FOTOLOFT
#28
Automne - Hiver 2026/2027
LES VILLES INVISIBLES #7
ARTXINÎM #5
VIDÉOCARTOGRAPHIES : AÏDA, PALESTINE
RÉSIDENCE INTERNATIONALE
LUX TOUR + Réseau LUX, MAC de Créteil
CECI N'EST PAS UNE PHOTO #9
TRACES - Invitée d'honneur : Olga STEFATOU Till ROESKENS
Bintou CAMARA
RÉUNION
Cristobal TRASLAVIÑA BERRIO
TERRE SANS FRONTIÈRES – Fanta DIARRA
SOMMAIRE Les Villes Invisibles #7 ........................................................ 4 Regards sur la Ville ............................................................... 8 Les explorateurs de la pépinière Pichon ........ 12
AGENDA Depuis fin août 2026 14.09.26 31.01.27
ArtXiNîm #5 ..................................................................................... 14 Lux Tour .............................................................................................. 22 Vidéocartographies : Aïda, Palestine .................. 24 Cristóbal Traslaviña Berríos .......................................... 25 La chambre de la liberté .................................................. 28
16.10.26 17.10.26 Jusqu'au 31.01.27
Terres sans frontières .......................................................... 32 Samedi
ÉQUIPE NEGPOS Directeur et fondateur de la publication. Patrice Loubon
17.10.26
Administration générale. Barbara Pebrel-Edleson Fabrice Tosatti & Myriam Elhaddaoui Cheffe de projet Camion numérique. Cloé Alriquet Mise en page Fotoloft #28 & webmaster. Fabrice Jurquet Stagiaire. Róza Zatykó
REMERCIEMENTS
28.01.27
L’association NegPos remercie particulièrement tou.te.s les bénévoles engagé.e.s auprès de ses actions ainsi que les personnes qui participent gracieusement à l’accueil des artistes.
31.03.27
PHOTOGRAPHIE DE COUVERTURE
Jusqu'au 30.04.27
GALERIE FOTOLOFT NEGPOS 1, cours Nemausus · 30000 Nîmes Ouvert du lundi au vendredi de 11h à 18h Samedi sur rendez-vous T : 09 75 20 95 89 M : 06 71 08 08 16 negposphoto@free.fr negpos.fr
CENTRE D'ART ET DE PHOTOGRAPHIE
EXPOSITIONS · AIDE À LA CRÉATION · RESIDENCES D'ARTISTES FORMAITION · ÉDITIONS · ÉDUCATION À L'IMAGE ET PAR L'IMAGE
REGARDS SUR LA VILLE - TRACES Exposition collective par le groupe de recherche Regards sur la Ville : Jocelyn Banabera, Gwenaëlle Bourriaud, Laurence Charrié, Christian Coite, Sarah Malclès et Yann Roubeau. Du lundi au vendredi, de 9h à 17h / Tél. 04 66 62 84 84 Faculté d'Éducation - 62, rue Vincent Faïta, 30000 Nîmes À L’ORIGINE DU CŒUR en partenariat avec le LUX Tour. De 15h à 18h, esplanade Nemausus 1 BORN IN GAZA – Olga Stefatou (Grèce) en collaboration avec Yousef Shurrab (Palestine). Rencontre avec Olga et Yousef (sous réserve) le samedi 17 octobre 2026 à 15h à la galerie. Du lundi au vendredi de 13h à 18h Galerie Fotoloft NegPos - 1, cours Nemausus, 30000 Nîmes VIDÉOS CARTOGRAPHIES : AÏDA, PALESTINE de Till Roeskensv 19h, CSCS Simone-Veil, Valdegour, Nîmes ARTXINÎM #5 – RÉUNION Collective par les participants du prix ArtXiNîm I & II : MISA ATO (1er prix 2025), Yann Roubeau (1er prix 2024) et 16 autres photographes. Vernissage début janvier 2027, lieu et date à déterminer
Animation et médiation culturelle MakerSpace Valdegour.
Olga Stefatou & Yousef Shurrab / de la série Born in Gaza
RESTITUTION RÉSIDENCE INTERNATIONALE Cristóbal Traslaviña Berríos (Chili) Installation-collage ex-abribus Costes & Bellonte, Avenue Général Leclerc
LES EXPLORATEURS DE LA PÉPINIÈRE PICHON Collective avec Chantal Auriol, Marcelle Boyer, Laurence Charrié, Patrice Loubon et les élèves du Tremplin FLS du collège Romain-Rolland, chemin Bas d'Avignon. Vernissage et conférence : jeudi 28 janvier 2027, 18h du Lundi au vendredi, de 8h à 12h et de 14h à 16h CAUE du Gard - 29, rue Charlemagne 30000 Nîmes CECI N’EST PAS UNE PHOTO #9 - Fanta Diarra Projet Terres Sans Frontières. Du lundi au vendredi, de 13h à 18h Galerie Fotoloft NegPos - 1, cours Nemausus, 30000 Nîmes
ÉDITO “Est-ce que je lui dis Qu’on rase des pays parce que Des types ne sont jamais allés voir de psy Qu’ils défoulent leurs problèmes d’ego à coups de missiles Qu’ils se battent pour des lignes imaginaires, Des terres qu’ils ont volées et qu’ils appellent maintenant des colonies. Rejeter la faute avec des mensonges maquillés.
A
Aimer la richesse des autres seulement pour la piller.”
