SOMMAIRE 5
Préface de Roger Gentil
8 Avant-propos : une malle au grenier 9 Préambule
10 Introduction
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L’oiseau d’heureux présage Le médaillon
Chapitre 1 : Les pionniers (1895-1904) 16 Les huguenots 23 Ernest Zürcher, le “Père des moteurs” 39 Charles Stewart Rolls, George Brough et la licence Z.L. 46 De Z.L. à Zédel 53 Edmond Gentil, de Peugeot à Griffon 66 Henri Desgrange, le “Père du Tour de France” 70 Première motocyclette Alcyon
75 Alessandro Anzani, le “Démon de la carburation” 78 Le groupe Peugeot, rival farouche 82 Zedel imperator
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Chapitre 2 : La gloire (1905-1914)
88 Alcyon, premier champion du monde moto de l’histoire 94 L’aventure automobile 104 L’aventure aéronautique 108 Retour sur deux roues 114 Bernois, tête de bois ! 133 Alcyon avale Armor 140 Alcyon contre Peugeot, choc de titans 158 Les lanciers prussiens n’ont pas eu Labor, Alcyon si ! 160 Alcyon gobe les cycles Thomann 164 Magnifique Alcyon, imbattable sur le Tour de France ! 188 Peugeot, le retour de manivelle
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Chapitre 3 : Guerre et paix (1915-1924) 196 La bicyclette en temps de guerre 199 Résurrection 202 Le temps des 2-temps 212 Alcyon croque “La Française” 225 Affaire de famille 228 Les Quatre Mousquetaires, la marque olympique et les J.O. 231 Et maintenant, sus à Peugeot !
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hapitre 4 : La domination absolue C (1925-1934) Alcyon revient au premier plan Concurrence déloyale Moteur à tourbillons Grosse colère ! La reine des motos Naissance du vélomoteur La grande équipe de France Salon de Paris et nouveaux produits
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hapitre 5 : Feu d’artifice C et bouquet final (1935-1964)
286 Hommage au “Père des moteurs” 288 Place aux champions ! 317 La fin d’Alcyon
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Annexes
326 Les champions et le palmarès 342 Palmarès individuel cycliste 372 Nomenclature des modèles 380 Les modèles de cycles
400 Remerciements et documents consultés
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Chapitre 2 LA GLOIRE (1905-1914)
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ALCYON, PREMIER CHAMPION DU MONDE MOTO DE L’HISTOIRE Hydra En France, les journaux ne parlent plus que d’Alessandro Anzani et de son Alcyon à moteur Buchet. Le 6 avril 1905, sur le Parc des Princes, se dispute la Coupe Hydra, fondée en 1903 par MM. Meyer et Kopp de la Société électrique Hydra – Piles, accumulateurs, bougies… (60, boulevard de Clichy à Paris), qui voit s’affronter 64 concurrents. Peugeot perd la Coupe Hydra qui revient à Alcyon, grâce au fabuleux pilote Anzani.
Anzani pendant la coupe Hydra, extrait d’un article de La Vie au grand air. (Archives Didier Mahistre)
Catalogue Alcyon 1905. (© Daniel Tille)
Catalogue Alcyon 1905. (© Daniel Tille)
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LA GLOIRE
Catalogue Alcyon 1905. (© Daniel Tille)
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“Hercule le forgeron de Grisolles” À cette époque, deux dangers guettaient les coureurs cyclistes
France ?”“Par le marchand qui m’a vendu la bécane. Il m’a dit que
et pilotes de motocyclettes : les chiens tout d’abord, peu accou-
j’étais assez fort pour m’engager…”“As-tu déjà couru ?”“Non, mais
tumés à ces êtres étranges sur leur diable de machine (d’où
j’ai fait l’aller-retour Grisolles-Montauban et je n’ai même pas eu
les surnoms : Démon, Diable…) et qui se jetaient littéralement
à forcer. Je suis forgeron, vous savez, et je ne crains pas la fatigue !”
sur eux, et d’autre part, les petits malins qui semaient clous et
Peugeot gagne ce Tour 1905 avec Louis Trousselier et Hyppolyte
punaises pour agrémenter le spectacle… Les organisateurs de
Aucouturier, également sur Peugeot, termine 2e. Pendant l’épreuve,
courses payaient donc de nombreux ramasseurs de clous, de
Dargassies fait la connaissance d’un autre coureur un peu spécial,
pointes, de punaises, et cela faisait le bonheur des fabricants
Henri Pépin, un propriétaire terrien prospère de Gontaud-de-
de boyaux ! Certains tricheurs savaient, en plus, qu’entre le
Nogaret, à l’est de Bordeaux, dont la vision du Tour était, disons,
kilomètre alpha et le kilomètre bêta, mieux valait circuler sur
purement touristique ! Cette nouvelle connaissance lui servira.
