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Le verdict est tombé : nous ne céderons pas

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DANS CE NUMÉRO…

PLACE À LA COMMUNAUTÉ

Cette sympathisante a participé à la toute première manifestation de Greenpeace 3

JUSTICE CLIMATIQUE

Une mobilisation mondiale contre les milliardaires et les entreprises malveillantes 4-5

PROTECTION DE LA NATURE

Mise à jour sur notre campagne contre l’exploitation minière en eaux profondes 6-7

Toujours pas de consensus sur un traité mondial sur les plastiques... pour l’instant 8

L’extraction aurifère illégale en Amazonie et le devoir du Canada d’intervenir 9

MOBILISATION

Notre chargé de campagne Louis Couillard parle de l’importance de notre mouvement 10

COIN DES SYMPATHISANT·ES

Les photos gagnantes de notre concours de 2024 et d’inspiration 11

LE SAVIEZ-VOUS?

Le Rainbow Warrior a été acquis par Greenpeace en 1977 et est devenu le navire amiral de sa flotte. Au cours de ses huit années de service au sein de notre organisation, il a pris part à de nombreuses campagnes de sensibilisation à divers enjeux, de la chasse à la baleine aux essais nucléaires.

ON NE PEUT PAS COULER

UN ARC-EN-CIEL

Il y a 40 ans, le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, navire emblématique de Greenpeace, est victime d’un attentat et coule au large de la Nouvelle-Zélande, emportant avec lui Fernando Pereira, membre de l’équipage et photographe. Nous l’apprendrons plus tard : cet attentat a été perpétré par les services secrets français. Le Rainbow Warrior et l’équipage se préparaient à protester contre les essais nucléaires menés par la France dans le Pacifique Sud, et cette attaque était une tentative violente de nous faire taire.

C’était un coup dur. Mais au lieu de détruire notre mouvement, l’attaque a suscité une vague d’indignation et un élan mondial de soutien envers Greenpeace, et s’est soldée par une victoire importante : l’arrêt définitif des essais nucléaires dans le Pacifique. Le Rainbow Warrior est devenu un puissant symbole de résistance pacifique et d’activisme environnemental. Il n’est donc pas surprenant que cet épisode marquant soit particulièrement présent dans nos mémoires en ce moment, alors que notre organisation fait face à de nouvelles attaques d’envergure.

Il n’est donc pas surprenant que cet épisode marquant soit particulièrement présent dans nos mémoires en ce moment, alors que notre organisation fait face à de nouvelles attaques d’envergure.

En mars dernier, un jury du Dakota du Nord a condamné Greenpeace International et les entités de Greenpeace qui opèrent aux États-Unis à verser plus de 660 millions de dollars américains en dommages et intérêts à l’entreprise pétrolière Energy Transfer. Pour mettre les choses en perspective : cette somme dépasse le budget total de Greenpeace Canada au cours de ses 54 années d’existence, mais ne représente que 4% des profits d’Energy Transfer en 2024

Ce procès fait suite à la résistance autochtone toujours en cours à Standing Rock contre le Dakota Access Pipeline. C’est une tentative flagrante de discréditer les activistes autochtones tout en accablant des organisations comme la nôtre sous des frais juridiques exorbitants afin de réduire au silence toute critique.

Cependant, notre histoire nous a enseigné une leçon importante : on ne peut pas couler un arc-en-ciel.

Comme par le passé, des personnes du monde entier ont répondu à notre appel en faisant preuve de solidarité, de générosité et de courage. Vos dons et vos messages de soutien nous ont donné un second souffle dans ce combat de longue haleine. C’est grâce à vous, nos sympathisant·es, que nous persévérons. Et votre soutien est plus qu’utile; il constitue notre plus grand atout.

Pourquoi Greenpeace se fait-elle attaquer de la sorte? Nous défendons la paix et la protection de notre planète et de la vie qu’elle abrite. Cela fait de nous une menace pour les entreprises polluantes et cupides du monde entier.

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Le Réseau vert est un magazine semestriel imprimé avec de l’encre végétale sur du papier composé à 100% de fibres postconsommation. Greenpeace est une organisation internationale qui a pour mission d’inciter à agir pour la protection de l’environnement et la promotion de la paix. Greenpeace œuvre en totale indépendance et à l’écart de toute forme de

Dans cette édition de Réseau vert, vous découvrirez comment cette force et cette détermination continuent de se manifester dans nos campagnes en faveur du vivant. C’est vous qui rendez ce travail possible en acceptant de vous engager à nos côtés, et je vous remercie du soutien que vous nous apportez.

