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Réflexions sur les outils permettant une approche « numérique » de la production scolaire Il n’est désormais plus rare, en milieu urbain, de se trouver face à une classe où tous les élèves ont accès à un ordinateur et à l’Internet. Cette nouvelle donne, alliée à l’équipement informatique maintenant conséquent des établissements d’enseignement, permet d’envisager une utilisation plus marquée de cet outil. L’émergence, depuis quelques années, de ce que l’on appelle le web 2.0 est une opportunité qui peut nous permettre de nouvelles ambitions pédagogiques. 1. Le web 2.0, une nouvelle révolution ? Jusqu'à présent, l'utilisation de l'informatique au sein d'un établissement scolaire était borné par l'accessibilité des machines et surtout par leur faible équipement en logiciels de production numérique. Depuis quelques années, la donne se trouve profondément modifiée par deux transformations très profondes. Il s'agit d'une part du grand effort d'équipement des établissements d'enseignement qui permettent désormais un accès aisé à l'outil informatique. D'autre part, l'arrivée du Web 2.0 est une nouvelle opportunité à saisir dans la mesure où elle permet d’accéder à de nombreux logiciels gratuits de production. Par ailleurs, le Brevet Informatique et Internet (B2I) trouve ici un champ d'action et d'expérimentation beaucoup plus étendu ; la validation des items s'en trouvant simplifiée par des savoir-faire clairement exposés. C'est aussi une excellente occasion de faire réfléchir les élèves sur les différents droits (droit d’auteur, droit sur les images, les sons...) et à la protection de leurs données personnelles (cf. le domaine 2 : « Adopter une attitude responsable »). Le Web 2.0 offre une palette très large d'outils permettant aux enseignants de construire ou de faire construire par leurs élèves un document numérique. Il faut tout d'abord considérer que le web 2.0 est un univers collaboratif où l'utilisateur est actif, où il participe à l'élaboration d'objets en utilisant des services en ligne et des outils relationnels. Ces outils peuvent, schématiquement, être classés en quatre catégories : •

les outils collaboratifs pour construire des documents en groupe (slideroll, yudufreedom, etherpad, CopyPaste),

les outils d'expression : 

des blogs (Overblog, Blogger, Jimdo, Edublogs),

des widgets (Wix, Sproutbuilder),

des wikis (CafeWiki, MetaWiki, Pbworks, Wikispaces, intodit)

d'autres systèmes (LiveBinders, Madmagz, Glogster)

les outils de partage : 

de photographies (Flickr, capzles),

de vidéos (Youtube, DailyMotion),

de documents (Scribd)

de présentations de documents divers (Issuu, Slideshare…),

des agrégateurs de données ouverts (Netvibes, Pageflake).

Par ailleurs, cet ensemble hétéroclite peut être agrégé par l'utilisation d'un réseau social de type FaceBook (c'est d'ailleurs un des points forts de ce réseau). La plupart de ces outils offrent des fonctionnalités qui ne sont pas nouvelles. Certaines sont même consubstantielles à l'informatique grand-public, telle qu'elle est apparue dans les années 1980. Alors, quel intérêt d'utiliser ces outils plutôt que ceux livrés avec mon ordinateur ? La nouveauté des outils web 2.0 n'est pas à chercher dans ce qu'ils offrent, mais dans la manière dont ils permettent de réaliser une tâche.


En fait, ces outils exploitent les caractéristiques de l'informatique du XXIe siècle : un réseau de l'Internet facilement accessible et rapide (haut débit), des langages de programmation multi-plateformes (cross platform) tel que ajax, java©et flash©principalement. Le tout allié à des coûts de stockage ridiculement faibles. Aucun logiciel n'est chargé dans l'ordinateur et c'est à travers le navigateur que se font toutes les manipulations. C est pourquoi on emploi parfois l expression de « web dans les nuages ». Chaque outil propose de réaliser un type d'objet et de le conserver et/ou de le partager. Aussi, la prise en main est toujours très rapide, car il y a peu de menus disponibles et l'ergonomie de l'interface repose beaucoup sur l'intuition. L'objet réalisé est conservé sur le serveur de l'entreprise. Ce dernier point pose des questions de sécurité et d'altérité des documents. Il faudra également faire attention, car certains de ces sites peuvent abriter des productions photographiques que nous qualifierons pudiquement « d'artistiques». Nous attirons ici toute votre attention sur votre responsabilité dans l'utilisation de ces outils et de ces interfaces accessibles à tous. Il est impératif de faire attention aux contenus et aux images que vous mettez à disposition et notamment aux droits juridiques que vous ouvrez. En revanche, le service est gratuit. En effet, l'entreprise se sert de l'Internet pour mettre en avant un savoir-faire qu'elle espère rentabiliser en vendant une solution plus complète ou sécurisée (version premium), à moins que le modèle ne repose sur la publicité. En second lieu, c'est la mise en œuvre de plusieurs de ces outils qui va permettre d'obtenir un produit numérique en ligne. Cette réalisation sera donc facilement accessible et de facture professionnelle. 2. Intégrer de nouvelles pratiques Il faut donc commencer par réfléchir à la forme que va prendre l'objet à réaliser. De ces premières décisions dépend toute la suite du programme de travail.

