Thierry Fuzellier
R E U G I V A BIEN N O É T É M A L AVEC U P O RT A T E E G R A L AU
CONDUIR
MANŒUV
AJUSTER
E
RER
SOMMAIRE LES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES, 4 Le vent, 5 Les effets du vent sur la mer, 10 Le courant et le vent, 16 L’effet du vent sur le bateau, 20 Les différentes forces de vent pour naviguer, 27 Les effets de site, 30
LES RÉGLAGES ET LA CONDUITE PAR DIFFÉRENTES CONDITIONS DE VENT, 44 Les réglages pour atteindre la performance, 45 La conduite du voilier aux différentes allures, 59 La conduite du voilier par différentes forces de vent, 64
LES MANŒUVRES PAR DIFFÉRENTES CONDITIONS DE VENT, 76 Porter la toile du temps, 77 Le virement de bord, 84 La mise à la cape, 88 L’empannage, 90
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LES MANŒUVRES DE PORT, 94 Apprécier l’élément dominant, 95 L’effet de pas d’hélice du moteur, 97 Quelques règles pour manœuvrer correctement, 100 Les manœuvres en fonction du vent, 102
MÉMENTO, 116 Le vent, 116 Les effets du vent sur la mer, 116 Le courant et le vent, 116 L’effet du vent sur le bateau, 117 Les différentes forces de vent pour naviguer, 117 Les effets de site, 118 Les réglages pour atteindre la performance, 119 La conduite du voilier par différentes forces de vent, 121 Les manœuvres par différentes conditions de vent, 124
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S N O I T I D N LES CO S E U Q I G O L O R O É T É M L
es conditions météorologiques déterminent les conditions de vent qui représentent « le fluide » qui va exercer son action sur les voiles du bateau. Le moteur du voilier est assuré par la force générée par le vent sur les voiles. Nous allons aborder les différentes caractéristiques du vent. La première étape est donc d’apprécier et d’identifier le vent présent au moment où l’on navigue.
LE VENT L’origine du vent
Les masses d’air se déplacent constamment dans l’atmosphère terrestre. Des hautes pressions vers les basses pressions, ces déplacements créent un flux qui génère le vent, flux d’air perçu à la surface de la terre. En fonction des particularités du relief, le vent prend des spécificités : ralentissements, accélérations, déviations.
Les différents vents Les navigateurs, parlent de plusieurs vents. Voici une petite liste de ceux qu’ils peuvent rencontrer, avec leurs particularités.
LE VENT SYNOPTIQUE Cette dénomination recouvre tout simplement le vent que l’on ressent lorsque l’on reste immobile. C’est par exemple le vent perçu lorsque l’on est sur le pont d’un bateau immobile au mouillage, ou celui que l’on observe sur la digue d’un port, ou encore celui que l’on perçoit sur le sommet d’une montagne.
LE VENT VITESSE Il s’agit du vent que l’on perçoit lorsque l’on se déplace. Par exemple, par un temps sans vent, lors d’une belle journée d’été, quand on fait du vélo, on ressent un vent. Bien sûr, si l’on descend une côte à vélo, on ressent encore plus ce vent : plus la vitesse s’accroît, plus l’intensité du vent vitesse est importante. Quant au vent vitesse ressenti en navigation, c’est celui qui est perçu sur un bateau à moteur le jour où il n’y a pas de vent en mer, le jour où le vent synoptique est absent. Ce vent est d’une direction exactement opposée au sens du déplacement.
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LE VENT COURANT Ce vent est plus spécifique de la navigation en mer. Lorsque le bateau, sans moteur, se trouve dans un courant, il subit un déplacement sous l’effet de ce dernier. Cette vitesse provoquée par le courant est à l’origine d’un vent particulier que l’on identifie comme le vent courant. Il est toujours d’un sens opposé au déplacement généré par le courant, par conséquent opposé à ce dernier.
LE VENT APPARENT Quand on est à bord d’un voilier qui se déplace sous l’effet du vent synoptique, le vent apparent réellement ressenti est une composante de chacun des vents définis précédemment : vent synoptique, vent vitesse et vent courant. Le vent apparent est donc celui qu’on perçoit lorsqu’on navigue.
Le vent en pratique : comment observe-t-on le vent ? Avant de quitter le port ou un mouillage, il est intéressant de déterminer le vent du jour pour pouvoir préparer sa navigation. Pour ce faire, il existe différentes manières de procéder.
