17 20 Se pte mb re Ju ille t-
Pulsations
DOSSIER
Sexualité Mieux-vivre
Les bienfaits du tai-chi chez les seniors
Reportage
Défi sportif après un infarctus
Prendre soin du désir
Editeur Bertrand Levrat Hôpitaux universitaires de Genève Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 CH-1211 Genève 14 www.hug-ge.ch Réalisation Bertrand Kiefer, Michael Balavoine Planète Santé / Médecine et Hygiène Ch. de la Mousse 46 – CP 475 CH-1225 Chêne-Bourg www.planetesante.ch Responsable de publication Sylvia de Meyer Rédactrice en chef Suzy Soumaille Edition Joanna Szymanski, Elodie Lavigne, Laetitia Grimaldi Maquette et mise en page Jennifer Freuler, Bogsch & Bacco Couverture Myriam Vallée, istockphoto Ont contribué à ce numéro Michael Balavoine, Patricia Bernheim, Giuseppe Costa, Laetitia Grimaldi, André Koller, Elodie Lavigne, Aude Raimondi, Esther Rich, Geneviève Ruiz Publicité Publicitas SA Rue Etraz 4 – CP 7114 CH-1002 Lausanne www.publicitas.ch/magazines Abonnements Version électronique : gratuit www.hug-ge-ch/pulsations Version papier : gratuit Tél. 022 702 93 11 www.hug-ge.ch/abonnement-pulsations Fiche technique Tirage : 41 000 exemplaires 4 fois par an Référence 441696 La reproduction totale ou partielle des articles contenus dans Pulsations est autorisée, libre de droits, avec mention obligatoire de la source.
Pulsations Juillet - Septembre 2017
Sommaire 14 Rencontre Pre Brigitte Pittet-Cuénod :
Actualité 04 Ouverture du premier centre de génomique de Suisse à Genève
« Ils nous donnent une leçon de courage »
07 Soutien aux parents en difficulté
30 Reportage Défi sportif après un infarctus
36 Témoignage Claude-Nicolas Becker raconte son hyperactivité
34 L’organe Zoom sur le système vestibulaire
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39 Recherche Les HUG introduisent le consentement général 13 42
Crédits : Nicolas Righetti | lundi13, istockphoto, Alan Wycheck/Getty Images
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08 Une nouvelle app’ pour les patients hospitalisés 10 Coup de jeune pour la salle d’ergothérapie 13 Oncologie La géolocalisation contre le cancer de la prostate
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24 Prévention Les dangers de l’été
DOSSIER SEXUALITÉ
26 Le portrait Silke Grabherr, autopsie d’une passion
Prendre soin du désir
28 Mieux-vivre Les bienfaits du tai-chi chez les seniors 1
42 Junior Les bêtes qui piquent 44 Brèves Agenda 48 Intégration Un appartement pour des patients en situation de handicap
KEISHA VOUS REMERCIE D’AVOIR SAUVÉ MICHEL DONNER SON SANG C’EST SAUVER DES VIES
www.dondusang.ch
Pulsations
L’essor de la médecine sexuelle
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Juillet - Septembre 2017
Une prise en compte Rédactrice en chef systématique de Le dossier de Pulsations l’impact de la maladie nous éclaire sur les et de ses traitements sur la vie apports de la médecine sexuelle, intime apporte un début de réponse. une discipline en plein essor qui Aux HUG, plusieurs consultations s’appuie sur une approche à la fois spécialisées (gynécologie, cardiolomédicale et humaniste. Son credo ? gie, VIH, oncologie, urologie, etc.) Améliorer la santé sexuelle des intègrent cette dimension dans patients à travers le diagnostic, leur prise en charge. Comme en le traitement, la recherche et la prétémoignent dans nos pages Ivana, vention. Comment ? En formant les Zaq et Rémi, qui ont retrouvé soignants afin qu’ils osent évoquer le sujet avec les patients. Sans tabou. un équilibre malgré tout.
E d i t o r i a l
Suzy Soumaille
Photo Julien Gregorio
Bien vécue, la sexualité participe au bien-être global et à l’estime de soi. Or, cette composante majeure de la santé fait trop souvent l’objet de pressions, peu compatibles avec l’épanouissement personnel. Elle est aussi la cible d’idées réductrices ou carrément fausses, en décalage avec les connaissances scientifiques actuelles.
« Et, sinon, comment se porte votre libido ? », « Rencontrez-vous des difficultés avec votre partenaire ? » La sexualité est encore trop rarement abordée lors de visites chez le médecin. Elle l’est encore moins en cas de graves problèmes de santé, reléguant les dommages collatéraux pour l’intimité au second plan. Mais, lorsque la maladie vient bousculer le cours de la vie et le modifier de manière durable, doit-on renoncer à cette partie de soi et du couple ?
Par André Koller Photos Nicolas Schopfer
A c t u a l i t é
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Pulsations
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Actualité
Coup d’accélérateur pour la médecine personnalisée
L
a santé est à l’aube d’une révolution. La connaissance de l’ADN joue un rôle croissant en médecine. Dans un très proche avenir, le traitement de pathologies comme les cancers, le diabète, voire l’obésité, passera par la lecture du code génétique du patient, de sa tumeur ou de sa flore intestinale. Certains scientifiques affirment que le décodage du génome – soit l’ensemble du matériel génétique d’un individu – pourrait même devenir dans une dizaine d’années un examen de routine, à l’instar des prises de sang.
Le Campus Biotech à Genève abrite désormais le centre de génomique.
« Big data »
Cette masse d’informations va venir grossir le flot mouvant et dynamique des données numériques produites en quantités massives par la société : le fameux « big data ». Ce dernier forme peu à peu un reflet virtuel du monde réel. Constituant un véritable pendant numérisé de millions d’individus, il comprend leurs paramètres biologiques, données de santé, déplacements, comportements sociaux, habitudes alimentaires, données environnementales, etc.
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L’ADN numérisé de populations entières sera ainsi intégré à un univers digital structuré, calculable et configurable à volonté. Cette perspective ouvre un champ d’expérimentation totalement nouveau, d’une richesse inouïe et à la portée des clics des scientifiques du monde entier. C’est de là que pourra émerger, dans les années à venir, une pratique médicale personnalisée et prédictive, selon les spécialistes.
Juillet - Septembre 2017
Avec l’ouverture du premier centre de génomique de Suisse à Genève, l’arc lémanique mérite plus que jamais le surnom de « Health Valley ». Equipé de séquenceurs à haut débit ultraperformants, le centre doit répondre à la demande exponentielle de décryptages d’ADN et accélérer l’avènement de la médecine individualisée.
Pulsations Séquenceur à haut débit de dernière génération.
Juillet - Septembre 2017
Arc lémanique à l’avant-garde
En créant, au Campus Biotech à Genève, le plus important centre de génomique de Suisse, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l’Université de Genève (UNIGE) et les HUG se situent résolument à l’avant-garde de cette révolution. En effet, si le centre doit répondre à la demande croissante de séquençages d’ADN, son objectif est également de favoriser l’avènement de la médecine de précision, pierre angulaire de la santé personnalisée. « Le centre a aussi pour mission d’élaborer des méthodes d’analyse de données, de mener des projets de recherche translationnelle et de former des chercheurs et des cliniciens dans ces nouvelles disciplines. Un clinical board, composé de délégués de chaque hôpital universitaire suisse, assure la validité tant des méthodes que des équipements », souligne le Pr Manolis Dermitzakis, directeur du centre de génomique et professeur de génétique à la Faculté de médecine de l’UNIGE.
ADN et ARN
Dès cet été, les séquenceurs du centre de génomique vont décrypter quelque 60 à 80 génomes entiers en moins d’une semaine. « Les services médicaux ne vont pas pour autant renoncer au séquençage de gènes spécifiques. Il est question ici de très gros volumes et de génomes entiers. A noter que le centre analysera également l’ADN des tissus cancéreux et du microbiote, soit les micro-organismes dont les individus sont porteurs », précise le Pr Denis Hochstrasser, chef du département de médecine génétique et de laboratoire aux HUG et vice-recteur à l’UNIGE.
Ethique pas oubliée
Les aspects éthiques n’ont pas été oubliés, précise le Pr Jacques Fellay, professeur à l’EPFL et au CHUV et codirecteur du centre de génomique : « Nous voulons aussi nous assurer que chaque étape vers une médecine plus précise, intégrant le décryptage du génome individuel, bénéficie aux patients, respecte le cadre légal en vigueur et s’inscrit dans un dialogue permanent avec la société. »
Le Pr Manolis Dermitzakis, professeur de génétique à la Faculté de médecine de l’UNIGE, est le directeur du nouveau centre de génomique.
Futur leader européen A terme, le centre de génomique de Genève va employer au moins une quarantaine de collaborateurs, dont une quinzaine de bioinformaticiens. De plus, il coordonnera les travaux de centaines de cliniciens et chercheurs de Suisse pour faire progresser la recherche et la pratique clinique en matière de génomique. Hub national en génomique, il a pour ambition de devenir un leader en Europe dans ce domaine. Son lancement a bénéficié de l’important soutien financier d’une fondation genevoise.
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Pulsations
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Jardin d’enfants thérapeutique & Consultation de soins précoces parents-bébé
Crédit : Peter Vessenes
Unité d’hospitalisation de jour Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent Villa Maurer Avenue Louis-Aubert 3 1206 Genève Tél. 079 553 97 63
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Désormais, lorsqu’une situation à risque est identifiée à la Maternité ou à l’hôpital de l’enfant, le service de la Dre Wälli Phaneuf prend le relais. Il est composé de pédopsychiatres, psychologues, psychomotricienne, aides-soignantes, éducatrices, infirmières et d’une assistante sociale pour le suivi à domicile. « Nous commençons par faire un entretien avec les parents, poursuit la spécialiste. Après une phase d’observation et d’évaluation de leurs ressources pour s’occuper de leur bébé, nous construisons un programme de soins adapté aux besoins de la famille. Le but est de relever et soutenir les compétences du parent et du bébé afin de renforcer le lien précoce. »
Juillet - Septembre 2017
« Lorsqu’une mère est dans une situation de vulnérabilité après l’accouchement, nous devons parfois hospitaliser le nouveau-né en attendant que la situation évolue, explique Fabienne Wälli Phaneuf, cheffe de clinique au service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent accueille les mères et les pères qui ont besoin de soutien dans la prise en charge de leur bébé.
Grâce à ce projet pilote, nous pouvons éviter ces hospitalisations dites sociales. Laisser un bébé plusieurs mois dans un hôpital n’est pas idéal pour son développement. Plus tôt on intervient, plus vite on parvient à rétablir une relation harmonieuse et à prévenir des retards de développement. »
A c t u a l i t é
Moins d’hospitalisations
Une consultation pour aider les parents en difficulté
Par Esther Rich
ccueillir un nouveau-né peut engendrer beaucoup d’angoisse et de stress du côté de la maman, voire des deux parents. Pour venir en aide aux mères fragilisées par une maladie psychique, une longue hospitalisation, une dépression après accouchement ou simplement par l’isolement consécutif à la migration, le service de psychiatrie de l’enfant et l’adolescent a mis au point, en novembre 2016, le projet pilote : Accordages-Soins précoces parents-bébés. Cette petite unité pluridisciplinaire fonctionne comme un hôpital de jour et accueille les bébés âgés de 0 à 6 mois et leurs parents.