Les grandes entreprises disposent certes de ressources financières considérables, nous sommes inarrêtables lorsque nous nous mobilisons ensemble.

Dans un esprit de solidarité et de gratitude,

Christy Ferguson

Directrice générale, Greenpeace Canada

pression politique ou corporative, puisqu’elle ne reçoit aucun financement de quelque gouvernement, entreprise ou parti politique que ce soit. Nous comptons sur le soutien exclusif d’individus comme vous pour faire campagne à travers le monde. Pour en savoir davantage sur Greenpeace, rendez-vous sur greenpeace.ca/fr ou téléphonez au 1 800 320-7183

En couverture : Des activistes de Greenpeace Canada ont projeté des messages puissants sur les chutes du Niagara en avril 2025. Cette action de solidarité a été menée pour attirer l’attention sur le litige opposant Greenpeace États-Unis et Greenpeace International au géant pétrolier Energy Transfer. © Greenpeace. 33, rue Cecil, Toronto (Ontario) M5T 1N1 454, avenue Laurier Est, Montréal (Québec) H2J 1E7

LA PREMIÈRE MANIFESTATION DE GREENPEACE ÉTAIT AUSSI LA MIENNE

Kim Coltman, sympathisante de longue date, nous a récemment parlé de la première fois qu’elle a agi avec Greenpeace, soit lors de notre toute première manifestation à Vancouver, en 1971. Son histoire est tellement inspirante que nous lui avons demandé la permission de la partager avec vous :

« Le rassemblement auquel j’ai participé s’est tenu à Vancouver, devant la gare Pacific Central située au coin de la rue Main et de l’avenue Terminal. J’ai dû obtenir une autorisation spéciale de ma mère pour y aller, car je n’avais que 11 ans. Au départ, elle ne voulait pas. Mais lorsqu’elle a vu à quel point l’arrêt des essais nucléaires sur l’île d’Amchitka –qui fait partie d’un archipel au large de l’Alaska – me tenait à cœur, elle a signé une feuille de permission pour que je puisse manquer mes cours afin d’aller à la manifestation. J’ai demandé à mon frère de 14 ans, qui avait des talents d’artiste, de m’aider à faire une pancarte. Nous avons dessiné

un doigt d’honneur et écrit le mot “Nixon” au-dessus. Il s’agissait d’une référence au président américain de l’époque, qui avait approuvé les essais nucléaires auxquels Greenpeace s’opposait.

Nous habitions dans la rue Hastings, donc nous n’étions pas très loin de l’endroit où se tenait le rassemblement. Craignant de le manquer, je me suis mis à courir. À mon arrivée, il y avait une foule de gens. Je n’avais jamais vu autant de personnes réunies au même endroit pour soutenir une même cause.

J’ai fièrement brandi ma pancarte au-dessus de ma tête et j’ai commencé à marcher. Je suis restée aux abords de la foule, car je pensais que personne ne pourrait voir mon affiche autrement. J’en étais très fière! Je ne me souviens pas des slogans que les gens scandaient, mais j’ai joint ma voix à la leur… jusqu’à ce qu’un policier à moto s’approche de moi et me demande ma pancarte, que je lui ai remise à contrecœur.

À mon grand étonnement, il a levé ma pancarte au-dessus de sa tête et a conduit sa moto à travers la foule en la brandissant. Je l’ai perdu de vue et j’ai cru que mon affiche avait disparu à jamais, mais je me trompais! Environ une demiheure plus tard, il est revenu avec et me l’a rendue. Il m’a remercié de la lui avoir prêtée. C’était la première fois que j’avais une interaction positive avec la police, et la plupart des jeunes du quartier de Downtown Eastside vous auraient dit la même chose.

« Je n’oublierai jamais cette manifestation. C’était ma toute première, mais loin d’être la dernière. »

Si vous avez un souvenir mémorable concernant Greenpeace que vous aimeriez partager avec notre communauté, contactez notre service aux sympathisant·es à adherents. ca@greenpeace.org. Notre équipe eszt toujours heureuse d’avoir de vos nouvelles!

© Kim Coltman
© Robert Keziere / Greenpeace.
Des adhérent·es de Greenpeace attendent le retour du navire Phyllis Cormack dans le port de Vancouver après la première manifestation contre les essais nucléaires à Amchitiak, une île au large des côtes de l’Alaska, en 1971.

En juin, des activistes de Greenpeace originaires de République tchèque, de Slovénie, de Slovaquie, d’Autriche et de Pologne ont escaladé le toit du bâtiment abritant le showroom Tesla à Prague. Ils ont déroulé une banderole intitulée « Le monde n’est pas votre jouet. #TimeToResist ». Sur la façade du bâtiment, ils ont également placé une caricature de trois mètres de haut du milliardaire Elon Musk et du président américain Donald Trump.

