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Pcm 920

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PLASTIQUES 920 AVRIL-MAI 2015

& Caoutchoucs MAGAZINE www.plastiques-caoutchoucs.com

STRATÉGIE

À chaque compound sa spécialité SALON

Le Spido revient à Oyonnax CARRIÈRES

Françoise Andres, présidente d’Elipso

Fabrication additive

LA PLASTURGIE IMPRIME SA MARQUE


Le marteau et l’enclume

L

a plasturgie européenne pensait avoir terminé sa convalescence, mais l’étrange épidémie de forces majeures est de retour ! Depuis le mois de mars (lire Des forces majeures bien orchestrées ?, p. 21),

des problèmes techniques, plus ou moins bien définis, ont entraîné l’arrêt de la production chez la plupart des fournisseurs de polymères et provoqué des ruptures d’approvisionnement chez certains plasturgistes. La situation de pénurie qui en découle provoque immanquablement une

Alexandre Couto Rédacteur en chef acouto@etai.fr

3

hausse des prix souvent difficile à absorber par les petites et moyennes entreprises de la filière.

Le bien-fondé de l’emploi du « cas de force majeure » est remis en cause

leur communication, avec des réactions cosignées par des organismes de divers pays ou agissant directement à l’échelle européenne, comme le syndicat européen des transformateurs de plastique (EuPC, European Plastics Converters), le syndicat

allemand de l’emballage plastique (IK, Industrievereinigung Kunststoffverpackungen) ou encore la fédération de la plasturgie britannique (BPF, British Plastics Federation). En se mettant à l’unisson, la plasturgie européenne semble avoir réussi à attirer l’attention sur ses déboires et sur sa situation précaire, entre le marteau des producteurs de matières et l’enclume de ses très exigeants donneurs d’ordres Comment éviter la récurrence d’une telle situation ? Le bien-fondé de l’emploi du « cas de force majeure », élément juridique censé intervenir en cas de circonstances « exceptionnelles », c’est-à-dire échappant au contrôle du producteur, est remis en cause. D’autant que, pour certains spécialistes, c’est le manque d’investissements des chimistes sur leurs installations européennes, au profit de leurs usines asiatiques, qui accélérerait leur vieillissement, donc les risques de problèmes techniques… Ce vieillissement est-il si imprévisible que le recours à la force majeure soit nécessaire ? Dans une industrie où la sûreté et la rigueur sont érigées au rang de valeurs premières, il est permis d’en douter.

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N°920 Avril-Mai 2015

ÉDITORIAL

Une situation similaire avait eu lieu en 2010, qui avait provoqué la grogne des organisations professionnelles de l’Hexagone. L’impact avait été moindre au niveau européen. Mais, cette fois, les fédérations semblent avoir mieux coordonné


SOMMAIRE

13

4

7

10 18

L’ACTUALITÉ

GRAND ANGLE

35

6

TENDANCES

Mesure : l’analyse à grande vitesse

LA PLASTURGIE IMPRIME SA MARQUE

8

L’INNOVATION DU MOIS

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CONJONCTURE

La télévision Les trois dimensions de la croissance numérique embarquée

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TECHNOLOGIE

DESIGN

Tout en finesse D’un pied léger

Vingt-cinq ans de brevets

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40

Arburg : un aperçu de la plasturgie de demain

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À CHAUD

La Pennsylvanie attire la plasturgie

Un investissement payant

À chaque compound sa spécialité

28 TABLEAU DE BORD Mercuriales des prix Commerce extérieur

L’explosion des fablabs INNOVATION

26

STRATÉGIE

CONCEPTION

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LE POINT DE VUE DE…

Georges Taillandier,

président de l’Association française de prototypage rapide

Photo de couverture : Stratasys Avril-Mai 2015 N°920

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46 37 41

PROFESSION

CAHIER TECHNIQUE

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La Plastics vallée tient salon

Mieux contrôler les films polyester multicouches

CÔTÉ SALON

SIMULATION NUMÉRIQUE

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Des apprentis ingénieurs attendus à Toulouse

Françoise Andres nouvelle présidente d’Elipso

Index

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66

Titan et Hydro

DROIT

CARRIÈRES

64

FOCUS

48

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PRATIQUE

Prochain numéro Pour nous joindre

FORMATION

Des programmes de conformité très contrôlés

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RECYCLAGE

La valorisation des déchets plastiques révolutionnée

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L’ACTUALITÉ

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L’EXTRUSION DOUBLE PERFORMANCE EXTRUDEUSE Le fabricant d’équipements d’extrusion et de compoundage, Coperion, a présenté au salon Chinaplas, les 21 et 22 mai à Canton, sa nouvelle extrudeuse bivis, la CTE 50 Plus. La machine bénéficie de deux remaniements par rapport au reste de la gamme : le terminal de contrôle et la boîte de vitesses, interchangeable avec les anciens modèles. Les parties tournantes et les convertisseurs de couple ont été redessinés, avec des

dents plus larges pour assurer une surface d’entrelacement maximum. Par ailleurs, les boîtiers ont été conçus pour être plus résistants et pour prévenir les vibrations. Pour la commercialisation de cette extrudeuse, Coperion a renforcé les contrôles qualités : « Chaque machine passe par près de quarante postes de vérifications », indique l’entreprise.

TENDANCES LA JUSTE DOSE EN TOUTES CIRCONSTANCES DOSAGE Motan, spécialiste des équipements basé à Friedrichshafen (Allemagne), propose son doseur volumétrique Miniblend V. L’équipement permet de doser et de mixer la matière avec précision et régularité. Monté entre la trémie de la machine et la gorge d’alimentation de la machine de transformation des matières plastiques, l’appareil nécessite très peu d’espace. Le système de mesure garantit une très grande précision de dosage, même pour les très petites quantités. Différentes tailles de disques de dosage et différents modules, dans des matériaux comme l’acier inoxydable ou le verre, permettent à l’équipement d’être résistant à l’usure. Des disques spéciaux peuvent être équipés pour augmenter la résistance aux matériaux durs et abrasifs. L’ergonomie du changement de module a été étudiée pour des changements rapides de couleur. Le Miniblend V est conçu pour doser les matériaux à la fluidité normale et les microgranules. L’équipement peut être exploité par les systèmes de commandes Volu MC et Volunet MC. Ce dernier est équipé d’une interface Ethernet.

L’ANALYSE À GRANDE VITESSE MESURE Partenaire de l’École des mines de Douai (Nord), le spécialiste des équipements de mesures et d’analyse, Mettler Toledo, a fourni à l’établissement, en début d’année, un calorimètre différentiel à balayage (DSC, Differential Scanning Calorimetry) fondé sur la technologie Flash. Ce procédé permet de mesurer les échanges de chaleur entre un échantillon à analyser et un élément de référence. Il est particulièrement utile pour mesurer la température de transition vitreuse des polymères. « Nous cherchions un appareil pour détecter la cristallisation lors du procédé, indique Jérémie Soulestin. Un appareil DSC traditionnel ne pouvait y parvenir, compte tenu de la vitesse de refroidissement élevée. » Avec son Flash DSC, Mettler Toledo veut révolutionner l’analyse calorimétrique à balayage rapide. Cet instrument peut analyser des processus de réorganisation impossible à mesurer jusqu’à présent, et s’inscrit comme un complément idéal de la DSC conventionnelle. Les vitesses de chauffe couvrent une plage de plus de sept décades. Les vitesses de refroidissement et de chauffage ultrarapides ajoutent une dimension à l’étude des processus chimiques et des transitions physiques à induction thermique, comme la cristallisation et la réorganisation des polymères. Les principaux

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avantages de la technologie sont des vitesses de refroidissement très rapides, qui permettent de préparer des matériaux aux propriétés, des vitesses de chauffage élevées, qui réduisent le temps de mesure et suppriment les processus de réorganisation, et une plage de température étendue, allant de - 95 à + 450 °C. « Avec une préparation de quinze à vingt minutes, le temps d’analyse est de cinq minutes. » Après avoir équipé les laboratoires, Mettler Toledo souhaite diffuser sa technologie au sein des entreprises de plasturgie, pour leur offrir un meilleur contrôle de production.

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UNE SUBSTITUTION DANS LE VENT

UNE ERGONOMIE RENFORCÉE

MATIĂˆRE L’un des leaders de la production et du dĂŠveloppement de rotors axiaux, la sociĂŠtĂŠ danoise Multi-Wing International, a choisi d’utiliser le nouveau polyamide (PA) renforcĂŠ en fibres de verre longues de BASF pour fabriquer les moyeux de son nouveau ventilateur Ă courant mixte. Ces moyeux sont des pièces circulaires, montĂŠes sur galet ou sur poulies, qui transfèrent le mouvement circulaire aux ventilateurs. Ce système PA chargĂŠ fibres de verre, commercialisĂŠ sous le nom d’Ultramid Structure B3WG10 LFX, assure une meilleure liaison des fibres dans le plastique, ce qui stabilise l’ossature de fibres. La gamme de matĂŠriau regroupe des grades de PA 66, de PA 6 et des

SIGNALÉTIQUE Le spÊcialiste des ÊlÊments standards pour moule de haute prÊcision Meusburger propose une solution pour le marquage des circuits de rÊgulation au moyen de pastilles en plastique. D’un côtÊ, les entrÊes de circuit peuvent être signalÊes par des pastilles bleues avec un marquage allant de  In 1  à  In 24 . De l’autre, des pastilles rouges sont disponibles pour marquer les sorties avec des indications allant de  Out 1  à  Out 24 . Les pastilles sont encastrÊes sans dÊbordement dans un logement circulaire. L’objectif est de

polymères de spÊcialitÊ. Elle se caractÊrise par une rÊsistance aux lignes de soudure et au fluage, en particulier à haute tempÊrature, ce qui en fait la solution idÊale pour remplacer le mÊtal. Sa grande rÊsistance au choc sur Êprouvette entaillÊe confère au matÊriau une bonne capacitÊ d’absorption d’Ênergie des impacts et des chocs à basse tempÊrature, jusqu’à - 30 °C sans aucune rupture. Le plastique conserve ses propriÊtÊs mÊcaniques sur une large plage de tempÊratures, et prÊsente une très bonne stabilitÊ dimensionnelle à long terme, même à tempÊrature ÊlevÊe.

supprimer la coÝteuse Êtape de marquage à la machine numÊrique. Le marquage à l’aide de lettres à frapper ou à la meuleuse pneumatique peut avantageusement être remplacÊ par ce marquage standardisÊ, ce qui valorise l’outil complet. Les systèmes de marquage souvent très disparate des outils sont ainsi uniformisÊs, et cela devient plus lisible. Les pastilles font de 15 à 18 mm, en fonction de l’espace disponible. Afin d’augmenter encore la facilitÊ d’utilisation, le schÊma de rÊgulation peut être reprÊsentÊ sur une des plaquettes signalÊtiques.

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UN REVÊTEMENT D’ORIGINE RENOUVELABLE rieur des automobiles. Les Capa lactides sont transparents, ce qui contribue aux qualitÊs optiques de certains revêtements. Leur faible viscositÊ facilite leur mise en œuvre, tandis que leurs propriÊtÊs sont difficiles à Êgaler par d’autres alternatives renouvelables. Autre application possible, les Capa lactides peuvent être employÊs comme adhÊsifs pour les polyurÊthanes thermoplastiques (TPU). Dans cet emploi, ils offrent une grande rÊsistance à l’usure et à l’abrasion, ainsi qu’aux huiles et aux produits chimiques. Leurs excellentes propriÊtÊs optiques permettent aux produits de conserver une bonne apparence durant toute leur durÊe de vie utile. Perstorp a dÊveloppÊ sa gamme de polyester sur sa nouvelle usine pilote de Warrington, au Royaume-Uni. L’usine pilote est proche du principal site de production de caprolactame, ce qui a assurÊ un transfert rapide du projet pilote à l’Êchelle commerciale.

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L’ART DE L’EFFICACITÉ DE LA PRODUCTION Faire le bon choix, c’est VTÄU UKORNG FGU RKÄEGU KPLGEVÅGU JCWV FG ICOOG QW FGU RTQFWKVU GP & HQPEVKQPPGNU FGU RTGUUGU Ÿ KPLGEVGT #..4170&'4 ou le freeformer. Avec nous, vous avez la libertÊ FG EJQKUKT &G NC RKÄEG KPFKXKFWGNNG Ÿ NC ITCPFG sÊrie, le tout avec un seul et même fournisseur. 7PG RGTURGEVKXG WPKSWG FCPU NG OQPFG

YYY CTDWTI HT

PREMIĂˆRE DE COUVERTURE

COATING Le producteur de matières suÊdois Perstorp a prÊsentÊ quatre grades de copolyesters de sa gamme Capa lactides 8000, composÊe de caprolactame et de lactides d’origine renouvelable – jusqu’à 50 % selon les grades. Ces nouvelles matières disposent d’une faible viscositÊ et d’une solubilitÊ amÊliorÊe, ce qui permet au formulateur de se passer de solvants. Avec leur poids molÊculaire moyen et leur faible cristallinitÊ, les Capa lactides sont des polyols adaptÊs aux revêtements à toucher doux. Ils offrent une grande rÊsistance au rayonnement ultraviolet, propriÊtÊ critique pour des applications dans le secteur des Êquipements Êlectroniques et de l’Êquipement intÊ-


L’ACTUALITÉ

L’INNOVATION DU MOIS

Une antenne de télévision numérique embarquée

AUTOMOBILE Recevoir la télévision numérique terrestre (TNT) en transport grâce à une antenne en composites dans le toit : c’est l’objet du projet collaboratif Samcom.

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DR

Dix-huit mois de recherche Le résultat: une antenne multidirectionnelle TNT en composite, intégrée directement dans le toit du véhicule, qui a reçu, le 10 mars, à Paris, dans le cadre du salon JEC Europe (ex-Journées européennes des composites), l’award 2015 dans la catégorie télécommunication. Elle avait fait l’objet d’un dépôt de brevet en France dès octobre 2013. Les principales nouveautés du produit sont un faible encombrement, une qualité de réception et d’émission excellente, et un poids réduit, grâce à la fibre de carbone. Dix-huit mois de travail ont été nécessaires à l’équipe de recherchedéveloppement, composée de cinq personnes, dont Xavier Castel et Mohammed Himdi, chercheurs à

DR

L

e secteur de transports ne fait pas exception aux besoins croissants en communication, avec l’implantation embarquée de systèmes de localisation, de téléphonie mobile, de Wi-Fi, de télévision numérique terrestre (TNT), etc. « L’idée était de trouver la meilleure solution pour des systèmes antennaires sur des véhicules civils ou militaires dans les domaines navals et terrestres, sans oublier le risque de perturbation physique et/ou électromagnétique des antennes entre elles », résume Xavier Castel, chercheur à l’Institut d’électronique et de télécommunications de Rennes (IETR) de l’université de Rennes 1 (Ille-et-Vilaine). Le projet Samcom est porté par cinq partenaires industriels et académiques: DCNS, IETR, Thales Communication & Security, Plastima composites et le Centre d’études sur les matériaux composites avancés (Cemcat), avec l’aide du pôle de compétitivité Ensembles métalliques et composites complexes (EMC2), et le soutien financier du dispositif du Fonds unique interministériel (FUI) et de la région des Pays de la Loire. Doté de 3,4 millions d’euros, il a débuté à la fin 2010 pour une durée de quatre ans et demi.

Le projet Samcom a été récompensé, le 10 mars 2015, à l’occasion du salon des composites JEC Europe, à Paris.

l’IETR, jusqu’à la fabrication du démonstrateur par Plastima composites. « Nous sommes partis d’une feuille blanche en nous fondant sur le travail de la doctorante Lilia Manac’h sur le concept d’antennes en composites », précise Xavier Castel. Elle avait reçu le Silver Award, en septembre 2012, au congrès international sur la recherche de matériaux (IUMRS, International Union of Materials Research Societies), à Yokohama, au Japon. Le choix des matériaux s’est tourné vers la fibre de carbone pour sa rigidité, sa légèreté et sa bonne conductivité électrique. « Nous avons essayé avec des feuilles de métal mais la compatibilité avec la fibre de verre et le polyester des panneaux était mauvaise », détaille Xavier Castel.

De nombreux avantages Après une centaine de tests sur les tissus de carbone, sur la caractérisation de la propriété diélectrique de la fibre de verre et du polyester, a eu lieu le travail sur le design de l’antenne, qui doit capter des ondes comprises entre 400 et 700 MHz, grâce à un outil de simulation en trois dimensions, puis la validation d’une maquette monodirecAvril-Mai 2015 N°920

tionnelle, pour arriver, enfin, au prototype omnidirectionnel. « Une des difficultés rencontrées avec les antennes existantes est qu’elles ne captent que dans une direction, souligne le chercheur. Avec une structure en étoile, même lorsque le véhicule se déplace, la qualité de réception est là. » Les avantages sont nombreux : aucune pollution visuelle, aucune signature visuelle, aucun risque de dégradation ou de vol et pas de perçage, puisque l’antenne est noyée dans le panneau structural. « Nous avons aussi pensé à des procédés nécessitant peu de moyens lourds : le moulage au contact, l’infusion sous vide, ou encore le préimprégné basse température », retient l’enseignant. À ce jour, les applications prévues sont des éléments de carrosserie sur le toit d’un camping-car, pour capter la TNT. « Mais on peut imaginer ce produit sur d’autres véhicules, comme les bus, les camions, les voitures, etc., et décliner le concept pour diverses fonctions antennaires, comme la réception radio, la localisation, ou encore la réception Wi-Fi », s’enthousiasme Xavier Castel. Claire Pham www.plastiques-caoutchoucs.com


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L’ACTUALITÉ

CALME SCULPTURAL Le designer ibérique Ramon Esteve a lancé, en mars, pour la marque espagnole Vondom, un ensemble brut baptisé Faz, composé d’une chaise longue avec tablette auxiliaire, d’un fauteuil, d’un canapé modulable et d’une table basse. La collection s’accompagne de trois pots de fleurs de tailles différentes. Le tout est fabriqué en polyéthylène (PE) selon le procédé de rotomoulage. Disponible en quinze couleurs. www.vondom.com

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DES

Tout en finesse Topline Products lance, pour la marque Marionnaud, une gamme de maquillage en marque propre. Après les blush et les rouges à lèvre, la ligne s’étoffe avec une palette de fard à paupières extraplate en acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS) pour un rendu brillant. Le packaging est vernis, afin de protéger le décor délicat en marquage à chaud. L’applicateur, qui possède un manche en polystyrène (PS) noir brillant doté de deux embouts mousse, est produit dans l’usine chinoise Topline de Tianjin. www.topline-usa.com www.marionnaud.fr

UN NID DE CARBONE

Le designer américain Matthew Strong s’est inspiré de la célèbre Eames Chair pour développer son canapé en fibre de carbone, sobrement intitulé Carbon Fiber Eames Sofa. « C’est le résultat de longues recherches sur les relations historiques et théoriques entre l’architecture et le mobilier dans les archives du musée Henry Ford, de l’académie des Arts de Cranbrook [tous deux près de Detroit, Michigan], et du musée d’Art moderne de New York », souligne le créateur. Les piètements sont en bois et accueillent une coque en carbone élégante. http://cargocollective.com/ matthewstrong

MASCARA FLORAL Le spécialiste des emballages de cosmétiques, Albéa, a lancé, à l’occasion du Cosmopack Bologne, en Italie, qui s’est déroulé du 19 au 22 mars, une gamme de brosses baptisée Jardin secret. Les trois mascaras sont en fibre polyamide (PA), tandis que la flaconnette et la tige sont en polypropylène (PP). www.albea-group.com

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D’un pied léger

Tous les footballeurs en herbe souhaitent les mêmes chaussures que le Ballon d’or, Cristiano Ronaldo. Nike a conçu, en partenariat avec la star portugaise, les chaussures CR7. Le plus ? Les plaques en fibre de carbone ultralégère pour une adhérence optimale. www.nike.com/fr/fr_fr/c/football/cr7-collection

IGN DIX ANS EN ORBITE Nike a célébré le dixième anniversaire de son best-seller, la Zvezdochka – référence à la chienne soviétique envoyée en orbite en 1961, quelques jours avant le premier vol habité –, chaussure recyclable en polyamide (PA) et polychlorure de vinyle (PVC). Composée de quatre parties interchangeables pour la personnalisation, cette chaussure au design unique a été conçue par l’Australien Marc Newson en 2004. « Nous savions que nous avions innové, indique Mark Parker, PDG de la marque américaine. C’est un bel exemple d’une innovation fonctionnelle qui aide à développer un nouvel esthétique. » www.nike.com

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SMART IMPRIMANTE

La jeune pousse française Prynt a présenté, sur le site participatif Kickstarter, une coque imprimante en polychlorure de vinyle (PVC) qui transforme un smartphone en appareil photo à développement immédiat. L’utilisateur place son téléphone à l’intérieur de la coque, prend une photo et, trente secondes plus tard, elle est imprimée. En trente et une minutes, l’objectif de 50 000 $ (47 156 e) a été largement atteint. Au mars, Prynt avait récolté plus de 1,5 million de dollars (1,4 Me). Adaptable pour Iphone (à partir du modèle 5) et Galaxy S4 et S5. www.pryntcases.com

Tortue de voyage La marque italienne de bagagerie Fabbrica Pelleterie Milano a développé, en mars, une valise cabine dénommée Kame (« tortue », en japonais) en tissu souple et polycarbonate (PC). Le couvercle, en polyester pour faciliter l’emballage et la fermeture, peut se rouler, ce qui permet à la valise de s’ouvrir, même dans des espaces serrés. Existe en quatre couleurs : blanc, orange, bleu et vert. fr.fpm.it/

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L’ACTUALITÉ

3200

En tonnes, force de fermeture d’une presse Krauss Maffei achetée par la société suisse Georg Fischer Piping Systems. Il s’agirait de la plus grande presse du pays helvète.

