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Pulsations avril - juin 2026

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Avril - Juin 2026

Sommaire

22

Témoignage « Ma

fille a été soignée avec une douceur infinie »

de gériatrie

Marziliano, directrice du Centre d’imagerie biomédicale

universitaires de Genève, Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, CH-1211 Genève 14, www.hug.ch Réalisation Bertrand Kiefer, Michael Balavoine, Planète Santé / Médecine et Hygiène, www.planetesante.ch Responsable de publication Frédérique Tissandier Rédactrice en chef Suzy Soumaille Édition Laetitia Grimaldi, Giuseppe Costa Maquette et mise en page Jennifer Freuler, Bogsch & Bacco Publicité Michaela Kirschner, pub@medhyg.ch Abonnements Version électronique : gratuit, www.hug.ch/ pulsations-magazine. Version papier : gratuit, Tél. 022 702 93 11, www.pulsations.swiss Fiche technique Tirage : 37 720 exemplaires, 4 fois par an. Référence 441696, ISSN 2813-5385 — La reproduction totale ou partielle des articles contenus dans Pulsations est autorisée, libre de droits, avec mention obligatoire de la source. Crédits couverture: Adobe Stock, Keystone Crédits sommaire : Hervé Annen, Gettyimages, David Wagnières

Accueil rapide et dédié aux personnes de 75 ans et plus

Une équipe médicale et soignante spécialement formée pour prendre soin des personnes âgées

Pour les urgences non vitales et non chirurgicales

Ouvert 7 jours sur 7 de 8h à 19h

Le genre nuit à la santé des femmes

Vestige d’une science androcentrée, la « médecine bikini », réduisant la santé des femmes à la sphère reproductrice, a vécu. Elle élargit enfin son champ opératoire à d’autres organes ou pathologies. À l’instar du cœur et de ses troubles qui ont été longtemps négligés, en raison d’un « copiécollé » réflexe sur ceux des hommes. Variations physiologiques, vulnérabilités accrues, facteurs de risque spécifiques, différences dans les symptômes de l’infarctus : autant d’éléments déclinés au féminin qui peuvent retarder de manière dramatique le diagnostic et la prise en charge d’urgences pour lesquels chaque minute compte.

approche adaptée ainsi qu’à un accent mis sur la recherche et la formation des médecins.

Mais les caractéristiques liées au sexe biologique ne sont pas les seules en cause dans les angles morts de la santé des femmes. Le genre est aussi au cœur du problème, en (sur)exposant ces dernières aux violences et à une pression sociale saturée d’injonctions paradoxales ciblant leur corps et leurs choix de vie. Une multitude de préjugés pèsent ainsi sur la santé mentale féminine qui paie un lourd tribut à la dépression, à l’anxiété ou encore aux addictions.

La récente création du Pôle de la médecine cardiovasculaire de la femme (lire notre dossier en pages 14 à 21) vise justement à corriger ces inégalités de santé grâce à une

Alors, l’avenir de la médecine sera-t-il genré ? La réponse doit être oui chaque fois que cela se justifie. Et les domaines ne manquent pas : recherche médicale, prescription de médicaments, apnées du sommeil ou encore influence des fluctuations hormonales sur le cerveau. Sans oublier la prévention, dans l’espace privé comme public, dont le rôle est essentiel pour lutter contre les abus et les violences fondés sur le genre à l’origine de tant de souffrances évitables. 

Anticiper, autant pour soi que pour ses proches

Oser évoquer les soins, désirés ou non, en cas de perte de capacité à prendre des décisions n’est pas chose aisée. En s’appuyant notamment sur un jeu de cartes et une application, les équipes soignantes des HUG abordent ces questions délicates avec les patients et les patientes.

«Moins de 10% des personnes hospitalisées dans les unités de soins

palliatifs ont complété leurs directives anticipées », déplore la Pre Sophie Pautex, médecin-cheffe du Service de médecine palliative. Un chiffre qui reflète la difficulté que nombre de patients et patientes ont à aborder ce sujet sensible.

D’où la mise sur pied du projet de soins anticipés (ProSA)* qui vise à convaincre davantage de personnes de définir leurs souhaits en cas de perte de capacité décisionnelle. Il s’agit d’une initiative nationale** discutée dès 2020 par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et l’Académie suisse des sciences médicales (ASSM). Il comprend les directives anticipées (DA), qui explicitent les soins de fin de vie désirés, les instructions médicales d’urgence (IMU), établissant ce qui doit être fait ou non par l’équipe soignante en cas d’arrêt cardiaque ou de complications lors d’une hospitalisation, ainsi que le plan de soins anticipés, qui

prend en compte les DA, les IMU et les discussions avec l’entourage. « L’hôpital doit encourager la population à réfléchir à toutes ces questions, mais aussi inciter les équipes soignantes à documenter et partager avec le réseau de soins les informations reçues », précise la Pre Pautex.

Ouvrir le dialogue

En pratique, un flyer sur ProSA peut désormais être envoyé avec la convocation de la consultation d’anesthésie afin de soutenir

la discussion qui a lieu avant une opération. De même, lors de l’ouverture d’un nouveau dossier d’admission à l’hôpital, une page dédiée au ProSA s’ouvre afin que chaque patient et patiente puisse recevoir des renseignements et transmettre ses volontés. Lors de la sortie, les équipes soignantes invitent les personnes souffrant d’une maladie chronique ou faisant face à une situation de santé complexe à fournir les indications sur ce qu’elles souhaitent en cas de complications ou de réhospitalisation. « Lorsqu’une personne vient d’être hospitalisée, il est primordial de discuter avec elle pour savoir ce qu’elle envisage si cela devait se reproduire », poursuit la Pre Pautex. Pour les y aider, les HUG ont notamment mis au point, avec l’Institut Éthique Histoire Humanités de l’Université de Genève, le jeu de cartes « Anticip’action » favorisant le dialogue, ainsi que l’application « Accordons-nous ». Celle-ci permet à chacune et chacun de consigner ses directives anticipées via un questionnaire simple. Ces outils soutenant la réflexion ont été développés grâce au soutien de la Fondation privée des HUG.

Adaptation possible à tout moment

Le Dr Julien Maillard, médecin adjoint agrégé à l’Unité d’anesthésiologie digestive et urologique, insiste sur l’importance du ProSA dans le contexte de la chirurgie : « Lors de la consultation préopératoire d’anesthésie, nous abordons, si cela s’avère nécessaire, la question des IMU afin que la personne puisse s’exprimer sur ce qui compte pour elle. L’idée n’est pas d’entrer dans les détails techniques, mais de lui exposer les risques et bénéfices des différentes solutions envisageables en cas de complications. Les IMU sont documentées et la personne peut les adapter en fonction de l’évolution de son état de santé et de ses priorités. »

Communiquer ainsi ses souhaits constitue souvent un soulagement pour soi, comme pour ses proches. « En cas de graves complications, les décisions incombent à la famille. Si rien n’a été discuté en amont, cela peut engendrer beaucoup de souffrance », poursuit le médecin 

Témoignage

Rédiger ses directives anticipées

Souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), Josiane est régulièrement hospitalisée. « Mon pneumologue m’a suggéré d’écrire mes directives anticipées. Accompagnée par la Dre Lisa Hentsch, médecin adjointe au Service de médecine palliative, et par une infirmière, j’ai pu exprimer mes souhaits. » La septuagénaire en a également parlé avec ses fils. Quant à Jean-Pierre Guye, il a rédigé ses directives anticipées dans le cadre de son activité de patient partenaire. « Participer à plusieurs réunions sur le ProSA a été émotionnellement compliqué. Se projeter face à une possible dégradation de sa santé, voire de sa fin de vie n’est pas simple. Équipes soignantes, médecins de famille et proches doivent être impliqués afin que les désirs de la personne soient respectés. »

* www.hug.ch/projet-soinsanticipe-prosa-pour-patientsproches

** www.bag.admin.ch/fr/ renforcer-la-volonte-du-patient

Parler du chemsex sans tabou

Encore peu connue du grand public, la pratique du chemsex soulève des questions de santé majeures. Pour mieux répondre aux besoins des personnes concernées et lutter contre la stigmatisation, les HUG ont ouvert une consultation spécialisée, fondée sur l’écoute, la réduction des risques et une prise en charge interdisciplinaire.

Le chemsex – contraction de chemical (chimique en anglais) et de sex – désigne l’usage de substances psychoactives pour faciliter, prolonger ou intensifier les rapports sexuels. S’il peut être recherché pour la désinhibition ou l’intensité sensorielle, il expose aussi à des risques bien réels : dépendance, surdosage, troubles psychiques, violence, perte de contrôle ou encore infections sexuellement transmissibles (IST). « C’est une pratique qui touche deux sujets sensibles : l’usage de substances et la sexualité d’une

population qui a toujours été marginalisée », explique le Dr Matteo Reymond, médecin au Service des maladies infectieuses et référent de la nouvelle consultation chemsex. Elle concerne en effet en majorité, mais pas exclusivement, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Les données disponibles estiment qu’environ 15% d’entre eux auraient recours à cette pratique.

Au-delà des risques médicaux, les personnes sont souvent exposées à une double stigmatisation, associée à la consommation de substances et à leur appartenance à la communauté LGBTQIA+. « En médecine de premier recours comme aux urgences, beaucoup d’entre elles peuvent se heurter au manque de connaissances du personnel sur la pratique du chemsex. Celle-ci s’inscrit dans un contexte particulier, impliquant des produits, des raisons de consommer et des enjeux de santé différents de ceux liés à d’autres substances », souligne le Dr Reymond.

Écoute, expertise et coordination Face à ces besoins croissants, les HUG ont ouvert à l’automne 2025 une consultation spécialisée, financée par la Fondation privée des HUG. Elle vise à offrir un espace confidentiel, bienveillant, sans jugement et, surtout, transdisciplinaire. « Nous voulons permettre

à chacun et chacune de parler librement de ce sujet, qu’il s’agisse d’une expérience occasionnelle vécue positivement ou d’une pratique devenue problématique, et de trouver les aides adaptées », précise l’expert.

La consultation est assurée par un médecin spécialiste du chemsex, une infirmière formée à la réduction des risques, une psychologue-sexologue, deux addictologues du Service de médecine de premier recours ainsi qu’un consultant en addictions et une personne paire aidante (ayant vécu une expérience similaire). Elle collabore également avec plusieurs services de première ligne des HUG : la psychiatrie, les urgences, la médecine interne générale et les soins intensifs. Un accompagnement personnalisé est proposé autour de différents domaines : réduction des risques, prévention contre les IST, sexologie, psychologie, addictologie, soutien psychiatrique ou par un ou une paire aidante. La consultation s’adresse à tout individu consommant des substances en contexte sexuel qui souhaite parler de sa pratique ainsi qu’à ses proches, dont le soutien peut être déterminant. « Mon souhait serait que n’importe quelle personne pratiquant le chemsex sache vers qui se tourner, et ce, avant que la situation ne devienne urgente. Nous voyons encore trop de situations de détresse avancée », insiste le Dr Reymond. 

Témoignage

« J’avais besoin d’un accompagnement médical »

Boris*, 34 ans

« Je pratique le Chemsex depuis plusieurs années, mais j’ai progressivement pris conscience que j’avais besoin d’un accompagnement médical car ma consommation de substances était devenue problématique. Réfléchir et chercher des solutions avec des personnes compétentes, dans une approche globale et sans jugement, comme cela est possible au sein de la consultation des HUG, fait vraiment la différence, car cette pratique a plusieurs facettes. Aujourd’hui, je poursuis les consultations et j’ai l’impression d’apprendre beaucoup sur moi-même. Je ne sais pas comment les choses évolueront, mais je sais que je vais déjà mieux. »

* Prénom d'emprunt.

Contact

Par e-mail : chemsex@hug.ch

Via la hotline (du lundi au vendredi, 9h à 18h) : 079 553 54 32

La communication comme antidouleur

Lancé en 2016, le programme « Plus de temps au service des patients » (PTP) vise à améliorer la qualité du temps passé auprès des personnes hospitalisées. Il fait aujourd’hui l’objet d’études, notamment pour évaluer ses bienfaits sur la gestion de la douleur.

