livre XXIV, chap, lviii.) 40. Tout ce dernier alinéa, que nous donnons d’après le ms. a, manque dans le ms. a. Le ms. c le remplace, ainsi que celui qui précède, par ce qui suit : — iOaistre ôolnts Mt que menstruum est tout song cler nermetl pour les trououlr que les femmes ont bes l]ommcs et pour les euuremens eombten que aucunes fois il est be foible coleur ou polie DU noir que tout oient por frotbure ou par bigestion lequel menstruum loisse ob oenir our femmes si tost quelles ont conceu pour ce que lenfont en est nourrg bebons le centre be so mere. Ülois pour ce ne cesse mie lo femme o laisser oenir nature (matière?) quant elle fait lancien mestier. <Êt plusieurs femmes ont plus besir bes l)ommcs buront le temps quelles sont grosses que quont


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ly -

ï i î jours il se assemble eit ung mont“ et a rroitj jo u is il a fassoii et figure îreufant. 21 rrru jours il n naines et pouls. 21 itl jours il est fourme et parfoit et a l jours JOiru lun bonne nie combien que aucuns g en a qui ont nie a r r r jours. iTo mere ne les porte que tij mogs nij mogs ir mogs et eeulr qui naissent a niij mogs ne peuuent niure“ .] ilUe 0ont imgbfs par Ir mtnetruiim qui l)abunî>t rit ellre qui Its tstljauffe tt la maiitrt be lomme les refroibit. ®t saicljei que nulle ereature ne peust tljarnel nttoufljcment bepuis que elle a eonetu ereepte la femme eor. si tost que on laisse a uenir a la femme il leur oient une aultre malabit qui les tour­ mente et est une motiere blanelje qui moult be mol leur fait et tout pour la froibeur belles assure. — Ces .différences entre les textes, ces remplacements, ces omissions, montrent bien le sans-façon de ces copies à l’entreprise, à l’appui de ce que nous avons dit dans notre Introduction. 41. Cette locution, qui fait image, se garde toujours dans nos campagnes : « Il dort tout en un mont. » disent les mères picardes de, leur enfant qui au lit se pelotonne. 42. Ce paragraphe manque aussi dans notre ms. .i; nous l’avons donné en entier d’après le ms. c, qui est


— i6 —

olnia Ic matelre îiit jjuc Ifs rn fana îirîiana le »entre ^e leur mere prennent

leur ute ïtune

naine i)ui nient îiu fnge î>e lo mere et entre ïieïtana la m atrir îiroiete naine [ttlant nera le lieu nu lenfant giat et nultre îieîiana la bnuïrine et icelle naine lui porte lea fleura î»e lo mere“ ] ïinnt lenfant prent enn niure et îre ce eet norrg. ®t îreuej ecauoir que le lait qui eat ea m a mellea î»e la famme bout lenfant pront aon niure aprea ce quil eat nap nient îie îreulr plus correct que le ms. b, du moins dans la première partie, car celui-ci termine ainsi : — puis qua­ rante {oure apres que U est enneeu î)e lamme llieu Ig enuote la nie aultrefots plus tost. iTes enfons qui ont Ote a rrr fours les tneres ne les porteront que otf mois et be eeulr qui ont nie a ri fours ir mois. € t si beuer seauoir que les enfons qui naissent a niif mois ne sont pas oaillables. — As­ sertion que le Sécréta exprime plus explicitement : Ita fétus qui in octavo mense exit libenter et subito morietur quod multum in septimo mense laboravit et sic debilitatus est. — V. aussi plus loin la note 03. 43. mss. B et c [add-l.


—

17 —

petites »ajines qui »iennent Ijors îles ro iijjmms et entre îreîiûns les mamelles et parmg eelles »apnes »ient le sang îiu fojie aur mamelles et la est fa it lo it“ . es enfans pregnent leur nature îles

planètes

[et

estailles“ ]

apres ee quit est p arfait îie ses membres ou »entre île so mere, â a tu rn u s est »ne estoille qui siet tjault et loing îiu soleil et pcelle bonne a le n font îtiseretion. 3upiter est une autre planet e qui bonne a lenfant esperance et aussi gronbeur be euer et entenbement. illo r s est la tij' elle fait lenfant erueur et ireur“ . 6 o l bonne a lenfant ligiere memojire et reuerenee. Denus »ient apres et fait besirer lu ru re". ü lereu riu s A4, ms. c var. : <Bt otnet par grellts tf ratnee Dient mtnetruum et entrant es mamelles g beuient lait. 45. mss. B et c [arfrf.]. 46. Cruel (sanguinaire) et colère. 47. ms. c var.: lui bonne besirbe Dolente tljamtlle.


i8 —

îtaniic Uceôf jogc it granîte conuogtise ÎTi6 il}O0e6 trfu u ffs.

€ t la lune [«et

Itt t)ij' qui^®]'ftttt Itgw rs lis tnfans. flon i f q u i lis ^ a i s t i i s M int quü ÿ a jrij sig n is ou firm im iut îtisq u iu U nostri n o tu ii r ito it it p v iu t" it is q u iu li If s o ld i [m iust iu tous tiuips i t ‘“] iu t i i il)otuu inogs iu ong nouuil s ig u i i t n i tort qui ong mois iu

ong s ig n i.

Ci p r m iir is t

(ippilli 2 lrtis p tillu g 0 l i gouuivnim int îiu rl)tif î>i lin fan t it la fourm t aussi [ it quont l i so liil iourt iu p tillu p sigiti ttîronc is t la lu n i íl}oul^i it m o irti” ]. Ci ij' iSt ®l)auru0 qui fourm i l i col et IfS is p a u lis “ . Ci iij' is t (Seminus qui fourme les bras et les mains et les 48. m s. c [add.'\.

49. m s. Bvar. : bfsqiitb n o u a (tuon 0 n o s t r e n o t u r t r e ic u t.

so. m s s . B et c [acirf.]. — si. m s. b [add.]. 59. m s . B var. : q u i fo r m e le IjouU erog e t le e o l.


-

n yssd lcs.

19

-

Ce to' € o n « r i)ui icflarîic

[la p oictrinf et su s les mamelles.

Ce

U' Cea qui regarîie le ruer“ ] le fajje le polmon et la baucl)e îte lestomae.

Ce

uV Dir^a qui regarîie le uentre et le m i­ lieu îiu eorps.

Ce u iî' Cibra qui r e -

garbe les roignous le fembemeut et les fesses.

Ce tiiij' Sieorpius qui regarbe

les membres regeueratifs sur la mere bu neutre“ et sur tout ce quil ÿ appartient. — Haulleray se disait pour la nuque, et plus spécialomentpourla partie joignant les épaules. Plus ancien­ nement on disait : haleriau, halerel. Et dist Bernier *ci faut nos amitiés Cis bateriax vos iert ains reoignios. » ' (Roman de RoomI de Cambray.) ......Puis hausse lespeo et fiert si quil luy despart la teste du hasterel. (Roman de Perceforest.) ..... Si luy va trancher le bras a tout lescu si près du hasterel qu’il luy descouvrit le coste et si tost que le cueur sentit le nouvel air il alla crever.

{Ibid.)

S3, ras. c [add.]. 64. Le ms. c dit aussi : Ire membrre be generation


Coeli Duotieítm Sigua. añes

arie* daurue Geminus

<Saucu«

Gemimi* dan cer

£ta

Canter feo

îlicga fibra

TJirgo fibra

dcocÿiu«

ÿcprptue

iTfS Ï Ü b r a q u tu lï

S ig n r e n o str e

üu

n o ta r e

J fir m fm e n t reçoit

pet) p o u e 5 o e o i t en f i g u r e .

et

prent


— 2l —

ie i i ' ô û g ita riu s qui re0ttvif Ice fu issfs

it les jainfturfs. ITe r' Cupricornus qui «garbi lis ginnilj. £e ri‘ 2tquarius qui rigarbr Irs iombis. Ci rii' pieii9 qui rigorbi lis piis bi Irufant“. sur l a mere ì»u urntre. — Ces derniers mots onUls pour objet d’insister avec discrétion sur ce que le ms. B nomme librement? Nous ne saurions l’affirmer, mais d’après le Secreta : — Scropio loca libidinis

respicil lamex parte viri quarti ex parte mulieris. 55. m s . Bvar. : .... £t ttti" iTfo U f a it e t fo r m e l a p o ie tr tn e e t a u s s i b ia s t r a g r o m (b a r b a r ism e p o u r dia­ fragma) St D" P hrgo r e s t le m o ie n s ig n e b u e ie l be s e p t e n t r io n g r e llu g f a i t e t fo r m e le s to m o r et l e s a u l t r e s l i e u l ï le s e o s t e s e t le s e s e h in e s et to u t le m o ieu b u eorp s.

St of«

£e

S t o r p io g e t llu g f a i t le s m e m b r e s Ija n eljts

o ij'

C ib r a

g c e llu g

(V. e n c o r e c e m o t hanches à

fa it le s

r o ig n o n s .

la n o te 9 0 ) r e s t a s s a -

u o ir o h et r o llo n s et a u r fe m m e s m a r is et p o r t e . JTe oiif® S a g i t t a r i u s g c e l l u g f a i t le fo n b e m tn t e t l e s eo n -

[condrest d ’où h y p o c h o n d r e s) e t la p l u s g r o s s e {—Sagittarius nates eleaper que natura secessum dimitlit et posleriora recipit. Se­ c r e ta ). St ir« ( Ì a p r ic o r n u s o n b it q u e g t e llu g f a it n a is t r e b r a s e t b o is . St r« S t r a r i u s g r e llu g f a i t le s fa m b e s . St r f ' f J is c e s g r e llu g f a it et en fo r m e le n f a n t bus

m a tiè r e be n a tu r e

s a n s p ie s et s a n a m a i n s , t l o n g

0 f o ille (?) le b er-

n ie r q u i e s t a p p e lle ( S e m in u s .

Nous avons donné cette longue variante comme


— 22 —

(Êt aiiiôt pmif} scauotv î>c cljacuu signe son rrgnrt sur le corps humnin [et sur quelle partie pour g reme^ier quant besoing est a chacun pour sog""J. es planètes bont no? auons parle rg beuant [om irent'' et forment lenfant et bette; s e a u o ir “ ] comme cl;acunr entre a lassault ong mois entier.

6 a titrn u s qui [est la pins

l)anlte assise” ] est froit et sec oeure le premier m ogs et tient les semances ensem­ ble en la oie* les garbe be bestenbre et exemple saisissant des altérations que l’inattention ou le sans-gêne d’un scribe a pu faire subir à un texte. Non content d’avoir estropié le diaphragme, il oublie à son rang (comme aussi notre ms. a le v' signe Léo) le troisième signe Gemintis. Au courant de la plume, s’apercevant peut-être de cette omission, il donne le rôle de l’absent à Acarius, fait en passant une jonglerie avec Pisces, et, pour ne pas être pris en flagrant délit de suppression, il nomme Geminus comme le dernier signe, qui « non y afoille». 56. ms. c \add.'\. — 57. Œuvrent. 58. ms. B \add!\. — 53. ms. c [add.], * ms. B vur. : empres la maris.


-

23 -

^f0panî)l•r. 3upitcr o u iu f“ lf ij' tnogs îioniir n Icnfant fttgon ft fou in if rt Ic fait fio is tr f fit If ronfortant fit cl)alfur.

iJ la rs fu vf

If iij mo^s ft fourtnf Im foiit lo trstf ft Ic rol ft Ifs brae ft Ire jambre ft Ifur bcniif faeeon, S o l fu r f If itti' mope t|ui fournif If fu fr ft lug bonnf o if fom bifii que Ifii trfUHf fn fgfrip t quf If fu fr fet le p rfm iff fait ft If b fin if f bfffait quont Ion meurt, llfiu ie ourr le o' moge rt luj) foit lee oreillee [lee maine®‘ ] ft Ifg boie.

iH fr -

fu riu e fu vf If oj' moye ft luj) fa it la p fl qui fo u ff tout If forpe“\ ffuno o u tf If oij' mojje qui lug bonuf m oiftfur bout il prfut ea n ou ritu rf. Cf o iij' moge fu rf Snturnue qui If rffroibe moult ft efifljf ft Ic trfeuaille fort eane breport tellem fut Œuvre, comme pour evre et ovre qui suivent. ms. B \add.'\. c2. ms. B var. : iîltriurtus bonne noiï bourc clerc ou rubc rt ouest fait les eorctcU c!)curuU gculï et lu pet qui couurc tout U corps. CO.

C l.


-

24 —

que U s iîla is tre s iiient [que ung enfout qui scroit nej en ueelle planete ne p u u rroit gueres uiure pour U flrant trauail que la îiUte planete lu y fa it et lors seroit très gran t peril pour lo m ere“ ]. aistre ^lubert“' îiil quen la lune sont iiij Cartier.

estactj

elle

se î»it

[el)aulîie et m ogte ou premier € lle est cl)aulî»e et setcl}e

ou ij'C a rtier. ou iii‘ Cartier.

€ lle est froiîtc et seieljc (Klle

mopte ou iü i' cartier“ ].

est froiîie

et

€ t est aîtonc

63. ms. c [add.].— b var. : .......tclUmcnt que les eeternomtcns (astronomes) bient que nng enfant qui naietroit en grellug mesme maga il ne pourrait guere niure pour le trauoil quit lug fait. 64. ms. c var. : iîlaietre Sllbertua. — C’est Al­ bert le Grand. 65. ms. c var. — Nous avons remplacé par cette variante le texte du ms. a, qui est au moins incom­ plet comme on va le voir : . . . . . Èlle ae bit tl)aulbe et aeielje juaquea (lacune) et mogte juaquea quelle eat tnogtic geaue. ciprea elle eat el)aulbe et aeitl)e juaquea quelle eat beerogaeue a mogtie. Èlle est


—

2J —

0raiU peril bleeder lomme be fer ou darter [en yeelup estot'“] ear la lune et le fer sont adonequee trop froit?" [Ces m aietree dient que rest m oult p é­ rilleuse et)ose pour img l)omme que son membre est casse quant la lune est insiigne de elorte ear elle est lors froielje et moiste et porroit on le prouuer qui m ettroit de la el}ar par nuiet contre la clarté de la lune morte juoquee aîi ce quelle beotenl refatete... — La version du ms. s est encore plus incorrecte. 6G. ms. B [add.]. 67. ms. c var. : car Îune et fer sont trop frotte et moteteo en gcellug bernter cartter. — Et c’est en effet ce que dit le Secreta : — Luna in hoc statu maxime humectât putrefadendo. Ideoque... lune membrum cum ferro est idem que graviter vulne­ rare quod malum est humiditatem addere humiditali sic per consequens augmentai nocumenlum. — Quant à ce qui vient après, le ms. c le passe tout à fait sous silence et les mss. a et a n’y touchent, on va le voir, que bien légèrement, contenus qu’ils sont sans doute par les défenses de la décrétale, plus ou moins aulhentique, ad meam doclrinam, de vulgari­ ser pareils (tsecretz ». Mais comme la science aujour­ d’hui a, tout aussi bien que le latin, ses immunités.


—

26 —

tantoet U g croist lee vevs.

(Êt saicl)f}

fom m f“®] par plustrurg fois Ion prenet grtesuce molaîiteg ou membre îrooeequee oueunes fammes ear elles boutent le m em ­ bre î>e lomme îreîtans la porte la broite

nous continuons la citation du texte du Secreta et de la glose moins discrète de son commentateur, qui fournissent au moins un curieux renseignement sur les agissements des meretrices de cette époque. Que le lecteur veuille bien se rappeler que ces choses se passent et se disent en plein xiii“ siècle. — Textus : Sciatis autem socii mei quamvis quedam mulleres causam rei hujus occultam ignorant turn quedam midieres bene effectum cognoscunl et plura mala ex isto operantur ut 'cum vir est in coitu cum eis accidit quibusdam viris magna lesio et gravis infectio ex infeclione membri virilis per ferrum appositum per cas prout quedam mulieres vel mere­ trices docte fiant in ilia nequilia et in aliis. Et si fas esset dicere hoc quidem describerem sed quod proprium meum creatorem timeo ideo de illis occullis ad presens nihil manifestaba. — Coraraentum : Nota quod quedam mulieres sunt ita caule et astute et aecipiunt ferrum et apponnnt vulve et illud ferrum ledit virgam sed vir non percipü propter nimiam delectationem et dulcedines vulve postea turn sentit... c8. ms. 8 \add^.


