COUP D’ŒIL
CLAUDE MATHIEU
LE SIÈGE SOCIAL DE LA CAPITALE À QUÉBEC ENCORE PRIMÉ
TOUJOURS UN MODÈLE D’ÉDIFICE MODERNE PAR CHRISTOPHE LEDUC, JOURNALISTE
Le siège social de La Capitale, situé sur la colline Parlementaire à Québec, collectionnait déjà les distinctions depuis son agrandissement en 2013. Mais en obtenant la certification BOMA BEST Platine et le prix TOBY de BOMA (The Outstanding Building of The Year) à l’échelle tant provinciale que nationale en 2017, ce bâtiment accrédité LEED Or prouve que plus de quatre ans après sa mise en service, il reste à la fine pointe des meilleures pratiques sur les plans du confort des occupants, de l’efficacité énergétique et du développement durable notamment. Visite du bâtiment avec Bruno Turcotte, vice-président, Immobilier et ressources matérielles de La Capitale, pour nous aider à comprendre ce qui en fait un modèle parmi les édifices de bureaux modernes de Québec.
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« C’est un édifice de grande qualité construit et conçu pour durer, avec une situation géographique exceptionnelle. » – Bruno Turcotte
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UN BÂTIMENT PHARE SUR UN SITE EXCEPTIONNEL C’est avec fierté que Bruno Turcotte nous a reçu, au mois d’août dernier, pour un tour du propriétaire de l’édifice qu’il qualifie lui-même de « joyau d’architecture et d’innovation ». Cinq ans après la prise de possession des lieux par La Capitale, le bâtiment, qui accueille les 1 800 employés, garde un aspect impressionnant pour le visiteur. À l’extérieur, il est servi par son emplacement privilégié sur la colline Parlementaire et son style architectural Publicite_Coarchitecture_20180410-ret.pdf 4 2018-04-10 09:14:35
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contemporain et audacieux, comme on s’y attend pour le siège social d’une grande entreprise. « C’est un édifice de grande qualité construit et conçu pour durer, avec une situation géographique exceptionnelle. Le bâtiment crée un impact intéressant grâce à son architecture qui ajoute une touche de modernisme à l’environnement patrimonial du secteur, détaille notre hôte. En même temps, il nous fallait trouver le moyen d’intégrer l’édifice à la fois aux bâtiments de l’Assemblée nationale et, sur le plan architectural, aux toits des édifices de la Grande Allée. » Ainsi, le nouvel édifice de dix étages a été ajouté à l’immeuble existant de sept étages, datant de 1965, qui a été conservé et rénové. Un parement de pierres provenant de Saint-Marc-des-Carrières, comme c’est le cas pour l’édifice du Parlement, a été utilisé. Les trois étages supérieurs, entièrement vitrés, évoquent la forme de cristaux. Leur conception se veut une réinterprétation des toits en mansarde, des clochers et des flèches des édifices avoisinants afin de se fondre au décor de la Grande Allée. « C’est un élément de signal fort ! », commente Bruno Turcotte. La visite du clocher de verre et particulièrement de la salle du conseil souligne le prestige et l’emplacement exceptionnel de l’édifice avec une vue à couper le souffle sur le tout Québec et ses alentours. Effet « wow » garanti sur tout visiteur ou employé. UNE CONCEPTION INTÉGRANT CONFORT ET EFFICACITÉ Dès l’entrée de l’édifice, on remarque la lumière, les grandes surfaces vitrées et l’utilisation de matériaux modernes au service d’un design épuré. Le bâtiment reprend toutes les normes des certifications qu’il accumule depuis sa construction, comme le Prix d’excellence Meilleur projet immobilier de l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) en 2013, ou la certification LEED NC-Or en 2014, pour ne citer que celles-ci. Rappelant les dernières distinctions obtenues, le viceprésident immobilier explique que ce succès est le résultat de la philosophie qui a mené le maître d’œuvre et les concepteurs (le consortium d’architectes Dan Hanganu, Coarchitecture et Lemay) à réaliser le projet en conception intégrée avec le souci de la qualité de vie des occupants et de la densification dans le respect de l’environnement. « On a saisi l’opportunité
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de réaliser des aménagements selon le concept de postes universels, par exemple, pour avoir une flexibilité sur l’évolution des besoins ; 90 % des postes ont une vue sur l’extérieur. Le confort de l’éclairage, du niveau de bruit, le confort mécanique, tout a été considéré pour que les employés se sentent le mieux possible », explique M. Turcotte. Ainsi, les étages ont été conçus avec les services communs et les bureaux fermés au centre, pour laisser la lumière entrer par les vastes aires de travail ouvertes. Par ailleurs, la liste des commodités ferait rêver bon nombre d’employés : salles de repos confortables et lumineuses, lounges avec table de billard et baby-foot, cafétéria de 350 places proposant un menu équilibré. Autant d’éléments qui expliquent en partie le classement de La Capitale parmi les 50 employeurs de choix du Canada en 2017, comme nous le rappelle M. Turcotte. Un confort appuyé par un système de gestion de bâtiment automatisé (Metasys) qui gère, entre autres, la température et l’humidité grâce à près de 5 000 sondes permettant un « adressage » et un contrôle par zone très précis. L’éclairage, lui aussi géré par le système central, est optimisé grâce à des détecteurs de mouvements qui évitent le gaspillage et à des
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capteurs de lumière qui en permettent le réglage. Les vitrages clairs des cristaux de verre ont la fonction d’une double peau. Ils permettent une gestion idéale de la chaleur emmagasinée et sont ventilés au besoin par le système, pour une efficacité thermique optimale. Du verre sérigraphié a aussi été utilisé comme élément architectural et de gestion des gains solaires.
