Le service public audiovisuel aujourd'hui et demain TV
ÉDITO
INTRODUCTION
CCP 2026, synthèse finale
LE SERVICE PUBLIC AUDIOVISUEL
Une légitimité forte mais une mise en œuvre questionnée
INFORMER
Une mission cardinale entre repère de confiance et exigence de renouvellement
DIVERTIR
Une mission pleinement légitime mais une offre attendue sur un registre plus fédérateur, plus audacieux et plus contemporain
ÉDUQUER / SE CULTIVER
Le territoire le plus naturellement associé au service public
CONCLUSION
S’assumer : rendre la promesse du service public à la fois visible, actuelle et utile
ÉDITO
Dans un paysage médiatique bouleversé par la circulation massive de l’information comme de la désinformation, la puissance des réseaux sociaux et des grandes plateformes internationales, la fragmentation des usages et la défiance à l’égard des institutions, l’audiovisuel public doit sans cesse évoluer pour s’adapter aux attentes des Français.
CETTE CAPACITÉ À CRÉER DU COMMUN CONSTITUE L’UN DES PILIERS DE NOTRE SINGULARITÉ ET
DE NOTRE UTILITÉ.
»
C’est pour mieux appréhender ces attentes et leur accorder toute la considération qu’elles méritent que nous avons décidé de consacrer l’édition 20252026 du Conseil consultatif des programmes à une réflexion collective interrogeant nos missions de service public.
Le Conseil consultatif des programmes est une enceinte de dialogue à laquelle France Télévisions est particulièrement attaché. Cette année encore, les échanges avec les membres du Conseil ont été particulièrement vivants, ouverts et constructifs.
Comme en témoigne ce rapport, ils livrent de nombreux enseignements qui éclairent la force des liens de notre Groupe avec ses publics, ainsi que la grande exigence qu’ils entretiennent à notre regard.
Je tiens donc à remercier l’ensemble des membres du Conseil pour leur implication, ainsi que les équipes de France Télévisions qui ont organisé et participé aux séances tout au long de l’année.
À l’heure où l’audiovisuel public se trouve, aujourd’hui plus que jamais, visé par des interrogations et des
remises en cause au cœur du débat politique et médiatique, les membres du Conseil ont exprimé un fort attachement à notre média. France Télévisions demeure un repère bien identifié, un lieu où l’on vient chercher des faits vérifiés, des savoirs accessibles, des récits qui rassemblent et des émotions partagées. Cette capacité à créer du commun constitue l’un des piliers de notre singularité et de notre utilité.
Ces échanges ont également permis d’exprimer une volonté de conforter la place de la télévision publique dans le quotidien de tous les Français en faisant preuve de davantage d’audace pour investir de nouveaux territoires. Ces recommandations nous invitent à faire preuve d’ambition dans le déploiement de notre stratégie « streaming first » qui vise à accroître le rayonnement de l’offre de service public grâce à un renouvellement de ses formats et une visibilité numérique renforcée.
Autre attente essentielle exprimée par les membres du Conseil, la transparence à l’égard des citoyens s’impose comme un prérequis indispensable pour conforter la confiance qui nous lie à nos publics. Il nous revient de
prendre au sérieux cette exigence en donnant à voir, en expliquant les valeurs qui sont au cœur de l’engagement quotidien de l’ensemble des équipes de France Télévisions, de la responsabilité qui nous anime et de notre fierté d’agir au service de tous.
Par leur qualité et leur richesse, les conclusions du Conseil consultatif des programmes constituent un point d’appui précieux pour compter sur un service public de l’audiovisuel utile à la société et à chacun de nos concitoyens grâce à une offre singulière, exigeante, diversifiée et accessible à tous.
Delphine Ernotte Cunci
Présidente-directrice générale de France Télévisions
INTRODUCTION
CCP 2026, synthèse finale
Le service public audiovisuel continue d’occuper, dans l’imaginaire collectif comme dans les usages, une place singulière. Mais cette singularité se redéfinit aujourd’hui dans un paysage médiatique profondément transformé : puissance des plateformes mondiales, fragmentation des pratiques de consommation, concurrence accrue pour l’attention, circulation massive de l’information, défiance à l’égard des médias et individualisation croissante des rapports aux contenus.
C’est dans ce contexte de bascule des usages et de ruptures sociétales que le Conseil consultatif des programmes de France Télévisions a été invité, tout au long de l’année, à interroger ce que le public attend aujourd’hui et pour demain d’un audiovisuel de service public.
Cette édition du CCP n’a pas seulement eu pour but d’évaluer des programmes ou des marques mais de comprendre quelle relation les citoyens entretiennent aujourd’hui avec l’idée même de « service public » dans l’audiovisuel, quelles valeurs ils y associent, quelles contradictions ils y projettent et sous quelles conditions cette promesse reste désirable et crédible.
Le service public audiovisuel demeure, pour les membres du CCP, porteur d’une promesse spécifique. Parce qu’il est financé collectivement, il n’est pas perçu comme un acteur médiatique parmi d’autres : il est investi d’une responsabilité particulière. De lui, on attend davantage. Davantage de fiabilité, davantage de transparence, davantage de pluralisme, davantage d’attention à toutes les composantes de la société. Là où les médias privés peuvent assumer plus explicitement une ligne, une cible, un ton ou une logique de marché, le service public est spontanément renvoyé à une mission d’intérêt général : informer tous les citoyens, rendre accessibles les savoirs, représenter la diversité des réalités sociales et territoriales, proposer des contenus qui ne seraient pas nécessairement pris en charge ailleurs. Cette exigence supérieure fonde sa légitimité et constitue aussi la mesure à laquelle il est jugé.
Mais cette légitimité forte a pour revers une forme d’injonction contradictoire. Les membres du CCP expriment attendre de France Télévisions qu’il soit différent du privé mais sans être déconnecté
du réel concurrentiel, qu’il assume des missions que d’autres ne remplissent pas mais sans renoncer pour autant à toucher largement, qu’il soit exemplaire mais sans être figé, populaire mais sans être banal, exigeant mais sans être clivant. Ces tensions sont au cœur du regard porté sur lui. Elles expliquent en partie pourquoi la moindre faiblesse, le moindre flou éditorial ou la moindre ambiguïté sont plus sévèrement perçus chez lui que chez les autres.
Les débats du CCP montrent aussi que la question centrale n’est plus seulement celle des missions en elles-mêmes, mais aussi celle de leur traduction concrète. Ce qui ressort est un questionnement sur la lisibilité de l’offre et sur la visibilité des valeurs qui la sous-tendent. Beaucoup reconnaissent, au fil des discussions, l’existence de contenus utiles, qualitatifs mais ils regrettent aussi de les découvrir tard ou par hasard. Le problème ne réside donc pas uniquement dans un déficit d’offre. Il tient aussi à un déficit de repères. Que représente exactement France Télévisions aujourd’hui ? Où se loge la promesse du groupe : sur ses antennes, sur sa plateforme, sur YouTube et les réseaux sociaux, dans certaines émissions, dans certaines incarnations ?
À qui parle réellement cette offre et de quelle manière se rend-elle identifiable dans un univers où l’entrée par la chaîne et la case s’efface au profit de l’entrée par le besoin, l’humeur, le sujet ou l’algorithme ? Derrière la question de la « découvrabilité » se joue en réalité une question plus profonde : celle de la capacité du service public à rester accessible, utile, appropriable et désirable dans un environnement à la demande.
