Atelier d’écriture de l’UPTS
animé par Jocelyne Vignal
Voyages à Terre Sainte 4 – L’Océan
Samedi 26 octobre 2013, à Terre Sainte
Photos et mise en page : Robert Jeannard
SOMMAIRE Propositions d’écriture
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Auteurs Christine Badaire
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Dominique Escande
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Robert Jeannard
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Geneviève.Kowalewski
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Cristine Marrec
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Patricia Masolo
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Corine Parolaï
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Rose-Marie Sérou
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Jocelyne Vignal
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Annexe Chanson de Jean Ferrat : Raconte-moi la mer
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Propositions d’écriture I a) Quels mots évoque pour vous l’Océan ? Les noter en vrac. (10’) b) Marcher au bord de l’océan et noter couleurs, odeurs, bruits, sensations au toucher, comparaisons, métaphores, se laisser aller aux émotions, aux sentiments que cela suscite. (30’) Retour à la case. À la façon de la chanson de Ferrat « Raconte-moi la mer Dis-moi le goût, les couleurs L’océan, c’est… [une émotion], c’est… [une chose], c’est… [une partie du corps], c’est… [un verbe d’action] L’Océan, c’est le désir de… Dis-moi l’Océan… [un moment de la journée, des couleurs]… L’Océan, c’est un sentiment, c’est un élément, c’est un sentiment…
II Fragments de vie. De petits textes. Dire « Vous » en s’adressant à de soi, dans un rêve, un autre âge, en utilisant le vocabulaire récolté en a) et b). Thèmes proposés : éloignement, départ, attente, lien maintenu ou créé, but poursuivi ou recherché, envie d’ailleurs, tentation, plaisir d’immersion (physique, mental), émotions qui viennent et qui s’en vont… Un conte des origines
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Christine Badaire I
Océan Si c’était un goût il serait salé, jusqu’au cœur, comme l’ont compris ces singes qui baignent leur coco afin que le fruit s’imprègne et change de saveur. Si je devais le peindre je serais bien en peine, il me faudrait trouver du blanc bouillonnant, des bleus transparents, des bruns luisants, des verts improbables, du gris d’ardoise et du plomb fondu. L’océan m’effraie, et il me fascine, c’est le verre d’eau où se déroulent toutes les tempêtes, d’où naissent toutes les vies. C’est le sang qui circule dans mon corps au rythme impérieux que lui impose mon cœur. L’océan, c’est ce désir d’évasion, la promesse d’un ailleurs forcément plus clément. C’est mon désir de vivre en allant de l’avant, sans jamais arriver à oublier hier. L’océan, c’est le calme d’un matin serein, les bleus-verts transparents, rassurants. C’est l’argent de midi, quand la lumière est si forte que la couleur n’est plus, dévorée par la chaleur plombante. C’est le blanc de lait des rouleaux lorsqu’il est en colère, c’est cet anthracite lorsqu’il est déchainé. Et enfin, c’est la nuit où seuls ses clapotis permettent d distinguer la limite mouillée. Alors terre eau et ciel sont confondus en une même teinte. L’océan c’est le rugissement du vent qui emplit tout l’espace, le croquant du corail qui se rompt sous mes pas, la caresse du tissu de ma robe sur ma peau. L’océan c’est la violence utile de chaque vague qui fracasse les vestiges de ce qui fut vivant. L’océan c’est cette angoisse perpétuelle, mon angoisse ? de perdre ceux qu’on aime au détour d’une mauvaise lame, puisque rien n’est promis, que tout est à rejouer, perpétuellement. Et vous êtes partis ! Pour nous qui restions c’était si facile ! C’était vous dont la vie se trouvait si profondément bouleversée… Les enfants
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Christine Badaire devaient admettre, et tels de jeunes plans qu’on va changer de pot, accepter de mettre leurs racines à nu pour explorer une nouvelle terre. Pas facile de laisser sa maison, sa famille, n’emmener que le strict nécessaire, se limiter à l’essentiel. De notre côté vous apportiez ce vent d’évasion, ce possible ailleurs auquel chacun rêve mais étouffe par la voix du quotidien, Vous avez donné des ailes à plusieurs, permis à d’autres de continuer leur chemin dans l’espoir de vous rendre un jour visite. Et puis il y a eu chaque lettre, ces petits morceaux de vous glissés dans une enveloppe, collectés semaine après semaine, amenant des nouvelles, entretenant le rêve, créant un lien particulier dans lequel on se racontait. Chaque semaine c’était comme un cadeau magique, une preuve d’amour du bout du monde, une tranche de votre quotidien salé qui était notre ailleurs doré.