Pulsations
Concerto
Par Giuseppe Costa
Juillet - Septembre 2017
A c t u a l i t é
pour patients Dans certaines unités, une tablette munie de l’application « Concerto » est distribuée aux patients. Objectifs : favoriser leur interaction avec les soignants et les rendre acteurs de leur prise en charge.
L
ors d’une hospitalisation, le patient se retrouve dans un environnement complexe, peu connu, dans lequel il perd en partie le contrôle des évènements. Comment rendre son séjour plus agréable et favoriser le contact humain avec les soignants durant cette période ? Pour y répondre, les HUG ont testé en mai dernier le projet Concerto dans une unité de neuro-rééducation (lire ci contre). « Cette application sur tablette vise à mieux informer le patient. Celui-ci peut notamment consulter son agenda de soins, connaître chaque membre de l’équipe soignante ou lister les questions auxquelles il souhaite obtenir des réponses », résume le Dr Damien Dietrich, médecin interne au service de cybersanté et télémédecine. A son arrivée dans l’unité, le patient reçoit une tablette, s’identifie de façon sécurisée et accède à son univers personnel. Au menu, six fonctionnalités. D’abord, l’agenda de ses examens et consultations : soins infirmiers, activités paramédicales (physiothérapie, ergothérapie, etc.) ou encore examens 8
complémentaires (scanner, échographie, etc.). Il connaît ainsi également les plages de temps libre pour recevoir des visites ou se reposer. Ensuite, il a une vue sur l’équipe médico-soignante qui s’occupe de lui : photo, nom, prénom et fonction. Interaction avec les soignants
Autre onglet, la préparation de la visite. « On suggère aux patients de noter leurs questions en amont des visites médicosoignantes pour favoriser l’interaction entre les intervenants lors d’un moment d’échanges privilégié. Avec deux autres fonctions : le patient est aussi mieux informé sur sa pathologie et son séjour. Cette démarche s’inscrit globalement dans le concept reconnu d’empowerment, de responsabilisation du patient », souligne le Dr Dietrich. « En lui donnant la capacité de comprendre les processus hospitaliers auxquels il est soumis et la maladie dont il souffre, l’objectif est de lutter contre l’anxiété, la colère, la tristesse, mais aussi d’améliorer le pronostic », conclut le chef de projet. Patients partenaires
Après la neurorééducation, Concerto sera progressivement déployé durant l’été en orthopédie et en oncologie, puis en pédiatrie (lire ci-contre) et, à terme, dans toute l’institution. Ce projet, issu d’un « hackathon » qui a eu lieu au Campus Biotech en 2015, est soutenu par la Fondation privée des HUG* et s’inscrit dans le cadre global des objectifs du projet stratégique « Patients Partenaires ». A n’en pas douter, avec cette nouvelle partition, patients et soignants sont encore plus en harmonie.
Actualité
Vue d’ensemble des fonctionnalités à disposition
Concertino en pédiatrie
« Facile d’utilisation et très pratique » Vue hebdomadaire de l’agenda
* www.fondationhug.org ** Prénom d’emprunt.
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Recherche d’une information médicale via l’atlas
Depuis plusieurs semaines, Elodie**, 21 ans, est hospitalisée à l’Hôpital Beau-Séjour en raison d’une inflammation de la moelle épinière (myélite) qui a provoqué une paralysie temporaire de ses jambes. Elle a tout de suite apprécié l’application. « Le graphisme est bien réussi avec de grandes icônes. La navigation sur la tablette est facile et il est très pratique d’avoir tout au même endroit plutôt qu’éparpillé sur des feuilles de papier », dit-elle. Et d’ajouter : « C’est très intéressant d’avoir accès à des informations fiables sur notre pathologie, car on ne sait pas ce qu’on trouve sur Internet, et on peut demander des compléments au médecin en notant nos questions. Grâce à l’agenda et à la description détaillée de l’activité – par exemple “ Travail des muscles ischio-jambiers en salle de gym” –, on peut se projeter dans ce qui nous attend le lendemain avec le maître de sport. »
Dès la fin de l’été, l’application Concerto va se décliner chez les enfants sous le nom de… Concertino, financé en grande partie par la fondation Nadine de Rothschild. On y retrouvera l’agenda de la journée ou encore une présentation de l’équipe soignante. Le contenu et l’interface ont été adaptés au jeune public et des spécificités ajoutées : scolarisation à distance par visioconférence avec la classe, communication avec les proches (Skype, FaceTime), jeux vidéo. « L’objectif est d’améliorer le quotidien des jeunes patients hospitalisés, leur permettre de continuer leur scolarité, de s’évader, de rester en lien avec leur famille, amis ou camarades », résume la Dre Nadia Bajwa, médecin adjointe au service de pédiatrie générale.
Pulsations
Par Aude Raimondi Photo GlobalVision Communication
Juillet - Septembre 2017
A c t u a l i t é
Réapprendre grâce à la technologie
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SIMULATEUR DE LOGEMENT BAIGNOIRE La baignoire est pourvue d’une planche de transfert qui peut également être installée au domicile du patient. Celui-ci n’aura ainsi pas besoin de s’asseoir au fond de la baignoire, un mouvement souvent complexe.
Grâce au simulateur de logement, totalement modulable, l’évaluation et la rééducation des patients peuvent se réaliser dans les mêmes conditions qu’à domicile. A l’aide de barres fixées au mur et d’équipements spécifiques pour salle de bains, ils réapprennent les mouvements du quotidien.
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Actualité
Fraîchement rénovée, la salle d’ergothérapie de l’Hôpital de Bellerive a été ouverte en septembre dernier. Désormais plus fonctionnelle et lumineuse, elle dispose de nouveaux équipements technologiques répondant de manière plus pointue aux exigences de la réadaptation.
TABLE D’ACTIVITÉS Les ergothérapeutes proposent aux patients des activités variées pour travailler la qualité du geste et le rendre fonctionnel. Elles peuvent aussi aider à améliorer les troubles cognitifs.
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EXOSQUELETTE ARMÉO
PLAN BOBATH
L’exosquelette Arméo® est un outil de rééducation du membre supérieur. Le bras est placé sur un support articulé. Un jeu de réalité virtuelle est ensuite projeté sur l’écran et incite le patient à effectuer différents mouvements de manière ludique.
Le plan Bobath®, réglable en hauteur, est principalement utilisé pour travailler les transferts, par exemple du fauteuil roulant au lit. Il permet aussi de stimuler le maintien du tronc et d’entraîner l’équilibre.
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Pulsations
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Radiothérapie contre le cancer de la prostate: un GPS révolutionnaire
a radiothérapie est l’un des traitements de choix contre le cancer de la prostate, très fréquent chez les hommes. Elle présente pourtant un inconvénient. « Lors de l’irradiation, l’organe ciblé peut bouger de façon imprédictible, explique le Pr Raymond Miralbell, médecinchef du service de radio-oncologie. Les radio- oncologues définissent alors un champ d’action plus large que la tumeur, mais cette approche peut générer des saignements de la vessie, une incontinence et même un dysfonctionnement érectile ».
Vessie
La géolocalisation, une nouvelle technique développée aux HUG, permet de réduire au maximum la zone irradiée. Un bénéfice énorme pour les patients.
La prochaine étape dans le développement du système Calypso vise à passer de cinq séances à une seule. Des essais cliniques sont déjà en cours.
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Urètre
Par Patricia Bernheim
L’équipe du Pr Miralbell développe depuis 2015 une technique en mesure de réduire considérablement les marges de sécurité autour de la cible et donc le risque d’effets indésirables. « Nous implantons trois émetteurs de radiofréquence (transpondeurs) de la grandeur d’un grain de riz à l’intérieur de la prostate. Ils émettent chacun un signal électromagnétique identifié par le système Calypso® qui permet d’affiner le ciblage. Si l’organe visé sort de la zone de plus de 1 à 2 mm, l’irradiation s’arrête et nous pouvons corriger le ciblage en cours de traitement », déclare le spécialiste. Elio, 64 ans, a bénéficié de cette nouvelle technologie il y a deux mois et il en est satisfait. Il faut dire que le système Calypso est très performant. Cinq séances de radiothérapie suffisent, au lieu des quarante habituelles. Pour ce patient, tout s’est très bien déroulé, sans douleur ni saignement. « Certes, je suis un peu fatigué, j’urine encore souvent et je n’ai pas retrouvé ma fonction érectile, mais je reste serein », commente Elio. Les médecins l’ont informé qu’il fallait en effet un peu de temps pour récupérer.
Transpondeur
Crédit : istockphoto
Moins d’effets indésirables
O n c o l o g i e
Prostate
Pulsations
Par Élodie Lavigne Photo Fred Merz | lundi13
Juillet - Septembre 2017
R e n c o n t r e
« Ils nous donnent une leçon de courage » A la tête du service de chirurgie plastique, reconstructive et esthétique, la Pre Brigitte Pittet-Cuénod est une personnalité engagée et combative. A Genève et en Afrique lors de missions humanitaires, notamment pour soigner des victimes du noma, elle œuvre pour l’intégrité physique de ses patients et une meilleure qualité de vie. La chirurgie plastique, reconstructive et esthétique est souvent perçue comme une médecine accessoire et superficielle. Qu’en est-il ? Pre Brigitte Pittet-Cuénod En effet, beaucoup imaginent que nous ne faisons que poser des implants mammaires ou des corrections esthétiques. En réalité, notre activité est vaste et transversale, puisque nous travaillons avec toutes les spécialités chirurgicales de l’hôpital, aussi bien la chirurgie ortho pédique que gynécologique, pédiatrique ou encore la neurochirurgie. Les indications de nos interventions sont essentiellement médicales. Par exemple, nous opérons des bébés de moins de 6 mois qui souffrent de craniosténose, une déformation du crâne qui met en danger la croissance du cerveau. Pulsations
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Dans les cas de traumatismes du membre inférieur avec fracture ouverte et plaie, nous intervenons pour éviter la survenue d’une infection et le risque d’amputation. On nous appelle aussi pour reconstruire les tissus enlevés suite à un cancer ou une infection. Dans la plupart de ces cas, nous utilisons des techniques microchirurgicales. Nous prélevons des tissus sur une autre partie du corps pour reconstruire et combler une perte. C’est un travail long et minutieux. Vous vous êtes beaucoup engagée pour les femmes atteintes de cancer du sein. Pendant longtemps, on ne proposait pas de chirurgie reconstructive aux patientes ayant subi une mastectomie (ablation des seins) après un cancer du sein. Faire comprendre aux chirurgiens généraux, gynécologues, oncologues, etc., la nécessité d’une reconstruction mammaire a demandé beaucoup d’efforts, car personne ne s’en préoccupait. Aujourd’hui, le Centre du sein des HUG est certifié par la Ligue contre le cancer et la Société suisse de sénologie. Cette certification prévoit une consultation pré-thérapeutique pluridisciplinaire à laquelle les plasticiens participent systé matiquement. Elle exige aussi de pouvoir proposer aux patientes une chirurgie reconstructive incluant toute la palette des techniques disponibles, y compris les reconstructions microchirurgicales. Désormais, nous nous battons pour que la chirurgie de symétrie ou de correction de séquelles après un traitement conser vateur soit systématiquement prise en charge par les assurances. Vous faites régulièrement des missions humanitaires en Afrique auprès d’enfants. Quelle est la portée de vos interventions ? Nous opérons des enfants atteints de malformations ou de défigurations du visage. Le noma, qui est une de nos prio rités, est une gangrène oro-faciale qui, en quelques jours seulement, détruit le visage de ces enfants… 80% en meurent ! Il s’agit de reconstruire ces visages anéantis. Une partie de notre activité a lieu sur place, au Niger ou au Burkina Faso, en collaboration avec des ONG : Sentinelle,
Rencontre
Terre des hommes, etc. Les cas les plus graves sont transférés aux HUG. Je me sens privilégiée de pouvoir opérer ces enfants dans de bonnes conditions sans devoir prendre des risques inconsidérés pour leur santé. Dans ces pays reculés, la croyance est qu’ils ont reçu un mauvais sort. La chirurgie les réhabilite et leur offre une vie sociale. Nous tentons de leur redonner leur visage. Ils nous donnent une leçon de courage et de force impressionnante.