Extrait de Ensemble (freestyle) de Mona Guba
près un été de feu, voici pour notre plus grand bonheur un automne en pente douce qui ouvre lentement une saison hivernale dont on ne sait ce qu’elle nous réservera étant donné le bouleversement climatique en œuvre actuellement… de Charybde en Scylla ? Alors que le monde semble partir à la bascule vers des destinées catastrophiques, que les guerres et les conflits environnants n’ont jamais été aussi présents dans notre quotidien, alors que la colère gronde de toute part et que la crise économique est vécue par la plupart d’une façon brutale et anxiogène mis à part pour les plus aisés qui continuent à vivre leur vie opulente sans trop se préoccuper du sort de la multitude. On se croirait presqu’à bord du Radeau de la Méduse ! Capitaine et consorts ont pris le large, abandonnant l’équipage à son funeste sort. Et là, malgré cela en cette année, comme un cheveu sur la soupe, la photographie fête ses 200 ans ! Quelle drôle d’idée en ces temps si heurtés… cette pratique à la fois populaire et savante portée aujourd’hui massivement par l’usage des téléphones mobiles, outils du quotidien qui enregistrent tout de façon globale et kaléidoscopique… on a du mal à imaginer que cette invention si ancienne parvienne encore à nous émerveiller, à nous choquer ou à nous émouvoir. Et si finalement ce n’était pas exactement elle qui soit la principale protagoniste, agissant comme un miroir ou un écran translucide, mais bien nos vies mêmes et nos desseins intimes. Donnant à voir le monde à travers nos mises en scènes. Les Villes Invisibles, festival et élément singulier du Mois de l’architecture Occitanie, ouvre le bal de cette nouvelle saison dès la fin août avec une action dans l’espace public en forme de performance/installation/ collage des photographies de notre artiste résident Cristobal Traslaviña Berrios (Chili), toujours visible dans l’ancien abri-bus Costes & Bellonte, avenue du Général Leclerc. Puis c'est au tour de la mission photographique Regards sur la Ville baptisée Traces d’inaugurer à la Faculté d’éducation. Ce travail collectif qui documente et produit une matière sensible et mémorielle pour la ville de Nimes et ses habitants, rend compte d’un ensemble où les préoccupations de chacun se manifestent avec opiniâtreté et poésie, tendant parfois vers une forme d’abstraction visuelle. Notre festival aborde pour sa 7e édition, une question sensible qui reçoit en France un traitement médiatique pour le moins orienté et un clivage sociétal incendiaire. Le conflit israélo-palestinien qui déroule son cortège d’horreurs depuis des décennies a franchi plusieurs caps ces dernières années. Après avoir consacré bon nombre de nos expositions à d’autres problématiques épineuses : guerre en Ukraine (2022), luttes féministes (2024) et LGBTQ+ (2025), il nous fallait dédier à cette douloureuse histoire une série d’expositions, de débats et de projections. Avec Born In Gaza, nous abordons ainsi la vie totalement chavirée de Yousef Shurrab, jeune palestinien qui adolescent a suivi un atelier de photographie en ligne dirigé par la photographe Olga stefatou (Grèce). De ce 1er contact est née une relation qui s’établit dans le temps après que le jeune Yousef ait dû s’exiler en Egypte, au Caire plus exactement. Puis un travail à 4 mains se met en place, pour aboutir en 2026 à un livre et à une exposition qui croisent les regards, où la ville du Caire se donne à voir la nuit tombée, entre chien et loup. Pour cette première phase, nous diffuserons sur grand écran au CSCS Simone Veil à Valdegour le film Vidéocartographies : Aida, Palestine de Till Rœskens. Un weekend d’ouverture du Mois de l’architecture Occitanie riche en découvertes notamment par la venue d’une
caravane dans l’enceinte du Némausus de Jean Nouvel qui permettra aux visiteur·ses de profiter d'une expérience unique, le projet À l'origine du Cœur porté par le Collectif Trigone, en partenariat avec le réseau LUX pour inaugurer le Bicentenaire de la photographie. ArtXiNîm, nouveau programme et prix photographique à présent partie intégrante de notre proposition destiné à valoriser le patrimoine architectural Nîmois et Gardois, proposera en janvier 2027 une réunion “augmentée” des lauréats des deux précédentes éditions. Nous clôturerons cette édition des Villes Invisibles à la fin janvier 2027 au CAUE du Gard avec la découverte d’un des joyaux de notre patrimoine local, en l’occurence végétal, la Pépinière Pichon, photographiée avant sa mise en chantier et sa transformation en parc urbain. Pour conclure cette programmation hivernale et nous ouvrir au printemps, nous aurons la joie d’accueillir une jeune photographe malienne parmi les plus prometteuse de sa génération : Fanta Diarra. En février son exposition nommée Terres sans frontières, nous emportera dans un univers féerique où la couleur et l’enchantement visuel sont les premiers points d’entrée qui abordent les thèmes de la frontière et de la préservation de l’environnement à travers une sensibilisation aux effets néfastes de la déforestation et son corolaire, les changements climatiques. Dans ce travail, l’artiste fait appel à une technique mixte : couture, collage, peinture et photographie. Pour finir, ce n’est pas une simple année qui s’annonce pour NegPos… en 2027 nous fêterons en effet nos trente ans et nous espérons que vous ne serez pas prêt de l’oublier : Caméra oscura géante au Tel Quel Théâtre ; mise en valeur du grand photographe nîmois : Hervé Collignon en partenariat avec l’Université et la ville de Nîmes ; concert surprise et exposition au Prolé, rencontres et conférences, résidences. 30 ans ce n’est pas rien ! Et qui plus est enchanté par un alignement d’étoiles inédit... nous sommes infiniment heureux de les célébrer avec la meilleure équipe municipale que Nîmes ait eu depuis il nous semble la nuit des temps, en fait, depuis au moins 200 ans… ce qui nous rapproche finalement d’une autre célébration ! Double anniversaire donc et que la photographie et ses auteurs vivent 200 ans de plus !
Patrice Loubon Président et fondateur de NegPos Centre d’art et de photographie de Nîmes
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Du 14 septembre 2026 au 31 janvier 2027
Les Villes Invisibles #7 Galerie Fotoloft NegPos - CAUE du Gard - Faculté d'Éducation
FOTOLOFT - LES VILLES INVISIBLES
BORN IN GAZA
Y
par Olga Stefatou en collaboration avec Yousef Shurrab
ousef, un Palestinien de 18 ans, est tiraillé entre deux mondes : les souvenirs récents, les souffrances de sa patrie, Gaza et les défis liés au fait de commencer une nouvelle vie dans la banlieue du Caire.
Il a eu 18 ans quelques jours avant de fuir Gaza avec sa famille (lundi 27 février 2024), avec pour seul souhait : un cessez-le-feu. Il vit désormais dans un petit appartement près de son université dans le gouvernorat de Gizeh, tandis que sa famille et ses proches vivent ensemble dans un appartement au Caire. Pour la première fois, Yousef est loin de sa famille au quotidien et tente de s'adapter à un nouveau foyer auquel il ne se sent pas encore attaché. À Gaza, la maison de Yousef a été bombardée. La maison de ses grands-parents a été bombardée. La maison où il s'était réfugié à Rafah a été bombardée. Son centre sportif,
et ont survécu à des violences extrêmes, trouveront-ils la force
son lieu de prédilection au bord de la mer et son café préféré
et la clarté mentale nécessaires pour reconstruire leur vie et
ont tous été détruits. Aujourd'hui au Caire, Yousef est soumis
imaginer un avenir ? Ce processus collaboratif s'est inscrit dans
à de multiples sources de stress : pression scolaire, difficulté
la continuité de l'atelier initial et, je l'espère, a apporté à Yousef
avec l'arabe égyptien, racisme, insécurité financière et profond
un peu d'apaisement et d'encouragement grâce à l'expression
sentiment de déracinement. L'Égypte est le seul endroit où il ait
créative et à la compassion. La série combine des moments de
jamais été en dehors de Gaza et c'est là qu'il a reçu la nouvelle
sa vie à la maison, dans son quartier et dans la ville avec des
la plus douloureuse de sa vie. Quelques semaines après son ar-
images, des écrits et des collages réalisés par Yousef. Un de mes
rivée au Caire, Yousef a perdu son meilleur ami, Ali. C'est par les
amis lui a offert un appareil photo reflex numérique, qu'il utilise
médias qu'il a appris la mort d'Ali. « Je pleure mon ami quand je
désormais pour documenter sa vie au Caire.