Photos Nicolas Righetti

Déployé dans plus de 70 unités, le programme PTP repose sur des objectifs aussi simples qu’ambitieux : améliorer la qualité du temps au chevet des patientes et patients et accroître leur implication dans leur prise en charge en les plaçant au cœur des soins, favoriser la communication avec les équipes soignantes, soutenir la collaboration interprofessionnelle et renforcer la sécurité des soins. « Les parcours de soins sont devenus plus complexes et le passage à l’hôpital n’en représente qu’une partie. Le temps passé auprès des patients et patientes devient alors un enjeu central », souligne le Pr Thomas Agoritsas, médecin adjoint agrégé au Service de médecine interne générale.

Le programme PTP porte notamment sur une réorganisation des tâches médico-soignantes et une simplification des processus cliniques et administratifs pour optimiser le temps à disposition. Concrètement, une équipe dédiée est mobilisée pour analyser le fonctionnement des unités concernées et proposer un système de solutions adaptées à chaque contexte. D'où par exemple l'introduction du huddle, une courte séance de coordination organisée deux fois par jour afin que les équipes soignantes, administratives et logistiques puissent partager les informations essentielles et ajuster les priorités. Associé aux visites de sécurité, ce dispositif s’inscrit dans une logique d’anticipation et de gestion des risques.

Quelque 15 000 patientes et patients

Pour mesurer l’impact du programme PTP, les HUG ont entrepris une évaluation scientifique menée auprès d’environ 15 000 personnes hospitalisées, publiée en 2025. Menée par le Dr Clément Buclin, doctorant, le Pr Agoritsas et la Pre Delphine Courvoisier, responsable de l’enquête de satisfaction au Service qualité des soins, elle montre des résultats encourageants, comme une administration plus rapide des traitements antidouleur. Elle ne révèle toutefois pas d’évolution notable sur la satisfaction des patientes et patients. « Cela peut s’expliquer par une atténuation rapide du souvenir de la douleur, en raison des mécanismes propres à la mémoire, ainsi que du délai de l’envoi du questionnaire », explique la

Pre Courvoisier, tout en rappelant que la satisfaction concernant la prise en charge elle-même était déjà très élevée.

« Il faut rester humble face aux résultats, car de tels changements sont lents et difficiles à mesurer. L’objectif est d’améliorer la prise en charge pas à pas », ajoute le Pr Thomas Agoritsas. C'est certain, le programme PTP a profondément transformé le fonctionnement des unités. « Il n’y a pas de retour en arrière pour celles qui l’ont expérimenté. Plus qu’un projet, il s’agit d’un véritable changement de culture hospitalière et d’une réussite sur le plan interprofessionnel », conclut Audrey Le Mauguen, responsable du programme PTP. 

Témoignage
« Le programme PTP change l’expérience de l’hospitalisation »

Hospitalisée dans plusieurs unités engagées dans le programme PTP pour des raisons oncologiques, Céline*, patiente partenaire, témoigne de son expérience. « Dans un lit d’hôpital, avec la douleur, les pensées tournent vite en boucle : pourquoi ai-je mal ? Combien de temps cela va-t-il durer ? La douleur alimente l’inquiétude. La communication avec l’équipe soignante prend alors toute son importance. Sentir sa présence et mieux comprendre comment s’organise la prise en charge rassure et renforce le sentiment de sécurité. La simple question "Sur une échelle de 1 à 10, où situez-vous votre douleur ?" crée un langage commun entre la personne soignante et celle qui est soignée. Le programme PTP change vraiment l’expérience de l’hospitalisation, par ailleurs souvent éprouvante. »

* Prénom d'emprunt.

Se raconter pour aller mieux

Le projet « Récits de vie », soutenu par la Fondation Leenaards, donne aux personnes souffrant d’une maladie chronique les moyens de devenir ou redevenir actrices et acteurs de leur histoire.

Les personnes qui vivent avec une maladie chronique se sentent parfois incomprises. Mené pour la première fois en 2022, le projet « Récits de vie » leur propose de mettre en mots ce vécu et de le partager avec d’autres personnes concernées. « Nous l’avions initialement lancé avec des patientes et patients souffrant de Covid long », explique la Dre Olivia Braillard, responsable de l’Unité de consultation ambulatoire de médecine interne générale et coordinatrice au Centre d’éducation thérapeutique du patient. Le principe repose sur l’importance de se raconter, mais également sur le développement des compétences d’écoute des équipes soignantes. « Construire un récit constitue une source de réflexion et aide à comprendre ce qui arrive. C’est aussi un moyen de reprendre le pouvoir et de cesser de subir la maladie », précise la Dre Braillard.

Des récits individuels et une œuvre collective

Cinq services participent à ce deuxième projet – l’oncologie, la néphrologie, la médecine des dépendances et la rééducation –, auxquels s’ajoute la Clinique de

Crans-Montana. « Une quarantaine de patients et patientes se réunissent par groupe, selon leur pathologie. Les équipes soignantes sont présentes en tant que facilitatrices », poursuit la spécialiste. Les récits individuels ne sont pas diffusés en dehors des rencontres, mais une œuvre d’art commune est créée pour finaliser le processus. Symbolisant l’histoire collective des personnes impliquées, elle prendra cette année la forme d’une guirlande de fanions*.

Patiente partenaire, Daniella Favre a d’abord participé au projet sur le Covid long. « Cette expérience m’a permis de remettre l’incident qu’a été ma maladie dans la chronologie de mon existence et comprendre qu’il ne la définit pas pour autant. Grâce à ce projet, j’ai repris confiance en moi. Parler avec d’autres personnes malades aide à prendre conscience des ressources dont nous disposons pour surmonter les obstacles de la vie. » 

* Exposition du 23 avril au 8 mai au Théâtre Saint-Gervais à Genève.

Théraulaz

Vivre avec la maladie de Parkinson

Soutenu par la Fondation

Edmond J. Safra et la Fondation privée des HUG, le programme d’éducation thérapeutique « Synergie Mouv » aide les personnes touchées à mieux comprendre et gérer cette pathologie neuroévolutive.

Variables d’un individu à un autre, les symptômes de la maladie de Parkinson peuvent associer lenteur, tremblements, perte de motivation ou encore dépression. Son impact peut donc être majeur et rendre nécessaires des adaptations non seulement sur les plans physique et cognitif, mais aussi aux niveaux émotionnel et social. Pour rappel, elle affecte près de 15 000 personnes en Suisse.

Lancé en décembre 2025 pour soutenir dans leur quotidien les patientes et patients concernés, le programme Synergie Mouv a pour vocation d’améliorer la compréhension de la maladie, renforcer les compétences d’autogestion et soulager les symptômes émotionnels et cognitifs. « La prise en charge s’organise en fonction de l’objectif précis que l’individu s’est fixé. L’équipe de Synergie Mouv

est composée d’infirmiers et d’infirmières, d’une psychologue, de neuropsychologues et de neurologues. Selon les besoins exprimés, un suivi individualisé est proposé. Il peut s’effectuer à travers des séances individuelles ou en groupe », explique Émilie Tomkova Chaoui, infirmière spécialisée au sein de la Consultation infirmière pour la maladie de Parkinson.

Accompagnement personnalisé

À titre d’exemple, une personne qui exprime sa difficulté à accepter la maladie ou les traitements est orientée vers la psychologue et un infirmier ou une infirmière. Une autre, présentant des troubles cognitifs ou motivationnels, pourra être suivie par un ou une neuropsychologue. La peur de prendre les médicaments prescrits justifiera quant à elle un suivi conjoint par l’équipe infirmière et les neurologues. « Le but de ce programme d’éducation thérapeutique est d’aider les patientes et patients à mieux appréhender leurs symptômes et leurs traitements. Il vise à les soutenir pour mobiliser leurs propres ressources et à construire avec les équipes soignantes un accompagnement personnalisé. La personne devient ainsi actrice de sa maladie », conclut la Dre Vanessa Fleury, médecin adjointe agrégée, responsable de l’Unité des troubles du mouvement. 

« Nous avons établi un inventaire des risques biologiques »

Responsable du laboratoire de bactériologie, et expert reconnu du microbiote, le Pr Jacques Schrenzel occupe également, depuis 2020, la présidence de la Commission fédérale d’experts pour la sécurité biologique (CFSB). Une institution discrète, mais essentielle au service de la protection des êtres humains, des animaux et de l’environnement.

Pulsations Pouvez-vous nous décrire le fonctionnement et les missions de la CFSB, que vous présidez ?

Pr Jacques Schrenzel Il s’agit d’une commission extraparlementaire, composée de quinze personnes sélectionnées pour leur expertise dans différents domaines du vivant. Nous veillons à une représentation équitable des régions, genres et sensibilités linguistiques. Notre travail est apolitique et se fonde sur l’objectivité et la science. Nos missions sont variées et nous avons un rôle important de veille et de conseil. Tout au long de l’année, nous effectuons un travail de surveillance des risques biologiques pour la santé humaine et animale ou pour l’environnement.

Répondant aux mandats du Conseil fédéral et des offices fédéraux, la commission est consultée lors de l’élaboration, la mise en œuvre ou la révision des lois, ordonnances et directives. Nous apportons ainsi aux responsables des différents offices de l’administration fédérale des éléments fondés sur des preuves scientifiques afin d’éclairer leurs décisions.

Pourquoi la vulgarisation scientifique est-elle au cœur de votre travail ?

Car nous, scientifiques, avons tendance à utiliser beaucoup de termes techniques et de nuances. Or, si la commission est garante de la rigueur scientifique, son travail doit répondre aux besoins des différents publics pour être utilisable. Ayant des domaines d’expertise assez éloignés les uns des autres au sein de la commission, nous devons faire un premier effort de vulgarisation pour échanger entre nous. Lors des réunions en particulier, nous nous parlons en français ou en allemand, ce qui nous oblige à communiquer de manière plus simple, plus directe. La vulgarisation fait donc partie intégrante de notre processus de travail, et pas uniquement au moment de transmettre nos conclusions.

Quels sont les risques biologiques auxquels la Suisse fait face ?

Ils sont de natures très variées. Cela va de la progression de l’antibiorésistance à l’arrivée d’espèces invasives, en passant par les

infections d’origine alimentaire, les conséquences de la sélection d’organismes par génie génétique ou encore les maladies dites « vectorielles », transmises par le moustique tigre par exemple. En 2019, nous avons établi un inventaire de ces risques et avons évalué, pour chacun, la probabilité que l’événement indésirable se produise ainsi que l’ampleur de ses possibles conséquences. Il était destiné à donner à nos interlocuteurs et interlocutrices une meilleure vision d’ensemble, afin de les aider à mieux anticiper ces risques. Le document* est disponible en ligne.

Vous évoquez la transmission de maladies par le moustique tigre, qui est en forte augmentation ces dernières années dans des pays voisins. Quelles actions mène la commission ?

Nous surveillons de près la présence de ce moustique sur notre territoire. Nous avons notamment soutenu l’Institut de microbiologie de la Haute école spécialisée de la Suisse italienne (SUPSI) pour affiner la technique de stérilisation et de libération des moustiques mâles. Cette approche nous semble particulièrement prometteuse et pertinente afin de limiter la reproduction de ces insectes dans notre pays, en complément des autres mesures de contrôle bien sûr. Depuis le début des années 2000, des tests sont en cours au Tessin qui a servi de laboratoire avancé face à la remontée de ce moustique depuis la plaine du Pô. Ces expériences pourront ensuite profiter à d’autres régions comme Genève ou Bâle car, dans les années à venir, il y a fort à parier que ce moustique ou d’autres vecteurs deviendront un enjeu sanitaire dans tout le pays. 

* www.efbs.admin.ch/inhalte/dokumentation/Ansichten/ Biologische_Risiken_Schweiz/EFBS_Biologische-Risiken_ Schlussbericht_F.pdf

Mieux soigner les femmes

L’équation mêle différences biologiques, risques spécifiques et une multitude de biais de genre influençant le quotidien des femmes autant que leur prise en charge médicale. Résultat : une santé souvent mise à mal, depuis des facteurs de vulnérabilité pour certaines affections à des traitements inadaptés, en passant par des diagnostics retardés. Face à ce constat, les HUG se mobilisent au travers de projets de soins et de recherche inédits.

Parce que je suis une femme… les symptômes de mon infarctus ont trompé (presque) tout le monde / je n’ai pas osé parler de mon addiction à l’alcool / j’avais un risque sur cinq de subir cette agression sexuelle / je dois composer avec des fluctuations hormonales bousculant mon corps et mes pensées. Ou comment être une femme, dans sa chair comme dans sa vie, peut avoir des conséquences majeures sur la santé physique, mentale, émotionnelle, et parfois tout à la fois.