12 ARRIVÉE DU JEC WORLD COMPOSITES SHOW À l’occasion du JEC Europe Composites Show 2015 (ex-Journées européennes des composites), qui s’est déroulé du 10 au 12 mars à la porte de Versailles, à Paris, le groupe JEC a annoncé le lancement, en 2016, du JEC World Composites Show, qui se tiendra à Paris-Nord Villepinte (Seine-SaintDenis), du 8 au 10 mars 2016. Cet espace d’expositions de 62 000 m2 a été choisi pour répondre à une croissance à deux chiffres et à une forte expansion internationale.

À CHAUD ARBURG DONNE UN APERÇU DE LA PLASTURGIE DE DEMAIN

ÉQUIPEMENTS Le constructeur a mis en avant des technologies qui pourraient révolutionner les lignes de productions. Du 11 au 14 mars, une certaine animation régnait dans les rues de Lossburg, petit village allemand de la Forêt-Noire, siège d’Arburg. Plus de 5 900 personnes venues de 49 pays ont assisté aux journées techniques du constructeur d’équipements de plasturgie. L’occasion de visiter l’unique usine de production du groupe. Arburg produit tous les composants clefs de ses machines, avec un taux de production interne d’environ 60 %. Parmi les visiteurs, 45 % venaient de l’étranger : de Suisse, de France, mais aussi de République tchèque et de Pologne. D’importants groupes américains et chinois avaient aussi fait le déplacement.

Arburg a mis en exergue deux tendances majeures : la fabrication additive avec, un mois avant sa commercialisation dans l’Hexagone, des démonstrations de la Freeformer, et les outils d’optimisation de la production.

Fabrication additive et trois dimensions

UN PRIX EUROPÉEN DE L’INNOVATION

Arburg

L’industrie européenne des plastiques, représentée par l’association des producteurs de matières (Plastics Europe), l’Union européenne des transformateurs (EUPC, European Plastics Converters), et la Société des ingénieurs des plastiques (SPE), organise la première édition du Prix européen de l’innovation plastiques, afin de récompenser la capacité d’innovation des entreprises du secteur. Les prix seront remis par un jury composé d’universitaires, de politiques, d’industriels, de représentants d’organisations non gouvernementales et de la presse.

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Optimisation sur toute la chaîne

Parallèlement, Arburg a consacré un espace à l’optimisation de la production, Efficiency Arena. En place depuis 2013, le concept s’est renforcé au fil des années pour couvrir, avec toujours plus de finesse, chaque étape du processus de production : optimisation de la conception et du prototypage, réduction de la consommation d’énergie, planification de la production, réduction des temps de cycles, intégration des périphériques, etc., le constructeur est en mesure de proposer des solutions adaptées aux besoins des ateliers. Pour illustrer cette idée d’une manière spectaculaire, Arburg a créé, pour ces journées techniques, une ligne permettant d’individualiser des pièces, tout en conservant de larges volumes. La démonstration portait sur la production de ciseaux de bureaux personnalisés. Organisée autour de huit postes de travail, la ligne s’est appuyée sur plusieurs Freeformer et sur un système de marquage au laser pour produire des pièces marquées au nom de l’utilisateur, et traçables dans l’entreprise. D’autres technologies, comme la micro-injection, l’injection en salle blanche ou la production de pièces composites, ont aussi été présentées. Arburg a profité de l’événement pour annoncer un chiffre d’affaires 2014 record, à 540 millions d’euros (M€), contre 470 M€ en 2013. À Lossburg, Alexandre Couto www.plastiques-caoutchoucs.com

Cinq Freeformer étaient donc exposées pour illustrer le développement d’Arburg sur l’impression en trois dimensions, et la manière d’intégrer l’appareil dans le cadre d’une chaîne de production. « Notre technique de fabrication additive est une révolution dans le prototypage rapide des pièces, résume Marc Schuh, directeur général de la filiale française. Avec

Arburg a débuté la commercialisation de sa Freeformer au mois d’avril.

Freeformer, le plasturgiste peut créer rapidement des pièces, dans la matière avec laquelle il réalisera l’injection et avec des propriétés proches de la pièce finale. »


500

LA PENNSYLVANIE ATTIRE LA PLASTURGIE

PROFESSION Pour investir aux États-Unis, cet État présente

En millions de dollars (449 M€), montant investi dans le plan d’expansion de l’unité de polychlorure de vinyle (PVC) de Shintech, filiale américaine du chimiste japonais Shin-Etsu, à Plaquemine, en Louisiane (États-Unis).

Claire Pham

de nombreux atouts, et ses autorités veulent le faire savoir. La Pennsylvanie, État situé au Nord-Ouest des États-Unis, est moins connue que le Texas sur le plan des investissements industriels. Elle comporte pourtant de nombreux avantages, et ses responsables veulent le faire savoir. Ainsi, une entreprise qui s’installe en Pennsylvanie bénéficie d’une exonération fiscale pendant dix ans. Autre atout, le réseau de transport (routier, ferroviaire, aérien) y est extrêmement dense. Enfin, le coût de l’énergie y est très faible, environ deux fois moins cher qu’en France pour l’électricité, et trois fois moins cher pour le gaz.

Le chimiste japonais Sekisui a annoncé la construction d’un bâtiment de 35 000 m2.

largement plus longue, avec un total de 493 sociétés françaises installées, que ce soit dans la restauration, le bâtiment, ou encore l’énergie.

Une énergie moins chère qu’au Texas

Claire Pham

Visites d’usine

Ralph S. Alberts Company fabrique des mannequins en silicone et polyuréthane.

spécialisé dans l’emballage alimentaire, et l’expert en polychlorure de vinyle (PVC), Grosfillex, ont chacun ouvert une unité de production dans cet État. Et, tous domaines confondus, la liste est

Claire Pham

« Nous disposons d’une énergie avec un prix encore plus faible que le Texas !, affirme Bradley Lashinsky, directeur général du développement économique et de la planification au centre économique du comté de Jefferson. Il reste encore de nombreux terrains à vendre, contrairement au Texas ou à l’État de New York, où la liste d’attente est longue – de deux à cinq ans – pour s’y s’installer. » À ce jour, deux plasturgistes français, le fabricant Millet Plastics,

Le rotomouleur Playword fabrique ses produits en polyéthylène alors que ses concurrents utilisent toujours du polychlorure de vinyle.

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Dernier arrivé, le fabricant chinois Fuling Plastics, premier plasturgiste de l’empire du Milieu, a mis les gros moyens en investissant 21,3 millions de dollars (19 M€) dans une mégausine de plus de 8 000 m2 située dans la vallée de Lehigh. Gageons que ce n’est que le début… Pour promouvoir les atouts de la Pennsylvanie, Core PA, une organisation gouvernementale dont le but est d’augmenter la visibilité de l’État en direction des investisseurs nationaux ou internationaux, a organisé, fin avril, un voyage de presse composé de visites d’usines de la filière locale et du Penn College et son centre universitaire technologique consacré à la plasturgie. Parmi les sites visités, figurent le spécialiste autrichien du packaging alimentaire, Greiner, le chimiste japonais, Sekisui, le rotomouleur Playworld, ou encore le mouliste TPEI. En Pennsylvanie, Claire Pham

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FAURECIA INVESTIT EN POLOGNE L’équipementier automobile français, Faurecia a annoncé, le 15 avril, son intention d’investir 14 millions d’euros sur son site polonais de Gorzow Wielkopolski. L’usine est spécialisée dans la production de pièces intérieures pour automobiles. Dix-huit personnes devraient être recrutées pour soutenir l’accroissement de la production, pour arriver à un total de 1660 salariés. L’extension devrait être finalisée à la fin juillet 2017.

ÉNERGIE: A. RAYMOND PRIMÉ Organisé par le constructeur allemand de presses à injecter Arburg, le Trophée de la performance énergétique 2015 a été remis à l’entreprise française A. Raymond, basée à Grenoble (Isère). Les critères du prix sont l’utilisation de presses à injecter électriques ou hybrides, l’isolation thermique des machines et des bâtiments, l’absence de fuite d’air dans le système d’air comprimé, la réutilisation de la chaleur et des eaux de pluie, l’optimisation des heures de fonctionnement des machines et la certification des bâtiment selon les normes environnementales.

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En pourcentage, hausse du marché français de machines enregistré en 2014 par Symacap, le syndicat des constructeurs français de machines pour les plastiques et le caoutchouc.

TOTAL INVESTIT EN MOSELLE Le pétrochimiste français Total a fait un point, le 25 mars, sur son projet d’avenir pour le site de Carling/ Saint-Avold, en Moselle. Le groupe est ainsi passé de 160 à 180 millions d’euros d’investissement. « Les deux tiers de l’investissement seront engagés d’ici la fin de l’année 2015 et l’ensemble du programme prendra fin en 2016 », souligne Franky Smisaert, directeur de projet Refining & Chemicals du site.

DES RECRUTEMENTS DIFFICILES PROFESSION La filière plasturgiste connaît de grandes difficultés

à attirer de la main-d’œuvre qualifiée. La filière plasturgiste connaît de sérieuses difficultés de recrutement. C’est le constat que dresse l’Observatoire de la plasturgie, dans une enquête rendue publique en février. Ainsi, 45 % des entreprises de plasturgie interrogées déclarent avoir eu des difficultés pour leur dernier recrutement. Raison principale évoquée : la pénurie de maind’œuvre formée.

Les métiers de la production les plus touchés Les difficultés les plus aiguës se concentrent sur le réglage des machines et sur la recherchedéveloppement. L’absence de ressources humaines, dans les petites structures, et la diversité des métiers requérant des profils

La plasturgie recherche des qualifications dans les métiers de production.

très spécifiques, dans les grandes, sont les principales causes évoquées. L’absence de main-d’œuvre formée touche les métiers de la production (superviseur, régleur, etc.).

Par ailleurs, les recrutements liés à la recherche d’une nouvelle compétence représentent 13 % des embauches, preuve que la filière est dynamique. Alexandre Couto

L’esprit d’un partenaire bcconsultants.fr - Photo : Istockphoto

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À CHAUD

DR

L’ACTUALITÉ

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SOLVAY INVESTIT AUX ÉTATS-UNIS

MATIÈRES Dopé par ses bons résultats 2014,

Solvay

le groupe construit une usine en Géorgie.

À l’image de son site indien à Panoli (ci-dessus), Solvay va augmenter sa production aux États-Unis.

Le chimiste belge Solvay a annoncé, le 26 février, ses résultats 2014. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont largement supérieurs aux attentes. Le résultat d’exploitation s’établit ainsi à 1,78 milliard d’euros (Mrd €), contre 1,66 Mrd € en 2013, soit un bond de 11 %, alors que le groupe prévoyait une croissance à un seul chiffre. L’entreprise explique cette hausse par une « forte croissance des volumes » et par les « programmes d’excellence ». Même chose pour le bénéfice net. Bien qu’en net recul, il culmine à 156 millions d’euros (M€), contre 378 M€ en 2013, soit deux fois moins. Mieux que les prévisions des analystes, qui tablaient plutôt autour de 43 M€.

La baisse de l’euro gonfle les chiffres L’entreprise a publié « des résultats solides tout au long de l’année », estime Jean-Pierre Clamadieu, PDG du groupe, qui « reflètent les effets de la transformation que nous avons engagée, de l’optimisation de notre portefeuille d’activités et de nos programmes d’excellence ». Principale cause : la baisse de l’euro face au dollar. En effet, toute hausse du dollar de 10 cents se chiffre à 100 M€ sur les

résultats du groupe, selon nos confrères du quotidien Les Échos. L’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires annuel de 10,21 Mrds €, en profite pour réduire son endettement net de 363 M€ sur un an.

Le groupe mise sur les polymères de spécialité Deux jours avant la publication des résultats, Solvay annonçait un projet de construction d’une usine de polyétheréthercétone (PEEK) aux États-Unis. Le site devrait être situé à Augusta (Géorgie) et être opérationnel à la mi-2016. Une situation idéale, puisque l’entreprise possède déjà, à Augusta, une usine de résine et de monomère et, à Alpharetta (également en Géorgie), un centre de recherche et d’innovation. Avec son autre site de production de Panoli, en Inde, qui devrait aussi bénéficier d’une extension, la capacité de production annuelle de PEEK du groupe devrait s’établir à 2,5 kilotonnes. Au total, l’investissement s’élève à 85 M€. Le PEEK est particulièrement utilisé dans des applications pour l’automobile, l’aéronautique et le médical, sans oublier pour l’électronique. Claire Pham

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N°920 Avril-Mai 2015


À CHAUD PLASTIC OMNIUM VISE LE MARCHÉ CHINOIS AUTOMOBILE Le sous-traitant veut renforcer

des capacités actuellement saturées. L’équipementier automobile Plastic Omnium a publié, le 25 février, ses résultats 2014. L’entreprise a enregistré une belle croissance, avec un résultat net qui a bondi de 14,1 %, pour culminer à 220,4 millions d’euros (M€), soit 4,1 % du chiffre d’affaires, contre 3,8 % en 2013. Le chiffre d’affaires s’élève à 5,3 milliards d’euros (Mrds €), en hausse de 3,7 % par rapport à 2013 et de 4,8 % à taux de change constants. La marge opérationnelle progresse de près de 10 %, pour atteindre 431,8 M€, soit 8,1 % du chiffre d’affaires, contre 7,7 % en 2013.

Forte capacité d’autofinancement

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La marge opérationnelle des activités automobiles est de 401,7 M€, soit 8,2 % du chiffre d’affaires, contre 369,9 M€ en 2013. La division environnement, en charge notamment de la fabrication des poubelles, dégage, pour sa part, une marge opérationnelle de 30,1 M€, et pèse 7 % du chiffre d’affaires en 2014, contre 5,3 % en 2013. En raison de ses bons résultats, le groupe a consacré 350 M€ aux investissements, soit 6,6 % du chiffre d’affaires. Preuve de

la bonne santé de l’entreprise, ces investissements sont largement couverts par une capacité d’autofinancement de 607 M€, soit 11,4 % du chiffre d’affaires.

Un marché mondial dynamique Le groupe table sur un objectif de 7 Mrds € de chiffre d’affaires pour 2018. Principales raisons : un marché automobile mondial qui va doubler sur cette période, notamment grâce au marché chinois. Le groupe prévoit d’ailleurs d’y investir jusqu’à 1,7 Mrd €, contre 1 Mrd € entre 2009 et 2013. « Ces investissements sont destinés au développement de nouveaux programmes automobiles et à l’élargissement d’un dispositif industriel actuellement bien saturé », souligne le groupe. Les nouvelles capacités de production vont reposer sur les lignes de nouveaux produits notamment des systèmes de réductions catalytiques sélectives (RCS) dans la dépollution des oxydes d'azote, des hayons arrières allégés, etc., tirées par des législations mondiales de plus en plus favorables à l’allégement et à la dépollution. Claire Pham

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L’activité automobile du groupe français pèse 8,2 % du chiffre d’affaires en 2014.

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574,5

LA GRANDE CADENCE AVANCE

COMPOSITES Le Centre technique des industries mÊcaniques (Cetim) annonce l’entrÊe en phase opÊrationnelle de deux modules.

Plusieurs domaines concernÊs La phase de nappage est pilotÊe par le Cetim, et le procÊdÊ de moulage par injection à basse pression de rÊsine pour thermoplastiques fluides est dÊveloppÊ par l’IRT Jules-Verne, avec le Centre d’Êtudes sur les matÊriaux composites avancÊs pour les transports (Cemcat). Ces

En millions d’euros, montant des importations d’Êquipements pour la plasturgie en Turquie enregistrÊ en 2014.

17 Cetim

Le Centre technique des industries mÊcaniques (Cetim) et l’Institut de recherche technologique (IRT) Jules-Verne ont annoncÊ, le 10 mars à Paris, lors du salon JEC Europe Composites Show (ex-JournÊes europÊennes des composites), l’entrÊe en phase opÊrationnelle de deux modules de la ligne pilote composites grande cadence. Ce projet de plate-forme nationale sur les procÊdÊs composites – de la fibre au produit fini – est montÊ sous l’impulsion de la filière automobile, avec un budget de 14,7 millions d’euros.

Le projet sur les procÊdÊs composites dispose d’un budget de 14,7 millions d’euros.

deux modules visent les besoins de l’automobile, de l’aÊronautique mais aussi du machinisme agricole, des Êquipements de manutention et levage, et des poids lourds.

La filière mobilisÊe  Face au modèle allemand, la filière automobile française a dÊcidÊ de se mobiliser, en 2013, en engageant un programme de recherche autour des matÊriaux et de l’allÊgement , prÊcise

StÊphane Cassereau, directeur gÊnÊral de l’IRT Jules-Verne.  Nous avons choisi le cahier des charges le plus exigeant: celui de l’automobile, poursuit Christophe Champenois, responsable ingÊnierie des composites au Cetim. Si les constructeurs acceptent un surcoÝt de 3 ₏ par kilogramme, ils exigent des temps de fabrication de deux minutes par pièce. Les avancÊes devraient profiter à tous les secteurs.  Claire Pham

KLÖCKNER INAUGURE UN CENTRE DE SERVICE Le producteur allemand de films plastiques, KlÜckner Pentaplast, a inaugurÊ, le 31 mars, un centre nord-amÊricain de recherchedÊveloppement pour sa gamme Blisterpro, utilisÊe dans le mÊdical et dans la pharmacie. SituÊ à Charlottesville, dans le parc de technologie Êmergente de l’universitÊ de l’État de Virginie, l’installation propose des services de conseil, de conception, de design et de prototypage.

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1

En milliard d’euros, chiffre d’affaires annoncé par le fabricant de machines autrichien Engel en 2014.

18 SGT VA FOURNIR ROUTIN La Société générale des techniques (SGT), spécialisée dans la conception de préformes, va fournir le producteur de sirops alimentaires Routin pour l’ensemble de ses gamme. La société, basée à Chambéry (Savoie), va remplacer ses bidons en fer-blanc par des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET). En 2003, le siropier avait lancé une gamme utilisant des bouteilles en PET, dont les préformes avaient été conçues par SGT.

À CHAUD DANS L’AIN, LE TRIBUNAL OCTROIE GOIFFON À PROMENS

INJECTION Le projet du groupe islandais, prévoyant la fermeture

de l’usine, a été préféré à l’offre présentée par le directeur du site. Depuis le 9 mars, le groupe Promens est le nouveau propriétaire du spécialiste de l’injection plastique, Goiffon, basé à Izernore (Ain). Le tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse, préfecture du département, a finalement préféré l’offre du groupe islandais à celles de la société RDP/IAC et de la holding Andromaque. Au total, Promens a déboursé 300 000 € pour cette acquisition.

Vingt-six salariés conservés Si l’Islandais, dont l’activité dans l’Hexagone pèse 1 milliard d’euros, se sépare de l’usine de Goiffon, il en conserve 26 salariés, qui rejoindront ses unités de Groissat et de Bellignat, toujours dans l’Ain. Par ailleurs, 17 postes sont ouverts sur d’autres sites. La démarche de RDP/IAC n’a donc réussi à convaincre ni le comité d’entreprise de Goiffon,

Promens

L’ACTUALITÉ

ni le juge du tribunal de commerce. La société s’était associée à Matthieu Herbert, directeur du site de Goiffon, afin de reprendre l’usine pour un montant de 260 000 €.

Un rachat par RPC ? Selon nos confrères du quotidien Les Échos, elle devait, par la suite, être revendue à la communauté de communes

Haut-Bugey pour un montant de 1,5 million d’euros. RDP s’était engagé à conserver 48 des 67 employés de Goiffon. L’offre n’a pas été jugée suffisamment crédible par les autorités. Promens dispose d’une quarantaine d’usines dans vingt pays et pourrait prochainement rejoindre le giron du spécialiste britannique de l’emballage RPC. Alexandre Couto

EVONIK INVESTIT SUR DIX ANS

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Klaus Engel, PDG du chimiste allemand Evonik, a annoncé, le 30 mars, lors d’une conférence de presse à Wesseling, en Allemagne, un plan d’investissement de 4 milliards d’euros sur dix ans. « Notre intention est de faire d’Evonik l’une des entreprises les plus innovantes au monde, affirme-t-il. Les innovations ouvrent de nouveaux domaines d’activité et renforcent nos positions dans les marchés principaux et technologiques. » En 2014, le chimiste a dépensé 413 millions d’euros (M€) en recherche-développement, une hausse de 5 % par rapport à 2013 (394 M€). Le groupe souhaite ainsi maintenir un flux stable d’innovations produits ou solutions.

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UN CONTRAT D’EXPÉRIMENTATION POUR DÉVELOPPER LE RECYCLAGE

PROFESSION Grâce à un Êtat des lieux du recyclage des plastiques

en France, quelques mesures concrètes ont ÊtÊ suggÊrÊes.

DR

(*) L’Union des industries chimiques (UIC), Plastics Europe, Elipso, Federec, la FÊdÊration nationale des activitÊs de la dÊpollution et de l’environnement (Fnade), la FÊdÊration de la plasturgie et des composites, le ComitÊ des constructeurs français d'Automobiles (CCFA) et l’Association technique de l'industrie des liants hydrauliques (Atilh).

Objectif : augmenter de 50 % le recyclage d’ici à 2020.

