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SKIPPERS 98 - Hiver 2025 / 2026

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skippers by GMT Publishing

voile & océan - N°98 - DÉC 2025 - MARS 2026

Mini Transat : Mathis Bourgnon, le magicien

Le Rolex SUI SailGP dessiné La saga transatlantique des 6mJI

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Chantiers : bilan d’une année riche en nouveautés


ÉDITO

La Suisse regarde au large et elle a bien raison

DR

Rolex Female World Sailor of the Year. Voilà un titre qui claque. Pour la première fois, une navigatrice du petit pays sans mer décroche la plus haute distinction mondiale de World Sailing. Cette pionnière, c’est Justine Mettraux. Acharnée, méthodique, d’une pugnacité rare, elle a pulvérisé le record féminin du Vendée Globe. Cet automne, elle a barré pour la dernière fois son vieil IMOCA TeamWork-Team SNEF lors de la Transat Café L’Or. Une cinquième position, la tête haute, au milieu de la meute des nouveaux foilers. Justine n’est pas seulement une championne. C’est aussi une locomotive, une référence pour toute une nouvelle génération de marins suisses engagés dans la course au large. Dans son sillage, il y a Mathis Bourgnon. Visage d’ange, sourire permanent, détermination de bulldozer et désormais vainqueur de la Mini Transat, trente ans après son père Yvan. Ils étaient sept Suisses au départ – trois en proto, quatre en série –, un record national qui dit beaucoup sur l’engouement pour cette classe. Avec quatre d’entre eux classés dans le top 10 (Bourgnon et Felix Oberle en proto, Joshua Schopfer et Alicia Pfyffer en série), la Suisse s’impose désormais parmi les nations qui comptent sur les lignes de départ. Il ne s’agit là, espérons-le, que du début de l’histoire. Une nouvelle génération pousse déjà au portillon. Alan Roura, Simon Koster et ÉlodieJane Mettraux soutiennent cet élan. Le Swiss Offshore Racing participe à l’éclosion de ces nouvelles carrières. La Suisse regarde au large et elle a bien raison.

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Pierre-Antoine Preti Rédacteur en chef

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CLASSIC YACHT RACING

*Courses de voiliers classiques

LA CLYDE, ÉCOSSE

15 25 Juin -

2026 RICHARDMILLECUP.COM


Tim McKenna

Jean-Guy Python

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CROISIÈRE La magie de la Polynésie française Destination Tanger avec Fou de Bassan

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NEWS Skippers Chantiers

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CHANTIERS Dufour 48 ODSea+ Excess 13 Leopard 52 Conjoncture et salons d’automne Oceanis 52

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INTERVIEW Rainer Müller

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VOILE INTERNATIONALE Championnats du monde de 6mJI aux États-Unis Premier Rolex Switzerland Sail Grand Prix Mathis Bourgnon remporte la Mini Transat Les Suisses à la Mini Transat Transat Café L’Or Les Voiles de Saint-Tropez hors du temps Au cœur de l’Ocean Race Europe avec un équipage suisse

38 46 50 54 58 62 66

VOILE EN SUISSE Des Romands s’emparent de la Swiss Sailing League Clap de fin sur la cinquième saison du TF35 Trophy

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Gwidon Libera

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Gilles Martin-Raget

Sommaire n°98

Loris von Siebenthal

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Gran Turismo Catamaran

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CLUBS & CLASSES Retour sur l’Assemblée Générale

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SWISS SAILING TEAM Los Angeles 2028 dans le viseur

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Focus

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NEWS News internationales News nationales News romandes

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VIE NAUTIQUE La voile pour tous À la découverte des Classe P Explora Journeys : la croisière revisitée

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ACCESSOIRES

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NEXT

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Gilles Martin-Raget

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Maurizio Secundo

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SWISS SAILING Édito

Sailing Energy

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Brice Lechevalier

Sommaire n°98

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CROISIÈRE

Polynésie française

Naviguer dans le jardin d’Éden La Polynésie française, disséminée sur une surface aussi grande que l’Europe (sans la Russie), est constituée à plus de 90 % par l’océan et les lagons. Cette eau omniprésente fait de ce vaste continent aquatique le Graal du voyage océanique depuis la découverte de ces îles par les Européens. Une destination forte d’une culture de la mer millénaire devenue un paradis moderne pour la plaisance. LE SHENANDOAH, GOÉLETTE À TROIS MÂTS ET COQUE EN ACIER, VOGUE AU LARGE DES ÎLES MARQUISES.

Texte ) Virginie Gillet Photos ) Tim McKenna

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La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer (COM) rattachée à la France, qui recense environ 4’200 km2 de terres émergées, saupoudrées en 118 îles (parmi lesquelles 76 habitées), au beau milieu d’une aire marine de près de 5 millions de km2. Elle se déploie au cœur du Pacifique Sud, approximativement à la même distance de l’Australie (environ 6’500 km à l’ouest), du Chili et de la Californie, autour du Tropique du Capricorne. Son île principale, Tahiti, accueillant sa capitale, Papeete, est située à presque 16’000 km de Paris. Ce centre politique administre cinq archipels qui se distinguent par une identité forte et une culture propre tout autant que par la variété de leurs structures naturelles et de leurs paysages, illustrant les étapes de la vie des îles volcaniques, des îles hautes aux atolls.

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Du nord au sud, on rencontre d’abord les mystiques îles Marquises, ultime refuge de Jacques Brel et de Paul Gauguin. Puis les Tuamotu, chapelet prolongé par les îles Gambier, qui s’égrènent sur près de 1’500 km du nord-ouest au sudest de Tahiti, et les îles Sous-le-Vent dont les lagons servent d’écrins à la «Perle du Pacifique»,

Bora Bora, à Taha’a, « l’île vanille », ou bien encore à Raiatea, l’île sacrée longtemps considérée comme le berceau de la culture polynésienne (des îles Sous-le-Vent qui constituent avec les îles du Vent dont les plus importantes sont Tahiti, Moorea et Tetiaroa, l’atoll de Marlon Brando, l’ensemble des îles de la Société). Et enfin, les îles Australes. Une partie du triangle polynésien La Polynésie française n’est qu’une partie somme toute « artificielle » d’un ensemble bien plus vaste, appelé triangle polynésien. Cette aire culturelle délimitée par un même socle identitaire regroupe notamment les îles Samoa, la Nouvelle-Zélande, Rapa Nui (l’île de Pâques) et Hawaï. Des destinations dont toutes les populations se considèrent comme cousines, connectées par une origine génétique, linguistique et culturelle commune, mais présentant aussi de grandes disparités rendant leurs cultures respectives très spécifiques et originales. On sait, en effet, que la dispersion des premiers Polynésiens, entreprise par vagues successives sur plusieurs siècles, s’accompagna d’une différenciation culturelle importante. Inscrite dans ce mouvement organique fondateur, la Polynésie française elle-même a développé des sociétés et cultures éminemment singulières dans ses archipels épars. Une diversité et une richesse culturelle uniques Pour comprendre ces disparités, il faut en outre se rappeler qu’avant l’arrivée des Européens, elle était tout sauf une entité homogène. Bien que des explorateurs de diverses nationalités y aient abordé depuis le


MOOREA, JADIS NOMMÉE AIMEHO (OU EIMEO), ÉMERGÉE DES EAUX IL Y A TROIS MILLIONS D’ANNÉES, A LA FORME D’UN TRIDENT AVEC SES DEUX BAIES SPLENDIDES : CELLE DE COOK, À GAUCHE DE L’IMAGE, ET CELLE D’OPUNOHU, À DROITE, AVEC LE VILLAGE DE PAOPAO.

LE SUPERYACHT SEA EAGLE II, UN TROIS-MÂTS DE 81 M DES CHANTIERS NAVALS NÉO-ZÉLANDAIS ROYAL HUISMAN LONGEANT LE LAGON DE BORA BORA.


CROISIÈRE

xvie siècle (Magellan découvrit fortuitement Puka Puka dans les Tuamotu, en 1521), Tahiti ne fut officiellement découverte par le Britannique Samuel Wallis qu’en 1767, suivi par Bougainville en 1768 puis par Cook, l’année suivante. Après le contact, cette zone, abritant de nombreux clans et « royaumes » autochtones, fut en effet longtemps le théâtre de fortes rivalités entre les grands empires coloniaux européens. Ce ne fut qu’au terme de longues décennies de luttes d’influence entre ces colonisateurs successifs que l’entité géographique « Polynésie française » prit sa forme définitive. Rattaché à la France depuis 1880, l’ensemble de son actuel territoire ne fut intégré dans l’Empire colonial français qu’en 1901 en regroupant des terres aux cultures devenues uniques, qui en font toute la richesse encore aujourd’hui.

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L’océan comme lien, l’histoire comme boussole Son grand éloignement des capitales occidentales lui a aussi permis de préserver un patrimoine culturel bâti tout entier autour de l’océan. Car si les débats des spécialistes continuent à faire rage autour des théories expliquant les origines et la chronologie des grandes migrations du peuplement de ces îles, il est certain que ces contrées paradisiaques ont d’abord été peuplées par des populations de marins formidables. Embarqués à bord de pirogues à double coque, sans instruments modernes, seulement guidés sur l’immensité des flots par les étoiles, les oiseaux, les nuages et la houle, ces navigateurs audacieux ont tissé, sur des millions de km2, un incroyable réseau de petites communautés humaines, reliées en continuum, qui fascinent encore aujourd’hui les passionnés d’aventure et d’horizons lointains. Un précieux héritage que les Polynésiens modernes ont su garder intact tout en s’appropriant les infrastructures et technologies modernes pour continuer comme jamais à dialoguer avec l’océan. Ce terreau sans équivalent offre ainsi, de nos jours, à tous les passionnés de voile un terrain de jeu à nul autre pareil, brodé d’une mosaïque de lagons turquoise, de hautes montagnes à la végétation luxuriante et de passes navigables.

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Une faune marine exceptionnelle Parmi les trésors naturels qui font de la Polynésie le paradis de la voile, les animaux marins ne sont, enfin, pas les moindres puisque les eaux polynésiennes accueillent notamment près de vingt-trois espèces de cétacés, dauphins, baleines, orques et marsouins. On peut y rencontrer la

UN TIKI GARDIEN DU MARAE SACRÉ D’ATIHEU À NUKU HIVA, ÎLES MARQUISES.

LE VOILIER BLISS SORT DE L’ENCEINTE PROTECTRICE DE LA BAIE DE OPUNOHU À MOOREA.

PLAGE D’UN MOTU DÉSERT DE RIKITEA DANS L’ARCHIPEL DES GAMBIER.

baleine à bec, la baleine de Minke et même l’extraordinaire baleine bleue, l’impératrice des océans. Mais c’est la baleine à bosse qui s’y est taillé la part du lion dans le cœur des touristes et des habitants, du fait de comportements qui la rendent facilement visible et observable à proximité des côtes, chaque année entre juin et novembre ; période durant laquelle elle vient se reproduire dans les eaux chaudes polynésiennes.


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CES DEUX MASSIFS SONT SÉPARÉS PAR UN BRAS DE MER FORMANT LA BAIE DE MAROE, À L’EST, COMMUNIQUANT AVEC CELLE DE BOURAYNE À L’OUEST.

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Conditions de navigation et îles de rêve Naviguer en Polynésie française, c’est choisir l’une des plus belles façons de découvrir ce territoire vibrant au cœur du Pacifique Sud, loin des foules et des itinéraires classiques. Et ce, d’autant plus qu’elle offre aussi une navigation particulièrement agréable grâce à son climat tropical tempéré. Les alizés de sud-est soufflent de mai à octobre, durant la saison sèche, période

LE NOUVEL HÔTEL WESTIN RESORT & SPA DE BORA BORA, ANCIENNEMENT HÔTEL LE MÉRIDIEN.

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idéale pour une croisière sereine. La saison des pluies (novembre à avril) impose davantage de prudence, avec un risque cyclonique ponctuel même s’il est modéré. Les navigateurs privilégient souvent l’archipel de la Société, qui regroupe Tahiti, Moorea, Raiatea, Huahine, Taha’a, et bien sûr, Bora Bora. Ces îles sont proches les unes des autres (moins de 50 milles nautiques), ce qui permet une navigation en toute sécurité, à vue ou entre lagons selon le niveau d’expérience. Ces derniers permettent en outre de naviguer à l’abri de la houle, avec de nombreuses possibilités de mouillage. Que vous soyez plaisancier débutant ou navigateur plus expérimenté, l’archipel de la Société déploie un espace aussi enchanteur que praticable, où chaque île devient une escale inoubliable. Le must étant peut-être Tupai, un atoll inhabité en forme de cœur, rattaché à la commune de Bora Bora et considéré comme le plus romantique du monde, mais nécessitant une dérogation spéciale pour y accéder. Les marinas et yacht clubs principaux se situent à Tahiti, Moorea, Bora Bora et Raiatea, mais de nombreux mouillages forains et quelques


CROISIÈRE

Les joyaux de l’archipel de la Société Autre valeur sûre facilement accessible à proximité, Bora Bora, le joyau mythique surplombé par le mont Otemanu. Plusieurs mouillages y sont possibles : devant Vaitape (le village principal), près du motu Toopua ou encore sur la côte est, face aux luxueux bungalows sur pilotis. Des précautions sont toutefois à prendre car la navigation à l’intérieur de son lagon nécessite une vigilance et une bonne cartographie du fait de récifs coralliens nombreux et de passes étroites. Le GPS est utile, mais les cartes papier demeurent essentielles. Il est aussi important de noter que certaines zones sont privées ou protégées. Comme ailleurs, respecter les interdictions d’accès est crucial pour préserver le fragile écosystème lagunaire. Huahine, Taha’a et les autres, moins fréquentées, sont des trésors plus discrets, mais aux multiples attraits qui plairont tout particulièrement aux navigateurs en quête d’authenticité. Huahine offre des mouillages somptueux comme celui de Fare tandis que Taha’a, l’île jumelle qui partage son lagon avec Raiatea, déploie plusieurs mouillages au calme permettant d’accoster près de plantations de vanille ou de fermes perlières. Enfin, n’oublions pas, à seulement 17 milles de Tahiti, Moorea, l’île sœur, qui offre un havre de nature sauvage et accueillante. Moins développée que l’île capitale, elle reste l’une des préférées des plaisanciers pour ses mouillages spectaculaires. Ses deux grandes baies, Cook et Opunohu, promettent des abris sûrs, même en cas de vent fort. La seconde est particulièrement paisible et pittoresque, entourée de sommets escarpés et d’une végétation foisonnante.

nombreux bateaux de croisière, c’est surtout vivre une aventure sensorielle et profondément spirituelle. Chaque île a son rythme, ses traditions, ses paysages uniques façonnés par les Dieux. Mais partout souffle le même esprit: celui de l’accueil, du respect de l’océan et d’une mémoire ancestrale vivante, prête à entrer en résonance avec qui voudra lui prêter l’oreille…

PIROGUE HOLOPUNI, IDÉALE POUR UN MOMENT DE DÉTENTE SUR LE LAGON DE BORA BORA.

LES BALEINES À BOSSE SONT NOMBREUSES À VISITER LES EAUX DE POLYNÉSIE DE JUILLET À NOVEMBRE, SAISON OÙ ELLES METTENT BAS.

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infrastructures portuaires existent ailleurs, notamment sur Huahine ou Taha’a. Considérée comme la « capitale nautique » de la Polynésie française, Raiatea, qui dispose aussi d’un aéroport domestique bien connecté, est le point de départ idéal pour une croisière dans les îles Sous-leVent. L’île dispose d’ailleurs de la plus grande concentration de services nautiques : chantiers navals, voileries, services d’avitaillement, stations de fuel et plusieurs bases de location de voiliers. Sa marina Apooiti, située à proximité de Uturoa, est bien équipée et sécurisée. Et le mouillage bien abrité devant le marae Taputapuātea, centre spirituel du Territoire, est particulièrement recommandé pour une halte qui ressource les âmes.

Pas de limite à l’exploration Naviguer en Polynésie française, dans les îles de la Société ou au cœur des autres archipels, desservis par une vingtaine de goélettes et de FONDS POISSONNEUX DE TAHA’A : LA FAUNE ET LA FLORE AQUATIQUES SONT LARGEMENT PRÉSERVÉES DANS LES ARCHIPELS POLYNÉSIENS.

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CROISIÈRE

TUBUAI, CONNUE POUR SA FORME DE CŒUR EN FAIT UNE DESTINATION PRISÉE

LA PASSE SUD DE FAKARAVA, INSCRITE AU PATRIMOINE

PAR LA MER OU PAR HÉLICOPTÈRE CAR ELLE NE DISPOSE PAS DE PASSE.

MONDIAL DE L’UNESCO, EST L’UNE DES DESTINATIONS DE

Infos pratiques Quand y aller ? La saison sèche (et plus fraîche) s’étend de mai à octobre. La saison humide (et plus chaude) concerne le reste de l’année avec un risque ponctuel mais modéré de cyclones. Comment y aller ? À moins que vous ne rejoigniez la Polynésie française par bateau, l’arrivée « classique » se fait par avion à l’aéroport international de Tahiti-Faa’a, desservi par plusieurs compagnies aériennes internationales parmi lesquelles Air France, Air Tahiti Nui et French Bee, qui assurent des dessertes plusieurs fois par semaine au départ de Paris ou des États-Unis.

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Voile Les marées sont faibles en Polynésie française, mais les courants en revanche peuvent être puissants, surtout lorsqu’ils circulent dans les passes. Gare aussi aux fureurs des récifs les jours de forte houle. Les passes existantes sont généralement bien balisées et les approches, même si elles exigent de la vigilance, sont accessibles avec des cartes actualisées et un GPS fiable.

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Le Heiva, principal événement du calendrier culturel polynésien Ce concours de danses et de chants traditionnels, créé en 1881 et l’un des plus anciens du monde, constitue le point d’orgue du calendrier culturel polynésien. Organisé en juillet,

PLONGÉE LES PLUS PRISÉES AU MONDE.

il donne lieu à de nombreux autres événements annexes (concours de sports traditionnels, régates de pirogues à voile, manifestations artisanales, etc.) chaque année de fin juin à mi-août. Préparer sa navigation en Polynésie • Formalités : l’entrée maritime peut se faire à Papeete (Tahiti), Raiatea ou Bora Bora. Il est obligatoire de se présenter à la gendarmerie maritime et aux douanes dès son arrivée. • Cartographie : le GPS est fiable mais ne remplace pas la vigilance. Les passes sont généralement bien balisées. Le catalogue du Shom (Groupement océanographique du Pacifique) comporte 81 cartes sur la zone Polynésie française. Ses données sont consultables sur le portail : data.shom.fr. « Moana, guide de la mer », pour Tahiti et ses îles, support destiné aux professionnels de la mer comme aux amateurs de loisirs nautiques, est également édité et actualisé chaque année depuis 1996 par les éditions Créaprint. Disponibles en version papier, les anciennes éditions le sont aussi en version numérique jusqu’à l’édition 2023-24 sur creaprint.pf • Approvisionnement: le ravitaillement est aisé à Tahiti, Raiatea, Moorea et Bora Bora. Pour les îles plus petites, mieux vaut prévoir provisions et pièces détachées. • Environnement : il est crucial de respecter les récifs, d’utiliser des corps-morts lorsqu’ils sont disponibles et de limiter les rejets. De nombreuses zones sont classées pour leur biodiversité. • Internet et communication: les cartes SIM locales de Vini ou Vodafone permettent une couverture correcte, surtout autour des grandes îles. • Sécurité : en cas d’urgence, utiliser la radio VHF, canal 16, pour être directement mis en relation avec le JRCC, qui coordonne la recherche et le sauvetage en mer, ou les autres bateaux à proximité. Pour organiser un voyage et/ou une navigation sur-mesure • voile-evasion.ch • simone-evasion.ch • sunsail.com • dreamyachtcharter.com


CROISIÈRE

Voyage

De la Bretagne à Tanger, par la côte atlantique On part au Maroc ! En quittant le port d’Arzal, l’euphorie m’envahit : rejoindre le Maghreb à la voile, quelle promesse de dépaysement. De la Vilaine jusqu’à Tanger, en passant par la Galice, les côtes portugaises, l’Algarve et l’Andalousie, nous suivons la première étape de la grande boucle de l’Atlantique. Ma joie est décuplée, quand, à la sortie de la Vilaine, des dauphins viennent nous escorter.

Texte ) Elisabeth Thorens-Gaud

LORS DE LA SAISON DES GRANDES HOULES, LES VAGUES SE BRISENT CONTRE LES FALAISES DU VILLAGE DE NAZARÉ.

ARPT Centro de Portugal


VUE D’ENSEMBLE DE NAZARÉ : AU NORD, LA PRAIA DO NORTE ET LE FORT DE SÃO MIGUEL ARCANJO ; AU SUD, LE VILLAGE ET LA PLAGE PRINCIPALE. ARPT Centro de Portugal

PASSAGE DU CAP SAINT-VINCENT, POINTE SUD-OUEST DE L’EUROPE.

s’aventurerait volontiers à échouer notre bateau. Pour l’heure, nous nous replions sur la plage voisine, sous la lumière douce de cette fin d’après-midi. C’est presque avec un pincement au cœur que nous quittons la Corogne, à l’heure où les cafés commencent à accueillir leurs habitués autour d’un café con leche et churros. On jette un dernier regard sur la ville qui s’éveille, au passage du phare d’Hercule. La mer est assez calme. Trois autres voiliers semblent suivre la même route que nous. Soudain, l’horizon s’efface. La

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Galice Côté marina, les services sont de bonne qualité. En revanche, pour les réparations sérieuses, ce n’est pas idéal car la voile ne fait pas vraiment partie de la culture locale. Il y a certes un shipchandler relativement bien achalandé, mais pour notre collet de winch – perdu dans l’eau lors d’un nettoyage – il faudra commander en ligne. Nous profitons d’une journée à terre pour explorer la côte galicienne, jusqu’au cap Ortegal et ses falaises abruptes tombant dans l’océan. Plus à l’est, nous avons un coup de cœur pour la ria de Santa María de Ortigueira au fond de laquelle on

Bernard Thorens

Dans le golfe de Gascogne, ma bonne humeur cède à une sourde inquiétude. Pour la première fois, nous allons traverser en binôme jusqu’à la Corogne. Les navigations de jour ne me font pas peur, mais j’appréhende les quarts de nuit à deux. La météo est pourtant idéale : ciel dégagé et vents de 15 à 20 nds au portant. J’ai hâte de retrouver la Corogne et la promesse des longues soirées d’été, des apéros sur les terrasses animées, sous l’œil bienveillant de María Pita – celle qui, dit-on, repoussa les envahisseurs anglais en 1589. Mais à son approche, la ville semble vouloir nous tester, nous sommes cueillis par des rafales de 34 nds.

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CROISIÈRE

Bernard Thorens

visibilité chute à moins de 100 m. Le brouillard s’élève, typique de ces côtes où l’air humide de l’Atlantique croise les courants froids. Fini la tranquillité. Nous enclenchons le radar et lançons une veille attentive. Deux heures plus tard, nous émergeons du coton. Le soleil brille à nouveau de tous ses feux. Nous passons le cap Finistère sous génois seul, poussé par un vent d’est qui fraîchit, avec des rafales à 28 nds. Quelques empannages sont nécessaires. Il est vingt heures lorsque nous jetons l’ancre dans la jolie baie d’Enseada de Langosteira, après dix heures de navigation. Le lendemain, nous mettons le cap sur Muros, petite ville au charme suranné. Au xixe siècle, ses habitants vivaient de la pêche à la sardine. Aujourd’hui, les arcades en granit qui bordent la baie abritent cafés et commerces, là où l’on réparait jadis les filets. Naviguer, c’est aussi s’arrêter pour les rencontres. À Vigo, nous retrouvons une amie. Ensemble, nous partageons un poulpe à la galicienne. Je pense avec un brin de remords à ces animaux piégés par milliers pour satisfaire la gourmandise humaine. « S’il est une destination incontournable à 7 milles de Vigo, ce sont bien les îles Cíes, classées parc national ». Nous y emmenons notre amie et jetons l’ancre devant une plage, parmi les plus belles du monde, bordée d’eau turquoise. Le jour, canots et ferries venus de Vigo déversent des centaines de visiteurs sur le sable blanc. Mais à la tombée de la nuit, tout ce petit monde regagne la côte. Alors, lorsque les étoiles s’allument peu

Bernard Thorens

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MOUILLAGE AUX BERLENGAS, FACE AU FORT DE SÃO JOÃO BAPTISTA.

FORT DE SÃO JOÃO BAPTISTA DES BERLENGAS.