Sexe et genre

Au cœur du sujet : l’influence du sexe et du genre. Pour rappel, « le premier désigne les caractéristiques biologiques dites ‟mâles” ou ‟femelles” associées aux chromosomes, à l’expression des gènes, aux hormones sécrétées ou encore à l’anatomie des organes sexuels. Quant au genre, il correspond au processus de construction sociale et culturelle du masculin et du féminin », résume la Dre Melissa Dominicé Dao, médecin adjointe agrégée au Service de médecine de premier recours. Avant de préciser les dimensions qu’il comprend : « l’identité de genre (comment la personne se vit), l’expression de genre (ce qu’elle montre d’elle par son apparence) et le rôle de genre (la façon dont la société façonne sa place, en particulier dans les sphères personnelle et professionnelle) ». Si les combinaisons individuelles sont évidemment infinies, sexe et genre revêtent des réalités très concrètes partout ou presque en médecine.

Prenons l’exemple de l’ostéoporose. « Pour des raisons hormonales, les femmes y sont plus sujettes que les hommes, cela est lié au facteur ‟sexe”. Mais des aspects associés au genre interviennent aussi. Ainsi, le fait que les femmes passent généralement moins de temps en plein air (le soleil est la source principale de vitamine D), ou aient moins accès à l’activité physique, impactent également leur santé osseuse », illustre l’experte. Avant d’ajouter : « Pour une telle pathologie, la prévention doit être accrue. Il s’agit de mieux informer sur les aspects protecteurs, mais aussi d’offrir un espace public où les femmes se sentent en sécurité

adjointe agrégée au Service de médecine de premier recours

Femmes

pour pratiquer une activité physique, ce qui relève aussi de questions sociétales. »

Infarctus féminin

La prise en charge médicale elle-même peut souffrir du tableau parfois complexe entremêlant biologie et biais de genre. « L’infarctus du myocarde en est une parfaite illustration. Non seulement les symptômes des femmes correspondent moins aux manifestations caractéristiques observées chez les hommes, comme une douleur intense dans la poitrine, mais une multitude de facteurs nuisent aussi à leur prise en charge (lire en page 20, ndlr) », poursuit la Dre Dominicé Dao. Pour améliorer cette situation, et la santé cardiovasculaire des femmes au sens large, les HUG viennent de se doter d’un pôle médical dédié (lire en page 20).

La santé mentale n’est pas en reste. « Les chiffres en attestent, les femmes sont plus à risque de souffrir de dépression, d’anxiété, de troubles du comportement alimentaire, mais également d’addictions sévères, en lien

AvrilJuin 2026

Dre Melissa DOMINICÉ DAO, médecin
Nicolas Schopfer

ANA, 16 ans

« Le sujet des règles reste tabou »

« Il y a quelques mois, j’ai franchi les portes de la consultation de gynécologie pédiatrique des HUG et cela a changé ma vie. Depuis l’âge de 13 ans, je souffrais de règles très abondantes dix à douze jours par mois. Je me disais que c’était de famille, que je n’avais juste pas de chance. Sauf qu’au fil du temps, cela a provoqué une carence en fer qui m’a plongée dans une fatigue extrême et s’est traduite par un absentéisme scolaire qui me désolait moi­même. Mais j’étais tellement épuisée que me lever le matin ou rester éveillée en cours était une épreuve. J’ai donc été très soulagée quand la gynécologue m’a dit que ce n’était pas une fatalité et que des solutions existaient. En discutant avec elle et ma famille, j’ai opté pour un stérilet hormonal, grâce auquel j’ai maintenant des règles tout à fait gérables, et pour un aménagement de mon temps scolaire, en faisant une année sur deux ans. Je remonte ainsi la pente en douceur. Ce que je retire de mon expérience ? Le sujet des règles reste tabou. Je trouverais bien d’en parler plus tôt et ouvertement, en famille et à l’école, pour que les filles soient mieux informées. Et j’inclurais les garçons à ces discussions pour qu’ils comprennent mieux ce qui se passe pour nous. »

avec un phénomène appelé ‟telescoping” Celui-ci désigne la façon dont l’addiction se développe plus vite chez les femmes, en raison de prédispositions physiologiques et de vulnérabilités psychiques accrues découlant notamment de situations de harcèlement, d’abus sexuels ou encore de violences intrafamiliales », souligne la Dre Sophia Achab, médecin adjointe agrégée au Service d’addictologie et responsable du programme ReConnecte. Et d’ajouter : « Il est crucial d’adapter la prise en charge. Dans le cas des addictions par exemple, les femmes tardent à consulter, à cause du trouble lui-même et de la honte qu’elles éprouvent. Dans le cadre du programme ReConnecte, nous plaidons pour une approche genrée, intégrée et non jugeante. L’objectif est de réduire les barrières à l’aide, de favoriser la résilience et d’offrir à ces femmes des parcours de rétablissement qui respectent leurs besoins uniques. »

Dre Sophia ACHAB, médecin adjointe agrégée au Service d’addictologie et responsable du programme ReConnecte

Améliorer l’accès au dépistage

Qu’en est-il des pathologies exclusivement féminines ? Qu’il s’agisse de l’endométriose, du syndrome des ovaires polykystiques ou encore des cancers gynécologiques, les progrès se multiplient autour de prises en charge de plus en plus pluridisciplinaires et d’innovations croissantes. Les HUG font par exemple figure de pionnier en disposant d’un échographe Doppler spécifique pour les lésions de la vulve et du clitoris, et en proposant une consultation hautement spécialisée pour le traitement des mutilations génitales féminines. « En tant que centre hospitalier universitaire, nous nous occupons des cas complexes qui requièrent l’expertise de plusieurs spécialistes. Notre approche se veut la plus personnalisée possible », résume le Pr Patrick Petignat, médecin-chef du Service de gynécologie. Mais les défis se jouent aussi en dehors de l’hôpital : « Pour les femmes sans antécédents particuliers,

Comment être une femme, dans sa chair comme dans sa vie, peut avoir des conséquences majeures sur la santé physique, mentale, émotionnelle, et parfois tout à la fois.

le suivi gynécologique en ville est essentiel, notamment pour le dépistage du papillomavirus (HPV), qui est la première cause de cancer du col de l’utérus. Or 30% d’entre elles n’ont pas de gynécologue, ce qui freine la détection des lésions précancéreuses. Face à cet enjeu de santé publique majeur, nous développons actuellement un autotest HPV, ainsi qu’une campagne de dépistage pour les femmes de 50 ans et plus, semblable à celle organisée pour le cancer du sein. » 

SANDRINE*, 53 ans « Je ne suis pas la même, et ce n’est pas si grave » « Si je devais résumer celle que j’étais avant ? Une machine de guerre. Dans ma vie professionnelle, comme personnelle, je donnais tout. J’étais convaincue que je devais penser à tout, tout le temps et pour tout le monde. J’anticipais les besoins de mes proches, en oubliant totalement les miens. C’est sans doute le tableau typique de cette charge mentale des femmes qui fait tant parler d’elle, mais je fonctionnais ainsi. Mon physique était prêt à lâcher, mais, mentalement, je tenais, en me nourrissant du regard des autres et de leur reconnaissance quand elle s’exprimait. En 2020, le Covid­19 a tout balayé. Clouée au lit pour une pneumonie, puis aux prises avec un Covid long, j’ai plongé dans une dépression sévère. Ce qui m’a sauvée ? L’appel miracle des HUG qui assuraient un suivi des personnes souffrant de Covid long. Au bout du fil, la Dre Lamyae Benzakour : elle ne m’a posé que quelques questions, mais je me suis effondrée. J’ai alors été prise en charge de façon exceptionnelle, par elle­même et tout une équipe. J’ai ainsi connu une hospitalisation en psychiatrie, un traitement par antidépresseurs, une réadaptation pulmonaire et un suivi psychothérapeutique infiniment précieux. Car, pendant ce temps, se sont ajoutés des troubles de l’attention et de la concentration, puis la ménopause, qui m’a donné l’impression de perdre la moitié de mon cerveau. Aujourd’hui, je ne suis pas la même, et ce n’est pas si grave. J’ai appris à ralentir le rythme, retrouvé ma joie de vivre, et constaté presque avec amusement que moins faire pour les autres ne les plongeait finalement pas dans la panique… »

* Prénom d’emprunt.

Delphine Schacher

Le sexe des médicaments

Trois questions à la Pre Caroline Samer, médecin-cheffe du Service de pharmacologie et toxicologie cliniques.

Pulsations L’un de vos projets* vient d’obtenir un financement du Fonds national suisse dans le cadre du Programme national de recherche « Médecine, santé et genre ». En quoi consiste-t-il ?

Pre Caroline SAMER Il vise à améliorer l’intégration du sexe et du genre dans la recherche médicale. À travers une étude appelée « GRACE », nous évaluons notamment si de nouvelles recommandations nationales, élaborées avec swissethics**, pourraient faire évoluer les protocoles de recherche. Depuis quelques années, des préconisations européennes existent, mais beaucoup reste à faire. Trop souvent, les médicaments sont d’abord testés chez des modèles animaux mâles, puis lors des premières phases d’essai chez l’être humain, sur des hommes. Les femmes sont ensuite généralement incluses, mais pas toujours

en nombre suffisant, et les résultats ne sont pas systématiquement analysés selon le sexe. À l’ère de la médecine personnalisée, tenir compte du sexe et du genre à chaque étape de l’élaboration d’un médicament, puis dans son suivi, devrait devenir une évidence.

Comment les différences biologiques influent-elles sur les médicaments ? Pour de multiples raisons, notamment hormonales, elles peuvent avoir une influence considérable sur la pharmacocinétique, autrement dit la façon dont l’organisme absorbe, distribue, métabolise et élimine un médicament. Par exemple, des différences au niveau digestif pourraient jouer sur la vitesse d’absorption de certains traitements pris par voie orale, comme l’aspirine, et donc sur le délai d’apparition de leur effet. En raison d’une composition corporelle en moyenne plus riche en masse grasse, les femmes peuvent aussi être plus sensibles aux molécules lipophiles (se liant aux graisses, ndlr). Celles-ci peuvent donc être stockées dans le corps plus longtemps, entraînant entre autres une somnolence prolongée avec certains somnifères. Ces spécificités, associées aux possibles interactions avec, par exemple, la prise de contraceptifs féminins, peuvent conduire à une exposition insuffisante ou excessive aux médicaments, nuire à leur efficacité et aggraver les effets indésirables.

La solution serait-elle d’adapter les posologies en fonction du sexe ?

Si cela est justifié, oui. En 2013, la Food and Drug Administration américaine a ainsi recommandé de diminuer de moitié, chez les femmes, la dose initiale pour un somnifère connu pour les exposer à davantage d’effets indésirables. Il n’est pas certain que 100% des médicaments exigent une telle adaptation, mais 100% d’entre eux devraient être testés.

* Mené avec la Pre Angèle Gayet­Ageron (directrice de l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Berne) et la Dre Joëlle Schwarz (coresponsable de l’Unité santé et genre d’Unisanté).

** Association suisse des Commissions d’éthique de la recherche.

Jonathan Imhof

Une consultation gynécologique inédite

Trop souvent mis sur le compte d’une certaine fatalité, les troubles du cycle menstruel peuvent considérablement nuire à la qualité de vie. « Première cause d’absentéisme scolaire et frein à l’activité physique, ils sont encore souvent banalisés, y compris par les adolescentes. Et pourtant, qu’il s’agisse de saignements abondants ou de douleurs intenses, il existe des traitements pour améliorer les symptômes et réduire le risque de complications. Traiter efficacement les douleurs de règles évite par exemple qu’elles ne deviennent chroniques », souligne la Dre Dehlia Moussaoui, cheffe de clinique à la consultation de gynécologie pédiatrique.

