Skip to main content

ANNÉE DE CROISSANCE

Page 1

ANNÉE DE CROISSANCE UN GUIDE POUR INSPIRER UNE VIE JUIVE

ANNÉE DE CROISSANCE Une publication Momentum

UN GUIDE POUR INSPIRER UNE VIE JUIVE Écrit et édité par

Dr. Ronit Ziv-Kreger

Avec les contributions des responsables de Momentum Trip, les responsables communautaires, les leaders laïcs, le personnel et les participants PUBLICATIONS


ANNÉE DE CROISSANCE UN GUIDE POUR INSPIRER UNE VIE JUIVE

Une publication Momentum Écrit et édité par

Dr. Ronit Ziv-Kreger

Avec les contributions des responsables de Momentum Trip, les responsables communautaires, les leaders laïcs, le personnel et les participants


ANNÉE DE CROISSANCE

Copyright © 2018, 2019, 2020, 2021 par le Ministère israélien des Affaires de la Diaspora Sous licence de Momentum Unlimited Inc. Première édition

Écrit et édité par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Veuillez noter que ce volume comprend des textes sacrés et doit être traité en conséquence.

Traduction des textes non bibliques © Dr. Ronit Ziv-Kreger Les articles suivants sont adaptés de travaux antérieurs par Ronit Ziv-Kreger : pp. 20–21, © 2015 pp. 26–27, © 2015

pp. 108–109, © 2014 p. 137, © 2015

p. 181, © 2009

2

pp. 218–219, © 2014 pp. 246-247, © 2008

pp. 278-281, © 2015

pp. 354–355, © 2012 pp. 386–388, © 2012

Momentum n’assume aucune responsabilité pour les sites Web tiers mentionnés dans ce livre. Toutes les adresses Internet mentionnées dans ce livre étaient correctes au moment de la révision avant d’aller sous presse. L’auteur et Momentum regrettent tout inconvénient causé si les adresses ont changé ou si les sites ont cessé d’exister, mais déclinent toute responsabilité quant à de tels changements. Les extraits, citations et adaptations d’œuvres du rabbin Jonathan Sacks sont utilisés avec l’autorisation de Maggid Books, une marque de Koren Publishers (Jerusalem) Ltd..


TABLE DES MATIÈRES

ANNÉE DE CROISSANCE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 Une publication Momentum DEVENIR LE MEILLEUR DE SOI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Limud v'Hitlamdut, Apprentissage et croissance DÉBRANCHER POUR SE CONNECTER. . . . . . . .39 Shabbat FAMILLE BIENVEILLANTE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .67 Shalom Bayit, Paix et intégrité au sein du foyer – Elul L’ÉVEIL DE VOTRE ÂME. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .97 Emunah, Fidélité et confiance – Roch Hachana INVITER LA JOIE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129 Simchah and Hachnasat Orchim, JJoie et hospitalité – Souccott S’AGGRANDIR PAR LA RECONNAISSANCE.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155 Hakarat Hatov, Gratitude ALLUMER LA « JEUNESSE » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179 Achdut, Unité et responsabilité mutuelle –

Hanoukka

S'ÉLEVER AVEC GRAVITAS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209 Kevod Habriyott, La dignité humaine

GARDIENNAGE ET JARDINAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . 241 L'ovdah ul'Shomrah, Protéger le monde qui nous entoure – Tou Bichvat LA BÉNÉDICTION D'ÊTRE AUDACIEUX.. . . 269 Azut d'Kedushah, Courage – Pourim ÊTRE LE MEILLEUR ENSEIGNANT DE VOTRE ENFANT. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293 Vehigadeta l’Vinchat, Enseigner à nos enfants – Pâque juive LA DANSE DU RETOUR À LA MAISON.. . . . . .323 Bayitt Foyer et patrie – Fête de l’indépendance d’Israël LE DON DE DONNER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 345 Chesed et Tzedakaht, Gentillesse et générosité – Chavouot SOYEZ UNE FEMME DE PAROLE. . . . . . . . . . . . . . . .379 Koach Hadibur, Le pouvoir de la parole – Tishah B'Av CÉLÉBRATION DE L'APPRENTISSAGE. . . . . . 407 Hadrant, Encore

Contributeurs Bibliographie À propos de l’auteur et de l’éditeur Remerciements

420 421 426 427

3


ANNÉE DE CROISSANCE

SOLLICITEZ VOTRE AUTONOMISATION Préambule

Bon retour de votre voyage Momentum en Israël !

Au milieu des rires et des larmes que nous avons vécus avec Momentum, le noyau essentiel de notre transformation personnelle était enraciné dans la connaissance. Nous avons tous vécu ces moments de “AHA !”, où nous avons reçu et traité des informations de manière profondément significative, changeant à jamais la prisme à travers lequel nous percevons le monde. Momentum nous a apporté l’inspiration pour vivre nos valeurs juives de foi, de dignité, de courage, de vérité, de paix, d’unité, de gratitude, de générosité... et un engagement à apprendre et à grandir. Cela signifie creuser profondément, écouter activement, remettre en question, rechercher la vérité, faire preuve de respect et de tolérance, témoigner de l’empathie et résoudre les problèmes. Nous savons qu’il ne s’agit pas d’avoir toutes les réponses, mais d’afficher la volonté d’être patient dans le processus de transformation et de véritable changement interne. Cet ouvrage intitulé « Année de Croissance » est conçu de manière créative et intentionnelle afin de poursuivre l’apprentissage qui a permis de créer la magie pour nous en Israël.

4

L’élément clé ici est la collaboration. Nous rencontrons chaque unité de croissance ensemble, libre de la structure traditionnelle enseignant-étudiant, où nous sommes tous des animateurs munis de capacités avec un puits de sagesse à partager.

Tandis que des sœurs du monde entier se réunissent pour apprendre ensemble en groupes, nous déplaçons le curseur en vue de réaliser l’unité du peuple juif. Nous sommes reconnaissants de votre participation à notre mouvement pour changer le monde à travers les valeurs juives, et pour avoir fait preuve du courage qu’il faut pour vivre ces valeurs. Que Dieu vous bénisse dans votre démarche tant au niveau personnel que communautaire. Et puisse cette Année de Croissance servir de tremplin significatif dans le cheminement de votre vie vers l’acquisition de la sagesse.

Manette Mayberg

Co-fondatrice de Momentum, ancienne présidente, administratrice et

présidente du comité éducation et de leadership


PARCOURS D’UNE ANNÉE DE CROISSANCE

Notre voyage d’un an s’articulera autour des éléments suivants :

 Vous Nous vous invitons à vous rencontrer, à vous rencontrer profondément, lors de ce voyage. Peutêtre découvrirez-vous de nouvelles profondeurs et forces inédites en vousmême. Peut-être apprendrez-vous à exploiter davantage les richesses que vous savez déjà en vous. Dans nos vies surchargées, il est révolutionnaire – et pourtant crucial – de nous donner l’espace et le temps de découvrir nos aspirations les plus profondes. L’Année de Croissance vous accorde un temps et un espace ritualisés pour écouter votre chemin vers votre propre nature innée et les trésors offerts par Dieu.

 Vos Sœurs Se réunir avec votre communauté de femmes et construire une fraternité solidaire est un élément essentiel de ce parcours continu. Un espace sûr de confidentialité et d’écoute empathique, libre de tout jugement et conseil non sollicité, est un répit indispensable à la culture dans son ensemble. Créer ce temps avec vos sœurs peut faire progresser profondément votre croissance personnelle et spirituelle. Vos sœurs peuvent refléter certains

aspects de votre parcours et vous aider par la responsabilisation et la discipline à ralentir et ordonner votre temps, vos désirs et vos pensées. N’oubliez pas le slogan du voyage “Voir le bien, dire le bien” et acceptez avec enthousiasme les contributions, les questions et le rythme de croissance unique de chaque personne. Ces rassemblements réguliers et les relations qu’ils engendrent seront à la fois le véhicule et le carburant de votre parcours continu.

 Valeurs juives Le trésor des enseignements du judaïsme fournira les voies spirituelles de ce voyage. Ces sentiers sont anciens et ont guidé des générations. Ils sont accessibles, applicables et profondément puissants L’Année de Croissance s’articule autour de quatorze valeurs juives clés qui constituent le fondement de notre ancienne tradition. Les connaissances issues de la recherche contemporaine en neurobiologie, en motivation, gestion et psychologie concordent avec les enseignements juifs, créant ensemble une feuille de route pour vous inspirer, vous nourrir et vous guider tout au long de votre parcours.  Fêtes juives Tout au long de ce voyage, vous explorerez les fêtes juives, tout en

5


ANNÉE DE CROISSANCE

vous aidant à organiser votre temps et à lui donner un sens. L’apprentissage de chaque fête est comme une pièce remplie de joyaux de sagesse. Vous recevrez des outils éprouvés pour revigorer votre croissance, améliorer votre joie et dynamiser votre vie. Vous avez parcouru la Terre d’Israël… voyagez à présent sur le terrain temporel de l’année.Visitez ses rituels et ses fêtes Découvrez et exploitez de nouveaux sites magnifiques en vous-même ainsi qu’auprès de vos sœurs. Ramenez ces trésors à votre famille et bâtissez une vie plus riche, un meilleur chez- soi, une communauté plus forte et un monde corrigé.

Éléments inclus dans chaque session En plus des valeurs et des fêtes juives abordées dans chaque chapitre, vous pourrez trouver les éléments suivants :

 Exploration de groupe Pour aider votre groupe à approfondir le contenu, nous proposons des questions de dialogue et des activités pour chaque session. Chaque session contient un menu d’idées parmi lesquelles choisir. Cependant, les idées de ce livre peuvent être développées davantage. Considérez le contenu du livre comme un tremplin pour améliorer l’exploration créative de votre groupe sur chaque sujet. Le ciel est la limite aux possibilités créatives pour transformer les sessions en rassemblements mémorables.  Réflexion Le rythme passionné de votre voyage Momentum a apporté de merveilleuses idées, avec néanmoins des

6

possibilités de réflexion limitées. Intégrer les idées du parcours dans nos cœurs et nos vies nécessite et mérite du temps et un traitement. Les séances de groupe sont conçues pour soutenir cette réflexion et cette intégration par la conversation, l’écriture et d’autres activités. Vous pouvez sélectionner un journal à utiliser dans vos séances de groupe et pour une réflexion plus approfondie sur vous-même ou lors d’un apprentissage en tête-à-tête avec une sœur Momentum.

 Essayez : Conseils pratiques Chaque session comprend un éventail d’idées sur la façon de partager l’apprentissage avec votre famille. Nous offrons des options adaptées aux enfants de différents âges En examinant ces idées, réfléchissez à ce qui serait le plus approprié pour votre (vos) enfant(s) et à quel moment vous pourriez les utiliser. Vous pourriez envisager des idées pour la table du dîner, l’heure du coucher, le covoiturage, le temps en famille, le Shabbat ou d’autres rassemblements de vacances.

 Spots de lumière sur Israël Dans presque toutes les sessions, à travers le prisme de cette valeur juive de l’unité, nous vous invitons à vous connecter et à vous engager davantage avec Israël. Vous pouvez également partager ces spots de lumière sur Israël avec votre famille, vos amis ou vos collègues pour les exposer à la Terre d’Israël.  Apprenez avec votre sœur bien qu’il y ait beaucoup de choses que nous pouvons mieux faire par nous-mêmes,la croissance


personnelle et spirituelle pourrait être mieux évoquée avec un partenaire. Organisez un moment hebdomadaire pour vous connecter avec une autre sœur Momentum afin de continuer à explorer, réfléchir et et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Chaque session propose quelques points de départ pour les conversations: Quelle est votre approche vis-à-vis de la gratitude ? Quelle est la mesure que vous pouvez prendre pour devenir le meilleur de vous- même ? Comment décririez-vous votre relation avec Dieu ? Où dans votre vie pouvez-vous transformer une expérience de désaccord en une opportunité de croissance ? Il peut souvent être utile de rester en contact avec votre partenaire entre les séances par téléphone, SMS ou e-mail, afin que vous puissiez rester responsable de vos progrès et des objectifs que vous vous êtes fixés.

 Guide de l’animateur Chaque session comprend également un guide de l’animateur rempli d’idées pour un leadership partagé, facilitant la participation de tous.

Façons d’appréhender une Approche active Benjamin Franklin a dit: “Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends.” Voici l’occasion de vraiment vous impliquer.

La mission de Momentum est de donner aux femmes les moyens de changer le monde grâce à des valeurs juives qui nous transforment nous-mêmes, nos familles et nos communautés.

L’autonomisation commence par le fait d’avancer pour être membre d’équipage plutôt que passager de notre parcours de vie. Imaginez un bateau où tout le monde à bord tire sur une rame et où personne ne reste assis à regarder. N’ira- t-il pas plus vite et plus loin ?

Nous vous invitons à faire partie de l’équipage de cette Année de Croissance. Les apprenants actifs tirent le meilleur parti du processus d’apprentissage Comme nous avons tous des expériences de vie, des dons et des défis différents, notre apprentissage sera plus riche pour la contribution de chaque personne en tant que membre d’équipage.

Vous remarquerez que chaque session de ce livre est remplie d’idées qui ne cadreront pas dans une réunion de groupe classique. Souvent, moins c’est plus lorsque vous recherchez une véritable connexion et un apprentissage plus approfondi. Les sessions sont remplies d’idées afin que ceux qui interviennent pour animer puissent choisir parmi le matériel et adapter une session qui corresponde à leurs intérêts et aux intérêts de leur groupe. Il permet également un enrichissement supplémentaire qui peut être lu avant ou après et partagé avec les membres de la famille et les amis.

Nous vous suggérons d’expérimenter différentes façons de vous impliquer. Faites appel à vos passions personnelles : préparez une histoire ou une activité qui cadre avec la session, animez ou co-animez une section, ou participez à la planification d’une session pour aider à sélectionner ce qu’il faut inclure. Vous pouvez également inviter un conférencier dont le sujet

7


ANNÉE DE CROISSANCE

correspond à la session ou lancer un projet de groupe pour améliorer votre communauté. Envisagez d’organiser l’événement ou d’envoyer un e-mail de rappel avant la session ou une liste de faits saillants par la suite, à ceux qui n’ont pu y assister. Communiquez avec d’autres partenaires de Momentum, à l’échelle locale ou mondiale, pour partager des idées, par exemple en publiant sur la page Facebook de Momentum.

L’Art d’une grande Session

Un groupe Momentum et les sessions d’apprentissage d’un an qu’il propose offrent de nombreuses opportunités pour chaque participant de contribuer à l’élaboration de rassemblements significatifs Bien que votre groupe puisse n’avoir qu’un seul responsable de communauté, chaque individu peut aider à diriger ou à co-diriger des sessions. Vous vous demandez peut-être : « Qu’est-ce qui fait une grande session et que puis-je faire pour aider ? » Les suggestions suivantes sont inspirées de l’excellent ouvrage fortement recommandé, L’Art de Rassembler : Comment nous nous rencontrons et pourquoi c’est important, par Priya Parker.1

 Identifier un but Parker suggère que lors de la planification d’un rassemblement, nous nous posions des questions basées sur ce qu’elle appelle le « principe de la Pâque ». Nos sages ont cherché des moyens d’insuffler du sens et de l’énergie au Seder, par exemple en donnant de bonnes réponses à la question: “Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres

nuits ?” De même, lors de la planification de chaque session, nous pouvons nous demander : “Pourquoi et en quoi ce rassemblement sera-t-il différent des autres rassemblements ?” “Comment puisje l’aider à être unique ?” Réduisez le menu d’options de chaque session à un seul objectif clair. Essayer d’en faire trop peut diluer la profondeur de l’apprentissage. Parker soutient que les meilleurs sujets sont ceux qui suscitent des discussions animées et de nombreuses opinions bien arrêtées. Il s’agit d’un bon critère pour filtrer les options moins efficaces. Et ne vous demandez pas : « Qui suis-je pour imposer mes idées aux autres ? » Vous rendrez service à tous les participants lorsque la session sera définitive et ciblée.

 Maîtriser votre pouvoir lorsque vous animez - Maîtriser votre pouvoir lorsque vous animez Définir l’objectif, la direction et les règles de base au début de la session est un bon début. Cela nécessite également une certaine coercition pendant la session, sinon les choses peuvent dériver. Il est utile d’avoir quelqu’un qui s’occupe des participants avec une autorité généreuse : garder le rassemblement fidèle à son objectif, avec un [---] œil sur la dynamique interpersonnelle ; garder tout le monde activement impliqué; et protéger toutes les formes de technologies addictives et distrayantes.  Prime, Usher in et Launch, considèrent l’avant-jeu de votre session comme une partie importante de son succès. C’est

1 Les informations bibliographiques pour ce livre et tous les autres livres et articles mentionnés dans Année de Croissance se trouvent dans la bibliographie aux pages 421–425.

8


l’occasion d’établir des attentes et d’aider à créer un esprit dans lequel prendront part les participants. Envisagez de créer une invitation qui contribue à créer l’ambiance. Vous pourriez inviter les participants à envoyer ou à penser à quelque chose à l’avance. Demander des réponses à une question ou inviter chacun à partager une photo, un défi ou une citation à l’avance, cela permet d’inciter les participants à réfléchir sur leurs liens personnels avec le sujet de la session. Recevoir des informations à l’avance aide également les animateurs et les invités à personnaliser la session, de sorte qu’elle semble spécialement conçue pour les participants.

 Lorsque le jour arrive, réfléchissez à la manière de faire passer les participants à travers le seuil proverbial, en quittant les tâches quotidiennes et en entrant dans la magie de votre session. Comment pourriez-vous rédiger cette introduction ? Lors des événements Momentum, nous utilisons souvent de la musique ou des éléments visuels dans le passage vers un espace. “Arrêtez de commencer par la logistique”, écrit Parker. Qu’est-ce qui attirera l’attention des participants, les impressionnera, les honorera et les connectera ? Comment le but du rassemblement peut-il être ressenti dès ses premiers instants ?

 Favoriser les échanges aide à garder les gens vulnérables et réels. Notre culture nous forme à partager nos forces, nos réussites et le meilleur de nous-mêmes. Mais partager des pensées à moitié faites et des moments authentiques et bruts, et se concentrer sur des expériences plutôt que sur des idées aide les gens à comprendre et à grandir. Une bonne conversation donne également de la place pour une discorde et une controverse saine. Comment pourriez-vous contribuer à faire émerger des opinions différentes et fournir une structure capable de contenir une tension productive ?

 Clôture, Comment terminer la séance par le haut ? Envisagez d’offrir aux participants deux processus pour la fin : (1) regarder vers l’intérieur pour synthétiser l’apprentissage et faire le point sur ce qu’ils ont absorbé, et réfléchir sur sa signification pour eux personnellement ; (2) Regarder vers l’extérieur pour se connecter une fois de plus avant de se séparer et pour planifier la manière dont ils intégreront l’apprentissage dans leur vie quotidienne et expérimenteront de nouvelles choses. Cela peut inclure l’amorçage du prochain rassemblement.

9


ANNÉE DE CROISSANCE

Shechinah - La Présence de la Mère Divine

Les Sages du Talmud ont comparé la relation entre les enfants et leur mère à une relation avec la Shechinah, la Présence divine. Ils ont dit : “Chaque fois que Rabbi Yossef entendait les pas de sa mère, il disait :” Laissez-moi me lever car la Shechinah arrive “”

La Présence Divine est immanente et proche de nous, elle prend soin de nous et nous aime. Elle est attentive à notre bien-être. La Shechinah est là avec nous comme une mère attentionnée qui soutient le développement de son enfant, peinée quand il lutte mais lui donnant de l’espace pour développer sa résilience en travaillant à travers les défis : “Venez voir à quel point le Peuple juif est aimé devant le Saint, béni soit Lui. Partout où ils ont été exilés, la Shechinah est allée avec eux. Comment pourrions-nous nous soutenir les uns les autres en tant que mères pour favoriser notre propre développement spirituel et le bien-être spirituel de nos enfants ?

Le rabbin Soloveitchik a enseigné “En tant que mère, la Shechinah veut ... que l’enfant soit conscient de sa présence ... Elle veut que son enfant soit près d’elle et que l’enfant accueille chaleureusement sa présence ... Quête après elle et cherche-la . [Si vous cherchez la Shechinah],

10

vous la trouverez en effet si la quête est sincère et authentique, si elle est faite ‘de tout votre cœur et de toute votre âme’ (Deut. 4:29)” Puisse votre voyage en être un dans lequel vous expérimentez de plus en plus souvent la présence aimante de la Shechinah - en vousmême et en présence de la Fraternité que vous créez. Puissiez-vous la sentir de plus en plus présente dans votre foyer, et puissiezvous envisager de prendre les mesures en communauté qui rapprochent encore plus Sa présence.

Avec créativité, vous pouvez aider à insuffler un sentiment collectif d’activisme et de coopération parmi vos sœurs de Momentum pour une aventure joyeuse et partagée..

C’est parti pour une année de croissance ! En vous souhaitant un voyage béni,

Dr. Ronit Ziv-Kreger

Directeur de l’éducation et du

développement du leadership, Momentum


Devenir le meilleur de soi Limud v'Hitlamdut, Apprentissage et croissance


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENTISSAGE ET CROISSANCE

Un parcours d’apprentissage et de croissance juif est un cheminement vers la plénitude. Il s’agit d’entrer dans le rôle de réalisateur de votre propre vie, faire de l’espace et prendre le temps pour regarder ce qui « se joue actuellement sur votre écran » et d’affiner les habitudes et les modèles qui empêchent votre bonté innée de briller de mille feux. Il s’agit de laisser vos valeurs guider les choix que vous faites à un point tel que votre vie devienne un cadeau non seulement pour vous-même, mais aussi pour vos enfants et pour tous ceux qui vous entourent.

Adrienne Gold Davis, responsable du voyage Momentum a déclaré : « De nombreuses femmes m’ont dit qu’au moment où elles entreprennent leur parcours d’apprentissage juif, ce qu’elles apprennent donne l’impression de le savoir déjà ; qu’elles le reconnaissent intuitivement comme la vérité ! Ainsi, il n’est pas surprenant que dans le Talmud (Niddah 30b), les sages disent, «Le fœtus apprend toute la Torah du début à la fin. Avant la naissance un ange s’approche, tape le fœtus au-dessus de sa bouche et lui fait tout oublier.» Notre parcours d’apprentissage juif correspond au mot latin educere – « tirer de l'intérieur ». L’apprentissage et la croissance juive à leur meilleur sont le fruit de ce que l’âme a entendu auparavant. » Tout au long de l’histoire, les Juifs ont été connus comme le « Peuple du Livre », qui étudient

12

le monde tel qu’il est et tel qu’il devrait être, abordant le tout comme des apprenants et des questionneurs.

Tout le monde est encouragé à étudier – hommes, femmes et enfants – parce que la connaissance est considérée comme la base de l’amour et de la relation avec Dieu, et pour atteindre notre propre perfection. Le rabbin Adin Steinsaltz, un grand leader qui a rendu l’apprentissage juif accessible à tous, a déclaré : « La connaissance juive n’est pas seulement bonne à avoir. C’est l’essentiel. Certains peuvent penser que le savoir appartient aux érudits, aux chefs religieux et à l’élite. Ce n’est pas le cas dans le judaïsme. Pour nous, l’étude est essentielle pour tout le monde. » En plus d’être apprécié pour lui-même, l’apprentissage juif est prisé pour aider les individus à développer leur capacité à servir et à faire le bien. Même un peu d’étude chaque jour peut conduire à une croissance incroyable.

Voici les conclusions d’une nouvelle recherche révolutionnaire intitulée GenZ Now : Comprendre et établir des liens avec des adolescents juifs aujourd’hui – la plus vaste étude jamais entreprise sur les adolescents juifs américains – révèle des observations pertinentes pour les parents à partir des résultats d’enquêtes


Devenir le meilleur de soi

et des réponses aux entretiens effectués auprès de plus de dix-sept mille adolescents :

« Les adolescents d’aujourd’hui ont beaucoup de sympathie pour leurs parents, aiment célébrer les fêtes juives avec leurs familles et sont plus susceptibles de voir leur vie suivre les traces de leurs parents que se rebeller contre eux Les adolescents veulent poser des questions sur Israël à des adultes de confiance.» Les chercheurs de GenZ Now rapportent que les adolescents qui ont répondu « choses juives » dans la catégorie Activités ont obtenu une note nettement plus élevée parmi tous les résultats positifs, y compris les résultats socio-émotionnels : « Ce résultat était l’un des indicateurs les plus fiables et les plus cohérents de notre étude. » Notre histoire est pleine de récits de gens qui n’ont pas eu le privilège d’une riche éducation juive dans leur enfance, mais qui se sont appliqués à l’âge adulte et sont devenus des érudits et des leaders.

L’apprentissage juif peut nous aider à regarder le monde sous un nouvel angle, à essayer de nouvelles choses, à trouver un sens supplémentaire à nos vies personnelles et familiales et à nous propulser vers une vie de bonté et de bonnes actions. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Qu’ai-je appris lors du voyage Momentum ou d’une expérience juive passée que j’aimerais continuer à explorer et à mettre en pratique ?

• Comment puis-je intégrer des créneaux dans mon emploi du temps pour continuer à apprendre et à grandir ?

• Comment mon apprentissage peut-il avoir un impact sur mon développement, ma famille et ma communauté ? Quel impact cela pourrait-il avoir sur ma relation avec Dieu ? • Comment puis-je partager mon apprentissage avec les autres ?

13


ANNÉE DE CROISSANCE

BON RETOUR DU VOYAGE MOMENTUM !

Le voyage a été un tourbillon d’apprentissage et de nouvelles expériences. Maintenant que vous avez eu le temps de réfléchir à ce voyage, profitons de notre temps ensemble pour déballer une partie de ce que vous en avez tiré et ce que vous aimeriez mettre en pratique. Demandez à chaque femme de votre groupe de choisir deux phrases dans la liste suivante. Demandez-leur ensuite de prendre quelques instants pour réfléchir et noter leurs pensées. Ensuite, demandez à chaque femme de choisir une réflexion à partager. Rappelez-leur que lors du partage, des détails saisissants – vues, sons et odeurs – aident à dépeindre une image qui permet aux auditeurs d’imaginer le moment avec le locuteur.11 • Décrivez un moment du voyage qui vous a ému.

1 Adapté de Roni Ezra Friedman.

14

• Décrivez un moment du voyage où vous avez éprouvé une sensation de nostalgie ou de désir ardent. • Décrivez un moment du voyage qui vous a fait rire.

• Partagez un message du voyage qui vous avez encore à l’esprit. Pourquoi cela vous saisit ?

• Décrivez un de vos traits de caractère qui a été renforcé durant le voyage.

• Décrivez un moment du voyage où vous éprouvé une sensation d’amour.

• Décrivez une nouvelle expérience culturelle que vous avez vécue pendant le voyage. • Décrivez un moment du voyage où vous êtes devenue larmoyante et émotionnelle. • Décrivez un moment où vous avez renoué avec un membre de votre famille ou un ami proche après le voyage.


Devenir le meilleur de soi

15


ANNÉE DE CROISSANCE

DÉBAT, APPRENTISSAGE, ÉTUDE ET ACTION

Les textes juifs sont remplis d’histoires de leaders qui se questionnent et débattent les uns avec les autres à la recherche de meilleures réponses et d’une compréhension plus profonde.

Lisez l’extrait suivant du Talmud qui présente un débat entre les grands sages Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva, puis plongez-vous dans la riche tradition juive du questionnement à la recherche d’une meilleure compréhension. Vous pourriez vous diviser en trois groupes afin d’examiner le texte sous trois angles différents. Rabbi Tarfon et Rabbi Akiva ont vécu en terre d’Israël pendant les 1er et 2ème siècles, sous domination romaine. Le rabbin Tarfon a enseigné : « Il n’est pas de votre responsabilité de terminer le travail, mais vous n’êtes pas non plus libre d’y renoncer » (Éthique de nos Pères 2:7). Nous en apprendrons davantage sur Rabbi Akiva ultérieurement dans cette session.

16

Votre attitude à l’égard du débat et du désaccord

• Quelle est votre attitude générale à l’égard des débats et des désaccords ? Que voudriez-vous que ce soit ?

• Dans quelles situations est-il plus facile pour vous d’exprimer une opinion différente ? Quand est-ce plus difficile ?

• Comment réagissez-vous lorsque les autres ne sont pas d’accord avec vous ? Quelle réponse souhaiteriez-vous apporter ? Comment pouvez-vous arriver à ce point ? Votre apprentissage

• Qu’aimeriez-vous apprendre ?

• Où l’apprentissage se produit-il dans votre vie (p. ex. au téléphone, sur Internet, à la table de cuisine, au retour de l’école, à des rendez-vous au café, à des cours formels) ? • Quel nouvel apprentissage pourriezvous chercher à intégrer dans votre vie ? Comment pourriez-vous faire en sorte que cela se produise ?

• Que faites-vous pour vous assurer que votre apprentissage « colle » (p. ex. tenir un journal, discuter avec un ami ou un partenaire, agir en conséquence, le représenter de façon créative ou artistique) ? Que voudriez-vous faire pour rendre votre apprentissage « plus collant » ?


Devenir le meilleur de soi

Talmud Babylonien, Kiddushin 40b

Une fois, Rabbi Tarfon et les Anciens se sont couchés dans le grenier d’une maison à Lod, et cette question leur fut posée : L’étude est-elle plus grande ou l’action estelle plus grande ? Rabbi Tarfon a répondu, en déclarant : « L’action est plus grande. » Rabbi Akiva répondit : « L’étude est plus grande. » Tous [les autres qui étaient réunis] ont répondu, en ant, « L’étude est plus grande, puisque l’étude conduit à l’action. » ‫קידושין מ׳ ב‬ .‫וכבר היה רבי טרפון וזקנים מסובין בעלית בית נתזה בלוד‬ ‫ תלמוד גדול או מעשה גדול? נענה‬: ‫נשאלה שאילה זו בפניהם‬ ‫ נענה רבי עקיבא ואמר תלמוד‬.‫רבי טרפון ואמר מעשה גדול‬ ‫ נענו כולם ואמרו תלמוד גדול שהתלמוד מביא לידי‬.‫גדול‬ .‫מעשה‬

Votre étude conduit à l’action

• Souvent, l’opinion finale dans un débat talmudique est celle privilégiée par les éditeurs. Dans ce cas, il s’agit : « L’étude mène à l’action. » • Où avez-vous vécu une étude menant à une action ou des actions • devenant plus significatives grâce à quelque chose que vous avez étudié ?

• Si une baguette magique pouvait faire que votre apprentissage se transforme régulièrement en actions, comment cela vous affecterait-il ?

• Qu’est-ce qui vous a aidé à transformer l’apprentissage en action ? Qu’est-ce qui vous gêne ? Quelle est la petite chose que vous pourriez faire de manière plus cohérente afin de transformer l’apprentissage en action ? • Comment pourriez-vous enseigner à vos enfants la valeur de « l’étude mène à l’action » ?

17


ANNÉE DE CROISSANCE

IL N’EST JAMAIS TROP TARD L’histoire de Rabbi Akiva

Rabbi Akiva était l’un des plus grands érudits de la Torah dans l’histoire juive, mais il connut des débuts modestes. Jusqu’à l’âge de 40 ans, il ne possédait aucune connaissance de la Torah. En fait, il ne savait même pas lire. Selon la légende, quand il a rencontré sa femme, Rachel, la fille d’un homme très riche, elle a cru en lui alors qu’il n’était qu’un pauvre berger analphabète. Elle l’a épousé, contre la volonté de son père, puis Akiva et ils vécurent ensemble dans une pauvreté abjecte.

Comment Akiva a-t-il pu surmonter les nombreux obstacles et étudier la Torah ? Dans cette histoire, nous apprenons comment Akiva a été inspiré d'étudier malgré son âge. Avot d’Rabbi Natan 6:2

Quel a été le tournant pour Rabbi Akiva ? Il était âgé de 40 ans et n’avait jamais fait d’apprentissage formel. Une fois, il se tenait près du rebord d’un puits et se demandait, « Qui a creusé un trou dans cette pierre ? » Ils lui dirent : « N’est-ce pas l’eau qui goutte constamment sur le rocher ? »... Aussitôt, Rabbi Akiva tint ce raisonnement : « Si une eau douce est parvenue à creuser une pierre dure, alors à plus forte raison les paroles de la Torah, qui sont aussi puissantes que le fer, peuvent se graver dans mon cœur, qui est fait de chair et sang !» Il se mit immédiatement à l’étude de la Torah. ‫מה היה תחלתו של רבי עקיבא? אמרו בן ארבעים שנה היה‬ ‫ פעם אחת היה עומד על פי הבאר אמר מי‬.‫ולא שנה כלום‬

18

‫חקק אבן זו אמרו לו המים שתדיר [נופלים] עליה בכל יום‬ ‫ מיד היה‬.‫אמרו [לו] עקיבא אי אתה קורא אבנים שחקו מים‬ ‫רבי עקיבא דן קל וחומר בעצמו מה רך פסל את הקשה דברי‬ ‫תורה שקשה כברזל על אחת כמה וכמה שיחקקו את לבי‬ .‫שהוא בשר ודם‬ • Si le lent ruissellement de l’eau est capable de tailler la pierre, que pourrait cet enseignement nous offrir à nous qui vivons dans une culture à un rythme effréné avec des vies souvent surchargées ?

• Avez-vous vécu des expériences comme celle de Rabbi Akiva où vous (ou une personne de votre connaissance) avez commencé comme débutant, mais où la pratique et la persévérance vous ont aidé à devenir meilleur, en franchissant une petite étape après l’autre ? Comment pourriez-vous appliquer cela à votre apprentissage et à votre croissance juifs ?

• Quelles sont certaines de vos attentes quant à votre apprentissage juif ? Quelles sont certaines de vos attentes quant à votre apprentissage juif ? Dans quel contexte pourriez-vous partager cette histoire avec une autre personne, par exemple avec un enfant ou un ami ? Avot d’Rabbi Natan a été composé en Israël et en Babylonie entre 650-950 E.C. Il contient des maximes éthiques des Sages, ainsi que des récits sur leurs traits de caractère et leurs actes.


Devenir le meilleur de soi

19


ANNÉE DE CROISSANCE

ABORDER LA VIE COMME UNE OPPORTUNITÉ D’APPRENTISSAGE2 Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Comment serait-ce d’aborder la vie en tant qu’apprenant ? Qui connaissez-vous qui procède de la sorte ? En hébreu, la forme réflexive du mot pour l’apprentissage, Limud, est Hitlamdut. Il fait référence à l’acte d’aborder tout en tant qu’apprenant et d’intérioriser les leçons apprises. Cet état d’esprit nous oblige à nous demander comment une situation peut s’appliquer à nos propres vies et ce que nous pouvons en tirer.2 Certains ont affirmé que la Hitlamdut est l’essence même de l’apprentissage de la Torah. L’apprentissage de la Torah n’est pas seulement pour acquérir des informations. Son but est plutôt d’influencer et de transformer nos vies et nos actions.

• Dans quelles situations abordez-vous naturellement la vie comme un apprenant ?

Malheureusement, l’inertie peut nous amener à conserver de vieilles habitudes ou à maintenir le statu quo, même lorsqu’il y a de bonnes raisons de croître et de se développer. Le Midrash enseigne qu’après que les Israélites aient traversé la Mer des Roseaux (c’est-à-dire la Mer Rouge), « Moïse a dû les tirer hors de la Mer des Roseaux contre leur volonté. »3 Pourquoi? Même si leur situation actuelle n’était

pas bonne, ils étaient réticents au changement et se sentaient attirés à nouveau par l’Egypte. Lorsque nous pratiquons la Hitlamdut dans notre vie quotidienne, cela nourrit notre volonté de changement. Le changement est essentiel à la croissance, et il construit la conscience de soi nécessaire pour modifier même nos habitudes les plus enracinées.

Tout au long de la journée, nous faisons l’expérience de bonnes et de mauvaises choses, et nous pouvons apprendre à la fois de la réussite et de l’échec. Nos enfants ne font pas ce que nous leur demandons de faire ; un collègue est en retard ; un tuyau éclate dans notre salle de bain. Nous pouvons montrer notre frustration, ou nous pouvons accepter de telles expériences en toute sérénité. La Hitlamdut nous guide pour apprendre de ces expériences. Imaginez que vous pilotez un avion. Votre tableau de bord indique que vous devez ajuster l’altitude de l’avion. Devriez-vous vous concentrer sur la modification de l’instrument ? La Hitlamdut offre une alternative puissante. « Lorsqu’un instrument vous donne une lecture inattendue, vous devez changer de cap, pas l’instrument », explique le rabbin David Lapin, coach en entreprise. « Pensez aux réactions des gens à votre égard et à la façon dont ils se

2 Adapté du rabbin David Jaffe, fondateur de l’Institut Kirva et auteur de Changer le monde de l’intérieur : Une approche juive du changement personnel et social. 3 Midrash Tanchuma sur le verset, « Alors Moïse fit sortir Israël de la Mer des Roseaux » (Exode 15:22).

20


Devenir le meilleur de soi

comportent dans votre entourage comme un ensemble d’instruments qui reflètent votre humeur, votre attitude et vos actions. Tenter de changer les autres, c’est comme essayer de changer les instruments du tableau de bord au lieu de déplacer les leviers. »

Lorsque mes enfants ne mettent pas la table, même si je leur ai demandé à plusieurs reprises, je pourrais être enclin à leur demander à nouveau et à me concentrer sur le changement de leurs actions. Sinon, je peux explorer ce qu’il faut faire différemment. Par exemple, je peux peut-être changer le ton de la voix que j’utilise. Je peux peut-être jouer avec eux davantage avant le dîner, ou inviter chaque enfant à choisir parmi une liste de tâches de préparation du dîner. La Hitlamdut nous oriente pour considérer la vie comme une série infinie de possibilités d’apprentissage. • Comment pourriez-vous appliquer un état d’esprit de Hitlamdut à différents modèles de votre comportement ? Considérez vos différents rôles : ami, parent, collègue, fille, femme.

« La Hitlamdut nourrit une attitude d’acceptation envers nos imperfections. Si nous pensons que nous devons être parfaits, nous pouvons avoir l’impression qu’il n’y a pas de

place pour l’apprentissage », explique le rabbin David Jaffe. Le perfectionnisme engendre souvent la paralysie et l’inaction, ce qui nous conduit à fantasmer de la grandeur sans prendre les risques nécessaires pour construire (même lentement) un réel acquis. Quand je peux accepter que je ne suis pas parfait pour élever des enfants, m’organiser, suivre un régime ou quoi que ce soit d’autre, je peux trouver de la place pour apprendre. Le rabbin Jaffe observe que « la Hitlamdut nourrit un état d’esprit selon lequel tout ce que nous faisons est de la pratique. Il nous invite à faire une introspection afin d’apprendre de nos expériences – y compris de nos échecs. Nous ne faisons que toujours pratiquer. Cet état d’esprit nous aide également à éviter les pensées outrecuidantes ou arrogantes qui nous portent à croire que nous sommes parfaits ou invulnérables. » • Y a-t-il un domaine dans votre vie où vous êtes enclin au perfectionnisme ? Quelles mesures pouvez-vous prendre pour appliquer une approche de Hitlamdut à ce domaine ou à d’autres aspects de votre vie – le travail, l’éducation des enfants, les loisirs, l’entretien de la maison ou votre apprentissage en groupe Momentum ?

21


ANNÉE DE CROISSANCE

LE POUVOIR DE LA HAVRUTA : APPRENTISSAGE EN PARTENARIAT

En quoi l’activité juive traditionnelle d’apprentissage avec un partenaire peut-elle être un cadeau pour vous ? Jetez un coup d’œil à l’image ci-dessous. Quelle phrase utiliseriez-vous pour décrire complètement et précisément cette scène ? Fermez le livre et écrivez votre phrase. Suzanne DeChillo/The New York Times/Redux

compliquer ou approfondir ce que vous aviez entendu, vu ou vécu ?

• Comment l’apprentissage avec un partenaire peut-il contribuer à votre croissance ?

• Si vous deviez envisager de mettre en place un partenariat d’apprentissage pour les deux prochaines semaines, pour un apprentissage court et rapide à intervalles réguliers, qu’est-ce qui pourrait bien fonctionner pour vous ? Avec qui souhaiteriez-vous apprendre, et quand ?

Rabbi Judah Loew, le Maharal de Prague,4 a noté qu’un apprentissage approfondi, tel que l’apprentissage de la Torah, nous emmène au-delà de la pensée et de la compréhension habituelles, et nous permet d’accéder à « l’esprit céleste ». Il croyait que l’accès à une telle conscience transcendante nécessitait une préparation avec un partenaire.

• Demandez à différentes personnes de votre groupe de partager ce qu’elles ont vu. Vous y trouverez probablement un éventail d’idées. • Quand le fait d’avoir entendu le point de vue d’une autre personne sur une question vous a-t-il vraiment éclairé ? • Quand le point de vue d’une autre sœur vous a-t-il aidé à clarifier,

Apprendre avec une autre personne nous permet de quitter notre état d’esprit égocentrique et d’accéder à une vérité plus transcendante. L’apprentissage avec un partenaire approfondit également notre compréhension du matériel, car il nous oblige à être actifs et à articuler nos idées, ce qui aide à clarifier et à adopter notre apprentissage. Lorsque notre partenaire d’apprentissage est également un partenaire responsable, nous avons le soutien nécessaire pour prendre les idées intellectuelles et les intégrer à nos vies et à nos actions.

4 1525–1609. La source est tirée de son livre, Netivot Olam, dans la section Netiv HaTorah, 86.

22


Devenir le meilleur de soi

LES PARTENAIRES RESPONSABLES PEUVENT NOUS AIDER À ACQUÉRIR UNE « CAPACITÉ DE RÉACTION » POUR TRANSFORMER L’APPRENTISSAGE EN ACTIONS POSITIVES QUI AFFECTENT NOS VIES. Pour tirer un avantage de la responsabilisation, suivez quatre étapes simples:5 Trouver une personne en qui vous avez confiance, prête à un partenariat de responsabilité.

Partager vos objectifs individuels avec un plan pour les actions spécifiques pour atteindre vos objectifs.

Effectuer des vérifications dans les deux sens, avec un temps égal pour à chaque partenaire, parler de ses progrès, ses obstacles et les prochaines étapes.

Pratiquez une écoute attentive sans prodiguer de conseils non sollicités. Effectuez des contrôles fréquents. Vous pouvez avoir des conversations téléphoniques de 10 minutes, deux fois par semaine, et des mises à jour par texto court trois fois par semaine. Revoir vos objectifs pour évaluer si vous êtes sur la bonne voie. Faites-le périodiquement, une ou deux fois par mois lors d’une conversation plus longue.

En ce qui concerne l’enseignement classique, « Acquérir un ami », ‫קנה לך חבר‬, nos Sages ont joué sur les mots. le mot hébreu pour « acquérir », ‫ קנה‬, signifie également « stylo ». Ainsi, en plus d’acquérir un partenaire responsable, la tenue régulière d’un journal favorise également l’apprentissage et la responsabilisation.

Lorsque vous discutez avec votre partenaire responsable et tenez un journal, réfléchissez aux questions et à la façon dont elles peuvent favoriser votre CROISSANCE. Chaque session "Année de croissance" comprend un espace de réflexion sur des questions telles que : Objectif – Que voulez-vous « faire » ?

Réalité – Où en êtes-vous actuellement ? Considérez ce système mnémonique ACC: Affection (comment vous sentez-vous ?), Comportement (quelles actions prenez-vous ou pas ?) et Cognition (quelles pensées concernant votre objectif vous aident/freinent ?) Obstacles – Qu’est-ce qui vous gêne ? Quelles sont vos options pour faire face aux obstacles ?

Volonté – Pourquoi votre objectif est-il important et comment pouvez-vous mobiliser votre volonté pour aller de l’avant? Petit – Quel petit pas pouvez-vous faire et comment allez-vous célébrer vos progrès en cours de route ?

Aide – Comment travaillez-vous avec votre partenaire responsable ? Quels ajustements peuvent mieux alimenter votre travail ? Quel soutien supplémentaire peut favoriser votre progression ?

L’apprentissage a le plus d’impact lorsqu’il englobe les valeurs, les émotions et la structure. Un partenariat de responsabilisation peut fournir cette structure, vous pouvez approfondir votre apprentissage en partageant des histoires et des sentiments liés à votre voyage intérieur.

5 Terme de Steven Covey, Les 7 habitudes des personnes très efficaces.

23


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Continuer à croître

À la fin de chaque voyage Momentum en Israël, nous révélons que le dernier jour de votre voyage est le premier jour de votre parcours. Et nous y croyons vraiment ! Pour démarrer votre passionnant voyage à venir, voici les conseils des leaders de Momentum Trip. Profitez !

Raquel dit : Faites de votre mieux.

Contrairement aux attentes de la société pour un résultat parfait, le judaïsme valorise nos efforts. Pirkei Avot (Éthique de nos Pères) dit : « Il n’est pas de votre responsabilité de terminer le travail, mais vous n’êtes pas non plus libre d’y renoncer. » N’abandonnez pas parce que quelque chose ne fonctionne pas au début. Juste essayez de votre mieux !

Nili dit : Rendez le judaïsme amusant. Personne ne s’éloigne du plaisir, alors soyez créatif ! Le Shabbat, laissez vos enfants choisir le menu ‒surtout le dessert. Permettez à vos

24

enfants de manger leurs céréales sucrées préférées le Shabbat et appelez-les « les céréales de Shabbat ». Faites du Shabbat une journée remplie de jeux, d’histoires, de construction d’une tente dans le salon et d’invitation de leurs amis ‒ tout ce qui peut faire plaisir à vos enfants. Si vos enfants aiment une patinoire en particulier, faites-en leur sortie à Hanoucca. S’ils veulent un certain jouet, faites-en leur cadeau de l’afikoman de Pessah. Transformez le Shabbat et les fêtes juives en méthodes de transmission des meilleurs souvenirs d’enfance de vos enfants. Après tout, tout le monde veut transmettre ses plus beaux souvenirs d’enfance à la prochaine génération.

Soyez un modèle.

Il existe de nombreuses façons de grandir que personne n’a besoin de connaître à part vous ! Si vous décidez de prier, personne ne le saura. Si vous décidez de vous concentrer sur le positif, personne ne le saura et personne ne s’en plaindra ! Mais si vous voulez que tout le monde éteigne son téléphone Shabbat, éteignez d’abord votre téléphone. Personne ne s’opposera à recevoir l’attention sans réserve de sa maman. Même s’ils laissent leur téléphone allumé, ils regarderont en arrière dans dix ans et diront : « Ma mère a toujours éteint son téléphone le jour du Shabbat parce qu’elle trouvait important de passer une journée avec nous sans distraction. » Vous plantez des graines, et il faut un certain temps pour que les graines germent.

Sachez que Dieu vous aime.

Si Dieu avait un réfrigérateur, votre photo serait dessus. Dieu est si fier de vous. Vous n’avez besoin d’être parfait pour être merveilleux.


Devenir le meilleur de soi

Adrienne dit : Soyez patient !

La croissance se produit avant même de constater les résultats de votre travail. Le bambou chinois, a une croissance nulle pendant six ans et pousse ensuite de 27 mètres en 18 jours. Un « système racinaire » en formation, qui soutiendra les poussées de croissance au moment opportun. Continuez à « arroser » et à tendre vers vos objectifs et ayez confiance qu’ils porteront leurs fruits.

N’arrêtez jamais d’apprendre.

Le contraire de vieux n’est pas jeune. Le contraire de vieux est nouveau. Les nouvelles idées vous gardera vigoureux. Grâce à vos efforts, vos enfants verront que l’éducation et la croissance ne sont pas réservées uniquement pour les jeunes. La vie est un processus continu de croissance et de raffinement.

Acceptez les douleurs de la croissance.

Savez-vous comment grandit un homard ? Ses entrailles commencent à le faire souffrir lors de sa croissance, mais sa carapace ne grandit pas avec lui. Un homard doit s'en débarrasser et rester à nu et vulnérable jusqu’à ce que la nouvelle repousse pour s’adapter à son intérieur élargi. Cela se produit avec de grandes douleurs, tout au long de sa vie. Si, un homard était capable d’anesthésier la douleur pour éviter cette croissance, il resterait une version rabougrie de lui-même et il n’atteindrait jamais sa pleine croissance. La croissance peut être douloureuse, Choisissez la croissance malgré l’inconfort. Votre potentiel en vaut la peine !

Ruchi dit : Faites le dur labeur.

Thomas Edison a dit que le génie est 1% d’inspiration et 99% de transpiration. Nous devons effectuer le travail difficile entre les éclairs d’inspiration afin de vraiment nous transformer.

Priorisez ce qui est le plus important.

Un enseignant demande à ses élèves de remplir un bocal avec diverses éléments, des grosses pierres, des petites pierres, du gravier et du sable. Les élèves se demandent comment tout peut rentrer dans le bocal. Il est évident que pour les placer, il faut d’abord mettre en premier les grosses pierres qui symbolisent nos priorités dans la vie. Si nous n’insérons pas les choses importantes en premier, alors les choses urgentes mais moins importantes ne cesseront de nous attirer, consommant notre temps et notre attention.

Entourez-vous d’une grande communauté.

On ne saurait trop insister sur l’importance d’un groupe de pairs. Veillez à choisir des amis qui vous remplissent sur un plan émotionnel et spirituel, puis entourez-vous d’eux.

25


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ DE NOUVELLES HABITUDES AVEC VOTRE SŒUR Un Peu Chaque Jour Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Changer les vieilles habitudes n’est pas facile, mais faire un peu de quelque chose chaque jour peut en créer de nouvelles. Souvent, nous nous fixons de nouveaux objectifs, mais nous constatons que de vieilles habitudes nous font du tort et entravent nos progrès. •

•

Je prévois de commencer ma journée en apprenant et en évitant de consulter mes e-mails le matin. Mais je constate encore qu’une autre journée commence par des détails plutôt que par mes priorités. J’ai l’intention d’éviter de grignoter après le dîner, et puis « juste un peu » de popcorn se transforme en beaucoup plus...

Nos Sages l’ont observé il y a longtemps, en disant : Une mitzvah mène à une autre mitzvah, et un acte répréhensible conduit à d’autres actes répréhensibles. 6 Un article de recherche de l’Université Duke intitulé « Habitudes ‒ Une Performance à répétition » a révélé qu’environ 45 % de notre comportement au réveil peut être attribué à des habitudes. Quel est donc le moyen le plus efficace d’acquérir de nouvelles habitudes saines et positives qui se maintiennent ? Les recherches actuelles en neurosciences, le rabbin Yisrael Salanter et la littérature juive sur la sagesse soulignent six étapes :

6 Pirkei Avot (Éthique de nos Pères) 4:2.

1. Objectif. Être clair sur les raisons pour lesquelles vous voulez qu’une nouvelle habitude apporte la « puissance motrice » pour vous propulser à faire ce qu'il faut pour changer. Il y a un verset dans le livre des Psaumes7 qui dit que Dieu satisfait chaque personne non pas nécessairement en lui donnant ce qu’elle veut, mais plutôt en lui donnant la volonté de vouloir. Le livre de Daniel Pink, Conduite : L’étonnante vérité sur ce qui nous motive, indique que la recherche contemporaine pointe le concept de but comme un facteur clé du comportement humain. Commencez donc par articuler, idéalement par écrit, pourquoi vous voulez une nouvelle habitude. Quel est le but sous-jacent ? Réduisez-la à une phrase ou à une citation, et affichez-la où vous pourrez la voir et la revoir souvent. Lisez-la à voix haute et avec passion. Cela est conforme à une pratique juive appelée la Hitpa’alut, qui génère une excitation émotionnelle en répétant un verset inspirant afin d’imprimer un but de manière à alimenter notre « moteur » du changement.

2. Sensibilisation. Il s’agit d’une étape de départ clé. Lorsque votre apprentissage passe de la théorie à la pratique, vous développez une sensibilité. Cela implique de prendre conscience des sensations physiques qui précèdent l’adoption de mauvaises habitudes : le resserrement de la poitrine qui précède le fait de parler de manière critique ; saliver

7 ‫[“ – משביע לכל חי רצון‬God] satisfies us with will” (a literal translation of Psalms 145:16).

26


Devenir le meilleur de soi

avec envie juste avant d’atteindre les chips ; se tenir droit lorsque vous êtes sur le point de donner des conseils alors qu’assis et à l’écoute serait plus utile.

3. Maîtrise de soi. La prise de conscience peut faire une pause entre le stimulus et notre réponse habituelle, nous donnant le choix entre l’ancien chemin habituel du comportement bien tracé et, pour reprendre les mots de Robert Frost, la route la moins empruntée. Le rabbin Eliyahu Dessler décrit ce point de choix comme le point de poussée et d'attraction, la bataille intérieure que nous éprouvons lorsque nous voulons élever notre comportement. La capacité d'identifier ce point de choix est la première étape de l'exercice de la maîtrise de soi.

4. Déclencheur. Les neuroscientifiques nous conseillent d’identifier un déclencheur concret afin d’aider à établir une nouvelle habitude. Ils suggèrent de choisir un élément qui s’intègre dans notre vie quotidienne, afin que nous puissions greffer un nouveau déclencheur spécifique sur le stimulus existant. Cela nous alertera que nous avons atteint le point de choix. Charles Duhigg, dans son livre Le Pouvoir de l’habitude : Pourquoi nous faisons ce que nous faisons dans la vie et les affaires, souligne l’intérêt de rendre le déclencheur spécifique. Il suggère de choisir l’une des options suivantes : quand, où, qui d’autre, l’état émotionnel ou l’action immédiatement précédente. Par exemple, un déclencheur pourrait être à la maison (où), le soir (quand), quand mon fils (qui) fait un grand bol de pop-corn avant que nous nous asseyions pour regarder un film (action précédente), et que je me sente vidée (état émotionnel). 5. Micro-habitudes. Choisissez quelque chose de taille réduite pour votre nouvelle

8 Proverbes 24:16.

habitude, quelque chose qui, idéalement, prend moins de deux minutes à réaliser. B. J. Fogg, psychologue et chercheur à Stanford, affirme que former notre cerveau à prendre de nouvelles habitudes importantes tout au long de la vie fonctionne mieux lorsque nous connaissons le succès avec de petits ajustements. Ceux-ci nous aident à gagner en confiance et à obtenir de l’adhésion. Si vous sélectionnez une action qui nécessite beaucoup d’efforts ou qui prend du temps, votre cerveau trouvera un moyen de la pirater et de l’éviter. Quelque chose de petit ‒ de minuscule et de ridicule ‒ passera sous le radar de votre résistance. Il s’agit peut-être d’un apprentissage quotidien de deux minutes. Il est plus efficace de prendre régulièrement de petites mesures pour modifier son comportement que de se fixer des objectifs ambitieux et difficiles à atteindre. Comme le dit le Talmud, Tafasta merubeh lo tafasta « Si vous saisissez trop, vous ne saisissez rien. »

6. Appréciation. Quand une situation similaire se présente et que vous surmontez la tentation de revenir à votre ancien comportement habituel et vous adoptez plutôt votre nouvelle habitude, célébrez le succès ! Oui, prenez le temps de remarquer et d’apprécier même les petites réussites. Le rabbin Nachman, de Breslov, enseigne que remarquer les bons points en nous-mêmes et chez les autres est absolument transformationnel. L’appréciation est plus facile à partir d’une place de dignité, sachant que ce que nous sommes et ce que nous faisons est suffisant et appréciable. Cet état d’esprit nous aide également à nous rediriger lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu. Le roi Salomon a enseigné qu’une personne juste tombe encore et encore, et pourtant se relève et continue.8

27


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Sauvegardé par la Daf Par Dr Erica Brown

Au début des années 1920, un chercheur pionnier, le rabbin Meir Shapiro, a d’abord été ridiculisé pour avoir suggéré que le Talmud pourrait être étudié de cette manière. Il avait une vision innovante de centaines de personnes apprenant toutes la même page de Talmud dans tous les coins du monde.

Chaque matin, quand ma maison est encore silencieuse, je me lève ‒ souvent avant le lever du soleil ‒ me laver les mains, faire une tasse de café, dire mes bénédictions matinales, et ensuite procéder à l’étude d’une page du Talmud. Comme j’étais dans mes vingt ans, je voulais compléter une daf yomi (une page un jour), l’étude quotidienne du Talmud qui prend sept ans et demi à compléter. J’ai commencé à l’âge de vingt et un ans, mais je n’ai lu que le premier des trente-sept volumes. La vie s’est mise en travers de mon chemin. Trente ans plus tard, j’en suis maintenant à cinq ans et demi. Je trébuche chaque jour dans la confusion et l’incompréhension. La vitesse vertigineuse n’aide pas, mais mon étude quotidienne forme et colore chaque jour avant le début de la routine quotidienne.

28

Il n’aurait probablement pas pu imaginer des dizaines de milliers de personnes à travers le monde l’apprendre en classe et dans les trains, dans les synagogues et les prisons, sur papier et sur iPhone. Vous pouvez étudier la daf yomi dans des dizaines de traductions. Il y a des gens qui écrivent des haikus et des limericks sur la daf quotidienne. Un étudiant artiste fait même un dessin sur la daf tous les jours. Bien que pendant la majeure partie de ma vie j’ai récité les bénédictions qui nous permettent d’étudier la Torah chaque jour, ce n’est que lorsque j’ai commencé la daf yomi que les mots ont vraiment jailli de la page : « Tu es béni, Hachem, notre Dieu, Maître du monde, qui nous a sanctifiés avec ses mitzvot et nous a ordonné de nous engager dans les paroles de la Torah. »

Toutes les bénédictions nous préparent à sanctifier et élever les moments ordinaires. Puisque l’étude est si fondamentale à la vie juive, nous nous assurons qu’elle soit également précédée d’une bénédiction. Le grand rabbin du 20ème siècle Joseph Soloveitchik a observé que nous ne bénissons pas l’étude de la Torah, mais


Devenir le meilleur de soi

plutôt notre engagement dans la Torah, parce que l’étude imprègne notre vie, la façonnant avec constance et à un rythme sacré.

La façon dont cette étude crée cet ancrage m’est apparue la plus évidente il y a des années, lorsqu’un groupe parmi nous a achevé un volume talmudique particulier.

Dans la tradition juive, lorsque nous achevons l’étude d’un livre, nous effectuons un siyum, une célébration de notre achèvement et un engagement à continuer. Pour ce siyum, nous avions terminé Yevamot, un traité du Talmud babylonien sur le mariage en lévirat. À la page 128a, on parle d’un rabbin influent, Rabban Gamliel, qui a vu un navire couler. Il savait qu’un autre sage, Rabbi Akiva, était à bord de ce même navire. À son grand soulagement, Rabban Gamliel vit Rabbi Akiva sur la terre ferme, enseignant la Torah. Il lui demanda comment il avait survécu. Rabbi Akiva a dit qu’il avait tenu fermement une planche et chaque fois qu’une vague passait sur lui, il l’esquivait en se baissant. En d’autres termes, il avait été sauvé par cette planche. Dans ce passage du Talmud, la planche est appelée une daf ‒ le même mot hébreu que « page ». Un commentaire note ceci et suggère que ceux qui étudient sont ancrés par leur apprentissage. En un cycle de sept ans et demi, beaucoup d’entre nous dans le groupe ont franchi des étapes heureuses.

Nous avons eu des enfants qui ont obtenu leur diplôme et se sont mariés. Certains d’entre

nous ont perdu leurs parents. L’un d’entre nous a perdu un enfant. Certains d’entre nous ont changé d’emploi. Certains ont pris leur retraite. Dans une autre ville, un ami a perdu son père, qui avait terminé près de cinq ans d’études du Talmud avant de décéder. Le fils décida qu’il achèverait l’apprentissage que son père n’avait pas terminé, dans un bel acte de continuité.

Ilana Kurshan, dans un merveilleux mémoire de daf yomi, Si toutes les mers étaient de l’encre, raconte comment son étude l’a stabilisée lors d’un divorce douloureux. C’était une constante dans une vie qui avait été bouleversée émotionnellement. La daf a des pouvoirs salvateurs. Elle nous relie aux personnes que nous connaissons et aux étrangers. Elle nous relie à un passé vieux de deux mille ans et à des personnes du monde entier. Telle est la magie de l’étude de la Torah.

En tant qu’enseignant, l’un de mes plus beaux moments dans une classe se passe juste avant d’ouvrir un livre. Je récite souvent les bénédictions sur la Torah avec mes étudiants, en supposant que beaucoup ne connaissent peut-être pas cette pratique. Cela nous met dans un état d’esprit avec une intention sacrée d’apprendre, pour être en mesure de recevoir, transmettre et partager la sagesse et réaliser que le meilleur apprentissage que nous faisons vient de la sainte curiosité. C’est un cadeau. Plus que cela, comme je l’ai appris au cours de l’étude quotidienne, c’est un point d’ancrage.

29


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs de l’apprentissage et le croissance dans votre vie de famille

La nature immersive de Momentum nous donne le désir et l’impulsion pour opérer des transformations fondamentales et permet de forger des amitiés exceptionnelles et uniques. Nombreuses sont nos participantes qui retournent à la maison avec l’envie de continuer à rechercher des expériences pleines de sens et la résolution de poursuivre et d’approfondir le lien créé avec leurs nouvelles amies. Mais cela peut être un vrai défi ! La vie se charge de remplir nos agendas avec une multitude de rendez-vous et des listes interminables de choses à faire. Nous voulons ici partager avec vous quelques idées pour que vous emportiez un peu de la magie de Momentum à la maison…

Pour vous-même ou en binôme

• Quels ont été les moments les plus puissants pendant votre séjour Momentum ? Peut-être une conversation intime avec une amie, la danse folklorique avec des dizaines d’autres femmes, une prière personnelle et silencieuse, ou un autre moment. Vous avez la possibilité de retrouver les mêmes expériences dans votre communauté. Renseignez-vous auprès de votre centre communautaire, synagogue ou auprès des associations juives qui sont dans votre entourage afin de continuer chez vous ce qui vous a enthousiasmé en Israël. Une

30

expo, un concert, des ateliers de cuisine, des conférences, des cours pour femmes ou des matinées d’études, voilà quelques exemples de ce qui peut vous être proposé…

• Invitez une amie à se joindre à vous, pourquoi pas une des participantes qui a fait le voyage avec vous. Faire les choses ensemble donne encore plus d’impact à ces expériences, aussi bien pour nous que pour nos proches.

• Réalisez un tableau avec des photos et des souvenirs de votre voyage Momentum afin de continuer à faire vivre cette expérience dans votre vie quotidienne, à la maison. Mettez-le quelque part où vous le verrez tous les jours, cela ravivera en vous les résolutions et les objectifs que vous vous étiez fixés à votre retour à la maison…

• Essayez d’installer sur votre smatphone une appli de suivi d’habitudes pour suivre votre progression dans l’adoption de nouvelles habitudes. Cherchez en ligne l’application qui vous convient le mieux. • Choisissez une maxime qui vous inspire, inscrivez là sur un panneau que vous accrocherez à un endroit où vous la verrez souvent. Répétez-vous cette devise tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques inspirations que vous pouvez adopter :


Devenir le meilleur de soi

 Ce n’est pas tout ou rien

 « Qui est Sage ? Celui qui apprend de chacun » (Les Maximes de Pères IV,1)  « Un peu, c’est aussi bien » (Rabbi Na’hman de Breslev)

 Ce que j’étudie doit me conduire à agir • Prenez le temps de réfléchir aux expériences et aux rencontres que vous avez faites au cours de Momentum : déconnectezvous pour vous connecter. Trouvez un coin tranquille et confortable pour vous remémorer l’impact que cela a eu sur vous. Envisagez les moyens de les intégrer dans votre vie personnelle. Demandez vous comment vous pouvez en apprendre davantage sur votre héritage et vos valeurs juives. • Tout au long de Momentum, vous avez vécu des moments inspirants, des moments de progression personnelle. Nous autres, êtres humains, avons ce besoin perpétuel d’apprendre, d’élargir nos horizons. A présent que vous être rentrée chez vous, essayez de découvrir quel est votre mode d’apprentissage privilégié. Êtes plutôt visuelle, tactile, auditive, interactive, kinesthésique ? https://bit.ly/3IWLpSp

31


ANNÉE DE CROISSANCE

Cela vous donnera des indications sur le type d’expériences que vous recherchez !

• Consultez les podcasts, les vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org

• Sarah Margaret Fuller a dit : “Si vous possédez un savoir, permettez aux autres d’allumer leur bougie grâce à lui ». Avec qui aimeriezvous partager ce que vous apprenez ? Notre étude devient plus profonde lorsque nous la partageons avec autrui.

Pour les familles avec des petits

• Proposez à vos enfants de partager avec vous les activités auxquelles vous participez. Vous pourrez trouver des ateliers cuisine, des cours de danses folkloriques israéliennes ou encore du Krav Maga adaptés à leur âge. • Accompagnez le développement de vos enfants en découvrant leur style d’apprentissage. Vous pourrez trouver sur le site Citescolaireparentis quelques pistes afin d’adapter les méthodes apprentissage à leur personnalité en comprenant mieux comment ils apprennent. : https://bit.ly/45Iac6r/

Pour les familles avec des grands

• Rejoignez un club de lecture parents-enfants. Lire ou étudier ensemble crée l’opportunité

32

de se confronter à des problématiques qui, par ailleurs, sont compliquées à aborder. Vous ne trouvez pas de club qui propose cela ? Créez-en un ! Pour ce faire, vous pouvez vous inspirer de ces articles : https://bit.ly/3OUEU6h/ https://bit.ly/3C8Xpwc

• Instaurez un nouveau rituel familial le vendredi soir en créant une Boîte à Questions de Chabbat qui permettra d’animer les échanges pendant le repas. Envisagée comme un moyen de resserrer les liens familiaux, elle est aussi un moyen d’intégrer les différents convives et de guider la conversation afin donner un sens enrichissant à cette rencontre hebdomadaire privilégiée. Si vous êtes anglophone, vous pouvez vous en procurer une sur ce lien : https://www.jewishbride. com/store/shabbatbox.html • Mais vous pouvez tout aussi bien en fabriquer une avec des questions telles que : • « Qu’est-ce que Chabbat Chalom (Chabbat de Paix) signifie pour toi ? En quoi Chabbat est lié à la paix ? »

• « Si tu pouvais inviter une personnalité historique à la table de Chabbat, qui serait-ce ? Pourquoi ? »


Devenir le meilleur de soi

• « Pour quelle cause souhaiteraistu te battre ? » • « De quelle réalisation estu le(la) plus fier(e) ? »

• « Qui est le professeur, le coach ou le Rabbin qui t’a le plus marqué ? »

• Partagez avec vos enfants les deux citations célèbres d’Albert Einstein ci-dessous. Débattez avec eux de leur interprétation de ces deux idées. Demandez-leur s’ils peuvent penser à des exemples tirés de leur vécu ou de celui de leurs amis qui illustrent une de ces citations :

• Imagine où tu aimerais aller si tu pouvais faire un beau voyage. Que ferais-tu là-bas ? que mangerais-tu ?

• Imagine que tu améliores tes performances scolaires et sportives. Que mettraistu en place pour y parvenir ?

• « Apprendre d’hier, vivre aujourd’hui, espérer pour demain. L’important est de ne pas arrêter de poser des questions »

• « Le véritable signe de l’intelligence, ce n’est pas la connaissance mais l’imagination » • Apprenez à votre enfant à pratiquer l’exercice de visualisation mentale suivant pour stimuler son imagination ; demandez-lui de fermer les yeux et d’utiliser son imagination pour répondre aux questions suivantes : • Imagine à quoi ressemblerait une journée parfaite. Quel temps fait-il ? Avec qui es-tu ? Que faites-vous ?

33


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous allons explorer la valeur du Limud v’Hitlamdut, de l’apprentissage et de la croissance

Il s’agit de la session « Bon retour du voyage », dans laquelle nous explorons les valeurs de Limud v’Hitlamdut, l’apprentissage et l’approche de la vie comme une opportunité d’apprentissage.

Alors que nous sommes dans la transition du voyage Momentum et de notre parcours d’un an sur soi et sur la fraternité, il est important de laisser du temps pour traiter l’expérience du voyage et pour la partager entre nous. Ce partage peut approfondir les liens au sein du groupe, en le transformant en un réseau d’alliés pour la croissance et l’apprentissage. De plus, nous encourageons à souligner l’énorme valeur que l’on peut tirer de la participation à l’expérience d’un an, en particulier lorsqu’il s’agit de partenariats pour l’apprentissage, la croissance et la responsabilisation.

Vocabulaire Significatif limud

34

‫לִ ּמּוד‬

hitlamdut

‫ִה ְתלַ ְּמדּות‬

havruta

‫ַח ְבר ָּותא‬

apprentissage

état d'esprit d'aborder tout en tant qu'apprenant apprentissage en partenariat

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Quelles leçons du voyage Momentum ou d’autres expériences juives veux-je mettre en pratique ?

• Où puis-je trouver du temps pour l’apprentissage personnel et la croissance dans mon emploi du temps ?

• Comment mon apprentissage peut-il avoir un impact sur mon développement personnel, ma famille et ma communauté ? Quel impact cela pourrait-il avoir sur ma relation avec Dieu ? • Comment puis-je partager mon apprentissage avec les autres ?

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à prendre un petit rôle pour la diriger. Par exemple

• Demandez à quelques participantes de revoir leurs carnets de voyage afin de se replonger dans les expériences, les pensées et les relations de Momentum. Demandez-leur de partager certaines de leurs pensées et réflexions avec le groupe


Devenir le meilleur de soi

• Demander à une femme de lancer une discussion sur l’étude par opposition à l’action en présentant un exemple illustratif de sa propre vie • Invitez une sœur à mener une conversation sur la manière d’apporter la valeur de l’apprentissage et de la croissance dans sa vie familiale. Accordez du temps aux autres pour partager les façons dont elles ont déjà rencontré des succès et des défis à cet égard

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes et quels sont leurs objectifs personnels et parentaux de croissance et de développement, alors adaptez la session à leurs intérêts et leurs besoins. Les activités Étincelles de l'âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple en aménageant l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au

matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez de faire participer vos sœurs à un court exercice d’étirement ou de vous concentrer sur des respirations profondes et relaxantes.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Nous vous suggérons d’utiliser l’activité Bienvenue de retour du voyage Momentum ! qui se trouve aux pages 14–19, pour commencer

35


ANNÉE DE CROISSANCE

cette première session. Pour faciliter l’activité, faites quelques copies des phrases de la page 14, et découpez-les pour que les femmes puissent en choisir une au hasard. Elles peuvent également sélectionner une phrase directement à partir de la page. Avant que les femmes ne commencent à partager leurs réflexions, envisagez de demander au groupe de choisir un mouvement de main qu’elles peuvent utiliser pour signaler qu’elles ont vécu une expérience similaire.

Poursuivez votre session en posant une question de réflexion : Qu’est-ce qui vous aide à transformer l’apprentissage en croissance ?

Introduisez le terme hébreu Hitlamdut, un état d’esprit d’apprentissage et de croissance. Demandez aux femmes de réfléchir à la citation de la page 13 : « L’apprentissage juif peut nous aider à regarder le monde autrement, à essayer de nouvelles choses, à donner un sens à notre vie personnelle et familiale et à nous propulser vers une vie de bonté et de bonnes actions. » Après un temps de réflexion individuel, réfléchissez ensemble aux thèmes, désirs et conflits qui sont ressortis de cette citation. Prenez note de celles qui sont liées à cette session et de celles dont vous aimeriez qu’il y ait un suivi lors des prochaines réunions.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la

36

croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Le pouvoir de la Havruta : Apprentissage avec une partenaire Lisez à voix haute les deux premiers paragraphes de l’article de la page 22. Consacrez quelques minutes à la réalisation de la tâche d'introduction, dans laquelle chaque participante écrit une brève description de la photo sur la page. En général, seules certaines participantes remarquent que la lettre « C » est peinte sur le mur arrière dans la photo. Dans cet esprit, discutez des cinq questions qui suivent l’invite de la tâche, afin d’explorer le pouvoir de l’apprentissage avec une partenaire. Cette activité pourrait être intégrée à la suivante, qui traite des partenaires responsables (p. 23). Quoi qu’il en soit, transformez l’apprentissage en action en demandant aux participantes de trouver des lignes directrices sur la façon dont des paires de femmes peuvent s’entraider pour apprendre et pour transformer l’apprentissage en action.

Partenaires responsables : Supporter la C.R.O.I.S.S.A.N.C.E.

En plus ou à la place de l’activité précédente, lisez ensemble l’article de la page 23. Parlez des prochaines étapes pour trouver une havruta, et réfléchissez aux moyens de faire le premier pas en tendant la main et en invitant cette personne à se joindre à l’apprentissage en partenariat afin de soutenir l’étude menant à l’action.


Devenir le meilleur de soi

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre session aujourd’hui ? » ou « Une idée ou une pratique d’apprentissage et de croissance que j’aimerais commencer avec ma famille est... » Invitez vos sœurs à répondre à l’invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez leur demander de s’associer avec une autre participante et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d’un partage de groupe volontaire.

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 314-315). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à

la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes l’occasion de prendre un moment pour se connecter avec une autre sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur sert de point d’entrée pour des conversations qui ne se produiraient peut-être jamais autrement. (voir pages 24–29). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, et afin que chaque participante connaisse les objectifs sur lesquels les autres travaillent et visent, vous pourriez envisager ce qui suit : • Créer des tableaux visuels qui illustrent les domaines dans lesquels vos participantes aimeraient apprendre et se développer au cours de l’année à venir

• Créer des « bougies d’intention » comme une incarnation physique du désir d’apprendre et de grandir au cours de l’année à venir. (Pour obtenir des instructions sur la création de ces bougies, visitez le site Internet At the Well Project )

37


ANNÉE DE CROISSANCE

38


Débrancher pour se connecter Shabbat


ANNÉE DE CROISSANCE

40


Débrancher pour se connecter

SHABBAT

Le stress dans nos vies semble augmenter avec le rythme rapide de la vie moderne et des avancées technologiques. Mais s’inquiéter n’est pas nouveau pour notre génération. Mon beaupère partage une blague classique : « Que dit un télégramme juif ? ‘Commencez à vous inquiéter. Une lettre suivra.’ » Le Shabbat nourrit le calme de l’esprit et de l’âme.

Le Shabbat, peut-être plus que tout autre rituel, est considéré comme un joyau rare et remarquable dans le trésor de la tradition juive. Effectivement, il s’agit d’une chose que nous avons conservée pendant des millénaires, mais plus encore ‒ cette chose a gardé et façonné la famille juive. Qu’y a-t-il de si singulièrement spécial dans Shabbat ?

On nous enseigne que le Shabbat nous donne ce que la tradition juive appelle « une âme supplémentaire ». Cette âme supplémentaire apporte avec elle une capacité unique de repos rajeunissant, de joie profonde, ainsi qu’une ouverture et un accès à notre paysage intérieur.1 Cette capacité est cultivée à travers la chorégraphie du Shabbat et de ses différents

rituels. Les expériences et les relations ‒ avec soi-même, la famille, la communauté et Dieu – qui sont nourries le Shabbat aident à insuffler au reste de la semaine cette conscience sacrée. Dans cette unité, nous examinerons les leçons de Shabbat qui changent la vie et qui sont si essentielles pour vivre une vie spirituellement connectée, joyeuse et reconnaissante. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Comment est-ce que je regarde le monde habituellement ? Est-ce que je vois la beauté aussi bien que les cassures, voire même les lueurs de perfection ?

• Comment les rituels du Shabbat peuventils renforcer ma relation avec moi-même, ma famille et ma communauté ?

• Quelles sont les idées et la chorégraphie du Shabbat que je souhaiterais intégrer dans ma vie afin de me concentrer sur ce qui est le plus important pour moi et ma famille ? • Comment puis-je apporter les cadeaux du Shabbat au monde qui m’entoure ?

1 En hébreu, cela s’appelle menuchat ha’nefesh, ce qui signifie littéralement le calme de l’âme.

41


ANNÉE DE CROISSANCE

SHABBAT : LE 4ÈME COMMANDEMENT

A l’approche du Shabbat, les bougies sont allumées et nous commençons une journée bien méritée de nourriture spirituelle et physique. Le Shabbat soutient notre croissance en tant qu’individus et en tant que personnes qui sont liées à une communauté et à une nation.

Lori Palatnik, directrice fondatrice de Momentum, écrit : « Nous entrons dans le Shabbat d’une manière, et nous en sortons d’une autre. Quand cela est terminé, nous aurons appris et grandi, de sorte que nous pourrons désormais donner encore plus à notre vie quotidienne et aux autres. » Nous avons reçu le don du Shabbat au moment de la Révélation sur le Mont Sinaï. Au cours de cette expérience émouvante, remplie de tonnerre et d’éclairs, de terre tremblante et de sons retentissants du shofar, Dieu nous a transmis les Dix Commandements. Dans cette liste divine des « dix premiers » principes directeurs de notre peuple, le Shabbat brille comme la quatrième injonction. Exode 20:7-10

Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier. Durant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est le jour de repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage ‒ ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta

42

servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. male or female slave, or your cattle, or the stranger who is within your settlements. Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre et la mer, et tout ce qu’ils renferment, et il s’est reposé le septième jour ; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du Shabbat et l’a sanctifié. -‫ית ּכָ ל‬ ָ ‫וְע ִׂש‬ ָ ‫לְק ְּדׁשו ֵׁש ֶׁשת יָ ִמים ַּת ֲעבֹד‬ ַ ‫יֹום ַה ַּׁשּבָ ת‬-‫זָכֹור ֶאת‬ ‫מלָאכָ ה‬-‫ל‬ ְ ָ‫ת ֲע ֶׂשה כ‬-‫ֹלא‬ ַ ‫ֹלהיָך‬ ֶ ‫יעי ַׁשּבָ ת לַה’ ֱא‬ ִ ִ‫ וְיֹום ַה ְּׁשב‬.‫ְמלַאכְ ֶּתָך‬ .‫וַא ָמ ְתָך ּובְ ֶה ְמ ֶּתָך וְגֵ ְרָך ֲא ֶׁשר ּבִ ְׁש ָע ֶריָך‬ ֲ ‫ַא ָּתה ּובִ נְָך ּובִ ֶּתָך ַעבְ ְּדָך‬ -‫וְאת‬ ֶ ‫הּיָ ם‬-‫ת‬ ַ ‫ה ָא ֶרץ ֶא‬-‫ת‬ ָ ‫וְא‬ ֶ ‫ה ָּׁש ַמיִ ם‬-‫ת‬ ַ ‫יָ ִמים ָע ָׂשה ה’ ֶא‬-‫ּכִ י ֵׁש ֶׁשת‬ ‫יֹום ַה ַּׁשּבָ ת‬-‫ּכֵ ן ּבֵ ַרְך ה’ ֶאת‬-‫יעי ַעל‬ ִ ִ‫ּבָ ם וַּיָ נַח ּבַ ּיֹום ַה ְּׁשב‬-‫א ֶׁשר‬-‫ל‬ ֲ ָ‫ּכ‬ .‫וַיְ ַק ְּד ֵׁשהּו‬ • D’après ces versets, quelle est la raison d’être du Shabbat ? Quel est le rapport avec votre réflexion sur Shabbat ?

• Qui est sur la liste de ceux qui ne doivent pas travailler le Shabbat ? Qu’est-ce qui est important pour éviter de travailler et se reposer ? Comment votre repos pourrait-il être affecté si ceux qui vous entourent se reposaient aussi ? Quelle communauté pourrait être à votre disposition si vous deviez ralentir et savourer le temps du Shabbat ?


Débrancher pour se connecter

C’EST TOUTE LA SEMAINE !

Nos vies ces jours-ci sont si frénétiques tout au long de la semaine. En quoi une pause d’une journée par semaine peut-elle faire la différence ?

Les rabbins ont remarqué que le commandement d’observer le Shabbat est spécifiquement lié aux six jours de travail précédents. Comme il est dit : « Six jours, tu travailleras et tu feras tout ton travail, et le septième jour sera le Shabbat. » Dans le Midrash (interprétations rabbiniques) ci-dessous, les commentateurs révèlent le lien entre le Shabbat et les autres jours de la semaine. Avot d’Rabbi Natan 21

Rabbi Eliezer dit : Grand est le travail; car de même qu’il a été commandé à Israël d’observer le Shabbat, de même il lui a été commandé de travailler. Comme il est écrit, « Six jours, tu travailleras et tu feras tout ton travail » (Ex. 20:9). ‫ כא‬,’‫ נוסח ב‬,‫אבות דרבי נתן‬ ‫ שכשם שנצטוו ישראל‬.‫ גדולה היא מלאכה‬:‫רבי אלעזר אומר‬ ,‫ שנאמר “ששת ימים תעבוד‬,‫ כך נצטוו על המלאכה‬,‫על השבת‬ ”.‫ועשית כל מלאכתך‬

Avot d’Rabbi Natan a été composé entre c 650-950 E.C. Il contient des maximes éthiques des Sages, ainsi que des récits sur leur comportements. La Mechilta est un commentaire juridique, Midrash Halachah, sur le livre de l’Exode, en. 135 E.C.

Avot d’Rabbi Natan 21

Rabbi Eliezer dit : Grand est le travail; car de même qu’il a été commandé à Israël d’observer le Shabbat, de même il lui a été commandé de travailler. Comme il est écrit, « Six jours, tu travailleras et tu feras tout ton travail » (Ex. 20:9). ’‫מכילתא פרשת בחודש פרשה ז‬ ‫ וכי איפשר לו לאדם לעשות מלאכתו‬.‫ששת ימים תעבוד‬ ‫ דבר אחר‬.‫בששת ימים אלא שבות כאלו מלאכתך עשויה‬ ‫שבות ממחשבת עבודה ואומר ישעיה נ”ח אם תשיב משבת‬ :’‫רגליך ואומר שם אז תתענג על ה‬ • Selon ces textes, quelle est la relation et la synergie entre les six jours de la semaine et Shabbat ? Où et comment ressentez-vous une synergie entre le travail et le repos ?

• Le deuxième Midrash nous dit que nous devons faire un changement de conscience le Shabbat, au-delà du simple repos physique de notre travail : nous devons mettre de côté les pensées de notre travail de la semaine. Qu’est-ce qui vous aide à cesser de penser constamment au travail que vous devez faire ? • À quoi pourrait ressembler un changement de conscience dans votre propre vie ? Comment cela pourraitil affecter toute votre semaine, plutôt que seulement le jour du Shabbat ?

43


ANNÉE DE CROISSANCE

SE CONCENTRER SUR CE QUI EST IMPORTANT POUR NOUS

Le mot hébreu pour le « ne pas faire » de Shabbat est menuchah, généralement traduit par « repos ». Le grand commentateur Rashi explique que menuchah était – paradoxalement – un élément essentiel dans la création du monde par ailleurs très active. Qu’y a-t-il de si spécial dans le « ne pas faire » ? En quoi est-ce différent du temps libre ou de la paresse ? Qu’est-ce qui manquait au monde [avant le septième jour] ? Un repos rajeunissant (menuchah) ! Quand le Shabbat est venu, le repos rajeunissant est venu ; l’œuvre [de la Création] a été achevée et terminée. Rashi, commentaire sur Genèse 2:2 Rashi, Rabbi Shlomo Yitzchaki (France, 1040-1105), était un grand commentateur de la Bible et du Talmud.

• Rashi dit que le monde n’a pas été achevé tant qu’il n’a pas inclus la menuchah. Qu’y a-t-il de si essentiel dans le repos ? Le vrai repos n’est-il que l’absence de travail ? • En quoi pensez-vous que le monde autour de vous a besoin d’un repos rajeunissant ?

Exercice de Rédaction

Pensez à un moment où vous avez vécu un repos vraiment rajeunissant. Comment était cette expérience ? En quoi différait-elle du temps libre ou de l’inactivité ? Comment votre expérience de repos vous a-t-elle impactée sur le moment et dans vos activités par la suite ?

44

Prenez quelques minutes pour réfléchir tranquillement, en écrivant vos pensées à propos de Shabbat sur le tableau de réflexion à la fin de cette section. Dans l’extrait suivant, le rabbin Lord Jonathan Sacks décrit le repos rajeunissant du Shabbat comme une idée révolutionnaire qui est une clé absolue des valeurs et de la vie juives. Le rabbin Lord Jonathan Sacks était un rabbin et un leader juif qui a été le grand rabbin des Congrégations hébraïques du Royaume-Uni pendant vingt-deux ans.

Rabbin Jonathan Sacks, Énergie renouvelable : Beshallach 5776 Les Grecs ne pouvaient pas comprendre le septième jour, le Shabbat, comme faisant luimême partie de l’œuvre de la création. Qu’y a-t-il de créatif dans le repos ? Qu’obtenonsnous en ne fabriquant pas, en ne travaillant pas, en n’inventant pas ? L’idée semble n’avoir absolument aucun sens.

En effet, nous avons le témoignage indépendant des écrivains grecs de cette période, que l’une des choses qu’ils ont ridiculisées dans le judaïsme était le Shabbat. Un jour sur sept, les Juifs ne travaillent pas, disaient-ils, parce qu’ils sont paresseux. L’idée que le jour lui-même pouvait avoir une valeur indépendante était apparemment au-delà de leur compréhension. Curieusement, en très peu de temps, l’empire d’Alexandre le Grand a commencé à s’effondrer, tout comme l’ancienne cité-État d’Athènes qui a donné naissance à certains des plus grands penseurs et écrivains de l’histoire. Les


Débrancher pour se connecter

civilisations, comme les individus, peuvent souffrir d’épuisement. C’est ce qui arrive quand on n’a pas de jour de repos inscrit dans son emploi du temps...

Le Shabbat... est l’une des plus grandes institutions que le monde n’ait jamais connues... Ce que le Shabbat a fait et fait encore, c’est de créer un espace dans nos vies et dans la société dans son ensemble dans lequel nous sommes vraiment libres. Libérés des pressions du travail, libérés des exigences d’employeurs impitoyables, libérés des sirènes d’une société de consommation nous exhortant à passer notre chemin vers le bonheur, libres d’être nous-mêmes en compagnie de ceux que nous aimons. Ce jour-là a en quelque sorte renouvelé son sens génération après génération, malgré les changements économiques et industriels les plus profonds. À l’époque de Moïse, cela signifiait la libération de l’esclavage de Pharaon. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, cela signifiait la libération des conditions de travail précaires et des longues heures de travail pour un faible salaire. Chez nous, cela signifie être libéré des e-mails, des smartphones et des exigences de disponibilité 24h/24, 7j/7. L’esprit humain a besoin de temps pour respirer, inspirer, grandir. La première règle en matière de gestion du temps consiste à faire la distinction entre les questions importantes et celles qui sont simplement urgentes. Sous la pression, les choses qui sont importantes mais pas urgentes ont tendance à être évincées. Pourtant, ce sont souvent ces éléments qui comptent le plus pour notre bonheur et notre sentiment d’une vie bien vécue.

Le Shabbat est un temps consacré aux choses importantes mais non urgentes : la famille, les amis, la communauté, le sens de la sainteté, la prière dans laquelle nous remercions Dieu pour

les bonnes choses de notre vie, et la lecture de la Torah dans laquelle nous racontons la longue et dramatique histoire de notre peuple et de notre parcours. C’est le Shabbat que nous célébrons le shalom bayit – la paix qui vient de l’amour et qui règne dans la maison bénie par la Shekhinah, la présence de Dieu que vous pouvez presque sentir à la lueur des bougies, avec le vin et le pain spécial. C’est une beauté créée non pas par Michel-Ange ou Léonard de Vinci, mais par chacun d’entre nous : une île sereine de temps au milieu d’une mer souvent déchaînée d’un monde agité.

Trouver le temps pour ce qui est important

Le rabbin Sacks dit que le Shabbat nous aide à nous concentrer sur les questions importantes, même si elles ne sont pas urgentes. Remplissez le tableau ci-dessous2 et réfléchissez à la façon dont vous passez habituellement votre temps et à la façon dont vous pouvez consacrer du temps aux choses importantes de la vie, même si elles ne sont pas urgentes.

• Quelles sont les questions importantes pour vous en ce qui vous concerne, votre famille et votre communauté ? • Réfléchissez à ce que vous avez fait au cours de la semaine écoulée et remplissez le tableau ci-dessous. Où chacune de ces tâches s’insérerait-elle dans ce tableau ? • Quelles sont les choses que vous qualifieriez d’« importantes et non urgentes »? Quand prenez-vous du temps pour ces choses ? Comment le Shabbat pourrait-il vous aider à prendre le temps de faire des choses importantes mais pas urgentes dans votre vie ?

2 Pour plus de détails, voir l’excellent livre Les 7 habitudes des personnes très efficaces, par Stephen Covey.

45


ANNÉE DE CROISSANCE

Important Urgent

Non Urgent

46

considérer : soi-même, la famille, la communauté

Non Important


Débrancher pour se connecter

SE CONNECTER AU BIEN QUI NOUS ENTOURE ET À L’INTÉRIEUR DE NOUS La recherche a montré que les gens sont plus susceptibles d’agir en fonction de leur peur des expériences négatives que de leur désir d’expériences positives.

Deux économistes comportementaux israéliens, Daniel Kahneman et Amos Tversky, ont montré dans une série d’expériences que lorsque les gens prennent des décisions, ils accordent plus de poids aux pertes possibles qu’aux gains possibles. En 2002, Kahneman a reçu le prix Nobel d’économie pour ses travaux.3

Pouvons-nous voir les découvertes de Kahneman et Tversky jouer un rôle dans nos propres vies ? Passons-nous plus de temps à nous préoccuper de ce qui ne va pas – avec nos emplois, nos mariages, nos enfants, nos foyers – plutôt qu’à nous concentrer sur ce qui en réalité va extrêmement bien ? S’appuyer sur le bon est un outil puissant, surtout en période de difficultés. Pour ce faire, nous devons surmonter nos tendances à nous concentrer sur les problèmes et plutôt remarquer de manière délibérée ce qui se passe bien dans nos vies. La conscience du Shabbat nous aide à nous détourner de la focalisation sur le négatif, pour apprécier vraiment le bien qui nous entoure chaque jour.

Le Shabbat est un avant-goût du paradis sur terre. Le Talmud4 nous dit que le Shabbat est un soixantième de ce « paradis sur terre » de nos rêves les plus idylliques. Le Shabbat est un moment où les individus, les familles et les communautés se réunissent pour créer ensemble les conditions propices à savourer un goût de cet état d’être tant attendu. Nous nous détournons de toutes nos activités quotidiennes pour être plus présents. Lorsque nous allons au théâtre, nous éteignons tout et

3 Malheureusement, Amos Tversky est déjà décédé. 4 Brachot 57b.

nous nous concentrons sur le spectacle. C’est ainsi que nous nous débranchons le Shabbat afin de nous connecter et de nous concentrer sur ce qui est déjà bon et délicieux devant nous au même moment. Dans le pavillon des enfants du centre médical Hadassah à Jérusalem, une citation du rabbin Shlomo Carlebach est accrochée au mur. On peut y lire : « Lorsque vous couchez vos enfants la nuit, dites-leur à quel point ils sont merveilleux ; et lorsqu’ils se réveillent le matin, dites-leur à quel point le monde est merveilleux. » Talmud Babylonien, Beitzah 16a

Rabbi Shimon ben Lakish a dit : « Le Saint, béni soit-Il, donne aux humains une âme supplémentaire à la veille du Shabbat, et à la fin du Shabbat, Il la reprend. » ‫דאמר רבי שמעון בן לקיש נשמה יתירה נותן הקדוש ברוך הוא‬ .‫באדם ערב שבת ולמוצאי שבת נוטלין אותה הימנו‬ • Qu’est-ce qu’une « âme supplémentaire » pourrait vous faire ressentir ? S’il existe une « âme supplémentaire » le Shabbat, cela pourrait-il également avoir un impact sur le reste de la semaine ? Si c’est le cas, comment ?

• Le commentateur juif classique Rashi explique que l’âme supplémentaire que nous recevons Shabbat est « une plus grande capacité de repos et de joie, une ouverture au bien-être et une capacité supplémentaire à manger et à boire sainement ». Lequel de ceux-ci trouvez-vous difficile ? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire ? Comment pourriez-vous y arriver ?

47


ANNÉE DE CROISSANCE

LE FRONT INTÉRIEUR

Dans une culture souffrant de différents maux, comment pouvez-vous soutenir le bien-être de votre famille ? Le travail de Momentum avec les parents vient de la preuve que le foyer a un puissant effet de levier sur le bien-être spirituel et émotionnel de ses membres. Ce n’est pas une idée nouvelle ;

La bénédiction qui suit le verset du Shema nous guide déjà pour « enseigner à vos enfants quand vous êtes à la maison ». L’identité fondamentale de nos enfants se crée à la maison. Leur estime de soi, leurs habitudes, leurs modèles mentaux, où ils se sentent appartenir et développer des relations avec la grande famille juive, sont enracinés dans le foyer. Pour nous aussi, lorsque notre maison est un lieu de connexion et de sens, elle peut nourrir nos cœurs et nous protéger de l’isolement de la vie contemporaine.

La tradition juive dispose d’une boîte à outils de technologie spirituelle accessible pour les célébrations à domicile : des stratégies quotidiennes, hebdomadaires et annuelles qui nous aident à donner un sens à nos vies. Par exemple, il existe des pratiques quotidiennes liées à la façon dont nous nous réveillons5 et dont nous nous couchons,6 et sur la façon de commencer et terminer nos repas.7 Il existe des pratiques qui nous aident à vivre les jours fériés non pas simplement comme une pause dans l’agitation de la vie

5 Voir L’Aube d’un nouveau jour, p. 157.

ce sont de véritables jours saints qui renouvellent notre âme par le lien avec nos proches, les histoires familiales et les souvenirs partagés.

Le Shabbat est l’un des outils les plus puissants de cette boîte à outils de la technologie spirituelle juive. « Appelez le Shabbat un délice ! » dit le prophète Isaïe. Il existe une chorégraphie complète pour transformer le Shabbat en un délice sensuel et spirituel, appelé oneg en hébreu. Alors que la sainteté du jour implique de nous éloigner des affaires quotidiennes et banales, elle doit être faite de manière à nous engager avec des plaisirs physiques et spirituels. Le Shabbat est un voyage qui peut nous donner un avant-goût de notre jardin d’Eden intérieur. Puissions-nous être bénis de visiter ce paysage intérieur, et à partir de là passer à l’action qui amène la sainteté dans nos initiatives extérieures. La chorégraphie du Shabbat demande une certaine préparation. L’expérimenter est un excellent moyen d’explorer le voyage, qui peut vous conduire à de nouvelles perspectives intérieures. Souvenez-vous, « ce n’est pas tout ou rien ». • Comment pourriez-vous apporter ce plaisir puissant à vos enfants ?

• Si vous deviez commencer par ce qui vous attire le plus et ce qui conviendra le mieux à votre famille, que cela pourrait être ?

6 Voir les activités pour les familles avec de jeunes enfants, p. 201.

48

7 Voir les Bénédictions pour la nourriture, pages 248-249.


Débrancher pour se connecter

RÉFLÉCHISSEZ À LA CHORÉGRAPHIE DU SHABBAT À LA MAISON8 ET RÉFLÉCHISSEZ AUX COMPOSANTS QUI VOUS ATTIRENT : 1. Créer l’ambiance de Shabbat 2. Allumage des bougies 3. Accueillir le Shabbat 4. Bénir nos enfants

5. Remercier son conjoint

6. Sanctifier le jour du Shabbat sur le vin

7. Partager notre pain et manger un repas 8. Conversation de table de Shabbat 9. Chanter à la table du Shabbat 10. Gratitude pour la nourriture 11. Délices

12. Repas du Shabbat le matin et l’après-midi 13. Séparer le saint du profane

8 Adapté de Noam Sachs Zion et Shawn Fields Meyer’s Un jour à part : Shabbat à la maison, une ressource merveilleuse pour les familles qui peut être commandée sur http://www.haggadahsrus.com/Shabbat.html.

49


ANNÉE DE CROISSANCE

BÉNIR NOS ENFANTS

Le rituel de la Bénédiction des enfants le vendredi soir est l’une des coutumes les plus touchantes et les plus belles du Shabbat.

Bénir nos enfants est un outil puissant pour se concentrer sur les choses que nous aimons et apprécions chez eux, surtout après une semaine au cours de laquelle nous avons peut-être prêté plus d’attention à leurs lacunes et à leurs points à améliorer. Ajoutez à la bénédiction traditionnelle une bénédiction personnalisée, en partageant les points lumineux que vous avez observés au cours de la semaine chez vos enfants. Faitesen une pratique tout au long de la semaine pour recueillir des observations sur la nature merveilleuse de vos enfants, leurs efforts et leurs actions, afin que vous puissiez inclure vos observations dans votre bénédiction personnalisée pour eux. Pour les garçons

Yesimchah Elohim k’Efrayim v’chiMenashe. May you be like Ephraim and Menashe.

‫ׂימָך ֱאלהיִ ם כְ ֶּאפְ ַריְ ם‬ ְ ‫יְ ִש‬ .‫ַשׁה‬ ּ ֶ ‫וְכִ ְמנ‬

Pour les filles

Yesimech Elohim k’Sara, Rivka, Rachel, v’Leah.

May you be like Sarah, Rebecca, Rachel, and Leah. ‫ׂימְך ֱאלהיִ ם כְ ָּש ָׂרה ִרבְ ָקה‬ ֵ ‫יְ ִש‬ .‫וְלֵאה‬ ָ ‫ָר ֵחל‬

Vous pouvez offrir la bénédiction après l’allumage des bougies, avant le Kiddush, ou, si vos enfants sont absents, vous pouvez même offrir la bénédiction par téléphone avant le Shabbat ou à la table du Shabbat virtuellement. Pour un guide vidéo sur la façon de bénir vos enfants, recherchez une vidéo « Comment dire une bénédiction juive sur les enfants ».

Les paroles de la bénédiction que nous donnons à nos enfants viennent de la Bénédiction Sacerdotale (Num. 6:24‒26). Elles sont précédées d’une introduction qui diffère selon le sexe. Placez vos mains sur votre enfant et récitez ce qui suit :

Continuez ici

Yevarechecha Adonai v’yishmerecha Que Dieu vous bénisse et vous protège. ‫ָיְב ֶרכְ ָך ה’ וְ יִ ְש ְׁמ ֶרָך‬

Ya-er Adonai panav elecha viy’chuneka Que Dieu vous accorde sa faveur et qu'il vous fasse grâce ּ‫יחנֶ ָּך‬ ֻ ִ‫ייָאר ה’ ָפּנָיו ֵאלֶ יָך ו‬ ֵ

Yisa Adonai panav elecha v’yasem lecha shalom Que Dieu vous fasse preuve de bonté et vous accorde la paix ‫יִ ָשּׂא ה’ ָפּנָיו ֵאלֶ יָך וְ יָ ֵשׂם לְ ָך ָשׁלֹום‬

50


Débrancher pour se connecter

QU’Y A-T-IL DANS UNE BÉNÉDICTION ?

Considérez, en tant que groupe, le concept de bénédiction, d’être béni et d’être celui qui accorde la bénédiction • Dieu dit à Abraham : « Tu seras béni » et « Toutes les familles de la Terre trouveront la bénédiction à travers toi. » Y a-t-il une relation entre être béni et être celui qui bénit les autres ? • Associez-vous à une autre sœur et discutez avec elle de la bénédiction que vous souhaiteriez. À tour de rôle, offrez-vous une bénédiction. Remarquez ce que cela fait d’accorder une bénédiction et ce que cela fait de recevoir une bénédiction. Comment l’espace entre vous deux est-il affecté ?

• Si vous donnez une bénédiction à votre enfant, considérez ce qui suit : Quel impact cela a-t-il sur votre enfant ? Comment cela vous affecte-t-il ? Comment cela affecte-t-il la relation entre vous deux ? Pour vous, que représente d’accorder une bénédiction à votre enfant ? Comment bénissez-vous ou voulezvous bénir vos enfants ?

51


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur Israël : Une année de réflexion

Où dans nos vies, au-delà de la pratique hebdomadaire, la notion de repos rajeunissant et de déconnexion pour se connecter pourrait-elle être utile ? Les Israéliens tirent parti de ce concept de bien des manières nouvelles. L’idée d’une année sabbatique est bien connue dans le monde universitaire. C’est le moment où les universitaires s’affranchissent de leur travail habituel pour acquérir de nouvelles connaissances et de nouvelles sources d’inspiration.

Ce concept d’année sabbatique vient directement de la Torah, qui nous dit de faire une chose remarquable tous les sept ans dans le pays d’Israël : observer une année sabbatique, shmita. L’année shmita offre un repos à la terre et aux personnes qui la travaillent. Nous sommes appelés à nous abstenir de planter, d’élaguer, de labourer, de récolter et de toute autre forme de travail agricole. Tous les produits de la septième année deviennent sans propriétaire, et libres pour tous de les prendre et d’en profiter équitablement. Un autre aspect de cette septième année est l’annulation de prêts d’un juif à un autre. Il s’agit d’un rituel national remarquable qui a été ranimé dans l’État moderne d’Israël depuis le retour de notre peuple. Et pourtant, aujourd’hui, Israël n’est plus une société agricole. Récemment, un groupe d’Israéliens s’est réuni pour réfléchir à la façon

52

de restaurer le sens de l’année de la shmita alors que la plupart des Israéliens ne sont pas agriculteurs. Ils ont fondé l’initiative Israël shmita , une initiative visant à transmettre le message et la signification de la septième année à la société israélienne moderne. Ils l’encadrent comme une période de réflexion personnelle, d’apprentissage, d’engagement social et de responsabilité environnementale en Israël.

Certains des projets qu’ils ont mis en place pour l’année shmita2015 étaient : • Un programme de relance économique pour aider les familles israéliennes en grande difficulté financière, dont l’annulation de dette est la première étape ; • Des séances d’étude de groupe à travers le spectre de la population israélienne ; • Des soirées musicales dans les jardins communautaires ;

• Des programmes où les Israéliens partagent leurs talents gratuitement entre eux ;

• Une Sukkah de shmita israélienne itinérante avec un café gratuit servant des fruits et légumes israéliens, une bibliothèque de lecture et de prêt, un centre de recyclage et une invitation à s’arrêter pour un moment collectif et à nous rappeler les choses vraiment importantes dans nos vies, tout en rêvant sur les moyens de réparer le monde et nos communautés. Regardez ces vidéos sur l’Initiative : http://bit.ly/2rxMXe9, http://bit.ly/2s0KLxg


Débrancher pour se connecter

Initiative Sukkah Shmita d’Israël

• La septième année est appelée à la fois « Shabbat de la Terre », un « abandon » de l’activité agricole , et shmita, un « abandon » de la propriété. Où dans votre vie le concept de lâcher-prise pourraitil être particulièrement rajeunissant ?