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à peu dans le ciel, la magie opère. Nous nous installons sur le pont et plongeons notre regard dans l’univers infini. Le lendemain, nous nous lançons vers l’ascension du phare, suant sous la chaleur caniculaire. Au sommet, notre inconfort s’oublie vite devant la vue spectaculaire qui s’offre à nous. Nous quittons ce paradis à regret pour rejoindre la baie de Baiona, dernier mouillage galicien avant le Portugal. Côte atlantique portugaise Alors que nous reprenons le sillage laissé trois ans plus tôt, notre voyage se teinte d’autres couleurs. Non parce que les lieux ont changé, mais aussi parce que la lumière, la météo, l’atmosphère d’un instant les réinvente. À Póvoa de Varzim, le contraste est saisissant. Nous avions assisté aux fastes des 500 ans de son église: processions fleuries, chars animés, foule en liesse sous la chaleur, dégustant churros et pommes d’amour sous un feu d’artifice la nuit. Cette fois, la ville nous paraît presque mélancolique. Alors, nous filons vers l’intérieur pour visiter Braga et ses églises baroques. Nous passons une nuit insolite dans un ancien monastère à Guimarães… et, plus loin, à Barcelos, on se fait conter le récit épique du fameux coq, devenu le symbole du Portugal. Cette année, nous faisons l’impasse sur Porto, trop fréquentée à notre goût. Et puis, certains lieux gagnent à rester dans la mémoire, intacts. Comme ce mouillage sur le Douro, un soir d’été. Ou encore l’émotion de remonter le Tage avec Fou de Bassan, passer sous le pont du 25-Avril, puis longer la place du Commerce. Luxe suprême, nous ne sommes pas pressés. Cela laisse place à la sérendipité, ces découvertes heureuses qui naissent lorsqu’on ne cherche rien. Comme ce jour où, en route pour Peniche, nous cédons à l’appel des îles Berlengas, joyau de granit s’élevant au milieu d’une mer émeraude, dont le sentier circulaire offre des vues à couper le souffle. Ou à Peniche, grâce à notre amarrage à triple, une soirée inoubliable s’improvise avec nos voisins. Mais tout n’est pas bleu mer à bord. Un peu d’écume vient parfois troubler l’harmonie. Car derrière les images de liberté, il y a aussi l’envers du rêve. Il faut savoir relever ses manches, mettre les mains dans le cambouis, éponger les fonds de cale, attendre plusieurs jours une pièce de rechange ou gérer un problème. Sans parler de ces heures passées à tenter de comprendre un dysfonctionnement à bord. On appelle cela la zététique : l’art d’adopter une démarche rigoureuse de recherche. Une véritable philosophie de la panne. Notre erreur d’inattention sur l’enrouleur du génois illustre bien ce concept. À la sortie de Cascais, une maladresse transforme une manœuvre banale en galère. Impossible d’enrouler cette maudite voile sous 25 nds de


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vent. Quatre heures de lutte acharnée plus tard, au milieu de la nuit, nous mouillons devant Sines, épuisés mais soulagés. Coup de cœur pour cette petite ville où est né Vasco de Gama. Dans le port, un pêcheur fantasque nous tend des sardines grillées sur une tranche de pain, accompagnées d’un verre de vin servi dans une vaisselle douteuse. Méfiants d’abord, nous devons l’admettre : le poisson est délicieux. Le soir, un festival de gastronomie anime la ville. Nous reprenons des forces avant de mettre le cap vers le sud. Algarve Retour en terrain connu. La grand-voile et le solent nous portent jusqu’à Lagos, où la marina, agréable, offre tous les services nécessaires au bon fonctionnement des voiliers. Mais depuis quelques jours, la chaleur assommante s’invite à bord. Fou de Bassan et son équipage, plus habitués aux brises bretonnes qu’aux fournaises du sud, suffoquent. Depuis Lisbonne, seuls quelques rares mouillages offrent un peu de fraîcheur. Tel celui de Culatra, cette petite île de pêcheurs située dans la lagune de la Ria Formosa, juste en face d’Olhão et de Faro. Elle fait partie d’un ensemble d’îlesbarrières qui protègent la lagune et ses marais salants de l’océan Atlantique. Nous avons adoré ce village de pêcheurs aux barques colorées, où le temps paraît suspendu, et son restaurant de la coopérative qui réunit sans chichi habitants et visiteurs dans une ambiance simple et joyeuse. Le soir, près de l’embarcadère des navettes venues d’Olhão, un orchestre mêle rythmes latinos et portugais devant un public paisible et attentif,

toutes générations confondues. Rien à voir avec les soirées assourdissantes des grandes marinas. Le matin, le village s’éveille au piaillement des huîtriers sur l’estran, à peine troublé par le passage des avions de Faro. Andalousie L’excitation est à son comble lorsque nous atteignons la mythique Cadix. La déception d’être amarrés dans le port industriel, face à un bateau de sauvetage qui fait tourner ses moteurs jour et nuit disparaît vite devant la cité fondée par les Phéniciens tournée depuis toujours vers la mer. Cadix, la ville qui réchauffe les cœurs. Avec sa vieille ville dans laquelle il fait bon flâner, son marché coloré et animé, ses nombreuses places arborées où résonnent les cris des enfants et les conversations joyeuses de la population locale. Une ville qui sort de sa torpeur une fois le soleil couché. Où la vie andalouse s’exprime à travers les portes entrouvertes des immeubles séculaires. Comme ce chœur d’hommes, là au fond d’un garage, tous vêtus de manière décontractée, répétant des mélopées locales, de leurs voix

Bernard Thorens

VUE PLONGEANTE SUR LES ÎLES CÍES DEPUIS LE SENTIER MENANT AU PHARE DU MONT FARO.

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CROISIÈRE chaudes, rythmées, entraînantes, sous l’œil envoûté des passants. « S’il vous plaît, continuez», a-t-on envie de leur dire lorsque la séance s’achève. Mais ainsi va la vie des marins qui doivent poursuivre leur route. La nôtre mène à Tanger, en doublant le cap de Trafalgar, rendu célèbre par la bataille navale éponyme. Nous appareillons à l’aube. La mer est calme et l’humeur légère. Le capitaine chantonne sous voile. Tout se gâte au passage du cap. L’effet de pointe fait grimper le vent, et nous voilà à livrer notre bataille. Vent de face, moteur en marche, courant en notre faveur… mais les hauts-fonds soulèvent des vagues de quatre mètres. Sous cette conjugaison d’éléments redoutable, le moteur gémit, hoquette… – puis s’arrête net. C’est la panique à bord pendant quelques minutes d’éternité. Jusqu’à ce que le capitaine plonge dans la soute pour réactiver le circuit de gazole. Pas question de crier victoire : à deux milles de Barbate, les immenses filets pour la pêche au thon sont déployés. Nous entrons dans le garde-manger des orques. Pourvu qu’elles soient parties chasser ailleurs.

haut, ressemble à un tapis de brocolis. Effet waouh garanti. Enfin, la fenêtre s’ouvre. Nous suivons à la lettre les recommandations pour éviter les orques : longer la côte au moteur, en restant dans la zone des vingt mètres de fond le plus longtemps possible, puis donner un coup de barre de 90 degrés vers Tanger. Dans le DST, le trafic est dense. Par sécurité, nous appelons à la VHF un cargo qui fonce droit sur nous. Ouf, il corrige sa trajectoire. Au loin, la silhouette familière de Tanger se dessine. Nous reconnaissons la marina à ses trois grues jaune, bleue et blanche qui s’élancent dans le ciel azur. L’émotion monte. Trois employés souriants de la marina récupèrent nos amarres: « Bienvenue à Tanger ». Les formalités, elles, prennent plus de temps: contrôle des passeports, fouille du bateau. Ce ballet administratif dure près de deux heures. Deux heures vite oubliées au contact chaleureux des voisins de ponton avec lesquels on échange déjà des astuces tout en se racontant nos traversées. Après huit semaines de navigation, ça y est, nous sommes à Tanger.

Bernard Thorens

Tanger À Barbate, nous guettons avec impatience la fenêtre météo qui nous permettra de franchir les vingt-cinq derniers milles nous séparant de Tanger. Dans le détroit de Gibraltar, les vents s’engouffrent sans répit, d’est ou d’ouest, transformant chaque traversée en défi. À la marina, la chaleur est pénible, le vent nous épuise. Alors, pour patienter, nous marchons sur le sentier bordé de pins maritimes qui mène aux falaises spectaculaires du parc naturel de la Breña. Une canopée qui, vue d’en

Bernard Thorens

Bernard Thorens

LA PLAGE DE RODAS ET SES EAUX TURQUOISE AUX ÎLES CÍES.

SINES, STATUE DE VASCO DE GAMA, NÉ ICI, FACE À L’OCÉAN.

Bernard Thorens

skippers voile & océan

MOUILLAGE PAISIBLE À CULATRA, DANS LA LAGUNE DE LA RIA FORMOSA, AU COUCHER DU SOLEIL.

AU LEVER DU SOLEIL, LES SILHOUETTES INDUSTRIELLES DU PORT DE CADIX SE PARENT D’UNE LUMIÈRE PRESQUE DOUCE.

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Bernard Thorens

CROISIÈRE

DAUPHINS EN CHASSE ENTRE SINES ET LE CAP SAINT-VINCENT.

Turismo de Lisboa

LA TOUR DE BELÉM, EMBLÈME DE LISBONNE, SE DRESSE SUR LES RIVES DU TAGE.

skippers voile & océan

Infos pratiques Orques ibériques : entre fascination et inquiétude À Barbate, nous avons croisé Thomas Le Coz, capitaine du Walrus, la vedette de Sea Shepherd France, en mission pour protéger les orques ibériques du détroit de Gibraltar. Avec son équipage, il sillonne ces eaux pour sensibiliser les navigateurs et navigatrices aux risques d’interactions avec ces animaux vulnérables. Autrefois prospère, cette quarantaine d’individus est aujourd’hui en danger critique d’extinction. Depuis 2020, les orques défrayent la chronique pour leurs «attaques» spectaculaires de voiliers : elles s’en prennent aux safrans, causant parfois de lourds dégâts et, dans de rares cas, le naufrage du bateau. Les recommandations divergent en cas de rencontre: la France et le Portugal conseillent de couper le moteur et d’attendre, l’Espagne de garder le moteur et de fuir. Aucune méthode n’est infaillible : «certaines interactions

Îles Berlengas On peut mouiller à Carreiro do Mosteiro, souvent encombré, ou au pied du fort São João Batista, plus calme et adapté aux voiliers. Escale à privilégier par temps calme, car la houle atlantique rend vite le mouillage inconfortable. Formalités – Marina de Tanger Les formalités peuvent durer plusieurs heures, avec fouille du bateau à l’arrivée comme au départ. Nous avions envoyé nos papiers quelques semaines à l’avance, ce qui a permis d’écourter la procédure. Drones et armes à feu sont interdits et remis aux autorités. Au Maroc, les mouillages sont interdits. La marina, moderne et récente, dispose de sanitaires et se trouve à deux pas de la médina et des commerces. En été, les discothèques voisines résonnent une partie de la nuit. Le vent charrie parfois du sable saharien : il est recommandé de protéger winchs et enrouleurs. Prévoir également des filtres (sédiments et charbon) pour remplir les réservoirs d’eau. Fou de Bassan Équipage : Elisabeth et Bernard Le bateau : OVNI 445, année 2011, chantier Alubat Pour suivre les aventures de Fou de Bassan : foudebassan.com

Conseil Régional du Tourisme Tanger Tétouan Al Hoceima

ARPT Centro de Portugal

Escales atlantiques : Cíes & Berlengas Îles Cíes Avant de jeter l’ancre dans ce paradis classé parc national, il faut obtenir un permis de mouillage à demander en ligne sur iatlanticas.es. L’île de Ons, voisine, se visite sous les mêmes conditions.

NAZARÉ - LA CÉLÈBRE VAGUE GÉANTE DE L’ATLANTIQUE.

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cessent vite, d’autres causent de lourdes avaries. C’est un jeu, explique Thomas Le Coz, mais personne ne sait pourquoi elles interagissent ainsi.» Son conseil : rester près de la côte, sur la ligne de vingt mètres de fond, une zone moins fréquentée. Mais selon les conditions, ce n’est pas toujours possible. Naviguer ici, c’est accepter ce risque… et parfois compter sur sa bonne étoile. Pingers, ces répulsifs acoustiques, et pétards sont à proscrire car cruels et inefficaces. Infos actualisées chaque jour : www.orcaiberica.org/fr

CALME LE JOUR, LA PLAGE DE TANGER S’ANIME AU CRÉPUSCULE.


CHANGEMENT DE VOILE, MÊME CAP MURETTE DEVIENT PANTAENIUS


news SKIPPERS

Skippers Cup 2026

Les Suisses remettent le cap sur les îles Vierges britanniques Du 2 au 9 mai 2026, la plus sympa des courses-croisières retrouvera les eaux turquoises des îles Vierges britanniques.

Texte ) Brice Lechevalier

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et confort. Trois cabines doubles, un intérieur lumineux et de vastes espaces extérieurs offrent un cadre idéal pour une semaine de navigation dans les alizés. Le parcours conduira la flottille vers plusieurs escales emblématiques : Cooper Island, la majestueuse Virgin Gorda, Great Harbour sur Jost Van Dyke ou encore Anegada, avec ses paysages de sable blanc et ses rochers sculptés par la mer. Chaque étape donnera lieu à des moments conviviaux, ponctués de soirées organisées par Skippers.

Nick Rickert

skippers voile & océan

Depuis sa création en 2011, la Skippers Cup s’est imposée comme l’un des rendez-vous privilégiés des navigateurs suisses, mêlant esprit de régate et ambiance de croisière en flottille. L’édition 2026 réunira à nouveau une dizaine de monotypes pour des navigations quotidiennes de quelques heures, avant de rejoindre chaque soir une nouvelle baie. Encadrée par un navire amiral, la flotte évolue en toute sécurité et bénéficie d’une logistique entièrement assurée par l’organisation. Une formule qui séduit d’année en année : les trois quarts des places ont déjà trouvé preneur. Les participants embarqueront sur des Sunsail 41 – la dernière génération du Dufour 41 –, un voilier apprécié pour son équilibre entre performance

Merci à nos sponsors


news

Matt Barnard

Jérôme Kelagopian

DR

SKIPPERS

Matt Briney

Le coût de la participation s’élève à CHF 1’950.– par personne sur la base de six équipiers, incluant la location du bateau, les taxes, quatre soirées et l’intégralité de la coordination. Les inscriptions sont ouvertes auprès de : brice.lechevalier@skippers.ch.

Le récit de la dernière Skippers Cup

Nick Rickert

Et sa vidéo

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CHANTIERS

Dufour 48 ODSea+

Du vent et des watts Le nouveau Dufour 48 ODSea+ ambitionne d’allier sensations sous voile, autonomie énergétique et design contemporain. Une promesse de performance et de confort silencieux, mise à l’épreuve en

François Trégouët

baie de Palma.

CARRÉ MODULABLE, TABLE HEXAGONALE, CUISINE EN PIED DE MÂT, LE 48 S’INSCRIT BIEN DANS LA GAMME DUFOUR.

François Trégouët

Le Dufour 48 marque une étape de plus dans l’évolution souhaitée pour la marque, depuis son intégration au sein du groupe Fountaine Pajot : proposer des voiliers modernes, confortables et accessibles, sans renoncer au plaisir de navigation. C’est l’ADN insufflé au chantier par son fondateur, Michel Dufour, dès ses premiers modèles réputés pour leur comportement marin. Le dessin de ce nouveau 48, confié au tandem Felci et Ardizio se lit dans la volonté d’allier volumes imposants et lignes travaillées. Le bouchain prononcé dynamise le large maître-bau ; le haut franc-bord est affiné par un chanfrein sous le livet tandis que les surfaces vitrées s’intègrent en creux, réduisant l’effet de masse. Le supplément de longueur, associé à un tiers avant volumineux permet même l’installation d’un double bain de soleil à l’avant du mât, sans dénaturer l’allure générale. Mais l’évolution la plus importante, qu’il nous tardait d’essayer, c’est le système ODSea+, développé par Joool, filiale de Fountaine Pajot dédiée aux solutions de motorisation électrique, pour les marques du groupe en particulier et pour le marché en général. Celle proposée sur le Dufour 48 repose sur un moteur électrique de 25 kW, couplé à un parc lithium de 27 kWh, un chargeur 6 KVA et un groupe électrogène. Trois modes sont disponibles : propulsion silencieuse, neutre, et hydrogénération progressive. Ce dernier mode permet de recharger en navigation grâce à l’hélice, avec une faible réduction des performances. Par 16 nds de vent, on observe une production de 1 à 2 kWh pour 0,3 à 0,5 nd de perte. Ajoutés aux 1’100 W de panneaux solaires parfaitement intégrés sur un hard-top

UNE SUITE PROPRIÉTAIRE AVEC VUE SUR MER.

François Trégouët

skippers voile & océan

Texte ) François Trégouët

LES CABINES INVITÉS BÉNÉFICIENT D’UN BEAU VOLUME.

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Jean-Marie Liot

LE STUDIO D’UMBERTO FELCI A DONNÉ DU STYLE AUX FORMES GÉNÉREUSES DU DUFOUR 48.

Jean-Marie Liot


Jean-Marie Liot

CHANTIERS

skippers voile & océan

ON PROFITE DE LA PUISSANCE DU DUFOUR 48 BIEN ABRITÉS DU SOLEIL DE PALMA PAR LE HARDTOP.

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au design soigné, cela ouvre la perspective de navigations quotidiennes sans consommation fossile. La preuve, nous avions plus d’énergie à bord au moment de rentrer au port que lorsque nous avons hissé les voiles, sans que le générateur n’intervienne à quelque moment que ce soit. Cela change réellement la manière de vivre à bord : moins de bruit, plus d’autonomie et une gestion énergétique très lisible grâce à l’interface là-encore développée spécifiquement. Au moteur, la propulsion électrique offre un calme et une précision appréciables, avec 9 nds possibles en pointe. Sous voile, le Dufour 48, comme beaucoup de croiseurs modernes, demande à être mené avec attention. La carène large exige de créer de la vitesse avant de serrer le vent, au risque sinon de n’obtenir ni l’un ni l’autre, surtout dans le clapot. En revanche, dès que l’on accepte d’ouvrir légèrement l’angle, les voiles portent bien, le bateau accélère et trouve une assiette stable. Le plan de voilure, généreux et équilibré, permet de belles relances et un comportement expressif à la barre. Le cockpit, vaste et bien organisé, est équipé de deux barres à roue excentrées, qui libèrent la circulation centrale et permettent au barreur une bonne vision sur les voiles. Le

choix de conserver un monosafran est une option assumée : Dufour revendique une barre précise et vivante, même sur un voilier à vocation de croisière. C’est aussi une signature du chantier dans un marché où le bisafran est devenu majoritaire. La partie avant du cockpit propose deux grandes tables transformables en bains de soleil. À l’arrière, une cuisine d’extérieur est intégrée au tableau basculant qui offre un accès des plus fluides à la baignade. À l’intérieur, la luminosité est omniprésente grâce à 17 hublots, pas moins, dont cinq ouvrants. La cuisine en U occupe toute la largeur à l’avant du carré, ce qui libère un vrai espace de circulation. La table hexagonale offre plusieurs configurations, du repas familial à l’espace de travail ou de détente. La version trois cabines met en valeur la suite propriétaire avant, avec une salle d’eau en deux volumes dont une douche séparée sur tribord. Les cabines arrière bénéficient de la hauteur de franc-bord pour proposer une belle hauteur au-dessus des couchages, facilitant l’accès et renforçant le confort. Le local technique bâbord est modulable selon les souhaits du propriétaire : il peut accueillir une deuxième salle d’eau, une cabine Pullman ou un espace bureau. Dans la pratique, beaucoup y verront un espace de rangement aussi rare qu’indispensable dans cette taille de voilier. La traditionnelle table à cartes disparaît au profit d’un panneau de commande centralisé et d’un écran de gestion du système ODSea+, reflet des usages actuels. Le Dufour 48 ODSea+ propose une approche très cohérente de la croisière moderne : plaisir de barre réel, volumes confortables, autonomie énergétique sérieuse et réduction significative de l’usage du moteur thermique. Une synthèse dans l’air du temps, pensée pour le plaisir de naviguer confortablement avec une empreinte environnementale réduite.


news CHANTIERS

Boot Düsseldorf 2026 : 1’000 bateaux et yachts annoncés Boot Düsseldorf, le premier salon international indoor de la planète annonce « plus de 1’000 bateaux et yachts » dans ses halles, du 17 au 25 janvier 2026. « Après un ralentissement lié au marché, au cours des deux dernières années, nous avons pu tenir des discussions fructueuses avec les fabricants cet été, et nous pouvons nous attendre à une exposition complète et prometteuse en 2026 », annonce le directeur Petros Michelidakis. Un petit air de reprise, donc, pour cette édition qui devrait réjouir les acteurs mondiaux de l’industrie, les observateurs – dont votre magazine préféré – et les milliers d’utilisateurs concernés.

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Texte ) Pierre-Antoine Preti

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Nice Boating Tomorrow : Naissance d’un salon durable « Plus durable, plus innovant, plus accessible et tourné vers l’avenir », voilà le credo de Nice Boating Tomorrow. Ce nouveau rendez-vous nautique international doit se tenir du 19 au 22 mars prochain dans la Cité des Anges. Orienté B to B, cet événement Grand Pavois Organisation prévoit des conférences, des workshops et des tables rondes avec des intervenants internationaux lors de ses deux premières journées. nice-boating-tomorrow.com


news CHANTIERS

Fountaine Pajot s’associe à Fraser Yachts pour le lancement du projet FPY 110 Avec le FPY 110, Fountaine Pajot Yachts ouvre une nouvelle dimension dans l’univers du yachting. Ce yacht de 110 pieds incarne l’excellence et la personnalisation propres à la marque, et bénéficiera désormais d’un partenariat exclusif avec Fraser Yachts pour sa commercialisation mondiale. Une alliance stratégique entre deux experts du luxe maritime, au service d’une expérience sur-mesure et d’un art de vivre unique sur l’eau.

Marc Lombard

« Small is beautiful » : RM lance son 980 Il y a presque quarante ans naissait le RM 900, premier voilier d’une longue lignée. Aujourd’hui, RM perpétue sa tradition de voiliers de taille raisonnable, avec le RM 980. Évolution directe de la course au large, ce nouveau 32 pieds est un condensé des idées du Marc Lombard Yacht Design Group. Habile, aussi à l’aise en croisière côtière qu’en transat, aussi plaisant au mouillage qu’au planning dans une longue houle atlantique, le RM 980 est doté d’un accastillage surdimensionné, d’une coque puissante et d’un gréement performant. Disponible en version biquille ou monoquille, il sait aussi se transformer en plage de soleil et de farniente.

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240 bateaux de tradition à Orléans Du 24 au 26 septembre dernier, le Festival de la Loire 2025 a accueilli « 240 bateaux de tradition et 550’000 visiteurs ». Les lacs alpins étaient à l’honneur, cette année, avec une trentaine d’embarcations ambassadrices, qui ont rejoint les bateaux fluviaux habitués de la manifestation organisée par la mairie d’Orléans.

Anaïs David embarque à l’International Multihull Show Déjà active depuis dix ans à l’International Multihull Show, Anaïs David enfile formellement le costume de Commissaire du salon. Un savoir-faire, une énergie et une expérience précieuse au service des exposants, des visiteurs et de toute l’équipe. Skippers, qui produit le JT officiel du salon des multis, se réjouit de retrouver la nouvelle commissaire du 22 au 26 avril, lors d’une édition dotée d’une toute nouvelle implantation dans le port de La Grande-Motte.


news CHANTIERS

Texte ) François Trégouët

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Nouveau Jeanneau Sun Odyssey 455, un 14 m très efficace Le nouveau Sun Odyssey 455 sera dévoilé à Paris, puis à Düsseldorf. Signé du même duo Lombard/Piaton, il reprend le concept de pont « walkaround », sans marche des passavants au cockpit. Ce dernier fait évoluer la position des winches pour faciliter les manœuvres et libérer les banquettes. Grâce aux deux tables symétriques, la circulation est fluide du grand tableau arrière basculant jusqu’à un intérieur proposé en quatre versions d’aménagements, à même de séduire aussi bien les propriétaires privés que les sociétés de location.

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Elan Yachts se relance avec le SixtyFive Après avoir arrêté sa production au printemps dernier, le chantier slovène Elan Yachts efface tout et recommence. Au programme, une sérieuse montée en gamme, puisque le premier opus en appelle deux autres de 73 et 80 pieds. Coup de maître, ils associent leur cabinet historique de J&J design à Guillaume Verdier (IMOCA Macif Santé Prévoyance, Ultim Gitana, Ferrari Hypersail…). La performance est donc au programme (construction carbone-époxy sous vide post-cuit) mais n’exclut pas le confort.

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Un Salon des Occasions du Multicoque et du Refit record ! Pas moins de quarante multicoques de 38 à 65 pieds ont été exposés du 16 au 19 octobre à Canet-en-Roussillon. En trois ans, le nombre d’unités présentées a plus que doublé. Le salon est devenu un rendez-vous incontournable tant pour les brokers spécialisés que pour les acheteurs et passionnés de multicoques. Mieux, avec une dizaine d’unités déjà vendues ou sur le point de l’être à l’heure de la clôture, et une filière du refit qui se développe, une 11e édition est déjà attendue à l’automne 2026.

