

200 Motels
Fresque musico-théâtrale de Frank Zappa
Passion et partage
La Fondation du Groupe Pictet est fière de soutenir le volet pédagogique du « GTJ - Grand Théâtre Jeunesse ».
En participant à ce programme de formation, nous nous engageons en faveur de la génération à venir.
Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir offrir aux talents de demain l’opportunité de découvrir les joies de l’opéra et du ballet, et peut-être même de susciter des vocations.
Les associés du groupe Pictet vous souhaitent une très belle saison 2025-2026.
Le Grand Théâtre de Genève remercie ses mécènes et partenaires de la saison 2025-2026 pour leur engagement généreux et passionné.
SUBVENTIONNÉ PAR
GRANDS MÉCÈNES
RÉMY ET VERENA BEST
DENISE ELFEN-LANIADO
HYPOSWISS PRIVATE BANK GENÈVE SA
FONDATION SUON ROLLAND
BRIGITTE LESCURE
MÉCÈNES
BLOOMBERG CARGILL INTERNATIONAL SA
FONDATION FAMSA
MONA HAMILTON
ADAM ET CHLOÉ SAID
RTS TV & ESPACE 2 LE TEMPS
AVEC LE GÉNÉREUX SOUTIEN DE DEUTZ
ANGELA ET LUIS FREITAS DE OLIVEIRA
FONDATION COROMANDEL

FONDATION VRM
DANCE REFLECTIONS BY VAN CLEEF & ARPELS
FONDATION LÉONARD GIANADDA MÉCÉNAT
FONDATION JAN MICHALSKI FRANCE MAJOIE LE LOUS
VERA MICHALSKI-HOFFMANN
FAMILLE SCHOENLAUB FONDATION DU DOMAINE DE VILLETTE
PARTENAIRES MÉDIA
PARTENAIRES D'ÉCHANGE









1 Enseigne lumineuse d'un motel aux États-Unis, photographe inconnu © DR
2 Incendie du Casino de Montreux pendant le concert de Frank Zappa et The Mothers of Invention le 4 décembre 1971, photographe inconnu © DR
3 Affiche du film 200 Motels (1971) © Alamy Images
4 Costume d'hôtesse de l'air par Shalva Nikvashvili pour la production GTG de 200 Motels (2026)
5 Frank Zappa en concert, vers 1968 © Alamy Images
6 Frank Zappa à la direction d'orchestre au Barbican à Londres en 1982 © Michael Putland
7 Pool party © Jacob Lund / Alamy Images
8 Costume de Cowboy Burt par Shalva Nikvashvili pour la production GTG de 200 Motels (2026)
9 Guitare électrique sous l'eau © Alamy Images




200 Motels
Fresque musico-théâtrale de Frank Zappa
Livret du compositeur
Créé le 23 juin 2000 au Carré d'Amsterdam (Holland Festival)
Première fois au Grand Théâtre de Genève
Première fois en Suisse
Nouvelle production
18 et 20 juin 2026 — 20h
21 et 28 juin 2026 — 15h
23 et 25 juin 2026 — 19h
Le spectacle durera environ une heure cinquante sans entracte
Avec le soutien de
ANGELA ET LUIS
FREITAS DE OLIVEIRA
LA CULTURE À GENÈVE C’EST sur léman bleu
Cult. les jeudis à 20H vibrez avec l’application léman bleu !




Direction musicale
Titus Engel
Mise en scène
Daniel Kramer
Décors
Carlos Soto
Costumes
Shalva Nikvashvili
Lumières
Peter Mumford
Création vidéo
Sophie Lux
Dramaturge
Stephan Mueller
Direction chœurs
Mark Biggins

Prise de rôle
Frank, Larry the Dwarf
Robin Adams
Howard
Peter Hoare
Jeff, Love Interest, Newt Lover
Edward Hogg
Mark Ziad Nehme
Cowboy Burt, WWF Wrestler
David Ireland
Bad Conscience (Ginger), Narrator, Rance
Justin Hopkins
Janet, Journalist, Soprano Solo
Brenda Rae
Good Conscience (Donovan), Lucy
Julieth Lozano Rolong
Soprano Solo Chœur
Nicola Hollyman
Mezzo Solo Chœur
Céline Kot
Basse Solo Chœur
Aleksandar Chaveev
Tenor Solo Choeur
David Webb
Guitare Solo
Mike Keneally
Steamboat Switzerland
Classe de percussions de la HEM
Choeur du Grand Théâtre de Genève
Orchestre de la Suisse Romande
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Private equity
Planification patrimoniale

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Figure mythique du rock (mais un peu moins de l'opéra), à la fois musicien, poète, compositeur, leader de groupe et producteur, Frank Zappa eut dès sa jeunesse une curiosité vorace pour toutes les formes de musique, y compris celle dite « savante ». Il trouvait son miel autant chez Edgar Varèse, Anton Webern et Igor Stravinsky que dans le swamp blues de Lightnin' Slim ou le R&B de Johnny « Guitar » Watson. Son œuvre ne trouve une cohérence globale que dans ce qu'il appelait « conceptual continuity », dans laquelle motifs sonores, idées, personnages et figures de langage se retrouvent d'objet musical en objet musical, créant un infini labyrinthe de doubles.
Pendant les cinq premières années d'existence de son groupe, The Mothers of Invention, fondé en 1966, Zappa et ses potes tournent aux ÉtatsUnis et donnent environ deux cents concerts. Autant de nuits passées dans des motels minables, pendant lesquelles pour tromper son ennui, Frank se met à composer les premiers éléments d'une fresque protéiforme, entre musique classique, voire lyrique, et rengaines rock défoncées, ballades sirupeuses, chœurs extatiques, le tout imaginé pour un orchestre symphonique, de nombreuses percussions, un groupe de rock, un chœur mixte et huit chanteurs solistes. En 1970, 200 Motels est présenté au chef de la Philharmonie de Los Angeles, Zubin Mehta, qui en fait la première exécution musicale.
L'œuvre est amenée à Londres l'année suivante, on en fait un film, tourné en une semaine, narrant l'odyssée des deux cents motels, enchaînant délires, bad trips, beuveries, gigs mémorables et rencontres improbables, entre le foutage de gueule d'un mockumentary à l'humour potache et un cinéma expérimental de génie ! La bande son du film sortira en album et plus tard en CD.
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Malgré ces prémices hasardeux — le concert post-tournage au Albert Hall fut annulé à cause du contenu jugé obscène de certaines chansons — l'œuvre continue à vivre sous la forme d'une partition, 200 Motels — The Suites, qui, 22 ans après la mort de Frank Zappa, sera finalement l'objet d'un enregistrement sérieux en 2015 par Esa-Pekka Salonen et la Philharmonie de Los Angeles. Œuvre à la généalogie compliquée, première instance de la relation passionnée de Zappa à la musique savante et premier déclencheur des nombreuses frustrations que le monde de la musique classique lui causa, 200 Motels n'a que rarement et assez récemment été tenté à la scène.
Pour marquer la fin de son mandat comme directeur général du Grand Théâtre de Genève, Aviel Cahn a donc décidé de sauter du balcon des 200 Motels dans la piscine iconoclaste et psychédélique du metteur en scène étasunien Daniel Kramer qui avait amplifié la dimension spectaculaire de Turandot aux côtés des artistes de TeamLab en 2023. Dans ses mains, le rêve américain démonté par Frank Zappa, entre critique politique et dystopie, pourrait autant déraper vers le Technicolor du Magicien d'Oz (peut-être en plus fluo) que vers les réalisations transgressives et poilantes de John Waters ou le monde bizarre et horrifiant de David Cronenberg. Sous la baguette de Titus Engel, qui avait ouvert l'ère Cahn avec Einstein on the Beach en 2019, il y aura le guitariste d'anthologie Mike Keneally et Steamboat Switzerland, trio d'improvisation, et l'OSR en grande formation, rejoint par un groupe de jeunes percussionnistes de la HEM. Une œuvre orgasmique, symphonique, ithyphallique et cathartique, et si vous avez des questions, faites ce que Frank vous dit : mangez-les !


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A legendary figure in rock (though somewhat less so in opera), Frank Zappa was a musician, poet, composer, band leader and producer who, from a young age, had a voracious curiosity for all forms of music, including so-called 'art' music. He got as much inspiration from Edgar Varèse, Anton Webern and Igor Stravinsky as from the swamp blues of Lightnin' Slim or Johnny 'Guitar' Watson's R&B. Zappa's work only finds its coherence in what he called 'conceptual continuity', in which musical motifs, ideas, characters and figures of speech recur from one musical piece to the next, creating an infinite labyrinth of duplicates.
During the first five years of their band's existence—The Mothers of Invention, founded in 1966—Zappa and his buddies toured the United States, playing around two hundred gigs. That meant two hundred (or so) nights spent in seedy motels, during which, to stave off boredom, Frank began composing the first elements of a multifaceted epic, blending classical and even operatic music with trippy rock anthems, schmaltzy ballads and rapturous choruses, all arranged for a symphony orchestra, multiple percussionists, a rock band, a mixed chorus and eight solo singers. In 1970, 200 Motels was presented to the conductor of the Los Angeles Philharmonic, Zubin Mehta, who gave its first performance. The work went to London the following year, where a film was made over the course of one week, narrating the odyssey of the two hundred motels, a succession of crazy antics, bad trips, drink-fuelled binges, memorable gigs and unlikely encounters, somewhere between a piss-taking mockumentary heavy with sophomoric humour and a masterpiece of experimental cinema. The film's soundtrack was then released as an LP and later on CD.
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Despite its rocky beginnings — a post-filming concert at the Albert Hall was cancelled because some of the songs' lyrics were ruled obscene — the work went on living in the form of a score, 200 Motels — The Suites, which, twenty years after Frank Zappa's death, was finally the subject of a serious recording in 2013 by Esa-Pekka Salonen and the Los Angeles Philharmonic. A work with a complicated history, the first expression of Zappa's passionate relationship with art music and the initial trigger for the many frustrations the classical music world would cause him, 200 Motels has only rarely and relatively recently, been attempted on stage.
To mark the end of his tenure as General Manager of the Grand Théâtre de Genève, Aviel Cahn has chosen to jump from the balcony of 200 Motels into the iconoclastic and psychedelic swimming pool created by US director Daniel Kramer, the one who spectacularly ramped up Puccini's Turandot with the help of visual wizards TeamLab at the GTG in 2023. In his hands, the American dream debunked by Frank Zappa — somewhere between political critique and dystopia — could just as easily veer towards a Technicolor Wizard of Oz (perhaps just a tad more day-glo) as towards the transgressive, hilarious movies of John Waters or the nightmarish worlds of David Cronenberg. Swiss conductor Titus Engel, who ushered in the Cahn era with Einstein on the Beach in 2019, leads a motley crew featuring legendary guitarist Mike Keneally and Steamboat Switzerland, an improv trio, the OSR in full force, strengthened by a group of young percussionists from the HEM. Get ready to experience something orgasmic, symphonic, ithyphallic and definitely cathartic, and if you have any questions: do what Frank says and eat them!
Vibrons pour la culture romande

La RTS contribue au renforcement culturel romand, à la radio, à la télévision et sur le digital, grâce à près de 50 émissions culturelles hebdomadaires.

Ouverture
Rance accueille un public enthousiaste. Il présente un « nain » qui ressemble à Frank Zappa, tandis que se déroule la première séquence symphonique de l'opéra.
Sur la route
Mark, Howard, Frank et Jeff, les membres du groupe, arrivent en ville pour un concert. Ils ont désespérément besoin d'argent.
Centerville
Centerville ressemble à toutes les autres petites villes américaines, voire européennes, dominées par les grandes chaînes : mêmes magasins, même nourriture, même fadeur. Esclavage et aliénation.
Cette ville est un sandwich au thon sous vide Le groupe est submergé par les fans et les filles qui les adorent, même si leurs parents sont moins enthousiastes à l'idée que leurs enfants s'adonnent à l'amour avec ces marginaux. Entrée en scène de la police : le groupe sème le chaos partout où il passe.
Burt
le cowboy solitaire
Burtram se présente comme un redneck du Texas. Il est à la recherche d'un peu d'action torride et la trouve dans le bar de nuit le plus populaire de la ville.
Au restaurant
Cowboy Burt réserve une autre surprise, plus sombre, au groupe. Toute la ville observe le jeu de pouvoir qui s'installe entre Cowboy Burt et les quatre marginaux. Après avoir conquis chacun des hommes, Burt demande de la musique qui lui fera plaisir pour son couronnement.
Les tournées peuvent rendre fou
On voit l'importance que la ville accorde à Burt. Interlude orchestral.
Comment s'appelle ton groupe ?
Janet, la journaliste, tente d'interviewer Frank Zappa. Janet parle et chante sans discontinuer, tandis que Frank reste silencieux jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Le groupe organise une séance photo absurde pour faire passer un message politique à la journaliste.
Je peux t'aider avec ce machin gonflable ?
Rance, dans une nouvelle tenue, intervient pour nettoyer la chambre du groupe. Au lieu de cela, il tombe sur une journaliste très excitée, et il doit composer avec sa sexualité à l'ère du #metoo.
Les doigts magiques
Heureusement, sa bonne amie arrive, et les deux dames nous enseignent tout ce qu'il faut savoir sur les véritables doigts magiques de la vie.
La gazelle plissée
Frank raconte à la journaliste comment il a tenté d'écrire une pièce de musique classique pour voix de soprano. Mais il s'imaginait que personne ne s'y intéresserait. Il a donc décidé d'y ajouter une intrigue. Une fille rencontre un garçon. Le garçon frappe la fille. La fille met le garçon à la porte.
La fille tombe amoureuse d'un éleveur de tritons, mais celui-ci est accro à son aspirateur tous les soirs quand il sort en ville. Un soir, il rentre chez lui et elle lui réserve une nouvelle fin.
Trois religieuses apparaissent pour accompagner la fille vers le couloir de la mort. Frank semble vouloir massacrer la journaliste une bonne fois pour toutes.
Argument / Synopsis
Je choure la chambre
Jeff se réveille et voit Frank maltraiter une femme. Jeff réalise qu'il doit quitter le groupe et se lancer dans une véritable carrière musicale. L'Ange de la Bonne Conscience et le Diable de la Mauvaise Conscience se battent dans la tête de Jeff pour avoir son attention. Jeff est submergé et s'en va de la manière la plus inattendue qui soit.
Enfonce-la d'un seul coup
Le chaos s'ensuit : le groupe doit monter sur scène mais ne peut pas donner son concert sans Jeff. Tous les thèmes du spectacle s'entremêlent pour former une image culminante et grandiose des systèmes mondiaux à l'œuvre — hier et aujourd'hui.
La dimension du pénis
Les solistes discutent avec désinvolture de la question délicate de la taille du pénis et de l'ancienne lignée d'hommes minuscules aux pénis minuscules qui ont détruit de vastes parts de l'humanité — tout cela pour compenser leurs minuscules micropénis.
Finale : Strictement distingué
Alors que le groupe fait face au destin inévitable qui nous attend tous, que pouvons-nous faire d'autre que chanter, danser et célébrer tous nos minuscules petits cerveaux, âmes et organes génitaux ?
Overture
Rance welcomes the thrilled audience. He introduces a “dwarf” who looks like Frank Zappa, while the first symphonic sequence of the opera unfolds.
Went on the Road
Mark, Howard, Frank and Jeff, the band members arrive in town for a gig. They desperately need money.
Centerville
Centerville is like every other corporate small town in America and even Europe: same stores, same food, same blandness. Slavery and alienation.
This Town Is a Sealed Tuna Sandwich
The band are swamped by fans and girls who adore them, although their parents are less excited about their kids making love to these outcasts. Enter the police: the band brings chaos to town wherever they go.
Lonesome Cowboy Burt
Burtram introduces himself as a redneck from Texas. He is looking for some hot action and finds it in the most popular late-night bar in town.
The Restaurant Scene
Cowboy Burt has another darker surprise in store for the band. The whole town watch the power dynamics play out between Cowboy Burt and the four outcasts. After winning over each of the men, Burt requests some music he can enjoy for his coronation.
Touring Can Make You Crazy
We see the town's value for Burt. Orchestral interlude.
What's the Name of Your Group?
Janet, the journalist, is trying to interview Frank Zappa. Janet talks/sings on and on — while Frank stays silent until he can handle it no more. The band stage an absurdist photo shoot to make a political point to the journalist.
Can I Help You With This Dummy?
Rance, in a new outfit, steps in to clean the band's room. Instead, he finds a very stimulated Journalist, and he has to navigate her sexuality in the age of #metoo.
Magic FIngers
Luckily her good friend arrives, and the ladies are able to teach us all about the true magic fingers in life.
The Pleated Gazelle
Frank shares with the Journalist how he attempted to write a piece of classical music for soprano voice. But he assumed, no one would care. So, he decided to add a story. Girl meets boy. Boy hits Girl. Girl kicks boy out. Girl falls in love with a newt farmer, but he is addicted to his vacuum cleaner every night when he goes out on the town. One night he comes home and she has a new ending in store for him. Three Nuns appear to walk the girl to death row. Frank appears to slaughter the Journalist once and for all.
I Am Stealing the Room
Jeff wakes up as he sees Frank treat a woman badly. Jeff realizes he must quit the band and pursue a real music career. The Angel of Good Conscience and the Devil of Bad Conscience fight in Jeff's head to keep him present. Jeff becomes too overwhelmed and leaves in the most unexpected way.
Shove
It Right In
Chaos ensues: the band are due onstage but can't do their show without Jeff. All of the show's themes weave into a massive climactic image of the world systems at work — then and now.
Penis Dimension
The soloists casually discuss the tricky question of penis dimension and the ancient lineage of tiny men with tiny penises destroying vast parts of humanity — all in compensation for their tiny little micropenises.
Finale: Strictly Genteel
As the band face the inevitable fate of us all, what can we do but sing and dance and embrace all of our tiny little brains, souls and genitals.
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1717
Naissance à Milan de Francesco Zappa, violoncelliste virtuose et compositeur, qui mourra en 1803 à La Haye. En 1984, Frank Zappa réalisera l'album Francesco Zappa, transcriptions pour synthétiseur Synclavier des compositions de musique de chambre de cet illustre ancêtre putatif et homonyme.
1882-1883
Sur une période de 18 mois naissent : à Oranienbaum (RU), Igor Stravinsky ; à Vienne (AT) Anton Webern et à Paris (FR) Edgar Varèse. Ces trois compositeurs, l'iconoclaste du Sacre, l'innovateur de l'atonalité et du dodécaphonisme et celui qui déclara que la musique n'était que du « bruit organisé », furent des influences importantes dans la culture musicale de Frank Zappa.
1913