Quelles autres idées liées à l’année de la shmita vous interpellent ?

• Comment pourriez-vous intégrer certaines de ces idées dans votre vie ? • Quel genre de projet voudriez-vous mener qui intègre certaines des idées de l’année de la shmita ? Avec qui pourriez-vous collaborer ?

53


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Les êtres humains et les activités humaines Par Adrienne Gold Davis

Adrienne Gold Davis

Quand j’étais petite, ma mère avait une règle selon laquelle nous devions rentrer à la maison après avoir joué dehors (une coutume archaïque maintenant, mais à l’époque c’était le paradis) quand les lumières s’allumaient.

Mes amis, cependant, avaient un temps de retour à la maison plus tardif ; et donc, entre le moment où je rentrai chez moi et une heure plus tard quand je savais que mes amis allaient rentrer, j’étais paralysée par la peur. La peur que

54

quelque chose arrive à l’équilibre des relations que nous partagions. La peur que « tout change » et que je sois laissée pour compte le lendemain ! La peur que de nouvelles allégeances soient forgées sans avoir mon mot à dire ... mes manipulations. La peur que le lendemain je sois en dehors de l’action. Isolée. Obsolète. Je pense avoir inventé le concept de FOMO. J’en ai souffert.

Pendant mon adolescence, j’avais le même sentiment à propos de toutes les fêtes auxquelles je participais, de tous les garçons avec qui je sortais, de tous les clubs que je fréquentais. Il y avait toujours la sensation dérangeante que la « vraie fête » se passait ailleurs, que le vrai garçon de mes rêves sortait avec quelqu’un d’autre... que la vraie « action » était ailleurs. Je suis donc allé d’un endroit à l’autre, de garçon en garçon, convaincue, pour paraphraser Groucho Marx, que je ne voulais faire partie d’aucun club qui me laisserait en devenir membre. Mon esprit était comme celui d’un maître d’échecs. J’anticipais tous les résultats imaginables et je planifiais à l’avance : Si vous dites ceci, je dirai cela, et si vous dites cela, j’aurai une réponse prête. Je me protègerai de toutes les fatalités qui me rendraient vulnérable, hors de contrôle, et ne pas paraître à mon meilleur. J’ai même évité des activités dans lesquelles je n’excellais pas. Pour que personne ne me considère comme médiocre. Puis vint le Shabbat.

Quand j’ai appris le concept d’être plutôt que de faire, de se déconnecter pour se connecter, j’ai dû faire face à mes profondes convictions que le monde cesserait de tourner sans mon agitation,


Débrancher pour se connecter

et que j’étais un acte humain et non un être humain.

Bref, j’étais terrifié par vingt-cinq heures de déconnexion. Comment la vie se poursuivrait ? Qui serais-je face à cela ? J’ai commencé lentement.

Je suis allé le matin du Shabbat à un service pour les apprenants dans un sous-sol de la synagogue. Ma partie préférée était le long kiddush qui était suivi des relations sociales et des déjeuners chez les gens. Avant que je m’en rende compte, la journée était presque terminée. À 15h00, alors que nous quittions la table de déjeuner remplie de nourriture, de sagesse et de connexion, je savais que, dans quelques heures à peine, je pourrais être de retour dans la course des rats, à la recherche de la pièce de fromage ultime ! Puis nous avons arrêté de prendre la voiture. Nous utilisions toujours nos téléphones et nos télévisions, nous cuisinions encore et nous faisions d’autres travaux – mais nous avons arrêté de prendre la voiture.

Cela signifiait qu’il n’y avait pas grand-chose à faire, sauf aller au parc l’après-midi, jouer aux jeux de société et aux jeux de cartes que mes enfants aimaient tant et auxquels nous ne jouions jamais pendant la semaine, et parfois même faire la sieste ensemble !

Au fil des années, nous nous sommes habitués à cette « pause qui rafraîchit », et nous avons ajouté de plus en plus de rituels à nos expériences de Shabbat. Dans le processus, j’ai découvert quelque chose de profond.

Apparemment, je ne dirige pas le monde. Apparemment, il tourne tout aussi bien tout seul sans mon agitation.

Apparemment, j’ai une richesse de sérénité et de tranquillité en moi-même à laquelle je n’avais jamais accédé. J’ai arrêté de regarder par-dessus mon épaule pour voir qui entrait par la porte. J’ai appris à être dans l’instant présent : parler à une personne comme s’il n’y avait personne d’autre au monde que lui sur qui me concentrer, chérir le silence et comprendre avec une clarté profonde que tout ce que je pensais contrôler était une illusion et que la vie n’est pas un jeu d’échecs. Sa grandeur et sa joie ne se trouvent pas dans l’illusion de gagner ou de perdre, mais dans la personne que vous êtes face à tout ce que la vie vous donne. J’étais libre comme je ne l’avais jamais été. Le Midrash sur le Cantique des Cantiques (5:2) dit : « Ouvrez pour moi une ouverture comme le chas d’une aiguille et à mon tour je l’agrandirai pour être une ouverture par laquelle les chariots peuvent passer. » Cela signifie que nous commençons le processus, et quand nous le faisons, Dieu fait le reste du travail pour nous. Parfois, c’est la peur d’être traitée d’hypocrite qui nous empêche de faire les premiers pas vers ce cadeau extraordinaire que nous continuons de rejeter. Ce n’est pas de l’hypocrisie de croire en un concept même si vous n’êtes pas capable de l’intégrer pleinement dans votre vie. C’est ce qu’on appelle l’être humain !

En cette ère de connectivité sans fin et de quasi aucune connexion, nous avons désespérément besoin du don du Shabbat. Le monde numérique nourrit nos illusions de contrôle. Ces illusions nous maintiennent emprisonnés dans notre égo et nous empêchent d’accéder à la joie absolue de la vulnérabilité. Imaginez l’esclave à qui l’on a dit : « Tu as une journée complète de congé pour te reposer, étudier, te connecter avec ta famille. » Dirait-il « Non... je ne veux rien manquer ? »

55


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs du Chabbat dans votre vie de famille

Pour vous ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur un panneau que vous placerez bien en vue. Répétez-vous cette phrase pendant quelques temps, tous les matins, avec enthousiasme. Quelques suggestions :  Le Chabbat conditionne toute ma semaine  Un repos régénérant apporte du calme à mon esprit et à mon âme  Voir le bien, dire le bien

Pour des familles avec enfants de tout âge

• Avec vos enfants, inventez vos propres rituels familiaux de Chabbat. Cette expérience approfondira leur lien avec les traditions du Chabbat. Associer leurs créations artistiques personnelles aux objets rituels familiaux leur fait honneur et motive leur implication dans la célébration du Chabbat. • Les activités manuelles suivantes conviennent plus particulièrement aux jeunes enfants. Avec les plus grands, vous pouvez faire de la poterie, de la peinture, de la céramique ou du verre par exemple pour créer des objets rituels de Chabbat.

 Fabriquez un set de table à placer sous les bougies de Chabbat : Fournissez à votre enfant ses matériaux favoris :

56

peinture, tissus, papier kraft, tampons, encre, etc… Découpez le papier à la forme que vous souhaitez et faites-leur décorer avec des dessins sur le thème de Chabbat. Quand l’œuvre est sèche, plastifiez-la pour la protéger de la cire des bougies. Placer le set sous vos bougeoirs de Chabbat pour que la cire coule dessus

 Décorez des bougeoirs de Chabbat: Récupérez les matériaux suivants : photophores en verre, bijoux fantaisie, marqueurs à peinture, colle, bougies chauffe-plat. Puis faites preuve de créativité et réalisez vos nouveaux bougeoirs en décorant les photophores. Quand la peinture et la colle auront séché, vous aurez de nouveaux bougeoirs de Chabbat personnalisés dont vos enfants seront très fiers !  Concevez vos propres verres de Kiddouch: Les enfants peuvent créer leurs propres verres de Kiddouch en utilisant du papier de soie. Utilisez des verres en plastique, du papier de soie de toutes les couleurs, une paire de ciseaux, de la colle, du ruban adhésif et un pinceau bien propre. Recouvrez de ruban adhésif le haut du verre sur 2,5cm. Aidez votre enfant à couper au déchirer le papier de soie en bandes d’environ 2,5 cm ; Une fois le papier découpé, répartissez de la colle sur la surface du verre et demandez aux enfants de disposer les morceaux de papier de soie par-dessus. Quand le verre est


Débrancher pour se connecter

recouvert, coupez les morceaux de papier qui dépassent. Quand c’est sec, décollez le ruban adhésif et vous obtiendrez un verre de Kiddouch coloré, de style vitrail • Vos enfants peuvent apprendre des chansons des offices de Chabbat et de la Table de Chabbat avec Micha Gamerman qui mettent en images ces moments communautaires et familiaux : https://bit.ly/43jbOlm, https://bit.ly/3OVt6AK • Introduire le Chabbat dans votre semaine n’est pas très compliqué. Voici quelques résolutions que vous pouvez adopter pour en faire un jour de joie pour votre famille :

Dégustez de bons repas

Pour certaines familles, cela signifie cuisiner pendant des heures et servir de nombreux mets dans de la jolie vaisselle en porcelaine, pour d’autres, ce peut être s’installer pour un pique-nique en extérieur, ramener de chez leur traiteur préféré de bons petits plats, ou de faire quelque chose de complètement original, au choix. Essayez de réfléchir à ce qu’est le repas idéal pour vous et votre famille ; et rappelezvous, « idéal » ne signifie pas nécessairement « stress » !

Célébrer le fait d’être ensemble

Certaines familles chantent et dansent autour de la Table de Chabbat, alors que d’autres en profitent pour jouer à des jeux de société ou

lire tranquillement. Songez à une manière de sanctuariser un temps spécial ensemble, en famille : qu’aimez-vous faire ensemble ? Que pouvez-vous mettre en place qui soit à la fois ludique et plein de sens pour faire du Chabbat un jour à part ?

Prenez le temps d’apprendre

Depuis toujours, le Chabbat a été le jour que le peuple juif a consacré à la prière et à l’étude. Demandez-vous comment vous pourriez passer du temps avec vos enfants à étudier ou à débattre de sujets autour du judaïsme. Pour les plus jeunes, ont-ils un album à thème juif dont ils aimeraient particulièrement parler ? Pour les plus grands, choisissez un extrait de la Paracha de la semaine sur lequel vous pourriez discuter et dont vous pourriez faire le lien avec leur actualité. Il existe de nombreux ouvrages et feuillets sur la Paracha, et nous vous recommandons particulièrement les études du Grand Rabbin Lord Jonathan Sacks et notamment ses Family Edition : https://bit.ly/43Bg6Eq. Ou encore consulter le blog UnpetitmotsurlaParacha. Pour plus d’idées sur la manière d’intégrer le Chabbat dans votre vie de famille, https://bit.ly/3NbiBrJ

Vous pouvez aussi souscrire au feuillet de Paracha hebdomadaire en vous inscrivant par courriel : parachakids@gmail.com ou par téléphone ou WhatsApp : 06.52.11.79.68

57


ANNÉE DE CROISSANCE

Pour les familles avec des petits • Pour faire découvrir à vos enfants les traditions et les valeurs du Chabbat, vous pouvez parcourir avec eux les vidéos rassemblées ici : https://www.tinokland.com/shabbat

• Faites participer vos enfants à la préparation des plats de Chabbat. Faites ensemble les Hallot : pétrir la pâte, attendre qu’elle lève, former les tresses et les déguster ; ils adorent mettre la main à la pâte et sont très fiers que leur réalisation soit consommée par toute la famille ! Il existe de très nombreuses recettes de Halla, nous vous suggérons par exemple celle du Chef Stephane Laïk qui en plus propose plusieurs tressages différents et des astuces pour réussir cet indispensable de la Table de Chabbat : https://bit.ly/3OQWyaX • Suivez également les étapes démontrées par ce duo mère-fille : https://bit.ly/3NdlY1a, suivez les conseils de Mag en Cuisine : https://bit.ly/3OXtfDJ ou encore, multipliez les formes grâce aux schémas de Piroulie : https://bit.ly/45NdQvS

• Pour les plus petits, apprenez-leur à se familiariser avec les objets et les odeurs du chabbat avec ce petit album cartonné dans lequel les enfants peuvent regarder sous le napperon pour découvrir les Hallot et sentir l’odeur du vin du Kiddouch pendant qu’ils vous aident à préparer le Chabbat : https://bit.ly/45I7g9V

• Pour les 5-6 ans, faîtes leur découvrir le monde merveilleux du Chabbat avec David

58

et Rachel dans Mes premiers pas dans Chabbat https://bit.ly/43FRsCJ ou encore, à travers l’album illustré et plastifié Racontemoi le Chabbat : https://bit.ly/45Dc7ZQ

• Quelques pistes pour faire toucher du doigt à votre famille le caractère sacré du Chabbat :  Créez un album ou un diaporama des moments spéciaux passées ensemble pendant le week-end ou pendant les préparatifs du Chabbat

 Consacrez dans votre maison un espace qui sera dédié à la réflexion et à des échanges paisibles sur ce que chacun ressent  Faites une balade familiale dans la nature et profitez-en pour que chacun exprime des choses pour lesquels il est reconnaissant

Pour les familles avec des grands

Réfléchissez aux activités qui peuvent intéresser vos préados et vos ados : • De temps en temps, prévoyez un Chabbat dans « en plein air » où vous prendrez le temps de sortir avec vos enfants, de jouer avec eux dehors et d’apprécier la beauté de la Création

• Organisez une activité familiale chaque Chabbat et donnez à tour de rôle la responsabilité à chacun des membres de la famille de choisir et d’organiser cette activité. Ca peut être un repas, un jeu de société, un concours, de la lecture à haute voix, regarder


Débrancher pour se connecter

les photos de famille, partager des récits familiaux, ou toute autre activité favorite d’un des membres de la famille.

• Préparez une playlist de musique juive que vous pourrez écouter pendant les préparatifs du Chabbat. La bande-son qui vous accompagnera plongera tout le monde dans l’ambiance de Chabbat. Demandez à vos enfants de choisir des chants qu’ils trouvent particulièrement motivants, encouragezles, s’ils jouent d’un instrument ou aiment chanter, de vous interpréter leur chanson favorite et demandez-leur de vous dire ce qu’ils apprécient dans cette chanson.

https://bit.ly/43hnF3o https://bit.ly/43IuD1o https://bit.ly/3WOm2YA https://bit.ly/43IuET0 https://bit.ly/43DA7KC

• Achetez ou fabriquez un pot que vous appellerez « le pot de la gratitude ». Trouvez lui une place dans la maison, par exemple près de l’endroit où vous allumez vos bougies de Chabbat et inviter chacun des membres de la famille à y glisser tout le long de la semaine des papiers sur lesquels ils inscrivent des compliments ou des appréciations positives sur leur vie quotidienne. Profitez d’un des repas de chabbat pour faire tourner le pot et prendre connaissance des notes qui y ont été déposées. • Organisez des petites réunions au cours desquelles, individuellement ou par groupes, on partage une histoire, une chanson, une

saynète, un sketch, un poème, un tour de magie, un enseignement. Faites de ces rencontres un moment joyeux afin que les gens apprennent à s’apprécier les autres et à mesurer la valeur de tous les cadeaux dont ils bénéficient.

• Choisissez une cause de Tsedaka pour laquelle toute la famille s’engage. Il est de coutume de mettre quelques pièces à la Tsedaka avant l’allumage des bougies de Chabbat. Vous pouvez choisir une cause à laquelle vous dédierez une boîte spéciale que vous placerez juste à côté des bougies. Vous pouvez décider en famille de privilégier de nouvelles causes toutes les quelques semaines, ce qui créera aussi un débat et permettra à chacun de défendre sa priorité…

• Planifiez un conseil de famille pour instituer un temps Chabbatique qui ait du sens. Laisser le temps à chacun d’exprimer ses suggestions. Réfléchissez ensemble à la manière de préserver une partie du temps passé en famille des impératifs du travail, des devoirs, du sport, des tâches ménagères et des écrans qui occupent tous nos week-ends. Proposez éventuellement à un de vos grands d’animer cette réunion, et le cas échéant, établissez le déroulé de la réunion avec eux au préalable… https://bit.ly/43DGn52

59


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOTRE ÉVOLUTION CONCERNANT LE CHABBAT

Reconnaissance

Qu’est-ce qui dans votre vie offre un repos rajeunissant ? De quelle façon déterminez-vous le temps nécessaire pour vous concentrer sur ce qui est bon et fonctionne bien ? Quels rituels et routines vous aident à vous concentrer sur ce qui est le plus important ? Quel est le souvenir de Shabbat que vous avez avec votre famille ?

60

Vision

Comment aimeriez-vous que le Shabbat soit chez vous ? Qu’est-ce qui vous empêche, et que pouvez-vous faire pour vous réorienter vous et votre famille vers le Shabbat, un repos rajeunissant, en vous concentrant sur ce qui est bon, et le temps pour ce qui est le plus important ?


Débrancher pour se connecter

Objectifs

Quelle est une ou plusieurs petites étapes réalistes, faciles à planifier et réalisables que vous pouvez accomplir dans votre vie quotidienne et qui vous aideront à développer votre potentiel et votre vision en termes de Shabbat ?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à vous tenir responsable de vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelle action indiquera que vous réalisez des progrès ?

61


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous allons explorer la valeur de Shabbat

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment est-ce que je regarde le monde habituellement ? Est-ce que je vois des ruptures ou des lueurs de perfection ? • Comment le Shabbat peut-il m’aider à me concentrer sur tout le bien qui existe autour de moi ?

• Comment les rituels du Shabbat peuvent-ils renforcer mes relations avec ma famille et ma communauté ? Comment puis-je apporter les cadeaux du Shabbat au monde qui m’entoure ? • Quelles sont les idées et les pratiques du Shabbat que je voudrais intégrer dans ma vie ?

Vocabulaire Significatif menuchah oneg

shmita

‫נּוחה‬ ָ ‫ְמ‬ ‫עֹנֶ ג‬ ‫ְׁש ִמ ָּטה‬

repos rajeunissant délice ou plaisir

l’année sabbatique du rajeunissement de la terre

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à prendre un petit rôle pour la diriger. Par exemple : • Planifier une activité pour accompagner la session d’étude (voir Extra ! Idées de programme)

62

• Organisation de l’événement

• Coanimer des discussions Étincelles de l’âme • Partager un souvenir de Shabbat, peut-être d’enfance

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple en aménageant l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance.

Envisagez de faire participer vos sœurs à un court exercice d’étirement ou de vous concentrer sur des respirations profondes et relaxantes. Invitez quelques femmes à partager comment


Débrancher pour se connecter

elles ont ramené à la maison les enseignements de la session précédente.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Demandez aux femmes de partager avec le groupe trois mots qu’elles associent au Shabbat. Une fois que tout le monde a partagé, réfléchissez ensemble aux thèmes, aux aspirations et aux conflits qui ont émergé. Prenez note des thèmes que vous pourrez explorer ultérieurement au cours de cette session et des thèmes que vous aimeriez aborder lors des prochaines réunions. Sinon, si vous avez plus de temps, envisagez à inviter les femmes à partager un souvenir de Shabbat ou à partager une question qu’elles ont sur Shabbat. Le fait de susciter des questions vous permet d’aborder certaines d’entre elles au cours de la session.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Se concentrer sur ce qui est important pour nous(p. 44)

Qu’est-ce qui est si important dans le repos rajeunissant ; en hébreu, la menuchah ? Le grand commentateur juif Rashi nous dit que le septième jour, Dieu a créé le repos rajeunissant. Qu’est-ce que cela signifie ? Est-ce juste l’absence de faire ? Demandez aux participantes de penser à un moment où elles ont vécu un vrai repos, et demandez à des volontaires de partager avec le groupe. Lisez ensemble l’article du rabbin Sacks sur l’importance du repos du Shabbat (p.4445), et comment il aide notre esprit humain « à respirer, à inspirer et à grandir », et trouver du temps pour les choses qui sont importantes mais pas urgentes. Donnez aux femmes le temps de remplir le tableau « Trouver le temps pour ce qui est important » (p. 46). Demandez-leur de réfléchir à ce qui est important pour elles – même si ce n’est pas urgent – en ce qui les concerne, leurs familles, leurs communautés et Israël. Demandez-leur ensuite de réfléchir à leurs activités de la semaine écoulée et de les remplir dans le quadrant approprié du tableau. Il est probable que la plupart des personnes auront rempli les cases des catégories « urgentes », mais qu’elles n’auront pas autant d’entrées dans la catégorie « importantes mais pas urgentes ». Parlez de la façon dont le Shabbat peut nous libérer de l’urgence constante afin que nous puissions trouver du temps pour les choses qui comptent beaucoup mais qui ne sont pas

63


ANNÉE DE CROISSANCE

urgentes. Donnez aux femmes un peu plus de temps pour réfléchir profondément aux questions « importantes mais non urgentes » auxquelles elles aimeraient s’occuper, et aux pratiques – y compris le Shabbat – qu’elles peuvent utiliser pour consacrer du temps à ce qui compte. Demandez-leur comment les femmes peuvent s’entraider pour être responsables de leur croissance dans la pratique de la prise en charge de ce qui est « important mais pas urgent ».

Le Front Intérieur (pages 48-49)

Les participantes seront familiarisées avec certains aspects de la chorégraphie du Shabbat, mais probablement pas tous.

Le temps passé ensemble peut être l’occasion pour les femmes de partager entre elles les expériences du Shabbat qu’elles ont découvertes dans cette chorégraphie du Shabbat, et ce qu’elles aimeraient introduire dans leur famille. Le livre, Un jour à part : Shabbat à la maison, de Noam Sachs Zion et Shawn Fields-Meyer, est l’un des nombreux ouvrages qui décortiquent cette chorégraphie pour les lecteurs contemporains. Préparez-vous à partager quelque peu sur les divers aspects du Shabbat, et engagez les participantes dans une conversation sur un moment dans lequel elles ont expérimenté l’un de ces aspects. Demandez-leur d’examiner les aspects ou les éléments qu’elles pourraient vouloir apporter dans leur propre foyer. Quelles que soient les pratiques existantes de chacune, écouter les idées de l’autre peut encourager les sœurs à explorer des moyens d’approfondir l’expérience du Shabbat au sein de leur famille. Encouragez-les à réfléchir à la façon dont elles pourraient s’entraider pour le faire.

Bénir nos enfants (p. 50)

Une belle coutume dans de nombreuses familles juives est que les parents bénissent leurs enfants le vendredi soir. Apprenez aux femmes

64

à dire la bénédiction traditionnelle. Donnezleur suffisamment de temps pour s’entraîner, jusqu’à ce qu’elles se sentent en confiance. Une belle coutume consiste à ajouter un message personnel après qu’un parent donne la bénédiction traditionnelle. Les femmes peuvent s’exercer en s’offrant à la fois les mots de la bénédiction traditionnelle et un ajout personnel. Certains parents ont l’habitude, au cours de la semaine, de rechercher et de prendre note des bons points, des actions réfléchies et des efforts de leur enfant, puis de les mentionner dans leur bénédiction personnalisée après les mots traditionnels.

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre session aujourd’hui ? » ou « Une idée ou une pratique de Shabbat que j’aimerais commencer avec ma famille est. » Invitez vos sœurs à répondre à l’invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez leur demander de s’associer avec une autre participante et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d’un partage de groupe volontaire.

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 56‒59). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à


Débrancher pour se connecter

la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session aujourd’hui (voir « Apprenez avec Votre Sœur pages 52-55). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré. Encouragez-les à continuer à partager entre elles la façon d’envisager l’intégration des idées et des pratiques de Shabbat dans leur vie.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités ci-dessous :

• Un projet artistique illustrant la Bénédiction des Enfants • Une démonstration culinaire de Shabbat • Une séance de méditation

• Une conférence d’un psychologue sur la façon de s’ouvrir à voir le bien dans le monde

65


ANNÉE DE CROISSANCE

66


Famille bienveillante Shalom Bayit, Paix et intégrité au sein du foyer – Elul


ANNÉE DE CROISSANCE

68


Famille bienveillante

ELUL

Paix et plénitude au sein du foyer

Dans quel type de foyer souhaitez-vous évoluer et vivre ? Notre tradition juive valorise le shalom bayit, la construction d’un foyer paisible et harmonieux où les relations sont un laboratoire vivant pour la croissance et la reconquête de notre plénitude. Shalom vient de la même racine hébraïque que shleimut, la plénitude, et bayit signifie le foyer ou la maison. Dans une maison remplie de personnalités contrastées et de besoins concurrents, nous nous efforçons de créer un ensemble harmonieux.

Le mois juif d’Elul est un moment d’introspection alors que nous commençons à nous préparer pour les fêtes de fin d’année, Rosh Hachana et Yom Kippour. Nous passons en revue nos actions de l’année écoulée et travaillons à nous améliorer et à améliorer nos relations. En tant que mères, nous pensons au bonheur et à la plénitude de notre foyer, et à la façon dont nous pouvons améliorer les relations entre les membres de la famille.

Il est bien connu que les relations familiales sont un travail difficile, mais elles offrent également d’énormes possibilités. Bien que le contexte de chaque relation soit différent et que certains défis relationnels soient insurmontables, de nombreuses relations familiales offrent un creuset unique pour la transformation et la croissance personnelle qui nous permet de réparer notre moi le plus profond, nos communautés et finalement le monde.

En construisant une maison paisible, nous apprenons les compétences qui améliorent profondément la vie :

• Respecter l’espace relationnel entre nous • Accepter le conflit comme un ami nous invitant à grandir

• Aiguiser la capacité de présenter des excuses et de pardonner • Apprécier le meilleur des autres • Nous sculpter en donneurs

Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Comment suis-je actuellement en relation avec les membres de ma famille ? Quelles sont les mesures pratiques que je pourrais prendre pour apporter plus de shalom dans mon foyer ?

• Pour les personnes mariées : Quel impact cela aurait-il sur ma relation avec mon conjoint de voir nos âmes comme formant une unité complète ?

• Quelles valeurs je souhaite imprégner dans mon foyer ? Que puis-je faire pour les rendre évidentes à ma famille et à quiconque franchit notre porte ?

• Ai-je grandi dans une maison de shalom ? Si oui, quelles étaient les clés de cette paix ? Sinon, quels étaient les obstacles au shalom que je ne veux pas répéter ? • Alors que je me prépare à une nouvelle année juive, quelles pratiques je veux adopter et appliquer à mes relations ?

69


ANNÉE DE CROISSANCE

LES VOIES VERS LA CONSTRUCTION D’UN FOYER PAISIBLE Entretenir l’espace entre les deux

Hedy Schleifer, psychothérapeute et coach relationnelle de renommée internationale, affirme : «L’espace entre le couple est le terrain de jeu de l’enfant.»

La relation entre les parents est en soi une troisième entité qui a besoin d’attention, comme l’attention affectueuse que chaque personne mérite. Lorsque nous cultivons notre relation avec notre conjoint et l’espace qui nous sépare, nous alimentons un système qui profite à la fois à nous et à nos enfants. La sagesse juive nous apprend à être attentifs à la présence sacrée possible dans l’espace entre deux personnes. 1

Il est enseigné que dans le Temple de Jérusalem, la voix de Dieu a été entendue « entre les deux chérubins qui couronnaient l’arche. »2 Les deux chérubins – des personnages tournés l’un vers l’autre avec des ailes déployées – représentent la notion que Dieu demeure dans un endroit où deux personnes se font vraiment face, tendant la main vers leur partenaire pour voir les espaces (et les différences) entre eux comme sacrés plutôt que blessants. Comment peut-on entretenir « l’espace entre deux » avec son conjoint ? S’appuyant sur les « Cinq langages de l’amour » développées par Gary Chapman, Hedy

Schleifer décrit les « Cinq A » qui offrent un « Langage universel de connexion » :

1. Affirmation – appréciation verbale, louange et encouragement ; remarquer et commenter avec bienveillance les actions positives, les efforts et les qualités de l’autre.

2. Attention – fixer un temps de qualité régulier pour faire quelque chose d’agréable ensemble, comme un rendez-vous galant ; être disponible ; donner une attention ininterrompue, sans division et concentrée ; partager des moments mémorables ; une intimité révélatrice. 3. Action – faire volontairement (et non par la force) des choses pour l’autre ; répondre rapidement et positivement aux requêtes (et non aux demandes) de l’autre ; actes de gentillesse faits avec une attitude d’amour (et non de peur, de culpabilité ou de ressentiment); actes qui reflètent le partenariat ; actes de service et de don.

4. Affection – contact physique doux à des moments et à des endroits appropriés ; tact, étreinte ou tapes sur le bras, l’épaule ou le dos ; frottements ou massages du dos ou des pieds ; se tenir les mains ; se tenir en pleurant ou en réconfortant ; intimité.

1 Pour en savoir plus sur le travail de Schleifer et son histoire remarquable, regardez son discours TEDx à Tel Aviv.

https://bit.ly/2vegcGU.

2 Exodus 25:22.

70


Famille bienveillante

5. Appréciation – cadeaux tangibles offerts gratuitement ; symboles visuels de prévenance et d’amour sans conditions.

Considérez comment vous évalueriez (sur une échelle de 1 à 10, 10 étant le plus stimulant) chacun des éléments de la liste A ci-dessus en ce qui concerne le degré auquel il nourrit votre sentiment de connexion. • Partagez vos « évaluations » avec les femmes de votre groupe. Vous vous rendrez probablement compte que différentes personnes ont des préférences différentes quant à ce qui les remplit d’un sentiment de connexion.

• En quoi ces nouvelles informations pourraient-elles vous aider à approfondir les liens communautaires de votre groupe ? • Invitez d’autres membres de votre famille à évaluer cette liste. Prenez le temps de partager et d’écouter ce qui donne aux membres de votre famille un sentiment de connexion.

Le Dr John Gottman, thérapeute et chercheur renommé et primé, qui a mené quarante années de recherches révolutionnaires auprès de

milliers de couples, a découvert que la présence de positivité dans l’interaction quotidienne est cruciale. Alors qu’une relation saine comprend à la fois la positivité et la négativité, sa recherche a révélé un ratio idéal de 5:1, dans lequel il y a cinq fois plus d’interactions positives entre les partenaires qu’il y en a de négatives. Ce rapport de 5:1 permet d’obtenir une relation plus stable sur la durée. Même si un certain niveau de négativité est nécessaire pour une relation stable, la positivité est ce qui nourrit l’amour. • Comment pourriez-vous intégrer davantage le message de Momentum « voir le bien, dire le bien » dans vos interactions familiales ?

71


ANNÉE DE CROISSANCE

À LA POURSUITE DE LA PLÉNITUDE Une histoire d’amour

Le rabbin Aryeh Levin (1885-1969) était connu sous le nom de Tzaddik (personne juste) de Jérusalem pour sa dévotion aux pauvres et aux malades. Il a également été appelé le « père des prisonniers » pour ses visites hebdomadaires aux membres emprisonnés de la résistance juive sous le mandat britannique. Un jour, le rabbin Aryeh a amené sa femme chez le médecin parce qu’elle avait mal au pied. Il a expliqué au médecin : « Docteur, la jambe de ma femme nous fait mal ». • Pourquoi le rabbin Levin a-t-il considéré la douleur de sa femme comme la sienne ?

• Qu’est-ce que cette histoire a à voir avec le concept juif du mariage ?

Quand le conflit peut être une invitation à grandir

Qu’est-ce que la paix/shalom peut offrir à nos relations familiales ? Tziporah Heller Gottleib explique :

La paix n’est pas ce que les gens pensent qu’elle est. Elle est trop souvent confondue avec un simple manque d’hostilité d’un côté, ou une entente totale de l’autre. Bien qu’il n’y ait absolument aucun argument en faveur de l’antagonisme manifeste, l’absence de conflit laisse un espace vide, qui n’est pas nécessairement rempli de paix. Le mot pour la paix, shalom, est lié au mot shalem, qui signifie « entier ». Une relation pacifique est une relation dans laquelle chaque personne accueille l’individualité

3 Par exemple, Zacharie 8:19

4 Par exemple, Midrash Bereshit Rabbah 5:5

72

unique de l’autre, et ensemble, ils essaient de construire quelque chose de réel. person welcomes the unique individuality of the other, and together they try to build something real. C’est dynamique, plutôt que passif. Tziporah Heller Gottleib est une éducatrice en études juives d’origine américaine, auteur et conférencière basée à Jérusalem. She elle est membre principale du corps professoral du College pour femmes Neve Yerushalayim.

• Quelle est votre approche des conflits familiaux ? Quelle place leur attribuez-vous dans l’établissement de bonnes relations ? • À quel moment avez-vous vu des exemples de conflits « où la croissance essaye de se produire »? Quand avez-vous vu le comportement déconcertant d’un membre de la famille comme un appel à l’aide ?

• Comment cette nouvelle compréhension du shalom, de la paix en tant que processus dynamique, peut-elle avoir un impact sur votre approche des relations familiales et des comportements difficiles ?

• De nombreux textes juifs juxtaposent les valeurs de vérité et de paix.3 Certains textes explorent la tension entre elles. 4Moïse et Aaron travaillaient en équipe, le premier se concentrait sur la vérité et le second sur la paix. Dans la recherche dans votre foyer, surtout en temps de conflit, où ressentezvous cette tension ? Qu’est-ce qui peut vous aider à harmoniser ces deux valeurs ?


Famille bienveillante

CRÉER LA PAIX

Les enseignements juifs considèrent notre maison et nos relations familiales comme un endroit pour le tikkun, un concept hébreu qui combine les notions de réparation, de guérison, de transformation et d’achèvement. Lorsque nous nous lançons dans l’aventure d’établir des relations familiales pacifiques et saines, cela entraîne des répercussions qui contribuent à la santé globale de nos communautés.

Avot d’Rabbi Natan 28:3

Celui qui crée la paix dans sa propre maison est considéré par toute la Torah comme s’il avait créé la paix au sein du peuple juif : sur chaque personne.

‫כל המשים שלום בתוך ביתו מעלה עליו הכתוב כאילו משים‬ .‫שלום בישראל על כל אחד ואחד‬ • Quel est l’impact de la paix dans le foyer au sein de votre communauté et dans le monde ? Quels exemples vous viennent à l’esprit ?

• Comment les normes familiales en matière de relations et de communication

influencent-elles la façon dont vos enfants interagissent avec les autres ?

• Le grand érudit juif et philosophe Maïmonide (Rambam) a enseigné que les bougies du Shabbat symbolisent et génèrent le shalom bayit. En expliquant pourquoi elles sont une telle priorité, il prétend que toute la Torah a été donnée pour faire la paix dans le monde, et que la paix commence par les relations au sein du foyer. Quels rituels familiaux vous aident à ramener la paix dans votre foyer ?

73


ANNÉE DE CROISSANCE

LES ÂMES À LA RECHERCHE DE LA PLÉNITUDE

Que pouvez-vous tirer de l’histoire de la création du premier couple dans la Torah qui peut enrichir votre vie familiale ? La création de l’homme et la femme Genèse 2:7-8, 18-24

Dieu modela l’homme de la poussière du sol, et insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Dieu planta un jardin en Eden à l’orient. Là, Dieu plaça l’homme qu’Il avait modelé... Dieu a dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » Dieu a fait sortir de terre toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel. Dieu les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait à chacun Et telle chaque espèce animée serait nommée par l’homme, tel serait son nom.

Dieu fit alors tomber l’homme dans un profond sommeil, et il s’endormit. Il prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place Avec le côté (ou la côte) qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme. L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair On l’appellera Femme (Ishah) parce qu’elle a été tirée de l’Homme (Ish). » À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

74

‫וַּיִ יצֶ ר ה’ ֱאֹלהים ֶאת ָה ָא ָדם ָעפָ ר ִמן ָה ֲא ָד ָמה וַּיִ ּפַ ח ּבְ ַאּפָ יו נ ְִׁש ַמת‬ ‫ וַּיִ ַּטע ה’ ֱאֹלהים ּגַ ן ּבְ ֵע ֶדן ִמ ֶּק ֶדם‬.‫ַחּיִ ים וַיְ ִהי ָה ָא ָדם לְ נֶפֶ ׁש ַחּיָ ה‬ ....‫וַּיָ ֶׂשם ָׁשם ֶאת ָה ָא ָדם ֲא ֶׁשר יָ צָ ר‬ ‫ֹאמר ה’ ֱאֹלהים ֹלא טֹוב ֱהיֹות ָה ָא ָדם לְבַ ּדֹו ֶא ֱע ֶׂשה ּלֹו ֵעזֶר‬ ֶ ‫וַ ּי‬ ‫וְאת ּכָ ל עֹוף‬ ֵ ‫ וַּיִ צֶ ר ה’ ֱאֹלהים ִמן ָה ֲא ָד ָמה ּכָ ל ַחּיַ ת ַה ָּׂש ֶדה‬.‫ּכְ נֶגְ ּדֹו‬ ‫לִראֹות ַמה ּיִ ְק ָרא לֹו וְ כֹל ֲא ֶׁשר יִ ְק ָרא לֹו‬ ְ ‫ַה ָּׁש ַמיִ ם וַּיָ בֵ א ֶאל ָה ָא ָדם‬ ‫ וַּיִ ְק ָרא ָה ָא ָדם ֵׁשמֹות לְכָ ל ַהּבְ ֵה ָמה‬.‫ָה ָא ָדם נֶפֶ ׁש ַחּיָ ה הּוא ְׁשמֹו‬ .‫ּולְא ָדם ֹלא ָמצָ א ֵעזֶר ּכְ נֶגְ ּדֹו‬ ָ ‫ּולְ עֹוף ַה ָּׁש ַמיִ ם ּולְ כֹל ַחּיַ ת ַה ָּׂש ֶדה‬ ‫יׁשן וַּיִ ַּקח ַא ַחת ִמּצַ לְ ע ָֹתיו‬ ָ ִ‫וַּיַ ּפֵ ל ה’ ֱאֹלהים ַּת ְר ֵּד ָמה ַעל ָה ָא ָדם וַּי‬ ‫לָקח ִמן‬ ַ ‫ וַּיִ בֶ ן ה’ ֱאֹלהים ֶאת ַהּצֵ לָע ֲא ֶׁשר‬.‫וַּיִ ְסּגֹר ּבָ ָׂשר ַּת ְח ֶּתּנָה‬ ‫ֹאמר ָה ָא ָדם זֹאת ַהּפַ ַעם ֶעצֶ ם‬ ֶ ‫ וַ ּי‬.‫לְא ָּׁשה וַיְ בִ ֶא ָה ֶאל ָה ָא ָדם‬ ִ ‫ָה ָא ָדם‬ .‫ּזֹאת‬-‫לֻק ָחה‬ ְ ‫ֵמ ֲעצָ ַמי ּובָ ָׂשר ִמּבְ ָׂש ִרי לְ זֹאת יִ ָּק ֵרא ִא ָּׁשה ּכִ י ֵמ ִאיׁש‬ ‫וְאת ִאּמֹו ָוְדבַ ק ּבְ ִא ְׁשּתֹו וְ ָהיּו לְבָ ָׂשר‬ ֶ ‫ּכֵ ן יַ ֲעזָב ִאיׁש ֶאת ָאבִ יו‬-‫ַעל‬ .‫ֶא ָחד‬ • Pourquoi pensez-vous que Dieu dit qu’il n’est pas bon pour l’homme d’être seul ?

• Pourquoi pensez-vous que la Torah nous dit que la femme et l’homme ont commencé comme un seul être humain ? Quel message sur l’union entre ‘homme et la femme cette histoire pourrait-elle nous communiquer ? • On nous dit qu’un homme « s’unit à sa femme, et ils ne forment plus qu’une seule chair ». Que pensez-vous que cela signifie ? Comment deux peuvent-ils devenir un ?


Famille bienveillante

Une Âme

Le Zohar – le livre fondateur du 13ème siècle du mysticisme juif – explore la question de savoir comment deux personnes peuvent devenir une. Cela explique que le mari et la femme sont en réalité les deux moitiés d’une même âme. Au moment du mariage, les deux demi-âmes s’unissent, devenant une âme complète. Lori Palatnik écrit :5

Avant de naître, vous êtes une seule âme, et Dieu vous divise. Vous êtes une moitié d’âme et partez dans ce monde, et votre autre moitié, votre âme sœur, parvient aussi dans ce monde. Plus tard dans la vie, il arrive un moment où on commence à chercher un conjoint. En vérité, ce que vous cherchez, c’est votre autre moitié. Le terme pour cette âme sœur ultime, la pièce manquante qui est votre autre moitié, est le zivug.

Si vous imaginez que votre âme originelle est comme un cercle, quand Dieu fait la séparation, Il ne vous divise pas exactement en deux. Imaginez une scission irrégulière, comme deux pièces d’un puzzle qui s’emboîtent. Cela signifie que les deux côtés ont des qualités que l’autre n’a pas. C’est parce que le but du mariage est, par cette union, de réaliser son potentiel. Et vous ne pouvez pas réaliser votre potentiel si vous épousez quelqu’un exactement comme vous. C’est juste plus de vous.

Vous pourriez tout aussi bien sortir et acheter un miroir. Ainsi, l’expression « les contraires s’attirent » est globalement très vraie. Les extravertis ont tendance à épouser des introvertis ; les

personnes organisées finissent souvent avec des partenaires qui sont plus libres. Les gens qui aiment le thermostat fort se marient avec ceux qui l’aiment en bas. Pourquoi ? Parce que vous êtes la moitié d’une âme qui aspire à l’achèvement. Il vous manque des qualités qui sont importantes dans la vie, et votre âme sœur aussi. Vous pouvez regarder le monde avec une certaine perspective, mais peut-être que cela ne vous mène pas très loin. Être avec une personne qui porte des « lunettes » différentes et voit les situations différemment vous donne une façon de voir la vie comme vous ne l’avez jamais vue auparavant. Et vice versa. Vous ne voulez pas seulement l’un de l’autre, vous avez besoin l’un de l’autre. Lorsque vous réfléchissez à votre relation actuelle, ou à une relation que vous aimeriez avoir à l’avenir, pensez à : • Selon vous que signifie devenir une âme complète avec une autre personne ? Comment cela influe sur votre compréhension de la vision juive du mariage ?

• Pourquoi pensez-vous qu’il est important que les moitiés de l’âme soient séparées l’une de l’autre avant le mariage ? Pourquoi cette expérience de séparation pourrait-elle être importante ? • Quelles sont les choses que vous pouvez faire pour cultiver votre relation d’âme avec votre partenaire ?

• Comment vous et votre partenaire êtesvous opposés ? Comment ces différentes caractéristiques peuvent-elles vous aider à créer un tout ensemble ?

5 Pour en savoir plus sur ce qu’il faut rechercher chez un partenaire de mariage et comment renforcer son mariage, consultez le livre de Lori Palatnik Transformer son mari en âme sœur, dont cette section est extraite.

75


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL

Visionnez une vidéo de 5 minutes sur YouTube, Vous faites partie de l’histoire, par ANU – Musée du peuple juif. • D’où venons-nous tous – d’où venons-nous, nos parents et nos grands-parents ?

• Quelle était la maison des différentes générations de votre famille ?

• Quel a été le rôle de votre grandmère dans l’histoire juive ? Comment son rôle a-t-il affecté le vôtre ? • Comment envisagez-vous votre part de l’histoire ?

• Quel rôle aimeriez-vous que jouent vos enfants dans l’histoire ?

• Que pouvez-vous vivre ensemble en tant que famille dans votre maison et au-delà qui peut les aider à trouver leur part dans l’histoire ?

76


Famille bienveillante

77


ANNÉE DE CROISSANCE

LES VOIES VERS UN RETOUR DANS UN FOYER PAISIBLE Chaque famille vivra des situations difficiles.

La tradition juive nous dit que nous avons la capacité de nous changer et de nous renouveler, nous et nos relations, grâce aux pouvoirs d’expiation et de pardon. Des excuses sincères sont un outil puissant pour rétablir la confiance et rétablir les liens.

Parfois, ce qui semble être un défi insurmontable peut devenir une opportunité de croissance, surtout quand nous rassemblons le courage de nous excuser et la sagesse de bien le faire. Comme l’a enseigné le rabbin Nachman, de Breslov, « si vous croyez qu’il est possible d’endommager, croyez qu’il est possible de réparer ». Utilisez les précieux outils juifs suivants pour aider votre famille à maintenir un foyer paisible et harmonieux, même après les inévitables souffrances et conflits : 1. Parlez-en à un ami. Bien que nous devions éviter les commérages gratuits, nous bénéficions énormément d’avoir une âme amie, un auditeur merveilleux, avec qui nous pouvons ouvrir nos cœurs, partager nos émotions difficiles, « relâcher la pression », et revenir au meilleur de nous-mêmes.

2. Offrez à votre famille la « Boîte à outils de la repentance »6- le processus en quatre étapes pour revenir et « redémarrer » :  Étape 1 – Reconnaître et arrêter l’action inappropriée. Arrêtez une action ou un schéma destructeur dans lequel vous êtes engagé. Si, par exemple, vous perdez votre sang-froid avec des membres de votre

foyer, prenez la décision de vous retenir et de vous calmer avant de répondre.

 Étape 2 – Regretter. Prenez le temps de réfléchir et de regretter votre erreur. Remarquez le coût pour les membres de la famille et pour votre relation avec eux. Remarquez le coût pour les membres de la famille et pour votre relation avec eux. Reconnaissez la douleur causée par votre comportement, par exemple, en perdant votre sang-froid. Une partie de cette étape peut consister à prendre le temps de demander à d’autres personnes de partager leur expérience avec vous. Prenez le temps d’écouter et de poser des questions de suivi avant de répondre. Il peut être incroyablement difficile d’écouter de tout cœur la douleur d’une personne, surtout si on nous accuse ou qu’on nous en fait le reproche. Vous constaterez peut-être que vous êtes à l’écoute ou que vous voulez réagir à ce qui semble injuste ou incorrect. Instead, seek to listen only for cherchez plutôt à écouter uniquement pour comprendre (à un moment ultérieur, exprimez comment vous voyez les choses différemment). Être un bon auditeur peut impliquer de fixer des limites (en particulier tolérer la méchanceté ou la grossièreté). Si vous n’êtes plus en mesure d’écouter et que vous devez continuer à un autre moment, faites-le savoir à la personne. Remerciezles d’avoir partagé ses sentiments et dites-

6 Le processus de repentance en quatre étapes a été articulé par Moïse Maïmonide, également connu sous le nom de Rambam (Espagne et Égypte, 1138-1204), un grand érudit juif, philosophe, codificateur juridique, médecin et conseiller politique. Le dernier livre du Dr Harriet Lerner, Pourquoi ne vous excuseriez-vous pas ?, sur lequel nous nous sommes inspirés pour rédiger cette section, offre une excellente lecture supplémentaire sur ce sujet.

78


Famille bienveillante

lui que vous continuerez à réfléchir à la conversation.

 Étape 3 – Verbaliser. Présenter des excuses efficaces – c’est-à-dire assumer la responsabilité de l’infraction (ou de votre rôle dans celle-ci) et exprimer des remords de manière directe, personnelle et sans ambiguïté. Offrez de dédommager les victimes et engagez-vous à ne pas recommencer. Pendant que vous préparez vos excuses, réfléchissez à ce qui fonctionnera bien avec la personne à qui vous parlez. Les gens diffèrent dans les mots qu’ils doivent entendre pour accepter des excuses sincères.  Étape 4 – Planifier. Qu’avez-vous appris ? Comment pouvez-vous être sûr que l’erreur ne se reproduira plus ? Élaborez un plan d’action pratique. Si vous savez que certains sujets sont sources de conflit entre vous et la partie lésée, parlez-en avec la personne concernée et peut-être faites un pacte pour éviter ces sujets dans l’intérêt de la paix. 3. Veuillez-vous excuser même si ce n’est pas entièrement de votre faute. Entraînez-vous à dire : « Oups, j’ai tout gâché » ou « Oh, j’ai vraiment eu tort » pour vous préparer aux moments où vous aurez vraiment besoin de les dire. Sachez que parfois vous pouvez gagner la bataille mais perdre la guerre.

Valoriser la paix sur la supériorité morale d’avoir raison est un cadeau que vous vous faites. Présenter des excuses ne signifie pas que vous avez tort et que l’autre a raison. Cela signifie que vous accordez de la valeur à votre relation et que vous assumez la responsabilité de votre part. Dans une communication distincte (qui ne fait pas partie des excuses), vous pouvez discuter de la partie du problème qui concerne l’autre personne.

4. Soyez généreux avec le pardon. En règle générale, cherchez à accepter des excuses, sans vous attendre à ce que les excuses de l’autre personne répondent à tous les critères idéaux. Il y aura des exceptions et des moments où vous voudrez expliquer pourquoi vous n’acceptez pas encore les excuses. Mais vos relations en profitent quand vous vous mettez du côté de l’acceptation des offrandes de paix, en offrant le pardon facilement et gentiment, de la façon dont vous aimeriez que quelqu’un vous réponde si vous lui demandiez le pardon. Lorsque quelqu’un présente de bonnes excuses, il est important qu’il entende en réponse : « Merci de t’être excusé. Je t’en suis reconnaissant.” Le grand érudit et philosophe juif Maïmonide écrit:7 “Lorsqu’un délinquant demande pardon, il doit faire le travail intérieur nécessaire pour demander le pardon avec un esprit sincère et de bonne volonté... le pardon est inné à la mission du peuple d’Israël.”

7 Mishneh Torah, Lois de la repentance 2:10.

79


ANNÉE DE CROISSANCE

AIDER LES ENFANTS À S’EXCUSER SINCÈREMENT

1. Modélisez le comportement que vous voulez que votre enfant adopte. Laissez vos enfants vous entendre présenter des excuses efficaces, à eux et aux autres. Laissons les moments où nous ratons la cible, tandis que les parents deviennent des opportunités d’apprentissage en s’inspirant de la « boîte à outils de la repentance » (voir pages 78-79).

2. Choisissez votre timing. Le moment de demander à un enfant de dire « désolé » n’est pas dans le feu de l’action, quand vous ou lui êtes bouleversé ou embarrassé. Des excuses de pure forme, prononcées à contrecœur, ne permettent pas à l’enfant d’apprendre et à vous d’établir des modèles sains. Réfléchissez sur ce que vous pouvez dire dans le feu de l’action pour communiquer qu’il y a un problème dont vous devrez discuter lorsque les choses seront plus calmes. 3. Faites de la place pour les sentiments et posez des questions. Demandez à votre enfant ce qu’il ressent. Écoutez. Demandez à votre enfant ce qu’il pense que l’autre personne a ressenti. Écoutez. Comment créer un espace dans lequel votre enfant peut réfléchir à ce qu’il a fait, et peut-être admettre l’erreur plutôt que de se le faire dire ? 4. Offrez des conseils sur ce qui est inclus dans des excuses sincères. Suivre le format

80

de la boîte à outils de la repentance est utile pour les enfants : «Nom (à qui s’adresse l’enfant ; dire le nom établit un lien, ce qui souvent n’est pas facile), ce que j’ai fait...(brève description) était mal parce que...(raison). A l’avenir, je...(prévoir un comportement adapté dans une situation similaire). »

5. Distinguer entre la culpabilité et la honte. Une culpabilité saine, c’est le sentiment que nous éprouvons lorsque notre comportement était injuste et irresponsable, lorsqu’il violait nos valeurs. Ce type de culpabilité peut nous inciter à nous excuser de manière appropriée et à faire amende honorable lorsque nous manquons notre cible. Il peut être productif de se sentir coupable, alors se précipiter pour dire à un fauteur : « Ce n’était pas si mal » peut ne pas être utile. La culpabilité peut invoquer faire mieux. Ce qui n’est pas utile, c’est la honte, qui consiste à être. La honte est le sentiment d’être imparfait ou indigne. Nos sages comparaient l’humiliation d’une personne à un meurtre. Dans votre discours intérieur et en parlant avec les autres, faites une distinction claire entre la culpabilité et la honte, et veillez avec vigilance à ne pas faire honte. Tous les individus, et nos enfants en particulier, sont plus enclins à présenter des excuses à partir d’une estime de soi, car s’excuser implique de regarder franchement


Famille bienveillante

ses propres actions néfastes et d’en devenir responsable. La honte entrave notre motivation et notre capacité à le faire.

6. Lorsque votre enfant s’excuse, dites « Merci de t’être excusé » et arrêtez-vous là. Gardez les conseils et commentaires supplémentaires pour une autre fois. Faites en sorte que les excuses soient reconnues et reçues afin que votre enfant puisse connaître le « succès ». Cela les rendra plus enclins à présenter des excuses à l’avenir. Les commentaires supplémentaires qui soulignent ce qu’ils ont fait de mal, ou comment ils peuvent s’excuser différemment, sont préférables pour une autre fois.

Exercice de Rédaction

Prenez 5 à 10 minutes pour réfléchir aux phrases suivantes et écrivez en silence, permettant à vos pensées de circuler librement, sans être éditées. Lorsque vous avez fini d’écrire, mettez-vous à deux et partagez avec votre sœur certaines des questions et des idées qui ont surgi pour vous lors de cet exercice. À tour de rôle, écoutez-vous l’une l’autre sans prodiguer de conseils. • Qu’est-ce que je fais bien en termes d’excuses et de pardon ?

Qu’est-ce que j’aimerais pratiquer dans la semaine à venir ?

• Quel est le conseil que j’aimerais me donner pour ces moments où le shalom bayit, à savoir construire un foyer paisible, est un défi ?

• Prenez le temps de réfléchir à l’apprentissage en répondant aux questions du tableau des pages 90-91.

81


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR La philosophie juive de l’amour

Comme vous vous en souvenez peut-être lors du voyage Momentum, le mot hébreu pour l’amour, ahavah, vient de la racine du mot hébreu hav, donner. Donner conduit à l’amour. Notre expérience en tant que parents le confirme : Nos enfants sont nés impuissants, ce qui nous amène à donner plus que ce que nous pensions possible, sans rien attendre en retour – et nous les aimons plus que la vie elle-même !

Dans l’extrait suivant, le rabbin Eliyahu Dessler explique l’importance de devenir un donateur, et comment apporter plus d’amour dans votre vie. Le rabbin Eliyahu Dessler (1892-1953) était un érudit talmudique et un philosophe juif, plus connu pour être le « conseiller spirituel » de la Yeshiva Ponevezh en Israël. Des recueils de ses écrits ont été publiés à titre posthume par ses élèves.

Rabbi Eliyahu Dessler, Michtav me’Eliyahu8

Lorsque le Tout-Puissant créa les êtres humains, Dieu les rendit capables de donner et de prendre. La faculté de donner est un pouvoir sublime ; c’est l’un des attributs du Bienheureux Créateur de Toutes Choses. Dieu est le Donneur par excellence ; la miséricorde, la générosité et la bonté de Dieu s’étendent à toutes les créatures de Dieu. Le don de Dieu est un don pur, car Dieu ne prend rien en retour. C’est ainsi que les gens étaient

créés, comme il est écrit, « Dieu a créé l’homme à l’image de Dieu » – capable d’être miséricordieux, gentil et généreux.

Il n’y a personne au monde sans une étincelle de la faculté de donner. Nous pouvons le voir chez une personne solitaire, dont la joie n’est pas complète, et qui aspire au lien social. Ce désir est l’étincelle du don. Nous arrivons ici à une question intéressante. Nous voyons que l’amour et le don vont toujours de pair. Le don est-il une conséquence de l’amour, ou l’inverse peut être vrai : L’amour est-il le résultat du don ? Nous pensons généralement que c’est l’amour qui provoque le don, parce que nous observons qu’une personne comble de cadeaux et de faveurs la personne qu’elle aime. Mais il y a un autre aspect à cette question. Donner peut susciter l’amour pour la même raison que les gens aiment ce qu’ils ont eux-mêmes créé ou nourri : Ils y reconnaissent une partie d’eux-mêmes. Qu’il s’agisse d’un enfant qu’ils ont mis au monde, d’un animal qu’ils ont élevé, d’une plante qu’ils ont entretenue, ou même d’une chose qu’ils ont faite ou d’une maison qu’ils ont bâtie – les gens sont liés par l’amour du travail de leurs mains, car ils se retrouvent en lui. On m’a montré une source dans les paroles de nos rabbins qui pourrait indiquer qu’ils avaient pour opinion ce que nous venons d’exprimer : que l’amour va dans le sens du don. On dit dans

8 Adapté de Chercher la vérité, la traduction anglaise de ce classique de Mussar.

82


Famille bienveillante

le traité Derech Eretz Zuta : « Si vous voulez rester proche de l’amour de votre ami, faites en sorte de rechercher son bien-être. »

Un article intitulé « L’effet IKEA : Quand le travail mène à l’amour »9 rend compte de recherches remarquablement cohérentes avec l’enseignement du rabbin Dessler. La recherche montre que les consommateurs « ressentent de la loyauté et de l’amour envers les objets qu’ils contribuent avec succès à créer ». Le rabbin Dessler et l’effet IKEA suggèrent tous deux que les gens accordent une valeur disproportionnée élevée aux personnes et aux choses auxquelles ils accordent du temps et de l’attention. • En supposant que les membres de la famille accordent plus de valeur aux rituels et aux routines qu’ils aident à créer ou à façonner, en quoi cette idée pourrait-elle être utile à votre parentalité et à votre vie familiale ?

• Avez-vous vécu une expérience dans votre propre vie où donner a conduit à de l’amour ?

• Quelle est la relation que vous aimeriez améliorer en donnant ?

• Comment pouvez-vous encourager vos enfants à devenir donneurs ?

9 Michael I. Norton, Daniel Mochon et Dan Ariely,« L’effet IKEA : Quand le travail mène à l’amour », Journalde la psychologie du consommateur 22:3 (juillet 2012) : 453–460.

83


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Un exercice de relations de Chaya Lester10

Nous considérons généralement la relation comme un déplacement de la séparation à l’union. Les écarts entre nous sont perçus comme un problème irritant. Mais la vision kabbalistique juive est à l’opposé. Le cerveau kabbalistique du 16ème siècle, connu sous le nom d’Arizal, révèle un modèle de mariage basé sur la création d’hommes tel que décrit dans les deux premiers chapitres du livre de la Genèse. Dans le premier chapitre, Dieu crée l’homme à la fois masculin et féminin, fusionné ensemble, debout dos à dos, comme une seule entité. Dans le deuxième chapitre, l’être humain est endormi pour « la chirurgie » de faire sortir la femme des os mêmes de l’homme.11 L’Arizal explique avec élégance que Dieu nous enseigne que l’amour est un processus en plusieurs phases. Nous avons commencé par fusionner, et notre tâche est de nous séparer, de nous retourner pour nous faire face et nous reconnecter.

La lecture kabbalistique révèle l’arc d’un mouvement qui passe d’une relation dos à dos à une relation face à face. Dans l’état dos à dos, nous sommes une entité – un humain, tissé ensemble par la colonne vertébrale, faisant face à des directions opposées.

Dans cet état, nous pouvons très bien « se soutenir l’un de l’autre »... mais nous n’avons pas une véritable intimité, parce que lorsque nous sommes tissés par le dos, nous faisons face à des directions opposées, absolument

incapables de voir qui est vraiment notre partenaire. L’objectif kabbaliste est de se détacher et de se tourner vers qui est réellement notre partenaire. Dans ce processus de désenchevêtrement, nous sommes en mesure d’embrasser notre propre sens de l’amour de soi et de l’attention. Nous apprenons qu’après tout, nous n’avons pas désespérément besoin de nos partenaires pour nous aimer et nous nourrir.

Dans le face-à-face, nous cultivons un sentiment de curiosité et d’intérêt pour l’âme unique qui se tient devant nous. Cette culture de curiosité engendre naturellement l’amour, une attirance pour l’autre et une capacité plus profonde à connaître et à prendre soin de la personne à laquelle nous faisons face.

Du « Devoir » à l’ « Épaulement »

L’une des alertes les plus flagrantes nous indiquant que nous nous trouvons dans un enchevêtrement malsain est lorsque nous nous retrouvons dans le « Devoir » partout avec nos partenaires.

Peut-être que ces « Devoir » vous semblent familiers : « Il devrait me complimenter/ respecter/prendre soin de moi/m’écouter. » Ces liens nous laissent inévitablement aigris, insatisfaits et souvent embourbés dans des conflits. Lorsque nous sommes en « Devoir » visà-vis de notre partenaire, nous perdons contact avec nous-mêmes.

10 Chaya Lester et son mari, le rabbin Hillel, dirigent le Centre Shalev à Jérusalem, qui synthétise le meilleur de la sagesse juive et de la croissance personnelle. Ils offrent une psychothérapie pour les individuels et les couples, et offrent un puissant atelier de couple via Skype ou à Jérusalem. 11 Le mot hébreu, tzela, souvent traduit dans l’histoire de la Création comme « côte », est également le mot hébreu pour « côté ». Dans la vision kabbalistique, la chirurgie ne consiste pas à retirer une côte à l’homme pour créer la femme, mais plutôt de séparer les deux côtés dos à dos de l’archétype humain.

84


Famille bienveillante

Voici un exercice rapide de désolidarisation qui vous aidera à passer d’un lieu d’enchevêtrement dos à dos à un lieu de rencontre face à face.

Étape 1 – Sortez un morceau de papier et notez toutes les actes de « Devoir » contre votre partenaire. Cette liste doit être complète. Laissez les « Devoir » se répandre. Étape 2 – Remontez aux racines. Ensuite, nous décidons de mettre ces « Devoir » à bon usage, car chaque « Devoir » jaillit d’un SENTIMENT crucial pour la conscience de soi. Prenez un stylo rouge et écrivez à côté du « Devoir » les sentiments les plus profonds qui l’ont déclenché. Par exemple, « Mon partenaire devrait me complimenter davantage » révèle les sentiments fondamentaux de : « Je me sens gênée quant à mon apparence. Je veux qu’il me fasse me sentir mieux. » Au lieu de projeter vos frustrations sur votre partenaire et de s’attendre à ce qu’il les répare, prenez le temps de creuser en vous-même et de découvrir la vérité intérieure cruciale qui génère le « Devoir ». Autre exemple : « Mon partenaire devrait passer plus de temps avec les enfants » révèle : « Je me sens dépassée et je veux que mon mari me soulage de mon stress parental. » Étape 3 – Libérez votre partenaire. C’est là que nous nous éloignons de l’état d’adossement. Lorsque nous cessons les coercitions, et les projections d’être dos à dos, nous permettons à notre partenaire d’être simplement lui-même.

Avec votre feuille marquée rouge et un nouveau sens de conscience de soi, reformulez maintenant chaque « Devoir » avec une formulede de libération. Au lieu de, « Il devrait X », insérer, « Il n’est pas responsable de X. », « Mon partenaire n’est pas responsable de me complimenter. » Ajoutez la partie du ressenti : «

Il n’est pas responsable de m’éviter de me sentir gênée et d’avoir honte de mon apparence. » Ou encore : « Mon partenaire n’est pas responsable de passer plus de temps avec les enfants pour me faire sentir moins submergée » Étape 4 – Prenez vos responsabilités. Ensuite, écrivez cette formule de prise de responsabilité. Au lieu de, « Il devrait X », insérez, « Je devrais X ». Posséder ce « Devoir » autrefois onéreux. Après tout, c’est le vôtre. « Je devrais me complimenter et ne pas être mal à l’aise de mon apparence. » Ou encore : « Je devrais passer plus de temps avec les enfants. Je devrais me sentir moins inquiète au sujet de mes responsabilités parentales. »

Étape 5 – Face à face. Partagez avec votre partenaire. Engagez-vous à vous asseoir face à face et à partager tout ce que vous avez écrit Parlez avec l’intention non pas de vous contraindre ou de blâmer, mais de partager qui vous êtes et ce qui se passe en vous. Partagez avec un air d’ouverture et de vulnérabilité. Après avoir partagé, demandez avec un sentiment de curiosité qu’apporte ce processus apporte à votre partenaire. Cet acte de voir et d’être vu est la clé de l’intimité face à face. Le prix paradoxal est que dès que nous arrêtons d’imposer, nous récoltons les récompenses que nous essayions de recevoir. Lorsque nous déchargeons la responsabilité de leurs épaules sur nous-mêmes, alors nos partenaires sont tous trop impatients de nous aider à l’assumer. Ainsi la formule magique kabbalistique pour obtenir tout ce que vous voulez dans votre relation : Renoncez à l’obtenir de quelqu’un d’autre, et allez le donner à vous-même. Votre partenaire suivra le plus souvent avec empressement. Et si ce n’est pas le cas, eh bien, vous êtes déjà déterminé à vous l’apporter vous-même.

85


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Pleins feux sur Momentum avec Sœur Jacqueline Volin

Après que Jacqueline Volin ait divorcé de son mari depuis dix ans, elle s’est retrouvée perdue et malheureuse. Dans sa quête de réponses, Jacqueline s’est rendue en Israël avec un voyage de Momentum au Mexique, au cours duquel elle a découvert les points de vue juifs sur l’amour et le mariage. Jacqueline a appris l’importance de montrer son appréciation pour son conjoint et de donner la priorité à la prise, et elle était déterminée à incorporer ces valeurs juives dans sa vie. Elle rêvait de le faire avec son ex-mari.

Jacqueline partageait ses sentiments avec son ex-mari, mais il était toujours blessé par leur divorce et ne voulait pas se remettre ensemble. Jacqueline a essayé de passer à autre chose, mais elle a continué à s’excuser pour ses erreurs et à lui rappeler les bons moments qu’ils avaient partagés ensemble. Un jour, son ex-mari a admis que lui aussi voulait se remettre ensemble. Le couple a passé une journée à ressasser leur ancienne relation et a décidé qu’il était temps de passer à autre chose et de recommencer à zéro. Après sept ans de séparation, ils se sont mariés sous une chuppah avec une ketubah (contrat de mariage juif). « Lors de notre premier mariage, je croyais à l’amour et à la liberté. Mais maintenant, je comprends l’importance de l’engagement. Je me sens tellement reconnaissante que notre mariage soit rempli de valeurs juives. »

86

Les conseils de Jacqueline pour créer des mariages heureux 1. Prêtez attention aux petites choses

Lorsque les couples divorcent, c’est souvent parce que beaucoup de petits problèmes s’accumulent. Par exemple, les couples ne font pas attention quand l’autre parle, ou ils se parlent grossièrement. Selon le rabbin Arturo Kanner, ces « petites choses » sont comme de fines portes de cristal qui se tiennent entre les époux et créent des séparations sur des kilomètres. Aujourd’hui, j’essaie de ne pas négliger les petites choses dans notre relation, et je m’assure de prêter attention à mon mari et de manifester de l’intérêt pour ce qu’il pense.

2. Saluez votre partenaire à la fin de chaque journée

Lori Palatnik explique à quel point il est important de donner la priorité à son conjoint. Tout le monde aime être chaleureusement accueilli. J’en ai fait une partie de ma vie en courant à la porte quand mon mari rentre à la maison et en l’embrassant chaleureusement. J’ai découvert que ce simple acte a transformé nos nuits en nous rapprochant l’un vers l’autre.


Famille bienveillante

3. Écoutez le point de vue de votre conjoint

Dans toutes les relations, des désaccords surviennent. Mais une communication saine est essentielle pour s’assurer que les désaccords ne s’aggravent. Au lieu de m’énerver lorsque mon mari dit quelque chose avec lequel je ne suis pas d’accord, je m’assure de l’écouter pleinement et de valider son point de vue en disant , « Je comprends ton point de vue. » Ce n’est qu’alors que je partage mon propre point de vue. Je suis aussi beaucoup plus rapide à m’excuser maintenant. Le judaïsme nous apprend à nous concentrer sur le don à nos partenaires au lieu de penser à ce que nous pouvons obtenir d’eux. Le fait de dire « Je suis désolé » est un élément important de ce processus.

4. Exprimez sa gratitude

Mon mari fait tellement pour moi et notre enfant, et chaque jour, je fais de mon mieux pour le reconnaître à l’interne et le remercier. Lorsque je me connecte avec ma gratitude à l’intérieur, je sais que mes remerciements viendront du cœur – qu’ils soient pour les grandes choses ou pour les petites choses. Il est important de faire en sorte que nos conjoints se sentent admirés et honorés, et exprimer sa gratitude est une merveilleuse façon de le faire.

87


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER FAMILLE BIENVEILLANTE

Conseils pratiques et idées pour les familles

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur un panneau que vous placerez bien en vue. Répétez-vous cette phrase pendant quelques temps, tous les matins, avec enthousiasme. Quelques suggestions :  Je recherche la paix et la plénitude

 Je m’excuse et je pardonne facilement  D.ieu établit Sa résidence dans notre foyer ; je fais tout pour L’accueillir

• Essayez de trouver un rituel qui contribue à apporter du Chalom Bayit dans votre foyer. Ca peut être, par exemple, décider d’allumer les bougies de Chabbat. Faites en sorte de finir votre travail de la semaine, et autant que possible, de laisser de côté ce qui n’est pas encore résolu. Essayez de vous détendre et de vous connecter à vous-même, de laisser la place à l’expression de votre âme qui vous aidera à cultiver la paix dans votre foyer.

Pour les familles avec des enfants de tout âge

• Passez du temps avec chacun des membres de votre famille Consacrer à chacun son attention à 100% pour une relation de qualité pendant 10 minutes tous les jours (ou au

88

m o l a Ch t ba yi moins plusieurs fois dans la semaine) est un excellent antidote contre le stress. C’est un temps qui permet de créer le lien et de laisser chacun exprimer des sentiments qui, autrement, pourraient sortir de manière plus agressive ou inappropriée. Éteignez vos téléphones. Dites à votre enfant : « C’est notre moment spécial pour parler/jouer ». Essayez de rire, de le titiller, de faire des blagues, même de jouer à la bagarre avec lui. Sur les bénéfices insoupçonnés qu’apporte le fait de jouer avec ses enfants, lisez cet article qui nous donne des idées, même si ce n’est pas trop votre « truc » : https://bit.ly/43k9ACd/

• Placez une « boite à portables » sur votre plan travail dans la cuisine ou dans la salle à manger. Si vous voulez favoriser des échanges sereins entre tous, faites en sorte qu’aucun téléphone portable ne soit allumé ou du moins, à proximité, quand on est à table. Et celui qui transgresse cette règle devra faire la vaisselle ! • Mettez-vous d’accord sur une devise familiale qui contiendrait l’essence de ce qui fait votre famille. Si quelqu’un sort du cadre de ces valeurs familiales, vous pouvez juste rappeler cette devise au lieu de rentrer en conflit ou de faire des remarques incessantes. • Ne vous gênez pas les uns les autres. On peut définir ce qui nous dérange (par exemple, chanter dans voiture pendant les trajets) et essayez de respecter les limites


Famille bienveillante

de l’autre même si elles sont arbitraires. C’est une grande Mitsva et aussi, une clé importante pour le Chalom dans la maison.

• Apprenez les paroles de la prière pour la Paix, Ossé Chalom, et chantez-la ensemble. Voici une version de cet hymne à la Paix interprété par sa compositrice, Nourit Hirsch : https://bit.ly/3ITC79H Et voici une version Karaoké : https://bit.ly/3JiLSyz

Pour les familles avec des petits

• Réfléchissez à la problématique de la jalousie dans la fratrie. Vous pouvez écouter la conférence de Rav Elie Lemmel sur le sujet: https://bit.ly/45Iu0qe

• Quand des petits jouent ensemble, il arrive qu’ils se disputent pour un jeu ou un objet qui appartient à l’un d’entre eux et qu’il ne veut pas partager. Vous pouvez leur proposer de mettre ces objets de côté dans une boîte dédiée. Cela aidera vos enfants à anticiper les situations conflictuelles et à ainsi faire en sorte de les éviter. • Vous pouvez apprendre à vos enfants, depuis tout petit, cette devise : « Tu es mon invité, c’est toi qui choisis ». Ce principe permet de ne pas se retrouver dans des bagarres sur le choix du jeu ou de l’activité pratiquée ensemble. Apprenez à vos enfants que lorsqu’on a des invités, on les laisse choisir. Et c’est aussi une belle manière de leur faire passer à la fois les valeurs de Ha’hnassat Or’him (recevoir des invités) et Chalom Bayit. • Une autre devise que vous pouvez inculquer à vos enfants : « Autre maison, autres

règles ». Une phrase très utile dont vos enfants pourraient se servir dans le cas où leurs invités les entraineraient à faire quelque chose ou à manger un aliment qui est interdit dans votre maison. Ça leur apprend à ne pas juger les autres tout en assumant l’idée que tout le monde est différent et qu’eux aussi le sont !

• Vous pouvez acheter des verres de petite taille adaptés à leur âge et leur demander de vous apporter des boissons. Donner aux enfants l’occasion de vous servir ou de vous chouchouter crée une atmosphère paisible et empreinte de respect et de reconnaissance dans la famille.

Pour les familles avec des grands

• Le respect de la vie privée est la condition de la paix dans la famille. Et ça va dans les deux sens. Habituez vos enfants à frapper à la porte de votre chambre et à attendre votre invitation pour y entrer. Et faites de même pour eux.

• Les enfants de plus de dix ans peuvent apprendre à préparer des plats simples pour qu’ils puissent se faire quelque chose s’ils n’apprécient pas ce qui a été préparé pour tout le monde. Ça peut éviter les disputes autour du repas… • Aidez vos enfants à s’habituer à ne pas interrompre leurs parents quand ils parlent, sont au téléphone ou en train de travailler. Vous pouvez mettre à disposition des post-it sur lesquels ils peuvent écrire ce qu’ils ont à vous dire d’urgent pendant que vous êtes occupés sans vous interrompre !

89


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LE SHALOM BAYIT, POUR LA CONSTRUCTION D’UN FOYER PAISIBLE Reconnaissance

Dans quelle mesure construisez-vous le shalom bayit ? Quels exemples de votre vie vous viennent à l’esprit ? Quelles ont été vos victoires et vos défis ? Dans quelle mesure revenez-vous à la paix en cas de conflit ?

90

Vision

Quelle est votre vision d’un foyer paisible ? Qu’est-ce qui, le cas échéant, empêche de créer cela ?


Famille bienveillante

Objectifs

Quelle est une petite étape concrète vers un foyer paisible que vous pouvez faire dans votre vie quotidienne ? Faites-en quelque chose de réaliste, facile à planifier et qui vous aidera à évoluer vers votre vision de la construction du shalom bayit.

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour savoir si vous progressez ?

91


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur du shalom bayit, la construction d’un foyer paisible

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment suis-je actuellement en relation avec les membres de ma famille ? Quelles sont les mesures pratiques que je pourrais prendre pour apporter plus de shalom dans mon foyer ? • Pour les personnes mariées : Quel impact cela aurait-il sur ma relation avec mon conjoint de voir nos âmes comme formant une unité complète ?

• Quelles valeurs je souhaite imprégner dans mon foyer ? Que puis-je faire pour les rendre évidentes à ma famille et quiconque franchit notre porte ?

• Ai-je grandi dans une maison de shalom ? Si oui, quelles étaient les clés de cette paix ? Sinon, quels étaient les obstacles au shalom que je ne veux pas répéter ? • Alors que je me prépare à une nouvelle année juive, quelles pratiques je veux adopter et appliquer à mes relations ?

Vocabulaire Significatif shalom bayit shleimut tikkun

92

‫ְׁשלֹום‬ ‫ַּביִ ת‬ ‫ְׁשלֵ מּות‬ ‫ִּתּקּון‬

cultiver une maison paisible plénitude

une combinaison de réparation, guérison, transformation et achèvement

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à prendre un petit rôle pour la diriger. Par exemple :

• Planifier une activité de lancement ou un supplément pour la session (voir Extra ! Idées de programme) • Organisation de l’événement

• Coanimer l’apprentissage sur l’un des sujets • Partager comment elles ont ramené à la maison les leçons de votre dernière réunion

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Rappelez-vous : You know what will best engage Vous savez ce qui mobilisera le mieuxvos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple, en montrant un shofar, qui est


Famille bienveillante

soufflé pour réveiller nos âmes les jours de semaine pendant le mois hébreu d’Elul après les offices du matin. Disposer l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez de faire participer vos sœurs à un court exercice d’étirement, ou à une visualisation guidée de détente dans un bel endroit dans la nature et de

voir une femme sage qui offre un message privé sur la façon d’apporter plus de plénitude à sa maison et à sa famille. Accordez aux femmes un moment pour noter le message qu’elles reçoivent.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Présentez aux femmes le mois juif d’Elul, le prologue du mois des

Grandes Fêtes de Rosh Hachana et de Yom Kippour. Ce mois-ci est l’occasion pour nous d’examiner nos modèles, nos relations et ce que nous avons accompli au cours de l’année écoulée ; de prendre conscience de ce que nous devons

réparer ; et d’envisager la croissance pour la nouvelle année. Introduisez le terme du shalom bayit. Demandez aux femmes de partager un moment où elles ont ressenti un sentiment de shalom bayit. dans leur propre foyer ou dans la maison de quelqu’un d’autre. Quels sont certains des éléments qui ont donné à la maison un sentiment de paix ?

Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Nourrir l’espace entre les deux (pages 70–71)

Comment pouvons-nous mieux entretenir nos relations avec nos partenaires ? Hedy Schleiferm psychothérapeute et coach relationnelle de renommée internationale, enseigne que la première étape consiste à prendre conscience

93


ANNÉE DE CROISSANCE

de « l’espace relationnel » entre deux personnes. Chaque individu est dans son propre monde, et entre eux se trouve l’espace où vit leur relation. Shalom bayit se trouve dans cet espace. En groupe, regardez la conférence TEDx de Schleifer et discutez des pièces qui ont le plus d’écho : https://bit.ly/3aPatJe. Décomposez les cinq A et découvrez les préférences de connexion de chaque participante, un exercice qui peut aider à bâtir une communauté et aider les femmes à rapporter cet outil à la maison pour favoriser de meilleurs liens familiaux.

À la poursuite de la plénitude

Utilisez l’histoire du rabbin Aryeh Levin et de sa femme (p. 72), et celle de Tziporah Heller Gottlieb, sur la même page, pour donner aux participantes l’occasion de démêler le concept de shalom comme un tout. Vous pouvez vous référer à la création de l’humanité (p. 74), et à l’enseignement d’« une âme » de Lori Palatnik (p. 75). Associez les femmes et utilisez les questions d’orientation des pages 73 à 75 pour faciliter une conversation sur la façon dont ces idées peuvent affecter leur comportement et leur foyer.

Pleins feux sur Israël

Regardez les deux vidéos ensemble (pp. 76-77), puis discuter des questions après chacune. Comment les deux vidéos sont-elles liées ? Que pouvons-nous apprendre de chacun et comment pouvons-nous partager ces leçons avec nos familles ?

94

Les voies du retour à un foyer paisible (pages 78–79)

Selon votre connaissance de votre groupe, si les femmes veulent creuser dans l’œuvre d’Elul et le processus juif de repentance, vous pouvez les inviter à considérer chacune un comportement relationnel qu’elles ont et veulent changer. Prévoyez de donner un exemple personnel, un exemple qui est mûrement réfléchi et auquel les femmes peuvent s’identifier. Suivez les étapes décrites sur les pages, au fur et à mesure que vous expliquez et modélisez avec votre exemple. Associez ensuite chaque femme à une personne en qui elle a confiance et qui lui est proche. Guidez les participantes à écouter sans leur donner de conseils pendant que leur partenaire explore le comportement qu’elle cherche à changer à travers le prisme de la boîte à outils de la repentance. Avoir du papier journal disponible. Faites savoir aux femmes que ce travail est un processus et qu’il n’est pas souvent résolu en une seule séance. Terminez en invitant les femmes à partager avec l’ensemble du groupe quelque chose qu’elles retirent de l’expérience et qu’elles pourraient réutiliser.

6. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion : Envisagez d’inviter chaque femme à tenir le shofar pendant qu’elle


Famille bienveillante

partage : « Je choisis de me réveiller pour... » ou « Une façon d’apporter le shalom chez moi cette semaine est... » ou « Une chose que j’ai l’intention d’apporter à ma famille à partir de l’apprentissage d’aujourd’hui est... » Invitez vos sœurs à répondre à l’invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez leur demander de s’associer avec une autre participante et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d’un partage de groupe volontaire.

Dirigez l’attention des femmes vers le « Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles (pages 88‒89). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session aujourd’hui (voir « Apprenez avec votre sœur pages 86-87). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré. Encouragez-les à continuer à partager entre elles la façon d’envisager l’intégration des idées et des pratiques du shalom bayit dans leur vie.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités suivantes :

Créer un atelier « Nuit de rendez-vous significative » en accueillant un expert en relations qui peut parler de la création de la paix dans le cadre des défis du mariage. Dans le même ordre d’idées, accueillez un expert en matière d’éducation qui pourra vous parler des préoccupations des femmes à propos de l’éducation des enfants dans la société d’aujourd’hui.

Diriger un programme pratique sur les services de High Holiday, en expliquant les différentes composantes et en discutant avec les femmes de la meilleure façon de marquer ce moment spécial.

Jouez à un jeu rapide qui sensibilise les gens à se concentrer sur les petits changements positifs que les autres font. Demander à chaque femme de choisir une partenaire. Dites-leur ensuite de tourner le dos à leur partenaire et de modifier légèrement leur apparence (par exemple, détacher un lacet, remonter une manche, retirer les boucles d’oreilles). Demandez aux partenaires de se confronter et d’essayer d’identifier le changement effectué.

Débriefez en explorant des idées sur la facilité avec laquelle il est facile d’ignorer les changements effectués par une autre personne et sur la fréquence à laquelle le changement se produit progressivement.

95


ANNÉE DE CROISSANCE

96


L’éveil de votre âme Emunah, Fidélité et confiance – Roch Hachana


ANNÉE DE CROISSANCE

98


L’éveil devotre âme

ROCH HACHANA Fidélité et Confiance

Y a-t-il eu un moment de votre voyage Momentum (lorsque vous avez regardé Massada ou le Lac de Tibériade, vous êtes tenue devant le Mur des Lamentations, vous avez rencontré des Israéliens qui consacrent leur vie à autrui, ou vous avez contemplé la création de l’État moderne d’Israël) où vous avez vécu un moment d’émerveillement ? La Emunah est l’art d’ouvrir nos yeux sur de tels moments d’éveil de l’âme, d’émerveillement et de transcendance, qui se perdent souvent dans le flou et l’agitation de notre vie quotidienne. Il s’agit d’une pratique délibérée de trouver des moments detranscendance, puis d’agir sur eux pour vivre une vie qui est fidèle à l’essence de ce que nous sommes, à notre appel le plus profond, à Dieu. Lorsque nous pratiquons la fidélité, tout ce que nous faisons a une vibration différente. Nous expérimentons la emunah comme une ancre, confiants que Dieu est avec nous (et en nous) – contre vents et marées. Nous prenons des décisions courageuses, parce que nous avons confiance que la droiture et la justice triompheront. Nous prenons des mesures extraordinaires, et voyons au-delà des médias pour nous associer à Dieu dans la création d’un monde plus parfait.

À Roch Hachana, nous nous consacrons à la emunah, la fidélité. Nous contemplons l’année écoulée, les améliorations que nous avons apportées à notre caractère et à nos actions, ainsi que les défis auxquels nous sommes encore confrontés. Alors que les mélodies et la liturgie de Roch Hachana nous rééveillent à notre potentiel, nous nous efforçons de rester conscients de Dieu et inspirés dans toutes nos actions au cours de l’année à venir. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Où ai-je vécu la fidélité et la confiance dans ma vie ? En quoi la fidélité diffèret-elle de la simple croyance ?

• Quelles sont les pratiques délibérées que je peux commencer à adopter pour développer ma fidélité ?

• Comment puis-je faire de la place dans ma vie pour la conscience de Dieu ?

• Comment puis-je créer un sentiment de spiritualité et de confiance dans mon foyer ?

99


ANNÉE DE CROISSANCE

L’ÂME ÉVEILLÉE

Il y a certains moments dans la vie où vous rencontrez quelque chose qui éveille votre âme, qui vous amène à une conscience de la beauté et de l’admiration qui va au-delà du quotidien. Lorsque vous lisez les mots de Lori sur les moments d’éveil de l’âme, demandez-vous : Quand ai-je eu un moment d’éveil de l’âme ? Quel a été son effet sur moi ? Lori Palatnik1

Dieu a une façon de nous montrer que nous ne sommes pas seulement des corps, mais aussi des âmes. Nous avons tous ces moments d’éveil de l’âme dans la vie qui nous font sortir de

ce monde. Quels sont ces moments d’éveil de l’âme ?

Naissance. La naissance d’un bébé est un acte très physique, mais tout le monde sait que c’est vraiment miraculeux. Une femme est une minicréatrice, qui est porteuse de vie.

Mort. Personne ne se lève à un enterrement en pensant : « Hmm... J’ai oublié de sortir le poulet du congélateur, qu’est-ce que je vais faire pour le dîner ? » Les gens se tiennent près d’une tombe et se demandent : « Qu’est-ce que la vie ? Est-ce que je vis comme je devrais ? Existe-t-il un Dieu là-bas ? Que se passe-t-il après ma mort ? »

Une expérience de mort imminente. Si vous ou quelqu’un que vous connaissez avez déjà vécu une expérience de mort imminente, c’est un grand signal d’alarme.

Nature. Quand on se tient devant l’Empire State Building, on se sent petit devant l’homme, mais quand on se tient devant les Rocheuses, on se sent petit devant Dieu. Ce dernier sentiment ne vous décourage pas, il vous élève : « Si Dieu a créé les galaxies, les océans et ces montagnes, et qu’Il m’a créé, alors je suis quelque chose de spécial. » Avez-vous déjà levé les yeux vers un ciel rempli d’étoiles à la campagne sans lumières de la ville ? Au-dessus de vous se trouve un planétarium vivant. Vous pouvez toucher l’éternité.

Poésie, musique, art. Vous pouvez déambuler dans une galerie d’art et voir peinture après peinture après peinture. Elles sont jolies, elles sont sympas... mais ensuite vous passez un coin

100

1 D'après le livre de Palatnik, Transformez votre mari en âme sœur.


L’éveil devotre âme

et vous la voyez – celui qui vous coupe le souffle (pour moi, c’est n’importe quoi de Renoir ou de Pissarro) ; cela touche votre âme. Amour. Quand vous regardez dans les yeux de quelqu’un que vous aimez, vous ne vous dites pas : « Ouah, quel singe intelligent qui a évolué si magnifiquement » ou « Quel ADN exceptionnel ! » Votre connexion avec eux est une connexion de l’âme, bien au-delà du physique ; quelque chose de beaucoup plus profond, quelque chose d’éternel.

Oui, vous avez une âme. C’est l’essence de qui vous êtes. C’est éternel. Mais vous avez aussi un corps, et souvent ils sont en désaccord. Si vous pouvez comprendre ce qui motive chacun d’eux et les faire travailler ensemble, vous serez sur la voie de la grandeur. • Quels ont été les moments d’éveil de l’âme dans votre vie ?

• Est-ce que l’un de ces moments d’éveil de l’âme vous a conduit à de nouvelles décisions ou actions ?

101


ANNÉE DE CROISSANCE

MOMENTS D’ÉVEIL DE L’ÂME

Parfois, il est difficile de décrire un moment d’éveil de l’âme, ou de conscience de Dieu, avec des mots. Parcourez les images suivantes et choisissez une photo qui représente un moment d’éveil de l’âme que vous avez vécu ou une façon dont Dieu est actif dans votre vie ou dans votre communauté. La photo n’a pas besoin de représenter littéralement le moment, juste de vous le rappeler. Partagez l’image avec vos sœurs et décrivez votre expérience. À la maison, vous pouvez copier et découper les images pour créer un jeu de cartes afin d’engager d’autres membres de la famille ou des amis dans une conversation similaire.

102


L’éveil devotre âme

103


ANNÉE DE CROISSANCE

104


L’éveil devotre âme

105


ANNÉE DE CROISSANCE

EMUNAH À 10 000 PIEDS

Lorsque Ruchi Koval a fait du parachutisme avec son fils, elle a acquis de précieuses connaissances sur la emunah.

Parachutisme Par Ruchi Koval

Nous sommes ensuite montés dans un tout petit avion qui pouvait accueillir exactement six personnes : moi, mon instructeur, mon fils, son instructeur, un autre parachutiste qui avait suffisamment d’expérience pour ne pas avoir besoin d’un instructeur, et enfin, le pilote. Mon fils et moi étions attachés à notre instructeur, qui était un parachutiste expérimenté et qui avait le contrôle du parachute le plus important. À l’heure prévue, nous avons sautés de l’avion, attachés à notre instructeur. Simple. Le gars expérimenté devait partir le premier, à trois mille pieds; mon instructeur et moimême ensuite ; et mon fils et son instructeur en dernier. Prêt ? Prêt

Quand on saute d’un avion à dix mille pieds, on apprend quelques leçons.

Tout d’abord, les faits : Mon fils et moi avons fait du parachutisme cet été. Nous avons roulé pendant quarante-cinq minutes, puis nous avons passé environ une heure à nous mettre en tenue, à signer la décharge de sécurité (cinq pages) et à écouter les instructions données.

106

Nous sommes montés dans l’avion. À trois mille pieds, le type expérimenté a ouvert la porte. Qui est juste à côté de moi. Ce qui a révélé un nuage. Il traînait juste devant mon visage. L’air se précipitait dans la cabine, et le gars me regarde, sourit, donne le signe « paix », et il est... parti. La porte claque ; je regarde par la fenêtre et le voilà en chute libre. Ce n’était pas encourageant. Une minute, il était là, et la minute d’après, il était parti. Mais je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir, parce que la prochaine chose que je saurai, c’est que ce serait mon tour. Et l’instructeur s’attache à moi et me dit, avec son accent péruvien, de sortir mes pieds de l’avion.


L’éveil devotre âme

Ai-je le choix ? Et de s’asseoir sur l’aile. C’est ce que je fais. Et il dit de sauter, alors je... saute.

Les quarante premières secondes, nous sommes en chute libre. Le vent se précipite sur mon visage ; le ciel bleu scintillant est limpide sur des kilomètres. Respire ! Respire ! Je dois consciemment inspirer et expirer parce que la force de l’air rend les choses difficiles.

Puis soudain, impossible, le parachute s’ouvre. C’est alors que le sens revient dans mon cerveau et que je me rends compte à quel point ce moment est magnifique ! Et c’est quand je commence à crier des choses comme OH MON DIEU C’EST INCROYABLE OH MON DIEU C’EST FOU. Plusieurs fois. C’est une descente parfaite et magnifique pendant les prochaines minutes – le temps m’échappe – et l’instructeur nous dirige doucement vers le bas.

« Jamais de ma vie je n’ai demandé à Dieu le succès, la sagesse, la puissance ou la gloire. J’ai demandé l'émerveillement et il me l’a donné. » – Abraham Joshua Heschel

Abraham Joshua Heschel (1907-1972) fut un théologien juif de premier plan du 20ème siècle. Professeur d’éthique et de mysticisme au Séminaire théologique juif de New York,

il était bien connu pour ses livres et son rôle actif dans le mouvement des droits civiques.

Dans la vie, il y a des moments où nous devons simplement sortir les pieds de l’avion. Et s’asseoir sur une aile effrayante et inconnue. Et sauter. Et puis nous devons suspendre tout contrôle, toute gymnastique mentale, et n’oubliez pas que nous sommes attachés à un instructeur qui est plus intelligent et plus sage et plus expérimenté que nous et – c’est la clé – a les contrôles du parachute. Il est notre couverture nuageuse en haut et notre filet de sécurité en bas. Si en effet c’est ce dont nous nous souvenons, nous pouvons profiter de la balade, et glisser, magnifiquement, vers un sol solide. Roch Hachana peut être un moment pour s’interroger :

• Comment puis-je construire ma confiance en Dieu, l’instructeur ultime, la source de toute orientation ?

• Lequel de mes fardeaux voudrais-je reporter sur les « épaules » de Dieu cette année, et cesser de m’inquiéter à ce sujet ? • En quoi puis-je être utile ? Comment puis-je imiter Dieu et être un soutien pour les membres de ma famille et de ma communauté qui ont besoin de mon aide ?

107


ANNÉE DE CROISSANCE

QU’EST-CE QUE LA EMUNAH ? Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

« Une personne juste vit de sa emunah2

Emunah n’est pas une croyance passive, mais plutôt une vie active de fidélité consacrée à s’associer à Dieu dans le monde. Le rabbin Samson Raphael Hirsch (Allemagne, 1808-1888) l’explique comme suit dans son commentaire sur la Genèse :

Emunah est l’essence du judaïsme ; mais définir laemunah comme « croyance » revient à vider le terme de son contenu véritable. La croyance est un acte de l’esprit, parfois seulement une opinion.

Chaque croyant pense que ses croyances sont vraies, basées sur le raisonnement et les assurances de quelqu’un d’autre... La emunah dans \[Dieu] n’est pas simplement une foi théorique, « la subordination de son propre esprit à l’esprit d’un autre. » Au contraire, la emunah en Dieu signifie s’appuyer sur Dieu, en théorie et en pratique ; prendre force en Lui.

Comment pouvons-nous comprendre la distinction que fait le rabbin Hirsch entre la croyance et la emunah ? Considérons l’histoire de Ruchi ci-dessus. Croire au guide peut impliquer l’acceptation intellectuelle qu’il est formé pour la garder en sécurité, mais cette croyance seule ne peut pas avoir abouti à une expérience joyeuse et de confiance. Ruchi a placé sa confiance dans le guide, avec un engagement indéfectible à sentir la présence du guide et à compter sur lui. La Emunah est une pratique spirituelle, une redirection de notre préoccupation avec la réalité extérieure vers une conscience intérieure. 2 Habakkuk 2:4.

108

• Que pensez-vous de la distinction que le rabbin Hirsch fait entre croyance et emunah ? Quels exemples de votre vie pourraient aider à clarifier cette distinction ?

La Kabbale recommande de méditer devant une bougie où l’on peut remarquer que la lumière extérieure qui illumine la pièce est une manifestation extérieure d’une lumière intérieure. On peut voir que la lueur extérieure et la lumière intérieure sont inextricablement liées.

La fidélité, emunah, exprime un engagement indéfectible à inclure dans notre vie extérieure, quotidienne, une conscience de la vie intérieure. En étant éveillé à notre vie intérieure, nous nous éveillons à Dieu dans le monde qui nous entoure, à la conscience de Dieu. Le mot emunah a la même racine hébraïque que les mots artiste, entraîneur, pratique, nourrice et loyauté. Cela nous révèle que la création d’une vie spirituelle exige de la pratique, de la responsabilité et de la discipline. • Quels liens voyez-vous entre ces mots ? Comment ces mots peuventils être liés à la emunah ?

• Quelle pratique ou discipline peut approfondir votre vie spirituelle ?

La tenue d’un journal comme discipline d’une vie spirituelle

L’une des disciplines d’une vie spirituelle est de tenir un journal de réflexions personnelles liées à votre pratique de la gratitude et/ou de la prière, à vos observations sur la beauté et la rupture, et aux idées de la Torah qui résonnent avec vous


L’éveil devotre âme ou vous interpellent. La tenue d’un journal peut faire partie d’un processus consistant à poser des questions plus profondes. La tradition juive valorise les questions. La signification spirituelle des questions ne dépend pas de la disponibilité des réponses mais de la capacité des questions à nous ouvrir à de nouveaux horizons. Les grandes questions de la vie ne conduisent souvent pas à des réponses, mais seulement à des questions plus profondes.

Conversation spirituelle

La tradition juive valorise le concept de sichat chaverim, une conversation pleine d’âme, où les amis explorent ensemble les questions les plus profondes de leur vie. Recherchez et cultivez des relations là où il s’agit du centre de votre connexion. Réfléchissez ensemble aux énigmes de votre vie spirituelle, partagez les entrées de votre journal entre vous, apprenez ensemble les enseignements spirituels. Si vous n’avez pas actuellement une âme amie ou un groupe d’amis à ce niveau, priez pour cela, imaginez-le et invoquez cette relation dans votre vie.

Parler avec Dieu

Rappelez-vous votre visite au Kotel pendant le voyage Momentum. La prière peut nous aider à nous tenir debout en présence de Dieu avec tout notre être, avec nos peurs, notre culpabilité et notre honte, nos espoirs et nos rêves, notre cupidité et notre colère, notre succès et notre échec, notre famille, nos amis et nos ennemis. Cette pratique de parler avec Dieu, appelée hitbodedut, peut être une discipline pour laquelle vous fixez des limites de temps et d’espace – quelques minutes par jour dans un endroit choisi – pour la solitude avec Dieu, en parlant avec votre cœur à haute voix, même si seulement assez fort pour que vos propres oreilles puissent l’entendre.

3 Par Adrienne Gold Davis.

Etudier la Torah

La lecture et l’apprentissage des textes, en particulier d’une manière qui affecte la prière et l’action, peuvent engager l’esprit avec des idées spirituelles qui descendent dans le cœur et aident à transformer notre comportement et notre vie.

Famille et communauté

L’un des mots hébreux pour communauté est edah. Ce mot a également une seconde signification. Il partage également la racine hébraïque avec le mot témoin.

Ce qui fait la communauté, c’est en partie de permettre aux autres d’être témoins de nos doutes et de nos espoirs, de nos échecs et de nos succès, de notre solitude et de nos blessures. Ce témoignage donne un contexte à nos luttes communes et à notre quête de sens. La vie en famille et dans la communauté est intrinsèquement difficile et apporte de véritables épreuves spirituelles. La «Boîte à outils de la repentance» dans l’unité sur le shalom bayit (pages 78-79) décrit une pratique spirituelle comme faisant des moments réguliers et des rituels pour se réjouir et célébrer ensemble – être témoins du fait que chacun de nous est intrinsèquement aimé.

Pratiques rituelles

Spirituel est en quelque sorte un mot composé, composé des mots esprit et rituel.

Sans le rituel, on n’est qu’esprit.3L’objectif de la pratique juive est de ramener le ciel sur terre et d’élever le monde physique vers les cieux. Certaines pratiques qui font cela comprennent des bénédictions sur la nourriture pour sanctifier nos besoins corporels, aller au mikveh pour sanctifier l’intimité physique, et se reposer sur Shabbat pour sanctifier le temps. Ces rituels sont spécifiquement conçus pour nourrir l’admiration et nous aider à vivre nos vies plus profondément.

109


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL

Mai 2017 a marqué le 50ème anniversaire de la guerre des Six Jours, un moment communautaire d’éveil de l’âme pour le peuple juif. Contre toute attente, notre nation a cru que Dieu était avec nous, nous guidant vers des actions courageuses, avec la croyance que la vertu et la justice l’emporteraient. C’était une période grisante pour la communauté juive mondiale, comme le décrit si adroitement la chronique d'Elie Wiesel de 1967 dans le Forward (ou Forverts, tel qu’il était intitulé à l’époque) : Les générations futures n’y croiront probablement jamais. Les enseignants auront du mal à convaincre leurs élèves que ce qui semble légendaire s’est réellement produit. Naturellement, les enfants avaleront chaque mot, mais plus tard, à l’âge adulte, ils hocheront la tête et souriront, remarquant qu’il s’agissait de fantasmes de l’histoire. Ils ne croiront pas que ce petit État, entouré de haine, de feu et de meurtre, a si rapidement réussi un miracle. Il sera difficile de décrire comment, au milieu d’une mer de haine, une minuscule armée a chassé et humilié plusieurs hordes militaires bien équipées de je ne sais combien pays arabes. Comment Shaul Lieberman, le célèbre érudit et génie talmudique, le dit ? Dans 2000 ans, les gens considéreront ces événements de la façon dont nous pensons aux descriptions des Maccabées et de leurs victoires...

Vous vous souviendrez des émissions de radio du début de la semaine qui sonnaient pratiquement

110


L’éveil devotre âme

comme Job. Chaque heure, un autre gouvernement arabe déclarait la guerre à Israël. Nous nous sommes mordu les lèvres, nous avons craquer nos articulations et nous n’avons pas pu trouver aucun endroit confortable pour nousmêmes. Discrètement, nous avons demandé si l’épreuve était trop difficile cette fois. Est-ce qu’on exigeait trop du peuple juif et de sa terre? Comment pouvons-nous espérer être rachetés, sachant que l’ennemi comptait des dizaines de millions, voire des centaines de millions de personnes, contre seulement 2 millions de Juifs en Israël ? Et puis, entre la Pâque et Shavuot, le miracle de Hanoukka s’est produit. Il n’a pas fallu longtemps pour que l’ennemi, puissant au départ, soit rendu sans voix et perde son sangfroid. Et pourtant, le sang versé par nos jeunes lions, les sacrifices endurés, tout sera inscrit. Les larmes de chaque veuve, chaque râle des soldats tombés au combat – ils ne passeront pas inaperçus de nos descendants.

Pour les Juifs du monde entier, ces derniers événements sont une profonde source de fierté. Chaque Juif a été témoin et a survécu à cette épreuve ensemble. Rarement, en tant que peuple, nous avons ressenti un lien aussi profond les uns avec les autres, de loyauté envers les principes les plus purs dictés par notre histoire commune. Vous rappelez-vous comment des milliers de jeunes juifs ont assiégé les consulats israéliens, en demandant à être envoyés comme volontaires en Israël ? Vous souvenez-vous des

manifestations de masse dans les rues ? Et les innombrables Juifs, y compris les plus pauvres d’entre les pauvres, donnant leurs maigres économies aux pushkes \[boîtes de charité] de l’Appel Juif Unifié ?

Ce nouvel éveil juif fait partie de ce miracle, une partie de la victoire juive. Extrait de Jennifer Fechter tiré d’une chronique de l’ancien rédacteur en chef de l’équipe Forverts (Forward), Elie Wiesel, publié pour la première fois le lundi 12 juin 1967 et republié le 1er mai 2017 sur forward. com. Traduit du yiddish par Chana Pollack.4

Pour en savoir plus sur la guerre des Six Jours, visionnez les vidéos du projet Six Day War d’Unpacked.

Vous pouvez également visionner Voices of Jerusalem, une vidéo réalisée par l’ancien maire de Jérusalem Nir Barkat en l’honneur du 50ème anniversaire de la réunification de Jérusalem : https://bit.ly/2IPMF8l. • Le Kotel a été rouvert aux Juifs après la guerre des Six Jours. Depuis, de nombreux Juifs ont vécu des expériences particulières au Kotel. Certains ont également une connexion de loin. Quels souvenirs ou liens avez-vous ou les gens que vous connaissez avec le Kotel ?

• Comment pouvez-vous garder vivante la beauté de ces moments et les ramener dans votre vie à la maison ?

