Skip to main content

Mastodontes

Page 1

Des images saisissantes pour un étonnant tour du monde des mastodontes, à découvrir en famille !

Préface de Pascal Tassy, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.

STÉPHAN BONNEAU

Photographe animalier, Stéphan Bonneau est passionné par le vivant sous toutes ses formes. Ses photographies de nature sont régulièrement exposées et publiées dans la presse naturaliste.

18 € TTC MDS : 591295

www.fleuruseditions.com

Couv_mastontes.indd 1

J. DELFOUR & S. BONNEAU

Julie Delfour étudie les liens qui unissent animaux et hommes à travers les civilisations. Elle collabore à des revues spécialisées et écrit des livres animaliers, tout en poursuivant ses travaux de recherche.

FLEURUS

Forces de la nature, éléphants, ours polaires, rhinocéros, varans ou encore requins baleines comptent parmi les champions de l’adaptation. Ils ont survécu sans encombre aux grandes crises de l’évolution. Tous dépassent allègrement les mesures et cumulent les superlatifs. Pourtant, ces mastodontes apparemment indestructibles n’en sont pas moins en danger et certains font même partie du triste cercle des espèces les plus menacées de notre planète.

JULIE DELFOUR

LES POIDS LOURDS DU RÈGNE ANIMAL

FLEURUS 2/07/10 11:26:59


SOMMAIRE

Masto_01-11.indd 6

Introduction

09

Le gorille de montagne

12

Le gorille de plaine

16

Le Goliath

18

La baleine franche

20

L’éléphant d’Afrique

24

L’éléphant d’Asie

28

Le crocodile du Nil

30

Le gaur d’Inde

32

Le bison d’Europe

34

24/06/10 10:52:55


Masto_01-11.indd 7

Le dragon de Komodo

36

L’iguane marin des Galápagos

66

L’ours polaire

40

La tortue verte

70

Le mérou géant

44

Le requin baleine

72

La tortue géante des Galápagos

46

L’hippopotame nain

76

Les buffles d’Afrique et d’Asie

50

L’hippopotame amphibie

78

L’éléphant de mer du Sud

54

Le moa géant

84

Le rhinocéros d’Asie

56

Sarcosuchus imperator

86

Le rhinocéros blanc d’Afrique

58

Le mastodonte américain

88

Le lamantin d’Amérique du Nord

60

Tour du monde des espèces

90

L’iguane terrestre des Galápagos

64

Fondations et associations

92

Lexique

94

24/06/10 10:53:00


Qui dit mieux ?

LE GOLIATH En Égypte, c’est un animal sacré. La légende prétend que les premiers Égyptiens qui ont observé des scarabées rouler une boule d’excréments en ont déduit qu’un scarabée géant faisait tourner la Terre !

Le scarabée Goliath d’Afrique est l’insecte le plus grand, le plus lourd et le plus volumineux vivant à ce jour. D’une envergure équivalente à la main d’un enfant, ce colossal coléoptère peut peser jusqu’à 100 g et tracter 850 fois son poids ! Une performance dont sont aussi capables de plus petits insectes, tel le scarabée rhinocéros qui ne pèse que 30 g et peut tracter une charge de 3 kg, soit 1 000 fois son poids. Malgré sa taille imposante, le Goliath peut voler ! Comme presque tous les coléoptères, il possède une première paire d’ailes protectrices (les élytres) et une deuxième paire d’ailes, grandes et membraneuses, utilisées pour le vol.

Morts au combat L’Afrique centrale où vit le Goliath est un paradis pour animaux. Mais ce paradis est plongé dans l’enfer de la guerre des hommes : le troisième massif de forêt équatoriale de la planète est en effet le théâtre de sanglantes guerres civiles. Ces conflits font payer un lourd tribut aux espèces qui se trouvent malgré elles sur le champ de bataille, tel le scarabée Goliath.

Fiche d’identité Classe : Insectes Famille : Scarabidés Nom scientifique : Goliathus goliatus Taille : jusqu’à 15 cm de long Poids : 100 g Habitat : régions tropicales Alimentation : excréments d’animaux, herbes pourries et racines Localisation : forêts équatoriales d’Afrique centrale

18

Masto_12-29.indd 18

Les Scarabidés appartiennent à l’ordre des Coléoptères, qui réunit plus de 12 000 espèces. On les reconnaît à leurs antennes tactiles pouvant s’ouvrir en éventail.