A la lumière de ce schéma, il apparaît de manière très claire, que pour fabriquer un produit à dominante « écrit », le seul outil nécessaire est l'ordinateur. En effet, les illustrations peuvent être aisément trouvées sur le réseau en explorant les nombreuses ressources disponibles gratuites et libres de droits (licence Créative Common). Le tableau ci-dessous propose des ressources logicielles en fonction du projet.

Production :

Matériel nécessaire :

Wiki, blog

Appareil photo (optionnel) Internet

Magazine, diverses

Outil :

Site : Plateforme Wiki ou Blog (Overblog, CafeWiki, …)

publications Appareil photo

Internet

Calaméo, Issue

Album photographique, Appareil photo diaporama, poster

Internet

Flick'r, Vuvox

Vidéo

Caméra numérique

Logiciel de montage vidéo Dailymotion, Youtube

Audio (Podcast…)

Micro

Logiciel de montage audio Blog, Itunes

Widget, animation flash©

Internet

Wix


Il ne faut pas simplement intégrer les outils Web 2.0 à sa pratique pédagogique, mais infléchir cette dernière. L'utilisation du web 2.0 au sein d'une classe modifie de manière fondamentale le rapport à l'objet scolaire. Ce dernier n'est, en effet, pas produit uniquement pour le professeur et sa classe ; sa durée de vie peut être singulièrement allongée. Le fait qu'il soit hébergé en ligne lui confère une autonomie et une existence propre. Les parents peuvent, par exemple, être plus simplement associés au travail de la classe et de leur enfant. Par ailleurs, un second temps de travail peut venir s'ajouter : l'amélioration de l'objet peut provenir de l'intervention d'autres groupes de la classe, ou d'un travail individuel. Pour exploiter ces possibilités nouvelles, il devient nécessaire d’envisager une autre manière de travailler. Cette dernière repose sur « l’apprendre à partager ». En effet, le travail est le fait d'un groupe (collectif) avec lequel il faut collaborer pour construire le contenu (collaboratif) et enfin créer ce contenu (créatif), afin de pouvoir le publier. La publication peut ne pas être une fin en soi. En effet, en fonction des choix, le travail peut être transformé par les internautes (wiki), commenté (blog) ou bookmarqué (folksomie, création et utilisation en commun de marquepage). Par ailleurs, l’utilisation de l’hypertexte permet la création

de

liens

croisés.

Une

publication

jugée

intéressante bénéficiera de liens pointant sur elle et l’internaute, sans recherche spécifique, pourra la découvrir. La plupart des logiciels du web 2.0 sont des projets en version beta. La géographie et la vie de ces logiciels sont très intenses. Le rachat de l’un (et son changement de nom) ou l’arrêt de la maintenance d’un autre sont la marque d’une grande créativité logicielle. Pour chaque exemple donné ici, il existe beaucoup d’autres logiciels permettant de faire la même chose, voire mieux encore ! De même, des blogs publient des analyses, des comparatifs et surtout des modes d’emploi. Il ne faut pas hésiter à les visiter, d’autant qu’ils sont d’un abord facile, rejetant le vocabulaire abscons et les considérations d’informaticiens et de programmateurs.

Philippe Crémieu-Alcan Collège Dupaty Blanquefort Suivez-moi !

Usage pédagogique du Web 2.0  

Petit vade-mecum pour enseignant désirant se lancer dans la production numérique sans s'embêter (trop).

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