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Pulsations janvier - mars 2026

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Pulsations

DOSSIER

Infographie

La chambre hyperbare

Addiction Mieux-vivre

Bien digérer

Oser en parler


GRÂCE À SES DONATEURS ET DONATRICES, LA FONDATION PRIVÉE DES HUG SOUTIENT DES PROJETS INNOVANTS ET AMBITIEUX AFIN DE FAVORISER :

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Pulsations Octobre Janvier - Décembre - Mars 2026 2020

Sommaire Actualité 04 Hémodialyse à domicile 06 Soins palliatifs en pneumologie 09 Logopédie pour les seniors

36 Témoignage

22 L’infographie La chambre hyperbare

« Mon 24 objectif est Le portrait la rémission Pre Virginie Prendki : au service de la gériatrie de mon 26 diabète » Oncologie Détecter la détresse liée au cancer

38 L’invitée Muriel Golay, directrice du Centre LAVI (loi sur l’aide aux victimes) de Genève 40 Junior Le rhume

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38 04

10 Programme TRANSAT 12 Rencontre Pr Antoine Geissbühler, médecin-chef du Service de cybersanté et télémédecine

28 Reportage Se former grâce à la simulation 32 L’organe Les dents 35 Vrai/faux Le don d’organes

28

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42 Mieux-vivre Bien digérer

Oser en parler

48 Livres & Web Pour en savoir plus

DOSSIER ADDICTION

44 Brèves Agenda

IMPRESSUM Éditeur Robert Mardini, Hôpitaux universitaires de Genève, Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, CH-1211 Genève 14, www.hug.ch Réalisation Bertrand Kiefer, Michael Balavoine, Planète Santé / Médecine et Hygiène, www.planetesante.ch Responsable de publication Frédérique Tissandier Rédactrice en chef Suzy Soumaille Édition Laetitia Grimaldi, Giuseppe Costa Maquette et mise en page Jennifer Freuler, Bogsch & Bacco Publicité Michaela Kirschner, pub@medhyg.ch Abonnements Version électronique : gratuit, www.hug.ch/ pulsations-magazine. Version papier : gratuit, Tél. 022 702 93 11, www.pulsations.swiss Fiche technique Tirage : 37 500 exemplaires, 4 fois par an. Référence 441696, ISSN 2813-5385 — La reproduction totale ou partielle des articles contenus dans Pulsations est autorisée, libre de droits, avec mention obligatoire de la source. Crédits couverture : Adobe Stock, Keystone Crédits sommaire : Hervé Annen, Nicolas Righetti | lundi13, Gettyimages, Fred Merz | lundi13

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Pulsations

Changer le regard sur les addictions

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Janvier - Mars 2026

L’envie de récompense se mue en besoin impérieux, puis en automatismes difficiles Suzy Soumaille Rédactrice en chef à déjouer malgré la conscience des risques Mais c’est oublier la ténacité des liés à la consommation du produit préjugés négatifs et du regard ou à la pratique compulsive. Quand stigmatisant, poussant une partie le piège de l’addiction finit par se des individus dans cette situation à refermer sur sa victime, le centre cacher leur souffrance. Sans parler de décision situé dans le cerveau de la double peine des femmes prises n’a plus de pilote (lire le dossier en otage entre problème d’addiction en pages 14 à 21). et rôles sociaux traditionnels. Si la Ce scénario de perte de contrôle doit maladie se soigne de mieux en mieux, pour les personnes concernées, le peu au hasard et beaucoup à l’injusdéfi réside ailleurs : sortir de la honte tice à la fois biologique et sociale. et du jugement pour oser en parler Car nous ne sommes pas à égalité et demander de l’aide.  face aux substances ni aux vies qui

E d i t o r i a l

Derrière le passage de l’usage occasionnel à l’addiction, on trouve un terrain génétique « favorable », mais aussi des inégalités en santé telles que stress chronique, précarité et expériences traumatisantes, en particulier durant l’enfance. Sachant cela, les quelque 15 à 20% de la population à risque de développer une addiction, et qui ne le savent pas forcément, ont droit à notre empathie.

Illustration Bogsch & Bacco avec l’aide d’une IA

La recherche du plaisir et sa satisfaction sont communes à toute l’humanité. En général, cette quête se déroule sans trop de dégâts pour soi ou les autres. Cependant, pour une minorité d’individus ayant une prédisposition, l’histoire d’amour tourne à l’obsession.

nous y exposent. Les personnes qui ne sont pas touchées par ce fléau ne mesurent pas leur chance tant cette maladie chronique semble choisir ses proies.


Pulsations

La machine et les divers produits à stocker occupent près de 6 m2.

Par Clémence Lamirand Photo Nicolas Righetti | lundi13

Janvier - Mars 2026

A c t u a l i t é

Réaliser sa dialyse à domicile

Depuis près d’un an, des personnes souffrant d’insuffisance rénale et dialysées ont la possibilité de se soigner chez elles. Grâce à l’hémodialyse à domicile, elles gagnent en autonomie et en liberté.

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hémodialyse à domicile figure désormais parmi les différentes prises en charge proposées par l’Unité dialyse. « Cette technique pour les personnes en insuffisance rénale terminale, qui vise à épurer le sang grâce à une machine jouant le rôle de rein artificiel, n’est pas nouvelle, mais, avec le développement des centres de


Actualité

dialyse, sa version à domicile avait quelque peu été délaissée », introduit le Pr Patrick Saudan, médecin adjoint agrégé du Service de néphrologie et hypertension et responsable de l’Unité dialyse. Un programme récent propose en effet aux personnes qui le souhaitent de réaliser leur dialyse, seules, à leur domicile. Pour cela, l’une des conditions est qu’elles ne rencontrent pas de difficultés avec leur traitement en cours. Elles doivent ensuite participer à une formation sur plusieurs semaines, lors de leurs séances de dialyse.

Des séances plus courtes, mais plus fréquentes

Une fois la ou le patient prêt et le matériel installé au domicile, la première séance peut démarrer. Elle se déroule en présence de l’infirmière qui l’a formé. Par la suite, la personne organise les horaires de ses dialyses comme elle le souhaite. « Les séances à domicile sont plus courtes qu’en centre de dialyse et génèrent souvent moins de fatigue, mais elles doivent se faire plus fréquemment, cinq fois par semaine en moyenne, contre trois en centre », décrit Nadège Petitjean, l’une des deux infirmières à l’origine du programme. Avec cette technique, la personne gagne aussi en qualité de vie et en autonomie (lire témoignage). En outre, elle effectue bien moins de trajets domicile-hôpital puisqu’elle ne s’y rend qu’une fois par mois. « Cette séance mensuelle est l’occasion de nous

Reste que s’occuper de ses dialyses à domicile n’est pas toujours simple, notamment sur le plan logistique. « Il faut par exemple avoir suffisamment de place – 6 m2 environ – pour installer la machine elle-même, mais surtout pour le stockage des différents éléments à prévoir comme les dialysats », souligne Nadège Petitjean. Autre impératif : une ou un proche doit être présent dans l’habitation lors des séances. Malgré ces contraintes, ce traitement individualisé séduit. « De par sa souplesse, il convient bien, par exemple, aux jeunes patients et patientes ayant une activité professionnelle ou à ceux et celles qui habitent loin de l’hôpital », ajoute le Pr Saudan. Trois personnes ont intégré ce programme et plusieurs sont en cours de formation. 

Témoignage LASZLO, 75 ans

Le premier patient du programme témoigne « En décembre 2024, je commençais le programme dédié à l’hémodialyse à domicile. La formation s’est faite à mon rythme. Je suis ravi d’être passé à ce type de dialyse, qui améliore mon confort et mon moral. En fait, lorsque je devais me rendre au centre trois fois par semaine, je me sentais inutile. Je ne supportais plus la sensation d’être impotent. Avec cette solution, je suis plus acteur dans ma maladie, je me sens actif, je participe, ce qui est pour moi essentiel. Mais il y a évidemment quelques contraintes. Je suis pour ma part très satisfait, mais ma femme, qui doit être présente durant les séances, l’est un peu moins. »

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Janvier - Mars 2026

Sur place, l’une des infirmières de l’équipe transmet les gestes requis et les bons réflexes, autant pour le montage et le démontage de la machine que pour la gestion des liquides (appelés « dialysats ») et des « abords vasculaires » (le cathéter ou la fistule permettant de se relier à la machine). « La personne doit aussi veiller aux éventuels problèmes d’hygiène et de contamination et apprendre à garder son calme si une alarme se déclenche. Les problèmes sont très rares, mais il faut savoir comment y faire face », note le néphrologue.

assurer que tout va bien et de faire une évaluation. La personne voit aussi son ou sa médecin », précise l’infirmière.


Par Yseult Théraulaz Illustration Bogsch & Bacco

Janvier - Mars 2026

A c t u a l i t é

Pulsations

Soigner aussi la qualité de vie en pneumologie Aujourd’hui encore, les soins palliatifs renvoient l’image douloureuse d’un ou une malade en fin de vie. Pourtant, ils peuvent aussi bénéficier aux personnes qui vivent avec une maladie chronique évolutive affectant le quotidien.

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ans l’optique d’une prise en charge globale, le Service de pneumologie, soutenu par la Ligue pulmonaire genevoise, a mis en place une consultation ambulatoire de médecine palliative destinée aux personnes atteintes d’une maladie respiratoire chronique invalidante, comme la fibrose pulmonaire ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Deux maladies incurables, pour lesquelles les médicaments habituels permettent avant tout de ralentir le déclin respiratoire et d’éviter les complications. « La médecine palliative complète la prise en charge pneumologique

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en agissant surtout sur les symptômes invalidants, comme la difficulté à respirer et les douleurs. L’objectif est de préserver la meilleure qualité de vie possible », explique la Dre Lisa Hentsch, médecin adjointe au Service de médecine palliative. Approches complémentaires

En pratique, lors de la première consultation, les patientes et patients de pneumologie rencontrent la médecin spécialisée en soins palliatifs et l’infirmière dédiée. « Les symptômes et les besoins de la personne sont évalués en vue d’un suivi individualisé susceptible d’améliorer sa qualité de vie »,


Actualité

Pour diverses maladies respiratoires

La médecine palliative apporte un soutien axé sur le bien-être incluant les aspects psychologiques, physiques, sociaux et spirituels. Le suivi individualisé se fait à raison d’une fois par mois en moyenne, selon les besoins de la personne. « Cette discipline est complémentaire à la pneumologie. Les personnes expriment leur satisfaction d'accéder à d’autres ressources, ainsi qu’à un espace de discussion et d’écoute fondé sur leur quotidien », explique le Dr Ivan Guerreiro, médecin adjoint au Service de pneumologie. En 2024, 28 personnes, âgées de 45 à 88 ans, ont bénéficié de cette consultation. « Idéalement, ce suivi en médecine palliative devrait être proposé de manière systématique aux personnes vivant avec une maladie respiratoire chronique et évolutive», conclut la Dre Hentsch. 

Témoignage

« Mon état d’esprit vis-à-vis de la maladie a changé» Gilles* souffre d’une fibrose pulmonaire idiopathique, une maladie chronique évoluant vers une insuffisance respiratoire. « La paroi de mes poumons se rigidifie et j’ai de la peine à respirer. J’ai essayé différents médicaments pour ralentir la progression de la maladie, mais je ne les ai pas supportés. J’ai donc décidé de ne plus les prendre, ce qui m’a rendu très anxieux. Je dormais très mal. » La pneumologue de Gilles le met alors en contact avec le Service de médecine palliative des HUG. « Ce terme me faisait très peur. Encore aujourd’hui, je ne le trouve pas approprié, car il renvoie à la fin de vie. Et pourtant, ma première consultation m’a convaincu de l’importance de cette prise en charge et, désormais, je m’y rends toutes les six semaines. Je fais notamment des séances d’hypnose et de réflexologie. Mon fils est venu à certains rendez-vous, car les proches peuvent participer au suivi. Aujourd’hui, je suis beaucoup moins anxieux et mon état d’esprit vis-à-vis de la maladie a changé. Je suis même devenu patient partenaire afin que mon expérience profite aux équipes soignantes et à d’autres personnes malades. » * Prénom d'emprunt.

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Janvier - Mars 2026

explique Caroline Matis, infirmière responsable de l’équipe de la Consultation Soins Palliatifs (CoSPa). Différentes approches complémentaires sont ainsi discutées, comme l’hypnose, la réflexologie ou les massages. L’infirmière s’assure également que l’encadrement à domicile est adéquat, aborde l’anticipation de soins, comme les directives anticipées, et s’occupe de la coordination entre la pneumologie, les soins à domicile et les autres médecins de la personne. « Une véritable équipe se forme entre le patient ou la patiente, ses proches, le ou la médecin et l’infirmière. Cette dernière effectue aussi un suivi régulier que ce soit par téléphone, visioconférence ou lors de consultations infirmières », explique Caroline Matis.


