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N° 24 / 2012

Tous sur le même vaisseau - coopérons

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Du grain au pain

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L’eau pure et naturelle

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Coopérer à taille humaine

Spécial e on i t i d é 0 4

Réseau de compétences Association Suisse Invention Romande Le réseau création d’entreprises www.id-group.info www.pme-ch.ch

Jumelé avec l'Association des Inventions de Chine


édito

RISQUE, INVENTION et PROGRèS (RIP)

Auguste Piccard a inspiré Georges Remi pour créer le fameux Professeur Tournesol. Ce personnage a insufflé son génie inventif et divinatoire à Hergé. Pourquoi ? Parce que décalé !

Narcisse Niclass Rédacteur

IMPRESSUM IROmagazine case postale 1303 CH 1701 FRIBOURG www.invention.ch Layout IROmag ÉDITIONS Monique Brasey e-mail: iromag@invention.ch CORRECTRICE Laura Zinetti IMPRESSION Imprimerie Saint-Paul, Fribourg Bd de Pérolles 42, CH-1705 Fribourg Tél. 026 426 41 11 imprimerie @st-paul.ch Fax 026 426 45 31 www.st-paul.ch

RÉDACTION Narcisse Niclass Michel Giannoni Michel Bugnon-Mordant Daniel Mange Martial Pillonel Olivier Hofmann Gilbert Sonnay ILLUSTRATIONS www.raa.ch Ludovic Hartmann

(ludoart.com) p.17/21

Si vous reproduisez nos textes, veuillez toujours mentionner la source.

a un réseau privilégié de relations grâce au jumelage avec

Des échanges ont lieu régulièrement depuis 1987



De toutes les époques, notre vie sociale, active et en mouvement, est la période la plus sûre. Et, pourtant que de peur face à l’innovation. Pourquoi ? Parce que principe de précaution! Qui sont les ennemis du progrès ? Personne n’est contre l’innovation, l’invention mais personne n’ose plus prendre de risque. Pourquoi ? La faute aux politiques! En médecine, dans l’agro-alimentaire, partout au Nord nous voulons le meilleur mais sans esprit de pionnier et de découvreur. Pourquoi ? La faute aux assureurs et aux banquiers timides. En vacances, vous voulez l’exotisme total et au moindre pépin, vous bondissez sur les appels d’urgences. Aucun Helvète ne décolle de chez lui sans son livret Eti. Pourquoi ? Parce que curieux mais pas téméraire.

différent, inclassable, impatient, curieux et désobéissant, ne courez pas le risque de passer à côté de l’innovation! Depuis 30 ans, nous vivons crise sur crise. L’ONU ne réalise pas ses huit engagements du Millénaire. Les gouvernements paniquent. Les institutions internationales tremblent mais les grandes écoles n’ont rien changé dans leur programme. Les universités les plus prestigieuses ne se remettent pas en question.

Pourtant, il est temps d’oser penser différemment et d’inventer une nouvelle économie Pourquoi pas ?  Parce que manipulation. Les défis nous attendent maintenant. Ne pas prendre de risque serait le plus grand risque pour notre société. Narcisse Niclass

La recherche, l’innovation, ce n’est pas les vacances. Les terres vierges recèlent par essence des inconnues. La vie est évolutive et changeante. Le scénario n’est pas écrit. Toujours la mort s’invite au générique et place le mot FIN. Tournesol était en avance sur son temps parce qu’il n’écoutait pas les sceptiques et les conservateurs, les prudents et les peureux. Il était sourd avec un esprit décalé. Comme lui, osez marcher hors des ornières. Choisissez les chemins étranges, étonnants. Vivez pleinement et activement vos envies d’entreprendre. Qui sait, serez-vous un précurseur, un chercheur, un modèle, un patron et peut-être un capitaine d’industrie, un pilote. Créatif, inventif, dynamique,

Auguste Piccard qui inspira Hergé pour le personnage du Professeur Tournesol


Esthétique et technique Martial Pillonel Président

Une PME, avec des produits courants comme des portes et des fenêtres, doit-elle se soucier de recherche et développement ? Il y a plus de 20 ans, nous avons déposé plusieurs brevets. Certes nous n’avons pas vendu de licences mais nous avons été renforcés dans notre vision et notre stratégie d’entreprise. Cette démarche nous a enseigné une approche innovante du marché. La tradition dans la construction en- Ce standard élevé de nos lieux de rési-

dence engendre des coûts de chauffage et de ventilation.

Le green-tech est partout. Pour être cohérents, il faut soigner les détails. Chauffage et ventilation sont gourmands en calories. Nous savons que les fenêtres entraînent une déperdition de chaleur et une grande consommation d’énergie. C’est sur ce point faible que notre entreprise a orienté sa recherche.

Dans ma vie d’entrepreneur, j’ai subi des règlements tatillons et vécu des situations difficiles, avec des interlocuteurs bloqués Comment renforcer sur des positions l’isolation sans toucher passéistes.

Le patrimoine bâti est d’une

grande richesse en Suisse. Un atout l’aspect historique A la recherche du pour notre culture et d’un édifice ? confort jusque dans notre tourisme. Toules châteaux forts. tefois, même dans Ces 60 dernières années, les exigences un musée, des locaux d’archives, voire des de la clientèle pour un confort moderne ateliers, les exigences de la vie moderne ont poussé les menuisiers, les verriers et obligent les propriétaires, la collectivité, à les fabricants de portes et fenêtres vers adapter portes et fenêtres. C’est là que la un niveau technique jamais atteint. Le difficulté est grande : avoir une esthétique développement des profils, la conception du passé et une qualité du futur. des produits avec les partenaires, les tests en situation, l’analyse du comporte- Gutknecht SA a développé une fenêtre ment et le contrôle des résultats, c’est au très technique mais acceptée par les Serminium 3 ans d’effort. Ce n’est pas de la vices de protection des bâtiments historigénétique ou de la nanotechnologie mais ques. L’esthétique, l’économie, l’écologie pour une PME c’est un investissement im- sont conciliées dans notre produit nommé portant, justifié par les désirs des clients. Histo2030.

Histo2030 Une fenêtre produite sur mesure pour défier le temps sans renier nos richesses. Une fenêtre qui se pose sans histoire. Une fenêtre acceptée par les amoureux de l’histoire. La recherche et le développement c’est aussi valable pour les PME et souvent nous en faisons sans le savoir. C’est une contribution à l’économie réelle et régionale.

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IRO mentor clu b / PME

gendre une inertie, parfois salutaire quand il s’agit de la sauvegarde du patrimoine bâti. Si une rénovation s’impose par contre, les problèmes surgissent. Conserver, préserver, adapter, modifier, changer, rénover ou tout refaire à neuf, ce choix est soumis à des contraintes qui ne sont pas toujours rationnelles.


Vision – philosophie

Tout a débuté par le désir et le besoin d’améliorer le rendement agricole dans le but louable de combattre la faim dans le monde. Tout a commencé avec le souci d’améliorer notre résistance face aux problèmes de santé. Il y a les pour et les contre. Il y a la peur et l’espoir. Aujourd’hui, les OGM sont parmi nous. La science avance. Les questions éthiques se posent avec acuité. Nous ne sommes plus Toujours plus grand. dans le virtuel Toujours plus petit. et les labos. Toujours plus plat. Demain, souple et vendu au mètre comme le tissu. Enfin, un bénéfice écologique à la production et au recyclage.