Destinée aux filles et jeunes femmes jusqu'à 18 ans, cette nouvelle consultation propose une expertise unique en Suisse. Assurée par une équipe infirmière et trois médecins (deux gynécologues et une pédiatre) formées en gynécologie pédiatrique au Canada et en Australie, son objectif est double : améliorer le traitement de certaines atteintes gynécologiques, y compris au travers de projets de recherche, et offrir une écoute et des réponses médicales à des questionnements intimes parfois complexes. « Nous prenons par exemple en charge des fillettes souffrant de lichen scléreux vulvaire. Il s’agit d’une affection infantile mal connue, sousdiagnostiquée, mais susceptible d’entraîner des séquelles sur le long terme », illustre la Dre Moussaoui. Et l’experte d’ajouter : « La consultation est aussi ouverte aux jeunes qui s’interrogent sur leur sexualité, leur anatomie ou leur identité de genre. Exacerbées par les réseaux sociaux et la pornographie, certaines préoccupations sont parfois de vraies souffrances qu’il faut entendre pour les apaiser. »

Violences sexuelles : en direct des urgences

Depuis plus de dix ans, les HUG ont mis en place un dispositif multidisciplinaire destiné aux femmes victimes de violences sexuelles. Ses contours avec la Pre Jasmine Abdulcadir, responsable des urgences gynéco-obstétricales.

Quand consulter ?

Idéalement au plus tôt, autant pour les soins que pour la récolte des preuves effectuée dans un délai de sept jours.

Où se rendre ?

Aux urgences gynéco-obstétricales (dès 16 ans). Le suivi est ensuite adapté aux besoins et souhaits de la personne.

À quoi s’attendre ?

Le dispositif prévoit une prise en charge incluant gynécologue, médecin légiste, infirmier ou infirmière. Sauf urgences spécifiques, un rendez-vous est ensuite prévu le lendemain avec l’Unité interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (UIMPV) pour organiser un suivi personnalisé. Il inclut un rendez-vous à la consultation VIH/ SIDA (cinq jours plus tard) et au Service de gynécologie (dix jours plus tard).

Dépôt de plainte ?

La prise en charge n’est pas conditionnée au dépôt de plainte, qui peut être envisagé plus tard.

Et si les faits sont anciens ?

Que les séquelles soient physiques ou psychologiques, une prise en charge est possible à tout moment.

Le cœur des femmes

La récente création aux HUG du Pôle santé cardiovasculaire pour la femme marque un virage décisif pour une approche adaptée. Pourquoi un tel besoin ? Tout commence par le cœur des femmes lui-même. Parce qu’il est plus petit, bat plus vite et est composé de vaisseaux sanguins plus étroits, il présente des différences biologiques immuables par rapport à son homologue masculin, expliquant des symptômes différents en cas de troubles. Ainsi, un infarctus du myocarde peut, chez elles, se manifester uniquement par des nausées, des douleurs dans la mâchoire ou une fatigue subite extrême, sans douleur dans la poitrine. Une autre particularité concerne l’impact des facteurs de risques cardiovasculaires comme le tabagisme et le diabète : leurs méfaits sont aggravés respectivement de 25% et 40% par rapport à ceux qui sont observés chez les hommes. Sans compter ceux qui sont augmentés par les bouleversements hormonaux féminins, en lien avec la ménopause, le syndrome des ovaires polykystiques, l’endométriose ou encore la grossesse (en cas de complications comme le diabète gestationnel).

Et ce n’est pas tout puisque s’ajoutent de multiples préjugés et manquements. Parmi eux : l’idée que l’infarctus est une maladie d’homme (tout comme le seraient l’hypertension artérielle et l’apnée du sommeil, mettant elles aussi le cœur à l’épreuve), une réanimation souvent retardée par les personnes sur place pour des questions de pudeur et, aujourd’hui encore, des massages cardiaques enseignés exclusivement sur des mannequins masculins. Si le tableau est dense, les conséquences possibles le sont tout autant : une prévention lacunaire, des diagnostics tardifs et des traitements inadaptés.

Face à ce constat alarmant, le nouveau Pôle santé cardiovasculaire pour la femme apporte une réponse forte. « L’objectif est d’agir sur trois axes : sur le plan clinique, avec une consultation ciblée pour mieux prendre en charge les maladies cardiovascu laires chez les femmes, en particulier les cas complexes nécessitant une approche multidisciplinaire ; au niveau de la recherche, en accentuant la collaboration avec d’autres centres universitaires suisses et en incluant davantage de patientes dans les études cliniques ; et sur l’enseignement pour améliorer la formation des médecins sur les spécificités féminines de ces pathologies », résume la Dre Elena Tessitore, médecin adjointe agrégée au Service de cardiologie. Et de conclure : « Trop souvent, ces affections sont dites “atypiques” quand elles se déclinent au féminin, or elles sont simplement “typiques” des femmes et encore mal connues. Mais les choses changent enfin. »

« Trop souvent, ces affections sont dites “atypiques” quand elles se déclinent au féminin »
Dre Elena TESSITORE, médecin adjointe agrégée au Service de cardiologie

Santé mentale à l’épreuve

D’un côté, des facteurs de risque accrus de dépression et d’anxiété, en raison notamment d’une exposition aux violences et d’une pression sociale faite d’injonctions souvent paradoxales entre vie professionnelle et vie familiale. De l’autre, des fluctuations hormonales aux influences sans doute considérables sur le cerveau. « Depuis une quinzaine d’années, les recherches se multiplient sur le sujet, mais les défis sont encore nombreux. Il s’agit de mieux comprendre les mécanismes en jeu, d’améliorer les diagnostics et le suivi des femmes, en particulier à des moments de leur vie où surviennent des bouleversements physiologiques majeurs. Si les conséquences psychiques qui peuvent en découler sont incontestables, elles sont souvent banalisées, y compris par les femmes elles-mêmes », alerte la Dre Lamyae Benzakour, médecin adjointe au Service de psychiatrie de liaison et d'intervention de crise. Aperçu de trois périodes à risque.

Cycle menstruel

Tandis que la première partie du cycle voit augmenter le taux d’œstrogènes, la seconde les voit diminuer, en même temps que celui de la progestérone augmente. Chez 12% des femmes, ces variations donnent lieu à un syndrome prémenstruel (ballonnements, palpitations, sautes d’humeur ou encore douleurs mammaires) et chez 1,5% d’entre elles, à une forme sévère appelée « trouble dysphorique prémenstruel ».

Grossesse

L’augmentation massive des taux d’œstrogènes et de progestérone, qui chutent ensuite brutalement à l’accouchement, constitue une véritable tempête hormonale. Celle-ci accroît la vulnérabilité psychique durant la grossesse et les mois qui suivent. Si la dépression périnatale touche 10 à 15% des femmes, le suicide est la première cause de décès pendant le post-partum.

Périménopause

Souvent confondue avec une dépression « classique », celle de la périménopause (survenant quelques mois ou années avant la ménopause) est associée à l’affaiblissement des taux d’œstrogènes et de progestérone. Elle donne lieu à une humeur maussade, un manque d’intérêt et de plaisir, une sensation d’inutilité, une agitation inhabituelle, des bouffées de chaleur ou encore une prise de poids.

« Je ressens beaucoup de gratitude envers le personnel soignant »

Après un grave accident, la fille de Klara a été hospitalisée durant trois semaines, dont six jours en soins intensifs. La mère de famille raconte comment les équipes soignantes l’ont soutenue durant cette épreuve et les mois qui ont suivi.

Consultation de suivi d’hospitalisation aux soins intensifs pédiatriques : proposée depuis mars 2025, elle est dédiée au syndrome PICS-p (Post-Intensive Care Syndrome – pediatric). Trois mois après la sortie de l’hôpital, l’équipe de soins intensifs qui a suivi l’enfant procède à une évaluation en présence de ses proches pour détecter d’éventuels troubles liés à cette prise en charge et orienter le ou la jeune vers des spécialistes. Le PICS-p touche 80 % des enfants hospitalisés en soins intensifs. Ses symptômes sont multiples : fonte musculaire, dépression ou encore troubles du sommeil. Ils peuvent se manifester après plusieurs mois ou années.

Consultation de suivi d’hospitalisation aux soins intensifs pédiatriques : proposée depuis mars 2025 et soutenue par la Fondation privée des HUG, elle est dédiée au syndrome PICS-p (Post-Intensive Care Syndrome – pediatric). Trois mois après la sortie de l’hôpital, l’équipe de soins intensifs qui a suivi l’enfant procède à une évaluation en présence de ses proches pour détecter d’éventuels troubles liés à cette prise en charge et orienter le ou la jeune vers des spécialistes. Le PICS-p touche 80 % des enfants hospitalisés en soins intensifs. Ses symptômes sont multiples : fonte musculaire, dépression ou encore troubles du sommeil. Ils peuvent se manifester après plusieurs mois ou années.

Klara se souvient : « Dès mon arrivée à l’hôpital, mon cerveau a cessé de fonctionner. » Il y a quelques mois, sa fille de 12 ans a passé six jours en soins intensifs pour de graves plaies. « Voir ma fille branchée à tous ces appareils a été un choc, une réalité insoutenable. Pourtant, dans cette épreuve terrible, certains faits m’ont permis de m’accrocher. » Klara évoque par exemple que durant l’opération de plusieurs heures visant à stopper les hémorragies de sa fille, un membre de l’équipe du bloc opératoire venait lui donner des nouvelles toutes les heures. La Genevoise mentionne aussi les soignantes et soignants qui ont rendu possible sa présence 24 heures sur 24 auprès de sa fille ou encore cette infirmière qui lui a conseillé d’amener rapidement ses deux autres enfants à l’hôpital. « Elle m’a notamment suggéré d’envoyer une série de photos à ma cadette de 8 ans pour la préparer sereinement à la visite. J’ai rassemblé une alternance de clichés de sa sœur, sur son lit d’hôpital, des appareils présents dans sa chambre et des dessins colorés sur les murs des soins intensifs. Cela a été bénéfique. »

Un accompagnement qui intègre les proches Après les soins intensifs, la jeune fille est transférée en chirurgie. Klara vit alors

« dans un brouillard permanent ». C’est la bienveillance du personnel – médecins, infirmiers et infirmières, agents et agentes de nettoyage – qui l’a portée, même lorsqu’elle se sentait au bord de l’épuisement.

« Les équipes médicales soignaient ma fille avec une douceur infinie, tout en veillant sur moi ainsi que sur mon mari et mes autres enfants. Je n’ai pas de mots pour exprimer ma gratitude, pour la qualité des soins bien sûr, mais surtout pour l’accompagnement humain », explique-t-elle.

Une fois son état stabilisé, la fille de Klara est rentrée à la maison. « Il a fallu organiser les soins à domicile et sa réintégration à l’école. Là encore, l’humanité des équipes soignantes a tout changé », raconte Klara. Les infirmières et infirmiers, parfaitement coordonnés, ont suivi chaque détail de l’évolution de sa fille. Aujourd’hui encore, la famille reçoit un accompagnement psychologique. « La même thérapeute nous suit depuis le début, en famille, avec mon mari ou individuellement. Les premières fois, je me rendais aux consultations avec ma fille, qui ne parvenait pas à mettre des mots sur son traumatisme. Aujourd’hui, elle y va seule, en confiance. Pour ma part, grâce à ce soutien, j’arrive à accueillir mes émotions et celles de mes proches, sans jugement. »

Exprimer ses ressentis

Trois mois après la sortie de l’hôpital, Klara et sa famille ont participé à une consultation de suivi post-soins intensifs pédiatriques* (lire en page 24). « Nous avons revécu ces moments avec l’équipe soignante. J’ai notamment enfin pu parler de l’angoisse que j’ai ressentie lors du transfert des soins intensifs vers la chirurgie, cela m’a libérée. Ma fille a, quant à elle, osé évoquer sa gêne lors du lavage de ses cheveux, alors que son corps était recouvert de bandes en plastique pour protéger ses plaies. L’équipe a depuis acquis du matériel de coiffure professionnel pour rendre ce moment plus agréable. »

Cette consultation a aussi permis à Klara d’identifier, chez sa fille, les manifestations de séquelles liées à son séjour en soins intensifs : « En cas d’angoisse, de fatigue ou de troubles de la concentration, je sais désormais alerter l’équipe sans tarder. » Avec son mari, elle a également rejoint un groupe de parole pour parents d’enfants hospitalisés en soins intensifs. « Ces échanges ont été précieux, car je me suis parfois sentie incomprise et seule. Je comprends aussi mieux le vécu de mon conjoint. Mon message aux parents qui traversent une telle épreuve ? Acceptez cette aide. Le parcours est long et douloureux, mais ce soutien compte beaucoup, nous avons de la chance de l’avoir », conclut Klara. 

Pour en savoir plus https:// enfants-ados. hug.ch/ consultationpics-p

L’endométriose

4 à 12 Le nombre moyen d’années pour obtenir un diagnostic.

