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Proximité. Paris et les nouveaux maraîchers

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Università IUAV di Venezia Laurea magistrale in Architettura Dipartimento di Culture del Progetto A.A. 2013/2014

Proximité MIXITÉ

Paris et les nouveaux maraîchers

Professeurs: Paola Viganò Lorenzo Fabian

Étudiantes: Laura Gobbi Giulia Poles


Alle nostre famiglie, tutte...


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TABLE DE MATIÈRES

LA RECHERCHE

pag. 11

Le foodprint

pag. 13

Le marché

pag. 21

Territoires périurbains

pag. 29

Les trois échelles de l’espace agricole

pag. 35

L’HISTOIRE

pag. 49

La préservation de l’espace naturel et agricole dans les siècles

pag. 51

Le maraîcher

pag. 65

LA PLAINE DE MONTESSON

pag. 71

Les caractéristiques

pag. 73

Le scénario actuel

pag. 79

Les scénarios futurs

pag. 93

Les lisières

pag. 103

APPENDICES

pag. 115

Le voyage

pag. 117

Glossaire

pag. 123

BIBLIOGRAPHIE

pag. 135 7


8


“ Choisissez toujours la plus petite parcelle de terre possible, mais cultivez-la exceptionnellement bien. ” - maraîcher anonyme du XIX siècle -

Selon les estimations des Nations Unies, en 2050, le 70% environ de la population mondiale habitera en contexte métropolitain. La constante croissance de Paris en ces années confirme cette tendance : pour soutenir l’augmentation de la population, les politiques urbaines prévoient la réalisation d’environ 70000 nouveaux logements chaque an pour les prochains vingt ans. Cette donnée impressionnante amène à réfléchir sur le destin des espaces périurbains, où l’on peut encore aujourd’hui trouver des terrains agricoles. Ce travail examine le cas de la Plaine de Montesson.

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LA RECHERCHE

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LE FOODPRINT

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LE FOODPRINT Wakernagel and Rees introduisirent en 1996 le concept d’empreinte écologique, qui mesure la surface totale des terres productives nécessaires pour produire, avec les technologies contemporaines, les ressources consommées par une nation ou par une ville. Les activités de l’homme ont considérablement augmenté la quantité de nitrogène réactif (Nr) dans l’atmosphère terrestre et dans la biosphère. La production globale de nourriture est la cause majeure de la création anthropogénique du nitrogène et elle exerce une grande influence sur le cycle globale du nitrogène. A la fin du XXe siècle, le 75% environ des apports de nitrogène provoqués par l’homme était dû à l’agriculture, mais seulement le 30% de ces apports était effectivement converti en protéines végétales pour nourrir l’homme et le bétail ; la restante partie était pour la plupart dispersée dans l’environnement, contribuant à la « cascade de l’azote ». La cascade de l’azote est reconnue aujourd’hui comme une des questions environnementales de majeure importance -avec le changement climatique, la perte de biodiversité, la pollution des eaux souterraines-, et elle a des graves effets sur les écosystèmes et sur la santé de l’homme.

FOODPRINT

1/3 - 1/2 de l’empreinte écologique globale

FOODPRINT POUR HABITANT 0,8 - 3,8 hectares globaux/habitant

7 mld habitants FOODPRINT GLOBALE

5,6 - 26,6 mld hag

0,4 - 1,8 surface terrestre

Presque la moitié de l’empreinte écologique globale est imputable à la subsistance alimentaire des villes contemporaines.

N2 émissions de combustibles fossiles

assimilation

azote atmosphérique

résidus organiques

engrais saturation

bactéries fixatrices d’azote

LA CASCADE DE L’AZOTE : L’INFLUENCE DE LA CREATION ANTHROPOGENIQUE DE L’AZOTE SUR LE CYCLE GLOBALE 14


LE FOODPRINT

N fixation 14 kg N engrais chimiques 14 kg N

23 kg N

2,2 kg N

infiltrations dans le sol dispersion dans l’air

infiltrations dans le sol dispersion dans l’air

0,33 ha

engrais chimiques 3,5 kg N

0,05 ha

Bretagne Normandie Nord-Pas-de-Calais 22 kg N

N fixation

0,9 kg N

bassin de la Seine

0,1 kg N 2,5 kg N

4,7 kg N

11 kg N

import soja pour fourrage (30%) 0,12 ha

4,6 kg N

Brésil Argentine

2,5 kg N

0

7,1 7,7

4,6

kg N/hab/an

0,6 kg N

L’EMPREINTE DE L’AZOTE POUR LE BESOIN ALIMENTAIRE D’UN PARISIEN

*The food print of Paris: long term reconstruction of the nitrogen flows imported into the city from its rural hinterland. G. Billen, S. Barles

“The city is a parasite on the natural and domesticated environments” // E. Odum, “Ecology and Our Endangered Life-Support Systems”. 15


DEUX VISIONS POUR LA RÉGION DU BASSIN DE LA SEINE Une équipe de chercheurs en Biogeosciences de différentes universités parisiennes a exploré deux scénarios pour la ‘‘localisation du foodprint de la région de Paris’’.* 1_SCÉNARIO ORGANIQUE ET LOCAL Le scénario organique et local prévoit que la plupart du besoin alimentaire soit satisfait en produisant entre les limites géographiques du bassin hydrographique de la Seine, la traditionnelle région productive pour Paris. Ça comporte nécessairement la réintroduction des élevages de bétail dans ce territoire. Le scénario assume aussi que le bétail soit élevé seulement avec du fourrage à production locale : aucune importation de protéines est calculée et l’on prévoit que l’actuelle surface des terrains en pâturage dans le bassin de la Seine reste inchangée. De plus on considère l’emploi de pratiques d’agriculture organique, qui n’utilisent pas les engrais chimiques : la fertilisation des terres arables sera assurée seulement par la fixation symbiotique de l’azote et par l’application d’engrais organique. 2_SCÉNARIO RÉGIME DEMITARIEN Le régime demitarien prévoit la réduction de 35-40% de l’actuel apport des protéines animales; la présente consommation de produits d’origine animale en France s’élève à 65% de l’apport total de protéines, pourcentage qui est parmi les plus hauts au monde. Les effets nocifs pour la santé provoqués par une alimentation trop riche en protéines animales, aujourd’hui bien connus, sont documentés par l’augmentation des maladies cardiovasculaires et du risque du cancer colorectal. Une réduction de cette consommation dans les nations développées est souhaitée, pour des raisons environnementales aussi, par le programme promu par European Science Foundation “NinE” -Nitrogen in Europe- et pour la sécurité mondiale en termes de nourriture et égalité par le scénario Agrimonde. Avec un régime demitarien, la région du bassin de la Seine pourrait nourrir sa population, tout en continuant à exporter une partie de sa production de céréales, et garantirait un standard qualitatif haut des eaux souterraines. N2

La production de nourriture est la cause majeure de la création anthropogénique de l’azote

83% de la production de céréales en Europe est destinée à nourrir le bétail *Localising the nitrogen imprint of the Paris food supply: the potential of organic farming and changes in human diet (G. Billen, J. Garnier, V. Thieu, M. Silvestre, S. Barles and P. Chatzimpiros) Paris Sorbonne, Cité Descartes 65% de l’apport protéique total en France est constitué de protéines animales 16

WHAT IF....?


LE FOODPRINT

5,2 kg N

infiltrations dans le sol dispersion dans l’air

N fixation

20 kg N

0,55 ha

bassin de la Seine

export nationale 10,8 kg N

2,8 kg N 4,3 kg N

0

2,8

7,1 7,7

kg N/hab/an

0,6 kg N

L’EMPREINTE DE L’AZOTE POUR LE BESOIN ALIMENTAIRE D’UN PARISIEN DU SCÉNARIO *The food print of Paris: long term reconstruction of the nitrogen flows imported into the city from its rural hinterland. G. Billen, S. Barles

“Une réduction de la consommation par personne de produits animaux dans le monde développé peut potentiellement améliorer l’efficience d’utilisation des nutriments, diminuer les coûts globaux de production et réduire la pollution du milieu” // Déclaration de Barsac, 29.10.09. 17


RENTE ECONOMIQUE

ma raî cha ge

la

it

maraîchage élevage laitier céréales

cér

éal

es élevage ex

tensif

DISTANCE AU MARCHÉ

élevage extensif

MODÈLE DE VON THUNEN DE L’ÉTAT ISOLÉ

Dans une œuvre considérée comme la base des études de géographie économique, « L’État Isolé » (1826), l’économiste allemand Von Thunen, à partir d’un modèle économique idéal, fondé sur la relation entre les coûts de transport et les profits de l’agriculture du début du XIX siècle, conclut que la ville idéale aurait dû etre entourée par des anneaux concentriques d’activités agricoles ainsi organisés: près du centre la zone de maraîchage et élevage laitier, après la foret pour le bois de chauffage, les céréales et les cultures de plein champ et enfin l’élevage extensif.

Grâce aux techniques modernes de l’agriculture mécanisée, aujourd’hui la production n’est plus liée, comme dans le passé, à l’élevage du bétail. En France, selon des facteurs géographiques et socioculturels spécifiques, certaines régions se sont spécialisées dans l’agriculture céréalière intensive, en arrivant à exporter la plupart de leur production, alors que d’autres régions se sont converties à l’élevage et nécessitent l’importation de considérables quantités de fourrage. Dans les régions centrales du bassin autour de Paris, les territoires ruraux, grands producteurs céréalières, sont largement autotrophes et peuvent exporter plus que 5,000 kg N/km2/an. Au contraire, les zones périphériques du bassin parisien, converties à l’élevage, sont devenues hétérotrophiques. Une ville peut etre définie comme un regroupement de populations qui ne produisent pas ellesmêmes leurs moyens de subsistance alimentaire (Ascher, 2001).

