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Fugues Août 2026

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Photographe : Andréa ROBERT LEZAK

Modèles : Reid BOURGEOIS, J4DE, Jessy PRÉCIEUSE, CALAMINE et Tranna WINTOUR, photographié-e-s au cœur du Village. Montage graphique : Éric PERRIER

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Yves LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

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Andréa ROBERT LEZAK andrea@fugues.com

CORRECTION/RÉVISION

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Ainsi que Chantal CYR, Logan CARTIER, R. PRATKA, Caroline LAVIGNE, Étienne DUTIL, Patrick BRUNETTE, Steven ROSS, Sébastien THIBERT, Yann LECLERC, Étienne LEDUC et Frédéric TREMBLAY

PHOTOGRAPHES

Pascal FOREST, Andréa ROBERT LEZAK et Chris LAU

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Toute reproduction, adaptation ou traduction est interdite sans l’autorisation de l’éditeur. Les articles publiés n’engagent que leurs auteurs et ne sont pas nécessairement les opinions du magazine. Fugues n’est pas responsable des manuscrits, visuels, dossiers électroniques et photos qui lui sont soumis. Le matériel non sollicité envoyé demeure la propriété de Fugues. La parution du nom ou de la photographie d’un individu dans cette publication n’implique nullement une définition de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. L’exactitude de toute information fournie dans les annonces relèvent de la responsabilité des annonceurs. L’éditeur se réserve le droit de publier ou non tout matériel fourni par les annonceurs et/ou auteurs. La version imprimée et les versions numériques de FUGUES rejoignent plus de 330 000 personnes chaque mois (167 000

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DÉPÔT LÉGAL ISSN 0831-1625

Bibliothèque nationale du Canada, Bibliothèque nationale du Québec et Archives gaies du Québec.

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FUGUES est publié 11 fois par année : 10 numéros mensuels réguliers (de février à novembre, inclusivement), 1 édition double (Décembre / Janvier).

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Fugues est membre de la Chambre de commerce LGBT du Québec et de l'Association québécoise des éditeurs de magazines (AQEM).

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DATES DE TOMBÉES DES PROCHAINES ÉDITIONS

SEPTEMBRE 2026

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 11 août 2026

Réservation publicitaire : 13 août 2026

Matériel publicitaire : 17 août 2026

Sortie : 26 août 2026

OCTOBRE 2026

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 16 septembre 2026

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Matériel publicitaire : 21 septembre 2026

Sortie : 30 septembre 2026

NOVEMBRE 2026

TOMBÉES

Tombée rédactionnelle : 14 octobre 2026

Réservation publicitaire : 16 octobre 2026

Matériel publicitaire : 19 octobre 2026

Sortie : 28 octobre 2026

Les communiqués doivent parvenir à la rédaction au plus tard le lundi précédant la tombée de l'édition.

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MÉLODIE ET GENEVIÈVE PASSENT DE DRAG KINGS À… PARENTS!

PAGE 80

« Rapidement, on a parlé de parentalité et on a rencontré la Coalition des familles LGBT pour savoir comment ça fonctionne. L’organisation nous a offert un super accompagnement!»

Sommaire

août 2026 | no 503

CHRONIQUES / FICTION

08 Autrement dit / Yves Lafontaine

10 Où sont les lesbiennes / Julie Vaillancourt

12 Au-delà du cliché / Samuel Larochelle

14 Par ici ma sortie / Denis-Daniel Boullé

16 Porte Voix / Nicolas Vandal

18 Place au Village / Gabrielle Rondy

60 Arts & Icones / Richard Burnett

174 Sonny issues / Frédéric Tremblay

176 Horoscope / Robert Gareau

ENTREVUES / ACTUALITÉS

20 Espace LGBTQ+

24 Entrevue Marie-Gabrielle Ménard

25 Ottawa renforce son soutien aux organismes 2ELGBTQI+ et aux festivals de la Fierté

26 FMC

FIÈREMENT

FIÈREMENT!

SPÉCIAL FIERTÉ MONTRÉAL PAGE 28

36 Vingt ans de visibilité, de célébration et de résilience

38 Le Show du 20e

40 Journées communautaires

42 La Soirée 100 % Drag

43 Venez rencontrer l'équipe de Fugues!

44 Entrevue DJ Reid Bourgeois

46 La popularité de l’humour queer explose au Québec!

48 Hommage au couple de Roger et Theo

52 Le Tranna Wintour Show et le Comédie queer

54 Entrevue Jeremy Dutcher

55 Queerlesque  / La Course Capotée

56 Entrevue Calamine

57 L’Open Mic Queer / le concours de MISS bear

58 Entrevue Kimmortal

60 Entrevue Andrew Khoury

62 Fairmont met la table pour la Fierté

64 Entrevue Nicki Doll

66 Marché Arc-en-ciel

68 Supernature

70 Le Village se transforme en piste de danse

72 Entrevue Denali

74 Entrevue Jessie Précieuse

76 Popstars Queers et Unikorn

78 Les rois du drag sont arrivés

79 Mur des mémoires queer / Sami Landri et ses ami·e·s

80 Mélodie et Geneviève passent de drag kings à… parents

81 Les pionniers du premier Montréal gai

82 Entrevue Moh Dafok

84 Fierté Littéraire

85 Le traditionnel BBQ lesbien

86 Hommage à l’un des bâtisseurs du Village

88 T-Dance

92 Un Conclave des Sœurs de la Perpétuelle indulgence

93 Une explosion de couleurs et de rythmes trads d’Asie du Sud et du Québec

94 La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), une alliée de la communauté

96 « L’émergence du Village gai de Montréal (1974-1990) » : prise 2

97 La Fierté a ses drapeaux est de retour à l'Esplanade du Parc olympique

98 Guide de survie de santé sexuelle et festive

102 Fierté de Québec

104 Fierté dans la Capitale

CONSOMMATION / FINANCES / BIEN VIVRE

106 Pour faire monter la chaleur estivale, à deux… ou à trois !

107 Accueillir un enfant autrement

108 Au volant

110 Alcool

112 Simon Gauthier, à la conquête du Monde

COMMUNAUTAIRE

114 Groupes lgbtq+

116 Gay Games de Valence

118 Équipe Montréal

125 La Fierté, c'est aussi le droit d'avoir un chez-soi

PETITES ANNONCES

120 Immobilier

121 Annonces classées

QUOI FAIRE / GUIDE-ARC-EN-CIEL

126 Gaspésie

128 Omnium Banque Nationale

130 Dance Now Montreal 2026

132 Josh Thomas

134 Matteo Lane

136 Jonathan Van Ness

138 Concert musical

140 Festival MUTEK

142 The Vampire Lestat

143 À bord de TITANIQUE le phénomène musical reprend la mer en août!

144 Teenage Sex and Death at Camp Miasma

145 L’Héritier des secrets

146 Elle (Ellie)

147 Murdoch Mysteries (Les enquêtes de Murdoch)

148 Canada's Drag Race lance son All Stars

152 NOUVEAUTÉS : LIVRES

CLUBBING / FUGUES Y ÉTAIT

160 Love Festival

162 LIEUX LGBTQ+

166 Week-end Pup Montréal

168 Fugues y était

170 Fugues y était

171 ACT UP Montréal

172 BLUF Montréal

OMNIUM
SIMON GAUTHIER

Chronique autrement dit

Prendre sa place et briller ensemble

Chaque été, le Village change de visage. Les voitures disparaissent, les terrasses s’étendent, les drapeaux arc-en-ciel envahissent la rue Sainte-Catherine. Cette année, ce décor devenu familier prend une signification toute particulière. Le Village célèbre les 20 ans de sa piétonnisation estivale, une initiative de la SDC du Village qui a profondément transformé ce quartier emblématique de Montréal. De son côté, Fierté Montréal célèbre sa 20e édition. Deux anniversaires qui racontent, au fond, une même histoire : celle d’une communauté qui, depuis près d’un demi-siècle, a appris à prendre sa place.

On réduit souvent la Fierté à son Défilé, à ses grands spectacles ou à son ambiance festive. Pourtant, si elle rassemble chaque année des centaines de milliers de personnes, c’est parce qu’elle représente beaucoup plus qu’un simple rendez-vous estival.

Dans un contexte marqué par la montée des mouvements réactionnaires et la multiplication des attaques contre les droits des personnes LGBTQ+, particulièrement les personnes trans et non binaires, la visibilité demeure un geste profondément politique. La Fierté n’est jamais uniquement une célébration de nos victoires ; elle est aussi une réponse collective à celles et ceux qui voudraient nous rendre invisibles.

L’histoire de la Fierté montréalaise ne commence pas avec Fierté Montréal, elle débute en 1979, lorsque John Banks et quelques militantes et militants organisent la première marche de la Fierté. Personne ne savait si cette première marche aurait une suite. Elle en a pourtant eu une. Durant les années 1980, la Fierté se poursuit grâce

à une multitude d’initiatives communautaires, culturelles et commerciales. En 1993, Divers/Cité lui donne un nouvel élan. Pendant 14 ans, l’organisme contribue à faire de Montréal l’une des grandes destinations LGBTQ+ d’Amérique du Nord. En 2007, Fierté Montréal prend le relais et poursuit cette histoire en l’adaptant à une communauté qui continue d’évoluer. Aujourd’hui, l’engagement prend de nouvelles formes, mais son objectif demeure le même : occuper pleinement l’espace public.

Le thème de cette 20e édition, « Briller ensemble », résume bien cet esprit. À une époque où les discours haineux prolifèrent sur les réseaux sociaux, comme dans certaines tribunes politiques, choisir d’être soi-même, ouvertement et sans compromis, devient un acte de résistance. Les revendications ont également évolué. Aux combats historiques pour l’égalité juridique s’ajoutent aujourd’hui des enjeux liés à la santé mentale, à l’accès aux soins, à la sécurité dans les milieux de travail, à l’inclusion des personnes trans et non binaires et à la reconnaissance des multiples réalités qui composent nos communautés.

L’urgence est bien réelle. Partout dans le monde, des centaines de projets de loi ciblent directement les personnes LGBTQ+, particulièrement les jeunes trans. Dans ce contexte, les défilés, les rassemblements et les célébrations prennent une dimension nouvelle : ils rappellent que la visibilité demeure l’un de nos plus puissants outils de mobilisation. Les enjeux changent. Les réalités évoluent. Les débats aussi. Et c’est tant mieux. Une communauté qui débat est une communauté vivante. J’ai eu le privilège de raconter une grande partie de cette histoire comme journaliste. J’ai vu des festivals grandir, des organismes naître, des commerces ouvrir leurs portes, des artistes révéler leur talent et des bénévoles consacrer des semaines de leur temps à préparer quelques jours de célébration. J’ai surtout vu des générations se succéder sans rompre le fil qui les relie.

Avec les années, j’ai compris qu’un événement comme Fierté Montréal ne se résume jamais à sa programmation, aussi impressionnante soit-elle. Derrière chaque spectacle, chaque conférence, chaque kiosque, chaque exposition, chaque activité familiale ou chaque char allégorique se trouvent des centaines de personnes qui travaillent souvent dans l’ombre. On applaudit les artistes — avec raison. Et on devrait applaudir aussi les centaines de bénévoles et d’employé.e.s qui accueillent les visiteurs et visiteuses, montent les installations, règlent les imprévus, assurent la logistique, orientent le public et permettent à cette immense organisation de fonctionner. Toutes ces personnes donnent leur temps avec une générosité extraordinaire, simplement parce qu’elles croient en ce que représente la Fierté.

Il en va de même pour toutes les équipes qui se sont succédé depuis près de 50 ans : les pionnières et les pionniers des premières marches, les organismes communautaires, les commerçant.e.s qui ont contribué à bâtir le Village, la SDC du Village qui célèbre cette année 20 ans d’une piétonnisation devenue l’une des signatures de Montréal, les équipes de Divers/Cité, puis celles de Fierté Montréal. Toutes ont reçu un héritage. Toutes l’ont enrichi avant de le transmettre à la génération suivante.

Lorsque je participe chaque année au Défilé, je regarde bien sûr les chars allégoriques, les milliers de drapeaux qui flottent au-dessus du boulevard René-Lévesque et les artistes qui défilent. Mais je regarde surtout les gens. Les personnes qui ont connu les descentes policières. Celles qui ont traversé les années sida. Les jeunes qui vivent leur première Fierté. Les familles qui applaudissent sur les trottoirs. Les bénévoles qui courent d’un bout à l’autre du parcours pour que tout se déroule sans accroc.

Et je me dis que le plus beau spectacle, c’est celui de cette communauté qui continue, année après année, à créer un espace où chacune et chacun peut respirer un peu plus librement.

Célébrons les 20 ans de Fierté Montréal. Célébrons aussi les 20 ans de la piétonnisation du Village. Et profitons surtout de cet anniversaire pour remercier toutes les personnes qui, depuis 1979, ont rendu cette histoire possible : les militantes et militants des premières heures, les bénévoles, les organismes communautaires, les commerçant.e.s, les artistes, les partenaires, les médias et toutes les équipes qui ont porté la Fierté à bout de bras. Car la Fierté n’a jamais été qu’une fête. Elle est un espace où une communauté se reconnaît, célèbre ses victoires, revendique ses droits, transmet sa mémoire et rappelle à l’ensemble de la société qu’aucune liberté n’est véritable tant qu’elle n’est pas partagée par toutes et tous. Au fond, c’est peut-être cela que nous célébrons vraiment, chaque été : notre droit de prendre pleinement notre place.6

Chronique où sont les lesbiennes

Montréal, ma belle

Pour cette édition d’août, où l’on célèbre la Fierté dans la métropole, j’avais envie de rendre hommage à ma ville natale : Montréal. Je suis fière d’être montréalaise. Puis, question de faire d’une pierre deux coups, je vous propose également de découvrir le film québécois de 2025 qui a inspiré le titre de ma chronique.

Non, ce n’est pas une chronique où je vais vous parler des fameux cônes orange. Sans conteste, il y en a beaucoup à Montréal (quoique j’en ai vu autant à Québec, à Laval ou à Saint-Jérôme dans les dernières semaines ; donc, la métropole n’a pas le monopole !). Cela dit, Montréal possède plusieurs qualités que je souhaite vous rappeler. Je suis native de Montréal et j’ai manifestement un parti pris.

Je me souviens que, jeune, dans ma ruelle d’Ahuntsic, j’ai fait les 400 coups. Je l’aimais, ma ruelle. J’y passais le plus clair de mon temps à courir, à faire du vélo et à jouer avec mes ami.e.s. Montréal compte quelque 4 000 ruelles et elles cachent souvent de beaux joyaux, au-delà des cordes à linge ! Quand j’ai commencé à voyager dans d’autres grandes villes du monde, à 19 ans, je cherchais les ruelles, car je croyais qu’il y en avait dans toutes les grandes villes…

On parle souvent de l’iconique Central Park, à New York, mais Montréal a aussi son poumon au cœur de la ville : le mont Royal et ses points de vue splendides ! Je me souviens d’y être allée, jeune, lors des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, en 1992, marquant la fondation de la ville, en mai 1642, par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Cet anniversaire historique a permis de transformer le visage de la métropole avec l’inauguration, notamment, du musée Pointe-à-Callière, du Biodôme et de la place Émilie-Gamelin. Les festivités comprenaient également le projet Les Ambassadeurs du 350e, organisé par les clubs de vacances de la ville. Douze mille enfants âgés de 6 à 12 ans y ont participé. Ils ont réalisé des messages, sous forme de dessins, de textes ou de bricolages, pour exprimer leur vision

de Montréal aux jeunes qui auraient leur âge en 2142. Parmi ceux-ci, 350 messages, dont le mien (je ne me souviens plus de ce que j’y ai inscrit ; dommage, je ne le saurai jamais de mon vivant !), ont été insérés dans une capsule temporelle enfouie sous une stèle, au pied de la croix du mont Royal. Elle ne sera ouverte que le 17 mai 2142, jour du 500e anniversaire de la fondation de Montréal. Quel hasard… Un 17 mai… la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie (créée sous l’impulsion de la Fondation Émergence, un organisme montréalais) !

D’ailleurs, venons-en au vif du sujet. Montréal est l’une des villes les plus ouvertes au monde à l’égard de l’homosexualité et des réalités LGBTQ+. Si vous n’avez pas eu la chance d’assister aux premiers Outgames mondiaux, tenus à Montréal du 26 juillet au 5 août 2006, sachez qu’il s’agissait d’un événement marquant, qui célèbre d’ailleurs son 20e anniversaire cette année ! C’est lors de cet événement que la Conférence sur les droits humains, qui rassemblait plus de 1 500 délégué.e.s, a mené à l’officialisation du 17 mai comme Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie.

Les Outgames étaient un événement international majeur, axé sur le sport, la culture et les droits humains, ayant rassemblé plus de 10 000 athlètes. Pour quiconque se trouvait au Stade olympique lors de la cérémonie de clôture, c’était grandiose ! J’ai eu l’occasion d’y être, à l’époque, pour tourner un documentaire dans le cadre de mon stage à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse. Voir ces milliers de participant.e.s provenant de plusieurs pays entrer fièrement dans le stade, comme aux Jeux olympiques, c’était quelque chose ! C’est également à ce moment qu’a été proclamée la Déclaration de Montréal sur les droits LGBT. Conçue comme un outil de plaidoyer pour promouvoir et défendre universellement l’égalité et la sécurité des personnes LGBT, elle s’articule autour de plusieurs sphères fondamentales (1).

Enfin, je pourrais bien sûr vous parler de la myriade de festivals et d’événements qui se déroulent dans la métropole, de Fierté Montréal au Festival international de jazz, en passant par les Francos, Osheaga, ÎLESONIQ, LASSO Montréal, le Festival international Nuits d’Afrique, MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CiRQUE, le Festival St-Ambroise Fringe Montréal, le Festival MURAL, le Festival international Présence autochtone, Montréal en lumière, le Festival de cinéma LGBTQ+ Image+Nation, le Festival international de films Fantasia, le Festival du nouveau cinéma, CINEMANIA, le Festival Streetfood de Montréal, Igloofest, L’International des Feux Loto-Québec, etc. Tous ces événements, et j’en passe, démontrent à quel point Montréal est une ville culturellement active, mais aussi diversifiée, unique, vibrante, ouverte et créative, à l’image de ses habitants et de ses quatre saisons.

MONTRÉAL,MABELLE

:LEFILM

Un lecteur m’a suggéré de vous présenter le très beau film de la réalisatrice Xiaodan He, sorti sur les écrans en février 2026, qui relate le parcours de Feng Xia (Joan Chen), une immigrante chinoise et mère de famille de 53 ans vivant à Montréal, qui tombe amoureuse d’une jeune Québécoise (Charlotte Aubin). Si l’histoire est, à première vue, plutôt classique, au rythme du respect des traditions de Feng, qui travaille dans le dépanneur familial, c’est lorsque cette dernière décide de faire l’école buissonnière vis-à-vis de ces traditions pour explorer ses désirs que le récit devient un vibrant hommage à la liberté et à la destinée individuelle.

L’écriture cinématographique de Xiaodan He favorise l’observation. Les scènes sexuelles sont à la fois révélatrices et empreintes d’une douce pudeur, et la réalisatrice fait parler les silences, comme dans la tradition du cinéma lesbien d’ici (la scène où Feng va chez le médecin pour obtenir des explications — qui seront éventuellement liées à ses désirs — rappelle celle où Sarah, dans Sarah préfère la course, consulte son médecin).

S’il est rafraîchissant de voir une femme immigrante d’âge mûr explorer ses désirs lesbiens — un thème rare dans le cinéma québécois —, il est aussi très intéressant de voir Montréal pour tout ce qu’elle a de charmeur : ses parcs verdoyants où foisonnent les activités, ses ruelles, ses dépanneurs, ses cafés, ses escaliers en colimaçon, sous une chaleur estivale étouffante.

Plus encore, le film rend un bel hommage à Montréal, telle une symphonie urbaine moderne, tout en mettant de l’avant les réalités contemporaines de l’immigration dans la métropole. Qui plus est, on y voit Montréal pour ce qu’elle est vraiment : une ville ouverte à la diversité sous toutes ses formes — ethnique, culturelle, sexuelle, de genre, etc. Et, pour avoir beaucoup voyagé, je peux dire que rares sont les villes qui offrent un si bel accueil à la diversité, à l’autre. On s’y sent chez nous. Moi, j’y suis née et j’ai envie d’y rester. Je suis fière d’être montréalaise.6

1-Pour lire ou en savoir davantage sur la Déclaration de Montréal : https://www.declarationofmontreal.org/

2-Montréal, ma belle (1 h 58 , Québec/Canada, 2025), réalisé par Xiaodan He, est disponible sur Prime Video et Apple TV.

L’athlète queer flamboyant qui fait trembler les hétéros !

Jordan Lucas fait capoter les hétéros. Sur plusieurs vidéos virales, on le voit écraser la compétition : l’athlète de volleyball américain possède un smash dévastateur, des sauts d’une hauteur impressionnante et une capacité surhumaine à empêcher le ballon de toucher le sol. Mais il y a « pire » : il ose célébrer ses succès avec flamboyance et féminité, sans jamais s’excuser !

Prenez un instant pour chercher « Jordan Lucas, volleyball » et vous allez découvrir un phénomène ! Jouant pour l’Université de la Californie, l’athlète saute, frappe et se lance au sol pour faire gagner son équipe. Puis, il marche en se déhanchant comme Beyoncé, des bisous imaginaires à la foule, tourne sur lui-même et multiplie les explosions de joie et de fierté avec une flamboyance qu’on a rarement vue dans le sport.

En entrevue au magazine People, le sportif ouvertement gai a dit être habitué aux commentaires négatifs et à la haine depuis le début de sa carrière, mais celle-ci a pris une nouvelle tournure au printemps. Le 9 avril dernier, le commentateur de la chaîne ESPN Charlie Brande, visiblement offusqué par les comportements de l’athlète queer, a

déclaré en direct : « Je suis surpris que Jordan Lucas ne se soit pas déjà fait éclater par quelqu’un. Ses pitreries sous le filet sont de mauvais goût. »

Ce que vous venez de lire ne relève pas de la simple critique. Il s’agit d’un professionnel du monde des médias, écouté par des millions de personnes, qui nous amène dans son esprit pour témoigner de son étonnement que personne n’ait usé de violence pour remettre Jordan à sa place. Un homme qui considère le fait de festoyer de la sorte comme un manque de goût et de respect. À une époque où les violences envers les personnes LGBTQ+ sont en hausse, particulièrement aux États-Unis, il profite de sa tribune pour dire à la population que c’est le genre de réaction qu’il imagine face à Jordan.

Bien entendu, le malaise des hommes de Cro-Magnon face à la flamboyance de certains athlètes n’est pas nouveau. Lors des Jeux olympiques d’hiver de Vancouver, en 2010, les costumes colorés du patineur artistique Johnny Weir avaient fait dire à Claude Mailhot et Alain Goldberg que l’athlète américain devrait compétitionner chez les femmes et passer un test de masculinité (un clin d’œil à la coureuse Caster Semenya, à qui on avait imposé des tests gynécologiques). Des années plus tard, des commentateurs russes ont affirmé qu’ils ignoraient qui faisait l’homme dans le duo formé par Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis.

Bref, on a l’habitude de voir des gens arriérés exprimer leur gêne face à des hommes qui embrassent des codes traditionnellement féminins en patinage artistique, en gymnastique ou dans le monde des arts. Mais ces esprits conservateurs sont moins habitués à voir des hommes queers les dominer dans une discipline impliquant puissance, brutalité et force physique. On n’a qu’à se rappeler l’émoi causé par le repêchage de Michael Sam, premier joueur ouvertement gai sélectionné dans la NFL, en 2014. Si ces petits messieurs connaissaient vraiment le sport, ils sauraient que les queers pratiquent en grand nombre le football, le rugby, le hockey, le water-polo, la boxe, le volleyball et tant d’autres sports exigeant une grande robustesse.

VENEZ NOUS RENCONTRER

La situation de Jordan Lucas révèle une forme d’homophobie qui ne doit pas passer sous silence. Si l’athlète de volleyball célébrait comme les autres gars, il n’y aurait pas de problème. S’il flexait ses muscles, s’il hurlait à la lune, s’il levait les bras avec virilité et s’il déchirait son chandail chaque fois qu’il domine ses adversaires, les commentateurs et les spectateurs bros-mascu-masc n’y verraient aucun problème, parce qu’il exprimerait une exubérance profondément masculine à laquelle ils sont habitués. En effet, les adeptes des traditions vivent mal avec le changement, avec les humains qui n’entrent pas dans une boîte, avec les athlètes gais qui sont meilleurs qu’eux et qui ont l’audace de festoyer en s’inspirant des vedettes féminines de la pop. Ces petits loulous ont la masculinité si fragile qu’un simple pas de travers suffit pour les faire trembler de l’intérieur.

Pourtant, les coéquipiers de Jordan Lucas ne semblent pas avoir de problème avec celui qui leur fait gagner tant de points et de matchs. Sur les vidéos, on les voit sourire et rigoler devant les frasques de leur joueur étoile. Mieux encore : ils prennent, eux aussi, part à certaines chorégraphies fort divertissantes. Jordan obtient également le soutien l’entraîneur de son équipe universitaire, qui le connaît depuis qu’il a 14 ans. Face au tollé suscité par les commentaires désobligeants diffusés sur ESPN, son entraîneur a exprimé sa déception devant de telles paroles et sa reconnaissance de voir autant de gens se rallier derrière Lucas. Depuis quelques mois, le jeune homme enchaîne les vidéos virales sur les réseaux sociaux. Il a fait l’objet d’un reportage dans The Atlantic, a été invité à  Good Morning America, et sa renommée ne cesse de grandir. Comme une réplique de la vie en forme de smash en pleine gueule !6

LE 8 AOÛT 2026 LORS DE LA JOURNÉE COMMUNAUTAIRE

Chroniqueurs, journalistes, graphiste, photographes, l’équipe de direction; quelques-uns de nos précieux collaborateurs seront présent pour vous rencontrz et discutez avec vous !

Chronique par ici ma sortie

Le masculinisme n’est pas une mode, mais un danger

Il est étrange de voir à quel point certains mots peuvent être vidés de leur sens. À force d’être employés à tort et à travers, ils finissent par perdre leur portée. C’est le cas du masculinisme.

Porter une barbe soigneusement taillée, fréquenter un gym ou arborer une coupe de cheveux impeccable fait-il automatiquement de quelqu’un un masculiniste? Évidemment non. Certes, ces choix esthétiques peuvent renvoyer à une certaine mise en scène de la virilité. Mais s’arrêter à cette apparence revient à confondre un style avec une idéologie. Le masculinisme ne se lit pas dans une barbe, des biceps ou une paire de bottes. Il est avant tout un système de pensée. L’histoire récente des hommes gais montre d’ailleurs que la réappropriation des codes de la virilité répond à une tout autre logique.

À partir des années 1970, avec l’émergence des mouvements de libération homosexuelle, les descentes policières dans les bars gais et la violence dont étaient victimes les communautés LGBTQ+, les homosexuels étaient largement perçus comme faibles, efféminés, incapables de se défendre. Cette image, profondément ancrée dans la société, était parfois intériorisée par les premiers concernés. En réaction, une autre représentation de soi apparaît, d’abord aux États-Unis, puis ailleurs. Les figures du cowboy, du militaire, de l’ouvrier et du motard envahissent les magazines gais et la culture populaire. La moustache, la barbe et les corps plus robustes deviennent des symboles d’affirmation. Les Village People incarnent parfaitement ce renversement des codes. Il ne s’agissait pas de revendiquer la domination masculine, mais de refuser l’image du « sous-homme » que la société leur imposait. Cette réappropriation des signes de virilité ne signifiait nullement une adhésion au masculinisme.

denisdanielster@gmail.com

Une deuxième étape survient avec l’épidémie de sida. La maladie, puis certains des premiers traitements, pouvaient transformer les corps et rendre visible la séropositivité. Le sarcome de Kaposi, notamment, laissait des lésions cutanées difficiles à dissimuler. Beaucoup d’hommes gais ont alors accordé une importance particulière à leur apparence physique. Le corps musclé, tonique et souvent épilé devenait une façon de projeter une image de santé et d’échapper aux regards soupçonneux. Le poil, redevenu à la mode quelques années plus tôt, disparaissait parfois parce qu’il pouvait masquer certaines lésions.

Aujourd’hui, chacun compose avec ces codes selon ses goûts. Avec ou sans barbe, avec ou sans pilosité, musclé ou non : les modèles se sont multipliés. Le gym demeure un lieu important pour plusieurs — pas juste pour l’apparence, mais aussi pour la santé —, mais certainement pas pour tous. Les communautés gaies n’ont d’ailleurs jamais été homogènes. Le mouvement bear, par exemple, revendique des corps plus imposants, des ventres assumés, des barbes fournies et une masculinité qui échappe aux canons du corps sculpté.

Plus largement, une véritable liberté de présentation de soi s’est imposée. Certains jouent avec les codes masculins; d’autres les mélangent avec ceux traditionnellement associés au féminin. J’ai un ami dont l’apparence correspond en tous points à l’archétype de la virilité — barbe, moustache et carrure imposante — mais qui porte volontiers une mini-jupe, des talons hauts et des boucles d’oreilles dans la vie de tous les jours, et pas seulement lors d’une soirée dans le Village. L’habit ne fait décidément pas le moine. Même les signes les plus ostensibles de la virilité ne disent rien des convictions profondes d’une personne. Le masculinisme, lui, est ailleurs. Il s’agit d’une idéologie réactionnaire, antiféministe et souvent hostile aux personnes LGBTQ+. Elle défend la domination masculine, réclame un retour aux rôles traditionnels des sexes et présente les hommes comme les véritables victimes d’une société qui serait désormais gouvernée par les femmes ou les féministes.

Ces discours prospèrent aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Ils alimentent une rhétorique de haine envers les femmes et les minorités sexuelles. Certains auteurs de féminicides ou de crimes haineux s’en réclament ouvertement. Le meurtre survenu à Côte-des-Neiges en juin dernier, dont les enquêteurs ont évoqué une possible motivation liée au masculinisme, en est un tragique rappel. Réduire le masculinisme à une question de barbe ou de muscles revient donc à passer complètement à côté de sa véritable nature.

Une question demeure pourtant. Comment expliquer que, malgré les campagnes de sensibilisation, les maisons d’hébergement, les organismes communautaires, le durcissement des peines et les nombreuses politiques publiques, tant d’hommes — parfois très jeunes — continuent de se sentir légitimés à agresser leur conjointe ou à s’en prendre à un couple queer dont le seul « tort » est d’exister?

Les organismes de défense des droits de la personne, tout comme le gouvernement du Canada, constatent une recrudescence des discours haineux et un recul préoccupant du sentiment de sécurité pour plusieurs groupes. Les projets de loi visant à renforcer les sanctions contre les féminicides et les crimes motivés par la haine témoignent de cette inquiétude.

Il ne faut pas oublier non plus que, jusqu’à une époque relativement récente, les idées aujourd’hui portées par les masculinistes étaient largement partagées dans la société. Elles étaient simplement moins visibles parce qu’elles étaient rarement contestées.

Peut-on renverser cette tendance? Sans doute. Par l’éducation, par les familles, par les lois, mais aussi par une culture qui valorise l’égalité plutôt que la domination.

Le défi demeure immense tant que des dirigeants politiques continuent d’être célébrés pour leurs démonstrations de force — militaire, économique ou physique — et servent de modèles à ceux qui associent encore la masculinité à la puissance et à la domination.

Peut-être, au fond, que les hommes gais ont déjà apporté une réponse. En se réappropriant les attributs de la virilité sans reprendre les valeurs du masculinisme, ils ont démontré qu’un même symbole peut raconter une tout autre histoire. À ce compte-là, les masculinistes pourraient presque porter plainte… pour usurpation de leurs codes.6

Chronique porte-voix

La nostalgie d’un Village que je n’ai jamais connu

Parfois, quand je marche dans le Village ou sur la rue Stanley, je me surprends à imaginer les anciens bars gais qui occupaient ces adresses. Le LimeLight, le Bud’s, le Mystique, le Truxx, le P.J. Des noms qui ne disent plus grand-chose à ma génération. Je passe devant ces façades et j’essaie de visualiser ce que c’était. Les néons, la musique qui s’échappait dehors, les files d’attente le vendredi soir. Aujourd’hui, il y a des condos, des bureaux et des commerces qui n’ont plus rien à voir avec ce qui s’y passait autrefois.

Chaque fois que je tombe sur de vieilles anecdotes sur ces lieux, je les dévore. Ce n’est pas pour rien que j’adore passer du temps aux Archives gaies. Je peux rester là pendant des heures à fouiller dans l’histoire, comme si je cherchais quelque chose sans trop savoir quoi. C’est étrange, quand on y pense. Pourquoi ces endroits me fascinentils autant ? Pourquoi est-ce que je ressens de la nostalgie pour des décennies que je n’ai jamais vécues ?

C’est fou parce que je sais que, si une DeLorean pouvait me téléporter en 1978, je tiendrais quatre jours max avant de vouloir revenir en 2026. J’aime beaucoup trop le Wi-Fi, les avancées médicales et mes droits. Alors pourquoi est-ce que je continue à fantasmer sur ces années ? J’ai longtemps cru que c’était un simple attrait pour le vintage, le disco, les moustaches et les pantalons à pattes d’éléphant. Mais, au fond, ce n’est pas ça (sauf peut-être pour les moustaches).

Quand j’en parle avec d’autres gais de mon âge, il y a souvent la même phrase qui revient : « J’aurais tellement aimé voir le Village dans ce

temps-là. » On s’imagine des bars bondés à craquer, un quartier toujours en effervescence où tout le monde finissait par se connaître et où on tissait des liens, juste parce qu’on n’avait pas d’autre choix que de parler à l’inconnu accoudé au comptoir. On romantise probablement trop. Mais le simple fait qu’on soit autant à penser la même chose, je trouve que ça en dit long sur la manière dont on vit maintenant.

Il y a quelques semaines, j’ai passé un week-end dans un chalet avec une trentaine d’hommes gais. La plupart d’entre nous étaient de parfaits inconnus. Pourtant, en moins de deux heures, ça jasait et ça riait comme si on se connaissait depuis toujours. Sur le chemin du retour, je pensais avec une pointe de mélancolie aux belles rencontres que j’avais eu la chance de faire. Puis, j’ai eu une réflexion qui m’a un peu dérangé. Si ces gars-là avaient simplement défilé sur mon écran Grindr, il y en a plusieurs que je n’aurais probablement jamais remarqués. Je suis pas mal convaincu que plusieurs n’auraient jamais remarqué le mien non plus.

Aujourd’hui, une première impression tient souvent dans une photo et une bio de trois lignes. En quelques secondes, on décide si quelqu’un vaut la peine qu’on lui écrive. Sauf qu’un profil ne dit presque rien d’une personne. On ne connaît encore rien de son rire, de sa façon d’écouter, de l’énergie qu’elle dégage.

On peut ouvrir Grindr et voir instantanément des dizaines de gars qui sont à moins de deux kilomètres. Pourtant, combien d’entre nous se sentent plus seuls qu’avant ? Il est là, le paradoxe. C’est probablement la période de l’histoire où il a été le plus facile de rencontrer quelqu’un. On n’a jamais eu autant de choix. C’est peut-être ça, le problème. Il y a toujours un nouveau profil qui apparaît. À un moment donné, on finit presque par avoir peur d’arrêter de chercher. On passe vite d’une personne à l’autre en se disant que le prochain sera peut-être mieux.

Je ne compte plus les fois où j’ai ouvert une appli de rencontre en espérant, secrètement, y trouver une vraie conversation, pour finalement tout fermer trois ou quatre heures plus tard, blasé, en me disant que le monde est donc bien compliqué. Mais ce n’est pas tant le cas. Il est simplement plus filtré. Avant même d’avoir dit « allô », on connaît déjà l’âge, la taille, la position préférée, le signe astrologique et le nom du chien de l’autre. Il reste tellement peu de place à la surprise.

Avant, on finissait par voir les mêmes visages aux mêmes endroits. À force de se croiser, on finissait par se connaître, créer des amitiés naturellement et former une communauté. Aujourd’hui, on peut contacter des centaines de personnes depuis notre lit, tout en se sentant, au bout du compte, complètement seul.

C’est là que j’ai compris que ma nostalgie n’avait rien à voir avec les années 70 ou 80. Au fond, je ne rêve pas d’entrer au Truxx ou au Mystique (quoique, si je pouvais, je ne dirais pas non). Je m’ennuie juste de l’époque où personne ne commençait par : « Salut, tu cherches quoi ? » et où les gens restaient assez longtemps pour découvrir la réponse par eux-mêmes.6

Chroniqueur-es, journalistes, graphiste, photographes, l’équipe de direction; quelques membres de l'équipe seront présent-e-s pour vous rencontrer et discuter avec vous !

Chronique place au village

Le Village, cœur battant de la Fierté

Cher·ère·s lecteur·rice·s, il y a des moments dans l’année où le Village change de rythme. L’énergie est différente. Les terrasses débordent, les rues se remplissent de couleurs, les regards se croisent avec un peu plus de bienveillance et beaucoup plus de paillettes.

La Fierté, c’est exactement ça. Chaque année, quand le mois d’août arrive, j’ai la même impression : celle de voir le Village exprimer, plus que jamais, ce qu’il a toujours été. Un lieu de rassemblement, un refuge, une célébration. Un espace où l’on peut être soi-même, pleinement.

Et cette année, cette émotion est encore plus forte. D’abord parce que nous célébrons les 20 ans de la piétonnisation estivale de la rue SainteCatherine Est. Ensuite parce que, plus que jamais, le Village est le cœur battant du festival.

Pour souligner les 20 ans du Festival Fierté Montréal, le pôle central des célébrations prendra vie ici, pendant toute la durée de l’événement. Dans le Village. Et je dois vous avouer que j’en suis profondément fière.

Cette reconnaissance est le fruit d’une collaboration exceptionnelle développée au fil des dernières années entre la SDC du Village et Fierté Montréal, avec une volonté commune : faire rayonner le Village comme lieu de rassemblement incontournable des communautés 2SLGBTQIA+. Comme l’explique si bien Higino Monteiro , directeur général par intérim de Fierté Montréal : « Cette année, nous avons

GABRIELLE RONDY

Directrice générale de la SDC du Village

GABRIELLE RONDY

Directrice générale de la SDC du Village

voulu recentrer la programmation sur le Village, parce qu'on s'est rendu compte que c'est ici que bat le cœur de la Fierté. Pendant dix jours, nous mettrons en valeur une diversité artistique comme nous n'en avons jamais vue, avec une place importante accordée aux talents locaux et aux communautés. »

Un Village pour tout le monde

Ce que j’aime particulièrement de la programmation de cette année, c’est sa diversité. Il y a des artistes établi·e·s qui font vibrer les foules depuis des années. Il y a la relève, qui montera sur une grande scène pour une première fois, avec audace et authenticité. Il y a des spectacles festifs, des performances touchantes, des activités familiales, des événements communautaires et des rendez-vous plus intimistes. Il y en a pour tous les goûts, tous les âges et toutes les générations. Parce que la Fierté, ce n’est pas un seul public. Ce n’est pas une seule réalité. C’est une mosaïque d’identités, de parcours et d’histoires qui cohabitent et s’enrichissent mutuellement.

Et c’est exactement ce que le Village représente : un quartier où l’on peut venir célébrer, se retrouver, découvrir et simplement être soi-même. Pour découvrir toute la programmation, je vous invite à consulter le site officiel de Fierté Montréal.

Mon conseil ? Laissez-vous surprendre. Osez sortir de vos habitudes. Assistez à un spectacle d’un·e artiste que vous ne connaissez pas encore. Arrêtez-vous devant une performance de rue. Entrez dans un commerce où vous n’avez jamais mis les pieds. Les plus beaux souvenirs naissent souvent des détours imprévus.

Une fierté qui rayonne bien au-delà du Village Dans un contexte où les droits des communautés 2SLGBTQIA+ reculent dans plusieurs régions du monde, chaque édition de la Fierté prend une signification particulière.

Le Village n’est pas seulement une destination touristique ou un quartier festif. C’est un symbole. Un rappel que l’inclusion ne se limite pas à un discours. Qu’elle se construit, jour après jour, dans nos espaces publics, nos commerces, nos institutions et nos communautés. Protéger le Village, le faire grandir et le faire rayonner, c’est envoyer un message clair : ici, la diversité est célébrée. Et ce message est plus important que jamais.

Comme le souligne Claude Pinard : « La Fierté, ça amène une énergie particulière dans le Village : du monde de partout, des familles qui viennent voir le défilé avec leurs enfants, des aînés du quartier qui sortent prendre l'air, et bien sûr toute la communauté LGBTQ+ qui est chez elle ici, et partout à Montréal. C'est un événement phare à Montréal et comme administration, on travaille fort à rendre le quartier plus accueillant, propre et sécuritaire pour que tous s'y sentent bien en tout temps ».

Derrière la fête, tout un village Quand on pense à la Fierté, on imagine souvent les spectacles, les foules et les célébrations. Mais derrière cette magie, il y a énormément de travail. Il y a les commerçant·e·s qui décorent leurs vitrines et adaptent leurs horaires. Les restaurateur·rice·s qui se préparent à accueillir des milliers de client·e·s. Les artistes qui répètent depuis des semaines. Les équipes techniques, les bénévoles, les partenaires et les organismes communautaires.

Il y a aussi notre petite équipe à la SDC du Village, qui travaille depuis des mois pour que chaque détail soit à la hauteur de l’événement. Et il y a notre conseil d’administration bénévole, composé de commerçant·e·s et de partenaires profondément engagé·e·s envers l’avenir du quartier. La Fierté est un travail d’équipe. Et c’est précisément ce qui la rend aussi spéciale. Chaque personne qui y contribue, à sa façon, participe à faire du Village un endroit unique.

Une communauté qui choisit d’être là Je le dis souvent : le Village est bien plus qu’une rue commerciale. C’est une communauté. Une communauté qui se serre les coudes, qui innove, qui se relève et qui continue d’avancer, même quand les défis sont nombreux. Cette année encore, nos membres ont répondu présent. Ils investissent, créent, accueillent et prennent soin du quartier. Et ils peuvent compter sur des partenaires qui croient profondément au potentiel du Village.

C’est notamment le cas de la Caisse Desjardins du Centre-Ville, fidèle alliée de plusieurs de nos projets. Comme l’explique Simon Déry : « Le Village est un moteur économique, culturel et social essentiel pour Montréal. Soutenir sa vitalité, particulièrement pendant la Fierté, c’est investir dans un quartier qui incarne l’ouverture, la créativité et le vivre-ensemble. Nous sommes fier·ère·s d’accompagner la SDC du Village dans cette mission. »

Ces partenariats font une réelle différence. Ils nous permettent de voir plus grand, d’innover et de continuer à offrir des expériences rassembleuses et accessibles.

Mon moment préféré

On me demande souvent quel est mon moment préféré pendant la Fierté. Les grands spectacles ? Le défilé ? Les soirées qui s’étirent sur les terrasses ? La vérité, c’est que ce sont les Journées communautaires. Sans hésiter. Pour moi, ce sont les deux plus belles journées de l’année. Pendant deux jours, la rue Sainte-Catherine se transforme en immense lieu de rencontres. Des organismes communautaires de partout au Québec viennent à la rencontre

du public. Des bénévoles partagent leurs causes avec passion. Des milliers de personnes déambulent, découvrent des ressources, renouent avec leur histoire ou trouvent, parfois pour la première fois, un sentiment d’appartenance. Il y a quelque chose de profondément touchant dans ces moments. On y croise des militant·e·s de longue date et des jeunes qui vivent leur première Fierté. Des familles, des personnes aînées, des allié·e·s, des ami·e·s qui se retrouvent. On y voit toute la richesse et la diversité de nos communautés.

C’est là qu’on réalise que la Fierté, ce n’est pas seulement une série de spectacles ou un grand festival. C’est un mouvement. Un espace de solidarité. Et chaque année, lorsque je prends quelques minutes pour marcher d’un bout à l’autre des Journées communautaires, je ressens la même chose : de la gratitude. De la gratitude envers les organismes qui travaillent toute l’année pour soutenir les communautés. De la gratitude envers celles et ceux qui ont ouvert la voie avant nous. Et une immense fierté de voir le Village devenir, le temps d’un week-end, le point de rencontre de tant d’histoires, de parcours et d’espoirs. Parce qu’au-delà de la fête, c’est là que l’on comprend vraiment ce qu’est la Fierté.

Cet été, on se voit dans le Village Alors, que vous soyez un·e habitué·e du quartier ou que vous veniez pour la première fois, je vous invite à profiter pleinement de cette édition de la Fierté. Découvrez la programmation. Encouragez nos commerces. Applaudissez la relève. Dansez. Chantez. Prenez le temps de regarder autour de vous. Merci de faire vivre nos commerces, d’encourager nos artistes et de contribuer à faire du Village ce lieu unique, inclusif et profondément humain.

Parce qu’au-delà des spectacles et des festivités, ce que nous célébrons, c’est une communauté. Une communauté résiliente, créative et profondément humaine. Et si la Fierté rayonne aussi fort à Montréal, c’est parce qu’elle a un cœur. Et ce cœur, il bat ici, dans le Village. À très bientôt dans le Village! 6

PLACE AU VILLAGE EST RENDU POSSIBLE GRÂCE À LA COLLABORATION DE LA SDC DU VILLAGE. 1211, rue Sainte-Catherine Est,

facebook.com/villagemontreal

Espace LGBTQ+

Près de 12 M$ pour concrétiser trente ans d'ambition communautaire

Après plusieurs années de démarches, de recherche de partenaires et de financement, le projet Espace+Village vient de franchir l'étape qui pourrait tout changer. Les gouvernements du Canada et du Québec ainsi que la Ville de Montréal ont annoncé un investissement conjoint de près de 12 millions de dollars afin de permettre la transformation du bâtiment situé au 929, rue Sainte-Catherine Est en un vaste complexe communautaire LGBTQIA2S+. Plus qu'une simple annonce immobilière, il s'agit de l'aboutissement d'un rêve que le milieu communautaire montréalais poursuit depuis plus de trente ans.

« Grâce à ces annonces, on n'est plus en train de se demander si le projet va fonctionner; on va être en mode réduction des loyers », résume Désirée Nore Duchesne, présidente du conseil d'administration d'Espace LGBTQ+, illustrant le changement de perspective qu'apporte ce financement majeur.

Fondé en 2019, Espace LGBTQ+ s'est donné pour mission de créer un véritable pôle communautaire permanent destiné aux communautés LGBTQIA2S+. L'acquisition de l'immeuble, en 2023, représentait déjà une étape déterminante, mais il restait à réunir les sommes nécessaires pour transformer complètement le bâtiment. L'annonce de cette semaine permet désormais d'envisager une ouverture en 2028.

Les travaux prévoient une réfection complète de l'immeuble, la mise aux normes des infrastructures, l'ajout d'un troisième étage comprenant une mezzanine, un toit vert et une terrasse, ainsi que la création d'espaces multifonctionnels destinés aux organismes communautaires, aux activités culturelles, aux événements et au travail collaboratif.

Déjà, une dizaine d'organismes ont confirmé leur intention d'y emménager, parmi lesquels AGIR, Inclusion Sport, Fierté Montréal, le Conseil québécois LGBT, RÉZO, JuriTrans, le Centre de solidarité lesbienne, le studio ZX et la librairie féministe L'Euguélionne. Tous partagent un même objectif : offrir davantage de services tout en réduisant les coûts d'occupation grâce au partage des ressources et des espaces.

Une idée beaucoup plus ancienne qu'on ne le croit

Si cette annonce suscite autant d'enthousiasme, c'est qu'elle concrétise une idée qui traverse l'histoire récente des communautés LGBTQIA2S+ montréalaises.

Bien avant la création d'Espace LGBTQ+, plusieurs générations de militantes et de militants avaient imaginé réunir sous un même toit les organismes communautaires afin de favoriser la collaboration, de réduire les coûts de fonctionnement et d'offrir à la communauté un véritable lieu de rassemblement permanent. Pendant plus de trois décennies, cette ambition s'est toutefois heurtée aux réalités économiques, immobilières ou politiques du moment. La première véritable tentative remonte au début des années 1990. Après avoir acheté

DATEDGAY

Bonnes festivités de la Fierté à toustes!

l'immeuble du 1335, rue Sainte-Catherine Est, Bernard Rousseau, Robert Duchaîne et Claude Leblanc envisagent d'y créer un important pôle communautaire. L'arrivée du Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal nourrit alors l'espoir de regrouper plusieurs organismes au même endroit. Le projet, rapidement surnommé Le Bloc, repose déjà sur les mêmes principes que ceux d'Espace+Village : mutualiser les ressources, favoriser les collaborations et offrir des loyers abordables. Faute d'un financement récurrent suffisant, l'expérience ne pourra toutefois se développer comme prévu et l'immeuble sera vendu en 1992. L'idée ressurgit au tournant des années 2000 avec le projet d'aménagement de l'ancienne Station C, puis avec un ambitieux complexe envisagé sur un terrain vacant à l'angle des rues Sainte-Catherine et Atateken. Pour porter cette initiative, le Centre communautaire crée même la Fondation Mario-Racine. Malgré plusieurs appuis politiques, la spéculation immobilière et l'absence d'un financement gouvernemental suffisant empêchent une nouvelle fois le projet d'aboutir. Les terrains deviendront finalement l'actuelle Place du Village.

D'autres occasions suivront. Le projet immobilier de l'Olympia prévoit un temps réserver deux étages au milieu communautaire, mais la réduction importante des espaces disponibles et le coût élevé des locaux commerciaux refroidissent rapidement les organismes. Quelques années plus tard, la reconstruction de l'ancien Bourbon semble offrir une nouvelle possibilité. Le promoteur accepte d'y consacrer tout un étage aux organismes LGBTQ+, mais ceux-ci devraient financer eux-mêmes plusieurs millions de dollars de travaux d'aménagement, en plus d'assumer les contraintes liées à la copropriété. Une fois encore, le projet est abandonné.

Ce qui change aujourd'hui

Ces échecs successifs auront toutefois une conséquence déterminante : le milieu communautaire comprend progressivement que son avenir passe par la propriété collective de son propre immeuble plutôt que par des espaces loués auprès de promoteurs privés.

Cette réflexion mène directement à la création d'Espace LGBTQ+, en 2019. La stratégie change complètement. Plutôt que de négocier des espaces dans des projets immobiliers existants, l'organisme décide d'acquérir son propre bâtiment afin d'en assurer lui-même le développement selon les besoins réels des organismes communautaires. L'achat du 929, rue Sainte-Catherine Est, en 2023, marque un tournant.

L'annonce du financement gouvernemental vient maintenant compléter ce qui avait toujours fait défaut aux projets précédents : un bâtiment appartenant au milieu communautaire, un financement public majeur et un modèle de gouvernance pensé dès le départ pour les organismes qui y vivront.

Le financement annoncé représente 7,5 millions de dollars du gouvernement du Canada, 3 millions de dollars du gouvernement du Québec et 1,025 million de dollars de la Ville de Montréal. Pour Steven Guilbeault, député de Laurier–Sainte-Marie, ce projet dépasse largement la rénovation d'un immeuble. Il contribuera à créer « un milieu plus inclusif et mieux outillé pour répondre aux enjeux sociaux d'aujourd'hui et de demain ». La ministre Chantal Rouleau estime pour sa part que cette infrastructure renforcera le tissu social et participera à la revitalisation du Village.

Lorsque les portes d'Espace+Village s'ouvriront en 2028, Montréal ne gagnera pas seulement un nouvel immeuble. La métropole disposera enfin d'un véritable carrefour communautaire permanent où se côtoieront organismes, services, culture, création et engagement citoyen. Une ambition portée depuis plus de trente ans par plusieurs générations de bâtisseurs qui, cette fois, semble enfin sur le point de devenir réalité.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://www.espacelgbtqplus.org

Nos couleurs, notre communauté.

Toute l’équipe de Mazda Gabriel Plateau vous souhaite de bonnes festivités de la Fierté!

Michel Boisjoly

Marie-Gabrielle Ménard

L’engagement du fédéral auprès des communautés

l’heure où les droits des personnes 2ELGBTQI+ sont en recul dans plusieurs régions du monde, où certains pays adoptent des lois homophobes et transphobes et où d’autres demeurent silencieux face à cette régression, il importe de souligner les prises de position du Canada et du gouvernement Carney, qui réaffirment leur engagement envers les communautés 2ELGBTQI+.

C’est notamment pour rappeler cet engagement que la députée d’Hochelaga–Rosemont–Est et secrétaire parlementaire de la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Marie-Gabrielle Ménard, a accordé cette entrevue à Fugues.

Avecuneprisedepositioncommecelle-ci,legouvernements’inscritdansl’héritagedeJustin Trudeau.Commentvoyez-vouslerôleduCanadadanslaprotectiondesdroitsdelapersonne?

MARIE-GABRIELLE MÉNARD : Plus que jamais, dans le contexte international actuel, le Canada est observé. J’ai toujours soutenu que, lorsque nous prenons la parole à l’international en tant que

nation, nous nous adressons aussi à nous-mêmes. En février 2026, j’ai été envoyée par le gouvernement pour représenter le Canada à l’Organisation des Nations Unies dans le cadre de la Commission de la condition de la femme. Lors des échanges informels avec des représentants de différents pays, ce qui revenait souvent depuis le désengagement des États-Unis sur ces questions, c’était de savoir si le Canada continuerait d’occuper la place qui a toujours été la sienne parmi les chefs de file en matière de droits de la personne.

Comme il l’a fait l’an dernier, le premier ministre Mark Carney a tenu à hisser le drapeau arc-en-ciel sur la Colline du Parlement au début du mois de juin afin de donner le coup d’envoi aux célébrations de la Fierté. C’est un geste symbolique, certes, mais qui traduit aussi une volonté politique.

Au-delàdecettedémarchesymbolique,quelssontlesgestesposésparle gouvernementpourendiguerlereculauquelnousassistons?

MARIE-GABRIELLE MÉNARD : Il faut rappeler que notre gouvernement consulte systématiquement les spécialistes des communautés 2ELGBTQI+, de même que les responsables des organismes communautaires. Leur expertise nous permet, notamment dans le cadre des travaux des comités parlementaires, de produire des rapports accompagnés de recommandations. Il existe donc une préoccupation constante du gouvernement à l’égard de l’égalité des femmes et de l’égalité des genres.

On peut également rappeler que le premier ministre a demandé des compressions budgétaires dans plusieurs secteurs, mais qu’il a choisi d’épargner le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres. C’est la preuve qu’il existe une limite au-delà de laquelle les droits, l’égalité et l’inclusion ne sont pas négociables.

Dans le même esprit, on peut souligner le projet de loi visant à lutter contre la haine, adopté en juin dernier. Celui-ci prévoit que les crimes motivés par la haine constituent une circonstance aggravante lors de la détermination de la peine, ce qui concerne notamment les communautés 2ELGBTQI+. Nous avons également reconnu le féminicide et renforcé les dispositions relatives au contrôle coercitif dans le Code criminel. Ce sont des messages très forts qui démontrent qu’il existe une ligne que nous ne franchirons pas.

Nous devons maintenant travailler en collaboration avec les provinces, puisque le Code criminel relève du gouvernement fédéral, alors que l’administration de la justice est de compétence provinciale.

Commentexpliquez-vouslereculauquelnousassistons?

MARIE-GABRIELLE MÉNARD : C’est un phénomène complexe. Ce qui me préoccupe particulièrement, c’est de voir des discours homophobes, transphobes et misogynes être repris par des jeunes. Les réseaux sociaux jouent un rôle d’amplificateur, puisque ces discours circulent désormais à l’échelle internationale. Nous devons nous demander d’où ils viennent, par quels canaux ils se diffusent et comment ils parviennent à rejoindre les jeunes générations.

Nous réfléchissons à la meilleure façon de les contrer. Nous n’avons pas encore toutes les réponses, mais reconnaître le problème constitue déjà une première étape. Nous dénonçons ce recul dans chacune de nos prises de position publiques. Pour mieux comprendre et mieux agir, nous avons besoin d’expertise. Cette expertise se trouve sur le terrain, notamment au sein des organismes communautaires. À partir de cette connaissance, notre rôle, comme gouvernement, est de continuer à renforcer le filet social. Concernant ce recul, on peut également se demander si, comme cela s’est souvent produit dans l’histoire, chaque avancée sociale ne s’accompagne pas d’une forme de résistance. C’est peut-être ce que nous vivons actuellement. Combien de temps cette

CRÉDIT

période durera-t-elle? Je ne le sais pas. En revanche, je sais qu’il faut poursuivre les efforts de prévention, de sensibilisation et d’éducation.

Cettepréoccupationfaceaureculdel’acceptationdespersonnes2ELGBTQI+s’est-elle traduiteparl’annoncefaitele9juindernierparlaministredesFemmesetdel’Égalitédes genres,RechieValdez,d’investissementssupplémentairesdestinésauxorganismesqui œuvrentauprèsdecescommunautésainsiqu’auxfestivalsdelaFiertéafindelesaiderà assumerleurscoûtsdesécurité?

MARIE-GABRIELLE MÉNARD : Cet ajout de financement démontre clairement que le gouvernement est préoccupé par la situation. Il faut rappeler que, dès 2023, des sommes importantes avaient déjà été accordées aux organismes communautaires ainsi qu’aux festivals de la Fierté.

Je sais que, pour plusieurs, ces sommes demeurent insuffisantes compte tenu de l’augmentation constante des coûts de fonctionnement et des difficultés liées au recrutement et à la rétention du personnel. Toutefois, le gouvernement fédéral fait sa part. Comme je l’ai déjà expliqué, le gouvernement actuel démontre, par des gestes concrets, à quel point il est sensible à l’ensemble de ces enjeux.

ACTUALITÉS | GOUVERNEMENT FÉDÉRAL

OTTAWA RENFORCE SON SOUTIEN

AUX ORGANISMES 2ELGBTQI+ ET AUX FESTIVALS DE LA FIERTÉ

Àl'occasion de la saison de la Fierté, le gouvernement du Canada a réaffirmé son engagement envers les communautés 2ELGBTQI+ en annonçant la poursuite de son soutien financier aux organismes communautaires ainsi qu'aux festivals de la Fierté.

Cette annonce survient dans un contexte où plusieurs événements de la Fierté doivent composer avec une augmentation importante des coûts de sécurité et d'assurance, en raison notamment de la hausse des menaces, du harcèlement et des discours haineux visant les communautés 2ELGBTQI+.

Le gouvernement fédéral rappelle qu'il investit 54,6 millions de dollars sur cinq ans, puis  10,9 millions de dollars par année par la suite, afin d'appuyer les organismes 2ELGBTQI+ partout au pays et de renforcer leur capacité à soutenir les communautés, tout en favorisant leur pleine participation à la société et à l'économie.

Cette enveloppe comprend également 7,5 millions de dollars sur cinq ans, puis 1,5 million de dollars par année, destinés spécifiquement aux festivals de la Fierté afin de les aider à absorber l'augmentation des coûts liés à la sécurité et aux assurances, et à continuer d'offrir des événements inclusifs et sécuritaires.

« Lorsque nous hissons le drapeau de la Fierté inclusif-intersexe, nous affirmons le type de pays que nous voulons bâtir : un pays où chaque personne peut vivre en sécurité, contribuer

Alors que les organismes de la Fierté sont confrontés à une hausse des coûts en matière de sécurité, ainsi qu’à des préoccupations croissantes liées à la haine et au harcèlement, le gouvernement fédéral contribue à ce que ces événements puissent se dérouler en toute sécurité et être couronnés de succès. Grâce à des investissements continus dans le secteur 2ELGBTQI+, notamment 54,6 millions de dollars sur cinq ans, puis 10,9 millions de dollars par la suite, le gouvernement fédéral soutient les organismes afin de renforcer les collectivités et de favoriser la participation à l’économie et à la société canadiennes.

Ces investissements comprennent également 7,5 millions de dollars sur cinq ans, puis 1,5 million de dollars par la suite, afin d’aider les festivals de la Fierté à composer avec la hausse des coûts de sécurité et d’assurance, et à continuer d’offrir des espaces sécuritaires et accueillants. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

pleinement et se sentir à sa place. Les festivals de la Fierté rassemblent les gens, renforcent les collectivités et soutiennent les économies locales. Alors que les personnes responsables d'organiser ces événements sont confrontées à des pressions accrues en matière de sécurité, le gouvernement fédéral contribue à faire en sorte que ces espaces demeurent sûrs, accueillants et ouverts à toutes et à tous », a déclaré la ministre des Femmes et de l'Égalité des genres, Rechie Valdez. Le gouvernement souligne que ces investissements visent à assurer la pérennité des organismes et des festivals de la Fierté, alors que plusieurs d'entre eux font face à des défis financiers grandissants et à un contexte marqué par une recrudescence des actes et des discours haineux envers les personnes 2ELGBTQI+.6

SÉBASTIEN THIBERT redaction@fugues.com

LÉGENDE PHOTO : SUR LA PHOTO (DE GAUCHE À DROITE) : JENNIFER MCGUIRE (PTP), ALEXANDRINE TORRES DE FIGUEIREDO, JESSICA LEA FLEMING, JULIE BRISTOW, ALEXANDER NUNEZ, PAIGE HAIGHT, KATIE LAFFERTY, JOY LOEWEN, STUART COXE, KATE ALEXANDER DANIELS, ALLISON BROUGH, DAVID WALBERG (PTP) ET KATY HARDING. PHOTO : AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE PTP.

L’industrie canadienne de l’écran veut passer de l’intention à l’action pour les professionnel·le·s

Alors que la représentation queer et trans à l’écran n’a jamais été aussi visible au Canada, une nouvelle initiative nationale rappelle qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir derrière les caméras. Avec le lancement de Pride in Production, Pink Triangle Press, le Fonds des médias du Canada et plusieurs autres acteurs majeurs du secteur médiatique canadien souhaitent transformer les milieux de travail afin qu’ils deviennent réellement inclusifs pour les personnes 2SLGBTQIA+, avec une attention particulière portée aux personnes bispirituelles, trans, non binaires et de genre non conforme, qui demeurent parmi les plus vulnérables dans plusieurs environnements professionnels.

Pendant des années, les discussions sur la diversité dans les médias se sont principalement concentrées sur ce qui apparaît à l’écran : davantage de personnages LGBTQ+, des histoires plus authentiques et une meilleure représentation des communautés marginalisées. Mais que se passe-t-il au niveau de la rédaction et la scénarisation, dans les bureaux de production, sur les plateaux de tournage ou les studios de jeux vidéo ou au sein des équipes de post-production? C’est précisément la question à laquelle souhaite répondre  Pride in Production, une nouvelle initiative nationale lancée par Pink Triangle Press avec l’appui du  Fonds des médias du Canada (FMC) et de plusieurs entreprises influentes des secteurs du cinéma, de la télévision, du streaming et du jeu vidéo. Son objectif : offrir des outils concrets pour améliorer la sécurité, l’inclusion et le sentiment d’appartenance des professionnel·le·s 2SLGBTQIA+ partout au pays.  Au-delà de l’amélioration des milieux de travail, l’initiative poursuit également un objectif culturel. En permettant aux créateur·rice·s 2SLGBTQIA+ de travailler dans des environnements où ils peuvent être pleinement eux-mêmes, Pride in Production souhaite favoriser l’émergence d’histoires canadiennes plus diversifiées, plus authentiques et plus représentatives de la société multiculturelle du pays, autant pour le public d’ici que pour les auditoires internationaux.

Un fossé entre les valeurs affichées et la réalité vécue À première vue, l’industrie canadienne de l’écran semble pourtant avoir fait d’importants progrès. Des productions marquantes comme Sort Of (mettant en vedette un personnage

principal non binaire),  Empathie (qui intègre notamment un personnage non binaire en parcours d’affirmation de genre et dont le personnage principal est une lesbienne en deuil), ou encore  Heated Rivalry (la série romantique à succès centrée sur une histoire d’amour entre deux joueurs de hockey), témoignent d’une évolution importante du paysage médiatique canadien. Cependant, derrière ces avancées se cache une réalité plus nuancée.

Une vaste étude nationale menée par Pink Triangle Press et présentée lors du Banff World Media Festival en 2024 révèle que 93 % des professionnel·le·s de l’industrie considèrent importante la représentation des personnes 2SLGBTQIA+ à l’écran. Pourtant, seulement 41 % estiment que leurs milieux de travail sont véritablement inclusifs pour ces mêmes communautés. Le constat est encore plus préoccupant pour les personnes trans. Selon cette recherche, les répondant·e·s trans sont celles et ceux qui rapportent le plus faible sentiment de sécurité dans leur environnement professionnel. Une situation qui souligne l’écart persistant entre les discours d’inclusion et l’expérience quotidienne vécue par plusieurs travailleuses et travailleurs du secteur. Pour David Walberg, président-directeur général de Pink Triangle Press, cette contradiction ne peut plus être ignorée. « Notre recherche Pink Paper a démontré un fort soutien de l’industrie envers la représentation 2SLGBTQIA+ dans les contenus et une bonne compréhension de son importance sociale. Mais elle a aussi mis en lumière d’importantes lacunes concernant les expériences vécues dans les milieux de travail de l’industrie canadienne de l’écran », affirme-t-il.

De la représentation à l’inclusion

L’idée derrière Pride in Production est simple : la diversité à l’écran ne peut être durable que si elle est accompagnée d’une transformation des structures qui produisent ces contenus. L’initiative propose une série de formations et d’outils destinés aux organisations de l’industrie. Développé en collaboration avec des expert·e·s du secteur et des spécialistes de l’inclusion, le programme repose sur des données de recherche récentes ainsi que sur les témoignages de personnes 2SLGBTQIA+ travaillant dans l’industrie.