À TRAVERS LE MONDE, GREENPEACE PROCLAME : L’HEURE EST À LA RÉSISTANCE!

Un mouvement se répand aux quatre coins de la planète. Une étincelle de résistance, de courage et d’unité jaillit au sein des villes et populations du monde entier.

Des plages écossaises balayées par les vents, aux métropoles comme Toronto ou Mexico, en passant par les côtes rocheuses de San Francisco et au-delà, le réseau de Greenpeace déclare que « l’heure est à la résistance ».

Il ne s’agit pas seulement d’un slogan, mais d’une campagne qui vise à susciter une vague mondiale de résistance contre la cupidité des milliardaires, les tactiques d’intimidation juridique et les atteintes à notre droit de manifester et de prendre position pour la planète et les autres.

Aux quatre coins du monde, les multinationales utilisent leurs immenses fortunes pour faire taire les critiques. Elles financent les campagnes politiques de celles et ceux qui défendront leurs intérêts. Elles font pression sur les gouvernements

pour affaiblir les lois qui protègent le public et les écosystèmes. Elles vont même jusqu’à dominer les médias pour influencer l’opinion publique. Mais peut-être plus dangereux encore est le fait qu’elles manipulent également le système juridique pour étouffer toute contestation.

L’un des instruments juridiques prisés de l’élite corporative est la procédure-bâillon, dont le but est d’ensevelir les activistes et les organisations sous la pression financière. Les poursuites judiciaires abusives ordonnées par la compagnie pétrolière américaine Energy Transfer contre Greenpeace International sont l’exemple le plus criant de l’utilisation des procédures-bâillons. Dans cette affaire, un jury du Dakota du Nord a condamné Greenpeace International et Greenpeace aux États-Unis à payer plus de 660 millions de dollars US de dommages et intérêts à Energy Transfer. Ces poursuites judiciaires ont pour objectif non seulement de ruiner

Volume 27 No 2 greenpeace.ca/fr

© Barbora Sommers / Greenpeace

financièrement les entités de Greenpeace, mais aussi de les intimider, de les épuiser et de les réduire au silence. Elles visent aussi à effrayer d’autres organisations environnementales qui oseraient émettre des contestations.

Nous ne ferons pas marche arrière. En fait, notre mouvement se renforce de jour en jour.

Cette affaire a fait l’objet de plus de 2000 couvertures médiatiques dans plus de 20 langues. Nous avons également reçu un immense témoignage de soutien de la part des alliées et alliées de Greenpeace à travers le monde. Plus d’un millier de sympathisantes et sympathisants de Greenpeace Canada ont fait un don à la suite au verdict. De plus, des dizaines de milliers de personnes supplémentaires dans le monde ont donné des millions de dollars pour soutenir notre cause.

Et c’est exactement ce qui terrifie nos adversaires, comme Energy Transfer.

Alors que les compagnies pétrolières ont des milliards de dollars à la banque, nous avons des millions de personnes à nos côtés qui croient en un avenir meilleur. Elles savent que nous ne devons pas laisser les profiteurs et les pollueurs intimider celles et ceux qui osent dire la vérité et protéger la planète.Et c’est grâce à ce soutien que nous pouvons tenir tête à des multinationales malveillantes telles qu’Energy Transfer. Nous pouvons exposer la manière dont les compagnies pétrolières alimentent la crise climatique et font taire toute contestation. Nous pouvons donner de la force aux communautés qui, partout dans le monde, s’opposent à la mainmise des grandes entreprises sur notre planète.

Il est également important de noter que Greenpeace International et Greenpeace États-Unis estiment avoir de solides arguments pour faire appel, en raison des nombreuses erreurs commises lors du procès par Energy Transfer. Ils prévoient d’affronter à nouveau la multinationale devant les tribunaux prochainement

Le réseau mondial de Greenpeace est conçu pour résister à ce type de pression. Quelles que soient les tactiques d’intimidation employées par des entreprises comme Energy Transfer, elles ne réussiront pas à nous réduire au silence ni à nous empêcher de protéger le public et la planète.

Nous choisissons de résister et nous ne reculerons pas.

Merci de faire partie de ces incroyables soutiens qui refusent de laisser les entreprises usant de l’intimidation nous réduire au silence. Face à la destruction de la planète, à la violation des droits et de la souveraineté des peuples autochtones, et à la menace qui pèse sur le droit de manifester, votre soutien est essentiel.