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Aquila met les voiles Surprise de la fin d’année 2025, le leader mondial du catamaran à moteur lance une gamme voile! Un 50 pieds est attendu dès 2026, en attendant un 44 et un 60 pieds. Si la vitesse entre les gammes moteur et voile sera plus que réduite de moitié, le niveau de confort reste élevé (climatisation, frigo américain…). Le marché du charter est bien sûr visé avec une version six cabines, mais les propriétaires privés ne sont pas oubliés avec un plan d’aménagement également disponible en quatre cabines.

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CHANTIERS

Excess 13

Un sacré numéro En seulement cinq saisons d’existence et déjà 500 catamarans mis à l’eau, la « start-up » du groupe Beneteau s’est vite imposée sur le marché du multicoque. Mais avec l’Excess 13, c’est une nouvelle étape qui est franchie.

Texte ) François Trégouët Photos ) Yann Riou

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Car après avoir initialement utilisé des moules Lagoon (Excess 12 et 15), puis demandé aux architectes maison de VPLP Design de dessiner des modèles originaux (Excess 11 et 14), le 13 s’émancipe complètement. Son développement architectural a été confié à Marc Lombard Yacht Design Group et son design intérieur à Jean-Marc Piaton. Le résultat est un catamaran innovant où tout est pensé, et souvent pesé, pour se faire plaisir sous voile. Avec seulement 10’600 kg de déplacement et 124 m2 de surface de voile (option Pulse Line), on flirte avec le vent réel (5,7 nds de vitesse pour 6,7 nds de vent réel à 100°) lors de notre court essai en baie de La Grande-Motte. Ligne de pont, couleurs, vitrages, tableaux arrière basculants, gréement, l’Excess 13 détonne, et

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pourrait même séduire des adeptes absolus du monocoque. Ce seront sans doute les plus faciles à convaincre de la pertinence des postes de barre excentrés à l’arrière. La vision sur les voiles y est parfaite et les winches à portée de main. Les manœuvres sont d’autant plus aisées que le rouf court (donc léger) a permis de poser le mât sur le pont, les renvois de drisses et écoutes sont ainsi limités au maximum. Ils restent en contact avec les occupants du cockpit, bien protégés en mer, et rafraîchis au mouillage par d’astucieuses ouïes d’aération pivotantes aux angles du rouf. À l’intérieur aussi le thème de la légèreté, tant réelle que perçue, a été la priorité de Jean-Marc Piaton. Transparence des hublots, arrondis, des menuiseries, meubles hauts flottant au plafond, double fonction de certains éléments (porte, dossier…), équipets textiles. L’Excess 13 est également disponible en version « quatre cabines » avec des aménagements symétriques dans chaque coque.


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Leopard 52

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Le cata branché voile Polyvalent, affûté sous voiles, et disponible en version électrique, le nouveau Leopard 52 se veut particulièrement efficace et séduisant.

intérieur-extérieur sans transition. À l’avant, la porte étanche rassure, tout en favorisant ventilation et circulation au mouillage. Dans l’air du temps, le Leopard 52 peut intégrer jusqu’à 1’600 W de panneaux solaires, un parc de batteries lithium et surtout, en option, une propulsion électrique hybride développée avec Joool. Outre des entrées et sorties de port ou de mouillage totalement silencieuses, ce système peut régénérer de l’énergie pendant la navigation et permet de cuisiner entièrement à l’électricité, ce qui réduit la dépendance au gaz et les risques associés. Avec sa propulsion électrique, sa modularité et son dynamisme sous voiles, le Leopard 52 devrait vite s’imposer comme un catamaran de référence sur le marché très disputé des 50 pieds.

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Pour cette cinquième génération de catamarans développée pour Robertson & Caine par Simonis/Voogd, un important travail a été mené en bassin de carène numérique (CFD) ainsi que sur le gréement pour apporter plus de stabilité et de meilleures performances. Avec un mât plus haut d’un mètre, grand-voile à corne et génois à recouvrement, soit 17 % de surface de voilure en plus, le Leopard 52 peut naviguer sous voile dès 5 nds de vent. Sur le pont, il reste fidèle au poste de barre à mi-hauteur entre cockpit et flybridge. Il concentre toutes les manœuvres et propose une vision panoramique séduisante. À l’intérieur, le Leopard 52 veut être le plus polyvalent possible, avec des versions à trois, quatre, cinq et même six cabines et autant de salles d’eau. Un propriétaire peut entièrement privatiser la coque bâbord avec un accès direct à la mer sur l’arrière, tandis qu’un charter pourra accueillir douze passagers et un skipper. Au fil des ans, le chantier sud-africain a haussé le niveau de finition pour atteindre le haut de gamme. Menuiseries, éclairages, vaigrages, pièces inox, revêtements de sol, tout à bord respire la qualité. Les rangements sont particulièrement nombreux, surtout avec l’option buanderie. Au niveau de la nacelle, on appréciera particulièrement l’ouverture intégrale entre le carré et le cockpit. L’ensemble crée ainsi un espace de vie

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Texte ) François Trégouët

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DR Jean-Marie Liot

LE SALON D’ANNAPOLIS ÉTAIT PARTICULIÈREMENT ATTENDU COMPTE TENU DE L’IMPORTANCE ET DES INCERTITUDES PESANT SUR LE MARCHÉ AMÉRICAIN.

LE NOUVEAU DUFOUR 54 POURSUIT LA POLITIQUE DE MONTÉE EN GAMME INITIÉE PAR LE GROUPE.

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CHANTIERS

Salons d’automne 2025

Une légère adonnante Coup d’arrêt brutal en 2024, printemps morose : les salons d’automne étaient attendus avec autant d’appréhension que d’impatience. Après la frénétique série de Cannes, Gênes, Southampton, La Rochelle, Barcelone ou encore Annapolis,

AVEC PRUDENCE MAIS AMBITION.

Texte ) François Trégouët Dès la clôture du Cannes Yachting Festival, le soulagement était déjà palpable. Si le qualificatif « historique » employé par sa directrice Sylvie Ernoult était un peu fort, c’est qu’il était sans doute à la hauteur de son soulagement. Du côté des constructeurs, le discours se voulait également rassurant, voire offensif. Car, lorsque la situation se tend, il n’y a rien de mieux pour séduire les acquéreurs que de proposer de nouveaux modèles. Ainsi, le groupe Beneteau annonçait neuf nouveautés voile. Mais Bruno Thivoyon, le PDG du groupe, reste prudent et garde le sens de l’humour : « Après cinq années, je ne sais toujours pas ce qu’est une année normale dans le nautisme ! ». Il a très bien intégré, en revanche, que l’industrie est cyclique et que la période est propice pour que Beneteau augmente ses parts de marché. Aussi les marques élargissent-elles au maximum leur offre, Lagoon dévoilant cet automne à la fois le Lagoon 38 et le Lagoon 82. Beneteau étend son offre du First 30, déjà vendu à une centaine d’exemplaires, au First 60, flagship de la gamme attendu cet hiver.

skippers voile & océan

BRUNO THIVOYON, PDG DU GROUPE BENETEAU NAVIGUE

Chez Bali Catamarans, seule la vérité du jour compte. « Today is the new norm », préfère sourire Boris Compagnon, son directeur, dont le plan de développement prévoit une nouvelle unité chaque année. En 2025, c’est le Bali 5.2, destiné à remplacer à la fois le 4.8 et le 5.4, qui sera très bien accueilli, en septembre à Cannes puis en octobre à Annapolis. Le salon américain était d’ailleurs très attendu après la guerre des taxes déclenchée par l’administration Trump. Le DG de la NMMA (National Marine Manufacturers Association), Frank Hugelmeyer, lors du Metstrade Amsterdam, a qualifié 2025 de « saison perdue », avec une baisse de 10 % des ventes attendue. Pourtant, avec 30’000 visiteurs (meilleure affluence depuis 2021), les organisateurs d’Annapolis Sail revendiquent une forte dynamique commerciale. « Le protectionnisme n’arrête pas les acheteurs », explique Romain Motteau, DG du groupe Fountaine Pajot. Les catamarans ne sont en effet pas toujours importés, mais « c’est plus dur sur le monocoque, qui est un marché plus local, sur lequel les gens aiment faire la régate du vendredi soir ou naviguer le week-end près de chez eux », complète-t-il. Avec un salon de Southampton toujours clé pour toucher le marché britannique, un Grand Pavois qui accueille 59’000 visiteurs chez qui « l’on sent l’engouement pour la voile et l’innovation » est toujours présent, note Dufour ; un salon de Barcelone montant en gamme et « stratégique pour le marché méditerranéen », selon Lagoon, l’automne confirme un certain regain de vitalité du secteur, mais le contexte économique et géopolitique reste tendu.

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il semble y avoir quelques raisons d’espérer.

SUCCESSEUR DU MYTHIQUE 380, LE LAGOON 38 VEUT CONQUÉRIR UN NOUVEAU PUBLIC.

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CHANTIERS

Oceanis 52

Le style en mouvement C’est un Oceanis 52 aux influences italiennes, dessiné par Biscontini Yacht Design, qui remplace le 51.1. Sous une ligne classique, des évolutions majeures n’échappent pas à une étude approfondie.

Texte ) François Trégouët Photos ) Julien Gazeau

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Le volume avant gagne beaucoup en espace et le maître-bau se prolonge loin en arrière, au niveau du pont, en tout cas. Car la largeur à la flottaison a été contenue pour favoriser les performances, la stabilité allant croissant avec la gîte jusqu’à trouver l’appui du discret bouchain. Mais la caractéristique la plus innovante de l’Oceanis 52 tient peut-être dans son agencement de cockpit entièrement repensé. Il s’étend des

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bains de soleil encadrant la descente à de cossus sièges de barre dans les balcons arrière, avec une partie centrale très modulaire. Les deux tables libèrent un passage central vers la plage arrière et peuvent s’abaisser au niveau des banquettes pour former de confortables bains de soleil. Les deux profonds safrans permettent un excellent contrôle en navigation, tandis qu’une longue quille à bulbe (2,36 m au lieu de 1,92 m) est proposée en option aux plus sportifs. Ces derniers devront également piocher dans la liste des options s’ils souhaitent des équipements plus performants que le solent autovireur et le mât enrouleur proposés en standard : génois à recouvrement et gréement performance (+ 1,85 m) pour porter la surface de voilure de 94 à 143 m2, par exemple. En option également, un arceau rigide permet de libérer le cockpit de l’écoute de grand-voile tout en servant de support à la capote de rouf. À l’intérieur, les versions d’aménagement varient de trois à cinq cabines doubles et jusqu’à trois salles d’eau, avec toujours un grand niveau de confort. Ainsi la très belle cabine propriétaire avant est une véritable suite : lit rectangulaire (165 cm de large) en îlot, toilettes séparées de la salle d’eau, et de nombreux espaces de rangement. Le carré et la table à cartes en vis-à-vis sont à l’avenant, tandis que la grande cuisine au pied de la descente séduira les marins hauturiers.


news CHANTIERS

Les conseils de North Sails

Hivernage des voiles Julien Monnier, directeur de la voilerie, partage ses bonnes pratiques.

Propos recueillis par Pierre-Antoine Preti

Comment bien stocker ses voiles ? Il faut retirer les lattes des grand-voiles. Pour les voiles roulées (génois volants, reachers), mieux vaut les plier en accordéon le long de la bordure. Même chose pour les spinnakers qui n’aiment pas être chiffonnés… Quels contrôles peut effectuer la voilerie avant l’hivernage ? Nous examinons la voile en détail sur les deux faces. Une petite réparation de quelques centimètres peut parfois éviter une rupture majeure. On vérifie aussi : - les coutures, - la tension des lattes,

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Quels sont les premiers gestes à faire en fin de saison ? La règle d’or, c’est d’entreposer les voiles dans un endroit sec et ventilé. Si les voiles ne sont pas parfaitement sèches, elles risquent de moisir ou de marquer les coutures. - le sanglage des coulisseaux, - la régularité des distances entre le mât et la voile, - les nerfs de chute, - l’exposition aux UV, l’état des bandes anti-UV. On établit également un diagnostic du tissu, sur une échelle de 0 à 100, pour donner au propriétaire une idée claire du potentiel restant et du moment de renouvellement. C’est aussi l’occasion de faire l’inventaire complet, d’ajuster la « boîte de vitesses » du bateau, de compléter le jeu et de profiter des remises sur les travaux d’hiver.


6 Metre JI

Like a Swiss Man in New York Rainer Müller et son tout nouveau Eau Vive terminent deuxième des Championnats du monde. Fin septembre, les meilleurs équipages de 6mJI ont couru à Oyster Bay, sous l’égide du mythique Seawanhaka Corinthian Yacht Club. Le roi d’Espagne Juan Carlos, Dennis Conner, Chris Poole et Dieter Schoen étaient là. Texte ) Nicole Gris Photos ) María Muiña

BORD DE VENT ARRIÈRE VERS MANHATTAN.

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Cette année, pour la première fois depuis 2017, la classe métrique des 6mJI et l’association qui la régit ont franchi l’Atlantique pour poser la jauge et lever l’ancre des derniers championnats courus en Europe : un symbole fort d’ouverture et de renouveau. L’initiative conjointement portée par l’ISMA – International Six Metre Association – et le club hôte visait à répondre aux exigences de « World Sailing » en renouant avec le continent américain. Après une période de réflexion et de consultation débutée il y a deux ans, l’heureux élu est le


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prestigieux Seawanhaka Corinthian Yacht Club, situé à Centre Island (Long Island). Un choix non anodin: un club historique (1871) des plus anciens clubs nautiques de l’hémisphère occidental, accessible depuis Manhattan – un compromis pertinent pour réduire les coûts logistiques tout en assurant un rayonnement international. Le championnat s’est ainsi déroulé du 19 au 25 septembre, avec des entraînements et des régates officielles pour les divisions modernes et classiques, courant sur des parcours distincts.

de près de 5’000 km – ne laissera personne indifférent. Une fois arrivés à Seawanhaka, les bateaux étaient pris en charge pour le stockage et la mise à l’eau au gré des marées. L’une des particularités de ce yacht club réside dans son infrastructure. En raison de forts courants, il n’existe aucun

Un défi logistique pour commencer L’acheminement des voiliers depuis l’Europe et le Canada aura également constitué un défi: que ce soit par cargo en «container» ou remorque et par transporteur routier, chaque bateau possède aujourd’hui une histoire de manutention qui ajoute à sa carrière. Pour nos amis canadiens, la route de Vancouver à New York par la longue et variée cordillère des Rocheuses – d’une distance LA DÉLÉGATION SUISSE À NEW YORK.

6MJI - CLASSE DE VOILIERS DE COURSE CONÇUE SELON UNE FORMULE DE JAUGE INTERNATIONALE PLUTÔT QU’UNE TAILLE FIXE, LE « 6 » REPRÉSENTE LE RÉSULTAT DU CALCUL DE CETTE JAUGE, ET NON LA LONGUEUR DU BATEAU – QUI EST GÉNÉRALEMENT DE 10 À 11 M. VOILIERS TRÈS POPULAIRES, ILS ONT SERVI DE CLASSE OLYMPIQUE ENTRE 1908 ET 1952 TOUT EN ÉTANT LE THÉÂTRE DE NOMBREUSES INNOVATIONS TECHNIQUES.

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VOILE INTERNATIONALE

LE MAGNIFIQUE BÂTIMENT DU SEAWANHAKA CORINTHIAN YACHT CLUB.

À BORD DU BATEAU-COMITÉ.

skippers voile & océan

ponton standard pour l’amarrage des bateaux. D’immenses embarcadères historiques permettent à des vedettes taxis de desservir les mouillages de la passe. Aussi, lorsque toutes les coques sont alignées dans le même sens, le spectacle est digne d’un tableau de marine toujours d’actualité. Le plan d’eau d’Oyster Bay s’est lui aussi révélé redoutable. Reconnu pour sa complexité technique en navigation, il se caractérise par un vent fluctuant aux bascules rapides et souvent haché au gré des couloirs d’air, imposant une finesse de choix tactiques immédiats. L’avantage revenait aux équipages locaux ou aguerris à ces conditions capricieuses typiques des régates américaines côtières. Parmi eux, le ténor du continent Dennis Conner s’est battu ardemment à bord du nouveau bateau de l’architecte espagnol Javi Cela. Épaulé par Chris Poole, grand nom du match-race actuel, il n’a toutefois pas véritablement réussi à rivaliser avec les meilleurs. Au terme d’une âpre lutte, la flotte Open a vu comme champion le nouveau venu Momo II de Dieter Schoen qui accomplit un parcours sans faute après sept manches validées dans un vent instable oscillant entre 6 et 20 nds. Dans les classiques, le titre est remporté par Bribon, barré par Sa Majesté Juan Carlos d’Espagne, qui signe un 4e sacre mondial dans cette catégorie.

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Des Suisses toujours aussi présents dans la classe Côté suisse, l’engagement fut brillant. Eau Vive, de Rainer Müller et dernierné de l’architecte de renom incontesté dans les métriques, Ian Howlett, frôle la victoire. Le projet suisse mené en Angleterre et confié à la barre de l’américain Jamie Hilton démontre combien les 6mJI incarnent aujourd’hui l’équilibre entre héritage, modernité et compétition internationale. Autre projet suisse à relever : l’optimisation de Duclop de Laurence Clerc avec notamment l’ajout d’une quille de nouvelle génération également dessinée par l’architecte Ian Howlett. Barré par un match-racer suisse que l’on ne présente plus – Éric Monnin – l’équipage monte sur la troisième marche du podium des modernes, rappelant ainsi que la classe peut non seulement expérimenter de nouveaux plans mais également revisiter des coques datant de plusieurs dizaines d’années. Ce championnat n’était pas seulement une affaire de glisse et de stratégie : il fut aussi un rendez-vous d’élégance et de convivialité. Au programme : des soirées très habillées au club ou chez des particuliers comme la garden-party déguisée « Bollywood », le barbecue privé pour plus de 200 convives avec de la viande en provenance directe d’Argentine ou encore des moments chaleureux réunissant les équipages autour du club et de ses splendides points de vue sur les mouillages. Au-delà de la régate, c’était une véritable consécration de l’art de vivre de la communauté

DÎNER DE GALA SOUS LA TENTE ÉTOILÉE.

vélique présente à Seawanhaka depuis la fin du xixe siècle. On gardera en mémoire une flotte qui s’élève, des liens transatlantiques renforcés et une classe qui affirme son ambition. Désormais, c’est à l’Europe de montrer l’exemple, mais ce passage aux États-Unis restera comme une étape charnière.

Un Championnat d’Europe à Genève en juillet 2026 L’été prochain, c’est au Cercle de la Voile de la Société Nautique de Genève que revient l’honneur d’organiser le Championnat d’Europe. Avec un Championnat suisse en prologue les jours précédant, il vise à attirer un maximum de participation étrangère. La classe annonce déjà plus de cinquante bateaux attendus, ce qui devrait lui assurer une participation record. À l’image de cette forte communauté, ces événements se veulent à la fois sportifs et conviviaux. Comme de coutume de par le passé, un programme d’excursions et de festivités séduira les amoureux de la série et accompagnants impatients de découvrir Genève. Alors que le yachting évoque fair-play, savoir-vivre et somptuosité, la classe internationale des 6mJI se plaît à conjuguer sa culture à la performance. – Championnat suisse : du 14 au 17 juillet & Championnat d’Europe : du 18 au 26 juillet.


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RAINER MÜLLER, l’homme

DR

qui relie les continents par la mer

RAINER MÜLLER A RELANCÉ LA SÉRIE DES 6MJI, EN PERTE DE VITESSE AU DÉBUT DU MILLÉNAIRE.

Double national suisse et allemand, passionné de voile et collectionneur skippers voile & océan

de 6mJI, Rainer Müller partage sa vie entre la région de Vancouver et

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Versoix. Rencontre avec un homme qui a donné une nouvelle jeunesse à une classe en perte de vitesse au début du siècle.

Propos recueillis par Pierre-Antoine Preti


INTERVIEW

« Acheter un 6mJI, c’est un peu comme entrer dans une famille. On devient gardien d’une histoire, d’un patrimoine. »

Aujourd’hui, vous partagez votre vie entre la Suisse et le Canada. Oui. J’ai commencé à investir au Canada il y a 37 ans. J’y ai de la famille. Je suis promoteur immobilier, spécialisé dans les maisons de retraite. Sur le plan nautique, je suis membre du Royal Vancouver Yacht Club et du Royal Victoria Yacht Club sur la côte ouest canadienne. Mais mon ancrage reste en Suisse. Mon premier club, celui qui compte le plus pour moi, c’est le Club Nautique de Versoix.

María Muiña

Vous êtes né en Allemagne, mais la Suisse n’a jamais été loin… Je suis né dans le sud-ouest de l’Allemagne, à Heidelberg mais avec un domicile au bord du lac de Constance, à Lindau. La Suisse, la France, l’Alsace : tout était proche. Enfant, je passais mes journées sur les rives du lac, face à la Suisse. Mon but était d’aller de l’autre côté! Plus tard, j’ai étudié l’architecture à l’École polytechnique de Zurich. J’y ai vécu, je m’y suis marié, et je me suis senti assez suisse pour devenir citoyen de ce pays.

DES 6MJI SUR FOND DE SKYLINE NEW-YORKAISE.

Et vos premières régates ? À quinze ans, je passais mes étés à Versoix, dans la maison de mon père. C’est là que j’ai fait ma première régate sur un Lacustre. Philippe Durr m’a alors montré le Fireball avec lequel il est devenu champion du monde, et surtout Kim, le 6mJI de son père. Ce fut une révélation.

María Muiña

Comment la passion de la voile est-elle née ? Avant la voile, j’ai découvert l’eau. Dès mes premiers mois, j’étais fasciné ! J’ai commencé par le canoë, puis par des petites yoles allemandes de 5,80 m, les Schwertzugvogel. À quatorze ans, j’avais déjà mon brevet pour le lac de Constance.

EAU VIVE, AU PREMIER PLAN, COQUE VERTE, A TERMINÉ DEUXIÈME DES CHAMPIONNATS

Qu’est-ce que la voile vous a appris ? Beaucoup : la concentration, le leadership, le rapport à la nature. C’est un sport d’expérience, où il faut observer, décider vite, comprendre le vent. Et surtout, la voile m’a apporté des amitiés durables.

plan Fife promis à la destruction. Ce fut mon premier 6mJI, acheté pour le prix d’une remorque ! Depuis, j’ai rencontré des architectes navals, des artisans, des passionnés… J’aime cet univers où l’artisanat et la culture maritime se rejoignent.

Pourquoi cette passion particulière pour les 6mJI ? Au départ, je les voyais comme de beaux objets, un peu comme des voitures de collection. En 2004, un ami m’a proposé de sauver un vieux

Vous avez possédé de nombreux bateaux. Oui, une trentaine en tout, même si certains n’étaient que des projets de restauration. Mon premier vrai 6mJI de course a été Saskia. Nous avons disputé les Mondiaux de Newport, Helsinki, Flensbourg, La Trinitésur-Mer, Vancouver et Cowes. J’ai ensuite navigué sur Gallant, Junior,

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DU MONDE ORGANISÉS PAR LE SEAWANHAKA CORINTHIAN YACHT CLUB.

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INTERVIEW

Thisbe… Chaque bateau raconte une histoire et une époque et cela me fait plaisir de partager ces bateaux avec d’autres passionnés de voile.

Quel est votre rôle à bord ? Je ne barre jamais. Je préfère régler la grandvoile ou le génois ; j’aime observer ce qui se passe autour de moi. C’est une autre façon de participer à la stratégie. Vous avez contribué à relancer la série des 6mJI en Suisse, au Canada. Vous vous attaquez désormais à la côte Est des États-Unis… Oui. Nous avons organisé les Mondiaux à Seawanhaka, sur Long Island, pour redonner vie à la flotte de la côte Est. Grâce à une fondation de voile, les étudiants du Webb Institute et les membres du club peuvent désormais naviguer sur nos bateaux. L’objectif est de recréer une flotte active d’une douzaine de 6mJI là-bas. C’est une aventure collective soutenue par le deuxième club fondé aux États-Unis, celui de Franklin Roosevelt.