24/06/10 10:55:17


Combats de titans Les mâles sont dotés d’une corne, de pinces et autres protubérances utilisées pour s’affronter. Qu’un autre scarabée pénètre sur leur terrain de chasse et une lutte acharnée s’engage. Chacun des combattants utilise sa corne comme levier pour faire basculer son rival. Si le perdant n’est pas capable de se retourner, l’issue du combat lui sera fatale.

spiration L’alchimie de lalere corps d’un

L’oxygène pénètre dans s sur ses flancs. insecte par des trous situé me de tubes Il passe ensuite par un systè dans les organes. ramifiés pour être distribué ectes sont en Pour faciliter ce trajet, les ins ils sont grands, général de petite taille. Plus r de chemin. plus l’oxygène doit parcouri

19

Masto_12-29.indd 19

24/06/10 10:55:28


LA TORTUE GÉANTE DES GALÁPAGOS

Cette imposante tortue terrestre est la plus grande actuellement en vie. Elle est endémique* des îles de l’archipel des Galápagos, situées au large de l’Équateur (Amérique du Sud). On raconte que les premiers colons espagnols trouvèrent une ressemblance entre sa carapace et la selle d’équitation appelée galapago. De quoi lier intimement la tortue à ces îles !

Fiche d’identité Classe : Reptiles Famille : Testudinidés Nom scientifique : Geochelone nigra Taille : jusqu’à 2 m de long (queue comprise) Poids : environ 200 kg Habitat : zones sèches, flancs volcaniques Alimentation : végétaux, fruits, fougères, lichens Localisation : îles Galápagos

Dépourvue de dents, la tortue possède un bec tranchant pour découper les végétaux. Elle peut rester longtemps sans boire, se contentant de l’eau contenue dans sa nourriture. En cas de sécheresse, elle est capable de décomposer sa graisse pour produire de l’eau !

46

Masto_46-71.indd 46

24/06/10 11:00:59


Premiers pas dans la vie Entre juin et décembre, après l’accouplement, les femelles partent en quête d’un site sec et sablonneux sur lequel pondre. Se hissant sur les plages, elles creusent un trou d’une trentaine de centimètres à l’aide de leurs pattes arrière, et y déposent leurs œufs. Elles cimentent ensuite le trou avec un mélange de terre et d’urine. C’est la température d’incubation des œufs qui détermine

le sexe de la couvée : les basses températures produiront des mâles et les hautes, des femelles. Après l’éclosion, les petits mettent parfois plus d’un mois pour sortir du nid et doivent se débrouiller seuls face à l’appétit d’un redoutable prédateur : le faucon des Galápagos. Les tortues qui passent avec succès cette épreuve peuvent espérer vivre jusqu’à… 200 ans !

47

Masto_46-71.indd 47

24/06/10 11:01:13


Bronzage et thalassothérapie Comme tous les reptiles à sang froid, les tortues géantes rechargent leurs batteries en se dorant au soleil sans bouger pendant de longues heures, leur carapace absorbant l’énergie solaire. Sur le volcan d’Alcedo, pendant la saison des pluies, les tortues s’immergent dans des étangs ou des trous de boue, ne laissant dépasser que leur tête. Elles s’endorment dans ces bains qui les aident à maintenir leur chaleur corporelle et les préservent des parasites.

Bravo l’évolution ! Les différentes sous-espèces se sont adaptées à des milieux spécifiques et ont développé certains traits physiques caractéristiques. Ainsi, sur les îles montagneuses et humides (Santa Cruz et Isabella), les tortues ont des carapaces en forme de dôme et possèdent un cou et des membres courts pour mieux pénétrer dans la végétation abondante. Les îles plus sèches, à la végétation rare (Española et Pinta), abritent quant à elles des tortues à carapaces en forme de selle, aux membres plus longs qui leur permettent de se hisser et de saisir des branches hautes pour s’alimenter.

Envahisseurs domestiques La tortue géante, qui pullulait autrefois sur les îles Galápagos, illustre l’impact de l’homme sur les espèces sensibles. À la découverte de l’archipel en 1535, on estimait ses effectifs à 250 000. Au XIXe siècle, les amateurs de chair de tortues les ont fait considérablement chuter. Aujourd’hui, il n’en resterait que 15 000… La menace ne vient plus de l’homme, mais des animaux domestiques

qu’il a introduits : les œufs de tortues sont dévorés par les chats, les chiens sauvages et les rats. Depuis 1960, la fondation Charles Darwin lutte contre les espèces introduites et a sauvé plus de 2 500 jeunes tortues. En 2007, cent tortues géantes d’Española ont été capturées, équipées de puces électroniques et transférées sur l’île volcanique de Pinta, interdite aux visiteurs et débarrassée des animaux domestiques.