Chaque année, entre huit et dix enfants, sous l’égide de l’association Sentinelles, sont accueillis à l’hôpital pour une opération de reconstruction chirurgicale. Après un court séjour hospitalier, ils partent se rétablir à la Maison de Terre des hommes à Massongex (Valais).
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En tant que chirurgienne, que vous apportent ces missions humanitaires? La chirurgie de reconstruction du noma est sûrement une des plus difficiles à réaliser. La chirurgie cranio-faciale, très délicate et très pointue, nous pousse à des défis techniques fondamentaux et formateurs. Ces enfants stimulent nos pratiques et nous forcent, sans cesse, à améliorer nos techniques. Cela nous permet d’acquérir une expertise unique pour cette maladie, que je souhaite mettre en avant dans le cadre de l’hôpital. 15
Préserver la sexualité pour mieux la vivre Faire l’amour… trop, trop peu, malade. Devenue la cible de normes parfois nécessaires, souvent arbitraires, la sexualité est aujourd’hui le lieu de la performance, l’objet de pressions potentiellement ravageuses pour soi, le conjoint, le couple. Illustration : Ramona Schratt
Par Laetitia Grimald
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Pulsations
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al ité
Dossier
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* Auteur avec Ellen Weigand
de J’ai envie de comprendre… Ma sexualité (femme) (2013) et Ma sexualité (homme) (2014), Ed. Planète Santé.
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Se Pr Georges Abraham
Une situation d’exception Il y a eu les précurseurs, pionniers de la sexologie aux HUG : les professeurs Willy Pasini et Georges Abraham. Et le legs d’un Genevois, décédé dans les années 1970, qui a permis la création du Fonds universitaire Maurice Chalumeau, destiné à soutenir l’enseignement et la recherche interdisciplinaire en sciences de la sexualité. Aujourd’hui, deux consul tations médicales incarnent aux HUG ce passé hors du commun : la consultation de gynécologie psychosomatique et médecine sexuelle, dirigée par le Dr Francesco BianchiDemicheli, et la consultation spécialisée de sexologie, du Dr Lorenzo Soldati. Leur mission : offrir une prise en charge médicale, scientifique, personnalisée et multi‑ disciplinaire à toute personne souffrant dans sa sexualité.
Dr Francesco BianchiDemicheli
Dr Lorenzo Soldati
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Face à ces demandes, quelle prise en charge ? « Celle-ci se doit d’être person nalisée, médicale, professionnelle, et commence le plus souvent par un bilan complet », explique le Dr Francesco Bianchi-Demicheli *, responsable de la consultation de gynécologie psycho somatique et médecine sexuelle des HUG. Car si on a longtemps mis les problèmes sexuels sur le compte du psychisme, voire de la folie, on en est souvent loin. « Passé 50 ans par exemple, 80% des troubles érectiles sont d’origine organique, révèle le médecin. Encore aujourd’hui, trop de pseudo-sexologues partent sur des pistes psychologiques farfelues, alors que le problème est hormonal ou cardiaque ! Notre démarche multidisciplinaire nous permet d’orienter les patients selon la nature de leurs difficultés. » Pour certains, il s’agira d’une intervention sur le plan physique, pour d’autres, essentiellement psychique, ou les deux.
Pr Willy Pasini
D o s s i e r
Les causes les plus fréquentes de consul tation ? Le manque de désir, les problèmes d’érection et l’éjaculation précoce. Mais ce n’est pas tout. Les HUG font face à des demandes croissantes en lien avec la dysphorie du genre (trouble lié à l’identité sexuelle), l’hypersexualité, les troubles psychiatriques péjorant la vie intime ou encore les comportements sexuels ayant entraîné une obligation de soins par la justice.
xu
eflet de notre histoire et des turbulences du présent, notre sexualité peut nous épanouir comme assombrir nos vies de par son absence, son exigence, ses pannes ou ses failles. Seul ou en couple, consulter peut être libérateur.
Tant de normes qui n’existent pas « L’un des troubles classiques chez les femmes est le manque de désir. Or, contrairement à ce qui est possible pour les hommes, nous disposons de très peu de traitements pharmacologiques pour pallier ce problème, reconnaît le Dr Lorenzo Soldati, médecin adjoint responsable de la consultation spécialisée de sexologie des HUG. En revanche, la sexothérapie ou la thérapie de couple fonctionnent souvent bien. » Et puis il y a les cas ambigus, ou encore mal compris de la médecine, comme l’hypersexualité. « Si elle n’est pas réperto riée parmi les troubles psychiatriques, elle est bien concrète et génère des souffrances, débouchant parfois sur la dépression et l’implosion du couple », constate le psy chiatre. Et de rappeler : « La sexualité est un enjeu clé de l’estime de soi, de l’épanouissement, mais aussi de l’accès à la parentalité. Quand elle dysfonctionne, c’est tout cela qui est mis à mal. » En filigrane des troubles, bien souvent : la présence de diktats oppressants ou mettant une pression artificielle sur les partenaires. « L’un des défis de la médecine sexuelle est d’aider les patients à s’émanciper de tant de normes auxquelles ils se réfèrent mais qui n’existent pas ! réagit Mylène Bolmont, psychologue-sexologue aux HUG. L’objectif est avant tout que chacun accepte sa sexua lité telle qu’elle est et que celle-ci puisse se fondre avec celle de l’autre. » Empreinte de nous-mêmes La sexualité se présente donc comme une empreinte de nous-mêmes, unique et mouvante, au fil de la vie et des époques. « Il y a eu des moments de transition, comme l’arrivée de la pilule contraceptive, qui a dissocié la procréation et la sexualité, la libération sexuelle, puis la pandémie du SIDA qui a mis un frein à cette émanci pation, rappelle Lorenza Bettoli Musy, responsable de l’unité de santé sexuelle et planning familial des HUG.
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Témoignage #1
« Mon coming out n’était qu’une demi-vérité » SONI, 26 ans, en couple depuis un an et demi
« Je suis né “Sonia” (et non Soni), mais en me sentant garçon. J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts et bienveillants qui m’ont laissé apparaître comme je voulais, mais l’adolescence a été un moment terrible. Mes copains d’enfance ont commencé à me regarder différemment, j’ai flirté pour faire comme tout le monde, je me suis détesté. Puis j’ai fait mon coming out. Mais me révéler lesbienne n’était qu’une demi-vérité : je suis attiré par les femmes, mais pas en tant que femme… Ma compagne m’a aidé à voir les choses en face et à me tourner vers la médecine. La première étape – l’expertise psychologique – est faite. Dans quelques semaines commenceront les injections de testostérone, puis viendra le moment que j’attends le plus : la chirurgie pour supprimer ma poitrine que je ne supporte plus. Ma sexualité ? Aujourd’hui, je ne peux la vivre qu’en fermant les yeux et en m’imaginant homme. »
Illustration : Ramona Schratt
Juillet - Septembre 2017
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Pulsations
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Dossier
Témoignage #2
« Ma vie intime a connu une parenthèse de quelques mois » RÉMI *, 56 ans, marié depuis 30 ans, deux enfants
Alors la médecine sexuelle s’invente et innove. « La discipline est née en psychiatrie, et il reste important que le psychisme soit au cœur des réflexions. Mais comme de nombreux domaines, la médecine sexuelle profite des nouvelles technologies, affirme le Dr BianchiDemicheli. Aujourd’hui, l’eye tracking par exemple, qui est un outil basé sur l’ob servation d’images, nous permet de mieux comprendre le désir. Demain, nous serons capables de le re-stimuler via la neuro biologie. Pour la dysfonction érectile, nous allons bénéficier de techniques chirur gicales sophistiquées, d’ondes de choc, de nanotechnologies, voire même de cellules souches. L’un des principaux enjeux sera de concilier ces techniques de pointe et la nature même de la sexualité et du désir dans ce qu’ils ont de plus complexe, intime, vivant et subtil. »
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* Prénom d’emprunt
Un constat partagé par le Pr François Ansermet, responsable du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent : « Nous vivons un profond remaniement des représentations, des pratiques, des désirs, des identités. Pendant longtemps, les extrêmes s’opposaient, hommes et femmes affichaient leurs spécificités absolues. Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère du “genre fluide”. Certains jeunes se revendiquent “bi-genre” ou même “sans genre”. En tant que soignants, nous devons faire face à ces nouvelles demandes et suivre ces évolutions. »
D o s s i e r
« Moi et les HUG, c’est une longue histoire. J’ai bénéficié d’une greffe rénale qui m’a sauvé la vie il y a quinze ans et d’une radiothérapie pour traiter un cancer de la prostate il y a cinq ans. Le traitement a très bien fonctionné, je n’ai pas eu à subir d’opération, aujour d’hui tout va bien. Alors bien sûr, il faut passer l’étape du choc de l’annonce, et pour ma part, six mois de traitements éprouvants, mais je n’ai jamais cessé de travailler, ni d’aller de l’avant. Ma vie intime ? Elle a connu une parenthèse pendant quelques mois – mes pensées étaient ailleurs – puis tout est rentré dans l’ordre. Je désire ma femme comme au premier jour. »
Aujourd’hui, nous faisons face à de nou veaux défis : l’impact d’Internet et des réseaux sociaux sur les comportements sexuels et amoureux, les droits sexuels pour tous, les questions inhérentes au mouve ment LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres). Il est crucial d’y faire face avec professionnalisme et respect. »
Pulsations
Témoignage #3
« Quand la maladie frappe, la sexualité paraît d’abord très secondaire »
Oser parler sexualité... là aussi
« J’ai eu un premier cancer du sein à 34 ans, un second quatre ans plus tard, et je suis toujours en traitement. Le tsunami est passé, mais il a fait des dégâts. Il y a eu les ravages sur mon corps : une double mastectomie, une hystérectomie (ablation de l’utérus, ndlr), une ménopause précoce, des traitements qui font varier mon poids. Et puis, il y a eu les conséquences sur mon couple. Quand la maladie frappe si durement, la sexualité paraît d’abord très secondaire. La libido, l’estime de soi, la vitalité : tout s’effondre. Mon mari s’est emmuré dans le silence, la peur de me perdre, de me toucher, de me faire mal si nous faisions l’amour. Il y a quelques mois, il m’a quittée, puis il est revenu. Aujourd’hui, à sa demande, nous faisons une thérapie de couple pour tenter de retrouver notre complicité. »
De plus en plus, les questions entourant les troubles de la sexualité se posent, s’invitent et s’anticipent dans les consultations médicales. Tour d’horizon en direct des HUG.