Dans ce contexte, la notion même de « service » retrouve une force particulière. Les membres du CCP attendent du service public audiovisuel qu’il ne se contente pas d’afficher des principes, mais qu’il rende effectivement service. Un service public pertinent est un service qui aide à s’orienter, à comprendre, à découvrir, à choisir, à partager. Il ne suffit plus qu’il existe, il faut qu’il soit ressenti comme utile.
À défaut, sa légitimité tend à devenir abstraite, patrimoniale, voire purement déclarative : on sait qu’il est là, on juge souvent qu’il est nécessaire, mais on ne se sent pas toujours concerné.
Conseil consultatif
Anthony/32 ans, technico-commercial, Chilly-Mazarin (91) - Béatrice/51ans, auxiliaire de bureau, Pacé (35)Blanche/29 ans, secrétaire médicale, Valroufié (46), Blandine,/42 ans, présidente d’association, Lyon (69)Brigitte/67 ans, retraitée, RueilMalmaison (92) - Charles-Albert/37 ans, technicien, Sannois (95) - Christophe, 51 ans, cadre commercial, Paris (75) Claude/46 ans, cadre commercial, Paris (75) - Corinne/58 ans, agent commercial, Saint-Maur-des-Fossés (94)
Cyrille/49 ans, contrôleur, Couilly-Pontaux-Dames (77) - Delphine/52 ans, secrétaire comptable, La Ferté-en-Ouche (61) - Elodie/26 ans, responsable de projet, Marcq-en-Barœul (59) - Elsa/ 32 ans, infirmière, Rillieux-la-Pape (69) Florian/40 ans, chargé d’affaires, Lyon (69) - Jules/35 ans, agent polyvalent, Le Petit-Quevilly (76) - Justine/31 ans, enseignante, Marseille (13) - LaureHélène/49 ans, galeriste, Crach (56) Loïc/64 ans, retraité, Paris (75) Manon/25 ans, commis de cuisine, Harnes (62) - Maro/69 ans, retraitée, La Celle-Saint-Cloud (78) - Matthieu/32 ans, responsable de magasin, Limerzel (56)Nabila/44 ans, analyste financière, Le Pontet (84) - Olivier/46 ans, gestionnaire de projet, Andrésy (78) - Shakir/36 ans, consultant, Fontenay-sous-Bois (94)
Composition du Conseil consultatif
Siméon/27 ans, manager, Paris (75) - Stéphane/61 ans, responsable commercial, Paris (75) - Thierry/64 ans, préparateur courrier, Morsang-sur-Orge (91) - Xiaoyan/42 ans, directrice projet, Suresnes (91) - Yazid/20 ans, étudiant, Chevilly-Larue (94)
LE SERVICE PUBLIC AUDIOVISUEL
Une légitimité forte mais une mise en œuvre questionnée
Le service public audiovisuel demeure un acteur légitime et continue d’être associé à des valeurs positives et même distinctives, dans le paysage médiatique contemporain : fiabilité, accessibilité, une certaine pluralité, le souci de l’intérêt général via ses missions éducatives et culturelles.
À ce titre, France Télévisions n’est pas perçu comme un diffuseur parmi d’autres, mais comme un acteur investi d’une responsabilité particulière : celle de proposer une offre qui dépasse la seule logique marchande et qui garantisse un accès commun à l’information, aux savoirs, à la culture et à certains contenus que les acteurs privés n’auraient pas spontanément intérêt à porter. Cette dimension de repère collectif et de contrepoint à une concentration privée de l’offre médiatique reste fortement présente dans les représentations.
LE SERVICE PUBLIC, C’EST ATTIRER LE GRAND PUBLIC
VERS DES CHOSES QU’IL NE CONNAÎT PAS.
LE SERVICE PUBLIC DOIT RESTER
UNE SORTE DE GARDE-FOU AUDIOVISUEL.
»
Cette légitimité tient notamment à la nature même du lien qui unit le service public à ses publics. Parce qu’il est financé par tous, il fait l’objet d’une exigence plus forte. Les membres du CCP expriment l’idée qu’un média public doit plus qu’un autre : plus de rigueur, plus d’impartialité, plus de transparence, plus de pluralisme, plus de responsabilité dans la manière de traiter les sujets et de représenter la société. Cette attente supérieure n’est pas seulement morale mais aussi politique et civique. Le service public audiovisuel est jugé à l’aune d’une mission d’intérêt général. Là où le privé peut cibler, segmenter, optimiser, France Télévisions est attendu sur sa capacité à parler au plus grand nombre, à tenir ensemble des publics différents et à faire exister un espace commun. Mais cette exigence crée aussi une vulnérabilité particulière : on lui pardonne moins ses biais, ses hésitations ou ses renoncements qu’aux autres acteurs.
« Ce n’est pas gratuit du tout le service public, on le paye par nos impôts. C’est une fausse image de dire que c’est gratuit. »
« L’impartialité ça coûte cher, ça exige de ne pas avoir d’influences extérieures. Si on veut un service impartial, c’est à chacun de nous de le financer. »
C’est là qu’apparaît une tension centrale qui traverse les réflexions du CCP : le service public audiovisuel est attendu sur une différence, mais une différence qui ne doit pas le marginaliser. Les membres du Conseil expriment en substance que France Télévisions doit aller là où le privé ne va pas, prendre en charge ce qui n’est pas immédiatement rentable, faire connaître des contenus, des disciplines ou des sujets moins exposés, tout en restant capable d’intéresser largement. Autrement dit, il ne lui est pas demandé de choisir entre mission et attractivité, mais de tenir les deux ensemble.
C’est précisément cette équation qui rend son positionnement difficile. Les discussions du CCP expriment bien que le public accepte qu’un média de service public ne soit pas régi par les mêmes impératifs que les plateformes ou les grandes chaînes commerciales, mais n’accepte pas pour autant qu’il se retranche derrière sa mission pour justifier des contenus perçus comme faibles, convenus, trop sages ou déconnectés des attentes réelles.
« Le service public audiovisuel devrait aller à des endroits où le privé ne va pas, là où ce n’est pas forcément rentable. »
« Il faut savoir intéresser les gens tout en restant rentable. »
« Il faut que le service public fasse des trucs différents des autres, mais en même temps il faut quand même qu’il fasse des programmes qui marchent, parce que sinon c’est de l’argent foutu à la poubelle. »
« C’est une question d’argent : vous ne pouvez pas acheter des programmes qu’on voit sur Netflix, et si jamais vous mettez un budget énorme, on va vous tomber dessus parce que c’est de l’argent public. Vous jouez au même jeu, mais pas avec les mêmes règles. »
C’est pourquoi la question de la traduction de cette mission devient décisive aux yeux des membres du CCP. Le problème exprimé est celui d’une promesse qui peine parfois à se matérialiser de façon suffisamment nette dans l’offre telle qu’elle est perçue aujourd’hui. Le Conseil exprime sa difficulté parfois à identifier clairement certaines propositions, certaines lignes éditoriales ou certaines entrées de plateforme. Il regrette également aussi qu’une partie de l’offre lui paraisse manquer de relief, de modernité, de désirabilité ou de pertinence. La difficulté n’est donc pas seulement de mieux faire connaître ce qui existe, elle est aussi de proposer des contenus qui donnent envie, qui recréent de l’adhésion et qui puissent concurrencer, non pas en volume ou en moyens, mais
LE SERVICE PUBLIC DEVRAIT ALLER
À DES ENDROITS OÙ LE PRIVÉ NE VA PAS, LÀ OÙ CE N’EST PAS FORCÉMENT
RENTABLE.
en intérêt, les habitudes installées autour des autres chaînes ou des plateformes. Derrière le sujet de la visibilité, les membres du Conseil posent donc un sujet plus structurant : celui de la capacité du service public à demeurer culturellement désirable.