Les causes de cette maladie gynécologique chronique et fréquente sont multiples. Encore trop souvent méconnue et taboue, l’endométriose peut provoquer de fortes douleurs, notamment pendant les règles, ainsi que d’autres symptômes invalidants.

La proportion de femmes atteintes d’endométriose. 1/10

localisations multiples

Des

Des lésions d’endométriose peuvent survenir sur différents organes et présenter plusieurs formes :

• Superficielles : de petite taille, elles sont disséminées dans la cavité abdominale.

• Kystiques : elles se forment autour des ovaires.

• Profondes : des nodules infiltrent la vessie, le rectum, les intestins, le diaphragme.

• Cicatricielles : elles se forment au niveau d’une cicatrice (césarienne, épisiotomie, chirurgie abdominale).

• Adénomyosiques : elles affectent le muscle utérin.

C’est quoi ?

L’endométriose est une maladie complexe qui se caractérise par la présence anormale de cellules de l’endomètre (tissu tapissant l’intérieur de l’utérus) en dehors de la cavité utérine, provoquant une inflammation et la formation de tissu cicatriciel (dur et fibreux).

de Fallope

Cellules endométriosiques

Endomètre
Ovaire
Utérus Trompe
Côlon

Trois hypothèses privilégiées

La propagation hématogène-lymphatique Des cellules endométriosiques sont transportées par le sang ou la lymphe jusqu’à des zones éloignées, comme les poumons. Cette hypothèse permettrait de comprendre certaines formes situées en dehors du bassin.

Système vasculaire

1 L’endométriose est une maladie multifactorielle, influencée notamment par les hormones. Sa prévalence augmente à l’adolescence, lorsque le taux d’œstrogènes s’élève, et diminue après la ménopause. Plusieurs hypothèses coexistent et pourraient agir simultanément.

Système lymphatique

Traitements

La métaplasie Des cellules souches situées en dehors de l’utérus se transforment en cellules endométriosiques. Cela pourrait expliquer des localisations éloignées du bassin ou des cas chez des femmes nées sans utérus.

La prise en charge repose sur une approche globale, adaptée à chaque femme. Elle associe :

• Un traitement hormonal pour contrer l’effet des œstrogènes, réduire le développement des lésions et atténuer les symptômes.

• Des approches complémentaires (physiothérapie, thérapies manuelles, nutrition, etc.) pour améliorer la qualité de vie.

• Un suivi psychologique ou psychosexologique pour gérer les répercussions sur la vie personnelle et intime.

• La chirurgie, utilisée en cas de projet de grossesse ou lorsque les symptômes résistent aux traitements médicaux.

2

Le reflux menstruel Une partie du sang menstruel remonte par les trompes et se déverse dans la cavité abdominale. Ce sang contient des cellules endométriosiques susceptibles de s’implanter sur les organes voisins. Cette « menstruation rétrograde » n’explique toutefois qu’une partie des formes de la maladie.

Symptômes fréquents

• Douleurs lors des règles ou de l’ovulation.

• Dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels).

• Saignements anormaux.

• Troubles digestifs et urinaires.

• Douleurs pelviennes chroniques, sans lien avec le cycle menstruel.

• Fatigue chronique.

• Anxiété ou épisodes dépressifs.

• Difficultés à concevoir (près de la moitié des femmes consultant pour une infertilité souffrent d’endométriose).

Diagnostic

La variété des symptômes, la multiplicité des localisations et la banalisation des douleurs participent à un retard de diagnostic. Ce dernier comprend :

• Un recueil d’informations détaillé à la recherche des symptômes évocateurs et un examen clinique.

• L’imagerie (échographie, imagerie à résonance magnétique).

• Un test salivaire (non remboursé) lorsque l’imagerie ne confirme rien malgré des signes évocateurs.

AvrilJuin 2026

Trompe

1/10 000

Proportion de personnes naissant sans luette ou avec une luette très réduite.

x 5

L’augmentation possible du volume de la luette en cas d’inflammation.

1 à 2 cm

Longueur moyenne de la luette chez l’adulte. Une luette hypertrophiée peut mesurer jusqu’à 4 cm.

LA LU

La luette peut être comparée à une sentinelle qui, en plus de lubrifier le pharynx, fait office de barrière contre les germes et l’ingestion d’aliments trop volumineux. Longtemps accusée, à tort, d’être la seule responsable des ronflements, elle peut devenir douloureuse en cas d’inflammation.

Expert

Dr Igor Leuchter, responsable de l’Unité de phoniatrie des HUG

La gardienne du larynx

La luette est une structure conique située au fond de la gorge. Si ses fonctions exactes font encore l’objet de discussions, elle contribue sans aucun doute au système de déglutition. En effet, la luette empêche les aliments et les liquides présents dans la bouche de remonter vers le nez. Par ailleurs, elle lubrifie le pharynx, par où passent l’air et ce que nous ingérons. Elle permet aussi la prononciation de certains sons, notamment le « r » en français. Pour finir, elle assure une protection contre l’entrée des insectes et des germes dans l’organisme.

L’ablation de la luette ou uvulectomie

Dans les années 1990, l’uvulectomie était couramment proposée contre les ronflements. Cette pratique est moins répandue aujourd’hui car les connaissances ont évolué et la luette n’est plus désignée comme la cause principale de ce phénomène. Elle n’est désormais retirée que lorsqu’elle est anormalement longue et vibrante et que l’imagerie montre qu’elle contribue aux ronflements. Par ailleurs, s’il est possible de vivre sans luette, son absence entraîne des effets indésirables : sécheresse du pharynx, reflux des liquides par le nez, difficultés à articuler certains sons ou voix nasillarde.

Luette bifide

ETTE

seconde

Vitesse de réaction de la luette lorsqu’elle se soulève pour empêcher les aliments de remonter vers le nez.

Le cancer de la luette, bien que rare et associé au tabagisme, voit son incidence augmenter chez les jeunes. Cette hausse s’explique par les séquelles d’une infection au virus du papillome humain (VPH), transmis notamment par le sexe oral. Face à ce risque, la vaccination contre le VPH est recommandée pour les adolescents et les adolescentes. < 1

La luette bifide se caractérise par une extrémité divisée en deux parties. Présente chez 0,5% de la population, cette malformation existe sous deux formes. Elle peut être isolée : seule la luette est fendue, sans atteinte des muscles du palais. Aucun traitement alors n’est nécessaire. Elle peut aussi être associée à une fente palatine, la séparation s’étendant alors aux muscles du palais. Dans ce cas, la luette bifide doit être corrigée par une chirurgie.

AvrilJuin 2026

Le papillomavirus à l’origine de cancers

Siège d’inflammations

La luette peut s’enflammer lors d’une infection virale ou microbienne, d’une allergie ou d’une irritation. Cela peut provoquer son gonflement, des douleurs et des difficultés de déglutition. Dans de rares cas, l’augmentation du volume de la luette peut contribuer à une détresse respiratoire et devenir une urgence médicale. Parmi les causes possibles, un abcès amygdalien (complication d’une angine) ou un œdème de Quincke (une réaction allergique, médicamenteuse, ou parfois sans cause connue), qui provoque un gonflement rapide de divers tissus sous-cutanés.

L’experte du cerveau des nouveau-nés

portrait
Par Laetitia Grimaldi
Photo Nicolas Schopfer

Après avoir dirigé pendant vingt-sept ans le Service de développement et croissance, la Pre Petra Hüppi occupe désormais le poste de cheffe du Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent (DFEA). Un engagement placé sous le signe de la transmission par cette pédiatre mondialement connue.

Si elle a hésité avant de relever le défi de devenir la nouvelle cheffe du DFEA ? Pas une seconde. « D’abord en raison de mon attachement aux HUG, qui me soutiennent dans mes projets depuis près de trente ans. Et par amour total de ce département. J’y ai commencé ma carrière comme responsable de l’Unité de développement, tout en faisant partie des équipes médicales des soins intensifs pédiatriques et de néonatalogie, dont je suis restée très proche. L’un des bonheurs qui m’anime est de voir les collaborations extraordinaires s’établir entre elles pour la prise en charge des enfants, sans frontières entre les unités ou les services. Ce nouveau poste est aussi synonyme pour moi de transmission aux jeunes médecins, un enjeu fait d’échanges passionnants autour de la science médicale », confie la Pre Petra Hüppi. Son objectif phare ? « Mieux comprendre le développement de l’enfant et les troubles pouvant survenir au niveau cérébral, surtout en cas de prématurité », résume l’experte, reconnue internationalement pour ses travaux menés depuis les années 1990 dans ce domaine.

Premières IRM chez les nouveau-nés

Pionnière de l’imagerie cérébrale néonatale, la Pre Hüppi fait partie des premières spécialistes à avoir utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour observer le cerveau des nouveau-nés. Après sa spécialisation en pédiatrie à la Faculté de médecine de Berne, elle introduit la technique à l’École de médecine de Harvard, où elle s’est envolée pour quatre années de re-

1986

Diplôme de médecine à Berne.

1993

Spécialisations en pédiatrie et en néonatalogie.

1994

Premiers projets de recherche à l’École de médecine de Harvard à Boston, États-Unis.

2003

Médecincheffe du Service du développement et de la croissance.

2018

Création du Centre du développement.

2019

Vice-doyenne de la Faculté de médecine de l’Université de Genève.

2023

Gold Medal Award de l’ISMRM.

2025

Cheffe du Département de la femme, de l’enfant et de l’adolescent.

cherche et d’expérience clinique. À son retour en Suisse, elle prend la direction du nouveau Service du développement et de la croissance des HUG. Elle s’investit alors sans relâche, poursuivant ses travaux sur les besoins du cerveau en développement, tout en multipliant les gardes en néonatalogie et aux soins intensifs pédiatriques. « Une belle synergie s’est ainsi mise en place entre recherche et clinique. Nous avons par exemple introduit des approches comme les soins de soutien au développement, dont le “peau à peau” avec les parents, et diverses techniques sensorielles adaptées aux nouveau-nés », illustre l’experte.

Musique en néonatalogie

Parmi les plus marquantes : l’introduction de la musique. En cherchant à atténuer les déficits observés dans le cerveau des prématurés, la Pre Hüppi a entrepris un projet sans précédent avec le compositeur Andreas Vollenweider. L’idée : accompagner tout en douceur le bébé durant sa journée aux soins intensifs. C’est ainsi que trois mélodies ont été conçues à l’aide d’une flûte, le pungi, pour les temps de réveil, d’éveil et d’endormissement.

« Ce projet illustre ce qui m’anime depuis toujours : ne pas se limiter à définir les dommages cérébraux causés par la prématurité ou certaines atteintes neurologiques, mais chercher des solutions pour y faire face, en misant en particulier sur l’environnement sensoriel », poursuit l’experte. Avant de confier ce qui se devine aisément : « Me consacrer au développement de l’enfant était une évidence. » Si tout a commencé par une hospitalisation l’ayant fait côtoyer à l’âge de 8 ans des enfants souffrant d’infirmités motrices et cérébrales, sa détermination s’est ensuite forgée au gré d’expériences parfois singulières, comme ce professeur sous-évaluant ses notes, sous prétexte qu’elle était une femme. Elle finira première de sa maturité et lui transmettra avec malice par voie postale l’article de presse lui étant consacré. Joli clin d’œil encore quand elle sera, en mai prochain, élue présidente de la prestigieuse Société internationale de résonance magnétique en médecine (ISMRM). 

Culture sécurité

En collaboration avec l’Université de Bâle, les HUG et l’Université de Genève pilotent un ambitieux projet dédié à la culture de la sécurité dans les soins au sein des hôpitaux suisses.

Dès 2013, les HUG ont engagé des démarches en faveur d’un renforcement de la culture de la sécurité (ou « culture sécurité ») dans l’organisation des soins. L’exercice a d’abord pris la forme d’un questionnaire soumis tous les deux ans aux collaborateurs et collaboratrices pour interroger perceptions, pratiques et pistes d’amélioration. Puis l’ambition a pris une ampleur nationale en 2023, à la suite de l’appel d’offres remporté par les HUG et l’Université de Bâle. Lancée par la Commission fédérale de la qualité, l’initiative vise à développer des recommandations pour promouvoir la culture de la sécurité dans les hôpitaux suisses. « Si les HUG ont été avant-gardistes dans ce domaine, piloter ce vaste projet est une opportunité pour aller plus loin », se réjouit le Pr Guy Haller, médecin-chef du Service qualité des soins et en première ligne de ces travaux. Avant

de rappeler : « La Suisse propose des soins médicaux d’une qualité remarquable, mais la culture sécurité peut encore être améliorée. » L’objectif est concret : renforcer les valeurs et comportements à même de réduire le plus possible les complications liées aux soins.