Crédit: Francesco Spallacci
Juillet - Septembre 2017
D o s s i e r
IVANA, 43 ans, mariée depuis quinze ans, deux enfants
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Des troubles de l’érection à ne pas négliger
Se xu al it
C A R D I O L O G I E
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Dossier
de sexualité à son cardiologue ? P arler Dans certains cas, cela peut sauver la vie. « Des troubles de l’érection chez un
O N C O L O G I E
La sexualité, l’une des façons de reprendre le fil de sa vie progrès ont des conséquences « L esimportantes que l’on doit parfois apprendre à gérer, et la sexualité en
Plus une question de vie ou de mort, mais de qualité de vie que la transmission du VIH par voie P arce sexuelle est la plus répandue en Suisse, la sexualité est omniprésente dans les consultations de l’unité VIH / sida. Mais les interrogations sont le plus souvent d’ordre « technique ». « Nous abordons la question de la contamination, du risque de transmis sion, mais peu la santé sexuelle en tant que telle, reconnaît la Pre Alexandra Calmy, responsable de cette unité. Or cette dimen sion est fondamentale : grâce aux nouveaux traitements, nous ne sommes plus dans des questions de vie ou de mort, mais de qualité de vie, et la sexualité en fait partie. Les patients bien soignés ne sont plus conta gieux – lors de la prise de sang, leur charge virale est dite “indétectable” – mais les peurs persistent. » Pour mieux aborder ces aspects, un projet vient d’être lancé, alliant forma tion des soignants et questionnaire aux patients infectés par le VIH. 21
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V I H
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fait partie, alerte le Pr Pierre-Yves Dietrich, responsable du service d’oncologie. Si l’espérance de vie des patients atteints par un cancer ne cesse de s’allonger, la maladie et ses traitements abîment souvent le corps, parfois en touchant aux lieux de la féminité ou de la virilité. L’estime de soi et la sexua lité n’en sortent pas indemnes. » En 2010, le service d’oncologie des HUG a donc pris les choses en main en créant un groupe multi disciplinaire (douze services sont à ce jour impliqués) et interdisciplinaire (alliant médecins, infirmières, psychologues, sexo logues, etc.) pour mieux aider les patients. « Par manque de formation, de temps, par gêne ou par pudeur, les soignants peuvent être démunis face à ce sujet, qui est pour tant crucial », estime la Dre Marie-Laure Amram, médecin associée au service d’oncologie. Un nouveau projet du groupe Médecine sexuelle et cancer a été lancé il y a un an. L’idée : poursuivre la formation des soignants et mieux cerner les besoins des patients et de leurs proches.
quadragénaire peuvent être l’indice d’une maladie cardio-vasculaire susceptible de provoquer un accident cardiaque des années plus tard », prévient le Pr François Mach, médecin-chef du service de cardiologie. La raison : un dysfonctionnement des cellules dites « endothéliales », souvent causé par le tabac, le surpoids, le manque d’activité physique. Au niveau du pénis, un mauvais fonctionnement de ces cellules bloque l’érection. Ailleurs dans le corps, cela peut favoriser l’athérosclérose, autrement dit le dépôt de graisse dans les artères, cause majeure d’infarctus. Quant au potentiel danger de l’activité sexuelle sur le cœur ? « Comme toute activité physique, elle constitue un risque pour les personnes prédisposées, mais il est faible : 1% seule ment des cas d’infarctus sont liés aux rap ports sexuels, tandis que 3% sont dus à un accès de colère », révèle le cardiologue.
Pulsations
R A D I O T H É R A P I E
Des interventions toujours mieux ciblées le traitement des tumeurs de la D ans prostate, de la sphère gynécologique ou digestive, les rayons de la radiothérapie
Juillet - Septembre 2017
D o s s i e r
La testostérone : efficace pour les hommes, indisponible pour les femmes hormonaux et sexualité font T roubles rarement bon ménage. L’un des fléaux majeurs : le diabète. « Un homme diabé tique a trois fois plus de risques d’avoir des troubles de l’érection, révèle le Pr Jacques Philippe, médecin-chef du service d’endo crinologie. Y remédier n’est pas simple : les traitements, le surpoids, la dépression ou les troubles cardio-vasculaires, fréquents en cas de diabète, peuvent perturber la libido. Une prise en charge globale est donc nécessaire. Cela peut passer par une thérapie de couple et la prescription de testostérone. Le traitement fonctionne très bien… chez les hommes. » Chez les femmes, le manque de cette hormone ternit aussi la sexualité, après la ménopause par exemple. Mais à ce jour, aucun médicament leur étant destiné n’existe.
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A lire aussi en page 48 l’article « Radiothérapie contre le cancer de la prostate : un GPS révolutionnaire »
U R O L O G I E
Défocaliser la sexualité de la seule notion d’érection reconnu et efficace du cancer T raitement de la prostate, la prostatectomie (abla tion de la prostate) peut mettre en péril la sexualité des hommes, en lésant les nerfs érecteurs du pénis. Collés à la surface exté rieure de la prostate, ces derniers doivent parfois être supprimés avec la tumeur, rendant toute érection impossible. « Heu reusement, leur préservation a été améliorée grâce à l’emploi du robot da Vinci®, qui permet d’effectuer l’intervention en micro- dissection », indique le Pr Christophe Iselin, médecin-chef du service d’urologie. Et d’ajouter : « Après l’opération, si l’érection est difficile, une prise en charge intégrant une sexothérapie est recommandée. L’idée est notamment de ‟défocaliser” la sexualité et le plaisir de la seule notion d’érection. » Spécificité HUG : une demi-journée par semaine, des consultations sont organisées en présence d’un urologue et d’un sexologue.
Crédit: Brian Gorman
E N D O C R I N O L O G I E
peuvent parfois toucher les organes sexuels. Mais les effets secondaires à ce niveau sont de moins en moins fréquents. « Les tech niques de radiothérapie dont nous dispo sons nous permettent désormais de traiter les tumeurs avec une précision millimé trique. Pour le cancer de la prostate par exemple, nous parvenons de plus en plus souvent à épargner les structures permet tant l’érection et donc à diminuer les effets secondaires du traitement sur la sexualité, explique le Dr Thomas Zilli, médecin adjoint au service de radio-oncologie et référent pour le Centre de la prostate. Mais la sexualité est une dimension complexe qui échappe à la seule logique d’une interven tion réussie. C’est la raison pour laquelle nous prônons une prise en charge vraiment multidisciplinaire. »
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Dossier
Témoignage #4
« Je ne suis plus contagieux, mais cela est mal compris » ZAQ , 54 ans, célibataire
Crédits: Hernan Garcia Crespo, Brian Gorman, Jesse Coble, Tosca Joséphone Weinfeld
vulvodynie (douleurs E ndométriose, vulvaires), sécheresse vaginale, kystes peuvent avoir de lourdes conséquences… « Certaines femmes supportent de vives douleurs pendant les rapports et le cachent, par gêne ou par peur de perdre leur conjoint, révèle la Dre Leen Aerts, gynécologue-sexologue aux HUG. Les priorités sont d’améliorer la prise en charge, de l’envisager au maximum multidisciplinaire, avec le conjoint si possible, de trouver des traitements efficaces, mais aussi d’amélio rer la formation des soignants, y compris des gynécologues eux-mêmes. »
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Pour tout problème lié à la sexualité, trois lieux incontournables au sein des HUG : Consultation de gynécologie psycho somatique et médecine sexuelle Boulevard de la Cluse 30 1205 Genève Tél. 022 372 43 23 Consultation spécialisée de sexologie Rue de Lausanne 20 bis 1201 Genève Tél. 022 305 45 11 Unité de santé sexuelle et planning familial Boulevard de la Cluse 47 1205 Genève Tél. 022 372 55 00
Juillet - Septembre 2017
Souffrir pendant les rapports sexuels n’est pas normal
Contacts
D o s s i e r
G Y N É C O L O G I E
« J’ai connu le SIDA des années 1980, où on apprenait plus à mourir qu’à vivre. En tant que séropositif et homosexuel, comme beaucoup, je me suis d’abord senti sale, contagieux, honteux, en proie à des questions existentielles : qu’allais-je faire de ce corps victime d’un virus mortel ? Puis j’ai repris goût à la vie, j’ai eu une histoire pendant six ans avec un homme lui aussi séropositif. Le VIH l’a emporté. Aujourd’hui, les choses ont changé. Depuis huit ans, ma charge virale est dite indétectable, ce qui signifie que je ne suis plus contagieux, mais cela est mal compris et encore tabou. J’ai parfois des aventures, je pratique le tantrisme, mais la sexualité est devenue secondaire, je trouve un apaisement et un enrichissement ailleurs, dans l’art notamment. »
Pulsations
Par André Koller
Juillet - Septembre 2017
P r é v e n t i o n
Sous le soleil, des dangers nous guettent Journées caniculaires, nuits tropicales, baignades dans l’eau fraîche, savoureuses grillades à l’ombre des grands arbres… bonjour l’été ! Mais cette saison est aussi celle de tous les dangers. Le cocktail explosif, c’est le mélange alcool et chaleur. Il est le détonateur de la plupart des accidents typiques de cette période.
Les noyades « Beaucoup de noyades
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noyades en Suisse en 2015.
sont dues à l’alcool. Après quelques verres, les gens surestiment leur force, sous-estiment les dangers et prennent des risques. Ils se baignent dans un courant trop fort, plongent dans une eau peu profonde, etc. », indique le Dr Laurent Suppan, médecin adjoint responsable du service mobile d’urgenceréanimation (SMUR). Alors pour jouir sans risque des sports aquatiques : évitez l’alcool et choisissez des endroits sécurisés. Mieux même, surveillés.
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Prévention
Le coup de chaleur Les urgences
recensent une dizaine de cas par an. L’hyperthermie se caractérise par une température corporelle supérieure à 40 degrés. Elle est due à une exposition importante à la chaleur ou à un effort physique prolongé, les deux couplés à une hydratation insuffisante qui finit par entraîner l’arrêt de la transpiration. Et comme cette dernière constitue le principal régulateur thermique de l’organisme, le mercure prend l’ascenseur. Les autres signes ? Fatigue, faiblesse, nausée et vomissements. « Cela arrive par exemple quand on s’endort en plein soleil. Souvent sous l’emprise de l’alcool », constate le Dr Laurent Suppan.
Arrêts cardiaques et coupures aux pieds Estival rime avec festival.
Sauf abus de décibels, la musique ne présente aucun danger. Les produits illicites consommés sur les lieux de diffusion, en revanche, ne sont jamais inoffensifs. Ecstasy, cocaïne, poppers, GHB… « Toutes ces substances peuvent provoquer des arrêts cardiaques et des troubles de l’état de conscience potentiellement mortels », met en garde le responsable du SMUR.