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LE DISPOSITIF GENEVOIS DE COORDINATION DES SOINS pour favoriser le maintien à domicile des personnes fragiles de plus de 65 ans

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Pulsations

Logopédie pour les seniors

La La consultation consultation offre offre un un suivi suivi personnalisé personnalisé fondé fondé sur sur un un plan plan de de rééducation rééducation combinant combinant des des séances séances àà l’hôpital l’hôpital et et des des exercices exercices àà réaliser réaliser àà domicile, domicile, en en impliquant impliquant l’entoul’entourage. rage. Les Les proches proches bénéficient bénéficient pour pour cela cela d’un d’un soutien soutien afin afin de de mieux mieux comprendre comprendre la la situasituation tion et et d’accompagner d’accompagner la la personne personne concerconcernée née au au quotidien. quotidien. Par Par son son travail, travail, l’équipe l’équipe de de logopédistes logopédistes répond répond àà une une difficulté difficulté récurrente récurrente àà Genève Genève:: celle celle d’accéder d’accéder àà un un suivi suivi en en cabinet cabinet privé privé pour pour les les adultes adultes après après une une hospitalisation. hospitalisation. En En assurant assurant ce ce relais, relais, la la structure structure garantit garantit la la continuité continuité des des soins soins et et prévient prévient la la perte perte des des compétences compétences qui qui ont ont pu pu être être acquises acquises par par le le ou ou la la patiente patiente pendant pendant son son hospitalisation. hospitalisation. Confrontée Confrontée dès dès son son lancement lancement àà une une demande demande élevée, élevée, la la consultation consultation est est appelée appelée àà se se développer développer  dans dans les les années années àà venir. venir. 9

Janvier - Mars 2026

Plan Plan de de rééducation rééducation personnalisé personnalisé

A c t u a l i t é

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epuis juin 2025, les HUG dispose d’une consultation logopédique ambulatoire sur le site de l’Hôpital des Trois-Chêne. Cette structure réunit quatre logopédistes, travaillant en collaboration avec les équipes médicales du Département de réadaptation et gériatrie. Son objectif : assurer le suivi de personnes qui, de retour à leur domicile après une hospitalisation, souffrent d’atteintes neurologiques persistantes. « Avec l’âge, des fonctions essentielles telles que la parole, la voix, le langage ou la déglutition peuvent s’altérer. Cela est souvent en lien avec des pathologies neurologiques (accident vasculaire cérébral, maladie de Parkinson ou encore maladie d’Alzheimer) », explique Mélanie Jullien, logopédiste au sein de cette nouvelle consultation. La rééducation logopédique est adaptée aux besoins de chaque patiente et patient. Elle comprend divers exercices portant notamment sur la diction ou la déglutition. Elle vise ainsi, entre autres, à préserver ou restaurer les capacités de communication et à sécuriser l’alimentation.

Par Anna Bonvin Photo David Wagnières

L’Hôpital des Trois-Chêne propose désormais une consultation ambulatoire destinée aux personnes chez qui subsistent certains troubles neurologiques après leur hospitalisation aux HUG. Ce suivi spécialisé garantit la continuité des soins et en optimise l’efficacité.


Pulsations

Le projet TRANSAT, soutenu par la Fondation privée des HUG, permet aux adolescentes et adolescents atteints d’une maladie chronique de passer en douceur des services pédiatriques aux soins adultes, tout en intégrant les parents dans cette transition. 10 10

Crédit : Robert Neubecker

Par Yseult Théraulaz

Janvier - Mars 2026

A c t u a l i t é

Accompagner les jeunes vers les soins adultes


Actualité

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Un comité de jeunes

Pour y répondre, l’équipe impliquée dans le projet TRANSAT a d’abord recueilli les attentes exprimées par toutes les parties et s’est appuyée sur un comité de jeunes (lire témoignage). Ensemble, ils ont œuvré pendant plusieurs mois à des solutions améliorant la transition vers le secteur adulte. À la clé : un parcours de soins structuré commençant dès l’âge de 10 ans. Cette adaptation progressive comprend ainsi plusieurs étapes : une consultation d’information, un plan de transition et deux consultations conjointes réunissant jeunes, parents et équipes soignantes pédiatriques et adultes. La première se déroule en pédiatrie, la seconde dans le secteur adulte. Pendant l’année qui suit le transfert, les personnes référentes en pédiatrie restent à disposition. En outre, une journée de formation à la transition est organisée pour l’ensemble des protagonistes. Elle propose, entre autres, des ateliers et une visite des secteurs pédiatrique et adulte.

Plus d’autonomie, sans exclure la famille

« La population adolescente est vulnérable. Lors de cette période critique, il arrive que des suivis soient arrêtés et que des traitements ne soient alors plus pris correctement. Cela peut avoir de graves conséquences, comme le rejet d’une greffe de rein par exemple », explique la Dre Anne Dufey Teso, médecin adjointe au Service de néphrologie et hypertension. Et d’ajouter : « En tant que néphrologue pour adultes, les besoins particuliers des jeunes ne m’étaient pas familiers. Grâce à TRANSAT, j’ai appris à y être plus attentive. L’enjeu est d’amener les patientes et patients à plus d’autonomie, sans exclure leur famille. » Le projet concerne actuellement cinq services pilotes : la néphrologie, la pneumologie, la neurologie, la diabétologie et la médecine générale hospitalière des adolescents et adolescentes et jeunes adultes. « Entre 10 et 20% des jeunes souffrent d’une maladie chronique. Assurer la continuité de leur suivi médical est primordial. Dans le futur, nous souhaiterions élargir ce projet et y associer les médecins de ville », conclut la Dre Soroken. 

Témoignage

« TRANSAT m’a enlevé certaines appréhensions» La maladie de Lia* implique des consultations en néphrologie et en urologie depuis sa naissance. « La pédiatrie, c’est ma deuxième famille. Je connais les locaux et les gens qui y travaillent. Quitter cet endroit pour rejoindre les soins adultes m’est douloureux », explique-t-elle. La jeune femme de 18 ans fait partie du comité des jeunes qui a participé à l’élaboration du projet TRANSAT : « Avec les équipes soignantes, nous avons pu exprimer nos craintes et nos besoins afin que la transition se passe en douceur. » Lors des consultations conjointes (réunissant les équipes pédiatriques et adultes), Lia a rencontré ses futurs soignants et soignantes et, lors de la journée de la transition, visité à leurs côtés l’hôpital des adultes. * Prénom d'emprunt.

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orsqu’un enfant souffre d’une maladie chronique, son suivi et ses soins accaparent parfois la vie de toute la famille. Les services pédiatriques deviennent alors presque une deuxième maison et la transition, le moment venu, vers un service adulte peut être vécue avec appréhension. Fortes de ce constat, la Dre Cindy Soroken, médecin adjointe à la Consultation ambulatoire de santé des adolescents et adolescentes et des jeunes adultes (CASAA), ainsi qu’Anne-Laure Hariel, infirmière spécialisée en secteur adulte, ont mis sur pied le projet TRANSAT. « Émotionnellement, le passage des services pédiatriques à ceux des adultes peut être compliqué. Les liens tissés pendant toutes les années de suivi sont forts et les jeunes ainsi que leurs parents vivaient parfois ce transfert comme une forme de rejet ou d’abandon », explique la Dre Soroken. Les enjeux sont importants, car les risques d’interruption de suivi et de traitement sont élevés à l’adolescence. « Les enfants concernés redoutaient d’être soignés par des équipes inconnues », précise Anne-Laure Hariel.


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Par Stéphany Gardier Illustration Bogsch & Bacco avec l’aide d’une IA

Janvier - Mars 2026

R e n c o n t r e

« Les IA génératives sont bluffantes, mais présentent des limites importantes » À l’occasion de l’inauguration du Pôle intelligence artificielle pour la santé, le Pr Antoine Geissbühler, médecin-chef du Service de cybersanté et télémédecine et doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, fait le point sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans le paysage médical. Pulsations L’arrivée des IA dites « génératives », telles que ChatGPT, a presque fait oublier que l’IA existait déjà au 20e siècle. Quand est-elle entrée dans le monde de la santé ? Pr Antoine Geissbühler L’IA constitue un domaine de recherche en médecine depuis les années 1960. Très rapidement, il s’est avéré que les ordinateurs avaient des capacités complémentaires à celles des êtres humains en matière de calcul, de mémoire et de traitement de l’information. De premiers outils informatiques dits « d’aide au diagnostic et à la prise de décision » sont apparus, mais techniquement il s’agissait déjà d’IA, par exemple de programmes qui facilitaient l’analyse des tracés d’électrocardiogrammes.

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Dans quelles spécialités médicales l’IA est-elle particulièrement présente ? L’imagerie médicale a beaucoup bénéficié des progrès de l’IA, surtout depuis l’arrivée dans les années 2010 de systèmes informatiques très élaborés appelés « réseaux de neurones profonds », qui ont largement accru les compétences des programmes. Capable d’effectuer des analyses fiables rapidement, l’IA est également très utilisée en dermatologie, hématologie et en histopathologie pour analyser les coupes de tissus. Est-il possible d’imaginer que des systèmes d’IA remplacent les soignants et soignantes, au moins pour certaines tâches ? J’aime dire que le terme IA peut aussi être lu comme « intelligence augmentée » car, quand ils sont bien pensés, ces systèmes accroissent les capacités humaines. Et il y a un certain nombre de tâches particulièrement chronophages qui incombent aujourd’hui au personnel soignant et dont il serait ravi de se décharger sur des IA. Il faut donc se poser la question de la valeur ajoutée de l’activité humaine et recentrer les pratiques autour de cela. Je pense qu’il ne faut pas être dogmatique dans cette réflexion : des activités cataloguées comme essentiellement humaines pourraient être déléguées à des machines. Sur des sujets sensibles par exemple, certains patients et patientes se confient plus facilement à une IA qu’à une personne en chair et en os.


Rencontre

Quels sont les objectifs du Pôle intelligence artificielle pour la santé qui a été inauguré en décembre dernier ? Cette structure est née de la collaboration entre les HUG, le Département de la santé et des mobilités et le Wyss Center for Bio and Neuroengineering. Elle est située sur le Campus Biotech, un lieu exceptionnel pour la recherche et l’innovation, notamment dans le domaine des neurosciences qui, de plus, accueille désormais des patients et des patientes des HUG. Ce pôle sera l’endroit idéal pour développer de nouveaux outils d’IA et questionner les enjeux liés à cette technologie avec une approche globale. Parmi les projets en cours, le Wyss Center for Bio and Neuroengineering développe par exemple un programme innovant de soins par neuromodulation assistée par l’IA.  * www.hug.ch/medecine-de-premier-recours/confiance

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Les IA génératives ont-elles leur place dans les soins ? Ces systèmes sont bluffants, cependant ils présentent des limites importantes. Pour commencer, ils sont conçus pour produire du contenu, mais pas forcément juste ou vrai alors que les programmes d’IA classiques ont été construits pour réaliser des tâches précises et avec des règles déterminées. Il est donc possible de vérifier comment la machine parvient à un résultat. Avec les IA génératives, nous ne savons pas comment elles produisent les contenus. Or certaines réponses qui semblent tout à fait crédibles sont en réalité inventées de toutes pièces par le système. Cela montre aussi que l’usage de l’IA nous impose de rester critiques et capables de contrôler ce qu’elle produit. Pour l’heure, les HUG utilisent quelques outils d’IA générative dans des cadres bien circonscrits, comme le chatbot du projet ConfIAnce*.


Par Laetitia Grimaldi Illustration Bogsch & Bacco avec l'aide d'une IA

Janvier - Mars 2026

D o s s i e r

Pulsations

Quand l’addiction prend le pouvoir Souvent synonymes de plaisir, d’abandon ou de remède aux affres de l’existence, nombre de substances ou de comporte­ ments peuvent se refermer sur leurs proies et se muer en addiction. Si nous ne sommes pas à égalité face à ce risque, les défis actuels se multiplient. En cause : la profusion de nouveaux produits et l’accroissement de fragilités individuelles ou collectives faisant le nid de ce fléau qui sévit encore dans l’ombre de la stigmatisation et des préjugés.

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lles s’appellent alcool, cigarette, cocaïne, crack ou encore héroïne et se démultiplient avec l’arrivée effrénée de nouveaux produits, en plein jour ou dans les coulisses de marchés obscurs. Appelées substances psychoactives, elles ont en commun d’exposer à des risques multiples, ponctuels ou d’une ampleur pouvant changer le cours d’une vie. Et elles ne sont pas seules à détenir ce pouvoir destructeur puisque certains comportements sont également susceptibles d’engendrer souffrances physiques, psychiques, intimes ou familiales. Qu’elles concernent les jeux vidéo, d’argent ou les écrans, les addictions dites « sans substance » ont rejoint celles qui impliquent des produits dans la dernière Classification internationale des maladies (CIM 11), sous la dénomination de « Troubles dus à l’utilisation de substances ou à des conduites addictives ». Une évolution en lien avec un constat sans appel : quelle que soit sa composante, l’addiction est une maladie. Une pathologie complexe, inégalitaire, opportuniste, éprouvante, grevée de préjugés, mais qui se soigne.