Un projet sur trois ans Prévue sur une durée de trois ans, l’intervention comporte plusieurs étapes. La première, en cours, plonge au cœur du sujet avec une évaluation globale. Parmi les thématiques abordées : la communication entre équipes et la gestion des erreurs médicales par l’institution. Le deuxième volet portera sur la mise en place d’un projet pilote auprès de dix hôpitaux et cliniques. La suite ? « Si les résultats sont positifs, la commission déploiera des recommandations pour un programme national. Celui-ci pourra ensuite être proposé au Conseil fédéral pour avoir, à terme, force de loi », poursuit l’expert. Et de conclure : « Bien sûr, le risque zéro n’existe pas en médecine. Les équipes soignantes doivent souvent composer avec la complexité inhérente à certaines interventions ou situations cliniques. Mais l’objectif n’en est pas moins de tendre vers ce risque zéro. Et pour cela, un atout majeur est de renforcer la culture sécurité afin qu’elle devienne une valeur cardinale guidant chaque étape de la prise en charge. » 

Gare au mauvais cholestérol

Seule l’alimentation influence les taux de « mauvais cholestérol ».

Comment surveiller son taux de cholestérol et protéger ses artères ? Le point avec le Pr François Mach, médecin-chef du Service de cardiologie et principal auteur des nouvelles recommandations internationales sur la prise en charge des anomalies des graisses dans le sang (dyslipidémies).

Il existe plusieurs types de cholestérol.

Vrai. Indispensable à l’organisme, le cholestérol participe notamment à la structure des membranes cellulaires, à la synthèse de certaines hormones et de la vitamine D. Deux formes distinctes existent : le LDL (lipoprotéines de basse densité), dit « mauvais cholestérol », et le HDL (lipoprotéine à haute densité), ou « bon cholestérol ». Le premier transporte le cholestérol vers les artères et le second conduit son excédent vers le foie pour y être éliminé.

Il est important de connaître ses taux de cholestérol.

Vrai. Il est également essentiel de doser les triglycérides, un autre type de graisse sanguine. Des taux élevés de LDL et de triglycérides favorisent l’accumulation de cholestérol dans les artères, ce qui augmente le risque de maladies cardiovasculaires. Les nouvelles recommandations internationales permettent d’évaluer plus précisément ce risque en tenant compte du profil de chaque patient et patiente. La prise en charge est alors adaptée en combinant hygiène de vie et, si besoin, traitements médicamenteux.

Faux. Des taux élevés de LDL sont surtout liés à la production naturelle par l’organisme. Une hygiène de vie saine joue toutefois un rôle important dans la prévention du risque cardiovasculaire. Parmi les piliers : une alimentation équilibrée de type méditerranéen, l’arrêt du tabac et une activité physique régulière. À noter que 8 à 10% de la population présentent une hypercholestérolémie familiale.

Les statines sont l’unique traitement pour faire baisser le « mauvais cholestérol ».

Faux. Si elles sont les plus connues, de nouveaux traitements, inhibant l’action d’une protéine spécifique (PCSK9), agissent très efficacement sur les taux de lipides. Ils constituent une alternative précieuse, notamment pour les personnes qui ne tolèrent pas les statines.

Certains compléments alimentaires font baisser le cholestérol.

Faux. De nombreux compléments alimentaires, comme la levure de riz rouge, sont souvent évoqués pour réduire le cholestérol. Leur efficacité et leur sécurité ne sont toutefois pas démontrées. Il est donc déconseillé de les utiliser sans avis médical.

L’Unité 15 ou comment soigner au rythme de la personne

Plongée dans une structure hospitalière de gériatrie qui défend une prise en charge interprofessionnelle et limite le recours aux médicaments. Pleinement ouvert aux personnes proches aidantes, ce lieu plaide pour une approche intégrative en soins aigus.

Un après-midi en apparence paisible, à l’Unité de gériatrie cognitivo-comportementale (aussi appelée Unité 15) de l’Hôpital des Trois-Chêne.

Dans les couloirs, quelques patientes et patients déambulent, d’autres restent dans leur chambre ou sont installés dans des fauteuils au sein des espaces communs. Un calme trompeur car l’équilibre peut se rompre à tout moment. Comportant 18 lits, l’unité accueille chaque année près de 350 personnes. La majorité d’entre elles présente un état confusionnel aigu, lié à des pathologies physiques, se traduisant par des altérations brutales et fluctuantes de la conscience, de l’attention et des fonctions cognitives (mémoire et orientation notamment).

Le rôle de l’équipe soignante est double : identifier et traiter les atteintes physiques présentes, tout en aidant la personne à retrouver la conscience de son environnement et d’elle-même. Une mission délicate car la plupart de ces patients et patientes présentent des difficultés de compréhension et des capacités relationnelles réduites.

« Face à cette réalité, l’unité défend une approche encore peu répandue dans les soins aigus : miser sur la communication et limiter autant que possible le recours

aux médicaments. Les traitements pharmacologiques y sont donc utilisés en seconde ligne, conformément aux recommandations de bonnes pratiques », explique la Dre Aline Mendes, médecin adjointe agrégée et responsable de l’unité.

Dans le cadre de ce suivi, chaque comportement est ainsi envisagé comme un message à décoder, une tentative de mise en lien à même de « donner du sens au non-sens », selon l’expression utilisée dans l’unité. Les personnes proches aidantes y jouent un rôle clé : dépositaires de l’histoire et des repères de la personne, elles sont pleinement intégrées à la prise en charge et activement soutenues par l’équipe.

L'unité tient compte du besoin de mouvement lié aux troubles cognitifs.

DELIA ANTILLE, psychologue spécialisée en neuropsychologie au Service de gériatrie et de réadaptation

« Les personnes proches aidantes jouent un rôle central, mais invisible »

« Les proches aidantes et aidants, qui sont majoritairement des femmes, jouent un rôle central, mais souvent invisible. Nous les considérons comme de véritables partenaires de soins : dès l’admission, leur niveau d’épuisement est évalué et un soutien leur est proposé. Ces personnes sont encouragées à identifier leurs limites et peuvent assister à certaines thérapies. »

Au rythme des patients et patientes Modifier durablement une culture hospitalière bien ancrée reste un défi de taille. Pour y répondre, l’unité s’appuie sur le soutien de la Fondation privée des HUG qui a permis de financer l’achat de matériel spécifique, mais également les ressources humaines permettant de mettre en place les différentes approches non médicamenteuses. L’organisation est pensée pour restaurer les repères et le bien-être des personnes hospitalisées. Afin de prendre en compte le besoin de mouvement lié aux troubles cognitifs, l’unité est ainsi construite pour permettre une déambulation libre et sécurisée. Les personnes se couchent et se lèvent à leur rythme, les repas sont le plus souvent pris en commun, favorisant le lien social. Des activités de groupe, menées par une équipe interprofessionnelle, stimulent la mobilité, la cognition et les interactions. L’équipe soignante est aussi spécialisée en thérapie sensorielle, une approche fondée sur une stimulation contrôlée des sens favorisant la détente et le sentiment de sécurité.

Cette vision intégrative des soins aigus dépasse les murs de cette structure avec une équipe mobile s’investissant dans les autres unités de l’Hôpital des Trois-Chêne et une consultation dédiée au suivi post-hospitalier.

Supervision psychologique des équipes

L’état confusionnel dont souffrent les patients et patientes de l’unité peut les rendre soudainement agitées, opposantes, voire agressives, ce qui se traduit par un haut risque de violence envers le personnel hospitalier. Pour y faire face, ce dernier bénéficie notamment de supervisions psychologiques. « Travailler ici peut être éprouvant. Nous essayons de valoriser au maximum le rôle de chacune et chacun, ainsi que de pourvoir un cadre sécurisé pour que l’équipe puisse faire preuve d’initiative et d’adaptabilité », souligne la Dre Aline Mendes. 

SANDRINE PLADER, infirmière à l’Unité de gériatrie cognitivo-comportementale

« Plus de créativité dans les soins »

« L’approche non médicamenteuse de l’unité repose sur plusieurs thérapies intégratives, comme l’hypnose, à laquelle j’ai été formée. Nous parvenons ainsi à créer une vraie relation de confiance avec les personnes hospitalisées, à passer davantage de temps avec elles, à redonner du sens à notre pratique des soins, notamment en y apportant plus de créativité. »

ALAIN NDUGUMA, aide en soins et accompagnement (ASA) à l’Unité de gériatrie cognitivo-comportementale

« La thérapie sensorielle fait du bien à tout le monde »

« Au sein de l’unité, nous disposons d’un chariot sensoriel qui fait travailler le toucher, les images et les couleurs, et diffuse une musique apaisante ou des odeurs familières. L’essentiel est de connaître les préférences de chaque personne afin de lui procurer du bien-être – parfois simplement en étant à son écoute. La thérapie sensorielle fait du bien à tout le monde, même à l’équipe soignante ! »

L'utilisation du chariot sensoriel permet de stimuler les sens de façon contrôlée.

Se savoir à risque de souffrir d’un cancer

Quand la génétique est impliquée dans la survenue d’un cancer du sein, la maladie prend une dimension familiale. L’oncogénétique est là pour aider les personnes à mieux comprendre les risques et à en parler avec leurs proches.

Dans la population générale, le risque de cancer du sein est estimé à 12%, ce qui signifie qu’au cours de sa vie, une femme sur huit sera concernée. Dans 10% des cas, la génétique est en cause en raison de mutations présentes dans des gènes connus pour être directement associés à la maladie, comme le BRCA1 et le BRCA2. Ces derniers sont également impliqués dans le cancer de l’ovaire. Ces mutations peuvent être héritées des parents ou s’être produites lors de la fécondation. Elles peuvent ensuite être transmises aux descendants et descendantes, faisant apparaître cette prédisposition héréditaire au cancer. « Pour environ 20% des femmes, aucune mutation de ce type n’est retrouvée, bien que le nombre de

cancers du sein dans une branche de la famille soit trop élevé par rapport au risque général. Nous parlons alors d’“agrégations familiales”. Des recherches sont en cours pour mieux les comprendre, mais il est possible que la présence de plusieurs mutations dans différents gènes, associée à certaines conditions de vie et d’environnement, augmente le risque de survenue d’un cancer du sein », détaille la Dre Fulvia Brugnoletti, médecin adjointe responsable de l’Unité d’oncogénétique.

A dapter le suivi

« En fonction du risque de chaque personne, nous proposons un suivi adapté, l’objectif étant de détecter la maladie le plus tôt possible, si elle se déclare. Car avoir un risque plus élevé de cancer n’est pas une condamnation à être malade », insiste l’experte. Les mutations sont détectées par une simple analyse de sang. Selon le gène concerné, le risque de cancer du sein peut être supérieur à 70%. Un suivi annuel est alors mis en place, notamment via des examens impliquant imagerie par résonance magnétique (IRM), mammographies et échographies. L’option d’une chirurgie préventive est également discutée. « Nous encourageons les personnes avec un risque génétique à informer leurs proches, afin qu’ils et elles puissent envisager des analyses, si c’est leur souhait. Les hommes, aussi, sont concernés. Ceux qui

sont porteurs de ces mutations ont un risque légèrement accru d’avoir un cancer du sein, mais plus élevé pour les cancers de la prostate et du pancréas, ce qui nécessite un suivi », souligne la Dre Brugnoletti.

Dans le cas d’agrégations familiales, des programmes spécifiques permettent de calculer le risque individuel. Outre diverses

informations personnelles (âge des premières règles, antécédents médicaux, consommation de tabac ou d’alcool, etc.), ils prennent en compte l’histoire familiale, si possible sur trois générations. « Nous menons parfois de véritables enquêtes, car peu de gens connaissent les détails de santé de leurs grands-parents et arrière-grandsparents », constate l’experte. 