La génération dite à explosion avec un dérivé du pétrole comme carburant a atteint les limites du rendement. Courir après des économies sur des voitures hybrides, alors que la Chine et l’Inde produisent par millions des versions antiques, est illusoire. Les transports individuels sont une nécessité. L’étude de la mobilité globale est une solution pour économiser les énergies fossiles.

du rê ve à la réalité

Déjà plus de 20 ans d’expériences et d’applications. Analysez votre vie sous l’angle macroscopique : les changements ne sont pas si révolutionnaires. Les supports musicaux ont évolué. La TV se regarde partout. Le sans-fil est une chance pour les pays en développement. Mais vous vous déplacez toujours pour votre travail, votre formation et vos loisirs.

La domotique a de beaux jours devant Encore faut-il s’entendre elle, mais il faut en convenir, dans une approche sur la définition. Pour certains, c’est hautement technique, voire industrielle. Depuis les une copie de l’humain. Mais, ne années 70, quand tous les espoirs étaient permis, le sommes-nous pas assez nombreux ? Pour foyer était dessiné comme un lieu qui comble tous les d’autres, ce sont des machines serviles besoins physiologiques : protection, manger, chaleur, et stupides, ou au contraire intelligendistraction, dormir. La technique marchait au doigt et tes et autonomes, ou des prothèses qui à l’œil, même avec la pensée. C’était réduire prolongent notre existence à un produit de consommades fonctions Un rêve tion standard. Nos désirs sont ailleurs. Nos humaines. Il y poussé par Bertrand Piccard. Une contraintes climatiques dictent certains choix. réalisation qui ne peut que produire a des chances qu’un robot-dédes effets bénéfiques. Recherches sur les maté- mineur soit plus le projet sur riaux, les cellules solaires, intelligent qu’un humain poseur les batteries, la gestion www.iceberg2012.net de l’énergie et développe- de mines et de IROmag apporte sa bombes. ment d’un projet audacontribution à la sensibilisation cieux sans la volonté de aux questions climatiques. profits financiers.




Du grain au pain Olivier Hofmann Créateur de pains

Conquérir le cœur des clients avec une spécialité alimentaire ne s’improvise pas. Faire du neuf avec de vieilles idées, c’est possible. Remettre au goût du jour d’anciennes recettes, c’est apprécié. Toutefois, le produit devra toujours être à la hauteur des attentes des consommateurs. La qualité ne s’invente pas. Elle est ou elle n’est pas. Quelle prétention que d’aller au Salon des inventions présenter un pain confectionné avec la plus vieille céréale connue dans nos contrées, le petit épeautre ou engrain ou triticum monococcum. C’est le pari relevé par Olivier Hofmann et des amis.

Le cadre En gastronomie, les produits Qui dit pain pense alimentation, sim-

Pain au petit épeautre

La région jurassienne est ouverte C’est un territoire qui ne s’arrête pas aux frontières politiques. Olivier Hofmann à Reconvilier a cette approche. Les pieds dans le sol, la tête dans le ciel. Avec ID-GROUP et le concept de Point Créateurs, il se lance dans un projet à long terme dont les objectifs sont ambitieux. Pour assurer cette création d’entreprise, sorte de spin off de sa boulangerie familiale,

nous cherchons des partenaires, but de notre lancement au Salon international des inventions de Genève.

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du projet au march é

alimentaires sont, heureusement, toujours ple, naturelle, saine, traditionnelle. Cerrattachés au terroir. Certes, certaines tains vous diront que le pain c’est sacré et productions sont devenues universelles d’autres vont vous parler d’allergie au glumais une pizza à Naples, ten. Les céréales ont été en Sicile ou en Sardaigne Il faut réapprendre découvertes par les preaura toujours une saveur miers hommes-cueilleurs à faire plus particulière. En matière puis mises en valeur par avec moins de pains, la Suisse a acles premiers agriculteurs. quis une place remarquée C’était il y a plus de grâce à la filière de la profession. Du culti- 10’000 ans. Dans l’Antiquité déjà vateur au consommateur, le soin apporté les paysans savaient sélectionner à la culture, à la récolte, à la mouture puis les plantes qui se prêtaient le mieux au travail de transformation fait que les à la culture. Ce choix guidé par la naboulangers suisses ont une image forte. ture et le sens de l’observation ne donnait que des produits bio. C’est plus tard, au Qualité, originalité, variété et le goût du XXe siècle seulement, que les spécialistes bon pain sont des points toujours relevés de l’industrie agro-alimentaire sont venus par les consommateurs. C’est grâce à la casser le travail de la nature. C’est un cyformation professionnelle et à l’amour du cle bien curieux : l’agriculture permet de métier que nos boulangers-pâtissiers sont nourrir plus d’êtres humains. Comme il y reconnus et appréciés. a plus de population, il faut produire plus. Question de blé Dans les métiers de Nous n’allons pas ouvrir de débat sur ce bouche, les artisans qui grandissent, c’est sujet de la surpopulation. Nous sommes bien connu, sont toujours des passionnés. sept milliards et nous aurions la capaOlivier représente la quatrième génération cité de supprimer la faim dans le monde. de la famille Hofmann, à la tête de cette Aujourd’hui, il faut réapprendre à faire entreprise créée en 1882 à Reconvilier. plus avec moins. La culture d’une céréale Dans une bâtisse imposante, à la Grand- millénaire comme le petit épeautre montre Rue, secondé par son père et sa mère, il qu’il est possible de respecter la nature et retrousse ses manches, participe à des de se nourrir sainement avec les produits concours, partage et enseigne son savoir- de sa région. faire. Ancré dans le terrain jurassien, sans être fou d’histoire, il s’engage pour la vie associative locale en faveur de l’Abbaye de Bellelay. C’est bien connu, les personnes les plus actives et les plus occupées ont toujours le plus de temps pour les projets et les défis.


De l’idée à la réalisation

Il est bien connu qu’il est plus facile de perdre en bourse et d’attendre, en espérant que la fameuse loi du marché reparte à la hausse, que d’avoir l’esprit entrepreneurial. Perdre avec les moutons et les pigeons évite la critique et la responsabilité individuelle. Si les anciens patrons, si les fondations de famille, si les riches osaient s’occuper eux-mêmes de suivre leurs placements dans l’économie réelle et régionale, il y aurait du plaisir dans la finance. Imaginer, tenter l’impossible, c’est déjà s’en rapprocher. Approchez-vous de nous pour découvrir ces porteurs de projets et coopérer. Le bonheur de connaître les effets de ses placements et d’agir, investir, là où vous vivez. ElectroTop Appareils de chantier pour faciliter le travail des électriciens avec une forte augmentation du rendement pour tirer des lignes dans des conduits existants. Première série test livrée. Accueil du marché très favorable. Développer le marketing et attaquer les marchés européens voisins.

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Simplement pure et naturelle Gilbert Sonnay

Entrepreneur-inventeur

En Suisse, nous avons la chance d’avoir de l’or bleu en quantité et de qualité. Toutefois, selon les régions, certaines caractéristiques varient et modifient ce produit naturel. Parfois, selon les sources, il est nécessaire de filtrer, traiter l’eau de consommation domestique. Le point qui pose souvent problème est la dureté de l’eau qui entraîne les dépôts de calcaire et la formation de couches de tartre. Gilbert Sonnay, entrepreneur-inventeur, a mis au point, après 10 ans de recherche, un procédé totalement écologique : l’appareil NATEC. En 2012, il présente au Salon international des inventions le système SONATECplus.