Les formations sont offertes gratuitement aux organisations canadiennes de l’écran et comprennent six modules d’environ trente minutes chacun, conçus pour développer des compétences concrètes en matière d’alliance auprès des communautés 2SLGBTQIA+. Animés par les actrices  Kathleen Munroe  et  Mariah Inger, ils abordent notamment : le langage

inclusif et les notions fondamentales liées à la diversité sexuelle et de genre; l’intersectionnalité; les pratiques d’allié·e·s; la défense des droits en milieu de travail; le leadership inclusif; la création d’environnements professionnels respectueux et sécuritaires.  Au-delà de la sensibilisation, l’objectif est de fournir des outils pratiques permettant aux employeurs, gestionnaires, producteurs et collègues de mieux soutenir les membres des communautés 2SLGBTQIA+. « En travaillant avec nos partenaires de l’industrie et grâce au soutien du Fonds des médias du Canada, nous sommes heureux de mettre à disposition de nouveaux outils qui contribueront à réduire cet écart et à faire en sorte que les professionnel·le·s 2SLGBTQIA+ se sentent soutenu·e·s, respecté·e·s et en sécurité dans leur travail quotidien », souligne David Walberg.

Une mobilisation de l’industrie

L’un des aspects les plus remarquables de cette initiative réside dans l’ampleur des appuis qu’elle reçoit. Parmi les partenaires et conseillers ayant contribué à son élaboration figurent des représentant·e·s du Fonds des médias du Canada, de la Canadian Media Producers Association, ainsi que des dirigeants de sociétés reconnues comme  Shaftesbury, Antica Productions, Catalyst, Blink49 et Accent Aigu Entertainment.  Cette mobilisation témoigne d’une prise de conscience grandissante : l’inclusion n’est plus seulement une question de responsabilité sociale, mais aussi un enjeu stratégique pour la créativité et l’innovation. Pour Mathieu Chantelois, vice-président exécutif aux communications, à la stratégie et aux affaires publiques du Fonds des médias du Canada, les bénéfices dépassent largement la simple équité. « Créer des milieux de travail inclusifs pour les personnes 2SLGBTQIA+ n’est pas seulement une question de justice. Cela permet à l’industrie canadienne de l’écran de donner le meilleur d’elle-même. Lorsque les gens peuvent être eux-mêmes au travail, cela favorise la créativité et produit des histoires plus fortes », explique-t-il.  Il souligne également que cette trousse d’outils offre aux organisations des moyens concrets de faire progresser cette transformation.

Un contexte politique qui donne encore plus de sens à l’initiative

Le lancement de Pride in Production survient à un moment particulièrement significatif. Depuis plusieurs années, l’industrie canadienne s’efforce de renforcer ses politiques en matière de diversité, d’équité et d’inclusion. Ces efforts se sont notamment accélérés après les manifestations mondiales de 2020 à la suite du meurtre de George Floyd, qui ont poussé plusieurs institutions culturelles aux États-Unis et au Canada à revoir leurs pratiques et à ouvrir davantage leurs portes aux personnes noires, autochtones et racisées.  Or, au même moment, les États-Unis assistent à un recul important de plusieurs initiatives de diversité. Sous la pression politique et juridique exercée contre les programmes ÉDI (équité, diversité et inclusion), de nombreuses entreprises américaines ont réduit ou abandonné certaines mesures mises en place au cours des dernières années. Dans ce contexte, la démarche canadienne apparaît comme un signal fort. Alors que plusieurs juridictions remettent en question les politiques d’inclusion, les partenaires de Pride in Production affirment au contraire que la diversité demeure un moteur essentiel du développement culturel et économique.

Pourquoi l’inclusion est aussi une question de création

Les promoteurs du programme insistent sur un aspect souvent négligé : les milieux de travail inclusifs ne profitent pas seulement aux employé·e·s, ils améliorent aussi la qualité des œuvres produites. Lorsque les créateurs et créatrices queer, trans, non binaires ou bispirituel·le·s peuvent évoluer dans des environnements où ils n’ont pas à cacher leur identité ou à craindre des préjugés, ils sont davantage en mesure d’apporter leurs perspectives, leurs expériences et leur créativité aux projets qu’ils développent. Cette réalité est particulièrement importante dans un pays aussi diversifié que le Canada. Des récits authentiques émergent rarement dans des milieux où les personnes concernées ne se sentent pas en sécurité. À l’inverse, des environnements accueillants permettent aux créateurs de raconter des histoires plus riches, plus nuancées et plus représentatives de la société contemporaine. Cette diversité des points de vue permet également à l’industrie

canadienne de mieux refléter la richesse culturelle du pays et de proposer des récits susceptibles de rejoindre un public toujours plus large, tant au Canada qu’à l’étranger. Le succès critique et populaire de productions canadiennes comme  Sort Of, qui a reçu de nombreux éloges pour son approche innovante des identités de genre, démontre d’ailleurs l’appétit du public pour des récits qui reflètent la diversité réelle des expériences humaines.

Un héritage militant qui se poursuit

Le lancement de Pride in Production s’inscrit également dans la continuité de la mission historique de Pink Triangle Press. Fondé en 1971, l’organisme est l’un des piliers du journalisme LGBTQ+ au Canada. Héritier du légendaire journal militant  The Body Politic, il publie aujourd’hui en ligne Xtra Magazine et demeure un acteur majeur de la défense des droits et de la visibilité des communautés 2SLGBTQIA+.  Plus de cinquante ans après sa création, l’organisation continue ainsi d’adapter son action aux réalités contemporaines. Là où les luttes des décennies précédentes portaient principalement sur la visibilité et la reconnaissance légale, les défis actuels concernent davantage l’inclusion quotidienne, la sécurité psychologique et l’égalité réelle dans les milieux de travail.

Un chantier de longue haleine

Personne ne prétend que quelques modules de formation suffiront à éliminer toutes les barrières auxquelles sont confrontées les personnes 2SLGBTQIA+ dans l’industrie culturelle canadienne. Cependant, les responsables de Pride in Production espèrent que cette initiative contribuera à amorcer un changement durable des pratiques professionnelles. La version anglophone du programme est déjà disponible, tandis qu’une version française doit être lancée au cours de l’été 2026.  À terme, l’ambition est claire : faire en sorte que les personnes 2SLGBTQIA+ puissent non seulement voir leurs réalités représentées à l’écran, mais aussi participer pleinement à la création de ces récits dans des environnements où elles se sentent respectées, valorisées et en sécurité. Car si la représentation demeure essentielle, elle ne constitue qu’une partie de l’équation. Derrière chaque série, chaque film ou chaque jeu vidéo célébré pour sa diversité se trouvent des centaines de professionnel·le·s dont le talent ne peut véritablement s’épanouir que dans des milieux où l’inclusion est vécue au quotidien. Et c’est précisément ce défi que l’industrie canadienne de l’écran semble désormais prête à relever.6 YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://www.pinktrianglepres.com/pride-in-production. Ce programme devrait être aussi disponible en français prochainement.

FIERTÉ MONTRÉAL

Vingt ans de visibilité, de célébration et de résilience

Lorsque les festivaliers envahiront les rues de Montréal du 31 juillet au 9 aout 2026 pour célébrer le 20 e anniversaire de Fierté Montréal, plusieurs auront l'impression de participer à une institution ancrée dans le paysage culturel québécois depuis 30 ou 40 ans. Pourtant, l'organisme n'existe que depuis 2007. En à peine deux décennies, il est passé d'une structure créée dans l'urgence pour sauver le défilé de la Fierté à ce qui est aujourd'hui considéré comme le plus important rassemblement 2SLGBTQIA+ de la francophonie.

Son histoire est celle d'une croissance spectaculaire, mais aussi de remises en question, de crises, de débats identitaires et de transformations sociales qui reflètent l'évolution même des communautés LGBTQ+ du Québec.

Une naissance dans l'incertitude Pour comprendre la création de Fierté Montréal, il faut revenir au milieu des années 2000. Depuis 1993, Divers/Cité s'était imposé comme le principal organisateur des célébrations de la Fierté à Montréal, faisant passer le défilé et les activités communautaires d'un événement relativement modeste à un festival reconnu internationalement. Mais à la fin de 2006, à la suite d'une édition déficitaire — en partie causée par la tenue simultanée des Outgames mondiaux —, Divers/Cité annonce son intention de se retirer de l'organisation des activités communautaires et du défilé afin de recentrer sa mission sur une programmation essentiellement culturelle. Cette décision laisse planer un doute sur l'avenir même de la marche de la Fierté montréalaise. Face à cette situation, des leaders communautaires se mobilisent. Avec l'appui de la Ville de Montréal, une nouvelle organisation est créée : les Célébrations de la Fierté LGBTA, qui deviendront rapidement Fierté Montréal. La mission est alors simple, mais ambitieuse : avec seulement quelques mois de préavis, préserver le défilé et offrir aux communautés LGBTQ+ un événement rassembleur à la hauteur de l'importance de Montréal dans le monde queer francophone.

2007 : la première édition

Les 28 et 29 juillet 2007, Fierté Montréal tient sa première édition. L'événement demeure modeste comparativement aux standards actuels : le premier défilé organisé par la nouvelle structure rassemble environ 1 500 participants et plus de 50 000 spectateurs le long du boulevard René-Lévesque. Mais le succès est immédiat — Montréal démontre sa volonté de conserver un événement de la Fierté fort et visible. Dès le départ, les organisateurs comprennent qu'ils héritent d'une double responsabilité : préserver la dimension festive développée par Divers/Cité, tout en maintenant le caractère politique et communautaire qui accompagne les célébrations de la Fierté depuis les premières marches de 1979.

Une croissance fulgurante

Au cours des années suivantes, Fierté Montréal connaît une croissance impressionnante. Le festival allonge progressivement sa durée, multiplie les spectacles gratuits, développe ses partenariats institutionnels et attire des artistes de plus en plus prestigieux. Le Village devient un immense espace piétonnier, et les célébrations débordent peu à peu vers d'autres secteurs de la ville. Le festival se transforme aussi en vitrine internationale. Des délégations venues de partout dans le monde participent au défilé, et des militants de pays où les droits LGBTQ+

sont encore réprimés sont invités à prendre la parole. Cette dimension internationale devient rapidement l'une des marques distinctives de l'événement montréalais. Parallèlement, l'organisme développe un volet de plus en plus actif de représentation politique et communautaire tout au long de l'année.

Une Fierté qui évolue avec les communautés

Entre 2007 et 2026, les communautés LGBTQ+ changent profondément. Au moment de la création de Fierté Montréal, les débats portent encore largement sur le mariage entre personnes de même sexe, obtenu au Canada deux ans plus tôt (et l'union civile au Québec depuis 2002). Les réalités trans sont relativement peu présentes dans l'espace public, et le terme LGBTQ+ lui-même n'est pas encore aussi répandu qu'aujourd'hui. Au fil des ans, le festival adapte son vocabulaire, sa programmation et ses priorités. Les personnes trans, non binaires, bispirituelles, intersexes et asexuelles occupent progressivement une place plus importante dans les célébrations. L'organisme élargit également sa mission pour mieux représenter la diversité culturelle, linguistique et identitaire des communautés qu'il dessert. Cette évolution ne se fait pas toujours sans débats. Comme plusieurs organisations LGBTQ+ à travers le monde, Fierté Montréal est régulièrement appelée à réfléchir à la représentativité de ses instances, à l'équilibre entre militantisme et festivités, ainsi qu'à la place des commanditaires dans un événement issu d'un mouvement de revendication sociale.

Le moment charnière de 2017

S'il fallait identifier une année symbolique dans l'histoire de Fierté Montréal, ce serait probablement 2017. Cette année-là, Montréal célèbre simultanément son 375e anniversaire et le 150e anniversaire du Canada. Le festival présente une édition spéciale baptisée Fierté Canada Pride Montréal 2017, qui attire une attention internationale sans précédent. Le premier ministre Justin Trudeau participe au défilé aux côtés du Taoiseach irlandais Leo Varadkar, premier chef de gouvernement ouvertement gai de l'histoire de l'Irlande. Des milliers de visiteurs convergent vers Montréal pour cette édition historique qui compte une conférence internationale sur les droits. L’autre événement marquant survient quelques jours avant le défilé : le maire Denis Coderre présente officiellement des excuses aux communautés LGBTQ+ pour les décennies de discrimination, de harcèlement et de répression exercées par les forces policières montréalaises entre les années 1960 et le début des années 2000. Ce moment représente une forme de reconnaissance historique des injustices subies par les générations précédentes.

La pandémie : une Fierté réinventée

Comme tous les grands événements internationaux, Fierté Montréal est frappée de plein fouet par la pandémie de COVID-19. Les éditions 2020 et 2021 doivent être repensées : une grande partie des activités bascule vers le numérique, et les rassemblements de masse deviennent impossibles. Pour un organisme dont la mission repose largement sur la visibilité publique et les rencontres communautaires, le défi est immense. La crise révèle cependant la capacité d'adaptation du festival. Spectacles virtuels, conférences en ligne et diverses initiatives numériques permettent de maintenir un lien avec les communautés malgré l'isolement imposé par les mesures sanitaires. Même s'il ne s'agissait pas d'un défilé à proprement parler, la marche qui l'a remplacé en 2021 — sans aucun char allégorique — a plu aux nostalgiques des premières marches militantes.

La crise du défilé de 2022

L'histoire récente de Fierté Montréal ne serait pas complète sans évoquer l'un des épisodes les plus difficiles de son existence. Le 7 août 2022, quelques heures avant le départ prévu du défilé, l'organisme annonce son annulation. La nouvelle provoque un choc immense au sein des communautés LGBTQ+ et dans les médias internationaux. Malgré tout, des milliers de personnes occupent spontanément le parcours prévu et improvisent une marche non officielle de la Fierté dans les rues de Montréal. Les explications fournies par l'organisation — notamment des enjeux logistiques et un manque de ressources humaines — suscitent de nombreuses critiques. La gestion de crise est largement remise en question, et l'événement entraîne une réflexion profonde sur la gouvernance de l'organisme. Cette annulation constitue sans contredit le moment le plus difficile de l'histoire de Fierté Montréal : elle mène à une enquête indépendante, à des changements de gouvernance, à une réorganisation interne et à une importante réflexion sur les mécanismes de gestion du festival. Plusieurs observateurs considèrent même qu'il existe désormais un « avant » et un « après » 2022 dans l'histoire de Fierté Montréal.

Retour aux bases

Les années qui suivent sont marquées par un travail de reconstruction qui se poursuit encore aujourd'hui. L'organisme entreprend un renouvellement de ses instances, revoit certaines pratiques et multiplie les consultations auprès des communautés. Les dirigeants parlent alors de revenir aux fondements mêmes de la Fierté : la solidarité, la visibilité et la défense des droits des personnes LGBTQ+. Dans un contexte marqué par une recrudescence des discours anti-LGBTQ+ dans plusieurs régions du monde, la mission de Fierté Montréal apparaît plus pertinente que jamais.

Une Fierté confrontée à de nouveaux débats

Comme plusieurs organisations LGBTQ+ ailleurs dans le monde, Fierté Montréal doit également composer avec une transformation du militantisme contemporain. Les questions liées aux commanditaires, à la présence policière, au capitalisme arc-en-ciel ou encore à certains conflits internationaux occupent désormais une place importante dans les discussions entourant les célébrations. Cette évolution n'a rien de totalement nouveau. Depuis leurs origines, les mouvements LGBTQ+ ont entretenu des liens avec d'autres luttes sociales, qu'il s'agisse du féminisme, des droits civiques, de la lutte contre le sida ou des combats contre le racisme et les discriminations. Plusieurs observateurs notent toutefois qu'au cours des dernières années, une partie des débats s'est déplacée vers des enjeux géopolitiques qui dépassent parfois directement les réalités vécues par les communautés LGBTQ+ locales. Les controverses

entourant la guerre à Gaza, les appels au boycottage de certains commanditaires ou encore les débats sur la participation de groupes associés à différents camps du conflit israélopalestinien ont ainsi suscité des tensions dans plusieurs événements de la Fierté à travers le monde. Montréal n'a pas échappé à ces discussions, qui ont parfois occupé davantage d'espace médiatique que certaines préoccupations pourtant très concrètes touchant les personnes LGBTQ+ : la montée des discours anti-trans, l'accès aux soins de santé affirmatifs, la santé mentale, l'itinérance chez les jeunes LGBTQ+, le vieillissement des aînés LGBTQ+ ou encore la situation des réfugiés fuyant des persécutions liées à leur orientation sexuelle ou à leur identité de genre. Pour certains militants, cette ouverture vers des enjeux internationaux est une continuité naturelle de l'histoire des mouvements queer, qui ont toujours exprimé leur solidarité envers d'autres groupes marginalisés. Pour d'autres, le risque est de voir la mission première des célébrations de la Fierté se diluer dans des débats où les préoccupations spécifiques des communautés LGBTQ+ deviennent parfois secondaires. Cette tension reflète en réalité l'évolution des communautés elles-mêmes. Plus diverses, plus visibles et plus nombreuses qu'auparavant, elles ne parlent plus nécessairement d'une seule voix. Les débats qui traversent aujourd'hui Fierté Montréal témoignent à la fois de cette richesse et des défis qui l'accompagnent.

2026 : vingt ans et une nouvelle maturité

Vingt ans après sa création, Fierté Montréal est devenue bien davantage qu'une simple marche ou un simple festival. L'événement attire désormais des centaines de milliers de personnes à travers une programmation qui rassemble spectacles, activités communautaires, événements sportifs, initiatives culturelles et, bien sûr, le traditionnel défilé. Il est reconnu comme le plus important rassemblement 2SLGBTQIA+ de la francophonie et l'un des plus grands événements du genre en Amérique du Nord. L'édition 2026, qui souligne officiellement le 20e anniversaire de l'organisme, survient dans un contexte particulier. Alors que plusieurs pays connaissent une montée des discours hostiles aux minorités sexuelles et de genre, les célébrations prennent une dimension politique renouvelée. Les débats sur les droits des personnes trans, la désinformation, les attaques contre les programmes d'inclusion et les reculs observés dans certaines juridictions rappellent que les acquis ne sont jamais entièrement garantis.

Plus qu'un festival

L'histoire de Fierté Montréal est finalement celle d'une institution qui a grandi en même temps que les communautés qu'elle représente. En 2007, l'objectif était d'empêcher la disparition d'un défilé. En 2026, il s'agit de préserver un espace où des centaines de milliers de personnes peuvent célébrer leur identité, revendiquer leurs droits, honorer celles et ceux qui les ont précédées et imaginer l'avenir. Vingt ans après sa fondation, Fierté Montréal demeure confrontée aux mêmes questions fondamentales que les militants qui défilaient déjà dans les rues de Montréal à la fin des années 1970 : comment rendre visibles des communautés longtemps marginalisées, comment créer des espaces inclusifs et comment transformer la célébration en moteur de changement social. La réponse n'est peut-être jamais définitive. Mais après vingt ans d'existence, une chose est certaine : Fierté Montréal fait désormais partie intégrante de l'histoire sociale, culturelle et politique du Québec. Son histoire raconte non seulement celle d'un festival, mais aussi celle d'une communauté qui a appris à occuper l'espace public, à défendre ses droits, à célébrer sa diversité et à affronter les débats parfois complexes qui accompagnent toute société démocratique.

Vingt ans après sa création, l'organisme continue ainsi d'incarner une réalité fondamentale : la Fierté n'est jamais seulement une fête. Elle est aussi un miroir des communautés qu'elle représente — de leurs victoires, de leurs questionnements et de leurs espoirs pour l'avenir.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

LE SHOW DU 20 e

Une soirée pour célébrer nos mémoires

Le samedi 8 août, l'Esplanade du Parc olympique deviendra le cœur battant des célébrations du 20e anniversaire de Fierté Montréal. Le Show du 20e réunira sur une même scène des artistes d'ici et des figures marquantes de la scène queer internationale dans une production grandiose qui promet d'émouvoir autant que de faire danser.

Conçu et mis en scène par  Geneviève Labelle et  Mélodie Noël Rousseau (LIRE L'ENTREVUE AUX PAGES 80-81), le spectacle propose un véritable voyage à travers les vingt dernières années de Fierté Montréal et les décennies précédentes qui ont façonné les communautés 2SLGBTQIA+. Plus qu'une succession de performances, cette création multidisciplinaire raconte l'histoire de nos lieux de rassemblement, de nos nuits, de nos luttes et de nos célébrations, ces espaces de liberté qui ont permis à des générations de se rencontrer, de résister et d'inventer de nouveaux mondes.

La soirée s'ouvrira dans un immense élan collectif avec un Grand Sing Along animé par Sasha Baga et l’animatrice de karaoké Manon Vendette, avant de laisser place à des prises de parole — dont celle de la militante Claudine Metcalfe, anciennement directrice du magazine Gazelle, de l’organisme Dire enfin la violence et journaliste à Fugues) — soulignant l'importance de préserver les acquis des communautés 2SLGBTQIA+ et les revendications actuelles.

Le public sera ensuite entraîné dans une traversée des décennies. Les années 1970 prendront vie grâce à Mundo Disko, avant que les années 1980 ne rendent hommage à l'explosion de la culture club avec l'icône internationale Lady Bunny et un défilé signé House of Venus, inspiré de l'esthétique flamboyante des club kids. Les années 1990 feront revivre l'énergie des grandes

soirées dance avec Ève Salvail (Evalicious) et une série de tableaux vivants recréant l'ambiance de cette époque. Le passage aux années 2000 célébrera les 20 ans des OutGames de Montréal ainsi que deux décennies de performances des danseurs d’À Pieds Levés, avant que la sensation pop Chrissy Chlapecka, suivie par près de cinq millions d'abonné·es sur TikTok, ne fasse souffler un vent résolument contemporain sur la scène.

Enfin, la soirée culminera dans une finale spectaculaire réunissant les artistes de cirque du Monastère et DJ Monib, dans une ultime célébration où le cirque, la musique électronique et l'énergie du public se fondront en un même mouvement.

À travers cette fresque musicale et visuelle, Le Show du 20e rappelle que la Fierté est bien plus qu'une fête. C'est une mémoire collective, un héritage construit par celles et ceux qui ont ouvert la voie, mais aussi une invitation à demeurer vigilants. À une époque où les droits des personnes 2SLGBTQIA+ sont remis en question dans plusieurs régions du monde, ce spectacle rappelle, par la force des arts, que la visibilité, la solidarité et la célébration demeurent des gestes profondément politiques.6

CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Le Show du 20e, le samedi 8 août 2026, de 17h à 23h, sur la Scène TD de l'Esplanade du Parc olympique, dans le cadre de Fierté Montréal.

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JOURNÉES COMMUNAUTAIRES

Le cœur de Fierté Montréal

Pendant deux jours, la rue Sainte-Catherine prendra des allures de grand carrefour de la diversité, de la solidarité et de l'engagement communautaire. Plus d'une centaine d'organismes, d'équipes sportives, d'associations culturelles et de groupes de défense des droits s'y donneront rendez-vous à l'occasion des Journées communautaires de Fierté Montréal, les vendredi 7 et samedi 8 août. Gratuit et ouvert à toutes et à tous, l'événement invite autant les membres des communautés 2SLGBTQ+ que le grand public à découvrir un milieu communautaire aussi dynamique qu'essentiel.

Bien plus qu'une foire d'information, cet événement est devenu, au fil des ans, l'un des rendez-vous les plus rassembleurs du festival. Des chorales aux équipes de tennis, de la danse country aux organismes de soutien aux personnes vivant avec le VIH, des regroupements fétiches à Fierté agricole — oui, il existe bel et bien des agricultrices et des agriculteurs LGBTQ+ — en passant par les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, les visiteurs découvriront toute la richesse et la diversité d'un milieu communautaire qui œuvre chaque jour au bien-être des communautés 2SLGBTQ+.

Et le rendez-vous ne cesse de prendre de l'ampleur. « L'an dernier, nous avons accueilli plus de 120 000 personnes sur les deux jours, en comptabilisant les représentantes et représentants des groupes communautaires ainsi que les visiteuses et visiteurs », souligne Charlotte Gori, chargée du Défilé et des Journées communautaires à Fierté Montréal.

Installées sur la rue Sainte-Catherine, entre les rues Saint-Hubert et Papineau, ainsi que sur une portion de la rue Atateken, les Journées communautaires attireront encore cette année des dizaines de milliers de Montréalaises, de Montréalais, de touristes et de visiteurs venus

de partout au Québec pour découvrir les organismes qui font vivre les communautés tout au long de l'année. « Les gens reviennent d'année en année, c'est ça aussi qui est beau à voir, et c'est l'élément clé des Journées communautaires. Ce sont aussi les gens, avec les groupes, qui créent cette ambiance et cette atmosphère chaleureuse », poursuit Charlotte Gori.

L'organisation de l'événement repose également sur une étroite collaboration avec la Société de développement commercial (SDC) du Village. « Nous collaborons main dans la main avec la SDC du Village. Elle nous aide et nous appuie dans nos démarches avec la Ville, entre autres », précise-t-elle.

De son côté, le directeur général par intérim de Fierté Montréal, Higino Monteiro, souhaite poursuivre le développement de cet important rendez-vous communautaire.

« Ce seront deux belles journées. Il y a déjà un très bon niveau de participation. On discute beaucoup avec les groupes des autres régions pour voir comment on peut faciliter leur participation aux Journées communautaires de Montréal. Nous avons envie de développer un "espace régions", de les intégrer encore davantage à cet événement si important pour les communautés queers. »

Carrefour du milieu communautaire

Les Journées communautaires offrent un portrait saisissant de la diversité des services et des activités qui existent au sein des communautés 2SLGBTQ+. « Il y aura bien sûr des équipes sportives et de loisir, des groupes pour les familles, des services d'aide juridique, des organisations culturelles, de l'aide alimentaire, etc. Cette année, je crois qu'il y a une certaine emphase sur les services destinés aux personnes vulnérables, notamment aux

personnes réfugiées ou immigrantes 2SLGBTQ+ qui ont besoin d'un accompagnement pour leurs démarches de résidence, d'aide juridique ou de conseils pratiques. Même si ce ne sont pas des organismes LGBTQ+, il y aura également des groupes œuvrant en environnement, par exemple. Il y a réellement une très grande diversité d'organisations qui viennent s'installer durant ces deux jours et qui sont des alliées des communautés 2SLGBTQ+ », explique Charlotte Gori.

Pour elle, ces deux journées représentent bien davantage qu'un simple rassemblement. « Ce sont des journées phares et fortes. » Montréal possède un réseau exceptionnel d'organismes communautaires, sportifs, sociaux et culturels, une réalité qui saute aux yeux lorsque tous ces groupes se retrouvent réunis au même endroit. « Il y a un gros réseau d'aide et d'entraide. C'est super intéressant de voir ça, mais aussi d'observer les interactions entre les groupes eux-mêmes », souligne Charlotte Gori.

Elle rappelle également que si Fierté Montréal assure toute la logistique de l'événement, les véritables artisans de son succès demeurent les organismes eux-mêmes. « Nous sommes toujours impressionnés de voir toutes ces organisations communautaires et les nombreuses personnes qui les représentent. Nous, on s'occupe des tentes et des tables, et le reste n'est plus de notre ressort. Nous faisons le 1 % et eux réalisent les 99 % restants. C'est vraiment beau à voir et à constater, et je crois que ce sera encore plus beau cette année. »

Un événement en constante évolution Face à la popularité grandissante des Journées communautaires , l'organisation doit continuellement repenser l'aménagement des lieux. « C'est la troisième année que nous occupons une partie de la rue Atateken. Il nous faut constamment trouver des solutions afin d'accueillir le plus grand nombre de groupes possible », explique Charlotte Gori. Cette année, les Journées communautaires compteront également sur l'appui de Cabenuva (ViiV Soins de santé), partenaire et présentateur officiel de l'événement. « C'est notre partenaire et notre présentateur officiel, mais c'est aussi un grand allié », souligne-t-elle. L'édition 2026 coïncide également avec le recentrage de Fierté Montréal vers le Village et avec l'installation de la scène Loto-Québec à l'angle des rues Sainte-Catherine et Papineau pour toute la durée du festival. « Il y aura des gens attirés par les Journées communautaires, les kiosques et les spectacles. D'autres viendront aussi pour la programmation des vendredi et samedi soirs. Le Village sera très animé. Ce sera un beau mélange de clientèles, à la fois dans un esprit festif et communautaire », conclut Charlotte Gori.

Au-delà de l'effervescence et de l'ambiance festive, les Journées communautaires rappellent que Fierté Montréal ne se résume ni aux spectacles ni au Défilé. Elles donnent surtout un visage au vaste réseau de bénévoles, d'intervenantes et d'intervenants, d'associations et d'organismes qui, tout au long de l'année, accompagnent, défendent, accueillent et rassemblent les communautés 2SLGBTQ+. Pendant deux jours, ce travail souvent discret occupe le devant de la scène. Et c'est sans doute ce qui fait des Journées communautaires le véritable cœur de Fierté Montréal. Une occasion privilégiée de découvrir les organismes qui, 365 jours par année, font vivre les communautés 2SLGBTQ+ bien au-delà de la période des célébrations.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Journées communautaires de Fierté Montréal, les Vendredi 7 et samedi 8 août 2026, de 11 h à 18 h. Rue Sainte-Catherine Est, entre les rues Saint-Hubert et Papineau, ainsi que sur une portion de la rue Atateken. Activité gratuite et ouverte à toutes et à tous. Plus de 100 organismes, équipes sportives, associations et groupes communautaires réunis dans le cadre de Fierté Montréal

ÉQUIPE DU FUGUES.

PHOTO : PASCAL FOREST / LA BELLE

VENEZ RENCONTRER L'ÉQUIPE DE FUGUES!

Depuis 42 ans, Fugues accompagne les communautés 2SLGBTQIA+ du Québec à travers ses reportages, ses entrevues, ses chroniques, sa revue de l’actualité culturelle, ses photos du mois, ses guides et ses prises de parole.

Mais derrière chaque article se trouvent des journalistes, des chroniqueuses, des chroniqueurs, une équipe de vente et de production et autres passionné-e-s qui racontent, mois après mois, les réalités, les enjeux et les célébrations de nos communautés. À l'occasion des  Journées communautaires de Fierté Montréal, nous avons eu envie de créer un moment privilégié avec vous. Le samedi 8 août, plusieurs membres de l'équipe rédactionnelle et de production seront présents à des créneaux horaires différents (voir ci-dessous) au kiosque de Fugues afin de rencontrer les lectrices et lecteurs du magazine ou du site web. Ce sera l'occasion d'échanger sur les sujets qui vous tiennent à cœur, de discuter des coulisses de nos reportages, de poser vos questions, de partager vos suggestions... ou simplement de venir dire bonjour à celles et ceux qui donnent vie au magazine tout au long de l'année.

Vous aimeriez savoir comment naît une idée d'article? Discuter avec l'un de nos chroniqueurs? Rencontrer une journaliste dont vous lisez les textes chaque mois? Ou encore faire signer un exemplaire de votre numéro de  Fugues? Nos collaboratrices et collaborateurs seront heureux de prendre un moment pour échanger avec vous dans une ambiance conviviale. Vous avez un projet futur ou des services que vous aimeriez faire connaitre au public? Parlez-en à l’équipe de vente.

Parce que Fugues, ce sont bien sûr des pages imprimées et un site Web, mais c'est surtout une communauté qui se construit grâce aux rencontres, au dialogue et à la confiance que vous nous accordez depuis toutes ces années. Nous espérons vous voir en grand nombre au kiosque pour célébrer ensemble cette Fierté 2026!

Horaire des rencontres avec l'équipe de rédaction (horaire indicatif)

11 h à 12 h Yves Lafontaine, André Robert Lezak, Richard Burnett

12 h à 13 h Yves Lafontaine, Denis-Daniel Boullé, André Robert Lezak, Richard Burnett

13 h à 14 h André C. Passiour, Denis-Daniel Boullé, Frédéric Tremblay, Benoit Migneault

14 h à 15 h Robert Gareau, André Robert Lezak, Frédéric Tremblay, Benoit Migneault

15 h à 16 h Samuel Larochelle, Robert Gareau, André Robert Lezak, Nicolas Vandal

16 h à 17 h Samuel Larochelle, Yves Lafontaine, Robert Gareau, Nicolas Vandal, R. Pratka

17 h à 18 h Yves Lafontaine, Marc Landreville, Nicolas Vandal, André Robert Lezak, R. Pratka

Au moins un membre de l’équipe de vente (Marc Landreville et Réal Lefebvre) sera également sur place entre 11h et 18h. 6

INFOS | Samedi le 8 août 2026, de 11 h à 18 h, dans le cadre des Journées communautaires de Fierté Montréal. L’espace précis sera connu autour du 31 juillet (mais devrait se situer rue Sainte-Catherine est, entre les rues Alexandre-deSève et Atateken). Surveillez le site web de fugues.com et notre infolettre pour plus de détails ou faites le tour des kiosques pour nous trouver.

La Soirée 100 % Drag

S'il y a un spectacle devenu incontournable de Fierté Montréal, c'est bien  La Soirée 100 % Drag . Année après année, des dizaines de milliers de personnes se rassemblent devant la scène TD de l'Esplanade du Parc olympique pour assister à ce qui est devenu le plus grand spectacle drag présenté au Québec, sinon en Amérique du Nord.

Pour cette édition 2026, Fierté Montréal voit les choses en grand. À l'animation, deux figures emblématiques de la scène drag québécoise uniront leurs talents : Rita Baga, véritable ambassadrice du drag canadien sur la scène internationale, et  Barbada, reconnue autant pour son humour que pour son énergie contagieuse.

Conçue et dirigée artistiquement par BGB, la compagnie fondée par Rita Baga, cette production monumentale réunira sur une même scène plusieurs vedettes des différentes franchises de  Drag Race, venues du Canada, des États-Unis, de la France, de la Thaïlande et d'ailleurs, tout en offrant une place de choix aux artistes qui font rayonner la scène drag montréalaise tout au long de l'année.

Parmi les têtes d'affiche figurent notamment  Jorgeous, Nicky Doll, Denali, Pangina Heals, Coco Montrese, Tynomi Banks, Vivacious, Gisèle Lullaby, Lady Boom Boom, Suki Doll, Sami Landri et Paolo Perfeccion. À leurs côtés, plus d'une quarantaine d'artistes d'ici monteront sur scène, illustrant toute la diversité de l'art drag contemporain : drag queens, drag kings, créatures, artistes émergents et figures établies partageront les projecteurs dans un spectacle où les numéros s'enchaîneront à un rythme effréné.

Le public pourra notamment applaudir  Alastair Sin, Bambi Dextrous, Bobépine, Casanova, Clay Thorris, Collin YourMom, Crystal Starz, Demone LaStrange, Derek Wood, Dill Spickle, Diva on a Dime, Dolores Diamonds, Endrix, Esirena, Fabien L'Amour, Foxy Lexxi Brown, Jay Show, Jessie Précieuse, LaDrag On-Fly, Lady Guidoune, Lady Magpie, Lana Dalida, Lulu Shade, Marla Deer, Misty Waterfalls, Moh Dafok, Natachatte, Peggy Sue,  Prudence, Sarah Winters, Sasha Baga, Serge La Drag, Tom Foolery, Val the Freak, Velma Jones, Victoire de Rockwell, Walter Ego et Yannick Rockstor.

Dans une entrevue accordée à Fugues en juin dernier, alors que son alter ego Guèvremont s'apprêtait à monter sur scène dans  Titanique, son premier grand rôle masculin, Rita Baga expliquait vouloir faire de La Soirée 100 % Drag qu'une simple succession de prestations de vedettes de l’univers Drag Race est de « célébrer toute la richesse de l'art drag, dans toutes ses formes, en mettant en lumière autant les grandes figures internationales que les artistes qui font vivre cette discipline au quotidien sur les scènes montréalaises ».

Cette vision se reflète pleinement dans La Soirée 100 % Drag, devenue au fil des ans l'un des événements les plus populaires de Fierté Montréal. Rares sont les occasions où autant d'artistes, de générations et de styles différents se retrouvent réunis sur une même scène. Des vedettes internationales aux talents émergents, des queens aux drag kings, en passant par les créatures et les artistes de la scène alternative, le spectacle offre un véritable portrait de la richesse, de la diversité et de l'effervescence de la communauté drag d'ici et d'ailleurs. Le résultat promet un spectacle à grand déploiement où glamour, humour,

Rira Baga
Coco Montrese
Pingana Heals
Suki Doll
Gisele Lullaby
PHOTO : VICKY GOSSELIN

danse, performance, créativité et extravagance se côtoieront dans une ambiance résolument festive. Que l'on découvre l'univers du drag pour la première fois ou que l'on soit un fidèle de la scène montréalaise,  La Soirée 100 % Drag demeure l'un des rendez-vous phares de Fierté Montréal.

À lire également dans cette édition de Fugues : nos entrevues exclusives avec Denali et Nicky Doll, deux des grandes vedettes internationales de cette édition, ainsi qu'avec les drag queens  Jessie Précieuse et Moh Dafok. Découvrez également notre article consacré aux drag kings — Clay Thorris, Casanova, Fabien L'Amour, Velma Jones et Walter Ego — qui contribueront eux aussi à faire de cette soirée un rendez-vous unique. 6 YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

La Soirée 100 % Drag — Vendredi 7 août 2026, de 19 h 30 à 23 h, à l'Esplanade du Parc olympique – Scène TD (4545, avenue Pierre-De Coubertin, Montréal).  Animation : Rita Baga et Barbada. / Concept et direction artistique : BGB.

Derek Woods
Dill Spickle

S’il est originaire de Saskatchewan, le DJ Reid Bourgeois est désormais bien établi – et visiblement complètement charmé – par sa ville d’adoption, Montréal. Durant le festival Fierté Montréal, celui qui a entre autres été remarqué pour son remix de la chanson Cozy, de Beyoncé, sera du Mega T-Dance, le spectacle de clôture de l’événement, le 9 août.

Commenttesens-tuenvuedetonspectacleàFiertéMontréal?

DJ REID BOURGEOIS : Je suis très excité. J’ai fait un spectacle pour la première fois [pour le festival] en 2018 au Parc des Faubourgs. C’est drôle, car j’habitais encore à Regina, en Saskatchewan, à l’époque : c’était donc mon premier concert à Montréal avant de m’y installer. J’ai l’impression de revenir avec une envie de revanche, car j’avais joué sous une tente, sur une scène bien plus petite. C’est donc sans aucun doute le moment fort de mon été. Je l’ai expliqué à mes amis et à ma famille en leur disant : « C’est mon moment “Super Bowl”, et ça fait tellement d’années que j’attends ça. » Et c’est un immense honneur de pouvoir en quelque sorte représenter la ville et de participer à un festival qui a tant d’importance.

Commentdécrirais-tutonstylemusical?

DJ REID BOURGEOIS : Mes plus grandes sources d’inspiration sont sans aucun doute Danny Tenaglia et David Morales. Je m’inspire donc beaucoup de l’énergie qui régnait au Stereo à l’époque, par exemple, ou de nombreux artistes que l’on voit actuellement au Stereo. Je suis

DJ Reid Bourgeois, prêt à vivre le «

moment

fort » de son été à Fierté Montréal

ancré dans le minimalisme, mais je pense que la musique dance doit rester ludique. J’essaie donc toujours de mon mieux d’intégrer des voix ou une mélodie entraînante par-dessus un beat bien ficelé et énergique.

Qu’est-cequit’ainspiréàfaireleremixdelachansonCozydeBeyoncé?

DJ REID BOURGEOIS : Tout cet album regorge d’échantillons provenant de différents artistes house et de diverses icônes de toutes les époques. Il est très ancré dans la house, mais je voulais créer un morceau un peu plus rapide, prêt à être joué en boîte. Je souhaitais donc conserver l’essence de l’original, tout en le modernisant d’une manière qui rappelle un peu le deep tech contemporain. C’est dans ce sous-genre que je l’ai produit. Et oui, c’était vraiment génial de voir qu’un projet que j’ai réalisé en trois ou quatre heures environ s’est en fait transformé en une sorte de hit international, et qu’il est régulièrement diffusé partout dans le monde. C’est drôle, on ne sait jamais ce qui va se passer. Je passe parfois une quarantaine d’heures sur un projet sans qu’il décolle vraiment comme je l’espérais, et là, celui-ci, je l’ai pratiquement réalisé sur la table de ma cuisine, et les gens l’ont adoré.

TuesmaintenantbieninstalléàMontréal?Qu’aimes-tudeMontréalentantqueDJ?

DJ REID BOURGEOIS : Montréal est ma ville préférée pour mixer. Je trouve que les gens d’ici comprennent vraiment ce qu’est la joie de vivre et savent simplement s’amuser. Et pour moi, ça se voit : les gens bougent au rythme de la musique, pas des paroles. Cela dit, j’ai eu l’occasion de mixer à Mexico et un peu partout aux États-Unis, et on constate que certaines régions ont des sous-genres musicaux bien plus populaires que d’autres. J’essaie donc d’intégrer cela dans ce que je fais, tout en restant fidèle à moi-même.

Sens-tu qu’il y a encore du jugement envers les personnes LGBTQ+ dans l’industrie de la techno/DJ?

DJ REID BOURGEOIS : Ouais, je trouve qu’il y a une certaine ironie là-dedans, parce que la musique dance est, historiquement, très noire et très queer, et qu’elle s’adresse aux personnes en marge de la société. J’ai l’impression que lorsque je contacte de nombreuses boîtes hétéro, je n’obtiens aucune réponse. Beaucoup de gens m’ont pris de haut, par exemple quand j’essaie de leur serrer la main et qu’ils me reconnaissent. Donc, visiblement, les gens savent qui je suis, mais décrocher ces contrats peut s’avérer vraiment difficile. Il est donc clair qu’il existe parfois des obstacles pour accéder à ces grandes scènes, simplement parce qu’un certain type de musique est associé à moi, ou parce que je suis fondamentalement différent, j’imagine.

Quelquechoseàajouter?

DJ REID BOURGEOIS : Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai vraiment hâte d’être à Fierté Montréal. J’ai quatre concerts prévus pendant la saison de la Fierté. L’autre événement qui m’emballe le plus, c’est ma soirée « Visceral ». Elle est organisée par mon ami D’Jimi et moi-même. Nous sommes profondément ancrés dans la house progressive, donc très minimaliste, et le mot « viscéral » signifie en soi « qui relève du corps », c’est-à-dire quelque chose que l’on ressent profondément. On veut proposer une expérience sensuelle, un peu plus « underground », pendant la saison de la Fierté.6

PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

DJ Reid Bourgeois

Fier·ères de prendre

soin de notre communauté, tout l’été!

L’équipe des pharmacies

Martin Duquette

votre santé, votre fierté, notre engagement

Les humoristes queers se multiplient et le public québécois les embrasse de plus en plus. Pour mieux comprendre ce phénomène,  Fugues  a discuté avec Mona de Grenoble, Andrew Khoury, Tranna Wintour et Charlie Morin.

Ai-jeraisondecroirequ’ilyaplusd’humoristesqueersquejamais? MONA : Ton impression est bonne. Il y avait déjà des soirées dans les bars avec des gens queers super drôles, mais socialement, on est plus prêts qu’avant à consommer de l’humour queer. Clémence Desrochers ne parlait pas de son orientation dans le temps. Aujourd’hui, on est plus au courant de ça chez les humoristes.

ANDREW : Avant, certains publics se rendaient à des spectacles sans savoir à quel genre de matériel ils auraient droit et s’ils allaient aimer ça, mais comme on a maintenant autant d’humoristes queers et de shows queers, on peut offrir à ces publics des espaces où ils vont se sentir plus confortables.

CHARLIE : On a la chance d’avoir une industrie de l’humour qui existe depuis très longtemps au Québec. Les gens comprennent qu’ils vont voir différents points de vue. Tant que c’est drôle, ils sont prêts à t’écouter, et je pense qu’ils sont prêts depuis plus longtemps qu’on pense. Malheureusement, sur Internet, les personnes queers se font taper sur les doigts d’être qui elles sont, alors on pense que ça se transfère partout, mais Internet n’est pas la vie. Ce n’est pas parce que les algorithmes envoient des contenus à du monde pour les fâcher que ces gens-là sont légion.

TRANNA : Quand j'ai commencé en 2013, il n'y en avait vraiment pas autant et il y avait très peu de shows d'humour consacrés exclusivement aux humoristes queers et/ou féministes. Je suis très fière de faire partie des humoristes canadiens et québécois qui ont osé faire de l'humour queer à un moment où il fallait qu'on crée nos propres opportunités. À mes débuts sur la scène anglophone de Montréal, il y avait les humoristes queers Eman El-Husseini et Jess Salomon. Je pense aussi à l'open mic Gender Blender, produit par Kama La Mackerel, où plusieurs humoristes queers sont monté·e·s sur scène pour la première fois. Bref, le seul facteur qui explique ce phénomène, ce sont les humoristes queers qui ont osé en produisant leurs propres shows . Ils ont créé un safe space qui a encouragé plusieurs humoristes queers à tenter leur chance.

Sentez-vous que les organisateurs de galas, de soirées d’humour et d’émissions d’humour se limitent à un·e humoriste queer par projet en oubliant que vous êtes différent·e·s?

TRANNA : Oui, et c'est une place qu'on doit souvent partager avec les femmes cisgenres qui se battent pour leur place aussi! Sur un show d'humour qui n'a pas une thématique queer et/ou

Mona
Charlie
Tranna
Andrew

La popularité de l’humour queer explose au Québec!

féministe, il y a souvent un seul spot pour une femme OU une personne queer. Qu'est-ce que ça fait? Dans les cas extrêmes, ça peut créer un espace dangereux pour nous. Le public qui vient voir ces shows est généralement très hétéro. J’ai performé devant des foules de gars straights avec leur blonde qui sont transphobes, qui ne me regardent même pas et qui demeurent dans un silence agressif. C'est épeurant! C'est ce qui risque d'arriver quand on est la seule personne queer sur un line-up.

Andrew — Quand je participe à des spectacles non queers, je suis généralement la seule personne queer de la distribution. Aussi, j’ai remarqué qu’en termes d’humoristes LGBTQ+, on voit surtout des homosexuels cisgenres à la télé et dans les médias mainstream. Pourtant, il y a tellement d’humoristes queers parmi lesquels choisir maintenant.

MONA : Ça fait longtemps que je ne suis pas allée dans les soirées d’humour dans les bars. Je ne sais pas s’il y a un quota de queers par soirée. Les bookers cherchent la parité hommesfemmes, ce qui est une avancée. Peut-être que je suis très naïve : est-ce qu’on est réduit au créneau de l’humour qu eer et que les décideurs ne pensent pas qu’on est différents? J’en doute. Autant je suis trash, autant Anne-Sarah Charbonneau est complètement drôle, mais moins vulgaire. Les gens savent qu’on est très variés. S’il y a un quota, c’est de la pure merde. Il y a des émissions de télé où je me suis sentie invitée pour remplir une case, être le token queer : j’ai trouvé ça dégueux et je ne suis jamais retournée.

CHARLIE : Ça ne reflète pas ce que je vis. Je suis souvent sur des galas avec plusieurs artistes queers. Je passe mon temps avec les lesbiennes et des filles bi. On ki-ki dans la loge.

Lemilieudel’humourquébécoisdevrait-ils’inspirerd’autrespays? Charlie — On fait mieux qu’ailleurs, car ça fait longtemps qu’on a une représentation queer. On a toujours eu Alex Perron à un moment où il y avait beaucoup moins d’ouverture. Comme il est fucking drôle et sans compromis, les gens n’ont pas eu le choix de le prendre comme tel. Cela dit, on pourrait s’inspirer de la France ou des États-Unis qui ont des émissions très grand public où ils n’ont pas peur d’inclure des références culturelles queers. Ça se fait de plus en plus au Québec, mais ils sont rendus un peu plus loin.

ANDREW : Je ne suis pas très familier avec les scènes queers des autres villes et ailleurs dans le monde. Je sais que ce qui aide le Québec, c’est que les artistes ont leur propre star-système très développé. C’est comme un incubateur de talents, alors qu’ailleurs au Canada, ça se joue davantage sur la scène nationale.

TRANNA : Les diffuseurs devraient s’inspirer d'autres pays. Au Québec, particulièrement à la télé, on est vraiment en arrière. Il y a très peu de représentation queer drôle ou joyeuse. L'industrie croit encore que les messieurs et mesdames Tout-le-Monde ne veulent pas nous voir. Je ne crois pas que c'est vrai.

MONA : L’humour queer, on le fait crissement mieux. On est moins polarisés, criards et chialeux qu’aux États-Unis, où le fait de parler de sa réalité queer devant monsieur et madame Tout-le-Monde peut choquer. Surtout en ce moment, puisque le climat est dégueulasse. Au Québec, l’humour queer se développe plus vite et mieux. Il est plus varié. On va bien au-delà des jokes de base de gais.

Adaptez-vousvosperformancesdevantunpublicmajoritairementqueerouhétéro?

CHARLIE : Non, car je veux que mon stock rentre partout. En rodage, je fais un travail pour que toutes les références soient claires, sans les édulcorer. Je donne les outils aux gens pour

qu’ils rient du gag : ceux qui ont déjà les outils vont simplement rire, les autres vont apprendre quelque chose et rire aussi. L’idée, c’est d’avoir des numéros qui font rire autant les straights que les queers.

MONA : Oui et non. Devant un public 100 % queer, j’enlève des blagues et des numéros qui sont plus explicatifs sur un sujet très bien maîtrisé, alors que ça fait rire les straights, en plus de leur faire comprendre des affaires. En faisant le tour des salles au Québec, il y a des choses que je n’ai pas le choix de nommer et d’expliquer avant de les aborder.

TRANNA : Je n'adapte pas mes sujets, mais quand je suis devant un public majoritairement straight, je dois toujours commencer mon numéro en m'identifiant comme trans, sinon ils n'embarquent pas. Plusieurs straights veulent nous mettre une étiquette, c'est la seule façon qu'ils ont de te comprendre. Je vous garantis qu'en humour, un homme blanc cisgenre n'a JAMAIS besoin d'expliquer ni de justifier son existence quand il embarque sur scène, et je suis très jalouse.

ANDREW : Je ne change rien à mon audace, parce que c’est simplement qui je suis. It is what it is. Take it or leave it. Ce que j’adapte parfois, c’est mon vocabulaire : je n’ai pas besoin de tout expliquer avec un public queer, alors que je dois vulgariser certaines choses avec les hétéros.

Leshumoristesetlesdragssont-ielslesartistesqueersavecquilegrandpublichétéro connecteleplusfacilement?

MONA : Oui, 100 %. Parce que la drag est devenue mainstream et l’humour est ce que le public québécois consomme le plus. Comme l’humour est un terrain connu, les personnes queers qui œuvrent dans ces milieux-là ont plus de facilité à connecter avec le public. Plus il y a d’humoristes queers et de drags qui ouvrent des portes et qui contribuent à débarrer du monde, mieux c’est.

TRANNA : Oui, parce que l'humour a le pouvoir de désarmer. Le rire peut créer une ouverture d'esprit qu'une œuvre sérieuse peut rarement accomplir.

ANDREW : Peut-être, car les gens savent déjà qu’ils aiment rire et assister à des shows d’humour, ce qui les aide à connecter avec les humoristes.

CHARLIE : Comme l’humoriste est sa propre matière première et qu’il s’adresse directement au public, c’est une forme d’art où les gens ont plus accès à toi. Les humoristes doivent se livrer en établissant une connexion avec le public.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | https://fiertemontreal.com Où voir ces humoristes pendant Fierté Montréal 2026; Mona de Grenoble, Andrew Khoury et Charlie Morin seront de la distribution de Des Gags et des paillettes, la grande soirée d'humour queer de Fierté Montréal, présentée le jeudi 6 août à 20 h au Théâtre Le National. Mona de Grenoble en assurera également l'animation. Charlie Morin participera aussi à Sami et ses ami·e·s, le mardi 4 août, à 18 h et 22 h, aux Jardins Gamelin (Place Émilie-Gamelin).

Tranna Wintour présentera The Tranna Wintour Show, le mardi 4 août, à 19 h et 20 h, sur la Scène Loto-Québec, située sur la rue Sainte-Catherine Est, à l'angle de l'avenue Papineau.

Fierté Montréal rend hommage au couple de Roger et Theo

Lorsque Theo Wouters prendra place en tête du Défilé de Fierté Montréal, le 9 août prochain, il ne représentera pas seulement son propre parcours. En le choisissant comme coprésident d'honneur, Fierté Montréal rend aussi hommage à Roger Thibault, son conjoint de plusieurs décennies, décédé en août 2023, avec qui il a partagé une vie, un combat contre le harcèlement homophobe et une page importante de l'histoire des droits LGBTQ+ au Québec. Ensemble, Roger et Theo sont notamment devenus le premier couple à s’unir civilement au Québec, le 18 juillet 2002.

« C'est vraiment très gentil de leur part de se rappeler de Roger et de moi. Je suis très honoré par cette attention particulière qu'ils nous témoignent, à Roger et à moi, même si Roger est parti maintenant, ainsi que pour le combat que nous avons mené contre le harcèlement et l'homophobie que nous subissions à l'époque », confie Theo Wouters. « J'espère qu'ils ont prévu une voiturette parce que je ne pourrai pas marcher tout ça », lance-t-il en riant.

Une reconnaissance qui arrive à point Le 17 mai dernier, lors de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, Theo Wouters a reçu, au nom du couple, la médaille de l'Assemblée nationale des mains de la ministre Chantale Rouleau, en présence notamment du député de Jacques-Cartier, Gregory Kelley, ainsi que de représentants de Fierté Montréal.

« C'était réellement incroyable que la ministre Chantale Rouleau soit venue nous remettre cette médaille, à Roger et à moi. Je suis très content. Cette reconnaissance de notre lutte commune signifie énormément pour Roger et moi. Dommage que Roger ne soit pas là pour voir ça. »

Un couple devenu symbole malgré lui

Roger Thibault et Theo Wouters n'ont jamais cherché à devenir des figures publiques. Résidents de Pointe-Claire, ils souhaitaient simplement vivre paisiblement dans leur maison. Ils se sont pourtant retrouvés au cœur d'une longue bataille contre le harcèlement homophobe, un dossier qui a contribué à faire reconnaître cette forme de discrimination au Québec.

Le couple a pu compter sur l'appui de la Fondation Émergence, de son fondateur, Laurent McCutcheon, ainsi que du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR). « Pour nous, en plus d'aider Roger et Theo, il s'agissait de faire reconnaître la notion de harcèlement homophobe commis par un mineur dans un contexte résidentiel, ainsi que la responsabilité des parents. On constate encore aujourd'hui qu'il existe de la discrimination et du harcèlement homophobes de la part de personnes mineures », explique Fo Niemi, directeur général du CRARR. « Je crois qu'on ne reconnaît pas suffisamment le combat du couple. Il s'agissait aussi de sensibiliser les autorités municipales et la police locale à ce qui constituait une situation discriminatoire. Ce n'était pas seulement pour Roger et Theo, mais dans l'intérêt public. » Cette année marque d'ailleurs le 25e anniversaire de la Marche contre l'homophobie

de Pointe-Claire, organisée notamment par Laurent McCutcheon. Plusieurs milliers de personnes avaient alors manifesté leur soutien au couple.

Le retour au Défilé

Pour Theo Wouters, le Défilé de Fierté Montréal ravive aussi de précieux souvenirs. « J'adore être dans le défilé. Nous y avons participé une première fois en 2001, puis après notre mariage civil, toujours à l'invitation de Laurent McCutcheon. Il y règne une ambiance incroyable et voir toute cette foule, c'était vraiment extraordinaire. »

Quelques jours avant le défilé, Theo prévoit également participer à la Journée communautaire de Fierté Montréal afin de retrouver plusieurs amis.

Malgré les années et les honneurs, ses pensées reviennent toujours vers Roger. « Le jardin était notre projet à nous deux, Roger et moi. Il est très beau, mais il y a tellement de travail à faire pour le maintenir. Malgré tout, je suis heureux, même si Roger me manque terriblement et que je voudrais qu'il soit encore là, à mes côtés. »

Un hommage à deux

En choisissant Theo Wouters comme coprésident d'honneur, Fierté Montréal souligne bien plus que le parcours d'un pionnier. L'organisme rend hommage à un couple dont le courage a contribué à faire évoluer les mentalités et à faire reconnaître les droits des personnes LGBTQ+ au Québec. 6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

PREMIERS UNIS CIVILEMENT

En 2002, Roger Thibault et Theo Wouters sont devenus le premier couple de même sexe à s'unir civilement au Québec (comme le mariage est de juridiction fédérale.) L'union civile a été créée par le gouvernement du Québec en 2002 et est entrée en vigueur le  24 juin 2002. Le mariage entre personnes de même sexe n'a été reconnu au Québec qu'à la suite de la décision de la Cour d'appel dans Hendricks c. Québec, en mars 2004 (puis partout au Canada avec la Loi sur le mariage civil en 2005).

Roger et Theo
Mot de la mairesse, Mme Soraya Martinez Ferrada

Fierté Montréal a 20 ans ! Deux décennies à célébrer la diversité et à mettre en lumière la beauté éclatante des communautés 2SLGBTQIA+ montréalaises.

À Montréal, chacune et chacun a le droit d’être soi-même, de s’exprimer et d’aimer librement. Au fil des années, ce droit s’est affirmé grâce à l’engagement et à la contribution des communautés de la diversité sexuelle et de la pluralité des genres, ainsi qu’au travail de nombreux organismes et alliés. Il a également trouvé un écho dans plus de 500 éditions du magazine Fugues et à travers les 20 éditions hautes en couleur de Fierté Montréal.

Plus que jamais, on doit soutenir les communautés et les faire rayonner. C’est pourquoi nous multiplions les actions en ce sens, comme la mise sur pied du fonds de 1 M$ dédié aux organismes communautaires 2SLGBTQIA+. Nous soutenons aussi le Village, la Fierté et le projet d’Espace LGBTQ+. Les défis restent grands, tout comme notre volonté de poursuivre le travail avec ambition.

Du 31 juillet au 9 août, nos plus beaux talents issus des communautés feront vibrer Montréal et j’invite tout le monde à profiter des festivités et à participer aux multiples activités offertes.

Je tiens à remercier chaleureusement les équipes du Festival et les partenaires pour la programmation exceptionnelle de cette année. Je nous souhaite à toutes et tous une éblouissante 20e édition de Fierté Montréal.

Soraya Martinez Ferrada Mairesse de l’arrondissement de Ville-Marie et de la Ville de Montréal

Soraya Martinez Ferrada

Double dose d'humour dans le Village pour se bidonner avec Fierté

La Scène Loto-Québec se transformera en véritable cabaret d’humour le mardi 4 août, dans le cadre de Fierté Montréal. Deux spectacles, deux ambiances, un seul objectif : réunir la communauté pour une soirée de rires en plein air. Et comme si ce n'était pas assez tentant, c'est entièrement gratuit. Survol avec les maitresses de cérémonie Tranna Wintour et Coco Béliveau qui prendront le contrôle du Village le temps d’une soirée éclatée.

Tranna Wintour ouvre le bal La soirée débute avec Le Tranna Wintour Show, 45 minutes d'humour audacieux, incisif et résolument improvisé. Connue pour ses passages remarqués à Big Brother Célébrités et à The Traitors Canada, l’humoriste montréalaise mise avant tout sur l'instant présent plutôt que sur des textes appris par cœur. En entrevue, elle confie apprécier particulièrement ces moments où elle se nourrit de l'énergie du public pour créer quelque chose d'unique, un spectacle qui ne se reproduit jamais exactement de la même façon. La foule vivra donc un moment tout à fait singulier et imprévisible, mais, selon la principale intéressée, une chose est certaine : « les gens peuvent s’attendre à être complètement divertis et, je l’espère, un peu scandalisés! » Au programme : les relations amoureuses, l'obsession collective pour la culture des célébrités et une bonne dose de références actuelles. Rien n'est tabou. Interrogée à savoir s’il existe des sujets hors limites pour elle, Tranna Wintour répond qu'elle souhaiterait aborder davantage la politique, même si l'état actuel du monde lui inspire une colère parfois difficile à mettre en mots. Elle précise toutefois y travailler activement, convaincue que toutes les formes d’art comportent un aspect politique. Lorsqu’on lui demande quel message elle envoie à la communauté LGBTQ+ pour les inciter à assister à la soirée, Tranna Wintour est, sans surprise, sans détour : « La plupart d’entre nous font face à des difficultés financières parce que le prix de tout est devenu complètement ridicule. Je n'en reviens toujours pas du prix que Lady Gaga demandait pour ses billets. Personne ne vaut une telle somme. Mais devinez quoi? Mon spectacle à Fierté, lui, est GRATUIT! »

Coco Belliveau prend la relève avec le Comédie queer

La soirée se poursuit avec le Comédie queer, animé par Coco Belliveau. L'événement réunit sur scène plusieurs humoristes et alliés des communautés LGBTQ+, dont Charlie Morin, Erika

Suarez, Saad Fennich et Jessica Chartrand. Pour Coco Belliveau, le public peut donc s'attendre à une soirée rassembleuse et diversifiée. Les thèmes explorés touchent à l'identité de genre, à l'acceptation de soi et à divers aspects de l'univers queer, chaque artiste y apportant son expérience et son regard propre. La sélection des invités s'est faite en collaboration avec Fierté Montréal, réunissant à la fois des artistes déjà engagés auprès de la communauté et de nouveaux visages à découvrir, dans une programmation pensée autant pour les fans de longue date que pour les personnes qui souhaitent découvrir de nouveaux talents.

Dans un contexte social marqué par des tensions et une intolérance persistante, Coco Belliveau voit dans l'humour un véritable outil de rassemblement et de transformation sociale. C’est dans cette optique que l’humoriste a voulu concocter un «  show qui fait du bien ». Selon elle, ce genre de soirée permet en effet de se réunir et d'alléger un peu les tensions, le rire favorisant l'ouverture et la proximité entre les gens : « Je pense que l’humour est définitivement un vecteur de changement. Quand les gens rient ensemble, ça crée de l’ouverture et ça rapproche. » Elle lance donc un message sans équivoque pour la communauté: le Comédie queer est pensé pour le public, sans clichés faciles ni humour dépassé : « On a tellement hâte de vous retrouver! C’est vraiment un show pour vous! Pas de jokes de blonde conne, promis! De toute façon, une lesbienne ne dirait jamais ça (rires)! »

Une soirée, deux ambiances, aucune raison de la manquer

Que vous soyez adeptes de l'humour spontané et incisif de Tranna Wintour ou des brochettes humoristiques comme la bande du Comédie queer, le 4 août s'annonce comme l'une des soirées les plus déjantées de toute la programmation de Fierté Montréal. La soirée se déroulera en plein air, au cœur du Village, et l'entrée est gratuite. Aucun argument pour ne pas venir se marrer et s’éclater ensemble. C’est un rendez-vous!6

STEVEN ROSS steven.ross.com@outlook.com

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Tranna Wintour Show (19h) et le Comédie Queer (20h30), dans le cadre de Fierté Montréal, mardi 4 août sur la Scène Loto-Québec, rue Sainte-Catherine Est et avenue Papineau.

Moins de trois semaines après sa performance dans le cadre d’Acadie Love à Caraquet, Jeremy Dutcher fera vibrer la foule de Fierté Montréal. Premier artiste de l’histoire à remporter le prestigieux Prix Polaris deux fois, le chanteur wolastoqiyik sera la tête d’affiche de la soirée Lumière des Nations (31 juillet au National), avec Laura Niquay.

Qu’est-cequeçasignifiepourtoidechanterdurantdesévénementsqueers?

JEREMY DUTCHER : Performer quand nos communautés se réunissent, c’est un sentiment particulier. J’ai l’habitude d’être en tournée dans plusieurs salles et festivals, mais quand on se retrouve dans un rassemblement autour de l’amour et de la fierté, c’est autre chose. D’ailleurs, je suis entouré de musicien.nes queers sur scène. Pour moi, ces événements sont des célébrations de notre résilience et de tout ce que nous avons à offrir. C’est la saison arc-en-ciel quand toutes les couleurs sortent en même temps!

Adaptes-tutonspectacledevantdesfoulesmajoritairementqueers?

JEREMY DUTCHER : Le spectacle montréalais sera un peu différent de ce que je fais habituellement. Je travaille sur un cover d’une pièce créée par le québécois Daniel Lanois. Je vais aussi présenter une vieille chanson folk, Johnny Be Gay, qu’on va queeriser. Je sais que la foule va venir nous voir pour s’amuser, alors que mes concerts habituels sont souvent donnés dans des salles avec des orchestres et un certain type de public.

Quedirais-tuauxgensquicraignentdenepasavoirleurplaceàunconcertclassique?

JEREMY DUTCHER : Je les encourage à réaliser que la division des genres musicaux appartient au passé. De nos jours, quand on écoute la musique qui se produit à travers le pays, plusieurs artistes sortent des petites cases. Je ne fais pas du classique pur et dur. Je m’inspire des racines propres à certains créneaux musicaux, mais je les transforme en autre chose. Durant mes concerts, le public ne se fait pas dire « chut » parce qu’ils dérangent. Tout tourne autour de l’amour et de la liberté d’expression. Je joue au piano, avec des musiciens à la batterie, à la basse, à la guitare et plus encore.

Jeremy Dutcher, en pleine saison arc-en-ciel

Quepenses-tudel’idéed’écouterdeschansonsdansunelanguequ’onneconnaîtpas?

JEREMY DUTCHER : Lorsque j’étudiais pour devenir chanteur d’opéra, je ne chantais presque jamais en anglais, mais bien en italien, en allemand, en russe et parfois en français. Ça m’a permis de comprendre que la musique est un langage universel. Et la plupart des spectateurs qui assistent à un opéra ne lisent pas les surtitres du début à la fin. On se laisse transporter par le pouvoir de la musique. La plupart du temps, à mes concerts, personne ne parle la langue dans laquelle je chante. Je suis habitué. Et je suis excité de partager le spectacle avec Laura Niquay qui chante dans une autre langue autochtone qui était présente sur le territoire bien avant que le Québec devienne le Québec. Ce sera une célébration de langues et de queerness autochtones.