suis seul », dit-il. Il parle tous les jours, lorsque la connexion le
Born in Gaza est le portrait psychologique d'un survivant pales-
permet, avec ses amis qui sont restés à Gaza. Il se sent coupable d'être en sécurité en Égypte et dit qu'il préférerait rentrer, même s'il connaît les risques.
tinien qui a vécu d'immenses violences et qui doit désormais relever le défi complexe de redécouvrir la vie dans une nouvelle ville compliquée, Le Caire. Yousef explore sa propre identité, sa
Il parle constamment de Gaza et parcourt les réseaux sociaux,
propre voix, alors qu'il quitte l'adolescence pour entrer dans
regardant des vidéos de mort et de destruction dans son pays
l'âge adulte. À travers cette œuvre, il tente de donner un sens à
natal. Selon l'UNICEF (mai 2025), plus de 50 000 enfants ont été
son passé et à son présent, en utilisant sa créativité pour sur-
tués ou blessés dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023.
monter son chagrin, préserver sa mémoire, renouer avec la vie
J'ai rencontré Yousef pour la première fois lorsqu'il avait 14 ans,
et imaginer un avenir.
lors d'un atelier de photographie en ligne destiné aux adolescents de Gaza (août 2020). À l'époque, il s'était découvert une passion pour la photographie, et certaines des images qu'il avait créées font désormais partie des collages de cette série. Nous sommes restés en contact tout au long de la crise, et j'ai gardé l'espoir secret que nous pourrions un jour nous rencontrer en personne. Ce moment est enfin arrivé lorsqu'il est arrivé sain et sauf au Caire. Créer ensemble et trouver un moyen de partager son histoire m'a aidé à mieux comprendre le paysage émotionnel et l'état mental d'un adolescent confronté à un traumatisme et au deuil. Cela a également soulevé une question obsédante et urgente : comment des adolescents comme Yousef, qui ont été témoins
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FOTOLOFT - LES VILLES INVISIBLES
Biographie
Olga Stefatou
O
lga Stefatou est une artiste plasticienne, photo-
Parmi ses travaux documentaires figurent le projet multimédia
graphe, mentor, commissaire d’exposition et consul-
primé The Prism (2011) et la mission Solar Impulse (2015), le pre-
tante en collections, installée à Athènes, en Grèce.
mier tour du monde en avion entièrement alimenté à l’énergie
Son premier livre de photographie, Born in Gaza, en
solaire. En 2021, Olga Stefatou a été sélectionnée pour photogra-
collaboration avec un étudiant gazaoui Yousef Shurrab, est pu-
phier la collection Dior Croisière 2022 aux côtés de neuf autres
blié en 2026 par Four Eyes Editions (Paris). Elle développe égale-
artistes grecques.
ment son premier court-métrage, As If I Had You Next To Me, un documentaire créatif co-réalisé avec Despina Ladi, produit par Empty Square et financé par l’Institut grec du cinéma.
Dans le cadre de ses activités de conseil, elle a notamment collaboré avec Qatar Museums pour le festival de photographie Tasweer et sa collection permanente de photographies (2018-
Le travail d’Olga a été exposé à l’international dans des institu-
2020). De 2014 à 2022, elle a occupé le poste de directrice artis-
tions et des espaces d’art, notamment au Musée Aga Khan (Ca-
tique du programme artistique du festival Saristra, sur l’île de
nada), au Doha Fire Station Art Space (Qatar), au MOMus (Musée
Céphalonie, en Grèce. Elle a également été membre du jury de
d’art contemporain) et au musée Benaki (Grèce), au Los Angeles
plusieurs concours de photographie, dont récemment l’Athens
Month of Photography, au Head On Photo Festival (Australie),
Photo World et le Women’s Photo Festival.
aux Boutographies et à la galerie NegPos (France), à la Synthesis Gallery (Bulgarie) et à la Photon Gallery (Slovénie). En 2024, son œuvre A Pair of Brand New Eyes a été nominée pour le prix Leica Oskar Barnack.
Elle a étudié la photographie à l’université de l’Attique occidentale et est titulaire d’un master en journalisme multimédia de l’université de Bolton (2012), obtenu à Pékin, en Chine. Elle est actuellement chargée de cours à l’AKTO Art & Design College, à
Parallèlement à sa pratique artistique, elle possède une vaste
Athènes. Son espace créatif, l’atelier Délos, basé à Athènes, sert
expérience dans le journalisme multimédia et a collaboré avec
de lieu d’échanges artistiques, favorisant la collaboration et la
des médias internationaux tels que Der Spiegel, Die Zeit, The
création d’une communauté autour de la photographie et des
Economist, NBC News et Vanity Fair.
arts audiovisuels.
Printemps - Été 2026
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FOTOLOFT - REGARDS SUR LA VILLE
NegPos Les Villes Invisibles #7 présentent
REGARDS SUR LA VILLE
Regards sur la Ville 2026 Jocelyn BANABERA Gwénaëlle BOURRIAUD Laurence CHARRIÉ Christian COITE Thibault INFANTE Sarah MALCLÈS Yann ROUBEAU
L
es traces de nos pas et celles de la faune urbaine, chat, chien, oiseaux, ... Les traces de nos circulations d’usage, qui vont souvent à l’encontre des voies dessinées par les logiciels d’aménagement d’architecture... Les traces mystérieuses taguées par les services d’urbanisme, révélant une vie souterraine, aux codifications ésotériques côtoient les traces aux murs laissées par les campagnes politiques et autres expressions libres... Celles d’enseignes aujourd’hui disparues nous renvoient à un passé plus ou moins effacé et lointain, les traces de ce qui fonde cette ville, les échos de la présence du protestantisme qui peuplent l’urba Nîmoise, des silhouettes fantômes, présences furtives et éphémères... La ville est mouvante, fondamentalement jamais figée, et ses traces immortalisées par les photographes du groupe de recherche Regards sur la Ville sont une mémoire précieuse pour l’avenir, objets d’études futures. Les Villes Invisibles, comme chaque année depuis 2001, dévoilent l’imperceptible et l’incompréhensible maëlstrom qui saisit la ville depuis la nuit des temps et qui nous la rend certainement plus abstraite mais aussi plus sensible et vertigineuse qu’il n’y paraît. Un modeste hommage à l’œuvre culte d’Italo Calvino, inspirateur de notre événement. Patrice LOUBON Président et directeur artistique de NegPos
FOTOLOFT - REGARDS SUR LA VILLE
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Jocelyn BANABERA
Je tracerai mon chemin Traces. « Empreintes laissées par le passage de quelqu’un, marque laissée par une action quelconque ». Lesquelles suivre ? Traces de nos existences, de nos luttes, de nos joies, de nos lâchetés... Traces comme des reflets fugaces de nos éphémères passages. Pourquoi veulent-ils effacer nos traces, effacer leurs traces, nier leurs existences ? s’effacent. Ne perdons pas nos traces, ne nous perdons pas,
Comme des empreintes sur la grève qui s’effacent au rythme des vagues, ces traces d’his-
sachons être humain, et non ne pas être, inhumain.