Naissance à Old Pine en Louisiane d'Otis Verries Hicks, dit Lightnin' Slim, guitariste et chanteur de Louisiana blues et de swamp blues, qui eut une influence tout aussi importante que Stravinsky, Webern et Varèse dans la culture musicale de Frank Zappa.
1940
Quelques dates autour de Frank Zappa
Naissance à Baltimore (Maryland) aux États-Unis de Frank Vincent Zappa, fils de Rose Marie Colimore et Francis Vincent Zappa, chimiste et mathématicien dans l'industrie de la défense, ce qui oblige la famille à déménager fréquemment à la suite de ses mutations professionnelles.
1941
Attaque surprise de l'aviation japonaise sur la base aérienne et navale de Pearl Harbor (Hawaï), précipitant l'entrée des ÉtatsUnis dans la 2e Guerre mondiale. Francis Zappa travaille à l'arsenal militaire d'Edgewood (Maryland) qui stocke du gaz moutarde et d'autres produits à haut risque nécessitant de garder à la maison des masques à gaz et autres protections.
1951
Francis Zappa et sa famille déménagent en Californie, d'abord à Monterey, puis à San Diego, puis dans la grande banlieue de Los Angeles à Lancaster. L'image de soi et l'œuvre musicale de Frank Zappa seront imprégnées de la culture populaire de la Californie du Sud de sa jeunesse.
1956
À San Diego, Frank Zappa se produit pour la première fois dans un groupe de rock The Ramblers, dans lequel il joue de la batterie. Il continuera comme batteur, et au début des années 60, émergera comme guitariste, son instrument pour la postérité.
1957
Frank demande à sa mère de lui payer, pour ses 17 ans, un appel interurbain à Edgar Varèse expatrié à New York, dont il écoute obsessivement la pièce Ionisation. Mais son héros musical n'est pas à la maison. Quelques semaines plus tard, le jeune Frank et l'octogénaire se parlent et Varèse annonce qu'il écrit Déserts. Frank est ravi que « le plus grand compositeur du monde » écrive une pièce lui rappelant le désert autour de sa ville de Lancaster.
1960

Frank a quitté l'école secondaire. Il étudie en privé la composition et l'arrangement musical. Il emménage avec Kay Sherman, une camarade d'études, et ils se marient. Frank travaille brièvement dans une agence publicitaire comme rédacteur où il acquiert le goût pour le design et la création textuelle, qui lui serviront plus tard pour illustrer ses albums et réaliser ses propres films et vidéos.
1963
Première apparition télévisée de Frank Zappa, désormais producteur, compositeur et interprète de musique expérimentale, à l'émission de variétés The Steve Allen Show, produisant des sons bruyants et atonaux à l'aide de baguettes de batterie et d'un archet sur un vélo appartenant à sa sœur Candy. Steve Allen, pourtant en phase avec le monde beatnik, déclara : « Eh bien, M. Zappa… Je vous félicite pour votre clairvoyance mais ne revenez plus jamais jouer votre musique ici ! »
1966
Guitariste et chanteur principal d'un groupe qui joua son premier concert un jour de la fête des mères, d'où leur nom de « The Mothers », Frank et ses collègues signent un contrat avec Verve, le label jazz et rock progressif de la MGM, qui insiste sur un changement de nom pour détourner de l'allusion au terme assez vulgaire de motherfucker. Comme on dit que la nécessité est la mère de l'invention, le nouveau groupe s'appellera « The Mothers of Invention » et publiera son premier album Freak Out ! évoquant une sous-culture composée de personnes se qualifiant elles-mêmes de freaks, aux cheveux longs et habillés avec des vêtements dépareillés provenant de friperies qu'il préférait aux hippies toujours pétés au cannabis. Zappa a été farouchement opposé à la drogue toute sa vie : « Je n'aime pas me cogner aux meubles ni vomir sur les gens. »
1967

Frank, séparé de Kay Sherman, rencontre Gail Sloatman et elle emménage avec lui dans sa maison du quartier branché et contre-culturel de Laurel Canyon, entre Los Angeles et la vallée de San Fernando (« The Valley ») où vivent Joni Mitchell, Linda Ronstadt, Brian Wilson des Beach Boys, Jim Morrison et bien d'autres membres du gotha du rock. Ils se marient à New York en décembre et resteront ensemble jusqu'à la mort de Frank. Ils auront quatre enfants : deux filles, Moon Unit et Diva, et deux garçons, Dweezil et Ahmet.
1970
Après une période new-yorkaise, les Zappa se réinstallent à Laurel Canyon pour de bon. Frank rencontre Zubin Mehta ; ils mettent sur pied un concert au cours duquel Mehta dirige l'Orchestre philharmonique de Los Angeles, accompagné d'un groupe de rock. Selon Frank, la musique avait été en grande partie composée dans des chambres de motels pendant une tournée avec les Mothers of Invention.
1971
Le concert de Los Angeles donne lieu à un film tourné en une semaine aux Pinewood Studios près de Londres : 200 Motels, mettant en vedette les Mothers et Frank, le Royal Philharmonic Orchestra, Ringo Starr en avatar de Frank, Theodore Bikel et Keith Moon. Il s'agit du premier long métrage jamais tourné sur bande vidéo et son transfert sur pellicule 35mm permet des effets visuels novateurs. Cette rencontre entre la musique de Zappa et la musique savante se termine mal : le Royal Albert Hall annule le grand concert post-tournage, car son conseil de fondation juge le texte des chansons obscène.

4 décembre 1971
Incendie du Casino de Montreux, où se produisent les Mothers. Tout leur matériel est détruit. Deep Purple, qui devait enregistrer après eux au Casino, évoque l'incident en 1972 dans « Smoke on the Water ». Une semaine plus tard à Londres, un membre du public jaloux de l'attrait que sa fiancée éprouve pour Zappa, le fait tomber de scène : il subit de graves fractures, un traumatisme crânien et des blessures au dos, à la jambe et au cou, ainsi qu'un écrasement du larynx, qui fait baisser sa voix d'une tierce.
Quelques dates autour de Frank Zappa
1982
En mai, Zappa sort l'album Ship Arriving Too Late to Save a Drowning Witch, où figure son plus grand succès commercial, la chanson « Valley Girl » (nominée aux Grammy Awards), dans laquelle sa fille Moon improvise en parodiant les adolescentes de la vallée de San Fernando, popularisant ainsi de nombreuses expressions, dont « gag me with a spoon » et « fer sure, fer sure ».
1er juillet 1982
Frank et The Grandmothers jouent à la Patinoire des Vernets à Genève. À la fin de ce concert de 45 minutes, ils jouent une nouvelle composition « Geneva Farewell » qui sera enregistrée en 1992 sur l'album You Can't Do That On Stage Anymore, vol. 5
1987
Le succès commercial de « Valley Girl » permet à Frank de financer entièrement la production des deux albums London Symphony Orchestra I & II de ses compositions pour orchestre dirigées par Kent Nagano à la tête du LSO. Encore une fois, Frank est déçu de l'expérience : 40 éditions de bande de « Strictly Genteel » ont été nécessaires sur la section des trompettes, l'enregistrement ayant eu lieu après une sortie bien arrosée des musiciens au pub. Quant à Nagano, il en fut plutôt satisfait, remarquant que « pour être tout à fait juste envers l'orchestre, il faut dire que cette musique est, humainement parlant, extrêmement difficile ».
1989

Après avoir collaboré en 1984 avec l'immense compositeur et chef d'orchestre Pierre Boulez sur plusieurs concerts à l'IRCAM et au Théâtre de la Ville à Paris (où figurait notamment la chanson « The Perfect Stranger »), Zappa et Boulez sont à nouveau réunis le 23 mai 1989 pour une conférence musicale au Schoenberg Hall de l'UCLA, organisée par le LA Philharmonic et le département de musique de l'université.
1991
Le Festival de Francfort choisit Frank Zappa (avec John Cage, Karlheinz Stockhausen et Alexander Knaifel) pour l'affiche de son édition 1992. La prestigieuse formation de chambre allemande Ensemble Modern fera également en 1992 une série de concerts Zappa, dans des arrangements sur mesure du compositeur. Le 24 juin 1991, Frank saisit sa guitare à Prague, saluant « le début d'un nouveau pays. Essayez de préserver son caractère unique, ne le transformez pas en quelque chose d'autre. » Dans les pays de l'ancien bloc de l'Est, nombreux sont les rues et les monuments en souvenir de Frank Zappa.
1993
Le 4 décembre, Frank Zappa meurt chez lui à Los Angeles d'un cancer de la prostate, entouré de sa femme et de ses enfants.
2000
La première interprétation dramatique de 200 Motels depuis le film de 1971 a lieu le 23 juin au Carré d'Amsterdam dans le cadre du Holland Festival. Pour la réaliser, le compositeur Ali N. Askin adapte ce que Zappa appelait le « vieux tas de partitions pour musique de film » en une véritable partition lyrique : 200 Motels: The Suites.
2015
Premier enregistrement ad hoc de 200 Motels : The Suites par le LA Philharmonic sous la direction de Esa-Pekka Salonen.
2016
Sous la baguette de Sarah Hicks, l'Orchestre philharmonique tchèque offre un concert tout Zappa (incluant « Strictly Genteel », « Dupree's Paradise » et « While You Were Art II ») pendant le festival d'été pragois Prague Proms.
2018
Création française de 200 Motels : The Suites lors du Festival MUSICA de Strasbourg, dirigé par Léo Warynski dans une mise en scène d'Antoine Gindt. Le spectacle enchaîne avec une représentation à la Philharmonie de Paris et sera repris en 2023 à l'Opéra de Nice.
200 Motels Frank Zappa (1940-1993)
Opéra pour ensemble rock, orchestre symphonique, ensemble percussion, chœur et chanteurs
Scène 1
(Chœurs F/H, Rance)
Ouverture Orchestre
La lalla la (Chœur femmes)
Ah ah ah (Chœur hommes)
Ladies and gentlemen, the true story of Two Hundred Motels (Rance)
Scène 2
(Mark, Howard, Chœurs F/H)
Went On The Road
Chanson avec ensemble rock
Touring — what a drag (Mark, Howard)
La lalla la (Chœurs F/H)
Scène 3
(Mark, Howard, Chœurs F/H)
Centerville Orchestre — interlude Cen-ter-ville! Cen-ter-ville! (Mark, Howard)
Hmm, hmm (Chœurs F/H)
Scène 4
(Mark, Howard, Chœurs F/H)
This Town Is A Sealed Tuna Sandwich
This town, this town — is just a sealed tuna sandwich (Mark, Howard)
All the people in the sandwich town (Chœurs F/H)
Dance Of The Just Plain Folks (Danse des gens tout à fait ordinaires)
Interlude ensemble percussion
Scène 5
(Burt, Chœurs F/H)
Lonesome Comboy Burt
Chanson country solo
My name is Burtram — I am a redneck (Burt)
Hi Burt! (Chœurs F/H)
Scène 6
(Burt, Chœurs F/H)
The Restaurant Scene Interlude ensemble percussions
Are you a boy or a girl ?? (Burt)
Ha ha ha ha (Chœurs F/H)
Scène 7
Touring Can Make You Crazy Interlude orchestral
Scène 8
(Journalist, Chœurs F/H)
What's The Name Of Your Group?
I do not know very much of you (Journalist)
How long have you been growing your hair?
(Chœurs F/H)
Scène 9
(Rance, Journalist)
Can I Help You With This Dummy ?
Can I help you with this dummy (Rance)
Oh you startled me (Journalist)
Scène 10
(Frank, Soprano solo, Chœurs F/H)
The Pleated Gazelle
One night I couldn't get any action (Frank)
Guh guh goo g g (Soprano)
Some people might wonder (Chœurs F/H)
Instrumental
10A The Lad Searches The Night For His Newts
(Le garçon cherche ses tritons dans la nuit)
10B Motorhead's Midnight Ranch (Le ranch de minuit de Motorhead)
10C The Girl's Dream (Le rêve de la jeune fille)
10D The Dental Hygiene Movie Music (La musique du film d'hygiène dentaire)
Scène 11
(Chœurs F/H, Jeff, Good Conscience, Bad Conscience)
I'm Stealing The Room
Intro A/B Orchestre
Two Hun-dred Mo-tels (Chœurs F/H)
I'm stealing the towels (Jeff)
No, no, Jeff (Good Conscience)
Piss off you little nitwit (Bad Conscience)
Scène 12
Shove It Right In Musique d'orchestre
I. Prelude
The Girl's Room (La chambre de la jeune fille)
II. The Secret Stare (Le regard énigmatique)
III. She Laughed In His Face (Elle lui a ri au nez)
IV. Postlude
Scène 13
(Chœurs F/H, Mark, Howard)
Penis Dimension
Pe-nis di-men-sion ?
(Chœurs F/H)
Pe-nis di-men-sion is worrying me (Mark, Howard)
Scène 14
(Rance, Chœurs F/H)
Finale: Strictly Genteel
Lord have mercy on the people of England (Rance)
It's been swell having you with us (Rance)
200 Motels : richesse rythmique et grooves ludiques
Un entretien avec Titus Engel par Christopher Park
Titus Engel, pendant votre jeunesse, quand avez-vous découvert qu'il existait un musicien de rock appelé Frank Zappa, et est-ce que vous écoutiez sa musique ?
À cette époque, je savais plus ou moins qu'il existait, quelque part dans le lointain, un Frank Zappa, mais ce ne serait pas honnête de ma part de dire que j'étais un de ses fans. Je ne me suis vraiment intéressé à lui que plus tard, lors de mes études musicales par le biais de la musique contemporaine, quand j'ai capté la rumeur que cette étoile du rock était aussi un compositeur de musique contemporaine savante. Pour ma part, à l'adolescence, j'écoutais plus volontiers Queen, qu'une jeune fille au pair appelée Silvia qui travaillait chez nous m'a fait connaître.
Maintenant que j'y pense, peut-être qu'elle m'a aussi fait connaître Zappa, il faudra que je lui pose la question ! Mes parents n'étaient pas du tout des amateurs de rock, ils écoutaient surtout de la musique classique et même s'ils avaient
dans leur collection de disques du Jimi Hendrix ou l'album de Woodstock, du Zappa, il n'y en avait définitivement pas. Le visage de Zappa, son apparence iconique, est logé quelque part dans ma mémoire profonde, mais de là à dire que j'en étais un fan… Queen, en revanche, et « Bohemian Rhapsody » en particulier, me parlaient directement avec leur style entre le rock et le lyrique qui témoigne d'une intention créatrice, formée à la musique savante, allant bien au-delà du simple tube de musique pop/rock. Je me demande d'ailleurs ce que Zappa pensait de ses contemporains Queen et de leur musique.
Il me semble que Zappa, qui a été le contemporain de toute une génération d'icônes du rock — Beatles, Rolling Stones, Jim Morrison and the Doors, The Who, Pink Floyd, même Bowie — ne se souciait que très peu de ce que faisaient ses contemporains et se laissait encore moins influencer par les phénomènes de musique commerciale de son temps.

