Sommaire 6
La première gorgée d’air
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Grandir à l’abri d’un œuf
10 Des œufs, des œufs, des œufs 12 De l’aide ! 14 Qui suis-je ? 16 Éclore dans le ventre de sa mère 18 Ne me quitte pas 20 Le grand saut 22 Naître à l’envers 24 C’est dans la poche ! 26 C’est papa qui s’y colle 28 Enfant unique ou famille nombreuse ? 30 La reine pondeuse 32 Naître chez des parents adoptifs 34 C’est de la triche ! 36 Planète grenouille 38 À la coque, pochés, crus, brouillés… 40 Naître à l’abri des regards 42 Berceau caverne
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44 Un nid à température régulée 46 Naître chez les humains 48 De l’or poids plume 50 Naissance synchronisée 52 Naître deux fois 54 C’est ton tour de garde 56 Le sacrifice de la pieuvre 58 J’ai faim ! 60 Grandir très vite 62 Papa poule 64 Comme tu as de grandes dents, maman…
66 À la crèche 68 L’œuf au centre des croyances 70 L’art et la science de l’œuf 72 La médecine des œufs 74 Carnet de naissance 76 Lexique 77 Index 80 Crédit photographique
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Grandir à l’abri dans un œuf Première cellule d’un être vivant née de la fusion d’un ovule* et d’un spermatozoïde*, l’œuf est aussi ce corps de forme variée que produisent certaines femelles et dans lequel se développe l’embryon. Bienvenue dans le monde des ovipares* !
« AMNIOTE OU PAS AMNIOTE ? » : TELLE EST LA QUESTION Il faut distinguer deux types d’œufs. Ceux, rudimentaires, pondus par les insectes, les poissons ou encore les amphibiens, et les œufs que l’on nomme amniotiques. Ces derniers sont constitués d’un sac du même nom dans lequel se développe l’embryon entouré d’une coquille. Ce sont les œufs des reptiles, des oiseaux et des mammifères. Vitellus
Embryon Liquide amniotique Embryon Vitellus
Albumen Œufs de mouche charbonneuse, grossis 90 fois.
Je ponds, tu ponds, il pond…
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Embryon de grenouille rousse, quelques heures avant son éclosion.
Sont appelés ovipares, les animaux qui pondent des œufs. L’œuf est un véritable berceau aquatique dans lequel l’embryon se développe à l’abri du monde extérieur. Si sa fonction est la même, il n’est cependant pas constitué de la même façon selon l’espèce qui l’a pondu. Côté animaux aquatiques, il est revêtu d’une très fine membrane, plus ou moins élastique et solide. Tandis que chez les bêtes qui crapahutent sur la terre ferme ou virevoltent dans les airs, il est entouré d’une coquille beaucoup plus rigide.
Chez certains serpents comme les pythons, la femelle couve ses œufs à la manière d’un oiseau : elle les entoure de son corps longiligne. Et cela va plus loin car, pour parfaire ce cocon douillet, la température de son corps augmente de manière exceptionnelle. Les embryons n’attraperont pas de coup de froid !
La durée du développement embryonnaire varie en fonction des espèces. Cependant, parfois, elle peut différer au sein d’une même espèce et suivre les fluctuations des conditions du milieu. Chez les oiseaux, la couvaison dure de 11 jours pour les plus petits à 80 jours pour l’albatros hurleur.
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Vingt mille lieues sous la coquille Cette coquille est une sorte de scaphandre inversé : elle n’empêche pas l’eau de rentrer mais de sortir ! Car sur terre, la chaleur du soleil ferait évaporer tout le liquide contenu dans l’œuf, ce qui entraînerait la momification de l’embryon. Si la coquille ne permet pas à l’eau de s’échapper, elle est néanmoins percée de minuscules pores qui laissent passer l’air mais arrêtent les microbes. Les œufs des amphibiens, des crustacés ou des poissons, protégés par une simple membrane, sont beaucoup plus perméables. Laissés à l’air libre, ils se dessècheraient en très peu de temps. Ces animaux ont donc pour obligation de pondre dans l’eau, mais certains parviennent néanmoins à contourner cette contrainte en usant de diverses stratégies (voir p. 36-37).