« Moi je regarde beaucoup France Télévisions, mais je pense qu’il y a un sujet de marketing. Si on va sur la plateforme france.tv, c’est classé par catégories, et dans documentaires, on peut retrouver du France 2 ou du France 3. Donc tout cela rajoute du flou. »
« Quelle est la ligne éditoriale de chacune des chaînes de France Télévisions ? Je n’arrive pas à identifier si c’est plus tel ou tel type de contenu. Ma génération ne réfléchit plus comme ça. »
Cette interrogation est particulièrement forte s’agissant des publics les plus éloignés aujourd’hui de l’offre de France Télévisions. Les débats du CCP montrent une inquiétude récurrente autour des jeunes, mais aussi autour de certains
actifs et familles qui, sans être hostiles au service public, ne se sentent pas vraiment concernés.
Le diagnostic n’est pas celui d’un rejet frontal mais plutôt celui d’une distance. Le service public est souvent jugé utile et respectable « en général », « en théorie », « par principe », mais il ne constitue pas toujours un réflexe ni un univers de référence au quotidien, dans les habitudes. Pour les jeunes en particulier, la question n’est pas seulement d’ordre distributif ou promotionnel, elle touche à la représentation même que France Télévisions se fait de ses publics.
Les membresdu Conseil interrogent sa capacité à proposer des formats, des imaginaires, des tonalités capables de parler à des générations qui comparent mécaniquement l’offre disponible à d’autres standards de rythme, d’écriture, d’univers et de personnalisation.
« Avant, on ne se posait pas la question de ce qu’il y avait à la télé parce qu’on zappait. Alors qu’aujourd’hui, moi, quand je rentre chez moi, je vais sur Netflix, je mets le film que je veux au moment où je veux. Aujourd’hui, les programmes s’adaptent à nous, on n’adapte plus nos vies aux programmes. »
« Si j’ai arrêté la télé, c’est parce que des plateformes sont arrivées et qu’on m’a laissé le choix de regarder quelque chose au moment où je le souhaitais. »
« Moi qui suis de la nouvelle génération, je trouve que vous êtes coincés dans une sorte de nostalgie. Les anciennes générations sont à la recherche d’anciens programmes et nous on demande de nouveaux contenus. »
En filigrane, les membres du Conseil rappellent que le service public audiovisuel ne peut durablement se justifier par ses seules valeurs déclarées. Il doit également faire la preuve, dans ses programmes, qu’il comprend les attentes présentes, qu’il sait encore surprendre, qu’il peut offrir des expériences adaptées à des habitudes et à des publics divers, et qu’il ne réduit pas sa différence à un supplément de sérieux ou à une posture institutionnelle. La raison d’être du service public audiovisuel ne vaut que si elle s’incarne dans une offre qui touche réellement les gens, y compris hors du cœur de public déjà acquis. C’est probablement là que se noue, pour France Télévisions, l’enjeu le plus important : non seulement rester légitime, mais redevenir concernant.
JE
VOUS TROUVE EXTRAORDINAIRE, MAIS JE TROUVE QUE LES VALEURS
QUE VOUS SOUTENEZ ET QUE VOUS PORTEZ SONT TRÈS PEU VISIBLES.
»
« Ça manque de programmes qui parlent aux jeunes. Qu’est-ce qu’on dit aux jeunes de 15-20 ans qui sont les contribuables de demain et vont financer le service public audiovisuel ? »
« Si les gens ne voient pas le service public comme étant utile et intéressant pour eux, alors le service public perd complètement toute justification d’existence. »
Cette première partie fait apparaître un service public audiovisuel pris entre deux risques symétriques. Le premier serait de se banaliser en cherchant trop à ressembler aux autres. Le second serait de s’abriter derrière sa mission pour ne pas regarder lucidement ce qui, dans ses contenus, ses formats ou ses incarnations, peut aujourd’hui éloigner certains publics. Entre ces deux écueils, les membres du CCP dessinent une attente exigeante
mais cohérente : celle d’un service public qui assume sa singularité, non comme une exception défensive, mais comme une promesse active faite à l’ensemble de la société. Une promesse de fiabilité, certes, mais aussi de curiosité, de prise de risque, de qualité, d’ouverture et de renouvellement.
« Je vous trouve extraordinaire, mais je trouve que les valeurs que vous soutenez et que vous portez sont très peu visibles. Je trouve que les programmes que vous représentez sont ceux qui définissent le plus le service public. Il faut assumer les missions du service public. »
INFORMER
Une mission cardinale entre repère de confiance et exigence de renouvellement
L’information est sans doute le territoire sur lequel la légitimité de France Télévisions est la plus solidement installée. Dans les débats du CCP, France Télévisions apparaît très largement comme un repère dans un environnement médiatique jugé saturé, fragmenté et souvent anxiogène.
Le Conseil associe dans ce contexte l’information de service public à des qualités de sérieux, de vérification, de recul, de structuration et de relative protection face au sensationnalisme. Dans un univers marqué par la défiance, la véhémence des échanges ou encore la rapidité des flux et la difficulté à distinguer l’information fiable de l’information douteuse, France Télévisions conserve ainsi un certain crédit : celui d’un média censé donner des faits établis, hiérarchiser l’actualité et offrir un traitement plus posé que les chaînes d’information en continu ou les réseaux sociaux.
« J’aime beaucoup le mot refuge. Dans notre société où on ne peut plus faire confiance à qui que ce soit, où il y a beaucoup d’infos fausses, France 2, avec France 5, c’est vraiment un refuge. »
« Le service public est pour moi un réflexe informationnel lorsque je cherche une information plus équilibrée, structurée et rassurante, notamment dans les moments où l’actualité est dense ou anxiogène. »
« Le service public, pour les informations, c’est mon canal privilégié. Les sujets sont présentés d’une manière moins superficielle, plus approfondie. La présentation des sujets est plus structurée et les sujets abordés sont parfois plus variés. »
Cette confiance relative ne signifie pas pour autant que la mission d’informer soit perçue comme acquise ou évidente. Au contraire, elle fait l’objet d’une exigence particulièrement forte. Parce qu’il s’agit du service public, les membres du Conseil attendent
Conseil
davantage qu’une simple transmission de l’actualité : ils attendent un traitement qui aide réellement à comprendre. Cela suppose d’abord une primauté donnée aux faits, à leur vérification, à leur contextualisation et à leur mise en perspective. Cela suppose aussi que l’information soit accessible, intelligible et adressée à des publics très différents via sa capacité à offrir de la pédagogie comme de la profondeur dans la manière de raconter le réel.
Pour autant, les débats du CCP démontrent aussi que la notion de neutralité, souvent associée spontanément au service public, ne suffit plus à résumer ce qui est attendu. D’abord parce qu’elle est jugée floue, parfois trop abstraite, parfois même trompeuse : certains soulignent qu’aucun traitement de l’information n’est totalement neutre et que l’important n’est pas de prétendre à une absence totale de point de vue, mais plutôt de garantir une méthode juste.
