N°01
AUTOMNE/HIVER 2025 FALL/WINTER 2025
CHOPARD Ice Cube
LIGNES DE LUMIÈRE SCULPTED BY LIGHT
SELECT | BIJOUX À LA LOUPE JEWELS UP-CLOSE • TENDANCES | HAUTE JOAILLERIE : HÉRITAGE ET POÉSIE HIGH JEWELRY: HERITAGE AND POETRY • CULTURE | 100 ANS D’ART DÉCO 100 YEARS OF ART DECO • LIFESTYLE | LES BIJOUX DE PHILIPPINE LEROY-BEAULIEU TALKING JEWELRY WITH PHILIPPINE LEROY-BEAULIEU
CHF 12.- 12 € – French & English
ISSN 3042-8408
9
773042
840002
01
Page 30 © Gübelin
ÉDITO Page 66 © Chanel
TOUTE UNE HISTOIRE
Page 70 © Boucheron
Page 32 © Graff
Le bijou a tant à dire. Objet de style et de culture, il dit nos désirs, souligne une personnalité, exprime nos humeurs, s’imprègne des bouleversements de la société et des courants artistiques qui la traversent. Au-delà de l’ornement, le bijou est un langage, tout en nuances et en complexités, qui se déploie au fil d’une grammaire d’une richesse infinie. Avec GEM-T, dont vous tenez le premier numéro entre vos mains, nous avons choisi d’explorer le bijou sous toutes ses facettes, des créations des grandes maisons séculaires à l’audace de la jeune garde qui esquisse la joaillerie de demain en passant par celles et ceux qui nous inspirent de nouveaux codes, à l’image de Bella Hadid, muse de Chopard, dont l’aura enveloppe de glamour notre couverture. Il serait faux d’affirmer que nous sommes partis d’une page blanche pour imaginer ce nouveau magazine. Tout était là. Sous nos yeux. Un territoire foisonnant de créations contemporaines à découvrir, des tendances et des modes à décrypter, une histoire passionnante à raviver, des gemmes fantastiques et des savoir-faire qui se perpétuent dans les coulisses des ateliers. C’est dans cette éclatante diversité que le magazine GEM-T a puisé son inspiration pour émerveiller, divertir et transmettre la culture joaillière aux curieux comme aux esthètes, au fil de quatre rubriques – selecT, Trends, culTure et lifesTyle – qui empruntent leur éclat chromatique aux quatre pierres précieuses. Le tout premier chapitre d’une aventure éditoriale appelée à se poursuivre saison après saison, sur papier, à un rythme trimestriel à partir du printemps 2026, et dès à présent en ligne sur www.gemt-magazine.com. Car du bijou, GEM-T fait et fera toute une histoire, sans cesse réinventée à travers les récits de celles et ceux qui le créent et qui le portent. Bonne lecture ! MARIE DE PIMODAN Rédactrice en chef
B O U T I Q U E S A U D E M A R S P I G U E T : C R A N S - M O N TA N A | G E N È V E | Z U R I C H
R OYA L O A K
Page 54 © Louis Vuitton
Page 146 © Viltier
EDITO
STORIES TO TELL Page 84 © Marie Lichtenberg
Jewelry has so much to say. Infused with stylistic and cultural significance, it tells of our desires, brings out our personality, echoes our moods, captures artistic currents and is a window on changing lifestyles. Jewelry is more than adornment; it is a complex and nuanced language that expresses itself with endless variety. By launching GEM-T, we have chosen to explore every facet of jewelry, from the creations of illustrious houses to the boldness of the young designers who are shaping jewelry’s future — not forgetting the men and women who are rewriting its codes, such as Bella Hadid, Chopard’s muse, who radiates glamour on the cover of this first issue.
MARIE DE PIMODAN Editor-in-chief
Page 27 © Dior
We cannot claim to have created this magazine from a blank page. Everything we needed was there, before our eyes. An abundance of contemporary creations to discover; trends and fashions to explore; an entire history to bring to life; fabulous gems and behind-the-scenes skills. Infinite sources of inspiration with which to amaze, amuse and share the world of jewelry with connoisseurs or the simply curious, in four sections – selecT, Trends, culTure and lifesTyle – whose colors are those of the four precious stones. We are taking the first step in a journey that will continue season after season, with quarterly print issues beginning in Spring 2026, and already online at www.gemt-magazine.com. GEM-T tells these stories, endlessly reinvented through the experiences of jewelry’s creators and wearers. Enjoy!
MARIE DE PIMODAN Rien n’enthousiasme davantage la rédactrice en chef de GEM-T, journaliste spécialisée dans le luxe et l’horlogerie depuis 20 ans et incorrigible curieuse, que de pouvoir raconter en mots et en images l’extraordinaire richesse de l’univers joaillier. Incorrigibly curious, GEM-T’s editor-in-chief has been writing about luxury and watches for 20 years. Nothing delights her more than capturing jewelry’s many marvels in words and images.
PAULINE ESTIVAL BRICE LECHEVALIER Serial entrepreneur dans l’âme, fondateur et éditeur des magazines GMT et Skippers Voile & Océan, il manie les rouages du luxe depuis plus de 25 ans avec une passion et une curiosité qui l’amènent aujourd’hui à explorer l’univers des créateurs joailliers. An entrepreneur at heart, founder and publisher of GMT and Skippers Voile & Océan magazines, for more than 25 years he has explored luxury from the inside, with an enthusiasm and curiosity he now brings to the world of gems and jewelry.
En tant que secrétaire de rédaction de GEM-T, elle assure une coordination fluide entre les journalistes, les graphistes et les traducteurs. Passionnée de lettres, de voyages et de causes justes, elle pose un regard sensible sur le monde. As GEM-T’s editorial secretary, she ensures smooth coordination with the magazine’s contributors, graphic designers and translators. An avid reader, keen traveler and advocate for worthy causes, she views the world with sensitivity and empathy.
JULIA MENAGER Directrice artistique du magazine, elle imagine l’identité visuelle et la mise en page de GEM-T. Avec une sensibilité instinctive à l’image et à l’élégance, elle façonne chaque détail pour sublimer l’univers joaillier. The magazine’s art director, she is behind GEM-T’s graphic identity and layout, using her creative vision and eye for visual elegance to hone each detail and show jewelry in all its splendor.
SANDRA PETCH ISABELLE HOSSENLOPP Diplômée de Sciences Po Paris, aujourd’hui journaliste et consultante, elle décrypte l’univers joaillier, accompagne les marques et enseigne le storytelling du luxe. Passionnément bien sûr ! A graduate of Sciences Po Paris, journalist and consultant, she is an insightful observer of the jewelry world, an advisor to brands, and teaches storytelling for the luxury sector. With passion, of course!
TEAM EDITO
Elle exprime son amour des mots et des langues à travers la traduction. Admirative du talent des artisans, elle apporte le même souci du détail à son propre travail. Elle considère le langage comme un moyen de se rapprocher des autres. Her love of words and languages finds a perfect outlet in translation. An admirer of craftsmanship, she approaches her own work with the same dedication to detail. She sees language as a means to connect.
MARINE ULRICH
ELÉONOR PICCIOTTO Elle explore le monde avec un œil affuté. Formée au journalisme à Boston, elle a fondé The Eye of Jewelry et collabore avec les plus grands médias pour partager sa passion de la joaillerie et de l’horlogerie. She navigates the world with a keen eye. After studying journalism in Boston, she established The Eye of Jewelry platform and works with leading media to share her passion for jewelry and watches.
Elle a quitté le droit des affaires pour se concentrer sur la joaillerie et l’horlogerie. Aujourd’hui journaliste, elle aime découvrir les secrets des créations extraordinaires qui composent ces univers et mettre en lumière celles et ceux qui leur donnent vie. Having left corporate law, as a journalist she enjoys uncovering the secrets behind the remarkable creations that make up the watch and jewelry worlds, as well as shining the spotlight on the individuals who bring them to life.
ZOÉ LECHEVALIER LAURENCE JANINSCHLEMMER Journaliste et correspondante pendant dix ans aux États-Unis, elle s’est installée entre la Suisse et la France pour voyager dans les territoires du beau. Son podcast Laur’loge raconte un luxe de caractère aux vertus optimistes. A journalist and, for ten years, US correspondent, she divides her time between Switzerland and France, where she can indulge her love of beauty and craftsmanship. Her Laur’loge podcast explores luxury that is both characterful and distinctly optimistic.
Passionnée de récits, elle voit dans la joaillerie un terrain aussi fertile pour la création que pour les histoires. Elle écrit pour GEM-T avec la curiosité de celle qui cherche moins à juger qu’à comprendre. Convinced of the power of words, she sees jewelry as fertile ground for creativity as well as stories. She writes for GEM-T with the curiosity of someone seeking not to judge but to understand.
HERVÉ DEWINTRE NAZANIN LANKARANI Elle signe des articles sur l’art, la joaillerie et l’horlogerie. Sensible aux pièces empreintes de mémoire, elle aime dialoguer avec les artisans, percer les secrets de leur savoir-faire et saisir la beauté intemporelle des objets façonnés à la main. She writes about art, jewelry and watches for the stories they tell. She likes pieces that carry history and is always interested in speaking with artists and artisans, understanding their craft, and exploring the appeal of objects made by hand.
TEAM ÉDITO
MING LIU Journaliste aux multiples casquettes basée à Londres, co-auteure du livre Winged Beauty: The Butterfly Jewellery Art of Wallace Chan, elle écrit régulièrement pour le Financial Times, The New York Times ou encore Vogue. A London-based journalist reporting on a wide range of topics, co-author of Winged Beauty: The Butterfly Jewellery Art of Wallace Chan, she is a regular contributor to the Financial Times, The New York Times and Vogue.
Journaliste spécialisé dans le domaine du luxe, auteur de l’ouvrage Cartier: The Impossible Collection publié aux éditions Assouline, il a occupé durant 10 ans le poste de rédacteur en chef joaillerie-horlogerie du magazine de mode L’Officiel Paris. A journalist specializing in luxury and the author of Cartier: The Impossible Collection, published by Assouline, he spent ten years as watch and jewelry editor-inchief for L’Officiel Paris fashion magazine.
THE CLEO COLLECTION MARLI NEWYO RK.CO M
BENJAMIN GRILLON Directeur artistique pluridisciplinaire, il a dirigé les magazines de Gucci, Hermès et Louis Vuitton. Il est également éditeur de collection livres d’art et de photographie à The Colour Journal. Il signe le photoshoot de cette édition.
Backstage, photoshoot GEM-T
A multidisciplinary creative director, and the art director for this issue’s photo shoot, he has directed brand magazines for Gucci, Hermès and Louis Vuitton. He is also the publisher of The Colour Journal collection of art books.
ESTHER MATILLA JULIEN T. HAMON Photographe français installé à Paris, il déploie son regard entre mode, nature morte et architecture, avec une précision graphique et une profondeur émotionnelle discrète. Il a réalisé le photoshoot de cette édition. A photographer, based in Paris, whose subjects span fashion, still life and architecture, his work is distinguished by its precision and quiet emotional depth. He directed this issue’s photo shoot.
Styliste et consultante mode, nourrie d’un parcours ancré dans la narration éditoriale et guidée par un instinct pour les contrastes inattendus, elle crée des univers à la fois raffinés et empreints d’émotion. Elle signe le stylisme des modèles du photoshoot de cette édition. Fashion stylist and consultant with a background rooted in editorial storytelling and an instinct for unexpected contrasts, she builds worlds that are both elevated and emotionally resonant. She styled the models for this issue’s photo shoot.
TEAM PHOTOSHOOT
Collection Menottes dinh van
SOMMAIRE CONTENTS
selecT 22 — 37 Page 26 © Sartoro
News, sélections de bijoux et coups de cœur de la rédaction News, jewelry and favorites from the team
Cover Story Ice Cube x Bella Hadid : l’éclatant manifeste de Chopard Ice Cube x Bella Hadid: Chopard’s light fantastic
Page 38 © Chopard
38 — 45
Trends
Page 58 © Cartier
46 — 106 48 — Haute joaillerie, entre héritage et poésie Heritage meets poetry in high jewelry / 54 — Mode et joaillerie : la fusion créative Fashion and jewelry: creative fusion / 58 — Conversation avec Pierre Rainero In conversation with Pierre Rainero, Cartier / 62 — Interview de Catherine Rénier, Van Cleef & Arpels Interview with Catherine Rénier, Van Cleef & Arpels / 66 — La « joaillisation », moteur de la création “Jewelization”, a force for creativity / 70 — La renaissance de la broche A brooch renaissance 74 — La perle rebelle Pearls come out of their shell / 76 — Ils ont créé leur marque Brand new: Maison Belmont & Mashandy / 80 — Conversation avec Marie-Hélène de Taillac In conversation with Marie-Hélène de Taillac 84 — Trois créatrices à suivre Three designers to watch out for 86 — Photoshoot : Intimité Intimate encounters
SOMMAIRE CONTENTS
culTure 110 — Art déco : radicalement moderne Radically modern Art Deco 120 — Icône : trois choses à savoir sur le Tubogas de Bulgari Icon: about the Bulgari Tubogas / 121 — Icône : trois choses à savoir sur les montres-bijoux de Chopard Icon: about Chopard jewelry watches 122 — Le diamant naturel face au défi de l’éthique Natural diamond, ethics and responsibility / 126 — Perles de culture Cultural gems / 128 — Bijoux vintage : faire le bon achat The buyer’s guide to vintage jewelry 134 — Pépites insolites et autres anecdotes Fascinating facts and other stories / 136 — Atelier : dans la peau d’une bague cocktail Atelier: a cocktail ring’s story
Page 120 © Bulgari
108 — 138
lifesTyle
Page 146 © Marli
140 — 160 142 — Les bijoux de Philippine Leroy-Beaulieu Talking jewelry with Philippine Leroy-Beaulieu / 146 — Paris & Genève : deux destinations, huit options shopping Paris & Geneva: two destinations, eight addresses 150 — La boîte à bijoux de Katerina Perez Inside Katerina Perez’s jewelry box / 154 — Agenda : les événements à ne pas manquer Diary: must-see events / 156 — Vicenzaoro : cap sur le futur du bijou The next jewelry trends / 158 — Milano Jewelry Week : Milan, écrin du précieux Jewelry shines in Milan / 159 — Sacs & style Bags of style / 160 — Le mot du fondateur Notes from the publisher
Impressum GEM-T Magazine n° 1 – Tirages imprimés : 45'000 exemplaires, version français/anglais & allemand/anglais – ISSN 30428408 – Fondateur & éditeur : Brice Lechevalier brice.lechevalier@gmtpublishing.com – Administration & édition : GMT Publishing Sàrl, 23, rue des Vollandes, 1207 Genève. Tél : +41 22 404 20 00 – Directeurs : Sébastien Lamunière & Brice Lechevalier ; tél. : +41 22 404 20 01 Directrice de publicité et marketing : Gwenola de Chaunac, gwenola.dechaunac@gmtpublishing.com – Rédactrice en chef : Marie de Pimodan, marie.depimodan@gmtpublishing.com – Secrétaire de rédaction : Pauline Estival, pauline.estival@gmtpublishing.com Directrice artistique : Julia Menager, juliamenager.studio@gmail.com – Distribution : Virginie Fumex, virginie.fumex@gmtpublishing. com – Contributeurs : Marie de Pimodan, Brice Lechevalier, Hervé Dewintre, Laurence Jannin-Schlemmer, Isabelle Hossenlopp, Ming Liu, Nazanin Lankarani, Marine Ulrich, Eléonor Picciotto, Zoé Lechevalier, Pauline Estival – Relectures : Pauline Estival, Sandra Petch, Marton Radkai – Layout : Julia Menager – Traductions : Sandra Petch (anglais), Marton Radkai (allemand) – Photolithographie : Bombie, Genève Impression : Chirat, Lyon – Abonnement : www.gemt-magazine.com @gemtmagazine
@GEM-T Magazine
COLORS THAT SPEAK VOLUMES Showing how precious colored gemstones express the unique personality in each of us. How they make a statement of character and personality, rarity and uniqueness, a statement of creative boldness, infused with responsibility and traceability throughout the value chain.
WWW.FURAGEMS.COM
A major Cartier exhibition, up-close with jewelry by Graff, Gübelin and Chanel, confessions of a bangle, key news… the latest from the world of jewelry.
selecT
L’expo Cartier à ne pas manquer, les bijoux de Graff, Gübelin et Chanel mis à nu, les confessions d’un bracelet jonc, des news choisies… L’actualité joaillière dans tous ses éclats.
Boucles d’oreilles, collection LIFE, LIFE collection earrings MARLI NEW YORK
selecT
BRÈVES
& MERVEILLES MEMOS & MARVELS Nouveautés, coups de cœur et pépites précieuses. Curated news from the world of jewelry.
© Gucci
BY BRICE LECHEVALIER & MARIE DE PIMODAN
L'ALLURE
Gucci, une ode à la couleur
LA RENCONTRE
La nouvelle collection de haute joaillerie de Gucci mise sur les couleurs des pierres précieuses pour revisiter ses territoires créatifs emblématiques. Aux côtés de pièces spectaculaires mettant en scène des pierres centrales de couleur, le collier Marina Chain prend des allures d’arc-en-ciel. Se déploie autour du cou une profusion de rubis, tsavorites, saphirs aux nuances intenses en alternance avec les diamants. (MdP)
À la tête de sa forge et de sa fonderie biennoise dans laquelle il traite l’or pour l’industrie horlogère depuis des décennies, Andreas Altmann s’est associé l’an passé à Zino Spinedi pour développer la marque suisse de bijoux haut de gamme Giberg. Ensemble, ils ont déjà convaincu plusieurs détaillants en Europe de vendre leurs bagues et bracelets à forte personnalité et se distinguant par un très haut niveau de finitions, essentiellement destinés aux hommes.
Giberg, deux générations, une marque
DUO
ALLURE
Giberg, two generations, one brand
Gucci’s ode to color The new high jewelry collection from Gucci explores gemstones in all their glorious color, while revisiting three of the house’s archival motifs. Alongside spectacular pieces featuring colored center stones, the Marina Chain necklace is an explosion of rainbow hues where diamonds alternate with a profusion of rubies, tsavorites and intense sapphires. (MdP)
For decades, his foundry in Biel/Bienne has supplied gold to the watch industry. Since last year, Andreas Altmann has teamed up with Zino Spinedi to develop Swiss luxury jewelry brand, Giberg. Together, they have already convinced several European retailers to stock their (mostly for men) rings and bracelets, which combine striking designs with superlative finishing and combinations of precious materials. (BL)
LE LIVRE
01
Confidences du luxe « Un partenariat avec la NASA nous a permis d’évoquer la beauté du ciel avec une matière appelée aérogel », déclare dans ce livre Hélène Poulit-Duquesne, PDG de Boucheron. Elle fait partie des 25 personnalités qui expliquent leur approche et en quoi cet univers se réinvente en permanence. Initié par ISG Luxury Management et publié par FYP Éditions, ce recueil d’opinions s’avère aussi agréable qu’utile à découvrir. Bravo aux auteures Gabrielle de Montmorin et Véronique Lepinay. (BL)
BOOK Luxury insights
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“Thanks to a partnership with NASA, we were able to capture the beauty of a changing sky with a material named aerogel,” confides Boucheron CEO Hélène Poulit-Duquesne, one of 25 personalities who have contributed to a book illustrating how the luxury sphere constantly reinvents itself. From an idea by ISG Luxury Management and published by FYP Éditions, it compiles viewpoints representing luxury’s many facets, with content that is both interesting and informative. Kudos to the book’s two authors, Gabrielle de Montmorin and Véronique Lepinay. (BL)
01 – © Giberg
L'ADRESSE Jill Wolf, 25 ans de passion pour les créateurs Cette passionnée de bijoux de créateurs partage sa sélection depuis 25 ans dans une minuscule boutique genevoise aux allures de boudoir cosy, mais aussi online dans toute la Suisse. Parmi ses highlights, des créatrices indépendantes comme MarieHélène de Taillac, Pippa Small et Donatella Pellini, mais aussi Dorette, Ten Thousand Things, Dana Kellin ou Sophie Bille Brahe, entre autres. (MdP)
BOUTIQUE For the past 25 years, Jill Wolf has shared her passion for contemporary designs and fashion jewelry with the customers who visit her velvet-lined boutique in Geneva’s Old Town, as well as with connoisseurs across Switzerland, through her online presence. Marie-Hélène de Taillac, Pippa Small and Donatella Pellini are among the independents whose jewelry she champions, alongside Dorette, Ten Thousand Things, Dana Kellin and Sophie Bille Brahe. (MdP)
L'ICÔNE
LA SIGNATURE
Shamballa & À l’Émeraude
Un bijou pour tous les jours
Derrière la success story des bracelets pour hommes Shamballa Jewels, Mads et Mikkel Kornerup, deux frères danois. Leur esprit entrepreneurial et fraternel les a rapprochés d’une autre entreprise familiale, À l’Émeraude, l’une des premières à leur faire confiance en Suisse. Géré par la famille Cremers, le grand détaillant séculaire de Lausanne représente non seulement Patek Philippe et Rolex, mais également Marco Bicego et Morganne Bello, ainsi que ses propres créations de bijoux. (BL)
« La Croix de Genève n’est pas un simple bijou, c’est un précieux talisman, celui qui nous accompagne et que l’on ne quitte plus », raconte Christophe Golay, cofondateur de la marque Croix de Genève qui s’inspire des armoiries du canton. La croix stylisée se décline en cinq versions, en acier ou en or rose, garanties à vie, fabriquées à la main et montées sur un cordon marin tressé dans les ateliers de la marque, à Carouge. (MdP)
SIGNATURE
A bracelet to wear every day “The Geneva Cross is not just a piece of jewelry; it is a precious talisman, one that stays with us and never leaves our side,” insists Christophe Golay, co-founder of Croix de Genève, a young brand whose inspiration is the Canton of Geneva coat of arms. The stylized cross lends itself to five designs, in steel or rose gold. The cross is handcrafted then mounted on a marine cord bracelet that is woven in the brand’s atelier in Carouge. Each piece comes with a lifetime guarantee. (MdP)
ICON Shamballa & À l’Émeraude Danish brothers Mads and Mikkel Kornerup are behind the iconic men’s bracelet brand, Shamballa Jewels. The siblings’ entrepreneurial spirit brought them to the attention of another family-owned business, À l’Émeraude, one of the first to carry the brand in Switzerland. Established in Lausanne for more than a century and helmed by the Cremers family, the storied retailer represents Patek Philippe and Rolex, as well as proposing jewelry by Marco Bicego and Morganne Bello, in addition to its own creations. (BL)
LE CHIFFRE 1,7 C’est le nombre de millions de carats d’émeraudes, de rubis et de saphirs mis cette année sur le marché par Fura Gems. Sa mine de rubis et saphirs roses au Mozambique a acquis une renommée internationale grâce à la découverte d’un rubis « sang de pigeon » brut de 101 carats. Taillée en coussin, cette pierre de 55,22 carats baptisée « Estrela de Fura » avait été adjugée pour 34,8 millions de dollars en 2023 par Sotheby’s New York, devenant la pierre de couleur la plus chère de l’histoire des ventes aux enchères. (MdP)
NUMBER 1.7
02 – © Croix de Genève
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The amount, in millions of carats, of emeralds, rubies and sapphires brought to market by Fura Gems this year. Its Mozambique mine of rubies and sapphires garnered global attention following the discovery of a 101-carat, pigeon blood rough ruby. Cut into a cushion shape, the 55.22-carat “Estrela de Fura” realized $34.8 million when it went under the hammer at Sotheby’s New York in June 2023: the highest price ever achieved by a colored gemstone at auction. (MdP)
© Shamballa
02
© Jill Wolf
Jill Wolf, 25 years of jewelry passion
selecT
01
PRÉCIEUX
NATURELLEMENT
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NATURALLY PRECIOUS
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Serpent, cygne, papillons, feuille de gingko, fleur de lotus, rose de Noël… La faune et la flore se drapent de lumière pour mieux révéler leur beauté sauvage. Serpents, swans, butterflies, gingko leaves, lotus blossom, Christmas roses. Bathed in light, fauna and flora reveal their untamed beauty. 04
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01 – Pendentif Alba, Alba pendant SARTORO / 02 – Bracelet Bosco, Bosco bracelet CAMILLE DE SOOS / 03 – Pendentif Gingko, Gingko pendant AURÉLIE BIDERMANN / 04 – Boucles d’oreilles Giardini Segreti Aura, Giardini Segreti Aura earrings PASQUALE BRUNI / 05 – Bague Érable, Maple Colours ring DE BEERS 06 – Bague Lefkos tourmaline mint, Lefkos mint tourmaline ring GEMMYO / 07 – Boucles d’oreilles Mara, Mara earrings AVINAS / 08 – Montre Swan Lake, Swan Lake watch CHOPARD / 09 – Collier et boucles d'oreilles Wild Rose, Wild Rose necklace and earrings CHAUMET / 10 – Clip Rose de Noël, Christmas Rose clip VAN CLEEF & ARPELS / 11 – Bague Papillons, Butterflies ring DUBAIL / 12 – Montre Serpenti Aeterna, Serpenti Aeterna watch BULGARI 13 – Manchettes Serpent Bohème Vintage, Serpent Bohème Vintage cuffs BOUCHERON
CONTOURS
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LIBRES FREE FORM
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Carré, rond, ovale, angles, courbes et formes organiques… L’allure du bijou masculin prend des libertés avec la géométrie. Square, round, oval, angular, curved or organic shapes. Men’s jewelry takes liberties with geometry.
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01 – Bracelet Pulse, Pulse bracelet DINH VAN / 02 – Montre Land-Dweller 40, Land-Dweller 40 watch ROLEX / 03 – Bracelet cordon Cœur Entrelacé, Cœur Entrelacé cord bracelet POIRAY / 04 – Bague Collection Hyper Baroque, Hyper Baroque Collection ring ARMAN SUCIYAN / 05 – Bracelet cordon Python, Python cord bracelet AKILLIS / 06 – Bague Love Unlimited, Love Unlimited ring CARTIER / 07 – Bagues Gemdior, Gemdior rings DIOR / 08 – Broche Maillon Libre, Maillon Libre brooch HERMÈS / 09 – Montre Golden Ellipse, Golden Ellipse watch PATEK PHILIPPE / 10 – Bagues Tanit, Tanit rings SASSI 11 – Bague Saturn XL, Saturn XL ring HEAVENLY / 12 – Bracelet Gladius, Gladius bracelet GIBERG / 13 – Bracelet Force 10, Force 10 bracelet FRED 14 – Bracelet cordon L'Essentiel, L’Essentiel cord bracelet CROIX DE GENÈVE
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CARTIER ROYAL
CARTIER ROYALE 01
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BY HERVÉ DEWINTRE Diadèmes, diamants, panthères : le Victoria and Albert Museum, à Londres, accueille jusqu’au 16 novembre 2025 une rétrospective d’une ampleur inédite consacrée au joaillier parisien. Immanquable !
Tiaras, diamonds and panthers: until November 16, 2025, the Victoria and Albert Museum in London is staging a major retrospective devoted to the Parisian jeweler.
L’intitulé de l’exposition est d’une simplicité redoutable : « Cartier ». Pas un mot de plus. Il faut dire que le nom de la maison de joaillerie fondée à Paris au milieu du XIXe siècle résonne à lui seul comme un abrégé du (bon) goût à la française : son odyssée commerciale et esthétique égrène au fil des décennies une myriade de stars et de personnalités royales qu’illuminent des bijoux suffisamment emblématiques, d’un point de vue culturel, pour justifier une mise en lumière dans le plus grand musée des arts décoratifs de la capitale britannique. À la brièveté de l’intitulé répond la grandeur du dispositif : 350 objets dont un nombre significatif de diadèmes royaux portés dans toutes les cours d’Europe, de prêts conséquents provenant de la collection royale (la Royal Trust Collection), de la Collection Al Thani, de joyaux iconiques rarement, voire jamais, exposés ou encore de documents inédits comme les croquis de Frederick Mew. Ce dessinateur avait notamment imaginé la légendaire broche Williamson – exposée par ailleurs – que la reine Elizabeth II avait portée à de nombreuses occasions, au mariage du prince Charles et de Lady Diana par exemple. À ce florilège de splendeurs, et grâce à la curation d’Helen Molesworth et de Rachel Garrahan, se greffe une mise en perspective des influences et préceptes ayant permis l’éclosion d’un style reconnaissable entre tous. Parmi ces préceptes, une curiosité pour toutes les cultures du monde et une soif d’innovation attestée par l’utilisation précoce du platine.
The title says it all. A single word: “Cartier”. Established in Paris in the mid-nineteenth century, the jeweler’s name resonates as a byword for elegance and style à la française. The Cartier odyssey, both commercial and aesthetic, is a procession of celebrities and royal patrons. All have dazzled in jewelry whose cultural import is sufficiently great to warrant a showcase at the English capital’s largest museum of applied and decorative arts. The brevity of the title belies the grandeur of the exhibition itself: more than 350 objects including a substantial number of tiaras worn at the royal courts of Europe, important loans from the Royal Trust Collection and the Al Thani Collection, rarely seen iconic jewels, some shown in public for the first time, together with documents such as sketches by Frederick Mew: the designer of the legendary Williamson brooch – also included in the show – which Queen Elizabeth II wore on numerous occasions, including for the wedding of Prince Charles and Lady Diana Spencer. Through these many splendors, co-curators Helen Molesworth and Rachel Garrahan examine the influences and principles from which Cartier’s instantly recognizable style emerged. Principles such as a curiosity for cultures across the globe and a thirst for innovation, illustrated by the pioneering use of platinum.
“Cartier”, Victoria and Albert Museum, London Until November 16, 2025
01 – Design for the Williamson diamond brooch by Frederick Mew for Cartier London circa 1953 CARTIER © Vincent Wulveryck 02 – Scroll tiara, commissioned for the Countess of Essex in 1902, diamonds, silver and gold CARTIER © Nils Herrmann
selecT
ANATOMIE D'UN BIJOU
GÜBELIN MAISON DE LA ROSE ANATOMY OF A JEWEL La récente réouverture de sa boutique genevoise, au 60, rue du Rhône, à Genève, a inspiré à Gübelin une collection capsule baptisée Maison de la Rose. The recent reopening of its boutique at 60, Rue du Rhône in Geneva inspired Gübelin for a capsule collection, Maison de la Rose. BY MARIE DE PIMODAN
Gübelin a ouvert sa boutique genevoise en 1944 dans un bâtiment surnommé La Maison de la Rose. Le motif floral qui orne sa porte a servi d’inspiration à cette nouvelle collection capsule. In 1944 Gübelin opened its Geneva boutique in a building known locally as Maison de la Rose. The floral decoration above the building’s door inspired this new capsule collection.
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L’appellation Crimson Red désigne des rubis parmi les plus recherchés au monde. Non traitées, naturellement éclatantes d’un rouge très homogène, ces gemmes exceptionnelles ne contiennent aucune inclusion à l’œil nu. The term Crimson Red describes some of the world’s finest rubies. These exceptional gems are untreated, display a homogenous red color, produce a lively brilliance and are free from inclusions that are visible to the naked eye.
Huit pièces, pendentifs, boucles d’oreilles et bagues composent la collection Maison de la Rose, dont ces boucles d’oreilles serties de rubis Crimson Red en provenance du Mozambique. The eight pieces — necklaces, earrings and rings — in the Maison de la Rose collection include these earrings, set with Crimson Red Mozambique rubies.