Titus Engel © KaupoKikkas Entretien
Je crois que Zappa était sa propre planète dans sa propre galaxie, et cela depuis ses débuts musicaux avec ses premiers compagnons de route des Mothers of Invention dans les années 1960. Ce qu'ils faisaient à l'époque n'était qu'en partie du rock. Ils avaient aussi un côté dadaïste, notamment au niveau de leurs textes et de leur musicalité, qui dépassait déjà la sphère de la musique rock commerciale en tant qu'entertainment. Ils pratiquaient une musique d'art expérimentale improvisée qui de ce fait appartenait presque plus au jazz qu'au rock. Avec la musique de Zappa de cette époque, on a l'impression, quand ça commence, que ça ressemble au rock qu'on a l'habitude de fréquenter, et puis Zappa fait toujours quelque chose pour nous couper l'herbe sous le pied, pour nous désorienter, nous distancer de la dramaturgie musicale linéaire, familière, classique du rock commercial. Zappa faisait toujours le contraire.
Quelle est la relation entre Zappa et le monde de la composition contemporaine de la deuxième moitié du XXe siècle ?
Il faut évidemment commencer par Edgar Varèse et la pièce Ionisation que Frank découvrit dans un bac de disquaire à l'âge de 15 ans et qui devint pour lui une telle obsession qu'il demanda comme cadeau d'anniversaire à sa mère une conversation interurbaine de Californie à New York pour pouvoir parler à son héros musical ! Cette anecdote me touche tout particulièrement parce que quand j'avais 17 ans, j'aurais bien aimé pouvoir parler à mon héros musical du moment, Olivier Messiaen, mais il était déjà mort et j'ai dû me contenter de parler à sa veuve et plus grande interprète Yvonne Loriod ! Je comprends totalement son besoin d'avoir une forme de lien direct avec un compositeur de son temps qu'on admire plus que tout.
Dans 200 Motels, la présence de Varèse est immense, notamment dans l'orchestration des huit percussionnistes. Ce n'est pas juste une grosse section de percussions qui est là pour le rythme, elle est essentielle à la couleur et aux timbres de la partition. Chez Varèse aussi on trouve ce spectre coloré de percussions, avec la profusion de wood-blocks, de gongs, de tambours différents. Je suis en train de faire des ateliers avec les percussionnistes de 200 Motels pour faire sortir le plus de couleurs possibles de la cinquantaine d'instruments qu'ils vont jouer. Et puis il y a l'influence d'Igor Stravinsky qui est palpable dans 200 Motels : les rythmes irréguliers, notamment, que Zappa aimait tellement qu'il en faisait aussi usage dans ses arrangements rock. Il y a une reprise des Beatles par Zappa où on entend clairement des rythmes à la Stravinsky !
La genèse de 200 Motels est une histoire compliquée. Il y a une sorte de légende qu'elle est née de l'ennui d'une tournée interminable où il n'y avait rien d'autre à faire dans les motels minables, une fois le gig terminé, que de composer. Pouvez-vous en esquisser une narration cohérente ?
Honnêtement, je serais moi-même bien emprunté pour vous dire comment cela s'est vraiment passé et dans quel ordre. Ce que je sais, grosso modo, c'est qu'il y avait un « gros tas de partitions », composées en incluant un orchestre. Et puis il y a une rencontre à Los Angeles avec Zubin Mehta qui imaginait un projet crossover, assez visionnaire pour l'époque, qui a donné lieu à un concert avec le LA Phil. Après le concert est venue l'idée d'en faire la bande son et le scénario d'un film qui fut réalisé à Londres avec le Royal Philharmonic et qui donna lieu à un enregistrement de ladite bande-son, à la fois bande-son d'orchestre et bande son de l'ensemble rock. C'est à cette occasion que Zappa rencontre
Entretien avec Titus Engel
pour la première fois une déception qui sera chronique dans sa carrière : les musiciens auront beaucoup de difficulté à interpréter sa musique ! Ce que je sais avec beaucoup plus de précision à ce sujet, je le tiens du compositeur allemand Ali Askin qui après le décès de Zappa a rendu visite à sa veuve en Californie et a récupéré le « gros tas de partitions » pour en faire une véritable édition. Il a fait cela à la demande du Holland Festival qui l'avait choisi parce qu'il avait travaillé avec Zappa comme assistant sur l'un de ses derniers albums de musique savante, Yellow Shark, le seul album « classique » d'ailleurs duquel Zappa était véritablement satisfait. Il faut s'imaginer que quand Zappa débarque dans les années 1970 dans le monde de la musique savante, les musiciens sont très conservateurs, tout le monde joue en frac et nœud papillon et ils ne sont pas du tout habitués à cette musique innovante et exigeante. 200 Motels est effectivement une partition complexe, aux rythmes qui se superposent qui en rendent l'exécution très difficile. De plus, il ne faut pas oublier que Zappa était un perfectionniste obsessif, un control freak aux exigences très élevées, habitué à enregistrer dans des studios de haut niveau aux États-Unis. Bref, après 1971, toute tentative de jouer la musique de 200 Motels dépendait d'assemblages ad hoc, par Zappa lui-même, du « gros tas de partitions ». Et on revient à la visite d'Ali Askin chez Gail Zappa, à la toute fin des années 1990, où il s'attaque au « gros tas » chaotique et avec l'aide d'un script du film, fait le tri et réalise une bonne copie, corrigeant au passage certaines petites erreurs de notation musicale commises par Zappa, qui était, soit dit en passant, largement autodidacte en termes musicaux. Cela explique aussi peut-être pourquoi les musiciens classiques avaient de la peine à jouer ses partitions, puisque certaines divisions rythmiques étaient notées à deux fois leur vitesse logique. Ça devait être tellement déstabilisant
pour eux ! C'est donc depuis 2000, grâce au travail d'Ali Askin pour le Holland Festival, qu'il est possible de jouer 200 Motels tel que voulu par Zappa à partir d'une véritable partition standardisée.
Dans quelle mesure Frank Zappa se concevait-il comme un compositeur de musique savante ?
Outre le fait qu'il était ultra-perfectionniste et très disciplinaire envers ses collègues musiciens — dire que Frank Zappa c'est sex, drugs and rock & roll est absolument faux car il ne tolérait aucune consommation de stupéfiants dans ses groupes et désapprouvait de la culture trip out de son temps –, Zappa attachait une telle importance à ses projets de composition de musique savante qu'il a même financé de ses propres deniers ses albums LSO I & II enregistrés avec Kent Nagano sur les profits réalisés par son plus grand succès commercial, « Valley Girl » sorti en 1982. Il déclare aussi, dans son mémoire The Real Frank Zappa Book, qu'entre des projets foireux lancés par la radio et télédiffusion publiques autrichienne dans les années 1970 et, plus tard, par le Holland Festival, avoir perdu plus de 250 000 dollars en fonds propres : « Those European orchestras are a pain in the ass. » Mais ce qui est remarquable, c'est le soin qu'il a mis à utiliser les meilleurs studios et les meilleures technologies de son temps pour améliorer son travail de composition, notamment son outil personnel célèbre, entre synthétiseur et ordinateur musical, qui paraît dans plusieurs albums, le Synclavier. Il avait aussi un côté mégalomane à toujours chercher à composer et à enregistrer pour de très grands effectifs et à payer ce qu'il fallait pour réaliser ses ambitions. C'est peut-être quelque chose qu'il tenait de Varèse, aussi porté sur les très grands ensembles.

Steamboat Switzerland avant de continuer : ils sont vraiment la composition idéale pour ce projet Zappa car, comme lui, ils sont à mi-chemin entre musique rock et musique savante. Ce sont trois interprètes aux parcours à la fois classique, jazz et rock. J'ai beaucoup travaillé avec eux dans le passé, surtout autour de la musique du compositeur suisse Michael Wertmüller. Ils seront placés sur un balcon en mezzanine au-dessus du nez de scène, là où se trouve d'habitude l'écran de surtitrage. Les huit jeunes percussionnistes de la HEM et trois pianos seront également placés à la mezzanine. Il faut aussi dire que, même s'il y a des tutti au volume sonore impressionnant dans cette œuvre, il y a aussi des moments d'une grande sérénité où l'on n'entend jouer que quelques instruments, comme les guitares. Et même si on m'a demandé, vu l'espace assez limité du BFM, d'essayer de diminuer un peu les effectifs originaux de la partition, je n'y suis pas parvenu. On aura tout le toutim, comme Frank l'a voulu !
200 Motels est aussi une œuvre chantée. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la vocalité de la partition ?
Parlons un peu de l'énorme effectif de musiciens dans 200 Motels : quelles sont ses dimensions et comment allez-vous faire pour accommoder tout ce beau monde au BFM, en plus de la mise en scène sur le plateau ?
Tout d'abord, nous avons un orchestre symphonique classique au complet, l'Orchestre de la Suisse Romande, dans la fosse du BFM : cordes, bois, beaucoup de cuivres, une harpe et trois guitares. Ensuite, nous avons un ensemble de rock, Steamboat Switzerland, en compagnie du guitariste Mike Keneally, d'un trombone et d'un saxophone. Quelques mots au sujet de
Dans cette œuvre, on distingue trois genres vocaux. Il y a d'abord l'ensemble vocal du « comedy rock band » qui chante principalement dans le style du rock : harmonie serrée ou unisson, rythmes réguliers, pas de contrepoint et surtout des airs qui restent dans la tête. Comme dans La traviata, vous sortirez du spectacle avec une mélodie qui ne vous lâchera pas ! Et puis il y a une musicalité de comédie musicale à la Bernstein, portée par les deux voix de ténor aigu de la distribution. Cela étant, il y a aussi beaucoup de Sprechgesang, pas dans le style intonatif de Berg ou Schöneberg (que Zappa n'aimait pas beaucoup, je crois) mais plutôt une parole rythmée et scandée pour les parties
Caricature de Frank Zappa © Ernesto Priego MartÍn
Entretien avec Titus Engel
narratives de l'action. Et enfin, nous avons la Journaliste et la soprano solo dans la partie « Pleated Gazelle » qui sont extrêmement virtuoses, dans un style typique de l'opéra contemporain, que Zappa pousse presque aux limites de la caricature tout en prenant un plaisir évident à composer ainsi pour la voix. On sent son admiration pour le niveau élevé de technique exigé pour ce genre d'interprétation. Il note même dans la partition que ce qu'il vient de composer c'est juste de la folie et qu'il est très curieux de voir ce que ça va donner. À l'époque, vu le conservatisme des musiciens, interpréter ce genre de musique, vocale ou instrumentale, était une gageure. De nos jours, on a heureusement des musiciens qui ont l'oreille formée à des sonorités éclectiques qui sortent de l'ordinaire.
Pour conclure, je vais vous citer Frank Zappa au sujet de la composition musicale et vous laisser réagir : « Pourquoi est-ce que les gens continuent à composer de la musique, et prétendent même enseigner aux autres comment le faire, alors qu'ils connaissent déjà la réponse ? Tout le monde s'en fout. »
Je crois que notre époque est, au contraire, de plus en plus intéressée par la musique de notre temps ; beaucoup plus que pendant les années 1970 ou 1980, quand Zappa faisait ce genre de déclaration. Tout comme les musiciens de l'époque, le public était aussi très conservateur. De nos jours, beaucoup de gens trouvent le grand répertoire classique un peu répétitif et sont par conséquent ouverts à de nouvelles sonorités, en tout cas c'est ce que je perçois. D'un autre côté, ce qu'on appelle « musique contemporaine », ça peut être tellement de choses différentes.
Mark Anthony Turnage, John Adams, Philip Glass, tout ça c'est de la musique contemporaine et les publics en sont très friands. Même des compositrices plus exigeantes à écouter,
comme Olga Neuwirth, jouent à guichets fermés à Hambourg et à Zurich. Les compositeurs ne composent pas pour leur propre temps, et ça depuis toujours. L'histoire et le temps qui passe feront le succès d'une œuvre. Zappa est mort en 1993 et on peut dire qu'on ne l'a vraiment pris au sérieux comme compositeur de musique classique que depuis deux décennies, surtout depuis le succès de Yellow Shark avec Ensemble Modern. Il a aussi laissé derrière lui un immense corpus de musique instrumentale composée pour le Synclavier qui est maintenant arrangée pour et interprétée par toutes sortes de formations musicales dont Zappa n'aurait jamais rêvé de son vivant. Dans le monde germanophone de la musique contemporaine que je fréquente et qui est très axé sur le Klang, la sonorité, je trouve quelque chose de fascinant dans la richesse rythmique et les grooves ludiques de Zappa, dérivés de son identité rock. Si Zappa vivait encore, il serait salué comme l'un des plus grands compositeurs de notre temps, j'en suis sûr. Car même si la taille de ses effectifs et les dimensions de ses compositions ne facilitent pas la programmation de ses œuvres, c'est une musique qui restera avec nous pour très longtemps. Et je me souhaite que notre production de 200 Motels, qui est probablement la première qui fait une mise en scène complète avec des intentions dramatiques et des moyens dignes d'une véritable production lyrique, sera un jalon important dans l'histoire de la musique de Frank Zappa.
Recycling Shit *
Un entretien avec Daniel Kramer par Stephan Mueller
Daniel Kramer, quand Frank Zappa est mort en 1993, vous étiez enfant dans l'Ohio, aux ÉtatsUnis. Quand avez-vous découvert Zappa ? Avezvous un souvenir de votre première « connexion » avec lui ?
Je n'avais jamais entendu parler de Frank Zappa dans mes jeunes années. En tant qu'enfant des années 80, tous les rebelles sociaux et artistiques des années 60 et 70, tous ceux qui avaient contesté l'idéologie dominante américaine, avaient été effacés au moment où j'ai pris conscience du monde. J'ai grandi avec MTV, Michael Jackson et Madonna — un monde complètement différent. La première fois que j'ai entendu parler de Zappa, c'était dans un cours universitaire sur le dadaïsme. Mon professeur, très allemand, nous a présenté Le Théâtre de l'absurde de Martin Esslin et a fait, en passant, une petite remarque élogieuse sur Zappa en tant que membre tardif du dadaïsme. Je me souviens avoir écouté un peu de Zappa plus tard ce soirlà : mais en tant qu'homme gai, le monde du rock m'avait toujours été hostile et je me souviens très bien avoir levé les yeux au ciel et classé ce bruit dans la catégorie « hommes blancs hétéros » et être passé à autre chose.
Zappa était de la génération des comics — il utilisait les codes et les principes de la bande dessinée américaine, à la narration explosive, courte, dense et poussée jusqu'à un point de surprise diabolique. 200 Motels est structuré comme un comic. Puisque vous vous intéressez — en tant que metteur en scène — à la création de formes comiques fortes, cela doit être un délice de travailler sur le matériel délirant de Zappa…
Oui. Une partie de ma formation initiale s'est faite dans la commedia dell'arte. De plus, j'ai grandi dans la tradition comique américaine, des comédies musicales, de Saturday Night Live et de l'incomparable In Living Color. Plus tard, à l'université, en étudiant le chef-d'œuvre de
* Note de traduction : Nous avons laissé dans l'original anglais de l'entretien le titre choisi par ses protagonistes. À leur demande, nous précisons que « shit » peut signifier à la fois littéralement « merde/matière fécale » et en argot, métaphoriquement « une/quelque chose (de peu de valeur) : p. ex. «You don't know shit » — « Tu n'y connais rien » ; « You always say the same shit » — « Tu racontes toujours les mêmes conneries ».