la partie gauche de la chaussée, puis sur la partie droite, et ainsi
En 1907, avec un autre coureur, Henri Gauban, ils passent un
de suite. On imagine les complicités…
accord avec Henri Pépin. Ce “contrat” prévoit qu’ils se calent
Edmond Gentil engage deux coureurs pour défendre les couleurs
au rythme du plus lent, c’est-à-dire celui d’Henri Pépin, qui,
d’Alcyon sur le Tour de France 1905 : Maurice Decaup qui termine
en contrepartie, prend en charge l’ensemble des frais. Quand
16 , et Jean Dargassies… qui abandonne à la fin de la première
on dit lent, c’est un euphémisme, il eût mieux valu parler de
étape ! Dargassies est un gaillard“pas très grand mais bien construit,
“rythme sénatorial” ! Donc ces messieurs vont pouvoir admirer
avec des cuisses et des mollets comme les piliers d’une cathé-
le paysage, s’arrêter aux meilleurs restaurants, passer la nuit
drale”. Surnommé “Hercule le forgeron de Grisolles” ou encore
dans les meilleurs hôtels… On peut les imaginer piaffer d’impa-
“Le Gaulois”, il se classa 2 du Bordeaux-Paris de 1904, ce qui le
tience tandis que la sève du compétiteur gonflait leurs veines !
fit remarquer par Edmond Gentil. Fait bien connu dans l’histoire
Pour couronner le tout, Pépin se prend de pitié pour un coureur
du Tour, Jean Dargassies se présenta ainsi à Géo Lefèvre pour la
dénommé Teychenne, qu’il réussit, on se demande encore
toute première édition en 1903,Tour qu’il terminera à la 11 place :
comment, à dépasser ! Après l’avoir consolé, il l’engage lui aussi
“Je m’appelle Dargassies et j’arrive de Grisolles…”“D’où ?”“De
dans sa team touristique, avec les mêmes avantages en nature !
Grisolles, dans la région de Monnetaubanne, et je suis venu vous
Normal, il était qualifié pour faire partie de son entourage.
demander des renseignements.”“À propos ?”“Des renseignements
Désormais, à l’instar des trois mousquetaires, ils furent quatre
sur le Tour de France.”“Mais… tu es déjà inscrit, il me semble.”
sur la route :“Un pour tous, tous pour Pépin…”. Heureusement,
“Pardi que je suis inscrit !… Je voudrais seulement savoir comment
cela ne se fit pas sous le maillot Alcyon ! Car pour en revenir à
ça va se passer…”“Tu n’as donc pas lu L’Auto ?”“L’Auto ? Mais,
ce Tour 1905, Edmond Gentil a compris l’intérêt d’une équipe
bougre, elle n’arrive pas à Grisolles”“Dis-moi, Dargassies, comment
sportive massive, puissante et professionnelle pour son image.
as-tu appris, dans ces conditions, que nous organisions un Tour de
C’est décidé, il bâtira une vraie équipe pour 1906.
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Bataille de titans ! Les 16, 21 et 23 juillet 1905 (prolongés au 24 pour cause de
Avant le départ, Louis Bac avec son étonnante Magali, coince une
pluie) eurent lieu les premiers Championnats du monde
de ses chaussures dans les engrenages, la roue dentée lui rentre
disputés au vélodrome de Zurenborg à Anvers sur une distance
dans le pied et lui arrache l’orteil. Dès le départ, Jan Olieslagers
de 5 000 m.
le “Démon anversois”, merveilleux d’allure, part à fond de train
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avec sa Minerva et prend 40 m. Au quatrième kilomètre, il a pris un tour sur ses poursuivants quand soudainement son pneu éclate à l’entrée d’un virage. Le “Démon anversois” roule avec sa machine sur la pelouse, rebondit sept fois de suite et se relève sans une égratignure ! Dès lors, Alessandro Anzani et André Pernette, tous deux sur Alcyon à moteur Buchet culbuté, volent vers une double victoire. Ils se classent respectivement premier en 3 min 1 s 2/5 et deuxième à 100 m. Alessandro Anzani sur son Alcyon à moteur Buchet monocylindre et soupapes en tête de 350 cm3 (76 × 76 mm) est donc sacré premier Champion du monde de vitesse de l’histoire.
