SAISON1718
OPÉRA | FANTASIO | OFFENBACH
Fantasio Jacques Offenbach
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Passion et partage La Fondation de bienfaisance du groupe Pictet est fière de soutenir le projet «Les jeunes au cœur du Grand Théâtre».
nous nous engageons en faveur de la génération à venir. Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir offrir aux talents de demain l’opportunité de découvrir les joies de l’opéra et du ballet, et peut-être même de susciter des vocations. Les associés du groupe Pictet vous souhaitent une très belle saison 2017-2018.
1H PAR M2 : UN ETUDIANT SOUS MON TOIT Joël Goldstein, directeur de Pro Senectute Genève Lara Duraes, étudiante de l’Université de Genève « Le programme « 1h par m2 » permet de tisser des liens intergénérationnels et de renforcer l’entraide à travers la cohabitation entre seniors et étudiants. »
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
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N° 59 | FANTASIO • GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
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SUBVENTIONNÉ PAR LA VILLE DE GENÈVE
PARTENAIRES DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE ASSOCIATION DES COMMUNES GENEVOISES
CERCLE DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
ÉTAT DE GENÈVE
PARTENAIRE DE SAISON
PARTENAIRE DE SAISON
PARTENAIRE FONDATEUR DE LA TROUPE DES JEUNES SOLISTES EN RÉSIDENCE
PARTENAIRE DU PROGRAMME PÉDAGOGIQUE
PARTENAIRE DES RÉCITALS
FONDATION VALERIA ROSSI DI MONTELERA
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Fantasio Jacques Offenbach
OPÉRA-COMIQUE EN 3 ACTES Livret de Paul de Musset, d’après la pièce éponyme d’Alfred de Musset, son frère. Créé à Paris le 18 janvier 1872 à l’Opéra Comique. Nouvelle édition critique de Jean-Christophe Keck. Boosey & Hawkes Bote & Bock, Berlin
avec la participation de l’Orchestre de la Suisse Romande
Chanté en français avec surtitres anglais et français Durée : approx. 2 h 50 (incluant 1 entracte)
Diffusion samedi 25 novembre 2017 à 20 h Dans l’émission À l’opéra. Une production de Serene Regard et Martine Guers Fréquences FM 100.1 et 100.7
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Direction musicale
Gergely Madaras Mise en scène
Thomas Jolly Assistante à la mise en scène & dramaturge
Katja Krüger
Collaboration artistique Assistant mise en scène pour le Chœur Décors Costumes Lumières
Alexandre Dain Pier Lamandé Thibaut Fack Sylvette Dequest Antoine Travert et Philippe Berthomé
Fantasio Le roi de Bavière La princesse Elsbeth Le prince de Mantoue Marinoni Flamel Spark Facio Max Hartmann Rutten / Le Tailleur / Le Garde Suisse Un pénitent Un Monsieur qui passe
Katija Dragojevic Boris Grappe Melody Louledjian* Pierre Doyen Loïc Félix Heloïse Mas Philippe Estèphe Fernando Cuellar Jaime Caicompai ** Fabrice Farina Bruno Bayeux Harry Draganov ** Dimitri Tikhonov **
Orchestre de la Suisse Romande Chœur du Grand Théâtre de Genève Direction
Alan Woodbridge * Membre de la Troupe des Jeunes solistes en résidence ** Membre du Chœur du Grand Théâtre de Genève
Retrouvez les productions du Grand Théâtre de Genève et d’autres scènes lyriques d’ici et d’ailleurs, dans A l’Opéra le samedi dès 20h. Plus d’info sur espace2.ch
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Espace 2 s’écoute aussi en DAB+
Grand Théâtre de Genève / Photo : Carole Parodi
Samedi à l’opéra
SOMMAIRE
Prélude Introduction Argument / Synopsis Un hymne à la Fantaisie un entretien avec Thomas Jolly Verbatim... Le cruel échec de Fantasio un entretien avec Jean-Claude Yon Fantasio ou les chimères de la fantaisie romantique par Daniel dollé Fantasio ou Phantasio ? par Sylvain Ledda Incises sur fantaisie et fantasmes...
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Fantasio - le livret
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Cette année là, à Genève en 1872 Production Biographies
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Informations pratiques Billetterie du Grand Théâtre Mécénat & partenariat Fondation du Grand Théâtre Cercle du Grand Théâtre Le Grand Théâtre : l’équipe
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Prochainement
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1816 | G E N È V E . Z Ü R I C H . L A U S A N N E . PA R I S . LY O N . A N N E C Y. D U B A Ï . H O N G K O N G | B C G E . C H
PRÉLUDE par Daniel Dollé
« L’imagination ouvre quelquefois des ailes grandes comme le ciel dans un cachot grand comme la main. » ALFRED DE MUSSET, FANTASIO, ACTE II, SCÈNE 5
L’œuvre
« Le petit Mozart », c’est ainsi que Rossini surnommait Jacques Offenbach, le faiseur d’opérettes qui rêvait d’une reconnaissance que seul pouvait lui apporter un succès à l’Opéra Comique. Fantasio constitue la 4ème tentative pour conquérir la Salle Favart. Cette consécration ne lui sera acquise qu’en 1881 avec le triomphe de Les Contes d’Hoffmann. En 1834, paraît, dans la Revue des deux Mondes, Fantasio d’Alfred de Musset qui sera présenté à la Comédie Française en 1866, neuf ans après la mort de l’auteur. Ce ne fut guère un grand succès. Alfred de Musset avait déjà inspiré La Chanson de Fortunio à Jacques Offenbach. Paul Musset, le frère, adapte la pièce de théâtre et écrit le livret de l’opéra-comique éponyme, créé le 18 janvier 1872, quelques jours après Le Roi Carotte. Le rôle titre était interprété par Célestine GalliMarié, la future créatrice de Carmen – trois ans plus tard. Le 21 février 1872, Fantasio voit le jour au Theater an der Wien, puis ce fut le tour de Graz et de Prague (octobre 1872) et enfin Berlin (1873). En juin 1927, on peut voir, à Magdebourg, une reprise dans une nouvelle version, Le fou de la Princesse. Fantasio fit l’objet d’une campagne de presse violente. Camille du Locle, le directeur de l’Opéra Comique, décide de retirer l’ouvrage après dix représentations, sans discuter avec le compositeur de ce qui aurait pu être amélioré. L’échec de Fantasio blessa Offenbach si profondément qu’il se détourna de l’opéra-comique pour retourner vers le féérique et le bouffe.
L’intrigue
Fantasio, un étudiant gagné par le spleen, a l’idée de se travestir pour prendre la place du bouffon de la cour récemment décédé. Fantasio traîne son mal de vivre. Elsbeth s’abandonne elle aussi à la tristesse que lui cause la mort du bouffon SaintJean. Fantasio chante une romance mélancolique que la jeune princesse écoute avec émotion sans le voir. En voyant passer le convoi funéraire du bouffon, Fantasio a soudain l’idée de se déguiser pour pouvoir prendre sa place à la cour. Ainsi déguisé, il s’introduit auprès de la princesse Elsbeth qui doit épouser le prince de Mantoue pour complaire
à son père, le roi de Bavière. De son côté, afin de se faire aimer pour lui-même, le prince a échangé ses habits avec son aide de camp. Pour avoir réussi à révéler cette supercherie Fantasio est jeté en prison. Mais le jeune homme réussit à convaincre Elsbeth qu’il vaut mieux suivre son cœur que de se soumettre à la raison d’État. Elsbeth aide Fantasio à s’enfuir. Le jeune étudiant retrouve ses amis et se laisse proclamer roi des fous. Le roi accorde son pardon à Fantasio et à Elsbeth qui a été sa complice. La princesse obtient le titre de prince pour Fantasio et lui avoue qu’elle l’aime.
La musique
La pièce, dédiée à Eduard Hanslick (critique autrichien), disparaît en grande partie au cours de l’incendie de l’Opéra Comique en 1887. Grâce à un travail remarquable de Jean-François Keck, auteur de l’édition critique Jacques Offenbach, Fantasio renaît de ses cendres en 2013. Jacques Offenbach quitte ses habits de faiseur de cancans pour se diriger vers son chef-d’œuvre : Les Contes d’Hoffmann. Entre le rythme bouffe et l’aspiration au romantisme, en pleine guerre franco-prussienne, le compositeur livre une charge politique en ridiculisant l’autocratie et en promulguant l’exemption des peuples à faire la guerre. Pour le public de l’époque, la débâcle de Sedan est trop proche et Offenbach est trop allemand, pour qu’il reconnaisse une partition digne d’un grand intérêt. Habitué des ouvrages écrits à des vitesses vertigineuses, Jacques Offenbach a porté un soin particulier à cette partition finement polie. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les romances de la Princesse Elsbeth, « La ballade à la lune » de Fantasio, ou encore les trois merveilleux duos entre la Princesse et Fantasio. Admirateur des compositeurs classiques, il montre un modernisme inattendu qui annonce Bizet ou Massenet. Son orchestration érudite reste fidèle à la grande tradition de l’école française, il suffit d’écouter l’ouverture de l’œuvre. Une revanche posthume pour Offenbach : en quittant le spectacle on a envie de fredonner ou de siffloter quelques mélodies.
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INTRODUCTION by Daniel Dollé
“The imagination sometimes opens wings as big as the sky, in a cell as big as a hand.” ALFRED DE MUSSET, FANTASIO, ACT II, SCENE 5
The work
“Little Mozart”: that was Rossini’s nickname for Jacques Offenbach, the creator of operettas who dreamt of the recognition that only success at the Opéra Comique could bring. Fantasio was his 4th attempt to win over the Salle Favart. This recognition was only obtained in 1881 with the triumph of The Tales of Hoffman. In 1834, Fantasio by Alfred de Musset appeared in La Revue des Deux Mondes, and was later presented at the Comédie Française in 1866, nine years after the author’s death. It could hardly be described as a great success. Alfred de Musset had already inspired Jacques Offenbach’s La Chanson de Fortunio. Paul Musset, the author’s brother, adapted the play and wrote the libretto for the opéra-comique by the same name, first performed on 18 January 1872, a few days after Le Roi Carotte. The title role was performed by Célestine Galli-Marié, who would be the first to play Carmen three years later. On 21 February 1872, Fantasio was produced at the Theater an der Wien, followed by performances in Graz and Prague (October 1872) and finally, Berlin (1873). In June 1927, a revival in a new version was presented in Magdebourg, Der Narr der Prinzessin (The Princess’s Fool). Fantasio was the subject of a ferocious press campaign. Camille du Locle, the director of the Opéra Comique, decided to withdraw the work after ten performances, without discussing any possible improvements with the composer. The failure of Fantasio wounded Offenbach so deeply that he abandoned opéra-comique to return to opéra féerie and opéra bouffe.
The plot
Fantasio, a student overcome with melancholy, has the idea of disguising himself to take the place of the recently deceased court jester. Fantasio brings his discontentment with him. Elsbeth also abandons herself to the sadness caused by the death of the jester Saint-Jean. Fantasio sings a melancholic love song that the young princess hears and is touched by, without seeing the singer. Watching the jester’s funeral cortège pass by, Fantasio suddenly has the idea of disguising himself in order to take his place at court. In disguise, he introduc-
es himself to Princess Elsbeth, who must marry the prince of Mantua to please her father, the King of Bavaria. Meanwhile, in order to be loved for himself, the prince has swapped clothes with his aide-de-camp. Fantasio is thrown in prison for having successfully revealed this deception. But the young man manages to convince Elsbeth that it is better to follow her heart than adhere to state policy. Elsbeth helps Fantasio escape. The young student rejoins his friends and is proclaimed king of fools. The king grants a pardon to Fantasio and Elsbeth, who was his accomplice. The princess obtains the title of prince for Fantasio and confesses to him that she loves him.
The music
The piece, dedicated to the Austrian critic Eduard Hanslick, was largely destroyed during the fire at the Opéra-Comique in 1887. Thanks to the remarkable work of Jean-Christophe Keck, author of the academic publication about Jacques Offenbach, Fantasio rose from the ashes in 2013. Jacques Offenbach left behind his role as a scandal-monger and turned to his masterpiece: The Tales of Hoffmann. Between the opéra bouffe rhythm and the aspiration to romanticism, in the midst of the Franco-Prussian war, the composer delivered a politically charged piece, ridiculing autocracy and proclaiming the right of the people not to make war. For audiences of the time, the Sedan debacle was too recent and Offenbach too German for his score to be deemed worthy of interest. Usually writing his pieces at dizzying speed, Jacques Offenbach lavished particular care and attention on this finely polished score. To understand this, you only have to listen to the love songs of Princess Elsbeth, Fantasio’s “Ballad to the Moon”, or the three magnificent duets between the Princess and Fantasio. This admirer of classical composers demonstrates unexpected modernism that foreshadows Bizet and Massenet. His erudite orchestration remains faithful to the great tradition of the French school, as demonstrated in the overture. It’s a posthumous revenge for Offenbach: you’ll leave the performance humming its melodies.
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DE VISU-REIMS
L’ A B U S D ’ A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T É . À C O N S O M M E R A V E C M O D É R AT I O N .
ARGUMENT
SYNOPSIS
Acte I Un mariage se prépare au royaume de Bavière et de cette union entre la princesse Elsbeth et le prince de Mantoue, la paix entre les deux pays doit être le premier fruit. Le bon roi pourtant nourrit des doutes : doit-il sacrifier sa fille à la raison d’État alors qu’il ne connait même pas ce prince italien à la mauvaise réputation ? De son côté, Fantasio, jeune étudiant mélancolique et blasé, voudrait changer de vie et, justement, le bouffon du roi vient de mourir. Sur un coup de tête, Fantasio décide d’endosser le costume du bouffon et de se faire une place à la cour. Le prince de Mantoue choisit lui aussi de prendre une autre identité : celle de son aide de camp Marinoni, dans l’idée de se faire aimer pour lui-même...
Act I A wedding is preparing in the kingdom of Bavaria. The union of princess Elsbeth and the prince of Mantua must bring peace between the two countries. But the good king has doubts. Should he sacrifice his daughter to the national interest when he does not even know this Italian prince with a bad reputation? Fantasio a young melancholy and jaded student wonts to change his life. And the king’s jester has just died. On a whim, Fantasio decides to dress as the fool and thus gain access to court. The prince of Mantua also chooses to change his identity and pretends to be Marinoni, his aide- de-camp in order to be loved for himself.
Acte II Elsbeth se laisse peu à peu conquérir par la fantaisie bienveillante du nouveau bouffon. Fantasio se fait un malin plaisir à déjouer les projets du roi et sème la zizanie... Il veut que la princesse écoute son cœur ! Dans son habit d’aide de camp, en revanche, le prince enchaîne gaffe sur gaffe, au grand désespoir du brave Marinoni. Soudain, aux yeux de tous, Fantasio lui enlève sa perruque. Face à ce crime de lèse-majesté, la guerre menace les deux États. Acte III Si Fantasio évite de peu la peine capitale, il échoue cependant en prison, ce qui l’amuse beaucoup. Il y reçoit la visite de la princesse et se dévoile enfin à elle. C’est que sous son costume de bouffon se cache un jeune homme séduisant. En ville, ignorant tout des jeux de la séduction, les esprits s’échauffent à la perspective de la guerre. Fantasio, qui a réussi à s’échapper, propose au prince un combat singulier pour éviter le conflit. Le prince de Mantoue, peureux, décrète alors une paix immédiate. Pour le récompenser, la princesse nomme alors Fantasio prince.
Act II Gradually, Elsbeth lets herself be conquered by the benign fantasy of the new jester. Fantasio is taking malicious pleasure in thwarting the king’s plans and stir up ill-feeling. He wonts the princess to listen to her heart. On the other hand, the prince, in the appearance of the aide-de-camp, cannot stop himself from acting blunderingly, driving nice Marinoni to despair. All of o sudden, Fantasio removes the prince’s wig in full view of everyone. ln the face of this lèse-majesté war threatens the two States. Act III Fantasio escapes the death penalty but ends up in jail which amuses him a lot. There he is visited by the princess and unveils his feelings towards her. In effect, under the jester’s costume, there is a young and seductive man. In the town, ignoring all the games of seduction, people’s minds become heated at the prospect of war. Fantasio. who manages to escape, challenges the prince in a duel to avoid a conflict. The timorous prince of Mantua declares on immediate peace. Then, the princess appoints Fantasio as prince to reward him.
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Un hymne à la Fantaisie... un entretien avec le metteur en scène Thomas Jolly par Tania Rutigliani Tania Rutigliani Le choix de l’œuvre n’est pas anodin, pourquoi Fantasio ? Thomas Jolly En décembre 2014, à l’issu du Festival d’Avignon – où on avait monté Henry VI – le directeur de l’Opéra Comique, Olivier Mantei, m’a demandé si j’étais intéressé de mettre en scène un opéra pour la réouverture de l’Opéra Comique. Il me propose deux œuvres : Hamlet d’Ambroise Thomas et Fantasio de Jacques Offenbach. La première chose qui m’a marquée est qu’une institution d’une telle envergure propose à un metteur en scène, d'à peine 31 ans, de faire sa première mise en scène d’opéra. J’y ai perçu une énergie fascinante et une grande confiance dans une nouvelle génération de metteurs en scène. Mais, revenons à la question de l’œuvre. Je les ai écoutées et immédiatement, c’est Fantasio qui m’a plu. Différents éléments ont aiguillé mon choix, d’une part l’œuvre n’avait plus été mise en scène depuis sa création – vu que la partition avait été perdue avant de renaître de ses cendres par le travail d’édition de Jean-Christophe Keck. Il n’y avait donc pas de précédent, ce qui, pour une première mise en scène d’opéra, était plus confortable. Devant moi se présentait une page blanche où je pouvais navi-
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guer à ma guise; je n’ai pas eu à m’inscrire dans la continuité d’une esthétique donnée. D’autre part, le genre m’a aussi interpellé : l’opéra-comique; il y avait donc un aspect théâtral important. J’étais ravi de pouvoir travailler sur le « tuilage » entre parlé et chanté, entre musique et théâtre et entre Offenbach et Musset. Fantasio est un personnage qui fait écho à ce « tuilage » car il est à la fois l’alter-ego d’Offenbach et celui de Musset. De plus, les thèmes abordés dans l’œuvre sont très actuels : la jeunesse et ses désillusions, le refuge dans la fantaisie, etc. J’ai donc facilement pu m’identifier aux différents personnages. J’ai été ému de pouvoir, si jeune, faire une mise en scène d’opéra et Fantasio a été une œuvre idéale. TR Dans le cadre de la création à Paris, l’année de préparation a été ponctuée par des ateliers nommés « Fantasio, les chroniques de l’opéra ». Ils ont permis au public de vous suivre dans votre processus créatif. Cela a-t-il eu un impact sur votre manière de travailler ? TJ Je me suis dit « Je ne sais pas faire d’opéra, apprenons ! » et j’ai proposé à l’Opéra Comique de faire ces ateliers où j’ai pu aborder divers aspects
des tentatives de mise en scène et avoir le temps d’échouer, si nécessaire, sans prétériter l’œuvre. À mon avis, tout le monde est gagnant. TR Mettre en scène de la musique, était nouveau pour vous. Comment avez-vous relevé le défi ? TJ Offenbach est très théâtral. À ses débuts, il composait de la musique de scène pour la Comédie Française. Sa manière d’amener les rythmes et les couleurs est très liée à la théâtralité de l’œuvre. C’est pour cela que je me suis focalisé sur le texte, car la musique prend en charge les aspects immatériels. L’émotion inhérente à la pensée est amenée par la musique avant d’être verbalisée. Ce qui différencie essentiellement le théâtre de l’opéra c’est qu’au théâtre on a un texte et une ponctuation – seul élément de musicalité donné – l’acteur crée la musique à partir de ces éléments et chaque soir sa musicalité se réinvente. À l’opéra, c’est l’inverse: il y a le texte et la musique. Je dois donc faire le travail inverse et déconstruire la musique pour comprendre pourquoi telle note ou nuance accompagne les mots. Par exemple : dans la « Ballade à la lune » que chante Fantasio, le début est très enjoué et, brusquement, le tout ralentit et le ton
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que je ne connaissais pas : comment diriger un chanteur, le lien entre la partition et le texte, le « tuilage » entre chanté et parlé, comment traiter scéniquement les passages instrumentaux. De plus ces sessions de travail m’ont permis de travailler avec une partie des chanteurs, de les rencontrer. Le métier de metteur en scène est très solitaire, une, voire deux années sont consacrées à tout mettre en œuvre pour préparer la création; c’est très théorique, irréel et abstrait. Par « Fantasio, les chroniques de l’opéra » j’ai pu entrer dans l’œuvre de manière concrète. C’était un laboratoire et j’ai voulu que le public y participe. Les personnes présentes m’ont donné des indications très précieuses. La confrontation avec les spectateurs m’a permis de tester l’humour et différents éléments de mise en scène. Dans tout cela, il ne faut pas oublier qu’une création est un mariage organisé par la production. On ne choisit pas avec qui on travaille. Mais il faut que, dès le premier jour, ça fonctionne. Grâce aux ateliers, l’ambiance d’équipe était bonne dès le premier jour de répétition. Cela a permis de ramener l’humain au centre des préocupations et de repenser la temporalité d’une création. En travaillant aussi tôt avec le public, on peut faire
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devient plus grave, car le texte se réfère aux doutes du personnage sur son existence. Je fais partie d’une famille de metteurs en scène qui prend la matière première des œuvres, texte et musique, comme base du travail scénique. Je n’essaie pas de tordre des éléments pour les faire correspondre à une idée ou une esthétique. L’œuvre m’impose certains éléments. TR Vous, et votre équipe, avez énormément retravaillé le livret de Paul de Musset, pourquoi ? TJ Alfred de Musset a écrit une pièce et Paul de Musset en a tiré un livret, mais la pièce et l’opéra sont très différentes. Le livret était un objet hybride qui recelait de nombreuses erreurs de narration. Par exemple, l’un des quiproquos de la pièce est qu’Elsbeth pense, l’espace d’une scène, que Fantasio est le Prince de Mantoue. Dans la pièce, la confusion est claire, car exliquée par la suivante d’Elsbeth; dans le livret on ne sait pas pourquoi soudainement la princesse pense que Fantasio pourrait être son prince. Confrontés à ce genre d’erreurs, Katja Krüger (dramaturge) et moi avons alors retravaillé et étoffé le livret. C’était dommage de ne pas puiser dans la plume d’un au-
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teur de génie tel qu’Alfred de Musset pour palier les erreurs narratives de son frère. De plus, je ne voulais pas que le texte serve uniquement de prétexte de transition entre deux parties chantées. Je voulais jouer le jeu de l’opéra-comique, c’est-àdire mettre en scène opéra et comédie. Nous avons donc rajouté des éléments du Fantasio d’Alfred de Musset mais aussi un pamphlet anti-guerre pour la scène des barricades. Les thèmes abordés par Elsbeth et Fantasio sont des questions philosophiquement fascinantes : nature, amour, futur, etc. J’ai donc voulu donner une consistance de pensée aux personnages, pas uniquement une consistance vocale. TR Que raconte votre mise en scène de la pièce ? TJ Elle raconte comment, quand une chape de plomb, une austérité et une lourdeur se sont abattues sur un peuple, une lumière, une force vive, peuvent jaillir des ténèbres et tout irradier. C’est une œuvre collective, qui raconte comment, ensemble, on peut œuvrer pour que le monde dans lequel on vit soit meilleur et plus juste. Fantasio n’est pas un messie, c’est un anti-héros, mais il réussit à réveiller la collectivité pour qu’elle se prenne en main. C’est pour cela que le chœur est le personnage principal, il représente cette collectivité. L’œuvre va crescendo, de la chape de plomb jusqu’à l’allégresse. Cet éclat de couleurs vives final, qui résorbe l’ambiance terne initiale, est une explosion de joie où un étudiant endetté est nommé prince, puis roi des fous. Un vrai carnaval où l’ordre du monde est retourné, où il y a une inversion des rapports. TR ... et votre décor ? TJ Pour moi, lumière, décor, costumes ont le même statut : ce sont des outils qui agissent sur les personnages. C’est un décor vivant, inspiré par les révolutions industrielles et technologies de l’époque d’Offenbach et de Musset : moteurs, photographie, botanique, mécanique, électricité. Le décor est une grande machine qui agit en
THOMAS JOLLY UN HYMNE À LA FANTAISIE
symbiose avec les personnages. Alfred de Musset a toujours apprécié les contrastes, ce décor lui rend hommage en étant, à la fois noir et hostile, mais également mobile et facétieux. Il est là pour se faire habiter par la communauté. On le regarde, comme on regarde un film en noir et blanc – avec un gros grain. Au début, le décor est mort (comme la communauté) et attend d’être réveillé. Je me suis inspiré d’éléments de l’époque d’Offenbach et de Musset mais jamais je ne recontextualise ou crée une reconstitution. à mon avis, c’est réducteur par rapport aux œuvres. L’opéra est tout à fait capable –par lui-même – de faire le lien avec l’actualité. La réplique « que la politique est une fine toile d’araignée dans laquelle se débattent bien de pauvres mouches mutilées » est un message assez explicite en soi. TR À votre avis, quel est le message principal de la pièce ? TJ C’est un hymne à la fantaisie. Que chacun peut, par sa capacité d’invention, son imagination, sa capacité de questionner les modèles – c’est-à-dire par la fantaisie – trouver une place dans ce monde. Qu’il n’y a pas besoin de révolution violente pour changer le monde, juste un peu de fantaisie. TR Fantasio est un rôle travesti; était-ce un élément qui a influencé votre mise en scène ? TJ Quand je me suis penché sur l’œuvre la question me taraudait. Le genre est une problématique actuelle qui me semble importante : se considérer comme personne avant de se considérer comme être sexué. Mais finalement j’ai décidé de ne pas travailler cet aspect. D’une part, parce que le rôle a été initialement écrit pour un ténor. D’autre part, parce qu’à l’opéra le travestissement de convention est complètement accepté. Fantasio est un personnage hors-cadre, qui cherche sa place dans ce monde et ce décalage est accentué par le fait qu'une femme interprète un homme.
TR Nouvelle ville, nouvelle maison d’opéra, partiellement nouveau cast, est-ce que le public genevois aura droit à un nouveau Fantasio ? TJ Aujourd’hui, j’ai l’impression que la mise en scène correspond à ce que l’œuvre commande, car finalement c’est l’œuvre qui a décidé de la mise en scène. Mais on a aussi à faire à des être humains, chacun ayant des singularités. Je voulais être présent pour remonter cette pièce car j’aime travailler avec ces singularités. L’ossature de la mise en scène reste la même, mais la chair change par chaque nouvelle personne qui amène une nouvelle énergie. La mise en scène reste du papier cadeau autour d’une boite immuable dans laquelle s’agitent et s’animent des corps vibrants. Moi, je fais de la mise en scène pour les corps vibrants, pas pour le papier cadeau. TR Dans la distribution vous avez des chanteurs et un acteur, comment travaillez-vous avec l’un et l’autre ? TJ Au début, j’ai pensé que la direction de chanteurs serait problématique, mais en fait c’est assez simple : chanter et parler c’est d’abord penser. À l’opéra, la forme de la pensée est contruite. Mais en tant que chanteur, on ne chante pas la forme … on chante le fond. Au théâtre, on n’a pas le support de la musique: on est habitué à être à nu sur scène. Dans les parties parlées, les chanteurs se sentent mis à nus. Leur cocon habituel des notes, de l’orchestre les protègent. J’ai donc décidé de ne pas m’attarder sur la forme mais sur le fond, de mettre à nu mes chanteurs. Je leur demande d’accidenter leur pensée: cela permet au spectateur de s’embarquer dans un air sans savoir où celui-ci va le mener. La musique a tendance à lisser la pensée, c’est pour cela que je travaille sur le fond, pour faire sortir les chanteurs de leur cadre habituel.
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« Musset : faculté poétique, mais peu joyeux. Croque-mort langoureux. »
« Fantasio ne devient pas seulement le bouffon du roi, il prend la place du mort ! «Est-ce le fantôme de mon propre bouffon que je vois ici ?», se demande Elsbeth. Alors : fantôme, Fantasio, fantasme, fantaisie, fantastique, tout ça a la même racine, qui veut dire apparition, fantôme, spectre, illusion… » THOMAS JOLLY
CHARLES BAUDELAIRE À JULES JANIN (1865)
« Janvier 1872. J’ai assisté avec Dumas à la première du Roi Carotte. On n’imagine pas une infection pareille ! Le public a été absolument de mon avis. Le bon Offenbach a eu un re-four à l’Opéra-Comique avec Fantasio. Arriverait-on à haïr la blague ? Ce serait un joli progrès dans la voie du bien ! » GUSTAVE FLAUBERT À GEORGE SAND « Dans le monde que nous propose Fantasio, même dans le plus cruel désespoir on peut trouver une fantaisie, une inventivité, une curiosité : une couleur dans la palette de gris, une fleur au milieu d’un désert. » THOMAS JOLLY
« Fantasio, le personnage est à la fois Offenbach et Musset… La désillusion de Fantasio, comme celle de ses auteurs entre en écho avec nos désillusions d’aujourd’hui, politiques, culturelles, philosophiques… » THOMAS JOLLY
« Ma tête est comme une vieille cheminée sans feu: il n’y a que du vent et des cendres. » FANTASIO, FANTASIO
D’ALFRED DE MUSSET (1834)
Verbatim...
« Les bouffons, ces anges de la vérité, ont au théâtre des destins souvent violents et tragiques. » LAURENT CAMPELLONE, CHEF D’ORCHESTRE QUI A DIRIGÉ L’ŒUVRE À PARIS.