4 Pour lire l’intégralité de l’article publié en 2017, visitez le site https://bit.ly/2GWlGHN.

111


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur l’enfant spirituel

extrait de son livre L’enfant spirituel : La nouvelle science sur la parentalité pour la santé et la prospérité tout au long de la vie.

Que « les enfants soient si spirituels » n’est pas simplement une anecdote ou une opinion. C’est un fait scientifique établi ! Il existe des centaines d’articles scientifiques rigoureux, élégants et évalués par des pairs qui montrent que la spiritualité est la racine du bien-être dans les deux premières décennies de la vie. La spiritualité est une ressource inexploitée dans notre compréhension du développement humain, de la résilience, de la santé et de la guérison. La recherche montre que les enfants qui ont une relation positive et active avec la spiritualité sont : • 40% moins susceptibles de consommer et d’abuser de substances. Dr. Lisa Miller est directrice de la psychologie clinique au Columbia University Teachers College et une scientifique de premier plan dans le domaine désormais florissant de la spiritualité, de la psychologie et de l’épanouissement. Son laboratoire a publié de nombreux articles de recherche sur le développement spirituel des enfants, des adolescents et des familles. Voici un

112

• 60% moins susceptibles d’être déprimés à l’adolescence.

• 80% moins susceptibles d’avoir des rapports sexuels dangereux ou non protégés. • Plus susceptibles d’avoir des marqueurs positifs de réussite et des niveaux élevés de réussite scolaire. La conscience du développement spirituel crée l’occasion de préparer les adolescents


L’éveil devotre âme

à l’important travail intérieur nécessaire à l’individuation, au développement de l’identité, à la résilience émotionnelle, au caractère, au travail significatif et aux relations saines. La spiritualité est le principe d’organisation central de la vie intérieure dans la deuxième décennie, en faisant passer les adolescents à l’âge adulte avec un sens et un but, un épanouissement et une prise de conscience. Le développement spirituel au cours des premières années prépare l’adolescent à affronter avec plus de succès les questions existentielles difficiles et potentiellement désorientantes qui rendent l’adolescence si difficile pour les adolescents (et leurs parents).

Les parents et les enfants partagent un arc de développement parallèle dans lequel le besoin et le désir d’exploration spirituelle d’un enfant coïncident avec une phase similaire de « quête » dans la vie adulte. Pour le parent et l’enfant, le sens et la connexion conduisent souvent à la découverte de soi spirituel. Cet élan mutuel signifie que la phase de quête de l’adulte et celle de l’enfant peuvent s’éveiller et se soutenir mutuellement. Nos enfants peuvent être notre élan pour la découverte spirituelle, nos muses ou guides, et parfois la source d’illumination.

La recherche montre que la décision d’un parent sur la façon d’aborder la vie spirituelle de son enfant est une proposition aux enjeux élevés ayant des implications tout au long de la vie.

Des études sur le développement spirituel chez les adolescents qui ont des parents spirituels ont montré que la contribution des parents peut faire ou briser le développement de la spiritualité de l’adolescent et peut influencer la santé physique et mentale de l’enfant tout au long de sa vie.

Vous n’avez pas besoin de comprendre complètement le développement spirituel pour le soutenir dans votre enfant : vous pouvez simplement accueillir les questions et les conversations.

La question importante à laquelle un parent doit répondre est la suivante : Puis-je offrir à mon enfant quelque chose de pertinent et de bénéfique, même si ce n’est pas quelque chose de familier pour moi ? Nous inscrivons nos enfants à des cours de musique même si nous ne jouons pas d’un instrument. Nous sommes impatients d’offrir à notre enfant une meilleure éducation scolaire que celle que nous avons pu recevoir nousmêmes.

Pour certains parents, construire la spiritualité chez son enfant peut être la même proposition. Votre propre boussole intérieure en tant que parent est le point de contrôle ultime pour savoir comment devenir un parent spirituellement. Pour votre propre exploration et réflexion, voici \[six] choses à ajouter à votre réserve d’opportunités, de connaissances et de créativité, afin que vous soyez prêt à recevoir plus de matériel au moment.5

5 Envisagez de lire le livre pour en savoir plus sur ces idées.

113


ANNÉE DE CROISSANCE

Partager : Transparence et voix de l’expérience spirituelle

Laissez votre enfant voir et entendre comment vous utilisez l’expérience spirituelle comme le chemin par lequel vous résolvez les problèmes quotidiens, entretenez des relations et comprenez les événements et les circonstances de la vie. « Cela m’a attristé lorsque Sharon s’est comportée comme elle l’a fait, mais je me suis assise, j’ai réfléchi et j’ai réalisé que je pouvais lui pardonner dans mon cœur et la laisser partir. » « J’étais tellement en colère après ce qu’il a dit que j’ai pris un moment et suis allée me promener pour me calmer et me reconnecter à tout ce qui est bon dans le monde. » « Parfois, je prie juste pour remercier Dieu pour toutes les bénédictions de ma vie, et parfois, je prie parce que j’aurais besoin d’aide. Personnellement, je ne vois pas Dieu comme un réparateur, mais je prie pour avoir le courage et la sagesse de trouver les réponses. »

Connecter : Rencontrez-Les Là Où Ils Sont

La spiritualité est une façon d’être dans le monde qui informe à chaque instant. Ainsi, rencontrer des enfants là où ils se trouvent signifie que vous entendez parler de filles cruelles et bavardes à l’école et que vous avez une perspective spirituelle à ce sujet. Les rencontrer là où elles sont, c’est entendre parler de la vraie déception d’être coupé de l’équipe et d’avoir une perspective spirituelle à ce sujet. Les choses qui sont si réelles et qui leur semblent si grandes ne sont pas séparées de la spiritualité.

La passion d’un adolescent – courir, écrire, jouer au basket ou nouer des amitiés – est un endroit merveilleux pour le rencontrer et explorer la dimension spirituelle de son expérience : Estce mal de vouloir gagner ? Et si les choses que j’écris rendent les gens fous ? Je n’ai pas fait la

114

coupe – ce n’est pas juste ! Pourquoi cet homme dort-il dans la rue ?

Rencontrer son enfant là où il est, signifie aussi une volonté de tolérer le doute et le questionnement sur la spiritualité... C’est être présent avec amour et intérêt pour entendre des questions spirituelles, ou sur des expériences qui sont inhabituelles ou troublantes.

Lorsque vous ne connaissez tout simplement pas la réponse, appréciez le moment. \[Votre] enfant peut demander : « Dieu aime-t-il les gens même quand ils font du mal aux autres ? »

Nous n’avons qu’à encourager la conversation... et être prêts à écouter avec la même ouverture et la même curiosité qui accompagne la question. « Quand j’étais enfant, je me le demandais aussi. Je suis très heureuse que tu me fasses part de ces réflexions. »

Enseignement : Construire une pratique spirituelle ensemble

La pratique attire notre attention sur la spiritualité d’une manière cohérente. Lorsque les parents et les enfants pratiquent ensemble, cette spiritualité constante s’insère encore plus fortement dans le champ de l’amour. La pratique familiale peut consister à prier, méditer ou partager un rituel ou une cérémonie ensemble.

Enseigner : Embrasser les relations avec les animaux et toute la nature

Apportez le monde vivant à votre enfant en vous délectant des relations de la nature. Engagezvous activement dans la sanctification de la nature en la célébrant ouvertement et dans sa contribution à votre famille et au monde dans lequel nous vivons. Écouter les arbres, penser que le vent a quelque chose à vous montrer. Les enfants peuvent


L’éveil devotre âme

apprendre que tous les êtres vivants sont nos enseignants.

Entretenir et réparer : Tendre le champ de l’amour

La famille doit être explicitement établie et soutenue comme une partie sacrée de la vie, une bénédiction pour chaque personne. Exprimez ces idées à haute voix à vos enfants : Je suis tellement chanceuse et bénie d’être ta maman ! Notre famille est une source de lumière pour moi tous les jours. Notre amour est la chose la plus importante.

Comment pouvons-nous apporter notre amour au monde ? En termes de développement spirituel, reconnaître et embrasser la famille comme sacrée donne à votre enfant un lieu spirituel où vivre, chaque jour. Le chercheur Marshall Duke et ses collègues de l’Université Emory ont montré que les enfants sont plus susceptibles de s’épanouir lorsqu’ils ont la compréhension d’être une partie importante d’un lignage, que les chercheurs appellent le « moi intergénérationnel ». Ce sentiment d’appartenance à une chaîne d’ancêtres se transmet souvent à travers les histoires. Cultivez votre enfant comme un maillon de la chaîne familiale. Par exemple, ma plus jeune enfant, Lila, se tient devant sa classe chaque année à l’occasion de Hanukkah. Elle enseigne cette fête juive aux autres enfants, dont la plupart sont d’autres confessions, puis allume une menorah. Elle explique que son « arrière-arrière-grandmère a porté la menorah de Russie, puis l’a

donnée à \[son] arrière-grand-mère dans l’Iowa, qui l’a donnée à sa Grand-mère Margo, qui l’a donnée à ma mère, qui me l’a donnée ». Sans faute, les enfants comme les enseignants sont absorbés et émus par le pouvoir universel de la spiritualité qui traverse les générations.

Aspirer : La Vie Inspirée

La vie inspirée honore notre boussole intérieure profonde. Il ne s’agit pas seulement de se contenter des règles coutumières de l’école ou du lieu de travail ; il s’agit d’imaginer comment la vie pourrait se dérouler à la place. En ce sens, chaque moment de la vie quotidienne est une opportunité spirituelle – pour vous et votre enfant – d’encourager, d’élever ou de transformer la colère en un moment d’humour et de connexion. Encouragez vos enfants à se sentir qu’ils font partie de « quelque chose de plus grand » et à se connecter à leur vie intérieure pour réfléchir et se guider, à affronter leurs actions quotidiennes avec leur moi le plus élevé, et à décider quel genre d’âme sur terre ils veulent être. Aidez-les à entrer en contact avec quelqu’un à l’école qui traverse une période difficile, à regarder au-delà des vêtements démodés ou d’une mauvaise attitude, et à regarder dans les yeux d’autrui et à lui demander : « Comment vas-tu ? » Pendant que vous y êtes, faites de même pour ce collègue grincheux de votre bureau. Demandez-lui ce qu’il pense ou ce qui l’intrigue; demandez-lui comment il va.

115


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pratiques pour développer votre conscience de Dieu Par Adrienne Gold Davis

l’existence de Dieu. Nos perceptions ont été perverties par l’idée non-juive de Dieu comme un vieil homme dans le ciel, avec une longue barbe et son doigt sur le bouton « frapper », ou comme un homme avec un corps et un doigt qui s’étend pour toucher les plafonds de la Chapelle Sixtine à travers les mains artistiques de MichelAnge. Alors, comment pouvons-nous développer la emunah, ou la conscience de Dieu, si nous ne sommes pas sûrs de ce en quoi nous croyons ?

Emunah se traduit parfois par la foi, ou la fidélité, mais j’aime à penser que c’est la conscience de Dieu, ou la connaissance qu’une Puissance Supérieure, une Force plus grande que moi, ou même une Énergie Divine, dirige le monde.

Contrairement à la foi aveugle, la emunah est une sorte de connaissance plus profonde qui est en fait « connaissable » et développée par la pratique, l’attention et l’étude. On nous apprend à « connaître » Dieu, plutôt qu’à « croire en » ou « avoir foi en » lui. Mais beaucoup d’entre nous ont du mal avec le concept même ou même

116

D’après mon expérience, la première étape dans le développement de la conscience de Dieu est de comprendre que je ne suis pas Dieu ! Il faut renoncer à l’illusion de contrôle qui nous maintient attachés à notre propre corps, empêche notre potentiel de dépasser notre prise, et nous maintient petit. Cela commence par diminuer l’ego, reconnaître un pouvoir plus grand que soi et puiser dans ce pouvoir. Alors vous ressentirez une profonde gratitude en sachant que vous n’êtes pas séparé de l’univers mais en fait comme un rayon du soleil, une partie de la puissance écrasante qui dirige l’univers. Quand nous développerons la conscience de Dieu, nous trouverons qu’elle se cache à la vue de tous, regarde derrière le rideau grossier du monde physique, et nous envoie des clins d’œil et des baisers toute la journée.


L’éveil devotre âme

Alors comment pouvez-vous travailler sur votre conscience de Dieu, votre emunah ? Commencez par ces exercices de base : 1. Reconnaissez que la conscience de Dieu, emunah, est intégrée dans votre essence même. Il fait partie de votre caractère – une middah (une mesure qui est en chacun de nous à des degrés plus ou moins grands). Il est possible de la construire !

2. Pensez à des choses que vous ne comprenez pas complètement, mais que vous faites quand même. Par exemple, je ne comprends pas l’aérodynamique, mais je prends l’avion parce que je fais confiance au pilote !

Ce type de confiance est dans une faible mesure une pratique de la emunah.

3. Cherchez vos « clins d’œil », des moments de votre vie où vous recevez des signaux qu’une puissance plus élevée veille sur vous. Certains les appellent des moments PS (Puissance Supérieure). Le vendredi soir à la table du Shabbat est un excellent moment pour vous et votre famille de raconter les moments PS de votre semaine. Une famille qui travaille sur la emunah grandit ensemble ! 4. Étudiez Les sept merveilles de l’histoire juive. Vous serez impressionnés et étonnés par les paroles de Mark Twain, un agnostique et un sceptique reconnu, qui a écrit ceci en 1899 dans Harper’s Magazine : • Les roses égyptiennes, babyloniennes et persanes, ont rempli la planète de son et de splendeur, puis se sont fanées en rêve et sont mortes. Les Grecs et les Romains ont suivi, ils ont fait un grand bruit et ils

sont partis. D’autres peuples ont surgi, et ont tenu haut leur flambeau pendant un certain temps, mais il s’est éteint et ils sont maintenant assis au crépuscule ou ont disparu. Le Juif les a tous vus, les a tous battus, et est maintenant ce qu’il a toujours été, ne montrant aucune décadence, aucune infirmité d’âge, aucun affaiblissement de ses parties, aucun ralentissement de ses énergies, aucun émoussement de son esprit alerte et agressif. Tout est mortel, mais le Juif. Toutes les autres forces passent, mais il reste. Quel est le secret de son immortalité ?

5. Lisez Contes hassidiques de l’Holocauste, de Yaffa Eliach. Dans ces récits simples mais poignants d’expériences personnelles pendant l’Holocauste, vous trouverez l’inspiration et la perspective de la façon dont la emunah a renforcé la détermination et souligné les miracles. Je lis ce livre chaque fois que je ressens le besoin d’approfondir ma connexion à la conscience de Dieu.

6. Lisez La Quête de sens de l’homme, de Viktor Frankl. Frankl était un éminent psychiatre qui a développé le système de la logothérapie pendant sa détention à Auschwitz. Sa prémisse de base était la suivante : ces prisonniers qui abordaient la vie avec le sentiment que chaque instant était rempli de potentiel de grandeur et de sens étaient capables de survivre beaucoup mieux que les autres prisonniers. Ce livre est une vision révolutionnaire de la puissance de l’esprit et de l’attribut de la emunah à travers les yeux d’un médecin qui a traité l’« expérience » du camp de concentration comme une expérience sociologique unique. Voici mes citations préférées du livre :

117


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Cultiver la Emounah, La Foi et la Croyance au sein de la famille

Pour vous-même ou en binôme

C’est un vrai défi, dans nos vies si remplies, de trouver chaque jour du temps à consacrer à la Foi, à la Emounah, et à l’éveil de nos consciences. S’intéresser à la prière, à son essence, à ce qu’elle apporte dans notre quotidien est une bonne entrée en matière pour commencer à ressentir cette plénitude

• Vous vous souvenez de ce que vous avez ressenti quand vous avez flotté dans la Mer Morte ? Comment, au départ, vous n’étiez pas vraiment rassurée puis quand vous avez réalisé à quel point l’eau vous portait littéralement ? Et le moment où, finalement, vous avez été assez hardie pour relever les jambes et vous êtes laissée flotter. La Mer Morte, c’est par excellence l’occasion de se sentir flotter et soutenue... Une des premières étapes pour apprendre à nager, c’est de maitriser l’art de flotter... tout simplement être ! Pour flotter, il faut juste lâcher prise. C’est d’abord une question de confiance. • Essayez ceci : mettez par écrit une chose qui vous occupe l’esprit, un souci ou une angoisse qui vous taraude. Ensuite, notez ce que vous avez entrepris pour essayer de régler cela. Puis composez une petite prière pour demander l’aide de D.ieu et lâchez prise en mettant le problème de côté pour la nuit. Concentrez-vous sur un seul sujet

118

et tenez-vous en à cela quelques jours, voire une semaine. Puis vous passerez au suivant. Peut-être, la chose la plus importante que nous puissions demander dans nos prières, c’est d’avoir la bonne inspiration qui nous permette de savoir quand il faut flotter, quand il faut nager et quand il faut juste marcher dans l’eau. Mais sachez que vous avez toujours la possibilité de relever les pieds. C’est le secret pour flotter…

• Ce n’est pas grave si vous ne savez pas prier selon le rituel. Ouvrez juste votre conscience et essayez. Empruntez le schéma traditionnel de la prière juive : une louange suivie d’une requête et à nouveau une louange. Par exemple :

 Louange : « Je sais, D.ieu, que Tu diriges le monde. Tu peux tout faire. Tu m’as créé, Tu pourvois à mes besoins. Tu es si grand !  Requête : « Alors, s’il Te plait, peuxtu m’aider à garder mon calme avec mes enfants ? Aide-moi à mesurer mes propos et à ne pas exploser quand je dois réagir... »

 Louange : « Parce que, D.ieu, c’est Toi qui diriges le monde, et pas moi. De mon côté, la seule chose que je puisse faire, ce sont les efforts. Et je sais qu’il n’y a que Toi qui peux les couronner de succès ».


L’éveil devotre âme

Souvenez-vous : instaurer une nouvelle habitude ne se fait pas en un claquement de doigts. Ne cherchez pas à en voir les bénéfices au bout d’un jour, essayez plutôt de dire une petite prière comme celle-là tous les soirs pendant un mois, puis évaluez ce que cela vous aura apporté. Il faut du temps pour voir s’épanouir la Emounah et la capacité à l’émerveillement mais la joie, la profondeur, le soulagement qui en résulteront justifient de persévérer dans ce sens. • Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, écrivez-la sur une pancarte et placez-là à un endroit où vous la verrez facilement. Répétezvous cette phrase avec enthousiasme tous les matins. Voici quelques suggestions :  Je m’ouvre à l’émerveillement

 « Un homme qui n’est plus capable de s’émerveiller a pratiquement cessé de vivre » (Albert Einstein)  Je me connecte à mon âme  Je vis par ma Emounah

 J’approfondis ma conscience de D.ieu • Chabad.org est un site qui propose de très nombreux articles sur le judaïsme. Le module sur les Fêtes de Roch Hachana et Kippour offre de nombreuses réflexions pour se

préparer à ces rendez-vous du Calendrier juif : https://bit.ly/3OXk0n0

Pour les familles avec des enfants de tout âge • Proposez à votre enfant de dessiner son « champs d’amour », un espace qui comprend des personnes, des animaux, des endroits, tout ce qui lui évoque une présence aimante et rassurante. Partez de ce dessin pour discuter avec votre enfant, conservez-le et revenez-y quand vous le jugerez utile, dans les moments de crise par exemple.

• Quand les randonneurs qui entreprennent le GR20 en Corse se sentent fatigués ou assoiffés, ils guettent avec impatience le prochain refuge qui leur proposera une halte, de l’eau, un repas chaud et un lit. Sur notre route quotidienne, on rencontre de nombreux refuges, des personnes qui apparaissent au bon moment et qui nous apportent juste ce dont on a besoin… Racontez à vos enfants les « refuges » que vous avez eu la chance de trouver sur votre chemin de vie. Par exemple cette fois où, au supermarché, vous êtes tombée sur une personne qui a pu vous apporter une information très importante sur l’école de votre enfant. Quand vous êtes ensemble autour du repas du soir, demandez à vos

119


ANNÉE DE CROISSANCE

enfants de vous raconter une expérience où ils ont eu la chance que quelqu’un leur apporte précisément l’aide dont ils avaient besoin. Puis qu’ils partagent avec vous l’occasion où eux-mêmes ont servi de « refuge » pour quelqu’un d’autre. Ces discussions aideront vos enfants à avoir la conscience de la chaîne d’amour dont ils bénéficient et à laquelle eux aussi contribuent.

• Observez le lever du soleil en famille ou avec des amis pour entamer votre journée avec émerveillement. Même si vous n’êtes pas du matin, prendre un nouveau départ à la chaleur et la beauté du soleil levant est un spectacle qui suscite la fascination, une source de bonheur et d’éveil de l’âme à laquelle nous avons accès jour après jour. • Plus encore, si vous êtes en bord de mer, la majesté des vagues au moment du lever du soleil augmente cette sensation. Et si le spectacle est encore plus grandiose au coucher du soleil, profitez-en pour y puiser votre inspiration.

• Expérimentez en famille l’observation des étoiles afin de vous connecter l’immensité de l’univers. Vous pourrez trouver près de chez vous des clubs d’astronomie où des passionnés se feront un plaisir de partager avec vous leur hobby, les observatoires et les planétarium par exemple en Ile de France : https://bit.ly/3oDLpQl Pendant les vacances, de nombreuses activités sont organisées autour des Nuits

120

des Etoiles en aout un peu partout en France. Et si vous êtes dans un endroit où la pollution lumineuse n’est pas trop forte, une simple couverture dans l’herbe et tout le monde aura la tête dans les étoiles et le cœur plein d’émerveillement. Chez Nature et Découvertes, vous trouverez une assez bonne sélection d’ouvrages et d’objets adaptés à tous les âges avec lesquels vous aiderez vos enfants à regarder vers le ciel et à s’émerveiller : https://bit.ly/3OUCJj7

• Faites régulièrement des promenades dans la nature pour prendre votre conscience de la beauté du monde qui nous entoure, un monde dans lequel nous sommes des acteurs, pas uniquement des observateurs. • Regardez la conférence TED, Nuageux avec une chance de joie, de Gavin Pretor-Pinney, fondateur de la Cloud Appreciation Society : https://bit.ly/3OVBeBo

• Pas besoin de partir en voyage à l’autre bout du monde pour trouver l’inspiration et réveiller sa créativité. Il suffit de lever les yeux au ciel, comme le préconise Gavin PretorPinney. A l’aide de merveilleuses photos des plus belles architectures aériennes de la nature, il nous invite à faire une pause dans notre course numérique, à nous allonger et à admirer la beauté du ciel.

Pour les familles avec des petits

• Partez à la chasse aux merveilles : les arcs-enciel, les rayons de soleil, de l’herbe poussant


L’éveil devotre âme

entre les pavés de la rue. Même une horloge numérique est fabuleuse quand elle indique 11h11 ou 12h12 !

• Faites découvrir aux petits la ronde de l’année juive avec cet album : https://bit.ly/43Z9HDt

Pour les familles avec des grands

Suggérez à votre ado de dessiner son chemin de vie, avec aussi les moments difficiles, les déceptions et les échecs. Dessinez la période difficile, et à côté, une porte qui se ferme. Puis juste à côté de cette porte, une seconde porte. C’est une porte qui ne peut s’ouvrir que parce que la première est close. Encouragezles à réfléchir aux effets de cette précieuse seconde porte. Comment ont-ils changé en tant qu’individu ? Qui ou quoi est entré dans leur vie ? Qu’est-il devenu possible désormais ? Les adolescents sont souvent fans de personnalités médiatiques. Demandez à votre enfant qui il considère comme son héro

spirituel. Encouragez-les à écrire ou à réaliser une œuvre qui leur permette d’approfondir leur réflexion sur la vie et l’œuvre de ce personnage. Qui ce héro a-t-il aidé ? A-t-il aidé compris par ses contemporains ? A-t-il été suivi ou aidé ? Puis aidez votre ado à identifier dans son entourage des personnes éminemment spirituelles. Comment gèrent-elles les défis de la vie ? Quels sont leurs combats ? A qui apportent-elles leur soutien ? • Pendant le dîner, soyez attentive à ce que chaque membre de la famille se sente vu et valorisé. Pour chacun, faites un tour de table dans lequel les autres expliqueront : « Je t’apprécie parce que... ». Le fait de savoir que nous sommes aimés et valorisés nous donne plus de force et nous rassure sur notre transcendance et notre importance à la fois vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis des autres.

121


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LE SHABBAT EMUNAH, FIDÉLITÉ ET CONFIANCE – ROCH HACHANA Reconnaissance

Quel rôle la valeur de la emunah joue-t-elle dans votre vie ? Quels exemples d’expériences d’éveil de l’âme de votre vie vous viennent à l’esprit ? Comment ont-ils influencé vos décisions et vos actions ?

122

Vision

Imaginez le meilleur de vous-même et le rôle que la emunah à cet égard. À quoi cela ressemble ? Qu’est-ce qui vous gêne et vous empêche de vivre au meilleur de vous-même ? Comment pouvezvous vous réorienter vers votre vision ?


L’éveil devotre âme

Objectifs

Quelle est une ou plusieurs petites pratiques ou disciplines que vous pouvez faire dans votre vie quotidienne qui sont réalistes, faciles à intégrer dans votre emploi du temps et qui vous aideront à approfondir votre vie spirituelle.

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Comment pouvez-vous suivre vos propres progrès ?

123


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous allons explorer la valeur de la Emunah, Fidélité et Confiance

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes : • Où ai-je vécu la fidélité et la confiance dans ma vie ?

• En quoi la fidélité diffère-t-elle de la simple croyance ?

• Quelles sont les pratiques délibérées que je peux commencer à adopter pour développer ma fidélité ?

• Comment puis-je faire de la place dans ma vie pour la conscience de Dieu ?

• Comment puis-je créer un sentiment de spiritualité et de confiance dans mon foyer ?

Vocabulaire Significatif emunah hitbodedut edah

‫ֱאמּונָ ה‬ ‫ּבֹודדּות‬ ְ ‫ִה ְת‬

‫ֵע ָדה‬

fidélité et confiance en Dieu

le processus de parler personnellement avec Dieu une communauté ou un groupe qui témoigne

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à prendre un petit rôle pour la diriger. Par exemple : • Planifier une activité pour accompagner la session d’étude (voir Extra ! Idées de programme) • Organisation de l’événement

124

• Réfléchir sur les propres moments d’éveil de l’âme en vue de les partager avec le groupe

• Demander si une ou plusieurs des femmes aimeraient partager la manière dont elle a rapporté à la maison les leçons de la dernière réunion

• Inviter une femme à lire à l’avance et à partager l’histoire de Ruchi Koval, « Emunah à 10 000 pieds » (pages 106-107), ou l’article de Elie Wiesel intitulé « Pleins feux sur Israël » (pages 110-111)

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple en aidant l’hôtesse à distribuer une série de collations de Roch Hachana telles que des pommes, du miel, des dattes et/ou d’autres aliments festifs que vous pensez que vos participantes apprécieront. Disposer l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Si vous utilisez la première activité


L’éveil devotre âme

Étincelles de l’âme, assurez-vous d’imprimer les images et de les placer dans un emplacement central.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Pensez, par exemple, à ce que des femmes se mettent par deux et s’écoutent pendant deux minutes, tout en partageant avec elles ce qui est nouveau et ce qu’elles ont en tête aujourd’hui. Invitez quelques femmes à partager comment elles ont ramené à la maison les enseignements de la session précédente.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Introduisez le terme emunah, le mot hébreu pour fidélité et confiance. Demandez aux femmes de réfléchir en privé à leur voyage Momentum, en pensant à des moments où elles ont peut-être vécu un moment « PS » de puissance supérieure (ou hashgachah pratit) – un sentiment d’émerveillement ou de transcendance, même brièvement. À partir de là, passez à l’activité Moments d’éveil de l’âme (pages 102-105).

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Moments d’éveil de l’âme

Étalez les cartes créées à partir des photos des pages 102 à 105 sur une table (ou demandez aux participantes de parcourir les photos du livre). Donnez aux femmes le temps de parcourir les images et de choisir celle qui représente ou leur rappelle un moment d’éveil de l’âme qui leur est propre. Invitez les femmes à partager leurs photos et les moments qu’elles ravivent. Réfléchissez à la façon dont nous pouvons encourager nos familles et nous-mêmes à être ouverts à voir et à vivre de tels moments dans notre vie quotidienne.

Qu’est-ce que la Emunah ?

Par paires, demandez aux participantes de lire et de discuter de l’explication du rabbin Samson Raphael Hirsch sur la emunah (p. 108). Demandez-leur également de lire l’histoire de Ruchi Koval, «Emunah à 10 000 pieds » (pages 106-107). Demandez aux binômes de discuter ensuite ensemble de la distinction du rabbin Hirsch entre la croyance et la emunah, dans le contexte de l’histoire de Ruchi et à travers le prisme de leurs propres vies et expériences, pour aider à clarifier cette distinction. Invitez les femmes à examiner les pratiques de construction de la emunah et de la conscience de Dieu (pages 116-117), et s’il y en a une qui pourrait résonner avec elles.

125


ANNÉE DE CROISSANCE

7. Réflexion et clôture

Extra ! Idées de programme

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux éléments suivants, éventuellement par l’écriture ou le dessin avant de partager « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre séance d’aujourd’hui ? » ou « J’aimerais explorer la emunah avec ma famille d’ici... »

• Organiser une conférence avec un expert pleinement conscient sur la façon de remarquer et d’être attentif à notre moi intérieur et de se connecter au monde qui nous entoure avec une présence significative.

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles (pages 118‒121). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes l’occasion de prendre un moment pour se connecter avec une autre sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur sert de point d’entrée pour des conversations qui ne se produiraient peut-être jamais autrement. (voir pages 116‒117). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Pour améliorer votre session, et afin que chaque participante connaisse les objectifs sur lesquels les autres travaillent et visent, vous pourriez envisager ce qui suit :

• Faire venir un instructeur de yoga pour commencer la séance avec des pratiques qui aident à cultiver une conscience plus profonde de notre connexion esprit-corpsâme.

• Inviter un conférencier inspirant à partager une histoire personnelle de emunah et proposer une séance de questions-réponses.

• Organiser des « tentes de prière 6» comme des rappels physiques pour aider à former une nouvelle habitude d’éveil de l’âme. Les tentes de prière pourraient être pour les femmes elles-mêmes ou pour leurs enfants, pour servir de rappel au chevet. Ils peuvent nous rappeler de commencer et de terminer la journée avec gratitude, prière et connexion. Certaines voudront peut-être avoir les mots des prières du coucher Shema et du matin Modeh Ani dans leurs tentes, d’autres voudront peut-être avoir un rappel pour réfléchir aux moments d’âme de PS.

6 Une tente de prière est une idée de Jacqueline Serebrani-Kesner, éducatrice en arts interdisciplinaires et expressifs. Pour en savoir plus sur son programme d’enrichissement en arts créatifs, rendez-vous sur www. creativeartsenrichment.org.Vous pouvez contacter Jacqueline à l’adresse jserebrani@gmail.com.

126


L’éveil devotre âme

Matériaux :

• 1 morceau de papier cartonné d’épaisseur de 6″ x 2″ • 1 morceau de papier cartonné d’épaisseur de ½″ x 2″ • 1 morceau de papier cartonné d’épaisseur de 2″ x 3″ • Ciseaux • Colle

• Morceau de ruban ou de ficelle 1″

• Facultatif – quelques mini-autocollants ou paillettes à saupoudrer sur le côté nuit

Instructions :

• Pliez la feuille de papier de 6″ x 2″ en deux, puis placez la plus petite feuille de ½″ x 2″ au bas de la plus grande feuille, en collant le tout pour créer une « tente ». Vous pouvez aussi plier la grande feuille de papier en trois parties égales pour créer une tente en forme de triangle (voir photo).

• Écrivez le Shema d’un côté de la carte 2″ x 3″, et le Modeh Ani de l’autre, ou écrivez d’autres pensées pour la pratique spirituelle du matin et du soir. • Créez une boucle à partir de votre ruban ou ficelle et attachez cette boucle à l’extrémité de la carte. • Placez la carte à l’intérieur de la tente en carton et placez la tente près de votre chevet ou de celui de votre enfant.

Remarque : N’hésitez pas à utiliser n’importe quel papier de couleur que vous aimez ; des représentations visuelles du jour et de la nuit à travers différents côtés de couleur peuvent être utiles. Vous pouvez utiliser du papier aquarelle et commencer votre collecte en peignant le papier et en le faisant sécher. Vers la fin du rassemblement, coupez le papier pour créer les tentes.

127


ANNÉE DE CROISSANCE

128


Inviter la joie Joie et hospitalité – Sukkot


ANNÉE DE CROISSANCE

130


Inviter la joie

SOUKKOT

Joie et hospitalité

Soukkot est la fête des cabanes; un jour férié de sept jours où nous abandonnons les abris robustes et optons plutôt pour des cabanes fragiles. À Soukkot, nous ne dormons pas dans des hôtels 5 étoiles, nous dormons dans des hôtels avec 5 milliards d’étoiles faits de feuilles de palmiers et de tapisseries. • C’est la grande sortie de toutes les garanties figées de la vie. Nous sommes occupés à étudier comment relâcher nos griffes sur la richesse physique et prendre fermement les richesses de l’Esprit à la place.

• Le thème principal de Soukkot est la simchah, le terme hébreu pour la vraie joie. Il est intéressant de noter qu’elle se produit presque immédiatement après les fêtes solennelles et introspectives de Roch Hachana et Yom Kippour.

• Cela nous enseigne que la vraie joie ne dépend pas de facteurs physiques. Cela vient plutôt du fait de savourer tout ce que nous avons : la croissance spirituelle que nous avons connue pendant les Hautes Fêtes, les bénédictions qui imprègnent nos vies, les relations que nous avons construites, la beauté de notre tradition et le plaisir rarifié de se connecter avec le Divin. • La joie naît aussi très fortement du fait de faire le bien et de rendre service. La mitzvah

de l’accueil des invités, hachnasat orchim, est ainsi un moyen inégalé d’accéder à la joie – et l’un des points forts de cette fête.

Une forme archétypique de don est lorsque nous ouvrons nos maisons avec générosité et amour à nos amis, à notre famille et à ceux qui sont dans le besoin. Un tel don remplit nos vies de la richesse d’une joie qui nous pousse vers le haut pour exprimer notre meilleur de nous-mêmes et faire ressortir ce meilleur chez les autres. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Quels messages le monde qui m’entoure communique-t-il sur ce qui m’apportera le bonheur ? Avec lequel de ces messages suis-je d’accord ? Lequel dois-je rejeter ?

• Est-ce que l’ouverture de ma maison et mon cœur aux autres peut/pourrait m’aider à atteindre la simchah, la vraie joie ? • Quelles sont les mesures concrètes que je peux prendre pour prendre soin de ceux qui m’entourent et qui ont besoin d’amitié ou de soutien physique ?

• Quelles traditions de Soukkot pourrais-je essayer cette année ? Comment puis-je les présenter à ma famille avec joie ?

131


ANNÉE DE CROISSANCE

SE METTRE À L’ABRI ET SE RÉJOUIR À SOUKKOT Quelle est la véritable nature de la protection ? Les gens recherchent la richesse, le pouvoir, des murs physiques et la force pour se protéger du danger. Lorsque nous emménageons dans une soukkahpendant une semaine, les Juifs n’en rejettent pas la valeur ; au contraire, nous nous souvenons de leurs limites et de leurs pièges potentiels, de peur que, en quête de sécurité, nous ne sacrifiions des liens précieux avec la famille, les amis et notre propre âme. Courir après le statut, les « likes » ou le succès peut devenir l’idolâtrie des temps modernes. La soukkah nous rappelle le rôle que joue la vulnérabilité dans la protection, la joie et la connexion.

Après que le peuple juif ait miraculeusement été racheté d’Égypte, il a erré dans le désert pendant quarante ans avant d’atteindre la Terre d’Israël. Pendant ce temps, Dieu les a protégés des dangers et des inconforts du désert en les abritant dans des sukkot. Les rabbins du Talmud ne sont pas d’accord sur le type d’abri qu’étaient ces sukkot. Une opinion dit qu’il s’agissait de véritables huttes ou cabanes, tandis qu’une autre dit qu’il s’agissait des Nuées de Gloire de Dieu, qui couvraient les Israélites alors qu’ils se dirigeaient vers la Terre Promise. Lévitique 23:39–43

Le quinzième jour du septième mois, une fois que vous vous serez réunis dans les produits du pays, vous observerez la fête de Dieu pendant sept jours... et vous vous réjouirez devant votre Dieu pendant sept jours. Vous habiterez dans des sukkot sept jours... afin que les générations futures sachent que j’ai fait habiter le peuple d’Israël dans des sukkot quand je les ai fait sortir du pays d’Égypte ; je suis votre Dieu..

132

‫בּואת‬ ַ ‫יעי ּבְ ָא ְסּפְ כֶ ם ֶאת ְּת‬ ִ ִ‫ַאְך ּבַ ֲח ִמ ָּׁשה ָע ָׂשר יֹום לַ ח ֶֹדׁש ַה ְּׁשב‬ ’‫ּוׂש ַמ ְח ֶּתם לִפְ נֵי ה‬ ְ ...‫ָה ָא ֶרץ ָּתחֹּגּו ֶאת ַחג ה’ ִׁשבְ ַעת יָ ִמים‬ ‫לְמ ַען ְיֵדעּו‬ ַ ...‫ ּבַ ֻּסּכֹת ֵּת ְׁשבּו ִׁשבְ ַעת יָ ִמים‬...‫ֱאֹלקיכֶ ם ִׁשבְ ַעת יָ ִמים‬ ‫אֹותם‬ ָ ‫יאי‬ ִ ִ‫הֹוׁשבְ ִּתי ֶאת ּבְ נֵי יִ ְׂש ָר ֵאל ּבְ הֹוצ‬ ַ ‫דֹר ֵֹתיכֶ ם ּכִ י בַ ֻּסּכֹות‬ .‫ֵמ ֶא ֶרץ ִמצְ ָריִ ם ֲאנִי ה’ ֱאֹלהיכֶ ם‬ • En tant que mère, quel genre de foyer protecteur cherchez-vous à offrir à votre famille ? Qu’espérez-vous que vos enfants se souviennent de la maison dans laquelle ils ont grandi ?

• Étant donné que Soukkot est la fête la plus axée sur la joie, quelle est selon vous la compréhension derrière le lien entre la joie et sortir de nos maisons pour habiter parmi des éléments naturels ?

• Soukkot a lieu exactement six mois après la Pâque juive. Tous deux sont des séjours d’une semaine de l’Exode. Pourquoi nos sages auraient-ils mis des rappels quotidiens de l’Exode dans la liturgie juive ainsi que deux grandes réalisations – l’une concernant les exaltations de la libération de l’esclavage prolongé, et l’autre les quarante années de pérégrination à travers le désert sur le chemin de la Terre Promise ? major enactments – one of the exhilarations of freedom from prolonged slavery, and one of the forty-year journey through the desert on the way to the Promised Land? • À quoi pourrait-il ressembler de suivre l’exemple de Dieu qui fournit abri et réconfort aux personnes vulnérables, comme Dieu l’a fait avec les Israélites dans le désert ? Quels sont des exemples sur les moyens de faire cela dans votre propre vie ?


Inviter la joie

LE CONCEPT JUIF DE LA JOIE

Rabbi Shlomo Wolbe, Alei Shur, vol. 2, p. 255

Dans Pirkei Avot (Éthique de nos Pères), le sage rabbin Yehudah, fils de Teima, nous dit : « Vous devriez être léger comme un aigle. » Mais l’aigle n’est pas léger, c’est un oiseau lourd ! Pourquoi est-il décrit comme léger ? C’est parce que l’aigle a de très grandes ailes qui le transportent facilement et légèrement vers les cieux. C’est un spectacle majestueux de voir l’aigle se lever plus haut que n’importe quel autre oiseau et voler avec ses ailes déployées dans le ciel. Une personne est aussi très « lourde » – liée à l’aspect physique... Comment, alors, une personne peut-elle s’élever ? Voici ce que nous dit le rabbin Yehudah, fils de Teima : « Soyez léger comme un aigle – comme un être humain, vous aussi, vous avez de grandes ailes ; utilisez-les et montez plus haut ! » Quelles sont les ailes d’une personne qui peuvent permettre son ascension spirituelle ? Simchah (joie) et mitzvot (commandements) ! Afin de transcender le physique, nous pouvons être reconnaissants (joyeux dans notre sort), et nous pouvons trouver de la joie dans les [exécution] mitzvot .

Ensemble, ces deux ailes forment vraiment une paire d’ailes efficace.

‫ רבי יהודה בן תימא אומר ״הוי קל כנשר״ ־ הנשר‬,‫בפרקי אבות‬ ‫ מהי הקלות שלו? הוא בעל כנפיים‬.‫ הוא עוף כבד‬:‫אינו קל‬ ‫ זהו מחזה‬.‫ והן נושאות אותו בקלות למרומים‬,‫גדולות מאוד‬ ‫מיסטי איך שהנשר מגביה לעוף יותר מכל ציפור אחרת ורוחף‬ ‫ כיצד‬...‫ והנה האדם הוא ״כבד״ מאוד‬.‫ברקיע בכנפיים פרוסות‬ ‫הוא יכול להתרומם כל כך בקלות? הוא אשר אמר ר׳ יהודה‬ ,‫ יש כנפיים גדולות‬,‫ אדם‬,‫ ״הוי קל כנשר״ ־ גם לך‬:‫בן תימא‬ ‫ והתרומם! ומה הן הכנפיים של האדם? מהן ־‬,‫השתמש בהן‬ ‫ כי התיקון של‬,‫ ר׳ חיים ויטאל כתב בשערי הקדושה‬.‫השמחה‬ ‫ זהו ״זוג‬.‫יסוד העפר הוא להיות שמח בחלקו ושמח במצוות‬ !‫כנפיים״ הגון‬ Le rabbin Shlomo Wolbe, un maître du développement du caractère juif du 20ème siècle appelé Mussar, explique comment la joie peut nous mener à des sommets inégalés. • Imaginez un moment de votre vie où une vision joyeuse vous a aidé à surmonter plus facilement les obstacles pour atteindre un objectif difficile.

• Comment la gratitude mène-t-elle à la joie ?

• Les enseignements mystiques juifs nous disent que les gens diffèrent selon l’endroit où ils trouvent un sens spécial et à partir de la joie qu’ils trouvent dans les mitzvot. Existe-t-il une certaine pratique juive qui vous donne un sentiment de grande joie ? Quel impact la joie de cette pratique a-t-elle sur vous ? • Pensez à une personne que vous connaissez qui mène sa vie avec une joie authentique. Quel impact leur joie a-t-elle sur vous ou sur les autres ? • Quel est le lien entre la joie et l’accueil des autres ?

133


ANNÉE DE CROISSANCE

LA VRAIE JOIE ET LA MITZVAH DE L’ACCUEIL DES INVITÉS

Trop souvent, le monde de la publicité nous vend l’idée que le confort physique et le luxe nous garantiront le bonheur. Le grand juriste et philosophe Maïmonide a écrit au sujet des fêtes que oui, il est important d’avoir de la joie physique dans nos festivités, mais nous devons aussi garder à l’esprit que la vraie joie implique d’aider les autres, en particulier ceux qui sont dans le besoin.

De plus en plus de recherches contemporaines abondent dans ce sens, indiquant qu’un chemin fiable vers le bonheur personnel consiste à faire quelque chose pour autrui. Les gestes de générosité ne profitent pas seulement au récipiendaire, mais « créent aussi un « effet d’entraide » agréable qui profite au donateur », affirme Jennifer Aaker, professeure à la Stanford Graduate School of Business.1 « La Simchah dans la Torah ne concerne jamais les individus », a écrit le rabbin Jonathan Sacks, ancien grand rabbin du Royaume-Uni, « il s’agit toujours de quelque chose que nous partageons. Un homme qui a pris nouvellement une femme, sera dispensé de se rendre à l’armée pendant un an, dit la Torah, afin qu’il puisse rester à la maison « et apporter la joie à la femme qu’il a épousée » (Deut. 24:5). Vous apporterez toutes vos offrandes au sanctuaire central, dit Moïse, afin que « là, en présence de l’Éternel, votre Dieu, vous et vos familles mangerez et vous jouirez de tout ce sur

quoi vous avez mis la main, parce que l’Éternel, votre Dieu, vous a bénis » (Deut. (16:11). La Simchah est une joie partagée. Ce n’est pas quelque chose que nous vivons seuls. »

Les fêtes telles que décrites dans le Deutéronome sont des journées de joie précisément parce qu’elles sont des occasions de célébration collective : « Toi, tes fils et tes filles, tes serviteurs, hommes et femmes, les Lévites de tes villes, les étrangers, les orphelins et les veuves qui vivent parmi toi »

Nos sages soulignent les similitudes étymologiques entre le mot mitzvah, qui signifie commandement (de la racine tzav), et la tzavta, le mot hébreu pour connexion ou jonction. Ils notent que cette similitude n’est pas une coïncidence. La pratique juive des mitzvot consiste entièrement à tendre la main aux autres, physiquement et spirituellement. Hachnasat orchim, la mitzvah d’accueil des invités, et sa centralité dans la tradition juive, remontent aux progéniteurs juifs, Sarah et Abraham. Abraham s’asseyait dehors en attendant l’occasion d’inviter des gens de passage à l’ombre de sa tente. Sarah et lui se précipitaient alors pour préparer un repas à partir de leurs meilleurs ingrédients.

La Torah raconte que Dieu apparut à Abraham quand il était à l’entrée de sa tente, dans la chaleur du jour. Au milieu de cette expérience mystique de voir le Divin, Abraham aperçut trois

1 Susan Greenberg, Graduate School of Business, Université de Stanford, 11 juillet 2014.

134


Inviter la joie

gardiens au loin et courut vers eux, s’excusant de la Présence de Dieu. Les sages du Talmud ont conclu : « L’hospitalité est plus grande que l’accueil de la Présence Divine.”2

Il s’avère que les inconnus étaient trois anges qui venaient informer Sarah et Abraham qu’ils auraient un fils dans un an. Le rabbin Sacks partage un enseignement du maître hassidique Rabbi Shalom Rokeach de Belz, qui suit attentivement le choix des mots de la Torah. Le rabbin Rokeach remarque que lorsqu’Abraham a vu les visiteurs pour la première fois, il s’est incliné devant eux et ils étaient « debout audessus de lui », Abraham étant humain et eux des anges. Cependant, une fois que Sara et lui leur ont servi de la nourriture, Abraham s’est alors « tenu au-dessus d’eux ». Le rabbin Rokeach conclut que l’accueil d’étrangers nous élève encore plus haut que les anges.

Avant même que l’invité mortifié ne puisse réagir, le rabbin Eiger a frappé la table avec sa jambe et a renversé le verre de vin devant lui. « Oh, il y a quelque chose qui ne va pas avec la table », a-t-il rassuré l’invité. « Je ferais mieux de la faire réparer après le Shabbat. » L’histoire suivante, racontée par Joseph Telushkin, peut donner une idée de l’hospitalité angélique : 3

Le rabbin Akiva Eiger (1761-1837) divertissait les visiteurs à sa table de Shabbat lorsqu’un invité frappa accidentellement contre la table et fit renverser un verre rempli de vin rouge sur la nappe en lin blanc.

Pour nous, pour qui l’accueil n’est pas toujours facile, Chaya Lester propose un guide sur l’hospitalité heureuse dans la section Apprendre avec votre sœur (pp. 142-145), et Karina Chemea partage son expérience de devenir une hôte fréquente (pp. 146-147).

Exercice de Rédaction

Consultez le tableau qui se trouve aux pages 150 et 151 et expliquez comment la gratitude, la joie et la joyeuse hospitalité ont joué un rôle dans votre vie. Quelle serait votre vision pour accroître ce rôle ? Quels sont les moyens concrets de réaliser votre vision et quels sont les soutiens qui vous aideraient à atteindre vos objectifs ?

2 Talmud babylonien, Shabbat 127a.

3 Joseph Telushkin, Le livre des valeurs juives : Un guide quotidien pour une vie éthique.

135


ANNÉE DE CROISSANCE

LES TRADITIONS DE SOUKKOT

Soukkot est un moment de réjouissances et de célébrations en famille et entre amis. En fait, la plupart des rituels et traditions de Soukkot se déroulent à la maison :

• Les familles célèbrent les richesses de la nature en préparant et en mangeant des recettes de saison pour les repas et en offrant une appréciation pour tout ce que nous avons.

• À chaque repas, il y a une cérémonie d’accueil où les ancêtres sont symboliquement invités à se joindre. Nous partageons des histoires sur ces invités ancestraux, appelés ushpizin, et glanons des leçons de leur caractère que nous pouvons appliquer à nos propres vies. Certains ont également pour tradition d’inviter des ancêtres de la famille ou des modèles et de parler de ce que nous pouvons apprendre de leurs traits. • La famille et les amis visitent une soukkah locale (peut-être une soukkah publique) et y dégustent un repas.

• La famille et les amis se réunissent pour construire une soukkah, une structure temporaire avec au moins trois côtés, dont le toit est fait de chaume ou de branches. C’est un moyen inoubliable et amusant de se préparer pour la fête. • Les membres de la famille décorent la soukkah ensemble en utilisant des éléments artistiques, des tapisseries, des chaînes de mousse, des cordes de pop-corn,

136

des lumières, des fruits et surtout, de la créativité ! N’oubliez pas que la soukkah est exposée aux intempéries, donc l’utilisation de matériaux pour l’extérieur est plus adaptée.

• Pendant Soukkot, pour célébrer la richesse de la récolte, chaque jour, les membres de la famille tiennent et secouent quatre espèces de plantes (arba minim) tout en récitant une bénédiction. Les quatre espèces sont le palmier (lulav), le myrte (hadas), le saule (aravah) et le cédrat (etrog). • Si le temps le permet, les repas se prennent dans la soukkah. Certaines personnes y dorment également pour une ou plusieurs nuits pendant la fête. Certains font de la soukkah une forme de glamping – camping glamour – en y apportant des matelas confortables, des oreillers et des objets spéciaux pour la décoration.

Ressources de Soukkot

• Regardez cette vidéo pour en savoir plus sur ce qui constitue une soukkah et comment en construire une : https://bit.ly/2qyUd87. • Achetez des kits à domicile de soukkah à partir de divers sites Web.

• Cliquez sur ce lien pour visiter la page de Soukkot sur myjewishlearning.com’s, qui comprend une vidéo énumérant chacune des quatre espèces végétales et la bénédiction : https://bit.ly/2ISfNvP.


Inviter la joie

UNIFICATION DES CONTREPARTIES Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

La fête de Soukkot est à la fois particulière aux Juifs et universelle pour toute l’humanité. C’est l’une des trois fêtes de pèlerinage qui célèbrent le voyage du peuple juif pour sortir de l’esclavage en Egypte, à travers son voyage dans le désert, pour recevoir la Torah sur son chemin vers la Terre Promise. En même temps, Soukkot possède des thèmes universels. Il s’agit une célébration de la récolte, ainsi qu’un moment pour prier pour la pluie pour l’année à venir. Les offrandes du Temple faites pendant Soukkot symbolisaient nos prières pour toute l’humanité. Les prêtres ont fait soixante-dix offrandes, ce qui, selon le livre de la Genèse, est le nombre de nations à travers l’humanité. Le prophète Zacharie décrit Soukkot comme une fête qui serait un jour fêté par toutes les nations du monde.

Un enseignement du rabbin Shlomo Wolbe va plus loin, et affirme que la joie elle-même est une unification de contradictions : • Quels aspects de votre vie et de votre pratique juive vous relient à l’humanité tout entière ?

• Comment pourriez-vous partager avec vos enfants le message de Soukkot (et de la tradition juive dans son ensemble), qui valorise à la fois le particulier et l’universel ?

Rabbi Shlomo Wolbe, Alei Shur, vol. 2, page 325

Le ciel et la terre, l’homme et la femme, l’âme et le corps – il s’agit de parties opposées. Cependant, ils ne restent pas toujours en opposition : il y a des moments où ils s’affectent mutuellement pour le bien, et il y a des moments où ils s’unissent totalement.

Dans chaque connexion de parties contraires, il y a la simchah, et c’est l’endroit et l’essence de la simchah : partout où elle [simchah] est présente, il y a connexion ou unification. ‫ עלי שור‬,‫רב וולבה‬ ‫ לא תמיד‬.‫ נשמה וגוף ־ ניגודים הם‬,‫ איש ואשה‬,‫שמים וארץ‬ ‫ ויש‬,‫ שמשפיעים זה על זה לטובה‬,‫ יש‬:‫הם נשארים ניגודים‬ .‫שמתאחדים לגמרי‬ ‫ ומהותה של‬.‫ וזה מקומה‬,‫בכל התקשרות הניגודים יש שמחה‬ .‫ בכל מקום שהיא נמצאת יש התקשרות או התאחדות‬:‫שמחה‬ • Où dans votre vie avez-vous connu la joie de l’unification des parties contraires ou opposées ?

• Où pourriez-vous, en tant qu’individu, famille ou groupe Momentum, prendre des mesures qui unissent vos parties contraires ?

137


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL L’immigration en Israël La loi du retour

w

En 1950, deux ans après sa déclaration d’indépendance, la Knesset (le parlement) israélien a adopté une loi remarquable, en commençant par quelques mots simples qui définissaient l’objectif central d’Israël : « Chaque Juif a le droit d’immigrer dans ce pays. » Avec la création de l’État d’Israël, deux mille ans d’errance étaient officiellement terminés. depuis lors, les Juifs ont simplement le droit de se présenter et de demander à être des citoyens israéliens, en supposant qu’ils ne posent aucun danger imminent pour la santé publique, la sécurité de l’État ou pour le peuple juif dans son ensemble. Essentially, all Jews tous les Juifs, où qu’ils se trouvent, sont des citoyens israéliens de droit.4 • En quoi la loi israélienne sur le retour est-elle une expression d’accueil ?

4 Adapté de l’Agence Juive pour Israël.

E

L

C

O

Immigration en Israël Immigration totale par pays5 (1948–2017)

Ex-Union Soviétique

1,262,020

USA/Canada

149,831

Pays arabes et musulmans

890,000

France

107,501

Argentine

69,435

Éthiopie

Royaume-Uni

Afrique du Sud Total

93,104 39,986

22,050

2,633,927

5 Ce rapport est basé sur des données du Bureau central des statistiques d’Israël. Référence : https://bit. ly/2ITuhvp.

138

M E


Juifs éthiopiens immigrés en Israël

Inviter la joie

Juifs français immigrés en Israël Juifs russes immigrés en Israël 139


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur le bonheur, avec Yaffa Palti 6

Nous sommes nés avec une liste entre nos mains. Le titre de la liste est « Comment puis-je atteindre le bonheur auquel j’ai droit ? », puis il poursuit en mentionnant quelques conseils essentiels dont nous avons besoin dans la vie pour atteindre ce bonheur : • Vous devez être jolie.

• Vous devez être mince. • Vous devez être riche. • Vous devez réussir.

Et nous devenons soudain ultra-religieux en suivant avec dévotion cette Bible du Bonheur. Mais ensuite... nous réalisons que nous ne sommes toujours pas heureux.

Et nous remarquons que les gens les plus riches à Hollywood ne sont pas les acteurs, ni les chanteurs, ni les producteurs. Les gens les plus riches à Hollywood sont les thérapeutes.

Nous vivons nos vies en poursuivant ces objectifs, en développant des troubles de l’alimentation et en passant sous le bistouri, tout cela pour atteindre ce qui n’est que l’illusion du bonheur. Nous nous rendons compte que les gens qui ont réussi tous les défis de la liste du bonheur continuent à se tourner vers la drogue, à créer des relations malsaines et à se suicider.

Et puis nous paniquons. Si ça ne me rend pas heureux, alors qu’est-ce qui me rendra heureux ?

Nous avons tendance à vivre nos vies dans des vagues d’euphorie et de malheur, ignorant le fait que le vrai bonheur n’est ni sauvage ni intense ; il est calme et tranquille. Nous sommes souvent déçus que le sentiment d’extase accompagné d’euphorie ne dure que peu de temps, et le malheur qui suit la vague d’euphorie mène au désespoir. Cela nous amène à créer frénétiquement d’autres moments euphoriques, créant ainsi un cercle vicieux sans fin.

Le bonheur reste le désir le plus cher et pourtant le plus insaisissable de tous les désirs humains. Alors, comment pouvons-nous y parvenir ? Parlons-en dans le jargon des dames.

CHAUSSURES

Voilà. Je vous ai toutes réveillées. Peu importe le plaisir que j’éprouve à acheter une nouvelle paire de chaussures, ces chaussures ne feront jamais, jamais partie de moi. Elles resteront toujours à l’extérieur de moi. Et par conséquent, elles ne peuvent pas créer le vrai bonheur, parce que l’euphorie ressentie à travers elles est de courte durée.

La seule chose qui peut causer un bonheur durable est quelque chose qui se connecte avec la partie éternelle de mon être. Avec mon essence. Avec mon âme. Le bonheur est un juste équilibre entre l’esprit et le cœur. C’est le sentiment de contentement, de paix intérieure et

6 Yaffa Palti est une leader communautaire et éducatrice qui a servi des communautés en Israël, au Mexique et à San Diego.

140


Inviter la joie

de bien-être positif, et il s’acquiert de son vivant d’une vie significative et utile.

Nous gaspillons nos vies à courir après la fumée et les miroirs et les lumières clignotantes qui nous appellent et nous promettent le bonheur. Mais ils mentent tous. La liste est un mensonge et les lumières sont un mensonge. Parce que la plus grande erreur que nous pouvons faire dans la vie est de dépendre de quelque chose d’extérieur pour créer notre bonheur. Il n’y a personne, et il n’y a rien dans ce monde qui peut ou devrait être responsable de votre bonheur.

Le terme pour « être heureux » en hébreu est besimchah. Si vous changez toutes les lettres, en hébreu, vous obtenez le mot machshavah, qui signifie « pensée ». Ce n’est pas une coïncidence si le processus du bonheur et le processus de la pensée sont composés exactement des mêmes lettres. La seule personne responsable de mon bonheur est moi. Et l’endroit pour commencer à créer ce processus est dans ma tête. Cela nécessite un changement de perspective vers le positif. Nous ne pouvons pas changer la plupart des circonstances de notre vie. Mais nous pouvons changer la qualité de nos vies en nous concentrant sur le positif. Qu’est-ce que tout cela a à voir avec Soukkot, demandez-vous ? Nous avons quelques mitzvot spéciales à Soukkot.

Nous disons une brachah et secouons un lulav et un etrog. Nous construisons unesoukkah, nous la décorons, nous y mangeons et avec les chats du quartier, nous y dormons même. Mais il y a une mitzvah de plus sur Soukkot qui est en fait sa principale mitzvah, mais pas autant amusante que les autres et donc souvent négligée. Nous devons être HEUREUX.

Cela ne veut pas dire que nous devons nous enfuir pour aller voir notre comédien préféré. Cela signifie devenir des gens qui sont vraiment heureux dans la vie. Cela signifie devenir des personnes qui voient leur vie, le monde et les personnes qui y vivent à travers des yeux et des esprits positifs. Toute l’idée de manger dans la soukkah est de nous enseigner cette leçon. Nous quittons volontiers nos maisons stables, chaudes et confortables et partons camper dans une hutte froide et vacillante pendant une semaine entière. Qu’est-ce qu’on est, une bande de masochistes ? Non. Nous apprenons une leçon de vie essentielle. Nous n’avons pas besoin de matérialisme pour nous rendre heureux ! Nous ne pouvons pas compter sur quoi que ce soit d’extérieur pour nous rendre heureux !

Le bonheur vient de l’intérieur de nous-mêmes, et nous pouvons créer cette paix intérieure, peu importe où nous sommes et peu importe les défis que la vie nous lance. Je vous souhaite à tous un très joyeux Soukkot !

141


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Pleins feux sur l’accueil des invités avec Chaya Lester

que je suis une hôtesse incroyable. Oh, je le suis. Mais pas comme vous le pensez. En fait, je suis une terrible épave en cuisine. Mais cela n’a pas d’importance. Parce que j’ai une formule en 5 étapes pour savoir comment accueillir pour un Shabbat idéal ou un repas de fête. Voici mon secret :

Le plus important : Ne vous laissez pas berner par la nourriture

Je m’indigne en pensant à ces normes de livre de cuisine qu’aucune femme de la classe moyenne ayant plusieurs enfants ne peut raisonnablement atteindre. Le pire, c’est que tous ces jolis préceptes passent complètement à côté de l’intérêt d’un Shabbat ou d’un repas de fête. Parce que ce n’est pas juste un repas. C’est un rituel.

Nous aimons accueillir. Peut-être que certains d’entre vous sont venus chez nous pour un repas de Shabbat d’une vie ?! J’ai la chair de poule en pensant aux visages brillants, aux larmes versées, à l’espace sacré tenu lors de ces fêtes saintes. Les gens pensent

142

La nourriture est l’excuse parfaite. Ne le laissez pas vous faire trébucher ou vous retenir. Le but du repas est de créer un espace sacré pour que les gens puissent se connecter – les uns aux autres, oui – mais plus fondamentalement, à leurs propres âmes. Vous voyez, nos âmes sont comme des animaux effrayés s’accroupissant sous la table. Le cadeau d’un grand repas rituel est qu’il apaise nos âmes et les invite à s’asseoir de manière ferme et florissante dans nos sièges. Débarrassez-vous du stress de la préparation et mettez plutôt le stress sur l’âme.


Inviter la joie

Le repas en partage est le nouveau paradigme

Ne pas accueillir au détriment de vos enfants

Dans ma quête de l’équilibre, j’ai découvert le repas en partage. Et je me sens chanceuse.

Corruption. Oui, je suis prête à révéler la sale vérité de ma parentalité. En général, mes enfants partent jouer à l’étage à la première occasion. Je les appelle avant le dessert et je passe un accord avec eux. Je leur mets de côté des plats de choix sains pour eux et ensuite je tire le meilleur parti du dessert : « Qui veut du gâteau, mangez d’abord au moins dix grosses bouchées de ce truc vert... »

Certaines personnes deviennent astucieuses en cuisine. Je suis juste anxieuse. Alors ce qui a commencé à m’arriver, c’est que je devenais tellement stressée avant un repas que j’ai commencé à inviter de moins en moins. C’était un jeu du tout ou rien. Soit je devais être parfaite, soit je fermais complètement boutique.

Voici ma formule préférée de repas en partage : Nous servons l’essentiel à savoir les boissons / le vin / la challah et disons une poitrine avec une salade. Tout à fait faisable un vendredi. Tout le monde apporte un plat. Un plat important, rappelez-vous, un poisson, une quiche, un curry. Voilà. C’est un festin royal. (Pour mes amis qui ne respectent pas le casher, ils achètent des aliments cashers et les apportent ! Ou ils viennent tôt pour m’aider à cuisiner, et nous passons un bon moment de connexion tout en coupant les poivrons.) L’autre grand avantage du repas en partage, c’est qu’il est égalitaire. Tout le monde est roi ; personne n’est esclave. Fini le modèle des familles épuisées où la femme est l’offrande sur l’autel d’une table somptueuse. Ne devenez pas folle, faites un repas en partage.

Ne laissez pas votre repas idéal se faire au détriment de vos chéris. Si vous êtes comme nous, alors les repas de Shabbat sont l’un des rares moments de la semaine pour entrer réellement en contact avec les enfants. Et c’est un rituel idéal pour le faire. Voici comment nous procédons :

Une fois que vous avez rempli votre version réglementée de mère-Jones d’être un parent respectable... sortez les pépites de chocolat. Posez des questions sur la lecture de la Torah ou les vacances, avec des questions adaptées à l’âge de chaque enfant. S’ils répondent bien, jetez-leur une pépite de chocolat. C’est une source de souvenirs que vous et vos enfants chérirez à jamais.

143


ANNÉE DE CROISSANCE

Par qui vous sentez-vous protégé dans la vie ? Par Dieu, par votre partenaire, par votre communauté ?

Profitez de la joie

Pour moi, je considère nos repas comme mes rendez-vous hebdomadaires entre amis. C’est carrément joyeux, et cette joie est contagieuse. Ne laissez pas le repas être accablé par le stress de la maîtresse de maison. Demandez-vous comment vous pouvez faire plaisir à vos invités – et vous-même ! – de la manière la plus agréable. Demandez à vos invités quelle chose d’amusant qui s’est produit cette semaine. Demandez à quelqu’un de partager une blague ou une histoire animée.

Préparer la vraie nourriture de l’âme Préparez le contenu à l’avance, exactement comme vous le feriez pour la nourriture. Décidez d’un thème pour le repas.

Basez-le sur un enseignement de la lecture hebdomadaire de la Torah ou de la fête la plus proche, ou quelque chose, n’importe quoi d’éducatif. Partagez un peu d’enseignement et posez une question provocatrice à la table. Personnalisez-la. Pas seulement intellectuelle. Pas seulement informative. De préférence quelque chose avec une touche psychologique afin que chacun puisse appliquer l’enseignement directement à sa vie la plus intime et en temps réel. Par exemple, supposons que vous présidiez un repas de Soukkot. Vous pouvez demander :

144

Faites un tour de table et demandez à tout le monde de partager. Traitez. Ou demandez simplement à tout le monde : « Quelle est la chose dont vous êtes reconnaissant en ce moment ? » La gratitude est la meilleure nourriture au monde.

Certes, mon mari et moi sommes des thérapeutes irréductibles, donc nous avons tendance à inviter tout le monde à partager librement sa névrose à table. (Invités méfiezvous). Chez nous, c’est comme un rituel gourmand de thérapie de groupe. Nous sommes connus pour diriger une méditation, faire de l’impromptu, un style libre de paroles, des rendus dramatiques, des interprétations de rêves sur scène. Trouvez votre propre style et amenezle. N’oubliez pas de faire preuve de créativité. Continuez à bouger avec quelques verres et de copieux lechayims. Restez concentré, allez au fond des choses et assurez-vous que tout le monde ait la possibilité (et se sente à l’aise) de parler librement et de laisser parler son âme. Un grand repas rituel est un creuset pour se témoigner les uns aux autres. C’est un terrain de jeu pour l’expression de Dieu. Un festin de créativité et de convivialité. Que cet objectif soit votre étoile polaire d’accueil.

Ne vous laissez pas berner par la nourriture. Cette savoureuse pâte à tartiner n’est qu’un appât pour mettre votre âme sur le siège.

L’apprentissage, la transformation personnelle, les connexions – voilà la vraie fête !


Inviter la joie

145


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Offrir le cadeau de Hachnasat Orchim – accueil des invités – le Shabbat Par Karina Chemea7

Les conseils de Karina pour accueillir les gens chez soi le Shabbat 1. Accueillez les invités avec le sourire

Avant de voyager de l’Argentine à Israël avec Momentum, la famille de Karina Chemea dînait souvent avec ses parents ou ses frères et sœurs. Puis Karina a vécu Momentum et a été stupéfaite de rencontrer des centaines de femmes juives du monde entier, qui avaient toutes tant de chose en commun. « Même si nous venions de pays différents, nous avons toutes ressenties les mêmes émotions fortes en allumant les bougies de Shabbat et en dansant au Kotel », a-t-elle déclaré. Le lien qu’elle a ressenti avec ses sœurs Momentum l’a amenée à ouvrir sa maison et à partager le shabbat avec d’autres. Aujourd’hui, la famille de Karina accueille des Juifs pour les repas de shabbat une ou deux fois par mois.

Menora, l’organisation partenaire qui a accueilli l’expérience Momentum de Karina, envoie des voyageurs du monde entier et les nouveaux membres de la communauté à sa manière. La famille de Karina a accueilli des gens de Turquie, d’Afrique du Sud, de Russie, du Mexique et de nombreux autres pays, et parfois, d’anciens invitées recommandent même leurs amis.

Les personnes peuvent être nerveuses lorsqu’elles se rendent dans la maison d’un étranger pour la première fois. Dès que vos invités entrent dans votre maison, essayez de les faire se sentir les bienvenus. Mes cinq filles rencontrent nos invités à la porte et leur posent des questions sur eux. Ils parlent des voyages des invités, des études ou du travail pour aider nos invités à se sentir à l’aise.

2. Répondez aux besoins de vos invités

Je veux que mes invités s’amusent, alors je m’assure de leur demander à l’avance ce qu’ils aiment manger et s’ils ont des allergies alimentaires. S’ils sont des voyageurs, je leur offre mon aide et je les invite à passer de futurs Shabbats avec nous.

3. Donnez-leur des possibilités de partager

Pendant le dîner de Shabbat, nous avons une tradition dans laquelle nous faisons le tour de la table et nous faisons partager à tout le monde la meilleure chose qu’ils ont vécue cette même semaine. Tout en partageant leurs réflexions, nos invités deviennent souvent émotionnels. Pendant la semaine, nous n’avons pas toujours le temps d’engager de vraies conversations, mais à la table du Shabbat, tout le monde s’écoute attentivement.

7 Karina Chemea est une leader communautaire en Amérique du Sud et une amie proche et collaboratrice de Momentum.

146


Inviter la joie

4. Servir des plats délicieux

L’un des points forts du dîner de Shabbat est de pouvoir déguster d’incroyables plats faits maison.

Chaque semaine, je fais cuire quatre challot, et j’y ajoute parfois de la cannelle ou du zaatar. C’est un grand succès, et je suis toujours heureuse de donner les recettes à mes invités.

5. Mettre à l’aise vos invités

Nous avons souvent des invités qui ne sont pas habitués aux repas du Shabbat. Avant de faire le Kiddush, de nous laver les mains et de bénir les challah, nous expliquons ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Nos invités se sentent inclus et aiment apprendre de nouvelles choses. • Qu’ajouteriez-vous à cette liste ?

• Quelles expériences mémorables d’hébergement ou d’accueil avez-vous ? • Envisagez de faire une liste de personnes que vous pourriez inviter à un repas de shabbat.

147


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Cultiver la joie et l’hospitalité dans votre famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, écrivez-la sur une pancarte et placez-là à un endroit où vous la verrez facilement. Répétezvous cette phrase avec enthousiasme tous les matins. Voici quelques suggestions :  Je suis heureuse de mon sort (extrait des Maximes des Pères)  Je po-si-tive !

 Réunir les gens me rend heureuse  J’accueille les invités avec joie  Je choisis de vivre dans la joie

• Voici des ressources pour explorer la fête de Souccot, ses us et coutumes ses symboles et ses profondeurs : https://bit.ly/43HB1WE https://bit.ly/3WQ1ZsP https://bit.ly/3qujTp2 • Simhat Torah célèbre la fin de la lecture annuelle de la Torah. Une fête joyeuse où l’on chante et on danse autour de la Torah. Quelle est l’origine de cette fête ? Quel sens revêt-elle ? La joie serait-elle une mitsva, un commandement ? Steve Suissa retrouve en Israël Yoel Benharrouche, artiste et enseignant : https://bit.ly/3WMKcme

Pour les familles avec des enfants de tout âge • Adoptez une attitude joyeuse pour vos enfants. Ils apprennent de ce qu’on fait, pas de ce qu’on dit !

148

• Partager du temps avec les autres nous donne de la force, sur tous les plans. Faites-en une priorité. • Initiez vos enfants à la gratitude et la reconnaissance en instaurant des rituels familiaux :

 Au dîner, chaque membre de la famille exprime une chose pour laquelle il est reconnaissant  Dans vos prières, introduisez les bénédictions du matin

 Tenez un journal de gratitude familial que vous mettez à jour chaque jour ou une fois par semaine • Limitez l’exposition de votre famille à la publicité.

 Downloadez et installez une application qui bloque les pubs comme Adblock Plus. Cela vous évitera d’être envahis par les annonces sur les sites internet, Facebook ou YouTube

 Abonnez-vous à des services de streaming sans publicité et empruntez des DVD à la médiathèque  Quand vous regardez la télévision, mettez sur silencieux pendant la pause publicité ou encore, enregistrez les émissions et faites-passer les pubs en avance rapide.  Abonnez vos enfants à des magazines qui ont peu ou pas d’encarts publicitaires • Aidez les gens autour de vous

 Rapportez le conteneur de poubelle de votre voisin


Inviter la joie

 Préparez un repas et apportez-le à une personne âgée de votre famille ou de votre communauté, à des personnes malades, à une famille dont la maman vient d’accoucher  Prenez l’habitude de saluer les gens avec un grand sourire • Ha’hnassat Or’him en famille Impliquez toute la famille dans la Mitsva d’Ha’hnassat Or’him. Réunissez tout le monde planifiez un repas plein de joie dans l’esprit de l’hospitalité juive traditionnelle :  Qui voulons-nous inviter ?

 Comment pouvons-nous trouver quelqu’un qui a vraiment besoin de se faire inviter ?

 Qui, parmi nos connaissances, ne pourrait pas venir au repas mais serait touché si nous lui apportions des plats ou un bouquet de fleurs pour lui montrer que nous pensons à lui ?  Que pouvons-nous faire pour mettre tous les invités à l’aise ?  Quels sont les sujets de conversations qui pourrait intéresser et impliquer tout le monde autour de la table ?

• Soirée cinéma en famille Ushpizin est un très beau film israélien, une comédie aux allures de conte hassidique moderne. C’est l’histoire de Moshe et Mali, un couple qui n’arrive pas à avoir d’enfants, qui reçoit la visite de personnes venues d’un passé qu’ils aimeraient oublier, et leur difficulté à trouver la juste attitude dans cette situation… Vous pouvez vous le procurer à la Librairie du Temple, sous-titré en français : https://bit.ly/3IUQ8nq

• Un projet : créez vos propres Ushpizin Qui sont les personnes que votre famille

considère comme des modèles et aimerait recevoir dans sa Soucca ? Composez un photomontage avec les portraits de toutes ces personnes et accrochez le dans votre Soucca ou à la maison.

• Ha’hanssat Or’him se pratique sur le plan personnel en recevant des gens chez soi et sur le plan communautaire, en aidant les autres à fournir des repas aux personnes qui en ont besoin.  Dans votre ville ou votre quartier, quelle association se charge de procurer de la nourriture aux nécessiteux ? Renseignezvous auprès de la communauté juive la plus proche et vous aurez la liste des banques alimentaires, des paniers-repas, des restaurants du cœur Cachers, des initiatives de livraisons de repas pour Chabbat ou pour les personnes malades…

 Que pouvez faire, avec votre famille, pour aider ces associations ?  Quelles autres familles pouvez-vous inviter à vous rejoindre dans ces actions ? Comment pouvez-vous sensibiliser votre famille et vos amis à la notion de Ha’hnassat Or’him ?

Pour les familles avec des petits

Vous pouvez regarder avec vos enfants ce classique israélien avec Sabba Touvia qui raconte la rencontre d’Abraham avec les anges et son hospitalité légendaire : https://bit.ly/3IUQ6vO Apprenez avec eux des chansons juives avec le livre audio : Mes premières chansons juives : https://amzn.to/3MMY9fj Faites-leur découvrir les aventures de Sammy Spider dans la Soucca de la famille Chapiro : https://bit.ly/3OQyOnz

149


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS VERS UN ÉTAT D’ESPRIT JOYEUX ET PARTAGER UNE HOSPITALITÉ JOYEUSE AVEC VOS INVITÉS – HACHNASAT ORCHIM Reconnaissance

Dans quelle mesure vivez-vous avec gratitude et joie dans votre vie ? Accueillez-vous les invités avec une hospitalité joyeuse aussi souvent que vous le souhaitez ?

150

Vision

À quoi ressemble votre vision la plus élevée de vivre dans la joie et la gratitude ? Qu’est-ce qui nous empêche de réaliser cette vision ? Que pouvez-vous faire pour accroitre la joie et la gratitude dans votre vie et dans la vie des autres ?


Inviter la joie

Objectifs

Quelles sont les petites étapes réalisables – y compris une pratique quotidienne concrète – qui peuvent vous aider à réaliser votre vision d’une vie joyeuse et d’un accueil joyeux des invités ?

Responsabilisation

Comment pouvez-vous marquer vos progrès ? Qui peut vous aider à rester sur la bonne voie dans vos efforts pour atteindre vos objectifs ? Comment peuvent-ils être utiles ?

151


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la vie avec la simchah, la joie ; et la hachnasat orchim, la mitzvah de l’accueil des invités

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Quels messages le monde qui m’entoure communique-t-il sur ce qui m’apportera le bonheur ? Avec lequel de ces messages suis-je d’accord ? Lequel dois-je rejeter ?

• Est-ce que l’ouverture de ma maison et mon cœur aux autres peut/pourrait m’aider à atteindre la simchah, la vraie joie ? • Quelles sont les mesures concrètes que je peux prendre pour prendre soin de ceux qui m’entourent et qui ont besoin d’amitié ou de soutien physique ?

• Quelles traditions de Soukkot pourrais-je essayer cette année ? Comment puis-je les présenter à ma famille avec joie ?

Vocabulaire Significatif hachnasat orchim simchah mitzvah sukkah

152

‫נָסת‬ ַ ְ‫ַהכ‬ ‫אֹור ִחים‬ ְ ‫ִש ְׂמ ָחה‬ ‫ִמ ְצוָ ה‬ ‫ֻסּכָ ה‬

accueil des invités véritable joie

commandement

une cabane ou une hutte couverte de branches utilisée pendant la fête de Soukkot comme lieu de séjour et/ou de restauration temporaire

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à prendre un petit rôle pour la diriger. Par exemple :

• Planifier une activité de lancement ou un supplément pour la session (voir Extra ! Idées de programme) • Organisation de l’événement

• Inviter une ou deux femmes à planifier et à animer une discussion sur la façon dont les médias transmettent le message que le confort physique et le luxe mènent au bonheur et à son impact sur nous en tant qu’individus, les familles et les communautés • Inviter une ou plusieurs femmes à partager une façon dont elle a ramené à la maison l’apprentissage de votre dernière réunion

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


Inviter la joie

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez l’espace. Si vous organisez cette session aux alentours de Soukkot, il est possible de construire ou de décorer une soukkah, ou d’héberger la session dans une soukkah.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez, par exemple, de vous connecter à des éléments du monde naturel dans le cadre d’une méditation guidée, ou à faire en sorte que les femmes se mettent en binôme et s’écoutent, pendant deux minutes chacune, pendant qu’elles partagent entre elles ce qui est nouveau ou comment leurs grandes vacances se sont déroulées.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Présentez la fête de Soukkot et partagez le fait qu’un nom synonyme de la fête est «zman simchateinu», le temps de notre joie. Invitez chaque femme à partager une chose qui lui

apporte de la joie ; peut-être quelque chose que les autres ne devineraient pas facilement.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Abri et réjouissance

Lisez ensemble sur la fête de Soukkot. Utilisez les questions de la page 132 pour le dialogue. Vous voudrez peut-être tirer parti de la centralité de l’histoire de l’Exode (dans la prière quotidienne et dans deux semaines de fêtes de promulgation), qui nous insuffle de l’espoir et des encouragements.

Invitez les femmes à partager n’importe laquelle des traditions ou expériences de Soukkot auxquelles elles ont participé précédemment, et les questions qu’elles se posent sur la fête.

L’idée juive de la joie

Associez des femmes et demandez-leur de lire l’article du rabbin Wolbe ensemble (p. 133). Ensuite, choisissez l’une des questions de suivi et demandez aux partenaires d’y répondre à tour de rôle, tout en restant assises face à face. Donnez à chaque partenaire le temps de parler pendant que l’autre partenaire écoute en silence. Ensuite, tournez. Vous pouvez chronométrer cette activité en annonçant la fin de chaque

153


ANNÉE DE CROISSANCE

partie. Lorsque les deux partenaires se sont exprimées, demandez à des volontaires de partager avec le groupe une idée qu’elles ont eue.

Unification des interlocutrices

Invitez les femmes à lire les paragraphes d’introduction et le dialogue sur les questions de la page 137. Demandez-leur de travailler en petits groupes de trois à quatre personnes pour explorer ces concepts de manière visuelle et tangible.

Chaque groupe devrait alors trouver un moyen de rassembler les mains de chacune, de les façonner en une représentation du concept « universel » et en donnant un titre créatif à leur configuration de main. Demandez-leur ensuite de façonner leurs mains pour représenter le « particulier » et donner un titre à cette création. Revenez ensemble et faites en sorte que chaque groupe montre aux autres leurs créations, ainsi que leurs titres.

Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants, éventuellement par l’écriture ou le dessin : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre séance d’aujourd’hui ? » ou « J’aimerais apporter la hachnasat orchim à ma famille en... »

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles (pages 148‒149). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé

154

à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité que vous n’avez pas couvert et encouragez les participantes à la lire et à la mettre en œuvre à la maison.

Offrez aux participantes l’occasion de prendre un moment pour se connecter avec une autre sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur (voir pages 140‒147) sert de point d’introduction pour des conversations qui ne se produiraient peut-être jamais autrement. Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités ci-dessous :

• Organisez une soirée cinéma au cours de laquelle votre groupe visionnera le film Ushpizin. Utilisez le film comme point de départ pour enseigner la coutume de ushpizinpendant Soukkot.

• Demandez à une participante de faciliter une discussion sur Abraham et Sarah, en utilisant la section « La vraie joie et la Mitzvah de l’accueil des invités » (pages 134-135). Envisagez de lire ensemble l’histoire de l’hospitalité d’Abraham et Sarah et demandez à votre animatrice participante de diviser le groupe en havrutot (binômes d’apprentissage) pour aborder les questions. Parlez de la façon d’intégrer la hachnasat orchim dans leur vie et celle de leur famille. • Si vous planifiez la session avant Soukkot, prévisualisez les ressources proposées dans l’unité qui sont susceptibles d’aider les participantes qui souhaitent construire une soukkah avec leur famille ou leurs voisins.


S’agrandir par la reconnaissance Hakarat Hatov, Gratitude


ANNÉE DE CROISSANCE

GRATITUDE

La sagesse juive intègre rigoureusement la gratitude dans notre vie quotidienne. Elle offre une gamme de rituels, de bénédictions et d’enseignements pour nous guider vers une « attitude de gratitude » omniprésente.

En fait, lorsque nous examinons la science actuelle, nous voyons à quel point la tradition juive est sage dans son insistance à favoriser la reconnaissance.

Prenez le livre Le câblage au bonheur : La nouvelle science cérébrale du contentement, du calme et de la confiance.

L’auteur et neuropsychologue Rick Hanson y explique que nous sommes programmés pour mieux nous souvenir des expériences négatives que des expériences positives. En effet, en tant qu’espèce, notre survie dépend de notre capacité à nous souvenir des endroits où le danger pourrait se cacher. Notre biologie le fait pour nous protéger, bien sûr, mais ironiquement, cela nous cause une anxiété et une négativité inutiles et dommageables. Le Dr Hanson dit que, heureusement, nous pouvons changer la tendance innée de notre corps à se concentrer sur le mauvais en nous concentrant délibérément sur les bonnes expériences de la vie et en les savourant.

De nombreuses recherches ont démontré les avantages considérables de la gratitude. Dans une étude frappante,1 les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de religieuses américaines. Soixante ans plus tôt, dans le cadre du processus d’entrée au couvent, chacune

156

d’elles avait écrit une lettre autobiographique sur sa vie et sur les raisons pour lesquelles elle voulait devenir religieuse.

Les lettres étaient codées, entre autres, pour la gratitude et d’autres émotions positives.

Les chercheurs ont comparé les dossiers médicaux des religieuses âgées, qui avaient eu un mode de vie stable et relativement similaire, avec la façon dont elles ont décrit leur vie quand elles avaient vingt ans. Les résultats furent frappants : les religieuses qui expriment le plus d’émotions positives dans leurs premières autobiographies vivent beaucoup plus longtemps que celles qui expriment le moins d’émotions positives.

Nous pouvons être reconnaissants que la vie juive nous guide pour remplir nos journées de gratitude. Dès que nous ouvrons les yeux, nous sommes invités à commencer la journée avec les mots « Modeh Ani – Je te rends grâce » – comme la première déclaration à honorer nos lèvres.

Dans cette section, nous allons explorer la notion hébraïque du hakarat hatov – reconnaître le bien. Nous verrons comment notre tradition nous pousse à nous concentrer sur le bien dans notre vie. De plus, nous verrons comment cet hakarat hatov nous aide à mieux reconnaître ceux qui sont dans le besoin autour de nous. Nous allons explorer comment nous pouvons travailler pour nous assurer qu’eux aussi reçoivent les bénédictions que nous apprécions tant.

1 Deborah D. Danner, David A. Snowdon et Wallace V. Friesen, « Émotions positives dans la petite enfance et la longévité : Résultats de l’étude sur les nonnes,” Journal de la personnalité et de la psychologie sociale 80.5 (2001): 804‒13. Cité par le rabbin Jonathan Sacks dans son merveilleux article, « La puissance de la gratitude » (Ekev 5775), http://rabbisacks.org/the-power-.


S’agrandir par la reconnaissance

L’AUBE D’UN NOUVEAU JOUR

Quelle est la meilleure façon de commencer la journée ?

Si nous voulons avoir une grande journée pleine de sens, la tradition juive nous invite à avoir une « attitude de gratitude » dès le moment où nous ouvrons les yeux. Quelques questions à vous poser lorsque vous vous déplacez dans cette unité : • Quel rôle la gratitude jouet-elle dans votre vie ?

• Dans quels domaines de votre vie pourriezvous tenir les choses pour acquises et ne pas reconnaître facilement la bonté ? • Comment pouvez-vous choisir la gratitude même dans des circonstances difficiles ? • Quel est le lien entre gratitude et responsabilité ?

La prière suivante a été composée par Rabbi Moshe Ben Reb Yehudah ibn Machir, l’un des kabbalistes qui vivaient à Safed dans les années 1500. Il a écrit qu’il fallait réciter la prière au lever du matin.

Modah ani l’fanecha, Melech chai v’kayam, she-he-cheh-zarta bee nishma-ti b’chemlah; rabah emunatecha. 2

Je Te rends grâce, Roi vivant et éternel, de m’avoir rendu mon âme avec compassion ; Grande est ta Fidélité.

• L’un des messages de cette prière du matin est que la vie elle-même est un don. Quels sont les plus grands cadeaux de votre vie, et comment la réflexion sur eux peut-elle affecter votre matinée ?

• Quel impact cela pourrait-il avoir sur vos enfants de commencer leur journée avec gratitude ?

• Si nous sommes si reconnaissants, nous pouvons nous attendre à ce que la prière se termine par notre fidélité et notre confiance en Dieu à qui nous exprimons notre gratitude. Quelle signification pouvons-nous tirer de la formulation à la fin de la prière qui pointe vers la fidélité et la confiance de Dieu en nous ?!

2 Bien que la prière s’appelle Modeh Ani, une femme devra dire Modah, qui est la forme féminine du verbe hébreu, « remercier ».

157


ANNÉE DE CROISSANCE

BONS POINTS Qu’est-ce qui peut nous propulser avec enthousiasme et énergie pour profiter au maximum de notre journée ?

Le premier chapitre du Shulchan Aruch (Code de la loi juive) déclare : « Levez-vous comme un lion pour servir le Créateur le matin. »

Vraiment ? Comment fait-on cela ? Pensez à l’ampleur de l’industrie du café et vous constaterez que ce n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît. Alors, comment y parvenir ? Reb Noson de Breslov offre ces conseils :

Commencez la journée en pensant à un « bon point » – une appréciation personnelle, une bonne action que vous avez faite, une reconnaissance de votre valeur personnelle, un aspect de la divinité, une force.

Lorsque nous nous concentrons sur le bien en nous-mêmes de manière honnête et authentique, même si cela concerne quelque chose de petit, cela peut magnifier la bonté. Il ne s’agit pas d’une auto-glorification délirante, mais d’un regard honnête sur le bien qui est en nous, parce qu’il y a du bien en chaque personne. Un point honnête d’appréciation intérieure soutient et réveille une personne du sommeil – à la fois du sommeil réel et de la lourdeur qui nous accable parfois d’être pleinement vivant et présent. Remarquer sa propre bonté peut alimenter son moteur. Cela ne vient peut-être pas naturellement, mais cela est suggéré comme une pratique spirituelle.

Lorsque nous commençons notre journée par une appréciation de nous-mêmes et de nos bénédictions, il est plus facile de voir le bien des autres et d’aborder les défis en cherchant des « points positifs ». Cela permet de donner un ton positif pour toute la journée.

158

• Quel « bon point », quelle force ou quel don intérieur possédez-vous que vous pouvez invoquer pour vous aider à rugir hors du lit le matin ? Le Dr John Mordecai Gottman, qui a mené des recherches pendant quarante ans auprès de milliers de couples, a constaté que la stabilité conjugale passe par la concentration sur les aspects positifs, surtout pendant les conflits.

Alors que tous les couples se disputent, que ce soit au sujet de la lessive, de l’intimité, de la parentalité ou de l’argent, le Dr Gottman a constaté que la différence entre les couples heureux et malheureux est l’équilibre entre les interactions positives et négatives pendant les conflits.

Préparez-vous à cela : Dans les couples heureux, la recherche a montré que pour chaque interaction négative pendant un conflit, il y avait cinq interactions positives ou plus. Gottman écrit : « Nous ne réalisons pas le potentiel des relations parce que nous ne comprenons pas ce qui fonctionne. » Allez-y doucement pour attraper l’autre en train de faire quelque chose de mal ; au lieu de cela, attrapez-le en train de faire quelque chose de bien, et appréciez-le pour cela ! • Comment pouvez-vous construire une pratique consistant à remarquer et à mentionner même les petites choses ? J’ai remarqué ton sourire chaleureux ce matin. Merci d’avoir douché les enfants. J’ai apprécié la salade que tu as préparée pour le dîner.


S’agrandir par la reconnaissance

Se concentrer sur les points forts pour faire face à des défis complexes

Lorsque nous faisons face à des défis quotidiens, nous nous concentrons naturellement sur les problèmes à résoudre. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas et comment pouvons-nous le réparer ? Cet état d’esprit de dépannage peut nous aider à résoudre des problèmes simples ou techniques. Cependant, lorsque nous sommes confrontés à des problèmes complexes ou enracinés, nous pouvons nous concentrer sur ce qui est cassé et faire tourner nos roues de manière inefficace. Les auteurs à succès Dan et Chip Heath racontent l’histoire suivante dans leur livre, Fait pour coller :

Pourquoi certaines idées survivent et d’autres meurent.3

Quand Jerry Sternin de Save the Children est arrivé au Vietnam en 1990 pour lutter contre la malnutrition, il a reçu un accueil glacial.

Sternin ne parlait pas le vietnamien et disposait d’un personnel minimal et de maigres ressources. Il était clair qu’il n’était pas en mesure de s’attaquer aux problèmes sous-jacents de la pauvreté et du manque d’eau potable.

Sternin était déterminé à faire tout ce qu’il pouvait pour aider les enfants, et il savait que les mères étaient la clé. Il s’est rendu dans un village local et a réuni les mères. Elles étaient heureuses de l’aider à trouver des moyens de mieux nourrir leurs enfants.

Tout d’abord, Sternin a fait passer des équipes de mères de maison en maison pour peser et mesurer chaque enfant du village. Lorsqu’elles trouvaient des enfants dans des ménages très pauvres qui étaient plus grands et en meilleure santé qu’un enfant dans la norme, Sternin

les guidait pour étudier ce que les mères de ces enfants faisaient différemment en ce qui concerne les pratiques alimentaires typiques du village. Les normes du village étaient de nourrir les enfants deux fois par jour avec le reste de leur famille et ils mangeaient de la nourriture qui était jugée appropriée pour les enfants – du riz mou, pur et de la plus haute qualité.

Mais en parlant avec des dizaines de familles, les mères bénévoles ont découvert que dans les foyers des enfants bien portants, les mères déviaient de ces normes. Elles nourrissaient leurs enfants avec quatre repas par jour, en utilisant la même quantité de nourriture, mais en la répartissant sur quatre repas avec des portions plus petites de deux. Il s’est avéré que les estomacs mal nourris des enfants ne pouvaient pas transformer beaucoup de nourriture en une seule fois, donc les portions plus petites signifiaient qu’une plus grande partie de la nourriture était correctement digérée.

Il y avait aussi une différence dans ce que les mères bien portantes servaient à leurs enfants et dans la façon dont elles les nourrissaient. Elles incluaient des morceaux de protéines qu’elles collectaient et des feuilles de patates douces, qui étaient considérées comme des aliments de classe inférieure. Et elles nourrissaient les enfants plus activement, ne leur faisant pas confiance pour se nourrir à partir du bol commun comme c’était la norme. En se concentrant sur les points forts de la sagesse locale du village, Sternin a organisé des groupes de mères pour qu’elles cuisinent ensemble et apprennent ces pratiques auprès de leurs consœurs sur les points forts.

3 Extrait(s) de Fait pour coller : Pourquoi certaines idées survivent et d’autres meurent, par Chip Heath et Dan Heath, copyright © 2007 par Chip Heath et Dan Heath. Utilisé avec la permission de Random House, une impression et une division de Penguin Random House LLC. Tous droits réservés.

159


ANNÉE DE CROISSANCE

Alors que des dizaines d’experts avaient tenté d’analyser la situation au Vietnam tourmenté par les problèmes, six mois après la visite de Sternin au village vietnamien, 65% de ses enfants étaient mieux nourris – et ils sont restés ainsi. De là, le succès s’est propagé à d’autres villages, atteignant finalement 2,2 millions de Vietnamiens dans 265 villages. • Où dans votre vie avez-vous été mis au défi de rechercher des points lumineux dans votre champ de vision ? Qu’est-ce qui peut vous aider à développer une pratique de recherche : en vous-même, dans les autres, et concernant les défis complexes auxquels vous faites face ?

Projet : Rivière de la Vie/Rivière de la Bénédiction À l’aide de panneaux d’affichage et de marqueurs, dessinez votre parcours de vie – de

160

la naissance jusqu’à aujourd’hui – comme une rivière qui coule, passant d’un tournant à l’autre.

Soulignez les « points de gratitude/bénédiction » tout au long du chemin : des moments de votre vie où vous avez vécu des expériences clés – à la fois des défis et des opportunités – et réfléchissez à ce dont vous pouvez être reconnaissant à chaque moment clé ou tournant. • En regardant votre Rivière de la Vie, comment vous sentez-vous ?

• Y a-t-il des points de votre Rivière de la Vie qui vous ont semblé décevants ou des obstacles à l’époque mais que vous voyez maintenant comme des bénédictions ?

• Au fur et à mesure que vous avancez dans votre Rivière de la Vie, quelles pratiques pourraient vous aider à apprécier les bénédictions que vous avez ?


S’agrandir par la reconnaissance

LA GRATITUDE DANS LES MOMENTS DIFFICILES Nos sages demandent : « Qui est riche ? » Ils répondent : « Celui qui se réjouit de sa propre part.”4

Comment pouvons-nous construire le muscle de la gratitude en nous-mêmes et en nos enfants, afin que même lorsque les choses sont difficiles, nous puissions être reconnaissants pour notre part – pour ce que nous avons et qui nous sommes ? Genèse 29:32‒35

Dieu vit que Léa était mal aimée et il ouvrit son ventre ; mais Rachel était stérile. Léa conçut et enfanta un fils, et l’appela Ruben. Elle a déclaré : « Cela signifie : « Dieu a vu mon affliction »; et : « Maintenant mon mari m’aimera. » » Elle conçut de nouveau et enfanta un fils, et déclara, « C’est parce que Dieu a entendu que j’étais mal aimé qu’il m’a donné celui-ci aussi »; elle l’appela Siméon. Elle conçut et enfanta de nouveau un fils et déclara : « Cette fois-ci, mon mari s’attachera à moi, car je lui ai donné trois fils. » C’est pourquoi elle le prénomma Levi. Elle reconçut et enfanta un fils, et déclara : « Cette fois-ci, je louerai Dieu. » C’est pourquoi elle le nomma Juda. Puis elle cessa d’enfanter

‫וַת ְּק ָרא ְשׁמֹו ְראּובֵ ן כִ ּי ָא ְמ ָרה כִ ּי ָר ָאה‬ ִ ‫וַתּלֶד בֵ ּן‬ ֵ ‫לֵאה‬ ָ ‫וַת ַּהר‬ ַ ‫ּאמר‬ ֶ ֹ‫וַתּלֶד בֵ ּן וַ ת‬ ֵ ‫וַת ַּהר עֹוד‬. ַ ‫ישׁי‬ ִ ‫ה׳ בְ ָּענְיִ י כִ ּי ַע ָתּה יֶ ֱא ָהבַ נִי ִא‬ ‫וַת ְּק ָרא ְשׁמֹו‬ ִ ‫ׂנּואה ָאנֹכִ י וַיִ ֶּתּן לִי גַ ּם ֶאת זֶה‬ ָ ‫כִ ּי ָש ַׁמע ה׳ כִ ּי ְש‬ ‫ישׁי‬ ִ ‫ּאמר ַע ָתּה ַהפַ ַּעם יִ לָ ּוֶ ה ִא‬ ֶ ֹ‫וַתּלֶד בֵ ּן וַ ת‬ ֵ ‫וַת ַּהר עֹוד‬ ַ .‫ִש ְׁמעֹון‬ ‫וַת ַּהר עֹוד‬ ַ .‫ֹׁלשׁה בָ נִים ַעל כֵ ּן ָק ָרא ְשׁמֹו לֵוִי‬ ָ ‫לַד ִתּי לֹו ְש‬ ְ ָ‫ֵאלַי כִ ּי י‬ ‫הּודה‬ ָ ְ‫אֹודה ֶאת ה׳ ַעל כֵ ּן ָק ְר ָאה ְשׁמֹו י‬ ֶ ‫ּאמר ַהפַ ַּעם‬ ֶ ֹ‫וַתּלֶד בֵ ּן וַ ת‬ ֵ .‫וַת ֲּעמֹד ִמלֶ ֶּדת‬ ַ

4 Pirkei Avot (Éthique de nos Pères) 4:1.

Après que notre ancêtre Jacob se soit enfui de sa maison, il trouva refuge dans la maison de son oncle Laban. Laban avait deux filles, Léa et Rachel. Jacob est immédiatement tombé amoureux de Rachel et a offert de travailler pour son oncle pendant sept ans afin de l’épouser. Après sept ans, Laban dupa Jacob et lui donna plutôt Léa comme épouse, affirmant que dans sa culture la fille aînée devait toujours se marier avant la fille cadette. Jacob épousa également Rachel.

Léa a toujours su que Jacob préférait Rachel, et quand elle eut ses trois premiers enfants, ses noms pour eux reflétaient son désir pour l’amour de son mari. Quand son quatrième fils est né, cependant, elle a cessé de se concentrer sur ce qu’elle n’avait pas et a exprimé sa gratitude à la place. Comment pensez-vous que Léa a été capable de passer de la nomination douloureuse de ses trois premiers fils à son expression de gratitude quand son quatrième fils est né ? Comment a-t-elle été capable de changer d’attitude ? • Où avez-vous vu quelqu’un changer d’attitude ? Où avez-vous changé d’attitude, ou où aimeriez-vous faire de la sorte ?

• Quelles pratiques peuvent vous aider, vous et vos enfants, à développer des habitudes de gratitude susceptibles de vous soutenir même dans les moments difficiles ?

• Les mots « Juif » et « Judaïsme » viennent du nom « Juda ». En hébreu, « Juda » a la même racine qu’aujourd’hui, « merci ». Les Juifs sont essentiellement des gens de gratitude. Où pouvez-vous voir ce sens du mot « juif » dans votre vie, dans votre communauté ou dans le monde ? Que pourriez-vous faire pour permettre aux autres de voir cet aspect de ce que signifie être juif ?

161


ANNÉE DE CROISSANCE

100 BÉNÉDICTIONS PAR JOUR

« Il n’y a que deux façons de vivre sa vie. L’un dit que rien n'est un miracle. L’autre dit que tout est un miracle. » Talmud Babylonien, Menachot 43b

Rabbi Meir dirait : Une personne est obligée de faire cent bénédictions par jour. ‫תניא היה רבי מאיר אומר חייב אדם לברך מאה ברכות בכל‬ ‫יום‬ Faire cent bénédictions par jour n’est pas censé être seulement une métaphore : de nombreux Juifs s’efforcent en fait d’atteindre cet objectif. Lors du Shabbat, lorsque le service de prière comprend moins de bénédictions que les jours de semaine, ils cherchent des occasions

supplémentaires pour faire des bénédictions afin d’atteindre la centaine.

Profitez du processus de recherche d’une variété de bénédictions dans votre vie. Nos sages enseignent qu’ils peuvent être trouvés tout au long de notre vie quotidienne : de la contemplation des arcs-en-ciel ou entendre le tonnerre, parler avec une personne sage ou voir un chef d’État important. • Comment votre vie et celle des gens qui vous entourent pourraient-elles être affectées par le fait de dire cent bénédictions par jour ? Si c’était la norme dans une communauté, à quoi ressemblerait la communauté ?

• Quels conflits ou complexités surgissent avec la gratitude ? Les recherches suggèrent que les questions d’indépendance ou d’autonomie peuvent se heurter à la gratitude pour certaines personnes. Où avez-vous rencontré des obstacles pour être plus reconnaissant ? Rabbi Meir (Terre d’Israël, 2ème siècle) fut l’un des plus grands sages de la Mishnah. Beruriah, sa femme, était aussi une célèbre spécialiste de la Torah connue pour sa grande piété et sa sagesse.

162


S’agrandir par la reconnaissance

CÉLÉBRATIONS MONDIALES DE THANKSGIVING AVEC HAKARAT HATOV Idées pour Thanksgiving

• Que ce soit Kinrō Kansha No Hi, Erntedankfest ou Thanksgiving, de nombreuses cultures choisissent un jour pour se concentrer sur la gratitude. Faites le tour de la salle et demandez à tout le monde de partager avec le groupe ce dont elles sont reconnaissantes en ce moment. • Si votre pays ou votre culture n’a pas de journée spécifique pour Thanksgiving, envisagez d’établir une tradition familiale annuelle pour Thanksgiving.

• Récitez le chapitre 100 des Psaumes comme une expression juive de la gratitude à votre table de Thanksgiving.

• Pensez aux gens de votre quartier qui n’ont peut-être pas d’endroit où aller pour le dîner de Thanksgiving. Appelez-les et invitez-les à votre repas.

• Au lieu de préparer un autre plat pour votre repas, mettez de côté le montant d’argent qu’il aurait fallu payer pour acheter les ingrédients, et donnez ce montant à d’autres en tant qu’offrande de tzedakah. Psaume 100

Une chanson pour Thanksgiving. Criez à Dieu, tout le monde sur terre.