—

37 —

uoyf®“ fil f f faisant b lfssfiit ôaulfitns l)onunf a la fin nunilt la g írm íiit. [C u lcfu a l'“ If m a istff bit quf quant muí fiifant fscl)ft fn m alaîiif au fcqufs If fr o is ­ sant ffs t grant g r iff far If m al tro ist aufcqufS If froissant îif la lu iif rar aîioncqurs rroissnit

toutfs l}nmfurs ni

toutes uttturfs comiuf fa it la granîrfur fii la lu iif'‘ ] (Ênror 6aid)fj quf Sf lommc ou fainmf bort a rU rtf îif la luiif il aura tantost If m al iiu cl)irf ou rrutiif ou palafin erst If tranblfm fiit” . 69. ms. Bmr. ; (£l Batiljeï que Ijomnits ont m n t par pluêtture fats grtiuc casBurc tt malobtc ou mrmèrt aufrques auUunfs femmeo ror elUo boutent le membre île lomme en ong coup beîians la porte beiiero la brótete note en ce faisant blessent Ijommes...... 70. ms. c var. : Ürensceual. — Ces noms de médecins nous restent inconnus. 71. ms. Bet c [add.]. 72. Le ms. c omet ce passage. Le ms. b le donne avec cette variante : €ncor satcljej que se lomme ou femme borment a la lune et a sa clarté il anient tantost le mal au cljief ou la reume ou tremblement.


—

28 —

aU^iue no; apprant pourquoi oiifl l)0mme tôt court et lautre ^ lonfl et lung grcsle et loutre rspre.

€ t ou&si no;

apprant il o s -

sauoir 5t la tamme peuet porter pluo que î)ung enfant a la foie et pour quop elle peuet porter plue a one foie que a lautre.

IDeuant ooue aue; op comme

la matriir eet tmg membre naturel et cet bebane la porte bee fammee et la m atrir oa iusquee pree be leetom ac” et en icelle — Or le texte probable du Sécréta d’où ce passage est traduit dit simplement ; — Radii lune de node sub mirantes fenestras el pervenientes ad caput dormientis faciunt dolorem capitis el fluxus reumalis. - 11 n’y est pas question de tremblement. Nous croyons que cette complication est de l’inven­ tion du scribe et que nous avons là peut-être un des premiers emplois de la locution populaire par laquelle on termine, en la résumant, l’énumération d’une série de maux ou d’aventures : « enfin tout le tremble­ ment! » 73. Le scribe du ms. b se délasse en insinuant ici un nouveau coq-à-l’âne :..... tt cet bebane lu porte bce femmte laquelle ei beeoubt oenue bceoubt toue


—

29

—

a p|j iljom brfs [tm U î u I ï '"] iront iitj sont ou îrroit foslc fl U s û u t« s iij sont ou m tUm .

IfronîTre'" noj apprant ft îrit quf la famtnf porte les enfans niasrles'® ou îieïlre cootc et lee fillee ou oenestre [et quont il aîutient ttultvement eest pour re que elle met la semence ou m ilieu îre la m otrir''.] €t quant une fille est portée ou îiroit coste comme il ûïmient aucunes fois elle sera carnu9 U est beseue ainsi estoit et aussi el)e»ellu6 a bessus et telle quelle ua près be lestomac...... — Ce pauvre jeu d^assonnances par à peu près lui était peut-être un assaisonnement au mince salaire qu’il tirait de sa besogne. 74. ms. c \aiid.'\. 7B. Cet Alexandre est sans doute Alexandre de Tralles, un des arlis medicœ principes qui Hérissait sous Justinien, au vi” siècle. — ms. d var. : 3llisen b re.

76. ms. B var. : les ualetens, — petits garçons ; ... Nert mie chevalier encor ert valleton. (Roman de Rou)»

77. ms. c [add. et correction].


-

3° -

l]omf6Sf ft aura mantrre* ïtommr. (Et auesi s f U nfant m a sd r rst ou scneBtrr fo stf il sera fcmrntn rt îie m anterfs î>c famme. (Et aucunrs fajjs a les m em ­ bres seerej bnmme et be ia n e [eambien que tenant plus be lung que î>e la u ltre. (Et peut bien famme parler a une fois m asle et fem elle par raison natu­ relle O famme peust bien porter oij enfans a une fops. (En telle m a niere que quant une famme gist auec Ijomme elle reçoit la semanee be lomme et be elles mesines bebans la m a trir et conuient quelle ait tant benfans eomme la semanee emplist be cijambres [ou be lie u f” ] bebans la uug ou ij iusques a uij.

m atrir soit

* Ici une abréviation peut faire lire m a in lie n 78. ms. c [flrfcf.]. — 70. ms. b [ a d d .] .


—

3'

t quant lommr cet colovicquf*" cl)ûuU ft 6fc U nfûut qui uifut îif lug fst Itmq et q rfslr env la cl]aleur le fa it eroistre [et estanïJre®']. îPuiut fleum atieque fruit et moiste son enfant eet court et espee car la m oi­ teur le fa it espeesir et la froiîteur ne le laisse cropstre.

jDtmtj sanguin

nient

mögen enfant car il est moite et cljault bien aetrempe. € t bnng malancolieque [froit et sec“ ] nient enfant petit [et cl)etif car le froit et le sec ne le laissent croistre ne amender“ .] es pl]ilosopl)es Dient que nng enfant penst naistre par nature a i ï mogs on a ni] on a nii] et aussi a ï et non pins contre mont. <Êt Dit îlnicenne que nit nng enfant qui n a s 80. Bilieux. 81. ms. c \iidd.\ — 8î. ms. c [add.\.

33. ms. c \çidd. cl eorrectioii].


—

32 -

quit a iti mo^9 a qui k e îx u s com m ruffrent a ufuir et orsquit assrj longunncnt.

3 usei tl Sit quf tou tfs bistcs ct toutfs frm turf0 out Uure temps lim ite et o r &tiiic par nature b e u k beliurer be leur porter ereepte

lu

fomme [seulem ent“ ]

eor lune porte plu s et loutre moins, (ît aucune fomme se beliurent [be leur porter“ ] au seconb mogs que elles ont eoneeu mois [lo rs nest pas lenfant'®] parfoit ne figure sinon comme une piece be cljar [sans aucune figu re et coleur“ .] (Êt cecj) oient au r fammes par plusieurs occupations besquelles me ueulr taire bu tout a conter. to u te s fois il abuient souuent par corrossem enl par ire ou par Irauail et paines que les mauuesses fammes font quant elles se boubtcnt be porter enfont car elles

se Irauaillent

84. ms. B et c [œrfrf.] — ss. ms. c [add.]

80. ms. B [add.\ — ti. ms. c [add!\


— 33 —

rntri temps et îransent et m aillent et en besuant en rourant îtunfl lien a lautre tellement et aussi en lutnnt au * l]ommes que trup trauaillent auec geuU®® qui ou urent la porte®". 88. Eux. 89. ms. B var. : ®ar riles 0C bûtcnt trop « faire lantten mestter a banser o lutter et aussi a plu­ sieurs oultres tl)ouses. — ras. c var. ; Soutes fois telle euure ab oient souucnt por ire par eourour par banscr par feuner par bogre par mangier par eompaignie be Ipunme ou aultrement. — Aucune des trois versions françaises, dont nous savons poui^ tant que la naïveté va parfois jusqu’à l’obscène, ne rend la physionomie du texte latin du SecreCa : — Meretrices et docte mulieres vel helene in hac arle quando sentiunt se impregnatas movent se de loco ad locum de villa ad villam et ducunt choreas et multa alia mala et frequentius multum coeunt et luttant cum viris ut per motum liberentur a conceptione et cupiunt coitum ut per delectationem oblisvicanlur dolorem qui generatur ex destructione fetus. — Le « livre », translaté en partie dans nos manuscrits, n’est donc vraiment qu’une édition atté­ nuée de l’original d’Albert et, comme on a dit plus tard, expurgée ad usum scholarum. Remarquons en passant ce vel helene qui, avec tant de finesse, fait de l’épouse adultère de Ménélas un type particulier de dépravation féminine.


— 34 -

ucutiis famntfs ont plue grant potuc O Icnfontfr que les outres eor oucunes sont qui ont trouoil et pst lenfont tout oultre la porte jusques ou fonîiemeut si ongogsement que les ^euje pevtui^ uiennent a ung““.

€ t relies

qui sont oinsi trouoillees ont trop plus ^e poine que les outres et pour elles opîier fonuient ouoir oignemens pour oinîJre le trou.

(Et sûicl)e^ que quont lo îiroicte

heure îie lenfout nient our fommes oîionc se ouure lo porte ^elle mesme”* et pour ce”* qui neult mettre poine et son entente 90. m s. c mr. ; U s tm e s o n t t r o u a t l g r i e f et t s t le n fo n t j u s q u e s e s h o n elje s et t e lle m e n t et s i o n g o is s c u s e m e n t q u e le s b e u r p o r t e s î>e la m e r e f o n t to u t

a tmg. — Accidit quandoque etiam in partu mulieris quad rumpilur vulva usque ad anum itaque ilia duo foramina unum fiunt el lune obstetrices discrete utunlur qtiodam unguento... (Sécréta.) 91. m s . c var, : q u a n t l a b r o ie te Ijeure n ie n t a lo fem m e q u e le n f o n t b o it n o i s t r e b e lle m e s m e .

9î. Celui?

lo p o r te s e

ouure


— 3Ï -

U U peut scuuoii-

Uijin-““.

iîlûis

Ion tmme aiaurM)UV pou îre sttiÿfo îtames qui bteu peiiaicteutfitt sr rofliioisecnt pour biru secourir o lu famiite qui est eu rest estât et pour ce pert [Ion maint“ ] enfant et plusieurs famines îreejastent“ bout iïlaistre pieiug" se com­ plaint eu ses liures be ce plus que be riens bu monbe. on peust apber o une famme a lenfauter pour les meres et enfans qarentir et ab ce peuueut assaper et appranbre les saiges bames si 93. F a c ile m e n t. 94. Ic i u n m o t illis ib le . 95. ras. 96. ras.

B [add.']. c var. : ..........q u i e s t en t e l e s t a i b o n i r e s t

g r n n t p itre c a r p o u r ee m e sm e b e s g o t e n t e t p e r b e n t fe m m e s et e n f o n s q u i p i s o a u lt . 97. ras.

Bvar. ; l î l a i s t r e | J u l i m i s . — N i l’un n i

l’a u tr e d e c e s p e r s o n n a g e s n ’e s t a r r iv é ju s q u ’à n o u s. P e u t-ê tr e n ’y a - t - il là q u e d e s fa u te s d e c o p is t e s e t la v e r s io n q u i s u it d u ras.

c e s t - e l l e la b o n n e ? — S e s 0


_ î 6

fottittie

-

Ptttrii* qui ffut la plus satgc

&amc î>u inonDf î)i meîitcini et aussi [îre

ce raestice'’*] apprant sa fille en îiisant ainsi :

€ntre nous fammes quant leu-

fantetnent oppert ne eoye? pas l)onteu6es ear il tauel)e a nous nie [en especial“®] quant nne fainme est trop gresle ou trop el)argee î>e presse ou que so porte est trop estroicte ou entortelee îieîwns rest nng grant peril a lenfonter"“.

®t aussi

quant la teste îïe lenfant est trop grosse ou que lenfant nient îteuant la porte tout mort [ou crossus“'] ou contrefoit cest grant peril [et grant mescl)ief‘"®] contre uoj‘°® satges fammes. €coute5 et apprenej nne j u û t s t r r s p lu a t t u r e a c r o m p la in t f o r t m e c a I t u r c a . . .

* m s . B var. : 2 t l i ]J )o trt8 , — m s . c var. ; 3 U t f r |]ûtria. 98. m s . B [ociû î.]. — m s . c m r. : m m e b ie tn e et a u a a i e n a e e r e t i e a & om ea. 99. m s . c [add.]. — loo. m s . c var. : a le n f a n t .

101. m s s . B e t c [add.]. — 102. m s . c [add.^. 103. N o u s .


-

37 —

ìractriiie p rou ffitab U ‘“ ; (EXuant lenfant apart a la porte par la teste'“ au iiuU ait ees m ains ïtesteuîmes au eoustc ubane boute? no? m ains'“ bebans la parte bel­ lement et sttiijjement merle? les membres be lenfant a point tant qui puisse pssir et naistre ainsi que b ait.

2lueuns en -

fans apurent a la parte premier les pies abone la saige bone bogt bellement tenir lenfant et pranbre [saigem eni'"'] ses beur bros et estaubrc selon les roste? et tout bellement tirer l)ors ear autrement il t i­ rerait sa mere be ses bras et besireroit'“ ses roste?.

(Eluant lenfant a la teste

trop grasse len fare nng bur lit a la mere et la sait mise et la boit tenir une a u l104. m s . c var. ; ( î n i r t ï o u s s a i g e s b a m t s f s r o u tc î

t t aprenez

one t « «

t o n n e b o c tr tn e

et o u o si

m o u lt p r o u f f t t a b le .

los. mss. D et c var. : l a U s t e p r e m iè r e m e n t. 106. ms. c var. : u o e tr e m a in . 107. m s . B [orfrf.].

108. m s . B var. : ît e o s ir e r o it . — c b e s r ljir e t o it.


-

38 -

trc famine par la teste. € t aîranc la sat^c famine ïioit lenfnnt aller quérir îie ses mains et mectre a point.

C tnant le n -

faiit bonté premièrement sa main l)ors abolie la sa ige famme la boit faire r e ­ bouter car autrement il ponroit la main perbre et si boit mectre sur lespaule be leiifant tout bellem ent“” son bon pour rebonter bebans abonc boit mectre ses mains on constc“ ” et tourner si que la teste oiegne premièrement“ *.

€ t quant

leiifnnt boute premier oiig pie ne le s o iifre5 ainsi oenir car il se perbroit m ais boute? sur la face**' bellement et ainsi nous lut beffenbre; lyssue jusques ab ce que nous aye? laulre et [quant nous aure? 109. m s . c var.

: b o u lr c m t n t .

110. m s . B var. : b e

le e

le s

e o u e le ï.

— c var. :

b u lo n g s e s r o s t e e .

111. m s. c var. : . . . e t q u e l a t e s t e o p é r é e t o te n n e b e u a n t.

112. m s . evar. : r e b o u lc i le t o u t b o u lc e m e n t s u r lo f e s s e

q u e o o u s o g e r lo u lt r e p i e s .


- 39 -

lc6 &fuï ptfô“’] pvfufj bien igarbra lunis mains [qui sont“*] brïtans In porte que ifS îffur moins [be Irnfont*“ ] soient estenîmes îni lon^ îre ses costej et les foietes apres nenir Ijors.

Ctuant len-

fant a les iru r pies bessns et bespartij abone mectej les mains bebans la porte et les remertej ensamble et les amenej comme bit est"®.

Ctuant lenfant a la

teste tournée lo saÍ0e famme lup boit retourner et meetre a point et abone le peust elle pranbre par les espaules bel­ lement et aler quérir be ses mains sans péril mais quelle se garbe bien be casser la m ntriï“'.

Gt se 005 oogej preinie-

113. ms. c \a d d .\. — 114. ms. c \a d d .] . — iis. ms. c [a d d -l. 116. ms. c va r. : (Bt quont lenfant a ecs tj })tcs eeparre nous les btucî jomîire et tenir ensemble et faire nenir tout boulccment. 117. ms. c var. : (Et quant il a la teste tournee nous 5> îieuet meetre la main et g onber a bressier et le prenbre por les espaules et le romener tout


—

40

rim ent le igenoil îie lenfaut faictes le r e ­ tirer“® et orïtonne tom m e îiit est î>e la fesse ou eul tourne? bellement que la teste üiengne prem ièrem ent“ ®. uant une bone a beur enfons en son centre et tous

beulr

oienneut ensamble abonc boit la saijge fomme prenbre oncj bes enfans et le remettre empres a lung bes eoste? si bellement et oosement que point ne blesse la m atrir ou lenfant a este et se boit emporter illo u e“ °e t louer b u ille cl)aube“ *. b o u lr c m m t o u t f U s b r u r m a in s s a n s p é r il e t g o r b e r b e g r e u e r la m e r e . —

L a mère e s t ic i s y n o n y m e d e

la m a tric e . 118. m s. B var. : r e n t r e r . 119. m s. c var. : € t

se

le n f a n t m e t l e s g e n o i l î

p r e m ie r s o u s g b e u c r r e m e b ie r com m e b e u a n t . ® a n t q u o n a it U s i f p i e s o n n e p e u lt a u o ir l a t e s t e .