« Tu m’appelles ta vie, appellemoi ton âme, / Car l’âme est immortelle, et la vie est un jour. » FANTASIO, FANTASIO D’ALFRED DE MUSSET (1834)
Fantasio est dans la veine de La Confession d’un enfant du siècle, l’histoire d’un dandy au verbe dur et au cœur tendre qui, « pour un peu d’amour », donnerait ses jours. Au point de revêtir, par défi et par jeu, la dépouille du défunt bouffon du roi, SaintJean. Ce faisant, il sauvera la princesse Elsbeth... MARIE-AUDE ROUX LE MONDE, 16 FÉVRIER 2017
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« L’opérette est une fille de l’opéracomique ayant mal tourné, mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément » CAMILLE SAINT-SAËNS
JACQUES OFFENBACH À PROPOS DE LA NAISSANCE DE L’OPÉRA BOUFFE
« Fantasio, devenu roi des fous, fait un long panégyrique de la paix qu’il conseille au roi de Bavière et à celui de Mantoue sur le point de se déclarer la guerre. Ah ! Que cette triste et banale tartine sur les bienfaits de la paix venait mal à propos le 19 janvier, jour de l’anniversaire de l’héroïque mais malheureusement sortie de la garde nationale parisienne. Amuseznous, messieurs, si vous le pouvez, ennuyeznous même, mais n’allez pas plus loin ; vous n’avez pas qualité pour imposer votre façon de comprendre le devoir de la patrie, la conscience publique, ne vous regarde pas. » LE SIÈCLE (JANVIER 1872)
« Se choisir un libretto dans l’œuvre d’un grand poète, il y avait là de quoi tenter et inspirer un musicien (…) Sur les trois actes de Fantasio, Monsieur Jacques Offenbach en a écrit un, le premier, tout à fait réussi depuis l’introduction jusqu’au chœur d’étudiants. Point de ces bagatelles spirituelles, vives, joyeuses, bien rythmées, que Paris fredonne avec ivresse ! La musette aspire à devenir une muse. Le fécond improvisateur d’opérettes populaires s’est maintenu dans ce premier acte, en pleine région de l’opéra : il ne chantonne plus, il chante. Le deuxième acte est loin, bien loin, hélas ! de valoir le premier. Le poème étant absolument vide, le musicien y chante pour chanter. » LE FIGARO (21 JANVIER 1872)
« … Je n’ai jamais admiré la musique cascadeuse du maître, qui a fait le bonheur de la génération actuelle, et sans aller, comme certains gens, jusqu’à lui donner une grande part dans l’affaiblissement moral de notre époque, j’ai souvent pensé qu’elle faussait le goût et qu’elle nuisait à l’art et aux artistes… Il est positif qu’on ne trouve pas dans Fantasio la moindre réminiscence des opérettes bouffes qui font encore aujourd’hui les délices de l’Allemagne, d’une partie de l’Italie, voire même de l’Amérique. Toute la pièce a une tendance vers la musique sérieuse et de bon goût et le but est plus d’une fois atteint. L’orchestration bien soignée, ne faiblit guère, et dès l’ouverture, qui est largement écrite, dans un style à la fois élevé et coquet, il n’y a rien de l’Offenbach d’autrefois. » CHRONIQUES DES THÉÂTRE DE PARIS (JANVIER 1872)
« Une larme en dit plus que tu n’en pourrais dire ; / Une larme a son prix, c’est la sœur d’un sourire. »
© BRIDGEMAN IMAGES / NADAR / GIRAUD / DR
« C’est à cette époque que, devant l’impossibilité persistante de me faire jouer, l’idée me vint de fonder moi-même un théâtre de musique. Je me dis que l’opéra-comique n’était plus à l’Opéra Comique, que la musique véritablement bouffe, gaie, spirituelle, la musique qui vit, enfin, s’oubliait peu à peu. Les compositeurs travaillant pour l’Opéra-Comique faisaient de petits-grands opéras. »
ALFRED DE MUSSET POÉSIES NOUVELLES, IDYLLE (1839)
« Chanter, rire, pleurer, sans but, au hasard. » ALFRED DE MUSSET DÉFINITION DE LA POÉSIE
« Moi j’ai donné ma vie à ce dieu fainéant qu’on nomme fantaisie. » ALFRED DE MUSSET, LES MARRONS DU FEU
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© ROGER-VIOLLET
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Caricature d'Offenbach Stop, 1872 Le Journal amusant Gravure
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© ALBERT HARLINGUE / ROGER-VIOLLET
Le cruel échec de Fantasio
Un entretien avec Jean-Claude Yon* réalisé par Agnès Terrier, dramaturge de l’Opéra Comique. Texte paru dans le programme de l’Opéra Comique en février 2017, repris avec l’aimable autorisation des auteurs.
Agnès Terrier Quel compositeur était Offenbach ? Jean-Claude Yon Offenbach a toujours su conjuguer création artistique et succès commercial. Parti de rien, il avait conquis le beau monde grâce au soutien du compositeur Friedrich von Flotow et de la comtesse Bertin de Vaux, parente du directeur du Journal des Débats et qui fut sa marraine lors de sa conversion au catholicisme. Il a très tôt misé sur la presse. Au reste, de nombreux librettistes étaient également journalistes. En 1854, un an avant l’ouverture des Bouffes-Parisiens, Hippolyte de Villemessant avait créé Le Figaro. Offenbach et lui s’épaulèrent durant leurs carrières respectives car l’un et l’autre s’adressaient au même public mon-
dain et boulevardier. Villemessant fit du Figaro, comme il le dit lui-même dans ses mémoires, « le journal officiel des Bouffes Parisiens », montant de véritables « plans média » pour accompagner les nouvelles pièces, ouvrant au compositeur le courrier des lecteurs afin qu’il s’exprime directement, réalisant avec lui la toute première interview de musicien, le 18 mai 1873. Offenbach est l’un des premiers compositeurs à s’être façonné une image. Les amateurs de spectacles connaissaient son visage à lorgnon et favoris, sa silhouette dégingandée, son élégance tape-à-l’œil. Il cultivait son accent allemand, encourageait les caricaturistes, fréquentait les cafés, les salons, les villes à la mode, animait les saisons des stations chics – Baden, Ems, Étretat,
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LE CRUEL ÉCHEC DE FANTASIO JEAN-CLAUDE YON
Nice... Cependant, malgré les appuis qu’il a su trouver sous le Second Empire, en particulier celui de Charles Auguste de Morny, président du Corps législatif, il n’était pas un compositeur officiel : il ne fut jamais invité aux fameuses « séries » de Compiègne et il dut se contenter du grade de chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Si Napoléon III assista à ses grandes créations, c’était dans l’ordre des choses pour cet assidu des théâtres (750 soirées théâtrales en 18 ans de règne). L’idée d’une « offenbachiade », d’une « fête impériale » voulue par le régime pour abrutir les masses, est une fiction inventée par les détracteurs du régime et par ceux du compositeur. AT En quoi Fantasio était-il pour Offenbach un projet important en 1870 ? JCY Offenbach, qui était en 1870 au sommet de sa notoriété pour sa production bouffe, n’aimait rien tant que l’opéra-comique où le mouvement du théâtre imprime la composition musicale. Et il était convaincu que le spleen et la fantaisie de Musset lui conviendraient à merveille dons le demi-ton propre au genre. Il devait à Musset son plus éclatant succès d’opéra-comique, La Chanson de Fortunio, créé aux Bouffes-Parisiens en 1861 d’après Le Chandelier. Intégralement bissée le soir de la première, l’œuvre avait enthousiasmé la critique, Le Figaro déclarant qu’elle « eût été fort applaudie dans la salle Favart » et qu’elle était destinée au « brillant répertoire de notre seconde scène lyrique ». Revenir à Musset en 1870 devait donc lui permettre d’aborder l’Opéra Comique avec les meilleurs atouts. Servi par de grands artistes et un excellent orchestre, le brillant amuseur doublé d’un musicien parfois jugé superficiel serait enfin reconnu dans la plénitude de son talent. Car Offenbach ne pouvait se résoudre à demeurer dans le genre bouffe qu’il avait réinventé avec éclat et qu’il dominait de son génie. Jamais il n’aurait pu faire sienne la maxime de Musset : « Mon verre n’est pas grand mais je bois dans mon verre » Fantasio devait être créé par Capoul, le ténor vedette à qui Vert-Vert devait son succès de 1869. En
1870, la troupe et la direction de l’Opéra Comique étaient plutôt bien disposées à l’égard d’Offenbach. L’institution était en position de force dans le paysage culturel et ne craignait guère la concurrence des théâtres secondaires où Offenbach déployait habituellement sa verve. Mais la guerre contre la Prusse, en reportant la création de Fantasio, allait tout remettre en question. AT Que s’est-il donc passé en janvier 1872 ? JCY Après 1870, les difficultés s’accumulent. Artistiquement, elles tiennent moins aux changement, intervenus dans la troupe – avec entre autres le rôle-titre réattribué à une mezzo – qu’au déséquilibre de l’œuvre, déjà manifeste avant la guerre, avec un brillant premier acte écrit d’un jet et une composition plus poussive pour la suite. À cela se superpose un problème politique car la création de Fantasio s’ajoutait à celles, entre décembre 1871 et janvier 1872, de Boule de neige et du Roi Carotte sur deux autres scènes parisiennes, les Bouffes-Parisiens et la Gaîté. D’aucuns parlèrent d’invasion… Suite aux virulentes attaques auxquelles il devait faire face, Offenbach songeait d’ailleurs à réorienter sa carrière vers Vienne où il triomphait depuis plusieurs années et où il préparait, en 1872, la version allemande de Fantasio, mais aussi Fleurette et Le Corsaire noir. Il savait que les Français, au sortir d’une guerre perdue, n’apprécieraient plus la bouffonnerie, ce qui le fit renoncer à un projet de Grand Lama avec les librettistes Chivot et Duru. L’univers de la féerie convenait mieux, ce que confirma le brillant succès du Roi Carotte. Offenbach crut que Musset apporterait des garanties au projet Fantasio. Sauf qu’un bouffon d’origine allemande comme lui ne pouvait pour l’heure, mettre en musique un académicien sur une scène nationale, surtout pour chanter les mérites de la paix à un peuple vaincu ! L’échec de Fantasio le blessa si profondément qu’il le détourna de l’Opéra Comique et que, l’année suivante, c’est en pensant à une création à la Gaîté qu’il commença à travailler aux Contes d’Hoffmann.
JEAN-CLAUDE YON LE CRUEL ÉCHEC DE FANTASIO
Offenbach crut que Musset apporterait des garanties au projet Fantasio. Sauf qu’un bouffon d’origine allemande comme lui ne pouvait pour l’heure, mettre en musique un académicien sur une scène nationale, surtout pour chanter les mérites de la paix à un peuple vaincu ! L’échec de Fantasio le blessa si profondément qu’il le détourna de l’Opéra Comique et que, l’année suivante, c’est en pensant à une création à la Gaîté qu’il commença à travailler aux Contes d’Hoffmann. AT Quel rôle a joué Camille Du Locle, le directeur de l’Opéra Comique ? JCY Une longue amitié liait Du Locle et Offenbach qui se connaissaient au moins depuis 1856, année où Du Locle, jeune auteur de 24 ans, avait écrit pour les Bouffes-Parisiens le livret de M’sieur Landry. Mise en musique par le Prix de Rome Jules Duprato, cette opérette permit à la presse de qualifier les Bouffes, un an après leur ouverture, de « quatrième théâtre lyrique parisien », ce qui était plus que flatteur. Quatorze ans plus tard, c’est Du Locle qui, coup sur coup, proposa Fantasio à Offenbach, aida Paul de Musset à façonner le livret puis, nommé à la tête de l’Opéra Comique pour succéder à Eugène Ritt – en tandem avec l’inamovible Adolphe de Leuven –, en maintint la programmation. Offenbach, qui avait été un directeur de théâtre complet, était en position de faiblesse : ni la distribution, ni la mise en scène, ni le choix des décors et des costumes ne lui incombaient à l’Opéra Comique. Mais il était confiant. Il fut donc meurtri par la désaffection de Du Locle en janvier 1872. Après quinze mois de fermeture due
aux bouleversements politiques, puis une réouverture patriotique sur la 1000ème représentation du Pré aux clercs, Du Locle ne sut ou ne voulut pas mobiliser les chanteurs, nouveaux sur le projet et plus ou moins réticents. En réponse aux comptes rendus médiocres, voire assassins (Fantasio fit l’objet d’une campagne de presse d’une rare violence), Du Locle retira l’œuvre de l’affiche sans prendre le temps d’examiner avec le compositeur ce qui pouvait être amélioré, comme cela se faisait d’ordinaire – car on avait à cœur de rentabiliser l’investissement. L’épouse d’Offenbach, Herminie, prit la plume pour obtenir des explications, sans résultat. « Comme directeur, vous n’avez montré aucune énergie, comme ami vous avez agi sans loyauté et sans délicatesse » lui reprocha à son tour le compositeur, dans une lettre de mars 1872. Tout le contraire de Villemessant, le directeur du Figaro, qui déclara en 1873 : « À ceux qui me diraient : vous faites l’éloge d’Offenbach parce qu’il est votre ami, je répondrai carrément : oui. Non seulement parce qu’il a beaucoup de talent, que c’est un grand travailleur, mais c’est aussi parce que j’éprouve une vive sympathie pour sa personne. »
* Historien, professeur à l’Université de VersaillesSaint-Quentin et à l’EPHE (École Pratique des Hautes Études), Jean-Claude Yon est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire des spectacles en France au XIXème siècle, en particulier de la biographie d’Offenbach parue chez Gallimard en 2000, et a édité des pièces de Feydeau (2013) et Labiche (2016) en collection FolioThéâtre.
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© ARCHIVES CHARMET / BRIDGEMAN IMAGES
Autoportrait Alfred de Musset, 1833 Bibliothèque de l'Institut de France, Paris Crayon sur papier
Fantasio ou les chimères de la fantaisie romantique par Daniel Dollé
F
antasio est une comédie courte en deux actes écrite par Alfred de Musset en 1833 ; elle ne fut représentée qu’en 1866, après sa mort. On y trouve des influences d’Hoffmann, de Marivaux ou de Shakespeare. C’est une pièce pleine de légèreté et de grâce qui met en scène le héros éponyme, un jeune Allemand de Munich, qui vient d’une famille bourgeoise sans être riche. Il est jeune et vif, ce qui ne l’empêche pas de s’ennuyer, et de faire preuve d’un certain cynisme. La farce est légère, la fantaisie est là ; le valet prend la place du maître et le bouffon se joue d’un comte. Mais, la joyeuse facétie est plus profonde et le discours, poétique. On découvre un texte aux valeurs intemporelles. Fantasio est un jeune homme désabusé, mélancolique et s’attarde sur les préoccupations de son temps. Fantasio est une réflexion exemplaire sur le théâtre, qui renvoie dos à dos la tragédie classique, inadaptée aux temps bourgeois, et le drame romantique, déclamatoire et
boursouflé, pour suggérer une troisième voie, celle d’un théâtre magique, ironique et tendre, à la croisée de la comédie de caractères et du conte merveilleux. Musset est pleinement un auteur romantique, qui exprime les élans et le désenchantement de son temps. Dans le même temps, il n’est pas tendre pour les excès du Romantisme vis à vis duquel il prend ses distances dès 1830. La vie de Musset s’est largement confondue avec son œuvre. Il est difficile d’avoir une approche synthétique de son œuvre. Le mot « fantaisie » au sens allemand d’imagination, de rêve, est souvent retenu pour tenter de le cerner. Le romantisme d’Alfred de Musset est minoré ou circonscrit dans le temps, à tel point que l’appartenance du poète au romantisme en tant que mouvement est très souvent remise en cause. Ainsi, Pierre Gastinel, dans Le Romantisme d’Alfred de Musset, affirme que toute sa carrière consiste en un passage progressif du romantisme au
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FANTASIO OU LES CHIMÈRES DE LA FANTAISIE ROMANTIQUE DANIEL DOLLÉ
Dans le discours du bouffon, le bon sens se mêle à la folie, il arrive qu’un calembour soit pour Fantasio l’occasion d’émettre une idée philosophique. La fantaisie devient une forme étrange de pensée, ou une forme de pensée étrange, qui arrive toujours à la vérité par détours et par fragments, mais jamais par hasard. [...] À une réplique de son ami Hartmann, qui remarque qu’il a « le mois de mai sur les joues », Fantasio répond qu’il a également « le mois de janvier dans le cœur ». Le printemps de la fantaisie dissimule à peine un profond sentiment de désespérance et de déréliction, métaphorisé ici par l’image de l’hiver dans le cœur. 30
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classicisme. Pour Rimbaud et Baudelaire, Musset est l’anti-moderne et l’anti-voyant (« Musset n’a rien su faire : il y avait des visions derrière la gaze des rideaux : il a fermé les yeux. » Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871). Pour Rimbaud, Musset est « quatorze fois exécrable », ses Nuits sont « haïssable[s] au suprême degré », ses « contes et [s]es proverbes [sont] fadasses » et son Rolla est tissu de vers dignes d’un « collégien » ou d’un « séminariste » ; pour Baudelaire, le poète est « un paresseux à effusions gracieuses », et – comble du méprisable – ce mol écrivain a l’affront d’être « féminin et sans doctrine ». On voit bien, à la faveur de ces rejets violents, comment la poésie dite « moderne » a si bien déformé le visage de Musset qu’il en est devenu méconnaissable : le désenchantement est devenu effusion sirupeuse et débordante, la fantaisie s’est changée en une paresse que Rimbaud et Baudelaire jugent détestable parce que désinvolte. Musset a construit sa propre prison poétique. Enfermé dans le romantisme de la souffrance, l’auteur est privé de la part positive de son désenchantement : la fantaisie. Dans l’œuvre de Musset on aurait tort de minorer l’influence de la veine espiègle et fantasque du romantisme. Souvent l’auteur exprime l’enchantement de la fantaisie. C’est dans Fantasio, pièce de 1833, que cette inspiration fantaisiste trouve son incarnation la plus puissante. Le personnage principal, Fantasio, est un étudiant munichois fantasque et insaisissable qui profite des obsèques du bouffon pour emprunter ses hardes et s’introduire, ainsi déguisé, à la Cour de Bavière, en tant que nouveau bouffon du roi. Il y rencontre la princesse Elsbeth avec laquelle il rivalise d’esprit. La virtuosité légère du funambule du verbe qu’est Fantasio cache très souvent des paroles de sagesse universelle. Le nom du personnage a d’abord été orthographié Phantasio, hommage visible aux Phantasiestücke in Callots Manier de Hoffmann. Dans le discours du bouffon, le bon sens se mêle à la folie, il arrive qu’un calembour soit pour Fantasio l’occasion d’émettre une idée philosophique. La fantaisie devient une forme étrange de pensée, ou
DANIEL DOLLÉ FANTASIO OU LES CHIMÈRES DE LA FANTAISIE ROMANTIQUE
une forme de pensée étrange, qui arrive toujours à la vérité par détours et par fragments, mais jamais par hasard. L’incohérence des bouffonneries verbales produit une nouvelle cohérence. À une réplique de son ami Hartmann, qui remarque qu’il a « le mois de mai sur les joues », Fantasio répond qu’il a également « le mois de janvier dans le cœur ». Le printemps de la fantaisie dissimule à peine un profond sentiment de désespérance et de déréliction, métaphorisé ici par l’image de l’hiver dans le cœur. Fantaisie et désenchantement vont de pair et constituent les deux faces réversibles d’un même masque : celui du bouffon et son rire doux-amer. « Le masque dans l’œuvre de Musset est un puissant catalyseur de vérité poétique. », nous rappelle Sylvain Ledda. Musset est-il romantique ou classique, ou bien romantique avant d’avoir été classique ? La question du classicisme de Musset est un faux débat, si l’on considère que l’auteur lui-même quitte moins le romantisme pour se précipiter dans les bras des classiques qu’il ne cherche plutôt ce qu’il y a de romantique – c’est-à-dire de plaisant, de rieur, de fantasque et de profond – chez les classiques. Chez Musset, la fantaisie est la politesse du désenchantement, comme l’humour est, pour Boris Vian, la politesse du désespoir. Ne vaudrait-il pas mieux reconstruire notre vision du romantisme à l’aide des deux pôles du désenchantement et de la fantaisie, en transformant le cercle en ellipse. L’ellipse est, en effet, une image géométrique qui a pour vertu de posséder, non un centre, mais deux foyers ; et tout point situé sur la ligne courbe formée par l’ellipse est à distance régulière de ces deux foyers. Dans le cas d’un romantisme de l’ellipse, chaque écrivain romantique serait, dès lors, cet électron libre se situant toujours à distance régulière des deux pôles ou des deux foyers du désenchantement et de la fantaisie, se rapprochant de l’un pour s’éloigner de l’autre, ou inversement, mais sans jamais quitter le territoire tracé et couvert par l’esthétique romantique. «L’enfant terrible du romantisme » aura une courte vie, brûlée par les deux bouts. Poète du « mal du siècle », il est également dramaturge et romancier.
La déchéance de Lorenzo dans Lorenzaccio, un des plus merveilleux chefs-d’œuvre du théâtre romantique, ne manque pas d’évoquer la descente aux enfers que connaîtra Alfred de Musset, l’écriture se faisant le lieu du drame de l’artiste. La pièce en 5 actes ne fut représentée qu’en 1896. Elle permet au dramaturge, prodige et prodigue, une réflexion cruelle et amère sur la vanité de toute action humaine. Dès l’âge de quatorze ans, il écrit ses premiers vers. Rapidement, il privilégie l’émotion au détriment du vers. Il s’agit de ressentir l’émotion, de la partager par le prisme de la littérature. En 1833, l’année d’écriture de Fantasio, Musset rencontre George Sand, avec qui il entretiendra une relation passionnelle et tumultueuse, source d’une grande inspiration créatrice. Alfred de Musset connut la passion avec George Sand, à Venise, à l’hôtel Danieli. Mais c’est aussi le cœur déchiré qu’il quitta Venise après leur rupture. De fait, la douleur est au centre de la créativité de l’auteur, et la souffrance vive qu’il ressent pendant sa relation avec Sand et à la suite de leur séparation lui inspirera plusieurs chefsd’œuvre. En 1936, paraissent Les Confessions d’un enfant du siècle où le désenchantement est le maître mot : « Je suis né trop tard dans un monde trop vieux. », dit Octave, porteur de la désillusion essentielle d’une époque. L’impossibilité de l’amour, sa douleur, sont révélées au jeune narrateur par la trahison de sa maîtresse. L’amour fou, qui avait succédé à la vanité de la débauche, laisse place au néant de l’existence. Aucune tradition, aucune convention, aucune nécessité pratique n’enchaînent Alfred de Musset ; il voit, il sent, il imagine, et il fixe au passage ce qui ravit ses yeux ou son cœur. Ses personnages sont variés comme la nature. Ils sont très tranchés, très différents les uns des autres. Certains sont poétiques et charmants, d’autres sont bêtes à souhait. Tout comme Shakespeare, Musset ne fait apparaître que des personnages masqués et vivants. Son style est spontané, vif, le plus bouffon ou le plus éloquent, le plus coquet ou le plus passionné qui fut jamais !
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FANTASIO OU LES CHIMÈRES DE LA FANTAISIE ROMANTIQUE DANIEL DOLLÉ
Fantasio
Alfred de Musset, ACTE II, Scène I Dans le jardin du roi de Bavière. Entrent Elsbeth et sa gouvernante. la gouvernante Mes pauvres yeux en ont pleuré, pleuré un torrent du ciel. elsbeth Tu es si bonne ! Moi aussi j’aimais Saint-Jean ; il avait tant d’esprit ! Ce n’était point un bouffon ordinaire. la gouvernante Dire que le pauvre homme est allé là-haut la veille de vos fiançailles ! Lui qui ne parlait que de vous à dîner et à souper, tant que le jour durait. Un garçon si gai, si amusant, qu’il faisait aimer la laideur, et que les yeux le cherchaient toujours en dépit d’eux-mêmes ! elsbeth Ne me parle pas de mon mariage ; c’est encore là un plus grand malheur. la gouvernante Ne savez-vous pas que le prince de Mantoue arrive aujourd’hui ? On dit que c’est un Amadis. elsbeth Que dis-tu là, ma chère ! Il est horrible et idiot, tout le monde le sait déjà ici. la gouvernante En vérité ? On m’avait dit que c’était un Amadis. elsbeth Je ne demandais pas un Amadis, ma chère ; mais cela est cruel, quelquefois, de n’être qu’une fille de roi. Mon père est le meilleur des hommes ; le mariage qu’il prépare assure la paix de son royaume ; il recevra en récompense la bénédiction d’un
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peuple ; mais moi, hélas ! J’aurai la sienne, et rien de plus. la gouvernante Comme vous parlez tristement ! elsbeth Si je refusais le prince, la guerre serait bientôt recommencée ; quel malheur que ces traités de paix se signent toujours avec des larmes ! Je voudrais être une forte tête, et me résigner à épouser le premier venu, quand cela est nécessaire en politique. Être la mère d’un peuple, cela console les grands cœurs, mais non les têtes faibles. Je ne suis qu’une pauvre rêveuse ; peut-être la faute en est-elle à tes romans, tu en as toujours dans tes poches. la gouvernante Seigneur ! N’en dites rien. elsbeth J’ai peu connu la vie, et j’ai beaucoup rêvé. la gouvernante Si le prince de Mantoue est tel que vous le dites, Dieu ne laissera pas cette affaire-là s’arranger, j’en suis sûre. elsbeth Tu crois ! Dieu laisse faire les hommes, ma pauvre amie, et il ne fait guère plus de cas de nos plaintes que du bêlement d’un mouton. la gouvernante Je suis sûre que si vous refusiez le prince, votre père ne vous forcerait pas. elsbeth Non, certainement, il ne me forcerait pas ; et c’est pour cela que je me sacrifie. Veux-tu que j’aille dire à mon père d’oublier sa parole, et de rayer d’un trait de plume son nom respectable sur un contrat qui fait des milliers d’heureux ? Qu’importe qu’il fasse une malheureuse ? Je laisse mon bon père être un bon roi. [...]
DANIEL DOLLÉ FANTASIO OU LES CHIMÈRES DE LA FANTAISIE ROMANTIQUE
Elsbeth, seule. Il me semble qu’il y a quelqu’un derrière ces bosquets. Est-ce le fantôme de mon pauvre bouffon que j’aperçois dans ces bluets, assis sur la prairie ? Répondez-moi ; qui êtes-vous ? que faites-vous là, à cueillir ces fleurs ? Elle s’avance vers un tertre. Fantasio, assis, vêtu en bouffon, avec une bosse et une perruque. fantasio Je suis un brave cueilleur de fleurs, qui souhaite le bonjour à vos beaux yeux. elsbeth Que signifie cet accoutrement ? Qui êtes-vous pour venir parodier sous cette large perruque un homme que j’ai aimé ? Êtes-vous écolier en bouffonnerie ? fantasio Plaise à votre altesse Sérénissime, je suis le nouveau bouffon du roi ; le majordome m’a reçu favorablement ; je suis présenté au valet de chambre ; les marmitons me protègent depuis hier au soir, et je cueille modestement des fleurs en attendant qu’il me vienne de l’esprit. elsbeth Cela me paraît douteux, que vous cueilliez jamais cette fleur-là. fantasio Pourquoi ? L’esprit peut venir à un homme vieux, tout comme à une jeune fille. Cela est si difficile quelquefois de distinguer un trait spirituel d’une grosse sottise ! Beaucoup parler, voilà l’important ; le plus mauvais tireur de pistolet peut attraper la mouche, s’il tire sept cent quatre-vingts coups à la minute, tout aussi bien que le plus habile homme qui n’en tire qu’un ou deux bien ajustés. Je ne demande qu’à être nourri convenablement pour la grosseur de mon ventre, et je regarderai mon ombre au soleil pour voir si ma perruque pousse.
elsbeth En sorte que vous voilà revêtu des dépouilles de Saint-Jean ? Vous avez raison de parler de votre ombre ; tant que vous aurez ce costume, elle lui ressemblera toujours, je crois, plus que vous. fantasio Je fais en ce moment une élégie qui décidera de mon sort. elsbeth En quelle façon ? fantasio Elle prouvera clairement que je suis le premier homme du monde, ou bien elle ne vaudra rien du tout. Je suis en train de bouleverser l’univers pour le mettre en acrostiche ; la lune, le soleil et les étoiles se battent pour entrer dans mes rimes, comme des écoliers à la porte d’un théâtre de mélodrames. elsbeth Pauvre homme ! Quel métier tu entreprends ! faire de l’esprit à tant par heure ! N’as-tu ni bras ni jambes, et ne ferais-tu pas mieux de labourer la terre que ta propre cervelle ? fantasio Pauvre petite ! Quel métier vous entreprenez ! Épouser un sot que vous n’avez jamais vu ! – N’avez-vous ni cœur ni tête, et ne feriez-vous pas mieux de vendre vos robes que votre corps ? elsbeth Voilà qui est hardi, monsieur le nouveau venu ! fantasio Comment appelez-vous cette fleur-là, s’il vous plaît ? elsbeth Une tulipe. Que veux-tu prouver ?
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elsbeth Bleue, à ce qu’il me semble. fantasio Point du tout, c’est une tulipe rouge. elsbeth Veux-tu mettre un habit neuf à une vieille sentence ? Tu n’en as pas besoin pour dire que des goûts et des couleurs il n’en faut pas disputer. fantasio Je ne dispute pas ; je vous dis que cette tulipe est une tulipe rouge, et cependant je conviens qu’elle est bleue. elsbeth Comment arranges-tu cela ? fantasio Comme votre contrat de mariage. Qui peut savoir sous le soleil s’il est né bleu ou rouge ? Les tulipes elles-mêmes n’en savent rien. Les jardiniers et les notaires font des greffes si extraordinaires, que les pommes deviennent des citrouilles, et que les chardons sortent de la mâchoire de l’âne pour s’inonder de sauce dans le plat d’argent d’un évêque. Cette tulipe que voilà s’attendait bien à être rouge ; mais on l’a mariée ; elle est tout étonnée d’être bleue ; c’est ainsi que le monde entier se métamorphose sous les mains de l’homme ; et la pauvre dame nature doit se rire parfois au nez de bon cœur, quand elle mire dans ses lacs et dans ses mers son éternelle mascarade. Croyez-vous que ça sentît la rose dans le paradis de Moïse ? Ça ne sentait que le foin vert. La rose est fille de la civilisation ; c’est une marquise comme vous et moi. elsbeth La pâle fleur de l’aubépine peut devenir une rose, et un chardon peut devenir un artichaut ; mais une fleur ne peut en devenir une autre : ainsi qu’im-
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porte à la nature ? On ne la change pas, on l’embellit ou on la tue. La plus chétive violette mourrait plutôt que de céder si l’on voulait, par des moyens artificiels, altérer sa forme d’une étamine. fantasio C’est pourquoi je fais plus de cas d’une violette que d’une fille de roi. elsbeth Il y a de certaines choses que les bouffons euxmêmes n’ont pas le droit de railler ; fais-y attention. Si tu as écouté ma conversation avec ma gouvernante, prends garde à tes oreilles. fantasio Non pas à mes oreilles, mais à ma langue. Vous vous trompez de sens ; il y a une erreur de sens dans vos paroles. elsbeth Ne me fais pas de calembour, si tu veux gagner ton argent, et ne me compare pas à des tulipes, si tu ne veux gagner autre chose. fantasio Qui sait ? Un calembour console de bien des chagrins ; et jouer avec les mots est un moyen comme un autre de jouer avec les pensées, les actions et les êtres. Tout est calembour ici-bas, et il est aussi difficile de comprendre le regard d’un enfant de quatre ans que le galimatias de trois drames modernes. […]
Arlequin - portrait du peintre Jacinto Salvado Pablo Picasso, 1923 Musée National d'Art moderne, Centre Pompidou, Paris Huile sur toile
© BRIDGEMAN IMAGES
fantasio Une tulipe rouge, ou une tulipe bleue ?