Les conséquences sur le métabolisme sont dévastatrices, avec un taux de mortalité de 20%, qui augmente de façon marquée avec l’âge. Le coup de chaleur ne doit pas être confondu avec la simple insolation, qui n’engage en aucun cas le pronostic vital. Pour l’éviter, mettez-vous à l’ombre, portez des vêtements légers et clairs. Et surtout, buvez au minimum un litre et demi d’eau par jour. Si vous êtes témoin d’un coup de chaleur, appelez le 144 ! En attendant les secours, refroidissez la victime par tous les moyens : ombre, eau, glace, etc.
Et autres dangers… Enfin, signalons encore les coups de soleil, que l’on peut éviter en se couvrant et en utilisant une crème solaire (indice de protection supérieur à 20). Les intoxications alimentaires, qui arrivent quand des viandes ou des poissons n’ont pas été stockés dans de bonnes conditions thermiques. La foudre, qui ne frappe jamais deux fois au même endroit, mais presque toujours en été. Et enfin, la conduite d’un deux-roues motorisé en tongs, short, T-shirt, et qui, lors d’une chute, écorche de la tête aux pieds.
Gare aux grillades Avec l’été
arrivent les grillades. Les accidents – heureusement rares – arrivent presque toujours de la même façon. Un quidam tente de ranimer un barbecue en versant sur les braises du liquide inflammable. Le feu court le long du jet et embrase l’imprudent. La solution ? Utiliser des allume-feu solides. Les commerces vendent toute sorte de briquettes efficaces.
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De manière plus anodine, les coupures surviennent lorsqu’on marche pieds nus sur du verre cassé. Un conseil donc, lors des concerts nocturnes et bondés prévoyez de bonnes chaussures, même sous la canicule. Les organisateurs de ce type de manifestations ont d’ailleurs pris la mesure du danger. En 2013, les bouteilles en verre ont été interdites à la Lake Parade. Résultat ? Les coupures aux membres inférieurs ont été divisées par trois.
Pulsations
Par Laetitia Grimaldi Photo Fred Merz | lundi13
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p o r t r a i t
Autopsie d’une passion
AA37 37ans, ans,Silke SilkeGrabherr Grabherr est estnon nonseulement seulementla ladirectrice directrice du duCentre Centreuniversitaire universitaireromand romand de demédecine médecinelégale, légale,mais maiségaleégalement mentcelle cellequi quiest estparvenue parvenue ààmettre mettreau aupoint pointl’angiographie l’angiographie post-mortem. post-mortem.Une Unetechnique technique aujourd’hui aujourd’huiplébiscitée plébiscitéedans dans le lemonde mondeentier. entier.Portrait Portraitentre entre deux deuxavions, avions,deux deuxautopsies, autopsies, deux deuxtranches tranchesde devie. vie. 26
Le portrait
1980
A
la voir, à l’entendre, l’aurait-on imaginée médecin légiste ? Pas sûr. Parce que la joie de vivre qu’elle dégage contraste avec le froid et la stupeur qu’on imagine envahir une salle d’autopsie lorsqu’un cadavre y est déposé. Et c’est pourtant de ce contraste que les clichés tombent : Silke Grabherr allie une force, une passion, une sensibilité qui rendent considérablement humaine et vivante la médecine des morts et des humains en souffrance. Car rappelons-le, la médecine légale s’occupe des défunts décédés dans des circonstances a priori suspectes, mais aussi d’êtres bien vivants, victimes de sévices, de viols et impliqués dans des démarches judiciaires nécessitant des expertises médico-légales. La passion de Silke Grabherr résonne comme celle des rêves atteints par celles et ceux qui font ce qu’ils ont envie de faire depuis toujours. Toujours, ou presque, explique-t-elle : « Comme beaucoup en Autriche, d’où je viens, j’ai fait une formation professionnalisante, en cinq ans, sorte de gymnase couplé à une école spécifique, hôtelière dans mon cas. J’en suis sortie potentiellement serveuse, comptable, secrétaire, cuisinière, et convaincue de vouloir faire tout sauf ça ! Mais je viens d’un milieu modeste, ma mère m’élevait seule, reprendre des études n’était pas si simple. » Deux voies la font pourtant rêver : médecine et police. Ce sera médecine. La jeune femme se lance : départ pour l’Université d’Innsbruck, immersion dans les cours et jobs d’étudiant. Elle se sent sur sa voie, mais pas complètement convaincue. « Je ne me voyais pas spécialiste d’un organe toute ma vie ou médecin généraliste seule dans un cabinet. Le déclic est venu d’un stage en médecine légale, raconte Silke Grabherr. Tout y était : la médecine du corps dans son ensemble, les investigations policières, les interactions avec la justice, l’adrénaline. Alors certes,
2004
Doctorat en médecine à l’Université d’Innsbruck, Autriche
2004
Arrive à l’institut de médecine légale de Berne
2004 2011
Met au point la technique d’angiographie post-mortem
2014
Nommée responsable de l’unité d’imagerie forensique au Centre universitaire romand de médecine légale
2016
Nommée professeure ordinaire de médecine légale à l’Université de Genève et à l’Université de Lausanne
en salle d’autopsie le patient est mort, mais comprendre l’humain qu’il a été et ce qu’il lui est arrivé m’a fasciné. » Angiographie post-mortem
Sa volonté ne la quittera plus. Ni pour obtenir son doctorat en médecine, ni pour décrocher un stage à l’Institut de médecine légale de Berne. Et encore moins face au défi qui lui est alors lancé : prouver qu’elle peut faire sa thèse sur un projet naissant et chaotique, l’angiographie post-mortem. Sept ans d’embûches, de ténacité, d’audace plus tard, elle réussit à mettre au point une technique là où tout le monde échouait. Ce qui lui vaudra quelques hostilités. Cette technique d’abord bricolée devient un appareil industrialisé (la MPMCTA, pour Multiphase Post Mortem Computed Tomography Angiography). Le principe : relancer la circulation vasculaire pour suivre le trajet emprunté par le sang avant l’arrêt du cœur et y observer les éventuelles failles, conséquences possibles de blessures, gestes médicaux accidentels ou pathologies cardiovasculaires fatales. Devenue directrice du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) * après le départ à la retraite du Pr Patrice Mangin, Silke Grabherr est à un tournant. Sa MPMCTA est utilisée en Italie, en France, en Corée du Sud, au Japon ou encore au Brésil. Les médecins légistes experts en imagerie médicale du monde entier viennent la découvrir et se former au CURML et les projets internationaux se multiplient. « Aujourd’hui, mon moteur est de pouvoir donner à d’autres les moyens de faire ce qui me passionne et ce en quoi je crois. La médecine légale est essentielle. Nous la devons aux morts autant qu’aux vivants. »
2016
Nommée directrice du Centre universitaire romand de médecine légale
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* Le CURML est une entité relevant
à la fois des HUG et du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).
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Comprendre l’humain qu’il a été
Naissance à Hohenems, en Autriche
Pulsations
Le tai-chi, pour le corps et l’esprit Connu depuis la nuit des temps en Chine, le tai-chi est proposé à l’Hôpital de jour de gériatrie commu nautaire des sites de Loëx et de Belle-Idée pour ses nombreux bienfaits physiques et psychique.
A l’instar d’Adela, les patients de l’hôpital de jour sont des personnes fragiles, en manque d’autonomie. « Le tai-chi est proposé dans le cadre du maintien à domicile et de la prévention des chutes », souligne Christine Le Roy, infirmière responsable des hôpitaux de jour de l’unité de gériatrie communautaire. Les patients participent à une séance hebdomadaire sur une base volontaire. « Le but est de travailler sur la mobilité et de rétablir l’équilibre à travers le mouvement. » Le tai-chi qui leur est proposé est adapté à leur situation. Il se pratique assis, mais ceux qui le peuvent font certains exercices debout.
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Tai-chi est l’abréviation de tai-chi-chuan, un art martial chinois qui signifie la boxe du faîte suprême. Sans le chuan (la boxe), qui représente la dimension martiale, reste le tai-chi et ses aspects santé et harmonie. Il en existe plusieurs écoles dont la plus ancienne remonterait aux années 1600.
Crédit: Markus Heilmann (taiji.de)
Par Patricia Bernheim
Juillet - Septembre 2017
M i e u x - v i v r e
A
dela a 86 ans. Elle a des problèmes de mobilité à cause d’un genou. Elle marche avec un déambulateur, mais elle vit toujours dans son appartement genevois. Il y a deux ans, elle chute. Séjour à l’hôpital, puis hôpital de jour. Lorsqu’elle découvre que le tai-chi fait partie des activités proposées, elle s’en réjouit. « J’ai vu à plusieurs reprises des groupes de personnes de tous âges faire cette gymnastique en plein air, dans les parcs, lors d’un voyage en Chine. Ça m’avait beaucoup intéressée. »
Mieux-vivre Vertus insoupçonnées
Pratiqué régulièrement, le tai-chi soulage aussi la douleur. « Cela aide les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, souligne l’infirmière. A force de répéter les mouvements, les gestes gagnent en amplitude et les douleurs s’amenuisent. On constate de grandes améliorations. » Pour sa part, Adela a diminué progressivement la dose de cortisone qu’elle prenait depuis douze ans. « Mon médecin souhaitait que j’arrête d’en prendre, mais j’avais très peur que les douleurs reviennent. Finalement, avec le tai-chi et la relaxation, ça s’est très bien passé. Pour moi, ça a été un grand pas en avant ! »
Des bienfaits sur le psychisme
Lors des exercices, les fonctions cérébrales sont également toutes activées. Cela stimule la concentration et la mémoire. « On note aussi une diminution de l’angoisse et une meilleure estime de soi. Enfin, tout ce travail de mouvements accompagnés de musique chinoise dans une ambiance calme, aide à se détendre et donc à dormir », précise encore Christine Le Roy. Non seulement Adela ne raterait sa séance hebdomadaire pour rien au monde, mais elle pratique aussi cette forme de gymnastique à la maison. « Je le fais comme je me lave les dents, comme une routine quotidienne. Cela me fait du bien quand je suis angoissée ou quand j’ai mal. C’est mieux que les médicaments pour les douleurs aussi bien physiques que morales, parce que ça m’aide à m’évader ».
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Anti-stress Tout le monde peut tirer bénéfice de cette gymnastique du corps et de l’esprit tout au long de la vie et indépendamment de sa condition physique. Elle ne nécessite pas d’aptitudes particulières et présente l’avantage de n’avoir aucune contre-indication. C’est par exemple un très bon outil pour lutter contre le stress.
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Bien qu’effectués lentement, les mouvements de rotation et d’étirement du haut et du bas du corps sont intenses. Pour Adela, aucun doute, le tai-chi est bénéfique : « Cela m’aide grandement et m’a appris beaucoup de choses sur mon corps ». Comme le souligne Christine Le Roy, plusieurs études montrent qu’une pratique régulière permet de développer la coordination des mouvements, la force et l’endurance. Cela a également une action sur le système respiratoire. « Les mouvements des bras ouvrent la cage thoracique si bien qu’on s’oxygène mieux ». D’autres exercices, pratiqués avec un bâton, stimulent des points définis dans la médecine chinoise et améliorent le transit. « C’est parfait pour les personnes constipées, ce qui est le cas d’un bon nombre de nos patients ».
Par Geneviève Ruiz Photos Nicolas Righetti | lundi13
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R e p o r t a g e
Pulsations
Défi sportif après un infarctus Une quarantaine de patients, victimes pour la plupart d’un infarctus du myocarde, s’est fixé un objectif de taille : effectuer à pied les 31 km du parcours de Sierre-Zinal. Un bel exemple de motivation.