toire, ils les effacent ! Inversion des valeurs, le blanc de-
« Être ou ne pas être »… Humanité, amour, fraternité, sorori-
vient noir, le vrai le faux, la vérité mensonge, le mensonge
té, lutte, espoir, Terre Mère, traçons notre chemin d’humani-
la vérité. Alors j’imprime, j’empreinte ces traces sous mon
té, traçons notre chemin pour le vivant … ou nous nous éga-
œil vigilant. Je reste et suis nos traces pour ne pas qu’elles
rerons définitivement en les perdant à jamais…nos traces.
Gwénaëlle BOURRIAUD
Gravure au sol Trace, nom féminin, du verbe Tracer : 1. Empreinte ou suite d’empreintes, de marques, laissées sur le sol par le passage d’un être ou d’un objet. Fascinée par les impressions frappées sur le bitume, j’ai voulu rendre compte des hasards de ces traces dans la ville de Nîmes et révéler leur beauté poétique et graphique. À la manière d’une liste ou d’un inventaire, j’ai commencé à dresser une sorte de répertoire visuel en utilisant un mode photographique identique. J’ai toujours aimé évoquer dans mon travail photographique et d’écriture une forme de poésie urbaine. De plus, j’attache beaucoup d’importance au procédé photographique qui doit être le même : une même distance entre mon appareil et le sol, une prise de vue frontale et des sujets sans ombre.
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FOTOLOFT - REGARDS SUR LA VILLE
Laurence CHARRIÉ
Du grand au petit Temple... Quittant Paris voilà 13 ans, j’avais seulement une vague connaissance de l’histoire de ma ville d’adoption. Bien sûr, je savais son lien avec le protestantisme, mais sans plus. Le collectif de photographes Regards sur la Ville ayant choisi comme thème ‘‘Traces’’, je me suis penchée sur celles du protestantisme et j’ai découvert une histoire passionnante. Grâce à la Maison du protestantisme, ses bibliothécaires, à Mme Francine Cabane et surtout à M. Jean Fleury qui m’a ouvert bien des portes. Qu’ils en soient ici remerciés chaleureusement. Ces quelques photos ne peuvent retracer l’histoire complexe du protestantisme, mais peuvent vous encourager à réaliser la même démarche que moi, aller au-devant des êtres qui nous éclairent.
Christian COITE
Thibault INFANTE
Au cœur des pierres
Urbi et Urbi
Dans une ville, il n’existe pas un centimètre carré de sol, de
Les villes invisibles d’Italo Calvino. C’est mon point de départ. Il y
mur, de porte, et même un arbre, un jardin, sur lequel un être humain n’a posé le pied, le regard, ou qui n’a été véritablement partie prenante de son existence. Le parti pris du photographe a été d’interroger quelques lieux de la ville et de leur demander : « Raconte-moi UNE histoire ; raconte-moi TON histoire ; parle-moi, d’émotions récentes ou lointaines ou de souvenirs encore présents ou qui n’ont été que fugaces. » À chacun(e) d’entre vous, à partir de ces deux photos, de reconstituer l’histoire que vous aimeriez entendre…
évoque des villes imaginaires. Comme je marche la tête baissée, je me suis intéressé à ce qu’on ne remarque plus vraiment, qu’on ne voit sans voir. Le marquage-piquetage. Ces signes, couleurs, chiffres, mots sur la chaussée et les trottoirs qui annoncent une intervention ou des travaux plus lourds. Ils montrent notre ville invisible mais réelle, Nîmes souterraine. À chaque couleur, son réseau. Prenons le jaune par exemple. Le jaune, c’est le gaz. Sauf que la ville l’utilise aussi pour indiquer les bouts de trottoirs que les nîmois ont demandé pour végétaliser leurs façades. On se perd dans la ville invisible. Certaines autres couleurs ont aussi un double sens mais ça, c’est à vous de voir.
FOTOLOFT - REGARDS SUR LA VILLE
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Sarah MALCLÈS
Scripta Manent... Au hasard des rues, je croise de vieux commerces, rideaux baissés, volets fermés, et vieilles enseignes, qui sont les derniers vestiges d’un passé enfoui. Plus loin ce sont des traces de peinture, fanées ou effritées qui attirent mon regard. Le passé s’accroche au présent, les écrits restent et nous rappellent que les petits commerces étaient vivants.
Yann ROUBEAU
Les ‘‘Traces du désir’’, mémoire sensible du corps mobile « Un paysage naît de la rencontre d’un lieu sensible et d’un être sentant » Pierre Sansot, anthropologue (1928-2005) La conception de nos villes périurbaines fragmente nos usages, contrôle nos déplacements, conditionne nos désirs. Couplée aux pratiques numériques, nos comportements sont de plus en plus formatés et prévisibles. En découvrant les ‘‘traces d’indices’’ qui se forment naturellement par le passage répété des usagers piétons, cela démontre un disfonctionnement de l’aménagement urbain, mais également une volonté de décloisonner les espaces. Appelées également ʻʻChemins de désirʼʼ, cette mémoire de nos corps mobiles dépossédés de nos objets ou prothèses technologiques, influence l’interstice en créant une scénographie poétique de l’être sentant. Pouvoir lire et retranscrire ces usages spontanés de nos villes, de nos quartiers, de nos rues, c’est imaginer un environnement urbain plus humain où les habitants deviennent des acteurs sensibles et libres de s’exprimer dans un imaginaire de l’entre-deux, sur les traces du désir.