120. Illouc? F a u t-il lir e : e m p o r te r üleCj o u illico? 121. m s. c var. : . . . s i t r è s b e lle m e n t q u e la m o tr tr n e s o it i U s s i e a is s ie î

(u se z ? )

o u le n f a n t e s t e t lu g a g b e r e t

be ce

q u i lu g e s t b o n

p e u lt c e s t o s s o u o ir b e m a m ie s

ou

et que on

o u r o n t (a u r o n s,


—

4 1

—

(Et 6í ïioit fútre fla yrcr o la famme s e maner îfr eembuc tm &e s u e u r e t boit ou les fa illes îie m auucs et î»c lin o s en ­ samble euire et îte la lau er.

(Et quant

la famme oura enfante Ion lo boit foire repouser se eest ong fi? m ais non pas [si tost*'"] se eest une fille selon ee que b it 2lristote. ucunes fammes ont grant poine a lenfanter selon ce que leur com plerion

leur bonne. 3 a g

oup bire baucuncs fammes que les d)oses oont bien quant lenfant au premier met l)or3 la teste.

Ce m oistre b it : (Êluont

ahrolanum) c u i t . — T o u t c e t a lin é a é t a n t o m is d a n s le m s. B, e t la v a r ia n te d u m s. c s e ta is a n t s u r c e p o in t, n o u s n e p o u v o n s é c la ir c ir c e q u e la leço n d u m s. a a d ’o b s c u r q u a n t a u p r é c e p te d ’e m p o r te r l’e n ­ fa n t «illouc ». 122. Sembuc e t SMewr s ig n iB e n t s u r e a u [sambucus). O n d it to u jo u rs en p a to is p ic a rd seü e t schui p o u r s u r e a u ; le Trésor des paumes d e 4 5 2 7 é c r i t sehu. 123. m s . c

[add-l-


—

43 —

une fûmme a enfanter une autre famine lug boit ineetre [la m ain'"'] eur le cuer affin que la luatrlr ne lug remonte point uere le ruer m orir.

rar be rela elle porroit

(Êt au ssi lo famine boit ejesir

en lestoins'*“ bune autre famine et la Sttifle fnmme lug boit seoir entre les jambes et biligem m ent boit entenbre o lenfant. oiel^ej que quant lenfant est nej l)ors bu uentre be sa iiiere que Ion le treuue cnueloppe nuee une tou aillc ou pel que Ion appelle seeonbine'*®. 3eelle pel garbe lenfant ou uentre be sa mere telleiuent que m il [riens^^ 124.

m s.

c [add!].

12». e s to m a c . — c n fn n tc

c lic

b o it

m s.

c var. : ( Î t u o n t u n e fr m m f

eco tr

ou

g ir o n b c

une

o u ltr c

fem m e e t o u ce In e n ig e b a in e q u i lu g b o it b ilig c m m e n t e n te n b r e e n tr e Ic e b e u r jo m lico g o u r

126. C’e s t le p la c e n ta a v e c s e s m e m b r a n e s . 127. m s .

B [arffli.].

le n f a n t .


-

43 -

If peust tnarljer iic migre et sc rrlle pel UC fn ist [k n fa n t'“ ] m ourroit. p U ietfu rs fot9 m auirnt quant, mestruum [)a • bimîie tviip ou urntre [ b f la mere“ ”] rt non obetant la pel lenfant

en souffre

aueune fois poine et tresuail tant que .plusieurs fois en

bemeure a

lenfant

tael)e6 lesquelles len ne penst oster se ee nest lauer beaue“ “. ale jiu s'”

b it que toutes les

«aines bes famines se

assem ­

blent a la matriir et bes Ijommes ou oit. (Êt saiel)eî que celle pel seeonbine 128.

m s. B et c [add.l. — 1 2 9 . m s. b

[add.].

130. m s. B var. : , . . . a u a m c fo ie I t n f a n t t n a t a r a i s p o u r U b tg o u ttm c n t I f e q u t ü c e n e sc p e u u c n t o e t r r ee ce n e e t a la u e r b c aiie ,bce f le u re b c e fem m ee. — ras. c var. : € t

e a tc b c ï que g c e llu g b eg o u tem en t

n e ee p e u lt o u e te r ee ce n e e t p a r la u e r be la tg u e

[aqua] b e e fle u re a u ï b a m e e . 131. m s. c var. : Ü t a t e l r e G i l b e r t . —

Le ras. b d o n n e au ssi fa u tiv e m e n t U o ltn u e . C’e s t V a le siu s, ou t'a le s c u s (A m b r. P a ré passim) d e T á re n le , m é d e c in re n o m m é d e l’éc o le d e M o n tp e llier, m o rt eu 1418.


44 -

—

croiôt î>c la 6 fm a n « îrc la famme s m le infnt gfloii n otu rf.

€ t aussi saiiljc?

r)uil g O une uaine îreîrans la sem ance* par laquelle recuit lenfant le norrissem ent tant quil est uu uentre [î>e sa m ere’“ ]. € est la xiaine que lun coppe quant lenfant est ne? [et illec se lie a lo buutine’” ] bout' il pent a la mere quant il pst be lo porte et pour ce len le nue affm quil ne puisse jjssir riens l)ors î>e lenfant. ristoteles b it oinsi que n atu rel­ lement Ion treuue ung

m es-

truum en la famme plusieurs fois rest une creature contre fa icte ” *. • m s . B var. : l a fe m m e . — i s î . m s . î e t e [arfrf.]. 133. m s . c \a,dd.'\. —

Bouline, a lia s boudiné, c ’e s t

le n o m b r il. — Et hec est vena que in exitu fétus ab

obslelricibus abscinditur in umbilico et ideo videtur in puero noviter nalo quod umbilicus ejus sit ligatus cum aliquo filo ne aliquid exeat de corpore ejus per hanc venam que abscissa est a matrice... [Sécréta.) 134. m s . c var. : . . . I o n t r e u u e p l u e t e u r e m o n s t r e s


— 4f -

îlin s i iiiie IfiT trfu ue p lu sifu re fiifane ijui nonl que une m ain ou ong pie et aucuns îreuï te.tes et iceu U enfons Ion les a p ­ pelle monsUum . € t [selon ce que les m aistres îiient‘“ ] cela aîtuient pour ce que lomme espanîi

tropt ou pou îie

sperme [cest n M re trop îie semence et ÎJe ce trop îte semence trop îre membres et île pou île semence pou île membres™] et aucuues [fo is“ '] fammes ont la m atrir si mauuesse et si corrumpue quelle ne peust retenir la semance be lomme et cest ce qui fa it a lenfant aucune ïieffaulte. € t aîmient aussi quant lomme

et la

en n a tu r e r e s t a a s o u o t r u n e cre a tu r e ' c o n t r e f a ic t e ...

— C eci e s t é v id e m m e n t la v ra ie le ç o n . M ais n o u s re ­ m a rq u e ro n s q u e c e tte fa u te d e menstruum p o u r monslrum se r e n c o n tre , en ce m êm e e n d r o it, d a n s l’é d itio n d u Secreta mulierum q u e n o u s av o n s so u s les y e u x . E s t-c e u n e sim p le c o ïn c id e n c e ? m ss. B e t c \add.'\. 136. m s. c [add.].

135 .

137. m s. c [add.].


-

46 -

fammf eont ^rsor^onfmfnt assnnblrj'“ far aïiûiuqucs la semaucf novfstf pas mi fUf iifust.

[31 aïiuicnt aussi que quant Ijoinnie flist aucc femme et il a tel talent et si grant îiesif bgcelug mestier que il ne peust mettre la semenre eu la porte et la repanîi l)ors. € t le tm iu e Ion en e s rript îiuug l)omme et femme qui roucljerent ensemble et foisoient jicelluy m es­ tier île eoustc et engenlirerent ung en ­ fant lequel pour ee quil estoit îiesorbone en cl)aleur fu t a fo le "' et bossu be lung 138. m ss. B e t c var. : . . . s o n t b e s o rb o n e m e n t e n ­ se m b le a l o r s q u t l s e n g e n b r e n t e t n e se a b r e s s e p a s l a se m e n re ou e lle b o it. 13». e s tro p ié , b le s s é . Ce m o t, v e n u sa n s d o u te de l’italien affolare, b le s s e r, se d it to u jo u rs a v e c c e tte a c c e p tio n d a n s le p a to is p ic a r d . N o s a v e u x p lo y a ie n t c o u ra m m e n t : Lors le doit estroit accoler Et baisier por mieux afoier. (Roman de la liosc.)

l ’e m ­


-

47 —

he& couetrs ft ïic lung îicb pifs. Cfs tuttistrfs îûfnt que Ion tieuuc oucuufs fois rsptrc“ " ce sont fufons qui ont les membres secres be Ijomme et bc femme en leur corps.

|por quog il eonuicnt

que la semence be lommc et be lu femme Sunt en terre establi li juge... Por ceux pugnir et chastoier Qui por ceste amor renoier Meurdrisent les gens et afolent Ou ravissent emblent et tolent. (Roman de la Rose.)

Q u a n t à ce fa it q u e « Ion tr e u u e e n e s c rip t », v o ici l’o rig in a l latin d u Sécréta : — Narrai enim de quodam qui laleraliter jacuil super femellam tempore coitus et femella gignavit puerum in uiio latere curvum et in pede claudum et causa hujus ex inordinatione coitus processit. 140. L e m s. c, q u e n o u s r e p ro d u is o n s , d o n n e t r è s lis ib le m e n t espire. A u c u n g lo ss a ire n e r e lè v e c e m o t, m al c o p ié p ro b a b le m e n t ic i, o u a v e c e s sa i d e c o r re c ­ tio n co m m e d a n s le m s. b q u i g riffo n n e espirandon o u espirandie. O r c e c i p o u r r a it b ie n n ’ô tre q u ’u n b a r b a r is m e fo rg é à la

p la c e

A’hermaphrodite é c r it

p e u lis ib le m e n t d a n s la leço n m o d è le ermafrodite. O n c o n n a ît d e s tra n sfo rm a tio n s d e m o ts p lu s s in g u liè re s d a n s le s m a n u s c rits . — N otre m s. a o m e t to u t c e t a lin é a .


-

48 -

soit bien o ttrm p e s“ " afftn quüs gaiignent onfons'“ .] Ibcrtus bit que be beul.T rnftms qui furent nej et nusquirent en­ semble luu0 uuoit reste force [et telle oertu‘“ ] en son broit coste que tout par tout ou Ion le portoit toutes ferrures [et portes“ ^] et fenrstres bien fermes il les faiso it [incontinent’“ ] o u urir npertement.

(Et loutre onoit telle

force ou coste senestre que por tout ou leu 141. ms. B m r. : îstranipe. — Ce mot attrempê, que nous avons déjà vu plus haut, p. 31, ale sens de accordé, accommodé: — «Il est assavoir que Ihomme et la femme doivent estre attrempez en breuvaiges et viandes, » dit le Trésor des pauvres de ^ 527, chapi­ tre de la maniéré de habiter à femme. — Adonc elle atrempa sa harpe et commença le lay. (Roman de Pereeforest.)

— Mal attrempez : mal ordonnés, dit le glossaire de La Curne de Sainte-Palaye. 14Î. mss. B et c [arfrf.j. 143. ras c {add.}. — 144. ms. c \add.'\. — 145. ms.

c [add.].


— 49 —

U p oitoit il faiôiïit toutes fenestres rt eum tres ouuertfs tVemes [ft cloô‘^']. (Êt cfstf fo iff ofnolt iïfs p la n ftfs qui auoifut mis cfstes fo fffs fu eu U . fu

treuuf aussi p iffre s pi*f-

tifuses qui ont plusieurs uertus et pour certain elles les ont îles planètes. ® u les treuue ainsi gm aiges et figures ôe bestes et i»e gens qui les ont ainsi par sam blancc‘'^ uieenne b it comment une famme pensi scauoir se elle a conceu on non se elle est ouec l)omme'“ . 31 bit que se elle ne prent fr o it“ “ et les 146. m s . 147. m s .

c [add.l. c var. : 3 t u 0 0 t

t i'iu u t

Im

p l u 0t£ u r 0

ptcrrE 0 p r c ttc u 0C0 q u i o n t i) lu 0t£ u r 0 ritrtu o t n £ Ü e 0 n

p o u r r t r t a in r lle o o n t t e lU o o t r tu o

et

(tu o o t le n

tr e u u e tm otge©

ôta p la n r tt o

e t fig u r e o île b eo teo

q u i le o o n t o in o i p a r o e m b lo b le m o n ie r e . 148. m s. 149. m s.

B var. : q u a n t e lle o eo te o u e r i)om m e. Bvar. : e i e lle o f r o it a p r e o — m s. c var. :


-

JO -

lium m rs luy font mal aprrs erst tiray eigne que elle a eonceu.

;Hiissi quant

lomme est îieîians la famme et il sent Ijeurter son membre’“ et que la porte se bestraigne en tirant et en seicljant et que elle ne treuue plus mestruum ainsi quelle soloit et que les jambes lu}) font m al.

<£t aussi que la mere ne

surmonte ne niegnent be m auuois b esirs'“ et quelle a plus gran t talen t’“ be lomme quelle ne souloit et quelle [pert sa eoleur ou u isaige’“ ] cljnnge sa coleur be bel en lait et quelle appete’“ estranges oianîtes St elle a prtns froit. — L e Sécréta dit : Si enim mulier quum fuerü in coüu cum vira post coiltm sentit frigus et dolorem in cruribûs signum est quod concepil. 150. m s s . a et c var. : e t i l s e n t l)n ir tc m c n t f o n Ir t s o n m em b re. 151. m s .

n var. : e t q u e la m a r is s e m o u u c m e n te e t

u ie g n e n t îte m a u u a is b c s i r . — L eçon p lu s c o rre c te . 152. m s. B var. : b c s i r . 153. m s. B [add.]. 134. m s s . B e t c var.

: r o iu io tte . — /lent si aliéna


-st­ et sont tous stg iifs i)Ufllf a roncfu ou ftultvf flrtfsu i

malttîiii In poursuit ir

Clin- et fom iuancf o nom ir'“ . uiffnnr noj apprant [assouotr'“ ] se onc famine ensainte est grosse î)e fil} ou île fille et ïiit que selle porte fil? son nisaige sera bien rolore et alegre et mouuant [et ria n t“ '] et lup croist plus son »entre a bertre que a senestre et pst le la it Îte ses m am elles'“ . € t eneores par aultres maniérés : p ren ej îm .la it be la famine et le mede? sus »ne espee bien forbie ou sus »ne pierre be marbre se il bemeure illec sons sop cibaria concupiscane nunc terram nunc carbones nunc poma non matura... {Secreta.} 155. m s. c var. : o u a u U rE m n U Q rtE ouf m o la b te o p ro ilie o u r u e r e t ro m m ener aî> o e n t r . — N o u s p ré ­ fé ro n s la le ç o n d u m s. a. 156. m s s . B e t O \addi\. — i s i . ras. c \add.]. 158. m ss. B e t O var. : r t r o t I r l a i t n ie lle s e s p e s .

be s e s m a -


— J2 —

ispanïire « e t m aeclf.

[€ t aussi par

scm blablrniint qui m rttroit îiu sH sur Ifs in am d lrs ft que il ne fonîiit point rest tmg fU?“ “.]