L
es rayons obliques du soleil couchant éclairent les visages d’un groupe de marcheurs au sommet du Salève en ce jeudi soir de mai. Les muscles et les langues se délient autour d’un cake et d’un jus de pomme. Bien mérités, après plus d’1h30 de marche et 500 m de dénivelé positif sur des sentiers aussi boueux qu’escarpés.
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Reportage
A priori, rien ne différencie cette troupe de joyeux sportifs de n’importe quelle autre. Mais ici les participants ont un point commun : ils ont été victimes d’un problème cardiaque il y a quelques mois à peine. Et ils s’entraînent pour relever un défi de taille : parcourir les 31 kilomètres et les 2’200 m de montée du tracé de la mythique course de Sierre-Zinal en septembre prochain, sur trois jours. Ils sont une quarantaine, dont une poignée de femmes (quatre !) seulement. Et pourtant, elles sont de plus en plus sujettes aux maladies cardio-vasculaires.
Encadrés par une équipe de soignants, les « sportifs du cœur » s’entraînent régulièrement pour le mythique tracé de Sierre-Zinal.
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Pulsations
« Environ 900 personnes sont hospitalisées chaque année aux HUG pour un infarctus du myocarde, précise Philippe Sigaud, infirmier du service de cardiologie et responsable du projet. Parmi elles, 300 suivent un programme ambulatoire de réadaptation cardiovasculaire de six semaines dès leur sortie de l’hôpital, afin de se remettre sur pied et de prendre de bonnes habitudes de vie pour le futur. A ce moment-là, nous leur proposons depuis quelques années de relever un défi sportif. Cela leur permet de reprendre confiance en elles et de vivre une belle aventure collective. » En 2015, c’est le tour du lac Léman à vélo qui avait été mis au programme. Et l’an dernier, un sommet de plus de 3000 m dans le massif des Diablerets.
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Redonner le goût de l’effort
Des exploits qui, quelques années auparavant, semblaient encore hors de portée pour la majorité des victimes de crise cardiaque. Au Salève, l’entraînement est pourtant soutenu. Le rythme de montée ne ressemble en rien à celui d’une balade du dimanche. « Les études montrent qu’un effort physique régulier est crucial pour se rétablir d’un infarctus et prévenir les rechutes », explique Philippe Sigaud. On se trouve bien loin des semaines de repos total recommandées
Témoignage #1
« Découvrir la montagne est un plaisir » ARTHUR, 47 ans
En janvier dernier, Arthur a fait un arrêt cardiaque pour lequel il a été opéré aux HUG. Il semblait bien se remettre, mais deux jours plus tard, son cœur s’est arrêté de
autrefois. Les progrès technologiques participent également à cette évolution : la pose de stents – des ressorts métalliques placés dans les artères sous anesthésie locale – s’est maintenant généralisée. « L’intervention est moins lourde et les patients retrouvent vite leurs capacités, observe le responsable du projet. Mais il est important qu’ils adoptent un mode de vie sain sur le long terme. Car pour certains, dès le retour à la maison, les mauvaises habitudes sont vite retrouvées. » C’est pourquoi Philippe Sigaud et son équipe, formée de physiothérapeutes, cardiologues, infirmiers et d’un assistant technique, sont aussi motivés à transmettre le goût de l’effort à leurs patients. Si la majorité de ces derniers proviennent des HUG, le programme inclut également des patients d’autres cantons romands. Pendant les entraînements, qui ont lieu toutes les deux semaines, l’équipe encadre les participants de façon bénévole. Elle leur donne ainsi la possibilité de s’adonner à une activité physique en toute sécurité. Elle les encourage à progresser et à se dépasser. Car pour certains d’entre eux, qui n’ont jamais pratiqué de sport, l’effort à fournir est immense pour grimper sur ces chemins vertigineux.
battre huit fois de suite. Il est alors plongé dans un coma artificiel durant une semaine et des stents supplémentaires sont placés dans ses artères. « Je participe au projet Sierre-Zinal parce que cela me montre ce que je suis capable de faire, raconte cet intendant immobilier. Et je découvre la montagne, un milieu que je ne connaissais pas du tout. C’est un vrai plaisir. »
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Cardiologie
Témoignage #2
« Ce qui me motive, c’est l’ambiance du groupe » SILVIO, 83 ans
Témoignage #3
« L’exercice physique fait désormais partie de ma vie » DANIEL, 61 ans
Garagiste de profession, Daniel a fait un infarctus en février 2016. « Cette épreuve m’a fait comprendre que je devais pratiquer un sport pour rester en bonne santé. Mais au début, cela a été très difficile. J’ai participé au défi sportif de l’an dernier et lors des premiers entraînements, j’ai cru que j’allais abandonner. C’est grâce à l’équipe d’encadrement que j’ai tenu bon. Et j’y ai pris tellement goût que je participe à nouveau cette année au projet Sierre-Zinal ! L’exercice physique fait désormais partie de ma vie. »
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Doyen du groupe, Silvio est aussi celui qui caracole toujours en tête. Agé de 83 ans, il affiche une forme physique impressionnante et pratique plusieurs sports, comme le vélo ou le ski de randonnée. Difficile de croire que ce chauffeur à la retraite s’est fait opérer de l’aorte en décembre 2016 et qu’il a dû perdre 35 kilos il y a quelques années. « Ce qui me motive à venir ici, c’est l’ambiance et le partage avec les autres participants. C’est magnifique de réaliser ce défi tous ensemble. »
Pulsations
Par Michael Balavoine Illustration Owen Davey
Juillet - Septembre 2017
L ’ o r g a n e
Pour se repérer dans l’espace et percevoir les mouvements, les humains, comme tous les mammifères, se reposent sur une structure aux mécanismes complexes et encore mystérieux : le système vestibulaire. Avec ses trois canaux semi-circulaires et ses deux cavités, cet organe sensoriel assure le maintien de l’équilibre et stabilise le regard. Mal connus, les troubles vestibulaires bouleversent la vie quotidienne.
Expert
Pr Jean-Philippe Guyot, médecinchef du service d’oto-rhinolaryngologie
LE SYTÈME
VESTI
Troubles vestibulaires
Extrêmement difficiles à diagnostiquer car ils se manifestent de façon très variable, les déficits vestibulaires passent souvent inaperçus. Une personne peut se sentir comme saoule toute la journée ou avoir des nausées et des vertiges, mais elle peut aussi avoir l’impression de « sortir » de son corps, car le système vestibulaire gère, en somme, la relation qu’on a au monde. Les médecins distinguent les atteintes unilatérales, qui ne touchent qu’un seul côté du système, des troubles bilatéraux, dans lesquels les cellules sensorielles ne répondent simplement plus. Dans ce dernier cas, un implant destiné à remplacer le système vestibulaire par une batterie est en phase de test. Conçu aux HUG, ce développement thérapeutique offre des premiers résultats encourageants pour un traitement futur. 34
Sensation de gravité et accélération linéaire
Deux cavités, l’une orientée verticalement (la saccule), l’autre horizontalement (l’utricule), permettent au cerveau de percevoir la notion de haut et de bas. Lorsqu’on penche la tête, des petits cristaux, les otolithes, « descendent » sous l’effet de la pesanteur. Les cils situés à la surface des cellules sensorielles se courbent. En mettant en relation les deux cavités perpendiculaires, le centre de l’équilibre du cerveau peut déterminer la position de la tête dans l’espace par rapport à la verticale terrestre. C’est ainsi que l’on sait si on se trouve sur ses pieds ou sur sa tête…
L’organe Mouvements et rotations du corps Faire « oui » ou « non » de la tête semble totalement banal. Pourtant, ne pas se désorienter en effectuant ces gestes basiques nécessite une mécanique spectaculaire assurée de manière automatique par les trois canaux semi-circulaires du système vestibulaire. Lorsque l’on bouge la tête, le liquide contenu dans ces tubes se met en mouvement et fait onduler des petits cils qui se trouvent à la surface des cellules sensorielles du système vestibulaire, ce qui déclenche des stimuli électriques qui renseignent le cerveau sur les mouvements de la tête dans l’espace. Nerf vestibulaire
La cochlée
Son rôle est de transmettre l’information du mouvement aux centres nerveux de l’organisme.
Cette partie de l’oreille interne n’a rien à voir avec l’équilibre. Elle participe à une autre fonction sensorielle centrale pour l’organisme : l’ouïe.
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Le système vestibulaire peut être considéré comme un sixième sens, qui vient s’ajouter à l’ouïe, l’odorat, le toucher, la vue et le goût.
500’000 personnes pourraient être touchées en Europe et en Amérique du Nord par un déficit du système vestibulaire.
1/1’000
C’est la proportion de la population qui pourrait être touchée par des déficits bilatéraux.
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patients des HUG participent à l’étude du Pr Jean-Philippe Guyot sur l’implant vestibulaire.
A lire Le vertige paroxystique positionnel bénin, brochure à télécharger sur hug-ge.ch/informations-sante
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BULAIRE
Pulsations
Par Giuseppe Costa Photo Pedro Neto
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T é m o i g n a g e
« Mon quotidien était une montagne de souffrances » Claude-Nicolas Becker a longtemps dysfonctionné, sans parvenir à mettre de nom sur son problème. Jusqu’au jour où le diagnostic, trouble déficit de l’attentionhyperactivité*, sonne comme une libération.
* Trouble déficit de l’attention-hyperactivité (TDA-H) : apparaît dans l’enfance et persiste dans environ 60% des cas à l’âge adulte. Ce trouble se caractérise par des difficultés à maintenir son attention, à organiser son quotidien et à accomplir des tâches ennuyeuses, ainsi que par une tendance à la procrastination et l’impulsivité. 36
Témoignage
«T
Parcours chaotique Et d’ajouter : « Plus ça vous tombe dessus, plus vous vous sentez nul et moins vous réussissez. J’avais un énorme manque de confiance en moi. Je ne me trouvais pas adapté à ce monde. J’ai eu des idées suicidaires. » Avec un tel lest, quelle carrière professionnelle possible ? ClaudeNicolas quitte Genève et suit son père en Valais, parti reprendre une entreprise viticole familiale. Durant près de vingt ans, à ses côtés, il enchaîne différents métiers : caviste, œnologue – diplômé de Changins –, représentant à l’étranger, chef de vente, directeur commercial et même, pour finir, directeur général, après avoir passé un diplôme fédéral d’économiste.
