Dakota Johnson
Bijoux complices La force des diamants Rouge désirs
N°31/Septembre 2026
SOMMAIRE 10. Tendances. Quand la hype redécouvre les livres. Talents
12. Dakota Johnson
«Les femmes peuvent être fatiguées,drôles, injustes… Le cinéma devient plus intéressant quand il arrête de leur demander d’être des symboles stéréotypés». 18. Chloé Harrouche. «Ce que je cherche pour Loulou de Saison, c’est la simplicité élégante». 24. Des gens que j’aime… Géraldine Nakache. Carnets de Mode
28. La force des diamants Chez Harry Winston, le diamant est une signature. Photographies Matthieu Delbreuve
40. Bijoux complices 58. Rouge désirs
Le nouveau Mercedes-Benz CLA s’impose comme un objet de désir suprême : sophistiqué, magnétique, intemporel. Photographies Jean-Philippe Lebée 70. Face à face avec une œuvre. Phare des Casquets, Victor Hugo. 6
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Victoire deCastellane, directrice artistique de Dior Joaillerie, enrichit sa collection My Dior de nouvelles pièces précieuses. Photographies Luc Braquet 57. Les trésors d’Olwen Forest. Jewels of Jazz and Joy.
costesEDITIONS RÉDACTION
Fondateur Claude Maggiori Rédactrice en chef Anne Delalandre Direction artistique, maquettes Christian Kirk-Jensen Secrétariat de Rédaction Philippe Bottini. Direction Digitale Mathieu Clément Coordinatrice Editoriale et Administrative Laure Naval. Assistante Mode Noémie Jalu Stagiaire Sybille Renard Ont collaboré à la rédaction : Emma Bentzinger, Alice de Chirac, Aldo Clemente, Anne Delalandre, Béatrice Delamotte, Sabine Euverte, Sandra Hirth, Noémie Jalu, Elsa Martini, Bertrand Raison Correspondant à Los Angeles Franck Olivier Rousseau Photographies : Luc Braquet, Mickael Chavet, Matthieu Delbreuve, Hassan Hajjaj, Jean-Philippe Lebée, Justine Ménard, Frédéric Poletti, Andrea Raffin, Sver Zolak. PUBLICITÉ PRINT ET DIGITAL
Costes Editions, 340 rue Saint-Honoré, 75001 Paris. 01 76 60 02 30 Direction commerciale : Sonia Keller 06 88 32 15 88 sonia.keller@palacescope.com Julie Le Calonnec 06 78 47 01 25 julie.lecalonnec@palacescope.com IMPRIMERIE
Imprimé en France, Roto France Impression, Lognes (77) Suivi fabrication Annick Torrès (Les Conseils du Héron) Tous les papiers utilisés dans cet ouvrage sont issus de forêts gérées durablement, labélisés 100% PEFC, ayant un Ptot de 0,01. PHOTOGRAPHIE DE COUVERTURE
Matthieu Delbreuve Directrice artistique Anne Delalandre, Styliste Victoire Seveno, Mannequin Annalise Demmler @Premium Models Directeur de casting V&Y Casting Maquilleuse Akari Sugino @SVT Coiffeur Jean-Luc Amarin Manucure Marie Rosa Set Design Sarah Montet Assistante styliste Victoria Korkos Assistant digital Nassim Bensaadi Assistante mode Noémie Jalu Studio L’Atelier & Beyond Annalise porte des boucles d’oreilles «Winston Cluster», diamant taille poire et marquise, HARRY WINSTON et un top plissé «Pleats Please», Issey Miyake (Photographie retouchée)
MAKING OF
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our ce numéro d’automne 2026, trois séries mode ont exceptionnellement été réalisées. Portées chacunepar une écriture forte et des regards photographiques singuliers : elles confirment le regard original que le magazine propose sur la mode et la joaillerie. Bijoux Complices, photographiée par Luc Braquet, met en scène la nouvelle collection My Dior portée avec audace et délicatesse par la très belle Louise Galan. La Force des diamants, qui, sous l’œil du photographe Matthieu Delbreuve et la grâce d’Annalise Demmler, met en valeur avec une grande élégance les pierres exceptionnelles de la maison Harry Winston. Rouge désirs,où, loin des studios, dans le parc d’une superbe maison en Normandie, Jean-Philippe Lebée a mis en scène avec force et élégance le tout nouveau Mercedes-Benz CLA.
Noémie Jalu
ANNE DELALANDRE
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TENDANCES
Quand la hype redécouvre les livres
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n peut s’en étonner (et s’en féliciter), mais les faits sont là : les livres redeviennent à la mode. Ou plutôt, les personnalités de la fashion et du showbiz s’intéressent aux livres, et pensent que montrer à tous leur intérêt, voire leur passion, pour la littérature va augmenter leur influence et affirmer leur statut d’icône culturelle. Après avoir lancé un book club à Paris début 2026, Service95, avec une soirée dans un bar à cocktails du IIe arrondissement, De Vie, Dua Lipa va en inaugurer un autre à Londres cet automne. «La lecture m’a accompagnée à chaque étape de ma vie, déclare la pop star dans un communiqué, depuis le moment où j’étais la nouvelle élève dans une école d’un nouveau pays jusqu’à ces instants de refuge paisible en tournée. Assurer la programmation du London Literature Festival du Southbank Centre est un rêve devenu réalité. Je suis ravie de pouvoir me consacrer à l’une de mes plus grandes passions : les livres et les esprits brillants qui les créent. J’ai hâte de plonger dans l’imagination de certains de mes auteurs préférés, dans l’un des espaces culturels les plus emblématiques de Londres.» Sur Instagram, elle partage ses dernières lectures avec les 300 000 abonnés de sa plateforme @service95bookclub. Elle a rencontré les détenues et membres d’un club de lecture de la prison pour femmes de Sutton, dans la banlieue de Londres, avec qui elle a évoqué ses lectures et ses passions.Dernièrement, c’est le producteur Mark Ronson qui accordait une interview à la chanteuse, pour promouvoir ses Mémoires, Night People: How to Be aDJ in ‘90s New York City. Pour Reese Witherspoon et Oprah Winfrey aussi, le livre est redevenu cool. Kaia Gerber et même Chanel ont lancé leurs cercles de lecture où elles recommandent des livres à leurs abonnés. La pandémie du Covid-19 a joué son rôle. En période de confinement, nombreux sont ceux qui ont trouvé une échappatoire dans les pages de romans. Les romans, et surtout ceux écrits par des femmes, deviennent des objets de conversation très populaires sur les réseaux sociaux. La toile voit ainsi se déverser des comptes comme BookTok, BookTube et Bookstagram, qui sont des plateformes sociales spécifiquement créées pour les amateurs de lecture. TikTok a également lancé le TikTok Book Club, un espace virtuel pour discuter de ses lectures. Dans le sillon des mouvements #MeToo et Black Lives Matter, des book clubs engagés ont émergé. Ils mettent en avant des fictions qui mettent l’accent sur les revendications féministes, antiracistes, antiqueer. En France, on peut citer l’association Overbookées, le Feminist Book Club ainsi que le Noname Book Club, lancé par la rappeuse Noname.
ENGLISH TEXT. It may seem surprising, but books are fashionable
again. More accurately, celebrities from fashion and entertainment are embracing literature, presenting reading as part of their cultural identity. After launching a Service95 Book Club event in Paris in early 2026, Dua Lipa will open another in London this autumn as part of the London Literature Festival. She says reading has shaped every stage of her life, from adapting to a new country as a child to finding comfort while touring. Through her @service95bookclub Instagram account, she shares reading recommendations and recently met members of a women’s prison book club near London. Producer Mark Ronson also appeared on the platform to discuss his memoir Night People. Reese Witherspoon, Oprah Winfrey, Kaia Gerber and even Chanel have also launched book clubs. The Covid-19 pandemic helped revive reading, as many turned to novels for comfort. Online communities such as BookTok, BookTube and Bookstagram have made books— especially those by women—major social media topics, while TikTok created its own virtual book club. Inspired by movements like #MeToo and Black Lives Matter, activist book clubs have also grown, promoting feminist, anti-racist and queer literature. In France, examples include Overbookées, the Feminist Book Club and Noname Book Club by Rap artist Noname.
© Dua Lipa
ELSA MARTINI
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Dakota Johnson «Les femmes ne passent pas leur vie à être inspirantes. Elles peuvent être fatiguées, drôles, injustes, brillantes, maladroites, cruelles, tendres, perdues… Le cinéma devient plus intéressant quand il arrête de leur demander d’être des symboles stéréotypés»
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akota Johnson est née au cœur de Hollywood, mais elle n’a jamais donné l’impression de vouloir en épouser les codes. Fille de Melanie Griffith, l’héroïne de Working Girl, et de Don Johnson, le flic magnétique de Miami Vice, petite-fille de Tippi Hedren, l’inoubliable blonde qui obsédait Alfred Hitchcock, elle aurait pu se laisser porter par un héritage cousu d’or. Révélée par le raz-de-marée Cinquante Nuances de Grey, Dakota a toujours refusé de capitaliser sur l’image que le monde lui avait collée sur la peau. Elle a choisi l’écart : des rôles troubles, des femmes indociles, des héroïnes qui n’attendent la permission de personne. Avec Verity, adaptation du best-seller de Colleen Hoover réalisée par Michael Showalter, elle trouve un terrain de jeu idéal. Elle y incarne Lowen, une jeune écrivaine engagée pour terminer l’œuvre d’une romancière à succès devenue incapable d’écrire. Mais, lorsqu’un manuscrit secret refait surface, tout vacille : les vérités se fissurent, les apparences mentent, les certitudes partent en fumée. Passionnée de littérature, fondatrice du TeaTime Book Club et productrice avisée toujours en quête d’histoires fortes, Dakota aime les récits qui happent et vous entraînent. Face à nous, l’actrice joue cartes sur table. Elle parle de son héritage, de la célébrité, du regard posé sur le corps des femmes, des critiques qui blessent, de Hollywood qui fascine autant qu’il broie. Libre, directe, l’actrice à la frange faussement sage ne cherche pas à arrondir les angles. C’est précisément ce qui la rend si décoiffante.
entraîne dans quelque chose de profondément perturbant. Chaque chapitre remet en question ce que l’on croyait comprendre. Nous avons recréé ça dans le film ! Etes-vous le genre d’actrice qui prépare tout ?