Inégalité face aux risques

Pr Daniele ZULLINO, médecin-chef du Service d’addictologie

Pourquoi est-elle complexe ? L’une des explications repose sur le développement d’une « hyperhabitude » : « L’addiction s’incarne par des comportements devenus automatiques sur lesquels la personne perd le contrôle. Dès lors, elle consomme ou s’adonne à une action en sachant que 15

Et l’inégalité face à ces phénomènes est totale. « Seuls 15 à 20 % de la population sont à risque de développer une addiction », révèle le Dr Thierry Favrod-Coune, médecin adjoint responsable de l’Unité des dépendances. Les mécanismes en jeu seraient de deux ordres : génétique et lié au vécu. « Une partie des différences s’expliquerait par les récepteurs aux substances psychoactives présents dans notre cerveau. À l’instar de serrures uniques, ces structures réagissent aux substances qui se présentent à elles comme autant de “clés”, elles aussi spécifiques. Ainsi, l’alcool par exemple pourra rencontrer un terrain “favorable” chez une personne qui n’en tirera que légèreté et douce euphorie, tandis que pour une autre, il sera synonyme de malaise et écœurement. Tout porte à croire que la première est plus à risque de développer une

Janvier - Mars 2026

cela est contre ses intérêts à court ou long terme. Un exemple simple : l’incapacité à refuser un verre d’alcool alors qu’elle se l’était promis », résume le Pr Daniele Zullino, médecin-chef du Service d’addictologie. Et d’expliquer : « En cas d’addiction, le problème n’est pas que le raisonnement se fait mal, c’est qu’il ne se fait pas du tout. La personne ne prend pas la décision de boire ce verre, mais répond à une structure primitive de son cerveau, le système limbique, au sein duquel des automatismes éminemment puissants se sont créés. » Mais ce n’est sans doute pas tout : le Pr Christian Lüscher, médecin hospitalo-universitaire au Service de neurologie, évoque ainsi une autre piste selon laquelle, chez certaines personnes, la recherche et la prise de substances psychoactives deviennent compulsives. Les centres de décision ne parviennent alors plus à freiner les circuits liés au plaisir (lire en page 19).


Pulsations

Janvier - Mars 2026

« 15 à 20% de la population sont à risque de développer une addiction »

et de dommages. Se passant de délais de production liés à des cultures, ces substances peuvent affluer en quelques semaines, parfois sans même avoir le temps d’être notifiées sur la liste des stupéfiants. Sans compter l’influence de réseaux sociaux faisant naître des tendances aussi périlleuses que rapides chez les jeunes, comme l’usage du protoxyde d’azote ou de cocktails mêlant codéine (via des sirops pour la toux) et alcool », alerte le Pr Zullino.

Dr Thierry FAVROD-COUNE

Prise en charge globale

addiction à l’alcool que la seconde. Quant au vécu, de nombreux facteurs engendrent une fragilisation susceptible de se muer en faille dans laquelle l’addiction peut s’engouffrer. Parmi eux : le stress chronique, la précarité et les expériences traumatisantes, en particulier durant l’enfance. Ces éléments sont hautement personnels, mais ils s’inscrivent aussi dans un monde anxiogène, bouleversé par les crises et l’instabilité, qui accroît les fragilités, parfois dès le plus jeune âge », détaille l’expert. Avant de rappeler : « Plus une addiction survient tôt, plus elle fait de dégâts, sur les apprentissages comme sur le cerveau lui-même qui, pour rappel, se forme jusqu’à 25 ans. » La suite se devine au cas par cas, mais s’inscrit dans un contexte de profusion de produits psychoactifs et d’offre numérique (lire en page 20) qui inquiète les spécialistes. « Les substances telles que l’alcool, le tabac ou la cocaïne restent des fléaux majeurs, mais elles s’associent désormais à des vagues de nouveaux produits, bien souvent issus de la chimie, qui multiplient les risques d’exposition

Dr Thierry FAVRODCOUNE, médecin adjoint responsable de l’Unité des dépendances

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Et c’est ainsi que l’addiction peut, un jour, prendre le pouvoir. S’ouvre alors un champ mêlant souffrances physique et mentale, pour soi-même et ses proches, et silence, face à un mal qui dévaste autant qu’il se vit avec honte. Mais l’addiction se soigne. « Et même de mieux en mieux », encourage le spécialiste. Avant d’ajouter : « Bien sûr, le chemin peut être long, semé de rechutes car il s’agit d’une maladie chronique aux racines profondes qui ont gravé des automatismes. L’objectif est de les défaire pour les remplacer par des décisions prises en toute conscience, ce qui suppose de prendre en charge la personne dans sa globalité. » Un enjeu qui implique le plus grand nombre. « Beaucoup reste à faire pour mieux comprendre et soigner l’addiction, faire évoluer les mentalités et les positions politiques, mais des avancées majeures sont toutefois à saluer. Parmi elles, des soins de plus en plus axés sur la personne et ses souhaits, ainsi que l’arrivée du concept de réduction des risques. L’objectif : tenir compte des multiples facettes de l’addiction pour élaborer des approches visant à limiter les risques liés à


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Dossier

leur usage sans forcément viser l’abstinence absolue », poursuit le Pr Zullino. L’un des exemples les plus marquants : la cigarette. « Le tabac est la substance qui tue le plus. Avec les formes nicotiniques non combustibles et sans tabac, les risques pour la santé sont divisés au moins par dix, ce qui est considérable », illustre le Dr Favrod-Coune. VALÉRIE, 56 ans

En pratique, la prise en charge s’articule autour de quatre axes, résumés par l’expert : « Le premier est l’accompagnement théra­ peutique, dans un environnement non jugeant, confidentiel et sûr. Il est fondé sur l’entretien motivationnel pour inviter la personne à s’interroger sur son désir de changement et identifier en quoi son addiction nuit à ses projets de vie. Viennent ensuite deux approches souvent complé­ mentaires : la voie médicamenteuse, certaines molécules pouvant aider à soulager sensations de manque et anxiété, et la thérapie cognitivocomportementale, pierre angulaire du traite­ ment pour appréhender les situations où les envies peuvent survenir. Le dernier axe repose sur les proches aidants ou aidantes et les groupes d’entraide. » Et de conclure : « Sortir de la honte et du jugement est l’une des clés pour guérir de l’addiction. C’est le défi des personnes concernées, mais aussi de toutes les autres, en ne sous-estimant pas le fait que nous ne sommes pas à égalité face aux substances, ni aux vies qui nous y exposent. » 

« Je n’avais aucun déclic pour arrêter »

Dépendance, addiction : quelle différence ? Susceptible de se produire chez tout individu, la dépendance exprime la survenue d’un syndrome de sevrage (symptômes physiques et psychiques parfois sévères) à l’arrêt de la consom­ mation d’une substance psychoactive. L’addiction est évoquée lorsque la consommation d’une substance ou une pratique est compulsive et qu’elle ne s’arrête pas en dépit de conséquences négatives. Le risque d’addiction varie selon les substances : elle est par exemple de moins de 10 % pour l’alcool et 20 % pour la cocaïne.

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Janvier - Mars 2026

« Victime d’inceste, j’ai passé des décennies à me détruire. Je suis tombée dans l’alcool, les drogues – la cocaïne surtout – et dans l’anorexie. J’ai connu les mauvaises rencontres, le dénuement et même la prison. Pendant toutes ces années, mon corps a souffert. J’ai contracté neuf pancréatites, une cirrhose, une hépatite. Mais même hospitalisée et soignée par sonde nasogastrique, je m’échappais pour boire. La raison est simple : je n’avais aucun déclic pour arrêter. Jusqu’à l’année de mes 35 ans où une atteinte neurologique liée à ma consommation d’alcool m’a privée de l’usage de mes jambes. Quand je suis rentrée chez moi en chaise roulante, j’ai réalisé que je ne pouvais pas continuer. Alors j’ai commencé à me battre, pour remarcher autant que pour en finir avec mes addictions. En plus du soutien de quelques proches, la rencontre avec l’équipe de l’Unité de dépendances des HUG, et la Dre Déborah Lidsky en particulier, a été déterminante. Je n’ai pas été jugée comme une alcoolique ou une toxicomane, mais prise en charge comme une personne qui avait besoin d’aide. Toutes les étiquettes dont j’étais affublée se sont alors envolées. Grâce à une psychothérapie, j’ai pu revenir sur le traumatisme qui a détruit ma vie et, à partir de là, me reconstruire. Abstinente depuis de nombreuses années, l’alcool et les drogues ne m’inspirent plus que du dégoût. Aujourd’hui, je puise ma force dans l’aide que j’apporte aux autres en tant que proche aidante. »


Pulsations

Janvier - Mars 2026

Prendre en charge les spécificités des femmes

sont d’environ deux fois moins pour l’alcool, le cannabis, les stimulants, mais les femmes recourent davantage que les hommes aux anxiolytiques (benzodiazépines). Qu’en est-il des effets sur le métabolisme ?

Prenons l’exemple de l’alcool. En raison des différences au niveau du volume de distribution et de la proportion d’eau et de graisse dans l’organisme, une même quantité absorbée aboutit à un taux d’alcool plus élevé chez les femmes. Par ailleurs, une activité enzymatique plus faible augmente la toxicité de l’alcool, tandis que la présence plus élevée d’œstrogènes accroît l’effet des substances. Ces différences peuvent expliquer un risque accru de complications (cinq fois plus pour la cirrhose par exemple) et de dépendance. La prise en charge des femmes souffrant d’addiction est-elle, elle aussi, différente ?

Trois questions à la Dre Déborah Lidsky, médecin adjointe au Service de médecine de premier recours. Dans le domaine des addictions, les différences entre hommes et femmes sont nombreuses. Cela concerne-t-il les substances elles-mêmes ?

Pulsations

Oui. Depuis une cinquantaine d’années, les femmes consomment de plus en plus de substances psychoactives, mais les quantités diffèrent. Les proportions

Dre Déborah LIDSKY

Quelle que soit la personne qui consulte, les questions clés sont : pourquoi elle consomme, de quelles conséquences elle souffre et ce qu’elle souhaite pour la suite. Chez les femmes, prédomine souvent la peur du jugement, de ne plus être à la hauteur en tant que mères, épouses et professionnelles. Sans oublier les actes de violence verbale ou physique dont certaines sont victimes quand elles sont sous l’emprise de substances. L’un des enjeux est d’instaurer un climat de confiance fondé sur un discours déculpabilisant et d’assurer une prise en charge multidisciplinaire adaptée impliquant tous les acteurs nécessaires.

« L’un des enjeux est d’instaurer un climat de confiance fondé sur un discours déculpabilisant »

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A dd ic tio n

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Le choix de l’hospitalisation à domicile

En direct du cerveau Si la complexité de l’addiction est immense, le voile se lève sur une partie des mécanismes à l’œuvre. Explications en trois points avec le Pr Christian Lüscher, médecin hospitalo-universi­ taire au Service de neurologie.

Comment s’organise-t-elle ? « Il s’agit de transférer les outils utilisés en addictologie au domicile. Se succèdent ainsi un examen psychiatrique et physique (qui inclus prise de sang, électrocardiogramme, etc.), le diagnostic puis le traitement. Ce dernier comprend l’entretien motivationnel, qui porte sur les objectifs du patient ou de la patiente, le suivi psychiatrique et le traitement pharmacologique. Pour ce faire, la personne, en arrêt maladie, reçoit des visites régulières d’une ou d’un médecin, ainsi que celles, quotidiennes, d’infirmiers et d’infirmières. Le reste du temps, elle organise son quotidien comme elle le souhaite. C’est même l’idée : soigner la personne dans son environnement, là où l’addiction se vit et côtoie les tentations (proximité des lieux de vente par exemple), en incluant ses proches. En dehors des rendez-vous, les équipes soignantes sont disponibles 24 heures sur 24 et une hospita­ lisation peut être envisagée à tout moment si besoin », explique la Pre Bachmann.

Tout commence par la dopamine Stimulés par un mets, une substance ou une activité source de plaisir, les neurones sécrètent de la dopamine, un neurotransmetteur œuvrant au sein d’une zone du cerveau appelée « noyau accumbens », siège du circuit de la récompense. La dopamine y entraîne la modification de la communication entre certains neurones. À la clé, entre autres : la création d’automatismes. Chez les personnes souffrant d’addiction, ces derniers prennent le pas sur les circuits de la décision, situés dans le cortex orbitofrontal.

Pr Christian LÜSCHER, médecin hospitalouniversitaire au Service de neurologie

La piste de l’épigénétique Tout porte à croire qu’une implication génétique prédispose certaines per­ sonnes au risque d’addiction. Mais l’épigénétique serait aussi en jeu, à savoir la façon dont le vécu modifie l’expression des gènes. Parmi les facteurs dont l’impact serait majeur : le stress chronique et les traumatismes. Cibler le siège de l’addiction Rompre les automatismes délétères pour ouvrir d’autres circuits neuronaux et renforcer le pouvoir de la décision : tel est l’enjeu de la psychothérapie, des médicaments tels que les antidépres­ seurs et des nouvelles pistes de traite­ ments comme la stimulation cérébrale profonde et le recours médicalisé aux psychédéliques.

