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L’ESSENTIEL EN GUYANE

A pa mo ki di SI MÊ ME LA GUADELOUPE S’Y MET ! La Guyane, une île ? On a l’habitude de le lire ou de l’entendre ré guliè rement dans des mé dias nationaux ou sur des sites internet. Mê me si cela reste agaç ant, on finit par s’y faire. Mais lorsque c’est un site guadeloupé en qui fait l’erreur, on se dit que là , il y a de l’abus ! Sous le titre « Etude sur le tourisme dans les îles franç aises 2012 » le site atout-guadeloupe.com é voque « la Guadeloupe (qui) se distingue dans les îles franç aises par son nombre d’hô tels supé rieur en comparaison de la Martinique, de la Guyane, de la Ré union… » A quand le tour de Guyane en yole ?

FRANCE-GUYANE Mercredi 21 novembre 2012

Dilo prê te à inonder la Guyane

REPÈ RES Eau de source, eau miné rale

Aprè s des anné es d’attente et d’obstacles, les premiè res bouteilles Dilo dé barquent dans les commerces dè s la fin de cette semaine. La socié té Dilo vise un tiers du marché de l’eau de source vendue en Guyane.

LA PHRASE

Au nom du respect des droits de l’Homme, l’Onag exige que le gouvernement franç ais passe de la parole aux actes. Que les services de base en terme d’eau potable, d’assainissement, de soins et de pré vention, de scolarisation et d’é ducation soient une ré alité sur les territoires dé vasté s par l’orpaillage clandestin Florencine Edouard, coordinatrice gé né rale de l’Organisation des nations autochtones de Guyane (Onag), qui rappelle la promesse de Nicolas Sarkozy, alors pré sident de la Ré publique, lors de sa visite en 2008 à Camopi que les saisies des opé rations Harpie serviraient aux besoins des populations du fleuve

LE CHIFFRE

-27 %

La pluie n’est guè re tombé e, globalement, durant ce mois d’octobre. Mé té o France relè ve ainsi un dé ficit de 27 % par rapport aux normales mensuelles. Octobre 2011, lui, é tait excé dentaire de 104 %. Des diffé rences que l’ « on peut raisonnablement relier, pré cise le bulletin climatique mensuel, aux phases successives La Niñ a puis El Niñ o dans l’océ an Pacifique ». À noter que malgré ce dé ficit, certaines zones du dé partement ont connu des « orages relativement intenses » donnant quelques excé dents comme à Cacao et à Cayenne. Par opposition, Kourou, les rives du Maroni, d’Apatou à Maripasoula et le bas-Oyapock ont connu des dé ficits « assez prononcé s ».

L’eau miné rale naturelle et l’eau de source sont toutes deux des eaux provenant de gisements souterrains. Aucune de ces deux caté gories d’eau ne peut ê tre traité e par des additifs chimiques,ce qui les diffé rencie de l’eau du robinet. L’eau miné rale a pour obligation d’avoir une composition miné rale stable et doit pré senter des miné ralité s particuliè res (richesse en calcium,magné sium,bicarbonates). L’eau de source,comme celle de Dilo,n’a pas l’obligation de garantir une composition miné rale stable.

Dix emplois cré é s Une dizaine d’emplois ont é té cré é s avec une « priorité » donné e aux habitants de Montsiné ry-Tonné grande et Macouria quand cela a é té possible. Ce sont surtout des opé rateurs de ligne d’embouteillage qui ont é té formé s localement. « Nous avons voulu une é quipe polyvalente »,confie Georges Euzet,directeur d’exploitation.

Nouveaux produits

L’usine, installé e savane Lambert à Montsiné ry, peut produire jusqu’à 48 000 bouteilles par jour / photos KA

L

es premiè res palettes ont quitté l’usine hier sous les regards satisfaits des employé s, heureux de voir enfin le bout du tunnel. Dè s vendredi, les Guyanais pourront s’acheter, et goû ter Dilo, la premiè re eau embouteillé e en Guyane. Un aboutissement pour un projet qui n’a jamais é té un long fleuve tranquille.

