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Hepianews n°19

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LA NEWSLETTER DE LA HAUTE ÉCOLE DU PAYSAGE D’INGÉNIERIE ET D’ARCHITECTURE DE GENÈVE

© Eric Dürr

MARS 2018

À LA UNE

La science pour tous

© Eric Dürr

LES AVANCÉES DE LA SCIENCE… POUR TOUS !

Colonie de chamois au Salève

Partager sa passion, la rendre accessible au plus grand nombre, c’est l’objet des livrets édités par la filière Gestion de la nature, en partenariat avec des structures de gestion du patrimoine naturel. En écho au « Grand Livre du Salève », « le Petit Livre du Salève » est paru 30 ans plus tard lors des 10 ans de la Maison du Salève, musée et centre d’éducation à l’environnement situé sur le flanc de cette montagne. Issu d’un partenariat entre le Syndicat Mixte du Salève, gestionnaire de la Maison, le Conseil Départemental 74, financeur, et HEPIA, ce modeste ouvrage relève ô combien que la collaboration et l’implication des étudiants sur d’authentiques projets peuvent être stimulantes et fécondes. Initiés par les étudiants dans le cadre d’un cours assuré par Daniel Béguin, enseignant à HEPIA, les textes ont été finalisés et complétés par de fins connaisseurs des lieux, qui nous

livrent quelques-unes de ses arcanes. Ils recèlent dans des tournures à la fois lyriques et méthodiques, tout ce qu’il faut savoir sur cette montagne. Accessibles à tous, ils invitent à la découverte d’un patrimoine de proximité, souvent côtoyé et méconnu. L’iconographie photographique est habilement mise en valeur par L. Willeneger, dont le pinceau et le trait animent les représentations animales. Chacun pourra observer, s’enquérir, s’égarer au gré des pages ! Et si vous appréciez, alors prenez (ou reprenez) le chemin des crêtes ! Patrice Prunier

Professeur HES Responsable de la filière Gestion de la nature

Destiné à présenter les avancées en sciences naturelles relatives au Salève, un colloque s’est tenu le 18 novembre 2017 dans le cadre authentique de la Chartreuse de Pomier. Les vingt et une communications, assurées par des géologues, historiens, biologistes et écologues ont attiré près de 300 personnes. Film et table-ronde en soirée ont permis d’échanger sur l’un des actuels enjeux de la conservation de la Nature : concilier fréquentation et préservation sur un ilot montagneux emblématique entouré de près d’un million d’habitants; une problématique nécessairement transfrontalière. Le partenariat avec le Syndicat Mixte du Salève (organisateur), la société de Physique et d’Histoire Naturelle, le Museum d’Histoire Naturelle et le Musée d’Histoire et des Sciences de Genève, La Salèvienne et le Conseil Départemental de la Haute-Savoie (sponsor), s’est révélé décisif pour la réussite de cette manifestation. Fidèle à sa vocation d’aiguillon dans la gestion et valorisation des milieux naturels, la filière Gestion de la nature en a assuré la coordination scientifique.


À VOUS LA PAROLE

© WindShape / Flavio Noca

Une invention suisse : une soufflerie pour drones

Test d’un vol de drone dans la soufflerie à Caltech

La Suisse, berceau de la mécanique des fluides, avec ses Bernoulli et ses Euler, un lieu presque obligatoire pour y écrire une nouvelle page d’histoire en aérodynamique. Caltech*, temple de la science et de la technologie. L’année 2017, un bon millésime pour cette institution : deux prix Nobel pour la découverte des ondes gravitationnelles d’Einstein, 40 ans dans l’espace pour la sonde Voyager 1. Son président, dans son message de fin d’année, préfère cependant célébrer l’avenir. Une invention suisse a en effet vu le jour dans ses murs : WindShaper 1, une soufflerie pour drones destinée à révolutionner l’espace aérien du XXIe siècle, de la même manière que la soufflerie de Caltech des années 1920 a permis aux DC-3 de conquérir les cieux. « It is in many ways the wind tunnel of the 2020s ». Tout a commencé en 2015. Je suis à la recherche d’un poste d’assistant. Je contacte Flavio Noca, professeur d’aérodynamique à HEPIA, ancien ingénieur à la NASA. Il me propose de développer un prototype de soufflerie pour drones, concept qu’il a imaginé sur une plage en Sardaigne, en observant les mouettes. Car les drones sont plus comme des oiseaux que des avions : ils sont facilement secoués par des turbulences et volent de façon erratique. Les souffleries traditionnelles sont pour le vol paisible des grands aéronefs. Pour des drones, il faut des rafales, du cisaillement. L’idée est d’utiliser des milliers de petits ventilateurs, des pixels de vents,