« LA VOILE M’A APPORTÉ DES AMITIÉS DURABLES. »

Créer l’émulation Depuis son premier achat, en 2004, Rainer Müller a acquis une trentaine de 6mJI. Mais pourquoi acheter et construire autant de bateaux ? Si l’âme de collectionneur est probablement un moteur dans l’action de ce bienfaiteur de la classe, elle n’est pas le seul motif dans ce fil conducteur. L’autre motivation est de relancer la série des 6mJI, en perte de vitesse au début du millénaire. Contrôler une partie de la flotte, mettre des bateaux à disposition, a permis à Müller de générer une forte émulation dans la classe. En Suisse et en Europe, sur la côte ouest canadienne aussi, mais bientôt également du côté de New York, les 6mJI sont redevenus la coqueluche transatlantique des amateurs de belles voiles. Loin des complexités technologiques de la voile moderne, le temps est revenu de profiter des jauges métriques et de leur cachet. Forte de ce nouveau dynamisme et d’une flotte de 6mJI conséquente, Rainer Müller n’est plus dans l’acquisition. L’objectif est d’inspirer de futurs propriétaires. Ces derniers auront la chance d’être intégrés dans une communauté solide et bien organisée.

Que diriez-vous à quelqu’un qui rêve d’acheter un 6mJI ? Qu’il ne s’agit pas d’un achat comme une voiture, mais d’une entrée dans une famille. Il faut rencontrer les autres propriétaires, chercher le bon bateau, peut-être à restaurer. On devient gardien d’une histoire, d’un patrimoine. Et l’amitié couronne le tout. C’est ce qui rend cette classe si précieuse.

María Muiña

skippers voile & océan

Et en Europe, quel est l’objectif ? Le prochain grand rendez-vous sera à la Société Nautique de Genève pour les Championnats d’Europe. Nous attendons plus de 55 bateaux ! Ce sera l’un des plus grands rassemblements de l’histoire de la série, avec des équipages venus du monde entier. J’espère surtout que ce sera une belle fête, avec de la camaraderie et du fair-play. Nous avons également d’autres projets de préservation de notre patrimoine comme la création d’une Fondation à travers laquelle nous pourrons développer des actions visant à pérenniser notre mission.

DR

Votre dernier bateau, Eau Vive, a brillé aux États-Unis, en septembre. Oui, il a terminé deuxième aux Championnats du monde organisé par le Seawanhaka Corinthian Yacht Club. Ian Howlett, grand architecte naval anglais, en a signé les plans. C’est un bateau très polyvalent, performant dans le petit temps, mais qu’on peut encore améliorer. Certains m’ont dit que j’avais le plus beau bateau ; j’aurais préféré qu’on me dise le plus rapide ! (rires)

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Rolex Switzerland Sail Grand Prix Geneva

Une première édition phénoménale Une collaboration fructueuse entre Genève et le SailGP a permis le succès public du premier Grand Prix suisse de l’histoire de la compétition.

Texte ) Pierre-Antoine Preti Illustrations ) Suzanne De Freitas

Un vent timide mais suffisant Le seul bémol fut météorologique : un souffle d’ouest samedi, un petit Joran dimanche, et deux manches courues en mode archimédien. Julien di Biase, responsable des opérations, préfère retenir le positif : « Nous avons eu de la chance au vu des prévisions. »

Sur le plan logistique, la performance fut remarquable : en une semaine, des centaines de camions ont installé en plein cœur de Genève les bases, les F50 et tous les dispositifs de course. «Nos équipes viennent de 20 à 25 pays différents, toutes ont été impressionnées par la collaboration avec les autorités locales », souligne Julien di Biase. Et après ? À peine bouclée, la première édition suisse du SailGP a immédiatement posé la question de la suivante. «Les spectateurs sont venus de toute la Suisse. Les retours sont excellents. Beaucoup nous contactent pour en savoir davantage concernant

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Des milliers de spectateurs sur les collines, une haie de bateaux sur le plan d’eau, douze ailes de F50 devant le Jet d’eau : les images de cette première édition genevoise du SailGP resteront gravées dans les esprits. Malgré un vent capricieux, le spectacle a été à la hauteur et l’équipe suisse s’est offert un podium à domicile. « C’est très spécial pour moi d’être ici, confiait Russell Coutts. J’ai habité dans la région, mes enfants y sont nés. Nous sommes aussi dans la ville de Rolex, notre partenaire depuis le début. Les tribunes étaient pleines à craquer. » Officiellement limitées à 3’600 spectateurs par jour, elles n’étaient qu’une fraction de l’affluence réelle : des dizaines de milliers de curieux ont profité du relief de Cologny, et des centaines de bateaux spectateurs entouraient le plan d’eau. « Depuis l’eau, chaque pré, chaque jardin était noir de monde, c’était incroyable », notait Tom Slingsby, triple vainqueur australien du SailGP.

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VOILE INTERNATIONALE

d’éventuelles futures éditions. Au SailGP, nous souhaitons revenir. Les autorités genevoises voulaient d’abord tirer le bilan de cette première édition avant de se prononcer pour une suivante. La balle est dans leur camp. Nous espérons que cette première expérience va se pérenniser. » Les Suisses sur le podium Sur le plan sportif, le week-end des Suisses a mal démarré. Un problème de foil bâbord a prétérité la première manche, terminée finalement en cinquième position. Une deuxième et une huitième place complètent le tableau de la première journée de régate. « Ce qui compte, c’est d’être intégré dans la finale », résumait Sébastien Schneiter samedi soir. Ce sera non seulement chose faite le dimanche, mais à la faveur des contreperformances des concurrents directs, l’équipe suisse se paie le luxe d’une pole position aux points à l’issue des cinq manches qualificatives.


La finale se joue alors entre la Suisse, les Australiens et les Allemands. Marqué par Tom Slingsby, Sébastien Schneiter prend tous les risques. Les Suisses anticipent son départ de quelques dixièmes de secondes. De l’autre côté de la ligne, l’équipage allemand d’Erik Heil profite de ce duel pour s’envoler vers sa première victoire en SailGP. La Suisse termine troisième et décroche son deuxième podium après Portsmouth. « Nous savons que nous pouvons gagner des manches et potentiellement un Grand Prix. Il nous faut désormais plus de régularité. La saison prochaine, nous allons devenir des concurrents qui comptent », analyse Schneiter.

Dimanche soir, Boet Brinkgreve, CEO de l’équipe, savourait ce résultat: «Je suis tellement fier de voir comment ils ont navigué ensemble. C’est fantastique d’être montés sur le podium ici, sur le Léman, devant notre public. » Un écrin genevois à la hauteur du SailGP Survolée par l’avion électrique d’André Borschberg, partenaire de l’équipe suisse, la flotte du SailGP a conquis Genève, qui le lui a bien rendu. Genève, le temps d’un week-end, a offert au SailGP un écrin à la mesure de ses ambitions. La fête s’est conclue par une annonce : l’entrée d’un treizième concurrent, dès 2026. Artemis Racing, du milliardaire suédois Torbjörn Törnqvist, sera dirigé par Iain Percy et piloté par Nathan Outteridge. Un mois plus tôt, SailGP avait annoncé avoir atteint son « équilibre financier ». Soutenue depuis le début par le milliardaire américain Larry Ellison, la plus grande compétition mondiale de foilers volera désormais de ses propres ailes.


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À la Marina de Saint-François, les fruits se mangent frais et bien arrosés. Reportage aux arrivées de la Mini Transat, entre fatigue extrême

Vincent Olivaud

et excitation suprême.

Mini Transat

Un ti-punch pour Mathis Bourgnon

MATHIS BOURGNON A D’ABORD ALLUMÉ LE FEU SUR L’EAU AVANT DE RETROUVER SA FAMILLE.

DR

LA SUPERBE FLOTTE DES MINI S’ÉLANCE DEPUIS LES CANARIES, CAP SUR LA GUADELOUPE.

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Vincent Olivaud

DANS LA NUIT ANTILLAISE, MATHIS BOURGNON SURGIT EN TÊTE À LA BARRE D’ASSOMAST ET DEVIENT LE DEUXIÈME SUISSE APRÈS YVAN, SON PAPA, À REMPORTER LA MINI TRANSAT.

Texte ) Grégoire Surdez

30 ans après Un peu à la surprise de tous, sauf de lui-même, le jeune Lausannois d’adoption a surgi dans la nuit antillaise à la barre de son prototype Assomast pour couper la ligne en vainqueur. Trente ans, jour pour jour, après son papa, Yvan, il devient le deuxième Suisse à inscrire son nom au palmarès de cette course pas comme les autres. Aucune communication avec les solitaires n’est autorisée pendant la régate. « Pour les parents, les proches, c’est compliqué, admet Florence, la maman de Mathis, heureuse comme une mère qui retrouve son fils en pleine forme. Je suis contente qu’il soit là, tout simplement. En général, je n’aime pas trop qu’il aille vite. Ces derniers jours, je regardais les classements et les vitesses toutes les quatre heures. Et je me disais : ouh là, ça avance très vite, trop sans doute. Mais au moins, il se rapproche de moi plus rapidement ! »

Avec Yvan, Florence enlace le digne héritier de la dynastie Bourgnon qui tient dans ses bras la petite Léone, sept mois. « Et dire que je voulais qu’il fasse tout sauf de la voile, s’amuse la très jeune grand-maman. Je lui ai tout fait faire quand il était petit et que nous vivions à la campagne. Mais à 17 ans, il a fini par essayer et il a ensuite très vite compris que c’était sur un bateau qu’il s’épanouit le mieux. » Quand on grandit en Normandie, même loin de la mer, la pomme ne tombe pas bien loin de l’arbre. Et c’est à l’ombre de ce père parfois envahissant, lorsqu’il défraie la chronique judiciaire, que Mathis a préparé son coup. Dans le jardin d’Yvan, près de la Trinitésur-Mer, c’est là que le vieux Assomast a passé l’été. Astiqué, nettoyé, toujours pimpant, le Mini a tenu la route mieux que les autres. « J’aime bien aussi l’idée de montrer que l’on peut se préparer différemment qu’en passant par les grands centres de régates comme à Lorient », savoure Mathis. Un moment fort en VHF Une victoire qui a été saluée par tous les observateurs et ses concurrents directs. À commencer par Benoît Marie, dont le foiler, soumis à un traitement de choc, a fini la course sur une patte et avec une coque déchirée. « Quand j’ai croisé devant lui, à une cinquantaine de milles de

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Une arrivée au soleil ! Pieds-nus et en short. Une coupe de fruits frais et surtout, oui, surtout, un ti-punch qui vous scie les jambes. Après des jours d’abstinence, le mélange sucre de canne, rhum agricole et pointe de lime peut avoir des effets redoutables. Peu importe l’heure à laquelle le marin touche terre. À Saint-François, comme ailleurs en Guadeloupe ou en Martinique, on boit « coup-sec ». Cet imaginaire du héros de la mer qui débarque le regard hagard, les cheveux en bataille, les traits tirés après une rude bataille avec les alizés, a nourri des générations de navigateurs. Les récits de nuits festives, de coups de bambous mémorables ont fait le reste. Si un jour je fais de la voile, je ferai des transats pour vivre de tels moments d’une intensité folle. Un retour à terre vers les êtres chers qui vivaient depuis quatorze jours avec comme une boule dans le bas du ventre. Ils en rêvaient, donc. Et la Mini Transat l’a fait. « J’en tremble encore d’émotion de cette arrivée, savoure Mathis Bourgnon, qui a ouvert les feux des arrivées de l’édition 2025. C’est juste un truc de dingue ! »

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PREMIÈRE FEMME EN SÉRIE, ALICIA PFYFFER (10e) A REÇU UN ACCUEIL ROYAL DANS LA MARINA DE SAINT-FRANÇOIS OÙ LES SUPPORTERS SUISSES SE SONT FAITS AUTANT REMARQUER

Vincent Olivaud

Jean-Guy Python

QUE LES NAVIGATEURS.

l’arrivée, on s’est parlé à la VHF et il m’a dit : OK, elle est pour toi Mathis. Bravo, tu le mérites. On s’est parlé de longues minutes et c’était des moments très, très forts. C’est à cet instant que j’ai enfin pris conscience que ça allait pouvoir le faire. Mais jusqu’au bout, j’ai tremblé car mes safrans étaient proches de casser. Ça n’a tenu qu’à un fil. »

de gréement. « J’ai mieux géré ma course qu’il y a deux ans sur bien des aspects, notamment sur le sommeil. Et malgré les galères, je garde en mémoire les instants magiques des levers de lune dans les alizés avec un bateau qui glisse bien. »

Cette amitié, ces liens tissés, qui unissent tous les participants sont la marque de fabrique de cette classe où chacun sait les sacrifices consentis pour en arriver là. « Il n’y a pas de jalousie mais que de la bienveillance et du partage, explique Felix Oberle. A chaque arrivée, on a envie d’être là pour accueillir les copains et savoir comment ils ont vécu leur course, quels choix tactiques ils ont fait, quels soucis ils ont eu. Il faut dire que pendant la course, nous sommes vraiment isolés hormis les quelques contacts que nous avons avec la VHF lorsqu’on se trouve proche de quelqu’un. »

Joshua Schopfer bluffant L’enchaînement des festivités, avec des arrivées qui se succèdent à une cadence soutenue et sans interruption, est presque plus fatigant que la traversée en elle-même. Joshua Schopfer mettra plusieurs jours pour retrouver un semblant de rythme après sa superbe cinquième place en Série, à moins de deux heures du podium. Le Genevois a été accueilli à la tombée de la nuit par ses parents, Helen et Bernard, ainsi que par sa sœur Liliana, et toute la bande de potes ministes bluffés eux aussi par la performance du bizuth qui a longtemps occupé la 2e place, avant de devoir lever un peu le pied suite à un problème d’étai.

Des levers de lune dans les alizés Arrivé quelques heures après Mathis, l’Argovien a lui aussi eu droit à un accueil royal au ponton en présence des cinq concurrents qui avaient déjà quelques ti-punchs d’avance. Sa sixième place en proto est fêtée comme une victoire, lui qui a dû composer avec des soucis de pilote et RÉUNIS EN GUADELOUPE, FELIX OBERLE, MATHIS BOURGNON, ALICIA PFYFFER ET JOSHUA SCHOPFER ONT PARTAGÉ LA BIÈRE DE L’AMITIÉ DANS UN PETIT COIN

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Jean-Guy Python

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DE PARADIS AVEC VUE SUR LA MER DES ANTILLES.

C’est quoi les résultats foot ? Une banane, une orange, un ti-punch. Et les premiers mots ? « C’est quoi les résultats foot ? Ils ont fait quoi ? » Quelqu’un pour lui dire que Manchester United a toujours de la peine ? Éclats de rire sur le ponton, Josh sait se mettre une assemblée dans la poche. La nuit sera longue. La journée suivante également. Jusqu’à l’arrivée de la première femme en Série, Alicia Pfyffer, qui se classe en 10e position. Un résultat probant pour une première transat en solitaire. Ou presque. « J’ai achevé la course avec un oiseau à bord. Il m’a rejoint quand j’étais un peu dans le creux et on a commencé à se parler. Cela m’a remonté le moral et j’ai terminé à fond. Il est encore là, dans le bateau, c’est magique. » « Garçon ! Un ti-punch pour Bibi, lui aussi l’a mérité. »


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LA MINI TRANSAT N’A JAMAIS COMPTÉ AUTANT DE SUISSES QUE LORS DE L’ÉDITION 2025. TOUS SONT ARRIVÉS AU BOUT DE LEUR RÊVE.

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À chaque Suisse sa Mini Transat Entre la victoire en proto de Mathis Bourgnon et la cinquantième place en série de Cyril Coulot, les sept Suisses engagés dans la Mini Transat 2025 ont tous trouvé ce qu’ils étaient venus chercher. Une épreuve initiatique difficile dont on ressort

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forcément grandi.

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Texte ) Vincent Gillioz Disputée en une seule étape – à l’image de l’édition 2013 qui avait porté la flotte directement de Sada (Galice) à Pointe-à-Pitre –, la Mini Transat 2025 s’est jouée sur le seul parcours Canaries - Guadeloupe, en raison de l’ouragan Gabrielle. Les concurrents qui avaient tout donné au début de la première étape pour franchir les écueils stratégiques d’une météo complexe aux premières heures ont été mal payés. « J’avais choisi une option à l’extérieur de la DST, et suis passé de la 17e place à la 6e », raconte Joshua Schopfer sans cacher la déception du moment. « C’est un projet qu’on préparait pour la plupart depuis trois ans et on avait envie d’en découdre. Quand ça s’est arrêté, on était forcément un peu frustrés. » Alicia Pfyffer avait, quant à elle, trouvé son rythme, après quatre premiers jours ponctués de nombreuses difficultés. « On avait passé le pire, avec une traversée du golfe de Gascogne difficile. Je m’étais mise dans le rouge, et je rentrais enfin dans une bonne routine. J’avais fait un choix stratégique intéressant. C’est tombé comme un couperet qui mettait fin à deux ans de préparation. » D’autres, bien que déçus, ont su vivre la situation comme une opportunité pour mieux repartir. « J’étais 5e quand l’organisation nous a dit de nous mettre à l’abri, relève pour sa part Mathis Bourgnon. Mais j’avais pas mal de petits dégâts à bord. J’ai pu tout réparer à Cascais. La décision était juste, mais je reste favorable à laisser les coureurs décider. Cette annula-


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JOSHUA SCHOPFER, 5e EN SÉRIE A SIGNÉ UN REMARQUABLE RÉSULTAT SUR MINGULAY.

anticyclonique qui barrait la route vers le train des alizés. Il a fallu deux jours pour franchir la marque virtuelle située à environ 150 milles au sud du départ, avant de toucher des airs un peu plus musclés permettant de faire route au but. Mathis Bourgnon a tenté une option audacieuse qui lui a permis de recroiser la tête de la course après trois jours. « Il y a eu un effet de groupe, et tout le monde est parti à l’ouest d’El Hierro. J’ai persisté seul à l’est, il fallait tenir le plan et garder le mental, et ça a payé. Je suis ressorti 3e. »

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Compteurs à zéro Après avoir rejoint les Canaries en convoyage, la flotte s’est élancée le 25 octobre à travers l’océan pour un run de 2’600 milles, où le premier arrivé en Guadeloupe devait gagner l’épreuve. La situation a eu le mérite de simplifier la lecture du classement. La première partie a été la plus compliquée, et les concurrents ont dû rester concentrés pour ne pas demeurer dans la dorsale

Arnaud Pilpré

tion relève d’un problème avec la loi française, qui peut rendre l’organisateur responsable en cas de pépin. C’est un peu infantilisant, mais c’est comme ça. » Felix Oberle, fort de l’expérience de la précédente édition dit avoir accepté la sentence avec philosophie : « J’étais préparé à prendre chaque élément comme il venait. J’ai bien sûr trouvé ça un peu dommage, car j’avais pris des risques pour être là où j’étais. Mais j’avais aussi pris confiance en mon potentiel. »

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VOILE INTERNATIONALE

Une course pour tous Tous ces propos rappellent que la Mini Transat reste une épreuve adaptée à tous les profils, régatiers purs et marins en quête d’aventure. Les concurrents relèvent unanimement que le premier exploit est celui d’être au départ, tant le parcours pour y arriver est semé d’embûches. Les sept Suisses engagés cette année ont, en plus du remarquable résultat de Mathis Bourgnon, tous terminé plus ou moins là où ils voulaient être. L’exercice peut donc être considéré comme largement réussi pour chacun.

Jean-Guy Python

Des heures de barre pour Alicia Alicia évoque la routine quotidienne à laquelle elle s’est astreinte, avec des heures de barre définies pour profiter du clair de lune et ne pas s’exposer au soleil aux pires heures. « Je dormais bien, et j’ai réussi à faire ma course, sans me soucier des autres. » Mathis, en bon « Bourgnon », s’est accroché à la barre le plus possible. « Je me suis mis en mode « moine tibétain », une sorte d’état méditatif qui me permettait de sentir le bateau avec tout mon corps, et de barrer de manière presque instinctive. J’ai navigué sans me projeter, sans me disperser mentalement, mais j’ai toujours tout donné, bien au-delà du raisonnable. » Felix Oberle évoque de son côté l’expérience acquise deux ans plus tôt, qui lui a permis de mieux gérer son sommeil et de faire face à la multitude de pépins techniques avec une certaine sérénité. « J’ai mieux abordé les situations difficiles, et réussi à les accepter. Surtout, j’y ai cru jusqu’au bout. » Benoît Alt, qui avait perdu son grand spi dans le convoyage, avait décidé de ne partir qu’avec le médium, afin de ne pas prendre une pénalité de 24 h. « J’ai fait un pari, et deux ans plus tôt, l’Alizé a soufflé tout le temps autour de 25 nds. Ça aurait pu passer… j’ai mis trois jours à accepter, et ensuite j’ai profité, et j’ai fait de mon mieux avec ce que j’avais. Je n’ai aucune frustration, j’ai été dans mes retranchements. Mon expérience d’une précédente édition m’a clairement aidé à aller plus loin. Avec le recul, je pense que j’aurais mieux fait de prendre un nouveau grand spi, avec la pénalité. » Nicolas Schmid, qui signait l’aboutissement d’un engagement de cinq ans dans la classe, a déclaré avoir profité au maximum de sa transat. «J’ai pris beaucoup de retard en quittant les Canaries, et la compétition est passée au second plan. Pour

le reste, ce n’était que du bonheur. Les choses se faisaient naturellement, je me suis vraiment senti dans mon élément. » En queue de peloton, Cyril Coulot, qui a récemment découvert la voile, a finalement poursuivi son apprentissage. « Dix-neuf jours seul, pour la première fois sur ce type de parcours, ça a été compliqué, mais ça reste de super souvenirs. Si je peux repartir, je repars, avec encore plus d’expérience et d’envie de progresser. »

CONTRAINT À PARTIR AVEC SON SEUL SPI MÉDIUM, BENOÎT ALT N’A PAS PU TIRER TOUT LE POTENTIEL DE SON FOILER HADER SOLUTION, ET SE CONTENTE DE LA 18e PLACE EN PROTO.

Jean-Guy Python

skippers voile & océan

Expériences variées Une fois l’obstacle franchi, les voiliers ont enfin mis de l’ouest dans leur route pour profiter de grandes glissades. « On a fait treize jours de surf, en gérant les bascules quotidiennes, a raconté Joshua Schopfer. La difficulté était de mettre le curseur au bon endroit. » Le Genevois évoque l’ascenseur émotionnel avec lequel il a dû composer. « On passe de l’euphorie totale à de grands moments de détresse. C’est assez particulier, mais j’ai réussi malgré tout à garder mon rythme de régatier pendant la majorité de la course. »

NICOLAS SCHMID QUI AVAIT DÛ RENONCER À DEUX ÉDITION FAUTE DE MILLES ENGRANGÉS, A ENFIN PU ALLER AU BOUT DE SON PROJET.

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Jean-Louis Carli

AU LARGE DU HAVRE, LA FLOTTE DES CLASS40 S’EST ÉLANCÉE À L’ASSAUT DE L’ATLANTIQUE DANS DES CONDITIONS EXIGEANTES.

Transat Café L’Or

Une Transat Café L’Or qui a souri aux cadors Les duos Tom Laperche-Franck Cammas (Ultim) et Jérémie Beyou-Morgan Lagravière (IMOCA) ont brillé sur l’Atlantique. Mention très bien également pour Justine Mettraux (5e) pour sa dernière course sur son « vieux » TeamWork - Team Snef.

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Texte ) Grégoire Surdez

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La Route du Café a laissé Jacques-Vabre à quai pour mieux embarquer Café L’Or. Mais une Transat qui change de nom et de partenaire principal ne change pas de nature et doit faire face à la conjoncture. Tous les quatre ans, la plus fameuse des courses en double doit absorber le blues post-Vendée Globe qui sème le doute et le trouble dans la catégorie IMOCA. La reine des classes, celle au sein de laquelle la concurrence et le niveau sportif sont souvent les plus élevés,

a subi de plein fouet l’arrêt (programmé pour la plupart) de nombreux projets. Si quarante bateaux étaient au départ des Sables-d’Olonne il y a un an, seuls dix-huit monocoques de 60 pieds étaient dans le bassin Paul Vatine au Havre. « Une édition sur deux, ça se passe ainsi, explique Justine Mettraux. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le niveau de la tête de flotte sera très haut. » La qualité, plutôt que la quantité. Des cadors plutôt que des amateurs. Et cela, dans toutes les classes représentées dans cette classique du calendrier qui n’aura jamais l’aura d’un Vendée Globe ou d’une Route du Rhum,


Vincent Curutchet

LES ULTIM ONT PROFITÉ DES AIRS POUR S’ENVOLER À PLUS DE 35 NDS VERS LA MARTINIQUE. SVR LAZARTIGUE EST DÉJÀ PARFAITEMENT LANCÉ VERS LA VICTOIRE DU DUO TOM LAPERCHE ET

tant la navigation en solitaire continue de fasciner l’imaginaire. Il y avait pourtant du très beau monde et de magnifiques bateaux sur l’Atlantique en ce mois de novembre où l’autoroute des alizés avait parfois de petits airs d’autoroute des vacances, direction le sud de la France. Entre les 80 Mini, partis de Palma aux Canaries, et la flottille du café qui s’est ébrouée de Normandie avec 42 Class40, 18 IMOCA, 10 Ocean Fifty et 4 Ultim, il fallait presque toujours avoir un œil sur l’AIS pour éviter l’accident bête au milieu de l’océan. « Je me suis fait doubler par une Ferrari », racontera Joshua Schopfer, navigateur suisse, 5e de la Mini Transat, lorsqu’un trimaran de 50 pieds a immortalisé la scène depuis son cockpit.