Servez avec joie, venez devant Lui avec des chants.

Sachez que le Seigneur est Dieu ; Il nous a fait et nous sommes Lui, peuple et troupeau de Son pâturage. Entrez dans ses portes avec des actions de grâce et dans ses cours avec des louanges ; rendez Lui grâce ; bénissez Son nom. Car Dieu est bon ; Sa bonté est éternelle et Sa fidélité est éternelle de génération en génération.

163


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur Israël

Que se passe-t-il lorsque nous faisons preuve de gratitude, même dans des moments et des périodes troubles ? Quand les choses s’effondrent, qu’elles sont injustes, ou tout

simplement épouvantables ? Quand nous nous sentons épuisés ou éreintés ? Et même dans ce cas sommes-nous reconnaissants d’être en vie ? Si nous regardons autour de nous, voyonsnous la beauté, et sommes-nous reconnaissants encore et encore pour un son, une odeur, un sourire ? Cela pourrait-il nous faire prendre conscience que nous ne sommes pas seuls ? Cela pourraitil nous aider à comprendre que ce que nous avons est un cadeau ? Pourrait-il nous donner une perspective sur la façon dont nous sommes continuellement doués par la générosité des autres et de Dieu ? Le fait d’être reconnaissant de ce que nous avons peut en fait nous aider à comprendre et à établir des priorités. Cela peut nous motiver à poursuivre ce que nous voulons.

Voici l’histoire de Hannah Senesh (1921-1944), qui a grandi à Budapest mais a quitté la Hongrie pour la Terre d’Israël en 1939. La Marche vers Césarée (« Eli Eli ») par Hannah Senesh My God, My God, May these never end: The sand and the sea The rush of the waters The flash of the heavens The prayer of Man.

164

‫ אלי‬,‫אלי‬ ‫שלא יגמר לעולם‬ ,‫החול והים‬ ,‫רשרוש של המים‬ ,‫ברק השמיים‬ .‫תפילת האדם‬


S’agrandir par la reconnaissance

Hannah Senesh a écrit son célèbre poème, « La Marche vers Césarée » (communément appelé « Eli Eli »), alors qu’elle vivait au kibboutz Sdot Yam. Dix jours plus tôt, elle avait rejoint un groupe qui prévoyait d’établir une implantation agricole à Césarée.

En quatorze mots, le poème rend compte de son appréciation et de son amour pour le monde qui l’entoure. Quelques mois plus tard, Hannah s’enrôle dans l’armée de l’air britannique. En 1944, elle a été parachutée en Yougoslavie près de la frontière hongroise pour sauver des Juifs. Elle a été arrêtée par la police hongroise et torturée au cours des mois qui ont suivi.

Malgré ces conditions – et le fait que la police hongroise ait emprisonné sa mère pour la forcer à parler – Hannah a refusé de divulguer la moindre information sur sa mission. Tout au long de son calvaire, elle a fait preuve d’un courage inébranlable et, lorsqu’elle a été exécutée par un peloton d’exécution le 7 novembre 1944, elle a refusé de se bander les yeux, regardant fixement ses bourreaux et son sort. Hannah n’avait que 23 ans.

En 1945, le compositeur israélien David Zehavi a mis en musique « La Marche vers Césarée », qui est depuis devenu un deuxième hymne virtuel en Israël. En 1950, la dépouille de Senesh a été ramenée en Israël et réinhumée au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem.5

• Quelles sont les choses pour lesquelles vous êtes si reconnaissante que vous aimeriez qu’elles ne finissent jamais ?

• Comment l’attitude de Senesh dans ce poème a-t-elle pu lui donner le courage de résister à la police hongroise ? • Qui sont vos héros, et comment vous inspirent-ils ?

• De qui voulez-vous être le héros ?

• Quelle action concrète en termes de développement d’une « attitude de gratitude ,» pouvez-vous entreprendre cette semaine, inspirée par Hannah Senesh et d’autres héros ?

La gratitude peut mener à des actes de courage

En étudiant l’histoire juive, de nombreux jeunes Israéliens sont inspirés pour garder et protéger Israël et le rôle important qu’elle joue pour les Juifs du monde entier. L’organisation, Thank Israeli Soldiers, propose différentes façons de remercier ces soldats et d’inciter d’autres à faire de même : www.thankisraelisoldiers.org.

• Envoyez des courriels à votre famille et à vos amis pour faire connaître le projet.

• Organisez des collectes de colis dans votre synagogue, votre école et votre communauté.

• Faites connaître le programme de colis de soins auprès des étudiants de bar/bat mitzvah et aux organisations de chesed. • Levez des fonds et recueillez des dons de fournitures.

5 Texte adapté de : http://israelforever.org/interact/multimedia/eli_eli/ et http://www.haaretz.com/israel- news/ culture/poem-of-the-week/1.643772. Regardez Ofra Haza interpréter “Eli Eli” sur: http://bit.ly/2cG8fjz, et Lior Ben Hur avec Sol Tevel interprétant une version mise à jour sur : http://bit.ly/2cIQwJw.

165


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Gratitude et responsabilité

Lorsque nous faisons l’expérience des bénédictions dans nos vies, nous sommes appelés à penser à d’autres qui sont dans le besoin et à partager nos bénédictions avec eux.

Maïmonide, Mishneh Torah, Lois des Fêtes 6:18

Lorsqu’une personne mange et boit [pour célébrer une fête], elle est obligée de nourrir des étrangers, des orphelins, des veuves et d’autres personnes pauvres et sans ressources. En revanche, une personne qui verrouille les portes de sa cour et mange et boit avec ses enfants et sa femme, sans nourrir les pauvres et les personnes aigries, ne se laisse pas aller à la joie associée à une mitzvah, mais plutôt à la joie de son estomac. ‫ חייב להאכיל לגר ליתום ולאלמנה עם‬,‫וכשהוא אוכל ושותה‬ ‫ אבל מי שנועל דלתות חצרו ואוכל‬.‫שאר העניים האמיללים‬ ‫ ואינו מאכיל ומשקה לעניים ולמרי‬,‫ושותה הוא ובניו ואשתו‬ .‫ אלא שמחת כרסו‬,‫אין זו שמחת מצוה‬--‫נפש‬

Rabbin Moïse ben Maimon, également connu sous le nom de Maïmonide ou de Rambam, était un philosophe et médecin juif sépharade médiéval prolifique, et était l’un des érudits de la Torah les plus influents du Moyen Âge.

166

• Quel est le lien entre se réjouir en tant que « mitzvah » et inclure les moins fortunés ? Qu’est-ce que cette connexion nous apprend sur la gratitude ? • Pouvez-vous imaginer une époque où un repas ou une fête ressemblait à de la « réjouissance de l’estomac » ?

• Pouvez-vous imaginer une époque où un repas ou une fête avait l’air d’être une vraie joie ? Comme une vraie joie qui avait un sens spirituel en plus du plaisir ? Où les participantes ont-elles pris plaisir à la fois à la nourriture et à la signification profonde de la célébration ?

• Serez-vous l’hôte d’événements ou de repas dans un proche avenir ? Avec qui pourriez-vous communiquer et qui inclure? Il n’est pas toujours facile de trouver et d’inviter ceux qui sont vraiment dans le besoin ; quelles stratégies et quelle aide pourriez-vous chercher pour trouver ceux qui pourraient bénéficier d’un bon repas de fête ? Ils peuvent être plus proches que vous ne le pensez – quelqu’un qui traverse une maladie, un divorce, une perte d’emploi ou autre. Comment pourriez-vous impliquer vos enfants dans l’expérience ?


S’agrandir par la reconnaissance

LA FAIM EN CHIFFRES

1 personne sur 9

dans le monde lutte contre la faim

Cela représente 821 millions de personnes6

1 Israélien sur 5

vit sous le seuil de pauvreté

Cela représente 1,6 million d’Israéliens, dont 638.000 enfants et 162.900 personnes âgées7

• Quelles sont les statistiques sur la faim dans votre communauté ? • Qui dans votre communauté aide ceux qui sont dans le besoin ?

• Quelles idées pourriez-vous avoir pour nourrir les personnes ayant faim lors de votre prochaine célébration ? • Comment impliquer vos enfants ? • Avec qui pouvez-vous vous associer pour agir ?

6 2018 Faits et statistiques sur la faim et la pauvreté dans le monde, dans Hunger Notes, 2018, Service mondial d’éducation contre la faim : Washington, DC, worldhunger.org. 7 Informations tirées de Hunger By the Numbers (novembre 2019), http://mazon.org/the-reality-of-hunger/ hunger-by-the-numbers.

167


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Devenez un connaisseur de la joie Par Adrienne Gold Davis

Dans la vie juive, il semble y avoir une bénédiction pour tout ! Il y a une bénédiction pour voir un arc-en-ciel, une bénédiction après avoir été aux toilettes, une bénédiction pour voir une belle personne. Mais ma bénédiction préférée est d’environ 6 pouces de large et 4 pouces de profondeur, en céramique fine et bordée de feuille d’or. C’est un beau « bol de prière » en céramique, fabriqué à la main par l’artiste Marla Buck. Le mot Todah est gravé sur le fond intérieur de ce magnifique bol, en hébreu et en anglais... mais vous ne le voyez pas tant que votre bol n’est pas vidé.

Il y a un message juif profond dans ce concept. Bien qu’il soit facile de se sentir reconnaissant pour la nourriture qu’on vous donne lorsque vous avez faim, il est plus difficile d’offrir des remerciements et de ressentir une vraie gratitude une fois que votre faim est rassasiée. C’est pourquoi nous Juifs récitons une bénédiction après un repas comme avant. Et la bénédiction d’après est la plus longue. Cela nous aide à développer notre muscle de la gratitude. Les gens reconnaissants sont des gens heureux. La gratitude nous aide à maximiser les plaisirs de la vie et à devenir des connaisseurs de joie. Et nous avons été créés pour éprouver un plaisir profond. Le défi, semble-t-il, est de trouver des raisons pour l’action de grâce dans toutes les expériences, à la fois lorsque nous avons nos besoins satisfaits avec ce bol de soupe

168

fumant et, plus encore, lorsque nous sommes rassasiés ! C’est peut-être pour cela qu’il est plus facile de dire « s’il vous plaît » que « merci ». Et cela aussi est lié à la magie du mot hébreu pour le remerciement. Le mot todah vient du mot hodayah, qui signifie « acquiescer » ou « admettre ». Quel est le lien ? Lorsque nous disons merci, nous admettons et reconnaissons que nous avons reçu une gentillesse de la part d’un autre. Nous admettons que nous avions un besoin qu’ils ont comblé pour nous.

L’une de mes meilleures amies est une athlète formidable et une adepte du fitness. Elle a également une soif inextinguible d’activité et de productivité, et se débrouille avec très peu de sommeil. Sa conception de soi a toujours été liée à sa capacité à faire son travail, à gravir telle montagne sur son vélo, à aider les autres avec son énergie infatigable. Et puis elle s’est littéralement cassé le dos.

Dans ses relations personnelles, elle a eu du mal à accepter de l’aide ou de l’assistance. Et puis elle a subi cet accident, suivi d’une opération chirurgicale, qui l’a abattue pendant trois mois complets. Dieu merci, elle s’est complètement rétablie et est redevenue elle-même – à l’exception d’un élément clé. Le fait d’être contrainte « à l’inaction » l’a obligée à permettre à ceux qui l’aiment de lui donner, de l’aider. Et cela, à son tour, lui a permis de trouver la bénédiction et les dons


S’agrandir par la reconnaissance

d’embrasser la vulnérabilité. Aujourd’hui, elle dit un profond merci à Dieu pour l’avoir « mise à plat ».

Parfois, les bienfaits de la vie se cachent derrière les luttes, et parfois ils sont évidents. Mon amie m’a dit qu’elle souffrait tellement avant son opération qu’elle « n’entendait plus la douleur », mais une fois qu’elle a pu se relever, elle a ressenti un calme et un silence qu’elle tenait auparavant pour acquis.

Elle a dit qu’elle n’avait jamais entendu ce silence auparavant. Être reconnaissant signifie souvent faire taire le bruit dans nos têtes et écouter cette « petite voix douce » à l’intérieur. Puisse toute notre gratitude

venir dans des bols de joie faciles et agréables. Mais n’oublions pas de chercher les bénédictions qui ne sont parfois découvertes que lorsque toute la nourriture est épuisée ! • Quand avez-vous placé envers vous-même des attentes qui vous empêchent d’être vulnérable ?

• Que ressentirait-on à faire taire les voix qui chuchotent ces attentes, en laissant de la place à la vulnérabilité et en permettant aux autres de vous offrir leur soutien ? • En quoi l’ouverture à la vulnérabilité peut-elle vous aider à développer votre « muscle de la gratitude » ?

169


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Gratitude et Responsabilité

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, videos et articles sur MomentumUnlimited.org.

• Choisissez une phrase qui vous inspire, écrivez-là sur une pancarte et placer là à un endroit où vous la verrez facilement. Répétezvous cette phrase tous les matins avec enthousiasme. Par exemple:  Je suis reconnaissante pour ce que je suis et ce que je possède. Dayénou, cela me suffit !

 Je me focalise sur les points positifs tant pour moi que pour les autres

 « Il est bon bien de remercier D.ieu » (Psaume 92)

• Posez un petit carnet à côté de votre lit. Avant de vous coucher, notez trois choses qui se sont bien passées dans la journée et la raison pour laquelle, à votre sens, cela s’est bien passé.

• Pensez à une personne que vous avez du mal à apprécier en ce moment. Vous pouvez aussi vous choisir vous-même. Engagez-vous à faire un compliment ou à remercier cette

170

personne une fois par jour ou une fois par semaine pendant quelques temps.

• Prenez connaissance de l’analyse de Modé Ani par Zvi Freeman et la méditation qu’il propose autour de cette prière quotidienne : Modeh Ani - Pas à pas - Chabad.org • Consacrez 10-20 minutes par semaine, dans les prochaines semaines, avec une amie de Momentum ou une autre personne de confiance pour parler de votre pratique de la gratitude, éventuellement en explorant le module « Etudiez avec votre sœur » de ce chapitre.

• La Hakarat Hatov c’est bien plus que de la gratitude ; c’est être reconnaissant pour ce que nous avons et pour les personnes que nous considérons comme acquises.

• Une bonne idée : avant une fête famille, un Chabbat ou les fêtes juives, demandez à vos invités de vous écrire cinq points sur lesquels ils ont de la gratitude. Imprimez tous les points et découper les en bandes que vous placerez dans un Bol de la Gratitude au milieu de la table. Les convives pourront y piocher et cela créera une atmosphère d’ouverture et de reconnaissance les uns envers les autres.


S’agrandir par la reconnaissance

Pour les familles avec des enfants de tout âge • Ecrivez des cartes de remerciements pour les amis, des parents, des professeurs qui vous ont aidés.

• Donnez à chaque membre de la famille un petit carnet. Encouragez-les à écrire chaque soir avant de dormir trois choses pour lesquelles ils sont reconnaissants ce jour-là.

• Composez avec toute la famille une liste de 100 bénédictions et bienfaits qui vous inspirent un sentiment de gratitude. Accrochez-là sur la porte d’entrée, dans la cuisine ou sur le miroir de la salle de bain pour vous rappeler quotidiennement de toutes ces bénédictions dont vous bénéficiez. • Faites du volontariat dans une association près de chez vous qui apporte de l’aide à ceux qui ne bénéficient pas de toutes ces bénédictions. • Appelez une personne que vous n’avez jamais pensé à remercier et exprimez-lui pourquoi vous lui êtes reconnaissante

Pour les familles avec des petits

• Les matins sont souvent mouvementés dans les maisons avec des enfants. Fixer des rituels est un bon moyen d’en faire un moment plus apaisé. Et de même que vous nourrissez le corps de vos enfants avec le petit déjeuner, nourrissez leur âme en les sensibilisant à l’émerveillement, à la contemplation, à la bénédiction : introduisez le Modé Ani dans votre routine matinale, ce qui nourrira leur spiritualité et leur intériorité. • Avant le rush du matin, faites un gros câlin à votre enfant, partagez avec lui une chose pour laquelle vous ressentez de la gratitude et invitez-le à faire de même. Puis récitez ou chantez ensemble le Modé Ani. • Voici la chanson animée de Modé Ani, à apprendre aux tout petits : https://bit.ly/42gVdNO

• Des chansons pour développer la gratitude :  Merci mon D.ieu des Chevatim : https://bit.ly/43KNqJr

 Modé Ani de Omer Adam en français : https://bit.ly/43IS4Y3  Modé Ani : https://bit.ly/43xykH0

171


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LA HAKARAT HATOV

Reconnaissance

Dans quels domaines de votre vie exprimez-vous votre gratitude ? Dans quels domaines de votre vie pourriez-vous tenir les choses pour acquises et ne pas exprimer de sentiments de gratitude ?

172

Vision

Dans votre monde idéal, quel rôle joue la gratitude dans votre vie ? Comment se présentet-elle ? Considérez différentes relations : la famille, les amis, le travail, la communauté.


S’agrandir par la reconnaissance

Objectifs

Qu’est-ce qui pourrait vous empêcher de manifester votre vision d’intégrer plus de gratitude dans votre vie ? Comment supprimer les obstacles ? Quelles sont les étapes pratiques pour vous aider à atteindre votre vision ?

Responsabilisation

Quelles preuves pouvez-vous recueillir pour savoir si vous progressez ? Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ?

173


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous allons explorer la valeur de la hakarat hatov, la gratitude

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Organisation de l’événement

• Dans quels domaines de votre vie pourriezvous tenir les choses pour acquises et ne pas reconnaître facilement la bonté ?

• Diriger l’activité « Étincelle de l’Âme » sur la Rivière de la Vie/ la Rivière de la Bénédiction (p. 160)

• Quel rôle la gratitude jouet-elle dans votre vie ?

• Comment pouvez-vous choisir la gratitude même dans des circonstances difficiles ? • Quel est le lien entre gratitude et responsabilité ?

Vocabulaire Significatif tov hakarat hatov modah ani (dit par une femme) modeh ani (dit par une femme)

‫טֹוב‬ ‫ַהכָ ַּרת ַהּטֹוב‬ ‫מֹודה ֲאנִי‬ ָ

good recognizing the good Je rends grâce

‫מֹודה ֲאנִי‬ ֶ

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple :

174

• Planifier une activité pour accompagner la session d’étude (voir Extra ! Idées de programme)

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Optionnel : Prenez contact avec les participantes plusieurs jours à l’avance et demandez-leur de se préparer pour cette session en lisant la nouvelle de Mitchell Chefitz, « La malédiction des bénédictions. (www.bit.ly/2bVwfKC). Faites-leur savoir que vous utiliserez cette histoire comme source d’inspiration et de discussion pendant la session. Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Nos activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


S’agrandir par la reconnaissance

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, en aménageant l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin pour animer vos activités Étincelles de l’âme et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Nous suggérons d’impliquer les femmes dans un court exercice d’étirement, ou de se concentrer sur la prise de respirations profondes et relaxantes. Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Activité d’introduction facultative : Invitez chaque femme à penser à un moment où quelqu’un a remarqué un besoin qu’elle avait et a agi en conséquence de manière à la rendre reconnaissante. Demandez ensuite aux femmes de reformuler l’acte, non pas comme quelque chose dont elles sont simplement

reconnaissantes, mais plutôt comme un cadeau réel. Invitez-les à prendre en considération et à évaluer le coût (pas nécessairement financier) encouru par la personne qui offre le cadeau, et à reconnaître la valeur personnelle du cadeau qu’elles ont reçu.

Informez les participantes : S’il existait un nouveau médicament miracle susceptible de rendre les enfants plus heureux, d’améliorer leurs notes, et d’éviter les comportements à risque, de nombreux parents seraient impatients de l’acquérir. Heureusement, la tradition juive a préconisé un tel produit, qui n’a pas d’effets secondaires néfastes et est disponible pour tous à tout moment. C’est ce qu’on appelle la gratitude. En effet, le mot Yehudi, « Juif », partage la même racine hébraïque que le mot pour le remerciement, comme nous le verrons dans cette session.

Au cours des dernières décennies, les chercheurs ont également découvert la gratitude comme remède miracle. L’exercice de recadrage que nous avons commencé est issu d’une recherche présentée dans le livre Faire des enfants adorables : La science du développement des caractères, de Jeffrey J. Froh et Giacomo Bono. La recherche indique que le fait de mettre l’accent sur la gratitude, avec des activités comme celle-ci, et comme les activités de cette session, améliore le bien-être des enfants et des adultes. Discutez avec les participantes :

175


ANNÉE DE CROISSANCE

• Comment votre vie changerait-elle si vous exerciez une forte pratique de voir et de reconnaître le bien tout au long de votre vie ? • Avez-vous déjà vécu une expérience où une pratique régulière de gratitude qui a eu un profond impact sur vous ?

• Quelles pratiques avez-vous vues ou essayées pour apporter de la gratitude dans votre vie ou dans la vie de vos enfants ?

Introduisez la phrase hébraïque pour la gratitude, hakarat hatov. Demandez aux femmes de partager avec le groupe trois mots qu’elles associent avec la gratitude. Une fois que tout le monde a partagé, réfléchissez ensemble aux thèmes, aux aspirations et aux conflits qui ont émergé. Prenez note des thèmes qui sont liés à cette session et les thèmes que vous aimeriez aborder lors des prochaines réunions.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Rivière de la Vie/Rivière de la Bénédiction (p. 160) • Engagez les participantes à cette activité.

• Lorsque les participantes auront terminé leur panneau sur la Rivière de la Vie/Rivière de la Bénédiction, demandez-vous s’il faut que tout le monde partage ou s’il faut demander à des volontaires de partager leurs pièces avec les autres participantes. • Discutez avec les participantes des questions des pages 160 à 161.

100 Bénédictions Par Jour

176

Lisez 100 bénédictions par jour ensemble (p. 162). Demandez aux participantes de réfléchir quelques instants à une bénédiction qu’elles connaissent déjà, ou de créer leur propre bénédiction pour exprimer leur gratitude. Faites le tour de la pièce et demandez à chaque femme d’expliquer la bénédiction qu’elle est sur le point de faire, puis récitez sa bénédiction. • Regardez la vidéo de 3 minutes, « Gracieux pour le Partiel », de Diva Communications.

• Demandez aux participantes la raison pour laquelle elles pensent que les gens devraient réciter cent bénédictions par jour. Dix ou vingt ne suffiraient pas ? Qu’arrive-t-il à une famille qui cherche constamment quelque chose à bénir?

• Si vous n’avez pas fait lire aux participantes « La malédiction des bénédictions » à l’avance, pensez à le leur lire ici pour souligner le pouvoir de faire des bénédictions.

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre session aujourd’hui ? » ou « Une idée ou une pratique de hakarat hatov que j’aimerais commencer avec ma famille est... » Demandez à des volontaires de partager leurs réflexions avec le groupe.

Indiquez-leur sur le tableau à la fin de l’unité où elles peuvent fixer des objectifs pour la hakarat hatov (pages 172-173). Encouragez les sœurs à se soutenir les unes les autres dans les semaines à venir, en prenant le temps de partager et de célébrer leurs progrès dans vos sessions. Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 170-171).


S’agrandir par la reconnaissance

Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité.

Suggérez à tout le monde de faire une chose avant la prochaine session qui conduira à plus de hakarat hatov (par exemple tenir un journal de gratitude, réciter Modeh Ani ou d’autres bénédictions, créer une liste de cent bénédictions avec le reste de la famille). Demandez-leur de se préparer à en parler à la prochaine session.

Offrez aux participantes la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session aujourd’hui (voir « Apprenez avec Votre Sœur pages 164-169). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager les activités suivantes :

Journal de la gratitude

• Distribuez des petits carnets, revues ou albums aux participantes.

• Demandez-leur d’écrire un point de la session et trois choses pour lesquelles elles sont reconnaissantes en ce moment. • Encouragez-les à écrire chaque soir (individuellement ou en famille) trois choses pour lesquelles elles sont reconnaissantes depuis ce jour. Les participantes doivent continuer à remplir le journal de gratitude tous les soirs, et à observer la différence que la hakarat hatov, la gratitude et la conscience des bénédictions, apporteront dans leur vie.

L’aube d’un nouveau jour (p. 157)

• Demandez à une sœur d’apprendre Modeh Ani, la prière que les Juifs récitent lorsque nous ouvrons les yeux pour la première fois le matin, et d’enseigner les mots aux autres participantes

• Encouragez-la à trouver différentes versions musicales de Modeh Ani en ligne à partager avec le groupe, et envisagez d’apprendre une nouvelle mélodie ensemble (voir aussi p. 171). • La sœur a-t-elle animé une discussion en demandant : « Comment cela changerait-il votre vie de commencer chaque journée avec la gratitude ? »

Hakarat Hatov et la pratique familiale

• Demandez à une sœur de mener une discussion avec les femmes sur l’apport de la valeur de la hakarat hatov dans leurs familles, éventuellement par le biais d’une célébration annuelle d’action de grâce (voir aussi p. 163).

177


ANNÉE DE CROISSANCE

178


Allumer la «jeunesse» Achdut, Unité et responsabilité mutuelle – Hanoukka


ANNÉE DE CROISSANCE

180


Allumer la «jeunesse»

Avez-vous déjà marché à travers une forêt de trembles ? Au premier coup d’œil, vous voyez une multitude d’arbres, chacun étant un pilier de beauté avec son propre tronc, ses branches et ses feuilles uniques.

Cependant, juste sous la surface se cache un énorme système de racines interconnecté. Les scientifiques ont découvert que des forêts entières de peupliers faux-trembles sont en fait une seule entité. Certains botanistes soutiennent que ces forêts de trembles sont en fait les plus grands organismes vivants sur terre. Par exemple, Prof. Michael C. Grant, dans ses recherches à l’Université du Colorado, a rapporté un clone de tremble composé de 47.000 troncs d’arbres couvrant 106 acres et pesant des milliers de tonnes. Les arbres peuvent sembler être des entités distinctes, mais ils font en réalité partie d’un tout. Ce fait époustouflant nous amène à nous demander : où ailleurs nous voyons les choses

comme distinctes alors qu’en réalité elles ne font que partie d’une unité inhérente ? Cette question est au cœur des enseignements juifs sur l’unité, achdut. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• À quoi pourrait ressembler l’unité juive ? Que signifie l’unité quand nous sommes en désaccord sur des choses que l’on considère importantes ?

• Quelle est la façon juive d’argumenter ? Le désaccord pourrait-il soutenir l’unité ? • Comment puis-je aider à créer une unité juive ?

181


ANNÉE DE CROISSANCE

AVEC UN CŒUR AU MONT SINAÏ

L’expression « deux Juifs, trois opinions » est assez familière pour être un cliché. En effet, chaque page du Talmud exprime des opinions différentes. La pratique consistant à remettre en question des opinions diverses et à explorer les incohérences apparentes entre elles est la façon dont les Juifs étudient depuis des générations. Pourtant, à la racine, il y a une unité fondamentale – achdut.

Après que le peuple d’Israël a été sauvé d’Egypte, il erra dans le désert jusqu’au Mont Sinaï pour recevoir la Torah. Rashi concentre notre attention sur une curiosité grammaticale : la Torah utilise le singulier, plutôt que le pluriel, pour nous dire que les Israélites campaient en face du mont Sinaï. Exode 19:1-2

Le troisième mois après le départ des Israélites d’Égypte, le premier du mois, ils se rendirent dans le désert du Sinaï. Ils étaient partis de Rephidim et étaient arrivés dans le désert du Sinaï, campant dans le désert. Israël campa là-bas en face de la montagne. ‫יִ ְׂש ָר ֵאל ֵמ ֶא ֶרץ ִמצְ ָריִ ם ּבַ ּיֹום ַהּזֶ ה‬-‫לִיׁשי לְצֵ את ּבְ נֵי‬ ִ ‫א ּבַ ח ֶֹדׁש ַה ְּׁש‬ ‫ ב וַּיִ ְסעּו ֵמ ְרפִ ִידים וַּיָ בֹאּו ִמ ְדּבַ ר ִסינַי וַּיַ ֲחנּו‬.‫ּבָ אּו ִמ ְדּבַ ר ִסינָי‬ .‫ּבַ ִּמ ְדּבָ ר וַּיִ ַחן ָׁשם יִ ְׂש ָר ֵאל נֶגֶד ָה ָהר‬

182

Rashi – Rabbin Shlomo Yitzchaki (France, 1040-1105) est le plus célèbre des commentateurs bibliques et talmudiques.

Rashi, commentaire sur Exode 19:2

Israël y campa [Héb. ‫ – וַ ַיִחן‬la forme au singulier pour « campa »] : Ils campaient comme une seule personne avec un seul cœur, alors que tous les autres campements étaient [divisés] par des plaintes et des conflits. ,‫רש”י (שמות פרק יט) ויחן שם ישראל – כאיש אחד בלב אחד‬ :‫אבל שאר כל החניות בתרעומת ובמחלוקת‬ • Selon vous, que veut dire Rashi quand il dit que le peuple d’Israël au Mont Sinaï était comme « une personne avec un seul cœur » ?

• Selon vous, qu’est-ce qui a permis au peuple d’Israël de se rassembler d’un seul cœur à ce moment, alors qu’il avait été si divisé auparavant ?

• Avez-vous déjà vécu un moment où vous vous sentiez comme « une personne avec un seul cœur » avec le peuple juif ? Expliquer.


Allumer la «jeunesse»

L’UNITÉ PAR LA DIVERSITÉ

Notre tradition enseigne que le peuple juif ne fait qu’un, même si nous pouvons ressembler à une ménagerie de groupes radicalement différents. La vérité cachée de notre essence même et de notre existence est que nous faisons partie d’un tout unifié.

Selon les mots de la prière Shema : «Sh’ma Yis-ra-eil, A-do-nai E-lohei-nu, A-do-nai E-chad – Écoute, ô Israël, A-do-nai notre Dieu, A -do-nai est Un, » le mot Echad (un) ne parle pas seulement du numéro un, mais aussi de l’unicité ultime, de l’unité et de l’interdépendance de la vie. Le message du Shema ne se limite pas à Dieu comme entité unique, mais nous dit que Dieu est en fait l’Unité de tout ce qui est. Et nous, dans toute notre diversité, faisons aussi, paradoxalement, partie de cette Unité divine.

Exercice de Rédaction

Prenez 5 à 10 minutes pour écrire vos réponses aux questions de la colonne suivante. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous aurez fini d’écrire, discutez avec votre sœur de

certaines des questions et des idées qui vous ont été proposées. • Avez-vous eu un aperçu de l’interdépendance et de l’unicité de la vie ? Y a-t-il eu un tel moment pour vous dans la nature, en communauté, ou avec la famille ? Rappelez-vous comment c’était.

• Quel lien voyez-vous entre Dieu et l’Unicité ou l’Unité ?

• Y a-t-il dans votre vie « quelqu’un » dont il n’est pas facile de se souvenir et de remarquer qu’il est, lui aussi, « une partie de l’Un » ? À quoi pourrait ressembler ce souvenir pour vous ?

• Certains parents incluent la prière Shema dans leur rituel du coucher avec leurs enfants. De quelles manières pourriezvous aider votre enfant à puiser dans l’énergie unificatrice de l’Unicité alors qu’il s’installe à la fin de la journée ?

183


ANNÉE DE CROISSANCE

La beauté de la diversité

L’un des défis et des paradoxes de toute communauté est d’équilibrer les frontières, la richesse de la diversité et une unité fondamentale. En art visuel, la beauté se trouve dans la combinaison des couleurs ; en musique, dans l’harmonie des différentes voix ou instruments. • Comment les deux sources ci-dessous pourraient-elles nous guider dans l’élargissement de notre façon de vivre la diversité et l’unité dans nos communautés ? Talmud de Babylone, Brachot 58a.

Nos rabbins ont enseigné : Si l’on voit une foule d’Israélites, ils disent : « Béni soit Celui qui discerne les mystères », car l’esprit de chacun est différent de celui de l’autre, et le visage de chacun est différent de celui de l’autre. ‫ת”ר הרואה אוכלוסי ישראל אומר ברוך חכם הרזים שאין‬ ‫דעתם דומה זה לזה ואין פרצופיהן דומים זה לזה‬

Rabbi Lord Jonathan Sacks, Ha’azinu (5773) – « Que mon enseignement tombe comme la pluie » : La Torah est comparée à la pluie précisément pour souligner que son effet le plus important est de faire grandir chacun d’entre nous dans ce que nous

184

pourrions devenir. Nous ne sommes pas tous les mêmes, et la Torah ne cherche pas l’uniformité.

nor does Torah seek uniformity. Comme le dit une célèbre mishnah : Quand un être humain fabrique plusieurs pièces de la même monnaie, elles sont toutes les mêmes. Dieu crée tout le monde à la même image – Son image – mais aucune n’est identique à une autre (Mishna Sanhédrin 4:5). • Que vous apprennent ces sources sur la vision rabbinique de la diversité ?Comment est-il possible d’atteindre l’unité si nous sommes tous si différents ?

• De quelle manière Dieu peut-il être une force unificatrice ?

Nos sages nous enseignent que la destruction du Temple est le résultat d’une rupture de l’unité juive, une conséquence de la discorde entre les Juifs. Lorsque nous célébrons Hanoukka, nous célébrons une époque où le peuple juif a réparé ses divisions et s’est réuni autour de la cause de la réinauguration du Temple. Alors que nous allumons les lumières sur notre hanukkiah, nous voyons la puissance de sa lumière devenir plus forte avec chaque flamme supplémentaire, la puissance de l’individu rendue plus forte par sa connexion même aux autres. Le rabbin Lord Jonathan Sacks a été Grand Rabbin du Royaume-Uni de 1991 à 2013.


Allumer la «jeunesse»

Activité

Créer une balle communautaire de la fraternité

Les apprenantes visuelles et kinesthésiques trouvent que voir et faire est un puissant outil pédagogique. En explorant les sujets de cette unité, vous pouvez créer un rappel visuel de la beauté de l’unité à travers la diversité en créant un pompon multicolore, une balle communautaire. Certains groupes ont ensuite utilisé la balle pour inclure tout le monde dans la conversation : Quand une sœur a fini de parler, elle passe la balle à une autre, l’invitant à parler. Installez les chaises en cercle. Pendant que vous étudiez ensemble, chaque personne qui parle peut enrouler du fil de couleur autour d’un morceau de carton préparé à l’avance.

Il n’y a pas de règle quant à la quantité de fil à enrouler ; parlez et enveloppez aussi peu ou autant que vous le souhaitez. Ensuite, passez le carton et le fil à l’oratrice suivante. Il pourrait être utile de demander à la personne voisine de tenir le fil. À la fin de la conversation, vous aurez créé un balle de la fraternité, tissant ensemble la diversité de votre groupe dans l’unité.

Une hanukkiah est un chandelier à neuf branches utilisé pour Hanoukka (parfois appelé une menorah de Hanoukka, bien que le terme menorah fasse référence au chandelier à sept branches du Temple, allumé 24h/24, 7j/7).

(Le Guide de l’animateur à la fin de cette unité contient plus d’informations. Voir pages 207208.)

185


ANNÉE DE CROISSANCE

LE MIRACLE DE LA DIVERSITÉ

Rabbi Lord Jonathan Sacks – La dignité de la différence : Comment éviter le choc des civilisations

Dieu, le créateur de l’humanité, ayant fait une alliance avec toute l’humanité, se tourne alors vers un peuple et lui commande d’être différent, afin d’enseigner à l’humanité la dignité de la différence. Le monothéisme biblique n’est pas l’idée qu’il n’y a qu’un seul Dieu et donc une seule vérité, une seule foi, un seul mode de vie.

Au contraire, l’idée est que l’unité crée la diversité... Ce qui est réel et l’objet propre de notre émerveillement n’est pas la quintessence de la feuille mais les 250 000 espèces différentes qui existent en réalité ; pas l’idée d’un oiseau, mais les 9 000 espèces qui existent. Il ne s’agit pas d’une langue universelle, ce sont les 6 000 langues encore parlées dans le monde. Les cultures sont comme les langues. Le monde qu’ils décrivent est le même, mais leurs façons de le faire sont presque infiniment variées....

186

Il n’y a pas de langage universel. Il n’y a pas moyen de parler, de communiquer ou même de penser sans se placer dans les contraintes d’une langue particulière dont les contours ont été façonnés par des centaines de générations de locuteurs, de conteurs, d’artistes et de visionnaires qui nous ont précédés, dont nous héritons et dont nous faisons partie...

Il en va de même pour la religion.... La religion est la traduction de Dieu dans une langue particulière et donc dans la vie d’un groupe, d’une nation, d’une communauté de foi... Comment un texte sacré pourrait-il véhiculer une telle idée ? Il déclarerait que Dieu est Dieu de toute l’humanité, mais aucune foi unique n’est ou ne devrait être la foi de toute l’humanité. Seul un tel récit nous conduirait à voir la présence de Dieu chez les personnes d’autres confessions.

Seule une telle vision du monde peut réconcilier la particularité des cultures avec l’universalité de la condition humaine.


Allumer la «jeunesse»

ÉCLAIRER LA LUMIÈRE INTÉRIEURE Une âme humaine est la bougie de Dieu. Proverbes 20:27

Rabbi Abraham Isaac Kook

Chaque être humain a besoin de savoir et de comprendre Qu’il a en lui une bougie allumée,

Et qu’il n’y a pas deux bougies qui se ressemblent, Et qu’il n’y a personne à qui il manque une bougie.

Chaque être humain a besoin de savoir et de comprendre Qu’il a besoin de travailler et de découvrir Comment partager la lueur de sa bougie avec les autres, Et de l’allumer en une grande torche Qui illumine le monde entier.

‫צריך שכל אדם יידע ויבין‬ ,‫שבתוך תוכו דולק נר‬ ‫ואין נרו שלו כנר חברו‬ .‫ואין איש שאין לו נר‬ ‫וצריך שכל איש יידע ויבין‬ ‫שעליו לעמול ולגלות‬ ‫את אור הנר ברבים‬ ‫ולהדליק לאבוקה גדולה‬ .‫ולהאיר לעולם כולו‬

Le rabbin Abraham Isaac Kook (18651935) fut le premier grand rabbin ashkénaze du pré-État d’Israël ainsi qu’un écrivain et philosophe prolifique.

Alors que nous allumons les lumières sur notre hanukkiah, que la lueur des bougies nous connecte à l’immense puissance de notre âme ardente. • De quelle manière prenez-vous le temps d’être nourri par votre propre lumière intérieure ?

• De quelle manière irradiez-vous votre lumière dans le monde ?

• De quelle manière faites-vous savoir à vos enfants comment leur lumière et leurs actions illuminent votre monde ? • Avec qui envisagez-vous de vous unir pour allumer votre lumière « dans une grande torche qui illumine le monde entier » ? Quelle étape pouvez-vous franchir en cette période des Fêtes pour concrétiser votre vision?

187


ANNÉE DE CROISSANCE

COMMENT DEVRIONS-NOUS ÊTRE EN DÉSACCORD ?

Puisque nous sommes tous si différents, nous sommes obligés d’avoir des désaccords. Parfois, nous pensons que le point de vue ou les actions d’une autre personne sont carrément erronés ou même destructrices. La tradition juive nous enseigne que tous les désaccords ne se ressemblent pas : il y a des désaccords pour l’amour du Ciel et des désaccords qui ne le sont pas. Comment pourrions-nous apprendre à être en désaccord les uns avec les autres d’une manière productive et au service véritable de Dieu, du peuple juif et de l’humanité ? Les sources suivantes nous donnent un aperçu de la situation. En les lisant, gardez à l’esprit les questions suivantes. • Qu’enseigne le Talmud sur notre approche du désaccord ?

• Comment pouvez-vous incorporer la méthode de Hillel dans vos propres désaccords ?

• Les Écoles de Hillel et de Shammai se sont engagées à une étude rigoureuse pour « l’amour du Ciel ». Ceci qualifie et distingue « ceux-ci et ceux-là » du « tout est permis ».

• Comment invitez-vous le questionnement et les opinions différentes dans des limites du raisonnable ?

Nos sages offrent ce qui suit comme l’exemple typique d’un désaccord pour l’amour du Ciel :

188

Talmud Babylonien, Eruvin 13b

Pendant trois ans, il y eut un conflit [un des nombreux] entre l’école de Shammai et l’école de Hillel. Le premier a affirmé : « La loi est selon notre point de vue » et le second a affirmé : « La loi est selon notre point de vue ». Alors une voix céleste s’éleva, annonçant : « Celles-ci et celles-là [les vues des deux] sont les paroles du Dieu vivant, mais la loi est conforme à l’École de Hillel. » Mais puisque les deux sont des paroles du Dieu vivant, pourquoi l’École de Hillel méritait-elle que la loi soit déterminée selon leurs opinions ?

Parce qu’ils étaient aimables et modestes, et parce qu’ils étudiaient à la fois leurs propres opinions et celles de l’École de Shammai, et non seulement cela, ils étudiaient les opinions de l’École de Shammai avant les leurs. :‫ ערובין יג‬,‫תלמוד בבלי‬ ‫ שלש שנים נחלקו בית שמאי‬:‫אמר רבי אבא אמר שמואל‬ ‫ הללו אומרים הלכה כמותנו והללו אומרים הלכה‬,‫ובית הלל‬ ,‫ אלו ואלו דברי אלהים חיים הן‬:‫ יצאה בת קול ואמרה‬.‫כמותנו‬ ,‫ וכי מאחר שאלו ואלו דברי אלהים חיים‬.‫והלכה כבית הלל‬ ?‫מפני מה זכו בית הלל לקבוע הלכה כמותן‬ ‫ ולא‬.‫ ושונין דבריהן ודברי בית שמאי‬,‫מפני שנוחין ועלובין היו‬ ‫עוד אלא שמקדימין דברי בית שמאי לדבריהן‬


Allumer la «jeunesse»

Comment le désaccord peut-il cultiver la croissance ?

Voici un enseignement dans lequel non seulement le désaccord est encouragé, mais il est considéré comme essentiel à la croissance.

Chayei Moharan (La vie du rabbin Nachman de Breslov), Avodat Hashem

J’ai entendu du rabbin Nachman : Le désaccord (machloket) rend service, car à travers la machloket ils peuvent grandir et se développer. C’est comme planter une graine dans le sol. Si le sol est bien tassé et uniformément solide, la graine ne peut pas croître et se développer en arbre. Il faut que le sol soit [aéré], un peu morcelé (mechuleket), pour qu’il y ait de la place afin que l’arbre pousse. C’est donc le cas lorsque l’un est en désaccord avec l’autre ; cela peut fournir de l’espace pour [une nouvelle façon de penser], la croissance et le développement.1

Rabbi Nachman of Breslov (1772-1810) était un maître hassidique et un penseur religieux, et le fondateur du mouvement hassidique de Breslov. Reb Noson, son principal disciple, a écrit le livre Chayei Moharan, sur la vie du rabbin Nachman.

• Comment le point de vue du rabbin Nachman sur le désaccord peut-il affecter la façon dont nous sommes en désaccord avec les autres ? Comment ces idées peuvent-elles enrichir notre réflexion sur la relation entre désaccord et unité ? • Qu’est-ce que cette perspective de désaccord peut vous offrir ? Où dans votre vie pouvez-vous transformer une expérience de désaccord en une opportunité de croissance ? Où en êtesvous avec les désaccords ? Où aimeriezvous être ? Qu’est-ce qui vous gêne ? Quel conseil avez-vous pour vous-même ?

1 Traduction adaptée du rabbin Joseph Telushkin, Le livre des valeurs juives, pages 186-187..

189


ANNÉE DE CROISSANCE

DÉDIÉ AU PARTAGE DE LA LUMIÈRE

Célébration de Hanoukka avec la famille et la communauté

Comment trouver un sens à l’allumage de la hanukkiah ?

Le Talmud enseigne que la mitzvah de base de Hanoukka est d’avoir une seule personne allumant une seule bougie chaque soir de Hanoukka. Que pouvons-nous apprendre de la façon dont nous allumons les bougies ces joursci, avec de nombreux membres de la famille allumant des bougies de manière cumulative – une bougie le premier soir, deux bougies le deuxième soir, et ainsi de suite ? Allumer plus de bougies chaque soir, en augmentant progressivement leur éclat, peut nous inviter à réfléchir à ce que nous aimerions ajouter à notre vie. • À quels endroits puis-je apporter de la lumière ?

• À quelles relations dois-je consacrer plus d’attention et de temps ? À Hanoukka, nous allumons les bougies à l’aide d’une bougie d’assistance, appelée shamash. Une flamme enflamme les autres. Comment allumer la créativité, la lumière et la connexion dans nos familles et nos communautés en cette fête?2

• Quelles parties de ma vie estce que je veux enrichir ?

Comment pouvons-nous rendre Hanoukka mémorable pour nos enfants ? Chaque année, avant ou pendant Hanoukka, notre famille imagine comment nous allons rendre cette fête spéciale. Notre processus commence par un brainstorming d’idées qui

2 Adapté d’une entrevue avec le Dr Ronit Ziv-Kreger, réalisée et rédigée par Rachel Sales.

190


Allumer la «jeunesse»

s’alignent avec l’esprit de la fête et apportent de la joie aux nuits sombres. Nous avons organisé des soirées de jeux, chanté en chœur, organisé des spectacles de marionnettes, et créé et distribué des cadeaux. Cette année, ma fille a suggéré que nous fassions un projet artistique ensemble chaque soir pendant que les bougies sont allumées. Ces dernières années, nous avons aimé chanter ensemble et jouer à des jeux, des activités qui nous invitent à faire une pause, à faire preuve de créativité et à sortir de notre routine quotidienne. Trouver une façon reposante de s’arrêter pendant que les bougies brûlent correspond à l’enseignement de nos sages que le mot hanukkah est dérivé d’un jeu de mots hébreu sur les mots, «Ils se sont reposés le vingtcinquième [jour du mois de Kislev, quand la fête commence].» Comment votre famille pourraitelle créer une pause rajeunissante amusante pendant que les bougies de Hanoukka brûlent ? • Quels souvenirs de fête est-ce que je chéris des années passées ?

• Quelle pourrait être une façon d’impliquer ma famille dans les thèmes de Hanoukka cette année ?

• Comment puis-je aider mes enfants à jouer un rôle de premier plan pour rendre cette fête mémorable ?

Comment pouvons-nous célébrer Hanoukka en tant que communauté ?

Avant que les Maccabées ne se révoltent contre les Grecs syriens, il aurait été beaucoup plus facile pour eux de dire : « Nous sommes peu nombreux et faibles. Il nous sera impossible de surmonter l’oppression, il ne sert donc à rien d’essayer. »

Au lieu de cela, les Maccabées ont imaginé une réalité dans laquelle ils ont résisté aux Grecs syriens, ont rassemblé le peuple juif et ont consacré à nouveau le Saint Temple. Ils ont rêvé grand, partagé leur vision et se sont engagés à la réaliser.

Hanoukka est le moment idéal pour se réunir et partager vos rêves. Demandez-vous, si vous pouviez entrer dans une machine à voyager dans le temps et en sortir cinq ans plus tard, à quoi voudriez-vous que votre communauté ressemble ? Écoutez les rêves de chacun. Identifiez ce que vous partagez et utilisez-le comme source d’inspiration pour créer une vision pour votre avenir. Alors consacrez-vous, en équipe, à faire de ce rêve votre réalité, dans l’esprit de l’enseignement du Talmud, « Tous les peuples d’Israël sont mutuellement responsables les uns des autres. »3 • Quand ai-je vu la responsabilité mutuelle s’étendre ?

• Regardez cette vidéo de deux minutes : https://tinyurl.com/y3ntw98h. Ensuite, demandez-vous : Où pourrais-je commencer de tels frémissements ?

3 Midrash Sifra ; Talmud babylonien, Sanhedrin 27b ; et ailleurs.

191


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL Le temps de l’unité

Jour de l’Unité

« De ‘Ramener nos garçons’ au ‘Jour de l’Unité’ »

Cet article a été écrit par Iris et Ori Ifrach, Rachelli et Avi Fraenkel, et Bat-Galim et Ofer Shaer, les parents d’Eyal Ifrach, Gil-ad Shaer et Naftali Fraenkel4 Il y a un an, nos familles ont été plongées dans un cauchemar que nous n’aurions jamais pu imaginer. Nos fils, Eyal Ifrach, Gil-ad Shaer et Naftali Fraenkel, avaient été enlevés alors qu’ils rentraient de l’école. Pendant 18 (chai) jours, nous avons oscillé quelque part entre le désespoir et l’espoir pendant que nous priions pour leur retour en toute sécurité.

Malheureusement, cela ne se produirait pas. Nos garçons ont rejoint les milliers de personnes qui ont perdu la vie en tant que Juifs et au nom de notre ancienne patrie. Pendant cette période d’incertitude, nous avons tous partagé un sentiment intense d’unité, contrairement à tout ce que notre peuple avait connu ces dernières années, avec le message de « Ramenons nos garçons » atteignant des personnes de tant d’origines et d’endroits différents. Le sentiment d’unité, d’appartenance et de prise en charge de l’autre n’a fait qu’augmenter de ferveur pendant les funérailles et la shiva. Et aujourd’hui, nous sommes incroyablement inspirés par les mesures que les gens ont prises pour perpétuer cet esprit en mémoire de nos garçons.

Lors de la shiva, nos maisons débordaient de visiteurs cherchant à nous offrir du confort, et tant de conversations se sont démarquées.

Mais lors d’une interaction, avec le maire de Jérusalem Nir Barkat, qui s’est rendu dans chacune de nos maisons, une idée a germé, dont nous savions qu’elle devait être développée. Il a dit que nous devions trouver un moyen d’exploiter cet esprit d’unité et de le conserver vivant car cela servirait d’héritage ultime pour nos fils. C’est ainsi qu’est née l’idée du Prix de l’Unité de Jérusalem.[Nous avons ensuite] lancé le concept du Jour de l’Unité... où les communautés juives du monde entier s’arrêtent et réfléchissent sur la valeur de l’unité et comment travailler encore plus dur pour combler les fossés évidents qui existent au sein de notre société.

Il ne fait aucun doute que ces divisions ont diminué pendant ces terribles journées il y a un an. Mais la tragédie ne peut pas être le principal catalyseur de l’unité. Il nous incombe plutôt de tirer parti des leçons de cette période pour bâtir une société meilleure. Au cours de l’année, nous avons tous eu des moments personnels pour réfléchir à la suite de ces événements. En effet, nous avons tous nos réponses personnelles et nous savons que le chemin à parcourir ne sera pas toujours facile. Mais nous savons également que cette voie ne sera pas prise seule. Grâce à la puissance des souvenirs d’Eyal, Gil-ad et Naftali, non seulement leurs morts

4 Iris et Ori Ifrach, Rachelli et Avi Fraenkel, et Bat-Galim et Ofer Shaer, « De ‘Ramener nos garçons’ au ‘Jour de l’Unité’ », JTA, 26 mai 2015.

192


Allumer la «jeunesse»

nous auront rassemblés, mais leurs souvenirs également.

Dans cet esprit, c’est notre éternelle prière commune que l’on se souvienne d’eux non seulement comme des victimes d’une tragédie brutale, mais aussi comme de trois garçons « normaux » qui ont réussi à rassembler une nation. Que les souvenirs d’Eyal, Gil-ad et Naftali nous inspirent tous à vraiment vivre comme un seul peuple avec un seul cœur. • Si vous pouviez parler aux mères qui ont écrit cette lettre, qu’aimeriez-vous entendre et apprendre d’elles ?

Planifier un événement de la Journée de l’Unité

Que pouvez-vous faire pour créer une communauté juive plus unifiée ? Découvrez quand aura lieu le Jour de l’Unité cette année et organisez un programme ou une activité dans votre communauté. Visitez l’Académie Unity Day sur https://bit.ly/2qvEcjV pour trouver des ressources utiles afin de planifier un événement, notamment : •

• Que pensez-vous qu’elles pourraient répondre ?

• •

Le guide « Posez de grandes questions », créé en partenariat avec Hillel International, pour établir la confiance, renforcer la communauté et approfondir la compréhension entre les différents groupes. Idées artistiques liées à l’unité, l’étude de texte et les discussions.

Des vidéos, des chansons et des questions stimulantes autour desquelles vous pouvez élaborer votre événement.

193


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Découvrir l’identité juive à Moscou

A Hanoukka, des centaines de juifs se rassemblent sur la Place Rouge à Moscou. La zone piétonne historique et colorée abrite certains des bâtiments les plus célèbres de Russie et est aujourd’hui un site animé pour les touristes . Bien que la température soit en dessous de zéro et qu’il neige si fort qu’Anita Grinblat ne peut discerner la personne qui se tient à côté d’elle, personne n’est encore prêt à rentrer chez soi. Ils sont venus éclairer ensemble la menorah dans le centre de Moscou, et partager la beauté de Hanoukka avec leurs voisins. Il y a trente ans, cette scène aurait été inimaginable. La Russie faisait partie de l’URSS et la pratique du judaïsme était interdite. Les Juifs ne pouvaient célébrer ouvertement leurs traditions, et encore moins révéler qu’ils étaient juifs. En raison d’un antisémitisme rampant, de nombreux Juifs étaient confrontés à une discrimination quotidienne.

« D’autres personnes auraient pu savoir que j’étais juive parce que mon nom de famille est inhabituel en Russie », dit Anita. « Mais je ne me suis pas reconnue comme juive. Mes parents n’ont jamais parlé de ce sujet. » Il y a plusieurs années, Anita s’est retrouvée dans une profonde dépression, et elle a commencé à explorer ses racines. Elle a trouvé

194

des membres de sa famille dans des bases de données juives russes et elle a lu sur les traditions juives. Elle a contacté sa communauté juive locale, qui l’a immédiatement adoptée. « Je me suis finalement retrouvée sur un terrain solide – au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes », dit-elle.

Aujourd’hui, Anita, son mari et leur fille de dix ans sont des membres actifs de l’une des communautés juives de Moscou. On compte trente communautés juives dans toute la ville et dans les banlieues environnantes, ainsi que des synagogues, des écoles juives et des restaurants casher. La préférée d’Anita est le Pardes, un petit restaurant situé à l’arrière du magasin casher, qui sert un délicieux « Shmuel Burger ». « Si on n’était pas au courant, on ne le trouverait jamais », remarque-t-elle. Elle adore aussi Jerusalem, un restaurant qui sert presque toutes les cuisines possibles – du houmous à la soupe de boulettes de matzah, des sushis aux grillades caucasiennes. Shabbat, Anita et sa famille se dirigent vers leur synagogue, où ils ont une invitation ouverte au dîner du Shabbat à l’échelle de la communauté. Parfois, ils se joignent au repas, d’autres fois, ils profitent d’un repas familial intime à la maison. Le rabbin de la communauté donne


Allumer la «jeunesse»

une conférence à chaque Shabbat sur le texte hebdomadaire de la Torah. Pendant la semaine, des experts juifs viennent parler de divers sujets. En tant que directrice adjointe de la production numérique dans l’un des plus grands magasins de Russie, Anita est impressionnée par la façon dont la communauté juive utilise la technologie et les médias sociaux pour faire connaître les événements et rassembler les gens.

Elle fait partie d’un groupe Facebook qui rassemble des mères juives de Russie et d’Israël. Les membres du groupe partagent leurs conseils et leurs parcours de vie. Par exemple, récemment, une femme juive locale a organisé un championnat de football qui a rassemblé des gens de l’ensemble des trente communautés juives de Moscou. Ce type d’unité juive à Moscou n’est rien de moins qu’une métamorphose.

• Dans quels endroits dans le monde avez-vous de la famille ?

• Comment pourriez-vous, vous et votre famille, en apprendre davantage sur l’expérience juive dans les différentes communautés à travers le monde ?

• Y a-t-il des repas de Shabbat à l’échelle de la communauté où vous vivez ? Y a-t-il des célébrations de Hanoukka à l’échelle de la communauté ? Quel pourrait être le but de ces rassemblements ? • Quand votre famille se réunit-elle avec une diversité de personnes au sein de votre communauté juive, ou de différentes communautés juives ? • Quelle est votre vision pour rendre ce type de rassemblement agréable, mémorable et significatif ?

195


ANNÉE DE CROISSANCE

UNE LEÇON ISRAÉLIENNE D’UNITÉ Rachel Sales

Jérusalem Jour de l’Unité À des milliers de kilomètres de là, une lycéenne de Pittsburgh invite sa « jumelle » à Jérusalem à voir son quartier par vidéo.

Des centaines d’étrangers se rassemblent dans une salle de concert à Haïfa pour chanter « One Day » de Matisyahu en anglais, en hébreu et en arabe.

Deux Israéliennes de communautés très différentes sirotent un café et discutent pendant des heures après une séance d’étude de la Torah. Elles étaient étrangères quelques heures auparavant.

Chaque point de connexion et d’amitié inattendue a été rendu possible par des organisations axées sur l’établissement d’une acceptation et d’un respect mutuels entre diverses communautés – et chaque organisation a reçu le prix de la Journée de l’Unité de Jérusalem en reconnaissance de son travail.

Unis à l’école

Grâce au Global School Twinning Network, les écoles israéliennes sont jumelées à des écoles juives du monde entier. Les écoles partenaires se lancent dans une série de cours en classe et de projets de groupe pour mieux comprendre leurs pairs juifs.

Le programme compte maintenant plus de six cents écoles. Cela a eu une incidence sur la façon dont les enseignants discutent de l’histoire et des valeurs juives, ainsi que sur les discussions que les élèves ont avec leurs parents et leurs

196

communautés. Il a également permis aux élèves de se connecter à travers leurs passions et de partager des détails sur leur vie à travers des œuvres d’art, des photographies et de la musique.

Unis en chanson

Koolulam, un autre projet qui a remporté le prix du Jour de l’Unité de Jérusalem, unit des inconnus de tous âges par le chant. Les musiciens derrière Koolulam postent un lieu en ligne et enseignent un morceau de musique aux foules qui arrivent. Les créateurs de Koolulam ont été inspirés par des vidéos de fidèles dans les lieux saints et ont réalisé que dans les bonnes circonstances, les Israéliens de tous horizons pouvaient mettre de côté leurs différences pour créer une belle musique.

Lorsque les vidéos de la production musicale collaborative ont été diffusées sur Internet, elles ont été vues des millions de fois. Koolulam a touché une corde sensible chez les téléspectateurs du monde juif, et ses participants ont trouvé espoir dans le son de leurs voix unies.

Unis dans l’étude

Kesher Yehudi relie les communautés à travers le texte qui unit les Juifs partout : la Torah. Le programme associe les participants en tant que partenaires d’étude de la Torah, le plus souvent en jumelant des individus de diverses communautés juives.


Allumer la «jeunesse»

Pendant les heures passées à discuter des mots fondateurs de leur religion commune, les participants de Kesher Yehudi se retrouvent à surmonter toute gêne qu’ils ont ressentie lors de leur première rencontre. Ils découvrent que ce qui les divise est bien moins important que ce qui les unit, et ressortent de leurs études avec de nouvelles amitiés. Le Prix du Jour de l’Unité de Jérusalem célèbre les organisations qui luttent contre l’intolérance en unissant les individus par la créativité, la bonté et l’espoir. Aujourd’hui, il est plus important que jamais de poursuivre ce travail. Pour en savoir plus sur les autres lauréats du prix de la Journée de l’Unité de Jérusalem, consultez http://www.unityprize.org/en.

• Quels liens avez-vous noués lors de votre voyage Momentum avec des femmes juives qui semblaient très différentes de vous ? • Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans ces relations ?

• Comment pouvez-vous continuer à jeter des ponts dans la communauté juive ?

• Avec qui dans votre vie est-il difficile de se connecter ? Comment feriez-vous un lien ? Quel soutien pourrait vous aider ?

• Quelles compétences pour établir des liens quand ce n’est pas facile, avez-vous partagé avec vos enfants ? Comment pouvez-vous les aider à établir des liens avec les autres ?

197


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR 7 Habitudes de l’unité juive

David Bratslavsky, directeur exécutif du US-Israel Business Council, a prononcé une conférence ELI en 2013 soulignant sept habitudes clés d’esprit et de pratique pour créer une communauté juive plus unifiée.5

Avant de les lire, réfléchissez avec votre partenaire : Quelles sont les sept habitudes que vous pourriez suggérer pour bâtir l’unité juive dans votre communauté ? Examinez ensuite la liste de David Bratslavsky, et voyez de quelle manière elle est similaire à la vôtre, et de quelle manière elle est différente de votre pensée.

• Laquelle de ces idées avez-vous déjà apportée à votre famille, et sur laquelle pourriez-vous maintenant mettre l’accent avec votre famille, votre lieu de travail et votre communauté ? • Laquelle de ces idées pouvez-vous mettre en pratique cette semaine ? • Que feriez-vous avec vos sœurs Momentum ou avec d’autres ?

5 David Bratslavsky, “7 habitudes des Juifs hautement unis,” Eli Talks : https://elitalks.org/david-0.

198


Allumer la «jeunesse»

Donner et recevoir ensemble

Nous devons donner à toutes sor tes de Juifs.

Élargir notre us » définition du « no une Nous formons tous seule e seule famille et un communauté.

Nous nous levons et nous tombons ensemble.

ace r l’esp e g a t r Pa un comm ens de

et Découvrir e manière d r travaille ur des proactive s mmuns objectifs co

oy z des m emble Trouve ce ens a p s ’e l er par tag à des en sistant s a agés ou - en ts par t n es à e n m n e o pers évén s e r t u t d ’a invitan . omicile d votre

rit de Dans un esp , tendez la coopération r tres Juifs pou main aux au nité. favoriser l’u

Enseigner le s valeurs communes, puis discuter des détails

Il y a tellemen t plus de choses qui no us unissent que de choses qui nous divisent.

b Définissez le « eux »

on

qui sont nos Déterminez versaires, véritables ad s qui nous les vrais défi . touchent tous

e C’est à moi d décider!

é mutuelle Responsabilit

199


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs de la A’hdout, de l’unité, dans votre vie de famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  Un seul peuple avec un seul cœur (Rashi)

 Chema, Ecoute, Ô Israël, L’Eternel Est Notre D.ieu, L’Eternel Est Un

 Celles-ci et celles-là sont les paroles du D.ieu vivant (Talmud)  Désaccord et croissance vont de pair

 Tous les enfants d’Israël sont responsables les uns des autres (Midrash et Talmud) • Sur https://bit.ly/3IRML0A, vous trouverez de nombreux articles pratiques et de réflexion sur ‘Hanoucca.

• Suivez le guide Yossi Touitou sur les traces des Makkabim :

Pour les familles avec des enfants de tout âge

• Invitez chez vous des personnes de différentes origines ou confessions pour un repas ou une soirée jeux. Prévoyez de partager des aliments et/ou des jeux qui reflètent votre héritage et encouragez vos invités à faire de même. Hanoucca est une excellente occasion de le faire ! N’oubliez pas de tenir compte des

200

différentes exigences alimentaires pour que tout le monde se sente inclus…

• Quand vous envisagez en famille de vous investir dans un projet de Tsedaka, essayez de sélectionner une organisation qui vienne en aide à tous les juifs sans distinction ou pour une cause qui transcende les différences. Ce peut être par exemple l’Appel National pour la Tsedaka https://bit.ly/43o50mu , ou la Fondation du Judaïsme Français https://bit.ly/3N9ltW8. • Encouragez votre famille à faire attention de parler positivement des autres personnes. Mettez en place des stratégies pour vous aider à adopter cette position. Par exemple, celui qui critique quelqu’un d’autre doit donner une certaine somme à la Tsedaka ! Adaptez l’amende à l’âge des enfants. Puis réunissez les sommes obtenues et envoyez-les à une association qui soutient et développe l’unité entre les gens.

• Aidez vos enfants à adopter la technique de controverse d’Hillel qui consiste à se disputer en paix en reformulant et considérant le point de vue adverse. Pour s’exercer à cela, essayez un jeu de conversation pendant un repas en vous fondant sur les principes développés dans notre chapitre « Comment être en désaccord ? » …

Pour les familles avec des petits

• Prenez l’habitude d’intégrer la prière du Chema « Chema Israel, A-donaï E-lohénou, A-donaï E’had » dans le rituel du coucher. En le récitant avec lui tous les soirs au moment


Allumer la «jeunesse»

de le mettre au lit, vous créez ainsi une bulle d’amour, de spiritualité et de sécurité qui accompagnera votre enfant toute sa vie. Prenez aussi le temps de traduire cette prière en français, de leur parler de ce qu’elle signifie afin de lui donner plus de force. Quand vous prononcez le dernier mot, E’had, Un, attardez-vous un peu et méditez ensemble sur l’unicité du peuple juive à travers l’unité, l’interconnexion, la A’hdout.

l’aide de leur merveilleuse toupie volante : https://amzn.to/43kxA8w

 La BD de Waltch & Shuky, Hanouka : Chaque année, à la veille de l’hiver, les lumières de Hanouka s’invitent dans nos demeures. Cette rencontre avec la mémoire du peuple d’Israël anime

• Faîtes les embarquer dans le Hanoutrix, un conte de Carole Rotnemer dont ils pourront suivre les 4 épisodes illustrés : https://bit.ly/43jbqTW

• Quelques ouvrages à partager avec les petits :  ‘Hanouka sur le bout des doigts, un livre pour toucher et sentir : https://bit.ly/3Ncwbeq

 Le Siddour sonore Chema Kolénou pour apprendre la prière en chansons : https://bit.ly/3oLc4L2

 Le premier ‘Hanoucca de Sammy Spider : https://bit.ly/3NaPtRg: C’est Hanoucca. Sammy la petite araignée se réchauffe à la chaleur des bougies. La délicieuse odeur des beignets en train de frire emplit la pièce. Sammy aimerait bien participer à la fête et recevoir des cadeaux. Sa maman lui réserve une surprise.

 La Merveilleuse Toupie, Huit contes pour Hanoucah de Rony Oren et Ephraim Sidon qui racontes les voyages de Dany et Joelle à travers le temps et l’espace à

201


ANNÉE DE CROISSANCE

pendant huit jours le quotidien du peuple juif. Festive et familiale, la période de Hanouka est une belle occasion de vivre et de penser les valeurs qu’elle porte en elle : https://bit.ly/3N9hPvg

 La colombe de la paix, de Yokheved Sacks présente à l’enfant par le biais d’une histoire entre deux enfants et leur attachement à des oiseaux, une réflexion profonde sur l’amitié. Les illustrations sont très belles : https://bit.ly/3MRkgkK  Du même auteur, Le véritable bonheur est une histoire entre un papillon et une rose, une réflexion sur la personnalité. Chaque être avec ce qu’il est a en lui des capacités qui lui sont propres et qui sont une chance pour lui. Cette histoire offre une très belle réflexion sur la diversité et les différences entre les personnes : https://bit.ly/3OUtMGn

Pour les familles avec des grands Partagez ce petit poème avec vos enfants : • Crayons Auteur inconnu

Les crayons ont beaucoup à nous apprendre : Certains sont pointus, Certains sont jolis,

202

Certains sont ternes, Certains ont des noms bizarres, et ils sont tous de couleurs différentes, Mais tous, ils doivent vivre dans la même boîte.

Initiez la discussion en famille autour de l’idée qu’apprécier la diversité, c’est valoriser autant ce que nous avons en commun que nos différences. Dans ce poème, il est question d’apprendre à vivre ensemble et d’apprécier les qualités uniques des autres. Encouragez vos enfants à regarder autour d’eux et à remarquer tout ce qui fait ce qu’ils sont. Vous pouvez débattre des questions suivantes :

 En quoi les gens sont similaires à une boîte de crayons ?  Comment des personnes qui ont des traditions, des croyances et des valeurs différentes peuvent apprendre à vivre ensemble ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ce type de situation ?

 Que se passerait-il si tout le monde était exactement pareil ? Si tous les hommes se ressemblaient, parlaient de la même manière et partageaient les mêmes opinions, les mêmes pratiques, les mêmes traditions, quel monde serait-ce ? Seraitce un univers dans lequel vous aimeriez vivre ? Et pourquoi ?


Allumer la «jeunesse»

Quelques ouvrages à partager avec vos enfants : •

Trois cousins et une enquête de Judith Maarek raconte l’histoire basée sur des faits réels de trois cousins parisiens aux vies très différente et qui se retrouvent chez leur grand-mère. Ils vont enquêter sur l’histoire d’une ‘Hannoukia que l’auteure a reçue il y a de cela fort longtemps de sa voisine juive polonaise… Un bel ouvrage sur la famille, sur la différence, sur l’unité et sur l’Histoire de nos familles… https://amzn.to/3CefBVj

• La Brebis Noire, d’Ayala Friedman : « Pourquoi s’arrêter à l’aspect extérieur… Et ne pas rechercher le monde intérieur ? On rit de ma couleur, sans apprécier ma valeur !» Comment une simple brebis noire va-t-elle devenir une célébrité ? Comment parviendra-t-elle à supporter le fait d’être rejetée et ridiculisée ? Et comment sa victoire personnelle se transformera-t-elle en légende ? https://bit.ly/3OUtNtV • L’incontournable BD Hanouka, dans laquelle Daniel et Henri font découvrir aux lecteurs l’origine, les symboles et les coutumes de la fête : https://bit.ly/3CaKMkh

• Dans la belle série des Voyages de Betsalel qui met à l’honneur l’Art juif, A la recherche de la Menorah : Avez-vous une idée de ce que contenait le Temple du roi Salomon ? Savez-vous que la BD a été inventée à DouraEuropos au 3e siècle ? Comment Bar-Kokhba frappait-il des pièces de monnaie sans avoir ni or ni argent ? Voulez-vous allumer les lampes de la synagogue de Tolède, rencontrer un enlumineur à Perpignan, manger des beignets chez une famille lyonnaise, vous égarer dans le Londres du 18e siècle ? Betsalel et Oholiab ont abîmé un livre précieux sur lequel figurait la Ménorah. Leur tablette digitale va-t-elle les aider à la retrouver ? C’est ce qu’affirme Abigaël sur l’écran de leur tablette numérique. En serrant tous deux très fort leur tablette, ils l’accompagneront dans un voyage dans le temps. Mais comment reconnaître cette Ménorah ? Pour le savoir, accompagnez Abigaël, Betsalel et Oholiab, et découvrez avec eux de grands moments de l’histoire juive. L’ouvrage, qui allie une riche illustration et un texte clair, est l’outil idéal pour faire découvrir aux jeunes enfants l’histoire des communautés juives de l’antiquité aux temps modernes ! https://amzn.to/3CbZSpJ

203


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT L’UNITÉ JUIVE

Reconnaissance

Comment décririez-vous votre sentiment et votre expérience actuels de l’unité juive ? Où dans votre vie aidez-vous à construire et à soutenir l’unité ? Où y a-t-il de la place pour grandir ?

204

Vision

À quoi ressemble votre vision idéale de l’unité juive ? Dans votre vision, quels types d’expressions concrètes de l’unité juive verraiton ?


Allumer la «jeunesse»

Objectifs

Quelles petites mesures réalisables pourriezvous prendre pour exercer votre vision de l’unité juive ? Inclure des idées concrètes inspirées par Les 7 Habitudes de l’unité juive.

Responsabilisation

Comment pouvez-vous suivre vos progrès afin d’atteindre vos objectifs ? Qui peut vous offrir du soutien et vous aider dans ce processus ? Comment ? Quand ?

205


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur de la achdut, l’unité

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• À quoi pourrait ressembler l’unité juive ? Que signifie l’unité quand nous sommes en désaccord sur des choses que l’on considère importantes ?

• Quelle est la façon juive d’argumenter ? Le désaccord pourrait-il soutenir l’unité ? • Comment puis-je aider à créer une unité juive ?

Vocabulaire Significatif echad

achdut arevut hadadit

206

‫ֶא ָחד‬ ‫ַא ְחדּות‬

‫ַע ְרבּות ֲה ָד ִדית‬

Shema

‫ְׁש ַמע‬

hanukkiah

‫ֲחנֻּכִ ּיָ ה‬

menorah

‫נֹורה‬ ָ ‫ְמ‬

un

Unicité/ interconnexion/ unité responsabilité mutuelle

la plus ancienne prière fixe, récitée le matin et le soir, qui appelle Israël à reconnaître l’Unicité le candélabre à neuf branches que nous allumons pendant la fête de Hanoucca le candélabre à sept branches qui se trouvait dans le temple de Jérusalem

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple :

• Préparez ce qu’il faut pour l’activité Sisterhood Community Ball, y compris du fil qui change de couleur. Demandez-leur de regarder une vidéo YouTube à l’avance sur la façon de faire un pompon et d’avoir tout le matériel nécessaire • Partagez des souvenirs de Hanoukka ou des conseils et suggestions pour faire de Hanoukka une fête mémorable pour les enfants et les familles

• Planifier une activité de lancement ou un accompagnement pour la session (voir Extra !

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


Allumer la «jeunesse»

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, en aménageant l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Pensez, par exemple, à ce que les femmes se mettent par deux et s’écoutent pendant deux minutes chacune, tout en partageant ce qui est nouveau et ce qu’elles ont en tête aujourd’hui.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Abordez le sujet de l’unité en interrogeant les participantes sur leur voyage Momentum. Comment décriraient-elles leur expérience d’être avec tant de femmes juives de différents pays, origines et confessions religieuses ?

Invitez chaque femme à partager un moment où elle a ressenti un sentiment d’unité, à partir de quelque chose dans sa vie ou lors du voyage.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Achdut – AVEC UN CŒUR AU MONT SINAÏ (p. 182)

Sur le ton de la plaisanterie, « Deux juifs, trois opinions » invitent les femmes à penser à un endroit où elles aimeraient qu’il y ait davantage d’unité. Lisez ensemble le texte de la Torah sur l’arrivée au Mont Sinaï et les commentaires de Rashi. Discutez des questions sur la page, en vous rappelant les endroits où les participantes ont vécu l’unité, comme lors du voyage Momentum. Comment pourrions-nous favoriser le sentiment d’unité ressenti à des moments aussi spéciaux dans notre vie quotidienne ?

L’unité par la diversité (pp. 183–185)

Demandez à une participante de présenter l’activité de bal communautaire des sœurs (p. 185). Donnez ensuite aux femmes le temps d’examiner le texte dans le reste de cette section, soit par elles-mêmes, soit avec une partenaire. Fournir un espace et des matériaux pour la réflexion silencieuse, en donnant aux femmes la possibilité d’écrire leurs pensées si elles le souhaitent. Une fois que les participantes ont terminé, réunissez-les et commencez une conversation sur les questions de la section.

207


ANNÉE DE CROISSANCE

En suivant les instructions pour l’activité de la balle communautaire, passez le carton et le fil à chaque intervenante, en lui demandant d’envelopper le fil pendant qu’elle parle. Lorsque vous avez une belle pièce épaisse, créez la balle communautaire à pompons qui tisse l’action individuelle en un tout cohérent. Lors des sessions suivantes, vous pouvez choisir d’utiliser la balle pour un jeu ou comme un « témoin de parole ».

Illuminer la lumière intérieure

Associez vos participants et demandez à chacun d’entre eux de lire le poème du Rav Kook, « Illuminer la lumière intérieure » (p. 187), et de réfléchir aux questions. Rassemblez les femmes pour partager leurs idées. Invitez-les à réfléchir à des façons d’élargir leurs traditions habituelles de Hanoukka pour y inclure une nouvelle activité. Analysez à l’avance les idées dans la section intitulée « Se consacrer au partage de la lumière : Célébration de Hanoukka avec la famille et la communauté

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux éléments suivants, éventuellement par l’écriture ou le dessin avant de partager « Une chose que je rapporterai de

208

notre séance d’aujourd’hui est... » ou « J’aimerais apporter la achdut à ma famille en ... »

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 314-315). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session aujourd’hui (voir l’activité « Apprenez avec votre sœur pages 194-199). Cette activité Apprendre avec Votre Sœur sert de point d’introduction pour des conversations qui ne se produiraient peut-être jamais autrement. (voir pages 306-313). Faites savoir à tout le monde quand vous vous réunirez à nouveau et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités ci-dessous :

• Organiser une fête de Hanoukka pour les familles et les conjoints après l’apprentissage, avec l’allumage de la hanukkiah et des friandises spéciales de la fête • Y compris une collecte de vêtements d’hiver pour les personnes dans le besoin


S'élever avec gravité Kevod Habriyot, La dignité humaine


ANNÉE DE CROISSANCE

210


S'élever avec gravité

L’IDÉE JUIVE DE LA DIGNITÉ HUMAINE

Comment nous réveillons-nous chaque matin en sachant « Je suis satisfait » et « Je suis digne d’amour, d’appartenance et de joie ? » Comment pouvons-nous cultiver un tel état d’esprit de dignité inhérente chez nos enfants ? La Torah nous enseigne que les hommes – quels que soient leur sexe, leur race, leur couleur ou leurs capacités – sont créés à l’image de Dieu. En tant que tels, nous sommes intrinsèquement dignes. En hébreu, cette valeur est appelée kevod habriyot – l’honneur et la dignité de tous. Comment pouvons-nous investir davantage dans notre propre valeur, élever nos enfants avec ces valeurs et créer des communautés imprégnées de dignité et de respect pour tous ? Le terme hébreu kevod habriyot signifie littéralement « l’honneur des êtres créés ». En hébreu, le mot d’honneur, kavod, est lié au mot pour le poids, comme dans la gravité, ou donnant du poids à la présence d’un autre être humain.

Nous qualifions souvent les idées importantes de « lourdes » et les idées frivoles de « légères ». En fait, notre corps peut influencer notre pensée simplement en tenant un objet plus léger ou plus lourd. Dans une étude de Science Psychologique, chaque participant a reçu un bloc-notes lourd ou léger. On leur a ensuite demandé de réfléchir à un problème hypothétique d’injustice. Ceux qui tenaient les blocs-notes lourds ont réfléchi plus profondément à la question, tandis que ceux qui tenaient les bloc-notes légers ont littéralement

pris la question plus à la légère, lui donnant moins d’importance.

Y a-t-il des questions importantes dans votre vie que vous souhaiteriez prendre moins à la légère ? Y a-t-il d’autres questions que vous aimeriez traiter avec plus de légèreté ? Le judaïsme accorde une grande importance à toutes les questions de dignité humaine. Il est un principe central de notre tradition que tous les hommes – peu importe la couleur, la croyance, le QI ou le salaire – sont fondamentalement dignes de respect. Dans ces pages, nous explorerons la dignité de soi, la dignité des autres et la dignité de ceux qui possèdent des capacités différentes. Des sujets de poids en effet. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Où, dans ma famille, mon lieu de travail ou ma communauté, les questions de dignité et d’honneur font-elles surface ?

• Comment honorer ma propre dignité ? Quelles en sont les implications ?

• Comment puis-je enseigner à mes enfants à honorer chaque personne et à valoriser chacun comme étant créé à l’image de Dieu – indépendamment de son apparence ou de ses capacités ?

211


ANNÉE DE CROISSANCE

QUEL EST L’ENSEIGNEMENT LE PLUS IMPORTANT DE LA TORAH ?

Une ancienne histoire juive raconte l’histoire de deux rabbins qui se disputaient au sujet de l’enseignement le plus important de la Torah.

Midrash Sifra

«Aimez ton prochain comme toi-même» (Lev. 19:18)– il s’agit de l’enseignement le plus important de la Torah, dit le rabbin Akiva.

Ben Azzai [n’était pas d’accord, et] a dit, « Voici le récit des premières générations de l’humanité : [Le jour où Dieu a créé les hommes, Il les a créés à l’image de Dieu ; mâle et femelle, Il les créa.»] (Genèse 5:1-2) - il s’agit d’un enseignement encore plus important. ,‫ יב‬:‫ ד‬,‫ קדושים‬,‫מדרש ספרא‬ ;‫ואהבת לרעך כמוך רבי עקיבא אומר זה כלל גדול בתורה‬... ‫בן עזאי אומר זה ספר תולדות אדם [ביום ברא אלהים אדם‬ ‫] זה כלל גדול‬...‫ זכר ונקבה בראם‬,‫בדמות אלהים עשה אתו‬ .‫מזה‬

1 Mishnah Sanhedrin 4:5.

212

• Selon vous, quelle valeur ou quel principe sous-tend l’opinion de chaque rabbin ? • Que peut signifier un commandement d’aimer ? Si l’amour est un verbe, quelles actions comprendrait-il ? Qui est inclus en tant que « voisin » ?

• Où voyez-vous les capacités divines chez les hommes ? Quelles sont les capacités les plus étonnantes dont font preuve les hommes ? • Qu’est-ce qui rend difficile de traiter chaque personne avec dignité ? Comment les tensions entre risque et sécurité, ou entre fierté et humilité, peuvent-elles nous gêner, et que pouvons-nous y faire ? • Quel lien voyez-vous entre l’ancien enseignement juif selon lequel tous les peuples sont créés à l’image de Dieu, et l’œuvre des Juifs et d’autres personnes à travers le monde est de libérer l’humanité de l’oppression et apporter un monde meilleur pour tous ?

Il peut être difficile d’aimer chaque être humain à tout moment, mais être créé à l’image de Dieu signifie que la vie humaine est sacrée. En effet, on nous apprend que « celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde entier ! »1


S'élever avec gravité

Une histoire du Rabbi de Loubavitch2 Une personne qui a étudié avec le Rabbi de Loubavitch lui a demandé un jour : « Rabbi, quelle est la tâche de notre peuple dans ce monde ? » Le Rabbi répondit : « Un Juif est un allumeur de réverbères dans les rues du monde. Autrefois, il y avait dans chaque ville une personne qui allumait les lampadaires au gaz avec une flamme qu’elle portait au bout d’un long poteau. Un allumeur sait que le feu n’est pas le sien, et il fait le tour en allumant toutes les lampes sur sa route.»

Yoram Raanan a fait son aliyah des États-Unis il y a quarante ans. Le 25 novembre 2016, tout son atelier d’art, dont 2 000 peintures, a été réduit en cendres par un incendie de forêt qui a frappé son village de Beit Meir près de Jérusalem. Pour consulter les autres tirages de

Raanan, visitez le site: http://www. yoramraanan.com. Yoram Raanan, Bereshit (Au début). Utilisée avec l’autorisation de l’artiste.

La personne a demandé : « Comment devienton un allumeur de réverbères ? » Le Rabbi répondit : « Il faut commencer par soi-même, se purifier, s’affiner, et ensuite on voit l’autre comme une source de lumière, attendant d’être enflammé. Quand, à Dieu ne plaise, on est grossier, alors on ne voit que grossièreté ; mais quand on est noble, on voit la noblesse. »

2 Légèrement adapté.

213


ANNÉE DE CROISSANCE

POURQUOI ADAM A-T-IL ÉTÉ CRÉÉ SEUL ?

Mishnah Sanhedrin 4:5

Les hommes ont d’abord été créés comme une seule personne [Adam], pour enseigner que quiconque détruit une seule vie est considéré comme ayant détruit le monde entier ; et quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé le monde entier. Et aussi pour promouvoir la paix entre les peuples, qu’on ne dise pas à son prochain : « Mon parent est plus grand que le tien. » • Que peut signifier la mishnah par « le monde entier » ? Que dit-on de chaque personne, si sauver une personne ou détruire une personne est considéré comme sauver ou détruire le monde entier ?

• Avez-vous rencontré une communauté dans laquelle chaque personne est traitée comme étant intrinsèquement digne, égale et unique ? Que se passerait-il si les gens se traitaient de cette façon, même s’ils ne sont pas d’accord ? La Mishnah est une collection d’enseignements rabbiniques qui ont été rédigés par le Rabbi Yehuda Hanassi au 3ème siècle de notre ère.

214

Exercice de Rédaction

Prenez 5 à 10 minutes pour écrire vos réponses à ces questions. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous aurez fini d’écrire, discutez avec votre sœur de certaines des questions et des idées qui vous ont été proposées. • Qu’est-ce que ces professeurs me disent sur ma dignité innée ? De quels schémas de pensée pourrais-je me défaire pour mieux habiter mon destin ? Que puisje faire pour m’aider à intérioriser ma dignité et à l’incarner plus pleinement ?

• Que dois-je dire à mes enfants – verbalement et dans ma modélisation – sur qui ils sont et de quoi ils sont capables ? Comment ces messages les affectent-ils ? • Comment le fait de regarder chacun de mes enfants comme créé à l’image de Dieu pourrait-il affecter la façon dont je les vois et dont je suis en relation avec eux, et la façon dont ils se voient et se sentent en relation avec eux-mêmes ? • Que puis-je faire pendant les moments difficiles de la parentalité pour garder ces idées à l’esprit ?


S'élever avec gravité

HONORER LA DIGNITÉ DE SOI Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Les enseignements mystiques juifs nous disent que le monde a été créé en plusieurs itérations. Dans une itération antérieure à celle décrite dans l’histoire de la Création de la Torah, Dieu a fait rayonner une lumière énorme dans des récipients qui étaient censés la contenir. Les récipients ne pouvaient pas supporter la lumière, et par conséquent se sont brisés en morceaux.

• Il n’est pas toujours facile de s’identifier à la rupture d’autrui – sans parler de la nôtre. Cet enseignement implique que la lumière et l’éclatement sont répandus à travers notre monde. Que se passe-t-il lorsque vous remarquez seulement la cassure ou seulement la lumière sur une personne ?

• Comment cette histoire mystique de la Création sur la rupture peut-elle être liée à l’enseignement que « le monde entier est rempli de la gloire de Dieu (kavod) » ?

Dans le désert, voyant que les Israélites libérés perdaient espoir et créaient le Veau d’Or, Moïse brisa la première série de tablettes qu’il reçut de Dieu sur le mont Sinaï. Après que Dieu avait pardonné au peuple, Moïse monta de nouveau sur le mont Sinaï, recevant une deuxième série de tablettes avec les Dix Commandements. Le Midrash enseigne que les Israélites ont porté les tablettes brisées avec les tablettes entières dans

l’arche pendant leurs années d’errance dans le désert. Les tablettes brisées et celles entières ont été transportés ensemble. • Une personne peut-elle être à la fois brisée et entière ? Comment est-ce possible ? Qu’est-ce que cela pourrait signifier de porter ensemble dans la sainteté notre rupture et notre intégrité ?

• Comment une personne peut-elle porter sa rupture de façon productive sans être entraînée par elle ?

Lorsque nous nous rapportons à la rupture d’une autre personne uniquement comme étant étrange, différente, et peut-être irritante, nous sommes moins susceptibles de la traiter avec dignité. Nous pouvons avoir pitié de l’autre plutôt que de compatir avec lui. Malheureusement, le comportement humain envers ceux qui sont considérés comme un « autre » peut être cruel. Le célèbre commentateur biblique espagnol, Abraham ibn Ezra, a souligné que le mot hébreu pour cruel, achzar, ‫אכזר‬, peut être lu comme un composé des mots pour traiter un autre « comme un étranger » (‫זר‬-‫)כ‬, or “simplement comme un étranger” (‫זר‬-‫)אכ‬. • Qui avons-nous gardé à distance, mais pouvons-nous envisager de nous rapprocher ?

215


ANNÉE DE CROISSANCE

Les enseignements juifs sur la dignité soulignent que nous sommes tous enracinés dans une Source unique, et notre lumière et notre beauté ainsi que notre rupture et nos défauts proviennent en fin de compte de cette Source. Le rabbin Shlomo Wolbe nous invite à commencer notre pratique du kavod en nous concentrant sur cette énergie unificatrice, en commençant par renforcer notre estime de soi : « Étant donné que vous avez en vous une image sainte et divine, cela vous oblige à vous traiter avec le niveau approprié de raffinement spirituel. »

La Torah nous enseigne le prix à payer pour ne pas reconnaître notre dignité innée. Moïse a envoyé douze espions – un chef de chaque tribu – pour visiter la Terre promise, leur demandant des informations factuelles à son sujet. À leur retour, ils ont inclus dans leur rapport comment ils se voyaient et la projection qui en résultait : « Nous étions dans nos propres yeux comme des sauterelles, et nous étions dans leurs yeux. » Le peuple n’était pas prêt pour la Terre promise. Rappelez-vous : vous êtes un être spécial, précieux, d’une valeur infinie. Dans toute l’éternité vous êtes unique. Continuez à chercher des personnes et des lieux où cette vérité est dite et où vous l’expérimentez.

Ce n’est pas simple ! Comment pouvons-nous mieux distinguer entre notre dignité innée et les mauvais choix que nous faisons parfois, ou les modèles de comportement qui sont défectueux et pourraient être améliorés ? Alors que nous remarquons ce qui doit être réparé, comment pouvons-nous éviter toute haine de soi ? Comment pouvons-nous reconnaître les sentiments que nous éprouvons lorsque nous évaluons nos défauts sans nous humilier ou nous isoler ?

216

Corriger les défauts qui doivent changer d’un lieu de valeur et sans se vanter ou demander l’approbation des autres, comme le rabbin Wolbe le dit, « Tout ce [travail spirituel sur notre propre kavod] est de ne pas chercher la faveur aux yeux des autres, mais d’honorer sa propre image divine intérieure. »

Le danger spirituel de rechercher l’honneur

Si la réalisation de la dignité de soi est si importante, comment pouvons-nous comprendre les mises en garde des rabbins sur le danger spirituel de la recherche de l’honneur ? Ils avertissent que si vous recherchez l’honneur, il vous fuira, soulignant que celui qui fuit l’honneur est plus susceptible de le recevoir. Rabbi Abraham Isaac Kook, Middot HaRayah, Kavod 4

Plus une personne manque d’un sens intérieur de plénitude, plus elle cherchera naturellement à faire l’expérience de la plénitude à partir de sources externes. Ce n’est que la petitesse de l’esprit qui éveille le désir de se glorifier avant les autres, que ce soit dans les vertus que la personne possède ou dans celles qu’elle n’a pas. C’est la raison pour laquelle une personne a besoin de renforcer l’image de sa dignité intérieure et de son intégrité, de sorte que lorsque l’on parle de soi-même, les mots seront toujours dans la mesure appropriée.

‫כל מה שהשלמות הפנימית יותר חסרה כן הטבע מחפש‬ ‫ רק במעמד שפלות הנפש יתעורר חשק‬.‫להשתלם לצד חוץ‬ ‫ ועל‬.‫ בין במה שיש בו בין במה שאין בו‬.‫להתהדר לפני אחרים‬ ‫ ודבריו‬,‫כן חייב האדם להגדיל את רושם השלמות הפנימית‬ .‫בייחוסו להכרת עצמו לאחרים יהיו תמיד במשקל הראוי‬


S'élever avec gravité

• En quoi la plénitude intérieure qui est enracinée dans notre sainteté estelle différente de l’ego, qui court après la reconnaissance extérieure ?

• Kavod en hébreu peut impliquer la dignité intérieure aussi bien que l’ego. Que pouvons-nous apprendre de cela ?

• Quand vous êtes-vous sentie enracinée dans votre vraie dignité intérieure ?

• À quel moment vous êtes-vous senti moins en sécurité et avez-vous cherché une reconnaissance externe ?

• Nous nous sentons tous encouragés par la reconnaissance. Comment cultivonsnous notre kavod intérieur ? Comment pouvons-nous diminuer la recherche de reconnaissance de l’ego kavod ? • Comment élever des enfants enracinés dans leur dignité intérieure ?

Plus nous favorisons notre dignité intérieure, plus nous sommes en mesure d’être compatissants et d’honorer les autres.

Pirkei Avot 4:1

Ben Zoma dit... qui est digne ? Un homme qui donne de la dignité à tous. ‫ ַה ְמכַ ּבֵ ד ֶאת ַהּבְ ִרּיֹות‬,‫ֵאיזֶהּו ְמכֻ ּבָ ד‬ Cet extrait est un commentaire sur la citation de Pirkei Avot par : Rabbi Sholom Noach

Berezovsky, connu sous le nom de Slonimer Rebbe3

Quand la Mishnah demande, « Qui est digne ? » cela ne veut pas dire, « Qui est rendu digne par les autres », comme beaucoup peuvent le penser. Quelle est la valeur de la dépendance à l’égard d’autres personnes pour la dignité ?

Plutôt : « Qui est digne ? Celui qui donne de la dignité à tout le monde » enseigne que le regard d’une personne sur une autre est comme un coup d’œil dans le miroir. Si le visage d’une personne est sale, elle verra un visage sale dans le miroir. C’est la même chose lorsqu’une personne regarde une autre personne. La pureté et le raffinement internes d’un individu détermineront la générosité avec laquelle il regarde les autres et la facilité avec laquelle il voit les attributs positifs d’une autre personne. D’un autre côté, si l’un d’eux est entaché d’attributs et de comportements négatifs, tous les autres en ressentiront également les effets. Par conséquent, la personne vraiment digne est celle qui traite toutes les personnes avec dignité et qui apprécie toutes les personnes. Ce comportement est le véritable signe qu’une personne est vraiment digne.4 • Où avez-vous fait l’expérience d’un entre le respect de soi et traiter les autres avec respect ?

3 L’ancien Slonimer Rebbe, le rabbin Sholom Noach Berezovsky (1911-2000), est largement connu pour ses enseignements hassidiques, qui sont publiés sous la forme d’une série de livres intitulée Netivot Shalom.

4 Adapté d’une traduction du rabbin David Jaffe, fondateur de l’Institut Kirva et auteur de Changer le monde de l’intérieur.

217


ANNÉE DE CROISSANCE

HONORER LES PARENTS Dr. Ronit Ziv-Kreger

Si toutes nos relations, y compris avec nousmêmes, doivent refléter la dignité et l’honneur, alors que pouvons-nous apprendre de l’accent mis par la tradition juive sur l’honneur des parents ? • En tant que parent, quel est le lien entre entretenir une relation aimante et proche avec vos enfants et établir le respect et l’honneur des parents ?

Le cinquième des Dix Commandements concerne le kavod pour les parents.

La psychologue clinicienne Wendy Mogel, dans son livre parental à succès du New York Times, La bénédiction d’un genou écorché : Utiliser les enseignements juifs pour élever des enfants autonomes (une excellente lecture !), apporte de nombreux exemples de ses clients qui démontrent qu’établir kavod envers les parents peut être plus facile à dire qu’à faire de nos jours. Elle dit que « l’inclusion du Cinquième Commandement dans les dix grands [est] la preuve » que le défi n’est pas nouveau.

Les recommandations de la Harvard Graduate School of Education aux parents dans le cadre de leur projet Making Caring Common suggèrent « d’user avec sagesse de l’autorité pour fixer des limites claires. Expliquez comment vos limites sont fondées sur un souci raisonnable et affectueux du bien-être de votre enfant. » • Quelles difficultés avez-vous rencontrées lorsque vous avez essayé d’établir une culture familiale qui favorise le respect envers les parents? 5 Talmud Babylonien, Kiddushin 31b.

218

• Comment pouvons-nous favoriser le respect envers les parents, à la fois en tant que catégorie spécifique que dans le cadre du respect dû à tous, y compris les enfants ? • Quelles actions concrètes avez-vous trouvées utiles pour établir le kavod des parents dans votre famille ? • Quelles actions concrètes faitesvous pour montrer à vos enfants votre kavod pour eux ?

• Comment le fait d’honorer les parents et d’être honoré par eux à la maison peut-il aider les enfants à passer de la famille à la communauté ? Comment cela pourrait-il contribuer à former de bons citoyens dans notre société?

Une phrase poignante dans le livre des Psaumes (71:9) dit : « Ne me rejette pas quand je vieillis ; ne m’abandonne pas car ma force faiblit. » Les sages du Talmud demandent : Quels comportements reflètent le kavod pour les parents vieillissants ? Le Talmud répond par les directives suivantes : “Pour les nourrir, donnez-leur à boire, habillez-les, couvrez-les et accompagnez-les.”5 • Quand est-il approprié que les enfants offrent aux parents le kavod par le biais d’une aide physique concrète ? De quelles autres façons honorez-vous vos parents ? • Si vous avez eu l’expérience de prendre soin de parents vieillissants, quel aperçu cela vous a-t-il donné sur la dignité et l’honneur ?

• De quelle façon nos enfants pourraient-ils profiter du fait que nous honorions nos parents ou que nous entretenions une


S'élever avec gravité

Photo by Yonit Schiller

relation directe et étroite avec nos grandsparents, dans la mesure du possible ?

• Compte tenu de votre situation familiale, comment pourriez-vous montrer à vos enfants des exemples positifs d’offre de kavod aux parents et aux aînés ?

Un conte populaire juif décrit un homme dont le parent âgé renversait de la soupe sur la nappe. Un soir, l’aîné a laissé tomber un bol en porcelaine et il s’est cassé. Son fils a dit : « A partir de maintenant, vous mangerez dans un bol en bois, qui ne peut pas se casser. » Le lendemain, le fils est rentré chez lui et a vu son propre enfant assis et sculptant un bol en bois. L’homme a demandé à l’enfant : « Que faitesvous ? »

« C’est pour toi, Père, pour que tu puisses l’utiliser quand tu seras vieux, et que tes mains commencent à trembler », explique l’enfant.

Le guide juif sur le kavod pour les parents n’est pas seulement une question de bonne éducation parentale et de planification de notre avenir, c’est aussi une pratique spirituelle.

Les Dix Commandements ont été donnés à Moïse au Mont Sinaï sur deux tablettes. La première tablette traitait de la relation entre un être humain et Dieu, tandis que la seconde traitait des relations interpersonnelles. Honorer les parents est sur la première tablette, nous apprenant l’importance spirituelle du rôle parental. Lorsque notre relation avec nos enfants est une relation qui embrasse l’amour et la proximité, ainsi que des frontières appropriées et fermes ; lorsque nous recevons de nos enfants et pas seulement leur donnons ; et lorsque notre culture familiale est une question d’honneur et de respect, nous approfondissons non seulement la sainteté de notre foyer, mais nous favorisons également le développement spirituel de nos enfants.

219


ANNÉE DE CROISSANCE

HONORER LA DIGNITÉ DES AUTRES Le concept juif de la dignité humaine est devenu une pierre angulaire de la conscience humaine dans le monde entier. L’historien chrétien Paul Johnson écrivait : « La plupart des meubles mentaux du monde moderne... sont de fabrication juive. » La dignité humaine est certainement un élément central du mobilier mental mondial. Malheureusement, cela n’a pas toujours été célébré dans le monde. Il est effrayant de se souvenir qu’Adolph Hitler ait écrit « La conscience est une invention juive ». Il a poursuivi en disant : « La lutte pour la domination du monde est entre moi et les Juifs. Tout le reste n’a pas de sens. Les Juifs ont infligé deux blessures au monde : Circoncision pour le corps et conscience pour l’âme. Je viens libérer l’humanité de ses chaînes.» Hitler a en effet violemment piétiné l’idée de dignité humaine.

Lorsqu’on examine la multitude de systèmes juridiques dans le monde, il est évident que les vérités bibliques sur les droits de l’homme constituent le noyau des normes les plus élevées pour l’humanité. L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme le 10 décembre 1948. L’article premier de la Déclaration stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. » René Samuel Cassin était un juriste et juge juif français, et l’un des principaux architectes de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cassin a reçu le prix Nobel de la paix pour

son travail en faveur des droits de l’homme en 1968. Selon Cassin, la dignité et les droits de l’homme trouvent leur origine dans les Dix Commandements, qu’il a appelés « le premier Code des devoirs essentiels de l’homme ». Cassin a écrit et parlé abondamment du lien entre le judaïsme et les droits de l’homme, contribuant à la création du Conseil consultatif des organisations juives, qui s’est concentré sur la fourniture d’une perspective juive sur les droits de l’homme au système des droits de l’homme des Nations Unies.6

La psychologue de l’Université Harvard, Donna Hicks7 , a travaillé à faciliter le dialogue dans de nombreux conflits mondiaux. Au cours de son travail sur le terrain, elle a remarqué un phénomène qui empêchait les parties de résoudre leurs différends : Une conversation tacite se déroulait « sous la table ».

C’était comme si les gens disaient : « Comment oses-tu me traiter de la sorte ! Nous voulons être traités comme des êtres humains !» Ce sous-texte empêchait les parties d’aller de l’avant. Hicks s’est rendu compte qu’il y avait d’importantes réactions émotionnelles sur la dignité, et sur la façon dont la dignité est violée, ce qui a alimenté les conflits.. • Où dans votre vie pourrait-il y avoir une « conversation sous la table » sur la dignité ou les violations de la dignité ? Quelle est la chose positive que vous pouvez faire à ce sujet ? • Comment la question du respect de sa propre dignité et de la dignité des autres se pose-t-elle dans les conversations avec vos enfants ?

6 René Cassin, « Des dix commandements aux droits de l'homme ».

7 Pour plus d’informations sur le travail de Mme Hicks sur la dignité, consultez son discours TedX sur son site

web : http://drdonnahicks.com, ou lisez son livre, Dignité : Son rôle essentiel dans la résolution des conflits.

220


S'élever avec gravité

UNE VISION PARENTALE DE LA CRÉATION :DEUX NOTIONS DE DIGNITÉ Le rabbin Joseph Ber Soloveitchik, dans son célèbre livre L’homme solitaire de la foi suggère que l’histoire de la création de la Torah dans les chapitres 1 et 2 de la Genèse offre deux modèles de dignité et de valeur humaines.

Dans la Genèse 1, Adam est créé à l’image de Dieu et chargé d’une mission de régner sur l’environnement, le développer et le transformer. La Torah utilise le nom Elokim, un nom divin utilisé pour désigner Dieu comme Créateur. Les gens, à l’image de Dieu, font l’expérience de l’honneur et de la dignité lorsqu’ils créent, développent la maîtrise, contribuent à leur environnement et réalisent leur potentiel divin. C’est la dignité humaine qui découle de la créativité, de la réussite et de la contribution. Dans le chapitre suivant de la Genèse, un deuxième modèle important de dignité se présente. Ici, Dieu respire le souffle de vie dans les narines d’Adam. Le rabbin Soloveitchik décrit cet aspect de l’expérience humaine comme n’étant pas une question d’accomplissement ou d’actualisation du potentiel divin, mais plutôt une « conscience de communier avec le Grand Soi ». Chaque souffle que nous prenons peut être un rappel de notre valeur inhérente et de notre proximité potentielle avec le Divin. Le rabbin David Aaron, dans son livre, La vie alimentée par Dieu : S’éveiller à votre dessein divin le dit ainsi :

« Notre âme fait partie de Dieu. Chacun d’entre nous est un chef-d’œuvre – une pièce du Maître – et mérite certainement d’être traité de cette façon. » Ces deux notions de dignité semblent contradictoires : l’une est basée sur la créativité extérieure, l’effort, la réussite et la maîtrise, et l’autre est basée sur la dignité intrinsèque. Le rabbin Aaron suggère que l’équilibre entre ces deux éléments « peut être une source formidable de créativité, de productivité, de stabilité et d’épanouissement ».

