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Illustration : Karen Laborie / Conception graphique : Studio Mango
Gérard Canasson s’est-il suicidé, ou a-t-il été assassiné dans sa somptueuse villa du bord de mer ? Est-il, comme il l’a toujours prétendu, le propriétaire d’une galerie d’art réputée, ou a-t-il usurpé l’identité d’un autre ? Les détectives du Samovar se lancent sur l’affaire… Une affaire qui les ramène dans l’Union soviétique des années 1950, une époque trouble où sévissait l’inquiétant KGB.
Marie Bertherat
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Marie Bertherat
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uêtes Les eanmqovar du S
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Maison Jaune, Port d’Amar Lundi 13 juillet, 9h30
Véra Kerval jeta un coup d’œil au courrier que Mme Rose venait de déposer sur la console de l’entrée. Y avait-il quelque chose pour elle ? Une grande enveloppe en papier argenté de La Redoute annonçait des soldes monstres, mais elle la jeta directement à la corbeille. Les achats par correspondance l’avaient toujours déçue. Sur les photos des catalogues, les vêtements faisaient les beaux, mais sur elle, ils n’avaient plus l’air de rien. Véra prit en main l’autre lettre qui lui semblait plus intéressante. Sur l’enveloppe au format carré, son nom et l’adresse de la Maison Jaune étaient manuscrits. Au moins, cela ne devait pas être une facture. Elle examina le timbre et constata qu’il provenait de Russie. Son cœur s’accéléra. La Russie était son pays natal, même si elle n’y avait pas remis les pieds depuis près de vingt ans. Qui pouvait donc lui écrire de là-bas ? Ses parents étaient tous deux décédés, il y a une dizaine d’années, et à part de vagues cousins éloignés avec qui
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elle ne correspondait presque jamais, elle n’avait gardé aucun contact en Russie. Elle retourna le pli et s’aperçut que le nom et l’adresse de l’expéditeur étaient notés au dos. Sergueï Stepanov, 22 Bolchaia Yakimenka Oulitsa, 117049 Moscou. Ce nom ne lui disait rien. Elle ouvrit l’enveloppe et déplia la feuille de papier glissée à l’intérieur où courait une fine écriture en caractères cyrilliques que Véra eut un peu de mal à déchiffrer. L’homme l’appelait Chère Madame. Il lui demandait pardon de l’importuner et se présentait. J’ai soixante-quinze ans, je vis à Moscou où je possède une petite entreprise d’import-export de machines agricoles. Allait-il lui réclamer de l’argent ? se demanda Véra, sur ses gardes. Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais. Ah ! le ton évoluait. J’ai bien connu votre maman, Olga Pitakovna. En réalité, non seulement je l’ai vraiment très bien connue, mais je l’ai aimée. Et elle aussi m’a aimé. Cette fois, Véra se raidit. Qui donc était cet homme ? Nous avons été amants. Je suis désolé de vous l’annoncer aussi brutalement, mais je ne sais comment m’y prendre autrement. Ça oui, il était brutal ! Et même très désagréable. De quel droit cet homme lui racontait-il une chose pareille ?
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Notre liaison a duré cinq ans, de 1965 à 1970. Véra était de plus en plus mal à l’aise. Vous êtes née le 3 janvier 1967. Il connaissait sa date de naissance ! Je sais que cela va vous sembler fou et très audacieux de ma part, mais je pense que vous êtes ma fille. Enfin, pour tout dire, je l’espère du fond du cœur. Olga me l’a d’ailleurs plusieurs fois laissé entendre. Mais à l’époque, j’étais marié moi aussi et nous devions garder notre amour secret. J’espère que vous me comprendrez. Non, pas du tout ! Absolument pas ! Elle ne comprenait rien du tout ! Je vous supplie de bien vouloir me rencontrer. Puis-je venir à Port d’Amar ? Je prendrai une chambre à l’hôtel, je serai très discret. Je veux seulement vous rencontrer. Véra suffoquait. Elle avait un père, un vrai père, Igor Pitakov, le mari de sa mère, qu’elle avait dû quitter à l’âge de seize ans, lorsqu’elle avait fui l’ex-URSS pour rejoindre son frère Constantin en France. Un père qu’elle avait toujours aimé et respecté, malgré la distance qui les séparait. – Constantin ! cria Véra. Constantin ! Où es-tu ? répéta-t-elle de plus en plus fort à travers la maison. Il fallait qu’elle lui montre cette lettre immédiatement ! Qu’il partage avec elle sa colère et son énervement. 7
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– Je suis dans le jardin ! répondit son frère. Qu’est-ce qui t’arrive ? Véra sortit et vit Constantin. Il avait retiré sa chemise pour recoudre l’un des boutons. En d’autres circonstances, le spectacle de son géant de frère maniant l’aiguille dans ses grosses mains l’aurait fait sourire, mais pas aujourd’hui. – Lis-moi ça, le pressa-t-elle. Constantin abandonna ses travaux de couture, prit la lettre que sa sœur lui tendait et commença à la lire. – Intéressant, commenta-t-il. – In-té-re-ssant ? C’est tout ce que ça te fait ? se fâcha Véra. Cet homme insulte la mémoire de notre mère ! – Tu exagères ! – Mais enfin, tu ne sais pas lire, il prétend avoir été son amant ! Maman était mariée à papa, je te rappelle. – Bien sûr, bien sûr, fit Constantin, conciliant. Écoute, si tu veux bien, je vais m’occuper de ça. – Qu’est-ce que tu comptes faire ? – Je vais écrire à ce monsieur en lui posant un certain nombre de questions précises pour en savoir plus. Après tout, il dit peut-être la vérité. – Alors tu le crois ? s’étrangla presque Véra, rouge d’indignation.