« Maison de la Rose est un hommage à l’héritage de notre boutique genevoise, que mon arrière-grand-père a ouverte il y a plus de 80 ans », Raphaël Gübelin, président et représentant de la sixième génération de la maison joaillière familiale. “Maison de la Rose is a tribute to the heritage of our Geneva boutique, which my greatgrand-father opened more than 80 years ago,” says Raphaël Gübelin, president of Gübelin and representative of the sixth generation of the family-owned jeweler.
ANATOMIE D'UN BIJOU
WINGS OF CHANEL ANATOMY OF A JEWEL Aux côtés de la comète et du lion, deux symboles chers à Gabrielle Chanel, les ailes se déploient pour la première fois dans la collection de haute joaillerie Reach for the Stars. Alongside the comet and the lion, themes close to Gabrielle Chanel’s heart, wings appear for the first time as a symbol in the house’s Reach for the Stars fine jewelry collection. BY MARIE DE PIMODAN
Parmi les pièces maîtresses de la collection Reach for the Stars, Wings of Chanel enlace le cou de ses deux ailes d’or et de platine finement brodées de diamants. One of the hero pieces in the Reach for the Stars collection, Wings of Chanel embraces the neck with its gold and platinum wings, in a cascade of diamonds.
Grâce à sa ligne pendante détachable qui peut se transformer en bracelet, ce collier offre également un porté court. The long pendant can be detached and worn as a bracelet, transforming the necklace into a shorter configuration.
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« Si vous êtes né sans ailes, ne faites rien pour les empêcher de pousser », affirmait Gabrielle Chanel dans un article paru dans Vogue France, en 1938. Un encouragement à la liberté, magistralement interprété par le studio de création de Chanel. “If you were born without wings, do nothing to prevent them from growing,” declared Gabrielle Chanel in a 1938 issue of Vogue France: an encouragement to fly high, now magnificently interpreted by Chanel’s Creation Studio.
Tout en souplesse grâce à un travail d’orfèvre très précis, Wings of Chanel s’articule autour d’un spectaculaire saphir Padparadscha taille coussin de 19,55 carats qui mêle des nuances de rose et d’orange. Articulated with the utmost precision, this remarkably fluid necklace showcases a spectacular 19.55-carat cushion-cut Padparadscha sapphire that softly glows with pink and orange tones.
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ANATOMIE D'UN BIJOU
GRAFF 1963 ANATOMY OF A JEWEL
Révélée pendant la semaine de la Haute Couture, à Paris, la parure 1963 fait briller le diamant dans une mise en scène hypnotique. Zoom sur un collier aux allures très sixties. Unveiled during Paris Haute Couture Week, the 1963 high jewelry suite dazzles with diamonds in a mesmerizing design that captures the spirit of the 1960s. BY MARIE DE PIMODAN
« Il s’agit de l’une des parures de haute joaillerie les plus complexes, sophistiquées et techniquement ambitieuses que nous ayons jamais créées », François Graff, CEO de la Maison. “This is one of the most intricate, complex and technically challenging high jewelry suites we have ever created,” CEO François Graff
Fondateur de la marque en 1960, Laurence Graff est surnommé le « roi des diamants ». Les boucles d’oreilles, le bracelet et le collier qui composent la parure 1963 lui rendent hommage en totalisant 7790 diamants de la plus belle eau pour plus de 129 carats. Founder of Graff in 1960, Laurence Graff is known as the King of Diamonds. The earrings, bracelet and necklace that make up the 1963 suite honor this reputation with 7,790 magnificent diamonds, totaling over 129 carats.
Cinétique, kaléidoscopique, hypnotique, le collier revisite les formes des « swinging sixties » autour du roi diamant décliné en tailles baguette, ronde ou ovale. Kinetic, kaleidoscopic, hypnotic, the suite revisits the shapes of the Sixties in oval, baguette-cut and round diamonds.
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Clin d’œil à l’identité de la Maison et son fameux vert Graff, chaque élément en or blanc est souligné d’un très discret pavage d’émeraudes taille ronde. A nod to the House of Graff and its signature green, concealed within each of the white gold settings is a just visible line of round pavé emeralds.
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THE BANGLE’S TALE
LES ÉTATS D’ÂME DU
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JONC Par son approche vivante au poignet, le jonc a longtemps fait la course en tête parmi les bijoux préférés. Il doit désormais se plier à l’injonction du « jamais sans les autres ».
The bangle has long been a hero piece in any jewelry collection. Now this mover and shaker must learn that there is always room for one more.
« J’ai une histoire, vous savez. Un récit qui affleure tout le long de ma silhouette où s’écrit le nom liberté. Emphase, dites-vous ? C’est ignorer mon destin. Il me lie aux tribus mozambicaines qui constituaient la force de travail destinée aux îles de l’océan Indien. Les esclaves évadés troquaient leur seul bien, mon ancêtre d’argent massif, afin de poursuivre leur chemin en hommes et femmes libres. Dans ma forme originelle, je suis coupé. La brèche, comme une rupture avec la soumission. Habité par ce mythe fondateur, je souligne le geste. J’accentue l’allure. Je transforme la parole en déclaration de paix – le courant hippie m’a porté aux nues – ou d’amour dans ma version Happy Hearts ou L’Heure du Diamant (Chopard), Coco Crush (Chanel), Love (Cartier) ou Possession Pop (Piaget). La légèreté s’est invitée dans mon existence. Mes congénères aussi. Ah, le cliquetis de nos corps apparentés ! Un tintamarre, oui. Par nature, le jonc est flexible. Je m’accommode de notre musique que l’on dit jubilatoire. J’exulte à plusieurs voix, suivant une tendance qui porte le nom d’accumulation. La profusion, cette nouvelle forme de narration, m’exhibe dans des vidéos “Suis mon guide du stacking” ou “Viens faire le tour du propriétaire” (jewelrytour) qui génèrent des millions de vues sur TikTok. Souvenirs heureux, grigris de protection et bracelets d’attraction me figent dans une promiscuité débridée. J’adhère pour la forme au “plus forts ensemble”. Mais ne vous y trompez pas. Même frappé d’inertie, c’est moi qui imprime le tempo du style ! »
“I have a history, you know. A narrative that unfolds along the contours of my silhouette to end in freedom. Hyperbole? Not when you know my destiny. It ties me to the Mozambique tribes who were sent to labor on the islands of the Indian Ocean. Fugitive slaves traded their only possession, my solid silver ancestor, for the chance to continue on their way as free men and women. In my original state, I am cut through my middle. Cut free from a life of subservience. Instilled with this founding myth, I underscore each movement. I accentuate allure. I transform words into a declaration of peace – hippies adored me – or love, when my name is Happy Hearts or L’Heure du Diamant (Chopard), Coco Crush (Chanel), Love (Cartier) or Possession Pop (Piaget). I have embraced the lighter side of life. Made new friends. Oh, the jingle-jangle of our bodies side by side. What a commotion! The bangle is versatile by nature. I chime with this cheery music. I sing out in a multi-part harmony. I feature in abundance — the latest narrative trend — in #stackingguides and #jewelerytours that garner millions of TikTok views. Caught among a profusion of happy memories, protective charms and attraction bracelets, I insist that we are ‘stronger together’ as a matter of form. But don’t be fooled. Even struck motionless, when it comes to style, I set the tempo!”
BY LAURENCE JANIN-SCHLEMMER
01 – Coco Crush CHANEL / 02 – L'Heure du Diamant CHOPARD / 03 – Love CARTIER / 04 – Possession Pop PIAGET
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MARLI,
DES BIJOUX POUR LA VIE © Marli New York
MARLI, JEWELS FOR LIFE
Life rarely follows a straight course but is instead a succession of unexpected detours, moments of grace and times of action. Marli New York’s LIFE collection captures these perpetual transformations in contemporary, minimalist, versatile jewelry that adapts to each lifestyle. “Our days are filled with countless moments that shape our lives, and each moment presents an opportunity to express our true selves,” says Maral Artinian, creative director and founder of Marli New York in 2014. “The LIFE collection embraces this dynamic essence, empowering individuals to own each moment and express their unique style.” Rings, bangles, earrings and pendants in 18k gold are set with gemstones in Marli’s signature pyramid cut. Certain designs incorporate an innovative spinning mechanism. Crafted to express individuality, this is jewelry that celebrates every moment in the game… of life.
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La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Elle est faite de détours inattendus, d’instants suspendus et de moments d’action. La collection LIFE de Marli New York capte ce mouvement perpétuel qui façonne notre quotidien pour décliner des bijoux caméléons, minimalistes et polyvalents, qui s’adaptent à tous les rythmes de vie. « Chaque personne vit de très nombreux moments décisifs au cours de sa journée, qui forgent son identité, souligne Maral Artinian, fondatrice et directrice créative de la marque lancée en 2014. La collection LIFE capture cette essence dynamique en incitant chacun à exprimer son style unique. » Résultat : des bagues, des joncs, des boucles d’oreilles et des pendentifs contemporains en or 18 carats, sertis de pierres taillées en pyramide, signature de Marli, et dont certaines références intègrent un mécanisme innovant de rotation. Des bijoux en mouvement, qui affirment une identité et se prêtent au jeu… de la vie.
Bangles, collection LIFE, LIFE collection MARLI NEW YORK
© Marli New York
BY MARIE DE PIMODAN
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HEURGON L' ART À TOUS LES NIVEAUX
HEURGON, ART AT EVERY LEVEL
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Forte d’un héritage familial vivant, la maison parisienne Heurgon, qui fête ses 160 ans, propose une approche singulière et décomplexée du luxe : de Chopard à Garrard, elle cultive une stratégie fondée sur la rareté, entre art, architecture et expérience client.
Established 160 years ago, multi-generational Parisian jewelry house Heurgon cultivates a singular approach to luxury. From Chopard to Garrard, its choices are guided by rarity while making art and architecture part of the customer experience.
Si Heurgon revendique sa dimension patrimoniale, l’enseigne se distingue aussi par une approche indépendante et audacieuse du multimarque. Pionnière, elle a introduit en France la maison Chopard il y a 50 ans. D’autres signatures exigeantes et diversifiées ont suivi, de Chaumet à Messika en passant par Marli New York ou Statement Paris. La reconnaissance du milieu et le positionnement volontairement sélectif de Heurgon se reflètent aussi dans l’exclusivité obtenue pour la France de Garrard, joaillier officiel de la couronne britannique. Au fil des ans, Heurgon a renforcé son implication dans la joaillerie, obtenant la confiance d’une quinzaine de marques. L’ouverture d’un nouvel écrin au 58, rue du Faubourg-Saint-Honoré n’y est certainement pas étrangère.
Proudly family-owned, Heurgon is also distinguished by its singular and independent approach when selecting the brands it represents. A pioneer, 50 years ago it introduced Chopard to a French clientele. Other prestigious names have followed, from Chaumet to Messika, from Marli New York to Statement Paris. Peer recognition and the house’s deliberately selective positioning are reflected in Garrard’s choice of Heurgon as the exclusive destination for the British Royal Warrant holder’s jewelry in France. Over the years, Heurgon has attached growing importance to jewelry and is now the trusted partner of some fifteen brands. One reason is no doubt the opening of a new Parisian address, at 58, Rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Un concept-store d’auteur au cœur du Faubourg Bijou architectural, cet espace rompt avec les codes du secteur pour privilégier une esthétique épurée, contemporaine, presque muséale, où l’intégration de l’art contemporain donne une dimension unique. Expositions, vernissages ou collaborations avec des artistes, l’art devient une composante vivante de l’expérience client. Héritiers d’une lignée impliquée dans la Maison depuis trois générations, Arnaud et Benjamin Cymerman cultivent l’approche d’Heurgon fondée sur la transmission, la fidélité et l’écoute.
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BY BRICE LECHEVALIER
A curated concept store at the heart of Faubourg Saint-Honoré This beautifully architectured space breaks with the sector’s usual aesthetic in favor of sleek and contemporary, gallery-like surroundings, where the inclusion of contemporary artwork introduces a unique dimension. Indeed, art becomes an active component of the customer experience, through exhibitions, previews and artist collaborations. Arnaud and Benjamin Cymerman, whose family has guided Heurgon’s fortunes for three generations, continue to cultivate the house’s culture of heritage, loyalty and attentiveness.
01 – Bague Wings Embrace, Wings Embrace ring GARRARD / 02 – Montre Alpine Eagle, Alpine Eagle watch CHOPARD 03 – Bague My Way, My Way ring STATEMENT PARIS
DINH VAN, 60 ANS DE SCULPTURE JOAILLIÈRE
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DINH VAN, SCULPTING JEWELS FOR 60 YEARS
Bague Petite Boule en or, ring, 1968, Cartier – DINH VAN
BY MARIE DE PIMODAN Tout a commencé par un geste. Celui de Jean Dinh Van, sculpteur joaillier dont l’œuvre singulière aura été marquée, tout au long de sa vie, par la recherche de formes nouvelles, essentielles, radicalement modernes. Entré chez Cartier comme apprenti au début des années 1950, il s’émancipe, déconstruit les codes classiques de la joaillerie et fonde sa propre marque en 1965. L’inspiration vient de la rue et du quotidien pour des bijoux à porter partout, tous les jours. Les collections Menottes dinh van, Serrure, Cube Diamant lancées en 1976 se reconnaissent au premier regard et, depuis, séduisent partout dans le monde grâce à un large réseau de boutiques dont celle de Genève, qui fut l’une des premières à ouvrir en dehors des frontières françaises dans les années 1980. L’actuelle boutique, située rue Neuve-du-Molard, a d’ailleurs récemment fêté ses 20 ans. Après quelques mois de travaux, elle réouvrira ses portes en novembre selon le nouveau concept de boutiques de la marque. Histoire de célébrer comme il se doit ces fantastiques 60 années de liberté créative !
A sculptor as much as a jeweler, Jean Dinh Van spent a lifetime in pursuit of original, fundamental, radically modern forms. He trained as an apprentice at Cartier in the early 1950s, but was inspired to follow his own path, deconstructing the conventions of jewelry and setting up his own brand in 1965. A careful observer of street life and his surroundings, he made everyday objects the starting point for jewelry that was designed to be worn anywhere, everywhere, every day. Launched in 1976, the Menottes dinh van, Serrure and Cube Diamant collections were instant icons, enjoyed the world over thanks to the brand’s many stores, including the Geneva boutique, one of the first to open outside France, in the 1980s. The present-day boutique, on Rue Neuve-du-Molard, recently celebrated its 20th anniversary and, after several months of renovation, will reopen in November with the brand’s new retail design. A fitting way to mark 60 fabulous years of creative freedom. dinh van Rue Neuve-du-Molard 11 1204 Genève
01 – Pendentif Le Pavé, Le Pavé pendant DINH VAN / 02 – Collier 3 Menottes, 3 Menottes necklace DINH VAN
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Collection Menottes dinh van
Jean Dinh Van © dinh van
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Cover Story Bella Hadid porte des bagues en or rose éthique, avec ou sans sertissage de diamants, des boucles d'oreilles en or rose éthique soulignées de diamants et un clip d'oreille en or rose éthique de la collection Ice Cube. Bella Hadid wears rings in ethical rose gold, with or without diamonds, earrings in ethical rose gold with diamonds and an earclip in ethical rose gold, all from the Ice Cube collection.
SCULPTED BY LIGHT
CHOPARD
Ice Cube LIGNES DE LUMIÈRE
Photo: Charlotte Wales Model: Bella Hadid
Is it possible to capture light, to seize its glimmering rays and force it to reveal its intensity in a sculpted jewel? Caroline Scheufele proves that it is. In 1999 Chopard’s co-president and artistic director transformed the shimmering surfaces of an ice cube into a sleek geometric watch, paving the way for the Ice Cube collection, which has continued its conversation with light ever since. Each of the tiny cubes that make up the rings, bracelets, pendants and earrings in the collection are like scintillating pixels, symmetrically aligned in a contemporary and understated architecture. The edges of each are subtly faceted and their surfaces mirror-polished then further buffed with a pad to achieve ultimate shine and brilliance. Photographed against an urban skyline for the “Sculpted by Light” campaign, the golden glow of light contrasts with these sculptural rows of tiny ice cubes, crafted exclusively from ethical gold. Model Bella Hadid, Chopard’s global ambassador since 2024, wears them under the lens of British fashion photographer and filmmaker Charlotte Wales. The result is an electrifying dialogue between fire and ice, glamour and elegance.
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Sculpter un bijou pour dompter la lumière ? Tenter d’apprivoiser son éclat et la contraindre à se révéler dans son intensité la plus totale ? Voici l’exercice auquel s’est prêté Caroline Scheufele. En 1999, en s’emparant des facettes réfléchissantes du cube au travers d’une montre aux lignes minimalistes, la coprésidente et directrice artistique de Chopard avait esquissé les prémices de la collection Ice Cube qui, depuis lors, n’a cessé d’évoluer au fil d’un dialogue constant avec la lumière. Comme autant de pixels scintillants, symétriquement alignés selon une architecture sobre et contemporaine, chaque petit cube qui compose les bagues, bracelets, pendentifs et boucles d’oreilles de la collection est l’objet d’un subtil facettage de ses arêtes et d’un poli miroir avivé avec un tampon pour une brillance unique. Photographié sur fond de skyline urbaine pour la campagne « Sculpted by Light », l’éclat doré de la lumière contraste avec les lignes épurées de ces alignements de petits cubes de glace sculptés exclusivement en or éthique. La mannequin Bella Hadid, ambassadrice globale de Chopard depuis 2024, les réunit avec style sous l’œil de la photographe de mode et réalisatrice britannique Charlotte Wales. Un dialogue électrisant entre feu et glace, sous le prisme du glamour et de l’élégance.
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Manchette Ice Cube en or rose éthique sertie de diamants / Ice Cube cuff in ethical rose gold and diamonds Bagues Ice Cube en or rose ou or blanc éthique avec ou sans sertissage de diamants / Ice Cube rings in ethical rose or white gold, with or without diamonds Bracelets joncs Ice Cube en or rose ou or blanc éthique avec ou sans sertissage de diamants / Ice Cube bangles in ethical rose or white gold, with or without diamonds Montre à secret Ice Cube en or rose éthique sertie de diamants / Ice Cube secret watch in ethical rose gold and diamonds
Pendentif Ice Cube en or blanc éthique / Ice Cube pendant in ethical white gold
Cover Story
Bella Hadid porte un collier ras de cou, une manchette et des bagues Ice Cube en or rose éthique sertis de diamants. Bella Hadid wears an Ice Cube choker, cuff and rings in ethical rose gold with diamonds.
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Collier ras de cou Ice Cube en or rose éthique serti de diamants / Ice Cube choker in ethical rose gold with diamonds
Cover Story
Boucles d’oreilles Ice Cube grand modèle en or éthique 18 carats / Ice Cube earrings in ethical gold
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Photographiée par Charlotte Wales, la campagne capte l’alchimie entre l’éclat de Bella Hadid et la brillance solaire de la collection Ice Cube. En backstage comme à l’image, la lumière est partout et révèle la pureté, la force graphique et la modernité du design Ice Cube. Photographed by Charlotte Wales, the campaign captures the chemistry between Bella Hadid’s radiant beauty and the brilliance of the Ice Cube collection. Light is everywhere, revealing the purity, sculptural line and contemporary character of the Ice Cube’s design.
High jewelry launches, the brooch’s big comeback, exclusive interviews, not-so-prim pearls, designers to watch… what’s hot in jewelry right now.
Trends
Les lancements de haute joaillerie, le grand retour des broches, des interviews exclusives, les perles rebelles, les créateurs à suivre… Toutes les tendances joaillières pour capter l’air du temps.
Boucles d’oreilles, earings SARTORO © Julien T. Hamon
Collier et boucles d'oreilles Avoine & Étoile des champs, Oat and Field Star necklace and earrings CHAUMET
Trends
POÉSIE
DE LA HAUTE JOAILLERIE HERITAGE MEETS POETRY IN HIGH JEWELRY
Début juillet, les maisons de joaillerie ont présenté à Paris leurs nouvelles collections. Pierres rares, compositions complexes, travail d’atelier virtuose les rendent toujours aussi admirables. Mais, cette année, il a soufflé un vent de délicatesse, de légèreté et une recherche de sens. Chaque création a suscité l’imagination à travers ses pierres mais aussi avec son histoire, son dessin, ses symboles.
High jewelry creations took center-stage in Paris, early July. Collections are, as always, marvels of rare gemstones, complex compositions and virtuoso craftsmanship, but this year’s pieces are infused with delicacy, lightness and a desire for meaning. Each creation captures the imagination with its gemstones, but also symbolism and the story it tells.
Les créatrices chinoises Anna Hu et Christine Chen, très inspirées par la poésie des jardins, épanouissent leur signature avec légèreté. Avec la danse des orchidées (collection Orchid Minuet), Anna Hu évoque la fragilité gracieuse de la fleur. Ses minces pétales de titane peints à la main et nervurés comme s’ils étaient vivants font éclore toute la lumière de la pierre de centre. Avec Christine Chen (maison Serendipity), c’est une collection florale qui s’expose au musée des arts asiatiques Guimet, entre objets d’art et paravents anciens représentant des scènes bucoliques. Le lieu est idéal pour le Jardin du rêve de Serendipity, inspiré de celui de Claude Monet à Giverny. Chaque parure reflète un paysage onirique de fleurs et d’étangs, ces derniers étant symbolisés par l’iridescence des opales que l’on retrouve sur presque toutes les pièces. Fleurs et plantes inspirent aussi Chaumet, immergé dans le cycle de vie de la nature éternellement renaissant. Symboliques de la collection Jewels by Nature, les parures Avoine & Étoile des champs, Œillet et Iris des Fées déploient une farandole de fleurs, du bourgeon jusqu’à la corolle épanouie. Mikimoto et Pasquale Bruni observent la délicatesse des pétales. Sur les multiples rangs de perles de la maison japonaise Mikimoto, un souffle de vent dépose des pétales de diamant. Les teintes délicates des perles de conche, de l’émail pliqueà-jour translucide, des morganites rose pêche, des
Chinese jewelry artists Anna Hu and Christine Chen draw inspiration from the poetic beauty of gardens. Anna Hu’s Orchid Minuet collection captures the grace and fragility of its namesake flower, even recreating veinlets on the hand-painted titanium petals that cradle the stone at their center. Christine Chen (Serendipity) chose the perfect venue to present her floral-inspired collection, at the Musée des Arts Asiatiques - Guimet, surrounded by ancient objets d’art and screens depicting garden scenes. Her Jardin du Rêve collection, which looks to Claude Monet’s garden in Giverny, suggests a dreamscape of flowers and ponds, the latter mirrored by the shimmering opals that feature in almost every piece. Flowers and grasses are at the heart of Chaumet’s Jewels by Nature collection, which celebrates the eternal cycle of Nature. Symbolic of the collection’s three chapters, the Oat and Field Star, Carnation and Fairy Iris parures trace a flower’s journey from bud to full bloom. Meanwhile, both Mikimoto and Pasquale Bruni observe the delicate nature of petals. Diamond petals settle on Mikimoto’s multi-strand pearl necklaces, as though carried by a gentle breeze. The Japanese house explores the delicate tints of conch pearls, translucent plique-à-jour enamel, peachy-pink morganites, tourmalines and colored sapphires to capture their fleeting beauty. Through Pasquale Bruni’s lens, petals become a dazzling parure imbued with the warmth of an Italian sun. Ablaze with diamonds, they
01 – Bague Les Pétales, Les Pétales ring MIKIMOTO
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BY ISABELLE HOSSENLOPP
Trends Composition n° 4, collection Carte blanche, Impermanence BOUCHERON
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spring to life on articulated pieces. Bathed in light and inspired by a lone rose that the house’s creative director, Eugenia Bruni, found growing in the garden of the now empty family home, this collection does more than tell a simple story of petals. It is a memory of a happy childhood.
tourmalines et des saphirs de couleur capturent et subliment la beauté éphémère de leur fraîcheur. Dans un autre monde, avec un autre œil, Pasquale Bruni voit les pétales comme une parure étincelante, vibrante de tout le soleil de l’Italie. Ils sont couverts de diamants et s’articulent, mobiles, sur des pièces imposantes. Inspirée par une rose solitaire retrouvée par Eugenia Bruni, la directrice artistique de la Maison, dans le jardin de la maison familiale abandonnée, la collection ruisselle de lumière et nous raconte bien plus qu’une simple histoire de pétales : un souvenir d’enfance heureuse.
Boucheron’s capturing of nature is characteristically idiosyncratic. Emerging like sculptures from curved structures, an astonishingly lifelike thistle, tulip, cyclamen and oat evoke ikebana floral arrangements. The Impermanence collection unfolds from transparency to pure white, to vanish into pitch black — an effect made possible by materials that are not normally seen in jewelry, such as 3D-printed resin, borosilicate glass, ceramic, black sand and Vantablack.
Chez Boucheron, le thème de la nature s’incarne aussi, merveilleusement ! Glissées dans des tubes en courbe posés sur des socles, les impressionnantes compositions façon Ikebana de chardons, tulipes, cyclamens, avoine… sont d’un réalisme saisissant. La collection Impermanence est monochrome, allant de la transparence au blanc pur puis au noir profond, un effet qui n’est rendu possible qu’en utilisant des matières inhabituelles en joaillerie, telles que la résine (imprimée en 3D), le verre borosilicate, la céramique, le sable noir, le Vantablack… Encore une fois, Boucheron nous déroute.
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01 – Boucles d’oreilles Orchid Minuet, Orchid Minuet earrings ANNA HU / 02 – Bague Mosaico, Mosaico ring BUCCELLATI 03 – Collier Les Pétales, Les Pétales necklace MIKIMOTO
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Heritage reinvented Vintage is another thread that runs through several of the high jewelry collections unveiled in July. Graff celebrates the freedom and glamour of the 1960s, when the House of Graff was founded, with the 1963 suite. Elliptical forms dance across a spectacular necklace, bracelet and earrings: a flamboyant composition of 7,790 exceptional oval, baguette and brilliant-cut diamonds totaling 129 carats. Graduated in size, each baguette diamond is custom-cut to create a perfect harmony of light. Skillfully concealed inside the diamond ovals, a line of emeralds offers a flash of Graff’s signature green – a tour de force by the house’s master artisans. Other jewelers return to the Swinging Sixties as the decade that forged their style. Piaget’s association with 1960s art and artists is celebrated in a colorful collection, with nods to Salvador Dalí, Arman and Andy Warhol. Elsewhere, Pomellato references its expertise as a master of gold through sculptural links which it accents with vibrant colored stones. Among the pieces presented by Bucherer, a platinum brooch set with 370 diamonds celebrates the 1920s, the decade that marked the beginning of the house’s jewelry adventure. A white opal of more than five carats sits above asymmetrical diamond waves forming a halfmoon shape. Their different cuts sculpt the light in unique ways. Buccellati’s vintage inspirations converge in bejeweled evening bags, which the house has modeled on clutches and minaudières from its heritage collection. Combinations of golds, rigato engraving and the tulle motif transpose the house’s ornamental language into contemporary designs for bags with diamond-embellished, engraved gold clasps, gold handles and precious trims. Accessories for a very special evening, they are joined by a collection of oneof-a-kind jewels. Cocktail rings are an enchantment of sculpted gold crowned with magnificent gems.
04 – Broche, brooch BUCHERER FINE JEWELLERY
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Le retour aux années vintage marque les collections de ce mois de juillet. Graff célèbre la décennie de sa création avec la parure 1963 dans l’esprit libre et effervescent des Swinging Sixties. Des ellipses dansent sur un collier spectaculaire, hypnotique, un bracelet et des boucles d’oreilles, révélant une composition flamboyante de 7790 diamants d’exception, tailles ovale, baguette et brillant (pour un total de 129 carats). Chaque diamant baguette, disposé en dégradé, est taillé sur mesure pour créer une parfaite harmonie de lumière. Dissimulé à l’intérieur des pièces par un serti difficile à réaliser, un liseré d’émeraudes – signature du vert Graff – souligne la courbe des ovales de cette parure 1963 qui révèle une véritable prouesse d’atelier. Chez d’autres joailliers, le retour aux années 1960 est un regard sur les années qui ont forgé leur style. Piaget célèbre ses liens avec l’art et les artistes de cette époque avec une collection très colorée, hommage à Salvador Dalí, Arman ou Andy Warhol alors que Pomellato convoque son passé d’orfèvre en redessinant ses volumineux maillons d’or pimentés de pierres vives et joyeuses. Chez Bucherer, coup de cœur pour une broche en platine hommage aux années 1920, époque à laquelle la joaillerie de la Maison de Lucerne prend son essor : une broche en demi-lune est sertie d’une opale blanche de plus de cinq carats, soulignée de vagues de diamants tout en asymétrie (en tout 370 pierres), chacune sculptant la lumière de façon différente. Buccellati célèbre à sa façon ses années vintage avec une collection de bijoux et de mini-sacs précieux inspirés de pochettes et de minaudières de sa collection patrimoine. Les signatures de la Maison sont là : mélange des ors, gravure Rigato, motif tulle, cordage, transposés dans un design très actuel sur de petits sacs aux fermoirs en or gravé et serti de diamants, ornés d’anses et de passementeries précieuses. Ces accessoires pour les soirées dans le grand monde côtoient une collection de bijoux, pièces uniques, où les bagues cocktail enchantent par leur travail de l’or et les pierres admirables qui les couronnent.
1963 GRAFF
Le patrimoine aux sources d’un nouvel éclat
Trends Collier Pavocelle, Pavocelle necklace, En Équilibre CARTIER
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Au cœur des icônes intemporelles
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Collier Jardin du Rêve, Jardin du Rêve necklace SERENDIPITY
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Depuis sa création en 1847, Cartier a l’art de combiner l’équilibre des lignes et l’harmonie des formes. La légèreté se joue sur les ajourages et l’articulation des pièces grâce à un minutieux travail d’emmaillement qui les rend souples comme des étoffes. Ici, les pierres exceptionnelles ne viennent jamais alourdir le dessin, elles le magnifient. Témoin, le collier Pavocelle, de la collection En Équilibre, figurant une succession de queues de paon déployées. Le fameux « style paon » bleu et vert qu’affectionnait Louis Cartier se retrouve dans le bleu du saphir de Ceylan, étonnante pierre de plus de 58 carats qui sublime la création. D’autres icônes de style se dévoilent encore cet été. De Beers signe ses collections d’un mélange de pierres polies et de pierres brutes, affirmant ainsi son expertise de plus de 135 années et un accès privilégié aux plus beaux diamants de couleur du monde. Pour sa collection Essence of Nature, le joaillier londonien évoque quatre arbres emblématiques des terres du diamants – le baobab, le jacaranda, l’acacia, l’érable –, gravant dans l’or la texture des branches et des écorces. Mais c’est surtout la couleur rarissime des diamants, bleu, violet, mauve, rose, jaune, orange, vert… qui aimante le regard. L’icône de Boghossian ? La couleur, l’harmonie fluide et lumineuse des pierres. Le bijou se construit exclusivement autour d’elles. Boghossian, c’est une palette de peintre. Les pierres, remarquables par leur pureté et leur densité, composent les symphonies de nuances douces de la collection Lirya, empreinte d’une délicate symphonie poétique. Adler retourne aux origines de notre civilisation, à Mistra, cité de la Grèce du XIIIe siècle. Les bijoux reprennent les détails de l’architecture et des mosaïques byzantines. Transformables, très mobiles, les boucles d’oreilles prennent vie dans des jeux de superposition où la lumière s’immisce dans les motifs ajourés. Entre délicatesse florale, hommage à la renaissance de la nature, au patrimoine de la Terre comme à celui des Maisons, la haute joaillerie de cet été a brillamment réinventé son langage à travers des collections chargées d’émotion.