Œufs de blennie, un petit poisson d’eau douce, grossis 120 fois.
Au chaud Afin de se développer, l’œuf a besoin d’une température relativement élevée et, surtout, constante. Dans l’eau, le problème est minimal car les températures varient très peu d’un jour à l’autre. Sur la terre ferme, c’est une autre histoire, notamment lorsqu’on vit dans un désert chaud ou sur la banquise. À l’exception de ceux des insectes qui résistent très bien aux variations du milieu extérieur, les œufs sont incubés : ils sont couvés chez certaines espèces, ou parfois enfouis dans le sol (voir p. 38-39 et 40-41).
Pas encore né et déjà glouton Même s’il ne ressemble pas encore à grandchose, dans l’œuf, l’embryon a déjà besoin de respirer. C’est un tapis de vaisseaux sanguins recouvrant la face intérieure de la coquille qui se charge de lui apporter l’oxygène. Et il doit également se nourrir. Pas d’inquiétude, sa piscine est constituée de ce qu’on appelle le blanc : l’albumen*. Cette matière un peu gélatineuse est formée d’eau et de protéines. Le jaune, c’est le vitellus*, et c’est la partie la plus riche. Il contient une mixture de protéines, lipides, phosphore, zinc et autres substances. C’est le garde-manger dans lequel l’embryon se sert pour grandir. Mais toutes les bonnes choses ont une fin… Lorsque l’embryon a épuisé ses réserves et qu’il est trop grand pour tenir à l’intérieur de la coquille, il lui faut quitter ce doux berceau.
En France, la loi du 10 juillet 1976 interdit la destruction ou l’enlèvement des œufs et nids d’espèces protégées. Casser des nids d’hirondelles, par exemple, est un délit car ces oiseaux sont protégés depuis 1981. Toute infraction est passible de 6 mois d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende.
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Embryon d’alligator, âgé d’une trentaine de jours.
Embryon de poule à 10 jours.
Chez les oiseaux, la femelle pond des œufs même s’il n’y a pas de fécondation. Ce sont ces œufs non fécondés, qui ne donneront donc jamais de poussins, que nous consommons en omelette ou à la coque.
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Le grand saut Tomber de deux mètres sans rien pour se retenir ou pour amortir sa chute : voilà une façon bien traumatisante, pour le girafon, de débuter dans la vie !
Tomber de haut…
… mais rester debout
Lors de la mise bas, la girafe ne s’allonge pas au sol comme de nombreuses espèces, mais elle reste debout. Et pour le girafon, après quinze mois passés dans l’utérus protecteur de sa mère, le choc va être brutal. Non seulement il est expulsé de son petit cocon, mais la porte de sortie se situe à deux mètres du sol. C’est un saut à l’élastique sans élastique qui l’attend, car le cordon ombilical ne résiste pas à cette chute et se brise. Et parfois, en tombant, le nouveau-né se fracture une patte ou la nuque, mais cela reste relativement rare. Après cette première épreuve, une autre l’attend. Pas question pour le girafon de se reposer pour reprendre ses esprits.
Si dans l’heure qui suit sa naissance, le girafon ne se met pas debout, sa mère risque de l’abandonner. La vie dans la savane n’est pas de tout repos, les prédateurs rôdent et il faut être capable de suivre sa mère dès son premier souffle. Voici donc le girafon qui hésite, tremble. Il prend appui sur une patte avant, essaye de soulever ses 50 kg, retombe lourdement dans les herbes. Cet échec ne le dissuade pas. Il recommence, encouragé par sa mère à grands coups de langue violette. Au bout d’un quart d’heure, il réussit à se hisser sur ses quatre petites pattes. Du haut de ses deux mètres, il atteint enfin les mamelles et tète. Jour après jour, le lait nourricier de sa mère, très calorique, lui donne de la force et l’aide à grandir. Dans un an, il aura déjà grandi d’un mètre !
Seuls 25 à 50 % des girafons parviennent à l’âge adulte. Ils sont la proie favorite de prédateurs, tels que les lions et les hyènes, et la protection maternelle ne suffit pas toujours à éloigner le danger.