Régions autotrophes (Aisne, Marne, Aube, Seine et Marne, Eure et Loire, Loiret, Yonne) Régions hétérotrophes (Ardennes, Haute Marne, Meuse, Nièvre, Orne, Seine Maritime)

RÉGION DU BASSIN DE LA SEINE: AUTOTROPHIE VS HÉTÉROTROPHIE 18


LE FOODPRINT POPULATION X 106 15

bassin de la Seine agglomération parisienne 10

5

0

AGRICULTURE ANTIQUE/ ASSOLEMENT BIENNAL

AGRICULTURE BAS MOYEN ÂGE/ ASSOLEMENT TRIENNAL

VIII siècle

1000-1100

Le bétail en pâture, sur gazons ou dans les bois, produit le fumier pour la terre arable pendant sa période de jachère (assolement biennal blé-jachère).

L’assolement triennal avec jachère (blé-légumes-jachère) emploie une plus grande surface de terre arable, gazons et forets pour l’élevage de grands troupeaux.

1700

AGRICULTURE DU XIX SIÈCLE/ ASSOLEMENT PLURIANNUEL 1800 Plants fourragères fixatrices d’azote, comme le trèfle, les petits pois et la fève, substituent la jachère et permettent une considérable augmentation de la densité du bétail, et du fumier, et de la production céréalière.

MODERNE AGRICULTURE MÉCANISÉE 1900

2000

La découverte du procédé industriel de la fixation de l’azote atmosphérique par Haber et Bosch, en 1910, permet la transition à la moderne agriculture mécanisée, basée sur les fertilisants chimiques. La surface de la terre cultivée par la moyenne des fermes augmente d’un facteur de dix.

kg N/hab/an 8

besoin alimentaire

7 6 5 4

TIMELINE: ÉVOLUTION DES SYSTÈMES AGRICOLES, CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET BESOIN ALIMENTAIRE DE PARIS ET DE SA RÉGION *The food print of Paris: long term reconstruction of the nitrogen flows imported into the city from its rural hinterland. G. Billen, S. Barles

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LE MARCHÉ

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LE MARCHÉ INTERNATIONAL DE RUNGIS

Le Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis fut inauguré le 3 mars 1969 : les Halles, à cause des difficultés de circulation et d’accessibilité, des mauvaises conditions d’hygiène et de travail et de la croissante complexité du secteur commercial, ne pouvaient plus assurer leur rôle de marché principal. Aujourd’hui Rungis est le plus grand marché de produits frais du monde. Situé à 8 kilomètres à sud de la capitale française, le marché a une surface de 232 hectares. Rungis est approvisionné quotidiennement par camions, trains et avions (l’Aéroport de Orly se trouve en proximité du marché). Chaque jour, 6.000 tonnes de fruits, de légumes, de viande et de poisson venus du monde entier transitent par Rungis. Plus de 20.000 commerçants y achètent régulièrement et plus de 18 millions de consommateurs en sont servis, pour un volume d’affaires de 8,5 milliards d’euros. Les origines des Halles de Paris remontent au 1137, quand Louis VI décide de créer un marché au lieu-dit les Champeaux, située extra muros, à l’endroit d’anciens marécages. Progressivement enclavés par la ville en expansion, les Halles ne cessent pas de s’agrandir dans les siècles. Pendant le renouvellement urbain à l’époque de Napoléon III, l’architecte Victor Baltard dessine douze pavillons en fonte et verre, triomphe de l’architecture industrielle du XIX siècle, qui pourtant se révèlent bientôt insuffisants pour soutenir le trafic des marchandises et l’afflux de clients de plus en plus croissants. Après le transfert à Rungis, en 1969, le « ventre de Paris » est démoli parmi les polémiques et remplacé par le Forum des Halles, en 1971.

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LE MARCHÉ

RUNGIS IN CIFRE

MARCHÉS DE DESTINATION

18 millions de consommateurs

1 478 426 t de produits alimentaires

234 ha de surface

65% Ile de France

25% France

10% export

4% produits laitiers RÉPARTITION DES PRODUITS ALIMENTAIRES SUR LE MARCHÉ

7% poisson

19% viande

66% fruits et légumes 4% alimentation générale

MARCHÉ INTERNATIONAL DE RUNGIS EN CHIFFRES *www.rungisinternational.com

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THE MARKET CITIES Dans le monde globalisé, on perd de plus en plus le lien entre nourriture et vie quotidienne. Contre cette tendance, on assiste à un retour de l’idée de ville-marché, où les marchés ont le rôle de catalyseurs de sociabilité dans des quartiers qui ont perdu leur sens du lieu. Les villes-marché développent des réseaux forts et articulés pour la distribution de la nourriture et d’autres biens, produits localement ou dans les alentours immédiats. Au XXI siècle, les networks des marchés citoyens peuvent etre des centres dynamiques d’échange, lieux d’intégration entre milieu rural et urbain et attracteurs de différentes populations et pratiques sociales. Investir dans les marchés donne plusieurs bénéfices économiques, sociaux et environnementaux. Vu que les prix de la nourriture augmentent au niveau global, à cause de l’instabilité des marchés, le lien avec les produits régionaux aide à contenir la hausse des prix dans les marchés locaux. Les citoyens achètent au marché quotidiennement et de plus en plus souvent, dans cette période d’incertitude économique. La valeur sociale des marchés comme lieux d’agrégation est un apport essentiel à la résilience des communautés rurales et urbaines.

Marchés vibrants qui renforcent le sens d’appartenance au lieu

Marchés clusters d’activité, catalyseurs de la communauté

Les marchés catalysent le développement des quartiers

Nourriture fraîche, saine et produite localement 24

Projects for Public Spaces www.pps.org


LE MARCHÉ

AMAP contrats innovants et responsables entre producteurs et consommateurs

Sens de la communauté renouvelé Effet Social

260 groupes 15000 familles 160 producteurs

Deuxième service public plus apprécié

après les bibliothèques

CSA (community supported agriculture) moins “food miles” et empreinte écologique

> 100 “hives” pour promouvoir la consommation collaborative et la communication entre producteurs et consommateurs (km 0)

FROM BIG BOX WASTELANDS TO MARKET CITIES

“If you want to seed a place with activity, put out food.” William H. Whyte 25


INITIATIVES POUR UNE AGRICULTURE DURABLE

AEV Depuis 1976, l ‘Agence des Espaces Verts protège et aménage les espaces naturels d’Île-de-France. Elle contribue au maintien de zones agricoles fonctionnelles et pérennes. Pour cela, elle incite les collectivités locales à prendre en compte l’agriculture dans leurs documents d’urbanisme et crée des Périmètres régionaux d’intervention foncière (PRIF), notamment dans les secteurs agricoles périurbains. Au-delà de cette priorité, l’AEV soutient une agriculture vivante et durable à travers quatre objectifs: assurer une veille foncière active (contre la spéculation foncière, elle acquiert des espaces agricoles situés en Ceinture verte, qu’elle loue à des agriculteurs par bail rural à long terme); redynamiser l’agriculture périurbaine; développer une agriculture durable (conformément aux objectifs du Plan Bio État/ Région, l’AEV peut donner la priorité aux agriculteurs biologiques); renforcer les liens entre agriculteurs et citadins (programme d’éducation Agriculteurs Juniors, mise en place de circuits courts de type AMAP). CIVAM Le réseau CIVAM (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et Milieu rural) est un acteur associatif du développement agricole et rural qui œuvre depuis plus de 50 ans pour des campagnes vivantes et solidaires. AMAP Inspirées au modèle des « teikei » (relation directe), nés au Japon dans les années ‘70, et aux expériences pareilles en Amérique du Nord et Royaume-Uni, les AMAP- Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne – se mobilise pour favoriser l’agriculture de proximité et biologique, qui a du mal à survivre, face à l’agriculture industrielle, selon des principes de solidarité, de salaire décent pour les producteurs, de transparence, de respect de l’environnement et de proximité. Le contrat est basé sur des partenariats innovants et responsables entre paysans et consommateurs, qui ensemble, définissent la diversité et la quantité de denrées à produire pour la saison et les méthodes agronomiques à employer. Contrairement à la grande distribution, les consommateurs en AMAP accordent moins d’importance à la standardisation des aliments ; tout ce qui est produit est consommé (alors que dans l’autre cas, ce peut être jusqu’à 60 % de la récolte qui reste au champ). Ce principe est d’une part très valorisant pour le producteur, et d’autre part il permet de diminuer le prix des denrées en reportant les coûts sur la totalité de la production. CERVIA Créé en 2007, le Centre régional de valorisation et d’innovation agricole et alimentaire œuvre pour le maintien de l’agriculture francilienne et soutien la pérennisation des entreprises alimentaires sur le territoire. Il a pour mission de construire un projet régional partagé par l’ensemble des acteurs de la filière alimentaire “du champ à l’assiette”. 26

PRIF Terreins agricoles des PRIF

L’AEV pratique une veille foncière sur 17000 hectares de terres agricoles situées dans les Périmètres régionaux d’intervention foncière.

www.aev-iledefrance.fr www.civam.org www.amap-idf.org/ http:// www.reseau-amap.org www.iledefrance.fr


LE MARCHÉ

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TERRITOIRES PÉRIURBAINS

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LA MUTATION DES ESPACES CULTIVÉS

Les espaces agricoles périurbains ont une faible résistance au changement et, de conséquence, ils subissent la pression de l’urbanisation et de l’industrialisation. La périphérisation comporte souvent une perte d’orientation, une perte du sens d’appartenance et des qualités du bien vivre (connexions faibles, et surtout motorisées, homogénéité du paysage, carence de projectualité). Selon Pierre Donadieu, paysagiste de l’Ecole de Versailles, ces morceaux de campagne peuvent etre pensés comme partie de l’espace urbain («la campagne urbaine»), où les habitants ne renoncent pas à la ville, mais où, au meme temps, ils peuvent se retirer, en profitant d’une majeure interaction avec la nature. Le paysage et son projet peuvent créer des nouvelles forces de relation et cohésion entre ville dense, espaces urbains polycentriques et territoires périurbains : à travers le projet du paysage, en fait, on contrôle et l’on discipline phénomènes culturels, sociaux et spatiaux et on peut générer une nouvelle culture de l’habitat, fondée sur l’écologie et le développement durable. Pour renforcer le sens de communauté il faut des espaces reconnaissables, aménagés pour le pratiques quotidiennes de la vie collective. La société paysagiste est investie de cette mission, véritable défi de la ville contemporaine : transformer le périurbain en nouveau territoire urbain.