Daniel Kramer © Mats Bäcker
Tony Kushner, Angels in America, on en vient à comprendre l'astuce qui consiste à faire rire le public (ce qui libère son diaphragme, l'aide à se détendre et permet ainsi de gagner la confiance de l'artiste qui orchestre le tout) ; puis, juste après le rire, on glisse la question politique la plus profonde. Comme Brecht l'a si bien enseigné à Kushner. Mais la comédie ne me suffit pas. Ayant été mis au ban de la société en raison de ma sexualité dans une petite ville des États-Unis, j'ai toujours eu besoin d'une expression artistique qui puisse chatouiller tout en étant aussi un acte de protestation. Un rire n'est intéressant que s'il cache quelque chose derrière.
Je pense que Zappa est partant pour cette dialectique. Son intérêt pour les blagues et les bêtises, combiné à son dégoût de la réalité sociale, le mode de vie américain vu comme un film d'horreur… son aversion pour l'industrie intelligente de la stupidité de la télévision et des films à sensations bon marché… c'est kiffant ?
Ce qu'il y a de plus kiffant dans 200 Motels, c'est l'absence d'histoire. J'adore la façon dont le film questionnait à travers des impressions, des vignettes, des instants. On est en A, puis soudainement en Y, puis de retour en C, et peutêtre qu'on n'atteint jamais B. On dirait plutôt qu'on est en train de créer une pièce de danse (une forme que j'aime par-dessus toutes les autres, car je peux façonner le temps et l'espace selon mes besoins, et non d'après une formule préétablie). 200 Motels excelle dans les mouvements soudains, les glissements et les tensions dans l'espace. Il se rapproche aussi du Ontological Theatre de Richard Foreman. L'année que j'ai passée à l'école de Richard à New York a changé ma vie, c'est le moins qu'on puisse dire, considérant que je venais de l'art assez stéréotypé qui inonde Broadway ainsi que la télévision et le cinéma américains.
Zappa privilégie les énigmes et les contradictions plutôt que l'intrigue. Et en effet, certaines personnes trouvent l'œuvre trop difficile à suivre parce qu'elle s'éloigne tellement des idées reçues qui déterminent nos critères de valeur.
Quelles idées politiques de Zappa trouvent encore un écho chez vous ?
Pour moi, ce qui reste pertinent, ce n'est pas Frank Zappa en tant que commentateur de la culture américaine, mais sa compréhension du fait que la culture elle-même est déjà un système industriel de gestion de l'attention, de distraction et de consommation économique. Le complexe industriel du divertissement se trouve dangereusement proche du complexe industriel de la guerre. Zappa avait compris que le divertissement n'est jamais innocent. Il ne se situe pas en dehors de l'idéologie. En fait, c'est l'un des vecteurs les plus efficaces de l'idéologie étatique ; il aide à organiser, vendre et à faire entrer l'idéologie dominante par la grande porte, avec le sourire. La chanson de Zappa « We're Only in it for the Money » est moins une satire historique qu'un diagnostic structurel toujours en vigueur.
Où ce diagnostic structurel vous mène-t-il par rapport à la mise en scène de 200 Motels ?
J'aborde 200 Motels comme un témoignage des fantasmes, des angoisses et des structures de pouvoir qui persistent encore aujourd'hui. Ce qui est profondément vrai, c'est que le système n'a pas fondamentalement changé. Les coupes de cheveux ont changé, les noms des nantis et des démunis aussi. La question la plus difficile est peut-être de savoir pourquoi des systèmes qui semblent dysfonctionnels continuent de se reproduire si efficacement. Ce qui a changé au cours des cinquante dernières années, ce n'est pas la logique du système, mais la vitesse
et l'efficacité avec lesquelles l'idéologie est véhiculée. Des systèmes algorithmiques fonctionnent désormais en continu dans la paume de nos mains, organisant et imposant une perception biaisée à une vitesse fulgurante : « Regardez là-bas, pas ici. » Slavoj Žižek nous pose la question : Comment pouvons-nous critiquer l'idéologie alors que nous ne disposons que du langage de l'idéologie pour la critiquer ?
Aucune surprise, alors : avec le recul du temps on comprend que Zappa était lui aussi tributaire des failles du système de son époque. C'est là que le travail commence à devenir intéressant pour moi.
Žižek insiste sur le fait que l'idéologie n'est pas quelque chose dont on s'écarte pour l'observer, mais la structure même de ce qui ressemble à la « réalité ».
C'est juste ; nous habitons la réalité comme une infrastructure cognitive. La répulsion et le dégoût ne se situent plus en dehors de l'idéologie (l'ont-ils jamais été ?). Ils font désormais partie de ses outils de prédilection. Les systèmes modernes monétisent l'indignation, recyclent le scandale et transforment avec une habilité considérable le dégoût en attention. La politique et le divertissement partagent de plus en plus la même garde-robe. Ce n'est pas un hasard si deux des présidents américains les plus destructeurs étaient un acteur et une star de la télé-réalité. Ce qui autrefois choquait maintenant ne fait souvent rien de plus que de retenir notre attention. Nous consommons l'indignation comme nous consommons des friandises. Tout cela n'est que tactique.
Dans quel sens ?
Pour ne pas regarder ce que nous devrions regarder… comme, disons, peut-être les dossiers
Epstein ! Poutine ? Les génocides récents ?
La réduction de l'aide des États-Unis en Afrique qui entraînera la mort de combien de millions de personnes noires et brunes ? Les politiciens sponsorisés par des milliardaires ? Souvent, je me dis que les politiciens devraient être obligés de porter des combinaisons comme les pilotes de course pour montrer qui les finance. On ne parle plus de « corruption » mais de « lobbying ». Ce que Zappa avait pressenti, et qui semble aujourd'hui prophétique, c'est une circulation qui ne se résout jamais. Nous continuons à réagir, à « liker », à voter, à suivre, à faire du shopping, à nous plaindre, à poster, à envoyer des SMS, à nous indigner, à menacer, à manifester — et pourtant, la structure du système reste totalement intacte, plus forte que jamais.
Zappa utilise dans ses textes de chanson beaucoup de codes, d'énigmes, de jeux de mots absurdes et grivois, qui laissent peut-être un public européen perplexe. Selon vous, quel serait le défi de traduire les codes de la côte ouest des États-Unis en 1970 pour un public à Genève en 2026 ?
Je n'ai jamais considéré 200 Motels comme un document historique ou une autobiographie de Frank Zappa. Cette œuvre aborde des thèmes qui sont aussi percutants aujourd'hui qu'hier. Et comme le cinéma et la télévision américaines existent depuis plus de 75 ans (auxquels s'ajoutent désormais les réseaux sociaux), j'ai le sentiment que les Européens ont été suffisamment endoctrinés par ce cauchemar étasunien, devenu occidental. Il y a malheureusement peu de divergences entre les codes des deux continents.
Qu'en est-il de toutes le connotations et sous-entendus sexuels, du vocabulaire explicite et pervers des textes misogynes de Zappa ?
Il y a des répliques dans le spectacle qu'aujourd'hui on #cancel ! — peu importe quand le spectacle a été écrit ou comment les femmes y sont représentées ou pas, ou la sexualisation flagrante des femmes dans presque toutes les paroles de trop de chansons rock. Ma question est la suivante : comment les codes et les systèmes établis se contredisent-ils pour créer des frictions qui nous hantent plus longtemps qu'un scroll sur Instagram ? Puis-je moi-même percer l'idéologie, étant donné que je parle aussi le langage de cette idéologie ? C'est le défi de tout artiste de nos jours. Zappa offre également à son public un espace pour réfléchir autant que pour s'amuser. C'est de plus en plus rare dans l'art post-pandémique lorsque « remplir les salles » importe davantage aux gouvernements que le fait que des artistes posent des questions difficiles, parfois dérangeantes. Nous devons également reconnaître la situation difficile des arts aux États-Unis et au Royaume-Uni, où le complexe industriel du divertissement dicte de plus en plus le succès par le biais de la viabilité commerciale et de la longévité. Est-ce là aussi notre destin au sein de l'Europe ?
Revenons à la question des idéologies comme moteur du consumérisme. Žižek souligne dans son film The Pervert's Guide to Ideology que tout le monde est confronté à des injonctions cachées comme « Dégustez ! Consommez ! »
« Climb Evr'y Mountain! **» Ces paroles illustrent parfaitement la logique ambivalente du christianisme et du catholicisme : va faire ce que tu veux, tant que tu reviens nous le raconter, nous demander pardon, et surtout, n'oublie pas de payer en sortant. Ou Žižek à propos de CocaCola : on veut tous ce petit plus, cet ingrédient magique — il décrit la manière dont notre système structure le désir incessant, l'imitation et le profit. Une fois de plus, le désir détourne notre attention

de ce sur quoi elle devrait se porter. Pour moi, la mort des piliers de la vérité et de la justice est la chose la plus effrayante à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui — détruits par la suprématie économique trônant dans les différentes Maisons-Blanches à travers le monde. Je parle de vérité et quelqu'un hurle immédiatement « fake news ». Je crains que la destruction intentionnelle de la vérité hantera l'humanité pendant le temps qu'il lui reste. Le système s'est mieux compris que jamais, et comme nous le voyons dans les grands titres quotidiens, ses propagateurs ont laissé leur boussole morale à l'entrée de service de la banque.
Frank Zappa dans sa chambre d'hôtel à Londres en 1967. Photo : Robert Davidson © DR
Et maintenant, parlons musique. Zappa a toujours été fasciné par la musique de compositeurs européens tels qu'Edgar Varèse, Stravinsky, Pierre Boulez — il était enthousiasmé par la « méchanceté dissonante des accords » …
Cette méchanceté réside dans le refus de la cohérence, du confort ou de la résolution. 200 Motels n'offre pas de récit clair ni d'issue morale. Ce n'est pas du nihilisme, mais une mise à nu structurée et intentionnelle des illusions qui à la fois sous-tendent et tourmentent l'histoire humaine. Le divertissement est au rendez-vous, mais la réflexion prime par-dessus tout. C'est plutôt rare de nos jours.
Le personnage de Frank (peut-être Zappa) en parle dans la pièce : « Un soir, je n'ai rien trouvé à faire après le concert et je suis rentré tout seul au motel, je me suis fait un café instantané et… »
Et puis il poursuit en disant : « mais qui va écouter ce morceau de musique classique abstraite ? » et « Je pense que je dois trouver une histoire pour intéresser les gens à la pièce. » C'est à la fois une façon pour lui de se moquer de lui-même et de tourner en dérision les attentes des masses. Mais la méchanceté n'est pas vraiment dans la musique. La musique est ce fabuleux mélange étrange, tordu et débridé d'idiomes musicaux qui me permet, en tant que metteur en scène, de faire de même : utiliser tel ou tel langage scénique. Ça tient le public en haleine, à deviner ce qui va se passer. Mais ne vous y trompez pas, un philosophe est assis là, criant aussi fort et intelligemment qu'il le peut. La lecture continue et on continue à vouloir faire de même.
** Note de traduction : Titre (« Gravis chaque montagne ») d'une chanson célèbre du film musical The Sound of Music (La Mélodie du bonheur ) de Robert Wise (1965), dans la VF « De plaine en montagne ». Entretien avec Daniel Kramer
Sex, Divas and Rock & Roll
Notes sur l'opéra rock par Viktoria Day
Dans le mosh pit de la musicologie contemporaine, l'opéra rock est un surfeur de foules que tout le monde connaît, sans vraiment pouvoir dire à quel groupe il appartient. C'est du rock ? C'est de l'opéra ? C'est les deux ou c'est un genre à part ? C'est un album ? C'est un spectacle ? Voici, à l'occasion de la nouvelle production de 200 Motels, quelques notes sur les noces improbables de l'aria da capo et de la pédale wah-wah pour y voir un peu plus clair.
Une chose est sûre : si c'est un genre, il fait définitivement mauvais. Car à ce niveau, le rock et l'opéra ont des points communs indéniables : ils sont tous deux prétentieux, grandiloquents, grandioses, exagérés, parfois subversifs, souvent dispendieux et on sort fréquemment de leur écoute avec une rengaine dans la tête.
Mais contrairement à l'opéra classique, les opéras rock ne sont généralement pas écrits pour une production théâtrale, à l'instar du genre classique de l'oratorio ou de la cantate, bien que certains aient été adaptés en spectacles vivants à succès. On peut dire, assez schématiquement, qu'un opéra rock est un ensemble de morceaux de musique rock, souvent un album, dont les chansons s'inscrivent dans une narration qui utilise différents personnages. La critique musicale Anne Midgette, à l'époque au New York Times, écrivait (pas très gentiment) que les opéras rock ne sont rien d'autre que des comédies musicales avec guitares, synthés et batterie.
L'une des premières utilisations du terme opéra dans le contexte de la musique rock remonte à 1963, lorsque Frank Zappa déclarait à propos de sa chanson « I Was a Teenage Malt Shop » :
« Nous préparons le premier opéra rock and roll pour teenagers au monde pour CBS », mais la chaîne de télévision rejeta le projet en 1964. Freak Out!, le premier album de Frank Zappa & The Mothers en 1966, fut le prototype de l'albumconcept et l'inspiration de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967) des Beatles, fresque musicale dont les aspects dramatiques furent rendus visibles l'année suivante avec leur film d'animation Yellow Submarine.
Tommy, double album de The Who sorti en 1969, fut cependant la première œuvre à être explicitement présentée comme un rock opera. En 1979, Zappa enregistre Joe's Garage, son premier opéra rock avec, condition essentielle pour mériter le nom d'opéra, une intrigue mélodramatique à souhait. Joe, un ado à Los Angeles, fait du rock dans le garage de ses parents, entretient des relations insatisfaisantes avec les femmes, consacre tout son argent à une religion hypocrite et subventionnée par l'État, s'adonne à des activités sexuelles avec des appareils électroménagers et finit par être incarcéré. Il émerge de prison dans une société dystopique où la musique constitue un crime et sombre dans la folie. Ce triple album ne sera porté en scène qu'en 2008 à Los Angeles par le Open Fist Theatre Company, avec l'autorisation du Zappa Family Trust.