Intouchables Ultim Loin de cette agitation et de cette circulation digne du périphérique parisien, les Ultim ont été les premiers à couper la ligne des honneurs. Envoyés sur un parcours à leur mesure, qui les faisait traverser deux fois le pot au noir, les plus grands bateaux de course au monde ont démontré une fois encore qu’ils n’évoluent plus du tout dans la même dimension que les autres. Franck Cammas et Tom Laperche, qui ont récupéré le bijou conçu par le jeune retraité du large François Gabart, ont réalisé un récital. Le seul concurrent qui pouvait véritablement lui contester la victoire, Banque Populaire XI (Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse), a été contraint de s’arrêter très tôt dans la course pour une escale technique. Six heures pour changer le safran bâbord esquinté, c’est peu, dans l’absolu. Mais quand les autres filent à plus de 40 nds au large du cap Finisterre, la sentence est irrévocable et vous êtes exclu du jeu.

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Jean-Marie Liot

FRANCK CAMMAS QUI JUBILE À SON ARRIVÉE.

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VOILE INTERNATIONALE

DIGNE HÉRITIER DE SON PAPA, LAURENT, BASILE BOURGNON A LONGTEMPS DANSÉ SUR L’OCÉAN AVEC EDENRED AVANT

Jean-Louis Carli

Jean-Marie Liot

DE DEVOIR LEVER LE PIED SUITE À UNE AVARIE.

ANNE-CLAIRE LE BERRE ET ÉLODIE-JANE METTRAUX, SEUL ÉQUIPAGE 100 % FÉMININ EN MULTICOQUE, ONT RÉALISÉ UNE COURSE DIGNE D’ÉLOGES ET SE CLASSENT 6e.

Remarquable par son design.

Outremer par nature. PERFORMANCE SEREINE

Groupe Grand Large Yachting

Dans un mouchoir de poche Un beau vainqueur, un beau podium. Mais la bataille des Ultim n’aura jamais provoqué de grands frissons avec un scénario presque écrit d’avance. « Trois fauteuils pour quatre », ce n’est pas un film qui tient la route et le spectateur en haleine. Et il en faudra davantage ces prochaines années pour que la classe des Ultim, qui consacre pourtant les plus beaux bateaux capables de maîtriser le vol absolu en haute mer, trouve sa vraie place sur les transatlantiques. Chez les Multi, les 50 pieds ont bien davantage fait parler d’eux. Dans les premières 24 h avec trois chavirages dans la manche qui renvoient aux épisodes dramatiques de la Classe ORMA des années 2000. Et pendant toute la course avec une succession de changements de leaders incessants. Basile Bourgnon, qui étrennait le nouveau Multi 50 Edenred, a été freiné par une avarie au moment où il semblait en mesure de se détacher en tête de la flotte avant d’arriver en cinquième position en Martinique. Le podium des Ocean Fifty résume bien l’intensité de la bataille. Viabilis (1er), WeWise (2e) et Le Rire Médecin-Lamotte sont arrivés dans un laps de temps de moins de trente minutes après


Team

douze jours de course ! Élodie-Jane Mettraux et Anne-Claire Le Berre (Upwind by Mer Concept) ont, quant à elles, réussi une superbe traversée en se classant 6e, moins de 24 h après les leaders. Elles sont également le premier duo 100 % féminin qui accomplit une traversée en course en multicoque Ocean Fifty.

Jean-Louis Carli

Chez les IMOCA, le suspense n’a pas été au rendezvous. Jérémie Beyou et Morgan Lagravière ont réalisé une transat parfaite, utilisant pour la première fois tout le potentiel de Charal 2, la bête de course ultime. Les vitesses moyennes atteintes par les foilers les plus récents donnent le vertige (19,3 nds sur le fond pour Charal, soit mieux que les Ocean Fifty !). Des chiffres qui corroborent les propos de Justine Mettraux qui ne voyait pas comment régater avec ces fusées. « Cinquième, pour une dernière course avec ce bateau TeamWork - Team Snef (ndlr : mis à l’eau en 2017), c’est exceptionnel et c’est ce qu’on pouvait faire de mieux », apprécie la Female Rolex World Sailor of the Year 2025.

POUR SA DERNIÈRE COURSE SUR SON « VIEUX » TEAMWORK - TEAM SNEF, JUSTINE METTRAUX, QUI FAISAIT LA PAIRE AVEC XAVIER MACAIRE, A OBTENU SON MEILLEUR RÉSULTAT EN IMOCA AVEC UNE SUPERBE 5e PLACE.


VOILE INTERNATIONALE

Régates

Voiles de Saint-Tropez 2025 : encore un grand millésime La magie des Voiles de Saint-Tropez a une nouvelle fois opéré sur la 27e édition de la manifestation, lors de laquelle le public a pu voir défiler sous ses yeux plus d’un siècle d’architecture navale, incarné par 245 yachts de tradition, Modernes et Maxi.

Texte ) Servane Dorléans Photos ) Gilles Martin-Raget Plus de 3’000 régatiers ont célébré du 27 septembre au 5 octobre les Voiles de Saint-Tropez, un cru exceptionnel. « Nous avons eu la chance d’avoir de bonnes conditions météo qui ont permis de valider quasi toutes les courses. Mais aussi d’accueillir des bateaux exceptionnels, dont Atlantic, qui est venu pour la première fois. C’était formidable de les voir tous régater », résume Pierre Roinson, président de la Société Nautique de Saint-Tropez.

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Les 81 yachts de tradition ont offert un spectacle d’anthologie. Aux premières loges, sur le môle Jean-Réveille, les spectateurs ont vu défiler les élégants témoins de l’âge d’or du yachting. Parmi eux, Atlantic, réplique du légendaire trois-mâts de Charlie Barr à bord duquel il a battu le record

DÉPART DES CLASSIQUES DEVANT LA TOUR DU PORTALET ET DU VILLAGE DES VOILES DE SAINT-TROPEZ.

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de l’Atlantique en 1905, et Sky (1890), doyen de la flotte. « Nous sommes très fiers d’avoir le plus vieux bateau», sourit Torsten Oemus, propriétaire de Sky. «C’est notre 5e participation. L’an dernier, nous avions cassé notre mât ici donc nous avons débuté la saison à Imperia cette année. » Les Suisses, fidèles au rendez-vous Comme chaque année, les Helvètes ont répondu présents. En Epoque Marconi A, Carron II d’Angelo Mazzarella a signé une belle 6e place. «Les conditions étaient plus que présentes, à part la dernière


L’UN DES PLUS GRANDS RASSEMBLEMENTS DE MAXIS AU MONDE.

LES TROIS-MÂTS ADIX ET ATLANTIC BORD À BORD EN MARGE DU TROPHÉE ROLEX.


VOILE INTERNATIONALE journée où le vent s’est levé trop tard. Le côté parade était magnifique, mais depuis que nous partageons le plan d’eau avec les Modernes, les parcours sont moins intéressants », analyse Jean-Luc Lévêque, fondateur d’Europ’sails qui naviguait à bord du 8mJI. « Il faudrait plus de bords de près et de vent arrière. » À bord de Skylark of 1937, 10e, Chris Bake a vécu sa première participation en tant que propriétaire : « J’aime beaucoup l’atmosphère de la manifestation, la camaraderie sur les pontons est l’essence même de Saint-Tropez. C’était une belle compétition. Nous avons bien régaté même si nous ne nous étions pas entraînés autant que les autres », raconte le Néerlandais, qui réside à Genève. « C’est un privilège de naviguer sur Skylark of 1937, que j’ai acheté l’an dernier. Nous sommes les gardiens de ces bateaux magnifiques, dont nous perpétuons l’héritage. » Oiseau de Feu, monument historique, a, quant à lui, terminé 14e pour sa 14e participation, avec sept Suisses à bord. « C’est toujours très agréable de régater ici, même si la Classe est compliquée pour nous car nous avons un rating très élevé », confie Guillaume Floquet, copropriétaire du bateau. L’organisation songe déjà à « un découpage un peu différent chez les Traditions », comme le précise Georges Korhel, Principal Race Officer, et à une évolution des parcours. À noter que cette année, le Trophée Rolex a mis à l’honneur les Big Boats. Vainqueur de deux courses sur trois, le sloop Cambria s’est adjugé le prestigieux trophée, dont c’était la 20e édition. Du côté des Modernes, la tension a été à son comble toute la semaine. Vesper s’est imposé en IRC 0, décrochant le Trophée BMW. En IRC 3, les

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LE SWAN 65 SAIDA SUR LE PODIUM EN MAXI 5.

LES MODERNES EN LICE SUR LE TROPHÉE BMW.

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LES VOILES DE SAINT-TROPEZ ONT UNE NOUVELLE FOIS FAIT CARTON PLEIN.

Suisses Geyser et Elisado ont terminé respectivement 22e et 28e. «Nous étions déjà venus en 2022. Notre bateau est basé sur le lac de Zurich. Nous participons chaque année à quelques courses en mer ou sur le lac Balaton », explique Hans Hessel, propriétaire d’Elisado. « Cette année, le vent léger a compliqué la donne, surtout sans Code 0 ! » Avec 44 inscrits en Maxis, les Voiles de SaintTropez ont confirmé qu’elles étaient l’un des rendez-vous majeurs pour les grandes unités. Outre la victoire du Wallycento V en Maxi 1 sur le Trophée Edmond de Rothschild, on notera la belle 3e place du Swan Saida en Maxi 5. « J’ai acheté Saida il y a dix ans. Nous avons gagné les Voiles en 2022», indique Jürg Schneider, propriétaire et président du Lucerne Yacht Club. « Le cœur de notre équipage amateur est composé de marins de Lucerne qui se connaissent depuis plus de 30 ans. Les Voiles, auxquelles nous avons participé pour la 5e fois cette année, sont toujours une régate très spéciale pour nous. Nous avons bien débuté avec deux deuxièmes places suivies d’une manche difficile jeudi avec beaucoup de vagues et peu de vent. Nous terminons 3e sur la Classe Maxi 5, premier Swan 65 et le premier bateau suisse de notre classe. L’objectif est rempli ! » Leonore impérial sur le Gstaad Yacht Club Centenary Trophy La 14e édition du Centenary, organisé par le Gstaad Yacht Club en collaboration avec la Société Nautique de Saint-Tropez, a sacré un vainqueur inédit : Leonore. Le Q Class, construit en 1925 sur des plans de Johan Anker, a célébré son centenaire avec l’art et la manière en remportant la régate disputée sur le format Pursuit Race dans une petite brise d’est. Le P Class Olympian (1913), triple vainqueur de l’épreuve (2014, 2019, 2021) et le 15mJI Mariska (1908) ont complété le podium d’une belle édition. « Le Centenary Trophy est l’évènement-phare de notre club. Nous sommes ravis d’avoir réuni 18 bateaux centenaires venus du monde entier. Nous devrions en avoir plus de trente l’an prochain », commente Manrico Iachia, Commodore du Yacht Club de Gstaad.


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VOILE INTERNATIONALE

The Ocean Race Europe

Alan Roura en mode formation Le Team Amaala du skipper genevois a conjugué aventure humaine et formation des jeunes coureurs au large, tous Suisses. L’ÉQUIPAGE DE ROURA POUR LA PREMIÈRE ÉTAPE AVEC LUCIE DE GENNES, FELIX OBERLE, ALAN ROURA ET SIMON KOSTER.

Texte et photos ) Jean-Guy Python Septième au général, le Team Amaala a bouclé l’Ocean Race Europe avec la plus jeune équipe de la flotte et une infinité de moments forts. Alan Roura avait un objectif clair en compagnie de Conrad Colman et Simon Koster : faire naviguer les forces vives de demain. Lucie De Gennes, Felix Oberle, Jessica Berthoud, Guillaume Rol, Rebecca Gmuer, Mathis Bourgnon et Yann Burkhalter se sont relayés à bord. « Sept semaines d’une folle intensité », résume Roura. « J’ai énormément appris pendant cette course, comme skipper en équipage – une première pour moi –, mais aussi en tant que marin, ne serait-ce qu’en multipliant les départs qui sont des phases que l’on ne travaille pas forcément. Là, en sept semaines, j’ai pris autant de départs qu’en deux ans ! », raconte encore Alan.

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L’objectif étant de suivre un processus en vue d’une participation aux prochaines épreuves de The Ocean Race : en Atlantique en 2026, et bien sûr autour du monde en 2027. Un objectif majeur, placé au cœur de ce projet suisse lancé par Alan Roura, Simon Koster et Élodie-Jane Mettraux en 2024. C’est au printemps 2025, après un troisième Vendée Globe bouclé en bon marin, qu’Alan Roura et son équipe ont pu concrétiser le projet, grâce à l’arrivée d’Amaala (sponsor qui développe un complexe immobilier en mer Rouge). Le projet a été opérationnel début août à Kiel, avec le départ de l’Ocean LE JOUR PRÉCÉDENT LE DÉPART DE KIEL, LES CONCURRENTS ONT PROCÉDÉ À DES RUNS DE VITESSE.

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AMAALA AU LARGE DE KIEL PRÊT À SUIVRE UN PARCOURS QUI DEPUIS LA MER BALTIQUE A TRAVERSÉ LA MER DU NORD PUIS LA MANCHE, AVANT D’ENTRER DANS L’OCÉAN ATLANTIQUE, LA MÉDITERRANÉE ET ENFIN L’ADRIATIQUE, POUR UNE ARRIVÉE MAJESTUEUSE DANS LA BAIE DE KOTOR, AU MONTÉNÉGRO.

Race Europe. La première victoire a été de se présenter sur la ligne dans les temps. «Le timing était chaud, mais avec l’engagement de toute l’équipe – marins, préparateurs techniques, communication –, nous avons réussi à être prêts pour le grand départ à Kiel, qui restera dans toutes les mémoires. La parade pour accéder aux bateaux, la foule, puis le départ au reaching. C’était fou ! », raconte Roura.

étape: «À titre personnel, j’ai senti une progression par rapport à la 3e étape. Physiquement, j’ai beaucoup mieux géré, car je m’étais cramé lors des 24 premières heures sur l’étape 3 », expliquait-il. « Là, j’ai mieux respecté les quarts et je me suis senti plus à l’aise dans les manœuvres et les prises de décision », constatait le jeune Bourgnon à l’arrivée de Gênes. Présent sur la 2e étape, le Genevois Guillaume Rol, 27 ans, a vécu son baptême du feu en IMOCA. « On ne va pas dire que tout a été simple.

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Un mélange intense d’émotions Pour ces marins, parfois novices en navigation de nuit, l’expérience de l’Ocean Race a été fondatrice. Malgré un bateau plus ancien et moins rapide, l’équipage jeune et motivé a su séduire le public et surtout prendre du plaisir. Mais l’apprentissage n’a pas été de tout repos: «J’ai vraiment cherché à pousser mes limites, pour arriver à la fin de l’aventure avec l’impression d’avoir mis toute mon énergie, d’avoir tout donné. D’ailleurs, je n’avais plus un seul jour de spare ! », explique Jessica Berthoud après neuf jours de mer, entre Gênes et Boka Bay. Quant à Mathis Bourgnon qui a enchaîné deux étapes, il a pris confiance à bord lors de la 4e LES CANADIENS DE BE WATER POSITIVE (SCOTT SHAWYER) ET LES DEUX BATEAUX SUISSES DU TEAM AMAALA (ALAN ROURA) ET DE HOLCIM-PRB (ROSALIN KUIPER).

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VOILE INTERNATIONALE Mais à chaque fois, on a pu compter les uns sur les autres pour très vite retrouver une bonne dynamique, et ça, sur le plan humain, c’est génial. » Un bilan positif Pour Alan Roura, ce premier exercice est totalement positif et promet de belles perspectives pour le team suisse : « Je suis ravi et tous les marins aussi, parce que tous les objectifs ont été atteints. J’étais hyper content

du casting des jeunes sur cette course. Humainement, ça s’est très bien passé et sportivement, tout le monde a apporté une bonne contribution, et ça, c’était chouette, compte tenu du timing de préparation. Évidemment, on savait que le bateau finirait dernier. Mais globalement, on a plutôt affiché une belle progression, notamment dans le fonctionnement à bord et dans la connaissance du navire. En revanche, on n’avait pas très bien anticipé le changement d’équipage à chaque étape, et donc je devais repartir de zéro à chaque fois. » Et comment se présente le futur d’Amaala? «On a l’impression qu’en Suisse, l’aventure a plu et a été bien suivie. On espère ainsi que des entreprises suisses rejoignent le projet. Mais tous les signaux sont au vert et le bilan est super positif. On est encore en discussion avec Amaala pour le tour du monde en 2027 et mettre vraiment à profit la saison 2026 en vue d’acquérir un nouveau bateau et d’avoir une année complète d’entraînement et de formation afin qu’au départ de The Ocean Race 2027, l’équipage soit expérimenté. »

LE TEAM AMAALA A BOUCLÉ L’OCEAN RACE EUROPE AVEC LA PLUS JEUNE ÉQUIPE DE LA FLOTTE.

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BIOTHERM DE PAUL MEILHAT S’EST LARGEMENT IMPOSÉ AU CLASSEMENT GÉNÉRAL DE L’ÉPREUVE.

SPECTACULAIRE COLLISION AU LARGE DE KIEL AU MOMENT DU DÉPART. HOLCIM-PRB ET ALLAGRANDE MAPEI SE PERCUTENT. RÉSULTAT : COQUE ÉVENTRÉE POUR L’UN, VOILE DÉCHIRÉE POUR L’AUTRE.

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Biotherm domine une course à rebondissements. À partir de la mi-été, les sept équipages ont offert un feuilleton haletant. Dès le départ à Kiel, le 10 août, la tension est montée d’un cran. Dans la lumière rasante de la Baltique, les grands coursiers s’élancent sur cinq étapes à travers l’Europe. À peine franchie la ligne, Biotherm de Paul Meilhat et Team Malizia de Boris Herrmann (avec la Genevoise Justine Mettraux) prennent la tête, lancés à 25 nds sur leurs foils. Derrière, c’est le drame : Holcim-PRB et Allagrande Mapei se percutent. Résultat : coque éventrée pour l’un, voile déchirée pour l’autre. Pas de blessés, mais un retour immédiat au port et une course contre-la-montre pour réintégrer la flotte une semaine plus tard à Portsmouth. Biotherm s’impose au classement général devant Paprec Arkéa et Holcim-PRB. Avec quatre victoires sur cinq étapes (Portsmouth, Carthagène, Nice, Boka Bay) et autant de passages en tête aux « scoring gates », Paul Meilhat et son équipage ont survolé la compétition. Pour Meilhat, la motivation a été totale: «Je voulais vraiment gagner. Ce qui est génial, c’est que toute l’équipe partageait le même état d’esprit. » Le ton était donné dès le début de la saison : The Ocean Race Europe constituait l’objectif numéro 1 du team.


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Swiss Sailing League

Pour ses dix ans, la League s’offre un champion romand

LES RÉGATES SE SONT DÉROULÉES DANS DES CONDITIONS MÉTÉO CHANGEANTES.

Texte ) Pierre-Antoine Preti

Photos ) Kacper et Gwidon Libera

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Cette victoire était déjà écrite dans le grand livre de la Swiss Sailing League 2025. Encore fallait-il tenir le dernier choc ! C’est ce qu’a fait le J70 de l’équipe du Club Nautique de Versoix (CNV), du 3 au 5 octobre dernier, en terminant cinquième d’une finale disputée à domicile. En devançant le Club de voile de Stäfa de Simon Kaiser et le Yacht Club Bielersee de Damian Suri au classement général, Victor Casas et ses équipiers – Romain Defferrard, Benjamin Delaloye et Romuald Hausser – deviennent les premiers Romands à remporter la Swiss Sailing Super League.

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Une victoire à domicile Les régates se sont courues dans des conditions météo changeantes : peu de vent le vendredi et le samedi matin, puis quelques belles manches le dimanche. En terminant cinquième du dernier acte, les locaux n’ont pas brillé à domicile. Mais ils avaient démarré le week-end avec une confortable avance de 25 points, après avoir remporté les trois premiers actes

à Morges, Estavayer-le-Lac et Saint-Moritz (voir Skippers 95 et 96). « Cette année, la Swiss Sailing League était notre objectif principal. Nous avons décidé de conserver une équipe stable, qui se connaît depuis longtemps, sur tous les événements », explique Victor Casas. Les entraînements ont été intensifiés et la formule a payé face à des équipes plus « formatrices », à l’image d’Oberhofen de Stefan Seger, champion en titre, qui termine huitième après avoir embarqué une dizaine d’équipiers différents. Après avoir remporté le Bol d’Or du Léman en Surprise et animé les 5 Jours du Léman, les navigateurs de Versoix s’offrent un titre mérité. Mais si Victor Casas est aux anges avec cette


VOILE EN SUISSE

L’équipe du Club Nautique de Versoix l’emporte aux points, après avoir remporté les trois autres actes du championnat. La fête des dix ans fut belle, à l’image d’un championnat national rempli d’amitié et d’émotions.

TRENTE-DEUX ÉQUIPAGES, SOIT CENT CINQUANTE NAVIGATEURS, SE SONT AFFRONTÉS SUR DEUX RONDS INDÉPENDANTS.

LA QUALITÉ DE L’ORGANISATION DU CLUB NAUTIQUE DE VERSOIX A SÉDUIT LES VISITEURS.

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VOILE EN SUISSE consécration nationale, son regard porte encore plus loin : « Nous avons vraiment envie de performer au niveau européen. Il nous faudra, pour cela, gagner en régularité. » L’équipage de Versoix a terminé septième l’an passé à la Champions League. Du côté de la Challenge League, le Thunersee-Yachtclub des navigateurs olympiques Yves Mermod, Maja Siegenthaler et des frères Ninck s’impose avec 20 points d’avance sur Swiss Racing Sailors et le Club de Voile de Lausanne. Les trois équipes du podium accéderont donc à la Super League en 2026. Très belle organisation du CNV On retiendra également la qualité de l’organisation du Club Nautique de Versoix. Trente-deux équipages et cent cinquante navigateurs se sont affrontés sur deux ronds indépendants, avec des dispositifs dédoublés. Cerise sur le gâteau: le samedi après-midi a été consacré à la sympathique Presidential Race, qui a opposé vingt-six présidents de clubs. La victoire a été remportée par le Regattaclub Oberhofen de Stefan Pulfer devant le Yacht Club Bielersee de Peter Theurer et la Bordée de Tribord - La Neuveville de Lorenz Kausche.

« Je ne m’attendais pas à une organisation aussi énorme, reconnaît Sylvie Maillard, secrétaire générale du CNV et co-présidente de l’événement. C’est notre plus grand événement en 2025. Mais tout s’est fait dans le plaisir et la découverte. » Thierry Maillard, l’autre co-président, tient à remercier les clubs voisins ainsi que la flotte TF35 pour « leur aide précieuse, tant en bénévoles qu’en matériel ». Un bel anniversaire Le récit du week-end ne serait pas complet sans évoquer la célébration des dix ans de la Swiss Sailing League, samedi soir. La fête a rassemblé près de 200 personnes sous une tente. L’occasion de partager une assiette, un moment convivial en toute amitié, mais aussi de prendre la mesure du chemin parcouru par ce championnat national, qui mobilise désormais 45 clubs sur les lacs suisses. C’est le verre à la main, et non sans émotion, que les convives ont salué le départ de Markus Bläsi, rebelle créatif, cheville ouvrière et âme tutélaire de la SSLA.

CE CHAMPIONNAT NATIONAL MOBILISE DÉSORMAIS QUARANTE-CINQ CLUBS SUR LES LACS SUISSES.

Markus Bläsi : « Ces dix années m’ont donné plus que je ne pensais. » Markus Bläsi, comment êtes-vous entré dans cette organisation ? Je suis un Alémanique qui habite au Tessin. En 2015, j’ai reçu un appel de Patrick Zaugg, le président fondateur de la SSLA. Il m’a expliqué que son concept n’était pas encore soutenu par les clubs tessinois. Le projet m’a tout de suite plu, sans que je sache vraiment pourquoi, et je ne l’ai plus quitté depuis.

skippers voile & océan

Que vous ont apporté ces dix années de travail bénévole ? Ces dix années m’ont donné plus que je ne pensais : les émotions de la League, la vie, les amis, les collègues, l’ambiance, la nature, le sport, les victoires et les défaites, la camaraderie, le travail d’équipe, les séparations, les problèmes à résoudre… tout cela ne s’achète pas.

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Quel est votre meilleur souvenir ? Mon meilleur souvenir, ce sont les marins. Certains t’aiment, d’autres te détestent selon les conditions sportives du jour. Tout le monde est là pour gagner. Mais quand tu les regardes ce soir, tu ne vois plus que des gens heureux de partager ces moments ensemble.