territoire périurbain

une perte du sens d’appartenance et des qualités du bien vivre

intégration entre campagne et tissu urbain

projet du paysage et de l’espace public comme moyen

valeur sociale majeure

nouveaux patrimoines sociaux et sens d’identité

vers une SOCIETÉ PAYSAGISTE

variété urbaine et sociale

*Pierre Donadieu, Campagnes urbaines. A coté : expansion urbaine de Paris dans les siècles, au détriment des espaces cultivés. 30


TERRITOIRES PÉRIURBAINS

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50

20

10

5

0 Km

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bois terres labourées pâturage maraîchage/vergers/serres parcs/jardins publics jardins privés terrains de sports parcs d’attraction friches 33


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LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

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LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

AGRICULTURE EXTRA-URBAINE DANS LA RÉGION PARISIENNE Taille L

Les 11 millions et 900000 habitants de l’Île-de-France, c’est à dire le 19% de la population nationale, occupent seulement 21% du territoire régional : le restant 79% est divisé principalement entre bois et fôrets (23%) et terrains agricoles (56%). Les cultures principales sont les céréales, comme le blé tendre, le mais et l’orge, les plantes oléifères, comme la colza et les betteraves rouges. La production maraîchère régionale est constamment en diminution depuis le 1988, mais elle est encore présente dans les aires périurbaines de l’agglomération. L’Île-de-France détient la première place en terme de production nationale de cresson et de persil et la quatrième place en terme de production nationale de laitue. Au cours des dernières décennies, on relève une diminution de la qualité des céréales et du taux des protéines. Selon le site Terre-net.fr, “même si les données sur la production de la colza, l’orge et le blé peuvent sembler bonnes, leur qualité a préoccupé les agriculteurs et les organisations qui vont stocker les réserves de ces cultures”. Le 20% du blé qui a été cueilli l’année dernière dans les départements de l’Essonne, de l’Yvelines et du Val-d’Oise montre une diminution de la qualité nutritive. Cette baisse de la qualité pourrait être la directe conséquence des pratiques de l’agriculture intensive et, en particulier, de son emploi de pesticides, qui appauvrissent, de plus en plus, le terrain. De plus, l’urbanisation incessante constitue la préoccupation majeure des agriculteurs en l’Île-de-France. Dans les dernières cinquante années, 100000 hectares de terrains agricoles ont disparus à cause de l’expansion urbaine de Paris. Chaque an, 2000 hectares sont transformés en espace urbain.

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50

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10

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0 Km

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LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

terres labourées 39


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LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

AGRICULTURE INFRA-URBAINE DANS LA RÉGION PARISIENNE Taille S

La caractéristique la plus particulière de l’agriculture infra-urbaine est sa multifonctionnalité, l’être capable d’unir la production à la pédagogie, à une renouvelée perception de l’espace de la ville ; son rôle aujourd’hui, dans une métropole comme Paris, est principalement celui de sensibiliser la population au sujet, et pas celui d’assurer l’autosuffisance alimentaire pour plus d’onze millions de personnes. Marie Dehaene, chercheuse et ingénieur du paysage, que nous rencontrons dans un café très bio et très bobo à deux pas de Bastille, ne nie pas que, en abordant ces thèmes-là, on risque de tomber dans ce qu’on appelle « greenwashing », mais elle affirme la nécessité actuelle d’espaces et d’occasions pour discuter d’agriculture infra-urbaine, même si, pour l’instant, il n’y a pas encore la possibilité réelle d’en commercialiser les produits. Professionnaliser l’agriculture infra-urbaine, c’est à dire lui donner une valeur économique -souligne Anne-Cécile Daniel, chercheuse chez AgroParisTech-, nécessite la conscience des problèmes que ça comporte : si la ville de Paris aspire à être « ville agricole », elle doit s’engager, même financièrement, pour que ça puisse se réaliser, c’est à dire elle doit investir de l’argent (on ne peut pas prétendre avoir légumes frais au prix du discount), adopter des stratégies (comme le recyclage des déchets urbains). Tout ça doit tenir compte des limites d’une grande ville comme Paris : hyper dense, plutôt résistante au changement - « Paris c’est comme une carte postale »-, elle n’offre pas les grandes surfaces des toits-terrasse des métropoles nord-américaines, où Marie a été envoyée, en 2012, par le Cabinet des Espaces Verts et de la Biodiversité de la ville de Paris, pour étudier les projets locaux d’agriculture urbaine. Une autre question sensible, quand on parle d’agriculture infra-urbaine, c’est la pollution. Frank, membre de l’Amap (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) « Miam 14 », est sceptique par rapport à la qualité de produits cultivés parmi les gaz d’échappement de la ville : Marie nous explique

que plusieurs tests ont été faits pour mesurer le niveau de pollution du sol et de l’air, mais que, vu qu’on est dans une métropole, il faut se contenter d’être en dessous d’une certaine limite et que la production à la campagne n’est pas garantie de salubrité absolue. Par rapport au sujet de l’agriculture infra-urbaine, à Paris les initiatives ne manquent pas. La Charte Main Verte a été approuvée en 2003, pour légitimer le phénomène de l’occupation, par des petits collectifs de citadins, de terrains vagues, pour les transformer en jardins partagés : elle établie un accord entre les citadins et la Mairie, pour la création et gestion de ces jardins, aujourd’hui plus de soixante-dix, concentrés surtout dans l’est parisien, une des parties les plus dynamiques de la ville. En avril 2013 la Mairie, avec le laboratoire PRIL (Paris Région Innovation Lab), lance un appel à projets « Végétalisation Innovante », et en sélectionne trente, qui travaillent sur la biodiversité, l’agriculture urbaine, la résilience des villes au changement climatique. Le maire de Paris Anne Hidalgo -en charge depuis avril 2014- a fixé, parmi les objectifs de son mandat, celui d’arriver à avoir 100 hectares de toits végétaux à Paris, dont environ le 30% productifs : il s’agit d’une proposition ambitieuse et pas facile à réaliser, parce qu’il faut la concilier avec la demande de nouveaux logements (une loi autorisera la superfétation pour densifier la ville) et avec la question de la durabilité énergétique (qui prévoit l’installation de panneaux solaires et d’autres technologies sur les toits). Le moment présent est donc propice, il représente une bonne occasion pour tester et expérimenter, comme on fait déjà, pour exemple, à la Ferme de Gally, un « démonstrateur d’agriculture urbaine » de plus de 10 hectares près du parc de Versailles, où l’on teste techniques low et high-tech, ou dans associations comme Topager, Sense de l’Humus, la Ferme du Bonheur, Graines de jardins, Veni Verdi, V’Ile Fertile, Ferme de Paris, The Upcycle.

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0 Km

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jardins partagĂŠs


“ Patrick, notre producteur, a décidé de

devenir partenaire de notre Amap parce que, quand il vendait au marché de Rungis, il était obligé de jeter presque le

LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

80% des ses produits. ” FRANK FEUERBACH Institute Pasteur / Amap Miam 14

“ La caractéristique la plus particulière de l’agriculture infra-urbaine est sa

multifonctionnalité.” ANNE-CECILE DANIEL AgroParisTech

“ Bien

sûr, on peut parler de greenwashing, mais aujourd’hui il faut des occasions et des espaces pour discuter d’agriculture urbaine. ” MARIE DEHAENE / Ingénieur du Paysage

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LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

AGRICULTURE PÉRIURBAINE DANS LA RÉGION PARISIENNE Taille m_le cas de la plaine de montesson

Dans la région parisienne, aujourd’hui, on peut encore trouver des enclaves agricoles en contexte périurbain, qui subissent une forte pression anthropique, à cause de l’augmentation de la population, et de la conséquente spéculation foncière sur les prix de la terre. « Les agriculteurs périurbains s’aperçoivent comme citadins dont le métier est l’agriculture » (Fleury, Donadieu, 1997). Ils savent que, tôt ou tard, leurs terres seront urbanisées et pour ça, dans les dernières dizaines d’années, il est devenu fréquent le phénomène de l’enfrichement, l’abandon stratégique des terrains, dans l’attente de leur conversion en terrains constructibles. Plusieurs associations s’occupent de ces questions-là, comme la Plaine de l’Avenir 78, née en 2013, pour préserver la plaine de Montesson, une plaine maraichère, à environ 15 km de Paris, qui aujourd’hui subit la forte pression des ZAD (Zone d’Aménagement Différé) des communes limitrophes, bien qu’un parc départemental (Espace Naturel Sensible) et un PRIF (Périmètre Régional d’Intervention Foncière) essaient d’en garder la morphologie. Un calcul a révélé, en effet, que, avec l’urbanisation complète de la plaine, on pourrait rejoindre la chiffre de 70000 logements, que le SDRIF prévoit chaque année. Avec la globalisation, l’écart entre monde rural et monde urbain s’accentue de plus en plus : les citadins n’aperçoit pas un lien avec l’agriculture et les paysans, au même temps, tournent le dos à la société. Souvent les champs sont utilisés comme dépôt abusif de déchets et les friches, qui devraient garantir la biodiversité, sont souvent occupées par les gens de voyage. Les associations opèrent pour la sensibilisation du publique à ces sujets-là et elles promeuvent des initiatives pour que l’espace agricole ne soit pas aperçu seulement comme espace productif, mais aussi comme lieu récréatif de sociabilité (fermes pédagogiques, activités didactiques, parcours naturalistes). 45


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maraĂŽchage


“Aujourd’hui il y a très peu de familles qui continuent le métier de maraicher, moi je suis champignonniste, comme mon père l’était avant que moi. Une fois il y avait beaucoup de concurrence, maintenant il y en a seulement 2 dans la plaine de Montesson et 5 en Île-de-France. ”

LES TROIS ÉCHELLES DE L’ESPACE AGRICOLE

ANGEL MOIOLI / Champignonniste

“���������������������������� Le collectif ZAD Patate travaille pour la préservation de la biodiversité dans la plaine. Demain il n’y aura plus ni pétrole, ni sol fertile.” GABY BONNEFILLE / Ingénieur du Paysage

“ L’ambition de Plaine de l’Avenir est de faire en sort que les citadins et les agriculteurs ne se tournent pas le dos et d’ouvrir un dialogue pour le bien de la plaine.” JULIA TUAL - MARIE FRANCE GANGLOFF / Association Plaine de l’avenir 78

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L’HISTOIRE

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LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE DANS LES SIÈCLES

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ÉVOLUTION DE L’ESPACE OUVERT ET URBAIN PARISIEN

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XVIII sec

XIX sec

1960

1994


LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE

1900

2012 53


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19 Le 97 le pr tiq r oto de ue éch cole co 18 , es auff de nfé 0 t em K ren pa sig en yot o, ce ys, né t CO p pa clim sur P end r p a3. a lu nt s la 2007 Dans la métropole de l’après-Kyoto et avec le Grand Paris, les thèmes de la préservation de la ceinture verte, de l’agriculture de proximité et de la biodiversité sont d’importance majeure.