Aprèsdesannéesàmarierlamusiquetraditionnelleautochtoneetlamusiqueclassique etjazzoccidentale,vois-tuapparaîtreunenouvellephasedecréationàl’horizon?

JEREMY DUTCHER : Je suis en train de travailler sur un album qui fait partie d’un nouveau cycle de création. Je vais d’ailleurs chanter certaines de mes nouvelles chansons au concert à Montréal. La nouvelle musique touche davantage à l’univers « dance ». Je prends des chansons avec lesquelles j’ai grandi, je m’assois au piano et je pars à la recherche de tout ce qui se cache dans l’univers autour de la mélodie. Très jeune, une ancienne de ma communauté m’a aidé à connecter avec mes racines. Je sais que plusieurs jeunes de nos communautés ont faim de vivre ce genre d’expériences.

AuQuébec,desartistescommeElisapie,Kashtin,Samian,Anachnid,LauraNiquayetSoleil Launièresontdeplusenplusaimés.Quelestl’intérêtduresteduCanadaenverslesartistes musicauxautochtones?

JEREMY DUTCHER : C’est massif au Québec! Ça se produit aussi ailleurs au Canada, même si certaines régions s’intéressent à nous plus lentement que d’autres. Disons que la côte Est n’a pas la réputation de lancer des modes! Comme j’ai la chance de tourner à travers le pays depuis longtemps, je sais à quel point chaque région est différente. Ce qui fonctionne en Colombie-Britannique ne va peut-être pas plaire aux gens du Nunavut, du Québec ou du Nouveau-Brunswick. Mais bon, il y a toujours eu des personnes autochtones qui faisaient de la musique, bien avant l’arrivée des colonisateurs européens, et qui ont gardé nos traditions vivantes. Je trouve ça fantastique qu’après plus de 500 ans de colonisation, il y a encore des gens qui chantent dans nos langues, qui dansent selon nos traditions et qui racontent nos histoires. Ça témoigne de notre résilience. Peu à peu, le reste de la population nous donne de plus en plus d’attention. En tant que personne indigiqueer, je suis content d’exister à notre époque. Ça aurait été difficile pour quelqu’un comme moi il y a 25 ou 30 ans.

T’identifies-tuentantquepersonnetwo-spirit?

JEREMY DUTCHER : Ça dépend. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui ont été élevées comme two-spirit dès leur enfance, ce qui influence le reste de leur vie. De mon côté, j’ai fait mon coming out homosexuel à treize ans, parce que c’est le seul vocabulaire que j’avais à l’époque. C’est seulement vers 18-19 ans que j’ai entendu l’expression « two-spirit » et que j’ai rencontré des gens qui se trouvaient au cœur de cette conversation sur le genre. Tout cela pour dire que oui, je trouve ça important de m’identifier comme two-spirit dans certains contextes. Mon autochtonie influence énormément ma queerness. Par exemple, dans ma langue, il n’y a pas de pronoms genrés à la base. Je trouve ça magnifique!

Jeremy Dutcher

Sansoublierquel’expression«two-spirit»vientdumondeanglophone.

JEREMY DUTCHER : Exact! C’est apparu dans les années 1990 à Winnipeg, au Manitoba. Plusieurs personnes autochtones queers s’étaient rassemblés pour parler de ces enjeux, en cherchant comment créer un vocabulaire commun. Grâce à elles, « two-spirit » est devenu une expression utile. Mais, selon ma compréhension, c’était aussi un appel pour que ces personnes retournent à leurs langues respectives afin de trouver le terme qui résonnait avec leur histoire. Au fond, « two-spirit » est une expression anglo-autochtone qui est accolée aux gens, mais quand on replonge dans l’histoire, on réalise que l’homophobie n’existait pas sur le territoire avant l’arrivée du christianisme. Dans ces petites communautés si interdépendantes, on ne pouvait tout simplement pas se permettre d’exclure des individus pour ce genre de raisons. Tout le monde a un don et on est tous là pour travailler ensemble. Je crois qu’on a besoin de plus de cette vision du monde. C’est pour cette raison que j’accepte l’étiquette « two-spirit » et que j’en parle souvent, mais sans jamais oublier que je n’ai pas été élevé ainsi dès le début de ma vie 6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

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Dans le cadre de Fierté Montréal, Jeremy Dutcher sera la tête d’affiche de la soirée Lumière des Nations, le 31 juillet au National, avec Laura Niquay. Une présentation de Fugues

QUEERLESQUE

Préparez-vous à une soirée où l’audace, la sensualité et la diversité occupent tout l’espace. Avec  Queerlesque : comme tu l’aimes, les collectifs Latino Burlesque et  Draglesque Latinx proposent un spectacle éclatant inspiré de As You Like It de William Shakespeare, revisité à travers une perspective résolument queer, Latinx et BIPOC. Mariant l’art du drag, du burlesque et du d raglesque, cette création célèbre les identités multiples et les parcours souvent sous-représentés sur les scènes culturelles. Chaque numéro devient une affirmation de soi, une prise de parole artistique et un hommage à la richesse de la communauté 2SLGBTQIA+. Dans un univers où « le monde entier est un théâtre », comme l’écrivait Shakespeare, les artistes invitent le public à assister à un spectacle flamboyant où l’émancipation, la créativité et l’authenticité sont à l’honneur. Du glamour au militantisme, de l’humour à la séduction, la soirée promet une succession de performances aussi engagées qu’éblouissantes. Au programme :  Anaconda LaSabrosa, Black Mamba, Casanova, DeVery Bess, El Experimento, Lolita Blanca, Niko Lubie et Salty Margarita, qui feront vibrer la Scène Loto-Québec dans une célébration festive et inclusive de la diversité sous toutes ses formes 6

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L’événement est présenté gratuitement le samedi 8 août 2026, de 20 h 30 à 22 h, sur la Scène Loto-Québec située à l’intersection de la rue Sainte-Catherine Est et de l’avenue Papineau, dans le cadre des festivités de Fierté Montréal.

DEUX VOIX, DEUX PARCOURS, MÊME QUÊTE D'AUTHENTICITÉ

Le 5 août, la scène Loto-Québec mettra à l'honneur deux artistes émergentes dont les univers diffèrent autant qu'ils se répondent. Si Jennarie privilégie des atmosphères feutrées où se rencontrent jazz, R&B et pop, RAMÉ propose une création plus frontale, où les influences latines, le jazz, le hip-hop et les sonorités électroniques servent un propos profondément engagé. Toutes deux ont toutefois en commun une approche profondément personnelle de la création, où les expériences intimes deviennent matière à raconter le monde. Avec sa voix chaleureuse et ses arrangements raffinés, Jennarie présentera les chansons de son EP Never Been Small ainsi que des extraits en primeur de son nouvel album MEN. Plus tard en soirée, RAMÉ entraînera le public dans une œuvre immersive inspirée de son premier album, abordant l'immigration, le racisme, l'itinérance et les bouleversements identitaires dans un spectacle où musique, narration et improvisation se conjuguent en un véritable acte de résistance artistique.6

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Le mercredi 5 août 2026, sur la scène Loto-Québec, rue Sainte-Catherine Est et avenue Papineau : Jennarie (de 19 h à 20 h) et RAMÉ (de 20 h 30 à 22 h)

LA COURSE CAPOTÉE 2026

Ne manquez pas l’édition 2026 de la Course Capotée, qui se tiendra dans le Village le vendredi 31 juillet, de 17 h à 20 h. Maquillé·e·s, habillé·e·s et perché·e·s sur des talons spectaculaires, des coureur·euse·s plus excentriques les un·e·s que les autres s’affronteront dans une course à obstacles dont le but est d’ensacher le plus grand nombre de sachets de condoms… et, bien sûr, de rire à pleins poumons! Commerces du Village, équipes sportives et organismes communautaires se mesureront dans une ambiance festive et colorée. Née d’une collaboration entre  RÉZO, Fierté Montréal et  Équipe Montréal, cette compétition unique soutient la mission d’éducation et de prévention du VIH et des autres ITSS de RÉZO, dans un contexte de promotion de la santé sexuelle. Les condoms recueillis seront ensuite redistribués dans la communauté par RÉZO. LaDrag On-Fly qui fait passer le courant des talons hauts aux biceps, sera sur place pour nous étonner à chaque instant. DJ Fantasy Gorgeous qui fait vibrer les pistes de danse depuis l'automne dernier avec ses mélanges de pop euphorique et house hypnotique, sera aux commandes de l’ambiance musicale.6

INFOS | https://fiertemontreal.com Le vendredi 31 juillet, de 17 h à 20 h.

Dès son premier album,  BouletteProof , en 2020, Calamine affiche sa verve anticapitaliste. La rappeuse vient soulager les maux sociaux en y appliquant un baume de mots et de beats conjugués au féminisme queer. Rétrograde, son quatrième album, lancé le 13 mars dernier, n’y fait guère exception, explorant l’effondrement sociopolitique et climatique. Discussion avec LA rappeuse lesbienne québécoise, qui n’a pas la langue dans sa poche, mais les bons mots dans sa manche pour vous faire apprécier le rapqueb.

Lorsdenotredernièreentrevue,en2022,turevenaisduFestivalMetroMetro,oùtuétaisla seule femme de la programmation. Depuis quatre ans, est-ce que la situation s'est améliorée?

CALAMINE : La semaine passée, c'était la soirée Rap queb aux Francos. Le spectacle, c'est 60 minutes de Koriass, 60 minutes de Loud, et ils ont chacun huit à dix invités. Je suis la seule rappeuse. Il y a juste des gars sur les deux shows, sauf Ariane Moffat qui vient faire un refrain avec Loud. C'est quand même fou! Quand je suis arrivée dans le rap, tout le monde disait : « Enfin, il manque tellement de rappeuses, elles n'ont pas beaucoup de visibilité. » C'est encore le cas! Ce n'est pas que je n'en connais pas ou qu'il n'y en a pas de talentueuses, mais on dirait que ça reste laborieux d'arriver au même niveau de reconnaissance, d'avoir accès aux mêmes structures. Je pense que, plus largement, les femmes ont de la misère à se projeter dans ce milieu-là parce qu'il n'y a pas beaucoup d'exemples. C'est un cercle vicieux. Moi, ma manière de faire, c'est que j'écris des albums de rap, puis j'essaie de prendre le micro dès que j'en ai l'occasion pour dire : « Hé, on a notre place ici! »

D’ailleurs,tun’hésitespasàcollaboreravecdesrappeuseslesbiennesouqueer,notamment KelzketSoraïsurRétrograde.Est-ce,pourtoi,unefaçondetrouvertasororité?Peut-onparler icidesolidaritélesbiennedanslemilieudurap?

CALAMINE : Complètement. Ça a toujours été le cas sur tous mes albums. Tous mes featurings, c'est des femmes ou des personnes non binaires, principalement des personnes queer. Pour moi, il faut que les bottines suivent les babines. Si je dis qu'il n'y a pas assez de femmes, dès que j'ai des opportunités, je trouve ça important de donner l'exemple. Dans mes DM, tous les jours, j'ai des demandes de collabs de gars. C'est flatteur, mais je veux concentrer toutes mes énergies à donner le plus possible de place aux femmes et aux personnes queer. Tu regardes les gros shows : c'est toujours des bands, juste des gars, des musiciens. Ils ne font pas ça pour mal faire, c'est juste qu'il y a plus de gars qui font de la musique. Il y en a, des femmes musiciennes, des femmes rappeuses. Il faut montrer l'exemple, montrer qu'elles existent et que c'est possible.

Tuserasduspectacled'ouverturedeFiertéMontréalle31juilletà20h30.Est-cequeKelzket Soraïvontt'accompagner?

CALAMINE : Oui, justement, je suis super contente! Ça va être la première fois qu'on va être réunies

Calamine, lesbiville et autres revendications

toutes les trois sur scène. Pour cet album, je suis beaucoup allée dans les réflexions par rapport à la communauté queer : le drama lesbien, le polyamour, toute cette idée que le lobby trans est en train d'essayer de corrompre la jeunesse. J'avais envie d'aller dans le vif du sujet. Je pense que cet album-là est vraiment pour la communauté. Je fais de la musique militante et je tente toujours de faire comprendre nos réalités aux personnes externes à la communauté, mais aussi de faire de la musique que la communauté a envie d'entendre.

C'estintéressantquetunaviguessurcetteminceligneentrelegrandpublicetunpublicplus niché,mêmesilesdeuxévoluentdansuneculturelargementmainstream. CALAMINE : Oui, c'est là où je trouve que je suis à une place intéressante. Parce que le rap queb, ce n'est pas un style musical a priori queer ou féministe. Comme je suis dans cette industrie, je suis écoutée par un vaste public qui écoute le rap queb. Je pense que, quand on a une espèce de place pivot, il faut s'en servir. Je le dis souvent à la blague : je suis comme un cheval de Troie dans le rap queb. Je suis acceptée à l'intérieur parce que je respecte les codes, parce que j'ai une bonne prose. Quand je débarque, je déballe mes affaires de féministe queer. Et là, c'est comme : « Oh, shit! » Malgré eux, le public se retrouve devant des préoccupations qui ne sont pas nécessairement les leurs, mais, miraculeusement, ça marche.

Tu es bien placée pour faire le pont entre les communautés LGBTQ+ et le grand public. QuandtuperformesdansdesévénementscommeFiertéMontréaloulaJournéedelavisibilité lesbienne,comparativementàunévénementplusgrandpubliccommelesFrancos,comment leressens-tusurscène?

CALAMINE : Performer devant ma communauté, c'est un peu comme des vacances, dans le sens où je sens que je suis accueillie inconditionnellement. Performer devant une foule qui n'est pas du tout conquise, c'est là où je me sens le plus utile. On a joué un été à Bromont, dans une programmation familiale, avec des personnes d'une soixantaine d'années…

Ons'attendàvoirMarie-HélèneThibert.

Exact. Ce n'est pas du tout ma case, mais je me dis : quelle belle opportunité! Ces personnes ne doivent pas souvent voir le spectacle d'une artiste queer féministe. J'essaie de les prendre par la main, de les emmener dans mon trip. C'est le travail des artistes de faire des ponts entre des visions du monde qui sont différentes.

SurRétrograde,lachanson«Çavatoutepéter»esttrèscyniquesurdenombreuxsujets d'actualité.Est-cedifficiledetrouverletonjustepourparlerdesujetsaussilourds?

CALAMINE : C'est ça, le plus dur. En ce moment, on se sent impuissants, cyniques. On veut que la culture reflète ça, mais on ne veut pas non plus en rajouter une couche. C'est déjà assez lourd. Je pense que ce qui rend ça intéressant, ou ce qui légitimise d'en parler encore, c'est que ça reste dans l'humour, les figures de style et la poésie. C'est là où ça fait du sens pour moi d'écrire du rap. Je pense que ça nous rend moins impuissants d'en faire de l'art. Le fait qu'on partage cette culture ensemble, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se sentent vus dans leur sentiment d'impuissance et dans leur cynisme. Se rassembler dans des salles de spectacle et rendre compte de ce qui se passe… Au moins, on n'est pas tout seuls à se dire qu'il y a quelque chose qui ne marche pas.

Tuastoujoursétéouvertesurtonorientationsexuelle.«Lesbiennewokesurl'autotune»est expliciteencesens,maisl'albumRétrogrademarquetonretoursurlemarchédudating, avecLesbiville,oùtufaisréférenceaupetitmondedudatinglesbien.

CALAMINE : Ça donne des exemples de red flags en dating et je pense que c'est important. On est tous un peu là-dedans, tu sais. Je suis entourée d'une gang de lesbiennes qui datent sur les apps,

Calamine

puis qui vivent cette situation. C'est vraiment concret. C'est un lieu commun et j'avais envie qu'on ait notre propre version, dans la culture québécoise, de cette idée-là, du schéma d'Alice dans The L Word.

Tuesunepersonnalitéconnue.Etpolyamoureuse.Est-cequeçarendledatingplusdifficile? CALAMINE : C'est sûr que je suis un peu sur mes gardes du fait d'être connue, parce que ça crée un déséquilibre. Les gens me rencontrent et ils ont l'impression de déjà me connaître, parce qu'ils ont beaucoup d'informations sur moi. C'est peut-être une fausse impression, parce que, même si je suis très authentique dans ma musique, celle-ci reste à l'extérieur de moi. Côté polyamour, honnêtement, dans la communauté, c'est rendu assez commun. Je pense que c'est très démocratisé, mais tout le monde a ses propres limites et ses propres barrières, et c'est correct. Moi, je ne me bute pas à beaucoup de résistance, mais certains pensent que c'est plus compliqué… mais ce n'est pas plus simple, la monogamie! C'est juste que chacun a ses propres défis. Dans la monogamie, deux personnes doivent mutuellement combler tous leurs besoins ensemble, tandis que dans le polyamour, t'as plus d'options pour combler différents besoins avec différentes personnes. C'est juste beaucoup plus de logistique et deux approches différentes!

Est-cequetusensquetuportesl'étiquettedelarappeuselesbiennedurapqueb?

CALAMINE : Honnêtement, je suis allée chercher cette étiquette-là, puis je ne voudrais pas m'en plaindre aujourd'hui, parce que j'ai fait ce choix-là délibérément. Mon combat, c'est la visibilité des personnes lesbiennes, des butch, dans la culture. C'est quelque chose dont j'ai beaucoup souffert plus jeune. Pour moi, ce n'est pas difficile d'être visible; j'ai envie d'avoir ce rôle-là, de planter le drapeau et de dire qu'à un moment donné dans l'histoire de la musique québécoise, il y aura eu une rappeuse lesbienne! Peut-être que, dans 20 ans, on aura vraiment reculé sur les droits des personnes queer, mais si quelqu'un cherche « rap lesbienne » sur Internet, il va tomber là-dessus, puis ça va exister!

Activedepuis2017surlascènerap,onpeutdirequetufaispartiedespionnièresquébécoises. Aprèsprèsdedixans,quelesttonplusgranddéfi?

CALAMINE : T'sais, le moment où tu sors une chanson pis que tout le monde est attentif, ça dure pas longtemps. Le reste de ton année, t'es toute seule chez vous, pis t'es mieux de savoir pourquoi tu fais ça parce qu'il n'y a personne pour te valider. C'est vraiment ça, le plus gros défi. Quand je finis un album, j'ai besoin d'un moment pour me reposer parce que je ne peux pas tout de suite recommencer à écrire. C'est un moment de flottement très insécurisant parce qu'il y a quelque chose de miraculeux dans la musique. Les idées viennent, la musique tombe en place et tu ne sais pas exactement ce qui fait que ça marche. Mon vertige, c'est entre deux albums. Le moment où j'ai fini, tout est beau.

Qu'est-cequit'aleplussurpriseenprèsdedixansdecarrière?

CALAMINE : Quand je suis arrivée dans le rap queb en disant : « Crisse de milieu misogyne », j'arrivais vraiment en mode où j'attaquais l'industrie. S'il y a une affaire dont je me suis rendue compte, c'est que c'est plus nuancé que ça. Ce ne sont pas, a priori, les rappeurs qui prennent toute la place et qui cassent les autres femmes. Ils ne portent pas, à eux seuls, la responsabilité de la façon dont l'industrie prend forme. La société est misogyne. La société valorise les points de vue masculins. Le public du rap priorise les hommes. Le public du rap rabaisse les femmes. Ce ne sont pas les rappeurs qui sont les porte-paroles de l'antiféminisme. C'est plus complexe que ça. Je m'en suis rendue compte en arrivant dans l'industrie du rap. J'ai été full accueillie par les autres rappeurs. Ils m'ont donné mes fleurs. Ils m'ont dit que j'étais la meilleure rappeuse du Québec. Ils m'ont témoigné un immense respect. Ça a été une leçon d'humilité pour moi. Les rouages ne sont pas aussi simples que je le croyais 6

JULIE VAILLANCOURT julievaillancourt@outlook.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Calamine participera aux Rendez-vous nocturnes de Fierté Montréal, le vendredi 31 juillet 2026 à 20 h 30, aux Jardins Gamelin à la Place Émlie Gamelin). Elle interprétera des pièces tirées de Rétrograde. Elle sera précédée de l’artiste Kimmortal (19h) et de la dj Thatz (18h)

UN PROGRAMME DIVERSIFIÉ

Le Conseil québécois LGBTQ+ propose pour la première fois, un événement de prise de paroles durant les célébrations de la fierté. L’Open Mic Queer, aura lieu le 9 août prochain, de 15h à 17h, au Village au Pied-Du-Courant (au Sud de Notre-Dame et à l’est du Pont Jacques-Cartier).

Au menu : prises de parole politiques et poétiques, slam, chansons, humour… c’est vous qui allez faire le show, semble-t-il! 6

INFOS |  https://www.conseil-lgbt.ca

LE CONCOURS DE MISS BEAR

Oubliez les concours de beauté traditionnels! Le temps d'une soirée, la rue SainteCatherine se transformera en un immense cabaret queer à ciel ouvert avec Miss BEAR, un concours aussi flamboyant qu'inclusif. Drags, personnes trans, non binaires, hommes, femmes et membres de toute la diversité 2SLGBTQIA+ monteront sur scène pour offrir des performances tour à tour drôles, émouvantes, sexy et complètement assumées. Dans une ambiance électrisante, les candidat·e·s rivaliseront d'audace, d'humour et de créativité pour décrocher le prestigieux titre de Miss BEAR. 6

INFOS | https://fiertemontreal.com Jeudi 6 août 2026, de 18 h à 20 h 30, devant les bureaux de la SDC du Village, 1209, rue Sainte-Catherine Est, dans le cadre de Fierté Montréal. Présenté par  M. Ours Montréal (Bear-it Inc.).

La musique de Kimmortal échappe à toute classification facile. L’artiste multidisciplinaire originaire de la Colombie-Britannique, qui partagera sa musique avec le public montréalais à la Place Émilie-Gamelin le 31 juillet dans le cadre des Rendez-vous nocturnes de Fierté Montréal, mélange le rap, le R&B, des soupçons de techno et des clins d’œil à son héritage philippin. Elle est tantôt douce et érotique, tantôt engagée et empreinte d’indignation. Sa musique, comme iel l’écrit dans le simple SunniestofDays (2025), marche sur un fil mince entre l’espoir et le désespoir («  Iwalkathinlinebetween hopeanddoom. »).

Passionné.e par les arts depuis l’enfance, iel entreprend un baccalauréat en arts visuels lorsqu’iel découvre la scène des micros ouverts à East Vancouver. « En dehors de l’école, pour éviter de devenir fou, il fallait que je trouve autre chose, en dehors du cadre universitaire », raconte Kimmortal. Iel trouve cette échappatoire au Café du Soleil, un café consacré au spoken word. « Je lisais des textes que j’écrivais dans mon journal, qui devenaient plus tard des chansons ou des poèmes. C’était le début de ma vingtaine. »

Iel lance un premier album, Sincerity (2014), grâce à une campagne de sociofinancement sur la plateforme Indiegogo. « Un ami est venu me voir après le lancement et iel m’a demandé si j’allais partir en tournée. J’étais comme : "Ah oui, ça se fait!" » Vers 2019, son échappatoire, la musique, devient sa carrière. « Maintenant, je suis artiste professionnel.le, mais ça n’a pas commencé comme ça. Ça a commencé dans ma communauté. »

« Je reste fidèle à mes racines, à mon lien avec la communauté. C'est de là que je viens toujours. Mais, pour survivre dans ce monde, je dois faire ce que j'ai à faire. Et je ne ferais rien d'autre. Alors, si je suis payé pour faire de la musique et de l'art, je me dis : "OK, super, je suis payé pour être moi-même." Je vais continuer comme ça. »

Kimmortal, la révolution sera un peu farfelue

Sa première tournée nord-américaine, prévue en 2020, est déraillée par la pandémie. Iel sort deux autres albums, notamment l’EP introspectif  Shoebox, avant de partir en tournée en 2023. « C’est super important pour moi de faire des spectacles en dehors de chez moi, parce que ça me montre vraiment à quel point la musique est puissante et comment une chanson peut toucher quelqu'un par-delà les frontières et résonner en cette personne. Je trouve ça incroyable. »

À travers ses chansons, Kimmortal explore sa propre sexualité, ses souvenirs d’enfance, mais aussi les impacts néfastes du colonialisme, de la guerre et du capitalisme sauvage. Iel puise dans l’histoire queer et trans, dans l’histoire philippine et dans la littérature anticoloniale « pour me rassurer que je ne suis pas fou, qu’on vit vraiment dans un système fucké et qu’il faut faire quelque chose ». Son album  Shoebox, que  Kimmortal décrit comme une « boîte de souvenirs », contient notamment la chanson Stop Business as Usual, devenue un hymne du mouvement propalestinien.

Sa musique — qui incorpore parfois le tagalog, la langue la plus parlée aux Philippines — trouve un écho puissant auprès des communautés de la diaspora philippine, en Amérique du Nord comme en Europe, mais aussi auprès des communautés queers. « Je ne sais jamais vraiment comment les gens découvrent ma musique. Beaucoup, dans les dernières années, m’ont découvert grâce à  Stop Business as Usual, mais à part ça, je ne sais pas vraiment. C’est une des choses que j’aime à propos d’Internet. »

« Les paroles sont permanentes. Genre, une fois qu'une chanson est sortie, les mots sont là pour toujours, et je le prends presque trop au sérieux », raconte  Kimmortal  en expliquant son processus créatif. « Récemment, un ami m'a envoyé une citation trouvée en ligne. Ça expliquait comment on peut modifier ses connexions neuronales, parce que le cerveau peut croire n'importe quelle pensée… Donc, ce qu'on se répète, on finit par le croire. Je me dis que je peux me répéter que ce que j'ai peur de faire sera inconfortable au début, mais que je suis capable et que tout ira bien. Et je me dis : "Oh, j'ai envie d'entendre ça tout le temps. Peut-être que je vais en faire un morceau house." »

En parallèle de sa musique, Kimmortal continue d'explorer le potentiel des arts visuels et du théâtre. Iel a écrit une pièce inspirée de  Shoebox, qui aborde la santé mentale à travers le prisme de la mythologie philippine. Iel réalise également les illustrations de ses pochettes d’albums.

Il y aura toujours un brin de folie et de fantaisie dans sa démarche artistique. « Le mot en tagalog est kulit : un peu drôle, un peu farfelu, un peu hors normes, expressif, quelqu’un qui ressent les choses profondément. Ça, c’est moi. Une révolution qui n’est pas fun, qui n’est pas queer et un peu farfelue, ça ne m’intéresse pas. J’espère que les gens qui viendront m’écouter pourront se reconnaître là-dedans. » 6

R. PRATKA irenepratka1@gmail.com

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Kimmortal sera en spectacle le vendredi 31 juillet à 19h, aux Jardins Gamelin de la Place Émilie-Gamelin, dans le cadre des Rendez-vous nocturnes de Fierté Montréal, après le set de DJ Thatz (18h) et le spectacle de Calamine (à 20h30).

Kimmortal

Se décrivant lui-même comme une « haramqueen», en référence au caractère « interdit » de son humour et à son identité d’homme arabe ouvertement queer et fabuleux, l’humoriste montréalais Andrew Khoury multiplie les apparitions à Fierté Montréal depuis des années.

ÊtreenspectacleàFiertéMontréal,çareprésentequoiàtesyeux?

ANDREW KHOUR : Je me souviens très bien de ma première participation, en 2022, à la Place Émilie-Gamelin. Il y avait beaucoup de monde! Après coup, ça m’a frappé… Moi, je viens d’une petite banlieue en Nouvelle-Écosse et, quand j’étais jeune, il n’y avait presque personne d’ouvertement queer là-bas. Faire un coming out au secondaire, ç’aurait été l’équivalent d’un suicide social à Halifax. Je n’avais donc jamais imaginé vivre ce que j’ai vécu : être embrassé par autant de monde des années plus tard. C’était surréel!

Comment composes-tu avec les controverses de l’événement au cours des dernières années?

ANDREW KHOUR : Je partage la mentalité selon laquelle il ne faut pas s’associer avec des entreprises qui ont des pratiques discutables. Je vais toujours soutenir la liberté et l’autodétermination de la Palestine. C’est important pour moi de pouvoir l’exprimer sur des plateformes importantes. Heureusement, je n’ai jamais été censuré à Fierté Montréal. On ne m’a jamais dit quoi dire ou ne pas dire. J’ai fait des déclarations politiques en soutien à certains groupes sur scène. J’ai toujours apprécié ça.

Tutedécrisparfoiscommeune«haramqueen».Àquoicelafait-ilréférence?

ANDREW KHOUR : En termes d’identité, je viens d’une culture – à moitié libanaise, à moitié syrienne – où être ouvertement queer n’est pas particulièrement accepté. Donc, le fait de parler de mon identité avec une forme d’audace, c’est un gros « statement ». Je ne pense pas que plusieurs personnes dans le reste de la population s’attendent à ce que nous soyons « out, loud and bold ». Elles pensent qu’on essaie de tout garder secret. Pourtant, j’aborde dans mes numéros plusieurs sujets dont on parle moins publiquement. Donc, tout cela peut être associé à une forme d’interdit. Cela dit, je ne « trash » pas ma culture. Je m’amuse avec les éléments de mon bagage culturel.

Quandas-tucommencél’humour?

ANDREW KHOUR : En 2018. J’ai toujours adoré faire rire mon entourage, mais être drôle avec ses amis, c’est très différent d’être drôle sur scène. Je voulais vérifier si je pouvais être bon

Andrew Khoury, le roi de l’humour «interdit»

en faisant du stand-up et voir si je pouvais communiquer avec le public. Même si je suis quelqu’un de très anxieux, faire de l’humour m’aide à gérer mon anxiété. Ça m’a aussi donné beaucoup de confiance en moi.

Lareprésentationpeutjouerungrandrôlequandvientletempsderêveràunmétierou àunavenir.Duranttajeunesse,yavait-ildeshumoristesauxquelstut’identifiais?

ANDREW KHOUR : Quand j’étais plus jeune, j’appréciais plusieurs humoristes, mais il n’y en avait aucun auquel je m’identifiais. Dans les films et les émissions de télévision au Canada et aux États-Unis, on ne voyait pas beaucoup de gens qui me ressemblaient. Et encore moins de personnes queers, à moins qu’elles soient représentées de façon négative ou tournées en dérision.

Cela dit, il y a une drag queen célèbre, Bassem Feghali, que j’ai vue pendant des années à la télévision, à partir de mon adolescence. Elle personnifiait plusieurs célébrités arabes. Même si être ouvertement queer n’est pas bien perçu dans ces sociétés, les gens adoraient la voir à la télévision, parce qu’on n’a jamais dit que Bassem était peut-être homosexuel. On voyait seulement une personne qui se costumait et qui s’amusait.

Fairedel’humourenanglaisdansunevillebilingueetuneprovincemajoritairement francophone,çasepassecomment?

ANDREW KHOUR : Hmm… Évidemment, il y a beaucoup plus de spectacles et d’opportunités dans le monde de l’humour francophone, donc plus d’argent à faire. J’aimerais beaucoup essayer de performer en français. Mon inquiétude, c’est que le français n’est pas la langue avec laquelle je suis le plus à l’aise, alors je ne sais pas si ma personnalité va être comprise de la même façon. J’en ai beaucoup parlé avec Tranna Wintour, qui réussit très bien dans les deux langues. Elle m’a conseillé de l’essayer au moins une fois. Plusieurs humoristes anglos qui s’essaient en français m’ont dit que les publics francophones étaient très chaleureux à leur égard, parce qu’ils font un effort.

Dirais-tuqu’ilfautavoirunedéterminationàtouteépreuvepourréussir?

ANDREW KHOUR : Dans le monde anglophone, il y a beaucoup plus de lieux pour performer en anglais sur une base quotidienne que lorsque j’ai commencé, alors c’est moins difficile qu’avant. Cela dit, ma situation me permet parfois de me démarquer. Le fait d’être queer, arabe et anglophone m’aide à sortir du lot, car je suis différent de la plupart des humoristes. Par contre, je refuse de croire que je suis invité seulement pour ces raisons. Je suis drôle avant tout. Je ne suis pas là seulement pour cocher des cases.

Quesouhaites-tupourtonfutur?

ANDREW KHOUR : Continuer de performer, voir ma carrière grandir, être capable de jouer dans d’autres villes et raconter mes histoires à de plus en plus de gens, à l’extérieur de Montréal. 6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

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Andrew Khoury sera sur scène dans le spectacle Des gags et des paillettes, le jeudi 6 août 2026, de 20 h à 22 h, dans le cadre de la programmation de Fierté Montréal.

Andrew Khoury

Fairmont met la table pour la Fierté ÉVÉNEMENTS

ALLIER CÉLÉBRATION ET ENGAGEMENT COMMUNAUTAIRE

Depuis quelques années, le Fairmont Le Reine Elizabeth ne se contente plus de souligner la Fierté Montréal : il en est devenu un partenaire actif. Pour l'édition 2026, le plus grand hôtel du Québec propose une programmation qui marie gastronomie, spectacles drag, solidarité et levées de fonds au profit d'organismes communautaires, confirmant ainsi son engagement envers les communautés 2SLGBTQIA+.

Trois rendez-vous ponctueront l'été : le désormais populaire Drag Brunch au Marché Artisans, le BBQ de la Fierté  sur la Terrasse Nacarat pendant le Défilé, puis le  Cyclo-Défi Fierté, une activité-bénéfice réunissant les équipes des hôtels Fairmont du Québec au profit d'Interligne.

Le retour du Drag Brunch

Les célébrations s'amorceront dès le 25 juillet avec le retour du Drag Brunch annuel au Marché Artisans. Devenu un classique des festivités estivales, l'événement combine buffet gourmand et performances drag dans une ambiance conviviale qui s'adresse autant aux familles qu'aux amateurs de spectacles. Chorégraphies, humour, numéros musicaux et prestations flamboyantes rythmeront ce rendez-vous où la gastronomie rencontre les arts de la scène. L'activité donnera le coup d'envoi aux célébrations de la Fierté au Fairmont.

Une terrasse aux premières loges du Défilé

Le 9 août, jour du Défilé de la Fierté Montréal, les festivités se déplaceront sur la terrasse Nacarat . Pour une troisième année consécutive, le Fairmont s'associe à la Fondation canadienne de recherche sur le sida (CANFAR)  afin d'y présenter un grand barbecue festif dont une partie des profits sera remise à l'organisme.

Les convives pourront profiter d'une vue privilégiée sur le Défilé tout en dégustant grillades et cocktails signatures, dans une ambiance animée par des DJ invités et des performances de drag queens. À mi-chemin entre la fête et la collecte de fonds, l'événement est devenu l'un des rendez-vous les plus courus du centre-ville pendant la Fierté.

Pédaler pour Interligne

Les célébrations se poursuivront jusqu'à la fin du mois avec la 6e édition du Cyclo-Défi Fierté, qui se déroulera le 29 août.

Organisée par les hôtels Fairmont du Québec, cette activité sportive réunit chaque année des employées, des employés et leurs proches autour d'un objectif commun : soutenir  Interligne, organisme qui offre écoute, information et soutien aux personnes 2SLGBTQIA+ ainsi qu'à leurs familles et à leurs proches.  Cette année, les organisateurs espèrent amasser 25 000 $. Les cyclistes pourront choisir entre deux parcours sur la piste du P'tit Train du Nord : un trajet de 100 kilomètres au départ de Saint-Jérôme ou un circuit de 50 kilomètres à partir de Sainte-Agathe-des-Monts. Un soutien logistique sera offert tout au long de la journée, avant un rassemblement final au Fairmont Tremblant pour célébrer les participantes et participants. Un encan virtuel et les dons du public viendront également bonifier la collecte de fonds.

Un engagement qui se poursuit

Pour David Connor, vice-président régional – Canada Est et directeur général, ces activités traduisent une volonté qui dépasse largement le cadre des célébrations. « C'est un immense honneur pour l'ensemble de nos équipes de s'impliquer activement dans une cause qui nous tient si profondément à cœur. Promouvoir la diversité et l'inclusion fait partie intégrante de nos valeurs fondamentales, et nous sommes très fiers de pouvoir soutenir et célébrer la communauté 2SLGBTQIA+ à travers ces initiatives rassembleuses », affirme-t-il.  Au fil des ans, le Fairmont Le Reine Elizabeth a multiplié les partenariats avec des organismes communautaires et des fondations, faisant de la Fierté un rendez-vous annuel bien ancré dans sa programmation. En misant à la fois sur des événements ouverts au public et sur des activités philanthropiques, l'établissement souhaite contribuer concrètement au soutien des communautés 2SLGBTQIA+, tout en offrant aux Montréalaises, aux Montréalais et aux visiteurs des occasions de célébrer dans un esprit de convivialité et d'inclusion. 6

LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

INFOS | Drag Brunch, le 25 juillet 2026. Au Marché Artisans – Fairmont Le Reine Elizabeth. BBQ de la Fierté, le 9 août 2026. Sur la Terrasse Nacarat (vue sur le Défilé).

En partenariat avec la Fondation canadienne de recherche sur le sida (CANFAR).

Cyclo-Défi Fierté, le 29 août 2026. Sur la Piste du P'tit Train du Nord, suivi d’un 5 à 7 de célébration au Fairmont Tremblant. Activité-bénéfice au profit d'lnterligne. Objectif : amasser 25 000 $

https://www.fairmont.com/montreal

Nicki Doll,

prête à faire la fête à Montréal, sa « troisième maison »

Nicky Doll est probablement la drag française la plus connue au monde. Après s’être retrouvée dans la 12e saison de RuPaul’sDragRace, en 2020, la drag originaire de Marseille s'est retrouvée à animer sa version française, DragRaceFrance. L'émission en est cet été à sa 4e saison, si l’on exclut la saison AllStars diffusée l’année dernière. À Fierté Montréal, la queen sera de la soirée 100 % Drag du 7 août. Elle se chargera ensuite de l’after-party du spectacle avec La Louche XXL.

Celafaitmaintenantplusieursannéesqu’existeDragRaceFrance.T’attendais-tuàce queceprojetserendeaussiloin?

NICKI DOLL : Je m'attendais à ce que la franchise soit de qualité, parce que je me fais confiance sur ma rigueur de travail et je fais confiance au talent local qu'il y a en France. On a des queens qui sont absolument incroyables. Je fais confiance aussi à notre culture. Donc, je m'attendais à ce qu'on fasse un bon travail. [Par contre,] je ne m'attendais pas à ce que le retour du public soit aussi bon, aussi vite. Je ne m'attendais pas du tout à ce que ça devienne un phénomène culturel aussi rapidement. Donc, ça, c'était une super surprise. C'est un super accomplissement et on est très, très fiers.

Qu'est-cequetupensesquidistinguel'émissionDragRaceFrance–oumêmeladrag françaisedemanièregénérale–aurestedumonde?

NICKI DOLL : JJe pense que déjà, les références dans lesquelles le drag français puise de ses inspirations, il est propre à la France. On a une culture cabaret qui est très développée. On a une culture mode et couture qui est aussi très développée. Les références, elles vont être aussi un peu moins bling-bling que l'américaine, par exemple. Elle va être aussi très politique, la drag française. Elle est très engagée, et ça, c'est hyper important, pour moi et pour la communauté en général. Je pense que le drag en général devrait être plus engagé que juste être à la télé et faire rêver. Je pense que le divertissement, c'est la mission numéro un, mais faire passer des messages, c'est la mission numéro deux.

Tut’ennuiesdelacompétition?

NICKI DOLL : Je ne me verrais pas faire la compétition en France, je ne me verrais pas faire Drag Race France, évidemment parce que c'est moi qui l'ai créée. Mais en tout cas, oui, repartir en compétition, ça, c'est quelque chose que j'adorerais faire. Malheureusement, la malédiction d'être une host, c'est que dans un format comme All Stars où les queens choisissent qui part, ça serait un peu compliqué, ça serait pas très fair-play. Brooke Lynn Hytes disait – je pense que Rita Baga dirait la même chose aussi – que, bah, les queens, on serait les premières à être visées parce que, justement, elles se disent qu’on n'a pas autant besoin de cette visibilité qu'elles. Donc, je comprendrais. Mais si un jour il y a une compétition sans élimination, ou alors une compétition qui serait juste entre hosts, je serais la première à vouloir le faire!

Tu asparticipéàlacérémonied’ouverturedesJeuxolympiquesdeParis,ilyadecela deuxans.Dequoiterappelles-tud’abordlorsquetuypenses?

NICKI DOLL : C'est la fierté qu'on a eue sur ce pont, avec toutes ces personnalités et tous ces artistes LGBT, mais tous ces artistes aussi racisés. On avait vraiment un magnifique panel d'artistes qui représentaient toutes les minorités françaises. Et le fait de pouvoir faire

Nicki Doll

tout ça sur ce pont ensemble, alors qu'il pleuvait à torrents, on avait une mission divine qui était de représenter toutes les minorités à ce momentlà, et il fallait qu'on soit à la hauteur, et je n’oublierai jamais ce sentiment. On en est très, très fiers.

JemedoisdetedemanderquelleesttarelationavecMontréal…

NICKI DOLL : Ah bah, moi je dis clairement que Montréal maintenant, c'est devenu un peu ma troisième maison. J'habite à New York, je rentre en France assez souvent et je suis à Montréal presque autant de temps parce que j'ai la chance de faire ma soirée, qui s'appelle La Louche, maintenant depuis quelques années. J'ai été accueilli à bras ouverts par les Québécois et par... par les Montréalais. Donc, je suis très, très touché par cette ville et par son public. D’ailleurs, le clip, de ma chanson In Your Head [clip sorti en mai dernier], a été shooté à Montréal.

Quepenses-tudesdragsquébécoises?T’inspirent-elles?

NICKI DOLL : J'adore les drags québécoises parce que, justement, pour moi, en fait, elles sont un peu les cousines des françaises. On a beaucoup de valeurs en commun, on a beaucoup de références en commun. On a une culture cabaret qui est très développée, on a une culture engagée, qui est aussi très développée, les reines québécoises sont hyper engagées pour leur communauté et ça, j'en suis très, très fier. Et, surtout, elles sont très drôles, elles sont hyper divertissantes, et elles ont un amour du public et de la performance live qui est notoire. Pour moi, c'est ça, le drag C'est beau de faire des jolies photos sur Instagram, c'est beau de faire une compétition, mais là où ça se passe vraiment, c'est sur scène avec le public. Et s'il y a bien une chose que les Québécois savent faire, c'est faire le show, divertir, et apporter de l'amour à son public. Elles sont incroyables. Elles sont très, très fortes.

Tu présenteras la Louche XXL durant Fierté Montréal, une nouvelle mouturedetonévénementLaLouche.C’estquoi,LaLouche?

NICKI DOLL : La Louche, en fait, c'est une soirée qui est avant tout un hommage aux soirées où moi j'ai commencé. Quand j'ai commencé le drag à Paris, j'allais dans des soirées qui étaient plus branchées house music. C'était une soirée où il y avait des kings, des queens, des créatures, des alliés, et on dansait sur des sets qui étaient hyper entraînants, et pas forcément juste pop. La Louche, c'est exactement ça. C'est des sets plus house électro avec de la pop, mais au lieu de regarder uniquement les queens performer, on fait aussi la fête avec elles. Et, du coup, c'est pour ça que j'invite tous les artistes queer et tous les artistes drag à venir faire la fête avec nous, mais aussi tous les alliés et les personnes qui viennent se déplacer pour la fierté à Montréal. Ensuite, vous allez quand même avoir un show drag parce que vous aurez Denali de Drag Race US et Pangina Heals, qui est host de Drag Race Thailand et qui a aussi fait le All Stars au UK. Vous aurez aussi Gisèle Lullaby, Foxy LeXxi , qui est une artiste burlesque locale que j'adore, et évidemment moi-même. Et vous aurez Holly White, qui fait partie de la nouvelle saison de Drag Race France, qui sera derrière les platines. C'est l'after-show officiel, c'est au Club Soda, et, comme l'année dernière, on va s'éclater, on va danser toute la nuit.6

PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

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C'EST L'HEURE D'AIMER AVEC DEE JOYCE

Le 1er août, la scène Loto-Québec accueillera Dee Joyce, l'une des voix les plus singulières du R&B francophone actuel. Artiste ouvertement queer, il propose un spectacle où soul, pop urbaine et groove irrésistible se mettent au service d'un message rassembleur : célébrer la liberté d'aimer sous toutes ses formes. Avec ses chansons aux accents chaleureux et son énergie communicative, Dee Joyce transforme chacun de ses concerts en véritable communion avec le public. Plus qu'un simple spectacle, il invite à vivre une expérience participative où les frontières entre la scène et la foule s'effacent au profit d'une célébration de la diversité, de l'amour et de l'authenticité. Lors d'une entrevue accordée à Fugues au printemps dernier, l'artiste expliquait que son plus récent album, L'heure d'aimer, est avant tout « une déclaration d'amour envers la personne qu'on aime, mais aussi envers soi-même ». Celui qui préfère parler de « coming in » plutôt que de coming out souhaite offrir une représentation plus inclusive du R&B francophone, un univers où les récits queers demeurent encore trop rares. Marqué par une enfance vécue dans un contexte de violence conjugale, Dee Joyce fait aujourd'hui de sa musique un outil de résilience et d'engagement. « Mon but maintenant, c'est juste de propager l'amour : aimez-vous les uns les autres, reconnectez-vous. On a besoin de ça », confiait-il. Un message qui prendra tout son sens lors de cette soirée où groove, émotion et célébration collective seront au rendez-vous.6

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Samedi 1er août, de 19 h à 20 h Scène Loto-Québec – rue Sainte-Catherine Est et avenue Papineau

QUAND L'OPÉRA

RENCONTRE LE KARAOKÉ

La scène Loto-Québec proposera, le lundi 3 août, une soirée où tous les styles seront permis. Des grandes envolées lyriques aux refrains pop repris en chœur, cette programmation met à l'honneur deux façons bien différentes, mais tout aussi rassembleuses, de célébrer la musique et la performance. À 19 h, Opéra : les reines du drame convie le public à un spectacle aussi flamboyant qu'original. Présentée par la compagnie Opéra Queens, cette production acclamée revisite les grands classiques de l'opéra et de la comédie musicale dans une mise en scène résolument queer. Porté par la drag diva Tanya Smania, J. Marchand Knight et le contre-ténor Rain Saran Senavinin, le spectacle est interprété entièrement en direct par des artistes issus des communautés QTBIPOC. Puis, à 20 h 30, place au  KaraoSlay, animé par Maxence Garneau. Que l'on monte sur scène ou que l'on préfère chanter en chœur dans la foule, cette grande fête du karaoké promet une ambiance festive et décomplexée. Au programme : des classiques incontournables, des moments de pur  sing along et quelques invité·es surprises, dont de véritables divas qui viendront interpréter leurs propres succès.6

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Opéra : les reines du drame, de 19 h à 20 h, suivi du KaraoSlay, de 20 h 30 à 22 h, le lundi 3 août 2026, sur la Scène Loto-Québec, à l'intersection de la rue Sainte-Catherine Est et de l'avenue Papineau, dans le cadre de Fierté Montréal. Activités gratuites et accessibles aux personnes à mobilité réduite.

MARCHÉ ARC-EN-CIEL

Trois jours pour célébrer la créativité queer

Pour une deuxième année consécutive, le Marché Arc-en-ciel prendra possession d'une partie de la rue Sainte-Catherine, du 31 juillet au 2 août, dans le cadre de Fierté Montréal. Pendant trois jours, entre les rues SaintHubert et Atateken, une trentaine d'artisanes et d'artisans queers iront à la rencontre du public afin de présenter leurs créations dans une ambiance festive où les arts, la mode et le savoir-faire local seront à l'honneur.

Organisé par M.A.D. Collectif en collaboration avec Fierté Montréal et la Société de développement commercial (SDC) du Village, l'événement revient fort d'une première édition qui a largement dépassé les attentes. Inspiré de rendez-vous comme Puces POP ou le Festival Jouissif, mais entièrement consacré à la créativité queer, le Marché Arc-en-ciel s'impose désormais comme un complément naturel aux spectacles présentés sur la scène Loto-Québec, située à quelques pas. Sous les tentes installées le long de la rue SainteCatherine, les visiteurs pourront découvrir une foule de créations originales, allant des arts visuels à la mode, en passant par les accessoires et les objets artisanaux, le tout imaginé par des créatrices et créateurs issus de la communauté LGBTQ+. « Ce fut une belle expérience, le public était au rendez-vous. Il y a eu beaucoup de demandes de la part des artisanes et artisans à la suite de la première édition de l'an dernier. C'était encourageant de voir ça », souligne Jean-François Daviau, président et fondateur du Festival M.A.D. Montréal, qui orchestre le projet avec Fierté Montréal et la SDC du Village.

Trois univers créatifs

L'objectif du Marché Arc-en-ciel dépasse largement la simple vente d'objets. « L'idée de départ était d'amener quelque chose de nouveau dans le Village, de faire découvrir des artisanes et artisans au public, aux visiteurs, mais aussi aux commerçantes et commerçants. On voulait créer un impact positif pour le Village. Il y a énormément de créativité chez ces artistes et il s'agit d'apporter encore davantage d'arts dans le Village. En ce sens, nous entretenons une excellente collaboration avec la SDC du Village, qui appuie ce projet depuis ses tout débuts », explique Jean-François Daviau. Cette volonté se reflète également dans la sélection des exposantes et exposants. « Avec ce Marché, nous voulons essentiellement mettre en valeur trois univers : les arts, la mode et les accessoires. Nous souhaitons que les gens découvrent des pépites dans chacun de ces domaines. Notre sélection de cette année a été pensée en fonction de ces trois axes. » Le fondateur du Festival M.A.D. insiste aussi sur l'importance de proposer une offre variée. « On veut que ce soit intéressant autant pour le public que pour les exposantes et exposants. On ne veut pas, par exemple, qu'il n'y ait que des bijoux ou que les créations se ressemblent toutes. On veut de la variété et de la diversité dans les arts présentés. »

Une première édition encourageante L'idée d'un marché d'artisanes et d'artisans queers circulait depuis plusieurs années avant de finalement voir le jour l'été dernier. « C'est une idée à laquelle l'équipe de Fierté Montréal réfléchissait depuis des années, mais que nous n'avions jamais concrétisée. En discutant avec la SDC du Village de la façon dont nous pouvions mieux animer le Village, nous avons eu l'idée de créer ce Marché Arc-en-ciel consacré aux artistes et artisans queers », expliquait alors Simon Gamache, alors directeur général de Fierté Montréal. Le choix de l'emplacement répondait aussi à une volonté d'animer l'entrée ouest du Village, un secteur où les terrasses

sont moins nombreuses et où l'on souhaitait attirer davantage de visiteurs. Malgré certaines inquiétudes avant l'ouverture, l'expérience s'est révélée très positive.

« Bien sûr, il y avait des défis. Nous nous demandions comment se passerait la cohabitation entre les artistes et la population vulnérable : est-ce que les artistes allaient se faire importuner? Est-ce qu'il y aurait des situations d'incivilité? Finalement, tout s'est très bien déroulé. Cela a été beaucoup plus simple que ce à quoi nous nous attendions. Il n'y a eu aucune situation problématique à gérer. » Selon une étude de la SDC du Village, plus de 70 000 personnes ont fréquenté le Marché Arc-en-ciel lors de cette première édition. « L'arrimage avec la SDC du Village et Fierté Montréal était remarquable l'an dernier. On sait que c'est un projet gagnant pour tout le monde », ajoute Jean-François Daviau.

Un projet qui veut grandir

Si le Marché Arc-en-ciel bénéficie actuellement du soutien financier de plusieurs partenaires, dont l'arrondissement de Ville-Marie, le Service du développement économique de la Ville de Montréal, PME MTL Centre-Ville ainsi que le Fonds d'initiatives locales du Village, ses organisateurs souhaitent maintenant assurer sa pérennité. « La volonté de Fierté Montréal et de la SDC du Village est bien présente, ils nous appuient. Mais du côté de la Ville, il manque encore de prévisibilité. Rien ne garantit qu'elle sera davantage présente à l'avenir ou que l'enveloppe budgétaire sera bonifiée. C'est un beau succès, mais ce n'est qu'un début. Nous discutons avec nos partenaires d'un développement à long terme, même sur un horizon de cinq ans, mais il nous manque cette prévisibilité de la part de la Ville. Il faudrait qu'elle s'implique davantage. » Pour Jean-François Daviau, le potentiel est pourtant évident. Grâce à l'effervescence de la rue Sainte-Catherine, à la présence des résidentes et résidents, des commerçantes et commerçants ainsi que des milliers de touristes qui fréquentent le Village pendant Fierté Montréal, le Marché Arc-en-ciel pourrait devenir, au fil des ans, un rendez-vous incontournable de la création queer montréalaise. Au-delà des objets que l'on y découvre, le Marché Arc-en-ciel met surtout en lumière des artistes, des parcours et des savoir-faire qui témoignent de la vitalité de la communauté LGBTQ+. En offrant une vitrine à ces créatrices et créateurs au cœur même du Village, l'événement contribue à faire de l'art un moteur de rencontres, de découvertes et d'appropriation de l'espace public. Une vocation qui pourrait bien assurer à ce jeune marché une place durable dans la programmation de Fierté Montréal.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

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Marché Arc-en-ciel, Du vendredi 31 juillet au dimanche 2 août 2026, de 11h à 19h.

Rue Sainte-Catherine Est, entre les rues Saint-Hubert et Atateken. Entrée gratuite.  Une trentaine d'artisanes, d'artisans, de créateurs et de créatrices queers

Il y a deux ans, je vous racontais la naissance de Supernature, cette soirée née d'une envie toute simple entre trois amis : faire vivre le waacking à Montréal et le ramener à ses vraies racines. Le 31 juillet prochain, l’événement revient pour une troisième édition au Club Soda, cette fois-ci en ouverture officielle de Fierté Montréal. Rien de moins! Pour l’occasion, je vous ramène aux sources du waacking avec Moodz, l'une des trois têtes créatrices derrière Supernature, pour comprendre comment ce battle est devenu, en trois ans à peine, le plus important au Canada.

Une danse née dans la résistance

Avant d'être une compétition, le waacking (et son cousin, le punking) est une danse de survie. Elle a émergé dans les clubs underground de Los Angeles au début des années 1970, portée par des communautés queer, noires et latinas qui n'avaient nulle part ailleurs pour exister pleinement. « C'était un outil d'expression, de liberté et de survie pour des communautés marginalisées qui n'avaient pas d'espace pour exister pleinement à l'époque où l'homosexualité était encore criminalisée », rappelle Moodz. Cette histoire, on ne la raconte pas souvent assez fort. Pourtant, chaque bras qui fouette l'air sur un dancefloor aujourd'hui porte encore un peu cette urgence d’exister.

Moodz pratique le waacking depuis sept ans, initiée par sa mentore,  Munezero « Ebony » Axelle, alors qu'elle terminait ses études à l'École de danse contemporaine de Montréal. « Ce qui m'a accrochée, ce n'était pas seulement le mouvement. C'était son histoire », raconte l’artiste, qui sera sur scène le 31 juillet. On la comprend : difficile de dissocier cet art de la mémoire qu’il transporte.

Supernature, le waacking comme mémoire vivante des clubs queer

Une scène montréalaise en pleine renaissance

Après la belle époque du Hot Mess des années 2000, la scène waacking d'ici a connu un creux. Selon  Moodz, un nouveau vent souffle depuis quelque temps, et  Supernature y est pour beaucoup. « Une communauté évolue lorsqu'elle réalise qu'il manque quelque chose et que certaines personnes décident de créer les opportunités qui n'existent pas encore », lui a prophétiquement confié un jour Blak Kat, pionnière du waacking à Montréal. Cette phrase résume parfaitement le pari des trois idéateurs de Supernature : recréer un espace où le  battle et la fête comptent autant l'un que l'autre. « Avant d'être une danse de compétition, le waacking est une danse de club, une danse queer et une danse de communauté », insiste Moodz.

Et ça se sent. Pour cette troisième édition, l'élite mondiale du waacking débarque au Club Soda. On y verra notamment Haejun, de la Corée du Sud, et Ronald Belaza, d’Oslo, aux côtés de la Montréalaise  Princess Shayla, l'une des pionnières de la discipline. Ces virtuoses seront rejoints sur le dancefloor par Moodz, Paolo Askia et Flame, les trois organisateurs de l’événement, alors que DJ BlackGold chauffera la salle à blanc.

Un vendredi pour lancer Fierté comme il se doit

Grande nouveauté cette année :  Supernature ouvre officiellement les festivités de  Fierté Montréal, un vendredi, ce qui change complètement la donne. « Les gens peuvent vraiment profiter de la soirée jusqu'au bout, sans penser au travail le lendemain! », rigole  Moodz, mi-sérieuse. Musicalement, la soirée est pensée comme un voyage dans le temps : on démarre dans une énergie disco qui rappelle les origines du waacking, avant de glisser tranquillement vers la house et l'électro. Un peu comme si un club des années 70 et un rave queer d'aujourd'hui se donnaient rendez-vous au Club Soda.

Pour le dress code,  Moodz est catégorique : « Come as you are, baby! Mets le vêtement qui traîne dans ta garde-robe depuis des années et que tu n'as jamais osé porter, celui que tu trouvais too much! C'est exactement le moment de le sortir! »

Un espace, pas juste un show

Au-delà des paillettes,  Moodz tient à rappeler pourquoi des espaces comme Supernature comptent plus que jamais. Dans un contexte où les discriminations envers les personnes queer, trans et racisées sont en hausse, créer un endroit où l'on peut exister sans se cacher n'a rien d'anodin. « Si, à travers mon art et à travers Supernature, je peux créer des espaces où des personnes se sentent enfin libres d'être elles-mêmes, alors, pour moi, ça a énormément de valeur », confie-t-elle.

Alors, le 31 juillet, laissez de côté votre nature pour laisser sortir votre  Supernature , une soirée qui promet une célébration à la hauteur de son histoire : flamboyante, politique et profondément joyeuse 6

STEVEN ROSS steven.ross.com@outlook.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Supernature vol. 3, vendredi 31 juillet, de 21 h à 3 h, au Club Soda.

Pour les détails, on visite le site web de Fierté Montréal.

Moodz

Le 6 août prochain, la rue Sainte-Catherine se transformera en piste de danse pour une soirée de duos musicaux percutants à l'occasion de Fierté Montréal. D'un côté, l'electro-pop revendicatrice et pailletée de Roselle, qui rejoindra Rossomodo pour une prestation double. De l'autre, l'artiste émergente québécoise Fabienne Laferrière aux côtés de la pop star canadienne Ralph, qui fera enfin ses débuts à Fierté Montréal. « Deux univers musicaux, quatre artistes queer et une même vision : utiliser le dancefloor comme geste politique et symbole de rassemblement. »

Premier temps : Roselle x Rossomodo Pour Roselle, Fierté Montréal n'est pas un festival comme les autres. « En tant qu'artiste queer et engagée, ça me fait super plaisir de pouvoir faire partie des festivités cette année », lance-t-elle d'entrée de jeu. Et elle promet du plaisir en quantité : « On a prévu un gros show dansant, rempli de fabulosité! » Longtemps associée au folk et aux voix puissantes, la scène musicale québécoise vit depuis quelques années un véritable virage électro, porté, selon Roselle, par une nouvelle génération d'artistes féminines et queer. « Le style était surtout incarné par de grandes icônes américaines, comme Madonna et Gaga. Aujourd'hui, il y a de plus en plus d'artistes féminines et queer qui font de la pop électro. Ça nous permet de retrouver encore plus le sentiment d'appartenance, de se reconnaître à travers leur musique

Le Village se transforme en piste de danse au rythme de la Fierté

», observe-t-elle, avouant du même souffle vouloir devenir « une grande icône pop électro queer du Québec ». Sa recette pour préparer un spectacle comme celui du 6 août se résume ainsi : de la pop dansante qui cache, sous ses paillettes, un véritable propos. « J'aime écrire de la musique qui bouscule, parler des sujets qui me touchent et prendre position. Tout ça dans un enrobage pop, dansant et rempli de paillettes », résume l'artiste. Résultat : « une grande expérience cathartique où l'on danse pour résister, parce que le message passe encore mieux quand on veut danser ».

La complicité entre Roselle et son acolyte de scène, Rossomodo, ne date pas d'hier. « On s'aime d'amour, Rossomodo et moi! C'est un réel plaisir de partager la scène ensemble le temps d'une soirée. Ça fait quelques années qu'on parle d'une collaboration; le moment est enfin venu », partage Roselle, qui promet de belles surprises. Pour les personnes qui hésitent encore à se joindre au party, Roselle lance cette invitation : « Ça vous tente de vivre une soirée iconique? Un plateau double électro qui vous donnera le goût de danser et de vous défouler? Venez nous voir, parce que c'est ensemble qu'on est plus fort! »

Deuxième temps : Fabienne Laferrière x Ralph Changement d'ambiance, mais même énergie pour la deuxième partie de la soirée avec la Québécoise Fabienne Laferrière et la Torontoise Ralph. « Salut Montréal! Je me suis ennuyée de vous et j'ai hâte de célébrer la Fierté ensemble! », lance l'icône de la pop canadienne, qui vivra enfin son baptême à Fierté Montréal. « J'ai toujours voulu participer à Fierté Montréal, alors je suis vraiment excitée que ça arrive enfin! » Habituée des scènes montréalaises, l'artiste connaît déjà l'énergie du public d'ici, qu'elle juge plus libre et plus affirmé qu'ailleurs. Elle s'attend donc à retrouver cette fébrilité décuplée dans le contexte unique de la Fierté. Au menu : un spectacle pop énergique, entre nostalgie et nouveauté, où des succès comme Tommy et Gravity côtoieront des extraits de son prochain album. Fruit de deux années d'écriture et nourri par sa passion pour l'esthétique cinématographique — elle a étudié le cinéma à l'Université de Toronto —, ce nouvel album paraîtra en novembre. Pour Ralph, partager la scène avec d'autres artistes de la communauté est une expérience profondément stimulante. « Honnêtement, les personnes queer comptent parmi les plus créatives de la planète. Partager une scène avec d'autres artistes LGBTQ+, ça ressemble moins à du travail qu'à une réunion de famille », lance-t-elle, insistant sur l'importance de la visibilité et du réseautage entre artistes queer. La Torontoise promet un spectacle rempli de passion et de nouvelle musique. Il serait donc bien dommage de lui refuser cette danse. « Il y a quelque chose de spécial à être entourée de centaines de personnes qui célèbrent l'amour, la liberté et la communauté. » Le 6 août, Fierté Montréal transformera le Village en un immense espace de résistance festive : deux spectacles, deux univers, une même invitation à vibrer ensemble. Il ne vous restera plus qu'à entrer dans la danse.6

STEVEN ROSS steven.ross.com@outlook.com

INFOS | https://fiertemontreal.com Les prestations seront présentées le jeudi 6 août dans le cadre de Fierté Montréal, sur la scène Loto-Québec, sur la rue Sainte-Catherine près de Paineau, au cœur du Village, . Roselle et Rossomodo ouvriront la soirée, à 19h, suivis de Fabienne Laferrière et de Ralph, à 20h30.

Rossomodo
Ralph
Roselle
CRÉDIT : RENE E RODENKIRCHEN
Fabienne Laferrière

Les fans de  RuPaul’sDragRace connaissent très bien Denali, la princesse de glace originaire de l’Alaska. Mais rares sont celleux qui savent que la drag queen et ancienne patineuse artistique a vécu quelques mois dans la métropole québécoise. Fugues a eu l’occasion de discuter avec elle quelques jours avant sa visite dans le cadre de Fierté Montréal, où elle se produira lors de La Soirée 100 % Drag, le vendredi 7 août, sur la Scène de l’Esplanade du Parc olympique.

QuelesttonlienavecMontréalouavecleQuébec?

DENALI : Je vais y performer pour la toute première fois en tant que  Denali, mais j’ai déjà vécu à Montréal brièvement durant l’été 2016. Je travaillais pour le  Cirque du Soleil sur le spectacle  CRYSTAL. On préparait alors le spectacle. C’était un processus vraiment cool et je suis tombée en amour avec Montréal et avec la rue Sainte-Catherine, dans le Village. Je mangeais de la poutine presque chaque jour et c’était fabuleux!

Sais-tudéjàcequetuvasoffrirdurantlespectacledu7août?

DENALI : Je vais présenter des numéros très énergiques, très sexy, avec beaucoup de danse, de mouvements de chevelure (hair whips) et de fabulosité. J’ai vraiment très hâte d’aller vous voir!

Durantlasaison13deRuPaul’sDragRace,plusieursfansonteul’impressionquetuétais sous-estiméeparlesjuges.Crois-tuquecettesituationacrééunlienparticulieravecle public?

DENALI : Absolument! Ça m’a aidée à créer une connexion très spéciale avec les fans. Peut-être que les choses ne se sont pas déroulées exactement comme je l’avais espéré, mais j’ai obtenu une grande leçon de vie au passage : quand tu ne t’y attends pas, tu reçois de l’amour d’endroits que tu n’imaginais même pas. Je suis très reconnaissante de la relation que j’ai avec le public et du soutien des fans depuis toutes ces années.

Tuaségalementparticipéàla10esaisondeAllStars.Quepenses-tudunouveauformat detournoi?

DENALI : En tant que concurrente, j’apprécie cette structure, parce qu’elle nous donne la chance d’avoir un peu plus de temps d’écran, de tisser des liens avec davantage de sœurs et de nous plonger dans un univers qui comporte une petite dimension de survie : on doit voter entre nous et bien gérer notre jeu social. Comme je suis une grande fan de Survivor, j’ai trouvé ça vraiment très amusant. En contrepartie, j’ai entendu plusieurs membres du public exprimer

Denali  performera à Montréal, dix ans après y avoir vécu

des opinions partagées sur le sujet : parfois, c’est plus difficile à suivre et ça ne permet pas à tous les talents de chaque reine de s’exprimer pleinement.