Le cabinet Deloitte a rendu, le 23 mars, ses conclusions sur la filière du recyclage des plastiques en France. À cette occasion, des personnalitÊs de la plasturgie, du recyclage et de la chimie se sont exprimÊes, à Bercy, devant 250 personnes. L’Êtude, inscrite dans le contrat de filière chimie et matÊriaux, cofinancÊe par la Direction gÊnÊrale des entreprises, par l’Agence de l’environnement et de la maÎtrise de l’Ênergie (Ademe) et par l’Association alliance chimie recyclage (2ACR), s’est appuyÊe sur huit organisations professionnelles* et sur les Êco-organismes Écoemballages, Écosystèmes et Ecologic.

30

En pourcentage, augmentation de capacitÊ planifiÊe par la sociÊtÊ Lego sur son site tchèque de Kladno.

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Des comportements à changer Elle pointe la nÊcessitÊ de revoir les relations entre industriels, et entre industriels et pouvoirs publics. Quatre dÊfis sont identifiÊs : l’accès Êconomique aux dÊchets plastiques, des mÊcanismes d’amorçage sur la chaÎne de valeur, la valorisation ÊnergÊtique et des combustibles solides de rÊcupÊration et, enfin, la mise au point de nouveaux produits fabriquÊs dans l’Hexagone à partir de matière recyclÊe. Le cabinet a prÊsentÊ la possibilitÊ d’un  contrat d’expÊrimentation  pour obtenir un recyclage matière de 300 kilotonnes supplÊmentaires par an d’ici à 2020 (+ 50 %). Objectif: mettre en place les ÊlÊments nÊcessaires pour fortifier la valorisation et, à terme, crÊer 2 000 emplois.  Un budget de 150 millions d’euros sur cinq ans et des mesures rÊglementaires ciblÊes  rendraient possible cette expÊrimentation. Des actions sont prÊvues, dans le cadre du ComitÊ stratÊgique de filière chimie et matÊriaux, avec une Êtude sur la mise en place d’une prime carbone sur les matÊriaux recyclÊs et de formations transversales. Alexandre Couto www.plastiques-caoutchoucs.com

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En pourcentage, baisse des volumes de production et d’importation des rÊsines thermoplastiques au BrÊsil en 2014.

20

Ă€ CHAUD UN ACCORD CONCLU CHEZ GAILLON

EXTRUSION Le passage en coopÊrative de l’entreprise basÊe dans le Rhône ne dÊpend plus que de l’avis des actionnaires. Les salariÊs de Gaillon, sociÊtÊ basÊe dans le Rhône, spÊcialisÊe dans l'extrusion de plaque en plastique de forte Êpaisseur, sont parvenus à un accord, le 15 avril, avec leur direction, sur le passage en coopÊrative. Il reste aux actionnaires à se prononcer sur ce projet, afin d’Êviter la fermeture programmÊe par le groupe Vitasheet.

APPE DANS LE GIRON DE PLASTIPAK

Trois propositions sur la table

Le spÊcialiste de l’emballage en polyÊthylène tÊrÊphtalate (PET) APPE, filiale du groupe espagnol La Seda de Barcelona (LSB), a annoncÊ, le 31 mars, la finalisation des discussions sur son rachat par le groupe amÊricain Plastipak. Initialement prÊvu au premier trimestre 2015, l’intÊgration du groupe sera dÊfinitive le 1er juin.

Le directeur Europe de Vitasheet, Winfried Schaller, s’est engagÊ sur trois propositions:  Le maintien du projet de restructuration dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi, avec une indemnitÊ supralÊgale de 3,8 millions d’euros (M₏) ; l’entrÊe en nÊgociations avec les salariÊs porteurs de l’offre de

DR

L’ACTUALITÉ

L’usine de Saint-Georges-de-Reneims, dans le Rhône, poursuivra sa production.

reprise ; ou l’Êtude d’un nouveau projet de restructuration avec moins de 10 licenciements et dÊparts volontaires au lieu de 58 licenciements secs.  Cette dernière option Êtait privilÊgiÊe. BasÊ au Royaume-Uni mais appartenant à un fond d’investissement allemand, Vitasheet

avait dÊcidÊ, en janvier, de fermer l’usine basÊe à SaintGeorges-de-Reneins avec, à la clef, 58 licenciements sur 68 postes. Seule devait rester une antenne commerciale. La production devait être rÊpartie entre l’Allemagne et l’Italie. Alexandre Couto

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DES FORCES MAJEURES BIEN ORCHESTRÉES ?

MATIÈRES Les transformateurs pressent les fabricants de renforcer leurs unités en Europe. Quand, sur un salon comme le Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire (CFIA), qui a fermé ses portes, le 12 mars, à Rennes (Ille-etVilaine), les conversations portent sur les hausses soudaines des prix des polymères et sur les craintes de subir des ruptures d’approvisionnement, c’est qu’il se passe quelque chose de sérieux. Après des alertes répétées, l’affaire se corse avec un dénombrement, inédit par son ampleur, de cas de force majeure. En quinze jours, en mars, comme touchés par une épidémie de ruptures d’approvisionnement en monomères, de travaux de maintenance et d’incidents techniques « sérieux », les chimistes ont « déclaré » une quinzaine de cas de force majeure. Plus de vingt cas étaient attendus pour avril.

Des plasturgistes touchés

Encore pire qu’en 2010 Après la sévère crise de 2010, chimistes et plasturgistes s’étaient accordés sur de bonnes pratiques. Mais le craqueur a craqué, une nouvelle fois ! Aux dires des observateurs, la crise de 2015 est pire que celle de 2010. Et touche toute l’Europe. Après les alertes lancées, en France, par la Fédération de la plasturgie et des composites, puis par Elipso, les quatre principales organisations représentant l’emballage plastique en France, en Allemagne et au Royaume-Uni – Elipso, IK, BPF et Pafa – appellent les fabricants à investir davantage dans les unités européennes. Cette invitation part de constats : des « interruptions de plus en plus courantes des approvisionnements de PE et de PP », une « hausse rapide du prix de l’éthylène » et « aucune annonce d’un quelconque retour à des conditions normales d’approvisionnement ni sur les tendances à venir ». À bon entendeur ! Henri Saporta Alexandre Couto

Clariant

Avec la disparition de 350 ou de 200 kilotonnes (kt) de polyéthylène (PE) par ici, de 385 ou de 185 kt de polypropylène (PP) par là, les conséquences s’avèrent rapidement dramatiques. Plusieurs plasturgistes pâtissent de ruptures d’approvisionnement. Or, le cauchemar d’un

fournisseur est de ne pas pouvoir satisfaire une commande, faute de matière première…

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L’ACTUALITÉ

20000

En kilotonnes, production annuelle d’éthylène du chimiste japonais Mitsui sur son complexe d’Ichihara, à Chiba (Japon).

22

EVONIK LORGNE CLARIANT Evonik serait sur le point de lancer une offre publique d’achat sur son homologue suisse Clariant, d’après l’agence de presse Reuters. Le but est de créer un groupe avec une capitalisation boursière de plus de 20 milliards d’euros. Ce ne serait pas la seule cible de l’Allemand, qui s’intéresserait de près aussi à DSM et à Croda. Pour le moment, aucune des entreprises citées n’a confirmé ces informations.

À CHAUD LE GROUPE GPACK EN DIFFICULTÉ

EMBALLAGES Placées en procédure de sauvegarde, les filales RG Plastiques et TF Hellion attendent de connaître leur sort. L’opération s’est faite en toute discrétion, mais elle a alimenté les conversations sur le Carrefour des fournisseurs de l’industrie alimentaire (CFIA), à Rennes (Illeet-Vilaine), du 10 au 12 mars : GPack a été placé en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Bourg-en-Bresse (Ain), au mois de janvier.

PRP Création pas concerné Présent dans l’agroalimentaire et les cosmétiques, le groupe créé en 1998 par Daniel et Gérard Goujon comprend les sociétés RG Plastiques, à Saint-Martindu-Fresne, PRP Création, à Oyonnax, toutes deux dans l’Ain, et TF Hellion, à Chassagny

(Rhône). Il maîtrise l’injection, le thermoformage, l’extrusion-soufflage, le décor et le parachèvement. PRP n’est pas inclus dans le périmètre de la sauvegarde. GPack réalise un chiffre d’affaires annuel de 43 millions d’euros et emploie 350 salariés. Cette

procédure vise à favoriser la réorganisation de l’entreprise, afin de permettre la poursuite de son activité, le maintien des emplois et l’apurement de son passif. Arnaud Jadoul (avec la rédaction d’Emballages Magazine)

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À CHAUD RESCOLL INVESTIT 4 MILLIONS D’EUROS EN GIRONDE

Injection

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TRANSFORMATION Le site de Pessac va ĂŞtre agrandi

pour faire face Ă la hausse des commandes.

DÊveloppement dans le mÊdical et l’Ênergie Une partie du montant sera consacrÊe à l’achat d’appareillages de recherche-dÊveloppement et d’une unitÊ robotisÊe de mise en œuvre d’assemblages collÊs structuraux, offrant une extension dans le domaine du contrôle non destructif.  Nous anticipons la forte augmentation des commandes,

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Rescoll

L’entreprise de recherche spÊcialisÊe dans les applications industrielles en polymères, Rescoll, a annoncÊ, le 18 mars, un investissement de 4 millions d’euros (M₏) sur son site de Pessac, en Gironde, grâce au concours de la Banque publique d’investissement (BPI France), du CrÊdit coopÊratif, de la banque Courtois, et avec l’aide du conseil rÊgional d’Aquitaine. Il s’agit de construire une extension de 1 000 m2 de ses laboratoires, afin d’accueillir de nouvelles activitÊs, comme la formulation et la fonctionnalisation de rÊsines thermoplastiques pour la fabrication additive.

notamment dans les secteurs traditionnels de l’entreprise, tels que l’aÊronautique, le spatial et la dÊfense, mais aussi des secteurs sur lesquels nous nous positionnons progressivement, comme le mÊdical et l’Ênergie , souligne JosÊ Alcorta, fondateur et gÊrant de Rescoll. Par ailleurs, environ 1 M₏ servira à la rÊalisation d’une opÊration de croissance externe qui devrait être annoncÊ d’ici quelques mois. En 2014, Rescoll a enregistrÊ un chiffre d’affaires de 7,5 M₏, en hausse de 20 %. Claire Pham

BORFLEX SE DIVERSIFIE DANS LES COMPOSITES Le groupe Borflex a annoncÊ, le 1er avril, l’acquisition de la sociÊtÊ DFC-DCP, spÊcialisÊ dans la fabrication de profilÊs et de pièces en composites. L’entreprise, basÊe à Villiers-Saint-Paul (Oise), dispose de plusieurs postes de production utilisant les procÊdÊs de pultrusion et de moulage par compression. DFC-DCP a ÊtÊ rebaptisÊ Borflex composites. Le montant de l’opÊration n’a pas ÊtÊ prÊcisÊ.  OpÊrant dans le monde entier, l’entreprise vient renforcer les compÊtences du groupe Borflex et ouvre de nouvelles opportunitÊs commerciales dans tous les secteurs industriels , a indiquÊ Borflex. CrÊateur de solutions Êlastomères, le groupe Borflex rÊalise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros et compte plus de 200 collaborateurs, rÊpartis sur huit sites de production en France.

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L’extension du centre de recherche va permettre le dÊveloppement des activitÊs telles que la formulation et la fonctionnnalisation des rÊsines thermoplastiques.

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DUPONT MUSCLE SON POLYAMIDE Le chimiste amÊricain Dupont a annoncÊ, le 19 mars, vouloir augmenter de 10 % ses capacitÊs de production du Zytel, le polyamide (PA) haute performance de son usine amÊricaine de Richmond (Virginie). En cause, une forte demande dans l’automobile et dans les produits Êlectroniques. C’est le dÊbut d’un programme global d’augmentation de capacitÊs sur cette matière, indique l’entreprise, qui ne rÊvèle pas les usines visÊes.

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6

En mois, avance prise dans la livraison du premier lot d’isobutène biosourcé de Global Bioenergies à Arkema, produit par le pilote industriel de Bazancourt-Pomacle (Marne).

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A. SCHULMAN SE PAIE CITADEL PLASTICS Le spécialiste de la formulation des plastiques, A. Schulman, poursuit sa stratégie d’acquisition, entamée en 2010, en rachetant l’Américain Citadel Plastics pour 800 millions de dollars (752 M€). Avec cette opération, A. Schulman se renforce sur le segment des composites: Citadel est une société consacrée à la production de compounds chargés à matrice thermodurcissables.

À CHAUD GLOBAL BIOENERGIES EN PERTE « MAÎTRISÉE » EN 2014

BIOPLASTIQUES Le chimiste, en plein développement,

est victime de la forte hausse de ses charges d’exploitation Le groupe Global Bioenergies a publié, le 9 avril, ses comptes 2014 consolidés. L’entité, spécialisée dans la fabrication d’isobutène d’origine renouvelable, toujours en phase de déploiement, enregistre une perte nette de 7,6 millions d’euros (M€). Un montant en hausse notable, mais « maîtrisé » par rapport à 2013 (5,2 M€).

Forte hausse du produit d’exploitation

Global Bioenergies

L’ACTUALITÉ

L’isobutène entre dans la fabrication de nombreux produits.

Le produit d’exploitation, de son côté, est en nette amélioration, passant de 1,1 à 3,16 M€. Parallèlement, les charges d’exploitation ont augmenté de 61 %, principalement en raison de

« la croissance de l’effectif salariés », passé de 47 à 68, et des frais liés aux études externes sur l’industrialisation. Elles se sont concrétisées par mise en place d’un pilote, à Pomacle-Bazancourt (Marne), et d’un démonstrateur, à Leuna, en Allemagne.

La filiale allemande prend de l’ampleur La filiale allemande, dont la première mission est d’installer

et d’exploiter ce démonstrateur, a « pris de l’ampleur », indique Global Bioenergies, et pèse près de 15 % des charges d’exploitation du groupe, contre 0,7 % en 2013. La réalisation du démonstrateur a été confiée au groupe Linde, qui vient de terminer la phase d’ingénierie. Les travaux devraient durer environ un an, et le démonstrateur industriel être livré en 2016. Alexandre Couto

REPSOL RELANCE SON INSTALLATION DE PUERTOLLANO Le pétrochimiste espagnol Repsol, a annoncé, en avril, la reprise de l’activité de son installation de Puertollano (Espagne). Le site de production de matières plastiques, entièrement intégré, avait été arrêté pour bénéficier d’une modernisation. L’opération a coûté 60 millions d’euros, notamment pour modifier le vapocraqueur du complexe, qui peut désormais être alimenté par d’autres sources que le naphta, notamment le gaz. Ces modifications ont permis d’augmenter de 7 % les capacités de production d’éthylène-acétate de vinyle (EVA). En revanche, les capacités d’éthylène auraient été revues à la baisse, à 100 kilotonnes (kt) par an. Selon nos confrères de Chimie Pharma Hebdo et de Chemical Week, alors que les capacités de propylène devaient initialement être réduites, elles auraient, au contraire, été augmentées, grâce à la modernisation d’une unité de craquage catalytique fluide au sein de la raffinerie. La production du complexe en polypropylène (PP) atteindrait ainsi plus de 30 kt par an.

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100

ADDIPLAST SOUTENU POUR SON DÉVELOPPEMENT

MATIÈRES Le producteur va se renforcer en innovation,

En kilotonnes, capacité de production en polyamide (PA) 6 et 6,6 de la nouvelle unité de production du chimiste allemand BASF à Shanghai (Chine).

en actions à l’international et en diversification.

Optimisation de l’outil industriel Addikem, dont la direction générale est assurée par Maxime Chantegraille, sera dotée de la technologie « la plus appropriée

ARKEMA SOIGNE SES COMPOSITES

Addiplast

Le producteur de matières Addiplast et sa filiale de spécialités, Addikem, ont annoncé, le 19 mars, avoir reçu le soutien de la Banque publique d’investissement (BPI France) et du groupe d’investissements Sofimac Partners. « Cela permettra de mettre en place de projets stratégiques majeurs en innovation, en actions à l’international et en diversification de la production », indique Jean-Paul Chantegraille, président du groupe.

Le formulateur Addiplast se renforce sur l’injection et développe sa filiale Addilem.

au développement de l’activité » sur l’extrusion et sur les polymères de haute performance. Addiplast, de son côté, est en phase d’optimisation de son outil industriel afin de se renforcer sur

l’injection et sur les polymères longues chaînes et biosourcés. Créé il y plus de trente ans, le groupe réalise un chiffre d’affaires annuel de 18 millions d’euros. Alexandre Couto

Le chimiste français Arkema a annoncé, le 24 février, la commercialisation en Europe, sous la marque Polystrand, d’une nouvelle série de bandes et de préimprégnés thermoplastiques renforcés en fibres de verre. Ces semi-produits consistent en des fibres de verres continues imprégnées de plusieurs polymères, dont le polypropylène (PP), les polyamides (PA) ou les polymères fluorés.

25


L’ACTUALITÉ

STRATÉGIE

26

Eurostar Engineering Plastics

À CHAQUE COMPOUND SA SPÉCIALITÉ MÉLANGES Exportation,

diversification, concentration, recherche-développement, autant de tactiques amorcées par les compoundeurs pour consolider et renforcer leur position sur la chaîne de valeur de la filière plastique.

68

En pourcentage, participation majoritaire acquise par Total, le 25 février, dans Polyblend, société allemande spécialisée dans la production de plastiques polymères, notamment pour l’automobile.

L

e marché des compounds est loin d’être aussi moribond que ce qu’on pourrait croire. « Les marchés sont plutôt dynamiques sur les compounds de spécialité, surtout en dehors de France, commente Gilles Vaesen, responsable marketing et technologies chez Eurostar Engineering Plastics. L’Europe de l’Est, les États-Unis, ou encore l’Asie sont des niches porteuses. » Ce fabricant de résines thermoplastiques exporte les trois quarts de son chiffre d’affaires. « En Europe, la demande en compound est plus forte au Nord qu’au Sud, rapporte Gilles Vaesen. La discussion est essentiellement technique, au

2,5

Nord. Nous avons un fort écho en Allemagne, alors que le pays compte beaucoup de compoundeurs. La discussion est davantage économique en Europe du Sud, notamment en France, en Espagne et en Italie. »

Un rôle croissant sur la chaîne de valeur Le formulateur de compounds de polychlorure de vinyle (PVC) pour l’injection, l’extrusion et le calandrage, Actiplast, réalise, pour sa part, 50 % de son chiffre d’affaires à l’étranger. « Le marché du compound PVC en France ne se porte pas si mal, stimulé, entre autres, par le règlement européen Reach sur l’enre-

En kilotonnes, capacité annuelle de production de résine polyétheréthercétone (PEEK) de Solvay après l’extension de ses unités de production aux États-Unis et en Inde d’ici à la mi-2016.

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gistrement, l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques, confirme Thierry Jaffrain, son directeur commercial. Le compound PVC s’exporte bien. Nous vendons de plus en plus sur le continent africain. Ces clients sont très sensibles aux efforts européens pour l’amélioration continue de nos compounds, notamment dans le bâtiment. » Pour perdurer, les compoundeurs tentent d’épouser les tendances des marchés et composent avec la volatilité des prix des matières. Historiquement, les compoundeurs ont toujours su se frayer une place dans la chaîne de valeur de la filière plasturgiste, particulièrement sur des marchés de niche. Dorénavant, il n’est plus rare que les intégrés se tournent vers eux, afin de s’affranchir de la production de matières spécifiques et/ou ne répondant pas à de gros volumes, se concentrant sur un ou deux coloris standards, par exemple. « Les intégrés peuvent faire appel aux compoundeurs s’il faut changer la recette d’un mélange comptant une dizaine d’ingrédients, si un ingrédient leur fait défaut ou s’ils ne sont pas en mesure de le traiter dans leurs usines », détaille Thierry Jaffrain.

Se démarquer par la valeur ajoutée

intégrer des matières premières qui confèrent des propriétés spécifiques au produit : les rendre plus souples ou plus résistants au choc ou à l’abrasion, par exemple », rappelle Pascal Gruyer, directeur commercial pour Elasto TPE. À l’avenir, les compoundeurs devraient donc encore pouvoir grignoter des parts de marché en répondant à des demandes particulières. « Les grands résiniers vont de moins en moins s’atteler à la production de produits sur mesure, prévoit Gilles Vaesen. Ils préfèrent se focaliser sur de gros volumes, laissant la place aux compoundeurs sur des marchés de spécialité. » Les compoundeurs renforceront encore davantage leur position s’ils satisfont à des enjeux sociétaux et environnementaux.

Responsabilité sociétale et environnementale Effectivement, le respect environnemental est un critère qui s’est largement invité dans le cahier des charges des donneurs d’ordre, ces dix dernières années. « Pour être compoundeur dans un grand groupe européen, il faut très souvent prouver que la responsabilité sociétale fait partie prenante de la politique de notre

société, avertit Thierry Jaffrain. Cela commence aussi à être un argument sur le continent asiatique. » C’est l’une des explications de la progression des élastomères thermoplastiques dans des secteurs comme l’automobile ou le bâtiment. « Là où les exigences chimiques et thermiques le permettent, les élastomères thermoplastiques (TPE) peuvent prendre des parts de marché sur le caoutchouc et sur le silicone grâce à leur coût de remplacement, à leur facilité de transformation et à leur recyclabilité », anticipe Pascal Gruyer. Utiliser de plus en plus de matières végétales et renouvelables est une tendance qui s’intensifie, notamment depuis la mise en œuvre du règlement Reach. « Nous faisons des tests sur des compounds PVC à partir de résines biologiques, prévient Thierry Jaffrain. Nous allons produire des produits de plus en plus contrôlés, surveillés, et nous rapprocher progressivement de la biomasse, à condition que le marché l’accepte. » En clair, c’est sans doute l’agilité dont font preuve les compoundeurs en conception, en fabrication et en logistique qui leur permet, encore et toujours, de garder le cap. Fanny Perrin d’Arloz

15

Elasto

La détermination des formulations spécifiques reste et devrait encore rester la chasse gardée des compoundeurs. « Cette valeur ajoutée fait défaut aux grands intégrés, car ils entament peu de travaux de recherches, faute de temps et de budget », ajoute Thierry Jaffrain. À l’heure où les plastiques se doivent d’être toujours plus intelligents et fonctionnels, les compoundeurs peuvent se démarquer durablement grâce à leur valeur ajoutée, à leurs certifications et à leurs investissements. « Notre métier ne se limite pas à fabriquer des granulés, mais à En millions de livres (20 M€), investissement de Victrex PLC, leader mondial des polymères hautes performances polyarylétherkétones (PAEK), dans des programmes de recherche-développement en 2014, soit 6 % de son chiffre d’affaires.