20 Le 13 SD ag rde RIF rel rico r le po s les 89 se l’h 80 oriz du , b % d l’ob o c rég es n on oisé es ject ion pac 203 tex s e esp if d al. es 0, te t ace e ve et rur natu s rts de al, d’i cré à nte er ret

1976 Le SDAURIF introduit le concept de zone naturelle d’équilibre, pour la préservation de l’espace rural et agricole, vu l’étalement des zones urbanisées.

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20 Le 08 sp es éci SDR Plu pac ficité IF ba sie es re in ins urs agr du con ce itiat so p icole pro naît int ive nt roj s. jet e ur s e v lo pré ts de la s ert cal sen ag e r e. s, té i-u da s s rns ur la

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18 Le 52 r 18 lé P eno 70 de on II aris, uvel ac b I, p vo lem tue ea rév ulu en ls uco oit p t de up la ar urb 19 ré N a la SD 65 vil de alis apo in A le. s a teu U pa tion d’ r RP rcs de urba d’a (S à Pa ni m ch co l’es ris sme éna éma les nsid pac ) le de gem d pr e ér e u pla l en ire me évo spac ation rbai n, in a ré t e cnt it p es le n, p tér gio t de as ve s re es n l’e u rts for nd sé sp n , m ets en ac am ai e ea é s t gr nag ne ico ele. de

X Ju IX s ye squ iècl ne ns ’à e po s, le de l’ar u al r s tra rivé me imen l’a ujet nsp e d tu nt ta pp de ort es pr re m im ire rovi la p mo mo o tou du ar por est sion rox de n im rt p ctio aich tan rès n èr t. extr eme ité de de p e g La êm nt la rod ara cei evil ui nti nle. ts t l fra a is

TIMELINE

20 Le 14 Hid m ob alg aire ce ject o a de l u he i ifs fi P à ctar d’ar de xé, aris P 30 ar es rive son par An m n % is, de r à pro d to a ma i le e du ont its voir nda s cti v fs. env égé 100 t, iro tau n x le

Bien que État et Région partagent l’idée de protéger la Ceinture Verte, l’objectif de construire 70000 logements chaque an amènera à une partielle urbanisation : on calcule que le 50% des logements sera construit sur terrains naturels.


LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE

Les Zones Naturelles d’Équilibre dans le SDAU de 1976 Zone naturelle d’équilibre Espace rural Bois et forets Zone d’interet récréatif et/ou écologique Front rural Agglomération urbanisée Limite de la ceinture

Les espaces ouverts de la Ceinture Verte dans le SDRIF de 1994 Valorisé Gardé Reconnu Identifié dans les études sur la Ceinture Verte Pas identifié dans les études sur la Ceinture Verte

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19 Le 97 le pr tiq r oto de ue éch cole co 18 , es auff de nfé 0 t em K ren pa sig en yot o, ce ys, né t CO p pa clim sur P end r p a3. a lu nt s la 2007 Dans la métropole de l’après-Kyoto et avec le Grand Paris, les thèmes de la préservation de la ceinture verte, de l’agriculture de proximité et de la biodiversité sont d’importance majeure.

20 Le 13 SD ag rde RIF rel rico r le po s les 89 se l’h 80 oriz du , b % d l’ob o c rég es n on oisé es ject ion pac 203 tex s e esp if d al. es 0, te t ace e ve et rur natu s rts de al, d’i cré à nte er ret ga

20 Le 08 sp es éci SDR Plu pac ficité IF ba sie es re in ins urs agr du con ce itiat so p icole pro naît int ive nt roj s. jet e ur s e v lo pré ts de la s ert cal sen ag e r e. s, té i-u da s s rns ur la

19 Le 94 de SD co c RIF ce mp eintu int s de sa osa re rod O la ire nte ve uit pr n co pop à la pay rte, la n en oje mm ula q sa co otio sa V t a en tion ualit gère mm n ille ille gri ce ur é e s). s -ur à ba de néet bai pa ine vie r . n l EN ( er SP Ter de r Ve es r-

1976 Le SDAURIF introduit le concept de zone naturelle d’équilibre, pour la préservation de l’espace rural et agricole, vu l’étalement des zones urbanisées.

20 Le 14 Hid m ob alg aire ce ject o a de l u he i ifs fi P à ctar d’ar de xé, aris P 30 ar es rive son par An m n % is, de r à pro d to a ma i le e du ont its voir nda s cti v fs. env égé 100 t, iro tau n x le

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LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE

La plupart des fôrets des plateaux franciliens furent déboisées pendant le Moyen-Age, pour laisser la place aux grandes cultures céréalières, propriétés féodales de la noblesse et des ordres religieux. Le territoire de l’actuelle Île-de-France, extrêmement fertile, grace à la confluence de plusieurs cours d’eau, a eu, donc, depuis toujours, une forte vocation agricole. Le produit le plus consommé en France, pendant toutes les époques, à partir de l’«invention» de l’agriculture, est le blé, qui est produit par les paysans, dans les vastes vallées, beaucoup plus à l’extérieur de celle qu’on appelait la ceinture maraichère. L’autosuffisance alimentaire de la ville de Paris est strictement dépendent de l’approvisionnement de blé et, en cas de famine, les produits des maraîchers ne peuvent pas en subvenir à la carence : ce que les révolutionnaires parisiens réclamaient en 1789 c’était en fait le pain, et non pas les fruits et les légumes. Jusqu’à l’arrivée des modernes moyens de transport, à cause de l’augmentation de la population et, par conséquence, de la demande alimentaire, les français, et encore plus les parisiens, se nourrissent plutot mal: l’autosuffisance est loin d’etre satisfaite pour la totalité de la population, seulement la noblesse et la bourgeoisie peuvent jouir d’une diète équilibrée et diversifiée.

*ENSP Versailles

Le premier marché des Halles, au lieu-dit «Les Champeaux» -à l’époque situé extra muros, fut bati au XIIe siècle, à la confluence entre les grandes voies de communication vers les provinces du nord et les ports de la Manche. Les maraichers, les jardiniers et les paysans de la banlieue la plus proche et des provinces plus loin y vont avec leur moyens de transport, chars trainés par les chevaux et autres bêtes de somme. Tout autour de la ville il existait un périmètre de protection à l’intérieur duquel tous les échanges étaient interdits: les gens qui allaient à Paris pour vendre leur produits ne pouvaient pas s’arreter, le long du chemin, plus d’une fois pour changer le cheval. Depuis le Moyen-Age jusqu’à la construction de la ligne ferroviaire Boulogne-Paris en 1848, certaines sociétés de peche -les chassemarée- commerçaient avec les ports du nord de la France pour approvisionner en poisson frais la cour royale et tout Paris. La marchandise devait etre livrée dans un jour, pour en garantir la fraicheur, et le seul moyen de transport disponible était le cheval. La distance était parcourue à une moyenne de 14,5 km l’heure. Celle que l’on appelait la Route du Poisson partait de Ault, sur la Manche, et arrivait à Paris, en traversant Poix, Beauvais, Saint-Denis, Saint-Ouen, et à travers enfin l’actuel Faubourg Poissonnière jusqu’à les Halles, le ventre de Paris. A la moitié du XIXe siècle elle fut remplacée par la ligne ferroviaire Dieppe-Paris.

On relève la présence des jardiniers à Paris déjà depuis l’époque mérovingienne  : les premiers potagers parisiens furent créés après la bonification des marais (d’où le terme maraicher) autour le bourg de Saint-Germain l’Auxerrois, où Clovis avait fondé l’église homonyme. Leur développement fut toujours dépendent des abbayes des ordres monastiques (Saint-Germain l’Auxerrois, Saint-Germain des Près, Saint-Denis) : les moines, surtout bénédictines, devaient se nourrir de fruits et légumes, d’où la nécessité des potagers et vergers, cultivés par eux-memes. L’activité des maraichers parisiens prospéra dans les siècles : le créateur du Potager du Roi à Versailles, La Quintinie, précurseur de la culture des primeurs, reconnut avoir beaucoup appris auprès d’eux. Avec la révolution et la vente des biens nationaux, les maraichers devinrent propriétaires des leurs terres, que avant appartenaient aux ordres religieux et à la noblesse, en inaugurant la tradition des familles maraichères.

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20 Le 13 SD ag rde RIF rel rico r le po s les 89 se l’h 80 oriz du , b % d l’ob o c rég es n on oisé es ject ion pac 203 tex s e esp if d al. es 0, te t ace e ve et rur natu s rts de al, d’i cré à nte er ret ga

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19 Le 94 de SD co c RIF ce mp eintu int s de sa osa re rod O la ire nte ve uit pr n co pop à la pay rte, la n en oje mm ula q sa co otio sa V t a en tion ualit gère mm n ille ille gri ce ur é e s). s -ur à ba de néet bai pa ine vie r . n l EN ( er SP Ter de r Ve es r-

1976 Le SDAURIF introduit le concept de zone naturelle d’équilibre, pour la préservation de l’espace rural et agricole, vu l’étalement des zones urbanisées.