Je prépare beaucoup, mais le but est justement de pouvoir oublier. Si vous arrivez sur le plateau en vous regardant jouer votre préparation, la scène meurt. Il faut connaître le personnage assez profondément pour ne plus avoir à y penser.
Vous vous dites donc : «Ce personnage-là, je ne sais pas encore comment le jouer, donc il m’intéresse» ?
Oui ! Quand la psychologie d’un personnage est trop formatée, je m’ennuie un peu. J’aime quand il y a une résistance, une contradiction, une petite opacité. Si je ferme le scénario avec plus de questions que de réponses, c’est souvent bon signe.
Qu’est-ce qui vous fascine le plus chez les personnages imparfaits : leurs failles, leurs contradictions ?
Le fait qu’ils ressemblent à des êtres humains ! Les personnages parfaits sont rarement vivants. Les gens réels sont contradictoires, parfois magnifiques et insupportables. Ils veulent une chose, en font une autre, regrettent, recommencent. Je n’ai pas besoin d’aimer un personnage pour avoir envie de le jouer. J’ai besoin de croire qu’il existe.
Votre nom est associé à deux immenses stars, Melanie Griffith et Don Johnson. Cet héritage a-t-il été pour vous un passeport, ou quelque chose qu’il a fallu apprivoiser ?
Verity a été un phénomène littéraire, avec des millions de lecteurs et une communauté de fans passionnée. Est-ce stimulant ou, au contraire, un peu intimidant ? DAKOTA JOHNSON. C’est très stimulant de rejoindre un projet qui a
Les deux à la fois. Ce serait malhonnête de dire qu’une telle ascendance n’ouvre aucune porte. Mais une porte ouverte ne fait pas une carrière. A un moment, il faut arrêter de se défendre d’être la fille de quelqu’un et commencer à devenir soi-même.
eu un tel impact auprès des lecteurs. Il y a une attente, presque une obsession autour de cette histoire. Mais il ne faut pas se laisser influencer. Il faut oublier tout ce bruit autour du livre et revenir à l’essentiel. A savoir la psychologie des personnages. Mon job, c’est d’entrer dans les troubles ressentis par Lowen et de rendre cette expérience aussi intense et ambiguë que possible. Ce que j’aime, dans Verity, c’est son caractère imprévisible. On croit entrer dans une histoire assez classique : une jeune écrivaine, Lowen, accepte de poursuivre l’œuvre d’une romancière ultra-célèbre (jouée par Anne Hathaway), puis, très vite, quelque chose se dérègle, se grippe : la maison, le couple, le manuscrit… tout devient suspect. C’est sombre, assez inquiétant, mais aussi très addictif. J’aime me laisser absorber par un livre, oublier tout ce qui se passe autour de moi et avoir envie de tourner les pages sans m’arrêter. Verity possède cette qualité. C’est une histoire qui vous
Je comprends pourquoi cette polémique existe. Il y a des privilèges réels, et je ne vais pas prétendre que j’ai grandi dans une grotte, loin du cinéma, en découvrant Hollywood par hasard… Mais l’étiquette devient vite réductrice, voire caricaturale. Un nom peut attirer l’attention, mais il ne joue pas une scène pour vous. Il ne vous protège pas du ridicule, ni d’un mauvais choix, ni de la solitude qu’on peut ressentir dans ce métier. A la fin, il faut toujours beaucoup travailler. Vos parents ont tenté de vous protéger de ce métier ?
Oui, bien sûr. Ils savaient que le cinéma peut être merveilleux, mais aussi extrêmement dur. Ils connaissaient les moments d’euphorie, les refus, l’attente, les jugements absurdes, cette façon qu’a l’industrie de vous 12
Andrea Raffin / Alamy Stock Photo
On vous a souvent rangée dans la catégorie des «fils et filles de». Pas trop agacée ?
La nudité ne me pose pas de problème lorsqu’elle est justifiée. Le corps humain est l’une des choses les plus belles qui existent, et le corps féminin en particulier possède une puissance incroyable. Je n’ai jamais eu honte de mon corps
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Dakota Johnson
accès. Mais personne ne cherche vraiment à devenir célèbre, en tout cas pas moi. Personne n’a envie d’être pointé du doigt en permanence. Nous ne sommes pas des phénomènes de foire. Nous sommes des acteurs, des actrices, des gens qui essaient de partager des émotions, de raconter des histoires, de créer une distraction pour le public. Quand quelqu’un me dit que je suis une “star”, j’ai souvent l’impression qu’il parle d’une autre personne. Et franchement, qui aime être photographié chaque jour ? Tenter d’échapper à l’insistance de certains paparazzis, ce n’est pas une vie.
aimer beaucoup, puis de vous oublier très vite. Ils ne voulaient pas me vendre un conte de fées. Je crois qu’ils espéraient surtout que j’entre dans ce métier les yeux ouverts. Ce qui est assez amusant, parce qu’on entre rarement à Hollywood les yeux complètement ouverts. Sinon, peut-être qu’on n’y entrerait pas.
Quand on grandit au milieu des caméras, le cinéma devient-il une vocation ou une fatalité heureuse ?
Avant la célébrité, il y a eu les auditions, les refus, les attentes… Que gardez-vous de ces années ?
Je ne sais pas si c’était une fatalité, mais c’était certainement le quotidien de mon enfance. Le cinéma était partout : dans les conversations, dans les voyages, dans les silences aussi. Pour moi, ce n’était pas un monde inaccessible, c’était presque une langue familiale. Cela ne veut pas dire que j’ai pensé : “Je serai actrice, évidemment.” C’était plus diffus. J’observais les adultes inventer des vies, disparaître dans des personnages, revenir d’un tournage transformés. A force, j’ai compris que ce métier n’était pas seulement un décor autour de moi. C’était quelque chose qui m’appelait. Et puis mes parents ont divorcé, avec tout ce que cela implique quand cela se retrouve aussi dans les médias. Je me réfugiais beaucoup dans les films, notamment Mary Poppins et Maman, j’ai raté l’avion !.
Un mélange étrange d’humilité et d’acharnement. Les auditions sont des moments très particuliers : vous donnez quelque chose d’intime dans une pièce souvent froide, devant des gens qui regardent leur montre ou leur téléphone. Puis vous rentrez chez vous et vous attendez. C’est violent, mais cela vous apprend une chose essentielle : ne pas disparaître après un refus. Continuer. Revenir. Réessayer. C’est peut-être la première vraie formation d’un acteur.
Quelles étaient vos raisons d’accepter Cinquante Nuances de Grey, et quelles étaient vos hésitations ?
Vous avez grandi dans les hôtels, au gré des tournages. Ces lieux ont-ils façonné votre imaginaire ?
Mes hésitations venaient surtout de l’ampleur du projet. Je savais que les livres étaient très connus, que le film serait regardé, commenté, jugé. C’était une exposition énorme, surtout pour quelqu’un qui n’était pas encore mondialement connu. Mais ce qui m’a intriguée, ce n’était pas seulement le côté sulfureux. C’était l’histoire d’amour, le parcours d’Anastasia, son rapport au désir, au pouvoir, à elle-même. Je ne voulais pas toujours être considérée comme la fille de ma mère ou la fille de mon père. Toute personne qui suit la carrière de ses parents a envie, à un moment, de casser son image. Ce rôle représentait un risque, mais aussi une possibilité de me définir par mon propre travail.
Enormément. Mon frère et moi explorions les couloirs des hôtels dès notre arrivée. Nous repérions les chambres, les ascenseurs, les endroits interdits, puis on courait partout comme si c’était notre nouvelle maison. Pour moi, les hôtels n’étaient pas seulement des lieux de passage. Ils étaient des décors, des refuges, des terrains de jeu. Ils avaient quelque chose de très cinématographique avant même que je sache exactement ce que cela voulait dire.
Votre grand-mère, Tippi Hedren, a travaillé avec Alfred Hitchcock. Avez-vous parlé avec elle de cette période pas évidente pour les femmes ?
Vous en avez parlé avec votre famille avant d’accepter ?
Pas vraiment comme on demande une permission. Je n’ai pas dit : “Qu’en pensez-vous ? Est-ce que je dois le faire ?” Ce n’est pas comme cela que je fonctionne. Une fois qu’ils ont su que j’avais signé, ma mère et ma grand-mère m’ont soutenue. Elles ont très bien compris que ce n’était qu’un rôle et que je n’allais pas jouer ce genre de personnage toute ma vie. Quand on regarde leurs carrières, elles ont elles aussi incarné des femmes très fortes, très sensuelles, parfois très exposées. Elles savaient faire la différence entre une actrice et un personnage. Mon père, lui, est très protecteur, comme beaucoup de pères avec leurs filles. Mais il ne m’a pas jugée. Il a compris que j’avais envie de le faire et que rien ne m’arrêterait vraiment.
Pas de printemps pour Marnie est, je crois, l’un des films les plus incroyables jamais réalisés. Mais la relation de ma grand-mère avec Hitchcock a été éprouvante. Aujourd’hui, nous vivons une période où les femmes peuvent parler plus ouvertement de la manière dont elles ont été traitées à Hollywood, des abus de pouvoir, du harcèlement, de la violence… Ce que ma grand-mère a vécu avec Hitchcock s’inscrit dans cette histoire-là. A l’époque, les actrices signaient des contrats avec des studios, elles étaient liées pendant des années et leur liberté était très limitée. Ma grand-mère était une femme très courageuse, très ferme, avec beaucoup de respect pour elle-même. Parce qu’elle a refusé d’entrer dans une relation qu’elle ne voulait pas, il lui a pourri la vie, brisé sa carrière. C’est terrible.
La trilogie a été adorée, moquée, parfois critiquée. Comment traverse-t-on une telle tempête médiatique à vingt-cinq ans ?