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27

N°920 Avril-Mai 2015

70

En kilotonnes, capacité de production de Hexpol TPE (Elasto Sweden, Elasto UK, Elasto China et Müller Kunststoffe, en Allemagne) pour les élastomères thermoplastiques styréniques (TPS), oléfiniques (TPO) et vulcanisés (TPV).


L’ACTUALITÉ

MACRO ÉCONOMIE

P

28

TABLEAU DE BORD

*Chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), sauf mention contraire.

TAUX DE CROISSANCE

PRODUCTION INDUSTRIELLE

PRIX À LA PRODUCTION

Au quatrième trimestre 2014, le produit intérieur brut (PIB) progresse en volume de 0,1 %. En moyenne annuelle, la croissance en 2014 est identique à celle de 2013 : + 0,4%

En février 2015, la production de l'industrie manufacturière en volume est stable, après une baisse en janvier (- 0,3 %). La production de l'ensemble de l’industrie est stable aussi (0,0 %, après + 0,3 % en janvier).

En février 2015, les prix de production de l’industrie française se redressent (+ 0,7 %), après quatre mois consécutifs de baisse. Cette hausse résulte principalement du rebond des prix de l’énergie.

+0,1% 0,0% +0,7% INDICATEURS FILIÈRE En février 2015, les principales livraisons en plasturgie connaissent un début d’année poussif. Les livraisons de demi-produits chutent de 2,3 points, à 98,1. Les emballages subissent une baisse de 2,3 points, à 107,6. Les livraisons pour le secteur de la construction sont moroses, avec une chute de 5,1 points, à 84,5. Seules les livraisons de pièces progressent, à 109,9 points contre 105,7 en janvier. Une progression de 4,2 points.

● 1

Selon les chefs d’entreprise interrogés en mars 2015, le climat conjoncturel dans l’industrie est quasi stable. Le solde d’opinion des industriels sur leur activité passée chute de 8 points et se situe en dessous de son niveau moyen. Celui relatif aux perspectives personnelles baisse aussi, mais reste à un niveau supérieur à sa moyenne. Les carnets de commandes globaux et étrangers s’améliorent par rapport à février. Le solde des perspectives générales de production, qui représente l’opinion des industriels sur l’activité de l’industrie dans son ensemble, progresse fortement. Il gagne 8 points et se situe à son niveau le plus élevé depuis juillet 2011.

1 ●

Indice d’évolution des livraisons (base 100, année 2000) – Source : Sessi

140

116

1 109,9 107,6 1 98,1 84,5

92

68

44

2014

20

fév. mars avril

Bâtiment

mai

2015

juin juillet août sept

oct.

nov. déc.

Emballages

Demi-produits

jan.

fév.

Pièces techniques

● 2

CHIFFRE D’AFFAIRES DANS L’INDUSTRIE ET LA CONSTRUCTION

- 0,9

En janvier 2015, le chiffre d’affaires des entreprises de l’industrie manufacturière diminue de 0,9 % après une stabilité en décembre. Il se contracte nettement à l'exportation (- 3,4 %). Sur l’ensemble de l’industrie, il recule de 0,7 %.

2 ● (

Enquête de conjoncture

solde d’opinion en pourcentage, corrigé des variations saisonnières)

20

Mars 2015 10

7 4

0

-10

Le solde d’opinion est l’écart entre les opinions positives et négatives. Un solde supérieur à 0 indique que les avis favorables l’emportent sur les avis défavorables. Pour réaliser son enquête, l’Insee utilise une méthode de sondage stratifiée. 1 - Production passée 2 - Stocks 3 - Carnets et demande globale

-8 -13

4 - Carnets et demande étrangère 5 - Perspectives personnelles de production

-20

-22 -30

Avril-Mai 2015 N°920

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CRÉATIONS D’ENTREPRISES

+1,8%

En mars 2015, le nombre 1 d’immatriculations de voitures particulières neuves augmente de 4,3 % par rapport à février en données corrigées des variations saisonnières et des ours ouvrables (156 577 véhicules contre 150 082).

●

En janvier 2015, le volume des ventes diminue dans le commerce et la réparation d’autos et de motos (- 0,7 %). A l’inverse, il progresse légèrement dans le commerce de détail hors autos et motos (+ 0,2 %). Selon les premières estimations, ce secteur serait stable en février. Le volume des ventes du commerce de détail hors autos et motos est en hausse sur trois mois (+ 0,09) et sur un an (+ 1,8 %).

●

●

●

●

Les exportations rebondissent (avions, satellites, produits chimiques). À l’importation, l’énergie et les produits chimiques modèrent la hausse. Le déficit se réduit, passant de - 3,7 à - 3,4 milliards d’euros entre janvier et février 2015.

Automobile

1 ●

21 avril

Immatriculations de voitures neuves (en milliers, données corrigées des variations saisonnières)

Peugeot Citroën SA va produire 60000 véhicules de plus sur la période janvier-août 2015. Cela représente une hausse de 10 % par rapport à 2014.

170

162

154

16 avril

146

138

2014

2015

mars avril mai juin juillet août sept. oct. nov. déc. janv. fév. mars

2 ●

Commerce de détail

Commerce et réparatio C

Indice du chiffre d’affaires dans le commerce de détail (base 100, année 2000)

110

La raffinerie de brut de la Mède (Bouches-du-Rhône), propriété de Total, sera reconvertie avant la fin 2017 en production de biocarburants. Total va pour cela investir 200 millions d'euros sur le site et supprimer 178 emplois.

15 avril

Le Finlandais Nokia et le Français Alcatel-Lucent fusionnent et créent Nokia Corporation. Son siège se trouvera en Finlande, et il y aura une « forte présence » en France.

106

102

98

94

90

De décembre 2014 3 à février 2015, le nombre de logements autorisés en France a augmenté de 0,1 %, en données corrigées, par rapport aux trois mois précédents. Les autorisations de construire des logements individuels se sont accrues de 0,3%, mais celles 3 pour les logements collectifs stagnent. Sur la même période, le nombre de logements mis en chantier a reculé de 1,8 % : 3,4 % pour les logements individuels, 0,8 % pour les logements collectifs.

En moyenne en France au quatrième trimestre 2014, le taux de chômage, au sens du Bureau international du travail (BIT), s’élève à 10,4 %. En Métropole, 36 000 chômeurs supplémentaires ont été enregistrés.

C’EST ARRIVÉ LE...

130

2

COMMERCE EXTÉRIEUR

10,4% -3,4 Mrds €

En mars 2015, le nombre de créations d'entreprises augmente par rapport à février : + 1,8 % toutes entreprises confondues, et + 1,3 % hors micro-entrepreneurs, en données corrigées.

DONNEURS D’ORDRE

TAUX DE CHÔMAGE

2014

2015

janv. fév. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv.

●

– Nombre de logements neufs 3 Construction Source : ministère de l’Équipement 60000

8 avril

Le Premier ministre, Manuel Valls, annonce une aide exceptionnelle de 2,5 milliards d'euros pour pousser les entreprises à investir sans attendre.

47500

2 avril

35000

22500

* 10000

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2014 2015 fév. mars avril mai juin juil. août sept. oct. nov. déc. janv. fév.

N°920 Avril-Mai 2015

Le taux de chômage devrait continuer à augmenter jusqu'à 10,2 % à la mi-2015 en Métropole, prévoit l'Insee. Il retrouverait ainsi un niveau inégalé depuis près de vingt ans, fin 1997.

29


Prix

Variation sur un an

1 486 1 205 1 257 787 1 102 12,45 1 200 1 220 1 255 1 245

-20,32 % -21,50 % -16,75 % -17,68 % -17,45 % -18,09 % -18,48 % -18,67 % -16,89 % -10,75 %

(en €/tonne en Fév. 2015)

1 865 1 535 1 510 956 1 335 1 520 1 472 1 500 1 510 1 395

Cours du caoutchouc naturel (en centimes d’euros par kg) Source: Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP), d’après Resinex 500

416

332

248

168,44 164

Mars

Janvier

Décembre

Novembre

Octobre

Septembre

2015

Août

2014

Janvier

80

Cours du baril de Brent (en dollars) Source : Direction des ressources énergétiques et minérales (Direm) 130,0

107,5

85,0

55,89

Avril-Mai 2015 N°920

Mars

Février

Novembre

Octobre

2015 Septembre

Août

Juillet

Juin

2013 Mai

2014 Avril

40,0

Décembre Janvier

62,5

Mars

10 0 0 0

PS PP homo-injection PP copolymère PVC PET PEbd PEhd soufflage PEhd injection PEbd linéaire PEhd film

Février

0 0 0 0

Prix

(en €/tonne en Janv. 2014)

Juillet

0 0 0 0 0 0 0 0 0

Prix des matières en Europe de l’Ouest – Elipso (prix France)

Janvier

0 0 0 0 0 0 0 0 0

0

Décembre

0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

0

Octobre

0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0

PEhd Flaconnage PEhd à laver

02-2-21

Novembre

20 10 0 0

0

Mai

0 0 0 0

0

Juin

10 10 10 10 0 10 0

PET Bouteilles collecte toutes couleurs mêlées

Août

01-9-90 01-9-91 01-9-92 01-9-93

20 20 20 20 0 20 0

Q5

PET Bouteilles collecte couleur

Septembre

01-1-10 01-1-16 01-1-17-1 01-1-17-2 01-1-17-3 01-1-17-4 01-1-17-5 01-1-18 01-1-19

20 10 20 10 0 0 10 0

01-2-15

Avril

03-1-30-1 03-1-30-2 03-1-30 03-1-32 03 – 1-33-1 03-1-33-2 03-1-34-1 03-1-34-2 03-1-35-1 03-2-35-2 03-2-30 03-2-31

20 0 0 0 0 0 0 0

10 10 0

PET Bouteilles collecte azurées

Juin

08-1-80 08-1-81 08-1-82 08-2-80

0 0 0 10 0 0 10 0 0

Avril 2015

0 0 0

Juillet

06-1-60 06-1-61 06-1-62 06-1-63 06-2-60 06-2-61 06-2-60

0 0 20 0 0 0 0 0 0

Mars 2015

PET Bouteilles collecte naturel

Q0 Q6 Q4

Mars

05-1-50 05-1-51 05-1-52 05-1-53 05-1-54 05-1-55 05-2-56 05-2-51

Polyéthylène Chutes neuves HD injection/extrusion Films neufs couleurs BD Films neufs naturels BD Films rétractables et étirables mêlés à laver Housses couleurs épaisses à laver Housses naturelles épaisses à laver Films étirables naturels à laver Films agricoles à laver Housses et films issus du tri DIB Polypropylène Films naturels Films couleurs et imprimés Chutes PP rigides naturels Chutes PP rigides couleurs PP/PE blanc PP/PE couleur PP tissé et non tissé PP rigides en fin de vie Polystyrène PS extrusion naturel et blanc PS extrusion couleur PS injection naturel et blanc PS injection couleur PSE PS injection et extrusion couleur PSA Alu ABS ABS blanc ABS couleur ABS / PC chutes neuves ABS / PC (DEEE) PVC PVC souple naturel PVC souple couleur PVC issu de BTP PVC de thermoformage et calandrage couleur PVC de thermoformage et calandrage cristal PVC – PE PVC profilés couleur avec joint PVC profilés couleur sans joint PVC profilés blanc avec joint PVC profilés blanc sans joint PVC issus de démantèlement de BTP PVC souples rigides mêlés PET PET thermo Cristal (ancien 01-1-100) A-PET thermo couleur A-PET préformé cristal A-PET préformé azuré PET préforme couleur transparente À PET préforme couleur opaque A PET préforme multicouches PETG naturel PETG bleuté, couleur Plastiques techniques PC PMMA PA POM

Mars 2015 Avril 2015

Matière

01-2-12 01-2-11 01-2-13

Mai

04-1 04-1-40 04-1-41 04-2-40 04-2-41 04-2-42 04-2-43 04-2-44 04-2-49

Matière

Codification Correspondance Valorplast

Avril

Plastiques – Variations des prix d’achat constatées en euros/tonne par rapport à décembre 2014 - Source : Federec Codification

30

En janvier 2015, le cours du brent repart légèrement à la hausse, à 55,89 $ le baril.

Mars

L’ACTUALITÉ

MERCURIALES DES PRIX

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5LJLG )LOP 7HFKQRORJ\ ,WªV 7LPH WR 6KDUH /H &HQWUH Gª([WUXVLRQ (XURSpHQ OH SOXV LQQRYDQW VH SODFH DX SUHPLHU UDQJ GH OD WHFKQRORJLH )/$7 ',( 5,*,' ),/0 WRXMRXUV HQ UHJDUGDQW YHUV OªDYHQLU HW PDLQWHQDQW %$1'(5$ YHXW OH SDUWDJHU

$9(& 9286


L’ACTUALITÉ

COMMERCE EXTÉRIEUR

Le prix moyen des matières est obtenu à partir des ventes en volumes et en valeurs, à l’exportation et à l’importation en février 2015 (source : direction générale des Douanes).

Prix des matières Prix

Tendance

PEbdl

1 086

PEbd

1 075

PEhd

1 024

PP

1 095

PP copolymères

1 282

PSE

1 244

PS

1 104

SAN

1 812

ABS

1 404

PVC non mélangé

747

PVC-P (mélangé et plastifié)

1 854

PVC-U (mélangé, non plastifié)

1 109

PVDC

2 916

PTFE

14 322

PVDF

14 526

PVAC

1 642

PMMA

2 558

POM

2 608

Époxydes

3 376

PC

2 691

PET

882

➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➚ ➚ ➚ ➘ ➚ ➚ ➘ ➘ ➚ ➘

Matières

32

Prix des matières

(en € par tonne)

UP (polyester insaturé)

1 922

PA (-6 -11 -12 -6,6 -6,9 -6,10 -6,12)

3 154

Prix

Tendance

PA (autres)

4 803

Résines phénoliques

2 057

PUR

3 600

➚ ➚ ➘ ➚ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➘ ➚ ➘ ➘ ➚ ➚ ➘

Matières

(en € par tonne)

Résines mélaminiques

750

Silicones

5 793

CA-U (acétate de cellulose)

-

Déchets PE

394

Déchets styréniques

355

Déchets PVC

375

Déchets PP

499

SBR et XSBR (latex)

772

E-SBR

1 554

SBS

1 993

S-SBR (en balles)

1 972

BR

1 583

CIIR (plaques)

1 217

NBR (plaques)

3 143

SBR et XSBR (plaques)

1 534

CR (latex)

2 792

CR (plaques)

3 894

EPDM

2 398

EVA

1 531

Glossaire des plastiques et des caoutchoucs ASA : acrylonitrile styrène acrylate ABS : acrylonitrile-butadiène-styrène BOPP : PP bi-orienté BR : caoutchouc butadiène CPVC : PVC chloré CR : polychloroprène EPDM : monomère éthylène-propylène-diène E-SBR : caoutchouc butadiène styrène émulsion EVA : copolymère éthylène-acétate de vinyle EVM : monomère d’éthylène-acétate de vinyle HNBR : NBR hydrogéné LCP : polymères à cristaux liquides LSR : élastomère à silicone liquide MDI: di-isocyanate de diphénylméthane NBR : caoutchouc nitrile PA : polyamide PAI : polyamide-imide PAN : polyacrylonitrile PBT : polybutylène téréphtalate PC : polycarbonate PCT: polychloroterphényle PE : polyéthylène PEEK : polyétheréthercétone

PEhd : PE haute densité PEI : polyétherimide PEbd : PE basse densité PEbdl : PE basse densité linéaire PES : polyéthersulfone PET : polyéthylène téréphtalate PETG : PET modifié glycol PEuhpm : PE à ultra-haut poids moléculaire PI : polyimide PLA : acide polylactique POM : polyoxyméthylène, polyacétal PMMA : polyméthacrylate de méthyle PP : polypropylène PPA : polyphtalamide PPO : polyphénylène oxyde PPS : polysulfure de phénylène PPSU : polyphénylènesulfone PS : polystyrène PSE : PS expansé PSU : polysulfone PTFE : polytétrafluoroéthylène PUR : polyuréthane PVA : acétate de polyvinyle

PVAC : polyacétate de vinyle PVB : polybutyral de vinyle PVC : polychlorure de vinyle PVC-P : polychlorure de vinyle plastifié PVC-U : polychlorure de vinyle non plastifié PVDC : polychlorure de vinylidène PVDF : polyfluorure de vinylidène PVOH: alcool de polyvinyle SAN : styrène-acrylonitrile SB: copolymère styrène-butadiène SBC : copolymère bloc styrène-butadiène SBR : caoutchouc butadiène styrène SBS : styrène butadiène styrène S-SBR : caoutchouc butadiène styrène en solution TDI : diisocyanate de toluène TPE : élastomère thermoplastique TPE-O : mélange caoutchouc et TPE TPO : TPE oléfinique TPS : TPE styrénique TPU : TPE de PUR TPV : TPE vulcanisé

Avril-Mai 2015 N°920

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Commerce extérieur de presses à injecter (en milliers d’euros) 8000

Exportations Exp

Importations Im

6400

4800

33

3200

1600 0

0 fév

mars

avril

mai

juin

2014 juil

aout

sept

oct.

Commerce extérieur de machines de transformation Machines Machines à mouler par injection Extrudeuses Machines à mouler par soufflage Machines à thermoformer Moules pour plasturgie et caoutchoucs

2015 fév.

janv.

(en milliers d’euros)

Février 2015

Tendance

Exportations

38 841

39 735

➚

Importations

57 987

60 638

➚

Exportations

11 387

10 399

➘

Importations

26 501

27 210

➚

Exportations

142 414

157 579

➚

Importations

11 594

11 386

➘

Exportations

2 190

2 071

➘

Importations

9 387

13 108

➚

Exportations

149 653

157 297

➚

Importations

190 054

190 509

➚

Autres 48 %

Zones d’exportation des presses à injecter Pologne 7%

Chine 1%

Roumanie 6%

Tunisie 4%

Allemagne 9%

Luxembourg 1%

Italie 2 % Japon 5%

déc.

Mars 2014

Zones d’importation des presses à injecter

Autriche 2%

nov.

Allemagne 29 % Suisse 12 %

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Autres 35 %

Espagne 10%

États-Unis 13 %

N°920 Avril-Mai 2015

Royaume-Uni 16 %


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GRAND ANGLE 35

Mines Douai

LA PLASTURGIE IMPRIME SA MARQUE p. 36 CONJONCTURE

LES TROIS DIMENSIONS DE LA CROISSANCE

p. 39 TECHNOLOGIE

p. 40

p. 42

CONCEPTION

L’EXPLOSION DES FABLABS

p. 41

LE POINT DE VUE DE...

Georges Taillandier,

président de l’Association française de prototypage rapide

INNOVATION

UN INVESTISSEMENT PAYANT www.plastiques-caoutchoucs.com

AFPR

VINGT-CINQ ANS DE BREVETS

N°920 Avril-Mai 2015


GRAND ANGLE 36

Mines Douai

LES TROIS DIMENSIONS DE LA CROISSANCE CONJONCTURE

Le récent coût de projecteur sur la fabrication additive, et notamment sur l’impression trois dimensions, apporte son lot d’interrogations sur l’intégration de cette technologie dans les processus de développement.

L

argement commentée depuis quelques années dans les médias professionnels et grand public, l’impression d’objets en trois dimensions (3D) et, plus largement, la fabrication additive, qui consiste à créer un objet par ajout de matériaux, en opposition à l’usinage, connaît un engouement important. Selon le cabinet d’étude Xerfi, le marché mondial aurait dépassé 2,8 milliards d’euros (Mrds €) en 2014, et devrait poursuivre sa progression jusqu’à 8,5 Mrds € en 2020, soit une croissance annuelle de 20 %… D’autres observateurs du marché, comme le cabinet de conseil et de recherche Gartner, sont encore plus optimistes, en prévoyant un marché mondial de 20 Mrds $ (18 Mrds €) dès 2018. Le développement de l’offre auprès du grand public intervient dans cette dynamique. Selon des chiffres de Xerfi publiés en octobre 2014, les ventes d’imprimantes 3D personnelles ont fortement progressé en 2013, avec 72 500 exemplaires au niveau mondial. La médiatisation de

cette technologie provoque un effet inattendu : elle concentre beaucoup d’attentes, d’interrogations, mais aussi de fantasmes.

Les entreprises, moteur du développement Des penseurs et des théoriciens de l’économie, comme l’Américain Jeremy Rifkin, n’hésitent pas à ériger la fabrication additive en nouveau modèle économique et social : le producteur et le consommateur sont réunis en une même personne, « le prosommateur » qui, s’appuyant sur le partage de connaissance facilité par internet, peut répondre à ses propres besoins. L’argumentation de Rifkin pour « une troisième révolution industrielle » se construit autour du coût marginal zéro des produits, c’est-à-dire la suppression des coûts de production de chaque unité supplémentaires. Utopiste ou non, cette vision de l’avenir a le mérite de tenir les industriels en éveil sur ce qui pourrait bouleverser de façon majeure la chaîne de valeur.