L’eau, source de santé et de bien-être

Un litre d’eau du robinet coûte au

L’alimentation en eau demeure une priorité mais les réservoirs et le pompage ont simplifié la question de la distribution. Nous oublions que des millions de personnes, sur une planète dite bleue, n’ont pas accès à l’eau potable et n’ont pas de sanitaires. De cette situation dramatique, l’ONU en avait fait l’un de ses huit objectifs du Millénaire. Pour l’eau, comme pour les sept autres objectifs, les résultats sont loin d’être atteints. Les politiques aidés des statisticiens vous disent que les choses s’améliorent. Mais pour des centaines de millions d’humains, l’eau potable est un luxe inaccessible.

Chez vous, grâce à la nature, au climat et au relief, nous avez une eau naturelle de grande qualité. Toutefois, l’état technique des conduites privées, les derniers

Sonatecplus

mètres, peut et doit être contrôlé, amélioré. C’est sur votre installation intérieure que le nouvel appareil SONATECplus apporte une solution vérifiée et certifiée. C’est le résultat d’une longue recherche appliquée. Le suivi des appareils en test donne 98% de taux de bon fonctionnement mais presque 100% de clients comblés. La recherche de la perfection va donc au-delà des attentes des consommateurs d’eau du robinet.

Notre entrepreneur-inventeur a mobilisé des compétences pour concevoir et réaliser un appareil qui, sous le concept NATEC, a apporté une solution valable à plus de 80’000 propriétaires de villas, immeubles et services de collectivités. En avril 2012, il présente le nouveau produit de ses développements. Le marché attend notre entrepreneur-inventeur et son nouvel appareil, basé sur la combinaison de trois éléments : un filtre, le réacteur et le système de réglage. Gilbert Sonnay souhaite rencontrer un partenaire, un investisseur afin de passer en phase industrielle de production et satisfaire les attentes du marché suisse, puis des marchés européens.

Les avantages pour le consommateur font la différence. Sans chimie, sans consommation d’énergie, sans entretien, ce système est garanti 10 ans. Grâce à l’expérience, aux analyses de laboratoires et d’instituts, à la recherche appliquée sur des installations existantes, cette solution vous assure une eau de grande qualité avec toutes ses valeurs naturelles. Le calcaire ne se dépose plus. Le tartre des anciennes canalisations s’élimine graduellement. L’action antirouille diminue la corrosion et ainsi prolonge la vie de toutes les installations techniques : chaudières, pompes, boilers et canalisations. Les références sont actives et nombreuses. Dans nos bureaux. nous avions un appareil de la première génération qui fonctionnait encore bien. Nous avons participé aux tests des appareils de la nouvelle génération. Les résultats sont spectaculaires. NN

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recherche appliqué e

consommateur, selon les localités, entre 0,4 à 0,8 centimes : pour le captage, le pompage, la filtration et surtout le réseau de distribution. Il faut, selon les localités, ajouter la taxe de recyclage. En Suisse, c’est un bien public qui, heureusement, échappe à la spéculation. Grâce au massif alpin, nous avons des réserves en suffisance et les nappes phréatiques sont présentes sur tout le territoire. Les sources sont nombreuses. Jusqu’au début du siècle passé, avant de construire une ferme, les paysans considéraient la question de l’approvisionnement en eau comme prioritaire. Dans le commerce, un litre d’eau plate en bouteille vous est vendu 500 fois plus cher. Je vous laisse faire le calcul pour certaines eaux dites de luxe.


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A la recherche de nos origines Michel Giannoni Dr ès sc. ing. EPFL

Le 14 mai, la fusée européenne Ariane 5 a mis sur orbite les télescopes Herschel et Planck. C’est à une distance de 1,5 million de kilomètres, soit cinq fois celle de la Terre à la Lune, que gravitent les deux satellites, à l’opposé du Soleil, à l’abri des rayonnements pouvant perturber leurs mesures. Herschel observera les parties sombres et froides de l’Univers pour tenter de percer les secrets de la naissance des étoiles; Planck dressera la cartographie la plus précise qui soit des fluctuations du fond diffus cosmologique, ce rayonnement qui baigne l’ensemble du cosmos, vestige de la première lumière émise par l’Univers 380’000 ans après le Big Bang.

Quant au satellite Planck, sa mission est d’affiner les observations de COBE, lancé en 1989 et de WMAP, lancé en 2001. Mais pour améliorer les performances de ses deux prédécesseurs, le récepteur à haute fréquence de Planck a été refroidi à un dixième de degré audessus du zéro absolu, une température encore jamais atteinte, bien inférieure aux 2,7 K du fond cosmologique. Le télescope sera ainsi capable de tirer la quintessence de ces fluctuations, inférieures à quelques millièmes de degrés, qui détiennent des

informations essentielles sur la géométrie et le contenu du cosmos. Planck va analyser le rayonnement fossile qui baigne tout l’Univers et fournit des indices sur la manière dont la «soupe primordiale» a donné naissance aux grandes structures du cosmos, les galaxies et amas de galaxies. Il sera capable de faire le tri entre plusieurs scénarios des premiers instants de l’Univers. Il tentera de prouver l’existence des ondes gravitationnelles créées lors de la formation de l’espace-temps. Planck va aussi tester la relativité générale à très grande échelle, afin d’essayer de comprendre l’origine de l’accélération de l’expansion cosmique, que l’on explique aujourd’hui par une forme d’énergie inconnue, l’énergie noire. L’Univers est-il fini ou infini ? Est-il plat ou courbe ? Quelle est sa forme, s’il en a une ? Pourquoi y a-t-il des galaxies plutôt qu’autre chose ? Ou que rien ? C’est à la solution de tels problèmes que les astronomes espèrent voir Herschel et Planck apporter leur contribution.

observation

Avec son miroir de 3,5 m de diamètre et son capteur refroidi à 80 K, Herschel détectera la lumière émise par les cocons de poussière et de gaz, froids et denses, au sein desquels naissent les étoiles. Sensible aux longueurs d’onde comprises entre 55 et 672 µm, domaine de l’infrarouge lointain et submillimétrique que les instruments au sol ont du mal à détecter, il observera le rayonnement provenant d’objets dont les températures vont d’une dizaine à quelques centaines de degrés au-dessus du zéro absolu, comme des systèmes planétaires ou protoplanétaires, ou encore le milieu interstellaire constitué de gaz et de poussières, dont il pourra déterminer les propriétés physico-chimiques.

La Revue Polytechnique

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Plus avec moins !

Pour la première fois, en 6 millions d’années, l’humanité décide de sa survie. La population, la vitesse, la consommation, la vie, augmentent. Les déchets aussi. Les distances, la durée, le monde, le temps de travail diminuent. La glace des pôles aussi. La connaissance, le savoir, l’intelligence, les savants, les chercheurs, n’ont jamais été aussi nombreux, la population aussi. Nous sommes sept milliards. Notre potentiel est énorme. En 1970, Alvin Toffler, futurologue, publiait Le choc du futur. Il parlait de stress, de consommation effrénée et annonçait, calmement, des éventualités de conflits pour l’énergie, mais jamais il n’évoquat une remise en cause. Positif et naïf ? En 1970, la croissance de la consommation était perçue comme source de progrès. C’était la solution à toutes nos attentes. L’humanité entière allait en profiter. On nous annonçait aussi, à cette époque, la civilisation des loisirs et la disparition de la faim dans le monde avant la fin du millénaire. L’an 2000 paraissait bien loin et l’évolution si rapide que toutes les promesses allaient être tenues. Je vous laisse juger de l’état du monde en 2012 ?