Un bon tournage commence-t-il d’abord par un climat de bienveillance ?
Pas toujours bien. Au début, on apprend à ne pas tout lire, puis on lit quand même. On apprend ensuite à dire qu’on s’en moque, puis on réalise qu’on ne s’en moque pas complètement. Mais il faut distinguer la critique d’un film de la critique de soi. Sinon, tout devient personnel, et c’est invivable. Avec le temps, j’ai compris qu’un phénomène culturel appartient au public autant qu’à ceux qui l’ont fabriqué.
C’est évident ! Le mythe du génie tyrannique m’ennuie profondément. On peut faire du grand cinéma sans humilier les gens. On peut chercher quelque chose d’intense, de vrai, de dangereux même, sans créer un environnement toxique. La bienveillance ne rend pas les acteurs paresseux. Au contraire, elle leur permet d’aller plus loin. Quand on n’a pas peur d’être écrasé, on peut vraiment essayer des choses. Déjà, j’ai commencé à donner beaucoup plus d’interviews… Une réalité très concrète. On m’arrête aussi davantage dans la rue. Puis, j’ai eu accès à des gens que j’admirais depuis longtemps. Je pouvais m’asseoir à côté d’eux, travailler avec eux, être invitée dans des conversations auxquelles je n’aurais peut-être pas eu
Elle m’a appris que la célébrité, ce n’est pas seulement être reconnu dans la rue. C’est aussi perdre une partie du contrôle sur vous-même. Des inconnus vous attribuent des intentions, des émotions, une personnalité. Ils construisent une
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©A.M.P.A.S.
Qu’est-ce que cette exposition brutale vous a appris sur la célébrité et, surtout, sur la nécessité de garder une part de soi hors champ ?
Après Cinquante Nuances, votre vie a basculé. Qu’est-ce qui a changé ?
Dakota Johnson
pas glisser. Je fais partie de cette industrie, je l’aime, je lui dois énormément, mais cela ne veut pas dire que je dois croire à toutes ses règles, ni à toutes ses vanités. Hollywood adore fabriquer des images, y compris des images de vous-même. Le danger, c’est de finir par les habiter. J’essaie de travailler dans ce monde sans lui donner le droit de me définir.
Dakota qui n’est pas forcément moi. Alors, oui, il faut garder des choses hors champ. Tout ne doit pas devenir matière publique. Sinon, il ne reste plus rien à soi.
Avant de tourner cette saga, étiez-vous particulièrement intéressée par l’érotisme, la littérature, l’art ?
Votre franc-parler est devenu l’une de vos signatures. Est-ce un réflexe, une défense, ou simplement une impossibilité de jouer le jeu complètement ?
J’ai une passion pour l’architecture. J’aime la manière dont les formes, les matériaux, les volumes racontent une époque. Je m’intéresse beaucoup aux maisons des années 1950. J’ai eu la chance d’en acheter une et de la garder presque dans son état d’origine. Il y a quelque chose de très sensuel dans une maison bien pensée. L’architecture, ce n’est pas seulement un décor, c’est une manière de vivre, de circuler, de respirer… J’avais lu Bukowski, et d’autres textes où le désir, le corps, la sexualité étaient très présents. Mais je crois que je suis encore plus sensible à la peinture. Egon Schiele, par exemple, m’a toujours fascinée par sa manière de regarder le corps féminin. Il y a chez lui quelque chose de cru, de fragile, de très inconfortable parfois, mais aussi de profondément humain. L’érotisme m’intéresse lorsqu’il révèle quelque chose d’une personne, pas lorsqu’il est seulement décoratif.
Je crois que j’ai du mal à fabriquer une réponse parfaite quand ce n’est pas ce que je ressens. Ce n’est pas une stratégie, et parfois cela me joue des tours. Il y a une fatigue à devoir toujours être lisse, enthousiaste, reconnaissante. Bien sûr que je suis reconnaissante. Mais je suis aussi humaine. Je peux être fatiguée, sceptique, amusée, gênée. Et mon visage, malheureusement ou heureusement, a tendance à l’annoncer avant moi.
En avançant dans votre carrière, avez-vous compris que savoir dire non pouvait être aussi important que savoir dire oui?
Au début, dire oui semble vital. On a peur que chaque refus ferme une porte pour toujours. Puis on comprend qu’un mauvais oui peut coûter plus cher qu’un non. La liberté, dans ce métier, c’est de pouvoir attendre, choisir, se tromper parfois, mais se tromper selon son propre instinct. Dire non n’est pas du luxe. C’est parfois une manière de se respecter. Propos recueillis par F R A N C K O L I V I E R R O U S S E A U «Verity», de Michael Showalter, sortie le 30 septembre.
On vous a souvent interrogée sur la nudité. Quelle place lui accordez-vous dans votre métier ?
La nudité ne me pose pas de problème lorsqu’elle est justifiée. Se déshabiller simplement pour attirer l’attention ou créer du buzz, je trouve cela assez consternant. Mais lorsque cela dit quelque chose d’un personnage ou d’une situation, je n’y vois pas d’inconvénient. Le corps humain est l’une des choses les plus belles qui existent, et le corps féminin en particulier possède une puissance incroyable. Je n’ai jamais eu honte de mon corps. J’aimerais que davantage de femmes puissent se sentir libres avec le leur. Malheureusement, il y a des canons de beauté imposés par les magazines, le cinéma aussi parfois, et cela peut abîmer la manière dont les femmes se regardent.
ENGLISH TEXT. Born into Hollywood royalty as the daughter of Melanie Griffith and Don Johnson and the granddaughter of Tippi Hedren, DAKOTA JOHNSON has never relied on her famous name. Although Fifty Shades of Grey made her an international star, she has consistently chosen complex, unconventional roles over predictable success. Her latest film, Verity, directed by Michael Showalter and based on Colleen Hoover’s bestselling novel, stars Johnson as Lowen, a struggling writer hired to complete the work of a bestselling author, played by Anne Hathaway. When a hidden manuscript surfaces, reality begins to unravel. Johnson says the story’s unpredictability and psychological depth drew her in. Rather than focusing on the novel’s enormous fan base, she concentrated on Lowen’s emotional ambiguity. Johnson admits she prepares extensively for every role, but only so she can forget the preparation once filming begins. She is most attracted to characters whose contradictions make them feel genuinely human. Reflecting on her family background, she acknowledges that having famous parents opened doors but insists it could never build a career. «A name may get attention, but it can’t act for you.» Growing up surrounded by film sets, hotels and constant travel made cinema feel like a natural language rather than an unreachable dream. She also speaks candidly about her grandmother Tippi Hedren’s experience with Alfred Hitchcock, describing it as a painful example of the abuse of power women endured in Hollywood. Johnson believes creative excellence never requires cruelty and rejects the myth of the tyrannical genius. The success of Fifty Shades of Grey transformed her life, bringing worldwide recognition and access to filmmakers she admired, but also relentless media attention. She recalls learning to separate criticism of her work from criticism of herself and says fame often means losing control over the public’s perception of who you are. Johnson has no issue with nudity on screen when it serves the story, but rejects it when used purely for shock value. She argues that cinema should allow women to be flawed, contradictory and imperfect instead of forcing them into idealized stereotypes. Known for her honesty, Johnson says she has little interest in giving polished, artificial answers. With experience, she has learned that saying no can be just as important as saying yes. For her, real freedom comes from choosing projects that reflect her own instincts rather than simply accepting every opportunity.
Les femmes au cinéma ont longtemps dû être aimables ou désirables…
Quand je lis dans un scénario qu’un personnage féminin n’a pas besoin d’être parfaite, séduisante, exemplaire ou facile à comprendre, je respire. Les femmes ne passent pas leur vie à être inspirantes. Elles peuvent être fatiguées, drôles, injustes, brillantes, maladroites, cruelles, tendres, perdues. Le cinéma devient plus intéressant quand il arrête de leur demander d’être des symboles stéréotypés ! Qui vous a donné cette confiance ?
Ma mère et ma grand-mère. J’ai grandi au contact de deux femmes qui n’avaient pas honte de leur corps, ni de leur sensualité, ni de leur force. Elles m’ont montré, chacune à leur manière, qu’il n’y avait rien de répréhensible à exister pleinement et à ne pas s’excuser d’être une femme. Cela ne veut pas dire qu’on échappe aux doutes. Mais cela donne une base, une forme de liberté intérieure.
Woody Allen a dit : “Les femmes ont besoin d’amour pour donner du sexe, les hommes ont besoin de sexe pour donner de l’amour”…
Je trouve cela un peu caricatural. La société a évolué, même aux EtatsUnis, où la sexualité reste encore pleine de tabous. Les femmes ne sont pas uniquement du côté du sentiment, les hommes uniquement du côté du corps. C’est beaucoup plus complexe, heureusement. Et si la notion d’orgasme existe, je suppose que ce n’était pas seulement pour les hommes. Les femmes ont un rapport au plaisir qui mérite d’être pris aussi au sérieux que celui des hommes.
Vous donnez l’impression de regarder Hollywood avec un demi-sourire. Est-ce votre manière de garder votre lucidité ?
Peut-être. Hollywood est un endroit extraordinaire, mais il peut aussi être profondément absurde. Si vous prenez tout trop au sérieux, vous êtes perdu. Il faut garder un certain décalage, une distance ironique, sinon on finit par croire que les tapis rouges sont la vraie vie. Ce n’est pas la vraie vie. Ce sont des tapis, très éclairés, sur lesquels tout le monde essaie de ne 16
Chloé Harrouche «Ce que je cherche pour Loulou de Saison, c’est la simplicité élégante, la sophistication cachée»
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ntre héritage parisien et élégance intemporelle, Chloé Harrouche, la créatrice de Loulou de Saison, imagine une mode subtile pensée pour accompagner les femmes. Quelle est l’origine de ce nom, Loulou de Saison ? “Loulou”, c’est ma
fille, mon petit porte-bonheur ; “de saison” évoque le temps qui passe, avec un côté plus mode. J’aime cette dualité. Il y a un clin d’œil aussi à Loulou de la Falaise. Le coquillage, notre enseigne, c’est comme un talisman, une petite protection qui enveloppe la femme, une douceur et une force. Puisque le vêtement va lui donner une assurance, la mettre en valeur.