6 e lu famnte porte

fille elle est pesante [et paresseuse*“®] paie [et

blesm e“ *] ou oisaige et lug

eroist son oentre ou coste seuestre et est sou lait fier et coulant [et bleu*““] comme eoue et ne porroit arrester sus une éspee ne su s 003 marbre et qui m ectroit î»e gcellug la it en son p issat il uienîrroit bessus. (Êt quant les fammes se plaignent îre leur îiroit coste cest Ong filj et îm senestre cest une fille . pocras î»it que len peust scauoir se one famine 0 conceu a lug ■ atsg^i bonner a bogre beur cuilliers beaitc [ b f pluge*“ ] tiepbe et onc cuillier 1 S9 . mss. B et c \add!\. — leo. mss. b et c [adrf.] 161. ms. B et <7 [add.\ 161. ms. c [adrf.]. — lea. ms. c \add.\.


-

n -

îie m iii m felf c iis m b k se f lU sfiit tantoet roiilcm fnt f t b ro u g m fn t in son n in tr i’“ « e t ei^ne ijiu U f a concm . ie m o is tr is b in il que iteigene'®* ont tousiours U

co sti b fïti'f

plus l)ault‘®° <jui le senestre et eest flrant m erueille quant le cuer qui est fontaine î)e toute el)ttleur igist ou eouste senestre et la eause en est que la el)aleur qui responît ou euer a îieue oreilles ouuertes tiers le îrroit eoste et por la il enuoge la eljaleur naturelle et ainsi est le Droit eoste tousiours escl)auffe.

€t

pour ee [lomme se '"] il oeult enqenDrer fil? il Doit meetre la famme sur son 164. mss, B e tc var. : rraslemcnt ft murmurfmfnt en eon nentrt ft mal fn sa iûubtnc. — Le Secreta dit simplement : si tune senserü punctiones circa umbilicum tune concepii. 166. ms. B var. ; ijuf nous ouons tousiours. 166. mss. B etc var. •. fijault. 167. ms. B \add.\


-

Î4 -

îU'uit fOôte et leuee lautve coste pnig; pou plus l)uult et la senuiiiee e o n u [taiU ost‘“ ] oers le î>roit eoste îre ta m ateii:.

[(£t

aussi îrtent les m aistres que eest moult liraut agîie quant lomme et la femme font Inneien m estier quils ajient onci pou îte uent pae îierviere ear aïon c au rent fait U bon engenlirer pour re que le oent refroiîie 0115 pou lomme qui qist entre les iambes be la femme et lup fait plus a t tenbre a parfaire ses am ours et jusques ab ee que la femme soit aussi appareillée be lui faire son sem blable plaisir ec que elle ne pourroit faire se ils estoient en fare lung en Ijault et loutre eonuers car abone ne pourroient lung loutre attenbre‘"\] ucuns bient que la blanel)e famine uault m ieulr ou

icu

bam ours que la nopre. S i sont les nopres plus rl)aulbes m ais elles sont 16B. m s. B [a rf r f.] .— 169. m ss. Æ e t c[add.elcorr.].


- S5 -

plus pfeantfô ft non si m ouuantfs î(fs tVssfs. Ces blonfl)cs ont beacopt*'” be matière inoicte j^ui a te ieu appartient et pour te sont elles plu s a^greables que les nopres.

Cou trenue ainsi mesmc en

eseript que les fammes qui font pou be lantien incstier il eonuient que elles apent plus flrant besir be le faire que relies qui souuent le font.

€ t aussi bit î)p o -

cras que relie qui o g r a n t'” matière en sa m atrir ne peust jam ais enfant porter ne eoncepuoir. ristote bit au liure bes bestes que nue famine be Ir ans pou souuant la oopt ou porter en­ fant et la rause pour quop est telle : *6e la famine lia sperma elle na mestruum et 170. m s. B var. ■ p l a t (p lan té, plenüudo). — m s. c var. : f o is o n . — Ces tro is m o ts s o n t sy n o n y m e s e t so n t e n c o re d its p a r n o s p ay sa n s d u N o rd . 171. ms. B var. : p la n te î»e.


—

J ó ­

se elle a lu n s elle na pas lou ltre. illa t s si elle tt spermo elle la trop eler et rolant [et poiu' ce je men ta is '” .] © r nous ^iray commant nous porte? scouoir se il tient a lomme o engcnîirer en fan t'” . î 3rene? le sperme îre lomme et le inerte? en enue se il flotte et noe par îiessns il est bon poinengendrer enfant et se na au fonb non'” . (Êt aussi [lomme ne pour oit i l '” ] se il a les coutllons trop froi?.

(£t aussi ne

peust concepuoir trop rljoulíie famme car sa nature'” seicl)c trop.

€ t elle ne soit

trop froiîre famm e car elle ne porroit r e te 172. ms, C [orfoi.l. 173. m s . c var. : o n p e u s t s c û u o tr s e

i l tie n t a

la fem m e be n o n e o n e e p u o ir. f J o u r ee f a i r e p r e n e t . . . 174 . C ette a s s e rtio n ré p é té e p a r le s tro is m ss . e s t e n c o n tra d ic tio n av e c le s te s te s d e to u s les m a ître s . A m ­ b ro ise P a ré , q u i les ré su m e , d it, liv re X X IV , p ré fa c e ; « Ic e lle se m e n c e d o it e tr e b la n c h e ..., d e s c e n d a n te a u fo n d d e l’e a u ; c a r s i e lle n a g e d e s su s e lle s e ra in fé ­ co n d e. » • 175. m s. c [add."]. — i76. m s . c b e lle e s t tr o p e b a u lb e .

var. ; l a n a t u r r


— J7 —

iiir la siin a tiii Îiî lomme f t ainsi la uectf l)ors o u ff san isclat^'' au son nrinf. [ € t aucm tfs fois est la matière îre la femme trop moiste et auennes fois trop setel)e aueunes fo is trop moult froiîte. Ca froiîie et la m oiste glissen t îieuant la boucl)e îre la m atrir tellement que nulle semenee îJe l)omme ng peult entrer m ais la font retourner erriere auee le esrljar quant elle pisse.

€ t qui seuremcnt la

regarîreroit"® apres ieu îramours len la trouucroit toute trouble et espesse et b la n el)e pour la semenee qui g est m eslee*".] (Êt au ssi sont aueunes fammes qui eom 177. ra s. c var. : ® t a h ifit lo j e c t e au e e s o n e s r lo e q u a n t e l l e U m e t Ite ljo rs . — L es fo rm e s esclax e t eschax {ut infra) n e s o n t p a s n o té e s p a r L a C u rn e d e S a in te -P a la y e d a n s so n g lo ssa ire . M ais o n y r e n c o n tre esclat ; sp e rm e , s e m e n c e ; esclaier (s'’) ; d é c h a rg e r sa se m e n c e . — F . V illo n . Esclatte : s e m e n c e .— L ’i ­ ta lie n d it schiatta ....... 178. L 'u rin e . 17». m . c [add.\.


-

J8 -

bien quf fllcô recfu fn t“ “ ne pcuufnt ro u fcpuoir ft cf0t pour la prl ijurUcs ont trop fi)aulî)c.

(£t

sfm blnblrm rnt nr

prust l)onune £|ut a gprrmr trop clrr nr aussi Uf prust i)ui o trop ntoirtrur rn la o rssie’“ . ui orult foirr faminr concepuoir I il boit pranîirr la m alrir îm ug liru rr rt 1rs bopaulr rt 1rs r n t r a i l l r s r t tout nrboir rusamblr rt rn fairr poulbrr rt rn bonnrr a boprr a la famm r rt [ap rrs fairr Ir iru bam ours s i’®"] rontrpura.

[(Et frmmr qui a trop br

flrum r prrignr la trstr ou to i bung lirurr rt 180. m s. c var. : rettegntnt. 181. L e m o t vessie e s t ic i r é p é té tr o is fois co m m e u n re fra in d a n s le m s. à . L ’é c r iv a in , r e s té sé rie u x j u s q u ’ic i, a u ta n t q u e c e lu i d u m s . e , n ’a p u r é s is te r a u b e s o in d e se d é te n d r e u n p e u : u c s s t c , » c s s t t ,

»essi;! 18S.......... aecipiat matrices leporis et intestina ejus ...... (Secreta.) 183. m s. c (add.).


— 59 -

gu érira'**.] (Êt l)ommc et faimur qui leur nature ne porrait engenîirer [et ant ^estr îte

faire ensemble ils îtaiuent'®“]

prendre la tail l e ï i u u g

petit poreelet

ïtant la maire nauro plus eu [que lu g ‘®'] a relie fats et eu faire paulître [ramme îïessus"®] et en m angent ils engenîirerant [se ils font leur teu îiamaurs'®“.] es pl)ilasapl)es îtient que lau ne îtait parler &e eljases ieu an i fammes grasses îte quaj) lau ne puisse bien finer ear lenfant en parrait bien p eriller“ " et sur ee meetent les p ljila 6apl)es [plusieurs“ '] eremples bant je me ta is a present. 184. ms. c \add.'\. — iss. ms. c [arfrf.]. 186. ms. c var. : Ics routllons. — Uem accipial

epar (le foie) parvi porci et testículos.....{Secreta.) 187. ms. c \add,'\. — 188. ras. c [ató.]. — i89. ms. c [ató.]. 190, ms. c var. : perir. 191. ras. c [otó.].


— 6o —

pacrae ïiit que rest eljoee im ­ possible que nul? eufons p u is­ sent oenir a perfeetion quant le mestruum l)abonÎJe eu la foinme ou to rt Ijors tant'"“ quelle porte enfant.

dons

îreue? seauoir que Ion les blesse bien les famines bebons leur porte quant lou les bespueelle pour ce que ou les ouure trop lor^emeut especiallem ent quant le oit est trop gros ou trop lo n g , il t a is aucunes fammes ont la porte bu cou si g ra n t que lomme il fa it ce quil oeult sans les greuer. ü l a i s au bespuceller auant que elles soient rusees'” on les blece car il y a bebans la porte one p e l” * que lomme 19S. m s. c var. : b u r a n t le t e m p e . 193. m s. c v a r . : û u a n t q u e e l l e e e o t e n t t r o p o a g e e e . 194. Il r é s u lte d e s re c h e r c h e s a n a to m iq u e s m o d e r­ n e s q u e c e tte pel o u m e m b ra n e , q u ’on d é s ig n e so u s le n o m d ’h y m e n , e x is te c o n s ta m m e n t c h e z le s filles d è s la n a is sa n c e . L o rs q u e p a r s u ite d e m a lfo n n a lio n , d e m a la d ie o u d ’a c c id e n t, c e tte c lo iso n a é té d é tr u ite , o n e n r e tro u v e a u m o in s le s tr a c e s . D ’u n a u tr e cô té,


6l —

brtsf fn iifgpucfllaiU i t en sa u lt sang tier. iH n ie be taut que la famine fait plus besbfltement be tant plus ua la pel pres bes eostej [et beuient bure et t a il­ la n t"’“] et be ce jeu g ist aur famines en la boiibine et es Ijommes es roignon s“ '. (Êt saicljej que lurine be la pucelle est clere et aucunes fois blancl)e et aucunes fois pale. € t quant elle est range camme co e lle p e u t r e s te r e n tiè r e a p r è s la c o p u la tio n , d e telle faço n q u e sa p r é s e n c e o u so n a b s e n c e n e d o n n e e n r é a lité q u e d e s p ré s o m p tio n s d e v ir g in ité o u d e d é ­ flo ratio n . 19B. m ss . B e t c

[add.]. — Taillant e s t- il ic i p o u r

c o u p a n t? Ce s e ra it a u m o in s u n e e x a g é ra tio n ; c a r s ’il e s t v r a i q u e c e tte m e m b r a n e a é té tro u v é e p arfo is o b lité r a n t c o m p lè te m e n t « la p o rte », ou b ie n d e co n ­ s is ta n c e p r e s q u e c a r tila g in e u s e , e t à tel p o in t q u e la m a in d u c h ir u r g ie n e n a d û fa ire l’in c is io n , o n m êm e l’e x c is io n p lu s ou m o in s é te n d u e , on n ’a ja m a is ob­ s e rv é q u ’a p rè s sa r u p tu r e arte vel natura, ses d é b r is a d h é r e n ts a ie n t d u r c i d e façon à d e v e n ir « ta illa n ts » . 196. 11 se m b le q u ’il y a i t ici u n e la c u n e d a n s les tr o is m ss., q u i c o n c o rd e n t en ce p a s sa g e . C ar q u e la d ite pel fin isse p a r » g é s ir a u x fe m m e s e n la b o u d in é », ce p e u t n ’ê tre

q u ’u n e e x a g é ra tio n

de

p lu s ;

m ais

c o m m e n t p e u t-e lle « g é s ir è s h o m m es ès ro ig n o n s » ?


—

62 —

Iciir ^aur i t c l i i f i l k a bfsoing b i jeu bam ouns. [ C ia fiim iiie qui oitt k u r e m fiistiu ie Icur u rin i ie t k u t saicinant i t k u r s y c u k sont tout n o iia strcs it k u r »ieatfli b a u tii cokin' que it in goloit. ^ b o n c je con geilk a lommc quit sc tjarbc b i Ijobitcr a fim m c qiii a c c s k n o la b ii. Crt 6aicl)cj quit n ist im lk qiit lie k satclji bten qur oiiltrim iiit luiiiq ou lou ltre gei'oit iii p eril’” ]. ia.7. mss. a et c [arfrf.]. — Le Sécréta mulierum est plus explicite : ...Maxime cavendum est ne fiat coitus cum menslruosis mulieribus quod exinde homo posset incidere lepram et quandoque in niagnam infirmitatem .. Unde dicit Dioscorides: simulierem menstruosam scienter accesseris totum corpus tuum infectum erit ....... Dicit enim venerabilis Ypocras de naturis hominum : mulierem menstruosam non accédas quod ex isto fetore aer corrumpilur et omnia interiora hominis confundunlur. — Et tandis

que les maîtres de l’art formulent ces sages conseils, le législateur des Hébreux édicte dans le Lévitique, cap. XV, V. 49-33 ; cap. xviii, v. 19, des prescriptions et des pénalités sévères que le cap. xx couronne ainsi : V. 1. — Locùlus est Dominas ad Moysen dicens : .......Y. 48. — Qui coierit cum muliere in


-

63 —

Ibfi’tus îlit i)ue leu treuue n u funee famines qui mmt point be m estfuum et icelles ¿ r ie s uent plus les enfans les jieu lï miuerts quant ils*““ les reejarbent que les au tres““. fluxu menstrua et revelaverit turpüudinem ejus, ipsa que aperuerit fonlem sanguinis sui, inierpciantur ambo de medio populi sui. — Sur quoi les

Pères de l’Église, à leur tour, fulminent cet anathème aux générations de l’avenir : Qui tune concepii fuerintj dit saint Augustin, aut daemoniaci, aut curvi, aul epileptici erunt. Saint Jérôme complète : Leprosi aut eleplianliosi. — Et c’est d’après eux sans doute que le Secreta ajoute : ....... et tune est nocivum cum eis coire quod illi pueri qui tune concipiuntur in­ clinant ad morbum caducum et ad lepram quia talis materia est valde venenosa. 198. ms. B etc var. : ellre. 199. ms. c var. : £ts inotetrre birnt que les fam-

tnts qui sont en tel estât griesuent tentant qui est ou bercel a le trop regarber. — Cette variante, non plus que l’autre leçon, ne traduit l’original du Secreta. — Est autem nolandum quod mulieres antique in quihus menstrua Puunl et quedam in quibus menstrua stmt relenta si inspiciunt pueras in cunis jacenles intoxicant oculos eorum visu ut dieit Albertus. — Suivent les explications de la

cause pourquoi; mais leur subtilité et leur longueur ne nous permettent pas de les reproduire.


-

64 -

^ u s st îrit U qu f quant unt fam m e «n l)a trop il lu g igrifsuc m oult f t i f f l l f en fs t plu s tost fou flu fu f ou uisoiiqf f t fu lu fil ft quoiquf fllfs î>tfut la tfote Ifu r fait m al.