II
« Pourquoi les vagues reviennent-elles toujours au rivage ? » C’est à cause des légendes qu’on raconte aux vagues lorsqu’ elles sont petites ! Cette croyance est si forte que toutes, depuis la nuit des temps, y croient et y consacrent leur existence ! Ainsi donc la terre est un mammifère marin qui s’est échoué il y a bien longtemps. La lumière était si différente, la caresse des rayons du soleil si agréable que la terre a trop lézardé, et n’a pas pu retourner complètement à l’eau, elle s’était trop enfoncée. Le seul moyen de la préserver, de lui assurer sa survie c’est que chaque vague vienne s’en relâche l’hydrater. Et tant que les vagues accepteront d’embrasser la terre de leurs baisers salés, celle-ci pourra continuer de tourner !
Dominique Escande I
L’océan ! Le vaste, le généreux, le terrifiant océan ! Partir là bas jusqu’au bord de l’horizon… Il en rêvait depuis toujours. A sa naissance le sel déjà donnait un goût étrange à ses lèvres… Les algues d’abord l’avaient fasciné, au ras du sol, tout petit, quand il jouait sur la grève mouillée. Le goémon entortillait comme un filet vivant et gluant les poissons multicolores pris au piège. Il suffisait de tendre la main et de les délivrer ou au contraire de les ramener tout fiérot pour la soupe du soir. C’était au temps où, si petit, il ne pouvait deviner l’immensité du monde. Mais il avait décidé, naturellement, les algues lui avaient montré l’exemple, de devenir un jour pêcheur et de rejoindre là bas l’horizon… qu’il découvrit plus tard, lorsque sa belle s’éloigna avec un charpentier pour ne plus revenir : le sel du chagrin sur les lèvres il comprit que son désir de terre venait de s’enfuir, il suivit donc son penchant marin. Il connut les tempêtes, les vents affolés, affolants, qui sifflaient jusqu’au fond de l’âme, qui mouillaient le pont en paquets lourds et détrempaient les voiles qu’il fallait affaler pour ne pas sombrer. Les vagues, d’une puissance inouïe le jetait au sol, il fallait s’arrimer au mât pour ne pas être emporté dans ce cataclysme liquide. Il vit le capitaine, un soir de typhon, s’attacher au gouvernail et leur sommer de quitter le navire. Il réussit avec quelques uns de ses compagnons à se jeter dans un canot, empêtré de cordes et d’échardes de bois et à fuir, oubliant le bateau, perdu corps et âme dans la tempête. Les vagues se fracassaient méchamment sur la coque du canot, mais lui ne les entendait plus, tant il hurlait de frayeur. Puis, peu à peu la mer s’était calmée, et l’angoisse s’était apaisée. Le friselis de l’eau caressait maintenant la proue de la yole et un trait sombre, vert peut être, bordait l’horizon noyé. Un goût ancien, primitif, mouilla ses lèvres, et ce sel, qui venait aussi de ses yeux, lui dit qu’il était sauvé : l’île Bourbon était en face, et le soleil juste derrière.
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Dominique Escande
II
Et pourquoi le Paille-en-queue vole-t-il toujours au dessus de l’espadon ? Dans l’eau, l’unique, le seul, le merveilleux premier Océan nage le magnifique premier Espadon. Une aile à rendre jaloux le plus beau des 10 oiseaux orne son dos, et d’ailleurs le premier Goéland lui envie en effet cette aile, qui miroite au soleil et palpite entre deux eaux. Le premier Sterne quant à lui est consterné : un tel appendice et l’animal ne vole pas ?« Mais si ! » lui dit le premier Paille en Queue, -« regarde ! Il vole, il vole dans l’eau comme nous dans l’air ; regarde comme il va vite ! » Et en effet l’espadon numéro un va vite, très vite même, grâce à son aile aquatique, son rostre par contre le gène beaucoup pour se diriger, et fatalement il se plante, alors qu’il poussait un pointe pour épater ses amis oiseaux, dans un bloc de basalte poussé là subitement par une éruption volcanique des premiers temps. Très embêté, mais aussi et surtout très vexé, il ne parvient pas à s’extirper du bloc. Il tire, il pousse, il secoue, rien n’y fait. Prisonnier de la première pierre, il ne sait que faire ! Le premier Marsouin, qui craignait beaucoup ce rostre aveugle, se rit bien maintenant du terrible et ridicule espadon ! Le premier Paille en Queue, lui, en a pitié. Il décide donc de l’aider. Il descend à la surface des eaux, et calme d’abord l’énervé Espadon. Puis il le conseille, en lui disant, lui qui voit ce qu’il faut faire, puisqu’au dessus du poisson : « Doucement, un peu plus à gauche, attention, trop fort, un peu plus bas, là ! Tu y es ! » L’espadon est parvenu à se délivrer ! Le Paille en Queue se réjouit de l’exploit, et comme dans cette épreuve ils ont appris à se connaitre et à s’apprécier, il décide de devenir l’œil, le radar de l’espadon qui fonce sur tout sans rien voir ! Depuis, chaque paille en queue descendant du premier accompagne un espadon, qu’il escorte toute sa vie fidèlement, lui permettant, grâce aux mouvements subtils de sa paille en queue, d’être précis et bien gouverné!