01 – Boucles d'oreilles Mistra, Mistra earrings ADLER / 02 – Collier Rosina, Rosina necklace PASQUALE BRUNI
Bague Toi & Moi, Toi & Moi ring, Camelthorn Resilience DE BEERS
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Timeless icons
Boucles d’oreilles Lirya, Lirya earrings BOGHOSSIAN
Ever since it was founded in 1847, Cartier has proved itself a master in the art of combining purity of line with harmony of form. Openwork structures and delicately articulated constructions become compositions that have the lightness and suppleness of the softest fabric. Exceptional stones are never a distraction; instead, they illuminate the whole. Part of the En Équilibre collection, the Pavocelle necklace is an eloquent example in which a succession of motifs fan out like peacock tails. The blues and greens of Louis Cartier’s much-loved “peacock style” are reflected in the blue of the magnificent 58-carat Ceylon sapphire that adorns this creation. Other style icons take to the stage this summer. De Beers signs collections that mix polished gems with rough stones, confirming its more than 135 years of expertise and access to the world’s most beautiful colored diamonds. The London jeweler’s Essence of Nature collection pays homage to four trees that grow in diamond-producing countries: the baobab, the jacaranda, the camelthorn and the maple. The textures of their branches and bark are engraved in gold but it is, inevitably, the diamonds in rare blue, violet, mauve, pink, yellow, orange and green hues that draw the gaze. Boghossian’s icon is color and the luminous, fluid harmony of stones. Each jewel is crafted exclusively around the stones themselves, in an almost painterly fashion. The Lirya collection is a symphony of colored gems of remarkable purity and density. Adler returns to the origins of western civilization, to Mystras and 13th-century Greece, with designs that borrow details from Byzantine mosaic and architecture. Supple, transformable earrings come to life through superpositions in which light weaves a path through openworked motifs. From delicate blooms and the rebirth of Nature to the legacy of the natural world and that of the jewelers themselves, this summer’s collections reinvent the language of high jewelry with depth and emotion.
04 – Collier Rivière Zigzag, Rivière Zigzag necklace POMELLATO / 05 – Bague cocktail, cocktail ring BUCCELLATI
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Trends
FASHION AND JEWELRY: CREATIVE FUSION
MODE ET JOAILLERIE
Défilé de haute joaillerie, collection Virtuosity, High jewelry show, Virtuosity collection LOUIS VUITTON
LA FUSION CRÉATIVE
La joaillerie n’est plus un monde à part. Présentée lors de défilés grandioses qui mêlent mode et bijoux, elle est devenue un terrain d’expression pour les grands noms de la couture.
No longer existing in splendid isolation, jewelry takes to the runway at spectacular shows and offers a creative playing field for the leading fashion houses.
Il fut un temps où les grandes maisons exclusivement joaillières – Cartier, Van Cleef & Arpels, Tiffany & Co. ou Bulgari en tête – régnaient sans partage. Mais aujourd’hui, les géants de la mode ont considérablement élevé leur niveau dans le domaine de la joaillerie, avec Chanel, Dior ou Louis Vuitton orchestrant des lancements spectaculaires sur le catwalk, en parallèle de leurs défilés déjà très attendus. L’univers de la joaillerie, longtemps perçu comme feutré, s’est ainsi vu bouleversé, autant dans son esthétique que dans les goûts qu’il façonne. À l’avant-garde de cette révolution, Dior, qui maîtrise à la perfection l’art du dialogue entre mode et joaillerie. Chaque année, la directrice artistique de Dior Joaillerie, Victoire de Castellane, et Maria Grazia Chiuri, alors à la tête de la création mode (jusqu’à son départ cet été), unissent leurs talents pour imaginer des présentations hors normes. Deux visions créatives qui se rencontrent dans des tableaux saisissants : les pièces uniques de Victoire de Castellane s’associent aux robes sur mesure de Maria Grazia Chiuri, pensées en résonance avec la collection joaillière. Cette année, la collection Diorexquis a été dévoilée au château de La Colle noire, vaste domaine provençal de 50 hectares acquis par Christian Dior dans les années 1950. Les mannequins ont défilé sur un miroir d’eau de 45 mètres, vêtues de robes en velours somptueuses – noir profond ou riches nuances de rubis, d’émeraude et de topaze – ponctuées de broderies florales. Côté bijoux : opales, perles, colliers opulents, broches, épingles à cheveux ou même bracelets de cheville, le tout signé Victoire de Castellane. « Le velours est la matière la plus précieuse pour faire rayonner les pierres, confie-telle. Il y a quelque chose de royal dans cette texture. » Et de saluer le talent de Maria Grazia Chiuri, capable de créer des silhouettes qui subliment toujours sa vision.
Défilé de haute joaillerie Dior au château de La Colle noire, Dior high jewelry show at Château de La Colle Noire © Pierre Mouton
Défilé haute joaillerie, collection Virtuosity, High jewelry show, Virtuosity collection LOUIS VUITTON
BY MING LIU
There was a time when the pure-player jewelers – headlined by Cartier, Van Cleef & Arpels, Tiffany & Co. and Bulgari – reigned supreme. Now the top fashion houses have seriously upped their jewelry game, with the likes of Chanel, Dior and Louis Vuitton hosting showstopping events, not to mention their own ultra-hyped fashion shows – all of which have seriously upended the once sleepy world of jewelry, changing design and tastes in their stride. Leading the charge is Dior, a house that has truly mastered the art of the fashion-jewelry crossover. Every year, Dior Joaillerie artistic director Victoire de Castellane and fashion creative director Maria Grazia Chiuri, who left her post this summer, team up to create the most spectacular high jewelry fashion shows. This is a moment when two creative forces collide, resulting in stunning tableaux where de Castellane’s one-off creations pair with Chiuri’s bespoke dresses, inspired by the collection. This year’s Diorexquis high jewelry collection – launched at Château de La Colle Noire, the 124-acre summer escape in Provence that Christian Dior purchased in the 1950s – saw models walk a 150-foot-long “water mirror” runway, dressed in exquisite velvet dresses paired with de Castellane’s elaborate opal, pearl and gem-set necklaces and brooches, hair pins and anklets. In black as well as sumptuous jewel-like tones of yellow, green and red, with floral detailing, velvet is the fabric of the Diorexquis collection. “It’s the most beautiful fabric for jewelry – for diamonds and stones,” de Castellane explained, adding that there is something royal about the material, while praising Chiuri for always creating gowns that perfectly complement her vision.
01 – Bracelet Aura, collection Virtuosity, Aura bracelet, Virtuosity collection LOUIS VUITTON
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Ces instants de grâce ont redéfini les codes du secteur, qui a amorcé un tournant depuis l’acquisition de Tiffany & Co. par LVMH. « Cela a été un électrochoc pour l’industrie », souligne Erwan Rambourg, directeur mondial de la recherche sur la consommation et la vente au détail chez HSBC. « Aujourd’hui, le secteur s’est fortement professionnalisé. La qualité des campagnes médiatiques, des événements de haute joaillerie et de la relation client a connu une nette amélioration. » Preuve en est avec le lancement de la collection Virtuosity de Louis Vuitton à Majorque. Un moment fort autant pour la joaillerie que pour son directeur artistique mode, Nicolas Ghesquière. Parmi les pièces phares, le choker Protection en rubis et perles porté avec une robe en tulle blanc, ou encore le somptueux collier Joy, serti de saphirs jaunes et tourmalines roses, sans oublier Connection, collier d’exception en cinq rangs : 2000 diamants pavés, plus de 100 diamants clos et 114 perles, idéalement mis en valeur par les décolletés vertigineux de Ghesquière. De son côté, Tiffany brille sur tous les tapis rouges les plus courus, du Festival de Cannes au Met Gala, devenus eux aussi des rendez-vous mode incontournables. À Cannes, Natalie Portman portait une somptueuse parure de diamants Tiffany lors de la première de son film Eddington. Et au Met Gala, Helen Lasichanh, Hailey Bieber ou Chance the Rapper arboraient chacun colliers ou broches signés de la Maison new-yorkaise. Lors de ces événements, les pièces de haute joaillerie issues du Blue Book de Tiffany & Co. dégageaient une forme d’effervescence quotidienne, mais c’est bien Chanel qui demeure la véritable référence en matière de glam accessible et de style au quotidien. Lors de son défilé automne-hiver 2025/2026, des sacs en perles surdimensionnées portés en bandoulière ont instantanément pris des allures de bijoux couture. Sans oublier les longs colliers dorés entrelacés de perles et de logos double C, superposés sur des tailleurs en tweed bicolores. Ces bijoux sont avant tout des pièces de mode, et nul doute qu’ils envahiront nos boutiques préférées cet automne.
The new face of jewelry Such fabulous fashion moments, which have changed the world of jewelry, notably started when LVMH acquired Tiffany & Co. “It was a wake-up call for the entire industry,” says Erwan Rambourg, global head of consumer and retail research at HSBC. “Today, it's a much more professional sector. The quality of media campaigns, high-end jewelry events and clienteling has been boosted dramatically.” Cue Louis Vuitton’s latest Virtuosity high jewelry launch in Mallorca that was also a moment for the house’s artistic director of women’s collections, Nicolas Ghesquière. The ruby and pearl medallion-style Protection choker was a stunning accompaniment to his white tulle dress. Other standout pieces included the exceptional yellow sapphire and pink tourmaline Joy necklace, and the splendid Connection high-neck collar masterpiece – woven with 2,000 pavé diamonds, more than 100 closedset diamonds and 114 pearls – that wore exquisitely with Ghesquière’s gorgeous plunging necklines. Elsewhere, Tiffany has been shining bright at impossibly glamorous events such as the Cannes Film Festival and the Met Gala, which are fashion and red-carpet moments in their own right. Think Natalie Portman in a magnificent Tiffany diamond suite for the premiere of her film Eddington in Cannes, or the diamond necklaces and brooches galore worn by Helen Lasichanh, Hailey Bieber and Chance the Rapper at the Met Gala. At these events, the Tiffany Blue Book high jewelry pieces ooze a kind of everyday effervescence – but the undisputed master of everyday glam and wearability has to be Chanel. Its Fall/Winter 25/26 show saw oversized pearl crossbody bags instantly become a fashion-cum-jewelry piece. And who could forget the ultra-desirable, long and layered gold and double-C pearl necklaces draped over two-tone tweed suits? As standalone fashion pieces, these jewels will doubtless be all the rage come Fall.
Collier Joy, collection Virtuosity, Joy necklace, Virtuosity collection LOUIS VUITTON
Collier Wave, collection Blue Book 2025 : Sea of Wonder, Wave necklace, Blue Book 2025: Sea of Wonder collection TIFFANY & CO.
Trends L’industrie en mutation
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01 – Collier Diorexquis, Diorexquis necklace DIOR JOAILLERIE
CLASSICS Ma nc he tte
B ECAUSE C LASSICS DOE S NOT ME AN BASIC
f rede riqu econ stan t. com
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PIERRE RAINERO
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Avec Pierre Rainero, directeur du style, de l’image et du patrimoine chez Cartier, nous avons parlé d’amour, de rupture et de modernité du design, à l’occasion du lancement du nouveau bracelet LOVE Unlimited. Flexible, fluide, il déploie un nouveau langage de l’attachement.
Cartier rewrites the language of love with a fresh and flexible interpretation of its LOVE Unlimited bracelet. GEM-T sat down with Pierre Rainero, director of image, style and heritage at Cartier, to talk about this modern design and how it broke with convention.
“A SCREW THAT LOCKS, A SCREW THAT JOINS. IN 1969 THIS WAS NOTHING SHORT OF REVOLUTIONARY.”
« UNE VIS QUI FERME, UNE VIS QUI ATTACHE : EN 1969, LOVE A FAIT L'EFFET D'UNE RÉVOLUTION »
BY MARIE DE PIMODAN
Utiliser des vis pour figurer l’attachement paraît en effet très moderne pour l’époque… « Dans la logique créative de la Maison, il y a une recherche permanente de formes nouvelles, une curiosité vis-à-vis d’autres formes de beauté qui sortent des expressions classiques ou convenues. Je pense aux designs inspirés par d’autres cultures ou d’autres époques mais aussi à l’exploration de figures de notre quotidien comme la fameuse vis du
01 – Pierre Rainero © Cartier
When the LOVE bracelet debuted in 1969, as a symbol of sentimental attachment, how was it different? “The LOVE bracelet effectively marked a departure from tradition but, at the same time, was part of a continuity. Why continuity? Because describing jewelry as symbolic is really a pleonasm. All jewelry has symbolic value. More than that, this symbolic value is the very essence of jewelry and has been for thousands of years, in almost every culture, not least because jewelry relates so intimately to the body. More specifically, giving and wearing jewelry as a symbol of emotional attachment is an ancient custom. Think of wedding rings, for example, or lockets that contain a strand of hair. If we limit our observations to the 20th century, numerous figurative pieces come to mind, such as rings representing clasped hands or Cupid’s arrows. The LOVE bracelet is different because it represents emotional attachment with a contemporary motif. LOVE expresses attachment with something mechanical, an everyday object. A screw that locks, a screw that joins. In 1969 this was nothing short of revolutionary.” Using screws to symbolize love would certainly have been a modern message. “Cartier looks constantly for new forms and has always been curious about expressions of beauty beyond the classical or conventional. By this I mean designs inspired by other cultures or eras, but also explorations of objects that are part of daily life, such as the LOVE bracelet’s famous screw. Remember that already, at that time, Cartier had a long history of jewelry and watches with unusual forms.”
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Le bracelet LOVE a été lancé en 1969. En quoi a-t-il marqué une rupture dans l’histoire du bijou de sentiment ? « Je dirais effectivement qu’il a marqué une rupture et, en même temps, qu’il s’est inscrit dans une continuité. Pourquoi parler de continuité ? Parce qu’au fond, qualifier le bijou de symbolique est un pléonasme : tout bijou est porteur de symboliques. C’est même l’essence de la joaillerie, notamment parce qu’il est intimement associé au corps, depuis des millénaires et dans quasi toutes les cultures. Si on regarde plus précisément les symboliques d’attachement, là aussi c'est un territoire d’expression très ancien. On peut penser à l’alliance ou aux médaillons qui renfermaient une mèche de cheveux. Si on restreint le champ d’observation au XXe siècle, on observe des pièces très figuratives, des bagues avec deux mains attachées ou des flèches de Cupidon. Avec le bracelet LOVE, la rupture tient à l’iconographie de l’attachement avec des formes très contemporaines. L’attachement est exprimé par quelque chose de mécanique, un élément figuratif du quotidien. Une vis qui ferme, une vis qui attache : en 1969, cela a fait l’effet d’une révolution. »
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bracelet LOVE. N’oublions pas qu’à l’époque, chez Cartier, nous avions depuis longtemps déjà des bijoux et des montres qui déployaient des formes inédites. » Le design du bracelet LOVE Unlimited s’est avéré dégenré dès son lancement. Un autre exemple d’audace selon Cartier ? « Comme pour l’exploration de nouvelles formes, c’est une tradition de notre Maison. À ce titre, l’horlogerie peut servir d’exemple, dès le début du siècle dernier. La bague Trinity également, qui a fêté ses 100 ans en 2024 avec le lancement d’une nouvelle silhouette carrée. Chez Cartier, nous considérons qu’une belle forme n’a pas de genre. À chacun de s’approprier la beauté d’un objet comme il l’entend. Et cela va encore au-delà : dans le domaine de la création joaillière, toute symbolique que nousmêmes, au sein de la Maison, pensons projetée par un dessin, est battue en brèche par les symboliques que chacun d’entre nous pourra y mettre. Chaque objet va vivre sa vie au gré de la volonté de chacun. Et c’est tout à fait normal, c’est même très positif. C’est donc ce qui s’est immédiatement produit avec le bracelet LOVE : c’est un symbole d’attachement, autant pour les femmes que pour les hommes. L’inspiration mécanique, avec le motif de la vis, a peutêtre été vécue comme un alibi pour les hommes, à une époque où ils disposaient d’une liberté de comportement moindre. Pour les hommes, la liberté de pouvoir s’approprier des bijoux ou des montres au nom de la beauté intrinsèque de l’objet, de passer outre les préjugés culturels sur l’aspect genré de telle ou telle chose, est finalement assez récente. »
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Le nouveau bracelet LOVE Unlimited est en or flexible. Comment la Maison a-t-elle concilié l’identité du design originel avec cette innovation technique ? « C’est un enjeu permanent chez Cartier, et ce,
LOVE Unlimited © Cartier
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The LOVE Unlimited bracelet was designed as gender-neutral. Yet another example of Cartier breaking the mold? “This is also part of a tradition at Cartier, alongside explorations of new forms. Our watches are one example, as of the early years of the last century. The Trinity ring is another, having celebrated its 100th anniversary in 2024 with the introduction of a new square silhouette. At Cartier, we believe a good shape is independent of gender and that each individual should embrace the beauty of an object in a way that is personal to them. More than that: whatever symbolism we, at Cartier, believe a design conveys is nothing compared with the significance each of us might attach to it. A piece of jewelry will live its life as its wearer decides, and so it should. Straight away, this was the case with the LOVE bracelet, a symbol of attachment as much for women as for men. Possibly men saw the mechanical inspiration of the screw as a pretext, at a time when there were greater limitations on how a man was expected to behave. The freedom men have to choose jewelry or watches for the sheer beauty of the object, to disregard cultural prejudice as to the supposed gender of this or that object, is actually quite recent.” The new LOVE Unlimited bracelet is in flexible gold. How did Cartier reconcile the identity of the original design with this technical innovation? “This is something we constantly bear in mind at Cartier, right from the initial design choice. Whenever we decide to propose a new creation, we consider its capacity to evolve. When we talk about a powerful design, we mean its originality and its capacity to bring something different to what already exists, but equally its ability to open up future possibilities. The LOVE bracelet has lent itself to multiple variations in terms of materials and colors. When you see this new ver-
01 – Bracelet LOVE Unlimited, LOVE Unlimited bracelet © Cartier / 02 – Bague LOVE Unlimited, LOVE Unlimited ring © Cartier
© Cartier
dès le choix initial d’un design : quand on choisit de proposer une nouvelle création, on s’interroge toujours sur sa capacité à évoluer. Quand on parle de design fort, cela réside à la fois dans son originalité, dans sa capacité à marquer une différence par rapport à l’existant, mais aussi à ouvrir le champ des possibles dans le futur. Le bracelet LOVE a été décliné en de multiples variations de matériaux et de couleurs. Sur cette nouvelle version, au premier regard, quand vous le voyez porté, vous avez l’impression d’un simple traitement de surface. Seul le porteur comprend sa flexibilité. Au porter, la sensation est totalement différente. Il y a un grand confort, une douceur tactile, c’est un bijou avec lequel on a envie de jouer. » Qu’avez-vous cherché à exprimer à travers cette fluidité ? « Ce qui nous a essentiellement guidés, c'est l’aspect esthétique et tactile. Il y a une forte sensualité dans ce bracelet. Ensuite, on revient au sujet que nous avons évoqué ensemble sur la symbolique : l’objet a effectivement une consistance et une texture différentes, un sens qui reste finalement très personnel et intime. »
sion on the wrist, first impressions are that it’s simply the surface that has changed. Only the wearer understands its flexibility. The sensation when worn is completely different. It’s a sensation of comfort, a softness to the touch. It’s jewelry you want to play with.” What did you intend this fluid structure to express? “First and foremost, we were guided by the look and feel of the bracelet. It’s a very sensual piece. After that, we come back to our earlier discussion of symbolic value. It has a very different consistency and texture, which are ultimately personal, intimate sensations.” How does Cartier envision love and how is love part of the house’s history? “The gift of a Cartier creation, in its red box, is a powerful token of a person’s love. Cartier’s history is a succession of legendary love stories, such as the marriage of Prince Rainier and Grace Kelly, Wallis Simpson’s engagement ring or the Taylor-Burton diamond. But love doesn’t belong to us. It belongs to our clients. What greater proof of love for Cartier than to see how our creations come to life in their hands?”
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Quelle est la vision de l’amour selon Cartier et comment cette thématique traverse-telle l’histoire de la Maison ? « Cartier est intimement liée au cadeau d’amour. Offrir une création dans un écrin rouge est un geste fort et l’histoire de la Maison est jalonnée d’histoires amoureuses légendaires : le mariage du prince Rainier et de Grace Kelly, la bague de fiançailles de Wallis Simpson, ou l’histoire du diamant Taylor Burton… Mais l’amour ne nous appartient pas, ce sont nos clients qui en restent maîtres. Voir comment nos créations vivent entre leurs mains, n’est-ce pas la plus belle preuve d’amour pour Cartier ? »
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CATHERINE RÉNIER
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Quel autre lieu mieux que les serres fleuries de la Dumfries House, en Écosse, pour dévoiler deux collections joaillières inspirées par les fleurs ? Avec Fleurs d'Hawaï et Flowerlace, Van Cleef & Arpels ajoute deux nouvelles variétés florales à son jardin qui en compte une vingtaine. Rencontre avec sa présidente et CEO, Catherine Rénier.
The magnificent Dumfries House estate in Scotland was the setting for the unveiling by Van Cleef & Arpels of Fleurs d’Hawaï and Flowerlace — two new floral-themed collections that join the twenty-some already in the jeweler’s “garden”. GEM-T spoke with President and CEO, Catherine Rénier.
“JUST AS EACH SEASON BRINGS NEW FLOWERS, VAN CLEEF & ARPELS CULTIVATES ITS OWN CREATIVE GARDEN.”
« COMME LES SAISONS RENOUVELLENT LES FLEURS, LA MAISON CULTIVE SON JARDIN CRÉATIF. » BY MARIE DE PIMODAN Depuis quand le motif floral fait-il partie de l’univers de Van Cleef & Arpels, et pourquoi demeure-t-il si essentiel aujourd’hui ? « L’inspiration florale accompagne Van Cleef & Arpels depuis sa création en 1906. Dès ses débuts, la Maison a créé des clips inspirés des fleurs, s’inscrivant dans un langage où la nature est une source d’inspiration spontanée et universelle. Ce qui distingue Van Cleef & Arpels, c’est la manière dont cette inspiration s’exprime à travers un savoir-faire joaillier unique, des volumes délicats, des contours souples, une richesse des couleurs et une diversité des formes. La nature y est généreuse, printanière, pleine de mouvement. Elle ne cherche pas la symétrie rigide mais privilégie la spontanéité. La collection Flowerlace illustre cela avec ses pétales aux lignes irrégulières, ses volumes ajourés et sa légèreté évoquant le geste du dessinateur. Cette vision continue d’animer la création, avec des formes renouvelées et une grande liberté d’interprétation. » Comment avez-vous puisé dans le patrimoine de la Maison pour créer Fleurs d’Hawaï et Flowerlace ? « Ces collections s’inscrivent dans notre identité. Fleurs d’Hawaï s’inspire d’un motif floral emblématique des années 1930, où les pierres forment les pétales, accompagnées d’une petite feuille d’or. Ce dessin figuratif requiert un savoir-faire précis : sélection rigoureuse des gemmes, apairage minutieux, mise en valeur des couleurs, tout pour révéler l’éclat naturel des pierres. Flowerlace propose plutôt une lecture plus abstraite de la fleur, née d’un clip de 1937 autour du motif du ruban d’or. Ce fil évoque la couture et le végétal, comme si un ruban
When did flowers become part of Van Cleef & Arpels’ world and what makes them still such an important element today? “Flowers have accompanied Van Cleef & Arpels ever since the house was established in 1906. From these earliest days, floral clips have been part of a language in which nature becomes a spontaneous and universal source of inspiration. Van Cleef & Arpels stands out for the way this inspiration is expressed, through unique craftsmanship, delicate volumes, flowing contours, a rich color palette and a wealth of forms. Nature is shown as generous, springlike and full of movement, seeking spontaneity rather than rigid symmetry. The Flowerlace collection illustrates this with the irregular lines of its petals, cutaway silhouettes and a lightness that captures the swift movements of the artist’s hand. This vision continues to inform our creativity, through reimagined forms and freedom of interpretation.” What inspiration did you take from the house heritage when creating Fleurs d’Hawaï and Flowerlace? “These collections are embedded in our identity. Fleurs d’Hawaï is inspired by a floral design from the 1930s, with gemstone petals and a delicate leaf in gold. Bringing this figurative motif to life requires particular expertise. The gemstones must be rigorously selected then carefully matched, paying particular attention to color, all to reveal the natural beauty of the stones. Flowerlace offers a more abstract interpretation, originating with a 1937 clip whose petals unfold in a ribbon of gold that suggests both nature and couture. This duality reflects the wealth of inspiration Van Cleef & Arpels finds in the natural world.”
01 – Catherine Rénier © Van Cleef & Arpels / 02 – Pendentif-clip Flowerlace, Flowerlace pendant-clip © Van Cleef & Arpels
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Boucle d’oreille Fleurs d’Hawaï, Fleurs d’Hawaï earring © Julien T. Hamon
se déployait en pétales. Cette dualité reflète la richesse d’inspiration que la nature offre à la Maison. » Le patrimoine est-il un moteur ou une contrainte dans le processus créatif de la Maison ? « Le patrimoine est un moteur puissant. Il permet de comprendre les codes, inspirations et techniques signatures de la Maison. Certaines thématiques, comme la nature, le ballet, le travail de l’or ou la couleur, reviennent sans cesse, tout comme des innovations majeures, tel que le serti mystérieux, qui nourrissent la création. Créer chez Van Cleef & Arpels, c’est enrichir une histoire en respectant son essence. Le patrimoine donne des repères et une cohérence dans le temps, tout en laissant place à l’innovation et à de nouveaux récits. » Qu’avez-vous conservé ou transformé des clips des années 1930 pour Flowerlace ? « Nous sommes partis du ruban d’or qui évoquait une fleur majestueuse pour créer une collection contemporaine, pensée pour durer et évoluer. Chaque pièce – bagues, clips, boucles d’oreilles, s’adapte à différentes tailles et différents usages. L’introduction d’un pavage renforce le contraste entre or et lumière, entre lignes pleines et ajourées. Ce n’est pas une simple reproduction du clip Fleur Silhouette de 1937, mais une réinvention fidèle à l’esprit de la Maison, dans un style contemporain. »
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Fleurs d’Hawaï célèbre aussi la couleur à travers les pierres fines. Qu’est-ce qui a guidé ces choix ? « La fleur est formée uniquement de pierres : les pétales sont des gemmes juxtaposées autour d’un pistil central, sans contours dessinés. Ce principe nécessite de sélectionner des pierres de qualité et en quantité suffisante pour un apairage parfait, un
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Does this heritage fuel the creative process or, on the contrary, is it more a constraint? “Heritage is a powerful driving force. It tells us about the house’s codes, its inspirations and signature techniques. Certain themes, such as nature, ballet, gold and color, appear time and again, as do important innovations, such as the Mystery Set, which nurture creativity. Van Cleef & Arpels sees creation as enriching a narrative while respecting its essence. Heritage provides markers and brings coherence over a long period, at the same time leaving room for innovation and new stories.” Which parts of the 1930s clips did you keep, or transform, for Flowerlace? “We began with the ribbon of gold that evokes a magnificent flower to then imagine a contemporary collection, one that is designed to last and evolve. Each piece — rings, clips and earrings — adapts to different sizes and uses. The pavage accentuates the contrast between gold and light, between solid and cutaway lines. This isn’t a reproduction of the 1937 Fleur Silhouette clip. It is a reinvention that respects the spirit of the house, in a contemporary style.” Fleurs d’Hawaï celebrates color with gemstones. What guided your choice of stones? “The flower is made entirely from stones. Each petal is a gemstone, set around a central pistil, with no defined contours. Selecting stones of the required quality and in sufficient number to perfectly match them was quite a challenge. We chose five varieties — rhodolite, citrine, amethyst, peridot and aquamarine — which reflect the house’s favorite color palette and ensured the pieces would be technically feasible, hence the dialogue between our gemologists and our Creative Studio that preceded each choice.”
01 – Clip Fleurs d’Hawaï, Fleurs d’Hawaï clip / 02 – Pendentif Fleurs d’Hawaï, Fleurs d’Hawaï pendant / 03 – Bague Flowerlace, Flowerlace ring 04 – Montre Fleurs d’Hawaï, Fleurs d’Hawaï watch © Van Cleef & Arpels
Collection Flowerlace, Flowerlace collection © E.Hanania - Van Cleef & Arpels
Collection Fleurs d'Hawaï, Fleurs d’Hawaï collection © E.Hanania - Van Cleef & Arpels
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vrai défi. Nous avons choisi cinq variétés – rhodolite, citrine, améthyste, péridot, aigue-marine – qui reflètent la palette de couleurs chère à la Maison et assurent la faisabilité technique. Ces choix résultent donc d’un dialogue entre nos gemmologues et notre studio de création. » La transformabilité des bijoux est-elle une tradition chez Van Cleef & Arpels ? « Oui, depuis les années 1930. Des colliers montés sur des chaînes se portaient en bracelets, ceintures ou ras-de-cou. Le collier Zip, des années 1950, est emblématique : il se ferme comme une fermeture éclair et devient bracelet. Aujourd’hui, cette polyvalence reste clé. Par exemple, dans Fleurs d’Hawaï, la montre peut se détacher pour devenir clip. Cette capacité d’adaptation du bijou, selon les moments ou envies, fait partie de l’identité de la Maison. C’est une manière de faire vivre le bijou autrement, en mêlant élégance, ingéniosité et héritage. » Pourquoi avoir choisi la Dumfries House en Écosse pour présenter Fleurs d’Hawaï et Flowerlace ? « Ce lieu incarne des valeurs partagées : transmission, savoir-faire et lien à la nature. Depuis 2008, la Maison collabore avec la King’s Foundation, soutenant la création d’un jardin de roses à Dumfries House. Il était donc naturel d’y dévoiler des collections inspirées par la flore. Dans la serre du domaine, les créations de Van Cleef & Arpels dialoguent avec la diversité florale – deux expressions d’un même thème, entre nature spontanée et nature réinventée. Cela illustre que, comme les saisons renouvellent les fleurs, la Maison cultive elle aussi son jardin créatif. »
Is transformable jewelry a tradition at Van Cleef & Arpels? “Yes, since the 1930s. Necklaces mounted on chains could be worn as bracelets, belts or chokers. The 1950s Zip necklace is an iconic design that closes like a zip fastener to become a bracelet. Such versatility remains key. For example, the Fleurs d’Hawaï watch is detachable and transforms into a clip. This capacity to adapt jewels to a particular mood or moment forms part of the house’s identity. It offers a different experience of jewelry that mixes elegance, ingenuity and heritage.” Why choose Dumfries House in Scotland to present Fleurs d’Hawaï and Flowerlace? “Dumfries House represents shared values of heritage, expertise and a deep connection with nature. Since 2008 the house has worked with The King’s Foundation, including for the creation of a rose garden at Dumfries House, and so it was only natural that we should unveil these floral-inspired collections there. Inside the estate’s greenhouse, jewelry by Van Cleef & Arpels dialogued with an array of flowers: two expressions of a single theme, embracing spontaneous nature and reinvented nature. Just as each season brings new flowers, Van Cleef & Arpels cultivates its own creative garden.”