GEORGETTE*, 52 ans

« J’ai pris ma décision en une semaine »

« Peu avant mes 40 ans, ma maman a eu un cancer de l’ovaire associé à une mutation du gène BRCA2. Dans notre famille, il y avait aussi eu plusieurs cancers du sein. J’ai donc fait des analyses génétiques. Celles-ci ont révélé que je portais la même mutation génétique que ma mère, m’exposant à un risque très élevé de cancer du sein ou de l’ovaire. L’annonce a été un choc horrible. J’ai pleuré durant deux jours, mais j’ai pris ma décision en une semaine et j’ai opté pour l’ablation des seins, des ovaires et de l’utérus. L’opération a été pour moi une véritable renaissance. J’ai

tout expliqué à mes deux enfants et leur ai dit qu’une fois adultes, ils pourraient faire ces analyses. Le moment venu, nous sommes allés tous les quatre, avec leur papa, recevoir les résultats. Mon fils n’est pas porteur de la mutation, mais ma fille, oui. Elle a accueilli la nouvelle de manière très sereine. Elle souhaite avoir des enfants et allaiter. Elle n’envisagera donc une opération que dans plusieurs années. D’ici là, elle bénéficie d’un suivi rapproché aux HUG. »

* Prénom d’emprunt.

« Je suis émerveillée par la concrétisation des idées »

Après s’être passionnée pour les mathématiques et l’informatique au Canada, avoir fait sa thèse à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et être notamment devenue professeure associée à la Nanyang Technological University à Singapour, Pina Marziliano dirige depuis sept ans le Centre d’imagerie biomédicale (CIBM), avec un enthousiasme sans cesse renouvelé.

Pulsations Quelle est la mission du CIBM ?

Pina Marziliano Depuis sa création en 2004, le centre vise à réunir les expertises en imagerie biomédicale des cinq partenaires du projet Science-Vie-Société (SVS) qui l’ont fondé. Il s’agit de l’EPFL, l’Université de Genève, les HUG, l’Université de Lausanne et le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV).

Par Laetitia
Grimaldi
Phot
o Nicolas Righetti  |  lundi13

Dédié à la recherche et à l’enseignement, le CIBM a une particularité aussi rare que précieuse : il est en lien direct avec les besoins de la médecine, puisque plusieurs de ses chercheurs et chercheuses travaillent aux côtés des équipes soignantes au sein même des hôpitaux, à savoir les HUG et le CHUV.

Comment la recherche s’organise-t-elle ?

Le CIBM est structuré autour de cinq modules baptisés selon leur domaine d’expertise : « Science des données », « Électroencéphalographie », « Imagerie par résonance magnétique (IRM) », « Imagerie préclinique » et « Traitement du signal ». Sous l’impulsion de son ou sa responsable, chacun d’entre eux s’investit dans des projets spécifiques en associant une ou plusieurs des institutions partenaires et des équipes de recherche. Les champs explorés concernent des sujets aussi variés que l’insuffisance cardiaque, l’étude des rythmes du sommeil, la prévention des accidents vasculaires cérébraux, la maladie d’Alzheimer ou encore l’analyse des images du cerveau pendant la vie fœtale.

Les progrès dans ces domaines passent-ils par les outils d’imagerie biomédicale eux-mêmes ?

C’est certain. La force du CIBM est d’apporter son

expertise dans la conduite de projets de recherche complexes, mais également de faciliter l’acquisition et l’utilisation de technologies de pointe. Un fonds dédié permet le co-financement d’appareils révolutionnaires, comme l’IRM 3 teslas récemment installée aux HUG qui ouvre des perspectives majeures en oncologie. Depuis la naissance du CIBM, ces équipements se partagent entre usage clinique pour les patients et patientes et recherche.

Le CIBM vient de lancer un vaste projet portant sur le développement cérébral. Pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est une initiative unique et exceptionnelle, car elle va fédérer pendant cinq ans l’ensemble des expertises du centre autour d’un sujet commun : le développement neurophysiologique durant l’enfance. L’idée est d’évaluer l’influence de compétences clés pour agir dans le monde de demain, telles que la curiosité, la créativité ou encore la coopération avec l’autre. Des recherches se multiplient à ce sujet en Asie ou aux États-Unis, par exemple, mais elles sont beaucoup plus rares en Europe. Cela pourrait sembler loin des soins, mais il n’en est rien : la médecine a aussi pour but d’anticiper les problèmes de santé. Or la prévention passe invariablement par la connaissance. Dans ce

contexte, comprendre comment l’enfant apprend, au-delà du cerveau luimême, est un défi inouï.

Votre parcours professionnel vous a permis d’explorer des univers très variés : qu’est-ce qui vous a conduite à l’imagerie biomédicale ?

Dès le début de mes études de mathématiques, j’ai été intéressée par leurs applications dans la « vraie vie ». Aujourd’hui, le poste que j’occupe me comble puisqu’il s’agit d’optimiser les synergies entre les expertises de chercheurs et chercheuses d’exception et des outils technologiques surpuissants pour aider la science, la médecine et, finalement, la société elle-même. Bien loin des formules et des théorèmes, je suis émerveillée par la concrétisation physique des idées, comme la fabrication de ces bobines ultrasophistiquées appliquées sur le crâne pour réaliser des IRM cérébrales et tout le génie scientifique qui s’ensuit pour capter les signaux, les traduire en images et finalement percevoir ce qui se passe dans le cerveau. L’imagerie biomédicale est un champ aussi immense que fascinant. 

J'ai le rhume des foins... Atchoum !

Tu as une allergie au pollen, aussi appelée << rhume des foins >> ? Cela signifie que ton corps réagit aux minuscules grains présents dans l'air et produits par les arbres ou le gazon, comme si ces particules étaient dangereuses pour la santé, alors que ce n'est pas le cas.

Expert

Pr Philippe Eigenmann, responsable de l’Unité d’allergologie pédiatrique.

Pourquoi je n'arrête d'éternuerpasau

printemps ?

L’hiver est fini et les arbres sont en fleurs. Celles-ci produisent alors de petits grains (le pollen) qui volent comme des poussières vers d’autres fleurs pour se reproduire. Ce sont ces minuscules particules qui provoquent chez toi l’allergie au pollen.

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Pourquoi certaines personnes souffrent du rhume des foins et d'autres pas ?

Les pollens étant des molécules inoffensives pour la santé, la plupart des gens n’y réagissent pas. Seules les personnes allergiques présentent des symptômes en raison de leur système immunitaire, mécanisme qui permet au corps de lutter contre les virus par exemple. Celui-ci se trompe en prenant pour cible les pollens et met en place des défenses pour s’en débarrasser, un peu comme s’il se battait contre une méchante bactérie. En réaction, il crée davantage de mucus dans le nez et de larmes dans les yeux pour évacuer l’ennemi. Certaines personnes se mettent aussi à tousser.

Dois-je prendre des médica- ments ?

Ton ou ta médecin peut te prescrire un spray pour le nez ou des gouttes pour les yeux afin de diminuer la gêne. L’allergie aux pollens entraîne aussi parfois des difficultés à respirer et de la toux provoquée par l’asthme, qui est une inflammation des bronches (les << tuyaux >> qui apportent de l’oxygène aux poumons). Des médicaments sont alors nécessaires pour calmer ces réactions et la toux qu’il entraîne. Et ce n’est pas tout : il existe aussi des antihistaminiques qui limitent la réponse excessive de ton organisme aux pollens. Dans certains cas, tout cela ne suffit pas, il est alors possible de faire une désensibilisation. Il s’agit d’un traitement de trois ans, période durant laquelle il faut prendre des médicaments pour habituer petit à petit le corps à ne plus réagir au pollen.

Dois-je faire des tests pour savoir à quel type de pollen je suis allergique ?

Non, ce n’est pas nécessaire. Il suffit de regarder le calendrier dit << pollinique >> de MétéoSuisse qui indique quels pollens sont présents dans l’air à quelle période. Si ton rhume des foins apparaît vers mars ou avril, tu es certainement allergique au pollen de bouleau. Mais si tes yeux piquent et ton nez coule en mai ou juin, tu réagis aux graminées. Et savais-tu que certaines personnes allergiques au pollen de bouleau sont aussi parfois gênées lorsqu’elles mangent des fruits crus à pépins ou à noyaux ? Il s’agit d’un syndrome d’allergies croisées. La raison ? Ce pollen et ces fruits contiennent des molécules très semblables qui peuvent causer une même réaction allergique.

Existe-t-il des astuces pour limiter les symptômes du rhume des foins ?

Oui ! Tu peux te laver le corps et les cheveux le soir pour éviter de mettre des pollens sur ton oreiller. Porter des lunettes de soleil lorsque tu vas dehors aide aussi à atténuer la réaction allergique. Autre conseil : évite, si possible, de rester dehors lorsqu’il y a beaucoup de vent afin de ne pas être victime d’une << attaque >> de pollens !

Pour que la course à pied reste une alliée

Courir est une activité physique susceptible d’apporter de nombreux bienfaits, à la condition de respecter quelques précautions. Conseils pour que commencer ou reprendre la course à pied se fasse en toute sécurité.

En Suisse, la course à pied est de plus en plus populaire, en attestent notamment la multiplication des compétitions et le nombre de dossards achetés en constante progression.

Mais si l’activité ne requiert rien d’autre qu’une paire de chaussures adaptées, elle est technique et ne doit pas être prise à la légère. « Les bénéfices de la course à pied sont nombreux, que ce soit pour le système cardiovasculaire, pulmonaire, osseux ou encore musculaire, mais uniquement si son intensité, sa durée et la récupération qui suit sont adaptées. Par ailleurs, courir sollicite l’ensemble du corps et chaque élément doit être suffisamment en condition. Les pieds, par exemple, sont souvent négligés alors que leur rôle est prépondérant. Ils

doivent donc être entraînés et entretenus. Une simple ampoule peut suffire à gâcher une sortie », rappelle le Dr Philippe Tscholl, médecin adjoint au Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur et chef du Centre de médecine de l’appareil locomoteur et du sport.

Pas de limite d’âge

Aucune limite d’âge ne s’oppose à la course à pied, mais il faut en adapter la pratique à son état de santé. Les maladies respiratoires ou cardiovasculaires en particulier font l’objet de contre-indications. « Contrairement à une idée reçue, la course à pied ne favorise pas le développement de l’arthrose. Cependant, il faut tenir compte des blessures musculosquelettiques survenues dans le passé et qui ont pu entraîner une fragilité.

La course intensive ou de longue durée n’est par ailleurs pas conseillée aux personnes qui portent des prothèses de genou ou de hanche, ou qui ont des problèmes de ménisques », souligne le Dr Tscholl. La marche rapide peut-elle alors être une alternative à la course ? « À vitesse égale, la marche apporte les mêmes bénéfices cardiovasculaires, sans générer les mêmes impacts sur le sol. Or, par leurs répercussions mécaniques, ces derniers sont particulièrement profitables à la densité osseuse », décrit le spécialiste.

Miser sur la progressivité

En pratique, pour ceux et celles qui veulent se lancer dans la course à pied ou qui reprennent ce sport, il est préférable de commencer par la marche, puis d’enchaîner avec la marche rapide, avant d’ajouter des phases de trottinement et enfin de passer à la course. « La progressivité, c’est le secret. Il faut rester à l’écoute de son corps, ne pas se fixer d’objectifs irréalistes ou vouloir à tout prix reproduire ses meilleures performances passées », conseille le Dr Tscholl. Avant de mettre également en garde contre le surentraînement : « Pour certaines personnes, miser sur l’extrême est plus facile que d’opter pour une pratique rationnelle, peut-être moins excitante, mais plus saine et durable. » Or le surentraînement peut provoquer des problèmes mécaniques (fractures de fatigue, tendinites, etc.), mais aussi des troubles du sommeil, de l’humeur ou une perte de poids. Utiliser une montre connectée et suivre l’évolution de la variabilité de sa fréquence cardiaque peut par exemple être utile pour identifier de premiers signes d’alerte et adapter sa pratique. 

Le « Barefoot running », une pratique à part entière

Les chaussures avec des semelles très fines appelées « minimalistes », « barefoot » ou encore « zero drop » ont le vent en poupe. Néanmoins, quelques précautions s’imposent. « Ce n’est pas du running avec d’autres chaussures, mais bel et bien une activité à part entière qui sollicite différemment les muscles, les tendons et les articulations. Il convient donc d’y aller très progressivement en s’habituant déjà à marcher avec elles, avant de trottiner, puis de courir », conseille le Dr Philippe Tscholl, médecin adjoint au Service de chirurgie orthopédique et traumatologie de l’appareil moteur et chef du Centre de médecine de l’appareil locomoteur et du sport. Le spécialiste conseille aux personnes qui n’ont jamais couru, ou pas pratiqué depuis longtemps, d’opter plutôt pour des chaussures standards avec un bon amorti.