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DES PROUESSES SUR LE PLAN ÉNERGÉTIQUE C’est lorsqu'on pénètre dans la salle des machines et découvre les dessous complexes du système ventilo-convecteur que la conception moderne du bâtiment prend tout son sens. « On est dans du haut de gamme, mécaniquement c’est très performant, avec une efficacité énergétique enviable », insiste M. Turcotte. Le système central d’échange d’air assure le meilleur confort possible. Mais c’est surtout à la découverte des chiffres de consommation énergétique que l’on saisit le haut niveau de performance de l’édifice. « En performance énergétique, un bâtiment type va consommer de 20 à 35 kWh par pied carré. Ici, nous sommes à 13,5 kWh. De plus, le bâtiment a le même profil énergétique toute l’année, même en hiver. C’est évidemment assez rare au Québec », développe notre hôte. Ce qui permet à l’édifice d’afficher de telles prouesses tient notamment au fait que la chaleur émise par les serveurs informatiques est récupérée pour chauffer le bâtiment. « Nous avons un chauffage, mais il ne tourne jamais à plein. Nous récupérons la chaleur des serveurs. En fait, nous avons même des surplus. Nous avons un système radiant au glycol qui chauffe la dalle de béton sur toute la périphérie du bâtiment, sur environ 15 pieds, afin d’éviter que la dalle conduise le froid à l’intérieur, précise Bruno Turcotte. Avec le surplus, nous avons même installé une dalle chauffée par la récupération de chaleur dans le débarcadère pour éviter la neige et la glace. »
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L’OBSESSION DU DÉVELOPPEMENT DURABLE En plus des économies d’énergie, l’édifice s’est également conformé à la politique de développement durable de l’entreprise. Ainsi, chaque étage propose aux employés des bacs de récupération, de recyclage et même de compostage. Un ramassage est organisé pour regrouper et acheminer chaque matière au conteneur prévu à cet effet, au sous-sol. Les employés sont également invités à préférer les contenants réutilisables plutôt que jetables. Mais le fait le plus notable est sans conteste le toit vert de l’édifice, que nous avons aussi visité. « Une proportion de 60 % du toit est végétalisée avec des plantes indigènes qui sont très résistantes et demandent peu d’entretien. Un tel toit présente de nombreux avantages. Cela ajoute une couche d’isolation. Il y a également un impact sur la réduction des îlots de chaleur en centre-ville. La végétation a aussi un effet positif sur la gestion des poussières et des particules puisqu’elles sont captées par les plantes. Le toit retient également jusqu’à 90 % des eaux de pluie, ce qui diminue le transfert d’eau vers le système municipal. Et puis, notre toiture verte contribue à l’embellissement urbain pour les bâtiments voisins », énumère M. Turcotte. Sur ce toit, qui offre une vue exceptionnelle, sont installées des ruches d’abeilles. « C’est la deuxième année, et cela fait partie de nos orientations de développement durable. Nous contribuons au maintien des populations d’abeilles au centre-ville, pour la pollinisation. La première année, nous avons produit 200 pots de miel que nous avons vendus au profit des organismes soutenus par la fondation », conclut le vice-président, Immobilier et ressources matérielles de La Capitale.