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Déplacer les interventions quotidiennes de l’hôpital au domicile des personnes souffrant d’addiction : tel est le pari du projet « Hospitalisation addictologique à domicile (HAAD) » lancé il y a trois ans par la Pre Silke Bachmann, médecin ad­ jointe agrégée au Service d’addictologie. « Outre les retours positifs des patients et patientes concernées, de leurs proches et des équipes soignantes, les premières analyses montrent des bénéfices concrets, comme un risque moindre de rupture de traitement », se réjouit l’experte. Prévue sur une durée de deux à trois semaines et individualisée, l’HAAD est proposée aux personnes souffrant d’un double diagnostic : trouble lié à la consommation de substances (alcool le plus souvent) et maladie psychia­ trique (dépression sévère, troubles de la personnalité ou encore schizophrénie).


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Quand jeux ou écrans virent au cauchemar

PASCAL*, 61 ans

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« Arrivé aux portes de l’enfer, j’ai choisi la vie »

À l’instar de diverses substances, l’addiction aux jeux de hasard et d’argent ou encore aux écrans résulte de la rencontre d’une offre et d’une vulnérabilité individuelle. « Ainsi, certaines personnes y cherchent une stimu­ lation, comme le font certaines molécules psychoactives, quand d’autres y trouvent un apaisement », explique la Dre Sophia Achab, médecin adjointe agrégée au Service d’addictologie, responsable du programme ReConnecte, financé par la Fondation privée des HUG, et directrice du Centre collabora­ teur de l’Organisation mondiale de la santé. Si les mécanismes qui en découlent dans le cerveau sont proches, diagnostic et prise en charge ont des spécificités.

« Il y a d’abord eu l’alcool. J’avais 18 ans et y trouvais le moyen de m’évader d’un lourd climat familial. Et puis le cannabis, que je consommais massivement, tous les jours. Vers 28 ans se sont ajoutées la cocaïne et l’ecstasy, dans le cadre de week-ends festifs. Je me détruisais, physiquement et mentalement, payais des poignées d’heures d’euphorie sous substances par des journées de “descentes” effroyables. Mais je tenais, notamment grâce au sport et au travail. Ce qui m’a fait plonger, ce sont les jeux d’argent au casino et le poker. J’ai tout perdu : mon travail, ma compagne, ma voiture, ma dignité. Vers 46 ans, épuisé, j’ai eu la chance de consulter le Dr Thierry Favrod-Coune aux HUG. J’y allais convaincu qu’en deux semaines, le problème serait réglé. Quinze ans plus tard, je le vois toujours. Son aide a été, et est toujours, infiniment précieuse. L’addiction est une maladie terrible, ponctuée d’amères rechutes. J’ai aussi accepté de me rendre aux Narcotiques anonymes. Le choc a été immense : j’entendais ces personnes, sur lesquelles j’avais eu tant d’a priori, raconter des histoires qui auraient pu être la mienne. Arrivé aux portes de l’enfer, j’ai compris que j’avais une décision à prendre : continuer, en sachant que l’étape suivante serait la rue ou la mort, ou choisir la vie. J’ai tranché et tout fait pour remonter vers la lumière, mais le chemin a été incroyablement difficile. Les victoires se comptent d’abord en minutes, puis en jours et en semaines. Si sortir du déni et se faire aider sont indispensables pour vaincre l’addiction, cela suppose aussi de faire des choix radicaux pour changer ses habitudes. Mais cela en vaut la peine. “Clean“ de tout depuis dix ans, je me sens comme un miraculé. »

« Que la consultation concerne un ou une adolescente dont les parents s’inquiètent du temps passé sur un écran ou une per­ sonne s’adonnant frénétiquement aux jeux d’argent, deux aspects majeurs sont évalués. Le premier se réfère aux capacités perdues, en termes de concentration, d’aptitudes sco­ laires, professionnelles ou encore sportives. Le second relève d’un quotidien dégradé et de liens, familiaux ou amicaux, devenus conflictuels. Tout l’enjeu est d’établir un bilan global pour proposer une prise en charge adaptée et centrée sur les dimensions im­ pactées », détaille l’experte. Cette approche, fondée sur la psychothérapie, est au cœur de ReConnecte, programme de prise en charge des addictions sans substance élaboré par la Dre Achab. « Ses deux piliers sont la motivation et la définition d’un objectif émanant du patient ou de la patiente », précise l’experte. Avant d’ajouter : « De par son abondance et son fonctionnement, l’offre numérique actuelle représente un défi majeur. Mais les discus­ sions – au niveau européen notam­ment – portant sur les réglementations nécessaires avancent, avec l’espoir que ces phénomènes se régulent. En attendant, il est crucial de garder le dialogue ouvert et de consulter quand la souffrance s’installe. »

* Prénom d’emprunt.

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A dd ic tio n

Dossier

Quand l’addiction se vit dans la rue Au cœur de la médecine communautaire développant des soins au plus près des besoins, le programme RUE (pour « réponse urgente et engagée ») se déploie hors des murs de l’hôpital à destination des populations les plus vulnérables en proie à des addictions. Celle au crack est parti­ culièrement répandue à Genève depuis quelques années. « Notre démarche est d’aller vers les personnes concernées, qui bien souvent vivent dans la rue, et de leur apporter un accompagnement individualisé et multidisciplinaire. Avant d’aborder la question de l’addiction, la priorité est bien souvent de stabiliser leur situation en lien avec leurs besoins de base, d’instaurer une alliance thérapeutique fondée sur la confiance et de faciliter l’accès au réseau de soins. Vient ensuite la prise en charge de l’addiction elle-même », décrit la Dre Louise Penzenstadler, médecin adjointe agrégée au Service d’addictologie.

Dre Louise PENZENSTADLER, médecin adjointe agrégée au Service d’addictologie

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À l’annonce de la grossesse ou dans les semaines qui suivent, l’envie d’arrêter de fumer peut devenir une priorité. « L’addic­ tion au tabac est extrêmement puissante, et elle ne l’est pas moins lors de la gros­ sesse. Bien sûr, cet événement peut se muer en déclic, mais il est aussi synonyme de stress, de bouleversement hormonal et de préoccupations qui n’aident pas à arrêter de fumer », résume Isabelle Gaudin Loriot, sage-femme formée en tabacologie et au cœur de la consultation grossesse et tabac. Lancée en 2019 grâce au soutien de la Fondation privée des HUG et du Centre d’information et de prévention du tabagisme (CIPRET), cette consultation prône un accompagnement bienveillant axé sur la motivation de chaque femme. « Nous discutons bien sûr des solutions possibles pour arrêter ou limiter la cigarette, via les substituts nicotiniques sous forme de patchs par exemple, mais pour certaines femmes, pouvoir ainsi questionner leur consom­ mation aboutit parfois à des prises de conscience particulièrement motivantes », précise l’experte.

Janvier - Mars 2026

Pour cela, le programme RUE se compose d’une équipe mobile associant médecin, infirmiers et infirmières, consultations, unité hospi­ talière, accompagnement social et, depuis peu, un pair praticien (pair-aidant ayant suivi une formation spécifique) et deux paires-aidantes. « Bien sûr, les situations individuelles sont souvent très complexes et la stigmatisation est encore un frein à de nombreuses initiatives, mais de plus en plus de dispositifs médico-sociaux permettent d’accompagner ces personnes : stratégie de réduction des risques – comme les salles de consommation réglementée ou le Programme expérimenté de prescription de stupéfiants (PEPS) présent depuis trente ans pour lutter contre l’addiction à l’héroïne et dont une alternative pour le crack est en cours de discussion) – stages de réinser­ tion ou encore accompagnement vers un logement. Il est aujourd’hui clairement prouvé qu’avoir un toit et un rôle dans la vie, qu’il soit professionnel ou associatif, contribue considérablement au rétablisse­ ment », souligne l’experte.

Zoom sur la consultation grossesse et tabac


2,4 m de diamètre

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Illustration Muti

Expert : Dr Rodrigue Pignel, médecin adjoint responsable de l’Unité de médecine subaquatique et hyperbare des HUG.

Pratiquée dans une chambre (ou caisson) pressurisée, l’oxygénothérapie hyperbare est un traitement qui administre de l’oxygène afin de favoriser la cicatrisation des tissus. Elle est utilisée pour atténuer certains effets secondaires de la radiothérapie, le traitement de plaies ou encore dans des situations d’urgence.

La chambre hyperbare

2 chambres pouvant accueillir chacune 8 personnes assises (ou 2 allongées)

10 m de long

Les HUG sont le seul hôpital public de Suisse à disposer, depuis 2009, d’un caisson hyperbare. Ce dispositif médical sécurisé est agréé par la Société suisse de médecine hyperbare. Une équipe spécialisée (infirmier ou infirmière, technicien ou technicienne et médecin) assure une surveillance permanente durant la séance, selon le code européen de bonne pratique.

Sécurité et contrôle

La teneur en oxygène du gaz suroxygéné utilisé durant une séance d’oxygénothérapie hyperbare.

100%

Par Clémentine Fitaire

L ’ i n f o g r a p h i e

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* Prise en charge LAMal possible.

Ces indications pourraient bientôt s’étendre au Covid long, aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et aux lésions liées au sport.

• Plaie à cicatrisation difficile* • Lésion des tissus après radiothérapie* • Infection de l’os* • Accident de plongée ou maladie de décompression* • Intoxication au monoxyde de carbone • Embolie gazeuse • Gelure • Surdité brusque • Occlusion de l’artère centrale de la rétine

L’oxygénothérapie hyperbare est indiquée en cas de :

Indications

La teneur en oxygène de l’air ambiant (+ 78% d’azote et 1% de gaz rares).

21%

Pulsations


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Compression (15 minutes)

Plateau ou traitement (65 minutes)

Décompression (15 minutes)

Selon les indications, 30 à 40 séances d’oxygénothérapie hyperbare sont nécessaires pour un effet bénéfique. Des études ont montré leur efficacité pour certaines séquelles de la radiothérapie, notamment la proctite ou la cystite radiques (inflammation du rectum ou de la vessie). Pour d’autres atteintes, comme celles de la mâchoire, de la bouche ou des nerfs, les résultats sont prometteurs, mais nécessitent encore d’être confirmés.

Efficacité

* Atmosphère technique absolue.

Oxgène pur

1

2

Avant chaque séance, une consultation médicale vise à détecter une éventuelle contre-indication.

Temporaires : • Pathologies mineures (rhume, otite, rhino-pharyngite, etc.)

Relatives (avec des mesures adaptées) : • Épilepsie • Asthme sévère • Difficulté d’équilibration des pressions au niveau des oreilles

Contre-indications Absolues : • Pneumothorax non drainé • Défaillance cardiaque • Grossesse (sauf intoxication au monoxyde de carbone) • Bronchopneumopathie chronique obstructive • Forte claustrophobie

La diffusion d’oxygène pur diminue lentement pour un retour progressif à la normale.

3

Les molécules d’oxygène « s’accrochent » aux cellules sanguines et se diffusent dans les tissus, y compris les régions mal vascularisées. Cette phase d’hyperoxygénation temporaire atteint les zones lésées et stimule l’angiogenèse.

2

La pression monte à 2,5 ATA* (équivalent à 15 mètres sous l’eau). Le patient ou la patiente doit équilibrer ses oreilles grâce à plusieurs manœuvres (déglutition, manœuvre de Valsalva, mastication d’un chewing-gum, bâillement).

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1

• Crise hyperoxique ou « convulsion », due à l’administration d’oxygène à haute dose

• Myopie hyperoxique (effet direct de l’oxygène sur le cristallin de l’œil)

• Douleur de l’oreille et du tympan durant la compression, due à une mauvaise équilibration de l’oreille moyenne

(peu fréquents et réversibles)

Effets indésirables

3

L’oxygène pur est administré par voie respiratoire via un masque facial ou une cagoule spécifique. Cette thérapie accroît l’oxygénation des tissus lésés et réduit la prolifération de bactéries se développant seulement dans un milieu pauvre en oxygène. Ce renouvellement cellulaire s’appelle l’angiogenèse.

Déroulement d’une séance en trois phases

L’infographie


Photo François Wavre | lundi13

p o r t r a i t

Par Stéphany Gardier

L e

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Pulsations

« La bienveillance dans les soins ne peut qu’améliorer nos pratiques »

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Le portrait

La Pre Virginie Prendki partage son activité entre le Service de médecine interne et de l’âgé de l’Hôpital des Trois-Chêne et le Service des maladies infectieuses du site de Cluse-Roseraie. Pour faire le pont entre ces deux spécialités, elle a mis en place l’Unité d’infectiologie gériatrique.

A

Tenir compte des spécificités liées à l’âge

De retour en France, elle obtient un Master en immuno-parasitologie à l’Institut Pasteur, à Paris. En plus de son activité clinique, elle collabore à des projets de recherche notamment sur le paludisme. Finalement, c’est en exerçant dans un service d’infectiologie ostéo-articulaire qu’elle trouve sa voie. « J’ai été frappée par la complexité de la prise en charge des seniors et l’urgence de mieux tenir compte des spécificités liées à leur âge. J’ai alors pris conscience que j’étais exactement dans

2006

Diplôme en médecine interne.

2007

Diplôme en maladies infectieuses et tropicales.

2021

Obtention d’un subside du Fonds national suisse pour un essai clinique sur la stratégie diagnostique de la pneumonie chez la personne de plus de 65 ans.

2022

Création de l’Unité d’infectiologie gériatrique aux HUG.

2024

Professeure associée des départements académique et hospitalier de réadaptation et gériatrie des HUG.