Ce qui est recherché, au fond, relève davantage de l’impartialité, du pluralisme, de l’honnêteté intellectuelle et d’une séparation claire entre les faits, leur analyse et les opinions qui peuvent s’y greffer.
« Je n’aime pas le terme de neutralité parce que je ne le trouve pas juste, un peu comme l’objectivité, cela renvoie à l’idée que les journalistes n’ont pas d’avis. Or on a un avis sur tous les sujets. Ce que j’entends plutôt derrière neutralité, à mon sens, c’est que le service public doit être impartial, représenter tout le spectre de la société, des idées, doit mettre les faits avant les opinions. Le pluralisme passe avant la neutralité pour moi. »
« Les trois mots importants sont objectivité, impartialité et pluralisme. C’est assez rare sur les chaînes d’information en continu où l’on ressent plus d’agressivité entre les interlocuteurs. »
LE MAKING OF, LES COULISSES, LA MANIÈRE DONT C’EST FAIT : « »
« Dans le traitement de l’information, il faut être réaliste, il y a toujours du parti pris ; toutefois ce que je demande aux journalistes, c’est de permettre à divers points de vue de s’exprimer. »
Cette attente d’impartialité ne conduit d’ailleurs pas les membres du CCP à demander une information plus froide ou plus désincarnée, mais les conduit plutôt à demander un traitement de l’information plus explicite dans sa méthode. Le Conseil souhaite comprendre comment se fabrique l’information : sur quels critères un sujet est choisi, comment les sources sont recoupées, comment les journalistes choisissent un invité, etc. D’où l’importance, très présente dans les débats du CCP, de contenus montrant les coulisses de l’information, les métiers, les procédures de vérification, les conditions de fabrication des reportages et, plus largement, la réalité concrète du journalisme. Le service public n’est finalement pas seulement attendu sur le fait de bien informer, mais aussi sur sa capacité à montrer comment il informe. Autrement dit, la confiance ne doit pas seulement être le fruit d’un héritage ou un attribut symbolique du service public : elle doit, aux yeux du
ON A BESOIN DE VOIR COMMENT LE JOURNALISME
SE PASSE.
CCP, être activement entretenue par plus de transparence sur le travail journalistique lui-même.
« Les politiques ne sont pas assez contredits, je trouve. Il n’y a pas de contradicteur. Pour moi, c’est ce qui peut manquer aujourd’hui sur l’info chez France Télévisions. »
« L’idée de rajouter du factchecking en direct, je la trouve explosive, mais drôlement intéressante et possible aujourd’hui. »
« Le making of, les coulisses, la manière dont c’est fait : on a besoin de voir comment le journalisme se passe. »
« Il y a une vraie méconnaissance du métier de journaliste, et il y a plein de choses qui sont faites et pas identifiées. »
« La transparence sur l’information et l’honnêteté, ce sont des axes qui permettent d’apporter une crédibilité et qui permettent de construire la confiance. »
Les membres du Conseil décrivent également des pratiques d’information très hybrides : télévision, radio, notifications mobiles, presse en ligne, podcasts, réseaux sociaux, formats courts vus au fil du scroll et formats plus approfondis. Dans cet environnement, le service public ne peut plus seulement se penser comme une destination stable vers laquelle on se tourne à heure fixe, mais doit aussi s’envisager comme un acteur capable de s’insérer dans des routines d’information morcelées. Cela suppose non seulement d’être présent sur différents supports, mais surtout de penser des écritures adaptées à des temporalités et des besoins distincts. Avec pour défi d’adapter la promesse de rigueur à des formats plus mobiles et toujours plus novateurs.
En ce sens, les membres du Conseil expriment la fonction très concrète que l’information de service public devrait remplir dans la vie quotidienne des publics. Les attentes exprimées ne portent pas uniquement sur les contenus au sens classique, mais aussi sur la manière d’organiser une offre informative adaptée à des besoins variés.
Certains veulent comprendre rapidement l’essentiel d’une actualité, quand d’autres souhaitent approfondir, ou d’autres encore cherchent un traitement contradictoire ou un format pédagogique. Dans les débats du CCP revient ainsi l’idée qu’un service public de l’information doit être capable de proposer plusieurs niveaux de lecture directement accessibles d’un même sujet : des formats très courts pour saisir les faits, des formats intermédiaires pour les remettre en contexte et des formats plus longs pour entrer dans la complexité. Ce qui est demandé, c’est une offre d’information mieux ordonnée via des formats d’actualité hiérarchisés par besoins et ajustés aux usages.
« Si je veux m’informer en 30 secondes, je dois avoir un format du service public qui m’informe en 30 secondes. Si je veux m’informer en 3 minutes, il me faut un truc de 3 minutes. Un format pour juste avoir les faits. Ou un format qui me permet d’avoir deux opinions différentes sur la même actu. »
« Plus de lisibilité, plus de hiérarchie. Je trouve l’offre honnêtement pas claire du tout aujourd’hui. Si on a besoin d’être juste au courant ou si on a besoin de décrypter, d’approfondir, je veux savoir directement sur quoi me brancher. »
« J’aime bien l’idée d’une “super-synthèse” très courte sur l’actu avec des liens vers différents autres formats pour approfondir. »
Les discussions du CCP tendent à faire émerger une idée forte : pour ses membres, le service public de l’information ne doit plus seulement être un média de confiance, mais il doit devenir plus nettement un « média-guide ». Il lui est demandé d’aider les publics à s’orienter dans la masse des contenus disponibles, de donner des repères, de distinguer l’essentiel de l’accessoire, de fournir des clés de compréhension, de signaler ce qui mérite approfondissement.
Cette attente apparaît aussi bien dans les remarques sur la hiérarchisation de l’actualité que dans les demandes de formats synthétiques, de renvois vers des contenus complémentaires ou d’articulation plus fluide entre les différentes profondeurs de traitement.
« Ce que j’attends d’un média public : la profondeur dans l’analyse des sujets, le temps alloué aux sujets et la diversité des sujets traités. »
Cette fonction de guide ne vaut pas seulement pour l’accès aux faits, mais aussi pour l’exercice démocratique lui-même. Pour le CCP, l’information de service public est attendue comme le lieu d’organisation du débat collectif, à condition de ne pas céder aux formes les plus caricaturales de confrontation médiatique. Les membres du CCP expriment à la fois une attente de contradiction (notamment face aux responsables politiques ou aux invités qui déroulent trop facilement leurs éléments de langage) et une fatigue à l’égard des formats trop bruyants ou trop polarisés. Ils attendent des dispositifs qui rendent les divergences intelligibles,
qui permettent l’expression de points de vue différents et qui contribuent à faire circuler la parole entre des mondes sociaux, territoriaux ou politiques qui ne se rencontrent plus spontanément.
Les réflexions du CCP se sont également aventurées au-delà du journalisme d’actualité au sens strict pour élargir la mission informative à une mission d’éducation critique face aux transformations technologiques. Autour de la question des fake news, des algorithmes, de l’intelligence artificielle et des nouveaux circuits de production de l’information. Le CCP n’attend pas seulement de France Télévisions qu’il dénonce les manipulations ou rectifie ponctuellement des erreurs.
PRENDRE UN RÔLE DE LEADER SUR CES QUESTIONS
ET
PROPOSER
UN OUTIL UN CHATBOT POUR VÉRIFIER UNE INFORMATION.