Seul sur notre esquif Sur notre Terre, les ressources touchent à leur fin, sauf l’énergie solaire. Tel un navire nous voguons dans l’univers à 30’000 km à l’heure. Nous sommes tous à bord, voués à partager le même destin. Ce constat ne nous émeut guère. Nous l’ignorons totalement. Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

2012 – 2021 Le défi de Didier Bovard illustre bien notre situation planétaire. Ses ressources sont données, comme pour nous sur la Terre mais, il a un avantage, la population à bord du May Way n’augmente pas. Toutefois, il est toujours en situation critique. Les vents, les courants, la météo sont des éléments qui échappent à la volonté. A bord, tous les choix seront interdépendants et la marge d’erreur est faible.

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Sur nonante jours de navigation en solitaire la tolérance n’est que de dix jours. Avec ce périple de plus de 6’000 km, du Groenland aux côtes normandes, Didier et son team veulent vous interpeller sur la fonte des calottes glacières des pôles. Notre civilisation est égale à : consommation, pollution, destruction de l’environnement. Nous devons changer nos habitudes maintenant. Si nous ne modifions pas notre comportement, nous allons dans le mur. D’autres civilisations se sont éteintes par l’action de l’Homme. Sur l’île de Pâques, le dernier arbre a été coupé... Les Lapons subissent malgré eux le réchauffement climatique. Nous savons qu’en Asie des millions de gens seront concernés par la montée du niveau de l’eau. Les villes de Londres, New York, Amsterdam seront aussi touchées. Les déplacements de ces réfugiés climatiques vont-ils bouleverser certaines données migratoires ? Si une montre retarde d’une seconde par heure, ce n’est pas important. Mais, après trois jours, c’est plus d’une minute. Après un an, c’est plus d’une heure et demie. En un siècle, c’est plus de dix jours. En 6 millions d’années, c’est déjà 1671 années, les trois quarts de notre ère chrétienne. Du Big-Bang à nos jours, cette erreur est supportable. Mais, quand on

sait quel temps il a fallu pour constituer les réserves de pétrole et de charbon, là nous sommes interpellés.

Il n’est pas trop tard Il y a 6 millions d’années, une branche des primates a subi une évolution qui les a contraints à se déplacer au sol, au contraire de leurs congénères plus habiles dans les arbres. Ces premiers homo erectus sont nos ancêtres. Pendant 3 millions d’années, ils n’ont, paraît-il, presque pas évolué. A la faveur d’un changement climatique, dû au déplacement des continents, apparaît le Gulf Stream qui apporte des pluies en Afrique, notre lieu d’origine. Grâce à la naissance d’une nature plus riche, notre Homo se déplace dans la prairie. Il est plus habile debout. Nos cousins les gorilles, eux, restent dans la forêt. Notre aventure, la colonisation de la Terre, commence. Station debout, changements d’alimentation, évolutions génétiques et un peu de chance dans les hasards des chemins choisis font qu’en 3 millions d’années, nous devenons des Homo sapiens, notre condition actuelle.

Un défi inutile ? Sur le plan des énergies engagées, produites et récupérées, il est certain que notre investissement est inutile. Notre action est une image afin d’informer, de former et de motiver. Tenter l’impossible, c’est déjà s’en rapprocher. Il faut oser penser différemment et sortir du cadre, briser ses habitudes. Vous le savez, l’univers a environ 15 milliards d’années, notre système solaire, avec notre Terre, 4,5. Les premières molécules d’ADN sont apparues il y a 3 milliards d’années. La vie est née dans les océans. Les premiers amphibiens sont sortis de l’eau il n’y a que 400 millions d’années. Il y a 200 millions d’années apparaissent les mammifères qui côtoient les dinosaures. Qui aurait pensé que ce seraient les plus grands, les plus forts, les plus aboutis, qui disparaîtraient ?


millions d’années. Vous tracez une ligne de 60 m. Sur les premiers 30 m, ce groupe de mammifères évolue, survit. Pendant les 30 m suivants, l’Homo sapiens se déplace. Il construit ses premiers abris. Il crée ses premiers outils. Dans les derniers 10 m, il découvre le feu. Il prépare des peaux pour se protéger. Il améliore son alimentation.

Nous sommes au bout de ces 60 m qui représentent 6 millions d’années d’évolution de la race humaine et débute pour nous l’ère dite chrétienne. Ajoutons maintenant 20 mm pour représenter notre ère. Jusqu’en l’an 1000, la population mondiale reste stable, environ 250 millions d’individus.

En 1700, nous avions atteint le premier Dans le dernier mètre, soit les derniers milliard d’humains vivants, ensemble. En cent mille ans, il perfectionne quelques 1900, nous étions 3 milliards. En 1970, outils de pierre et de bois. Dans les der- 5 milliards. Aujourd’hui, nous sommes 7 niers 10 cm, il développe l’agriculture milliards. Pour subvenir aux besoins de ces 7 milliards d’êtres avec l’idée de réserhumains, nous puives et d’échanges. Nous devons sons dans les réserIl domestique des changer nos habitudes ves. Il y a dix mille animaux. Il construit maintenant ans seulement, dans des bateaux, des donnons l’exemple les derniers 10 cm, pyramides, les prenous avons inventé mières cités. Dans le dernier centimètre, des cultures évo- l’agriculture. Nous savons que l’agriculluées jaillissent de par le monde. Il y a ture est aussi la cause de nombreuses destructions et pollutions. Aujourd’hui, environ 250 millions d’individus. nous détournons une partie de la producDans les derniers 5 mm, Socrate, Plation agricole de son rôle, nourrir les poputon, Aristote fondent la philosophie et les lations, pour l’asservir à l’industrie. L’huile bases de notre civilisation. Les temples de palme casse la biodiversité et le maïs égyptiens, les statues grecques, les mofinit comme carburant. saïques romaines nous émerveillent toujours. Certaines constructions de Rome Le XXIe siècle ou le 21e mm Jamais ont l’eau courante et les égouts. Les arts, il n’y a eu autant de savoir et de savants la culture et même la gastronomie en même temps sur cette planète. Si les se développent. Les cités, les Etats 7 milliards vivaient comme nous, les Européens, il faudrait plus de deux planètes. sont organisés. Vous comprenez pourquoi il est urgent de soigner les réserves emportées sur notre bateau la Terre ?