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Un ancien collègue l’informe alors de l’ouverture d’un poste de médecine interne en gériatrie aux HUG. « C’était une belle opportunité d’autant plus qu’il y avait la possibilité de créer une unité d’infectiologie destinée aux personnes âgées et la volonté de développer la recherche sur cette thématique », se rappelle la spécialiste. Elle quitte alors Paris avec son bébé, son mari étant encore en poste à Paris. Il la rejoindra deux ans plus tard. « Je ne m’en cache pas : si j’ai la carrière que j’ai, c’est aussi grâce à lui. Il a adapté la sienne afin de pouvoir aussi s’occuper de nos deux enfants, une petite fille étant née entre-temps. Je consacre à ma famille autant de temps que possible, mais gérer une activité clinique à temps plein, qui est partagée entre deux sites hospitaliers, tout en menant des projets de recherche, dont un essai clinique financé par le Fonds national suisse, est extrêmement exigeant », souligne-t-elle. Travail, bienveillance et transparence

Engagée au-delà de son activité clinique, la Pre Prendki a récemment réussi à dégager un peu de temps pour suivre une formation destinée au leadership des femmes professeures en Suisse. « C’est très enrichissant d’échanger avec toutes ces collègues venant d’univers différents. Et je me suis rendu compte que moi qui étais de nature plutôt timide, j’ai appris à dire quand quelque chose ne correspond pas à mes valeurs », ajoute l’experte. Parmi celles qu’elle essaie de diffuser auprès de ses équipes, il y a notamment le travail, la bienveillance et la transparence. Et de préciser : « Désormais, j’utilise ces mots régulièrement dans ma communication, cela aide à les “faire infuser”. La bienveillance et l’honnêteté, entre collègues, mais aussi avec les personnes que nous soignons, ne peuvent qu’améliorer nos relations et nos pratiques. Nous avons toutes et tous à y gagner ! » 

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rrivée aux HUG en 2013, la Pre Virginie Prendki a commencé sa carrière en France, à Strasbourg puis à Nantes. Depuis toute petite, elle a à cœur de « s’occuper des autres ». Elle se souvient d’ailleurs en souriant des heures passées à « soigner ses peluches ». Se voyait-elle vétérinaire ? Elle avoue y avoir songé, mais c’est vers la médecine humaine qu’elle s’est tournée avec, dès le début, un intérêt à la fois pour la médecine interne et pour les maladies infectieuses. « J’ai eu très tôt envie de faire de l’humanitaire et cela m’a guidée vers ces deux spécialités », confie la médecin. En 2002, elle s’envole pour six mois vers l’Angola, un pays alors ravagé par la guerre. « J’y ai appris beaucoup de choses, notamment à gérer des infections pédiatriques souvent très sévères. Nous avions parfois des journées au cours desquelles nous perdions dix enfants », se remémore-t-elle avec émotion.

1975

Naissance en France.

mon sujet, qu’il n’y avait pas besoin de partir loin pour s’occuper de populations vulnérables et que la gériatrie était une discipline médicale complète et pleine de défis et d’avenir », explique la Pre Prendki.


Pulsations

Par Clémence Lamirand

Janvier - Mars 2026

O n c o l o g i e

Détecter la détresse psychologique liée au cancer

Le Centre du cancer colorectal a mis en place un dépistage systématique de la souffrance psycho-oncologique des patientes et patients qu’il prend en charge. L’objectif : proposer au plus tôt une aide adaptée.

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L

ors des consultations se déroulant au Centre du cancer colorectal, la question est désormais systématique : « Comment vous sentez-vous ? » Sur le modèle de « l’échelle de la douleur », l’ensemble de l’équipe soignante se renseigne, via une échelle allant de 0 à 10, sur l’état de santé psychologique de ses patients et patientes.


Oncologie

Cet outil est appelé « Thermomètre de la détresse psycho-oncologique ». « Si leur réponse est supérieure ou égale à 4, nous proposons une consultation avec la psychooncologue du centre ou avec un ou une médecin psychiatre du Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise », indique le Dr Thibaud Kössler, médecin adjoint agrégé au Service d’oncologie et responsable de l’Unité des tumeurs digestives.

Crédit : Sébastien Thibault

Du temps d’écoute Le premier contact est particulièrement important. « Le lien créé doit permettre à la personne de se repérer un peu plus facilement dans son monde bouleversé par l’irruption de la maladie », poursuit la psychologue. Ensuite vient le temps de l’exploration. Marta Vitale apporte un espace de parole essentiel, d’autant plus important que la patientèle du centre est de plus en plus jeune, avec des problématiques bien spécifiques (enfants, emploi, etc.).

La prise en charge psychologique proposée par le Service d’oncologie repose notamment sur la prise en compte de la personne dans sa globalité et dans ce qu’elle a d’unique,

Des bienfaits variés

Synonyme d’un accompagnement global de la maladie (lire encadré), cette prise en charge améliorerait l’adhésion au traitement, la combativité et, plus largement, le vécu de la maladie. La présence de la psychooncologue apporte par ailleurs un regard différent sur les patients et patientes lors des séances pluridisciplinaires. « Son retour d’informations est souvent essentiel pour voir les personnes concernées sous un autre jour et ainsi pouvoir adapter, toujours au mieux et ensemble, nos propositions de traitement », conclut l’oncologue. 

L’importance d’une approche globale Soigner le cancer, un défi médical ? Oui, mais pas seulement. « Je rappelle souvent aux patients et patientes que la prise en charge oncologique repose sur quatre piliers. Il y a bien sûr les traitements médicaux, mais aussi la nutrition, l’activité physique adaptée et l’attention portée au mental. Tous sont essentiels pour une prise en charge efficiente et une amélioration globale de la qualité des soins proposés », souligne le Dr Thibaud Kössler, médecin adjoint agrégé au Service d’oncologie et responsable de l’Unité des tumeurs digestives.

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Lorsque son cancer colorectal a été diagnostiqué, Maud a rencontré Marta Vitale, psychologue au Service d’oncologie. « L’annonce et les traitements qui ont suivi ont été d’une telle violence que je ne voyais pas comment faire sans son aide. J’avais besoin d’une professionnelle à mes côtés », se souvient la trentenaire. La proposition d’une prise en charge de la détresse psychique peut aussi se révéler nécessaire plus tard. « L’essentiel reste d’informer tous les patients et patientes de l’existence de cette consultation dans le service. Les personnes concernées peuvent me solliciter à n’importe quel moment de la prise en charge. Je suis là et je m’adapte », explique Marta Vitale. « J’ai vu la psychooncologue en fonction de mes souhaits et de mes besoins, souvent avant et après un rendez-vous médical décisif ou à la fin d’une chimiothérapie. Ses mots et son soutien m’ont beaucoup apporté », confirme Maud.

sans la réduire à sa maladie. L’un des enjeux est également de l’aider à être le moins possible dans l’attente, souvent éprouvante, des résultats des examens réalisés. « Pour cela, il est important de travailler sur les ressources permettant de se maintenir dans l’action. L’idée est que la personne ait conscience qu’elle possède les capacités de participer activement à sa santé. L’accompagnement vise à l’aider à chercher ce qui lui fait du bien : il n’y a pas que les médicaments et les traitements pour aller mieux », estime Marta Vitale.


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Par Clémence Lamirand Photos Fred Merz | lundi13

Janvier - Mars 2026

R e p o r t a g e

Se former aux situations difficiles en toute sécurité Depuis plusieurs années, des séances de simulation sont organisées à la Maternité et à l’Hôpital des enfants. Les équipes soignantes s’y entraînent sur des mannequins high tech, tant sur le plan technique que sur les aspects relationnels.

«A

lex n’est pas comme d’habitude. » Ces mots teintés d’inquiétude ne sortent pas de la bouche d’un parent, mais de celle d’un acteur, père d’un jour du petit mannequin, aujourd’hui baptisé Alex. Allongé, ce dernier est en pleurs sur le lit de la salle de formation des urgences pédiatriques. Dans cette salle de réanimation dédiée, pour l’occasion, à la simulation (projet baptisé « SimKids »), toute l’équipe soignante, multidisciplinaire, s’affaire afin d’apporter les bons traitements à Alex et de trouver les mots justes à adresser aux parents. L’objectif de l’exercice est d’améliorer les connaissances scientifiques et médicales, 28

mais aussi de mieux communiquer, au sein de l’équipe comme avec les parents. « Par le passé, ils attendaient à l’extérieur de la chambre. Désormais, ils ont la possibilité de rester en permanence aux côtés de leur enfant, même si les conditions sont difficiles ou que son état se dégrade. Nous les intégrons au mieux afin qu’ils deviennent de vrais partenaires », explique le Pr Sergio Manzano, médecin adjoint du Service d’accueil et d’urgences pédiatriques (SAUP) et chargé, ce jour-là, de la simulation avec Alex.


Reportage

Joué par un acteur, le père d’Alex fait part de sa grande inquiétude.

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L’équipe soignante s’active ce matin-là autour du petit Alex.

Une simulation en trois temps

Par le biais de cet exercice, l’équipe apprend à affronter une situation ardue en conditions presque réelles, mais sans aucune conséquence pour la ou le jeune patient. Comme toute formation utilisant la simulation, celle avec Alex se déroule en trois temps : le briefing – qui rappelle les objectifs et précise le contexte –, l’exercice lui-même – chargé en tension et en émotions, mais généralement assez court –, et le débriefing, moment clé d’échanges et d’apprentissages. Cette simulation aux urgences pédiatriques est également proposée dans les étages de l’Hôpital des enfants, avec ou sans acteurs pour jouer le rôle des parents. Et la Maternité a elle aussi son mannequin, pour le projet appelé « SimMat ». Ainsi, régulièrement, une équipe se tient au chevet de 29

DRE SARA DE OLIVEIRA, médecin adjointe au Service d’obstétrique

« Chaque scénario répond à un objectif pédagogique » « Certaines simulations permettent de répéter des gestes techniques, d’autres portent sur une nouvelle procédure ou sur la collaboration d’équipe. Dans tous les cas, chaque scénario imaginé répond à un objectif pédagogique précis. SimMat existe depuis plus de dix ans, plus de 600 personnes ont été formées. C’est l’engagement émotionnel des équipes durant l’exercice qui fait que ces simulations sont si efficaces et que les apprentissages s’ancrent sur le très long terme. »


Pulsations

« Victoria ». Ce mannequin enceinte disposant, lui aussi, de nombreuses fonctionnalités est dit « de haute fidélité » puisqu’il peut saigner, convulser, accoucher, avoir du mal à respirer, etc. Lors de ces formations, « une équipe multidisciplinaire se retrouve face à une situation d’urgence, rare et complexe, un choc hémorragique par exemple, afin de s’entraîner aux protocoles de prise en charge et travailler plus efficacement ensemble », décrit la Dre Marie-José Lahoud, médecin adjointe au Service d’anesthésiologie. Ce service travaille depuis près de vingt ans avec l’équipe de néonatologie sur des projets de simulation.

Janvier - Mars 2026

Victoria est sur le point d’accoucher, avec l’ensemble de l’équipe soignante à ses côtés.

CHRISTELLE CHRISTELLE TOUVRON, TOUVRON, infirmière infirmière chargée chargée de de formation formation au au Département Département de de la la femme, femme, de de l’enfant l’enfant et et de de l’adolescent l’adolescent

Les simulations font travailler les personnes ensemble, en toute interdisciplinarité.

« La communication est l’une des priorités »

Le bébé et la maman se portent bien, l’exercice en conditions quasi réelles est terminé.

««Pour Pour constamment constamment améliorer améliorer nos nos pratiques, pratiques, nous nous proposons proposons depuis depuis longtemps longtemps des des simulations. simulations. Des Des médecins médecins instructrices instructrices et et instructeurs instructeurs se se sont sont formés formés et et les les scénarios scénarios sont sont aujourd’hui aujourd’hui nombreux nombreux et et variés. variés. En En pédiatrie, pédiatrie, plus plus d’une d’une centaine centaine de de simulations simulations SimKids SimKids sont sont organisées organisées chaque chaque année, année, aux aux urgences, urgences, aux aux soins soins intensifs intensifs et et dans dans les les différents différents services services de de pédiatrie. pédiatrie. Le Le volet volet communication communication est est l’une l’une des des priorités. priorités. Grâce Grâce àà la la simulation, simulation, nous nous abordons abordons différemment différemment les les échanéchanges ges avec avec les les parents parents et et nous nous les les prenons prenons mieux mieux en en compte. compte.»»

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Reportage

Aussi Aussi en en néonatologie néonatologie

L’exercice L’exercice (cette (cette fois fois intitulé intitulé ««SimNéo SimNéo») ») est est en en effet effet aussi aussi régulièrement régulièrement organisé organisé autour autour d’une d’une couveuse, couveuse, avec avec toujours toujours les les mêmes mêmes objectifs objectifs de de formation formation interprofesinterprofessionnelle. sionnelle. Ici, Ici, le le petit petit mannequin, mannequin, dont dont le le prénom prénom change change au au gré gré des des équipes, équipes, respire, respire, bouge bouge et et pleure. pleure. ««Lors Lors de de cet cet entraînement entraînement en en conditions conditions quasi quasi réelles, réelles, nous nous devons devons gérer gérer les les aspects aspects psychologiques, psychologiques, les les émoémotions, tions, le le non-verbal, non-verbal, en en parallèle parallèle de de la la technique technique elle-même… elle-même… Ces Ces séances séances sont sont très très enrichissantes enrichissantes», », décrit décrit la la Dre Dre Cristina Cristina Felice-Civitillo, Felice-Civitillo, médecin médecin adjointe adjointe ad ad intérim intérim au au Service Service de de néonatologie néonatologie et et soins soins intenintensifs sifs pédiatriques. pédiatriques.