05 – Clip Fleur Silhouette, Fleur Silhouette clip, 1937 / 06 – Bague Fleurs d’Hawaï, Fleurs d’Hawaï ring © Van Cleef & Arpels
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LA « JOAILLISATION »,
MOTEUR DE LA CRÉATION “JEWELIZATION”, A FORCE FOR CREATIVITY
BY LAURENCE JANIN-SCHLEMMER C'est une révolution de palais! Les gemmes descendent dans la rue, investissent des espaces improbables, voire ordinaires. Sa majesté le diamant, son altesse la perle se prêtent à de nouveaux usages. Les limites tacites sont pulvérisées par l’énergie du «tout bijou».
Décrit par Gilles Lipovetsky et Jean Serroy dans L’Esthétisation du monde (Gallimard, 2013), l’homo aestheticus est avide de produits saturés de style et d’affect. Ils alimentent le « spectacle de soi » mais semblent désormais insuffisants pour calmer ses angoisses. Quoi de mieux alors pour conjurer un sort qui échappe à tout contrôle que le recours à l’embellishment inspiré des vêtements-bijoux sur les catwalks ? Paroxysme atteint en 2022 quand Schiaparelli ouvre le bal de la Fashion Week Couture avec ses créations divines où l’ornement épouse directement le corps et prend le pas sur le vêtement.
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Cette visibilité par l’éclat décuple les projets. « Notre fer de lance, c’est la R&D, doublée de l’adrénaline que procurent ces challenges », explique le PDG de l’entreprise Celinni, diamantaire expert du sur-mesure. Peu aboutissent en raison des coûts : 40 carats de diamants pour habiller des talons de stilettos… De quoi freiner la « joaillisation », terme créé de toute pièce pour les besoins du sujet et traduit par le Docteur Anthony Mathé, sémiologue, comme « la dissémination de l’esthétique joaillière à tous les champs du paraître ». Lapidaire !
Défilé Spring/Summer Show 2022 SCHIAPARELLI
Il est désormais aisé de se rafraîchir avec un éventail ourlé de diamants, de porter à ses lèvres une tasse dont l’anse forme une bague rehaussée d’or, d’habiller l’intérieur de son oreille de rubis, bref, d’afficher une allure entre désinvolture et panache. Face à l’extension du domaine du précieux, nulle velléité d’opulence. D’ailleurs, tout commence par une bonne blague. Depuis 1996, la marque américaine de lingerie Victoria’s Secret clôt son défilé par une Angel dont le buste est enchâssé d’un Fireworks Fantasy Bra explosant sous le feu de pierres spectaculaires (prix moyen du balconnet, 2 millions de dollars). Qui aurait imaginé que cette exubérance puisse un jour rencontrer une forme de résonance outre-Atlantique ?
EYEVAN X TASAKI
Défilé Fall/Winter Show 2025 CHANEL
Gemstones are taking to the streets, appearing in the most unlikely, even ordinary, places. Diamonds and pearls have come down from their pedestal to lend themselves to new uses. Bejeweled is everywhere, shattering unspoken boundaries with its energy. Should the fancy take us, we can now cool ourselves with a diamond-trimmed fan, sip from a cup whose handle forms a gold-accented ring or wear a ruby earpiece. Basically, show that we have style in the most nonchalant way. This extension of precious gems and noble metals into the everyday realm comes not from a desire for opulence. It actually began with something of a gimmick. Since 1996, American lingerie brand Victoria’s Secret has ended its runway show with an “Angel” clad in a Fireworks Fantasy Bra: an explosion of spectacular gemstones with an average two million dollar price tag. Who would have imagined that such all-American exuberance would one day cross the Atlantic? Described by Gilles Lipovetsky and Jean Serroy in L’Esthétisation du Monde (Gallimard, 2013), homo aestheticus craves products that are saturated with style and affect. They fuel the “spectacle of the self” but, it would seem, are no longer sufficient to allay his or her anxieties. What better way to take back control than embellishments inspired by the clothes /wearable jewels walking the runways: a phenomenon that culminated in 2022 when Schiaparelli opened Paris Haute Couture Week with heavenly ornamentations that molded the body, supplanting the garment itself.
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This principle that “I sparkle therefore I am” is inspiring a wave of projects. “We’re driven by R&D and by the shot of adrenalin these challenges bring,” declares the CEO of Celinni, a French diamantaire and specialist in bespoke pieces. Prohibitive cost means that few see daylight. Stiletto heels swathed in forty carats of diamonds is enough to put a brake on jewelisation: a specially coined term which semiologist Dr Anthony Mathé defines as “the spread of the jewelry aesthetic to every area relating to appearance.” Stone me!
Trends
From head to toe In the wake of Antoine Boucheron, who as early as 1866 set a cat among the high-jewelry pigeons, the house’s creative director Claire Choisne unfurls her story arc with forty-centimeter cords, wearable as hoodie strings or as dangling earrings, a bejeweled hair scrunchie and a glittering detachable pocket. Ah! the joys of “jewelization”, which finds an ideal biotope in streetwear, sportswear (transfigured by Tasaki, a specialist in akoya pearls) and workwear. Cartier jumps in with its revisit of a reassuringly utilitarian object. Part of the Cartier Libre collection, its carabiner opens by pressing a sapphire cabochon while a pivoting central element displays a diamond-paved dial. But beware: Elizabeth Fischer, an historian at HEAD University of Art and Design in Geneva, warns that “the accumulation of ornamental brilliance prevents any form of discernment.” Not everything succeeds like excess.
More is More BOUCHERON
Even so, jewelisation is opening welcome perspectives. Experimental jeweler YVMIN has imagined prosthetic leg shells embellished with purple zircons for influencer Xiao Yang. At the forefront of tech-driven jewelry, Yacine Hamdani uses an individual’s data in a remote co-creation process to design ear jewels. A person with profound hearing loss can customize their gem-studded earpiece to complement their cochlear implant. Proof that “jewelization” can be a driver for positive, meaningful creation?
Des bijoux de la tête aux pieds
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Mais l’élan impulsé ouvre de réconfortantes perspectives. Ainsi, YVMIN, laboratoire de bijoux expérimentaux, a imaginé pour l’influenceuse Xia Yang des coques de prothèse de jambe ornées de zircones violettes. Yacine Hamdani ouvre quant à lui l’ère d’une joaillerie de pointe grâce à un processus de cocréation à distance soutenu par la data. Les personnes atteintes de surdité profonde ont la possibilité d’associer ce bijou intra-auriculaire serti avec leur implant cochléaire. Et si la « joaillisation » était un accélérateur de création, forte de sens, riche d’espoir ?
01 – Mousqueton Polymorph, Polymorph carabiner CARTIER
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ASTIER DE VILATTE X SERENA CARONE © Sophie Delaporte
Dès 1866, Antoine Boucheron renverse la table des us et coutumes de la haute joaillerie. Dans son sillage, Claire Choisne, directrice des créations de la Maison, déploie hardiment son arc narratif avec des cordons de hoodie de 40 cm à fixer sur une capuche ou à porter en boucles d’oreilles, un cylindre graphique pour les cheveux, ou une parure façon poche de robe sertie. Joie de la « joaillisation » qui trouve dans le streetwear, le sportswear (transfiguré par la Maison Tasaki, spécialiste de la perle Akoya), et le workwear, un biotope à son goût. Cartier fait le grand saut en revisitant un objet utilitaire, rassurant comme un couteau suisse : le mousqueton de la collection Cartier Libre s’ouvre en appuyant sur un cabochon de saphir. Au centre, un élément pivotant affiche un cadran de montre pavé de diamants. L’exercice est risqué car comme le rappelle Elizabeth Fischer, historienne à la HEAD Genève, « l’accumulation de brillance ornementale empêche tout discernement ». La justesse est donc décisive.
S PA R K S Shine out and express your style.
gubelin.com
Untamed Nature BOUCHERON
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LA RENAISSANCE DE LA BROCHE A BROOCH RENAISSANCE 02
BY NAZANIN LANKARANI Voilà quelques années que les hommes redéfinissent la joaillerie en foulant les tapis rouges. Au revers de leurs vestes, des broches spectaculaires pavées de diamants. Un accessoire phare du vestiaire masculin.
Spectacular diamond brooches are the accessory of choice on the red carpet, as men redefine masculine jewelry with statement pieces.
La victoire d’Adrien Brody aux Oscars 2025 restera peut-être dans les mémoires pour son geste désinvolte – un chewing-gum lancé avant d’accepter le prix du Meilleur Acteur pour The Brutalist. Mais pour les amateurs de joaillerie, c’est surtout la broche spectaculaire épinglée au revers de sa veste qui a marqué les esprits. Baptisée Goddess of Love, cette broche en diamants et titane signée Elsa Jin, créatrice basée à New York, confirme le statut d’Adrien Brody en tant qu’adepte assumé de cet accessoire. Plus tôt dans l’année, il avait déjà fait sensation au Met Gala avec une autre pièce d’Elsa Jin, Frozen Angel, tout en arborant une nouvelle chevelure blond platine. « C’est une amie et une artiste incroyable », a-t-il déclaré à son sujet. Et Adrien Brody est loin d’être le seul à faire du bijou un élément clé de ses tenues de gala. Aux Golden Globes, Colman Domingo a choisi la broche Plume, en or blanc et diamants, de la collection Untamed Nature de Boucheron – une pièce initialement présentée sur un mannequin masculin. De son côté, Kit Connor a opté pour une broche Art déco vintage de Boucheron, en diamants et platine, nommée Feather.
Adrien Brody’s 2025 Oscar win may be remembered for his casual gum toss before accepting the Best Actor award for The Brutalist, but for jewelry observers, it was the spectacular brooch on his lapel that stood out. Goddess of Love, a diamond and titanium brooch by New York-based designer Elsa Jin, confirmed Brody’s status as a committed brooch-wearer. Earlier this year, he had appeared at the Met Gala wearing another of Jin’s designs, Frozen Angel, while debuting a freshly bleached blonde hairstyle. “She’s a friend and a wonderful artist,” he said of the designer. Brody isn’t alone in wearing statement jewelry on the red carpet. At the Golden Globes, Colman Domingo wore a white gold and diamond Plume brooch from Boucheron’s Untamed Nature collection, originally presented by the maison on a male model. Meanwhile, the actor Kit Connor was seen sporting a vintage Boucheron Art Deco Feather brooch in diamond and platinum.
Un tournant culturel Autrefois symbole universel de statut social, la joaillerie s’est progressivement féminisée au cours des deux derniers siècles. Mais cette perception évolue. Liées historiquement aux décorations militaires, les broches s’intègrent naturellement au vestiaire des hommes, en particulier aux tenues élégantes. Certains y verront un retour au vintage, d’autres un nouvel intérêt pour la mise en valeur
A cultural shift Jewelry, once a universal status symbol, has been associated with femininity in the past two centuries, but that perception is shifting. With their link to military medals, brooches naturally complement tailored menswear. Some may see the trend as part of a vintage revival; others, a new emphasis on male upper-body styling. Whatever the reason, brooches now stand out as a leading accessory in men’s jewelry. “Men now relate to jewelry differently,” said Ronny Totah, co-founder of GemGenève. “Today, men make up nearly thirty percent of sales in select collections.” Which explains why the upcoming edition of the trade show will feature gender-neutral and men’s pieces, promoting a broader view of adornment.
01 – Broche Life 2020, Life brooch 2020 ELSA JIN / 02 – Broche panthère Télesma, Télesma panther brooch CARTIER
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Jonathan Joseph Rosse, fondateur de JJR à New York , portant une boucle d’oreilles à la manière d’une broche. Jonathan Rosse, founder of JJR in New York, wearing an earring as a brooch.
Trends
du buste masculin. Quelle qu’en soit la raison, une chose est sûre : la broche s’impose comme l’accessoire phare de la joaillerie masculine. « Les hommes ont désormais une approche différente des bijoux, explique Ronny Totah, cofondateur du salon GemGenève. Ils représentent aujourd’hui près de 30 % des ventes dans certaines collections. » Une tendance que l’on a retrouvée dans la dernière édition du salon, où des pièces unisexes et masculines ont occupé une place de choix, dans l’optique d’offrir une vision plus large de l’ornement. L’histoire de Cartier avec la joaillerie masculine remonte aux maharajas du XXe siècle. Timothée Chalamet, lui, semble tout désigné pour porter la broche Panthère Télesma de la collection Nature Sauvage : une panthère en diamants et onyx aux yeux d’émeraude, perchée sur deux pierres du même vert profond. Son nom, Télesma – qui signifie « accomplissement » en grec –, évoque une notion de protection. Une définition moderne de la masculinité ?
« On porte des bijoux pour être inarrêtable. » Designers indépendants et haute joaillerie Les créateurs indépendants contribuent également à cette évolution. Jonathan Joseph Rosse, fondateur de JJR à New York, joue avec les usages et transforme des boucles d’oreilles en broches, offrant une nouvelle flexibilité de porter aux pièces. Ses boucles Peonies, en diamants roses, sont ainsi portées sur le revers d’une veste, prouvant que les bijoux peuvent être détournés pour convenir aux hommes. À Paris, le designer Lorenz Bäumer défend la broche masculine depuis longtemps et porte régulièrement ses propres créations. Ses broches Leak et Métamorphose, avec leurs délicats pavages de pierres colorées, bousculent les conventions sur la manière et le moment de porter un bijou. « On porte des bijoux pour être inarrêtable », affirme-t-il, ajoutant que ses broches sont de parfaits déclencheurs de conversation. « Avec une pièce exceptionnelle, on n’est jamais seul. » Alors que la joaillerie s’affranchit des codes de genre, une chose est sûre : la renaissance de la broche ne fait que commencer.
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Cartier’s history with men’s jewelry dates to the twentieth-century Maharajas. Timothée Chalamet is well suited to the Télesma panther brooch from the Nature Sauvage collection, a diamond and onyx panther with emerald eyes, perched on two emeralds. Télesma, from the Greek for “achievement”, evokes protection: a fitting attribute for contemporary masculinity?
“You wear jewelry to be unstoppable.” Independent designers and high jewelry Independent designers also play an important role in shaping this trend. Jonathan Joseph Rosse, founder of JJR in New York, transforms earrings into brooches, offering new wear-versatility. His pink diamond Peonies earrings, worn as lapel pieces, show how jewelry can be restyled for men beyond its intended use. Paris-based designer Lorenz Bäumer, a longtime proponent of men’s brooches, often wears his own creations. His Leak and Metamorphosis brooches, featuring intricate pavé settings of colored gemstones, challenge conventional notions of when and how jewelry should be worn. “You wear jewelry to be unstoppable,” he said, describing his brooches as conversation starters. “You’re never alone if you wear a great piece of jewelry.” As jewelry continues to evolve beyond gender norms, one thing is certain: the brooch renaissance is here to stay.
01 – Boucle d'oreille Poenies, Poenies Earrings JJR / 02 – Broche Métamorphose, Metamorphosis brooch LORENZ BAÜMER
GIBERG.COM
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LA PERLE REBELLE PEARLS COME OUT OF THEIR SHELL
La perle, un accessoire classique et genré ? Loin de là ! Elle revient en force avec un nouvel ADN. Graphique, unisexe, libre et souvent rock, elle bouscule les archétypes d’une joaillerie qui ne s’embarrasse plus des convenances. Once the go-to gem for the classically elegant lady, pearls are back with a new identity. Adventurous, edgy, unisex, pearls are challenging jewelry archetypes and conventions. BY MARINE ULRICH
Collier 3 Menottes, 3 Menottes necklace DINH VAN
Il fut un temps où porter des perles revenait à cocher les cases d’une élégance convenue et bourgeoise, avec comme ultime totem de respectabilité le collier à un ou plusieurs rangs. Cette époque est bel et bien révolue. La perle revient sous les projecteurs avec une arrogance bien placée en s’affranchissant aujourd’hui des convenances pour mieux jouer les trouble-fête. Elle s’invite sur des bijoux graphiques, asymétriques, hybrides, loin de tout classicisme. Elle s’entremêle avec d’autres matières, dialogue avec les pierres et s’épanouit sous d’autres formes, aux antipodes de la rondeur traditionnelle, pour s’exprimer dans des bijoux libres et surtout très contemporains. Tasaki comme Mikimoto, maisons emblématiques du classicisme perlier, créent, à côté de leurs icônes, des collections et collaborations qui prennent un virage résolument rock, avec des colliers déstructurés, des boucles d’oreilles sculpturales ou des bagues oversize. Même dynamique chez dinh van, qui n’a jamais eu besoin d’attendre que la perle soit tendance pour la bousculer. Cette année, la maison a réaffirmé son audace stylistique en créant des associations inédites, et surtout des pièces iconoclastes comme un collier-cravate à trois menottes ou des mono-boucles, pensées pour se porter seules ou en asymétrie.
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01 – Bague Grâce Éternelle, Grâce Éternelle ring TASAKI HAUTE JOAILLERIE
Au-delà de ce twist, la perle n’est plus seulement féminine : elle devient unisexe, orne une nouvelle garde masculine, portée par des célébrités telles que Harry Styles sur les tapis rouges comme à la ville. Pharrell Williams l’a réinventée pour Tiffany & Co. Dans le dernier opus de sa collection Tiffany Titan, le créateur-star revisite le mythe de Poséidon avec des perles de Tahiti sombres et mystérieuses, serties entre les pointes dorées d’un trident stylisé. Chez les créateurs indépendants comme Sophie Bille Brahe ou Tamara Taichman (disponibles chez Whitebird), la perle est tout aussi décomplexée. On la croise libre, flottante, déconstruite. Elle devient mobile, elle vibre. Les grandes maisons comme Chanel, Louis Vuitton ou Mellerio, ne les oublient bien évidemment pas dans leurs collections. Les perles brillent dans les hautes sphères avec des compositions spectaculaires, entre audace conceptuelle et luxe absolu. Du podium au prêt-àporter, des maisons historiques aux designers les plus avant-gardiste, la perle est partout. Elle s’épanouit, elle se rebelle et ose, et cela fait un bien fou !
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There was a time when pearls were the byword for polite, bourgeois elegance, the ultimate symbol of respectability being a single or multi-strand necklace. Not anymore! Pearls are back in the spotlight, gatecrashing the jewelry party and ignoring the dress code. Pearls are inviting themselves into graphic, asymmetrical, hybrid designs that are the antithesis of classic. They are mingling with materials, engaging with gemstones and branching out into shapes that are light years from the traditional round form, to express themselves in imaginative and, above all, strikingly contemporary jewels. Alongside their icons, traditional pearl houses Tasaki and Mikimoto are designing collections and pursuing collaborations with a distinctly rock n’ roll vibe, through deconstructed necklaces, statement earrings and oversized rings. A similar dynamic is at play at dinh van, which was making edgy pearl jewelry long before pearls became fashionable. Once again this year, the brand is asserting its bold aesthetic through original juxtapositions and, most of all, iconoclastic designs such as a 3 Menottes necklace and mono-earrings to wear solo or mismatched.
Power to the pearl Not just women are wearing these “pearls with a twist”. The modern pearl is unisex, adopted by a new masculine guard and sported by celebrities such as Harry Styles, from the red carpet to around town. Pharrell Williams has reinvented pearls for Tiffany & Co. In the latest piece for his Tiffany Titan collection, the multi-hyphenate artist revisits the myth of Poseidon with dark and mysterious Tahitian pearls clasped between the gold prongs of a stylized trident. Independents such as Sophie Bille Brahe and Tamara Taichman (available from Whitebird) are taking a similarly creative approach. Pearls are floating, fluid, deconstructed. They move, they vibrate. Storied houses, the likes of Chanel, Louis Vuitton and Mellerio, naturally haven’t forgotten to include them in their collections. Pearls flaunt their luster in the highest spheres, with spectacular compositions that fuse bold concepts with pure luxury. From runway to ready-to-wear, from historic houses to avant-garde designers, pearls are everywhere. Playful, rebellious, irreverent, long live the pearl!
02 – Boucles d'oreilles Venus Blanc, Venus Blanc earrings SOPHIE BILLE BRAHE / 03 – Bracelet Tiffany Titan by Pharrell Williams, Tiffany Titan by Pharrell Williams bracelet TIFFANY & CO
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Collier Bellezza Giardino, Bellezza Giardino necklace MELLERIO
Libre… et décomplexée
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ILS ONT CRÉÉ LEUR MARQUE BRAND NEW
SARAH MUGNIER MAISON BELMONT
Imaginée par Sarah Mugnier, Maison Belmont est aux couleurs d’un concept unique : ses créations protéiformes et joyeuses prennent vie à partir de fresques murales, comme par magie. La créatrice vit dans une boîte à bijoux et nous y invite.
Imagined by Sarah Mugnier, Maison Belmont is colored by a unique concept. Its joyful, polymorphous creations spring from frescoes, as if by magic. We accepted Sarah’s invitation to visit her jewelry-box home.
BY BRICE LECHEVALIER
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Si les racines de la marque sont visibles sous son toit, les graines ont été plantées dans une Istanbul multiculturelle au patrimoine joaillier séculaire, et révélées par le souffle entrepreneurial puisé à New York. C’est dans la maison de Sarah Mugnier que les clients et clientes viennent commander leurs pièces uniques, ou découvrir des créations en toutes petites séries limitées. « J’ai le désir de partager cet univers, d’amener de la joie et une vision créative. Cet esprit libre et intime crée une relation différente, j’aime l’ouverture et la rencontre. » L’une de ses cinq familles de bijoux se consacre d’ailleurs uniquement aux collaborations, la dernière en date avec le designer Vincent Darré. Un profond attachement aux techniques artisanales ancestrales et la passion de la Renaissance façonnent ses créations, de même qu’une dualité qui se reflète dans la versatilité et la transformation de certaines bagues et colliers. Tout est conçu à la main, et les personnalisations sont encouragées et accessibles.
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Sarah Mugnier describes herself as an éditrice. A term borrowed from the world of high-end furnishing, it means she is behind the design and manufacture of the objects and jewelry she proposes. After gaining experience with fine watch and jewelry houses in Switzerland, the Geneva-born entrepreneur trained as a gemmologist at the Gemological Institute of America in New York, then consolidated her expertise in art and precious stones over several years working for a dealer in the Swiss city. Her heart then took her to Istanbul where for five years she honed her communication skills alongside a jewelry house, while bringing up her young son — until the global pandemic brought them back to Geneva. This would be the jolt that unleashed her creative energy and inspired her to start her own brand. She found a townhouse in the city, but this was more than a simple move. Sarah Mugnier fell in love with the very essence of a building whose architecture coincides perfectly with her creative vision, and which she has transformed into a cabinet of wonders. She commissioned an artist to fill two floors with colorful frescoes that bring the outside in, depicting trees, flowers, birds and jewels: some that exist, others yet to be created. While the origins of her brand are contained within these walls, the seeds were sown in multicultural Istanbul with its centuries of jewelry tradition, while the entrepreneurial drive instilled by New York helped them grow. It’s here, in her home-turned-showroom, that Sarah Mugnier’s clients place their orders for bespoke designs or discover collections made in very limited series. “I want to share this world, spread some joy and a creative vision. This intimacy, this free spirit creates a different type of relationship. I like to reach out, meet people.” Unsurprisingly, one of her five collections is reserved for collaborations. The latest to date is with interior designer Vincent Darré. Sarah Mugnier’s creations are shaped by a deep-rooted attachment to traditional artisanal techniques and a passion for the Renaissance, while transformable rings and necklaces explore a dual nature. Each piece is handcrafted and personalization is strongly encouraged, at accessible prices.
04 Le bracelet Le Grand Bal est une pièce unique fusionnant le travail de deux artisans : soie appliquée sur plaques en argent coiffée par une glace saphir, forme octogone inspirée du plafond de Maison Belmont et sertie de 1'275 pierres de couleur. A unique piece, Le Grand Bal bracelet combines the talent of two artisans. Silk is applied to a silver base and protected by sapphire crystal. The octagonal shape is inspired by the house’s ceiling and set with 1,275 colored stones.
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01 – Sarah Mugnier © Daniela Tonatiuh / 02 - 04 – Bracelet Le Grand Bal, Le Grand Bal bracelet © Daniela Tonatiuh 03 - 05 – Bagues et collier Collection Octa, Octa rings and necklaces
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L’entrepreneuse genevoise se décrit comme « éditrice » de joaillerie et d’objets. Après ses premières expériences professionnelles au service de marques de joaillerie et de haute horlogerie en Suisse, elle s’est formée à la gemmologie au Gemmological Institute of America, à New York, et a renforcé son expertise dans les domaines de l’art et des pierres précieuses auprès d’un marchand genevois pendant plusieurs années. Le cœur l’appelle à Istanbul où elle développe pendant cinq ans ses facultés commerciales et événementielles dans la joaillerie, tout en élevant son jeune fils. La pandémie les rapatrie à Genève, et ce choc libère en elle l’énergie créatrice nécessaire pour lancer sa propre marque. Au-delà d’un simple emménagement dans une maison de maître, Sarah Mugnier rencontre l’âme d’un lieu dont l’architecture agit en symbiose avec sa vision de créatrice, et qu’elle métamorphose en cabinet de curiosités. Elle confie à un artiste peintre le soin de recouvrir les murs de fresques multicolores sur deux étages, amenant l’extérieur à l’intérieur, un immense jardin animé d’oiseaux et de bijoux, existants ou à créer.
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ILS ONT CRÉÉ LEUR MARQUE BRAND NEW
PHILIPPE GUILHEM MASHANDY
Créée par Philippe Guilhem et sa femme Maria, Mashandy mêle sculptures de bronze et bijoux sur mesure. De la boutique Guilhem, à Megève, à une fonderie toscane, la démarche créatrice se mue en marque de joaillerie exclusive.
Imagined by Philippe Guilhem and his wife Maria, Mashandy transforms bronze into sculptures and custom jewels. A creative process that extends from a retail space in Megève to a Tuscan foundry becomes an exclusive jewelry label.
BY BRICE LECHEVALIER
02 – Bague en bronze patiné et or rose, sertie d'un saphir padparadscha naturel, pièce unique
04 – Projet « Star Gate », bague en bronze de 3 m avec le mont Blanc en arrière-plan. 03 – Bague Mykloss en bronze, patine noire et or rose, sertie d'un diamant (10,10 cts), pièce unique.
Regular visitors to Megève know Guilhem as the longstanding retailer for Messika and Rolex, in addition to proposing its own jewelry designs. Representing the fifth generation of a family of jewelers from Béziers, France’s oldest town, Philippe Guilhem trained as a sculptor and a gemologist, alongside business studies. A desire to see the world took him from Antwerp to Miami, but after several years “on the road”, in 1998 he set down roots in Megève where he opened Guilhem at the heart of this enchanting Alpine resort. His first customer, Baron Empain, purchased a magnificent piece by Chopard, telling Philippe Guilhem that he hoped it would bring him luck. Almost three decades and thousands of watch and jewelry sales later, Philippe’s wife Maria urged him to spend more time doing what he most loved: crafting unique pieces, only this time under his own name. Jeweler and sculptor become one as Philippe Guilhem forms the shape of a future ring around a precious gemstone and feels the raw material come alive in his hands. His great-grandmother was already sculpting bronze in Béziers, and he was inspired to incorporate these recollections into a creative process which would also mirror the evolution of humankind and the discovery of bronze in Mesopotamia, circa 5000 BCE. He had found his medium in patinated bronze and his inspiration in Indigenous art: an epiphany for this collector of African masks and early cubist sculptures. Each of Philippe Guilhem’s creations is one of a kind and comes accompanied by a sculpted base in bronze that echoes the jewel and is equally unique. The work of an artist, in two parts. He signs his collections not with his own name but as Mashandy, the contraction of his children’s first names. The final Y symbolizes a meeting of ways. His French clientele were immediately won over, while presentations in the Middle East opened the doors of palaces and drew the attention of important Indian and American collectors, captivated by this blending of brutalism and high jewelry into exclusive and authentic creations. Philippe Guilhem is also a mountain-hiking enthusiast and, having attracted investors’ interest, Mashandy is clearly destined for great heights.
05 – Bague Cavya, sculpture en bronze, 15 kg
06 – Collier en bronze et or, serti d'une tourmaline indicolite (14 cts), pièce unique
01 – Maria & Philippe Guilhem © Mashandy / 02 – Patinated bronze and rose gold ring, set with a natural Padparadscha sapphire, unique piece / 03 – Blackpatinated bronze and rose gold Mykloss ring, set with a diamond (10.1 ct), unique piece / 04 – Star Gate project for a 3-meter-high bronze ring, with Mont Blanc in the background / 05 – Cavya ring, bronze sculpture (15 kg) / 06 – Bronze and gold necklace, set with an indicolite tourmaline (14 ct), unique piece
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Pour les habitués de Megève, Guilhem c’est avant tout le détaillant historique représentant Messika et Rolex, qui propose aussi ses propres créations de joaillerie. Cinquième représentant d’une famille de joailliers de Béziers, Philippe Guilhem se distingue rapidement par sa double formation de sculpteur et gemmologue en parallèle d’une école de commerce, ainsi que par son besoin d’évasion : d’Anvers à Miami, il fait le tour du monde pendant plusieurs années, jusqu’à un appel du pied de son réseau à Megève en 1998, qui l’incite à prendre la relève en ouvrant l’enseigne Guilhem au cœur du village le plus couru des Alpes. Son premier client fut le baron Empain, qui lui passa commande d’un chef d’œuvre signé Chopard tout en souhaitant à Philippe Guilhem que ce dernier lui porte bonheur. Presque trois décennies et des milliers de montres et bijoux vendus plus tard, son épouse Maria l’encourage à consacrer plus de temps à ce qu’il aime faire, créer des pièces uniques de ses propres mains, mais cette fois sous son propre label. Alors qu’il est en train de réaliser une bague autour d’une pierre précieuse et de sentir la matière vivre entre ses doigts, une véritable symbiose s’opère entre son âme de joaillier et son âme de sculpteur. Il repense à son arrière-grand-mère qui travaillait le bronze à Béziers, la plus ancienne ville de France, et mêle cet ADN à celui de sa marque. Philippe veut raconter cette histoire dans sa démarche créative ainsi que celle de l’évolution de l’Homme, qui a découvert le bronze 5000 ans avant Jésus-Christ en Mésopotamie. Basta l’ostentatoire et vive l’art premier, le bronze patiné sera sa matière, c’est une révélation pour ce collectionneur de masques africains et amateur des premiers sculpteurs cubiques. Chacune de ses pièces uniques s’accompagne dorénavant d’une sculpture-socle en bronze, également unique car directement inspirée du bijou, telle une œuvre double. Pas question de mettre son nom en avant, Mashandy est la contraction des prénoms de ses enfants, où le Y final symbolise la croisée des chemins. Fidèle, sa clientèle française est immédiatement séduite, alors que ses premières expositions au Moyen-Orient lui ouvrent les portes des palais et aiguisent l’intérêt des grands collectionneurs indiens et américains, fascinés par ce mariage du brutalisme et de la haute joaillerie en tous points exclusifs et authentiques. Déjà les investisseurs le sollicitent pour donner une véritable impulsion à Mashandy, quelle voie ce randonneur amoureux des sommets choisira-t-il ?
Trends
MARIE-HÉLÈNE DE TAILLAC
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Elle a fait de l’univers des pierres de couleur un royaume enchanteur dans lequel, telle une artiste peintre, elle compose des bijoux polychromatiques joyeux et informels. Conversation avec la créatrice parisienne Marie-Hélène de Taillac.
She paints with gemstones in the same way an artist paints with colors, to create jewelry designed to bring joy and delight to every day. A conversation with the Parisian jeweler Marie-Hélène de Taillac.