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– Je n’ai pas dit ça, tempéra son frère. Laissemoi faire, d’accord ? Véra soupira. – Je veux bien. Mais, s’il te plaît, n’en parle pas à Lou. Je ne veux pas l’affoler pour rien. – Entendu. Tu me laisses la lettre ? – Oui, mais cache-la bien. D’accord ? – Ne t’inquiète pas, la rassura Constantin en la fourrant dans la poche de son pantalon de velours. Véra contempla le torse nu de son frère. – Fais attention, tu as attrapé de la brioche. – Les bons petits plats de Mme Rose, répondit Constantin en tapotant son ventre. – À propos de Mme Rose, pourquoi tu ne lui as pas demandé de te recoudre ton bouton ? – Elle est à la bibliothèque. – Encore ? Constantin haussa les épaules. – Elle aime beaucoup la lecture. Quand est-ce que vous repartez, Jacques et toi ? Le visage de Véra s’éclaira. Elle et son mari Jacques étaient musiciens flottants, ils travaillaient pour une compagnie maritime et passaient onze mois sur douze en mer. – Dimanche ! – Sur quel bateau ? – L’Ocean Dreamer, destination les Antilles. On va jouer Bach, Schubert et ton cher Stravinsky. 9
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Je ne te cache pas que j’ai hâte. D’ailleurs, je vais monter dans ma chambre préparer ma valise. – Déjà ? Tu ne pars que dimanche ! – J’aime bien préparer mes affaires à l’avance. Comme ça, je n’emporte que le nécessaire. Constantin esquissa un petit sourire entendu. Véra devina sa pensée. Voyager léger n’était pas son fort. Ce n’était pas sa faute ! Elle ne s’était jamais remise d’avoir dû laisser tout ce qu’elle possédait dans sa chambre d’adolescente – même si ce n’était vraiment pas grand-chose –, le jour où elle avait quitté définitivement l’ex-URSS pour venir rejoindre son frère en France. Depuis, à chaque déplacement, elle transportait pratiquement toute sa garde-robe. Mais elle ne désespérait pas : peut-être un jour guérirait-elle de ce vieux traumatisme !
Plage des Mouettes, Port d’Amar Samedi 18 juillet, 14h10
Depuis deux semaines, Lou était en vacances. Bon, ce n’était pas des vacances de rêve, elle n’avait pas quitté Port d’Amar et elle bossait tous les aprèsmidi pour se faire de l’argent de poche, mais quand même. C’était mille fois mieux que d’être enfermée entre les quatre murs d’une salle du lycée. En plus, 10
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le job qu’elle avait trouvé était plutôt cool : elle vendait des glaces sur la plage avec son copain Stan. Sauf que cet après-midi, il l’avait laissé tomber pour aider sa mère à vider leur cave. Il faisait vraiment super beau et la vente marchait plutôt bien. Les vacanciers aiment manger des glaces au soleil. Mais là, il faisait vraiment très chaud, et il n’y avait pas énormément de monde sur la plage. C’était vers quinze heures que les gens débarquaient. C’est pour ça que Lou repéra le garçon planté dans le sable comme un piquet. En fait, elle vit son ombre, une silhouette sombre sur le sable clair. Pourquoi restait-il debout, immobile en plein soleil, sans bob, ni casquette, ni lunettes ? Elle faillit l’appeler pour lui dire qu’il devait faire attention. D’accord, on n’était pas dans le sud de la France ; cela dit, même à Port d’Amar, on pouvait attraper une insolation. Mais comme elle ne le connaissait pas, elle se contenta de le regarder. Il portait un maillot de bain, blanc à bandes bleues, style bermuda de surfeur. Sauf qu’il n’était ni bronzé, ni baraqué. Les cheveux châtain clair qui lui tombaient sur le front n’étaient pas non plus décolorés par le sel. N’empêche qu’il était plutôt pas mal, il avait l’air sympa, dans le genre romantique qui contemple la mer. 11