Àquelpointtonbagageenpatinageartistiquetesert-ilendrag?

DENALI : Les deux impliquent une forme de glamour, une capacité à performer devant un public, de grandes habiletés athlétiques et acrobatiques, sans oublier toute la flexibilité que ça exige! Par-dessus tout, le patinage m’a appris à être disciplinée et à travailler très fort, ce qui est plus que nécessaire dans le monde du drag.

Àtesdébuts,imaginais-tufaireencoredudragprèsdedixansplustard?

DENALI : C’est difficile à dire. En 2018, je n’étais qu’une « enfant » et je faisais du drag seulement pour le plaisir avec mes ami·es. Drag Race occupait une place dans un coin de ma tête, mais je n’imaginais pas nécessairement en faire une carrière qui traverserait le temps, avec autant de succès et de plaisir. Je suis tellement chanceuse de faire encore ça aujourd’hui, d’avoir un métier où je suis entourée de personnes queer et d’une équipe formidable. Je vis le rêve!

As-tudéjàenvisagédeproduireunspectaclesurglaceavecd’autresartistesdrag?

DENALI : Ce serait incroyable et j’y ai définitivement déjà pensé! Avant de faire du drag, j’ai patiné professionnellement dans des spectacles de Disney On Ice, sur les croisières de Royal Caribbean et pour le Cirque du Soleil. Je crois que mélanger mes deux univers serait une excellente idée. Cependant, je sais tout le travail qu’exigerait une telle production et à quel point ce serait coûteux à mettre sur pied. Si j’avais un budget et une équipe prête à gérer l’administration du projet, je le considérerais sérieusement.

Quellessontlesdragsavecquitut’entendslemieux?

DENALI : De ma saison 13, je suis très proche de Kandy Muse, Symone, Utica et Kahmora Hall. Je suis aussi proche de  Mirage, de Brooke Lynn Hytes et de  Shea Couleé, qui m’inspirent énormément. En fait, je m’entends bien avec plusieurs filles de Drag Race.

Qu’aimerais-tuaccomplirdanslefutur?

DENALI : J’adorerais produire de la musique, devenir DJ, jouer la comédie et explorer plusieurs autres facettes de la création artistique, en drag et à l’extérieur du drag. Je suis à une étape de ma vie où j’aimerais essayer beaucoup de nouvelles choses et même participer à d’autres téléréalités.6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

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Denali sera l'une des têtes d'affiche de La Soirée 100 % Drag, présentée dans le cadre de Fierté Montréal, le vendredi 7 août, de 19 h 30 à 23 h, sur la Scène TD de l'Esplanade du Parc olympique (4545, avenue Pierre-De Coubertin, Montréal). Elle partagera notamment la scène avec plusieurs autres vedettes de RuPaul's Drag Race.

Elle sera également de Les Drags au VIQ, le rendez-vous exclusifs dans l’espace VIQ si vous faites l’achat d’Mun laissez-Passer VIQ ce soir-là. Et en fin de soirée, elle sera aussi du Party Louche XXL de Nicky Doll, l'after-party officiel de La Soirée 100% Drag.

Denali

Figure bien connue du milieu drag montréalais, Jessie Précieuse n'est pas uniquement reconnue pour ses performances, mais aussi — voire surtout — pour son travail d'animation et de production. Depuis quelques années, elle produit le Grand Championnat national de drag de Montréal, désormais intégré au tout nouveau Grand Festival national de drag de Montréal, dont la première édition a eu lieu en mai. Fin juillet, elle donnera en quelque sorte le coup d'envoi de Fierté Montréal en animant Drags en folie!, un spectacle conceptualisé par Barbada.

Tonspectaclealieulorsdelapremièresoiréedufestival.Est-cequetusensunepression particulière?

JESSIE PRÉCIEUSE : Moi, ça fait 13 ans que j'anime, je n'ai plus vraiment de pression! (Rires) Je fais de la drag parce que j'ai du fun à faire de la drag, puis tous ces shows-là, pour moi, c'est du plaisir. J'ai quand même une pression parce que je suis extrêmement exigeante envers moi-même. La confiance que Barbada a en moi pour faire ce show-là, ça me motive justement à offrir un show excellent. Puis je suis probablement la queen des autobus! (Rires) D'ailleurs, je trouve ça fun de pouvoir ouvrir la Fierté puis montrer à quel point cette scène-là est spéciale, le fun et unique, pour nous, à Montréal.

Qu'est-cequifaitquetuaimesanimer?

JESSIE PRÉCIEUSE : Parler. (Rires) J'ai fait mes études en radio parce que je voulais faire de la radio toute ma vie, puis je voulais animer toute ma vie. Je trouve que l'échange est le fun. Je trouve ça le fun de pouvoir amener ce professionnalisme-là à l'animation en drag. Puis j'aime ça jaser avec le monde. J'ai tendance à dire que tu ne sais pas c'est quoi une bonne animation tant que tu n'as pas entendu quelqu'un qui anime bien. Je ne sais pas si c'est clair, mais… comme… il y a des drags qui savent parler dans un micro, puis il y a des drags qui savent animer, mettons.

Àquoidoit-ons'attendredecespectacle?

JESSIE PRÉCIEUSE : J'ai parlé aux artistes pour qu'on utilise bien les autobus, qu'on fasse vraiment une soirée qui dépasse les attentes. Parce que, l'an passé, les gens performaient surtout sur le bus ou devant le bus. Mais là, moi, j'ai décidé qu'on allait utiliser tout l'espace. Donc, ça va être quand même des numéros impressionnants. Moi, je fais un numéro d'environ 7 minutes 50, en plein soleil, sur le bus. Ça va être un beau mélange de petits numéros punchés et de plus longs numéros.

Jessie Précieuse, faire rayonner les drags toute l'année

Un artiste de cirque va être là. On a des artistes de France, des artistes franco-ontariens. C'est une belle brochette d'artistes de la relève et d'artistes plus établis. Ça va vraiment être un show qui va bien représenter la communauté drag de Montréal, d'après moi.

Comments'estpasséelapremièreéditionduGrandFestivalnationaldedragdeMontréal?

JESSIE PRÉCIEUSE : Ça a été au-delà des attentes. On a vu, avec le championnat des dernières années, que c'était populaire, que les gens sortaient pour venir le voir. Mais là, on se disait : « Trois jours, est-ce que c'est trop? Est-ce qu'on aurait dû le faire plus petit? Est-ce que les gens vont venir? »

Finalement, ça a été un succès sur toute la ligne. Les gens sont venus, les gens sont sortis, ils sont restés malgré la pluie, malgré tout. Ils sont venus aussi pour tous les événements, que ce soit les shows de drag, les enregistrements de balados, etc. Ç'a été, du côté du public, merveilleux. Je n'ai vraiment rien à redire. Puis, du côté des artistes, j'ai vraiment été touchée de voir que toute notre communauté a décidé de mettre la main à la pâte et de faire en sorte que cette première édition soit une réussite, pour qu'on ait justement un bijou qu'on puisse garder pour les prochaines années. Même les gens qui n'étaient pas bookés sur des shows venaient voir les drags, venaient voir les spectacles, encourageaient les artistes. Je n'y crois pas encore. Ça a vraiment été trois jours merveilleux puis… probablement à l'année prochaine!

Lesdragqueenssontdeplusenplusvisiblesdanslasphèrepublique.Trouves-tuqu'ilest plusfacileouplusdifficiledetrouverdesopportunités,detirertonépingledujeu,depuis?

JESSIE PRÉCIEUSE : C'est une bonne question. Je suis… je ne sais pas, je ne veux pas dire égoïste, mais je pense à mes affaires, puis je pense moins à ce qui se passe autour, mettons. Je me suis toujours donné le défi, autant quand je suis arrivée dans le monde de la télé avant la drag que quand j'ai commencé la drag, que ma voix serve à aider ma communauté, puis à toujours montrer le talent qu'on a dans notre communauté. Venant du monde des médias et des arts, j'ai comme toujours eu à me battre pour faire ma place quelque part. On dirait que c'est rendu intégré en moi. C'est plus facile d'avoir des opportunités parce qu'il y en a plus, mais ce n'est pas plus facile pour autant parce qu'on est plus nombreuses et nombreux aussi. Il va toujours y avoir de nouvelles drags, il va toujours y avoir des drags qui vont s'en aller. Il va toujours y avoir des drags qui vont accepter un contrat à 50 piastres parce qu'elles commencent et qu'elles aiment ça, tandis que le reste de la communauté essaie d'obtenir de meilleurs cachets. C'est comme une game qui se joue en permanence entre deux réalités. Mais c'est ça, au fil du temps, tu finis par avoir tes contrats récurrents, puis des contrats que tu sais que tu aimes. Je ne peux pas parler de ce qui se passait il y a 10 ans parce que je n'étais pas là, mais je pense qu'à l'époque c'était beaucoup moins structuré. Il y a toujours moyen de s'en sortir, de tirer son épingle du jeu, si tu penses à toi puis que tu ne regardes pas constamment ce qui se passe autour. 6

PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

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À ne pas manquer avec Jessie Précieuse pendant Fierté Montréal 2026 :

31 juillet, 17 h à 19 h – Des livres et des paillettes (Fierté littéraire) à la Place du Village, où Jessie participe à l'événement littéraire consacré à la littérature queer et à l'art drag.

31 juillet, 20 h 30 – Drags en folie!, sur la scène Loto-Québec (MIX BUS), spectacle conçu par Barbada et animé par Jessie Précieuse, qui lance la programmation des spectacles de Fierté Montréal.

Jessie Précieuse

Popstars Queers et Unikorn pour

Le 1er août prochain, oubliez vos plans. Vous avez rendez-vous avec votre pop star intérieure… et elle porte sûrement plus de paillettes que vous. Fierté Montréal frappe fort avec une soirée qui s'annonce comme une véritable ode au clubkid qui sommeille en chacun de nous. On commence avec Popstars Queers, dans le Village, avant de terminer la nuit au Club Soda avec Unikorn. Plan de match avec J4DE et Sisi Superstar, deux artistes qui vous replongent, le temps d'une nuit, au cœur de la culture underground new-yorkaise des années 1980.

Club kids : la culture new-yorkaise au cœur de Montréal Nés dans l'effervescence des clubs new-yorkais de la fin des années 1980, notamment au mythique Limelight, les club kids ont transformé la nuit en véritable laboratoire artistique. Entre looks démesurés, maquillages sculpturaux et rejet assumé des conventions, ils ne se contentaient pas de sortir faire la fête : ils devenaient eux-mêmes le spectacle. Pendant que Boy George popularisait une esthétique similaire de l'autre côté de l'Atlantique, le jeune RuPaul faisait ses débuts dans une ville en pleine ébullition créative. Influence majeure de la scène drag des années 2000, l'ADN extravagant des club kids continue d'alimenter les cultures pop et queer d'aujourd'hui. L'artiste montréalais J4DE, idéateur et animateur de la soirée  Popstars Queers, confirme d'entrée de jeu la filiation directe entre la culture club kid scène pop queer actuelle. « Les club kids nous ont montré qu'on pouvait transformer son identité en œuvre d'art », résume-t-il. Celui qui s'est notamment fait connaître comme acteur dans la série Shadowhunters et comme juge à Canada's Drag Race ajoute que cette philosophie n'a jamais vraiment disparu. Elle a simplement changé de terrain de jeu, migrant vers les réseaux sociaux, les festivals et les scènes indépendantes. Pour l'artiste multidisciplinaire, l'ar rivée d'Internet et de grandes icônes musicales comme Lady Gaga a profondément transformé le parcours des artistes et de la nouvelle génération queer. « Aujourd'hui, un artiste peut créer sa communauté partout dans le monde depuis sa chambre. La pop est devenue beaucoup plus démocratique, même si le défi est maintenant de réussir à se démarquer. »

Popstars Queers

20 h 30 – Scène Loto-Québec

Voilà justement le pari de Popstars Queers, une première à Fierté Montréal, qui réunit J4DE, Aizysse Baga, ANGELO, Chris Cool, Jandrou et Serena Smith. L'idée est née d'un constat tout simple, explique J4DE : « Montréal déborde de talent pop queer. On rêve souvent des stars qui viennent d'ailleurs, alors qu'on en a déjà ici. » L'artiste promet un spectacle qui donnera l'impression d'assister à la naissance des prochaines pop stars. « Attendez-vous à des looks, de la danse, de l'émotion, de l'énergie et à des performances assumées. » Et pour celles et ceux qui connaissent J4DE grâce à Drag Race ou à Shadowhunters, préparez-vous à découvrir une tout autre facette de l'artiste. « Comme musicien, c'est la version la plus authentique de moi-même. Ma musique est l'endroit où je peux montrer ma personnalité sans filtre. Les gens vont découvrir une facette beaucoup plus personnelle de qui je suis. Ma vraie personnalité existe sur scène. »

Unikorn Vol. 4

22 h – Club Soda

La soirée se poursuit ensuite avec Unikorn, de retour au Club Soda pour une deuxième année consécutive. Sisi Superstar, qui coanime l'événement avec Awwful, promet un line-up qui

gâtés cette année! Nous allons leur offrir des performances musicales live exceptionnelles, des performances drag hors du commun et des DJ sets de feu qui vont les faire danser et suer toute la nuit! » Les quelque 1 000 club kids attendus pourront vibrer au son de DJ OZA tout en découvrant les performances de Sisi Superstar, Luna Dubois, KINGCHELLA, Odile et Serena Smith. Sisi Superstar, qui lancera un nouvel EP cet été, confirme que le Club Soda est l'endroit où il faudra être le 1er août. « Si vous êtes habitués à Unikorn, nous avons travaillé fort pour dépasser vos attentes! Et si vous découvrez l'événement, venez! C'est une vibe magique qu'on ne retrouve nulle part ailleurs à Montréal! » Si vous cherchiez un signe pour sortir vos plus beaux artifices queer, le voici : dans la nuit du 1er août, à Fierté Montréal, tout le monde a le droit d'être un club kid… et une pop star.6

STEVEN ROSS steven.ross.com@outlook.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Popstars Queers : samedi 1er août à 20 h 30, sur la scène Loto-Québec (rue Sainte-Catherine et avenue Papineau).

Unikorn Vol. 4 : samedi 1er août à 22 h, au Club Soda.

J4DE
Sisi Superstar

Les rois du drag sont arrivés

Les rois du drag seront présentés à leurs sujets en grande pompe cet été à Fierté Montréal et à Fierté de Québec.

À Montréal, où ces personnificateur·ices masculins prennent progressivement leur place depuis plusieurs années, onze kings monteront sur scène lors du Show du 20e, le grand gala du 20e anniversaire de Fierté Montréal, et quatorze participeront à différents événements officiels durnat les festivités. À Québec, la Fierté accueillera pour la première fois un gala 100 % Kings. « C’est une demande qu’on entendait souvent dans les dernières années, et on trouvait que c’était le bon moment », explique le directeur de la programmation de Fierté Québec, Gabriel Meagher-Gaudet. Le programme promet que plusieurs nouveaux kings y vivront leur baptême de scène, dans une discipline en plein essor.

Roch Bière et RV Métal — Mélodie Noël Rousseau et Geneviève Labelle dans leurs vies hors scène — sont des piliers de la scène drag québécoise depuis plusieurs années. Coanimateurs du gala MajestiX à Montréal pendant plusieurs années (et responsables du Show du 20e), ils coanimeront également, le 6 septembre prochain, le gala Glamoustache à Québec.

Il y a une dizaine d’années, quand Geneviève explorait l’univers du drag pour la première fois, elle ne trouvait presque rien sur les kings au Québec. Elle a finalement découvert le concours King of Kings au Café Cléopâtre, où elle a été séduite par la créativité des artistes, dont l’animateur Charlie DeVil et « un king qu’on n’a jamais revu, qui s’était fait un six-pack avec des patates et de la sauce à poutine sur le corps ».

Le couple Labelle-Rousseau a ensuite découvert le concours Drag-Moi du Cabaret Mado en 2018, et c’est dans la préparation de ce concours que Roch Bière est né. Les deux éditions suivantes ont été remportées par RV Métal et Walter Ego — Anmarie-Paule Legault hors scène, le « fils drag » de Roch et RV. L’ascension des kings était entamée.

Geneviève et Mélodie se passionnent pour l’histoire de cet art, qui remonte au XVIIIe siècle et qui a été popularisé dans les music-halls du XIXe siècle. Les drag kings modernes ont émergé à Londres et à New York dans les années 1980 et 1990. À Montréal, le collectif King Size, devenu plus tard Dukes of Drag, a été fondé en 2007. « Il y a plusieurs collectifs de drag kings qui ont existé avant nous. On n'a pas inventé ça, mais on est fiers de l’avoir implanté davantage du côté francophone », note Geneviève. « Pour nous, ça a été plutôt facile, mais on a entendu des témoignages de kings qui se faisaient carrément fermer la porte dans les cabarets », commente Mélodie. « Encore aujourd'hui, les gigs sont moins payés. Il faut toujours en parler pour que des kings soient bookés. »

La danseuse et chorégraphe Angel est agente de deux kings montréalais, dont son propre alter ego, Clay Thorris. « On est dans un monde de queens, donc c'est plus facile de booker une queen parce que les gens les connaissent », observe-t-elle. Selon elle, il est plus difficile de booker un king parce qu'ils sont moins connus du grand public. « Pourquoi ne pas faire plus de shows mixtes, pour que les gens les découvrent? On veut que les kings sortent, on en veut plus! » Plusieurs kings ont fait le même constat : les bookings, la visibilité et l’information demeurent plus accessibles pour les queens, mais le monde du drag est en pleine expansion, et les kings comme les créatures — ces artistes drag qui incarnent des personnages non genrés, tels des extraterrestres ou des animaux marins — en bénéficient.

Se découvrir grâce au drag

Dès son enfance, Ariane Laguë-Barret voulait être comédienne. « Du cirque, de la danse, du théâtre… tant que je performais. » Mais quand elle a commencé à faire des auditions professionnelles, elle s'est rendu compte que quelque chose lui manquait. « J’avais du talent, mais je ne croyais pas assez en mon rêve. » Ariane a mis son rêve sur la glace avant de rejoindre une équipe de figurants amateurs lors des soirées drag du Cabaret Mado. Elle a été si intriguée qu’elle a demandé à la légende du drag Marla Deer si elle pouvait essayer. « Dans ma tête, comme femme cis, ce n’était pas possible. Mais Marla a dit oui. » Marla Deer

Johnny Jones
Walter Ego
Clay Thorris

a invité Ariane à participer au concours Drag-Moi de 2016, où est né son personnage de drag queen, Velma Jones. En développant le personnage de Velma, Ariane naviguait entre les stéréotypes féminins, son amour pour son art et les préjugés envers les femmes cis dans le milieu. « Quand Velma est née, en 2016, on n'était pas beaucoup de femmes cis qui faisaient du drag. C’est encore Marla qui m’a dit : "Tu pourrais essayer de faire du king." »

Johnny Jones — un séducteur qui ne se prend pas trop au sérieux — est né. « J'ai retrouvé ma féminité grâce à Johnny », relate Ariane. « Au début, je suis allée très fort dans les stéréotypes masculins, mais à un moment donné, tu en as fait le tour. Pourquoi un homme ne pourrait-il pas être flamboyant? » Quand elle a été sélectionnée pour la sixième saison de Canada’s Drag Race, on lui a demandé d'amener les deux personnages. La comédienne qui manquait autrefois de confiance est devenue la première femme cis et le premier drag king à participer à l’émission pancanadienne. Les deux personnages sont devenus des canevas pour l’artiste qu’Ariane est aujourd’hui.

Repenser le genre sur scène

Comme Ariane, Alex Schunder de Rosnay, le Montréalais derrière le personnage de Casanova The Drag Fool, explore son propre genre à travers son personnage. Alex est un homme trans qui s’est longtemps méfié des stéréotypes masculins. Dans un cours au Cégep du Vieux Montréal donné par Daisy/Derek Wood, autre pionnier montréalais du drag genderfluid, il a pu explorer son rapport au genre et créer Casanova.

Il décrit son personnage comme un charmeur « plein d’amour », un homme qui n’a pas peur de bousculer les codes de la masculinité en portant des volants de dentelle. « C’est moi, mais en plus confiant », résume-t-il, avant d’ajouter : « Je veux montrer que les hommes peuvent être vulnérables, et doivent avoir accès à leurs émotions. C'est tellement important pour la société. »

« On a assez d'exemples de masculinité toxique dans ce monde », ajoute Felicia Latour, la personne derrière le king montréalais Fabien Lamour. « J’essaie d'offrir une version de la masculinité qui est saine et imparfaite, mais qui me ressemble. » Au-delà des paillettes, des couleurs vives et du lipsync, le drag peut être réfléchi, politique, confrontant et émotif. Pour Alex, Ariane et Anmarie-Paule Legault — qui a elle aussi deux personnages drag, Walter Ego et une créature nommée CAP$LOCK— le drag évolue en parallèle avec la communauté queer au sens large, une communauté où les barrières entre les genres sont aujourd’hui beaucoup plus perméables. « Le conseil que je donne aux jeunes drags, c’est : arrêtez de vous limiter! », conclut Ariane.6

R. PRATKA irenepratka1@gmail.com

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MUR DES MÉMOIRES QUEER : DES HISTOIRES À TRANSMETTRER

À l'occasion des Journées communautaires de Fierté Montréal, l'ARCG – Aînés et retraités de la communauté gaie – invite le public à découvrir le  Mur des mémoires queer, une installation participative qui rend hommage aux personnes aînées de la communauté 2SLGBTQIA+. À travers des portraits et de courts témoignages, ce projet met en lumière des parcours de vie souvent méconnus et rappelle le rôle essentiel de celles et ceux qui ont contribué aux luttes et aux avancées des dernières décennies. Conçue comme une œuvre vivante et évolutive, l'installation favorise le dialogue entre les générations et invite chacun·e à participer à la construction d'une mémoire collective. 6

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Mur des mémoires queer, présenté par l'ARCG – Aînés et retraités de la communauté gaie, les vendredi 7 et samedi 8 août 2026, de 11 h à 18 h, dans le cadre des Journées communautaires de Fierté Montréal, au Village inclusif, sur la rue Sainte-Catherine Est.

SAMI LANDRI ET SES AMI·E·S : UNE SOIRÉE OÙ TOUT PEUT ARRIVER

Après avoir conquis le public en terminant finaliste de la sixième saison de Canada's Drag Race, Sami Landri poursuit sur sa lancée en participant cette année à Canada's Drag Race All Stars. Entre deux tournages, la drag queen acadienne est de retour à Fierté Montréal avec  Sami et ses ami·e·s, un rendez-vous devenu incontournable du festival. Fidèle à son esthétique « trashchic », elle promet une soirée de variétés où musique, performances drag, humour et surprises s'enchaîneront sans temps mort. Entourée de Charlie Morin, Chiquita Mére, Eboni La'Belle, Paolo Perfeccion et Soraï, Sami réunira sur scène des artistes aux univers complémentaires, dans un spectacle à son image : éclaté, généreux et résolument festif.

Première représentante du Nouveau-Brunswick à atteindre la finale de  Canada's Drag Race, Sami Landri voit son parcours comme celui d'une artiste profondément ancrée dans sa communauté. « On a souvent la perception que le drag existe seulement dans les grands centres urbains, mais je trouve ça encore plus intéressant en région. Les drags de région représentent davantage un territoire, une communauté, un paysage et un vécu », confiait-elle récemment à Fugues.

L'émission lui a aussi permis de sortir de sa zone de confort et de redécouvrir son propre talent. Après une période de doute au début de la compétition, elle affirme avoir vécu « la mort de [son] ego », une expérience qui lui a permis de se reconstruire avec une confiance renouvelée. Cette authenticité, combinée à son sens du spectacle, est devenue sa marque de commerce. Comme l'a résumé Brooke Lynn Hytes en finale : « I am most curious about you. You intrigue me. » Au-delà des paillettes et de l'extravagance, Sami défend aussi une vision profondément humaine du drag. « Maintenant plus que jamais, il faudrait qu'on mette de l'avant la compassion et l'amour. Dans un monde où on se rejette les uns les autres, c'est encore plus important d'être invitant », rappelle-t-elle. Une philosophie qui promet de faire de  Sami et ses ami·e·s  bien plus qu'un simple spectacle de variétés : une grande célébration de la créativité, de la diversité et du plaisir d'être ensemble.6 LOGAN CARTIER cartierlogan@gmail.com

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Mardi 4 août, de 18 h à 22 h

Jardins Gamelin – Place Émilie-Gamelin, 1500, rue Berri

PHOTO : SAMI LANDRI

On sait que Mélodie Noël-Rousseau et Geneviève Labelle se cachent derrière les drag kings Rock Bière et RV Métal. On sait que leurs pièces de théâtre (Ciseaux,Moi,Jeanne) récoltent les honneurs. On sait aussi que le duo a la responsabilité d’imaginer le grand spectacle artisticohistorique, du samedi 8 août, mis sur pied par Fierté Montréal. Mais rares sont celleux qui savaient que ces deux artistes à l’énergie débordante étaient devenu·es parents il y a exactement un an.

Vousassurezladirectionartistiqueduspectacleprésentédanslecadre des20ansdeFiertéMontréal.Àquoiaurons-nousdroit?

GENEVIÈVE :  Fierté Montréal a mis ce spectacle entre nos mains, mais l’organisation s’implique aussi dans le choix des artistes. Comme on a la responsabilité de créer une histoire, on a décidé de faire un portrait des luttes queers montréalaises des années 1970 à aujourd’hui. Pour chaque décennie, il y aura un DJ set avec une discipline artistique différente : cinéma, cirque, cheerleading, musique live, etc. À travers tout ça, il y aura aussi 15 acteurices qui seront le fil rouge du spectacle et qui créeront des fresques vivantes dans chaque tableau.

MÉLODIE : On voulait ancrer le spectacle dans le Montréal qu’on connaît. L’ouverture sera faite par Manon Vendette, qui anime un karaoké dans le Village. On veut impliquer plein de gens qu’on retrouve dans le quotidien queer de la ville.

GENEVIÈVE :  On travaille avec plusieurs collectifs montréalais et avec Little Star, qui fera du VJing en direct à partir de contenus des Archives gaies du Québe c et des archives que les collectifs nous envoient. En résumé, on fait un spectacle non pas pour souligner les 20 ans de Fierté Montréal, mais pour célébrer nos luttes depuis les années 1970.

Vousêtesdesartistespolitisé·es.Quelleestvotrepositionfaceà FiertéMontréal,aprèslescontroversesdesdernièresannées?

MÉLODIE :  On y a réfléchi. Nous, on est dans des milieux souvent arides. À nos débuts en drag, on se faisait dire sans arrêt que ce n’était pas facile pour les kings. Notre position a toujours été de rester, d’être visibles et présentes en priorisant l’amour. Tant que j’ai le courage de comprendre ce que ma présence politique fait dans ces milieux-là, je vais continuer. Mais je suis vraiment empathique et très compréhensive envers les gens qui veulent garder une distance. Toutes les positions sont valides. On sent l’effort de Fierté Montréal d’ouvrir les discussions sur ces enjeux-là. Il y a eu un gros changement dans l’administration. La nouvelle équipe a rencontré plein de gens cette année. On donne une chance à tout ça, en espérant que le vent a tourné. Dans l’état actuel du monde, on pense qu’il faut trouver des moyens d’être ensemble.

En2025,votrecompagniePleurerdansDouchearemportéle PrixMosaïquedel’UniondesartistesetlePrixdelameilleure miseenscènedécernéparl’Associationquébécoisedescritiques dethéâtre.Çareprésentequoipourvous?

GENEVIÈVE :  C’est vraiment une belle reconnaissance! Parfois, on se demande si on nous donne de l’espace dans le milieu parce qu’on est marginalisées et qu’il faut nous faire une place. Mais ces

prix-là nous disent que notre art est  fucking bon. Ça nous donne envie de continuer, parce que c’est vraiment un milieu difficile financièrement. On consacre notre vie au théâtre et au drag.

MÉLODIE :  Si on n’avait pas plusieurs victoires, comme ces prix et les nombreuses diffusions de nos spectacles en région, de l’Abitibi à la Côte-Nord, en passant par la Gaspésie et le Nouveau-Brunswick, ce serait sûrement différent. Ça fait du bien de faire voyager nos kings dans des endroits où on en voit moins. Depuis des années, on bénéficie d’une belle reconnaissance.

Vousavezétéunpeumoinsprésentessurlesscènesaucoursdesderniersmois.Qu’est-ce quiexpliqueça?

GENEVIÈVE : On a quand même fait beaucoup de shows pour des gens… qui viennent d’avoir un bébé!

MÉLODIE : J’ai joué Rock Bière enceinte d’Henri, qui est né le 31 juillet 2025. Un mois après sa naissance, on était dans Charlevoix pour un spectacle de Bière et Métal. Récemment, on était à Carleton-sur-Mer!

D’oùvientvotredésird’êtreparents?

MÉLODIE :  Rapidement, on a parlé de parentalité et on a rencontré la Coalition des familles LGBT pour savoir comment ça fonctionne. L’organisation nous a offert un super accompagnement! Je le recommande à toutes les personnes qui ont ce désir. Bref, on y pensait depuis longtemps, mais on se disait souvent qu’on n’avait pas le temps de faire un bébé.

GENEVIÈVE : On est fusionnelles depuis qu’on se connaît. On aime beaucoup avoir des projets ensemble. Si le projet bébé n’avait pas fonctionné, on aurait fait quelque chose d’autre. Ce n’était pas une nécessité dans notre vie, mais ça a marché! Cet enfant fait partie de nos vies. Il nous suit dans nos résidences de création et dans les salles de répétition. C’est beau de voir à quel point ça se marie bien avec notre vie.

Pourquoiavez-vousgardélebébésoussilence?

MÉLODIE :  À cause du milieu du théâtre. Encore aujourd’hui, plusieurs personnes ont moins de contrats quand elles sont enceintes ou parents. Bien des gens pensent que la personne est enceinte pendant trois ans… On ne l’affiche pas sur les réseaux sociaux, mais on en parle tranquillement dans le milieu, et déjà on nous demande si on va être capables de faire un spectacle dans deux ans! Alors qu’on est déjà remontées sur scène et qu’on n’a jamais arrêté. Une chance qu’on a gardé ça secret, parce que ça peut ralentir nos projets. C’est une décision purement business, parce que j’aimerais ça tapisser tout Internet de ce joli minois!

LES PIONNIERS DU PREMIER MONTRÉAL GAI

La Fierté est l'occasion idéale de redécouvrir celles et ceux qui ont contribué à bâtir les communautés LGBTQ+ montréalaises. Présentée jusqu'au 7 septembre, l'exposition « Armand Monroe, John Banks et les Glitterati de Montréal », des Archives gaies du Québec (AGQ), nous replonge dans l'effervescence du premier quartier gai de Montréal, autour de la rue Stanley, bien avant l'émergence du Village. À travers des centaines de photographies, des affiches, des artéfacts et des documents d'archives, l'exposition retrace le parcours de deux figures marquantes de notre histoire. Animateur, artiste et militant, Armand Monroe a contribué à faire des établissements comme le Tropical Room et le PJs des lieux d'expression uniques. De son côté, John Banks, fondateur de la Brigade rose et organisateur de la première célébration de la Fierté montréalaise en 1979, a joué un rôle majeur dans l'émergence d'une communauté plus visible et plus revendicatrice. Conçue par les bénévoles des AGQ, cette exposition constitue un hommage touchant à ces pionniers et à toute une génération qui a ouvert la voie aux célébrations d'aujourd'hui.6

Sonarrivéevousa-t-ellefaitréfléchiraufaitquepresquetousvosprojetssontréalisés ensemble?

GENEVIÈVE : Un peu, oui… mais on a réussi à aligner nos flûtes jusqu’à présent. Heureusement, on a un bel entourage qui garde Henri. Il a deux parraines et un marrain très proches de lui. On a aussi plein d’ami·es parents qui aimeraient avoir d’autres enfants, mais qui ne peuvent pas, faute d’argent et d’espace, et qui nous demandent de le garder. Cela dit, on ne pourra pas toujours être là toutes les deux.

MÉLODIE :  Il faut aussi penser aux revenus. On se partageait le salaire de mise en scène et d’écriture dans nos projets, parce qu’on assumait les deux rôles ensemble. Présentement, on cherche des façons de réorganiser nos chapeaux de création pour gagner un peu plus. Ça coûte cher, avoir un bébé!6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

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CRÉDIT JOHN BANKS ET ARMAND MONROE / ARCHIVES GAIES DU QUÉBEC

INFOS |  Jusqu'au 7 septembre 2026, du lundi au vendredi, aux locaux des Archives gaies du Québec (AGQ), 1000 Atateken, # 201-A.  https://agq.qc.ca

Moh Dafok, Quand le Carnaval du Brésil

embrase Fierté Montréal

L'an dernier, les Jardins Gamelin avaient pris des airs de Rio de Janeiro. Devant une foule compacte, Moh Dafok avait transformé la place publique en une immense piste de danse où se mêlaient rythmes brésiliens, costumes flamboyants et énergie contagieuse. Forte de ce succès, l'artiste drag d'origine brésilienne revient cette année dans le cadre de Fierté Montréal avec Le Carnaval Moh Dafok, présenté le 9 août lors de Zénith, sur la scène Loto-Québec. Une invitation à célébrer la diversité culturelle dans une ambiance survoltée où, promet-elle, « la chaleur du Brésil » sera au rendez-vous.

Originaire de São Paulo et installée à Montréal, Moh Dafok s'est rapidement imposée grâce à un style flamboyant où se rencontrent haute couture, performance physique, humour et rythmes brésiliens. Inspirée par ses racines latines, elle utilise la scène pour célébrer l'identité, la liberté d'expression et la diversité dans un spectacle où le public fait pleinement partie de l'expérience. « J'essaie d'amener la culture, la chaleur du Brésil, de fêter, de danser, de chanter, pour donner la joie, la joie de vivre, de bouger. Je veux que les gens aient du fun, mais dans la vraie vie, pas sur les réseaux sociaux ou avec leurs cellulaires », explique-t-elle.

Le Carnaval Moh Dafok prendra d'assaut la scène dès 15 h 30 dans le cadre de Zénith, un grand rendez-vous présenté de 14 h 30 à 21 h sur la scène Loto-Québec, à l'angle des rues SainteCatherine et Papineau. Conçu pour rassembler tous les publics, le spectacle promet une immersion dans l'exubérance de la culture brésilienne, avec des performances hautes en couleur, une musique entraînante et une interaction constante avec la foule.

L'artiste insiste sur le caractère participatif de son spectacle. Même lorsque les chansons sont interprétées en portugais, le public est rapidement invité à les reprendre en chœur. « Je chante des chansons simples que tout le monde peut apprendre. Même si les gens ne comprennent pas les paroles, ils peuvent les chanter facilement. Je veux aussi montrer qu'il n'y a pas seulement la samba au Brésil, mais toute une diversité de styles musicaux. Les trois heures de spectacle ont passé très vite parce que les gens participaient constamment. » Cette année, elle promet une 2e édition plus ambitieuse. « Le Carnaval Moh Dafok revient avec encore plus d'énergie. Je participerai d'abord au défilé avec le contingent d'Air Canada avant de monter sur scène. C'est beaucoup de travail, mais j'aime ça. Je veux que les gens ressentent l'énergie des carnavals du Brésil. »

Une passion née très jeune

Bien avant de devenir une figure bien connue de la scène drag montréalaise, Moh Dafok rêvait déjà de monter sur scène. « Je regardais des drags à la télévision quand j'étais enfant. Je voulais faire ça, mais je ne pouvais pas en parler à mon père parce que la société brésilienne est encore très conservatrice et macho », raconte-t-elle. Quelques années plus tard, l'émission RuPaul's Drag Race vient confirmer sa vocation. À 18 ans, elle commence à fréquenter les clubs, fascinée par les costumes, le maquillage et les performances des artistes. « Tout ça me confirmait encore plus que c'était ce que je voulais faire comme carrière, même si je savais que ça ne me rapporterait probablement pas beaucoup d'argent. » Autodidacte, elle apprend le maquillage grâce à YouTube et répète durant plusieurs mois avec deux amis issus d'une école de danse. Leur premier spectacle est présenté devant près de 600 personnes. « C'était incroyable. Commencer une carrière drag devant 600 personnes, je n'oublierai jamais ça. »

Un échange avec le public

Depuis son arrivée à Montréal, notamment grâce aux spectacles de Place à la relève présentés au Cocktail, Moh Dafok a développé un style où l'humour occupe une place importante. « Je suis un peu comme un clown. J'aime faire rire les gens, les divertir. Pour moi, il y a un véritable échange : je leur donne de la drag et ils me donnent de l'amour. C'est cet échange qui me nourrit. » Son spectacle a lui aussi beaucoup évolué. « Au Brésil, je ne faisais pas des productions aussi élaborées qu'ici, avec des changements de costumes et toute l'esthétique du Carnaval. Ce projet est vraiment né à Montréal pour célébrer la culture et le dynamisme du Brésil. »

Une fête… mais aussi un message

Derrière les plumes, les paillettes et les rythmes entraînants se cache une réalité plus difficile. Si le Brésil a connu certaines avancées en matière de diversité sexuelle et de genre, Moh Dafok rappelle que les défis demeurent importants. « La société s'ouvre, ça avance, mais on reste en Amérique latine. Il y a encore beaucoup de machisme. Le Brésil est malheureusement l'un des pays où l'on tue le plus de personnes trans. C'est une réalité qui demeure très préoccupante, même si les choses évoluent lentement. »

Pour elle, chaque spectacle est avant tout une célébration, mais aussi une façon d'affirmer que la culture, la fête et la visibilité peuvent rapprocher les gens. À travers ses costumes éclatants, son humour, sa musique et son énergie communicative, Moh Dafok ne propose pas seulement un spectacle : elle invite le public à célébrer la diversité, la liberté d'être soi et le pouvoir rassembleur de la fête. Le 9 août prochain, l'espace de quelques heures, la musique fera tomber les frontières linguistiques et culturelles, invitant le public à célébrer ensemble la diversité, la liberté… et la joie de vivre à la brésilienne.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

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Dans le cadre de Fierté Montréal, Le Carnaval Moh Dafok sera présenté le dimanche 9 août, dès 15 h 30, dans le cadre de Zénith, un grand rendez-vous gratuit consacré aux rythmes et aux cultures tropicales qui se déroulera de 14 h 30 à 21 h sur la scène Loto-Québec, à l'angle des rues Sainte-Catherine Est et Papineau. La journée mettra également en vedette George et Thatz ainsi que Ikuma Syé, qui prolongera la fête dans le Village.

Moh Dafok

On parle littérature, bien sûr. On rencontre des auteurices, on découvre de nouveaux talents dans une ambiance décontractée. L’écriture 2ELGBTQIA+ est mise à l’honneur durant la semaine de Fierté Littéraire. Les activités se dérouleront du 31 juillet au 8 août, sur la Place du Village, mais aussi sur la rue Sainte-Catherine pendant les Journées communautaires.

Pour son fondateur,  Denis-Martin Chabot, l’enthousiasme suscité par cette nouvelle édition de Fierté Littéraire est teinté d’une certaine inquiétude. Sera-t-il possible de produire l’événement en 2027? Les subventions ne sont plus au rendez-vous, une réalité qui n’est malheureusement pas nouvelle et contre laquelle les organisateurs doivent se battre année après année. « Nous sommes toujours pris entre deux chaises, constate  Denis-Martin Chabot. Quand on s’adresse aux subventionneurs culturels, on nous considère comme un organisme LGBTQ+, et inversement, si on se tourne vers un financement comme organisme LGBTQ+, on nous renvoie vers le secteur culturel. Toutes nos demandes de financement sont rejetées. »

Malgré ces difficultés, Denis-Martin Chabot  a tenu à offrir une programmation qui demeure riche, diversifiée et fidèle à l’esprit de  Fierté Littéraire. L’édition est peut-être un peu plus compacte, mais elle n’en est pas moins ambitieuse. On y retrouve les rencontres habituelles, auxquelles s’ajoute une nouveauté : le Prix de l’auteurice émergent·e francophone. La Lambda Scholarship Foundation a choisi Fierté Littéraire pour accueillir cette remise de prix. Les quatre finalistes sont à découvrir sur le site de Fierté Littéraire, et la drag Jessie Précieuse animera la soirée.

Imaginez une soirée littéraire sans voix. C’est possible puisque  Fierté Littéraire propose un espace intitulé Les signes de la diversité, où des poètes, poétesses, auteurs, autrices et auteurices sourdes présenteront leurs textes et leur poésie en langue des signes québécoise, avec interprétation pour les personnes entendantes présentes à l’événement. L’animation sera assurée par le poète queer sourd Pierre-Olivier Beaulac-Bouchard.

La représentation de la diversité a toujours été au cœur de Fierté Littéraire, qui tient à faire une place aux artistes littéraires queer issus des communautés PANDC (personnes autochtones, noires et de couleur). Des mots, mais aussi de la musique et de la danse, seront au rendezvous de la soirée La diversité en toutes lettres, animée par Maguy Métellus.

Fierté Littéraire ou les voix de la littérature queer

La poésie n’a pas de frontières. Elle transcende les pays, les langues, les genres et les orientations, comme le démontreront les artistes queer réunis autour de l’animatrice Pascale Cormier pour Transpoésies.

L’un des moments forts de la semaine sera sans contredit  Le Combat aux mots, inspiré du  Combat des livres de Radio-Canada. Quatre personnalités queer proposeront chacune un titre et devront défendre leur choix pendant 20 minutes. Un titre sera ensuite éliminé. La personnalité dont le livre est éliminé se joindra alors à une autre jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul ouvrage. Si les participant·es n’arrivent pas à s’entendre, le public sera appelé à voter. Amélie Boivin-Handfield sera la cheffe d’orchestre de cette joute littéraire. Ce sera aussi l’occasion de découvrir le roman  Bastien sort ce soir, de  Mathieu Pierre, lauréat de la Queer Académie en 2025. (LIRE L'ENTREVUE EN PAGE 156)

Autre rendez-vous très attendu : Le Grand effeuillage littéraire. Si écrire, c’est se mettre à nu, pourquoi ne pas le faire aussi sur scène? Des auteurs et des autrices oseront se dévêtir complètement — ou partiellement — pour lire des textes et de la poésie. Une belle façon de déconstruire les tabous entourant le corps.  Denis-Martin Chabot, qui animera la soirée, a réuni autour de lui sept auteurices (dont Aurélien Potel, Charlotte Poitras, Christophe Gheeraert,Marc-AndréCasavant,GabrielleM.A.,SamiBasbous) qui se présenteront devant le public dans leur plus simple expression… littéraire.

Si la majorité des activités gratuites auront lieu à la Place du Village, il ne faut pas oublier celles qui investiront directement la rue Sainte-Catherine pendant les Journées communautaires. Pensons notamment au Salon du livre en plein air, mais aussi au Vagabondage littéraire, présenté en partenariat avec Le Liseur public. Des bénévoles déambuleront dans la rue, liront des textes aux passant·es et leur remettront des livres. Si le public ne vient pas à la littérature, la littérature ira à sa rencontre.

Malgré les défis financiers, cette édition 2026 démontre une fois de plus la capacité de Fierté Littéraire  à rassembler les voix, à faire émerger de nouveaux talents et à créer des espaces où la littérature queer continue de rayonner. Une preuve que les livres, les idées et les ren contres demeurent plus vivants que jamais.6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

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Activités gratuites – Place du Village : Des livres et des paillettes, Vendredi 31 juillet, de 17 h à 19 h; Les signes de la diversité, Samedi 1er août, de 15 h à 17 h; La diversité en toutes lettres, Samedi 1er août, de 17 h à 19 h; Le Combat aux mots, Lundi 3 août, de 17 h à 19 h. En salle Le Grand effeuillage littéraire auThéâtre de la Comédie de Montréal, Mardi 4 août, de 20 h à 22 h. Billets : 20 $ (billetterie sur fiertelitteraire.ca).

Dans le Village – Rue Sainte-Catherine : Le Salon du livre en plein air et Le Vagabondage littéraire, les Vendredi 7 et samedi 8 août, de 11 h à 18 h.

LE TRADITIONNEL BBQ LESBIEN DU RLQ DE RETOUR AU PARC LA FONTAINE

Le  BBQ lesbien revient le samedi 8 août. Ce rendez-vous rassembleur invite les femmes de la diversité sexuelle et de genre, leurs proches et leurs allié·e·s à partager un après-midi convivial dans une ambiance chaleureuse et inclusive. Au programme : repas, musique, rencontres et discussions, le tout dans un esprit de solidarité et de célébration. Une belle occasion de retrouver des visages familiers, de tisser de nouveaux liens et de profiter de la saison de la fierté autrement, à l'ombre des arbres du parc La Fontaine. 6

INFOS | https://www.rlq-qln.ca

Samedi 8 août 2026, parc La Fontaine  (lieu précis sera annoncé par les organisatrices sur les réseaux sociaux).

La communauté rendra hommage à l’un des bâtisseurs du Village

Les célébrations de la Fierté sont tournées vers l’avenir. Elles sont faites de revendications, de rencontres, de spectacles et de célébrations. Mais elles sont aussi l’occasion de se souvenir de celles et ceux qui, bien avant que le Village gai ne devienne l’un des quartiers les plus emblématiques de Montréal, ont contribué à bâtir les communautés LGBTQ+ d’aujourd’hui. C’est dans cet esprit qu’un hommage public sera rendu à Bernard Rousseau, le dimanche 2 août, au Parc de l’Espoir, dans le cadre de la programmation de Fierté Montréal 2026.

Présenté par Priape, en collaboration avec les Archives gaies du Québec (AGQ), l’événement accompagne l’exposition  L’émergence du Village gai (Montréal 1974-1990), présentée au Quartier général de Fierté Montréal (au 1314, rue Sainte-Catherine Est). Plus qu’un simple hommage, cette rencontre se veut un moment de mémoire collective consacré à l’un des hommes qui ont marqué le développement commercial, culturel et communautaire du Village.

Lorsque Bernard Rousseau cofonde Priape en 1974, peu de gens imaginent encore que le secteur de la rue Sainte-Catherine Est deviendra, quelques décennies plus tard, le cœur de la vie LGBTQ+ montréalaise. Au centre de la rencontre, c’est l’héritage qu’il laisse à la communauté qui sera mis en valeur. À travers son histoire, c’est toute une génération de commerçants, de militants, d’artistes et de bâtisseurs qui sera mise en lumière. Des femmes et des hommes qui ont créé des espaces de liberté à une époque où l’homosexualité demeurait fortement stigmatisée, où les descentes policières étaient fréquentes et où afficher ouvertement son identité pouvait avoir des conséquences importantes.

La mémoire au cœur de la Fierté

Le choix de présenter cet événement dans le cadre de l’exposition L’émergence du Village gai (Montréal 1974-1990) n’a rien d’un hasard. Cette exposition retrace la naissance du Village à travers des photographies, des documents d’archives et de nombreux témoignages. Elle rappelle que le quartier ne s’est pas construit du jour au lendemain, mais qu’il est le résultat d’initiatives individuelles, de projets entrepreneuriaux, d’engagements communautaires et de luttes menées pendant plusieurs décennies. L’hommage à Bernard Rousseau s’inscrit naturellement dans cette démarche de transmission. Car si les bâtiments demeurent, les souvenirs, eux, risquent de disparaître si personne ne prend le temps de les raconter.

Entendre Bernard raconter sa propre histoire

Le moment le plus attendu de la soirée sera sans doute la projection en plein air de Les débuts de Priape (1974-1984), un documentaire de 18 minutes produit par les Archives gaies du Québec à partir d’une entrevue réalisée par François Bellemare avec Bernard Rousseau en 2025. Présenté sur grand écran au Parc de l’Espoir, le film permettra au public d’entendre Bernard revenir, avec ses propres mots, sur la création de Priape, les défis auxquels il a dû faire face et sa vision de l’évolution des communautés LGBTQ+ montréalaises. À une époque où disparaissent progressivement plusieurs des pionniers qui ont façonné le Village, ce type de témoignage

constitue un document historique d’une valeur inestimable. Il permet aux nouvelles générations de découvrir cette histoire directement à la source, à travers la voix de ceux qui l’ont vécue.

Une communauté réunie pour dire merci

La projection sera suivie de plusieurs témoignages réunissant des personnes qui ont connu Bernard Rousseau et partagé une partie de son parcours. Des représentants de la Ville de Montréal, des  Archives gaies du Québec, de Priape ainsi que  Rolando Buzeta, conjoint de Bernard Rousseau, prendront la parole afin d’évoquer l’homme, l’entrepreneur et l’ami. La soirée se poursuivra par une commémoration communautaire accompagnée de photographies d’archives, de souvenirs et de témoignages spontanés du public.

L’objectif n’est pas uniquement de rappeler ce que Bernard Rousseau a accompli, mais aussi de souligner que derrière l’histoire du Village se trouvent des personnes qui ont investi leur énergie, leur créativité et parfois une grande part de leur vie afin de créer des lieux où les communautés LGBTQ+ pouvaient enfin se rencontrer, socialiser et s’affirmer.

Se souvenir pour mieux avancer

Les célébrations de la Fierté sont souvent associées aux spectacles, aux défilés et aux grands rassemblements populaires. Cet hommage rappelle qu’elles sont également un moment privilégié pour regarder en arrière. Non par nostalgie, mais pour mieux comprendre le chemin parcouru. Le Village gai, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’est pas apparu spontanément. Il est le fruit du travail de nombreuses personnes qui ont osé entreprendre, créer, militer et croire qu’un espace plus libre était possible. À travers cet hommage à Bernard Rousseau, c’est aussi toute une génération de bâtisseurs qui recevra le merci qu’elle mérite. 6

ÉTIENNE DUTIL redaction@fugues.com

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Hommage à Bernard Rousseau, le dimanche 2 août, de 17 h à 19 h, au Parc de l’Espoir, dans le cadre de la programmation de Fierté Montréal 2026. Pour un portrait de Bernard Rousseau, voir l’article que nous avons publié en janvier dernier ; https://www.fugues.com

Bernard Rousseau

T-DANCE

Trois femmes derrière les platines pour faire vibrer le Mega T-Dance

Le Mega T-Dance est depuis longtemps le grand point final des célébrations de la fierté à Montréal. Après le Défilé, des milliers de personnes convergeront vers l'Esplanade du Parc olympique pour prolonger la célébration jusqu'à la tombée de la nuit. Cette année, aux côtés de Reid Bourgeois, trois femmes prendront le contrôle des platines : Sydney Sarayeva, Fran Albuquerque et DJ Sam. Trois artistes, trois parcours, trois univers musicaux qui témoignent de la richesse et de la diversité de la scène électronique actuelle.

Au-delà du simple fait qu'elles soient majoritaires derrière les consoles, leur présence illustre aussi l'évolution d'un milieu longtemps dominé par les hommes. Chacune, à sa façon, apporte une vision différente de la musique de danse, tout en partageant une même volonté : créer des espaces inclusifs où le public peut danser, célébrer et être pleinement lui-même.

Sydney Sarayeva : faire de la piste de danse un espace de visibilité Basée entre Montréal et Toronto, Sydney Sarayeva est devenue en quelques années l'une des figures montantes de la scène électronique canadienne. DJ, productrice et militante trans, elle s'est rapidement imposée grâce à une signature musicale qui fusionne la tech house, la house classique et de puissantes voix pop sur des lignes de basse percutantes. Elle a notamment partagé la scène avec la légende Danny Tenaglia au Rebel de Toronto, participé au festival Electric Island et enchaîné les prestations dans plusieurs festivals de la Fierté partout au pays. Au-delà de la technique, c'est son énergie qui frappe. Derrière les platines,  Sydney Sarayeva revendique une approche résolument femme-forward, où glamour, authenticité et puissance vont de pair. Sa présence est aussi un geste politique : montrer qu'une femme trans peut non seulement occuper ces grandes scènes, mais y briller sans compromis. Pour elle, chaque prestation devient une célébration de l'expression de soi autant qu'une invitation à la danse.

DJ Sam : la house comme langage universel

Si DJ Sam s'est fait connaître plus récemment, elle a rapidement trouvé sa place dans plusieurs événements majeurs de Montréal. Sa passion pour la musique l'a menée à mixer dans des rendez-vous comme AfroMonde, Fierté Montréal, le festival Art en soi ainsi que de nombreux événements communautaires 2SLGBTQIA+. Son identité musicale se nourrit autant de ses origines que de ses voyages. House, disco house, afro house, latin house, tribal house : ses prestations naviguent naturellement entre plusieurs influences, avec un mot d'ordre qui revient constamment lorsqu'on parle d'elle : éclectique. Cette ouverture se reflète aussi dans les soirées QueenandQueer, qu'elle coorganise et qui offrent un espace particulièrement accueillant aux femmes des communautés 2SLGBTQIA+, tout en demeurant ouvertes à tous les publics. Si la house demeure son terrain de jeu favori, DJ Sam passe avec aisance vers le R&B, la pop ou les grands succès lorsque le contexte s'y prête, une polyvalence qui fait d'elle une artiste particulièrement appréciée autant dans les festivals que lors d'événements privés. Pour le  Mega T-Dance, cette capacité à rassembler différents univers musicaux devrait contribuer à maintenir la piste de danse en mouvement du début à la fin.

Fran Albuquerque : les rythmes latins au cœur de la fête Originaire du Brésil et bien connue de la communauté LGBTQ+ montréalaise, Fran Albuquerque  apporte au  Mega T-Dance  une couleur résolument internationale. Depuis plusieurs années, elle fait vibrer les pistes de danse grâce à un savant mélange de musique électronique, de rythmes latins et de sonorités brésiliennes. Sa façon de construire ses prestations privilégie le contact avec le public. Plus qu'un simple enchaînement de morceaux, chacun de ses sets cherche à raconter une histoire, alternant montées d'énergie, moments festifs et rythmes irrésistibles qui invitent spontanément à la danse. Cette influence latino s'inscrit parfaitement dans l'esprit montréalais, où les cultures se croisent constamment et où les communautés LGBTQ+ se nourrissent d'une multitude d'influences venues des quatre coins du monde. Sa présence au Mega T-Dance rappelle aussi l'apport important des artistes issu·es de l'immigration à la vitalité de la scène électronique québécoise.

Une finale à leur image

En réunissant Reid Bourgeois (LIRE L’ENTREVUE EN PAGE 44), Sydney Sarayeva, DJ Sam et Fran Albuquerque, Fierté Montréal compose une affiche qui dépasse largement la simple succession de DJ. C'est un portrait de la diversité actuelle de la musique électronique : des artistes issus de parcours différents, de générations différentes et d'influences musicales complémentaires.

Du groove latin à la house, des basses de la tech house aux sonorités afro et disco, le Mega T-Dance promet une véritable traversée des cultures électroniques qui ont façonné les pistes de danse queer depuis des décennies. Une manière idéale de conclure les célébrations du 20e anniversaire de Fierté Montréal : en dansant ensemble, jusqu'à la dernière pièce musicale…6

CAROLINE LAVIGNE redaction@fugues.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

Sydney Sarayeva
Fran Albuquerque
DJSam

Vivacious, gardienne de l'esprit de la house

Certaines artistes traversent les époques sans jamais perdre leur pouvoir de fascination. Vivacious fait partie de ces rares légendes qui ont marqué durablement la culture queer. Bien avant RuPaul'sDragRace, la dragqueen d'origine jamaïcaine était déjà une figure incontournable de la vie nocturne new-yorkaise, où elle a contribué à façonner l'âge d'or des clubs des années 1990 et 2000.

Du Limelight au Tunnel, en passant par le Disco 2000 et surtout le mythique Sound Factory, Vivacious a électrisé les pistes de danse avec ses costumes spectaculaires, son énergie débordante et son sens du spectacle, devenant l'une des grandes figures de la scène club new-yorkaise. Son héritage dépasse toutefois celui d'une reine de la nuit. À une époque où les clubs gais et hétérosexuels partageaient encore largement la même culture festive, elle a choisi d'évoluer dans les deux univers afin de briser les préjugés et de démontrer que le drag est un art capable de rassembler.

Son passage à RuPaul's Drag Race en 2014 a révélé son univers à une nouvelle génération. Son entrée est devenue un moment culte de la franchise, tandis que son retour dans la 11e saison de RuPaul's Drag Race All Stars a confirmé qu'après plus de trente ans de carrière, la « Mother » n'avait rien perdu de son charisme.

Depuis plus d'une décennie, Vivacious partage son temps entre les performances drag et les platines. Comme DJ, elle défend une house music fidèle à ses racines noires, latines et LGBTQ+, inspirée autant par le gospel et la soul que par la musique classique. Pour elle, la house n'est pas seulement un style musical : c'est un héritage de liberté, de résilience et de communion, où les clubs deviennent des espaces où chacun peut être pleinement lui-même. Alors que plusieurs regrettent la disparition des grandes institutions de la nuit new-yorkaise, Vivacious continue d'en faire vivre l'esprit. Plus de trente ans après ses débuts, elle demeure l'une des grandes gardiennes de l'histoire de la culture club, transformant chaque prestation en une célébration de la musique, de la diversité et de la liberté.6

CHANTAL CYR redaction@fugues.com

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Il sera possible de découvrir Vivacious le vendredi 7 août à 19 h, sur la scène TD de l'Esplanade du Parc olympique, dans le cadre de la soirée 100 % Drag de Fierté Montréal. Avant le spectacle réunissant plusieurs vedettes internationales du drag, elle offrira aussi à 17h un  DJ set VIVACIOUS qui fera revivre l'énergie et l'esprit de la house new-yorkaise ayant marqué toute sa carrière.

Un Conclave des Sœurs de la Perpétuelle indulgence durant Fierté Montréal

Du 5 au 10 août prochain, dans le cadre de Fierté Montréal, les Sœurs de la Perpétuelle indulgence de Montréal accueilleront une soixantaine de membres venues des États-Unis, d'Europe, d'Australie et du reste du Canada à l'occasion d'un « conclave », une rencontre internationale consacrée au partage d'expériences, à la réflexion et à la solidarité. L'événement coïncide également avec le 10e anniversaire du couvent montréalais, constitué officiellement en organisme à but non lucratif en 2016.

Le public pourra croiser les Sœurs lors des Journées communautaires des 7 et 8 août ainsi qu'au Défilé de la Fierté, le 9 août, où leur présence promet d'être particulièrement remarquée. Nées à San Francisco en 1979, en pleine crise du VIH/sida, les Sisters of Perpetual Indulgence ont été créées afin de promouvoir la prévention, lutter contre l'homophobie et soutenir les communautés LGBTQ+. Aujourd'hui, on retrouve plus d'une centaine de couvents à travers le monde. Leur esthétique, inspirée des habits religieux revisités avec humour, maquillage, perruques et paillettes, sert avant tout à attirer l'attention afin de sensibiliser le public et de recueillir des fonds pour différents organismes communautaires.

« Un conclave est surtout une occasion de nous rencontrer, d'échanger sur les réalités que vivent nos différentes communautés et de réfléchir ensemble aux enjeux actuels comme l'homophobie, la transphobie ou la prévention, explique Sr Alma MarikiTa'Mère, l'une des organisatrices. Nous participerons ensuite aux activités de Fierté Montréal avec la même mission : aller à la rencontre des gens, distribuer des préservatifs et offrir une présence bienveillante. » Les participantes proviendront notamment de Californie, de New York, de Las Vegas, de France, d'Allemagne, de Pologne, d'Australie ainsi que de plusieurs villes canadiennes, dont Vancouver, Victoria et Regina.

« Il s'agit aussi de faire du réseautage, parce que nos réalités sont très différentes d'une ville ou d'un pays à l'autre », ajoute Sr Alma . Au programme figurent également une visite historique du Village, des activités sociales et, possiblement, un bingo organisé avec les Drags patronnesses. « C'est un beau défi logistique, reconnaît Sr Marie-Félicité du Mont-Royal, coorganisatrice du conclave. Mais nous serons surtout très présentes dans les rues durant toute la semaine. Et lors du Défilé de la Fierté, on ne passera certainement pas inaperçues ! »

Le samedi 8 août, les Sœurs participeront aussi à une cérémonie de recueillement au Parc de l'Espoir afin de rendre hommage aux personnes décédées des suites du VIH/sida, un devoir de mémoire qui demeure au cœur de leur engagement. Si les Sœurs sont présentes à Montréal depuis de nombreuses années, c'est en 2016, à l'occasion du Forum social mondial, que le couvent montréalais a officiellement été constitué en OBNL. Comme ailleurs dans le monde, cette reconnaissance permet de structurer leurs activités communautaires, leurs campagnes de prévention et leurs collectes de fonds. « Notre couvent a été fondé sous la haute bénédiction de Sœur Merry Peter et de Sœur Missionary Position de San Francisco », rappelle Sr Alma. Les fondatrices du couvent montréalais sont Sœur Marie-Félicité du Mont-Royal, Sœur Cherry de la Cerise Perdue, Sœur Émile du Scissorhood Nelson et Sœur Sissy Fifi OuiOui HonHon. Aujourd'hui, le couvent compte une douzaine de membres actifs, auxquels s'ajoutent des novices et un séminariste.

Chaque sœur prononce des vœux axés sur la joie, la lutte contre la honte et la stigmatisation, la prévention du VIH et des ITSS, le rassemblement des communautés 2ELGBTQIA+ ainsi que le devoir de mémoire. Les Sœurs collaborent également étroitement avec les Drags patronnesses de Montréal, un organisme fondé en 2024 afin d'amasser des fonds pour différentes causes communautaires. « Nous entretenons d'excellentes relations avec les Drags patronnesses. Elles nous aident à poursuivre notre mission de prévention et de distribution de condoms, entre autres », souligne Sr Alma.

Pourquoi devenir une Sœur de la Perpétuelle indulgence ? Pour Sr Marie-Félicité, la réponse est simple : « Montréal est une ville festive. J'avais envie de réunir le bénévolat, l'engagement communautaire et le côté artistique. C'est une cause à laquelle je crois profondément et à laquelle nous apportons des paillettes et de la joie. »

Sr Alma partage la même vision : « On dit souvent en anglais : We are the sisters of those who don't have one and the nuns for those who have none. Nous sommes là pour prendre soin des gens, émotionnellement, physiquement et psychologiquement. Dans le contexte actuel, notre communauté en a plus que jamais besoin. » 6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

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UNE EXPLOSION DE COULEURS ET DE RYTHMES TRADS D’ASIE DU SUD ET DU QUÉBEC

De retour à Fierté Montréal, Bloc Bollywood promet une fois de plus de transformer le Village en une immense piste de danse à ciel ouvert. Inspirée des grandes célébrations populaires de l’Asie du Sud, cette soirée unique marie traditions culturelles, performances spectaculaires et musique électronique dans une ambiance électrisante. Mais avant de faire vibrer le public aux rythmes du Bollywood, la soirée s’ouvrira sous le signe d’un autre patrimoine vivant : celui de la musique traditionnelle québécoise. De 19 h à 20 h, le groupe Germaine proposera un spectacle qui unit avec brio le chant, le violon, la gigue et les percussions. Sur scène, les artistes redonnent vie aux mots et aux histoires des femmes d’autrefois à travers des chansons folkloriques soigneusement choisies. En insufflant un souffle nouveau à ce patrimoine musical, le groupe fait résonner ces mémoires avec les enjeux féministes d’aujourd’hui. Un rendez-vous à la fois festif, historique et profondément actuel, où la tradition devient un formidable vecteur de résistance, de transmission et de célébration. À compter de 20 h 30, place à  Bloc Bollywood . Au cœur de l’événement, le collectif montréalais Veils of Bollywoodprésentera des chorégraphies qui revisitent l’univers du Bollywood avec une touche résolument contemporaine. Reconnue pour son énergie contagieuse et ses costumes flamboyants, la troupe puise autant dans les danses folkloriques sud-asiatiques que dans les influences urbaines actuelles pour créer des prestations aussi festives qu’impressionnantes.

Lorsque les projecteurs quitteront la scène, la fête se poursuivra sur la piste avec  DJ Deep, figure bien connue des soirées Desi montréalaises. Son mélange de succès bollywoodiens,

de rythmes house et de sonorités électroniques promet de faire danser la foule jusqu’à la fin de la soirée. Entre classiques revisités, percussions entraînantes et basses percutantes, difficile de résister à l’envie de bouger. Plus qu’une simple soirée dansante,  Bloc Bollywood est devenu au fil des ans un rendez-vous incontournable pour celles et ceux qui souhaitent découvrir la richesse des cultures sud-asiatiques dans un contexte festif, inclusif et ouvert à tous. Que l’on soit adepte de Bollywood, passionné·e de musique électronique ou simplement à la recherche d’une soirée différente, l’événement offre une occasion unique de voyager sans quitter Montréal.6

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Les spectacles de Germaine (19 h à 20 h) et de Bloc Bollywood (20 h 30 à 22 h) sont présentés gratuitement le vendredi 7 août 2026 sur la Scène Loto-Québec, située à l’intersection de la rue Sainte-Catherine Est et de l’avenue Papineau, dans le cadre des festivités de Fierté Montréal.

PHOTO VEILS OF BOLYWOOD
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La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), une alliée de la communauté

Quand on parle des droits des personnes LGBTQ+, cela inclut aussi les droits du travail. Les syndicats et les centrales syndicales ont un rôle important à jouer afin de garantir à l’ensemble des travailleuses et des travailleurs, y compris les personnes de la diversité sexuelle et de genre, un environnement sécuritaire et égalitaire.