Robert Jeannard I Vagues proches et lointaines Vert d’eau lumineux Ennui Masse écrasante Cœur qui bat Attente Désir de l’autre et désir de soi Tombe et berceau Jour et nuit Blanc éblouissant et noir-nuit Soleil et lune Peur et espoir Deuil et naissance Inconnu et connu Tristesse et joie Bleu des cartes postales et Sable dans les chaussures Crabe égaré sous le lit Qui me réveille la nuit Or éblouissant Promesse d’Amérique Écume déchirée sur les rochers tranchants
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Robert Jeannard Gerbes des vagues qui se fracassent Écume qui capte la lumière de la nuit Retour du même encore et encore Jusqu’à plus soif Jusqu’au sommeil 12
Jusqu’à l’oubli Jusqu’à ce que mort d’ensuive Jusqu’à ce qu’arrive quelque chose Iode salvatrice Scintillement derrière l’objectif Peur de mourir Étrange d’un monde étranger À l’homme des plaines et des bois Qui craint les loups plus que les requins Petit-Poucet plus qu’Ulysse Mer étrangère À jamais Inconnaissable bout de la route Impossible d’aller plus loin Les petits bateaux qui vont sur l’eau Maman c’est pas pour moi C’est pour ceux qui osent L’inconnu L’aléatoire Le sol qui tangue Sur le plancher des vaches
Robert Jeannard On sait où on est et où on en est L’odeur du fumier vaut bien celle du varech Les branches tamisent La lumière rouge et or Calme du soir sans tempête D’autres jours tout s’agite Le vent secoue les branches Le paysage et la lumière Mais pas ce soir Le calme est en lui Il habite ce rivage
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Robert Jeannard
II
Vous…
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Vous avez fui. Savez-vous ce que vous avez fui ? La famille, le cocon plein de piquants. Vous êtes parti visiter les cartes postales et les atlas de votre enfance, qui ne faisaient rêver que vous et vous distinguaient comme le cygne du conte qui se croyait canard, moqué de ses frères, protégé par l’indulgence des sa mère étonnée toutefois d’avoir accouché d’un tel rejeton. Seule votre grand-mère avait pleuré quand vous étiez parti « aux colonies », d’où si peu revenaient de son temps. Mais les temps avaient changé et vous étiez revenu chaque année en pleine forme, sans les maladies tropicales redoutées. L’argent n’était pas votre mobile mais celui qu’on vous prêtait. Pourquoi quitter la douceur du chez-soi, le confort du poêle à mazout et les croissants chauds du dimanche, sinon pour l’argent ? Vous aviez laissé dire. Les années ont passé. L’étranger vous est devenu seconde patrie, le familier étrange. Alors vous êtes retourné au pays natal devenu exotique, vous vous êtes immergé dans son étrangeté, surpris d’en comprendre la langue, habitué que vous étiez à ne pas comprendre ce qui se disait autour de vous. Une distance s’était installée : il vous restait la compréhension sans la familiarité, vous parlez désormais votre langue maternelle comme un étranger qui la parlerait bien. Chez vous, c’est désormais ailleurs, au-delà des océans. Est-ce la même eau qui berce les deux rivages ? Le monde est-il un ou plusieurs ? Vous hésitez. Puissiez-vous vivre assez longtemps pour poursuivre votre quête !