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Est-ce qu’il avait senti que la fille du stand de glace l’épiait ? Il se tourna vers Lou et la regarda à son tour. Elle aurait détourné son regard, s’il ne lui avait pas souri. Donc, elle continua à l’observer et lui rendit son sourire. Ensuite, il s’approcha et elle vit qu’il avait de très beaux yeux d’un bleu étonnamment clair. – Salut ! dit-il. – Salut ! dit-elle. Il y eut un court silence un peu embarrassé. Puis le garçon lui commanda une glace et Lou remarqua son accent, anglais ou américain. – Mini-cup ou cornetto ? proposa-t-elle. – Cornetto. – Combien de boules ? – Deux. Elle déclina les douze parfums proposés. D’habitude, elle ne se donnait pas tant de peine. Il choisit chocolat et pistache. Elle se demanda si elle devait le prévenir que la pistache n’était pas un bon choix, elle avait un goût complètement chimique. Mais c’était délicat, alors elle s’abstint et fit coulisser le couvercle de protection isotherme. En quinze jours de pratique, l’adolescente avait appris à manier efficacement la cuillère spéciale en acier et, en deux temps trois mouvements, le cornetto fut prêt. Le garçon la paya. Elle lui donna la glace, il la remercia. Est-ce qu’il allait partir tout 12
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de suite ou rester pour lui faire la conversation ? Comme il ne disait rien et qu’elle n’avait pas envie qu’il s’en aille, elle l’interrogea : – Tu viens d’où ? – Londres, répondit-il, puis il donna un coup de langue à la boule de chocolat. Il n’avait pas l’air décidé à partir, mais ne faisait pas non plus beaucoup d’effort de conversation. Alors Lou lui raconta qu’elle allait y aller, à Londres justement, d’ici une quinzaine de jours. Un petit aller-retour pour assister au concert de Keane. Elle adorait ce groupe, est-ce qu’il le connaissait ? Peut-être que s’il n’avait pas connu le premier couplet de Somewhere only we know1, la chanson préférée de Lou, les choses se seraient passées autrement. Mais il connaissait très bien le groupe anglais et il se mit à chanter : I walked across an empty land/I knew the pathway like the back of my hand/I felt the earth beneath my feet/Sat by the river and it made me complete.2 Lou sentit un frisson lui parcourir la nuque. Il avait une voix incroyablement chaude, une vraie
1. Un endroit que nous seuls connaissons. 2. J’ai traversé une région déserte/ Je connaissais le chemin sur le bout des doigts/ J’ai senti la terre sous mes pieds/ Je m’assis près de la rivière, et cela me combla.
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voix de crooner. Elle l’applaudit. Il haussa les épaules comme si ce n’était rien du tout. – Tu fais partie d’un groupe ? – Non. – Tu devrais. Parce que c’est vraiment génial comme tu chantes. À nouveau, un haussement d’épaules. Il n’avait pas envie de parler de lui, il préféra la faire parler. Il lui demanda si elle habitait Port d’Amar. – Oui ! J’y suis même née. C’est sympa, un peu trop tranquille parfois. Mais ça va, on trouve des trucs à faire. T’es là pour longtemps ? Au lieu de répondre, il la regardait comme s’il cherchait à savoir qui elle était. Cela la troubla. – Je ne sais pas, dit-il enfin. On est à l’hôtel avec mon père. Lou hocha la tête. S’il était à l’hôtel, il ne resterait sans doute pas longtemps. C’est idiot mais elle était déçue. Il se passait quelque chose de spécial avec ce garçon. – Quel hôtel ? – Le Majestic. Lou le connaissait, c’était un vieux palace en front de mer. Elle y avait enquêté sur l’assassinat d’un archéologue avec Stan et son oncle Constantin3. Mais ce n’était pas le moment de lui raconter 3. Voir Meurtre au Majestic, dans la même collection.