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Arlequin et Colombine Edgar Degas, 1886 Musée d'Orsay, Paris Huile sur toile
Fantasio ou Phantasio ?
Extrait de Musset et Fantasio, ou « La Comédie de la mort » par Sylvain Ledda* Revue d’histoire littéraire de la France 2008/1 (Vol. 108), p. 92-99.
S
ur le manuscrit destiné à l’édition de 1834, Musset avait d’abord écrit Phantasio, avant de biffer ce nom pour le remplacer par le titre définitif (et francisé) de sa pièce. Ce premier jet rayé fait directement référence aux Phantäsiestucke d’E. T. A. Hoffmann, et notamment aux Contemplations du chat Murr 1 . Simon Jeune analyse par le menu les emprunts de Musset à l’auteur allemand. Ce qui nous intéresse ici, c’est l’hésitation onomastique et ses conséquences sur la création de l’univers de fantaisie de la pièce. « Fantaisie » et « phantäsie » n’ont pas tout à fait le même sens dans les deux langues. En allemand, le terme ne signifie pas seulement « imagination », mais aussi « création imaginaire ». En outre, à la différence de ce qui se passe en français, le substantif est assorti d’un verbe d’action, phantäsieren, qui signifie « imaginer » et même « créer à partir de son imagination ». Ce verbe n’a pas d’équivalent dans notre langue, puisque « fantasmer » a une tout autre acception. L’origine germanique de la pièce et le premier nom donné au héros modifient donc notre perception de cette œuvre. De fait, en français, le substantif est plus abstrait et sou1
C’est le travail de Jean Richer et d’Henri Clouard qui a
vent péjoratif, ce qui n’est pas le cas en allemand. Ce passage par l’étymologie comparée invite à envisager sous un autre angle le personnage inventé par Musset. Fantasio apparaît, dans cette perspective, comme le metteur en scène de sa propre histoire. Et son sens de l’impromptu, le canevas sur lequel il va broder son aventure trouve son origine dans la présence de la mort sur scène. L’étude de détail de la comédie montre que c’est Fantasio qui, à partir de son imagination, dirige l’intrigue, l’invente, la renouvelle, la crée. En cela, il est le double du dramaturge. Fantasio agit à partir de visions, mais il est aussi un grand créateur d’images, ce qui est le propre du métier de bouffon 2 – et de scénographe. Il s’agit de réinventer le langage pour faire émerger certaines vérités. En somme, Fantasio « phantasiert ». Musset place d’ailleurs dans la bouche de son personnage une expression qui justifie son comportement : Que le hasard est capricieux ! il faut que je me grise, que je rencontre l’enterrement de SaintJean, que je prenne son costume et sa place, que je fasse enfin la plus grande folie de la terre, pour venir voir tomber, à travers cette glace, les deux 2
L’on pense à l’Angély dans Marion de Lorme et à
permis de mettre au jour certains éléments décisifs de
Triboulet dans Le Roi s’amuse, deux grands pourvoyeurs
la genèse de l’œuvre de Musset.
d’images.
* Professeur de littérature française à l'Université de RouenNormandie. Spécialiste du théâtre romantique, il a consacré de nombreux travaux à Musset dont il édite le théâtre. Il a publié Musset, Les Fantaisies d'un enfant du siècle (Découvertes Gallimard), ainsi qu'un essai, L'Éventail et le dandy, Musset et la fantaisie (Droz). Il dirige les Œuvres complètes de Musset chez Honoré Champion.
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FANTASIO OU PHANTASIO ? SYLVAIN LEDDA
seules larmes que cette enfant versera peut-être sur son triste voile de fiancée ! Il sort 3 . Musset dote l’étudiant munichois d’un talent inné pour le théâtre et l’improvisation. Mais pour aboutir à ce qui, selon nous, constitue l’épicentre de la pièce, il introduit une tonalité ambiguë dès l’ouverture de sa comédie. La critique néglige presque toujours le caractère pathétique de ces premières répliques. Après l’annonce publique du mariage de sa fille avec le prince de Mantoue, le roi échange quelques paroles avec son secrétaire intime, Rutten ; celui-ci révèle que, malgré la liesse des préparatifs des noces, la princesse est en deuil : rutten
Il m’a paru que le visage de la princesse était voilé. Quelle est la jeune fille qui ne rêve pas la veille de ses noces ? La mort de Saint-Jean l’a contrariée. le roi
Y penses-tu ? La mort de mon bouffon ? D’un plaisant de cour bossu et presque aveugle. rutten
La princesse l’aimait 4 . Le projet de mariage, à l’origine de toute comédie, est d’emblée entaché par ce deuil. L’événement récent a atteint la princesse dans sa sensibilité, au point qu’elle porte un « voile » sur le visage - altération du voile de mariée devenu voile de deuil, ou bien métaphore poétique de la tristesse. L’annonce de la mort du bouffon est simultanée à celle du mariage d’Elsbeth, ce qui constitue une préfiguration à double détente : la princesse ne rêve pas d’un prince charmant mais d’un bouffon perdu ; le mariage avec le prince ne se conclura jamais. D’ailleurs le motif de la tristesse endeuillée est réitéré à la scène 2, grâce à quelques mots du très attachant Spark. Comme il le fait souvent, Musset juxtapose deux univers différents dès le premier acte : la cour du roi s’oppose à la rue, où Fantasio est attendu par
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ses amis 5 . Or c’est l’enterrement du bouffon qui va brusquement rapprocher ces deux sphères et favoriser la rencontre entre la tristesse d’Elsbeth et le profond désenchantement du héros. C’est à ce niveau que la fantaisie de Musset joue son rôle dramaturgique. Fantaisie maîtrisée, puisque l’auteur utilise un topos de son temps et prépare la vision funèbre grâce au dialogue des protagonistes. Henri évoque sur un ton désabusé son spleen et son dégoût de soi. Dans ce moment d’introspection, la représentation « concrète » de la mort sert de médium entre deux univers a priori inconciliables, et interrompt une conversation faussement légère. C’est donc autour de la mise en scène de la mort que se produit la principale péripétie du début de l’œuvre. Fantasio, dès son entrée en scène, est en effet en proie au plus vif taedium vitae ; il est « mal dans sa peau », au sens propre de l’expression : « Si je pouvais seulement sortir de ma peau pendant une heure ou deux ! Si je pouvais être ce monsieur qui passe »6, lance-t-il à son ami Spark. Son imagination douloureuse l’invite à se voir hors de lui, loin de « cette vieille ville enfumée »7. Par-delà son discours désabusé sur l’ennui de la vie et l’oisiveté improductive, (« Nous n’avons point d’état », « il n’y a point de maître d’armes mélancolique »8) se cache un pessimisme profond, voire quelques pulsions suicidaires : fantasio
Oh ! s’il y avait un diable dans le ciel ! S’il y avait un enfer, comme je me brûlerais la cervelle pour aller voir tout ça ! Quelle misérable chose que l’homme ! Ne pas pouvoir seulement sauter par sa fenêtre sans se casser les jambes ! Être obligé de jouer du violon dix ans pour devenir un musicien passable ! 5
Dans Il ne faut jurer de rien, Musset construit l’intrigue sur l’opposition de deux mondes distincts : la chambre de Valentin et le salon très « Ancien Régime » de la baronne de Mantes.
6
Fantasio, I, 2, p. 108. 22.
3
Fantasio, II, 3, éd. cit., p. 124.
7
Ibid., p. 109
4
Fantasio, II, 3, éd. cit., p. 104.
8
Id.
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SYLVAIN LEDDA FANTASIO OU PHANTASIO ?
C’est donc autour de la mise en scène de la mort que se produit la principale péripétie du début de l’œuvre. Fantasio, dès son entrée en scène, est en effet en proie au plus vif taedium vitae : « Si je pouvais seulement sortir de ma peau pendant une heure ou deux ! Si je pouvais être ce monsieur qui passe ». Son imagination douloureuse l’invite à se voir hors de lui, loin de « cette vieille ville enfumée ». Par-delà son discours désabusé sur l’ennui de la vie et l’oisiveté improductive, se cache un pessimisme profond... Apprendre pour être peintre, pour être palefrenier ! Apprendre pour faire une omelette ! Tiens, Spark, il me prend des envies de m’asseoir sur un parapet, de regarder couler la rivière, et de me mettre à compter un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, et ainsi de suite jusqu’au jour de ma mort 9 . La fantaisie de Fantasio n’est pas la gaieté bariolée et gourmande d’Arlequin, elle est plus proche de la folie du philosophe. La réponse de Spark est d’ailleurs à la mesure de cette désespérance et annonce les premières pages de La Confession d’un enfant du siècle : spark
Ce que tu dis là ferait rire bien des gens ; moi, cela me fait frémir : c’est l’histoire du siècle entier. L’éternité est une grande aire, d’où tous les siècles, comme de jeunes aiglons, se sont envolés tour à tour pour traverser le ciel et disparaître ; le nôtre est arrivé à son tour au bord du nid ; mais on lui a 9
Ibid., p. 111.
coupé les ailes, et il attend la mort en regardant l’espace dans lequel il ne peut s’élancer.10 À cette vision tragique, étendue à toute une génération, Fantasio répond par une pirouette, c’est-àdire une chanson. Musset pose donc les bases d’un tragique désabusé dont la jeunesse est prisonnière, tel ce héros condamné à l’errance intérieure. Or l’issue qu’invente le personnage pour sortir de cette aporie spleenétique consiste à prendre la place d’un mort. Le passage du cortège funèbre dans la comédie est en effet le moment décisif de l’intrigue. La vision de l’enterrement est une révélation pour Fantasio qui réagit et décide d’agir « à l’impromptu »11. La fantaisie rejoint ici l’improvisa10
Fantasio, I, 2, p. 111.
11
À l’instar de Merlin dans la première scène des Acteurs de bonne foi de Marivaux qui décide de créer une pièce « à l’impromptu ». Marivaux, Les Acteurs de bonne foi, Théâtre complet, éd. Frédéric Deloffre et Françoise Rubellin, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 1998.
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tion, c’est-à-dire l’essence même du jeu théâtral : fantasio
Je pense à mes chères Mille et Une Nuits. C’est comme cela qu’elles commencent toutes. - Tiens, Spark, je suis gris. Il faut que je fasse quelque chose. Tra la, tra la ! Allons, levons-nous ! (Un enterrement passe.) Ohé ! Braves gens, qui enterrez-vous là ? Ce n’est pas maintenant l’heure d’enterrer proprement. les porteurs
Nous enterrons Saint-Jean. fantasio
Saint-Jean est mort ? Le bouffon du roi est mort ? Qui a pris sa place ? Le ministre de la justice ? les porteurs
Sa place est vacante, vous pouvez la prendre si vous voulez. Ils sortent 12. Fantasio saisit cette mort au vif. C’est à ce moment précis qu’on retrouve peut-être le phantasio du premier jet, celui qui, à travers une vision macabre, projette une autre vie. L’enterrement devient une réponse narquoise du destin au discours désenchanté de Fantasio : celui-ci ne souligne-t-il pas le caractère marginal de l’enterrement nocturne ? Le bouffon, comme les comédiens ou les suicidés, est enterré nuitamment, soustrait aux regards de la « bonne société ». À la fin de la scène 2, la décision de Fantasio est aussi surprenante qu’irrévérencieuse. La réaction du tailleur qui habillait SaintJean le montre : peut-on jouer avec le costume d’un trépassé sans risquer de mourir à soi-même ? Le masque de mort est pourtant un exutoire providentiel pour Fantasio, le moyen d’échapper « une heure ou deux » à une existence insipide où l’ennui et les créanciers règnent en maîtres. L’usurpation de l’identité du défunt s’inscrit dès lors dans un rituel dramatique : le dandy mélancolique doit quit-
ter son enveloppe pour incarner une autre subjectivité. Dédoublement souvent observé, et chez les héros de Musset, et dans les Phantäsie schumaniennes 13. Prendre la place du mort devient donc une métaphore du jeu théâtral. Fantasio, personnage de fiction inventé par Musset, invente lui-même un nouveau personnage de théâtre à partir d’une cérémonie funèbre 14. Grâce à cette action, Fantasio fait d’une pierre deux coups : il quitte son enveloppe (sa cervelle « enfumée ») et il ressuscite un mort – faire revivre les défunts : seul pouvoir magique dont dispose le théâtre. Mais cette résurrection de Saint-Jean grâce à un costume et à une bosse factice démontre aussi la vacuité d’une existence où tout est interchangeable, où chacun, selon sa fantaisie, peut jouer à devenir un autre. N’est-ce pas là une excellente définition du théâtre et du jeu théâtral ? Le désir d’altérité de Fantasio est mu par un profond besoin de remplir le vide métaphysique de son existence 15. Dès lors, la rencontre entre son état « morbide » et la mort du bouffon revêt une dimension cathartique ; elle le sauve du désespoir en lui offrant, le temps d’une représentation à la cour, le rôle de sa vie. Musset emploie l’une des spécificités du théâtre de son temps (le spectacle de la mort), pour la transformer en jeu théâtral à l’intérieur de sa comédie. D’un point 13
Florestan, l’un mélancolique et rêveur, l’autre bouffon et rieur. Même gémellité contradictoire entre Desiderio et Garuci, Razetta et d’Eysenach, Cœlio et Octave, Henri et Fantasio, Lorenzino le féminin et Lorenzo le viril. 14
40
Ibid., p. 113.
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L’influence de l’univers de Shakespeare est très sensible dans Fantasio. Les bouffonneries macabres constituent même des pastiches d’Hamlet : Fantasio est un Hamlet déguisé en clown triste ; le bouffon Saint-Jean qu’on enterre est l’avers de Yorick qu’on déterre. Frank Lestringant note également le rapprochement entre les personnages : « ni Hamlet ni Fantasio n’ont de place dans la société leur temps ». Fantasio, éd. cit., p. 12.
15 12
Le Carnaval (opus 9) est animé par Eusébius et
Fantasio a énuméré tout ce en quoi il ne croit plus : les romans, l’argent, le travail, les femmes, la politique.
SYLVAIN LEDDA FANTASIO OU PHANTASIO ?
Fantasio est un drôle inconséquent, mais Musset projette en lui son sens de l’improvisation ; c’est pourquoi sa fantaisie agissante est le moteur de la pièce. Dans son élan ou sa fuite, Fantasio a pris la place d’un mort, a endossé son costume et s’est introduit sur le théâtre de la cour où se joue un autre jeu, celui du fantasque prince de Mantoue. Un simple déguisement permet de franchir les frontières. Cette stratégie, si elle fonctionne, modifie la perception que les autres personnages auront désormais de lui. de vue dramaturgique, c’est une trouvaille exemplaire qui range sa comédie parmi les œuvres les plus « métalittéraires » du romantisme. Fantasio est un drôle inconséquent, mais Musset projette en lui son sens de l’improvisation ; c’est pourquoi sa fantaisie agissante est le moteur de la pièce. Dans son élan ou sa fuite, Fantasio a pris la place d’un mort, a endossé son costume et s’est introduit sur le théâtre de la cour où se joue un autre jeu, celui du fantasque prince de Mantoue 16. Un simple déguisement permet de franchir les frontières. Cette stratégie, si elle fonctionne, modifie la perception que les autres personnages auront désormais de lui. Il n’est plus un jeune Munichois désemparé, mais une vision, un spectre, une « incarnation désincarnée ». Sur ce point, la première réaction de la princesse Elsbeth est significative ; la jeune fille voit d’abord en lui un fantôme surgi du passé. 16
Beaucoup moins subtil que Fantasio, le prince de Mantoue utilise un vieux ressort du théâtre. Pour séduire Elsbeth, il endosse le costume d’un subalterne, mais ne supporte pas d’être traité comme tel. Il est le pendant ridicule de Fantasio qui, lui, est un comédien à la hauteur de son rôle. Faut-il y voir un écho amusé du Jeu de l’amour et du hasard ?
elsbeth seule. Il me semble qu’il y a quelqu’un derrière ces bosquets. Est-ce le fantôme de mon pauvre bouffon que j’aperçois dans ces bluets, assis sur la prairie ? Répondez-moi ; qui êtes-vous ? Que faites-vous là, à cueillir ces fleurs ? 17 Il y a quelque danger à jouer avec la défroque des morts. Mais ce péril n’est-il pas celui du théâtre tout entier ? Le risque de ceux qui improvisent pour voir jusqu’où le jeu les mène ? Le canevas sur lequel Fantasio a brodé son histoire est voué, lui aussi, à une sorte de néant, car la réalité n’est jamais satisfaisante et le théâtre a une fin. La princesse pardonne au bouffon ses facéties et ses vérités cinglantes. Mais pas d’histoire d’amour avec celui qui a endossé le déguisement d’un bouffon mort. Fantasio, joli garçon sans déguisement, allongé dans sa prison, séduit un instant la princesse qui croit aux contes de fées. Rien de plus. Fantasio pourra à loisir revenir à la cour, mais seulement dans son accoutrement de bouffon, dans son rôle de mort ressuscité, sans quoi sa parole et sa présence n’auraient aucun sens. C’est le personnage de Fantasio qui s’est 17
Fantasio, II, 1, éd. cit., p. 118.
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rendu attachant, non l’étudiant Henri, acteur amateur d’un jour. Le théâtre, c’est-à-dire la fantaisie mise en scène, est toujours un peu moins décevant que la vie banale, semble dire Musset. Pour toutes ces raisons, la comédie ne se termine pas « bien ». Fantasio le bouffon révèle la vérité à la princesse : elle n’aimera jamais le prince et son geste fatal – il harponne la perruque du prince de Mantoue – a des conséquences funestes : « la guerre est déclarée »18. Mais pour Henri, prendre la place d’un bouffon mort ou perdre sa vie à la guerre sont les deux seuls moyens de tuer l’ennui. Entre ces deux « activités » apparaissent d’ailleurs quelques similitudes : elsbeth Si la guerre est déclarée, quel malheur ! fantasio
Vous appelez cela un malheur, Altesse ? Aimeriezvous mieux un mari qui prend fait et cause pour sa perruque ? Eh ! Madame, si la guerre est déclarée, nous saurons quoi faire de nos bras ; les oisifs de nos promenades mettront leurs uniformes ; moimême je prendrai mon fusil de chasse, s’il n’est pas encore vendu. Nous irons faire un tour d’Italie, et, si vous entrez jamais à Mantoue, ce sera comme une véritable reine, sans qu’il y ait besoin pour cela d’autres cierges que nos épées19. Qu’il s’agisse de mourir à la guerre ou de jouer le mort sur scène, tout est affaire de costumes (uniformes) et d’accessoires (fusil de chasse). Par le biais de cette comédie, la plus originale du répertoire romantique, Musset invite donc le spectateur à réfléchir à sa conception de l’art théâtral, et par effet de miroir, à la scène de son temps. Un message désespéré et lucide ne peut exister que grâce au jeu, au déguisement, au théâtre. La dernière réplique de la princesse révèle la supériorité de la vérité dramatique sur les mensonges de la vie :
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18
Ibid., II, 7, p. 136.
19
Fantasio, II, 7, p. 136.
GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
« Le jour où tu t’ennuieras d’être poursuivi par tes créanciers, viens te cacher dans les bluets où je t’ai trouvé ce matin ; aie soin de reprendre ta perruque et ton habit bariolé ; ne parais jamais devant moi sans cette taille contrefaite et ces grelots d’argent, car c’est ainsi que tu m’as plu : tu redeviendras mon bouffon pour le temps qu’il te plaira de l’être, et puis tu iras à tes affaires. Maintenant tu peux t’en aller, la porte est ouverte »20. Fantasio est une comédie au sens fort du terme : une pièce où l’on improvise et où l’on s’invente un personnage à partir du jeu. Musset y associe sa fantaisie personnelle à une vision pessimiste du monde. La présence de la mort provoque la friction et la fusion de ces deux extrêmes ; sans elle, pas de fiction possible, pas d’exutoire aux rêves et pas de fuite. Commentant sa mise en scène de la pièce, Alain Rais explique ainsi ses choix scénographiques : « La représentation tendait à souligner l’importance du travestissement, du mensonge et du jeu. Dès le début du spectacle, les acteurs revêtaient devant le public les habits d’un carnaval morbide, faits de plumes d’oiseaux bariolés, oripeaux d’un monde en train de se putréfier. Le décor était un praticable en forme de croix, cerné par un sol jonché d’oiseaux morts, de journaux déchiquetés, de lambeaux d’étoffes. Au-dessus était tendu un filet où d’autres oiseaux morts étaient pris, qui parfois devenaient les lampions de la fête funèbre21. Il faut savoir s’amuser avec la mort pour mieux 20
Ibid., p. 135.
21
Alain Rais, « Fantasio 1975 », Europe, 1975, p. 78. Récemment (mai 2005, parc du château de Versailles), Stéphanie Tesson a choisi un dispositif scénique tout aussi éloquent. Durant une partie de la pièce, le cercueil de Saint-Jean trône au milieu de la scène avec, à l’intérieur, un grand pantin désarticulé, à l’image de Fantasio. Une pantomime funèbre et clownesque accom- pagne la mise en place de cet accessoire qui devient un décor symbolique. Un jeu sur les codes du théâtre et de la mort se devinait à travers ce parti pris. Un bel hommage à la fantaisie de Musset.
SYLVAIN LEDDA FANTASIO OU PHANTASIO ?
Fantasio est une comédie au sens fort du terme : une pièce où l’on improvise et où l’on s’invente un personnage à partir du jeu. Musset y associe sa fantaisie personnelle à une vision pessimiste du monde. La présence de la mort provoque la friction et la fusion de ces deux extrêmes ; sans elle, pas de fiction possible, pas d’exutoire aux rêves et pas de fuite. Commentant sa mise en scène de la pièce, Alain Rais explique ainsi ses choix scénographiques : « La représentation tendait à souligner l’importance du travestissement, du mensonge et du jeu. Dès le début du spectacle, les acteurs revêtaient devant le public les habits d’un carnaval morbide, faits de plumes d’oiseaux bariolés, oripeaux d’un monde en train de se putréfier ». réaliser que tout cela, au fond, est parfaitement vain. C’est peut-être ce que le jeune Musset portait déjà en lui quand il se livrait à d’étranges plaisanteries avec son camarade, le peintre et littérateur Horace de Viel-Castel : « Alfred de Musset a mis sur sa tête une tête de mort. Au moyen d’une cravate noire et d’une grande redingote, il a caché sa propre figure. Sur la tête de mort, il a fiché une claque, et la tête et la claque se balançaient avec un petit air coquet. Dans cet équipage, il s’est promené devant sa fenêtre. Tous les gamins du voisinage se sont rassemblés dans la cour de l’hôtel. L’ami leur a jeté de mauvaises estampes et pendant que les gamins se les disputaient, lui et Alfred de Musset avec une énorme seringue les ont aspergés tellement que plusieurs semblaient sortir d’un bain. Puis, pour
finir la comédie, l’ami a lancé une seringade dans la figure d’Alfred de Musset qui, pour se venger, a versé un verre d’eau dans le chapeau de l’ami. On a causé longtemps encore »22. Jouer avec la mort en la représentant : n’est-ce pas l’essence du jeu dramatique ? C’est du moins la réflexion sur le théâtre à laquelle nous invitent Fantasio et Musset.
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Juste Olivier, Paris en 1830. Journal, éd. André Delattre et Marc Denkinger, Paris, Mercure de France, 1951, p. 164-165. Cette image de Musset fait songer aux autoportraits de James Ensor. Voir notre ouvrage, à paraître : « Le Masque de Fantasio ». Musset et l’esthétique de la fantaisie.
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© PETER NAHUM / BRIDGEMAN IMAGES
Cupidon et Psyché Middleton Jameson, 1898 Leicester Galleries, Londres Huile sur toile
Incises sur fantaisie et fantasmes… « Pour moi, il est certain que la fantaisie est une maladie. Une maladie qu’on n’attrape pas, parce qu’on l’a de naissance. Une maladie qui est responsable de tout, surtout du ridicule et de la méchanceté. » Thomas Bernhard Gel, trad. Boris Simon et Josée Turk-Meyer « […] La fantaisie est inscrite au centre du projet romantique, elle n’est pas l’expression d’un dérapage excentrique, en quoi elle désigne les limites du romantisme conçu comme une philosophie du sens et de la transcendance. Elle est pour sa part, la marque du travail d’altération de la réalité et des catégories littéraires que le romantisme ne cesse d’inscrire en lui-même, dans la mesure où, dès le début, le romantisme – qu’on pense en particulier à l’un de ses pères fondateurs, Nodier – a fait de la fantaisie, de l’excentricité fantaisiste, contre les canons classiques et néoclassiques, l’un des éléments constitutifs de son projet. À cette réserve près : ce travail d’altération a moins été une revendication clairement formulée que la conséquence et la résultante de partis pris idéologiques. La fantaisie est donc à la fois intrinsèque au romantisme et l’une de ses dérives obligées. L’altération romantique elle-même, que l’on désigne du nom de fantaisie – on l’appelle encore le
fantasque, le bohémien ou, à la suite de Kierkegaard, le bariolé – n’est pas une dérive marginale. » Pierre Laforgue Romanticoco. Fantaisie, chimère et mélancolie « Avant de terminer cette leçon, je voudrais encore attirer votre attention sur un côté des plus intéressants de la vie imaginative. Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie à la réalité : c’est l’art. L’artiste est en même temps un introverti qui frise la névrose. Animé d’impulsions et de tendances extrêmement fortes, il voudrait conquérir honneurs, puissance, richesses, gloire et amour des femmes. Mais les moyens lui manquent de se procurer ces satisfactions. C’est pourquoi, comme tout homme insatisfait, il se détourne de la réalité et concentre tout son intérêt, et aussi sa libido, sur les désirs créés par sa vie imaginative, ce qui peut le conduire facilement à la névrose. Il faut des circonstances favorables pour que son développement n’aboutisse pas à ce résultat ; et l’on sait combien sont nombreux les artistes qui souffrent d’un arrêt partiel de leur activité par suite de névrose. Il est possible que leur constitution comporte une grande aptitude à la sublimation et une certaine faiblesse à effectuer des refoulements susceptibles de décider du conflit. Et voici comment l’artiste retrouve le chemin de la réalité. Je
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INCISES SUR FANTAISIE ET FANTASMES
n’ai pas besoin de vous dire qu’il n’est pas le seul à vivre d’une vie imaginative. Le domaine intermédiaire de la fantaisie jouit de la faveur générale de l’humanité, et tous ceux qui sont privés de quelque chose y viennent chercher compensation et consolation. Mais les profanes ne retirent des sources de la fantaisie qu’un plaisir limité. Le caractère implacable de leurs refoulements les oblige à se contenter des rares rêves éveillés dont il faut encore qu’ils se rendent inconscients. Mais le véritable artiste peut d’avantage. Il sait d’abord donner à ses rêves éveillés une forme telle qu’ils perdent tout caractère personnel susceptible de rebuter les étrangers, et deviennent une source de jouissance pour les autres. Il sait également les embellir de façon à dissimuler complètement leur origine suspecte. Il possède en outre le pouvoir mystérieux de modeler des matériaux donnés jusqu’à en faire l’image fidèle de la représentation existant dans sa fantaisie et de rattacher à cette représentation existant dans sa fantaisie inconsciente une somme de plaisir suffisante pour masquer ou supprimer, provisoirement du moins, les refoulements. Lorsqu’il a réussi à réaliser tout cela, il procure à d’autres le moyen de puiser à nouveau soulagement et consolation dans les sources de jouissances, devenues inaccessibles, de leur propre inconscient ; il s’attire leur reconnaissance et leur admiration et a finalement conquis par sa fantaisie ce qui auparavant n’avait existé que dans sa fantaisie : honneurs, puissance et amour des femmes. […] » Sigmund Freud, La Névrose artistique. Introduction à la psychanalyse
« Il est peu de vertus plus tristes que la résignation ; elle transforme en fantasmes, rêveries contingentes, des projets qui s’étaient d’abord constitués comme volonté et comme liberté. » Simone de Beauvoir Pour une morale de l’ambiguïté
« La bête arrache le fouet au maître et se fouette elle-même pour devenir maître, et ne sait pas que ce n’est pas là qu’un fantasme produit par un nouveau nœud dans la lanière du maître. » Franz Kafka Préparatifs de noce à la campagne
« On doit être un logicien ou un grammairien rigoureux, et être en même temps plein de fantaisie et de musique. » Hermann Hesse Le jeu des perles de verre
« L’amour fantasmé vaut bien mieux que l’amour vécu. Ne pas passer à l’acte, c’est très excitant. » Andy Warhol Ma philosophie de A à B et vice versa
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« La Fantaisie n’est pas un prêt, elle est un don. Elle est, je le répète, un sens. Sens qui, à l’image de nos autres sens, naît, vit et meurt avec nous. » Sacha Guitry L’Esprit (1958) « Les amoureux et les fous ont la cervelle si effervescente, la fantaisie si inventive qu’ils conçoivent beaucoup plus de choses que la froide raison n’en peut comprendre. » William Shakespeare Le Songe d’une nuit d’été (1600) « Les désirs insatisfaits sont les forces motrices des fantaisies, et chaque fantaisie particulière est l’accomplissement d’un désir, un correctif de la réalité non satisfaisante. » Sigmund Freud L’inquiétante étrangeté et autres essais (1919) « La fantaisie est un perpétuel printemps. » Friedrich von Schiller Lied an die Freude « La fantaisie est plus importante que le savoir. » Albert Einstein
« La fantaisie et la liberté d’imagination ne s’acquièrent pas comme ça, qu’il y faut du temps, de l’obstination, de la sévérité, de la rigueur, des mathématiques, de la raison. » Philippe Sollers
INCISES SUR FANTAISIE ET FANTASMES
« Dans une nouvelle de Wilhelm Jenssen, Gradiva, un archéologue tombe amoureux d’une jeune fille représentée sur un antique bas-relief. Il tisse autour d’elle ses fantaisies, il lui imagine un nom [Gradiva] et une origine, il transporte cet être qu’il a créé dans la ville de Pompéi, ensevelie voici plus de 1800 ans. Il se rend sur les lieux et, au cours d’une rêverie diurne, tandis qu’il anime ainsi le passé par son imagination, il voit soudain, sans pouvoir en douter, la Gradiva de son bas-relief sortir d’une maison et, d’un pas léger, gagner [...] l’autre côté de la rue. On apprendra par la suite que la jeune fille aperçue par l’archéologue est une amie d’enfance à qui son sentiment amoureux s’adressait en réalité, via le détour de cette construction fantasmatique complexe. » André Gunthert1 Le complexe de Gradiva
sentation imaginaire ou une image hallucinatoire. Doublet savant de « fantôme », son histoire serait à relier à l’essor du récit fantastique qui le met en scène : des « Fantasiestücke » d’Hoffmann au concept de « Phantaisie » tel que développé par Freud. Or, se détachant de cette vogue qui inonde la France, La Comédie humaine insère le fantasme, sans que le mot même y figure encore, dans une structure raisonnée des forces qui meuvent l’individu et la société, amorçant l’analyse freudienne de la force disruptive des ces représentations imaginaires. Aussi, quoi qu’il n’utilise pas ce terme spécifique, Balzac fait du « fantasme » une dimension essentielle du personnage, offrant au lecteur contemporain une clé herméneutique privilégiée. » Lucienne Frappier-Mazur et Jean-Marie Roulin L’Erotique balzacienne
« Rêver (bien ou mal) est insipide (quel ennui que celui des récits de rêves). En revanche, le fantasme aide à passer n’importe quel temps de veille ou d’insomnie ; c’est un petit roman de poche que l’on transporte toujours avec soi et que l’on peut ouvrir partout sans que personne y voie rien, dans le train, au café, en attendant un rendez-vous. Le rêve me déplait parce que on y est tout entier absorbé : le rêve est monologique ; et le fantasme me plait parce qu’il reste concomitant à la conscience de la réalité (celle du lieu où je suis) ; ainsi se crée un espace double, déboîté, échelonné, au sein duquel une voix (je ne saurais jamais dire laquelle, celle du café ou celle de la fable intérieure), comme dans la marche d’une fugue, se met en position d’indirect : quelque chose se tresse, c’est, sans plume ni papier, un début d’écriture. » Roland Barthes Le fantasme, pas le rêve
« Le fantasme est essentiellement un imaginaire pris dans une certaine fonction de signifiant. » « La psychanalyse, c’est la réalité du sujet divisé. Il n’y en a pas d’autre. Pas de révélation d’un au-delà de la réalité qui ne soit de fantasme. La psychanalyse, c’est la réalité du sujet aliéné par son fantasme. La psychanalyse, c’est cette réalité aliénée, de ce que l’analyste en soit proprement la cause. Le fantasme est un montage grammatical où s’ordonne suivant divers renversements le destin de la pulsion, de telle sorte qu’il n’y a plus moyen de faire fonctionner le « je » dans sa relation au monde qu’à le faire passer par cette structure grammaticale. » Jacques Lacan
« Le terme de “fantasme” apparaît en France au début du XIXème siècle dans le vocabulaire médical. Sous la graphie « phantasme », il désigne une repré1
Maître de conférence à l’École des hautes études en sciences sociales, où il occupe la chaire d’histoire visuelle.