»
Il attend du service public qu’il donne des outils pour mieux se repérer soi-même, qu’il explicite les risques en accompagnant l’autonomie critique des publics et qu’il puisse même expérimenter des formes renouvelées de vérification ou de pédagogie autour de la fabrique de l’information. Ici encore, la mission du service public ne se réduit pas à produire des contenus fiables : elle consiste aussi à outiller les citoyens pour qu’ils puissent mieux naviguer dans un univers informationnel devenu techniquement et cognitivement plus complexe.
« Le but du service public est de donner les bonnes pratiques, accompagner à utiliser l’IA, mais aussi à être critique vis-à-vis de celle-ci. »
« Prendre un rôle de leader sur ces questions et proposer un outil, un chatbot pour vérifier une information. »
C’est sur le terrain de l’information que France Télévisions bénéficie probablement du socle de légitimité le plus solide. C’est aussi sur ce terrain que les attentes de renouvellement sont les plus précises. Le public ne demande pas au service public de renoncer à ce qui fait sa force
(la vérification, le sérieux, le temps long, la qualité) mais il lui demande au contraire de rendre ces atouts plus opérants dans les usages d’aujourd’hui.
La mission d’informer demeure au cœur de l’identité du service public audiovisuel, mais elle ne peut plus être pensée comme une simple position d’autorité. Elle doit, selon le Conseil, se traduire de manière plus tangible dans des formats, des parcours et des dispositifs qui aident effectivement chacun à comprendre le monde, à se tenir au courant de l’actualité et à exercer son jugement.
DIVERTIR
Une mission pleinement légitime mais une offre attendue sur un registre plus fédérateur, plus audacieux et plus contemporain
Les débats du CCP rappellent d’abord une évidence parfois sous-estimée : divertir est pleinement une mission de service public.
Si l’information fonde la confiance, le divertissement (au sens large) met à l’épreuve la capacité de France Télévisions à être choisi. Car le divertissement n’est pas perçu comme un registre secondaire, ni comme une concession faite à la logique d’audience.
Au contraire, il est pensé par le Conseil comme l’un des moyens par lesquels un média public peut rassembler via des expériences et des émotions communes.
Ses membres insistent sur cette fonction de cohésion : le divertissement est ce qui permet de se retrouver en famille, entre générations, entre publics différents, autour de moments accessibles à tous.
Le service public est attendu non seulement sur sa capacité à informer ou à transmettre, mais aussi sur sa faculté à proposer des rendez-vous qui créent du lien, suscitent du plaisir et amortissent le caractère morose voire anxiogène de l’actualité.
« Une des missions du service public, c’est sa capacité de rassembler et de fédérer, de favoriser la cohésion de sa famille, et plus largement la société. »
« Quand j’entends "sport à la télé" je pense surtout aux grands moments collectifs plus qu’au sport en lui-même. Finalement, pour moi, le sport à la télévision devient intéressant quand il raconte quelque chose de plus grand que la performance : une identité, une culture, une histoire, une émotion collective. »
Là encore, le Conseil n’oppose pas frontalement divertissement et exigence. Ce qui ressort des débats, c’est au contraire l’idée qu’un divertissement de service public devrait savoir conjuguer plaisir et intelligence. Il ne s’agit pas d’en faire un divertissement purement pédagogique, mais il s’agit plutôt d’affirmer qu’un programme populaire peut aussi être stimulant, qu’un jeu peut produire de la réflexion, qu’un grand format de divertissement peut mettre en scène la société, faire découvrir des talents, des territoires, des univers culturels, ou encore donner à voir des expériences humaines.
Conseil consultatif des programmes
Divertir : une mission pleinement légitime mais une offre attendue sur un registre plus fédérateur, plus audacieux et plus contemporain
J’AVAIS ADORÉ "SAMBRE" ET "L’AFFAIRE D’OUTREAU",
C’ÉTAIT DE TRÈS GRANDE QUALITÉ ET ÉCLAIRANT SUR LA SOCIÉTÉ.
« Apprendre et se divertir sont compatibles pour moi. »
« On apprend aussi avec France Télévisions en se divertissant. Son rôle est de vulgariser et de rendre accessibles des notions un peu plus complexes. Vraiment vulgariser le savoir et le rendre accessible. »
C’est sur le terrain de la fiction que les débats du CCP se sont révélés les plus riches et les plus ambivalents. Le Conseil reconnaît d’abord nettement à France Télévisions une place importante et crédible dans le paysage de la fiction française via notamment sa capacité à porter des propositions solides et ambitieuses. Certaines œuvres récentes ont marqué le public et apparaissent comme des démonstrations convaincantes de ce que peut produire une fiction de service public lorsqu’elle s’empare de sujets de société sensibles : elles montrent que France Télévisions sait proposer des récits à fort impact, capables de nourrir le débat et de faire événement.
« Concernant L’Affaire Laura Stern, je trouve que France
Télévisions a fait une bonne pub qui m’a donné envie de voir cette série. C’est une thématique qui nous concerne tous, je pense aussi que c’est pour ça que ça a marché. »
« J’avais adoré Sambre et L’Affaire d’Outreau, c’était de très grande qualité et éclairant sur la société. »
Pour autant, cette reconnaissance s’accompagne d’une réserve récurrente sur l’équilibre d’ensemble de l’offre. La critique formulée par les membres du CCP vise notamment l’impression générale laissée par l’offre de France
Télévisions : une dominante de polars, de thrillers, de récits sombres, fortement adossés à des enjeux criminels ou sociaux. Ce registre constitue incontestablement un territoire de compétence pour France
Télévisions mais son poids tend à structurer l’image globale de l’offre au point d’en estomper la diversité réelle.
Le CCP reconnaît qu’il existe aussi des propositions plus singulières, plus décalées ou plus légères. Néanmoins, elles restent moins saillantes dans les perceptions, comme si la force du territoire policier finissait par absorber une partie de la variété du catalogue.
« Je trouve que c’est trop franco-français... Il manque un programme "WOW" que tout le monde a envie de regarder, il manque un grand truc qui marque. »
« Je trouve ça répétitif. Il faut varier avec des séries comiques pour un peu de gaieté, car il y a trop de séries policières. Aujourd’hui il manque un Fais pas ci fais pas ça ou un Dix pour cent. »
« Si on veut sortir du polar ou de la série française, on est un peu limité. »
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’attente de rééquilibrage exprimée par le CCP. À côté de ces réussites dans le genre de la fiction policière ou sociale, le public reste en attente de grandes séries plus rassembleuses et plus intergénérationnelles, plus chaleureuses, au registre plus positif.
« J’attends une bonne comédie, une série populaire. On dit qu’il faut réduire les clivages, réconcilier les gens. Ce genre de chose, ça peut rassembler. »
« La forme, la couleur des séries est un peu terne, fade, il faudrait redonner de la forme, donner un peu de peps. »
« Une série avec des personnages de plusieurs générations différentes, sur plusieurs époques. »
Conseil consultatif des programmes
Divertir : une mission pleinement légitime mais une offre attendue sur un registre plus fédérateur, plus audacieux et plus contemporain
"BISTRONOMIA"
M’A AGRÉABLEMENT SURPRISE, CAR ON DÉCOUVRAIT UN UNIVERS QUE « LA FICTION TÉLÉ EXPLORE RAREMENT DE CETTE FAÇON.»