Au moment d’égrainer ses souvenirs, Claude-Nicolas n’hésite pas : « Aussi loin que je remonte dans ma mémoire, je me souviens d’un mal-être intérieur incroyable. Enfant, je pleurais pendant des heures avant de me coucher sans savoir pourquoi. A l’école, je ne travaillais pas. » Ses parents cherchent des solutions. Il passe par plusieurs écoles privées, finit en internat. A chaque fois un échec. « Un livret de maths ou du vocabulaire d’allemand ? Impossible pour moi d’apprendre par cœur. Je regardais par la fenêtre, je n’arrivais pas à me concentrer. Je n’avais aucun intérêt pour quoi que ce soit et ne terminais jamais rien. Je gardais en moi et ne partageais pas. Mon quotidien était une montagne de souffrances. »
Un parcours chaotique, marqué qui plus est par un problème de dépendance. « Je buvais beaucoup, mais avec le temps, cela a pris des proportions énormes. Toujours sur la défensive, je mettais la faute sur les autres. J’en ai eu marre d’avoir marre et j’ai suivi une cure pour m’en sortir. » Sans oublier les difficultés d’organisation au quotidien pour travailler normalement. « J’ai utilisé la méthode du mind map (carte mentale) pour garder des idées en tête et structurer mes discours. J’arrivais aussi à cacher mes lacunes en m’entourant des bonnes personnes. Et puis, surtout, en tant que fils du patron, j’étais indéboulonnable. S’il n’y avait pas eu l’entreprise familiale, je ne sais pas comment j’aurais tourné. » 37
En 2006 : surcroît de travail, burn-out et fin de l’aventure. S’ensuit une longue période de dépression, de chômage entrecoupé d’emplois dans les assurances. Suivi par un psychiatre, il est mis en contact avec le Dr Perroud… pour un diagnostic libérateur. Confiance en l’avenir
Depuis deux ans, ces deux médecins le traitent. Avec succès. « Les résultats des médicaments sont spectaculaires. Je suis de nouveau actif. Je dois encore faire du travail sur moi-même pour comprendre mon fonctionnement, mais je n’ai plus de pression, car je connais mon problème. » Et l’avenir ? « Je suis un rescapé de la vie qui a traversé une longue période de déprime. Aujourd’hui, j’ai repris du plaisir à vivre. Je dois à mes médecins ma vie actuelle. J’ai un nouveau projet professionnel auquel je crois et dans lequel je m’investis. » Claude-Nicolas propose désormais à quiconque de créer son propre vin. PRATIQUE Unité des troubles de la régulation émotionnelle des HUG Consultation TDA-H Rue de Lausanne 20bis Tél. 022 305 45 11
4 %
de la population concernée par le TDA-H.
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oute ma vie, je me suis demandé pourquoi je fonctionnais mal. J’avais même fini par accepter cette situation. Un jour, un médecin me dit qu’il a rarement vu quelqu’un avec autant de symptômes typiques. Soudainement, j’ai compris l’entier de ma vie. J’ai éclaté en sanglots. » Claude-Nicolas Becker, 54 ans, évoque cet instant libératoire. Les yeux rougis, il essuie une larme. Deux ans plus tard, l’émotion est encore vive. Ce médecin, c’est le Dr Nader Perroud. Le responsable de l’unité des troubles de la régulation émotionnelle des HUG lui a diagnostiqué un trouble déficit de l’attentionhyperactivité (TDA-H).
CAS / INTEGRATION DES SAVOIRS SCIENTIFIQUES DANS LES PRATIQUES PROFESSIONNELLES DE LA SANTÉ
En partenariat avec la HEdS FR, HESAV et le CHUV
CAS / EVALUATION CLINIQUE INFIRMIÈRE
En partenariat avec la HEdS FR et le CHUV
PROCHAINES ÉDITIONS DÉBUT 2018 Pour en savoir plus, rendez-vous dans nos locaux à la séance d’info du mardi 3 octobre à 18h.
Secrétariat Formations continues postgrades Avenue Vinet 30 CH – 1004 Lausanne T +41 (0)21 641 38 63 infopostgrade@ecolelasource.ch
www.ecolelasource.ch
Pulsations
A l’instar des quatre autres hôpitaux universitaires suisses, les HUG adoptent le consen tement général. Cette initiative apporte un formidable bol d’air aux chercheurs. Elle donne en effet aux patients la possibilité de mettre tous leurs prélève ments et les données liées à leur santé – passés, présents et futurs –, récoltés aux HUG, à disposition de la recherche.
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« C’est un grand pas en avant. Aujourd’hui, huit études cliniques sur dix sont retardées ou modifiées tant le recrutement des patients est une procédure longue et complexe », rappelle la Dre Caroline Samer, médecin adjointe, cheffe du projet Médecine universitaire lémanique, nationale et internationale du plan stratégique Vision 20/20.
R e c h e r c h e
en 6 questions
Les patients des HUG reçoivent une brochure explicative et le formulaire de consentement. Après lecture de ces documents, ils décident de signer ou non le formulaire. En signant, ils acceptent que leurs données liées à la santé et leurs échantillons biologiques collectés lors de la prise en charge soient réutilisés par des chercheurs. « Donner son accord n’entraîne aucun acte médical supplémen taire », souligne la Dre Samer. Et le consentement peut être révoqué en tout temps.
Par André Koller
Le consentement général pour la recherche
Comment ça marche ?
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Que sont les données liées à la santé ?
Qu’en est-il de la confidentialité ?
Ce sont toutes les infor mations contenues dans le dossier médical d’un patient : âge, sexe, poids, pathologies, symptômes, facteurs de risque (sédentarité, tabagisme, etc.), examens cliniques ou radiologiques, analyses de laboratoire, patrimoine génétique, etc. Ainsi que des informations sur le déroulement de la maladie, les médicaments prescrits et la réponse aux traitements.
Lorsque des données liées à la santé et des prélèvements sont transmis à des tiers, leur identité est codée. Les HUG seuls détiennent la clé du codage. Cette modalité protège la confidentialité du patient et fournit aux chercheurs un ensemble coordonné d’informations. L’identité du patient, ses diagnostics, prélèvements, examens et traitements restent regroupés. C’est essentiel pour la plupart des études. Quand le lien avec le patient est définitivement effacé, les données et les échantillons sont dits « anonymes ». Ceux-ci ne pourront plus être retirés des biobanques si le patient révoque son consentement.
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Y a-t-il une surveillance éthique ?
Et pour les enfants ?
Tous les projets de recherche menés avec des échantillons ou des données médicales sont avalisés par la commission cantonale d’éthique et de la recherche. Celle-ci examine la conformité des études sous les angles éthiques, scientifiques et juridiques. Si la demande provient de l’étranger, les HUG s’assurent que les exigences légales des pays destinataires soient équivalentes à celles de la Suisse en matière de protection des données.
La pédiatrie attend des bénéfices importants du consentement général. En effet, la recherche médicale dans cette spécialité souffre tout particulièrement de la difficulté de recrutement de patients. « Et en l’absence de données, beaucoup d’études ne voient jamais le jour », déplore la Pre Klara Posfay Barbe, médecin adjointe agrégée au service de pédiatrie. Comme ces patients n’ont pas atteint leur majorité, le formulaire est signé par les parents. Un accord oral est demandé aux enfants dès l’âge de 10 ans, et une cosignature dès 12 ans. Le consentement doit être confirmé à 18 ans.
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6 Que devient le consentement pour une étude spécifique ? Si pour les besoins d’une étude particulière, un patient est astreint à des examens, des traitements ou des prélèvements non prévus dans la prise en charge standard, il lui sera toujours demandé de signer un consentement spécifique qui l’informe de la nature et des buts de l’étude en question.
CHOISIR DE S’EN SORTIR. Déprime, angoisses, détresse, idées suicidaires : MALATAVIE • LIGNE ADOS 022 / 372 42 42 24h / 24 et 7j / 7
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Juillet - Septembre 2017
J u n i o r
Par Michael Balavoine Illustrations PanpanCucul
Guêpes, abeilles, frelons: que faire en cas de piqûre ? Avec l' été, les risques de piqûres d' hyménoptères (guêpes, frelons, abeille s) augmentent particulièrement chez les jeunes, notamment à cause des nombreuses activités en extérieur. Comment savoir si cela est grave ?
Expert Pr Philippe Eigenmann, médecin responsable de la consultation d’allergologie pédiatrique.
Comment le corps réagit à une piqûre ? Quand les guêpes, les frelons et les abeilles piquent, ils injectent du venin dans l’organisme, ce qui provoque une réaction inflammatoire. Normalement, la zone où a eu lieu la piqûre gonfle pendant deux jours, puis le gonflement disparaît cinq à dix jours après l’événement. Pour diminuer l’inflammation et les douleurs, il faut appliquer du froid. Si le dard est resté dans la peau, il faut l’enlever en grattant, par exemple avec l’ongle. En partenariat avec
RTSdecouverte.ch
Et si c'était une allergie Dans 0,5 à 5% des cas, le corps peut réagir de manière violente et immédiate aux protéines contenues dans le venin des insectes, appelé aussi allergène. L’organisme s’emballe et produit alors en trop grande quantité des armes contre ces substances normalement inoffensives. Des problèmes respiratoires, une crise d’asthme ou une réaction inflammatoire généralisée peuvent se manifester. Après deux heures, les symptômes disparaissent. Mais attention : si la réaction est grave, il faut consulter rapidement un médecin. 42
Junior
Est-ce grave ?
Désensibiliser pour en finir avec l'allergie Les médecins arrivent maintenant bien mieux qu’auparavant à déterminer à quelle substance on est allergique. Pour que le corps n’y réagisse plus de manière disproportionnée, ils peuvent proposer une désensibilisation. Du venin est alors injecté en quantité constante pendant 3 à 5 ans pour habituer le système immunitaire à la substance allergénique. La méthode ultrarush permet de réaliser le même processus – augmentation de la quantité de venin injecté dans le corps – dans un temps bien plus court, soit 3h30.
Le saviez-vous ? La quantité de venin libérée lors d’une piqûre varie considérablement d’un insecte à l’autre. Une piqûre d’abeille libère en moyenne 50 de venin, tandis qu’une piqûre de guêpe – insecte capable de piquer à plusieurs reprises – en libère 2 à 3 seulement.
Bon à savoir En Suisse, seuls les abeilles, les guêpes et les frelons provoquent des allergies. Les piqûres de fourmis sont désagréables, mais ne sont pas responsables de telles réactions. On est allergique soit aux guêpes et aux frelons, soit aux abeilles, mais pas aux deux familles en même temps. Et le fait d’être allergique aux pollens n’augmente pas le risque de l’être à ces insectes. 43
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Dans la majorité des cas, une piqûre est sans gravité. Toutefois, si : • vous avez été piqué cinq fois ou plus ; • vous avez de la peine à respirer et vous commencez à tousser ; • vous avez de la peine à avaler, vous vous sentez mal ou un gonflement du visage survient ; il faut alors sans attendre appeler le 144 et, en cas de disponibilité, prendre deux antihistaminiques et s’injecter de l’adrénaline et de la cortisone avec un dispositif auto-injecteur (EpiPen ou Jext ).
Pulsations
Parmi les nouveautés de Gustave Julliard, nouveau bâtiment d’hospitalisation des HUG, figure l’ouverture de l’Arcade imad (institution genevoise de maintien à domicile). Installée au premier étage, elle a pour but d’informer et de conseiller les patients, les proches aidants ou encore les partenaires du réseau de soins.