L’affaire Energy Transfer est loin d’être terminée. En attendant, nous continuerons à nous exprimer et à agir à chaque fois que cela est nécessaire.

Pour en savoir plus sur la campagne « Time to Resist » et sur la manière d’y participer, consultez la page : act.greenpeace.ca/ fr-ca/luttons-influence-milliardaires

Greenpeace
Greenpeace Royaume-Uni a célébré la Journée de la terre en projetant un message clair sur le Tower Bridge, à Londres : l’heure est à la résistance!
Des activistes de Greenpeace au Svalbard, en Norvège, manifestent devant le Launchpad, un yacht de luxe appartenant à Mark Zuckerberg, dans le cadre de notre campagne mondiale contre l’influence des milliardaires.

En amont de la 30e session de l’Autorité internationale des fonds marins, des activistes de Greenpeace Canada, des bénévoles et des artistes ont manifesté devant le siège de The Metals Company à Vancouver, exhortant le Canada à s’opposer aux activités minières en eaux profondes soutenues par Trump et à protéger les océans.

CODE ROUGE POUR LES FONDS

MARINS : QUI GAGNERA LA COURSE AUX OCÉANS?

Cet été, le sort des océans du monde entier était en suspens. Celui-ci a donné lieu à un bras de fer acharné entre les parties qui cherchent à exploiter les océans et celles qui cherchent à les protéger. Des salles de conférence des Nations Unies aux fresques dans les rues de Vancouver, la course aux océans a pris une dimension mondiale.

En juin, la Conférence des Nations Unies sur les océans s’est tenue dans l’espoir d’obtenir la ratification d’un traité mondial sur les océans et de mener un plaidoyer urgent en faveur de la conservation des océans. Lors de sa campagne électorale, le premier ministre Carney s’était engagé à ratifier le traité dès que possible, mais il n’a pas su tenir cet engagement dans les délais impartis par l’ONU.

Quelques semaines plus tard, en juillet, les gouvernements se sont réunis à l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) pour débattre d’une question urgente : l’exploitation minière en eaux profondes doit-elle être autorisée, malgré les mises en garde des scientifiques, des leaders autochtones et des défenseur·ses de l’environnement?

L’une des voix les plus fortes en faveur de l’exploitation minière est celle de la minière canadienne The Metals Company (TMC), dirigée par Gerard Barron. Le souhait de ce PDG? Permettre

à d’énormes robots de ratisser le plancher océanique à la recherche de minerais, sans aucun égard pour le coût environnemental et l’impact sur les populations côtières. Barron a même collaboré avec le président américain Donald Trump pour tenter de contourner le droit international dans la poursuite de ses ambitions minières.

Mais en juillet, l’AIFM a été catégorique : faites fi des règles, et vous en subirez les conséquences.

Une menace sous les vagues

Imaginez d’énormes machines qui, en labourant les fonds marins pour en extraire des minéraux, détruisent des écosystèmes fragiles qui n’ont jamais été perturbés depuis des millions d’années… Ceci n’est pas de la science-fiction, mais bien le modèle d’affaires de TMC. Cette dernière est prête à hypothéquer l’un des derniers écosystèmes intacts de la planète, uniquement pour le profit. Mais ce n’est pas en exploitant les grands fonds marins que nous pourrons opérer la transition vers les énergies renouvelables. Il faut plutôt limiter l’extraction des minéraux, promouvoir la réutilisation et la régénération des matières existantes et exiger que justice soit faite pour les populations touchées.

Par Salomé Sané, chargée de la campagne Nature
© Ollie Richards / Greenpeace

Les grands fonds marins représentent 90% des eaux qui recouvrent la planète. Elles jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat de la planète en agissant comme le plus grand puits de carbone au monde. Elles abritent également une multitude d’espèces incroyables que nous commençons à peine à découvrir. Les scientifiques rappellent que l’exploitation de ce milieu fragile et méconnu pourrait causer des dommages irréversibles. L’exploitation minière en eaux profondes entraînerait une perte d’habitat et pourrait avoir de graves répercussions sur les baleines et d’autres mammifères marins.

Les nations insulaires du Pacifique, les communautés côtières et les peuples autochtones, dont les cultures, les économies et les systèmes alimentaires dépendent d’océans en bonne santé, feront face à de graves répercussions si l’exploitation minière en eaux profondes est autorisée. C’est pourquoi de nombreuses voix s’élèvent pour s’opposer à cette industrie émergente.