C’est pourquoi la CSQ porte une attention particulière à la protection contre la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en milieu de travail, à l’accès équitable aux avantages sociaux (congés parentaux, assurances, etc.) ainsi qu’à la reconnaissance des réalités propres aux personnes trans.

D’ailleurs, plusieurs moyens peuvent être mis à la disposition des employeurs afin de favoriser un milieu de travail sain. Pensons, par exemple, à l’adoption de politiques internes inclusives ou à l’offre de formations adaptées.

« Toute personne a le droit de travailler dans un environnement sécuritaire, respectueux et exempt de harcèlement. Avec la popularité grandissante des discours masculinistes et haineux, la représentation syndicale est plus importante que jamais. Elle fait partie des moyens qui permettent de faire évoluer les mentalités et d’accompagner les membres lorsqu’ils font face à des enjeux liés à leur orientation sexuelle ou à leur identité ou expression de genre », explique Valérie Fontaine, deuxième vice-présidente de la CSQ.

Une alliée de longue date

Cette implication active de la  CSQ  ne date pas d’hier. La Centrale est une alliée de la communauté depuis de nombreuses années. D’ailleurs, 2027 marquera le 30e anniversaire de

la création du Comité pour la diversité sexuelle et l’identité de genre. Bien que son nom ait changé à quelques reprises, trois décennies plus tard, la mission du comité a pris de l’ampleur. Il joue désormais un rôle de réflexion, d’analyse, d’intervention et de représentation. Il s’agit autant de prendre part aux débats de société que de veiller à ce que les préoccupations, les droits et les propositions des personnes LGBTQ+ soient intégrés aux orientations et aux pratiques de la CSQ et de ses organismes affiliés.

Le comité collabore également à la production et à la diffusion d’outils pédagogiques et de sensibilisation portant sur les enjeux liés à la diversité sexuelle et à l’identité de genre.

Il participe aussi aux grands événements de la communauté et s’implique activement au sein de la Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, dont il est l’un des membres fondateurs.

« Grâce à ce comité, la CSQ  est plus inclusive, plus solidaire et plus consciente des réalités de toutes nos communautés. Nous rêvons de milieux de travail où la diversité sexuelle et la pluralité des identités de genre ne sont pas seulement tolérées, mais aussi respectées, protégées et célébrées », conclut Valérie Fontaine 6

VÉRONIQUE LAMARRE

INFOS | https://www.lacsq.org https://diversite.lacsq.org

L’émergence du Village gai de Montréal (1974-1990) : prise 2

Après une première présentation remarquée à l’automne 2025, l’exposition L’émergenceduVillagegaideMontréal(1974-1990) est de retour à l’occasion des dix jours de Fierté Montréal. Cette fois, elle prend place au cœur du Village, dans un local donnant directement sur la rue SainteCatherine Est, afin d’être accessible au plus grand nombre.

Présentée initialement dans les locaux des Archives gaies du Québec (AGQ), l’exposition revient dans une version enrichie par son commissaire, François Bellemare. Son objectif : raconter la naissance du Village gai en la replaçant dans le contexte social et politique de l’époque, marqué par la répression policière, l’essor des groupes militants, puis l’arrivée du VIH/sida.

L’intérêt de François Bellemare pour cette période est né lors de l’écriture de son roman La Renaissance de l’interlope, qui se déroule au tournant des années 1980. « J’ai voulu comprendre pourquoi les bars avaient quitté l’ouest pour s’installer dans l’est de Montréal. En consultant les Archives gaies du Québec , j’ai découvert un fonds documentaire exceptionnel. Très rapidement, l’idée d’une exposition s’est imposée. Je me suis demandé si cette histoire était réellement connue », explique-t-il. Les Archives gaies du Québec ont rapidement accepté de s’associer au projet.

Une exposition en trois volets

L’exposition s’articule autour de trois composantes complémentaires. Douze panneaux retracent l’émergence du Village à partir d’articles de journaux, d’affiches, de publicités et de documents d’époque qui illustrent l’effervescence d’une communauté en pleine affirmation.

Sept témoignages vidéo donnent ensuite la parole à des acteurs majeurs de cette histoire, dont Bernard Rousseau, cofondateur de Priape, et Yvon Jussaume, cofondateur du bar

La Boîte en haut, pour ne citer qu’eux. Enfin, un catalogue richement documenté approfondit les thèmes abordés dans l’exposition. Il est offert en français et, pour cette nouvelle présentation, également en anglais.

« Nous avons choisi une approche à la fois chronologique et thématique, explique François Bellemare. Il fallait évoquer la répression policière, l’opprobre sociale, la naissance du militantisme, mais aussi l’épidémie de sida qui a profondément marqué la communauté. Il était également essentiel d’expliquer pourquoi les commerces gais se sont implantés dans l’est de la ville. À cette époque, le secteur connaissait une importante dévitalisation en raison de grands chantiers comme ceux de l’UQAM, de l’autoroute Ville-Marie ou de la Maison de Radio-Canada. De nombreux locaux commerciaux devenaient alors abordables pour de nouveaux entrepreneurs. »

La naissance du Village

Le mouvement débute modestement, avant de prendre rapidement de l’ampleur. Le bar La Boîte en haut ouvre la voie, suivi par Priape. Un sauna s’installe ensuite, puis le bar de danseurs Les 2R. « Un premier noyau se forme, auquel viennent se greffer, en 1982 et 1983, plusieurs nouveaux établissements, principalement des bars, alors que ceux de l’ouest ferment progressivement leurs portes », résume François Bellemare.

Une deuxième vie grâce à Fierté Montréal

C’est à l’occasion d’une visite guidée de la première exposition que Fierté Montréal découvre le projet. Séduit, l’organisme propose de lui offrir une nouvelle visibilité en mettant à sa disposition un local situé dans le Village pendant les célébrations. Cette seconde présentation est également l’occasion de rendre le contenu accessible à un public anglophone.

« Plusieurs visiteurs nous avaient signalé que l’exposition n’était disponible qu’en français. Comme Fierté Montréal accueille de nombreux touristes internationaux, il était logique d’offrir aussi un catalogue en anglais. J’ai obtenu une subvention fédérale afin de financer

cette traduction, qui représentait un travail considérable pour la traductrice Suzan Lemprière, qui a traduit l’ensemble du contenu de l’exposition en anglais », précise le commissaire.

À travers de nombreux documents d’archives et des témoignages de première main, l’exposition retrace avec rigueur la naissance du Village gai de Montréal. Elle rappelle également les combats menés par les communautés 2ELGBTQIA+ pour obtenir reconnaissance, sécurité et visibilité, tout en mettant en lumière les profondes transformations urbaines qui ont façonné ce quartier devenu aujourd’hui un symbole de diversité.

Des partenaires engagés

Le projet a été réalisé grâce au soutien de plusieurs partenaires, dont la Caisse Desjardins du Centre-ville de Montréal, la Fondation Émergence, Fugues et Priape. 6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | https://fiertemontreal.com

L’émergence du Village gai de Montréal (1974-1990). Du 31 juillet au 9 août 2026, de 12 h à 20 h.

Au Quartier général de Fierté Montréal dans le Village, 1314, rue Sainte-Catherine Est (en face du bar L’Aigle Noir). Entrée libre.

LA FIERTÉ A SES DRAPEAUX DE RETOUR À L'ESPLANADE DU PARC OLYMPIQUE

Après avoir suscité un vif intérêt lors de sa première présentation l'an dernier, l'exposition LaFiertéasesdrapeaux sera de retour les  7, 8 et 9 août sur l'Esplanade du Parc olympique, au cœur des célébrations de Fierté Montréal.

Présentée gratuitement, cette exposition en plein air invite le public à découvrir l'histoire fascinante des drapeaux qui représentent les communautés LGBTQ2SIA+ et les nombreuses identités qui les composent. Si le drapeau arc-en-ciel demeure le symbole universel de la Fierté depuis près de cinquante ans, il est loin d'être le seul. Au fil des décennies, des dizaines d'autres emblèmes ont vu le jour afin de représenter les réalités, les luttes et les aspirations de communautés souvent longtemps demeurées invisibles.

Les visiteurs pourront ainsi découvrir les origines et la signification des drapeaux lesbien, bisexuel, trans, non binaire, intersexe, asexuel, pansexuel, genderfluid, queer, ainsi que de plusieurs autres identités de la diversité sexuelle et de genre. Chaque panneau explique le contexte dans lequel ces drapeaux sont apparus, la symbolique de leurs couleurs et les transformations qu'ils ont parfois connues avant d'être largement adoptés par les communautés qu'ils représentent.

Bien au-delà de leur aspect graphique, ces drapeaux racontent une histoire collective. Ils témoignent des combats menés pour la reconnaissance, de la recherche d'une plus grande visibilité, mais aussi du besoin profondément humain de se reconnaître, de s'affirmer et d'appartenir à une communauté. Pour plusieurs personnes LGBTQ2SIA+, ces symboles ont longtemps constitué un langage discret permettant de se retrouver, avant de devenir des emblèmes de fierté visibles aux quatre coins du monde.

Présentée dans un lieu où convergeront des milliers de festivaliers pendant le week-end de la Fierté, l'exposition s'adresse autant aux membres des communautés LGBTQ2SIA+ qu'à leurs proches, aux allié·es, aux familles et aux visiteurs curieux d'en apprendre davantage sur la richesse et la diversité des identités qui composent aujourd'hui ces communautés.

Son retour prend également une résonance particulière dans un contexte où les droits des personnes LGBTQ2SIA+ continuent d'être remis en question dans plusieurs pays. Les drapeaux rappellent alors que la visibilité demeure un geste de solidarité, de résistance et d'espoir. Ils illustrent le chemin parcouru, tout en rappelant que la lutte pour l'égalité et l'inclusion est loin d'être terminée.

L'exposition a été conçue par le rédacteur en chef de Fugues, Yves Lafontaine, qui en a assuré la recherche historique et la rédaction des textes. Le concept visuel des panneaux a été réalisé par Eric Perrier, directeur artistique de  Fugues , qui a imaginé une présentation à la fois colorée, pédagogique et accessible au grand public.

Qu'ils soient mondialement connus ou beaucoup plus confidentiels, chacun de ces drapeaux raconte une histoire humaine. Une histoire de courage, d'affirmation de soi, de solidarité et d'espoir. Une invitation à découvrir qu'au-delà des couleurs se cachent des communautés, des parcours de vie… et une mémoire collective qu'il importe plus que jamais de préserver. 6

ÉTIENNE DUTIL redaction@fugues.com

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La Fierté a ses drapeaux, les 7, 8 et 9 août  sur l'Esplanade du Parc olympique.

GUIDE DE SURVIE DE SANTÉ SEXUELLE ET FESTIVE

Profiter pleinement de la Fierté… tout en prenant soin de soi et des autres

La saison de la Fierté est synonyme de liberté, de retrouvailles, de nouvelles rencontres et de nuits qui se terminent parfois bien après le lever du soleil. Pour plusieurs hommes gais, bisexuels, queers, trans et personnes transmasculines ayant des relations sexuelles avec des hommes, c'est un moment privilégié pour célébrer leur identité, explorer leur sexualité, faire de nouvelles rencontres ou simplement passer du bon temps entre ami·es.

Mais les festivals, les raves et les grands partys changent aussi nos habitudes. On dort moins, on danse davantage, on boit parfois plus qu'à l'habitude, certaines personnes consomment des drogues, les partenaires sexuels peuvent être plus nombreux et les décisions se prennent souvent dans l'euphorie du moment.

La bonne nouvelle? La santé sexuelle a énormément évolué au cours des dernières années. Grâce à la PrEP, à la PPE, au principe Indétectable = Intransmissible (I = I), au dépistage simplifié, aux vaccins et à une meilleure compréhension des autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS), nous disposons aujourd'hui d'une véritable boîte à outils. L'objectif n'est pas de culpabiliser les gens, mais de leur permettre de faire des choix éclairés afin de vivre leur sexualité avec confiance, plaisir et sécurité.

Il n'existe pas une seule bonne façon de se protéger

Pendant longtemps, le condom représentait pratiquement l'unique stratégie de prévention. Aujourd'hui, plusieurs approches peuvent être combinées selon les pratiques sexuelles, les partenaires et les moments de la vie. Certaines personnes utilisent systématiquement le

condom. D'autres prennent la PrEP. Certaines vivent avec le VIH tout en maintenant une charge virale indétectable grâce à leur traitement. Plusieurs choisissent de combiner plusieurs stratégies. La meilleure prévention est souvent celle qui correspond réellement à ta réalité.

La PrEP : un véritable changement de paradigme

Si tu prévois vivre une période particulièrement active sexuellement — comme durant la Fierté ou pendant des vacances — la PrEP demeure l'un des outils les plus efficaces contre le VIH. Prise correctement, elle réduit de plus de 99 % le risque d'acquérir le VIH lors de relations sexuelles. Elle peut être prescrite en prise quotidienne ou, pour certaines personnes, « à la demande », selon les recommandations de leur médecin ou infirmier·ère praticien·ne. En revanche, la PrEP ne protège pas contre les autres ITSS comme la gonorrhée, la syphilis, la chlamydia ou l'hépatite C.

Une relation à risque? La PPE peut encore agir

Un condom qui se déchire? Une relation sexuelle imprévue? Une inquiétude? La prophylaxie post-exposition (PPE) peut prévenir une infection au VIH si elle est commencée rapidement, idéalement dans les heures suivant l'exposition, et au plus tard dans les 72 heures. Si cela t'arrive pendant un festival ou un week-end de festivités, consulte rapidement une urgence ou une clinique offrant ce traitement. Chaque heure compte.

I = I : une révolution qu'il faut continuer de faire connaître

Aujourd'hui, une personne vivant avec le VIH qui suit son traitement et dont la charge virale est indétectable ne transmet pas le VIH lors des relations sexuelles. C'est ce que résume le principe Indétectable = Intransmissible (I = I). Cette avancée scientifique est solidement démontrée depuis plusieurs années. Elle constitue l'une des plus importantes révolutions en santé sexuelle et contribue à combattre la stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH.

Les autres ITSS n'ont pas pris de vacances

Le VIH occupe souvent toute la place dans les conversations. Pourtant, plusieurs autres infections circulent activement : gonorrhée, chlamydia, syphilis, hépatites A, B et C, VPH (papillomavirus humain), herpès, mpox (variole simienne), selon les contextes. Comme certaines infections ne provoquent aucun symptôme, un dépistage régulier demeure recommandé, particulièrement lorsqu'on a plusieurs partenaires. Selon les pratiques sexuelles, des prélèvements urinaires, anaux et pharyngés peuvent être nécessaires. Un simple test d'urine ne suffit pas toujours.

Le dépistage : un geste normal

Faire un dépistage ne signifie pas qu'on a pris de « mauvaises décisions ». Cela signifie simplement qu'on prend soin de soi… et de ses partenaires. Pour plusieurs hommes ayant plusieurs partenaires sexuels, un dépistage tous les trois mois est recommandé. Aujourd'hui, le dépistage régulier devrait faire partie intégrante d'une sexualité positive.

Les vaccins : une protection souvent oubliée

Plusieurs infections peuvent maintenant être prévenues grâce à la vaccination. Selon ton âge et ton historique vaccinal, informe-toi notamment sur les vaccins contre : l'hépatite A, l'hépatite B, le VPH et la Mpox lorsque tu es admissible. Quelques injections peuvent offrir une protection qui durera plusieurs années.

Chemsex, PnP et consommation : miser sur la réduction des risques

Pour certaines personnes, les soirées incluent aussi la consommation de substances comme le crystal meth, le GHB/GBL, la kétamine, la cocaïne, la MDMA ou d'autres produits. La réduction des méfaits ne consiste pas à dire aux gens quoi faire. Elle consiste à fournir l'information nécessaire pour réduire les risques lorsque la consommation a lieu. Le GRIP (Groupe de recherche et d'intervention psychosociale), présent dans de nombreux festivals québécois, rappelle quelques principes simples :

• connaître le produit consommé;

• commencer par une faible dose (« start low, go slow »);

• éviter les mélanges de substances, particulièrement avec l'alcool;

• demeurer hydraté;

• prévoir des moments de repos;

• ne pas consommer seul lorsque c'est possible;

• garder un œil sur ses ami·es;

• demander rapidement de l'aide en cas de malaise.

L'objectif n'est pas de juger, mais de permettre à chacun de rentrer chez lui en sécurité.

Une vigilance particulière avec le GHB

Le GHB et le GBL demandent une attention particulière. La différence entre une dose recherchée et une dose pouvant entraîner une perte de conscience est parfois très mince. Quelques règles essentielles :

• toujours mesurer précisément ses doses;

• attendre suffisamment longtemps avant d'en reprendre;

• ne jamais mélanger avec l'alcool ou d'autres dépresseurs;

• surveiller ses ami·es.

Une personne inconsciente n'est jamais « simplement endormie ». En cas de doute, appelle immédiatement le 911.

Le consentement ne prend jamais de pause

Peu importe l'heure de la nuit ou les substances consommées, le consentement demeure indispensable. Il doit être libre, éclairé, enthousiaste et réversible. Une personne incapable de comprendre la situation ou d'exprimer clairement son accord ne peut pas consentir.

Et chacun peut changer d'idée en tout temps. Quelques secondes pour vérifier que tout le monde est réellement à l'aise peuvent faire toute la différence.

Les jouets sexuels aussi méritent un peu d'attention

Les jouets sexuels peuvent transmettre certaines ITSS lorsqu'ils sont partagés. Quelques habitudes simples :

• les nettoyer avant et après chaque utilisation;

• utiliser un condom lorsqu'ils sont partagés;

• changer le condom entre les partenaires;

• utiliser un lubrifiant compatible avec le matériau.

Le lubrifiant : un allié du plaisir…et de la prévention

Un bon lubrifiant réduit les frottements, augmente le confort et diminue le risque de microfissures pouvant favoriser certaines infections. Avec un condom en latex, il faut privilégier un lubrifiant à base d'eau ou de silicone.

Après le party, écouter son corps

Les lendemains de fête ne concernent pas seulement la fatigue. Si tu remarques un écoulement inhabituel, une douleur en urinant, un ulcère, une douleur rectale, une éruption cutanée ou de la fièvre après une relation sexuelle à risque : consulte rapidement. Car la majorité des ITSS se traitent très efficacement lorsqu'elles sont diagnostiquées tôt.

La santé mentale fait aussi partie de la fête

Les grands festivals peuvent être extraordinaires. Ils peuvent aussi être exigeants. Fatigue, solitude, comparaison sur les réseaux sociaux, anxiété, consommation, sentiment de vide après les festivités… Toutes ces expériences sont plus fréquentes qu'on le croit. Dormir, manger, refuser une invitation, prendre une journée de repos, parler avec un ami : tout cela fait aussi partie de la réduction des risques.

Des ressources d'ici, pour des réalités d'ici

Au Québec, plusieurs organismes communautaires accompagnent les communautés LGBTQ+ toute l'année.

À Montréal, RÉZO est une référence incontournable en matière de santé sexuelle, de prévention, de dépistage et de réduction des méfaits. Pendant la saison estivale, son équipe est présente au cœur du Village grâce à la Zone Rose, facilement reconnaissable à son immense cône rose. On peut y obtenir gratuitement des condoms, du lubrifiant, du matériel de prévention, de l'information sur les ITSS, la PrEP, la PPE et la consommation de drogues, discuter avec des intervenant·es, recevoir des références vers des ressources spécialisées et, à certains moments, bénéficier de services de dépistage du VIH et des ITSS offerts en collaboration avec des professionnel·les de la santé.

Au quatre coins du Québec, les organismes membres de la COCQ-SIDA offrent également du soutien, de l'information et orientent les personnes vers les ressources de dépistage adaptées à leur région. N'hésite jamais à poser des questions : il n'y a pas de mauvaises questions lorsqu'il s'agit de santé sexuelle.

Prendre soin de sa communauté

Les communautés LGBTQ+ ont toujours développé leurs propres réseaux d'entraide. La réduction des risques est aussi une forme de solidarité. Cela peut vouloir dire :

• apporter quelques condoms ou sachets de lubrifiant supplémentaires;

• offrir de l'eau à un ami qui danse depuis des heures;

• accompagner quelqu'un à la Zone Rose ou vers une clinique de dépistage;

• avoir une trousse de naloxone lorsqu'on fréquente des milieux

• où des opioïdes peuvent circuler;

• respecter la confidentialité de ses partenaires;

• raccompagner une personne qui semble vulnérable;

• prendre des nouvelles le lendemain d'une soirée particulièrement intense.

Ces gestes paraissent parfois anodins. Pourtant, ils contribuent à rendre nos espaces festifs plus sécuritaires, plus accueillants et plus solidaires.

Célébrer… et revenir avec de bons souvenirs

La Fierté est d'abord une célébration. Une occasion de danser, de séduire, de découvrir, d'aimer et de vivre pleinement qui nous sommes. Prendre soin de sa santé sexuelle ne diminue en rien le plaisir. Au contraire. C'est ce qui permet de multiplier les expériences positives, de protéger ses partenaires, de préserver sa liberté de choisir et de continuer à vivre une sexualité épanouie. Après tout, la meilleure réduction des risques n'est pas celle qui nous empêche de faire la fête. C'est celle qui nous permet de rentrer chez nous en sécurité, de prendre soin les un·es des autres et d'avoir envie de recommencer… avec autant de plaisir que de fierté.

Ressources utiles

RÉZO

Santé et mieux-être des hommes gais, bisexuels, queer et des personnes trans. Prévention • Dépistage • PrEP • PPE • Vaccination • Chemsex • Soutien psychosocial https://www.rezosante.org T : 514 521-7778

Zone Rose (été)

Rue Sainte-Catherine Est, entre les rues Plessis et Panet, dans le Village. Services : information, condoms et lubrifiants gratuits, dépistage rapide du VIH et des ITSS (sans rendez-vous selon les plages offertes), vaccination, information sur la PrEP, la PPE et la réduction des risques.

Portail VIH/sida du Québec (PVSQ)

Information fiable • PrEP • PPE • ITSS • Soutien confidentiel. Clavardage et ressources en ligne disponibles. https://pvsq.org T. (Montréal) : 514 523-4636 ou sans frais : 1 877 767-8245

COCQ-SIDA

Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le VIH. À consulter pour trouver un organisme près de chez soi, localiser un centre de dépistage, connaître ses droits, obtenir de l'information sur le VIH, les ITSS et les traitements. https://www.cocqsida.com T. : 514 844-2477 C. : info@cocqsida.com

GRIP

Groupe de recherche et d'intervention psychosociale. Réduction des méfaits en milieux festifs. Conseils sur la consommation de drogues, les mélanges de substances, le GHB, les surdoses et les pratiques de réduction des risques lors des festivals, raves et événements électroniques. Analyse de substances : processus qui permet d’avoir plus d’informations sur une drogue. En général, c’est parce qu’une drogue a été achetée sur le marché non-réglementé et que la personne veut savoir si ce qu’elle a eu est bien ce qu’elle pense avant de la prendre. L’objectif des projets d’analyse de substances est de réduire les méfaits liés à la consommation de drogues et, par conséquent, d’éviter les surdoses. Nous croyons en l’autonomie des gens et respectons le fait que chaque personne prend ses propres décisions. Notre objectif est que la personne ait le plus d’informations possible afin que ses décisions soient les plus éclairées possibles. Pour infos : appeler ou envoyer un texto: 438-887-8338. Pour faire une demande pour leurs services d’analyse, écrire à analyse@grip-prevention.ca https://grip-prevention.ca

En cas d'urgence

• 911 : urgence médicale ou personne inconsciente.

• 811 : Info-Santé : conseils d'une infirmière ou d'un infirmier, 24 heures sur 24.

• Si tu crois avoir été exposé au VIH, rends-toi rapidement dans une urgence ou une clinique

• offrant la PPE (prophylaxie post-exposition). Ce traitement doit être commencé dans

• les 72 heures, idéalement dans les premières heures suivant l'exposition 6

LA RÉDACTION redaction@fugues.com

Ce Guide de survie de santé sexuelle et festive, conçu par Fugues, a été rendu possible grâce au soutien de GILEAD, qui n’a eu aucun droit de regard sur celui-ci.

Les 10 essentiels avant de partir en party

• Tes comprimés de PrEP (si tu en prends)

• Des condoms

• Du lubrifiant

• Une bouteille d'eau

• Une batterie externe pour ton téléphone

• Ta carte d'assurance maladie

• Les coordonnées d'un ami

• Le numéro d'un taxi ou de ton covoiturage ou avoir téléchargé l’appli Uber.

• Une trousse de naloxone si tu fréquentes des milieux

• où des opioïdes peuvent circuler

• L'adresse de la Zone Rose de RÉZO dans le Village ou le kiosque

• de santé d’urgence à l’Esplanade Olympique.

FIERTÉ DE QUÉBEC

Un mélange de tradition et d’audace à la Fierté de Québec

La Fierté de Québec reviendra dans le quartier gai historique de la Vieille Capitale pour une 22e édition, du 4 au 6 septembre.

« Quand on fait les Journées communautaires à la Fierté de Montréal, par exemple, les gens nous demandent : “Est-ce toujours la fin de semaine de la fête du Travail? Est-ce toujours à la place D’Youville?” Oui et oui! On ne change pas une formule gagnante », s’enthousiasme Gabriel Meagher-Gaudet, responsable de la programmation à la Fierté de Québec.

Les festivités se dérouleront principalement dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, en Haute-Ville, et à la place D’Youville, située tout près. La Librairie Pantoute et la boîte à chansons Les Yeux Bleus, juste de l’autre côté des portes du Vieux-Québec, accueilleront également quelques événements partenaires.

Le coup d’envoi sera donné le vendredi 4 septembre avec une cérémonie d’ouverture et la soirée DJ Club D’Youville, à la place D’Youville. Le Bar St. Matthew’s, Le Drague, le SaintJean Comédie Club et  Les Yeux Bleus proposeront également des activités en soirée. Si le St. Matthew’s et Le Drague organisent des brunchs, des soirées dansantes et des afters de la Fierté depuis des années, Les Yeux Bleus et le Saint-Jean Comédie Club, qui a ouvert ses portes l’été dernier, sont de nouveaux venus dans la programmation du festival.

Le 5 septembre, à l’occasion de la Journée communautaire, la rue Saint-Jean piétonnisée accueillera les kiosques communautaires, en plus de spectacles de drag et de chorales, d’un quiz musical au Passage Olympia — rebaptisé Passage Hitster pour l’occasion — ainsi que d’activités familiales autour du parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste, qui n’a jamais cessé d’être un lieu de rassemblement malgré sa fermeture il y a plus de dix ans.

« L’essence même de la Fierté de Québec est de rassembler les gens autour d’activités divertissantes », souligne Gabriel Meagher-Gaudet.

En soirée, à la place D’Youville, le public sera invité à participer à un karaoké live, accompagné d’un band, « pour les gens qui ont envie de vivre un trip et de chanter sur la grande scène », avant le gala de Mona de Grenoble. Le lendemain, dernier jour d’événements, la

rue Saint-Jean accueillera un marché d’artistes queer, des activités pour les enfants ainsi que des ateliers de danse en ligne. Barbada de Barbades présentera son spectacle de contes au Palais Montcalm, à 11 h.

La traditionnelle Marche de solidarité s’élancera à 13 h de la place D’Youville. Elle traversera le Vieux-Québec, passera devant l’Assemblée nationale, puis reviendra à la place D’Youville pour le traditionnel micro ouvert citoyen, l’un des moments les plus forts de la fin de semaine.

« La marche, c’est le cœur de la Fierté; sans la marche, il n’y en a pas, de fierté », affirme Nicolas Caron, chargé des communications à l’Alliance Arc-en-ciel. « On voit des familles, des personnes trans, des lesbiennes, des hommes gais, plein de monde de tous les âges. C’est l’événement pour se rassembler, revendiquer, réaffirmer sa présence dans l’espace public, mais aussi inviter les gens à venir soutenir les communautés. En ce moment, avec le climat social, on a besoin de se sentir appuyés, et on ressent cet amour à ce moment-là. »

Trois galas de drag à la place D’Youville concluront les festivités. Parmi eux, Glamoustache, animé par Roch Bière et RV Métal, sera le premier gala entièrement consacré aux drag kings de l’histoire du festival.

« Il y avait une demande, et on voulait mettre cet art-là de l’avant aussi, être en mesure de leur offrir un spectacle à eux. Il y a un gros bassin de fans de kings. »

Glamoustache sera suivi de  Supernova, qui mettra en lumière les queens de Québec, puis d’ICONique, coanimé par Rita Baga et Nicky Doll, avec notamment Mami Watta, gagnante de Drag Race France All Stars, et l’audacieuse Velma Jones.

« Notre fil conducteur, c’est de nous assurer que l’on puisse se rassembler, qu’on ait une place à nous le temps de ce week-end, et de continuer à célébrer », conclut Nicolas Caron 6 R. PRATKA irenepratka1@gmail.com

INFOS | Pour découvrir la programmation complète de la Fierté de Québec 2026, qui se déroulera du 4 au 6 septembre, visitez https://fiertedequebec.ca/programmation

À LIRE LE MOIS PROCHAIN, DANS FUGUES NOTRE DOSSIER FIERTÉ DE QUÉBEC.

FIERTÉ DANS LA CAPITALE
Ensemble, on rayonne : une Fierté qui grandit avec sa communauté

Plus de 150 000 personnes sont attendues dans les rues du centre-ville d'Ottawa pour le grand défilé de Fierté dans la Capitale, le 30 août prochain. D'ici là, la communauté 2SLGBTQ+, ses alliés et des milliers de visiteurs auront neuf jours pour célébrer la diversité, du 22 au 30 août, à travers une programmation où se côtoient spectacles, concours de drag, activités familiales, foire communautaire et grands rendez-vous populaires.

Avant même que les premiers drapeaux arc-en-ciel ne flottent au-dessus du Village, un moment chargé d'histoire donnera toutefois le ton à cette édition 2026. Le 21 août, Ottawa inaugurera officiellement le Monument national LGBTQ2+, consacré notamment à la mémoire des victimes de la Purge LGBT, un hommage aux milliers de personnes dont la carrière et la vie ont été bouleversées par les politiques discriminatoires de l'État canadien. Bien que cette cérémonie ne fasse pas partie de la programmation officielle, Fierté dans la Capitale y sera représentée afin de souligner cette reconnaissance historique.

« Bien sûr, nous serons sur place pour appuyer les gens qui ont subi la Purge, pour appuyer l'organisation qui a travaillé très fort pour cette reconnaissance du gouvernement et pour représenter le comité de Fierté dans la Capitale. Ce sera un grand moment pour toute la communauté LGBTQ+ au pays », affirme son président, David Breault.

Quelques heures plus tard, la célébration prendra le relais. Cette année, le festival adopte le thème « Ensemble, on rayonne », une invitation à mettre en lumière les artistes, les bénévoles, les organismes communautaires, les alliés et toutes celles et ceux qui contribuent à faire vivre la communauté 2SLGBTQ+ d'Ottawa-Gatineau. Ce thème n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de Fierté Montréal, « Brillons ensemble ». Sans qu'il s'agisse nécessairement d'une démarche concertée, ces deux messages traduisent une même volonté de mettre l'accent sur la solidarité, la visibilité et la force du collectif, dans un contexte où les communautés 2SLGBTQ+ continuent de faire face à des discours de division et à diverses formes de discrimination.

Une nouvelle équipe qui poursuit l'élan Élu président de Fierté dans la Capitale en février dernier, après avoir commencé son implication comme bénévole au printemps 2025, David Breault pilote cette année sa première

édition à la tête de l'organisme. À travers ses priorités, un fil conducteur se dessine : développer les partenariats, mettre davantage en valeur les artistes locaux et continuer à faire évoluer un festival qui connaît une croissance constante.

« Nous avons de nouveaux partenaires cette année, nous travaillons beaucoup avec les groupes locaux ainsi qu'avec des commanditaires afin d'organiser des activités et de renforcer nos événements communautaires le plus possible », explique-t-il.

Cette volonté se traduit notamment par le retour de deux scènes de spectacles, permettant de présenter davantage d'artistes tout au long du festival.

« Oui, il y aura deux scènes cette année. On travaille avec encore plus d'artistes locaux pour produire des shows intéressants pour tout le monde, que ce soit le jeudi soir, le vendredi, le samedi et le dimanche, bien sûr. »

Autre annonce importante : la présidence d'honneur de cette édition sera assurée par Brianne Jenner, ancienne capitaine inaugurale de la Charge d'Ottawa de la Ligue professionnelle de hockey féminin.

« C'est une héroïne locale. Elle est très connue et appuyée par la communauté ici à Ottawa. Nous sommes très contents de l'avoir comme présidente d'honneur pour les festivités de cette année », souligne David Breault.

Une semaine de célébrations

Les festivités s'ouvriront officiellement le 22 août avec le très populaire Concours de la Fierté, présenté dans la salle Southam du Centre national des Arts. Les artistes drag de la région y rivaliseront de talent afin de décrocher les titres de la Fierté dans la Capitale et de représenter leur communauté lors du grand défilé.

« Il y a déjà 15 candidates d'inscrites à ce concours-là et ça promet d'être vraiment spectaculaire », indique le président.

Le 24 août, plusieurs dignitaires participeront à la traditionnelle levée du drapeau de la Fierté devant l'hôtel de ville d'Ottawa.

Le 26 août, un panel réunira différents partenaires afin d'aborder les droits des personnes 2SLGBTQ+ et les défis qui demeurent d'actualité.

Le 27 août, le très attendu Pique-nique familial réunira parents, enfants et proches au parc Dundonald. Devenu l'un des événements signatures de Fierté dans la Capitale, il illustre bien la volonté des organisateurs d'offrir des espaces où toutes les familles se sentent les bienvenues.

Pendant toute la fin de semaine, le secteur des rues Bank et Somerset Ouest, cœur historique du Village d'Ottawa, se transformera en véritable carrefour festif avec ses deux scènes, ses spectacles, sa foire communautaire, ses terrasses et ses nombreux kiosques.

Les drags célèbrent les 200 ans d'Ottawa

Le 29 août, de 17 h à 19 h, la scène principale TD accueillera un spectacle tout spécial : Joyeux 200e Ottawa. Pour souligner le bicentenaire de la capitale, plusieurs vedettes de Canada's Drag Race monteront sur scène, dont Icesis Couture, gagnante de la deuxième saison,  Kimmy Couture, Kiki Coe, Aimee Yonce Shennel, Karamilk et  Saltina Shaker. À travers leurs performances, ces artistes proposeront une célébration haute en couleur de l'histoire d'Ottawa, rappelant que la culture drag fait aujourd'hui pleinement partie du paysage culturel canadien.

Un défilé pensé pour les gens

Le point culminant des célébrations demeurera le Défilé de la Fierté, le 30 août, de 13 h à 16 h. Cette année, son parcours sera modifié afin d'offrir une expérience plus agréable tant pour les participantes et participants que pour le public.

« Par les années passées, on partait de l'hôtel de ville, il y faisait très chaud. Cette année, on commence devant le Musée de la guerre, pour ensuite rentrer vers le centre-ville. Il y a plus d'ombre, un meilleur accès à l'eau, autant pour les membres des contingents que pour les spectateurs. On désirait faire les choses autrement. »

Ce souci du détail résume bien l'esprit de cette édition : continuer à faire grandir le festival sans perdre de vue les personnes qui le font vivre. Les organisateurs s'attendent à accueillir plus de 200 groupes, près de 11 000 participantes et participants au sein des contingents et plus de 150 000 spectateurs le long du parcours, faisant du défilé l'un des plus importants rassemblements populaires de la région.

Un débat réunissant les candidates et candidats à la mairie d'Ottawa, consacré aux enjeux des communautés 2SLGBTQ+, pourrait également s'ajouter à la programmation si le projet se concrétise.

Entre devoir de mémoire, célébration culturelle, engagement citoyen et esprit de communauté, cette édition 2026 témoigne d'une Fierté qui continue d'évoluer tout en restant fidèle à sa mission première. Des bénévoles aux artistes, des familles aux organismes communautaires, chacun est appelé à contribuer à cette lumière collective. Car si Fierté dans la Capitale invite cette année à rayonner ensemble, c'est avant tout parce qu'elle rappelle qu'une communauté est toujours plus forte lorsqu'elle avance unie.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | Du 22 au 30 août 2026 / https://capitalpride.ca

Pour faire monter la chaleur estivale, à deux… ou à trois !

Vous cherchez à vous faire plaisir et à faire plaisir à votre partenaire ou à votre nouvelle conquête ? Un petit détour s’impose par les nouveautés de LELO, une marque suédoise haut de gamme fondée en 2003, reconnue pour avoir contribué à faire évoluer les produits de bien-être intime vers des objets au design élégant, fabriqués à partir de matériaux de qualité et intégrant des technologies avancées. « Le plaisir à deux, c’est mieux, mais à trois (avec un sex-toy !), c’est encore mieux ! » Il ne nous en fallait pas plus pour piquer notre curiosité et vous présenter trois produits vedettes de l’été.

Les études indiquent que les femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes déclarent plus souvent atteindre l’orgasme. C’est notamment le cas d’une recherche mondiale publiée en 2014 dans le Journal of Sexual Medicine, qui suggère que 75 % des lesbiennes atteignent l’orgasme lors de leurs rapports sexuels, contre 61 % des femmes hétérosexuelles (1). Une autre étude du Kinsey Institute confirme cette tendance, révélant que 86 % des lesbiennes ont des orgasmes, contre 65 % des femmes hétérosexuelles (2).

LELO s’est appuyée sur ces données pour mener sa propre enquête en 2025 auprès de 6 000 femmes lesbiennes sur leurs habitudes et leurs expériences sexuelles (3). Ainsi, 85 % ont révélé avoir souvent des orgasmes pendant leurs relations sexuelles ; 19 % ont déclaré en avoir toujours et 39 % la plupart du temps. Qui plus est, 59 % des répondantes ont indiqué avoir utilisé un sex-toy. Parmi elles, la majorité a utilisé un vibromasseur (43 %) ou un

stimulateur clitoridien (40 %), tandis que 34 % ont précisé qu’il s’agissait d’un vibromasseur double. Cette étude de marché a permis à LELO d’agrandir sa gamme de produits.

Le BOOMERANG : celui auquel on revient toujours !

Ce sondage souligne l’importance des objets de plaisir, en particulier des vibromasseurs doubles spécialement conçus pour les rapports sexuels partagés. La toute nouvelle création de LELO, BOOMERANG, a été pensée en ce sens : elle comporte deux extrémités pour deux fois plus de plaisir. Cette conception permet aux deux partenaires de profiter d’une stimulation simultanée et d’un plaisir accru.

Par définition, le boomerang est une arme traditionnelle aborigène, courbée, conçue selon des principes aérodynamiques. Il décrit une trajectoire courbe et revient vers son lanceur s’il n’atteint pas sa cible. En comparaison, le BOOMERANG de LELO peut réellement devenir une arme de plaisir qui promet de toujours revenir à son propriétaire… après avoir atteint sa cible : le point G. Sans compter que sa trajectoire courbe, en doux silicone, est agréable à souhait, surtout si votre partenaire maîtrise les principes aérodynamiques ! Prix : 309 $ (couleurs : violet, cerise, rouge corail) https://www.lelo.com/boomerang

Le TIANI™ Twist : en mode mains libres ! Avec le TIANI Twist, LELO agrandit la célèbre famille TIANI en revisitant l’un de ses classiques. Ce masseur de clitoris pour couples est doté de nervures sensorielles ultradouces qui stimulent davantage de terminaisons nerveuses pour une expérience encore plus intense. L’une des partenaires porte le premier bras à l’intérieur de son vagin pour stimuler le

point G, tandis que le second bras stimule le clitoris. Avec une position adéquate, comme celle du missionnaire, l’autre partenaire profite également d’un double plaisir, tout en se faisant plaisir elle-même. La douce texture du produit vient exacerber chaque contact entre les deux partenaires.

Si les premiers instants peuvent nécessiter une certaine gymnastique logistique, le TIANI Twist est ergonomique et bien conçu pour assurer un confort optimal. Il est entièrement étanche, fabriqué en silicone soyeux et sans danger pour le corps, comme tous les produits de la marque.

Parlant de points forts, il se connecte à l’application LELO, qui propose huit modes standards et deux modes supplémentaires accessibles dans l’application (ce qui est aussi le cas du  BOOMERANG). La technologie SmoothRise permet de passer tout en douceur entre 16 niveaux d’intensité.

Bref, vous pouvez enfin partager votre passion intime en mode mains libres, une innovation plus que pratique pour l’amour saphique. Découvrir de nouvelles sensations et textures n’aura jamais été aussi libérateur.

Prix : 159 $ (couleurs : lavande, rose pâle, bleu pâle) https://www.lelo.com/tiani-twist

Le TIANI™ 3 : pour les jeux de mains… et de rôles ! Si vous ne savez pas quoi faire de vos mains baladeuses, que vous êtes audacieuse, que vous avez envie de découvrir une toute nouvelle façon de profiter du sexe ou que vous souhaitez vous amuser avec votre intimité dans un jeu de rôle (ou même secrètement en public), le TIANI 3 est un incontournable.

Ce vibromasseur pour couples télécommandé vous promet des heures de plaisir : l’une prend le contrôle grâce à la télécommande et l’autre insère le sex-toy (le jumeau du  TIANI Twist). Lorsque la télécommande est activée, le premier bras du TIANI  vibre pour stimuler le point G, tandis que, simultanément, l’autre bras procure une stimulation clitoridienne intense, transmettant les vibrations aux deux partenaires (si vos intimités se touchent) ou uniquement à l’une d’entre vous (si jamais vous n’êtes pas dans la même pièce)… Vous avez 12 m pour vous éloigner de votre partenaire, pas plus !

Bien sûr, le  TIANI 3  convient aussi à l’exploration en solo et, avec son autonomie de deux heures et son mode silencieux, il saura garder secrets vos plaisirs les plus coupables.

Prix : 219 $ (couleurs : rose foncé, cerise, noir) https://www.lelo.com/tiani-3

Terminons sur une notion primordiale mise en lumière par le sondage de LELO : la communication. En effet, 80 % des répondantes n’éprouvent aucune gêne à parler de leurs préférences ou de leurs désirs sexuels avec leur partenaire.

Si vous éprouvez encore de la gêne à la lecture de ce texte ou à l’idée d’acheter des jouets sexuels, sachez que ce type d’objet incite à communiquer de manière saine et ouverte, à parler de ses désirs et de ses limites, deux éléments clés d’une satisfaction sexuelle à long terme.6

JULIE VAILLANCOURT julievaillancourt@outlook.com

ACCUEILLIR UN ENFANT AUTREMENT

Un accompagnement inclusif pour les familles LGBTQ+

Pour plusieurs personnes LGBTQ+, le désir de fonder une famille s’accompagne souvent d’un mélange d’excitation, de questionnements et parfois du besoin de trouver un espace où leur réalité sera pleinement accueillie avec respect et bienveillance.

Avec Transe-Lucide, Kathleen Mathieu B. propose un accompagnement à la naissance profondément humain, inclusif et adapté aux différentes façons de vivre la parentalité. Doula certifiée, naturopathe spécialisée en périnatalité et hypnologue, elle accompagne depuis plusieurs années des personnes qui traversent ce grand passage de vie qu’est l’arrivée d’un enfant. Son approche considère autant le corps que les émotions, les transformations identitaires, les peurs et les besoins relationnels qui peuvent accompagner la naissance. « Chaque famille vit ce passage différemment », explique-t-elle. Chez TranseLucide, il n’existe pas de modèle unique. Que la grossesse soit portée par une femme queer, une personne trans ou non binaire, qu’il s’agisse d’un projet de coparentalité, d’une famille choisie ou d’un parcours de gestation pour autrui (GPA), l’accompagnement est adapté aux besoins réels des personnes impliquées.

Kathleen souhaite également offrir une présence bienveillante autant aux parents d’intention qu’aux personnes porteuses. Ayant elle-même vécu l’expérience de la maternité porteuse, elle comprend intimement les réalités émotionnelles, humaines et relationnelles qui peuvent accompagner ces parcours.

Dans les projets de GPA, l’attention est souvent tournée vers l’arrivée du bébé et les futur·es parents. Pourtant, la personne qui enfante traverse elle aussi une expérience profondément marquante et mérite d’être soutenue, entendue et accompagnée tout au long du processus — autant pendant la grossesse qu’après la naissance. Le postnatal peut parfois amener un grand mélange d’émotions, de transformations et même certaines formes de deuil qui méritent elles aussi d’être accueillies avec douceur et humanité.

Chez Transe-Lucide, chaque personne impliquée mérite d’être accueillie avec respect et dans un langage inclusif qui honore la diversité des vécus, des corps et des identités. L’un des aspects importants de son approche demeure aussi la place accordée aux partenaires et aux personnes accompagnantes, afin qu’elles puissent elles aussi se sentir impliquées, préparées et soutenues dans cette expérience transformatrice. Parce qu’au final, peu importe la manière dont une famille se construit, accueillir un enfant demeure toujours une histoire de confiance, de liens humains, de présence… et d’amour.6

CHANTAL CYR redaction@fugues.com

INFOS | T. 514-808-6669, Kathleen

Ça bouge dans le monde de l'auto

Le détroit d'Ormuz est de nouveau accessible. Enfin, partiellement (et tout pourrait encore changer). Le trafic maritime reprend lentement et le transport des produits énergétiques semble être priorisé. Comme les négociations entre l'Iran et les États-Unis sont toujours en cours, il est toutefois bien trop tôt pour crier victoire… ou espérer voir le prix de l'essence diminuer rapidement. Certains spécialistes estiment qu'il faudra attendre jusqu'à six mois après un retour complet à la normale du trafic pour que les prix à la pompe commencent réellement à baisser.

Les nids-de-poule : pas seulement dangereux pour les pneus

Les nids-de-poule n'endommagent pas uniquement les pneus et les suspensions. Ils peuvent aussi affecter le pare-brise, qu'il s'agisse d'un simple éclat ou d'une longue fissure provoquée par les pierres projetées lors de leur passage. Comme si cela ne suffisait pas, ces mêmes projections peuvent également abîmer la peinture de votre véhicule. Les spécialistes de la réparation de pare-brise ont d'ailleurs vu la demande augmenter de plus de 10 % au cours de la dernière année, ce qui en dit long sur l'état des routes québécoises.

Pour limiter les dommages à la carrosserie, de nombreux automobilistes choisissent de faire installer une protection appelée pare-pierres, une pellicule transparente appliquée sur tout ou partie du véhicule. Même si son coût peut atteindre plusieurs milliers de dollars, il est possible de cibler uniquement les zones les plus exposées, comme l'avant ou les bas de caisse. Il existe également une pellicule protectrice pour le pare-brise. Son efficacité est réelle, mais sa durée de vie demeure limitée, particulièrement l'hiver lorsque l'on gratte la glace. Dans les faits, cette pellicule doit être remplacée régulièrement afin de conserver son efficacité.

Hyundai Elantra 2027

Les constructeurs automobiles ont souvent la fâcheuse tendance à s'inspirer les uns des autres. Lorsqu'un modèle connaît du succès, plusieurs n'hésitent pas à reprendre certains de ses codes stylistiques. Résultat : il devient parfois difficile, au premier coup d'œil, d'identifier la marque d'un véhicule. Il faut dire aussi que les acheteurs demeurent généralement assez conservateurs, notamment pour préserver une bonne valeur de revente.

Hyundai tente toutefois de sortir des sentiers battus. Les Ioniq 5 et Ioniq 6 en sont de bons exemples. Le constructeur coréen poursuit aujourd'hui sur cette lancée en renouvelant complètement sa populaire berline Elantra. Le modèle actuel manque quelque peu de personnalité. Confortable, spacieux et apprécié notamment des chauffeurs de taxi, il méritait une cure de jeunesse.

Imaginez que l'ancienne Elantra se soit inscrite au gym! La nouvelle silhouette paraît beaucoup plus musclée, avec des ailes élargies et des pare-chocs aux lignes très affirmées. Les faces avant et arrière adoptent des angles plus prononcés qui lui confèrent une allure beaucoup plus dynamique. Hyundai regroupe cette philosophie de design sous l'appellation Art of Steel.

Les changements ne se limitent pas à la carrosserie. Plus longue et plus large que sa devancière, l'Elantra gagne surtout en espace intérieur, ce qui en ferait l'une des berlines compactes les plus généreuses de sa catégorie. À bord, un immense écran de 12,9 ou 14,6 pouces, selon la version, regroupe le système d'infodivertissement, désormais doté d'une intelligence artificielle permettant les commandes vocales. Derrière le volant, un second écran affiche les principales informations de conduite. Deux chargeurs sans fil, une caméra intégrée et une foule d'aides à la conduite complètent l'équipement technologique.

HYUNDAI AVANTAGE ELANTRA

L'Elantra 2027 arrivera chez nous dès l'automne. La gamme mécanique demeure inchangée : un moteur atmosphérique de 147 chevaux, deux moteurs turbocompressés de 201 et 276 chevaux ainsi qu'une version hybride développant 139 chevaux, avec une consommation moyenne annoncée de seulement 4,7 L/100 km. On souhaiterait que davantage de constructeurs fassent preuve de la même audace afin de donner à leurs véhicules une personnalité plus forte et plus distinctive.

Une Micra dessinée par un Québécois

La Micra ne figure plus au catalogue canadien de Nissan. Elle poursuit toutefois sa carrière sur d'autres marchés sous une forme entièrement électrique. Pour imaginer la prochaine génération, Nissan a lancé un concours international. Parmi plus de 1 000 propositions, c'est celle du Montréalais Marc-André Fauteux qui a été retenue. Le jury a salué « sa combinaison de structure, de mouvement et d'impact émotionnel ».

Dessiner une petite voiture est un exercice exigeant. Il faut réussir à combiner simplicité, dynamisme et personnalité, tout en conservant une allure sympathique. À voir les premières images, le pari semble réussi. Dommage toutefois que Marc-André Fauteux n'ait probablement jamais l'occasion de voir circuler sa Micra sur les routes canadiennes.

Volkswagen dans une période de transition

L'industrie automobile traverse une période de profondes transformations. Entre l'électrification, la concurrence chinoise, les tensions commerciales et l'évolution des habitudes d'achat, les constructeurs doivent constamment s'adapter. Comme plusieurs autres grands groupes, Volkswagen n'échappe pas à cette réalité. Le constructeur allemand a enregistré un recul de ses bénéfices au cours des derniers mois et poursuit un vaste programme de

rationalisation de ses activités, notamment en réorganisant certaines de ses usines et en réduisant ses coûts.

Ces ajustements reflètent avant tout les défis auxquels fait face l'ensemble de l'industrie. Malgré ce contexte plus difficile, Volkswagen demeure l'un des plus importants constructeurs automobiles au monde et poursuit le développement de nouveaux modèles, tant à essence qu'électriques.

À venir

Les prochains mois s'annoncent particulièrement intéressants pour les amateurs d'automobile. Nous reviendrons notamment sur plusieurs nouveautés qui feront leur arrivée sur le marché québécois, dont le tout nouveau Mazda CX-5, le Honda Passport de nouvelle génération, la Kia K4, ainsi que d'autres modèles qui retiendront certainement l'attention des automobilistes.

Bien que les véhicules électriques poursuivent leur progression, les ventes de modèles à essence et les hybrides demeurent encore majoritaires (plus de 80% des véhic ules vendus) sur nos routes et continuent d'évoluer. Nous suivrons donc de près ces nouveautés afin de vous présenter les véhicules qui marqueront l'actualité automobile au cours des prochains mois.

CHARDONNAY BISOU BLANC

OLIVIER COSTE,

Des flots de plaisirs à partager!

OLIVIER DE MAISONNEUVE

SOMMELIER CONSEIL

Animation de dégustation de vins à votre domicile ou en entreprise 438 881-7276 • http://www.vinsconseil.com

Saviez-vousquelaSAQremetentièrementlesprofitsdesventesréaliséesdansleskiosques installéssurlesitedeFiertéMontréalafindesoutenirdiversprojetsdelacommunauté?

Profitez-en pour découvrir et savourer le riesling Pas Sages, qui nous vient de l'Ontario, ainsi que, de notre allié Duvernois Esprits Créatifs, le cocktail Amour Vandal (qu'on retrouvera aussi dans certains bars du Village), leurs prêts-à-boire sans alcool, sans oublier le fameux rosé du Vignoble La Cantina. Bonnes célébrations!

IGP PAYS D'OC (LANGUEDOC, FRANCE) 2025.

CODE SAQ : 15549469 — 14,35 $

J'ai tout de suite accroché au nez de ce vin blanc, avec d'abord des notes de craie et de talc, puis son bouquet de poire mûre. Je me suis rapidement régalé avec sa bouche bien fruitée, expressive et pleine de fraîcheur. Même sa petite touche d'amertume, en finale, m'a mis le sourire aux lèvres. Quel bon apéro estival! On remarque sur l'étiquette la mention « Fait avec amour – Carbone 0 », ce qui implique qu'ils sont carboneutres. Ils veillent aussi à maintenir et à promouvoir une bonne biodiversité dans et autour des vignes. Et ils utilisent un verre allégé pour leurs bouteilles. Vraiment, pour ce prix-là, je leur lève mon chapeau bien haut. Bravo!

CHENIN BLANC

LUBANZI WINES, WO SWARTLAND

(WESTERN CAPE, AFRIQUE DU SUD) 2025.

CODE SAQ : 15194995 — 5,15 $ CANETTE DE 250 ML

J'avoue avoir eu un moment de snobisme quand je me suis retrouvé devant la canette. Mais parfois, on peut avoir de belles surprises, et ce fut le cas avec ce vin blanc bio. Lubanzi fait aussi partie du Pebble Project, dont les membres s'engagent à offrir éducation et soutien dans leur communauté. Le domaine redonne 50 % des profits aux travailleurs. Juste pour ça, ça me donnait envie d'en acheter, mais en plus, leur produit est bien sympathique, dès la première humée. J'aime ses notes de chèvrefeuille, de lime et d'ananas frais. En bouche, je trouve surtout de la pomme verte et de la poire Anjou. Pas super complexe, mais très agréable, surtout avec sa jolie texture et sa fraîcheur finale. Avec son format bien pratique pour le pique-nique, c'est un compagnon parfait pour un moment de détente estival.

CHARDONNAY CLIFF 79

MERITUS WINES PTY, VIN DE TABLE (SOUTH EASTERN AUSTRALIA)

CODE SAQ : 14909119 — 4,85 $ CANETTE DE 250 ML

Ce chardonnay australien est envoyé en vrac et embouteillé au Québec, ce qui réduit son empreinte écologique. La version en canette limite encore plus son impact environnemental. C'est un blanc qui se veut charmeur, doté d'une belle rondeur et d'arômes fruités. Il est un agréable choix pour le plateau de fromages du 5 à 7 et les canapés de saumon fumé, ou simplement pour un bon moment de détente à l'extérieur. Il a un nez bien typé, avec ses parfums de verger et de champs de marguerites. Avec son acidité discrète et sa petite amertume finale, franchement, il sait séduire et faire des conquêtes. Soulignons que Cliff 79 fera partie des festivités de Fierté Montréal en tant que fournisseur officiel.

PINOT GRIGIO AMBO

ALMA WINES (ALESSANDRO BERSELLI),

AOP FRIULI (ITALIE) 2025 CODE SAQ : 13692481 — 16,30 $ Bon, j'avoue que j'ai d'abord choisi ce vin blanc pour son étiquette disco, qui fait très festivités de Fierté. Heureusement, le vin est aussi festif que son étiquette. Le nez est plaisant et estival, avec des notes de pommes croquantes, de pelure de poire et de fleurs blanches. La bouche n'est pas des plus complexes, mais elle éclate de fraîcheur et est très juteuse. Et le vin finit avec une touche d'amertume, caractéristique du pinot gris. Bien frais, c'est un apéro redoutable. Et avec sa capsule à vis, on ne se casse pas la tête en l'emportant à une fête en plein air.

OLIVIER

ROSÉ DU CALVAIRE

VIGNOBLE LA CANTINA, IGP VIN DU QUÉBEC

(VALLÉE D'OKA, QUÉBEC) 2025

CODE SAQ : 13835648 — 23 $

Ce rosé gourmand est un assemblage de différents cépages blancs et de pinot noir. C'est bien aromatique au nez comme en bouche. Le nez est surtout fruité, avec un mélange original d'abricot, de cerise et de viande fumée. On retrouve tout ça également en bouche, avec, en prime, une touche de minéralité. La finale vivifiante, avec une certaine amertume, ne manque pas d'élégance. Il a assez de caractère pour mettre en valeur un plateau de charcuteries et de rillettes, ou des entrées comme un cocktail de crevettes et sa sauce rouge. Ce rosé gourmand sera présent sur le site olympique pendant Fierté Montréal. La Cantina et Rivière-du-Chêne sont deux domaines alliés de la communauté.

À FLOT

DOMAINE DE LA NAVICELLE, AOP CÔTES-DE-PROVENCE (FRANCE) 2025

CODE SAQ : 15193132 — 23,70 $

Un autre rosé de Provence pour vous régaler en cette belle saison. Les raisins sont cultivés en biodynamie, ce qui fait que l'identité du terroir du Pradet est mise en lumière. Ça se remarque dès la première mise du nez dans le verre. C'est festif, à la fois fruité et floral. Vite, on fait glisser une gorgée dans notre gosier. On découvre avec plaisir un vin bien sec, de succulents arômes fruités rappelant les fruits rouges, une texture presque crémeuse et une bonne amertume en finale. Mais ce qui ressort le plus, c'est le côté salin, qui en fait un compagnon de choix pour un bon repas d'été. Si jamais vous passez dans le coin, le domaine offre aussi des activités de divertissement, comme des soirées d'humour ou de musique, et même des activités physiques comme des cours de Pilates! Très joli.

PALOOZA

AUBERT & MATHIEU,

IGP PAYS D'OC (LANGUEDOC, FRANCE) 2024

CODE SAQ : 15362776 — 14,95 $

Un autre vin inspiré par la Fierté; son nom veut dire « l'art de passer un moment inoubliable et imprévu ». C'est un assemblage de grenache noir, du moins connu marselan et de syrah. J'aime beaucoup son nez capiteux qui vogue entre les fruits noirs, un peu de géranium, de poivre noir et, subtilement, de clou de girofle. La bouche est dense, assez tannique mais ronde, avec des accents fruités de cerise noire, entre autres. Un rouge avec de la mâche et de la souplesse, dangereusement facile à déguster. Un vin sec et assez corsé, qui se marie bien avec les grillades, surtout les côtes levées ou une lasagne végétarienne. Pour le prix, c'est un choix très judicieux.

VALPOLICELLA BRIGALDARA AZIENDA AGRICOLA BRIGALDARA, DOP VALPOLICELLA (VÉNÉTIE, ITALIE) 2024

CODE SAQ : 14320523 — 19,75 $

Coquin que je suis, je vous propose un vin différent, que certaines personnes apprécient beaucoup, et d'autres vraiment pas, comme on l'a découvert lors d'un récent souper chez Mado. Ma collègue sommelière de renom Véronique Rivest et moi avons eu bien du plaisir à le déguster. C'est un rouge léger, parfait pour la période estivale, servi rafraîchi. Je me suis réjoui avec ses appétissantes notes de cerise rouge et de rhubarbe, ainsi que son intrigante note de crayon-feutre. En bouche, c'est éclatant et juteux, très fruits rouges et basilic, avec une amertume marquée et une fraîche acidité citronnée en finale. Ça ressemble au plaisir d'un oisillon qui piaille gaiement en attendant le tendre ver de terre dans le bec de sa maman moineau! Ça vous intrigue?

BRANCAIA TRE

CASA BRANCAIA, IGP TOSCANA (ITALIE) 2023

CODE SAQ : 10503963 — 27,90 $

Normalement, je classerais ce rouge parmi les stars d'automne, mais en cette saison des barbecues, avec ses savoureuses grillades, il a indéniablement sa place. La maison le suggère avec un vitello tonnato aux câpres. Bref, cet assemblage de sangiovese, de merlot et de cabernet sauvignon demande davantage un repas servi sur nappe qu'une couverte dans un parc. Il a un nez capiteux de prune noire, de cuir et de notes balsamiques. Et attendez-vous à de petits frissons de plaisir quand il aura fini de glisser dans votre gorge. Quelle belle bouche parfumée, ronde et veloutée. Elle est si gourmande avec ses arômes de prune et de Dr Pepper, et c'est agréablement boisé. Comme il titre à 14 %, en été, il vaut vraiment mieux le faire passer une petite trentaine de minutes au frigo avant de le servir. Il s'épanouira de gorgée en gorgée. Délicieux.

CLÉMENTINE LIMONADE ROMEO'S GIN DUVERNOIS ESPRITS CRÉATIFS, QUÉBEC

CODE SAQ : 15572714 — 17 $ 4 CANETTES DE 355 ML Voici la création 2026 de leurs prêts-à-boire, avec une image créée par l'artiste française Lozo, intitulée Service Pulpé. Tout, dans cette version, s'esclaffe et chante les plaisirs de la belle saison. C'est incroyable dès le premier titillement de vos narines, avec ses joyeuses notes d'agrumes, de genièvre et de concombre (bien maîtrisées!). La bouche me plaît beaucoup avec son côté légèrement bière d'épinette et gin, puis ses notes d'agrumes en finale. C'est une explosion fruitée de fraîcheur. Très sympathique, tout comme le fait qu'ils soient, encore une fois cette année, partenaires de Fierté Montréal.

Simon Gauthier

À la conquête du Monde

Aujourd’hui, Simon Gauthier est directeur créatif de Lumin-ART Productions, une entreprise qui a élevé la conception lumière pour les événements et les spectacles au rang d’excellence internationale. Aussi reconnue sur la scène mondiale que des géants comme le Cirque du Soleil ou Céline Dion, Lumin-ART incarne le savoir-faire québécois à son meilleur. Comme le souligne le site web de l’entreprise, elle est devenue « un leader de la conception visuelle complexe, tant sur le plan artistique que technique. Ses projets créatifs d’envergure permettent de créer des atmosphères uniques et des expériences immersives, propres à chaque événement ».

Enfant, Simon Gauthier s’intéresse déjà à l’industrie du spectacle. À l’âge de 9 ans, il fabrique son premier projecteur d’éclairage et, dès l’école primaire, il prend en charge l’organisation de spectacles scolaires. Au début de son adolescence, il crée des pièces de théâtre dans le sous-sol familial. Mais tout commence véritablement au cégep de Saint-Hyacinthe, où Simon étudie le théâtre et la production de 2001 à 2004, avant de compléter son parcours par des études en administration à l’UQAM en 2006; un choix qui témoigne déjà d’une fibre entrepreneuriale affirmée.

Très tôt, son sens des affaires s’affirme. À 17 ans à peine, il fonde sa première entreprise dans le sous-sol de la maison familiale. Il présente alors des spectacles pour les voisins et amis à l’aide d’une machinerie qu’il invente lui-même. Habile de ses mains autant que créatif, Simon

« À force de lectures, j’ai aussi acquis les bases nécessaires à la gestion d’une entreprise, poursuit-il. J’ai créé mon site web, mes cartes d’affaires, et je me suis lancé dans le démarchage. »

C’est aussi à cette période charnière, autour de ses 18 ans, que Simon fait son coming-out. « La situation a été plutôt cocasse, raconte-t-il. Un soir, j’ai dit à ma mère que je sortais avec des amis au bar le Sky. Elle est allée voir sur Internet de quoi il s’agissait et a rapidement compris. Au début, elle s’en inquiétait beaucoup, mais j’ai pu inviter mes amis et mes premières relations à la maison. Mon père, lui, a exprimé son acceptation d’une manière très originale : nous n’en parlions jamais, et un jour, dans la voiture, il m’a simplement dit : « J’ai demandé à mes collègues d’arrêter de faire des jokes sur les gais. »

Les succès ne tardent pas pour l’entrepreneur de la lumière. Plusieurs se souviendront notamment des mythiques soirées Black & Blue des années 2010 : c’était lui… et ce n’était que le début!

Depuis 2013, il contribue à des productions et des événements d’envergure, tels que le Cirque du Soleil, le Cirque Éloize, les tournées de Céline Dion et de Madonna , ainsi que des événements majeurs, comme le festival Black & Blue , le Bal en Blanc et le Festival de musique ÎleSoniq. Il est également présent lors de festivals emblématiques, tels que le

Festival Montréal en lumière, les Francofolies, le festival Juste pour rire, le Grand Prix de formule 1 du Canada et le Festival du monde arabe.

La reconnaissance du milieu vient confirmer l’ampleur de son parcours. En 2011, Simon Gauthier reçoit le prix Arista – Jeune leader sans frontières du Québec, décerné par la Jeune Chambre de commerce de Montréal, soulignant son apport au rayonnement culturel du Québec à l’international. En 2018, il est honoré du prix Hall of Fame WYSIWYG pour la production Blood and the Arena, présentée au Colisée de Rome.

À travers son parcours, Simon Gauthier illustre parfaitement la signification du mot persévérance. Porter des idées nouvelles demande non seulement de la créativité, mais aussi une détermination constante.

« Mettre de l’avant de nouveaux concepts, de nouveaux projets et de nouvelles idées exige énormément de recherche et de curiosité, explique Simon. Il faut voir comment les choses se font ailleurs. Ma vie est à l’opposé d’une vie “normale” : décalages horaires constants, changements de culture fréquents… Cela ne favorise pas toujours une grande stabilité personnelle. Mais professionnellement, j’ai beaucoup travaillé dans le milieu LGBT, ici comme ailleurs, et la porte n’y est jamais fermée. Plutôt que d’être un frein, tout ce mouvement, c’est un moteur pour moi.»

Quelle est donc la clé d’un tel succès ?