« Le monde imaginé est placé avant le monde représenté… Le monde est beau avant d’être vrai. Le monde est admiré avant d’être vérifié. Le vocable fondamental qui correspond à l’imagination, ce n’est pas l’image, c’est l’imaginaire. Il faut patiemment chercher à propos de tous les mots, les désirs d’altérité, les désirs de double sens, les désirs de métaphore… Il faut recenser tous les désirs de quitter ce qu’on voit et ce qu’on dit en faveur de ce qu’on imagine. » Gaston Bachelard L’air et les songes, Poétique de la rêverie, L’eau et les rêves
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Katija Dragojevic (Fantasio) en octobre 2017 lors des répétitions à Meyrin.
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Version pour la production à Genève Octobre 2017
Fantasio Jacques Offenbach
OPÉRA-COMIQUE EN 3 ACTES & QUATRE TABLEAUX Livret de Paul de Musset, d’après la pièce éponyme d’Alfred de Musset, son frère. Créé à Paris le 18 janvier 1872 à l’Opéra Comique. Nouvelle édition critique de Jean-Christophe Keck.
Livret Adaptation : Thomas Jolly et Katja Krüger
PERSONNAGES Fantasio • Le roi de Bavière • La princesse Elsbeth • Le prince de Mantoue Marinoni, aide de camp du Prince • Flamel, une suivante • Sparck • Facio Max • Hartmann • Rutten, secrétaire du Roi Un pénitent • Le monsieur qui passe • Un Garde Suisse Pages, étudiants, officiers, courtisans, peuple…
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 1
ACTE 1 Le théâtre représente une place publique. Soleil couchant. La ville commence à s’illuminer. Introduction
SCÈNE 1
N° 1 - Chœur et couplets chœur Vive le Roi ! Buvons, fumons, Faisons tapage. En l’honneur de ce mariage Et que nul ne reste chez soi. (Entrent Facio, Hartmann Et Max) facio Il serait bon de nous mêler À ce peuple qui court les rues. hartmann Que de lampions on peut casser Sur ces nez à verrues. facio Allons ! fumons tranquillement Installons-nous à cette table. (Entre Sparck) sparck Tranquille, moi ! ... j’ai fait serment De me démener comme un diable. Que l’on passe cette nuit Dans les chants et dans le bruit.
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Ainsi qu’un battant de cloche, Je ferai mon gai carillon. Et digue dong ! Et sonnez donc ! Pourvu que jamais tranquille, De ce vacarme éclatant Je puisse remplir la ville, C’est assez, je suis content ! facio, hartmann, chœur Digue, digue, digue, digue, Oui, qu’il puisse remplir la ville, C’est assez, car il est content ! sparck Sur les effets et les causes, Laissons les savants discourir Tout à loisir, Je me borne en toutes choses À n’écouter que mon désir. Je n’écoute que mon désir. Et digue dong ! Et sonnez donc ! Pourvu que je carillonne, Je n’ai pas d’autre dessein : Que m’importe que je sonne L’angélus ou le tocsin facio, hartmann, chœur Digue, digue, digue, digue, Que lui importe de sonner L’angélus ou bien le tocsin. N° 1 BIS - Fanfare (Le Roi paraît avec Rutten à la porte du palais. La foule s’écarte un peu respectueusement.) [parlé 1 a]
facio, hartmann, chœur Que l’on passe cette nuit Dans les chants et dans le bruit.
rutten Silence, silence !
sparck Si l’on veut que l’on m’accroche Qu’on me pende dans le bourdon,
le roi Mes amis, je vous ai annoncé, il y a déjà longtemps, les fiançailles de ma chère Elsbeth,
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ACTE 1 SCÈNE 1 FANTASIO LE LIVRET
avec le Prince de Mantoue. Je vous annonce aujourd’hui l’arrivée de ce Prince. Ce soir peutêtre demain au plus tard, il sera dans cette ville. Que ce soit un jour de fête pour tout le monde. tous Vive le Roi ! le roi Que les prisons s’ouvrent et que le peuple passe la nuit dans les divertissements ! Demain, pour la cérémonie de la présentation du Prince, les portes de mon palais seront ouvertes à tout mon peuple. tous Vive le Roi ! le roi Rutten, où est ma fille ? rutten Sire, elle est dans le parc avec sa suivante. le roi Pourquoi ne l’ai-je pas encore vue aujourd’hui ? Est-elle triste ou gaie de ce mariage qui s’apprête ? rutten Il m’a paru que le visage de la princesse était voilé de quelque mélancolie : quelle est la jeune fille qui ne rêve pas la veille de ses noces ? La mort de Saint-Jean l’a contrariée. le roi Y penses-tu ? La mort de mon bouffon ! D’un plaisant de cour bossu et presque aveugle ! rutten La princesse l’aimait. le roi Dis-moi, Rutten, le Prince, quel homme est-ce ? Hélas, je lui donne ce que j’ai de plus gracieux au monde, et je ne le connais pas.
rutten En vérité, je ne saurais rien dire sur le caractère et l’esprit du noble Prince. le roi En est-il ainsi ? Tu hésites, toi courtisan ! De combien d’éloges l’air de cette place serait déjà rempli, de combien d’hyperboles et de métaphores flatteuses, si le Prince qui sera demain mon gendre t’avait paru digne de ce titre ! Me serais-je trompé, mon ami ? Aurais-je fait en lui un mauvais choix ? rutten Sire, le Prince passe pour le meilleur des rois. le roi Ah, pourquoi faut-il que je sois obligé de sacrifier ma fille à des raisons d’État ? rutten La politique est une fine toile d’araignée, dans laquelle se débattent bien des pauvres mouches mutilées. tous Vive le Roi ! N° 1 TER - Chœur chœur Vive le Roi ! Vive le Roi ! Buvons, fumons, Faisons tapage. le roi Rentrons! (Ils sortent, la foule se disperse)
[parlé 1 b] hartmann Où diable est donc Fantasio ?
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 1
sparck Attendons-le, et ne faisons rien sans lui. facio Bah ! Il nous trouvera toujours ! sparck Chut ! Voilà un chapeau rabattu qui flaire quelque nouvelle. Le gobe-mouche a envie de nous aborder. marinoni (s’approchant) Je suis étranger messieurs. A quelle occasion cette fête ?
sparck Des lampions allumés ne font pas le bonheur d’un peuple, cher homme primitif. hartmann Cela n’empêche pas la susdite princesse d’être fantasque comme une bergeronnette. marinoni En vérité ? Vous avez dit fantasque ?
facio La princesse Elsbeth se marie.
hartmann Je l’ai dit, cher inconnu, je me suis servi de ce mot.
marinoni Ah ! ah ! C’est une belle femme à ce que je présume ?
(Marinoni salue et va voir un autre groupe)
hartmann Comme vous êtes un bel homme, vous l’avez dit. marinoni Aimée de son peuple, si j’ose le dire, puisqu’il me paraît que tout est illuminé. hartmann Tu ne te trompes pas, brave étranger : tous ces lampions allumés que tu vois, comme tu l’as remarqué sagement, ne sont pas autre chose qu’une illumination. marinoni Je voulais demander par là si la princesse était la cause de ces signes de joie. sparck L’unique cause, puissant rhéteur. Nous aurions beau nous marier tous, il n’y aurait aucune espèce de joie dans cette ville ingrate.
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marinoni Heureuse la princesse qui sait se faire aimer de son peuple !
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facio À qui diantre en veut ce baragouineur d’Italien ? Le voilà qui nous quitte pour aborder un autre groupe. Il sent l’espion d’une lieue. hartmann Il ne sent rien du tout. Il est bête à faire plaisir. sparck Voilà Fantasio qui arrive. hartmann Qu’a-t-il ? Il se dandine comme un conseiller de justice. Ou je me trompe fort, ou quelque joyeuse lubie mûrit dans sa cervelle.
ACTE 1 SCÈNE 2 FANTASIO LE LIVRET
SCÈNE 2 N° 2 - Ballade fantasio Voyez dans la nuit brune Sur le clocher jauni La Lune Comme un point sur un i ! Lune quel esprit sombre Promène au bout d’un fil Dans l’ombre Ta face et ton profil ? Qui t’avait éborgnée L’autre nuit ? t’étais-tu Cognée À quelque arbre pointu ? Va ! lune moribonde ! Le beau corps de Phoebé La blonde, Dans la mer est tombé ! Rends-nous la chasseresse Blanche, au sein virginal, Qui presse Quelque cerf matinal !
T’aimera le pilote Dans son grand bâtiment Qui flotte Sous le clair firmament ! Et la fillette preste Qui passe le buisson Pied leste En chantant sa chanson ! Et qu’il vente ou qu’il neige, Moi-même chaque soir Que fais-je, Venant ici m’asseoir ? Je viens voir à la brune, Sur le clocher jauni La lune Comme un point sur un i.
[parlé 2] facio Eh bien, ami ? Que ferons-nous de cette belle soirée ? fantasio Tout absolument, hors un roman nouveau.
Oh ! le soir, dans la brise Phoebé, sœur d’Apollon, Surprise, A l’ombre un pied dans l’eau !
facio Je disais qu’il faudrait nous lancer dans cette canaille et nous divertir un peu.
Phoebé, qui la nuit close Aux lèvres d’un berger Se pose Comme un oiseau léger !
hartmann Prendre la taille aux filles, tirer les bourgeois par la queue et casser les lanternes. Allons, partons, voilà qui est dit.
Lune, en notre mémoire De tes belles amours L’histoire T’embellira toujours ! T’aimera le vieux pâtre Seul, tandis qu’à ton front D’albâtre Ses dogues aboieront
fantasio Je n’en suis pas ! Je n’en suis pas ! hartmann Pourquoi ? fantasio Donnez-moi un verre de ça.
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 2
hartmann Tu as le mois de mai sur les joues. fantasio C’est vrai. Et le mois de janvier dans le cœur. Ma tête est comme une vieille cheminée sans feu : il n’y a que du vent et des cendres. Que cela m’ennuie que tout le monde s’amuse. Je voudrais que ce grand ciel si lourd fut un immense bonnet de coton, pour envelopper jusqu’aux oreilles cette sotte ville et ses sots habitants ! Il n’y a qu’une chose qui m’ait amusé depuis trois jours : mes créanciers ont obtenu un arrêt contre moi. Je suis criblé de dettes, je dois 20 000 écus, et si je mets les pieds dans ma maison, il va arriver quatre estafiers qui me prendront au collet. sparck Voilà qui est fort gai, en effet ! Où coucheras-tu ce soir ? fantasio Chez la première venue. J’ai envie de prendre pour maîtresse une fille d’opéra. sparck Cela t’ennuiera à périr. (Rires). Manques-tu d’argent ? Veux-tu ma bourse ? fantasio Imbécile ! Si je n’avais pas d’argent, je n’aurais pas de dettes ! Les étudiants rient aux éclats, Rutten parait par la porte du palais)
rutten Messieurs, je viens vous prier de vouloir bien aller plus loin, si vous ne voulez pas être dérangés dans votre gaieté. hartmann Pourquoi, mon capitaine ?
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rutten La princesse est dans ce moment sur la terrasse, et vous comprenez aisément qu’il n’est point convenable que vos cris arrivent jusqu’à elle. (Il sort) facio Voilà qui est intolérable ! sparck Qu’est-ce que cela nous fait d’aller rire ici ou ailleurs ? hartmann Qu’est-ce qui nous dit qu’ailleurs il nous sera permis de rire ? Vous verrez qu’il sortira de tous les pavés de la ville un drôle en habit galonné pour nous prier d’aller rire dans la lune. fantasio La princesse n’a jamais fait un acte de despotisme de sa vie. Que Dieu la conserve ! Si elle ne veut pas qu’on rit, c’est qu’elle est triste ou qu’elle chante. (Ils entrent dans le cabaret)
SCÈNE 3 [parlé 3] (Elsbeth et le Roi paraissent sur la terrasse) le roi Ma fille, il faut répondre franchement à ce que je vous demande : ce mariage vous déplaît-il ? elsbeth C’est à vous, Sire, de répondre vous-même. Il me plaît, s’il vous plaît. Il me déplaît, s’il vous déplaît. le roi le prince passe pour le meilleur des rois. Il n’y a rien en lui qui me repousse ou qui m’attire. Que puis-je te dire là-dessus ?
ACTE 1 SCÈNE 3 FANTASIO LE LIVRET
Dis-moi donc clairement ce que tu penses de ton fiancé.
Comme un écho plaintif et tendre, Que ma voix réponde à sa voix.
elsbeth Je pense qu’il est Prince de Mantoue, et que la guerre recommencera demain entre lui et vous, si je ne l’épouse pas.
Regarde-toi la jeune fille Ton cœur bat et ton œil pétille Aujourd’hui le printemps Elsbeth demain l’hiver. Quoi tu n’as pas d’étoile et tu vas sur la mer, Au combat sans musique, En voyage sans livre, Quoi tu n’as pas d’amour et tu parles de vivre ! ah ! Moi, pour un peu d’amour, je donnerais mes jours Et je les donnerais pour rien sans les amours !
le roi Cela est certain, mon enfant. elsbeth Je pense donc que je l’épouserai, et que la guerre sera finie. N° 3 - Récit et Romance elsbeth Voilà toute la ville en fête, Que sera-t-il pour moi cet hymen qui s’apprête ? Mon fiancé demain doit paraître à la cour. Hélas ! Je tremble, hésitante, inquiète, Devant ces mots si doux de tendresse et d’amour. Pourquoi ne puis-je voir sans plaisir et sans peine Les baisers du zéphir trembler sur la fontaine Et l’ombre des tilleuls passer sur mes bras nus ? Hier j’étais une enfant et je ne le suis plus. L’eau, la terre et les vents, tout s’emplit d’harmonie, Un jeune rossignol chante au fond de mon cœur, J’entends sous les roseaux murmurer les génies ! Tout me parle d’amour, d’ivresse et de bonheur !
SCÈNE 4 N° 4 - Duo fantasio (qui a écouté Elsbeth chanter sans se montrer) Quel murmure charmant soudain viens-je d’entendre ? Quelle est parmi les fleurs cette enfant que je vois ?
elsbeth Pour qui donc chante-t-il Est-ce pour sa maîtresse ? Il est jeune et joyeux, Je voudrais bien le voir. Et peut-être est-ce à moi Que sa chanson s’adresse, Quel est ce personnage Et comment le savoir ? [ensemble] fantasio Elsbeth ! Que fais-tu de la vie ? Le jour s’enfuit, la nuit succède au jour. Rose ce soir demain flétrie, Comment vis-tu ? Toi qui n’as pas d’amour ! elsbeth (se répétant les paroles à elle-même) Ah ! Que fais-tu de la vie ? Que fais-tu de la vie ? Le jour s’enfuit la nuit succède au jour Rose ce soir demain flétrie, Comment vis-tu ? Toi qui n’as pas d’amour ! (Elsbeth s’arrache à sa rêverie et rentre dans le palais, en même temps Sparck sort du cabaret et frappe sur l’épaule de Fantasio qui toujours regarde Elsbeth s’éloigner)
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 4
N° 4 BIS - Mélodrame sparck Quel astre contemples-tu là ? fantasio La lune ! Vois comme ce clair de lune est manqué ! La nature est pitoyable ce soir. Je faisais des ciels comme celui-là, quand j’avais douze ans, sur la couverture de mes livres de classe. sparck Quel bon tabac ! Quelle bonne bière ! fantasio Je dois bien t’ennuyer, Sparck. sparck Non, pourquoi cela ? fantasio Toi, tu m’ennuies horriblement. Cela ne te fait rien de voir tous les jours la même figure ? spark Tu me fais l’effet d’être revenu de tout. fantasio Ah ! Pour être revenu de tout, mon ami, il faut être allé dans bien des endroits. spark Eh bien donc ? fantasio Eh bien donc ! Où veux-tu que j’aille ? Regarde cette vieille ville enfumée : il n’y a pas de places, de rues, de ruelles où je n’aie rôdé trente fois. Je ne saurais faire un pas sans marcher sur mes pas d’hier. Il n’y a pas de pavés où je n’aie traîné ces talons usés. sparck Va donc au diable, alors ! Si tu étais amoureux, tu serais le plus heureux des hommes.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
fantasio L’amour n’existe plus, mon cher ami. Vive la nature ! Il y a encore du vin ! sparck Tu vas te griser. fantasio Je vais me griser, tu l’as dit. sparck Il est un peu tard pour cela. fantasio Qu’appelles-tu tard ? Midi, est-ce tard ? Minuit, est-ce de bonne heure ? Où prends-tu la journée ? Tiens, Sparck, allons prendre la lune avec les dents ! sparck Je le veux bien !
SCÈNE 5 (Passent des pénitents.) N° 5 - Chœur de pénitents Les pénitents Ô Saint-Jean ! ta joyeuse face A fait sa dernière grimace, Toi qui chantais, Toi qui raillais, Grand Docteur en plaisanterie. Ton sourire, ta raillerie Sont endormis à tout jamais. Ô Saint-Jean ! Ton sourire est endormi pour tout jamais. fantasio Braves gens au manteau noir, Où courez-vous à cette heure ?
ACTE 1 SCÈNE 5 FANTASIO LE LIVRET
1er pénitent Nous accompagnons ce soir À sa dernière demeure, Ce pauvre Saint-Jean,
[parlé 5]
tous les pénitents Ce pauvre Saint-Jean.
sparck Voilà une insolence que tu t’es bien attirée. A quoi penses-tu d’arrêter ces gens ?
fantasio Eh ! Quoi Saint-Jean, le bouffon du Roi... Saint-Jean est mort ! … sparck Saint-Jean est mort ! 1er pénitent Que Dieu lui fasse grâce ! tous les pénitents Que Dieu lui fasse grâce ! fantasio Et quel ministre a pris sa place ? 1er pénitent La place est vacante Et tu peux La prendre si tu veux ! tous les pénitents Ô Saint-Jean ! Ta joyeuse face A fait sa dernière grimace, Toi qui chantais, Toi qui raillais, Grand Docteur en plaisanterie. Ton sourire, ta raillerie Sont endormis à tout jamais. Ô Saint-Jean ! Ton sourire est endormi pour tout jamais. (Ils sortent.)
fantasio Que je prenne la place de Saint-Jean, a-t-il dit ?
fantasio Il n’y a là rien d’insolent. C’est un conseil d’ami que m’a donné cet homme, et que je vais suivre à l’instant. sparck Tu vas te faire bouffon de la cour ? fantasio Cette nuit même, si l’on veut de moi. sparck Comme tu es fin ! On te reconnaîtra, et les laquais te mettront à la porte. fantasio Comme tu es bête ! Je mettrai une perruque comme la portait Saint-Jean, et personne ne me reconnaîtra (Le tailleur passe en chantant) fantasio Hé ! Brave homme ! le tailleur Que demande votre seigneurie ? fantasio N’êtes-vous pas tailleur de la cour ? le tailleur Pour vous servir. fantasio Est-ce vous qui habilliez Saint-Jean ?
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 5
le tailleur Oui, Monsieur. fantasio Vous le connaissiez ? Vous savez quelle perruque il portait ? le tailleur Hé ! Ho ! Monsieur veut rire ! fantasio Homme, je ne veux point rire. Si tu ne veux être empoisonné demain dans ton café au lait, songe à être muet comme la tombe sur tout ce qui va se passer ici. (Ils sortent avec le tailleur.)
SCÈNE 6 [parlé 6 a] le prince Eh bien, colonel ?
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le prince Il me semble que je suis poudré comme un homme de la dernière classe. marinoni L’habit est magnifique. le prince Je te nomme mon ami intime. Que dirais-tu, Marinoni, si tu voyais ton maître revêtir un simple frac olive ? marinoni Son altesse se rit de ma crédulité. Le prince Non, mon ami. Je t’ai accordé ce titre. Apprends que ton maître est le plus romanesque des hommes. marinoni Romanesque, altesse ?
marinoni Altesse.
Le prince Oui. Je ne connais pas, dans tout mon royaume, de plus belle écriture que la tienne. Écris à voix basse.
Le prince Eh bien, Marinoni ?
marinoni Voilà, Altesse, ce que vous demandez.
marinoni Mélancolique, fantasque, soumise à son père, aimant beaucoup les pois verts…
le prince Je médite… Assieds-toi, à quelque distance.
le prince Vous pensez donc, Colonel, que le caractère de la princesse, ma future épouse, vous est secrètement connu ?
N° 6 - Duo
marinoni Oui, Altesse. J’ai parcouru les alentours du palais, et ces tablettes renferment les principaux traits des conversations différentes dans lesquelles je me suis immiscé.
marinoni Un projet d’importance !
GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
le prince Je médite un projet d’importance !
le prince Je conçois un dessein surprenant !
ACTE 1 SCÈNE 6 FANTASIO LE LIVRET
marinoni Un dessein surprenant !
le prince Je médite un projet d’importance !
le prince Nul mortel de ma naissance,
marinoni Un projet d’importance !
marinoni De votre naissance,
le prince Je conçois un dessein surprenant !
le prince De ma naissance Et nul homme de mon rang,
marinoni Un dessein surprenant !
marinoni De votre rang, le prince De mon rang N’en a jamais fait autant. marinoni N’en a jamais fait autant. le prince À la cour princière Du Roi mon beau-père, marinoni À la cour de son beau-père… le prince Prenant l’habillement d’un aide de camp… marinoni Quoi ! Sous l’habit d’un aide de camp ! le prince Sans que nul soupçonne Quelle est ma personne J’arrive et je veux Tout voir par mes yeux. marinoni Il veut tout voir par ses yeux.
Le prince Nul mortel de ma naissance, marinoni De votre naissance, le prince De ma naissance Et nul homme de mon rang marinoni De votre rang, le prince De mon rang N’en a jamais fait autant. marinoni N’en a jamais fait autant. le prince Ce qui m’embarrasse C’est que de ma race… marinoni Qu’est-ce qui vous embarrasse ? le prince L’éclat radieux Se lit dans mes yeux. marinoni Oui son éclat se lit dans vos yeux !
N° 59 | FANTASIO • GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 6
le prince Par quel art ton maître Pourra-t-il paraître Sans prestige et tel Qu’un simple mortel, Sans aucun prestige Tel qu’un mortel. marinoni Qu’un simple mortel.
marinoni Est-il vrai, altesse ? le prince Ne reste pas pétrifié. Un homme tel que moi ne doit avoir pour ami intime qu’un esprit vaste et entreprenant.
le prince Je médite un projet d’importance !
marinoni Une seule chose me paraît s’opposer au dessein de votre altesse.
marinoni Un projet d’importance !
Le prince Laquelle ?
le prince Je conçois un dessein surprenant !
marinoni Si mon gracieux souverain est confondu parmi l’état-major, à qui le Roi de Bavière fera-t-il les honneurs d’un festin splendide qui doit avoir lieu dans la galerie ?
marinoni Un dessein surprenant ! le prince Nul mortel de ma naissance, marinoni De votre naissance, le prince De ma naissance, Et nul homme de mon rang, marinoni De votre rang, le prince De mon rang, N’en a jamais fait autant, marinoni N’en a jamais fait autant.
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[parlé 6 b]
GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
le prince Tu as raison, si je me déguise, il faut que quelqu’un prenne ma place. Cela est impossible, Marinoni. Je puis bien abaisser la dignité princière jusqu’au grade de colonel, mais comment peux-tu croire que je consente à élever jusqu’à mon rang un homme quelconque ? Ah, ce n’est pas sans peine que je renonce à mon projet. Pénétrer dans cette cour nouvelle, sans faste et sans bruit, observer tout, approcher de la princesse sous un faux nom, et peut-être m’en faire aimer ! Oh ! Je ne saurais y résister… Marinoni mon ami, viens essayer mon habit de cérémonie ! marinoni Altesse ! le prince Marinoni, penses-tu que les siècles futurs oublieront une pareille circonstance ?
ACTE 1 SCÈNE 6 FANTASIO LE LIVRET
marinoni Jamais, gracieux Prince.
facio, hartmann, chœur Qui donc ?
le prince Viens essayer mon ami, mon habit… Viens ! (Ils sortent)
sparck Saint-Jean !
SCÈNE 7 N° 7 - Finale chœur Tout bruit cesse Le jour fuit Dans le calme de la nuit, Ma maîtresse Qui m’attend Écoute nos chants En rêvant. Quand sommeille le bourgeois Que sans trêve notre voix Le réveille dans son lit, Près de son flambeau Qui pâlit. hartmann, chœur eh bien ? facio Fantasio ? chœur Fantasio vient-il ? sparck Non ! hartmann, facio, chœur Non ! C’est dommage ! sparck Attendez-vous à voir Un plus haut personnage.
facio, hartmann, chœur Saint-Jean ! Mais on dit qu’il est mort ! sparck Les fous ne meurent pas Et leur race éternelle Comme l’herbe des champs Toujours se renouvelle. C’est à qui prend leur place Et vrai l’on a pas tort Car il n’en est pas de plus belle. facio, hartmann, chœur Car il n’en est pas de plus belle. [chanson des fous] sparck Est-il un plus doux passe-temps ? Tout entendre et tout dire Au nez de graves courtisans Se permettre de rire ! Ayant pour fleurons des grelots, Pour sceptre une marotte, Railler les méchants et les sots Et piquer qui s’y frotte ! Rions ! facio, hartmann, chœur Le sort des fous est agréable, Le sort des fous est trop heureux. sparck, facio, hartmann, chœur Le sort des fous est agréable, Le sort des fous est trop heureux ! Est-il un homme raisonnable Qui n’aimât changer avec eux !
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 1 SCÈNE 7
sparck Les fous pour charmer leurs ennuis Ont des ressources promptes. Pour eux les mille et une nuits Réalisent leurs contes. D’un bond je puis aller soudain Voyager à Médine, Avec la lampe d’Aladin Je puis courir en Chine ! Rions ! facio, hartmann, chœur Le sort des fous est agréable, Le sort des fous est trop heureux.
facio, sparck, hartmann, chœur C’est bien lui ! sparck Seigneur fou puisse la défroque De Saint-Jean vous porter bonheur, De cette aventure baroque Tirez-vous donc à votre honneur. fantasio Oui je vais à la cour, l’idée est amusante.
sparck Le sort des fous est agréable, Le sort des fous est trop heureux ! Est-il un homme raisonnable Qui n’aimât changer avec eux !
sparck Dis-nous donc quel est ton dessein ?
facio Mais puisque tu le sais Nous feras-tu connaître Quel est le nouveau fou ?
fantasio (arrivant) Le voici !
fantasio Je prétends toucher de la main Ces orangers qui lorsqu’il vente, Ont souvent sur notre chemin Fait pleuvoir leur neige odorante. Moi qui ne puis coucher chez moi Je m’en vais coucher chez le Roi. Je veux voir, l’idée est hardie, De la loge du souverain Cette royale comédie Que l’on représente demain. Oui, mes amis, voilà pourquoi Je viens à la cour du Roi.
facio, chœur Saint-Jean ressuscité qui vient nous apparaître !
facio, sparck, hartmann, chœur Seigneur fou, dépêche-toi Va donc à la cour du Roi.
hartmann Mais c’est Fantasio !
fantasio Maintenant laissez-moi, partez Et dans la ville illuminée Pour bien finir votre journée Répandez-vous de tous côtés. Bonsoir !
chœur Quel est le nouveau fou ? sparck Volontiers !
facio, hartmann, chœur Fantasio !
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fantasio C’est bien moi !
GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
facio, hartmann, chœur Quel est ton dessein ?
ACTE 1 SCÈNE 7 FANTASIO LE LIVRET
facio, max, sparck, hartmann Bonsoir !
ACTE 2
fantasio Bonsoir !
N° 8 - Entr’acte
chœur Quand sommeille le bourgeois Que sans trêve notre voix Le réveille dans son lit Près de son flambeau Qui pâlit. (Ils s’éloignent.) fantasio Doux refrain du passé répété tant de fois… (regardant la terrasse) Là, c’est une autre voix mystérieuse Qui semble m’appeler dans un monde enchanté Que faire ? Ah ! marchons ! fantasio (à lui-même) Par rien je ne suis arrêté. Elsbeth ! ... je vais te voir, le sort en est jeté ! (Il entre. On entend au loin le chant des étudiants.) chœur Tout bruit cesse, le jour fuit Dans le calme de la nuit.