L’art comme moyen de résistance

Au début de juillet, Greenpeace Canada a collaboré avec des activistes et des artistes salish de la côte pour peindre une gigantesque fresque devant les bureaux de TMC à Vancouver. L’œuvre se voulait un rappel clair que l’océan n’est pas une ressource à sacrifier sur l’autel du profit, mais quelque chose de vivant et de sacré.

Mais au lieu de dialoguer, le PDG de TMC s’est emporté, qualifiant les personnes prenant part à la manifestation pacifique – dont des enfants – d’« éco-terroristes ».

Cette accusation est révoltante : la vraie menace ne vient pas dans d’enfants armés de pinceaux, mais des multinationales prêtes à sacrifier les grands fonds marins pour des profits à court terme.

Un vent nouveau souffle

À force de jouer avec le feu, The Metals Company finira par se brûler. L’AIFM a lancé une enquête officielle sur ses filiales, laquelle pourrait entraîner la perte des privilèges d’exploitation minière de l’entreprise. Plus important encore, cela signale un changement de perception au niveau international

selon lequel la gouvernance des océans doit être fondée non pas sur l’exploitation, mais sur la science, l’équité et le principe de précaution.

Les grands fonds marins ne sont pas une opportunité commerciale, mais un patrimoine naturel commun. Si nous les détruisons, ils seront perdus à jamais. C’est pourquoi le Canada doit se positionner en faveur de la science, de la justice et de la protection des océans.

Il est temps d’agir et de se prononcer clairement contre l’exploitation minière en eaux profondes. Mobilisons-nous pour protéger notre demeure commune en faveur des générations actuelles et à venir.

Aidez-nous à convaincre le gouvernement fédéral de réaffirmer son soutien à un moratoire mondial sur l’exploitation minière en eaux profondes. Demandons-lui de s’opposer à l’adoption précipitée d’un Code minier – un ensemble de règles proposé par l’AIFM qui légaliserait l’exploitation des fonds marins – et de résister à la cupidité de Trump et de The Metals Company. Pour agir, visitez act.gp/stop-au-code-minier.

Des activistes de Greenpeace Canada, des bénévoles et des artistes locaux ont peint une fresque géante devant le siège social de The Metals Company à Vancouver, afin de dénoncer publiquement les mesures visant à accélérer l’exploitation minière en eaux profondes et à causer des dommages irréparables à la vie marine.

Victoire historique : le Traité mondial pour les océans est ratifié!

Le Traité mondial pour les océans est officiellement entré en vigueur, marquant une victoire historique pour la protection des océans et le mouvement citoyen qui l’a rendu possible. Vingt ans de campagne ont abouti à cet accord en 2023 et 60 gouvernements ont depuis choisi de le ratifier et de l’inscrire dans leurs lois nationales. Ce traité juridiquement contraignant nous rapproche un peu plus de notre objectif de protéger 30 % des océans mondiaux d’ici 2030. Il s’agit d’une étape majeure qui reflète la force de notre mouvement et les efforts inlassables de millions de personnes à travers de nombreux pays.

Cette victoire illustre le pouvoir que nous avons lorsque nous nous mobilisons ensemble : nous pouvons pousser les gouvernements à faire passer la planète avant le profit. Nous prenons le temps de savourer cette victoire mais nous savons également que le travail n’est pas terminé. Les gouvernements doivent maintenant créer des sanctuaires marins et nous devons continuer de nous opposer à la pêche industrielle et à l’industrie de l’exploitation minière en eaux profondes. Profitons de cet élan pour sécuriser d’autres victoires et assurer une protection durable de l’océan et de la planète!

© Ollie Richards / Greenpeace
© Paul Hilton / Greenpeace

TRAITÉ MONDIAL SUR LE PLASTIQUE : TOUT N’EST PAS PERDU MALGRÉ

L’ÉCHEC DES NÉGOCIATIONS

Des activistes de Greenpeace déroulent une banderole appelant à l’adoption d’un traité sur les plastiques (INC-5.2) devant le Jet d’eau de Genève où se sont tenues les négociations.

Notre planète suffoque sous le plastique. Dès sa fabrication, le plastique laisse une trace de destruction sur son passage. Il pollue les océans, nuit à la faune, compromet les écosystèmes, alimente la crise climatique et menace même la santé humaine. L’ampleur du problème est immense, et seule une solution audacieuse pourra y répondre.

C’est pourquoi, poussés par l’indignation grandissante du public et les avertissements urgents des scientifiques, les gouvernements du monde entier se sont réunis aux Nations Unies. Leur mission? Élaborer un traité mondial sur le plastique. Cet accord ambitieux et juridiquement contraignant pourrait enfin inverser la tendance face à la pollution plastique.