(Êt si o isib lfm fu t rfigarîif fam m f

en tel estât en ong m iroel nouuel elle le périra et tacl)era îm ng oenin îie sou r e 0ort [tellem ent que Ion ne le pourra n e ftoger que les tacl)fs ng îremeureut m ais se il fsto it oiel on le laueroit bien“““]. (Tes fammes qui nont point îte m estrues sont ploines ^e m aluoises l)umours et sont emienimees puis quelles nont el)olour n a ­ turelle. 6 a irl)fj que raestruum est moult m aluais o e n i n c a r qui en îtonneroit a îoo. m s. c var. e t correction. îo i. C e tte c ro y a n c e e n la v é n é n o s ité d u s a n g m e n ­ s tr u e l s e r e n c o n tre ch e z le s m e ille u rs é c r iv a in s d e l’a n tiq u ité . P lin e , a u c h a p itr e x i i i d u liv r e VII d e so n

Hist, nat.f d é b u te a in s i : Sed nihil facile reperiatur mulierum profluvio magis monstrificum. E t d a n s l’é n u m é r a tio n

q u ’il fa it d e

ces

p r o d ig e s ,

c e u x -là

q u ’o n m e n tio n n e ic i p r e n n e n t l e u r r a n g : ....... specu-


- 6 s

-

Dng cl)im a in an gfr au fc tJitg pou îtî pnin U iu furoiigfroil tontost. € t qui fu m fftrm t [uuij pou*“ ] su s la ro ciu f 5unc orbe coiubieu que feust oert U seel)eroit [tonloet*“ ] et m orroit, € t qui prenbroit oug p o il bu penil bune famine et le m eleroit auee megtruum et puis le meetroit bebans ung pl)ien*“ Ion ji troueroit ou bout lonm fulgor aspeetu ipso hebetatur....., et in rabiem agunlur gustato eo canes......., e tc . — L a sc ie n c e e t la ra iso n o n t fa it ju s tic e d e c e s fab les. Dn re s te s e u le m e n t d e c e s c ro y a n c e s , e n ce c i m ie u x fo n d ées p e u t- ê tre , p e rs is te d a n s le p e u p le e t m ô m e ch ez d e s g e n s d u m o n d e é c la iré s, q u i a d m e tte n t p a r ex e m p le q u e le s efflu v es d e s r è g le s p e u v e n t f a ire to u r n e r les sa u c e s, g â te r les v ia n d e s , c a ille r le la it, a r r ê te r les fe rm e n ta tio n s , e tc ., c a r a c tè r e d e m a lig n ité q u e d e s fem m es p e u s o ig n e u se s o n t d ’a ille u rs u n in té r ê t p a r­ tic u lie r à l e u r m a in te n ir. — « C ar le s a n g q u ’elle je tte to u s le s m o is n ’e s t q u e la p o rtio n d e to u t le s a n g la p lu s c r u e e t in d ig e s te e t n o n p a s , co m m e p lu sie u rs o n t p en sé, d e m a u v a is e , in fe c te e t p e rn ic ie u s e q u a ­ l i t é ...... » (A m b ro ise P a r é , liv re X X IV , c h a p itre t v i ,

Traité des erreurs populaires au fait de la médecine d e L a u re n t Jo u b e rt.) îo s . m s. c [add.]. — ! o s . Ibid. î04. F ie n t, fu m ie r. — In fimo {Sécréta).

c ita n t le


-

66 -

ì(f Ian mam tatsfs bfstcs innenintfuses. [€ t au0dt tl nest pas si saige l)omme en eest monbe que par le moien ire ce ne fut osstrte sus femmes m ais te ne ìtiray pas camment pour le m al qui en porroit aimenir*“ ]. !05. m s. c [add.]. — Le c o p iste d u m s. b, q u i a o m is u n e p a rtie d e c e t a lin é a , d o n n e e n c o re ici ca r­ r iè re à sa jo c o s ité d a n s c e tte d e r n iè re p h r a s e q u ’il a r ra n g e à sa façon : — 3 t t n ç i Ion û o e o u ttr o h le p l u s ootge Ijom m c b u tnonbe ouo f f m m te m a rte re n ta to je n e b iro g p a s to m m en t quom obo r u r q u a r t e tc . — L e v e rb e assoler, ou assouter, q u ’on tro u v e d a n s le s d e u x leço n s e s t l’é q u iv a le n t d e fra p p e r d e folie co m m e p a r u n p h iltre a m o u re u x . Far femme Àdam fut déçu... Il nest ridns que femme nassote.

d it u n fab liau d u x i v ' siè c le , e t a u s si, co m m e su it, c e lu i d e L'oustülement au villain : Homme qui se marie... Tost en est assolez.

— Q u a n t à la ré se rv e q u i te r m in e l’alin é a , elle n ’est q u e la tra d u c tio n lib re d e la n o te to p iq u e d u com ­ m e n ta te u r d u Secreta: — Nola: Author limet deum

scribendo secréta usque ad ullimum ne aliquis experlus forte operaretur malum per ilia secreta.


— 67 -

on tm m e quc famines ont flvifsues m alaiiies pour ce ijnelles nont point iie mestrues et aussi imutres i)ut en ont trop.

® t iio n t-

qucs qui en oeult auoir prei^ne &une Ijerbe que Ion appelle arisloloel)e et la bonlle en nin blane et bojjue pcelluji breuuaiqe et eeote fjerbe enite et bolie meete sur son oentre si el)aulbement que la famine le poura enburev et tantost en au ra assej. (!:t qui en a trop qui preijqne iru piment et le euyse en oin blane et bopue ee »in blane et m ange lerbe et elle estaneljera. € t qui le piment euiroit en »ng poton ireu f“® et le

m ingeroit labunbanee be mestruum 206, A u c u n d e s g lo ss a ire s, n i a u c u n d e s a n c ie n s

te x te s q u e n o u s a v o n s p u c o n s u lte r, ne r é p è te c e tte

Polon

e x p re s s io n , p o u r ta n t d ’a llu re b ie n p o p u la ire .

v ie n d r a it- il d e polus o u d e poliol N o n , se lo n n o u s, c a r il e s t d it ic i q u ’o n le m a n g e . C’e s t d o n c q u o iq u e c h o se d e so lid e , p e u t- ê tr e u n œ u f c u it d u r d o n t le ja u n e s e r a it rem p la c é p a r la s u b s ta n c e m é d ic a m e n te u se , c o m m e o n e n v o it d e s e x e m p le s d a n s le s a n tid o la ir e s .

8


-

j)6troit.

68 —

€ n tout p fu st Ion ajjírfr o

vne fam m f a en ouoir : prfnej íif la r u í et la ruise? en «tn blane et lut bonne? <i bogve. €ueore0 oultrement : preñe? puoire et lu euise? en eaue et lu g en bonne? a bogre 0113 pou et lo faieteo asooir beô0U9 toute nue que lo fumee et la eljaleur entre en la porte et elle auro tantost utestruum. n treuue en eeeript que îjpocrao fut ntaube pour en rjuertr mie îiogn e qui estoit moult torm eutee pour ee que elle nauoit ees fleurs ne la purfloeion naturelle be mestruum et fu t près be lo mort. î)poeros la fit saigner be la naine sopljonie“ ' qui est bessoub? la el)euille bu pie senestre et S07. L a sa p h è n e . — M s. c var. : bc l a e a u u e ra tn c n a in e ap ellee te p l)a lte a q u i e n t b e e n o u b î l a eljeuille b u p i e . . . — O n v o it q u e le s c rib e , c o n fo n d a n t la c é p h a liq u e e t la s a p h è n e , n ’é ta it p a s m ê m e u n fra te r.


—

6g —

If tour fti su^uûtit ftt f« s t ft fu t igartf [Itfîm ns uiij iu u rs“'*.] ucuuf0 fam ntfg sa u t

m alaîtfô

pour ce q u f lu uiatrir s f îrfsport îTf 00U U fu tout qu f fU f fu tïif frfU fr ou m ourir mes I f m fiU fu r rrm fîïf rst foirr U jeu îmmors ror le membre îte soj)“ ® remet la m atrir en sou lieu [en îiroict p o in t"“. ] € t aussi t e s moiflue

ijuil en ¿garist une fammc

et bit quil ÿ a g ra n t p roffit pour famme pour faire le jeu îramors rar quant la m ere"’ est sonnent ouuerte*“ nulle raa208. m s . c [add.]. 209. m s . c var. : à i ll)o m m f.

210. m s . c \add.]. — C e n ’e s t p o i n t le re fo u le m e n t d e la m a tric e , n i so n h e u r te m e n t, pai- le m e m b r e v ir il q u i la r e m e tte n t e n s o n lie u , m a is b ie n l’é ta t d e g ro s­ se ss e . Ce fa it e s t a c q u is à l a s c ie n c e e t s e r a it a u b e ­ so in c o n firm é p a r n o s o b s e rv a tio n s p e rso n n e lle s . l i i . G a lie n .

211. M a tric e . 213. m s. c var. : I jf B r t t t .


-

70 —

laîiif nj) p fust a r r is tfr et auest eu est la fomme plue saine.

(Et Ion noit sonnent

que quant une famme a aeeomplt le jeu îJamors“ ^ que elle est plu s belle et plus lie*“* et in ieu i eoloree que îreuont“ “. p o u r 214. m s. c var. : lo n tte n m e fitte r. 215. D’où liesse, — g a ie , jo y e u s e . 216. m s. B n o u s d o n n e c e tte v a r ia n te e t c e tte a d d i­

tio n : € U e c e t })lu 0 b r l lc p l u s g r o s s e p l u s U f p l u s n t s t que b e u a n t, 3 1 e s t o ro g que f u s t u n e fem m e e t u n g l)omme q u i f a is o ie n t le je u îta m o u r s . ITomme l a tr o u u a m oU iee e t g r a s s e (g ra issé e , g lu an te) p a rto u t

fu sq u es

a n o n b r tl e t

lu g îte m a n b a p o u r

quog c e s to tt. ITa fem m e r e s p o n b it q u e lle g p r e n o tt p le s e itre e t en a iio it g r o n t n é c e s s ité . — Et p o u r d o n n e r e n c o re u n e x e m p le d e s a v e n tu r e s q u e c o u r a it u n te x te e n p a s s a n t so u s d iv e rs e s p lu m e s, v o ici la v e rsio n d e c e tte a n e c d o te d a n s le m s. c ; — 3 t c m f u t o r a g que u n g q u i fa is o it la n tie n m e s tie r SC t r o u u a m o u ille f u s q u e s o u n o m b r il e t on lu g b e m a n b a p o u r quog ce e s to it e t lu g q u i e s to it s o ig e (sav an t) a u m e s tie r r e s p o n b it q u e ce e s to it p o u r la fem m e q u i e n o u o it b c s o in g e t p l a i s i r e t que s e a l o r s n e u s t e s te se c o u ru e e lle e u s t p e r b u la n ie . — M a in te n a n t s i n o u s n o u s re p o rto n s à la leço n d u Sécréta d ’o ù v ra is e m b la b le m e n t c e tte h is to rie tte e s t « tra n s la te s d e la tin e n fra n s o is » n o u s allo n s d éco u ­ v r ir b ie n d ’a u tr e s d iffé re n c e s : — Audivi in confes­

sions societatis ab uno requirere causam a me qunrc


— 71 —

Cf cet grand plaisir guant fammc a partie gui iu y plaist [et est gra n t d csp laisir’” ] guant rm lujj oste nu blasme et par e s­ pecial son m arg. € a r

gnant famme- o

Ijommc gui lu g p la ist elle en est plus agse et a t on ou sonuent m ourir famme pour perdre sa partie. t saicl)e; gue la scmance de lomme doit auoir gssue en la maniere gue tousiours conuient gssir et ouidier l)or0 de lomme auec la famme guant est oenu jusgues aur coillons. hoc esset quum ipse dormirei cum sua dilecta juvencula quod tunc ipse coilu finito inveniret et venlrem suum usque ad umbilicum cum sanguine ! perfusum et timuit multum el causam ignoravit el non fuit ausus se relrahere a juvencuta propter amorem magnum inter eos. Et ideo fluxus menslrui prodest mulieri et quamvis nocel secundum quod materia magis vel minus abundat et ille fluxus non fuit menstruorum sed seminis in coilu fluenlis propter abundanliam materie. S17. ms. c [add.].


— 72 —

(Êt Diiig l)ommc in flfite plus qui tl ne ÎTüit U seifl]e et pert sa « le u r naturelle et est estraint tant quil ne peust plus uture lan^uem ent” * ear qui

pert trop

sperme il pert santé et apres sa nie’*'. ne famme eoneoit bien enfont sans son p la isir ne point be talent que elle age auec l)omme et ee nest mge bon m ais est peril.

€t

pour ee bient aucuns que Ion boit premiè­ rement lesm ouuoir par ieu et en rent et [après"“'"] lo touei)er el)arnellement car rest el)ose l)umaine et naturelle"“ . 218. ... Sperma amplius emissum a viro dessicat corpus... Calore autem extracto et húmido fit debilitatio vite et próxima mors. Et hec est causa quare illi qui multum coeunt et frequenter non sunt longe vite. (Secreta^. 219. Tout cet alinéa a été complété et corrigé à l’aide du ms. c, 220. ms. c [arfrf.]. 221. ms. B var. : r t pour re boit on tsmouuoir et fsfhoftcr par jeu be rtbauberte auant que toucher


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73 -

uant une famine trauaiU c beitfant len luji peust ogíier par re qui sensuit : prenej futiles >e pnrieaulr el les esd)auffe? [su r un^ pou îie feu*” ] sur une pagle qui so it oingte îutuigi pou îrolg*” et luj) merle? sur le nom bril quont elle trouai lie et quant lenfaut sera ne si les ostej rar re seroit gran t peril be les laisser.

2lultrem ent bonne? a la

famme a bogre tus be uerueine et be betoine auer eoue simple et tantost e n iljarntUtmfnl a la femme car aat eijouse l)umotne et naturelle. — Ce précepte avait rang parmi les axiomes classiques, et Im détail minutieux des voies et moyens « desmouvoir par jeu de ribauderie » fut exposé tout au long jusque dans les traités de méde­ cine imprimés en langue vulgaire. (V. le curieux chapitre de la manière de habiter à femme dans le f Trésor des pauvres d’Arnauld de Villeneuve, éditions in-4° de Paris, 1512 et 1517, et de Lyon, 1527; et aussi celui que le sage et pieux Ambroise Paré ne dédaigna pas d’écrire sous ce titre ; De la manière d’abiter et faire génération, dans ses Œuvres, liv. XXIV, chap. IV, édition de Paris, 1598, in-folio). 2J2. ms. c [add.]. 223. Huile.


-

fan tfra.

74 -

3tfm sans p ifU îromtej lug a

bogrc gnulîtri Ïtî guagre auec nin blanc ^ et tantost [sc'''] beliurcra®“ .

3Df0 grattas. !24. ms. c [add.'\. 224. Le ms. B ne donne pas ce dernier paragraphe. l/explicü vient immédiatement après les mots : chouse humaine et naturelle. Ces recettes pour aider au tra­ vail de l’accouchement sont en effet un hors-d’œuvre qui semble avoir été ajouté accidentellement au texte primitif. Néanmoins le ms. c, comme le ms. a, ne met VexpUcü qu’après les mots : se délivrera.


A PPE N D IC E


APPENDICE I

— GLOSSAIRE DES MOTS

\ FORME ANCIENNE, OD

HORS d ’ gSAGE, QÜI N’ONT PAS ÉTÉ RELEVÉS DANS LES NOTES ; AVEC QEELQDES REMARQDES PHILO­ LOGIQUES.

Adonc, alors. AinSj mais. Ansaintes, enceintes. Apart, apercj apparaît. Ardoirj brûler. Assavoir, à savoir. Avient, advient. Aygue, eau. Beacopt, beaucoup. Besvant, buvant. C’est la manie prétentieuse des scribes qui a intro­ duit là cet s adventice, comme dans une foule d’autres mots où l’étymologie ne l’exige pas. — V. plus loin meust, prenst, etc.