SCÈNE 8
SCÈNE 9 (Les jardin du palais. Elsbeth, Flamel, des suivantes. Fantasio se cache et écoute.) N° 9 - Chœur et air chœur Quand l’ombre des arbres Fera voltiger, Au front de ces marbres Son voile léger, Enfant couronnée On verra demain L’anneau d’hyménée Briller à ta main. flamel Elle a pâli la jeune fille ! Et de ses beaux yeux abaissés, Une larme s’échappe et brille Naïf regret des jours passés. chœur Quand l’ombre des arbres Fera voltiger, Etc… elsbeth Cachons l’ennui de mon âme oppressée, Mes pleurs séchez-vous dans mes yeux. Une royale fiancée Ne doit montrer qu’un front joyeux. [air] Ah ! dans son cœur qui donc peut lire ? Quel est l’époux qu’hélas j’attends ! Pour commencer il faut en rire, De pleurer il est toujours temps ! Et puis, au lendemain des noces Qui sait ! Peut-être, au lieu d’amour
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 2 SCÈNE 9
Je prendrai goût à mes carrosses À mes parures, à ma cour. Peut-être au fond de ma corbeille Sans y songer, comme une fleur Qui le matin éclot vermeille, Je m’en vais trouver le bonheur. Pour une princesse à mon âge, J’en ferais bien le pari, Il est dans le mariage Autre chose qu’un mari. Ah ! dans son cœur qui donc peut lire ? Quel est l’époux qu’hélas j’attends ! Pour commencer il faut en rire, De pleurer il est toujours temps ! flamel et le chœur D’abord, Oui, il faut en rire, Plus tard, de pleurer il est temps. Il est toujours temps. [parlé 9] elsbeth Je me sens au fond du cœur une vague tristesse… flamel Je crois que le Prince ne va pas tarder à se montrer. Il faudrait retourner au palais pour vous habiller. elsbeth Peut-être est-ce la mort de ce pauvre Saint-Jean. flamel Il avait tant d’esprit ! Dire que le pauvre homme est allé là-haut la veille de vos fiançailles ! elsbeth Ne me parle pas de mon mariage, c’est encore là un grand malheur. le prince de Mantoue arrive aujourd’hui…
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
flamel On dit que c’est un Amadis. elsbeth Que dis-tu ma chère ! On dit que le Prince de Mantoue est la plus ridicule chose du monde. Si je refusais le Prince, la guerre serait bientôt recommencée. Quel malheur que des traités de paix se signent toujours avec des larmes ! Je voudrais être une forte tête et me résigner à épouser le premier venu, quand cela est nécessaire en politique. Je ne suis qu’une pauvre rêveuse. Peut-être la faute en est-elle à tes romans, tu en as toujours dans tes poches. flamel Seigneur ! N’en dites rien. elsbeth J’ai peu connu la vie, et j’ai beaucoup rêvé. flamel Je suis sûre que si vous refusiez le Prince, votre père ne vous forcerait pas. elsbeth Veux-tu que j’aille dire à mon père d’oublier sa parole et de rayer d’un trait de plume son nom respectable sur un contrat qui fait des milliers d’heureux ? Qu’importe qu’il fasse une malheureuse ? Je laisse mon bon père être un bon Roi. flamel Si Saint-Jean était là. elsbeth Ah ! Saint-Jean ! Saint-Jean ! (Elsbeth pleure dans les bras de Flamel) fantasio (à part) Pauvre brebis à qui on met un ruban rose au cou pour la mener à la boucherie ! Cette petite fille est romanesque, il lui est cruel d’épouser un homme qu’elle ne connaît pas. Cependant elle se sacrifie en silence. Que le hasard est capricieux !
ACTE 2 SCÈNE 9 FANTASIO LE LIVRET
flamel Vous l’aimiez beaucoup. elsbeth Cela est singulier : son esprit m’attachait à lui avec des fils imperceptibles qui semblaient venir de mon cœur. Sa perpétuelle moquerie de mes idées romanesques me plaisait à l’excès. C’était un homme bizarre. Sa parole donnait la vie, comme par enchantement, aux choses les plus étranges. (Entrent le Roi, Rutten, Marinoni en costume de Prince et le Prince en costume de Marinoni) le roi Prince, voici ma fille. rutten Pardonnez-lui cette toilette de jardinière. le roi Pardonnez-lui cette toilette de jardinière.
SCÈNE 10 N° 10 - Quintette flamel Oui, c’est bien lui, chère princesse ! Voilà qu’il vient ce noble époux, Qui, dans sa jalouse tendresse Veut vous emmener loin de nous. marinoni La voilà donc cette princesse Dont il sera bientôt l’époux. Ah ! quelle grâce enchanteresse ! Et qui donc n’en serait jaloux ! Le prince La voilà donc cette princesse Dont je serai bientôt l’époux. Ah ! quelle grâce enchanteresse Et qui donc n’en serait jaloux !
le roi Ma fille est là, venez altesse, Ma chère Elsbeth est devant vous. Permettez donc qu’à la princesse Je présente enfin son époux. elsbeth Quoi ! c’est donc lui c’est cette altesse Que l’on me donne pour époux, Rêves charmants de ma jeunesse Envolez-vous, envolez-vous ! flamel Oui, c’est bien lui, chère princesse Voilà qu’il vient ce noble époux, Qui, dans sa jalouse tendresse Veut vous emmener loin de nous. le roi Nous vous recevons simplement Et vous voyez, dès ce moment, Quelles manières sont les nôtres. Chez nous de l’étiquette on adoucit les lois, Et vous êtes chez un bourgeois Qui tâche d’en gouverner d’autres. marinoni On ne saurait mieux s’exprimer. Le prince La princesse a tout pour charmer. reprise La voilà cette princesse Etc. [parlé 10] marinoni Permettez-moi, Madame, de baiser cette main charmante, si ce n’est pas une trop grande faveur pour mes lèvres.
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 2 SCÈNE 10
elsbeth Votre altesse m’excusera. Je la verrai, je pense, d’une façon plus convenable à la présentation de ce soir. Le prince La princesse a raison, voilà une divine pudeur. Une divine pudeur. Je comprends, Madame, quelles alarmes doit jeter dans le cœur d’une jeune princesse la vue de son futur époux. rutten Quel est donc cet aide de camp qui vous suit comme votre ombre ? le prince (à Elsbeth) Mais moi, qui ne suis rien, hélas ! Oserai-je solliciter la grâce de vous baiser la main avec le respect d’un simple officier subalterne et d’un humble sujet de votre altesse ? le roi (à Marinoni) Il m’est insupportable de l’entendre ajouter une remarque inepte à ce que nous disons !
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elsbeth Que me voulez-vous, mon cher monsieur ? le prince (à Elsbeth) Je suis d’une naissance obscure. Un cœur pur et sans tache bat sous ce modeste uniforme. elsbeth Êtes-vous fou ? le prince (à Elsbeth) Je n’ai pas un ducat. elsbeth Ou demandez-vous l’aumône ? le prince (à Elsbeth) Je suis solitaire et exilé de ma terre natale comme de ma patrie céleste, c’est-à-dire du paradis de mes rêves. Je n’ai pas un cœur de femme à presser sur mon cœur. Je suis maudit et silencieux. (Elle sort avec Flamel)
elsbeth Je ne suis pas encore princesse de Mantoue, mon cher monsieur.
marinoni Colonel, colonel, je vous prie de vous retirer. Vos remarques sont indiscrètes et vos paroles impertinentes.
le roi (à Marinoni) Renvoyez-le je vous prie.
Le prince Un affront public ! À moi !
le prince (à Elsbeth) Permettez, de grâce, à un fidèle serviteur de votre futur époux de vous offrir les félicitations sincères que son cœur humble et dévoué ne peut contenir en vous voyant.
le roi Cet aide de camp est un imbécile, mon ami, que pouvez-vous faire de cet homme-là ?
le roi Si vous ne renvoyez cet animal, je vais le congédier moi-même.
marinoni Hum ! hum ! Poussons quelques pas plus avant, si votre Majesté le permet. Je crois apercevoir un kiosque tout à fait charmant dans ce bocage. (Ils sortent)
le prince (à Elsbeth) Heureux les grands de la terre ! Ils peuvent vous épouser, moi je ne le puis pas. Cela m’est tout à fait impossible.
le prince (seul) Aurais-je eu tort de l’aborder ? Il le fallait cependant puisque j’ai le projet de la séduire sous mon habit supposé. Mais la réponse est désagréable…
GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
ACTE 2 SCÈNE 11 FANTASIO LE LIVRET
SCÈNE 11 N° 11 - Strophes le prince Je ne serai donc jamais, non jamais Aimé pour moi-même. Ô destin ! tu m’envierais Ce bonheur extrême Le prince commande mais, C’est l’homme qu’on aime Ah ! combien je grandirais, Je grandirais. Ah ! aimé pour moi-même Ah ! quelle ivresse si j’étais jamais Aimé pour moi-même. Eh ! bien un jour je serai, je serai Aimé pour moi-même. Car ce jour-là Je prendrai Sceptre et diadème Et dans l’éclat le plus vrai Du pouvoir suprême À la fin je me verrai, Aimé pour moi-même Ah ! Quelle ivresse si j’étais jamais Aimé pour moi-même. [parlé 11 a] le prince Aurait-elle un cœur dur et faux ? Il faudra sonder adroitement la chose… marinoni Eh bien, Prince, êtes-vous content de moi ? le prince Tu n’es qu’un sot, colonel. Je te confie le plus grand projet qui se soit enfanté depuis une suite d’années incalculables et toi mon ami intime, mon plus fidèle serviteur, tu entasses bêtises sur bêtises.
marinoni Vous m’ordonnez de prendre votre nom et de me comporter en véritable Prince de Mantoue. Puisje empêcher le Roi de Bavière de faire un affront à mon aide de camp ? Vous aviez tort de vous mêler de nos affaires. le prince Je voudrais bien voir qu’un maraud comme toi s’avisât de me donner des ordres ! marinoni Considérez, altesse, qu’il faut cependant que je sois le Prince ou que je sois l’aide de camp. C’est par votre ordre que j’agis. le prince Me dire que je suis un impertinent parce que j’ai voulu baiser la main de la princesse ! Je suis prêt à déclarer la guerre et à retourner dans mes états pour me mettre à la tête de mes armées. marinoni Songez donc, altesse, que ce mauvais compliment s’adressait à l’aide de camp et non au Prince. le prince Il suffit. Rends-moi mon habit. marinoni Si mon souverain l’exige, je suis prêt à mourir pour lui. le prince En vérité, je ne sais que résoudre. D’un côté, je suis furieux de ce qui m’arrive et d’un autre je suis désolé de renoncer à mon projet. Viens, réfléchissons à tout cela. marinoni (tenant l’habit) Que ferai-je, altesse ? le prince Remets-le, remets-le, et rentrons au palais. (Ils sortent.)
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 2 SCÈNE 12
SCÈNE 12 [parlé 12 a] fantasio Quel métier délicieux que celui de bouffon ! J’étais gris, hier soir, quand j’ai pris ce costume et que je me suis présenté au palais. J’arrive, et me voilà reçu, choyé, enregistré, et, ce qu’il y a de mieux encore, oublié. Je vais et viens dans ce palais, comme si je l’avais habité toute ma vie. J’ai rencontré le Roi, il n’a pas même eu la curiosité de me regarder. Son bouffon étant mort, on lui a dit : Sire, en voilà un autre. C’est admirable ! (Entrent Elsbeth et Flamel) flamel Seigneur est-il possible que ce mariage se fasse s’il vous déplait ! elsbeth Il est horrible et idiot ! flamel En vérité on m’avait dit que c’était un Amadis ! elsbeth Je ne demandais pas un Amadis mais cela est cruel quelquefois de n’être qu’une fille de Roi. Mon père est le meilleur des hommes. Le mariage qu’il prépare assure la paix de son royaume, il recevra en récompense la bénédiction d’un peuple. Mais moi, hélas ! J’aurai la sienne et rien de plus. flamel Comme vous parlez tristement ! fantasio (à part) Pauvre petite ! Maintenant la voilà qui pleure et qui ne se doute guère que je la vois émue.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
flamel Il faudrait retourner au palais pour vous habiller. elsbeth Je t’en supplie, laisse-moi un quart d’heure encore, va préparer ce qu’il me faut. Hélas ! Ma chère, je n’ai plus longtemps à rêver. (Flamel sort, Elsbeth pleure) elsbeth Il me semble qu’il y a quelqu’un derrière ces bosquets. Est-ce le fantôme de mon pauvre bouffon que j’aperçois dans ces bluets ? Répondez-moi : qui êtes-vous ? Que faites-vous là, à cueillir ces fleurs ? fantasio Je suis un brave cueilleur de fleurs qui souhaite le bonjour à vos beaux yeux. elsbeth Que signifie cet accoutrement ? Qui êtes-vous pour venir parodier sous cette perruque un homme que j’ai aimé ?
N° 12 - Couplets fantasio C’est le nouveau bouffon du Roi Qui devant vous Elsbeth s’incline ! Le majordome est bon pour moi, On me protège à la cuisine. Je suis venu modestement, Sachez quelle envie est la mienne Cueillir des fleurs en attendant Qu’un jour l’esprit me vienne. Cueillir des fleurs en attendant Qu’un beau matin l’esprit me vienne.
ACTE 2 SCÈNE 12 FANTASIO LE LIVRET
[parlé 12 b] mélodramme
elsbeth La fleur de l’esprit ? Cela me paraît douteux que vous cueilliez jamais cette fleur-là. fantasio Pourquoi ? L’esprit peut venir à un homme vieux, tout comme à une jeune fille. elsbeth Pauvre homme ! Quel métier tu entreprends ! Faire de l’esprit à tant par heure ! N’as-tu ni bras ni jambes, et ne ferais-tu pas mieux de labourer la terre que ta propre cervelle ? fantasio Pauvre petite ! Quel métier vous entreprenez ! Epouser un sot que vous n’avez jamais vu ! N’avez-vous ni cœur ni tête, et ne feriez-vous pas mieux de vendre vos robes que votre corps ? elsbeth Voilà qui est hardi, monsieur le nouveau venu ! fantasio Comment appelez-vous celle-ci, s’il vous plaît ? elsbeth Une tulipe. Que veux-tu prouver ? fantasio Une tulipe rouge ou une tulipe bleue ? elsbeth Bleue à ce qu’il me semble. fantasio Point du tout ; c’est une tulipe rouge, et cependant je conviens qu’elle est bleue. elsbeth Comment arranges-tu cela ?
fantasio Comme votre contrat de mariage. Qui sait s’il naquit rouge ou bleu, Les jardiniers et les notaires Font chaque jour comme par jeu Des greffes extraordinaires. L’homme commande au monde entier, À son gré le métamorphose. La pâle fleur de l’églantier Se change en une rose. La pâle fleur de l’églantier Dans ses mains devient une rose.
SCÈNE 13 [parlé 13 a] elsbeth Une fleur ne peut en devenir une autre ! Ainsi, qu’importe à la nature ? On ne la change pas. On l’embellit ou on la tue. La plus chétive violette mourrait plutôt que de céder, si l’on voulait, par des moyens artificiels, altérer sa forme d’une étamine. fantasio C’est pourquoi je fais plus de cas d’une violette que d’une fille de Roi. elsbeth Il y a des choses que les bouffons eux-mêmes n’ont pas le droit de railler, fais-y attention. Si tu as écouté ma conversation avec ma suivante, prends garde à tes oreilles. fantasio Non pas à mes oreilles, mais à ma langue. Vous vous trompez de sens. Il y a une erreur de sens dans vos paroles !
N° 59 | FANTASIO • GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 2 SCÈNE 13
elsbeth Ne fais pas de calembour, si tu veux gagner ton argent, et ne me compare pas à des tulipes, si tu ne veux gagner autre chose. Est-ce à moi que s’adressent tes folies, ou est-ce au hasard que tu parles ? fantasio C’est au hasard, je parle beaucoup au hasard : c’est mon plus cher confident. elsbeth Il semble en effet t’avoir appris ce que tu ne devrais pas connaître. Je croirais volontiers que tu épies mes actions et mes paroles. fantasio Dieu le sait. Que vous importe ? elsbeth Plus que tu ne peux penser. Tout à l’heure, pendant que j’essayais mon voile, je me trompe fort, si ce n’était toi. fantasio Soyez sûre que cela reste entre votre mouchoir et moi. elsbeth Ce fou m’intéresse. Il se moque de moi mais il me plaît. Et sous son ironie, je sens un cœur ami. C’est fort heureux qu’il soit laid ! Mais peut-être n’es-tu qu’un espion ? Et si le hasard t’a fait voir ce que je veux qu’on ignore, ne dois-je pas te mettre à la porte, de peur de nouvel accident ? fantasio Ne me chassez pas, je vous en prie. elsbeth Comment te plais-tu ici ? fantasio Comme un oiseau en liberté.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
elsbeth Tu aurais mieux répondu si tu avais dit : comme un oiseau en cage. Ce palais en est une assez belle, cependant c’en est une. fantasio Je m’amuse beaucoup ici. Peut-être n’aurez-vous pas sujet de vous en repentir. elsbeth Oui-dà ! Tu m’offres ta protection et tes services. fantasio Pourquoi pas ?
N° 13 - Duo elsbeth Je n’ai donc rien de plus Pour consoler mon cœur ! La pitié d’un bouffon !… fantasio (prenant un ton comique) Elle a quelque douceur. Mais je comprends, oui, je devine ! Vous avez peur assurément Du confident de l’héroïne Qui suit son ombre en déclamant Des vers bien longs, d’un ton bien lent Bien ennuyeux, bien endormant. Non, ce n’est pas la tragédie Que nous jouons en ce moment. elsbeth Je ris et n’en ai guère envie, Ma peur s’envole en t’écoutant. Sourions toujours Puisque j’ai seize ans À mon âge on doit voir la vie en rose. Sourions toujours, pour être morose Quand on a seize ans L’on a bien le temps.
ACTE 2 SCÈNE 13 FANTASIO LE LIVRET
fantasio Souriez toujours ! quand on a seize ans Souriez, souriez, ah ! Pour être morose Quand on a seize ans L’on a bien le temps. Mais pourtant hâtez-vous ! Songez-y, le temps presse ! L’autel, le prétendu, la victime sont prêts Pour que votre malheur soit en règle à jamais Que manque-t-il ? presque rien, ô princesse Cependant dites un mot, Faites un signe ! Aussitôt Je romps votre mariage Tout bouffon que je suis ! elsbeth Ah ! vraiment je voudrais Savoir comment tu t’y prendrais, fantasio Par un moyen très sûr, Mes pièges sont dressés, Souriez seulement Et c’est m’en dire assez ! Souriez ! souriez ! elsbeth Ah ! Sourions toujours, pour être morose Quand on a seize ans L’on a bien le temps. Sourions toujours Puisque j’ai seize ans À mon âge on doit voir la vie en rose. Etc… fantasio Souriez toujours, quand on a seize ans À votre âge on doit voir la vie en rose. Ah ! pour être morose Quand on a seize ans L’on a bien le temps. Etc…
[parlé 13 b] fantasio À quand votre noce ? elsbeth Dans quelques heures tout sera fini. fantasio C’est-à-dire tout sera commencé. (Fantasio sort, entre Flamel) flamel Oh lalalalalalalala ! elsbeth Que veux-tu dire ? flamel Oh la la ! Savez-vous une chose terrible, Princesse ? elsbeth Tu es toute tremblante ! flamel Le prince n’est pas le Prince, ni l’aide de camp non plus. C’est un vrai conte de fées. elsbeth Quel imbroglio me fais-tu là ? flamel Chut ! C’est un des officiers du Prince lui-même qui vient de me le dire. le prince de Mantoue a sans doute cherché à vous voir et à vous connaître d’une manière féerique. Il est déguisé, le digne Seigneur. Celui qu’on vous a présenté comme votre futur époux n’est qu’un aide de camp nommé Marinoni. elsbeth Cela n’est pas possible.
N° 59 | FANTASIO • GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 2 SCÈNE 13
flamel Cela est certain, certain mille fois. Le digne homme est déguisé. Il est impossible de le reconnaître. elsbeth Et il ne t’a pas montré le véritable Prince de Mantoue ? flamel Figurez-vous qu’il en tremblait lui-même, le pauvre homme, de ce qu’il me disait. Il ne m’a confié son secret que parce qu’il désire vous être agréable mais pour ce qui est du Prince véritable, il ne me l’a pas montré. elsbeth Amène-moi cet officier. flamel Il n’est plus temps, princesse. Voici toute la cour.
SCÈNE 14 N° 14 - Finale chœur C’est aujourd’hui fête à la cour, Un jour d’hymen est un beau jour ! Déjà du fond de nos provinces Le peuple accourt, la foule vient, Le ciel est pur comme il convient Quand vont s’unir des princes. flamel et les pages (à Elsbeth) Le peuple qui te loue En toi met son espoir, Princesse de Mantoue Tu règneras ce soir, La royale couronne Sied bien aux jeunes fronts ; Un époux te la donne, Elsbeth, nous te l’offrons.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
flamel, les pages, chœur C’est aujourd’hui fête à la cour, Un jour d’hymen est un beau jour ! Déjà du fond de nos provinces Le peuple accourt, la foule vient, Le ciel est pur comme il convient Quand vont s’unir des princes. facio, max, sparck, hartmann, chœur Que tout célèbre tes bienfaits, Ô paix enchanteresse ! Et que notre princesse Soit bénie à jamais ! chœur général C’est aujourd’hui fête à la cour, Un jour d’hymen est un beau jour ! Déjà du fond de nos provinces Le peuple accourt, la foule vient, Le ciel est pur comme il convient Quand vont s’unir des princes. Vive son altesse ! Vive le Prince et la princesse ! (Le Roi, Marinoni et le Prince entrent.) sparck Eh ! bien ? se plaît-on à la cour Joyeux bouffon ? Ton entreprise Réussira-t-elle à ta guise ? As-tu fait quelque joyeux tour ? Parle donc ! facio Parle donc ! sparck, hartmann Parle donc ! fantasio De moi vous serez fiers ! Amis, amis Je me dévoue, Elsbeth ne sera pas princesse de Mantoue.
ACTE 2 SCÈNE 14 FANTASIO LE LIVRET
chœur Vive son altesse ! Vive le Prince et la princesse ! le prince et marinoni Princesse si charmante, Devant vous Souffrez que se présente Votre époux, Qu’il vous salue aux yeux de tous Selon les lois de l’étiquette J’adresse ma requête Mais je sais Que votre altesse est prête Sans regrets, À se prêter à nos projets Pour le bonheur de ses sujets. le roi Taisez-vous donc, aide de camp ! Le prince Le compliment est éloquent. marinoni Taisez-vous donc, aide de camp ! facio, max, sparck, hartmann Taisez-vous donc, aide de camp ! chœur Taisez-vous donc, aide de camp ! fantasio Taisez-vous donc, aide de camp. le prince, marinoni et fantasio Le ciel par qui tout être fut doté Eut pu nous faire naître Sans beauté Sans bel esprit Sans majesté On nous eut unis tout de même. Mais pour le rang suprême Faits tous deux,
Vous m’aimez ! je vous aime ! C’est au mieux ! Et cet hymen délicieux De nos deux cœurs comble les vœux. Quel beau jour ! Quand s’unit Sans détour ! La politique avec l’amour ! chœur Taisez-vous donc, aide de camp le roi C’est bien ! Mais permettez Altesse à mes sujets, D’exprimer leur reconnaissance Et leurs vœux pour cette alliance Gage de bonheur et de paix. marinoni Je vais répondre à leurs souhaits. le prince Il va répondre à leurs souhaits. marinoni Messieurs quand des races royales Forment un auguste lien, Lorsque deux nations rivales Mêlent le sang tudesque au sang italien, Il semble qu’au ciel sans nuage Va resplendir un astre radieux Et que prenant son vol dans l’espace… (Fantasio, dans un arbre, enlève la perruque de Marinoni avec une branche.) Grands Dieux ! chœur Ah ! Grand Dieu ! Ah ! Quel affront ! ah ! quel outrage ! C’est lui ! C’est le bouffon du Roi !
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 2 SCÈNE 14
elsbeth, flamel Funeste imprudence ! Il brave le Roi ! Je crains la vengeance, J’ai pâli d’effroi ! marinoni, le prince, le roi Coupable démence, il brave le Roi ! Vengeance ! vengeance ! J’ai pâli d’effroi ! facio, max, sparck, hartmann Funeste imprudence ! Il brave le Roi ! Je crains leur vengeance, J’ai pâli d’effroi ! chœur Un fou plein d’audace insulte le Roi ! Pour lui, pas de grâce ! respect à la loi ! le roi Qu’as-tu fait ? malheureux ! Réponds ! marinoni, le prince Réponds ! réponds ! chœur Réponds ! fantasio Ne suis-je pas dans mon emploi Et qu’y trouvez-vous à redire ? L’extravagance est mon empire, Pour moi la folie est un art. Dites-moi voulez-vous, Voulez-vous par hasard Un bouffon Qui ne fit pas rire. Le prince La mort ! marinoni La mort !
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
le roi C’est trop ! le prince et marinoni Non, c’est trop peu. le roi Qu’on l’emmène ! le prince L’audace est sans égale ! Outrager la majesté royale ! Ah ! Quel affront ! Ah ! Quel scandale ! marinoni Outrager, outrager la majesté royale ! Ah ! Quel affront ! Ah ! Quel scandale ! chœur. Ah ! Quel affront ! Ah ! Quel scandale ! fantasio Princesse, adieu ! Je vous l’avais bien dit Pour vous je me dévoue Et vous ne serez pas princesse de Mantoue. elsbeth Le sort capricieux De nos desseins se joue, le Prince eut fait bien mieux, De rester à Mantoue. flamel, marinoni, le roi, facio, max, sparck, chœur Le sort capricieux De nos desseins se joue, le Prince eut fait bien mieux, De rester à Mantoue. Le prince Le sort capricieux De nos desseins se joue, Vraiment j’aurais fait mieux De rester à Mantoue.
ACTE 2 SCÈNE 14 FANTASIO LE LIVRET
elsbeth Il arrache à l’hymen La triste fiancée, Lui seul me tend la main Quand j’étais délaissée.
ACTE 3 SCÈNE 15
N° 15 - Entr’acte
SCÈNE 16
Le prince Maraud, c’est ta faute !
[parlé 16 a] (Dans une prison.)
marinoni Evitez un éclat, Faut-il que je l’ôte ?
fantasio Par Jupiter ! Je ne sais s’il y a une providence, mais c’est amusant d’y croire. Voilà pourtant une pauvre petite princesse qui allait épouser à son corps défendant un animal immonde à qui le hasard a laissé tomber une couronne sur la tête. Voilà le mariage manqué et tout remis en question. Ainsi la princesse reste fille. Il ne tiendrait qu’à moi de me croire un héros de tragédie ! D’ailleurs est-il bien certain que le poème en soit à sa fin ? Ce qui est certain, c’est le contraire ! Il manque l’incident de la princesse dans le cachot, car enfin il est bien évident qu’elle va venir… Il est bien évident qu’elle va venir. Justement, j’entends crier les gonds de la porte : je n’ai plus qu’à fermer les yeux. C’est Elsbeth qui entre. (Il feint de dormir.)
tous Ah ! Le sort capricieux De nos desseins se joue, Etc…
(Elsbeth entre avec Flamel) elsbeth Il dort. Il dort. flamel Voyez, cela n’est pas douteux : c’est le noble prince de Mantoue. elsbeth Oui, c’est lui. Serait-il vrai, ce bruit qui a couru par la ville que le Prince était déguisé... voilà ma curiosité satisfaite. Je voulais voir son visage, et rien de plus ! (Elle essaie de prendre les clés au Suisse, qui se réveille, Flamel chante « Ah, les crocodiles… il se rendort) Pourquoi m’as-tu donné à lire tant de romans et de contes de fées ?
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 3 SCÈNE 16
flamel Il est beau comme un vrai Jésus. elsbeth Pourquoi as-tu semé dans ma pauvre pensée tant de fleurs étranges et mystérieuses ? flamel Comme vous voilà émue sur la pointe de vos petits pieds ! elsbeth Laisse-moi me pencher sur lui. Psyché, prends garde à ta goutte d’huile. N° 16 - Romance elsbeth Psyché pauvre imprudente, Voici Que ton désir me tente Aussi, Pourtant j’étais heureuse, Pourquoi Suis-je aussi curieuse Que toi ? Quand de l’hymen le jour nous a souri, Il faudrait cependant connaître son mari. Sa lèvre que j’épie Se tait, Il rêve à sa folie, Qui sait ? Au doute Qu’il fit naître Ou bien, Peut-être à moi, peut-être À rien. Quand de l’hymen le jour nous a souri, Il faudrait cependant connaître son mari.