Le mannequin de néonalalogie respire, pleure, bouge.

DRE FRANCISCA BARCOS MUNOZ, médecin adjointe à l’Unité de néonatologie

« Partager notre expertise en simulation » « Une chambre de l’Unité de néonatologie est dédiée à SimNéo. Le briefing met les équipes en confiance et leur donne les objectifs techniques et pédagogiques de la séance. Le scénario dure maximum quinze minutes et le débriefing qui suit, près d’une heure. Ayant développé une expertise dans le domaine de la simulation, nous souhaitons maintenant la partager, y compris à l’étranger. Récemment, en collaboration avec SimMat, nous avons formé des instructrices et instructeurs au Maroc pour qu’ils puissent encadrer leurs propres simulations. »

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Janvier - Mars 2026

Ces Ces formations formations –– toutes toutes financées financées par par la la Fondation Fondation privée privée des des HUG, HUG, qui qui aa aussi aussi perpermis mis l'acquisition l'acquisition de de certains certains mannequins mannequins –– apportent apportent beaucoup beaucoup aux aux équipes. équipes. Selon Selon les les études études menées menées dans dans ce ce domaine, domaine, être être ainsi ainsi dans dans l’action, l’action, mais mais dans dans un un milieu milieu sécurisé sécurisé et et bienveillant, bienveillant, améliore améliore notablement notablement les les apprentissages. apprentissages. Des Des bénéfices bénéfices qui qui se se réperrépercutent cutent directement directement sur sur la la qualité qualité des des soins soins  proposés proposés dans dans les les différents différents services. services.


Pulsations

Les dents servent avant tout à mastiquer, mais elles jouent aussi un rôle dans la diction et ont une dimension esthétique. Elles peuvent subir diverses affections, dont la plus connue est la carie, évitable avec une bonne hygiène bucco-dentaire et une alimentation équilibrée.

Dr Alexandre Perez, responsable de l’Unité de chirurgie orale et implantologie

Par Geneviève Ruiz

Janvier - Mars 2026

L ’ o r g a n e

Expert

LES De multiples fonctions

Comme les empreintes digitales, les dents sont propres à chaque individu. Elles sont composées essentiellement d’émail (tissu très dur dont la couleur naturelle est un blanc translucide), de dentine et de pulpe dentaire. Les dents jouent un rôle dans la mastication, la phonation (voix, élocution) et l’esthétique.

Entre 65 et 102 kg/cm 2

Pression exercée par les molaires lors de la mastication, avec des variations selon le genre ou l’âge.

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L’organe

Caries à ne pas négliger

La gingivite

La carie dentaire peut survenir à tout âge. Causée par des bactéries transformant les sucres ingérés en un acide qui attaque l’émail, elle se manifeste par une cavité qui se poursuit dans les couches profondes, provoquant douleur et possibles complications infectieuses. Non traitée, la carie peut entraîner la destruction de la dent. Les bons réflexes pour l’éviter sont un brossage efficace, l’usage du fil dentaire, une alimentation limitant sucres et produits acides, ainsi que des visites chez l’hygiéniste ou le ou la médecin dentiste une à deux fois par an.

La gingivite est une inflammation de la gencive (la muqueuse entourant la dent) causée par l’accumulation de plaque dentaire. Les gencives deviennent alors rouges, gonflées et des saignements apparaissent. Non traitée, elle peut évoluer vers une parodontite, une atteinte plus grave des tissus de soutien de la dent susceptible d’entraîner une mobilité dentaire (les dents se « déchaussent »), voire la perte de dents. Le traitement de cette inflammation comprend un détartrage et des mesures d’hygiène buccodentaire semblables à celles de prévention contre les caries.

Crédit : Sarah A. Band, Hand Blown Glass Tooth

Un alignement nécessaire

Attention au blanchiment

Les dents mal alignées ou absentes peuvent impacter la mastication, l’esthétique ou la diction, mais aussi engendrer une prédisposition aux caries et aux lésions inflammatoires de la gencive. Pour réaligner les dents, un traitement orthodontique à l’aide de bagues, d’un appareil ou d’une gouttière est nécessaire. Lorsqu’une dent manque, un implant – une vis en titane ou en céramique comportant une couronne prothétique –, peut être posé en remplacement.

Les dents perdent leur blancheur avec l’âge, principalement en raison de l’usure de l’émail, ou de la consommation de tabac, de boissons gazeuses ou riches en tanins (thé, café, etc.). Promu sur les réseaux sociaux, le blanchiment des dents est largement pratiqué, mais la prudence est de mise. En effet, il s’agit de porter des gouttières dans lesquelles un gel à base de peroxyde d’hydrogène est appliqué. Or celui-ci peut accroître la sensibilité des dents ou irriter les gencives. Il est donc essentiel de réaliser un bilan chez le ou la médecin dentiste au préalable.

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Les dents de sagesse apparaissent souvent entre 18 et 25 ans. Lorsqu’elles ne sont pas complètement sorties ou bloquées dans l’os ou la gencive, elles sont associées à des risques infectieux, de carie ou de maladie parodontale des dents voisines. Pour prévenir ces complications, le ou la médecin dentiste réalise une radiographie qui indiquera s’il faut les extraire.

26,4%

Pourcentage de Suisses ayant renoncé à un soin ou à un examen dentaire pour des raisons de coûts en 2020.

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Nombre de dents à l’âge adulte. Les enfants ont 20 dents de lait ; 28 sont définitives entre 6 et 12 ans et 4 dents de sagesse apparaissent entre 18 et 25 ans.

3

Nombre de parties qui composent la dent : la couronne (partie visible), la racine (ancrée dans l’os) et le collet (zone de jonction).

Janvier - Mars 2026

DENTS

Dents de sagesse


* Technologie LLM

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Reportage Pulsations

Le don d’organes Sujet aussi sensible que crucial, le don d’organes est en passe d’évoluer, à la suite de la votation de 2022. Le point avec le Pr Hervé Quintard, médecin-chef du Service des soins intensifs, responsable médical du don d’organes et de l’Unité de neuroréanimation.

Il n’y a pas assez de dons d’organes en Suisse. Vrai. Selon Swisstransplant,

Crédit : Gettyimages

En l’absence de refus explicite, les proches ne pourront plus s’opposer au don. Faux. L’avis des proches

restera déterminant : l’objectif du nouveau modèle n’est pas de les écarter, mais de les soulager d’une décision parfois difficile à prendre. Aucun prélèvement n’aura lieu si les équipes médicales n’ont pas réussi à les joindre. L’entourage pourra toujours s’opposer au don s’il estime que le défunt ou la défunte ne le souhaitait pas.

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Il est important de parler du don d’organes avec ses proches. Vrai. Quel que soit le mo-

dèle en vigueur, l’essentiel reste d’en discuter avec ses proches et de faire connaître son avis. Ainsi, l’entourage pourra se prononcer avec certitude si un jour cela s’avère nécessaire. 

Octobre Janvier - Décembre - Mars 2026 2019

de 2022, le peuple suisse a choisi d’abandonner le modèle du consentement explicite au profit du consentement présumé. Concrètement, toute personne décédée est désormais considérée comme favorable au don d’organes, sauf si elle a fait connaître de son vivant son refus dans le registre officiel. Pour l’heure, aucune date d’entrée en vigueur n’a été fixée. Elle n’est pas attendue avant un an. Ce délai s’explique principalement par les enjeux liés à l’identification et à la protection des données, notamment autour de ce futur registre.

V r a i / f a u x

Le modèle de déclaration de volonté pour le don d’organes va bientôt changer. Vrai. Lors de la votation

Par Anna Bonvin

plus de 2165 patientes et patients figuraient sur la liste d’attente pour un don d’organes en Suisse fin 2021. Et la situation n’a guère évolué depuis : seules 400 greffes sont réalisées par an. Chaque semaine, des personnes meurent faute d’avoir reçu l’organe qui aurait pu leur sauver la vie. En Suisse, les organes les plus demandés sont le rein, puis le foie, les poumons, le cœur et l’intestin grêle.


Pulsations

Par Geneviève Ruiz

Janvier - Mars 2026

T é m o i g n a g e

« Mon objectif est la rémission de mon diabète » Après son diagnostic de diabète de type 2, Carole* a suivi un programme de cinq jours proposé depuis peu aux HUG. Elle en est ressortie avec une meilleure connaissance de sa maladie, des conseils d’exercice physique adaptés à son quotidien et, surtout, avec une grande motivation pour prendre soin d’elle.

Diabète Diabète de de type type 22:: considéré considéré comme comme une une maladie maladie chronique, chronique, ilil se se développe développe souvent souvent en en raison raison du du sursurpoids poids et et d’un d’un manque manque d’activité d’activité physique. physique. En En Suisse, Suisse, ilil concerne concerne plus plus de de 500 500 000 personnes. Il perturbe le métabolisme le métabolisme du du glucose glucose dans dans l’organisme, l’organisme, principaprinlement cipalement à cause à cause d’une d’une résistance résistance à l’insuline à l’insuline ou d’une ou baisse d’une baisse de sa production de sa production par le pancréas. par le pancréas. S’il n’est S’ilpas est possible impossible de de le guérir, le guérir, il peut il peut être être contrôlé. contrôlé. Appelé Appelé ««rémission rémission», », cet cet état état correspond correspond àà une une période période proprolongée longée durant durant laquelle laquelle les les taux taux de de glucose glucose dans dans le le sang sang restent restent dans dans les les normes normes en en l’absence l’absence de de traitetraitement ment médicamenteux. médicamenteux.

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Témoignage

raison », confie cette mère de trois enfants qui s’occupe aujourd’hui activement de ses trois petites-filles. Dans le cadre de ce programme, Carole suit des ateliers pratiques et participe à des groupes de parole animés par une équipe interdisciplinaire comprenant médecins, psychologues, diététiciennes, physiothérapeute ou encore infirmières spécialisées. Gérer la maladie au quotidien

« J’y ai appris énormément sur le diabète et sa gestion au quotidien. J’ai surtout compris l’impact de l’alimentation et de l’activité physique. Cela m’a motivée », explique la sexagénaire. Dès lors, elle se fixe un objectif ambitieux : la rémission. « Je veux tout faire pour éviter les médicaments », affirme-t-elle avec détermination. Les groupes de parole ont aussi marqué son parcours. « L’atmosphère, à la fois bienveillante et sans jugement, m’a fait un bien fou. Savoir que je ne suis pas seule face à cette maladie, c’est précieux. » Un atelier d’art-thérapie l’a particulièrement touchée : « Nous devions peindre un tableau pour exprimer nos émotions lors du diagnostic. Certaines personnes ont pleuré, d’autres ont laissé leur feuille blanche, d’autres encore l’ont remplie de couleurs vives… C’était un moment vraiment intense.

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L’équipe soignante a fait un travail exceptionnel. À la fin du programme, je me sentais libérée d’une partie du poids de la maladie. » Des projets adaptés et réalistes

En pratique, Carole a apprécié d’élaborer, aux côtés de l’équipe médicale, des mini-projets de changement personnalisés. « Nous avons fixé des objectifs adaptés à ma situation, sans pression », souligne-t-elle. Aujourd’hui, par exemple, elle marche vingt minutes sans pause, trois fois par semaine. Côté alimentation, elle parvient désormais à mieux structurer ses repas. Pour l’accompagner dans sa volonté de repasser sous les 100 kg, elle prend un médicament – analogue de GLP1, favorisant la perte de poids. « J’ai perdu 4 kg et j’espère poursuivre sur cette lancée. Mon taux d’hémoglobine glyquée (valeur reflétant le taux moyen de sucre dans le sang pendant les trois derniers mois, ndlr) est passé de 6,8% lors du diagnostic à 6,3%***. Encore quelques efforts et je pourrai peut-être atteindre la rémission », conclut-elle, pleine d’espoir. 

* Prénom d’emprunt. ** Plus d’infos : https://www.hug.ch/ unite-education-therapeutique-patient/ programme-ambulatoire-5-jours *** Pour être considéré comme normal, le taux d’hémoglobine glyquée doit être inférieur à 5,7%.