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Vers l’industrie numérique Le succès des rendez-vous comme le salon 3D Print, en juin 2014, en marge du salon FIP Solution plastique (ex-Forum internatonal de la plasturgie), à Lyon, révèle le besoin des industriels, et notamment des plasturgistes, de s’informer sur ces technologies qui pourraient marquer une rupture dans les méthodes de production. Révolution ou non, l’engouement pour l’impression 3D est la partie visible de l’iceberg. Au-delà d’un nouveau procédé de production, c’est en réalité la transition de l’industrie vers le numérique que les plasturgistes ont à cœur de ne pas rater. La difficile adaptation des marchés de la musique et des films fait désormais office de jurisprudence en la matière. L’enjeu n’est pas moins que de réinventer et de repenser le modèle de l’industrie. « La filière doit évaluer le plus tôt possible l’impact de la progression de la fabrication additive, non seulement en positif pour notre processus de production, mais éventuellement en négatif, sur nos débouchés, s’il s’avère qu’elle www.plastiques-caoutchoucs.com

entre en concurrence avec des technologies plus traditionnelles », souligne Jean Martin, délégué général de la Fédération de la plasturgie et des composites. Le syndicat a d’ailleurs constitué un think tank dédié à cette thématique.

Des acteurs s’engagent C’est désormais une chose établie : l’innovation est le moteur de l’industrie. La filière de transformation des plastiques lui accorde une place importante, et les plasturgistes ambitionnent de s’imposer en tant que partenaire de développement, avec pour objectif de rééquilibrer les relations de sous-traitance avec les donneurs d’ordres. La filière est en recherche d’outils pour répondre à deux enjeux : accélérer les cycles de développements produits et développer des produits sur mesure. La fabrication additive permet de s’affranchir de certaines contraintes de design et de produire des pièces complexes. Les pièces produites peuvent adopter des géométries jusqu’alors inaccessibles. « En design, les possibilités sont vraiment très intéressantes, affirme Jérémy Soulestin, avec l’opportunité de jouer sur les propriétés de volumes, en produisant des formes en creux ou en nid-d’abeilles. » L’étude du cabinet Xerfi note que c’est pour cette raison que l’impression 3D se généralise dans l’aéronautique et le spatial, où la légèreté des structures revêt un caractère stratégique. « Il y a désormais une vraie demande de la part des industriels pour la fabrication additive, et nos partenaires abordent systématiquement le sujet », constate Jérémy Soulestin, enseignantchercheur à l’école des mines de Douai (Nord), qui se penche depuis deux ans sur cette tech-

nologie. Le lien entre plasturgie et impression 3D s’est renforcé avec l’engagement d’acteurs comme Arburg. Présentée pour la première fois au salon K 2013, à Düsseldorf (Allemagne), commercialisé en France depuis avril 2015, la Freeformer combine les savoir-faire des deux univers : la liberté du design et le travail de la matière propre à la plasturgie. Cette philosophie dénote par rapport aux autres technologies et modèles économiques, en s’affranchissant d’une matière imposée par le fabricant, pour couvrir d’autres grades. « Avec la Freeformer, nous avions en tête la fabrication de pièces fonctionnelles avec le matériau de série requis, indique Didier Von Zeppelin, responsable du marché fabrication additive d’Arburg. Le choix de la matière est important dans les caractéristiques finales de la pièce, et nous atteignons 80 % des caractéristiques par rapport aux pièces injectées. » Le procédé, qui n’en est qu’à ses débuts, peut être amélioré, que ce soit sur l’aspect des pièces, jugées encore très granuleux, que sur les temps de cycles. Les travaux sont en cours pour caractériser de nouveaux matériaux. L’école des mines de Douai sera l’un des premiers acquéreurs de la machine d’Arburg. « Nous avons de nombreux projets pour caractériser ce procédé et mettre au point de nouveaux matériaux », s’enthousiasme Jérémy Soulestin. Selon, le cabinet Xerfi, les plus grandes ruptures restent à venir dans la fabrication additive, et les progrès de la technologie devrait lui permettre de se généraliser. La plasturgie, grâce à son savoir-faire, possède tous les atouts pour devenir acteur de cette révolution et ne pas la subir. Alexandre Couto

Arburg

Aujourd’hui, ce sont les entreprises qui représentent l’essentiel de la demande en valeur sur le marché mondial de la fabrication additive. Celle-ci est apparue relativement tôt dans le radar des équipes de recherche-développement, reconnaissant un potentiel à ces technologies, notamment pour le prototypage, sans trouver, jusqu’à présent, des modèles leur permettant de s’imposer. Cependant, l’innovation a connu un coup d’accélérateur dans la fabrication additive. En effet, si les procédés d’impression 3D ne sont pas nouveaux, c’est leur couplage avec les nouvelles cultures numériques, comme l’internet des objets, le big data ou les projets collaboratifs, dopés par les réseaux d’échanges numériques, qui amènent le marché à un niveau de maturité inédit. Initialement utilisées pour les tests et le prototypage, les techniques d’impression 3D s’étendent désormais à la fabrication de pièces finies pour l’aérospatial, l’automobile ou le médical… Dans tous les secteurs, des sociétés majeures s’en emparent, convaincues que cette technologie peut bouleverser leur modèle économique : Airbus exploite l’impression 3D pour la production de pièces pour ses avions, Hasbro a créé des offres spécifiques 3D dans certaines gammes de jouets, Unilever teste la technologie pour gagner en time to market dans le secteur des produits ménagers et Renault a participé au projet Strati de Local Motors, véhicule électrique crowdsourcé et imprimé en 3D.

La fabrication additive permet de s’affranchir de certaines contraintes de design.

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GRAND ANGLE VINGT-CINQ ANS DE BREVETS TECHNOLOGIE La fabrication additive, qui existe depuis la fin des années 1980, a utilisé différents procédés au cours de son histoire. Passage en revue.

V

oitures, robes, chaussures, prothèses médicales… Le boom des objets fabri-

qués à l’aide d’imprimantes trois dimen-

sions et l’engouement des médias pour cette technologie laissent penser qu’elle en est à ses prémices. « Elle existe pourtant depuis plus de vingt-cinq ans », assure Georges Taillandier, président de l’Association française de prototypage rapide (AFPR).

Stratasys

• La stéréolithographie. Lancée en 1988 par 3D Systems (lire l’interview p. 45), l’imprimante SLA-250 utilise le procédé de stéréolithographie et connaît un succès immédiat. Principaux avantages : la suppression de l’investissement en outillage, l’accélération du cycle de conception et de la commercialisation, le développement des possibilités, des modifications de conceptions plus rapides, moins chères et des pièces personnalisées. D’abord employée pour fabriquer des prototypes, des petites séries et de l’outillage rapide, la stéréolithographie consiste à déposer

• Le Polyjet. Autre technologie, le Polyjet a été développé en 1999 par Objet, société israélienne rachetée en 2012 par Stratasys. Il utilise des photopolymères sous forme liquide. « Les têtes

d’impression sur buse possèdent des embouts qui projettent des gouttelettes de résines liquides sur une plate-forme, poursuit Patrick Kieffer. À chaque projection, une lumière ultraviolette durcit la matière. On répète les étapes, couche par couche, pour obtenir la pièce finale, qui ne nécessite aucune finition particulière. » Cette technique est appréciée par sa rapidité d’impression, sa précision (jusqu’à 16 microns, contre une centaine pour le FDM) et un large choix de matières. « Il est possible de mélanger des matières dures et souples, des couleurs avec du transparent, s’enthousiasme Patrick Kieffer. Ce sont, en général, des prototypes, car le type de résine utilisée ne dure pas. » • Des procédés voisins. Le frittage sélectif par laser et la fusion de faisceau d’électrons sont des procédés différents, mais comparables, utilisés dans l’industrie biomédicale, notamment pour fabriquer des prothèses. Claire Pham

des couches successives en utilisant un matériau sensible aux ultraviolets : la résine acrylate, l’époxyde ou l’acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS). « La pièce est imprimée sur une plate-

SSTATIC TATIC CONTROL CONTROL

forme procède à la suivante selon une épaisseur fixe. » • Le dépôt de fil. En 1989, Scott et Lisa Crump, créateurs de Stratasys, déposent un brevet sur le procédé de dépôt de fil (FDM, Fused Deposition Modeling). « Le fil de matière est extrudé sur une plate-forme à travers une buse qui se déplace sur trois axes, décrit Patrick Kieffer, responsable marketing France de Stratasys. Ce brevet permet de produire des pièces professionnelles dans un four fermé. La pièce obtenue n’est pas déformée par les contraintes extérieures. » Avantages: la technologie est compatible avec un large choix de thermoplastiques – l’ABS, le polycarbonate (PC), le polyphénylsulfone (PPSF) ou le polyetherimide (PEI) – ; elle offre une grande palette de couleurs et de bonnes propriétés mécaniques, notamment en résistance et en biocompatibilité. Le FDM est utilisé dans l’aérospatiale, l’automobile, l’architecture ou le médical. www.plastiques-caoutchoucs.com

DR

forme horizontale et plongée dans un liquide plastique monomère, développe le président de l’AFPR. Une fois la couche solidifiée, la plate-

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Dépoussiérage électrostatique Elimination de l'électricité statique Décharge Décharge eefficace fficace à vvitesse itesse maximale maximale Distribué par ELEX 03 89 35 61 10 info@elex-industrie.com

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GRAND ANGLE L’EXPLOSION DES FABLABS

CONCEPTION Avec l’émergence des imprimantes trois dimensions, il est possible de regrouper les outils de création et de fabrication. C’est le concept des fablabs.

E

Claire pham

n juin 2013, le ministre de l’Économie, du Redressement productif et du

Numérique de l’époque, Arnaud

40

Montebourg, et la ministre déléguée aux Petites et Moyenne Entreprises, à l'Innovation et à l'Économie numérique, Fleur Pellerin, lançaient un appel à projet fablabs intitulé « Aide au développement des ateliers de fabrication numérique ». Le but : offrir une visibilité aux acteurs

Le fablab d’Universcience de la Cité des sciences et de l’industrie souhaite redonner le gôut aux sciences et techniques.

de la fabrication numérique, afin que leur valeur ajoutée soit mieux connue, en particulier auprès du monde des entreprises. Au total, 154 dossiers avaient été déposés et quatorze projets retenus, avec le versement d’aides jusqu’à 200 000 €.

Démocratiser les outils de partage et de contrôle Le concept de laboratoire de fabrication, ou fablab, date de la fin des années 1990. Lancé par Neil Gershenfeld au sein du Massachussetts Institute of Technology (MIT), il s’est vite propagé dans les États-Unis, puis au reste du monde, pour arriver aujourd’hui à maturité. Pour Neil Gershenfeld, ce succès est concomitant au développement des réseaux numériques. En prenant exemple sur les avancées de l’internet 2.0, fondé sur le collaboratif, les ateliers de fabrication numérique visent à démocratiser les outils de partage et de création. « Cette approche permet à chacun de devenir auteur d’une technologie », s’enthousiasmait le créateur des fablabs. Pressentis comme la nouvelle révolution industrielle, ces installations sont en tête de liste des investissements, et la France n’est pas en reste: rien qu’en Ile-de-France, une dizaine a fleuri en moins de deux ans. Parmi eux, celui de la Cité des sciences et de l’industrie, à la Villette, à Paris, l’un des projets portés par le consortium Inmédiats, soutenus par les Investissements d’avenir. Inauguré le 12 mars 2014, le fablab d’Universcience « permet à chacun de s’initier à la conception par ordinateur, de réaliser ses propres prototypes, en mettant à la disposition de tous des outils de conception, de fabrication et de modélisation trois dimensions », décrit Pierre Ricono, responsable du Campus Tech. « Il s’appuie sur la créativité de chacun, dans une logique de partage, de retour d’expérience et d’intelligence collective », poursuit-il. À l’intérieur, de nombreuses machines numé-

riques, telles qu’une découpeuse laser, des imprimantes 3D ou vinyle, des fraiseuses à commande numérique, une presse thermique, etc., mais aussi des experts techniques présents pour faciliter l’usage et l’aboutissement d’un projet.

Une efficacité à démontrer Au départ, le public visé était principalement des jeunes, de 15 à 25 ans, dans le but de leur redonner goût aux sciences et techniques. « Après un an d’expérience, on s’aperçoit que c’est plus un public averti qui pousse la porte de cet espace de création », continue Pierre Ricono. En clair : des étudiants d’école d’ingénieurs et autres spécialistes techniques d’école de design ou d’architecture. Mais les initiatives pour démocratiser l’espace ne manquent pas. Universcience a notamment engagé des discussions avec la ville de Paris afin d’établir un protocole d’accord qui permettrait au Pôle incubateur, qui ouvrira ses portes en novembre 2015, boulevard McDonald, à une centaine de mètres de la Cité des sciences et de l’industrie, de déployer et de tester leurs inno-

vations in situ. Le futur incubateur disposera d’une superficie de 15 000 m2 dont 3 000 m2 seront proposés pour l’hébergement de jeunes pousses, et 7 000 m2 en hotel d’entreprises commercialisés, gérés directement par la régie immobilière de la ville de Paris. L’objectif est de mélanger des entrepreneurs, des chercheurs, des artistes, des étudiants et des acteurs sociaux. Autre exemple, Maker-sur-Seine, un espace de 100 m2 situé dans le 4e arrondissement de Paris, ouvert en janvier 2014, à quelques pas de la Cité internationale des arts. L’idée de départ d’Alain Assouline, dirigeant de Maker-sur-Seine est simple : « Demain, nous serons tous amenés à imprimer nous-mêmes chez nous nos propres objets. Je pense que ce sera l’économie de demain, même si on en est encore loin aujourd’hui. » Quinze mois plus tard, le retour d’expérience est assez amer. « C’est plus difficile que je ne pensais de trouver un modèle économique, poursuit le dirigeant. Un fablab attire beaucoup de curieux qui souhaitent voir comment ça fonctionne. Ce n’est pas encore entrer dans les mœurs en terme d’usage. » Claire Pham

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UN INVESTISSEMENT PAYANT

INNOVATION Entreprise d’envergure internationale A. Raymond a choisi d’intégrer

l’impression en trois dimensions pour stimuler sa recherche de solutions sur mesure.

L

pour devenir, en 2014, un site pilote. « Nous possédons les bonnes tailles de pièces pour pouvoir tirer pleinement avantage de cette technologie », indique Hans-Juergen Lesser.

développements, se souvient Hans-Juergen

Encore des défauts d’apparence

Lesser, PDG de la filiale Exco, responsable

La machine a permis de valider plusieurs tests avec des polyamides (PA) 6 et 6.6. Les pièces peuvent atteindre 85 % des propriétés mécaniques d’une pièce injectée. Mais, sur la Freeformer, les temps de cycle sont encore longs, et l’apparence générale des pièces souffre encore de l’effet d’escalier, lié à la dépose goutteà-goutte. « Ces imperfections devraient être atténuées, conclut Hans-Juergen Lesser. Mais cela répondra difficilement à des exigences de production en série. L’injection à encore de beaux jours devant elle. » Alexandre Couto

’entreprise française A. Raymond, basée à Grenoble (Isère), spécialisée dans les systèmes de fixation, a choisi, dès 2008,

de s’équiper d’une imprimante trois dimensions. « Nous cherchions un moyen de présenter nos

recherche-développement du groupe. Nous avons opté pour une imprimante à dépôt de fil

Arburg

fondu (FDM, Fused Deposition Modeling) de Stratasys, pour un investissement raisonnable de 25 000 €. » Parmi les qualités du procédé, l’utilisation de l’acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS), « matière aux caractéristiques intéressantes, qui permet de produire des pièces aisées à manipuler », a éveillé la curiosité des équipes. Pour A. Raymond, qui produit de nombreuses pièces pour l’automobile, il est important de visualiser le produit fini. L’impression 3D lui a permis de répondre à cette demande.

machine de fabrication additive, la Freeformer, une machine capable de produire des pièces potentiellement à partir de toute matière plastique. A. Raymond se rapproche alors d’Arburg

Besoin d’un prototypage bonne matière À partir de 2010, A. Raymond a poussé plus loin sa stratégie, en faisant l’acquisition d’une nouvelle machine de Stratasys, une Objet Connex, qui permet de produire des pièces avec des éléments flexibles en élastomère thermoplastique. Les systèmes de fixation d’A. Raymond sont dotés de joints d’étanchéité, que la nouvelle imprimante a permis de produire, pour offrir un prototype le plus fidèle possible. L’investissement pour cette seconde machine, d’abord réalisé en leasing, a été de 250 000 €. Devant les possibilités offertes par la fabrication additive, l’entreprise envisage de nouveaux développements. Dans le cas du prototypage, la production de pièces bonne matière (dans la matière utilisée en production) pourrait être utile. « Avec cette idée, nous nous sommes heurtés à une limite : nous sommes contraints d’utiliser les matières proposées par le constructeur », pointe Hans-Juergen Lesser. C’est la polyvalence dans l’utilisation de la matière qui devrait permettre à la fabrication additive de se développer en plasturgie. La société voit poindre une solution, en 2013, lorsque le constructeur Arburg dévoile, sur le salon K de Düsseldorf (Allemagne), sa www.plastiques-caoutchoucs.com

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LE POINT DE VUE DE ... GEORGES TAILLANDIER, président de l'Association française de prototypage rapide

« La technique de l’impression en trois dimensions,

très visuelle, suscite immédiatement l’intérêt du public »

Quelles actions vont être mises en place ? Dans le cadre de cette collaboration, nous avons identifié sept axes à développer pour faciliter l’intégration de la fabrication additive au sein des entreprises. Notre action vise ainsi le partage d’expertises portant sur la fabrication additive, l’animation d’un réseau de partenaires francophones de développements technologiques, l’identification des contraintes qui limitent l’émergence de la fabrication additive dans la production manufacturière, l’établissement de programmes de recherche-développement fondés sur les contraintes industrielles, la mise en place d’un programme d’échanges d’étudiants en lien avec les programmes de recherche, l’organisation d’un programme d’échange de spécialistes de production en lien avec les projets industriels, et enfin, la mise en place d’événements, comme des séminaires, permettant de faire essaimer cette technologie.

des matériaux haut de gamme, comme le titane. L’engouement pour cette technologie n’a pas entraîné de bouleversement majeur du marché mondial. Mais, encore une fois, il est très difficile d’avoir des chiffres d’affaires précis. Cela dépend des études, qui ne différencient pas vraiment les marchés composant la fabrication additive.

DR

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Quel est l’objectif de l’Association française de prototypage rapide ? Notre association a été créée en 1992, avec pour but de rassembler les partenaires de la fabrication additive. Nous tâchons de resserrer les liens nationaux et internationaux, de répondre à des besoins sectoriels, sans oublier de favoriser la formation de transfert technologique. Nous avons des projets propres, comme le contrat d’échange et de coopération internationale avec le Québec, par l’intermédiaire du Centre de recherche industrielle du Québec (Criq). Ce partenaire est venu vers nous afin de mettre en commun nos ressources, nos expertises respectives, et de mobiliser les acteurs de la filière manufacturière de l’impression en trois dimensions pour optimiser l’émergence de la fabrication additive dans les entreprises manufacturières au Québec et/ou en France, tous domaines d’applications confondus.

Quel est l’état du marché de la fabrication additive en France ? La France pèse entre 9 et 10 % du marché mondial. La répartition est à peu près égale entre l’Europe, l’Asie et les États-Unis, avec peut-être une légère avance pour cette dernière zone. Il faut toutefois préciser que le marché n’est pas clairement délimité, et que la fabrication additive couvre un ensemble de techniques : la stéréolithographie, le frittage sélectif par laser, l’impression 3D, la fusion sélective sur lit de poudre par laser, la fusion de dépôt sur fil tendu par extrusion, la modélisation d’objets laminés et la projection de matière. Plus spécifiquement alors, où en est le marché de l’impression 3D ? En nombre de machines, l’imprimante 3D représente 70 % du marché global, principalement en raison de son accessibilité économique. Il s’agit d’un produit qui s’est démocratisé et qui commence à percer auprès du grand public. Des imprimantes 3D d’entrée de gamme peuvent être trouvées à partir de 340 €. Du point de vue industriel, il faut toutefois compter entre 300 000 et 500 000 € pour mettre en œuvre

Comment analysez-vous l’attrait pour l’impression 3D ? Les médias ont contribué, d’une manière non négligeable, à la démocratisation de cette technologie. La technique de l’impression 3D, très visuelle, suscite immédiatement l’intérêt du public. Voir une machine empiler les couches pour produire une pièce en 3D a quelque chose de fascinant. Soit dit en passant, il est impropre de parler de 3D : il s’agit plutôt de deux dimensions et demie. La machine ne fait que superposer des modèles en 2D les uns sur les autres… La technologie s’approche, à bien des égards, de la technique d’impression traditionnelle, avec une machine à jet d’encre. Parmi les technologies de fabrication additive, laquelle est la plus utilisée dans l’industrie ? Même si le marché des imprimantes 3D est en plein essor, il ne s’agit pas de la technique la plus représentative dans l’industrie. C’est même plutôt le contraire. Dans le parc installé, les machines de stéréolithographie sont plus nombreuses. C’est la première technologie, dont le brevet avait été déposé par le chercheur français Jean-Claude André, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Lorraine, en juillet 1984. Il n’avait rien donné : aucune machine n’avait été développée. Or, en août 1984, Chuck Hull a déposé le même brevet avant de fonder, en 1986, l’entreprise 3D Systems. En France, nous avons plus de mal à industrialiser qu’aux États-Unis. Propos recueillis par Claire Pham

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PROFESSION

CÔTÉ SALON

44

LA PLASTICS VALLÉE TIENT SALON

FILIÈRE Les acteurs de la filière plasturgie de l’Ain présentent leurs savoir-faire, à Oyonnax, à l’occasion de la deuxième édition du salon Spido.