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SCÈNE 17 [parlé 17 a] fantasio Est-ce un rêve ? Il me semble que je tiens le coin d’une robe blanche. (regardant Elsbeth) Vous ! Princesse ! Vous ici ! (se levant) Quelle surprise ! Jamais je ne me serais attendu… elsbeth Je devais venir. Vous avez pour moi risqué votre vie ou tout au moins votre liberté. fantasio Bah ! Cela se fait tous les jours ! On ne saurait passer dans une rue sans risquer de se prendre un pot de fleurs sur la tête ou de se faire couper en deux par une voiture. (Le Garde Suisse se réveille à nouveau, Fantasio cache Elsbeth sous une couverture. Le Garde Suisse sort) elsbeth (avec ironie) Ce que je regrette, c’est que votre dévouement aura été inutile, je ne pourrai refuser à mon père ce qu’il a tant de droits à me demander. Ce consentement qui doit faire le bonheur de son peuple. fantasio Quel plaisir pourraient me faire vos chagrins ? Quel chagrin pourraient me faire vos plaisirs ? Vous êtes ceci, et moi cela. Vous êtes belle, et moi je suis laid, riche, et je suis pauvre. Vous voyez bien qu’il n’y a aucun rapport entre nous. N° 17 - Duo fantasio Il n’est qu’un refrain à chanter, Un refrain plus vieux que le monde Et sous la tresse brune ou blonde Toute femme doit l’écouter. Partout sous le jour radieux, Comme au sein de la nuit obscure, Il n’est qu’un mot que la nature
ACTE 3 SCÈNE 17 FANTASIO LE LIVRET
Redit dans son concert joyeux : « Aimez, Aimez, soyez heureux ! »
elsbeth Je n’ose vous l’avouer !
elsbeth (à elle-même) Quelle clarté nouvelle À mes yeux se révèle.
fantasio Vous voyez la métamorphose, Et de ce prodige la cause… C’est...
fantasio Elsbeth, pour peu que vous daignez m’aimer, Là, sous vos yeux je vais me transformer. elsbeth Vous voulez rire ! fantasio Non, ce ne sera qu’un rêve, Un éclair fugitif S’éteignant aussitôt La dernière lueur d’un beau jour qui s’achève, Un amoureux rayon éclairant ce cachot, Un mot, un seul mot de tendresse Et vous me rendez la jeunesse ! elsbeth Partout sous le jour radieux, Comme au sein de la nuit obscure, Il n’est qu’un mot que la nature Redit dans son concert joyeux : elsbeth et fantasio « Aimez, Aimez, soyez heureux ! » (Pendant l’ensemble Fantasio a retiré son costume de bouffon : Elsbeth en se retournant, l’aperçoit transf iguré.) elsbeth Dieu ! J’ai peine à le reconnaître ! fantasio D’un peu d’amour voilà l’effet, Déjà peut-être je vous semble moins laid ! Ne le trouvez-vous pas ?
elsbeth C’est ? … fantasio C’est que vous m’aimez, Un peu ! … elsbeth Non, non, Vous vous trompez. fantasio Regarde-toi, la jeune fille, Ton cœur bat et ton œil pétille ! Aujourd’hui le printemps, Elsbeth, demain l’hiver. Quoi ! Tu n’as pas d’étoile. elsbeth Qu’entends-je ! Cette voix ! Le soir sous la feuillée… C’est lui ! Lui qui chantait, Et c’est encore hier. Lui ! Lui qui m’a consolée ! Ah ! Moi, pour un peu d’amour, Je donnerais mes jours, Et je les donnerais pour rien Sans les amours. fantasio Oui, dans ce cœur, Mieux que vous j’ai su lire, Dans vos regards J’ai vu la flamme luire, Dans votre cœur j’ai su lire. Vous cherchez à le retenir Ce mot, ce doux mot
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 3 SCÈNE 17
Je vous aime ! Qui de vos lèvres de lui-même S’échappait avec un soupir. Ce mot, ce mot, ce doux mot : Je vous aime ! Je vous aime ! elsbeth Sur mes lèvres il doit mourir, Ce mot, ce doux mot : je vous aime, Qui déjà semblait de lui-même S’échapper avec un soupir, Sur mes lèvres il doit mourir. Ce mot : je vous aime ! fantasio Elsbeth, vous m’aimez donc ? Parlez ! elsbeth Pourquoi me taire ? À l’époux choisi par mon père, Prince, sans hésiter J’accorderais ma main. fantasio Un Prince ? Où donc est-il ? Ce n’est pas moi j’espère elsbeth Ce n’est pas vous ? fantasio Non non, c’est bien certain ! elsbeth Mais qui donc êtes-vous ? Le direz-vous enfin. fantasio Je suis Fantasio, madame, Un simple bourgeois de Munich, Et si j’en crois le bruit public, Mauvais sujet au fond de l’âme.
elsbeth Ah ! Vous m’avez trompée Et mon cœur s’est trahi ! fantasio Eh ! Bien ! Princesse Ah ! N’écoutez que lui, Ne cherchez pas à le retenir Ce doux mot : je vous aime ! elsbeth Sur mes lèvres il doit mourir Ce doux mot : je vous aime ! elsbeth, fantasio Ah ! Moi, pour un peu d’amour, Je donnerais mes jours, Et je les donnerais pour rien Sans les amours. [parlé 17 b] elsbeth Qui vous a poussé à cette action ? Je veux connaître la raison qui vous a fait prendre ce costume ! fantasio Je vous supplie épargnez-moi. elsbeth Non non parlez, ou je ferme cette porte sur vous pour 10 ans ! fantasio Madame je suis criblé de dettes, mes créanciers ont obtenu un arrêt contre moi. À l’heure où je vous parle, si je n’étais pas dans cette prison, je serais dans une autre. Puisque vous voulez le savoir, je dois vingt mille écus. elsbeth Tout cela est-il vrai ?
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ACTE 3 SCÈNE 17 FANTASIO LE LIVRET
fantasio Si je mens je consens à les payer ! (Le Garde Suisse apparait à la grille Prison)
fantasio Un pouffon laid et possu ! À merveille ! Il est làbas qui ronfle. Veille bien, brave suisse, et exécute ta consigne militairement.
le garde suisse
le garde suisse
elsbeth Fantasio, veux tu rester le bouffon de mon père ? Je te paie tes vingt-mille écus.
fantasio (à Elsbeth) Adieu.
Prinfesse, on fous cherch.
fantasio J’aime ce métier plus que tout autre, mais je ne puis faire aucun métier. Si vous trouvez que cela vaille 20000 écus de vous avoir débarrassée du Prince de Mantoue, donnez-les moi, et ne payez pas mes dettes.
Bilidairement.
elsbeth Le Prince n’a pas reparu au palais ? le garde suisse
Non, princesse. Cependant on sait qu’il n’a pas encore quitté la ville.
elsbeth Et bien je te les donne, mais prends la clef de mon jardin : le jour où tu t’ennuieras d’être poursuivi par tes créanciers, viens te cacher dans les bluets où je t’ai trouvé ce matin. (Entre le garde suisse.) le garde suisse
Prinfesse, on fous cherch. le roi, fotre père, fous a fait demanter plussieurs fois. Le Prince te Mantoue va partir et lé mariache est rombu. elsbeth Si la guerre est déclarée quel malheur ! Je veux que vous sortiez de cette prison ! fantasio N’est-ce que cela qui vous embarrasse ! Vous allez voir. Hé ho, Brave Suisse, dis-moi, quelle est ta consigne ? le garde suisse
Ohé ! Hafré lé gouzigne té carter sur mon tête un pouffon laid et possu !
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 3 SCÈNE 18
SCÈNE 18
N° 18 - Mélodrame - Entr’acte du 2ème tableau
SCÈNE 19
marinoni (ôtant l’habit) Si mon souverain le commande, je suis prêt à souffrir pour lui mille tortures ! N° 19 - Couplets
[parlé 19 a] marinoni Calmez-vous, Prince ! Calmez-vous, de grâce ! le prince Non ! Je ne me calmerais pas. marinoni Vous aviez résolu d’abord de quitter la cour sans vous faire connaître ! le prince Eh bien ! Je change de résolution... Et je vais changer d’habit. Il est temps que j’éclate ! Cela ne se passera pas ainsi. Feu et sang ! ... Une perruque royale accrochée à une branche ! ... Sommesnous chez les barbares ? ... Y a-t-il encore sous le soleil quelque chose de civilisé et de convenable ! J’écume de colère et les yeux me sortent de la tête ! marinoni Et vous perdez tout par cette violence ! le prince Et ce père ! ... Ce Roi de Bavière ! ... Ce monarque vanté dans tous les almanachs de l’année passée, qui se met à rire, en voyant la perruque de son gendre voler dans les airs ! Car, enfin, Marinoni, je conviens que c’est ta perruque qui a été enlevée... mais quand je pense que si c’eût été moi, en chair et en os, ma royale coiffure aurait peut-être... Ah ! Il y a une providence ! Lorsque Dieu m’a envoyé tout d’un coup l’idée de me travestir, ce fatal événement était prévu par le destin. C’est lui qui a sauvé de l’affront le plus intolérable la tête qui gouverne mes peuples. Mais, par le ciel ! Tout sera connu ! C’est trop longtemps trahir ma dignité. Marinoni ! Rendsmoi mon habit !
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
marinoni Reprenez cet habit mon Prince, Cet habit rose, grâce auquel, De vos serviteurs le plus mince Fut tout un jour plus qu’un mortel. Ce bel habit était la cause D’honneurs qu’on ne me rendra plus, C’est à vous seul qu’ils étaient dus. Reprenez donc cet habit rose. Redevenez ce que vous êtes, Je redeviens ce que je suis, Marchez le front haut dans les fêtes J’abdique et de loin je vous suis. Ce bel habit était la cause D’honneurs qu’on ne me rendra plus, C’est à vous seul qu’ils étaient dus. Reprenez donc cet habit rose. [parlé 19 b] marinoni Vous refusez la main de la princesse ? Et cependant, elle vous a lorgné d’une manière évidente. le prince Tu crois ? Je me perds dans un abime de perplexité ! Viens toujours ! Je vais dire au Roi son fait en propres termes ! marinoni (tenant toujours l’habit) Et... L’habit ? Que faut-il faire, Altesse ? le prince Remets-le pour un instant. Tu me le rendras tout à l’heure. Ils seront bien plus pétrifiés en m’entendant prendre le ton qui me convient sous ce frac de couleur foncée. (Ils entrent dans le palais.)
ACTE 3 SCÈNE 20 FANTASIO LE LIVRET
SCÈNE 20 N° 20 - Ensemble facio, chœur d’étudiants Ils sont entrés dans le palais Et nous allons bientôt apprendre À quel destin il faut s’attendre Est-ce la guerre ? Est-ce la paix ? sparck, (arrivant) Le Prince est-il parti ? Connaît-on ses projets ? facio, hartmann, chœur d’étudiants Il est entré dans le palais Et nous allons bientôt apprendre À quel destin il faut s’attendre Est-ce la guerre ? Est-ce la paix ? sparck À tout l’on nous trouvera prêts Mais le chef que l’on demande C’est Fantasio ! Lui ! Lui seul ! chœur d’étudiants Il a raison ! sparck Quelqu’un de vous l’a-t-il vu ? facio, chœur Non ! Non ! hartmann Sans doute on le garde en prison. sparck Il faut qu’on nous le rende.
facio, chœur d’étudiants Ou nous briserons tout plutôt. facio, chœur d’étudiants Nous ferons une émeute ! facio Pour le sauver, oui, Que l’on s’ameute ! Fantasio ! Fantasio ! Fantasio ! sparck, hartmann, chœur d’étudiants Pour le sauver que l’on s’ameute, oui, Fantasio ! Fantasio ! Fantasio ! (Au bruit que font les étudiants la foule est arrivée peu à peu. Des femmes, des bourgeois, se mêlent aux groupes.) chœur de bourgeois et bourgeoises Ils ont raison ! Ils ont raison ! Oui, ils ont raison ! Fantasio ! Fantasio ! Fantasio ! un monsieur qui passe
(criant plus haut que les autres) Ils ont raison ! Cent fois raison ! Ils ont raison ! (à son voisin) De quoi donc est-il question ? facio C’est Fantasio qu’on demande. le monsieur (parlé)
Connais pas !
chœur Il faut, il faut qu’on nous le rende !
facio, chœur d’étudiants C’est lui que l’on demande
sparck Fantasio nous l’aimons tous, Pour le sauver unissons-nous !
hartmann Oui, qu’on le rende, il le faut.
chœur Unisson-nous, unissons-nous !
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 3 SCÈNE 20
sparck (à la foule) Allez dans toutes les familles Voyons, voyons, répondez bons bourgeois, Interrogez tout à la fois Vos enfants, vos femmes, vos filles, Ils vous diront Rendez-le nous ! De marcher à notre tête Lui seul est digne parmi tous, Que son triomphe ici s’apprête Et que chacun lui fasse fête ! facio, sparck, hartmann, chœur Que son triomphe ici s’apprête Et que chacun lui fasse fête ! Fantasio ! Fantasio ! Fantasio ! [parlé 20 a] fantasio (en étudiant. Il apparaît de l’autre côté.) Eh ! Bien ! Le voilà, Fantasio ! sparck Toi ! Libre ! facio Qui t’a mis en liberté ? fantasio C’est le gouvernement... sous sa plus jolie forme... Qu’est-ce qu’ils veulent, tous ces gens-là ? sparck Ils veulent se battre ! fantasio Pourquoi ?
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sparck Les souverains ? ... Ils discutent la paix ou la guerre. tous (se tournant vers le palais) La guerre ! La guerre ! fantasio (à Sparck) Attends un peu... (au peuple) Vous voulez la guerre ? tous Oui... oui… fantasio Pourquoi ? … Vous n’en savez rien vous-mêmes ! Parce qu’il a passé par la cervelle d’un bouffon d’enlever la perruque d’un Prince ! Et encore, ce n’était pas le Prince... C’était un imbécile déguisé en altesse... tandis que l’altesse était à côté déguisée en imbécile… Quoi ! Vous voulez une guerre bien cruelle qui coûterait son sang à notre jeunesse ! C’est un bien triste plaisir de le voir répandre… Retournez donc à vos travaux, à vos plaisirs, à vos amours...si les rois ont encore besoin de la guerre, qu’ils se la fassent entre eux, qu’ils se battent euxmêmes. Laissons faire tous ces êtres qui se disent raisonnables, cela ne nous regarde pas ! tous C’est vrai ! C’est vrai ! Il a raison ! les étudiants
Vive Fantasio ! hartmann Jamais la fête des fous n’aura inspiré de plus sages discours !
sparck Parce qu’on t’a mis en prison.
sparck Il a sauvé notre chère princesse d’un hymen indigne d’elle !
fantasio Mais puisque je n’y suis plus ! ... Et qu’est-ce qu’on fait là, dans le palais ?
fantasio (montrant le palais) Eh bien, à nos princes maintenant ! Laissez-nous faire.
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ACTE 3 SCÈNE 20 FANTASIO LE LIVRET
tous Oui, oui.
SCÈNE 21 N° 21 - Finale facio, hartmann, chœur Sous ta bannière on se rallie, Et tes amis avec bonheur Vont célébrer en ton honneur Le triomphe de la folie Chacun te proclame en ce jour Roi des fous, et voici tes sujets et ta cour. sparck Oui, puisqu’ils déraisonnent tous Deviens leur arbitre et leur juge. Reprends donc le bonnet des fous, De la raison dernier refuge. Ami, comme un sceptre, reprends Ta marotte aux grelots brillants, Le sort des fous est agréable, Le sort des fous est trop heureux. Est-il un homme raisonnable Qui n’aimât changer avec eux. facio, hartmann, chœur Le sort des fous est agréable Le sort des fous est trop heureux Est-il un homme raisonnable Qui n’aimât changer avec eux ! facio Ils sortent du palais, rangez-vous ! Les voilà ! sparck, hartmann, chœur Rangeons-nous ! Les voilà ! le prince (sort du palais. Au Roi) Sire, adieu ! Voici donc les guerres allumées, Nous ne nous reverrons qu’au sein de nos armées.
fantasio (au Prince) Arrêtez. Le prince Qu’est-ce donc ? Et quels sont ces gens-là ? fantasio Si vous voulez vous battre eh bien ! Tirez le glaive ! Princes, que le débat entre vous deux s’achève. le prince Que dit-il ? marinoni Que dit-il ? fantasio Je dis tout haut ce qu’ils disent tout bas Roi, battez-vous, cela ne nous regarde pas. chœur Oui, qu’ils se battent cela ne nous regarde pas. le prince Quoi ! Nous faire battre en personne ! Vraiment cette démence m’étonne ! fantasio Je viens au nom du Roi vous défier en face ! le prince Marinoni, je vais te faire un grand honneur, Tu te battras pour moi, j’y consens ! marinoni Monseigneur, nous sommes incompris, Vraiment à votre place, Je crois que j’en rirais, J’en rirais ! le prince Tu crois ? Que faut-il que je fasse ?
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FANTASIO LE LIVRET ACTE 3 SCÈNE 21
fantasio Vous hésitez ! Eh bien ! Faites la paix ! Et deux peuples vous rendront grâce D’avoir assuré leur bonheur ! le prince C’est une idée, au moins, j’en sors à mon honneur. (Au peuple avec solennité) Sachez ma volonté pleine, entière, absolue, Je retourne à Mantoue et la paix est conclue. flamel, facio, sparck, hartmann, chœur Vive le Prince ! Hourrah ! Vive le Roi ! Vive Fantasio ! Vive Fantasio !
[reprise du chœur et triomphe de la folie] flamel, facio, sparck, hartmann, chœur Sous ta bannière on se rallie, Et tes amis avec bonheur Vont célébrer en ton honneur Le triomphe de la folie Chacun te proclame en ce jour Roi des fous, et voici tes sujets et ta cour. Chantons ! Fantasio, fêtons-le tous ! Vive le Roi, le Roi des fous !
(Le Prince serre la main du Roi.) le prince Quant à toi, gai compère, Je te pardonne et je te fais comte, tous Comte ! le prince Comte pour avoir fait déclarer cette guerre. le roi Moi ! Prince ! tous Prince ! le roi Prince, pour avoir fait conclure la paix ! fantasio (à Elsbeth) Princesse, cette clef que votre main si chère Daigna me confier, La voilà ! elsbeth La clef du jardin, Ah ! Garde-la.
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Thomas Jolly pendant les répétitions au studio de Meyrin en octobre 2017.
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[page de gauche, de haut en bas]
Katija Dragojevic (Fantasio) ; l’assistant metteur en scène pour le Chœur Pier Lamandé et Boris Grappe (Le roi de Bavière) ; Katija Dragojevic (Fantasio), Bruno Bayeux (Rutten) et Philippe Estèphe (Spark) ; Philippe Estèphe (Spark).
[page de droite, de haut en bas
Fabrice Farina (Hartmann), Jaime Caicompai (Max), Fernando Cuellar (Facio) et Philippe Estèphe (Spark) ; Le directeur musical Gergely Madaras ; Héloïse Mas (Flamel) ; Melody Louledjian (La princesse Elsbeth) ; Pierre Doyen (le prince de Mantoue) pendant les répétitions au studio de Meyrin en octobre 2017.
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CETTE ANNÉE-LÀ... GENÈVE EN 1872 par Gérard Duc (Prohistoire*)
* Prohistoire est un atelier d’écriture de l’histoire créé en 2006 par Gérard Duc et Olivier Perroux, deux historiens indépendants issus du milieu académique. Prohistoire a participé à l’élaboration d’expositions, à la rédaction d’ouvrages historiques, dont une Histoire des énergies à Genève et à plusieurs projets historiques, notamment pour la Banque Lombard Odier & Cie. En 2015, dans le cadre des festivités du bicentenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération suisse, Prohistoire a conçu l’exposition Genève et la Suisse. Un bicentenaire en 200 chroniques, pour le compte de l’Association GE200.CH. Cette exposition a été présentée entre mai et fin juillet 2015 sur le quai Wilson.
www.prohistoire.ch
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Un différend de la Guerre de Sécession qui se règle à Genève On imagine sans peine l’effervescence qui s’empare du quai du Mont-Blanc en cette soirée du 7 septembre 1872. Et pour cause. Le Conseil d’État organise une réception à l’Hôtel de la Paix en l’honneur des négociateurs participant au premier arbitrage international de l’histoire. Réuni depuis le mois de décembre de l’année précédente dans une salle de l’Hôtel de Ville – la même qui abrita la signature des Conventions de Genève en 1864 –, un tribunal international est chargé de régler le différend entre les États-Unis et la Grand-Bretagne, accusée de ne pas avoir observé une stricte neutralité durant la Guerre de Sécession (1861-1865). Les faits sont alors largement reconnus : dès 1862, les chantiers navals anglais – notamment de Liverpool – ont secrètement livré des bateaux aux Sudistes. Ces bâtiments n’étaient pas armés en Grande-Bretagne et les constructeurs falsifiaient l’identité des destinataires finaux. Le premier navire, l’Oreto, était soi-disant destiné à l’Italie. Il fut livré aux sécessionnistes, qui l’armèrent à Nassau et le rebaptisèrent Florida. Le consul américain à Liverpool connaissait dès cet instant le stratagème, mais ne parvint pas à empêcher les livraisons. En juillet 1862, les sudistes prirent livraison aux Açores d’un second bâtiment, baptisé Alabama et destiné, d’après les déclarations de douane, à la Chine. Les navires servaient notamment à couler les bâtiments commerciaux nordistes. La carrière de l’Alabama prend fin le 19 juin 1864 lorsque, immobilisé pour avarie dans le port de Cherbourg, il est repéré puis coulé par un croiseur nordiste, l’USS Kearsarge. À la fin des années 1860 et au début des années 1870, alors que les tensions sont à leur paroxysme en Europe, les Anglais désirent plus que tout une alliance forte avec les États-Unis, ce qui passe par un règlement de cet ancien différend. Le tribunal international, présidé par Jakob Stämpfli, ancien président de la Confédération suisse, siège à Genève, alors plus grande ville d’un pays reconnu neutre depuis 1815. Le règlement bute de longs mois sur le montant des indemnités à verser aux
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États-Unis. Finalement, une semaine après la réception du Conseil d’État, le 14 septembre, la sentence est rendue : la Grande-Bretagne doit verser plus de 15 millions de dollars aux États-Unis. Le règlement, désormais connu sous le terme « d’arbitrage de l’Alabama », du nom du navire sudiste coulé en 1864, contribue grandement à faire de Genève un lieu de rencontres internationales et est évoqué pour défendre sa candidature comme siège de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale. Par ailleurs, la salle de l’Hôtel de Ville dans laquelle se sont tenus les débats est rebaptisée « Salle de l’Alabama ». Le Kulturkampf à son paroxysme Le conflit entre catholiques romains et radicaux anticléricaux est à son apogée au début des années 1870. En été 1872, le Journal de Genève s’inquiète des rumeurs insistantes quant à la création d’un évêché à Genève. Le Courrier de Genève, organe des catholiques, ne dément pas l’information, alors que le Conseil d’État prie le Conseil fédéral de s’enquérir de la question auprès du représentant du Saint-Siège à Lucerne. La suite intervient l’année suivante et aboutit à l’expulsion de Gaspard Mermillod, que Rome souhaite nommer évêque de Genève. Des avancées en matière d’éducation En 1872, la nouvelle loi sur l’Instruction publique consacre l’école primaire obligatoire, gratuite et laïque. En plein Kulturkampf, c’est une manière pour l’État de lutter contre l’influence de l’Église catholique en matière d’éducation. La même année, l’Académie de Genève, fondée en 1599 aux temps de la Réforme, est transformée en université. Une faculté de médecine est créée et, notable amélioration, les femmes sont autorisées par la loi à devenir universitaires.
PRODUCTION Orchestre de la Suisse Romande
Chefs de chant Roberto Ballistreri Todd Camburn Xavier Dami Régisseurs de production & régie lumière Olivier Matthey Julie Serré Régisseur Tania Rutigliani Chef de plateau Stéphane Nightingale Réalisation des surtitres Richard Neel Régie surtitres Saskia van Beuningen
Premiers violons Svetlin Roussev (1er VS) Bogdan Zvoristeanu (1er VS) Abdel-Hamid El Shwekh (2ème VS) Medhat Abdel Salam Yumiko Awano Caroline Baeriswyl Linda Bärlund Elodie Bugni Theodora Christova Cristina Draganescu Yumi Kubo Dorin Matea Florin Moldoveanu Bénédicte Moreau Muriel Noble Hisayuki Ono Yin Shen Seconds violons Sidonie Bougamont (1er S) François Payet-Labonne (1er S) Rosnei Tuon (SR) Kerry Benson Florence Berdat Claire Dassesse Gabrielle Doret Véronique Kümin Inès Ladewig Claire Marcuard Eleonora Ryndina François Siron Claire Temperville-Clasen David Vallez Cristian Vasile Altos Frédéric Kirch (1er S) Elçim Özdemir (1er S) Emmanuel Morel (SR) Barry Shapiro (SR) Hannah Franke Hubert Geiser Stéphane Gontiès Denis Martin Verena Schweizer Catherine Soris Orban Yan Wei Wang Violoncelles François Guye (1er S) Stephan Rieckhoff (1er S) Cheryl House Brun (SR) Hilmar Schweizer (SR) Jakob Clasen Laurent Issartel Yao Jin Olivier Morel Caroline Siméand Morel Silvia Tobler Son Lam Trân
Contrebasses Héctor Sapiña Lledó (1er S) Bo Yuan (1er S) Jonathan Haskell (SR) Alain Ruaux (SR) Mihai Faur Adrien Gaubert Gergana Kusheva Trân Cléna Stein Ivy Wong Flûtes Sarah Rumer (1er S) Loïc Schneider (1er S) Raphaëlle Rubellin Ana Naranjo Jerica Pavli Flûtes piccolos Ana Naranjo Jerica Pavli
Trombones Matteo De Luca (1er S) Alexandre Faure (1er S) Vincent Métrailler (SR) Andrea Bandini Laurent Fouqueray Tuba Ross Knight Timbales Arthur Bonzon (1er S) Olivier Perrenoud (1er S) Percussions Christophe Delannoy (SR) Michel Maillard Michael Tschamper Harpe Notburga Puskas (1er S)
Hautbois Jérôme Capeille (1er S) Vincent Gay-Balmaz (SR) Alexandre Emard Sylvain Lombard Clarinettes Dmitry Rasul-Kareyev (1er S) Michel Westphal (1er S) Benoît Willmann (SR) Camillo Battistello Guillaume Le Corre Bassons Céleste-Marie Roy (1er S) Afonso Venturieri (1er S) Francisco Cerpa Román (SR) Vincent Godel Katrin Herda Cors Jean-Pierre Berry (1er S) Julia Heirich (1er S) Isabelle Bourgeois (SR) Alexis Crouzil (SR) Pierre Briand Clément Charpentier-Leroy Jacques Robellaz Trompettes Olivier Bombrun (1er S) Stephen Jeandheur (1er S) Gérard Métrailler (SR) Claude-Alain Barmaz Laurent Fabre
(1er VS) 1er VIOLON SOLO (2e VS) 2e VIOLON SOLO
Pratique d’orchestre (Étud. DAS) Pauline Schammé, alto Niklas Mouritsen, cor
Directeur musical & artistique Jonathan Nott Administratrice générale Magali Rousseau Production Guillaume Bachellier (délégué) Régie du personnel Grégory Cassar (principal) Mariana Cossermelli (adjointe) Régie technique Marc Sapin (superviseur & coordinateur) Vincent Baltz (coordinateur adjoint) Frédéric Broisin (régie de scène) Aurélien Sevin (régie de scène)
(1er S) 1er SOLISTE (SR) SOLISTE REMPLAÇANT
N° 59 | FANTASIO • GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
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PRODUCTION
Chœur du Grand Théâtre de Genève
Soprano Fosca Aquaro Chloé Chavanon Magali Duceau Györgyi Garreau-Sarlos Nicola Hollyman Iana Iliev Victoria Martynenko Martina Möller-Gosoge Iulia Elena Preda Cristiana Presutti
Altos Vanessa Beck-Hurst Audrey Burgener Marianne Dellacasagrande Élisabeth Gillming* Varduhi Khachatryan Coralie Quellier* Johanna Rittiner-Sermier Céline Soudain* Mariana Vassileva Chaveeva
Ténors Jaime Caicompai Yong-Ping Gao Omar Garrido Rémi Garin Lyonel Grélaz Sanghun Lee, José Pazos Terige Sirolli Georgi Sredkov Bisser Terziyski Nauzet Valerón
* Chœur supplémentaire
Personnel technique auxiliaire Marketing & communication Archives Johann Paulo Camaddo (civiliste) Jules Koechlin (civiliste)
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Technique de scène Lumières Stéphane Grandjean Romain Toppano Allessandra Vigna Habillage Ayelen Gabin Dominique Herrero Perruques & maquillage Lian Bontorno Nicole Chatelain Delfina de Giorgi Nicole Hermann-Babel Carole Schoeni Christina Simoes Séverine Uldry
Ateliers décors Tapisserie-décoration Arthur Plazol (stage)
Basses Krassimir Avramov Wolfgang Barta Romaric Braun Nicolas Carré Phillip Casperd Aleksandar Chaveev Peter Baekeun Cho Christophe Coulier Harry Draganov Rodrigo Garcia Seong-Ho Han Dimitri Tikhonov
BIOGRAPHIES Gergely Madaras
Thomas Jolly
Né en 1984 à Budapest, il étudie la direction d’orchestre auprès de M. Stringer à l’Universität für Musik de Vienne et la flûte à l’académie Liszt de Budapest. Il suit ensuite les Masterclasses de C. Davis, M. Jansons, M. Elder, P. Boulez, D. Zinman et S. Rattle. Nommé « Charles Mackerras Fellow » à l’English National Opera, il y fait ses débuts à l’opéra en 2012 et y travaille pendant deux ans. Il est ensuite l’invité d’opéras comme De Nationale Opera d’Amsterdam et l’Opéra d’État Hongrois. En 2013, il est nommé directeur musical de l’Orchestre Dijon-Bourgogne. Depuis 2014, il occupe aussi le poste de chef principal de l’Orchestre Symphonique Savaria en Hongrie. En tant que chef invité, il travaille notamment avec les BBC Symphony et BBC Philharmonic, Hallé, Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI, Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Royal Scottish National Orchestra, Orchestre de la Philharmonie Nationale Hongroise et les orchestres symphoniques de Bruxelles, Bergen, Wroclaw, Melbourne, Queensland et Houston, Scottish Chamber Orchestra, Nederlands Kamerorkest, Münchener Kammerorchester et l’Academy of Ancient Music. Très actif dans le domaine de la musique contemporaine, il dirige plus de 80 créations mondiales et collabore étroitement avec des compositeurs tels que P. Boulez, P. Eötvös et G. Benjamin. En 2017-2018, il dirige le BBC Philharmonic, les Hallé et Ulster Orchestras, les Philharmonische Staatsorchester Mainz, Meininger Hofkapelle, Orchestre National de Montpellier, Philharmonia Orchestra au Royal Festival Hall et le BBC Symphony Orchestra au Barbican.
Né en 1982, Thomas Jolly commence le théâtre à 11 ans. Il étudie à l’Université d e C a e n e t à l ’ É c o l e N a t i o n a l e S u p é r i e u r e du Théâtre National de Bretagne à Rennes. À l’issue de sa formation, il fonde la compagnie La Piccola Familia avec ses compagnons de route et met en scène Arlequin poli par l’amour de Marivaux en 2007 et Toâ de Sacha Guitry en 2009, récompensé par le prix du public au festival Impatience au Théâtre de l’Odéon. En 2011, il crée Piscine [pas d’eau] de Mark Ravenhill. À partir de 2010, il travaille sur la pièce Henry VI de William Shakespeare, spectacle fleuve de dixhuit heures, présenté en intégralité lors du 68ème Festival d’Avignon (juillet 2014). Cette même année, il reçoit le Molière 2015 de la mise en scène d’un spectacle de Théâtre Public pour Henry VI. Il entreprend la création de Richard III en 2015, concluant ainsi la tétralogie shakespearienne. En 2016, il met en scène Le Radeau de la Méduse de Georg Kaiser avec les élèves de l’École Supérieur d’Art Dramatique de Strasbourg (groupe 42). Cette même année, à l’occasion de la 70ème édition du Festival d’Avignon, il présente avec la Piccola Familia Le Ciel, la nuit et la pierre glorieuse, un feuilleton théâtral en plein air retraçant l’Histoire du Festival en 16 épisodes. En parallèle, il conçoit avec l’auteur Damien Gabriac Les Chroniques du Festival d’Avignon, un programme court diffusé sur France Télévisions en juillet 2016. Il a également signé les mises en scène de deux opéras : Eliogabalo de Cavalli à l’Opéra Garnier, et Fantasio d’Offenbach à l’Opéra Comique, qui ont vu le jour lors de la saison 2016-2017. Thomas Jolly est artiste associé au Théâtre National de Strasbourg depuis juillet 2016.
Au Grand Théâtre de Genève : Die Zauberflöte 15-16.