pouvant être activés indépendamment les uns des autres, comme sur un écran TV. En quelques semaines, je produis un premier prototype fonctionnel. Entretemps, Flavio rencontre son ancien chef de thèse, le Prof.

Mory Gharib, qui cherche des idées pour son nouveau Center for Autonomous Sytems & Technologies à Caltech. La soufflerie devient instantanément la pièce maîtresse du centre. Flavio et moi ruminons l’idée d’une entreprise. Nous discutons de nos ambitions dans la vie. Ce n’est pas l’argent. C’est de vivre de belles aventures. J’imagine le nom de l’entreprise : WindShape, les façonneurs de vent. Mi-2016, l’équipe se complète d’ingénieurs HES : Luca BardazziI, Sergio Marquez, et Albéric Gros, un nid de savoir-faire. La suite, nous la connaissons. La technologie a séduit depuis tous les fabricants de drones mais également les législateurs : la soufflerie servira désormais à certifier ces objets volants avant de les faire devenir nos compagnons au quotidien. Guillaume Catry

Co-fondateur et directeur de WindShape *California Institute of Technology

Un projet nautique primé ! Etudiant à HEPIA en 3e année de Bachelor Microtechniques, mon activité dans le milieu du sauvetage sur le Léman m’a sensibilisé à la sécurité des plaisanciers et des professionnels du lac. Un des risques quand on navigue sur un lac ou en pleine mer avec un bateau moteur est de faire un faux mouvement ou de mal prendre une vague et d’être éjecté de l’embarcation. Actuellement les bateaux sont équipés d’un coupe-circuit qui permet de couper le moteur en cas d’éjection du pilote. Cet élément de sécurité relie physiquement le pilote au moteur à l’aide d’un cordon. Cependant ce dispositif est gênant dans les manœuvres et n’est donc pas systématiquement porté par le pilote. Dans ce cas, si ce dernier est éjecté, les moteurs ne sont pas coupés et le bateau continue sa course sans aucun contrôle. Le navire représente donc un danger à la fois pour les personnes (pilote compris), mais aussi pour les matériels environnants.

Il existe aujourd’hui, sur le marché, des coupecircuits sans fil, mais ceux-ci fonctionnent sur batteries et sont contraignants à l’installation et dans leur fonctionnement. Il faut également souligner le prix élevé de ces systèmes (CHF 300.- environ) qui freine aussi leur achat. Dans le cadre de mon projet de Bachelor, sous la supervision de Delphine Bechevet, professeure HES à HEPIA, je développe un nouveau système composé de deux éléments : un module et un badge. Le module est très facilement installable sur n’importe quel type d’embarcation. Le badge n’est pas alimenté par une batterie. Il est donc pratique et écocompatible. Ce système couvre le pilote durant toute la navigation et coupe le moteur en cas d’éjection. L’avantage est que le pilote n’a pas à penser à enclancher le système de sécurité, tout s’active automatiquement dès qu’il monte à bord. Ce dispositif est dimensionné afin de convenir à une utilisation professionnelle et donc quotidienne.