Nanette Workman, Daniel Balavoine, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault et France Gall dans Starmania en 1979 @ DR
La fin des années 1960 fut riche en comédies musicales définies par une musique rock, comme Hair (en scène en 1967, à l'écran par Miloš Forman en 1979). Mais le premier véritable opéra rock, dans le sens où l'œuvre est chantée de bout en bout et destinée d'abord à une représentation scénique, est certainement Jesus Christ Superstar (1971) d'Andrew Lloyd Webber et Tim Rice qui popularisa le genre au-delà du monde anglophone.
Ayant vu JCS à Broadway, le parolier français Alain Boublil, enthousiasmé, suggère à son ami compositeur Claude Michel Schönberg (avec lequel il créera plus tard Les Misérables) un projet d'opéra rock en français. Le résultat ? D'abord, tradition opéra rock oblige, un double album que le duo monte ensuite en version scénique avec
100 comédiens et un véritable orchestre dirigé par Jean-Claude Petit, au Palais des Sports de Paris à l'automne 1973 : La Révolution française, avec Alain Bashung, au début de sa carrière, en Robespierre. Mais l'œuvre, malgré 100 représentations, languit dans un oubli relatif depuis qu'un astéroïde venu du Canada l'a supplantée dans les faveurs du public !
Michel Berger, inspiré dramatiquement par la célèbre séquestration de Stockholm en 1973, avait sorti le titre « Angelina Dumas » en 1975, mais il était bien conscient qu'en faire un opéra rock était un pari risqué à cette époque-là en France. Son épouse France Gall lui conseille de trouver un auteur capable de traduire la violence qu'il cherche à exprimer, et lui ayant fait écouter la chanteuse-rockeuse québécoise Diane Dufresne, il découvre le nom de son parolier Luc Plamondon. Ils se rencontrent à Montréal en 1976, puis travaillent ensemble en 1977. Le résultat sera bien sûr Starmania, album sorti en 1978 et créé en scène à Paris en 1979, avec Daniel Balavoine, Diane Dufresne, France Gall, Fabienne Thibeault et Nanette Workman.
Ce tour d'horizon des opéras rock ne saurait se conclure sans mentionner le double album (1979) et son adaptation au cinéma (1982) de The Wall des Pink Floyd. Une histoire qui rivalise sans problème avec Lucia di Lammermoor, Elektra ou Peter Grimes : Pink érige un mur émotionnel pour se protéger après avoir sombré dans la folie à la suite d'expériences de vie traumatisantes. L'album fut donné en concert à Berlin en 1990 pour commémorer la chute du Mur, puis à travers le monde de 2010 à 2013, la tournée la plus lucrative jamais réalisée par un artiste solo.
Salut, Frank…
Hey, man…
Un entretien posthume avec Frank Zappa
par Stephan Mueller
Tu sais que le premier album de Zappa que j'ai acheté, c'était Freak Out !... Sympa… Et quoi d'autre… ?
Eh bien, j'étais à ton concert à Montreux le 4 décembre 1971 quand le Casino a pris feu… Et alors… ?
Tu étais une sorte de héros pour nous — la façon dont tu as géré l'évacuation de trois mille personnes…
Bon, tu es en train de passer à travers ma biographie — je sais, je suis mort depuis 1993 — ou tu veux m'interviewer ? N'oublie pas : se faire interviewer, c'est pas très différent de se faire interroger par l'inquisition.
Je te donne quelques mots-clés et tu réponds… d'accord ?
Ça roule…
Le communisme ?
Le communisme, ça ne marche pas parce que les gens aiment posséder des trucs. Le communisme, ça ne marche pas parce qu'il est en décalage avec la nature humaine. Si quelque chose t'appartient, tu te battras pour la protéger.
Si rien ne t'appartient, ça n'intéresse personne… Est-ce qu'on va se réveiller un jour et se rendre compte que cette affirmation est tout aussi vraie lorsqu'on l'applique au concept de la démocratie en Occident ? Je crois que, dans une démocratie, le gouvernement n'existe que parce que — et seulement tant que — les citoyens lui accordent un « permis temporaire d'existence » — en échange de la promesse qu'il se tiendra à carreau. Dans une véritable démocratie, c'est toi qui possède le gouvernement — et pas l'inverse.
La télévision ?
Ah la télévision c'est un truc de malade. Mais j'aime regarder la télé, j'aime regarder les gens mentir. Seulement, les gens deviennent les victimes de la télé, des victimes inconscientes.
Tout comme la pornographie… Je préfère ne pas m'étendre là-dessus.
Le mode de vie américain ?
Les rêves tuent les rêveurs.
L'échec de ta vie ?
L'échec n'est pas une raison de s'énerver. C'est une situation assez normale ; une fatalité dans 99 % de toutes les entreprises humaines. Réussir est en fait plutôt rare : c'est pour ça que les gens se prennent tellement la tête à ce sujet.

Costume de Frank Zappa en chamane par Shalva Nikvashvili pour la production GTG de 200 Motels (2026)
La drogue ?
Je ne consomme pas cette merde.
Tu n'en consommes pas… Pas du tout.
Pourtant tu fumes des cigarettes… Pour moi, les clopes c'est de la bouffe.
Dieu ?
Louer Dieu, c'est se louer soi-même… Parfois, la religion fait ressortir le pire chez les gens, quelle que soit la religion, mais l'une des raisons pour lesquelles les gens pratiquent une religion, c'est que cette participation crée l'illusion d'appartenir à une famille fonctionnelle élargie. Tout ce que le type imaginaire dans les nuages ne fera pas pour eux — parfois il est occupé à inventer le crack, à provoquer des sécheresses, à semer le trouble ici et là —, les gens de leur paroisse pourraient aussi bien le faire.
Église et État ?
Je sais que vous l'avez déjà tous entendu, mais, encore une fois, mes amis : la Constitution des États-Unis d'Amérique stipule que l'Église et l'État doivent rester séparés. Outre la Moral Majority, beaucoup d'autres entités de l'industrie religieuse télévisuelle prétendent être conservatrices mais sont, en réalité, l'équivalent américain des crétins qui mettent le feu au Moyen-Orient. Quiconque prétend que la voie de la droiture est définie dans un gros bouquin qu'il agite dans tous les sens est un trou du cul — au minimum — ou, plus probablement, un fanatique, au sens clinique du terme. D'autres questions ?
Des mots qui commencent par B qui te rappellent ce que font les Républicains? Bien sûr ! Bière, ballons, bals des pompiers, banderoles, tout ça commence par B — tout comme BULLSHIT — c'est la magie particulière

Prospectus de la candidature parodique de Frank Zappa aux élections présidentielles américaines en 1992 © Bridgeman Images
de comment le Parti républicain agit sur l'électorat américain.
B comme BOULEZ ?
Les noms propres, ça ne compte pas — au fait : j'ai acheté mon premier album de Pierre Boulez quand j'étais en terminale : un enregistrement Columbia du Marteau sans maître… Ça m'a conforté dans l'idée que la musique peut avoir un son « méchant », si tu vois ce que je veux dire.
À propos de méchanceté : es-tu ou as-tu été — comme certains le croient — sexiste ?
Bon, encore une fois : si on prend toutes les paroles que j'ai jamais écrites et qu'on analyse combien de mes chansons parlent de « femmes dans des situations humiliantes » par opposition des « hommes dans des situations humiliantes », on se rendrait compte que la plupart de mes chansons parlent d'hommes stupides. La musique populaire nous en dit long sur la culture populaire, qui à son tour nous en dit long sur les processus de pensée populaires — ou sur leur absence. Ça te va ?
Vincent Canby a écrit une critique pour le New York Times sur 200 Motels — tu t'en souviens ?
Non ! — Qu'est-ce que Vincent Canby avait à dire ?
Je cite : « 200 Motels n'a pas de point central particulier, étant principalement une anthologie de mauvaise blagues et d'effets audiovisuels spectaculaires, dont quelques-uns pourraient peut-être ouvrir l'esprit, mais qui, pris dans leur ensemble, sont comme une dose excessive de Novocaïne… » Fin de citation. On dirait une critique élogieuse — avec un fond de nuance désagréable…
Combien de temps as-tu travaillé sur 200 Motels ?
200 Motels est parti d'un nombre d'esquisses — musique, paroles, texte parlé — qui ont en fait été réalisées en tournée ou dans des motels, pour une raison ou une autre, puis l'orchestration finale a été réalisée chez moi sur environ trois mois. Tout ce qui m'intéressait, c'était d'entendre à quoi ressemblait la musique que j'avais écrite dans ces motels. Si j'arrive à l'entendre, alors je pourrai écrire plus de musique symphonique. (Silence)
On s'arrête là, d'accord ?
Il est temps de se dire au revoir, Frank… Merci d'être revenu vers nous — confirmant qu'il y a une vie après la mort.
Merci de m'avoir laissé revenir : Adieu !
Cet entretien s'inspire de l'ouvrage The Real Frank Zappa Book de Frank Zappa et Peter Occhiogrosso — Simon & Schuster : New York, 1989
Arpenter la route
Nicolas Ducimetière
Fondation Martin Bodmer
États-Unis, 1957. Dans l'Amérique puritaine et conservatrice de la présidence Eisenhower, encore marquée par le maccarthysme qui a profondément ébranlé les milieux intellectuels, une œuvre sulfureuse et d'un genre nouveau sort aux éditions Viking Press de New York : On the Road. Il aura fallu cinq ans à son auteur, Jack Kerouac, pour l'écrire — et tout autant pour la faire publier… Ayant échoué dans une carrière sportive ou universitaire, l'écrivain avait commencé à bourlinguer durant les années de guerre, en s'engageant dans la marine marchande. De retour dans son pays, il échoua dans les milieux interlopes de la Grande Pomme, cultivant avec ses amis (dont Allen Ginsberg) un mode de vie excessif mêlant drogues variées, alcools forts et bisexualité effrénée. Cela ne l'empêcha pas de céder à l'appel de la route et d'arpenter les Etats-Unis avec son ami Neal Cassidy, entre 1949 et 1950, de New York à San Francisco, en passant par La Nouvelle-Orléans et en poussant jusqu'au Mexique. Sa fréquentation du milieu des trimardeurs, chemineaux, vagabonds et autres hobos occasionna des rencontres et échanges hauts en couleur, matières premières autobiographiques de son livre en gestation.
Né en trois semaines seulement, du 2 au 22 avril 1951, ce road book ne fut pas écrit, mais tapé d'un jet à la machine, sans chapitres ou paragraphes, sur des feuilles de papier japon collées les unes aux autres pour former un rouleau de plus de 36 mètres de
long : la matérialisation même du bandeau bitumé de la route qu'empruntent le héros Sal Paradise (alter ego de Kerouac) et son comparse Dean Moriarty. Présenté comme « the riotous odyssey of two American dropouts, by the drop out who started it all », cet éloge des grands espaces et du voyage errant sac au dos devint rapidement le manifeste de toute une classe d'âge rejetant les conventions sociales étriquées et les valeurs américaines traditionnelles, tant morales que religieuses : la Beat Generation (ou Génération des vagabonds), illustrée par d'autres « clochards célestes » comme Ginsberg ou Snyder. Si On the Road n'avait pas été son premier texte publié, il fut celui qui propulsa d'un coup Kerouac au rang de maître à penser. Il marqua aussi, d'une certaine manière, la fin du voyage pour son auteur : brouillé avec ses amis jaloux (qu'il traita en public de « communistes merdeux »), affecté par les attaques des critiques littéraires et souvent déçu par des éditeurs déroutés par ses publications plus expérimentales, il se retira en Floride sans cesser d'écrire et de publier, mais en noyant son dérangeant succès dans un bon litre de whisky quotidien. Entre crises de delirium et cirrhose finale, la route aura finalement été fatale à celui qu'on surnommait « the King of the Beats ».

Jack Kerouac (1922-1969), On the Road, New York, Viking Press, 1957, édition originale, première de couverture. Fondation Martin Bodmer, Cologny

Titus Engel
Direction musicale
Lauréat du Prix suisse de la musique 2025 et nommé Chef d'orchestre de l'année par Opernwelt en 2020, ce natif de Zurich est acclamé pour sa polyvalence et sa perspicacité, du répertoire baroque au répertoire contemporain. À partir de la saison 2026/27, il sera chef en résidence au Deutsche Oper Berlin, en conservant ses fonctions de chef principal de la Basel Sinfonietta, dont il façonne le profil novateur. À Stuttgart, Lyon, Francfort, Munich et Berlin, il a dirigé des œuvres de Bartók, Berg, Strauss et Mozart, entre autres, et de nombreuses premières mondiales aux festivals de Salzbourg et Lucerne, à la Ruhrtriennale et au Wiener Konzerthaus. En 2025/26, il fait ses débuts au Semperoper de Dresde avec The Snow Queen de Hans Abrahamsen et dirige Monster's Paradise d'Olga Neuwirth à Hambourg et Zurich. Au Grand Théâtre de Genève, il a dirigé Einstein on the Beach de Philip Glass (2019) et Justice d'Hèctor Parra (2024).

Daniel Kramer Mise en scène
Ancien directeur artistique de l'English National Opera, associé créatif à la Royal Shakespeare Company, artiste associé au Young Vic et au Gate Theatre de Londres. Prochaine saison : Meistersinger, Oper am Rhein ; La Cenerentola, La Monnaie ; La Voix humaine/Barbe-Bleue, Wermland Opera ; War Requiem, Deutsche Oper Berlin. Précédemment : Satyagraha & Nixon in China, Opéra d'État de Hanovre ; Turandot mise en scène par TeamLab, GTG & Tokyo ; Le Château de Barbe-Bleue & The Mask of Orpheus, ENO ; Punch & Judy, GTG, ENO — South Bank Award Outstanding Opera; War Requiem mis en scène par Wolfgang Tillmans, ENO, Taïwan, Gran Teatre Liceu ; Roméo et Juliette, Shakespeare's Globe ; Tristan und Isolde mis en scène par Anish Kapoor, ENO; Carmen, Opéra des Flandres et Opera North ; Woyzeck, St Ann's Warehouse, New York ; Tableaux d'une exposition, Sadler's Wells ; Kaspar, Angels in America et Pelléas et Mélisande, Burgtheater, Vienne.

Carlos Soto
Scènographie
Réalisateur, scénographe, costumier et directeur artistique basé à New York, il travaille dans les domaines de l'opéra, du théâtre, de la danse, du cinéma, de la musique live et des installations. Il a étudié l'histoire de l'art et la littérature au Pratt Institute avant de se lancer dans une exploration pratique de la forme et de la dramaturgie, tempérée par une économie de lignes et de gestes. Collaborateur de longue date de Solange Knowles, Zack Winokur, Yuval Sharon, entre autres, son travail a été vu à la Biennale de Venise, au Théâtre du Châtelet, à la Brooklyn Academy of Music, au Musée Guggenheim, Pace Gallery, au Teatro Olimpico de Vicence, au Lyric Opera of Chicago, au Théâtre des Champs-Élysées, au Grand Théâtre de Genève (Messiah de Robert Wilson en 2020), à l'Opéra national néerlandais, au Gran Teatre del Liceu de Barcelone, entre autres, et pour des clients allant de A24 à Nowness en passant par Hermès.

Costumes
Natif de Géorgie, cet artiste multidisciplinaire travaille à la fois le costume, la performance contemporaine, les arts visuels et le théâtre expérimental. Il apporte sur scène un langage émotionnel brut et une approche profondément physique, explorant souvent les thèmes de l'identité, de la transformation et de la tension entre vulnérabilité et pouvoir. Il a créé des costumes et s'est produit dans les plus grands opéras et théâtres européens, notamment en 2025 au Théâtre du Châtelet, à la fois en tant qu'interprète et costumier dans Hamlet. Ses œuvres solo et collaboratives ont été présentées dans des galeries, des festivals expérimentaux et des sites spécifiques à travers l'Europe, où l'on connaît sa présence chargée d'émotion, sa capacité à dissoudre la frontière entre l'interprète et l'œuvre d'art et son langage artistique hybride qui parle de l'intimité, de la mythologie et de la complexité du corps sur scène.
Shalva Nikvashvili

Peter Mumford Lumières
Peter Mumford s'est formé à la Central School of Art and Design de Londres. Il a notamment signé les lumières de Roméo et Juliette (Maggio Musicale Fiorentino), Peter Grimes (Covent Garden, Teatro Real), Within The Golden Hour, Carmen, Corybantic Games (Royal Ballet), Don Quixote, The King Dances, Edward II, E=mc2, Faster (Birmingham Royal Ballet), Beauty and Sadness (Hong Kong), La Dame de pique (Opéra de Vilnius), Manon Lescaut et Werther (Metropolitan Opera), La traviata, Fidelio (Glyndebourne), The Mask of Orpheus et Madama Butterfly (ENO), Belshazzar, Falstaff, Le nozze di Figaro (Grange Festival). Peter Mumford a reçu deux Olivier Awards pour la Meilleure performance en danse et pour les Meilleures lumières et il a été doublement nominé aux Tony Awards 2019 pour The Ferryman et King Kong.