20 Le 14 Hid m ob alg aire ce ject o a de l u he i ifs fi P à ctar d’ar de xé, aris P 30 ar es rive son par An m n % is, de r à pro d to a ma i le e du ont its voir nda s cti v fs. env égé 100 t, iro tau n x le

18 Le 52 r 18 lé P eno 70 de on II aris, uvel ac b I, p vo lem e ré u e t 19 uels auc voit lu p nt de oup la ar urb SD 65 ré N a la te A U vil de alis apo in d’u ur RP le. s a pa tion de rb d’ (S rcs à l Pa anis amé ché ’ co es ris me na ma le nsi pac ) le d gem d pr s es déra e u plan e la ent irec me évo pac tion rbai , in ré e nt it p es le n, p tér gio t de as ve s re es n l’e u rts for nd sé sp n , m ets en ac am ai e ea é s t gr nag ne ico ele. de

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LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE

L’arrivée de la voie ferrée, à partir de la première moitié du XIX siècle, révolutionne le système des transports: si, d’un coté, elle provoque une fracture entre bassin de production et de consommation, en inaugurant la globalisation des marchés, de l’autre, elle permet une considérable amélioration de l’alimentation des parisiens, en augmentant et en accélérant l’approvisionnement des marchandises. Parallèlement, avec l’étalement de la ville, les maraichers, les terrains desquels sont expropriés pour laisser la place aux grands chantiers haussmanniens, se déplacent en banlieue, le long des voies ferrées, grâce auxquelles leurs produits peuvent rejoindre tant facilement le marché des Halles que les tables de londoniens. Le 26 aout 1837 la première ligne ferroviaire pour le transport des passagers Paris-Saint-Germainen-Laye est inaugurée: “Saint-Germain avec sa foret, ses promenades, sa terrasse est un cadeau offert aux Parisiens à l’instar de l’obélisque de Louxor ou de l’’arc de triomphe puisque cette ville est devenue si proche. (…) a la peur de l’inconnu on succédé la griserie de la vitesse, l’attrait de la nouveauté, la fierté du pionnier et du danger surmonté. (…) On se montre joyeusement les curiosités du paysage, le village des Batignolles et la plaine de Clichy, le château de Neuilly, le pont d’Asnières, le clocher de Saint-Denis, le bois du Vésinet, la route parallèle à la voie de Chatou au pecq qui est le terminus. De leur coté, les habitants des champagnes qui peuvent regarder passer un train pour la première fois écarquillent les yeux devant cette chose sidérante, drapeaux aux vent, accompagnée de musique et qui disparait comme par enchantement dans des nuages de fumée.” (Félicien David et l’aventure Saint-simonienne en Orient par Arlette Millard)

Entre 1876 et 1894 les communes à sud de Paris se battent pour la construction d’une ligne ferroviaire qui permette le transport des produits maraichers au marché des Halles, dont le dernier projet de renouvellement n’avait pas prévu un raccord à la ligne ferroviaire. La “Compagnie du chemin de fer sur route de Paris à Arpajon” réalise, entre 1891 et 1894, une ligne de 37 km de longueur (pour une heure et demi de durée), entre les Halles-Saint-Germain et Arpajol, pour le transport des marchandises et des passagers. En 1927, au sommet de son utilisation, elle approvisionnait les 2/3 de fruits et légumes du «ventre de Paris», pour environ 24400 tonnes l’an. La concurrence des transports routiers, la suppression du réseau tramway parisien et l’hostilité des autres fournisseurs conduisirent à la fermeture de la ligne, en 1936. Aujourd’hui, 220000 tonnes de fruits et légumes l’an sont acheminées par rail au MIN, provenantes surtout de la région de Perpignan. En 2011 on avait avancé l’hypothèse de rétablir la ligne: “Mais l’Arpajonnais appartient-il au futur ?”

Avec la révolution industrielle, la voie ferrée et le commerce étranger, les maraichers sont obligés à abandonner certaines cultures, comme les haricots, les pois et les pommes de terre, et à se spécialiser dans des autres, comme la salade, les herbes, les fraises, le melon, les champignons, les fleurs, des produits plus fragiles, dont le transport sur longues distances était difficile. La grande période des maraichers est entre 1850 et 1880, pourtant années des grands travaux, pendant lesquelles leurs cultures se maintiennent au milieu des chantiers haussmanniens dans les espaces interstitiels. D’ailleurs leur présence était bien vue par la bourgeoisie, désireuse de satisfaire son goût des tables dressées de primeurs, et qui considérait les maraichers comme un exemple de bonne, d’économie et de labeur. C’est à cette époque que se constitueront les grandes familles de maraîchers parisiens, descendants d’agriculteurs de la Nièvre ou de l’Yonne, venus s’installer à Paris, attirés par ce mode de culture lucratif, ou encore exploitants de vieille souche dans les villages suburbains rattachés à la ville lors de l’Annexion de Napoléon III, en 1860. Malgré tout, le rétrécissement des parcelles maraichers était inéluctable: les premiers à franchir l’enceinte, en profitant des avantages de la loi d’expropriation, votée en 1841, furent les champignonnistes, pour lesquels c’était de plus en plus compliqué de trouver des terrains favorables pour leur cultures (caves, lieux humides), dans le Paris haussmannien. Le dernier maraicher quitta la ville en 1920, pour laisser la place à la future usine Citroen. *Horticulteurs et maraichers parisiens de la seconde moitié du XIX 59 siècle à la première guerre mondiale, Chantal Gaulin.


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19 Le 97 le pr tiq r oto de ue éch cole co 18 , es auff de nfé 0 t em K ren pa sig en yot o, ce ys, né t CO p pa clim sur P end r p a3. a lu nt s la 2007 Dans la métropole de l’après-Kyoto et avec le Grand Paris, les thèmes de la préservation de la ceinture verte, de l’agriculture de proximité et de la biodiversité sont d’importance majeure.

20 Le 13 SD ag rde RIF rel rico r le po s les 89 se l’h 80 oriz du , b % d l’ob o c rég es n on oisé es ject ion pac 203 tex s e esp if d al. es 0, te t ace e ve et rur natu s rts de al, d’i cré à nte er ret ga

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1976 Le SDAURIF introduit le concept de zone naturelle d’équilibre, pour la préservation de l’espace rural et agricole, vu l’étalement des zones urbanisées.

20 Le 14 Hid m ob alg aire ce ject o a de l u he i ifs fi P à ctar d’ar de xé, aris P 30 ar es rive son par An m n % is, de r à pro d to a ma i le e du ont its voir nda s cti v fs. env égé 100 t, iro tau n x le

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LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE

Le XXe siècle est marqué par des nombreux changements, grace au développement technologique dans tous les secteurs. La révolution agroalimentaire influence la morphologie du paysage et les méthodes de cultivation dans la région francilienne: la progressive fracture entre agriculture et élevage casse un des principaux cycles économiques des siècles précédents. La taille des parcelles augment, avec l’utilisation des tracteurs motorisés les temps sont réduits de moitié et la production s’accroitre exponentiellement; le paysage rural est banalisé, on assiste à une perte de biodiversité et la considérable utilisation de fertilisants chimiques compromet la qualité des eaux souterraines.

Les premières années du XXe siècle sont marquées par un grand nombre d’inventions. Le tracteur, né aux Etats-Uni à la fin du XIXe siècle, devient une partie intégrante du monde agricole, dont en change radicalement les dynamiques de production. Le développement de la voie ferrée et du commerce influencent largement la conformation de la ville et les consommations des ses habitants. L’importation alimentaire dépasse les limites nationales et les différentes régions se spécialisent dans particulières productions. Les études en chimie portent à l’augmentation de l’utilisation des fertilisants. A Paris en particulier, la hausse de la production alimentaire conduit au collapsus du marché des Halles, qui est de plus en plus moins compétitif dans la nouvelle économie de marché: en 1971, enfin, il sera transféré en banlieue, à Rungis.

La classe moyenne, la bourgeoisie, devient l’acteur principal de ce siècle. Les innovations technologiques amènent de la richesse et avantagent la vie de beaucoup de familles. La figure du consommateur change d’une façon radicale, les biens sont plus faciles à trouver, les temps du commerce sont accélérés. L’enrichissement général se répercute sur l’augmentation de la demande de produits alimentaires et de biens de consommation. Le supermarché révolutionne le système d’achat et le gaspillage est le trait le plus descriptif de la société consumériste. “L’événement le plus important du XXe siècle est la fin de l’agriculture. L’humanité devient paysanne au néolithique, il y a dix mille ans. En France, nous étions encore 70% de paysans au début du XXe siècle, nous sommes 2% aujourd’hui. Vous voyez l’importance! En un siècle, sans que l’on s’en rende compte, on a quitté le néolithique.” Michel Serre

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19 Le 97 le pr tiq r oto de ue éch cole co 18 , es auff de nfé 0 t em K ren pa sig en yot o, ce ys, né t CO p pa clim sur P end r p a3. a lu nt s la 2007 Dans la métropole de l’après-Kyoto et avec le Grand Paris, les thèmes de la préservation de la ceinture verte, de l’agriculture de proximité et de la biodiversité sont d’importance majeure.

20 Le 13 SD ag rde RIF rel rico r le po s les 89 se l’h 80 oriz du , b % d l’ob o c rég es n on oisé es ject ion pac 203 tex s e esp if d al. es 0, te t ace e ve et rur natu s rts de al, d’i cré à nte er ret ga

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1976 Le SDAURIF introduit le concept de zone naturelle d’équilibre, pour la préservation de l’espace rural et agricole, vu l’étalement des zones urbanisées.