Geneviève.Kowalewski I
Fragment de vie Vous étiez empêtrée dans une histoire sordide, comment en sortir si ce n’est de partir, partir loin ? Oui c’était un peu de lâcheté de votre part, rompre, faire du mal à quelqu’un n’a jamais été votre fort ! Mais c’était aussi l’occasion de réaliser un rêve que vous aviez depuis si longtemps. Pour y arriver, vous avez dû couper beaucoup de ponts, laisser des habitudes. Heureusement la famille et les amis vous ont accompagné, voire encourager dans cette « aventure» car ça vous semblait une aventure alors. D’autres habitudes, d’autres amis, d’autres certitudes vous ont permis de vous familiariser avec cette nouvelle vie. Et maintenant il y a ce quotidien sur cette ile qui vous est chère et où vous vivez si intensément. Puis il y a aussi ces retours « en France », si chaleureux où les amis se retrouvent souvent à l’occasion de votre venue, et où chaque retrouvaille est un instant de bonheur. fragment de vie 2 : Dis-moi, oui dis-moi ; Toi qui vit loin d’ici, est ce que tu vois la même lune que moi ? cette question, vous en connaissiez la réponse mais vous aviez très envie de la voir cette Lune, la même, qui vous souriait. Comprendre, c’est rassurant, observer c’est excitant et vous avez alors pris vos repère dans ce sud céleste, il vous a fallu trouver d’autres clés du ciel. Plus de mythologie ici pour vous aider, plus d’histoires accompagnant les constellations ! Les
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Geneviève.Kowalewski grands navigateurs ont eu une imagination moins poétique pour les nommer : la table, le compas, le sextant, la poupe, les voiles, la carène, la table, … beaucoup sont liées à leur quotidien sur les bateaux desquels ils observaient. Quelques animaux aussi mais sans liens avec un beau récit : la mouche, le loup, la grue, le corbeau, … Heureusement qu’il y a le centaure qui entoure de ses pattes la croix du sud et nous permet de retrouver le SUD. 16
Il vous a fallu tout réapprendre, mais heureusement le retour immuable de saisons vous a aidé et vous maitrisez « presque », enfin assez pour satisfaire notre chère Chantale ;
II
Dis-moi Dis-moi le bruit des vagues, le gout salé des gouttelettes. Dis-moi le turquoise de ces vagues qui s’élèvent et le blanc de l’écume qui retombe. Dis-moi le bruit régulier lorsqu’elles s’écrasent sur la plage ou les rochers. L’océan, c’est la sérénité, la régularité du ressac. C’est une horloge qui marque le temps. C’est un poumon qui se gonfle et se dégonfle. C’est respirer, c’est vivre, c’est le désir de l’éternel.
Dis-moi l’océan au coucher du soleil, Le bleu, le gris, le rouge qui s’entremêlent, Et parfois le point vert fluo du rayon éphémère. C’est un spectacle gratuit, chaque jour différent,
Geneviève.Kowalewski Un plaisir des yeux encore plus intense quand il est partagé au bout de la jetée. C’est une nuit qui s’annonce, surement apaisée par ce moment magique. Dis-moi l’océan au petit matin, le soleil à peine levé, le rose et le bleu pâle adoucissant l’horizon. Cet horizon à l’infini qui m’a tant perturbé quand je suis arrivée sur cette ile. Je n’avais pas l’habitude que mon regard ne soit pas arrêté, moi « file des montagnes ». Cet océan, maintenant je l’ai un peu apprivoisé, j’ai appris à jouer avec lui, à profiter de lui. Les baignades, promenades, séances d’aquagym et surtout l’observation des petits poissons, rythment mes semaines et m’apportent du plaisir. C’est ça mon océan et il me manque maintenant quand je le quitte trop longtemps.
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Cristine Marrec I Dis-moi le goût frémissant de cette eau verte, de ces filaments blancs comme des crachats, de ces vagues qui se suivent et s’écrasent l’une devant l’autre, l’une avant l’autre, l’une sur l’autre. Dis-moi la couleur du rouleau qui monte, se courbe et se détend : est-il vert, blanc, noir ? Quelle est la texture de ces tissus froissés qui viennent se dérouler à mes pieds, si loin de l’horizon dont la rectitude est trop mathématique pour être honnête ? Est-ce une illusion, là-bas, toujours cet Océan qui disparaît et se fait sage ? Est-ce un mirage lorsqu’il rencontre le ciel et ses nuages hydrophiles qui l’absorbent ? L’Océan, c’est ce grondement sans fin qui en vagues régulières arrivent et s’écrasent. L’Océan, c’est cette émotion indicible qui pénètre le regard. L’Océan, c’est ces courants contraires qui se heurtent, s’embrassent, et se fondent en un amour aux couleurs si subtiles qu’elles sont invisibles aux néophytes. L’Océan, c’est un mystère, cône glacé recouvert d’amandes au cœur à goût de cerise. L’Océan, c’est un œil immense qui s’ouvre et qui se ferme au hasard du destin.
L’Océan rit. L’Océan court. L’Océan bouge. L’Océan pleure. L’Océan crie. L’Océan chante. L’Océan vit.
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Cristine Marrec Jamais immobile. Jamais en attente. Toujours impatient.
L’Océan, c’est le désir de paroles qui se trouve au cœur de la nature.