« Je n’ai jamais dévié de ma route ni de mes objectifs, conclut-il. Il faut de la patience, de la persévérance et ne pas abandonner au premier échec. J’ai aussi pu compter sur mon cercle d’amis et, depuis le décès de mon père, sur le soutien indéfectible de ma mère. » Nul doute que nous entendrons encore souvent parler, au détour d’une nouvelle internationale, de « l’homme qui s’est lancé à la conquête du monde ».

Au cours des dernières années, Lumin-ART Productions a connu une forte croissance grâce à son expertise en conception visuelle, en direction technique et en accompagnement de productions culturelles d’envergure, consolidant ainsi un rayonnement solide sur le marché québécois. Dans la foulée de ce succès, l’entreprise se prépare maintenant à faire son entrée sur le marché ontarien, avec une implantation stratégique à Toronto d’ici la fin de l’année.6

JEAN-YVES DUTHEL redaction@fugues.com

Cette biographie inspirante s’inscrit dans le cadre du programme Fierté des entrepreneur.e.s 2ELGBTQI+ de la Chambre de commerce LGBT du Québec

INFOS | https://lumin-art.com

Articles : https://www.fugues.com/2021/10/01/du-colisee-de-rome-auxevenements-de-la-communaute-lgbtq-lillumination-selon-simon-gauthier https://lecourrierdusud.ca/lumin-art-20-ans-a-illuminer-le-quebec-et-le-monde

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COLLECTIF CARRÉ ROSE

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CRYSTAL METH ANONYMES cmamtl.org

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SEXUELLE ANONYME DASA

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L’ÉCHO DES FEMMES

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FONDATION ÉMERGENCE

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GROUPE INTERVENTION VIOLENCE

CONJUGALE LESBIENNE

T. 514-526-2452

GRIS – MONTRÉAL

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NARCOTIQUES ANONYMES LGBTQ+ 1650 St-Timothée, dimanche à 14h

PRINCIPES COGNITIFS

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RÉZO

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SILK silk@caeoquebec.org

CERCLE DE DISCUSSION LGBTQ+

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Aux 2 semaines, jeudis soir local CSN, rue DeLorimier.

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PRISME

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GAI-CÔTE-SUD

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CHICOUTIMI

FÉMIN’ELLES

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GASPÉSIE

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LAVAL/LAURENTIDES

L'ARC-EN-CIEL DISCUSSIONS

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MAURICIE

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TANDEM MAURICIE

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MONTÉRÉGIE

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ÉMISSAIRE

T. 450-651-9229 #24 emissaire.ca

JAG — ORGANISME LGBT+

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MAX OTTAWA

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RIMOUSKI

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DIVERSITÉ 02

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SHERBROOKE

ENTRE-ELLES SHERBROOKE

T. 819-580-7460, Sophie entre.elles.sherbrooke@gmail.com

GROUPE DE DISCUSSION POUR HOMMES GAIS, BISEXUELS ET EN QUESTIONNEMENT

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IRIS ESTRIE

T. 819-823-6704 irisestrie.org

PARTOUT AU CANADA COORDINATION LGBT D’AMNISTIE INTERNATIONALE CANADA FRANCOPHONEE

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EGALE CANADA

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PARTOUT AU QUÉBEC

FIERTÉ AGRICOLE

T. 450-768-6995 fierteagricole.org

RÉSEAU DES LESBIENNES DU QUÉBEC

T. 438-929-6928 rlq-qln.ca

ÉCOUTE

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Écoute téléphonique et clavardage SUICIDE

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53 53 53 (texto) suicide.ca

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Écoute / ressources en anglais.

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PÈRES GAIS DE QUÉBEC

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GRIS CHAUDIÈRE-APPALACHES

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HOCKEY LES DRAGONS montrealdragons.org

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QUILLES LES GAILLARDS

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QUILLES DES RENOUVEAUX

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LOISIRS DIVERSIONS algi.qc.ca/asso/loisirsdiversions Pour femmes de 40 ans+

LES LUDOVORES

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STUDIO DANSE ARC-EN-CIEL

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AÉROBIE À PIEDS LEVÉS apiedsleves.wordpress.com Facebook-instagram : À Pieds Levés

BADMINTON G-BLEUS gbleus.com Facebook.com/Gbleus officiel

BALLE-MOLLE MAXIMA liguedeballemaxima@gmail.com

BALLE-MOLLE QUEER MONTRÉAL SOFTBALL liguebmqs@gmail.com

CHŒUR GAI DE MONTRÉAL T. 514-933-2942 Chœur hommes Facebook.com/ choeurgaidemontreal

CURLING, LES PHÉNIX curlinglesphenix@gmail.com

DANSE COUNTRY-CLUB BOLO T. 514-849-4777 clubbolo.com

DODGEBALL LGBT DE MONTRÉAL LES RATONS CHASSEURS facebook.com/lesratonschasseurs

LES DRAVEURS, BATEAU-DRAGON info@draveurs.org

ENSEMBLE - COLLECTIF THÉÂTRAL LGBTQIA+ T. 438-835-6282 productionsjeanfrancoisquesnel @gmail.com

ENSEMBLE VOCAL EXTRAVAGANZA Chœur mixte info@extravaganzavocal.org

ENSEMBLE VOCAL GANYMÈDE T. 514-525-8527 Chœur hommes evganymede.com

ENSEMBLE VOCAL LES NANAS T. 514-481-2545 Chœur femmes

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Groupe de marche/course LGBTQ+ galopins.quebec@yahoo.com

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VOLLEY-BALL QUÉBEC

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GALOPINS COURSE MARCHE T. 514-503-6905 info@galopins.ca facebook.com/galopinsmontreal

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SOCCER LGBT+ MONTRÉAL soccer-lgbt-montreal.ca

TENNIS LAMBDA tennislambda.org

VOLLEYBALL BORÉAL Volley Intérieur et Volley de Plage Contactez Karl, Caroline ou Ludovic info@volley-boreal.net www.volley-boreal.net facebook.com/volleyboreal instagram.com/voleyboreal

YOGA GAI ZONE MTL yogagaizonemtl.wixsite.com/yogi

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GAY GAMES DE VALENCE : DES MÉDAILLES, DES RENCONTRES ET DES SOUVENIRS POUR LA VIE

Avec plusieurs milliers d'athlètes réunis à Valence, en Espagne, les Gay Games ont une fois de plus confirmé leur statut de plus grand événement sportif et culturel inclusif au monde. Parmi eux, environ une centaine de participantes et participants de Montréal ont fièrement représenté la métropole dans plusieurs disciplines. Au-delà d’une cinquantaine de médailles (26 d’or, 18 d’argent et 14 de bronze) — bravo! —, iels reviennent surtout avec des souvenirs impérissables, de nouvelles amitiés et un profond sentiment d'appartenance.

En patinage artistique, Stéphane Vachon est revenu de Valence avec un impressionnant bilan de deux médailles d'or et deux médailles de bronze. Habitué des Gay Games, il affirme pourtant avoir vécu cette édition d'une manière complètement différente. Cette fois-ci, il avait choisi de vivre l'aventure avec son mari et leur fils de neuf ans. « Beaucoup de gens sont venus nous dire à quel point ça leur faisait chaud au coeur de voir une famille comme la nôtre. C'était très émotif », raconte-t-il.

Bien que les compétitions se déroulaient sur une demi-patinoire plutôt qu'une glace complète, le patineur y a trouvé une ambiance beaucoup plus intime. La proximité des juges et des spectateurs créait une expérience différente, presque comme un spectacle. Après une année compliquée marquée par des blessures et des problèmes de santé, Stéphane Vachon ne s'attendait pas à connaître un tel succès. « J'ai vraiment bien performé malgré tout. Le stress positif et l'énergie des Gay Games m'ont porté », résume-t-il.

Parmi ses plus beaux souvenirs figure également une médaille de bronze remportée avec un partenaire berlinois rencontré grâce à son balado. Les deux hommes n'avaient eu qu'une seule heure de pratique ensemble avant de monter sur la glace. Après avoir appris leur chorégraphie à distance, ils ont réussi à décrocher une place sur le podium. Du côté du bateau-dragon, les représentants des Draveurs H2O reviennent eux aussi avec de précieux souvenirs... et deux médailles. Alex Tessier, Jean-François et Diego expliquent que cette réussite est le fruit d'une préparation de près de 18 mois. Pratiques supplémentaires, camps d'entraînement, séances en bassin intérieur durant l'hiver, analyse vidéo et accompagnement personnalisé leur ont permis d'arriver fin prêts à Valence. Ils tiennent également à souligner le soutien du club H2O, qui leur a fourni gratuitement les embarcations, les installations et l'encadrement nécessaires. Pour les trois pagayeurs, il s'agissait d'une première participation

aux Gay Games. Bien sûr, ils espéraient monter sur le podium, mais ils souhaitaient surtout vivre pleinement cette expérience unique. « On voulait évidemment gagner des médailles, mais surtout participer et profiter de tout ce que les Gay Games ont à offrir », résume Alex. Diego retient particulièrement les rencontres internationales, les échanges de chandails avec des équipes venues notamment de Hong Kong, d'Australie et d'Espagne, ainsi que l'occasion de découvrir Valence entre les compétitions. Sur le plan sportif, les pagayeurs montréalais ont rapidement développé une belle complicité avec les autres équipes présentes à la marina. Malgré une organisation qui devait composer avec le fait que le bateau-dragon est encore peu développé à Valence, les compétitions se sont déroulées dans une ambiance chaleureuse, festive et conviviale. Le voyage aura aussi permis de renforcer les liens entre les membres de l'équipe grâce aux visites de la ville, aux activités organisées en marge des courses et aux soirées passées ensemble. Jean-François retient un geste qui résume bien l'esprit des Gay Games. Après avoir remporté une médaille, il a choisi d'en offrir une à une coéquipière qui n'avait pas eu la chance de monter sur le podium. « Elle s'était tellement investie dans cette aventure qu'elle la méritait autant que moi », explique-t-il.

Tous tiennent enfin à rendre hommage à leurs entraîneurs, à leurs capitaines et plus particulièrement à Clémence, affectueusement surnommée « Mother of Dragons », qui s'est assurée tout au long du séjour que l'équipe ne manque de rien, de l'hydratation à la crème solaire. Finalement, qu'ils soient revenus avec quatre médailles en patinage artistique ou deux podiums en bateau-dragon, tous s'entendent sur une même conclusion : les Gay Games demeurent avant tout une célébration du sport, de l'inclusion, de l'amitié et du dépassement de soi.6

Voici par discipline la répartition des médailles remportées par des individus, en double ou par équipe

• Badminton double : 1 Argent / 1 Bronze

• Escrime : 1 Argent / 1 Bronze

• Dodgeball : 2 Argent

• Natation : 14 or / 12 Argent / 9 Bronze

• Patinage artistique : 3 Or / 2 Bronze

• Bateau dragon: 3 Or / 2 Argent

• 200 mètres / Athlétisme : 1 Or

• 400 mètres /Athlétisme : 1 Or

• Tennis : 4 Or / 1 Bronze

ANDRÉA ROBERT LEZAK andrea@fugues.com

INFOS | Les entrevues vidéo complètes réalisées seront diffusées prochainement sur la chaîne YouTube de Fugues ainsi que sur ses différentes plateformes de médias sociaux.

Chantez avec la chorale Gay and Grey

Joignez-vous à la chorale Gay and Grey Montréal, un groupe bilingue et dynamique de jeunes retraités LGBTQ de 50 ans et plus, passionnés d’art vocal ! Vivez une expérience enrichissante et stimulante — une façon amusante et conviviale d'apprendre la musique — qui aboutira à un concert de fin d'année proposant des extraits de comédies musicales et d'opéras. Les auditions auront lieu à la fin août ; Une expérience chorale est un atout, mais pas une obligation. Si vous êtes intéressé(e), veuillez envoyer un courriel à choirggmtl@gmail.com Merci d'y joindre un extrait audio d'une durée de 60 à 90 secondes.

SingwiththeGayandGreychoir

Join the Gay and Grey Montreal Choir, a dynamic bilingual group of young LGBTQ+ retirees (50+) who are passionate about vocal music! Enjoy a rewarding and stimulating experience — a fun and friendly way to learn music — leading up to an end-of-year concert featuring selections from musicals and operas. Auditions will take place in late August; choral experience is a plus but not required. If you’re interested, please email choirggmtl@gmail.com. Please include a 60- to 90-second audio clip with your email.6

INFOS | https://www.ggmtl.com

Équipe Montréal

GAY GAMES

Félicitations à toutes les personnes ayant participé aux Gay Games de Valence, qui se sont déroulés du 27 juin au 4 juillet 2026. Nous sommes fiers d’annoncer que les membres d’Équipe Montréal ont remporté plus d’une cinquantaine de médailles dans différentes disciplines sportives.

Un hommage aux athlètes aura lieu dans le cadre des activités de  Fierté Montréal, au Stade olympique, le samedi 8 août. Vous pourrez également rencontrer la plupart de nos groupes à leurs kiosques lors de la Journée communautaire.

Groupes

LezBoat

Plein air Hors sentiers

L’été : le moment idéal pour ajouter le camping à notre offre d’activités!

Voici la programmation du mois d’août 2026 :

• Du 31 juillet au 7 août : séjour en chalet au parc de la Gaspésie, dans les réserves fauniques de Matane et des Chic-Chocs.

• Samedi 8 août : randonnée au parc régional de Kilkenny, à Saint-Calixte.

• Samedi 15 août : randonnée au mont Abraham, via Battell et Long Trail, au Vermont.

• Dimanche 16 août : randonnée au parc Jean-Drapeau (île Notre-Dame).

• Du 20 au 23 août : séjour en camping au parc de la Vallée Bras-du-Nord, à Saint-Raymond.

• Samedi 22 août : randonnée au parc national de la Mauricie, sentier du Lac Solitaire.

• Samedi 29 août : randonnée Conner Bay and Ram's Head Loop, au Point au Roche State Park (État de New York).

• Dimanche 30 août : randonnée au mont Gorille, à Labelle, dans les Laurentides.

Club Bolo

Le Club Bolo participera à plusieurs activités de Fierté Montréal : le 7 août, avec une prestation de Sarah au spectacle drag du Stade olympique; le 8 août, lors de la Journée communautaire sur la rue Sainte-Catherine; et le 9 août, au Défilé de la Fierté. Ne manquez pas non plus notre participation aux Jardins Gamelin, le 19 août 2026, dans le cadre de l’activité de Spurs(cours de danse de 19 h à 20 h). La session d’automne 2026 débutera le 11 septembre, dès 19 h 30  (ouverture des portes à 19 h). Nous sommes situés au Centre communautaire de loisirs SainteCatherine-d’Alexandrie, au 1700, rue Atateken, à Montréal. Nous vous invitons à vous inscrire en ligne, dans la section Billetterie de notre site Web. En vous inscrivant, vous courez la chance de gagner une consommation gratuite. Pour suivre nos activités, consultez notre site Web ou notre page Facebook. Vous pouvez également vous inscrire à notre Bolo Hebdo en écrivant à : info@clubbolo.com ou secretaire@clubbolo.com. Bienvenue à toutes et à tous! Club Bolo : 514 849-4777 info@clubbolo.com www.clubbolo.com

Les LezBoat reviennent des Gay Games de Valence avec trois médailles… et une immense fierté! Une édaille d’or au 200 m, une médaille d’argent au 200 m et une médaille d’argent au 500 m (catégorie femmes). Au-delà des podiums, nous revenons avec la conviction que la visibilité est essentielle. Il y a cinq ans, LezBoat est né d’un rêve un peu fou : créer un espace sécuritaire où les femmes et les personnes lesboqueer pourraient bouger, se dépasser, tisser des liens et pratiquer un sport sans avoir à cacher qui elles sont. Aujourd’hui, ce rêve nous a menées jusqu’aux Gay Games, où nous avons eu l’immense honneur de représenter le Québec, le Canada et notre communauté sur la scène internationale. Ces médailles ne sont pas seulement les nôtres. Elles appartiennent aussi à toutes les femmes et aux personnes lesboqueer qui ont déjà eu peur de prendre leur place dans le sport, à celles qui nous encouragent, à celles qui nous suivent et à celles qui n’osent pas encore franchir le pas. Nous étions peu nombreuses dans les catégories féminines, tous sports confondus. Le sport demeure encore aujourd’hui un milieu où les hommes sont largement majoritaires. Malgré cela, nous avons démontré que, lorsque les femmes et les personnes lesboqueer ont accès à des espaces inclusifs et bienveillants, elles peuvent accomplir de grandes choses. Nous espérons que ce parcours inspirera encore plus de femmes et de personnes lesboqueer à prendre leur place dans le sport. Plus nous serons nombreuses à être visibles, plus il sera naturel, pour les générations qui suivront, de croire qu’elles ont, elles aussi, leur place sur une ligne de départ, dans un bateau… et sur un podium.

Merci au Réseau des lesbiennes du Québec d’être un pilier de notre communauté et de contribuer, année après année, à faire rayonner les femmes et les personnes lesboqueer. Ces trois médailles sont un symbole de persévérance, d’inclusion et de solidarité. Elles nous rappellent qu’ensemble, nous pouvons rêver plus grand, aller plus loin et ouvrir la voie à celles qui suivront. LezBoat, ce n’est pas seulement une équipe. C’est une famille. C’est une communauté. Et c’est la preuve que, lorsque les femmes et les personnes lesboqueer se rassemblent, se soutiennent et osent prendre leur place, elles sont capables de réaliser de grandes choses.

Club de soccer LGBT+ de Montréal

Le Club de soccer LGBT+ de Montréal vous invite à son Match de la Fierté 2026, le jeudi 6 août, à compter de 18 h, au parc Baldwin (Plateau-Mont-Royal). En plus d’une partie de soccer, des rafraîchissements et des collations seront offerts afin de célébrer la Fierté dans une ambiance conviviale. C’est l’occasion idéale pour les joueuses et joueurs de tous les niveaux de rencontrer les membres du club, de s’amuser sur le terrain et de socialiser. Le port de souliers de soccer et de protège-tibias est recommandé. Beau temps, mauvais temps, amenez vos ami·es! Si vous ne pouvez pas vous joindre à nous pour le Match de la Fierté, venez participer à l’un de nos matchs amicaux hebdomadaires, tous les jeudis à 18 h au parc Baldwin. Suivez-nous sur Instagram et Facebook pour connaître les annulations de dernière minute en raison de la météo. Un peu de pluie ne nous arrête généralement pas, mais les orages ou les épisodes de chaleur extrême peuvent nous obliger à annuler une séance. Vous pouvez vous procurer une adhésion saisonnière (40 $ ou 20 $ pour les personnes à faible revenu) sur place afin de nous aider à couvrir les frais de location du terrain. Sinon, une contribution de 5 $ par semaine est toujours appréciée. Et la première présence est toujours gratuite! Au plaisir de vous voir sur le terrain!

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CHRIS LAU

Les Galopins de Montréal

Courez, marchez… et vibrez avec nous cet été! La saison estivale est enfin arrivée! C’est le moment idéal pour bouger, rencontrer de nouvelles personnes et célébrer la diversité, autant en pleine nature qu’au cœur de la ville. Le club de course et de marche LGBT+ Les Galopins de Montréal vous invite à rejoindre une communauté dynamique, inclusive et accueillante. Que vous soyez débutant·e, intermédiaire ou coureur·se aguerri·e, vous trouverez votre rythme parmi nous, sans pression et dans le plaisir. Nos rendez-vous hebdomadaires : Profitez du panorama exceptionnel du mont Royal avec nous! Les samedis à 9 h 30 : Course et marche. Suivi d’un brunch festif au Bagel Etc après l'activité. Les lundis à 18 h : Course. Point de départ : Début du chemin Olmsted, près du monument George-Étienne-Cartier. À ne pas manquer! Dans le cadre de Fierté Montréal, les parcours urbains sont de retour le 8 août 2026! Une occasion unique de courir ou de marcher au cœur de la ville dans une ambiance festive, inclusive et haute en couleur. Suivez nos médias sociaux pour connaître tous les détails. En vous joignant aux Galopins, vous faites également partie du réseau international Front Runners, ainsi que d'Équipe Montréal, la seule association regroupant l'ensemble des clubs sportifs et de loisirs LGBTQ+ et leurs allié·es en Amérique du Nord. Aucune obligation, aucune pression : venez essayer... vous pourriez bien adopter! Pour nous joindre : Facebook : facebook.com/galopinsmontreal Courriel : info@galopins.ca Enfilez vos espadrilles, apportez votre énergie... on s'occupe du reste!

Extravaganza

Un été placé sous le signe des retrouvailles, de la musique… et de l'hommage. L'ensemble vocal Extravaganza invite le public à partager deux temps forts de sa saison estivale. Le 5 août 2026, le chœur participera aux Soirées sur l'avenue du Musée du Musée des beaux-arts de Montréal avec une prestation extérieure gratuite, dans une ambiance festive qui se poursuivra par une soirée karaoké. Le 8 août, Extravaganza prendra part aux Journées communautaires de Fierté Montréal, sur la rue Sainte-Catherine Est, au cœur du Village. Les activités se dérouleront de 11 h à 18 h. Un hommage à Gaëtane Normandin, Gaëtane Normandin a été choriste d'Extravaganza de 2000 à 2025. Par sa générosité, sa fidélité et sa bienveillance, elle a marqué plusieurs générations d'« Extras » et laissé une empreinte durable au sein du chœur. Elle est décédée à l'automne 2025, quelques mois après avoir chanté avec nous lors de ce qui allait devenir son « dernier show ». À l'occasion des Journées communautaires de Fierté Montréal, Extravaganza lui rendra hommage en interprétant Je ne suis qu'une chanson, l'une de ses pièces favorites. Pour cette occasion toute particulière, toutes les personnes ayant déjà chanté avec Extravaganza sont invitées à se joindre au chœur. Que votre passage dans l'ensemble remonte à quelques années ou à plusieurs décennies, venez retrouver la famille des « Extras » et faire résonner votre voix avec la nôtre. Rendez-vous le 8 août à 15 h 30.

Chanter avec Extravaganza, l'ensemble prépare déjà sa prochaine saison. Les auditions pour la saison 2026-2027 auront lieu les 25 août et 1er septembre, de 18 h à 22 h. La rentrée est prévue le 8 septembre 2026. Information et inscriptions aux auditions : www.extravaganzavocal.org. Renseignements : info@extravaganzavocal.org

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LE 8 AOÛT 2026 LORS DE LA JOURNÉE COMMUNAUTAIRE

Chroniqueur-es, journalistes, graphiste, photographes, l’équipe de direction; quelques membres de l'équipe seront présent-e-s pour vous rencontrer et discuter avec vous !

PHOTO : JAËLLE BÉGARIN, PRÉSIDENTE-DIRECTRICE

GÉNÉRALE

DE LA MAISON DU PÈRE

Si la Fierté est un moment de célébration, de visibilité et de revendication des droits, elle rappelle aussi une réalité dont on parle encore trop peu : la précarité et l'itinérance vécues par de nombreuses personnes LGBTQ+. À l'occasion de Fierté Montréal, la Maison du Père souhaite attirer l'attention sur cette situation. Présent à Montréal depuis plus de 50 ans, l'organisme accueille des hommes de 25 ans et plus en situation d'itinérance ou de grande vulnérabilité. En plus de l'hébergement d'urgence, il offre des services de prévention, de réinsertion sociale, une résidence pour aînés et des soins de santé de proximité.

Pour sa présidente-directrice générale, Jaëlle Bégarin, les célébrations de la Fierté sont aussi l'occasion de rappeler que « certaines personnes vivent une réalité beaucoup plus difficile ». Elle évoque notamment le parcours d'« André » — un prénom fictif afin de préserver son anonymat. Victime d'un crime homophobe, il a traversé une grave période de détresse psychologique qui l'a mené jusqu'à des idées suicidaires. Grâce à un accompagnement adapté et à un milieu d'accueil sécuritaire, il a pu retrouver progressivement une certaine stabilité. La Maison du Père rappelle que l'itinérance est rarement le résultat d'un

LA FIERTÉ, C'EST AUSSI LE DROIT D'AVOIR UN CHEZ-SOI

seul événement. Elle découle souvent d'une succession de ruptures : perte d'emploi, problème de santé, séparation, conflit familial ou hausse du coût du logement. Pour les personnes LGBTQ+, ces difficultés peuvent être aggravées par la discrimination, notamment sur le marché du travail. Cette réalité se reflète dans les statistiques. Selon le plus récent dénombrement pancanadien de l'itinérance, 13 % des personnes en situation d'itinérance s'identifient comme LGBTQ+, alors que ces communautés représentent environ 4 % de la population. L'organisme mise donc sur un accompagnement personnalisé. Au-delà de l'hébergement, chaque personne est orientée vers les ressources les mieux adaptées à sa situation. Ainsi, lorsqu'une personne trans fait appel à ses services, la Maison du Père privilégie, lorsque cela est possible, une orientation vers un organisme spécialisé offrant un milieu plus sécuritaire et mieux adapté à sa réalité. « Personne ne devrait avoir à choisir entre être pleinement soi-même et avoir un endroit sécuritaire où vivre », rappelle Jaëlle Bégarin. Un message qui rappelle que, derrière les festivités de la Fierté, le droit à la dignité, à la sécurité et à un chez-soi demeure une revendication bien actuelle.6

INFOS | Donnez généreusement via le https://www.maisondupere.org/donner et allez rencontrer l’équipe de la Maison du Père aux Journées communautaires de la Fierté, les 7-8 août prochain!

Gaspésie

Road trip, une expérience mystique et touristique

Une brume épaisse venue d’un autre monde. Des paysages d’une beauté capable de provoquer des accidents. Une série de classiques que je ne peux éviter. Des nouveautés qui font tourner ma tête. Pour une première expérience en Gaspésie, je suis servi! Malgré le froid, la pluie et la grisaille de juin, je reviens galvanisé de ma virée dans l’Est québécois.

Grand départ : 15 juin 2026. Après des heures de route, je pose mes affaires à Cap-Chat, à l’Auberge du Cap. En plus d’avoir droit à une grande chambre calme et confortable, avec une vue imprenable sur le fleuve et ses bateaux, je suis particulièrement bien situé. En quelques minutes de marche, j’accède au casse-croûte Les Flots gourmands, où je goûte à des tacos aux fruits de mer avant d’aller marcher sur la plage. Le lendemain : direction le Parc national de la Gaspésie, à une trentaine de minutes de SainteAnne-des-Monts. En empruntant le sentier menant à l’Abri de la Serpentine, je croise des chutes vertigineuses, un lac paisible et une inondation naturelle qui interrompt mon parcours. Je ressens alors la satisfaction d’avoir parcouru dix kilomètres avec assez d’obstacles pour que mes muscles fessiers se rapprochent – un peu – du galbe légendaire de Connor Storrie. Transpirant, mais fier, je fais un arrêt à la  Boulangerie Marie 4 poches. Surprise! Les paysages sont encore plus époustouflants à mesure que je progresse vers l’Est. Après une visite de l’ancienne église transformée en distillerie, à Rivièreà-Claude, je prends pleinement conscience du slogan « La Gaspésie, entre mer et montagnes » et je me fais la promesse de rester concentré, malgré toute la beauté environnante, si je ne veux pas mourir dans un accident.

Bienvenue à Gespeg!

Faute de temps, je me prive d’une visite du Phare de la Pointe-à-la-Renommée. Mon corps meurtri par la randonnée me dirige vers le Site d’interprétation de la culture micmaque de Gespeg, véritable nom de Gaspé avant que les colons français ne se contentent d’une compréhension auditive approximative pour renommer un lieu habité depuis des lunes. Pendant 90 minutes, à l’extérieur, j’écoute le guide Tom, qui apprend sa langue depuis quinze ans et qui fait tout pour garder sa culture vivante. Grâce à lui, je découvre non pas des tipis, mais des wigwams. J’apprends que les membres de sa communauté étaient semi-nomades et que leurs interactions avec les Français, les Anglais et les Iroquois n’avaient rien à voir avec ce que racontent nos livres d’histoire. J’apprivoise la vie traditionnelle avec le fumoir, la tente de sudation, les habitations d’été et d’hiver, les pièges à animaux et les outils de travail. Lorsque je le questionne sur la place occupée par les personnes  two-spirit dans sa communauté, il parle avec passion du Cercle indigiqueer du Québec et m’informe qu’il a accueilli son enfant trans avec désinvolture et bienveillance. Peu après, je roule jusqu’au Musée de la Gaspésie. En m’abreuvant d’informations sur l’évolution du territoire et de sa population, je suis fasciné par la mixité des origines des personnes immigrantes, mais je garde en tête les nuances recueillies plus tôt. Cela ne m’empêche pas d’apprécier les informations sur les conflits entre les Gaspésiens et les pêcheurs étrangers qui venaient « voler » les stocks de poisson, ainsi que sur Pierre Fortin, médecin devenu commandant de La Canadienne, député et grand défenseur des populations riveraines du fleuve. Si les différentes expositions se limitent à des photos, des illustrations et du texte, le public a aussi droit à des reconstitutions sonores de  Jacques Cartier et de Donnacona, ainsi qu’à une expérience de réalité virtuelle évoquant la vie de pêcheur. Mon estomac me dirige alors vers le réputé restaurant Brise-Bise. Même si les touristes et les gens du coin font généralement la file pour y entrer, je me faufile en solo sans attendre afin de savourer un risotto aux fruits de mer. Ma soirée se termine à Cap-des-Rosiers, où se trouve le  Motel du Haut Phare, à quelques secondes du plus haut phare du Canada. Sorte de motel moderne, à des années-lumière des vieilles bicoques en ruine, le lieu d’hébergement profite d’une vue à couper le souffle et de la proximité d’un casse-croûte-crèmerie, La Mollière, qui a fait parler de lui dans le  New York Times. En matinée, je rejoins l’équipe des  Croisières Baie de Gaspé pour observer les baleines à bord d’un zodiac. En voyant comment je me suis (mal) habillé,

on me prête un coton ouaté surdimensionné, en plus de me donner un look de monteur d’Hydro pour assurer ma sécurité. Pendant trois heures, nous sillonnons les eaux, croisons plusieurs baleines — des rorquals communs et des rorquals à bosse —, des phoques et d’autres beautés de la mer, accompagnés de guides passionnés. Ensuite, je roule seulement deux minutes pour accéder au sentier du Mont Saint-Alban, à partir de la plage Petit-Gaspé, afin d’admirer les splendeurs du Parc national Forillon. Après une demi-heure à laisser ma fatigue sacrer (ça monte en ta…), je découvre la raison de tous mes efforts : la vue à 360 degrés sur la mer, les falaises, la forêt et la plage.

Le gros caillou percé

Avant de quitter le cœur névralgique de la pointe gaspésienne, sous la pluie battante, je fais un détour par la boulangerie  Oh les pains  avant de rouler vers l’Anse-à-Beaufils, où je peux m’occuper bien au chaud, à l’abri. Après avoir goûté à de superbes galettes à la morue à La Vieille Usine, je me rends au magasin général historique, où ma visite est des plus réjouissantes! Ici, on est loin de la simple enfilade d’informations factuelles. J’ai plutôt droit à des guides-personnages informés et amusants, à un éclairage fort intéressant sur les moyens de transport, la pêche professionnelle, les tâches ménagères, les outils de bûcheron, les vêtements et bien plus encore. Si le ciel avait été plus clément en juin, j’aurais sûrement fait un tour au Parc municipal de la Rivière Émeraude, réputé pour sa rivière limpide et turquoise. Les nuits suivantes se passent au Nordet, un centre écoresponsable superbement imaginé. En plus d’une chambre avec salle de bain privée hautement confortable, j’apprécie la présence du restaurant, malgré le caractère isolé des lieux, ainsi que du spa! En effet, l’établissement possède le  Thuya Spa Nordique, un espace nature situé à l’arrière de l’hôtel. On y retrouve plusieurs bains à remous, un bassin d’eau froide, un sauna sec, un hammam sublime et des hamacs dans lesquels je m’installe pour regarder le temps passer, en me laissant porter par la brise. Au lendemain de mon après-midi détente, je vois enfin de mes propres yeux le fameux Rocher Percé. Même si cette merveille naturelle existe dans l’imaginaire collectif québécois depuis toujours, rien ne vaut le moment où elle apparaît, après quelques minutes de route en lacets, au bord de falaises enveloppées par la brume : je le vois alors surgir, majestueux, historique. Mieux encore : par un concours de circonstances dont moi seul ai le secret, je longe le gros caillou en bateau avant de me retrouver entièrement seul sur l’île Bonaventure pendant un long moment, aux côtés des employés de la Sépaq, qui insistent pour qu’on parle du  Parc national de l’Île-Bonaventureet-du-Rocher-Percé. Après une randonnée d’une heure, j’admire la colonie de fous de Bassan, des oiseaux aux yeux « cray-cray », magnifiques et intimidants. De retour sur le continent, je m’attable à la Maison du pêcheur pour continuer d’admirer le paysage, assis dans la spectaculaire verrière. Le voyage tire à sa fin, mais il me reste encore quelques morceaux de joie à récolter. Je poursuis mon chemin vers le Lieu historique national de Paspébiac, où j’accumule les informations, les récits, les images et les discussions sur l’histoire de la pêche à la morue et son importance dans le développement de la région. J’aime particulièrement mon échange avec le sympathique forgeron, qui prend le temps de jaser et de vulgariser son travail.

Le manoir enchanté

Peu après, je découvre l’une des splendeurs de la Baie des Chaleurs : le Manoir Hamilton, une résidence construite à New Carlisle — village natal de  René Lévesque  — en 1852, qui sert aujourd’hui de gîte. Dès que j’y mets les pieds, j’ai l’impression de découvrir une version québécoise, à plus petite échelle, de  Downton Abbey : grand escalier, espace réservé aux domestiques, bibliothèque garnie de meubles et de livres d’époque, salle à manger fastueuse et chambres absolument fabuleuses! Je m’y sens si bien que je ralentis le rythme de mes activités extérieures, préférant me prélasser dans ma chambre, lire dans la bibliothèque, discuter avec des voyageurs pendant des heures, faire connaissance avec Ginette, la formidable tenancière des lieux, et déguster des déjeuners divins. Petit bémol, aux yeux de certaines personnes : les chambres ne possèdent pas de salle de bain privée. Cela ne m’empêche pas d’adorer chaque seconde passée sur les lieux. Dans le secteur, je roule jusqu’au Café acadien de Bonaventure, populaire restaurant tenu par Christophe et François, qui en ont fait un incontournable. Même si je n’ai pas le temps de goûter aux plats de la Poissonnerie du pêcheur, je déguste un lunch à la Boulangerie La Pétrie, après une visite à la grotte de Saint-Elzéar. Pour ce faire, je roule 30 minutes sur un chemin de gravier, je marche dans le bois pendant 15 autres, puis je descends sous terre avec deux guides connaisseurs et méga passionnés, mais peut-être un peu trop portés sur le caractère solennel et silencieux de la chose, alors qu’on attend longtemps que tout le groupe descende un à un. L’activité est sympathique, mais à des années-lumière du bonheur ressenti sous terre à la Cité de l’Or, à Val-d’Or. Bref, après un arrêt bouffe au Comptoir de Carleton-sur-Mer, je poursuis mes aventures hors de la région en réalisant que mon plus grand bonheur gaspésien se résume aux paysages croisés en roulant dans la brume, sous le soleil ou sous la pluie : comme si les dieux essayaient de me dire qu’ils avaient fait de la « belle job » dans le coin! 6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | https://www.tourisme-gaspesie.com

Quoi faire sports

Rejoins la vibe du tennis avec le Week-end

TennisFest CELSIUS à l’Omnium Banque Nat ionale

L’Omnium Banque Nationale présenté par Rogers, c’est bien plus que du tennis de classe mondiale : c’est l’un des rendez-vous incontournables de l’été à Montréal. Du 1 er au 13 août, le Stade IGA s’anime avec une programmation festive où se côtoient gastronomie, musique, expériences immersives et, bien sûr, du tennis de haut niveau.

L’ambiance sera à son comble pendant le Week-end TennisFest CELSIUS, les 8 et 9 août, alors que sport et culture se rencontrent dans une atmosphère électrisante. Pendant que les athlètes se disputeront une place en quarts de finale, profitez de prestations musicales, d’ateliers de confection de bracelets d’amitié, d’un atelier peinture Paint & Sip ainsi que du Quiz La Presse présenté sur la scène Loto-Québec.

Le samedi soir, replongez dans les années 90 à l’occasion de la Soirée rétro IRIS avec Aire commune. Au programme : un 5 à 7 festif, une ambiance nostalgique, de la musique entraînante et des bandanas inspirés des années 90 remis aux premiers spectateurs de la séance de soirée.

Le dimanche matin, commencez la journée en douceur avec le Party Café Van Houtte en collaboration avec Croissound. Café, viennoiseries, musique et bonne humeur seront au rendez-vous pour lancer une journée de tennis tout en saveurs.

Pour conclure le week-end, ne manquez pas la Soirée d’appréciation des fans présentée par Canadian Tire, une soirée dédiée à ceux qui font vibrer le tournoi, avec des surprises et des moments mémorables tout au long de la soirée.

Les amateurs de bonne cuisine ne voudront pas manquer OBN à Table, offert du 7 au 9 août. Développée en collaboration avec Chef John Mike, cette expérience gastronomique immersive met à l’honneur les saveurs de l’été montréalais. Huîtres fraîches, caviar, grillades, bouchées gourmandes et stations culinaires à partager vous attendent dans une ambiance

chaleureuse. Le billet comprend également l’accès au site du tournoi, aux activités, aux terrains d’entraînement ainsi qu’aux terrains secondaires. Les places étant limitées, il est recommandé de réserver à l’avance.

Que vous veniez pour le tennis, la gastronomie ou simplement pour vivre l’un des événements les plus attendus de l’été à Montréal, l’Omnium Banque Nationale a de quoi plaire à tous. Rassemblez vos proches et venez profiter d’un week-end inoubliable.6

KARL MAYER redaction@fugues.com

INFOS | https://omniumbanquenationale.com

DANCE NOW MONTREAL 2026

La grande fête musicale des années 90 débarque au MTELUS

Préparez-vous à remonter le temps! Le vendredi 9 octobre, le MTELUS vibrera au rythme des plus grands succès eurodance et dance-pop des années 90 avec Dance Now Montreal 2026, une soirée qui promet de transformer la salle en une immense piste de danse. Pour les nostalgiques de cette décennie flamboyante, comme pour celles et ceux qui ont découvert ces classiques plus récemment, le rendez-vous s'annonce tout simplement incontournable.

La programmation réunit plusieurs des artistes qui ont marqué les palmarès et les clubs du monde entier. En tête d'affiche, Ace of Base fera revivre ses hymnes intemporels, dont All That She Wants, The Sign et Beautiful Life, des chansons qui continuent de faire danser les foules plus de trente ans après leur sortie.

Les amateurs de beats percutants retrouveront également Turbo B, la voix emblématique de SNAP!, derrière les incontournables The Power et Rhythm Is a Dancer. Impossible aussi de rester immobile lorsque Haddaway interprétera son succès planétaire What Is Love, devenu un véritable classique de la culture populaire.

La soirée se poursuivra avec Real McCoy, qui a fait danser toute une génération grâce à Another Night et Run Away. Le groupe No Mercy replongera le public dans les années où Where Do You Go dominait les ondes, tandis que Robin Srappellera pourquoi Show Me Love demeure l'un des morceaux les plus influents de l'histoire de la musique dance.

Le spectacle ne s'arrête pas là. Giorgio, connu pour son irrésistible No Speak Americano, ajoutera une touche électro plus contemporaine, tandis qu'Emjay fera revivre l'énergie de Flying to the Moon, autre succès emblématique des pistes de danse.

Depuis toujours, les hymnes dance des années 90 occupent une place privilégiée dans les bars, les clubs et les célébrations des communautés LGBTQ+. Ces chansons évoquent une époque où les pistes de danse étaient des espaces de liberté, de rencontres et d'affirmation de soi. Les entendre de nouveau, interprétées par leurs artistes originaux, promet un moment aussi festif que chargé d'émotion.

Que vous possédiez encore les albums sur CD ou que vous les ayez découverts en MP3 ou sur les plateformes de diffusion, Dance Now Montreal 2026 s'annonce comme l'un des grands rendez-vous festifs de l'automne. Une seule consigne : préparez vos chaussures de danse, car il sera pratiquement impossible de rester assis. 6

MARC LANDREVILLE mlandreville@fugues.com

INFOS | Dance Now Montreal 2026

Vendredi 9 octobre 2026 à 21 h (ouverture des portes à 19 h 30)

MTELUS – 59, rue Sainte-Catherine Est, Montréal.

BILLETS | https://evenko.ca/fr/evenements/mtelus/dance-now-montreal?code=e007775

Haddaway
Jenny Ace of Base
Turbo B

Quoi faire humour

Josh Thomas et l’irrésistible chaos de Jiggle Jiggle

L’humoriste australien Josh Thomas sera de passage à Montréal le 9 octobre prochain afin de présenter  JiggleJiggle, un nouveau spectacle fidèle à ce qui a fait sa réputation internationale : un humour maladroit, anxieux, tendre et délicieusement inconfortable.

Depuis plus de quinze ans,  Josh Thomas s’est imposé comme l’une des voix queer les plus singulières de la scène humoristique anglophone. À première vue, son style semble presque hésitant. Mais derrière cette apparente vulnérabilité se cache un sens redoutable du timing comique et une capacité exceptionnelle à transformer ses névroses personnelles en moments de pur génie humoristique.

VENEZ NOUS RENCONTRER

LE 8

AOÛT

Avec Jiggle Jiggle, Thomas poursuit cette tradition en explorant les contradictions de l’âge adulte, les relations humaines, l’anxiété sociale et les absurdités du quotidien. Son humour fonctionne souvent comme une conversation intérieure qui aurait soudainement échappé à tout filtre social.

Né au Queensland, en Australie, Josh Thomas a commencé sa carrière très jeune sur le circuit des festivals d’humour australiens avant de connaître une percée importante grâce à ses apparitions à la télévision et à ses spectacles en solo. Mais c’est surtout avec la série Please Like Me, qu’il a créée et dans laquelle il tenait son propre rôle, qu’il a acquis une reconnaissance internationale.

Diffusée de 2013 à 2016, la série est rapidement devenue culte au sein des communautés LGBTQ+ pour sa représentation profondément humaine de la santé mentale, des relations queer et du passage à l’âge adulte. À une époque où les personnages gais à la télévision étaient encore souvent caricaturaux ou hypersexualisés, Josh Thomas proposait quelque chose de beaucoup plus vulnérable et réaliste.

Cette même approche se retrouve sur scène. Contrairement aux humoristes qui misent sur les punchs rapides ou les provocations agressives, Thomas préfère construire un humour d’observation extrêmement personnel. Ses spectacles ressemblent parfois à des confessions publiques maladroites, où chaque détail embarrassant devient matière à rire.

Son style repose largement sur le décalage entre son apparence douce et la noirceur tranquille de certaines réflexions. Il peut passer d’une anecdote absurde sur son chien à une réflexion sur la solitude ou les difficultés relationnelles sans jamais perdre son public. Cette oscillation constante entre vulnérabilité et absurdité est précisément ce qui rend son humour aussi attachant.

Josh Thomas parle aussi régulièrement de neurodivergence et d’anxiété avec une honnêteté désarmante. Plutôt que de chercher à apparaître comme une figure confiante ou dominante, il transforme ses inconforts sociaux en moteur comique. Le public rit souvent parce qu’il se reconnaît dans ces moments d’inadéquation que Thomas expose sans filtre.

Avec Jiggle Jiggle, les spectateurs montréalais peuvent donc s’attendre à une soirée d’humour intimiste, brillante et profondément humaine. Un spectacle où les silences, les hésitations et les petites catastrophes émotionnelles deviennent les ingrédients d’un stand-up aussi intelligent qu’émouvant.6

KARL MAYER redaction@fugues.com

INFOS | Josh Thomas présentera son spectacle Jiggle Jiggle le jeudi 9 octobre, à 20 h, à L’Olympia de Montréal (1004, rue Sainte-Catherine Est). Les billets sont en vente auprès de la billetterie de L’Olympia et sur Ticketmaster.

2026 LORS DE LA JOURNÉE COMMUNAUTAIRE

Chroniqueurs, journalistes, graphiste, photographes, l’équipe de direction; quelques-uns de nos précieux collaborateurs seront présent pour vous rencontrz et discutez avec vous !

Quoi faire humour

Matteo Lane
revient nous voir avec

du nouveau

: We Gotta Catch Up!

Matteo Lane possède ce talent rare : celui de faire éclater de rire une salle entière en parlant aussi bien d’opéra italien que de Grindr, de cuisine méditerranéenne ou des absurdités de la masculinité moderne. Le populaire humoriste américain sera de retour à Montréal le 7 novembre prochain avec  WeGottaCatchUp!, un tout nouveau spectacle dans lequel il promet de présenter du matériel inédit avec le charisme qu’on lui connait et son style ultra personnel.

Depuis quelques années, Matteo Lane  est devenu l’une des figures les plus appréciées de l’humour queer nord-américain. Avec son mélange de sarcasme élégant, d’autodérision assumée et de références culturelles parfois étonnamment sophistiquées, il occupe une place à part dans le monde du stand-up contemporain.

Car Lane n’est pas seulement humoriste. Avant de monter sur scène, il était illustrateur et chanteur d’opéra formé en musique classique. Cette double formation artistique influence encore fortement sa manière de performer aujourd’hui. Sur scène, il passe régulièrement du chant lyrique à l’imitation d’accents italiens ou à des anecdotes sexuelles complètement absurdes, avec une fluidité déconcertante.

Né à Chicago dans une famille italo-américaine, Matteo Lane a grandi dans un environnement fortement marqué par la culture méditerranéenne. Cette identité culturelle nourrit constamment son humour. Il adore caricaturer les dynamiques familiales italiennes, les repas interminables, les mères dramatiques et les hommes incapables d’exprimer leurs émotions autrement qu’en criant.

Contrairement à plusieurs humoristes qui utilisent les stéréotypes ethniques de manière simpliste, Lane transforme ces références en commentaires plus larges sur les attentes sociales, la masculinité et la vie queer moderne. Son humour joue beaucoup sur le contraste entre son apparence très masculine et ses observations volontairement théâtrales ou camp. C’est précisément cette tension qui est devenue sa signature. Matteo Lane adore déconstruire les clichés entourant les hommes gais, particulièrement ceux liés au corps, au sexe et aux rôles masculins. Il se moque autant de la culture du gym que des applications de rencontres, des régimes alimentaires absurdes que des standards de beauté irréalistes.

Son style de scène repose aussi énormément sur l’improvisation. Lane interagit constamment avec le public, ce qui donne souvent l’impression d’assister à une conversation extrêmement drôle entre amis plutôt qu’à un spectacle rigide. Cette spontanéité lui permet de rebondir sur les réactions de la foule avec une rapidité impressionnante.

Très actif sur les réseaux sociaux,  Matteo Lane  a également développé une immense popularité grâce à ses capsules humoristiques où il mélange recettes de cuisine, humour queer et commentaires sarcastiques sur la vie quotidienne. Ses vidéos, souvent partagées massivement, mettent en valeur son charisme naturel et son sens exceptionnel du rythme comique.

Même lorsqu’il aborde des sujets plus sexuels ou provocateurs, Lane conserve une approche étonnamment chaleureuse. Son humour n’est jamais cynique. Au contraire, il célèbre constamment le plaisir, les excès, les contradictions humaines et le chaos émotionnel des relations modernes.

Avec We Gotta Catch Up!, il poursuit cette exploration très personnelle de la vie adulte queer. Le titre lui-même évoque d’ailleurs cette impression universelle de toujours courir après quelque chose : les relations, le succès, la santé mentale, le vieillissement ou simplement le temps qui passe.

Le spectacle promet également de mettre en valeur ce qui distingue  Matteo Lane  de tant d’autres humoristes actuels : sa capacité à faire coexister raffinement culturel et humour complètement irrévérencieux. Peu d’artistes de stand-up peuvent enchaîner une imitation d’Andrea Bocelli et une blague sur les applications de rencontres dans la même phrase avec autant d’aisance.

À Montréal, son retour risque d’attirer autant les amateurs d’humour queer que les adeptes du stand-up plus classique. Car, au-delà des références LGBTQ+ et des anecdotes sexuelles,  Matteo Lane  parle surtout d’identité, de désir, de famille et des absurdités universelles de la vie contemporaine. Et il le fait avec un mélange de charme, d’intelligence et de chaos qui lui appartient entièrement.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Matteo Lane présentera son nouveau spectacle We Gotta Catch Up! le vendredi 7 novembre 2026, à 20 h, au Théâtre Beanfield (2490, rue Notre-Dame Ouest, Montréal). Consultez le site officiel de Matteo Lane ou celui du Théâtre Beanfield pour tous les détails.

Quoi faire humour

Jonathan

Van Ness   débarque à Montréal cet automne avec Hot & Healed

Jonathan Van Ness n’a jamais fait les choses à moitié. Coiffeur vedette, personnalité télé, icône LGBTQ+, podcasteur et humoriste de scène accompli, la star de QueerEye viendra présenter son spectacle Hot&Healed à Montréal le 24 octobre prochain, dans une soirée qui promet autant de rires que de réflexions franchement assumées.

Depuis son explosion médiatique grâce à la populaire série de Netflix, Queer Eye, Jonathan Van Ness  (ou simplement « JVN » pour ses millions d’admirateurs) s’est imposé.e comme l’une des voix queer les plus visibles et les plus attachantes de la culture populaire actuelle.

Derrière cette énergie débordante, ces pirouettes capillaires et cet enthousiasme contagieux se cache toutefois un artiste qui utilise l’humour pour parler de guérison, de sexualité, d’identité de genre et de santé mentale avec une désarmante authenticité.

Avec Hot & Healed, Jonathan Van Ness pousse encore plus loin cette approche très personnelle du stand-up. Son humour repose sur un mélange de vulnérabilité assumée, d’autodérision et d’observations absurdes sur la célébrité, le bien-être et la vie queer contemporaine. Sur scène, iel passe sans effort d’une anecdote hilarante sur les salons de coiffure à une réflexion touchante sur son propre parcours, toujours avec cette capacité rare de rendre le public à la fois ému et euphorique.

Né.e en Illinois,  Jonathan Van Ness a longtemps raconté avoir grandi en se sentant marginalisé. Victime d’intimidation durant son adolescence en raison de son expression de genre, iel a trouvé refuge dans l’humour, la culture populaire et l’esthétique. Bien avant la télévision, cette personnalité exubérante était déjà en train de devenir sa marque de commerce. Sa carrière a véritablement pris son envol grâce à sa websérie humoristique Gay of Thrones, où Jonathan Van Ness résumait les épisodes de Game of Thrones avec un regard queer totalement déjanté. Ce ton irrévérencieux et spontané lui a rapidement permis de bâtir une communauté fidèle avant son arrivée dans Queer Eye, en 2018.

Mais contrairement à plusieurs personnalités issues de la téléréalité, Van Ness a toujours utilisé sa visibilité pour aborder des enjeux plus sérieux. En 2019, cette personnalité révélait publiquement vivre avec le VIH depuis plusieurs années, un geste qui a profondément marqué de nombreuses personnes LGBTQ+ par la franchise et la sérénité avec lesquelles le sujet était abordé. Cette capacité à mêler engagement et humour est aujourd’hui au cœur de son travail de scène.  Hot & Healed parle autant de résilience que de glamour. Jonathan Van Ness  y déconstruit les attentes entourant le corps, la célébrité et la masculinité, tout en célébrant le plaisir, la douceur et la reconstruction personnelle.

Son humour est aussi profondément physique. Entre mimiques, mouvements de danse improvisés et changements de ton spectaculaires, Van Ness transforme souvent ses spectacles en véritables performances théâtrales. Son énergie déborde constamment de la scène et crée une proximité presque intime avec le public.

Au-delà des blagues,  Jonathan Van Ness représente également une figure importante de visibilité non binaire dans le divertissement grand public. Utilisant les pronoms they/them  (iel, en français), tout en acceptant aussi il et lui selon le contexte, Van Ness privilégie surtout une vision fluide et ouverte de l’identité, loin des catégories rigides.

À Montréal,  Hot & Healed devrait attirer autant les adeptes de  Queer Eye que les amateurs d’humour queer contemporain. Car derrière les éclats de rire et les anecdotes extravagantes,  Jonathan Van Ness offre surtout quelque chose d’assez rare dans le  stand-up actuel : une invitation sincère à guérir sans jamais renoncer à la joie.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Jonathan Van Ness présentera son spectacle Hot & Healed le vendredi 24 octobre, à 20 h, à L’Olympia de Montréal(1004, rue Sainte-Catherine Est). Le spectacle est présenté par Outback Presents. Les billets sont en vente auprès de la billetterie de L’Olympia et sur  Ticketmaster. Pour tous les détails, consultez le site de L’Olympia de Montréal ou celui de Jonathan Van Ness.

Quoi faire musique

Le Village prend des airs d’Italie le temps d’un concert baroque

Une semaine après l'effervescence des festivités de Fierté Montréal, le Village retrouve peu à peu son rythme estival. Les foules se sont dispersées, les terrasses respirent de nouveau et le quartier se redécouvre sous un autre visage. C'est dans cette atmosphère plus paisible que la Société de musique ancienne de Montréal (SMAM) convie le public à un voyage musical au cœur de l'Italie de la Renaissance avec Comme en Italie!, un concert gratuit présenté le samedi 15 août, à 14 h, sur la Place du Village, face au Cabaret Mado, en partenariat avec l'arrondissement de Ville-Marie.

Accessible à tous, ce rendez-vous en plein air promet bien plus qu'un simple concert. Pendant près d'une heure et demie, musiciens et solistes feront revivre les sonorités du madrigal italien, ce genre musical qui, entre Renaissance et premiers élans du baroque, a révolutionné l'art vocal en plaçant les émotions humaines au cœur de la musique.

Aux sources de la musique italienne Au XVIe siècle, de Florence à Venise, les compositeurs italiens délaissent progressivement les formes plus rigides de la Renaissance pour créer une musique plus libre, plus expressive et profondément humaine. Le madrigal met alors en musique les joies, les peines, les élans amoureux, l'humour ou la mélancolie avec une étonnante modernité qui continue, aujourd'hui encore, de toucher le public.

Le programme propose un véritable parcours à travers cette période foisonnante avec des œuvres de Heinrich Isaac, Philippe Verdelot, Adrian Willaert, Jacob Arcadelt, Giaches de Wert, Orlando di Lasso, Francesco Silvestrino, Luca Marenzio et Jacopo Peri, considéré comme l'un des pionniers de l'opéra. À travers madrigaux et villanelles, ces compositeurs témoignent de l'extraordinaire effervescence artistique qui animait alors les grandes cités italiennes.

Une musique ancienne... toujours bien vivante

Fondée il y a plus de cinquante ans, la Société de musique ancienne de Montréal s'est imposée comme l'un des ensembles de référence au Canada dans l'interprétation des musiques de la Renaissance et du baroque. Habituée de la Salle Bourgie durant sa saison régulière, elle profite de l'été pour quitter les salles de concert et aller à la rencontre du public dans les parcs et les places publiques. Présentée grâce au soutien financier de l'arrondissement de Ville-Marie, cette série estivale comprend deux concerts

extérieurs : un premier, offert en juillet à la place Sun Yat-Sen, dans le Quartier chinois, puis  Comme en Italie !, imaginé spécialement pour la Place du Village. « Je suis convaincu que cette proposition peut attirer une partie de la communauté qui fréquente peu le Village actuellement. Il s'agit d'une programmation de grande qualité, qui se distingue des offres culturelles habituelles et qui mérite d'être découverte », souligne Yoan Leviel, responsable des communications de la SMAM.

Pour lui, le choix du Village n'a rien d'un hasard. « Ce concert a été voulu et pensé au cœur du Village et vise particulièrement à célébrer la musique avec la clientèle LGBTQ+ ici. »

Le concert réunira cinq interprètes reconnus du milieu de la musique ancienne : les sopranos Rebecca Dowd-Lekx et Marie-Andrée Mathieu, le ténor Michiel Schrey, qui assure également la direction artistique, le baryton-basse Pierre-Étienne Bergeron ainsi que la luthiste Madeleine Owen. Ensemble, ils interpréteront une quinzaine d'œuvres qui feront voyager le public à travers les plus belles pages de la Renaissance italienne.

Une finale... comme en Italie

Et puisqu'il est question d'Italie, l'expérience ne serait pas complète sans une petite gourmandise. À l'issue du concert, les spectateurs pourront déguster gratuitement une crème glacée offerte par Les Givrés, une entreprise québécoise reconnue pour ses créations artisanales.

Plus qu'un concert,  Comme en Italie ! est une invitation à ralentir, à prendre le temps d'écouter et à redécouvrir la Place du Village autrement. Le temps d'un après-midi, les madrigaux de Verdelot, Willaert, Arcadelt, Marenzio et de leurs contemporains remplaceront les rythmes des grandes festivités estivales, rappelant que le Village continue de vibrer… simplement sur un autre tempo.. 6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://smamontreal.ca

SMAM - Ave Verum Corpus (Josquin des Prés) https://www.youtube.com/watch?v=v2PaHaDcsTc

Madrigaux italiens en plein air – Réactions du public https://www.youtube.com/watch?v=RyfTraetZ0k

CONCERT MUSICAL

Quoi faire festival

Du 25 au 30 août, Montréal vibrera une fois de plus au rythme de MUTEK, le festival international des musiques électroniques et de la créativité numérique. Pendant six jours et six nuits, près de 120 artistes provenant de 28 pays investiront le Quartier des spectacles pour offrir un vaste panorama de la création électronique actuelle, où musique, arts numériques et performances audiovisuelles se rencontrent. Fidèle à sa réputation, le festival proposera une programmation qui conjugue innovation, expérimentation et immersion sensorielle dans quelques-uns des lieux culturels les plus emblématiques de la métropole.

L'esplanade Tranquille demeurera le cœur battant des festivités avec ses performances extérieures gratuites présentées chaque soir dès 17 h. En parallèle, MUTEK poursuit son évolution en investissant de nouveaux espaces, notamment la Maison symphonique et, pour la première fois, le Studio-Théâtre des Grands Ballets, qui s'ajoutent à la Société des arts technologiques (SAT) et au MTELUS. Un choix qui reflète la volonté des organisateurs de faire dialoguer les œuvres avec des lieux dont les qualités techniques, visuelles et acoustiques prolongent l'expérience artistique.

Pensée comme une exploration des multiples visages de la création électronique contemporaine, cette 27 e édition fait dialoguer les genres, les disciplines et les technologies. Performances en direct, œuvres immersives, expériences dansantes et créations hybrides composent une programmation qui confirme une fois de plus MUTEK comme l'un des rendez-vous incontournables des cultures numériques, attirant artistes et festivaliers des quatre coins du monde.

Un panorama des expressions sonores et visuelles contemporaines

La programmation s'articule autour de cinq grandes séries, chacune proposant une manière différente de vivre le son, l'image et l'espace, qu'il s'agisse d'écoute immersive, de performances audiovisuelles, de découvertes musicales ou de longues nuits consacrées à la danse.

SÉRIENOCTURE

Sociétédesartstechnologiques|26au30août|dès22h

Véritable colonne vertébrale du festival, Nocturne investit les espaces de la SAT et le dôme de la Satosphère en réunissant aussi bien des figures incontournables de la scène électronique

27 e ÉDITION DU FESTIVAL MUTEK
Six jours d'expériences sonores et visuelles amplifiées

que les artistes émergents qui en façonnent déjà l'avenir. Les performances exploitent pleinement les possibilités sonores et visuelles de ces lieux afin de créer des expériences immersives où musique, image et technologie ne font plus qu'un.

Parmi les artistes invités figurent notamment A Guy Called Gerald, Dana Ruh, Evichsen, gyrofield, Honeydrip, Korea Town Acid & Ajeebsir, Matthew Herbert, Mia Koden, Nazar, Poirier, Violent Magic Orchestra et Zora Jones, auxquels s'ajouteront plusieurs créations internationales inédites ainsi que des films immersifs issus de la résidence SAT.

SÉRIE

X/VISIONS

Maisonsymphonique|27au29août|19hà21h30

Présentée pendant trois soirées à la Maison symphonique, X/Visions privilégie une approche plus contemplative, à la rencontre de la composition instrumentale contemporaine et de l'électronique avant-gardiste. Les œuvres ont été sélectionnées pour dialoguer avec l'acoustique exceptionnelle de la salle, révélant toute la richesse des textures, des nuances et des transformations progressives qui façonnent chaque performance. La série accueillera Ah! Kosmos and Hainbach, Fennesz & Lillevan, Kali Malone, Kara-Lis Coverdale, Tristan Perich & James McVinnie ainsi que Voices From The Lake (Donato Dozzy and Neel).

SÉRIEMÉTROPOLIS

MTELUS|28et29août|dès23h

Le MTELUS accueillera de nouveau Métropolis, deux longues nuits consacrées aux performances les plus énergiques de la programmation. Imaginée autour d'une scénographie spectaculaire signée BelleyFERRIS, cette série propose deux parcours artistiques distincts où musique, lumière et scénographie fusionnent pour créer une expérience collective à haute intensité. Au programme, entre autres : Ben UFO, Cleo Leigh, CUERPOS, Jeff Mills, Facta, JakoJako, Polygonia et Rival Consoles.

SÉRIEPLAY

Studio-ThéâtredesGrandsBallets|29et30août|15hà17h

Présentée en après-midi, Play investira pour la première fois le Studio-Théâtre des Grands Ballets avec une programmation entièrement consacrée aux performances audiovisuelles. Pensée comme un espace de rencontre entre le son, l'image et la mise en scène technologique, cette série met en lumière des projets où la dimension visuelle occupe une place aussi importante que la musique. Expérimentations analogiques, interfaces bricolées, environnements numériques et récits performatifs s'y côtoient dans des propositions accessibles, spectaculaires et résolument ancrées dans les pratiques audiovisuelles contemporaines.

SÉRIEEXPÉRIENCE

EsplanadeTranquille|25au30août|dès17h|Gratuit

Chaque soir, l'esplanade Tranquille se transformera en véritable place publique où se croiseront artistes, Montréalais et visiteurs. Cette programmation gratuite misera sur les découvertes, les rencontres et les croisements musicaux dans une ambiance festive devenue l'une des signatures de MUTEK. Parmi les artistes attendus figurent notamment Abulzooz, dustbunny, Istanbul Ghetto Club, jamvvis + YFBOB, Monsieurmadam, NGL Flounce, Sarah Rossy, Super Galaxy Meow Meow et wetdogg, sans compter plusieurs surprises qui seront dévoilées d'ici le début du festival.

MUTEK FORUM : réfléchir aux technologies de demain

En parallèle de sa programmation artistique, MUTEK Forum réunira du 26 au 28 août artistes, chercheur.euse.s, studios, institutions, professionnel.le.s des technologies, expert·e·s du numérique et commissaires autour d'un vaste programme de conférences, de rencontres et de réflexions consacré à l'évolution de la créativité numérique. Sous le thème Fréquences symbiotiques, cette édition explorera les liens entre pratiques artistiques et technologies émergentes, tout en interrogeant les enjeux éthiques, sociaux et environnementaux qu'elles soulèvent. Le Forum investira cette année un nouvel environnement en prenant place à l'Atrium et au Studio-Théâtre des Grands Ballets, ainsi qu'à l'Édifice Wilder – Espace danse. Ce nouveau cadre favorisera les échanges interdisciplinaires entre performance audiovisuelle, musique électronique, intelligence artificielle (IA), réalités étendues (XR), écologie, arts médiatiques et design. À l'heure où l'intelligence artificielle, l'automatisation algorithmique et les systèmes numériques transforment profondément notre manière de créer, de comprendre et d'interagir avec le monde, le Forum invite à dépasser les seules possibilités offertes par la technologie pour réfléchir aux futurs que nous souhaitons construire collectivement et à la place qu'y occuperont les pratiques artistiques.

Trois grandes thématiques structureront les échanges :

• Jour 1 : Récits, réalités en expansion (présenté par le Fonds des médias du Canada);

• Jour 2 : Technologies, interfaces du futur;

• Jour 3 : Son, écologies de l'écoute (présenté par DistroKid).

D'autres dévoilements viendront compléter la programmation du Forum, de même que celle de la troisième édition du Village Numérique, coprésenté par XN Québec.

UN MARCHÉ MUTEK en pleine expansion

Présenté du 26 au 28 août, le Marché MUTEK prendra une ampleur sans précédent. Désormais pleinement intégré au festival, il s'impose comme un important carrefour de rencontres entre les studios créatifs, les artistes du Québec et du Canada ainsi que les diffuseur.euse.s et professionnel.le.s internationaux.

Plus de 100 commissaires, programmateur.rice.s, diffuseur.euse.s et représentant.e.s de l'industrie provenant de plusieurs continents participeront à cette plateforme professionnelle. Au programme : rencontres individuelles, conférences, études de cas, conférencesperformances et activités de réseautage destinées à favoriser les collaborations entre créateurs et décideurs issus des milieux culturels, muséaux et événementiels. Le Marché réunira des spécialistes des arts numériques, de la XR, des médias immersifs, des arts vivants, de la performance musicale électronique et audiovisuelle ainsi que de la programmation dans l'espace public. Les délégations proviendront notamment d'Europe, d'Amérique latine, des États-Unis, d'Asie et du Moyen-Orient.

À un moment charnière pour l'écosystème des arts numériques montréalais, le Marché MUTEK entend favoriser l'émergence de collaborations durables, qu'il s'agisse de commandes, de coproductions, de tournées, de résidences ou de présentations en festival. Une vitrine privilégiée pour découvrir de nouveaux talents et contribuer au développement des pratiques créatives et technologiques de demain.6

MARC LANDREVILLE mlandreville@fugues.com

INFOS | Le festival MUTEK, du 25 au 30 août 2026. Les billets individuels et les passes journalières sont en vente sur https://montreal.mutek.org/

Quoi faire écrans

THE VAMPIRE LESTAT le supplice d’être porteur d’une érection éternelle!