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FOTOLOFT - REGARDS SUR LA VILLE
GROUPE DE RECHERCHE REGARDS SUR LA VILLE
LES EXPLORATEURS DE LA PÉPINIÈRE PICHON C
Regards sur la Ville 2023
Chantal AURIOL Laurence CHARRIÉ Marcelle BOYER Pascal LOUBON Les élèves du Tremplin FLS
Chantal AURIOL
haque année depuis 25 ans, la mis-
L’activité horticole a généré ici une grande
sion photographique Regards sur
diversité d’ambiances paysagères et un pa-
la Ville, à travers une production
trimoine arboré remarquable qui vont de-
d'oeuvres d'art visuel et audiovisuelles do-
venir la matière même du projet de parc
cumente et produit une trace sensible et
urbain. Depuis la création des Jardins de
mémorielle pour la ville de Nimes et ses
la Fontaine au XVIIIe siècle, Nîmes n’a pas
habitants. Cette édition part à la décou-
connu la création de nouveaux grands parcs
verte d'un patrimoine méconnue : la friche
urbains. Le futur projet d’aménagement fera
urbaine et végétale des Pépinières Pichon.
de l’ancienne pépinière le moteur et l’ossa-
C’est en 1885, qu’Ernest Pichon fonde la pé-
ture d’une réorganisation urbaine et paysa-
pinière. L’histoire de cette dernière, de son
gère d’ampleur qui répond à un besoin cer-
territoire et du Vistre de la Fontaine sont in-
tain : celui de créer un deuxième poumon
timement liées.
vert en centre-ville.
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Laurence CHARRIÉ
Entendez ces voix éteintes Les espaces délaissés ont toujours à voir avec l’humain ; derrière le vide, au cœur du silence, résonnent les voix comme un ricochet à la vie. Ainsi en va-t-il d’une pépinière gardoise, abandonnée depuis 30 ans ; au fil de mes pas, j’entends tous ces
Marcelle BOYER
Les pépinières laissées à l’abandon
salariés affairés, sur les livres de comptes, l’entretien des serres, des véhicules, toute une fourmilière qui subitement cesse toute activité. Un héritage mal géré ? Une histoire familiale absurde et irrésolue ?
Les pépinières Pichon à Nîmes cessent leurs activités aux débuts des années 2000. Cependant, cet espace d’une quinzaine d’hectares intouché par la main de l’homme depuis deux décennies continue à évoluer à sa manière, et de ce fait, des espèces végétales plantées cette dernière centaine d’années sont encore présentes et se développent d’une manière surprenante. Lors de mes déambulations sur les sentiers de cette jungle semi- tropicale, j’y ai découvert non seulement une flore exceptionnelle mais aussi une abondante faune. Les milliers de bambous et les arbres éliminent les sons extérieurs et la canopée filtre le rayonnement solaire, créant ainsi une forêt mystérieuse.
Les élèves du Tremplin FLS du collège Romain Rolland accompagnés de leurs enseignants Guillaume Chateau et Emilie Portal
Patrice LOUBON
Le bois derrière le périphérique L’ancienne pépinière Pichon n’a eu de cesse de me fasciner depuis que je l’ai parcouru pour la première fois en 1994. Dernier bois secret de la ville, parcelle méconnue et lieu absent de nos circulations quotidiennes, elle provoque en moi une sorte d’attirance/répulsion, certainement de même nature que le bois à l’orée du village de l’époque médiévale. Elle concentre les peurs anciennes symbolisant une puissante nature aux forces insoupçonnées. Cette nature que nous essayons en permanence de domestiquer échappe ici à l’ordre établi.
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FOTOLOFT - REGARDS SUR LA VILLE
ArtXiNîm #5 RÉUNION L Misa ATO Yann ROUBEAU Jocelyn BANABERA Gwenaëlle BOURRIAUD Claudine COSTA-PIOCH Alice HORDÉ Sarah DURAND Violette JARNOT Yann LE FLOCH
Sarah MALCLÈS Corentin MOREL Alicja PAKULSKA Éric RIBOT Maurice ROUSTAN Vanessa SEGURA Alain THONNERIEUX Christina ZÜCK
e programme et le prix photographique se rejoigne en 2027 pour la célébration à nulle autre pareille du Bicentenaire de la photographie. La ville de Nîmes entretient une relation sin-
gulière et particulière à l’architecture, il s’agissait de la faire valoir et aussi pour plus d’inclusivité et de possibilités, d’étendre notre propos à un territoire plus large : le Gard. Cette réunion rassemble donc les deux premières éditions du concours formant ainsi la 5e édition du programme ArtXiNîm. Riche
en propositions, la sélection renvoie non seulement une vision étonnamment kaléidoscopique de notre proche environnement mais aussi une qualité d’approches et de regards particulièrement foisonnants en termes esthétiques.
1er Prix 2025
Misa ATO
“Ne rien dire, fermer les yeux, laisser le détail remonter seul à la conscience affective.” Roland Barthes
Issue21
Les œuvres de la série ”Issue21“ s’articulent sur les lieux de l’absence qui nous soumettent au silence. Elles abordent l’architecture, ses systèmes constructifs, son rôle fonctionnel ou symbolique pour traiter de questions qui lui sont inhérentes telles que celles de l’ordre et du chaos, du durable et de l’éphémère, de l’abandon et du devenir, de l’oubli et de la mémoire. Une façon d’initier un passage à travers le bruit du silence, l’indiscernable qui peu à peu révèle l’histoire, la mémoire, en s’appuyant sur l’ombre, la lumière, les nuances de gris et la géométrie de la tâche et du trait.
15 1er Prix 2024
Yann ROUBEAU
MON VOISIN MODESTO Gardien singulier de l'architecture modeste Redonner vie aux lieux ou à certains objets abandonnés, tout en gardant leurs esprits, devient la matrice de mon travail d'architecte et d'artiste. Révéler la poésie de l'architecture modeste ancre son authenticité dans l'affirmation du singulier et l'unique, mais également dans l'imaginaire du pluriel et de l'inachevé. A l'éclairage d'un réverbère, apparaît cette étonnante silhouette posée sur le garde-corps. Par le jeu d'ombre et de lumière des découpes aléatoires issues de panneaux métalliques recyclés, cette créature rigolote paraît satisfaite et bien installée. A sa vision, je replonge dans l'imaginaire des films d'animation de Hayao Miyazaki des Studio Ghibli et notamment Mon voisin Totoro, cette créature sympathique et maître de la forêt.
Gwenaëlle BOURRIAUD
Sur mes gardes
Déchets, odeurs nauséabondes, humidité, moisissures, cendres, seringues, bouteilles, objets brûlés, matelas, … d’habitude je ne vois pas tout ça. Ces choses qui sont cachées, je les ai trouvées dans un pressing abandonné. Pourquoi ce lieu ? Parce que j’y passais depuis longtemps et que je l’ai toujours trouvé mystérieux. Comment peut-on laisser à l’abandon une batisse aussi belle ? Sans
doute
qu’il
existe
plusieurs
raisons. Le fait que le lieu ne soit pas remis en état me pose question, pourquoi ? Ce lieu est-il dangereux ? Je reste en tout cas sur mes gardes.