© CAROLE PARODI
Mise en scène
© BALAZS BOROCZ
Direction musicale
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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BIOGRAPHIES
Alexandre Dain
Thibaut Fack
Né à Rennes, Alexandre Dain commence le théâtre en 1997 dans les ateliers de Bernard Colin à Rennes et travaille avec les comédiens de la compagnie Folle pensée. Parallèlement, il participe à des spectacles mis en scène par Yves Doncque comme Les Crasseux d’Antonine Maillet et Le Dragon d’Evgueni Schwartz. En 2003, il entre au Conservatoire National de Région de Rennes et travaille avec Jacqueline Resmond et Daniel Dupond. En 2005, il joue dans Dans la Jungle des villes de Bertolt Brecht, mis en scène par Eric Houguet à Rennes ; il crée la compagnie Théâtre des silences et un spectacle de mime, Histoire d’accords. En 2006, il tourne l’adaptation cinématographique de ce spectacle (court-métrage réalisé par Baptiste Rouve) ; il intègre l’École internationale de Formation aux Métiers du spectacle et suit les cours de Jean-Paul Denizon ; il assiste Eric Houguet à la mise en scène de Tracteur de Heiner Müller, créé dans le cadre du festival Mettre en scène au Théâtre national de Bretagne. Dès 2006, il travaille avec La Piccola Familia et joue dans Arlequin poli par l’amour, Toâ, Une nuit chez les Ravalet et Piscine (pas d’eau) mis en scène par Thomas Jolly. Il joue aussi ensuite dans les mises en scène de Thomas Jolly de Henry VI en 2012 (spectacle sur lequel il est aussi assistant à la mise en scène), dans Richard III en 2015-2016 et coordonne l’installation interactive R3m 3 réalisée en parallèle du spectacle. En juillet 2016, à l’occasion de la 70 ème édition du Festival d’Avignon, il présente, avec La Piccola Familia, Le Ciel, la nuit et la pierre glorieuse. En 2016-2017, il accompagne Thomas Jolly en tant que collaborateur artistique sur les mises en scène d’Eliogabalo (Opéra Garnier) et de Fantasio (Opéra Comique).
Thibaut Fack étudie la harpe et le piano, ainsi que la danse contemporaine et la danse classique au Conservatoire de Châtillon (1992), avant d’étudier l’architecture d’intérieur à l’École Boulle à Paris. Il intègre l’École du Théâtre national de Strasbourg, sous la direction de Stéphane Braunschweig. Il travaille notamment avec S. Marzolff, P. Dutertre, M. Adam, P. Albert, Y. Kokkos, Ph. Lacoue-Labarthe, P. Cauchetier, P. Strosser, T. Vancraenenbroeck, A. de Dardel, D. Jeanneteau, L. Lagarde, S. Braunschweig et Y.-J. Collin. À la sortie de l’école, il participe aux créations d’Olivier Py et Pierre-André Weitz en tant qu’assistant à la scénographie (Le Soulier de satin, La Jeune Fille, le Diable et le moulin, L’Eau de vie, Les Vainqueurs, L’Orestie et Les Contes d’Hoffmann). Au théâtre, il signe la scénographie des spectacles de P. Ascaride, M. Cerda, J.-F. Peyret, Y. Beaunesne, J.-Ph. Salério, N. Ducloux et P. Mechanick, N. Kerzsenbaum, C. Backès, Thomas Jolly (Le Radeau de la Méduse) et de toutes les créations de Julia Vidit. À l’opéra, il crée les décors et les lumières de Chantier Woyzeck d’Aurélien Dumont et de 100 miniatures de Bruno Gillet, mis en scène par Mireille Laroche, avec la compagnie Les Brigands, trois ouvrages d’Offenbach, Croquefer et L’île de Tulipatan, mis en scène par Jean-Philippe Salério et La Grande-Duchesse de Gérolstein, mis en scène par Philippe Béziat, ainsi que les décors d’Eliogabalo de Cavalli au Palais Garnier, mis en scène par Thomas Jolly. En 2007, à l’occasion du Festival Berthier, il met en scène Woyzeck/Woyzeck d’après Berg et Büchner à l’Odéon Théâtre de l’Europe. Prochainement, il signera les décors de La Sirène d’Auber, mise en scène par Justine Heynemann au Théâtre de Compiègne.
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
© DR
Décors
© DR
Collaboration artistique
BIOGRAPHIES
Sylvette Dequest
Antoine Travert
De 1993 à 2008, Sylvette Dequest crée les costumes des nombreuses mises en scène de Julie Brochen pour le théâtre et l’opéra. Elle travaille aussi avec Pierre Diot, Philippe Lanton, Jean-Claude Gallotta, Omar Porras, Jean-Claude Penchenat, Hélène Delavault et Jean-Claude Durand, Lukas Hemleb, Claude Guerre, Bruno Boulzaguet, Benjamin Charlery, Jean-Pierre Davernon, François Verret, la Compagnie LMNO, Mitia Fodotenko, Sandy Ouvrier, Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna. Depuis 2007, elle collabore aux créations de David Lescot pour le théâtre et l’opéra. Au cinéma, elle signe les costumes de Tremblez tyrans de Roy Lekus et Fançoise Jolivet. Elle rencontre Thomas Jolly en 2011 et crée les costumes de Henry VI et Richard III de Shakespeare.
Passionné dès l’enfance par les lumières de spectacle, il décide d’en faire son métier et intègre l’IGTS (Institut Général des Techniques du Spectacle) en alternance au Centre National des Arts du Cirque de Cherbourg-Octeville en 2008. Très vite, les nouvelles technologies de lumières l’attirent, il décide alors de se spécialiser. En 2010, il rencontre Thomas Jolly et la Piccola Familia sur la création de Piscine pas d’eau. Leur collaboration se prolonge sur la création d’ Henry VI en 2011, où il devient assistant lumières. En 2012, il intègre la tournée Et vous tu m’aimes du groupe Brigitte en tant qu’assistant lumières. La collaboration avec Thomas Jolly continue : Antoine fait la création lumières ainsi que la tournée de la seconde partie d’Henry VI en 2013 et 2014, mélangeant lumières traditionnelles et asservies. Il créé Richard III en 2015, spectacle novateur où la lumière et ses machines automatiques jouent un rôle aussi bien de scénographie que d’acteur. En juin 2016, toujours avec Thomas Jolly, il accompagne les élèves de section « Régie – Création » de l’école du Théâtre National de Strasbourg pour la création du spectacle de sortie Le Radeau de la Méduse. En septembre 2016, pour une première fois à l’opéra, il crée les lumières d’Eliogabalo à Garnier, Opéra national de Paris. En janvier 2017, il signe avec Philippe Berthomé celles de Fantasio, production de l’Opéra Comique, présenté au Châtelet.
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
© DR
Lumières
© DR
Costumes
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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BIOGRAPHIES
Katija Dragojevic
Boris Grappe
Katija Dragojevic étudie à l’académie royale de musique de Suède et à la Guildhall School of Music and Drama. Elle fait ses débuts à La Monnaie en 2000 dans le rôle de Krista (L’Affaire Makropoulos). Elle chante Cherubino (Le Nozze di Figaro) à La Scala, au Festival de Salzbourg, sous la direction de Daniel Harding, à Stockholm, Oslo et Luxembourg, Siebel (Faust) à Covent Garden, Dorabella (Così fan tutte) à La Scala, sous la direction de Daniel Barenboim et au Theater an der Wien, sous la direction de Nikolaus Harnoncourt. Au Kungliga Operan de Stockholm, elle interprète Serse, Carmen, Cherubino, Dorabella et Meg Page (Falstaff). On a aussi pu l’entendre en Zerlina (Don Giovanni) à Baden-Baden, sous la direction de Thomas Hengelbrock, Lychas (Hercules) avec Les Arts Florissants et William Christie à New York, Idamante (Idomeneo) et Sesto (La Clemenza di Tito) au Drottningholms Slottsteater, Lucretia (The Rape of Lucretia) à Oslo, Messagera et La Musica (L’Orfeo) et Melanto (Il Ritorno d’Ulisse in patria) au Theater an der Wien et Varvara (Kátia Kabanová) au Göteborgsoperan. La saison passée, elle se produit en Dorabella à Dresde, Carmen à Helsinki et dans Föreställningen de Sven-David Sandström à Stockholm. Elle incarne Zerlina dans le film de Kasper Holten Juan. En concert, elle chante avec les Orchestre de Paris, Norddeutscher Rundfunk, Bayerischer Rundfunk, Sveriges Radios Symfoniorkester, Kungliga Filharmonikerna et Orquestra Gulbenkian dans des œuvres comme la Messe en do mineur de Mozart, le Knaben Wunderhorn de Mahler, Les Nuits d’été de Berlioz, le Magnificat de J.S. Bach et des Lieder d’Alma Mahler. Ses enregistrements : la Missa Sancti Hieronymi, le Timete Dominum de Haydn et Roméo et Juliette de Berlioz.
Formé au CNSM de Lyon auprès de Margreet Honig et à la Hochschule für Musik de Vienne auprès de Walter Moore, Boris Grappe a construit son répertoire en troupe au Nationaltheater de Mannheim, où il incarne, entre autres, Don Giovanni, le Comte Almaviva, Guglielmo, Papageno, Figaro (Il Barbiere di Siviglia), Harlekin, Donner, Schaunard, Falke et Albert. Il a chanté Moralès (Carmen) au Théâtre du Châtelet et au San Carlo de Naples, Danilo (La Veuve joyeuse) à l’Opéra Comique, Melot (Tristan und Isolde) à la Ruhrtriennale, aux opéras de Bonn et de Darmstadt, Bobinet (La Vie parisienne) à l’Opéra de Lyon, Don Giovanni à Koblenz et ClermontFerrand, Frédéric (Lakmé) à Rennes, Lausanne et Saint-Étienne. Il prend part à de nombreuses créations mondiales, telles que Wasser d’Arnulf Herrmann à la Biennale de Munich, La Lettre des Sables de Christian Lauba à l’Opéra de Bordeaux, alors qu’en 2012 la presse allemande salue son interprétation du rôle-titre des Dialogues de Barabbas de Salinen à l’opéra de Francfort. Il s’est produit au concert avec Les Arts Florissants et Les Musiciens du Louvre, notamment au Barbican Centre de Londres, Musikverein de Vienne, Théâtre des Champs-Élysées ou encore au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles. Ses productions récentes et futures : Lescaut (Manon) à Lausanne, Killian (Der Freischütz) à Limoges, Wozzeck à Dijon, l’Homme au casque / le Marchand de souvenirs / le Mendiant aveugle (Juliette) de Martinů à Francfort, Truck (Le Roi Carotte) à Lyon et Lille, Charles Martel (Geneviève de Brabant) à Nancy et ses débuts à l’Opéra de Paris avec le rôle de Marquis d’Obigny (La Traviata) et Dancaïre (Carmen).
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Au Grand Théâtre de Genève : La Grande-Duchesse de Gérolstein (le Baron Puck) 14-15, Le Médecin malgré lui (Sganarelle) 15-16.
© DR
Le roi de Bavière • Baryton
© ÉMELIE JOENNIEMI
Fantasio • Mezzo-soprano
BIOGRAPHIES
Melody Louledjian *
Pierre Doyen
Après un 1 prix de piano, puis de chant au CNSM de Lyon, ainsi qu’à la Hochschule de Vienne, elle débute sa carrière au Grand Théâtre de Bordeaux en 2009 dans Le Balcon de Péter Eötvös. Elle incarne des rôles comme Musetta (La Bohème), le Feu, le Rossignol (L’Enfant et les Sortilèges), Elvira (L’Italiana in Algeri), Eurydice (Orphée aux Enfers), Woglinde (Das Rheingold), Waldvogel (Siegfried), la 5ème Servante (Elektra), Adèle (Die Fledermaus), Naïade (Ariadne auf Naxos), Élise (Le Dilettante), Ciboulette, la 1ère Servante (Der Zwerg), Oberto (Alcina), Das Fräulein (Die Gespenstersonate), Gabrielle (La Vie parisienne), Bergère (La Pastorale), Girandole (La Cour du roi Pétaud) et les Carmina Burana, sur des scènes comme le Grand Théâtre de Bordeaux, l’Opéra Comique, le Bayerische Staatsoper, les opéras de Paris, Nice, Lausanne, Avignon, Nancy, SaintÉtienne, Vichy, Reims, les théâtres du Châtelet, de Reggio Emilia, de Luxembourg, les Chorégies d’Orange, l’Auditorium de Lyon et de la Radio Suisse Romande. Très à l’aise dans le répertoire contemporain, elle chante dans de nombreux festivals internationaux ; elle est régulièrement invitée par des ensembles comme l’Intercontemporain, Contrechamps, l’Instant Donné et le Klangforum. Elle se produit aussi fréquemment en récital et en concert. Parallèlement à sa carrière de soliste, elle donne régulièrement des Masterclasses à la HEM Genève, ainsi que dans plusieurs conservatoires en France. Parmi ses projets : Le Baron Tzigane (Arsena), Cavalleria Rusticana (Lola) au Grand Théâtre de Genève, des concerts avec l’Orchestre national d’Île-de-France en janvier 2018, sa première Traviata à l’Opéra de Ténériffe en juin 2018.
Après ses études au Conservatoire de Liège, Pierre Doyen se perfectionne au Royal College of Music de Londres ainsi que dans la troupe de l’opéra studio de La Monnaie. Il fait ses débuts sur scène en Belgique à La Monnaie, à l’Opéra Royal de Wallonie et au Vlaamse Opera. Après une prise de rôle remarquée en Figaro (Le Nozze di Figaro), on lui confie des rôles tels qu’Albert (Werther), Escamillo (Carmen) à Compiègne, Avignon, Cagliari, Massy, Moralès (Carmen) à Lyon, Limoges, au Festival d’Aix-en-Provence et Lescaut (Manon) à Liège. On a pu l’applaudir dans Don Giovanni, La Kovantchina, Riders to the Sea, Benvenuto Cellini, Carmen, Lucrezia Borgia, Il Viaggio a Reims, Les Contes d’Hoffmann, Les Huguenots, Faust, Roméo et Juliette (Mercutio) à Marseille, Massy, Liège, Il Barbiere di Siviglia (Figaro) à Tours et La Bohème (Schaunard) à Monaco, ainsi que dans un répertoire plus léger (Monsieur Choufleuri, La Vie parisienne, La Veuve joyeuse, L’Homme de la Mancha, La Belle de Cadix, Orphée aux Enfers (Jupiter), L’Étoile à Genève et Bergen. Dernièrement, il était Brétigny (Manon) à Monaco, Eurymaque (Pénélope) sous la direction de Michel Plasson à La Monnaie et Mathisen (Le Prophète) à Essen. Il travaille avec des metteurs en scène comme David McVicar, Olivier Py, Giancarlo del Monaco et Dmitri Tcherniakov, et des chefs comme Giuliano Carella, Pinchas Steinberg, Christoph Eschenbach, Alain Altinoglu et Alain Guingal. Parmi ses projets, citons : Carmen (le Dancaïre) au Royal Opera House, Covent Garden, Madama Butterfly (Il Commissario imperiale) au Théâtre des Champs-Élysées, Les Pêcheurs de perles (Zurga) et la Messa di Gloria à l’Opéra Royal de Wallonie.
La princesse Elsbeth • Soprano
© DR
Au Grand Théâtre de Genève : concert autour d’Arthur
Au Grand Théâtre de Genève : L’Étoile (Hérisson de Porc-Épic)
Honegger 12-13, Le Nozze di Figaro (Barbarina) 17-18.
09-10, Manon (Lescaut) 16-17.
© DR
Le prince de Mantoue • Baryton
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* Membre de la Troupe des Jeunes solistes en résidence
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BIOGRAPHIES
Loïc Félix
Philippe Estèphe
Remarqué dès son plus jeune âge au sein des Petits Chanteurs à la Croix de bois, Loïc Félix se consacre à l’art lyrique et étudie au CNSMD de Paris. Son aisance vocale et scénique lui permet de s’illustrer dans un répertoire très varié sur les plus grandes scènes françaises et européennes, de Mozart à Britten. L’opérette est l’un des terrains de prédilection de ce ténor au tempérament d’acteur, il chante aussi notamment dans La Vie parisienne, Les Brigands, La Grande-Duchesse de Gérolstein, La Périchole, La Veuve joyeuse et Die Fledermaus. Il travaille avec des chefs comme L. Morlot, M. Minkowski, P. Arrivabeni, F-X. Roth, D. Parry, P. Auguin, W. Christie, K. Ono et des metteurs en scène comme D. McVicar, M. Makeïeff, J-F. Sivadier, J-L. Grinda, J-P. Scarpitta et C. Honoré. Il a chanté La Favorite au Théâtre des Champs-Élysées, L’Amour des trois oranges à Florence, Die Zauberflöte à Nice, Valence et Genève, Lakmé, Le Nozze di Figaro, Turandot, Eugène Onéguine à Montpellier, Eugène Onéguine à Limoges et Tours, Lakmé en Avignon et à Marseille, Hippolyte et Aricie et Carmen à Glyndebourne, Dialogues des Carmélites à Lyon, Orphée aux Enfers à Marseille et aux Folies d’O, Barbe-Bleue à Nantes, Angers, Rennes et Le Mans, Tosca à Marseille, Fantasio au Festival Radio-France à Montpellier et à l’Opéra Comique, Roméo et Juliette de Berlioz à Toulouse et Stuttgart et Carmen à Venise. Parmi ses projets : Le Baron Tzigane à Genève, Werther et Barkouf à Strasbourg, Samson et Dalila au Théâtre des Champs-Élysées, Dialogues des Carmélites à Bologne, Turandot, Die Zauberflöte et La Favorite à Marseille et Maître Péronilla avec l’Orchestre National de France.
Philippe Estèphe fait ses débuts sur scène au sein de la compagnie lyrique des Chants de Garonne, puis de celle de l’Opéra Bastide. Actuellement, il se forme auprès de Lionel Sarrazin. C’est avec les rôles de Claudio (Béatrice et Bénédict) et de Masetto (Don Giovanni) qu’il débute. Il incarne Barbe-Bleue dans Douce et Barbe-Bleue ainsi que le rôle-titre de Marco Polo, opéras d’Isabelle Aboulker. Il se produit régulièrement avec l’Orchestre philharmonique d’Aquitaine, interprétant, entre autres, Papageno (Die Zauberflöte), Escamillo (Carmen), Don Giovanni et Albert (Werther). À son répertoire figurent aussi Enée (Dido & Æneas), Frédéric (Lakmé), Bobinet (La Vie parisienne), Belcore (L’Elisir d’amore) et Don Giovanni (en tournée avec la compagnie Opéra Éclaté). Il participe à la création de La Princesse Maritorne de Dominique Spagnolo à l’Opéra de Massy et à l’Académie Européenne de Musique du Festival d’Aix-en-Provence pour une résidence Rossini, où il chante notamment Blansac (La Scala di seta). Il interprète Guglielmo (Così fan tutte) à Limoges et le Comte (Cherubin de Massenet) à Montpellier, Taddeo (L’Italiana in Algeri) et de Dandini (La Cenerentola) à Saint-Etienne et à Tours, puis dans une version de concert à l’Oper Köln. Plus récemment, il est Joseph (L’Enfance du Christ) à Metz, Spark à l’Opéra Comique, Dédale (Le Monstre du labyrinthe) à Montpellier et Peer Gynt à Limoges. Il chante dans la Messe en ut mineur de Mozart sous la direction de Laurence Equilbey à la Seine Musicale et dans La Descente d’Orphée aux Enfers de Charpentier avec Les Talens Lyriques à Bâle. Projets : Spark à Rouen, Peer Gynt et Moralès à Montpellier, Les P’tites Michu d’André Messager à Nantes, Albert (Werther) à Toulouse et Papageno à Marseille.
Au Grand Théâtre de Genève : Les Aventures du roi Pausole (Giglio) 12-13, Die Zauberflöte (Monostatos) 15-16.
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GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
© LUCIE MDB
Spark • Baryton
© DR
Marinoni • Ténor
BIOGRAPHIES
Fabrice Farina
Héloïse Mas
Titulaire d’une maîtrise en musicologie, il étudie au Conservatoire National Supérieur de Lyon et remporte le 1 er prix de chant avec la mention très bien. En 2004, il interprète Don Ottavio (Don Giovanni) avec l’orchestre des Musiciens d’Europe au Festival de Guebwiller. Il est engagé dans le Junges Ensemble Rheinoper avant de rejoindre la troupe pour deux saisons. Au cours de son séjour au Deutsche Oper am Rhein, il est remarqué par Christof Loy. Il interprète alors Rodolfo (Scènes de la vie de Bohème), le Comte Belfiore (La Finta Giardiniera), Pâris (La Belle Hélène), Andreas / Cochenille / Franz / Pitichinaccio (Les Contes d’Hoffmann), Eurimaco (Il Ritorno d’Ulisse in patria) et l’Innocent (Boris Godounov). Dans les mises en scène de Tobias Richter, il incarne Albazar (Il Turco in Italia), Don Ramiro et Il Conte Almaviva dans une adaptation pour jeune public de La Cenerentola et du Barbiere di Siviglia. Dans une mise en scène de Robert Carsen, il est Richmond (Richard III de Battistelli) à l’Opéra national du Rhin. À Amsterdam, il interprète Danieli (Les Vêpres siciliennes).
Après avoir étudié le piano et l’orgue, Héloïse Mas intègre le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon où elle obtient son Master en chant en juin 2015, mention très bien à l’unanimité avec les félicitations du jury. Choisie par l’ADAMI comme « Révélations Talents Classiques 2014 », elle participe au festival Pablo Casals de Prades en août 2014, et fait partie du concert des Révélations aux Chorégies d’Orange en juillet 2015. Elle fait ses débuts londoniens en mai 2015 lors du Concert pour le Jour de l’Europe, à Saint John Smith Square. Elle est rapidement invitée à se produire sur scène et fait, en 2013, ses débuts à l’Opéra national de Lyon dans le rôle de Sœur Mathilde dans Dialogues des Carmélites, période pendant laquelle elle a le plaisir de participer à l’enregistrement de l’album de Joyce Di Donato, Stella di Napoli. En 2014, elle fait ses débuts à l’Opéra national de Montpellier comme Lazuli dans L’Étoile de Chabrier et participe à la production 2014 du European Opera Centre à Liverpool, où elle chante Dorabella dans Così fan tutte. On a récemment pu l’entendre en Stephano (Roméo et Juliette) à Oman avec l’opéra de Monte-Carlo, Alcina (Orlando paladino) à Fribourg et Lausanne, dans ses débuts à l’Amphithéâtre du domaine d’O, puis au festival de Saint-Céré et d’Antibes dans une production de La Périchole (rôle-titre), en Lazarille dans Don César de Bazan de Massenet avec les Frivolités Parisiennes, lors d’une invitation du Morocco’s Solar Festival, un récital Duparc à Mont-de-Marsan, en Maddalena (Rigoletto) à Nice, dans la création de l’opéra Why should I give up my fun de Susannah Self à Vienne. Parmi ses projets : Siebel (Faust) à Monte-Carlo, Robin Luron (Le Roi Carotte d’Offenbach) à Lille.
Au Grand Théâtre de Genève : Andrea Chénier (L’Abbé), La Petite Zauberflöte (Tamino), Juliette ou La Clé des songes (le Jeune Matelot, l’Employé), Der Rosenkavalier (Le Majordome) et récital de chant aux Salons 11-12, La Traviata (Gaston de Letorières), Le Chat botté (Jean) 12-13, Le Nozze di Figaro (Don Curzio), La Chauve-Souris (Dr Blind), Siegfried ou Qui deviendra le seigneur de l’anneau (Mime) 13-14, Rigoletto (Matteo Borsa), La Grande-Duchesse de Gérolstein (Népomuc), La Sorcière Hillary va à l’opéra (le Ténor) 14-15, Ajax I (La Belle Hélène) 15-16, Wozzeck (le Fou) 16-17, Le Nozze di Figaro (Don Curzio) 17-18.
© DR
Flamel • Mezzo-soprano
© DR
Hartmann • Ténor
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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BIOGRAPHIES
Bruno Bayeux
Fernando Cuellar
Bruno Bayeux Rutten, le Tailleur, le Garde suisse Bruno Bayeux s’est formé au Conservatoire National de Région de Rouen, dans les classes de Julie Ravix, puis Maurice Attias. Au théâtre, il travaille avec : Thomas Jolly dans Henry VI et Richard III, Fantasio à l’Opéra Comique et Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse (Avignon IN 2016), Laetitia Botella dans Le Chant du tournesol, Anne-Laure Liégeois dans Embouteillage, Yann Dacosta dans Les Précieuses ridicules, Une visite inopportune, Le Baiser de la femme-araignée et Drink me Dream me/Alice aux pays des merveilles. Avec Sylvain Groud (chorégraphe et danseur), il crée un spectacle jeune public puis Bataille intime (adaptation d’après Roland Topor, mêlant théâtre et danse). Puis il travaille avec Fabien Malcourant dans Boxe et Loretta Strong. En 2009-2010, il est M. Loyal dans la trilogie Beaumarchais à l’opéra de Rouen et joue l’Homme masqué dans L’Amour coupable sur une musique de Thierry Pécou et un livret d’Eugène Green, mis en scène par Stephan Grögler. Dans L’Exquisité de mon cadavre d’Adlene Amrane, il réalise la conception du spectacle et l’interprétation, et crée ainsi sa compagnie La BBC / Bruno Bayeux et Cie. Il signe ensuite Monsieur et Madame Silverdust d’Adlene Amrane, puis 636 battements d’ailes, co-écrit avec Karine Preterre et On partage ? pour jeune public. De 2013 à 2016, Bruno Bayeux est artiste associé à la Scène nationale de Montbéliard. À la télévision, il est notamment engagé dans Maigret et les 7 petites croix et Enquête privée et au cinéma dans Selon Rachel de Sylvie Habault (le Curé) et dans La Jeunesse de Guillaume de Fabien Drugeon (Henri 1 er). En 2005 il est nommé « Jeune talent » à Cannes avec Tue l’amour de Philippe Lioret.
Fernando Cuellar Facio - Ténor Né à Bogota, Fernando Cuellar obtient un diplôme de pédagogie musicale en chant à l’université pédagogique de Colombie. En 2003, il fait parti de la troupe de jeunes artistes de l’opéra de Colombie. De 2006 à 2009, il évolue en tant que maître de conférence dans plusieurs universités à Bogota, tout en continuant sa carrière de soliste. Il figure parmi les lauréats du concours « Ópera al Parque 2009 ». En 2010, il part en Europe où il poursuit ses études à la Haute école de musique de Genève et obtient son Master en arts et interprétation musicale en 2012. Il a fait partie de l’Opernstudio de la Haute école d’art de Berne dans la classe de Master en spécialisation performance musicale pour l’opéra, tout en suivant les cours de chant de Gilles Cachemaille. En tant que soliste, il s’est produit notamment avec l’orchestre du Conservatoire de musique de Genève, l’orchestre du Conservatoire supérieur de Paris, au Théâtre du Passage à Neuchâtel et au Théâtre de Colombier, au théâtre L’Heure Bleue de la Chaux-de-Fonds, au théâtre de Bienne et à l’Opéra de Lausanne. Il a travaillé sous la direction de chefs tel que Celso Antunes, Will Cruthfield, Facundo Agudín, Yves Senn, Franco Trinca et Gabriel Garrido.
Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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Débuts au Grand Théâtre de Genève.
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Facio • Ténor
© HARCOURT
Rutten, le Tailleur, le Garde suisse • rôle parlé
BIOGRAPHIES
Né au Chili. Jaime Caicompai termine ses études de chant à l’Université pontificale catholique du Chili. Il fait ses débuts au Teatro Municipal de Santiago du Chili dans le rôle de Gaston (La Traviata) sous la direction de Jan Latham-Koenig. Comme soliste, il chante notamment dans Messiah, La Rezurrezione de Haendel, les Vêpres de la Vierge de Monteverdi, le Requiem de Mozart, Jeanne d’Arc au bûcher de Honegger au Chili et en Argentine. Il interprète de nombreux rôles au Teatro Municipal de Santiago du Chili et en Argentine pour le Buenos Aires Lirica. Il chante dans l’Ensemble Elyma dirigé par Gabriel Garrido et l’Ensemble Capella Mediterranea dirigé par Leonardo García Alarcón.
Né à Vladivostok, il fait des études techniques et musicales à Saint-Pétersbourg. En 1987, il crée avec d’autres artistes le groupe « N.O.M. » au sein duquel il travaille comme compositeur, chanteur et pianiste. De 1991 à 1993, il chante comme octaviste à la cathédrale Sainte-Sophie. Après le Festival « Les allumées » à Nantes, il s’installe dans cette ville en 1994 et commence à écrire de la musique de cinéma. En 1997, il publie un recueil de textes et poèmes Rails et Traverses. Il chante le Requiem de Gabriel Fauré et Le Livre ouvert de Philippe Forget à Chalon-surSaône en 2000, Le Nez de Chostakovitch à Lausanne en 2001, La Merisaie du même auteur à Genève en 2004, Nonancourt (Le Chapeau de paille d’Italie) en 2006 et Le Président (Rayok antiformaliste) en 2007. Au Grand Théâtre de Genève : Le Chevalier à la rose (Léopold)
© GTG / NICOLAS SCHOPFER
Dimitri Tikhonov *
L’Homme qui passe • Basse
JAIME CAICOMPAI
© GTG / NICOLAS SCHOPFER
Jaime Caicompai *
Max • Ténor
98-99 ; Lady Macbeth de Mzensk (le Garde) et Eugène Onéguine
DIMITRI TIKHONOV
(Un capitaine) 01-02 ; Boris Godounov (2ème Officier de police) et Les Oiseaux (Un corbeau) 03-04 ; Otello (Un héraut) et De la maison des morts (Tchekounov) 04-05 ; Galilée (1er Conseiller) 05-06 ; L a dy M acbe th de M zen sk (Le Garde) 06-07 ; L e s Au Grand Théâtre de Genève : Alice in Wonderland (Le Canard)
Voyages de M. Broucek (Premier Taborite) 07-08 ; Salome (Un
09-10 ; La Petite Zauberflöte (Monostatos) 10-11 et 11-12 ; La
Cappadocien) 08-09 ; Alice in Wonderland (Un soldat) 09-10 ;
Bohème (un marchand) 16-17.
Der Rosenkavalier (Leopold) 11-12 La Bohème (Un sergent) 16-17.