Après 400 à 460 jours de gestation, le jeune girafon voit le jour. Il pèse déjà 50 à 70 kg et mesure près de deux mètres. Ses sabots sont encore mous mais, très vite, au contact de l’air, ils vont durcir, prêts à fouler inlassablement la savane.
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Les girafes sont très bavardes et elles disposent de nombreuses vocalises à leur répertoire. Pour appeler leur jeune, elles sifflent ou mugissent. Ces derniers leur répondent en bêlant, en meuglant ou en faisant des sons similaires aux miaulements.
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Le plus proche cousin de la girafe vit dans la forêt tropicale du bassin du Congo. C’est l’okapi. Dès la naissance, le bébé tète sa mère. Puis il se met debout et la suit durant deux jours. Il passe les deux mois suivants bien camouflé dans un nid de végétation, et sans faire de crottes, histoire de ne pas attirer de prédateurs.
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C’est papa qui s’y colle Incuber les œufs n’est pas uniquement une affaire féminine. La preuve : chez certaines espèces, les mâles sont de vrais papas poules totalement dévoués qui ne reculent devant aucun sacrifice pour assurer l’éclosion de leurs petits. LA GROSSESSE, C’EST AUSSI POUR LES MÂLES ! Si tu rencontres sous l’eau un hippocampe avec un très gros ventre, ce n’est pas une femelle qui attend des petits mais un mâle. En effet, papa hippocampe possède une poche incubatrice au niveau du ventre dans laquelle la femelle vient pondre. Un liquide nutritif suinte à l’intérieur pour nourrir les embryons dans les œufs. Une fois les bébés hippocampes prêts à éclore, le mâle contracte son ventre et pousse, pousse… pour expulser les nouveau-nés qui doivent alors se débrouiller tout seuls.
LE POISSON À GRANDE BOUCHE Que tu as une grande bouche, monsieur l’opistognathe ! Ce n’est pas pour avaler tout rond les petits poissons – quoique ! –, mais pour mieux protéger tes petits. Dans la famille opistognathe, un poisson des récifs coralliens, madame ne fait pas grand-chose, à part pondre ses œufs et les abandonner dans le terrier d’un mâle. C’est alors monsieur qui s’en occupe. Il ouvre sa grande bouche et les engloutit tous. Drôle de manière de pouponner ! Là, dans sa bouche, les œufs se développent en sécurité, loin des prédateurs. Régulièrement, papa poisson les aère en ouvrant la gueule. Et au bout d’une dizaine de jours, c’est l’éclosion. L’indépendance pour les poissons miniatures, et la solitude du terrier pour le père.
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Chez les manchots royaux et empereurs, mâles et femelles couvent leur unique œuf à tour de rôle. Pour cela, le mâle dispose d’une plaque incubatrice. Quelques jours avant le début de l’incubation, les plumes tombent sur une portion du ventre. En contact direct avec la peau, la chaleur se diffuse bien mieux.
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Pour le manchot empereur, l’océan est très éloigné du lieu où la colonie niche. Alors, c’est le mâle qui assure la garde de l’œuf durant l’incubation jusqu’à la naissance du poussin. Lorsque la femelle revient au bout de deux mois, son estomac crie famine car il n’a rien avalé pendant tout ce temps.
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GARDE ALTERNÉE La plupart des manchots affrontent des températures glaciales dans les terres australes et l’Antarctique où ils vivent. Dans ces conditions, pas question de laisser l’œuf à même le sol, il gèlerait instantanément. Alors les parents l’enveloppent dans un repli de peau, situé au bas de leur ventre, avec chauffage intégré. Le sang, qui arrive massivement par de très nombreux petits vaisseaux, diffuse de la chaleur dans ce radiateur. Mâle et femelle se partagent la garde de l’œuf et partent à tour de rôle se ravitailler en poissons dans l’océan glacial.
DES ŒUFS PLEIN LE DOS Chez la nèpe géante, un redoutable insecte aquatique, prédateur des mares, c’est le mâle qui a la garde de la centaine d’œufs pondus par la femelle. Ceux-ci sont collés sur ses ailes repliées et, durant trois semaines, il transporte son précieux chargement partout. Régulièrement, il remonte prendre un bol d’air à la surface, histoire que les œufs ne pourrissent pas sous l’eau.