À quoi pourrait ressembler ce type d’équilibre ? Il poursuit : « Les personnes en bonne santé spirituelle ont l’intuition de leur grandeur divine de l’intérieur et sont constamment poussées à réaliser leur potentiel divin en faisant de grands actes pour leur communauté, le monde et Dieu. » En tant que parents, nombreux sont ceux qui considèrent que la question de l’équilibre entre les efforts et les réalisations avec la dignité inhérente est comme un défi et une opportunité permanents. • Comment, en tant que parents, pourrions-nous équilibrer ces deux notions apparemment contradictoires de dignité dans nos propres vies, et comment pourrions-nous modeler cela pour nos enfants ?

221


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL Yehudit Karp

morales et de garantir les droits humains en général, et les droits des femmes, des enfants et des victimes en particulier. Karp a été une partenaire active dans l’élaboration et la rédaction de la plupart des lois fondamentales qui forment la constitution d’Israël, et a plaidé en tant que représentant du ministère de la Justice lors des débats de la Knesset sur ces lois. Loi fondamentale : Dignité humaine et Liberté , qui est considérée comme la Déclaration des Droits d’Israël, a été essentiellement formée selon un projet personnellement initié par Karp.8 Photo credit: Flash 90, http://www.nrg.co.il/online/1/ART2/070/492.html

Yehudit Karp (b. 1937) est largement reconnue pour sa quête résolue de vérité et de justice. Tout au long de sa carrière d’avocate, elle a agi avec courage dans les sphères israélienne et internationale afin de préserver les normes

• Yehudit Karp a utilisé le système judiciaire pour faire changer les choses en Israël. Où dans votre vie pouvez-vous apporter des changements - dans votre famille, votre lieu de travail ou votre communauté ? • Comment pouvons-nous soutenir le travail de nos sœurs pour créer un monde où tous sont respectés et où la dignité de chaque personne est reconnue ?

8 Légèrement adapté de Frances Raday et Mika Levy, « Yehudit Karp », Femmes juives : Une encyclopédie historique complète, Archives des femmes juives, , https://jwa.org/encyclopedia/article/karp-yehudit.

222


S'élever avec gravité

LOI FONDAMENTALE : DIGNITÉ HUMAINE ET LIBERTÉ (adopté par la Knesset en 1992 ; modifié en 1994)

Israël est régi par un ensemble de lois fondamentales qui s’appliquent aux citoyens et aux résidents de l’État d’Israël. En 1992, la Knesset a adopté la Loi fondamentale : Dignité humaine et liberté Fondée sur les concepts juifs fondamentaux que nous avons été créés à l’image de Dieu et selon lesquels tous les individus ont une dignité inhérente, la loi protège la dignité et la liberté individuelles.

Principes de base

1. Droits de l’Homme Fondamentaux

En Israël, les droits de l’homme sont fondés sur la reconnaissance de la valeur de l’être humain, du caractère sacré de la vie humaine et du principe de liberté de tous ; ces droits sont respectés dans l’esprit des principes énoncés dans la Déclaration de la création de l’État d’Israël. 2. Objectif

Cette loi fondamentale vise à protéger la dignité humaine et la liberté en ancrant dans une loi fondamentale les valeurs de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique.

3. Protection de la vie, de l’intégrité corporelle et de la dignité Nul ne peut enfreindre le droit inhérent de tout être humain à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité. Pour en savoir plus sur les autres lois fondamentales, visitez le site https://bit.ly/2qubYVV.

Loi juive

Le concept juif de kevod habriyot, la dignité humaine, est un facteur crucial et décisif utilisé

dans la détermination des questions de droit juif. Voici un petit exemple. Une question dans la loi juive s’est déjà posée : « Les chiens guides et d’assistance devraient-ils être autorisés dans une synagogue ? » Le Rabbi de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, a abordé cette question dans une lettre écrite en 1959, plus de trente ans avant que la loi relative aux Américains handicapés ne soit promulguée en 1990. Il a insisté sur le fait que la question de la dignité humaine justifie la présence de chiens-guides. Les réflexions du rabbin sur la question ne sont pas seulement un précédent à la loi, elles mettent également en évidence le rôle de l’adaptation d’une personne handicapée afin qu’elle puisse être incluse dans la vie juive. • Qu’est-ce qui vous frappe en lisant ceci ? Qu’est-ce qui vous semble particulièrement important ? Quelque chose vous a-t-il surpris ?

• Comment les droits énoncés dans cette loi fondamentale se comparent-ils aux droits accordés aux citoyens de votre pays ? • Examinons le deuxième principe, intitulé « Objectif ». Notons en particulier que la dignité humaine et la liberté sont ancrées dans les valeurs de l’État d’Israël en tant qu’« État juif et démocratique ». • Qu’est-ce qui vous paraît logique ? Qu’est-ce que les mots « juif » et « démocratique » ajoutent à cet article?

• Si vous deviez rédiger des principes fondamentaux de dignité pour votre famille ou votre communauté, qui consulteriez-vous ? Quel processus créeriezvous ? Quel impact pourrait-il avoir ?

223


ANNÉE DE CROISSANCE

HONORER LA DIGNITÉ DES PERSONNES HANDICAPÉES : LA VALEUR DE LA VIE HUMAINE DANS LES TEMPS ANCIENS Par Ken Spiro9

Il est dans la nature humaine d’être critique et perspicace. Bien que cette nature nous soit parfois utile, elle s’accompagne de la responsabilité de ne pas traiter les autres (et parfois nous-mêmes) avec dignité. Depuis les temps anciens, l’humanité a eu du mal à traiter les gens avec dignité. Dieu, la Torah et nos sages offrent des outils et des conseils puissants pour nous aider à grandir en traitant tous les gens avec dignité.

Voici un extrait du livre de Ken Spiro, La perfection du monde : L’impact juif sur la civilisation, porte sur le mépris des cultures anciennes pour la vie humaine. C’est un texte choquant, mais qui nous invite à nous demander si le monde moderne a totalement dépassé le mépris ancien pour la valeur de la vie humaine et dans quelle mesure le monde d’aujourd’hui honore la dignité de chaque personne. Grecs et Romains – ainsi que pratiquement toutes les cultures anciennes que nous connaissons – pratiquaient l’infanticide.

Par infanticide, j’entends le meurtre d’enfants nouveau-nés comme moyen de contrôle de la population, de sélection du sexe (généralement, les garçons étaient désirables et les filles non désirables) et comme moyen de débarrasser

la société des membres potentiellement encombrants ou déformés.

Un bébé qui semblait faible ou malade à la naissance, ou qui présentait même une malformation congénitale mineure, telle qu’une fente palatine, un bec-de-lièvre ou un pied bot, ou qui était d’une autre manière imparfaite, était tué... Cela a été fait par un membre de la famille immédiate, généralement la mère ou le père, et généralement dans les trois jours suivant la naissance. La méthode de « l’élimination » variait, mais on sait généralement que, dans l’antiquité, les bébés étaient emmenés en forêt et laissés mourir de froid, jetés dans des puits pour les noyer, ou sur des tas de fumier...

Des preuves effroyables de cette pratique ont été trouvées dans diverses fouilles archéologiques. Plus particulièrement, dans l’Agora d’Athènes, un puits a été découvert contenant les restes de 175 bébés jetés là pour se noyer. Ne supposons pas que ce fut la pratique des pauvres et des ignorants, l’un des penseurs les plus influents de l’histoire intellectuelle occidentale – nul autre qu’Aristote – a soutenu dans son Politique que tuer des enfants était essentiel au fonctionnement de la société. Il a écrit :

9 Ken Spiro, WorldPerfect: L'impact juif sur la civilisation (Deerfield Beach, FL : Simcha Press, 2002), 5–7.

224


S'élever avec gravité

Il doit y avoir une loi interdisant l’éducation des enfants imparfaits ou mutilés. Et pour éviter un excès de population, certains enfants doivent être exposés. Car une limite doit être fixée à la population de l’État.

Quatre cents ans après Aristote, la pratique de tuer des bébés était fermement ancrée dans l’Empire romain. Ce qui suit est un extrait d’une lettre célèbre et très citée d’un citoyen romain nommé Hilarion à sa femme enceinte, Alis, datée du 17 juin, ch. 1er siècle : Sachez que je suis toujours à Alexandrie. Et ne vous inquiétez pas s’ils reviennent tous et que je reste à Alexandrie. Je vous demande et vous supplie de prendre bien soin de notre bébé fils, et dès que je recevrai le paiement, je vous l’enverrai. Si vous donnez naissance à un enfant [avant que je rentre à la maison], si c’est un garçon, gardez-le, si c’est une fille, jetez-la.

• Ces actes extrêmes et terriblement odieux ont-ils un rapport quelconque avec notre culture actuelle et la façon dont les communautés dans lesquelles nous vivons valorisent la vie humaine ? De quelle manière avons-nous progressé par rapport à ces pratiques anciennes, et de quelle manière la dignité humaine fait-elle encore défaut dans notre monde ?

• Y a-t-il des gens dans votre culture qui sont considérés comme plus ou moins précieux que d’autres ? Il y a un mot merveilleux en Afrique du Sud - Ubuntu - qui exprime la dignité humaine et l’unité. À l’origine un terme Nguni bantoue signifiant « humanité », il est utilisé pour communiquer que notre humanité est interconnectée avec l’humanité d’autres personnes.

• Considérez une personne ou un groupe dont vous êtes distante normalement. De quelles façons êtes-vous connectés, si c’est invisible à l’œil nu ?

225


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL : UNITÉ 9900 DE L’ARMÉE ISRAÉLIENNE

Ro’im Rachok est un programme spécial de l'armée israélienne pour les soldats atteints d'autisme

Déchiffrer les photos satellite, les soldats atteints d’autisme assument des rôles clés au sein de Tsahal Ben Sales, Agence télégraphique juive, 8 décembre 2015

Assis devant un ordinateur au centre de la plus grande base militaire d’Israël, un soldat fixe l’écran, se déplaçant pixel par pixel sur une photographie satellite, repérant des détails et trouvant des motifs. Il y a quelques années, N.S., qui souffre d’autisme, pensait que les Forces de défense d’Israël ne le prendrait pas. N.S., qui, comme d’autres soldats, n’a pas pu donner son nom en raison du protocole de Tsahal, s’attendait à passer à côté d’un rite de passage obligatoire – pour la plupart des Israéliens de 18 ans.

Aujourd’hui, après plus d’un an de service dans l’armée, N.S. est un caporal qui passe huit heures par jour à faire ce que peu d’autres soldats peuvent faire : utiliser son attention exceptionnelle aux détails et sa concentration intense pour analyser les données visuelles avant les missions.

Les soldats atteints d’autisme peuvent exceller dans ce travail parce qu’ils sont souvent habiles à détecter des modèles et à maintenir la concentration pendant de longues périodes. N.S. fait partie d’une cinquantaine de soldats et de stagiaires de Ro’im Rachok, qui signifie en hébreu « Voir loin », un

226

programme visant à recruter des enfants autistes « Voir loin ». Basés dans l’unité de renseignement 9900 de Tsahal, qui cartographie et analyse les données visuelles, les soldats de Ro’im Rachok déchiffrent les photos de reconnaissance aérienne pour fournir des informations aux soldats avant les missions de combat. D’autres pistes forment les recrues à être des électriciens de l’armée qui s’occupent d’appareils tels que des lunettes de vision nocturne, ou des techniciens en optique, qui travaillent avec des jumelles.

« Il existe un programme pour montrer que les gens souffrant de trouble du spectre ont des capacités et peuvent faire des choses », a déclaré T.V., un ancien responsable du ministère de la Défense qui a cofondé Ro’im Rachok en 2012.

Les participants à Ro’im Rachok suivent une formation de trois mois dans le cadre de leur service militaire et une introduction à la vie militaire. En plus de l’analyse de photos ou de l’optique, les stagiaires apprennent à suivre les ordres, à respecter le calendrier et à travailler en équipe. Après trois mois supplémentaires de formation sur la base, les participants sont recrutés et placés au sein de l’unité 9900. Avant leur arrivée, les soldats et les commandants reçoivent une formation sur le travail avec les personnes autistes, et chaque équipe rencontre chaque semaine un conseiller pour discuter de la dynamique du groupe.


S'élever avec gravité

Vous voulez en savoir plus ? Regardez cette vidéo sur Ro’im Rachok : http://bit.ly/2g5UGY2.

• Comment le programme Ro’im Rachok aide-t-il l’État d’Israël ?

Ro’im Rachok intègre les personnes autistes dans les rangs de Tsahal et leur permet d’occuper des postes clés. (Photo avec l’aimable autorisation de Tsahal)

• Connaissez-vous des organismes dans votre communauté qui travaillent à offrir de la dignité et des opportunités aux personnes handicapées? Comment pouvez-vous vous impliquer ?

« Le jour où je me suis enrôlé, j’étais très excité », raconte N.S.. « Je me sentais vraiment comme si j’étais une partie inséparable de la société israélienne. »

• Comment expliquer la différence entre la façon dont le monde antique traitait les personnes handicapées et ce merveilleux exemple d’inclusion dans l’armée israélienne ?

227


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Honorer La Dignité Pour Tous, Même celle de mes ‘Ennemis’ Par Chaya Lester

C’était Rosh Hashana de l’année 2015. Une tempête de poussière s’était abattue sur la Terre d’Israël - et tout le Moyen-Orient. Elle venait de Syrie. Cinq jours de « neige » brûlante. Avec une vision d’étouffement, des bâches sur les voitures, les gorges remplies de sable. Les scientifiques disent que c’était inexplicable et sans précédent. Ils n’avaient pas d’explication naturelle. Tout ce que nous savions, c’est qu’elle venait de Syrie et qu’elle exigeait un compte rendu complet de tous ceux qui y étaient mêlés.

Imaginez tout le pays se plaignant se frayant un chemin à travers une vaste shvitz communal. Comme une sueur semi-apocalyptique, comme une fièvre purificatrice, comme les nuages qui se sont rassemblés autour du mont Sinaï, comme la colonne de nuages dans le désert. C’était une agonie mythique et métaphorique qui nous a conduits directement à Rosh Hashana. Tout ce que nous pouvions faire était de nous essuyer les sourcils, lever les yeux et nous demander tout haut : « Qu’est-ce que vous essayez d’articuler avec ce fléau de poussière ? »

Pour moi, la réponse est venue un vendredi soir à ma table de Shabbat. Heureusement, nous avions parmi nos invités une femme qui faisait partie de la communauté chrétienne syro-libanaise ici à Jérusalem. Alors que nous compatissons à la tempête de poussière et aux désagréments qui l’accompagnent, cette femme, les larmes aux joues, a pris la parole. Elle nous a raconté ce qu’elle voyait dans sa communauté. Elle a dit que les chrétiens syriaques voyaient la poussière de Syrie comme une sorte de message

228

divin. Pour leurs familles – les Chrétiens de Syrie – étaient massacrés par l’EI.

Elle nous a dit à quel point ils sont en deuil, terrifiés et en train de revivre leur foi après un examen de conscience. Elle nous a suppliés de prier pour eux et pour les innocents assassinés de manière brutale et insensée de l’autre côté de la frontière. Alors que j’étais assise là à écouter, j’ai entendu le murmure silencieux de la réponse de Dieu que j’avais hâte d’entendre. Pour moi, c’était un message servi directement sur mon assiette de Shabbat. C’était mon appel de Dieu, aussi clair que n’importe quel coup de shofar, me demandant de prier et ensuite de chercher des moyens d’aider les innocents qui sont massacrés.

Et j’ai réalisé, de façon choquante, que je n’avais pas encore fait cet acte simple, évident et humain.

Et, croyez-moi, je suis une personne qui prie. Je sais que la prière transforme la réalité. Je l’ai vu. Je le prêche. J’y crois. Alors comment se fait-il que je n’aie pas prié une fois pour l’une des horreurs les plus atroces de la planète ? Et puis je l’ai vue, en fluorescence frappante. Ma propre petitesse. Ma peur. Mon traumatisme. Mon sens de l’auto-préservation qui me lèche les plaies m’a empêché de prier pour la Syrie. Et pas sans raison, après tout. Je suis juive dans une Jérusalem assiégée. « Ils » sont mes ennemis, n’est-ce pas ?

Mais alors je me suis demandé, est-ce ainsi que je veux vivre ? Est-ce le sort de mon peuple – d’être si traumatisé au point de ne pas parvenir pas à prier et à soigner, la douleur criante d’un autre ? Ce n’est pas le genre de juive que je veux être.


S'élever avec gravité

Cette tempête de poussière était mon nuage de réveil ; être plus grand que mes propres déclencheurs.

La technologie spirituelle de notre tradition enseigne que si vous voulez quelque chose pour vous-même, priez pour quelqu’un d’autre qui veut la même chose.

Dieu sait que je veux la paix. Je veux que les monstres du Moyen-Orient se retirent dans leurs grottes sombres. Assez de cette violence. Je me soucie de quelque chose de féroce pour les innocents, les oubliés, les enfants, à une frontière proche. J’honore leur humanité.

En tant que telle, j’ai décidé d’en avoir fini avec le sentiment d’être victimisée. J’avais un monde à soigner. J’avais une région pour laquelle prier. Et j’avais un cœur assez grand pour briser les douleurs de mes voisins. Parce qu’ils sont eux aussi façonnés à l’image de Dieu. Voici ma prière faite de poussière.

Je suis désolée, la Syrie de t’avoir ignoré, toi et ton interminable bobine de parodies. J’ai détourné le regard

J’ai caché mon visage et endurci mon cœur de peur qu’il ne soit brûlé par tes flammes acérées.

Mais alors la tempête de poussière est arrivée et vous a frappé dans mon visage et m’a rappelé que moi aussi je ne suis que poussière et cendre et Moi aussi je dors sur un lit d’épées, avec mon cou contre le monde. Moi aussi, je ne suis qu’à un souffle de la dévastation par le vent du désert.

Merci pour cet étouffement de sable pré-Roch Hachana qui m’a rendu aveugle. Cela m’a excité

m’a arrosé de sa chaleur étonnante et m’a rappelé que le malheur de mon voisin est mon propre fardeau à épauler à frissonner - à garder. Je soulèverai vos enfants de la poussière un par un et prierai pour leur sécurité comme s’ils étaient les miens.

Je vais transformer mon cœur en tourniquet pour que tous ceux qui sont innocents et pris dans les tirs croisés de vos monstres et militants. S’il vous plaît, Dieu, mettez fin à tout ce qui est meurtrier, et guérissez les brisés, les sans membres – les sans espoir – les sans-amis.

Et pardonnez-nous pour notre insensibilité face à la souffrance humaine si proche et pourtant si lointaine. Aidez vos enfants Israël à être plus grands que nos propres déclencheurs que nous puissions mieux vous servir

Soyons une lumière pour les nations obscurcies. Agir comme les enfants de la royauté pour laquelle nous avons été élevés.

Vous nous avez investi d’une mission pour faire une offre plus élevée que nos peurs nous feraient tenir.

Soyons humbles comme la poussière et pourtant assez grands pour rassembler les pires prières du monde.

229


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Surmonter les obstacles

Lorsque la vie ne se déroule pas comme prévu, nous avons souvent tendance à nous enfuir ou à nous cacher des autres. La chercheuse contemporaine Brené Brown a découvert que le fait d’accepter la vulnérabilité et de nous permettre d’être perçus comme nous le sommes vraiment est essentiel pour vivre une vie de joie, de dignité et d’amour. Dans cet article, Susan Stillman, responsable communautaire de Momentum, partage avec courage certaines de ses expériences d’éducation d’un enfant handicapé, en racontant les bons moments comme les moments difficiles. Comment pouvons-nous imiter l’exemple de Susan dans nos propres vies et nous laisser voir tel que nous sommes vraiment, en acceptant la vulnérabilité et en faisant confiance que nous sommes intrinsèquement dignes ?

La maladie génétique de mon fils adolescent me transforme en monstre

Par Susan Stillman, responsable communautaire de Momentum pour le CCM du Grand Washington10

Ma famille ressemble à une famille ordinaire. Maman, papa, quatre enfants, un chien. Nous plaisantons en disant que même notre enfant

de 17 ans qui a des besoins spéciaux est assez banal, même s’il a une maladie génétique appelée dysautonomie familiale (FA). Bien sûr, il a une sonde d’alimentation, mais c’est devenu la norme pour lui et pour nous aussi. Il marche (bien qu’il utilise un fauteuil roulant pour de longues randonnées), parle, va à l’école, a fait sa bar-mitsva, joue du piano et participe à des activités théâtrales.

Susan et sa famille

Mais il arrive régulièrement que l’affreuse maladie, qui est généralement gérable, dresse sa tête hideuse et habite le corps de mon fils. Quand c’est le cas, on a l’impression qu’il y a

10 Susan Stillman, « La maladie génétique de mon fils adolescent me transforme en monstre », https://www. kveller.com/my-teen-sons-genetic-disease-turns-me-into-a-monster. Utilisé avec l’autorisation de l’auteur.

230


S'élever avec gravité

un monstre dans la maison. Le pauvre enfant « se sent mal » et a des nausées et des sécrétions orales incontrôlables. Lorsque cela se produit, il se séquestre dans une petite salle de télévision dans notre maison où nous avons une réserve de serviettes juste à cet effet. Il est allongé sur le sol et se tord, en vomissant et en émettant des sécrétions. Soit mon mari, soit moi (d’habitude moi, puisque je suis la mère au foyer) s’asseyons avec lui, nous essuyons sa bouche, changeons les serviettes, et nous administrons des médicaments à plusieurs reprises (par sa sonde gastrique et par voie rectale) jusqu’à ce qu’ils soient finalement absorbés par son corps meurtri et le plongent dans un sommeil profond.

Les bruits des nausées sont étranges, et pas dans le bon sens. À la suggestion d’un thérapeute il y a des années, j’ai mis des écouteurs et j’écoute de la musique pour aider à noyer l’affreux bruit tout en faisant de mon mieux pour rester aimante et concentrée sur le soulagement de sa misère. Ce processus peut prendre deux à trois heures, ce qui semble être une éternité. Quand enfin il s’endort, je m’assois et j’attends 10–15 minutes pour m’assurer que c’est vraiment fini. Parfois, l’épisode est comme les braises brûlantes d’un feu et va se rallumer. C’est une période précaire, stressante et affreuse. Je minimise tout bruit dans la maison pour l’aider à dormir profondément. Si ça recommence, je suis comme un animal sauvage, me sentant piégée et impuissante.

Et parfois ça fait ressortir le monstre en moi. Je me suis arraché les cheveux et j’ai gémi, suppliant qu’il arrête, même si je sais que ce n’est pas la faute de mon fils ; il n’a aucun contrôle sur ces épisodes. Ce n’est pas comme un de mes plus beaux moments d’éducation, aggravé par le fait qu’il s’excuse toujours. « Je suis désolé, maman », dit-il.

« Ce n’est pas de ta faute. C’est la faute de la DF », je réponds en essayant de garder le désespoir et l’agitation hors de ma voix. Je ne réussis pas toujours. Nous détestons la DF. Je trouve amusant que les gens disent à quel point je suis une mère extraordinaire. Je ne suis pas incroyable. C’est ce que les gens disent lorsqu’ils pensent vraiment : « Je ne pourrais jamais faire face à cela. Dieu merci, ce n’est pas moi. » Je suis une mère ordinaire aux prises avec une maladie extraordinaire. Je ne suis pas unique. Beaucoup de gens souffrent dans leurs maisons aussi, avec leurs propres monstres – enfants handicapés, maladie mentale, maladie, etc.

Notre famille est liée par beaucoup de choses, et cette maladie fait partie de l’ensemble. Nous sommes tous heureux et soulagés quand il s’en va et que notre jeune homme ensoleillé et heureux revient. je récupère mes autres enfants à l’école après une mauvaise passe, ils me disent souvent : « Tu es de bonne humeur. Notre frère a dû passer une bonne journée. » Comme toutes les familles, nous chérissons les bons jours et nous nous débrouillons tant bien que mal avec les mauvais.

• Où dans votre vie la peur d’être vue telle que vous êtes peut-il vous retenir ? Qui dans votre vie a gagné le droit d’être au courant des défis qui exposent votre vulnérabilité ?

• Que pouvez-vous apprendre du récit de Susan sur la façon dont elle a géré le fait d’avoir un enfant handicapé ? Qu’est-ce qui vous a frappé dans son histoire ? • Comment vous et votre famille pouvez-vous être de bons amis pour les gens de votre communauté qui • ont des capacités différentes (et pour leurs familles) ?

231


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Quelques réflexions sur la façon d'apporter des changements Par Mindy Scheier, fondatrice de Runway of Dreams

forme rare de dystrophie musculaire. En février 2016, Runway of Dreams a annoncé sa première collaboration majeure avec Tommy Hilfiger, en introduisant une version adaptative de la ligne printanière pour enfants. La collaboration s’est lancée vers un succès majeur – presque épuisé. L’objectif de Mindy et Runway of Dreams est de travailler avec plusieurs marques et détaillants pour proposer des options de vêtements grand public à des personnes de toutes capacités – quel que soit leur âge ou leur milieu socioéconomique – afin de rendre la mode réellement accessible à tous. Mindy a participé au voyage d’été 2016 de l’industrie de la mode Momentum en Israël.

Mindy avec son fils Oliver

Créatrice de mode, Mindy Scheier a passé sa carrière à concevoir et à styliser pour de grandes maisons de mode. En 2013, Mindy a fondé Runway of Dreams, une organisation qui travaille avec des marques et des détaillants de premier plan pour adapter les lignes de vêtements grand public pour les personnes handicapées. Le travail de Mindy avec Runway of Dreams est inspiré par son fils Oliver, qui souffre d’une

232

Mindy et ses sœurs Momentum en Israël


S'élever avec gravité

LES CONSEILS DE MINDY POUR CHANGER LES CHOSES

Rechercher

Une femme dont la fille souffre de retards cognitifs m’a dit un jour : « Il y a beaucoup de gens qui ont des enfants handicapés. Mais vous avez levé les yeux et dit : « Comment vais-je faire une différence pour les autres ?» Tant de gens ne lèvent pas les yeux. » Regardez au-delà de votre situation. Il y a d’autres personnes qui peuvent bénéficier des problèmes que vous êtes en mesure de résoudre.

Faites savoir aux gens qu’il y a un problème

Tant de gens m’ont dit: « Je n’ai jamais su que c’était un problème. Je n’ai jamais su que les personnes handicapées pouvaient rencontrer des difficultés à s’habiller. »

Parlez haut et fort de votre problème et les autres seront intéressés à vous aider. Mets-le là. Ça résonnera. Les gens seront heureux de pouvoir résoudre des problèmes avec vous. Vous ne pouvez peut-être pas résoudre le problème, mais quelqu’un d’autre le peut.

Utilisez vos forces

Dans notre culture, nous sommes souvent mesurés par nos faiblesses. Il est rare que nous nous concentrions sur nos compétences et sur la manière de faire mieux. Mais nous devrions réfléchir à nos points forts et à la façon dont nous pouvons les utiliser.

Lorsque le problème s’est présenté avec Oliver, la façon naturelle pour moi de répondre était avec ce que je suis bonne – en utilisant la mode pour résoudre le problème. Examinez vos points forts et voyez comment vous pouvez les appliquer pour faire une différence.

Valider

Vous devez consacrer votre temps, votre énergie et vos ressources à votre problème; vous devez vous engager. Cela semble énorme, mais il y a différents niveaux d’engagement. Trouvez le niveau d’engagement que vous pouvez maintenir. Modélisez votre propre engagement, et d’autres le remarqueront et seront attirés par lui. Des gens m’envoient des courriels tous les jours pour savoir comment ils peuvent m’aider. Ça arrivera.

Rechercher la collaboration

Oui, j’étais une femme qui avait un problème et une solution, mais si je ne m’étais pas entourée de gens plus intelligents que moi, et qui avaient de meilleures relations que moi, je serais encore juste une femme avec une grande idée. Trouvez les bonnes personnes pour vous aider, et ensemble vous pouvez faire une grande différence. • Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontées dans votre famille et votre communauté ?

• Comment pouvez-vous utiliser les conseils de Mindy pour résoudre ces problèmes ?

233


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES

Des idées pour introduire les valeurs de Kevod Habriyot, la dignité humaine, dans votre vie de famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org.

• Choisissez une phrase qui vous inspire, écrivez-là sur une pancarte que vous mettrez bien en vue. Répétez-vous cette phrase plusieurs fois tous les matins avec enthousiasme. Quelques idées:  Je laisse ma lumière briller

 Qui est honoré ? Celui qui honore les autres (Pirké Avot)

 Tous les hommes sont créés à l’image de D.ieu

Pour les familles avec des enfants de tout âge • Expliquez à vos enfants qu’ils sont créés à l’image de D.ieu, et que par conséquent, comme tous les êtres humains, ils ont des compétences divines et un potentiel énorme. Tant leurs efforts que les erreurs qu’ils commettent peuvent les aider à développer leur potentiel. Enjoignez-les à toujours regarder les autres comme des personnes créées à l’image de D.ieu, particulièrement quand surgissent des conflits.

• Autour du dîner, essayez de voir ensemble comment déceler cette image de D.ieu chez autrui, même chez ceux qu’il est difficile d’aimer.

234

• Ensemble, demandez-vous si dans votre entourage ou dans votre communauté il y aurait une personne dont la dignité serait compromise et ce que vous pourriez faire à ce sujet.

• Une bonne manière de sensibiliser les enfants d’âges différents au concept de dignité humaine est de les impliquer dans l’aide à des personnes en situation de fragilité. Montrez leur comment s’investir envers les autres non pas par pitié mais en valorisant leur côté unique et exceptionnel. En fonction de l’âge de vos enfants, ce peut être du bénévolat dans un restaurant du cœur, une distribution de repas aux personnes isolées ou nécessiteuses, une préparation de colis alimentaires, une visite dans une maison de retraite. Renseignez-vous autour de vous, la plupart des communautés organisent des distributions de repas et de colis à l’approche des fêtes et recrutent avec joie les bénévoles. Consultez aussi le site de Mazone par exemple : https://bit.ly/43mwY2a , ou les maisons de retraite du Casip-Cojasor : https://bit.ly/42h28GM • Rendez visite avec vos enfants aux personnes âgées ou isolées de votre communauté. Faites-les parler de leur histoire et de leur vécu.

Pour les familles avec des grands

• Incarnez les valeurs de Kevod Habriyot. Assurez-vous que votre maison, votre appartement, votre lieu de travail, votre synagogue soient accessibles aux personnes


S'élever avec gravité

handicapées. Demandez à vos amis ou connaissances qui ont des besoins spécifiques ce que vous pourriez faire pour faciliter leur accessibilité aux différents lieux et activités communautaires ; vous serez surpris par leurs suggestions et leurs besoins…

• Encouragez vos ados à se joindre à un Club de l’Amitié près de chez vous qui leur permette de développer des relations d’amitié et de soutien avec des personnes handicapées ou dépendantes. L’association Beyahad met en relation des adolescents avec des enfants ayant des besoins spécifiques pour créer des amitiés nouvelles fondées sur les valeurs de respect, de solidarité et de don de soi. Vous pouvez consulter le site de l’association pour trouver un partenariat près de chez vous https://bit.ly/3MRUf4Q . Ou créer avec vos ados et leurs amis un Club de l’Amitié dans votre ville…

• Proposez à vos enfants de faire avec eux du volontariat pour apporter un soutien scolaire à des enfants en difficulté. Cela peut se faire par l’intermédiaire d’associations (l’UEJF propose cela avec son programme Soutien J https://bit.ly/45Kvikw , vous pouvez aussi vous renseigner auprès du Casip-Cojasor : https://bit.ly/3MQqO3b). Mais parfois, il suffit juste de vous renseigner autour de vous, dans la classe de votre enfant ou dans votre communauté… • Utilisez ce tableau pour planifier et suivre votre évolution concernant Kevod Habriyot, la dignité humaine

Momentum women visit Nalaga’at (literally, “please touch”), a platform for arts and culture that represents a meeting place between deaf, blind, and deaf-blind individuals together with the public.

JInspire Bergen County women visit Shalva on their Momentum trip. Shalva is an NGO that supports and empowers individuals with disabilities and their families.

235


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LE SHABBAT KEVOD HABRIYOT, LA DIGNITÉ HUMAINE Reconnaissance

Quel rôle la valeur du kevod habriyot joue-t-elle dans votre vie ? Quels exemples vous viennent à l’esprit ? Quelles ont été les récompenses et les défis de vivre cette valeur ?

236

Vision

À quoi ressemble idéalement une vie vécue dans le respect de la dignité humaine? Qu’est-ce qui vous empêche de réaliser votre vision ?


S'élever avec gravité

Objectifs

Quelles sont les petites mesures réalistes et réalisables que vous pouvez prendre dans votre vie quotidienne et que vous pouvez facilement planifier, qui vous aideront à développer votre potentiel et votre vision en termes de valeur de la dignité humaine ?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour vous indiquer si vous progressez ?

237


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur du kevod habriyot, la dignité humaine Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Où, dans ma famille, mon lieu de travail ou ma communauté, les questions de dignité et d’honneur font-elles surface ? • Comment honorer la dignité de soi ? Quelles en sont les implications ?

• Comment puis-je enseigner à mes enfants à honorer chaque personne et à valoriser chacun comme étant créé à l’image de Dieu – indépendamment de son apparence ou de ses capacités ?

Vocabulaire Significatif kavod

‫ּכָ בֹוד‬

kevod habriyot

‫ּכְ בֹוד‬ ‫ַה ְּב ִרּיֹות‬

tzelem Elohim

‫ֹלהים‬ ִ ‫ֶצלֶ ם ֱא‬

dignité, honneur et respect dignité humaine l’image de Dieu

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple :

• Planifier une activité de lancement de la session ou un accompagnement pour la session (voir Extra ! Idées de programme)

• Diriger une conversation sur ce que votre groupe peut faire pour apporter la valeur juive de la dignité humaine à votre communauté

• Mener une conversation sur la propre expérience d’une sœur qui élève un enfant handicapé et sur ce que les autres peuvent faire pour l’aider

238

• Rédiger un document contenant des informations sur les organisations locales auxquelles les participantes peuvent contribuer

• Diriger la conversation sur Ro’im Rachok, en utilisant la vidéo

• Inviter une ou plusieurs femmes à partager une façon dont elle a rapporté à la maison les leçons de votre dernière rencontre

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance) Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins

Nos activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple en aménageant l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos sœurs de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez de faire participer vos participantes à une courte méditation guidée ou à un exercice


S'élever avec gravité

d’étirement qui les aidera à se détendre et à s’installer pour être présents.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

L’une des nombreuses révolutions que le judaïsme a apporté au monde a été sa compréhension de la dignité essentielle de chaque être humain. Comment nous réveillonsnous chaque matin en sachant « Je suis digne d’amour, d’appartenance et de joie ? » Comment pouvons-nous cultiver un tel état d’esprit de dignité inhérente chez nos enfants ? La Torah nous enseigne que tous les hommes – quels que soient leur sexe, leur race, leur couleur ou leurs capacités – ont été créés à l’image de Dieu. En tant que tels, nous sommes intrinsèquement dignes, avec des capacités divines. En hébreu, cette valeur est appelée kevod habriyot, l’honneur et la dignité de tous.

En groupe, créez une appréciation de l’Étoile de David pour chaque femme. Donnez à chaque participante une feuille épaisse avec une grande étoile de David dessinée dessus, et faites-lui écrire son nom au centre de l’étoile (voir ci-dessus). Demandez à chaque femme de passer sa feuille à la sœur à sa droite. Cette sœur écrit une appréciation de la femme dont le nom est sur l’étoile dans l’un des petits triangles. Elle peut énumérer un trait ou une action qui souligne la dignité et le pouvoir innés de cette femme, quelque chose de fondamental qu’elle apprécierait profondément. Continuez à passer les feuilles, pour que chaque femme écrive pour six autres. Ensuite, faites en sorte que chaque femme reçoive sa propre feuille. À la fin de la séance, ou à la

Ra c h e l

maison, invitez chaque femme à écrire une note d’auto-appréciation dans l’hexagone central.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelques-uns de nos coups de cœur :

Quel est l’enseignement le plus important de la Torah ? (p. 212) En tant que groupe, explorez le débat dans le texte et les questions qui suivent.

Honorer la dignité de soi et honorer les parents

Divisez-les en trois groupes, et donnez aux participantes quinze minutes pour lire et réfléchir aux questions de l’une des sections suivantes :

(1) la première moitié de Honorer la dignité de soi (de la page 215 à la première colonne de la page 216); (2) la deuxième moitié de Honorer la dignité de soi, de Le danger spirituel de rechercher l’honneur (p. 216-217); (3) Honorer les parents (p. 218- 219). Informer les femmes qu’elles seront réparties dans d’autres groupes plus tard et que chacune présentera au nouveau groupe le texte et les idées clés du premier groupe. Les nouveaux groupes devraient comprendre une femme de chacun des trois premiers groupes, de sorte que chaque groupe comprenne quelqu’un qui a

239


ANNÉE DE CROISSANCE discuté de chacun des trois sujets. Reportez-vous au graphique pour savoir comment diviser les groupes. Chaque femme du nouveau groupe dispose maintenant de huit minutes pour présenter le sujet dont elle avait discuté dans son groupe initial.

Une fois que tout le monde a parlé au sein de son groupe, donnez aux femmes le temps de rédiger un journal personnel. Considérez chaque femme écrivant un poème « Je suis » (voir la colonne de droite).

7.

de réflexion.

Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion

Suggestion de réflexion : Demandez aux participantes de réfléchir aux éléments suivants, éventuellement par l’écriture ou le dessin avant de partager « Avec quoi allez-vous rentrerchez vous après notre session d’aujourd’hui ? » ou « J’aimerais pratiquer le kevod habriyot chez moi en »

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 234‒235). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session (voir l’activité « Apprenez avec Votre Sœur pages 228-233). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

240

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités ci-dessous :

• Visitez une organisation locale qui exprime la valeur de la dignité humaine à travers son travail, comme un centre de formation professionnelle pour les personnes handicapées, un programme de tutorat pour les étudiants à faible revenu ou un foyer pour personnes âgées. • Lancer un projet pour soutenir une organisation qui favorise la dignité humaine, peut-être de manière à aider les femmes à impliquer leurs enfants. • En guise de réflexion vers la fin de la session, invitez les femmes à écrire chacune un poème « Je suis » en remplissant les invites suivantes (ou similaires). D’autres exemples sont disponibles en ligne.

Je suis -------------------------------------------------------------

Je me demande------------------------------------------------J’entends (réel ou imaginaire) --------------------------

Je suis (la première ligne du poème répété)--------

J’honore ----------------------------------------------------------

Je vois--------------------------------------------------------------

J’espère -----------------------------------------------------------

Je suis (la première ligne du poème est répétée)

J’ai confiance----------------------------------------------------

Je dis --------------------------------------------------------------

Je rêve--------------------------------------------------------------

Je suis (la première ligne du poème est répétée---

Donnez aux femmes cinq minutes pour écrire leur poème. Vous pouvez proposer un modèle ou simplement la structure.

Demandez du calme pendant l’écriture. Ensuite, invitez celles qui souhaitent partager à le faire.


Gardiennage et jardinage L'ovdah ul'Shomrah, Protéger le monde qui nous entoure - Tou Bichvat


ANNÉE DE CROISSANCE

242


Gardiennage et jardinage

RETOUR AU JARDIN

Dans ce monde de plus en plus technologique, comment pouvons-nous impliquer nos familles dans le monde naturel ? Dans un monde qui a de plus en plus besoin de notre protection, quels sont les moyens appropriés pour nous d'être « gardiens du jardin » ? Quand Adam et Ève ont été créés, Dieu les a placés dans le Jardin d'Eden, qui regorgeait de beaux arbres et de ressources naturelles. Dieu leur a ordonné de « l'exploiter et de le protéger » (Genèse 2:15). Depuis lors, les êtres humains ont été fascinés par la beauté de la nature et la subsistance qu'elle procure, en expérimentant la merveille de la Création et un sentiment d'interdépendance profonde avec le monde naturel.

L'hébreu biblique n'a pas de mot pour la nature. C'est peut-être comme la blague sur un poisson qui répond à une question sur l'eau avec : « Qu'est-ce que l'eau ? » La nature était si envahissante qu'elle était cachée à la vue de tous. L'hébreu contemporain, cependant, utilise le terme teva pour la nature. Cela vient du mot hébreu pour « empreinte ». Peut-être cela implique-t-il que si tout dans la nature n'est pas comme un être humain, fait à l'image de Dieu, la nature est néanmoins empreinte de piété et de sagesse. Le respect du monde naturel et la compréhension de notre place dans celui-ci

constituent un défi constant. Dans le monde d'aujourd'hui, ce n'est pas une coïncidence si la direction de l'humanité par Dieu a commencé par Sa déclaration que notre rôle est de garder le jardin. Quelle est la bonne façon de profiter de ce monde ? Comment pouvons-nous garder notre tendance à la tenir pour acquise, ou à gaspiller inconsidérément les ressources naturelles et à nuire au monde qui nous entoure ? Comment pouvons-nous être les gardiens responsables de ce grand cadeau que nous avons reçu ? Et comment pourrions-nous le faire en tant que mères, tout en nous occupant de notre jardin intérieur ? Pendant que vous lisez et discutez de cette unité, posez-vous les questions suivantes : • Comment notre famille peut-elle être nourrie par le monde naturel ?

• Comment pouvons-nous participer à la protection de l'environnement ? Comment pouvons-nous être une force qui aide notre communauté à protéger la Terre pour nos enfants et nos petits-enfants ?

• Comment notre famille pourrait-elle ancrer nos pratiques alimentaires dans les valeurs juives, et comment cela pourraitil profiter à l'environnement ainsi qu'à notre propre développement spirituel ?

243


ANNÉE DE CROISSANCE

PRENDRE SOIN DU JARDIN

Comment notre mode de vie pourrait-il nous aider à laisser les endroits où nous vivons en meilleure état pour la génération de nos enfants ?

Dans le Midrash, une compilation des interprétations rabbiniques de la Torah, les rabbins élaborent sur le thème de la responsabilité humaine pour entretenir « le jardin ». Ils insistent sur le fait que la santé du monde naturel dépend en fin de compte des êtres humains. Le nom même Adam vient du mot hébreu pour terre et sol, adamah !

Midrash Kohelet Rabbah 7:13

Quand Dieu créa le premier être humain, Dieu le conduisit autour de tous les arbres du Jardin d'Eden et dit : « Regarde Mes œuvres ! Vois comme elles sont belles et glorieuses ! Pour vous, je les ai toutes créées ; veillez à ne pas gâcher et détruire Mon monde, car si vous le faites, il n'y aura personne d'autre [à part vous] pour le réparer. »

‫בשעה שברא הקב”ה את אדם הראשון נטלו והחזירו על כל‬ ‫אילני גן עדן ואמר לו ראה מעשי כמה נאים ומשובחין הן וכל‬ ‫ תן דעתך שלא תקלקל ותחריב‬,‫מה שבראתי בשבילך בראתי‬ ‫ שאם קלקלת אין מי שיתקן אחריך‬,‫את עולמי‬

244

• La Torah utilise les mots l'ovdah ul'shomrah, « pour le travailler et le protéger », lorsqu’elle décrit le rôle de l’homme dans le Jardin d'Eden. En quoi ces deux mots sont-ils liés à la façon dont vous envisagez votre rôle par rapport à l'environnement ? • Que faites-vous déjà qui exprime cette charge ?

• Comment pourrions-nous partager la responsabilité de prendre soin de l'environnement avec nos enfants ?

• Mettez en scène une conversation dans vingt-cinq ans dans laquelle vos enfants réfléchiront avec leurs pairs à la gestion de la planète par notre génération. Ajoutez quelque chose que vous aimeriez qu'ils voient au sujet de leur propre famille et de leurs parents.


Gardiennage et jardinage

LES MEILLEURES VILLES

Si vous deviez écrire une courte liste de ce qui fait qu'une ville est une bonne ville pour y vivre, qu'y aurait-il sur cette liste ? Quelle ville vous a inspirée ? Les rabbins du Talmud de Jérusalem ont partagé leurs pensées en considérant les objets « incontournables » d'une ville ; des objets si essentiels que sans eux, il serait interdit d'y vivre. En lisant ce passage du Talmud, demandez-vous quel message Rabbi Yossi a essayé d'ajouter à la discussion..

Talmud de Jérusalem, Kiddushin 4:12

Rabbi Hezekiah a dit au nom de Rabbi Kohen du nom de Rav : Il est interdit de vivre dans une ville qui n'a pas de guérisseur, pas de bains publics et pas de tribunal qui administre les châtiments et les peines de prison. Rabbi Yossi a dit au nom de Rabbi Bon : Il est même interdit de vivre dans une ville qui ne possède pas de potager.

Les recherches ont confirmé le point de vue de Rabbi Yossi : Se promener dans la nature est bon pour la santé mentale et favorise la relaxation et le sommeil.1 Mais même sans quitter votre domicile, vous pouvez en bénéficier. Des chercheurs au Royaume-Uni ont constaté que le simple fait de regarder les jardins de chez soi

peut réduire la force et la fréquence des envies d'alcool, de cigarettes et d'aliments malsains.2

Abraham J. Heschel, Qui est l'homme ?

L'émerveillement, ou l'étonnement radical, est une façon d'aller au-delà de ce qui est donné dans les choses et la pensée, refusant de tenir quoi que ce soit pour acquis, de tout considérer comme final. C'est notre réponse honnête à la grandeur et au mystère de la réalité et de la confrontation avec ce qui transcende le donné. Le rabbin Abraham Joshua Heschel (1907-1972) était un érudit, activiste et philosophe juif.

• Quel lien voyez-vous entre s'émerveiller et aller au-delà de la façon dont les choses sont actuellement ou « de ce qui est donné ? » • Partagez une expérience au cours de laquelle être dans un jardin ou dans la nature a ajouté à votre vie et à votre façon de découvrir le monde, ou partagez les façons préférées de votre famille de passer du temps dans la nature dans votre communauté.

• Comment pourriez-vous réorganiser votre semaine pour passer plus de temps dans ou pour regarder le monde naturel ?

1 https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0169204614002941; https://www.mnn.com/health/fitness-well-being/blogs/how-walking-in-the-woods-benefits-your-health.

2 https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1353829218308451?via%3Dihub.

245


ANNÉE DE CROISSANCE

LA SAINTETÉ DE LA NOURRITURE Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Vous vous souvenez de ce qui s’est passé juste après qu'Adam ait été placé dans le jardin d'Eden pour travailler la terre et la protéger ? On lui dit qu'il (et Ève) pouvait manger de n'importe lequel des beaux arbres – à l'exception d'un seul, l'arbre de la connaissance.

Nous savons comment cette histoire s’est terminé. Le maître hassidique Rabbi Tzadok HaKohen enseigne que puisque la première « perte de la marque » de l'humanité a été par la nourriture, alors c'est aussi par la nourriture que se produira la rectification de l'humanité, le – tikkun –. Beaucoup de maîtres hassidiques parlent de l'importance de notre relation à la nourriture. Rabbi Nachman de Breslov, dans le texte de la page ci-contre, dit que nous pourrions penser que nous mangeons pour avoir l'énergie de faire d'autres choses comme étudier la Torah, mais en fait, nous étudions la Torah afin de mieux comprendre ce qu'est l'alimentation. Manger est si important. En fait, l'organe humain ayant la plus grande interface avec le monde extérieur n'est pas la peau mais le tube digestif ! La nourriture est-elle juste de la nourriture ? Si nous avions des loupes spirituelles, pourrionsnous voir que cet aspect apparemment banal de la vie recèle de puissantes opportunités spirituelles ? Nos interactions avec la nourriture montrent ce que nous faisons avec les bénédictions que

246

nous avons reçues. La nourriture est un prisme qui nous permet de voir comment nous sommes en relation avec les autres, comment nous faisons preuve de discipline dans nos choix alimentaires, comment nous prenons soin des nécessiteux et de l'environnement, comment nous distribuons la nourriture équitablement, comment nous mangeons ce qui est bon et casher, et bien d'autres valeurs. Ces questions touchent profondément les mères. Une grande partie de la vie d'un parent peut consister à préparer des plats ou des repas scolaires, et à trouver les aliments spécifiques que nos enfants mangeront.

Même lorsque nos enfants sont devenus plus autonomes dans la cuisine, les repas de famille et de fêtes restent des rituels clés qui engendrent des souvenirs et des liens particuliers pour toute la famille. Qu'est-ce que cela signifierait de considérer le manger comme plus qu'une simple occasion de consommer de délicieuses calories – de le considérer plutôt comme une opportunité de pleine conscience, de spiritualité et de prendre en soin des autres et de notre monde ? À la page suivante, une idée de Rabbi Nachman met l'accent sur les dimensions spirituelles de l'alimentation et d'autres besoins physiques, les considérant non seulement comme un repas ou une activité banale, mais comme un acte potentiellement saint.


Gardiennage et jardinage

Essayez de transformer la satisfaction de vos besoins physiques en une expérience spirituelle. Il y a des gens qui mangent pour gagner de la force d’apprendre la parole de Dieu (Torah). D'autres, qui sont plus conscients spirituellement, apprennent la parole de Dieu afin de savoir comment manger. ‫ יש‬.‫נסה להפוך את מילוי צרכיך הגופניים לחוויה רוחנית‬ .‫אנשים האוכלים בכדי לאזור כוח ללמוד את דבר האלוהים‬ ‫ לומדים את דבר האלוהים‬,‫ המודעים יותר לרוחניותם‬,‫אחרים‬ ‫על מנת לדעת כיצד לאכול‬

Rabbi Nachman of Breslov (1772–1810) était un maître hassidique et le fondateur du mouvement hassidique de Breslov.

Exercice de Rédaction

Prenez 5-10 minutes pour noter vos réponses aux invites suivantes. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous aurez fini d'écrire, partagez avec votre partenaire quelque chose de votre expérience de rédaction les idées qui vous sont venues..

• Quelle est ma relation actuelle avec la nourriture et l'alimentation ?

• Qu'est-ce que cela pourrait signifier de penser que manger est une expérience spirituelle ? • Comment nos choix alimentaires familiaux reflètent-ils nos valeurs ?

• Comment nos choix alimentaires peuventils inclure la protection du jardin (manger local, réduire le gaspillage alimentaire, limiter la consommation de viande, accueillir les personnes dans le besoin) ?

• Comment puis-je envisager ma relation idéale avec la nourriture et l'alimentation ? • Qu'est-ce qui me retient ?

• Quel est le conseil que je peux me donner pour m'aider à grandir dans ma relation avec la nourriture et l'alimentation ? • Y a-t-il d'autres besoins physiques dont je considère ou que je veux considérer en termes d'expérience spirituelle ?

247


ANNÉE DE CROISSANCE

BÉNÉDICTIONS SUR LA NOURRITURE

Une façon dont le judaïsme nous guide pour être sensibles aux miracles de la nourriture et de l’alimentation est en nous invitant à prendre un moment pour faire consciemment une pause avant de manger, et faire une bénédiction.

Anglais

Pour le pain

Translitération

Hébreu

Cette bénédiction est dite en premier et comprend tous les autres aliments consommés dans le cadre du repas Béni soit Toi, Adonaï, notre Dieu, Maître de l'Univers, qui crée divers moyens de subsistance.

Baruch Ata Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, hamotzi lechem min ha'aretz.

,‫ֹלהינּו ֶמלֶ ְך ָהעֹולָ ם‬ ֵ ‫ָּברּוְך ַא ָּתה ה’ ֱא‬ ‫ּמֹוציא לֶ ֶחם ִמן ָה ָא ֶרץ‬ ִ ‫ַה‬

Pour les céréales

Cette bénédiction est pour les céréales qui ne sont pas du pain : pâtes, craquelins, gâteaux, etc. Béni soit Toi, Adonaï, notre Dieu, Maître de l'Univers, qui crée divers moyens de subsistance.

Baruch Ata Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, borei minei mezonot.

‫ּבֹורא‬ ֵ ,‫ֹלהינּו ֶמלֶ ְך ָהעֹולָ ם‬ ֵ ‫ָּברּוְך ַא ָּתה ה’ ֱא‬ ‫ִמינֵי ְמזֹונֹות‬

Pour le vin Cette bénédiction est aussi pour le jus de raisin

Béni soit Toi, Adonaï, notre Dieu, Maître de l'Univers, qui crée le fruit de la vigne.

248

Baruch Ata Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, borei pri hagafen.

‫ּבֹורא‬ ֵ ,‫ֹלהינּו ֶמלֶ ְך ָהעֹולָ ם‬ ֵ ‫ָּברּוְך ַא ָּתה ה’ ֱא‬ .‫ְּפ ִרי ַהּגָ ֶפן‬


Gardiennage et jardinage

Anglais

Pour les fruits

Translitération

Hébreu

Cette bénédiction est pour les produits qui poussent sur les arbres Béni soit Toi, Adonaï, notre Dieu, Maître de l'Univers, qui crée le fruit de l'arbre.

Baruch Ata Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, borei pri ha’etz.

‫ּבֹורא‬ ֵ ,‫ֹלהינּו ֶמלֶ ְך ָהעֹולָ ם‬ ֵ ‫ָּברּוְך ַא ָּתה ה’ ֱא‬ .‫ְּפ ִרי ָה ֵעץ‬

Pour les légumes

Cette bénédiction est pour les produits qui poussent sur le sol Béni soit Toi, Adonaï, notre Dieu, Maître de l'Univers, qui crée le fruit de la terre.

Baruch Ata Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, borei pri ha’adamah.

‫ּבֹורא‬ ֵ ,‫ֹלהינּו ֶמלֶ ְך ָהעֹולָ ם‬ ֵ ‫ָּברּוְך ַא ָּתה ה’ ֱא‬ .‫ְּפ ִרי ָה ֲא ָד ָמה‬

Tout le reste

Cette catégorie comprend le poisson, les œufs, les produits laitiers, la viande, les boissons (en plus du vin et du jus de raisin), les bonbons et d'autres aliments transformés Béni soit Toi, Adonaï, notre Dieu, Maître de l'Univers, qui crée divers moyens de subsistance.

Baruch Ata Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, shehakol nihiya bid’varo.

‫ ֶׁש ַהּכֹל‬,‫ֹלהינּו ֶמלֶ ְך ָהעֹולָ ם‬ ֵ ‫ָּברּוְך ַא ָּתה ה’ ֱא‬ .‫נִ ְהיָ ה ִּב ְד ָברו‬

249


ANNÉE DE CROISSANCE

LA BEAUTÉ AU-DELÀ DE CE QUI SAUTE AUX YEUX

Tu BiShvat, le quinzième jour du mois juif de Shvat, célèbre le nouvel an des arbres. Bien que nous vivions peut-être dans des régions où il est peu probable de célébrer les arbres, Tu BiShvat marque en fait le moment où la sève commence à monter dans les arbres en Israël, bien avant que nous ne voyions une floraison extérieure. Cette focalisation sur le potentiel intérieur, même lorsqu'il est invisible à l'œil nu, nous enseigne qu'il y a beaucoup plus à la vie, et pour chacun d'entre nous, que ce qui est immédiatement apparent. Le jour de Tu BiShvat, les communautés juives du monde entier ont la coutume de manger les sept espèces pour lesquelles la Terre d'Israël est particulièrement appréciée : le blé, l'orge, le raisin, les figues, les grenades, les olives et les dattes. Tout en dégustant des fruits, comment et avec qui pourriez-vous vous faire une pause pour apprécier toute la beauté, le soin et l'amour imprégnés dans les fruits ensoleillés, à l'occasion de Tu BiShvat ? « Sans les arbres, la vie humaine ne pourrait pas exister. » – Midrash Sifre, Deut. 20:19

250


Gardiennage et jardinage

Le saviez-vous ?

Voici quelques statistiques du Fonds national juif (Keren Kayemet L’Yisrael) : Israël est l'un des deux seuls pays au monde qui est entré dans le 21ème siècle avec un gain net en nombre d'arbres. Fait remarquable, il n'y avait pas de forêts naturelles à la fondation de l'État moderne d'Israël : ses forêts ont été entièrement plantées à la main.

Depuis sa création en 1901, la JNF a planté plus de 240 millions d'arbres dans tout l'État d'Israël, fournissant de luxuriantes ceintures de verdure couvrant plus de 250 000 acres. • Pourquoi les arbres sont-ils si importants ? Comment pourrions-nous apporter à nos communautés l'éthique de plantation d'arbres modélisée par la FNJ et ses donateurs ?

251


ANNÉE DE CROISSANCE

252


Gardiennage et jardinage

GÉRER LES DONS DE LA NATURE Utilisation sans abuser : Bal Tashchit

Les changements climatiques ont accru l'attention de nombreuses personnes sur la nécessité de gérer avec soin le monde naturel.

Des sources juives nous disent qu'il nous est ordonné de ne pas gaspiller ni détruire les ressources naturelles. Dans la Torah, nous apprenons cette mitzvah en ce qui concerne les arbres fruitiers à partir des lois de la guerre. Plus tard, les autorités expliquent que cettemitzvah s'applique dans toutes les situations, et s'étend au-delà des arbres fruitiers pour inclure les nombreuses bénédictions physiques qui nous ont été données. Deutéronome 20:19

« Si tu es arrêté longtemps au siège d'une ville que tu attaques pour t'en rendre maître, tu ne dois cependant pas en détruire (lo tashchit) les arbres en portant sur eux la cognée. Ce sont eux qui te nourrissent, tu ne dois pas les abattre » ‫לְתפְ ָׂשּה ֹלא ַת ְׁש ִחית‬ ָ ‫לֶיה‬ ָ ‫ּלָחם ָע‬ ֵ ‫לְה‬ ִ ‫ִּכי ָתצּור ֶאל ִעיר יָ ִמים ַרּבִ ים‬ ‫ֶאת ֵעצָ ּה לִ ְנּד ַֹח ָעלָיו ּגַ ְרזֶן ּכִ י ִמ ֶּמּנּו תֹאכֵ ל וְ אֹתֹו ֹלא ִתכְ רת‬

Maïmonide, Mishneh Torah, Lois des Rois 6:8, 10 Cette interdiction ne s'applique pas seulement à une ville assiégée, mais à tous les endroits : Il est interdit de couper un arbre fruitier pour le détruire. Vous pouvez couper l'arbre s'il nuit à d'autres arbres ou au champ de quelqu'un d'autre, ou s'il est très précieux. La Torah interdit seulement la destruction. Et cette interdiction ne s'applique pas seulement aux arbres, car quiconque détruit des vaisseaux, déchire des vêtements, détruit un bâtiment, obstrue une source de puits, ou gaspille de la nourriture de manière destructrice – tous transgressent la mitzvah de bal tashchit. • Quelles sont les trois choses positives que votre famille peut commencer à faire pour réduire au minimum le gaspillage des ressources naturelles ?

• Quelles sont les trois choses que votre famille peut arrêter de faire pour minimiser le gaspillage des ressources naturelles ? • Que pouvez-vous faire, vous et votre famille, pour transmettre le message de bal tashchit à votre communauté ?

253


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur l’Innovation israélienne 3

Regardez la vidéo « Made in Israel-Clean and Green » du Club 700 sur YouTube, une vidéo de 12 minutes magnifiquement produite sur les innovations israéliennes liées à la protection du monde qui nous entoure. http://bit.ly/2k1GAdc • Laquelle de ces histoires avez-vous trouvé particulièrement intéressante ? Que pourriez-vous partager avec d'autres ?

Que La Lumière Soit : L'histoire inspirante de l'énergie solaire dans le désert de l'Arava en Israël3

« Nous sommes au milieu de la fracture syroafricain », s'enthousiasme Josef Abramowitz, PDG d'Energiya Global, devant notre petit groupe d'écrivains écologistes. Il écarte les bras. A l'Est, je vois les montagnes de Jordanie, à l'ouest les falaises qui mènent au nord-ouest au désert du Néguev et au cratère Ramon d'Israël. Une vaste vallée sépare les deux côtés, s'étendant au Nord vers la Syrie et au Sud vers la Mer Rouge. Il fait chaud, sec et le temps est très ensoleillé. « C'est un lieur de grands messages, où les révolutions éthiques commencent,» chante-t-il, se lançant dans une leçon d'histoire rapide sur les événements anciens qui se sont produits dans cet endroit inhospitalier, de la destruction

de Sodome et Gomorrhe à Moïse et les Israélites errants ainsi que d'innombrables autres.

Aujourd'hui, un autre chapitre a commencé dans cette partie du monde, un chapitre qui, nous l'espérons, jouera un rôle clé dans l'arrêt du changement climatique. Energiya Global est une entreprise qui développe des projets solaires abordables dans le monde entier. Leur premier champ solaire est situé juste à l'extérieur d'une communauté appelée Kibbutz Ketura dans le désert du Néguev en Israël. L'énorme champ solaire est également le premier champ solaire à échelle commerciale au Moyen-Orient. Lancé en 2014, il génère 40 mégawatts d'énergie [1}–{2]– assez pour alimenter un tiers de l'énergie de la ville voisine d'Eilat en journée.

L’ensemble de la région de l’Arava, qui s’étend de la Mer Rouge à la Mer Morte, génère actuellement 70% de ses besoins en électricité, et dépassera les 100% d’ici 2020, y compris la ville portuaire d’Eilat. Mais, comme le souligne Abramowitz, « Israël devrait être 100% solaire en journée. Cela pourrait être le modèle pour toute l’Afrique, et plus encore. » L'énergie solaire est aujourd'hui une fraction du coût du diesel, et elle est entièrement verte. Energiya montre qu'un modèle d'affaires peut changer le monde, avec un quadruple résultat

3 Adapté de Katherine Martinko, « Que la lumière soit : L'histoire inspirante de l'énergie solaire dans le désert de l'Arava en Israël, »Treehugger, 10 Janvier 2017, https://www.treehugger.com/renewable-energy/let-there-be-lightinspiring-story-solar-power-israels-arava-desert.html. Utilisé avec autorisation.

254


Gardiennage et jardinage

net qui rend tout le monde satisfait – des rendements décents pour les investisseurs, des avantages pour l’humanité, des avantages environnementaux et une géostratégie intelligente.

L'énergie solaire a même comblé le fossé entre Palestiniens, Israéliens et Jordaniens, dont beaucoup travaillent en partenariat sur des projets.

Le jour de notre visite à la mi-décembre, nous sommes restés dans le champ solaire jusqu’à ce que la lumière soit « juste à droite » et que les sommets deviennent violets au coucher du soleil. Puis nous nous sommes tous assis sous les palmiers, sirotant un thé à la menthe sucré tout en mangeant des dattes, regardant la pleine lune se lever au-dessus des panneaux solaires

argentés au loin. De ce point de vue, enfin, l'avenir semblait merveilleusement doré.

Energiya a également des projets de partenariat avec des pays africains. Au Rwanda, Energiya s'associe avec le Village de de la Jeunesse Agahozo-Shalom (ASYV), inspiré par les villages « Youth Aliyah » d'Israël des premières décennies de l'État. Le Village de la Jeunesse compte cinq cents enfants qui ont perdu leurs parents ou dont les familles ne peuvent pas s'occuper. Le Village de la jeunesse assure la sécurité et l'éducation, et aide les enfants à développer des compétences pratiques. D'ici 2018, le projet Energiya-ASYV générera 10 pour cent de l'électricité du Rwanda, le village des jeunes recevant lui-même une partie des bénéfices.

255


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Fabriquer des lanternes clémentines4

Réveillez vos sens et votre créativité en4 regardant les dons de la nature de nouvelle manière. La création d'une mini-lanterne clémentine vous aidera à célébrer la générosité et les fêtes Tu BiShvat en faisant entrer le plein air et en savourant la saisonnalité d'un fruit très apprécié. Les lanternes peuvent être utilisées pour donner un arôme sucré à n'importe quelle pièce, pour améliorer un Seder de Tu BiShvat, ou comme un outil pour vous aider à réfléchir pendant que vous tenez votre journal personnel.

Matériaux :

• Clémentines ou mandarines (y compris la peau et la pulpe !) • Couteau d'épluchage • Huile d'olive

• Plat/dessous-de-verre ignifuge

Instructions :

• Noter soigneusement le périmètre le plus large d'une clémentine, juste assez près pour voir le fruit. Ne pas couper le fruit lui-même.

• Retirez la peau, séparément, en glissant votre doigt entre la peau et le fruit. • Mettre de côté le brin central de la pulpe. Ça servira de mèche. • Utilisez un couteau d'épluchage pour découper un dessin sur la moitié supérieure de la clémentine.

• Mettez la moitié inférieure de la clémentine sur un dessous de verre ou une plaque ignifugée. Ajouter l'huile d'olive jusqu'à ce que le fond ramassé soit plein au quart. Ajoutez la mèche et arrosez-la d'une petite quantité d'huile d'olive, puis allumez-la. • Placez la partie supérieure découpée de la clémentine sur la flamme. Assurez-vous que la flamme n'est pas obstruée ; si elle l'est, elle ne brûlera pas !

4 Ces lanternes clémentines sont le fruit du travail de Jacqueline Serebrani-Kesner, éducatrice interdisciplinaire et expressive en arts. Pour en savoir plus sur l'enrichissement en arts créatifs de Jacquie, rendez-vous sur www.creativeartsenrichment.org. Jacquie est joignable à l'adresse jserebrani@gmail.com.

256


Gardiennage et jardinage

257


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs de la Protection du monde autour de nous, LeOvdah Ou Le-Shomra (le travailler et le protéger), dans votre vie de famille.

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org.

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  Je mange en pleine conscience, en appréciant la bénédiction spirituelle de la nourriture

 J’inspire, je me nourris de la nature ; j’expire, je souris

 J’accepte la mission divine de protéger le monde autour de moi

 Je veille à profiter et à conserver le jardin • L’équilibre complexe du monde de la nature est le sujet du documentaire Tout est possible (The Biggest Little Farm) qui suit le voyage de John et Molly Chester, un couple de citadins californiens qui décident de créer leur ferme durable sur un terrain aride, leurs déboires et leurs réussites. Ce documentaire a reçu de nombreux prix : https://bit.ly/42hvYep • Renseignez-vous sur l’empreinte carbone de vos choix alimentaires. Jonathan Safran Foer dans son livre L’avenir de la planète commence dans notre assiette explique avec

258

passion que l’un des changements individuels que nous pouvons apporter pour préserver la planète concerne nos choix alimentaires. Tous les aliments n’ont pas le même impact sur les émissions de gaz à effet de serre. Cela dépend de la culture, la transformation, le transport, le stockage, la cuisson, et l’élimination de chaque produit. Voici par exemple une liste que l’auteur présente du poids en kg de CO2 émis pour chaque portion des aliments suivants :  Bœuf : 2,99

 Fromage : 1,11  Poulet : 0,57  Œufs : 0,4  Lait : 0,32  Riz : 0,07

 Légumes : 0,049  Carottes : 0,03

 Pommes de terre : 0,01 • Quand vous renouvelez votre garde-robe, pensez aux échanges de vêtements, aux dons à des vestiaires sociaux, aux achats vintages. Privilégiez les matières naturelles. Selon Forbes, l’industrie du textile est responsable de 10% des émissions globales de carbone et est la plus pollueuse derrière l’industrie pétrolière.


Gardiennage et jardinage

Pour les familles avec des enfants de tous les âges • Au buffet ou dans les repas de famille, prenez des petites portions et resservez-vous si vous le souhaitez. On a souvent les yeux plus gros que le ventre. Jeter ou gaspiller de la nourriture c’est détruire des ressources naturelles pour rien.

• Organisez un troc de vêtements dans votre communauté. Outre les bienfaits pour l’environnement, c’est l’occasion d’organiser un évènement sympathique et par la même occasion, de se débarrasser de ce fabuleux coup de cœur que vous n’avez finalement jamais porté… • Proposez à vos enfants d’organiser un troc de jouets. Non seulement c’est bon pour l’environnement et vous débarrasser des jouets inutiles, mais en plus, ça apprendra à vos enfants à ne pas accumuler les choses inutilement et ils s’en sentiront très bien !

• Faites des plantations en famille, dans votre jardin ou dans des jardinières sur votre balcon. Commencer par planter du basilic avec lequel vous préparerez ensemble un pesto quand il aura poussé. Faites-en une grande quantité que vous mettrez en pot et étiquetterez pour les offrir à vos amis. Le jardinage apprend la patience, et c’est un cadeau qui continue de produire des fruits…

• Pour célébrer Tou Bichvat, consommez des 7 espèces par lesquelles la Terre d’Israël est louée : le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive, la datte. Vous pouvez aussi organiser un Seder de Tou Bichvat qui soit une vraie ode à la beauté de la nature et la diversité des fruits que nous avons à notre disposition. Voici une fiche qui vous permettra de suivre le Seder :https://bit.ly/3qsi8bN

• Regardez la vidéo de Bimbam avec les plus petits « Honi le traceur de cercles : un conte pour Tou Bichvat » (vous pouvez régler les sous-titres en français sur YouTube) https://bit.ly/45JlxmI . Vous pouvez aussi leur proposer le dessin animé de Shaboom sur le Bal Tash’hit (sous titres en français).

• A table lancez le débat sur le Bal Tash’hit, le gaspillage : comment utiliser au mieux les objets ? Peut-on les jeter ou en changer sans raison véritable ? Par exemple, prendre une serviette en papier et la déchirer juste comme ça, par ennui, c’est du Bal Tash’hit. Faites. Un tout de table et demander à chacun de choisir un objet et de dire comment on en fait bon usage et comment l’utiliser de manière non productive est du Bal Tash’hit.

259


ANNÉE DE CROISSANCE

Pour les familles avec des grands

• Regardez ces vidéos sur la gestion de l’eau et les solutions développées par Israël et exportées dans le monde entier : https://bit.ly/45K2Cbg

• Invitez vos enfants à faire un « inventaire des ordures » tous les jours pendant une semaine. Ensuite, faites un conseil de famille et laissez les enfants présenter leurs découvertes. Puis discutez de la manière de diminuer les déchets ménagers. • L’empreinte carbone générée par une portion de bœuf est vingt fois supérieure à celle d’une portion de pommes de terre. Effectuez des recherches en ligne pour connaître l’impact carbone des différents repas. Essayez d’en tenir compte dans votre mode de consommation.

260

• Au dîner, racontez à votre famille l’histoire suivante et discutez-en : Deux hommes se disputaient un terrain. Chacun soutenait que la terre lui appartenait. Au bout d’un certain temps, ils se mirent d’accord d’exposer leur différend devant une femme très sage et de respecter sa décision, quelle qu’elle fut. La grande dame les écouta attentivement, l’un après l’autre. Puis elle dit : « A qui appartient cette terre ? Puisque cette question la concerne, allons lui demander ce qu’elle a à dire ! » Les deux hommes conduisirent la dame vers le terrain en question. A leur grande surprise, elle colla son oreille contre la terre et se mit à écouter. Hochant la tête pensivement, elle dit : « J’ai écouté la terre, et elle dit qu’elle n’appartient à aucun de vous deux… » « Comment ?! », s’exclamèrent les deux protagonistes à l’unisson. Et la très sage dame leur répondit : « La terre dit que c’est vous qui lui appartenez… ». A méditer…


Gardiennage et jardinage

261


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE GRAPHIQUE POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS EN MATIÈRE DE PROTECTION DU MONDE QUI NOUS ENTOURE, L’OVDAH UL’SHOMRAH Reconnaissance

Comment vos routines vous mettent-elles en contact avec le monde naturel ? Que faites-vous déjà pour prendre soin du monde naturel, en tant qu'individu et en tant que famille ?

262

Vision

Comment aimeriez-vous exercer la valeur de l'ovdah ul'shomrah, en protégeant le monde ? Qu'est-ce qui empêche votre famille de profiter du monde naturel et d'en faire plus pour en prendre soin ?


Gardiennage et jardinage

Objectifs

Quelles sont les petites étapes réalisables que vous pouvez faire dans votre vie quotidienne, qui sont réalistes et que vous pouvez facilement programmer, qui vous aideront à atteindre vos objectifs en termes de protection du monde naturel ?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour savoir si vous progressez ?

263


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur de l'ovdah ul'shomrah, la protection du monde qui nous entoure

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment notre famille peut-elle être nourrie par le monde naturel ?

• Comment pouvons-nous participer à la protection de l'environnement ? Comment pouvons-nous être une force qui aide notre communauté à protéger la Terre pour nos enfants et nos petits-enfants ?

• Comment notre famille pourrait-elle ancrer nos pratiques alimentaires dans les valeurs juives, et comment cela pourraitil profiter à l'environnement ainsi qu'à notre propre développement spirituel ?

Vocabulaire Significatif adam

‫ָא ָדם‬

humain

adamah

‫ֲא ָד ָמה‬

sol ou terre

‫ַבּל‬ ‫ַּת ְׁש ִחית‬

l'interdiction de la destruction dénuée de sens

bal tashchit

Animation de la session

1. Demander l'avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple :

264

• Planifier une activité pour accompagner la session d'étude (voir Extra ! Idées de programme) • Organisation de l'événement

• Coanimer une discussion sur la nourriture et si vous avez une participante qui est thérapeute ou nutritionniste et qui s'occupe de ces questions, elle serait une excellente personne à inclure dans cette partie de la discussion • Effectuer des recherches et présenter des idées au groupe sur les pratiques environnementales que les participants pourraient adopter et intégrer dans leur vie familiale

• Inviter une ou plusieurs femmes à partager une façon dont elle a rapporté à la maison les leçons de votre dernière rencontre Impliquer les participantes les aide à s'approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l'avance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l'âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


Gardiennage et jardinage

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle en aidant l'hôtesse à distribuer une distribution de nourriture et de boissons qui présentent les sept espèces pour lesquelles la Terre d'Israël est louée (blé, orge, raisins, figues, grenades, olives et dattes). Au début du programme, parlez aux participants de ces sept espèces, et envisagez de les guider dans les bénédictions pour les différents aliments (pages 248–249). Disposer l'espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurezvous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d'apprentissage et de croissance. Envisagez d'impliquer les femmes dans un court exercice d'étirement, ou de se concentrer sur la prise de respirations profondes et relaxantes.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu'elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l'écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Parlez de Tu BiShvat ! Profitez des sept espèces ensemble. Soulignez que Tu BiShvat marque

en fait le moment où la sève commence à monter dans les arbres, avant même que nous ne voyions une floraison extérieure. Cette focalisation sur le potentiel intérieur, même lorsqu'il est invisible à l'œil nu, nous enseigne qu'il y a beaucoup plus à la vie, et pour chacun d'entre nous, que ce qui est immédiatement apparent. Vous voudrez peut-être guider les participantes dans quelques moments de silence, en mettant l'accent sur le potentiel qui est en elles, même si ce n'est pas immédiatement évident, et sur la façon dont elles espèrent que ce potentiel sera exprimé.

6. Activités « Étincelles de l'âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l'apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d'en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Entretien du jardin (p. 244)

Demandez aux femmes comment elles inspirent leurs enfants à prendre soin de leur maison. Ou invitez-les à imaginer emménager dans un nouvel espace magnifique, où leurs enfants sont capables de s'en occuper, mais ne sont pas enclins à le faire. Quels conseils peuvent-elles donner à leurs enfants ? Puis remontez dans le temps jusqu'au premier jardin de la Torah, le Jardin d'Eden. Explorez les conseils de Dieu à partir de la Torah et du Midrash, en utilisant les questions et en renvoyant aux idées des femmes. Ensuite,

265


ANNÉE DE CROISSANCE

poursuivez en parlant de la protection de nos espaces communs et de notre monde.

Les Meilleures Villes (p. 245)

Lisez ensemble l'extrait du Talmud de Jérusalem, où les sages discutent des institutions nécessaires dans une ville. Bien que les exigences pour un guérisseur, un bain et un tribunal soient évidentes, la déclaration du rabbin Yossi selon laquelle il est interdit de vivre dans une ville sans potager est surprenante. Utilisez les questions de réflexion pour aider les participantes à réfléchir à leurs propres expériences dans un jardin et à la manière dont cela les a aidées à accéder à un sentiment d'émerveillement et d'interdépendance avec la nature et ce qui les entourent

La sainteté de la nourriture (pages 246-247)

En tant que parents, nous participons à notre alimentation et à celle de nos familles. À quoi cela ressemblerait-il si nous traitions le fait de manger comme un acte spirituel ? Lisez ensemble la citation du Rabbi Nachman (p. 247), et donnez aux participantes un peu de temps pour réfléchir tranquillement à leur relation avec la nourriture et l'alimentation en utilisant l'exercice de rédaction sur la même page. Divisez les femmes en binômes et faites-les partager entre elles ce qu'elles ont découvert dans leurs écrits. Rappelez-

266

leur d'écouter sans donner de conseils et mentionnez que de nombreuses personnes ont des relations compliquées avec la nourriture. Puis, en groupe, explorez la possibilité de transformer les défis alimentaires en une pratique spirituelle.

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « L'une des choses que je vais ramener chez moi aujourd’hui est... » ou « J'aimerais commencer à pratiquer l’ovdah ul’shomrah avec ma famille en... » Invitez les femmes à répondre à l'invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez demander aux sœurs de s'associer avec une autre partenaire et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d'un partage de groupe volontaire. Dirigez l'attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 258-261). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l'apprentissage qu'elles ont


Gardiennage et jardinage

expérimenté aujourd'hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu'elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s'est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l'unité. Offrez aux participantes l'occasion de prendre un moment pour se connecter avec une autre sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s'offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur sert de point d'entrée pour des conversations qui ne se produiraient peut-être jamais autrement. (voir pages 254-257). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, et afin que chaque participante connaisse les objectifs sur lesquels les autres travaillent et visent, vous pourriez envisager ce qui suit ::

• Nous vous recommandons de regarder le film Sustainable Nation avec les femmes et de discuter de l'impact du travail d'Israël sur la durabilité dans le monde. Le film complet

peut être loué ou acheté sur Amazon Prime, et une version plus courte de 20 minutes est disponible sur le site Web de Sustainable Nation moyennant des frais de licence de 149 $ pour les groupes éducatifs (https://bit.ly/2M8MzgX).

• Inclure un court Séder de Tu BiShvat dans la session. Plusieurs organisations ont conçu de magnifiques cérémonies, dont Livnot U’Lehibanot (http://bit.ly/2j61lDX), la Fondation Israel Forever (http://bit.ly/3d1AOX4), et Hazon (http://bit.ly/2jW19XD).

• Faites du bénévolat auprès d'un jardin communautaire ou d'une organisation locale qui se consacre à améliorer l'environnement. • Demander à une participant ou à un intervenant extérieur de faire la démonstration d'idées pour des repas sains et respectueux de l'environnement et la préparation de repas scolaires. • Terminez la session par une activité de plantation (vous pouvez commander des semences d'Israël auprès de la Fondation Israel Forever. http://bit.ly/2jH1yOq).

267


ANNÉE DE CROISSANCE

268


La bénédiction d'être audacieux Azut d'Kedushah, Courage – Pourim


ANNÉE DE CROISSANCE

POURIM Courage

Que cela signifie d’être courageux, de vivre avec audace ? Lorsque nous tapons et que nous voulons mettre en évidence une idée, nous la mettons en gras. C’est le même vieux mot, juste rendu plus brillant, plus gros, plus prononcé. Ainsi, une vie audacieuse est une vie qui se démarque. C’est exceptionnel. Quelle est la vision juive d’une vie exceptionnelle ?

Dès notre plus jeune âge, on nous enseigne avec beaucoup d’emphase que la société attend de nous. Un flux constant de messages nous apprend quoi dire, quoi taire, quoi refuser, quoi autoriser, quoi porter, quoi craindre, qui être et comment l’être. En vieillissant, nous remarquons à peine les contraintes de ces conventions, car elles sont si essentielles à ce que nous sommes devenus. Après tout, tout le monde le fait ; c’est comme ça que j’ai toujours été. Remettre en cause des normes sociales fondées sur nos valeurs peut entraîner la désapprobation, le rejet et même la punition. Nous risquons de mettre en péril nos relations et notre réputation. Non seulement la société qui nous entoure place des attentes, des conventions et des limites sur nous, mais nous devons également composer avec nos conventions et limites internes. Nous pouvons être naturellement calmes ou bruyants, réservés ou sociables. Très souvent, nous adoptons par défaut des comportements qui se situent dans nos zones de confort. Nous

270

les choisissons non pas par conviction, mais par familiarité et facilité.

Quand une situation nous oblige à agir en dehors de nos comportements par défaut, cela peut être terrifiant. Rompre avec les normes, de l’intérieur ou de l’extérieur, est une proposition vraiment géniale. Il faut du courage, de l’audace, et une bonne dose de sainte chutzpah pour franchir le pas. Ce mois-ci, nous parlons d’apprendre à vivre la vie avec courage. Nous explorerons la valeur de la sainte audace, connue en hébreu sous le nom de azut d’kedushah. Parfois appelée sainte audace ou sainte chutzpah, azut d’kedushah c’est quand, dans un but plus large que nousmêmes, nous surmontons les conventions de la société ou nos propres limites internes pour sortir de nos zones de confort et faire la chose juste et courageuse.

Nous nous tournons vers l’histoire de Pourim comme notre texte directeur pour une vie audacieuse. Pourim commémore une victoire sur nos ennemis – tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Comme nous le verrons, l’héroïne de l’histoire, la reine Esther, se démarque comme un excellent modèle pour vivre avec audace et agir avec azut d’kedushah. Elle a à la fois violé les normes qui l’entouraient en prenant de grands risques mais également a agi d’une manière qui défiait sa nature, tout cela dans le but de sauver son peuple. Et le sauver, elle l’a fait.


La bénédiction d'être audacieux

Comme Esther, nous utilisons notre azut d’kedushah lorsque nous poursuivons des objectifs plus élevés, en surmontant les conventions et les obstacles qui se dressent sur notre chemin. Nous menons tous nos propres batailles ; nous possédons tous l’ADN spirituel d’Esther, et avec lui la capacité d’activer notre propre courage pour surmonter les obstacles qui nous empêchent de vivre des vies exceptionnelles. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Quel pourrait être un domaine où je pourrais suivre les traces d’Esther et faire ce qu’il faut pour moi, ma famille et mon peuple, même si c’est effrayant ou en dehors de ma zone de confort ?

• Quelle est la différence entre l’arrogance et l’audace ?

• Comment puis-je apprendre à mes enfants à être audacieux mais pas arrogants ? • Quelles sont les situations dans ma vie qui m’obligent à être courageux ? • Comment puis-je libérer mon courage s’il ne me vient pas naturellement ?

271


ANNÉE DE CROISSANCE

LA REINE ESTHER ET MOI Par Adrienne Gold Davis

Il ne fait aucun doute que les plus grands changements que j’ai jamais faits dans ma vie largement passée sous silence ont eu lieu à cause de la reine Esther de l’histoire de Pourim. J’avais quarante ans quand j’ai étudié l’histoire de Pourim pour la première fois. Je ne savais pas à quel point cela allait devenir important dans l’évolution de mon identité personnelle. Mais d’abord, regardons la partie de l’histoire à laquelle je fais référence.

Esther est née n’appartenant à personne d’autre que Dieu. Son père est mort alors que sa mère était enceinte et sa mère est morte en couches. Elle a été élevée par son oncle dévoué Mordechai et a vécu comme une fille juive à une époque où la plupart des Juifs s’étaient assimilés dans la culture populaire persane. Lorsque le méchant roi Achashverosh a appelé à un rassemblement de toutes les belles jeunes filles dans son royaume afin de remplacer sa femme bannie, Esther a été emmenée au harem avec les autres. Son oncle l’a avertie de dissimuler son identité juive. (Même son nom, Esther, vient du mot hébreu seter, ou caché.) Esther a été choisie parmi toutes les autres et est devenue reine. Selon le Midrash, elle a pu par hasard continuer à manger et à marquer le temps comme une juive, même dans le « ventre de la bête ». Il est arrivé au pouvoir un commandant en second du roi qui haïssait le peuple juif et cherchait à nous détruire. En apprenant leur sort, Mordechai se rendit à Esther aux portes du palais et l’implora de révéler sa véritable identité à son mari le roi. Elle était terrifiée, craignant pour sa vie si elle se rendait sans y être invitée à Achashverosh. À ce moment, Mordechai a dit une chose des plus révélatrices et des plus profondes, qui a complètement changé ma

272

conscience de la responsabilité personnelle et de la bravoure. Il a dit : « N’imaginez pas que vous, de tous les Juifs, échapperez à votre vie en étant dans le palais du roi. [Au contraire,] si vous gardez le silence en ce moment, le soulagement et la délivrance viendront aux Juifs d’un autre endroit, tandis que vous et la maison de votre père serez perdus. Et qui sait si, pendant une période comme celle-ci, vous avez atteint votre position royale ? » (Esther 4:13−14)

Ou, comme j’aime le penser : Peut-être avezvous été créé pour ce moment ; peut-être est-ce pour cela que Dieu vous a placé dans ce palais en premier lieu ! En d’autres termes, c’était le moment d’Esther, où elle était particulièrement bien placée et positionnée pour être l’agent du changement ; où elle a été forcée de faire face à sa peur personnelle et d’assumer ses responsabilités, et de ne pas se leurrer en pensant qu’elle pouvait l’éviter tout en réalisant son véritable potentiel.

Ce moment m’est venu alors que je travaillais à la télévision en direct après le 11 septembre. Alors que l’information s’est rapidement transformée en théories du complot, et que les célébrations commençaient dans les rues de la Cisjordanie, j’avais mon propre « oncle Mordechai » sous la forme de mon rabbin Il m’a essentiellement dit que c’était mon moment d’Esther, et que je devais parler au nom du peuple juif alors que j’avais un public aussi vaste et sans méfiance. (J’étais une experte de la mode !) Je me souviens avoir ressenti une combinaison de terreur et d’excitation. Mon rabbin m’a donné des pistes de discussion pour n’importe quel


La bénédiction d'être audacieux

nous comportons avec amour lorsque nous ne le « ressentons pas ». Chaque fois que nous choisissons juste au lieu de facile. sujet de notre panel, afin d’obtenir le plus grand impact. D’une certaine façon, je savais que C’était mon moment pour faire ressortir mon Esther intérieure. Que, en parlant en dehors de mon mandat de mode et en profitant de mon podium pour des commentaires non sollicités, je commettrais un suicide professionnel. L’opposition a été immédiate. Mes producteurs m’ont averti de cesser de pousser mon agenda.

Les téléspectateurs ont écrit, certains de manière menaçante. Apparemment, parler de Dieu à la télé est plus provocateur que les micro-minis et les bikinis minuscules que je présentais. Et donc je « prenais une semaine de congé » de mes commentaires sur Israël et les questions juives... et à la minute où ils pensaient qu’ils m’avaient « apprivoisée », je recommençais. Et naturellement, dès la fin de mon contrat - moi aussi. Mais à ce momentlà, j’avais attisé ma passion pour notre peuple au point que tout ce que je voulais faire était d’enseigner ce qu’on m’avait enseigné. Et c’est ce qui m’a finalement amené à Momentum ! Depuis j’en suis venu à comprendre qu’il y a de nombreux moments d’Esther au cours d’une journée. Et ils ne sont pas toujours aussi publics ou éclaboussants. Ils se produisent chaque fois que nous gardons le silence face à une insulte plutôt que de riposter, chaque fois que nous parlons doucement lorsque nous voulons vraiment crier. Chaque fois que nous

Cela signifie comprendre que ce n’est pas parce que nous sommes mal à l’aise ou que nous avons peur de faire ce qui est juste que nous pouvons nous abstenir de le faire. Comme l’a dit le célèbre écrivain Ambrose Redmoon, « Le courage n’est pas l’absence de peur, mais plutôt le jugement que quelque chose d’autre est plus important que la peur. » Puissions-nous tous identifier et activer nos propres Esthers intérieures, et nous élever à chaque moment d’Esther. • Avez-vous eu des moments d’Esther, où vous avez trouvé le courage de faire ce qu’il fallait, même lorsque c’était inconfortable ou effrayant ?

Exercice de Rédaction

Prenez 5 à 10 minutes pour écrire vos réponses aux questions suivantes. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous avez terminé d’écrire, discutez avec votre sœur de certaines des questions et des idées qui vous ont été proposés dans cet exercice. • Comment puis-je accéder à mon courage et à la partie d’« Esther » de moi-même pour surmonter mes peurs ou mes appréhensions et apporter des changements dans ma vie, ma famille ou ma communauté ?

• Comment puis-je enseigner à mes enfants la valeur de l’action avec courage ?

273


ANNÉE DE CROISSANCE

QUELS ATTRIBUTS SONT NÉCESSAIRES POUR LE SERVICE SPIRITUEL ?

Considérant le service spirituel : • Qui connaissez-vous qui fait des œuvres de service dans votre communauté ou dans le monde ?

• Quels sont les attributs de cette personne ? • Si vous deviez sélectionner quatre attributs les plus importants pour faire le bien dans le monde, lequel choisiriez-vous, et pourquoi ?

Pirkei Avot (Éthique de nos Pères) 5:20

Yehudah ben Tema says: Be bold (az) as a leopard, light as an eagle, swift as a deer, and mighty as a lion to do the will of your Father in heaven. He would say: the boldfaced (az panim) to Gehinnom (Hell); the bashful-faced to Paradise. ‫ וגיבור‬,‫ ורץ כצבי‬,‫ וקל כנשר‬,‫ הוי עז כנמר‬,‫יהודה בן תימא אומר‬ ‫ עז פנים‬,‫ הוא היה אומר‬.‫לעשות רצון אביך שבשמיים‬--‫כארי‬ .‫ ובוש פנים לגן עדן‬,‫לגיהינם‬

Yehudah ben Tema était un sage qui vivait en Terre d’Israël au 2ème siècle avant notre ère.

274

• Qu’aimez-vous des attributs suggérés par Yehudah ben Tema ? Pourquoi pensez-vous qu’il choisit ces qualités comme les quatre attributs clés pour accomplir la volonté de Dieu ?

• Il est essentiel de noter que la citation de Pirkei Avot ne se termine pas par une simple discussion sur les quatre animaux. Il se termine par une mise en garde qui affine notre compréhension de ce qu’est exactement « az »… et de ce qu’il n’est pas. Yehuda ben Tema dit que nous devrions être audacieux, az, comme un léopard, mais il dit aussi que quelqu’un qui a le visage audacieux, az - panim, ira en enfer. Quelle est la différence entre être audacieux et avoir le visage audacieux ? • D’après votre propre expérience, quels types d’audace ont été contre-productifs ou erronés, et quels types considérezvous comme positifs ou saints ? Donnez des exemples de votre propre vie. Les Pirkei Avot (Éthique de nos Pères), sont une section de la Mishna qui contient les enseignements éthiques des anciens rabbins.


La bénédiction d'être audacieux

DEUX TYPES D’AUDACE

Le rabbin Nachman de Breslov croyait que, tout comme l’audace sainte, en hébreuazut d’kedushah, qui est essentielle à la vie spirituelle d’un Juif, l’audace non sainte (hubris) est préjudiciable à sa vie spirituelle. Rabbi Nachman de Breslov, Likkutei Moharan 30:8

Il existe deux types d’audace. Il y a l’audace sainte [et l’audace non sainte]. Il n’est pas possible de recevoir la Torah autrement que par la sainte audace, comme nos sages l’ont enseigné, « Le timide [c.-à-d. celui qui n’est pas audacieux] ne peut pas apprendre » (Pirkei Avot 2:5). Et comme nos sages l’ont enseigné, « Pourquoi la Torah a-t-elle été donnée à Israël ? Parce qu’ils sont audacieux » (Talmud de Babylone, Beitza 25b). Et contre cela, il y a un [sorte d’audace, c’està-dire d’orgueil] opposé, comme il est dit : « Quiconque a une [telle] audace, on sait que ses ancêtres ne se sont pas tenus au Sinaï » (Talmud babylonien, Nédarim 20a).

‫לְקּבֵ ל‬ ַ ‫ יֵ ׁש ַעּזּות ִּד ְק ֻד ָּׁשה ־ ֶׁש ִאי ֶאפְ ָׁשר‬...‫“ּכִ י יֵ ׁש ְׁשנֵי ִמינֵי ַעּזּות‬ ‫ּתֹורה ּכִ י ִאם ַעל ֵיְדי זֶה ָה ַעּזּות ִּד ְק ֻד ָּׁשה כְ מֹו ֶׁש ָא ְמרּו רז”ל‬ ָ ‫ֶאת ַה‬ ‫ כְ מֹו ֶׁש ָא ְמרּו רז”ל (ּבֵ יצָ ה כ”ה‬.)‫לָמד (אבות ב׳ ה׳‬ ֵ ‫ֹלא ַהּבַ יְ ָׁשן‬ ...’‫ּתֹורה לְיִ ְׂש ָר ֵאל ־ ִמּפְ נֵי ֶׁש ַעּזִ ין ֵהן‬ ָ ‫‘מּפְ נֵי ָמה נ ְִּתנָה‬ ִ :)‫ע”ב‬

]:‫ [שעל כך נאמר‬...‫ ַעּזּות ִמן ַה ִּס ְט ָרא ָא ֳח ָרא‬,‫לְהּפּוך‬ ִ ‫ יֵ ׁש‬,‫ּוכְ נֶגֶד זֶה‬ ‫בֹותיו ַעל ַהר‬ ָ ‫ּוע ֶׁשֹּלא ָע ְמדּו ַרגְלֵי ֲא‬ ַ ‫ ּבְ יָ ד‬,‫‘ּכָ ל ִמי ֶׁשּיֵ ׁש ּבֹו ַעּזּות‬ .)‫ִסינַי’ (נ ְָד ִרים כ’ ע”א‬ • Le rabbin Nahman dit qu’« il n’est pas possible de recevoir la Torah sans une sainte audace », et qu’Israël a été spécifiquement choisi parce que nous sommes audacieux. Qu’y a-t-il de si important dans l’audace ? Qu’estce qui peut la rendre sainte ?

• Pensez à un moment de votre vie où vous ou un proche avez agi avec une sainte audace. • S’il y avait une étincelle de sainteté dans l’expérience, comment pourriez-vous la décrire ?

• Quelle est la chose que vous aimeriez accomplir et dont vous auriez besoin de azut d’kedushah, la sainte audace, pour la réaliser ? Si vous pouviez écrire une affirmation, que dirait-elle ?

• Si vous aviez un conseil pour vous-même sur l’accès à cette vertu quand vous en avez besoin, quel pourrait être ce conseil ? • Comment pouvez-vous apprendre à vos enfants à agir avec la sainte audace ? Qu’est-ce qui pourrait vous aider à les détourner d’agir avec une audace impie ?

275


ANNÉE DE CROISSANCE

QUATRE ATTRIBUTS DE LEADERSHIP

Quelles sont les qualités requises d’une personne ou d’une équipe pour réussir à concevoir et à diriger avec succès une initiative ? Rabbi Wolbe, Alei Shur, vol. 2, p. 255

Yehudah ben Tema dit : Soyez audacieux comme un léopard, léger comme un aigle, rapide comme un cerf, et puissant comme un lion pour faire la volonté de votre Père au ciel (Pirkei Avot 5:20). Nos sages ont révélé [dans la citation cidessus] quatre pouvoirs nécessaires pour créer et apporter une initiative à une mise en œuvre saine. Le premier pouvoir est l’audace - et c’est de la sainte audace dont il est question, qui est le pouvoir de prendre l’initiative d’envisager l’initiative.

Après s’être engagé à entreprendre une initiative, être léger et optimiste est important, afin de considérer les défis et les revers de la mise en œuvre comme des opportunités. L’étape suivante consiste à être rapide à écouter les autres pour comprendre ce dont chaque personne a besoin pour s’engager et prendre des risques, et pour agir avec enthousiasme. Les étapes finales nécessitent souvent de rester inébranlable avec le grain et la puissance d’un lion afin de mener l’initiative à bonne fin.

276

‫ וְגִּבֹור‬,‫ וְ ָרץ ּכַ ּצְ בִ י‬,‫וְקל ּכַ ּנ ֶ​ֶׁשר‬ ַ ,‫ ֱהוֵי ַעז ּכַ ּנ ֵָמר‬,‫אֹומר‬ ֵ ‫ימא‬ ָ ‫הּודה בֶ ן ֵּת‬ ָ ְ‫י‬ ‫״‬.)‫ כד‬:‫לַעׂשֹות ְרצֹון ָאבִ יָך ֶׁשּבַ ָּׁש ָמיִ ם (אבות ה‬ ֲ ,‫ּכָ ֲא ִרי‬ ‫כאן גילו לנו חז״ל את ארבעת הכחות הדרושים להשלים‬ .‫מעשה‬ ‫הכח הראשון הוא עזות ־ ובעזות וקדושה הדברים אמורים ־‬ ‫שהוא כח היוזמה (כלומר אדם שיש לו מעוף להתחיל איזה‬ .)‫מפעל גדול‬ ‫ הוא זקוק למידה של‬,‫אחרי שקיבל על עצמו לבצע את הדבר‬ ‫ וכדי להביא את‬,‫ ולזריזות‬,‫קלות שלא ישקע בקשיי הביצוע‬ .‫הדבר לידי גמר צריכים גבורת ארי‬ Le rabbin Shlomo Wolbe (1914–2005) était un maître du mussar (enseignements éthiques pour l’amélioration du caractère et du comportement) et l’auteur du classique mussar, Alei Shur.

• Quels sont les quatre pouvoirs que le rabbin Wolbe juge essentiels pour initier et mener à bien une action ? Comment ces quatre pouvoirs fonctionnent-ils ensemble? Pourriez-vous modifier cette liste pour y inclure d’autres pouvoirs nécessaires ? • Lequel de ces quatre attributs possédez-vous comme force ? Quel est le défi pour vous ?

• Pensez-vous qu’il est possible de développer ces attributs même si vous ne les possédez pas naturellement tous ? • Quel attribut recherchez-vous chez un collègue pour vous aider à planifier et à exécuter un projet ? Comment créer une équipe qui, ensemble, possède tous ces attributs ? Qu’est-ce que vous pourriez chercher à accomplir ensemble ?


La bénédiction d'être audacieux

Léopard – audacieux et initiateur

Cerf – rapide, attentif et visionnaire

Aigle – léger et optimiste

Lion – puissant et courageux

277


ANNÉE DE CROISSANCE

TROIS CLÉS POUR FAIRE PREUVE DE COURAGE Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Pourquoi débloquer votre Courage ?

1. Conviction et but

Nos enfants ont besoin de nous voir surmonter notre propre adversité et affronter courageusement les défis, plutôt que de simplement les aider à affronter leurs obstacles tout en évitant les nôtres.

Quelques mois avant la déclaration d’indépendance d’Israël1 Golda a levé 50 millions de dollars en un seul discours.

« Vous ne naissez pas nécessairement avec du courage, mais vous naissez avec du potentiel », a déclaré la défunte poétesse et militante américaine Maya Angelou. « Sans courage, nous ne pouvons pratiquer aucune autre vertu de manière cohérente, nous ne pouvons pas être gentils, vrais, miséricordieux, généreux ou honnêtes

La sainte audace est un moyen d’exprimer notre grandeur intérieure, d’inspirer les autres et de laisser un héritage. Le Talmud enseigne que lorsque notre vie est terminée, on nous posera une série de questions. La dernière question sera la suivante : « Avez-vous pris des mesures pour aider à restaurer le monde ? » Chacun d’entre nous a quelque chose à contribuer pour rendre le monde meilleur. C’est le but de notre vie. Le dernier mot de l’histoire de la Création dans le livre de la Genèse nous oriente vers ce type d’action. Le mot est la’asot, signifiant « faire », nous invitant à aller de l’avant et à rencontrer notre véritable destin.

Lorsque Golda Meir était Premier ministre israélien, elle a encouragé Henry Kissinger, le secrétaire d’État américain, à faire d’Israël une priorité absolue. Il lui a envoyé une lettre : « Je voudrais vous informer que je suis d’abord un citoyen américain; deuxièmement, secrétaire d’État ; et troisièmement, un Juif. » Golda a répondu : « Et alors ? En Israël, nous lisons de droite à gauche. »

Notez quelques actions « la’asot » que si quelqu’un devait « faire », elles apporteraient une réelle contribution au monde. Tenez compte des éléments dans vos diverses sphères d’influence, telles que la famille, le travail, la communauté juive, les établissements scolaires de vos enfants, le quartier et la communauté locale, ainsi que l’organisation qui vous a amené à Momentum ou le réseau mondial Momentum.

Victor Frankl, psychologue et survivant de l’Holocauste, a déclaré : « Le succès, comme le bonheur, ne peut être recherché ; cela doit suivre, et ce n’est que l’effet secondaire involontaire de son dévouement personnel à une cause plus grande que lui. Plus on s’oublie - en se donnant à une cause à servir ou à une autre personne à aimer – plus on est humain et plus on s’actualise. »

1 À l’Assemblée générale des fédérations juives et des fonds de prévoyance, Chicago, 21 janvier 1948.

278


La bénédiction d'être audacieux

Nous avons tous des moments où nous pensons, « Je n’ai pas le temps ou les compétences » ou « Qui suis-je pour faire une différence?” » Avoir une mission avec un objectif convaincant est une clé pour surmonter les obstacles et libérer le courage d’agir. « Les mouvements #TimesUp et #MeToo, et le soulèvement général des femmes à Hollywood et ailleurs contre les abus systémiques, peuvent sembler être un nouveau zeitgeist », déclare Adrienne Gold Davis, Leader des voyages Momentum, « mais c’est nous, les femmes juives, qui avons donné le ton à la désobéissance civile. » Vous et Golda Meir venez de la même lignée de femmes courageuses.

Lorsque Pharaon, souverain de l’Égypte, a ordonné aux deux sages-femmes, Shifra et Puah, de tuer chaque bébé juif mâle à la naissance, elles ont refusé d’appliquer le décret immoral, en faisant confiance à Dieu et en donnant au monde sa première histoire de désobéissance civile consignée. La conviction et le but nous aident à envisager le succès. Les femmes israélites, chassées de dizaines d’années d’esclavage en Égypte dans le désert, ont à peine eu le temps d’emballer de la nourriture pour le voyage. Pourtant, ils ont emballé des tambours et des tambourins, avec l’assurance qu’elles danseraient bientôt en tant que personnes libres.2

• Qui sont les modèles dans votre vie qui agissent avec conviction, vision et une sainte audace ?

• Comment l’avez-vous fait dans votre vie, à petite ou à grande échelle ?