Jan Olislaegers, concurrent malheureux sur Minerva (Licence Z.L.). (Extrait de La Vie au grand air 1907/Archives Cyrille de Ridder)
Alessandro Anzani, premier champion du monde moto de l’histoire sur Alcyon, à Anvers. (Archives Didier Mahistre)
Le “Démon anversois” et l’art de la chute... Le magazine La Vie au grand air nous livre en 1907 une
pas croire que je suis imprudent. Il serait peut-être exagéré
interview édifiante du concurrent malheureux à la finale des
de dire que je redoute le danger, je le recherche même. C’est
Championnats du monde de 1905, Jan Olieslagers, qui courait
pour moi une satisfaction réelle que de sentir le frisson de la
sur Minerva, et qui fut battu par Alessandro Anzani, sur
mort me frôler pendant toute une course. Je me sens vivre et
Alcyon. Mécanicien de formation, Jan avait eu l’honneur de
je goûte davantage le plaisir de la vie en comprenant qu’un
démarrer le moteur Z.L. de la toute première Minerva sortie
rien suffirait pour que je me tue. […]
des chaînes. Jan nous délivre ses précieux conseils. “Je suis
Dès que je sens que la machine ne rend pas ce que je lui
reconnaissant au public parisien de m’appeler le « Démon
demande et que je m’aperçois que je vais tomber, je regarde
anversois ». Ce titre pompeux m’enorgueillit, mas il ne faut
derrière moi pour voir si un concurrent ne vient pas et je
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lâche ma moto. Je tombe seul et ne crains pas, de cette façon, d’être pris sous le moteur. C’est ainsi que je fis au Championnat du monde, à Anvers, en 1905. J’étais qualifié dans la finale, mon pneumatique arrière éclata. Je me retournai, André Pernette arrivait. Je le laissai passer et je quittai ma machine ; je fis sept culbutes de suite et n’eus pas la moindre contusion. C’est grâce à cette science de la chute que je ne crains pas le danger et que je ne fus battu qu’une fois régulièrement en 1905 par Alessandro Anzani. Il est vrai que, la veille, j’avais reçu une balle de revolver dans la tête en m’essayant au tir. Je suis mécanicien depuis l’âge de 11 ans et j’ai 24 ans aujourd’hui, c’est pourquoi je crois bien connaître un moteur. Pour courir sur piste, il faut être excellent mécanicien, connaître mieux que soi-même sa machine. L’effort du coureur doit se porter sur divers points : avoir un cadre très rigide, une fourche très solide, un moteur plus fort qu’il ne semble nécessaire pour la piste sur laquelle on court, des pneus très résistants. En outre, il faut posséder du courage. Ceux qui ont peur sont perdus. Et, quitte à se tuer, ne vaut-il pas mieux le faire avec le sourire ? C’est plus digne et le public le préfère.” À l’issue de cet échec, Jan finira par courir sous les couleurs de L’Albatros avec moteur Zédel puis sous Jan Olislaegers sur sa moto. (Extrait de La Vie au grand air/Archives Didier Mahistre)
celles d’Anzani.
Le Tiers de litre 1905 Les épreuves des deux années précédentes ont démontré que
les plus curieux de l’épreuve fut sans nul doute le contrôle
les motocyclettes étaient capables de soutenir des vitesses plus
des moteurs puisque messieurs les constructeurs devaient les
que suffisantes, tout en se maintenant dans les conditions les
présenter démontés pour être mesurés (alésage et course) avant
plus favorables de poids et de prix, et les constructeurs ont été
d’être plombés et poinçonnés. Alors seulement, les mécaniciens
poussés à augmenter la puissance de leurs moteurs. Sur les
pouvaient les régler et les remonter sur les machines pour les
27 machines engagées, seules 18 se sont présentées au labora-
essais. Les deux premières séries ont débuté dans la matinée du
toire de l’Automobile Club de France à Levallois, Peugeot et
19 septembre 1905 sur la piste du Parc des Princes, et encore une
Griffon s’étant retirés en dernière minute. L’un des moments
fois, Thomas et l’incontournable Anzani ont fait cavalier seul sur
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