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L’Océan est un bavard intarissable, un fou à la logorrhée infinie. Il absorbe les paroles de tous ceux qui se confient à lui et les restitue par vagues successives. Il les nettoie, les polit, les adoucit ou les déchire, les crache, les vomit.
Dis-moi, Océan, en cette fin de jour, n’es-tu pas las de ces gestes sans cesse recommencés ? Tu es certes, en habits de fête scintillants dans les rayons du soleil couchant, lorsque tu t’en vas absorber la pilule brûlante et t’endormir dans le linceul noir de la nuit, jamais en apnée, toujours ronflant, toujours grondant, rythme assourdissant des tambours malbares, transe du corps, danse de sorcier qui voudrait tant marcher sur ta surface et saisir l’immensité de ton rêve. Mais dis-moi, Océan,-toi qui t’agites tant, quelle réalité fuis-tu ?
L’Océan, c’est l’apaisement, le vide de l’esprit qui se perd dans la contemplation des rayons de soleil qui s’y noient. L’Océan, c’est un voyage dans lequel on se laisse conduire dans l’oubli de la pesanteur, de l’angoisse de l’être. L’Océan écrase les peurs contre les rochers, les fait mousser dans les vagues, le corps et l’esprit se fondent dans la beauté de ce mouvement indocile.
L’Océan, c’est cette langue salée qui se tire et recouvre la plage pour tenter d’avaler ceux qui s’y abandonnent.
Cristine Marrec
L’Océan, ce sont ces voix multiples qui m’effraient et m’attirent les jours de grands chagrins, ce sont ces chansons de gestes désordonnés qui s’harmonisent d’étrange façon, ce sont ces rires de vagues qui telles des hyènes se moquent parfois de mes désirs impossibles, de mes atermoiements itératifs, de mes humeurs versatiles. 21 L’Océan, c’est aussi la douceur qui caresse mon corps qui fend dans le matin l’immensité qui m’accueille dans cet autre monde où mon être est rendu au jadis perdu : la sirène est-elle chair d’oiseau ou de poisson ?
Dis-moi, Océan Indien, quelle magie pratiques-tu : la Blanche ou la Noire ? II Vous alliez aborder vos quarantièmes rugissants quand la vérité a drossé violemment à la côte le paquebot sur lequel vous naviguiez sans peur aucune depuis bien longtemps. Le bateau si sûr avait la coque fêlée, le capitaine n’avait pas résisté au chant d’une sirène : Ulysse avait omis la cire sur sa liste d’achat … Changement de cap. Le phare qui vous guidait s’est soudainement éteint. Vous devîntes un corps mort au Cap Leuwen, entre l’Indien et l’Atlantique. Vous avez claqué la porte de la cabine et vous avez marché dans les rues d’une ville devenue inconnue à vos yeux de noyée. Comme un zombie, vous êtes entrée dans une librairie, port d’attache qui vous a toujours sauvée dans vos délires de fuite.
Cristine Marrec – Allez-vous bien ? Vous êtes si pâle ! Votre visage inondé ? – Ce n’est rien, juste une grosse vague qui m’a claquée au sol, je ne l’avais pas vu venir : l’Océan vous savez est parfois imprévisible, avez vous ajouté en tendant L’Amant de La Chine du Nord…
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Patricia Masolo 0 Texte de base non lu à tous les participants) L’océan m’appelle, la mer m’appelle. Je ne peux en être loin, je n’en suis jamais loin ! Je l’entends, la hume. La mer rôde s’infiltre autour de ma couche, m’enlace et me berce. Par forte houle je sens l’iode envahir mon espace, ma peau, je la respire, je l’expire par le nez, comme lorsque l’on boit « une tasse » !! Même hors de ce champs iodé : il me suffit de plonger dans mon enfance pour retrouver ces sensations, ces odeurs salées. La chasse, la traque aux coquillages armés d’un seau rouge et d’un couteau qui nous entrainait à manger aussi les huitres parfumées, sauvages à même les rochers, regrettant à l’âge adulte le petit coup de blanc d’accompagnement. Je me revois les mains engluées dans les algues brunes qui craquaient dans le sable blond, cherchant fouillant ; traquant bigorneaux, palourdes et pour trouver le crabe qui nous faisait hurler de peur - mais simplement heureuse Ces trésors gustatifs ne sont jamais enterrés dans ma mémoire : je les sens toujours les jours de pleine lune quand elle joue à cache-cache toutes les deux m’offrant par moment le spectacle d’un miroir étincelant
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Patricia Masolo
I L’océan c’est partir, pour ne pas revenir, sans souci d’avenir ! Sur un bateau pirate armé jusqu’aux dents, Sans notion de date, ni de destination 24
C’est sentir l’iode sur sa peau burinée par les embruns C’est tenter une dernière aventure jusqu’au bout de ses forces, de ses pieds. Sur le soir de nos vies, sans espoir, ni envie de retour ! C’est chercher l’impossible où tout est possible : niché, caché dans notre âme. Juste nimbé de l’aura d’une pleine lune miroitant sur le noir de l’océan