© FER Genève

Thomas Blanc reçoit le Prix de la meilleure idée

Lors de l’édition genevoise de la Semaine de l’entrepreneuriat, ce projet a été présenté au Concours de la meilleure idée. Le concours est ouvert aux étudiants de l’UNIGE, de l’IHEID et la HES-SO Genève. Le jury était composé de membres des organisations suivantes : Université de Genève, Genilem, Fondation

d’Aide aux Entreprises (FAE), Fondetec, Chambre ESS, le CICR, CTI, Nations Unies, Procter & Gamble, et Softweb. J’ai eu la joie de voir le coupe-circuit sans fil remporter le Prix de la meilleure idée. La remise des prix s’est déroulée dans les locaux de la FER. Le premier prix qui m’a été

remis par M. Antonio Gambardella (Directeur de la Fongit) comprend 3 mois d’accès à l’espace de co-working « Geneus » ainsi qu’un coaching sur l’entrepreneuriat. Ces formations et l’accès à un pré-incubateur de start-up, permettront au projet d’être perfectionné sur le plan économique. Le projet est en cours de développement dans les laboratoires de l’école. Les premiers tests ont eu lieu sur le Léman en janvier et se poursuivront jusqu’à l’été. Ceux-ci se déroulent au plus près des utilisateurs finaux du dispositif à savoir les métiers présents tous les jours sur le lac (pêcheurs, gardes-ports, sauveteurs...). Cette proximité permet d’adapter continuellement ce nouveau système aux besoins des professionnels. Ce projet a pour ambition de s’inscrire dans la dynamique de la marine de demain : l’utilisation de systèmes intelligents, écologiques pour une navigation plus sûre. Thomas Blanc

Etudiant 3e année Filière Microtechniques

EURÊKA

Prix BioAlps 2017 : la récompense d’une carrière

M. Stoppini recevant le Prix BioAlps 2017

Il n’est jamais facile de parler de soi, mais lorsqu’un prix vient récompenser une carrière au service des neurosciences et plus particulièrement du diagnostic, cela devient un peu plus aisé. Quoique… Professeur de bio-ingénierie à HEPIA depuis 2008, j’y ai mené des activités de recherche dans le domaine de l’ingénierie tissulaire et des interfaces bio-électroniques, en particulier autour du tissu cellulaire nerveux. Autrement dit, et en résumé, comment développer des cellules ayant les caractéristiques de cellules nerveuses humaines primaires, tout

en générant et maintenant le tissu cellulaire en 3D grâce à une nouvelle approche de culture à interface air/liquide. Cela permet, à des cellules in vitro, de conserver les propriétés des cellules in vivo. L’objectif visé est d’atteindre un diagnostic toujours plus personnalisé. En 2014, mon laboratoire a eu l’extraordinaire opportunité de déménager au Campus Biotech et de s’insérer parmi d’autres groupes de recherche provenant par exemple de l’Université de Genève et de l’EPFL. Nous collaborons activement avec eux dans le cadre de la plateforme « medical devices » du Campus Biotech. Nos recherches ont permis la constitution d’une collection de différents types de cellules, en particulier de cellules nerveuses dérivées de cellules pluripotentes. Celles-ci ont la propriété de se différencier en n’importe quel type de cellules de l’organisme humain. Nous parvenons ainsi à générer des « mini-cerveaux » qui servent de modèles pour tester de nouveaux médicaments pour le cerveau. En collaboration avec des partenaires tels que le Centre Suisse de Toxicité et le Centre Wyss de Genève, nous évaluons la toxicité de molécules chimiques et de nanoparticules, présentes dans l’environnement,

dans notre alimentation ou dans de nouveaux matériaux, ainsi que la biocompatibilité de nouvelles générations de neuroprothèses (prothèses neurologiques contrôlées indirectement par le cerveau). Grâce à mes travaux, j’ai eu la chance de tisser tout un réseau de contacts et de collaborations scientifiques et techniques non seulement avec des ingénieurs et des groupes de recherche, mais également avec des institutions publiques, comme le CHUV et les HUG, et des entreprises privées. J’ai participé ainsi, même si c’est dans une modeste mesure, à l’émergence de la « Health Valley » lémanique. C’est cette implication que le Comité de la Fondation BioAlps a voulu récompenser en me décernant son prix académique 2017. J’en suis très honoré et très touché. Je partage bien entendu ce prix avec l’ensemble des membres de mon équipe, mais aussi avec HEPIA dont le soutien n’a jamais fait défaut et qui est un fantastique condensé de compétences ! Un grand merci ! Luc Stoppini