Didier Bovard Navigateur

Narcisse Niclass Chef de projet

L’image que vous devez retenir Une ligne de 60 m de long (représentant 6 millions d’années), au fil de laquelle l’humanité se construit. Vous gardez les derniers 2 cm, le long desquels tout s’accélère. Et ce n’est que sur les derniers minuscules 2 mm que nous démolissons notre environnement et nous le savons. Maintenant, pour être sérieux, concret et positif, vous devez choisir votre camp. Il n’est plus temps de discuter et d’hésiter. C’est sur ces deux derniers millimètres que nous avons atteint le plus haut niveau de développement. Où est notre conscience ? Etes-vous des démolisseurs ou des constructeurs ? A l’image de Didier, il faudra faire plus avec moins. Savoir se satisfaire du strict nécessaire. Mais la différence est que nous ne sommes pas seuls et que d’autres générations aimeraient vivre sur le même bateau. Nous devons choisir l’efficacité en composant avec toutes les sources d’énergies renouvelables. Tenerife, 29 avril 2011, Narcisse Niclass

Merci à Albert Jacquard pour sa conférence «Définir l’homme sous le regard de la science» donnée le 24 avril 2003 à Lausanne.

proje t av enture

Reprenons notre évolution, il y a 6

Livre publié en 1987

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Stupéfaction et doute Michel Giannoni Dr ès sc. ing. EPFL

Les vaisseaux intergalactiques de Star Wars, se déplaçant à la vitesse de la lumière, devraient-ils aller encore plus vite ? C’est ce que laisse espérer aux auteurs de science-fiction, l’incroyable découverte annoncée par des chercheurs du CERN et du CNRS. On savait que Lucky Luke tirait plus vite que son ombre, mais des neutrinos plus rapides que l’éclair, on n’en avait encore jamais vus !

recherche

Bien sûr, les résultats de l’expérience devront être vérifiés et validés par d’autres équipes de scientifiques, travaillant sur d’autres installations. Mais le plus étonnant, c’est que cet événement était totalement inattendu. En effet, c’est en étudiant les oscillations d’un faisceau de neutrinos que les physiciens de l’expérience OPERA ont fait cette stupéfiante découverte. Et ce qui ajoute à sa crédibilité, c’est que les chercheurs ont été pratiquement obligés, après avoir effectué de multiples mesures, vérifications et analyses, de révéler leurs incroyables résultats, afin de couper court aux rumeurs qui commençaient à se répandre. Il faut dire que les physiciens n’ont pu identifier aucun effet dû aux instruments, ni trouver de faille à

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cette découverte, les mesures présentant de très faibles incertitudes et une distribution statistique telle, qu’on peut leur accorder une grande confiance. Lorsqu’il formula en 1905 sa théorie de la relativité restreinte, Albert Einstein se serait-il trompé ? Pas plus qu’Isaac Newton qui, il y a plus de 400 ans, énonça les lois de la gravitation. Ainsi, tout comme la loi de Newton n’est qu’une approximation de la théorie de la relativité lorsqu’on l’applique à de faibles vitesses, les conclusions de l’expérience OPERA, si elles s’avèrent exactes, pourraient faire penser à une extension du modèle standard de l’Univers et à une toute première vérification de théories purement spéculatives, comme celles des cordes ou de la

gravitation quantique, qui postulent l’existence de dimensions supplémentaires ou de trous de ver, singularités permettant d’accéder à d’autres régions de l’espacetemps. L’annonce d’un phénomène qui remet en cause la relativité restreinte - la théorie d’Albert Einstein vérifiée à de multiples reprises - ne pouvait pas être faite à la légère. Aussi, les scientifiques associés à cette expérience ont-ils choisi de publier ouvertement leurs résultats, le 23 septembre dernier, s’exposant volontairement à la critique de leurs pairs, tout en offrant à la communauté scientifique les moyens de mettre en doute leurs propres travaux. A l’heure où les conflits d’intérêts, les expertises mensongères et les scandales sanitaires font la une de l’actualité, une telle démarche, mettant en exergue l’attitude exemplaire et l’intégrité de scientifiques véritables, devrait servir d’exemple aux acteurs du monde de la politique, de l’économie et de la finance. On peut toujours y rêver ! La Revue Polytechnique


Coopérer à taille humaine

L’économie dans tous ses états Ces 30 dernières années, nous nous sommes presque habitués à voir surgir des crises économiques et à croire que c’est une fatalité ou un cycle naturel. L’économie, comme le fonctionnement de nos sociétés civiles, est entre nos mains. Il nous appartient d’avoir de l’éthique en affaires, du respect pour ses partenaires et de choisir les bons modèles qui ne détruisent pas les valeurs.

La Suisse est comme un îlot dans la tourmente actuelle. Toutefois, nous subissons des pressions politiques, économiques qui sont injustifiées dans une large mesure. Il est difficile pour nos voisins l’UE et pour les USA, de nous imiter. Notre succès dérange. Les négociations sont difficiles. Notre pays ne représente que 1% de la population mondiale.

Les banques suisses ont aussi subi les aléas de l’économie mondiale et elles sont en mutation profonde. Toutefois, il y a une banque suisse, certes modeste, avec un modèle d’affaires qui l’a mise à l’abri des turbulences internationales. C’est la Banque WIR, dont le siège est à Bâle et la succursale pour la Suisse romande à Lausanne. Cette banque est une coopérative fondée en période de crise par des artisans qui se faisaient confiance et qui croyaient en la valeur du travail. Leur vision demeure toujours valable. En cette année des coopératives, donc de la coopération, ce modèle helvétique peut être un exemple pour des pays en déve-

loppement. Il n’est peut-être pas loin le jour où la Banque mondiale enseignera le modèle suisse WIR ...

Les banques coopératives ou mutualistes sont nées en Europe au XIXe siècle. Celles qui ont réussi ont toujours été fondées par et pour les artisans, les commerçants, les indépendants. Le choix de cette forme de société impose des relations plus étroites et suivies entre les coopérateurs. La proximité crée la transparence et la solidarité. La finance, la banque, l’argent sont des outils au service des membres et non un système qui cherche le profit pour les actionnaires et quelques dirigeants.

Aujourd’hui il est de bon ton de s’interroger sur l’économie, la finance et la politique monétaire. On entend qu’il faut corriger les abus et chercher un nouveau système économique mais, on ne saurait pas lequel ? En cette année officielle des coopératives, la réponse est simple. Un circuit économique stimulant les échanges et évitant la thésaurisation qui favorise la spéculation est une voie connue. En Suisse, c’est la monnaie WIR. Certes, c’est un système fermé mais qui, curieusement, crée des liens directs et étroits entre ses membres. En 2012, l’ONU vous invite à coopérer. En Suisse, le chemin est bleu. Coopérons.

Un pour tous, tous pour un.

Originalité Les coopérateurs se regroupent spontanément en associations régionales pour développer des activités pour leurs membres. Dans les 15 groupes WIR, qui couvrent toute la Suisse, les thèmes abordés sont la formation, les conseils aux patrons, les échanges d’expériences et un soin particulier apporté à la convivialité. Le mot coopérative devient tout naturellement coopération. En effet, dès les débuts, les fondateurs avaient compris qu’il fallait dépasser le niveau de la concurrence sauvage pour créer la confiance dans l’économie locale. Au fil du temps, la centrale WIR a développé des outils qui facilitent non seulement l’aspect financier des échanges mais aussi le partage de l’information et de la connaissance. Comme souvent en Suisse, la partie alémanique apporte une oreille très attentive aux spécificités de la Romandie. Plus lentement certes, l’idée WIR colonise le territoire en direction de l’ouest. Il y a des coopérateurs à Genève aussi. En Suisse c’est plus de 60’000 entreprises dont 5’000 en Romandie.

Rue du Simplon 3 Tél. 0848 947 948 1006 LAUSANNE lausanne@wir.ch www.banquewir.ch

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PARTE NARIAT

L’ONU a décrété 2012 année des coopératives. Il est bien que l’institution mondiale la plus prestigieuse découvre l’importance des initiatives privées des personnes qui s’unissent pour agir. L’ONU a été créée sur les cendres de la SDN, en 1945. La coopérative WIR est active depuis 1934 déjà. Et sans ambiguïté, la naissance de la Confédération helvétique, en 1291, a été l’œuvre de trois bergers qui ont décidé de coopérer et de passer à l’action pour défendre leurs intérêts communs. L’esprit coopératif est bien partagé en Suisse.


