Issuu on Google+

Passage en poésie Je me souviens d’une nuit comme tant d’autres D’où le silence repu tire sa révérence Je revois cette créature inquiète Aux premiers soubresauts de la vie Écoutant Les yeux attardés de sommeil Les passants charmés C’est peut-être En poésie Que le don du partage Cette vérité traquée Scelle aux confins amers de ma solitude La vertu lancinante du petit cheval de bois Je lance le gouffre hilare de la rue Sur le versant caillouteux de la curieuse épopée Je m’étire et me jette sous les cris frondeurs Je regarde et savoure En poésie Le chemin oublié La vertu souillée au parvis de la force émasculée Le rire noyé des amis en partance Les mains avides de convoitise Tendues vers l’indicible mystère La cacophonie hirsute de l’aube La fluidité sibylline de l’air La lointaine et irrésistible réminiscence En poésie Je me souviens à l’hypogée de la vie De la lactescence de l’allure De la débonnaire certitude Dans mes mains assagies par le temps Qui passe et s’éloigne Et la nuit N’en finit pas De recommencer En poésie


Immémoriale attente Je regarde médusé L’irresponsable Indolence Se déployer sur sa proie Ce contact entrevu Sous les paupières glacées de l’ennui Soulève une féerie illusoire et obscène Dans les yeux criards Le soleil complice Involontaire Lance des rayons prémonitoires Que seule l’ombre vengeresse Soupirant d’aise Tente en vain d’adoucir Puis-je m’abandonner au risque d’être brisé À la virevolte sardonique du souvenir À la promptitude surannée de l’oubli Au cercle inconscient de l’illusoire désir Sans que l’échec cuisant Hors du temps Comme sortant des entrailles de la terre Ne m’entraîne Dans son attente espiègle Et ne me perde Dans les éclats fébriles et chaotiques De l’élan libérateur de la mort dans la vie ?


Invocation L’hirondelle égarée Tournoie sur mon repos Puis-je éviter Ce doux don du soleil Cette lueur pieuse Étalant Son éternel message Sur mon visage Auréolé de veille ? Et au détour de toute fioriture Le contact effrayé Inexorablement s’enfonce Dans les abysses Et laisse transparaître À l’orée de la finitude Le silence rebelle du vide Et le chant libéré de la vie


À toi Espanso nell’atmosfera Liquorosa ai confini della saltuaria Immobilità ritrosa Salgo impetuosamente Amorosamente all’assalto del tuo sorriso pervaso di desiderio Garofani corteggiatori infaticabili Irrequieti e vogliosi rassodati di sole Ricoprono l’estesa radura Arruolando la corale moltitudine e Rastrellando l’immensità deserta Dirompente onda di vita Idilliaca corsa verso la profonda oscurità Nuda e nebulosa attitudine assordente Inno immemorabile espulso il vertiginoso canto intramontabile dell’amore


Sous les ailes du printemps