Qu’est-ce qui vous a amené à créer cette marque, il y a six ans ?
Je suis très égoïste : je voulais des vêtements pour moi… et pour les gens que j’aime. Je voyais des femmes autour de moi qui travaillaient, qui avaient plusieurs vies dans la même journée, des enfants à l’école, un rendez-vous à la banque, puis une réunion de travail où il fallait être un peu plus mode,un déjeuner, puis un dîner en amoureux… et, à chaque fois, il faut trouver la bonne silhouette qui va bien. Par exemple, ce que je porte aujourd’hui, il y a un détail, là, sur le tee-shirt en soie, quelque chose de subtil, qui ne vient pas cannibaliser le regard, mais qui aide à mettre en valeur la femme que vous êtes. Il y a certaines pièces, comme les vestes et les manteaux avec une griffe à l’intérieur où il est écrit “Appartient à” pour écrire son prénom avec la date, si un jour on décide de le donner, c’est un détail caché… Vous vous revendiquez plus française que parisienne ? Je suis née et j’ai grandi à Paris. Nous sommes une marque française. Nous voulons revendiquer un état d’esprit, un savoir-vivre français.Mais j’ouvre les yeux sur tout. Pour l’hiver, j’avais envie de revenir à quelque chose de plus habillé, de jouer avec les manteaux. J’ai été très inspirée par le New York des années 1960 à 1990. J’adore les manteaux. On retrouve cette idée du coquillage pour gagner en force, en confiance. J’aime voir les femmes s’épanouir. Jeune, j’étais quelqu’un de profondément timide, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le vêtement m’a aidée, la création aussi, à me sentir bien, à pouvoir m’exprimer pleinement.
Votre palette de couleurs est délicate avec beaucoup de noir et blanc et de temps en temps des touches de couleurs… Dans la
Loulou de Saison
collection de cet hiver, on a du bleu marine, des palettes de brun, de gris, de beige. Le noir et blanc c’est notre identité. Cela permet de rythmer ces couleurs, de les faire cohabiter entre elles sans que cela soit agressif.
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HAPPY SPORT
Chloé Harrouche
Il y a des matières particulières que vous aimez travailler, qui seraient un peu votre signature ? J’ai besoin de m’amuser, et, chaque
saison, je vais aller chercher une texture nouvelle. L’hiver dernier, c’était le cuir façon autruche, cet hiver, il y a beaucoup de plumes…
L’accessoire a un rôle important dans la silhouette ? L’accessoire, c’est ma madeleine.
Mon grand-père faisait des chaussures, il m’amenait dans son atelier, avec l’odeur des cuirs… Si je fais de la chaussure,un jour, il faudra le faire extrêmement bien, ne serait-ce que pour lui rendre hommage.
J’ai lu sur votre site ce que vous appelez le “manifesto” : vous parlez de beauté, de simplicité, de luxe subtil, presque comme une philosophie de la vie… Pour moi, au-delà du
vêtement, Loulou de Saison, c’est un art de vivre, une façon d’accueillir les gens, de proposer en boutique quelque chose où la cliente va se sentir comme dans un écrin, où elle va se sentir bien. Le luxe aujourd’hui, ce sont des détails. Le luxe, c’est le temps, c’est l’espace, mais aussi les gestes. Vous pensez que vos vêtements expriment la simplicité ? J’espère, en tout cas, c’est l’inten-
tion. C’est une simplicité élégante dans le détail, dans la sophistication cachée. Votre maison est en pleine expansion, quelles sont vos prochaines étapes ? Nous
venons d’ouvrir un corner à Nice, sur la Côte d’Azur, bientôt un autre à Bordeaux, nous sommes chez Bloomingdale’s, qui a réouvert récemment à New York, et j’aimerais ouvrir encore une troisième boutique à Paris. Nous avons beaucoup de projets. Je tiens à développer la marque, voir au-delà du vêtement et peut-être apporter plus aux gens qui aiment la maison. Propos recueillis par ANNE DELALANDRE
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La crème des crèmes D
ans l’univers des soins visage, rares sont les crèmes qui tiennent réellement leurs promesses. Entre biotechnologie de pointe et alchimies haute couture, elles redéfinissent l’exigence du soin. La révolution en pot
L’intelligence de la longévité
Avant d’être un cosméticien, Augustinus Bader était un scientifique. Ce professeur allemand, pionnier de la médecine régénérative, a consacré des décennies à comprendre comment la peau se répare elle-même avant d’en faire une crème. The Rich Cream repose sur le TFC8, son complexe breveté qui guide les cellules souches vers une auto-régénération optimale. Elle ne fait pas le travail à la place de la peau, elle lui rappelle comment le faire. En quelques années, ce pot est devenu l’un des soins les plus copiés, et les moins égalés, du marché mondial. Augustinus Bader, The Rich Cream .
Chez Lancôme, la beauté ne se contente plus de corriger les signes du temps, elle prétend les réinitialiser. Avec Absolue Longevity MD, la maison structure son discours autour d’un protocole en trois temps : anticiper, intercepter, réinitialiser, pensé selon le stade visible du vieillissement. La version Reset, destinée aux peaux matures, associe un complexe exclusif réunissant un actif anti-sénescence, du niacinamide, de la rose et de la taurine. La promesse est faite : relancer le rebond tout en préservant l’énergie cellulaire. Lancôme, Absolue Longévité .
La beauté à l’ère de l’intelligence biologique
Sisleÿa L’Intégral Anti-Age réussit le tour de force d’aborder le vieillissement dans toute sa complexité. Sa formule, dense de plus de cinquante actifs : antirides, raffermissants, anti-radicalairs, hydratants… agit comme un écosystème. La texture, onctueuse, transforme l’application en rituel de bien-être. Mais c’est dans le temps que le soin révèle sa puissance. La peau se restructure, gagne en cohérence et en résistance. Les résultats ne sont pas spectaculaires, ils sont profonds. Une cosmétique d’ingénierie qui s’adresse à celles qui cherchent plus qu’un effet immédiat. Sisley, Sisleÿa L’intégral Anti-Age;
Un concentré de vitamine C
L’héritage de la beauté éternelle
La vitamine C, tout le monde en parle. Kat Burki, lui, en a fait une véritable obsession. Sa Vitamin C Intensive Face Cream associe plusieurs formes stabilisées de l’actif à une base nourrissante, loin des textures aqueuses qui laissent la peau sur sa faim. Le cocktail de micronutriments, enrichi de thé vert et de minéraux, réduit le stress cutané et décuple la synergie de l’actif phare. Résultat : l’éclat se réveille, la barrière cutanée se consolide et la peau retrouve une vitalité que l’on croyait définitivement perdue. Kat Burki, Vitamin C Intensive Face Cream.
Depuis 1828, Guerlain incarne l’excellence à la française. La Crème Riche de Longévité est peut-être son œuvre la plus ambitieuse. Fruit de deux décennies de recherche en longévité cellulaire, elle s’appuie sur l’Orchidée Impériale, icône absolue de la maison, pour rééduquer les mécanismes biologiques du vieillissement cutané. Sa texture riche et fondante enveloppe la peau comme un manteau de soie, tandis que les actifs reprogramment les cellules en profondeur. Les rides se comblent, les contours se redessinent. Un testament de beauté signé par presque deux siècles de savoir-faire. Guerlain, La Crème Riche de Longévité.
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DR + © Platinum5039 - stock.adobe.com
L’approche globale du vieillissement
Au Japon, on n’attend pas que la peau vieillisse pour agir, on anticipe. C’est toute la philosophie du Future Solution LX de Shiseido : un soin conçu non pour corriger les dommages du temps, mais pour les prévenir avant qu’ils n’apparaissent. Sa formule hybride entre sérum et crème fusionne avec la peau. L’Enmei, plante rare et vénérée, y est concentrée pour soutenir les mécanismes naturels de régénération nocturne et renforcer les défenses antioxydantes. Au réveil, la peau est plus lumineuse, plus stable. Un soin qui ne corrige pas le temps, mais en modifie l’impact. Shiseido, Future Solution LX .