Janvier - Mars 2026

Crédit : Marta Monteiro

C

arole a toujours été en bonne santé, tout comme ses parents et ses grands-parents avant elle. Alors, quand son médecin lui conseille de perdre du poids en raison de ses taux de cholestérol et de glycémie qui frôlent les limites supérieures, elle minimise la situation. Mais elle le sait, depuis le milieu de la quarantaine, elle a pris plus de 20 kg, au fil des années, d’abord après son divorce, puis en arrêtant de fumer. « Cela m’ennuyait, mais sans toutefois me motiver à changer mes habitudes », explique cette Genevoise de 66 ans, issue d’une famille d’hôteliers et d’hôtelières de Lugano et retraitée depuis peu. Le déclic survient lorsqu’elle dépasse les 100 kg et qu’elle doit faire une coloscopie : aucun cabinet ne l’accepte en raison de son surpoids. Elle prend alors conscience du sérieux de sa situation et décide de faire un bilan aux HUG. Une prise de sang révèle un diabète de type 2. « J’étais sous le choc, car j’allais devoir vivre avec cette maladie pour le restant de ma vie », se souvient-elle. Sa médecin lui propose d’intégrer sans attendre le programme** de cinq jours pour personnes diabétiques des HUG. « J’avais des réticences, mais elle a insisté sur l’importance d’agir dès le diagnostic. Et elle avait


Par Clémence Lamirand Photo Hervé Annen

Janvier- Mars 2026

L ’ i n v i t é e

Pulsations

« La justice pénale intègre si peu la réalité des victimes » Le Centre LAVI (loi sur l’aide aux victimes) de Genève accompagne gratuitement les personnes victimes de violences. Il apporte écoute et soutien, moral comme financier, en toute confidentialité. Les précisions de sa directrice, Muriel Golay. Pulsations Comment résumer les actions

menées par les centres LAVI, présents dans tous les cantons de Suisse ? Muriel Golay Les centres LAVI appliquent la loi sur l’aide aux victimes d’infractions, qui date de 1993. Celle-ci vise à soutenir les personnes qui ont subi une infraction pénale ayant porté atteinte à leur intégrité physique, psychique ou sexuelle, comme des violences conjugales, une agression avec lésions corporelles ou un viol. L’accompagnement peut

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L’invitée

aussi concerner leurs proches. Les consultations fournissent écoute, reconnaissance, informations, soutien psychologique et accompagnement juridique. Nous assurons aussi, au besoin, un relais social, en lien avec le réseau, et intervenons avec des mesures de protection, comme un changement de serrure au domicile ou un hébergement d’urgence

Le fait que les infractions doivent relever du droit pénal limite-t-il votre champ d’action ? Disons que nous nous concentrons sur les violences les plus graves, dont les conséquences sont les plus sévères. Si les faits ne relèvent pas d’une infraction pénale ou que celle-ci n’est pas de notre compétence, pour des cas d’injures notamment, nous orientons la personne vers une structure adaptée, une association par exemple. Incitez-vous les victimes à porter plainte ? Notre rôle est de les informer afin qu’elles puissent

C’est-à-dire ? L’obligation de répéter de nombreuses fois le récit des violences subies est une épreuve très mal vécue, de même que la confrontation avec leur auteur ou autrice. La lenteur de la procédure qui met leur vie en suspens est aussi relevée. De plus, il arrive que les victimes rapportent des attitudes ou des propos problématiques de la part des personnes œuvrant au sein de la chaîne pénale, ce qui leur fait perdre confiance en la justice. À l’inverse, avoir été reçues et écoutées avec respect est un facteur de réparation crucial, quelle que soit l’issue de la procédure. Quels liens entretenezvous avec les HUG ? Les travailleurs et travailleuses sociales des HUG nous adressent souvent des

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personnes. De notre côté, en cas de violence sexuelle par exemple, nous dirigeons les victimes vers les urgences gynécologiques. Ce passage par l’hôpital est indispensable pour établir les démarches permettant de constater l’agression. Nous collaborons aussi étroitement avec l’Unité interdisciplinaire de médecine et prévention de la violence (UIMPV) et la Consultation médico-légale pour adultes victimes de violence (CMLV). N’est-il pas difficile pour les victimes, aujourd’hui encore, de savoir vers qui s’orienter ? Si. Elles ne connaissent souvent pas les structures existantes. Dans quelques mois, un nouveau numéro unique à trois chiffres devrait améliorer l’accès à l’aide en Suisse. Ouverte 24 heures sur 24, cette ligne constituera une belle avancée pour l’aide aux victimes. Soutenez-vous davantage de femmes que d’hommes ? Oui, 70% de nos bénéficiaires sont des femmes. Elles sont surreprésentées en cas de violences domestiques (85%) et sexuelles (plus de 90%). Les hommes sont davantage concernés par des violences hors du foyer, comme les agressions de rue. Les types de violences sont finalement très genrés. 

Janvier- Mars 2026

Ces prestations sont-elles payantes pour les victimes ? Non. Depuis plus de trente ans, nos consultations sont gratuites, strictement confidentielles et sans délai par rapport aux faits. Nous pouvons également financer certains frais, médicaux ou juridiques, entre autres, et soutenons les victimes, même si elles ne souhaitent pas porter plainte.

faire leur propre choix. C’est un travail important car les logiques de la justice leur sont le plus souvent inconnues. Déposer plainte peut s’avérer très lourd en termes d’énergie, de temps et de financement. Sans oublier que le but premier d’une procédure pénale n’est pas de réparer le préjudice subi par ces personnes, mais de juger celles ou ceux qui en sont les auteurs. Toutefois, la plainte leur permet d’être reconnues comme victimes, ce qui peut les aider à se reconstruire. Quel que soit leur choix, nous sommes à leurs côtés. Cela dit, je regrette que la justice pénale intègre si peu la réalité et le quotidien des victimes.


Pulsations

J'ai le nez qui coule !

Par Yseult Théraulaz

Janvier - Mars 2026

J u n i o r

Illustrations PanpanCucul

Le rhume s'invite souvent l'hiver, mais il est capable de t'embêter tout au long de l'année. Même si différents microbes peuvent le causer, il est très souvent plus gênant que grave.

Le rhume, c'est quoi ? C’est une infection du nez due à un virus, autrement dit une catégorie de microbes qui entrent dans nos cellules et provoquent des maladies. Dans le cas du rhume, le virus s’attaque à la muqueuse, le tissu humide et protecteur qui se trouve à l’intérieur de tes narines.

Pourquoi j'ai le nez qui coule ? Ton nez fabrique en permanence un liquide, appelé <<mucus>>, qui le protège des poussières et des microbes. Lorsqu’un virus entre dans tes narines, le nez produit plus de mucus pour l’éliminer. C’est pour cela que ton nez coule.

En partenariat avec

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Experte Dre Noémie Wagner, pédiatre et infectiologue, médecin-cheffe ad intérim du Service de pédiatrie générale

Pourquoi j'ai plus souvent un rhume en hiver ? Tu peux attraper un rhume toute l’année, mais si cela t’arrive plus souvent lorsqu’il fait froid, c’est normal. La première raison est que les températures basses fragilisent la muqueuse de ton nez (ou muqueuse nasale) qui a alors plus de mal à se défendre contre les microbes. La seconde est qu’en hiver, tu restes plus souvent dans des lieux fermés où les virus peuvent facilement se transmettre d’une personne à une autre.


Junior

Est-ce que le rhume peut causer de la fièvre ou d'autres problèmes de santé ?

Que dois-je faire pour que le rhume guérisse ? Le meilleur médicament est la patience, car le corps sait généralement bien se défendre contre les rhumes. Cependant, pense à bien te moucher pour évacuer le mucus. Si tu as le nez bouché, tu peux faire des rin ages avec du sérum physiologique, c’est un liquide salé qui agit comme une douche et grâce auquel tu pourras mieux respirer.

Le rhume peut-il se transmettre par l'air que nous respirons ? Oui, il est très contagieux. Si tu te trouves dans la même pièce qu’une personne enrhumée et qu’elle éternue, par exemple, tu risques d’attraper son virus, car il circule dans les gouttelettes de salive qu’elle aura expulsées dans l’air. De même si tu bois dans le même verre que quelqu’un qui est malade. Il faut aussi faire attention à bien se laver les mains en cas de rhume afin d’éviter d’infecter les personnes autour de soi. Les virus peuvent en effet passer de ton nez à tes mains (quand tu te mouches par exemple) et de tes mains à celles des autres. Éternuer dans son coude est une bonne fa on de limiter la propagation des virus. Les fameux <<gestes barrières>> que tu as peut-être appris pendant l’épidémie de Covid-19 sont aussi utiles contre le rhume. 41

Janvier - Mars 2026

Il est rare que le rhume provoque de la fièvre, mais cela est possible. Tout dépend du type de virus présent et de la réaction de ton système immunitaire (le mécanisme avec lequel ton corps combat tout ce qui peut te rendre malade). Si tu as le nez qui coule et un peu de fièvre, ce n’est sans doute pas très grave, mais si tu te sens de plus en plus mal, il est nécessaire d’aller voir ton ou ta médecin. Le rhume peut en effet provoquer des maux de gorge et créer des complications, comme une otite (inflammation des oreilles) ou une sinusite (inflammation des cavités qui se trouvent autour du nez sous ta peau).


Par Stéphany Gardier Illustration Bogsch & Bacco

Janvier - Mars 2026

M i e u x -v i v r e

Pulsations

Troubles digestifs : inconfortables, mais souvent bénins Souvent en lien avec un syndrome du côlon irritable, les ballonnements et troubles du transit peuvent avoir un retentissement majeur sur la qualité de vie. Quelques conseils pour réduire l’inconfort au quotidien.

B

allonnements, troubles du transit, douleurs abdominales sont des motifs de consultation fréquents. « Dans la majorité des cas, il n’y a pas de cause identifiée à ces désagréments digestifs qui s’inscrivent dans le contexte d’un syndrome du côlon irritable (ou colopathie fonctionnelle). En l’absence de signaux d’alarme (lire ci-contre), l’objectif est de rassurer les patients et patientes : oui,

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ces maux sont très désagréables, mais ils ne sont pas graves. Il est important de le rappeler, car certaines personnes sont angoissées par cette situation et la plupart des symptômes digestifs sont exacerbés par les émotions. Des techniques permettant de mieux les gérer et de réduire le stress ressenti sont alors particulièrement recommandées », explique la Pre Laurence Genton Graf, responsable de l’Unité de nutrition du Service de gastro-entérologie, hépatologie et nutrition.


Mieux-vivre

Gestion des émotions et hygiène de vie Du yoga à la méditation, en passant par la sophrologie, à chacun et chacune de trouver l’activité qui lui convient le mieux. « L’hypnose, en particulier, a démontré son efficacité sur ce type de symptômes », précise la spécialiste qui s’est elle-même formée à cette pratique afin d’accompagner les patients et patientes intéressées.

L’approche FODMAP Concernant le syndrome du côlon irritable lui-même, qui touche environ 10% de la population, aucun examen n’est en mesure de le confirmer, le diagnostic est uniquement clinique. Mais une prise en charge spécifique existe : « Nous proposons aux personnes concernées de tester l’approche FODMAP, efficace dans environ 60% des cas », précise la Pre Genton Graf. Cet acronyme désigne plusieurs familles de sucres (oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols) qui peuvent être fermentés par des bactéries présentes dans le côlon. C’est ce phénomène qui provoque inconfort, douleurs et troubles du transit. Comprenant trois étapes, l’approche indique quels sucres sont

Des signaux à ne pas négliger Si les troubles digestifs s’accompagnent d’un ou plusieurs de ces signes, il est conseillé de consulter rapidement son ou sa médecin généraliste : – antécédents familiaux de maladies intestinales – début des symptômes après 50 ans – perte de poids involontaire – fièvre chronique – diarrhées ou vomissements persistants – sang (rouge ou noir) dans les selles – selles nocturnes – douleurs intenses apparaissant subitement et non soulagées par l’émission de selles.

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Janvier - Mars 2026

Mettre en place quelques règles d’hygiène de vie est également utile pour réduire l’inconfort digestif. « Éviter les aliments gras, très épicés, réduire sa consommation d’alcool, de caféine et de sodas, faire trois repas par jour, à heure régulière, ne pas se coucher trop rapidement après le souper et pratiquer une activité physique régulière : ce sont des conseils que tout le monde a déjà entendus. Pourtant, nous constatons qu’une bonne partie des personnes qui consultent ne les appliquent pas », remarque la spécialiste.

tolérés et à quelle dose. D’abord, durant deux à six semaines, tous les aliments contenant ces sucres sont supprimés. Puis, ils sont réintroduits pendant la deuxième phase, famille par famille, à doses croissantes. Lors de la troisième étape, tous les aliments tolérés peuvent être consommés de nouveau. « C’est une démarche fastidieuse qui n’est pas toujours suivie à la lettre, mais c’est déjà très utile d’identifier les sucres qui sont le moins bien tolérés », estime l’experte. Il ne s’agit pas d’un régime sans gluten et le syndrome du côlon irritable n’exige pas, a priori, de l’évincer. Cependant le gluten se retrouve dans beaucoup d’aliments qui contiennent des FODMAP, notamment le blé. La phytothérapie ou les probiotiques n’ont pas prouvé leur efficacité pour soulager les troubles associés à ce syndrome et ces approches ne figurent pas dans les recommandations officielles de prise en charge. 