Cette attente de rééquilibrage ne concerne pas seulement les tonalités émotionnelles mais touche aussi aux genres et aux univers explorés. Les échanges montrent une envie de plus grande variété : davantage de comédies, de séries humoristiques, de propositions historiques plus spectaculaires, de récits liés au sport, à certains univers culturels français (comme la mode ou la gastronomie), mais aussi des tentatives plus affirmées dans le fantastique, la science-fiction ou l’animation adulte. Derrière cette diversité de suggestions, une idée forte se dégage : le service public est attendu sur sa capacité à élargir son imaginaire, à sortir d’une partie de ses habitudes narratives et à montrer qu’il peut aussi surprendre.
« On a pensé à explorer le fantastique, la science-fiction. Tenter des séries d’animation pour adulte, des trucs novateurs. »
« Bistronomia m’a agréablement surprise, car on découvrait un univers que la fiction télé explore rarement de cette façon. »
« Pourquoi pas une série sur le sport. Une série judiciaire, qui suit tous les métiers d’un procès. Et pourquoi pas la religion, dans une dimension comique, un peu poil à gratter. »
« Parfois il peut y avoir une très bonne intrigue mais c’est filmé à la française, il n’y a pas trop de montage, ça manque de fluidité… »
« S’inspirer des grands romans français ou placer des histoires dans des époques précises qu’on a envie de découvrir comme l’a fait Xavier Giannoli dans Illusions perdues. »
Les mêmes attentes se retrouvent dans les échanges sur les jeux et les divertissements. Là aussi, les membres du Conseil reconnaissent l’existence de programmes et de rendez-vous importants, mais ils expriment le souhait de formats plus joueurs, plus vivants, plus audacieux dans leurs mécaniques comme dans leurs incarnations.
Reviennent ainsi des envies d’interactivité, de formats d’aventure, de variété, d’humour, de programmes plus immersifs, ou encore d’émissions mettant davantage en scène des personnes ordinaires, des familles, des différences d’âge, de milieu ou de
territoire. Le CCP suggère que le service public peut être plus libre qu’il ne l’est parfois dans sa manière de concevoir le plaisir télévisuel : moins retenu, moins sage, moins prisonnier d’une définition trop étroite de ce qu’un média public s’autorise à faire. Ce qui est interrogé plus profondément, c’est la capacité des contenus eux-mêmes à susciter l’envie et in fine à recréer un réflexe ou une attente autour de France Télévisions.
« On voudrait que vous vous lâchiez un peu. On cherche du dépaysement, on voudrait que vous rattrapiez le retard que vous avez face à la concurrence. »
Conseil consultatif des programmes
Divertir : une mission pleinement légitime mais une offre attendue sur un registre plus fédérateur, plus audacieux et plus contemporain
MONTRER QU’IL EST POSSIBLE D’ÊTRE À LA FOIS POPULAIRE, « EXIGEANT ET CRÉATIF. »
populaires, émotionnels. Sans être transposable tel quel à l’ensemble de l’offre de divertissement, cet exemple rappelle qu’il existe toujours une attente forte de moments partagés, de programmes qui donnent le sentiment de participer à quelque chose de collectif.
« Les JO ont été un moment exceptionnel. On s’est tous retrouvés devant nos athlètes sur France Télévisions, on partageait et on vibrait ensemble. »
« Il faudrait sortir des sentiers battus pour marquer le public, pour qu’on ait une idée de ce qu’on peut trouver sur France Télévisions parce que tout le monde en parle. »
« Par exemple des Vis ma vie mais version sociale, sociétale, sous l’angle de l’échange un peu comique entre générations ou parties de la société qui ne se parlent pas. »
« L’offre est un peu vieillotte. Peut-être par volonté de rester neutre et lisse car vous êtes le service public... Mais ça ne ferait pas de mal de dépoussiérer tout ça, d’oser des choses. »
« Casser les codes classiques de la télé, mettre en avant tout ce qui est interaction avec le public. Créer des jeux plus marrants, comme des jeux d’aventure style Koh-Lanta ou Pékin Express avec des gens qu’on n’imagine jamais faire ça. Comme Loups-Garous ou Les Traitres. »
Le sport, à cet égard, fonctionne, dans les débats du CCP, comme un contre-exemple stimulant.
Les grands événements sportifs montrent que France Télévisions sait encore créer des rendez-vous
Les échanges autour de la notion de « divertissement » entendue au sens large dessinent une attente assez claire mais ardue. La promesse de divertir du service public ne consiste pas seulement à proposer autre chose que l’audiovisuel privé, elle consiste à montrer qu’il est possible d’être à la fois populaire, exigeant et créatif.
Car s’il lui est reconnu des réussites, une légitimité et une capacité réelle à porter des sujets forts (Laura Stern) ou des bénéfices ludiques et cognitifs (100% logique), cette reconnaissance ne suffit pas à dissiper une frustration persistante : celle d’une offre encore trop dominée, dans sa perception globale, par certains registres, et insuffisamment dentifiée à des programmes plus lumineux, plus fédérateurs, plus audacieux. En définitive, le Conseil n’attend pas que le service public renie sa singularité, mais qu’il l’étende davantage.
ÉDUQUER / SE CULTIVER
Le territoire le plus naturellement associé au service public
La culture et les savoirs constituent sans doute le territoire à la plus forte légitimité symbolique pour France Télévisions.
Dans les débats du CCP, cette mission est presque consubstantielle à l’idée même de service public audiovisuel.
Les offres de France 5, de France 4, les grands documentaires, les magazines d’histoire, les spectacles filmés, mais aussi Okoo et Lumni nourrissent fortement cette représentation d’un groupe capable de proposer des contenus utiles, enrichissants et accessibles.
Cette mission est d’autant plus reconnue qu’elle apparaît comme l’un des lieux où la différence entre service public et offre privée garde le plus de sens. France Télévisions est crédité d’une capacité particulière à rendre accessibles des savoirs, des œuvres, des sujets de société ou des expériences culturelles qui ne relèvent pas nécessairement de logiques le plus immédiatement rentables. Les membres du CCP valorisent à cet égard une culture non élitiste, capable de faire entrer des publics divers dans des univers qu’ils n’auraient pas forcément fréquentés seuls : histoire, patrimoine, littérature, spectacle vivant, documentaires de société, découvertes géographiques ou environnementales.
« Je fais une association naturelle entre culture et France Télévisions, compte tenu de la mission de service public qui est la sienne. »
« C’est le service public qui a porté des émissions comme C’est pas sorcier ou Il était une fois... »
« La culture et France Télévisions sont associés pour moi à la chaîne France 5. Je retrouve beaucoup de documentaires historiques, artistiques sur cette chaîne. »
« France Télévisions fait des émissions culturelles accessibles à tous. Il remplit bien son rôle d’éducation en touchant des personnes qui n’ont pas accès à toute la culture dans leur environnement. »
Conseil consultatif des programmes
Éduquer / se cultiver, le territoire le plus naturellement associé au service public
LUMNI,
JE L’UTILISE BEAUCOUP AVEC MES ÉLÈVES,
C’EST UNE PLATEFORME QUI PERMET DE SE RECENTRER SUR TOUT CE QUI EST DIT, D’AVOIR UNE SOURCE FIABLE POUR LES ÉLÈVES.