Une promesse de légèreté
Imaginez une crème qui disparaît sur la peau comme si elle n’avait jamais existé, et pourtant. Derrière la texture presque aérienne du Daily Dynamic Hydrator se dissimule une formule clinique californienne redoutable. IS Clinical, pionnier de la cosmétique médicale, y a concentré vitamine C et complexes antioxydants pour améliorer l’éclat, la fermeté et l’élasticité, tout en renforçant la barrière cutanée. La peau retrouve son rebond, ce glow qui signe un épiderme en pleine santé. Un allié universel, aussi discret qu’imparable. IS Clinical, Daily Dynamic Hydrator . La protection ultime
Pendant des années, la crème solaire fut le parent pauvre de la beauté ; efficace, certes, mais sans grâce ni ambition. FIRN en fait un soin à part entière avec la Crème Régénérante Multi-Corrective SPF50. A l’intérieur, une combinaison ambitieuse : peptides, actifs antioxydants et protection élargie, cellules souches de plantes alpines et micro-organismes de glaciers. La peau est protégée, mais aussi réparée, le tout sans trace blanche. En fusionnant haute protection et performance anti-âge, FIRN rappelle une vérité implacable : le meilleur anti-âge reste d’éviter le soleil. FIRN, Crème Régénérante Multi-Corrective SPF50 . EMMA BENTZINGER
Géraldine Nakache DES GENS QUE J’AIME…
Ça change une vie… Elle a changé ma vie. Je ne m’attendais pas à le dire mais je n’ai plus du tout honte, en fait. J’ai emmené ma fille voir son show – le même – qu’elle continue, à 84 ans ! Backstage, j’étais vraiment contente. C’était quelque chose, pour elle, de rencontrer une artiste qu’elle venait de voir performer. (A ses yeux, Leïla [Bekhti] ou Adèle ne sont pas des actrices mais des tatas.) Aussi, sur scène, tu ne vois pas son âge. En sortant, elle a commenté : “Elle chante encore comme ça !” J’ai adoré qu’elle comprenne que c’était super. Chantal Goya, elle se produit dans des boîtes de nuit, elle joue au Liban. Elle a tourné avec Godard. Elle aurait pu choisir une carrière différente. Elle est restée dans ce sillage qui était le sien. Un truc de reine ! Dans mon film, il n’y a que trois musiques : Pretenders, Aya Nakamura – une Chantal Goya 2.0 – et elle. C’est qui, les gens qu’elle aime ? J’aimerais bien savoir !» 4 / PIERRE BROCAS. «Souvent, quand je tourne en province, on me demande un conseil, quel métier choisir… Pierre est architecte et scénographe. Des marques de luxe l’appellent : “Est-ce que tu peux penser un événement en Suède autour de ma dernière bague ? un show pour ma dernière chaussure ?” J’aurais aimé, jeune, qu’on me dise que ce métier existait. Quand tu te balades avec lui, il prend des photos random dans la rue. Regarder la galerie d’images iPhone de mon ami Pierre, c’est comme aller au musée. Il t’ouvre aux matières, aux objets. Les gens qui ont un regard, je veux qu’ils sachent que ça se monétise, qu’on peut en faire un travail.» 5 / CHARLOTTE CASTRO. «Avec son mari Samuel, elle a monté l’Hôtel du Sentier et sa brasserie délicieuse. En l’y rencontrant, j’ai compris ce qu’était un entrepreneur, une entrepreneuse. Elle a essayé d’être comédienne, elle a changé de métier et de vie plein de fois, elle a rencontré un homme, il était urgentiste, mais ils se sont dit : “Pourquoi on ne ferait pas un endroit où les gens seraient vraiment contents de venir dormir et manger ?” Et ils l’ont fait. Par ailleurs, il continue d’être urgentiste. A 5 heures du matin aux urgences, il arrive ensuite à vélo : “Ça va, Géraldine ?” C’est ça, aussi, les gens que j’aime, des gens qui osent autre chose. Elle ne s’est pas payée pendant des années. Aujourd’hui, elle a 50 piges, quatre enfants, elle s’est réalisée dans un endroit formidable qui marche parce qu’il est comme elle. Elle n’a pas été actrice, mais, finalement, c’est elle que les gens viennent voir dans ce lieu tous les jours. De l’étranger aussi. Je la connais peu mais j’adore cette femme ! J’ai écrit en partie mon film chez elle, au calme. (A ce moment-là, comme fait exprès, un petit garçon passe en souriant : “Maman !” et repart en courant.) Parce que, parfois, il fallait que je parte de chez moi où déboulent des gens que j’aime, petits, de cette taille-là !»
1 / OLIVIER NAKACHE AND CO : “LA VRAIE FAMILLE DU CINÉMA”. «On a souvent critiqué – moi la première – la “grande famille
du cinéma”. Il s’avère que, moi, j’en ai une vraie, famille du cinéma. On n’est que deux, Olivier a sept ans de plus. A côté de ce modèle que j’aime d’amour, je me suis constitué une autre famille de cinéma. Quand les lumières se rallument à Cannes et qu’auprès de ma mère, mon frère, mon mari, je vois Adèle (Exarchopoulos), Hafsia (Herzi), Eye (Haïdara), je me sens choyée. En font partie François Damiens, Alain Chabat… Comme moi actrice et réalisatrice, Hafsia a vécu les prises de tête en projection de montage. Elle vient avec son carnet, elle débriefe : “Là, j’ai pas compris. Ici, t’es sûre de ton raccord ?” Cédric Klapisch, ou Philippe Lacheau, qui, avec ses potes fait carton sur carton (depuis le Splendid, on n’a pas connu ça !), quelles familles de cinéma géniales, aussi ! Donc il faut redorer ce blason, redire aux gens : si, ça existe ! Et c’est bien.» 2 / LUIS BUÑUEL. «J’ai passé un bac cinéma : l’ancien A3, avec un coefficient 8 en cinéma, comme la philo. L’oral se déroulait sur le modèle du bac de français : tu tombais sur la séquence d’un film qu’il fallait analyser. Parmi les auteurs, j’avais Buñuel. J’ai été saisie. J’ai tout dévoré. On m’offrait ses livres à mes anniversaires. Mon dernier soupir, je l’ai dans toutes les éditions et couleurs… Avec le recul, je réalise qu’avoir découvert ce cinéma vers 17 ans m’a aussi questionnée tôt sur un sujet dont on ne parlait pas alors : celui de la femme. Le film que j’ai étudié en long et en large, c’est El, sur un homme jaloux (l’expression pervers narcissique n’existait pas). J’ai eu 18 à l’oral. Elevé chez les Jésuites, Buñuel avait cette formule géniale : “Grâce à Dieu, je suis athée !” Moi, je suis croyante. Le cadre religieux, les rituels, je connais. C’est cinégénique, aussi. Son regard sur l’emprise, les femmes et les croyances a infusé chez moi. Si tu penses bien vient de là.» 3 / CHANTAL GOYA. «Ça, c’est tout moi ! Je t’ai raconté mon éveil cinématographique avec Buñuel. Figure-toi que mon éveil artistique, c’est à Chantal Goya que je le dois. J’ai 4-5 ans. Grâce à elle, j’apprends l’alphabet (elle se met à chanter : “A B C D E F G H…”), et c’est comme ça que je l’apprendrai à ma fille. Grâce à elle, je découvre l’univers du spectacle, puisque Le Soulier qui vole est le premier que mon papa m’emmène voir, au Palais des Congrès. On avait même acheté une rose qu’il m’avait envoyée lui donner à la fin. Mes parents, ils n’avaient pas trop de moyens, pas de caméra. C’est mon oncle Charles qui filmait la famille. Sur la seule vidéo que j’ai de moi petite, je chante Pandi Panda dans le salon. Chantal Goya, pour moi, c’était la fiction pure. Elle disait qu’un lapin avait tué un chasseur.
SABINE EUVERTE
“Si tu penses bien” , en salle depuis le 16 septembre.
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Mickael Chavet / Projet Daybreak
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uand Géraldine était petite, son grand frère Olivier, inscrit en études de kiné, partait le matin en blouse blanche. Ça rassurait leurs parents. En fait, il tournait des courts métrages avec son copain Eric (Toledano)… Comme lui, elle rêvait de faire du cinéma, mais elle s’était juré de ne rien lui demander. Elle voulait qu’il soit fier d’elle. Il peut l’être. Après trois comédies (et le succès de Tout ce qui brille), elle réalise un premier drame où Niels Schneider et Monia Chokri impressionnent et dont la scène d’ouverture marquera les esprits. On avait pour Géraldine Nakache de la sympathie. Elle assure et épate. Sur tous les plans : ce film, Si tu penses bien, elle l’a présenté à Cannes quatre semaines après avoir accouché de son troisième enfant. Et toute la famille était là.
ENGLISH TEXT. When Géraldine Nakache was a child, her older brother Olivier claimed to be studying physiotherapy, leaving home each morning in a white coat to reassure their parents. In reality, he was making short films with his friend Éric Toledano. Géraldine dreamed of cinema too but never asked him for help—she wanted to earn his respect. After three comedies, including the hit All That Glitters, she directed her first drama, Si tu penses bien, starring Niels Schneider and Monia Chokri. Premiered at Cannes just four weeks after she gave birth to her third child, the film marked a major step in her career. 1. Family. “People mock the ‘film family,’ but I actually have one. My brother inspired me, and over the years I’ve built another family through cinema—friends like Adèle Exarchopoulos, Hafsia Herzi, Eye Haïdara, François Damiens and Alain Chabat. They challenge my work, support me, and remind me that creative families really do exist.” 2. Luis Buñuel. Studying film in high school, Nakache discovered Buñuel and became obsessed with his work. His films, especially El, introduced her to themes of jealousy, power and women’s place in society long before such conversations became common. “His view of faith, control and female experience stayed with me. Si tu penses bien comes from there.” 3. Chantal Goya. “Buñuel awakened my love of cinema, but Chantal Goya awakened my imagination.” As a child, Goya taught her the alphabet, introduced her to live performance and inspired the only home video of her singing Pandi Panda. Nakache later took her own daughter to see Goya’s show. “She chose to stay true to herself. That’s queen energy.” Goya is one of only three musical artists featured in the film’s soundtrack. 4. Pierre Brocas. Architect and scenographer Pierre Brocas showed her that creativity can become a profession. “He notices beauty everywhere. Looking through his phone is like visiting a museum. I wish someone had told me, when I was young, that this kind of eye could be a career.” 5. Charlotte Castro. Castro, co-founder of Hôtel du Sentier with her husband Samuel, embodies reinvention. After trying acting, she created a successful hotel and restaurant while Samuel continued working as an emergency doctor. “I admire people who dare to change their lives. I wrote much of my film there, surrounded by warmth and inspiration.”