Se fragmenter ou se défragmenter, comme l’écume de la mer qui fracasse inlassablement la roche, le corail, pour finir en sable. Deviendrais-je ou ne redeviendrais-je ce sable blanc qui roule sous mes pieds, sans relâche à l’infini ? Je préférerais devenir ce ou ces petits grains, que la poussière qu’une tombe nous promet Je préférerais être encore foulée, malaxée au gré des vagues me léchant, au gré des pieds nus sur une grève blanche. Quel beau rêve de pouvoir espérer retourner à cet état sableux, merveilleux et mouvant ! Pouvoir encore sentir le plaisir de ces pieds inconnus surgis de nulle part au gré de leur fantaisie ;
Patricia Masolo Participer au château des enfants, me laisser chahuter, dorloter par des mains inexpertes mais pleines de bonne volonté. Sans soucis de forme ou de goût juste dans la jouissance d’un moment anodin, éphémère qu’une vague traitresse emportera vers d’autres océans, vers ces poissons grappilleurs de toutes sources de vie. Hum ! Se laisser disperser par le vent ou entasser par cette masse liquide pour atterrir l’on sait où, ou sur une grève immaculée, inconnue, solitaire sortie du sanctuaire inaccessible de l’océan. Recréer l’ambiance, l’ambivalence d’être une sirène invisible, silencieuse se laissant porter par les bras imaginaires et bienfaiteurs d’une mer calme ou orageuse. Oh n’être plus rien de solide : n’être qu’un sable blanc ou noir, fin ou grossier mais qui de toute éternité retournera à sa génitrice : la mer sans arrêt tourmentée !
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Corine V. Parolaï I
Océan – S’il te plaît, raconte-moi l’Océan ! – Tu vois, Petit, l’Océan, Ça a le goût salé et âcre de l’huître sauvage, Et l’odeur un peu écœurante de l’iode en plein vent. C’est bleu, c’est vert, c’est gris plombé, c’est noir, c’est transparent, Ça vit et ça change sans relâche, Ça éblouit et ça tire des soupirs, Ça gronde, ça roule, ça déroule, ça vient de loin, C’est vivant, C’est doux sous le pied, puis ça pique, c’est rond, c’est lisse, Ça enserre la cheville d’un anneau de fraîcheur qui s’éteint, Ça éclabousse la jambe, ça attrape le vêtement, Ça bat, ça brille, ça bouge, ça brasse, C’est plat plat plat ou soulevé de lames, C’est le désir fascinant de le contempler, De ne plus bouger, De se liquéfier avec lui, De s’abandonner à son rythme,
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Corine V. Parolaï De se laisser lécher, fouetter, embrasser, napper, baigner, envelopper de sa matière aqueuse et tonique, C’est le matin, c’est le soir, c’est l’éternité d’un temps toujours recommencé, C’est impérieux, c’est puissant, c’est fort, c’est masculin, C’est dominateur, ça apaise, c’est capricieux, 28 C’est fluide, C’est intense...
Tu vois, Petit, pour moi, c’est tout ça, l’Océan !
II
L’appel de l’ailleurs Fragment I Vous aviez PEUR, alors… PEUR de l’eau : souvenez-vous, vous ne pouviez nager sans avoir pied… Alors que vous saviez si bien nager… Vous aviez PEUR de vous noyer ! Quelle rigolade ! PEUR des bateaux : Cela vous enfermait, vous terrorisait, l’étroitesse des lieux vous paniquait, et vous vouliez vous jeter à l’eau pour regagner le rivage d’urgence, mais vous n’aviez pas pied,… alors vous aviez PEUR et vous vous angoissiez. PEUR des îles : Cet espace fini, clos, étroit, sans ouverture sur l’ailleurs, entouré de l’eau où vous n’aviez pas pied, dont on ne pouvait s’échapper qu’en bateau (mais vous étiez claustro) ou en avion (et ça c’était bien pire : être enfermée dans une boîte de métal soudée dont on ne pouvait
Corine V. Parolaï s’échapper au-dessus d’une masse de liquide infinie dans laquelle on pouvait tomber ! et se noyer !) Alors, vous aviez PEUR… Fragment II Aujourd’hui, vous habitez l’île de la Réunion… Vous n’avez plus PEUR. Ni de l’eau, ni des bateaux, ni des îles, ni des avions. Vous me dites que vous vous sentez bien partout, comme un poisson dans l’eau, quelle rigolade, que vous ne vous sentez ni perdue, ni éloignée de rien, et au centre de tout, au centre de vous, que vous passez le meilleur de votre temps à nager, prendre l’avion et le bateau, et que vous aimez pardessus tout habiter l’île. Que s’est-il donc passé ? Que vous est-il arrivé ? Fragment III Vous envisagez de rester et de mourir ici, me dites-vous ? Dans cette île ? Vous vouliez vivre à Maurice, à côté, dans l’Océan, mais il fallait trouver un Mauricien à épouser, alors… Quelle rigolade ! Vous me dites que mourir ici ou ailleurs vous importe peu ? Que du moment que l’on est part de l’Univers, dans un élément qui fait la Nature et le Monde, cela ne fait aucune différence pour vous ?