Professeur HES


FLASH SUR :

© HEPIA

© HEPIA / Christophe Catusse

Yakaton18 – la semaine ludique et créative pour les jeunes

Atelier et animation à HEPIA

Yakaton18 est une initiative du domaine Ingénierie et Architecture de la HES-SO en collaboration avec cinq hautes écoles de Romandie, dont HEPIA pour Genève. La manifestation est destinée à promouvoir les métiers des sciences et de la technique auprès des jeunes, en éveillant leur intérêt sur la base de défis expérimentaux. C’est également assurer une visibilité médiatique des hautes écoles de la HES-SO auprès d’un jeune public en le sensibilisant aux formations qu’elles offrent. Yakaton18 s’adresse aux filles et garçons de 12 à 15 ans et se déroulera du lundi 2 au vendredi 6 juillet 2018. Pour Genève, 32 participants sont visés et proviendront des cycles d’orientation. Ils seront intégrés au programme qui comprend des

expériences « ouvertes », y compris sur des questions de société, dans le cadre d’une thématique générale « Equilibres / Déséquilibres ». Les défis seront proposés par des étudiants d’HEPIA. Du lundi au jeudi, les jeunes les prépareront par groupes de quatre en y apportant leurs idées, en faisant preuve d’imagination et de créativité et surtout en s’amusant ! Pour cela, ils seront aidés et encadrés par les étudiants sous la supervision d’un professeur. Après les 4 jours de travail au sein de chacune des hautes écoles, tous les groupes présenteront leurs réalisations le vendredi au Gymnase de Renens/VD, avec des prix à la clé. C’est une fantastique opportunité pour ces jeunes de découvrir les différentes facettes de nos filières, qui seront pour cette année Génie

mécanique, Microtechniques et Génie civil, de collaborer en équipes pluridisciplinaires et de relever des défis que nous souhaitons passionnants. La semaine d’activités et les résultats seront diffusés de manière régulière sur les réseaux sociaux spécifiques à HEPIA et à ceux de la HES-SO. Nous espérons ainsi que les élèves des cycles genevois suivront leurs camarades, et que le buzz permettra d’atteindre leurs amis et leurs familles afin de leur faire découvrir toute la richesse de l’ingénierie !

CONFÉRENCE

À VOIR

ÉVÉNEMENT

La transition numérique ne bouleverse pas seulement l’industrie 4.0, mais également le domaine de la construction et ses acteurs. Face à de nouvelles technologies telles que le BIM, la conférence BIM change management entend contribuer à une meilleure compréhension des impacts majeurs qu’elles introduisent. Organisée par HEPIA, en collaboration avec le DALE et de nombreux autres partenaires, elle aura lieu à la FER le 19 avril 2018.

HEPIA accueille du 7 au 25 mai 2018 l’exposition Prix d’architecture béton 17. Celle-ci présente les 11 projets retenus par le concours qui a lieu tous les quatre ans et qui cherche à stimuler la créativité ainsi que les constructions exemplaires dans l’utilisation du béton. L’exposition met ainsi en lumière la multiplicité des possibilités offertes par ce matériau. A découvrir !

ISPDC 2018 : le 17ème Symposium International Symposium on Parallel and Distributed Computing aura lieu à Genève du 25 au 28 juin 2018. HEPIA est impliquée dans l’organisation de cet événement qui proposera un programme dense sur les dernières avancées dans ce domaine. Pour plus d’information : http://lsds.hesge.ch/ISPDC2018/

Yves Leuzinger

Directeur HEPIA

Pour des raisons éditoriales, l’usage du masculin pour toute désignation de personne, de statut ou de fonction vise indifféremment un homme ou une femme. Rue de la Prairie 4 CH-1202 Genève

Tél. +41 (0)22 546 24 00 Fax +41 (0)22 546 24 10

hepia@hesge.ch www.hesge.ch/hepia


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