• Nos sages enseignent que lorsqu’Abraham entendit Dieu l’appeler à « Sortir” « Lech lecha » - ce n’était pas un moment singulier; Dieu appelle aussi chaque jour chacun de nous, les enfants d’Abraham. • Que pourrait être Dieu en vous appelant par « lech lecha » pour aller de l’avant et faire, maintenant ? Parmi les choses de la liste “la’asot” que vous avez dressée (voir p. 278), pour lesquelles avez-vous le plus de conviction ? • Qu’est-ce qui vous empêche d’atteindre vos objectifs « lech lecha » ?

2. Attitude envers le confort et la douleur

Notre zone de confort est la gamme de comportements familiers dans lesquels nous agissons habituellement, en nous cachant de choses qui semblent menaçantes ou douloureuses, telles qu’une gêne potentielle, un rejet, une honte, de l’anxiété ou une perte. Nous limitons notre potentiel en agissant là où nous croyons être en sécurité.

2 Midrash Mechilta et Rashi sur l’histoire de Miriam conduisant les femmes en danse à la mer Rouge (Exode 15:20–21).

279


ANNÉE DE CROISSANCE

• Nous avons tous des situations dans lesquelles nous nous sentons en danger. Certaines personnes redoutent de faire du réseautage avec de nouvelles personnes, tandis que d’autres craignent de s’engager dans un conflit, de parler en public, de remettre en question leurs propres hypothèses, de quitter un emploi ou d’accepter un nouvel emploi, ou de résister à l’oppression. Y a-t-il des choses importantes que vous remettez à plus tard ou pour lesquelles vous organisez votre vie pour éviter ?

Helen Keller a eu la sagesse de dire : « La sécurité est surtout une superstition. Elle n’existe pas dans la nature, et les enfants de l’homme dans son ensemble ne la vivent pas. Éviter le danger n’est pas plus sûr à long terme que l’exposition pure et simple. La vie est soit une aventure audacieuse, soit rien. »

Sortir de notre zone de confort implique une volonté de nous exposer à la douleur de franchir les barrières de cette « superstition » de sécurité « Ce qui doit donner de la lumière doit supporter de brûler », disait Victor Frankl. La clé est de faire face à la peur brûlante au lieu de l’éviter, en se tournant vers elle avec une attitude de « allez-y ! » Cependant, c’est plus facile à dire qu’à faire.

La meilleure façon d’être doué pour affronter la peur est de commencer petit : aller à pied ou à la salle de gym, parler à la nouvelle personne de votre bureau, offrez une critique réfléchie sur un problème qui vous tient à cœur, animez une conversation, rejoignez une activité parrainée par un groupe prenant position contre l’oppression. Une fois que vous commencez à surmonter les petites peurs, vous vous rendrez

280

compte que vous avez plus de pouvoir sur elles que vous ne le pensez, et exercer ce pouvoir vous fait vraiment du bien. Cette confiance est ce qui vous permettra de faire face à des peurs encore plus grandes. Le courage n’est pas réservé qu’aux dompteurs de lions. Le courage est une compétence que tout le monde peut développer en faisant des choses difficiles, en privilégiant la croissance sur le confort. • Dans un domaine où vous ne vous sentez pas en sécurité, y a-t-il une douleur potentielle que vous cherchez à éviter ? Comment cela vous confine-t-il

• dans une zone de confort ?

• Quand avez-vous, vous ou un proche, affronté une peur afin d’agir pour quelque chose d’important ?

• Où dans l’histoire de Pourim ou dans d’autres histoires y a-t-il des exemples de se tourner vers la « brûlure » de la douleur ou de la peur pour sortir de sa zone de confort ? • Quelle est la petite crainte à laquelle vous pourriez

• être confronté maintenant pour gagner en confiance ?

3. Fortifier votre âme

Confiance et encouragement

Ruth la Moabite avait une confiance énorme en sa belle-mère, Naomi, laissant tout ce qu’elle savait derrière elle et se pliant à la vieille femme, se dirigeant vers une terre inconnue. Avec une confiance sans réserve envers Naomi, les actions courageuses de Ruth l’ont amenée à devenir l’arrière-grand-mère du roi David. La communauté et le soutien des personnes en qui nous avons confiance peuvent « « inspirer


La bénédiction d'être audacieux

notre courage » - qui est le sens littéral de l’encouragement. Des paroles empathiques et encourageantes peuvent être un catalyseur pour faire un pas en avant dans une situation où nous nous sentons en danger.

Un état d’esprit positif et la fidélité en soi et en Dieu

Lorsque nous essayons d’aller de l’avant, il est important de ne pas nous réprimander ni de critiquer nos actions passées. Le rabbin Abraham Isaac Kook nous encourage à nous adapter à l’idée que nous faisons de notre mieux à chaque instant, comme le font ceux qui nous entourent. Cet état d’esprit peut sembler contraire à celui d’aller au-delà de notre zone de confort. On pourrait se demander : « Si j’ai traîné dans ma zone de confort et que c’est le mieux que je puisse faire, alors où est la motivation pour aller au-delà ? » La réponse est que l’on peut critiquer ses choix passés sans se réprimander soi-même. Au lieu d’être en colère contre vous-même à cause de vos actions précédentes, vous pouvez accepter vos erreurs et les considérer comme des occasions de faire preuve de courage et de choisir une voie plus abrupte pour atteindre vos objectifs. le conseil de Golda Meir est : « Faites-vous confiance advice is, “Trust yourself. Créez le genre de soi avec lequel vous serez heureux de vivre toute votre vie. Tirez le meilleur parti de vousmême en soufflant les minuscules étincelles intérieures de la possibilité dans les flammes de l’accomplissement. » Le rabbin Abraham Isaac Kook (1865– 1935) fut le premier grand rabbin ashkénaze d’Israël avant l’État.

Rabbi Abraham Isaac Kook, Orot HaKodesh 1:65

Montez haut, vous avez une grande force, Vous avez des ailes spirituelles, des ailes de grand aigle, Ne les évitez pas, de peur qu’elles ne vous échappent, Cherchez-les, et aussitôt elles apparaissent à vous.. ,‫ ּכִ י ּכ ַֹח ַעז לְָך‬,‫לְמ ְעלָה ֲעלֵה‬ ַ ‫ ֲעלֵה‬,‫ּבֶ ן ָא ָדם‬ ,‫ ּכַ נְפֵ י נ ְָׁש ִרים ַאּבִ ִירים‬,‫יֵ ׁש לְָך ּכַ נְפֵ י רּוח‬ ,‫ַאל ְּתכַ ֵחׁש ּבָ ם ּפֶ ן יְ כַ ֲחׁשּו לְָך‬ .‫ וְיִ ָּמצְ אּו לְָך ִמּיָ ד‬- ‫אֹותם‬ ָ ‫ְּדרֹוׁש‬ Une personne plongée dans l’émerveillement et la crainte de Dieu gagne en force d’âme et en courage. Cela remplit leur vie de sens et de grandes aspirations.3 ‫המושג של יראת ד’ הוא מוסיף עז וגבורה בנפש האדם המבין‬ ‫ היא עושה את החיים מלאים ענין ושאיפות‬,‫אותה בטהרתה‬ .‫גדולות‬ • Qu’est-ce qui fortifie votre âme ?

• En tant que groupe, réfléchissez à la façon dont vous pourriez collaborer davantage pour vous aider les unes les autres avec courage. Considérez à la fois vos aspirations personnelles et celles du groupe pour prendre des mesures courageuses. • Comment tirer parti des différences entre les membres de votre groupe ?

3 Rabbi Abraham Isaac Kook, Middot HaRaya, Yirah 3.

281


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR L'évasion de Sima d'Iran

Dr Sima Goel était une jeune fille de 13 ans qui vivait en Iran lorsque l’ayatollah Khomeini a décrété que toutes les femmes devaient porter le hijab, qu’elles soient musulmanes, juives, chrétiennes ou baha’ies. Terrifiée, en colère et déterminée, Sima est descendue dans la rue pour manifester en faveur de la liberté sous le règne du Shah. Puis le Shah a fui le pays et le nouveau gouvernement a imposé des lois encore plus oppressives. Mise sur liste noire par son école, dans l’impossibilité de poursuivre ses études, et forcée de se cacher, Sima a décidé de fuir l’Iran pour un pays où elle pourrait être libre.

Aujourd’hui, Sima vit à Montréal et est chiropraticienne, épouse, mère de deux fils adultes et sœur Momentum. Elle est également l’auteur des mémoires Fuir le hijab : L’évasion d’une femme juive d’Iran. Nous avons parlé à Sima de son retour au Moyen-Orient avec Momentum, ainsi que des nombreux défis qu’elle a dû surmonter pour écrire ses mémoires.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à expérimenter Momentum ?

Ayant grandi en tant que juive en Iran, j’étais fière de mon héritage et de mon peuple, mais

282

je devais me concentrer sur ma survie sous le régime islamique hostile. Une fois arrivé au Canada à l’âge de 18 ans, j’ai été absorbée par l’apprentissage de deux nouvelles langues et la recherche d’un moyen de subvenir à mes besoins. Plus tard, j’ai été absorbé par l’école, ma carrière et ma famille. J’étais reconnaissante que la communauté juive m’ait accueillie, mais je me voyais comme une hybride – une juive irano-canadienne, marié au fils d’un survivant ashkénaze de l’Holocauste. Je me suis surtout identifié aux personnes qui avaient fui, survécu et prospéré malgré toutes les difficultés. Ensuite, j’ai célébré la bar mitzvah de mon neveu canadien à Jérusalem et j’ai vu ce que cela signifiait d’être un Juif vivant ouvertement dans un monde juif. Quand ma belle-sœur m’a parlé de Momentum, j’ai sauté sur l’occasion de retourner en Israël. J’étais loin de me douter qu’un jour, je me reconnaîtrais à mes compagnes de voyage en tant que sœurs grâce à notre expérience commune, qui était à la fois émotionnelle et joyeuse.

Quel impact Momentum a-t-il eu sur vous ?

En faisant l’expérience d’Israël, aux côtés de femmes juives de tous les horizons et de toutes les parties du monde, je suis passée d’une personne qui se voyait à l’extérieur de la communauté juive à une personne intimement et complètement engloutie au sein du peuple juif. Avant Momentum, j’étais une femme avec une histoire difficile dans son passé.

Pendant mon séjour en Israël, j’ai été stupéfait de voir les personnes juives, musulmanes, baha’ies, chrétiennes, homosexuelles et transgenres étaient toutes acceptées pour ce qu’elles étaient et que personne n’avait peur. En Israël, tout le monde est un enfant de Dieu. Les rues sont


La bénédiction d'être audacieux

remplies de nombreuses langues, la diversité est célébrée et les gens sont libres.

Samedi soir, alors que je célébrais l’office de la Havdalah à Jérusalem en compagnie de soldats israéliens, j’ai reconnu l’appel à la prière musulman. J’avais entendu le même appel tous les jours en Iran. Mais à Jérusalem, je ne me sentais ni anxieuse ni effrayée. Au lieu de cela, je me suis senti en sécurité dans mon identité. J’ai pris du réconfort en compagnie de mes amies, et je me suis senti fière que dans la petite ville de Jérusalem, tous soient les bienvenus pour prier. J’ai réalisé que lorsque les Juifs sont habilités, tous sont égaux et tous sont en sécurité.

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire sur votre fuite d’Iran ?

En traversant le désert en Iran, je me suis promise d’écrire mon histoire si je survivais. Mais je suis venu au Canada sans connaître l’anglais, alors je savais que ce ne serait pas facile. Puis, en 2004, le Jewish Immigrant Aid Services of Canada (JIAS) m’a interviewé pour un documentaire. Quelques années plus tard, quand j’ai partagé mon histoire dans un salon de femmes lors d’un événement de philanthropie des femmes à la Fédération juive de Montréal, tout le monde dans le public était en larmes et m’a exhorté à documenter ma vie. J’ai décidé qu’il était temps de partager mon histoire avec plus de gens. Je veux aider les gens à comprendre que nous ne pouvons pas fermer les yeux sur l’antisémitisme. Nous devons nous rassembler en tant que communauté, confronter notre histoire et nous tenir mutuellement responsables. Nous devons enseigner à la prochaine génération ce qui nous est arrivé et laisser un monde meilleur.

Qu’est-ce qui vous a donné le courage d’agir?

Il y a beaucoup de gens qui croient qu’il faut arrêter de parler de l’Holocauste ou que l’antisémitisme n’existe pas. Grâce à mes propres expériences, je sais qu’il est important de donner aux gens partout, en particulier aux jeunes, une compréhension de ce qui est arrivé au peuple juif et de ce qui nous arrive à nouveau à travers le monde. Je crois que nous avons l’obligation de comprendre ce qui arrive aux communautés juives du monde entier et que nous avons une obligation envers nos propres communautés juives. Nous sommes vraiment une lumière pour le monde, nous pouvons compter sur la communauté juive pour s’entraider et aider la société dans son ensemble. Nous devrions être tolérants envers les autres, mais nous ne pouvons pas l’être au point de perdre notre identité même. Il est très important pour moi que les jeunes sachent et comprennent cela, c’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis sentie obligée de partager mon histoire.

Quels conseils donneriez-vous aux autres femmes qui souhaitent partager leurs histoires personnelles ?

Allez-y. Dépassez les pensées négatives qui vous arrêtent dans vos élan - le « Je ne suis pas assez bon, je ne suis pas assez intelligent » et « Pourquoi moi, pourquoi maintenant ? » Au cours de nos vies, nous sommes témoins de l’histoire et nous en ressortons avec des perspectives uniques. Prenez votre histoire en main. Ne perdez pas votre temps à vous soucier des choses que vous ne pouvez pas contrôler. Écrire mes mémoires m’a pris des milliers et des milliers d’heures, et cela en valait la peine. J’ai raconté ce que j’ai vécu et j’ai mis en lumière le peuple juif qui souffre encore aujourd’hui en Iran.

283


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur Israël : Ruth Stern

Extraits de « Mes expériences en tant qu’infirmière bénévole, 1948‒1949, pendant la guerre d’indépendance d’Israël »4

Au début de 1948, l’excitation de recruter des gens pour aller aider Israël se répandait par le bouche-à-oreille dans toute l’Afrique du Sud. J’étais à la Fédération sioniste sud-africaine à Johannesburg, assis dans le bureau de Simie Weinstein, l’ancien aumônier du corps expéditionnaire sud-africain en Afrique de l’Est. Il a pris le temps de me parler, bien qu’il soit extrêmement occupé à organiser des volontaires pour servir dans la guerre qui avait éclaté contre le nouvel État d’Israël faisant face aux attaques de cinq États arabes. « Ruth », a déclaré Simie Weinstein en souriant, « je suis toujours ravie de vous voir, mais ma chère, il s’agit de la guerre, et ce n’est pas pour vous. En ce moment, nous nous préparons à envoyer en Israël des personnes ayant une formation et une expérience militaires. » Il a regardé sa montre, et j’ai réalisé que Simie, de sa manière calme et sans prétention, était poli. Il savait que j’avais passé un an en Palestine en 1946 (alors sous le mandat britannique), l’un des 30 participants au premier cours pour les jeunes leaders sionistes, et maintenant j’étais venue le voir pour lui parler de mon retour à servir comme volontaire dans la guerre. Malgré mon expérience récente, son attitude paternelle à mon égard n’avait pas changé alors qu’il essayait gentiment de m’en dissuader. Simie m’a interrompu : « D’accord, Ruth, je vais voir ce que je peux faire. Maintenant, allez-y. Je me rends compte que vos parents ont une fille très déterminée et inhabituelle entre les

284

4 World Machal, “Ruth Stern,” www.bit.ly/3ckWGe8.

Ruth Stern (à droite) avec un des superviseurs de la Haganah, à bord du Kedmah en route vers Israël.

mains. N’oubliez pas de leur transmettre mes salutations.

J’ai enfin appris que j’allais rejoindre un groupe de volontaires, la seule femme parmi les vingt.

Nous avons été informés du projet de nous rendre en Europe, notre destination supposée, où nous serions accueillis par des membres de la Haganah et de là transférés en Israël. Une compagnie aérienne fictive, Universal Airways, avait été établie par les organisateurs comme couverture pour nous permettre de quitter l’Afrique du Sud en toute légalité. Chacun d’entre nous s’est vu attribuer un rôle; le mien était en tant qu’étudiante partant étudier en Angleterre via l’Italie. Je me souviens que mes parents à l’aéroport se demandaient quoi dire, leurs sourires forcés cachant leur appréhension. Extérieurement, j’avais l’air calme, en espérant que mes tremblements intérieurs n’étaient pas évidents lorsque nous marchions vers la piste et dans le petit avion, un Dakota bimoteur.

Les superviseurs de Haganah étaient amicaux et curieux à propos de nous, les volontaires sud-africains, venus de si loin pour les rejoindre dans la bataille. Je suppose que nous avons semblé incongrus par rapport aux autres passagers. « Comment une jeune femme comme vous s’est-elle retrouvée dans ce groupe ? » J’ai


La bénédiction d'être audacieux

été surprise par la question plutôt effrontée de notre superviseur israélien aux yeux bleus, David. « Qu’attendez-vous de faire dans notre pays, face aux dangers de la guerre ?

Quelle chutzpah. J’ai posé mon livre. Comment ose-t-il me traiter avec condescendance, fulminai-je. Me retrouvant enfin seule, il avait trouvé l’occasion de satisfaire sa curiosité. J’avais été réticente à montrer que je connaissais l’hébreu ou à parler de mon expérience en Palestine en 1946. Au grand étonnement de David, je répondis en hébreu. « Je citerai les paroles de Ruth dans la Bible, Ton peuple est mon peuple, David », je suppose que j’avais l’air dramatique, « et je souhaite partager le sort de mon peuple et faire ma part dans l’effort de guerre. C’est la raison pour laquelle je suis ici, et je m’oppose à vos insinuations selon lesquelles je ne suis pas apte à affronter le danger.

Le 3 septembre, alors que le bateau s’approchait des côtes d’Israël, le soleil au couchant illuminait la beauté de Haïfa et du mont Carmel, brillant et se découpant sur le ciel sans nuages. La scène magique a provoqué des cris de joie chez les nouveaux immigrants. Ils étaient enfin libres d’entrer dans leur ancienne patrie. C’était en train de se produire, leurs rêves et leurs aspirations devenant une réalité. Le ciel s’est assombri et les lumières de Haïfa ont commencé à scintiller pendant que nous étions tous là sur les ponts du Kedmah et chantions Hatikvah, notre hymne national. Puis une voix parmi les nouveaux arrivants s’est levée dans une prière de remerciement et nous avons tous chanté, « Amen »

Ruth Stern a été infirmière pendant la Guerre d’Indépendance. Elle a épousé Theodore (Teddy) Blumenfeld (plus tard Ben Amar) en août 1949, qu’elle avait rencontré alors qu’il avait été légèrement blessé et sous ses soins. Après avoir vécu à Haïfa et à Netanya, ils ont déménagé à Ashkelon, où Teddy a accepté le poste d’ingénieur municipal. Ils ont élevé deux

fils, Gideon et Gilad, et Ruth est devenue une éducatrice et enseignante d’anglais dévouée. Teddy est décédé en 1973. Un an plus tard, Ruth s’est installée à Jérusalem, où elle a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en littérature anglaise à l’Université hébraïque. Finalement, elle est devenue chef du département d’anglais à Leyada (école secondaire de l’université hébraïque). Elle a rencontré son deuxième mari, Gideon Stern, par l’intermédiaire d’un de ses élèves. En 2003, l’État d’Israël et le ministère de la Défense ont décerné à Ruth Stern l’Ot Hakomemiyut pour ses services à Machal pendant la Guerre d’Indépendance Pour en savoir plus sur l’histoire de Ruth, recherchez “Ruth Stern” sur le site Internet de World Machal. http://bit.ly/2lqQlm2.

Plus de quatre mille volontaires de cinquantesix pays sont venus en Israël pour combattre pendant la Guerre d’Indépendance. Des centaines d’autres ont apporté leur aide depuis l’étranger. Cent vingt-trois de ces volontaires ont perdu la vie pendant la guerre. Pour voir un court métrage sur les volontaires étrangers, dont Ruth Stern, qui est venue combattre pendant la Guerre d’Indépendance, voir “Les Volontaires : Réponse à l’appel de l’Histoire » de Toldot Yisrael https://bit.ly/2qvBWbF. Pour en savoir plus sur la génération israélienne de 1948, regardez les autres excellents films sur le site Internet de Toldot Yisrael https://bit.ly/2HkDVtz

Ruth Stern

285


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs de Azout DeKedoucha, Courage, dans votre vie de famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org.

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées:  Je vis avec audace

 Je fais preuve de ‘Houtzpah sainte quand il s’agit de causes importantes

 Je fixe mon objectif et j’agis avec conviction

 Je renforce mon âme

• Shofar propose une série de courtes vidéos sur Pourim avec des infos et des analyses passionnantes : https://bit.ly/3OQCfur

• Lisez La reine que vous pensiez connaître (Ed. Calligraphy) du Rav David Fohrman qui nous fait découvrir l’intrigue derrière le récit de Pourim d’une manière tout à fait inédite…

• Quelques lectures pour renforcer votre courage et votre esprit d’initiative :

 Tal Ben Shahar, Choisir sa vie. Le célèbre professeur de bonheur d’Harvard nous invite à faire 101 expériences simples, ludiques et parfois profondes qui peuvent nous permettre de découvrir comment saisir sa chance…

 Anthony Robbins, L’éveil de votre puissance intérieure

286

 Thomas d’Ansembourg, Cessez d’être gentil, soyez vrai (Les Editions de l’Homme), version originale et version illustrée à partager en famille

Pour les familles avec des petits

• Pour les petits, voici l’histoire de Pourim, en deux épisodes : https://bit.ly/3OQtbpr, https://bit.ly/45JnijO

• Participez à une fête de Pourim ou au festin communautaire ou aidez à en organiser un. Ce jour-là, on a l’habitude de se déguiser, alors choisissez un déguisement qui vous permette de rêver de possibilités qui sortent de votre zone de confort habituelle, ou qui reflètent des couches de votre potentiel encore à révéler - un costume de courage. • Les jeux de rôle nous préparent à des situations qui peuvent être inattendues ou difficiles en nous encourageant à anticiper nos réactions. En famille, mettez-en scène des scénarios dans lesquels vous devrez certainement faire de courage dans des circonstances délicates. Par exemple :

 Les enfants peuvent jouer une saynète dans laquelle un camarade est harcelé par des copains ou un enfant de la classe qui est assis seul à la cantine

 Les parents peuvent jouer des situations qui mettent en scène les rapports entre parents et enfants ou dans lesquelles des personnes en difficulté les sollicitent


La bénédiction d'être audacieux

Pour les familles avec des grands

• Regardez avec vos enfants ces courtes vidéos de Shofar sur des personnages qui ont marqué l’histoire juive de leur audace :  Flora Sassoon : https://bit.ly/42paDPY

 Myriam Perets: https://bit.ly/3MSmm43

 Les jeunes héros de la Neïla : https://bit.ly/3MOsz0W

 Dona Gracia Nassi : https://bit.ly/42CoMtz  Shula Cohen, notre espionne à Beyrouth : https://bit.ly/42nlB8A • Découvrez l’histoire de Dona Gracia Mendes Nassi, cette héroine séfarade du XVIème siècle qui a inspiré historiens et romanciers :  Cecil Roth, Dona Gracia Nasi

 Catherine Clement, La Senora (CalmannLévy)

 Naomi Ragen, Le fantôme de Dona Gracia Mendes (Yodea Editions) • Faites une liste de ce que vous aimeriez aborder avec courage. Choisissez-en un ou deux choses qui, selon vous, vous aideraient à devenir le meilleur de vous-même.  Créez un moodboard sur lequel vous réunirez des mots et des images inspirants qui vous motiveront à faire ces changements

 Prenez quelques instants chaque jour pour observer ce tableau et visualisez-vous en train de vivre ce que vous avez imaginé

• Identifiez dans votre communauté un besoin qui mériterait qu’on le prenne en charge. Envisagez un projet qui réunirait

toute votre famille autour de cette cause, chacun apportant ses compétences particulières pour combler ce manque avec audace et imagination :

 Adoptez une Mamie : mettez-vous en contact avec une maison de retraite et essayez de savoir si certains résidents sont isolés ou reçoivent peu de visites et seraient heureux d’avoir de temps en temps une compagnie affectueuse. Engagez-vous à rendre visite à l’une de ces personnes âgées deux fois par mois. L’artiste de la famille pourra réaliser des dessins pour sa « Mamie » d’adoption, le chanteur pourra lui préparer une chanson à interpréter, et votre esthéticienne, lui faire une belle manucure. A chaque visite, apportez un joli bouquet de fleurs ou une boîte de friandises. Et puisque c’est un projet familial, il est possible que tout le monde ne puisse se libérer à chaque fois mais cela permettra de tenir le rythme des visites quoi qu’il en soit.  Donnez votre sang. C’est une mitzvah facile et qui aide à sauver des vies.

 Essayez de débusquer les « oubliés », les timides, les outsiders au sein de votre famille. Aidez-les à trouver en eux les ressources pour surmonter leur timidité et leur maladresse. Avec le soutien des autres membres de la famille, on peut mettre en place des stratégies pour trouver du courage et de l’audace de sortir de sa zone de confort. Abordez aussi cette problématique à propos de leur entourage ; à l’école ou avec leurs amis cela les sensibilisera à la solitude de certains de leurs camarades…

287


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LA VALEUR DU COURAGE Reconnaissance

Où en êtes-vous maintenant pour vivre courageusement ? Quels exemples de votre vie vous viennent à l’esprit ? Quels sont vos points forts et vos défis ?

288

Vision

À quoi ressemble votre vie vécue avec courage ? Qu’est-ce qui entrave la réalisation de cette vision, et que pouvez-vous faire pour vous réorienter vers le meilleur de vous-même ?


La bénédiction d'être audacieux

Objectifs

Quelle est une (ou plusieurs) petite(s) mesure(s) concrète(s) que vous pouvez prendre dans votre vie quotidienne, qui est réaliste et que vous pouvez facilement planifier, et qui vous aidera à atteindre votre potentiel et votre vision?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour savoir si vous progressez ?

289


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur de l'azut d'kedushah, le courage

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment puis-je suivre les traces d’Esther et faire ce qu’il faut pour moi, ma famille et mon peuple, même si c’est effrayant ou en dehors de ma zone de confort ? • Quelle est la différence entre l’arrogance et l’audace ?

• Comment puis-je apprendre à mes enfants à être audacieux mais pas arrogants ? • Quelles sont les situations dans ma vie qui m’obligent à être courageux ?

• Comment puis-je libérer mon courage, si cela ne me vient pas naturellement ?

Vocabulaire Significatif azut d’kedushah

megillah Le jour de Purim, nous lisons la Méguila d’Esther. Le jour de Shavuot, nous lisons la Meguila de Ruth. mishloach manot

290

‫ ַעּזֹות‬sainte audace ousainte ‫ֹוׁשה‬ ָ ‫דקד‬ ְ chutzpah

‫ ְמגִ לָ ּה‬rouleau

‫ֹוח‬ ַ ‫ ִמ ְׁשל‬Panier de ‫ ָמנֹות‬friandises

Pourim envoyé aux amis et à la famille

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple : • Planifier une activité pour accompagner la session d’étude (voir Extra ! Idées de programme)

• Partager l’histoire d’Esther d’Adrienne Gold Davis • Organisation de l’événement

• Demander à une ou plusieurs des femmes de partager façon dont elle a ramené à la maison l’apprentissage de votre dernière réunion Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


La bénédiction d'être audacieux

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple, en étalant une variété de hamentaschen et d’autres plats traditionnels de Pourim de différentes communautés juives (voir https://bit.ly/2JTlTPS pour quelques idées). Disposer l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion.Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez de faire participer vos participantes à un court exercice d’étirement ou demandez-leur de prendre une respiration profonde et relaxante. Invitez quelques femmes à partager comment elles ont ramené à la maison les enseignements de la session précédente.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Invitez les femmes à partager ce qu’elles savent sur Pourim ou l’histoire de la reine Esther, et une question ou un souvenir de Pourim qu’elles ont.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

La reine Esther et moi (pp. 272-273)

Si un participante s’est préparé à partager l’histoire d’Adrienne, démarrez avec cela. Sinon, invitez les participantes à lire à tour de rôle à haute voix les réflexions d’Adrienne sur l’histoire de Pourim. Faire partager à quelques femmes une expérience d’azut d’kedushah.

Audace et leadership dans le service spirituel Examinez ensemble Quels attributs sont nécessaires pour le service spirituel ? (p. 274). Discutez des questions ensemble, en explorant la différence entre être audacieux et paraître audacieux. Demandez aux sœurs de réfléchir à leurs propres expériences et de donner des exemples de cas où elles ont agi avec audace.

Poursuivant la discussion sur l’audace, lisez Deux types d’audace (p. 275) et notez la distinction de Rabbi Nachman entre l’audace sainte et impie. Ensemble, réfléchissez à ce que pourrait être la sainte audace et pourquoi elle est si essentielle. Explorez les questions à droite de la page. Demandez au groupe de réfléchir à une initiative d’audace sacrée qu’elle pourrait entreprendre en groupe, quelque chose de significatif avec lequel le groupe pourra réussir dans un délai d’un ou deux mois. Examinez les quatre attributs de leadership (pages 276-277), et planifiez qui pourrait prendre la tête avec quels éléments de l’initiative, et quelles étapes sont nécessaires pour la mettre en œuvre avec succès. Planifier les prochaines étapes et mettre en place un plan de suivi.

Trois clés pour libérer le courage(pages 278281)

Divisez-vous en trois groupes et demandez à chaque groupe de lire et de dialoguer sur l’une des trois clés pendant dix minutes. Ensuite, divisez le groupe de façon à ce que les trois nouveaux groupes soient composés d’une personne de chaque groupe initial. (voir p. 240.)

291


ANNÉE DE CROISSANCE Demandez à chaque femme de présenter à son nouveau groupe le sujet dont elle a discuté dans son groupe initial. Enfin, donnez aux participantes le temps d’écrire individuellement sur la manière de libérer leur courage. Invitez chacune à créer soit un rappel #hashtag pour elles-mêmes, soit un projet artistique qui servira de rappel visuel sur le courage à libérer. Demandez à chaque femme de choisir une partenaire pour partager les prochaines étapes qu’elle entreprendra afin de libérer son courage.

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre séance d’aujourd’hui ? » ou « J’aimerais commencer à pratiquer le courage avec ma famille en... »

Invitez vos sœurs à répondre à l’invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez leur demander de se reconnecter et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d’un partage en groupe (volontaire).

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 286-287). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes l’occasion de prendre un moment pour se connecter avec une autre

292

sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur sert de point d’introduction pour des conversations qui ne se produiraient peutêtre jamais autrement. (voir pages 282-285). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, et afin que chaque participante connaisse les objectifs sur lesquels les autres travaillent et visent, vous pourriez envisager ce qui suit :

• Demandez à l’avance à une ou deux des femmes de préparer un apprentissage sur Pourim et ses quatre mitzvot : entendre le rouleau d’Esther (megillah), manger un repas de fête (seudah), faire un don aux personnes dans le besoin (matanot l’evyonim) et donner des paniers de nourriture (mishloach manot). Demandez-leur de faire un rapport sur les possibilités locales de célébrations de Pourim dans la communauté, et de partager la façon dont Pourim est célébré en Israël. (Pour des suggestions de vidéos mettant en avant les célébrations de Pourim en Israël, voir https://bit.ly/2YiMaPF, https://bit.ly/2MgAJS7.) • Vous pouvez combiner cette session avec une activité mishloach manot(paniercadeau Purim), où tout le monde apporte des aliments en conserve et emballés et où vous créez ensemble des mishloach manot pour les familles nécessiteuses de votre région. Comment une telle activité pourrait-elle apporter une expérience concrète de sortir de sa zone de confort ? • Vous pouvez également suivre votre séance avec une soirée Pourim pour les personnes âgées. Encouragez les femmes à surmonter leur réserve naturelle pour créer une atmosphère joyeuse et établir des liens significatifs.


Être le meilleur enseignant de votre enfant Vehigadeta l'Vincha, Enseigner à nos enfants - Pâque juive


ANNÉE DE CROISSANCE

294


Être le meilleur enseignant de votre enfant

PESSAH

Enseigner à nos enfants

Pessah est le moment ultime de l’histoire de la famille juive, lorsque nous nous réunissons et racontons l’histoire de l’Exode de manière expérimentale. Cela peut être accablant lorsque nous nous demandons : « Comment puis-je communiquer notre histoire juive à mes enfants de manière à ce qu’ils la possèdent et en fassent partie ? Au cours de cette session, nous examinerons certaines des stratégies de notre tradition sur la façon de communiquer la valeur et la joie du judaïsme à nos enfants. En utilisant le Seder comme modèle, nous nous concentrerons sur l’importance de créer des moments spéciaux pour créer des souvenirs de famille, créer une atmosphère où les questions et les interrogations sont attendues et bienvenues, et comprendre nos enfants en tant qu’individus et les traiter de la manière qui convient le mieux à leur propre personnalité. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Comment puis-je entretenir une atmosphère chaleureuse et accueillante dans ma maison, où mes enfants se sentent valorisés et chéris ?

• Comment puis-je continuer à apprécier mes enfants ou ceux avec qui j’ai une relation et

à établir des liens avec eux, même si leurs « manières » sont différentes des miennes ?

• Comment puis-je communiquer l’histoire juive à mes enfants de manière à montrer sa beauté comme quelque chose de précieux et dont on peut être fier ? • Comment est-ce que je réponds habituellement aux questions et aux interrogations de mes enfants ? Comment puis-je développer ma capacité à répondre aux questions, même si je ne connais pas toutes les réponses ?

295


ANNÉE DE CROISSANCE

ENSEIGNER À NOS ENFANTS

La Torah nous ordonne, dans quatre endroits différents, de raconter à nos enfants l’histoire de l’Exode comme un moyen de se souvenir de la rédemption de l’Égypte pour toujours. Le mot hébreu utilisé ici pour dire, vehigadeta, provient de la même racine que l’Haggadah, le livre que nous utilisons lors du Seder. Exode 13:3–8

Moïse a dit au peuple : « Souviens-toi de ce jour où tu as quitté l’Égypte, la maison des esclaves... Lorsque Dieu vous amène dans le pays que Dieu a promis à vos pères, un pays où coulent le lait et le miel, vous devez accomplir ce service à cette époque de l’année... Mangez de la matzah pendant sept jours, et n’ayez pas de levain dans vos frontières. Et tu diras à ton enfant ce jourlà, en disant : ‘… Dieu a agi pour moi, quand j’ai quitté l’Égypte…’ » ‫אתם‬ ֶ ָ‫ זָכֹור ֶאת ַהּיֹום ַהּזֶ ה ֲא ֶׁשר יְ צ‬,‫ֹאמר מ ֶֹׁשה ֶאל ָה ָעם‬ ֶ ‫וַ ּי‬ ...,‫ִמ ִּמצְ ַריִ ם ִמּבֵ ית ֲעבָ ִדים‬ ,‫לָתת לָ ְך‬ ֶ ‫לַאב ֶֹתיָך‬ ֲ ‫ ֲא ֶׁשר נ ְִׁשּבַ ע‬...‫יאָך ה’ ֶאל ֶא ֶרץ‬ ֲ ִ‫וְ ָהיָ ה כִ י יְ ב‬ ....‫ ּבַ ח ֶֹדׁש ַהּזֶ ה‬,‫וְעבַ ְד ָּת ֶאת ָה ֲעב ָֹדה ַהּזֹאת‬ ָ ;‫ֶא ֶרץ זָבַ ת ָחלָב ְּודבָ ׁש‬ ‫ וְֹלא יֵ ָר ֶאה‬,‫ ֵאת ִׁשבְ ַעת ַהּיָ ִמים; וְֹלא יֵ ָר ֶאה לְָך ָח ֵמץ‬,‫ַמּצֹות יֵ ָאכֵ ל‬ ,‫ ּבַ ֲעבּור זֶה‬:‫ ּבַ ּיֹום ַההּוא לֵאמֹר‬,‫ּגַד ָּת לְבִ נְָך‬ ְ ‫ וְ ִה‬.‫לְָך ְׂשאֹר ּבְ כָ ל ּגְ בֻ לֶָך‬ .‫אתי ִמ ִּמצְ ָריִ ם‬ ִ ֵ‫ָע ָׂשה ה’ לִי ּבְ צ‬

296

• Quelle histoire importante de votre ascendance voulez-vous transmettre à vos enfants ? Pourquoi ?

• Quand, dans votre ascendance familiale y a-t-il eu immigration d’unpays à l’autre ? Divisez-vous en petits groupes et partagez à tour de rôle pendant cinq minutes votre lien avec l’immigration. • Notez que la Torah dit que le parent doit dire « Dieu a agi pour moi ». Pourquoi dire « pour moi » et non « pour mes ancêtres » ? Comment pourriez-vous raconter l’histoire de l’Exode comme votre histoire personnelle, plutôt que comme une leçon d’histoire ?

Dans l’extrait de la page suivante, Maïmonide discute de certaines des lois du soir du Seder, en se concentrant sur la mitzvah de communiquer l’histoire de l’Exode à nos enfants. Le rabbin Moses ben Maimon (1138– 1204), communément appelé Maïmonide ou Rambam, était l’un des plus grands érudits juifs de tous les temps. Il était juriste, philosophe, médecin du sultan et chef de la communauté juive du Caire.

Maïmonide, Mishneh Torah, Lois de Chametz et Matzah, chapitre 7

Il s’agit d’une mitzvah pour faire connaître l’histoire de l’Exode à vos enfants, même s’ils n’ont pas posé de questions à ce sujet,


Être le meilleur enseignant de votre enfant

comme il est dit (Exode 13:8), « Et tu le diras à ton enfant. » Selon la capacité de chaque enfant, le parent doit lui enseigner. Et nous devrions agir différemment ce soirlà, afin que les enfants voient et posent des questions telles que : « En quoi et pourquoi ce soir est-il différent de tous les autres soirs ? Pour que ce soit l’occasion de les engager et de dire : « C’est ce qui nous est arrivé. » Et comment agir différemment [le soir du Seder] ? Distribuez des bonbons et des noix ; et videz la table avant de manger ; et arrachez la matzah l’une de l’autre ; et exécutez d’autres actions similaires [pour susciter des questions].

Si quelqu’un n’a pas d’enfant, son conjoint doit demander. Si l’on n’a pas de conjoint, les adultes doivent se demander Mah Nishtanah (« Pourquoi ce soir est-il différent de tous les autres soirs ? ») Si l’on est seul, il devrait se demander Mah Nishtanah: « Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? » À chaque génération, nous sommes obligés d’agir comme si nous avions nous-mêmes quitté l’Egypte… comme si nous-mêmes avions été esclaves et avions été libérés et rachetés.

‫ פרק ז‬,‫הלכות חמץ ומצה‬ ‫שנאמר “והגדת‬-‫ ואפילו לא שאלו‬,‫ג [ב] מצוה להודיע לבנים‬ ...‫ אביו מלמדו‬,‫ לפי דעתו של בן‬.)‫ח‬,‫לבנך” (שמות יג‬ ‫כדי שיראו הבנים וישאלו‬-‫ד [ג] וצריך לעשות שינוי בלילה הזה‬ ‫ עד שישיב להם‬,‫ מה נשתנה הלילה הזה מכל הלילות‬,‫ויאמרו‬ .‫ כך וכך אירע וכך וכך היה‬,‫ויאמר להם‬ ‫ ועוקרים השולחן‬,‫מחלק להם קליות ואגוזים‬-?‫ה וכיצד משנה‬ ‫ וכיוצא‬,‫ וחוטפין מצה זה מיד זה‬,‫מלפניהם קודם שיאכלו‬

‫שואלין‬--‫ אשתו שואלתו; אין לו אישה‬,‫ אין לו בן‬.‫בדברים האלו‬ .‫ ואפילו היו כולן חכמים‬,‫זה את זה מה נשתנה הלילה הזה‬ .‫ שואל לעצמו מה נשתנה הלילה הזה‬,‫היה לבדו‬ ‫ חייב אדם להראות את עצמו כאילו הוא‬,‫ח [ו] בכל דור ודור‬ ‫ כלומר כאילו אתה‬...‫בעצמו יצא עתה משיעבוד מצריים‬ .‫ ויצאת לחירות ונפדית‬,‫בעצמך היית עבד‬

Jeu De Rôle

Non seulement Maïmonide dit que les questions sont un élément essentiel du soir du Seder, mais il dit aussi que nous devons agir comme si nous étions sortis d’Égypte. Essayez ceci : Tournezvous vers la personne à côté de vous et prétendez que vous venez de sortir d’Égypte, en décrivant les miracles dont vous avez été témoin et les émotions que vous ressentez. Alors débrouillezvous : en quoi prétendre que vous étiez là est différent de raconter une histoire depuis longtemps ? Comment cela influence-t-il votre vie en ce moment ? • Maïmonide nous dit que c’est une mitzvah de raconter l’histoire de l’Exode de la nuit du Seder, et que nous devrions le faire en suscitant des questions.

• Pourquoi les questions sont-elles si importantes dans la tradition juive ? Pourquoi pensez-vous qu’il est si important de stimuler les questions des enfants le soir du Seder ? Pourquoi ne suffit-il pas de leur raconter simplement l’histoire de l’Exode ? En quoi l’expérience de poser des questions est-elle différente de l’expérience de simplement entendre une histoire ? • Quelles sont les façons dont vous pourriez stimuler ou célébrer les questions à votre table du Seder ?

• Lorsque vous ne connaissez pas les réponses aux questions posées par vos enfants, que faites-vous ? Qu’aimeriez-vous faire ?

297


ANNÉE DE CROISSANCE

L’IMPORTANCE DES QUESTIONS Rabbin Jonathan Sacks, La nécessité de poser des questions1 Il n’y a rien de naturel dans [l’accent mis par les Juifs sur le fait de poser des questions]. Au contraire, cela va dramatiquement à contrecourant de l’histoire. La plupart des cultures traditionnelles considèrent qu’il incombe à un parent ou à un enseignant d’instruire, de guider ou de commander. La tâche de l’enfant est d’obéir. « Les enfants doivent être vus, pas entendus », dit le vieux proverbe anglais. Socrate, qui a passé sa vie à enseigner aux gens à poser des questions, a été condamné par les citoyens d’Athènes pour avoir corrompu les jeunes. Dans le judaïsme, c’est le contraire. C’est un devoir religieux d’apprendre à nos enfants à poser des questions. C’est ainsi qu’ils grandissent.

Le judaïsme est le phénomène le plus rare : une foi basée sur des questions, parfois profondes et difficiles, qui semblent ébranler les fondements mêmes de la foi elle-même. « Le juge de toute la terre ne rendra-t-il pas justice ? » demanda Abraham. « Pourquoi, Seigneur, pourquoi astu semé le trouble sur ce peuple ? » demanda Moïse. « Pourquoi la voie des méchants prospère-t-elle ? Pourquoi tous les impies viventils à l’aise ? » demanda Jérémie.

La Torah l’indique au moment le plus puissant et poignant de l’histoire juive - juste au moment où les Israélites sont sur le point de quitter l’Égypte et de commencer leur vie en tant que peuple libre sous la souveraineté de Dieu. Transmettez le souvenir de ce moment à vos enfants, dit Moïse. Mais ne le faites pas de manière autoritaire. Encouragez vos enfants à poser,

298

interroger, sonder, enquêter, analyser, explorer. La liberté signifie la liberté de l’esprit, pas seulement du corps. Ceux qui ont confiance en leur foi n’ont rien à craindre. Ce ne sont que ceux qui manquent de confiance, qui ont des doutes secrets et réprimés, qui ont peur. L’essentiel, cependant, est d’enseigner à nos enfants que toutes les questions n’ont pas une réponse que nous pouvons comprendre immédiatement. Il y a des idées que nous ne comprendrons pleinement qu’avec l’âge et l’expérience, d’autres qui nécessitent une grande préparation intellectuelle, d’autres encore qui peuvent être au-delà de notre compréhension collective à ce stade de la quête humaine. • Quelle a été votre expérience lorsque vous avez posé des questions dans votre vie ? Quel genre de réponsesavez-vous reçu?

• Comment ces réponses vous ont-elles satisfaites ou non en tant que questionneur ?

• Qu’est-ce qui est surprenant ou significatif pour vous dans cet extrait ? Pourquoi ? • Quel est l’avantage de poser des questions ? Qu’est-ce qui peut être difficile quand on pose des questions ?

1 Adapté de Rabbi Jonathan Sacks, « La nécessité de poser des questions » (Bo 5777), http://rabbisacks.org/ necessity-asking-questions-bo-5777/.


Être le meilleur enseignant de votre enfant

ADAPTER L’ÉDUCATION AUX BESOINS DE CHAQUE ENFANT

Quelle est « l’étoile du nord » pour éduquer un enfant ? Le mot hébreu pour « éducation » est chinuch, fournir des conseils. Cela signifie « consacrer », « initier », « inaugurer », comme dans « déclencher une quête de croissance spirituelle et de création de sens », une « instruction » pour le développement du caractère. Chinuch est également lié au mot chen, ce qui signifie « grâce », « charme » et « beauté ». La véritable éducation commence par la vision de la beauté uniquede la personne qui se trouve devant nous et par le fait de nourrir le déroulement de son voyage unique ; et par le dessin de la beauté inhérente de leur âme. Proverbs 22:6

Éduquer un enfant à sa manière, et même quand il sera âgé, il ne s’en éloignera pas. :‫יָ סּור ִמ ֶּמּנָה‬-‫יַזְקין ֹלא‬-‫י‬ ִ ִ‫ּפִ י ַד ְרּכֹו ּגַ ם ּכ‬-‫ֲחנְֹך לַ ּנ ַ​ַער ַעל‬

Exercice de Rédaction

Prenez 5–10 minutes pour écrire vos réponses aux questions suivantes. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous avez terminé d’écrire, discutez avec un partenaire de certaines des questions et des idées qui vous sont venues à l’esprit durant cet exercice.

• Avez-vous déjà eu un mentor ou un professeur qui a vraiment compris et interagi avec vous selon votre « chemin »? Comment cette relation vous a-t-elle affecté ?

• Pensez à chacun de vos enfants, ou aux enfants dans votre vie. Comment pourriez-vous vous identifier à eux selon leurs façons de faire ? Quels succès avezvous obtenus ? Quels sont vos défis ? • Prenez quelques instants pour noter le charme, la beauté et les caractéristiques de chaque enfant, et ce que leurs propres « chemins » pourraient être. Réfléchissez à des idées pratiques sur la façon d’aborder et d’éduquer chaque enfant selon ses propres chemins.

299


ANNÉE DE CROISSANCE

LA MÉMOIRE ET LA NARRATION DE PESSAH Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Je chéris les souvenirs d’enfance de Pessah en écoutant les histoires de ma mère et de ma grand-mère tout en cuisinant ensemble, en sortant la table de ping-pong et en la plaçant avec des nappes de vacances et en allumant des bougies avec ma grand-mère. Je chante toujours sa mélodie unique de Boukhara pour bénir les bougies chaque jour de Shabbat et de fête.. • Qu’est-ce qu’un souvenir de Pessah ou de vacances significatif pour vous ?

Je n’ai pas compris l’importance de la mémoire sur la formation de l’identité jusqu’à ce que l’obscurité de la perte de mémoire prive progressivement ma belle-mère de son attention et de sa capacité à communiquer.

Selon l’historien Yosef Yerushalmi, la Torah parle de mémoire pas moins de 169 fois. Quelle est la signification de cette répétition, ainsi que de l’invitation de la Torah à Pessah d’enseigner à nos enfants par le biais d’histoires ? La recherche contemporaine montre que la résilience des enfants est renforcée par leur connaissance des histoires familiales. Il est important d’entendre des histoires de parents et de proches qui traversent des situations difficiles. La tradition juive comprend l’importance de revisiter les souvenirs fondamentaux et de les partager. En effet, la principale mitzvah Pessah consiste à mettre en scène avec nos enfants la mémoire partagée fondamentale de notre peuple par l’histoire de l’Exode.

300

Photo de ma famille de Boukhara, 1942.

Le rabbin Joseph Ber Soloveitchik note que le mot en hébreu pour histoire, sipur, a la même racine que le scribe, sofer – celui qui écrit un rouleau sacré. À Pessah, suggère-t-il, les parents et les grands-parents sont des scribes qui écrivent non pas sur un parchemin, mais sur le cœur et l’âme de nos enfants. Ce faisant, nous favorisons leur résilience et les connectons à la famille juive. • Quelles histoires de famille sont inscrites dans votre cœur et votre âme ou ceux de vos enfants ?

• Quelles histoires juives ?

« Le récit relie les enfants à quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes », écrit le rabbin Jonathan Sacks. « Cela les aide à se faire


Être le meilleur enseignant de votre enfant

une idée de la façon dont ils s’intègrent dans le monde qui existait avant leur naissance. Cela leur donne le point de départ d’une identité. Cela devient alors la base de la confiance. Il permet aux enfants de dire : C’est ce que je suis. C’est l’histoire dont je fais partie. »

Certaines des histoires de ma grand-mère étaient effrayantes; elle a eu une enfance difficile, mais ses histoires ont suscité en moi la résolution de défendre ce qui est juste. Partager efficacement des histoires peut aider à transformer des expériences difficiles et même dévastatrices en souvenirs qui nourrissent le courage et l’engagement pour un avenir meilleur. Elie Wiesel a déclaré : « Le défi de notre génération de survivants était : que ferions-nous de nos souvenirs ? Nous laisserionsnous nous noyer dans le désespoir, ou nous donneraient-ils d’une manière ou d’une autre la force de répondre aux souffrances d’autres personnes ? » • Avez-vous vu ou vécu une mémoire personnelle difficile transformée en force et en élan pour répondre à la souffrance des autres ?

Après la destruction du Second Temple, les rabbins ont orchestré une remarquable transformation de la fête biblique de Pessah – celui que j’ai enseigné aux dirigeants d’entreprise en tant qu’ « étude de cas » dans la gestion du changement. Une grande partie du Seder que nous connaissons a été conçue par des rabbins après la destruction.

Pour reprendre le langage de la théorie du changement de Kurt Lewin, les rabbins ont « dégelé » le modèle biblique de Pessah.2 Ils ont regardé avec un regard neuf ce dont le peuple juif avait besoin dans la nouvelle réalité, puis ont solidifié une nouvelle structure pour la fête.

Ils nous ont offert un cadeau qui continue d’offrir : une fête qui nous invite à regarder notre passé, à « considérer les étroites contraintes de nos vies » et à partager des histoires qui nous aident à avancer avec de nouvelles idées et de nouveaux modèles. Ils ont dit : « À chaque génération, nous sommes obligés de nous voir comme si nous étions personnellement sortis d’Égypte. » Ils ne recherchaient pas seulement un récit passif sur le départ de la douleur pressante de l’Égypte ancienne, mais un récit qui prend vie avec des reconstitutions et des aliments symboliques – goûter la souffrance et la rédemption. Les enseignants hassidiques ont compris cela pour signifier non seulement que nous reconstituons l’expérience ancienne, mais que nous avons chacun des histoires à raconter qui émergent de constrictions étroites dans nos propres vies. • Pendant la planification du Seder de cette année, pouvez-vous prévoir un peu de temps pour partager des histoires personnelles sur la sortie d’une étroite constriction ?

• Quel récit d’expérience de l’histoire de l’Exode cette année peut le rendre plus significatif pour tous les schémas actuels de « dégel » qui ne servent pas votre famille ?

Le maître éducateur Avrahm Infeld affirme : « L’assimilation, c’est vivre la mémoire de quelqu’un d’autre. »

• Comment ce Pessah peut-elle vous aider, vous et vos enfants, à vivre vossouvenirs et ceux de notre peuple - en un futur positif ?

• Comment vos souvenirs personnels - y compris ceux d’être en Israël peuvent-ils favoriser l’appartenance de votre famille à la famille juive ?

2 Remerciements particuliers à Fern Chertok, chercheur à l’université Brandeis, qui m’a dirigé vers l’article d’Edgar Schein sur la théorie du changement de Lewin.

301


ANNÉE DE CROISSANCE

UN PROFESSEUR EST UN JARDINIER DANS LE JARDIN DE DIEU

Obligation d’un étudiant :Conseil du rabbin du ghetto de Varsovie3 • Pendant que vous lisez ou entendez lire cette section, soulignez les phrases qui vous interpellent.

Quelqu’un qui essaie d’éduquer par la commande et l’accoutumance n’a pas besoin de prêter attention à son enfant ou à son élève - à sa nature, à sa façon de penser ou à ses autres caractéristiques distinctives. La commande ellemême – faites ceci ou faites cela – est tout ce qui est nécessaire. Il n’est pas non plus nécessaire de traiter chaque étudiant séparément. Un seul commandement peut suffire à tout un groupe d’âge, car ce n’est pas l’élève ou l’enfant qui est important, mais la personne qui donne les ordres : c’est elle qui a commandé, et c’est tout..

Le rabbin Kalonymus Kalman Shapira (1889– 1943) était un rabbin hassidique engagé dans l’éducation des enfants. Il est aussi connu comme le rebbe du ghetto de Varsovie. Il a été assassiné par les Nazis pendant l’Holocauste.

Un éducateur, cependant, qui souhaite découvrir l’âme de l’enfant qui est cachée et dissimulée en lui, qui veut l’aider à grandir et à l’allumer pour qu’elle brûle d’un feu céleste, vers le haut, vers le saint, afin que l’être tout entier de l’élève, y compris son corps physique, augmente en sainteté et aspire à la Torah de Dieu, un tel éducateur doit s’adapter attentivement à l’élève, doit pénétrer au milieu de sa conscience limitée et de sa petitesse d’esprit, jusqu’à ce qu’il atteigne l’étincelle d’âme cachée. Il peut alors l’aider à émerger, à s’épanouir et à grandir.

3 Adapted from Rabbi Kalonymus Kalman Shapira, A Student’s Obligation: Advice from the Rebbe of the Warsaw Ghetto, trans. Micha Odenheimer (Lanham, MD: Rowman & Littlefield, 2004).

302


Être le meilleur enseignant de votre enfant

L’éducation de chaque enfant doit donc être différente, en fonction de sa nature, de son esprit, de son caractère et de toutes ses autres qualités uniques. L’éducateur doit prendre conscience de ces qualités… Il ne suffit pas d’utiliser son propre esprit et sa propre force pour activer, commander et instruire ses élèves ; il doit saisir l’esprit et la force de l’élève, travailler et agir dans les paramètres des capacités de chaque enfant….

Tous les parents et tous les enseignants savent que leurs enfants et leurs élèves ne resteront pas éternellement enfants, mais finiront par grandir, avec les années, et peut-être dans la connaissance de la Torah et la dévotion spirituelle. Pourtant, il y a des parents et des enseignants qui ne s’intéressent qu’à ce qu’ils voient au même moment. Comme tout ce qu’ils voient maintenant ce sont des enfants, le but de leurs efforts est de les éduquer à devenir de bons enfants. Ils souhaitent leur insuffler seulement la mesure d’un enfant de la Torah et la crainte de Dieu. Ils considèrent que c’est suffisant. Mais un enseignant ou un parent qui fait cela pèche contre Dieu et contre Son peuple. Les parents et les enseignants doivent savoir que

leur tâche est d’éduqueret de découvrir les enfants du Seigneur et des géants d’Israël. Ils doivent voir les enfants assis devant eux comme de grandes âmes encore immatures ; leur tâche est de les faire grandir et s’épanouir. Un enseignantest un jardinier dans le jardin de Dieu, assigné à le cultiver et à le protéger du mal. Même si certains des enfants semblent rebelles ou déficients dans leur caractère, l’enseignant doit savoir que la nature des graines d’âme, des anges immatures, est d’avoir un goût amer pendant qu’ils mûrissent et d’être remplis de nectar à leur maturité. • Quelles sont les graines de l’âme de chacun de vos enfants, ou des enfants qui sont importants dans votre vie ? Imaginez de belles façons de les faire mûrir. Comment pouvez-vous, en tant que parent ou mentor, contribuer à ce processus ?

• Comment pouvez-vous garder cette sagesse à l’esprit, même quand la situation est difficile ?

• Quelles sont les mesures pratiques que vous pouvez prendre pour cultiver l’âme de vos enfants et les aider à devenir des personnes formidables ?

303


ANNÉE DE CROISSANCE

STRATÉGIES POUR ANIMER UN SEDER INTERACTIF Voici trois stratégies pour créer un Seder significatif, personnalisé et interactif. Consultez les articles « Apprendre avec votre sœur » pour savoir comment les leaders de Momentum Lori, Nili, Ruchi et Adrienne ont utilisé ces stratégies (et bien d’autres) dans leurs propres Seders. Tout commence par la préparation ! Prenez un peu de temps avant Pessah pour acheter des Haggadot si vous n’en avez pas, planifiez comment vous organiserez votre Seder et distribuez des devoirs à votre famille et à vos invités afin qu’ils aient suffisamment de temps pour se préparer.

1 Choisissez un thème

Pensez à un thème que vous aimeriez explorer à votre table de Seder et qui serait significatif pour les personnes qui y assistent, et concevez des activités autour de ce thème. Par exemple, vous voudrez peut-être explorer le thème de l’esclavage et de la liberté. Vous pourriez demander à vos invités de venir déguisés en personnages historiques ou contemporains qui symbolisent pour eux la liberté ; recréer l’histoire de l’Exode en installant des scènes de notre esclavage et de notre rédemption égyptiens autour de la maison ; parler de l’esclavage et de la traite des temps modernes, et de ce qui peut être fait (et envoyer un don de groupe avant ou après Pessah à une organisation qui aide les esclaves contemporains) ; ou chanter des chants de justice et de liberté. Quelques autres thèmes que vous pourriez explorer : courage, leadership, foi, désobéissance civile. Pour plus d’informations sur la création d’un Seder thématique, consultez le livre de David Arnow, Création de Seder animés pour Pessah. Discours du Seder du Dr Erica Brown : La Haggada conversationnelle comprend huit essais portant chacun sur un thème. Il comprend également des questions stimulantes tout au long de la Haggada. La Haggada de Jonathan Sacks contient également des essais éclairants sur les thèmes et les motifs du Festival de la Liberté.

304


Être le meilleur enseignant de votre enfant

2 Accorder une tâche chacun

Quelques semaines avant le Seder, contactez toutes les personnes qui participeront et assignez-leur une section du Seder à animer. Annoncez-leur qu’ils peuvent enseigner aux autres sa signification, partager leurs réactions à la pièce, interpréter une chanson ou préparer une œuvre d’art à ce sujet, ou partager par une autre manière qu’ils apprécient. Il existe de nombreuses Haggadahs avec des informations et des histoires fascinantes sur toutes ces passages ; une Haggadah que les personnes sont susceptibles d’apprécier est « Une Nuit Différente : La Haggadah de la participation familiale » de David Dishon et Noam Zion.Certaines sections du Seder que vous souhaiterez peut-être attribuer sont : • • • • • • • • • •

Les quatre coupes de vi

nHa Lakhma Anya / Le pain de notre affliction Mah Nishtanah Les quatre questions

Avadim Hayin u/ Nous étions esclaves Les Quatre enfants

Verser le vin de la coupe en récitant les dix plaies Dayenou / Ça aurait suffi

La symbolique de l’agneau pascal, de la matzah et du maror La tradition de l’Afikoman Les chants de clôture

3 Personnalisez votre Seder

Avant Pessah, envoyez aux invités une liste de questions de réflexion liées au Seder. Demandez-leur de prendre le temps de remplir leurs réponses à l’avance et de les apporter au Seder. À différents moments du Seder, demandez aux invités de partager leurs réflexions sur les passages pertinents. (Vous pouvez également demander aux invités de répondre à certaines des questions en groupes de deux ou trois et de présenter leurs réflexions collectives avec toute la table.) Voici quelques exemples de questions de réflexion : « Nous étions esclaves du Pharaon en Égypte » – Quelles sont certaines des choses dont vous êtes esclave ? Avez-vous déjà été esclave de quelque chose, puis vous êtes-vous en libéré ? Comment pouvez-vous vous libérer dans l’année à venir des choses qui vous limitent ? Les quatre enfants – Lequel des quatre enfants vous considérez-vous ? De quelle manière ? À un autre moment de votre vie, vous seriez-vous considéré comme l’un des autres enfants ?

Dayenu (Cela aurait suffi) – Quelles sont les choses de votre vie pour lesquelles vous êtes le plus reconnaissant ? Qui voudriez-vous remercier et qui n’a pas encore eu l’occasion de le faire ? Quelles sont certaines choses que vous faites – ou pourriez faire – pour apporter plus de gratitude dans votre vie ? Pour plus d’informations sur la création d’un Seder personnalisé et réfléchi, consultez l’Haggadah d’Aryeh Ben David, Entendre sa propre voix : Une Haggadah familiale (https://bit.ly/2qvGjn5).

305


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Les conseils de Lori pour un grand Seder

Lori Palatnik

J’ai grandi au Canada. Nous n’avions pas quatre coupes au Seder, nous en avions cinq : les quatre coupes de vin et la Coupe Stanley. (Parce qu’avant l’expansion, les séries éliminatoires étaient toujours autour de l’heure de Pessah.) Il n’y avait pas quatre questions, il y en avait cinq. La cinquième question était : Quel est le score ?

Quand nous sommes devenus plus observateurs, nous voulions quelque chose de différent. Nous voulions nous assurer que tout le monde s’amusait, était engagé, inspiré et profitait de l’opportunité d’aller vers la liberté - pour réaliser son propre potentiel personnel. Voici quelques conseils que nous avons retenus en cours de route :

• Allez au magasin à un dollar et achetez des « accessoires visuelles » pour les fléaux. Lorsque vous arrivez dans cette partie de l’Haggadah, jetez un tas de grenouilles… des vaches et des animaux en plastique… des serpents et des araignées… des balles de ping-pong (grêle)… des lunettes de soleil (obscurité). Soyez créatif et amusant. Les enfants (et les adultes) vont adorer.

• Achetez des « prix » de magasin à un dollar pour les enfants. Lorsqu’ils posent une bonne

306

question (ce que vous essayez de stimuler), ils obtiennent un prix. Donnez également des prix pour avoir posé les quatre questions, de bons chanteurs, etc. Les enfants resteront occupés à jouer avec leurprix (poupée, soldat, etc.) jusqu’à ce qu’ils pensent à une autre bonne question et reprennent le jeu.

• Expliquez à tout le monde qu’ils sont comme des rois le soir du Seder. Et puisque les rois et les reines ne versent pas pour eux-mêmes, tout le monde a un « partenaire verseur » qui remplit son verre de vin ou de jus de raisin (ou un combo) au moment opportun. Les gens peuvent s’associer et s’amuser avec ça. • Lisez l’Haggadah dans la langue que vous comprenez le mieux. C’est bien si cela signifie l’anglais. Partagez la lecture en faisant le tour de la table et à tour de rôle. • Vous pouvez vous arrêter pendant la lecture pour une bonne discussion sur le sujet traité. Vous voudrez peut-être préparer quelques questions à l’avance pour les poser à des personnes telles que : • Si la Haggadah nous dit que nous sommes toujours esclaves et non libres, notre définition de la liberté doit être très différente. Quelle est la définition juive de la liberté ?


Être le meilleur enseignant de votre enfant

• L’année prochaine à Jérusalem ? Combien d’entre nous veulent vraiment vivre en Israël ? Que représente la Terre d’Israël pour vous ? • Le fils sage ne semble pas si sage. Il ne semble rien savoir. Quelle est la définition juive de la sagesse ?

• Il n’y a pas de question idiote. Encouragez une atmosphère où les gens se sentent à l’aise pour poser des questions sur ce qui se dit dans l’Haggadah. Une fois qu’une question est posée, invitez tout le monde à réfléchir à une réponse possible, et/ou à chercher dans leur Haggadah pour en trouver une. • Dites à tout le monde de manger un repas léger avant de venir au Seder. De cette façon, ils ne seront pas affamés et ne voudront pas se dépêcher à travers l’Haggadah. Ce n’est pas un dîner - la lecture et la discussion de l’Haggadah est le but de la soirée !

• Faites savoir aux gens à l’avance qu’ils liront l’Haggadah et discuteront des problèmes bien avant de commencer à manger. Ne laissez pas le repas devenir le centre d’attention. • Attribuez des sujets à différents invités. Par exemple, donnez à quelqu’un la section sur les quatre fils et demandez-lui d’apprendre et de discuter de la signification de chaque fils à présenter à tout le monde autour de la table. • Utilisez les mêmes Haggadot pour que tout le monde puisse suivre. Nous recommandons fortement l’édition ArtScroll. Ils éditent également une version pour enfants.

• Si vous essayez de changer l’orientation du Seder familial vers quelque chose de plussignificatif, essayez de l’organiser chez vous cette année ( « avantage de l’équipe à domicile ») et invitez toujours des invités qui ne sont pas de la famille. Lorsque les invités sont là, même le membre de la famille le plus cynique est dans son meilleur comportement. Essayez. Ça marche.

• Utilisez Le kit de survie de Pessah de Shimon Apisdorf. Il est disponible dans votre librairie juive locale et est rempli de bons conseils et d’idées pour rendre le Seder amusant et significatif. C’est aussi une formidable source de questions pour stimuler la conversation, des idées sur chaque section de l’Haggadah, et plus encore. • Jouez au « bingo de Pessah ». Vous pouvez Googler et aller sur des sites qui vous permettent de créer vos propres feuilles de bingo, en remplissant ce que vous voulez dans chaque case (utilisez des images pour les petits enfants.) Lorsque vos invités entendent le mot dans le carré (“Pharaon”, “Moïse”, “Grenouilles”, etc.), ils peuvent mettre un pion ou une “peste” en plastique sur le carré. Vous avez obtenu une ligne ? Criez « Bingo ! » et gagnez un prix ! • Lequel des conseils de Lori prévoyez-vous d’utiliser lors de votre Seder ? Partagez vos idées sur notre page Facebook Momentum. Apprenez Avec Votre Sœur

307


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Seder de Nili : Alors et maintenant

Nili Couzens

Mes premiers souvenirs de Seder étaient à Brooklyn, New York, chez mes grands-parents yiddishophones, Bubby et Zaide Silver, que leur mémoire soit bénie, sur East 21st Street entre I et J. Nous arrivions de Philadelphie la veille de Pessah, et à partir de ce moment, la cuisine de ma grand-mère n’était que rires, souvenirs et disputes alors que ma mère, son frère et sa sœur cassaient des noix pour le charoset et du raifort râpé pour le maror. C’était exaltant et quelque peu déroutant de voir ma mère redevenir un enfant à la table de la cuisine de sa mère.

Au Seder, tout… brillait. Pas seulement l’épaisse nappe en plastique. Pas seulement la lumière des bougies du candélabre en argent et du lustre en cristal. Pas seulement les verres dorés et verts réservés uniquement pour Pessah. Tout juste… brillait. Mon grand-père fermait les yeux et nous savions tous qu’il imaginait son père, mon arrièregrand-père, mort dans un camp de travail forcé sibérien pendant l’Holocauste. Vous ne bougiez pas quand Zaide récitait Kiddouch. C’était trop saint. Son Kiddouch était toujours avec le même air, la même intensité. Je peux encore fermer les yeux et l’entendre maintenant.

308

Oncle Shimmy, le frère cadet de ma mère, disait les Mah Nishtanah (Quatre questions) en yiddish et commettait les mêmes erreurs chaque année. Même si je n’y comprenais rien, c’était en quelque sorte hilarant quand toute la table criait la correction, un peu simultanément; et riant de lui-même et secouant la tête, l’oncle Shimmy trébuchait pour prononcer correctement les mots yiddish. Mais ce dont je me souviens le plus de ces Seders de ma jeunesse, c’est ma mère et ses deux frères et sœurs chantant ensemble. Les poings tapant sur la table pour garder le rythme, la tête renversée, chantant à tue-tête les chants du Seder, les chants de leur jeunesse. C’était fascinant de voir les adultes s’amuser autant.

Je ne me souviens pas de longues discussions philosophiques sur la sortie d’Egypte. Le seul commentaire dont je me souviens était le petit moi, fièrement, timidement, en train de lire mon « Cahier du Seder de Pessah » de 3ème année avec toute sa colle, ses paillettes et ses crayons, sous les sourires adorateurs des adultes. Nous n’avions pas d’accessoires pour les Dix Plaies. Il n’y avait pas de bonbons pour garder les enfants intéressés. Nous étions simplement heureux d’être au Seder. Heureux de chanter et de célébrer. Heureux d’être des enfants avec tous les adultes qui nous protègent du monde, sans réaliser à quel point nous étions bénis de nous sentir si satisfaits et si en sécurité. Avance rapide de vingt ans jusqu’à l’époque où mes enfants étaient petits. Nous organisions le premier Seder à la maison avec seulement nous et mes parents, tandis que le second Seder était réservé aux invités, autant de personnes que possibles dans notre salle à manger. Plus tard, nous sommes allés dans les hôtels, mais nous avons toujours eu nos Seders en privé, comme une simple famille. Nous avions des accessoires


Être le meilleur enseignant de votre enfant

pour les fléaux - de la gelée rouge pour le sang et des balles de ping-pong volant comme de la grêle et des lunettes de soleil loufoques pour le fléau des ténèbres. Nous avons chanté nos chansons et mangé notre charoset et notre maror et tenté (d’accord, soudoyé) les enfants avec des guimauves et des bonbons à la gelée pour qu’ils posent des questions et répètent ce qu’ils avaient appris à l’école. Mais que ce soit à la maison ou à l’hôtel, honnêtement, je ne me souviens pas exactement de ce que nous avons dit ou exactement de ce que nous avons mangé. Ce dont je me souviens le plus, c’est le sentiment. Heureux, bénis, ensemble, satisfaits. Dans dix, vingt ans, que retiendront vos enfants des Seder de Pessah de leur jeunesse ?

Probablement personne ne se souviendra exactement de ce qui a été dit ou exactement de ce qui a été servi. Le seul souvenir qui restera est le souvenir de ce que le Seder de Pessah a fait ressentir. Si je devais prodiguer un conseil pour le Seder, ce serait celui-ci : Allez-y. Libérez-vous de devoir ÊTRE quoi que ce soit. Vous n’avez pas besoin d’être profond. Vous n’avez pas besoin d’être créatif. Vous n’avez certainement pas besoin d’être la juive Martha Stewart. Ne vous méprenez pas; vous devriez certainement prévoir de dire quelque chose de significatif au Seder. Vous devriez prévoir de servir quelque chose de délicieux.

Vous n’avez tout simplement pas besoin de livrer un soliloque brillant ou de faire un gâteau de matzah à sept couches ou quoi que ce soit d’autre. Si vous voulez, si c’est amusant et relaxant pour vous, mettez-vous KO. Mais si c’est stressant et contraignant pour vous ? Oubliez. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit.

Lorsque la conversation s’oriente vers le Super Bowl au lieu de la lutte existentielle pour la liberté… laissez tomber. Quand le poulet brûle et que la matzah est rassis… riez. Haussez les épaules et faites un clin d’œil à Dieu. Voici la clé : Si vous êtes détendu, ils sont détendus – qui qu’ «ils» soient. Vos beauxparents, vos enfants, les voisins, le monde. Pessah consiste à être libre. Libre du besoin d’impressionner qui que ce soit, du besoin de rivaliser, du besoin de se montrer, du besoin d’exceller.

La seule différence entre le pain et la matzah est beaucoup d’air chaud. Ce sont essentiellement les mêmes ingrédients. La signification mystique de la matzah est l’opportunité que Pessah nous offre de nous débarrasser de notre ego - notre propre air chaud. L’ego bloque la vraie liberté parce que s’il y a une chose à laquelle nous sommes tous asservis, c’est à cette voix dans nos têtes. Ne tombez pas dans le panneau.

Vous n’avez pas besoin d’être quoi que ce soit à Pessah sauf réel. Laissez-vous commettre des erreurs et riez. Laissez tous les autres être imparfaits et faites preuve d’empathie. Chantez juste. Ne faites pas de régime. Ne forcez personne à partager ou à arrêter de parler ou à vous dépêcher ou à dire déjà quelque chose de significatif. Laissez Dieu diriger le monde pendant une soirée ou deux et réalisez que vous êtes en fait libre de simplement en profiter. • Comment pouvez-vous « laisser aller » ce Pessah ? Quel est le lien entre le lâcherprise et la liberté ? Partagez vos idées sur notre page Facebook Momentum.

309


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Les conseils de Ruchi : Personnalisez votre Seder

Ruchi Koval

Pessah est une fête remplie de “devrait” - c’est pourquoi pendant de nombreuses années, j’ai été intimidé de « faire Pessah » comme nous l’appelions. Mes Seders d’enfance étaient si joyeux, dominés par la personnalité immense et aimante de mon Zaidy. Son riche baryton remplissait l’air et nous chantions toute la nuit. Mon doux et tendre Zaidy et ses sourires et ses airs étaient Pessah pour moi. Nous avions l’habitude d’aller en voiture jusqu’au Bronx, de nous garer au 2451 Barnes Avenue dans le garage en damier noir et blanc de mes grands-parents, de brûler le chametz dans leur jardin dans une poubelle en métal (à la Oscar the Grouch), et de courir loin de mon oncle râpant le maror sur leur porche arrière. Comment mon Pessah pourrait-il se dérouler ? Comment pourrais-je tenter de faire quelque chose d’aussi adulte que d’organiser un Seder ? Pendant de nombreuses années, j’ai résisté par peur, puis finalement mon mari est devenu rabbin à Buffalo Grove, dans l’Illinois, et nous ne pouvions plus fuir l’âge adulte (nous avions 23 et 26 ans). Et les magasins étaient remplis de choses rusées qui me faisaient peur, parce que je ne suis pas rusée. Je ne sais pas comment faire

310

des déguisements, des Seders sur le thème de l’Égypte ou des fléaux multicolores ou autre.

Nous avons donc essayé beaucoup de choses pendant de nombreuses années et nous sommes finalement revenus à ceci : la mitzvah de Pessah est composée de deux mots hébreux, vehigadeta l’vincha – et tu le diras à ton enfant. Un Seder consiste à parler à votre enfant de nous, de notre histoire, de notre héritage national. Pourquoi l’Égypte comptait et pourquoi elle compte toujours. À propos de la liberté, de l’oppression et de Dieu. À propos de la matzah et du maror et de la joie et de la peine et des rires et de la famille et de l’amour et de la vie. Et peu importe si votre voix est aussi belle que celle de mon grand-père ou vos boules de matzah aussi moelleuses que celles de ma grand-mère, car c’est l’amour qui l’emporte.

Donc, certaines années, nous allons chez mes beaux-parents et nous nous abreuvons d’amour. Parfois, nous faisons des Seders géniaux à la maison avec seulement quelques invités, alors nous n’oublions pas de parler aux enfants. Une année, nous avons eu le « Seder d’une heure » parce que c’est ce qui a excité mes enfants cette


Être le meilleur enseignant de votre enfant

année-là. Une année, mon mari et moi devions être le Rabbin et la Rabbanite dans une station balnéaire de Pâque à Orlando, et vraiment, j’étais excitée !

À cause des enfants, car tout tourne autour des enfants. Il s’agit de la prochaine génération, et ils ne l’oublieront jamais. Et j’ai parlé de la liberté, de ne jamais rien tenir pour acquis, de célébrer un Seder où bonvous semble et quelle que soit la façon dont vous travaillez pour votre famille c’est la liberté que nous célébrons. Nous célébrons chaque membre de notre famille, le Seder du TDAH et le Seder du syndrome d’Asperger et l’enfant de six ans qui chante faux le Mah Nishtanah du Seder et des Seder de la génération Y. Et mon mari et moi, célébrant tant de Pessah ensemble avec amour et harmonie, de tant de manières différentes et à travers tant d’itérations - parce qu’il s’agit d’engager la prochaine génération de Juifs, quoi que cela signifie aujourd’hui. Ce Seder. L’chaim – l’année prochaine à Jérusalem.

• Que pourriez-vous faire cette année pour votre Seder qui le fera « fonctionner » pour votre famille ? Partagez vos idées sur notre page Facebook Momentum.

311


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Premier Seder d'Adrienne

Adrienne Gold Davis

La nuit du Seder dans ma maison prouve sans aucun doute que l’unité peut se produire SANS l’uniformité.

Ma fabuleuse famille est fière de son irrévérence et de son humour… mais malgré toutes nos particularités, il y a une profonde sincérité et un respect mutuel les uns pour les autres. Il y a environ dix-huit ans, ma famille et moi avons commencé à nous diriger vers une expression traditionnelle de notre identité juive. Je ne pouvais plus couvrir la distance jusqu’à la maison de ma mère ou de ma sœur… et je savais que j’avais un dilemme. Vous voyez, j’avais changé les règles du jeu, il m’incombait donc d’accommoder les autres. Dans une terreur absolue, j’ai décidé de « me charger » de la nuit du Seder. Je savais que je faisais face à une foule difficile : Il y avait les « non » (non affiliés, non intéressés, non subjugués), les « in » (mariés mixtes, interconfessionnels) et les « libres » (gluten, produits laitiers, viande, gras) – mais j’étais déterminée à rendre cette soirée mémorable. Et significative. SI ÇA ME TUAIT. (Et c’est presque arrivé !)

Je pourrais vous parler des activités pour les enfants (petits sacs de « fléaux » du magasin à

312

un dollar à lancer pendant cette partie du Seder. Des glaçons avec une canneberge congelée au milieu pour représenter la grêle avec du feu à l’intérieur - ils ontaussi été secoués. Les poux en plastique comme des confettis sur la nappe). Je pourrais discuter du premier plat pour les enfants : une salade « verte » entièrement composée de bonbons verts nichés dans une feuille de laitue bibb. Je pourrais parler des matelas sous la table pour que les petits puissent se reposer et même jouer avec les pieds de leurs parents (littéralement !). Je pourrais me vanter de la nourriture délicieuse et de la table dressée avec amour. Mais ce n’était pas ce qui le rendait spécial. Les mitzvah de la nuit du Seder consistent à manger la matzah, à boire les quatre coupes de vin (pas si dur) et à raconter l’histoire de l’Exode aux enfants. Mais étant donné qu’aucun des adultes ne connaissait l’histoire non plus, je sentais que je devais m’assurer qu’ils partaient également en se sentant éduqués et enrichis. Alors que ma famille « lisait » toujours l’Haggadah en anglais, personne ne comprenait vraiment le pouvoir de la nuit du Seder. Que nous pouvions puiser l’énergie spirituelle du passage d’un lieu de constriction à un lieu de libération. Que nous pourrions accélérer nos


Être le meilleur enseignant de votre enfant

objectifs et nous décoller. Je voulais créer une expérience de groupe de réflexion, comprenant que pour chaque petit moment de profondeur, quelqu’un ou un autre s’en moquerait, en ferait un shtick ou essaierait de le faire dérailler. Je savais qu’il faudrait que je sois personnel pour embarquer les adultes. Le thème de mon premier Seder serait la Liberté : Qu’est-ce que c’est et comment y parvenir ?

J’ai décidé d’envoyer un message à tout le monde à l’avance, avec une « bénédiction » leur étant destinée à propos de quelque chose que je savais important pour eux personnellement. Un frère ou une sœur avait-il des difficultés au travail avec un patron difficile ? Un autre était-il en train de divorcer et souffrait-il gravement? Un adolescent se sentait-il incompris ? Chaque message de bénédiction se terminait par une citation sur la liberté et l’auto-libération. Je leur ai demandé de se préparer à discuter de ce que ces citations signifiaient pour eux et de la façon dont ils percevaient le concept de liberté. Ces citations n’étaient pas toutes des sources juives, mais elles ont construit un cadre pour une conversation qui s’éloignerait au moins du hockey et des films et vers une croissance significative.

C’était outrageusement réussi. Les gens aiment être entendus, vus, remarqués. La touche personnelle les a tellement émus qu’ils sont venus vouloir exploiter le riche potentiel de la nuit du Seder.

À la place de chaque invité se trouvait une copie du message et de la citation que je leur avais envoyés, avec le message personnel priant pour que leurs besoins soient satisfaits, leurs rêves à réaliser.

Chaque personne dans ma maison cette nuit-là est partie avec son enveloppe de bénédiction et sa note d’amour de ma part. Ils sont repartis avec une compréhension plus profonde de Pessah. Mais la plupart du temps, ils sont partis avec une profonde compréhension que mon engagement envers le judaïsme incluait le respect pour eux et l’inclusion de chacun de nous, et un plaisir que nous puissions créer une expérience fidèle à la loi juive et pertinente pour chacun de nous ! • Comment créer un Seder significatif et inclusif pour tous ceux qui y participent ? Partagez vos idées sur notre page Facebook Momentum..

313


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES

Des idées pour introduire les valeurs de Vehigadta Levin’ha, Transmission, dans votre vie de famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et articles sur MomentumUnlimited.org.

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  J’éduque mon enfant selon sa voie (basé sur le livre des Proverbes)

 Je me concentre sur la beauté intérieure de mon enfant avant de chercher à l’éduquer

 Je cherche à nourrir l’âme de mon enfant  J’encourage et je valorise les questions de mes enfants • Parcourez les nombreuses infos pratiques et les analyses sur Pessa’h sur https://bit.ly/3WKNlTL

• Lisez La Hagada, d’Adin Steinsaltz (Albin Michel), la Pâque juive expliquée à tous avec les illustrations calligraphiques de Franck Lalou • Découvrez cette série de réflexions passionnantes et présentées de manière très ludiques sur Pessah par le Rav David Fohrman qui a le don d’éclairer tout ce que nous savons depuis toujours sous un jour nouveau : https://bit.ly/3OPnuYM

• Lisez cet entretien passionnant avec le Grand-Rabbin Israël Méir Lau : https://bit.ly/3oDuBch

314

Pour les familles avec des enfants de tout âge

• Attribuez à chaque membre de la famille une tâche en vue du Seder de Pessa’h : celui ou celle qui aime la décoration pourra dresser et décorer la table du Seder, celui qui apprécie le théâtre devra préparer une saynète sur la sortie d’Egypte, celui qui est féru de cuisine pourra avoir la charge d’un des plats du Seder, ceux qui ont des dons artistiques pourront fabriquer un plateau du Seder ou une pochette pour l’Afikoman. Vous pouvez demander aux enfants qui viennent d’apprendre à écrire de réaliser des marquesplaces pour tous les convives et à veux qui ne tiennent pas en place de s’occuper d’accueillir les invités et de faire le service. • Si vous voulez enseignez à votre enfant « selon sa voie », il est indispensable que vous vous intéressiez aux activités qu’ils apprécient et à leur mode d’apprentissage. Essayez de parler en tête à tête avec votre enfant pour savoir ce qu’ils aiment apprendre et comment ils apprécient d’étudier. Montrez à votre enfant que vous retenez ce qu’il vous dit et tenez-en compte quand vous leur proposez des activités ou quand vous faites vos devoirs avec eux…

• Valorisez les efforts de vos enfants, félicitezles et montrez-leur que vous les soutenez, même s’ils sont différents de vous. • Se préparer pour Pessa’h, c’est en grande partie faire un grand nettoyage de printemps. Cela peut devenir une activité familiale ludique, surtout quand il s’agit de nettoyer des coins inhabituels comme la voiture, les poches des vêtements ou le haut des armoires…


Être le meilleur enseignant de votre enfant

• Le soir qui précède le Seder, on pratique la cérémonie de la Bedikat ‘Hamets, on part à la recherche du ‘Hamets pour s’assurer qu’il n’en reste plus dans la maison. C’est une coutume que les enfants adorent, un moment ludique pour lequel il vous faut vous munir d’une bougie, une plume, une cuillère en bois et un sac en papier. Un grand enfant ou un adulte accompagné d’un petit cachent 10 morceaux de pains enveloppés dans du papier dans toute la maison. A la tombée de la nuit, toute la famille part à la recherche de ces morceaux. A la lueur de la bougie qui peut être tenue par un grand, on récupère un à un ces morceaux au moyen de la cuillère en bois et on les met dans le sac en papier. Chaque fois, on nettoie derrière avec la plume. Vous pouvez charger chaque membre de la famille d’une partie de l’action, et comme tout cela doit se dérouler dans le silence, c’est l’occasion de jeux de mimes et de fou-rires inoubliables. Le lendemain matin, on fait une prière qui annule tout le ‘Hamets avant de brûler ce qu’on aura rassemblé…

• Avant le Seder, réalisez des indices écrits et/ ou illustrés qui donnent des indications sur l’emplacement de l’Afikoman. Associez des enfants plus jeunes avec les plus âgés, et faites de la recherche de l’Afikoman un jeu de piste par équipes. Prévoyez des petits cadeaux pour tous les enfants participant au Séder afin de les maintenir éveillés et de les récompenser pour leur participation. • Préparez-vous tous au Séder en apprenant les chansons de la Haggada : https://bit.ly/42sD2Vj

• Avec les Maccabeats : https://bit.ly/42lPlCP, https://bit.ly/3MPny8n ou sur le mode des Misérables : https://bit.ly/3CdeIfu

• Visionnez ce petit film sur la fabrication de la Matsa : https://bit.ly/3qlDUOh

• Consultez le programme du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris (MAHJ). La

collection de Haggadot fait voyager à travers les pays et l’Histoire Juive, et à l’approche de Pessa’h, des ateliers sont souvent proposés pour les enfants autour de cette date du calendrier juif : https://bit.ly/43mAdqm

• Organisez une activité ludique et culturelle avec votre famille ou des amis avec la Bibliothèque Nationale d’Israël. A travers 16 Haggadot qui ont traversé les siècles, les participants résolvent des énigmes et découvrent l’histoire du peuple juif : https://bit.ly/43yD5QM

• Quelques livres pour les enfants :

 De la Gadoue à la Hagada de Michael Broll, David Chemla et Daniel Bensmien est un très beau livre illustré, un conte de Pessa’h qui est accompagné d’un conte musical sur CD. https://bit.ly/43jKCTN La première partie est disponible sur YouTube : https://bit.ly/3C9LsX1  La BD Pessah de Denis Akoun et Sacha : https://bit.ly/3WQevsd

Pour les familles avec des petits

• Pessa’h à portée de doigts, pour que le plus petits s’imprègnent des odeurs et des matières du Seder…

• La classique et vintage Merveilleuse Haggada, un film d’animation en pâte à modeler : https://bit.ly/45D9Q0K • Ma première Haggada, Le Seder pour les jeunes enfants : contes, chants, récits, travaux manuels et coloriages : https://bit.ly/3oTsh0y

Pour les familles avec des grands

• Si vous êtes créatifs, vous pouvez imaginer un escape-game en famille dans lequel les participants ont des défis à réussir pour pouvoir sortir d’Egypte.

315


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE GRAPHIQUE POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LA VALEUR DE VEHIGADETA L’VINCHA, ENSEIGNER À VOS ENFANTS Reconnaissance

Où en êtes-vous maintenant en ce qui concerne vehigadeta l’vincha, enseigner à vos enfants ? Quels exemples vous viennent à l’esprit ? Quels ont été vos succès et vos défis ?

316

Vision

Quel est votre scénario idéal en termes de connexion avec vos enfants et de leur « enseignement » ? Qu’est-ce qui vous gêne et que pouvez-vous faire pour vous réorienter pour vous réorienter vers la façon dont vous aimeriez que les choses soient ?


Être le meilleur enseignant de votre enfant

Objectifs

Quelle est une (ou plusieurs) petite (des) étape(s) réalisable(s) que vous pouvez prendre dans votre vie quotidienne, que vous pouvez facilement programmer et qui vous aidera dans votre objectif de vehigadeta l’vincha ?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour savoir si vous progressez ?

317


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur de vehigadeta l’vincha enseigner à nos enfants, dans le contexte de Pessah Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment puis-je entretenir une atmosphère chaleureuse et accueillante dans ma maison, où mes enfants se sentent valorisés et chéris ?

• Comment puis-je continuer à apprécier mes enfants ou ceux avec qui j’ai une relation et à établir des liens avec eux, même si leurs « manières » sont différentes des miennes ? • Comment puis-je communiquer l’histoire juive à mes enfants de manière à montrer sa beauté comme quelque chose de précieux et dont on peut être fier ? • Comment est-ce que je réponds habituellement aux questions et aux interrogations de mes enfants ? Comment puis-je développer ma capacité à répondre aux questions, même si je ne connais pas toutes les réponses ?

Vocabulaire Significatif

318

Seder

‫ֵס ֶדר‬

Haggadah

‫ַהּגָ ָדה‬

Pesach

‫ֶפ ַּסח‬

Littéralement, “commander”, se référant au repas festif de Pessah

littéralement, « raconter », se référant au cadre du récit de l’Exode la fête juive de la liberté, qui signifie littéralement « passer »

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à prendre un petit rôle pour la diriger. Par exemple :

• Partager des stratégies pour des Seders réussis – soit à partir de leur propre expérience, soit en examinant les offres de la session et les idées des Trip Leaders (voir pages 304–313)

• Planifier une activité de lancement de la session ou un accompagnement pour la session (voir Extra ! Idées de programme) • Organisation de l’événement • Coanimation de la session

• Demander à une ou plusieurs des femmes de partager la façon dont elle a ramené à la maison l’apprentissage de votre dernière reunion

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choose Your Session Activities (in advance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


Être le meilleur enseignant de votre enfant

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, arrangez l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Pensez, par exemple, à ce que les femmes se mettent par deux et s’écoutent pendant deux minutes chacune, tout en partageant ce qui est nouveau et ce qu’elles ont en tête aujourd’hui.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Introduisez la fête de la Pessah et invitez les femmes à partager une vue, un son, une odeur, un goût ou une touche des Seders qu’elles ont expérimentés par le passé. Vous pouvez avoir des femmes partageant des idées pour faire un grand Seder (elles pourraient tirer de la session ou des expériences précédentes).

Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir

une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Adapter l’éducation aux besoins de chaque enfant (p. 299)

Proverbes 22:6 nous guide pour éduquer les enfants selon leurs propres façons. Discutez ensemble de ce que cela pourrait signifier d’enseigner à chacun de vos enfants, sa propre façon. Donnez aux femmes un peu de temps pour écrire leurs réponses aux questions de réflexion sur le côté droit de la page. S’il y a une femme qui n’a pas d’enfants, invitez-la à écrire sur les enfants avec lesquels elle a une relation étroite ou qui sont importants pour elle. Une fois que les femmes ont fini d’écrire, rassemblez le groupe et demandez à des bénévoles de partager leurs pensées.

La mémoire et la narration de Pessah

Demander aux femmes de lire à tour de rôle un paragraphe de la mémoire et la narration de Pessah (pages 300-301) Explorez les questions de ces pages en groupe. Lorsque vous avez terminé, divisez les femmes en binômes et demandez-leur de partager avec leur partenaire leurs objectifs concernant la transmission des histoires et des valeurs familiales à leurs enfants. Qu’est-ce qui est le plus important ? Pourquoi ? Comment peuvent-ils le mieux le faire d’une manière qui trouve un écho auprès de chaque enfant ? Comment le Seder de Pessah peut-il être une opportunité ? Lorsqu’elles ont terminé, invitez les femmes à partager leurs réflexions avec l’ensemble du groupe.

319


ANNÉE DE CROISSANCE

6. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants, éventuellement par l’écriture ou le dessin avant de partager : « Une façon de planifier le Seder de cette année est de... », « Quelque chose que je rapporterai de notre session d’aujourd’hui est... » ou « J’aimerais apporter vehigadeta l’vincha à ma famille par…. » Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 314-315). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrir aux participants l’occasion de prendre rendez-vous avec une autre sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur (voir pages 140‒147) sert de point d’introduction pour

des conversations qui ne se produiraient peutêtre jamais autrement. Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités ci-dessous :

• Animation d’une simulation de Seder, se concentrant sur les pièces maîtresses et élaboration de stratégies communes pour mobiliser les familles des femmes. • En utilisant l’activité de réflexion expérientielle suivante pour ajouter une dimension créative à votre session:

Mosaïques de Matzah Vivez le Seder de Pessah avec votre famille grâce à l’expression créative avec la matzah !4

Matériaux : Une matzah entière et des restes de nourriture traditionnellement utilisés au Seder.

Instructions : Réfléchissez à l’histoire de Pessah, puis recréez des scènes d’histoire sur votre matzah avec les autres aliments.

4 Créé par Jacqueline Serebrani-Kesner, éducatrice interdisciplinaire et en arts expressifs. Pour en savoir plus sur l’enrichissement en arts créatifs de Jacquie, rendez-vous sur www.creativeartsenrichment.org. Jacquie est joignable à l’adresse jserebrani@gmail.com.

320


Être le meilleur enseignant de votre enfant

321


ANNÉE DE CROISSANCE

322


La Danse du Retour Bayit, Foyer et patrie – Fête de l'indépendance d'Israël


ANNÉE DE CROISSANCE

324


La Danse du Retour

YOM HA’ATZMAUT, JOUR DE L’INDÉPENDANCE D’ISRAËL Foyer et Patrie

Israël est notre patrie, notre bayit. Il s’agit également l'écosystème de l'âme juive ! C'est le rythme de notre psychisme ; nous remplissant de clarté et de confusion, d'inspiration et d'aspiration, de quêtes et de questions ! Beaucoup le ressentent comme une sorte de reconnaissance profonde de la moelle dans nos os. Combien parmi nous lors du voyage Momentum sont descendues de cet avion et en quelques instants ont ressenti ce sentiment irrésistible de « rentrer à la maison » ? Combien parmi nous ont pleuré, nos âmes transpirant sans cesse alors que nous marchions dans ces rues, lorsque nous nous tenions devant le Kotel, allumions nos bougies... faisions notre shopping dans le shouk ? Combien parmi nous ont juré d'amener nos familles, d'organiser des bat et des bar mitzvah ici... de revenir ? Même si chacune de nous vient de communautés et de cultures si diverses, qu'est-ce qui nous unissait tous de cette manière ? Adrienne Gold Davis

Comment créer des foyers nourriciers pour nos enfants ? Comment favoriser l’appartenance à nos communautés ? Comment avons-nous une relation avec un pays qui parfois peut nous sembler comme chez nous et à d’autres moments peut nous sembler étranger ?

À travers des textes et des chansons, nous discuterons de la manière de créer des relations solides, d’amour et réalistes au sein de nos foyers et avec la Terre d’Israël. Nous réfléchirons à la manière dont nous pouvons renforcer nos familles, nos communautés et notre patrie. Que pouvons-nous apprendre du concept israélien de bayit ?

Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité : • Où est-ce que je me sens chez moi ? Quelle est ma relation avec l’endroit où je vis actuellement ?

• Quelle est ma relation avec Israël ? Quelle est ma relation avec le concept de Patrie ?

• Qu’est-ce que je fais pour rendre ma famille et ma communauté « accueillantes » pour ses membres ? Y a-t-il davantage de choses que je suis attirée à faire ? • Comment puis-je établir des relations solides avec ma famille, ma communauté et Israël ?

325


ANNÉE DE CROISSANCE

FOYER

Qu'est-ce que la Maison signifie pour vous ?

Le mot hébreu bayit peut signifier « maison », « foyer » et « patrie ». La société laitière israélienne et la société de télécommunications ont créé des publicités pour la télévision israélienne qui jouent sur cette idée multiforme de bayit. La publicité de Tnouva n’a pas de dialogue en hébreu ; il dépeint une petite fille qui s’enfuit, mais finit par revenir car « il y a aucun goût qui sent toujours comme à la maison ».

Dans la publicité de Celcom, le père demande : « Comment s’est passé l’entraînement aujourd’hui ? La publicité se termine par les mots : « Vous n’avez pas besoin de vous changer lorsque vous rentrez chez vous. »

326

Nous vous encourageons à regarder ces publicités. Ils contiennent très peu d’hébreu et sont tout à fait compréhensibles. Pendant que vous les regardez, réfléchissez au rôle que cette maison, bayit, joue dans ces publicités et dans votre propre vie. Chaque famille vit à la fois des moments stimulants et enrichissants. Que font les différents membres de votre famille qui contribuent à rendre votre famille accueillante pour les autres ? Publicité de Tnouva : Je suis allé chercher une nouvelle maison – ‫ הלכתי לחפש בית חדש‬bit.ly/3aAA8q5

Publicité de Celcom : Vous n’avez pas besoin de vous changer quand vous rentrez chez vous – ‫לא צריך להשתנות כשמגיעים הביתה‬ bit.ly/2NIm4Ss


La Danse du Retour

LA PAYS OÙ JE VIS Activité

Nous avons chacun des cercles différents au sein desquels nous éprouvons un sentiment d’appartenance. Réfléchir à ceux-ci et les partager avec nos sœurs construit en soi une communauté et une appartenance. Envisagez différents cercles où vous « vous sentez chez vous ». Cela peut inclure différentes branches de votre famille, amis, collègues, communautés, pays et autres affiliations.

Comment vos différents cercles d’appartenance s’articulent-ils ? Comment pourriez-vous schématiser vos cercles d’appartenance ? Seraient-ils des cercles concentriques ? Certains se chevaucheraient-ils partiellement ? Existe-t-il des îles distinctes et autonomes ?

VOISINAGE AMIS

TRAVAIL

FAMILLE LOISIRS

ISRAEL

UNIVERSITÉ AMIS

COMMUNAUTÉ JUIVE

À l’aide de papier et de marqueurs, faites un croquis rapide; aucune compétence artistique n’est nécessaire. Ensuite, à tour de rôle, partagez vos croquis en petits groupes de trois ou quatre, ou si le rassemblement est petit, partagez-les avec l’ensemble du groupe.

327


ANNÉE DE CROISSANCE

POUVEZ-VOUS ÊTRE À LA FOIS CHEZ VOUS ET ÉTRANGER ? Pouvons-nous vraiment être chez nous dans des endroits où nous avons des réserves, des critiques ou même des sentiments d’éloignement ?

Quand Abraham a négocié avec les habitants de Chet pour un lieu de sépulture pour sa femme, Sarah, il s’est décrit comme étant à la fois un résident et un étranger. Le rabbin Joseph Ber Soloveitchik souligne le fait que ces termes semblent s’exclure mutuellement. Il explore la façon dont les Juifs à travers l’histoire se sont sentis à la fois comme des « résidents », participant et immergés dans la culture générale, et comme des « étrangers », éloignés de la population générale et sans un sentiment d’appartenance totale. Le langage du rabbin Soloveitchik peut parfois être difficile. Lisez le passage lentement, plusieurs fois, pour absorber son message : Notre premier patriarche, Abraham, s’est déjà présenté en ces termes : « Je suis un étranger et un résident [habitant] parmi vous - ger v’toshav anochi imachem » (Genèse 23:4). Est-il possible d’être à la fois ger v’toshav [étranger et résident] en même temps ? Cette définition n’est-elle pas absurde puisqu’elle contrevient au principe central de la logique classique selon lequel aucun jugement cognitif ne peut contenir deux termes mutuellement exclusifs ?

Et pourtant, le Juif d’autrefois a défini ce principe séculaire et s’est pensé en termes contradictoires. Il savait bien dans quel domaine il pouvait accorder son entière coopération à ses voisins et agir en tant que

328

toshav, résident, habitant, et à quel moment ce geste de coopération – Rabbi Joseph Ber Soloveitchik, « Confrontation », Tradition : Un journal de la pensée juive 6: 2 (1964)

Le rabbin Joseph Ber Soloveitchik (1903–1993) était un rabbin, talmudiste et philosophe juif moderne. En tant que chef de l’école rabbinique de la Yeshiva University, il a ordonné près de deux mille rabbins.

Exercice de Rédaction

Prenez 5 à 10 minutes pour écrire vos réponses aux questions ci-dessous. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous avez fini d’écrire, discutez avec une autre sœur de certains des problèmes et des idées qui vous ont été proposés dans cet exercice. • Quand et où suis-je « chez moi » dans le pays où je suis né ?

• Quand et où suis-je « un étranger » dans le pays où je suis né ?

• Quand et où suis-je « chez moi » en Israël ? • Quand et où suis-je « un étranger » en Israël ?

• Où est-ce que je veux être plus chez moi ? Où dois-je prendre du recul et acquérir plus de perspective en tant qu’étranger ?

• En célébrant Yom Ha’atzmaut, le Jour de l’Indépendance d’Israël, quel point de vue devrions-nous écouter pour favoriser l’unité sans uniformité dans notre communauté ?


La Danse du Retour

OÙ VOUS VOUS CONCENTREZ FAIT LA DIFFÉRENCE

Avez-vous déjà été dans un endroit où vous pensiez que vous devriez ressentir un sentiment d’appartenance, mais cela ne s’est pas produit ? Le regretté poète israélien, Yehuda Amichai, a réfléchi sur les touristes en Israël et offre un aperçu pour nous tous. Dans cet extrait de son poème, « Les touristes », Amichai souligne l’importance d’Israël en tant que foyer plutôt qu’en tant que collection de reliques historiques.

Touristes

Une fois, je me suis assis sur les marches d’une porte de la tour de David, J’ai placé mes deux paniers lourds à mes côtés. Un groupe de touristes

à gauche et un peu en bas, est assis un homme qui a acheté des fruits et des légumes pour sa famille. • Selon Amichai, quelle est la partie la plus remarquable d’un tour de visite en Israël ?

• Y a-t-il eu un moment de votre voyage Momentum où vous avez établi un lien personnel avec Israël ou des Israéliens ? De quelle manière ces moments vous ont-ils aidé à sentir Israël comme chez vous ? • À quel moment de votre vie voudriezvous vous rappeler de vous concentrer sur les gens et les relations ?

Yehuda Amichai (1924–2000) est reconnu comme l’un des plus grands poètes d’Israël.

se tenait autour de leur guide et je suis devenu leur cible. « Vous voyez cet homme aux paniers ? Juste à droite de sa tête, il y a un arc de la période romaine. Juste à droite de sa tête. « Mais il bouge, il bouge !

Je me suis dit : la rédemption ne viendra que si leur guide leur dit, « Vous voyez cet arc de l’époque romaine ? Ce n’est pas important : mais à côté,

329


ANNÉE DE CROISSANCE

PERSPECTIVES

Quel regard favorise l’appartenance ? Le rabbin Abraham Isaac Kook a reconnu qu’il y avait des défauts en ce qui concerne la nation juive naissante, et pourtant dans ses écrits, il maintient : « Tu es tout à fait magnifique ! » Que peut-on tirer de son regard ? « Tu es toute belle, ma bien-aimée, tu es sans défaut » (Cantique des Cantiques 4 :7).