DREAMING IN COLOR
UN ARC-EN-CIEL À FLEUR DE PEAU 02
BY MARIE DE PIMODAN
Que s’est-il passé ensuite ? « À 17 ans, je collectionnais les bijoux vintage et j’étais attirée par la gemmologie. Je suis partie vivre à Londres dans les années 1980, une période assez amusante. J’ai d’abord travaillé dans une boutique de bijoux fantaisie, avant de rejoindre les équipes de John Galliano ou du chapelier Philip Treacy. Dans les années 1990, la mode était plutôt minimaliste, des marques comme Jil Sander ou Miu Miu avaient fait de la sobriété un leitmotiv. Déjà, j’aimais la mode et je constatais que les bijoux qui accompagnaient ces looks étaient beaux mais dépourvus de pierres précieuses. Moi, ce qui m’intéressait, c’était de créer des bijoux sertis de pierres, simples et épurés, que l’on puisse porter avec les vêtements de l’époque, sans tomber dans l’ostentatoire ou dans le style “bijoux de famille”. À 31 ans, j’ai lancé ma première collection chez Barneys puis chez Colette. Finalement, je n’ai jamais fait de formation de gemmologue mais j’avais pris le temps d’apprendre tous les aspects du métier. »
Where does your love of jewelry come from? “From my childhood. I was born in Libya but grew up in Lebanon, in Beirut, where my father worked for the French government. We moved around a lot. My first jewelry-related memories are from that time. I remember my mother taking my sister and me to a jeweler in the souk in Beirut, to have a stone reset in a ring. The jeweler gave us a tiny sapphire and a minuscule ruby. Our very first precious stones. I was thrilled. I also have memories of my parents returning from a trip to Iran with postcards of the Shah’s jewels. I used to imagine all kinds of stories about them. Later, as a teenager, I read Joseph Kessel’s The Valley of Rubies, which left a huge impression on me.” Then what? “As a seventeen-year-old, I collected vintage jewelry and was already interested in gemology. I moved to London in the 1980s, which was quite a fun period. First I found a job selling costume jewelry, then went to work at John Galliano’s and, after that, for the milliner Philip Treacy. Fashion in the 1990s favored a more minimalist look, captured by brands such as Jil Sander and Miu Miu. I enjoyed fashion and it occurred to me that the jewelry of that time was beautiful but rather plain. My idea was to incorporate gemstones into simple designs that would complement the era’s understated fashions. Nothing over the top or ‘family jewels’. At 31 I launched my first collection at Barneys then at Colette. I never did train as a gemologist but I did take time to learn every aspect of the profession.” Colored gems have been a feature of your designs from the very beginning. What is it about colored stones that most appeals and how do you choose them? “In my line of work, you’ll often hear people say you should choose stones that ‘speak’ to you and it’s
01 – Marie-Hélène de Taillac / 02 – Bagues Fleurs de Prunier, Fleurs de prunier rings
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Comment est née votre passion pour les bijoux ? « Tout a commencé dans mon enfance. Je suis née en Libye mais j’ai grandi à Beyrouth, où mon père travaillait pour le gouvernement français. Nous voyagions beaucoup. Mon tout premier souvenir lié aux bijoux remonte à ces années-là : je me revois dans les souks de Beyrouth, accompagnant ma mère chez un bijoutier pour faire remonter une pierre sur une bague. Ce bijoutier nous a offert, à ma sœur et à moi-même, un minuscule saphir et un tout petit rubis – nos toutes premières pierres précieuses. J’étais folle de joie. Je me souviens aussi de mes parents revenant d’un voyage en Iran avec des cartes postales où figuraient les trésors du chah. Elles me faisaient rêver. Et plus tard, à l’adolescence, j’ai lu La Vallée des rubis de Joseph Kessel qui m’a profondément marquée et inspirée. »
La bague Cabochon se décline dans toutes les couleurs de gemme. The Cabochon ring with gemstones in multiple colors.
Trends Les pierres de couleur constituent un fil rouge depuis vos débuts. Qu’est-ce qui vous attire principalement dans ces gemmes et comment les choisissez-vous ? « Dans mon métier, on dit souvent qu’il faut choisir les pierres qui vous parlent. Et c’est vrai : je crois avoir un vrai sens de la couleur, et je suis très attentive à l’éclat. Quand je regarde un lot de pierres, je choisis toujours celles qui ont une forme de vie, une vibration particulière. Ce ne sont pas forcément toujours les plus parfaites – certains dans la profession recherchent avant tout la pureté ou la perfection – mais moi, ce qui m’émeut, c’est leur personnalité. La nature crée des couleurs absolument extraordinaires, c’est magique. J’ai un lien fort avec elle, et j’ai remarqué qu’un lien similaire se crée souvent entre les femmes et mes bijoux – surtout les bagues. C’est comme porter un fragment magique de la nature sur sa main. Et puis, il y a ce contact : la pierre touche la peau. Elle est d’abord froide, puis se réchauffe doucement avec la chaleur du corps. En Inde, où je fais fabriquer mes bijoux, on dit que la peau voit. La pierre est une matière vivante, ses couleurs et sa lumière ne cessent de changer au fil de la journée, selon l’environnement. Mon rôle, c’est de mettre cette beauté en scène et je le fais de manière très instinctive. »
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En trente ans, le regard sur les pierres de couleur a-t-il changé ? « Je dirais qu’à l’époque, Bulgari a vraiment contribué à mettre en avant les pierres de couleur. Quand j’ai commencé, je me suis tout de suite intéressée à la taille briolette sur des améthystes et des tourmalines – cette dernière est d’ailleurs l’une de mes pierres préférées. J’ai commencé à mélanger les couleurs sans me soucier des conventions. Tanzanite, tourmaline, émeraude, saphir… Ce qui
true. I believe I have a genuine feel for color, as well as being attentive to a stone’s luster. When choosing from a batch of stones, I look for the ones that feel most alive, the ones that give off a particular vibration, which aren’t necessarily the most perfect. Some jewelers look for purity or perfection in a stone, whereas I’m touched by a gem’s personality. Nature creates the most extraordinary colors. It’s magical. I have a strong bond with nature and I’ve noticed how often a similar connection forms between women and my jewelry, rings in particular. It’s like wearing a fragment of nature on your finger. Then there’s the contact between stone and skin. A stone feels cold at first but is gradually warmed by heat from the body. In India, where my jewelry is made, they say the skin sees. A gemstone is a living thing. Its colors and light change over the course of the day, with its surroundings. My role is to showcase this beauty, which I do in a most instinctive way.” Have attitudes towards colored stones changed over the past 30 years? “I’d say Bulgari was instrumental in sparking interest in colored gemstones. Straight away, I was using a briolette cut for amethysts and tourmalines. In fact tourmalines are one of my favorite stones. I started putting colors together without worrying about whether it was the ‘done thing’ or not. Tanzanite, tourmaline, emerald, sapphire… only the end result mattered. A writer at The Times called me ‘the most copied jeweler in the world’. Because my designs were simple, they were easy to recreate. People just assumed they already existed. As soon as more designers started working with different combinations of color, the price of gemstones such as tourmaline rocketed. Spinel is another example of a stone I’ve always loved that used to be completely overlooked and whose price has also exploded.”
« Quand je regarde un lot de pierres, je choisis toujours celles qui ont une forme de vie, une vibration particulière. »
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“When choosing from a batch of stones, I look for the ones that feel most alive, the ones that give off a particular vibration.”
Quel est le bijou dont vous ne pourriez pas vous séparer ? « Je porte très souvent des boucles d’oreilles mais ce sont surtout les bagues et les bracelets que j’aime le plus. Ce sont des pièces que l’on voit, que l’on sent, que l’on vit au quotidien. L’une de mes bagues préférées, que j’ai dessinée en 1997, est aujourd’hui au Musée des Arts décoratifs, à Paris. On l’appelle Cabochon même si ce n’en est pas vraiment un puisque la pierre est facettée. Je la porte en plusieurs versions, aigue-marine, lapis-lazuli, pierre de lune, selon mes humeurs et mes envies. En ce moment, je porte beaucoup l’aigue-marine. C’est une pierre que j’adore, liée au voyage, et comme je voyage beaucoup, elle m’accompagne souvent. Je suis aussi très attachée à mes bracelets Punky. J’apprécie leur volume, leur façon d’habiller le poignet. J’aime beaucoup jouer avec les superpositions de bagues ou de bracelets. Il y a un côté très architecturé dans les accumulations avec les contrastes de formes, de couleurs, de hauteurs de pierres. Les bijoux doivent pouvoir s’adapter et vivre avec celles qui les portent, apporter de l’éclat, de la lumière, de la couleur. Je crois qu’on ne joue pas assez avec le pouvoir cosmétique du bijou. »
Is there one piece of jewelry you wouldn’t be without? “I wear earrings a lot but like rings and bracelets the most. You see them, feel them, they’re present in your life. One of my favorite rings, which I designed in 1997, is now at the Musée des Arts Décoratifs in Paris. It’s called the Cabochon although the stone is actually faceted. I wear different versions, aquamarine or lapis-lazuli or moonstone, to suit my mood. I’m wearing a lot of aquamarine at the moment. It’s associated with travel and I travel a lot. I have a soft spot for my Punky bracelets, too. I love their chunkiness and the way they dress the wrist. I enjoy stacking rings or bracelets. There’s something very architectural about accumulations of contrasting shapes and colors, and stones set at different heights. Jewelry should adapt and live alongside the women who wear it. It should bring radiance, light and color. We should play more with jewelry’s cosmetic potential.”
01 – Collier en morganite, Morganite necklace / 02 – Boucles d'oreilles Serpent en or jaune, peridot et saphir rose, Serpent earrings, yellow gold, peridots and pink sapphires
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comptait pour moi, c’était uniquement le résultat. À l’époque, un journaliste du Times m’a qualifiée de “joaillière la plus copiée du monde”. Mes designs étaient simples donc faciles à reprendre et personne ne se doutait qu’ils n’existaient pas avant. Les mélanges de couleurs ont alors gagné du terrain et les prix des pierres comme la tourmaline, par exemple, ont explosé. C’est la même chose pour le spinelle, une pierre que j’adore qui était vraiment sous-estimée à l’époque et qui est depuis devenue très chère. »
Trends
TROIS CRÉATRICES À SUIVRE
THREE JEWELRY DESIGNERS TO WATCH OUT FOR
Oubliez les traditionnelles parures sages. Ces créatrices bousculent les codes de la joaillerie en injectant du style et beaucoup d’audace. Trois noms à connaître, trois visions qui tracent de nouvelles voies. Good girls, look away now! These designers are making their own rules with jewelry that is anything but conventional. Three names to look out for, each with her own distinctive style. BY ELÉONOR PICCIOTTO
Avec son allure de Parisienne assumée, Marie Lichtenberg bouscule les codes avec élégance et aplomb. Ancienne rédactrice de mode, elle transpose son œil affûté dans la joaillerie, avec une obsession pour les symboles et les liens qui nous unissent. Son terrain d’expression ? Le locket, revisité en or gravé, plaques émaillées, chaînes torsadées et multicolores. Elle jongle entre cœurs, champignons, messages cachés et or brossé, comme autant de talismans stylés, drôles et un brin mystiques. Chaque pièce raconte une histoire personnelle, intime et universelle. Il y a chez elle une impertinence maîtrisée, une sensualité discrète et une audace qui fait mouche : celle de transformer un bijou en déclaration… à l’image de sa bague de fiançailles gravée de l’inscription « Would you marry me », qui s’ouvre comme une boîte à bijoux miniature. Unmistakably Parisienne, Marie Lichtenberg’s designs are simultaneously elegant and irreverent. As a former fashion editor, she turns her razor-sharp eye to jewelry, channeling an obsession with the symbols that unite and connect us: a fascination best exemplified by her engraved gold, and enamel love lockets, suspended from colorful twisted chains. She weaves her way between hearts and mushrooms, secret messages and brushed gold to create whimsical, ever so slightly mystical talismans. Each piece tells a story that is personal to her and relevant to us all. Marie Lichtenberg’s jewelry is discreetly sensual and just the right amount of sassy. This is jewelry with something to say, such as the engagement ring engraved with the words “Would you marry me”, which opens like a finger-sized jewelry box. 02
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Marie Lichtenberg
01 – Pendentif Jumbo Custom Letter, Custom Jumbo Custom Letter charm MARIE LICHTENBERG / 02 – Marie Lichtenberg
Suzanne Syz
Dans sa famille, on parle joaillerie comme d’autres parlent de la météo : naturellement. Baignée dès l’enfance dans l’horlogerie et les pierres précieuses aux côtés de son père et de ses frères, Yvonne Léon s’empare de cet héritage pour 05 le réinterpréter avec aplomb. Elle lance sa marque éponyme en injectant une dose de fun et de liberté dans les classiques du genre. Son bestiaire est espiègle, ses chevalières se portent à tous les doigts, ses boucles d’oreilles s’accumulent, se dépareillent, s’amusent. Moderne, féminine, versatile, elle insuffle un vent de fraîcheur à la joaillerie française. Sa force ? Une créativité en flux continu, une vision accessible, un style immédiatement reconnaissable… qu’on a même aperçu récemment porté par Michelle Obama. Some families chat about the weather. Yvonne Léon grew up in a household where conversations revolved around watches and precious stones. Putting her own stamp on a family tradition - her father and brothers are jewelers -, she reinvents the classics under her namesake brand. Each of her designs incorporates her personal conviction that jewelry can, and should be, about freedom and fun. Unusual animals, signet rings for every finger, earrings to mix and match: Yvonne Léon’s modern, feminine, versatile jewelry is a breath of fresh air. Her accessible vision and non-stop creativity serve an immediately recognizable style… recently spotted on Michelle Obama.
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Yvonne Léon
03 – Suzanne Syz et son fils, Suzanne Syz and her son © Andy Wharol / 04 – Bague, ring SUZANNE SYZ 05 – Bague montre, ring watch L'horloge Full Diamants YVONNE LÉON / 06 – Yvonne Léon
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Suzanne Syz ne crée pas de bijoux. Elle sculpte des œuvres d’art portables. S’il fallait une preuve : chaque pièce est unique, numérotée et certifiée par la blockchain Origyn, véritable passeport biométrique contenant toutes les données d’authenticité et de traçabilité nécessaires à une revente ou valorisation. Passionnée d’art contemporain, intime de Warhol, Basquiat ou Koons, elle injecte dans chaque création une dose de culture, d’humour, de couleur, d’excès délicieux. Le diamant l’ennuie ; elle préfère le titane, l’aluminium, et les pierres qui claquent : tourmaline Paraíba, spinelle framboise, grenat mandarine… toute une palette de pantones précieux. Ses volumes sont assumés, ses partis-pris radicaux. Porter du Syz, c’est embrasser l’art de la singularité : flamboyante, libre, joyeusement indomptable. Suzanne Syz doesn’t create jewelry. She sculpts wearable art. Indeed, each one-of-a-kind piece is individually numbered and certified by Origyn blockchain technology: a biometric passport containing the authentication and traceability data required for valuation or resale. A collector of contemporary art and friend of Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat and Jeff Koons, Suzanne Syz injects each of her designs with cultural references, humor and masses of color. Diamonds? Too predictable! She prefers titanium, aluminum and a vibrant palette of bright, bold stones such as Paraíba tourmaline, raspberry spinel and mandarin garnet. Her witty designs are deliciously, deliberately over-the-top. To wear Suzanne Syz is to embrace the art of singularity: flamboyant, joyously creative and with a sense of freedom.
INTIMITÉ INTIMATE ENCOUNTERS
Carlotta porte une bague BULGARI en or blanc serti de diamants. Carlotta wears a BULGARI ring in white gold with diamonds. Underwear, BASERANGE.
ART DIRECTION: Benjamin Grillon PHOTOGRAPHER: Julien T. Hamon @ Mirror Mirror STYLING: Esther Matilla @ Hulste HAIR: Malin Wallin @ Blend Management MAKEUP: Maëlys Jallali @ Bryant Artists MANICURE: Romane Martini @ The Wall Group SET DESIGN: Lara Romero Esteller CASTING: Sigurd Gravem @ RSL Cast MODEL: Carlotta Scholz @ Faces1000 MODEL: Riahn Griffiths @ Silent Models PRODUCTION: Cinq Étoiles Productions PHOTO ASSISTANTS: Hugo Veuillet + Theo Spitz STYLE ASSISTANT: Manuel Norriega
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Carlotta porte un collier TIFFANY & CO. HardWear en or rose serti de diamants. Carlotta wears a HardWear necklace by TIFFANY & CO. in rose gold with diamonds. Top, SKIMS. Jeans, ISABEL MARANT.
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CARTIER : Boucles d'oreilles Scortea de la collection de haute joaillerie En Équilibre en platine, diamants, émeraude et onyx. CARTIER: Scortea earrings in platinum, diamonds, emeralds and onyx, from the En Équilibre high jewelry collection.
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Carlotta porte une bague DIOR de la collection Diorexquis. Carlotta wears a ring from the Diorexquis collection by DIOR. Socks, TABIO.
Carlotta porte les boucles d'oreilles asymétriques Sporty 5 de CHANEL en or blanc serties de diamants. Carlotta wears Sporty 5 asymmetrical earrings by CHANEL in white gold with diamonds. Dress, THE FRANKIE SHOP.
CHAUMET : Bracelet Bee en or blanc serti de diamants. CHAUMET: Bee bracelet in white gold with diamonds.
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Carlotta porte une bague BULGARI en or blanc sertie de diamants. Carlotta wears a BULGARI ring in white gold with diamonds. Skirt, THE FRANKIE SHOP. Underwear, BASERANGE.
Carlotta porte des boucles d'oreilles Alba de SARTORO en or blanc serties de diamants. Carlotta wears Alba earrings by SARTORO in white gold with diamonds. Dress, MALENE BIRGER.
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Riahn porte un bracelet Move Link de MESSIKA en or blanc serti de diamants. Riahn wears a Move Link bracelet by MESSIKA in white gold with diamonds. Top, SKIMS.
PHOTOSHOOT ÉDITO HAUTE JO
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Riahn porte un collier de perles TASAKI. Riahn wears a TASAKI pearl necklace.
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Carlotta porte la bague Arty Pop de la collection de haute joaillerie Shapes of Extraleganza de PIAGET en or blanc sertie d'une émeraude colombienne taille coussin, de malachites, chrisoprases et diamants. Carlotta wears the Arty Pop ring from the Shapes of Extraleganza high jewelry collection by PIAGET, in white gold with a cushioncut Colombian emerald, malachites, chrysoprases and diamonds. Jeans, MM6. Underwear, LOULOU DE SAISON.
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Riahn porte un collier L'Heure du Diamant de CHOPARD en or blanc éthique serti de diamants. Riahn wears a L’Heure du Diamant necklace by CHOPARD in ethical white gold with diamonds.
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Riahn porte une bague de haute joaillerie Ice Cube de CHOPARD en or blanc sertie d'un diamant. Riahn wears an Ice Cube high jewelry ring by CHOPARD in white gold and a diamond. Knit, EXTREME CASHMERE. Trousers, LOULOU DE SAISON.
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ROUVENAT : Pendentif Unlock en or rose serti de diamants. ROUVENAT: Unlock pendant in rose gold with diamonds.
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Riahn porte des boucles d'oreilles de la collection Virtuosity de LOUIS VUITTON en or blanc et or jaune serties de deux rubis taille ovale. Riahn wears earrings from the Virtuosity collection by LOUIS VUITTON in white gold and yellow gold with two oval-cut rubies. Dress, JOHN SMEDLEY.
Riahn porte un bracelet Pluie de CARTIER en or blanc serti de diamants. Riahn wears a Pluie bracelet by CARTIER in white gold with diamonds. Bodysuit & tights, FALKE.
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GEMMYO : Bague Ariane Prima en or blanc sertie de diamants. GEMMYO: Ariane Prima ring in white gold with diamonds.
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VAN CLEEF & ARPELS : Sautoir Quartet transformable en or blanc, or jaune, or rose, serti d'un saphir rose coussin, de dix opales de feu taille émeraude, de saphirs roses, grenats spessartites, spinelles noirs, rubellites, nacre dorée, perles de culture blanches, et diamants. VAN CLEEF & ARPELS: Quartet transformable necklace in white gold, yellow gold and rose gold with a cushion-cut pink sapphire, ten emerald-cut fire opals, pink sapphires, spessartite garnets, black spinels, rubellites, gold mother-of-pearl, white cultured pearls and diamonds.
A century of Art Deco, ethical diamonds, the vintage jewelry market, icons and stories, behind-the-scenes at Bucherer’s fine jewelry workshop… exploring the many facets of jewelry culture.
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Un siècle d’Art déco, le diamant éthique, le marché du bijou vintage, des icônes et des anecdotes, les coulisses de l’atelier de haute joaillerie de Bucherer… La culture joaillière sous toutes ses facettes.
© Chopard
culTure Collier Art déco, aigue-marine et laque, Art Deco necklace, aquamarine and lacquer JEAN FOUQUET
« Le mouvement Art déco a posé les bases d'un langage esthétique très structuré, mais toujours audacieux. » “The Art Deco movement laid the foundations for a highly structured but always bold aesthetic language.”
RADICALLY MODERN
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RADICALEMENT MODERNE
BY HERVÉ DEWINTRE En avril 1925 s’ouvrait à Paris l’exposition qui allait donner son nom à l’Art déco. Un siècle plus tard, les enseignements de ce mouvement artistique continuent d’inspirer les productions joaillières contemporaines.
In April 1925 an exhibition opened in Paris that would give its name to Art Deco. A century later, lessons from this artistic movement are still inspiring contemporary jewelry.
Un collier signé Jean Fouquet a causé bien des frayeurs à Violaine d’Astorg. « Je n’ai pas dormi de la nuit la veille de la vente. C’était en 2021. Tout se faisait en ligne. Aucune enchère n’avait été proposée », se souvient la directrice joaillerie de Christie’s France. « J’étais submergée par le doute. Est-ce que l’estimation était correcte ? On parlait tout de même de 350’000 euros pour une pièce sans véritables pierres précieuses. Juste de l’argent et de l’or. Un peu de laque. Une aigue-marine rectangulaire posée sur un cylindre strié qui évoquait les émanations des ondes radio propagées depuis la tour Eiffel ou Les Disques dans la ville de Fernand Léger. La vente démarre et je comprends aussitôt que je me suis inquiétée sans raison. Le bijou, conçu entre 1925 et 1930, sera vendu pour près d’un million d’euros. » Un enseignement ? « Oui : l’Art déco reste la star de tous les mouvements artistiques de l’histoire de la joaillerie. » En 1966, le musée des Arts décoratifs à Paris organise l’exposition « Les Années 25, Art déco/Bauhaus/Stijl/Esprit nouveau ». La manifestation célèbre avec quelques mois de retard le cinquantenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925, initialement prévue en 1915 mais reportée en raison de la Première Guerre mondiale. C’est à cette occasion que naît le diminutif qui va faire le tour du monde. « On associe l’Art déco à l’exposition de 1925 en raison de l’appellation inventée par la conservatrice Yvonne Brunhammer qui s’était elle-même inspirée des travaux de l’historien Bevis Hillier ; mais le mouvement est né bien avant, dans les années 1900-1910 », indique Paul Paradis, historien de l’art, chercheur et enseignant à l’École des arts joailliers soutenue par Van Cleef & Arpels. « On insiste beaucoup là-dessus dans nos cours. »
A necklace by Jean Fouquet gave Violaine d’Astorg a sleepless night, as the Christie’s France head of jewelry recalls. “It was 2021, the night before the online sale, and not a single bid had been placed. I had doubts running through my mind. We’d put an estimate of €350,000 on the piece but was that too high for a necklace with no precious stones? Just silver and gold, lacquer and a rectangular aquamarine on a striated circle that could have been radio waves emitted from the Eiffel Tower or Fernand Léger’s Two Discs in the City. But when bidding started, I knew straight away I needn’t have worried. The necklace, which Fouquet designed between 1925 and 1930, hammered at just under a million euros.” What did d’Astorg take away from the experience? “Of all the artistic movements in the history of jewelry, Art Deco is still the star.” In 1966 an exhibition at the Musée des Arts Décoratifs in Paris – Les Années 25, Art Déco/Bauhaus/Stijl/Esprit Nouveau – marked what would have been (give or take a few months) the 50th anniversary of the 1925 Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Initially scheduled for 1915 and postponed due to the First World War, it left a global linguistic legacy in the name Art Deco. “We associate Art Deco with the 1925 exhibition because of the name coined by Yvonne Brunhammer, curator at the Musée des Arts Décoratifs who in turn drew on the work of art historian Bevis Hillier, but the movement originated well before that, in the 1900s-1910s,” says Paul Paradis, an art historian and academic who teaches at École des Arts Joailliers, which is supported by Van Cleef & Arpels. “We emphasize this in our classes.”
03 01 – Bracelet de haute joaillerie, High jewelry bracelet VAN CLEEF & ARPELS / 02 – Bracelet Tous en scène, Tous en scène high jewelry bracelet CHAUMET 03 – Montre-bague Toi & Moi Le Lion de Mademoiselle, Le Lion de Mademoiselle Toi & Moi ring watch CHANEL
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ART
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Curiosity for the wider world
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Une curiosité universelle Le campus parisien de l’École met en place, depuis avril jusqu’à novembre, une riche programmation qui rend hommage à ce mouvement artistique majeur du XXe siècle. Les dates n’ont pas été choisies au hasard puisqu’elles correspondent à la durée de l’événement qui avait attiré à Paris, entre les Invalides et le Grand Palais, plusieurs millions de visiteurs un siècle auparavant. « C’est difficile d’expliquer précisément l’Art déco sommairement, car ce n’est pas un mouvement en rupture totale avec le passé : le théoricien et architecte paysagiste André Vera, qui est un peu le chef de file des ensembliers [décorateurs d’intérieur] à l’époque, disait que les formes nouvelles devaient puiser dans l’art français du XVIIIe et son classicisme, sans pasticher. J’interprète l’émergence et le succès de ce mouvement par une volonté commune, de la part des artistes décorateurs français, de remettre Paris au centre du jeu à une époque où la Sécession viennoise a pris le devant de la scène. Ces ensembliers regardaient avec admiration les travaux de la Wiener Werkstätte. Ils admiraient les lignes géométriques révolutionnaires du palais Stoclet conçu par Josef Hoffmann à Bruxelles. » La longévité de ce mouvement est-elle plus facile à déterminer ? « Pour moi, ce mouvement ne s’est jamais complètement éteint, grâce, notamment, à des passionnés comme Yves Saint Laurent et Pierre Bergé qui, dans les années 1960, le remettent au goût du jour », rappelle l’historien.
Between April and November, from its campus in Paris, the school is presenting a rich program of courses, talks and exhibitions in honor of this major artistic movement of the 20th century. It’s no coincidence that the dates correspond to those of an event which stretched from the Esplanade des Invalides as far as the Grand Palais, and drew millions of people to the French capital a century ago. “It’s hard to properly explain Art Deco in just a few words, because it wasn’t a complete break with the past. The theorician and landscape designer André Vera, the de facto leader of the ensembliers [interior decorators] of that period, stated that new forms should look to, but not imitate, the classicism of 18th-century French art. In my view, the movement’s emergence and its success reflect French decorators’ determination to reinstate Paris as a pre-eminent influence at a time when the Vienna Secession was the center of attention. The ensembliers had nothing but admiration for the work of the Wiener Werkstätte, and for the revolutionary geometric forms which Josef Hoffmann had imagined for the Stoclet Palace in Brussels.” How long did the movement last? “I don’t think it ever completely went away,” Paradis answers, “in part thanks to individuals such as Yves Saint Laurent and Pierre Bergé who, in the 1960s, rekindled interest.”
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01 – Boucles d'oreilles Shadow, Shadow earrings NADIA MORGENTHALER / 02 – Boucles d'oreilles de haute joaillerie, High jewelry earrings BULGARI 03 – Collier de haute joaillerie, High jewelry necklace VAN CLEEF & ARPELS
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Entre les échos du classicisme et l’apologie d’un monde mécanique en mouvement perpétuel, difficile de tracer les grandes lignes d’une définition. « Il y a beaucoup de chausse-trappes dans l’appellation Art déco », reconnaît volontiers Pierre Rainero, directeur de l’image, du style et du patrimoine Cartier. « C’est une multitude d’expressions créatives et de philosophies parfois opposées, entre le point de vue fonctionnaliste qui cherchait la production industrielle la plus large dans une perspective sociale et le point de vue décoratif qui mettait en avant les métiers d’art français, les matériaux les plus luxueux, des gestes où certains observateurs ont vu une manière de renouer avec le XVIIIe siècle. Entre un René Herbst et un Josef Hoffmann grosso modo. Disons que l’une des caractéristiques communes de tous ces mouvements s’exprime par une démarche exploratrice d’un nouveau territoire de forme : cela correspond assez bien à la maison Cartier. Nous nous retrouvons aussi dans le fait qu’il s’agit d’une des rares périodes où la joaillerie est mise au même niveau que les autres arts décoratifs, comme un membre à part entière. Disons enfin que ces disciplines étaient empreintes d’un esprit de curiosité universelle : on allait chercher des exemples dans les autres cultures, probablement grâce aux voyages et à la communication devenus plus accessibles. Tout cela se retrouve dans notre production actuelle, sans même parler des associations de couleurs, de l’aptitude à proposer de nouvelles façons de porter les bijoux et à utiliser de nouvelles techniques. »
Collier transformable, pouvant être porté comme bijou d'épaule, Transformable necklace, can be worn as a shoulder jewel CARTIER
Collier transformable, pouvant être porté comme ornement de tête, Transformable necklace, can be worn as a head ornament CARTIER LONDON, 1935
From echoes of classicism to an embracing of the fast-moving machine age, sketching a definition of Art Deco is effectively no easy task. Cartier’s image, style and heritage director, Pierre Rainero, is first to acknowledge that “defining Art Deco isn’t as straightforward as it may seem. It covers a multitude of sometimes opposing creative expressions and philosophies, from the functionalist point of view, with its emphasis on large-scale industrial production and its egalitarian perspective, to the decorative point of view which emphasized French craftsmanship and luxurious materials, which certain observers saw as a means to revive an 18th century aesthetic. Put simply, René Herbst on the one hand, Josef Hoffmann on the other. One thing all these movements did have in common was to explore new forms. This corresponds well to Cartier, as does the fact this was one of the rare periods when jewelry was considered a decorative art in its own right, equal to the other decorative arts. These disciplines were instilled with a curiosity for the wider world, seeking ideas in other cultures, no doubt helped by more affordable travel and communication. You can see all of this in our current production, not to mention color combinations, and an aptitude for proposing novel ways of wearing jewelry and employing new techniques.”
culTure Collier transformable, pouvant être porté comme ornement de tête, Transformable necklace, can be worn as a head ornament CARTIER
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Renouveau de taille À l’instar de Cartier, qui a présenté dans l’acte 3 de sa nouvelle collection de haute joaillerie Nature sauvage un collier (porté aux Oscars par l’actrice Zoe Saldaña) dont les multiples portés, la palette chromatique et les dessins concentriques rappellent à bien des égards le légendaire bijou d’épaule réalisé pour l’exposition de 1925, les maisons de la place Vendôme greffent étroitement à leurs productions actuelles les enseignements de l’Art déco. L’évolution, très marquée entre les deux guerres, vers la grande simplicité des formes et des masses qui s’allient à l’emploi de pierres calibrées est systématiquement mentionnée. « C’est à cette époque que les diamants taille baguette font leur apparition. Cette taille permet de traiter une multitude de thèmes, de la nature stylisée à la géométrie plus moderniste en mettant en avant la force des lignes grâce à l’éclat de la pierre précieuse. Le diamant devient l’expression d’une modernité », décrète Mina El Hadraoui, directrice France du Natural Diamond Council.