Sophie Lux
Création vidéo
Elle a étudié à l'Université des arts appliqués de Vienne dans la classe de conception scénique et cinématographique. Son travail artistique se situe à la croisée du cinéma, de la vidéo et du théâtre. Elle travaille dans divers théâtres en Autriche, en Allemagne et en Suisse (notamment au Burgtheater, au Volksoper, au Staatstheater Kassel, au Staatstheater Nürnberg, au Theater St. Gallen, au Staatsoper Stuttgart et au Staatsoper Hamburg).

Stephan Mueller Dramaturgie
Metteur en scène d'opéra et de théâtre suisse, il débute sa carrière en tant qu'assistant au Théâtre de Bâle en 1972, mais quelques années plus tard, il décide de poursuivre ses études en théâtre et en danse à New York. De 1980 à 1988, il travaille sur les scènes internationales en tant que metteur en scène indépendant, avant de réintégrer le Théâtre de Bâle. Il a par la suite codirigé le Theater am Neumakt à Zurich, a été metteur en scène et dramaturge au Burgtheater à Vienne et a travaillé ailleurs en Europe, aux États-Unis et en Chine. En 2003, il a travaillé comme professeur de mise en scène à la Hochschule der Künste de Zurich, poste qu'il a tenu pendant 14 ans. Au Grand Théâtre de Genève, il a récemment été dramaturge d'Elektra pour Ulrich Rasche en 2021, de Turandot pour Daniel Kramer en 2022 et de Saint François d'Assise pour Adel Abdessemed en 2023.

Robin Adams
Baryton
Frank / Larry The Dwarf
L'un des plus grands interprètes mondiaux de musique contemporaine, il s'est produit dans la plupart des grands opéras et festivals internationaux. Parmi ceux-ci, citons La Scala de Milan, le Staatsoper Stuttgart, l'Opéra de Zurich, le Konzerttheater Bern, Baden-Baden, les opéras de Francfort et Leipzig, le Wiener Festwochen, le Liceu de Barcelone, le Teatro Colón de Buenos Aires, le Concertgebouw d'Amsterdam, La Monnaie de Bruxelles, le Théâtre du Châtelet, la Cité de la Musique Paris, les festivals d'Édimbourg et Enescu à Bucarest et le Barbican de Londres. Au Grand Théâtre de Genève, il a chanté le rôle-titre dans Saint François d'Assise. Parmi ses prestations récentes, Wozzeck à l'Opéra des Flandres, avec l'Orchestre symphonique de São Paulo et le Festival de musique de Pékin, le rôle-titre dans Timon Études de Francesconi au Teatro Regio de Parme, et Jaroslav Prus dans L'Affaire Makropoulos à l'Opéra de Lille.

Peter Hoare
Ténor
Howard
Parmi ses rôles d'opéra, citons Matěj Brouček à Unter den Linden, Mime à La Monnaie et à Covent Garden ; Hérode à Hambourg ; le Capitaine (Wozzeck) à Covent Garden, au Festival d'Aix et au Met ; Chapkine (De la maison des morts) au Met, à l'Opéra national de Paris et à La Monnaie ; Alviano Salvago (Die Gezeichneten) au Komische Oper à de Berlin et à Palerme ; Desportes (Die Soldaten) à Zurich, à la Ruhr Triennale, au New National Theatre de Tokyo et au Lincoln Center de New York ; Mortimer (Lessons in Love and Violence) à Hambourg, au DNO d'Amsterdam et à l'Opéra de Lyon ; Vere (Billy Budd) pour l'Opéra d'Oslo ; la Sorcière (Hänsel und Gretel) pour le WNO et le DNO, Créon (The Thebans d'Anderson) au Théâtre de Bonn, Zinoviy dans Lady Macbeth de Mtsensk pour l'ENO, l'Opéra de Lyon et l'Orchestre symphonique de Boston. À venir : Œdipe roi au WNO, Hérode au NOB d'Amsterdam et à Lyon.

Edward Hogg
Comédien
Jeff/Love Interest /Newt Lover
Cet acteur britannique chevronné s'est produit à de nombreuses reprises au National Theatre et au Shakespeare's Globe, notamment dans le rôle de Roméo dans le Roméo et Juliette de Daniel Kramer. Il a incarné Caliban dans La Tempête au Theatre Royal Bath et a joué dans Le Canard sauvage de Robert Icke à l'Almeida Theatre. Plus récemment, on peut citer ses performances dans The Double Act à l'Arcola Theatre et Le Malade imaginaire au Crucible de Sheffield. À l'écran, on a pu le voir dans The Yellow Tie aux côtés de John Malkovich, et dans The Lonely Musketeer, meilleure performance dans un film britannique au Raindance Festival 2025. Il a également joué dans le succès critique
White Lightnin', The Program de Stephen Frears et le film de science-fiction Jupiter Ascending des Wachowski. Il a brillé dans The Phone Call, meilleur court-métrage aux Oscars 2015.

Ténor
Mark
Né au Liban, il étudie le piano et le chant au Conservatoire de Beyrouth avant d'obtenir un master en opéra et comédie musicale au Mozarteum de Salzbourg. Ses engagements en troupe l'ont conduit de l'Opéra d'État de Hambourg aux théâtres d'État d'Oldenburg et de Bremerhaven, au Théâtre national de Mannheim et au Théâtre de Lucerne, avec des Invitations régulières aux opéras d'État de Hambourg, Berlin, Stuttgart et Hanovre. Il a tourné avec le CFPL en France et s'est produit au Teatro Real de Madrid, aux philharmonies de Paris et Berlin. Il a travaillé avec des chefs d'orchestre tels que Daniel Barenboim, Simone Young, Kent Nagano, Vladimir Jurowski, Karen Kamensek et Riccardo Minasi. Son répertoire s'étend des rôles du comte Almaviva, de Lensky et d'Oronte dans Alcina au Perelà de Dusapin. Sur la scène contemporaine, il a créé de nombreux rôles pour Ronchetti, Matalon, Kampe, Wertmüller et bien d'autres.

David Ireland
Baryton-basse
Cowboy Burt / WWF Wrestler
Après des études à l'école Guildhall, il devient membre du National Opera Studio à Londres et jeune artiste Harewood à l'English National Opera (ENO). Ses prestations scéniques comprennent, entre autres, Quince (A Midsummer Night's Dream) aux opéras de Lille et de Gênes, Gessler (Guillaume Tell) à Dublin, Leporello (Don Giovanni) au Théâtre des Champs-Élysées, Figaro (Le nozze di Figaro) au Welsh National Opera, Kouligine (Káťa Kabanová) à l'Opéra de Nancy, le Grand-Prêtre (Nabucco) à l'Opéra de Montpellier et Bartolo (Il barbiere di Siviglia) à l'ENO. Il a ouvert sa saison 25-26 avec Alidoro (La Cenerentola) à l'ENO, suivi par Bottom (A Midsummer Night's Dream) à Séville dans la production de Laurent Pelly, qu'il avait chanté à l'Opéra de Lausanne et au Festival Seiji Ozawa au Japon en 24-25, saison marquée aussi par Figaro (Le nozze di Figaro) à l'ENO et ses débuts sur la scène de Neuve en Baron Douphol (La traviata).
Ziad Nehme

Justin Hopkins
Baryton-basse
Bad Conscience [Ginger], Le Narrateur, Rance
En tant que membre du Jeune Ensemble du GTG et plus tard comme soliste, l'Étasunien a participé à plusieurs productions genevoises : La clemenza di Tito (Publio), Pelléas et Mélisande (Le Berger/ Le Docteur) et Parsifal (Titurel). Il avait auparavant fait partie des ensembles du Théâtre de Saint-Gall et de l'Opéra de Flandre. Plus récemment, il a interprété le Jeune Syrien dans Salome de Gerald Barry pour la Philharmonie de Los Angeles et Sarastro pour Opera North. Il est également invité à La Monnaie, au Glimmerglass Festival, à l'Opéra de Philadelphie, aux Wiener Festwochen et au Verbier Festival. En concert, il s'est produit avec le Festival Enescu, l'Orchestre de Philadelphie, l'Orchestre philharmonique de Copenhague, l'Orchestre symphonique de la radio de Leipzig et l'Orchestre de concert de la BBC dans des salles telles que le Carnegie Hall, le Symphony Hall de Boston et le Queen Elizabeth Hall de Londres.

Brenda Rae
Soprano
Janet/Journalist /Soprano solo
Née dans le Wisconsin, ancienne membre de l'ensemble de l'Opéra de Francfort, elle s'est distinguée en Elvira (I puritani), Violetta (La traviata), Zdenka (Arabella) et Zerbinetta (Ariadne auf Naxos), l'un de ses rôles les plus célèbres. Elle a fait ses débuts à l'ENO dans le rôle de Lulu, à l'Opéra de Paris dans celui d'Anne Trulove (The Rake's Progress) et à Glyndebourne en Armida (Rinaldo). Sa colorature éblouissante a été entendue à Covent Garden et au Festival de Salzbourg dans le rôle de la Reine de la Nuit, ainsi qu'au Teatro Real dans une nouvelle production de Partenope avec Ivor Bolton. Elle a fait ses débuts étasuniens au Festival d'opéra de Santa Fe en 2013 dans le rôle de Violetta et, au Met, sa Zerbinetta (Ariadne auf Naxos) avec Marek Janowski et son Ophelia (Hamlet de Brett Dean) avec Nicholas Carter ont été unanimement saluées.

Julieth Lozano
Rolong
Soprano Good Conscience [Donovan], Lucy
La soprano colombienne est titulaire d'une maîtrise en chant et d'un diplôme d'artiste en opéra du Royal College of Music. Elle a interprété plusieurs rôles à l'opéra, notamment la Renarde (La Petite Renarde rusée), Zerlina (Don Giovanni), Tytania (A Midsummer Night's Dream), Despina (Così fan tutte), Susanna (Le nozze di Figaro), Norina (Don Pasquale), Musetta (La bohème) et Nuria (Ainadamar), pour n'en citer que quelques-uns. Au cours de son passage au Jeune Ensemble du GTG (2022-2023), elle a chanté dans Voyage vers l'espoir, Parsifal, Il ritorno d'Ulisse in patria et Lady Macbeth de Mzensk. En 2023, elle remporte le prix du public Kiri te Kanawa au Cardiff Singer of the World. Sa saison 2025/26 commence par une première représentation à la Tate Modern pour l'exposition Picasso et ses débuts au Barbican Centre avec Opera Rara et son retour au Scottish Opera dans The Great Wave.

Nicola Hollyman
Soprano Solo Chœur
Originaire du Pays de Galles, Nicola Hollyman
étudie le chant à la Royal Academy of Music puis au Studio de l'Opéra national. Finaliste du concours « Young Welsh Singer » en 1998, elle chante en soliste à l'ouverture de l'Eisteddfod international de Llangollen en 1999. Membre du Chœur du GTG depuis 2002, elle y interprète Première Grive (Les Oiseaux, 2004) et Juliette (La Ville morte, 2006).

David Webb
Tenor Solo Choeur
David Webb, ancien artiste du programme Harewood de l'ENO, s'est produit sur de grandes scènes européennes telles que le Salzburg Festival, Glyndebourne, Teatro Real, le Grand Théâtre de Genève et l'OpéraComique. En concert, il a chanté notamment au Wigmore Hall, au Royal Albert Hall, à la Salle Pleyel et au Mariinsky Concert Hall. Ses prestations ont été diffusées sur Medici.tv et RTS.

Céline Kot
Mezzo Solo Chœur
Née dans le nord de la France, la mezzo-soprano Céline Kot découvre très tôt la musique, guidée par le piano et le violon avant que le chant ne révèle sa véritable voix. Formée au Conservatoire de Douai, elle parcourt depuis les scènes de l'Opéra de Paris, du Teatro Real de Madrid et du Grand Théâtre de Genève, où sa sensibilité et la richesse de son timbre enchantent le public.

Aleksandar Chaveev
Basse Solo Chœur
Chanteur lyrique bulgare, basse, né à Varna. Formé au tuba et au chant au conservatoire de Sofia, il s'installe à Genève en 1998 pour poursuivre ses études à la Haute école de musique auprès de Maria Diaconu. Diplômé en 2004, il se produit comme soliste dans de nombreux concerts et opéras, notamment au Grand Théâtre de Genève, dont il rejoint le chœur en 2004.

Costume de nonne zombie par Shalva Nikvashvili pour la production GTG de 200 Motels (2026)

Mike Keneally
Guitare solo
Ce musicien et compositeur d'origine américaine a joué de la guitare et des claviers lors de la dernière tournée de Frank Zappa en 1988. Il a plus de trente albums à son actif, tant en solo qu'avec son groupe Beer For Dolphins. En 2003, sa composition pour guitare et orchestre The Universe Will Provide a été créée lors d'un concert et d'un enregistrement avec le Metropole Orkest. Mike Keneally a tourné et enregistré avec les groupes de Steve Vai, Eddie Jobson, Devin Townsend et Joe Satriani, parmi tant d'autres. Aux côtés d'autres anciens musiciens de Zappa, il a fait partie du Zappa Band (le groupe FZ officiel agréé par la succession Zappa), qui a assuré la première partie de King Crimson lors de la seconde moitié de leur dernière tournée américaine de deux mois en 2021. Le dernier album solo de Mike Keneally, The Thing That Knowledge Can't Eat, est sorti en 2023 ; un nouvel album est actuellement en préparation.