Le grand amour que nous avons pour notre nation ne nous empêchera pas de scruter ses défauts. Mais nous constatons que son essence - même après l’examen le plus effréné - est exempte de tout défaut. « Tu es toute belle, ma bien-aimée, tu es sans défaut ! » ‫האהבה הגדולה שאנו אוהבים‬-‫״כולך יפה רעייתי ומום אין בך‬ ‫ אבל‬,‫את אומתינו לא תסמא את עיננו מלבַ קר את כל מומיה‬ ,‫ גם אחרי הביקורת היותר חופשית‬,‫הננו מוצאים את עצמיותה‬ ‫ כולך יפה רעייתי ומום אין בך!״‬.‫נקיה מכל מום‬

330

Le rabbin Abraham Isaac Kook (1865– 1935) était un érudit et un mystique de la Torah, un fervent sioniste et le premier grand rabbin ashkénaze de la Palestine mandataire britannique.

• Comment le rabbin Kook pouvait-il voir les défauts de la nation juive, et pourtant aussi la voir comme entièrement belle ?

• Pensez à une relation que vous entretenez avec un enfant ou un partenaire. Êtes-vous capable de voir leurs défauts, tout en les aimant toujours profondément et en les voyant comme « entièrement beaux » ? • Quels sont vos espoirs et vos rêves pour l’État d’Israël ? Comment réagissez-vous lorsque vous voyez ses imperfections ? Comment la vision du rabbin Kook d’une relation qui reconnaît à la fois les défauts et pourtant voit la beauté totale vous influencer alors que vous continuez à développer votre relation avec Israël ?


La Danse du Retour

CONTRIBUER À L’ESPACE SACRÉ

Certains endroits procurent une sensation merveilleuse lorsque vous y entrez, tandis que d’autres vous laissent une sensation de froid. Comment cultivons-nous un sentiment spécial et chaleureux dans nos maisons ? Qu’est-ce qui nourrit l’espace sacré dans une famille, un groupe ou une communauté ?

Israël en tant que foyer et patrie a été mis à part dans la Torah en tant que terre sacrée. Au cours de leur errance dans le désert après l’Exode, les Israélites reçurent l’ordre de construire le Mishkan, le Tabernacle, un lieu tangible et sacré où la présence divine habiterait au sein même de la communauté. Pour construire le Mishkan, les Israélites ont reçu deux injonctions presque contradictoires. On leur a demandé de faire un don à partir de leurs ressources, et en même temps que le don soit volontaire - du fond du cœur : Exode 25:2

Dites aux Israélites de M’apporter des contributions. Acceptez les contributions pour Moi de chaque personne dont le cœur est poussé à donner. ‫ּומה ֵמ ֵאת כָ ּל ִאיׁש ֲא ֶשׁר ְיִדּבֶ ּנּו‬ ָ ‫תר‬ ּ ְ ‫ַדּבֵ ּר ֶאל בְ ּנֵי יִ ְש ָׂר ֵאל וְיִ ְקחּו לִי‬ ‫ּומ ִתי‬ ָ ‫תר‬ ּ ְ ‫לִּבֹו ִת ְּקחּו ֶאת‬

• Comment la contribution de chacun peut-elle aider à cultiver l’espace sacré ? • Pourquoi les contributions étaient-elles à la fois volontaires et obligatoires ? En quoi cela a-t-il du sens ? • Comment pourriez-vous appliquer cela à votre foyer ? Comment cela se passet-il dans votre groupe Momentum ?

• Les Israélites ont donné si généreusement, matin après matin, que finalement Moïse a dû dire au peuple d’arrêter. Qu’y a-t-il de plus passionnant dans votre contribution ?

Le président Harry Truman a déclaré : « J’avais foi en Israël avant qu’il ne soit établi, j’y ai confiance maintenant. Je crois qu’il a un avenir glorieux devant lui - pas seulement en tant qu’autre nation souveraine, mais en tant qu’incarnation des grands idéaux de notre civilisation. » • Quelle vision de l’espace sacré en Israël résonne en vous ?

• Comment pouvez-vous contribuer à cette vision ?

• Quelle est la prochaine étape pour trouver quelque chose que votre groupe peut faire ensemble pour contribuer à Israël même si vos visions ne sont pas les mêmes ?

331


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE FAMILLE Mekonen : Le voyage d'un juif africain

Le film Mekonen : Le voyage d’un juif africain , suit l’histoire et le parcours personnel de Mekonen Abebe, un jeune juif afro-israélien, autrefois jeune berger en Éthiopie et maintenant commandant des Forces de Défense d’Israël. Né et élevé dans un village éthiopien, Mekonen était un berger de 12 ans lorsque son père est décédé subitement, moins d’un jour avant que sa famille ne parte pour Israël. Après une période d’adaptation difficile en Israël, Mekonen a eu la chance de fréquenter le lycée Hodayot, qui éduque les enfants issus de milieux difficiles et aide à les intégrer dans la société israélienne. Mekonen est devenu un officier décoré de Tsahal tout en restant fidèle à ses racines et à sa culture éthiopiennes. Le film accompagne Mekonen en Afrique dans un voyage émouvant vers son lieu de naissance. Il explore ses racines, fait la paix avec son passé et embrasse son avenir en Israël.

Questions de discussion familiale

Dans le film, Mekonen lutte pour surmonter de grands obstacles afin de réaliser son rêve et celui de son père de déplacer la famille en Israël. Pourtant, les mêmes défis ont contribué à façonner l’homme qu’il allait devenir. Les amis de Mekonen et les commandants des Forces de défense israéliennes se sont engagés à soutenir son succès et, ce faisant, offrent des exemples vivants du pouvoir du peuple juif - l’unité qui sous-tend un sentiment d’appartenance et une responsabilité partagée pour la famille juive élargie. • En quoi votre enfance façonnet-elle qui vous êtes ?

• Comment vos expériences passées influencent-elles votre comportement et vos choix aujourd’hui ? • Quelles caractéristiques personnelles de Mekonen jouent un rôle dans la réussite de son parcours personnel ? • Qu’avez-vous remarqué chez les amis et les commandants de Mekonen qui l’ont encouragé et lui ont permis de poursuivre ses objectifs ?

332


La Danse du Retour

• Pouvez-vous penser à des moments où vos amis et votre famille vous ont soutenu et vous ont fait vous sentir assez fort pour relever des défis ? • En quoi le peuple juif ressemble-til à une grande famille élargie ?

Apprenez-en plus sur l’Aliyah éthiopienne avec ces ressources : « Ethiopian Aliyah, » un article sur le site Web de l’Agence juive, donne un aperçu des différentes vagues d’immigration juive éthiopienne en Israël des années 1950 à aujourd’hui.

Sauvetage : L’exode des juifs éthiopiens , un livre de Ruth Gruber, détaille la longue et périlleuse route vers Israël parcourue par 15 000 juifs éthiopiens avant l’opération Moïse, qui en a transporté des milliers d’autres vers la patrie juive. Opération Salomon : Le sauvetage audacieux des juifs éthiopiens, un livre de Stephen Spector, détaille le pont aérien de 1991 de 14 000 juifs africains vers Israël en seulement un jour et demi.

Mekonen : Le voyage d’un juif africain, un film d’Imagination Productions, est disponible moyennant des frais de location modiques via Amazon, Pluto Film, Roku, tubiTV et XUMO.

333


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Pleins feux sur Israël : Une perspective israélienne sur le voyage Momentum Par Ayela Meroody

Directrice des ressources humaines Lycée Alexander Muss en Israël

Que peut éventuellement apprendre un citoyen israélien en voyageant en Israël avec des nonIsraéliens ? Les gens pourraient être surpris d’apprendre que beaucoup d’entre nous, les mères israéliennes, recherchons également l’inspiration et la connexion.

Lorsque j’étais en voyage Momentum en novembre 2016, les gens m’ont demandé pourquoi j’étais venu et ce que moi, en tant qu’israélienne, j’espérais trouver que je ne pouvais pas trouver par moi-même en vivant en Israël. Il était difficile d’expliquer ce que c’était que de vivre dans un pays juif mais d’être un Juif complètement laïc.

Que signifie être juif quand on vit en Israël ? À quoi puis-je me connecter dans mon judaïsme qui n’est pas envahi par des questions politiques et qui me parle d’une manière que je n’ai jamais entendue auparavant ?

Ce n’est pas comme si je n’avais aucune expérience dans la connexion des gens à la Terre d’Israël ; après tout, je travaille pour le lycée Alexander Muss en Israël, un programme qui se prévaut de donner aux lycéens une étude approfondie et un amour pour l’histoire juive et israélienne. À l’AMHSI, je travaille en coulisse avec l’équipe de direction, amenant des groupes d’étudiants internationaux du secondaire à étudier jusqu’à un semestre en Israël. Semblable à Momentum, nous donnons à nos étudiants une occasion unique de se connecter à Israël et à leur judaïsme, et de commencer à mieux se comprendre.

334

Venir à Momentum en tant qu’étudiant m’a permis de voir Israël et mon judaïsme sous un nouvel angle. Lors de l’un de nos premiers matins, Nili a prononcé un discours sur les relations dans lequel elle a discuté de la question de « compter les points » dans un mariage et de la façon dont nous devons considérer les relations non pas comme donnant 50-50, mais comme donnant tout ce que nous pouvons. Les mariages peuvent être difficiles, et ses paroles m’ont vraiment parlé et ont changé ma façon de voir ma relation avec mon mari. À partir de ce moment, je me suis ouverte à la possibilité que ce voyage change vraiment ma vision du monde de la même manière qu’il le fait pour ceux qui viennent de l’extérieur d’Israël.

L’une des choses les plus importantes que j’ai découverte lors du voyage Momentum était le sentiment de fraternité. Pouvoir découvrir Israël à travers les yeux de femmes qui en faisaient l’expérience pour la première fois m’a fait voir mon pays sous un tout nouveau jour. Je pense que ceux d’entre nous qui vivent en Israël peuvent s’enliser dans les conflits et la politique, et


La Danse du Retour

parfois oublier de simplement regarder autour de nous l’incroyable foyer que nous nous sommes construits dans ce jeune pays qui est le nôtre. Étonnamment, Momentum m’a donné un sentiment plus fort d’appartenance ici en Israël, et m’a permis d’abattre certains des murs artificiels que j’avais construits entre moi, en tant que juive laïque, et les concepts du judaïsme. J’ai commencé à éteindre mon téléphone le Shabbat et j’ai saisi l’occasion de vraiment communiquer avec mes enfants et mon mari.

Je sais que les femmes israéliennes qui sont venues avec moi sur Momentum ressentent également un lien plus fort avec leur patrie, et nous discutons souvent des concepts et des problèmes qui ont été soulevés lors des discussions de groupe pendant le voyage. Momentum m’a permis de mieux comprendre mon judaïsme, d’en saisir les valeurs sous un si beau jour, et d’ouvrir mon esprit et mon cœur à tout ce que le judaïsme peut m’apprendre.

Pour plus d’informations sur le lycée Alexander Muss en Israël en tant qu’opportunité pour votre adolescent ou un adolescent que vous connaissez, visitez notre site Web à l’adresse www.amhsi.org. • Qu’est-ce qui résonne en vous dans les réflexions d’Ayela ?

Photo d’Ayela Meroody et Bryan Knapp, fils de la cofondatrice de Momentum et présidente du conseil fondateur, Jeanie Milbauer

335


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES

Des idées pour introduire les valeurs de Bayit, votre foyer et votre patrie dans votre vie de famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org.

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  Je me concentre sur les gens

 Je fais en sorte que tous les membres de la famille se sentent chez eux  Je crée des liens avec des Israéliens

 Je soutiens Israël parce que c’est la patrie du Peuple juif  Je peux approfondir mon appartenance tout en gardant une perspective d’ouverture

Pour les familles avec des enfants de tout âge

• La cuisine israélienne est aussi variée que sa population. Prendre conscience que les juifs sont venus en Israël de Syrie, de Russie, du Yemen, d’Egypte, de France et d’Ethiopie nous permet de développer une compréhension plus large et plus inclusive de notre peuple. Pourquoi ne pas rassembler des recettes des différentes régions et origines de la culture israélienne et faire des Chabbat à thème, ou bien intégrer ces savoureuses recettes dans notre alimentation

336

quotidienne ? C’est quelque chose qui réunit les enfants de tout âge et implique toute la famille et ça nous permet de rapporter un peu du « goût » de notre voyage à la maison.

• On peut explorer Israël sous de nombreux angles. L’activité que propose la Bibliothèque Nationale d’Israël sensibilise toute la famille au fait qu’au-delà de l’histoire, il y a des hommes. A travers des photographies d’époque, les participants font un travail de détective et étudient de manière approfondie certains personnages impliqués dans les grands évènements historiques de l’Etat d’Israël, des grands dirigeants ou des gens ordinaires… https://bit.ly/3nF0qAJ • Choisissez chaque mois une association israélienne à laquelle vous attribuerez une partie de votre Tsédaka familiale. C’est un moyen d’en savoir plus sur les causes liées à Israël et sur les besoins et défis auxquels est confrontée sa population.

• Participez au reboisement de la Terre d’Israël et à la préservation de son environnement en achetant des arbres par l’intermédiaire du KKL : https://www.kkl.fr

• Partagez les activités familiales proposées par la Bibliothèque Nationale d’Israël et retrouvez le mythique Srulik de Dosh dans les premières années de l’Etat d’Israël : https://bit.ly/3HQFTQB

• Découvrez les aspects agricoles de la terre d’Israël puis organisez chez vous le marché de Jérusalem, le Shouk de Mahané


La Danse du Retour

Yehouda. Prenez d’abord le temps, sur la base d’affiches publicitaires pour des produits alimentaires israéliens, de découvrir la production agro-alimentaire du pays (Le pays où coule le lait et le miel, une découverte de l’agriculture israélienne sur le site de la BNI : https://bit.ly/3B67KZc). Procurez-vous des produits typiquement israéliens comme le Houmous, de la Pita, des Bissli, des Bamba et autres faites le Shouk à la maison… Les petits comme les grands seront ravis de partager ce moment.

Pour les familles avec des petits

• Lisez avec vos enfants l’album Israël de Miroslav Sasek (Casterman). Réalisé dans les années 6O, ses dessins colorés, pleins d’humour et de poésie plongent le lecteur dans une ambiance fascinante et graphique

Pour les familles avec des grands • Quelques vidéos à partager :

 Herzl, la vie et les ambitions de Théodore Herzl expliquées par Open Dor Media sur https://bit.ly/42dZtyt

 La playlist Yom Ha’atsmaout de Shofar avec des faits et des analyses passionantes : https://bit.ly/42Dba1v

 A voir absolument, le Plaidoyer pour Israël du Grand Rabbin Jonathan Sacks : https://bit.ly/44vMf1s et

L’incroyable histoire de la déclaration d’indépendance : https://bit.ly/3VLaKDR

 Découvrez l’histoire de Roy Klein, un héros contemporain qui, par sa mort, montre les valeurs pour lesquelles il faut vivre : https://bit.ly/3NKjwQv et écoutez le témoignage de son ami Yoni Chetboun interrogé sur Qualita : https://bit. ly/3NKvBFx  Regardez Yoni Netanyahou, héros de l’opération Entebbe : https://bit.ly/3HQvO6i ainsi que les témoignages réunis dans la Mission de sauvetage de Tsahal, Entebbe : https://bit.ly/3VO3qri • Regardez :

 Ce fact-checking qui répond à la lourde accusation d’apartheid dont Israël est régulièrement accusée par le BDS et les autres organisations antiisraéliennes, antisionistes et antisémites : https://bit.ly/3HPhLOb

 L’antisémitisme, une maladie chronique • Retrouvez Israël avec nos héros nationaux, Asterix et Obelix qui, dans L’Odyssée d’Asterix à la recherche de l’huile de roche se retrouvent dans la Jérusalem du Second Temple… Et la fantaisiste aventure de Lucky Luke : La Terre Promise et l’interview de son auteur, Jul, sur Akadem : https://bit.ly/42bt7UU

337


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT VOTRE RELATION AVEC ISRAËL EN TANT QUE FOYER ET PATRIE Reconnaissance

Comment vous engagez-vous maintenant avec Israël et favorisez-vous l’appartenance et le sentiment d’appartenance et de patrie pour votre famille et votre communauté ? Quels exemples de votre vie vous viennent à l’esprit ? Quels sont vos points forts et vos défis ?

338

Vision

Imaginez ce que vous aimeriez que soit le lien de votre famille avec Israël.


La Danse du Retour

Objectifs

Quelle est une ou plusieurs petites étapes réalisables que vous pouvez faire dans votre vie quotidienne, qui sont réalistes et que vous pouvez facilement planifier, qui vous aideront à grandir vers votre vision en termes d’engagement avec Israël, et de favoriser l’appartenance et un sentiment de chez-soi pour votre famille et votre communauté ?

Responsabilisation

Qu’est-ce qui vous soutiendra ? En quoi votre groupe Momentum pourrait-il être utile ?

339


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur de bayit, de la maison et de la patrie

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Où est-ce que je me sens chez moi ? Quelle est ma relation avec l’endroit où je vis actuellement ?

• Quelle est ma relation avec Israël ? Quelle est ma relation avec le concept de Patrie ?

• Qu’est-ce que je fais pour rendre ma famille et ma communauté « accueillantes » pour ses membres ? Y a-t-il davantage de choses que je suis attirée à faire ? • Comment puis-je construire des relations solides avec ma famille, ma communauté et Israël ?

Vocabulaire Significatif Yom Ha’atzmaut

340

‫יֹום ָה ַע ְצ ָמאּות‬

bayit

‫ַּביִ ת‬

tikvah

‫ִּת ְקוָ ה‬

Israel Jour de l’indépendance maison/foyer/ patrie

espoir l’hymne national israélien s’appelle Hatikvah, “l’espoir”

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple : • Planifier une activité pour accompagner la session d’étude (voir Extra ! Idées de programme) • Hébergement de la session

• Organiser une soirée cinéma en Israël

• Coanimation d’une discussion sur le poème de Yehuda Amichai “Les touristes” (p. 329)

• Encourager les participantes à apporter leur journal de voyage pour réfléchir sur leurs souvenirs et/ou apporter un artefact d’Israël pour décorer l’espace de votre session

impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.


La Danse du Retour

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, par exemple en aménageant l’espace avec des artefacts israéliens. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez de faire participer les participantes à un court exercice d’étirement ou demandezleur de prendre des respirations profondes et relaxantes. Invitez quelques femmes à partager comment elles ont ramené à la maison les enseignements de la session précédente.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

À l’avance, demandez aux femmes de revoir leurs journaux de voyage Momentum et de rechercher leurs souvenirs préférés et les points de connexion personnelle qu’elles ont établis avec Israël. Demandez-leur d’apporter les journaux avec elles à la session et encouragez

chacune à partager un souvenir ou un lien qu’elle a établi avec l’ensemble du groupe.

Une fois que les participantes ont partagé, discutez des questions suivantes :

• Chaque voyage en Israël est différent. Qu’avezvous ressenti en atterrissant dans notre patrie juive dans le cadre du voyage Momentum ? • Qu’avez-vous ressenti en explorant des sites sacrés pour notre histoire et notre culture communes ?

• Qu’est-ce que cela signifiait pour vous de faire l’expérience d’Israël avec d’autres femmes juives de vos communautés ? • Qu’est-ce que cela signifiait pour vous d’interagir avec des Juifs vivant à l’autre bout du monde ?

Parlez de la façon dont Israël est la patrie juive : que les Juifs du monde entier, quels que soient leur nationalité, leur niveau de religiosité ou leur affiliation politique, ont un lien profond et durable avec Israël, un lien qui dure depuis des millénaires. Demandez aux femmes ce que cela signifie d’avoir une patrie en dehors de leur foyer actuel. Que signifie visiter cette patrie, mais ne pas y vivre ? Que pensent-elles d’Israël et des endroits où elles vivent maintenant ? Maintenant qu’elles ont fait le voyage Momentum, quelle place la patrie juive occupe-t-elle dans leur cœur ? Une fois que tout le monde a partagé, réfléchissez ensemble aux thèmes, aux désirs

341


ANNÉE DE CROISSANCE

participants dans la réflexion et la conversation sur les cercles d’appartenance.

Pouvez-vous être à la fois à la maison et un étranger ? (p.328)

et aux conflits qui ont émergé. Prenez note pour vous-même des thèmes que vous pouvez explorer au cours de cette session et de ceux que vous aimeriez aborder lors de réunions futures.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Maison: Qu’est-ce que la Maison signifie pour vous ?

Montrez les publicités israéliennes pour la société laitière Tnouva et la société de télécommunications Celcom (p. 326). Ne vous inquiétez pas, les publicités sont en hébreu ! Elles sont principalement basées sur l’action plutôt que sur le dialogue et sont compréhensibles même pour les personnes ne parlant l’hébreu. Discutez avec les participantes des idées sur le chez-soi qui émergent de ces publicités et comment elles se comparent à la vision du chez-soi de leur propre pays. Dites aux participantes qu’en hébreu, il existe un mot pour maison, foyer et patrie : bayit. L’activité de cette section (p. 327) fournit des instructions détaillées pour guider les

342

Reportez-vous aux croquis que les participantes ont créés (p. 327) qui montraient, entre autres, où elles se sentaient « chez elles ». Le rabbin Joseph Ber Soloveitchik ajoute une autre dimension : Il dit que parfois nous pouvons nous sentir à la fois « chez nous » et comme un étranger par rapport à un même lieu.

Discutez de ces deux aspects de la relation d’un Juif au monde avec les participantes, puis invitez-les à s’engager dans des réflexions écrites personnelles sur leur propre relation au lieu où elles vivent et à Israël. Quand elles ont terminé d’écrire, invitez-les à partager avec le groupe quelque chose qui a émergé de leurs réflexions d’écriture.

Perspectives (p. 330)

Comment pouvez-vous construire une relation avec les membres de la famille, les communautés et une patrie qui contiennent des imperfections ? Lorsque le rabbin Abraham Isaac Kook a écrit sur la nation d’Israël, il a dit qu’il avait vu ses défauts mais que son essence était « sans défaut ».

Réfléchissez ensemble à la relation avec un enfant ou un partenaire, où vous voyez leurs imperfections et les considérez toujours comme totalement parfaits, et comment nous pouvons étendre ce type d’approche à notre relation avec nos communautés et Israël. Comment être conscient des imperfections et pourtant croire en la perfection essentielle d’une personne ou d’une entité peut-il nous aider lorsque nous


La Danse du Retour

rencontrons des difficultés à développer des relations avec eux ?

Comment partageons-nous ces idées avec les autres ?

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion: Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre séance d’aujourd’hui ? » ou « J’aimerais commencer à me connecter à Israël avec ma famille en effectuant les actions suivantes ... » Invitez les femmes à répondre à l’invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez leur demander de s’associer et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d’un partage de groupe (volontaire).

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles » (pp. 336-337). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session aujourd’hui (voir « Apprenez avec

Votre Sœur pages 334-335). Faites savoir aux participantes quand vous vous réunirez à nouveau et quel thème sera exploré.

Encouragez-les à continuer à partager entre elle comment elles envisagent d’introduire les concepts de foyer et de patrie dans leur vie.

Extra ! Idées de programme Considérez cette idée :

• Planifiez une soirée cinéma en israélien pour l’ensemble de la communauté juive, en utilisant le film Mekonen: Le voyage d’un juif africain. Vous pouvez montrer le film, puis avoir une séance de discussion avec quelqu’un de votre communauté sur l’immigration et l’intégration israéliennes ou sur l’expérience éthiopienne en Israël.

• Vous pouvez également placer des questions de discussion dans la salle et demander aux membres de l’auditoire de se diriger vers les questions qui les intéressent et d’engager une discussion avec d’autres membres de la communauté qui sont également intéressés par ces questions. Quelques exemples de questions de discussion peuvent être trouvés dans la section « Apprenez avec votre famille » de cette session (pp. 332-333).

• Activités conjoint-enfants : Pendant que les sœurs s’adonnent à leur apprentissage, planifiez des activités distinctes pour le reste de la famille. Utilisez « Essayez-le : Conseils pratiques et ressources pour les familles » (pp. 336-337). Après la séance, réunissez toutes les familles Momentum pour une projection de Mekonen.

343


ANNÉE DE CROISSANCE

344


Le Don de Donner Chesed et Tzedakah, Bienveillance et Don généreux – Shavuot


ANNÉE DE CROISSANCE

“Tendre la main ouvre ton cœur.” -Adrienne Gold Davis, responsable du voyage Momentum

346


Le Don de Donner

UNE QUALITÉ QUI CONSTRUIT DES MONDES

« Quand j'étais jeune, j'admirais les gens intelligents ; en vieillissant, j'admire les gens gentils. Abraham Josué Heschel

Si vous deviez identifier une qualité clé qui est essentielle à la création et au maintien d’une famille, d’une organisation, d’une communauté ou du monde, quelle qualité choisiriez-vous ?

Les enseignements juifs soutiennent que Dieu a créé et supporte notre monde à travers le chesed. Que signifie le mot hébreu chesed ? Il est généralement traduit par bonté de cœur. Il s’agit de l’amour comme un acte. Lors du voyage Momentum, nous apprenons qu’en hébreu, le mot amour, ahavah, vient du mot hav – donner. Chesed va au-delà de “être gentil”. C’est l’amour qui se tisse à travers des gestes fidèles de compréhension, de générosité et de soutien, venant de la gentillesse et sous aucun autre motif. Le Chesed est l’un des piliers qui soutient le monde. Lorsque nous apprenons à devenir des donateurs – par des actes de chesed et de générosité (tzedakah) – nous aidons les autres

et nous nous transformons. Nous regardons le monde avec des yeux neufs, ouverts aux besoins de ceux qui nous entourent et désireux d’utiliser nos pouvoirs pour rendre le monde meilleur. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Comment puis-je mieux comprendre les besoins des autres ?

• Où dans ma vie ai-je vu que donner est également recevoir et recevoir est aussi donner ?

• Où dans ma vie je vois la gentillesse et la générosité comme un facteur contagieux ?

• Quelles histoires de générosité m’inspirent ? • Sachant que ceux qui donnent sont des gens plus heureux, comment puis-je développer ma générosité et la partager avec mes enfants ?

347


ANNÉE DE CROISSANCE

LE POUVOIR TRANSFORMATEUR DES ACTES DE GENTILLESSE

Regardez l’une des vidéos inspirantes suivantes : 1. Vidéo « Sara Tucholsky Home Run/ESPY Sportsmanship Moment » sur YouTube

2. « Le cadeau d’un soldat : Une incroyable histoire vraie » vidéo sur YouTube. C’est une histoire d’Israël à propos de Dieu agissant à travers le chesed humain. • Quel effet l’histoire a-t-elle eu sur vous ?

• Comment développez-vous la capacité de voir les besoins d’autrui afin de changer de position efficacement pour passer à l’action ?

• Selon le Talmud, les morceaux brisés des premières tablettes que Dieu a données à Moïse sur le mont Sinaï, et qu’il a brisées, ont été placés dans l’arche sainte côte à côte avec les secondes tablettes entières. Le brisé et le tout, côte à côte. En quoi le fait de porter des éléments brisés et entiers côte à côte a un rapport avec le chesed ? Où voyez-vous cela dans la vidéo ? Comment portez-vous à la fois les éléments brisés et entiers, et pour qui ? Rabbi Yeruchem HaLevi Levovitz (1873–1936)

Le sismographe nous a appris qu’un tremblement dans n’importe quelle partie du monde peut être ressenti par un instrument suffisamment sensible partout dans le monde.

348

Il en va de même pour les actes d’une personne. Il ne faut pas penser que nos actions n’affectent pas les autres.

Tout ce que l’on fait d’une manière ou d’une autre affecte tous les autres dans le monde. • Si vous saviez que vos actions avaient un impact significatif audelà de votre environnement, quel conseil vous donneriez-vous ?

• Quels sont les rappels que vous pourriez définir ou les routines que vous pourriez mettre en place pour faire régulièrement des actes d’amour bienveillant ?

• Dans les avions, on nous dit de mettre d’abord notre propre masque à oxygène. Cela nous rappelle que lorsque nous prenons soin de nous, nous sommes mieux à même de prendre soin des autres. De quelles manières montrez-vous du chesed, de la gentillesse, envers vous-même ?

• Dans votre propre vie, comment faites-vous du chesed avec votre corps ? Comment faites-vous du chesed avec votre argent ? Lequel est le plus simple pour vous ?


Le Don de Donner

CE QUE NOUS SAVONS DES DONATEURS Nous sommes tellement occupés et surchargés. Pouvons-nous nous permettre le temps et les ressources de donner ?

La fête de Shavuot marque le don et la réception de la Torah au mont Sinaï. Pourquoi est-ce le jour du Matan (don) Torah et de la Kabbalat (recevoir) Torah ?

Parce que donner et recevoir sont en fait plus liés qu’il n’y paraît. Tal Ben Shachar, un professeur israélien et américain ayant créé un cours sur la psychologie positive qui est devenu le cours le mieux noté de l’histoire de Harvard, indique que : “En hébreu, le mot “donner” est natan. C’est un palindrome, ce qui est très bien parce que quand je donne, je reçois aussi. Aujourd’hui, nous possédons la recherche pour étayer cette sagesse linguistique. Le professeur Ben Shachar se souvient d’une expérience au cours de laquelle des chercheurs ont donné aux gens une importante somme d’argent et leur ont dit de la dépenser pour euxmêmes. Sans surprise, leur niveau de bonheur a augmenté. Le professeur Ben Shachar rit en disant: “C’est la première fois dans l’histoire enregistrée que nous avons des preuves de l’affirmation selon laquelle « acheter des chaussures vous rend heureux ». Cependant, ce high des acheteurs a duré un jour au maximum. Un jour plus tard, l’effet avait disparu. Un deuxième groupe de personnes a reçu un montant similaire et s’est vu dire de le dépenser pour quelqu’un d’autre. Eux aussi ont connu un “high”. Cependant, la différence significative était qu’il a duré beaucoup plus longtemps. L’impact était encore mesurable une semaine plus tard ! Les donateurs étaient sensiblement plus heureux.

Adrienne Gold Davis le décrit ainsi : « Tout comme une bougie peut allumer de nombreuses autres bougies sans perdre sa propre lumière, la générosité est un trait qui peut illuminer la vie des autres sans diminuer son propre pouvoir ! Plus nous partageons notre lumière – nos ressources, notre temps et notre énergie – plus nous brillons aussi !

Les donateurs ne sont pas seulement des gens heureux. Selon le psychologue Adam Grant, professeur à la Wharton Business School et auteur, les donateurs sont aussi des gens qui réussissent. Dans son livre, Donner et prendre : Pourquoi aider les autres nous conduit à notre propre succès, il présente des dizaines d’études de recherche et d’histoires qui suggèrent les avantages d’une attitude de don extrême au travail : « Les donateurs sont la race rare de personnes qui contribuent aux autres sans rien attendre en retour. Bien que certains donateurs soient exploités et s’épuisent, les autres obtiennent des résultats extraordinaires dans un large éventail de secteurs. »

Commencer par un petit pas peut devenir une pratique Identifiez quelqu’un que vous aimez ou pour qui vous aimeriez développer une affection plus profonde. Dirigez votre attention vers la compréhension des besoins de cette personne : regardez, écoutez et réfléchissez à la manière dont vous pourriez l’aider. Quelle petite chose pourriez-vous faire ? Peut-être pourriez-vous leur offrir un repas, une balade, une occasion de faire de l’exercice ou d’apprendre ensemble, un cadeau, votre compagnie. Concentrez-vous sur votre désir d’aimer et d’être généreux, et réservez du temps pour le faire.

349


ANNÉE DE CROISSANCE

RÉPANDRE LA GENTILLESSE EST CONTAGIEUX Deux histoires de Susan Kramer

au hasard. Il m’a dit : « Tu es une personne si gentille. Celui-ci est pour moi.

J’ai donné sans rien attendre en retour. Mais ce qui se passe revient. Répandre la gentillesse est contagieux. Essayez : Répandez la gentillesse et regardez comment le monde vous donne aussi de la gentillesse.

On ne sait jamais Susan Kramer

En accomplissant des actes de bonté au hasard, nous pouvons vraiment changer le monde. J’ai décidé d’incorporer des actes de gentillesse dans mon habitude Starbucks au drive-in de mon quartier. Environ une fois par semaine, je demande au serveur quelle est la facture de la voiture derrière moi. Quand c’est moins de 5 $, je le paye et demande au serveur de dire à la personne de passer une journée bénie.

Ce rituel hebdomadaire m’apporte beaucoup de joie. J’imagine ce que ça doit faire de recevoir ce cadeau inattendu – surtout à 7h30 du matin. À ma grande surprise, le serveur a également commencé à me donner des cadeaux de café

350

Je me rendais en Israël pour rejoindre toute ma famille pour fêter le 70 ème anniversaire de ma mère. Mais mon vol au départ de Denver a été reporté de quatre heures – et ce n’était que le début !

Qu’est-ce qu’une femme peut faire avec un retard de quatre heures ? Achetez une tournée de boissons pour tous les jeunes à la porte ! Enfin notre avion a décollé, mais j’ai quand même raté ma correspondance internationale. Un jeune adulte nommé Noah, pour qui j’avais acheté un verre plus tôt, était également censé être sur ce vol.

Il voyageait seul sans argent et avec son chargeur dans son bagage en soute. Il avait aussi de la famille qui l’attendait en Israël.


Le Don de Donner

Pendant notre retard de vingt-quatre heures, j’ai pris soin de Noah, en m’assurant qu’il avait à la fois de la nourriture et un téléphone chargé. Lorsque nous avons finalement embarqué dans notre avion pour Israël, mon nom a été appelé à l’interphone. On m’a dit de retirer mes affaires de l’avion et de partir. Ma place avait été réservée en double. Eh bien, après avoir raté un vol international et attendu vingt-quatre heures le suivant, je n’étais pas près de quitter l’avion. Le maréchal de l’air s’est approché de moi et m’a « encouragé » à rassembler mes affaires et à quitter l’avion. C’est à ce moment-là que Noah s’est levé de son siège et a dit : « Laissez-la dans l’avion. Je vais descendre. »

J’avais pensé que notre rencontre fortuite concernait ce que je pouvais donner à Noah et comment je pouvais faire des actes de gentillesse pour lui. Mais finalement, ce n’était pas le cas.

Noah a fait cette gigantesque mitzvah pour moi, me permettant d’aller en Israël et d’être avec ma famille. Des mois plus tard, j’ai invité Noah chez nous pour le dîner de Shabbat et j’ai appris qu’il avait pris le prochain vol et retrouvé sa famille également. • Quand dans votre vie avez-vous vu que répandre la gentillesse est contagieux ?

• Quels exemples avez-vous vu ou vécu des actes de gentillesse ayant conduit au bonheur ou à d’autres récompenses non matérielles ?

• Quelles histoires de gentillesse et de générosité vous inspirent ? Comment pourriez-vous partager cette inspiration avec vos enfants pour les aider à grandir en tant que donateurs ? • Envisagez de faire un acte de générosité totalement anonyme. Réfléchissez à ce que vous avez appris de l’expérience.

351


ANNÉE DE CROISSANCE

LA BONTÉ DU CŒUR DANS LE LIVRE DE RUTH

Orpa et l’autre Ruth, et ils y vécurent une dizaine d’années.

Puis ces deux fils – Mahlon et Chilion – décédèrent également ; ainsi la femme se retrouva privée de ses deux fils et sans son mari. La fête de Shavuot commémore le don et la réception de la Torah, un grand spectacle public ! Le livre de Ruth, qui est le rouleau spécial – meguillah – que nous lisons à Shavuot, se concentre sur les actes de bonté entre les individus. Dans la meguillah, une femme moabite veuve nommée Ruth choisit d’accompagner sa belle-mère juive appauvrie, Naomi, vers la Terre d’Israël - malgré le fait qu’il n’y ait pas de perspectives réalistes pour elle là-bas. Au fur et à mesure que l’histoire se déroule, elle rencontre un homme nommé Boaz qui, à son tour, agit avec une grande gentillesse, chesed, envers Ruth et Naomi, conduisant à la restauration et à la rédemption de la famille. Ruth, chapitre 11

À l’époque où les juges portaient leurs jugements, il y eut une famine dans le pays ; et un homme de Bethléhem en Juda, avec sa femme et ses deux fils, partit s’installer dans le pays de Moab. L’homme s’appelait Élimélec, sa femme s’appelait Naomi, et ses deux fils s’appelaient Mahlon et Chilion – Éphrathites de Bethléhem en Juda. Ils vinrent au pays de Moab et y demeurèrent. Élimélec, le mari de Naomi, décéda ; et elle resta avec ses deux fils. Tous deux épousèrent des Moabites, l’une nommée

352

1 Adapté de la Jewish Publication Society Tanakh.

Elle partit avec ses belles-filles pour revenir du pays de Moab ; car dans le pays de Moab, elle avait entendu dire que l’Éternel avait remarqué son peuple et lui avait donné de la nourriture [dans le pays de Juda]. Accompagnée de ses deux belles-filles, elle quitta l’endroit où elle habitait ; et elles se mirent en route pour retourner au pays de Juda.

Mais Naomi dit à ses deux belles-filles : « Retournez chacune dans la maison de votre mère. Que le Seigneur vous traite avec bienveillance, comme vous en avez fait preuve envers les défunts et envers moi ! Que le Seigneur accorde à chacune de vous de trouver la sécurité dans la maison d’un mari ! Et elle leur fit ses adieux. Elles se mirent à pleurer et lui dirent : « Non, nous reviendrons avec toi vers ton peuple. » Mais Naomi répondit : « Rebroussez chemin, mes filles ! Pourquoi devriez-vous venir avec moi ? Ai-je encore des fils dans mon corps qui pourraient être des maris pour vous ? Retournez, mes filles, car je suis trop vieille pour me marier. Même si je pensais qu’il y avait de l’espoir pour moi, même si j’étais mariée ce soir et que j’avais aussi des fils, devriez-vous attendre qu’ils grandissent ?

Devriez-vous, à leur compte, vous interdire le mariage ? Oh non, mes filles ! Votre


Le Don de Donner

présence est maintenant très amère pour moi, car la main du Seigneur a frappé contre moi.

Elles se remirent à pleurer et Orpa embrassa sa belle-mère en guise d’adieu. Mais Ruth s’est accrochée à elle. Alors [Naomi] a dit : « Regarde, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et ses dieux.

Va suivre ta belle-sœur. Mais Ruth répondit : « Ne me pousse pas à te quitter, à faire demi-tour et à ne pas te suivre. Car où que vous alliez, j’irai ; où que vous logiez, je logerai; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu mon Dieu. Là où tu mourras, je mourrai, et là je serai enterrée.

Que le Seigneur me fasse ainsi et davantage si autre chose que la mort me sépare de vous. Naomi a vu à quel point Ruth était déterminée à l’accompagner, et elle a cessé de discuter avec elle; et les deux ont continué jusqu’à ce qu’elles aient atteint Bethléhem.

Lorsqu’elles arrivèrent à Bethléem, toute la ville bourdonna d’excitation les concernant. Les femmes dirent : « Serait-ce Naomi ? « Ne m’appelez pas Naomi, [du terme hébreu pour “agréable”] », a-t-elle répondu. « Appelez-moi Mara (amer), car Dieu a rendu mon sort très amer. Je suis partie pleine, et le Seigneur m’a ramenée vide. Pourquoi m’appeler Naomi ? Le Seigneur m’a traité durement; Dieu m’a attiré le malheur ! C’est ainsi que Naomi revint du pays de Moab.

Malgré l’impossibilité apparente d’une fin heureuse, Ruth finit par épouser le parent de Naomi, Boaz, elle eut un fils et son arrière-petitfils fut le roi David ! • Connaissez-vous quelqu’un comme Ruth, dont l’amour et le souci des

autres l’emportent sur les arguments logiques et « réalistes » ? Qu’est-ce qui leur donne la force de continuer ?

• En quoi cette histoire pourrait être un don pour vous ? Laquelle de cette histoire pourriez-vous partager avec une autre personne, chez vous ou ailleurs ? ‫רות א‬ ‫לֶחם‬ ֶ ‫ימי ְׁשפֹט ַהּׁשֹפְ ִטים וַיְ ִהי ָר ָעב ּבָ ָא ֶרץ וַּיֵ לְֶך ִאיׁש ִמּבֵ ית‬ ֵ ִ‫וַיְ ִהי ּב‬ ‫וְׁשם ָה ִאיׁש‬ ֵ .‫ּוׁשנֵי בָ נָיו‬ ְ ‫וְא ְׁשּתֹו‬ ִ ‫מֹואב הּוא‬ ָ ‫הּודה לָגּור ּבִ ְׂש ֵדי‬ ָ ְ‫י‬ ‫וְׁשם ְׁשנֵי בָ נָיו ַמ ְחלֹון וְכִ לְיֹון ֶאפְ ָר ִתים‬ ֵ ‫וְׁשם ִא ְׁשּתֹו נ ֳָע ִמי‬ ֵ ‫לִימלְֶך‬ ֶ ‫ֱא‬ ‫לִימלְֶך‬ ֶ ‫ וַּיָ ָמת ֱא‬.‫מֹואב וַּיִ ְהיּו ָׁשם‬ ָ ‫הּודה וַּיָ בֹאּו ְׂש ֵדי‬ ָ ְ‫לֶחם י‬ ֶ ‫ִמּבֵ ית‬ ‫לָהם נ ִָׁשים מ ֲֹאבִ ּיֹות‬ ֶ ‫ וַּיִ ְׂשאּו‬.‫ֶיה‬ ָ ‫ּוׁשנֵי בָ נ‬ ְ ‫וַּת ָּׁש ֵאר ִהיא‬ ִ ‫ִאיׁש נ ֳָע ִמי‬ .‫וְׁשם ַה ֵּׁשנִית רּות וַּיֵ ְׁשבּו ָׁשם ּכְ ֶע ֶׂשר ָׁשנִים‬ ֵ ‫ֵׁשם ָה ַא ַחת ָע ְרּפָ ה‬ ‫יה‬ ָ ‫לָד‬ ֶ ְ‫וַּת ָּׁש ֵאר ָה ִא ָּׁשה ִמ ְּׁשנֵי י‬ ִ ‫ֵיהם ַמ ְחלֹון וְכִ לְיֹון‬ ֶ ‫וַּיָ ֻמתּו גַם ְׁשנ‬ ‫מֹואב ּכִ י ָׁש ְמ ָעה‬ ָ ‫וַּת ָׁשב ִמ ְּׂש ֵדי‬ ָ ‫יה‬ ָ ‫ֹּלת‬ ֶ ַ‫וַּת ָקם ִהיא וְכ‬ ָ .‫יׁשּה‬ ָ ‫ּומ ִא‬ ֵ ‫וַּתצֵ א ִמן‬ ֵ .‫לָחם‬ ֶ ‫לָהם‬ ֶ ‫לָתת‬ ֵ ‫מֹואב ּכִ י פָ ַקד ה׳ ֶאת ַעּמֹו‬ ָ ‫ּבִ ְׂש ֵדה‬ ‫וַּתלַכְ נָה בַ ֶּד ֶרְך‬ ֵ ‫יה ִע ָּמּה‬ ָ ‫ֹות‬ ֶ ‫ּוׁש ֵּתי כַ ּל‬ ְ ‫ַה ָּמקֹום ֲא ֶׁשר ָהיְ ָתה ָּׁש ָּמה‬ ‫יה לֵכְ נָה ּׁשֹבְ נָה‬ ָ ‫ֹּלת‬ ֶ ַ‫לִׁש ֵּתי כ‬ ְ ‫ֹאמר נ ֳָע ִמי‬ ֶ ‫ וַ ּת‬.‫הּודה‬ ָ ְ‫לָׁשּוב ֶאל ֶא ֶרץ י‬ ‫יתם‬ ֶ ‫ִא ָּׁשה לְבֵ ית ִא ָּמּה יעשה (יַ ַעׂש) ה׳ ִע ָּמכֶ ם ֶח ֶסד ּכַ ֲא ֶׁשר ֲע ִׂש‬ ‫יׁשּה‬ ָ ‫נּוחה ִא ָּׁשה ּבֵ ית ִא‬ ָ ‫ּומצֶ א ָן ְמ‬ ְ ‫ יִ ֵּתן ה׳ לָכֶ ם‬.‫וְע ָּמ ִדי‬ ִ ‫ִעם ַה ֵּמ ִתים‬ ‫ֹאמ ְרנָה ּלָּה ּכִ י ִא ָּתְך נָׁשּוב‬ ַ ‫ וַ ּת‬.‫וַּתבְ ּכֶ ינָה‬ ִ ‫וַּת ֶּׂשאנָה קֹולָן‬ ִ ‫לָהן‬ ֶ ‫וַּת ַּׁשק‬ ִ ‫לָּמה ֵתלַכְ נָה ִע ִּמי ַהעֹוד לִי‬ ָ ‫ֹאמר נ ֳָע ִמי ׁשֹבְ נָה בְ נ ַֹתי‬ ֶ ‫ וַ ּת‬.‫לְע ֵּמְך‬ ַ ‫זָקנ ְִּתי ִמ ְהיֹות‬ ַ ‫ ׁשֹבְ נָה בְ נ ַֹתי לֵכְ ָן ּכִ י‬.‫לַאנ ִָׁשים‬ ֲ ‫בָ נִים ּבְ ֵמ ַעי וְ ָהיּו לָכֶ ם‬ ‫לְאיׁש וְגַם‬ ִ ‫יתי ַהּלַיְ לָה‬ ִ ִ‫לְאיׁש ּכִ י ָא ַמ ְר ִּתי יֶ ׁש לִי ִת ְקוָ ה ּגַ ם ָהי‬ ִ ‫לְּתי‬ ִ ִ‫לָהן ֵּת ָעגֵ נָה לְב‬ ֵ ‫יִגְּדלּו ֲה‬ ָ ‫לָהן ְּת ַׂשּבֵ ְרנָה ַעד ֲא ֶׁשר‬ ֵ ‫ ֲה‬.‫לַד ִּתי בָ נִים‬ ְ ָ‫י‬ .’‫לְאיׁש ַאל ּבְ נ ַֹתי ּכִ י ַמר לִי ְמאֹד ִמּכֶ ם ּכִ י יָ צְ ָאה בִ י יַד ה‬ ִ ‫ֱהיֹות‬ ‫מֹותּה וְ רּות ָּדבְ ָקה‬ ָ ‫לַח‬ ֲ ‫וַּת ַּׁשק ָע ְרּפָ ה‬ ִ ‫וַּתבְ ּכֶ ינָה עֹוד‬ ִ ‫וַּת ֶּׂשנָה קֹולָן‬ ִ ‫יה ׁשּובִ י ַא ֲח ֵרי‬ ָ ‫ֹלה‬ ֶ ‫וְאל ֱא‬ ֶ ‫ֹאמר ִהּנֵה ָׁשבָ ה יְ בִ ְמ ֵּתְך ֶאל ַע ָּמּה‬ ֶ ‫ וַ ּת‬.‫ּבָ ּה‬ ‫לְעזְבֵ ְך לָׁשּוב ֵמ ַא ֲח ָריִ ְך ּכִ י‬ ָ ‫ּגְעי בִ י‬ ִ ְ‫ֹאמר רּות ַאל ִּתפ‬ ֶ ‫ וַ ּת‬.‫יְ בִ ְמ ֵּתְך‬ .‫ֹלהי‬ ָ ‫וֵאֹלהיִ ְך ֱא‬ ַ ‫ֶאל ֲא ֶׁשר ֵּתלְכִ י ֵאלְֵך ּובַ ֲא ֶׁשר ָּתלִינִי ָאלִין ַע ֵּמְך ַע ִּמי‬ ‫יֹוסיף ּכִ י‬ ִ ‫וְׁשם ֶא ָּקבֵ ר ּכֹה יַ ֲע ֶׂשה ה’ לִי וְ כֹה‬ ָ ‫מּותי ָאמּות‬ ִ ‫ּבַ ֲא ֶׁשר ָּת‬ ‫וַּת ֶרא ּכִ י ִמ ְת ַא ֶּמצֶ ת ִהיא לָלֶכֶ ת ִא ָּתּה‬ ֵ .‫ַה ָּמוֶת יַ פְ ִריד ּבֵ ינִי ּובֵ ינְֵך‬ ‫לָחם וַיְ ִהי‬ ֶ ‫ּבֹואנָה ּבֵ ית‬ ָ ‫יהם ַעד‬ ֶ ‫וַּתלַכְ נָה ְׁש ֵּת‬ ֵ .‫לֶיה‬ ָ ‫לְדּבֵ ר ֵא‬ ַ ‫וַּת ְח ַּדל‬ ֶ .‫ֹאמ ְרנָה ֲהזֹאת נ ֳָע ִמי‬ ַ ‫לֵיהן וַ ּת‬ ֶ ‫וַּתהֹם ּכָ ל ָה ִעיר ֲע‬ ֵ ‫לֶחם‬ ֶ ‫בֹואנָה ּבֵ ית‬ ָ ְ‫ּכ‬ ‫ּת ְק ֶראנָה לִי נ ֳָע ִמי ְק ֶרא ָן לִי ָמ ָרא ּכִ י ֵה ַמר ַׁש ַּדי‬-‫ל‬ ִ ‫לֵיהן ַא‬ ֶ ‫ֹאמר ֲא‬ ֶ ‫וַ ּת‬ ‫לָּמה ִת ְק ֶראנָה‬ ָ ’‫יקם ֱה ִׁשיבַ נִי ה‬ ָ ‫לֵאה ָהלַכְ ִּתי וְ ֵר‬ ָ ‫ ֲאנִי ְמ‬.‫לִי ְמאֹד‬ ‫ּמֹואבִ ּיָ ה‬ ֲ ‫וַּת ָׁשב נ ֳָע ִמי וְ רּות ַה‬ ָ .‫וְׁש ַּדי ֵה ַרע לִי‬ ַ ‫לִי נ ֳָע ִמי וַ ה’ ָענָה בִ י‬ ‫לֶחם ּבִ ְת ִחּלַת‬ ֶ ‫מֹואב וְ ֵה ָּמה ּבָ אּו ּבֵ ית‬ ָ ‫ּלָתּה ִע ָּמּה ַה ָּׁשבָ ה ִמ ְּׂש ֵדי‬ ָ ַ‫כ‬ .‫ְקצִ יר ְׂשע ִֹרים‬

353


ANNÉE DE CROISSANCE

LE DON GÉNÉREUX COMME PRATIQUE SPIRITUELLE Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Exode 25:1–2, 8

L’Éternel parla à Moïse en ces termes « Invite les enfants d’Israël à m’apporter des offrandes. Acceptez les offrandes pour Moi de chaque personne dont le cœur est poussé à donner…..Et ils Me construiront un Sanctuaire, pour que Je réside au milieu d’eux.» .‫ּומה‬ ָ ‫תר‬ ּ ְ ‫ ַדּ​ּבֵ ר ֶאל ּבְ נֵי יִ ְש ָׂר ֵאל וְיִ ְקחּו לִי‬:ֹ‫מ ֶשֹׁה ּלֵאמר‬-‫ ֶאל‬,‫וַיְדּבֵ ר יי‬ ַ .‫וְשׁכַ נ ְִתּי ּבְ תֹוכָ ם‬ ָ ‫וְעׂשּו לִי ִמ ְק ָדּׁש‬ ָ Parfois, nos cœurs sont ouverts, doux et confiants, éclatant de gentillesse, remarquant ce dont les autres ont besoin et le fournissant avec amour. C’est peut-être l’impulsion naturelle du cœur humain d’être gentil, curieux et généreux. Mais nous savons tous que ce n’est pas toujours notre réalité. Donner de l’argent, du temps ou d’autres ressources peut être difficile, surtout dans une culture qui nous pousse souvent à accumuler. Face à la douleur, les volets de notre cœur se ferment pour se protéger. Lorsque nous nous sentons honteux, trahis, abandonnés ou effrayés, nous reculons instinctivement et fortifions même nos cœurs avec une armure émotionnelle.

Mais notre armure bloque non seulement la douleur mais aussi le gain, l’afflux de donner et de recevoir, la générosité et confiante, et du pardon et de l’amour.

354

Que faut-il faire ? Le prophète Ézéchiel a parlé de deux phases dans le processus d’ouverture et d’adoucissement de nos cœurs.

Premièrement, « Enlevez votre cœur de pierre. » Comment pourriez-vous explorer où votre cœur est endurci ? Lorsque vous imaginez être spontanément généreux, pouvez-vous identifier des peurs ? Quels risques calculés de gentillesse et de générosité pourraient briser les zones murées de votre cœur ? Lorsque vous ressentez un adoucissement et que votre cœur coule de générosité, il y a plus. Ézéchiel a parlé d’une deuxième phase : “Je te donnerai un cœur de chair.” Travailler à être plus généreux peut conduire au don spirituel d’un cœur transformé et aimant. C’est la pratique spirituelle du don qui peut nous aider à créer un cœur plus souple, celui qui offre l’accès à son sanctuaire. Une telle pratique régulière est ce que le rabbin Yisrael Salanter, fondateur du mouvement Mussar de développement du caractère, signifie quand il a dit, « Le spirituel est plus élevé que le physique, mais les besoins physiques des autres êtres humains sont l’œuvre de ma vie spirituelle. » La tradition juive fournit des conseils et des pratiques pour ouvrir nos cœurs et créer des communautés saines et justes. Bien que le don spontané soit merveilleux, la Torah ne veut pas que notre vie spirituelle et le bien-être de nos communautés dépendent de ce que notre cœur ressent :


Le Don de Donner

Deutéronome 15:7–8

Que s’il y a chez toi un indigent, d’entre tes frères, dans l’une de tes villes, au pays que l’Éternel, ton Dieu, te destine, tu n’endurciras point ton cœur, ni ne fermeras ta main à ton frère nécessiteux. Ouvre-lui plutôt ta main ! Prête-lui en raison de ses besoins, de ce qui peut lui manquer.

‫ ֲא ֶׁשר‬,‫ ּבְ ַא ְרצְ ָך‬,‫ ּבְ ַא ַחד ְׁש ָע ֶריָך‬,‫ּכִ י יִ ְהיֶ ה בְ ָך ֶאבְ יֹון ֵמ ַא ַחד ַא ֶחיָך‬ ‫ וְֹלא ִת ְקּפֹץ ֶאת ְיָדָך‬,‫ ֹלא ְת ַא ֵּמץ ֶאת לְבָ בְ ָך‬,‫ֹלהיָך נ ֵֹתן לָ ְך‬ ֶ ‫ה׳ ֱא‬ ‫יטּנּו ֵּדי‬ ֶ ִ‫ וְ ַה ֲעבֵ ט ַּת ֲעב‬,‫ ּכִ י פָ ת ַֹח ִּתפְ ַּתח ֶאת ְיָדָך לֹו‬.‫ֵמ ָא ִחיָך ָה ֶאבְ יֹון‬ ‫ַמ ְחסֹרֹו ֲא ֶׁשר יֶ ְח ַסר לֹו‬ La Tzedakah est la pratique obligatoire pour le don d’une partie de nos revenus. Voici quelques-unes des pratiques spirituelles juives bien rodées pour ouvrir notre cœur à la générosité :

• Remarquer les besoins. Exercez-vous à discerner les besoins des autres. La première étape consiste à développer sa capacité à identifier les besoins des autres, car il existe une distinction importante entre donner ce que vous avez envie de donner et regarder et écouter attentivement pour discerner quels sont les besoins réels de l’autre, et chercher à répondre à ces besoins.

• Pratiquer de petits actes de don. Les enseignements juifs nous guident vers une pratique régulière et délibérée. Envisagez de planifier un acte quotidien de gentillesse délibérée ou de don pendant une semaine complète. Réfléchissez à l’expérience en tenant un journal ou en consacrant du temps pour parler avec l’une de vos sœurs ou avec un ami.

• Jugement favorable. Lorsque vous êtes enclin à dire quelque chose de critique, respirez profondément et restez silencieux jusqu’à ce que vous puissiez trouver la vraie beauté et la valeur de la personne ou de la situation. Alors seulement, prenez toutes les mesures nécessaires dans un état d’esprit de générosité et de gentillesse. Ce n’est pas facile. Prenez le temps d’y réfléchir en tenant un journal, en priant ou en parlant avec votre sœur de havruta. N’oubliez pas de vous juger également favorablement et de célébrer les petits succès en cours de route.

• Offrir la Tzedakah. Peu importe combien vous avez (ou n’avez pas), déterminez ce que vous êtes prêt à donner. Déterminez où vous en êtes avec les dons réguliers et faites un pas en avant. Pour certains, il peut s’agir de se réunir en famille pour une conversation sur où et à qui donner, pour d’autres, il peut s’agir de fixer une heure régulière pour faire un don, comme le vendredi soir (certains le font avant l’allumage des bougies de Shabbat), et pour d’autres encore il peut s’agir de calculer un revenu et de fixer un pourcentage à donner. Rabbin Isaiah Horowitz, Shenei Luchot HaBrit

« Le chesed (bonté de cœur) de Dieu dure toute la journée » (Psaumes 52 : 3). Une personne doit veiller à ce qu’il n’y ait jamais un jour où elle n’accomplit pas un acte de chesed, que ce soit avec son corps ou avec son argent. ‫שני לוחות הברית‬ ‫ ראוי לאדם שכל ימי חייו‬.)‫ג‬:‫“חסד אל כל היום” (תהלים נב‬ ‫יראה שלא יהיה שום יום שלא יעשה בו גמילות חסדים או‬ .‫בגופו או בממונו‬

355


ANNÉE DE CROISSANCE

PRIORITÉS DANS LE DON

Il y a tellement de besoins et tellement de bonnes causes. Il peut être accablant de choisir à qui donner et quoi lui donner ! Existe-t-il des indications à ce sujet ?

Maïmonide (Mishneh Torah, Lois des dons aux pauvres 10 : 7-14) énumère huit niveaux de tzedakah, parfois appelés Échelle de Maïmonide. En collaboration avec une partenaire, découpez les huit phrases de la page 378 décrivant les niveaux de don et ordonnez-les du niveau de générosité le plus faible en bas au niveau le plus élevé en haut. • Laquelle des catégories de cette échelle avez-vous prise en compte lorsque vous cherchez à aider quelqu’un d’autre ?

• Yatilde nouvelles idées pour vous dans cette liste ou des considérations que vous aimeriez prendre en compte à l’avenir ? Quelles considérations supplémentaires ajouteriez-vous qui ne figurent pas sur la liste de Maïmonide ? • Quelles histoires avez-vous entendues de votre famille, de vos amis ou de vos collègues qui ont inspiré vos priorités en termes de générosité ?

Dans l’histoire suivante, le rabbin Akiva enseigne au rabbin Tarfon l’importance de donner la tzedakah pour soutenir l’éducation juive.

356


Le Don de Donner

Adapté du Traité Kallah 1: Halachah 21

Rabbi Tarfon était un homme très riche. Un jour, Rabbi Akiva proposa de l’aider à investir son argent. Le rabbin Tarfon a accepté et lui a apporté 4 000 dinars d’or.

Rabbi Akiva est allé distribuer l’argent : une partie aux pauvres, une partie pour soutenir ceux qui étudient la Torah, et une autre aux maisons d’étude. Après plusieurs jours, Rabbi Tarfon a demandé à Rabbi Akiva : « Où sont les investissements que vous avez achetés pour moi ? S’agissait-il d’un bon investissement ? » Rabbi Akiva a répondu: « Les retours sont illimités. » Rabbi Akiva le prit par la main et l’amena à la maison d’étude. Il a amené devant lui un enfant portant un livre de Psaumes. L’enfant a lu jusqu’à ce qu’il atteigne le verset: « Celui qui donne gratuitement aux pauvres, sa justice dure à toujours » (Psaumes 112: 9). Le rabbin Tarfon a étreint et embrassé le rabbin Akiva avec appréciation. • Avez-vous eu quelqu’un dans votre vie qui vous a éveillé à l’importance de donner généreusement aux pauvres ou de soutenir l’éducation juive, comme Rabbi Akiva l’a fait pour Rabbi Tarfon ?

• Rabbi Akiva dit que l’éducation juive est un bon investissement avec des récompenses illimitées. En quoi l’éducation juive est-elle un investissement en termes individuels, familiales, communautaires et au niveau du monde ?

• Il existe tellement de causes importantes qui pourraient bénéficier de contributions financières. Comment décidez-vous où allouer vos contributions ? Quels sont les avantages d’impliquer toute la famille, y compris les enfants ?

Écriture réfléchie

Prenez 5 à 10 minutes pour écrire vos réponses aux questions suivantes. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous avez terminé d’écrire, discutez avec un partenaire de certaines des questions et des idées qui vous sont venues à l’esprit durant cet exercice. • Où en suis-je maintenant en termes de don de mon temps et de mes ressources aux personnes dans le besoin ?

• Quelles causes ont été ou deviennent prioritaires pour moi en termes de don ?

• Comment puis-je établir des priorités parmi les nombreuses options, telles que les pauvres, les malades, les institutions juives de ma communauté, l’éducation, l’organisation avec laquelle je suis venu lors du voyage Momentum, Momentum, l’éducation spéciale et l’inclusion, Israël, l’environnement, les droits de l’homme, la politique et d’autres questions importantes pour moi ?

• Quel est le conseil que j’aimerais me donner pour agir avec bienveillance et générosité ?

357


ANNÉE DE CROISSANCE

PLEINS FEUX SUR ISRAËL Intervention d'urgence2

Lorsque des tragédies et des traumatismes se produisent dans le monde, il est souvent difficile d’affronter la dévastation avec espoir et de savoir comment nous pouvons aider. Israël est souvent à l’avant-garde des interventions d’urgence. Il peut être inspirant et utile de partager des histoires telles que les suivantes. Cela met également en lumière les Israéliens guidés par le chesed.2 ? De nombreux Israéliens relèvent les défis auxquels le pays et ses citoyens sont confrontés, y compris le terrorisme, et partagent les solutions qu’ils ont développées avec d’autres dans le monde. L’organisation israélienne IsraAID est l’une des nombreuses organisations humanitaires israéliennes qui partagent des technologies de sauvetage qui se sont avérées vitales dans les zones sinistrées dans le monde entier.

IsraAID se concentre sur la fourniture de secours d’urgence et de développement à long terme pour les populations touchées par une catastrophe. Des équipes de secours en cas de catastrophe, composées de volontaires professionnels de toute la société israélienne, sont déployées là où cela est nécessaire, par la mise en place rapide d’hôpitaux de campagne et l’envoi de spécialistes en recherche et sauvetage, ainsi que des professionnels de la santé et en

traumatisme, immédiatement après un sinistre. Les équipes d’IsraAID ont travaillé dans plus de cinquante pays à travers le monde. En 2017, IsraAID s’est déployé au Pérou pour soutenir les communautés touchées à la suite d’inondations et de coulées de boue dévastatrices qui ont détruit une grande partie des infrastructures du pays.

Une résidente sinistrée, Gloria Sedana Pascual, a décrit l’inondation en disant : « Nous étions chez nous quand nous avons entendu des cris venant de la rue. Nous avons couru dehors et nous avons vu la rivière et les coulées de boue entrer dans la rue devant la maison. Nous avons pensé essayer de bloquer l’inondation, mais après environ dix minutes, nous avons été frappés par une autre forte coulée de boue qui est venue de derrière notre maison. Cette coulée de boue a tout détruit. Ma maison est inhabitable, mon jardin a été anéanti et mes biens sont ruinés. Des centaines de milliers de personnes déplacées comme Gloria avaient désespérément besoin de fournitures d’urgence. L’équipe IsraAID déployée s’est rendue dans des zones pauvres et reculées, apportant des produits de base tels que de la nourriture, de l’eau potable et des kits d’hygiène, tout en travaillant pour développer et soutenir l’économie locale ravagée.

2 Viva Sarah Press, « Les équipes d’urgence israéliennes soutiennent les survivants des inondations au Pérou », Israel21c, 2 avril 2017. Extrait de http://www.israel21c.org/israeli-emergency-teams-support-flood-survivors-inperu.

358


Le Don de Donner

• Avec qui pourriez-vous partager cette histoire ?

• Comment relever les défis et les fractures, ainsi que les forces et les outils acquis au cours de la lutte, et partager l’apprentissage au profit des autres ?

IsraAID au Pérou, avril 2017, photo publiée avec l’aimable autorisation d’IsraAID

359


ANNÉE DE CROISSANCE

Népal, septembre 2016, photo publiée avec l’aimable autorisation d’IsraAID

Dans les soixante-douze heures qui ont suivi le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le Népal en 2015, IsraAID était sur le terrain, sauvant des vies sous les décombres, soignant plus de cinq mille personnes malades et blessées et reconstruisant des maisons pour sept cents familles.

L’économie locale a été dévastée par la destruction, et les femmes ont été touchées en particulier. En réponse, IsraAID a lancé HoneyAID, un programme d’apiculture qui permet aux femmes de devenir des entrepreneurs et des leaders dans leur communauté, en les formant à devenir des apicultrices et des organisatrices de coopératives locales. Grâce aux compétences qu’elles ont acquises grâce à HoneyAID, les femmes népalaises touchées par le tremblement de terre ont désormais une plus grande capacité à subvenir aux besoins de leur famille. Un participant

népalais de HoneyAID nommé Sonu a partagé : “[Depuis] que ce projet est arrivé dans notre village, les femmes sont devenues très actives et se sont impliquées dans les activités de la société en général.”3 • IsraAID s’est concentré sur les femmes, qui ont été particulièrement touchées par la dévastation de leurs maisons et la nécessité de subvenir aux besoins de leurs enfants. À quels segments faibles de votre communauté pourriez-vous proposer du chesed ?

Le désir de faire le bien dans le monde est également visible à travers les avancées médicales salvatrices d’Israël et son rôle dans l’atténuation de la souffrance des enfants et des familles dans le monde.

L’organisation Save a Child’s Heart est une organisation à but non lucratif israélienne qui propose des chirurgies cardiaques pédiatriques

3 Pour en savoir plus sur HoneyAid, voir e https://www.israel21c.org/?s=honeyaid.

360


Le Don de Donner

d’urgence et des soins de suivi aux enfants des pays en développement. SACH a été fondée en 1995 et a depuis effectué des opérations cardiaques sur plus de 2.100 enfants d’une grande variété de pays, dont la Chine, le Congo, l’Équateur, l’Angola, l’Éthiopie, l’Érythrée, le Rwanda, l’Irak, la Jordanie, la Russie, le Sri Lanka et l’Ukraine, ainsi que des zones contrôlées par l’Autorité palestinienne Un médecin américain en visite a expliqué : « Avec toutes les troubles et les souffrances au Moyen-Orient et dans le monde, il est facile d’avoir le cœur brisé.

Il est beaucoup plus difficile de réparer un cœur - et c’est ce que ces personnes font ici tous les jours.

C’est inspirant de voir comment ils surmontent la politique et la géographie pour sauver des vies d’enfants. Les médecins et tout le personnel ici sont des héros, ils le sont vraiment.”4 • Si le chesed construit des familles, des communautés et le monde, il pourrait le faire en ouvrant et en guérissant les cœurs. Même si ce n’est pas médicalement, quel cœur voudriez-vous aider à guérir cette semaine ? Quel est le premier petit pas que vous pouvez faire facilement ?

Pour en savoir plus sur l’aide humanitaire israélienne aux pays étrangers, voir « Israël en première ligne de l’aide internationale », sur le site Web du ministère israélien des Affaires étrangères.

Pour plus d’informations sur Save a Child’s Heart, voir Jessica Katz, “Comment Sauver le cœur d’un enfant dépasse les frontières au Moyen-Orient”, Huffington Post https://bit.ly/42kREq0.

4 De la page Facebook Save a Child’s Heart.

361


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR

Commencer à donner la Tzedakah : Pleins feux sur Heather Greene

mettre de côté l’argent nécessaire. Lorsque son rabbin lui a demandé d’envisager de donner une certaine somme d’argent chaque mois, au lieu d’une somme forfaitaire, elle a accepté avec joie. « Cette option ne m’était pas apparue jusque-là, mais j’ai réalisé que nous pouvions certainement le faire », a déclaré Heather. Bientôt, la tzedakah est devenue un élément central de la pratique juive de Heather, et elle et sa famille ont contribué de petites sommes chaque fois que l’occasion se présentait. Tout d’abord, ils ont effectué des dons à des organisations dont Heather avait entendu parler lors de son voyage Momentum, notamment la Fondation Koby Mandell et un centre pour soldats isolés.

Lorsque Heather Greene, mère, épouse et coordonnatrice indépendante certifiée des soins aux aînés de Cleveland, Ohio, a été invitée à passer Shabbat avec Lori Palatnik, elle a sauté sur l’occasion. Ce Shabbat, associé à son voyage Momentum en Israël en 2009, a lancé le voyage juif de sa famille.

Ensuite, la famille de Heather a été invitée à faire une contribution annuelle à leur synagogue. Mais entre la garderie, les services publics et de nombreuses autres dépenses, Heather ne savait pas comment il pourrait

362

À la fin de l’année, le comptable de Heather lui a fait savoir que, par hasard, ils avaient donné 10 % de leurs revenus à la tzedakah, et elle et son mari ont décidé de faire de ce montant leur objectif permanent. « Lorsque vous faites la tzedakah, vous vous sentez bien, les autres se sentent bien et vous contribuez à faire une différence dans la vie des gens », a déclaré Heather. « C’est gagnantgagnant. »

Les conseils d’Heather pour faire la Tzedakah 1. Commencer par petit

Lorsque nous avons commencé à faire la tzedakah, nous n’avons donné que de petites sommes à des organisations en lesquelles nous croyions – 18$, 36$ et parfois 54$. Mais même


Le Don de Donner

avec de petites contributions, nous avons pu soutenir plus d’une douzaine d’initiatives qui nous étaient importantes. 2. Faites en sorte que cela paraisse réel

C’est merveilleux de faire un don en un clic. Et c’est encore mieux lorsque vous êtes personnellement investi dans votre contribution. Une année, mes enfants ont fait du bénévolat dans une banque-alimentaire casher. Par la suite, ils étaient ravis de faire un don à la tzedakah dans une banque alimentaire, car ils s’y sentaient liés et comprenaient son importance.

5. Embrassez le sentiment d’humilité

La Tzedakah me rappelle que l’argent de ma famille n’est pas simplement le nôtre. Dieu nous a bénis avec ce que nous avons, et nous devons le reconnaître en donnant la tzedakah.

3. Soyez créatif

Lors de mon voyage Momentum, nous avons visité un orphelinat à Jérusalem. Quand je suis rentré à la maison, j’ai organisé une des classes de mon enfant pour acheter des jeux de société pour les enfants. Nous ne pouvions pas les expédier à cause des énormes frais de douane, alors les élèves de huitième année les ont livrés lors de leur voyage en Israël. 4. Impliquer toute la famille

Je veux que la tzedakah soit un effort de collaboration pour ma famille. Nous avons donc commencé une tradition selon laquelle avant chaque Yom Kippour, nous récupérons toute notre petite monnaie et choisissons ensuite l’endroit où donner l’argent. De plus, mon fils vient de célébrer sa bar mitzvah et il a hâte de rechercher des organisations où il souhaite faire don de 10% de son argent qu’il a obtenu en cadeau.

363


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Universal Donor5 Par Lori Palatnik

Quand j’ai appris qu’un garçon de cinq ans très malade avait besoin d’un rein, j’ai proposé de l’aider.

Malheureusement, il était finalement trop malade pour une greffe. Mais par la suite, on m’a demandé de subir des tests pour d’autres personnes - que je ne connaissais pas. J’ai décidé de le faire.

Si vous voulez vraiment un brin de conversation, dites à quelqu’un que vous envisagez de faire don d’un rein et que vous ne savez même pas à qui vous le donnez. Tout a commencé il y a plusieurs années lorsque le meilleur ami de mon mari avait besoin d’un rein. Aucun membre de sa famille ne correspondait ou n’était en mesure de faire un don pour diverses raisons. Mon groupe sanguin est O positif, ce qui dans le monde des dons de rein fait de moi un donneur universel. J’ai trouvé que ça sonnait bien. Maintenant, je devais voir si je pouvais être à la hauteur de l’événement.5 Après avoir parlé à mon mari et à notre rabbin, j’ai décidé d’offrir mon rein à notre ami. Mais dès que j’ai commencé le processus de test, son équipe médicale m’a dit que mon rein ne serait pas compatible avec son corps. Cependant, je n’étais toujours pas prête à abandonner.

364

Les quelques personnes qui connaissaient mes plans étaient incrédules. Comment pourrais-je mettre ma vie en danger ? J’avais des enfants, un mari et des responsabilités. À quoi je pensais ?

J’ai expliqué que pour les donneurs, les risques sont très faibles - à peu près les mêmes que pour toute intervention chirurgicale sous anesthésie générale. Et si vous faites don d’un rein et que, pour une raison quelconque, vous en avez besoin vousmême, vous êtes relégué au sommet de la liste.

Après un processus intensif de tests, un receveur pour mon rein a été sélectionné et j’ai eu la possibilité de lui parler. Je n’étais pas sûre de ce que je voulais faire. En fin de compte, j’ai décidé que je voulais lui parler, mais seulement si elle se sentait à l’aise de me parler. « Il n’y a pas de mots », a-t-elle commencé lors de notre premier appel.

J’ai appris qu’elle était une femme extrêmement courageuse avec sept enfants. Elle avait un an de plus que moi, et il y a un an et demi, lors de tests sanguins de routine pour corriger une hernie, elle a appris qu’elle était atteinte de KPD, une maladie rénale mortelle.

5 Une version plus longue de cet article est disponible sur http://www.aish.com/sp/so/48937647.html?s=srcon. Le terme « donneur universel » fait référence à une personne du groupe sanguin O, qui peut théoriquement effectuer des dons de sang à des receveurs de n’importe quel groupe sanguin.


Le Don de Donner Une greffe de rein est le seul remède contre le KPD, mais des milliers de personnes meurent chaque année en attendant.

L’opération était prévue un jeudi. Ce lundi-là, la femme qui allait recevoir mon rein m’a invité chez elle pour le dîner. J’avais l’impression d’être sur le point de rencontrer une sœur jumelle qui a été séparée de moi à la naissance.

Depuis qu’elle avait reçu son diagnostic, elle avait marié trois enfants. « À chaque mariage, je savais que cet enfant irait bien. Ils avaient épousé une bonne personne. Si je devais mourir, ce serait difficile pour eux, mais ils pourraient continuer. Je voulais juste vivre assez longtemps pour marier mes enfants [non mariés] ». Je ne pouvais pas imaginer être aussi forte. Face à sa situation si affligeante, elle avait toujours le sourire aux lèvres. Sa foi en Dieu n’a jamais faibli ; en fait, il n’avait fait que se renforcer.

La veille de l’opération, elle m’a appelé. « Lori, tu prends un risque, et je veux que tu saches que tu peux absolument changer d’avis. » J’ai été émue, et je l’ai rassurée que je serais à l’hôpital le lendemain matin comme prévu.

Le grand jour

Beaucoup de gens m’ont demandé si j’avais déjà eu des doutes. Il n’y a eu qu’un instant où j’ai hésité. C’était en route pour la salle d’opération. « C’est parti », dit l’infirmière. « Attends, » dis-je. « Je dois dire une prière. »

Alors je me suis tenue là et j’ai dit le Shema, et j’ai demandé à Dieu de me laisser vivre et de laisser vivre aussi le receveur du rein. « D’accord, » dis-je, « je suis prête. »

Et puis elle a ouvert les portes de la salle d’opération et j’ai été choquée de voir une salle si remplie de gens qui couraient et manœuvraient des équipements et des machines.

J’ai vu les lumières, la longue table d’opération avec des sangles, et je me suis figée. « Que suis-je en train de faire ? » Et puis j’ai fermé les yeux et je me suis dit : « Fais-le. Fais-le c’est tout. » Je me suis allongée sur la table, et la prochaine chose que j’ai réalisé, c’est que j’étais en salle de réveil et ils m’ont dit que l’opération avait réussi.

La vie qui m’a été donnée

Je suis restée à l’hôpital pendant quelques jours. Pendant ce temps, les enfants adultes de ma « sœur de rein » et sa famille élargie ont afflué dans ma chambre, me remerciant de lui avoir sauvé la vie. Quand je me suis sentie mieux, j’ai marché dans le couloir pour lui rendre visite. Elle allait très bien. Elle m’a dit qu’elle avait l’impression qu’un camion se précipitait vers elle de plein fouet et que je m’étais avancé devant elle de nulle part et que j’avais tendu les bras pour arrêter le camion. Dieu m’a donné l’opportunité de lui donner la vie, et la gratitude qu’elle et sa famille ressentent envers moi est immense. J’ai réalisé que je devais ressentir la même gratitude envers mes parents, qui m’ont donné la vie. C’était un sentiment humble de réaliser à quel point nous acceptions d’être ici.

Je suis encore en train d’analyser toute l’expérience et je me sens très petit face à l’énormité et à la fragilité de la vie et de la mort.

Donner son rein n’est pas pour tout le monde. Certaines personnes ne peuvent littéralement pas le faire. Mais comme une personne me l’a dit juste avant mon départ pour l’opération, « Lori, je ne donnerai peut-être pas mon rein, mais à cause de ce que tu fais, je vais maintenant être plus qu’un donneur. »

Prenez plaisir à votre vie, mais prenez également soin de la vie que vous avez. Et demandez-vous comment vous pouvez aider les autres à faire de même.

365


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Lois de la Tzedakah

Quels sont les secrets les mieux gardés sur la façon dont les communautés juives comblent le fossé entre les nantis et les démunis ? Quelles lois juives traditionnelles guidaient les dons juifs et aidaient à créer des communautés d’entraide ? Que pourrions-nous apprendre d’elles ? Une loi biblique qui appelle à offrir des prêts sans intérêt au sein de la communauté juive a permis des siècles de soins.

Pratiquement toutes les communautés juives de la diaspora avaient des sociétés gérées par des bénévoles auxquelles les membres de la communauté pouvaient donner de l’argent pour que d’autres reçoivent des prêts sans intérêt. Le nom d’une telle organisation est gemach, un acronyme hébreu pour « actes de chesed ».

Aujourd’hui, la plupart des communautés juives ont encore un gemach pour se débarrasser de la honte d’avoir besoin du soutien de la communauté. Mais aujourd’hui, un gemach ressemble davantage à une société d’échange juive, où les gens peuvent emprunter puis rendre des objets utiles. C’est une façon dont les membres de la communauté juive prennent soin les uns des autres. En Israël, un gemach, fondé pour fournir des nébuliseurs aux enfants de Jérusalem, s’est développé pour compter plus d’une centaine de succursales dans tout le pays, y compris dans des villages et des villes arabes et druzes. Cette organisation bénévole, Yad Sarah, est devenue le plus grand prêteur de dispositifs médicaux au monde !

366

Ce qui suit sont des lois supplémentaires sur le don aux pauvres, organisées par Maïmonide.

Maïmonide, Mishneh Torah, Lois des dons aux pauvres 7:1–3, 5, 7, 13 C’est un commandement positif de la Torah de faire la tzedakah aux Juifs pauvres selon ce qui est approprié pour le pauvre, si le donateur peut se le permettre… et tous ceux qui voient un pauvre demander [de l’aide] et détourner leurs yeux, et ne pas donner de tzedakah, transgresse un commandement. Il vous est commandé d’apporter aux pauvres ce qui leur manque : Si quelqu’un n’a pas de vêtements, nous fournissons des vêtements ; si l’on n’a pas d’articles ménagers, nous achetons ces articles.

Si un pauvre vient demander ce qui lui manque et que vous n’avez pas la capacité de le lui fournir, vous donnez dans la mesure de vos moyens financiers. Même une personne pauvre qui survit en recevant de la tzedakah doit donner de la tzedakah à un autre. Nous donnons de l’argent et des vêtements aux non-juifs pauvres avec les Juifs afin de maintenir les voies de la paix [avec les autres nations].

Vous devez donner la priorité [dans votre tzedakah] à une personne pauvre qui est parent. Une personne pauvre de votre foyer a priorité sur les pauvres de votre ville ; les pauvres de votre ville ont priorité sur les pauvres d’une autre ville.


‫‪Le Don de Donner‬‬

‫‪• Est-ce que l’une de ces lois de‬‬ ‫? ‪tzedakah vous surprend‬‬

‫‪• Laquelle de ces lois est particulièrement‬‬ ‫? ‪importante pour vous ? Pourquoi‬‬ ‫הלכות מתנות עניים פרק ז‬ ‫לֶענִי‪ִ .‬אם‬ ‫לָענִּיִ ים ּכְ פִ י ַמה ֶּׁש ָראּוי ָ‬ ‫לִּתן צְ ָד ָקה ֲ‬ ‫א ִמצְ וַת ֲע ֵׂשה ֵ‬ ‫ּנֹותן ַמ ֶּׂשגֶ ת‪...‬‬ ‫ָהיְ ָתה יַד ַה ֵ‬ ‫[ב] וכל הרואה עני מבקש‪ ,‬והעלים עיניו ממנו‪ ,‬ולא נתן לו‬ ‫צדקה‪--‬עובר בלא תעשה‪,‬‬ ‫ב [ג] לפי מה שחסר העני‪ ,‬אתה מצווה ליתן לו‪--‬אם אין‬ ‫לו כסות‪ ,‬מכסין אותו; אין לו כלי בית‪ ,‬קונין לו כלי בית; אין‬ ‫לו אישה‪ ,‬משיאין לו אישה; ואם הייתה אישה‪ ,‬משיאין אותה‬ ‫לאיש‪;...‬‬ ‫ד [ה] בא עני ושאל די מחסורו‪ ,‬ואין יד הנותן משגת‪--‬נותן‬ ‫לו כפי השגת ידו‪ .‬וכמה‪ :‬עד חמיש נכסיו‪ ,‬מצוה מן המובחר;‬ ‫ואחד מעשרה בנכסיו‪ ,‬בינוני; פחות מכאן‪ ,‬עין רעה‪ ”...“ .‬ואפילו‬ ‫עני המתפרנס מן הצדקה‪ ,‬חייב ליתן צדקה לאחר‪.‬‬ ‫ו [ז] מפרנסין ומכסין עניי גויים עם עניי ישראל‪ ,‬מפני דרכי‬ ‫שלום‪.‬‬ ‫יג עני שהוא קרובו‪ ,‬קודם לכל אדם; ועניי ביתו‪ ,‬קודמין לעניי‬ ‫עירו; ועניי עירו‪ ,‬קודמין לעניי עיר אחרת‪ :‬שנאמר “לאחיך‬ ‫לענייך ולאביונך‪ ,‬בארצך” (דברים טו‪,‬יא)‪.‬‬

‫‪Le rabbin Moïse ben Maimon, également‬‬ ‫‪connu sous le nom de Rambam ou‬‬ ‫‪Maïmonide (1138-1204), était un philosophe‬‬ ‫‪et médecin juif sépharade médiéval‬‬ ‫‪prolifique. Il était l’un des érudits les plus‬‬ ‫‪influents de la Torah au Moyen Âge.‬‬

‫‪367‬‬


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES

Des idées pour introduire les valeurs de ‘Hessed et Tsedaka, de gentillesse et générosité dans votre vie de famille

Pour vous-même ou en binôme

• Consultez les podcasts, vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  Je donne généreusement

 Donner, ça rend heureux  Aimer, c’est agir

 C’est le ‘Hessed qui construit la famille et le monde entier

 Je me focalise sur les qualités et les points forts d’autrui et de moi-même

• Tenez un journal des actes de ‘Hessed que vous-même et les autres font.

• Réfléchissez au moyen de prendre un peu plus soin de vous-même et de vous octroyer des instants de ‘Hessed envers vous-même. Quelle forme cela pourrait prendre ? • Listez, éventuellement avec vos proches, vos contributions financières et nonfinancières envers les autres. Faites-en

368

régulièrement le point et fixez-vous des objectifs.

• Pour vous préparer à Chavouot, consultez les articles sur : https://bit.ly/3paCSnE Regardez les vidéos suivantes :

• La vie juive est-elle agréable ? par Sivan Rahav Meir : https://bit.ly/42Rgoa7

• Chavouot, la responsabilité de l’homme, par Rav S. D. Botschko : https://bit.ly/41kFrkl • Lisez le témoignage édifiant de Sarah Yoheved Rigler et son voyage à la recherche du sens de la vie : https://www.aish.fr/arriver_au_sinai

Pour les familles avec des petits

• Emmenez vos enfants dans un bazar où vous achèterez des produits qui leur permettront d’avoir à disposition de quoi faire du‘ Hessed et de dépanner à l’improviste. Ce pack de‘ Hessed peut inclure de la colle forte ,un ticket de bus ,du doliprane ,une barre protéinée ,une bouteille d’eau ,des pansements ,des chewing-gums .Vos enfants adoreront pouvoir apporter leur aide en cas de besoin…


Le Don de Donner

• Fabriquez ou décorez vos propres boites de Tsedaka. C’est une activité manuelle très créative et l’occasion de travailler de manière ludique les divisions et les fractions pour estimer la valeur de la dîme ou du vingtième.

• Les études prouvent que les enfants qui développent le plus le sens de la gentillesse et de la générosité sont ceux qui ont grandi avec des parents qui se comportent comme tel. Comment faire en sorte que nos enfants grandissent dans un environnement qui les porte vers ces qualités ? Comment pouvonsnous les incarner de manière forte dans notre quotidien ? • Donnez à vos enfants l’opportunité de pratiquer le ‘Hessed au sein d’une organisation ou d’un projet plus encadré. Faites ensemble du bénévolat dans une association qui distribue des colis aux familles nécessiteuses, participez à une marche ou un marathon dont les bénéfices sont reversés à une cause, organisez une

opération de nettoyage du parc à côté de chez vous.

• Lisez ou racontez à vos enfants l’histoire de Ruth et proposez à vos enfants d’y débusquer tous les actes de bonté pratiqués par les personnages de l’histoire.

• Pendant les semaines précédant Chavouot, fabriquez une urne à bonnes actions que vous remplirez au fur et à mesure que vous noterez des actes de ‘Hessed faits par les membres de la famille. Prenez le temps de bien dire à chacun à chaque fois que vous remarquez un effort ou une bonne action et valorisez-là. Quand l’urne est pleine, célébrez cela par un repas spécial, une soirée cinéma ou une sortie familiale.

• Proposez-leur de lire Le Voyage de Betsalel, L’Art en Fête, tome 3

369


ANNÉE DE CROISSANCE

Pour les familles avec des plus grands

• Préparez des « kits pour SDF » et mettezen dans votre voiture. Vous pouvez y inclure une paire de chaussettes propres, une barre protéinée, une casquette, un t-shirt taille L. Vos enfants seront à l’affut des SDF pour leur en distribuer…

• Cherchez des projets de Tsedaka. Décidez, tous ensemble, d’une ou deux causes que vous voulez soutenir cette année. Demandez à chacun de sélectionner un projet qu’il aimerait que l’on soutienne, en argent ou en temps et de défendre cette cause avec un tableau ou des documents à l’appui. S’il n’est pas sélectionné, il pourra le représenter l’année suivante ou en proposer un autre…

• A Chavouot, il y a une très belle coutume de décorer les synagogues et les maisons avec des fleurs. C’est aussi l’occasion de passer un peu de temps dans la nature.

• La nuit de Chavouot, nous avons l’habitude de faire le Tikkoun Leil chavouot, une veillée

370

d’étude. Vous pouvez profiter de l’esprit de cette nuit particulière, même si vous ne veillez pas toute la nuit, en organisant une soirée pyjama. Disposez des poufs et des coussins dans votre salon, mettez-vous à l’aise et partagez des histoires, des jeux. Lire des histoires à thèmes juifs est un bon moyen de s’imprégner de l’esprit du judaïsme de manière détendue.

• Demandez à vos enfants de créer leurs propres « 10 commandements » ou composez ensemble les 10 commandements de votre famille (« soyez gentils les uns envers les autres », « Partagez vos jouets », …). Décorez cette liste et affichez-là dans un endroit bien en vue. • Donnez les vêtements en bon état que vous n’utilisez plus à un vestiaire associatif. • Mettez-vous d’accord sur l’association à laquelle vous enverrez le contenu de votre boîte de Tsedaka.

• Regardez cette vidéo TED de Michael Norton : Comment acheter le bonheur. Michael


Le Don de Donner

Norton partage des recherches fascinantes sur comment l’argent peut effectivement acheter le bonheur : quand on ne le dépense pas pour soi-même. Écoutez les données

surprenantes sur les nombreuses façons dont dépenser de façon pro-sociale peut être un bénéfice pour vous, votre travail et bien sûr pour les autres : https://bit.ly/3LzZJk0

371


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LE CHESED ET LA TZEDAKAH, LA BIENVEILLANCE ET LE DON GÉNÉREUX Reconnaissance

Où en êtes-vous maintenant avec les valeurs du chesed et de la tzedakah, d’amour bienveillant et de générosité ? Quels exemples de votre vie vous viennent à l’esprit ? Quels sont vos points forts et vos défis ?

372

Vision

Comment aimeriez-vous que votre relation soit avec le chesed et la tzedakah ? Qu’est-ce qui vous gêne et que pouvez-vous faire pour vous réorienter vers le meilleur de vous-même ?


Le Don de Donner

Objectifs

Quelle est une ou plusieurs petites étapes réalisables que vous pouvez faire dans votre vie quotidienne, qui sont réalistes et que vous pouvez facilement planifier, qui vous aideront à grandir vers votre potentiel et votre vision en termes de chesed et de tzedakah ?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour savoir si vous progressez ?

373


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons les valeurs du chesed et de la tzedakah, l'amour bienveillant et le don généreux

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment puis-je mieux comprendre les besoins des autres ? • Où dans ma vie ai-je vu que donner est également recevoir et recevoir est aussi donner ?

• Où dans ma vie je vois la gentillesse et la générosité comme un facteur contagieux ?

• Quelles histoires de générosité m’inspirent ? • Sachant que ceux qui donnent sont des gens plus heureux, comment puis-je développer ma générosité et la partager avec mes enfants ?

Vocabulaire Significatif shavua ‫ׁבּוע‬ ַ ‫ָש‬ shavuot (semaines) (également le nom de ‫ָשׁבּועֹות‬ la fête du don et de la réception de la Torah, qui est célébrée sept semaines après Pessah)

semaine

tzedakah

‫ְצ ָד ָקה‬

tzedek

donner de l’argent à ceux qui en ont besoin

‫ ֶצ ֶדק‬justice

chesed

374

‫ ֶח ֶסד‬bonté

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple :

• Organiser l’événement, y compris servir des plats traditionnels de Shavuot • Planifier une activité pour accompagner la session d’étude (voir Extra ! Idées de programme)

• Compiler une liste de célébrations de Shavuot dans votre région auxquelles les participantes aimeraient assister • Coanimer une discussion sur le don généreux dans la vie de tous les jours • Rechercher et présenter au groupe des exemples d’actes de bonté de l’État d’Israël à travers le monde, pages 358-361 • Demander à une ou plusieurs des femmes de partager la façon dont elle a ramené à la maison l’apprentissage de votre dernière réunion

Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !


Le Don de Donner

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible.

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez la salle, en aménageant l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez de faire participer les femmes à un exercice d’étirement ou à une courte visualisation guidée du don ou de la réception du chesed, ou demandez-leur de fermer les yeux et de faire une méditation par un balayage corporel, en offrant une attention tendre et aimante aux différentes parties de leur corps .

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute

compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Présentez le concept du chesed, le mot hébreu pour la bonté de cœur.

Inspirez vos participantes en regardant l’une des vidéos stimulantes suivantes : 1. Vidéo « Sara Tucholsky Home Run/ESPY Sportsmanship Moment » sur YouTube 2. « Le cadeau d’un soldat : Une incroyable histoire vraie » vidéo sur YouTube. C’est une histoire d’Israël à propos de Dieu agissant à travers le chesed humain.

Demandez aux femmes de partager un modèle de chesed ‒ une personne prenant soin d’ellemême ou des autres de manière à rendre le monde meilleur. Une fois que tout le monde a partagé, discutez des thèmes, des désirs et des conflits qui ont émergé.

Prenez note des thèmes qui sont liés à cette session et les thèmes que vous aimeriez aborder lors des prochaines réunions. Sinon, faites l’activité Priorités de donner, terminez-la par le partage de l’ordre fourni par Maïmonide : permettre l’autosuffisance du bénéficiaire, anonymat bidirectionnel, donateur inconnu, donner avant qu’on lui demande, donner seulement après qu’on lui ait demandé, donner gracieusement mais moins que l’on devrait, et donner à contrecœur.

375


ANNÉE DE CROISSANCE

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Ce que nous savons des donateurs (p. 349)

Lisez l’article ensemble et invitez les participantes à souligner une phrase qui attire leur attention. Ensuite, demandez à chaque participante de lire sa phrase en « style popcorn », l’une après l’autre, avec un moment de silence après chacune. Invitez les participantes à dialoguer sur les idées qui les ont frappées.

LE DON GÉNÉREUX COMME PRATIQUE SPIRITUELLE (pp. 354–355)

Demandez aux femmes : « Si le don généreux pouvait être une pratique spirituelle, quels seraient les moyens utiles d’ouvrir le cœur à la générosité ? Explorez ensemble les textes de l’Exode, d’Ézéchiel, du rabbin Yisrael Salanter, du Deutéronome et du rabbin Isaiah Horowitz. Invitez les femmes à parler de ce que chaque texte offre quant à la vision de faire du chesed une pratique spirituelle.

Pour devenir des donateurs, nous devons pratiquer. Divisez les femmes en paires et encouragez-les à lire les pratiques : remarquer les besoins, pratiquer de petits actes de don, de manière favorable et la tzedakah.

Demandez-leur d’en choisir une ou deux qu’elles aimeraient faire. Encouragez les binômes à devenir des « partenaires de responsabilité » et à se surveiller mutuellement par le biais d’appels téléphoniques et de SMS pour soutenir leurs pratiques au cours du mois suivant ou au-delà.

376

Pleins feux sur Israël : Réponse d’urgence (pages 358‒361)

Avant la session, invitez une ou deux femmes à préparer un bref exposé sur le chesed que l’État d’Israël effectue par le biais de ses réponses d’urgence aux catastrophes à travers le monde. Les présentatrices voudront peut-être résumer les informations disponibles dans cette unité, ou trouver des vidéos à présenter à la place (une recherche rapide sur Google de « Réponse de l’aide internationale d’Israël » renverra de nombreux résultats).

Parlez de ce que signifie effectuer le chesed à l’échelle personnelle, communautaire, nationale et internationale. Demandez à votre groupe : « Comment pouvons-nous devenir des modèles de chesed dans tous ces domaines ? »

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion: Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre session aujourd’hui ? » ou « Une idée ou une pratique de chesed ou de tzedakah que j’aimerais commencer avec ma famille est... » Invitez vos sœurs à répondre à l’invite en écrivant, en dessinant ou en pensant silencieusement. Après un temps de réflexion individuel, vous pouvez leur demander de s’associer et de partager leurs réflexions, qui peuvent être suivies d’un partage de groupe (volontaire).

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 314-315). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs


Le Don de Donner

familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité.

Donnez-leur la possibilité de planifier un moment avec leur partenaire d’apprentissage avant qu’elles ne quittent la session aujourd’hui (voir « Apprenez avec votre sœur », pages 362‒367). Faites savoir à toutes les femmes quand vous vous reverrez et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour enrichir votre session, vous pouvez envisager un projet de volontariat pour vous engager en groupe : • Aide dans une école ou un hôpital

• Faites du bénévolat pour une cuisine alimentaire locale, un refuge ou habitat humanitaire

par les valeurs juives. Ils proposent le guide Pop-Up et des ressources gratuites supplémentaires sur amplifiergiving.org et amplifiergiving.org/popupcircle/ , ou par e-mail à hello@amplifiergiving.org.

• Souhaitez-vous partager les expériences et l’inspiration que vous avez acquises grâce à Momentum ?

• Une excellente façon de le faire consiste à utiliser l’une des opportunités de parrainage percutantes répertoriées ici en tant que bénéficiaire de votre cercle de dons spontané ou de vos dons individuels :  Parrainez un voyage de classe Momentum : 1 000 $

 Parrainez un concert Momentum Shabbat : 1 800 $

 Parrainez un participant Momentum : 3 200 $  Parrainez un ensemble de sept cours Momentum : 7 000 $

 Parrainez une nouvelle série de podcasts sur le site Web Momentum : 8 000 $

• Impliquez-vous sur une question telle que la faim, le travail des enfants, les droits des femmes, la traite ou toute autre cause de justice sociale qui fait appel à votre groupe

Priorités en matière de don

• Organisez un cercle de dons spontané : Le guide de démarrage rapide d’Amplifier pour la planification d’un cercle de dons spontané rend le démarrage facile et amusant. Amplifier est un réseau de plus de 120 cercles de dons inspirés

Considérez en groupe l’enseignement de Rabbi Akiva et de Rabbi Tarfon ainsi que les questions et l’activité de rédaction à la page 357.

• Visitez une résidence juive pour personnes âgées et socialisez avec les résidents. La plupart des installations offrent des programmes de bénévolat et accueillent de nouveaux participants

Demandez aux participantes de noter certaines de leurs priorités personnelles en matière de don. Explorez ensuite l’échelle de la Tzedakah de Maïmonide (voir page suivante) en donnant à chaque binôme de femmes des bouts de papier avec chacun des niveaux, en les invitant à les trier selon ce qu’elles pensent devoir être l’ordre de priorité.

377


ANNÉE DE CROISSANCE

TRIER LES NIVEAUX DE TZEDAKAH

Les bandes ci-dessous présentent les catégories que Maïmonide a incluses dans son Échelle de la Tzedakah. Découpez-les et réfléchissez à la façon de les trier du plus bas au plus élevé.

La personne qui donne gracieusement, mais moins qu'elle ne le devrait. La personne qui donne à une autre les moyens de devenir autonome. La personne qui donne sans faire connaître son identité. La personne qui donne à contrecœur. Donner d'une manière que ni la personne qui donne ni le destinataire ne connaissent l'autre. La personne qui donne ce qu'elle doit, mais seulement après qu'on lui ait demandé. La personne qui donne sans savoir à qui elle donne, mais le receveur connaît le donateur. La personne qui donne avant qu'on lui demande.

???

378


Soyez une femme de parole Koach Hadibur, Le pouvoir de la parole - Tishah B'Av


ANNÉE DE CROISSANCE

380


Soyez une femme de parole

LE POUVOIR CRÉATEUR DES MOTS La parole est si singulièrement importante que le monde entier a été créé par les paroles de Dieu. Dans l’histoire de la création, Dieu commence le processus de création du monde en disant : « Que la lumière soit ». Il utilise ensuite la parole chaque jour pour achever la Création. Les êtres humains sont créés le sixième jour. Le grand commentateur biblique Onkelos nous dit que nous, les humains, nous nous distinguons de toutes les autres créatures par notre capacité à parler.

Mais la parole peut aussi détruire. Proverbes (18:21) nous dit : « La mort et la vie sont entre les mains de la langue. » Notre session sur la parole est liée à Tisha B’Av, le neuvième jour du mois hébreu d’Av. Ce jour de deuil annuel commémore la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de notre ère.

Nous sommes également invités en ce jour à pleurer des tragédies bien plus proches de nous.

Quel est le mot hébreu pour le Temple Sacré de Jérusalem ? On l’appelle le Beit Hamikdash, littéralement traduit par « la maison sainte ». Le temple est un symbole archétypal de la maison et de la sainteté qu’une maison peut - et devrait contenir. Cette journée reconnaît la fragilité de cette structure idéale et invite à notre introspection sur la manière dont nous hébergeons la sainteté dans nos propres maisons. Onkelos, un Romain converti au judaïsme qui a vécu au 1er siècle de notre ère, a traduit la Torah en araméen afin que les Juifs ordinaires aient accès à sa sagesse après l’exil babylonien.

Quelle raison nous donne-t-on dans notre tradition pour expliquer pourquoi le Temple a

été détruit ? Les rabbins nous disent qu’il a été détruit parce que les gens se parlaient de manière destructrice. Pas à cause de la politique, ni à cause de la corruption. Au contraire, le Temple a été rasé en raison d’un type de corruption de l’âme connue sous le nom de discours négatif. Les mots sont les blocs de construction invisibles mais essentiels de nos maisons.

Dans nos propres vies, nous voyons comment un commentaire gentil ou attentionné peut remonter le moral et créer l’amitié et la paix, ou comment un commentaire négatif peut conduire à la douleur, à la haine et à la jalousie. En tant que mères, nous pouvons être conscientes de la capacité de nos mots à inspirer, construire et guérir. Dans cette session, nous discuterons de ce sujet important du pouvoir de nos mots. Nous acquerrons des compétences et des stratégies pour utiliser nos mots pour apporter la guérison et la vitalité au monde qui nous entoure. Quelques questions à vous poser au fur et à mesure que vous progressez dans cette unité :

• Comment est-ce que j’utilise actuellement mes mots pour aider ma famille à grandir ?

• Comment puis-je utiliser des mots pour mieux faire comprendre ma famille, ma communauté et le monde ? • Comment puis-je faire une critique constructive (tochachah) de manière bienveillante et solidaire afin qu’elle soit entendue et utile ? • Quelles stratégies pratiques peuvent m’aider à être plus réfléchie sur les mots que j’utilise ? • Comment comprendre ne seraitce que quelques mots de la langue hébraïque peut-il m’enrichir spirituellement, moi et ma famille ?

381


ANNÉE DE CROISSANCE

BONS MOTS ET GROS MOTS

Au fur et à mesure que nous vieillissons et devenons plus sages, nous réalisons à quel point la chanson de la cour d’école est complètement fausse : « Les bâtons et les pierres peuvent me briser les os, mais les noms ne me feront jamais de mal. » Souvent, la pire douleur que nous éprouvons découle des paroles des autres ou du fait de voir l’effet de nos propres paroles sur quelqu’un d’autre. Comprendre l’énorme impact de nos mots nous oblige à les utiliser positivement. Car ils ont une puissance nucléaire pour améliorer nos relations, nos communautés et le monde. Rav Abraham Isaac Kook, Orot HaKodesh, vol. 3, p. 285 Au fur et à mesure que l’âme s’élève, nous prenons pleinement conscience du formidable pouvoir qui réside dans notre faculté de parler. Nous reconnaissons clairement l’énorme signification de chaque énoncé ; la valeur de nos prières et de nos bénédictions… et de nos conversations. Nous apprenons à percevoir l’impact global de la parole. Nous sentons le changement et la grande agitation du monde qui se produisent à travers la parole.