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Corine V. Parolaï Vous pensez même à rejouer la fin du Grand Bleu en tant qu’actrice principale ? Disparaître dans l’infini de l’Océan vous paraît désirable ? Dans tous les cas, vous n’avez aucune envie d’être enfermée dans une boîte en bois sous la terre, dans le noir, et dans le froid, écrasée par le poids de la terre, avec les vers. 30 Cela vous fait PEUR ? Comme je vous comprends !
Rose-Marie Sérou I
Océan Dis-moi, Océan, tantôt étendu et plat comme une huile, calme infinitude aux reflets changeants, tu berces nos rivages bordés de filaos légers; tu caresses le sable lisse et fin des plages ; tu murmures tes secrets joyeux et tes légendes avec des airs bleus, verts, gris, turquoise ou émeraude; tu déploies jusqu’à l’horizon tes limbes humides et froissés qui miroitent devant nos yeux… Tu sais nous ébahir par tant de beauté, de volupté. Océan, ventre tiède, palpitant ! Envie de plonger dedans. Sentir ton cœur infatigable qui pulse inlassablement un rythme dans cette étendue intarissable. C’est la vie qui inonde la vie. C’est la force ourlée d’un fil d’écume blanc qui déroule infiniment ses vagues sur les galets de la grève. Avec obstination, tes eaux montent et descendent. Tes flots dansent avec la lune et le soleil, à marée basse, à marée haute, gardent la cadence, déferlent dans un balancement régulier du corps, dévoilent leurs dentelles cachées. Rien ne les arrête dans leur dessein. Éternel recommencement. Océan-dualité. Le meilleur et le pire. Moments calmes et colères redoutables. Oscillation entre le frisson bleu des vaguelettes salées et le déchaînement sauvage des forces. Tu entretiens la vie et la mort. Tantôt tu t’obscurcis, gonfles et rugis. Indomptable! Tes vagues claquent comme des gifles sur le rivage, tu déchaînes tes eaux sombres, combats sans pitié ni remords, exploses en grondements lugubres, deviens monstre, cataclysme. Dis-moi, océan le goût de tes abîmes profonds qui ont enseveli tant de marins « qui sont partis joyeux pour des courses lointaines » et jamais ne sont revenus. J’entends dans les rouleaux qui s’abattent comme une falaise
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Rose-Marie Sérou les voix désespérées de ceux qui n’ont pas trouvé de sépultures, qui n’ont même pas une humble pierre dans le cimetière marin d’à côté. Leur souvenir s’évanouit dès que la tombe engloutit ceux qui ferment leurs paupières. Océan, danse originelle toujours renouvelée, mémoire des souvenirs ensevelis, symbole d’immortalité, tu nous survis. 32
II
Fragments de vie (éloignement, séparation, départ, lien, ouverture, fermeture…) Inlassablement, comme le mouvement métronome de l’océan, tant que le cœur inondera de sang chaud son corps fatigué, vous irez lui rendre visite. A votre arrivée, elle lèvera la tête, vous regardera les yeux absents. Après avoir voulu agir sur le monde, maintenant elle laisse le monde agir sur elle ! Elle se laisse dériver par les courants. Vous avancerez vers elle dans un flux de tendresse, ne la quittant pas des yeux, scrutant un miroitement dans son regard. Dans le déroulement infini de ses souvenirs elle cherchera une image, un visage, une sensation. Mais dans sa mémoire ensevelie d’ombres elle ne trouvera pas votre nom. Un écueil qui vous ballotera au gré des vagues, des interrogations, des suppliques dans les abîmes insondables du désir d’établir une communication, de tisser toujours un lien qui se détisse. Indomptable dans votre volonté de repriser les trous, de croiser les fils, vous lui prendrez la main. Vous la contemplerez; effleurerez le dos, la paume; la toucherez, la caresserez lentement, longuement. Alors la mémoire charnelle de sa paume réveillera une explosion d’émotions comme une gerbe d’écume. Elle vous sourira. Vous lirez dans ses yeux des étincelles d’amour qui vous réconforteront. Surtout ne pas fermer votre porte. La laisser ouverte, même entrouverte, juste entrebâillée. Qu’il entende l’écho de votre voix ! Qu’il vienne, se
Rose-Marie Sérou retire, revienne dans le soir gris du couchant comme le flux et le reflux de la vague qui vient lécher le rivage. Jamais immobile, calme ou agité, à marée basse ou marée haute, qu’il trouve le chemin de la maison. Qu’un arc-en-ciel le conduise jusqu’à vous, qu’il retrouve les parfums de l’enfance, l’insouciance de la jeunesse, que son horizon cesse d’être morne, l’abîme sans fond. Qu’il ne doute pas, noyé dans l’aveugle océan d’incompréhensions, de l’immensité de votre amour, qu’il pousse la porte et vous revienne un jour.