DÉVOUÉ COMME UN ÉMEU C’est bientôt la période de la reproduction. Monsieur émeu, tout émoustillé, en perd l’appétit. Il faut dire qu’il a fort à faire. C’est à lui que revient la lourde tâche de la construction du nid, et il en faut des brindilles et des écorces pour accueillir cet imposant volatile de 1,90 m pour 50 kg. Lorsque le nid satisfait les exigences de madame, elle vient y pondre un œuf tous les deux à trois jours. Mais pas question de s’enquiquiner à couver : la femelle abandonne le nid familial, laissant au futur papa le soin de s’occuper d’une quinzaine d’œufs vert foncé. Durant huit semaines, il reste là à couver, tournant les œufs près d’une dizaine de fois par jour. Et sans manger. Il perd 1/3 de son poids : un sacré régime minceur ! Lorsque les œufs éclosent, il n’est qu’au début de ses aventures paternelles, car c’est encore lui qui a la charge de l’éducation des poussins durant dix-huit mois. Au programme : leçons de gastronomie et gymnastique en plein air.
Après avoir pondu ses œufs, la femelle jacana abandonne le pauvre mâle. Tandis qu’elle batifole avec des célibataires, l’oiseau doit couver tout seul et protéger ses futurs poussins… parfois même de leur mère. Car celle-ci peut revenir écrabouiller de ses larges pattes ses propres œufs.
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Qui se frotte au sergent-major… se fera violemment recevoir. À la période de reproduction, le couple de poissons s’installe au cœur du corail. Le mâle, habituellement rayé bleu et noir, devient presque uniformément ébène. Un changement de coloration qui accompagne son agressivité. Pas question de s’approcher de ses 200 000 œufs !
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Naître chez des parents adoptifs Pourquoi s’embarrasser avec des œufs et des jeunes lorsqu’on peut laisser à d’autres le soin de s’en occuper ? De nombreux oiseaux, insectes et parasites ont décidé de recruter des parents adoptifs, sans leur demander leur avis.
Pondre chez sa cousine De nombreux oiseaux ne construisent pas de nid et choisissent de pondre chez un voisin, membre de leur famille. Ce parasitisme de couvée peut être occasionnel, comme chez l’étourneau, le flamant rose ou l’oie des neiges. Ces espèces construisent habituellement des nids et sont d’excellents parents mais, parfois, elles abandonnent leur ponte chez un congénère.
Les jeunes indicateurs, des oiseaux parasites, disposent de petites dents à l’extrémité de leur bec. Ils les utilisent juste après l’éclosion, alors qu’ils n’ont pas encore ouvert les yeux, pour tuer les autres oisillons du nid qu’ils ont squatté.
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Il existe plusieurs populations de coucous gris, chacune spécialisée dans le parasitage d’un oiseau particulier. Une cinquantaine d’espèces sont victimes du coucou gris en Europe. Quant au jeune parasite, il va jusqu’à apprendre le chant de ses parents adoptifs pour mieux les tromper.
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Pondre chez une autre espèce La femelle coucou n’a jamais construit de nid de sa vie. Elle n’en a pas besoin puisqu’elle abandonne ses œufs dans celui d’une autre. Sa victime favorite : la rousserolle effarvatte, un oiseau dix fois plus petit qu’elle. Elle l’espionne et, dès que celle-ci a le dos tourné, elle lui subtilise un œuf et le remplace par le sien. Son œuf est plus gros, mais le motif de sa coquille imite ceux déjà présents dans le nid. Ni vu, ni connu ! Au bout d’une dizaine de jours, lorsque le jeune coucou encore tout nu éclôt, il jette les autres œufs et poussins par-dessus bord. Le voici oisillon unique. Il peut alors monopoliser l’attention de la rousserolle. Avec l’aide du mâle, celle-ci fournit un énorme effort durant trois semaines pour nourrir d’insectes ce glouton (photos p. 32). D’autres oiseaux, comme les ibis ou les indicateurs, pratiquent ce parasitisme, ainsi que des poissons et des insectes.