»
Les discussions autour de la mission d’ « éduquer » et sur la portée de ce terme, jugé trop vertical, suggèrent que la mission du service public n’est pas pensée comme une mission prescriptive ou surplombante, mais comme une mission d’émancipation avec l’idée d’outiller, d’accompagner : proposer des ressources fiables, ouvrir des portes, faciliter l’accès aux savoirs, donner des repères, permettre à chacun d’aller plus loin selon ses besoins, son âge ou sa curiosité. Autrement dit, ce qui est attendu n’est pas un magistère culturel, mais un service public de transmission.
« Éduquer, c’est un mot sur lequel on a buté ; on préfère le mot instruction. France Télévisions doit instruire. Il faut que ce soit un outil pour s’épanouir et se faire son propre avis. »
« L’esprit critique, c’est le rôle de l’école et des parents, ce n’est pas le rôle de France Télévisions, qui doit de son côté plutôt nous donner les pièces pour juger. »
Dans ce paysage, Lumni et Okoo occupent une place tout à fait à part. Les deux offres apparaissent comme des propositions particulièrement convaincantes de ce que peut être un service public audiovisuel concret, utile et différenciant. Okoo est salué
pour son environnement sécurisé, sans publicité, sa structuration par âge et la qualité de ses contenus pour enfants. Lumni, de son côté, est perçu comme un outil extrêmement utile, à la fois clair et simple d’accès, en phase avec les besoins d’accompagnement scolaire, comme allié des élèves, des enseignants et des parents. Tous y voient une ressource de confiance et de qualité pour les familles et un moyen de limiter le recours à des sources moins fiables ou moins adaptées, dans un cadre protecteur.
« France Télévisions peut aussi nous apprendre à apprendre, donner des clés de pédagogie pour les parents. On peut être accompagnés dans comment accompagner notre enfant. »
« Lumni, je l’utilise beaucoup avec mes élèves, c’est une plateforme qui permet de se recentrer sur tout ce qui est dit, d’avoir une source fiable pour les élèves. »
« Lumni pendant le covid nous a enlevé une épine du pied énorme, ça a embarqué les enfants, tout en nous libérant du temps. »
« Okoo, j’ai découvert par hasard et je trouve ça génial, l’application est top, on peut filtrer par âge, il y a un accès de qualité qui évite toutes les pubs et conneries qu’on peut avoir par ailleurs. »
Le CCP reconnaît à France Télévisions une offre riche et variée : documentaires historiques, formats scientifiques, émissions littéraires, programmes de voyage, concerts, théâtre, danse, humour, valorisation de jeunes artistes,
Éduquer / se cultiver, le territoire le plus naturellement
captations de spectacles ou grands rendez-vous culturels. Beaucoup soulignent qu’il y a là un vrai service rendu de démocratisation culturelle, notamment pour des publics qui n’iraient pas spontanément au théâtre, à l’opéra, à certains concerts ou à des expositions.
« Le théâtre à la télé, c’est top, on peut se régaler. La sensation est différente qu’en vrai, mais ça me permet de voir des pièces de théâtre alors que mon budget ne me permet pas d’y aller fréquemment. »
« Le rôle de France Télévisions, c’est de montrer à la télé ce qui se passe sur la scène culturelle française. France 4 le fait très bien, il faudrait élargir à d’autres domaines artistiques. »
« Diffuser le grand concert de la Fête de la musique, c’est de la culture et en même temps une fête populaire qui rassemble. »
« Faire découvrir ou redécouvrir les classiques comme Le Bourgeois gentilhomme ou Le Lac des cygnes mais en très vivant, très interactif. »
Ces différentes propositions ne souffrent donc pas d’un déficit de légitimité. Instruire, transmettre, ouvrir à la culture : sur ce terrain, France Télévisions est « chez elle ». Pourtant, les échanges du CCP montrent que cette vocation reconnue n’est pas toujours celle qui s’impose le plus naturellement dans les pratiques effectives des publics. Elle peut éprouver un déficit de présence dans les usages et dans les repères spontanés. Ce constat ne renvoie pas seulement à un sujet de communication. Mais semble signifier aussi quelque chose de plus profond sur la difficulté qu’a encore France Télévisions à faire de ses plateformes et de ses contenus éducatifs et culturels de véritables réflexes, y compris lorsqu’ils sont perçus comme très utiles une fois découverts. Là encore, la question est à la fois de mieux faire connaître l’existant mais aussi de s’assurer que ces offres s’inscrivent dans les habitudes, qu’elles soient identifiables, désirables et suffisamment actuelles pour susciter l’adhésion au-delà des publics déjà convaincus.
« Moi je ne connaissais pas du tout, je trouve ça intéressant, enrichissant. Mais il n’y a pas de visibilité. Il faut savoir que ça existe. »
« N’ayant jamais vu la rubrique ‘culture’ sur la plateforme, j’ai eu du mal à associer un contenu de France Télévisions au thème de la culture. »
Certains peinent à identifier ce que recouvre exactement la « culture » dans l’offre de France Télévisions, en image comme de manière plus tangible sur la plateforme. D’autres estiment que l’offre culturelle existe bien mais qu’elle gagnerait à être davantage structurée autour de repères plus nets, notamment de propositions plus fortement éditorialisées. Plusieurs remarques suggèrent aussi une attente de modernisation car même si l’offre culturelle s’est ouverte ces dernières années, elle semble encore pâtir de son héritage et de son image d’offre « institutionnelle », de culture « officielle ».
Le CCP attend davantage de marqueurs d’actualisation, notamment autour du ton, des incarnations, de formats plus attractifs, de passerelles entre les époques, les univers culturels « académiques » et la pop culture, de contenus en prise avec l’actualité des œuvres, des artistes ou des grands événements culturels.
« Le mot clé est "sans effort". Aujourd’hui, on est face à une contraction du temps disponible (…) Comment introduire la notion de plaisir et de satisfaction et comment accrocher l’auditoire ? »
« Faire des formats plus courts, des contenus forts et percutants. Comme France Télévisions le faisait avec D’art d’art ! par exemple. S’adapter au public, inciter à la découverte. »
« Une émission qui n’attire pas, ce n’est pas forcément la faute du sujet qui ne convient pas, mais bien souvent plutôt sa conception, son format. »
FAIRE DÉCOUVRIR, C’EST PROPOSER DES PROGRAMMES QU’ON NE CONNAÎT PAS, « NOUS FAIRE SORTIR DE NOTRE ZONE DE CONFORT.»
Cette question rejoint d’ailleurs l’un des débats les plus intéressants de cette thématique : faut-il choisir entre exigence et attractivité ? Les discussions entre membres du Conseil montrent assez clairement que tous refusent cette alternative. Ils ne demandent pas à France Télévisions de simplifier à outrance la culture pour toucher davantage de monde, mais plutôt qu’elle travaille mieux ses portes d’entrée, ses formats, son ton, son rythme et sa capacité à donner envie. Plusieurs remarques vont dans ce sens : une émission qui n’attire pas n’est pas forcément rejetée à cause de son sujet, mais parfois à cause de son concept, de son ton, de son incarnation, etc. Le public n’oppose pas la densité intellectuelle d’un contenu à sa désirabilité. Il attend du service public qu’il sache précisément tenir ensemble les deux.