D

eux ans après sa création, en 2013, le Salon des produits innovants et design d’Oyonnax (Spido) tient sa deuxième édition, du 10 au 12 juin à Oyonnax, dans l’Ain. Porté par l’Association des acteurs économiques de la Plastics vallée (AEPV), fondée en juillet 2010, ce salon regroupe les entreprises majeures de cette région connue pour son implication dans la filière plasturgie. Plus de cent exposants, entreprises artisanales ou industrielles, créateurs, fabricants et leurs partenaires ont réservé une surface d’exposition afin de présenter leurs compétences. Pour les organisateurs, le rendez-vous constitue « une réelle opportunité pour présenter la mixité et la densité du réseau de compétence des entreprises locales ». L’objectif affiché est donc toujours de fédérer les acteurs économiques, de donner un coup de projecteur sur la Plastics vallée et d’affirmer le rayonnement des entreprises locales et de leurs technologies. La

Plastics vallée, qui recouvre notamment la communauté de commune du HautBugey, s’étire entre l’Ain et le Jura, sur un territoire d’environ 60 km de long sur 30 km de large. Elle recense environ 600 entreprises liées à la plasturgie, tous métiers confondus : des fournisseurs de matières plastiques, des fabricants d’équipements, des moulistes, des transformateurs, des bureaux d’études et des constructeurs de presses.

Une cellule de production au cœur du salon La filière de la transformation des plastiques, qui s’est développée dans la région à la fin de la Seconde Guerre mondiale, emploie près de 12 000 salariés. Il s’agit de la plus forte concentration d’entreprises spécialisées en Europe. • Le mercredi 10 juin sera consacré aux opportunités territoriales, pour permettre aux entreprises d’accélérer leur développement économique. Avril-Mai 2015 N°920

• Le jeudi 11 juin sera dédié à la plasturgie, avec la tenue des assemblées générales de l’AEPV, du pôle de compétitivité Plastipolis, du Pôle européen de la plasturgie (PEP)-Centre technique de la plasturgie et de l’organisation professionnelle Allizé plasturgie RhôneAlpes. • Le vendredi 12 juin sera orienté vers la filière bois, seconde activité industrielle du Haut-Bugey. Pour les organisateurs du Spido, le rendez-vous est l’occasion de mettre en avant les synergies entre les entreprises locales. Cette volonté se traduit par le projet collaboratif Spido’Cup, reconduit pour cette deuxième édition. Il consiste à établir une véritable cellule de production de plasturgie au cœur du salon. « Cet espace de fabrication est une vraie valeur ajoutée en terme d’interactivité avec les visiteurs », se réjouit AnneMarie Guignot, directrice du salon. En 2013, dix-sept industriels avaient collaboré pour réaliser un gobelet injecté composé, dans sa partie supérieure, www.plastiques-caoutchoucs.com


CÔTÉ SALON d’un polymère apte au contact alimentaire et, dans la partie inférieure, d’un composite à base de bois. « L’objectif est de montrer que l’innovation collective peut permettre à des acteurs d’une même région de faire émerger des projets innovants, et conquérir ainsi de nouveaux marchés, grâce à la synergie mise en œuvre dans la réalisation de projets concrets », affirme l’organisateur du salon.

La plastronique mise en avant L’équipe du Spido’Cup s’apprête à relever un nouveau défi avec la réalisation d’un nouvel objet symbolique.

PROFESSION

Cette année, le récipient se compose de trois parties assemblées en une seule opération grâce à un procédé de pointe. De l’esquisse initiale à la réalisation, chaque étape est développée et présentée aux visiteurs pour leur permettre de s’approprier l’objet et d’identifier l’ensemble des savoir-faire des entreprises impliquées. De nouveaux espaces ont été conçus pour l’édition 2015. Le visiteur peut ainsi découvrir un stand consacré à la plastronique, nouvelle technologie permettant de doper la plasturgie locale, qui lie intimement plasturgie et électronique. Ce procédé offre de nombreux

avantages aux industriels, comme l’allégement, la liberté de design, tout en conférant aux pièces des fonctionnalités nouvelles. Enfin, un espace est consacré à la mode et aux accessoires, comme la lunetterie ou les ornements de coiffures, activité historique de la région. Alexandre Couto

CÔTÉ PRODUITS MCD

FPSA

Le mouliste MCD, situé au parc d’activités de la Laye, dans l’Ain, fait valoir une expérience de trente-cinq ans dans la production d’outillages. Son atelier est équipé des moyens de production modernes comme l’usinage laser cinq axes, l’érosion enfonçage, ou encore l’érosion fil. Par ailleurs, il dispose d’un bureau d’étude intégré.

Située au cœur de la Plastics vallée, la société oyonnaxienne d’injection FPSA (Fonderie et Plasturgie SA) maîtrise deux technologies: la fonderie sous pression d’alliage de zinc, et la plasturgie, avec l’injection des thermoplastiques. La société basée dans l’Ain intervient dans plusieurs secteurs d’activités, comme la puériculture, le médical, l’automobile et l’industrie.

COMPOSE Le spécialiste des outillages basé à Bellignat, dans l’Ain, est présent sur le salon avec sa technologie Iron Jaw. Il s’agit d’une aide à la fermeture du moule permettant d’économiser de 30 à 40 % de puissance de fermeture de la presse, donc de réaliser une économie substantielle. Compose a mis au point une gamme complète de moules pour s’adapter au tonnage des équipements.

GEORGES PERNOUD MARTIPLAST Martiplast est une société spécialisée dans la fourniture d’équipements pour l’injection: le séchage, la coloration, le dosage, la thermorégulation chaud/froid, la robotique, le convoyage, le broyage et le refroidissement. La société met en avant un refroidisseur d’eau industriel, Sireg, qui offre une consommation d’énergie réduite. Il combine deux technologies: l’autoréfrigération et le refroidissement à condensation par eau.

BILLION Depuis soixante ans, le fabricant de presses à injecter Billion conçoit des presses à injecter les matières plastiques. Avec un effectif de 250 personnes réparties sur son siège de Bellignat (Ain), ses filiales en Allemagne, en Italie, en Slovaquie, en Pologne, au Royaume-Uni et en Tunisie, ainsi qu’un large réseau d’agents de par le monde, l’entreprise est leader en France et acteur majeur en Europe et au Maghreb. www.plastiques-caoutchoucs.com

N°920 Avril-Mai 2015

Le fabricant d’outillage Georges Pernoud est présent depuis quarante ans dans la Plastics vallée. L’entreprise s’est spécialisée dans l’outillage pour l’injection plastique et les composites. Elle a réalisé des investissements réguliers depuis les années 2000 pour garantir une technologie de pointe à ses clients. L’entreprise présente son application Multitube, qui permet d’intégrer plusieurs processus de production (l’injection, le soufflage, le surmoulage et la dépose de joint) dans un même outillage pour réaliser un produit fini à chaque cycle.

45


PROFESSION

FORMATION Des apprentis ingénieurs attendus à Toulouse APPRENTISSAGE En 2015, l’Institut national polytechnique (INP) de Haute-Garonne

accueillera sa première promotion d’ingénieurs en matériaux par apprentissage.

P

Un fort soutien des entreprises À la rentrée 2015-2016, l’école ouvrira donc vingt-quatre places à des étudiants titulaires d’un bac + 2 en science et génie des matériaux, en mesures physiques, en chimie option matériaux ou en traitement des matériaux. En trois ans, ils seront formés à l’optimisation du choix des matériaux industriels et des procédés associés. Ces élèves ingénieurs en apprentissage s’ajouteront aux cinquante à soixante étudiants qui sortent, chaque année, diplômés de la filière matériaux. Habilitée par la Commission des titres ingénieurs (CTI), soutenue par la région Midi-Pyrénées, sous convention avec le Centre de formation d’apprentis (CFA) Midi Sup de Toulouse, cette nouvelle formation peut compter sur le soutien des entreprises de la région.

INP-Ensiacet / jpgphotographie.com

46

our l’École nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques (Ensiacet), une des six écoles de l’Institut national polytechnique (INP) Toulouse, en Haute-Garonne, l’aventure de la formation d’ingénieurs par la voie de l’apprentissage a commencé en 2005. Après un premier contact avec les organismes concernés, l’école avait analysé les métiers et les départements afin de connaître, dans chaque cas, l’intérêt de ce type de formation. C’est la filière matériaux qui était ressortie comme la plus pertinente pour développer ce modèle. Pourtant, « pour des raisons de ressources humaines et d’opportunités, nous avons commencé par les départements génie des procédés et génie chimique », se souvient Jean-Marc Le Lann, directeur de l’INP-Ensiacet. Cette année, c’est au tour de la filière matériaux de se tourner vers l’apprentissage. « L’industrie régionale a été très touchée par l’accident d’AZF, en 2001, confie le directeur. En tant qu’école d’ingénieurs, nous avions un rôle à jouer. L’apprentissage était une des voies pour relancer le marché. »

Caractérisation des propriétés mécaniques des matériaux à hautes températures. Au lancement du projet, le dossier présenté au ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche était agrémenté de nombreuses lettres de soutien de grands groupes, de petites et de moyennes entreprises et industries (PME/PMI) et de sous-traitants des secteurs de l’aéronautique, du bâtiment et des travaux publics, de la métallurgie, de la santé, ou encore de l’automobile. « Nous avons reçu des réponses très rapides de la part des entreprises, cela nous a encouragés », confie Jean-Marc Le Lann.

Une pédagogie tournée vers le monde industriel C’est déjà dans cette optique que, depuis 2010, l’école a mis en place une action de parrainage: chaque année, une entreprise parraine la promotion entrante. Ce partenariat permet de mettre en place un échange entre élèves et industriels. Une fois par an, l’Ensiacet organise ainsi un forum des métiers, au cours duquel une trentaine d’entreprises vient présenter ses métiers et proposer des offres d’emplois et de stages. Avec cette nouvelle formation par apprentissage, l’Ensiacet entend poursuivre son ouverture vers le milieu Avril-Mai 2015 N°920

industriel. « Pour les PME, accueillir un apprenti ingénieur pendant trois ans, c’est un pas décisif vers un recrutement », précise le directeur. Dans sa démarche, l’école s’appuiera notamment sur l’expertise du Centre interuniversitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux (Cirimat), une unité mixte de recherche entre le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’INP-Ensiacet et l’université Paul-Sabatier Toulouse III. Labellisé Carnot en 2006, ce laboratoire de recherche adossé à l’école développe une recherche partenariale importante avec les industriels, notamment les PME/PMI. Les apprentis de cette filière bénéficieront de la volonté de l’école de donner aux étudiants une vision globale de la chaîne logistique, allant de la molécule à la mise en production du produit fini sur le marché. En troisième année, les étudiants de chaque département choisissent une option leur permettant de croiser les capacités et les savoirs entre filière. « En fin d’étude, le diplômé d’une filière a un profil polyvalent intéressant pour les entreprises », se félicite Jean-Marc Le Lann. Alexane Roupioz www.plastiques-caoutchoucs.com


Cetim Stages

CFP (suite) Dates

Pratique de l’analyse d'avaries de pièces 21 au 25 sept. plastiques, élastomères et composites 2015 6 et 7 oct. Fabrication de pièces techniques en composites thermoplastiques 2015 17 au 19 nov. Finition et peinture des pièces plastiques et composites 2015 8 et 9 déc. Comportement mécanique des caoutchoucs 2015

Lieu

Stages Matières premières et procédés, produits techniques

23 juin 2015

Oyonnax

Nantes

Connaissance des biomatériaux

24 juin 2015

Lille

Nantes

Matières premières et procédés, tous secteurs d'activité

29 juin 2015

Lyon

Conception d’un moule d'injection

29 juin 2015

Paris

Vitrysur-Seine

Lecture de plans de définition Le contrôle de validation des matériaux composites Maîtriser la durabilité des pièces d'aspects en plastique

3 et 4 juin 2015 3 et 4 juin 2015 4 et 5 juin 2015

Qu’est-ce que la fatigue des matériaux ? 4 juin 2015 Les applications des plastiques et composites en mécanique La fonction métrologie dimensionnelle en entreprise Pratiquez le lean

9 au 11 juin 2015 11 et 12 juin 2015 23 et 24 juin 2015

Compositec

Lieu Mulhouse Mulhouse Mulhouse Mulhouse Mulhouse

Stages

Dates

Lieu

Procédés et matériaux hautes performances

1 au 5 juin 2015

Le Bourgetdu-Lac

Hygiène, sécurité, environnement

18 juin 2015

Le Bourgetdu-Lac

Connaissance des matériaux composites

22 au 26 juin Le Bourget2015 du-Lac

Caractérisation mécanique des matériaux composites

1er et 2 juillet Le Bourget2015 du-Lac

Mulhouse

Ifoca

Renseignements : 21, rue de Chemnitz – BP 2278 – 68068 Mulhouse CEDEX Julie Rousseau – Tél. 03 89 32 72 48 – Site internet : www.cetim-cermat.com

Stages

er

Renseignements : Carole Milleret – Tél. 04 79 26 42 50 Courriel : carole.milleret@poleplasturgie.com Site internet : www.compositec.com

Mulhouse

CFP

47

Renseignements : Kathia Léandre – Tél. 01 72 71 77 72 Courriel : k.leandre@cfp-france.com Site internet : www.plasturgie-formation.com

Cetim-Cermat Dates

Lieu

Nantes

Renseignements : 52, avenue Félix-Louat BP 80067 - 60304 Senlis CEDEX Patrick Gacek – Tél. 03 44 67 31 45 – Courriel : formation@cetim.fr

Stages

Dates

Stages

Dates

Lieu

Formulation des caoutchoucs : perfectionnement

27 au 29 mai 2015

Vitrysur-Seine

Le collage : caoutchouc/polyuréthanes (PUR) et caoutchouc/époxydes

1er au 2 juin 2015

Vitrysur-Seine

Dates

Lieu

Le réglement européen Reach pour les plasturgistes

28 mai 2015

Paris

Matières premières et procédés, tous secteurs d’activité

1er juin 2015

Paris

Mélangeage sur mélangeur à cylindres : niveau 2, perfectionnement

8 au 10 juin 2015

Vitrysur-Seine

Animer une équipe de production

1er juin 2015

Paris

Extrusion : niveau 2, perfectionnement

15 au 19 juin 2015

Vitrysur-Seine

Réglage 3

1er juin 2015

Lyon

Réglage 2

1 juin 2015

Oyonnax

Matériaux et procédés : le caoutchouc par la pratique

15 au 19 juin 2015

Vitrysur-Seine

Réglage niveau 1 des profilés, tubes ou gaines

1 juin 2015

Lyon

Évaluateur de certificats de qualification professionnelle (CQP) : technique 24 et 25 juin d’évaluation de dispositifs CQP

Vitrysur-Seine

Tuteurs

9 juin 2015

Oyonnax

Thermique des procédés

9 juin 2015

Lyon

Parcours injection : découverte, connaissance

9 juin 2015

Paris

L’exigence de l'innovation

10 juin 2015

Lyon

Conception d’un moule d'injection

15 juin 2015

Oyonnax

Fabrication additive métal

16 juin 2015

Oyonnax

Conception d'un produit injecté

22 juin 2015

Oyonnax

Parcours thermoformage : découverte, connaissance et pratique

22 juin 2015

Lyon

Connaissance des presses électriques

22 juin 2015

Lyon

Décoration sur plastique

23 juin 2015

Lyon

er er

www.plastiques-caoutchoucs.com

Renseignements : 60, rue Auber – 94400 Vitry-sur-Seine Tél. 01 49 60 57 51 – Fax 01 49 60 70 66 Courriel : formation.continue@ifoca.com

Ispa Stages

Dates

Lieu

Intégrer les biopolymères dans vos développements produits

11 et 12 mai 2015

Alençon

Découverte du procédé injection

15 au 17 juin 2015

Alençon

Découverte du procédé injection et des régles de conception

15 au 19 juin 2015

Alençon

N°920 Avril-Mai 2015

Renseignements : Pôle universitaire de Montfoulon BP 823 61041 Alençon CEDEX – Tél. 02 33 81 26 20

SIGLES Cetim : Centre technique des industries mécaniques. Cetim-Cermat : Centre technique des industries mécaniques – Centre de recherche mécanique appliquée au textile. CFP : Centre de formation de la plasturgie. Compositec :

Filiale formation du Pôle européen de plasturgie (PEP) - Centre technique de la plasturgie et des composites. Ifoca : Institut de formation du caoutchouc. Ispa : Institut supérieur de plasturgie d’Alençon.


PROFESSION

DROIT Des programmes de conformité très contrôlés

Emmanuel Dieny Avocat à la cour, Prôreus avocats.

48

DROIT DE LA CONCURRENCE Un programme de conformité est un moyen

de défense et de gestion à long terme, à condition que son contenu soit sérieux.

E

n novembre 2012, un document cadre de l’Autorité de la concurrence (ADC), consacré aux programmes de conformité au droit de la concurrence, exposait les objectifs et les bénéfices attendus de la mise en place de tels programmes, du point de vue d’une autorité comme l’ADC, leur prise en considération en cas de contentieux, et leur contenu minimum pour être considérés comme sérieux. Depuis cette date, ces programmes de conformité ont continué leur développement en France et sont, plus que jamais, d’actualité.

Crédibiliser son programme Pour mémoire, si elle est poursuivie devant l’ADC, une entreprise peut, en particulier si elle accepte de ne pas contester les griefs qui lui ont été notifiés, proposer des engagements afin d’éviter la réitération des pratiques incriminées. Parmi ces engagements, figure l’adoption ou l’amélioration d’un programme de conformité, qui peut permettre une réduction du montant de l’amende finalement prononcée. Encore faut-il, pour cela, que ce programme soit jugé suffisamment crédible, ce qui implique, selon le document cadre : – une prise de position « claire, ferme

et publique » de l’ensemble des dirigeants et des mandataires sociaux ; – la désignation, au sein de l’entreprise, de personnes responsables de la mise en œuvre du programme ; – la mise en place de mesures effectives d’information, de formation et de sensibilisation ; – la mise en œuvre de mécanismes effectifs de contrôle, d’audit et d’alerte ; – la mise en œuvre de mesures de suivi et de sanction en cas de détection de violations des règles de concurrence. Il y a quelques semaines, est sortie une nouvelle norme internationale, non certifiante, sur les programmes de conformité. Ce texte, de portée plus large que le document cadre de l’ADC, concerne toutes les conformités, pas seulement au droit de la concurrence, et s’adresse à tous les types d’organisations. Il constitue un référentiel intéressant lorsqu’on réfléchit à la mise en place d’un programme de conformité, même limité au droit de la concurrence. Surtout, le sujet a évolué et s’est développé dans la pratique des entreprises, de plus en plus nombreuses à se doter de programmes tout ou partie consacrés au droit de la concurrence. Des programmes qui se développent vers des entreprises de taille de plus en plus modeste.

Une autorité de plus en plus exigeante En parallèle, le nombre de décisions d’engagement de mise en place de programmes, plus ou moins élaborés, augmente rapidement. Leur contenu aussi évolue, l’ADC se montrant de plus en plus exigeante. Le temps est fini où elle se contentait d’une sensibilisation des personnels au droit de la concurrence, avec un bref texte en Avril-Mai 2015 N°920

rappelant le caractère impérieux. Les programmes désormais proposés se doivent d’être complets, même si l’ADC apprécie leur contenu effectif de façon différente selon qu’il s’agisse d’une petite, d’une moyenne entreprise ou d’un grand groupe.

Quelles modalités ? Quels principes ? Ces développements témoignent aussi de l’impérieuse réflexion qui doit présider à l’éventuelle mise en place d’un programme de conformité dans l’entreprise. Sur ses modalités, bien sûr : quel périmètre ? quel responsable pour piloter le programme de conformité ? avec quelles missions ? quels pouvoirs ? quelles procédures d’alerte ? quelles actions correctives ? etc. Mais aussi, et avant tout, sur son principe : pour ne s’en tenir qu’aux seuls aspects de la concurrence (d’autres – la finance, l’éthique, l’environnement, la qualité, etc. – peuvent aussi entrer en considération), qu’attendre d’un tel programme ? pourquoi le mettre en place ? Il s’agit, en effet, d’un investissement (humain, matériel, financier) lourd, pour des résultats qui peuvent, a posteriori, décevoir : une réduction d’amende qui plafonne à 10 % dans les textes, mais qui semble encore moindre, en pratique, ou le fait que l’existence d’un programme ne constitue pas une circonstance atténuante en cas d’infraction, par exemple… Il s’agit là d’une réflexion complexe, qui doit prendre en considération de nombreux paramètres, mais qui surtout, à notre sens, doit partir de la bonne optique : l’instauration d’un programme de conformité n’est pas un atout significatif en cas de contentieux, et ne doit pas être vu comme tel, c’est un outil de gestion du risque pour l’entreprise. C’est à ce titre qu’il mérite d’être pensé.

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CARRIĂ&#x2C6;RES

PROFESSION

Françoise Andres, nouvelle prĂŠsidente dâ&#x20AC;&#x2122;Elipso

EMBALLAGE Le syndicat des entreprises de lâ&#x20AC;&#x2122;emballage plastique et souple a ĂŠlu Ă sa tĂŞte, Ă la fin du mois de mars, la prĂŠsidente de lâ&#x20AC;&#x2122;entreprise Richard-Laleu.