Depuis plus de 30 ans, l'ensemble zurichois compte parmi les formations les plus originales et les plus renommées au niveau international, à la croisée de la musique contemporaine, de l'improvisation, du hardcore, du jazz et de l'avant-garde. Fondé en 1995, le trio développe un langage sonore sans compromis et débordant d'énergie, qui se situe résolument au-delà des étiquettes stylistiques. Le groupe est composé de Dominik Blum (orgue Hammond, synthétiseur, piano), Marino Pliakas (basse électrique, guitare acoustique, contrebasse) et Lucas Niggli (batterie). L'orgue Hammond constitue le cœur sonore de Steamboat Switzerland et confère à la musique sa puissance brute et analogique. Steamboat Switzerland s'est produit dans le monde entier sur des festivals et des scènes prestigieux, notamment les Donaueschinger Musiktage, le Moers Festival, le London Meltdown Festival, ainsi que lors de longues tournées en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Afrique. Le groupe a collaboré avec de nombreux musiciens, compositeurs et artistes internationaux issus de la musique, du théâtre et de la performance. Un lien particulier existe avec les arts plastiques : Steamboat Switzerland a collaboré à plusieurs reprises avec le peintre Albert Oehlen. Cette collaboration souligne la proximité du groupe avec l'art contemporain et sa volonté de considérer le son comme une forme d'expression autonome et radicale en dialogue avec les autres arts. Un autre point de référence central est l'œuvre de l'artiste suisse d'exception Adolf Wölfli, qui est l'origine du nom du groupe. Ses univers visuels et sonores obsessionnels ont été traduits par Steamboat Switzerland en un langage sonore contemporain dans le cadre de projets musicaux et théâtraux de grande envergure.
Steamboat Switzerland

Couverture de l'édition allemande de l'album de la bande-son du film 200 Motels (1971) © Alamy Images
Chœur du Grand Théâtre
Soprano
Fosca Aquaro
Sang Eun Kim
Nicola Hollyman
Victoria Martynenko
Martina Möller-Gosoge
Sofia Livotov*
Daria Mykolenko*
Cristiana Presutti
Anna Samokhina
Iulia Elena Surdu
Alto
Elise Bédènes
Audrey Burgener
Magali Duceau-Berly
Vanessa Hurst
Mi-Young Kim
Varduhi Khachatryan
Céline Kot
Céline Soudain
Mariana Vassileva-Chaveeva
* Chœur complementaire
Ténor
Jaime Caicompai
Rémi Garin
Lyonel Grelaz
Satriya Krisn
Sanghun Lee
José Pazos
Georgi Sredkov
David Webb
Marin Yonchev
Louis Zaitoun
Basse
Nicolas Carré
Phillip Casperd
Aleksandar Chaveev
Peter Baekeun Cho
Christophe Coulier
Rodrigo Garcia
Igor Gnidii
Seong Ho Han
Vladimir Kazakov
Dimitri Tikhonov
Premiers violons
Roman Filipov
Bogdan Zvoristeanu
Leonid Baranov
Yumiko Awano
Caroline Baeriswyl
Linda Bärlund
Elodie Berry
Stéphane Guiocheau
Guillaume Jacot
Yumi Kubo
Florin Moldoveanu
Bénédicte Moreau
Muriel Noble
Yin Shen
Cristian Zimmerman
Seconds violons
Sidonie Bougamont
François Payet-Labonne
Claire Dassesse
Rosnei Tuon
Florence Berdat
Yesong Jeong
Samuel Jimenez Collazos
Ines Ladewig Ott
Merry Mechling
Eleonora Ryndina
Claire Temperville
David Vallez
Nina Vasylieva
Yuwen Zhu
Altos
Frédéric Kirch
Elçim Özdemir
Emmanuel Morel
Jarita Ng
Luca Casciato
Fernando Domínguez Cortez
Hannah Franke
Hubert Geiser
Stéphane Gontiès
Theresa Horejsi
Marco Nirta
Verena Schweizer
Yan Wei Wang
Violoncelles
Lionel Cottet
Léonard Frey-Maibach
Gabriel Esteban
Hilmar Schweizer
Lucas Henry
Laurent Issartel
Yao Jin
Olivier Morel
Son Lam Trân
Contrebasses
Héctor Sapiña Lledó
Bo Yuan
Nuno Osório
Ivy Wong
Mihai Faur
Adrien Gaubert
Gergana Kusheva
Zhelin Wen
Flûtes
Sarah Rumer
Loïc Schneider
Raphaëlle Rubellin
Jerica Pavli
Jona Venturi
Hautbois
Nora Cismondi
Simon Sommerhalder
Alexandre Emard
Clarinettes
Dmitry Rasul-Kareyev
Michel Westphal
Benoît Willmann
Camillo Battistello
Guillaume Le Corre
Bassons
Luis Marquez Teruel
Céleste-Marie Roy
Francisco Cerpa Román
Vincent Godel
Katrin Herda
Cors
Jean-Pierre Berry
Julia Heirich
Alexis Crouzil
Pierre-Louis Dauenhauer
Pierre Briand
Clément Charpentier-Leroy
Agnès Chopin
Trompettes
Olivier Bombrun
Giuliano Sommerhalder
Antoine Pittet
Claude-Alain Barmaz
Laurent Fabre
Trombones
Matteo De Luca
Alexandre Faure
Vincent Métrailler
Andrea Bandini
Laurent Fouqueray
Tuba
Ross Knight
Timbales
Arthur Bonzon
Olivier Perrenoud
Percussions
Christophe Delannoy
Michel Maillard
Michael Tschamper
Pratique d'orchestre (DAS)
Lucie Lemaire, cor
Arthur Bechet, percussions
Production
Guillaume Bachellier, délégué production
Régie du personnel
Grégory Cassar Gateau, régisseur principal
Mariana Cossermelli, régisseur adjoint
Vincent Baltz, coordinateur adjoint
Régie technique
Marc Sapin, superviseur et coordinateur
Vincent Baltz, coordinateur adjoint
Frédéric Broisin, régisseur de scène
Wolfgang Dolder, régisseur de scène
Guillaume Michalakakos, régisseur de scène