TF35

La leçon de vol de Yann Guichard En gagnant trois Grand Prix sur cinq et le Bol d’Or du Léman, Sails of Change 8 a maîtrisé la cinquième saison du TF35 Trophy.

Texte ) Pierre-Antoine Preti Photos ) Loris von Siebenthal Du 10 au 12 octobre dernier, le Grand Prix de Genève avait plutôt mal démarré. Lors d’un entraînement, un refus de tribord de X-Wing détruit l’étrave bâbord de Sails of Change 8. Les deux bateaux sont hors course. Yann Guichard, leader du championnat, ne peut plus disputer la dernière compétition du TF35 Trophy. Le bateau fautif n’est lui-même plus en état. La saison se conclut avec seulement cinq foilers sur la ligne. Une avance providentielle Heureusement pour Yann Guichard, son avance au classement général est suffisante pour absorber ce coup du sort. Avec trois victoires de Grand

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YANN GUICHARD : « C’EST L’ABOUTISSEMENT D’UN GROS TRAVAIL D’ÉQUIPE. »

POUR SA CINQUIÈME SAISON, LA SÉRIE A AMÉLIORÉ SES CAPACITÉS DE NAVIGATION AU-DELÀ DES 16 NDS ET AFFINÉ SON LOGICIEL DE VOL.

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VOILE EN SUISSE

Prix (Mies, Mailly et Crans) et le triomphe au Bol d’Or du Léman, Sails of Change 8 a maîtrisé la défense du trophée conquis en 2024. « C’est incroyable de gagner ce championnat deux années de suite. L’an passé, nous l’avions remporté de justesse lors de la dernière manche. Cette fois, nous avons bataillé sur chaque étape, sans rien laisser au hasard. C’est l’aboutissement d’un gros travail d’équipe », confie le skipper français. Un succès bâti sur un collectif expérimenté : Noé Delpech à la tactique, François Morvan à la GV, Bruno Mourniac aux voiles d’avant, Adrien Mestre sur le pont et Solune Robert à l’embraque. Comme à son habitude, Yann Guichard a navigué avec ses meilleurs lieutenants en provenance du littoral français. Realteam Spirit sur le chemin du retour Absent des podiums cette année, Realteam Spirit a cruellement manqué à la série. Mais sa présence à Genève, en octobre, laissait présager un retour dans le circuit en 2026. L’équipage d’Esteban Garcia et de Jérôme Clerc, occupé par d’autres projets, a néanmoins gagné le Bol d’Or du Léman. La Genève-Rolle-Genève a été remportée d’un cheveu par Ylliam 17 de Julien Firmenich à seulement trois minutes du record historique. Après

trois saisons, le bateau jaune ne cache plus ses ambitions : deuxième du classement général et vainqueur du Grand Prix de Nyon, Julien Firmenich apparaît comme un prétendant sérieux au titre 2026. Le bénéfique effet d’écurie Il n’est d’ailleurs pas le seul outsider à revendiquer le trophée. Après une entrée timide en 2024, Sails of Change 10 a pris de l’assurance. S’il souffre encore un peu d’irrégularité, le TF35 de Duncan Späth est aussi capable du meilleur : Troisième du championnat, en dépit d’un Grand Prix de Nyon raté et d’un Bol d’Or compliqué. Il faut dire que les deux Sails of Change de Dona Bertarelli profitent d’un véritable effet d’écurie. Ils s’entraînent ensemble, échangent des données et des services techniques, et se tirent mutuellement vers le haut.

AVEC LE RETOUR DE REALTEAM SPIRIT, LA SAISON 2026 S’ANNONCE DISPUTÉE. IL Y AURA SEPT FOILERS EN LICE.

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VOILE EN SUISSE

La fracassante entrée de X-Wing Dans le reste de la flotte, la bataille a fait rage entre Zen Too (Guy de Picciotto), Ylliam XIIComptoir Immobilier (Bertrand Demole) et X-Wing (Marco Favale). Les trois équipes ont su se hisser sur des podiums de Grand Prix en 2025. Un signe supplémentaire de l’homogénéité des foilers en présence. Pour sa première saison, X-Wing a frappé fort : podium au Bol d’Or, progression constante et un équipage de mercenaires issus de l’America’s Cup. La prometteuse trajectoire s’est malheureusement interrompue, le temps d’un week-end, sur le flotteur bâbord du vainqueur du championnat.

Une classe homogène et plus fiable Au-delà du classement, cette cinquième saison marque la maturité de la flotte. « Nous avons plusieurs fois navigué jusqu’à 18 nds de vent, explique Bertrand Favre, Série Master. Jusque-là, 16 nds nous semblaient la limite. Aujourd’hui, avec un ris, nous volons dès 10-12 nds. Cela ouvre un nouveau champ de navigation. » Reste à adapter le logiciel de vol à ces nouvelles conditions de haute vitesse. La mise à jour est prévue cet hiver, en même temps qu’un petit travail sur les bords de fuite des foils, qui commencent à accuser leurs cinq saisons de régate. « Une broutille », nous dit-on. Sept foilers en 2026 Les montures doivent être fin prêtes pour l’année 2026. Avec le retour de Realteam Spirit, la saison s’annonce disputée. Il y aura sept foilers opérationnels. Alinghi reste en stand-by et laisse planer un mystère sur l’utilisation du huitième TF35 construit. Le programme de la saison devrait rester relativement identique. Il y aura cinq Grand Prix. La GenèveRolle-Genève sera considérée comme une manche de Grand Prix. Le Bol d’Or du Léman comme une sixième étape à part entière. La nouveauté réside dans l’avènement d’un nouvel événement en automne, du côté de Lausanne. Au niveau des équipiers, il y aura un peu de mercato cet hiver, mais la stabilité règne et le principe restera le même : la flotte entière est professionnalisée.

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Guy de Picciotto clôt vingt-cinq ans de haute vitesse sur le Léman Au Grand Prix de Genève, la cérémonie s’est offerte un moment d’émotion : Guy de Picciotto a annoncé son retrait de la compétition. À 65 ans, le président de l’association des propriétaires raccroche son ciré mais n’abandonne pas l’affaire pour autant : le TF35 Zen Too naviguera la saison prochaine, avec Loïc Forestier à la barre. Démarrée en M2, la carrière vélique de Guy de Picciotto commence dans les années 2000. En 2004, il se lance dans l’aventure des Décision 35 avec un credo très particulier : « Pas de com’, pas de sponsoring et pas d’uniforme. » Il barre dans un premier temps, puis laisse cette tâche à d’autres: Nicolas Berthoud, Stève Ravussin, Franck Cammas et Fred Le Peutrec se succèdent sur le D35. Ce dernier barrera la première saison de TF35 avant de laisser sa place à Loïc Forestier. Guy de Picciotto aura participé personnellement à 128 Grand Prix depuis 2004. Ces vingt années seront aussi celles d’une quête inachevée de ce Sir Lipton lémanique, celle du Bol d’Or du Léman. Gentleman navigateur, de Picciotto s’est souvent comporté en mécène, discret, au service des jeunes, des marins dans le besoin, et de la série dont il préside l’association de propriétaires.

MALGRÉ LA RETRAITE DU PATRON, ZEN TOO NAVIGUERA ENCORE EN 2026.

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ÉDITO CLUBS & CLASSES Retour sur l’Assemblée Générale

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SWISS SAILING TEAM Los Angeles 2028 dans le viseur

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SWISS SAILING ÉDITO

Samedi 15 novembre, les présidents des clubs et des classes m’ont accordé leur confiance et m’ont élu Président de Swiss Sailing. Cette confiance apporte un vent de fraîcheur dynamique qui permet d’avancer de manière ciblée et, je l’espère, portera ses fruits. Je tiens à remercier tout particulièrement toutes les personnes qui ont tenu le cap et dirigé notre Fédération cette année. Anne-Sophie Thilo a assuré la conduite de Swiss Sailing avec prudence et confiance en tant que Présidente ad interim. Irina Jenni et Vincent Boaron, vice-présidents et co-directeurs ad interim, ont garanti la stabilité financière et poursuivi la gestion avec un engagement remarquable. Ils ont mis en place de nouveaux processus modernes qui permettent une évolution transparente et durable. En étroite collaboration avec la Présidente ad interim, Swiss Sailing Team et l’ensemble des collaborateurs, le Comité Central, malgré un effectif réduit, a pu établir des bases solides et attirer de nouveaux membres. Il a été rejoint par deux personnalités majeures du monde de la voile, Thomas d’Estais et Urs Rothacher. La Fédération sort renforcée de cette période de transition, tant sur le plan humain que technique, et poursuivra ses missions avec sens des responsabilités, transparence et esprit d’équipe. L’esprit d’équipe est l’essence de notre action. Il relie performance et passion, tradition et renouveau. Il nous offre la joie que nous partageons tous sur l’eau, portés par le vent, soutenus par l’élément, unis par notre amour de la voile. Au plaisir de faire votre connaissance la saison prochaine sur l’eau, je vous souhaite un bel hiver. Olivier Weber Président de Swiss Sailing

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Chères navigatrices, chers navigateurs,

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Fédération

Une Assemblée Générale sous le signe de la transparence « Est-ce vrai, est-ce bienveillant, est-ce utile ? » C’est par ces trois principes de Socrate qu’Anne-Sophie Thilo a ouvert l’Assemblée Générale 2025, tenue le 15 novembre à Ittigen. L’idée était simple : poser un cadre pour les interventions des 102 clubs et 24 classes présents, au terme d’une année charnière pour Swiss Sailing.

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Swiss Sailing

« Cette année a été intense, mais nous avons tenu le cap grâce à une équipe impliquée », rappelle la Présidente ad interim. « Nous avançons par étape, et l’élan dans la salle montre que la confiance revient. » Les vice-présidents Irina Jenni et Vincent Boaron, également co-CEO ad interim, ont joué un rôle important. «C’est réjouissant de voir que le travail accompli ces six derniers mois a été reconnu », souligne Vincent Boaron. Leur engagement au côté de l’équipe du bureau a permis de fournir un travail de qualité ce dernier semestre qui a été reconnu lors de l’assemblée. L’élection d’Olivier Weber à la présidence a été l’un des moments clés de cette édition. Juriste, expert fiscal, passionné de voile depuis son plus jeune âge, il arrive avec une vision structurée. « Je veux rassembler, stabiliser et communiquer plus clairement », explique le membre du Cercle de la Voile d’Estavayer et du Zürcher Yacht Club. «Les clubs doivent sentir qu’on avance ensemble. L’énergie est là, il faut maintenant l’aligner. Je veux montrer que nous travaillons tous avec le même but. La voile est un sport fantastique qui mérite ce travail en coulisse. La majorité des gens qui travaillent pour Swiss Sailing sont des bénévoles, il est important d’avoir une ambiance de travail positive. »

OLIVIER WEBER PRÉSENTE SA VISION, DANS LA CONTINUITÉ DE CE QUI A ÉTÉ MIS EN PLACE PAR LE COMITÉ CENTRAL CES DERNIERS MOIS.

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Texte ) Sophia Urban


SWISS SAILING CLUBS ET CLASSES

Dans l’interview accordée juste après son élection, il revient sur son engagement associatif de longue date, sur son parcours de navigateur et sur ses priorités immédiates. « Nous devons engager rapidement un nouveau directeur et renforcer la coordination avec Swiss Sailing Team. Par ailleurs, à plus long terme, une médaille olympique serait la meilleure vitrine pour notre sport, comme nous l’avons vu avec Swiss Rowing. Plusieurs régions s’investissent déjà pour offrir un cadre idéal aux jeunes, comme sur le Léman autour de la Société Nautique de Genève ou dans la région 5 avec le Zürichsee-Segler-Verband et ses coachs professionnels. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres régions. » La saison sportive a aussi été mise en valeur, avec la distinction historique de Justine Mettraux aux World Sailing Awards. « Quelle fierté pour notre nation et notre sport ! », confiait Anne-Sophie Thilo. « Je me réjouis de continuer à construire l’avenir de notre fédération et de nos sports avec

nos nouveaux collègues. Au terme de cette assemblée, je sens un vrai élan constructif. Tout a été présenté avec transparence et de belles choses se présentent pour 2026. Le focus sera mis sur la digitalisation, des événements de valorisation et un objectif clair de fédérer et créer l’échange entre régions. Parmi d’autres ! » La standing ovation des membres adressée au Comité Central et au bureau à la fin de la présentation a montré la reconnaissance envers l’équipe et le travail accompli ces derniers mois. L’émotion était palpable, en particulier pour Anne-Sophie Thilo, qui quittait la présidence ad interim après une année dense.

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Los Angeles 2028 dans le viseur

Cap sur la prochaine échéance olympique Le chemin qui sépare les athlètes des Jeux olympiques 2028 à Los Angeles est encore long. Pour mettre toutes les chances de son côté, le Swiss Sailing Team (SST) pose d’ores et déjà les jalons pour cette prochaine échéance. Parallèlement, les projets de World Sailing se précisent.

Texte ) Lori Schüpbach Bonne nouvelle pour la voile suisse : tous les athlètes helvétiques engagés aux JO de Paris 2024 ont décidé de repartir pour une nouvelle campagne olympique. À Marseille, la Suisse était représentée dans cinq des dix séries en lice : Maud Jayet (SNG) en ILCA 6, Elena Lengwiler (SKA/ GYC) en Formula Kite, Sébastien Schneiter (SNG) et Arno de Planta (CVV/ SNG) en 49er, Yves Mermod et Maja Siegenthaler (TYC) en 470 mixte et Elia Colombo (CVLL) en iQ Foil. Dans un sport où l’expérience pèse lourd, cette continuité constitue un atout majeur. Cerise sur le gâteau, la relève pointe déjà le bout du nez, empêchant les cadors de se reposer sur leurs lauriers. Il n’est pas impossible de voir des jeunes décrocher des quotas

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LE 470, DEVENU MIXTE APRÈS LES JEUX DE TOKYO 2020, SUSCITE TOUJOURS BEAUCOUP D’INTÉRÊT CHEZ LES NAVIGATEURS SUISSES.

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SWISS SAILING SWISS SAILING TEAM

LES CINQ CLASSES REPRÉSENTANT LA SUISSE À PARIS SONT RENTRÉES AVEC CINQ DIPLÔMES OLYMPIQUES.

MAUD JAYET A SIGNÉ LE MEILLEUR RÉSULTAT DE LA DÉLÉGATION SUISSE AUX JEUX 2024, TERMINANT 4e.

la régate de repêchage prévue n’y change rien. Notre objectif, à ce stade, est d’arriver à Los Angeles avec une délégation légèrement plus étoffée que celle de Paris 2024. » Le règlement de sélection définitif doit encore être établi en concertation avec Swiss Olympic. Il ne fait pourtant aucun doute que le SST mettra tout en œuvre pour aligner une équipe capable de viser le podium. En 2028, cela fera exactement soixante ans que la Suisse a remporté sa dernière médaille olympique en voile... World Sailing ajuste ses formats Après les régates olympiques 2024 disputées au large de Marseille, la question de la télégénie de la voile est revenue sur le tapis. Le Comité international olympique (CIO) souhaite des épreuves capables d’offrir un final à suspense, une sorte de point culminant plus facile à intégrer dans les grilles des chaînes détentrices des droits TV. Entre l’imprévisibilité du

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Premier objectif : qualifier la Suisse Petit rappel : comme pour chaque édition des Jeux, la première étape consiste à obtenir des places de quota pour qualifier la nation, à savoir la Suisse, dans la classe respective. Une fois ce cap franchi, place aux sélections individuelles. Les premières places de nation seront attribuées lors des Championnats du monde des classes olympiques qui auront lieu durant l’année préolympique. À noter que, pour la première fois, ces mondiaux combinés seront scindés en deux volets. En janvier 2027, les monotypes solitaires (ILCA, planche à voile et kitesurf) se retrouveront à Fortaleza, au Brésil. L’été de la même année, les équipages en double (49er, 470 et Nacra 17) s’affronteront à Gdynia, en Pologne. Le nombre de places disponibles par classe n’est pas encore défini, mais une chose est sûre : ces deux rendez-vous constituent une priorité absolue pour le Swiss Sailing Team. «L’expérience montre qu’il est essentiel de figurer dans le haut du panier de ces premières épreuves de qualification pour se mettre en position favorable », explique Christian Scherrer, directeur du SST. « Pour les équipes européennes, la bataille pour les places continentales est toujours très serrée,

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pour Los Angeles 2028 dans d’autres séries, notamment en ILCA 7, Formula Kite hommes ou Nacra 17.

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SWISS SAILING SWISS SAILING TEAM

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quarts, demi-finales, finale. Toujours par groupes de quatre, deux passent à chaque tour. Les deux meilleurs des qualifications accèdent directement à la finale, avec un point de bonus pour le leader. Le titre olympique revient au premier à atteindre deux points.

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Selon une enquête en ligne effectuée par World Sailing, les athlètes restent globalement peu convaincus par ces nouveaux formats. Il n’en demeure pas moins que la voie semble tracée. Après les discussions menées dans le cadre de la Conférence annuelle de World Sailing à Dun Laoghaire (IRL) début novembre, il a été décidé de poursuivre les tests jusqu’au printemps 2026, avant qu’une décision définitive ne soit prise. L’été prochain, nous saurons quel format déterminera l’attribution des médailles aux JO de Los Angeles 2028.

LA KITESURFEUSE ELENA LENGWILER ET LE DUO 49ER SCHNEITER/DE PLANTA SONT AUSSI DES SÉRIEUX CANDIDATS POUR LOS ANGELES 2028.

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vent et la diversité des formats, le défi est de taille. World Sailing tente donc, à travers plusieurs ajustements, de rendre les régates plus dynamiques et médiatiques. Deux mesures principales sont à l’étude: des manches plus courtes et une finale qui départagera les équipages. Cette dernière option bouscule la tradition, à savoir des séries longues avec des résultats à biffer, censées couronner les plus réguliers dans toutes les conditions météo et sur la durée. Petit bémol, il est rare que le vainqueur de l’ultime manche remporte aussi le titre. Pour maintenir le suspense et garder les téléspectateurs devant l’écran jusqu’au bout, on peut faire mieux. Le format proposé par World Sailing, et testé lors des Championnats du monde des 49er en octobre dernier à Cagliari (ITA), prévoit la procédure suivante : le dernier jour, les vingt meilleurs équipages à l’issue des séries disputent une course en flotte arbitrée (« umpired fleetrace ») permettant d’éviter toute contestation ultérieure et d’actualiser le classement en direct. Puis vient une finale «the winner takes it all» où les quatre premiers s’affrontent pour l’or. Le vainqueur de cette ultime manche est sacré champion olympique. L’argent et le bronze sont attribués selon le classement général avant cette dernière course. Ainsi, si le leader de la série échoue en finale, il est au moins assuré de terminer deuxième. En planche à voile et en kitesurf, les huit premiers après les qualifications s’affrontent dans un système à élimination directe : repêchage,


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Focus

Thierry Verhulst

Texte ) Sophia Urban

GKA World Tour

Une saison active dans toutes les régions Alors que la saison est terminée, nous avons souhaité revenir sur les moments forts de 2025. Puisqu’il nous est impossible, en tant que Fédération, de sélectionner nous-mêmes ces temps forts, nous avons laissé la parole aux régions. Puisque ce sont eux, les représentants de chaque région et les clubs, qui permettent à autant de passionnés de pratiquer la voile en Suisse ! Nous vous invitons à découvrir les récits des quatre coins du pays sur notre site internet: swiss-sailing.ch

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Peter Frisch habille les marins suisses Peter Frisch poursuit son engagement en faveur de la voile internationale de haut niveau et prolonge son partenariat éprouvé avec Swiss Sailing Team jusqu’aux Jeux olympiques de 2028. Le partenariat est désormais étendu à l’association faîtière nationale Swiss Sailing. Distributeur exclusif de marques haut de gamme telles que Zhik et Musto, l’entreprise poursuit un objectif clair: offrir le meilleur soutien possible aux athlètes suisses sur la voie du succès olympique.

Anne-Sophie Thilo, un engagement précieux Dans une phase sensible pour la Fédération, Anne-Sophie Thilo a repris ce printemps la présidence ad interim avec une implication remarquable. Olympienne, communicante et figure unanimement reconnue pour son sens du collectif, elle a apporté une direction stable, ouverte et fédératrice. Elle a assuré la continuité accompagnée des vice-présidents Irina Jenni et Vincent Boaron, qui ont partagé depuis cet été le poste de CEO au bureau d’Ittigen. Avant de transmettre la barre au nouveau président Olivier Weber, elle a mené Swiss Sailing vers un objectif clair avec une disponibilité très appréciée. La Fédération la remercie chaleureusement pour son engagement. Nicolas Jutzi

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Les kitesurfeurs suisses à l’honneur En cette fin de saison, les kiteuses et kiteurs suisses ont brillé sur le plan international. Andrea Zust a défendu son titre de championne du monde Hydrofoil Big Air à Abu Dhabi, alors que Maxime Chabloz a terminé troisième des mondiaux GKA de Kite Freestyle au Brésil. Une belle récompense pour ces deux athlètes talentueux qui représentent fièrement la Suisse au plus haut niveau !

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INTERNATIONALES Texte ) Pierre-Antoine Preti

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Les Sportsboat Winter Series ont démarré à Monaco C’est le rendez-vous mensuel hivernal qui mène à la Primo Cup – Trophée UBS du 5 au 8 mars prochain. Organisés par le Yacht Club de Monaco depuis 2013, les Sportsboat Winter Series rassemblent aujourd’hui 25 J70 au cours de l’hiver. Au fil des ans, la dynamique Monaco Class Association reçoit de plus en plus d’équipages étrangers pour ces joutes qui profitent des airs réguliers de la baie. Vingt-cinq équipages, de sept nationalités, sont en lice. Entamée au début du mois de novembre, la saison d’hiver verra le local Piccinina (Stefano Roberti) défendre son titre face à de prestigieux adversaires comme Euro-Voiles, G-Spot, Fraser Yacht ou Moonlight II.

long terme. Rappelons que la 38e America’s Cup Louis Vuitton doit se courir à Naples en 2027, sous l’égide du Defender néo-zélandais emmené par Grant Dalton.

Martin Messmer

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American Magic ne participera pas à la 38e America’s Cup « Aujourd’hui, les conditions ne sont pas en place pour engager American Magic dans la 38e America’s Cup », a déclaré Doug DeVos, directeur d’équipe. C’est la sortie d’un concurrent qui compte. La 38e édition annonçait la signature d’un partenariat entre Defender et challengers permettant une gouvernance plus partagée et des objectifs communs à

Ricardo Pinto

Dominik Frey

DR

Justine Mettraux nommée marin de l’année par World Sailing « Rolex Female World Sailor of the Year ». Voilà le prix reçu par Justine Mettraux au début du mois de novembre. La navigatrice était à bord de TeamWork-Team SNEF en train de finir la Transat Café l’Or lorsque la nouvelle est tombée. C’est la première fois qu’un citoyen suisse, tous genres confondus, est honoré par les World Sailing Awards. Ce titre récompense son Vendée Globe 2024, bouclé à une superbe 8e place, en tant que recordwoman de l’épreuve. Son nom, choisi par un vote combiné du jury et de plus de 17’000 votants, rejoindra donc ceux d’Isabelle Autissier, d’Ellen MacArthur ou de Carolijn Brouwer dans le Hall of Fame des femmes marins mondialement récompensées. Charlie Dalin a également été distingué chez les hommes ainsi que Team New Zealand pour la meilleure équipe.


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INTERNATIONALES

Balthasar remporte la Rolex Middle Sea Race C’est Balthasar qui remporte la 46e édition de la Rolex Middle Sea Race en temps compensé. Skippé par le Belge Louis Balcaen, le Mills 72 a également profité de l’expérience de Bouwe Bekking : « Les douze premières heures ont été brutales, mais nous avons tenu bon et sommes restés patients », a raconté le tacticien hollandais à l’arrivée. Une stratégie gagnante puisque aucun autre bateau n’a pu égaler le chrono en temps compensé IRC. Les honneurs de la ligne ont été attribués au bateau monégasque Reichel/Pugh Black Jack 100, propriété du Hollandais Remon Vos et skippé par Tristan Le Brun.

Ian Roman

Don McIntyre

La Mini Globe Race 2025 revient en Atlantique Malmenés dans le courant des Aiguilles, à l’heure où nous écrivions ces lignes, les 11 solitaires de la McIntyre Mini Globe Race 2025 faisaient cap sur Durban. Capucinette, de Renaud Stitelmann, tient toujours bon la tête de course, à l’heure du retour en Atlantique. Les plus petits bateaux de course autour du monde (5,80 m) devraient franchir le cap de Bonne Espérance à la fin du mois de décembre. Une route épique avec des fortunes de mer diverses, à l’image du vénérable concurrent australien Eric Marsh, arraché à son bateau par une vague scélérate. Le skipper de 72 ans a été traîné par sa laisse à une vitesse de 5 à 6 nds avant de réussir miraculeusement à remonter à bord (voir image).