‫כשנשמתו של אדם מתעלה הרי הוא מרגיש ביותר את‬ ‫ ויודע באמת את הערך הגדול‬.‫הגבורה העצומה של כח הדיבור‬ ,‫ וכל שיחותיו‬... ‫ את ערך תפלתו וברכותיו‬,‫של כל דיבור שלו‬ ‫ וחש הוא את‬,‫ואת הערך של כל הדיבור הכללי הוא צופה‬ .‫תנועת העולם ותסיסתו הגדולה שהדיבור פועל‬

382

Le rabbin Abraham Isaac Kook (18651935) fut le premier grand rabbin ashkénaze d’Israël avant l’État.

• Vous souvenez-vous d’un moment où quelque chose que quelqu’un a dit a eu un grand impact sur vous ? • Vous souvenez-vous d’un moment où vos paroles ont eu un grand impact sur les autres ?

• Avez-vous vu un « changement et une grande agitation du monde » qui sont venus par la parole ? Comment de simples mots ont-ils un si grand pouvoir ?

Midrash Vayikra Rabbah 33:1 (Behar)

Rabban Gamliel dit à son serviteur Tavi : « Va me chercher de la bonne nourriture au marché. » Tavi est allé lui acheter de la langue. Il lui dit : « Va me chercher de la mauvaise nourriture au marché. Tavi est allé lui acheter de la langue. Il lui dit : « Qu’est-ce que c’est ? Quand je t’ai dit d’avoir de la bonne nourriture, tu m’as acheté de la langue, et quand je t’ai dit d’avoir de la mauvaise nourriture, tu m’as aussi acheté de la langue ! Il a répondu: « Le bien vient de cela et le mal vient de cela. Quand la langue est bonne, il n’y a rien de mieux, et quand elle est mauvaise, il n’y a rien de pire.

[Rabbi Yehudah HaNasi] fit un festin pour ses disciples et plaça devant eux des langues tendres et des langues dures. Ils ont commencé à sélectionner les tendres, laissant


Soyez une femme de parole

les durs seuls. Il leur dit : « Remarquez ce que vous faites ! Alors que vous choisissez le tendre et laissez le dur, laissez vos langues être tendres l’une envers l’autre. ‫ ־ לך לשוק וקנה לי איזה מאכל‬:‫אמר רבי שמעון לטבי עבדו‬ ‫ אמר‬.‫טוב! הלך טבי וקנה לשון של פרה והביאה לרבי שמעון‬ ‫יצא וקנה לו‬.‫רבי שמעון לך עוד פעם לשוק וקנה לי מאכל רע‬ ‫ מדוע עשית‬,‫ ־ אמור לי טבי‬:‫ שאל אותו רבי שמעון‬.‫עוד לשון‬ ,‫ הבאת לשון‬,‫זאת? כאשר בקשתי ממך לקנות לי מאכל טוב‬ ‫ שוב קנית לשון? אמר‬,‫וכאשר בקשתי ממך לקנות מאכל רע‬ ‫ אין דבר‬,‫ כאשר הלשון טובה‬.‫ גם טוב וגם רע יוצא ממנו‬:‫לו‬ .‫ אין דבר רע ממנה‬,‫וכאשר היא רעה‬,‫טוב ממנה‬ ‫ֵיהם לְׁשֹונֹות ַרּכִ ים‬ ֶ ‫ ֵהבִ יא לִפְ נ‬,‫לְמ ָידיו‬ ִ ‫לְת‬ ַ ‫עּודה‬ ָ ‫ַרּבִ י ָע ָׂשה ְס‬ ‫ ָא ַמר‬,‫ִיחין ַה ָּק ִׁשים‬ ִ ‫ּומּנ‬ ַ ‫ּבֹור ִרין ּבָ ַרּכִ ים‬ ְ ‫ ִה ְת ִחילּו‬,‫ּולְׁשֹונֹות ָק ִׁשים‬ ‫ּבֹור ִרין ֶאת ָה ַרּכִ ין‬ ְ ‫ֹוׂשין ּכְ ֵׁשם ֶׁש ַא ֶּתם‬ ִ ‫לָהם ְּדעּו ָמה ַא ֶּתם ע‬ ֶ .‫לָאּלּו‬ ֵ ‫ִיחין ֶאת ַה ָּק ִׁשים ּכָ ְך יִ ְהיֶ ה לְׁשֹונְכֶ ם ַרְך ֵאּלּו‬ ִ ‫ּומּנ‬ ַ Vayikra Rabbah est un recueil de sermons et d’explications sur les thèmes ou le texte du livre du Lévitique. Il a été écrit en Terre d’Israël, vers le milieu du 7ère siècle de notre ère.

Pirkei Avot (Éthique de nos pères) 5:7

Les sages ne parlent pas avec excès en présence de plus sages qu’eux ; n’interrompez pas les paroles de leurs amis; ne répondez pas à la hâte. Ils demandent ce qui est pertinent et répondent au point; traitez les premières choses en premier et les dernières choses en dernier ; avouez « je n’ai pas entendu » ce qu’ils n’ont pas entendu ; et admettez la vérité.

‫וְאינֹו‬ ֵ ,‫ָחכָ ם ֵאינֹו ְמ ַדּבֵ ר ּבִ פְ נֵי ִמי ֶׁשהּוא גָ דֹול ִמ ֶּמּנּו בְ ָחכְ ָמה ּובְ ִמנְיָ ן‬ ‫ּומ ִׁשיב‬ ֵ ‫ׁשֹואל ּכָ ִענְיָ ן‬ ֵ ,‫לְה ִׁשיב‬ ָ ‫וְאינֹו נִבְ ָהל‬ ֵ ,‫נִכְ נָס לְתֹוְך ִּדבְ ֵרי ֲחבֵ רֹו‬ ‫וְעל ַמה‬ ַ ,‫וְעל ַא ֲחרֹון ַא ֲחרֹון‬ ַ ‫וְאֹומר ַעל ִראׁשֹון ִראׁשֹון‬ ֵ ,‫ּכַ ֲהלָכָ ה‬ .‫ּומֹודה ַעל ָה ֱא ֶמת‬ ֶ ,‫אֹומר ֹלא ָׁש ָמ ְע ִּתי‬ ֵ ,‫ֶּׁשֹּלא ָׁש ַמע‬ • Laquelle de ces pratiques exercez-vous déjà ?

• Laquelle de ces pratiques pourriezvous entreprendre ? • Qu’ajouteriez-vous aux sept éléments de la liste ?

• Par lequel de ces sept éléments voudriez-vous vivre ? Pirkei Avot (L’éthique de nos pères) est un traité de la Mishna qui contient des enseignements éthiques des anciens rabbins.

383


ANNÉE DE CROISSANCE

LES STRATÉGIES DE LORI POUR ÉLIMINER LES COMMÉRAGES 1. Ne dites pas de mal.

Ne prononcez que des paroles positives. Laissez les mots de bienveillance être sur votre langue. Cela signifie répondre au lieu de réagir. Modifiez votre discours avant de parler.

2. N’entendez aucun mal.

Le discours désobligeant envers autrui est appelé en hébreu lashon hara, ce qui signifie « mauvaise langue ». La tradition juive interdit toute relation de paroles nuisibles à l’égard d’autrui, qu’elles soient vraies ou non.

Dix façons d’éliminer les commérages1 ? Par Lori Palatnik et Bob Burg Lévitique 19:16

Ne va point colportant le mal parmi les tiens...je suis l’Éternel .’‫אנִי ה‬...‫יָך‬ ֲ ‫תלְֵך ָרכִ יל ּבְ ַע ֶּמ‬-‫ֹלא‬ ֵ

Midrash Tehillim 52

Une personne qui calomnie en tue trois : le conteur, l’auditeur et la victime. .‫האומר לשון הרע הורג שלושה‬ .‫המספרו והמקבלו והנאמר עליו‬

Refusez d’écouter les commérages, les calomnies et autres formes de discours négatifs. Si vous êtes au régime, n’apportez pas de gâteaux et de biscuits à la maison. Si vous mettez fin aux commérages, essayez de vous tenir à l’écart des conversations qui pourraient vous inciter à écouter ou à intervenir.

S’il est impossible d’éviter la conversation, ayez un autre sujet d’intérêt « positif » que vous pouvez aborder rapidement afin de changer de sujet.

3. Ne voyez aucun mal.

Jugez les gens favorablement, comme vous voudriez qu’ils vous jugent. Si vous avez déjà été accusé d’avoir fait quelque chose pour laquelle vous savez que vous êtes innocent, alors vous savez ce que c’est que d’être mal jugé. Rappelez-vous, si vous n’étiez pas là, vous ne le savez pas. Même si vous étiez là, vous avez peut-être manqué le contexte de ce qui s’est réellement passé.

4. Ne rationalisez pas un discours destructeur.

Des excuses comme « Mais c’est vrai » ou « Je ne fais que plaisanter » ou « Je peux tout dire à mon épouse » ne suffisent pas. Les commérages sont des commérages. Le fait que ce soit vrai

1 Lori Palatnik et Bob Burg, extraits de Gossip : Dix voies pour l’éliminer de votre vie et transformer votre âme. Copyright © 2002 par Lori Palatnik et Bob Burg. Réimprimé avec la permission de The Permissions Company, LLC, au nom de Simcha Press, une marque de Health Communications, Inc., www.hcibooks.com.

384


Soyez une femme de parole

est ce qui le qualifie de commérage. Si ce n’était pas vrai, ce serait de la diffamation ou de la calomnie, selon le support.

5. Méfiez-vous de dire du mal sans dire un mot méchant. Le langage corporel, même avec un discours positif, peut engendrer une énorme destruction.

6. Soyez humble.

Évitez l’arrogance. Ce seront vos meilleures armes contre les discours destructeurs. Prenez plaisir à vos réalisations, sans fierté. De cette façon, vous reconnaissez la source ultime de vos réalisations. Ceux qui sont arrogants sont tellement remplies d’eux-mêmes qu’il n’y a pas de place pour Dieu dans leur vie.

7. Méfiez-vous des informations répétées. Même les informations positives nécessitent une autorisation avant d’être répétées. Dire à quelqu’un qui est sans emploi que votre ami commun a obtenu une augmentation ne constitue pas un discours approprié..

Midrash Tehillim 120:2

Nos langues sont comme des flèches : une fois que nous nous sommes échappés de la calomnie et des commérages, nos paroles continuent à détruire le caractère de la victime et nous ne pouvons rien faire pour les reprendre.

‫ כיון שירה אותו והלך אפילו מבקש‬...?‫נמשל הלשון לחץ ולמה‬ .‫להחזירה אינו יכול להחזיר‬

Midrash Bereshit Rabbah 98

De toutes les armes, pourquoi nos langues sont-elles comparées à des flèches ? Car toutes les autres armes tuent de près, mais celle-ci peut frapper de loin. Ainsi en est-il de la calomnie ; il est prononcé à Rome et tue en Syrie. ‫ ֶאּלָא ּכָ ל ּכְ לֵי זַיִ ן ַמּכִ ין‬,‫לְמ ְׁשלָן ּבְ ֵחץ ִמּכָ ל ּכְ לֵי זַיִ ן‬ ָ ‫ּומה ָר ָאה‬ ָ ‫ֹומי‬ ִ ‫ ּכָ ְך הּוא לָׁשֹון ָה ָרע ְּד ָאמּור ּבְ ר‬,‫קֹומם וְזֶה ַמּכֶ ה ֵמ ָרחֹוק‬ ָ ‫ּבִ ְמ‬ .‫וקטיל בסוריא‬

8. L’honnêteté est vraiment la meilleure approche - la plupart du temps.

Veillez à toujours dire la vérité à moins que cela ne blesse les autres ou ne viole la vie privée. Efforcez-vous d’être honnête dans tout ce que vous faites. Si être honnête signifie blesser inutilement les sentiments d’autrui, il vaut mieux ne pas être aussi véridique. Ceux qui se vantent d’être « brutalement honnêtes » sont généralement plus brutaux qu’honnêtes.

9. Apprenez à dire : « Je suis désolé ».

Tout le monde commet des erreurs. Si vous avez mal parlé de quelqu’un, clarifiez la situation immédiatement. C’est peut-être gênant, mais finissons-en vite. Excusez-vous, demandez pardon et faites-leur savoir que cela ne se reproduira plus.

10. Pardonnez.

Si vous avez été lésé, laissez aller. Pardonnez pour votre bien, sinon pour le leur. Ceux qui peuvent pardonner vivent une vie plus saine, plus heureuse et moins stressante. Ceux qui disent qu’ils pardonneront mais n’oublieront pas disent en fait qu’ils ne pardonneront ni n’oublieront.

385


ANNÉE DE CROISSANCE

CRITIQUE CONSTRUCTIVE Par Dr. Ronit Ziv-Kreger

Naviguer dans la distinction entre l’utilisation de la parole de manière constructive et destructive n’est pas toujours facile. Et pourtant c’est crucial. Comme le feu, nos mots peuvent illuminer et réchauffer, mais peuvent aussi brûler. Tishah B’Av, la journée juive mondiale d’introspection et de jeûne, est une invitation à regarder de manière carrée au prix du discours négatif. Nous pouvons regarder à la fois le prix que le peuple juif a payé historiquement et le prix que nous payons dans nos foyers et nos communautés. Oui, il y aura des conflits dans nos foyers. Il ne s’agit pas de les éviter, mais plutôt de les élever, par un engagement bienveillant et attentif.

La Torah nous dit que nous avons l’obligation de critiquer quelqu’un qui fait la mauvaise chose. En hébreu, cette critique s’appelle tochachah. Le simple fait d’ignorer quand une autre personne fait quelque chose qui cloche n’est souvent pas la chose la plus appréciable que nous puissions faire pour elle. Nous sommes appelés à nous engager dans la critique en raison de notre amour pour l’autre et de notre croyance en son potentiel inhérent. Cependant, les sages du Talmud enseignent que nous ne sommes autorisés à critiquer les autres que si nous pensons qu’ils seront réceptifs à ce que nous avons à dire. Réprimander quelqu’un qui résiste ne fera qu’empirer les choses. Donner une critique constructive peut être très délicat. Nous pouvons hésiter à offenser les autres, craindre qu’ils ne nous comprennent pas ou s’inquiéter des effets sur notre relation avec eux.

386

Lorsque l’autre personne est votre enfant, cela peut devenir encore plus délicat.

Comment pouvons-nous critiquer nos enfants quand nous pensons qu’ils sont susceptibles de prendre de mauvaises décisions, tout en communiquant avec eux avec amour et respect ? Pensez à une situation dans laquelle vous ressentez le besoin de réprimander quelqu’un. Lisez les directives suivantes sur la façon de critiquer un autre, puis notez quelques points de discussion, ou même une courte ébauche de ce que vous diriez..

1. La critique doit provenir d’un lieu d’amour et de respect.

N’essayez pas de réprimander quelqu’un alors que vous êtes encore en colère. Attendez de pouvoir approcher l’autre sur la base du soutien et de l’amour. Le rabbin Moshe Alshich explique :

« C’est le sens [du verset] (Proverbes 9:8), ‘Ne reprends pas l’insensé, car il te haïra. Reprenez un sage et il vous aimera.’ Quand tu veux réprimander ton ami, ne dis pas : ‘Tu es un imbécile ; pourquoi as-tu commis une telle transgression ?’ Parce qu’alors ils vous répondront grossièrement: “Qu’est-ce que tu sais que je ne sais pas ? » Comme vous, je sais discerner entre le profane et le sacré. Qui vous a nommé ministre et juge pour me reprendre ? Cependant, si vous commencez par bien parler avec eux, « Mon cher et honnête ami, comment avez-vous pu commettre une si mauvaise chose ? » Ensuite, ils ne vous répondront pas de manière grossière. Et c’est pourquoi il est dit : « Ne reprends pas un insensé ». Cela signifie que si vous réprimandez, ne dites pas ou ne pensez


Soyez une femme de parole

pas des choses telles que : « Tu es un imbécile ». [Ainsi,] « Reprenez une personne sage » [dans le verset signifie que vous devriez] leur dire : «Tu es si sage, alors comment se fait-il que tu fasses une telle chose »

2. Chercher à clarifier, écouter et être précis.

Le mot hébreu pour réprimander est tochachah, qui, selon le grand commentateur Rachi, vient du mot hébreu pour preuve, hochachah.

Commencez par poser des questions de clarification pour vous aider, vous et l’autre personne, à mieux comprendre. Écoutez, sans présumer que vous avez une image complète. Après avoir clarifié, si vous choisissez de critiquer, tenez compte du sage conseil de Rashi :

“La critique consiste toujours à clarifier les choses.”2Aidez à clarifier en étant précis sur ce que vous avez vu, ce que vous ressentez et ce que vous demandez. Rabbi Moshe Alshich (1508–1593) était un commentateur biblique. Il est né dans l’Empire ottoman et s’est installé à Safed (Tzfat), Israël. Il est également connu sous le nom d’Alshich HaKadosh.

2 Rachi sur Genèse 20:16.

Lévitique 19:17

Ne hais pas ton prochain dans ton cœur. Reprenez [ou raisonnez] franchement votre prochain afin de ne pas supporter le péché à cause de lui. ‫ וְֹלא‬,‫יתָך‬ ֶ ‫יח ֶאת ֲע ִמ‬ ַ ִ‫ֹלא ִת ְׂשנָא ֶאת ָא ִחיָך ּבִ לְבָ בֶ ָך; הֹוכֵ ַח ּתֹוכ‬ ‫ִת ָּׂשא ָעלָיו ֵח ְטא‬

3. Concentrez-vous sur le problème, pas sur la personne.

Beruriah, une grande femme sage du 2ème siècle de notre ère, a un jour entendu son mari, le rabbin Meir, prier pour la mort de certains fauteurs de troubles. Elle lui a conseillé de prier à la place pour la disparition du comportement inapproprié. Le rabbin Meir suivit son conseil et les mécréants s’amendèrent effectivement.3 ?Le conseil de Beruriah s’applique également à nous aujourd’hui: Concentrez-vous sur le comportement problématique plutôt que de faire des déclarations sur le caractère de la personne.

4. Ne critiquez que si vous avez confiance que l’autre y est réceptif. Le Talmud dit : « De même qu’il est commandé de dire ce qui sera écouté, de même il est commandé de ne pas dire ce qui ne sera pas écouté ».4 ? ?Déterminez si vous êtes la bonne personne pour transmettre le message, ou s’il y a quelqu’un d’autre qui peut le transmettre et être mieux reçu.

3 Talmud de Babylone, Brachot 10a..

4 Talmud de Babylone, Yevamot 65b.

387


ANNÉE DE CROISSANCE

Considérez également : Quand et où devez-vous prononcer le reproche ? Comment le structurer ? Réfléchissez bien avant de commencer la conversation Beruriah (2ème siècle de notre ère) est l’une des nombreuses femmes citées comme sages dans le Talmud. Elle était l’épouse du sage Rabbi Meir et la fille de Rabbi Chananiah ben Teradion, qui a été mis à mort par les Romains pour avoir enseigné la Torah.

4. Évitez d’humilier qui que ce soit.

Les rabbins de la Mishna et du Talmud nous implorent d’être vigilants pour éviter d’humilier une autre personne. Ils vont jusqu’à assimiler l’humiliation publique au meurtre de la personne. Ils notent que l’humiliation peut entraîner un écoulement de sang du visage de la personne, qu’ils considèrent comme une forme de « versement de sang ». Si vous critiquez quelqu’un, prévoyez de lui parler en privé, pas en public, et veillez à protéger la dignité de l’autre.

5. Gérez votre propre état d’esprit.

Même si vous déterminez que l’autre personne ne sera pas réceptive au reproche et décidez de vous abstenir de lui en parler, la Torah vous enseigne de ne pas la haïr. Le même verset qui nous dit de donner des réprimandes dit 5 Lévitique 19:17.

388

également : « Tu ne haïras pas ton prochain dans ton cœur.»5

6. N’évitez pas les conflits constructifs juste pour préserver une harmonie artificielle.

Le Midrash nous dit : « L’amour non accompagné de critique n’est pas l’amour... la paix non accompagnée de reproche n’est pas la paix. » Faites l’effort de livrer votre critique constructive même si cela vous met mal à l’aise.

7. La critique constructive n’est pas facile à donner et difficile à recevoir.

Les sages disent que personne ne sait comment délivrer un reproche comme il se doit, et nous ne savons pas non plus comment bien le recevoir. Faites de votre mieux, en utilisant ces lignes directrices. Pensez également à commencer par reconnaître humblement qu’il s’agit d’un acte difficile, mais que vous offrez vos paroles avec amour et appréciation.

Midrash Bereshit Rabbah 54:3

L’amour non accompagné de critique n’est pas l’amour… la paix non accompagnée de reproche n’est pas la paix. ‫ ּכָ ל ָׁשלֹום ֶׁש ֵאין ִעּמֹו‬...‫ּכָ ל ַא ֲהבָ ה ֶׁש ֵאין ִע ָּמּה ּתֹוכָ ָחה ֵאינָּה ַא ֲהבָ ה‬ .‫ּתֹוכָ ָחה ֵאינֹו ָׁשלֹום‬


Soyez une femme de parole

389


ANNÉE DE CROISSANCE

ÉLOGES : DANGERS ET AVANTAGES POUR L’ESTIME DE SOI DES ENFANTS La récompense est en fonction de l'effort. – Pirkei Avot 5:26

De nombreux parents pensent que les éloges peuvent aider à renforcer la confiance de leur enfant. Nous disons aux enfants : « Tu es si intelligent ! » « Tu es tellement créatif ! » Cependant, la recherche a montré que tous les éloges ne sont pas égaux. Ce type d’éloges axés sur le talent, comme dans les exemples ci-dessus, peut en fait ébranler la confiance et la persévérance d’un enfant. Le livre fantastique du Dr Carol Dweck, État d’esprit : La nouvelle psychologie du succès, documente les résultats de la recherche indiquant que de tels éloges conduisent à un état d’esprit fixe qui croit que des qualités telles que l’intelligence ou le talent sont des traits fixes. Cela ressort de l’étude d’Eva Pomerantz et de Sara Kempner sur les mères et les louanges.6 ? ?Grâce à une étude portant sur 120 couples de mères et d’enfants, les chercheurs ont déterminé que les mères qui faisaient l’éloge de la personne de leurs enfants, en disant des choses comme « Tu es intelligent », avaient un effet négatif sur le désir de leurs enfants de se mettre au défi eux-mêmes. Les enfants ne voulaient pas risquer d’obtenir des preuves discordantes de leur « intelligence » en s’efforçant de tout leur possible.

Une étude du Reed College et de l’Université de Stanford indique des résultats similaires, à savoir les étudiants ayant reçu de tels éloges de la part de figures d’autorité, affichaient une « aversion au risque et un manque d’autonomie perçue ».7 ?Au lieu de cela, les élèves cherchaient plus de validation de la part de leurs enseignants et étaient réticents à persévérer dans les

tâches difficiles. Les personnes ayant un état d’esprit fixe passent du temps à s’assurer ou à documenter leur talent plutôt qu’à le développer.

Le Dr Carol Dweck explique que les éloges qui, en revanche, se concentrent sur l’effort, conduisent à un état d’esprit de croissance : « Dans un état d’esprit de croissance, les défis sont excitants plutôt que menaçants. Alors plutôt que de penser, oh, je vais révéler mes faiblesses, vous dites, ouah, voici une opportunité de grandir. Les recherches qu’elle a rassemblées montrent qu’il s’agit d’éloges spécifiques qui se concentrent sur l’effort qui favorise l’identité positive des enfants.

Les parents peuvent utiliser le langage de la remarque pour un effort spécifique plutôt que des commentaires généraux tels que « excellent travail ! », et parler du processus et de la stratégie plutôt que de se concentrer sur le résultat. Par exemple, « Je t’ai vu t’accrocher, essayer différentes façons de résoudre ce problème » ; « Tous les efforts que tu as déployés au cours de l’année ont conduit à la performance d’aujourd’hui. Te sens-tu aussi fier de toi que moi pour tout ton travail acharné ? »

De tels commentaires peuvent aider vos enfants à développer un état d’esprit de croissance et une prise de conscience que nos sages ont enseignée il y a longtemps (concernant les questions spirituelles) : « La récompense est fonction de l’effort. » Il favorise la confiance intérieure et la persévérance que le roi Salomon a observées : “Une personne développée spirituellement tombe sept fois et se relève à chaque fois.”8

6 E. M. Pomerantz et S. G. Kempner, « Quotidien des mères et processus louange : Implications pour la théorie de l'intelligence et de la motivation des enfants », Psychologie du développement 49:11 (novembre 2013) : 2040–2046. 7 Po Bronson, « Comment ne pas parler à vos enfants », New York Magazine, 3 août 2007, https:// nym.ag/3rB4q21.

390

8 Proverbes : 25:16


Soyez une femme de parole

QUELQUES DIRECTIVES JUIVES POUR FAIRE L’ÉLOGE DE VOTRE ENFANT Les trois suggestions suivantes, adaptées de Cinq façons de louer une saine estime de soi, par Adina Soclof, présentent quelques idées sur la façon d’utiliser les « bonnes louanges » dans votre foyer juif.

Nommez les actions qui correspondent aux traits positifs. Au lieu de dire « tu es une si grande fille », essayez : « tu as accroché ton manteau là où il va. Cela maintient notre maison organisée. C’est être responsable. » Utilisez le mot hébreu middah pour parler des traits. Pour construire l’identité juive, vous pouvez utiliser le terme hébreu middah, qui signifie littéralement « mesure » - comme dans « bonne mesure » - et évoque juste le bon équilibre d’un certain trait. Au lieu de « Tu es un ami merveilleux ! »” essayez, « Vous avez trouvé un jouet qu’Eli aime. Vous avez d’abord essayé l’oiseau, mais il ne voulait pas cela. Ensuite, vous avez essayé l’éléphant. C’est utiliser la middah de la patience. » Identifiez les actions d’un enfant avec des valeurs juives et des mitzvot. Au-delà de l’utilisation du mot middah pour décrire les traits d’un enfant, nous pouvons faire savoir aux enfants quand leurs actions s’alignent sur une valeur juive ou une mitzvah sur laquelle nous avons choisi de nous concentrer pendant un certain temps. Faites savoir aux enfants quand nous voyons cette valeur ou cette mitzvah en action. N’importe laquelle des valeurs de l’Année de croissance peut être un objectif. Voici quelques exemples : • Au lieu de « Tu es si gentil », essayez : « Tu as offert à Sarah une tasse de jus. C’est ainsi que vous faites le chesed (bonté de cœur).”

• Au lieu de « Tu es un si grand garçon ! » essayez, “Tu m’as donné un mouchoir. Cela prouve la mitzvah du kibud horim (respect des parents). »

• « Vous avez utilisé les deux côtés de ce papier ; qui prouve la mitzvah du bal tashchit (éviter le gaspillage). » • « Vous avez invité un nouveau voisin à jouer ; qui prouve la mitzvah de hachnasat orchim (hospitalité). • « Vous avez pris la parole lorsqu’un ami était victime d’intimidation ; qui prouve la azut d’kedushah (courage ou audace sacrée).”

Mettez en scène des situations courantes dans votre foyer et réfléchissez à la valeur sur laquelle vous pourriez choisir de vous concentrer. Comment pouvez-vous utiliser ces lignes directrices pour vous familiariser avec cette valeur et incorporer les « bons éloges » ? • Quel genre d’éloges adressez-vous habituellement à vos enfants ?

• Que pouvez-vous changer pour donner de « bons éloges » qui mènent à une identité positive ?

• Consultez les tableaux de réflexion/écriture vers la fin de la session (pages 402-403). Prenez 5 à 10 minutes pour écrire vos réponses aux questions sur les tableaux. Écrire en silence permet à vos pensées de circuler librement, sans modification. Lorsque vous avez fini d’écrire, mettez-vous en binôme avec une autre sœur et discutez de certains des problèmes et idées qui vous ont été proposés lors de cet exercice.

391


ANNÉE DE CROISSANCE

RÉFLÉCHIR À NOS PAROLES Par Jacqueline Serebrani-Kesner9

Voici une idée que vous pouvez pratiquer en groupe pendant votre session. Alternativement, les femmes peuvent discuter de l’activité lors de votre session et préparer des sacs avec le matériel à faire à la maison avec leurs familles.9 ?

Commencez par réfléchir aux mots et aux sentiments qui sont particulièrement importants pour vous. Notez vos réflexions sur des questions telles que les suivantes : • Quand vos paroles ont-elles édifié les autres ?

• Quels mots vous nourrissent ?

• Quand vos mots ont-ils suscité la créativité ? • Quels mots favorisent votre croissance ? • Comment vos mots aidentils les autres à grandir ?

• Que dites-vous lorsque vous proposez de l’aide ?

• De quelles manières avez-vous utilisé les mots pour être une participante plutôt qu’une spectatrice ?

• De quelles manières avez-vous utilisé des mots pour soutenir l’inclusivité ? • Quels mots expriment vos espoirs pour Israël et le peuple juif ? • À quoi aspirez-vous ?

• Comment pourriez-vous attirer plus de sainteté dans votre discours ?

• Sur quoi avez-vous pleuré cette année ? • Qu’avez-vous appris d’expériences bouleversantes ? • Quels mots décrivent vos valeurs et les valeurs de votre famille ? • Quels mots de la Torah pouvezvous intégrer dans votre vie ?

À partir de vos réflexions, créez des phrases ou des mots clés qui expriment succinctement vos sentiments. Écrivez-les sur des drapeaux individuels (voir page ci-contre). Une fois tous les drapeaux créés, attachez-les à la ficelle, accrochez-les et utilisez-les comme point de conversation et d’inspiration.

9 Jacqueline Serebrani-Kesner, éducatrice artistique interdisciplinaire, dirige Creative Arts Enrichment. Pour plus d’informations, consultez www.creativeartsenrichment.org. Jacquie peut être contactée à jserebrani@ creativeartsenrichment.org.

392


Soyez une femme de parole

Matériel nécessaire :

Ciseaux Colle Papier assorti coupé en morceaux de 2” x 4”Marqueurs permanents (“Sharpie”) Ficelle, fil, ruban ou jute pour accrocher les « drapeaux »

Instructions :

 Coupez une ficelle, fil, ruban, jute, etc. d’une longueur d’1 mètre

 Coupez six à huit morceaux de papier de taille 2” x 4”. Ce sont vos « drapeaux ».

 Écrivez vos pensées/sentiments sur les drapeaux, pliez le haut du papier et plissez-le. Écrivez vos pensées/sentiments sur les drapeaux, pliez le haut du papier et plissez-le. Enroulez le drapeau sur la ficelle et appuyez dessus pour qu’il s’attache au mieux.

393


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur Israël : Eliezer Ben-Yehuda10

Eliezer Ben-Yehuda au travail (Crédit : www.jewishcurrents.org/tag/eliezer-benyehuda/)10

Israël est un festin pour les sens. Les images, les odeurs, les goûts, les textures et les sons du pays sont intégrés dans la vie quotidienne du pays. L’un des grands plaisirs pour beaucoup de ceux qui y passent du temps, que ce soit en tant que visiteur ou en tant que résident, est le son de l’hébreu, une langue autrefois ancienne devenue moderne, en tant que langue nationale d’Israël. Le processus remarquable qui a conduit au développement de l’hébreu moderne a été l’œuvre de la vie du visionnaire non-conformiste Eliezer Ben-Yehuda. Né en Lituanie en 1858, Ben-Yehuda rêvait de créer une patrie nationale juive et de faire revivre l’hébreu ancien pour connecter son peuple. Sa conviction inébranlable était que l’hébreu serait le ciment pour lier et renforcer la nation.

Lorsque Ben-Yehuda est arrivé à Jérusalem en 1881, l’hébreu n’était plus une langue parlée depuis les temps bibliques. Néanmoins, BenYehuda a travaillé sérieusement pour réaliser sa vision d’unir les Juifs à travers leur langue ancienne. Son premier cas test serait très personnel. Avec sa femme, Deborah Jonas, BenYehuda s’est consacré à élever le premier enfant de langue hébraïque moderne, leur propre fils, Ben-Zion Ben-Yehuda (plus tard connu sous le nom d’Itamar Ben-Avi).

Ben-Yehuda croyait que si son fils pouvait apprendre à ne parler que l’hébreu, il servirait de preuve de la faisabilité de son rêve et de sa faisabilité pour toute la nation. Dès leur naissance, Ben-Yehuda et Deborah contrôlèrent strictement l’environnement de leur fils. Un certain nombre de règles internes ont été conçues pour empêcher l’exposition de Ben-Zion à des langues autres que l’hébreu. Par exemple, il n’était pas autorisé à jouer avec d’autres enfants dans le but de limiter son exposition à leur langue maternelle, et lorsque des visiteurs venaient à la maison qui ne connaissaient pas l’hébreu, Ben-Zion était envoyé au lit pour qu’il n’entende pas leurs langues étrangères. Pour élever un enfant avec un vocabulaire croissant, Ben-Yehuda devait constamment

10 Des parties de cet article ont été adaptées de www.jewishvirtuallibrary.org/eliezer-ben-yehuda-and-therevival-of-hebrew; www.myjewishlearning.com/article/eliezer-ben-yehuda/.

394


Soyez une femme de parole

développer de nouveaux mots pour la capacité évolutive de son fils.

Bon nombre des premiers mots de l’hébreu moderne ont été créés en réponse aux besoins quotidiens et aux interactions entre un enfant et ses parents.

Au fur et à mesure que la facilité linguistique de Ben-Zion grandissait, l’hébreu moderne suivait le rythme. Au fil des années, BenYehuda et sa famille de langue hébraïque sont devenus de plus en plus un modèle et une source d’inspiration pour toute la nation. En dehors de chez eux, Ben-Yehuda a travaillé pour faire accepter l’hébreu comme langue d’enseignement dans les écoles tout en continuant à développer un vocabulaire qui transformerait l’hébreu biblique en un moyen de communication pratique et contemporain. Il a gagné le soutien des éducateurs, dont beaucoup partageaient la vision nationaliste de Ben-Yehuda. Avec eux derrière lui, le rêve de Ben-Yehuda de l’hébreu comme ciment du peuple juif a été catalysé. Les enfants arrivant de leur pays d’origine parlaient un certain nombre de langues différentes et ont développé ensemble un sentiment d’appartenance à une nation enraciné dans leur langue commune nouvellement adoptée.

Ben-Yehuda n’a jamais cessé d’étendre la langue. Il a travaillé sans relâche pour le reste de sa vie, développant un vocabulaire en réponse aux besoins croissants de la nation. En 1910, il

publie la première édition de son dictionnaire. Le travail sur cet ensemble en dix-sept volumes du Dictionnaire complet de l’hébreu ancien et moderne a été poursuivi par d’autres après sa mort, et a finalement été achevé en 1922. Eliezer Ben-Yehuda croyait au pouvoir du langage. Il a compris et s’est consacré à l’idée qu’elle va à la racine de notre identité en tant qu’individus et en tant que communauté. C’était l’élément central de sa conception d’une patrie juive moderne et unie. Comme les gens qui l’ont adopté, l’hébreu moderne est une force dynamique, spécifiquement créée pour répondre aux besoins d’un peuple ancien pionnier d’une vie dans le monde moderne. • Considérez votre propre expérience en entendant et en étant entouré d’hébreu. Quel genre de sentiments met-il en évidence ?

• Apprendre un ou plusieurs mots hébreux lors d’un voyage à travers Israël a-t-il contribué à votre sentiment d’identité juive ?

• La famille Ben-Yehuda a fait de grands sacrifices pour devenir le premier foyer de langue hébraïque moderne. Que pensez-vous d’impliquer un enfant dans une telle entreprise ?

• Quel pourrait être un mot hébreu (ou le mot hébreu suivant) que vous pourriez incorporer dans votre culture familiale ?

395


ANNÉE DE CROISSANCE

APPRENEZ AVEC VOTRE SOEUR Pleins feux sur l'hébreu

L’hébreu est l’une des langues les plus anciennes qui existent, mais après la destruction des Premier et Second Temples, il a cessé d’être la langue maternelle de toute communauté pendant de nombreuses générations. Ainsi, en tant que langue vivante, c’est l’une des plus récentes au monde (voir récit pages 394-395).

Dr. Jeremy Benstein, dans son merveilleux livre, Racines hébraïques, Routes juives : Une langue tribale dans un monde global, écrit : « Il est facile de se sentir découragé si nous adoptons une approche tout ou rien de l’étude des langues, et le sentiment que la tâche est trop grande laisse beaucoup de gens sans rien. Plutôt que de lutter pour tout ou rien, notre maîtremot devrait être engagement. Nous n’avons pas besoin de maîtriser l’hébreu textuel classique ou l’hébreu parlé israélien moderne pour accéder aux richesses de la vie juive... L’hébreu peut être un véhicule à multiples facettes de la culture juive et peut ouvrir de nouvelles voies fertiles d’identité et d’expression. L’hébreu est une langue d’une beauté exquise, dans laquelle la racine d’un mot transmet une signification profonde et stratifiée. Par exemple, le mot pour “progrès” est kidmah.

11 5:21.

12 l ’introduction de Na’hmanide au livre de la Genèse.

396

Étonnamment, le mot hébreu pour “ancien”, kadum, a la même racine ! Pourquoi ces deux mots apparemment opposés partageraient-ils la même racine ? Certains connaissent peut-être Kedem (‫ )קדם‬comme nom de marque pour le jus de raisin, mais ces trois lettres hébraïques, qui à elles seules signifient « avant », représentent une vision du temps qui est dialectique. Ils servent de racine à trois lettres de mots qui véhiculent à la fois le passé et le futur.

Cette idée est reflétée dans un verset du livre des Lamentations11 ?qui est également inclus dans les prières des grandes fêtes : « Renouveler nos jours à partir de kedem. » Il reflète l’idée que le progrès d’une nation, d’une organisation ou d’un individu repose sur une sagesse intemporelle. Cela peut également signifier12 ?que l’avenir est construit sur les défis et les triomphes du passé - les nôtres et ceux de nos ancêtres. Reflétés dans ces expériences, nous pouvons reconnaître des éléments de notre propre caractère et de notre potentiel, et nous pouvons exploiter ces expériences pour nous aider à faire des ajustements vers un véritable progrès.


Soyez une femme de parole

À présent mettez-vous à l’essai

Divisez-vous en groupes et examinez l’une des combinaisons de mots en hébreu ci-dessous. Demandez-vous : Quelles sont les similitudes entre ces deux concepts ? Comment la compréhension de chaque mot peut-elle éclairer leur sens profond ?

• rachamim (‫ )רחמים‬et rechem (‫( )רחם‬miséricorde & utérus) • regel (‫ )רגל‬et hergel (‫( )הרגל‬pied/pèlerinage & habitude)

• ratz (‫ )רץ‬et ratzon (‫( )רצון‬courir et vouloir/ aspiration)

• ne’elam (‫ )נעלם‬et olam (‫( )עולם‬caché & monde/ éternel)

Apporter quelques mots hébreux dans votre vocabulaire peut être un moyen de s’engager avec la signification multicouche de l’hébreu et l’ambiguïté inhérente à ses textes. Serait-ce une façon pour notre discours de refléter davantage la profondeur infinie de l’âme humaine ?

397


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs de Koa’h Hadibour, le Pouvoir de la Parole, dans votre vie de famille

• Consultez les podcasts, vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  J’utilise ma langue pour le bien

 Je ne dis pas de mal et je n’écoute pas le mal  Je pardonne facilement

 Je fais des critiques uniquement quand je sais qu’elles seront acceptées  Quand je fais un reproche, je me focalise sur le problème, pas sur la personne

• Apprenez-en plus sur Ticha Beav en consultant le dossier complet sur Chabad. org : https://bit.ly/3pq4be0

• Regardez ces vidéos de Shofar  https://bit.ly/3LHn7wa

 https://bit.ly/44JJEkx

 10 faits sur la destruction du temple : https://bit.ly/41lGsJc

398

• Nous souhaitons tous que nos enfants aient de grands rêves. Les études prouvent que les mentalités ne sont pas gravées dans la pierre. En d’autres termes, il est toujours possible de changer d’état d’esprit. Comment y parvenir ?  Valorisez intelligemment. Plutôt que de louer l’intelligence ou le talent, louez le processus dans lequel les enfants s’engagent. Félicitez l’effort. Valorisez les améliorations. Cela aidera vos enfants à gagner en résilience et en force. S’ils comprennent que ce qui est important, c’est le processus et pas uniquement le résultat, ils seront plus enclins à s’engager dans des projets difficiles dans le futur.  Récompensez les efforts. Initiez la réflexion sur la recherche de solutions. Cela les encouragera à s’impliquer sur du plus long terme et à persévérer malgré les difficultés.

 Apprenez à vos enfants qu’ils peuvent changer. Montrez-leur comment fonctionne leur cerveau et comment de nouvelles connections neuronales se créent chaque jour. Expliquez-leur en quoi cela influence leur manière d’apprendre et mettez l’accent sur la possibilité qu’ils


Soyez une femme de parole

ont d’acquérir toujours de nouvelles compétences et d’apprendre de nouvelles choses.

 Employez les mots « déjà » et « pas encore » : plutôt que de dire « Tu n’as pas réussi ceci » dites « tu n’as pas encore réussi ceci ». C’est une manière d’autoriser les enfants à penser qu’ils peuvent réaliser tout ce qu’ils souhaitent, c’est juste qu’ils n’y sont pas encore arrivés. • Saviez-vous que certains mots hébreux ont pénétré la langue française ? Abracadabra, alphabet, chérubin, échalote ou jéroboam ont fait le voyage jusqu’à notre langue… Faites l’expériences avec vos enfants de rechercher d’autres mots… • Lisez l’ouvrage de Yael Yotam, Étincelles d’hébreu, langue et vision du monde (Ed. Lichma)

• Initiez vos enfants à l’écriture de poèmes en acrostiches qui font chaud au cœur de ce qui les reçoivent. Essayez d’en composer un pour chaque membre de la famille. Pour ce faire, suivez les étapes suivantes :  Écrivez le prénom verticalement

 Réfléchissez ensemble à des mots ou des phrases qui décrivent les qualités que vous appréciez chez cette personne, plus particulièrement des qualités qui commencent par les lettres se son nom  Inscrivez à la suite de chaque lettre du prénom le mot ou la phrase qui correspondent

 Complétez avec d’autres vers pour créer un poème  Encouragez vos enfants à en faire de même pour leurs amis

Pour les familles avec des petits

• Découvrez le combat de Eliezer ben Yehouda et son fils Itamar Ben Avi pour faire revivre l’Hébreu comme une langue moderne et parlée après 2000 d’exil :  Regardez ce documentaire sous-titré qui suit les traces et principaux carrefours de la vie d’Eliezer Ben Yehouda : https://bit.ly/3VSWVU8

 Eliana Gurfinkel raconte l’histoire de ce visionnaire sur Qualita : https://bit.ly/3HUZBuF

399


ANNÉE DE CROISSANCE

• Quand les enfants s’imaginent vivre certaines situations, ça développe leur empathie vis-àvis des autres. Sensibilisez votre enfant à ce qu’on peut ressentir quand d’autres personnes parlent derrière notre dos en leur demandant ce qu’ils ressentiraient si quelqu’un disait du mal ou se moquait d’eux en leur absence. • Demandez à vos enfants de décrire certaines situations à l’école ou avec des copains pendant lesquelles ils se sont retrouvés à dire du mal d’autres personnes ou à faire du commérage. Faites des jeux de rôle qui reproduisent des situations similaires et amenez vos enfants à développer des stratégies pour savoir changer de sujet ou dévier les conversations quand quelqu’un parle méchamment de l’autre.

• Pendant les repas familiaux, veillez à ce que la conversation ne glisse pas vers des commérages ou des critiques. Essayez d’orienter les discussions positivement ; plus vous le ferez et plus cela deviendra naturel. Il

400

est important de parler avec vos enfants, de la difficulté, pour les adultes aussi, de ne dire que des choses gentilles sur les autres.

• Regardez cette vidéo drôle et profonde à la fois sous-titrée en français de Kid President : 20 choses qu’on devrait dire plus souvent : https://bit.ly/42kIgU7 • Demandez à vos enfants quelle serait leur liste personnelle…

Pour les familles avec des grands

• Quand vous êtes au calme avec les enfants plus âgés, abordez la question du Lachon hara, la mauvaise langue littéralement. Plongez-vous dans les enseignements du judaïsme à propos du commérage, de la médisance, de la calomnie. Voici quelques questions qui permettront de faire le tour de la problématique :

 Quel devrait-être selon vous le juste équilibre dans les médias entre l’impératif


Soyez une femme de parole

de ne pas faire de médisance ou de diffamation et la protection de la vie privée d’un côté et le droit à l’information de l’autre ?

 D’après toi, pourquoi les gens adorent commérer ?

 Y a-t-il quelque chose de mal à écouter les commérages si on ne prend pas part à la conversation ?

• Regardez cette conférence TED de Julian Treasure : Comment parler pour que les gens veuillent écouter https://bit.ly/42FUMxk

• Regardez la série de courtes vidéos du Rav Elie Lemmel, Des mots pour construire un monde meilleur https://bit.ly/3M73bnV

401


ANNÉE DE CROISSANCE

UTILISEZ CE TABLEAU POUR PLANIFIER ET SUIVRE VOS PROGRÈS CONCERNANT LA VALEUR DU KOACH HADIBUR, LE POUVOIR DE LA PAROLE Reconnaissance

Où en êtes-vous en ce moment avec la valeur du koach hadibur, le pouvoir de la parole ? En réfléchissant à cette session, quels exemples de votre vie vous viennent à l’esprit ? Quels sont vos atouts et défis par rapport à cette valeur ?

402

Vision

Comment aimeriez-vous que les choses soient en termes d’exploitation de votre pouvoir de parole pour le bien ? Qu’est-ce qui vous gêne et que pouvez-vous faire pour vous réorienter vers le meilleur de vous-même ?


Soyez une femme de parole

Objectifs

Quelle est une ou plusieurs petites mesures concrètes que vous pouvez franchir dans votre vie quotidienne, qui sont réalistes et que vous pouvez facilement planifier, qui vous aideront à grandir vers votre potentiel et votre vision en termes d’utilisation judicieuse et appropriée de votre discours ?

Responsabilisation

Qui peut vous aider à atteindre vos objectifs ? Comment ? Quand ? Quelles preuves pouvezvous recueillir pour savoir si vous progressez ?

403


ANNÉE DE CROISSANCE

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous explorons la valeur du koach hadibur, le pouvoir de la parole

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Comment est-ce que j’utilise actuellement mes mots pour aider ma famille à grandir ? • Comment puis-je utiliser des mots pour mieux faire comprendre ma famille, ma communauté et le monde ? • Comment puis-je faire une critique constructive (tochachah) de manière bienveillante et solidaire afin qu’elle soit entendue et utile ?

• Quelles stratégies pratiques peuvent m’aider à être plus prudent et délibéré sur les mots que j’utilise ? • Comment comprendre ne seraitce que quelques mots de la langue hébraïque peut-il m’enrichir spirituellement, moi et ma famille ?

Vocabulaire Significatif koach hadibur

404

‫ּכ ַֹח‬ ‫ַה ִּדּבּור‬

tochachah

‫ּתֹוכָ ָחה‬

middah

‫ִמ ָּדה‬

le pouvoir de la parole critique constructive

trait/mesure ‒ comme dans “bonne mesure” ; connote juste le bon

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

• Bien avant la session, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans sa direction. Par exemple :

• Planifier une activité pour lancer ou accompagner la session (voir Extra ! Idées de programme) • Organisation de l’événement

• Leading the Réfléchir à nos paroles art activité (pp. 392–393)

• Coanimer une conversation sur la critique constructive et les éloges

• Demander à une ou plusieurs des femmes de partager la façon dont elle a ramené à la maison l’apprentissage de votre dernière réunion

impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté !

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Rappelez-vous : Vous savez ce qui mobilisera le mieux vos participantes, et nous vous encourageons à adapter la session à leurs intérêts et besoins. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible


Soyez une femme de parole

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, arrangez l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin, surtout si vous incluez l’activité artistique, et assurez-vous d’avoir tout préparé.

4. Accueil et échauffement

Faites un rituel pour faire passer vos participantes de leur vie quotidienne trépidante à votre espace sécurisé d’apprentissage et de croissance. Envisagez, par exemple, de vous connecter à des éléments du monde naturel dans le cadre d’une méditation guidée, ou de demander aux femmes de se jumeler et de s’écouter, pendant deux minutes chacune, pendant qu’elles partagent ce qui est nouveau pour elles.

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

5. Introduction et inspiration

Partagez une courte et magnifique vidéo YouTube d’Andrea Gardner, intitulée « Le pouvoir des mots ». Explorez avec le groupe ce qu’il y a dans la parole qui peut engendrer un tel effet démesuré.

Présentez le concept du koach hadibur, le pouvoir des mots. Demandez aux femmes de réfléchir à leurs forces et à leurs difficultés lorsqu’il s’agit de parler à leurs enfants ; voir si quelqu’un veut partager avec le groupe.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il existe différentes activités que vous pouvez essayer pour encourager l’apprentissage et la croissance ; nous vous suggérons d’en choisir une ou deux pour votre session. Voici quelquesuns de nos coups de cœur :

Bons mots et gros mots (pp. 382–383)

En groupe, passez en revue les extraits mis en évidence dans cette pièce et réfléchissez ensemble aux questions du texte. Demandez aux femmes qui sont leurs modèles pour un discours doux. Quelles techniques peuvent-elles développer pour imiter leurs modèles dans des situations familiales difficiles ?

Critique constructive (pp. 386–389)

Imprimez une version agrandie des directives de critique. Découpez chacune séparément et placez-les dans la pièce à différentes stations. Encouragez les femmes à marcher dans la pièce et à réfléchir. Demandez-leur de respecter une ligne directrice qu’elles jugent satisfaisante et laissez-leur le temps de parler avec celles qui partagent cette force. Demandez ensuite à chaque femme de choisir une ligne directrice sur laquelle elle aimerait travailler, et demandez à celles qui ont choisi

405


ANNÉE DE CROISSANCE

la même d’engager une conversation sur la manière dont elles peuvent se développer davantage en fonction de cette ligne directrice. Cette activité peut également être réalisée en tandem avec l’enseignement de Lori sur les commérages (pages 384‒385).

7. Réflexion et clôture

Rappelez les principales idées explorées au cours de la session et créez une occasion de réflexion.

Suggestion de réflexion: Demandez aux participantes de réfléchir aux points suivants, peut-être en écrivant ou en dessinant avant de partager : « Avec quoi allez-vous rentrer chez vous après notre session d’aujourd’hui ? » ou « J’aimerais apporter le koach hadibur à ma famille en... »

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles section (pages 314-315). Ces suggestions les aideront à rapporter à leurs familles l’apprentissage qu’elles ont expérimenté aujourd’hui de manière amusante et intéressante. Encouragez-les à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille et à rendre compte de la façon dont cela s’est passé à

406

la prochaine session. Donnez un bref aperçu du reste de l’unité. Offrez aux participantes l’occasion de prendre un moment pour se connecter avec une autre sœur afin de continuer à explorer, réfléchir et s’offrir mutuellement du soutien et de la responsabilité. Cette activité Apprendre avec Votre Sœur sert de point d’introduction pour des conversations qui ne se produiraient peutêtre jamais autrement. (voir pages 306-313). Faites savoir à tout le monde quand vous vous réunirez à nouveau et quel thème sera exploré.

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager l’une des activités ci-dessous :

• Combinez cette session avec une conférence d’un expert parental sur la façon de communiquer avec vos enfants.

• Avoir un mini club de lecture, mettant en vedette La bénédiction d’un genou écorché de Wendy Mogel : Utiliser les enseignements juifs pour élever des enfants autonomes. Réfléchissez ensemble à son écriture et identifiez les parties du livre qui étaient les plus significatives et pertinentes pour les femmes individuelles, et pourquoi.


Célébration de l'apprentissage Hadran, Encore


ANNÉE DE CROISSANCE

CÉLÉBRATION DE L’APPRENTISSAGE Hadran – Encore

Des sources juives enseignent que lorsqu’un groupe de personnes se rassemble pour apprendre la Torah, la Schechinah, la présence divine de Dieu, habite parmi eux. Lorsque nous étudions ensemble, quelque chose de profondément intime se crée. Elle se crée non seulement entre les individus qui étudient mais aussi avec les sources étudiées, et bien sûr, avec la Source même de toutes les sources elle-même. Car la majesté de l’apprentissage juif n’est pas seulement dans l’accumulation d’informations, mais aussi dans l’accumulation de transformations. Une telle transformation au sein d’un groupe engagé constitue quelque chose de sacré. Un voyage a été entrepris. Une mission accomplie. Un cercle bouclé. Et pourtant, quand la fin est atteinte, alors quoi ? Les fins engendrent si souvent des sentiments mitigés; la satisfaction née de l’achèvement, ainsi que le pincement de la perte à la perspective de se séparer. En tant que tels, les moments de transition sont souvent mieux accueillis avec cérémonie; avec une expression formelle d’appréciation donnée pour la magie de ce qui s’est déroulé.

408

Dans son livre, Quitter : Les fins qui nous libèrent, la sociologue et professeure à Harvard Sara Lawrence-Lightfoot explore les manières dont nous marquons les nombreuses fins de nos vies. Elle écrit à quel point les «sorties» sont omniprésentes, des sorties à grande échelle de la mort ou du divorce aux micro-sorties plus petites telles que dire au revoir à un parent ou à un ami. Elle note que la société - à son détriment - se concentre le plus souvent sur les débuts et a tendance à ignorer les fins. Elle propose qu’un marquage ritualisé des terminaisons - grandes et petites - est un acte inestimable.

Elle écrit: «Je pense qu’il doit y avoir une relation entre notre développement de l’habitude des petits adieux et notre capacité à maîtriser et à marquer les adieux plus importants… Je crois certainement que l’art de s’occuper, de pratiquer, de ritualiser et de développer un langage pour les séparations - prendre les moments et les décors les plus ordinaires est de bon augure pour entreprendre les sorties les plus extraordinaires que la vie est sûre de nous servir.”


Célébration de l'apprentissage

Les fins rituelles juives et le Siyum

Merveilleusement, le judaïsme offre de nombreuses cérémonies pour honorer les sorties et inaugurer les transitions, de la cérémonie hebdomadaire de la Havdalah à la fin du Shabbat à la shiva élaborée et aux autres rituels de deuil marquant la fin de la vie.

Une fin particulière qui reçoit une attention exubérante dans notre tradition est la conclusion d’une période d’étude sacrée. Compte tenu de l’importance de l’apprentissage dans le judaïsme, il n’est pas étonnant que nous ayons un rituel spécifiquement conçu vers la fin d’une période d’étude. Cette célébration rituelle unique s’appelle un siyum. Il comprend un repas de fête, des prières spéciales et le partage d’un enseignement lié à l’étude terminée. L’un des éléments d’un siyum est la récitation d’un passage éloquent trouvé à la fin de chaque traité du Talmud. Ce texte cherche à aborder les complexités émotionnelles de la clôture, permettant un moment personnel de réflexion, d’intégration et de reconnaissance à la fin d’un processus.

Le passage exprime une grande chaleur, comme s’il s’adressait personnellement au livre étudié ; comme s’il disait: « Nous ne nous séparons pas vraiment; cette fin est un pivot vers de nouveaux commencements. Nous reviendrons vers vous.

Nous continuerons à partager votre gloire et vous continuerez à nous apporter la gloire. Notre apprentissage continuera de se manifester dans l’action. Notre relation continue.» Cette récitation rituelle est nommée par son premier mot : Hadran. Hadran est le mot hébreu pour «encore». Il est également lié avec justesse aux mots hébreux pour la gloire et pour le retour. Le Hadran s’ouvre avec les lignes partagées ci-dessous. Pour nos besoins, où le nom du traité du Talmud est généralement inséré, nous avons écrit « Année de croissance » :

« Nous reviendrons vers vous, Année de croissance, et vous reviendrez vers nous. Nos pensées sont vers vous, Année de croissance, et vos pensées sont vers nous. Nous ne serons pas oubliées de vous, Année de croissance, et vous ne serez pas oubliés de nous. »

La déclaration a un ton affectueux, comme une promesse d’engagement dans une relation continue. Cela dénote que l’apprentissage n’a pas seulement été un effort lié au savoir savante, mais un type de relation personnelle. • Comment un tel sentiment d’affection et de relation pourrait-il refléter l’expérience d’apprentissage de votre groupe tout au long de cette année de croissance Momentum ?

409


ANNÉE DE CROISSANCE

CRÉEZ VOTRE PROPRE CÉRÉMONIE

Nous vous invitons à créer votre propre type de célébration siyum de l’apprentissage de votre groupe afin de refléter votre parcours commun d’étude de la Torah. Envisagez d’inviter chaque participante à parcourir ce livre pour sélectionner un texte ou une idée spécifique qu’elle travaille à mettre en pratique dans sa vie - personnellement, en famille ou dans la communauté. Élaborez des plans sur la façon dont vous aimeriez vous réjouir de votre célébration de l’apprentissage. Considérer ce qui suit :

410

• Quel rituel pourriez-vous inclure dans votre célébration ? Pourrait-il y avoir un aspect du rituel siyum/hadran que vous pouvez adapter à votre groupe ?

• Où aura lieu votre célébration, et avec qui ?

• Comment comptez-vous offrir l’opportunité de regarder en arrière et en avant ? • Quelles lectures aimeriez-vous inclure ?


Célébration de l'apprentissage

L'enseignement suivant peut être utilisé pour votre développement et votre célébration à la fin de votre parcours partagé.

Le Peuple Juif est un sefer Torah vivant et chaque Juif est une de ses lettres. – Le Baal Chem Tov

Fondateur du mouvement hassidique, 18ème siècle

À un moment donné, chacun de nous doit décider comment vivre sa vie. Nous avons de nombreuses options, et aucune génération dans l’histoire n’a eu un choix plus large. Nous pouvons vivre pour le travail, le succès, la célébrité ou le pouvoir. Nous pouvons avoir toute une série de modes de vie et de relations. Nous pouvons explorer n’importe laquelle d’une myriade de croyances, de mysticismes ou de thérapies. Il n’y a qu’une seule contrainte, à savoir que, quelle que soit la quantité d’autre chose que nous ayons, nous n’avons qu’une seule vie, et elle est courte. Notre façon de vivre et ce pour quoi nous vivons sont les décisions les plus fatidiques que nous ayons jamais prises. On peut voir la vie comme une succession de moments passés, comme des pièces de monnaie, en échange de plaisirs de toutes sortes. Ou nous pouvons voir notre vie comme s’il s’agissait d’une lettre de l’alphabet. Une lettre en elle-même n’a pas de sens, mais lorsque des lettres sont jointes à d’autres, elles forment un mot, des mots se combinent avec d’autres pour former une phrase, des phrases se connectent pour former un paragraphe et des paragraphes se rejoignent pour former une histoire. C’est ainsi que le Baal

Shem Tov comprenait la vie. Chaque Juif est une lettre chaque famille juive est un mot, chaque communauté une phrase et le peuple juif à travers le temps constitue une histoire, l’histoire la plus étrange et la plus émouvante des annales de l’humanité.

– Rabbi Lord Jonathan Sacks Une lettre dans le parchemin : Comprendre notre identité juive et explorer l’héritage de la plus ancienne religion du monde

• En réfléchissant à l’ensemble de votre parcours – de votre voyage Momentum en Israël à toute l’année de croissance – comment vous considérez-vous comme une « Lettre dans le parchemin » ? Quelle est votre lettre ? De quel mot faites-vous partie ? Quelle phrase ? Quelle histoire ? • En quoi votre connexion avec les autres femmes de votre groupe ressemble-telle à un rassemblement de lettres en mots, en phrases et en histoires ? • Quelle est l’histoire du voyage de votre groupe ensemble ?

• N’hésitez pas à exprimer votre expérience sous forme de journal et/ou de partage à haute voix. Envisagez d’utiliser d’autres formes d’expression, telles que le dessin, la poésie ou la chanson.

411


ANNÉE DE CROISSANCE

LA MEZUZAH : UN RAPPEL DES HUIT VALEURS FONDAMENTALES JUIVES Alors que nous approchons de la fin de notre parcours Momentum d’un an et de notre apprentissage de l’Année de croissance, réfléchissez à ce qui pourrait être un rappel approprié, pour vous, de la manière dont vous voulez vivre les valeurs juives.

La mezouza, qui figure sur les montants de porte des maisons et des institutions juives depuis des générations, rappelle la vie juive. Elle est judicieusement placée sur le seuil, comme quelqu’un qui entre ou sort d’une expérience. En effet, le paragraphe suivant le Shema (Deut. 6:9) nous guide à « inscrire [les paroles du Shema] sur les poteaux (mezuzot) de votre maison et sur vos portes ».

C’est là comme un rappel, pour nous connecter avec le meilleur de nous-mêmes et avec Dieu. Mais il résume également les valeurs juives fondamentales dans lesquelles nous nous sommes plongés tout au long de l’Année de croissance, de manière personnalisée et animée. Et nous pouvons continuer à faire nôtres ces valeurs. Une mezuzah est un rappel physique et régulier des valeurs Momentum que nous avons explorées :

Apprentissage et croissance

Nous plaçons la mezuzah sur la troisième section supérieure de notre montant de porte, mais pas tout en haut. Lorsque nous tendons la main pour embrasser la mezuzah, nous nous souvenons qu’il y a toujours de la place pour s’étirer, apprendre et grandir. Nous nous sommes développées tout au long de notre parcours Année de croissance, et nous

412

trouverons de nombreuses autres opportunités de croissance – en tant que groupe, en tant qu’individus et en tant que familles. Le boitier de la mezuzah est souvent appelé un bayit (foyer) ; le rouleau à l’intérieur (représentant l’intégralité) maintient le tout ensemble. Il y a des siècles, il y eut un débat sur la bonne façon d’accrocher une mezuzah. Un sage a dit qu’elle devait être accrochée à la verticale, pour relier le ciel et la terre.

Un autre a dit qu’elle devait être accrochée à l’horizontale, pour connecter les gens. Aujourd’hui, beaucoup accrochent la mezuzah en diagonale pour représenter une solution “à la fois”, en modélisant l’importance de s’écouter les uns les autres et de faire finalement ce qui est respectueux de tous. La paix dans une famille nécessite d’écouter et de faire le pont entre différents intérêts, en recherchant une intégrité qui vient d’un état d’esprit de « les deux » plutôt que de « ou bien ou bien ».

Fidélité et confiance

Passer la mezuzah peut nous rappeler d’être au meilleur de nous-mêmes, de nous connecter à la Source ultime de la bonté. À ce moment-là, nous nous souvenons d’ouvrir les yeux sur la bienveillance qui existe en nous-mêmes et en ceux qui nous entourent. En hébreu, le mot pour cette valeur, emunah, provient de la même racine que les mots pour l’art et la garde. La mezuzah et son enveloppe (souvent artistique) peuvent nous rappeler la persévérance inébranlable et fidèle requise pour prendre soin des enfants, créer toute forme d’art magistral et favoriser une relation avec Dieu.


Célébration de l'apprentissage

Gratitude

Alors que nous entrons et sortons des espaces de nos vies, puissions-nous ressentir un sentiment d’appréciation pour les personnes avec lesquelles nous interagissons et le monde qui nous entoure. Puissions-nous nous souvenir de l’enseignement juif selon lequel celui qui est sage est celui qui apprend de chaque personne. Souvenons-nous de ne prendre aucune personne ou aucune bénédiction dans notre vie pour acquise.

La gratitude nécessite une pause et un retour sur soi pour apprécier nos bénédictions. Il en va de même pour la mezuzah. Lorsque nous en voyons un sur le montant de la porte, cela nous rappelle de faire une pause et de réfléchir à ce qu’il y a à l’intérieur, et de nous sentir reconnaissants pour nos bénédictions avant de commencer notre journée. Alors que les boîtiers de la mezuzah peuvent varier considérablement les uns des autres, le texte de leur rouleau intérieur (qui est la véritable mezuzah) est toujours le même. Gravé sur le parchemin, le texte comprend la prière Shema qui parle de l’unicité de Dieu. Le mot hébreu pour unicité est le même que le mot pour unité, achdut. Bien que les mezuzot individuels puissent sembler différentes à l’extérieur, ils partagent chacun la même âme de parchemin, nous rappelant que notre famille fait partie d’une entité et que nous avons la responsabilité les uns des autres.

Dignité humaine

Pour être casher, chaque rouleau de la mezuzah doit être écrit à la main par un scribe expert. Décorons nos montants de porte avec des

mezuzot qui ne sont pas seulement rituellement casher, mais qui répondent également aux normes de dignité humaine. Pour ce faire, cherchez un parchemin « équitable », qui offre au scribe un salaire décent. Un exemple d’organisation faisant cela est MyZuzah.org. MyZuzah garantit que les scribes sont payés équitablement pour leur travail et que leurs parchemins sont soumis à un processus de vérification des plus rigoureux.

Courage

La mezuzah représente une volonté de prendre position et d’agir pour s’opposer à l’oppression. Juste avant que le peuple juif ne quitte l’Égypte, il marqua les portes - un acte profondément courageux compte tenu des normes culturelles qui les entourent. Ils ont abattu un animal qui servait de divinité aux Égyptiens et ont peint leurs propres montants de porte avec le sang de l’animal. Manette Mayberg, co-fondatrice de Momentum, ancienne présidente et administratrice, écrit : « La marque spécifiée n’est pas subtile, mais une déclaration audacieuse et emphatique utilisant une divinité égyptienne, risquant des représailles potentiellement mortelles de la part de leurs oppresseurs. Dieu avait clairement un message éternel à cet égard, et cela s’applique à nous aujourd’hui. Faire preuve de distinction audacieuse et intrépide - nous séparer, séparer nos maisons et nos institutions - a permis notre survie à travers les âges. Commençant par une marque de sang sur leurs portes, les Juifs qui ont quitté l’Égypte ont créé une nation unique de personnes capables de durer contre toute attente.

413


ANNÉE DE CROISSANCE

La distinction a été le ciment éternel du peuple juif, alors même que nous étions dispersés aux quatre coins de la terre. Dieu a dit : ‘Marquez vos maisons’ parce que ce que vous portez à l’intérieur, les valeurs qui imprègnent vos familles, est le don qui vous distinguera pour toujours.

Bonté de cœur et don généreux

Comme nous l’avons appris, hachnasat orchim, l’accueil des visiteurs, est une pratique juive précieuse. Nous assistons nos invités lorsqu’ils entrent et sortent de nos maisons. Située sur nos montants de porte, la mezuzah nous rappelle de traiter nos invités, et toutes les personnes avec lesquelles nous interagissons, de manière attentionnée et généreuse. Certains ont comparé les maisons juives au chemin de fer souterrain avec la mezouza comme symbole indiquant : « C’est une maison d’accueil, de chaleur et d’amour. »

Réflexion

Les valeurs de la mezuzah sont éternelles et globales. Peu importe la génération, les coutumes locales ou la culture, les juifs ont les mêmes mots qui marquent leurs portes depuis des siècles.

Momentum vous offre, à vous et à des milliers de femmes à travers le monde, une fraternité et une connexion mondiales. Alors que nous célébrons la fin de notre voyage Momentum d’un an, réfléchissons à la manière dont nous pouvons continuer à nous soutenir les unes les autres, à rester impliquées dans la vie de chacune et à partager les valeurs juives avec nos familles, nos amies et nos communautés.

414

• Quelle valeur juive sur ces pages vous interpelle le plus ?

• À quelle valeur juive penserez-vous lorsque vous passerez une mezuzah ?

• Comment pourrions-nous passer de cette expérience Momentum d’un an et continuer à nous soutenir mutuellement ? • Où pourriez-vous agir pour mettre en place une mezuzah, et comment pouvezvous apporter les valeurs Momentum que vous avez apprises pour la rendre aussi significative que possible ? Bénédiction pour l’apposition d’une mezuzah

Baruch Atah Adonai, Eloheinu Melech Ha’Olam, asher kideshanu bemitzvotav vetzivanu likboa mezuzah.

Béni sois-Tu, Adonaï, notre Dieu, Maître de l’Univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’apposer une mezuzah.. ‫וֹותיו‬ ָ ְ‫ֹוהינּו ֶמלֶך ָהעֹולָם ַא ֶשר ְק ִד ָשנּו ּבְ ִמצ‬ ֵ ‫בָ ּרּוך ַא ָּתה ַא ָדנָי ֶאל‬ ‫ּבֹוע ְמזּוזָה‬ ַ ‫לִק‬ ְ ‫וְצִ יווָ נּו‬

Pour en savoir plus sur la mezuzah et comment l’apposer, pour trouver des parchemins casheréquitables ou pour planifier un rassemblement de groupe d’apposition de mezuzah, consultez MyZuzah.org.


Célébration de l'apprentissage

415


ANNÉE DE CROISSANCE

À TESTER CONSEILS PRATIQUES ET IDÉES POUR LES FAMILLES Des idées pour introduire les valeurs de l’Année de Croissance dans votre vie de famille

• Consultez les podcasts, vidéos et les articles sur MomentumUnlimited.org

• Choisissez une phrase qui vous inspire, inscrivez-là sur une pancarte et posez-là bien en vue. Répétez-vous cette devise à plusieurs reprises tous les matins avec enthousiasme. Voici quelques idées :  Je suis une lettre dans le parchemin du peuple juif  Je suis un membre important du mouvement Momentun

 Je continue d’apprendre et de grandir

Pour les familles avec des enfants de tout âge

• Vous pouvez trouver en ligne de nombreux kits de fabrication de Mezouzot. Organisez une activité familiale pour fabriquer l’étui de celle que vous accrocherez à la porte de votre foyer. Les plus grands pourront réaliser une œuvre en poterie, ou faire de la peinture sur verre. Encouragez vos enfants à inviter leurs amis et la famille pour assister à l’accrochage de la Mezouza familiale. Vous pouvez proposer un goûter à cette occasion…

• Dans ce petit film, vous suivez la plume d’un scribe pendant qu’elle glisse sur le parchemin pour écrire une Mezouza : https:// bit.ly/42lMgn6

416

• Regardez comment poser un Mezouza : https://bit.ly/3plyQci

• Que contient la Mezouza ? Pourquoi doit-on la toucher avant de passer le pas de la porte ? À l’entrée de quelles pièces doit-alla être posé ? Steve Suissa et le Rabbin Michael Azoulay répondent à ces questions et à bien d’autres ! https://bit.ly/3nNbLij

Pour les familles avec des petits

• Inspirez-vous de cette sélection Etsy pour réaliser une Mezouza avec vos enfants pour leur chambre : https://etsy.me/3pt7LUr

• Accrochez la Mezouza à la porte de la chambre de votre enfant à sa hauteur. Vous la remonterez à mesure qu’il grandit !

Pour les familles avec des grands

• Réfléchissez à la manière dont vous pouvez marquer les étapes dans la vie de vos enfants : une remise de diplôme, la fin d’un apprentissage important ou d’une saison sportive, le bac, l’inscription à la fac. Vous pouvez organiser un petit Siyoum en proposant à vos enfants d’inviter leurs amis pour les honorer et célébrer l’évènement. Adaptez ce rituel de Hadran aux étapes que franchissent vos enfants dans la vie.


Célébration de l'apprentissage

GUIDE DE L’ANIMATEUR

Dans cette session, nous célébrons votre année de croissance avec un siyum, un rituel de fin, et un hadran, un rappel !

Les questions qui guident cette unité sont les suivantes :

• Quel rituel pourriez-vous inclure dans votre célébration siyum/hadran ? Y a-til un aspect du rituel siyum/hadran que vous pouvez adapter à votre groupe ?

• Où aura lieu votre célébration, et avec qui ?

• Comment comptez-vous offrir l’opportunité de regarder en arrière et en avant ? • Quelles lectures aimeriez-vous inclure ?

Vocabulaire Significatif hadran siyum sefer

‫ַה ְד ָרן‬ ‫ִסּיּום‬ ‫ֵס ֶפר‬

encore

fin ou rituel de fin livre

Animation de la session

1. Demander l’avis des participantes

À l’avance, invitez quelques sœurs à jouer un petit rôle dans l’animation de la session, telles que : • Organisation de l’événement

• Demander à une ou plusieurs des femmes de partager la façon dont elle a ramené à la maison l’apprentissage de votre dernière réunion plus important encore, envisagez d’inviter chaque femme à réfléchir et à partager quelque chose de cette année, comme un moment ou une expérience, qui a eu un impact sur sa façon de voir le monde ;

ou une réflexion sur de nouvelles façons audacieuses de responsabiliser et d’éduquer la prochaine génération du peuple juif afin qu’elle soit une lumière et une bénédiction dans notre monde.

À quelles questions pourriez-vous inviter les femmes à réfléchir et à envoyer des réponses avant la session ?

Comment pourriez-vous honorer les participantes ? Peut-être que chacun peut envoyer une photo avant la séance, qui peut faire partie du décor de la session ? Impliquer les participantes les aide à s’approprier leur apprentissage et les prépare à prendre les devants dans leur famille et leur communauté ! Voir p. 404 pour savoir à quoi cela devrait ressembler.

2. Choisissez vos activités de session (à l’avance)

Comment allez-vous en faire une célébration significative et mémorable ? Pour des idées, lisez L’art d’une excellente sessiondans l’introduction (pages 8-9) et réfléchissez à ce qui fonctionnera au mieux pour votre groupe. L’un des objectifs de cette session est de synthétiser les apprentissages, de faire le point sur ce que les participantes ont absorbé au cours de l’année et de réfléchir à sa signification pour les femmes personnellement et en tant que groupe. Les activités Étincelles de l’âme ont un pouvoir particulier, et nous vous encourageons à les inclure dans la mesure du possible..

417


ANNÉE DE CROISSANCE

3. Préparez votre espace

Avant le début de la session, préparez l’espace pour le rendre spécial et festif.Qu’est-ce qui fonctionnera dans votre espace et dans vos ressources : rubans, fleurs, photos, ballons ? Quelle sera la nourriture et les boissons de fête appropriées ? Disposer l’espace ou les sièges pour favoriser la connexion. Pensez au matériel dont vous aurez besoin et assurez-vous que tout est prêt.

4. Accueil et échauffement

Comment pourriez-vous honorer et émerveiller votre groupe en l’invitant à célébrer l’apprentissage ? Comment pourriez-vous aider les femmes à se connecter les unes aux autres alors qu’elles réfléchissent et regardent vers l’avenir ?

Rappel ! Espace sécurisé pour les sœurs

Rappelez à tout le monde qu’elles se trouvent dans un Espace sécurisé pour les sœurs, où règnent la confidentialité et l’écoute compatissante, sans jugement ni conseils non sollicités.

418

5. Introduction et inspiration

Planifiez comment vous allez accueillir les participantes pour les aider à passer du quotidien aux délices d’une réalité Momentum différente avec votre célébration de groupe.

6. Activités « Étincelles de l’âme »

Il y a plusieurs activités dans la session qui pourraient aider à approfondir le sens de votre célébration, parmi lesquelles :

Célébration de l’apprentissage

La section Célébration de l’apprentissage (pages 408– 411) décrit le rituel hadran d’un achèvement traditionnel de l’apprentissage. Envisagez d’inclure quelque chose dans ce sens dans votre célébration.

Une lettre dans le parchemin

Le court texte de Une lettre dans le parchemin de Rabbi Lord Jonathan Sacks : Comprendre notre identité juive et explorer l’héritage de la plus ancienne religion du monde (p. 412) peut aider à donner un sens au parcours d’apprentissage, ainsi qu’à cadrer le regard vers le passé et vers l’avenir. Envisagez de l’explorer en groupe ou à deux.


Célébration de l'apprentissage

La Mezuzah : Un rappel de nos huit valeurs juives fondamentales (pages 413–415)

Placez les valeurs fondamentales dans les stations autour de la salle sur un tableau d’affichage. Demandez aux participantes de se promener et de les examiner en silence, puis passez à la valeur qui résonne le plus avec eux.

Encouragez les femmes à partager avec les autres à leur station ce qu’elles ont retiré de cette valeur, ou comment elles et leurs familles ont été influencées. Demandez aux femmes de passer à une valeur qu’elles aimeraient incorporer plus fortement dans leur vie quotidienne et demandez-leur de réfléchir avec les autres à cette station sur la façon dont elles peuvent élaborer un plan d’action pour atteindre leurs objectifs.

Dirigez l’attention des femmes vers le Faites l’essai : Conseils pratiques et ressources pour les familles” section (p. 416). Ces suggestions offrent des idées, selon le groupe d’âge, pour rapporter l’apprentissage à la maison. Encouragez les sœurs à choisir au moins une chose qu’elles feront avec leur famille. Encouragez-les à organiser un moment pour se connecter avec leurs autres sœurs à la fin de cette Année de croissance. La fraternité ne s’arrête pas là !

Extra ! Idées de programme

Pour améliorer votre session, vous pouvez envisager d’inviter un artiste pour une activité pré-session de création de mezuzah, ou demander à l’une des femmes de la diriger.

7. Réflexion et clôture

Comment pourriez-vous terminer la session en beauté ? Planifiez un moyen pour les individus et pour le groupe de réfléchir à la manière dont ils intégreront l’apprentissage dans leur vie. Examinez les options d’apprentissage, à la fois localement et via Momentum.

419


YEAR OF GROWTH

CONTRIBUTEURS

Par ordre d'apparition dans le livre

Dr Erica Brown, professeure agrégée à la Graduate School of Education and Human Development de l’Université George Washington et directrice du Mayberg Center for Jewish Education and Leadership, Washington, DC Chaya Lester , éducatrice juive, psychothérapeute et codirectrice du Centre Shalev, Jérusalem

Jacqueline Volin, Participante Momentum et Madricha Adrienne Gold Davis, responsable du voyage Momentum Lori Palatnik, directrice fondatrice de Momentum et chef de voyage

Ruchi Koval, chef de voyage Momentum et chef de communauté Yaffa Palti, responsable de la communauté Momentum

420

Karina Chemea, responsable de la communauté Momentum Susan Stillman, responsable de la communauté Momentum Mindy Scheier, participante au voyage Momentum Fashion Industry

Jacqueline Serebrani-Kenser, éducatrice interdisciplinaire et artistique

Dr Sima Goel, participante au voyage Momentum Nili Couzens, chef de voyage Momentum

Ayela Meroody, ressources humaines et assistante de direction, lycée Alexander Muss en Israël Susan Kramer, présidente, Susan Kramer Consulting

Heather Greene, participante Momentum


BIBLIOGRAPHY

BIBLIOGRAPHIE

Aaker, Jennifer. « Comment se rendre heureux. » Stanford Graduate School of Business, 11 juillet 2014. https://www.gsb. stanford.edu/insights/jennifer-aaker-howmake-yourself-happy. Aaron, David. La vie alimentée par Dieu : Éveil à Votre Dessein Divin. Boston : Trompettiste, 2009.

Apisdorf, Shimon. Le kit de survie de Pessah. Baltimore : Presse Léviathan, 1994. Arnow, David. Créer des seders de Pessah animés, 2ème éd. Woodstock, Vermont : Lumières juives, 2011.

Ben David, Aryeh. Devenir un éducateur de l’âme. Woodstock, Vermont : Lumières juives, 2016.

– Entendre votre propre voix : Une Haggadah familiale. Jérusalem : Ayeka : Centre d’éducation d’âme, 2017.

Benstein, Jérémie. Racines hébraïques, Routes juives : Une langue tribale dans un monde global. Millburn, New Jersey : Maison Berman, 2019.

Bronson, Po. « Comment ne pas parler à vos enfants. » New York Magazine, 03/08/07. http://nymag.features/27840/index.html.

Brown, Erica. Discours du Seder : La Haggadah conversationnelle. Jérusalem : Koren Publishers, 2015.

Cassin, René. « Des Dix Commandements aux Droits de l’Homme. » Dans De la loi et de l’homme : Essais en l’honneur de Haim Cohn. Edité par Shlomo Shoham. New York : Sabra Books, 1971. Centre pour le courage et le renouveau et Shelly L. François. La voie du courage : Diriger et vivre avec intégrité. San Francisco : Berrett- Koehler Publishers, 2018.

Chefitz, Mitchell. La malédiction des bénédictions : Parfois, la bonne histoire peut changer votre vie. Philadelphie : Presse en cours, 2006.

Cohen, Lawrence. Parentalité ludique : Une nouvelle approche passionnante pour élever des enfants qui vous aidera à entretenir des relations étroites, à résoudre des problèmes de comportement et à encourager la confiance. New York : Ballantine Books, 2001. Covey, Steven. Les 7 habitudes des personnes très efficaces. New York : The Free Press, 1990.

421


YEAR OF GROWTH

Da Costa, Deborah. Neige à Jérusalem. Morton Grove, IL : Albert Whitman & Co, 2001. Dessler, Eliyahu. Lutter pour la vérité ! Nanuet, NY : Feldheim Publishers, 2004.

Dishon, David, et Noam Zion. Une nuit différente : La Haggadah de participation familiale. Jérusalem : L’Institut Shalom Hartman, 1997.

Duhigg, Charles. Le pouvoir de l’habitude : Pourquoi nous faisons ce que nous faisons dans la vie et les affaires. New York : Random House, 2012.

Dweck, Carol. État d’esprit : La nouvelle psychologie du succès. New York : Ballantine Books, 2016.

Eden, Vivian. « Poème de la semaine : Mon Dieu, que cette merveille ne finisse jamais. Haaretz, 24 février 2015. http://www.haaretz. news/culture/poem-ofthe-week/1.643772 (consulté le 13/11/19) . Eliach, Yaffa. Contes hassidiques de l’Holocauste. New York : Vintage, 1988.

Erenberg, Pamela. Queen of the Hanukkah Dosas. New York : MacMillan Publishing Group, 2017.

Foer, Jonathan Safran. Nous sommes la météo : Sauver la planète commence au petit-déjeuner. New York : Farrar, Straus and Giroux, 2019.

422

Frankl, Victor. La recherche de sens de l’homme. Boston : Beacon Press, 2006.

Gerstein, Mordicai. Le Monde nocturne. New York : Little, Brown and Company, 2015. Gilani-Williams, Fawzia. Yaffa and Fatima : Shalom, Salaam. Minneapolis : Kar-Ben Publishing, 2017.

Goel, Sima. Fuir le hijab : L’évasion d’une femme juive d’Iran. Renfrew, Ont.: Maison d’édition du magasin général, 2013.

Goldin, Barbara Diamond. Gâteaux et Miracles : Un conte de Pourim. Tarrytown, NY : Marshall Cavendish, 2010.

Grant, Adam. Donner et recevoir : Pourquoi aider les autres est le moteur de notre succès. New York : Livres de pingouins, 2014.

Gruber, Ruth. Sauvetage : L’exode des Juifs éthiopiens. New York : Atheneum, 1987.

Hanson, Rick. Câblage du bonheur : La nouvelle science cérébrale du contentement, du calme et de la confiance. New York : Harmony Books, 2013.

Harding, Sharon. « 10 façons puissantes de cultiver la joie dans votre famille. » Familles retrouvées : Site Web Être parent du cœur. 16 mai 2016. https://rediscoverfamilies.com/10powerful-ways-cultivate-joy-family/. Heath, Chip, and Dan Heath. Fait pour coller : Pourquoi certaines idées survivent et d’autres meurent. New York : Random House, 2007.


BIBLIOGRAPHY

Hicks, Donna. Dignité : Son rôle essentiel dans la résolution des conflits. New Haven : Yale University Press, 2011.

Ifrach, Iris et Ori ; Rachelli et Avi Fraenkel; et Bat-Galim et Ofer Shaer. « De ‘Ramenez nos garçons’ à ‘Journée de l’unité’. Jewish Telegraphic Agency, 26 mai 2015. www.jta. org/2015/05/26/opinion/op- ed-from-bringback-our-boys-to-unity-day (consulté le 13/11/19). IsraAID. « Honeyaid : Les apicultrices favorisent la croissance dans la reprise du Népal. www.israaid.org/news/honeyaid(consulté le 13/11/19).

Ministère israélien des Affaires étrangères. « Israël en première ligne de l’aide internationale. www.mfa.gov.il/MFA/ ForeignPolicy/Aid/Pages/Israel_on_ frontline_international_ aid.aspx (consulté le 13/11/19).

Jaffe, David. Changer le monde de l’intérieur : Une approche juive du changement personnel et social. Boulder : Trumpeter, 2016. Jenkins, Peggy Joy. Nourrir la spiritualité chez les enfants. New York : Simon & Schuster, 2008.

JPS Hébreu-Anglais TANAKH. Philadelphie : La Société juive de publication, 1999. Jules, Jacqueline. Goodnight Sh’ma. Minneapolis : Kar-Ben Publishing, 2008.

Katz, Jessica. « Comment sauver le cœur d’un enfant franchit les frontières du MoyenOrient. » The Jerusalem Post, 10/06/16, https://www.jpost.com/Opinion/ThinkAgain-Yes-Jewish-unity- is-possible-456461 (consulté le 13/11/19). Kurshan, Ilana. Si toutes les mers étaient de l’encre. New York : St. Martin’s Press, 2017.

Lawrence-Lightfoot, Sara. Sortie : Les fins qui nous libèrent. New York : Sara Crichton Books, 2013.

Lehman-Wilzig, Tammi et Nicole Katzman. Nathan souffle les bougies de Hanukkah. Minneapolis : Éditions Kar-Ben, 2011.

Lerner, Harriet. Pourquoi ne vous excuserezvous pas ? New York : Gallery Books, 2017.

Levy, Debbie. Je ne suis pas d’accord : Ruth Bader Ginsburg fait sa marque. New York : Simon & Schuster Books for Young Readers, 2016.

Martinko, Katherine. « Que la lumière soit : L’histoire inspirante de l’énergie solaire dans le désert de l’Arava en Israë”Treehugger, 10/01/17. https:// www.treehugger.com/ renewable-energy/let- there-be-lightinspiring-story-solar-power- israels-aravadesert.htmll (consulté le 16/01/17). Meltzer, Amy. Une Mezuzah sur la porte. Minneapolis : Éditions Kar-Ben, 2007.

Mermelstein, Yaël. Izzy the Whiz and Passover McClean. Minneapolis : Kar-Ben Publishing, 2012.

423


YEAR OF GROWTH

Michelson, Richard. Le langage des anges : Une histoire sur la réinvention de l’hébreu. Watertown, MA : Charlesbridge, 2017.

Miller, Lisa. L’enfant spirituel : La nouvelle science sur la parentalité pour la santé et la prospérité tout au long de la vie. Londres : Picador, 2016.

Mogel, Wendy. La bénédiction d’un genou écorché : Utiliser les enseignements juifs pour élever des enfants autonomes. New York : Scribner, 2001.

Molinsky, Andy. Atteindre : Une nouvelle stratégie pour vous aider à sortir de votre zone de confort, à relever le défi et à gagner en confiance. New York : Avery, 2017.

Palatnik, Lori. Transformez votre mari en votre âme sœur. New York : K’hal, 2015.

Palatnik, Lori et Bob Burg. Commérages : Dix voies pour l’éliminer de votre vie et transformer votre âme. Deerfield Beach, FL : Simcha Press, 2002.

Parker, Priya. L’art de la collecte : Comment nous nous rencontrons et pourquoi c’est important. New York : Riverhead Books, 2018.

Pink, Daniel. Conduire : La vérité surprenante sur ce qui nous motive. New York : Riverhead Books, 2009.

Pomerantz, Eva M. et Sara G. Kempner. « Éloges quotidiens de la personne et du processus des mères : Implications pour la théorie de l’intelligence et de la motivation des enfants. Psychologie du développement 49:11 (novembre 2013) : 2040–2046.

424

Press, Viva Sarah. « Les équipes d’urgence israéliennes soutiennent les rescapés des inondations au Pérou. » Israel21c, 02/04/17. https://www.israel21c.org/israeliemergency-teams-support-flood-survivorsin-peru (consulté le 13/11/19).

Raday, Frances et Mika Levy. « Yehudit Karp. » Femmes juives : Une encyclopédie historique complète. 27 février 2009. Archives des femmes juives. https://jwa.org/ encyclopedia/article/karp-yehudit (consulté le 07/12/16).

Ragen, Naomi. Le fantôme d’Hannah Mendes. New York : Simon & Schuster, 1998. Rosenblum, Jonathan. « Détrompez-vous : Oui, l’unité juive est possible. The Jerusalem Post, 10/06/16, www.jpost.com/ThinkAgain-Yes-Jewish-unity- is-possible-456461 (consulté le 13/11/19).

Roth, Cecil. Doña Gracia de la Maison de Nasi. New York : Greenwood Press, 1969. Rouss, Sylvia. Pas de règles pour Michael. Minneapolis : Kar-Ben Publishing, 2004.

Sachs-Zion, Noam et Shawn Fields-Meyer. Une journée à part : Shabbat à la maison. Jérusalem : Institut Shalom Hartman, 2004.

Sacks, Jonathan. Une lettre dans le parchemin : Comprendre notre identité juive et explorer l’héritage de la plus ancienne religion du monde. New York : The Free Press, 2002.

– La dignité de la différence : Comment éviter le choc des civilisations. Londres : Continuum, 2003.

– La Haggada de Jonathan Sacks. Jérusalem : Koren Publishers, 2013.


BIBLIOGRAPHY

« La nécessité de poser des questions (Bo 5777) ». http://rabbisacks.org/necessityquestions-bo-5777 (consulté le 22/02/17).

Spector, Stephen. Opération Salomon : Le sauvetage audacieux des Juifs éthiopiens. Oxford : Oxford University Press, 2005.

« Énergie renouvelée (Beshallach 5776) ». https://rabbisacks.org/renewable-energybeshallach-5776.

Stern, Ruth. « Ruth Stern. » Machal mondial. http://machal.org.il/index.php?option=com_ Itemid=345&lang=en (consulté le 08/02/17).

« Le pouvoir de la gratitude (Ekev 5775) ». http://rabbisacks.org/the-power-ofgratitude-ekev-5775.

Sales, Ben. – « Énergie renouvelée (Beshallach 5776) ». https://rabbisacks.org/renewableenergy-beshallach-5776. Jewish Telegraphic Agency, 08/12/15. https://www.jta. org/2015/12/08/israel/ deciphering-satellitephotos-soldiers-with- autism-take-on-keyroles-in-idf (consulté le 13/11/19). Schein, Edgar H. « La théorie du changement de Kurt Lewin sur le terrain et en classe : Notes vers un modèle d’apprentissage géré. École de gestion MIT Sloan. 1995.

Shapira, Kalonymus Kalman. Obligation d’un étudiant : Conseils du Rebbe du Ghetto de Varsovie. Traduit par Micha Odenheimer. Lanham, MD : Rowman et Littlefield, 2004.

Shulimson, Sarene. Lumières du Shabbat. Minneapolis : Kar-Ben Publishing, 2012.

Soclof, Adina. « Cinq façons de faire l’éloge d’une saine estime de soi. » The Orthodox Union, 2/29/12. https://www.ou.org/life/ parenting/five-ways- praise-healthy-selfesteem-adina-soclof.

Soloveitchik, Joseph Ber. Famille rachetée : Essais sur les relations familiales. Brooklyn : KTAV, 2002. – L’homme solitaire de la foi. New York : Doubleday, 1992.

Spiro, Ken. WorldPerfect : L’impact juif sur la civilisation. Deerfield Beach, FL : Simcha Press, 2002.

Stillman, Susan Margolis. « La maladie génétique de mon fils adolescent me transforme en monstre. » Kveller, 23/02/16. https://www.kveller.com/ my-teen-sonsgenetic-disease-turns-me- into-a-monster (consulté le 11 /13/19).

Stutz, Phil et Barry Michels. Les outils : 5 outils pour vous aider à trouver le courage, la créativité et la volonté - et vous inspirer à vivre la vie de l’avant. New York : Spiegel & Grau, 2012.

Telushkin, Joseph. Le livre des valeurs juives : Un guide quotidien pour une vie éthique. New York : Bell Tower, 2000.

La Fondation Israël pour toujours. « Eli, Eli : Oh Seigneur mon Dieu.” https:// israelforever./interact/multimedia/eli_eli ( consulté le 13/11/19). Waldman, Debby. Un sac plein de plumes. Custer, WA : Orca Book Publishers, 2007.

Wiesel, Elie. « Révélé après 50 ans : Ce qu’Elie Wiesel a écrit sur la guerre des Six jours », Traducteur C. Pollack. The Forward, 12 juin 1967. https://forward.com/opinion/ after- 50-years-what-elie-wiesel-wrote-aboutthe-six-day-war.

425


ANNÉE DE CROISSANCE

À PROPOS DE L’AUTEUR ET DE L’ÉDITEUR

Le Dr Ronit Ziv-Kreger est directrice de l’éducation et du développement du leadership de Momentum depuis 2016.

Après avoir obtenu son doctorat à la Sloan School of Management du MIT, Ronit a combiné sa formation avec ses connaissances du judaïsme pour diriger des séminaires de développement professionnel pour les éducateurs et pour guider les institutions juives dans la navigation du changement systémique consistant à adapter des pédagogies innovantes à leurs écoles.

Elle a fait partie du personnel d’initiatives juives d’apprentissage pour adultes, notamment Me’ah, Parenting through a Jewish Lens, Adamah Fellows et The Mussar Institute. Ronit a vécu ses années de formation en Israël et aux États-Unis et parle couramment l’hébreu et l’anglais. Lorsqu’elle n’étudie pas ou n’enseigne pas, Ronit aime faire de la randonnée, danser, pratiquer le yoga, rire, dialoguer et jouer avec les enfants. Elle est mariée et mère de trois jeunes adultes.

426


Célébration de l'apprentissage

REMERCIEMENTS

C’est pour moi un grand plaisir d’exprimer ma gratitude au large cercle des participantes à Momentum, des leaders communautaires, des consultants, des collègues et des membres du conseil d’administration qui ont contribué à ce livre.

Année de croissance a énormément bénéficié de la sagesse et de la gestion de projet d’Aliza Sperling, Jennifer Fechter et Lior Krinsky. Leur soutien a contribué à façonner chaque chapitre de ce livre. Aliza Sperling et Aliza Bulow ont suscité des idées de leaders communautaires pour éclairer la vision du livre, et Aliza Sperling a rédigé les premières versions basées sur nos conversations. Jennifer Fechter et Lior Krinsky ont mené des recherches, contribué à la rédaction et coordonné les révisions. Le montage par Chaya Lester de plusieurs des sessions ajoute de l’éclat ainsi qu’une voix poétique. La vision inspirante de Lori Palatnik et ses commentaires sur de nombreuses sessions, ainsi que les remarquables histoires d’enseignement d’Adrienne Gold Davis ont été extrêmement utiles. Les contributions des deux femmes offrent l’ambiance Momentum appréciée par tant de participants. Orlee Turitz a offert des commentaires et des modifications sensibles et utiles. Chaque page du livre a bénéficié de l’expertise et de la réflexion de Deena Nataf, rédactrice en chef.

Merci à Leah Hartman pour l’édition finale de la copie et au Rav Raz Hartman pour sa contribution aux textes hébreux.

Le soutien, le leadership et les encouragements chaleureux du conseil d’administration de Momentum – Andrea Shlipak Mail, Cindy Zitelman, Manette Mayberg, Michelle Leader, Jeanie Milbauer, Dana Sicherman, Helen Zalik, Ellen B. Kagen Waghelstein, Betty Grinstein, Rachel Chafetz et Cheryl Leon – ont joué un rôle central dans la création des conditions d’écriture et d’édition de l’ Année de Croissance. Les orientations du conseil d’administration concernant les valeurs juives fondamentales de Momentum constituent sa base. Un grand merci au ministère israélien des Affaires de la Diaspora pour son partenariat et son soutien. Merci !

Erin Ring gère habilement l’interface pédagogique avec les nombreuses organisations partenaires de Momentum. Elle a supervisé le processus de pilotage de ce livre, la distribution du matériel de session et la collecte des commentaires des dirigeants communautaires, du conseil d’administration et du personnel. Erin a également géré la traduction vers le russe, l’espagnol et l’hébreu, ainsi que la publication du livre. Anna Vainer a supervisé l’adaptation culturelle du russe et du français.

427


ANNÉE DE CROISSANCE

Galia Rubinstein s’est occupée de l’espagnol et Dana Sender-Mulla, Maya Barlev Eshel et Roni Ezra Friedman de l’hébreu. Daphna Kaminetsky et Jennifer Fechter ont dirigé et peaufiné la traduction française. Sarah Weizman a adapté les sections « Try-It-Yourself » pour la version française. Merci à Tomedes Translation Company pour la traduction française.. Un grand merci au rabbin Yitzchak Berkovits pour ses conseils. Le comité d’éducation et de leadership de Momentum a servi et continue de servir de formidable groupe de réflexion pour le travail éducatif de Momentum. Il est présidé par Manette Mayberg, dont le partenariat et la sagesse sont inestimables. Les merveilleux membres du comité sont le Dr Erica Brown, Michael Soberman, Sora Wolasky, Laura Goldman, Amy Lefcoe, le rabbin Benjamin Berger et le Dr Rona Novick.

L’incroyable équipe de Momentum y contribue corps et âme au quotidien. Pour n’en nommer que quelques-uns parmi ceux qui n’ont pas encore été mentionnés et dont le leadership a été particulièrement important : Ben Pery, Ruth Baars, Amy Cantor, Robyn Hartman, Hillel Hurwitz, Sara Modi, Ilene Rosen, Judy Victor et Allison Kent. De nombreux dirigeants communautaires du monde juif ont été généreux de leur temps et de leurs idées. Des commentaires précieux ont été

428

fournis par les leaders de la communauté qui ont initialement piloté Année de croissance :

Rachel White, Lynn Hierlihy, Shoshana Putney, Lauren Shaps et Luna Kadouri ; et par des leaders communautaires qui ont revu des sessions ou participé à des groupes de discussion offrant des commentaires utiles, notamment Sigy Laredo, Batsheva Gelbtuch, Joyce Weinberger, Amanda Jones, Ariane Schneider, Chana Heller, Cheryl Taubenfeld, Natalie Ciner, Louri Sullivan, Orna Siegel, Henny Fisch, Sarah Gittleson, Karen Sher, Giti Fredman, Helene Wyne, Jessica Stockman et Ruchi Koval, qui est également chef de voyage de Momentum. Un grand merci aux nombreux autres leaders de la communauté qui nous ont écrit sur l’utilisation de Année de croissance. Rachel Sales a mené et rédigé certaines des entrevues avec les participants et les leaders communautaires présentées dans le livre. Lisa Landsman a offert des commentaires et un soutien utiles. Jennifer Kreger et Sabrina Berger ont offert des idées importantes. Nous remercions le professeur Susannah Heschel de nous avoir donné la permission de réimprimer des citations du rabbin Abraham Joshua Heschel. La conception graphique est du studio Ira Ginzburg. Ira dirige une équipe incroyable, comprenant Marina Nelyubina, Anna Hayat et


Célébration de l'apprentissage

Lotem Weinrob, qui ont toutes consacré leurs talents à embellir chaque page.

Je remercie le Dr Hanna Ashar d’avoir mené des dizaines d’entretiens avec des dirigeants communautaires et d’avoir mis en synergie les résultats dans un rapport d’utilisation de Année de croissance avec des recommandations qui ont conduit à la révision menant au livre actuel. La contribution de nombreux enseignants, étudiants, rabbins, collègues, amis et havrutot a nourri mon apprentissage et mon cœur au fil des ans, et leurs idées ont trouvé leur place dans Année de croissance . Les exercices de rédaction ont été influencés par l’enseignement du rabbin Aryeh Ben David, en particulier dans son merveilleux livre, Devenir un éducateur de l’âme, et les ressources pédagogiques Ayeka. La contribution de Michal Smart a contribué à la profondeur et à l’expressivité de l’âme. Le tableau de progression à la fin de chaque session est adapté de l’enseignement du rabbin David Jaffe sur Mussar, le développement du caractère juif. Je remercie chaleureusement chacun des contributeurs de ce livre. Année de croissance a été façonnée par un esprit de collaboration reflété à la fois dans les articles écrits et dans les nombreux commentaires. Puisse cet esprit

inspirer les lecteurs à construire l’unité sans uniformité. Toutes les erreurs et lacunes du livre sont de moi. La mission de Momentum consistant à donner aux femmes les moyens de changer le monde grâce à des valeurs juives qui nous transforment nous-mêmes, nos familles et nos communautés a été la source d’inspiration qui a guidé ce livre. Je dédie mon travail sur ce livre à mes parents, maîtres enseignants Drs. Yael et Jehiel Zif, qui m’ont tant appris sur l’éducation et le leadership à bien des égards, surtout en modélisant et en partageant leur passion.

Je remercie mes merveilleux enfants, Ma’ayan, Maor Eden et Shir et mon gendre Dor, pour une joie et un sens incommensurables. Je remercie mon mari, partenaire et âme sœur, le Dr David Ziv-Kreger, dont les conseils, les soins et les encouragements sont un véritable don de Dieu et signifient plus que je ne pourrai jamais décrire avec des mots. David a généreusement lu, discuté et édité des sections de ce livre. Mon appréciation ultime va à Dieu, la Source de tout, et pour la direction et l’immense bonté de Dieu. Enfin, merci à vous ! Je prie pour que ce livre rapproche les gens les uns des autres et de notre nature divine innée, pour un monde meilleur pour tous.

429


Le produit des ventes de Année de Croissance est entièrement utilisé pour couvrir les coûts de création, de production, de distribution et de soutien à l'utilisation réussie de cette ressource éducative.

Nous aimerions que vous nous disiez comment vous utilisez Année de Croissance. Vous pouvez partager des idées et des suggestions sur https://momentumunlimited.org/year-of-growth Momentum Unlimited

6101 Executive Blvd, Suite 240, Rockville, MD 20852 240-747-7080 | info@MomentumUnlimited.org


Année de croissance est utilisée par un grand nombre d'organisations et d'individus de par le monde pour favoriser l'apprentissage, la contemplation et les échanges en groupe dans un souci d'épanouissement spirituel. Ce livre est un guide qui permet de se familiariser avec les valeurs juives, de se consacrer à Israël, d'agir et de favoriser l'unité sans l'uniformité.

ANNÉE DE CROISSANCE

UNdeGUIDE POUR VIE JUIVE et du À propos l'auteur : Le Dr RonitINSPIRER Ziv-Kreger estUNE directrice de l'éducation développement du leadership de Momentum. Elle a rejoint Momentum en 2016 après avoir travaillé pendant plus de 20 ans dans le même secteur. Elle est titulaire d'un doctorat de la Sloan School of Management du MIT.

Une publication Momentum Écrit et édité par

Dr. Ronit Ziv-Kreger

Avec les contributions des responsables de Momentum Trip, les responsables communautaires, les leaders laïcs, le personnel et les participants

MomentumUnlimited.org

.

Ministry of Diaspora Affairs

Creating a common Jewish future


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
ANNÉE DE CROISSANCE by Momentum - Issuu