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qu’elle jouait les détectives à ses moments perdus. Il pourrait ne pas la croire et s’imaginer qu’elle cherchait à se vanter. Elle avait l’impression que c’était le genre de garçon qui n’aime pas ça, la vantardise. – Comment tu t’appelles ? demanda-t-il. Elle était contente que ce soit lui qui l’ait demandé en premier et pas elle. Elle fit le tour du chariot de glace et, avec son doigt, traça L.O.U dans le sable. Il l’imita et écrivit J.A.S.O.N en utilisant le O de Lou. Il s’appelait Jason, comme le héros de La Mémoire dans la peau, La Mort dans la peau et La Vengeance dans la peau. Elle avait adoré la trilogie, mais Jason ne ressemblait pas vraiment à Matt Damon. Un homme s’approcha du stand. Il portait un costume de lin vert pâle, une chemise blanche, une pochette et une cravate jaune. Une tenue très étudiée. Presque trop pour la plage, pensa Lou. – Jason ? Are you coming4 ? dit-il. Le garçon se retourna. – Hi Dad ! Yes, I’m coming. Puis, il dit à Lou : – I love your nose5. Elle piqua un fard. 4. Tu viens ? 5. J’adore ton nez.
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– Je suis là tous les jours à partir de quatorze heures. Jason lui fit un clin d’œil et partit avec son père. Elle attendit qu’il soit un peu loin pour chanter I walked across an empty land/I knew the pathway like the back of my hand/I felt the earth beneath my feet/Sat by the river and it made me complete. Elle chantait faux, mais quelle importance ?
Polkovo, URSS 1938-1947
« Je suis né le 5 septembre 1938 à Polkovo, une bourgade perdue à cinquante kilomètres au nord de Moscou. En 1942, mon père a été tué à la guerre, lors des bombardements de Stalingrad. Maman m’éleva seule. Pour gagner sa vie, elle travaillait au kolkhoze6 où elle s’occupait des vaches. Maman était très belle. J’ai gardé d’elle des souvenirs précis. Je la revois redresser le menton et passer la main dans ses cheveux d’un blond écla-
6. La propriété privée était interdite en URSS. Il n’y avait donc pas d’entreprises ou d’exploitations agricoles privées, mais seulement des coopératives appelées “kolkhozes”. Elles étaient gérées par des paysans qui avaient mis en commun leurs terres, leurs outils, leur bétail. La terre, elle, appartenait à l’État et non aux personnes.
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tant qui brillaient au soleil. Parfois, elle les retenait avec une jolie barrette. Quel genre de petit garçon ai-je été ? Sans doute pas très facile à vivre, surtout pour une veuve. Il m’arrivait de disparaître sans prévenir. Je dormais à la belle étoile, dans un arbre. Autour de la maison, il y avait d’immenses forêts de sapins et de boulots. J’entendais hurler les loups, j’étais terrifié mais je restais dehors. Je savais que maman ne dormait pas, qu’elle s’inquiétait pour moi, qu’elle imaginait que les loups m’avaient dévoré. Le lendemain matin, lorsque je rentrais, elle avait les yeux rouges. C’était ma récompense. Son chagrin et son inquiétude me rassuraient. C’était la preuve qu’elle m’aimait vraiment. Parfois je faisais l’école buissonnière. Rattraper les leçons manquées m’était facile. J’étais bon élève et, sans peine, retenais un discours de Staline entendu une seule fois à la radio. Maman me félicitait : – Pavel, tu as une mémoire d’éléphant ! Je n’eus de cesse de cultiver ce don qui rendait ma mère fière de moi et appris par cœur tout ce qui me tombait sous la main. Je crois que ce que maman préférait chez moi, c’était ma jolie voix. Lorsque j’eus neuf ans, elle m’inscrivit à la chorale du village. Mon professeur de chant me disait très doué. J’avais, prétendait-il, 17
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l’oreille absolue. Je pouvais identifier n’importe quelle note de la gamme. Ce professeur parla de moi à sa femme, qui parla à son tour à son cousin. Ce dernier se prénommait Anton, c’était un camarade très actif du Parti Communiste. À cause de son pouvoir et de son influence, il impressionnait beaucoup maman. Elle était persuadée qu’il allait m’aider. – Tu deviendras peut-être chanteur lyrique, ou alors tu chanteras dans les Chœurs de l’Armée Rouge, m’encourageait-elle, et je rougissais de plaisir. »
Maison Jaune
Dimanche 19 juillet, 7h Lou pressa le bouton situé au sommet de son réveil en fourrure rose. La sonnerie qui lui vrillait le cerveau s’interrompit. Se réveiller tôt pendant les vacances était une des choses qu’elle détestait le plus, ex æquo avec la langue de bœuf de la cantine. Mais ce matin, ses parents partaient en croisière. Elle leur avait promis de prendre le petitdéjeuner avec eux. C’était quoi ce rêve dont la sonnerie l’avait brutalement arrachée ? Impossible de s’en souvenir, pourtant c’était super agréable. Dommage ! 18
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