Bouditie, nombril. Boullent, bouillent. Les U mouillées ne s’écrivaient pas toujours p'récé-


—

78 —

dées d’un i, mais la prononciation en tenait compte. Ne voyons-nous pas nos manuscrits écrire, note 55, collons et plus loin, p. 71, collions. Bouler, mettre. Brouyement, bruissement, grouillement. Char, chair. Cler, clair, limpide. Calant, coulant, liquide. Coloricque (pour colericque), bilieux. Concepu, conçu. Ce concepu n’est pas un lapsus plumæ, car nous l’avons rencontré dans d’autres manuscrits. C’est un souvenir étymologique du participe conceptus. Congneue, connue. Contremont, au-dessus, plus haut. Carrosse, courrouce. Cori, court. Caste, couste, côté. Crossus, crochu. Cuer, cœur. On trouve aussi puet pour peut; les diphtongues ue et eu paraissent s’être prononcées alors avec le même son. Daur (pour d’aur), d’or. Decroyssue, diminuée. Despart (se), quitte, se sépare. Desparliz, séparés, divisés. Desport, relâche; sam desport, sans répit. Destraigne, referme, resserre. Devise, parle, converse.


— 79 -

Dornt, donne. Do7ie, donne, dame. Dont, d’où. Daille (pour d’uille), d’huile, Entorlelee, entortillée, tortueuse, tordue. Envoisemens. A défaut d’autre interprétation plus serrée de ce terme, nous avons reproduit dans la note 31 celle d’attaquer (aller sus) que La Curne donne au mot envoiseï'. Tout récemment, M. Paulin Pàris (Nouvelle étude sur la chanson d’Antioche, dans le Bull, du biblio­ phile, 1878, p. 113, note 1) traduit s’envoiser par s’éjouir : <i Et l’aloe s’envoise en l’air, — et l’alouette s’éjouit en l’air. » — Envoisemens pourrait donc si­ gnifier plaisirs, délectations. Il nous semble que la première acception est mieux en rapport avec notre texte. Il est à propos de faire remarquer que nos Pi­ cards disent couramment voise et voiche, selon les localités, pour aille : — Feut qu’ej m’in voiche, feut qu’ai ÿ voise. — Faut que je m’en aille, faut qu’elle y aille. — C’est un reste du verbe archaïque voÿer (de viare, sjm. de vadere) d’où sont dérivés : envoyer, dévoyer, je vais, etc., et vaillable, v. plus bas. A notre humble avis : Et l’aloe s ’en voise en l’air signi­ fierait plutôt : s’en va que s’éjouit en l’air.

Ert, était. Du latin erat, par syncope de l’o.

Eschet, échoit, arrive. Escomeniement, escommunye, excommunication. Escolume, accoutumé. Espes, épais. Csçueti/a;, esquels, dans lesquels. \


— 80 —

Eslactz, états. Eslraint, étreint, resserré, saisi fortement. Euvremens, agissements. Explicitj se termine, se finit. Du participe explicitus. Cette formule qui clôt l'œuvre se trouve fréquemment non seulement dans les manuscrits, mais aussi dans les imprimés du XVI' siècle et même du xvii', ex. : à la fin du De Virtutibus herbarum, etc., de 1643. — Arrivé là, l’écri­ vain parfois se donnait congé : E xplicitj expliceat; ludere scriptor eati

Fasson, façon. Faut, manque, finit. Fiert, frappe. Du latin ferit.

Finer, achever; bien finer, donner satisfaction. Fleume, flegme, humeur froide et humide. |i On dit toujours en picard d’un individu d’allures lentes et molles: U o l ’fleumel

Fourme, forme. Fililíes, feuilles. Genoilz, genoux. Gésir, être couché. Grafier, écritoire. Greve, griesve, grave, périlleuse. Griesve, griesvent, blesse, blessent. Ha, a. De avoir.

Habundant, abondant.


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lert, sera. Du latin erit.

Ire, colère. Ist, sort. De issir.

Laissie, laissé. Lanlien, l’ancien. Layt, lait. Len, l’on. L ’en, forme picarde, pour l’on, o ayant autrefois en certains mots une tendance à devenir a ou e, dans la prononciation : sen pour son, volenté pour volonté. V. plus loin. — Ce dernier rapprochement nous four­ nit le sujet d’une observation de quelque intérêt. Les linguistes tirent judicieusement on de hom (homo), l’on de le hom; mais n ’y aurait-il pas à côté de cette filiation authentique une autre origine tout au moins naturelle? Homo et m u s nous paraissent, sans beau­ coup d’abstractions, avoir des droits parallèles à la paternité de ce pronom indéfini, ü n u s a formé un par la chute de sa finale; pourquoi Vu de un ne serait-il pas devenu l’o de on, comme Vu de s«m (suum), de volantatem, etc., est devenu o dans son, dans volonté, etc.?— En ce cas, la manie picarde, qui chez nous fait toujours dire en (in) pour u n et pour on, ne serait que conséquente quand elle prononce aussi len, sen, volenté.

Ligiers, ligiere, légers, légère. L in o s, lin. L u e il, l’oeil. Malvaise, mauvesse, mauvaise. Másele, mêle.


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Meclre, mettre. Meschiefj malheur. Meust, meut, se meut. Mie, mye, pas, point. Du latin mica, miette, petite parcelle de mie, peu de chose, rien.

Miroel, miroer, miroir. Nous entendons chez nous tous les jours] ormoelle, ormoer pour armoire.

Moieu, milieu. Moicle, moiste, moyte, moite, humide. Molliees, mouillées. Moult, beaucoup. IVasquit, naquit. Nay, nez, né. Nert, n’était. Du latin non erat.

Moe, no\ié. Norrissement, norry, nourriture, nourri. Oly, huile. OnejiicSj jamais. Ou, au. Oy, ouï, entendu. Les diphtongues au, ou, paraissent s’ètre prononcées longtemps avec le même son. Mais en était-il toujours ainsi, et quand le scribe du xv“ siècle semble écrire indifféremment : pou pour peu, peu pour pu, treuve pour trouve, oy pour oui ; ici fourme, couste, toast, là forme, coste, tosi, mettait-il des nuances dans leur


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accentuation? Nous lo croyons sans oser l’affirmer. On ne touche pas alors, il est vrai, à l’heure où, grâce surtout â l’imprimerie, les langues d’oc et d’oil se fondront pour ne plus former que la langue ft'ançaise; mais, dès ce moment, si elles se mêlent sans se con­ fondre encore, du moins elles ne se heurtent plus; les échos adoucis du midi et ceux plus rudes du nord se rencontrent sous la même plume; il faut souvent l’adjonction de signes d’un tout autre ordre pour que la nationalité de l’écrivain se trahisse.

Paine, payne, pome, peine. Palafin, par la fin, enfin. Parti, partagé, déplacé. Partie, compagnie, partenaire Payle, pelle. Pel, peau. Pert, paraît. Peu, pu. Plante, beaucoup, plénitude. Poton. Le complément de la note 206 consacrée à cette expression, ayant été coupé accidentellement à la com­ position avec la fin de la page, nous le rétablissons ici : — Ainsi, « Prenez gros comme une noisette de touaille d’arignier dans un oeuf dur ». Formulaire de . Desplanche. — Mais le manuscrit A nous donne seulle mot poton. Le manuscrit B omet ce passage, les ma­ nuscrits C et D écrivent raion de euf et rastondeuf. La Curne dit : Bastón (ital.) specie di torta di caceio; Raton, espèce de pâtisserie; et il renvoie pour tous les deux à Cotgrave. Or l’italien caccio est l’équivalent de balotta, petite balle, boulette, ce qui nous suffit. Nos paysans du nord appellent particulièrement raton 9


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des feuilles minces de pâte ferme, cuites à même sur la plaque ou couvercle très chaud de leur poêle de fonte, jusqu’à devenir presque croquantes.

Pou, ung pou, peu, un peu. Pregnent, prennent. Prenst, prend. Prins, pris. Rebouter, remettre, replacer en son premier lieu. Recepvement, réception. Recevent, reçoivent. Reognies, rognés, tranchés. Reume, rhume. Reul, rut, fièvre amoureuse. Ribauderie, paillardise. Samour, son amour. Dès le XIV® siècle, on avait commencé à mettre en pareille occurrence le pronom possessif au masculin pour éviter l’hiatus; mais on voit que cette règle fut longtemps à se généraliser. Henri IV ne chantait-il pas encore en 1600 : « J’aime mieux m’amie, ô gué! »

Sault, jaillit. Siet, siège, est sise. Soloit, souloit, avait coutume. Sorcielz, sourcils. Tiepde, tiède. Tosl, toust, tôt. Touaille, toile. Tresvaille, travaille. Tresvaulx, trevaulx, travaux. Preuve, treuvees, trouve, trouvées.


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Vaillables, viables. Vaine, vayne, mine, veine. Vesquü, vécut. Viegne, viengne, vienne. Volente, volonté. Widier, vider. Yeulx, eux, elles. Yssir, yst, ystroit, sortir, sort, sortiroit (s’éloi­ gnerait, cesserait]. Nous devons indiquer ici une variante importante omise par suite de la suppression accidentelle, signa­ lée plus haut au mot Poton, de la fin de la note 206. Le mot ystroit ne se trouve que dans le manuscrit A, conséquent en ceci avec le rôle à contresens qu’il vient de donner au piment. Les manuscrits G et D le rem­ placent par croisseroient et croistroient, ce qui est la bonne leçon. Le manuscrit B, avons-nous dit, omet ce passage.


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II.

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SUR l ’o r t h o g r a p h e

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OBSERVATIONS DÉFECTUEL'SE OD SINGDLIÈRE

DD MANUSCRIT

A.

Au titre, le rubriqueur a écrit : « Ce sont les Segres des Dames ». Bien que cette forme Segres tire son origine de l’italien Segreli et qu’elle se conserve encore aujourd’hui, au moins pour l’o­ reille, dans nos provinces méridionales, bien que cette forme même trahisse la nationalité de l’é­ crivain (v. Introd. p. xiii), nous avons cru conve­ nable de n’en pas tenir compte, nous réservant d’en avertir le lecteur. C’est d’ailleurs le seul exemple que nous en fournissent nos quatre leçons, qui emploient les mots secres^ secrez et secrelz. Une pareille exception à la coutume sui­ vie nous a paru devoir être inutilement cho­ quante au début de notre titre. Notre manuscrit écrit capricieusement feme^ fême, femme, famé, fâvie, mais le plus ordinai­ rement famme. Le mot revenant incessamment sous ces diverses formes, nous avons pris le parti, pour éviter l’agacement, d’employer exclu­ sivement la dernière. Relevons d’autres caprices qui nous ont donné indifféremment : abundant, habundant, habonde ; apart, apere ; aprant, apprant, apprenl; autre, aullre ; chaude, chaulde ; doit, doy, doyt ; ensamble, ensemble; eschaujfe, eschoffe; evre, œuvre, ouvre, ovre; fason, fasson; fil, filz, fiz ;


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fais^ foys; froil, froide, froyde ; lait, layl ; Ion, len; malvaises, mauvaises, mauvesses; manger, menger ; mois, moij, moys ; moicte, moisle, moyte ; nay, ne, nez ; paine, payne, poine ; porroit, pouroit; semance, semence; taille, touaille ; iravaulæ, trevaulx, tresvaulx; vaine, vayne, voine ; viegnent, viengnent, viennent ; etc. On trouve quelquefois ce pour se pronom, et pour se (si) conjonction. Le mot a, du verbe avoir, prend un ft quand il est précédé du pronom en : il a, il en ha. En revanche, homme perd \’h quand il est précédé de l’article : lomme. — Les anciens ma­ nuscrits n’écrivent jamais Vh initial des mots où il est muet, d’où sont venus par syncope et élision, l’on pour le homme, qu’on pour que homme (v. glossaire précédent au mot len). Le signe du pluriel est donné indüTéremment par s et par z , au féminin aussi bien qu’au mas­ culin. Quelquefois il manque absolument. — Dès le xm“ siècle, le z final égalant ts avait déjà beaucoup perdu de sa valeur étymologique. Depuis, ii fut sans cesse confondu avec l’s^ l’un remplaçant l’autre selon la fantaisie du scribe. La seule ponctuation employée, celle indi­ quant la fin de la phrase — ou un point (.) mis par le copiste, ou un signe {ç) colorié par le rubriqueur, — est souvent mise à contresens. Quelquefois elle manque tout à fait, et même la capitale initiale est négligée.


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III.

— EXEMPLES

DES

INCORRECTIONS

DU

MANU­

SCRIT A QUE NOUS AVONS REDRESSÉES, SOIT D’A­ PRÈS LE SENS LOGIQUE, SOIT AVEC LE CONTROLE DES MANUSCRITS B, C, D, SANS EN FAIRE

l ’ o BJET

DE NOTES.

Il était sans intérêt de relever toutes les fautes du copiste, elles sont trop fréquentes et d’ailleurs certaines sont naturellement redressables. D’autres, au contraire, ont créé des dif­ ficultés qu’il nous a fallu résoudre. Quelques-unes ont déjà été signalées, celles qui suivent achève­ ront d’édifier le lecteur, qui voudra bien nous accompagner, sur l’embarras qu’elles nous ont causé. P. 8. — Notre scribe, n’ayant pu lire son mo­ dèle, au lieu de : et aucunes n’en ont point, écrit : et on en evirde (ou emrde) ont pomt. P. 9. — Ne se despart point si toust que la chaulde de la froide,, c.orrigé : de la chaulde que de la froide. P. 16. — Vient dedans piletes vayneSj cor­ rigé : de deux petites vaynes. P. 22. — Comme chacune entre en lenfant. Nous avons préféré, avec le ms. B., entre à lassault. Ibid. — Tient les semonces ensemble en lavie les regarde de destendre, corrigé : ensemble empres la maris les garde de... P. 24. — Tellement que les maistres dient que lenfant estait ne en ycelluy faict. C’est ainsi que


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notre ms. rédige la fin de l’alinéa ; nous l’avons redressé à l’aide des ms. C et D, et mis en regard de la variante du ms. B. P. 27. — En se fait sen blessent aucuns hommes, corrigé : en ce faisant blessent... P. 29. — Et les filles ou senestre et icelles sespandent ou milieu de la fnatrice, corrigé : ou senestre et quant il avient autrement cest pour ce que la semence sespand... P. 31. — Et dun malancolique vient enfant petit et qui petit porra croistre. Voilà ce dont s’est contenté notre scribe ! Heureusement que les mss. C et D nous ont fourni (notes 82 et 83) une leçon moins fantaisiste. P. 33. — Elles se travaillent en trestant, cor­ rigé : entre temps. P. ¿2. — Car cela elle pouroit morir, corrigé : de cela. P. UU. — Dont il prent a la mere, corrigé : dont il pent. P. 51. — Et luy croist son ventre a dextre et a senestre, corrigé : et luy croist plus son ventre a dextre que a senestre. P. 53. — Deux oreilles ou mectes, corrigé : ouvertes. Ibid. — Et pour ce il veult, corrigé : et pour ce lomme se il veult. P. 5â, 55. — Mais elles sont playsantes, cor­ rigé : sont plus pesantes. P. 64. — De son esgart, corrigé : de son regart.


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P. 69. — Le membre de soy revient a la matrix en son lieu, corrigé ; de soy remet la matrix... P. 71. — Semonce de homme est tousiours com­ ment yssir, corrigé : semance de homme doit avoir yssue en la maniéré que tousiours con­ vient yssir.


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IV.

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ADDITION AUX NOTES.