Pondre dans une autre espèce Chez les insectes, le parasitisme pour la couvée va parfois beaucoup plus loin. Là, il ne s’agit plus de squatter un nid, mais d’utiliser le corps d’un autre animal pour faire grandir ses embryons. Ainsi l’ichneumon, une guêpe parasite, dépose ses œufs dans le corps d’une chenille ou dans une araignée par exemple. Une fois écloses, pour se développer, les larves piochent dans le garde-manger vivant qui les entoure. Et ce, jusqu’à l’épuisement des ressources et la mort de leur hôte. Alors, elles se métamorphose en guêpe adulte (voir p. 52-53)
Pondue dans une araignée, cette larve d’ichneumon (une espèce de guêpe) utilise le corps de l’arachnide comme source de nourriture et comme moyen de locomotion (voir DVD, chap. 4).
VIENS CHEZ MOI, J’HABITE CHEZ UN ESCARGOT Le ver parasite Leucochloridium paradoxum ne se contente pas de squatter une autre espèce. Trop facile ! Lui en utilise deux différentes pour boucler son cycle de vie. À l’état adulte, ce ver vit à l’intérieur du corps d’un oiseau et se nourrit de ses chairs. Mais ses œufs ne peuvent pas se développer dans le volatile et il a besoin de les pondre dans un escargot ! Comment faire lorsqu’on est emprisonné dans un organisme qui n’est pas le sien pour pondre à l’extérieur ? Le ver a trouvé la parade : il expulse sa ponte avec les fientes de l’oiseau, qui constituent le mets favori de l’escargot. Une fois avalés, des œufs naissent des larves qui grignotent les tissus du pauvre mollusque. Lorsqu’elles sont prêtes à devenir adultes, ces larves envoient des messages au cerveau de l’escargot pour l’inciter à modifier son comportement. Lui qui détestait le soleil aime maintenant à ramper sur les feuilles les plus exposées, là où tout le monde peut le voir. Il ne faut pas longtemps pour qu’un bec affûté le gobe. Et voici le parasite revenu dans le corps d’un oiseau. Le cycle peut recommencer !
Parce que les oiseaux savent compter – ou tout du moins savent exactement combien d’œufs ils ont pondus –, si la femelle coucou en rajoute un, cela ne passera pas inaperçu. Alors, dès que le nid est libre, elle subtilise un œuf pour pondre le sien à la place. En une saison, la femelle pondra jusqu’à 25 œufs dans différents nids.
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La guêpe fouisseuse (ou ammophile) apporte une chenille anesthésiée dans son tunnel de ponte pour nourrir sa future larve. Puis, elle danse devant le tunnel afin de mémoriser sa localisation.
Pour se développer, la guêpe Cotesia doit pondre dans le corps d’une chenille de sphinx du tabac. Avec ses œufs, elle injecte des petits virus qui modifient la physiologie et le comportement de la chenille : ils inactivent ses mécanismes de défenses pour l’empêcher d’expulser les œufs et arrêtent son développement.
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Grandir très vite Pour les bébés mammifères, le bonheur est dans le lait ! Nutritif et disponible à volonté, c’est l’aliment de croissance idéal avant de pouvoir manger seul, comme les grands.
Lait en libre-service Blanc, légèrement translucide, le lait est produit par les glandes mammaires et “distribué” par les mamelles. Leur nombre varie en fonction des espèces et il est le plus souvent lié au nombre de jeunes par portée : deux chez les primates (dont nous faisons partie), les cétacés ou l’éléphant ; quatre chez le lion et la vache ; six chez l’ours ; huit chez le chat, ou encore douze chez le rat.
Chez les castors, les deux mamelles antérieures fournissent un lait 2 à 3 fois plus riche que celui des deux mamelles postérieures. Au moment de venir téter, il ne faut pas se tromper !
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À la naissance, la maman bonobo approche délicatement la tête de son bébé de sa mamelle afin qu’il puisse commencer à téter.