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« Ce mouvement a posé les bases d’un langage esthétique très structuré, mais toujours audacieux, que je retrouve dans mon travail. Le cubisme, notamment, m’a beaucoup marquée. J’aime cette idée de déconstruction, de jeu avec les angles, les volumes, les facettes : c’est un langage qui parle naturellement à la joaillerie, surtout au diamant », confirme Valérie Messika, fondatrice et directrice artistique de Messika. Cette inventivité dans l’art de la taille est particulièrement mise en lumière dans les collections de Louis Vuitton. Les directeurs artistiques successifs du pôle joaillerie de la Maison insèrent régulièrement dans les structures
tridimensionnelles de leurs bijoux en diamants des références au monogramme personnel, en forme de V, imaginé dans les années 1920 par Gaston-Louis Vuitton, fervent adepte de l’Art déco, qui était par ailleurs vice-président de l’exposition de 1925. Les formes du mouvement Streamline Moderne dont les lignes horizontales et les formes courbes étaient empruntées à l’univers du voyage (alors à la pointe de la science et du progrès), à l’aéronautique et aux coques des paquebots transatlantiques, illuminent régulièrement dans cette esthétique de l’abstraction. Autre matière privilégiée : la laque, dont l’emploi s’inscrit également dans une volonté de concilier les savoirs anciens et les ressources de l’innovation. « Depuis l’Exposition universelle de 1900, l’École des beaux-arts de Tokyo favorise la venue d’étudiants japonais dans la capitale des arts. Le maître laqueur Seizo Sugawara et l’orfèvre-sculpteur Jean Dunand échangent leurs connaissances tandis que le savoir-faire des artisans vietnamiens est mis à contribution par l’aviation militaire durant la Première Guerre mondiale : ils peignaient les hélices. Un magnifique exemple d’échanges culturels, de curiosités mutuelles et de progrès techniques exaltés par l’Art déco », insiste Paul Paradis. Parmi ces laqueurs : Phuong Dinh Van dont l’atelier travaille pour Cartier. Son fils Jean collaborera lui aussi, trois décennies plus tard, avec la branche new-yorkaise de la Maison française avant de fonder sa marque éponyme.
01 – Boucles d'oreilles Disco Pulsation perles champagne, Disco Pulsation earrings, champagne pearls MESSIKA
Parure Pure V, Pure V suite LOUIS VUITTON
Jewelers embraced the refinement of lacquer, blending traditional craftsmanship with the resources of innovation. Paul Paradis explains how “after the 1900 Exposition Universelle in Paris, the Tokyo school of fine arts encouraged its students to visit the ‘capital of the arts’.” Seizo Sugawara taught Jean Dunand how to lacquer metal; in return, Dunand showed the Japanese master the dinanderie metalworking technique. Vietnamese artisans lacquered the propellors of First World War military planes. “A wonderful example of cultural exchanges, mutual curiosity and technical progress, all in the name of Art Deco!” says Paradis. One of these lacquer artists was Phuong Dinh Van, whose studio worked for Cartier. Three decades later his son, Jean, collaborated with the French jeweler’s New York subsidiary, before founding his namesake brand.
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Art Deco returns “This movement laid the foundations for a highly structured but always bold aesthetic language that I can see in my designs. Cubism made a particularly strong impression on me. I like this idea of deconstruction, playing with angles, volumes and facets. It’s a language that engages naturally with jewelry, especially diamonds,” Valérie Messika, founder and artistic director of Messika, confirms. This inventiveness in diamond cuts is a hallmark of Louis Vuitton’s diamond jewelry collections, with successive artistic directors working references to the V monogram into the three-dimensional structures. The monogram was designed in the 1920s by Gaston-Louis Vuitton, a fervent admirer of Art Deco who, incidentally, was vice-president of the 1925 Exposition. The curves and horizontal lines that Streamline Moderne introduced to the world of travel, then at the forefront of science and progress, from airplanes to the hulls of transatlantic liners, illuminate this aesthetic of abstraction.
02 – Boucles d'oreilles Pure V, Pure V earrings LOUIS VUITTON 03 – Montre éventail Marvelous Peacock, Marvelous Peacock fan watch HARRY WINSTON
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Like Cartier — which for Chapter III of its Nature Sauvage high jewelry collection presented a necklace, worn by Zoe Saldaña at the 2025 Oscars, whose transformable structure, colors and shape recall the shoulder jewel created for the 1925 Exposition —, Place Vendôme’s jewelry houses are applying the lessons of Art Deco to their current creations. All mention the shift towards simplicity of form and volumes, particularly evident between the two world wars, together with the use of calibrated stones. “This is when baguette diamonds appeared. This cut lends itself to a multitude of themes, from stylized nature to more modernist geometric shapes, while emphasizing strength of line thanks to the natural radiance of the precious stone. Diamond becomes an expression of modernity,” observes Mina El Hadraoui, who is director of the Natural Diamond Council in France.
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“The main message was that out of industry, and the progress that went with it, would come the decorative arts.”
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« Le message majeur était que, de l’industrie et de son cortège de progrès, sortiraient les arts décoratifs dans leur ensemble. »
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01 – Collier Tous en scène, Tous en scène necklace CHAUMET / 02 – Collier Cravate Émeraude, Cravate Émeraude necklace 03 – Bracelet Disco Pulsation, Disco Pulsation bracelet MESSIKA PARIS
BOUCHERON
Précision et fonctionnalité « De ces années folles, j’ai retenu l’esprit couture et les éclats antagonistes – masculinféminin, opulence des lignes pures, radicalité du noir et blanc rehaussé d’une couleur précieuse – qui s’épanouissent sur des colliers cravate, des bracelets ruban et des sautoirs pompon. Ce mouvement prônait une élégance fondée sur la précision et la fonctionnalité dissimulées dans les savoir-faire au profit d’une lecture limpide et d’un porter facile. Dans cet esprit, nos pièces récentes sont, la plupart du temps, pensées pour être portées autrement, souvent transformables, en phase avec nos modes de vie », s’enthousiasme Claire Choisne, directrice des créations Boucheron. Depuis Rome, Lucia Silvestri, directrice artistique du joaillier Bulgari, rappelle quant à elle que l’Art déco, qui a rayonné depuis Paris, inspire l’inventivité des créateurs du monde entier. « Nous insérons régulièrement des références à ce mouvement dans nos parures lorsque le dessin développe une nature stylisée ou des formes géométriques. Mais aussi, du point de vue technique, avec l’emploi du blanc ou du platine qui est le métal Art déco par excellence, l’intervention de l’onyx grâce à des inserts qui créent des contrastes saisissants ou l’utilisation de la taille “buff top” pour les gemmes précieuses ou les pierres dures afin de créer des lignes nettes et épurées. D’un point de vue plus général, c’est l’extraordinaire volonté d’amener la modernité en maintenant la continuité avec la tradition qui continue aujourd’hui de prouver sa pertinence. »
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Precision and functionality “Elements I’ve taken from this glittering era are a couture spirit and oppositions of masculinefeminine, the opulence of pure lines and the radicality of black and white lifted by a precious color, resplendent on tie necklaces, ribbon bracelets and tasseled sautoirs. This movement advocated elegance rooted in precision and functionality, skillfully concealed to instead focus on ease of wear. In a similar vein, most of our recent pieces, many of which are transformable, are designed to be worn in different ways, in keeping with today’s lifestyles,” declares Claire Choisne, creative director at Boucheron. In Rome, Bulgari’s creative director Lucia Silvestri reminds us that Art Deco spread from Paris to inspire the creativity of artists and designers the world over. “We regularly include references to this movement in jewelry whose design develops themes of stylized nature or geometric shapes, but also, from a technical perspective, through the use of the color white and platinum, which is the Art Deco metal par excellence, by inserting onyx for bold contrasts, or using buff top precious gems and hard stones to form clean, strong lines. It’s this combination of wanting to create something entirely modern on the one hand and to respect tradition on the other that is still so very relevant today.”
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04 – Bracelet Crystal Stopper, Crystal Stopper bracelet CHANEL 05 – Bracelet Ison, collection Sous les étoiles, Ison bracelet, Sous les étoiles collection VAN CLEEF & ARPELS 06 – Montre-bague Toi & Moi Le Lion de Mademoiselle, Le Lion de Mademoiselle Toi & Moi ring watch CHANEL
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culTure Collection Bamboo CHAUMET
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Modernité : un mot autorisé à l’heure où les grandes maisons communiquent si volontiers sur leur patrimoine ? « L’intitulé précis de la manifestation de 1925, on l’oublie souvent, était Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. Chaque mot a son importance », conclut Olga Corsini, directrice du studio de création Chaumet. « On sortait d’un conflit mondial et d’une pandémie. Mais le message majeur était que de l’industrie et de son cortège de progrès, sortiraient les arts décoratifs dans leur ensemble. L’ensemble des influences qui ont alimenté ce mouvement, le fauvisme, le cubisme, le néoclassicisme – influences qu’on retrouve chez nous, de manière souterraine ou littérale –, était dominé par une foi dans l’avenir, un goût pour la science. L’affiche montrait des jets de fumée sortant de cheminées industrielles : leurs volutes formaient une rose stylisée. Ma première impression quand j’ai regardé les lignes de la collection Bamboo – notamment sur le diadème qui est, avec les bandeaux de tête, une typologie d’objets chère à la Maison – a été de voir le dynamisme de ces colonnes, proches d’un gratte-ciel et d’où s’échappe une énergie florale. Je crois que cette ferveur n’a pas disparu. Un signe l’atteste : chaque maison a désormais un pôle dédié à la recherche. Ces départements, au sein desquels travaillent des ingénieurs, n’existaient pas quand j’ai débuté ma carrière. Ils attestent que la soif d’innovation est plus vive que jamais. »
Modern: a word that may seem out of character with heritage brands and their legacy-laden communication. “There’s a tendency to forget that the full name of the 1925 exhibition was Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes. Every word has its importance,” concludes Olga Corsini, Chaumet’s creative studio director. “The world had just emerged from a global conflict and a pandemic. But the main message was that out of industry, and the progress that went with it, would come the decorative arts. It was a movement shaped by multiple influences, fauvism, cubism and neoclassicism – influences you will find in our jewelry, sometimes suggested, sometimes literal –, but the dominant force was a belief in the future and in science. One poster for the Exposition shows swirls of smoke rising out of factory chimneys to form the petals of a stylized rose. The first thing that struck me about the Bamboo collection – in particular the tiara which, along with the bandeau, is a hallmark of Chaumet – were the dynamic lines of the columns, which have an almost skyscraper feel and radiate a floral energy. This enthusiasm hasn’t disappeared. Why else would every jewelry house have a research department employing engineers? These departments didn’t exist when I was starting my career. They are the proof that the appetite for innovation is stronger than ever.”
Pour en savoir plus, For further information: L’École des arts joailliers, Hôtel de Mercy-Argenteau, 16 bis, boulevard Montmartre, 75009 Paris www.lecolevancleefarpels.com
ISG Luxury Program FORMER LES TALENTS DU LUXE DE DEMAIN Un acteur innovant dans l’enseignement supérieur du management du luxe Cursus Bachelor et MBA de Post Bac à Bac+5 Une immersion dans le luxe à l’international
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Établissement d’enseignement supérieur privé. L’ISG et ses programmes sont membres de IONIS Education Group.
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ICÔNE 01
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L’innovation, c’est aussi faire parler l’existant, et c’est souvent sous contrainte que se dessine l’audace. Au début du XXe siècle, les pénuries liées à la guerre poussent les joailliers à repenser leurs pratiques. Le prix de l’or s’envole : il faut s’adapter. C’est à cette période que Bulgari s’intéresse au tubogas, ou « tube à gaz », une technique industrielle sans soudure, conçue pour transporter des gaz sous pression dans les années 1920, dont la forme n’exigerait qu’une fine quantité d’or… Necessity, as we know, is the mother of invention, and sometimes the spark for innovation is right before our eyes. In the early 20th century, war-induced scarcities forced jewelers to rethink their art at a time when gold prices were soaring. Bulgari turned its attention to the tubogas: the articulated, solderless tube that carried pressurized gas in the 1920s, whose form could be reproduced with only small amounts of precious metal.
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Dès 1948, Bulgari transforme cette technique industrielle en bijou. Le tubogas prend la forme de bracelets, colliers ou bagues, au moment où le serpent entre dans l’univers de la Maison. Peu de temps après, sa souplesse inspire la montre Serpenti qu’Elizabeth Taylor adopte en 1962 durant la promotion de Cléopâtre, assurant à cette pièce une aura mythique. Bulgari transformed this industrial technique into jewelry. The tubogas became bracelets, necklaces and rings… just as the snake was making its debut in the house’s designs. In 1948 its sinuous form inspired the Serpenti watch. Elizabeth Taylor famously wore hers in 1962 on the set of Cleopatra, thus cementing its legendary aura.
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Réédité, jamais éclipsé, le Tubogas traverse, depuis, les décennies. Des bracelets épurés aux montres Serpenti à double ou triple tours, en or, acier ou pavé de diamants, il se décline en d’innombrables variations. Héritage d’un geste industriel devenu ornement, certaines pièces vintage peuvent atteindre aujourd’hui jusqu’à 100’000 €.
Trois choses à savoir sur le Tubogas de Bulgari About the Bulgari Tubogas
Decades later, the Tubogas remains an icon. From elegantly simple bracelets to double and triple tour Serpenti watches, in gold, steel or with diamonds, it lends itself to endless variations. Heir to an industrial technique elevated to jewelry, certain vintage pieces can fetch up to €100,000.
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BY ZOÉ LECHEVALIER
01 – Bracelet vintage Tubogas, Vintage Tubogas bracelet BULGARI
ICON
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En 1963, Karl Scheufele III rencontre à Genève l’héritier de Louis-Ulysse Chopard avec qui le courant passe immédiatement. Ce dernier lui confie les rênes de l’entreprise éponyme. À la fin des années 1960, grâce à l’héritage des Scheufele combinée à l’expertise de Chopard, la Maison s’impose définitivement comme « Maître de la montre-bijou ».
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C’est en 2012 que naît L’Heure du Diamant. Son serti couronné aux griffes en V sublime le diamant en l’exposant à la lumière et en décuple l’éclat tout autour du cadran. Entièrement conçus et façonnés en interne, les garde-temps précieux se parent de cadrans en pierre colorée et, pour certains, d’un bracelet en écorce assorti. Sans cesse réinventée, la collection affirme chaque année un peu plus le statut de Chopard comme référence des montres-bijoux. The L’Heure du Diamant collection debuted in 2012. The V-shaped prongs of the crown setting expose more of the diamonds to the light, forming a sparkling halo around the dial. Designed and crafted entirely in-house, these precious timepieces feature colorful stone dials and, for some, a hand-engraved “bark” bracelet. Endlessly reinvented, year after year L’Heure du Diamant confirms Chopard as the nec plus ultra of jewelry watches.
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Dans les années 1960 et 1970, l’esthétique se libère. On aime l’exubérance des couleurs, des formes, des textures. Chopard saisit cette liberté créative et mise sur les pierres ornementales, qu’elle décline sur les cadrans dans une palette aussi riche que joyeuse. Naissent alors les premiers jalons de la collection L’Heure du Diamant, appelée à devenir l’icône que l’on connaît aujourd’hui. The 1960s and 1970s unleashed a wave of exuberant colors, forms and textures. Chopard seized this creative freedom with both hands, crafting dials from ornamental stones in an array of bold, bright hues. L’Heure du Diamant, a future icon, was taking shape.
Trois choses à savoir sur les montres-bijoux de Chopard About Chopard jewelry watches BY PAULINE ESTIVAL
02 – Montre L'Heure du Diamant, L’Heure du Diamant watch CHOPARD
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In 1963 in Geneva, Karl Scheufele III met with the grandson of Louis-Ulysse Chopard. The two men hit it off immediately and the latter agreed to hand over the reins of the family firm. Thanks to the Scheufeles’ experience, combined with Chopard’s own expertise, by the late 1960s the house had cemented its reputation as the “Master of Jewelry Watches”.
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NATURAL DIAMOND, ETHICS AND RESPONSIBILITY
LE DIAMANT NATUREL FACE AU DÉFI DE L'ÉTHIQUE
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BY ISABELLE HOSSENLOPP Entre héritage, développement durable et impact local, le diamant se révèle sous un nouveau jour. Décryptage…
From natural legacy to sustainability and local communities, diamonds shine in a different light.
Le secteur du luxe est régulièrement convoqué sur le terrain de l’éthique, comme si sa raison d’être, liée au plaisir et à la désirabilité, devait s’accompagner d’une exemplarité morale. Le diamant naturel n’y échappe pas. Si les acteurs de la filière sont longtemps restés discrets, ils ont compris qu’il était temps de sortir de l’ombre et de mettre en lumière leur sens des responsabilités.
The luxury sector is repeatedly called out on ethical issues, as though its raison d’être, associated with pleasure and desirability, implies an obligation for moral exemplarity. Natural diamonds are no exception, and the industry has understood it must forgo its habitual discretion and put its sense of responsibility in the spotlight.
Diamants de paix? Depuis le choc causé par le film Blood Diamond (2006), l’industrie diamantaire est souvent attaquée sur un point sensible : elle alimenterait les conflits. Pourtant, les choses ont bien évolué. Depuis plus de 20 ans (2003), le Kimberley Process œuvre à éradiquer du marché international les diamants issus de zones de conflits. Avec des résultats tangibles. Aujourd’hui, les diamants venant de ces pays représentent moins de 2 % des échanges.
Un précieux écosystème
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Mais l’éthique ne se limite pas à la mine. L’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins, à l’éducation, la protection de la biodiversité – notamment dans des zones sensibles comme le delta de l’Okavango au Botswana – sont autant d’enjeux majeurs qui mobilisent la filière, dont les engagements sont encore trop peu connus du grand public. Qui sait, par exemple, que le Responsible Jewellery Council veille à ce que chaque étape du voyage du diamant, de la mine à la boutique, respecte scrupuleusement les droits humains, sociétaux et environnementaux ? Ou encore que l’écosystème du diamant fait vivre des millions de personnes à travers une redistribution des richesses pensée avant tout à l’échelle locale ?
Peace diamonds? Ever since the public outcry prompted by the 2006 movie Blood Diamond, the diamond industry is frequently tackled for its alleged fueling of regional conflicts. Yet things have evolved significantly over the past two decades. The Kimberley Process, established in 2003, works to prevent “conflict diamonds” from reaching the international market. With tangible results: diamonds from these regions represent less than 2% of trade.
A valuable ecosystem But ethics don’t begin and end at the mine. Access to clean water, food, healthcare and education, as well as conservation of biodiversity – especially in environmentally sensitive zones such as the Okavango Delta in Botswana –, are all major subjects for diamond companies who are committed to creating a positive impact for communities and countries: although these commitments are often unfamiliar to the general public. How many people know, for instance, that the Responsible Jewellery Council sets out measures to ensure that every step in the diamond’s journey, from mine to retail, respects ethical, social and human rights, as well as sustainable practices? Or that the diamond ecosystem supports millions of people through redistribution of wealth, and that the main beneficiaries are local communities?
01 – Essence of Nature, Foundation, Jacket Ring © De Beers
“If the diamond still holds its aura of dreams and desirability, this is also because it is rooted in a legacy — that of the Earth.”
Diamant du Canada, Canadian diamond © De Beers
« Si le diamant garde son aura de rêve et de désirabilité, c’est aussi parce qu’il est ancré dans un héritage, celui de la Terre. »
culTure Okavango Delta, Botswana © NDC
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OKAVANGO ETERNAL Le projet Okavango Eternal, un partenariat entre De Beers et National Geographic, a pour but de préserver le delta de l’Okavango en soutenant des projets de suivi des ressources en eau et d’autres recherches scientifiques. D’ici à 2030, il s’engage à fournir des moyens de subsistance à 10’000 personnes, garantir l’accès à l’eau et à la nourriture à plus d’un million d’habitants, sécuriser des corridors pour la faune et former des scientifiques locaux capables d’assurer la relève.
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A partnership between De Beers and National Geographic, Okavango Eternal was established to protect the Okavango Delta through support of water monitoring capabilities, as well as other scientific work. By 2030, Okavango Eternal aims to have developed livelihood opportunities for around 10,000 people, help ensure water and food security for over a million people, safeguard corridors for wildlife, train local scientists and support the next generation of protectors.
« L’industrie du diamant naturel est l’une des industries minières les plus réglementées et les plus responsables au monde. Quelle que soit la provenance d’un diamant naturel, la terre, la faune et les communautés locales et autochtones sont une priorité absolue », précise David Kellie, CEO du Natural Diamond Council, organisme dédié à la valorisation de la filière.
La richesse en partage Si le diamant garde son aura de rêve et de désirabilité, c’est aussi parce qu’il est ancré dans un héritage, celui de la Terre. Chérir ce legs si précieux s’inscrit dans une dynamique de partage des ressources. À l’image de De Beers, implanté au Botswana (deuxième producteur mondial de diamant) : le groupe minier a pris l’engagement de partager à terme la moitié de ses ressources d’exploitation avec le pays, qu’il soutient par ailleurs dans ses projets de développement locaux. Dans d’autres régions du continent africain, où l’extraction demeure artisanale, le programme GemFair permet d’intégrer la production locale dans le circuit mondial, garantissant aux mineurs une totale autonomie. Et ensuite ? Que se passe-t-il une fois la mine fermée et les revenus du diamant évaporés ? Les communautés locales ont voix au chapitre. Chaque ouverture de mine s’accompagne d’un plan de restauration qui leur est soumis et s’inscrit, ici aussi, dans le développement durable de la région. L’avenir du diamant est incertain, accablé par les difficultés économiques des marchés majeurs (USA, Chine) et la concurrence fulgurante du diamant synthétique. Les acteurs du diamant naturel se battent pour que ces trésors de la Terre conservent leur juste place, celle d’une pierre authentique, unique et rare, pourvoyeuse de rêve mais aussi de richesse et de bien-être.
01 - 02 – La collection Talisman mêle aux diamants taillés des diamants bruts, hommage aux pierres, rares et authentiques, que nous offre la Terre. The Talisman collection combines polished and rough diamonds in a tribute to the rare and authentic stones gifted to us by the Earth. © De Beers
LE DIAMANT NATUREL EN CHIFFRES* NATURAL DIAMONDS IN NUMBERS*
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millions de personnes impliquées dans la chaîne d’approvisionnement million people across the world are involved in the diamond supply chain
9,64
GemFair Sierra Leone © De Beers
Mrd $ de contribution au profit des communautés locales billion economic contribution to local communities
3,2
Diamonds captivate. They are Earth’s gift, a legacy to be shared. This is something De Beers is doing in Botswana, the world’s second-largest diamond producer, where ultimately half of production will be shared with the country, while supporting local development initiatives. In other African nations, the GemFair program connects artisanal and small-scale diamond miners to the global market, helping them achieve full independence. But what happens when a mine closes and the revenue it generates disappears? Local communities have their say. Even before a mine opens, a rehabilitation process is drafted and submitted to local populations, helping to drive the region’s ongoing sustainable development. Diamonds face an uncertain future, confronted by economic difficulties in the major markets of the US and China, and competition from lab-grown stones. The natural diamond industry is working hard to ensure these authentic gifts of nature continue to shine, sparking emotion but also providing wealth and improving well-being.
400 90
sites miniers, 6000 personnes concernées mine sites, 6,000 jobs
% de la production de diamants est enregistrée sur la plateforme de traçabilité Tracr % of diamonds registered on the Tracr platform to enable traceability
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mines désaffectées réhabilitées en cultures avec un don de 330 kg de semences disused mines reclaimed for farming and 330kg of seedlings donated
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Sharing wealth
LE PROGRAMME GEMFAIR DE DE BEERS** THE DE BEERS GEMFAIR PROGRAM**
*Chiffres du Natural Diamond Council, qui regroupe les principaux groupes miniers (hors Russie) *Source: Natural Diamond Council, whose members are the main diamond mining companies (excluding Russia) **Source: De Beers
“The natural diamond industry is one of the most highly regulated and responsible mining industries in the world. Wherever a natural diamond is extracted, land, wildlife, as well as local and Indigenous communities are an absolute priority,” says David Kellie, chief executive of the Natural Diamond Council.
Mrd $ de dépenses d’approvisionnement dans les pays d’exploitation billion dollars spent with local suppliers in countries of operation
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CULTURAL GEMS
PERLES DE CULTURE Bien au-delà des vitrines et des salons, la joaillerie se porte aussi dans nos imaginaires. Outside of window displays and gem fairs, jewelry is embedded in our cultural mindscape. BY PAULINE ESTIVAL
Le Collier de la reine – Alexandre Dumas (1849-1850) L’auteur ravive ici l’un des plus grands scandales du XVIIIe siècle : MarieAntoinette se retrouve prise dans un tourbillon politique et mondain qu’elle ne maîtrise plus. Loin d’être neutre, le bijou est à l’épicentre d’un drame qui mêle intrigues de cour, ambitions et passion. Un instrument de pouvoir capable du meilleur… comme du pire.
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The Queen’s Necklace – Alexandre Dumas (1849-1850) The author returns to one of the greatest scandals of the 18th century; one that plunged Marie-Antoinette into a maelstrom with political and historic consequences. At the epicenter of a drama that weaves machinations at court with personal ambition and passion, the necklace becomes an instrument of power for better… and for worse.
Diamonds Are a Girl’s Best Friend – reprise de Marilyn Monroe (1953) Voilà un morceau fascinant qui nécessite plusieurs lectures pour en comprendre le cynisme. Clinquant et léger en surface, il est en réalité porteur d’une implacable lucidité sur la capacité des femmes à s’émanciper d’une société qui les objectifie, notamment grâce à la valeur sûre des diamants. Merci Marilyn ! Diamonds Are a Girl’s Best Friend – interpreted by Marilyn Monroe (1953) A fascinating song whose cynicism isn’t immediately obvious. What may seem a frivolous, over-the-top performance at first viewing is, in reality, a coldly lucid comment on women’s ability to free themselves from a society that objectifies them — in this instance courtesy of the enduring value of diamonds. Thank you, Marilyn!
Breakfast at Tiffany’s – Blake Edwards (1961) New York. Ses rues baignées de l’aurore matinale, un taxi jaune, et Audrey Hepburn, alias Holly Golightly, devant les vitrines de Tiffany. Une scène d’ouverture devenue culte ! Holly est libre, fantasque, parfois déroutante. Elle incarne une féminité qui cherche à se définir hors des codes traditionnels. Les bijoux deviennent alors symboles d’un désir personnel d’aspiration et de projection sociale, offrant aux femmes la possibilité de rêver et de s’imposer au cœur de la société. Breakfast at Tiffany’s – Blake Edwards (1961) New York City bathed in early morning sunlight. Emerging from a yellow cab, Audrey Hepburn, alias Holly Golightly, outside Tiffany’s. One of the most iconic opening scenes ever! Holly is carefree, capricious, occasionally unpredictable. She is a woman seeking a place in the world beyond the role society traditionally assigns. Jewelry becomes a symbol of personal aspiration and social projection, offering women the opportunity to dream and be empowered.
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GEM-T est publié par GMT Publishing, maison d’édition basée à Genève et publiant également les magazines GMT, Skippers, voile & océan et le site WorldTempus.com
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VINTAGE JEWELRY: TREASURES OF TIME
BIJOUX VINTAGE LES TRÉSORS DU TEMPS
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Les bijoux anciens séduisent par leur signature et leur rareté. Portrait d’un marché aussi vivant que précieux avec Sotheby’s et Collector Square.
Historic and vintage jewelry is a buoyant market among buyers looking for rare items and prestigious names. Specialists from Sotheby’s and Collector Square share their expertise.
Montre Serpenti, fin des années 1950, Serpenti watch, late 1950s, BULGARI © Phillips
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BY ISABELLE HOSSENLOPP In November 2018 in Geneva, the gavel came down on a natural pearl owned by Queen Marie-Antoinette. Estimated at between one and two million dollars, it sold for… 36 million! “Bidding went on for almost 40 minutes. I’ve rarely seen jewelry exceed its estimate by so much,” says Magali Teisseire, head of the jewelry and watches division at Sotheby’s France who clearly still has vivid memories of the sale. In March 2025 in Paris, a natural unheated Burmese ruby (the most soughtafter origin), a perfect pigeon’s blood red, weighing 3.2 carats, achieved €660,000. In 2020 a Tutti Frutti bracelet by Cartier, estimated between $600,000 and $800,000, fetched $1.3 million in New York. Of course, such rare or historic jewels are of immeasurable value and, as such, the prices they realize are disconnected from the real world. What happens to these jewels once they have been sold? Are they speculative investments, locked away in a vault to be auctioned again, or are they worn and enjoyed? The latter, according to Magali Teisseire: “Our clients often wear them, at private receptions in Gstaad or Monaco or Luxembourg. Probably in Asia, too, where the tradition of wearing a tiara is still strong, and clients are fascinated by our royal heritage and the prestige of our jewelers.”
01 – Bracelet serti d’émeraudes et de saphirs, Emerald and sapphire bracelet SUZANNE BELPERRON © Sotheby's 02 – Collier Libra Zodiac, Libra Zodiac necklace VAN CLEEF & ARPELS © Collector Square 03 – Broche sertie d’émeraudes et de diamants, Emerald and diamond brooch BOUCHERON © Phillips / 04 – Tutti Frutti collection, bracelet CARTIER © Sotheby's
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En novembre 2018, à Genève, une perle fine ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette, estimée entre un et deux millions de dollars, s’est vendue… 36 millions ! « L’enchère a duré presque 40 minutes. J’ai rarement vu un bijou dépasser à ce point son estimation », dit Magali Teisseire, directrice du département Horlogerie & Joaillerie de Sotheby’s France, qui raconte encore l’événement avec une émotion palpable. Sans parler de ce « petit » rubis de 3,2 carats, birman – l’origine la plus recherchée –, d’un rouge « sang de pigeon » parfait, naturel et non chauffé, qui a atteint 660’000 euros lors d’une vente à Paris, en mars dernier, ou d’un bracelet Tutti Frutti de Cartier, vendu à New York en 2020. Estimé entre 600’000 et 800’000 dollars, il est parti à 1,3 million. Ces pièces très rares ou empreintes d’histoire sont uniques, inestimables. Dès lors, leur prix n’a plus de lien avec notre monde réel. Mais sont-ils portés ou dorment-ils au fond d’un coffre en attendant une revente spéculative ? « Nos clients les portent souvent, affirme Magali Teisseire, lors d’une soirée privée en hiver à Gstaad ou à Monaco ou encore au Luxembourg. Probablement en Asie aussi, où la tradition du diadème perdure et où les clients sont sensibles à notre héritage royal et au prestige de nos joailliers. »
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Investir, oui, mais avec plaisir !