Éric Monnin : un espoir suisse aux championnats du monde de match racing Fort d’une quatrième place à la Bermuda Gold Cup, fin octobre, Éric Monnin et son équipe vont mettre le cap sur la Chine pour les championnats du monde de match racing, à Shenzhen, du 6 au 11 janvier 2026. Vainqueur, cette année, de la 60e Congressional Cup, la meilleure équipe suisse de match racing figure désormais au 10e rang mondial du World Match Racing Tour. Une place qui lui garantit un ticket pour défier l’élite lors de la grande finale de saison.


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NATIONALES Texte ) Pierre-Antoine Preti

SP80 : cap sur la Namibie Au revoir Leucate. Bonjour la Namibie ! Après deux ans de mise au point en Méditerranée, l’équipe SP80 a mis le cap sur Walvis Bay, en Namibie. Déjà classé parmi les cinq voiliers les plus rapides au monde, avec des pointes de vitesse à 108 km/h (58,2 nds), le SP80 va désormais viser l’actuel record du Vestas Sailrocket 2 de Paul Larsen, soit 121 km/h (65,45 nds). Mayeul van den Broek, CEO et pilote du SP80, a déclaré: «nous avons aujourd’hui un bateau abouti avec un réel potentiel de vitesse, et la campagne en Namibie pourrait marquer la concrétisation de plus de sept ans de travail, avec un record à la clé. »

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Un Suisse sur le podium des Worlds 2,4 MR À la mi-octobre, 56 bateaux de la classe 2,4 MR, de 17 nations, se sont donné rendez-vous à Malcesine, dans le cadre d’une Coupe du monde dite « inclusive ». Ce dernier terme signifie la possibilité, pour des personnes en situation de handicap, de naviguer au sein de la flotte tout en profitant d’un classement dédié (voir p. 96). La compétition a sacré deux champions, l’Américain Jeffrey Linton dans la classe ouverte et l’Italien Antonio Squizzato dans la classe des personnes en situation de handicap, par ailleurs cinquième au scratch. Le Suisse Urs Infanger (photo) a terminé troisième au classement général.

Richard Mardens

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C. Etorre

Guillaume Fischer

Oliver Heer bataille pour boucler son budget Fort de ses 99 jours autour du monde, le premier marin suisse-allemand à avoir terminé le Vendée Globe est à la recherche de fonds. Douze mois plus tard, Oliver Heer et son équipe travaillent sans relâche pour trouver les moyens de s’engager sur The Ocean Race 2027 et sur le Vendée Globe 2028. « Les gens voient les vagues, le vent et l’aventure », dit Heer. « Mais ce qu’ils ne voient pas, ce sont les années de travail acharné et d’engagement pour arriver à la ligne de départ.» Selon un communiqué de son équipe, Oliver Heer envisage ses prochains défis à bord d’un foiler. « Deux nouveaux sponsors suisses » auraient rejoint les partenaires historiques déjà en place. Mais le budget du marin de Rapperswil-Jona n’est pas encore finalisé. Une équipe a été réunie pour l’aider à atteindre son objectif.


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NATIONALES

Gitana 18

La naissance d’un géant Le Maxi Edmond de Rothschild, 28e unité de la lignée des Gitana, veut « redéfinir les codes de la voile volante ». DR

La 28e unité de la lignée des Gitana, née sur les bords du Léman en 1876, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild, a été révélé le 3 décembre dernier, dans sa base de Lorient. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 50’000 heures d’études et 200’000 heures de construction ont été nécessaires pour donner naissance à ce multicoque de 32 m de long pour 23 m de large. Le projet a été initié par Ariane de Rothschild. Assemblé chez CDK Technologies et doté d’un mât construit chez Southern Spars (NZL), Gitana 18 a été dessiné par l’inévitable Guillaume Verdier, Benjamin Muyl et le bureau d’études Gitana. Au cours des deux années de chantier, le beau bébé a vu plus de 200 intervenants se relayer autour de son berceau. Bourré de capteurs, l’engin comprend 6 plans porteurs (2 foils, 1 dérive centrale à aile de raie, 2 safrans de flotteurs et 1 safran de coque centrale) qui devraient lui permettre de s’arracher du mode archimédien dès 12 à 13 nds, soit 2 à 3 nds de mieux que son prédécesseur, Gitana 17. La barre de Gitana 18 sera confiée à Charles Caudrelier, qui entend bien franchir une nouvelle étape dans la connaissance du vol océanique. Gitana 18 «incarne un état d’esprit avec la volonté affirmée d’oser et d’innover, de repousser les frontières et de redéfinir les codes de notre discipline », annonce le Team Gitana. Le travail commence aujourd’hui. Il y a du pain sur la planche. Il y a fort à parier que la mise au point d’un tel géant, que l’on se réjouit de voir naviguer, ne va pas être de tout repos.

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Julien Champolion

Guillaume Le Corre

Texte ) Pierre-Antoine Preti

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NATIONALES

Texte ) Walter Rudin

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J70 SM : Team Zeltner sacrée championne suisse de la classe reine Swiss Sailing décerne chaque année un titre national dans plus de vingt classes. Toutes n’ont pas le même prestige aux yeux des participants et du public, mais s’imposer en J70, c’est décrocher le Graal. Dans aucune autre classe le niveau n’est aussi relevé. Les excellentes performances des équipages suisses sur la scène internationale en témoignent. Malgré les restrictions liées à la moule quagga, 32 bateaux venus de tout le pays se sont retrouvés à Brunnen pour le championnat suisse organisé par le Regattaverein Brunnen. L’élite suisse était quasiment au complet, à une exception près : Victor Casas, membre du CN Versoix et vainqueur de la Sailing League, n’a pas pu se libérer pour défendre son titre. Dans les belles conditions offertes par le lac d’Uri, trois manches ont pu être disputées dans un vent d’ouest mollissant, suivies de quatre magnifiques courses le samedi. Le dimanche, en revanche, le vent était aux abonnés absents.

seulement des équipages qui s’affrontent sur des quillards, mais également des jeunes en dériveurs et les enfants en Optimist. Ce qui rend l’événement encore plus remarquable : les prix remis aux clubs sont exclusivement destinés à la promotion de la relève. Dix-huit équipages issus des clubs de la région 5 (lacs de Zurich, de Sihl, de Greifen et de Pfäffikon) se sont retrouvés cette année au Yacht Club de Zurich. Comme le veut la tradition, ils se sont affrontés sur trois parcours distincts : les enfants en Optimist, les jeunes sur Melges 15 et l’élite sur les mOcean mis à disposition pour l’occasion. Fidèle à sa réputation, le lac de Zurich s’est montré capricieux. Le vent s’est fait rare et changeait fréquemment de direction. Ce n’est qu’au troisième jour qu’une petite brise a permis de lancer les manches nécessaires à la validation de la compétition. Le Segelclub Thalwil a su tirer son épingle du jeu et s’est offert un superbe doublé, plaçant ses deux équipes sur la plus haute marche du podium. zuerichsee-cup.ch

Walter Rudin

Dominik Frey

Zürichsee Cup : le SC Thalwil s’offre le doublé Ces dernières années, les régates interclubs ont gagné en popularité en Suisse grâce à des formats dynamiques tels que la Swiss Sailing League ou la compasscup. Organisée tous les deux ou trois ans, la Zürichsee Cup se distingue par sa formule unique : elle réunit non

Dans une flotte dense et très compétitive, les équipages ne se sont pas faits de cadeau. Résultat : des faux départs et des contacts serrés. Malgré cette bataille sans merci, Nick et Bruno Zeltner du Regatta Club Oberhofen, épaulés par Silvan Zuppiger et Simon Brügger se sont imposés avec une confortable avance de 20 points sur leurs poursuivants directs de l’Amicale de Voile Portalban menée par Fred Haenssler. Stefan Seger, le tenant du titre, a dû se contenter de la troisième place. rv-brunnen.ch


news

NATIONALES

Heidi Cup

Une popularité croissante qui tire le niveau vers le haut De nouvelles équipes viennent enrichir la voile féminine. La Swiss Sailing League Association (SSLA) espère que cette dynamique se traduira bientôt par une meilleure représentation des femmes à tous les échelons de la voile.

Texte ) Walter Rudin Photos ) Jürg von Allmen Qu’il s’agisse de la Sailing Women’s League, de la Ladies Cup ou de la Heidi Cup, les régates féminines ne désemplissent pas. La fin de saison l’a, une fois encore, démontré : à Spiez, la Heidi Cup a réuni des équipages très motivés, dont certains débutaient tout juste en compétition. « Les clubs peuvent jouer un rôle déterminant dans cette évolution », souligne Marlène Rump,

VISAGES RADIEUX À LA HEIDI CUP.

membre du comité directeur de la SSLA. « En mettant à disposition les bateaux, les obstacles à la participation diminuent fortement. Beaucoup de femmes ont envie de naviguer, mais n’ont pas toujours accès à un bateau ou à un équipage fixe. » Si les nouvelles recrues n’ont pas réussi à monter sur le podium, certaines ont signé des performances étonnantes. L’épreuve a été remportée par le Regattaclub Bodensee (RCB), mené par Livia Näf. Après sa victoire dans la Swiss Sailing League, le RCB s’offre ainsi le doublé. Il a toutefois dû batailler ferme pour ramener la cloche de Heidi au bord du lac de Constance. Une équipe allemande venue de la mer Baltique leur a longtemps disputé la victoire. Depuis le lancement des régates féminines par la Swiss Sailing League en 2022, le niveau n’a cessé de progresser, observe Marlène Rump : « Les équipages naviguent aujourd’hui à un niveau technique et tactique bien supérieur, ce qui enrichit le milieu nautique en général. Ces dernières années, les choses ont beaucoup évolué. Il s’agit désormais moins de renforcer la visibilité, mais d’ancrer la présence des femmes au niveau structurel à tous les niveaux, en tant que navigatrices, organisatrices, officielles et membres de comités. »

Le Yacht Club de Lucerne mise sur les femmes Les femmes du Yacht Club de Lucerne (YCL) ont créé la surprise en décrochant la 5e place de la Heidi Cup. À la barre, Stéphanie Rossé, navigatrice chevronnée passée par une campagne olympique, était entourée d’un équipage totalement novice en régate.

LES LADIES DU YACHT CLUB DE LUCERNE EN ACTION.

Comment expliquez-vous ce bon résultat ? À la fin de l’été, nous nous sommes beaucoup entraînées sur notre J70. Ensuite, l’apprentissage sur l’eau a fait le reste. À chaque course, les progrès étaient visibles. Nous avons acquis de l’expérience et commis la plupart de nos erreurs qu’une seule fois ! L’esprit formidable qui régnait à bord a certainement aussi joué un rôle. L’équipe semble portée par un bel enthousiasme… Absolument ! Nous aimerions participer à la SSL Women’s League l’an prochain. Une coéquipière m’a même demandé : « Et comment fait-on pour rejoindre l’équipe nationale féminine ? »

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Madame Rossé, comment avez-vous constitué cet équipage ? L’YCL a acquis son premier J70 cet été, notamment pour promouvoir la régate auprès des jeunes adultes et des femmes. À mon appel pour former un équipage féminin, de nombreuses candidates se sont manifestées, certaines ont même adhéré au club.

APRÈS LA LIGUE, LE REGATTACLUB BODENSEE REMPORTE AUSSI LA HEIDI CUP.

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news ROMANDES

Livre

Dix-sept ans hors des sentiers battus Sylvie Cohen et Marc Decrey viennent de publier un livre qui retrace leurs dix-sept années de voyages en voilier, loin des routes classiques des alizés, avec pour fil conducteur l’échange, le partage et la création.

Texte ) Vincent Gillioz

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L’aventure de Chamade, l’OVNI 365 des journalistes Sylvie Cohen et Marc Decrey, se déroule résolument hors des sentiers battus : beaucoup dans le Grand Nord, en Russie, au Japon, en Corée, en Patagonie… Là où peu de voiliers ne s’aventurent. Les boussoles de l’inconnu, c’est d’abord une ode à l’audace, le sensationnalisme en moins. Avec une plume vive et captivante, les auteurs relatent, au fil de près de 400 pages, leur périple d’exception avec une fluidité naturelle. Le style, authentique, laisse parfois penser que ces années de voyage dans les mers les plus isolées et hostiles du globe ont été aisées. Les nombreuses difficultés et défis relevés ne sont jamais omis, mais la narration n’est pas celle d’un récit d’aventure. Sylvie et Marc ne forcent pas le trait, ne vendent pas de l’exploit. Ils se contentent de raconter, avec une modestie déconcertante, une épopée faite de

DR

En lisant Les boussoles de l’inconnu, vous ne trouverez pas de descriptions de mouillages idylliques face aux cocotiers, ni d’avis sur les équipements des marinas, et encore moins d’histoires de bars de plage branchés, fréquentés par les yachties. navigations engagées, de démarches administratives et de résolutions de problèmes complexes au quotidien. Leurs histoires ne sont pas des aventures, mais la vie qu’ils ont choisie. Les boussoles de l’inconnu, c’est surtout le récit d’un voyage, illustré de nombreuses photos, tourné vers le partage et la rencontre. Ici, le voilier n’est qu’un prétexte pour aller vers les autres. Après une première expédition au Spitzberg avec des greffés, Chamade s’est transformé en résidence d’artistes, accueillant au fil de ses périples des femmes et des hommes venus de tous horizons. Sylvie relève d’entrée de jeu dans sa préface : « Larguer les amarres signifiait pour moi aller au-devant de ceux qui ne vivent pas comme nous. » Ceux qui sont familiers de la grande croisière sauront mesurer l’exploit que représente l’odyssée de Chamade, car c’en est un. Amateurs de mouillages bondés et de marinas sécurisées, s’abstenir ! Les boussoles de l’inconnu, publié chez Slatkine, est disponible en librairie, au prix de 32 CHF.


news ROMANDES

Livre

La légende de Copponex en 300 pages Ancienne conservatrice du Musée du Léman, Carinne Bertola vient de publier, dans la collection « Savoir suisse », un ouvrage richement documenté, consacré au mythique architecte naval et navigateur Henri Copponex.

Henri Copponex ARCHITECTE NAVAL

DR

MONOTYPES Moucheron Lacustre Espadon Paladin

Texte ) Vincent Gillioz L’ouvrage que consacre Carinne Bertola à Henri Copponex est, en plus d’un recueil documentaire particulièrement riche, une véritable laudatio. Sobrement intitulé Henri Copponex, architecte naval, cet ouvrage contient une multitude de photos, de plans et d’extraits de cahiers de travail de l’infatigable ingénieur, créateur notamment du Moucheron, du Lacustre, de l’Espadon et du Paladin. On y apprend que, durant le xxe siècle, 436 voiliers, dont 323 monotypes, ont été construits sur des plans Copponex. On perçoit également que la passion de l’homme pour les bateaux remonte à son enfance. Né en 1907, il participe entre 1919 et 1925 à plusieurs compétitions de modèles réduits, s’illustrant déjà par plusieurs victoires. Carinne Bertola rappelle encore qu’Henri Copponex, au-delà de son génie inventif, a été un barreur d’exception. Au sommet de sa carrière, il a remporté une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rome en 1960, à bord du 5,50 m JI Ballerina IV, qu’il avait lui-même dessiné et conçu. Il est également le premier skipper lémanique à avoir remporté le Bol d’Or définitivement, avec ses victoires consécutives en 1961, 1962 et 1963, à bord du 8 m JI Marie-José II. Mais ce que l’on découvre surtout, c’est le rôle déterminant qu’a joué Henri Copponex dans la démocratisation de la plaisance. Son premier monotype, le Moucheron, a été développé à l’initiative de la Société d’encouragement à la navigation de plaisance de Genève. Une quarantaine d’exemplaires ont été construits, permettant à de nombreux jeunes navigateurs d’accéder à un sport alors très élitiste. Le livre accorde finalement une place importante à la restauration du Lacustre Fleur Bleue, le plus emblématique de la série, vainqueur de plus de 600 régates. Le chantier naval du Vieux-Port, dirigé par Philippe Durr, a consacré entre décembre 2018 et juin 2019 plus de 1’521 heures de travail à cette remise en état, qui a permis de faire reconnaître ce voilier comme un véritable monument du Léman. Habilement préfacé par Marianne Chevassus, actuelle conservatrice adjointe du Musée du Léman, cet ouvrage ne manquera pas de rejoindre toutes les bibliothèques des amateurs de voile lémanique. Henri Copponex, architecte naval, est disponible en librairie au prix de 35 CHF.

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Carinne Bertola

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news ROMANDES

Texte ) Pierre-Antoine Preti

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Lausanne Nautical Innovation Days Les Lausanne Nautical Innovation Days se sont tenus sur la place de la Navigation, le 4 octobre dernier. Destinée à présenter les technologies nautiques du futur, cette journée a permis d’accueillir les amateurs et les familles autour d’expositions interactives, d’animations et de food trucks dans un environnement à la fois urbain et lacustre. Citons notamment la présentation de Dhamma Blue, un bateau à moteur innovant à pile à combustible. Le SP80 et l’équipe Realteam Spirit étaient également présents.

DE GAUCHE À DROITE, YORICK KLIPFEL, RUSSELL COUTTS, PATRICK CARLSSON (DENTISTE), EMMANUEL SCHAUB (ANESTHÉSISTE), PIERRE QUINODOZ

Guet-apens amical à Genève pour Russell Coutts C’est un guet-apens amical qui attendait Russell Coutts, en septembre dernier, lors du passage à Genève du SailGP. L’équipe historique des «Toubibs» du D35 Banque Gonet, vainqueur du Bol d’Or Rolex 2006, a réussi à exfiltrer la star kiwi le temps d’un dîner commémoratif. La soirée était, paraît-il, remplie d’anecdotes sur l’aventure. Rappelons que le passage du quintuple vainqueur de l’America’s Cup sur le circuit des D35 aurait contribué à la création du concept du SailGP.

Sylvain Richoz

(PLASTICIEN) ET DIDIER QUINODOZ (ORL).

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Un podcast historique sur Ella Maillart La vraie vie de Miette est un podcast coproduit par la RTS. Il se consomme comme « un voyage immersif au cœur des années ». Créé par Elisabeth Thorens-Gaud, journaliste, et Carinne Bertola, autrice de Ella Maillart, navigatrice (Glénat), le travail a été présenté le 20 novembre dernier dans l’espace culturel de Genthod, à Genève. Il plonge le public dans l’univers marin de Miette et Ella pendant 52 min, au milieu des années 1920.


ACVL Winter Academy

L’élite de demain s’entraîne à Hyères Comme chaque hiver, les juniors du Léman profitent de la douceur méditerranéenne pour faire leurs gammes véliques.

Texte et photos ) Thierry Verhulst Depuis plusieurs années, l’ACVL Juniors a pris l’habitude d’installer ses quartiers d’hiver à Hyères, durant la période où les clubs réduisent fortement leurs activités sur le lac. Cela offre à l’association l’occasion de prendre le relais avec des sessions d’entraînement hivernales. Quels sont les navigateurs concernés? En priorité, cela s’adresse au cadre régional, c’est-à-dire les détenteurs de la « Swiss Olympic Talent Card », mais aussi à tous les navigateurs passionnés et motivés qui veulent continuer à progresser l’hiver.

Pourquoi Hyères ? Notre longue expérience de ce plan d’eau nous fait dire qu’Hyères offre des températures assez clémentes l’hiver et d’excellentes conditions de navigation à cette période. Certes, en hiver, un coup d’est n’est jamais à exclure, mais il en faut plus pour décourager nos navigateurs. Comment s’organise la logistique ? L’ACVL prend en charge une grande partie de l’organisation, en particulier tout ce qui concerne la base nautique, le stockage du matériel sur place et les logements afin d’alléger la logistique et rendre les choses les plus accessibles possible. Les inscriptions se font sur Manage2Sail de novembre à février.

Quels sont les entraîneurs? C’est un mix entre des coach de clubs et des entraîneurs plus spécialisés sur l’une ou l’autre série, et qui sont mandatés par l’ACVL. Cela apporte clairement un autre regard sur nos navigateurs qui doivent ainsi un peu sortir de leur zone de confort.

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Quelles sont les séries concernées ? On se concentre sur les trois séries juniors principales reconnues par Swiss Sailing : Optimist, ILCA et 29er.

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Pascale Maurissen


VIE NAUTIQUE

Voile inclusive

Maurizio Secundo

Maurizio Secundo

La voile pour tous – un rêve qui prend le large

LES VAINQUEURS DU CHAMPIONNAT SUISSE DE VOILE INCLUSIVE

LE RS VENTURE EST UN BATEAU SPORTIF DESTINÉ AUX PERSONNES

LAISSENT ÉCLATER LEUR JOIE.

EN SITUATION DE HANDICAP PHYSIQUE.

personnes en situation de handicap gagne du terrain. Plusieurs initiatives illustrent le formidable potentiel inclusif du sport en général. À Lucerne, une nouvelle base devrait bientôt voir le jour. En attendant, l’élite s’est retrouvée à Lugano pour le championnat suisse.

Texte ) Walter Rudin Hilary Lister était décidée de mettre fin à ses jours quand elle a découvert la voile. À la barre de son bateau, elle est devenue la première femme tétraplégique à traverser seule la Manche. « Ici, il n’y a pas de fauteuil roulant. Je suis tout simplement une navigatrice et j’éprouve un immense sentiment de liberté », confiait la Britannique. Et de rajouter : « Sur le bateau, la douleur s’estompe. Elle ne disparaît pas complètement, mais c’est comme une démangeaison : lorsqu’on se concentre sur autre chose, on l’oublie. »

Pour les personnes en situation de handicap, la voile n’est pas seulement une activité physique, elle aide aussi à renforcer l’estime de soi. Et en combinant nature, exercice et esprit communautaire, elle devient une expérience holistique. En Suisse, plusieurs associations actives dans toutes les régions linguistiques permettent aux personnes en situation de handicap de pratiquer la voile en toute sécurité. Un réseau bien établi Présidée par Ivo Gonzenbach, l’association Sailability.ch est l’un des acteurs clés de la voile inclusive en Suisse. Avec des bateaux spécialement conçus comme le Hansa 303, elle propose des stages et des événements destinés aux personnes atteintes d’un handicap physique ou mental. Sûrs et particulièrement stables, ces bateaux sont aménagés de façon à éviter tout chavirage et permettre à une personne en fauteuil roulant de tenir la barre, souvent accompagnée d’un moniteur. Sailability.ch dispose de bases fixes à Arbon et à Neuchâtel ou sont stationnés les bateaux de l’association. Sur place, des lève-personnes sur le ponton facilitent le transfert de la chaise roulante au bateau. Des sanitaires spécialement adaptés sont également à disposition. Outre Sailability.ch, il existe toute une panoplie d’autres associations qui permettent aux personnes en situation de handicap de partager la passion pour la voile. En Suisse romande, Swiss Disabled Sailing, présidée par Michel Darbre, mise sur le RS Venture. Depuis sa base de Prangins (VD), l’association organise des activités sur le Léman et participe aux régates à travers toute l’Europe. Quant à la fondation Just for Smiles, elle propose diverses activités en collaboration avec des partenaires, dont des sorties en mono ou multicoque. Au Tessin, l’organisation à but non lucratif, Velabili, offre aux personnes présentant des handicaps physiques, mentaux ou sensoriels l’opportunité de naviguer sur le lac de Lugano, en tant qu’équipiers actifs et non en simples passagers. Basée au Circolo Velico Lago di Lugano (CVLL), elle

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En Suisse, la voile pour les

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Maurizio Secundo

VIE NAUTIQUE

PETER SCHMIDLE, DIRECTEUR DE COURSE : « J’AI RAREMENT ÉPROUVÉ AUTANT DE SATISFACTION. »

Sandro Isenegger

Pour le directeur de course, Peter Schmidle, cette édition restera mémorable : « L’effort a été considérable et j’ai réalisé combien chaque activité demande de temps et d’énergie. Mais la gratitude et la joie des navigateurs à l’arrivée m’ont vite fait oublier les difficultés. »

THEO KLINGELE (À GAUCHE SUR LA PHOTO), L’INITIATEUR DU PROJET « SEGELN FÜR ALLE » (LA VOILE POUR TOUS), ACCOMPAGNE LE COURS D’INITIATION À LUCERNE.

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propose diverses activités de loisirs et défis sportifs de haut niveau. Sous l’impulsion de son président Boris Keller, Velabili participe régulièrement à des régates nationales et internationales et a déjà représenté la Suisse à trois reprises aux Jeux mondiaux Special Olympics.