Innovation et impuissance Michel Bugnon-Mordant Président de l’Académie suisse de géopolitique

La pléthore de cours d’économie depuis l’Antiquité nous a dotés de tous les éléments permettant de définir et d’appliquer le concept d’innovation. Ce processus qui consiste à traduire en produits concrets ou en services une idée, réduisant ainsi l’écart entre un besoin, une attente, réels ou factices, et une réalisation qui les satisfasse, chaque acteur de l’espace économique l’a en tête. Mais cela ne saurait suffire. Encore faut-il que les conditions technologiques, financières, mais surtout psychologiques s’y prêtent. Dans une Europe en passe de devenir, du fait d’un système inédit de pillage mondialisé des populations, un désert industriel et conceptuel, la notion même d’innovation est peu à peu abandonnée à l’Orient, comme à la plus belle époque de l’Ex oriente lux 1. Parmi les critères de l’innovation fournis par la science économique contemporaine (dans la mesure où on peut la prendre au sérieux), ceux que propose le professeur David Owen, de la Vanderbilt Owen Graduate School of Management, articulent de manière relativement complète le concept lui-même. Ils sont au nombre de six, qu’Owen résume par la figure suivante :

La source de l’innovation, on s’en serait douté, est l’individu, qui est appelé non seulement à puiser dans ses ressources propres (imagination, initiative), mais à

«penser différemment», seul moyen d’engendrer et de reconnaître des idées innovantes appropriées, sans que l’on perde de vue les contraintes de la réalité (une innovation doit être reproductible à un coût économiquement viable et doit répondre à un besoin qu’il est matériellement possible de satisfaire). L’individu joue donc un rôle décisif, tout comme l’organisation qui l’abrite. Celle-ci doit disposer d’une stratégie et d’une structure qui permettent la naissance puis l’application de l’idée innovante. Ne doit pas être oublié non plus le fait que l’ensemble s’inscrit dans une branche industrielle, commerciale, financière ou artisanale donnée, là où la capacité d’innover s’insère dans un sens précis, celui où elle correspond à une clientèle potentielle qui en discerne la

valeur et l’utilité, faute de quoi l’innovation fait simplement place à la créativité, sans portée pratique. Quant au cinquième élément, la technologie, il est la condition même de l’application dans la mesure où il rend l’idée innovante réalisable sur le plan de la recherche et du développement.

Absence du sixième élément L’Europe, en ce début de vingt-et-unième siècle, possède-t-elle les cinq éléments mentionnés ci-dessus ? A des degrés divers, et relativement, il est possible de répondre par l’affirmative. Les individus innovants existent, en dépit d’une formation globale qui sacrifie ouvertement les branches d’appréhension intellectuelle (histoire, géographie, littérature, philosophie) au profit des branches techniques. Ce qui est mis en œuvre dans l’éducation mondialisée actuelle n’est autre, en fait, que le modèle que souhaitait l’un des capitalistes «sauvages» du XIXe siècle américain : Andrew Carnegie. Dans son livre, The Empire of Business, publié en 1903, le magnat suggère que l’on raie des cours des lycées et des universités,

outre le grec et le latin «qui n’ont pas plus d’utilité que le Choctaw» 2, la littérature et l’histoire, qui doivent être laissées à

Idée selon laquelle la lumière intellectuelle et philosophique viendrait de l’est, notamment des pays du Proche et du Moyen-Orient. C’est à cette illusion que l’on doit, entre autres, l’adoption de monothéismes par essence intolérants tels que le christianisme et l’islam, dont les prémisses, les représentations et la mentalité sont fondamentalement antinomiques de notre héritage gréco-romain.

1

Les Choctaws sont l’une des tribus indiennes de l’est des Etats-Unis, comme les Creeks et les Cherokees. Elles font partie de celles qui tentèrent de «faire le jeu de l’assimilation», comme l’écrivent Anne Garrait-Bourrier et Monique Vénuat, mais «en réalité, quelle que soit leur attitude, il ne leur fut laissé aucune chance». Les spoliations, les massacres, les traités jamais respectés, de la part des Blancs, s’ajoutèrent à la loi Dawes (1887), afin de concrétiser le génocide. Cette dernière prévoyait cyniquement de faire des Indiens de «vrais Américains» et donc de les «individualiser», de «leur inculquer les valeurs américaines, le sens de la compétition, il convenait de ‘’les rendre égoïstes’’» (Les Indiens aux Etats-Unis : renaissance d’une culture, Ellipses, Paris, 2002). On voit ici dans quel «respect» et dans quelle «haute estime» Carnegie, comme la plupart des WASPS, tient les Indiens.

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Les obstacles à l’innovation

C’est là qu’intervient le sixième élément : la société elle-même. Contrairement

(minoritaires) provoque l’appauvrissement, la précarité, la misère des autres (maMettons-nous un instant à la place du jeujoritaires). En témoignent, entre autres, ne scientifique ou du jeune ingénieur dont les résultats 2011 des entreprises du le cerveau fourmille d’idées véritablement CAC 40. En échange de près de 80 milliards innovantes et qui ne demande qu’à être de cadeaux en cinq ans de la part d’un employé. pouvoir politique au service de l’oligarchie, Sa formation est non seulement impec- en échange aussi d’une imposition nulle cable sur le plan technique, mais sou- ou dérisoire (entre 2, 3 et 4 fois inférieure, vent foisonnante : bac + 9 ou 10, stages, en moyenne, à celle des PME), en échange échanges, etc. Premier obstacle : un d’une socialisation spectaculaire des coûts chômage massif, nous l’avons dit, en et d’une privatisation tout aussi spectacuparti voulu par le système (la crainte de laire des profits, ces dernières n’ont à offrir, perdre son emploi ou celle de ne pas en en dépit des multiples promesses, que des trouver anesthésie les éventuelles ardeurs créations d’emplois voisines de zéro, additionnées d’emplois contestataires), en existants précaires partie inhérent à Que restera-t-il (majoritairement des un système librecontrats à durée dééchangiste globalisé sous peu d’une Europe terminée), une staqui ne profite qu’à vide d’industries, gnation des salaires ceux qui le manivide de services et pulent. Les chiffres, doctrinalement aveuglée ? faisant pendant à un recul régulier du poude ce point de vue, voir d’achat, et, enfin, sont éloquents : 44 millions de chômeurs dans les pays des délocalisations massives. La situation riches (c’est-à-dire ayant une oligarchie est même tellement caricaturale que leurs dont la fortune, indécente, provient directe- dirigeants en sont gênés. Non parce qu’ils ment du pillage des richesses communes en ont honte – les voyous, dans un systèau détriment de la masse citoyenne), dont me voyou, n’ont pas d’état d’âme – mais 14 millions de plus entre 2007 et 2011. parce que le système lui-même révèle Encore s’agit-il là des chiffres officiels vraiment un peu trop nette(OCDE), donc largement sous-estimés. ment sa vraie nature : ce que Michel Onfray

à ce qu’affirme Owen, l’échec ne provient pas toujours d’un refus, de la part de la société, des idéaux et des aspirations que l’innovation est censée incarner, mais de ce que, face au carcan idéologique que lui impose la caste économique et politique au pouvoir, elle n’a rien à opposer.