Lestat découvre avec horreur qu’il est devenu le personnage central d’un best-seller qui lève le voile sur l’univers des vampires, tout en le présentant sous un jour très peu flatteur. Il opte aussitôt pour une revanche aussi flamboyante qu’inattendue : devenir une rock star et livrer la vérité à travers des chansons. Mais faire ressurgir le passé n’est jamais sans danger...

Les deux premières saisons de Interview with the Vampire (Entretien avec un vampire) adoptaient le point de vue de Louis de Pointe du Lac ( Jacob Anderson), qui y relatait sa rencontre avec Lestat de Lioncourt (Sam Reid) et sa transformation en vampire. Au fil des entretiens, le journaliste Daniel Molloy (Eric Bogosian) relevait toutefois plusieurs incohérences, laissant entendre que la perception des événements n’était pas toujours fiable. Lestat est donc sous le choc lorsqu’il découvre que son existence s’étale désormais dans les vitrines des librairies dans un ouvrage qu’il considère n’être qu’un tissu de mensonges. La scène, délicieusement outrancière, se déroule dans une librairie de Montréal puisque, oui, Lestat y réside dorénavant. Il décide donc de reprendre le contrôle du récit et de rendre justice à « sa » vérité. Ce passage d’un narrateur à l’autre s’inscrit pleinement dans l’esprit du deuxième roman de la série d'Anne Rice, où la parole passe de Louis à Lestat. Sa décision de s’exposer aux projecteurs peut surprendre, mais elle reste fidèle à son tempérament excessif, d’autant qu’au XVIIIe siècle il avait connu le plaisir des planches. Chansons, extraits de mémoires et nouveaux entretiens avec Daniel Molloy, qui l’accompagne en tournée pour réaliser un film en noir et blanc d’une prétention assumée, deviennent autant de moyens de raconter sa version des faits.

La vérité, toute la vérité et rien que la vérité? Si vous croyez que Lestat se dévoilera complètement, passez Go et ne réclamez pas 200 $! À chaque fois que l’on croit saisir son passé ou son présent, il effectue une pirouette et laisse planer le doute. L’épisode 3 en offre un exemple savoureux, alors qu’il manipule avec jubilation autant les personnages que les spectateurs. Même si la plupart de ses admirateurs prennent peu au sérieux cette histoire de prince des ténèbres, il en va tout autrement chez les vampires : certains le considèrent comme une menace, d’autres comme un sauveur. Pendant ce temps, Louis tente de calmer son ancien amant, tandis que la mère de Lestat ressurgit d’outre-tombe et que Claudia refait une apparition inattendue. Les épisodes alternent entre le présent — au fil des villes de la tournée, dont un intrigant épisode intitulé « Montréal » — et la jeunesse de Lestat au sein d’une famille qui méprise son hypersensibilité. La série revisite plusieurs moments

fondateurs de son existence : une chasse au loup inspirée de la Bête du Gévaudan, sa relation avec Nicolas de Lenfent ( Joseph Potter ) et sa rencontre avec Magnus (Damien Atkins ), son créateur. Cette structure bouscule les temporalités et les frontières entre vérité et mensonge, mais compose progressivement une fascinante mosaïque. Comme Lestat demeure le narrateur, rien ne garantit que ce qui nous est montré corresponde réellement aux événements. Il réécrit d’ailleurs à plusieurs reprises les circonstances de sa rencontre avec Magnus avant qu’une réalité beaucoup plus brutale ne s’impose.

En paroles et en musique

Qui dit rock star dit forcément répertoire musical, et les compositions de Daniel Hart n’ont pas à rougir.  Why Do I Have to Feel?, Big Boss et Stained Glass Eyes comptent parmi les grands moments de la saison, portés par une mise en scène inventive et des textes parfois d’une réelle poésie. Malgré un registre vocal relativement limité,  Sam Reid  offre des performances captivantes. Il faut aussi souligner, dans l’épisode 2, une adaptation du poème La Fontaine de sang, de  Charles Baudelaire. Si la mélodie est superbe, la maîtrise du français de Sam Reid demeure approximative. Sans sous-titres, plusieurs passages sont difficiles à comprendre pour un public francophone, et l’on ne peut qu’espérer que le doublage français choisira d’adapter la chanson.

Je suis porteur d’une érection éternelle

On pourrait croire que le « I carry an immortal erection » lancé par Lestat n’est qu’une provocation. Il exprime pourtant l’état permanent de tension qui le traverse. L’immortalité agit comme un amplificateur des sens : faim, désir, plaisir et besoin de ressentir s’y trouvent exacerbés. Cette formule résume la malédiction qui l’habite : être condamné à tout éprouver avec une intensité démesurée, sans jamais trouver d’apaisement. Cette nouvelle saison se révèle à la hauteur des deux précédentes, alliant intrigue prenante, personnages complexes, dialogues savoureux, mise en scène inventive, chansons marquantes et, pour faire bonne mesure, quelques généreuses éclaboussures d’hémoglobine. On ne peut déjà qu’espérer une quatrième saison. Les sept épisodes de The Vampire Lestat sont offerts en anglais sur AMC. Les deux premières saisons de Interview with the Vampire (Entretien avec un vampire) sont disponibles, en anglais et en français, sur Crave. La troisième saison devrait s’y ajouter au cours de l’année.6 BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | https://www.youtube.com/watch?v=6KsT3K5ynrU

À

bord de TITANIQUE le

phénomène musical reprend la mer en août!

Après avoir conquis Broadway, Londres et Toronto, TITANIQUE – la parodie musicale poursuit son irrésistible traversée à Montréal. Depuis sa première montréalaise, le 10 juin dernier, le bouche-à-oreille ne cesse de prendre de l'ampleur. Les représentations affichent un enthousiasme contagieux, porté par des critiques élogieuses et un public qui ressort autant ému qu'hilaré. Bonne nouvelle : le navire reprend la mer du 31 juillet au 23 août à l'Espace St-Denis.

La grande première avait d'ailleurs donné le ton. Artistes, personnalités des médias, créateurs et plusieurs figures des communautés LGBTQ+, dont de spectaculaires drag queens arborant leurs plus flamboyants looks nautiques, avaient envahi le tapis bleu pour célébrer l'arrivée de cette production aussi irrévérencieuse qu'hilarante.

Vous pensez connaître par cœur l'histoire de Jack et Rose? Détrompez-vous. Ici, c'est Céline Dion elle-même qui reprend les commandes du Titanic et revisite le célèbre film dans une comédie musicale complètement éclatée où se succèdent les plus grands succès de la diva. My Heart Will Go On, All By Myself, To Love You More et plusieurs autres classiques prennent une tournure totalement délirante grâce à une distribution débordante d'énergie, des voix impressionnantes et quatre musiciens sur scène qui accompagnent cette aventure aussi absurde que touchante.

Pour prolonger l'expérience, les spectateurs peuvent même monter à bord avant le lever de rideau grâce à la formule souper-spectacle, inspirée du dernier repas servi sur le mythique paquebot, ou encore s'offrir l'expérience VIP, avec sièges en avant-scène, champagne et mignardises, pour vivre cette traversée dans le plus grand luxe.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Montréal : du 31 juillet au 23 août 2026

Gatineau : du 1er au 5 septembre 2026

Québec : du 10 au 14 septembre 2026

Billets : www.titanique.ca

Les lecteurs de Fugues profitent d'un rabais de 10 % avec le code promotionnel FUGUES lors de l'achat de billets sur le site de l'Espace St-Denis.

Quoi faire écrans

TEENAGE SEX AND DEATH AT CAMP MIASMA

Jane

Schoenbrun

dynamite les genres

Après avoir marqué la critique avec We'reAllGoingtotheWorld'sFair puis créé un véritable phénomène culte avec ISawtheTVGlow, Jane Schoenbrun confirme une place unique dans le paysage cinématographique contemporain. Présenté en première mondiale au Festival de Cannes, où il a remporté la prestigieuse Queer Palm 2026,  TeenageSexandDeathatCampMiasma s'annonce déjà comme l'un des films queer les plus audacieux, déroutants et commentés de l'année. Son arrivée en salle le 7 août, en pleine semaine de la Fierté, ne pourrait être plus symbolique.

Dès son titre volontairement excessif, le long métrage annonce la couleur. Sexe, mort, horreur, désir, humour, nostalgie, identité : Jane Schoenbrun mélange les ingrédients du cinéma d'exploitation des années 1980 pour mieux les déconstruire et les réinventer à travers une perspective profondément queer.

À première vue, Teenage Sex and Death at Camp Miasma reprend les codes familiers du film d'horreur de camp de vacances. Hannah Einbinder y incarne Kris, une jeune réalisatrice queer engagée pour relancer une franchise de slasher vieillissante, Camp Miasma, devenue au fil des décennies aussi problématique que culte. Convaincue d'avoir été choisie autant pour son talent que pour son identité queer, Kris entreprend de retrouve r Billy Presley, ancienne vedette de la série interprétée par Gillian Anderson.

Mais ce qui débute comme une simple opération de recyclage hollywoodien se transforme rapidement en expérience beaucoup plus intime, troublante et sensuelle. Entre les deux femmes s'installe une relation où se mêlent fascination, transmission, désir, peur et émancipation. Comme dans I Saw the TV Glow, Jane Schoenbrun s'intéresse à la manière dont la culture populaire façonne les identités. Cette fois, cependant, la réflexion plonge encore plus profondément dans les questions liées au corps, à la sexualité, au désir et à l'expression du genre. À Cannes, Jane Schoenbrun a expliqué que ce nouveau film s'inspire directement d'un parcours personnel. Après sa transition, iel a eu l'impression de vivre une seconde adolescence à l'âge adulte, découvrant certaines dimensions de son identité, de sa sexualité et de son rapport au corps avec plusieurs années de décalage par rapport à la majorité des gens. Cette expérience nourrit toute l'architecture émotionnelle du film.

Cette idée traverse l'œuvre de part en part. Derrière les meurtres sanglants, les références aux vidéoclubs d'autrefois et les clins d'œil aux slashers des années VHS se cache une réflexion sur ce que signifie réellement devenir soi-même. Le titre lui-même fonctionne comme un jeu de miroirs. Oui, il est question de sexe. Oui, il est question de mort. Mais surtout, il est question de renaissance. Et c'est précisément là que  Teenage Sex and Death at Camp Miasma devient fascinant. Jane Schoenbrun ne se contente pas de raconter une histoire queer. Le film remet en question les catégories mêmes qui structurent notre

compréhension du sexe, du désir, de l'identité et du genre. Tout au long du récit, les frontières se brouillent : entre fiction et réalité, entre fantasme et souvenir, entre admiration et désir, entre masculinité et féminité.

L'une des dimensions les plus stimulantes du film réside dans sa critique des récits dominants entourant la sexualité. Lors de sa présentation à Cannes, Jane Schoenbrun a dénoncé une culture qui continue souvent à enfermer le désir dans des schémas rigides, binaires et hétéronormatifs.  Teenage Sex and Death at Camp Miasma propose plutôt une vision où plaisir, vulnérabilité et liberté deviennent des outils d'affirmation de soi.  Le cinéma d'horreur sert ici de laboratoire. Les conventions du slasher — genre longtemps associé à une vision très codifiée de la sexualité adolescente — sont retournées contre elles-mêmes pour devenir un espace d'exploration queer. Le résultat est à la fois drôle, dérangeant, sanglant et étonnamment tendre.

L'amour de Jane Schoenbrun pour la culture populaire imprègne chaque image. La franchise fictive  Camp Miasma évoque autant  Friday the 13th  ou Scream que les nombreuses productions d'exploitation qui remplissaient autrefois les rayons des vidéoclubs. Affiches rétro, suites improbables, marchandisage excessif et nostalgie VHS alimentent un univers où l'horreur devient le terrain de jeu d'une réflexion beaucoup plus ambitieuse sur l'identité. Gillian Anderson livre au passage l'une de ses performances les plus intrigantes depuis plusieurs années. Ancienne « final girl » devenue figure presque mythologique, Billy Presley incarne à la fois le poids du passé et la possibilité d'une transformation. Face à elle, Hannah Einbinder impressionne dans un rôle complexe qui devrait confirmer son statut parmi les talents les plus prometteurs du cinéma américain actuel.

Sous ses airs de slasher déjanté,  Teenage Sex and Death at Camp Miasma demeure avant tout un film profondément humain. Une œuvre qui parle de honte, de désir, de vulnérabilité, mais aussi de courage et de joie. Une œuvre qui célèbre la possibilité de se réinventer, peu importe l'âge auquel commence enfin la véritable découverte de soi. Avec ce film, Jane Schoenbrun s'impose plus que jamais comme une voix incontournable du cinéma queer contemporain. Peu d'artistes réussissent aujourd'hui à conjuguer avec autant d'audace cinéma de genre, réflexion identitaire, culture populaire et exploration du désir.  Si Teenage Sex and Death at Camp Miasma joue avec les codes du cinéma d'horreur, la véritable peur qu'explore le film n'est peut-être pas celle de mourir. C'est celle de ne jamais avoir l'occasion de vivre pleinement sa vérité.6

YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | Teenage Sex and Death at Camp Miasma, distribué par MUBI, sort en salles le 14 août, à la fois en version originale et en version française. https://mubi.com/fr/nl/films/teenage-sex-and-death-at-camp-miasma bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=MA5NqUMEdbI

L’HÉRITIER

DES SECRETS

Un drame sensible sur le genre, les silences familiaux et l’identité

Parmi les films francophones les plus singuliers à émerger récemment entre le Québec et le Maroc,  L’Héritierdessecrets risque de provoquer de nombreuses discussions, autant pour son sujet que pour sa portée humaine et culturelle. Réalisé par le cinéaste marocain Mohamed Nadif, ce drame aborde de front les questions de genre, de transidentité et de masculinité dans un contexte familial profondément marqué par le poids des traditions et des non-dits.

Une quête identitaire entre Casablanca et Montréal L’histoire suit Farid, un chirurgien esthétique marocain bien installé dans une vie apparemment stable auprès de sa femme, Sofia. Depuis l’enfance, Farid vit cependant avec une blessure profonde : la disparition inexpliquée de son père alors qu’il n’avait que quatre ans. Pendant des décennies, sa famille lui a laissé croire que cet homme avait quitté le Maroc pour refaire sa vie avec une autre femme à l’étranger.

Tout bascule lorsqu’il reçoit une lettre en provenance de Montréal. Il découvre alors une vérité longtemps étouffée : son père n’avait pas quitté le Maroc pour refaire sa vie avec une autre femme, mais parce qu’il souhaitait vivre pleinement son identité de femme. Rejeté par sa famille et confronté à une forte pression sociale, il avait été contraint à l’exil. Farid entreprend alors un voyage vers Montréal afin de retrouver ce parent fantasmé qu’il n’a jamais réellement connu — une rencontre qui l’obligera à remettre en question sa propre conception de l’identité, du genre et de la filiation.

Le genre comme secret familial

Même si L’Héritier des secrets ne traite pas directement de non-binarité au sens contemporain occidental du terme, le film s’inscrit clairement dans une réflexion sur la fluidité du genre et sur le rejet social des personnes trans dans des sociétés fortement normatives.

Le personnage du père absent devient ici une figure presque fantomatique autour de laquelle gravitent les thèmes de la honte, du désir de transformation et de l’effacement identitaire. Le film s’intéresse surtout aux conséquences humaines du silence : comment une famille entière peut-elle se construire autour d’un mensonge destiné à préserver les apparences? Ce qui rend le projet particulièrement intéressant, c’est qu’il aborde ces questions dans une perspective rarement montrée au cinéma francophone : celle du Maroc contemporain et de la diaspora maghrébine vivant au Québec. Dans plusieurs sociétés nord-africaines, les enjeux liés à la transidentité, à la non-binarité et à la diversité de genre demeurent extrêmement tabous, tant sur les plans social que juridique. Mohamed Nadif privilégie une démarche intimiste et profondément humaine, plutôt que d’adopter une approche militante. Le récit repose davantage sur les blessures intergénérationnelles et la reconstruction familiale que sur un discours théorique autour du genre. Une œuvre entre cinéma d’auteur et drame

populaire. Mohamed Nadif est surtout connu au Maroc comme acteur, metteur en scène et producteur avant son passage au long métrage de fiction. Avec L’Héritier des secrets, il propose sans doute son projet le plus ambitieux à ce jour. Le film est coscénarisé avec Olivier Coussemacq et librement adapté d’un roman de l’autrice marocaine Fatiha Morchid.

La distribution réunit plusieurs figures connues du cinéma marocain, dont Younes Bouab dans le rôle de Farid, ainsi que Nadia Kounda, Mounia Zahzam, Nisrin Erradi et le chanteur El Mehdi, que  Fugues a rencontré en entrevue ce printemps (lire l’entrevue dans l’édition de mai 2026). Visuellement, le film joue sur le contraste entre le Maroc et Montréal : d’un côté, un univers familial marqué par le poids des conventions sociales; de l’autre, une ville nord-américaine associée à la possibilité de se réinventer et de vivre plus librement son identité.

Au-delà de son intrigue familiale, L’Héritier des secrets interroge les conséquences du rejet, de l’exil et des silences imposés. En explorant le parcours d’un parent contraint de quitter son pays pour exister pleinement, Mohamed Nadif met en lumière une réalité encore rarement représentée dans le cinéma maghrébin et propose une réflexion sensible sur l’acceptation de soi, la transmission familiale et le prix humain des normes sociales. Entre drame intime et quête identitaire, L’Héritier des secrets rappelle que les secrets les mieux gardés finissent souvent par façonner plusieurs générations. Une œuvre touchante et visuellement très belle, qui ouvre un dialogue nécessaire sur le genre, l’appartenance et le droit fondamental d’être soi-même.6 YVES LAFONTAINE yveslafontaine@fugues.com

INFOS | L’Héritier des secrets sortira en salles au Québec le 7 août. https://www.filmoptioninternational.com/fr/heritier-des-secrets bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=151zjln_gyU

Quoi faire écrans

Sorti en 2001, LegallyBlonde — connu au Québec sous le titre  Blondeet légale et en France sous celui de  LaRevanched’uneblonde — a laissé une empreinte durable dans la culture populaire grâce à ses répliques devenues cultes, son humour délicieusement camp et son interprétation étonnamment nuancée de personnages qui auraient facilement pu sombrer dans la caricature. Vingt-cinq ans plus tard, Prime Video tente d’en retrouver l’impertinence et la candeur dans une série télévisée.

L’action se déroule en 1996, alors qu’Elle (Lexi Minetree) fête ses 16 ans et planifie déjà les incontournables de sa prochaine année en secondaire 4 : conserver son statut au sommet de la hiérarchie sociale et échanger le baiser parfait avec le gars parfait, idéalement sur fond d’une balade de  Bryan Adams. Elle a donc jeté son dévolu sur Josh et a élaboré un plan parfait : lancer la rumeur que Josh est amoureux d’elle afin qu’il finisse par se demander : « Est-ce que je suis amoureux d’Elle? »

Malheureusement, comme l’aurait si bien dit Perrette, « adieu veau, vache, cochon, couvée ». Après une rhinoplastie ratée pratiquée par son père, chirurgien plasticien, la famille doit quitter Los Angeles pour se faire oublier à Seattle pendant deux ou trois ans. Avec sa personnalité solaire et son sens aigu de la mode, on pourrait croire qu’elle deviendra rapidement la coqueluche de sa nouvelle école. Or, dans un établissement dominé par la

culture grunge et les chemises à carreaux brunes, son amour du rose éclatant, sa chevelure blonde et sa naïveté détonnent au point d’en faire une cible facile. On va même jusqu’à lui lancer que « le rose n’est pas une personnalité ». On l’aura compris, la série reprend le ressort narratif qui portait le film original et ses suites : celui du poisson hors de l’eau. Elle doit donc apprendre à décoder un nouvel univers social tout en se heurtant à une question essentielle : lui faut-il se réinventer, quitte à se trahir, pour être acceptée par les cliques déjà en place? Ou vaut-il mieux rester fidèle à soi-même, quitte à déplaire? La réponse, sans grande surprise, se trouve quelque part entre ces deux pôles.

Le scénario s’essouffle cependant assez rapidement, parce que quiconque a déjà vu ne serait-ce qu’une comédie pour ados des années 1990 ou 2000 en connaît déjà les codes, ressassés à l’infini. Sans grande surprise, on retrouve donc l’ennemie jurée — qui cache évidemment un « terrible » secret —, le triangle amoureux, la voisine de pupitre qui n’a d’abord rien en commun avec l’héroïne, mais finira par devenir sa meilleure amie, ainsi qu’un mini-scandale qui ostracise Elle et rappelle, presque trait pour trait, la scène du film original où elle se présente à une soirée déguisée en Playboy Bunny. Bref, on a souvent l’impression de revoir une version édulcorée du film original, où le rose éclatant laisse place à un rose délavé. Le désir de souligner visuellement l’opposition entre Elle et Seattle crée d’ailleurs un univers presque monochrome, qui devient rapidement lassant à l’œil, tant la palette est dominée par des tons de brun.

La série n’est pas mauvaise, loin de là, et  Lexi Minetree livre une interprétation très juste. Il faut toutefois reconnaître qu’il est sans doute difficile, voire impossible, d’égaler la nuance irrésistiblement naïve et kitsch que  Reese Witherspoon insufflait au personnage original. Cela dit, la série donne parfois l’impression de vouloir désespérément remettre le génie dans la bouteille, c’est-à-dire recréer l’énergie, le charme et l’insolence qui faisaient la force de l’œuvre de 2001. Or, vingt-cinq ans nous en séparent : soit le plaisir associé à ces tropes s’est émoussé, soit la série ne les pousse pas assez loin pour réussir à nous surprendre ou à nous faire rire.

Les huit épisodes d’Elle (Ellie) sont offerts sur Prime Video, en anglais ainsi que dans deux doublages français : l’un réalisé au Québec et l’autre en France.6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | https://www.youtube.com/watch?v=6KsT3K5ynrU

ELLE (ELLIE)
J’ai mal parce qu’on n’a pas le droit de m’aimer!

À première vue, MurdochMysteries(LesenquêtesdeMurdoch) ressemble à une série policière historique tout ce qu’il y a de plus classique. Depuis 2008, plus de 330 épisodes suivent le détective William Murdoch (Yannick Bisson), qui résout des crimes dans le Toronto de la fin du XIXe siècle grâce à des méthodes scientifiques avant-gardistes.

Sans révolutionner le genre, la série mêle enquêtes criminelles, humour, personnages attachants et reconstitution historique soignée. Elle s'amuse également avec les avancées scientifiques de l'époque et accueille régulièrement de grandes figures historiques comme Thomas Edison, Nikola Tesla, Marie Curie  ou Arthur Conan Doyle. Mais, au fil des saisons, c'est surtout son traitement des réalités LGBTQ+ qui retient l'attention.

À l'image de Doctor Who, Murdoch Mysteries propose une lecture volontairement adoucie de l'histoire. Certaines réalités sociales demeurent présentes, mais sont abordées avec davantage d'ouverture que ne le permettrait un strict réalisme historique. Sexisme, racisme et homophobie deviennent ainsi des thèmes de plus en plus importants, au point où leur évolution peut être divisée en trois phases.

Phase 1 – Entre l'anecdotique et le tragique Durant les douze premières saisons, les personnages LGBTQ+ demeurent essentiellement des victimes. Un homme gai assassiné parce qu'il cache son orientation, une lesbienne tuée après avoir fait son coming out, un personnage ayant dissimulé toute sa vie son homosexualité pour éviter le scandale... La série évoque la réalité queer de l'époque, mais toujours à travers des destins tragiques.

Une première ouverture apparaît toutefois avec le personnage de Lillian Moss, qui amorce une intrigue amoureuse entre femmes appelée à se développer dans les saisons suivantes.

Phase 2 – Se reconnaître dans l'autre

La véritable évolution survient avec le détective Llewellyn Watts (Daniel Maslany), introduit à partir de la saison 10, mais dont l'histoire prend toute son ampleur à la saison 13. Intelligent, intuitif et profondément attachant, il enquête sur le meurtre d'un homme lors d'une soirée clandestine réunissant des hommes gais et y rencontre Jack Walker (Jesse LaVercombe).

Leur relation demeure secrète, car la moindre dénonciation pourrait entraîner l'arrestation,

la disgrâce ou même le lynchage public. La série quitte alors le simple regard extérieur porté sur les personnes LGBTQ+ pour raconter leur réalité de l'intérieur. Cette évolution culmine dans un remarquable épisode double où plusieurs personnages sont confrontés à un dilemme moral : appliquer la loi au risque de détruire des vies ou choisir la compassion. En révélant son orientation sexuelle, Watts oblige ses collègues à cesser de détourner le regard.

Phase 3 – Les blessures du quotidien À partir de la saison 14,  Murdoch Mysteries approfondit le parcours de Watts et s'intéresse davantage aux conséquences concrètes de l'homophobie. Les épisodes abordent les insultes, le rejet social, les mariages de façade, les prémisses des thérapies de conversion et l'impossibilité de vivre ouvertement une relation amoureuse.

L'arrivée de Milo Strange, un personnage afro-canadien gai, permet également d'élargir la réflexion. La série montre enfin que les réactions de l'entourage ne sont jamais uniformes : certains personnages rejettent Watts, d'autres font preuve d'une réelle empathie.

L'une des plus belles scènes survient lorsqu'il résume toute la violence de cette époque en une phrase bouleversante : « Si j'ai mal aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'une personne ne m'aime plus : j'ai mal parce que cette personne n'a pas le droit de m'aimer. » À elle seule, cette réplique résume le regard que porte désormais la série sur l'homosexualité.

Évidemment, Murdoch Mysteries ne prétend pas reconstituer fidèlement les réalités sociales de la fin du XIXe siècle. Elle les revisite plutôt avec sensibilité afin d'établir un dialogue entre hier et aujourd'hui. Cette approche, combinée à la qualité de sa reconstitution historique et à l'attachement que l'on développe pour ses personnages, explique sans doute pourquoi, après 19 saisons, elle demeure l'une des séries canadiennes les plus durables et les plus attachantes. Les 19 saisons de  Murdoch Mysteries (Les enquêtes de Murdoch) sont offertes en anglais sur CBC Gem. En français, les saisons 10 à 12 sont accessibles sur tou.tv, qui ajoute ponctuellement de nouvelles saisons. La série est également disponible en DVD, en anglais comme en français (édition française).6

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

INFOS | https://www.youtube.com/watch?v=J7P4Jx-GkoM

MURDOCH MYSTERIES (LES ENQUÊTES DE MURDOCH)

CANADA'S DRAG RACE LANCE SON ALL STARS

Brooke Lynn Hytes

Après six saisons diffusées depuis 2020, Canada'sDragRace est de retour cet été avec une formule  AllStars. Sami Landri, Pythia et Aurora Matrix sont les queens en compétition depuis le 9 juillet sur Crave. Elles font face aux juges Jimbo, Priyanka et, évidemment, Brooke Lynn Hytes, qui est de retour à l'animation. Nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec cette dernière.

Àquoidoit-ons'attendrepourcettesaisonAllStars?

BROOKE LYNN HYTES : Chaque épisode est un home run. Il y a tellement de rebondissements totalement inattendus, même pour nous. On en restait bouche bée à chaque épisode. Alors, attendez-vous à l'inattendu!

Es-tuparfoisjalousedesqueens?

Lacompétitiontemanque-t-elleparfois?

BROOKE LYNN HYTES : No, baby, je suis très heureuse d'être assise derrière le jury en tant qu'animatrice. (Rires) Crois-moi, je ne suis pas du tout jalouse. Je suis très heureuse là où je suis. (Rires)

Etqu'aimes-tuleplusdans tonrôledejuge?

BROOKE LYNN HYTES : Être assise! (Rires)

Autrechose?

BROOKE LYNN HYTES : J'adore pouvoir contribuer à former une nouvelle génération de  drag queens , les inspirer et les guider dans leur parcours. Et le fait d'avoir pu faire ça a vraiment été le plus beau cadeau de ma carrière jusqu'à présent. J'adore mon travail. J'adore travailler avec l'équipe de Canada's Drag Race, c'est incroyable.

Aufildessaisons,tesens-tudeplus enplusenconfiance?

BROOKE LYNN HYTES : Oh, tout à fait. Au début, je n'avais aucune idée de ce que je faisais. (Rires) J'ai vraiment été plongée dans le grand bain. Je crois qu'à chaque saison, je me sens plus à l'aise et davantage dans ma peau. En grandissant et en prenant de l'âge, on apprend à mieux se connaître et on prend davantage conscience des choses. Je pense donc qu'à chaque nouvelle saison, je me sens un peu plus à l'aise.

Etsens-tuquetuasmaintenantunstylequit'estpropre?Unesignature?

BROOKE LYNN HYTES : Euh… est-ce que j'ai une signature? Je crois que ma signature, c'est que je suis prête à essayer n'importe quoi au moins une fois. Peut-être même deux fois. (Rires)

Ya-t-iluneperformanceouunchallengequit'aparticulièrementmarquéedepuis ledébutdeCanada'sDragRace?

BROOKE LYNN HYTES : Le défi que j'ai préféré, c'est quand [les queens] ont conçu des robes pour moi [lors de la plus récente saison, la saison 6], parce que j'ai pu y participer. Je m'en souviendrai toujours. J'ai trouvé ça vraiment spécial. J'adore être impliquée autant que possible.

Commentpenses-tuqueCanada'sDragRacesedémarquedesautresversions deDragRacedanslemonde?

BROOKE LYNN HYTES : Je crois qu'on a vraiment été doués pour inventer de nouveaux rebondissements, autant pour All Stars que pour notre série en général. Je pense qu'on est très bons pour proposer des variations originales sur les classiques et trouver de nouvelles façons de maintenir l'intérêt.

Sens-tuquec'estundéfipourtonéquipeettoid'êtrereprésentatifsdeladiversité —culturelle,linguistiqueetautre—duCanadadanscetteémission?

BROOKE LYNN HYTES : Non, je ne crois pas. Je ne pense pas qu'il y ait de problème à ce niveau-là. Je crois que notre émission, tout comme ce pays, accueille à bras ouverts toutes les langues et toutes les formes de diversité. Je veux dire, on célèbre ça ici. Plus on est de fous, plus on rit.

Cetété,onpeuttevoirdanslefilmArrêtez!Ce!Train!(Stop!That!Train!),auxcôtésde RuPaul,entreautres.As-tuaimécetteexpériencecinématographique?

BROOKE LYNN HYTES : Oh mon Dieu, c'était tellement amusant. Ça a été très rapide : on a tourné le film en 19 jours. Tout s'est donc passé très vite, mais ça a été une expérience incroyable. J'avais l'impression que ça avait duré beaucoup plus longtemps que ça, parce que les journées étaient très longues. Mais c'était tellement génial de pouvoir vivre cette expérience, de travailler avec Adam Shankman, qui est un réalisateur incroyable, avec mes sœurs de Drag Race, de me faire gifler par RuPaul… C'était tout simplement… un rêve.

Finalement,comptes-tubientôtfaireuntouràMontréal?

BROOKE LYNN HYTES : Dès que Montréal m'appellera, j'y serai. J'adore venir à Montréal, je m'y amuse toujours beaucoup. J'ai participé à la Fierté il y a quelques années et c'était absolument génial. Ça fait un petit moment que je n'ai pas eu de contrat à Montréal, mais j'adorerais y retourner. Alors, dès qu'on fera appel à moi, j'y serai!6

PHILIPPE GRANGER pg.philippegranger@gmail.com

INFOS | voir sur CRAVE. Les épisodes déjà diffusés de Canada’s Drag Race sont disponibles en rattrapage sur Crave. Chaque nouvel épisode est d’abord mis en ligne le jeudi.

Chronique arts & icônes

Canadian music icon Carole Pope is a fearless provocateur and queer trailblazer whose unapologetic sexuality reshaped Rock and Roll. From underground 1970s Toronto to opening for David Bowie, Pope’s incendiary lyrics and magnetic presence shattered expectations of what a woman –let alone a lesbian – could be onstage.

Her legendary life and career are explored in the monumental new documentary Antidiva: The Carole Pope Confessions written and directed by acclaimed Canadian filmmaker Michelle Mama.

Though I have interviewed Carole many times since she published her bestselling memoir Anti Diva in 2000 – and in 2009 even spent a few days in Las Vegas with her and good friend, Toronto publicist Stephen Shinn – when I screened the critically-hailed Antidiva: The Carole Pope Confessions I discovered the backstory of one of the most singular artists and revered queer elders of our time.

Through archival treasures, electrifying performances, and present-day vérité, director Michelle Mama captures Pope in all her glory.

The film features insightful interviews with k.d. lang, Peaches, Jann Arden, Rufus Wainwright, and Carole’s soul mate and Rough Trade band mate Kevan Staples, filmed before he died of cancer in March 2025. I recently sat down with Carole, now 75, and filmmaker Michelle Mama for a candid Q&A about their new doc.

Howdidthisdocumentarycomeabout?

MICHELLE MAMA : Carole loomed large for me as a young nascent queer person, and because of the privilege of living in Toronto and being able to go to shows, I was able to meet Carole in real life through a friend of mine, and said to myself, “Goddam someone better make a doc about Carole Pope soon!” The first doc stuff we shot was in January 2023.

Carole,whatwasyourreactionwhenMichelleaskedyouaboutmakingthisfilm?

CAROLE POPE : I feel like I’m under-appreciated as a singer, songwriter, and co-founder of Rough Trade, and I want people to know about us.

ThedocrevealsalotofnewinformationaboutKevanandCarole.Inhermemoirandlyrics, Carolecanbeveryfrankandcandid,butMichelle,youworkedhardtogetCaroletospeak openlyoncamera.Howdidyoumanagethat?

MICHELLE MAMA : Carole comes from an era where she guards her privacy for very good reasons. She’s had some unsavoury interactions, and comes from an era where a rock star can be mysterious. You don’t need to know what they have for breakfast or how many bowel movements they’ve had in a day. She comes from an era where she likes to keep some things to herself. Originally I was going to use Carole’s audiobook of Anti Diva as a narrative spine in the film. But ultimately it slowed the film down. We got good material from our first two interviews, then for our third primary interview, we had to go deep, so Carole and I had a come-to-Jesus conversation. I was like, “We’re going to have to talk about some stuff today.” She was ready at that point. She was like, “I got to get these guys off my ass, so I’m going to do this interview!”

Carole,wereyouintimidatedaboutopeninguponcamera?

CAROLE POPE : Probably because it was on camera. Because I have written two memoirs now, so I don’t mind opening up that way. But some things are absolutely sacred and private.

MICHELLE MAMA : And we totally respected that. We went as far as Carole was comfortable with.

Carole,thisfilmshowshowdeeplyappreciatedyouaretoday.

CAROLE POPE : I would have liked to been more appreciated and supported by our record company – not True North, but our distributor, CBS. They screwed us around when it came to touring with Bowie, and we had very bad luck in the U.S. with our record deals.

Michelle,howwasitrecruitingyourall-starinterviewees?

MICHELLE MAMA : Everybody was an instant yes! George Stroumboulopoulos said, “I didn’t have to read the whole email!” That felt like a message too. I was not the only one who thinks Carole hasn’t gotten her due. Jann Arden agrees with me, so does k.d. lang, Rufus Wainwright, and so does George. Everybody fell over themselves to participate and give their flowers to Carole for all the inspiration she’s given them.

Carole,whatwasitlikeforyoutowatchthisfilmthefirsttime?

CAROLE POPE : I was pretty happy with it, and kind of shocked because I hadn’t seen any clips of everybody. And it was great looking at that old footage of us. Normally I’m not that nostalgic at all, but I was like, “Wow! I was hot and we were fucking amazing!”

HowawesomethatKevanwasinvolvedwiththefilm.Whatwasitlikewatchinghimonscreenthefirsttime?

CAROLE POPE : It was bittersweet because he was ill. But I’m glad that Michelle was able to interview him and get him in the film.

WhatdoyourememberofRoughTrade’sfinalconcert,heldatLeSpectruminMontrealin 1986.AsIrecall,oneoftheonstagecurtainscaughtfire!

CAROLE POPE : Yes! The CBC was filming the show. I said, “The curtains are on fire!” They pulled us offstage and I remember Dusty Springfield and I had oxygen. I think she was smoking a cigarette! Then we went back on and finished the show!

YourstagewardrobeduringyourRoughTradeyearswasspectacular!Museumspieces! Whathappenedtoallofyourclothes?Areanyinstorage?

Carole Pope: They no longer fit me – I was such a skinny person back then – so I either donated or sold them. I am sad that I didn’t keep some stuff.

Inthefilmthereisfootageofyougoingintoyourstoragearea.Youhavelotsofstuffsaved upovertheyears.WeneedaCarolePopeexhibition!

CAROLE POPE : I have photographs, press stuff and personal stuff. All of that. I really need to sort through it properly. There’s a lot.

Ialwayslovedyoursong“Shakedown”ontheCruisingsoundtrack.Couldyoutellushow youbecameinvolvedwiththatfilm?

CAROLE POPE : I was home one day when somebody from William Friedkin’s office phoned me to ask if I’d be interested in coming to New York and possibly working on the film Cruising. So I flew to New York, and they showed me a really scary murder scene on a Moviola. I was sitting in the room with William Friedkin. I knew that the queers were very, very upset with

the film. But there are gay serial killers, it’s not like there aren’t, and Kevan and I could not turn down the chance to work with Jack Nitzsche who did The Shining and worked with the Stones. We were like, “We have to work with him!” And he was such a freak!

InyourdocumentaryIthinkitwasbravetoincludethesceneat2024TorontoPridewhere thestagemanagercutoffthesoundwhileCarolewasperforming.Itstruckmeasagenerationallackofrespect.Howdidyoufeelatthetime,andhowdoyoufeelaboutittoday?

MMICHELLE MAMA : I had steam coming out of my ears! I was screaming I was so furious. What you don’t know is Carole was just about to premiere her song “Play Fisty for Me” live for the first time, so my film crew was waiting for that. That was the story we were following – she’s finally going to sing the song live, let’s see if it becomes a gay anthem! So when they cut off the sound, we’re like, “What do you mean you fucking cut off the mic?” I’m running backstage trying to figure out what’s going on, then Carole walks offstage, and I’m yelling at a stage manager. It was as awful as you can imagine. It was terrible. The crowd was pissed off.

CAROLE POPE : I think they were very unprofessional. They were a lot of young kids and I don’t know how many of them know who I am. There’s always a stage manager telling you how many minutes you have left. I’ve never worked at a festival where that hasn’t happened. So it was very unprofessional on their part. And I do miss the Toronto Prides of yesteryear, they were more fun and way less corporate.

YouhaveperformedathundredsofPridesovertheyears.HowdoyoufeelaboutPride today?

CAROLE POPE : I think it’s become really commercialized, but there are some Prides, – like Reykjavik Pride – that are just amazing. I still think Pride is important, especially in small towns. When I play smaller Prides, I think people appreciate it more, they’re just so thrilled that you’re there.

Michelle,whatareyourthoughtsonCarole’splaceinqueerhistory,andasatrailblazing pioneerintheculturalmainstream?

MICHELLE MAMA : One of the most interesting things about making this film is how much straight men were obsessed with her. I came at this from the queer community – they’ve got her murals painted all over Toronto, and we celebrate her all the time. We know she’s the godmother of all things Rock and Roll for Canada and queer. That’s established. She’s on every list. What I didn’t understand is that super straight men in rural towns are obsessed with Carole Pope. I understood it tactically, of course, because she had all these No. 1 hits, and sold all those records. Someone was buying them, and all those boys were teenagers in the 70s and 80s. So she was not just a queer pioneer, she was a cool rock star who created this intense fandom that 50 years later is still very much alive.

Carole,inaninterviewyearsagoIaskedyouwhatit’slikebeingalivinglegend,andyou replied,“I’msooverme.”Howdoyoufeeltoday?Becauseit’sneverbeenmoretrue:You arealivinglegendandicon.

CAROLE POPE : Well, I am over me. But I’m honoured that people think of me that way. I just really want people to appreciate the music that Rough Trade made, and the music that I’m making today.6

INFOS | Antidiva: The Carole Pope Confessions screens on documentary Channel beginning on July 19, and on CBC Gem beginning on July 24.

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GATEWAY TO DARKNESS, NO. 1 : DESCENT!

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COUPLETS : UNE HISTOIRE D’AMOUR

Une jeune femme mène une vie tranquille à Brooklyn avec son copain et leur chat. Rien ne semble pouvoir venir troubler un quotidien sans histoire, jusqu’au jour où elle croise une femme dans un bar. Cette rencontre fait basculer sa vie d’une routine paisible vers une passion déstabilisante, qui remet tout en question et lui donne l’impression de perdre le contrôle. Elle est alors amenée à explorer un désir et une identité qui lui avaient jusqu’alors échappé et à réaliser que les frontières entre les étiquettes sociales sont beaucoup plus floues qu’elle ne le croyait : homme et femme, hétérosexualité et identité queer, monogamie et exploration sexuelle. Mais, après tout, comme elle le souligne bien, « … rien ne dure. La preuve de la vie est dans la douleur ».

À mi-chemin entre le roman, le récit autobiographique et la poésie narrative, le texte suit les étapes de cette transformation, depuis le premier élan amoureux jusqu’aux répercussions émotionnelles de sa métamorphose intérieure. Il traverse aussi les tensions liées à la jalousie, à la perte et à la découverte de soi. L’une des grandes singularités de l’ouvrage tient toutefois

Patrick Fillion présente une nouvelle série qui se déploie dans un univers encore plus fantasmagorique qu’à l’habitude, la Terre Q-8595, où l’on croise des variations de personnages iconiques, ainsi que plusieurs clins d’œil à notre propre réalité, voire à d’autres univers de comics. Le récit s’ouvre à l’Hôpital psychiatrique Fraserview, où Blaine Howard se trouve en séance avec son médecin. La situation pourrait sembler plutôt banale, si ce n’était du fait que Blaine est presque nu et qu’il supplie Adam de lui rendre ses pouvoirs afin qu’il puisse contrecarrer les plans diaboliques de Stéphane le Frenchman. Maître de la mafia québécoise, ce dernier évoque clairement une émule du Joker de DC Comics et lance des « tabarnak » bien sentis tout en menaçant le copain de Blaine, Jon Dazy. Pour y parvenir, le médecin doit procéder à un rituel aussi troublant qu'inusité, destiné à permettre à un démon de prendre possession du corps de son patient et de lui transmettre ses pouvoirs : lui insérer une queue de démon, là où vous pensez. Un prix accompagne toutefois ces pouvoirs : devenu Devilhound, Blaine doit constamment lutter pour résister à l’emprise du démon qui l’habite. Par ailleurs, seul le maître de cette plug anale mystique peut accomplir le rituel : Blaine est donc réduit au statut de simple esclave du maître de la queue. Ce que les deux hommes ignorent toutefois, c’est qu’une présence tapie dans l’ombre les observe et semble échafauder de sinistres plans. Parti à la recherche de son amant, il croise Pink Rabbit, un superhéros musculeux vêtu en Playboy Bunny et juché sur des talons aiguilles qui semblent ployer sous la puissance de ses mollets, ainsi que Chaos Cub, un bear capable de se fragmenter en dizaines d’oursons en peluche aux intentions meurtrières. C’est toutefois face à un pastiche surdimensionné du Bane de DC qu’il se retrouve confronté à une menace titanesque : une arme de destruction massive que son adversaire porte entre ses cuisses et qu’il entend bien lui enfoncer, tout en lui susurrant à l’oreille le nom d’Ilia Rozanov (Heated Rivalry existe donc sur la Terre Q-8595). Devilhound s’en sortira-t-il? Quels sont les véritables plans de Stéphane le Frenchman? Félix viendra-t-il à bout des oursons de Chaos Cub? Et que prépare donc cet homme qui épie entre les murs de l’hôpital psychiatrique? Tous les éléments sont réunis pour lancer une nouvelle saga fascinante où la plastique des corps, un ton oscillant entre le kitsch assumé — un hommage à DC Comics — et le plus grand sérieux se marient à des références savoureuses et à des personnages attachants. La bande dessinée s’accompagne d’esquisses, de planches muettes, d’illustrations dans le style pin-up, d’une biographie de certains des personnages clés et d’une version « rasée de près » de la BD, où la pilosité se fait nettement plus discrète. Elle est disponible en format numérique sur le site  https://classcomics.com/.6

INFOS | GATEWAY TO DARKNESS, NO. 1 : DESCENT! / PATRICK FILLION. VICTORIA (C.-B.) : CLASS COMICS, 2026. 103 P.

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à sa forme : le récit est principalement composé de distiques — des vers assemblés par groupes de deux — qui alternent avec des passages en prose poétique. « Tout le monde avait le même lit Ikea. / Elle attachait mes poignets au sien, au-dessus de ma tête. »

« Son attention était aussi ardente et insaisissable que le poisson rouge de la fable / qui peut se tirer de toutes les situations en parlant. »

En plus de brouiller les frontières entre les repères identitaires et les normes sociales, Maggie Millner déplace aussi celles de la forme littéraire, en faisant alterner prose et poésie, confession et fiction. Ce procédé se révèle particulièrement efficace en créant un effet miroir au regard d’une femme dont les certitudes se dérobent. Cette difficulté à cerner ce que l’on est véritablement est d’ailleurs très adroitement mise en exergue dès le prologue : « Je suis devenue moi-même. Je suis devenue moi. / Non, j’avais toujours été moi. Ça n’existe pas, moi. »6

INFOS | COUPLETS : UNE HISTOIRE D’AMOUR / MAGGIE MILLNER. PARIS : LES ESCALES, 2025. 134 P.

LA REINE DES MERS, TOME 1 : LES ABYSSES

« Tsé, je sais que c’est pas de ta faute que t’aies pas de vagin. Mais moi, ce qu’il me faut, c’est une vraie femme. » C’est sur cette phrase-choc que s’amorce le roman d’Israelle G., donnant le ton à un récit où l’on suit Rafaelle, une jeune femme trans happée dans le tumulte de ses émotions et de sa quête identitaire. Cette déclaration, aussi brutale soit-elle, n’est cependant pas la première que Rafaelle reçoit de plein fouet. Elle se décline toutefois différemment au fil des années. Ainsi, lorsqu’elle se présentait encore comme un homme, elle entretenait une relation quasi fusionnelle avec Adam, un de ses amis. Celui-ci finit toutefois par comprendre que leurs attentes ne sont pas les mêmes. Cette prise de conscience mène à une autre forme de rejet, qui revient comme un lourd leitmotiv dans la vie de Rafaelle : « Raph, je t’aime et tu l’sais, mais je suis hétéro. »

Rafaelle encaisse le choc et confie alors au lecteur, avec franchise, ce qui l’habite et ce qu’elle n’ose pas dire à voix haute, non sans une certaine dose d’humour : « Mais moi, je le répète en tout respect, je ne suis pas un gars homosexuel. Je suis une fille dont les chromosomes, lors de ma conception, ont eu ce que j’appellerais un petit manque de communication. En d’autres mots, ma génétique a totalement merdé. » Mais, même si elle tente de garder la tête haute et de minimiser ses épreuves devant les autres, Rafaelle se retrouve prisonnière d’un cercle vicieux. En taisant son secret le plus intime — autant aux autres qu’à elle-même —, elle s’isole peu à peu, jusqu’à commettre un geste qui frôle l’irréparable. C’est pourtant de cette impasse que naît une décision cathartique : affronter son passé, s’ouvrir à ses proches, assumer l’avenir et reconnaître pleinement la femme qu’elle est.

Plutôt que de recourir à une structure classique de retours en arrière, l’autrice organise les flashbacks en ordre décroissant, ramenant peu à peu le lecteur vers les origines de la quête identitaire de Rafaelle, à une époque où elle hésite encore à nommer ce qui l’habite. Cette stratégie narrative s’avère particulièrement habile : à l’instar de tout cheminement identitaire, les années les plus récentes semblent souvent plus lisibles, tandis que les blessures, les doutes et les tensions plus anciennes ne se révèlent qu’au fil du temps, à mesure qu’on parvient à décoder les couches plus récentes.

Il faut aussi souligner l’aisance avec laquelle Israelle G., qui puise dans sa propre expérience, manie la plume. Elle transforme une simple rencontre d’un soir en un moment d’une grande intensité poétique et affective, qui dépasse largement le seul contact de deux corps : « Les minutes qui suivent, je suis amoureuse. Je suis amoureuse de Félix lorsqu’il m’écoute attentivement lui confier de moi les choses qui n’existent que dans un souvenir lointain. Je suis amoureuse de ses lèvres brûlantes qui me pincent la peau et qui m’arrachent des bouts de chair, de ses grandes mains d’homme, fortes et douces à la fois, de sa nuque large et de ses épaules carrées qui supportent le poids de sa propre croix, de son dos puissant, de ses bras apaisants aussi et de son torse sur lequel il m’invite en toute sécurité à déposer ma tête et mon cœur. »

On est rapidement happé par le parcours de cette jeune femme, porté par une charge émotionnelle aussi authentique qu’intense. Dans l’exploration de ses propres profondeurs abyssales, Rafaelle parvient peu à peu à émerger et à s’affirmer pleinement. Comme il s’agit d’un premier tome, l’autrice sème aussi plusieurs éléments qui attisent la curiosité : comment son parcours évoluera-t-il? Adam refera-t-il surface et, si oui, comment accueillera-t-il celle qu’elle est désormais pleinement? Chose certaine, l’intérêt est bien éveillé, autant pour le personnage et son cheminement que pour l’habileté avec laquelle Israelle G. dénoue le fil d’Ariane de son récit. Le roman est offert dans différents points de vente, dont la liste est disponible sur le site https://notairegelinas.com/publications/. Il est également possible de se le procurer sur https://www.leslibraires.ca/.6

INFOS | LA REINE DES MERS, TOME 1 : LES ABYSSES /  ISRAELLE G. À COMPTE D’AUTRICE, 2026. 394 P.

ATTENDRE LE LUNCH

À la croisée des chemins entre le témoignage, le récit, le texte poétique et l’exutoire, Pierre-Luc Gagné explore un sujet très rarement abordé dans la littérature : les troubles alimentaires masculins. C’est avec franchise, sans détour ni fausse pudeur, qu’il revisite un parcours marqué par une faim constante — une attente interminable du lunch, comme le suggère si bien le titre. De l’enfance à l’âge adulte, il raconte son rapport difficile au corps et l’apparition progressive de ses compulsions alimentaires. C’est ainsi que, durant l’enfance, il contemple avec effroi le « Roi de chocolat », dans la série Fanfreluche , tout en tentant de se rassurer : « À la fin du récit, il explose devant mes yeux affolés. Je ne retiens pas la morale de ce roi maudit. Je continue de dévorer autant de jujubes. Ce n’est pas du cacao. Je ne serai pas explosion. » Il en va de même des angoisses, à la fois bien réelles et presque absurdes, qui l’habitent et le rongent : « J’ai cassé toutes les balances autour de moi. Chez le médecin, je refuse d’y monter. Je ne suis pas un chiffre. Je ne veux pas être désigné par un nombre. Mon plus grand cauchemar serait d’être kidnappé. Je ne crains ni la violence ni l’endroit où je serai repêché, mais plutôt les annonces à la télé, à la radio, sur les réseaux sociaux et dans les rues. L’homme dans la vingtaine […] mesure environ six pieds et un pouce et pèse… » Cette faim constante ne renvoie toutefois pas seulement au besoin de se gorger de nourriture; elle traduit aussi un désir profond d’être aimé, accepté et désiré. Son attirance pour les hommes et ses questionnements identitaires se dressent ainsi en filigrane de tout son parcours. Un questionnement troublant émerge progressivement : dans quelle mesure cette faim de combler un estomac jamais rassasié est-elle le symptôme, ou l’une des causes, du mal-être qui l’habite? Un récit troublant, porté par une écriture directe et sans complaisance, où l’auteur ne craint pas de poser sur son corps, son identité et son désir un regard presque cru. Cette franchise confère au texte une force singulière : vulnérable sans être complaisant, lucide sans jamais perdre de sa charge poétique. 6

INFOS | ATTENDRE LE LUNCH / PIERRE-LUC GAGNÉ. MONTRÉAL : HAMAC, 2025. 115 P.

Quoi faire livres

QUAND HEATED RIVALRY PROPULSE LES ROMANCES DE HOCKEY GAIES!

Six mois après le succès mondial de la série télévisée Heated Rivalry (Rivalité passionnée), j’ai l’impression de voir de plus en plus de romans mettant en scène des joueurs de hockey se jeter des regards sombres et intenses sur les couvertures des livres en vente sur Amazon. Ai-je la berlue ou y a-t-il un effet Heated Rivalry?

Lorsqu’une œuvre audiovisuelle est adaptée d’un roman, son succès profite souvent à l’œuvre originale, et inversement. Il n’était donc pas étonnant de voir les ventes des romans de  Rachel Reid, à l’origine de Heated Rivalry, bondir en flèche. En décembre 2025, les exemplaires papier étaient d’ailleurs en rupture de stock. Les Éditions Chatterley ont rapidement acquis les droits mondiaux de la série en français et lancé un ambitieux plan de publication. Mais cet engouement s’est-il étendu au-delà des romans de Rachel Reid?

Sans prétention scientifique, un examen des catalogues d’Amazon.fr et d’Amazon.ca depuis janvier 2026 permet de dégager une tendance claire : la romance gaie située dans l’univers du hockey connaît un véritable essor. Heated Rivalry semble avoir contribué à faire sortir ce sous-genre de la confidentialité et à imposer le hockey comme son univers de prédilection. Les suggestions de lecture publiées dès la fin de 2025 mettaient déjà en avant Him, Us et d’autres romans de Sarina Bowen  et  Elle Kennedy. Mais le phénomène dépasse la simple redécouverte de titres existants : il s’accompagne d’une multiplication des nouveautés en anglais et d’une importante vague de traductions françaises.

Des constats surprenants

Sur Amazon.ca, plusieurs nouveautés illustrent cette tendance :  Off side, de  Sylvia Argent; Fresh Ice, de  Riley Bauer; Making Time, de  Taylor E. Weston; Red Line, de Winston McCoy; Face Off, de Riley Bauer; Medaling, de Hailey Reaves; No Defense, de Declan Rhodes; sans oublier  Playing His Game, de  Morgan James et  Ashlyn Kane, annoncé pour la fin de l’année. Le genre se diversifie également avec des romances entre joueuses de hockey, comme Her Olympic Rival, de Sophia Beale.

Sur Amazon.fr, la progression est encore plus marquée. Les romans de Sylvia Argent, Eden Finley, Saxon James, Sebastian Hart, Piper Cross, Holly Myers, Christie Gordon  et  Ellis Rhodes se succèdent à un rythme soutenu, traduits ou réédités entre décembre 2025 et juin 2026.

Impossible également de passer sous silence  Choc Nordique, de  Dana L., une imposante romance québécoise publiée en 2025, mais qui semble véritablement avoir trouvé son lectorat en 2026. Le roman raconte la rencontre entre deux jeunes recrues, Samuel Tremblay et Lukas Andersson, contraintes de partager la même chambre au Saguenay. Malgré leurs personnalités opposées, une tension immédiate s’installe entre eux.

Autre élément digne de mention : bien que française,  Dana L. restitue avec beaucoup de justesse les particularités linguistiques du Québec, autant dans les dialogues que dans le vocabulaire du hockey. Une approche encore rare, surtout si on la compare à plusieurs traductions françaises où les « palets » et les « coups de crosse » remplacent systématiquement nos « rondelles » et nos « bâtons ».

L’effet Heated Rivalry

L’effet  Heated Rivalry  se manifeste à trois niveaux : une hausse des nouveautés, une accélération des traductions françaises et une mise en marché qui multiplie les références, explicites ou implicites, à la série.

On observe aussi une consolidation de ses principaux codes narratifs : rivalité qui se transforme en amour, liaison secrète, découverte de son orientation sexuelle, pression liée à la masculinité, exposition médiatique et sortie du placard. Les descriptions de nombreux romans mettent désormais ces éléments de l’avant comme arguments de vente, signe qu’ils répondent à des attentes désormais bien établies chez le lectorat. En définitive,  Heated Rivalry n’a peut-être pas créé un nouveau phénomène littéraire, mais elle a incontestablement contribué à rendre beaucoup plus visible un genre qui existait déjà.

La popularité de la série est telle que des figurines Funko Pop à l’effigie de ses personnages sont déjà annoncées. Pour mesurer l’ampleur de son impact culturel, on peut notamment consulter la vidéo de la chaîne Discover Montréal,  Heated Rivalry is a Canadian Cultural Phenomenon!, consacrée à la place qu’occupe désormais la série dans l’imaginaire populaire canadien.6

INFOS | HTTPS://WWW.YOUTUBE.COM/WATCH?V=RYVRAR4DKGO

BENOIT MIGNEAULT bmingo@videotron.ca

De la honte à la dignité, de Fabrice Nguena

Un titre qui dit tout; De la honte à la dignité. Après avoir dirigé Afroqueer. 25 voix engagées, qui regroupe des textes de différentes personnes 2ELGBTQIA+ afrodescendantes, Fabrice Nguena s’est attelé à raconter sa propre trajectoire. En se fondant sur son histoire personnelle, il aborde toutes les questions qui se posent lorsqu’on se retrouve dans la marge : gai, noir et exilé. Comment se tenir debout? Comment avancer? Comment transformer la marginalité en force, la honte en dignité? Pour soi, mais surtout pour les autres.

Undésird’écrirecelivrequiremonteàlongtemps?

FABRICE NGUENA : Comme je l’écris dans le livre, il y a vingt ou trente ans, des amis et moi plaisantions en disant que nous devions raconter nos histoires, parce que nous savions que nous étions en marge de la société. J’avais déjà cette conscience qu’il fallait témoigner de nos vies.

C’est ce que tu as déjà fait avec Afroqueer. 25 voix engagées, mais sans te mettre en avant? Oui, mais j’avais aussi ce désir. Après la publication d’Afroqueer, plusieurs personnes m’ont demandé quand je raconterais ma propre histoire. Car si nous ne racontons pas nos histoires, qui le fera? Écrire sur son propre parcours, c’est s’exposer et réfléchir aux conséquences, notamment pour ses proches. Mais ma passion militante a fini par transcender ma peur de ce qui pourrait m’arriver. Et transcender la peur, je connais cela depuis longtemps.

Cependant, je suis extrêmement privilégié. En tant qu’Africain, je suis aussi citoyen canadien. Si je me trouve dans un pays où ma sécurité est menacée, par exemple dans un pays africain, je peux, à tout moment, rentrer au Canada. C’est un immense privilège, mais, pour moi, tout privilège s’accompagne aussi de responsabilités. Mon devoir est de faire ce que je peux pour les autres. Faire sa part, accomplir un devoir de transmission. Comme le disait l’écrivaine afro-américaine  Toni Morrison : « Si vous êtes libre, votre mission est de libérer quelqu’un d’autre. » Si, très humblement, mon livre peut encourager quelqu’un à briser ses chaînes, alors il n’aura pas été écrit pour rien.

Tupassesbeaucoupdetempsaujourd’huienCôted’IvoireetauBénin?

FABRICE NGUENA : Oui. Depuis que j’ai pris ma retraite, d’une certaine façon. Les deux pays que tu cites sont des pays d’Afrique de l’Ouest qui ne connaissent pas cette homophobie d’État que l’on observe au Burkina Faso, au Sénégal ou au Niger. La Côte d’Ivoire et le Bénin sont même devenus des pays refuges pour des personnes queer qui tentent de fuir la répression. Pour le moment, la situation demeure relativement stable au Bénin et en Côte d’Ivoire, ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait ni homophobie ni transphobie, notamment sur les réseaux sociaux. Si certains pays criminalisent aujourd’hui les personnes queer, il ne faut pas oublier que, pendant des centaines d’années, les traditions animistes, le culte des ancêtres

et plusieurs cultures africaines reconnaissaient une certaine fluidité de genre. L’homophobie et la transphobie sont en grande partie des héritages de la colonisation et de l’importation des religions des puissances coloniales, qui ont aussi contribué à invisibiliser une partie de l’histoire de l’Afrique.

Lelivres’adresseaussibienauxpersonnesafrodescendantesqueerqu’àlapopulationcis blancheetauxcommunautés2ELGBTQIA+d’ici. FABRICE NGUENA : Oui. C’est pour cela que j’ouvre le livre avec mon arrivée au Québec en provenance du Maroc. Pour rappeler que nous ne sommes pas toustes né·es ici, qu’il existe toutes sortes de Québécois·es : par la naissance, mais aussi par choix. C’est important de le souligner.

Ce livre veut montrer des parcours différents, des histoires différentes, qui peuvent néanmoins être entendues et reconnues. Appelé à donner des conférences ou à y participer,  Fabrice Nguena se considère comme un militant « indépendant », puisqu’il n’appartient à aucune organisation. Il a déjà d’autres projets d’écriture dans ses cartons, des projets qui sont en voie de se concrétiser. Peut-être une manière de continuer à transformer, un livre à la fois, la honte en dignité. 6

SAMUEL LAROCHELLE samuel_larochelle@hotmail.com

INFOS | DE LA HONTE À LA DIGNITÉ / FABRICE NGUENA. LES ÉDITIONS DE L’APOTHÉOSE, 2026. 21 P

VENEZ NOUS RENCONTRER

LE 8 AOÛT 2026 LORS DE LA JOURNÉE COMMUNAUTAIRE

Chroniqueurs, journalistes, graphiste, photographes, l’équipe de direction; quelques-uns de nos précieux collaborateurs seront présent pour vous rencontrz et discutez avec vous !

si les lieux — les bars, la voie ferrée — se trouvent à Montréal ou ailleurs. En raison des expressions québécoises que j'utilise, on pourrait croire que l'on est au Québec, mais on pourrait tout aussi bien être en France.

Pourquoinepasavoirchoisil'autofiction,ungenretrèsenvogueactuellement?

MATHIEU PIERRE : Bien sûr, je me suis inspiré de choses que j'ai vécues, de récits qu'on m'a racontés et de ce que j'ai lu pour composer ces personnages. Je voulais réfléchir à la manière dont je réagirais si je me retrouvais dans les mêmes situations. Il ne s'agit pas d'une autofiction, au sens strict du terme, même si j'ai puisé dans mes propres expériences. Je me suis d'abord tourné vers l'autofiction, mais je revenais toujours aux mêmes questions : qu'est-ce que je montre? Qu'est-ce que je garde pour moi? Jusqu'où dévoiler ce qui relève de l'intime, par exemple en racontant des scènes de sexe?

Non pas que je sois mal à l'aise, mais il ne faut pas que cela apparaisse gratuitement; il faut donc trouver la bonne façon de l'exposer. En créant des personnages et en utilisant la troisième personne, cela me permettait de prendre une certaine distance, d'être davantage dans une forme d'étude de cas.

et du cœur

Bastien sort ce soir ou les errances du corps

Grand gagnant de la Queer Académie de l'édition Fierté littéraire 2025, Mathieu Pierre a vu se réaliser son rêve d'être publié avec la parution de son premier roman, Bastien sort ce soir. Un premier roman aux accents de récit d'apprentissage, où il est question d'être, de se reconnaître et de se construire.

Mais ce Bastien dont il est question est-il le même tout au long des différents chapitres? N'y a-t-il pas plutôt plusieurs personnages qui adoptent différents prénoms, dont celui de Bastien? Le mystère demeurera, et c'est tant mieux. Les lecteurices pourront ainsi créer leur propre Bastien et, pour beaucoup, se reconnaître en lui.

D'oùt'estvenuel'idéedetelancerdansl'écritured'unroman?

MATHIEU PIERRE : La réponse sera très convenue : j'ai toujours eu le goût d'écrire, depuis mon plus jeune âge, comme c'est le cas pour beaucoup d'auteurices. Bastien sort ce soir est en fait mon deuxième projet d'écriture. Après la lecture de Querelle de Roberval, d'Ève Lambert, j'ai eu envie de reprendre l'idée d'un personnage qui tient presque du mythe. On ne sait pas trop qui il est, si on l'a véritablement rencontré ou si l'on en a simplement entendu parler.

Après avoir écrit un premier chapitre, « Celui qu'on désire », et satisfait du résultat, j'ai eu envie de voir ce que ce personnage pouvait devenir dans d'autres situations, à différents moments de sa vie : dans des saunas ou, plus jeune, lors d'un party d’Halloween. Je lisais également, à cette époque, Je sors ce soir, de Guillaume Dustan, et je pense avoir été influencé autant par lui que par Ève Lambert.

Onnesaitpass'ils'agitdumêmepersonnagequiutiliseplusieursprénoms oudepersonnagesdifférents?

MATHIEU PIERRE : Au départ, c'était censé être le même personnage. Puis, au fur et à mesure de l'écriture, j'ai finalement opté pour plusieurs personnages. De la même façon, on ne sait pas

LesquestionsqueseposentBastien—oulesdifférentspersonnages—nesont-ellespas cellesqueseposentlamajoritédespersonnesqueersquandellessortent?

MATHIEU PIERRE : Je pense que beaucoup pourront s'y reconnaître. Nous endossons tous différents rôles selon les circonstances et les lieux, tout en cherchant le courage nécessaire pour avancer et, en même temps, en essayant de nous protéger, surtout lorsqu'on sort pour cruiser.

Dans les lieux de cruising, quel est le poids du regard des autres? Comment le reçoit-on? Comment l'analyse-t-on? Nous avons tous connu, en tant que personnes queer, la honte, le rejet ou l'échec, et nous tentons d'échapper à tout cela.

Les personnages de ce roman sont toujours, d'une certaine manière, en situation d'échec. Ils cherchent, ils se cherchent, sans trouver de réponses définitives. Je ne voulais justement pas offrir de réponses toutes faites, afin de laisser aux lecteurs et aux lectrices la possibilité de construire leur propre interprétation.