LE VENT SYNOPTIQUE Dans un port, plusieurs indices permettent d’identifier le vent synoptique : ▶ la fumée sortant d’une cheminée de maison ou d’usine ; ▶ un drapeau sur le quai, un pavillon sur un bateau amarré dans le port ; ▶ une manche à air sur le port ; ▶ la girouette d’un bateau amarré ou au mouillage. On peut aussi apprécier le vent à l’aide de ce que l’on ressent sur son visage : ▶ en se mettant le plus possible face au vent, on le perçoit sur son visage ; ▶ on se trouve exactement face au vent lorsque l’on entend le même « bruit » du vent, le même « son », dans chaque oreille.
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■ Visualisation du vent synoptique.
LE VENT COURANT Il est combiné aux autres vents. À bord d’un voilier, il est difficile de le percevoir véritablement, même si on peut parfois l’observer. Lorsqu’il existe un courant important, les voiliers qui s’engagent dans ce courant perçoivent en effet un vent situé très en avant sur le bateau. C’est notamment le cas lorsqu’un voilier s’engage dans la sortie du golfe du Morbihan, au moment où le courant est au plus fort. Le voilier doit border ses voiles au maximum, le vent étant établi sur l’avant du bateau.
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LE VENT APPARENT Il se détermine uniquement lorsque le bateau n’est plus amarré ou n’est plus au mouillage. Sur un voilier qui navigue, plusieurs indices permettent de l’identifier : ▶ la girouette située en tête du mât ; ▶ les faveurs mises en place sur les haubans au vent ; ▶ les données fournies par un anémomètre.
LES DONNÉES MÉTÉOROLOGIQUES Les bulletins météorologiques donnent des éléments précieux aux navigateurs. Avant de quitter un port ou un mouillage, il est indispensable de prendre la météo pour disposer des tendances de vent sur la région. On disposera ainsi globalement d’indications sur les prévisions de vent synoptique. De multiples sites météorologiques donnent des prévisions plus précises sur des spots et, par conséquent, sur des sites. La force du vent s’apprécie par l’échelle de Beaufort (ci-contre). Après étude des différentes sources météorologiques, le navigateur disposera de multiples précisions sur le vent synoptique qui devrait être observé sur la zone de navigation qu’il s’apprête à emprunter.
AVEC QUEL VENT NAVIGUE-T-ON ? La réponse est forcément multiple. Cela dépend du moment : ▶ au port, lors des manœuvres, ce seront surtout les éléments du vent synoptique qui influeront. Ils devront donc être appréciés ; ▶ lors d’une navigation, se seront surtout les critères du vent apparent qu’il faudra prendre en compte pour être performant.
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■ L’échelle de Beaufort FORCE APPELLATION
VITESSE DU VENT NŒUD
KM/H
ÉTAT DE LA MER
EFFETS À TERRE
0
calme
1
1
Mer d’huile, miroir
La fumée monte droit
1
très légère brise
1à3
1à5
Mer ridée
La fumée indique la direction du vent
2
légère brise
4à6
6 à 11
Vaguelettes
On sent le vent au visage
3
petite brise
7 à 10
12 à 19
Petits moutons
Les drapeaux flottent
4
jolie brise
11 à 16
20 à 28
Nombreux moutons
Le sable s’envole
5
bonne brise
17 à 21
29 à 38
Vagues, embruns
Les branches des pins s’agitent
6
vent frais
22 à 27
39 à 49
Lames, crêtes d’écume étendues
Les fils électriques sifflent
7
grand frais
28 à 33
50 à 61
Lames déferlantes
On peine à marcher contre le vent
8
coup de vent
34 à 40
62 à 74
9
fort coup de vent
41 à 47
75 à 88
Les crêtes des vagues partent en tourbillon d’écume
On ne marche plus contre le vent
10
tempête
48 à 55
89 à 102
11
violente tempête
56 à 63
103 à 117
12
ouragan
64 et plus
118 et plus
Les embruns obscurcissent la vue, on ne voit plus rien
Les enfants de moins de 12 ans volent
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LES EFFETS DU VENT SUR LA MER La formation des vagues
Le vent est à l’origine de la formation des vagues. Pour comprendre son principe, prenons l’exemple d’un plan d’eau sans vent. L’eau est alors « plate », sans aucune vague, pas même un frémissement. On peut alors parler d’une mer d’huile. Sur ce plan d’eau, lorsque le vent commence à souffler, de très légers frémissements apparaissent. Par un phénomène de frottement, c’est le vent qui est à l’origine de l’apparition de ces premières rides. Si le vent continue à souffler ou s’il augmente en puissance, les rides offrent une surface d’eau plus importante, sur laquelle il peut agir. Des vaguelettes apparaissent alors, puis des vagues. Si le phénomène se poursuit, des grosses vagues naissent. Lorsque le vent arrête de souffler, les vagues sont toujours présentes, puis, progressivement, l’état de la mer se calme.