Associations de bienfaiteurs Les tortues géantes ont tissé des rapports d’entraide avec certaines espèces de pinsons des Galápagos. Lorsqu’un pinson se présente devant une tortue, celle-ci allonge la tête pour que l’oiseau puisse accéder aux tiques logées dans les plis de son cou. Ainsi, chacun tire un bénéfice de cette association : la tortue est débarrassée de ses parasites et le pinson trouve une réserve de nourriture. Les scientifiques appellent cette relation : symbiose*. D’autres oiseaux utilisent tout simplement les tortues comme plates-formes d’observation !

urir… t o c e d t ser de déplacemen ure. e n n e i e e R moyenn res par h

se èt La vites e est de 300 m r en cas re r tu . d’une to nt accélé re notamment a d n e p e d n tc Elle peu pour boire ou po nts de plus , e in m de beso vé des déplace er jours. On a obs n deux ou trois e de 12 km

48

Masto_46-71.indd 48

24/06/10 11:01:17


49

Masto_46-71.indd 49

24/06/10 11:01:23


Parcours du combattant

L’île de Bioko

Les premiers jours de la vie d’une tortue marine sont loin d’être de tout repos. À peine sorties de l’œuf, les minuscules tortues sont attendues par les crabes, les oiseaux et autres mammifères friands de leur chair délicate. Celles qui franchissent cette première épreuve et atteignent la mer ne sont pas pour autant tirées d’affaire, car poulpes, calmars, ou encore poissons carnivores les guettent ! Adultes, les rescapées sont souvent la proie des requins ou risquent de périr dans les filets des pêcheurs.

Les îles du golfe de Guinée (Afrique) sont un haut lieu de ponte. Parmi elles, l’île de Bioko fait figure de réservoir écologique de premier plan. Des milliers de tortues s’y donnent rendez-vous d’octobre à février. Bien que leur chasse soit interdite, 400 à 500 tortues vertes y sont tuées chaque année par les villageois qui vendent leur chair et consomment leurs œufs.

LE REQUIN BALEINE C’est dans la famille des requins qu’il faut chercher les plus gros poissons du monde. Et parmi eux, le record revient aux requins baleines. Ces géants pacifiques ne collent en rien à la réputation de tueurs sanguinaires que le cinéma a léguée aux requins... Paisibles et inoffensifs, ils se contentent de remonter des grands fonds, et d’écumer l’océan en quête de plancton.

Fiche d’identité Classe : Poissons Famille : Rhincodontidés Nom scientifique : Rhincodon typus Taille : environ 12 m Poids : 10 tonnes Habitat : eaux tropicales et subtropicales Alimentation : plancton, krill*, algues, petits crustacés, poissons et calmars Localisation : autour de l’équateur (Pacifique, Atlantique et océan Indien).

Les requins baleines que croisent les plongeurs sont des solitaires qui les laissent approcher sans crainte, voire avec une certaine curiosité.

71

Masto_rabats_baleineOK.indd R71

72

24/06/10 11:11:34


Autour du monde Difficile de protéger efficacement des poissons toujours en mouvement et effectuant de grandes migrations. Ainsi, les mœurs nomades des requins baleines rendent les protections locales et nationales inefficaces. Seule une protection internationale réglementant strictement la pêche et le commerce des requins baleines serait en mesure de préserver l’espèce.

Braconniers des mers La plupart des pays concernés n’ont pourtant mis en place aucune mesure de sauvegarde. Le braconnage demeure courant aux Philippines et de nouveaux sites de pêche fleurissent en Malaisie et en Inde. Les requins baleines sont particulièrement sensibles aux effets de la pêche intensive car leur taux de reproduction est faible (un petit tous les 2 ans), leur période de gestation longue et mal connue, et leur maturité sexuelle tardive (entre 20 et 30 ans).

Requint−letoprefumier consommateurir Grands voyageurs...

... au grand appétit

Le plus souvent les requins baleines évoluent en solitaires. Il leur arrive aussi de se déplacer en bancs de plus de 100 individus, notamment pendant leurs migrations. Pour se nourrir, ils effectuent des milliers de kilomètres et croisent dans les eaux de plusieurs pays. Lorsqu’ils chassent en groupes, au crépuscule, ils filtrent ou gobent, tour à tour, leur repas.