20 Le 14 Hid m ob alg aire ce ject o a de l u he i ifs fi P à ctar d’ar de xé, aris P 30 ar es rive son par An m n % is, de r à pro d to a ma i le e du ont its voir nda s cti v fs. env égé 100 t, iro tau n x le

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X Ju IX s ye squ iècl ne ns ’à e po s, le de l’ar u al r s tra rivé me imen l’a ujet nsp e d tu nt ta pp de ort es pr re m im ire rovi la p mo mo o tou du ar por est sion rox de n im rt p ctio aich tan rès n èr t. extr eme ité de de p e g La êm nt la rod ara cei evil ui nti nle. ts t l fra a is


LA PRÉSERVATION DE L’ESPACE NATUREL ET AGRICOLE

Dans la région Île-de-France, par suite de la globalisation, de la perte de biodiversité et de la fracture entre contexte agricole et urbain, on a développé des stratégies de préservation de l’espace vert et agricole. Le concept de Ceinture Verte est un projet du Plan Vert Régional Île-de-France, publié en octobre 1995, et plus récemment inclus dans le nouveau Schéma Directeur de la Région Île-de-France (SDRIF). Son objectif est de protéger les zones naturelles périurbaines, en limitant l’étalement urbain en tache d’huile, en créant des espaces récréatifs pour le temps libre, en gardant l’agriculture de proximité. « D’ici 2030, la Ceinture verte aura pour ambition de créer de nouveaux liens entre la ville et la campagne, en offrant des limites claires par le respect des fronts urbains d’intérêt régional et en traitant cette zone de lisière comme un espace de valorisation commun. C’est en effet dans les communes de la Ceinture verte, qui concentrent tous les enjeux, que devra s’inventer le développement équilibré de la région de demain conciliant à la fois le développement urbain et la préservation des espaces ouverts » (www.aev-iledefrance.fr).

La mécanisation, la chimique organique, les biotechnologies, les télécommunications, les transports globaux, dans moins d’un siècle, ont révolutionné le secteur de l’agriculture, et pas sans contradictions: pendant que nous les Occidentaux devenons obèses, le tiers-monde crève de faim. Parmi les habitants de la ville il est fort aujourd’hui le désir d’un retour à la nature. Depuis les années 90, les politiques urbaines essaient d’améliorer la qualité de vie des quartiers densement habités, avec des projets de potagers urbains, parcs verts et nombreuses associations travaillent pour promouvoir la consommation des produits des agriculteurs de proximité. “Le paysan nouveau est quelqu’un d’admirable. C’est probablement le métier qui a fait le plus de progrès en quelques années. Il doit assimiler la quasi-totalité du savoir contemporain. Il est à la fois climatologue, chimiste, biologiste, commerçant, même commerçant international.”

Selon les estimations des Nations-Unies, depuis 2009, plus de la moitié de la population mondiale habite en contexte urbain. En 2050 on estime qu’il y aura 9,1 milliards d’habitants, dont 6,1 milliards vivront en ville. Alors que les campagnes sont de plus en plus vides, on assiste à la croissance d’un mouvement nostalgique pour la culture agricole en ville: les villes sont des réserves de vert, qui peut pousser partout, sur les balcons, dans les cours des batiments, dans les parcs. Dans ce cadre, les figures de l’agriculteur urbain ou du guérillas jardinier prend soin des coins oubliés de la ville, en les embellissant, en réduisant les émissions de CO2 et en favorisant la sociabilité vivace dans les quartiers.

Michel Serre

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LE MARAÎCHER maraîcher, -ère, subst. et adj. Jardinier cultivant un marais à l’intérieur ou à proximité de l’enceinte d’une ville marais, subst. masc. 1. Terrain, généralement de vaste étendue, recouvert en permanence d’une nappe d’eau peu profonde, où croissent en abondance des plantes aquatiques et parfois des arbres 2.Terrain bas situé dans l’enceinte ou à l’entour de Paris (ou d’une ville importante) propre à la culture intensive des légumes *CNRTL

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LE MARAÎCHER

De La Mare. “Sixième plan de la ville de Paris en 1589”

De La Mare. “Huitième plan de la ville de Paris en 1705” De La Mare. “Cinquième plan de la ville de Paris en 1383”

Plan de AndriveauGoujon. 1850

Plan de Jaillot. 1778-1784

Carte d’Etat Majeur 1900

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LE MARAÎCHER

L’espace agricole, depuis toujours, a organisé le paysage, en Europe comme en France, jusqu’à l’avènement des moyens de transport modernes. A proximité immédiate de la ville, on cultive les produits frais sur des terres qui constitueront ce que l’on appellera, à juste titre, la ceinture maraîchère, bien visible sur les cartes représentant Paris jusqu’au XVIIIe siècle. Au-delà s’étend l’espace de l’agriculture à proprement parler, l’ager des géographes, et du paysan, celui qui est loin de la ville, de la culture. (…) Le maraicher, quant à lui, aura toujours eu un statut particulier, “rural par ses travaux, urbain par son habitat” (Phlipponneau, 1956), il est un citadin à part entière et le maraichage, par la ceinture qu’il constitue autour de la ville, contribue à éloigner le monde des citadins de celui des paysans. La distance géographique se double ainsi d’une distance sociale qui se traduira par une ignorance profonde de la dure réalité du travail de la terre. Cette “forclusion” dont parle Augustin Berque (2008), sera particulièrement flagrante avec l’émergence au XVIe siècle d’un nouveau genre pictural, le paysage, qui fera de la campagne un espace considéré comme naturel et dont on évacuera toute trace des paysans et surtout de la pénibilité de leur travail. Quand le chemin de fer se développe, au XIXe siècle, la nécessité de cultiver les produits frais à proximité de la ville s’estompe rapidement. Le maraicher ne cherche plus à livrer ses produits sur les marchés urbains mais à la gare la plus proche. Le train se charge du reste et plus vite plus la production de fruits et légumes pourra se délocaliser vers des climats plus favorables. (…) Les villes, libérées de leurs ceintures de contention, se mettent à s’étaler considérablement. Et sur leurs franges, privées de la zone de transition que constituait la ceinture maraîchère, les citadins se trouvent maintenant voisins de ce monde agricole qu’ils ont appris à méconnaître durant des siècles. Dans ce monde, les paysans ont disparus, (…) ils sont devenus agriculteurs, des citadins comme les autres. Commence alors l’époque de la nostalgie. Une société tout entière semble regretter d’avoir si longtemps ignoré, dénigrés, “forclos”, ce monde des paysans. Alors on le réinvente et on lui attribue des fonctions nouvelles, comme celle d’approvisionner les citadins en légumes frais…Quant aux agriculteurs, ceux qui produisent le blé -qui est toujours la plante que nous consommons le plus- on les comprend toujours aussi mal. Ce ne sont plus leur sueur et leur “cul terreux” que l’on refuse de voir, ce sont les signes de la modernisation de leurs techniques, que l’on accuse de tous les mots. La forclusion a changé d’objet, elle n’a pas changé de territoire. “Le paysan, le maraicher et le citadin” (Roland Vidal, éditorial HUM)

“Les gens veulent vivre à la campagne, mais ils ne veulent pas les nuisances engendrées par l’exercice de l’agriculture ; les gens veulent que la ville s’installe dans la campagne!” 67


1841

LE MOUVEMENT CENTRIFUGE DU MARAÎCHER

1785

1566

1356-1383 1180-1213 X SEC

IV SEC

68


LE MARAÎCHER

PARIS ET LA CEINTURE MARAICHÈRE “Il est généralement connu que, toutes les fois qu’on a reculé l’enceinte de Paris, les jardiniers-maraîchers ont été obligés de se reculer aussi pour faire place à de nouvelles bâtisses, et que ce déplacement leur était toujours onéreux, en ce qu’ils quittaient un terrain amélioré de longue main pour aller s’établir sur un nouveau sol, souvent rebelle à leur culture, qui ne pouvait être amélioré qu’avec le temps et de grandes dépenses. (…) A la vue des chemins de fer qui s’établissent de toute part (…), il est facile de prévoir que la culture maraîchère de Paris est à la veille de recevoir des modifications et nous avons cru utile de décrire cette culture telle qu’elle se pratique à Paris en 1844, afin que par la suite on pût mieux juger et apprécier les changements qu’elle pourra subir.” Manuel pratique de la culture maraichère de Paris. J.G. Moreau Moreau e J.J. Daverne, Paris, 1845

“Qu’est-ce qu’un maraîcher? Au XIII siècle c’est un habitant des marais, indistinctement de ses activités. L’occurrence moderne voit le jour en 1497 dans un texte de la ville d’Abbeville: un maraîcher c’est une personne qui cultive des légumes. Pour une telle culture il faut beaucoup d’eau alors ils oeuvrent dans les marais, ces parties insalubres que les paysans ne veulent pas. Il faut une terre aussi. Et des plants. L’eau, la terre, le plant, le triptyque n’a pas changé pour leurs descendants qui évoluent en cette banlieue parisienne. Un seul autre point est arrivé, fondamental, le marché. Le marché sans qui rien ne peut se créer ou perdurer puisqu’il faut vendre. Le marché qui est le géniteur de cette activité.” J.-B. Noé, “Etre maraicher dans la plaine de Montesson. De nourrir à servir, de produire à offrir, du primaire au tertiaire? 1973-2004” Université Paris I Panthéon Sorbonne, Maitrise d’Histoire Contemporaine 2004-2005

1389 1589 1705 1780 1850 *Pinon P. (2004), Les plans de Paris : Histoire d’une capitale 69


70


LA PLAINE DE MONTESSON

71


72


LES CARACTÉRISTIQUES

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L’orografia dell’area a nord-ovest di Parigi, compresa tra Saint-Denis e Vernouillet, é prondamente segnata dall’andamento sinuoso della Senna, che qui forma quattro ampie anse che ospitano paesaggi piuttosto diversi tra loro: la zona di Gennevilliers, importante porto fluviale della regione parigina, densamente urbanizzata e marcata dalla presenza di industrie ed infrastrutture; quella di Argenteuil, dove sono ancora oggi rintracciabili aree agricole inglobate nel tessuto urbano, prevalentemente pavillonaire; quella della Foresta Demaniale di Saint-Germain-en-Laye, possedimento reale e foresta di caccia, i cui 3500 ettari sono stati in parte intaccati, a partire dall’ ‘800, da manufatti napoleonici, dalla stazione di depurazione della città di Parigi, dalla stazione di smistamento ferroviario di Achères, dal tunnel dell’A14; infine la zona di Chanteloup-les-Vignes, villaggio rurale di 2500 abitanti fino alla costruzione, negli anni ‘60, degli oltre 2000 alloggi sociali della Cité Noé.