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Le pari réussi de mêler deux univers : le savoir-faire autour
des spiritueux d’exception et celui de la parfumerie
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celle de Sophie Labbé, maître parfumeur, et celle de Baptiste Loiseau, maître de chai de la maison Rémy Martin. «Nous donnons une nouvelle dimension au parfum en amenant cette notion de dialogue avec le bois», ajoute Catherine Sardin. Maison Psyché possède son propre chai à Cognac. C’est là que ses compositions reposent dans de petits tonnelets spécialement conçus, à partir de douelles provenant d’anciens fûts de chêne ayant contenu des eaux-de-vie de cognac pendant plusieurs décennies. «Le bois porte une mémoire. Il a vécu, absorbé, transmis. Lorsqu’il entre en contact avec le parfum, une nouvelle histoire commence… Chaque ingrédient va évoluer de façon différente.
l existe des maisons qui naissent d’une formule, d’un parfumeur ou d’une matière première. Maison Psyché est né en 2021 d’une intuition : et si les savoir-faire ancestraux du cognac pouvaient ouvrir un nouveau territoire à la haute parfumerie ? «Une approche assez simple, mais à la fois assez audacieuse : créer un pont entre deux univers apparemment très éloignés, appliquer le savoir-faire que nous avons autour des spiritueux d’exception, le rapport à lamatière, au temps, à la sublimation de l’ingrédient… à un autre terrain de jeu, la parfumerie», explique Catherine Sardin, directrice de la Maison. L’idée aurait pu rester une belle intuition. Elle est devenue un véritable programme de recherche et développement, construit autour de deux expertises :
Photos produites par l’agence Brando, DR
«Le bois porte une mémoire. Il a vécu, absorbé, transmis. Lorsqu’il entre en contact avec le parfum, une nouvelle histoire commence»
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Un iris, par exemple, va prendre beaucoup de temps à batailler avec le bois et à se métamorphoser, mais la rose va être plus perméable à ce dialogue. La bergamote, qui est souvent très évanescente, persiste et garde cette note un peu hespéridée et fraîche. Elle est presque confite. Nous ne sommes pas dans un laboratoire, avec son côté industriel, c’est une transformation naturelle. On laisse la nature faire son travail.» «Pour la première collection, l’idée était d’aller chercher les plus beaux ingrédients dans les plus beaux terroirs du monde.» Nous sommes allés en Italie, en Calabre, pour récolter les variétés de bergamote les plus luxueuses. Puis, dans le sud de la France, à Grasse, nous avons rencontré la famille Rebuffel, qui cultive les roses depuis des générations : une ode à la fleur avec ce côté un peu vert, un peu poivré, qui, grâce au passage dans les chais gagne en sensualité, devient plus velouté, un peu
«Pour la première collection, l’idée était d’aller chercher les plus beaux ingrédients dans les plus beaux terroirs du monde»
plus boisé et épicé, tout en restant très frais. Nous sommes allés en Inde, cueillir le jasmin grandiflorum, un jasmin merveilleux, qu’il faut cueillir avant 7 heures du matin pour conserver toute sa fraîcheur. Nous sommes partis en Indonésie, à Sumatra, pour récolter du patchouli. Nous avons voulu retrouver la pureté du patchouli, son côté noble, parfois un peu terreux, un peu balsamique, qui, là aussi, grâce au passage dans les chais, gagne un côté un peu fumé et un peu cacaoté, très élégant. Pour notre dernier voyage, nous avons atterri à Madagascar, la patrie de la vanille, l’«or noir». Le bois lui donne un côté un peu plus poudré, un peu fumé… Les flacons de Maison Psyché sont conçus comme des pièces de collection : cristal de Baccarat, fil d’or, plaque en or, numérotation et scellement inspiré du cognac. Pour la création de ses flacons, la Maison réunit les savoir-faire de maîtres artisans issus de la tonnellerie, de la cristallerie, de la joaillerie et de la bronzerie. Dessiné par Thomas Bastide, le flacon de la collection Edition est réalisé en cristal Baccarat. Chaque pièce, soufflée à la bouche, est unique, taillée à la main et ornée d’or. Inspiré du vase Balustre Harcourt, il mobilise le savoir-faire de 29 artisans et se distingue par sa plaque en or. Plus spectaculaire, le flacon Bijou concentre quelques gouttes de parfum. Présenté comme le plus petit flacon de parfum jamais conçu par Baccarat, il est serti de 168 diamants et d’une perle des mers du Sud. L’Ecrin des Parfums permet de jouer avec les superpositions et les assemblages pour composer sa propre signature olfactive. Enfin, la Maison pousse cette démarche jusqu’au sur-mesure, avec la possibilité de créer une essence personnelle élaborée avec Sophie Labbé et Baptiste Loiseau, présentée dans une carafe en cristal et accompagnée d’une cave à parfum et d’un tonnelet personnalisé. Catherine Sardin insiste sur la dimension expérimentale de cette aventure. Maison Psyché ne cherche pas simplement à créer une nouvelle collection : elle tente d’inventer une nouvelle manière de travailler la matière parfumée. «C’est un savoir-faire qui n’existait pas avant. Le croisement entre ces deux univers est très intéressant à explorer.» Propos recueillis par A N N E D E L A L A N D R E
Maison Psyché. 6 place Vendôme, Paris Ier. Sur rendez-vous.
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Boucles d’oreilles «Winston Cluster», diamant taille poire et marquise, HARRY WINSTON Top plissé «Pleats Please», Issey Miyake Page de droite. Collier, diamant taille ovale, HARRY WINSTON
La force des diamants
Photographe
M AT T H I E U D E L B R E U V E
Direction artistique
ANNE DELALANDRE
Styliste
VICTOIRE SEVENO
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Bracelet, collection «Talk to Me», diamants jaunes taille coussin, diamants taille marquise, émeraude carrée et brillant. Bague, diamant jaune taille radiant et diamants latéraux taille trillion, HARRY WINSTON Robe courte, croûte de cuir, Max Mara
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Tiare collection «Talk to Me», diamant jaunes taille poire et diamants taille poire et brillant, HARRY WINSTON Mini-veste et pantalon, laine, Tod’s
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Montre «Ultimate Emerald Signature», saphir et diamant sur chaîne or blanc, HARRY WINSTON
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Bracelet et bague «Winston Cluster», diamant taille marquise et poire, HARRY WINSTON Chapeau en feutre, Anthony Peto Top, soie noire, jupe, cuir façon croco, Elie Saab
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Collier et boucles d’oreilles, collection «Talk to Me», diamants jaunes taille poire, diamants taille poire et brillant, HARRY WINSTON Robe en dentelle, Fendi
Bracelet, collection «Talk to Me», saphir taille coussin et émeraude carrée et diamants taille marquise, poire, émeraude carrée et brillant. Alliance, diamant taille radiant, HARRY WINSTON Trench «Jodie», Alfie
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Collier et boucles d’oreilles, saphir taille coussin et diamant taille marquise, poire et brillant, HARRY WINSTON Robe en cuir, Natan Photographe Matthieu Delbreuve Directrice artistique Anne Delalandre Styliste Victoire Seveno Mannequin Annalise Demmler @Premium Models Directeur de casting V&Y Casting Maquilleuse Akari Sugino @SVT Coiffeur Jean-Luc Amarin Manucure Marie Rosa Set design Sarah Montet Assistante styliste Victoria Korkos Assistant digital Nassim Bensaadi Assistante mode Noémie Jalu Studio L’Atelier & Beyond
Bijoux
complices Photographe
LUC BRAQUET
Direction artistique
ANNE DELALANDRE
Styliste
F I L I P PA H ÄG G
Victoire de Castellane, directrice artistique de Dior Joaillerie depuis 1999, enrichit sa collection My Dior de nouvelles pièces précieuses, en laque rouge ou multicolore, sublimant le motif emblématique du cannage qui habillait autrefois les chaises Napoléon III des salons haute couture du 30 avenue Montaigne.
Manchette, collection «My Dior», or jaune, laque multicolore et diamants, DIOR JOAILLERIE Mise en beauté Dior
Page de droite > Bagues, collection «My Dior», or blanc et jaune, DIOR JOAILLERIE Veste blanche, Dior Mise en beauté Dior avec Dior Forever Skin Wear 2N, Dior Forever Skin Bronze 02 Soft Fair, Dior Backstage Rosy Gflow 012 Rosewood, DiorShow Overvolume Waterproof Mascara 090 OverBlack et Dior Addict Glass Lipstick 842 Rose Sauvage
Ci-contre. Bagues, bague double et bracelets, collection «My Dior», or jaune, laque noire et turquoise, DIOR JOAILLERIE Montres, «Lady D My Dior», or jaune, nacre et diamants, DIOR HORLOGERIE Manteau bleu, Dior
Boucles d’oreilles et mono-bijoux d’oreille, collection «My Dior», or blanc et diamants, DIOR JOAILLERIE
Bracelet et collier, collection «My Dior», or rose, DIOR JOAILLERIE Tee-shirt en coton blanc avec broderie et perles, Dior
< Page de gauche Collier, collection «My Dior», or jaune, rose et blanc et diamants, DIOR JOAILLERIE Débardeur brodé en coton blanc, Dior Ci-contre. Bague, collection «My Dior», or rose et laque rouge, DIOR JOAILLERIE Mise en beauté Dior avec Dior Forever Skin Wear 1N, Dior Forever Skin Bronze 02 Soft Fair, Dior Backstage Rosy Glow 012 Rosewood, DiorShow Overvolume Waterproof Mascara 090 OverBlack et Dior Addict Glass Lipstick 842 Rose Sauvage
Bagues, manchette et collier, collection «My Dior», or blanc et diamants, DIOR JOAILLERIE Manteau en maille duveteuse et laine avec plumes, Dior Page de droite > Collier collection «My Dior», or blanc et diamants, DIOR JOAILLERIE