Le requin baleine se nourrit exclusivement de petites proies : plancton, krill, crustacés, calmars ou petits poissons (moins de 10 cm). Pour compenser la petitesse des proies, il lui faut en avaler de grandes quantités : près d’une tonne par jour ! Pour cela, il utilise alternativement deux méthodes : il filtre les eaux de surface, gueule ouverte et mâchoire distendue, pour piéger les proies minuscules ; ou gobe les plus grosses. 73

Masto_rabats_baleineOK.indd Sec1:73

. La cha Taïwan es e de requin d le n ia v e d l qui ressemb , e mondia in le a b in m du requ blanchâtre alu le surno v a i lu , ja o de s au fromage un des mets ise. l’ t s ’e C . ” fu o na de “requin-t e la gastronomie taïwa és d e requins les plus pris d’ailerons d e p u o s e d aste rs ica, par un v Les amateu R ta s o C le as tés, via par les mafi sont alimen é g té ro p u a se et lucratif ré locales.

74

24/06/10 11:12:37


Le requin baleine peut se nourrir “passivement” : il filtre l’eau en nageant la gueule béante. Mais s’il repère une zone riche en plancton, il s’y installe à la verticale et effectue des mouvements latéraux de la tête tout en ouvrant régulièrement la gueule. Ces mouvements produisent un courant qui aspire les proies directement dans la gueule du loup !

Masto_rabats_baleineOK.indd R72

24/06/10 11:11:54


Masto_rabats_baleineOK.indd R73

24/06/10 11:12:10


LE MOA GÉANT C’est parmi les oiseaux dépourvus d’ailes que l’on trouve les plus gros. Et le moa géant, avec ses 3 mètres, est un champion dans sa catégorie ! Ses derniers représentants ont pourtant disparu au XIXe siècle. De ces dinosaures à plumes ne subsistent que quelques ossements et beaucoup de débats passionnés.

Fiche d’identité Classe : Mammifères Famille : Dinornithidés Nom scientifique : Dinornis giganteus Taille : 3,50 m de haut Poids : 250 kg Habitat : îles Alimentation : fruits, fougères et feuilles Localisation : Nouvelle-Zélande

Au fil de leurs fouilles, les paléontologues ont trouvé des os, des membres momifiés et même un crâne sur lequel étaient accrochés des lambeaux de chair et de plumes. Ces précieux éléments ont permis de reconstituer la physionomie du moa.

84

Masto_72-81.indd Sec1:84

24/06/10 11:07:04


Une belle omelette Onze espèces de moas ont vécu dans les îles isolées du Pacifique Sud. Alors que la plus petite atteignait un mètre de haut, le moa géant se hissait au-delà des trois mètres et pesait jusqu’à 250 kilos ! Son œuf mesurait plus de 20 cm et pouvait contenir quatre litres : l’équivalent de 60 œufs de poules !

Le paradis des oiseaux Pendant des milliers d’années, les moas ont régné en maîtres dans leurs îles uniquement peuplées d’oiseaux. Aucun mammifère n’y vivait, excepté une minuscule et inoffensive chauve-souris originaire d’Australie. L’évolution n’a donc pas jugé utile d'armer les moas contre d’éventuels ennemis. Pourquoi voler quand rien ne vous menace au sol ? Les moas étaient incapables de décoller… Il y a environ 1 000 ans, les Maoris, peuple polynésien, ont colonisé les îles. La taille imposante des moas et leur incapacité à s’enfuir en ont fait des proies convoitées. Chassés à outrance, ils ont rapidement été exterminés.

Jurassic Park ! Les gènes racontent l’histoire des espèces. C’est ce que révèle une discipline rare et méconnue : la paléo-génétique. En 2006, des chercheurs de l’École nationale supérieure de Lyon (ENSL) ont étudié l’ADN du moa et ont prouvé qu’il avait un ancêtre commun avec les grands oiseaux actuels comme l’autruche, l’émeu ou le nandou. Les échantillons d’ADN font rêver des adeptes du clonage qui voudraient bien voir l’oiseau renaître de ses cendres…

roie ! puissant pour p e é r c Sa nimal assez le de

a l’aig Le seul oa était i disparu. m u a r e s’attaqu élande, lui auss ait trois -Z ur Nouvelle igantesque mes iffes g gr Cet aigle nvergure et ses 6 cm ’e re mètres d uvaient atteind ait voler o p uv acérées estime qu’il po On ure. de long. se de 80 km/he es à une vit

85

Masto_72-81.indd Sec1:85

24/06/10 11:07:17


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Mastodontes by Fleurus Editions - Issuu