Frank Zappa et The Mothers of Invention devant le Royal Albert Hall de Londres le 1er janvier 1971 © Alamy Images
Acrobates
Faustine Morvan
Carlotta Lesage
Emmanuelle Annoni
Équipe Haute École de Musique
Percussions
Bastien Degremont
Maxence Detraz
Manuel Dias
Jules Jaugey
Titouan Moigneau
Qi Wang
Trombone
Aimeric Van Iseghem
Saxophone alto électrique
Defne Signoret
Responsable du département orchestre
Laurent Gignoux
Responsable communication
Jean-Alexis Toubhantz
Responsable production
Clément Dumortier
Responsable technique et logistique
Michel Gonin
Régisseurs
Dragan Bajic
Bastien Dechaume
Frédéric Brochard
Assistante du département orchestre
Maud Muller
Assistant pour la percussion
Pierre Sauve
Professeurs de percussion associés
Philippe Spiesser
Christophe Delannoy
Équipe artistique
Assistante direction musicale
Sonia Ben-Santamaria
Collaborateur à la mise en scène
Derek Walker
Assistant mise en scène en charge du suivi
Barthélémy Fortier
Collaborateur décors
Corentin Muller
Assistante costume
Christine Nicod
Ingénieur-e du son
Dominique Bataille
Séverine Gallou
Cadreur en scène
Cédric Friedli
Régie de production
Timothée Gihr
Régie
Jean-Pierre Dequaire
Régie lumières et vidéos
Sophie Jaquet
Régie surtitres
Lisa Guigonis
Chefs de chant et claviers de scène
Jean-Paul Pruna
Reginal Le Reun
Directeur
artistique adjoint
Arnaud Fétique
Chargé de production
artistique et casting
Markus Hollop
Assistante de production et responsable de la figuration
Matilde Fassò
Assistante de production
Juliette Clauss
Chargée d'administration
artistique
Élise Rabiller
Responsable des ressources musicales
Eric Haegi
Régie du Chœur
Marianne
Dellacasagrande
Équipe technique
Directeur technique
Philippe Sagnes
Adjointe administrative
Sabine Buchard
Régisseure technique de production
Catherine Mouvet
Chef de plateau
Patrick Savariau
Machinerie
Stéphane Desogus
Éclairages
Marius Echenard
Accessoires
Patrick Sengstag
Accessoires en répétition
Geoffrey Riedo
Silvia Werder
Électromécaniciens
David Bouvrat
Son/Vidéo
Jean-Marc Pinget
Matteo Buttice
Amin Barka
Christian Lang
Bertrand Truptil
Habillage
Sylvianne Guillaume
Perruques/ Maquillage
Karine Cuendet (jusqu'à la 1e)
Christèle Paillard (jusqu'à la 1e)
Carole Schoeni (dès la 1e)
Ateliers costumes
Carole Lacroix
DIRECTION GÉNÉRALE
Directeur général
Aviel Cahn
Assistante administrative
Victoire Lepercq
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL
Secrétaire générale
Carole Trousseau
Attaché de Direction et Chargé du contrôle interne
Swan Varano
Adjointe administrative
Cynthia Haro
DIRECTION ARTISTIQUE
Directeur artistique adjoint
Arnaud Fétique
Responsable de la planification
Marianne Dellacasagrande
ADMINISTRATION ARTISTIQUE
Chargé de production artistique et casting
Markus Hollop
Chargée d'administration artistique
Elise Rabiller
Assistante de production et responsable de la figuration
Matilde Fassò
RÉGIE DE SCÈNE
Régisseur-euse général-e
1 poste vacant
Régisseur
Jean-Pierre Dequaire
MUSIQUE
Chef de chant principal
Jean-Paul Pruna
Chefs de chant/Pianistes
Xavier Dami
Réginald Le Reun
Responsable ressources musicales
Eric Haegi
DRAMATURGIE ET DÉVELOPPEMENT CULTUREL
Dramaturge
Clara Pons
Responsable développement culturel et adjointe de la dramaturge
Sabryna Pierre
Rédacteur-traducteur
Christopher Park
Chargée de projet pédagogie et familles
Léa Siebenbour
Collaboratrice interculturalité, jeunesse et lien social
Latcheen Maslamani
Assistante pédagogie, jeunesse et familles
Anne Damon
CHŒUR
Chef des chœurs
Mark Biggins
Régisseuse des chœurs
Marianne Dellacasagrande
Assistant régie des chœurs et logistique
Rodrigo Garcia
Sopranos
Fosca Aquaro
Chloé Chavanon
Nicola Hollyman
Mayako Ito
Sangeun Kim
Victoria Martynenko
Martina Möller-Gosoge
Cristiana Presutti
Anna Samokhina
Iulia Elena Surdu
Altos
Elise Bédènes
Audrey Burgener
Magali Duceau-Berly
Vanessa Hurst
Varduhi Khachatryan
Mi-Young Kim
Céline Kot
Negar Mehravaran
Mariana Vassileva-Chaveeva
Ténors
Jaime Caicompai
Rémi Garin
Lyonel Grelaz
Satriya Krisna
Sanghun Lee
José Pazos
Terige Sirolli
Georgi Sredkov
David Webb
Marin Yonchev
Louis Zaitoun
Basses
Romaric Braun
Nicolas Carré
Phillip Casperd
Aleksandar Chaveev
Peter Baekeun Cho
Christophe Coulier
Rodrigo Garcia
Igor Gnidii
Seong-Ho Han
Vladimir Kazakov
Sebastia Peris Marco
Dimitri Tikhonov
BALLET
Directeur du Ballet
Sidi Larbi Cherkaoui
Directeur opérationnel du ballet
Florent Mollet
Coordinatrice administrative
Léa Caufin
Régisseuse du ballet
Valérie Girault
Chargée de production du ballet
Barbara Pian
Maître de ballet principal
Manuel Renard
Danseuses
Yumi Aizawa
Anna Cenzuales
Zoé Charpentier
Nikita Goile
Emilie Meeus
Stefanie Noll
Sara Shigenari
Kim Van der Put
Madeline Wong
1 poste vacant
Danseurs
Jared Brown
Quintin Cianci
Oscar Comesaña Salgueiro
Ricardo Gomes Macedo
Julio León Torres
Chien-Shun Liao
Adelson Carlos Nascimento
Santos Jr.
Juan Perez Cardona
Dylan Phillips
Luca Scaduto
Geoffrey Van Dyck
Nahuel Vega
TECHNIQUE DU BALLET
Directeur technique du ballet
Rudy Parra
Régisseur plateau
Alexandre Ramos
Régisseur lumières
Dylan Larcher
Régisseur son & vidéo
Jean-Pierre Barbier
MÉCÉNAT ET SPONSORING
Responsable du mécénat
Frédérique Walthert
Adjointe administrative
Natalie Ruchat
PRESSE
Responsable presse et relations publiques
Karin Kotsoglou
Assistante presse
Sophie Millar
MARKETING & VENTES
Directeur Marketing & Ventes
Alain Duchêne
MARKETING
Responsable communication
digitale
Wladislas Marian
Social media and influencer manager
Alice Menoud-Riondel
Graphiste
Sébastien Fourtouill
Vidéaste
Florent Dubois
Chargée de marketing et communication
Caroline Bertrand Morier
Coordinatrice communication
Paola Ortiz
Spécialiste de Vente — Clientèle
Privée et Institutionnelle
Juliette Duru
BILLETTERIE
Responsable billetterie et du développement des publics
Margaux Sulmon
Responsable adjointe développement des publics
Julie Kunz
Collaboratrices billetterie
Jessica Alves
Hawa Diallo-Singaré
Feifei Zheng
ACCUEIL DU PUBLIC
Responsable accueil du public
Pascal Berlie
FINANCES
Responsable Finances
Florence Mauron-Fort
Comptables
Paola Andreetta
Andreana Bolea
Chantal Chappot
Laure Kabashi
RESSOURCES HUMAINES
Responsable RH
Mahé Baer Ernst
Gestionnaires
RH
Laura Casimo
Marina Della Valle
Alexia Dubosson
Spécialistes salaires et administration
Aurélie Berset
Léonie Bettencourt
Vlora Isaki
INFORMATIQUE
Responsable Informatique
Marco Reichardt
Administrateurs informatiques et télécoms
Lionel Bolou
Ludovic Jacob
ARCHIVES
Archiviste
Isabelle Nikles Marian
CAFÉTÉRIA DU PERSONNEL
Chef du service buvette et coordinateur évènementiel
Christian Lechevrel
Collaborateur-trice buvette
Norberto Cavaco
1 poste vacant
Cuisinier
Olivier Marguin
TECHNIQUE
Directeur technique
Philippe Sagnes
Adjointe administrative
Sabine Buchard
Régisseures techniques de production
Ana Martín del Hierro
Catherine Mouvet
BUREAU D'ÉTUDE
Responsable du bureau d'étude
Yvan Grumeau
Assistant
Christophe Poncin
Dessinateur-trice-s
Stéphane Abbet
Louise Compère
Antonio Di Stefano
Solène Laurent
LOGISTIQUE
Responsable logistique
Thomas Clément
Chauffeurs / Collaborateur administratif
Dragos Mihai Cotarlici
Alain Klette
SERVICE INTÉRIEUR
Huissier responsable
Stéphane Condolo
Huissier-ère-s
Bekim Daci
Antonios Kardelis
Fanni Smiricky
Huissiers/Coursiers
Cédric Lullin
Teymour Kadjar
Timothée Weber
INFRASTRUCTURE ET BÂTIMENT
Ingénieur infrastructure bâtiment et sécurité
1 poste vacant
Responsable d'entretien
Thierry Benson
CHEFS DE PLATEAU
Patrick Savariau
Stéphane Nightingale
MACHINERIE
Chef de service
Stéphane Guillaume
Sous-chefs
Juan Calvino
Stéphane Desogus
Daniel Jimeno
Yannick Sicilia
Sous-chef cintrier
Killian Beaud
Brigadiers
Eric Clertant
Henrique Fernandes Da Silva
Sulay Jobe
Julien Pache
Damian Villalba
Machinistes cintriers
Alberto Araujo Quinteiro
David Berdat
Vincent Campoy
Nicolas Tagand
Machinistes
Chann Bastard
Philippe Calame
Vincent De Carlo
Benjamin Mermet
Hervé Pellaud
Greg Schmidt
Bastien Werlen
3 postes vacants
Agent de scène
Sedrak Gyumushyan
SON & VIDÉO
Chef de service
Jean-Marc Pinget
Sous-chef
Matteo Buttice
Techniciens
Amin Barka
Youssef Kharbouch
Christian Lang
Jérôme Ruchet
ÉCLAIRAGE
Chef de service
Simon Trottet
Sous-chefs de production
Marius Echenard
Stéphane Gomez
Sous-chef opérateur lumières et informatique de scène
David Martinez
Coordinateur de production
Blaise Schaffter
Techniciens éclairagistes
Serge Alérini
Dinko Baresic
Salim Boussalia
Stéphane Esteve
Romain Toppano
Juan Vera
Électronicien
Clément Brat
Opérateurs lumière et informatique de scène
William Desbordes
Florent Farinelli
Tristan Freuchet
Responsable entretien électrique
Fabian Pracchia
ÉLECTROMÉCANIQUE
Chef de service
David Bouvrat
Sous-chef
Fabien Berenguier
électromécaniciens
Sébastien Duraffour
Stéphane Resplendino
Christophe Seydoux
Emmanuel Vernamonte
1 poste vacant
ACCESSOIRES
Chef de service
Damien Bernard
Sous-chef
Patrick Sengstag
Accessoiristes
Vincent Bezzola
Joëlle Bonzon
Stamatis Kanellopoulos
Cédric Pointurier-Solinas
Anik Polo
Geoffrey Riedo
Silvia Werder
Pierre Wüllenweber
HABILLAGE
Cheffe de service
Sonia Ferreira Gomez ad interim
Sous-chef-fe
1 poste vacant
Responsable costumes Ballet
Caroline Bault
Habilleur-euse-s
Claire Barril
Cécile Cottet-Nègre
Angélique Ducrot
Sylvianne Guillaume
Philippe Jungo
Olga Kondrachina
Christelle Majeur
Lorena Vanzo-Pallante
Veronica Segovia
Charlotte Simoneau
Habilleuse du ballet
Raphaèle Ruiz
PERRUQUES ET MAQUILLAGE
Cheffe de service
Karine Cuendet
Sous-cheffe
Christèle Paillard
Perruquières-maquilleuses
Lina Frascione Bontorno
Cécile Jouen
Alexia Sabinotto
ATELIERS DÉCORS
Chef des ateliers décors
Michel Chapatte
Assistant
Christophe Poncin
Magasinier
Samir Karar
MENUISERIE
Chef de service
Stéphane Batzli
Sous-chef
Manuel Puga Becerra
Menuisiers
Giovanni Conte
Ivan Crimella
Frédéric Gisiger
Aitor Luque
Philippe Moret
German Pena
Bruno Tanner
SERRURERIE
Chef de service
Alain Ferrer
Serruriers
Romain Grasset
Samir Lahlimi
Théo Fleury
TAPISSERIE DÉCORATION
Chef de service
Dominique Baumgartner
Sous-chef
Martin Rautenstrauch
Tapissier-ère-s et décorateur-trice-s
Line Beutler
Daniela De Rocchi
Dominique Humair Rotaru
Raphaël Loviat
Fanny Caldari Silva
PEINTURE DÉCORATION
Chef de service
Fabrice Carmona
Sous-chef
Christophe Ryser
Peintres
Ali Bachir-Chérif
Mathias Brügger
Stéphane Croisier
Janel Flury
ATELIERS COSTUMES
Cheffe des ateliers costumes
Sandra Delpierre
Assistant-e-s / coordinateurtrice-s de production
Armindo Faustino-Portas
Carole Lacroix
Léa Perarnau
Gestionnaire stock costumes
Philippe Joly
ATELIER COUTURE
Chef-fe atelier couture
1 poste vacant
Costumier-e-s
Amar Aït-Braham
Caroline Ebrecht
Tailleur-e-s
Christian Rozanski
Pauline Voegeli
Couturier-ère-s
Léa Cardinaux
Sophie De Blonay
Ivanna Denis
Marie Hirschi
Gwenaëlle Mury
Yulendi Ramirez
Xavier Randrianarison
Ana-Maria Rivera
Soizic Rudant
Astrid Walter
DÉCO ET ACCESSOIRES
COSTUMES
Cheffe de service
Isabelle Pellissier-Duc
Décoratrices
Corinne Baudraz
Emanuela Notaro
CUIR
Chef de service
Arthur Veillon
Cordonnier-è-s
Venanzio Conte
Catherine Stuppi
PERSONNEL SUPPLÉMENTAIRE
TEMPORAIRE
Ressources humaines
Rym Benharrats
Camila Azar
Alexandre Dussans
Finances
Anita Hasani (apprentie)
Billetterie
Nina Besson-Lebeau
Victoria Jospin
Pauline Langel (apprentie)
Morgane Wagner
Manon Waneukem
Informatique (Support)
Alexandre Martins
Collaborateur-trice-s accueil
Eric Aellen
Margot Chapatte
Liu Cong
Yacine El Garah
Youssef Mahmoud
Ilona Montessuit
Dilara Özcan
Baptiste Perron
Tanih Razakamanantsoa
Julia Rieder
Doris Sergy
Emma Stefanski
Infrastructure et bâtiment
Karlygach Kadyrova
Administration artistique
Juliette Clauss
Assistant à la mise en scène
Barthélèmy Fortier
Chœur
Daria Mykolenko
Chœur — organisation et support
Fernando Barreto Arroyave
Iwo Von Neumann
Ballet
Vittorio Bertolli
Léa Mastrovito
Mathilde Navarro
Pablo Rienks
Dramaturgie et développement
culturel
Laurent Domingues
Michaël Rolli
Désirée Von Hohenlohe
Marketing
Nessa Soumahoro (apprentie)
Accessoires de scène
Yoann Botelho
Loris Gérard
Kevin Klein
Éclairage
Adrien Nicolovicci
Juliette Riccaboni
Alessandra Vigna
Habillage
Sarah Bourgeade
Benjamin Broillet
Delphine Corrignan-Pasquier
Julie Delieutraz
France Durel
Claire Thebault
Machinerie
Yann Robin
Perruques et maquillage
Séverine Irondelle
Delfina Perez
Carole Schoeni
Cristina Simoes
Nathalie Tanner
Séverine Uldry
Mia Vranes
Léa Yvon
Aude Bezzola
Noémie Lavigne
Son & Vidéo
Clément Karch
Noah Kreil
Serrurerie
Wondimu Timothée Bussy
Joffrey Tourelle
Cuir
Eloane Berner (apprenti)
Assistante de la cheffe ateliers
des costumes
Amélie Loisy
Couture
Ambre Artus
Fanny Betend
David Coelho
Kalyani Jaccard
Maguelone Jacquemond
Amandine Penigot
Déco et accessoires costumes
Ella Abbonizio
Marion Renard
Tapisserie Décoration
Stéphanie Mérat
La Fondation du Grand Théâtre de Genève
Principalement financée par la Ville de Genève avec le soutien du canton de Genève, de l’Association des communes genevoises et de mécènes, la Fondation a pour mission d’assurer l’exploitation du Grand Théâtre, notamment en y organisant des spectacles d’art lyrique, chorégraphique et dramatique.
Conseil de Fondation
M. Xavier Oberson, Président
Mme Sandrine Salerno, Vice-présidente
M. Ronald Asmar
M. Guy Dossan
M. Shelby R. du Pasquier
Mme Bénédicte Grimm
M. Philippe Jobin
Mme Dominique Perruchoud
Mme Maria Vittoria Romano
Mme Isabelle Terrier, représentante de l’Association des communes genevoises
Mme Françoise Vaufrey Briegel
Mme Cecilia Zaugg
Situation au 24.10.25
Le Conseil de fondation est composé de douze membres désignés par le Conseil municipal de la Ville de Genève, le Conseil administratif de la Ville de Genève ou l’Association des communes genevoises, ainsi que deux membres invités représentant respectivement le canton de Genève et le personnel du GTG.
M. Juan Calvino, membre invité, représentant du personnel
M. Marcus Gentinetta, membre invité, représentant du canton
Président d’honneur Guy Demole
Secrétariat Cynthia Haro fondation@gtg.ch
Devenez mécène du Grand Théâtre !
Comme mécène ou partenaire du Grand Théâtre de Genève, vous serez associé à la plus grande structure artistique de Suisse romande et renforcerez tant son ancrage à Genève que son rayonnement au-delà de ses frontières. Vous participerez au déploiement des ambitions d'excellence et d'innovation artistiques, et d'ouverture à tous les publics. Chaque saison, le Grand Théâtre présente des productions lyriques et chorégraphiques qui évoquent les grands sujets de notre époque, destinées à faire vivre l'expérience incomparable de l'art sous toutes ses formes au plus grand nombre. Avec une compagnie de ballet menée par le grand chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui, à la pointe de l'expérimentation transdisciplinaire, le Grand Théâtre développe un nouveau répertoire de danse contemporaine dont les tournées feront briller Genève et la Suisse à l'international.
Votre don permet la réalisation de projets audacieux, avec un large champ d'initiatives qui vous permettent de participer directement au financement d'une saison ou d'un spectacle ; contribuer à la création mondiale d'un ballet ; soutenir un projet qui rassemble plusieurs
disciplines artistiques ; vous engager pour la jeunesse et pour la diversification des publics ; pour l'accessibilité à toutes et tous et à petit prix ; aider les artistes du Grand Théâtre, sa troupe de jeunes chanteurs en résidence ou les jeunes danseurs de sa compagnie de ballet.
À titre individuel, dans le cadre d'une fondation ou d'une entreprise, votre mécénat se construit selon vos souhaits en relation privilégiée avec le Grand Théâtre, pour enrichir votre projet d'entreprise ou personnel. Rejoignez-nous pour bénéficier non seulement d'une visibilité unique et d'un accès exceptionnel aux productions, mais aussi pour vivre des émotions fortes et des moments inoubliables en compagnie des grands artistes de notre époque !
Rejoignez-nous, engageons-nous ensemble à pérenniser les missions du Grand Théâtre !
Informations et contact
+41 22 322 50 58
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Le Cercle du Grand Théâtre de Genève
Le Cercle du Grand Théâtre de Genève rassemble toutes les personnes et entreprises intéressées à soutenir les activités du Grand Théâtre dans le domaine des arts lyrique, chorégraphique et dramatique. Depuis sa création en 1986, le Cercle apporte chaque saison un important soutien financier au Grand Théâtre par des contributions aux spectacles.
Pour la saison 25–26, le Cercle soutient les productions suivantes : Bal impérial – Boléro, Castor & Pollux et 200 Motels.
Pourquoi rejoindre le Cercle ?
Pour partager une passion commune et s'investir dans l'art vivant avec la plus grande scène culturelle de la Suisse romande.
Certains de nos avantages exclusifs :
· Cocktails d'entracte
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· Voyages lyriques sur des scènes européennes
· Conférence annuelle Les Métiers de l'Opéra
· Participation à la finale du Concours de Genève (section voix)
· Priorité pour la souscription des abonnements
· Priorité de placement et utilisation de la même place tout au long de la saison
· Service de billetterie personnalisé
· Tarifs préférentiels pour la location des espaces du Grand Théâtre
· Invitation au pot de Première
· Meet & Greet avec un·e artiste et/ou un·e membre de la production
· Accès gratuit à toutes les activités de La Plage
Bureau (novembre 2024)
M. Rémy Best, président
M. Shelby du Pasquier, vice-président
M. Luis Freitas de Oliveira, trésorier
Mme Benedetta Spinola, secrétaire
Autres membres du Comité (novembre 2024)
Mme Emily Chaligné
M. Romain Jordan
Mme Pilar de La Béraudière
Mme Marie-Christine von Pezold
Mme Adeline Quast
M. François Reyl
M. Julien Schoenlaub
M. Jérémy Seydoux
Membres bienfaiteurs
M. Metin Arditi
MM. Ronald Asmar et Romain Jordan
M. et Mme Rémy Best
M. Jean Bonna
Fondation du groupe Pictet
M. et Mme Luis Freitas de Oliveira
M. et Mme Erik Holstenson
M. et Mme Pierre Keller
Mme Jane Kent
M. Fergal Mullen
Banque Lombard Odier & Cie
M. et Mme Yves Oltramare
M. et Mme Pierre-Alain Wavre
Membres individuels
Mme Anne-Shelton Aaron
S.A. Prince Amyn Aga Khan
Mme Marie-France Allez de Royère
Mme Diane d'Arcis
M. Luc Argand
M. Piotr Augustyniak
Mme Christine Batruch-Hawrylyshyn
M. et Mme François Bellanger
Mme Maria Pilar de la Béraudière
M. Vincent Bernasconi
M. et Mme Philippe Bertherat
Mme Antoine Best
Mme Saskia van Beuningen
M. et Mme Nicolas Boissonnas
Mme Clotilde de Bourqueney Harari
Comtesse Brandolini d'Adda
Mme Emily Chaligné
M. et Mme Jacques Chammas
Mme Pauline Chandon-Moët
Mme Muriel Chaponnière Rochat
M. et Mme Philippe Cottier
Mme Tatjana Darani
M. et Mme Claude Demole
M. et Mme Guy Demole
M. et Mme Michel Dominicé
M. Pierre Dreyfus
Me et Mme Olivier Dunant
Mme Marie-Christine Dutheillet de Lamothe
Mme Heidi Eckes-Chantré
Mme Denise Elfen-Laniado
Mme Diane Etter-Soutter
M. et Mme Patrice Feron
Mme Armelle Gauffenic
M. et Mme Nicolas Gonet
M. et Mme Yves Gouzer
Mme Claudia Groothaert
Mme Anne Gudefin
M. et Mme Philippe Gudin de La Sablonnière
Mme Bernard Haccius
M. Stefan Hascoet
Mme Beatrice Houghton
Mme Victoria Hristova
M. et Mme Éric Jacquet
M. et Mme Daniel Jaeggi
M. Antoine Khairallah
M. et Mme Jean Kohler
Mme Mallu Kulvik
M. Marko Lacin
Mme Brigitte Lacroix
Mme Caroline Lang
M. et Mme Philippe Lardy
Mme Éric Lescure
M. Pierre Lussato
Mme France Majoie Le Lous
M. et Mme Colin Maltby
M. Bertrand Maus
M. et Mme Olivier Maus
M. et Mme Robert Mehm
Mme Béatrice Mermod
Mme Vera Michalski-Hoffmann
Mme Jacqueline Missoffe
M. et Mme Christopher Mouravieff-Apostol
M. Xavier Oberson
M. et Mme Patrick Odier
M. et Mme Alan Parker
M. et Mme Shelby du Pasquier
Mme Jean Pastré
M. et Mme Gilles Petitpierre
Mme Marie-Christine von Pezold
M. et Mme Charles Pictet
M. Charles Pictet
M. et Mme Guillaume Pictet
M. et Mme Ivan Pictet
M. Nicolas Pictet
Comte et Comtesse de Proyart
M. et Mme Christopher Quast
Mme Zeina Raad
Mme Brigitte Reverdin
M. et Mme Dominique Reyl
M. et Mme François Reyl
Mme Karin Reza
Mme Chahrazad Rizk
Mme Kinha Romanovska
M. et Mme Jean-Pierre Roth
M. et Mme Andreas Rötheli
M. et Mme Jean-Rémy Roussel
Mme Sana H. Sabbagh
M. et Mme Adam Said
Mme Maria-Claudia de Saint Perier
Marquis et Marquise de Saint Pierre
M. Vincenzo Salina Amorini
Mme Nahid Sappino
M. Paul Saurel
M. et Mme Julien Schoenlaub
Baronne Seillière
MM. Jérémy Seydoux et Guillaume Jeangros
Mme Nathalie Sommer
Marquis et Marquise Enrico Spinola
Mme Christiane Steck
Mme Kenza Stucki
M. Eric Syz
M. Riccardo Tattoni
Mme Suzanne Troller
M. et Mme Gérard Turpin
M. Olivier Varenne
Mme Ghislaine Vermeulen
M. et Mme Julien Vielle
M. et Mme Olivier Vodoz
Mme Bérénice Waechter
M. Gerson Waechter
M. et Mme Stanley Walter
M. Stanislas Wirth
M. et Mme Giuseppe Zocco
Membres institutionnels
1875 Finance SA
BCT Bastion Capital & Trust
Christie’s INTL SA
Famille Reyl
Fondation Bru
Fondation de l'Orchestre
de la Suisse Romande
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Lenz & Staehelin
Moore Stephens Refidar SA
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Banque Pictet & Cie SA
Organe de révision
Plafida SA
La Plage
Madame Butterfly
sous les étoiles
20 juin 2026 à 21h
Entrée libre
Parc des Eaux-vives
Grand Théâtre Autrement
Cinétransat
Projection du film
Beaucoup de bruit pour rien
7 août 2026 à 21h
Entrée libre
Parc de la Perle du Lac
Grand Théâtre Autrement
La Bâtie –Festival de Genève
Neverland
5 septembre à 19h et 6 septembre 2026 à 15h
À La Cité Bleue
Opéra
La Tempête
16 au 26 septembre 2026
Au BFM
IMPRESSUM
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Rédaction
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Stephan Mueller
Christopher Park
Traduction
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