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ArtXiNîm #5 RÉUNION Claudine COSTA-PIOCH Vestiges en lumière
Ateliers figés, moulins endormis, cave voutée aux échos d'antan ou verrière éclaté de lumière: chaque image capture la fragile beauté de l'abandon. Ces
espaces,
autrefois
vivants,
racontent aujourd'hui leur histoire à travers les textures du temps, murs écaillés, rouille, végétation invasive. La lumière
naturelle,
filtrée
ou
éclatante,
révèle les détails oubliés, comme une mémoire enfouit qui refait surface.
Alice HORDÉ Tes contes
Dans ce fort abandonné se trouve une pièce étonnante où sont disposés des jouets. La poussière au sol témoigne du temps qui est passé. Tu es partie avec fracas me racontela vitre en éclat. Brutalité qui contraste avec la douce lumière sur ton oreiller. Tu es parti en oubliant tes plus beaux contes. Seule cette pièce à présent éventrée les a conservé et garde figée cet instant de vie, tel une photographie.
Sarah DURAND
Salle 300
Photo instantanée prise au lycée Alphonse-Daudet, juste avant de rentrer dans la salle 300. La lumière matinale à travers cette fenêtre en ogive m'a spontanément invitée à prendre ce cliché avec mon iPhone.
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Jocelyn BANABERA
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La déesse poliade des deux mondes Il y a des lieux qui deviennent des sortes d’habitudes où règne une sorte de magie où l’impossible peut devenir possible, sorte de couloir du temps chargés de présences. Un lieu où deux mondes se font face, s’entrelacent, se mêlent pour donner un étrange métissage de colonnes de pierres, de lumière, et d’abstraction. C’est en ce lieu qu’elle m’est apparue, fugace, silhouette parfaite, incrustée dans un reflet, insaisissable déesse de la cité. Un étage... Deux étages... Trois étages... Je retiens mon souffle. Elle est de dos, puis le temps d’une inspiration elle se tourne, immobile dans le reflet de la colonne, je déclenche.
Gérard FRANCESCONI Nemausus Passé et Présent Souvenir d'une nuit de décembre au cœur de Nîmes. La musique ne résonne plus sous les arcades des Arènes, les lieux sont lumineusement déserts, le silence envahit peu à peu la ville endormie, derrière les grilles, pas l'ombre d'un festaïre, ou presque...
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ArtXiNîm #5 RÉUNION Violette JARNOT
Abstraction architecturale Retour en enfance parsemé de couleurs vives et de formes géométriques. Cet angle révèle un ciel bleu qui se confond avec les peintures de l'architecture, reconnaissable à la simple présence de nuages. Toute cette simplicité est cassée par une végétation artificielle dont couleurs et formes se détachent du reste de l'immeuble. Immeuble réduit à l'abstraction que donne le point de vue et le cadrage.
Yann LE FLOCH
WATERLINE
Cette structure architecturale rappelle ingénierie des aqueducs romains qui étaient des ouvrages monumentaux pour transporter l'eau(donc la vie) jusqu'aux ville et aux villages. Cette structure visible aux jardins de la fontaine avec ses angles marqués et son assemblage en bois est une interprétation moderne du travail faramineux qu'on réalisé les romains ce qui a permit de
Sarah MALCLÈS ROUGE
faire évoluer à travers les âges des villes comme Nîmes. Les “monstres d'acier” m'interpellent et les puits de mine particulièrement, peut-être parce que je suis arrière-petite-fille d'un mineur de fond ? Ils sont les restes d'une histoire ouvrière passée, mais toujours très présente dans la mémoire collective et individuelle du bassin minier alèsien. Les mines ont participé à construire l'architecture et la culture dans lesquelles les populations actuelles évoluent encore. Cette photographie représente un puits de mine, mais le spectateur peut y voir n'importe quelle structure industrielle, minière ou autre, qui de toute façon portera les mêmes symboliques et les mêmes fiertés. Je l'ai appelée Rouge, car bien que j'ai choisi de vous présenter la photo en noir et blanc, ce puits est rouge...
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Corentin MOREL
Un temps d’arrêt C’est un lieu (square de la couronne) où je passe régulièrement mais qui est presque toujours vide. Ici la photo témoigne d’un temps de solitude ou de partage, mais d’un temps d’arrêt. La lumière filtrée par les feuilles des grand platanes contraste avec les lignes droites des fauteuils, de la table et de la bande de carreaux blanc. Le mobilier urbain, sujet partagé par l’architecture et le design, est souvent décrié, devenu bien souvent une arme anti-SDF. Sans apporter de réponse, cette photo questionne la dimension “accueillante” de notre ville.
Alicja PAKULSKA Le Contraste
Le Palais de Congrès de Nîmes émerge peu à peu du sol, s'implantant à la croisée des chemins entre les quartiers La Placette et Moncalm. Le tissu urbain environnant est un patchwork hétéroclite, où se côtoient les maisons d'anciens faubourgs, les immeubles des années 80/90 et le musée de la Romanité. Dans ce décor, un dialogue se noue entre la pierre et le béton, l'ancien et le moderne, l'habité et le fonctionnel. Les voix se mêlent, se répondent, s'opposent parfois, dans un concert polyphonique qui interroge : oui ou non, pourquoi pas et pourquoi tout court ? La sensation d'étouffement ou, au contraire, l'épanouissement de ce site après avoir servi de parking ? Le mariage forcé ou heureux, difficile à donner une réponse unique et immédiate avant que la vie ne reprenne ses droits après le chantier. Mais aujourd'hui, la rencontre vient à peine de commencer. Les formes s'esquissent, les lignes se dessinent, dans un ballet architectural qui laisse entrevoir les prémices d'une harmonie nouvelle. Et peut-être, qui sait, les fondations d'un nouveau chef-d'oeuvre dans le paysage architectural singulier du Gard.
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ArtXiNîm #5 RÉUNION
Maurice ROUSTAN
Chroniques d’une activité humaine Je suis toujours à la recherche de ce qui fut le travail des hommes, l’activité humaine. A travers une approche intimiste je souhaite capter l’esprit de ces espaces oubliés et faire ressentir la trace sensible de ceux qui les ont habités. Mon intention est de révéler, au-delà de l’abandon, la mémoire d’un site qui fut à son apogée un lieu vibrant de vie et d’activité.
