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J’observe l’océan
from Le surf
Rapides, molles, creuses, régulières ou désordonnées, les vagues diffèrent beaucoup en fonction des fonds marins, des courants et du vent. Avant de les chevaucher, il est primordial d’apprendre à les observer pour mieux les comprendre et surfer en toute sécurité.
La naissance d’une vague
Tout commence au large, loin des côtes. Lorsque le vent souffle, il fait pression sur la mer et quelques rides apparaissent à la surface de l’eau. En fonction des conditions, ce frémissement prend plus d’ampleur et se transforme en houle. C’est cette ondulation qui se propage ensuite vers les côtes pour donner naissance aux vagues. Plus on approche du littoral, plus la profondeur de l’eau diminue et le profil de la houle se courbe pour dessiner des vagues prêtes à déferler. Leur forme et leur dangerosité dépendent alors en grande partie de la typologie des fonds marins situés à proximité des côtes. Si le fond est plat et en pente douce, les vagues créées sont également plates et douces. En revanche, si le fond est abrupt, les vagues sont plus creuses et plus puissantes.
Les vagues de sable
Comme leur nom l’indique en anglais, les beachbreaks sont des vagues qui cassent sur des fonds sablonneux. Elles naissent de façon aléatoire au large ou près du bord, en fonction des bancs de sable qui se créent au fond de la mer au gré des marées et des courants. En France, la majorité des spots* de vagues sont des beachbreaks. Les plus beaux et les plus consistants se concentrent dans le Sud-Ouest, entre Lacanau et Biarritz. Il ne faut pas les confondre avec les shorebreaks. Ces vagues, qui cassent à marée haute sur le bord sous forme de puissants rouleaux, peuvent en effet s’avérer très dangereuses pour les baigneurs comme pour les surfeurs.
Les vagues de reef
Les reefbreaks désignent des vagues qui déferlent sur un fond marin composé de roches ou de corail. Ces vagues sont réputées pour être plus dangereuses que les beachbreaks, à cause de la dureté de leurs fonds et de l’aspect tranchant de certains récifs qui peuvent provoquer des plaies et des contusions en cas de chute. Pour autant, ces vagues ont l’avantage d’être plus accessibles à la rame et plus régulières car elles cassent toujours au même endroit. En France, on en trouve en Bretagne, en Vendée et au Pays basque. Si elles permettent aux surfeurs intermédiaires de progresser plus rapidement en se frottant à des vagues plus consistantes sans avoir à franchir de barre, on déconseille aux débutants de s’y aventurer.
Beachbreak
Reefbreak
J’apprends des marées
Les marées sont des mouvements réguliers du niveau des océans qui entraînent une montée puis une descente des eaux sous l’effet de l’attraction du soleil et de la lune sur la terre. Sur la côte atlantique, il existe généralement deux marées hautes et deux marées basses par cycle de vingt-quatre heures. En observant le profil de la plage à marée basse, puis à marée haute, tu peux commencer à repérer les rochers ou les baïnes* que l’océan recouvre ou découvre peu à peu. Cela permet aussi de se rendre compte à quel moment de la marée il est plus intéressant d’aller surfer.
« Ne rame pas contre le courant ! »
Si tu es pris par le courant et qu’il t’emmène trop loin, n’essaie pas de ramer contre lui pour revenir. Tu vas te fatiguer et risquer de te noyer. Reste calme sur ta planche, économise ton énergie et agite tes bras pour alerter les secours. Tu peux aussi ramer parallèlement à la plage pour retrouver une zone de déferlement et profiter de la force des vagues pour revenir sur la plage.
Je repère les courants
Les courants peuvent t’aider à rejoindre le large plus facilement à la rame, mais ils peuvent aussi t’entraîner plus loin. Il faut donc savoir les repérer et les comprendre. Sur la côte landaise, les courants sont principalement liés aux baïnes, sortes de cuvettes qui se creusent entre les bancs de sable et au fond desquelles se crée un courant d’arrachement qui entraîne les nageurs vers le large. D’apparence calme, ces zones profondes, encadrées par deux zones de déferlement, sont très dangereuses pour les baigneurs. D’autres courants permanents existent, comme les courants côtiers qui peuvent te décaler sur la plage. Tu peux les observer en regardant les déplacements des surfeurs au large. S’ils avancent rapidement, c’est qu’ils vont dans le sens du courant ; s’ils avancent lentement, ils vont dans le sens contraire.
SORTIE
BANC DE SABLE COURANT
BAÏNE SORTIE
BANC DE SABLE
Je checke la météo
Le vent peut avoir de réelles conséquences sur la forme et la force des vagues, mais aussi sur les courants. Orienté de côté, il freine ta rame et te décale sur la plage, un peu comme un courant côtier. Un vent de terre (off-shore*) creuse les vagues et lisse la surface de l’eau, c’est l’idéal pour surfer. À l’inverse, le vent de mer (on-shore*) viendra dégrader les conditions et la forme de la houle en provoquant des clapots. Dans tous les cas, plus le vent est fort, plus les conditions sont difficiles, même avec un vent de terre.