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LES CARACTÉRISTIQUES

XVIIIe siècle

XIXe siècle

isolement géographique : production alimentaire de subsistance

première ligne ferroviaire Saint-Lazare-Le Pecq : ouverture aux Halles

Jusqu’au début du XIXe siècle, la production de la plaine, vue sa condition d’isolement à cause de la particulière topographie du méandre de la Seine, était variée, pour garantir l’autosuffisance (céréales, vignes, légumes). Avec l’arrivée de la première ligne ferroviaire passagers de France, SaintLazare-Le Pecq, en 1837, et, en conséquence, avec la nouvelle proximité au marché des Halles, la plaine fut convertie pour la plupart en maraichage, qui, encore aujourd’hui, représente plus de la moitié de la surface cultivée; dans les années ‘60-’70 la monoculture de la salade fut introduite aussi, qui actuellement couvre 40% de l’entière production de secteur en Île-de-France.

XXIe siècle

aire d’influence

moderne système de transports : exportation à l’échelle nationale 75


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LES CARACTÉRISTIQUES

Axe historique et PRIF perspective urbaine: Louvre, Saint-Germain-en-Laye

Carte du revenu Revenus médians en 2009, écart à la médiane régionale

La plaine est traversée par ce qu’on appelle “axe historique” parisien, la perspective urbanistique qui relie la statue équestre de Louis XIV dans la cour Napoléon du Louvre, et la Grande Arche de la Défense, jusqu’à la terrasse du chateau royal de Saint-Germain-en-Laye. La plaine divise la banlieue très riche de Le-Vésinet, au sud, de celle beaucoup plus modeste de Argenteuil, au nord; l’absence d’interaction entre la nature productive de la plaine et les différents tissus urbains qui l’enclavent a comme conséquence qu’elle soit souvent aperçue comme l’arrière des pavillons le long de son périmètre.

x > -40% -30% < x < -40% -20% < x < -30% -10% < x < -20% 0% < x < -10% 0% < x < +10% +10% < x < +20% +20% < x < +30% +30% < x < +40% x > +40%

Topographie-geologie

*IAU 77


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LE SCÉNARIO ACTUEL

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VISION DE SYSTĂ&#x2C6;ME

sartrouville

plaine de montesson

1000

montesson

500

250

0m

80

le-vĂŠsinet


LE SCÉNARIO ACTUEL

carrieres-sur-seine

eau grandes cultures jachère maraichage vergers/pépinières serres friches bois parcs urbains terrains de sport associations jardins partagés pistes cyclables lignes de bus arrosage ecoles 81


SCÉNARIO ACTUEL _CATALOGUE PAYSAGES EXISTANTS

82

production-infrastructures

jardins partagés-grands ensembles

rangées d’arbres-pavillonnaire

production-friches


LE SCĂ&#x2030;NARIO ACTUEL

cultivations-eau

poles didactiques-production 83


SCÉNARIO ACTUEL_ LES TISSUS URBAINS

84


LE SCÉNARIO ACTUEL

Pavillonnaire Nord modèle Sartrouville

Pavillonnaire Sud modèle Le-Vésinet

Grands ensembles modèle Montesson

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SCÉNARIO ACTUEL_LES PAYSAGES DE LA PLAINE

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LE SCĂ&#x2030;NARIO ACTUEL

Rapport tissu pavillonnaire-friches modello Montesson

Parc DĂŠpartemental de la Boucle de Montesson Espace Naturel Sensible 87


SCÉNARIO ACTUEL_LES PAYSAGES DE LISIÈRE

88


LE SCÉNARIO ACTUEL

Rapport jardins partagés-friches-autoroute Montesson

Rapport hôpital-friches-champs Montesson

Pôle commercial Sartrouville

89


SCÉNARIO ACTUEL_LES PAYSAGES DE LISIÈRE

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LE SCÉNARIO ACTUEL

Rapport pôle scolaire-friches modèle Montesson

Rapport grands ensembles-zone militaire

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LES SCÉNARIOS FUTURS “Aujourd’hui les parcs sont rarement des lieux de connexion entre les différentes parties qui les entourent, mais plutôt de distanciation et de séparation.” Bernardo Secchi, Paola Viganò, La ville poreuse, 2011. “Les lisières forment une séparation entre deux mondes qui ne se rencontrent pas. D’un côté le monde agricole, de l’autre la périphérie de la périphérie qui prend parfois la forme d’une zone pavillonnaire, d’une zone commerciale ou d’une zone d’activités. Il n’y a aucune interaction entre ces deux espaces qui se tournent le dos. La lisière ne se matérialise que par une limite qui n’autorise aucun échange, aucun lien.” Equipe Jean Nouvel, pour l’Atelier International du Grand Paris.

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MASTERPLAN

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LES SCÉNARIOS FUTURS Les lisières de la plaine de Montesson sont de différentes natures et constituent plusieurs types d’interface avec l’espace agricole: le tissu menu des pavillons avec le pôle scolaire et sportif de Montesson et la voisine surface imperméable de la zone militaire, les grands ensembles, l’autoroute en tranchée A14, les anciennes caves de Carrières-sur-Seine, la ville jardin de Le Vésinet, le parc départemental qui donne accès direct à la Seine et le centre commercial du Carrefour créent différents degrés de porosité et offrent plusieurs possibilités d’interaction au marge. Le projet aborde la question de la perméabilité, en travaillant, d’un côté, sur la continuité et sur l’épaississement des lisières, pour créer des périmètres de mixité et, de l’autre côté, sur une renouvelée transversalité de la plaine, pour en recoudre les extrémités. Le travail sur les marges est imaginé comme une occasion d’enrichir le système écologique. Des paysages différents peuvent être organisés en suivant le micro-conditions locales: la topographie, les eaux pluviales et les eaux de la Seine, les friches et les bâtiments abandonnés. “La diversité des paysages est aussi liée à la diversité des ses usagers. La biodiversité devient le catalyseur de la socio-diversité.” Bernardo Secchi, Paola Viganò (2011)

Projet Legenda_progetto bois boschi rangées d’arbres filari alberati maraîchages maraichages jardins giardinipartagés condivisi terres agricoleslavorate cultivés aree agricole friches friches eau acqua sites aree d’intérêt d’interesse et vélo parcours percorsi pietons ciclo-pedonali Existant Legenda_esistente campi sportivi terrains de sport parchietejardins giardini parcs terrain de terreno dicompensation compensazione bois boschi rangées d’arbres filari alberati maraîchages maraichages friches friches 95


TAXONOMIE

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spin farming

woonerf

bois de biomasse

jardins filtrants dâ&#x20AC;&#x2122;irrigation

espace de loisir

techniques expĂŠrimentales


LES SCÉNARIOS FUTURS

aménagement de la rue_infill

bassins de rétention

green street et edible street

design systémique

serres pédagogiques, thérapeutiques et expérimentales

AMAP et réutilisation de bâtiments abandonnés 97


98

mobilité lente_connexion

wetland_parc d’eau équipé

serres et espace de loisir

jardins partagés_intégration du marge

PAYSAGES DE LISIÈRE_COUPES


serres pédagogiques_intégration du marge

vente directe_cohésion sociale

coupe C-C’ _ pôle scolaire-potagers pédagogiques

coupe A-A’_lisière-production

depaving_permeabilité et continuité

surfaces drainantes_continuité

LES SCÉNARIOS FUTURS

coupe B-B’_centre commerciale-wetland 99


jardins filtrants_biodiversité et phytoépuration

serres thérapeutiques_expérimentation

PAYSAGES DE LISIÈRE_COUPES

100


techniques expérimentales _réappropriation des friches

mobilité lente_connexion

LES SCÉNARIOS FUTURS

coupe E-E’_hôpital-champs

coupe D-D’_Seine_jardins filtrants 101


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LES LISIÈRES

103


PROJET EN LISIÈRE

250

100

50

0m

104


LES LISIÈRES

scala 1:2000 sites deprogetto projet aree di wetland wetland depaving potagers orti continuités écologiques continuità ecologiche attrezzature dide progetto équipements projet spin farming mobilità lenta mobilité lente boschi biomassa bois dedibiomasse catalizzatori d’activités di attività catalyseurs 105


SCÉNARIOS DE LISIÈRE

DESIGN SYSTÉMIQUE_EDIBLE STREETS_Le projet propose des interventions de design systémique pour renforcer le lien entre le contexte urbain et l’ espace agricole qui est à coté. Le modèle Granja Ciudad prévoit un cycle fermé, pour la production de légumes, qui associe activités de restauration, citadins, espace publique et privé, tout en donnant l’occasion de requalifier des aires intra-urbaines peu qualitatives, comme les surfaces imperméables des parkings des grands ensembles, qui peuvent être redessinés avec un système de récolte des eaux pluviales, uni à des activités attractives pour la population, comme les “edible streets”.

106


LES LISIÈRES

SPIN FARMING_GREEN STREETS_Plus de 5% des logements de Montesson est vacant aujourd’hui. Le tissu urbain typique de la Boucle est le pavillonnaire, qui dispose d’un jardin privatif: le projet propose de récupérer ces espaces abandonnés, avec le système de la “SPIN farming” (Small Plot INtensive), qui exploite de façon intensive des petites parcelles de terre pour la production de légumes riches en protéines et, pour ça, rentables. Où la conformation de la rue le permet, on propose de la redessiner pour créer une “green street” et agrandir l’espace piéton, en enlevant des places de stationnement. 107


ESPACE DU LOISIR _POTAGERS COLLECTIFS_INTÉGRATION DE LA FRICHE_ Les friches en lisière de la plaine empêchent le contact et la transversalité entre le tissu urbain menu et la plaine, en contribuant au dégrade. Le projet veut créer une certaine perméabilité, en dessinant des nouveaux axes de mobilité lente qui étendent les rues qui, aujourd’hui, s’arrêtent à la limite de la friche, et en installant des activités à service des habitants, comme espaces de loisir et jardins collectifs.