Quand

l’image guide le soin et le diagnostic

Aux HUG, la radiologie est au cœur de la médecine moderne : elle aide à diagnostiquer, à soigner et parfois à agir en temps réel. Sur l’ensemble des sites hospitaliers, ce sont 1 000 examens par jour. Outil médical et pédagogique, l’imagerie aide aussi les patientes et patients à mieux comprendre les diagnostics et à jouer un rôle actif dans leur prise en charge. Grâce aux technologies de pointe, les

images sont plus détaillées, avec moins de radiations, pour des soins toujours plus précis. Des urgences, où l’imagerie permet de voir vite, comprendre la situation et anticiper les risques, à la radiologie interventionnelle, où l’image guide directement le geste médical et offre des solutions moins invasives que la chirurgie, le monde fascinant de l’imagerie médicale est à découvrir sur Pulsations TV. Le magazine vidéo en ligne des HUG propose des reportages grand public pour sensibiliser à la santé, aux nouvelles prestations, à la recherche et aux questions de société.Voir le dernier Pulsations TV : https:// youtu.be/t7Q8OB3en_4

La sieste améliore la capacité d’apprentissage

Une pause sommeil peut aider le cerveau à se régénérer et à améliorer sa capacité d’apprentissage. C’est la conclusion d’une étude menée par l’Hôpital universitaire de Freiburg (Allemagne), les HUG et l’Université de Genève (UNIGE). L’équipe de recherche démontre qu’un bref endormissement aide à réorganiser les connexions

neuronales facilitant l’encodage de nouvelles informations. Jusqu’à présent, ces bénéfices n’avaient été observés qu’après une nuit complète de sommeil. L’étude est à découvrir dans la revue NeuroImage. « Nos résultats montrent que même une phase de sommeil courte peut placer le cerveau dans un état propice à l’apprentissage et à la mémorisation », explique le responsable de l’étude, le Pr Christoph Nissen, médecin-chef du Service des spécialités psychiatriques des HUG et professeur ordinaire au Département de psychiatrie de l’UNIGE.

Prix Pfizer décerné à une équipe des HUG et de l’UNIGE

Nicolas Mach, responsable de l’Unité de recherche clinique du Service d’oncologie, médecin-chef du Centre des cancers des HUG et professeur associé au Département de médecine et au Centre de recherche translationnelle en onco-hématologie de la Faculté de médecine de l’UNIGE, Rémi Vernet, adjoint scientifique au Département de médecine de l’UNIGE et le Dr Eugenio

Fernandez, médecin adjoint au Service d’oncologie des HUG ont reçu en janvier le prestigieux Prix Pfizer de la recherche biomédicale 2026 pour le développement d’une technologie thérapeutique inédite contre le cancer.

Fruit de quinze années de recherche, ce vaccin thérapeutique personnalisé combine les cellules tumorales des patients et patientes avec un puissant stimulateur du système immunitaire, afin d’entraîner le corps à reconnaître et à combattre les tumeurs qui l’affectent. Testée pour la première fois avec succès chez l’humain, cette approche ouvre la voie à une nouvelle génération d’immunothérapies anticancéreuses. Plus d’informations : www.hug.ch/actualites

Crédits : HUG, Unsplash, Alex Colle

Journée qualité des HUG

Comment se porte la population genevoise ?

26e

édition 6

projets lauréats, dont le Prix qualité décerné à « Projet TRANSAT : améliorer la transition pédiatrieadulte des jeunes atteints de maladie chronique par une démarche de partage » 60

La plateforme Specchio-Hub a dévoilé les résultats 2025 de l’étude épidémiologique Specchio, qui offre une photographie détaillée de l’état de santé de la population genevoise. Ils révèlent des tendances contrastées concernant les habitudes de vie et la santé de la population. L’un des constats concerne la sédentarité : les Genevoises et Genevois passent en moyenne six

Nouveau décor en chirurgie pédiatrique

Grâce au soutien de la Fondation privée des HUG et de la Fondation Paint a Smile, l’Unité de chirurgie pédiatrique s’est récemment dotée de nouvelles fresques murales. Conçues comme de véritables outils thérapeutiques, elles ont été créées en collaboration étroite avec les équipes soignantes. Reposant sur le

projets présentés portant sur une démarche d’amélioration de la qualité, que celle-ci soit aboutie et associée à des résultats ou en cours.

Plus d’informations : www.hug.ch/ actualites

heures par jour en position assise. Par ailleurs, environ 9% de la population déclare éprouver un sentiment de solitude ou d’isolement, quel que soit le sexe ou l’âge. Deux tiers des personnes (66%) rapportent un bon à très bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Un quart de la population fait part d’un sommeil de mauvaise qualité. Ces résultats constituent un outil précieux pour orienter les interventions en matière de promotion de la santé et de prévention. Ils aident à prioriser les recommandations les plus adaptées au contexte local et à œuvrer pour une meilleure santé.

principe du « cherche et trouve », ces œuvres invitent les enfants à mobiliser leur corps et leur imagination. Les fresques racontent les aventures de deux amis voyageant à travers le monde, du Canada à l’Asie. De chaque destination, ils rapportent un souvenir que les enfants s’amusent à retrouver sur les murs. La Fondation privée des HUG a également entièrement rénové la salle de jeux, désormais équipée de mobilier adapté à tous les âges. Elle se compose de trois espaces distincts : un dédié aux bébés, un autre à la lecture et un dernier aux activités ludiques et manuelles proposées notamment par les bénévoles.

30/04

AVRIL MAI

23/04 au 08/05

Exposition

Trames de vie

Maison Saint-Gervais Rue du Temple 5

Le projet interdisciplinaire

« Trames de vie : du récit de santé au récit de soi » porte sur les récits de vie de personnes suivies pour une maladie chronique dans cinq services des HUG. Il est le fruit du regard de patients et patientes partenaires, de soignants et soignantes et de l’artiste Benoit Billotte. Vernissage et table ronde le 23 avril à 18h. Plus d’infos : www.hug.ch/agenda

Journée mondiale

Vivre avec une maladie de Parkinson

10h-17h

Auditoire Marcel Jenny

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre sur inscription

À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie de Parkinson, le Service de neurologie des HUG vous propose, en collaboration avec les partenaires du réseau de soins et des personnes touchées par la maladie, des conférences, stands d’informations, témoignages et ateliers de musicothérapie et de physiothérapie en musique. Au programme notamment : « Les origines de la maladie de Parkinson », par la Dre Vanessa Fleury, médecin adjointe agrégée responsable de l’Unité des troubles du mouvement, ainsi que la « Gestion de l’anxiété », par Sandra Baudois, psychologue au Service de psychiatrie gériatrique. Programme détaillé et inscription sur https://www.hug.ch/ Journee-Parkinson-2026

06/05

Mélanome

Dépistage 13h à 17h

Bâtiment Jean-Louis Prévost (4e étage)

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre

Le dépistage précoce du cancer de la peau est essentiel et peut sauver des vies. Le Service de dermatologie et vénéréologie propose un examen gratuit de la peau. Le nombre de personnes pouvant être examinées dans le cadre de cette campagne est limité. La prise de rendez-vous est obligatoire et se fait en ligne sur www.hug.ch/agenda

29/05 & 19/06

Concert

Midi en musique 12h

Terrasse Opéra

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre

Profitez d’un concert en plein air sur la terrasse Opéra les vendredis 29 mai et 19 juin. Plus d’informations : www.hug.ch/arthug

JUIN

02/06

Anniversaire

Partenariat patient

12h à 17h30

Auditoire Marcel Jenny

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4

Entrée libre sur inscription

À l’occasion des 10 ans du partenariat patient, la Direction des soins et la Direction médicale et qualité organisent une demi-journée

d’activités (conférences, stands, moments d’échanges, etc.). Inscription sur www. hug.ch/evenement/10-anspartenariat-patient-aux-hug

12/06

Don du sang

Journée mondiale

7h à 19h

Centre de transfusion sanguine

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 6

Donner son sang, c’est sauver des vies. À l’occasion de la Journée mondiale des donneuses et donneurs de sang, donnez le vôtre au Centre de transfusion sanguine. www.dondusang.ch

17/06

Dépistage

Fibrose du foie

8h à 16h

Bâtiment Stern (étage P)

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4

Le Service de gastroentérologie et hépatologie des HUG organise une journée de dépistage de la stéatose, une accumulation de graisses dans le foie, et de la fibrose, une cicatrisation du foie. Peuvent participer les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30 kg/m² ou qui souffrent d’un diabète de type 2. www.hug.ch/agenda

QUAND TES SAUTES D’HUMEUR

Pour en savoir plus sur…

La santé des femmes

Espace Santé Femmes

L’Espace Santé Femmes est un projet du Réseau femmes qui offre un espace d’accueil et d’échange, d’écoute et d’accompagnement dédié à la promotion de la santé et du bien-être des femmes. https://reseaufemmes. ch/espace-santefemme

La santé des femmes

Un guide pour comprendre les enjeux et agir

Caroline De Pauw

Mango, 2022

C’est mon corps

Toutes les questions que se posent les femmes sur leur santé

Martin Winckler

L’Iconoclaste, 2020

L’endométriose

L’endométriose

Comprendre la maladie, soigner la douleur et traiter l’infertilité

Pr Peter von Theobald

Eyrolles, 2022

Pour des sujets allant de la puberté à la ménopause, Martin Winckler répond à toutes les questions que se posent les femmes. Les explications sont détaillées et claires, accompagnées de conseils, pour comprendre ce qu’il se passe dans le corps féminin et savoir réagir face aux questions des médecins. Ce livre s’adresse à toutes les femmes, quel que soit leur âge, leur orientation sexuelle, ou leur désir ou non de maternité.

La maladie de Parkinson

Caroline de Pauw, docteure en sociologie, explore tous les enjeux autour de ce sujet. S’appuyant sur des données chiffrées, des enquêtes et des interviews d’expertes, l’ouvrage permet de mieux comprendre la santé des femmes et de penser, ensemble, un accompagnement personnalisé et adapté, au bénéfice de tous et toutes.

CONTACT

Tous les livres référencés sont disponibles à la Bibliothèque de l’Université, site CMU. Ils peuvent être consultés et/ou empruntés gratuitement par tous. La collection « patients » de la bibliothèque de médecine s’adresse à tout un chacun qui souhaite s’informer sur une thématique en lien avec la santé.

Bibliothèque de l’Université de Genève

Centre médical universitaire Avenue de Champel 9

1206 Genève

Lu-ve : 8h-22h et sa-di : 9h-18h biblio-cmu@unige.ch 022 379 51 00

Pers. de contact : Annick Widmer www.unige.ch/biblio/patients/

Comment apprivoiser et gérer la maladie de Parkinson

Denis Hochstrasser Planète santé, 2025 Ce livre, écrit dans un langage accessible à toutes et tous, s’adresse aux personnes souffrant de la maladie de Parkinson, à leurs proches et au personnel de santé.

Parkinson

Que faire ? À quoi s’attendre ?

Jean-Pierre Polydor

DBS, 2025

Le neurologue Jean-Pierre Polydor livre ses conseils pour aider les malades à mieux comprendre la maladie de Parkinson et son évolution, connaître les traitements, prendre soin de leur corps, préserver au maximum leur mobilité, adapter leur domicile aux contraintes de la maladie et en limiter le retentissement au quotidien.

Conçu par un spécialiste, cet ouvrage explique le fonctionnement de l’appareil génital féminin et en quoi l’endométriose peut l’affecter, notamment au niveau de la sexualité et de la fertilité. Il décrit aussi les symptômes de la maladie et les examens nécessaires pour parvenir au diagnostic ainsi que les traitements possibles.

L’allergie aux pollens

aha.ch – Centre d’allergie suisse

La Fondation aha! Centre d’allergie suisse œuvre pour améliorer le quotidien des plus de trois millions de personnes en Suisse affectées par les allergies, les intolérances, l’asthme ou les maladies de la peau. En fournissant informations et conseils, elle aide les personnes concernées à retrouver une meilleure qualité de vie. https://www.aha.ch

Prédisposition génétique et cancer

Ligue contre le cancer

Information de la Ligue contre le cancer sur les prédispositions génétiques. https://www.liguecancer. ch/a-propos-du-cancer/ genes

Prédispositions héréditaires au cancer

Brochure d’information. Gratuite, à commander ou télécharger en ligne.

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