DĂŠfense des petites et moyennes entreprises En 1980, elle a intĂŠgrĂŠ au poste de directrice gĂŠnĂŠrale la sociĂŠtĂŠ Richard-Laleu, entreprise familiale fondĂŠe en 1904, spĂŠcialisĂŠe dans les emballages

souples, les ĂŠtiquettes et les manchons thermorĂŠtractables pour lâ&#x20AC;&#x2122;agroalimentaire et les cosmĂŠtiques. Parallèlement, Françoise Andres participe Ă diffĂŠrentes structures, dont lâ&#x20AC;&#x2122;agence rĂŠgionale de transfert de technologie Poitou-Charentes, quâ&#x20AC;&#x2122;elle dirige, multipliant les initiatives en faveur de lâ&#x20AC;&#x2122;innovation et des petites et moyennes entreprises. Elle prĂŠside aussi le groupement Micropap, destinĂŠ Ă promouvoir les papiers techniques. Elipso fĂŠdère 130 sociĂŠtĂŠs, et dĂŠtient 75 Ă 90 % de reprĂŠsentativitĂŠ, selon les secteurs. Les industriels français de lâ&#x20AC;&#x2122;emballage plastique et souple emploient 38 000 collaborateurs dans 400 entreprises, pour un chiffre dâ&#x20AC;&#x2122;affaires annuel de 7,6 milliards dâ&#x20AC;&#x2122;euros. Ils sont prĂŠsents dans tous les secteurs de lâ&#x20AC;&#x2122;industrie et de la distribution : lâ&#x20AC;&#x2122;agroalimentaire, la beautĂŠ-santĂŠ, lâ&#x20AC;&#x2122;hygiène, lâ&#x20AC;&#x2122;entretien, la chimie, les produits industriels, le bâtiment, les transports et la logistique. Alexandre Couto

49

Elipso

D

epuis la fin mars 2015, le syndicat des entreprises de lâ&#x20AC;&#x2122;emballage plastique et souple, Elipso, a changĂŠ de visage. Françoise Andres, prĂŠsidente de lâ&#x20AC;&#x2122;entreprise Richard-Laleu, est la nouvelle prĂŠsidente du groupement, en remplacement de Dominique-Paul VallĂŠe, gĂŠrant de Bericap, qui occupait cette fonction depuis six ans. Après des ĂŠtudes au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Françoise Andres a acquis une expĂŠrience de management aux Ă&#x2030;tats-Unis, pendant huit ans, dans une sociĂŠtĂŠ de services informatique franco-amĂŠricaine spĂŠcialisĂŠe dans le conseil.

Françoise Andres

NOMINATIONS Vous pouvez nous faire parvenir vos nominations en adressant un courrier ĂŠlectronique Ă la rĂŠdaction : acouto@etai.fr

BIESTERFELD PLASTIC

Ă&#x20AC; compter du 1er avril 2015, Martin Umbach est directeur gĂŠnĂŠral du distributeur allemand Biesterfeld Plastic. Il avait dĂŠbutĂŠ chez Biesterfeld Plastic en 2001. Martin Umbach a travaillĂŠ dans la gestion des produits jusqu'en 2007, en exerçant la fonction de responsable de la division polymères standard. Il a eu sous sa responsabilitĂŠ les activitĂŠs commerciales de cette division.

NEGRI BOSSI

Depuis le dÊbut du mois de mars 2015, Craig Ward est le nouveau prÊsidentdirecteur gÊnÊral du constructeur italien de presses à injecter Negri Bossi. Craig Ward a initialement rejoint Negri Bossi en juin 2014, après avoir travaillÊ en tant que directeur technique pour la filiale britannique du groupe Sandretto.

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N°920 Avril-Mai 2015

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CAHIER TECHNIQUE

Xxxxpxxx xxxxx x x xxx xx xxlx x x xxxx xxx xxx xxxx xxx xxx xxxxxxxx xxx xxx xxxxxxxx

XXXXXXX SOMMAIRE

51 p. 52

CONCEPTION Simulation numérique

Mieux contrôler lesfilms polyester multicouches

p. 58

PROCÉDÉ Recyclage

La valorisation des déchets plastiques révolutionnée

www.plastiques-caoutchoucs.com

N°920

Avril-Mai 2015


CAHIER TECHNIQUE

Conception

James Champion, DuPont Teijin Films, United Kingdom Limited.

Kieran Looney

DuPont Teijin Films, United Kingdom Limited.

52

Mark Simmons, School of Chemical Engineering, Université de Birmingham, Royaume-Uni.

Simulation numérique

Mieux contrôler les films polyester multicouches La simulation numérique permet de comparer deux procédés de production de films polyester multicouches par coextrusion: la filière alimentée en extrémité ou celle à collecteurs multiples.

Quel est le point commun entre un livre, un

circuit imprimé, un panneau solaire, un alih ment frais ou surgelé et un permis de conduire ?

Un élément tellement présent dans notre quotidien que nous ne remarquons presque plus sa présence, une des innovations du XXE SIÈCLE les plus utiles et les plus polyvalentes : le film polyester, également utilisé dans le photovoltaïque, l’emballage, la construction, la santé, l’image, ou encore l’électronique. L’entreprise DuPont Teijin Films (DTF) a été l’une des premières à démocratiser le nylon. Elle est toujours le principal producteur mondial de films polyesters en polyéthylène téréphtalate (PET), en polyéthylène naphtalate (PEN), et innove en permanence, tant dans ses produits que dans ses procédés de fabrication. Un film multicouche est formé lorsque différentes couches de polymère fondu entrent en contact pour la première fois dans un bloc injecteur relié à une filière alimentée en extrémité, ou dans une filière à collecteurs multiples. Cet article résume la façon dont DTF utilise la simulation numérique pour configurer et contrôler les couches de ses films. La société s’est associée avec le département d’ingénierie chimique

1 Structure films multicouches typique.

1 l

de l’université de Birmingham, au Royaume-Uni, pour utiliser la simulation numérique afin de mieux comprendre le procédé de coextrusion utilisé dans la production des films multicouches. Étant donné les répercussions de grande portée de ces recherches pour l’industrie, le Conseil britannique pour la recherche en ingénierie et sciences physiques (EPSRC, Engineering and Physical Sciences Research Council) les a parrainées. Une production classique par extrusion

En général, les films polyesters sont fabriqués par extrusion. Les polymères sont extrudés sur un tambour de coulée à refroidissement pour former le film polymère, ensuite étendu lors du processus d’étirage. Puis le film est cristallisé sous tension à haute température, pour obtenir sa forme et son orientation moléculaire finales. Les films multicouches sont formés lorsque différents polyesters fondus (un liquide polymère au-dessus de sa température de vitrification ou de cristallisation) s’associent lors du procédé de coextrusion. Ils sont utilisés pour les films réflecteurs, pour le stockage des données, pour les cartes et pour les cellules photovoltaïques. Au sein de DTF, les différentes couches de polymère fondu forment une structure unique de films multicouches dans un bloc injecteur relié à une filière ou à AB bords droits une filière à collecteurs multiples. Dans ABA bords droits le premier cas, les matériaux fondus sont mélangés avant d’être répartis sur la BAB couche encapsulée filière ; dans le second, ils le sont après. AB/ABA absence de bords droits Les structures des films multicouches clasABCBA, seul B avec des bords droits siques produites par DTF sont présentées dans le document 1, où A, B et C représentent les couches polymères séparées du Avril-Mai 2015

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L’élément essentiel est le contrôle adéquat de la couche, qui permet d’augmenter les performances du produit et de réduire les expérimentations coûteuses

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le bloc injecteur, le mélange s’écoule par la sortie conique pour un écoulement régulier et une structure homogène du film final. Dans le second cas, la filière à collecteurs multiples, la couche primaire entre dans le bloc principal, et les couches secondaires entrent par les canaux latéraux, le produit fondu unifié sortant par l’embout conique de la filière. Une étude numérique comparative des deux processus de coextrusion utilisés à DTF est présentée. Après l’évaluation de différentes plates-formes de simulation en mécanique des fluides numériques (CFD, Computational Fluid Dynamics), le choix s’est porté sur Star-CCM + de CD-Adapco.

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3 l

Premier cas : la modélisation d’une filière alimentée en extrémité

4 l

film multicouches. Le critère principal de ces films multicouches, lors du processus, est la répartition du polymère dans la filière. Le film polyester est ensuite refroidi et étiré dans le sens longitudinal et transversal pour former le produit final. En règle générale, les films multicouches sont d’une épaisseur de 3 à 250 µm, et d’une longueur de 300 à 9 000 mm. Dans le cadre d’un procédé de production classique, les bords sont coupés avant distribution, et la finition des couches secondaires plus fines est souvent plus coûteuse. Les couches secondaires peuvent contaminer les pinces de découpe, et entraîner d’onéreuses réparations. Il est donc préférable que les bords de la première couche soient nets aux extrémités (bords droits). En raison de la grande variété d’épaisseurs et des propriétés d’écoulement du matériau fondu, le contrôle de la largeur et de l’épaisseur de chaque couche fondue et des bords est de plus en plus difficile. L’élément essentiel est le contrôle adéquat de la couche, qui permet d’augmenter les performances du produit et de réduire les expérimentations coûteuses. Les deux structures de coextrusion utilisées par DTF sont présentées dans le document 2. Dans le premier cas, les polymères fondus sont placés dans www.plastiques-caoutchoucs.com

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Tout d’abord, une modélisation eulérienne du processus de coextrusion est menée dans le bloc injecteur et la filière alimentée en extrémité (document 3). La capacité du volume de fluide (VOF, Volume of Fluid) de Star-CCM + est utilisée pour modéliser et suivre l’interface entre les différents polymères fondus. La modélisation eulérienne permet une simulation optimale de deux phases ou plus. Il est admis que l’écoulement était laminaire, newtonien et incompressible. Au départ, les deux produits fondus sont de nature identique, puis les dernières simulations augmentent la viscosité du produit fondu secondaire. Le domaine est discrétisé en utilisant des cellules hexaédriques coupées dans Star-CCM + Le bloc injecteur contient 1,5 millions de cellules volumiques, et la filière alimentée en extrémité, 14,5 millions. Les deux produits fondus sont d’abord portés à une température de 285 °C, à une densité de 1 250 kg/m3, à une viscosité à l’état fondu de 170 Pa.s et à une conductivité thermique de 0,2 W/m.K. Le débit massique mesuré du produit fondu principal 1 est de 80 kg/h et celui du produit fondu secondaire 2, de 20 kg/h, ce qui correspond respectivement aux fractions volumiques de 80 % et 20 %. Toutes les simulations sont menées sur la station de travail Dell Precision, dotée d’une mémoire de 32 Go. Le document 4 présente la fraction volumique progressive des matériaux fondus dans le bloc injecteur et la filière alimentée à l’extrémité. La structure fondue unifiée en sortie est de type ABA, le matériau fondu 1, en rouge, au centre est entouré du matériau fondu 2, en bleu, de chaque côté. Le graphique de la fraction volumique progressive montre que la structure ABA est maintenue par une interface lisse, à la fois dans le bloc injecteur et dans la filière. La géométrie du bloc injec-

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2 Structure commune de coextrusion chez DTF : bloc injecteur et filière alimentée en extrémité (à gauche) et filière à collecteurs multiples (à droite). 3 Maillage sur le bloc injecteur et la filière alimentée en extrémité. 4 Fraction volumique progressive aux sections : bloc injecteur (à gauche) et filière alimentée en extrémité.

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L’écoulement présente une meilleure symétrie dans le cas de la filière à collecteurs multiples, et les bords droits sont d’une largeur égale sur chaque côté

teur est asymétrique et le côté gauche du produit fondu 2 y entre avant le côté droit. La deuxième image montre la fraction volumique en sortie de 5 filière. Les simulations démontrent que les bords droits ne sont présents dans aucune des couches de produit fondu 2 à un bord de 0 mm, et ce en dépit de travaux expérimentaux qui suggèrent la présence de bords droits. L’absence de bords droits dans la simulation peut être attribuée au fait que la zone de transition entre l’écoulement horizontal et l’écoulement vertical dans la filière n’est pas résolue avec un maillage suffisamment fin. Dans les simulations, la couche supérieure du produit fondu 2 s’est étalée plus loin que la couche inférieure à un bord de 410 mm (document 5). L’épaisseur finale homogène est produite à la sortie de la filière alimentée à l’extrémité. Les 6 graphiques de débit selon l’épaisseur de la sortie largeur du film présentent une très légère différence, ce qui indique que la régularité de l’épaisseur finale est obtenue avec un cône plus grand (document 6). Des simulations sont aussi menées en augmentant la viscosité des couches secondaires entre deux et cinq fois par rapport à la viscosité de la couche principale. Le graphique d’écoulement sur la largeur de la sortie de la filière dans les trois cas (document 6) démontre que, lorsque la viscosité de la couche secondaire est augmentée, l’écoulement est moins régulier en sortie. Par conséquent, la couche finale est moins ho7 Différence d'écoulement en sortie mogène. Les documents 7 et 8 établissent la liste de la largeur de bord droit à 410 mm Viscosité Extrémité, Différence en sortie de filière alimentée à l’extrémité (produit fondu 1, largeur bord droit d’écoulement et la différence d’écoulement selon la lar(%) geur de la sortie pour tous les taux de produit fondu 2, Pa.s) côté bord libre (mm) fonte. 170:170 7,2 0,73

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l

Second cas : la modélisation d’une filière à collecteurs multiples

Des simulations similaires à la modélisation du bloc injecteur et de la filière alimentée en extrémité sont menées sur la filière à collecteurs multiples afin de comparer la structure et l’épaisseur de la couche finale. Un maillage très précis de 12 millions de cellules volumiques hexaédriques coupées est créé au niveau de l’extrémité conique, comme le montre le document 9. Les simulations sont menées dans les mêmes conditions que pour le bloc injecteur et pour la filière alimentée à l’extrémité. Les graphiques du contour de la fraction volumique progressive à travers la filière à collecteurs multiples montrent la formation d’une structure ABA www.plastiques-caoutchoucs.com

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170:340

7,2

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9,8

9,56

8 Différence d'écoulement en sortie l pour la filière à collecteurs multiples Viscosité Largeur bord droit Différence (produit fondu 1, d’écoulement (%) (mm) produit fondu 2, Pa.s) 170:170 11 5,04 170:340

10,9

3,11

170:510

10,7

2,66

170:850

10,1

2,18

170:1 700

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5 Fraction volumique en sortie pour le bloc injecteur et la filière alimentée en extrémité. 6 Écoulement en extrémité pour un rapport de viscosité 1:1 (à gauche) et écoulement en extrémité pour des rapports croissants (à droite).

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SA LO N 10 0 % P RO F E S S I O N N E L , 10 0 % S O LU T I O N S C O N N E C T É E S

16 15 I SEPTEMBRE 2015 2 015 CITÉ INTERNATIONALE INTERNATTIONALE

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La filière à collecteurs multiples produit un film uniformément plus fin et une interface de produit fondu plus lisse, à des taux de viscosité plus élevés

avec des interfaces lisses entre les couches fondues. Les vecteurs de vitesse du champ d’écoulement montrent l’effet de l’arrivée du produit fondu 2, provoquant la déformation du produit fondu 1. Les graphiques de fraction volumique de sortie présentent une structure du film final unifié plus homogène par rapport à la filière alimentée en extrémité (document 10). L’écoulement présente une meilleure symétrie dans le cas de la filière à collecteurs multiples, et les bords droits sont d’une largeur égale sur chaque côté. Par conséquent, la filière à collecteurs multiples convient mieux à ce procédé, en raison de la nature homogène des couches du produit fondu 2 dans le produit final et de la présence de bords droits des deux côtés en sortie (document 11). La viscosité des couches secondaires a augmenté proportionnellement de deux, trois, cinq et dix fois par rapport à la viscosité de la couche principale. Les simulations montrent que, dans la largeur de la sortie, la partie principale du film est linéaire et uniformément épaisse, alors que les bords présentent d’importantes crêtes, et seule la couche de produit fondu 1 la moins visqueuse est présente. La différence d’écoulement se réduisant à des viscosités de couches secondaires plus importantes indique que la filière à collecteurs multiples convient mieux aux structures dont la viscosité des couches secondaires est plus importante, et qu’elle est plus efficace du point de vue du calcul. La comparaison des simulations numériques de la formation du film polyester multicouche à travers un bloc injecteur relié à une filière alimentée en extrémité et à une filière à collecteurs multiples démontre que des bords plus nets sont obtenus avec la filière à collecteurs multiples, ce qui offre un avantage en production. De plus, la filière à collecteurs multiples produit un film final uniformément plus fin et une interface de produit fondu plus lisse, à des taux de viscosité plus élevés. La simulation numérique est d’autant plus bénéfique qu’elle est étendue à des géométries plus importantes, à l’échelle industrielle, pour bien saisir le processus de coextrusion des films polyesters et la façon d’obtenir des bords plus nets. La simulation peut aussi permettre de mieux appréhender le rôle des couches secondaires à des viscosités moindres sur la formation des films multicouches à base de polyester. Les avantages portent aussi sur la simplification du procédé et sur la réduction des coûts de production grâce aux bords droits.n

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9 Maillage sur la filière à collecteurs multiples.

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10 Fraction volumique progressive (en haut) et fraction volumique en sortie de la filière à collecteurs multiples (en bas).

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11 Écoulement en extrémité pour un rapport de viscosité 1:1 (à gauche) et écoulement en extrémité pour des rapports croissants (à droite) pour la filière à collecteurs multiples.

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CAHIER TECHNIQUE

Procédé Recyclage

Skander Mani

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Chef de projet recherche, département matériaux, Pôle européen de plasturgie (PEP)-Centre technique de la plasturgie et des composites.

La valorisation des déchets plastiques révolutionnée

Le projet collaboratif Meteor-Plast a pour but de développer une technologie de recyclage en mélange qui permettra de disperser, de compatibiliser et de stabiliser la morphologie des constituants à l’état fondu.

En raison de ses enjeux économiques et envi-

ronnementaux, le recyclage des déchets plash tiques fait l’objet d’une volonté politique forte.

En témoignent des évolutions réglementaires européennes et françaises (les objectifs de valorisation des déchets à l’horizon 2015-2020), le développement des filières de responsabilité élargie du producteur (REP), le développement de l’écoconception, l’extension des consignes de tri des déchets d’emballages ménagers, ou encore l’interdiction de mise en décharge des déchets plastiques (le projet Zero plastics to landfill by 2020). Par ailleurs, les matières plastiques contribuent largement à notre quotidien : elles représentent 13 % des déchets ménagers et 25 % des déchets industriels. Ainsi, 3 300 kilotonnes (kt) de déchets plastiques post-consommation ont été générées en France en 2012, dont 1 250 parties en enfouissement. Seules 650 kt ont subi une valorisation matière, le reste étant incinéré et valorisé énergétiquement. L’insuffisance de la valorisation des déchets plastiques est mise en évidence par la demande non satisfaite des marchés en matières plastiques recyclées. Les recycleurs vivent l’inverse de l’industrie traditionnelle : les carnets de commande sont pleins, mais c’est la matière qui manque… La stratégie des filières de recyclages à produire des matières recyclées les plus proches possibles des matières vierges explique, en partie, leur incapacité à répondre à la demande des marchés. Cette stratégie du tri maximum se heurte notamment à un verrou technologique de taille: l’impossibilité des technologies à trier efficacement, à un coût acceptable, certains gisements : – les mélanges de complexité trop élevée (les mélanges de différents grades d’un même poly-

mère, les polymères incompatibles, les polymères chargés, les problèmes d’impuretés, etc.) et dont le coût de tri est prohibitif ; – les pièces plastiques multimatières exploitant toutes les possibilités de l’injection multimatière, des ensembles complexes (des matériaux multicouches, des décors, des surmoulages, des collages, etc.) dont le démontage et la séparation sont impossibles ou extrêmement coûteux. De fait, 55 % des déchets plastiques soumis à une procédure de tri sont réorientés, soit vers l’enfouissement, soit vers l’incinération. La valorisation des déchets plastiques en mélange, composés de deux ou trois polymères, pourrait en grande partie combler ce manque, à condition que des technologies efficaces soient développées. Cette voie permettrait de simplifier les étapes de tri et de baisser le prix de revient. En revanche, les filières de régénération des déchets plastiques développées en Europe ont des applications à faible valeur ajoutée. Le verrou majeur auquel se heurtent les technologies de recyclage des déchets plastiques en mélange est leur incapacité à finement disperser les mélanges de matières à une échelle microscopique, donc à leur apporter des propriétés. En effet, la mise en œuvre des mélanges de polymères pour la fabrication de pièces implique des défis technologiques majeurs, particulièrement en ce qui concerne la rentabilité du recyclage, puisque les propriétés physico-chimiques des matières recyclées sont, en général significativement différentes de celles des matières vierges. À cet égard, un certain nombre de facteurs jouent un rôle clef, aussi bien dans la mise en œuvre que dans les propriétés d’usage des mélanges de polymères, qui requièrent donc une attention parti-

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L’insuffisance Xxxxpxxx xxxxxcriante x x xxxde la valorisation estxxlx mise évidence parxxxx la demande xx x en x xxxx xxx xxx xxx xxxnon satisfaite des marchés matières plastiques recyclées xxxxxxxx xxxen xxx xxxxxxxx

Des équipements spécialisés à disposition Le Pôle européen de plasturgie (PEP)-Centre technique de la plasturgie et des composites met à la disposition de ses clients une extrudeuse bi-vis corotative de Clextral, modèle Evolum HT 32, avec un rapport L/D (la longueur active divisée par le diamètre) de 44, et un diamètre de vis de 32 mm. Elle est équipée de onze modules de fourreau, chacun possédant un collier de chauffe, un circuit de refroidissement et un thermocouple. Ces modules sont équipés de deux orifices permettant l’injection latérale d’un liquide (un lubrifiant, un plastifiant, un additif, etc.). La machine est équipée d’une ouverture hydraulique coulissante du fourreau facilitant les modifications de profil de vis, le nettoyage, l’observation de la qualité du mélange le long des vis, la prise d’échan-

culière : la compatibilité des polymères en présence, leur rapport de viscosités, leur transition thermique, leur viscoélasticité à l’état fondu, leur thermosensibilité aux contraintes thermomécaniques, etc. (document 1). Une réponse à l’insuffisance chronique de la matière première

Meteor-Plast est un des projets collaboratifs du Pôle européen de plasturgie (PEP)-Centre technique de la plasturgie et des composites (lire Plusieurs projets en cours, ci-contre). Prévu pour trois ans (jusqu’à novembre 2015), il est financé par la Direction générale des entreprises. À partir des équipements existants (lire Des équipements spécialisés à disposition, ci-dessus), ce projet a pour but de développer une technologie originale de recy1 clage de déchets plastiques en mélange qui permettra, grâce un système fondé sur l’écoulement élongationnel, de finement disperser, de compatibiliser et de stabiliser la morphologie des constituants du mélange à l’état fondu. Elle permettra d’apporter à des matières premières secondaires des propriétés capables de répondre à des cahiers des charges exigeants.

tillons, etc. L’extrudeuse est équipée d’un bac à eau, d’un sécheur à air, d’un granulateur, d’une coupe en tête et de sept doseurs (trois pour les granulés, un pour les fibres, un pour la poudre, un pour les additifs et un pour les liquide. Afin de répondre aux besoins des recycleurs, le PEP s’est équipé d’un système de filtration pour enlever de la matière fondue les impuretés comme le papier, le bois, etc., lors de la régénération de matières recyclées. Une pompe à engrenage de type Extrex HP (High Pressure) est utilisée pour lisser, voire éliminer les fluctuations de pression générées par l’instabilité de dosage des paillettes de déchets plastiques. Cette technologie permet d’avoir un débit constant à la sortie de l’extrudeuse, ce qui garantit une qualité constante du produit final.