Cette attente est particulièrement forte lorsqu’il s’agit de toucher des publics plus jeunes ou plus éloignés des offres culturelles traditionnelles. À plusieurs reprises, les membres du CCP laissent entendre que le défi n’est pas seulement de préserver une offre culturelle de qualité, mais de la reformuler pour qu’elle entre davantage dans les usages actuels. Cela
peut passer par des formats plus courts, des séries documentaires plus identifiables, des entrées plus thématiques, des propositions plus ludiques ou immersives, des contenus davantage pensés directement pour une circulation numérique. Là encore, l’enjeu n’est pas de renoncer à la mission culturelle du service public, mais de s’assurer que cette mission ne reste pas cantonnée à des formes perçues comme trop télévisuelles ou trop classiques.
« Faire découvrir, oui, c’est proposer des programmes qu’on ne connaît pas, nous faire sortir de notre zone de confort. »
« Ils ont ce truc où ils ne se font pas confiance, où en fait ils s’enferment eux-mêmes dans leur posture un peu "service public", sérieuse, etc., qui les empêche, en fait, de proposer des choses un peu innovantes, audacieuses. »
« Ils peuvent aller plus loin en matière de créativité... Sous l’angle un peu "service public" dénicheurs de talents. Par exemple via une école de jeunes talents dans la création, une école de formation de comédiens, un peu sur le modèle d' On ne demande qu’à en rire. Ou une école de scénaristes... »
Au fond, les conclusions du CCP font apparaître un constat plutôt favorable mais exigeant. La mission d’éduquer et de cultiver est probablement celle qui correspond le plus naturellement
à l’image que les publics se font du service public audiovisuel. France Télévisions y dispose d’atouts réels, reconnus notamment à travers ses documentaires, certaines émissions culturelles, le spectacle vivant, Okoo ou Lumni. Mais cette force symbolique ne doit pas masquer un enjeu important : pour continuer à faire sens, cette mission doit être davantage réactivée que préservée.
Elle doit être rendue plus présente, plus actuelle, plus repérable et surtout plus pertinente pour des publics qui ne demandent pas moins de culture ou moins de savoirs, mais des formes d’accès plus contemporaines, plus fluides et plus désirables.
CONCLUSION
S’assumer : rendre la promesse du service public à la fois visible, actuelle et utile
Au terme de cette année d’échanges, une idée s’impose avec netteté : les membres du CCP ne remettent pas en cause le principe même d’un service public audiovisuel. Ils continuent au contraire de lui reconnaître une légitimité forte, fondée sur sa mission d’intérêt général, sur son rôle de repère dans un univers médiatique fragmenté et sur sa capacité à incarner autre chose qu’une simple logique de marché.
Ce qui se joue, en revanche, c’est moins la validité de cette promesse que sa capacité à la faire résonner de manière concrète dans la vie des publics. Autrement dit, le sujet n’est pas : « le service public a-t-il encore une raison d’être ? », mais plutôt : « comment cette raison d’être se prouve-t-elle aujourd’hui, dans les usages, dans les contenus et dans la relation avec les publics ? ».
La légitimité du service public ne se décrète plus seulement par sa mission, elle se joue dans la preuve qu’il apporte une valeur propre à chacun et cela sans renoncer à sa vocation collective.
C’est en ce sens que le Conseil incite France Télévisions à « s’assumer ».
S’assumer d’abord comme acteur singulier.
Les débats du CCP montrent bien que France Télévisions n’est pas attendu sur un alignement avec les plateformes ou les chaînes privées, mais sur une différence claire, lisible et revendiquée. Le service public n’a pas à justifier son existence en ressemblant davantage aux autres, mais il doit au contraire montrer plus nettement ce qu’il apporte de spécifique, ce qu’il rend possible, ce qu’il protège, ce qu’il ouvre, ce qu’il relie.
Mais s’assumer, aujourd’hui, suppose aussi de s’actualiser L’un des enseignements majeurs du CCP est que les cadres historiques de la télévision ne structurent plus à eux seuls le rapport du public aux contenus. Ce ne sont plus prioritairement les chaînes, les grilles ni les horaires qui organisent les choix, ce sont de plus en plus les besoins du moment, les centres d’intérêt, la viralité qui commandent les usages sur les plateformes, au sein des parcours de recommandation.
Dans ce contexte, le service public doit faire la preuve qu’il comprend les nouvelles logiques d’attention, sans abandonner ce qui fait sa valeur propre. Cette actualisation ne relève pas seulement d’un enjeu de circulation ou de mise en avant des contenus. Les discussions l’ont montré avec constance : la question n’est pas simplement que les publics trouvent le service public, mais qu’ils le trouvent « utile pour eux-mêmes ».
C’est sans doute là que se situe le vrai critère de légitimation pour le service public aujourd’hui.
Car un service public que l’on repérerait mais sans jamais se sentir concerné par lui est un service public fragile. Pour continuer à défendre son existence, France Télévisions doit donc apparaître non seulement comme un bien commun de principe mais aussi comme une ressource concrète dans la vie des gens.
Les attentes exprimées par le CCP ne relèvent ni d’une demande de rupture totale ni d’une défense conservatrice de l’existant. Elles dessinent plutôt une ligne d’équilibre exigeante : rester fidèle à la mission sans se figer dans ses formes anciennes, préserver l’exigence mais pas dans une posture d’institution, parler à tous sans produire des contenus qui ne semblent plus parler à personne en particulier. Les membres du Conseil ne demandent pas au service public d’être moins luimême, ils demandent qu’il le soit davantage, mais dans un langage et dans des propositions qui fassent sens aujourd’hui.
Un service public audiovisuel fort est un service public qui ne demande pas seulement à être défendu mais qui donne des raisons d’être choisi.
La Direction du marketing relationnel et la Direction de la stratégie éditoriale de France Télévisions tiennent à remercier chaleureusement les conseillères et les conseillers de ce 17e Conseil consultatif des programmes pour la qualité de leurs contributions et leur implication constante :
Daroux Anne, Sonia Djallali, Julia Girot-Benedetti, Carole Le Berre, Céline Limorato, Catherine Lottier, Célia Mériguet, Romain Messy, Amandine Roussel
Directrice du marketing relationnel : Chantal Néret
Directrice de la stratégie éditoriale : Tiphaine de Raguenel
Responsable coordination direction du marketing relationnel – Pilotage du Conseil consultatif des programmes : Anne-Laure Mosser
Accompagnées de Jean-Maxence Granier, Florian Jésupret Ferté, Noémie Léné, Anne-Claire Dasse de l’agence marque et média Think-Out
En savoir plus sur le Conseil consultatif des programmes : site France TV & Vous
Édité par la Direction du marketing et de la communication : juin 2026
Présidente-directrice générale de France Télévisions et directrice de la publication : Delphine Ernotte Cunci
Directeur du marketing et de la communication : Bruno Loutrel
Réalisation : Direction de la marque, des médias et des contenus marketing
Crédits photo : P. 2 Nathalie Guyon/FTV. P. 6, 10, 12 Tristan Paviot/FTV. P. 15 Louis-Adrien Le Blay/FTV. P. 16 Nathalie Guyon/FTV. P. 18, 19 Delphine Ghosarossian/FTV. P. 20 Louis-Adrien Le Blay/FTV. P. 21 Delphine Ghosarossian/FTV. P. 23 Cyril Moreau/Bestimage. P. 25 François Lefebvre/FTV/Elephant Story. P. 26 Mathieu Génon/FTV. P. 29 FTV. P. 31 Compagnie des Indes. P. 32 Nathalie Guyon/FTV. P. 33 Christophe Lartige/FTV. P. 35 Bransholm. P. 36 Marie Etchegoyen/FTV