Les HUG et le GHOL s’associent Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et le Groupement hospitalier de l’Ouest Lémanique - Hôpital de Nyon (GHOL) ont signé une convention de collaboration, créant ainsi à Nyon une annexe satellite du Centre du sein des HUG. L’objectif est de partager une expertise dans la prise en charge des patients atteints de cancers du sein conformément
Children Action lance Click4Help.ch La Fondation Children Action a créé le site Click4Help.ch afin de permettre aux jeunes âgés de 12 à 25 ans, à leurs familles et aux professionnels qui les entourent de trouver, en quelques clics seulement, l’information ou l’aide dont
Les infirmières présentes évaluent les besoins, les prestations à mettre en place et orientent au sein du réseau santé social genevois, directement à sa sortie de l’hôpital. Imad assure des prestations de soins, d’aide et d’accompagnement social pour favoriser le maintien des personnes à domicile et préserver leur autonomie dans le respect de la sphère privée. Cette arcade est ouverte 7j/7, de 10h à 20h du lundi au vendredi, et de 11h à 19h les samedis, dimanches et jours fériés.
au label de qualité suisse dont disposent les HUG et aux standards universitaires. Ce partenariat prévoit notamment que les interventions soient effectuées par un membre de l’équipe centrale spécialisé en chirurgie oncologique ou en sa présence, que les prélèvements tumoraux soient revus par le service de pathologie clinique des HUG et que des infirmières référentes du centre du sein accompagnent les patients tout au long de leur suivi sur les deux sites. Les médecins oncologues des deux centres utilisent également les mêmes protocoles de chimiothérapie.
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ils ont besoin parmi les quelque 200 structures du canton. Les sujets abordés : le suicide, le mal-être, les troubles du comportement, les violences, la sexualité, la famille, la scolarité ou encore les problèmes d’ordre social. La majorité de ces thèmes est déclinée en souscatégories permettant d’affiner la recherche.
Crédits : vincensini-imad, istockphoto, Judith Dumez
Par Giuseppe Costa
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B r è v e s
Arcade imad à Gustave Julliard
Brèves
Comprendre l’hypnose
Végétalisation du CTS Les végétaux partagent avec l’humain une force de vie évidente. Donner son sang, c’est donner la vie. Si un arbre fruitier donne des fruits, il ne se soucie guère de qui en profitera. Le don du sang est aussi un geste solidaire, désintéressé et les donneurs de sang honorent la vie avec cet acte.
Vaincre les phobies, réduire l’anxiété, retrouver un bon sommeil, éviter certaines anesthésies générales, se débarrasser de la cigarette : des cas de figure, parmi d’autres, où le recours à l’hypnose peut être d’une aide précieuse. Cet outil, utilisé à des fins médicales et thérapeutiques, rencontre toujours plus de succès auprès du public. J’ai envie de comprendre… L’hypnose,
Le partenariat aux HUG, c’est maintenant !
paru aux éditions Planète Santé, lève le voile sur la transe hypnotique et vous explique comment elle agit sur votre inconscient. Peuton se faire manipuler sous hypnose ? Dort-on pendant une transe ? Peut-on retrouver des souvenirs enfouis ? Autant de questions abordées dans ce petit guide rédigé par Yseult Théraulaz, journaliste, avec le Pr Eric Bonvin, psychiatre et hypnothérapeute, et la Dre Adriana Wolff, médecin adjointe au service d’anesthésiologie des HUG.
ou encore les prestations hospitalières et logistiques. Ces rencontres ont pour but de trouver des solutions adaptées aux besoins de tous. Depuis juin 2016, plus de 200 patients et aidants y ont participé. Pour toute information complémentaire ou inscription, prenez contact par e-mail avec Sylvie Touveneau, cheffe du projet Patients partenaires (patients. partenaires@hcuge.ch). Pour en savoir plus sur ce projet : www. hug-ge.ch/patients-partenaires
Vous êtes un patient, un aidant ou un professionnel de la santé et souhaitez contribuer à l’amélioration de la vie à l’hôpital ? Venez assister à des réunions de deux heures au cours desquelles vous partagerez votre point de vue sur des thèmes comme le confort patient, la relation médicale
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Pour les remercier, le Centre de transfusion sanguine (CTS) dispose désormais d’un espace plus convivial et accueillant. Habité de cinq végétaux de grandeur humaine et doté d’un mobilier tout en rondeur, de matières naturelles, il rappelle les formes organiques, jusqu’à un coin de verdure qui marque la cafétéria. Si vous souhaitez donner votre sang, consultez le site internet www.dondusang.ch
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JUIL.
Pulsations
Par André Koller
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A g e n d a
De la molécule à la pilule SEU – Salle d’exposition de l’UNIGE Bd Carl-Vogt 66 Du lundi au vendredi, de 12h30 à 18h Bâtiment Gustave Julliard Entrée libre
De la molécule à la pilule présente les différentes étapes du cycle de vie d’un médicament, de sa découverte à son recyclage. L’histoire de la malaria et de l’artémisinine – une molécule extraite de la plante Artemisia annua pour soigner cette maladie – illustre ce long processus. Dans une scénographie originale, cette exposition permet aussi de découvrir les multiples facettes du métier de pharmacien ainsi que le rôle de l’École de pharmacie GenèveLausanne pour la formation et la recherche dans le domaine pharmaceutique. Visites guidées gratuites sur inscription : unige.ch/-/molecule-pilule
10 jours du cancer de l’ovaire Aidons les femmes à reconnaître les symptômes Lundi 18 : Action de sensibilisation des HUG et de la Ligue genevoise contre le cancer (LGC) avec le vieux tram de Genève. Départ à 17h, arrêt Place de Neuve.
05/09 au 26/01 Exposition Regards Croisés Hall d’entrée et Espace Opéra Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre
Deux regards, deux sensibilités se rencontrent pour donner naissance à une seule et même œuvre, élaborée à quatre mains. Par le dessin spontané au fusain, Renée Furrer, artiste plasticienne, vient compléter, enrichir et transformer les photographies minutieusement cadrées et retravaillées de Thierry Wenger. Arolla, en Valais, a inspiré ce travail. La montagne est au cœur de beaucoup de leurs projets personnels, comme espace infini de contrastes et
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Dimanche 24 : Dès 10h 11e Course Terry Fox de l’Espoir, Four Seasons Hôtel des Bergues, en faveur de la LGC. Départ de la course à 10h30. Infos : 022 322 13 33 - ligue.cancer @mediane.ch - www.lgc.ch
Lundi 25 : De 12h à 14h Conférence-brunch sur le dépistage du cancer de l’ovaire, par la Dre Manuela Undurraga Malinverno du service de gynécologie des HUG. Lieu : Ligue genevoise contre le cancer, rue Leschot 11.
Mardi 26 et mercredi 27 : de 12h à 14h. Stands d’information dans le hall d’entrée de l’Hôpital. Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4.
Crédits : DR, Renée Furrer, Bernard Villat
Exposition
18 au 27/09
SEPT.
Jusqu’au 22/09
d’interprétations, de lignes et de courbes, d’ombres et de lumières. Vernissage : 5 septembre à 18h dans le hall de l’entrée principale de l’Hôpital.
Agenda
21/09 Alzheimer Journée genevoise De 14h à 20h Uptown Geneva Rue de la Servette 2
Exposition Attention, danger d’imaginaire ! L’art pictural de Bernard Villat Division privée des HUG Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre
Les mondes ludiques et colorés de Bernard Villat hésitent entre songe et réalité. C’est un peuple improbable jailli du chaos primordial incarné par des personnages porteurs d’une généalogie éclatée. Faune multicolore égarée sur des chemins sans relief, ces animalcules complets
TV
Chaque mois, Pulsations TV consacre une émission à un aspect particulier de la médecine aux HUG.
JUILLET Rediffusion Plein feu sur le nouveau bâtiment d’hospitalisation Gustave Julliard qui a accueilli fin mars ses premiers patients.
29/09
AOÛT
Journée du cœur Dépistage et conférences
19/09 au 30/03
pulsations
De 12h30 à 18h Bâtiment Gustave Julliard Entrée libre
A l’occasion de la Journée mondiale du cœur, les services de chirurgie cardiovasculaire et de cardiologie organisent une journée de sensibilisation aux problèmes cardiaques. Au programme : conférences, dépistage, stands et animations. Profitez de cette journée pour effectuer différents examens, échanger avec des professionnels et mieux comprendre le fonctionnement de cette pompe sophistiquée, qui bat plus de 10’000 fois par jour et nous permet de vivre ! Plus d’infos : hug.plus/journee-du-cœur
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Rediffusion Handicap et soins. L’émission aborde l’accueil et la prise en soins des patients en situation de handicap.
SEPTEMBRE Avec le programme Contrepoids® Maternité, les HUG offrent un suivi particulier aux femmes enceintes souffrant d’obésité et de surpoids. Pulsations TV est diffusée en permanence sur YouTube et DailyMotion.
www.youtube.com/ user/kioskvideohug
Juillet - Septembre 2017
En 2050 quelque 300’000 personnes en Suisse vivront avec une démence, estiment les spécialistes. Pour mieux comprendre les maladies neurodégénératives, l’Association Alzheimer Genève et l’Association suisse pour la recherche sur l’Alzheimer organisent la 2e Journée genevoise sur la maladie d’Alzheimer. Au programme : ateliers, stands d’information et plusieurs conférences, avec notamment le Pr Giovanni Frisoni, médecin adjoint agrégé, responsable de la consultation mémoire. Plus d’informations sur : www.recherchealzheimer.ch
ou hybrides, ventrus, serpentiformes, aux oreilles rondes, aux membres incomplets, à antennes ou à roulettes, aux regards sereins, coquins, convoiteurs ou inquiets, libres ou coincés dans de rigides armatures, sont les témoins privilégiés d’un rêve éveillé. A voir jusqu’au 30 mars 2018. Vernissage : 19 septembre à 18h, accueil de la Division privée (9e étage)
Pulsations
Par Élodie Lavigne
Juillet - Septembre 2017
I n t é g r a t i o n
Un lieu de transition pour des patients en situation de handicap Fin mai, une unité médicothérapeutique intermédiaire, unique en son genre, a été inaugurée sur le site de BelleIdée. Cet appartement accueille des patients en situation de handicap mental en vue de leur intégration dans une structure socio-éducative.
S
ix ans après l’ouverture de Kaolin, une nouvelle structure intermédiaire voit le jour sur le site de Belle-Idée. Intera a accueilli ses nouveaux résidents début juin. Elle est le fruit d’un projet commun entre les HUG et les Etablissements publics pour l’intégration (EPI). Cet appartement spacieux, situé dans un cadre paisible et verdoyant, dispose de sept chambres individuelles destinées à accueillir des résidents en situation de handicap mental important, souffrant de déficience intellectuelle et/ou de troubles du spectre autistique et de troubles du comportement associés. « Le suivi médico-thérapeutique est assuré par une équipe mixte infirmière et socioéducative », explique le Dr Markus Kosel, responsable de l’unité de psychiatrie du développement mental.
Une plus grande autonomie
Ces patients ont souvent derrière eux une longue période de vie en milieu hospitalier. L’accueil dans ce lieu de transition vise à les préparer à intégrer, dans un futur proche, une structure socio-éducative. Une préparation qui doit se faire par étapes et dans le respect des besoins de chacun, précise Stéphane Delgrande, directeur des services socio-éducatifs des EPI : « Nous développons des outils pour répondre le mieux possible à leurs attentes et ainsi leur offrir une qualité de vie satisfaisante. Car, plus on tient compte de leur vécu réel, plus on limite les troubles du comportement et on facilite leur vie en collectivité ». Au gré d’un accompagnement individualisé, avec une petite dimension communautaire, les soignants ont pour objectif, avec le soutien des familles, de favoriser les prises d’autonomie, mêmes petites, et les apprentissages dans la vie quotidienne.
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