Bague et bracelet, collection «My Dior», or rose et blanc et laque rouge, DIOR JOAILLERIE Sac «Promenade Shopper» Large, Dior
Photographe Luc Braquet Directrice artistique Anne Delalandre Styliste Filippa Hägg Mannequin Louise Galan @Premium Models Casting Ikki @Ikki Castings Maquilleuse Akari Sugino @SVT Coiffeur Simon Chossier @ B-Agency Manucure Sylvie Vacca @Call My Agent Assistante mode Noémie Jalu Studio L’atelier & Beyond
Montre, «Lady D My Dior», or jaune, nacre, pierres de couleurs et diamants, DIOR HORLOGERIE Veste bar en laine et soie et nœud amovible, Dior
Orange s’engage pour protéger les enfants en ligne
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© EFStock / Adobe Stock
clair : encourager un usage plus équilibré du numérique range s’engage pour protéger les enfants des risques liés au digital. #ForGoodConnections incarne ce combat (réduire le temps d’écran des enfants et lutter activement contre le cyberharcèlement). Pour y parvenir, Orange déploie essentiel : créer un environnement numérique plus sûr en accompagnant parents et enfants face à l’hyperconnexion, à une approche globale : un soutien aux associations, des ateliers l’exposition aux contenus inappropriés, au cyberharcèlement. de sensibilisation, des contenus pédagogiques pour adopter les Il faut savoir qu’en France 23% des enfants sont touchés par le bons réflexes en ligne et sur les réseaux sociaux. Des produits cyberharcèlement (Audirep, 2024) et de plus en plus tôt (+3% sur et services spécialement conçus pour les familles avec enfants, les 11-15 ans), ce qui provoque 3 fois plus de risques d’anxiété et notamment pour accompagner l’acquisition du premier smartphone. Un engagement qui porte ses fruits : de dépression chez les jeunes. Orange considère que son rôle ne se limite pas à fournir de la connectivité. Sa volonté : être le rapport du Global Child Forum 2025 a attribué à Orange une note de 9,1/10, reconnaissant les efforts continus en matière de l’opérateur de confiance qui donne à chacune et à chacun les clés d’un monde numérique responsable. Lancée en février transparence et de collaboration avec toutes les parties 2024, l’initiative #ForGoodConnections répond à un objectif prenantes. www.orange.com/fr/notre-impact/notre-impact-sur-la-societe/forgoodconnections
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Moulin Rouge, l’absinthe s’invite à la fête
a magique liqueur verte revient en force ! Grâce à un partenariat avec la marque Grande Absente, Moulin Rouge enrichit son univers des spiritueux avec une absinthe audacieuse et exclusive produite par Distilleries et Domaines de Provence, maison de référence reconnue pour son savoir-faire artisanal. Symbole de l’énergie créative de Montmartre, associée depuis toujours aux cabarets, spectacles et nuits fiévreuses parisiennes, l’absinthe allumait l’esprit libre des artistes, poètes, danseuses et autres rêveurs. Le peintre Toulouse-Lautrec comptait parmi les
amateurs de la «muse verte». L’Absinthe Moulin Rouge Grande Absente titre à 69 %. Sa robe vert clair aux reflets jaunes annonce un nez intense et complexe. En bouche, l’absinthe domine avec élégance, relevée par des notes de menthe et d’anis étoilé. Elle se déguste selon la tradition (1 volume pour 3 à 5 volumes d’eau fraîche) ou en cocktail, et s’accorde parfaitement avec le concombre, les agrumes, la menthe ou le romarin. Un élixir puissant pour celles et ceux qui rêvent d’un Paris vibrant, effervescent… infiniment vivant. 53
Maison Close devient
SCANDALE
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ingt ans après sa création, Maison Close est devenue officiellement SCANDALE le 22 juillet 2026. Fondée en 2006, Maison Close s’est imposée comme l’une des signatures les plus singulières de la lingerie française. Initialement développée dans l’univers de la lingerie haut de gamme, la marque a progressivement étendu son territoire au prêt-à-porter, au bain, aux accessoires et à un univers lifestyle plus global. De Kate Moss à Madonna, jusqu’à la couverture d’album de Miley Cyrus et à la signature fluo Maison Close sous les jupons de Rosalía aux Brit Awards, la marque s’inscrit dans un imaginaire mode et dépasse le registre de la lingerie pour devenir pièce d’éditorial. Les Etats-Unis constituent son premier marché, devant la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie. Dirigée par Nicolas Busnel, président et directeur de la création, aux côtés de Caroline Bour, directrice générale, la maison poursuit une phase de développement ambitieuse. L’acquisition de SCANDALE s’inscrit dans cette trajectoire : accélérer son rayonnement international en s’appuyant sur l’une des maisons les plus emblématiques de l’histoire de la lingerie française, fondée en 1932 par Robert Perrier, entre Lyon, berceau historique de la soie, et Paris, capitale de la haute couture, SCANDALE naît d’une conviction visionnaire : la matière peut être un 54
instrument de liberté. Fournisseur de soies d’exception pour Chanel, Dior, Yves Saint Laurent, Balenciaga, Jean Patou ou Givenchy, Perrier introduit les tissus synthétiques dans la haute couture française avant de les consacrer à un territoire plus intime : la lingerie. Libérant la silhouette des contraintes corsetières, SCANDALE devient le symbole d’une féminité plus souple, plus légère, plus libre. Au fil des décennies, la marque s’impose comme une maison française singulière, à la croisée de l’innovation, de la création et du luxe. En devenant SCANDALE, Maison Close se fait le nouveau gardien de cet héritage. Plus qu’un changement de nom, cette évolution réunit deux histoires complémentaires : l’audace créative et un patrimoine exceptionnel. Cette nouvelle étape sera notamment marquée par l’ouverture du premier flagship parisien rue Cambon en septembre 2026. «SCANDALE a toujours fait partie de mon univers d’inspiration, déclare Nicolas Busnel, autant pour ses créations que pour sa communication. Les campagnes illustrées par René Gruau ont profondément marqué mon imaginaire et ma vision de la féminité française. Cette maison a accompagné mon parcours à travers de nombreuses références. Lorsque Erik Ryd m’a proposé de reprendre la marque, j’y ai vu une évidence autant qu’un immense honneur. Le défi est ambitieux. Il reflète pourtant exactement ce qui anime Maison Close depuis vingt ans : faire évoluer les codes, défendre une vision forte et construire une maison capable de traverser le temps. Aujourd’hui, nous réunissons l’énergie créative de Maison Close et l’héritage exceptionnel de SCANDALE pour écrire un nouveau chapitre de cette histoire française.» A L D O C L E M E N T E Scandale.com
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Utiles et stylés
«L
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ouvini, c’est être libre de faire ce que l’on veut, avec style et élégance. C’est presque porter un appareil technique comme un bijou», déclare avec fierté la fondatrice de la marque, Julia Bouchéry. Louvini Paris est né en 2019 de sa passion pour les produits à la fois utiles et stylés, alliant les meilleurs matériaux, un design fonctionnel et des détails raffinés, avec la volonté de rendre la technologie «portable» : transformer les appareils en accessoires de mode pratiques, qui simplifient et embellissent notre quotidien. Les produits sont fabriqués en Europe, en grande partie à la main, en accord avec des valeurs d’excellence et de durabilité : du cuir italien souple utilisé pour les étuis de téléphone aux perles en bois exquises ornant les accessoires. 27 rue Boissy-d’Anglas, Paris VIIIe. louvini.com
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Les trésors d’Olwen Forest Jewels of Jazz and Joy
J
e suis née avec le jazz et la joie et suis fascinée par les créations excentriques. J’ai une grande attirance pour la période de l’Art déco où l’on voit émerger une nouvelle façon d’être, de paraître et de se parer. Légèreté et ouverture d’esprit inspirent les créateurs de bijoux. Coco Chanel a sorti plusieurs collections dans ce style dansant et joyeux avec de somptueux sautoirs et de larges manchettes articulées portées avec confort et souplesse. Ces magnifiques bijoux de jazz et de joie ont un style bien défini et chaque créateur a développé ses propres conceptions. Roger Jean-Pierre compte parmi les principaux créateurs français pour sa collaboration avec Elsa Schiaparelli et Yves Saint Laurent. La ville de Limoges, célèbre pour sa porcelaine, a produit des bracelets en pâte de verre sous le nom d’émaux de Limoges. J’aime mettre en lumière l’avant-gardiste Joseff of Hollywood qui, dans les années 1930 à 1950, tranchait avec le puritanisme de l’époque et osait le contourner. Il a produit 90 % des bijoux des stars d’Hollywood. L’actrice américaine Maureen O’Hara, d’origine irlandaise, porte une de ses fameuses manchettes dans un film en Technicolor de 1949 réalisé par Charles Lamont et produit par Universal Studios. Il y a du jazz dans le rythme de tous ces bijoux, ils sont faciles à aimer, leur glamour inédit fait rêver et excite l’imagination de plusieurs générations. «Long life to the jewels of jazz and joy !»
Broche de Roger Jean-Pierre circa 1960 et bracelet signé Schiaparelli circa 1950
Sautoir et boucles d’oreilles clips signées Chanel circa 1980 et Manchette signée Chanel circa 1990.