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Jocelyne Vignal
L’océan Dis- moi l’océan Dis-moi le goût des ailleurs entrevus à l’aube L’or et l’acier de miroirs oubliés dans les greniers de ma mémoire Le vert laiteux de la vague qui s’offre à la transparence avant de se casser en pétillante blancheur. L’océan c’est la turbulence de la houle qui se déchire de vouloir aller plus loin, C’est aussi la patience infinie de la vague soyeuse qui déferle. C’est la certitude de la limite C’est le fracas et le roulement incessant C’est la barque qui s’en va et ma terreur qu’elle ne meure C’est la baleine qui joue et m’emporte dans sa joie C’est les narines pleines d’un vent humide et fort L’océan c’est rendre la lune maitresse du rythme des marées C’est le désir de s’immerger dans la pulsation essentielle du monde ; C’est l’épaisseur des drames tus Les esclaves entassés, les pécheurs affamés, les peuples effrayés qui se noient C’est la peur de finir avant l’éternité si la joie venait à manquer Dis-moi l’océan du corail mort qui devient sable, de la fureur qui devient tendresse, du déni de la gravité
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Jocelyne Vignal
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Annexe
Raconte-moi la mer Jean Ferrat 37 Raconte-moi la mer Dis-moi le goût des algues Et le bleu et le vert Qui dansent sur les vagues La mer c'est l'impossible C'est le rivage heureux C'est le matin paisible Quand on ouvre les yeux C'est la porte du large Ouverte à deux battants C'est la tête en voyage Vers d'autres continents
Annexe
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C'est voler comme Icare Au devant du soleil En fermant sa mémoire À ce monde cruel La mer c'est le désir De ce pays d'amour Qu'il faudra découvrir Avant la fin du jour Raconte-moi la mer Dis-moi ses aubes pâles Et le bleu et le vert Où tombent des étoiles La mer c'est l'innocence Du paradis perdu Le jardin de l'enfance Où rien ne chante plus C'est l'écume et le sable Toujours recommencés Et la vie est semblable Au rythme des marées
Annexe C'est l'infinie détresse Des choses qui s'en vont C'est tout ce qui nous laisse A la morte saison La mer c'est le regret De ce pays d'amour Que l'on cherche toujours Et qu'on n'atteint jamais Raconte-moi la mer Dis-moi le goût des algues Et le bleu et le vert Qui dansent sur les vagues La mer c'est l'impossible C'est le rivage heureux C'est le matin paisible Quand on ouvre les yeux C'est la porte du large Ouverte à deux battants C'est la tête en voyage Vers d'autres continents
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Annexe
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C'est voler comme Icare Au devant du soleil En fermant sa mémoire A ce monde cruel La mer c'est le désir De ce pays d'amour Qu'il faudra découvrir Avant la fin du jour Raconte-moi la mer Dis-moi ses aubes pâles Et le bleu et le vert Où tombent des étoiles La mer c'est l'innocence Du paradis perdu Le jardin de l'enfance Où rien ne chante plus C'est l'écume et le sable Toujours recommencés Et la vie est semblable Au rythme des marées
Annexe C'est l'infinie détresse Des choses qui s'en vont C'est tout ce qui nous laisse À la morte saison La mer c'est le regret De ce pays d'amour Que l'on cherche toujours Et qu'on n'atteint jamais
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C’est là que ça s’écrit, au 67 La Caz,
à Terre Sainte
Université Pour Tous dans le Sud Saint Pierre de La Réunion