UN PEU D’HISTOIRE C’est au tout dé but des anné es 2000 que Bernard Lama, ancien gardien de l’é quipe de France et du Paris Saint-Germain, imagine la production d’une eau guyanaise. Une dizaine d’anné es auparavant, le Conseil gé né ral avait lancé une é tude sur le potentiel en eau souterraine du littoral guyanais. Montsiné ry-Tonné grande y est pré senté e comme une zone potentiellement riche. C’est dans cette commune, savane Lambert pré cisé ment, que l’usine est dé sormais installé e. En 2006, la socié té obtient l’autorisation né cessaire pour exploiter. Mais Bernard Lama, qui entre-temps s’est associé avec le groupe guadeloupé en Capes-Dolé , doit absolument produire dans les cinq ans au risque de perdre cette autorisation. Hé las, les obstacles s’enchaînent : les blocages pour l’essence fin 2008 qui provoquent

un é parpillement des maté riaux de construction dans la Caraïbe, puis la fermeture du pont du Larivot engendrent un surcoû t. Dernier frein : l’é lectrification de la zone n’é tant pas pré vue dans l’immé diat, l’usine devait fonctionner sur groupe é lectrogè ne. Mais l’adaptation de la chaîne de production à cette source d’é lectricité s’avè re trop compliqué e. La commercialisation ne peut dé marrer avant les cinq ans, du coup l’autorisation devient caduque. La socié té Dilo demande et obtient en mai 2012 une nouvelle autorisation. L’usine est raccordé e au ré seau é lectrique en juin et est remise en é tat, prê te à produire. Aprè s les premiers tests, l’Agence ré gionale de la Santé (ARS) a donné son vert feu à la commercialisation il y a tout juste quinze jours.

LES OBJECTIFS La Guyane consomme annuellement 16 millions de bouteilles d’eau plate ou gazeuse sous forme d’1,5 litre, 0,5 litre ou 5 litres. « Pour exister de maniè re significative, nous visons 30 à 35 % du marché , plaide Georges Euzet, directeur d’exploitation. Nous nous donnons deux à trois ans pour y parvenir. » Mais dans l’immé diat, il convient de stabiliser l’outil de production, surtout

La socié té Dilo se fait d’abord connaître avec ses bouteilles d’1,5 litre et 0,5 litre. Mais la chaîne de production des bonbonnes de 5 litres est dé jà installé e,et prê te à fonctionner. Il faudra attendre certainement janvier pour les trouver dans le commerce. Avant la fin du premier trimestre 2013,l’usine devrait é galement produire de l’eau gazé ifié e. On pré voit,à terme, de nouvelles formes de bouteilles destiné es aux restaurants notamment. qu’il s’agit d’une activité nouvelle en Guyane. Donc tout est à construire. « Nous allons gagner en productivité en instaurant des partenariats avec des entreprises locales de maniè re aussi à gagner en compé titivité », reprend Georges Euzet. Et pour mieux obtenir l’adhé sion des consommateurs guyanais, la socié té Dilo compte proposer ses produits à des « prix infé rieurs ou é quivalents aux eaux antillaises ». « On s’attend à une concurrence forte », annonce Georges Euzet qui n’exclut pas une baisse de prix des concurrents dè s l’arrivé e de Dilo dans les commerces.

CONTRÔ LES SANITAIRES Chaque jour, la socié té Dilo — qui a son propre laboratoire d’analyses — effectue quelque

70 contrô les bacté riologiques et chimiques sur l’eau. Ces analyses sont effectué es sur la ressource, c’est-à -dire au forage, avant l’embouteillage et lors de la fabrication. Il s’agit de l’autocontrô le, explique Franç ois Bouton, responsable qualité . Puis il y a le contrô le effectué par l’ARS. L’organisme a pré vu d’effectuer des contrô les toutes les semaines lors du lancement de l’activité . Et en dernier lieu, il y a ce que Franç ois Bouton surnomme « le contrô le de l’autocontrô le ». Ré guliè rement, des é chantillons de l’eau sont analysé s par l’Institut Pasteur. « Ce stade n’est pas obligatoire », pré cise le responsable qualité mais la socié té Dilo entend travailler en toute transparence. Jusqu’à pré sent, l’eau a ré pondu à toutes les exigences. Kerwin ALCIDE


Article de presse DILO  

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