Si la «crise» y est certainement pour beaucoup, encore convient-il de la définir. Qu’est-ce que la crise actuelle, sinon le signe que le système de pillage mondialisé fonctionne trop bien et selon le principe des vases communicants : l’enrichissement disproportionné des uns

Les esprits innovants, donc, l’Europe les possède. En fait-elle bon usage ? La réponse est clairement : non. Car il est de fait qu’en plus d’un chômage de masse encore rarement égalé, résultat d’une politique ultralibérale démentielle et criminelle (mais le pire est encore à venir), l’Europe met au développement de l’innovation des obstacles difficilement surmontables.

décrit comme une «mondialisation économique libérale brutale, une domination du marché doublée d’une négation de la dignité et de l’humanité du plus grand nombre». 3 Le deuxième obstacle découle directement du premier : la fuite des cerveaux.

La Puissance d’exister, Le Livre de Poche, «Biblio essais», 2006, p. 109.

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R ÉAGIR

«une poignée d’individus ayant du goût pour les vieilleries et qui pensent que leur vie doit être consacrée à l’examen d’un passé poussiéreux». Seule la lecture échappe à l’éradication, à condition toutefois qu’elle constitue un loisir agréable, auquel cas elle peut tout aussi bien être remplacée par une partie de billard, de basketball ou de cricket, ou encore par un bon moment de rigolade. En revanche, priorité doit être offerte aux branches «utiles» telles que l’économie, la chimie, la mécanique, la comptabilité et la physique. Carnegie avait compris, en réalité, que le meilleur moyen pour une minorité ploutocratique de dominer et exploiter une majorité était de la rendre, dans la mesure du possible, incapable de comprendre dans quel système global elle se trouve engluée.


L’Europe a si bien intégré son rôle de faire-valoir économique qu’elle ne prend même plus la peine d’offrir aux diplômés qu’elle forme (sauf s’ils bénéficient de réseaux idoines) des postes en adéquation avec leurs capacités. Un nombre incalculable de jeunes ont donc le choix entre les agences d’intérim, les petits «jobs» sous-rémunérés et l’exil, essentiellement vers les Etats-Unis. Cette matière grise qui s’en va n’est évidemment pas perdue pour tout le monde. Troisième obstacle : ne pas disposer, en cas d’engagement, des ressources financières et matérielles nécessaires à la concrétisation d’une idée innovante. Les causes ? Pusillanimité, susceptibilité hiérarchique, mais surtout coût exorbitant

des brevets. L’aveuglement, de ce côté là, est tel qu’il arrive que des universités investissent dans un brevet qu’elles doivent abandonner peu après à cause du prix de son renouvellement. L’Université de Caen, en Normandie, en a fait l’expérience. L’innovation ainsi délaissée a été reprise sans hésitation par une compagnie... américaine.

qui avaient délocalisé en Chine, en repartent, pour la bonne raison que les Chinois se sont mis à produire des yaourts aussi bons et meilleur marché et qu’ils n’ont donc plus besoin de ces multinationales occidentales. Le symbole doit être pris au sérieux : que restera-t-il sous peu d’une Europe vide d’industries, vide de services et doctrinalement aveuglée ?

Quatrième obstacle : un espace économique ouvert à tous les vents ne permet pas à l’innovation, lorsqu’elle est exploitée, d’être compétitive. L’illusion, ridicule (exprimée récemment par un Pascal Salin), que l’Europe peut se contenter d’inventer ce que la Chine ou l’Inde fabriquent à bas coût vient de recevoir un cinglant démenti : Nestlé et Danone,

Il est vrai qu’après deux guerres civiles suicidaires (1914-18, 1939-45) et une soumission générale aux intérêts de cet appendice pathologique de l’Europe que sont les Etats-Unis 4, qu’espérer d’une Europe qui ne croit plus en elle-même et se morfond dans la repentance, l’autodénigrement et un métissage de masse suicidaire ?

Dont l’historien Thomas Rabino vient de rappeler qu’ils ne survivent que parce qu’ils sont perpétuellement en guerre. Dans mes ouvrages, L’Amérique totalitaire (Favre, 1997), Sauver l’Europe (L’Age d’Homme, 2000) et Etats-Unis, la manipulation planétaire (Favre, 2003), j’avais, parmi les premiers, souligné combien les Etats-Unis étaient une nation prédatrice, qui ne saurait vivre en paix puisqu’elle concilie messianisme (elle serait la nation «élue» par la Providence pour diriger la planète) et gloutonnerie (le niveau de vie matérielle élevé d’une partie de sa population ne saurait se maintenir sans le pillage des richesses, où qu’elles se trouvent).

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Du papyrus à l’E Ink Daniel Mange

Prof. d'informatique

En 2001, Daniel Mange écrivait dans Le Temps du 20 février «J’ai été Le papier moderne a remplacé le papyrus nommé professeur, je suis imprimeur. Maître de mon ordinateur, je suis et le parchemin. Il n’est pas exclu que la prochaine étape soit le papier électronique. l’esclave de mon imprimante». En 2005, l’auteur relevait : «Rien n’a

Peut-on faire mieux ? Lire sur un changé : je suis toujours imprimeur. La

La solution pourrait être l’encre électronique, ou «E Ink». Imaginez un papier quadrillé où le quadrillage est extrêmement Il poursuivait son fin, à la limite de la constat et nous invisibilité ; chaque Le papier électronique minuscule carreau terpellait sous l’angle fait rêver : livres ou écologique. Dans les – qu’on appelle un années quatre-vingt, documents farcis pixel – peut être noir le bureau sans papier d’animations alimentées ou blanc. Grâce à la était annoncé. Nous finesse du découpaen temps réel en sommes très loin. ge, on peut alors réa«Depuis l’invention du liser n’importe quel papier, rien n’a changé, sinon la quantité. texte ou figure. La nouveauté réside dans J’observe le papier blanc qui déferle dans la réalisation de ces pixels : une minuscule mon bureau, et qui en ressort, peu après, goutte d’encre, composée de particules sous forme de maculature. Je cherche une blanches et noires, est encapsulée dans consolation en me persuadant qu’il existe la feuille ; selon la présence d’un champ une rédemption par le recyclage. Mais le électrique, cette goutte peut basculer doute rôde : de gigantesques camions-re- dans l’état blanc ou noir, et y rester indéfimorques vont exporter ce matériau souillé niment sans apport d’énergie. On retrouve vers de lointaines usines, où des procédés ainsi le langage binaire de l’informatique. chimiques hautement complexes vont Un tel papier est donc parfaitement comrefournir du papier, patible avec votre ordinateur ; il n’est plus qui va parcourir le imprimé, il est simplement programmé. chemin inverse». Pour la conservation à long terme, il sera stocké sur votre disque dur ; pour la lecture à court terme, il sera présent à votre demande, sera transportable et «annotable» sans exiger l’incontournable batterie.

situation a même empiré, comme le prix des cartouches qui nourrissent mes jets d’encre. Mais, sur le front de la recherche, quelques nouveautés balbutient. Au duo des précurseurs, Xerox et E Ink, vient s’ajouter un outsider, Philips». Le pionnier semble être la mythique firme Xerox qui, dès 1998, propose son prototype Gyricon capable d’afficher texte et dessin à l’aide d’une myriade de minuscules boules de plastique excitées par une simple cellule solaire ; chacune des demi-sphères est blanche ou noire. Xerox est talonnée par la société E Ink. Cette société proposait à la même époque un produit très voisin, mais plus fin, basé sur l’interaction de très petites sphères transparentes, remplies d’un liquide bleu dans lequel flottent des copeaux blancs. En 2003, la compagnie Philips annonçait l’arrivée d’un nouveau papier électronique, doté de couleurs et au moins deux fois plus brillant que ses concurrents ; cette technologie est basée sur le contrôle électrique du mouvement d’un fluide. Le papier électronique fait rêver : livres ou documents farcis d’animations, journal alimenté en temps réel par les plus récentes nouvelles puisées sur Internet, papier peint programmable... La descendance du papyrus, du parchemin et du papier est assurée : elle sera définitivement électronique.