108


LES LISIÈRES

WETLANDS_JARDINS FILTRANTS_ L’actuel système d’irrigation de la plaine utilise les eaux de la nappe phréatique, avec des stations de pompage, qui ont un grand cout énergétique. Dans un scénario futur de carence hydrique, on suppose l’épuration avec des wetlands. Les jardins filtrants, avec un système de sept bassins d’épuration naturelle, permettent l’utilisation de l’eau fluviale pour l’arrosage, comme on fait déjà aujourd’hui dans le Parc du Chemin de l’Île à Nanterre. *jardins filtrants_phytorestore_parc du Chemin de l’ile à Nanterre

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JARDINS PÉDAGOGIQUES_DEPAVING_WOONERF_Le pôle scolaire et sportif de Montesson donne directement sur la plaine, avec laquelle, pourtant, il n’y a pas un échange, un lien : une large friche sépare les espaces productifs de ceux scolastiques. L’idée c’est d’associer la pédagogie à la découverte de l’agriculture, avec des potagers et des serres: comme ça, le lieu publique devient un catalyseur d’activités liées aussi à la sphère productive. La continuité entre les deux espaces est soulignée par des interventions de “depaving” et par la création d’un grand “woonerf”, où mobilité lente et motorisée peuvent partager l’espace.

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LES LISIÈRES

VENTE DIRECTE ET MOBILITÉ LENTE_Un réseau de mobilité lente permet la transversalité à l’intérieur de la plaine et connecte les activité productives au centre ville, en encourageant le commerce de proximité. Des lieux attractifs animent la plaine et sensibilisent les citadins à ses qualités, qui sont souvent méconnues, comme les nombreuses décharges abusives, présentes dans la zone, témoignent. 111


VISION DE SYSTÈME Pour nourrir un français il faut une surface cultivée de 3000 m2 environ. En cas de problèmes des réseaux de transport, Paris disposerait de réserves suffisantes pour 3 jours seulement. Une surface de 200 m2 environ assure l’autosuffisance en légumes pour une famille de 4 personnes pour un an. Le scénario explore une hypothèse radicale: quels résultats donnerait la mise en culture de toutes les aires vertes disponibles, des jardins privatifs aux parcs publiques, en termes de qualité spatiale et de subsistance alimentaire? What if? Si toutes les friches de la Plaine de Montesson étaient cultivées à maraichage? 20% de la population de la boucle serait autosuffisant, c’est à dire 44% des habitants de Sartrouville, 5750 familles*, pour un total de 23000 personnes. What if? Si tous les espaces potentiellement cultivables étaient mis en culture? L’aire de la Boucle de la Seine pourrait garantir l’autosuffisance en fruits et légumes pour 400000 personnes environ. *familles de 4 personnes

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LES LISIÈRES

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114


APPENDICES

115


116


LE VOYAGE

117


PAYSAGES DE PROXIMITÉ

118


LE VOYAGE

Jardins partagés Cultivations expérimentales

Maison Lafitte Cultivations expérimentales

AMAP

Jardins partagés 2

Jardins partagés ZAD patate Maraichage Vente directe

Jardins partagés

Gens de voyage

Maraichage

Décharge

Point panoramique

Parc départemental

Distributeur automatique produits frais

Décharge Serres

Compensation environnementale

Maraichage Jardins partagés

1 Champignonniste

Plaine de l’avenir 78

Chateau Saint-Germain-en-Laye

Ville jardin_Le Vesinet

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QUESTIONNAIRE ET PARTICIPATION “BOTTOM-UP”

Au début de notre recherche on a rédigé un questionnaire on-line pour comprendre quel était le sentir commun par rapport aux enjeux qu’on était en train d’aborder. On l’a envoyé à un publique hétérogène de la région parisienne, comprenant étudiants, chercheurs, associations, citadins de la Boucle de Montesson et producteurs locals. On a reçu 231 réponses, la plupart desquelles témoigne le vif intérêt des interviewés à nos propositions d’action. “Paris et les nouveaux maraichers Bonjour! Nous sommes Laura e Giulia, deux étudiantes de l’école d’Architecture de Venise et ce questionnaire nous aidera dans nos recherches pour notre mémoire de Master sur Paris et ses alentours. On est intéressées par le rapport entre espaces cultivés et contexte urbain (maraichers, cueillettes, vergers, potagers urbains..) pour comprendre comment ça peut influencer la vie de quartier. Nous vous remercions pour le temps que vous pourrez nous donner, votre opinion sera très précieuse pour nous !”

120


LE VOYAGE

Analyse des mouvements des navetteurs maison-travail, sur la base des donnĂŠes du questionnaire 121


122


GLOSSAIRE

123


resource demand/capacity

MĂ&#x2030;TABOLISME URBAIN DURABLE

B A 0 urban centre 1

urban centre 2

urban centre 3

RELATION BETWEEN URBAN DENSITY AND PRODUCTIVE CAPACITY OF LAND A _ Level of resource demands in a rural context. B _ Level of productive capacity in a rural context.

DYNAMICS OF A DENSE URBAN CENTER

Cities accounts for enormous flows of energy and materials (inflows of goods and services and outflows of waste). Thus urban environmental management critically affects global sustainability. 124


GLOSSAIRE

less ss transportation ene energy

reducing educing costs for bothh people peop and businesses nesse esse by reducing distances. dista less material mater use

80% OF GLOBAL GDP is generated by dense urban centers using sing less space

MÉTABOLISME URBAIN DURABLE Les villes contemporaines sont les premiers consommateurs de ressources dans notre société, mais elles sont aussi les endroits où on peut maximiser les bénéfices de la densité et de la proximité, en réduisant les couts et les distances.

less energyy overall

Bio

FF

Con

2

25 2.5

3 TE

IM

EL

Ind

RESSOURCES PARISIENNES_GRAPHIQUE DES CONSOMMATIONS A Paris on observe une consommation moyenne de charbon, moyennegrande d’eau, de biomasse et de combustibles fossiles et grande pour électricité et matériaux de construction.

CO2

125


MĂ&#x2030;TABOLISME URBAIN DURABLE

water air solar radiation

water energy materias biomass regional hidden flows municipal extraction

INPUT_IMPORTS domestic extraction

126

carbon nitrogen phos water

goods & services enviroment & infrastructures transportation

URBAN ECONOMY

PASSIVE NATURAL CYCLES water air heat

ACTIVE URBAN WASTE water energy materias biomass regional hidden flows enviromental dispersion OUTPUTS


GLOSSAIRE

urban consumption/interland production

MÉTABOLISME URBAIN COMME CYCLE FERMÉ Dans un métabolisme circulaire les déchets sont convertis en nutriments et le processus de recyclage contribue à créer des relations de proximité, en diminuant la dépendance par rapport aux autres marchés.

0

pre-urban

urbanization

densification

stasis

transition

hinterland production energy

water materials hinterland r production 1

1700 700 70

2

INDUSTRIAL ECOLOGY VISION FOR URBAN SYSTEMS BIOREGIONS: First urban systems with natural support inside the city borders.

3

1800 8000

LES PHASES DE L’URBANISATION _VERS LE SOCIO-MÉTABOLISME Dans le scénario “service-oriented”, grâce aux principes de clôture des cycles et à l’utilisation d’énergies renouvelables, les consommations sont limitées à l’entretien des biens et à quelques inputs de l’extérieur.

4

22000 000 00 00

GLOBAL INTERACTION: Risen of land's price and decline of urban industries and agriculture (products from far away).

22050 050

ECOLOGICAL ECONOMY: Learning from nature and industrial ecology, production and close cycles come back in the urban borders.

127


INDUSTRAL ECOLOGY

METHODS DPSIR: drivers, pressures, state, impact

MODELS multidisciplinary framework, urban and regional planning

TOOLS EIO: economic input and output methods MFA: material flow analysis EF: ecological footprint LIFE-CYCLE ASSESSMENT

INDUSTRIAL ECOLOGY changing behaviour looking at the nature

INDUSTRIAL ECOLOGY

Industrial ecology gives tools, methods and models used in order to reach a change in the human behaviour looking at the nature as the main example. 128


GLOSSAIRE

INPUT_IMPORTS domestic extraction

CROSS FLOWS material stock

OUTPUT_EXPORTS emissions and waste to nature

INDUSTRIAL ECOLOGY quantification of the impact on nature

ÉCOLOGIE INDUSTRIELLE_ANALYSE DES FLUX C’est la quantification des interactions entre système urbain et l’environnement.

system or orientied rientied System oriented

respe spect the Respect thelimits limitsof ofnature naturehaving havinga susta a sustainable consumption onsum sum consumption

intelligent igent Intelligent distribution ributio distribution

22050 050 Urban urban metabolism metabo resilien ence Resilience Close material close material cycles cycles

MÉTABOLISME URBAIN_PRINCIPES La durabilité dépend directement de la façon dont on organise les centres urbains, en projetant les aspects économiques, sociaux et environnementaux. Il est influencé par les consommations, le climat, l’accès au transport en commun et les activités industrielles.

129


DESIGN SYSTÉMIQUE

DESIGN SYSTÉMIQUE

identité

développement

relations

conscience culture globale-locale sens de la communauté

blue economy développement durable processus autopoiesis

équilibre intéraction composants

DESIGN 1.0 traditional design

DESIGN SYSTÉMIQUE_CRADLE TO CRADLE

130

DESIGN 2.0 product service design

DESIGN 3.0 organizational transformation design

DESIGN 4.0 social transformation design


GLOSSAIRE

377MMLD/YEAR LD/YEAR in Italia

50% CIBO prodottoo buttato prima ddi essere aquisstato.

MYFOODY Application pour lutter contre le gaspillage alimentaire par un portail de vente on-line. Grâce à ça on pourrait obtenir une réduction de 80% du gaspillage alimentaire en Italie.

GRANJA CIUDAD_JULIO QUINTANA Les déchets organiques, en Espagne et dans n’importe quel autre pays, représentent un gros problème pour l’élimination. Granja Ciudad est une organisation qui réutilise les déchets organiques classés, produits par les restaurants, pour produire du compost pour la cultivation de légumes, qui seront ensuite vendus au restaurants mêmes, tout en associant les habitants des quartiers locales. Ce cycle vertueux contribue à éliminer les couts de transport et favorise la participation et la sensibilisation des citadins.

131


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133


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BIBLIOGRAPHIE DE BASE

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Proximité. Paris et les nouveaux maraîchers by Giulia Poles - Issuu