Au mois d’août, les responsables politiques du monde entier se sont réunis pour discuter de ce qui était censé être le dernier cycle de négociations pour un traité mondial sur le plastique. Après 10 jours de négociations laborieuses, la conférence s’est achevée sans l’accord historique espéré pour endiguer la pollution plastique.

Malgré le découragement d’un grand nombre, le rêve de parvenir à un traité fort sur les plastiques n’est pas perdu, et les négociations reprendront à une date ultérieure. Mais pour l’heure, voici ce que nous pouvons dire du dernier cycle de négociations :

L’heure est à l’ambition

Pendant les négociations, un projet de texte a été présenté. Toutefois, celui-ci était loin de répondre aux attentes. Plus

d’une centaine de pays, dont le Canada et d’autres pays appartenant à la Coalition de haute ambition, ont exprimé leur déception. Ces pays ont appelé à un accord audacieux et juridiquement contraignant afin d’endiguer la pollution plastique dans l’ensemble de son cycle de vie : de la production à l’élimination.

Malheureusement, les progrès vers cet objectif ont été entravés par un petit groupe de pays producteurs de pétrole qui ont fait dérailler les négociations. Ainsi, en vue de parvenir à un consensus entre toutes les parties, des dispositions essentielles sur la réduction de la production de plastique et la réglementation des substances chimiques toxiques ont été éliminées du projet de texte proposé.

« Inacceptable pour les générations futures » Au cours des négociations, le Canada a courageusement défendu sa position en faveur d’un traité robuste. La délégation canadienne a qualifié le projet de texte d’« inacceptable pour les générations futures ». Elle a aussi critiqué le fait que les Peuples autochtones ne soient pas inclus dans le texte. Quelques jours auparavant, le Canada et l’Australie avaient présenté une proposition conjointe visant à renforcer les dispositions relatives aux Peuples autochtones, qui sont en première ligne face à la crise du plastique. Alors que les négociations progressent, nous espérons que le Canada continuera à faire preuve du même niveau de leadership et contribuera à la conclusion du traité ambitieux dont le monde a besoin.

Le courage et la détermination feront pencher la balance en notre faveur

Malgré l’échec de ces négociations, le message du public, des scientifiques et de la société civile ne pourrait être plus clair. Nous avons besoin d’un traité fort et juridiquement contraignant. Il doit réduire la production de plastique et interdire les produits nocifs et les substances chimiques toxiques. Il doit aussi respecter les droits des Peuples autochtones, garantir un financement équitable et catalyser une transition juste vers une économie fondée sur la réutilisation. Nous continuerons de plaider sans relâche jusqu’à la conclusion de ce traité.

Signez notre pétition encourageant les gouvernements du monde à réduire la production de plastique en visitant la page : act.greenpeace.ca/fr-ca/traite-mondial-sur-les-plastiques.

Par Sien Van den broeke, chargée de la campagne Nature
© Jack Taylor Gotch / Greenpeace

OR TOXIQUE

:

COMMENT L’EXPLOITATION AURIFÈRE

ILLÉGALE

EMPOISONNE L’AMAZONIE ET

SES POPULATIONS

Au cœur de l’Amazonie, l’exploitation aurifère illégale ravage la forêt, empoisonne les rivières et met en péril les populations autochtones. Il ne s’agit pas seulement d’une crise écologique, mais aussi d’une urgence nuisant aux droits fondamentaux de ces peuples. Pour extraire l’or, les gens qui s’adonnent à l’orpaillage utilisent du mercure. Ce métal extrêmement toxique contamine les rivières, s’accumule dans les poissons et remonte la chaîne alimentaire jusqu’aux êtres humains. Il touche le cerveau, le cœur et les reins, avec des symptômes allant de tremblements et de pertes de mémoire à des lésions neurologiques permanentes.

L’ampleur de la contamination est sidérante. En 2024, une étude a révélé que 84 % des membres de neuf villages Yanomami avaient du mercure dans leur corps. En territoire Munduruku, 60 % de la population présentaient un taux de mercure supérieur aux limites maximales acceptables. Un poisson sur cinq vendu dans 17 villes d’Amazonie contenait une quantité de mercure supérieure aux seuils de sécurité fixés par l’Organisation mondiale de la Santé. Même la biodiversité est touchée : les niveaux de mercure à proximité des sites miniers sont jusqu’à six fois plus élevés que dans les zones épargnées par l’orpaillage.

Toutefois, les préjudices ne sont pas seulement d’ordre chimique. L’orpaillage illégal engendre aussi des conséquences humaines graves : travail forcé, violences sexuelles et épidémies dans les communautés autochtones. Bien que

la Constitution du Brésil interdise l’exploitation minière sur les terres autochtones, les contrôles sont insuffisants et les activités criminelles se poursuivent en toute impunité.