En mars 2012, la société Apple nous fait-elle régresser en annonçant la 3e génération de son iPad ? Un produit massif, fragile, impliquant une production lourde et laissant une empreinte écologique non-négligeable. 635 g de technologie pour booster les jeux et les aspects ludiques. Le savoir contre le paraître. Ce marché est en pleine expansion, 63 millions de tablettes ont été vendues en 2011. Qui a réellement besoin de cet outil ? Quel est le prix payé par la planète pour cette production polluante ? Est-ce que la voie du papier électronique n’était pas une solution plus intelligente ?

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ré seau innovat ion

écran n’est pas la solution ; le papier est définitivement plus rapide d’accès, plus léger, plus maniable, plus convivial, meilleur marché, plus sensuel.


Une idée, une entreprise

Pain au petit épeautre

«Agir est autre chose que parler, même avec éloquence, et que penser même avec ingéniosité», Marcel Proust. A l’heure des réseaux, il faut garder à l’esprit qu’envoyer des courriels n’est pas un acte anodin. C’est 9 g de CO2. Si votre message est futile, inutile, vous détruisez des valeurs, faites perdre du temps et donnez un très mauvais signal à votre entourage. Dans un projet d’entreprise, concentrez-vous sur votre mission et votre objectif. En cette année des coopé- inspirer et s’implanter dans un territoire ratives, il faut se rappeler que coopérer pour donner du sens à la démarche. Orc’est additionner, multiplier les forces, les compétences et les connaissances. Un boulanger, une graphiste et un chef de projet vont vous faire vivre un projet d’entreprise en direct. Ils mettent en commun leur savoir-faire, quelques moyens et surtout leur travail. Vous êtes invité à partager cette aventure en participant au capital ou en apportant des ressources.

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La production Démarrage chez le

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N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Nous sommes acteurs, sujets, objets, observateurs et participants. Cette situation, Décide de vouloir ce qui arrive... et tu seras heureux. Epictète

En 2011, nous avons décidé d’apporter un appui au projet iceberg2012.net Cet engagement va nous occuper encore Notre mission guide notre action placée sous le bénévolat. Le mentora et le partage du savoir tiennent en quatre mots. Evaluer : nos membres sont sollicités pour leurs compétences et leur regard lucide. Conseiller : tous, nous avons du savoir-faire à échanger. Il suffit de passer de l’autre côté du miroir. Accompagner : si le mot coach est à la mode, dans la réalité, un dialogue soutenu est la clé d’un bon tandem. Promouvoir : par nos activités et avec nos outils, comme la présente revue et le site invention.ch, le réseau se construit. Notre originalité : nous sommes connectés à d’autres réseaux.

Nos membres et amis bénéficient de ces atouts

longtemps. C’est un joli cas d’école, bien plus intéressant qu’un jeu de rôle ou une partie de Monopoly.

Suivez nos activités sur www.iromentorclub.ch Avec ce projet, nous sommes dans la dernière ligne droite mais tout continue et continuera car les grands défis écologiques ne sont pas prêts d’être gagnés.

Notre club permet à des inventeurs, entreprises, sociétés de se présenter lors de manifestions publiques. Notre tradition d’accueil et d’échange et notre fonctionnement ouvert, simple et direct favorisent les contacts personnels et les échanges d’expériences. L’esprit du troc peut favoriser le démarrage de projets importants. Nous sommes une interface évolutive qui a une longueur d’avance dans la connexion des réseaux.

Nous sommes juste 20 ans après la fameuse Conférence de Rio. Depuis, les réunions internationales et les belles déclarations se sont suivies. Nous devons constater que les gouvernements ne savent pas prendre leurs responsabilités, informer et motiver leurs populations. La société civile se lève, se réveille. Nous sommes dans une phase de changement mais rien n’est clair. La jeune et récente révolution de jasmin déçoit déjà par ses luttes de pouvoir. Quel rapport avec notre club ? Nous sommes la société civile. Nous l’influençons et nous la vivons de l’intérieur.

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Evaluer Conseiller Accompagner Promouvoir

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ré seau

Notre club puise ses origines dans l’AS  IRO en 1985 déjà mais a démarré dans son orientation actuelle en 1999, il y a 13 ans. Notre engagement évolue selon les forces de nos membres et la vivacité du réseau. Nous sommes fortement orientés création d’entreprises et assistance aux PME, aux indépendants, aux artisans, à toutes les personnes qui bougent et se bougent.

en constant changement, justifie bien notre leitmotiv : I-innovation, R-réflexion, O-organisation et encore O-objectif.


La belle aventure Jean-Luc Vincent

Président et fondateur

Heureusement, il est encore possible place. Le Salon international des inven- L’histoire récente nous le rappelle brutalepour une seule personne, de faire bouger le monde avec un projet, une idée, un défi. Certains évoquent l’effet papillon, une théorie sympathique lancée par le météorologue américain Edward Norton Lorenz. C’est le titre d’une conférence donnée en 1972, il y a 40 ans justement. «Le battement d’aile d’un papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ?». Les démonstrations multiples, la théorie du chaos, nous prouvent que de petites causes peuvent avoir de grands effets. Mais peut-on influencer l’enchaînement des événements ? Nous pouvons imaginer l’effet domino mais dans ce cas, les éléments sont justement bien placés pour créer la surprise.

C’est en 1972 que Jean-Luc Vincent

salon / expo

crée et lance son Salon international des inventions de Genève. 40 ans d’histoires fabuleuses. 40 ans de rencontres. 40 ans de surprises. Ténacité, constance, résistance, engagement et prise de risques, un bel exemple pour tous les exposants qui ont bénéficié de cette tribune internationale. L’organisation ne laisse pas la place au chaos. Les inventeurs sont exigeants. Passionnés, ils veulent tous la première

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tions de Genève est cette première place.

Exposer, participer à cette rencontre, c’est déjà monter sur le podium, être sous les regards du public et des médias Si la finance prenait exemple sur les inventeurs, nous n’irions pas de crise en crise, depuis 40 ans. C’est toujours sous la contrainte que les politiques évoluent.

ment. Aucune anticipation, aucune vision, à chaque chute des cours boursiers c’est l’étonnement. Au contraire, dans le monde de l’invention, quand quelque chose ne va pas, un entrepreneur se lève. Chaque printemps, JeanLuc Vincent accueille ses inventeurs, son public, les journalistes, les curieux et les esprits vifs, à la fête.

Bravo pour ces journées qui montrent que tout est possible. Un homme, une idée, une équipe et le Salon continue. Pour améliorer le quotidien, réinventer le monde, imaginer une nouvelle société, rendez-vous au printemps 2013.

41e Salon

International des Inventions de Genève Le plus important au monde

GENÈVE PALEXPO www.inventions-geneva.ch

10 - 14 avril 2013


idée g e n u – R I W e m Le systè énia

3-4 éditions annuelles N0 24 / 2012

IROmag, C.P. 1303 Tél. +41(0)26 476 60 49 CH - 1701 Fribourg Fax +41(0)26 476 60 50

E M P S E D T R LE SUPPO E C N E L L E C X PAR E le

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IROmagazine N°24  

Revue de l'invention et de l'innovation en Romandie

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