Vanessa SEGURA
A l'ombre des Nuits Nîmoises Souvenir d'une nuit de décembre au cœur de Nîmes. La musique ne résonne plus sous les arcades des Arènes, les lieux sont lumineusement déserts, e silence envahit peu à peu la ville endormie, derrière les grilles, pas l'ombre d'un festaïre, ou presque...
Éric RIBOT
La tour au silence toxique La Tour du Bas Rhône à Nîmes, je la regarde à travers ma propre vision. Symbole nîmois, invisible et muette, la tour se dresse. Les vérités que j’entend ne sont jamais totalement nettes. Le bâtiment se plie et les responsabilités glissent comme des ombres sur des reflets. Je m’interroge : que reste-t-il de l’oubli, depuis des années, gangrenée d’amiante ? Car ce que l’on perçoit n’est jamais la totalité de ce qui est.
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Alain THONNERIEUX
Portait de l'homme au pantalon de feu devant la Maison Carrée Je suis toujours à la recherche de ce qui fut le travail des hommes, l’activité humaine. À travers une approche intimiste je souhaite capter l’esprit de ces espaces oubliés et faire ressentir la trace sensible de ceux qui les ont habités. Mon intention est de révéler, au-delà de l’abandon, la mémoire d’un site qui fut à son apogée un lieu vibrant de vie et d’activité.
Christina ZÜCK
Rue Galilée, Valdegour Nîmes Valdegour : une route surelevée, un espace public sous un pont, un terrain de jeux, une forêt, une galerie pour les artistes de graffiti, un lieu indéterminé.
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LUX TOUR
UN TOUR DE FRANCE EN CARAVANE STUDIO PHOTO ARGENTIQUE MOBILE
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a caravane permettra aux visiteur·ses de profiter d'une
À l’occasion du vernissage de Born in Gaza, le vendredi 16 et le samedi 17 octobre 2026, en partenariat avec le LUX Tour, lancement du projet À l’origine du cœur, porté par le réseau LUX pour inaugurer le Bicentenaire de la photographie.
expérience unique, grâce au déploiement du projet À l’origine du cœur, porté par le Collectif Trigone.
Le dispositif permet de prendre une photographie à partir d'une pulsation du cœur des participant·es.
© Marion Macon
Les publics sont invités à venir dans la chambre noire afin de déclencher, grâce à un procédé de captation de l'intensité cardiaque, une photo avec leur cœur. Une fois développés, les clichés sont numérisés puis imprimés pour être remis
Plus d'infos sur le LUX TOUR
aux visiteur·ses. Chaque tirage est unique et repré-
reseau-lux.com
sente un battement à cet instant T de leur vie.
Dans la chambre noire du Collectif Trigone.
Photos : Collectif Trigone
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Tirage réalisé à partir de l'enregistrement d'un battement de cœur.
Scannez le QR code pour découvrir la vidéo de présentation de l'expérience.
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Un film de Till ROESKENS - 2009
VIDÉOCARTOGRAPHIES : AÏDA, PALESTINE Q uelque part, au milieu d'un entrelacs de frontières : un camp de réfugiés. Pris dans une géo-
graphie de jour en jour plus absurde, des hommes, des femmes, des enfants se battent pour leur liberté de mouvement, s'obstinent à vouloir simplement vivre leur vie. Avec courage,
avec ruse, avec humour aussi. Nous ne verrons pas leurs visages. Nous ne verrons pas les lieux dont ils nous parlent. Nous serons pourtant projetés au plus proche de leur expérience intime du monde, en suivant trait à trait les cartes qu'ils dessinent pour figurer la complexité de ce qui les entoure. Festivals (sélection) : FID Marseille (Grand Prix 2009), DocLisboa, Doc Buenos Aires, Doc/Fest Sheffield, Dox Box Damascus, Documenta Ma-
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drid, Torino Film Festival, IDFA Amsterdam, Festival du Cinéma Mediterranéen de Tétouan (Prix Spécial du Jury 2010), Jerusalem Film Festival…
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Cristóbal Traslaviña Berríos
Résidence internationale Chili - France
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Cristóbal Traslaviña Berríos Résidence internationale
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ntre Valparaíso, au Chili, et Nîmes, en France, il y a 10 900 km à vol d’oiseau. D’un hiver humide à un été de chaleur écrasante, sous la rigueur de la Résidence Internationale
au Centre d’art et de photographie NegPos, des dizaines de films argentiques ont été développés et des tirages réalisés dans le laboratoire. Parmi eux subsiste la frustration de ceux qui n’ont pas pu voir le jour, certains demeurant à l'état d'images latentes, figés dans l'espoir d'apparaître à la lumière.
Beaux rêves
Une expression qui acquiert ici une dimension ironique et tragique. Le rêve n’est plus nécessairement synonyme d’espoir ; il peut aussi être ce qui demeure dans la défaite : une image brisée, un désir suspendu, une mémoire qui refuse de mourir. Des images qui habitent entre la réalité, la fiction et le cauchemar. Des visages cachés, des animaux naturalisés et suspendus à un mur comme le plus triste des trophées que quelqu’un aurait voulu conquérir. Des corps nus, des gestes inquiétants, des architectures qui semblent observer construisent des scènes où l’être humain se confronte à ses propres fantômes. Mes rêves apparaissent ici comme des corps abandonnés et comme des fleurs qui poussent sur ma blessure. Beaux Rêves naît dans cet endroit incertain, entre le rêve et le cauchemar, entre la violence et la beauté, entre ce que j’imagine et ce que l’Histoire s’obstine à détruire. Cristóbal Traslaviña Berríos Valparaíso (Chili) — Nîmes (France) 2026
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Biographie
Cristóbal Traslaviña Berríos
N
é en 1982, Cristóbal Traslaviña Berríos est un photographe chilien basé à Valparaíso, comptant plus de 15 ans de carrière consacrés à la documentation des marges so-
ciales, de la mémoire historique et de la violence territoriale. Nourri par son enfance dans la commune d'El Bosque durant la post-dictature, son travail aborde, sous une perspective autobiographique, des thématiques telles que la pauvreté, l'addiction, la délinquance juvénile et l'abandon des corps au cœur d'environnements urbains en ruines. Il conçoit la photographie non pas comme un reflet neutre de la réalité, mais comme une fiction critique, politique et viscérale.
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200LUX Expo - Réseau LUX à la Maison des Arts de Créteil
LA CHAMBRE DE LA LIBERTÉ
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PHOTOGRAPHIES DE Bintou CAMARA
ans les villes, il y a des maisons... et sous leurs toits, il y a des chambres... et dans ces pièces, il y a des femmes qui s’animent
et qui créent. Le travail de Bintou Camara est une sorte d’expérience de libération, pas simplement pour elle-même mais aussi pour toutes les femmes qui ont décidées de participer à ce jeu !
