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Portrait politique Pierre André Senateur maire saint quentin 02

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Portrait politique / Pierre André : à l'ombre du père résistant Pierre André

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-A+ Publié le lundi 16 mai 2011 à 08H49 - Vu 122 fois Fils d’un père résistant torturé et déporté, né deux ans après la guerre, Pierre André aurait pu tout aussi bien militer à gauche. Il est devenu gaulliste par fidélité à son père. Et il continue de préférer la fibre sociale du gaullisme aux débats actuels sur l’identité ou la laïcité. QUAND on sort de l'hôtel de ville de Saint-Quentin, après deux heures de conversation à bâtons rompus avec l'ancien maire, Pierre André, on se dit que notre homme est décidément inclassable. Qu'au vu des idées qu'il professe, il aurait tout aussi bien pu être socialiste, et pourquoi pas communiste. S'il ne l'a pas été ? Peut-être tout bêtement parce que son père, grand résistant, proche des communistes justement, a irrémédiablement été happé par le grand homme De Gaulle au sortir de la guerre. Pierre André ne cache pas l'attachement et l'admiration douloureuse qu'il porte à son père. Sur le mur du bureau qu'il occupe en tant que président de la communauté d'agglomération de Saint-Quentin, il y a toutes ses médailles obtenues pour fait de résistance. Et de même que le superbe édifice de la mairie de Saint-Quentin conserve la trace de l'obus tiré en 1914 par les Allemands qui abattit une partie de la toiture, de même la résistance du père est inscrite au cœur du trajet politique du fils. Le père, Paul André, a appris à piloter les avions et aurait aimé en faire son métier. Marié, ne pouvant intégrer l'école d'aviation de Bordeaux, il entre à la SNCF à titre provisoire à Hirson. Il y reste et devient chef de dépôt. Il faut imaginer ce que représentait la SNCF avant guerre à Hirson. Jusqu'à 1 500 cheminots et un trafic incessant. Pas moins de 150 locomotives arrivent chaque jour à la gare de triage. Elles viennent du Nord et transportent du charbon des mines. Elles viennent de Lorraine, remplies de minerais. Arrive la guerre, puis la défaite. Paul André rejoint le mouvement Résistance-Fer composé principalement de cheminots. Arrêté par la Gestapo, il est torturé à Saint-Quentin (on lui coupe des doigts au rasoir) avant de l'envoyer en camp de concentration de Neuengamme en Allemagne. Il est transféré à Ravensbrück tout juste après que les Américains ont libéré le camp. Si bien que ce sont les Russes qui le trouvent (il pèse alors 30 kilos) et l'emmènent dans leurs bagages. Il passera deux mois en Russie à se gaver d'aliments, prenant 30 kilos à vue d'œil. De toute cette période, Paul André, décédé en 1978, conserve des séquelles physiques. Sa femme Marie-Louise est elle aussi « une héroïne de la résistance », nous explique son fils. « Elle passait des messages et des armes dans le landau de mon frère. C'est une femme extraordinaire qui s'est occupée de mon père grabataire durant neuf ans. »


Même si le père ne s'étend pas sur cette période, le petit Pierre né le 29 juin 1947 à Buire, en a été profondément marqué, comme il le dit aujourd'hui. Et cela a certainement déterminé sa carrière future. Après une scolarité effectuée à Hirson, Pierre André fait des études de Droit à Amiens et à Lille. Atavisme paternel, il aurait aimé être pilote de chasse. Sa mauvaise vue et son peu d'aptitude aux matières scientifiques l'en empêchent. Il aurait aimé aussi être avocat ou journaliste. Les circonstances en décident autrement. « Pendant les vacances, je voulais gagner un peu d'argent. J'ai rencontré Roger Védé, le président de la Chambre de commerce, qui venait de Hirson. Il me dit : ''Si t'as rien à foutre pendant les vacances, je cherche des jeunes pour faire le recensement des commerçants et des industriels du département de l'Aisne''. » Aussitôt dit, aussitôt fait. Encouragé par le président Védé, Pierre André reste finalement à la CCI tout en suivant des cours de droit et de sciences politiques. Parallèlement, il s'engage dans la vie politique en créant, dès 1967, l'Union des Jeunes du Progrès à Laon. Devenu responsable national, il figurera dans toutes les futures instances du mouvement gaulliste. De 1968, il se souvient surtout qu'il était souvent à Paris. « Je tire de cette période qu'on s'est bien marrés. On a passé des bons moments, même avec les gauchistes. » Autre souvenir fort : sa rencontre avec le Général de Gaulle fin 68. « On était cinq ou six dans son bureau, dont Robert Grossmann et Michel Barnier. J'ai eu l'impression d'avoir une statue devant moi. J'étais hypnotisé, tétanisé même. Si bien que quand le général s'est adressé à moi, j'ai été incapable de sortir un mot. » En 1969, il rencontre le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas et devient membre de son cabinet. Robert Galley, ministre des Postes, le sollicite ensuite. Pierre André dit non. « Le marigot de la vie politique parisienne ne me plaisait pas. » Retour donc à la Chambre de commerce, dont il gravit les échelons jusqu'à terminer directeur général de la CCI en 1982. Son premier mandat politique, il l'obtient en 1986. Conseil régional, président de la commission des affaires économiques. Il est réélu en 1992 et devient vice-président du conseil régional de Picardie. Il commence à s'intéresser à la ville de Saint-Quentin. « Je voyais une ville qui était en train de crever. » La ville est alors dirigée par un communiste, Daniel Le Meur. En 1995, contre toute attente, il ravit la mairie avec 58 % des voix. Il récidive en 2001, avec cette fois 72 %. Seul le maire de Neuilly fait aussi bien à la même date. A Nicolas Sarkozy qui le lui fait remarquer, Pierre André réplique avec humour : « C'est vrai, mais tu as dans ta commune autant de personnes qui paient l'impôt sur la fortune que moi de RMIstes. » Troisième mandat obtenu en 2002. Pour raisons de santé, il l'interrompt en 2010, laissant la place à Xavier Bertrand. Bien que sénateur depuis 1998, Pierre André confesse que le mandat qui l'a le plus comblé, c'est celui de maire. Ce dont il est le plus fier ? D'avoir rénové la ville. L'ancien maire se rappelle fort bien de sa première visite dans le quartier Artois-Champagne en 1995. « C'était des petites maisons d'ouvriers. La première que j'ai visitée, il y avait deux centimètres d'eau par terre. Dans la maison d'à côté, il y avait un berceau à côté du mur et sur le mur des champignons. Quand je suis rentré à la mairie, j'ai pris la décision de raser la cité et de tout reconstruire. C'est aujourd'hui devenu l'un des quartiers les plus recherchés. » Autre fierté : que Saint-Quentin soit l'une des villes les plus sportives de France. portraitpolitiquelundi L'union l'Ardennais


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