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Un championnat rondement mené Mi-octobre, Velabili et le CVLL ont mis sur pied le deuxième championnat suisse de voile inclusive. L’événement a réuni des équipes venues de Suisse, d’Angleterre, du Portugal et de Belgique pour trois jours placés sous le signe du vent, de l’esprit sportif et de l’inclusion. Avant le départ à Lugano, les navigateurs ont préparé leurs bateaux de manière autonome, épaulés par des bénévoles et techniciens de Velabili. Assistés par un lève-personne et de bateaux d’accompagnement, tous ont pu prendre le départ en toute indépendance et en toute sécurité. Le vent, généreux, a offert des manches aussi intenses que spectaculaires mettant à l’épreuve la détermination et la cohésion des équipages. Après deux jours de régates au large de Lugano, les bateaux ont été remorqués à Gandria pour profiter de conditions plus régulières. Malgré une forte concurrence étrangère, les Suisses ont dominé les débats et terminé sur la plus haute marche du podium dans les trois catégories. Avec un sans-faute, Christian Hiller s’est imposé en Hansa 303, aussi bien en solitaire qu’en double avec Patrick Maurer. En RS Venture Connect, la victoire est revenue à François Naef et Harold Syfrig après huit manches disputées.

Nouvelle base à Lucerne En Suisse centrale, l’offre en matière de voile inclusive reste très limitée. Une situation regrettable qui devrait changer sous peu. L’été dernier, Theo Klingele a lancé le projet Segeln für alle (la voile pour tous) à Lucerne. Trente-trois participants présentant des handicaps variés ont pu s’initier à la voile sur le lac des Quatre-Cantons. Son initiateur s’est dit impressionné par l’enthousiasme général : « L’engagement a été incroyable, aussi bien du côté des participants que des bénévoles qui ont prêté main forte pour barrer les bateaux, aider les personnes à entrer et sortir du bateau ou s’occuper du service traiteur. » Fort de ce succès, Theo Klingele prévoit de créer une base permanente, en collaboration avec Sailability et le Yacht Club de Lucerne. « L’objectif est de finaliser toutes les démarches cet hiver et au printemps afin de pouvoir proposer des activités nautiques de façon régulière pour les membres de l’association et des personnes externes dès la saison prochaine », précise Claudia Witschi du secrétariat de Sailability.ch. Le financement reste toutefois un défi. « Nous cherchons des fondations et partenaires locaux prêts à soutenir durablement le projet», explique Theo Klingele. « Nous souhaitons aussi trouver des sponsors pour l’infrastructure et les bateaux, afin de rendre la participation aussi accessible que possible aux navigateurs et de proposer des initiations gratuites. » Espérons que le projet aboutira. Maintenant que le besoin d’une base à Lucerne est avéré, il serait regrettable qu’il échoue faute de soutien financier.


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VIE NAUTIQUE

CHIPS

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Yacht Club de Saint Lunaire

François Chevalier ©

OLYMPIAN

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Société Nautique de Marseille

P Class Starling Burgess 1913

CORINTHIAN Yacht Club de Saint Lunaire

P Class William Gardner 1913

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P Class Nathanael G. Herreshoff 1911

JOYANT

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P Class Nathanael G. Herreshoff 1911

DES VOILIERS HISTORIQUES DU DÉBUT DU XXe SIÈCLE.

CLASSE P

La deuxième vie des Classe P Sur la Côte Est américaine, le restaurateur John Anderson redonne vie aux « P boats », des voiliers historiques de l’America’s Cup. Ils démarrent ensuite une deuxième vie en Méditerranée. Bruno Troublé, le barreur du Baron Bich et fondateur de la Louis Vuitton Cup, est un personnage central de cette entreprise. Il nous raconte ici une histoire de marins intimement liée au

UNE ÉPAVE DE Q BOAT ATTEND D’ÊTRE RESTAURÉE PAR JOHN ANDERSON.

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22 août 1851: America corrige la flotte anglaise qui, à l’époque, pensait diriger le monde. Cette victoire marque les esprits. Elle signifie, enfin, la réelle émancipation d’une vieille colonie anglaise devenue un pays à part entière. Cette victoire fait aussi de la Côte Est et de la région des Grands Lacs, le lieu où se développera la régate, ce premier sport américain, née avant le baseball ou le tennis. Au début du siècle, à New York ou à Boston, la voile est le seul sport chroniqué chaque lundi dans les journaux. Il n’est pas surprenant dans ces conditions d’observer quelques beaux résultats, par exemple le record d’Atlantic : ce trois-mâts dessiné par William Gardner qui pulvérisera le record de la traversée de l’Atlantique en 1903. C’est ce même Gardner qui dessinera Olympian en 1913 : un Class « P » qui triomphera, dès sa mise à l’eau, de la déjà célèbre course de Chicago en 1914 : la « Chicago to Mackinac Race ». Deux familles de bateaux C’est toujours en 1903 que les Américains créent la Jauge Universelle qui conduit à des bateaux extrêmement performants, plus légers que ceux de la Jauge Internationale créée en 1906 et dont les règles d’échantillonnage sont plus strictes. Deux familles de bateaux se développent alors simultanément : la Jauge Universelle se développe aux États-Unis alors que la Jauge Internationale (métrique) est reine en Europe.

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skippers voile & océan

développement de l’Amérique moderne.

Texte ) Bruno Troublé


Gilles Martin-Raget

CHIPS AU PRÈS À SAINT TROPEZ - MAGNIFIQUE !

Guido Cantini

LES P CLASS SONT SI PROCHES EN PERFORMANCE QU’ILS NE NAVIGUENT JAMAIS LOIN L’UN DE L’AUTRE : ICI CHIPS ET OLYMPIAN À CANNES.


VIE NAUTIQUE

skippers voile & océan

Un magicien de la restauration C’est à l’occasion d’une croisière dans le Maine, près de Camden que j’ai découvert une merveille: un «Q» boat dessiné par Payne et restauré par un petit charpentier artisan. John Anderson travaille seul dans son garage. Il n’a cessé, depuis quinze ans, de transformer des épaves du début du siècle en bateaux de concours : ce « Q » boat Hayday (appelé ensuite Jour de Fête et aujourd’hui Falcon) puis Olympian (un plan Gardner de 1913), Chips, (Burgess de 1913), Corinthian (Herreshoff 1911) et enfin Joyant (Herreshoff 1911). Ces merveilleuses épaves dormaient dans un chantier naval ou en plein champ, abandonnées, sur la côte nord-est des États-Unis… Il n’y a, là-bas, aucun circuit de bateaux classiques. Ils ne suscitent aujourd’hui, un siècle plus tard, pratiquement plus d’intérêt. Des propriétaires dévoués Aidé par mes amis du New York Yacht Club, j’ai donc identifié un à un, les différents bateaux survivants de cette époque intense de la voile du nord-est américain. Je les ai fait restaurer par Anderson et grâce à l’aide " d’amis d’amis ", je leur ai trouvé un propriétaire dévoué. Olympian – le vainqueur de 1914 – a été localisé dans un hangar désaffecté près de Chicago. Il avait été modernisé avec un mât en carbone pour régater contre les bateaux récents, les seuls adversaires disponibles en l’absence d’autres voiliers classiques. J’en ai trouvé trois autres successivement, plus ou moins à l’état d’épave. Chips ex Onda 2 dessiné en 1913 par William Starling Burgess : l’architecte américain célèbre pour son plan du Class J Rainbow en 1934 et pour Ranger, vainqueur de la Cup en 1937. C’est au cours d’une partie de poker dans les années 1930 que son propriétaire en a perdu la propriété. Le vainqueur de la partie a gagné le bateau et l’a appelé Chips (...Poker chips !)

CORINTHIAN EN ACTION.

Corinthian est un plan du célèbre Nathanael Herreshoff construit en 1911. C’était lui le meilleur ! Je l’ai retrouvé à Mystic Seaport sous un arbre. Une totale épave ! Plus d’un siècle plus tard, c’est encore un bateau difficile à battre… Joyant n’était pas en trop mauvais état lorsque nous l’avons retrouvé près de Camden. Il avait été restauré voici une quinzaine d’années. C’est aussi un Herreshoff construit à côté de Corinthian la même année. Une flotte reconstituée C’est ainsi qu’une flotte a vu le jour et participe, avec succès, à toutes les régates de bateaux classiques en Méditerranée. Il faut plus de deux ans à John Anderson pour redonner à ces merveilles leur lustre d’autrefois. La restauration de chaque voilier est passionnante à suivre. Cet homme seul – émigré de Liverpool à Camden, il y a vingt ans – part d’une épave et aboutit à un bateau capable de gagner… et de participer à des concours d’élégance. Il a fallu plus de dix ans au total avant qu’ils ne soient tous opérationnels dans le midi de la France. C’est aussi très émouvant d’offrir une deuxième vie à un bateau devenu, après un siècle, une épave. On ne peut s’empêcher de penser au premier propriétaire, à la passion de l’architecte, du constructeur. Formidable sentiment. Il reste deux bateaux à restaurer : Seneca et Bernice. John Anderson rêve de s’y mettre…

Nico Martinez

- Les bateaux de la Jauge Universelle se classent par ordre de taille : il y a les « R » boats, les « Q » boats, les « P » boats, et enfin les immenses « J » boats (Ranger, Endeavour, Rainbow) qui sont les seigneurs de l’America’s Cup des années 1930.

Nico Martinez

- En jauge métrique, les 5.5mJI, les 6mJI et les 8mJI sont choisis pour les Jeux olympiques. Bien connus en Suisse, les 12mJI seront les bateaux de l’America’s Cup de 1958 à 1987. Les 15mJI, eux, illuminent les plans d’eau de leur élégance (Tuiga, Mariska).

LES QUATRE P CLASS AU CORPS À CORPS AVEC DES SPIS MODERNES…

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VIE NAUTIQUE

Explora Journeys

De Venise à Athènes en mode panorama Découvrir les côtes italiennes, croates et grecques en une semaine, depuis un 5 étoiles flottant, place la croisière de luxe dans une nouvelle dimension, pour le moins irrésistible.

Texte ) Brice Lechevalier

skippers voile & océan

Ravenne, Dubrovnik, Brindisi, Lefkada, Milos, reflets du quotidien À chaque escale, une pléthore d’excursions est proposée aux invités, détaillées la veille par les guides à l’amphithéâtre. Libre à chacun d’y adhérer ou de visiter en toute liberté, au gré de son inspiration ou en établissant son parcours de prédilection. Les descriptifs touristiques avaient été partagés en amont, et ces lieux très connus sont par ailleurs largement documentés en ligne. Qu’on y mouille l’ancre en voilier ou en seigneur des mers, chacun mérite le détour,

Brice Lechevalier

La seule évocation de Venise donne à l’embarquement une douce saveur de dolce vita. Nous avions choisi d’y poser nos valises trois jours plus tôt afin d’y visiter les petites îles tout en couleurs qui parsèment la lagune, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. L’incontournable Murano, la ravissante Burano, celle du Lido tout en art déco et bordée d’une plage interminable. Incomparable et tellement dépaysante, Venise captive par sa beauté architecturale ciselée de canaux sur lesquels fourmillent vaporettos et gondoles reliant ses monuments historiques et multiples sites touristiques. Si proche de la Suisse, nous y reviendrons. Direction, pour l’heure, le port de Fusina en périphérie, où se dresse l’impressionnant Explora 1 aux 14 ponts, véritable île de la tentation. Anna, notre concierge pour la semaine qui avait déjà pris contact avec nous la veille, nous y attend tout sourire. Visite de la suite, b.a.-ba du bateau, programmes de la semaine, nous voilà parés.

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VIE NAUTIQUE

MUSÉE D’ART DE LA VILLE DE RAVENNE.

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merçante, la petite ville tend les bras aux visiteurs, qui hésitent entre shopping local et plages aménagées avec vue imprenable sur les îlots aux reliefs tout en verdure qui lui font face. Certains sautent dans un taxi pour découvrir d’autres versants moins habités. Quel plaisir de retourner sur le bateau, cette oasis de détente et de confort. Dernière étape avant Athènes et après toute une journée en mer, Milos, notre coup de cœur ! Concentré de Cyclades et berceau de la Vénus de Milo, cette île magnifique aux 78 plages de toutes tailles et aux petits villages pittoresques parfois perchés sur les sommets surprend par sa diversité. Falaises blanches, sable volcanique, amphithéâtre de marbre et catacombes du ier siècle, tout reste à portée grâce à la voiture louée sur le petit port en débarquant le matin. Une découverte qui génère une envie de retour avisé.

Brice Lechevalier

Brice Lechevalier

Destination loisir Sillonner ces mers et voir défiler ces paysages constituent en soi un plaisir que connaissent bien les navigateurs, ici avec de la hauteur et une vitesse de croisière plus élevée. Avec 6’200 m2 de ponts extérieurs aménagés à différents niveaux de manière très élégante et confortable, ce plaisir se décline au gré des envies de jacuzzi, multiples piscines ou transats avec un service absolument irréprochable. L’Helios Pool and Bar est réservé aux adultes, mais les familles ont leurs espaces également. À bord, tout est compris, 24/24. Les espaces de bien-être et de fitness, intérieurs et extérieurs (il y a même une piste de jogging sur le pont supérieur) sont dignes des palaces les plus pointus. De même que les boutiques et toute une panoplie de lounges à la vue panoramique somptueusement meublés. Tout est conçu à bord pour que le séjour à l’intérieur du bateau reste aussi mémorable que les escales dans toute leur diversité. Le programme d’activités et d’animations débute avec le lever du soleil et finit au night-club, tard dans la nuit. La salle de spectacle voit les artistes de Broadway défiler chaque soir, mais rien ne rivalise avec le DJ du Sky Bar qui met en rythme le coucher de soleil sur un nouveau paysage chaque soir, donnant une saveur particulière aux Martini Tiramisu dans un savant mélange des sens.

Brice Lechevalier

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certains plus que d’autres. Ainsi à Ravenne, une grande marina moderne nous accueille, bordée de plages de part et d’autre. Au centre, on ne se lasse pas d’admirer le patrimoine architectural et artistique qui remonte au ve siècle et recèle huit trésors de l’Unesco et la tombe de Dante. Au confluent des inspirations vénitiennes et romaines, il a également été façonné par les influences byzantines, l’ensemble rendant la balade très agréable. Le lendemain, la visite de la très touristique Dubrovnik change radicalement. Plus dense, plus spectaculaire, tout en relief, on est transporté à la fois dans le temps et par l’enthousiasme des flots de touristes. Grimper sur les remparts ou se réfugier dans de petites criques de l’Adriatique permet de varier les plaisirs en s’imprégnant de souvenirs à la minéralité joyeuse. Le coucher de soleil sur la ville fortifiée et ses collines depuis le Sky Bar d’Explora 1 s’avère tout simplement inoubliable. Notre trajectoire rebondit sur la côte italienne de l’Adriatique, où la troisième journée se déroule à Brindisi (et ses alentours tels que Lecce pour ceux qui poussent l’exploration en dehors de ce port aux origines militaires). La vieille ville est pavée de pierres blanches et noires, les palmiers se hérissent sur les quais de cet ancien port romain, il est temps de pousser le jogging jusqu’à l’immense Monumento al Marinaio commandé par Mussolini en hommage aux marins italiens. Nous nous réjouissons des escales grecques les jours suivants. Depuis notre petit-déjeuner, nous admirons les petites îles et la baie de Nydri où mouillent d’innombrables voiliers. Très com-

MONUMENT DE LA MARINE DE BRINDISI.

ÉGLISE DE MILOS SUR LES HAUTEURS DE L’ÎLE.


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Ivan Sarfatti

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Rupert Peace

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Ivan Safartti

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Deus ex Cucina Précisons tout d’abord qu’Explora Journeys est l’entité luxe de MSC Croisières, aux mains d’une famille italienne basée à Genève. En Italie, on ne badine pas avec l’art de la table, et Explora Journeys a placé la barre de la restauration très très haut. La cuisine est tout simplement exceptionnelle, la qualité des mets et du service irréprochable, la diversité des plats et des lieux de restauration fascinante, l’expérience culinaire inoubliable. Sans exagérer. Les réjouissances gustatives comprennent onze déclinaisons, dont six restaurants. Seul l’un d’eux n’est pas compris dans le séjour, Anthology, un gastronomique dans lequel les chefs étoilés se succèdent. Trois autres doivent faire l’objet d’une réservation du fait de leur taille : le Français, le grill et le Japonais. Les deux plus grands sont accessibles au gré de chacun, l’un avec service à table, l’autre en formule buffet, matin, midi et soir, l’Emporium Market Place. Notre préféré. De grandes baies vitrées permettent d’admirer l’océan à perte de vue. Une impressionnante brigade intervient

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VIE NAUTIQUE


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Une suite sinon rien Explora Journeys ne prévoit que des suites à bord, la plus petite s’étendant sur 35 m2 avec une grande baie vitrée et une belle terrasse aménagée. Y prendre ses repas est donc possible 24h/24. La plus grande mesure 280 m2. Literie de palace et meubles de designers avec beaucoup d’espaces de rangement et de détente les caractérisent toutes. L’armateur italo-suisse a conçu ses bateaux comme des résidences secondaires très confortables dotées d’un service cinq étoiles et d’expériences à volonté, le tout dans un décor marin en perpétuelle évolution. Ce qui explique sans doute pourquoi nous avons croisé certains couples qui venaient d’y passer un mois, et comptaient revenir encore un mois cet hiver. Quand on aime, on ne compte pas.

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sur les différentes catégories de plats et produits répartis par secteurs : fruits frais, fromages, légumes grillés ou à la vapeur, sushis, fruits de mer (dont du homard !), grill, pâtisseries, salades etc. Uniquement des produits frais et délicieux, un vrai casse-tête à chaque repas ! Bien sûr, les suites les plus exclusives possèdent leur cuisine, et leur propre chef. Par ailleurs, des cours de cuisine sont également proposés parmi les innombrables activités.

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ACCESSOIRES

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Reliefband Bracelet – Sérénité à bord Pensé pour les marins sensibles au mal de mer, ce bracelet innovant diffuse de légères impulsions pour réduire nausées et vertiges sans médicament. Discret, réglable et rechargeable, il s’adapte à chacun. Le Reliefband Bracelet devient un allié précieux pour profiter pleinement de chaque sortie, même lorsque la mer s’agite. À découvrir sur bucher-walt.ch

Lunettes – Sur mesure C’est dans la région de Brig, que Marcus Marienfeld, artisan de génie, réalise ses montres dans le cadre de projets individuels sur mesure. Cette paire de lunettes, par exemple, dispose d’une monture 100 % carbone, et de tenons de branches en or. Idéal pour régater tout en légèreté mais avec élégance. Marcus décline d’autres matériaux, comme la corne, selon les envies ; et ses services sont proposés en exclusivité à Genève par Jaques Opticiens. À retrouver sur jaquesopticiens.ch

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Rolex – Oyster Perpetual Cosmograph Daytona Le chronographe intègre un mouvement automatique certifié chronomètre, avec rotor Perpetual assurant une remontée continue et une précision optimisée. Le nouveau cadran 2025 améliore la lisibilité des compteurs et de la trotteuse centrale, tandis que la lunette tachymétrique gravée en céramique haute résistance permet des mesures instantanées de vitesse. Boîtier Oyster en acier 904L et verrouillage Triplock garantissent étanchéité et durabilité, faisant de ce modèle une montre performante et fiable. Une nouveauté à s’offrir sur rolex.com

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AirMarker R.Four – Visibilité maximale Pensé pour maximiser la sécurité en mer, cet équipement compact se déploie rapidement et signale efficacement votre position. L’AirMarker R.Four, robuste et léger, reste visible même dans des conditions difficiles, de nuit ou par forte houle. Facile à manipuler et à ranger à bord, il constitue un atout indispensable pour protéger l’équipage et faciliter le repérage lors de toute situation d’urgence. Un essentiel à retrouver sur airmarker.swiss

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Patek Philippe – 5328G-001 Destinée aux passionnés de haute horlogerie, cette montre intègre un calendrier perpétuel avec un affichage instantané, réglé par un mécanisme à ressort spiral breveté assurant stabilité et précision. Son mouvement automatique est conçu pour minimiser les frottements et optimiser l’endurance. Le boîtier en or blanc poli, associé à un cadran raffiné, souligne l’élégance de la pièce. La Patek Philippe 5328G-001 incarne l’excellence technique et esthétique dans un garde-temps d’exception. Une nouveauté à s’offrir sur patek.com

Au fil des vagues

Gill Veste OS1 Ocean – Paré pour l’océan Conçue pour les navigations engagées, cette veste offre une protection exceptionnelle face aux mers les plus rudes. Sa membrane imperméable et respirante assure un confort durable, tandis que les renforts stratégiques et les réglages précis maximisent la liberté de mouvement. La Veste OS1 Ocean de Gill s’impose comme un allié fiable lors des longues traversées. Indispensable pour affronter l’océan. Retrouvez-la chez bucher-walt.ch

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Bang & Olufsen Beoplay Eleven – Mélodie des embruns Conçus pour offrir un son clair et immersif, ces écouteurs combinent technologies avancées et confort prolongé. Leur isolation phonique et la connectivité sans fil permettent une écoute stable même sur un pont exposé au vent et aux embruns. La finition haut de gamme et l’ergonomie raffinée font de cette version de Bang & Olufsen un compagnon idéal pour la musique en mer. Choisissez votre couleur sur bang-olufsen.com

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Texte ) Julien Beauchot

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Impressum Édition GMT Publishing Rue des Vollandes, 23 1207 Genève T : 022/ 404 20 04 info@skippers.ch

Loris von Siebenthal

COMME CHAQUE ANNÉE, LES SURPRISE REPRÉSENTENT UN CINQUIÈME DU BOL D’OR DU

Photo de couverture Manon Le Guen

LÉMAN, SOIT UNE CENTAINE D’UNITÉS. DESTRIER LACUSTRE PAR EXCELLENCE – DES RÉGATES POPULAIRES AUX CHAMPIONNATS NATIONAUX LES PLUS COMBATIFS –, LE COURSE-CROISIÈRE PRÉFÉRÉ DES SUISSES CÉLÈBRERA SON DEMI-SIÈCLE EN 2026.

Magazine officiel de la Fédération Suisse de Voile, Skippers voile & océan est disponible en kiosque et sur abonnement, en français ou en allemand. Éditeur : brice.lechevalier@skippers.ch Rédacteur en chef : pa.preti@skippers.ch Secrétaire de rédaction : julien.beauchot@skippers.ch Administration et finances : alexandra.montandon@skippers.ch Responsable commercial : louis.taurel@skippers.ch Responsable marketing : olivier.evain@gmtpublishing.com

Tout schuss vers le Skippers 99

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• Le Surprise : un fringant quinquagénaire • SailGP : en avant pour la saison 2026 ! • Les news de la voile suisse, ici et ailleurs • Les nouveautés de l’année dévoilées au Boot Düsseldorf

Administration et publicité Skippers – voile & océan Rue des Vollandes, 23 1207 Genève Rédaction par ordre d’apparition Pierre-Antoine Preti, Virginie Gillet, Elisabeth Thorens-Gaud, Brice Lechevalier, François Trégouët, Nicole Gris, Suzanne De Freitas, Grégoire Surdez, Vincent Gillioz, Servane Dorléans, Jean-Guy Python, Walter Rudin, Thierry Verhulst, Bruno Troublé, Julien Beauchot. Photographes par ordre d’apparition Manon Le Guen, Jean-Guy Python, Tim McKenna, Gilles Martin-Raget, Kacper et Gwidon Libera, Loris von Siebenthal, Brice Lechevalier, Sailing Energy, Maurizio Secundo, ARPT Centro de Portugal, Bernard Thorens, Turismo de Lisboa, Conseil Régional du Tourisme Tanger Tétouan Al Hoceima, Nick Rickert, Jérôme Kelagopian, Matt Barnard, Matt Briney, François Trégouët, Yann Riou, Jean-Marie Liot, Julien Gazeau, Maria Muina, Vincent Olivaud, Arnaud Pilpré, Jean-Louis Carli, Vincent Curutchet, Swiss Sailing, Thierry Verhulst, GKA World Tour, Dominik Frey, Ricardo Pinto, Martin Messmer, Don McIntyre, Ian Roman, Guillaume Fischer, Richard Mardens, Guillaume Le Corre, Julien Champolion, Walter Rudin, Jürg von Allmen, Sylvain Richoz, Pascale Maurissen, Sandro Isenegger, Guido Cantini, Nico Martinez, MitchFOTO, Rupert Peace, Ivan Sarfatti. Graphisme : Mélanie et Nicolas Zentner, www.enzed.ch Traduction allemande : Sabine Dröschel, trad@vtc.ch Relecture française : Coline Rouge, colinerouge.com Photolithographie : Bombie, bombie.ch Impression : Imprimerie Chirat SA Parutions Avril, juillet, septembre, décembre (+ hors-séries Travel en juillet et Motor en septembre) Abonnements Suisse Pour un an (4 n°) : CHF 42.Pour deux ans (8 n°) : CHF 79.Abonnements France et Allemagne Pour un an : 54 € Pour deux ans : 90 € www.skippers.ch

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