Premiers repas La composition du lait varie suivant les espèces, mais elle se modifie également au cours de la période de l’allaitement. Ainsi, en toute fin de gestation et dans les premiers jours après la naissance, la femelle fabrique un liquide jaunâtre spécial : le colostrum. Celui-ci est très riche en protéines et en anticorps, ces substances qui permettent de protéger l’organisme du nouveau-né contre diverses maladies. L’absorption du colostrum est très importante car, au bout de quelques jours, le système digestif du jeune se met véritablement en marche et va détruire ces anticorps maternels. S’il ne les a pas avalés avant, il risquera plus facilement de tomber malade ! Les baleines vont mettre bas dans les mers chaudes pour que leurs petits ne gaspillent pas d’énergie à réguler leur température. Le lait, très riche, sera utilisé uniquement pour grandir.
Chez les mammifères, c’est la succion provoquée par la bouche du bébé qui amorce la pompe à lait maternelle. Chez les cétacés, ce n’est pas aisé à cause de la pression de l’eau. Il suffit alors d’un simple contact du jeune sur le ventre de sa mère pour que les mamelles éjectent le lait.
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Mange ta soupe… au lait ! Pour grandir, l’organisme a besoin de beaucoup de nutriments – protéines, matières grasses, vitamines C et calcium – qu’il puise dans le lait maternel. Ainsi, le lait que boit le jeune éléphant est si riche que ce dernier grossit de 4,5 kg par jour. En quatre semaines, son poids triple. Quant au bébé castor pesant 500 g à la naissance, les repas fréquents et réguliers de cinq à dix minutes chacun lui permettent de grandir très vite et, à un an, il pèse déjà 10 kg. Mais le record est détenu par les baleines bleues. Leur gros bébé pèse 3 tonnes à la naissance et va avaler environ 90 litres de lait par jour.
Pourquoi les mâles n’allaitent pas ? Bien que les mâles possèdent des tétons, seules les femelles mammifères allaitent, alors que chez d’autres espèces comme les oiseaux, les pères s’occupent aussi de nourrir leurs rejetons. C’est la production d’hormones lors de la gestation qui entraîne le développement des glandes mammaires chez la femelle, organe à la source de la production du lait. Les tétons mâles sont muets. Ils ne servent à rien. Enfin… sauf chez une drôle d’espèce de chauve-souris. En effet, le mâle dyacoptère (ou chauvesouris de Dyak) produit du lait. Certes, il en produit huit fois moins que la femelle, mais lorsque celle-ci part chasser, il peut donner la tétée à son petit. C’est le seul mammifère connu dont le mâle allaite aussi ses petits.
La femelle mara donne naissance à 2 ou 3 petits, deux ou trois fois par an.
Animaux marins, otaries, éléphants de mer et phoques doivent retourner sur la terre ferme pour accoucher et se reproduire. Chaque femelle donne naissance à un seul jeune mais, parfois, un bébé qui n’est pas le sien vient discrètement boire un peu de lait chez sa voisine.
Fidèles en amour, les maras vivent au sein de vastes terriers communautaires dans la pampa patagonienne. Une quinzaine de familles partagent ce logis. Cependant, dès que la femelle allaite, le mâle ne tolère aucun autre adulte dans les parages. C’est à l’odeur que la femelle reconnaît ses petits parmi ceux des autres couples.
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Comme tu as de grandes dents, maman… Difficile de croire que crocodiles, alligators et autres caïmans sont des mères exemplaires ! Et pourtant… Côté araignées ou scorpions, même constatation. Moralité : on peut être un redoutable prédateur sans pour autant être une mauvaise mère.
L’habit ne fait pas le moine Les a priori sont tenaces. Si on demande qui, du caïman ou de la gazelle, est la meilleure mère, nombreux pencheront pour la douce créature sautillante. Cependant, malgré sa réputation de machine à tuer, le caïman cache une incroyable fibre maternelle. Non seulement les mères crocodiles veillent sur leur nid, puis aident leurs rejetons
à éclore lorsqu’ils éprouvent quelques difficultés à briser leur coquille (voir p. 8), mais elles prennent ensuite soin de leur petite tribu comme une mère poule. Les bébés crocodiles du Nil restent deux ans aux côtés de leur mère. Au moindre danger, cette dernière les prend dans sa large gueule avec délicatesse. Qui osera venir les déloger de cette forteresse aux dents acérées ? (voir DVD, chap. 7)
C’est dans la redoutable gueule de sa mère que le jeune crocodile du Nil trouve parfois refuge.