Pulsations

Une équipe de l’Université de Genève et des HUG, en collaboration avec l’Université de Pennsylvanie, a identifié, chez des personnes souffrant d’une sclérose en plaques récemment diagnostiquée, un sous-type de cellules immunitaires responsable pour une large part de l’évolution de la maladie. Cette découverte ouvre la voie à des traitements

Comment offrir des alternatives aux urgences hospitalières ? Depuis le 1er décembre, la Centrale Santé Genève (CeSaGe) a mis en service une nouvelle ligne téléphonique, le 0800 116 117. Elle est destinée aux situations ambulatoires considérées comme « pressantes », c’est-à-dire qui ne représentent pas une urgence vitale. Dans ce cas, le 144 reste le numéro à

Itinéraire clinique de réadaptation gériatrique Dans un contexte de vieillissement de la population, l’Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD), en étroite collaboration avec les HUG, a conçu l’itinéraire clinique de réadaptation gériatrique (ICR) pour les patientes et patients âgés et fragiles afin d’assurer une transition fluide entre l’hôpital et le domicile. La coordination interprofessionnelle et l’engagement actif de la

plus ciblés, capables de contrôler la maladie tout en réduisant les effets secondaires. Les résultats sont publiés dans Annals of Neurology. Ce projet a été soutenu par la Fondation privée des HUG. La sclérose en plaques, qui affecte près d’une personne sur 500 en Suisse, est une maladie auto-immune dans laquelle des cellules immunitaires s’attaquent au système nerveux central, entraînant des dommages irréversibles. Les traitements actuels consistent à bloquer le système immunitaire pour l’empêcher d’attaquer l’organisme. Efficaces, ces médicaments peuvent cependant déclencher des infections potentiellement graves.

composer. La CeSaGe est une équipe de professionnels et professionnelles de santé qui évaluent vos symptômes et vous orientent vers la structure ambulatoire la plus adaptée, notamment pharmacies, médecins de ville, mais aussi, selon la gravité, services d’urgence médicale à domicile privés, équipe mobile d’urgence de l’Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD), services d’urgences des hôpitaux et cliniques privées. En complément, l’application de tri et d’orientation InfoMed permet d’évaluer soi-même ses symptômes et de déterminer si une consultation dans les services d’urgences du RUG (Réseau urgences Genève) ou un appel à la CeSaGe est nécessaire.

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personne dans son parcours de soins sont au cœur de ce dispositif. À l’entrée en séjour de réadaptation – actuellement à l’Hôpital de Loëx –, une évaluation détermine si le ou la patiente est admissible à l’ICR. Les principaux critères sont la fragilité, la complexité clinique et les risques de réhospitalisation. Les personnes concernées sont celles pour lesquelles un retour à domicile nécessite une coordination renforcée. Les troubles cognitifs légers à modérés ne sont pas un motif d’exclusion, tant que la patiente ou le patient reste acteur de sa réadaptation.

Crédits : istockphoto, gettyimages, Julien Gregorio

Par Giuseppe Costa

Janvier - Mars 2026

B r è v e s

Espoir pour la sclérose en plaques

Urgence ambulatoire ? Composez le 0800 116 117


Brèves

Journée de l’innovation

19 e

édition

16

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Crédits : vectorstate, HUG

lauréats et lauréates, dont le Prix de l’innovation 2025 au projet « Flow Twin » de modélisation en 3D des vaisseaux cérébraux pour s’entraîner aux gestes endovasculaires et tester de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour en savoir plus : www.hug.ch/ communiquesde-presse

Comment faire pour que la prise de médicaments ne soit plus un casse-tête ? SwissMeds vous simplifie la vie ! Cette application facilite la gestion des prises quotidiennes, le suivi médical et les contacts avec le personnel de santé. Elle se présente comme une carte des traitements digitale dans laquelle vous enregistrez tous vos

Visite virtuelle en radiopédiatrie Comment rassurer un enfant avant un examen de radiologie ? Il est conseillé de lui expliquer la procédure simplement, d’apporter des objets familiers (doudou, livre, jeu) pour le réconforter ou… de lui faire découvrir l’Unité de radiopédiatrie des HUG au moyen d’une visite virtuelle 360°. Ce projet, soutenu par la Fondation privée des HUG, présente les lieux et toutes les salles d’examen,

Janvier - Mars 2026

projets sélectionnés dans trois catégories : preuve de concept, prototype et produit « propulsable ».

Swiss-Meds pour gérer vos médicaments

médicaments, simplement en scannant leur code-barres. Elle permet ainsi de garder à portée de main la liste des traitements (noms des médicaments, dosages, photos des comprimés), de consulter facilement vos prises futures et passées, de programmer des alarmes de rappel ou encore d’accéder à des informations sur les effets secondaires. La base de données est constamment mise à jour. Le Comité m-Health-citoyen des HUG, qui a validé l’application, est garant de la qualité des informations. L’application est disponible gratuitement sur l’App Store ou Google Play. 45

en détaillant les machines présentes et leur fonction. HUGO, un avatar incarnant un technicien en radiologie médicale, joue le rôle du guide vocal. Sinon, avec une interface intuitive et l’intégration d’informations interactives directement dans la visite, chacune et chacun peut notamment librement se déplacer de l’imagerie par résonance magnétique, au scanner CT en passant par la radioscopie. Un bon moyen de dédramatiser l’univers anxiogène de la radiologie. La visite est disponible via un QR code sur la convocation à l’examen ou à l’adresse suivante : www.hug.ch/ visitesvirtuelles


Conférence 17h-19h Auditoire Marcel Jenny Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre sur inscription

Par Giuseppe Costa

Janvier - Mars 2026

A g e n d a

Journée mondiale contre le cancer

À l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, les équipes du Département d’oncologie proposent une conférence pour explorer le rôle des patients et patientes dans leur prise en charge. De la recherche au soin, c’est en effet un véritable partenariat qui s’établit aux bénéfices de toutes et tous. Des associations accompagnant les personnes touchées par la maladie participent aux échanges et présentent leurs activités lors de cet événement. Plus d’infos sur : hug.plus/cancer2026

Jusqu’au 26/02 Exposition Les langages du corps Bâtiment David Klein Hall d’entrée Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4

09 au 13/03 Conférences Cerveau Dès 19h Uni Dufour Rue Général-Dufour 24 Entrée libre

Afin de faire le point sur les avancées scientifiques,

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l’Université de Genève organise, en collaboration avec les HUG, la Semaine internationale du cerveau. Cette 28e édition propose, chaque soir de la semaine, des conférences destinées au grand public sur le thème du langage et de la communication. Plus d’infos sur : www.semaineducerveau.ch

11 & 12/03 Journée mondiale du rein Néphrologie Mercredi 11

Centre commercial de Balexert Av. Louis-Casaï 27 1209 Genève

Jeudi 12 Entrée principale Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 Entrée libre

Les HUG se mobilisent pour la Journée mondiale du rein, sur le thème « La santé rénale pour toutes et tous. Se préparer à l’inattendu, soutenir les personnes vulnérables ». Sont prévus des dépistages gratuits, des ateliers, des stands et des films. Plus d’infos sur : www.hug-ge.ch/nephrologie

Crédits : DR, gettyimages

04/02

Dans un hôpital, le corps est profondément lié à l’univers des soins. Mais il raconte aussi notre histoire. Un corps, c’est la fluidité d’un mouvement, la force d’un muscle ou la chaleur d’un contact humain. Intitulée « Les langages du corps », l’exposition collective des collaborateurs, collaboratrices, patients et patientes partenaires des HUG, organisée par ArtHUG, invite à découvrir des peintures, collages, photographies, dessins, céramiques, travaux d’écriture et vidéos. Les deux œuvres les plus appréciées reçoivent un prix le jeudi 27 février, à 17h30, sur le lieu de l’exposition.

MARS

FÉV.

Pulsations


Agenda

14/03 Deuil Cérémonie du souvenir 16h Centre de l’innovation Bâtiment Julliard (étage 0) Rue Alcide-Jentzer 17 Entrée libre sur inscription

Comme chaque année, les HUG organisent une Cérémonie du souvenir pour les parents, familles, proches, soignantes et soignants confrontés au décès d’un bébé ou d’un enfant. L’occasion de partager un rituel symbolique qui marque le lien unissant les proches au-delà de la mort. Cette commémoration laïque est

ouverte à toutes les religions et convictions. Des soignantes et soignants, ainsi qu’un aumônier sont présents pour accueillir et accompagner les personnes participantes. Plus d’infos sur : https://www.hug.ch/ ceremonie-souvenir-2026

26/03

À l’occasion de la journée mondiale de l’épilepsie, l’Unité d’épileptologie des HUG propose une conférence sur le thème « L’épilepsie, un handicap souvent invisible ». Elle est suivie d’une table ronde et d’un apéritif. Plus d’infos sur : www.hug.ch/evenement/ epilepsie-handicap-souvent-invisible

Sensibilisation Épilepsie De 18h30 à 20h Maison de l’enfance et de l’adolescence CinéMEA Bd de la Cluse 26 Entrée libre

QUAND TES SAUTES D’HUMEUR TE PÈSENT 022 372 42 42


Pulsations

Pour en savoir plus sur… Les addictions

En collaboration avec la Bibliothèque de l’Unige, site CMU

L i v r e s

Janvier - Mars 2026

&

W e b

La maladie du désir

Dans le cabinet d’un médecin, spécialiste des addictions Jean-Bernard Daeppen Lattès, 202 Jean-Bernard Daeppen propose un regard nouveau sur les addictions, une approche audacieuse, pragmatique, empreinte de curiosité et d’empathie. Il invite à tendre l’oreille, à comprendre ce qui se joue dans son cabinet de consultations : des moments de détresse et de confessions, des rencontres bouleversantes. Un livre précieux pour les personnes souffrant d’addiction et pour celles qui veulent leur venir en aide.

Addictions, dites-leur adieu ! Laurent Karila Mango, 2019 Ce guide très illustré aborde tout ce qu’il faut savoir sur les addictions. Chaque page aide, avec bienveillance et sérieux, à mieux connaître et comprendre le fonctionnement des addictions. CONTACT Tous les livres référencés sont disponibles à la Bibliothèque de l’Université, site CMU. Ils peuvent être consultés et/ou empruntés gratuitement par tous. La collection « patients » de la bibliothèque de médecine s’adresse à tout un chacun qui souhaite s’informer sur une thématique en lien avec la santé. Bibliothèque de l’Université de Genève Centre médical universitaire Avenue de Champel 9 1206 Genève Lu-ve : 8h-22h et sa-di : 9h-18h biblio-cmu@unige.ch 022 379 51 00 Pers. de contact : Annick Widmer www.unige.ch/biblio/patients/

Addiction Suisse

Centre national de compétences dans le domaine des addictions, actif dans la prévention, la recherche et la diffusion des savoirs. https://www.addictionsuisse.ch/

La détresse psycho-oncologique Cancer et souffrance psychique

Conseils pour affronter la maladie Brochure de la Ligue suisse contre le cancer qui répond à de nombreuses questions en lien avec cette maladie.

La digestion Le syndrome de l’intestin irritable

Mieux le comprendre, mieux le vivre François Mion Mango, 2019 Associant rigueur scientifique et approche bienveillante et empathique, l’auteur aborde le sujet du syndrome de l’intestin irritable sans tabou. De nombreux cas cliniques et témoignages complètent l’ouvrage, ajoutant aux explications médicales un regard humain et pratique sur cette maladie.

Le diabète de type 2 Violences faites aux femmes Violence conjugale

Le choix des possibles Brochure du Centre LAVI : informations, outils pratiques et adresses utiles. www.centrelavi-ge.ch

Centre LAVI du canton de Genève

Prestations psychologiques, juridiques et sociales aux victimes ayant subi une infraction pénale. www.centrelavi-ge.ch

Les dialogues médecinpatient. Diabète de type 2

Comment gérer au mieux pour profiter des plaisirs de la vie Pr Lyse Bordier, Annabelle Schachmes Hachette pratique, 2025 Cet ouvrage combine expertise médicale et expérience personnelle, offrant un juste équilibre entre théorie et pratique. Des conseils concrets pour améliorer son quotidien, une approche accessible qui s’adresse autant aux personnes nouvellement diagnostiquées qu’à celles qui vivent avec la maladie depuis des années.

Solidarité Femmes

Aide psychosociale et thérapeutique aux femmes victimes de violence conjugale et à leurs enfants. www.solidaritefemmes-ge.org

Touchées Quentin Zuttion Payot & Rivages, 2019 Une bande dessinée qui parle de trois victimes de violences sexuelles. En réaction, elles s’inscrivent dans un atelier d’escrime thérapeutique. Un programme d’un an pour se libérer et reprendre la maîtrise de sa vie.

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Le diabète

Mieux le comprendre, mieux vivre Michel Pinget, Michel Gerson John Libbey Eurotext, 2022 Sous l’impulsion du Centre européen d’étude du diabète (CEED), les auteurs ont réussi, dans cet ouvrage, la gageure de rendre accessible à tous et à toutes à la fois des informations scientifiques et médicales, des conseils sur l’alimentation et la gestion de l’activité physique, ainsi que l’explication des traitements d’aujourd’hui et de demain.


URGENCES TROIS-CHÊNE, UN ACCUEIL RAPIDE ET EXCLUSIF AUX PERSONNES DE 75 ANS ET PLUS Pour les urgences non vitales et non chirurgicales Ouvert tous les jours de 8h à 19h

Hôpital des Trois-Chêne Chemin du Pont-Bochet 3 1226 Thônex Accueil d’urgence : 022 305 60 60


HUG.PLUS/DONDUSANG


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