* Membre du Chœur du Grand Théâtre de Genève depuis 2009
Harry Draganov *
* Membre du Chœur du Grand Théâtre de Genève depuis 1996
Après des études au Conservatoire national supérieur de musique de Sofia, il entre à l’ENM de Paris. Il obtient les diplômes supérieurs d’art lyrique et de concertiste et un diplôme de mise en scène. De 1993 à 1998, il chante notamment Ferrando, le Comte Almaviva, Germont, le rôle-titre du Prince Igor, etc. Il donne des récitals et participe aussi à des concerts, notamment Die Schöpfung de Haydn dont il effectue un enregistrement en direct à la Salle Pleyel de Paris. En été 2000, il incarne Don Parmenione dans L’Occasione fa il ladro de Rossini et en 2003 il est Gaudenzio dans Il Signor Bruschino de Rossini avec l’Opéra de Chambre de Genève. Au Grand Théâtre de Genève : Cendrillon (Premier ministre) 98-99, Il Barbiere di Siviglia (Un officier), Susannah (Second Man) 99-00, Beatrix Cenci (Andrea) 00-01, Lady Macbeth de Mzensk (Le Sergent) 01-02, La Dame de pique (Naroumov) 02-03, Káťa
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Un pénitent • Basse
HARRY DRAGANOV
Kabanová (Kouliguine) 03-04, Les Oiseaux (Un vanneau) 03-04, De la maison des morts (Un forgeron) 04-05, La Petite Renarde rusée (L’Aubergiste) 05-06, L’Étoile (Zalzal), Alice in Wonderland (Storking) 09-10, Il Barbiere di Siviglia (Fiorello) 10-11, Der Rosenkavalier (Un valet) 11-12, Eugène Onéguine (Zaretski) 14-15.
* Membre du Chœur du Grand Théâtre de Genève depuis 1998
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INFORMATIONS PRATIQUES OPÉRA DES NATIONS Horaires des représentations Les représentations ont lieu généralement à 19 h 30 en soirée et à 15 h en matinée. Pour certains spectacles, ces horaires peuvent être différents. Les horaires sont toujours indiqués sur les billets. Ouverture des portes L’accès à la salle est possible trente minutes avant le spectacle. Retardataires Par respect pour le public et les artistes, après le début du spectacle l’accès à la salle se fait à la première interruption et aux places accessibles. Un circuit vidéo permet généralement de suivre le début du spectacle. Aucun remboursement ou échange de billet ne sera effectué en cas de retard. Vestiaires Des vestiaires payants sont à la disposition du public à l’entrée de l’Opéra des Nations (Fr. 2.-). Jumelles Des jumelles peuvent être louées dans tous les vestiaires (Fr. 5.-).
BARS Dès 1 heure avant le spectacle et à l’entracte Les bars du hall d’entrée et de la mezzanine vous proposent boissons et petite restauration.
CONFÉRENCE DE PRÉSENTATION
Trente minutes avant chaque opéra, un musicologue vous donne quelques clés pour mieux apprécier le spectacle.
SUR L’ŒUVRE
Pour chaque opéra et création chorégraphique de la saison 17-18, une conférence très complète sur l’œuvre est organisée quelques jours avant la première représentation, toujours à la même heure, 18 h 15, par l’Association genevoise des amis de l’opéra et du ballet au Théâtre de l’Espérance, 8, rue de la Chapelle, 1207 Genève. www.amisdelopera.ch
Rehausseurs Disponibles aux vestiaires (service gratuit). Enregistrements Il est interdit de photographier, de filmer ou d’enregistrer les spectacles. Tout contrevenant peut être soumis à des poursuites. Surtitrage Les ouvrages font généralement l’objet d’un surtitrage bilingue français-anglais. Le Grand Théâtre remercie vivement la Fondation Hans-Wilsdorf grâce à laquelle ce surtitrage vous est proposé. Programmes Les programmes du spectacle sont en vente sur place auprès du personnel de salle ainsi qu’à la billetterie du Grand Théâtre située à l’Opéra des Nations et au 9, rue du Général-Dufour.
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Réservation de groupe Les associations et groupements à but non lucratif peuvent réserver des places de spectacle à tarifs préférentiels durant toute la saison. Dossier spécial et réservation T +41 22 322 50 50 F + 41 22 322 50 51 groupes@geneveopera.ch Soirées entreprises Les entreprises souhaitant organiser une soirée au Grand Théâtre peuvent prendre contact avec Aurélie Élisa Gfeller, notre responsable du mécénat. T +41 22 322 50 58 F + 41 22 322 50 98 mecenat@geneveopera.ch
BILLETTERIE DU GRAND THÉÂTRE À l’Opéra des Nations 40, avenue de France. Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h, sauf le lundi, ouverture à 12 h. Les jours de spectacle jusqu’à l’heure de la représentation. Si le spectacle a lieu le samedi ou le dimanche, la billetterie est ouvertes 1 h 30 avant le début de la représentation. Rue du Général-Dufour 9, rue du Général-Dufour. Du lundi au samedi de 10 h à 18 h, sauf le lundi, ouverture à 12 h. Fermeture le samedi à 17 h. Par téléphone T + 41 22 322 50 50. Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h Par courriel, fax ou courrier Billetterie du Grand Théâtre CP 5126 - CH 1211 Genève 11 billetterie@geneveopera.ch F + 41 22 322 50 51 En ligne sur le site www.geneveopera.ch Réservez vos places et collectez-les à la billetterie du Grand Théâtre ou imprimez-les directement à votre domicile. Les places réservées sont à régler dans les 48 h. Selon les délais, les billets réservés et payés peuvent être envoyés à domicile (Frais de port : Fr. 4.-). Modes de paiement acceptés : Mastercard et Visa
TARIFS SPÉCIAUX
BILLETS JEUNES ET ÉTUDIANTS 25 % de réduction sur le plein tarif billetterie en catégorie G, H & I pour les jeunes de moins de 26 ans et les étudiants. OFFRE 30-30-30 Des places à Fr. 30.- sont proposées 30 minutes avant le début des spectacles aux personnes ayant jusqu’à 30 ans révolus sur présentation d’une pièce justificative et dans la limite des places disponibles.
s
an
CARTE 20 ANS/20 FRANCS Les titulaires de la carte bénéficient d’un rabais supplémentaire de Fr. 2.- par rapport au tarif jeune et reçoivent un programme de spectacle (une pièce d’identité sera demandée pour accéder à la salle). BILLETS LAST MINUTE Dans la limite des places disponibles, des places à Fr. 30.- ou Fr. 50.- sont proposées une demi-heure avant le début des spectacles pour tout étudiant ou demandeur d’emploi de plus de trente ans sur présentation d’une pièce justificative. TITULAIRES DU CHÉQUIER CULTURE Réduction de Fr. 10.- par chèque sur l’achat de places de spectacle à la billetterie du Grand Théâtre (chèques cumulables).
Tarifs réduits Un justificatif doit être présenté ou envoyé pour tout achat de billet à tarif réduit.
PASSEDANSE D’une valeur de 20 francs et valable de septembre 2017 à juin 2018, il est offert gratuitement par le Grand Théâtre avec l’abonnement pleine saison et l’abonnement danse.
Remboursement / échange Les billets sont remboursés ou échangés seulement lors d’annulation de spectacle et non en cas de modifications de programmation ou de distribution en cours de saison. Les abonnés du Grand Théâtre peuvent changer leurs dates de spectacles jusqu’à la veille de la représentions avant midi (1 er échange gratuit, puis Fr. 5.- par commande sauf pour les détenteurs des abonnements Carré d’or et Premières).
TARIFS PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP Les personnes à mobilité réduite peuvent être placées en catégorie A au premier rang, pour le prix d’un billet de catégorie F. Les personnes malentendantes peuvent être placées en catégorie C pour le prix d’un billet de catégorie H. Les personnes malvoyantes, aveugles ou avec un handicap mental, peuvent bénéficier d’une place gratuite pour leur accompagnant.
Dans le réseau FNAC en Suisse et en France
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MÉCÉNAT & PARTENARIAT EN SOUTENANT LE GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE VOUS ÊTES PARTENAIRE DE L’EXCELLENCE
Depuis plusieurs années, le Grand Théâtre de Genève mène une politique de partenariat évolutive avec les entreprises. Chaque proposition vise à offrir à nos partenaires à la fois un service inédit comportant une large palette d’approches avec les différents secteurs artistiques et techniques inhérents à la vie d’un théâtre, mais également un service utile et flexible tout au long de la saison. En soutenant le Grand Théâtre de Genève vous devenez partenaire de l’excellence. Vous touchez un public large et diversifié – plus de 100 000 spectateurs par saison – et bénéficiez ainsi d’un impact médiatique fort et positif. Vous montrez votre attachement à la diffusion de spectacles des arts vivants et permettez la réalisation de projets culturels innovants.
Contactez-nous pour une offre personnalisée Renate Cornu T + 41 22 322 50 58 F + 41 22 322 50 98 r.cornu@geneveopera.ch
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LA FONDATION DU GRAND THÉÂTRE La Fondation du Grand Théâtre de Genève est une Fondation d’intérêt public communal, subventionnée par la Ville de Genève, dont l’objet est artistique et culturel. Le but de la Fondation est d’assurer l’exploitation du Grand Théâtre de Genève, notamment en y organisant des spectacles d’art lyrique, chorégraphique et dramatique. Le Statut de la Fondation a fait l’objet d’une loi cantonale de 1964. La Fondation est composée de quatorze membres désignés par le Conseil municipal et le Conseil administratif de la Ville de Genève. Le Bureau compte cinq membres du Conseil de Fondation. Conseil de Fondation (au 01.05.2016) Mme Lorella Bertani, présidente M. Guy-Olivier Segond, vice-président M. Pierre Conne, secrétaire M. Claude Demole M. Sami Kanaan M. Rémy Pagani M. Manuel Tornare M. Jean-Pierre Jacquemoud M. Pierre Losio Mme Danièle Magnin Mme Françoise de Mestral M. Albert Rodrik M. Pascal Rubeli Mme Salika Wenger M. Guy Demole, président d’honneur M. Jean-Flavien Lalive d’Epinay, président d’honneur †
Secrétariat Cynthia Haro T +41 22 322 51 71 F +41 22 322 50 01 c.haro@geneveopera.ch
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LE CERCLE DU GRAND THÉÂTRE Fondé en 1986, le Cercle du Grand Théâtre s’est donné pour objectif de réunir toutes les personnes et entreprises qui tiennent à manifester leur intérêt aux arts lyrique, chorégraphique et dramatique. Son but est d’apporter son soutien financier aux activités du Grand Théâtre et ainsi, de participer à son rayonnement. Bureau (décembre 2016) M. Luc Argand, président M. Rémy Best, vice-président M. Jean Kohler, trésorier Mme Brigitte Vielle, secrétaire Mme Françoise de Mestral Autres membres du Comité (décembre 2016) Mme Christine Batruch-Hawrylyshyn M. Jean Bonna Mme Claudia Groothaert Mme Coraline Mouravieff-Apostol Mme Beatrice Rötheli-Mariotti M. Gerson Waechter Membres bienfaiteurs M. et Mme Luc Argand Mme René Augereau Fondation de bienfaisance de la banque Pictet Fondation Hans Wilsdorf M. et Mme Pierre Keller Banque Lombard Odier & Cie SA M. et Mme Yves Oltramare M. et Mme Adam Saïd Union Bancaire Privée – UBP SA M. Pierre-Alain Wavre M. et Mme Gérard Wertheimer
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Membres individuels S. A. Prince Amyn Aga Khan Mme Diane d’Arcis S. A. S. La Princesse Étienne d’Arenberg M. Ronald Asmar Mme Christine Batruch-Hawrylyshyn Mme Maria Pilar de la Béraudière M. et Mme Philippe Bertherat Mme Antoine Best M. et Mme Rémy Best Mme Saskia van Beuningen Mme Françoise Bodmer M. Jean Bonna Prof. Julien Bogousslavsky Mme Christiane Boulanger Mme Clotilde de Bourqueney Harari Comtesse Brandolini d’Adda M. et Mme Robert Briner M. et Mme Yves Burrus Mme Caroline Caffin Mme Maria Livanos Cattaui Mme Muriel Chaponnière-Rochat M. et Mme Claude Demole M. et Mme Guy Demole M. et Mme Olivier Dunant Mme Denise Elfen-Laniado Mme Diane Etter-Soutter Mme Catherine Fauchier-Magnan Mme Clarina Firmenich M. et Mme Eric Freymond Mme Elka Gouzer-Waechter Mme Claudia Groothaert M. et Mme Philippe Gudin de La Sablonnière Mme Bernard Haccius M. Alex Hoffmann M. et Mme Philippe Jabre M. et Mme Éric Jacquet M. Romain Jordan Mme Madeleine Kogevinas M. et Mme Jean Kohler M. Marko Lacin Mme Brigitte Lacroix M. et Mme Pierre Lardy M. Christoph La Roche Mme Éric Lescure
Mme Eva Lundin M. Bernard Mach M. et Mme Colin Maltby Mme Catherine de Marignac M. Thierry de Marignac Mme Mark Mathysen-Gerst M. Bertrand Maus M. et Mme Olivier Maus Mme Béatrice Mermod M. et Mme Charles de Mestral Mme Jacqueline Missoffe M. et Mme Christopher Mouravieff-Apostol Mme Pierre-Yves Mourgue d’Algue M. et Mme Philippe Nordmann M. Yaron Ophir M. et Mme Alan Parker M. Shelby du Pasquier Mme Sibylle Pastré M. Jacques Perrot M. et Mme Wolfgang Peter Valaizon M. et Mme Gilles Petitpierre M. et Mme Charles Pictet M. et Mme Guillaume Pictet M. et Mme Ivan Pictet M. et Mme Jean-François Pissettaz Mme Françoise Propper Comte de Proyart Mme Adeline Quast Mme Ruth Rappaport M. et Mme François Reyl M. et Mme Andreas Rötheli M. et Mme Gabriel Safdié Marquis et Marquise de Saint Pierre M. Vincenzo Salina Amorini M. Julien Schoenlaub Baron et Baronne Seillière Mme Christiane Steck M. et Mme Riccardo Tattoni M. et Mme Kamen Troller M. et Mme Gérard Turpin M. et Mme Jean-Luc Vermeulen M. et Mme Julien Vielle M. et Mme Olivier Vodoz Mme Bérénice Waechter M. Gerson Waechter
M. et Mme Stanley Walter M. et Mme Rolin Wavre M. et Mme Lionel de Weck Membres institutionnels 1875 Finance SA Banque Pâris Bertrand Sturdza SA Credit Suisse (Suisse) SA FBT Avocats SA Fondation Bru JT International SA Lenz & Staehelin Schroder & Co banque SA SGS SA
Inscriptions Cercle du Grand Théâtre de Genève Mme Gwénola Trutat 11, boulevard du Théâtre • CH-1211 Genève 11 T +41 22 321 85 77 F +41 22 321 85 79 du lundi au vendredi de 8 h à 12 h cercle@geneveopera.ch Compte bancaire N° 530 290 MM. Pictet & Cie Organe de révision Plafida SA
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LE GRAND THÉÂTRE L’ÉQUIPE DIRECTION GÉNÉRALE Directeur général Tobias Richter Assistante du directeur général Sandrine Chalendard
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL Secrétaire général Claus Hässig Secrétaire Cynthia Haro ARTISTIQUE Conseiller artistique & dramaturge Daniel Dollé BALLET Directeur du Ballet Philippe Cohen Adjoint Vitorio Casarin Coordinatrice administrative Émilie Schaffter Maîtres de ballet Grant Aris, Grégory Deltenre Pianiste Serafima Demianova Danseuses Céline Allain, Yumi Aizawa, Louise Bille, Ornella Capece, Lysandra Van Heesewijk, Virginie Nopper, Tiffany Pacheco, Mohana Rapin, Léa Mercurol, Sara Shigenari, Madeline Wong Danseurs Natan Bouzy, Valentino Bertolini, Zachary Clark, Armando Gonzalez, Xavier Juyon, Nathanaël Marie, Juan Perez Cardona, Simone Repele, Sasha Riva, Geoffrey Van Dyck, Nahuel Vega TECHNIQUE DU BALLET Directeur technique du ballet Philippe Duvauchelle Régisseur lumières Alexandre Bryand Régisseur plateau Mansour Walter Service médical Dr Jacques Menetrey HUG Physiothérapeute NN Ostéopathe Bruno Soussan TROUPE DES JEUNES SOLISTES EN RÉSIDENCE Migran Agadzhanyan, Mary Feminear, Melody Louledjian Marina Viotti
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CHŒUR Chef des chœurs Alan Woodbridge Assistant/pianiste Roberto Balistreri Pianiste répétiteur Réginald Le Reun Régisseur et chargé de l’administration Omar Garrido Sopranos Fosca Aquaro, Chloé Chavanon, Magali Duceau, Györgyi Garreau-Sarlos, Nicola Hollyman, Iana Iliev, Victoria Martynenko, Martina Möller-Gosoge, Iulia Elena Preda, Cristiana Presutti Altos Vanessa Beck-Hurst, Audrey Burgener, Dominique Cherpillod, Marianne Dellacasagrande, Lubka Favarger, Varduhi Khachatryan, Mi-Young Kim, Johanna Rittiner-Sermier, Mariana Vassileva Chaveeva Ténors Jaime Caicompai, Yong-Ping Gao, Omar Garrido, Rémi Garin, Lyonel Grélaz, Sanghun Lee, José Pazos, Terige Sirolli, Georgi Sredkov, Bisser Terziyski, Nauzet Valerón Basses Krassimir Avramov, Wolfgang Barta, Romaric Braun, Nicolas Carré, Phillip Casperd, Aleksandar Chaveev, Peter Baekeun Cho, Christophe Coulier, Harry Draganov, Rodrigo Garcia, Seong-Ho Han, Dimitri Tikhonov PRODUCTION ARTISTIQUE Chargé de production artistique Markus Hollop Assistante & Respons. figuration Matilde Fassò Resp. ressources musicales Éric Haegi Pianistes / Chefs de chant Todd Camburn, Xavier Dami, Réginald Le Reun RÉGIE DE SCÈNE Régisseure générale Chantal Graf Régisseur de scène Jean-Pierre Dequaire
MARKETING ET COMMUNICATION Resp. marketing & communication Alain Duchêne Responsable presse & actions de communication Olivier Gurtner Responsable des éditions et de la création visuelle Aimery Chaigne Assistante communication Corinne Béroujon Assist. presse & communication Isabelle Jornod Concepteur communication web Wladislas Marian Chargée du mécénat et des partenariats Aurélie Élisa Gfeller Chargée des actions pédagogiques Elsa Barthas Rédacteur Christopher Park Archiviste Anne Zendali Dimopoulos ACCUEIL ET PUBLICS Responsable de l’accueil des publics Pascal Berlie Personnel d’accueil Ludmila Bédert, Herminia Bernardo Pinhao, Patrick Berret, David Blunier, Karla Baye, Nguyen Phuong Lé Bui, Aude Burkardt, Michel Denis Chappellaz, Chantal Chevallier, Patricia Diaz-Shmidt, Nicolas Dutour, Feka Iljaz, Pouyan Farzam, Stephen Hart, Na Lin, Teymour Kadjar, Margot Lopez Linarez Hunziker, Nelli Kazaryan Peter, Tamim Mahmoud, Marlène Maret, Sophie Millar, Lucas Seitenfus, David von Numers, Quentin Weber, Céline Steiger Zeppetella TECHNIQUE Directrice technique Françoise Peyronnet Adjointe administrative Sabine Buchard Ingénieur bâtiment et sécurité Pierre Frei Chargée de production technique Catherine Mouvet Responsable d’entretien Thierry Grasset Technicienne/production vidéo Chloé Baudet Logistique Thomas Clément Chauffeur Alain Klette, Dragos Mihai Cotarlici
BUREAU D’ÉTUDES Ingénieur bureau d’études Alexandre Forissier Chargé d’études de productions Fabrice Bondier Assistant Christophe Poncin Dessinateurs Stéphane Abbet, Denis Chevalley, Antonio Di Stefano SERVICE INTÉRIEUR Huissier responsable Stéphane Condolo Huissier-ère-s Bekim Daci, Antonios Kardelis, Michèle Rindisbacher Huissier / Coursier Valentin Herrero Coursier Bernard Thierstein TECHNIQUE DE SCÈNE Adjoint au directeur technique NN Chefs de plateau Gabriel Lanfranchi, Stéphane Nightingale MACHINERIE Chef de service Patrick Savariau Adjoint planificateur Olivier Loup Sous-chefs Juan Calvino, Stéphane Desogus, Yannick Sicilia Sous-chef cintrier Patrick Werlen Brigadiers Henrique Fernandes Da Silva,NN, NN Sous-brigadiers Stéphane Catillaz, Manuel Gandara, Johny Perillard Machinistes cintriers Vincent Campoy, Stéphane Guillaume, Alfio Scarvaglieri, Nicolas Tagand Machinistes Killian Beaud, Philippe Calame, Vincent de Carlo, Éric Clertant, Sedrak Gyumushyan, Michel Jarrin, Daniel Jimeno, Sulay Jobe, Julien Pache, Hervé Pellaud, Menuisier de plateau & chargé de l’entretien Jean-François Mauvis, SON ET VIDÉO Chef de service Michel Boudineau Sous-chef Claudio Muller Technicien-ne-s Amin Barka, Jean-Marc Pinget, NN
ÉCLAIRAGE Chef de service Simon Trottet Sous-chefs de production Marius Echenard, Robin Minkhorst Sous-chef opérateur lumières et informatique de scène Stéphane Gomez Coordinateur de production Blaise Schaffter Technicien-ne-s éclairagistes Serge Alérini, Dinko Baresic, Salim Boussalia, Stéphane Estève, Camille Rocher, Juan Vera Electronicien Jean Sottas Opérateurs lumière et informatique de scène Clément Brat, Florent Farinelli, David Martinez Responsable entretien électrique Fabian Pracchia ACCESSOIRES Chef de service Damien Bernard Sous-chef Patrick Sengstag Accessoiristes Vincent Bezzola, Joëlle Bonzon, Françoise Chavaillaz, Cédric Pointurier Solinas, Anik Polo, Padrut Tacchella, Cécilia Viola, Pierre Wüllenweber ELECTROMÉCANIQUE Chef de service Jean-Christophe Pégatoquet Sous-chef José-Pierre Areny Electromécaniciens David Bouvrat, Stéphane Resplendino, Christophe Seydoux, Emmanuel Vernamonte, NN HABILLAGE Cheffe de service Joëlle Muller Sous-chef-fe Sonia Ferreira Gomez Responsable costumes Ballet Caroline Bault Habilleur-euse-s Raphaële Bouvier, Gloria Chappuis, Cécile Cottet-Nègre, Angélique Ducrot, France Durel, Philippe Jungo, Olga Kondrachina, Christelle Majeur, Veronica Segovia, Lorena Vanzo Pallante, NN
PERRUQUES ET MAQUILLAGE Cheffe de service Karine Cuendet Sous-cheffe Christelle Paillard Perruquières et maquilleuses Cécile Jouen, Alexia Sabinotto, NN ATELIERS DÉCORS Chef des ateliers décors Michel Chapatte Assistant Christophe Poncin Magasiniers Marcel Géroudet, Roberto Serafini MENUISERIE Chef de service Stéphane Batzli Sous-chef Claude Jan-Du-Chêne Menuisiers Pedro Brito, Giovanni Conte, Frédéric Gisiger, Philippe Moret, Manuel Puga Becerra, NN, German Pena SERRURERIE Contremaître Serge Helbling Serruriers Patrick Barthe, Yves Dubuis, Patrice Dumonthey, Marc Falconnat PEINTURE & DÉCORATION Chef de service Fabrice Carmona Sous-chef Christophe Ryser Peintres Gemy Aïk, Ali Bachir-Chérif, Stéphane Croisier, NN TAPISSERIE-DÉCORATION Chef de service Dominique Baumgartner Sous-chef Philippe Lavorel Tapissier-ères-s et décorateur-trice-s Pierre Broillet, Fanny Silva Caldari, Daniela De Rocchi, Raphaël Loviat, Dominique Humair Rotaru ATELIERS COSTUMES Cheffe des ateliers costumes Fabienne Duc Assistant-e-s Armindo Faustino-Portas, Carole Lacroix
ATELIER DE COUTURE Chef de service Khaled Issa Costumier-ère-s Caroline Ebrecht, Marion Zurburg Tailleur-e-s Amar Ait-Braham, Lurdes Do Quental Couturier-ère-s Sophie de Blonay, Ivanna Costa, Julie Chenevard, Marie Hirschi, Gwenaëlle Mury, Léa Perarnau, Xavier Randrianarison, Ana-Maria Rivera, Soizic Rudant, Liliane Tallent, Astrid Walter ATELIER DE DÉCORATION & ACCESSOIRES COSTUMES Cheffe de service Isabelle Pellissier-Duc Décoratrices Corinne Baudraz, Emanuela Notaro ATELIER CUIR Chef de service Michel Blessemaille Cordonnières Salomé Davoine, Catherine Stuppi SERVICE FINANCIER Chef de service Philippe Bangerter Comptables Paola Andreetta, Andreana Bolea-Tomkinson, Chantal Chappot, Laure Kabashi, Sandrine Perotti BILLETTERIE Responsable du développement des publics et billetterie François Vasseur Responsable adjointe de la billetterie Carine Druelle Responsable adjointe et développement des publics Audrey Peden Collaborateurs-trice-s billetterie Hawa Diallo-Singaré, Bernard Riegler, Maxime Semet INFORMATIQUE Chef de service Marco Reichardt Administrateurs informatique & télécoms Lionel Bolou, Ludovic Jacob
RESTAURATION Responsable restauration, Christian Lechevrel Cuisinier Olivier Marguin Collaborateur-trice-s Norberto Cavaco, Maria Savino RESSOURCES HUMAINES Responsable des ressources humaines - Juriste Lucienne Ducommun Assistante Priscilla Richon Gestionnaires ressources humaines Valérie Aklin, Marina Della Valle, Luciana Hernandez PERSONNEL SUPPLÉMENTAIRE TEMPORAIRE SAISON 17-18 Ballet Diana Duarte (danseuse) Technique de ballet Arnaud Viala Chœur Céline Soudain (choriste) Elisabeth Gillming (choriste) Marketing & communication Renate Cornu (Mécénat) Noémie Creux Tania Rutigliani (Dramaturgie) Création visuelle & édition Leandro Garcimartin (apprenti) Service pédagogique Fabrice Farina (collab. artistique) Camille Guignet Archives Pascale Petro Technique de scène Simon Isely (apprenti) Service intérieur Cédric Lullin Machinerie Damian Villalba Son & vidéo Benjamin Vicq Accessoires Julio Bembibre Habillage Valentin Dorogi Menuiserie Ivan Crimella Couture Sylvianne Guillaume, Yulendi Ramirez Billetterie Julien Coutin, Luis Ferreira, Silvia Taboada Ressources humaines Votonila Bousseau
Situation au 01.11.2017
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PROCHAINEMENT À L’OPÉRA DES NATIONS SPECTACLE JEUNE PUBLIC
OPÉRA
Figaro-ci, Figaro-là ! Le Baron Tzigane
Opérette en 3 actes Johann Strauss Nouvelle production 15, 19, 21, 23, 27, 29, 31 décembre 2017 à 19 h 30 2, 4, 6 janvier 2018 à 19 h 30 17 décembre 2017 à 15 h
Nouvelle production 13, 15 novembre & 18 décembre 2017 à 19 h 30 20, 22 mars 2018 à 19 h 30 Direction musicale Philippe Béran Mise en espace et récitant Joan Mompart L’Orchestre de Chambre de Genève
Direction musicale Stefan Blunier Mise en scène Christian Räth
OPÉRA EN VERSION DE CONCERT
Décors & costumes Leslie Travers Lumières Simon Trottet Avec Jean-Pierre Furlan, Eleonore Marguerre, Marie-Ange Todorovitch, Daniel Djambazian, Melody Louledjian 1, Christophoros Stamboglis, Loïc Félix, Jeannette Fischer
Ascanio
Opéra en 5 actes et 7 tableaux Camille Saint-Saëns En coproduction avec la HEM de Genève 24 novembre 2017 à 19 h 30 26 novembre 2017 à 15 h
Orchestre de la Suisse Romande Chœur du Grand Théâtre de Genève (Direction Alan Woodbridge)
Direction musicale Guillaume Tourniaire
Conférence de présentation 2 par Christian Merlin Au Théâtre de l’Espérance 8, rue de la Chapelle, 1207 Genève Jeudi 14 décembre 2017 à 18 h 15
Avec Jean-François Lapointe, Joe Bertili, Bernard Richter, Ève-Maud Hubeaux, Jean Teitgen, Karine Gauvin, Clémence Tilquin, Mohammed Haidar, Bastien Combe, Maxence Billiemaz, Raphael Hardmeyer, Olivia Doutney Orchestre symphonique de la HEM Chœur du Grand Théâtre de Genève (Direction Alan Woodbridge)
1
Membre de le la Troupe des jeunes solistes en résidence du Grand Théâtre de Genève
2
En collaboration avec l’Association genevoise des amis de l’opéra et du ballet.
CONCERT
Concert des lauréats sur des musiques de Mozart et Bach (Carl Philipp Emanuel)
En coopération avec le Concours de Genève 25 novembre 2017 à 19 h 30 Direction musicale Stephan MacLeod Avec Polina Pasztircsák, Anna Kasyan, Marina Viotti, Bénédicte Tauran, Yubeen Kim, Lorenzo Soulès Ensemble Gli Angeli Genève 108 GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE • FANTASIO | N° 59
Directeur de la publication Tobias Richter Responsable de la rédaction Daniel Dollé Responsable de l’édition Aimery Chaigne Collaborations Camille Guignet, Isabelle Jornod, Tania Rutigliani Impression Atar Roto Presse SA ACHEVÉ D’IMPRIMER EN OCTOBRE 2017
ACCOMPAGNER DES PROJETS SOCIAUX OUVRE DE NOUVEAUX HORIZONS. DANS UN MONDE QUI CHANGE,
Passion et partage La Fondation de bienfaisance du groupe Pictet est fière de soutenir le projet «Les jeunes au cœur du Grand Théâtre».
nous nous engageons en faveur de la génération à venir. Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir offrir aux talents de demain l’opportunité de découvrir les joies de l’opéra et du ballet, et peut-être même de susciter des vocations. Les associés du groupe Pictet vous souhaitent une très belle saison 2017-2018.
1H PAR M2 : UN ETUDIANT SOUS MON TOIT Joël Goldstein, directeur de Pro Senectute Genève Lara Duraes, étudiante de l’Université de Genève « Le programme « 1h par m2 » permet de tisser des liens intergénérationnels et de renforcer l’entraide à travers la cohabitation entre seniors et étudiants. »
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BNP Paribas (Suisse) SA, filiale de BNP Paribas, SA au capital de 2 492 925 268 € - Siège social : 16 bd des Italiens, 75009 Paris Immatriculée sous le n° 662 042 449 RCS Paris -Identifiant CE FR76662042449 - ORIAS n° 07022735.
En participant à ce programme de formation,
SAISON1718
OPÉRA | FANTASIO | OFFENBACH
Fantasio Jacques Offenbach
SOUS LE SIGNE DU LION
GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
CHANEL.COM
A POUR L FOIS E R PREMIÈ NÈVE À GE
BOUCLES D’OREILLES OR BLANC ET DIAMANTS COLLIER OR JAUNE, DIAMANTS ET PERLES DE CULTURE
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SAISON1718 59