Je pense que, particulièrement pour les personnes queer, il est possible de se reconnaître dans ces personnages, parce que nous avons tous fait l'expérience de la marginalité et que nous avons dû composer avec ces expériences parfois douloureuses pour nous construire.

Lestyled'écriturevaried'unchapitreàl'autreetpeutsurprendre,notammentceluioù turetranscrisleséchangesd'unjeunehommequis'exposeenwebcamaveccelleuxquile regardent,ouencorelecontequiclôtlelivre.

MATHIEU PIERRE : Je souhaitais que chaque chapitre puisse se lire comme une nouvelle indépendante des autres. On pourrait d'ailleurs imaginer d'autres variations autour de ce personnage.

Une éducation sentimentale, une quête de soi, une construction identitaire façonnée par le regard des autres :  Bastien sort ce soir part à la découverte de lui-même. Et si nous étions, nous aussi, tous des Bastien?6

DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | Bastien sort ce soir, Mathieu Pierre, Éditions TNT, 2026.

COWBOY & COUNTRY

Weekend du 14 au 16 août

FAMILLES ET AMIS 18+ Vendredi Karaoké PB CLUB 22h à 1h

Samedi BRUNCH PIC BOIS 9h à midi

Samedi EXPOSANTS ET MARCHANDS sur Avenue du Central midi à 17h

Samedi COURS DE DANSE PB CLUB midi à 16h

Samedi Discothèque style country PB CLUB 22h à 2h

Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 1h

ALOHA PLEIN BOIS

Weekend du 7 août au 9 août

• Vendredi Karaoké PB CLUB 22h à 2h

• Samedi CINÉMA SOUS LES ÉTOILES piscine naturiste 20h (version anglaise)

• Samedi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 1h

PLEIN BOIS HANTÉ

Weekend du 23 au 26 août

• Vendredi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Samedi (détails à venir)

• Samedi ÉPLUCHETTE DE BLÉ D’INDE piscine principale midi à 15h

• Samedi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Dimanche Karaoké PB CLUB 22h à 2h

PB A DU TALENT

Weekend du 28 au 30 août

• Vendredi Discothèque PB CLUB 22h à 2h

• Samedi CONCOURS DE TALENTS PB CLUB 20h

• Samedi Discothèque 22h à 2h

• Dimanche Karaoké 22h à 1h

VINTAGE FRIPERIE

DES SOUVENIRS

Denis-Martin Chabot  est bien connu de nos communautés. L’ex-journaliste de Radio-Canada, animateur à Canal M, directeur de Fierté Littéraire, mais aussi acteur, publie régulièrement des recueils et des romans. Son dernier opus,  Vintage Friperie des souvenirs, est un recueil de nouvelles écrites au fil du temps, puis oubliées dans sa boîte à souvenirs.

« Cela fait longtemps que j’écris, une trentaine d’années, confie Denis-Martin Chabot. Il y avait, entre autres, des nouvelles dont je ne savais pas trop quoi faire. Cela m’a fait penser au placard : celui dans lequel on cache son identité sexuelle ou de genre, mais aussi celui qui renferme une foule d’objets oubliés, comme ces nouvelles écrites puis laissées de côté. Le placard que l’on décide enfin de ranger est devenu mon fil conducteur pour organiser ces textes. Le narrateur, en retrouvant ses baskets et un tee-shirt, découvre aussi un capri qui lui évoque aussitôt son séjour en Afrique et son aventure avec un jeune journaliste du Burundi. » Dans ce recueil, Denis-Martin Chabot ose bousculer certains codes d’écriture. Le narrateur se permet d’intervenir pour commenter ou simplement mettre en contexte les histoires qu’il raconte, comme s’il prenait du recul sur ses propres écrits. Présentées en italique, ces interventions sont souvent teintées d’humour et traduisent le regard que porte aujourd’hui l’auteur sur des textes rédigés il y a plusieurs années. Il en résulte deux niveaux de lecture auxquels on s’habitue rapidement. « J’ai posé mon regard d’aujourd’hui sur ces textes et je suis allé chercher une des choses qui est toujours inhérente à ma démarche culturelle et artistique : c’est quoi, être un homme? C’est quoi la masculinité? C’est quoi la vérité? C’est quoi être beau? Tout cela s’inscrit toujours dans un contexte queer. » Une galerie de portraits se dessine ainsi.

Par leurs agissements, ces personnages rejoignent les questionnements que peuvent se poser de nombreuses personnes gaies en lien avec leurs origines, qu’elles soient sociales, religieuses ou ethniques, d’où peut parfois naître une forme de haine de soi. Comme dans un débarras rempli d’objets hétéroclites, on passe d’une nouvelle où deux jeunes mormons partent faire du camping à celle d’un étudiant qui entretient une relation avec son logeur, puis avec le fils de ce dernier, dans un chassé-croisé à la fois sexuel et amoureux. « Même si certaines nouvelles peuvent paraître violentes, ajoute l’auteur, j’essaie toujours, avec humour, de dédramatiser, sans pour autant passer sous silence ce que nous pouvons encore subir, comme la masculinité toxique, la question du consentement, etc. »

Celles et ceux qui douteraient de la vraisemblance de certaines histoires n’auraient qu’à fouiller dans les tiroirs de leur propre mémoire : ils y découvriraient des expériences semblables, voire encore plus spectaculaires. C’est peut-être l’une des particularités des personnes dont l’orientation sexuelle ou l’identité de genre s’écarte de la norme. On se cherche, on expérimente, au gré de rencontres qui nous détruisent autant qu’elles nous construisent. Denis-Martin Chabot n’a pas encore fait le tour de son placard ni complètement vidé ses tiroirs. Il a dû faire un choix parmi ses nouvelles afin qu’elles s’intègrent dans un ensemble cohérent. D’autres dorment encore, et peut-être trouveront-elles leur place dans un prochain recueil. En attendant un plus grand ménage, l’auteur travaille déjà à la rédaction d’un autre roman dont il préfère taire le sujet. Gageons qu’il ne s’éloignera pas de ses précédents écrits et qu’il sera, lui aussi, porté par un regard à la fois queer et critique.6 DENIS-DANIEL BOULLÉ denisdanielster@gmail.com

INFOS | VINTAGE FRIPERIE DES SOUVENIRS, DE DENIS-MARTIN CHABOT, ÉDITIONS CRESCENDO, 2026.

DÉSIRS, HISTOIRE ET AMOURS FÉMININES CHEZ ALEXANDRA ET YSIS

De la Rome antique à la Belle Époque, les autrices  Alexandra et Ysis  nous entraînent dans un univers où des femmes doivent composer avec les passions qui les animent, dans une société peu disposée à accueillir ou même à tolérer de tels sentiments. Présentement composé de sept romans, cet ensemble d’œuvres écrites à quatre mains propose un voyage à travers le temps, mais aussi à travers l’Europe : de la Rome antique, en 44 avant notre ère, à la Lorraine de 1870, en passant par le Paris de 1910 et la Bretagne de 1911. D’une époque à l’autre, ces récits ouvrent une fenêtre sur des sociétés en pleine mutation, mais où la sensualité demeure toujours à fleur de peau. Malgré leur ancrage historique, dans des périodes où le monde est sur le point de basculer, les récits ne placent pas les protagonistes au centre de grands événements où elles joueraient un rôle déterminant : elles s’inscrivent plutôt dans des luttes plus modestes, souvent confinées au huis clos, axées sur l’intime ou sur la découverte progressive de leur propre univers. C’est par exemple le cas dans 1910, Ce qui ne se fait pas, où, après avoir pris conscience de leur attirance réciproque, les deux protagonistes s’aventurent dans des soirées clandestines, puis dans un cabaret réservé aux femmes, L’Entrechatte, non sans avoir d’abord pris plaisir à déjouer les avances quelque peu insistantes d’un don Juan. L’écriture se démarque aussi par une langue à la fois sensuelle et poétique, comme en témoigne ce passage tiré de 1910, Ce qui ne se fait pas : « Clarisse ne se hâta pas. Le doigtier glissa d’abord contre la peau, au creux plus étroit derrière, juste en reconnaissance, comme si la caresse demandait encore au corps s’il voulait bien l’admettre. Marie eut un souffle coupé. Mais sa bouche ne quitta pas Antoinette. Au contraire. Elle s’y fixa davantage, avec cette concentration tendre que lui donnait l’émotion quand elle cessait de réfléchir. » Dans  -44, Les déesses de Rome, l’intrigue se déroule au moment de la chute de César. Cornelia et Lucretia y ravivent un lien qu’elles croyaient éteint, alors même que l’ordre politique s’effondre. Le récit met ainsi en opposition l’effondrement collectif et la renaissance d’un lien intime, porteur d’un avenir encore possible. Dans 1870, La Maison des Prés, ce motif est repris dans le contexte de la guerre franco-allemande de 1870-1871 : Gertrude, comtesse déchue, et Juta, cuisinière, se retrouvent forcées de cohabiter dans une ferme isolée, où la survie quotidienne laisse peu à peu place à un rapprochement inattendu. Dans la suite, 1871, SaintMihiel, le cadre s’élargit : la ferme devient un lieu d’accueil plus vaste, sur fond de Lorraine occupée et de reconstruction d’après-guerre. Le cycle de 1910 marque un moment de bascule différent : l’action se déplace vers les transformations sociales et culturelles de la fin de la Belle Époque, alors que le désir ne relève plus seulement de l’intime, mais s’inscrit progressivement dans une réalité collective et identitaire. Peu à peu se dessine un réseau de femmes, avec ses codes, ses lieux et ses formes d’organisation. Dans le tome 1, Ce qui ne se fait pas, Antoinette et Marie évoluent dans un univers mondain très codifié, où le désir latent qui les unit se transforme en relation assumée après une nuit décisive. Ce mouvement se prolonge dans le tome 2, Montjoie, autour d’un lieu de rencontre pour femmes où se nouent de nouvelles alliances. Enfin, la trilogie 1911 Après Montjoie poursuit l’exploration de cet univers communautaire et passionnel, alors même que les protagonistes ignorent qu’un conflit mondial dévastateur se profile à l’horizon. Les romans mettent avant tout l’accent sur la passion des corps, les contraintes sociales et les choix intimes, plutôt que sur les grands soubresauts de l’Histoire. L’attention se porte ainsi sur la psychologie des personnages, sur les bouleversements de l’ordre établi et sur l’élargissement progressif des liens de solidarité, dans des mondes où les femmes cherchent à trouver leur place. Les romans d’Alexandra et Ysis sont offerts sur Kobo, en langue originale française et en traduction anglaise, ainsi que sur la plateforme Payhip, dans plusieurs formats compatibles avec diverses liseuses : https://payhip.com/AlexandraYsis 6

INFOS | UNE CHAMBRE AU-DESSUS D’UN MAGASIN / ANTHONY SHAPLAND. PARIS : PHILIPPE REY, 2026, 171 P.

clubbing ~ festival

Lorsque les derniers applaudissements résonnent dans le Village et que les scènes extérieures s'éteignent, une autre célébration prend le relais. Les basses envahissent les salles, les jeux de lumière remplacent les étoiles et les pistes de danse se remplissent de festivaliers venus de Montréal, d'ailleurs au Canada et des quatre coins du monde. Du 6 au 9 août, le Love Festival  revient pour une 17e édition qui promet quatre nuits où musique, liberté, sensualité et rencontres ne feront plus qu'un.

Placée sous le thème « Ritual », cette édition 2026 s'inspire de la culture et des traditions mayas du Mexique. Les décors, les costumes, les performances et l'univers visuel des quatre événements reprendront cette esthétique à la fois mystérieuse, tropicale et vibrante. Plus qu'une succession de partys, le Love Festival propose quatre expériences complémentaires qui invitent les festivaliers à vivre un même rituel : celui de la danse, des retrouvailles et de la célébration. Autre particularité qui réjouira les amateurs de longues nuits : les deux grands événements présentés au MTELUS bénéficieront d'une autorisation exceptionnelle permettant aux festivités de se poursuivre jusqu'à 6 h du matin, avec service d'alcool jusqu'à cette heure, un privilège rarement accordé et qui contribue à faire du Love Festival un rendez-vous unique du calendrier festif montréalais.

SAUVAGE : le premier appel de la nuit

Le coup d'envoi sera donné le jeudi 6 août, de 22 h à 3 h, au Cabaret Berlin (1661, rue SainteCatherine Est), avec  SAUVAGE, la soirée officielle d'ouverture du festival. Le Montréalais  DJ Reid Bourgeois prendra les commandes d'une nuit où house, disco, électro et rythmes enflammés lanceront les célébrations dans une ambiance aussi libre qu'électrisante. Le mot d'ordre est simple : laisser derrière soi le quotidien pour entrer pleinement dans l'univers du Love Festival.

Locker Room : la techno prend le pouvoir

Le vendredi 7 août, de 22 h à 6 h du matin, le MTELUS (59, rue Sainte-Catherine Est) accueillera l'un des événements les plus populaires du week-end :  Locker Room. Toujours présenté dans une ambiance inspirée des vestiaires sportifs, ce rendez-vous prend cette année une direction musicale inédite. « C'est une édition spéciale techno, explique Pascal Lefebvre, porte-parole de District Events. Normalement, on joue du "Circuit", mais cette année on s'est dit que ce style musical plaira peut-être aussi à une autre clientèle qui désire justement autre chose que du "Circuit". » Pour cette édition, les organisateurs ont réuni DJ D'Jimi, figure bien connue de la scène électronique montréalaise,  Pagano, l'une des figures historiques de la scène techno LGBTQ+ britannique, qui effectue un retour attendu à Montréal, ainsi que  Special K, reconnu notamment pour ses prestations aux événements Dark Area. « DJ Pagano n'était pas revenu à Montréal depuis un bon moment et on a décidé de le faire venir pour ce party-là avec son style techno bien à lui. Quant à Special K, il fait les événements Dark Area », poursuit Pascal Lefebvre.

Autre nouveauté : le concept Boiler Room

« On utilise ici un set-up que l'on appelle "Boiler Room", c'est-à-dire que le DJ est placé dans la foule et que les gens dansent autour de lui. La foule est collée sur le DJ. Il y a là une connexion spéciale avec lui que l'on ne retrouve pas ailleurs alors qu'il est installé sur une

scène. » Les habitués retrouveront également tout ce qui fait la réputation de Locker Room : jockstraps, singlets, vêtements sportifs, créativité vestimentaire et une ambiance où chacun peut exprimer son style en toute liberté. Les décors et les costumes des danseurs reprendront eux aussi la thématique maya et tropicale de cette édition.

District Inferno : le sommet du week-end

Le samedi 8 août, de 22 h à 6 h du matin, le MTELUS accueillera de nouveau les festivaliers pour  District Inferno , le plus important rendez-vous du Love Festival. Aux platines, le Montréalais Paskal Daze  partagera la scène avec  Suri, reconnue pour ses sets house et progressive, ainsi que Tom Stephan, aussi connu sous le nom de Superchumbo, véritable vétéran de la scène house et circuit internationale. Producteur et remixeur recherché, il a signé des remix pour des artistes comme Kylie Minogue, Beyoncé, Sting et les Pet Shop Boys, en plus de se produire dans les plus grandes Pride et festivals LGBTQ+ du monde. « Cela faisait aussi un certain temps que Tom Stephan n'avait pas mis les pieds à Montréal et la crowd du Love Festival aime bien Stephan. On pensait que ce serait parfait avec les autres DJ, un bel alignement », souligne Pascal Lefebvre. La soirée sera également marquée par la présence de Shangela, vedette de RuPaul's Drag Race, qui offrira une performance exclusive. « Ce spectacle est présenté en collaboration avec le Mantamar Beach Club de Puerto Vallarta où réside d'ailleurs Shangela », précise Pascal Lefebvre. Danseurs, costumes, projections, effets visuels et scénographie transformeront une fois de plus le MTELUS en un immense temple festif inspiré de l'univers de Ritual.

Pure Love : une dernière danse avant de se dire à l'an prochain

Après le Défilé de la Fierté, les plus infatigables pourront prolonger les célébrations le  dimanche 9 août, de 22 h à 3 h, au  House Nation Montréal (925, rue Sainte-Catherine Est), anciennement le Circus. Dans la salle principale, DJ Discophonic, résident torontois du Bunker, fera danser les festivaliers au son des meilleurs classiques disco, de la house groovy et de pépites funk soigneusement sélectionnées. Mais la nouveauté de cette année réside dans une deuxième salle. « On inaugure ici deux salles, l'une avec DJ Discophonic et l'autre, pour le party Meat Lover, avec DJ Diskommander, avec un son tech-house, une ambiance dark bien assumée et sexy. Il ne faudra pas avoir froid aux yeux pour aller dans cette salle-là! », lance Pascal Lefebvre avec le sourire. Cette formule remplace la traditionnelle prolongation des festivités autrefois présentée au Stereo. « Les autres années, nous étions associés au Stereo et les billets donnaient droit à une suite du party du dimanche. Nous avons préféré cette année offrir deux nouveaux événements le dimanche soir avec deux salles différentes aux festivaliers. »

Plus de diversité, plus de liberté

Si le Love Festiva l demeure une référence pour les amateurs de musique « Circuit », cette 17 e édition élargit encore davantage sa palette musicale. « Je crois que nous avons cette année une belle édition avec quatre gros partys. Le vendredi tranche un peu avec les autres années avec un son plus techno, tandis que le samedi on revient à un environnement plus "Circuit". Les hommes gais aiment plus de variété et de diversité et c'est ce que nous proposons encore davantage avec cette édition-ci du Love Festival. »

Le succès est déjà au rendez-vous

« La vente des billets va très bien et toutes nos passes sont déjà écoulées, mais il restera des billets individuels », précise Pascal Lefebvre . Pendant quatre nuits, Montréal changera de rythme. Les spectacles laisseront place aux pistes de danse, les DJ guideront les festivaliers jusqu'au petit matin et des milliers de personnes partageront bien plus qu'une programmation musicale. Le Love Festival est devenu, au fil des années, un rendez-vous où l'on revient autant pour les artistes que pour cette atmosphère unique où chacun peut être pleinement lui-même, retrouver des amis venus des quatre coins du monde et célébrer la Fierté dans un immense espace de liberté. C'est peut-être cela, finalement, le véritable rituel du Love Festival. À noter qu’après le Love Festival, le prochain Party District sera celui du long congé de l’Action de grâce canadienne, soit le samedi 10 octobre. Les détails sont à venir. 6 ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | http://www.lovefestivalmtl.com

Pagano
Shangala

clubbing LIEUX EMBLÉMATIQUES LGBTQ+

Depuis longtemps, Montréal s’impose comme l’une des grandes destinations LGBTQ+ d’Amérique du Nord. Au cœur de cette réputation se trouve le Village, l’un des quartiers LGBTQ+ les plus vastes et les plus animés du continent, où se côtoient cabarets drag, bars de quartier, terrasses festives, clubs de danse, lieux de rencontre et établissements emblématiques fréquentés aussi bien par les Montréalais·es que par les visiteur·es du monde entier. Que vous soyez à la recherche d’un spectacle de drag flamboyant, d’un karaoké mémorable, d’une soirée dansante jusqu’au petit matin, d’un cocktail dans une ambiance intimiste ou simplement d’un endroit convivial où rencontrer de nouvelles personnes, Montréal offre une diversité d’expériences à l’image desa communauté. Cette sélection présente quelques adresses incontournables de la métropole, des institutions qui ont marqué l’histoire de la communauté LGBTQ+ aux nouveaux lieux qui contribuent aujourd’hui à façonner la vie nocturne montréalaise. Peu importe votre style ou vos envies, vous y trouverez une porte ouverte, une ambiance accueillante et une occasion de découvrir l’une des scènes LGBTQ+ les plus dynamiques et inclusives du monde.

ICONICLGBTQ+PLACES

For a very long time, Montréal has earned its reputation as one of North America's leading LGBTQ+ destinations. At the heart of that reputation is the Village, one of the continent's largest and most vibrant LGBTQ+ neighbourhoods, home to drag cabarets, neighbourhood bars, lively terraces, dance clubs, social spaces, and iconic venues frequented by both locals and visitors from around the world. Whether you're looking for a dazzling drag show, a memorable karaoke night, an all-night dance party, craft cocktails in an intimate setting, or simply a welcoming place to meet new people, Montréal offers an incredible variety of experiences that reflect the diversity of its community. This guide highlights some of the city's must-visit destinations, from legendary institutions that helped shape Montréal's LGBTQ+ history to newer venues redefining its nightlife today. Whatever your style or interests, you'll find an open door, a welcoming atmosphere, and the opportunity to experience one of the world's most dynamic and inclusive LGBTQ+ scenes.

CABARETS ET SPECTACLES

BAR LE COCKTAIL

1669, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-597-0814

Web : www.barlecocktail.com

Véritable institution du Village, Le Cocktail est reconnu pour ses spectacles de drag queens, ses soirées karaoké mémorables et son ambiance festive. Son décor élégant et sa clientèle éclectique créent un environnement chaleureux où il est facile de se laisser emporter par l'énergie de la soirée. Du jeudi au dimanche, une programmation variée transforme chaque visite en expérience unique.

One of the Village's most iconic venues, Le Cocktail is renowned for its drag performances, unforgettable karaoke nights, and vibrant atmosphere. Its stylish setting and eclectic crowd create a welcoming environment where it's easy to get swept up in the evening's energy. From Thursday through Sunday, a dynamic lineup of entertainment ensures that no two nights are ever the same.

CABARET MADO

1115, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-525-7566

Web : www.mado.qc.ca Insta : @cabaretmado Aucune autre adresse n'incarne autant l'esprit festif du Village que le Cabaret Mado. Haut lieu de l'art drag au Québec, il présente des spectacles tous les jours de la semaine mettant en vedette des artistes établis et émergents. Les prestations de Mado Lamotte sont devenues une véritable tradition montréalaise.

No venue captures the celebratory spirit of Montréal's Village quite like Cabaret Mado. A cornerstone of Québec's drag scene, it presents performances every day of the week featuring both established and emerging artists. Appearances by Mado Lamotte have become a true Montréal nightlife tradition.

BARS DE QUARTIER ET DE RENCONTRE AIGLE NOIR

1315, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-529-0040

W : www.aiglenoir.ca F : facebook.com/Bar.Aigle.Noir

Depuis de nombreuses années, l'Aigle Noir occupe une place importante dans la vie sociale du Village.

Très engagé auprès de la communauté LGBTQ+, l'établissement est aussi un lieu de rencontre apprécié pour regarder les grands événements sportifs sur écran géant ou partager une partie de billard entre amis.

For many years, Aigle Noir has been an important part of Village life. Deeply involved in Montréal's LGBTQ+ community, it's also a favourite gathering place to watch major sporting events on the big screen or enjoy a game of pool with friends.

DISTRICT VIDEO LOUNGE

1365, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 438-387-3622

Web : www.districtvideolounge.com

Insta : @districtvideolounge

Avec ses immenses écrans diffusant vidéoclips et contenus visuels variés, District Video Lounge offre une expérience différente des bars traditionnels du Village. Son ambiance détendue en fait un excellent point de départ pour une soirée.

With its giant screens showcasing music videos and visual entertainment, District Video Lounge offers an experience unlike any traditional Village bar. Its relaxed atmosphere makes it the perfect place to socialize and start an evening out.

LE NORMANDIE

1295, rue Atateken, Montréal T.514-303-4013

Web : www.taverne-normandie.ca

Insta : @tavernenormandie

Parmi les plus anciennes institutions LGBTQ+ du Village, Le Normandie demeure un lieu de rencontre privilégié pour les Montréalais·es comme pour les visiteurs. Son célèbre karaoké quotidien en fait l'une des adresses les plus rassembleuses du quartier.

One of the oldest LGBTQ+ establishments in Montréal's Village, Le Normandie remains a favourite gathering place for both locals and visitors. Its legendary nightly karaoke sessions have made it one of the neighbourhood's most welcoming destinations.

LE RENARD

1272, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

Web : www.bar-renard.com Insta : @lerenardmtl

Petit par sa taille, grand par son charme, Le Renard est l'une des adresses les plus élégantes du Village. Son atmosphère intime et son décor soigné en font un lieu idéal pour prendre un verre entre amis.

Small in size but big on character, Le Renard is one of the Village's most stylish destinations. Its intimate setting and contemporary design make it the perfect place to enjoy a drink with friends.

MOTEL MOTEL

1276, rue Sainte-Catherine Est, Montréal Web : www.motelmotel.ca Insta : @motelmotelmtl À première vue, Motel Motel ressemble à une élégante buvette de quartier. Mais derrière cette façade se cache un concept original inspiré des bars clandestins. Une adresse aussi surprenante que séduisante.

At first glance, Motel Motel appears to be a stylish neighbourhood bar. But beyond its front room lies a hidden concept inspired by classic speakeasies. A venue as surprising as it is charming.

PIANO BAR LE DATE

1218, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-521-1242 Web : www.ledatekaraoke.com

Le Date est un véritable terrain de jeu pour les amateurs de karaoké. Dans une ambiance conviviale où tout le monde est invité à participer, le plaisir est toujours au rendez-vous.

Le Date is a playground for karaoke lovers. Whether you're ready to take the spotlight or simply cheer on fellow performers, the atmosphere is always lively, welcoming, and fun.

ROCKY

1673, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-521-7865 F: facebook.com/tavernerocky

Le Rocky cultive l'esprit des bars de quartier d'autrefois. Ici, on vient discuter, retrouver des amis et profiter d'une ambiance authentique ponctuée de prestations musicales régulières.

Rocky captures the spirit of a classic neighbourhood bar. Friendly, relaxed, and unpretentious, it's a place where people gather to socialize and enjoy a genuine Village atmosphere.

BARS SPORTIF

CHAMPS SPORTS BAR

3956, boulevard Saint-Laurent, Montréal Insta : @champsmontreal

Situé au cœur du Plateau-Mont-Royal, Champs Sports Bar est devenu un lieu de rassemblement emblématique pour les communautés lesbiennes, queer et leurs allié·e·s. Son atmosphère décontractée, sa clientèle inclusive et ses événements populaires en font l'un des espaces communautaires les plus dynamiques de Montréal.

A landmark gathering place in Plateau Mont-Royal, Champs Sports Bar has become a favourite destination for lesbian, queer, and allied communities. Its relaxed atmosphere, inclusive crowd, and popular events make it one of Montréal's most vibrant community spaces.

LE WEISER

1309, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T: 514-347-7023

Destination incontournable pour les amateurs de sport, Le Weiser combine l'énergie d'un bar sportif moderne à l'accueil chaleureux d'un établissement de quartier.

A must-visit destination for sports fans, Le Weiser combines the excitement of a modern sports bar with the warmth of a neighbourhood gathering place.

clubbing

LIEUX EMBLÉMATIQUES LGBTQ+

CLUBS ET DISCO

COMPLEXE SKY

1474, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-529-6969 Web : www.complexesky.com

Insta : @complexesky

Impossible de visiter le Village sans passer par le Complexe Sky. Avec ses multiples niveaux, ses bars, ses restaurants, ses pistes de danse et sa célèbre terrasse sur le toit, il demeure l'un des plus importants complexes LGBTQ+ du Canada.

No visit to Montréal's Village is complete without experiencing Complexe Sky. Featuring multiple levels, bars, restaurants, dance floors, and its famous rooftop terrace, it is one of Canada's largest LGBTQ+ entertainment complexes.

STÉRÉO BAR

858, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-658-2646 Web : www.stereobar.ca Insta : @stereomontreal

Pour les passionnés de musique électronique, le Stéréo Bar est une adresse mythique reconnue pour son système de son exceptionnel et sa programmation mettant en vedette des DJ de renommée internationale.

For electronic music enthusiasts, Stéréo Bar is nothing short of legendary. Famous for its exceptional sound system and roster of world-class DJs, it remains a must-stop destination for night owls and dance music devotees.

STUD MONTRÉAL

1812, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-598-8243. Web : www.lestudmontreal.com

Insta : @lestudmontreal

Le Stud Montréal occupe une place unique dans la vie nocturne LGBTQ+ de la métropole. Son spectaculaire Atrihom, vaste verrière agrémentée d'un mur végétal, constitue à lui seul une attraction incontournable.

Stud Montréal holds a special place within the city's LGBTQ+ nightlife scene. Its stunning Atrihom, a soaring glass atrium featuring a lush living wall, is a destination in itself.

UNITY CLUB

1171, rue Sainte-Catherine Est, 2e étage, Montréal T. 514-523-2777 Web : www.clubunitymontreal.com

Insta : @clubunitymontreal

Depuis de nombreuses années, le Unity figure parmi les grands noms de la vie nocturne montréalaise. Sa programmation musicale variée et ses grands espaces continuent d'attirer les amateurs de fête de partout. For years, Unity has stood among Montréal's premier dance destinations. Its expansive dance floor, multiple party spaces, and eclectic music programming continue to attract nightlife enthusiasts from near and far.

DANSEURS

CAMPUS

1111, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T.514-526-3616 Web : www.campusmtl.com

Depuis des décennies, Campus figure parmi les établissements les plus connus du Village. Dans une ambiance festive et décomplexée, les visiteurs assistent à des spectacles de danseurs masculins tout en profitant d'un environnement convivial et animé.

For decades, Campus has been one of the Village's most recognizable venues. In a lively and carefree atmosphere, guests enjoy performances by male dancers while soaking up the venue's energetic vibe.

DIAMANT ROUGE

1681, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-521-1242 F : facebook.com/Diamant Rouge

Diamant Rouge propose une expérience de divertissement axée sur la célébration du corps masculin dans un cadre accueillant et respectueux. Son atmosphère conviviale attire autant les habitués que les visiteurs.

Diamant Rouge offers entertainment centered on the celebration of the male form in a welcoming and respectful environment. Its friendly atmosphere and relaxed approach make it a popular destination for visitors seeking a fun and enjoyable evening in the Village.

STOCK BAR

1171, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-842-1336

Web : www.stockbar.com Insta : @stockbarmontreal Véritable classique du Village, le Stock Bar est reconnu pour ses spectacles de danseurs masculins, son ambiance festive et ses différents espaces, dont un élégant speakeasy et une terrasse animée.

A longtime Village favourite, Stock Bar is renowned for its male dance performances, lively atmosphere, intimate speakeasy lounge, and vibrant street-side patio.

TABOO

1950, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal T. 514-504-6161 F : facebook.com/BarleTaboo

Décontracté, accessible et convivial, le Taboo offre une expérience simple et divertissante au cœur du Village.

Relaxed, approachable, and entertaining, Taboo offers an easygoing nightlife experience in the heart of the Village.

RESTAURANTS AVEC BAR

BLOSSOM

1101, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal T. 514-379-3699 Web : www.leblossom.ca

Insta : @leblossommtl

Élégant restaurant-bar spécialisé en cuisine néo-japonaise, Blossom séduit autant par ses sushis que par son impressionnante sélection de sakés, de whiskys japonais et de cocktails raffinés.

An elegant restaurant-bar specializing in contemporary Japanese cuisine, Blossom is renowned for its sushi as well as its impressive selection of sake, Japanese whiskies, and expertly crafted cocktails.

KEELA

1237, rue Atateken, Montréal T. 514-528-7617

Web : www.restokeela.ca Insta : @restokeela

Restaurant-bar chaleureux du Village, Keela se distingue par sa belle sélection de vins biologiques et nature ainsi que par ses cocktails créatifs. Une adresse conviviale pour l'apéro, un repas ou une soirée entre amis.

A welcoming Village restaurant-bar known for its excellent selection of organic and natural wines, as well as its creative cocktails. The perfect spot for drinks, dinner, or a relaxed evening with friends.

SALOON

1333, rue Sainte-Catherine Est, Montréal Web : www.lesaloon.ca Insta : @lesaloonmtl Bistro-bar décontracté où l'on vient aussi bien pour un cocktail avant une sortie que pour passer toute la soirée. Son ambiance chaleureuse et sa carte de boissons en font un lieu de rencontre apprécié du Village.

A relaxed bistro-bar where guests can stop for a preevent cocktail or settle in for the entire evening. Its welcoming atmosphere and drink selection make it a popular Village gathering spot.

SAUNAS

BAIN COLONIAL

3963, avenue Coloniale, Montréal T. 514-285-0132 Web : www.baincolonial.com Ouvert depuis plus d'un siècle, le Bain Colonial est l'un des établissements les plus emblématiques de Montréal. Réparti sur trois étages, il propose plusieurs espaces de détente, dont trois saunas, un bain tourbillon, une salle d'entraînement, un service de massage et deux terrasses. Sa clientèle majoritairement gaie en fait un lieu de rencontre bien connu de la communauté.

Operating for more than a century, Bain Colonial is one of Montréal's most iconic bathhouses. Spread across three floors, it offers multiple relaxation areas, including three saunas, a whirlpool, fitness facilities, massage services, and two outdoor terraces. Its predominantly gay clientele has made it a longstanding community landmark.

G.I. JOE

1166, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-528-3326 Web : www.saunagijoe.com

Situé au cœur du Village, G.I. Joe est reconnu comme l'un des lieux de rencontre les plus fréquentés de la métropole. L'établissement accueille une clientèle diversifiée dans un environnement discret où différentes thématiques et événements attirent une communauté fidèle depuis plusieurs décennies.

Located in the heart of the Village, G.I. Joe is one of Montréal's best-known bathhouses. The venue welcomes a diverse clientele in a discreet environment and has long been a popular gathering place within the community.

SAUNA CARPEDIEM

3481, montée Saint-Hubert, Saint-Hubert T. 450-462-3481 Web : www.saunacarpediem.com

Unique sur la Rive-Sud, le Sauna CarpeDiem offre une gamme complète d'installations comprenant un sauna vapeur, un sauna sec, un bain tourbillon et plusieurs espaces de détente. Son vaste stationnement gratuit et son accessibilité en font une destination populaire pour la clientèle de la grande région métropolitaine.

The only facility of its kind on Montréal's South Shore, Sauna CarpeDiem offers a full range of amenities including a steam room, dry sauna, whirlpool, and multiple relaxation areas. Its large free parking lot and convenient location make it a popular destination for visitors from across the metropolitan area.

SAUNA CENTRE-VILLE

1465, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-524-3486 Web : www.saunacentreville.com

Situé en plein cœur du Village, le Sauna Centre-Ville accueille depuis de nombreuses années une clientèle variée provenant de tous les milieux. Son emplacement central et son atmosphère conviviale en font l'un des établissements les plus fréquentés du quartier.

Located in the heart of the Village, Sauna Centre-Ville has welcomed a diverse clientele for many years. Its central location and friendly atmosphere make it one of the neighbourhood's most popular establishments.

SAUNA OASIS

1390, rue Sainte-Catherine Est, Montréal T. 514-521-0785 Web : www.saunaoasis.net

Situé au centre de l'action dans le Village, le Sauna Oasis est reconnu pour ses vastes installations comprenant plus d'une centaine de chambres et de casiers. Son emplacement privilégié en fait un arrêt facile à intégrer à une soirée dans le quartier.

Located in the heart of Montréal's Village, Sauna Oasis is known for its extensive facilities featuring more than one hundred rooms and lockers. Its prime location makes it a convenient stop during a night out in the neighbourhood.

VILLE DE QUÉBEC

CABARET CLUB LE DRAGUE

815, rue Saint-Augustin, Québec T. 418-649-7212 Web : www.ledrague.com Insta : @ledrague Véritable institution de la capitale nationale, Le Drague est le plus important complexe LGBTQ+ de Québec. Ouvert à tous et à toutes, il réunit plusieurs espaces sous un même toit, dont un cabaret, une verrière et une discothèque répartie sur deux niveaux. Spectacles de drag, soirées thématiques, danse et événements spéciaux s'y succèdent dans une ambiance festive et inclusive.

An institution in Québec City, Le Drague is the region's largest LGBTQ+ entertainment complex. Open to everyone, it features multiple venues under one roof, including a cabaret, a glass atrium, and a two-level nightclub. Drag shows, themed parties, dancing, and special events create a vibrant and inclusive atmosphere year-round.

LE ST-MATTHEW'S

889, côte Sainte-Geneviève, Québec G1R 5M2 T. 418-524-5000 F : facebook.com/bar.stmatthews Situé dans le Vieux-Québec, le St-Matthew's est un bar gai apprécié pour son ambiance conviviale et sans prétention. Doté d'une terrasse, d'une table de billard et d'un environnement propice aux rencontres, il attire une clientèle fidèle qui se retrouve particulièrement lors des populaires 5 à 7 et durant les fins de semaine.

Located in Old Québec City, St-Matthew's is a popular gay bar known for its relaxed and welcoming atmosphere. Featuring a patio, pool table, and friendly environment, it attracts a loyal clientele, especially during its popular happy hours and weekend gatherings.

SAUNA BACKBOYS

264, rue de la Couronne, Québec

T. 418-521-6686 Web : www.saunabackboys.com

Situé à proximité du centre-ville de Québec, le Sauna Backboys propose plusieurs installations de détente, dont un bain vapeur, un sauna sec, un bain tourbillon et différents espaces de repos. Bien connu de la communauté locale, il accueille une clientèle variée dans un environnement convivial.

Located near downtown Québec City, Sauna Backboys offers a variety of relaxation facilities, including a steam room, dry sauna, whirlpool, and multiple lounge areas. Well known within the local community, it welcomes a diverse clientele in a friendly atmosphere.

WEEK-END PUP MONTRÉAL

Dix ans de fierté sur quatre pattes

Du 31 juillet au 2 août, le Week-end Pup Montréal soulignera sa 10e édition avec une programmation festive qui culminera, le samedi 1er août, au Bain Mathieu, par l’élection de la personne qui succédera à Spyke Mazrim, Pup Montréal 2025.

Il y a 10 ans, le concours Pup Montréal faisait ses premiers pas dans le paysage des événements fétiches montréalais. Une décennie plus tard, il est devenu un rendez-vous attendu de Fierté Montréal, rassemblant chaque année une communauté toujours plus nombreuse autour de valeurs de camaraderie, de bienveillance, d’inclusion… avec un brin de folie. Comme le veut désormais la tradition, le week-end débutera le vendredi à l’Aigle Noir avec la présentation officielle des personnes candidates. Le samedi soir sera consacré au très attendu Concours Pup Montréal, avant de laisser place au  Kink Playground, présenté en collaboration avec Bear It, avec les DJ Hector Fonseca (Miami) et TRND (Montréal). Un autre événement pourrait également s’ajouter à la programmation du dimanche. Le Week-end Pup Montréal est une série d’événements répartis sur trois jours, culminant avec la remise du titre non genré de Pup Montréal  2026 à une personne s’étant distinguée au sein de la communauté LGBTQ+ et lors du concours. La soirée principale, présentée au Bain Mathieu, promet des performances, des artistes invités, de l’animation, la participation des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence et, surtout, beaucoup de convivialité dans une ambiance où se côtoient puppies, pets, handlers et toutes les personnes qui apprécient cet univers.

Cette année, trois personnes sont en lice pour remporter le titre : Enzo, Jones et Onyx. « L’an dernier, nous avions reçu cinq candidatures. Cette année, il n’y en a que trois, mais nous savons que l’engouement pour le concours ne faiblit pas, que des gens continuent de se présenter et que l’intérêt est toujours bien présent », explique Sillas Grey, président du comité organisateur. Le jury réunira notamment Spyke (Pup Montréal 2025), Micky (M. Ours Montréal 2025), Oslo (Pup International 2026), Winona J. Fox (Mme Cuir 2025), ainsi que Deskro, représentant du choix du public. Deux tally masters indépendants seront également responsables du calcul des pointages afin d’assurer la transparence du processus.

Une tradition bien ancrée

Cette année marque un jalon important pour le concours : sa dixième édition. « C’est impressionnant que cela perdure déjà depuis 10 ans », affirme Sillas Grey, lui-même Pup Montréal  2019. Il connaît bien cette histoire, puisqu’il fait partie de l’équipe qui a relancé l’événement après la pandémie. « Nous avons relancé le concours avec la nouvelle administration, le nouveau comité qui s’est mis en place après la pandémie, il y a quatre ans, et qui a pris le relais de l’ancien Week-end Fusion avec les concours fétiches. »

La pandémie a certes ralenti les activités, mais elle a également permis au comité de préparer l’avenir. « Oui et non. Pendant la pandémie, il y avait des restrictions : on ne pouvait pas organiser d’événements ni participer à des activités, donc ce n’était pas si difficile. Mais, en même temps, cela nous a donné le temps de réfléchir à l’organisation des prochains concours. Les activités ont finalement repris en 2022. »

Un concours… mais surtout une communauté

Au fil des années, le concours n’a cessé de prendre de l’ampleur. Présenté d’abord devant une centaine de personnes, puis au Taboo, il trouve aujourd’hui sa place dans l’impressionnante salle du Bain Mathieu. « C’est une belle progression que d’aboutir dans la salle du Bain Mathieu cette année », souligne Sillas Grey. Depuis la création du titre, plusieurs personnes ont marqué l’histoire de Pup Montréal : Pup Dane, Pup Tosa, Pup Titan, Pup Sillas, Pup Fox, Pup Okami, Pup Vixen — première femme et première personne non binaire à remporter le titre — et, plus récemment, Spyke Mazrim. Mais, au-delà des titres, c’est surtout la croissance de la communauté qui impressionne. « On voit la constance de ce concours. Bien sûr, c’est beaucoup de travail, mais nous sommes très heureux de voir toutes sortes de puppies, les “humanimaux” ou animaux humains, s’y intéresser. Le groupe Woof Montréal ne cesse de grandir ; je pense qu’il compte maintenant plus de 1 500 membres. C’est toute une belle communauté », ajoute Sillas Grey.

Une fin de semaine festive

Le concours ne représente qu’une partie de la programmation. Les festivités débuteront le vendredi 31 juillet avec un rassemblement à l’Aigle Noir, où le public pourra rencontrer les personnes candidates. Le samedi 1er août, les portes du Bain Mathieu ouvriront à 18 h pour la soirée du concours. Après le dévoilement de la personne qui portera le titre de Pup Montréal 2026, les célébrations se poursuivront avec une rencontre conviviale avant le très attendu  Kink Playground , organisé avec Bear It, où les DJ Hector Fonseca (Miami) et TRND (Montréal) feront danser les festivaliers jusque tard dans la nuit. Le comité organisateur laisse également entendre qu’un autre événement pourrait venir bonifier cette programmation anniversaire.

Dix ans… et l’histoire continue

Dix ans après sa création, le concours Pup Montréal ne célèbre pas seulement l’élection d’une nouvelle personne titulaire du titre. Il célèbre surtout une communauté qui a grandi, gagné en visibilité et trouvé sa place au sein de Fierté Montréal. Derrière les masques, les queues, les capuchons et l’esthétique canine se trouvent avant tout des personnes qui partagent des valeurs d’entraide, d’inclusion et de camaraderie. Et les festivités ne s’arrêteront pas au Bain Mathieu. Une semaine plus tard, la personne couronnée Pup Montréal 2026 défilera fièrement aux côtés de toute la communauté Pup lors du Défilé de la Fierté, le 9 août, poursuivant ainsi une tradition qui, 10 ans après ses débuts, continue de faire rayonner Montréal comme une ville ouverte à toutes les expressions de la diversité.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | https://www.pupmtl.ca

Billets (5 $) : https://www.bearitmtl.com/kink-playground-2

Esthétique faciale et dentaire

L’expertise dentaire au service de l’harmonie de votre visage

LES INJECTIONS ESTHÉTIQUES

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A Night at the Cabaret au Wiggle Room | PHOTO PASCAL FOREST

Dimanche en Délire avec Monsieur Michel au Bar Le Cocktail | PHOTOS PASCAL FOREST
À Deux à la Place du Village | PHOTO PASCAL FOREST
Montréal Roller Derby à l’Aréna Howie Morenz | PHOTO PASCAL FOREST
Des gérants du Village fêtent leurs barmans au Stock Bar | PHOTO ANDRÉA ROBERT LEZAK
LA TOUTE SOURIANTE ÉQUIPE D'ARBITRES.
DJ HAZE.
LE CONCOURS DE DANSE À DEUX A ATTIRÉ BEAUCOUP DE MONDE À LA PLACE DU VILLAGE.
MONSIEUR MICHEL VOUS REÇOIT AU DIMANCHE EN DÉLIRE AU BAR LE COCKTAIL.
MIAMI MINX.
FRENCHY JONES VOUS ACCUEILLE À SON CABARET LE WIGGLE ROOM ET SON HUMOUR DÉCALÉ PRÉPARE LE PUBLIC À UNE SOIRÉE EXCEPTIONNELLE.
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9e anniversaire du District Vidéo Lounge | PHOTO PASCAL FOREST

Montréal Complètement Cirque - Les Défis Déjantés | PHOTO PASCAL FOREST

Mado reçoit... au Cabaret Mado | PHOTO PASCAL FOREST

Au Stock Bar en juillet | PHOTOS PASCAL FOREST

Samedi mon kiki au Bar Le Cocktail | PHOTOS PASCAL FOREST

MADO VOUS REÇOIT LES VENDREDIS ET SAMEDIS.
LA LANGOUREUSE TRACY TRASH.
LES DÉFIS DÉJANTÉS DE MONTRÉAL COMPLÈTEMENT CIRQUE.
NATHAN ET ISIS DANS LEUR NUMÉRO D'ACROBATIES À ROULETTES.
DANNY ET VINCENT EN COMPAGNIE DES HABITUÉS DE LA TERRASSE AU DISTRICT.
MICHEL ET SES AMIS, DE FIDÈLES CLIENTS VENUS CÉLÉBRER LE 9E ANNIVERSAIRE DU DVL.
POLE DADDY DONNE DES LEÇONS ET DIVERTI LES PASSANTS.
EMMÖTIONAL DAMAGE.

ACT UP MONTRÉAL

Une mémoire militante à découvrir au MEM

Alors que débute Fierté Montréal, le MEM – Centre des mémoires montréalaises présente Deuil actif : Le militantisme esthétique d'ACT UP Montréal, une exposition consacrée à l'un des mouvements les plus marquants de la lutte contre le VIH/sida au Québec.

Présentée du 31 juillet 2026 au 14 février 2027, cette exposition, réalisée en collaboration avec les Archives gaies du Québec (AGQ), plonge les visiteurs au cœur de l'histoire d'ACT UP Montréal grâce à des photographies, affiches, banderoles et autres artefacts issus des archives des militants Michael Hendricks et René LeBoeuf. À travers ces documents, le public découvrira comment, à la fin des années 1980 et au début des années 1990, des militantes et militants ont utilisé l'art, l'humour et des actions coup de poing pour dénoncer l'inaction face à l'épidémie de sida et revendiquer un meilleur accès aux traitements, tout en faisant entendre la voix des communautés touchées. Bien plus qu'un retour sur une période sombre de notre histoire, Deuil actif rappelle le courage, la créativité et la détermination de celles et ceux qui ont refusé de rester silencieux devant une crise qui décimait toute une génération.

Dans notre édition de septembre, Fugues proposera une entrevue exclusive avec les commissaires et les militants ayant contribué à cette exposition afin de revenir sur cette page essentielle de l'histoire des communautés LGBTQ+ montréalaises. 6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | http://agq.qc.ca et https://memmtl.ca Deuil Actif, du 31 juillet 2026 au 14 février 2027, au MEM.

BLUF MONTRÉAL

Célèbrer 10 ans d’une

culture qui continue de rassembler

Depuis dix ans, BLUF Montréal rassemble les passionnés de cuir autour de valeurs de camaraderie, de bénévolat et d'inclusion. À l'occasion de Fierté Montréal, le regroupement célèbre cet anniversaire en rappelant qu'il est l'héritier d'une histoire encore plus ancienne née… à Montréal.

Pendant le plus important week-end de Fierté Montréal, le Village vibrera plus que jamais. Des centaines de milliers de personnes sont attendues sur la rue Sainte-Catherine et dans les environs pour assister aux spectacles, parcourir les kiosques communautaires, profiter des terrasses et célébrer la diversité de la communauté LGBTQ+. Au cœur de cette effervescence, un anniversaire retiendra particulièrement l'attention d'une communauté qui a marqué l'histoire de la culture gaie : celui de BLUF Montréal. Le vendredi 7 août, de 20 h à 22 h, le regroupement soulignera son 10 e anniversaire au bar Le Stud. Une soirée qui permettra de découvrir bien davantage qu'un simple club, mais tout un univers qui continue de se transmettre de génération en génération.

Le cuir occupe depuis longtemps une place bien particulière dans l'imaginaire de la communauté gaie. Des personnages hypermasculins imaginés par le dessinateur finlandais Tom of Finland au célèbre motard incarné par Glenn Hughes au sein des Village People, en passant par les hommes de cuir présents lors des émeutes du Stonewall Inn en 1969, cette esthétique a contribué à façonner l'une des images les plus reconnaissables de la diversité gaie. Derrière les bottes, les vestes et les casquettes se cache toutefois une véritable culture, où les rencontres, le bénévolat, la fraternité et le sentiment d'appartenance occupent une place tout aussi importante que le code vestimentaire.

Une histoire née à Montréal

Peu de gens le savent, mais BLUF — Breeches and Leather Uniform Fanclub — est né à Montréal en 1997. Léon Jacobs, crée alors un site Internet destiné aux amateurs d'uniformes de cuir. Bien avant l'arrivée des réseaux sociaux, son objectif est de permettre à ces hommes de sortir de leur isolement et d'échanger avec d'autres passionnés. Près de trente ans plus tard, cette initiative montréalaise est devenue un réseau international regroupant plus de 4 000 membres dans 55 pays et présent dans 27 villes. Si l'administration est aujourd'hui établie en Angleterre, les racines de BLUF demeurent profondément montréalaises.

Faire revivre la scène cuir

À l'automne 2015, plusieurs amateurs de cuir constatent que les activités qui leur sont destinées se font de plus en plus rares à Montréal. Ils décident alors de relancer officiellement BLUF Montréal , dont les activités reprennent en août 2016. Depuis, le regroupement, entièrement animé par des bénévoles, n'a cessé de multiplier les occasions de

rassemblement. Plus de 100 activités ont été organisées : rencontres mensuelles, soupers, cabanes à sucre, soirées cinéma, participation aux Journées communautaires et au Défilé de Fierté Montréal. « BLUF Montréal est ancré dans la communauté cuir et fétiche de Montréal grâce à l'organisation de plus de 100 événements depuis ses débuts », souligne Claude Valade, cofondateur et organisateur, qui s'investit bénévolement au sein du club depuis sa relance. Aujourd'hui, BLUF Montréal compte 275 membres.

Un anniversaire au cœur de Fierté Montréal

Le 10e anniversaire s'inscrit naturellement dans la programmation de Fierté Montréal. Après la soirée du vendredi au Stud, les membres seront présents à la Journée communautaire du samedi avant de participer, le dimanche, au grand Défilé. « Nous participons chaque année comme club fétiche. Nous sommes régulièrement entre 15 et 20 gars de cuir dans le Défilé », précise Claude Valade.

La soirée anniversaire attirera également des membres provenant de Québec, d'Ottawa, de Toronto et même des États-Unis. « Pour notre 10e anniversaire, on s'attend à accueillir beaucoup de gars de cuir, pas seulement de Montréal », ajoute-t-il.

À travers cette célébration, BLUF Montréal rappelle que la culture cuir ne se résume pas à une esthétique ou à un fétichisme. Elle est aussi faite d'histoire, d'amitié, de bénévolat et de transmission. Dix ans après sa relance, le club continue ainsi de faire vivre, au cœur du Village, l'une des nombreuses facettes qui composent la richesse et la diversité de la communauté LGBTQ+ montréalaise.

La prochaine rencontre mensuelle de BLUF Montréal aura lieu le vendredi 11 septembre, toujours au Stud.6

ANDRÉ C. PASSIOUR apassiour@gmail.com

INFOS | Bar Le Stud, 1812, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Tél. : 514 598-8243 https://www.lestudmontreal.ca

Fiction sonny issues

Coût d’option familials

Sylvain n’est pas du genre à fêter la Fierté. Pas qu’il ait quoi que ce soit contre, mais il n’a pas non plus beaucoup pour. Puisqu’il a longtemps préféré la présence des livres à celle des humains – et que les deux se font encore compétition pour son amour –, se retrouver parmi ces papillons sociaux que sont les gays de party ne lui sert souvent qu’à se dévaloriser par la comparaison.

Aussi, comme il passe la quasi-totalité de son temps à lire et à écrire, il n’a pas grand-chose à offrir à ceux dont une bonne partie du temps libre se résume à faire de la musculation. Et il ne le leur reproche pas; au contraire, une partie de lui leur envie leur capacité à y consacrer autant de temps sans s’ennuyer. Son constant besoin de stimulation cognitive l’empêche, de son côté, d’apprécier cette activité : le mieux qu’il puisse faire, c’est lire sur son vélo stationnaire.

Cette année, pour la première fois cependant, il se sent excité à l’approche des festivités de Fierté Montréal. Pourquoi? C’est la première année qu’il a un incitatif à se mêler aux masses pour souligner la diversité sexuelle. En effet, son copain Julian, qui prévoit, comme chaque année, de défiler dans le contingent de la Coalition des familles LGBT+ avec sa fille Léanne,

l’a invité à se joindre à eux; Sylvain a accepté sans la moindre hésitation, avec un empressement qui l’a lui-même surpris. « Je ne m’attendais pas à ce que mon ermite productif accepte si facilement de sortir de sa tanière pour prendre un bain de foule.

Tu fais cet effort pour Lélé et moi? » « Pas d’effort du tout, souligne Sylvain. Je pense que c’est parce que j’ai toujours voulu contribuer au rayonnement de notre communauté, mais que je n’ai jamais trouvé d’occasions de le faire publiquement – à part par mes publications, mais ça, ça reste semi-public vu le peu d’interactions que ça implique de ma part… » « Oh! n’est-ce pas mignon! Mon petit Sylvain qui devient militant LGBTQ+! Mieux vaut tard que jamais! »

Sylvain tire la langue, mais reste bouche bée – ce qui lui arrive rarement dans une discussion avec des gens qui le mettent à l’aise. Il reste pourtant avec l’impression qu’il y a plus à expliquer que cette justification qui lui est venue spontanément et, comme lorsqu’il cherche à s’inspirer, il préfère laisser à son cerveau le temps de cogiter en arrière-plan sur cette préoccupation. Non qu’il s’y sente obligé : il sait que, s’il insistait un tant soit peu pour creuser le sujet dans le fil de la conversation déjà entamée, Julian le suivrait avec plaisir dans les aléas de sa pensée en train de se faire. Bien que Sylvain pense définitivement plus loin que son copain, ce dernier ne l’accuse jamais de trop penser. Il adhère à la devise de Sylvain à ce propos : « On ne pense jamais trop; seulement parfois dans la mauvaise direction et au mauvais moment. » Sylvain considère que, dans ce cas, si la direction est bonne, le moment est mauvais; il préfère profiter de la présence de Julian plutôt que de l’utiliser pour lui relancer la balle de l’esprit. Ainsi, il se contente de lui voler un baiser et ils poursuivent leur journée.

Sylvain continue donc, presque malgré lui, d’y réfléchir au cours des jours suivants et, comme prévu, il débouche sur des constats qu’il se sent bientôt prêt à présenter à Julian. « J’ai repensé à ce qu’on se disait l’autre fois sur ma participation au défilé. Ça te dirait d’entendre mes idées là-dessus? », lui demande-t-il un soir où ils sont étendus sur le sofa à regarder une télésérie, Léanne endormie depuis longtemps. « Bien sûr », répond Julian en baissant le son de la télévision. « En fait, je ne pense pas être devenu militant LGBTQ+, comme tu le disais. Je pense l’avoir toujours été. Je me suis toujours senti responsable d’utiliser la fiction comme moyen d’augmenter l’ouverture d’esprit de mon lectorat. Un lecteur est déjà plutôt ouvert puisqu’il accepte de se plonger dans le vécu d’un personnage; mais il l’est généralement, pas par rapport à tel ou tel vécu. Je me suis toujours efforcé d’intégrer des personnages marginalisés dans mes histoires, sans que ça en devienne le thème pour autant. Mais là, tu m’offres un moyen de le faire plus concrètement en adressant un message à plus grande échelle. Je pense à tous les hétérosexuels qui seront là, et à tous les enfants de ces parents aussi. »

« Encore faut-il faire confiance à ces parents pour contextualiser ce qui sera présenté à leurs enfants afin que l’exposition mène à l’acceptation. Je ne pense pas que tous les parents soient assez bons pour le faire : plusieurs se contenteront sûrement d’espérer que le fait d’avoir vu du puppy play rende automatiquement leurs enfants plus ouverts. » « Sans doute. Heureusement qu’il y a ce qu’on fait avec Léanne, et ce qu’on fera avec le prochain enfant. C’est dommage que tant de gays ratent la chance de transmettre cette curiosité qu’ils ont développée grâce à leur propre différence. » « En même temps, ça les motive à redonner autrement. J’en connais beaucoup qui font de la philanthropie, du bénévolat, siègent sur des CA... C’est le fait de ne pas avoir d’enfants qui t’a poussé vers ton militantisme d’écrivain, non? Et les parents hétéros en ont déjà beaucoup à gérer juste avec la reproduction physique; il ne faut pas trop leur en demander, je trouve. On a toujours un temps limité pour améliorer les générations futures, et on ne peut pas le faire sur tous les fronts en même temps. » « T’as raison. C’est le calcul que je fais en pensant moins écrire pour devenir père –pour avoir un impact plus concret, quoiqu’à plus petite échelle. » Julian s’émeut : « Tu prévois moins écrire pour notre enfant? » « C’est clair! Tu as bien vu comment je l’ai déjà fait pour Léanne. Imagine ce que je ferai pour un enfant dont je me sentirai encore plus responsable… » « Bien hâte de voir ça! »6

Chroniqueur-es, journalistes, graphiste, photographes, l’équipe de direction; quelques membres de l'équipe seront présent-e-s pour vous rencontrer et discuter avec vous !

Chronique horoscope

Lion

22 juillet au 22 août 2026

Vierge

Vénus voyage chez vous, ça adoucit les angles. Et amène des moments de nostalgie, en pensant à des amours passées. Ou actuelles… Enfin, vous vivrez de bons moments, des chances, sachez les apprécier. Aussi, vous verrez enfin où vous faites une erreur, vous saurez alors comment réagir. Il est normal aussi que vous soyez plus fatigué maintenant, avec la chaleur ou peut-être votre foie gras. Quelqu’un vous fera des confidences.

Balance

Le mois sera agréable, vous vivrez des rapprochements, des soirées avec les amis. Ou votre meilleur copain. Ce sera différent à votre fête, votre révolution solaire est volcanique. Pour tout de suite, on vous aidera à mettre sur les rails un projet intéressant. Vous vivrez du nouveau au travail. Ou vous aurez plus de clientèle si vous êtes à votre compte. Et un de vos amis orbitera très haut dans le ciel. Il ne vous oubliera pas et vous y invitera.

Scorpion

Vous aurez à travailler malgré le temps des vacances. Ou vous aurez à y réfléchir pour régler un problème. Ou pour répondre à une demande précise. Bon temps pour changer de domaine. Ou aller à la retraite. En revenir aussi. Au moins, vous ne vous y ennuierez pas, car vous y trouverez de la passion. Comme un sapiophile, lui-même intéressant. Ou un collègue, assez curieux. Vous serez présent pour vos vieux parents. Et amis.

Sagittaire

Vous rencontrerez le sage de la montagne. Il travaille peut-être avec vous. Ou vous le voyez au gym. Au bar. Il vous fera apprécier ce qui est naturel. Et impérissable. Les vieilles briques ocres. Les autos manuelles, les livres. Il y a des jeunes aussi qui approcheront, ils seront drôles. Et impulsifs, impatients. Possibilité de voyage imprévu, où vous verrez justement de la vieille brique, des pierres ajustées. Des gens simples, religieux et sages.

Capricorne

Il faudra écouter vos instincts et aller voir quelqu’un d’intrigant. Ou tenter une expérience plutôt mystérieuse. Sombre, cachée. Vous y trouverez un morceau de puzzle qui s’intégrera bien chez vous. Vous ne ferez peut-être qu’un rêve, mais il en dira beaucoup. Vous êtes sur le point de mieux équilibrer vos finances, pour vous sentir plus à l’aise. Riche même. Votre vie va changer lentement là où vous l’espériez. En rose, ocre ou écru.

Verseau

Le Soleil arrive en Lion, à la Fierté et au meilleur de l’été. Les fleurs des terrasses sont devenues la forêt et il y a toujours plein de monde pour créer de l’ambiance. Jupiter est aussi arrivé en Lion, le signe du roi. De l’amour, des fêtes et de la noblesse. Le natif du Lion sentira un changement dans l’atmosphère, l’optimisme sera de mise. L’ambition aussi. C’est le temps de s’affirmer, de penser à des projets. Et même mieux, de les activer, d’y mettre des gestes concrets, de l’énergie. Le natif du Lion a l’occasion, au passage de Jupiter, tous les douze ans environ, de créer une nouvelle vie. De se donner des objectifs optimistes. Il n’aura qu’à faire les premiers pas : le chemin apparaîtra tout de suite. Il sera créatif, il trouvera un monde où les autres ne voyaient que le néant. Ou le chaos. L’artiste du Lion saura créer des  œuvres qui rejoindront le public. Il sera reconnu, on lui trouvera du génie. Ses amours seront passionnées, animées. Il s’y affirmera sans gêne, avec les gens qu’il aime. Le Lion est le signe de la progéniture, des enfants. Il devrait vivre des histoires significatives de ce côté. Enfin, Jupiter donnera vie au Lion, il l’encouragera dans tous ses fantasmes. Il lui donnera beaucoup d’appétit aussi. Et Saturne du Bélier l’inspirera pour voyager. Il pourrait aller à un endroit marqué par le destin, en visitant un pays lointain. Mais où il ne se sentira pas trop étranger. Comme s’il y avait déjà vécu. En travaillant sur une barque, en Méditerranée. Ou un catamaran en Océanie. Avec une peau bien bronzée. C’est plus à l’automne et en hiver qu’il aura des chances de partir, alors que les nuits sont plus longues. Ce sera une belle odyssée. Saturne en Bélier présentera au Lion des gens plus âgés, d’une grande sagesse. Et gentillesse aussi, sachant combien il est inutile d’être agressif. Compétitif. Et le pire du pire, violent. Il comprendra bien des vérités ainsi, en réfléchissant longuement. La spiritualité l’attirera, il aimera cette approche de la vie. Il aura l’impression de mieux se réaliser en suivant des guides inspirés. Finalement, le natif du Lion se sentira vivre passionnément au cours des mois à venir, il aura l’occasion de réaliser des rêves. Et de devenir une bien meilleure personne, guidé par Jupiter et Saturne. Bien sûr, il y a Pluton en face, qui le connectera avec ses anciennes vies. Ainsi que ses démons et diablotins passés. Mais ça, c’est un contrat de plusieurs années. Alors bonne fête, noble Lion ! Et joyeuse Fierté à tout le monde ! On se retrouve tous et toutes pour fêter ce moment glorieux ! ROBERT

Jupiter est rendu en face de chez vous, alors que Pluton vous tient bien par les pieds. Au minimum, ça donnera de l’intensité à vos échanges. Vous ferez des rencontres

robertgareauastrologue@gmail.com

avec des gens passionnés. Vivants. Et l’impression d’en connaître un depuis toujours. Vos relations présentes gagneront en chaleur. D’autres deviendront volcaniques avant de se volatiliser. Et ce sera la folie si vous rencontrez un Lion, à la Place Versailles. Invitations à fêter.

Poissons

Les gens fêtent autour, en profitant de l’ambiance des vacances. Mais vous, au contraire, serez plutôt pris au travail. Et les corvées s’additionneront à la maison. Ou dans la famille. Les nuits seront courtes, le sommeil agité. Manger léger, santé, vous aidera. Vous saurez mieux vous organiser aussi. Et faire contribuer les familiers. Et vous aurez souvent des moments de chance, le ciel venant vous aider à minuit moins une.

Bélier

Vous aurez de la facilité à vous amuser, vous fêterez souvent. Vous en aurez l’occasion, car vous serez invité à diverses célébrations. Peut-être même l’anniversaire d’un Lion, sous l’égide de Jupiter. Ça vous permettra de vous ressourcer, vous en avez besoin. Vous vivrez des moments en amour, que vous soyez seul ou non. Vous croiserez souvent des regards éloquents. Insistants. Vous serez créatif, les artistes auront du succès.

Taureau

Vous serez bien chez vous, que vous soyez niché en ville ou à la campagne. Vous recevrez de la visite qui vous remuera. Pour certains, vous aimeriez qu’ils demeurent plus longtemps. Qu’ils s’installent. Vous aurez peut-être la chance de vivre dans plus grand. Et/ou luxueux. En quelques mois, vous auriez ce changement. Aidé par un ami. Un groupe. Vous tenterez de tourner la page sur des histoires passées, de famille proche.

Gémeaux

Mars est chez vous, il vous donnera une énergie vibrante. Un élan optimiste. Vous débuterez ainsi dans divers projets intéressants. Vous serez moins gêné de vous affirmer, dans votre entièreté. Vous oserez révéler presque toutes vos pensées, sans que personne ne vous condamne. Vous irez visiter un endroit qui vous surprendra, ça vous fera réfléchir. Et il y a bien des mages cachés près de vous, des rois orphelins.

Cancer

Mercure vous visite et il vous souffle un nuage de pensées autour de la tête. Vous parlerez à bien des gens. Toutes sortes de personnes, ce sera divertissant. Et mélangeant aussi. Vous tomberez ainsi sur une chance de vous enrichir, à court ou moyen terme. Bien que vous sachiez déjà que vous êtes riche, d’un trésor que les gens ne soupçonnent pas. Jupiter vient de vous quitter et il vous a laissé ce dont vous aviez besoin. C’est merveilleux.6

Bonne Fierté! Happy Pride!

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