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Charlotte Chehboub, responsable communication de Collector Square, conseille à ses clients « d’acheter ce qu’ils aiment et surtout de porter ce qu’ils achètent ». Sans nier que la valeur d’investissement est souvent dans l’esprit des acquéreurs. Et pour cela « tous nos bijoux sont fournis avec un certificat et une garantie. Si les papiers d’origine manquent, un certificat est établi par un expert accrédité. En cas de doute, nous interrogeons la maison d’origine », explique-telle. La société engage sa responsabilité. Sotheby’s conseille de ne jamais acheter à une maison de ventes aux enchères qui n’a pas d’expert. « La confiance est un facteur essentiel, non seulement pour l’authenticité mais aussi pour le conseil. Nous aimons conseiller nos clients, à titre gracieux, sur leur projet d’achat », dit Magali Teisseire, qui observe d’abord la personne au-delà de l’acheteur, son physique, son style, son mode de vie, ses goûts, pour conseiller le meilleur investissement en fonction du budget donné. C’est ainsi que la confiance se construit.
Bijoux stars
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Si les bijoux anciens portent une empreinte historique précieuse due à leur propriétaire (un aristocrate ou une célébrité), au style caractéristique d’une époque révolue (dessin, matière, porter) ou à leur créateur, la désirabilité des bijoux vintage (début du XXe siècle à aujourd’hui) répond à d’autres critères. La signature prestigieuse – Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Buccellati, Chaumet… – est une valeur sûre. Ces Maisons s’illustrent depuis leur fondation par leur créativité et la qualité irréprochable de leur savoir-faire. Elles s’inscrivent dans un patrimoine national et surtout, elles ont su rester modernes, saisissant l’air du temps sans renoncer à leur identité profonde. Tel Cartier qui a récemment redessiné ses icônes sans perdre une once de prestige. « Le modèle Trinity marche très bien, observe Charlotte Chehboub, parce qu’il a une véritable histoire et qu’il est accessible à tous les budgets, de la bague trois ors à 900 € jusqu’à la pièce en diamant à près de 100’000 €. En lançant un design carré pour les 100 ans du modèle en 2024, Cartier a relancé l’intérêt pour Trinity. De même que Bulgari, en fêtant les 75 ans de Serpenti, a ravivé l’appétence pour les pièces vintage de cette collection. Toute la presse en a parlé. » Pour Van Cleef & Arpels, le site Collector Square a vu les recherches sur les modèles Alhambra bondir de 54 % en 2024. « Ils s’envolent dès leur mise en ligne », poursuit Charlotte Chehboub. 01 – Vintage Alhambra sautoir VAN CLEEF & ARPELS © Collector Square / 02 – Bague Serpenti Viper, Serpenti Viper ring BULGARI © Collector Square 03 – Bracelet Chaîne d’ancre, Anchor chain bracelet, 2010s HERMÈS © Collector Square / 04 – Broche Cravate, Cravat brooch CHAUMET © Pauline Guyon
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Invest, yes, but pleasure takes precedence!
Saleroom stars Antique jewelry is instilled with history, linked to provenance (a famous or royal owner), a style or materials which are characteristic of a particular era, or a celebrated maker. Vintage jewelry, from the early 20th century onwards, on the other hand, is judged on different criteria. A prestigious name – the likes of Cartier, Van Cleef & Arpels, Bulgari, Boucheron, Buccellati or Chaumet – is always a safe bet, as these are houses whose creativity and expert craftsmanship are long established. Part of a national legacy, they remain strikingly modern and succeed in capturing the zeitgeist without ever departing from their identity. Cartier, for example, recently reimagined its icons without losing an ounce of prestige. “The Trinity sells well,” notes Charlotte Chehboub, “because it has a genuine history behind it and suits all budgets, from a three golds ring at €900 all the way up to a diamond model at almost €100,000. Cartier’s launch of a square version for the Trinity's 100th anniversary in 2024 rekindled interest in the design. Similarly, Bulgari’s celebration of the 75th anniversary of the Serpenti sparked an appetite for vintage pieces from the collection. It was all over the media.” At Collector Square, searches for Van Cleef & Arpels’ Alhambra shot up by 54% in 2024. “Items are snapped up the minute they go online,” says Chehboub.
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COMMENT BIEN ACHETER ? S’adresser à une Maison de confiance qui travaille avec des experts agréés Privilégier les signatures connues Avoir une garantie d’origine et d’authenticité Se renseigner en amont (par exemple en consultant le site Understanding Jewellery alimenté par des experts de Sotheby’s) S’assurer de la valeur des pierres importantes (certificats de laboratoires renommés, GIA, SSEF, Gübelin, GRS, à Paris le LFG ou le Carat Gem Lab)
TOP TIPS FOR BUYERS Buy from a trusted auction house or seller that works with accredited experts Prefer well-known names Request a guarantee of origin and authenticity Do your research (Sotheby’s Understanding Jewellery app, for example) Large stones should come with a report from a reputable organization (such as GIA, SSEF, Gübelin, GRS, LFG or Carat Gem Lab)
05 – Collier de diamants, Diamond necklace VAN CLEEF & ARPELS © Sotheby's / 06 – Solitaire Trinity ruban, Trinity Ruban ring CARTIER © Collector Square
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Charlotte Chehboub is communications manager at Collector Square. She advises her clients to “buy what you like and wear what you buy,” although she acknowledges that many have investment value in mind, too. For this reason, “we provide a certificate and a warranty with all our jewelry. If the original papers are missing, we have an accredited expert prepare a certificate and, should we have the least doubt, we contact the jewelry house that made the piece.” The company is the guarantee of the items it sells. Sotheby’s recommends only buying from auctioneers that employ experts. “Clients must have confidence and not only with respect to the authenticity of an item. They must feel certain they are being properly advised. We are always pleased to advise our clients, free of charge, on a purchase they are planning,” says Magali Teisseire, who sees not a potential bidder but an individual whose personality, tastes and lifestyle she observes to guide them towards the best investment within a specified price range.
culTure Collier, necklace BUCCELLATI © Phillips
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POUR ÉVITER LES PIÈGES Attention aux fausses bonnes affaires, elles cachent souvent un problème de qualité ou d’authenticité. Comparer les prix avec d’autres sites de revente Demander des photos supplémentaires (n° de série, signature, état des pierres et des sertis…) Pouvoir essayer (dans un showroom ou chez un joaillier partenaire) avant l’achat Avoir un délai de rétractation Ne pas acheter sans garantie de retour et paiement sécurisé
BUYER BEWARE! A low price often indicates a problem with quality or authenticity. Check the price of comparable items elsewhere. Ask for additional photos showing the serial number, maker, condition of stones and settings, etc.
À ces bijoux stars qui se vendent (presque) tout seuls, Magali Teisseire ajoute, avec son œil de collectionneuse de patrimoine, les bijoux Art déco de Chaumet en platine et diamants, les pièces de Suzanne Belperron, qui rencontrent un vrai succès auprès des connaisseurs, ou les bijoux de dentelle et d’or travaillés comme une étoffe de Buccellati. Le style des années 1960 à 1980 revient à la mode, avec ses beaux volumes et ses cabochons de couleur, que Chaumet a remis en lumière lors d’une exposition en 2023*. « De très bonnes clientes les achèteront pour agrémenter une tenue d’été. Le porté est plus ludique, plus expérimental, moins classique. Les gens s’amusent avec les bijoux », conclut Magali Teisseire, pour qui un bijou doit vivre. Magali Teisseire, who has a collector’s eye, completes this roster of best-sellers with Chaumet Art Deco jewels in platinum and diamonds, anything by Suzanne Belperron, a name in demand among connoisseurs, and gold jewelry by Buccellati, finely worked to imitate the texture of lace. Designs from the Sixties, Seventies and Eighties are also making a comeback for their statement volumes and colored cabochons, which Chaumet highlighted at an exhibition in 2023*. “Clients buy them to accessorize a summer outfit. They like to experiment and wear them in more fun ways”, she concludes, confirming her belief that jewelry is made to be worn.
Try before you buy, at a showroom or partner jeweler Only buy if you can return an item and remember you have a cooling-off period
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Always use a secure payment method
*« Chaumet, Un Âge d'Or : 1965-1985 », Paris 2023 *“Chaumet, A Golden Age: 1965-1985”, Paris, 2023
01 – Bracelet Love, Love bracelet CARTIER © Collector Square / 02 – Bracelet Serpent Bohème, Serpent Bohème bracelet, ~ 1970 BOUCHERON © Collector Square
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MAKE every day AN OPPORTUNITY ODDO BHF (Switzerland) Ltd · Gartenstrasse 14 · 8002 Zurich · +41 44 209 75 11 · Rue du Rhône 30 · 1204 Geneva · +41 22 311 08 66 www.oddo-bhf.com
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FASCINATING FACTS
PÉPITES INSOLITES Des anecdotes, des éclats d’histoire, des pépites surprenantes… Voici le nécessaire pour briller en société avec panache ! Impress your friends with these jewelry-inspired anecdotes, quick facts and snippets from history. BY ZOÉ LECHEVALIER
Le fondateur de Chaumet était le joaillier officiel de Napoléon et Joséphine Bonaparte Dès la fin du XVIIIe siècle, Marie-Etienne Nitot, fondateur de Chaumet, devient joaillier officiel du futur Empereur des Français, concevant pour lui des parures destinées à l’Impératrice Joséphine et à sa cour, mais aussi des tiares, des diadèmes et autres ornements, mêlant joaillerie et pouvoir politique.
Chaumet was the official jeweler to Napoleon and Josephine Bonaparte In the late eighteenth century, Chaumet was appointed official jeweler to the future Emperor of the French. In addition to elaborate parures for Empress Josephine and the imperial court, Chaumet crafted tiaras, diadems and other ornaments, marrying precious stones and political power.
Trinity de Cartier, trois anneaux inspirés par Cocteau ? Cette bague iconique est composée de trois anneaux en or jaune, blanc et rose entrelacés, symbolisant respectivement la fidélité, l’amitié et l’amour. Le poète Jean Cocteau s’appropriera rapidement ce modèle dessiné par Louis Cartier en 1924 pour en porter deux superposés au petit doigt – la légende raconte même qu’il en aurait été l’inspiration !
Jean Cocteau has a connection with the Cartier Trinity ring Three interlocking bands of yellow, white and rose gold, representing fidelity, friendship and love, make up this iconic ring, designed by Louis Cartier in 1924. The poet Jean Cocteau wore two stacked on his little finger – in fact, legend has it that he was the inspiration for its creation.
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Les perles étaient autrefois plus précieuses que les diamants Avant le développement des perles de culture au début du XXe siècle, les perles naturelles étaient extrêmement rares, et il fallait être assez chanceux pour en trouver dans des huîtres sauvages. Convoitées de tous, leur valeur pouvait dépasser celle des plus beaux diamants.
Pearls were once more precious than diamonds
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Before the introduction of cultured pearls in the early 1900s, natural pearls were exceptionally rare and the chances of finding a pearl in a wild oyster were slim. Coveted for their beauty and scarcity, pearls could command a higher price than the finest diamonds.
01 – Bague Art nouveau, 1910, Art Nouveau ring 1910 RENÉ LALIQUE © L'Ecole des Arts joailliers - Benjamin Chelly Illustrations by Julia Menager
Le clip L’Oiseau libéré de Van Cleef & Arpels est chargé d’histoire Conçue en 1945 pour célébrer la libération de Paris, cette pièce poétique représente un oiseau s’échappant de sa cage. Symbole d’émancipation et d’espoir, elle incarne la capacité de la joaillerie à traduire des moments historiques en œuvres d’art.
Van Cleef & Arpels’ L’Oiseau Libéré has historic significance 02
Created in 1945 to celebrate the Liberation of Paris, this poetic brooch shows a bird flying free from its cage. This symbol of hope illustrates jewelry’s capacity to capture historic events in works of art.
La bague Tank est inspirée de l’histoire militaire Créée dans les années 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, la bague Tank tire son style des chars d’assaut. Elle se distingue par sa forme imposante, ses lignes géométriques et incarne la puissance féminine.
The Tank ring was inspired by the military Imagined at the height of the Second World War, the Tank ring, a symbol of female empowerment, takes its bold, geometric shape from its military namesake.
Chanel, manifeste de liberté
Chanel was a precursor for women’s liberation In 1932 Coco Chanel presented Bijoux de Diamants, her first and only fine jewelry collection. Stars and comets – still favorite motifs for the house’s jewelry – adorned the fifty-some pieces, which were designed to be worn in less formal ways. Having freed women from corsets and invented the little black dress, Gabrielle Chanel’s jewelry marked another step towards female emancipation.
Les Égyptiens à l’origine des alliances ? L’histoire des alliances aurait débuté dans l’Égypte antique. Leur forme circulaire, sans commencement ni fin, symbolisait l’éternité. Depuis l’époque de la Rome antique, on les porte à l’annulaire gauche, le long duquel, selon la croyance, passerait une veine menant droit au cœur : la vena amoris.
Wedding rings are thought to have originated in ancient Egypt The ancient Egyptians are said to have been first to wear wedding rings, whose circular shape, having neither beginning nor end, symbolizes eternity. Since ancient Rome, wedding rings have been worn on the fourth finger of the left hand, believed to contain the vena amoris or “vein of love” that leads directly to the heart.
02 – Clip L'Oiseau libéré, 1945, en platine, or jaune, rubis et diamants, L’Oiseau libéré clip, 1945, platinum, yellow gold, ruby and diamonds © Van Cleef & Arpels
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En 1932, Coco Chanel crée Bijoux de Diamants, sa première et unique collection de haute joaillerie – œuvre qui reste la pierre angulaire des créations de la Maison. Elle imagine une cinquantaine de pièces inspirées par les astres, pouvant être portées au-delà des occasions formelles. Une approche novatrice, dans la continuité de sa vision émancipatrice déjà exprimée à travers la silhouette droite sans corset et la petite robe noire.
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A COCKTAIL RING’S STORY
BUCHERER FINE JEWELLERY DANS LA PEAU D’UNE BAGUE COCKTAIL
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BY MARIE DE PIMODAN À Lucerne, les ateliers rénovés de Bucherer Fine Jewellery ont doublé de surface au printemps. De l’esquisse gouachée aux derniers gestes de polissage, en passant par la sélection minutieuse de pierres précieuses, la bague cocktail dévoile les coulisses de sa création.
The Bucherer Fine Jewellery atelier in Lucerne has doubled in size. From the gouache rendering to the meticulous selection of precious stones, through to the final polish, the cocktail ring takes us behind the scenes of its creation.
Exquise esquisse
Delicately drawn
« Je suis née d’un dessin, tout en courbes voluptueuses, volumes généreux et couleurs chatoyantes. Un dessin réalisé à Lucerne où, avant d’être révélée au monde, je suis passée entre les mains de 35 artisans répartis dans les cinq départements du vaste atelier de 800 m² de Bucherer Fine Jewellery, récemment agrandi pour occuper désormais tout un étage du siège. Implanté au cœur de l’entreprise depuis les années 1970, l’atelier de haute joaillerie m’accueille dans un espace contemporain, ouvert et baigné de lumière, propice aux échanges et à la synergie des savoir-faire. C’est ici que je prends vie, entre les mains des designers qui dessinent mes lignes à la gouache, modélisent ma silhouette à l’écran, ajustent parfois mes proportions à l’aide d’une cire. Ici s’esquissent les prémices de mon histoire. »
“My first is… a drawing, a marvel of sensual curves, generous volumes and vibrant colors, produced in Lucerne where, before making my entry into the world, I pass through the hands of 35 artisans in the five departments of the Bucherer Fine Jewellery atelier — the newly refurbished and extended 800-square-metre workshop which occupies an entire floor at the heart of Bucherer’s headquarters, its home since the 1970s. I am welcomed into this contemporary, light-filled space, where the different specializations flow from one to the other. It’s here that I’m brought to life by jewelry designers who capture my forms in a gouache illustration, create a 3D rendering of my contours and perhaps use a wax model to make tiny adjustments to my proportions. This is where my story begins.”
Des pierres de la plus belle eau
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« Tout commence avec les pierres. Dès les années 1920, Louise Bucherer, accompagnée de sa belle-fille Wilhelmina, parcourt le monde en quête des plus belles gemmes, bouleversant durablement les codes de la joaillerie. Leur audace m’habite et je leur dois le goût de Bucherer pour les gemmes
The most magnificent gems “Where else to start than with the stones? As early as the 1920s, Louise Bucherer and her daughter-in-law, Wilhelmina, were scouring the globe in search of the most beautiful gems, transforming jewelry’s codes. I can thank them, pioneers in a male-dominated world, for Bucherer’s love of the stones that adorn me: rainbow sapphires, spinels, Paraiba tourmalines,
01 – Bague cocktail, Cocktail ring BUCHERER
Sertissage de la pierre centrale d'une bague cocktail à l'atelier. Inside the atelier; setting the center stone of a cocktail ring.
Croquis réalisé à la main à l'atelier. Preparing the hand-drawn rendering.
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L'espace intérieur de création de l'atelier de Lucerne. The interior of a suite at the atelier in Lucerne.
Bagues cocktail, Cocktail rings, BUCHERER
qui m’habillent : saphirs en arc-en-ciel, spinelles, tourmalines paraïba, diamants jaunes, aigue-marines, chrysobéryls, rubis birmans… Chacune de mes pierres centrales est soigneusement sélectionnée, testée par les gemmologues de Bucherer selon sa qualité, sa taille, son origine et l’intensité de sa couleur. Pour sublimer leurs nuances, je me pare de dégradés de pierres colorées. De la plus classique à la plus extravagante, j’existe en une quarantaine de combinaisons et trois tailles. »
Un travail d’orfèvre « Dans l’atelier des orfèvres, ma structure d’or prend forme. Arrimée à l’établi, on me martèle, me cisèle, m’assemble, on me prépare à recevoir les gemmes qui feront mes charmes et mon aura. “Dans notre atelier unique en Europe, aucun détail n’est négligé, comme l’ajustement intérieur de la monture de la bague cocktail pour qu’elle épouse parfaitement le doigt”, affirme Robert Ambord, Chief Jewellery Officer. “Nos bijoux se ressentent, ils sont comme des caresses sur la peau, spectaculaires mais toujours d’un grand confort.” Flatteur ! »
Briller de mille feux
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« Au sein de l’atelier, toutes les techniques de sertissage sont maîtrisées. Me voici enfin parée, sertie de gemmes multicolores autour d’une pierre centrale spectaculaire. Les griffes qui maintiennent les pierres en place sont regroupées par trois, formant un délicat motif de lumière. Après un dernier polissage, je suis prête à rejoindre l’une des 45 boutiques dans le monde qui proposent les bijoux Bucherer Fine Jewellery. À moins que ce ne soit la cliente qui vienne à moi, dans le nouveau showroom exclusif niché au cœur même de l’atelier ? »
yellow diamonds, aquamarines, chrysoberyls, Burmese rubies, and more. Each of my center stones is carefully selected and examined by Bucherer’s gemologists for its quality, cut, origin and the intensity of its color, accentuated by surrounding stones in multiple hues. From the most timeless to the most extravagant, I exist in some forty combinations and three sizes.”
Crafted from gold “You’ll find me next on the jeweler’s bench, a band of gold hammered and sculpted into shape, ready to be dressed in a glittering gemstone robe. ‘Our atelier is the only one of its kind in Europe,’ says Robert Ambord, Chief Jewellery Officer. ‘We consider every last detail, such as adjusting the inside of the cocktail ring to ensure a perfect fit. Our jewelry is something that we feel, like a caress against the skin. Always spectacular and always wonderfully comfortable.’ A compliment, indeed!”
A sparkling finale “The workshop’s artisans are accomplished in every setting technique, and so here I am, mounted with multi-colored gems around a stunning center stone. In groups of three, the prongs that secure the stones form delicate dots of light. After a final polish, I’m ready to join one of the 45 international boutiques that propose Bucherer Fine Jewellery. Unless, that is, my future wearer should come to me, at the exclusive showroom inside the atelier in Lucerne.”
FRED ALLARD CONTEMPORARY ARTIST BEL-AIR FINE ART GENEVA RUE DE LA CORRATERIE, 7 1204 GENEVA +41 22 310 16 67 GENEVA@BELAIRFINEART.COM DISCOVER D ISCO ISC OVE VER R MOR M MORE ORE E
In conversation with Philippine Leroy-Beaulieu, inside Katerina Perez’s jewelry box, our shopping guide, must-see events… Ways to add sparkle to every day.
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Une interview de Philippine Leroy-Beaulieu, la boîte à bijoux de Katerina Perez, nos bonnes adresses shopping, les événements à ne pas manquer… L’art de vivre au rythme des bijoux.
© Katerina Perez
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PHILIPPINE LEROY-BEAULIEU
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Icône de l’élégance parisienne, elle incarne une féminité affirmée à l’écran comme dans la vie. Nouvelle ambassadrice mondiale de Pomellato, la comédienne qui prête ses traits à Sylvie dans Emily in Paris dévoile sa vision du style, du luxe engagé et de ce charme insaisissable qui distingue les femmes libres.
An icon of Parisian chic, she is the epitome of confident femininity, both on-screen, in her role as Sylvie in Emily in Paris, as well as in real life. Pomellato’s new global ambassador talks about her vision of style, luxury, and the indefinable charm of women who let their individuality shine.
“I CHOOSE PIECES THAT ENHANCE RATHER THAN OVERWHELM”
« JE CHOISIS DES BIJOUX QUI SOULIGNENT LA PERSONNALITÉ PLUTÔT QUE DES PIÈCES QUI L'ÉCLIPSENT » 02
BY MARIE DE PIMODAN
Premier rôle
New role
« Ce rôle auprès de Pomellato me semble être le prolongement naturel de mes valeurs personnelles. La véritable élégance ne consiste pas à porter un masque, mais à laisser transparaître sa vraie personnalité. Je suis profondément attirée par cette philosophie d’authenticité naturelle, où le bijou est plus qu’un accessoire : une expression de la force intérieure et du caractère d’une femme. Et Pomellato incarne tout cela ! J’espère pouvoir inspirer les femmes à embrasser leur singularité et à célébrer leur individualité avec confiance. »
“This role feels like a natural extension of my personal values. True elegance isn’t about wearing a mask - it’s about letting your genuine self shine through. I’m drawn to this philosophy of natural authenticity, where jewelry becomes not just an accessory, but an expression of a woman’s inner strength and character. And Pomellato embodies all this! I hope to inspire women to embrace their unique personalities and to celebrate their individuality with confidence.”
Luxe discret
“I believe in the power of understated luxury. Like many Parisian women, I choose pieces that enhance rather than overwhelm, that complement rather than compete with who we are. Pomellato’s designs have this perfect balance of being bold yet refined. It gives me that quintessential French confidence, that je ne sais quoi. When I wear Pomellato, I feel both powerful and feminine!”
Nudo vs Iconica ? « C’est tellement difficile de choisir ! La collection Nudo me captive. Sa simplicité est d’une force incroyable – il y a une vraie sophistication dans la manière dont les couleurs des pierres semblent flotter. C’est très proche du style français : sans effort, mais
Nudo or Iconica? “It’s so difficult to choose! The Nudo collection captivates me. Its simplicity is so powerful. There’s such sophistication in how the colors of the gemstones appear to float. It’s very much like French style: effortless yet considered. I love also the Iconica collection. There’s something incredibly empowering about wearing a bold gold chain or a voluptuous ring. Its pure design makes such a powerful statement. It’s the kind of piece that becomes part of your identity. It’s both
01 – Philippine Leroy-Beaulieu porte les bijoux de la collection Iconica. Philippine Leroy-Beaulieu wears jewelry from the Iconica collection. 02 – Bague Iconica en or rose sertie de pierres de couleur. Iconica ring in rose gold with colored gemstones.
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« Je crois en la puissance du luxe discret. Comme beaucoup de Parisiennes, je choisis des bijoux qui soulignent la personnalité plutôt que des pièces qui l’éclipsent, qui complètent au lieu de concurrencer ce que nous sommes. Les créations de Pomellato trouvent ce juste équilibre entre audace et raffinement. Elles m’apportent cette confiance à la française – ce fameux je ne sais quoi. Quand je porte des bijoux Pomellato, je me sens à la fois puissante et féminine ! »
Quiet luxury
Philippine Leroy-Beaulieu porte des bijoux de la collection Nudo. Philippine Leroy-Beaulieu wears jewelry from the Nudo collection.
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toujours réfléchi. J’aime aussi beaucoup la collection Iconica. Il y a quelque chose de puissamment affirmé dans le fait de porter une chaîne en or audacieuse ou une bague voluptueuse – la pureté de leur design fait une déclaration forte. »
Empowerment « Pour moi, l’émancipation des femmes signifie embrasser à la fois notre force et notre grâce. Il s’agit de pouvoir être à la fois puissantes et féminines dans un monde qui nous pousse souvent à nous conformer. La véritable émancipation passe aussi par le soutien entre femmes, tout en restant fidèles à nous-mêmes. Je pense qu’il est temps d’aller au-delà des mots et de passer à l’action, en particulier sur des enjeux cruciaux comme les violences domestiques. La véritable puissance ne se résume pas à une réussite individuelle ; elle consiste à provoquer un changement réel et à soutenir concrètement les femmes dans le besoin, et cela me touche profondément. »
Sylvie
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« Comme mon personnage Sylvie dans Emily in Paris, je crois que les bijoux en disent long sur la confiance en soi et le style d’une femme. Ce que je trouve fascinant, c’est que Sylvie et moi partageons cette sensibilité pour l’élégance subtile – nous comprenons toutes les deux que la vraie sophistication réside dans les détails. Ce que j’aime chez Sylvie, et qui résonne avec ma propre philosophie, c’est la manière dont elle utilise les bijoux comme une extension de sa personnalité – puissante, mais féminine. Son personnage incarne cette dualité que j’admire tant chez les femmes françaises : cette capacité à être à la fois redoutable et gracieuse. Les bijoux qu’elle choisit racontent toujours une histoire – celle d’une femme sûre d’elle, indépendante, et qui ne s’excuse pas d’être elle-même. Et je me rends compte que je fais la même chose dans ma vie, en choisissant des pièces qui reflètent mon humeur et la femme que j’ai envie d’être ce jour-là. »
« Quand je porte Pomellato, je me sens à la fois puissante et féminine ! » “When I wear Pomellato, I feel both powerful and feminine!” strong and sensual, perfect for those moments when you need to command attention.”
Empowerment “For me, female empowerment means embracing both our force and grace. It’s about the ability to be both powerful and feminine in a world that often pushes us to conform. True empowerment comes also from supporting other women while staying authentic to ourselves. I believe we need to move beyond words to actions, particularly in addressing critical issues like domestic violence. Real empowerment isn’t just about individual success; it’s about creating meaningful change and supporting women in need with concrete actions, and this is something that resonates deeply with me.”
Sylvie “Just like my character Sylvie in Emily in Paris, I believe jewelry speaks volumes about a woman’s confidence and style. It’s fascinating how Sylvie and I share this appreciation for subtle elegance. We both understand that true sophistication lies in the details. What I love about Sylvie, and what resonates with my personal philosophy, is how she uses jewelry as an extension of her personality: powerful yet feminine. In many ways, her character embodies this perfect balance I’ve always admired in French women: that ability to be formidable and graceful at the same time. The jewelry she chooses always tells a story about who she is: confident, independent, and unapologetically herself. I find myself doing the same in my own life, selecting pieces that speak to my mood and the woman I want to be that day.”
01 – Collier Iconica en or rose serti de pierres de couleur. Iconica necklace in rose gold with colored gemstones. 02 – Bague Nudo en or rose sertie d'une rubellite et de diamants. Nudo ring in rose gold with rubellite and diamonds.
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© 2025 E. Rémy Martin & C° - LOUIS XIII®
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DEUX DESTINATIONS HUIT OPTIONS
TWO DESTINATIONS, EIGHT OPTIONS 01
BY ELÉONOR PICCIOTTO
WHITEbIRD – Le bijou version instinct et délicatesse
Bracelet VILTIER
Il faut avoir l’œil, le vrai, pour construire une sélection comme celle de Stéphanie Roger. Ancienne acheteuse chez Cartier, elle a fondé WHITEbIRD avec une intuition rare : faire découvrir des bijoux de créateurs encore peu connus en France, porteurs d’un geste, d’une histoire, d’un souffle. Ici, pas de standard ni de concession : chaque pièce est choisie pour son empreinte, son équilibre et sa poésie. Brooke Gregson, Pippa Small, Sophie Bille Brahe… ces noms sont devenus des références depuis, mais c’est chez WHITEbIRD qu’ils ont trouvé leur premier écrin parisien. Trois adresses, un même esprit : celui d’un bijou personnel, sensible, un brin bohème et souvent bluffant.
WHITEbIRD – Hand-picked with love
Viltier – Le petit boudoir parisien tout feutré à visiter
It takes a discerning eye, and rare intuition, to curate a collection like Stéphanie Roger’s. A former buyer at Cartier, she created WHITEbIRD as a showcase for international designers the French public have yet to discover. Uncompromising in her choices, Stéphanie Roger selects each piece not to fit a mold but for its presence, poetry, and the story it tells. Brooke Gregson, Pippa Small and Sophie Bille Brahe are just some of the designers who have gone on to become references in the jewelry world, having made their Parisian debut at WHITEbIRD. With three stores in the French capital, WHITEbIRD celebrates the individuality and authenticity of jewelry.
C’est l’une des plus belles success stories de la nouvelle garde joaillière parisienne. Créée par deux amis d’enfance, Viltier incarne un luxe frais, solaire, et passioné. La boutique, nichée au cœur de Saint-Germain, a des airs de boudoir secret où l’on vient découvrir des bijoux qui mêlent couleurs, volumes et textures avec une justesse saisissante. L’emblématique motif Magnetic, les aplats de pierres ornementales ou encore le minimalisme de la collection Edge : bijoux graphiques qui donnent à la marque une signature immédiate. Des pièces à la fois charnelles et lumineuses, à porter comme un manifeste.
7, boulevard des Filles-du-Calvaire, 75003 Paris 38, rue du Mont-Thabor, 75001 Paris 62, rue des Saints-Pères, 75007 Paris
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© WHITEbIRD
Viltier – A cozy Parisian boudoir Founded by two childhood friends, and a shining example of the new wave of Parisian jewelers, Viltier is the embodiment of joyful, spontaneous luxury. The showroom, located on a quiet street at the heart of Saint-Germain-des-Prés, has the feel of a hidden boudoir, dotted with jewelry in a perfect array of colors, volumes and textures. Immediately, strikingly graphic forms give Viltier its signature, whether the emblematic oval of Magnetic, color blocks of hard stones, or the sleek, architectural lines of Edge. A wearable manifesto of sensual, luminous pieces. 46, rue de Verneuil, 75007 Paris
01 – Bague vintage, vintage ring AU VASE DE DELFT
PARIS À Paris, chaque bijou a son adresse. Et chaque adresse, une vision du style. À vous de choisir celle qui vous ressemble. Whatever your jewelry style, Paris has you covered!
Au Vase de Delft – Pour dénicher du vintage coloré © Heurgon
Adresse chérie des initiés, Au Vase de Delft est un cabinet de curiosités joaillières à l’ancienne… mais avec une pointe de folie. On y chine des bijoux vintage signés Cartier, Van Cleef, Boucheron… mais pas seulement. Ce qui fait le sel de cette boutique, c’est sa sélection haute en couleur, pleine de pièces audacieuses des années 1960 à 1990, souvent oversize, toujours assumées. Des clips d’oreille en corail, des bagues cocktail parées d’améthystes, des broches animalières en or texturé : chaque bijou a du panache. On y vient pour s’offrir un bout d’histoire, à porter avec désinvolture.