Le texte et les notes étant déjà imprimés quand le manuscrit D est venu à notre connaissance, nous n’avons pu introduire à leur rang les obser­ vations que cette nouvelle version suggérait. Nous les mettons ici, avec quelques autres notes qui sont des compléments nécessaires et qui eussent pris trop de place au bas des pages. Le lecteur en appréciera sans doute l’opportunité. A la page 17, on lit : « Jupiter donne a l’en­ fant esperance et grandeur de cuer ». — Nous avons traduit par espéi'ance un mot abrégé du ms. A; or le ms. D écrit lisiblement : « esparme » [sperme]. Comme il n’est question dans tout l’ali­ néa que des qualités psychiques, nous rejetons comme fautive cette leçon du ms. D. P. 29, notre texte dit : « En icelle [la matrice] a vij chambres dont iiij sont ou droit coste et les autres iij sont ou milieu ». En cette fin d’ali­ néa une note doit être ainsi conçue : — Les quatre manuscrits qui concordent ici sont tous fautifs; il faudrait au moins lire : les autres iij sont au costé senestre. Guy de Chauliac, dans notre manuscrit A(De l’Anathomie, doctrine ij, chap. vij) dit :... « et jaçoit ce quelle nait que deux con-


cavüez apparentes en nombre des mamelles toutes voyes elle a en cliascune diceles trois chambrettes ou cellules et une ou milieu et ainsi que selon Mondin Ion ireime dedans elle sept chambrettes ». Tout ceci est, bien entendu, l’ana­ tomie au XV” siècle; la science moderne a redressé ces erreurs. La note 67 était déjà longue; il y avait au moins inconvénient typographique à retenir sur ce point le lecteur. Nous l’y ramenons, car le si fas esset dicere, à côté de ce ferrum vulvæ appositum^ irrite la curiosité. On se de­ mande dans quel but ces femmes ita cautæ et ^stutæ, pleines de précautions et d’astuce, se livraient à cette abominable manœuvre. Raffine­ ment de dépravation, méchanceté ou vengeance infernale? cela seul nous semblait possible, et nous n’eussions pas imaginé autre chose si le vrai motif, le besoin ou le désir de simuler la virginité, ne nous eût été donné par un passage du Poenia medicum cité ailleurs (Introd. p. xxvii) En effet, le chapitre xtv : De virginitale restiluenda sophistiee, qui amplifie le chap. xxxv de Trotulaj mentionne, avec son application, une variante étrange de l’étrange procédé qui nous occupe. Voici le début : V. 789. Indiget istíus etiam medicamine libri Quam secretas amor veneris furibunda voluptas Per-largam dederant ut amicis crura relaxans


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Voto freta suo priyetur virginitate, Nubere cum sit opus, ignoret ut isla vir ejus, Excecabit eum sic virgo sopbistica caute...

Les trente et un vers suivants exposent diverses recettes, avec mode d’emploi, de poudres, d’eaux, d’onguents, dont les vertus astringentes amène­ ront le résultat désiré. Le chapitre se termine ainsi : V. 826. Omnibus est melius quibus bunc deludere possit : Sanguisugam vulve, pridie quam nubat, in ore Cautius immittat, vulvam no forte sub-intret; Exeat bine sanguis et crustula fíat ibidom Sanguinis ob fluxum vulve strictum quo meatum. Sic coeundo virum deludct virgo sophista. Nec meretrix aliqua sit partibus his imitanda, Optans constringi fatue cum pulvere vitri, Quod ledit vulvam quam reddit sanguinolentam Atque viri membrum sic vulnerai oxcoriatum.

De ce latin nous trouvons ùne paraphrase en langage vulgaire du xv' siècle dans le manu­ scrit 1327, fonds français, de la Bibl. nat., qui contient, fol. 61-118, une traduction de l’œuvre de Trolula, y dénommée Trocula-, dont voici l’in­ titulé : Cy apres sensuit le voulum du régime des dames pour leur aydier en leurs maladies et adversüez tant de la conception comme de l'enfan­ tement ou aultrement. — A la fin : Explicit Tro­ cula. Au verso du folio 98 commence le « Chapitre


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pour restraindre la porte des dames », dans lequel, parmi d’autres recettes, on lit ceci : ... Et aussi sont aucunes fem7iies qui sont tant mal 7iectes et ont leur tnayre si corrompue que a loccasion de ce elles convoictent estre trou­ vées sarrees plus que pucelle et font déliés mesmes aucunes cmistrietions et sarremens a ce car elles mesmes geclent aucunes flux sanglantes et quant lome veidt entrer dedans il se ulcere. El prennent de vitre bien pulverise et le mectent dedans la porte pour sembler plus justes.... El se tu avoies des sangsues et que tu les mectes dessus la magre en la porte mais que tu faces cautememt de paour quelles ne^itrenl dedans et fait tant que le sang en saille et que il demeure dessus le lieu des crousles pour raison de la piquei'ie des sangsues et pour ceste cause le mary sera bien deceit car quand il joindra avec sa femme en entrant dedans il fera saigner la dame/ pour raison de la ouverture des crostes aux­ quelles il touchera avec son membre. La sangsue! c’est un moyen lénitif que Bran­ tôme n’a pas négligé de consigner en ses Vies des dames galantes (discours IV), et dont la virgo sophista de nos jours se sert couramment; mais le verre pilé, le « ferrum » ! que voilà d’atroces inventions, quelles rudes amours que ces amours du moyen âge, et que les sévérités de la Décré-


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tale étaient bien venues d’interdire la vulgarisa­ tion de ces secrets. Combien les nôtres sont hon­ nêtes et chastes auprès de ceux-là. Note 70, ajoutez : ^ Ms. D var. : « Li Ensev^ le maistre... » — Cette troisième forme d’un nom propre n’est vraisemblablement pas plus exacte que celles de Lulceval et de Liensceval ? Note 89, ajoutez : — Ms. D var. :... « Et ce leur advient par plusieurs occupations desquelles je me vueil taire du tout à raconter. Et toutes voyes il leur advient souvent pour yre pour cour­ roux pour paour pour joer pour dansier pour chanter ou saulter pour boyre pour manger pour compaignie dôme ou autrement. » Nous avons signalé dans cette note 89 le mot Ilelene donné par l’édition du Secrela de Denis Roce et par la plupart des éditions antérieures; mais celles qui suivent la transforment en lene. Nous pensons que la première forme est la véri­ table, car l’idée traduite par le mot lefiœ l’était déjà complètement par meretrices. A la page 3û, l’alinéa commençant par « Au­ cunes fammes »... débute ainsi dans le ms. D : « Item dit Ypocras que les unes femmes ont plus grand travail que les autres. » Note 97, ajoutez : — Ms. D var. : — « Maistre


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Plunnus. » — Ce mot PlunnuSj écrit bien lisible­ ment, n’est-il pas là pour Plinius ? A la page 35, le commencement de l’alinéa est ainsi modifié dans le ms. D : « Alter Patrix qui fut la plus saige dame du monde en medecine et en secret de dames dit que Ion peut bien aydier à une feme a son enfanter et conforter et garentir en son travail. Et pour ce la apris a une sienne fille et dit que quant leure de lenfant luy vient on luy doit dire ainsi : Dame ne soyez point honteuse car il touche à votre vie... d Notes lOl-lOà, ajoutez : — Ms. D mr. « Quant lenfant vient a la porte devant tout niort bossu ou contrefait cest grant peril et meschlef. Entre vous saiges dames entendez et retenez une doctrine »... — Le mot niorl au lieu de mort que donnent les autres mss. est ici très lisible. Il équivaut à raboitgri, mal-bâti. Note 121, ajoutez : — Ms. D var. : — « ... Et luy aidiez de ce que Ion peut et lavez avec eau ou liriz auront cuits »... — Ici il n’est plus ques­ tion d’aurone ; mais faut-il bien lire liriz [racine d’iris] et n’est-ce pas une faute du copiste pour lis [oignons de lys]? Note 139, placez en tête : — Ms. D m r, : — ... « Lequel pour ce quils furent desordonnez en chaleur fut affole... »


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Note 140, ajoutez : — Espire et espirandon sont en effet des mots mal copiés par les mss. B et C, car le ms. D rédige ainsi : « On trouve au­ cunes fois especes dont sont les enfans qui ont... » Note 150, ajoutez : — Ms. D var. : — « ... Se elle sent heurter son membre et que la porte se destraigne en tirant et en laichant [lâchant] »... A la page 51, au commencement de l’alinéa, Avicenne est remplacé par Aristote dans le ms. D. Note 170, ajoutez : — Ms. D var. : « Les blanches ont façon naturelle qui a ce jeu... » Note 172, ajoutez : — Ms. D var. : — « ... Et pour ce ne pourvoit concevoir. » Note 177, ajoutez : — Ms. D v a r .: « ... Mais la gecte avec son esclaf... » — Cette forme : e s c la f se trouve répétée deux autres fois dans ce ms. avec le sens certain d’urine. On nous reprochera peut-être d’avoir été sobres d’annotations médicales. Il est certain que la matière y prêtait, non pas à l’occasion des erreurs trop nombreuses et trop grossières qu’il eût été vraiment oiseux de combattre aujour­ d’hui, mais parce qu’il eût été intéressant peutêtre de mettre en évidence et d’éclairer par


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l’iiistoíre et la critique quelques points de doc­ trine ou de pratique, traditions respectées des anciens âges que la discussion et l’expérience relèguent à présent dans un juste oubli, ou con­ sacrent légitimement. Nous aurions pu écrire, par exemple, sur ce qu’on lit à la page Zil de notre texte ; « Le maistre dit quant une famme a a enfanter ’, une autre famme luy doict mectre la main sur le cuer affin que la matrix ne luy remonte pas vers le cuer, car de cela elle porroit morir. » — Note : L’impossibilité à la matrice d’exécuter de pareils mouvements est flagrante. Nos connaissances anatomiques et physiologiques rejettent une pa­ reille assertion ; mais au siècle dernier encore» on y croyait comme à un axiome. « Le maistre », en efifet, ce n’est rien moins qu’Hippocrate, qui, dans plusieurs de ses ouvrages, a énoncé la doc­ trine des aberrations de la matrice. Que la science de nos jours proclame apocryphes les livres : lîtpi ruvaijcEÎrii çuoicç et les deux livres ^Ept ruvaixEÍcúv vouotûv, nous nous rangeons docilement à cet avis, mais il n’en est pas moins vrai que le XV“ siècle peut ici réclamer les circonstances atténuantes. — (Par une erreur de ponctuation, le ms. D fait commencer l’alinéa de la page âl par : « Selon ce que dit Aristote », qui termine l’alinéa précédent. Il en résulterait que ' « le 1. Nous avons omis par inadvertance do redresser le texto fautif-du manuscrit qui porte ;« Quant une famme a enfanter. »


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maistre », ce serait Aristote. Les trois autres mss. n’ont pas commis cette faute, et c’est bien Hip­ pocrate que nous devions prendre à partie.) La note 197 appelle à la vérité un complément. En effet, les accidents, ou piutôt les malheurs, que le cdüus cum, muUeribus menstruosis peut occasionner, notamment les leprosi vel elephantiosi de S. Jérôme, font songer aux maladies dites syphilitiques dont les causes, la nature, l’époque où elles sont apparues, ont fait l’objet de tant d’hypothèses et d’assertions contradic­ toires. Un grand nombre de cliniciens, non tou­ tefois l’unanimité, admettent à présent que cette maladie procède de la lèpre asiatique, si com­ mune dans l’antiquité et au moyen âge. Ce que Frascator a appelé plus tard la syphilis n’en serait qu’une transformation. Quoi qu’il en soit, on sait aujourd’hui que l’état de menstruosité n’y est pour rien, et que, quels que soient les accidents vénériens dont les symptômes ont été signalés par les médecins de l’antiquité et des temps antérieurs à la Renaissance, aucun ne présentait ce vice particulièrement contagieux, ni ces évolutions à phases méthodiques qui sont les caractères spécifiques de la vérole, depuis la grande épidémie qui éclata en Europe à la fin du XV' siècle. Le tableau que trace Guy de Chauliac en 1363 n’avait encore reçu aucune modifi­ cation en 1Z|68 : 10


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Les ulcérés qui sont faites a la verge et osceo [oscheo, scrotum] et ou col de la maire sont escorchemens eschauffemens ulcérés virulentes corro­ sives et cancroses et ou cul ragadies tdceres fistules de lung et de lautre et encor ordes chars adjoutees atrices ficus condilomata desquelles les causes sont males humeurs corrompues et aposteumes et plages mal curees froclemens et atouchemens desordonnez. Leurs signes apparent a veoir a latouchement et linstrument dit speculum selon Avicenne ayde moult ad ce. Il est jugie par G. et par Avic. que les ulcérés diceux membres [les membres hanches extérieurs] sont sensibles et 1res difficiles et aussi les exues des superfluitez desquelles par eux mesmes et especiallement cum colere sont mordans. Et avec ce les medicine­ mens qui y sont mis nont pas temps soufpsa7il pour lallegement et sont chaulx et humides pour quoy porriture y vient toust et ne les monstre Ion pas voluntiers. — Guy de Chauliac, Traité IV, doctrine ij, chap, vij, dans le manuscrit A. Quels traits importants faudrait-il ajouter à ce tableau pour eu faire celui de notre temps? La spécificité et l’énoncé des symptômes primitifs^ secondaires et tertiaires. Lorsque notre texte dit à la page 60 : ...'« car il y a dedans la porte une pel que lomme brise en despucellant, etc., » nous avons seulement effleuré les questions dans nos notes 19A e.t sui­


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vantes. Tout au moins ce pouvait être une juste occasion de rappeler que Celse — De re medica, lib. Vij, cap. iij, sect, xij, ed. Valart. — a traité de l’atrésie vulvaire, et aussi notre Guy de Ghauliac — vij' traité, ij® doctrine, vij' chap. De la clausure de la matrice —, et d’apporter à l’ap­ pui du modus operandi, comme suite à notre note 195, ce souvenir de pratique personnelle : « Et c’est ce qui est arrivé à l’un de nous, chez une fille entrée à l’Hôtel-Dieu de Noyon, pour une malfor­ mation de l’hymen qui obstruait presque complètement l’orifice du vagin et gênait considérablement l’écoule­ ment des règles. Cet hymen était très consistant eu raison de son épaisseur. C’était une sorte de membrane fibro-musculaire doublée d’une muqueuse ne laissant qu’un petit pertuis par en haut et s’opposant complète­ ment à l’introduction du doigt dans le vagin, même en employant pour cela quelque force. 0ne excision fut faite en laissant par en bas une petite portion de l’hy­ men en forme de croissant, pour témoigner que cette fille n’avait point été déflorée, qu’elle avait enfin sa virginité. L’excision était suffisante pour ne plus gêner l’écoulement des règles. Il y a pins de trente ans aujour­ d’hui, 29 oct. 1877, que cette opération a été faite. Cette femme s’est mariée; elle a toujours été bien portante et a plusiburs enfants, sans que rien ait fait obstacle à l’écoulement des règles, à la copulation, ni au premier accouchement, encore bien moins aux autres. »

Quant aux citations, que fait notre texte, de Galien, nous aurions pu relevor aussi qu’en tant qu’extraites du livre : De Gynœceis, il ne faut pas en rendre le maître de Pergame responsable.


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parce que ce Traité lui a été faussement attri­ bué. On voit par ces quelques exemples ajoutés à ce que nous avons dit ailleurs qu’on eût rempli faciiement un gros volume de pareilles gloses. Nous le répétons : notre travail a eu des préten­ tions plus modestes. Faire connaître un curieux document de médecine primitive, un livret clas­ sique à l’usage des praticiens et surtout des ma­ trones du moyen âge, tel a été notre but, simple, persévérant, désintéressé. Poursuivi avec goût et patience, nous ne l’avons pas atteint sans quelques veilles et fatigues; aussi croyons-nous bien justifiée notre devise inscrite en tête de ce petit livre : Labore et amore!


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V. —

BIBLIOGRAPHIE

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RAISONNÉE

DES

ÉDITIONS

ANCIENNES DE LA TRADDCTION EN FRANÇAIS DU SECRETA MDLIERÜM

d ’ a LBERT

LE GRAND.