L’intensité des vagues De multiples facteurs agissent sur les vagues, influant ainsi sur l’état de la mer : ▶ le fetch désigne la distance sur laquelle le vent souffle. Sur un plan d’eau d’une petite surface, même intense, le vent soulève peu l’eau et provoque peu de vagues. En mer, il est à l’origine d’une mer bien plus agitée, car sur une distance beaucoup plus grande, il provoque des vagues plus importantes ; ▶ la force du vent : plus elle est élevée, plus les vagues sont importantes ; ▶ la durée : plus le vent souffle longtemps, plus les vagues sont grandes.
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VENT
Fetch
■ Le fetch et la formation des vagues.
L’état de la mer En ce qui concerne l’état de la mer, il faut distinguer trois notions qui sont assez différentes : la mer du vent, la houle et la mer croisée.
LA MER DU VENT L’état de la mer est directement fonction du vent qui souffle. Ainsi, les vagues présentes correspondent d’une façon générale au vent qui souffle. Comme il existe une cohérence entre le sens du vent et le sens des vagues, on parle de la mer du vent.
■ Le vent lève la mer, c’est la mer du vent.
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LA HOULE Le vent a soufflé sur une partie de la mer. Plus au moins fort, plus ou moins longtemps, et des vagues se sont produites. Puis le vent s’est arrêté, l’état d’agitation de l’eau subsiste un temps qui peut parfois être important. On parle alors de houle. Cette dernière peut s’étendre bien au-delà de la zone sur laquelle elle a pris naissance : elle peut se manifester jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres, parfois des milliers, de son lieu de départ. On parle aussi de houle résiduelle lorsque celle-ci se manifeste après le coup de vent. Dans la situation particulière d’un cyclone qui génère des vents violents, une houle cyclonique peut se manifester à une grande distance du cyclone et occasionner des dégâts importants sans pour autant que des vents violents se manifestent sur ces zones éloignées.
LA MER CROISÉE Lorsque deux systèmes de vague coexistent sur une même zone, on évoque une mer croisée ou une houle croisée. Une mer croisée, souvent difficile à naviguer, est parfois dangereuse.
Les vagues à la côte L’état de la mer peut être modifié par plusieurs facteurs. C’est en tenant compte de ces éléments variables qui s’ajoutent à la force du vent que le navigateur pourra préparer sa navigation.
LE TRAIT DE CÔTE Selon les configurations de la côte, notamment selon ses courbures, l’état de la mer se modifie. ▶ Les caps et les pointes sont plus habituellement les lieux où la mer est la plus forte. ▶ Les baies et les zones, plus ouvertes, diminuent l’intensité de la mer.
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LE COURANT Les courants créent des déplacements de masses d’eau. Selon qu’ils s’additionnent ou qu’ils s’opposent, courant et vent interagissent. ▶ Lorsque le courant et le vent sont dans le même sens, l’état de la mer est généralement peu modifié. ▶ Lorsque le courant et les vagues sont de sens opposé, la mer se gonfle et les vagues sont plus importantes.
LES FONDS, LES HAUTS-FONDS Lorsqu’un train de vagues rencontre les fonds proches de la côte, l’état de la mer peut évoluer : ▶ une remontée rapide des fonds provoque une augmentation de la hauteur des vagues et, selon les situations, peut être à l’origine d’une formation de déferlantes ; ▶ l’existence de hauts-fonds fait naître, dans des endroits plus limités, un état de la mer plus agité avec des vagues qui déferlent localement sur ces hauts-fonds.
■ Hauts-fonds qui lèvent la mer.
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En mer, la météo détermine les conditions de vent qui ont un effet sur la formation et l’intensité des vagues, le courant et la trajectoire du bateau. C’est dire si la navigation est dépendante du vent. Mais de quel vent parle-t-on ? Et comment tirer le meilleur parti du vent quand on navigue ? Ce guide donne toutes les clés pour apprécier et identifier le vent présent. Partant de son observation, vous saurez ajuster au mieux les réglages des voiles et vous affinerez vos manœuvres. Autant de gages d’une conduite réussie et d’une meilleure performance de votre voilier. Allures, vent médium, risées, passage d’un grain, effets de site, brise thermique, vents locaux, réglage des penons, surface de la toile, virement de bord, empannage, mise à la cape, amarrage… Découvrez l’essentiel pour bien naviguer avec la météo, au large et au port.
Thierry Fuzellier est moniteur de voile et responsable du site de formation des Glénans à Marseillan pour les formations PS-mer et FMH (formation médicale hauturière). Il est l’auteur aux éditions Vagnon de nombreux ouvrages pratiques.
19,95 € TTC
www.vagnon.fr
MDS : VA05564