Cette destruction est alimentée par la demande mondiale en or, et le Canada joue un rôle important à ce niveau. Selon le rapport Toxic Gold de Greenpeace Brésil, le Canada est l’un des principaux importateurs d’or brésilien. La pression sur l’Amazonie ne fait que s’intensifier, avec une hausse de 44 % du prix de l’or en 2024 et les banques centrales qui font des réserves de ce métal précieux.

L’espoir subsiste néanmoins au Brésil, et les victoires remportées en cours de route font une réelle différence. En 2023, Greenpeace a convaincu HD Hyundai de cesser de vendre des machines excavatrices aux groupes s’adonnant à l’orpaillage. La surveillance satellitaire effectuée par Greenpeace dans quatre territoires autochtones a permis de révéler la présence de centaines de barges servant à l’exploitation aurifère illégale et de contribuer à leur retrait. Ces initiatives sont efficaces et doivent être soutenues.

Le Canada doit agir. Il faut assainir les chaînes d’approvisionnement en or et se tenir aux côtés des peuples autochtones qui défendent l’Amazonie.

Ensemble, nous pouvons sauvegarder notre avenir commun en protégeant les forêts et la vie qu’elles abritent. Signez notre pétition appelant à la fin de l’exploitation aurifère illégale en Amazonie : act.greenpeace.ca/fr-ca/stop-exploitationaurifere-amazonie.

Greenpeace Brésil a documenté des activités aurifères illégales en territoire Yanomami lors d’une expédition de survol effectuée en avril 2021 en Amazonie.
Par Stephanie Hulse, agente de fidélisation
© Christian Braga
Greenpeace

LE POUVOIR DE LA SOLIDARITÉ ET DE LA MOBILISATION COLLECTIVE

Derrière l’engagement écologique de chaque personne se cache une histoire personnelle. Cela peut être lié à votre éducation, à l’influence d’un·e ami·e ou d’un membre de votre famille, ou à un tournant décisif dans votre vie. Ce peut être aussi un mélange de tout cela. Pour ma part, deux moments bien précis ont éveillé ma conscience politique – qui a ensuite pris une ampleur fulgurante!

Ces instants de prise de pouvoir collective ont façonné ma vie et la personne que je suis aujourd’hui, et inspirent tout ce que je fais depuis.

Le premier moment décisif était en 2012, pendant le « Printemps érable », la grève étudiante la plus longue de l’histoire du Canada. À l’époque, j’étais à l’école secondaire. C’était la première fois que je participais à une manifestation en scandant des slogans avec des milliers d’autres élèves. J’ai été submergé par l’énergie débordante qui m’entourait. C’était une force de changement et de solidarité, poussée par la volonté d’agir pour le bien. C’est là que j’ai découvert le pouvoir de la mobilisation collective. Je l’ignorais à l’époque, mais cela a planté une graine en moi. Ceci allait m’amener à consacrer ma vie à la mobilisation et à faire grandir une force collective, tout cela grâce à cette manifestation. Mon intérêt particulier pour la justice climatique s’est manifesté plusieurs années plus tard, pendant ma première année universitaire. En 2018, le rapport spécial des Nations Unies sur les changements climatiques a fait l’effet d’un coup de tonnerre pour moi. Pendant un cours magistral sur un sujet tout autre, le professeur a affiché le rapport sur l’écran géant et nous a dit sans ménagement : « Vous devriez être dans la rue en train de manifester au lieu d’être assis là. »

Son message m’a profondément touché et, sans hésiter, j’ai décidé d’agir. Je me suis engagé dans le mouvement de désinvestissement des énergies fossiles. J’ai aussi contribué au lancement des grèves étudiantes pour le climat au Canada. Sans que nous le sachions à l’époque, nos efforts faisaient écho aux premières initiatives d’une adolescente suédoise nommée Greta Thunberg. Quelques mois plus tard, nous avons manifesté dans les rues de Montréal avec un demi-million de personnes exigeant des mesures climatiques de toute urgence.

C’est au début de ces grèves que Greenpeace Canada s’est jointe à nous; non pas pour prendre les commandes, mais pour nous apporter son soutien. Elle nous a fourni un local pour nous réunir, du matériel et du personnel compétent pour nous aider à développer nos compétences d’organisateurs. Nous avons reçu l’appui de nombreuses organisations, mais Greenpeace a fait preuve d’un engagement exceptionnel. Je me suis dit à l’époque que si je devais un

jour travailler pour une organisation environnementale, ce serait avec Greenpeace.