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Le sexe des embryons de crocodile (comme celui de la majorité des reptiles) n’est pas déterminé génétiquement. C’est la chaleur à l’intérieur du nid qui joue ce rôle. Chez l’alligator de Chine, si la température est inférieure à 28 °C de l’œuf naîtra une femelle ; si elle est supérieure à 33 °C, ce sera un mâle.
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Tandis que les femelles araignées sont extrêmement agressives dès qu’un intrus pénètre sur leur toile et la fait vibrer, elles font preuve d’une grande tolérance à l’égard d’individus juvéniles. Elles s’approchent d’eux à grande vitesse à peine un fil de soie effleuré, les palpent, puis s’en retournent au lieu de les tuer.
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Ne jamais baisser les pattes Le caïman à lunettes habite principalement la région du Pantanal (Amérique du Sud). Ici, une partie de l’année, tout est inondé. Poissons, caïmans, loutres et autres espèces aquatiques ou amphibies sont à leurs aises. Puis arrive la saison sèche et les plans d’eau rétrécissent… jusqu’à disparaître pour la plupart d’entre eux. Néanmoins, les bébés caïmans ont besoin d’eau et de poissons pour survivre. La femelle qui a la charge de surveiller la crèche, où ne pataugent pas uniquement ses rejetons, décide alors de déménager avec sa marmaille. À la queue leu leu, tout ce petit monde se dirige à quatre pattes vers la rivière voisine. Le chemin peut être long de plusieurs kilomètres : une rude épreuve pour les jeunes moins rapides que leur mère. Mais celle-ci fait des pauses régulières et les attend. Plus étonnant encore, les spécialistes pensent qu’elle sait compter car, dès qu’un petit manque à l’appel, elle pousse un cri et patiente jusqu’à ce que le retardataire lui réponde. S’il ne la rejoint pas, elle part à sa recherche. Elle a pourtant plusieurs dizaines de jeunes à charge et il est si facile de s’égarer dans ces vastes plaines herbeuses. Lorsque la rivière se montre enfin, c’est un groupe toujours au complet qui plonge dans ce bain tant attendu.
Porte-bébé et matricide
Une fois que les jeunes lycoses sont suffisamment équipées pour survivre aux prédateurs, elles quittent le dos maternel pour essaimer, le plus souvent par la voie des airs.
Dès la naissance, les jeunes scorpions montent sur le dos de leur mère. Ils se font véhiculer ainsi jusqu’à leur première mue.
Moins imposants mais tout aussi redoutés par les humains, les scorpions et certaines araignées – comme l’araignée-loup – chouchoutent également leur portée. Pas question de les parquer dans un nid ou un terrier. Le premier venu pourrait les dévorer, leur carapace est encore si molle et les petits n’ont ni dard ni crochets ou poils urticants fonctionnels. Alors, tout le temps de l’enfance, les femelles portent leurs bébés sur le dos. Plus extrême encore est le cas de l’araignée-coccinelle : elle meurt après avoir donné naissance à ses jeunes et leur offre son corps en repas ! Chez plusieurs espèces d’araignées Stegodyphus, la femelle régurgite les aliments ingérés pour nourrir ses bébés. Puis, une fois que ceux-ci ont atteint l’âge de trois à quatre semaines, elle s’allonge sur le dos et les laisse lui injecter des doses mortelles de venin avant de la digérer. C’est l’un des rares cas de cannibalisme d’enfants sur leur mère.
Les cécilies sont d’étranges amphibiens dépourvus de pattes. Le Boulengerula taitanus fait preuve d’un comportement maternel étonnant. Sa peau, riche en lipides et nutriments, est mise à disposition de ses jeunes qui la raclent. Tous les trois jours, ils “épluchent” leur mère… et ils multiplient leur poids par dix en une semaine !
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Lorsqu’on est un bébé varan de Komodo, mieux vaut ne pas s’approcher de ses parents. Non seulement ils ne reconnaissent pas leur progéniture, mais ils n’hésiteraient pas à en faire un délicieux repas. Pour se protéger, le jeune varan va passer les premières années de sa vie perché dans les arbres.
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