Broche Yves Saint Laurent circa 1970 et paire de clips de robe Art déco circa 1930
Maureen O’Hara porte une manchette de Joseff of Hollywood circa 1945
Frédéric Poletti
Bracelet émaux de Limoges circa 1960
Olwen Forest, Marché Serpette, 110 rue des Rosiers, à Saint-Ouen, allée3, stands 5, 6 et 7. 0140119638. www.olwenforest.com 57
Veste «Ranya» et pantalon «Janice», laine, Isabel Marant Sandales en cuir, Giuseppe Zanotti Ci-dessous. Mules «Intriigo Jewelry», Giuseppe Zanotti
Rouge désirs
Au cœur de la Normandie, le calme de la campagne contraste avec l’intensité du rouge. Le nouveau Mercedes-Benz CLA s’impose comme un objet de désir suprême : sophistiqué, magnétique, intemporel. Une rencontre entre élégance, caractère et modernité. Photographe
JEAN-PHILIPPE LEBÉE
Direction artistique
ANNE DELALANDRE
Styliste
VICTOIRE SEVENO
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Manteau, cuir façon crocodile, et escarpins, cuir verni et tulle noir, Elie Saab
Veste «Ranya», laine, Isabel Marant Collants rouges, Falke Chaussures, cuir, Giuseppe Zanotti
Haut, cuir «Kena» et jupe «Mica» façon poney imprimé biche, Loulou de Saison Mules «Intriigo Jewelry», Giuseppe Zanotti
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Robe et cuissardes, cuir, Tod’s
Combinaison noire «Freak», Carolina Ritzler Sandales en cuir, Giuseppe Zanotti
Sac cabas «Clash», cuir, Cartier Veste «Farza», cuir, Isabel Marant
Ci-contre, de haut en bas. Sac «Wander», cuir nappa matelassé, Miu Miu Sac «Faurever 23», toile «Écailles», cuir de veau, Fauré Le Page Manteau, cuir façon crocodile, Elie Saab Tee-shirt, gilet brodé bordures en fourrure et bermuda, denim, Fendi
Photographe Jean-Philippe Lebée Directrice artistique Anne Delalandre Styliste Victoire Seveno Mannequin Genna Kuhlmann @Silent Paris Casting V&Y Casting Maquilleuse Hind Sousan Coiffeuse Marta Vincenot Assistant photographe Gaël Margerie Assistante styliste Victoria Korkos Assistante mode Noémie Jalu Merci à Tristan Auer pour son chaleureux accueil. @tristanauer @tristanauer_cartailoring Le Manoir Vascœuil et La Bosselle de Vascœuil peuvent être loués sur Airbnb Mercedes-Benz CLA 250+ avec technologie EQ Limited Edition Consommation électrique : 13,2 kWh/100 km (cycle combiné WLTP) Autonomie électrique : 694-792 km (cycle combiné WLTP) Emissions de CO2 : 0 g/km (cycle mixte WLTP) Classe énergétique : A
Cher
I
whisky
DR
l y a le whisky accessible à tous et ceux qui sont réservés à quelques rares acheteurs capables de dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros. Des spiritueux à l’âge vénérable et au packaging raffiné à collectionner plutôt qu’à apprécier. Les chiffres peuvent donner le tournis. D’après Global Market Insights, la taille du marché mondial du whisky a atteint plus de 67 milliards d’euros en 2025, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2035. Cet engouement pour le spiritueux élaboré à base d’un moût de céréales ne se dément pas au fil des ans. Il faut dire que la diversité des profils organoleptiques et des origines a de quoi séduire néophytes et amateurs. Ainsi, les produits américains (whiskeys et bourbons) et canadiens, au profil doux et faciles à boire, se sont fait une large place dans l’univers de la mixologie, portés par de grands classiques tels que le old fashioned ou le manhattan. Le segment des whiskies irlandais, eux aussi réputés pour leur douceur, continue également à progresser en séduisant les consommateurs novices, peu habitués au feu de l’alcool. Mais la grande catégorie qui tire le marché reste les scotchs, ces whiskies venus d’Ecosse, et notamment les single malt, dont les Français sont si friands, puisque l’Hexagone est le premier marché pour ce spiritueux à base d’orge maltée issue d’une seule distillerie. En parallèle, longtemps considérés comme des outsiders, les whiskies français semblent avoir trouvé leur place sur un marché très concurrentiel où les Japonais font figure de niche avec une image très haut de gamme et artisanale de leurs produits, parfois usurpée. Pendant longtemps, l’essentiel des whiskies japonais que l’on pouvait trouver sur les rayons des cavistes n’avait de nippon que le nom, et les jus provenaient essentiellement du Canada, avant d’être embouteillés dans l’archipel et d’obtenir ainsi la mention «Japanese Whisky». Depuis le printemps 2024, une législation restrictive a mis en place des règles claires qui permettent désormais de certifier que les spiritueux sont bien élaborés et vieillis au Japon. Etonnamment, alors que les prix s’effondrent en grande distribution, la catégorie des whiskies très haut de gamme attire de plus en plus d’amateurs. Les grands groupes alcooliers parlent de premiumisation du marché, avec des flacons qui peuvent atteindre plusieurs centaines, voire des milliers d’euros pour les éditions au compte d’âge les plus importants. En début d’année, Aberlour a ainsi dévoilé une édition de 50 ans 68
d’âge, éditée à seulement 20 carafes pour le monde, dont deux dédiées à la France, et au prix coquet de 35 000 euros. De son côté, Glendronach, la distillerie des Highlands, dans le nord de l’Ecosse, a révélé un 56 ans, distillé en 1968 et élevé pendant plus de cinq décennies dans les meilleurs fûts de xérès, à l’abri des tumultes du monde dans les chais. Whisky le plus ancien et le plus prestigieux jamais présenté par la maison, il est réservé à une élite avec un prix de vente de 45 000 euros pour l’un des 200 flacons numérotés. Quant à Old Pulteney, ce sont deux éditions limitées qui sont dévoilées à l’occasion de son bicentenaire. Avec un 30 ans
et un 50 ans d’âge, la distillerie des Highlands rend hommage à 200 ans de tradition et de savoir-faire. Fruit de l’assemblage de quatre fûts d’exception sélectionnés par Sarah Burgess, maîtresse assembleuse de la maison, le Old Pulteney 50 ans constitue une pièce de collection unique avec son coffret en chêne écossais qui renferme une carafe en cristal soufflé à la bouche. Une rareté qui se mérite, puisqu’il faut débourser près de 30 000 euros pour espérer obtenir l’une des 200 bouteilles proposées à la vente pour le monde. A ces niveaux de prix, les acheteurs mettent-ils les carafes sur une étagère soigneusement protégée ou se régalent-ils de ces divins nectars ? En tout cas, le marché des ventes aux enchères des whiskies rares semble avoir retrouvé un peu de sérénité après un emballement incroyable post-Covid. Désormais, les collectionneurs recherchent les vraies raretés, à l’origine certifiée, et les éditions limitées, par définition rares. Ces connaisseurs avertis ont plus un profil d’investisseurs que de jouisseurs, capables de siroter ces spiritueux d’exception entre amis juste pour le plaisir, ou les décorateurs, qui se satisfont du plaisir de regarder les flacons sur étagère. Ces collectionneurs fortunés voient dans le monde du whisky une possibilité d’investissement au même titre que les voitures de course rétro ou les œuvres d’art et plus sûr que les cryptomonnaies à moyen terme. Pour les accompagner dans leurs investissements, il existe Désormais, les collec- même des sites spécialisés tels que l’index Knight Frank ou le Rare tionneurs Whisky 101, qui donne la cote des plus grandes raretés dont la recherchent rentabilité sur le long terme peut atteindre les 600 %... les vraies De quoi faire rêver.
raretés, à l’origine certifiée, et les éditions limitées 69
B É AT R I C E D E L A M OT T E
FAC E - À - FAC E AVEC UNE ŒUVRE
Phare des Casquets (1866),
Victor Hugo
G
raphomane forcené et icône adulée de la littérature française, l’opinion ne manque pas de superlatifs pour tresser les lauriers de Victor Hugo (1802-1885). Et comme toute célébration rapproche autant qu’elle éloigne, l’écrivain-poète, victime de son succès, reste un peu seul sur son trône, car, à force de le louer, on se contente de l’admirer en répétant les mêmes clichés, qui l’encombrent. Bref, sa gloire universelle finirait presque par remplacer la lecture de ses textes. Que n’a-t-il subi ! Saucissonné dans le corset du romantisme, le voilà taxidermisé sous la double figure de l’étrange et de la mélancolie. Heureusement, l’homme a plus d’un tour dans son sac, et, qui plus est, il manie autant le pinceau que la plume. L’aborder d’ailleurs sous cet angle invite à dégager l’horizon surchargé par les préjugés toxiques et les idéologies déprimées. Voici la fonction que l’on souhaite faire jouer au dessin ici reproduit. Or, ce phare échappe-t-il vraiment aux poncifs que l’on prétend écarter ? Cette débauche d’encre noire ne rejoint-elle pas les stéréotypes coutumiers aux auteurs des romans gothiques de l’époque abîmés dans le dédale des vertiges funèbres ? A première vue, oui. Objection accordée. Mais, à y regarder de plus près, suffit-il d’emprunter le registre de l’assombri pour regagner l’écurie romantique ? Certes, l’auteur utilise cette tonalité, mais, question subsidiaire : à quel usage ? Peut-on réduire le Phare des Casquets à la seule opposition de la noirceur de sa base et de la blancheur vacillante de son sommet ? Au lieu de s’en tenir à l’antagonisme des couleurs, ne faudrait-il pas changer de perspective en précisant que la lueur blanchâtre du fanal prend sa source dans les ténèbres ? D’où cet escalier tortueux vaguement visible dont on distingue à peine la progression et qui s’ancre dans les profondeurs enténébrées de la mer. Indécise en effet, la lumière tombet-elle sur les marches ou pointe-t-elle vers le ciel ? Pour répondre, ne faut-il pas prêter attention à la qualité de la brume qui enveloppe la machinerie de l’éclairage et qui se vaporise aux alentours ? Telle une fumée qui sourd de l’obscurité marine et qui s’y alimente. Ce sont deux forces qui se nourrissent de l’infini des nuages et des gouffres. A l’image du dessin, le cycle du diurne et du nocturne alimente son écriture, et le Phare des Casquets représente le livre de la mer ouvert sur l’océan qui ressasse indéfiniment la boucle imperturbable des accalmies et des tempêtes. Mais, plus encore, cet édifice brumeux maçonné par le lavis s’enracine dans l’univers hugolien. Il est à la fois au large de Guernesey, le lieu de son exil, et figure sur la carte de ses romans, de L’Homme qui rit aux Travailleurs de la mer. Son architecture à l’égal de ses ouvrages n’a rien d’une balise tranquille dominant les flots, elle apparaît ici plus tremblante que réelle, rongée par l’imaginaire. Aussi mouvante que les vagues qui entourent son assise et qui ressemblent à des pages.
Cette tour instable indique le double aléa de l’écueil et du salut, l’espoir de contourner le danger ou le malheur d’y périr, comme semble l’indiquer la forte gîte du bâtiment qui passe à droite au pied de la colonne fuligineuse. Et c’est ainsi que le dessin et l’écrit s’interpénètrent et pensent de la plume au pinceau. BERTRAND RAISON
MAISON DE VICTOR HUGO. «Hugo et l’architecture. De la pierre à la plume». 6 place des Vosges, Paris IVe. Jusqu’au 22 novembre 2026. Victor Hugo, «Phare des Casquets», 1866 © Maisons de Victor Hugo Paris-Guernesey Paris Musées.
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LAVAZZA France, Immeuble ARDEKO, 58 Avenue Emile Zola, 92100 BOULOGNE-BILLANCOURT - Tél. 01.55.85.92.00 - S.A.S. au capital de 21 445 312,50 € - R.C.S Nanterre B 324 896 398.
UNE HISTOIRE D’ATTENTION, D’HOMMES ET DE SAVEURS DANS CHAQUE TASSE
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