Dans le cadre de ce projet, sont principalement traités les cas des déchets issus des déchets industriels banals (DIB), composés de mélanges complexes de polymères incompatibles et des refus de tri de la collecte sélective des emballages ménagers intégrant les extensions potentielles des consignes de tri. Le projet est porté par le recycleur de matières plastiques Serrand. Le PEP et l’institut CharlesSadron de l’université de Strasbourg (Bas-Rhin) apportent leurs compétences dans la conception des procédés, dans la formulation et dans la rhéologie des mélanges de polymères. La société DMM, spécialisée dans la fabrication d’outils destinés à la transformation des matières plastiques, travaille sur la conception globale et sur la fabrication du

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Plusieurs projets en cours Le Pôle européen de plasturgie (PEP)Centre technique de la plasturgie et des composites propose, sur la thématique du recyclage, des projets de recherche très variés: – Remix: recyclage des déchets plastiques en mélange ; – Meteor-Plast: conception et fabrication d’un réacteurmélangeur à écoulements élongationnels ; – Enolibio: étude de la fin de vie des biocomposites ; – Éco-charges: valorisation de textiles usagés comme renforts de matériaux plastiques. Grâce à eux, le PEP met en place des actions de transfert technologique sous forme de prestation, comme le développement de matériaux, du compoundage à façon, des analyses en laboratoire, ou la création d’une plate-forme technologique sur le recyclage plastique.

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1 Les principaux facteurs limitant la valorisation matière des déchets plastiques.


CAHIER TECHNIQUE

Procédé

2 Déformation de la phase dispersée dans des écoulements de cisaillement simple et élongationnel deux dimensions1.

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2 l

3 Influence du rapport de viscosité sur le nombre de capillaire et la rupture de la phase dispersée dans un écoulement par cisaillement et par élongation2.

Nombre de capillaire critique, Cac

3 l

Rupture

Cisaillement

Élongation Absence de rupture Rapport de viscosité

mélangeur. Le contrôle du procédé et l’automatisme général de cette technologie sont réalisés par la société Sise. La mise en place d’un comité d’utilisateurs potentiels regroupant des acteurs comme Plastic Omnium, Mecacorp, Grosfillex, ou encore AG Plast crédibilise l’intérêt des transformateurs pour le projet. L’importance de l’écoulement élongationnel

Références [1] Loux C, Muller R. Modélisation du fonctionnement d’un nouveau type de mélangeur : simulation des écoulements, validation sur des systèmes modèles et optimisation du procédé, thèse soutenue le 4 juillet 2011 à l’université de Strasbourg (Bas-Rhin), n° 1054. [2] Grace HP. Chem. Eng. Commun, 14, 2225 (1971).

Lors de mélanges de polymères immiscibles, le composant minoritaire est, en général, considéré comme étant la phase dispersée au sein de la phase continue majoritaire, qui est la matrice. Dans le cas d’un écoulement de cisaillement simple, la phase dispersée subit une translation, une rotation et une déformation angulaire. Cependant, dans le cas d’un écoulement élongationnel, la particule fluide est déformée (étirée) dans le sens de l’écoulement et comprimée (avec la même intensité) dans l’autre direction. La composante rotationnelle est nulle dans le cas d’un écoulement élongationnel, ce qui défavorise la coalescence et la formation des agrégats de la phase dispersée (document 2). Le but du procédé de mélange est de créer un écoulement déformant les domaines fluides afin

de faire croître l’aire de l’interface entre les deux composants (la matrice et la phase dispersée), et ainsi faire diminuer leur taille caractéristique. Les contraintes (τ) exercées par l’écoulement agissent directement sur les domaines de la phase dispersée, et s’opposent aux efforts liés à la tension interfaciale (σ/R avec σ = tension interfaciale et R = rayon local) qui tendent à les maintenir dans un état sphérique minimisant le rapport surface/volume. Le rapport représentant l’importance respective de ces deux efforts, appelé nombre capillaire, s’écrit Ca = τR/σ. Si ce nombre dépasse une certaine valeur critique, appelée nombre capillaire critique (Ca critique, Cac), les contraintes liées à l’écoulement sont plus importantes que celles liées à la tension interfaciale. Il n’y a pas d’état d’équilibre, et les gouttes se déforment jusqu’à se diviser en gouttes plus petites favorisant la dispersion. Cependant, si le nombre capillaire est inférieur au nombre capillaire critique, la goutte se déforme mais ne se divise pas, et sa taille atteint un état stationnaire dans l’écoulement. Des travaux2 ont montré que le nombre capillaire Ca et le rapport des viscosités des polymères en présence étaient liés. Il a notamment montré que, lorsque le rapport (p) de la viscosité de la phase dispersée (ndis) sur celle de la matrice (nm) est égal à 1, il y a division si le nombre capillaire est supérieur à 0,5. Le Cac dépend de ce rapport p = ndis/nm et du type d’écoulement rencontré. Le document 3 montre qu’en écoulement élongationnel (élongation), les valeurs du cisaillement à appliquer pour obtenir la rupture (breakup) de la phase dispersée sont beaucoup moins importantes, et qu’il n’y a pas de restrictions expérimentées sur le rapport de viscosités. Pour un rapport de viscosité supérieur à 1, le comportement asymptotique en écoulement de cisaillement (shear) rend la rupture impossible, ce qui n’est pas le cas en élongation. L’écoulement élongationnel présente donc un potentiel très fort dans le but de finement disperser des mélanges de plastiques et d’élargir le

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Le but du procédé est de créer un écoulement déformant les domaines fluides afin de faire croître l’aire de l’interface entre les deux composants

domaine de rapport de viscosité à des valeurs nettement plus grande que l’unité. Il s’avère nécessaire de modifier les dispositifs de mélange existants et de concevoir de nouveaux systèmes qui privilégient la composante élongationnelle de l’écoulement, dont le but est d’augmenter de façon significative le volume de polymères recyclés pouvant être utilisés pour la fabrication de produits à forte valeur ajoutée.

4 l

5 Automate de pilotage de la machine. 6 Échantillons de déchets plastiques d’emballages ménagers traités au Pôle européen de plasturgie (PEP)-Centre technique de la plasturgie et des composites.

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5 l

Un équipement Meteor conçu et fabriqué

Le consortium Meteor-Plast a conçu et fabriqué une première version d’un mélangeur permettant de générer un écoulement élongationnel favorisant un certain niveau de déformation et une réorientation des interfaces, afin d’obtenir une excellente dispersion et une excellente distribution des constituants d’un mélange à l’état fondu (document 4). La géométrie du bloc de malaxage de la machine a été optimisée en respectant les critères suivants: favoriser le mélange dispersif et distributif, minimiser la température du mélange fondu (phénomène d’autoéchauffement) et augmenter le débit. Les éléments de la vis et du fourreau sont des pièces rapportées, afin que l’utilisateur puisse avoir une panoplie d’éléments de différentes géométries. De nombreuses combinaisons sont possibles, et le choix d’une configuration de l’ensemble vis/fourreau dépend de l’action à effectuer sur la matière. Le côté modulable de ce nouveau mélangeur, qui permet d’obtenir différents temps de séjour et de degrés de mélange le long de la machine, offre une plus large flexibilité d’utilisation. Par ailleurs, un automate pour le pilotage de l’ensemble de la machine avec un synoptique de fonctionnement a été développé (document 5). Une interface homme/machine simple et conviwww.plastiques-caoutchoucs.com

4 Le nouveau mélangeur Meteor.

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6 l viale a été élaborée pour accéder à un maximum de réglages pour une exploration complète du procédé (la pression, la température, le débit, la vitesse de rotation de la vis, etc.). Afin d’évaluer l’efficacité du mélangeur et de valider sa première conception, une étude a été réalisée en utilisant des mélanges modèles de matières vierges et recyclées représentatifs des déchets d’emballages ménagers (document 6). La composition des mélanges traités est la suivante : 50 % de polyéthylène (PE), 40 % de polypropylène(PP) et 10 % de polystyrène (PS). Les premiers essais avec le mélangeur ont montré qu’il était possible d’améliorer de façon très significative la dispersion et l’homogénéité des mélan-

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15 16 SEPTEMBRE

2015 LYO N - F R A N C E

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Meteor-Plast mettra en place un procédé permettant, en une seule étape, de recycler, de finement disperser et de faire de la formulation

ges PE/PP/PS à l’aide de cette technologie, même dans les conditions de mélange les plus douces (lorsqu’un faible cisaillement est appliqué dans l’extrudeuse), y compris pour des rapports de viscosité élevés, réputés défavorables au mélange. Les caractérisations mécaniques ont montré une amélioration de l’allongement à la rupture de ces mélanges modèles après traitement dans Meteor (document 7). Ces résultats traduisent une meilleure dispersion à l’échelle microscopique et une compatibilisation physique de ces mélanges de polymères incompatibles. En effet, les analyses de la morphologie par microscopie électronique à force atomique (AFM, Atomic Force Microscope) ont montré une meilleure qualité de la dispersion des différentes phases lorsque le mélange est traité dans Meteor (document 8). Vers un procédé complet

7 l

7 Résultats de l’évolution de l’allongement à la rupture en traction des mélanges modèles et recyclés. 8 Morphologies par microscopie par force atomique (AFM, Atomic Force Microscope) des échantillons de matières recyclées extrudées (à gauche) et traitées dans Meteor (à droite).

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9 Le nouveau procédé Meteor-Plast.

8 l

Caractérisation de la composition

Doseurs matière et additifs

Contrôle en ligne

9 l

Bac de refroidissement

Le consortium Meteor-Plast mettra en place, avant novembre 2015, un procédé permetPompe à tant, en une seule étape, de engrenage Dégazage recycler (homogénéiser et filtrer les déchets plastiques), Extrudeuse mono Mélangeurde finement disperser et de ou bi-vis Système réacteur faire de la formulation, afin de élongationnel d’améliorer les propriétés de filtration la matière et de répondre à des cahiers des charges Viscosimètrie exigeants. en ligne Le procédé Meteor-Plast sera Silo d’homogénéisation contrôlé grâce à l’implantation de capteurs, et à l’aide d’un logiciel de traitement de Granulation Matière secondaire signaux électriques et d’acquisition, en temps réel, de données physiques caractéristiques du mélangeur (la température, la pression, ligne qui paramétrera les organes de commande la vitesse, le débit, etc.) et de la matière (l’évolu- des machines et des doseurs d’alimentation en tion de la composition des entrants, la viscosité, fonction des propriétés mesurées en ligne et des la température réelle, etc.). résultats souhaités en sortie du nouveau mélanEnfin, il sera équipé d’un système de contrôle en geur (document 9). n www.plastiques-caoutchoucs.com

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PRATIQUE

2ACR (Association alliance chimie recyclage) – p. 19 3D Print - p. 37 3D Systems – p. 39, 42

A-B-C-D

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A. Raymond – p. 13, 41 Actiplast – p. 26 ADC (Autorité de la concurrence) – p. 48 Addikem – p. 25 Addiplast – p. 25 Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) – p. 19 AEPV (Association des acteurs économiques de la Plastics vallée) – p. 44 AFPR (Association française de prototypage rapide) – p. 39, 42 Airbus – p. 37 Albéa – p. 10 Alcatel-Lucent – p. 29 Allizé plasturgie Rhône-Alpes – p. 44 Appe – p. 20 Arburg – p. 12, 37, 41 Arkema – p. 24 BASF – p. 7, 25 Bericap – p. 49 Biesterfeld Plastic – p. 49 Billion – p. 45 Borflex – p. 23 BPF (British Plastics Federation) – p. 3, 21 Cabinet Deloitte – p. 19 Campus Tech – p. 40 Cemcat (Centre d’études sur les matériaux composites avancés pour les transports) – p. 8, 17 CFA (Centre de formation d’apprentis) – p. 46 CFIA (Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire) – p. 21 Cirimat (Centre interuniversitaire de recherche et d’ingénierie des matériaux) – p. 46 Cité des sciences et de l’industrie – p. 40 CNRS (Centre national de la recherche scientifique) – p. 42, 49 Compose – p. 45 Coperion – p. 6 Core PA – p. 13 CRIQ (Centre de recherche industrielle du Québec) – p. 42 CTI (Commission des titres ingénieurs) – p. 46 DuPont – p. 23 DuPont Teijin Films – p. 52

INDEX E-F-G-H

Meusburger – p. 7 Micropap – p. 49 Millet Plastics – p. 13 MIT (Massachussets Institute of Technology) – p.40 Mitsui – p. 22 Motan – p. 6 Multi-Wing International – p. 7 Negri Bossi – p. 49 Nike – p. 10 Nokia – p. 29 Objet – p. 39 Observatoire de la plasturgie – p. 14 PEP (Pôle européen de la plasturgieCentre technique de la plasturgie et des composites) – p. 58 Perstorp – p. 7 Plastic Omnium – p. 16 Plastics Europe – p. 12 Plastima – p. 8 Plastipak – p. 20 Plastipolis - p. 44 Pôle incubateur – p. 40 Polyblend – p. 26 Promens – p. 18 Prynt – p. 11 PSA Citroën – p. 29

Éco-emballages – p. 19 École des mines de Douai – p. 6, 37 Ecologic – p. 19 Écosystèmes – p. 19 Élasto TPE – p. 27 Elipso – p. 21, 49 EMC2 (Ensembles métalliques et composites complexes) – p. 8 Engel – p. 18 Ensiacet (Ecole nationale supérieure des ingénieurs en arts chimiques et technologiques) – p. 46 EuPC (European Plastics Converters) – p. 3, 12 Eurostar Engineering Plastics – p. 26 Evonik – p. 18, 22 Exco – p. 41 Fabbrica Pelleterie Milano – p. 11 Faurecia – p. 13 FIP Solution plastique – p. 37 FPSA – p. 45 FUI (Fonds unique interministériel) – p. 8 Fuling Plastics – p. 13 Gaillon – p. 20 Georg Fischer Piping Systems – p. 12 Georges Pernoud – p. 45 Global Bioenergies – p. 24 GPack – p. 22 Grosfillex – p. 13 Hasbro – p. 37 Hexpol TPE – p. 27

Q-R-S-T RDP/IAC – p. 18 Renault - p. 37 Repsol – p. 24, 25 Rescoll – p. 23 Richard-Laleu – p. 49 Routin – p. 18 School of Chemical Engineering – p. 52 SGT – p. 18 Shin Etsu – p. 13 Shintech – p. 13 Solvay – p. 15 SPE (Société des ingénieurs des plastiques) – p. 12 Spido – p. 44 Statasys – p. 39, 41 Symacap – p. 14 Thales Communication et sécurité – p. 8 Topline Products – p. 10 Total – p. 14, 26, 29

I-J-K-L IBM – p. 66 IETR (Insitut d’électronique et de télécommunications de Rennes) – p. 8 IK – p. 3, 21 INP (Institut national polytechnique) – p. 46 IRT Jules-Verne – p. 17 IUMRS (International Union of Materials Research Societies) – p. 8 JEC Europe – p. 8 JEC World Composites Show – p. 12 Klöckner Pentaplast – p. 17 Krauss Maffei – p. 12 Lego – p. 19 Les Echos – p. 18

U-V-W-X

M-N-O-P

Universcience – p. 40 Université de Rennes 1 – p. 8 Victrex – p. 27 Vitasheet – p. 20 Vondom – p. 10 Xerfi - p. 36

Maker-sur-Seine – p. 40 Marionnaud – p. 10 Martiplast – p. 45 MCD – p. 45 Mettler Toledo – p. 6 Avril-Mai 2015

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N° 921 Juin/Juillet 2015

n GRAND ANGLE Le thermoformage, second marché de la plasturgie

n STRATÉGIE Sécuriser ses approvisionnements

n FORMATION Dynamiser la formation de brevet de technicien supérieur Europlastic

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Ce magazine est édité par ETAI Antony Parc 2 10, place du Général-de-Gaulle BP 20156 – 92186 Antony Cedex Tél. 0177929292 Site internet: www.plastiques-caoutchoucs.com Pour joindre vos correspondants, composez le 01 77 92, suivi des quatre chiffres indiqués après chaque nom.

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FOCUS Titan et Hydro

AUTORÉPARANT Le polyhexahydrotriazine (PHT) a été découvert par hasard

au sein d’une équipe d’IBM faisant des recherches sur des matériaux recyclables.

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Vue au microscope du matériau découvert au sein de l’équipe d’IBM.

Le processus de découverte de ce matériau a été particulier… « Alors que j’étais à la recherche de plastiques faciles à recycler, j’ai oublié de mettre un composant dans un essai, plaisante Jeannette Garcia. On peut dire que je suis tombée sur ces matériaux par accident. De manière inattendue, la solution s’est soudain mise à durcir. Et, même après avoir cassé le tube à essai, la matière est restée intacte. »

Jeannette Garcia, la chimiste membre de la division recherche sur les polymères d’IBM qui a découvert le nouveau matériau.

Pour comprendre la raison de cette prouesse, la scientifique a demandé l’aide, au sein de l’entreprise, à l’équipe de chimie numérique, qui a retracé le cheminement jusqu’au polymère. « Il est obtenu par une réaction entre du paraformaldéhyde et du 4,4 oxydianiline, précise-t-elle. De par ses propriétés mécaniques, on peut pratiquement le mettre dans la famille des thermodurcissables. » Avec une résistance à la chaleur pouvant aller jusqu’à 350 °C et une durabilité élevée, le PHT se transforme, une fois chauffé à basse température, en un gel élastique. Principal atout, par rapport aux thermodurcissables : il est facile à réutiliser. Il suffit de le tremper dans de

l’eau lorsqu’il se trouve sous sa forme Hydro, ou dans de l’acide sulfurique, pour du Titan. « Sans perte de matière, l’avantage financier n’est pas négligeable », assure la laborantine.

Pas de commercialisation pour le moment

IBM Polymer

IBM Polymer

Heureux accident

IBM Polymer

L

e 15 mai 2014, Jeannette Garcia, docteur en chimie, membre de la division recherche sur les polymères chez IBM, a annoncé la découverte d’un nouveau polymère, le polyhexahydrotriazine (PHT), qui existe sous deux formes : à l’état liquide, il est baptisé Hydro, et à l’état solide, Titan. Ce matériau est plus solide et plus robuste que les os, tout en étant particulièrement léger. Autre avantage, il est doté d’une fonction autoguérissante : il suffit de remettre en contact deux morceaux de matière séparés pour qu’ils n’en reforment plus qu’un. Les applications visées sont particulièrement nombreuses : « Avec une solidité proche du métal tout en conservant la légèreté du plastique, cela pourrait avoir un fort impact dans le secteur aéronautique, souligne la chercheuse. Plus globalement, nous pouvons envisager des réalisations dans le domaine des transports comme l’automobile, le spatial, ou encore dans la microélectronique. »

Résistant à la chaleur, durable, élastique et autoréparant, quelques-unes des étonnantes qualités du polyhexahydrotriazine (PHT).

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Pour le moment, le matériau en est au stade de la fabrication en laboratoire. « Pour entrer en phase industrielle, il faudra attendre des années, estime Jeannette Garcia. IBM est en train d’y penser. » Nous n’en saurons pas plus sur une éventuelle date de développement commercial, ou si des partenariats avec des entreprises de la filière plastique sont en cours. Grâce à cette découverte, le géant américain de l’informatique a lancé une nouvelle approche dans sa recherche de matériaux, baptisée computational chemistry (ou chimio-informatique), fondée sur l’expérimentation en laboratoire et sur le calcul informatique par ordinateur. Dès juillet 2014, IBM a annoncé un plan d’investissement de 3 milliards de dollars (2,8 Mrds €) sur cinq ans pour le développement de nouvelles méthodes de fabrication des microprocesseurs à l’aide de matériaux innovants. Claire Pham

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