Au fil des années, j’ai appris une leçon importante : le véritable moteur du changement ne réside pas dans les rapports, le plaidoyer ou les campagnes bien ficelées, mais dans les gens qui défilent dans la rue. Une personne travaillant dans les hautes sphères politiques m’a un jour confié que la seule raison pour laquelle le Québec avait interdit l’extraction pétrolière et gazière et interrompu un important projet de gaz naturel liquéfié était liée au fait que des jeunes avaient manifesté chaque vendredi.

Cette victoire de 2021 fait partie des réalisations dont je suis le plus fier. Les chances de succès étaient très faibles : le projet bénéficiait du soutien des politiques, était éloigné des centres urbains et faisait l’objet d’une campagne d’écoblanchissement de grande ampleur. Toutefois, grâce à une mobilisation populaire acharnée, à une participation record aux consultations publiques et aux pressions constantes, nous avons fait fuir les investisseurs et poussé le gouvernement à rejeter ce projet.

Aujourd’hui, ma plus grande source de motivation vient de mes deux filles, et de la profonde conviction que la mobilisation collective porte ses fruits. Le pouvoir populaire est un outil puissant et, ensemble, nous pouvons faire changer les choses. Si vous souhaitez agir, commencez à l’échelle locale. Joignez-vous à un groupe plaidant pour la justice climatique. Investissez-vous. Personne ne change le monde seul·e, mais ensemble, nous le pouvons.

Si vous souhaitez participer à une action climatique, visitez act.gp/devenezbenevole , ou joignez-vous à un groupe plaidant pour la justice climatique près de chez vous!

Par Louis Couillard, chargé de la campagne Climat
© Toma Iczkovits / Greenpeace.
Louis Couillard (vêtu d’un gilet haute visibilité) a aidé à organiser la marche pour le climat de 2019 à Montréal.

Les résultats de notre concours photo de 2024!

En 2024, par le biais de notre concours photo sur le thème des Merveilles météorologiques, nous avons célébré les phénomènes naturels dans toute leur splendeur − des aurores boréales dansantes aux cieux orageux. Des adeptes de photo de partout au pays nous ont fait parvenir des clichés spectaculaires où la puissance et la beauté brutes des manifestations météorologiques de la Terre étaient à l’honneur.

Les photos incroyables que nous recevons ne manquent jamais de nous inspirer. C’est pourquoi nous nous plaisons toujours à organiser ce concours annuel qui célèbre l’incroyable talent de nos sympathisant·es.

Pour la première fois depuis le lancement de notre concours, la personne qui a reçu le Prix du public fait également partie de nos cinq gagnant·es.

Nous tenons à féliciter Jack Adamson pour cette distinction! Sa photo à couper le souffle, en plus de mettre en valeur la majesté de la nature, raconte également une histoire profondément personnelle qui rend hommage à la culture autochtone.

© Jack Adamson. Le matin de son inauguration, le soleil a éclairé ce monument érigé en l’honneur de Staqeya, le loup solitaire de l’île Discovery en Colombie-Britannique.

N’hésitez pas à nous contacter!

Si vous avez des questions ou souhaitez mettre à jour vos données personnelles, l’équipe du Service aux sympathisant·es est là pour vous!

Automne/Hiver 2025

Vous pouvez communiquer avec elle par téléphone au 1 800 320-7183, du lundi au jeudi et de 9 à 17 h (heure de l’Est), ou par courriel à adherents.ca@greenpeace.org.

11 greenpeace.ca/fr

© Doris Potter. Un arc circumhorizontal au-dessus de Copper Marsh, en Ontario.
© Lloyd Loisel. Lever du soleil sur l’île de Vancouver illuminant à la fois le ciel et l’eau d’une teinte rosée.
© Marsha Clarke . Une inversion thermique crée une « mer de nuages » dans la vallée de l’Elk, en Colombie-Britannique.
© Corine Flaws. Un double arc-en-ciel au lever du soleil sur le lac des Bois, en Ontario.

Après avoir pensé à vos proches, vous pouvez continuer à protéger la planète pour les générations futures en faisant un don testamentaire à Greenpeace. C’est un processus simple, et nous sommes là pour répondre à toute question que vous pourriez avoir à ce sujet.

Si vous désirez discuter de la possibilité de faire un legs à Greenpeace, veuillez communiquer avec nous par courriel à lcanada@greenpeace.org ou par téléphone au 1 800 320-7183 .

Numérisez le code QR ci-dessous pour découvrir comment vous pouvez faire perdurer votre héritage!

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