Heurgon – La haute joaillerie repensée, sans snobisme Maison familiale fondée en 1865, Heurgon aurait pu s’endormir sur ses lauriers. Elle a préféré les dépoussiérer. Dans sa boutique historique rue du Faubourg-Saint-Honoré, l’enseigne mêle à merveille les poids lourds du luxe – Boucheron, Chopard, Pomellato – avec des marques plus récentes à forte personnalité comme Repossi, Roberto Coin ou Statement. Ce qui distingue Heurgon, c’est cette capacité à faire dialoguer les générations de créateurs, à réinventer le classique sans le trahir. Le tout dans un cadre feutré, chaleureux, à deux pas de l’Élysée. Un salon chic où l’on découvre, compare, et, surtout, où l’on prend le temps de choisir.
Au Vase de Delft – The place for colorful vintage jewels Au Vase de Delft is a Wunderkammer of antique and vintage jewelry… with added glitz. This is where “those in the know” come hunting for pieces by Cartier, Van Cleef, Boucheron… but not just. Au Vase de Delft likes to spice things up with a selection of colorful, often oversized, unabashedly exuberant pieces from the 1960s through to the 1990s. Coral ear clips, cocktail rings dipped in amethysts or animal brooches in textured gold dazzle with style and panache. Your very own piece of jewelry history.
Heurgon – Fine jewelry revisited, sans snobbery A family business established in 1865, Heurgon could be content to rest on its laurels, but prefers to give them a good shake instead. Inside its flagship store on Rue du Faubourg-Saint-Honoré reigns a wonderful mix of luxury heavyweights – the likes of Boucheron, Chopard or Pomellato – and younger, characterful brands such as Repossi, Roberto Coin and Statement. Heurgon’s strength is precisely this capacity to strike up a conversation between generations of designers, and to reinvent classical jewelry without betraying its essence. All this in a warm and welcoming environment, in the vicinity of the Élysée Palace, where the emphasis is on taking time to choose the perfect jewel. 58, rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris
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© Au Vase de Delft
2, rue du Marché-Saint-Honoré, 75001 Paris
lifesTyle
GENÈVE Connue pour ses grandes maisons horlogères, Genève révèle aussi une scène joaillière bien plus éclectique qu’il n’y paraît. Entre concept store pointu, joaillier historique et marque émergente, voici quatre adresses à connaître. From concept stores to legacy brands, Geneva is home to a thriving and eclectic jewelry scene.
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Marli NY – La joaillerie new-yorkaise s’installe rive droite
© Casa Andrea
Fraîchement installée à Genève, Marli est l’outsider que l’on n’attendait pas… et que l’on ne peut plus ignorer. Venue tout droit de New York, la marque fondée par Maral Artinian propose une joaillerie graphique, urbaine, élégamment architecturée. Les collections Cleo, Avenues ou Empire brillent par leur design affirmé, leur féminité tranchante, leur portabilité moderne. Or 18 carats, diamants, lignes franches : tout est pensé pour des femmes qui aiment le bijou comme un prolongement de leur style. Dans sa première boutique suisse, Marli propose une immersion chic et cosmopolite.
Casa Andrea – Sélection pointue et ultra-stylée
Marli NY – Fine jewelry from New York
Ne cherchez pas une vitrine standardisée : chez Casa Andrea, on parle de style, de geste, de matière et surtout d’émotion. Pensé comme un appartement vivant, ce concept store est un repère pour esthètes qui mêle bijoux, objets, parfums, mode et mobilier dans une scénographie chaleureuse et racée. C’est ici que se croisent les pièces ultra-sensorielles de Selim Mouzannar ou encore Nada Ghazal. Sa sélection fait la part belle aux designers un peu niches, de l’humour pop de NeverNoT aux turquoise oversize de Jessie Western ou encore L by Raphaelle, ligne de bijoux imaginée par la fondatrice de Casa Andrea. Un parti pris fort, assumé, solaire. Un détour obligé pour qui cherche du caractère sans ostentation surtout si l’on s’approprie le bijou comme l’accessoire essentiel qui vient terminer un look, un style, une attitude.
Newly arrived in Geneva from its native New York, Marli is already making its mark. Founded by Maral Artinian, the brand is admired for its graphic, cooly elegant, architectural-inspired designs. Collections such as Cleo, Avenues and Empire stand out for their bold lines, striking femininity and modern wearability. Diamonds, 18k gold and strong shapes cater to women who envisage their jewelry as an extension of their style. Marli’s first Swiss store is an immersion in the brand’s vibrant, cosmopolitan world. Rue du Rhône 9, 1204 Genève
Casa Andrea is about style, artisanship, materials and – most of all – emotion. Imagined as a living, breathing space, this inviting concept store attracts a crowd of aesthetes with its mix of jewelry, home décor, fragrance, fashion and furnishing. Ultra-sensory pieces by Selim Mouzannar meet those of Nada Ghazal. An on-point selection highlights niche labels, from the playful humor of NeverNoT to Jessie Western’s oversized turquoises or L by Raphaelle, a collection imagined by Casa Andrea’s founder. The ultimate destination for all those who embrace jewelry as the icing on an outfit, a style, an attitude.
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Rue Verdaine 10, 1207 Genève
© Marli
Casa Andrea – An ultra-stylish edit
01 – Bague LIFE, LIFE ring MARLI
Kunz – Le savoir-faire joaillier à la genevoise Fondée en 1896, la maison Kunz fait partie du patrimoine genevois. Derrière la façade discrète, un savoir-faire transmis depuis trois générations, une excellence rare et une sélection qui mêle créations sur mesure et marques de renom. On pense notamment au joaillier de la cour royale du Danemark, Ole Lynggaard, aux bijoux seconde peau semblables à une dentelle d’or et de diamants signés Stone ; au minimalisme de Repossi ou aux diamants percés de la Brune & la Blonde. Le choix est précis, l’attention est au détail. Le lieu, entièrement rénové, respire le luxe à l’ancienne sans jamais verser dans la nostalgie. On y croise des fidèles, des collectionneurs, des amoureux du geste parfait. Une adresse précieuse, dans tous les sens du terme.
Broche de jabot Art Déco Marcus & Co., Art Deco jabot brooch Marcus & Co. FAERBER COLLECTION
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Kunz – A legacy of jewelry expertise Established in 1896, Kunz is part of the fabric of Geneva. Behind its discreet facade are three generations of expertise, a rare degree of excellence and a selection that blends bespoke with jewelry’s most renowned representatives. The likes of Ole Lynggaard, jeweler to the royal court of Denmark, Stone with its gossamer-like gold and diamonds, Repossi’s understated lines or La Brune & La Blonde’s pierced diamonds. The devil is in the detail of this razor-sharp curation. The thoughtfully renovated store comes steeped in oldworld luxury without ever lapsing into nostalgia, serving a loyal clientele of collectors and cognoscenti. A precious address in every sense of the word.
Faerber Collection – L’art de collectionner, entre gemmes rares et bijoux d’époque Ici, le mot « collection » prend tout son sens. Depuis plus de 50 ans, la famille Faerber fait rayonner à Genève l’expertise en gemmologie et en bijoux anciens, dans ce qui est sans doute l’une des galeries les plus fascinantes de la ville. Bagues Art déco, parures Belle-Époque, signatures mythiques du XXe siècle (Boivin, Belperron, Templier) : les pièces présentées sont souvent uniques, toujours exceptionnelles. Un lieu pour amateurs éclairés, où l’on vient aussi bien pour investir que pour rêver. L’accueil, discret et passionné, est à la hauteur du prestige de la sélection… mais, attention, il faut prendre rendez-vous !
Quai des Bergues 23, 1201 Genève
Faerber Collection – The art of the collector, from rare gems to period jewels
02 – Bague ancienne, Antique ring FAERBER COLLECTION
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Rue du Rhône 29, 1204 Genève
© Kunz
A “collection” in the true sense. For over 50 years, the Faerber family has distilled its expertise in gemology, vintage and antique jewelry in what is, without question, one of Geneva’s most fascinating galleries. Art Deco rings, Belle Époque parures, legendary names of the twentieth century (Boivin, Belperron, Templier), the pieces presented are often unique, always outstanding. A place for those who view jewelry as a passion as much as an investment. Faerber Collection extends a discreet and attentive service on a par with the prestige of the jewels it selects. One important note: visits are by appointment.
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INSIDE KATERINA PEREZ’S JEWELRY BOX
LA BOÎTE À BIJOUX DE KATERINA PEREZ
Experte en gemmologie, journaliste de renom, Katerina Perez partage sa passion inconditionnelle pour la haute joaillerie sur son site katerinaperez.com et son compte Instagram suivi par un demi-million d’abonnés. Bienvenue dans sa boîte à bijoux !
Gem expert, author and journalist Katerina Perez shares her passion for luxury jewels on her website, katerinaperez.com, and on her Instagram account, which has half a million subscribers. She lifts the lid on her jewelry box.
Avez-vous déjà reçu un bijou particulièrement chargé d’émotion en cadeau? Lequel? « Un bijou symbolique et sentimental pour moi est une bague sur mesure signée Ornella Iannuzzi, ornée d’une perle d’opale éthiopienne montée sur un mécanisme rotatif. Mon mari me l’a offerte pour notre troisième anniversaire. Aujourd’hui, cela fait seize ans que nous sommes ensemble. » Quel bijou de votre collection aimeriez-vous transmettre à un être cher ? « Sans hésiter, mon pendentif solitaire figurant un diamant taille poire, reçu pour mes 30 ans. Toute ma famille y a contribué, et j’ai moi-même choisi la pierre à Anvers. Le design est sobre, mais il est chargé d’émotion, de force et d’ondes positives. Il reflète tout l’amour et le soutien que je ressens de la part de mes proches. » Quel bijou ne vous quitte jamais ? « Je garde toujours sur moi ma bague Superwoman, imaginée par Sabine Roemer. Elle a été pensée pour représenter le courage et la confiance en soi, avec des pierres vibrantes sourcées et taillées par Minehaus, qui lui donnent toute son énergie. Ce bijou a une valeur très personnelle : il représente la force que je veux porter chaque jour – audacieuse, intrépide et résolument affirmée. » Quelle est votre pierre préférée ? « Je n’en ai pas qu’une, mais les tourmalines Paraiba comptent parmi mes pierres préférées. Leur “bleu néon”, leur rareté et leurs teintes presque irréelles me fascinent depuis longtemps. Quand le spécialiste Carlos Torres m’a proposé de coécrire Paraiba: The Legacy of a Color,, aux côtés du marchand américain Kevin Ferreira, j’ai accepté sans hésitation. C’était l’occasion parfaite de raconter l’histoire de cette pierre exceptionnelle et de mettre en lumière sa beauté singulière. »
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What is your first jewelry memory? “I’ve loved jewelry for as long as I can remember. My first encounter with all things precious was exploring my grandmother’s jewelry box, taking her necklaces and rings out and trying them on. They weren’t precious pieces, but to me they were treasures!” Do you have any particularly meaningful pieces? One that was gifted to you, perhaps? “One particularly sentimental piece is a bespoke ring by Ornella Iannuzzi, featuring an Ethiopian opal bead that turns in its center. My husband gifted it to me for our third anniversary – now we have celebrated 16 years together.” Which piece from your jewelry box would you absolutely want to pass on to a loved one? “Definitely my pear-shaped diamond solitaire pendant, given to me on my thirtieth birthday. My whole family contributed, and I travelled to Antwerp to select the diamond myself. While the design is simple, the pendant is full of emotion, strength and positive vibes, carrying the love and support of my family within every facet.” Which piece of jewelry never leaves your side? “I always keep close my Superwoman ring by Sabine Roemer, specially created to symbolize courage and confidence. Minehaus supported the project by sourcing and cutting the vibrant gems that give the piece its soulful energy. This ring is deeply personal and represents the strength I want to carry each day – bold, fearless, and unapologetically strong.” Do you have a favorite gemstone? “I don’t have just one, but Paraiba tourmalines are among my favorites. Their neon glow, rarity and almost otherworldly color have fascinated me for years. When gem specialist Carlos Torres approached me to co-author Paraiba: The Legacy of a Color, together with the Paraiba dealer Kevin Ferreira, I immediately said yes. It was the perfect opportunity to share the story of this extraordinary gem and celebrate its unique beauty.”
01 – Katerina Perez / 02 – Bague Ornella Iannuzzi, Ornella Iannuzzi ring / 03 – Tourmaline Paraiba, Paraiba tourmaline
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Quel est votre tout premier souvenir lié à la joaillerie ? « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours adoré les bijoux. Mon premier contact avec cet univers précieux remonte à l’enfance, lorsque j’explorais la boîte à bijoux de ma grand-mère. J’aimais en sortir ses colliers et ses bagues pour les essayer. Ces pièces n’avaient pas grande valeur, mais à mes yeux elles étaient de véritables trésors ! »
Pendentif solitaire, Solitaire pendant © Katerina Perez
BY MARIE DE PIMODAN & PAULINE ESTIVAL
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Quel bijou vous a le plus marquée ces dernières années ? « Un collier signé Jochen Leën, serti de plus de 313 carats de pezzottaïte – une pierre couleur framboise extrêmement rare –, rehaussé de diamants blancs et noirs et d’une tourmaline Paraiba éclatante. J’aime la façon dont il célèbre les trésors cachés de la nature et montre que les gemmes moins connues peuvent être aussi puissantes et spectaculaires quand elles sont traitées avec imagination et respect. » Le matin, quand vous vous préparez, vous choisissez d’abord les bijoux ou la tenue ? « Je fais partie des rares femmes qui commencent par les bijoux ! La majorité de ma garderobe est d’ailleurs pensée pour les accompagner : des vêtements simples, polyvalents, qui laissent toute la place à l’éclat des pièces. Qu’il s’agisse d’une bague audacieuse ou de boucles d’oreilles spectaculaires, je ne sors jamais sans un bijou. Pour moi, ce n’est pas une touche finale : c’est le point de départ de chaque look. » Quand vous regardez un bijou, à quoi faitesvous le plus attention ? « Ce qui me frappe en premier, c’est l’harmonie et la beauté d’ensemble – l’équilibre du design, le soin porté aux détails, le jeu des couleurs et des textures. Un bijou doit captiver dès le premier regard, mais aussi révéler ses subtilités au fil du temps. Ensuite, je m’attarde sur la qualité de l’exécution. Et enfin, le confort est également essentiel : un bijou doit être aussi agréable à porter qu’à admirer. »
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Si vous deviez investir dans trois types de bijoux, lesquels choisiriez-vous ? « D’abord, un collier audacieux, orné de pierres colorées comme les Paraiba, les rubellites ou les grenats mandarins – des gemmes qui suscitent la joie et alimentent les conversations. Ensuite, une broche spectaculaire, car peu de choses en imposent autant en matière de style. Et enfin, une paire de manchettes assorties : rien ne me donne plus d’assurance que de les porter comme une Wonder Woman des temps modernes. Trois pièces qui racontent la puissance, la singularité et la beauté intemporelle. »
What comes first when getting ready in the morning, the jewelry or the outfit? “I’m one of the few women who choose their jewelry first! In fact, most of the clothes in my wardrobe are intentionally chosen to complement my jewelry – simple, versatile garments that let the jewels shine. Whether it’s a bold ring or a pair of statement earrings, I never leave the house without at least one piece. For me, jewelry isn’t an afterthought – it’s the starting point of every look.” What do you most pay attention to in a jewel? “The first thing I notice in a jewel is its overall beauty – specifically the harmony and balance in the design, the attention to detail, and the play of colors and textures. A piece should captivate at first glance, but also reveal more, the longer you look. Then I consider the quality of craftsmanship. And finally, comfort matters too: a jewel should feel as good to wear as it looks to behold.” What would your top three investment pieces be? “First, a bold statement necklace set with colorful gemstones like Paraibas, rubellites or mandarin garnets – stones that spark joy and conversation; second, a dramatic brooch, because few things make as powerful a style statement; and third, a pair of matching cuffs, because nothing makes me feel more empowered than wearing them like a modern-day Wonder Woman. They all speak to strength, individuality and enduring beauty.”
© Katerina Perez
Collier Jochen Leën, Jochen Leën necklace
Which piece has made the biggest impression in the last couple of years? “I would say a necklace by Jochen Leën featuring over 313 carats of pezzottaite, an incredibly rare, raspberry-pink gemstone. It’s accented with white and black diamonds, and a vibrant Paraiba tourmaline. I love how it celebrates nature’s hidden treasures and shows how powerful and striking lesser-known gems can be when treated with imagination and respect.”
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MORE THAN A MINDSET, A WAY OF LIFE.
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Meet the unique collection of exceptional restaurants for lovers of fine cuisine, great stories, and the true taste of travel. JOIN THE EXPERIENCE
DESIGN BY THIRTY DIRTY FINGERS
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AGENDA
EXPOS EXHIBITIONS 01 > 12.10.25
© Phillips
« From Function to Fantasy, The Brooch », Wartski, London
VENTES AUX ENCHÈRES AUCTIONS 30.09.25
Fine Jewelry, Sotheby’s, Paris
31.10.25
Fine Jewelry, Sotheby’s, Geneva
10.11.25
Royal & Noble Jewels, Sotheby’s, Geneva
10.11.25
The Geneva Jewels Auction V, Phillips, Geneva
11.11.25
Magnificent Jewels, Christie’s, Geneva
12.11.25
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High Jewelry, Sotheby’s, Geneva
> 02.11.25
« Amazighes, cycles, parures, motifs », Mucem, Marseille
> 16.11.25
« Cartier », V&A Kensington, London
ÉVÉNEMENTS EVENTS
02 > 07.10.25
© Monte-Carlo Société des Bains de Mer
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Salon Goldrush, Paris
10.10.25
Valenza Gem Forum, Valencia
25.10.25
Grand Prix de la Haute Joaillerie, Monaco
16 > 20.10.25
Milano Jewelry Week, Milan
23 > 26.10.25
Gem World Munich, Munich
24 > 26.10.25
Roma Jewelry Week, Roma
04 - 05.10.25
Summit del Gioello Italiano, Arezzo
UN SOMMET pour les joyaux du monde « La haute joaillerie, en tant qu’art majeur du luxe, méritait son propre sommet », affirme Jean-Philippe Braud, cofondateur et directeur du Grand Prix de la Haute Joaillerie. C’est désormais chose faite avec cet événement international organisé pour la première fois le 25 octobre 2025 à la Salle des Étoiles, à Monaco, à l’initiative du groupe Monte-Carlo Société des Bains de Mer (SBM) avec un jury de haut vol présidé par la journaliste Fabienne Reybaud pour remettre huit prix.
A SUMMIT for high jewelry “High jewelry, as a major art of luxury, deserved its own summit,” declares Jean-Philippe Braud, co-founder and director of the Grand Prix de la Haute Joaillerie. Mission accomplished, thanks to this international event whose inaugural edition will take place on 25th October 2025 within the Salle des Étoiles in Monaco, an initiative of the Monte-Carlo Société des Bains de Mer (SBM). A distinguished panel of judges, chaired by journalist Fabienne Reybaud, will present eight awards.
16 > 18.01.26
Vicenzaoro, Vicenza
20 > 23.02.26
01 – « Cartier », V&A Kensington
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Inhorgenta, Munich
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LE FUTUR DU BIJOU SE DESSINE À VICENZAORO VICENZAORO SHOWCASES FUTURE JEWELRY TRENDS
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BY ISABELLE HOSSENLOPP Le salon italien révèle les tendances du bijou de demain : modularité, couleur, sobriété et mouvement selon le « Trendbook 2027 », guide incontournable dévoilé début septembre.
+
© Vicenzaoro
Chaque année, Vicenzaoro est l’événement phare qui attire tous les acteurs importants de la filière de l’or et des bijoux. Fort d’un succès de plus de 70 ans, le salon comptait, en septembre 2025, 1300 exposants venus du monde entier.
4 TENDANCES À OBSERVER 01 La géométrie modulaire avec des bijoux empilables, transformables et personnalisables. Les lignes sont nettes, maillons, chaînes et fermoirs se métamorphosent, créant de nouveaux portés.
02 La couleur est à l’honneur, jouant sur toute les teintes de pierres, les émaux, les laques. Les mélanges de couleurs forment des bijoux très festifs, souvent superposables. Métaux recyclés et matières non précieuses apportent de nouvelles sources de réflexions créatives, plus ludiques et plus responsables.
03 La sobriété illustre la tendance au « quiet luxury » très en vogue. Formes raffinées, minimalistes et textures douces, or satiné et platine mat valorisent l’intimité plutôt que l’ostentation.
04 Le mouvement
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inspiré du Futurisme et de l’Art déco, privilégie la souplesse et le confort en s’adaptant aux mouvements du corps. La douceur des matières, l’ergonomie (manchettes), la transformabilité et les maillons extensibles en sont la preuve. Une façon d’affirmer que le bijou se porte en toute circonstance et à tout moment de la journée.
L’une des présentations les plus attendues était le double rendez-vous proposé par Paola de Luca. Née à Rome et New Yorkaise de cœur (elle a étudié l’art au FIT de New York), cette brillante analyste scrute depuis des années le rapport entre l’évolution de nos sociétés et l’univers créatif de la mode et des bijoux. Sa vision holistique inclut l’économie, l’IA (qu’elle baptise volontiers « Augmented Imagination »), la géopolitique, l’environnement, le climat, les flux migratoires… offrant un panorama complet des tendances du marché. La conférence « The Quantum Age. Jewellery and the Convergence of Cultural Transformations » a plongé le public dans « l’ère quantique » de la création joaillière, symbiose des évolutions culturelles et technologiques définissant une nouvelle attitude créative. Paola de Luca a partagé la scène avec plusieurs experts internationaux (Inde, Chine, Europe, Moyen-Orient) qui ont apporté des points de vue culturels diversifiés, indispensables pour comprendre la clientèle contemporaine du luxe. La présentation de la 23e édition du « Trendbook 2027+ » a constitué la deuxième partie très attendue de l’événement. Ouvrage de référence pour les professionnels, le Trendbook dévoile cinq grands axes stylistiques : la modularité, le mouvement, les codes couture, la confluence des inspirations, les nouveaux rituels. Si la tendance à l’expression de soi marquait déjà notre décennie, elle prend une ampleur incontestable, due à l’évolution de notre style de vie mais aussi à la progression des savoir-faire, appuyée par une technologie de plus en plus performante.
03 – Collier Plein Soleil, Plein Soleil necklace LA BRUNE & LA BLONDE
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Modularity, color, sobriety and movement will be the next trends in jewelry, according to the Trendbook 2027 — the go-to guide for the industry which the Italian jewelry show presented this September.
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Vicenzaoro is the must-attend event for the gold and jewelry sectors. With more than 70 successful years to its name, the show’s September 2025 edition drew 1,300 exhibitors from across the globe.
“The Quantum Age. Jewellery and the Convergence of Cultural Transformations” plunged the audience into the “quantum era” of jewelry, a symbiosis of the cultural and technological changes that are defining a new creative attitude. Paola de Luca shared the stage with experts from India, China, Europe and the Middle East, offering the diverse cultural viewpoints that are essential when understanding today’s luxury clientele.
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4 TRENDS TO WATCH OUT FOR 01 Modular geometries with stackable, interchangeable, customizable designs. Clean lines, detachable links and reconfigurable clasps enable new ways for personal expression.
02 Color plays with different nuances of gems, enamels and lacquers in playful necklaces, rings and earrings, with multiple hues worn together. Recycled metals and non-precious materials introduce new creative directions that are more sustainable.
This was followed by the presentation of the Trendbook 2027+. Highly regarded by professionals and now in its 23rd edition, it sets out five key themes: Modular Core, Dynamic Movement, Coded Couture, Convergences and Neo-Rituals.
03 Sobriety
Self-expression is already shaping the decade and this trend will continue to grow, driven by changing lifestyles and behaviour, as well as the new possibilities opened up by advances in technology.
04 Movement
captures the ongoing quiet luxury trend. Simple, refined shapes and soft textures, satin gold and matte platinum, favor elegance over ostentation.
inspired by Futurism and Art Deco emphasizes suppleness and comfort by adapting to the body’s movements, carried through by soft materials, fluid shapes, transformable designs and expandable links. Proof that jewelry is for every occasion and every moment of the day.
01 – Broche Wisteria, Wisteria brooch BOUCHERON / 02 – Bracelet Ardèche, Ardèche bracelet ISABELLE LANGLOIS 04 – Chaîne ceinture, chain-belt, 1967 POMELLATO
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Two of the most hotly anticipated presentations were a double appointment with Paola de Luca. Born in Rome and a New Yorker at heart (she studied at the city’s Fashion Institute of Technology), this brilliant luxury trends forecaster has decades of experience analyzing the relationships between evolutions in society and the fashion and jewelry worlds. Her 360° vision includes the economy, AI (which she calls “Augmented Imagination”), geopolitics, the environment, the climate and migration flows, resulting in a comprehensive vision of market trends.
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MILAN,
ÉCRIN DU PRÉCIEUX © Milano Jewelry Week
JEWELRY SHINES IN MILAN
BY MARIE DE PIMODAN
Où serez-vous du 16 au 20 octobre ? Si vous êtes libre, rendez-vous à Milan. Pourquoi la capitale lombarde ? Pour la dolce vita, pour ses somptueux palais, son riche patrimoine, sa gastronomie et, évidemment, ses terrasses ensoleillées jusqu’à la fin de l’automne. Mais c’est surtout pour cultiver votre passion pour les bijoux qu’il faut visiter la ville à ces dates précises. Pour son édition 2025, la Milano Jewelry Week a de nouveau concocté un riche programme propice à faire vibrer le cœur de Milan au rythme du précieux.
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Original par son format, l’événement se déploie dans toute la ville pour célébrer les arts joailliers. Parmi les temps forts, The Jewelry Hub investit le prestigieux Palazzo Serbelloni, un espace d’exposition dédié à la haute joaillerie et aux designs innovants, aux lancements de marques et aux avant-premières exclusives. L’Artistar Jewels, exposition phare à découvrir au Palazzo Bovara, décline quant à elle des pièces de jeunes créateurs, des designs conceptuels et des pièces expérimentales. À ne pas manquer, le Talent Show, un projet dédié aux étudiants qui exposent aux côtés d’artistes reconnus. Invitation à flâner dans la ville, l’Experiential Journey propose un parcours à travers les galeries et les boutiques pour admirer à la fois des expos et des performances mais aussi découvrir les coulisses d’ateliers. De quoi vivre une semaine éblouissante avec, pour point d’orgue, la MJW Awarding Night qui récompense le meilleur de la création contemporaine, le 17 octobre, au Teatro San Babila.
Highlights of this original, city-wide celebration of the jewelry arts include The Jewelry Hub, an exhibition held in the prestigious Palazzo Serbelloni as a showcase for high jewelry and innovative designs, alongside presentations of new brands and exclusive previews. The much-anticipated Artistar Jewels exhibition at Palazzo Bovara focuses on the work of young designers, as well as conceptual and experimental pieces. Another unmissable event, the Talent Show offers students the opportunity to present their creations alongside those of established artists. An invitation to explore the city at leisure, the Experiential Journey takes in galleries and boutiques, to admire exhibitions and performances, and also go behind-the-scenes at workshops. This glittering week culminates in the MJW Awarding Night that honors the best in contemporary creation, on 17th October at Teatro San Babila.
Milano Jewelry Week Du 16 au 20 octobre 2025 www.milanojewelryweek.com
© Milano Jewelry Week
© Milano Jewelry Week
If there’s space in your diary between 16th and 20th October, make a date with Milan. The Lombardy capital is renowned for its easy living, sumptuous palaces, historic landmarks, refined cuisine and, of course, the joys of sipping coffee in the sun until late Fall. However, jewelry lovers have an additional reason to visit the city on those dates, for Milano Jewelry Week. The 2025 edition has again put together a fabulous program, when the heart of the city will beat to the rhythm of all things precious.
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SACS
& STYLES BAGS OF STYLE
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01 – Sac Cabochon, Cartier Soir, cuir de veau, onyx vert, grenat hessonite, améthyste violette, Cartier Soir Cabochon bag, calfskin, green onyx, hessonite garnet, violet amethyst CARTIER / 02 – Sac Speedy Trunk 25 en cuir, Speedy Trunk 25 bag, leather LOUIS VUITTON / 03 – Sac Polychroma, pièce unique, Polychroma bag, unique piece BULGARI / 04 – Sac de soirée en velours, or jaune, or blanc, diamants, Evening bag, velvet, yellow gold, white gold, diamonds BUCCELLATI 05 – Sac Chanel 25, collection Métiers d'arts, cuir de veau bordeaux, Chanel 25 bag, Métiers d’art collection, burgundy calfskin CHANEL / 06 – Minaudière Monili en cuir, anse bracelet en or blanc sertie de diamants, Monili minaudière in leather, white gold and diamond wrist-strap GUCCI X POMELLATO 07 – Mini sac seau Gem, cuir de veau, Gem mini bucket bag, calfskin CHOPARD © Joy Corthesy / 08 – Tote bag Normandie en cuir, collection automne Dior Icons, Normandie tote bag, leather, Dior Icons Fall collection DIOR
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LE MOT DU FONDATEUR NOTE FROM THE PUBLISHER
RefleT
Making of
À l’image des pierres précieuses dont il raconte les histoires, ce petit bijou éditorial a été sculpté avec passion et poli avec patience. Un an s’est écoulé depuis les premières esquisses. Les meilleures plumes se sont penchées sur son écrin, les plus grand·e·s spécialistes ont apporté leur soutien et leurs conseils d’expert·e·s, que j’aimerais remercier pour leur confiance et leur enthousiasme. Grâce à leurs lumières, nous avons pu nous imprégner de tout ce que l’univers de la joaillerie attendait d’un magazine spécialisé de qualité, afin de nous rapprocher autant que possible de son expression la plus aboutie.
Like the precious stones whose stories they tell, each of these pages has been lovingly crafted and patiently polished. It has been a year since we first put our thoughts on paper. The most authoritative writers lent their prose; the foremost specialists gave their expert advice, and I would like to thank them for their support and enthusiasm. With the benefit of their insights, we were able to immerse ourselves in everything the jewelry world expected from a quality specialist magazine, to come as close as possible to its most accomplished form.
Ce formidable travail d’équipe a été orchestré de main de maître par Marie de Pimodan, rédactrice en chef de GEM-T, que j’ai la chance d’avoir dans mon équipe depuis des années. Ensemble, nous avons travaillé sur les magazines Skippers (yachting) et GMT (horlogerie), lancés en l’an 2000. Bateau, horlo, jo, quel beau trio ! Créer de beaux magazines à l’attention de lectrices et lecteurs en quête d’informations fiables et d’émotions à partager ne pourrait se faire sans les marques qui nous confient leurs publicités. Je tiens à les remercier tout particulièrement, surtout dans le contexte actuel, surtout dans un premier numéro. Que la gaieté et le talent brillent et se reflètent dans vos yeux.
This project, to which so many wonderful people have contributed, has been brilliantly orchestrated by Marie de Pimodan, editor-in-chief of GEM-T who, I am proud to say, has been part of my team for many years. Together, we have worked on Skippers yachting magazine and GMT watches magazine, both launched in 2000. Sailing, timekeeping and now jewelry, what more could we ask! Of course, it would be impossible to publish magazines for readers in search of reliable information and shared emotions without the brands that advertise in our pages. I would like to extend my special thanks to them, particularly in the current climate, particularly for a first issue. May this joy and talent sparkle like jewels in your eyes.
BRICE LECHEVALIER Éditeur et fondateur Publisher and founder
7 RUE ROBERT-CÉARD 1204 GENÈVE +41 22 310 13 13 www.benoitdegorski.ch @benoitdegorski_official