La crise qu’a connue le Mali a provoqué une déstabilisation politico militaire caractérisée par la prise des trois villes du Nord par des mouvements djihadistes. Cet avènement instaura un islam pur et dur privant les filles et les femmes de leur liberté, brisant du coup leur soif d’émancipation qui s’exprimait à travers les regroupements féminins. Ainsi les femmes et les jeunes filles étaient sujettes à des humiliations de tous genres comme relaté dans la presse nationale et internationale. Face à cette barbarie moyenâgeuse, le présent projet veut témoigner que pour les jeunes filles de Gao, Tombouctou ou Kidal, la chambre est devenue alors un espace de liberté. En effet, c’est dans la chambre que les amies se retrouvaient pour exprimer leur ras le bol en dévoilant leur corps. Les visages sont voilés pour dire que le pouvoir des djihadistes n’est pas loin. Le jour où le soleil de liberté va éclater dans toute sa dimension, je les photogra-
La Chambre de la Liberté est exposé jusqu'au 19 décembre 2026, à la Maison des Arts de Créteil par le Réseau LUX qui présente une grande exposition collective à l’occasion du Bicentenaire de la Photographie.
phierai à visage découvert ! Bintou Camara
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Biographie
Bintou Camara
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ée en 1983, lauréate du Prix “Visa pour la création” en 2011 pour son projet Les chinois d‘Afrique, Bintou Camara sillonne les capitales africaines afin de les fixer dans son appareil. Ce projet sera
finalisé par une exposition internationale. En 2012, Bintou est en résidence photo à Bordeaux dans le cadre d'un projet mené en collaboration avec MC2A, Migration culturelle Aquitaine Afrique. C‘est ainsi que Bintou réalise une série de travaux sur le monde de la vigne, exposée au Château de Pujols et au Labo Révélateur de Bordeaux. En Mai 2013, elle commence un travail dans son quartier à Bamako.
Ceci n'est pas une photo #9
TERRES SANS FRONTIÈRES
Fanta DIARRA Mali
Terres sans frontières est le fruit du travail de Fanta Diarra. L’artiste aborde les thèmes de la frontière et de la préservation de l’environnement, à travers une sensibilisation sur les effets néfastes de la déforestation et son corolaire, les changements climatiques. Dans ce travail artistique, l’artiste utilise une technique mixte : couture, collage, peinture et photographie.
D
es experts pensent aujourd’hui qu’il existe une corrélation entre la pandémie de COVID-19 et d’autres crises contemporaines auxquelles notre monde est
confronté, notamment la crise environnementale que le monde affonte. Et cela est beaucoup plus perceptible dans le Sahel. Au Mali, depuis des décennies, la population subit une pluviométrie capricieuse, une désertification des plus inquiétantes et un assèchement des cours d’eau qui génèrent une précarité des ressources. Le pays est confronté aux conséquences de la pauvreté engendrée par ces phénomènes, notamment l’amplification de l’exode rurale et de l’émigration. Mais, plus grave, le pays devient le terreau fertile de l’extrémisme violent et des conflits récurrents pour le partage des maigres ressources naturelles restantes. Les manifestations des changements climatiques ne sontelles pas suffisamment perceptibles pour nous interpeller sur notre obligation à prendre soin, de façon générale, de notre environnement, et en particulier de nos forêts qui constituent la source de la biodiversité et la mère nourricière contre la faim et la maladie ? questionne Fanta Diarra. Terres sans frontières est aussi une allusion à l’inefficacité des frontières politiques établies face aux effets et aux drames des changements climatiques. Aucun pays au monde n’est épargné par la crise environnementale et ses conséquences. Les changements climatiques frappent sans distinction. Ce manque d’échappatoire et ce destin commun ont amené l’artiste à réfléchir à ce qui devrait exister entre l’homme et la nature, c’est-à-dire l’harmonie. C'est ce que Fanta Diarra exprime à travers ses œuvres dans une construction de techniques artistiques dont la peinture d’art, la photographie et le stylisme. À la lecture de ses œuvres, il y a une invite à l’homme de se confondre à la nature, à ne faire qu’un avec elle. Terres sans frontières est donc le cri de cœur d’une artiste en faveur de la préservation des forêts qui vise une prise de conscience pour une terre où les hommes doivent se soucier de la postérité en prenant soin de l'environnement. Le travail de Fanta Diarra laisse entrevoir une forte corrélation entre la préservation de l’environnement, la paix et la cohésion sociale. Ce travail est un message portant l'espoir d'un monde où nous puissions vivre ensemble, en harmonie avec la nature, sans guerre, sans pollution ni haine.
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Biographie
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Fanta Diarra
anta Diarra est une photographe malienne née à Ségou. En 2012, après son diplôme d’étude fondamental (DEF), elle s’inscrit
dans un centre de formation professionnelle pour suivre des cours de comptabilité. Mais, deux années après, elle comprend que son destin était ailleurs : la photographie. Impressionnée dès sa tendre enfance par cet appareil qui permet aux nombreux touristes qui visitaient sa ville natale d’immortaliser leur passage, sans formation aucune, Fanta Diarra se lance dans la photographie. D’abord avec un appareil amateur qui lui permet déjà de faire des merveilles. Et comme Fanta Diarra est de celles qui sont convaincues que le hasard n’a pas sa place dans la vie lorsque l’on choisit de vivre de son talent, elle décide de se former pour mettre la technique au service de sa créativité et de son inventivité. En 2014, elle se présente, avec brio, au concours du Centre de formation en photographique de Bamako. Les enseignants de ce centre qui dispense des enseignements aux jeunes Maliens et étrangers désireux d’acquérir des connaissances et une pratique solide en photographie afin de se professionnaliser, ne tardent pas à découvrir les talents de Fanta Diarra. En plus de plusieurs collaborations avec des institutions internationales, l'artiste a une grande production photographique, à travers plusieurs séries : La connaissance, Afrique en mode Yougou-Yougou, Prête-moi ton pagne et Terres sans frontières, …
U N E E X P O S I T I O N O R G A N I S É E PA R L E C O N S E I L D É PA RT E M E N TA L D U G A R D
Le
DU XIVe AU XXe SIÈCLE
16 OCTOBRE 2026 > 9 MAI 2027 MUSÉE LAÏQUE D'ART SACRÉ DU GARD Pont-Saint-Esprit • Entrée gratuite
Création : www.terresdusud.fr
CATHOLICISME FACE AU PAYSAGE
Prix : 5€
Galerie NegPos . 1, cours Nemausus, Nîmes
h t t p : // n e g p o s . f r