Quand, les éditions latines du Sécréta ont été si multipliées aux débuts de l’imprimerie, il est remarquable, avons-nous dit, qu’en dehors des « Secrets des Dames » aucune traduction ou imi­ tation française du livret d’Aibert le Grand n’apparaisse avant le milieu du xvi” siècle; du moins nul exemplaire manuscrit ou imprimé d’une époque antérieure ne nous est connu. Les éditions publiées dans le siècle suivant sont peu nombreuses, et on n’en rencontre que de rares exemplaires. Celles du xviii', souvent réimprimées, ont néanmoins disparu en grande partie, les curieux commencent à les recher­ cher. Il nous a semblé qu’un catalogue raisonné de ces vieilles éditions serait un complément naturel de notre travail et nous ferait bien mé­ riter des bibliophiles. Commençons par les indi­ cations du Manuel du libraire, éd. de 1860. [i\° 1] « Les secrets des femmes et homes, com­ posez par le grand Albert, et nouuellement trâslatez en frâçois, tout au long corrigez et amandes. — Stampato in Turino par Pietro Ranot a lenseigne de la Rosa. « Au recto du dernier feuillet, en 5 lignes : — Fin des Secrets des femmes et hommes traduict nouuellement sans rien obmettre des


— lOZi — choses necessaires hônestes quât au profit et säte du corps de Ihomme et de la femme. <1Pet. in-8° de hk feuillets non chiffrés. Lettres rondes. Éd. rare. Vendu La Vallière, 8 fr. 60 [Cat. La Vallière, l " série, n” lél8]. Elle est de la première moitié du xvi° siècle, mais on ne saurait dire si elle a paru avant l’édition sui­ vante. » [N“ 2] « Les Secretz des femmes et homes côposez par le grand Albert, etnouuellement trans­ latez en françois, tout au long corrige et amendez. — Stampato in Turino par Pietro Ranot a lenseigna de la Rosa (sic). «Pet. in-8° de 32 feuillets non chififrés. Signa­ ture a-h. Lettres rondes. Éd. imprimée vers 1540. » Ces deux éditions ont probablement été imprimées pendant que Turin était sous la domination française. Elle avait été prise par les généraux de François 1" en mars ou avril 1535 (v. s.), et l’occupation durait encore après 1540. Getto occupation n’était pas seulement mi­ litaire ; une population nouvelle de savants et de lettrés y était venue franciser la vie civile et activer davan­ tage le mouvement studieux qu’une université célèbre y entretenait. C’est ce que nous confirme le Soissonnais H. Sussannean, qui, en 1536, y enseignait les belleslettres : Taurinum nuper r t u d i i s ................................ Jurisque et Jcgxun florebat, ubi impiger artes Ingenoas docui..........................................

(Huberti Sussannei Ludorum libri. 1538. « Perona obsessa », cant. II, v. 25-27).


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105 —

On peut donc raisonnablement supposer que c’est par l’initiative de quelque Françâlis, « legum et medicinæ doctoris >1, comme Sussanneau, que la traduction du Sécréta a été faite et livrée aux presses de P. Ranot.

[N° 3] « Les secretz des femmes et hommes com­ posez par le grant Albert, et nouvellement translatez en françois. KIn-16. Éd. ancienne, en lettres rondes, sans titre [lieu?], ni date, ni pagination. — Nugent, 6 fr. 30; Veinant, 27 fr. » [N° i] « Sécréta mulierum, translate de latin en françois (s. 1. n. d.). « In-16 golh. Veinant, 50 fr. » C’est là tout ce que donne le Manuel. 11 est vraisem­ blable que Brunet n’a vu que les exemplaires n”’ 1 et 2 qu’il décrit et qu’il n’a pas corrigé lui-même les épreuves de son ouvrage. Voici en tout cas une erreur à rectifier : le n° 3, qui est en effet inscrit au catalogue Nugent sous le n ” IGl, n’a pas figuré dans la bibliothèque de Veinant. Il faut renvoyer au n" 4 la mention : Veinant, 27 f. En voici la preuve. Le Catalogue des livres de M. [Veinant, première vente], Paris, Tross. 1853, porte'au n“ 287 : <1 Sécréta m ulierum . Translatez de latin en françoys. s. 1. n. d. — In-16 goth. mar. fil. tr. dor. (an­ cienne reliure). Rare exemplaire de Méon. »

Le Catal. de M.** (Méon), 1803, l’inscrit en effet au n» 894. Le Catalogue des livres de feu M. Äug. Veinant [deuxième vente] ; Paris, Potier; 1860, porte au n° 171 ; a Sécréta m ulierum (d’Albert le Grand). Translaté de latin en françoys. (Sans nom de lieu, ni date.) —


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10 6 —

I q-16 goth. Portrait sur le titre, mar. r. jans. tr. dor. (Trautz-Bauzonnet). » Voilà deux exemplaires de mêmes titre, caractères et format. — Des libraires autorisés pensent que c’est le même. — Ces exemplaires ne diffèrent que par un por­ trait (?) sur le titre du second, portrait dont l’annonce aurait été négligée d’abord, et par la reliure, reliure qui aurait été refaite en prévision d’une revente. Quoi qu’il en soit, le premier exemplaire a été vendu 27 fr. au libraire Tillard; le second, 50 fr. à M. X. Ce sont bien les prix respectifs notés par Brunet, mais il a inscrit à tort au n“ 3 ce qui appartient au n° 4, où on devra lire : Veinant, 27 fr. en 1855, 50 fr. en i860. L’article Albertus magnus du Manuel est d’ailleurs insuffisant et mal en ordre. Un pareil reproche s’a­ dressera à l’article consacré au même auteur et au même livre dans les Supercheries littéraires de Quérard, éd. Dafiîs. Ses nouveaux éditeurs y renvoient à une n judicieuse notice de M. Jannet, insérée dans le Journal de l’amateur de livres, T. 11 (1849), p. 125135 ». L’indication est fausse; la judicieuse notice est introuvable dans ce journal, du moins dans l’exemplaire de la Bibliothèque nationale, qui, notons-le, est incom­ plet au premier volume (1848) des pages citées. La notice en question serait-elle donc dans ce premier volume? Le digne M. R..., conserva’teur de la Bibliothèque et autre­ fois collaborateur audit journal, l’honorable M. P. B..., aussi conservateur de la même bibliothèque et l’un des rédacteurs de la nouvelle édition de Quérard, n’ont pu nous renseigner.

[N“ 5] « Les secrets des hommes et des femmes, composés par le grand Albert, traduits de latin en françois. — Tours (s. d. vers 1600). « In-16. Signature A.-F., n° 1195 du cata­ logue de la vente Taschereau. »


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M. Clémeat de Ris, qui classe ainsi ce livre sous le n“ 152 de « La Typographie en Touraine », dans le Bull, du bibliophile, 1878, ne dit pas sur quoi est basée cette attribution d’époque. Nous n’avons pu voir aucune des cinq éditions ci-dessus, ni savoir qui les possède aujourd’hui. Parmi les biblio­ thèques que nous avons visitées, nulle n’a d’édition du XVI' siècle. La Nationale et Sainte-Geneviève seules ont des éditions du xvii'.

[N° 6] Bibl. nat., R. 2079 IG et Bibl. Sainte-Ge­ neviève, T. 1535. — «Les[secrets [deshommes| et des femmes. | Composez par le | grand Albert. ITradvits de latin en françois.—AParis. » In-16 de 127 pages chiffrées (s. d. ni nom d’imprimeur). A la page 115 commence la « Svite et continvation des secrets des hommes et femmes; extraits des œuvres de maistre Laurent Joubert, docteur en médecine, et ce suivant son orthographe ». [N° 7] Bibl. Sainte-Geneviève, T. 153A. — « Les ( secrets | des hommes j et des femmes. Compo­ sez par I le grand Albert. Tradvits de latin | en 1. Quelqu’un se demandera sans doute, comme nous, la raison pourquoi, à la Bibliothèque nationale, le Sécréta mulierum d'Àlbert et ses traductions, qui étaient autrefois légitimement catalogués dans la division de médecine, lettre T, ont été trans­ portés récemment par un nouveau classement dans la division des sciences physiques, lettre R. Ce serait, nous a-t-on dit, sur l’avis d’un bibliothécaire « médecin » que la chose aurait été faite. Il n’est pourtant pas besoin de feuilleter longtemps cet opuscule pour s ’assurer que s’il est écrit « in parte stylo philosophico, in parie stylo medicinali », cette dernière qualité l’em porte de beaucoup en importance sur l’autre.


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françois. — A Paris, chez Jean Promé en sa boutique au coing de la ruë Dauphine. M.DC.XXXX. » In-16 de 127 pages chiffrées. Cette édition contient les mêmes matières que la pré­ cédente. Le caractère typographique et la JustiBcation sont identiques. On serait autorisé à penser que l’une et l’autre sont du môme tirage et que le titre seul a été modifié pour une partie des exemplaires, si à la page 51 du n" 6 on ne voyait la signature D au lieu de Dij, qui est au n” 7. On peut croire que ces deux dernières éditions ne sont que des réimpressions des précédentes, car la lettre et la langue y sont en retard d’un siècle. On en jugera par quelques citations. P. 20. « Si vn chat sparmatisoit et pissoit sur la sauge, et aucune mangeoit de cette herbe, lors petits chattons pourroient estre engendrez en. son corps, qui soroient à letter par vomissemens. » — [A^am si cattus spermalisaret super salviam et aliquis commederet de tali salvia turn ex illo spermate generentur catti in ventre viri qui catti per vomitum essent expellendi. Comment, du Sé­

créta.] P. 38. « Les luxurieux naissent en la coville de Vénus. » — [tn venere nascuntur luxuriosi. Text, ibid.] P. 107. OLa vierge fait son vrine plus chaude que la femme ». — [Virgo altius m ingit quàm mulier. Texte ibid.] Ces échantillons, en regard desquels nous avons mis le latin original, montrent aussi que le traducteur a pris ses aises. Néanmoins, il a discrètement fait le silence sur certains passages qu’il a cru dangereux pour les innocents. Bien qu’il ait traduit le commentaire en


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même temps que le texte, il a quelque peu atrégé le tout, jusqu’à supprimer entièrement les chapitres qui viennent après celui « Du défaut de la matrice », c’està-dire les douzième et treizième de la division la plus ordinairement suivie dans les originaux latins. Les sept éditions ci-dessus sont tout ce que nous con­ naissons des publications antérieures au xvm' siècle. En 1703 paraît, pour la première fois, le livre fameux qui a tant contribué à rendre populaire en France le nom d’Albert le Grand.

[N° 8] « Les admirables secrets d’Albert le Grand, contenant plusieurs Traitiez sur la con­ ception des femmes, et les vertus des herbes, des pierres précieuses et des animaux. Aug­ mentez d’un Abrégé curieux de Phisionomie et d’un préservatif contre la peste et l’infection de l’air. Tirées et traduits sur des anciens Manuscrits de l’Auteur, qui n’avoient pas en­ core paru, ce qu’on voira plus amplement dans la Table. Divisez en quatre livres. — A Cologne [Hollande ou Trévoux, BrunetJ, chez le Dispensateur des secrets. M D CCIII ». Petit in-12 de 12 feuillets liminaires non chiffrés, 302 pages, et 5 feuillets non chiffrés pour la table. Il y a cinq gravures, dont la pre­ mière servant de frontispice au volume et la seconde placée en tête du premier livre, sont comprises dans les feuillets liminaires ; les trois autres placées aussi en tête de chaque livre comptent dans la pagination.


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Cet ouvrage est une version avec remaniements, sup­ pressions et additions, du livre latin publié soixante ans auparavant sous le titre de : « Albertus magnus. De Secretis m ulierum . Item de Virtutibus herbarum, Japidum et animalium . Amstelodami apud Jodocum Jans"

sonium. A" 1643. » — Petit i n - 12 de 306 pages et 5 feuillets non chiffrés pour l’Index. Un frontispice gravé sert de titre. — Les matières indiquées dans ce titre, plus les Traités De B oris dierum etD e Mirabilibus mundi, tiennent les 223 premières pages; le reste du volume est occupé par : Michaelis Scoti libellus de se­ cretis naturœ. (Autres éditions : Amstelod. 1048, 1652, 1655, 1662, 1665, 1069, 1702, 1760.) Ce livre n’est luimême qu’une réimpression, presque sans modifications, de l’édition de Lyon, excudebat Joannes quadratus, M. D. LXXX, ou de celle, en tout semblable, aussi de Lyon, apud Anthonium Deharsy. M.D.XCVIII, toutes les deux in-16. Ce n’est pas ici le lieu de faire l’analyse critique des <1 Admirables secrets » ; il suffira de le décrire! Nous l’avons catalogué parce qu’on y trouve une traduction nouvelle du Sécréta, ou De Secretis mulierum, laquelle comprend le texte en entier, mais laisse de côté le com­ mentaire, qui pourtant forme les trois cinquièmes de l’œuvre dans l’original. Cette traduction constitue le livre, pp. 4-68; le 2' livre, pp. 74-463, contient les autres opuscules mis sous le nom d’Albert dpns l’édition latine de 4643 ; le 3”, pp. 463-218, est une compilation de recettes grotesques et absurdes intitulée : Les Secrets merveilleux et naturels, due à l’éditeur anonyme; le 4', pp. 224 à fin, donne seulement la 3' partie du Traité de Michel Scot et quelques recettes et considérations agrémentées de grec, sous le titre do P réparatif [sic] des fièvres malignes.

Dans les feuillets liminaires sont distribués les articles suivants : 4“ Èpttre; 2“ Prière; 3“ Auis au lecteur


Ill —

4“ Pensée du Prince des philosophes. La Prière et l’Avis au lecteur appartiennent à l’éditeur ; l’Épitre et la Pen­ sée sont parties intégrantes du Secreta. Notons que le titre courant de tout le volume est : Les admirables Secrets d’Albert le Grand.

Autres éditions : Cologne, 1706 (les gravures de celle-ci s'eut différentes de celles de la première et de meilleur style), 1715, 1722; Lyon, chez les héritiers de Beringosfratres, 1729, 1743, 1745,1752, 1753, 1758,1793. Toutes petit iu-12. L’exemplaire de Lyjan (Paris), s. d., contre lequel .M. Ch. Nisard a écrit un réquisitoire dans son « Histoire des Livres populaires », est une réimpresion moderne déjà notablement remaniée. (Cf. le n“ 47 du 140° cata­ logue du libr. Baillieu (1877). Ce réquisitoire vertueux a enfanté un livre idiot qui, ayant mérité l’estampille de la commission de colportage (1874?), se vend sous le titre de : Le grand Albert et ses secrets merveilleux, avec l’ancien frontispice grossièrement reproduit, por­ tant encore effrontément : Les admirables secrets d'A lbert le Grand. Le Traité sur la conception des femmes n’y figure plus, nous n’aurons cure du reste!

A l’exception des auteurs du Scriplores ordinis predicalorum recensüi... Paris, 1719, in-fol. aucun des bibliographes et des critiques qui ont catalogué ou étudié les œuvres de nilustre domi­ nicain du XIII“ siècle, et particulièrenaent celle vraie ou fausse du Secreta, ne l’a fait avec la méthode, l’exactitude, l’impartialité nécessaires. Le travail est à refaire ; nous souhaitons que son auteur futur, patient et savant, n’y apporte ni la même indifférence, ni la même passion, que ses devanciers.


— 112 —

Et maintenant que voilà notre tâche accom­ plie, plaçons ici, au lieu du mot Fin, ia sou­ scription que le joyeux scribe du manuscrit B a libellée au folio 271, en achevant la copie de la chirurgie de Lanfranc : Explicit hic liber Scriptor sit crimine liber. Detur pro pena Scriptori paiera puella. ' Hoc scripsi totum Pro pena da mihi potum. Scriptor qui scripsit Cum XpioTo vivere possit. Amen.


TABLE INTRODÜCTION Pages.

Prolégomènes......................................................... 1.

i

Description sommaire des manuscrits d’après lequels nous avons institué notre texte...

iv

II. Description bibliographique et critique du ma­ nuscrit A et indication de quelques particu­ larités établissant son origine et sa date..

x

III. De l’auteur, de la date et des sources de l’œuvre...........................

xxut

IV. De la décrétale A d meam doctrinam et de la défense de révéler les o Secrets »................ xxviii Suite des prolégomènes...........................................xxxviii

CE SO N T L E S SE C H E SD ES D A M E S..

1

APPENDICE

I.

Glossaire des mots à forme ancienne, ou hors d’usage, qui n’ont pas été relevés dans les notes, avec quelques remarques philolo­ giques............................................................

77


—

114 —

Pages.

II. Observations sur l’orthographe défectueuse ou singulière du manuscrit A............................

86

III. Exemples des incorrections du manuscrit A que nous avons redressées, soit d’après le sens logique, soit avec le contrôle des ma­ nuscrits B, G et D, sans en faire l’objet de notes................................................................

88

IV. Addition aux notes.............................................

91

V. Bibliographie raisonnée des éditions anciennes de la traduction en français du Sécréta m ulierum d’Albertle Grand.................. 103


ACHEVE

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EN JANVIER

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