Albert Brel
ACCASTILLAGE DE PONT Le guide illustré
Équipements du pont • Enrouleurs • Mâts et voiles
SOMMAIRE Introduction...................................... 6
Partie 1
ACCASTILL AGE DE PONT.8 Les winches...................................... 9 Les winches manuels.......................... 9 Les winches électriques.................... 13 Installer un nouveau winch................. 14 L’évolution des winches...................... 15 Les manivelles................................... 16 L’entretien et la maintenance............. 19
Le mouillage................................... 20 L’ancre, élément principal................. 20 La ligne de mouillage........................ 25 FOCUS LES PROPULSEURS D’ÉTRAVE. . . . . . . . . . . . . . . . 28
Le guindeau.................................... 34 Pourquoi s’équiper d’un guindeau ?.... 34 Anatomie d’un guindeau.................... 34 Guindeau manuel.............................. 34 Guindeau électrique et hydraulique....37 Le choix du modèle............................37 Mouiller.............................................. 41 Remonter le mouillage....................... 41 L’entretien et la maintenance............. 41
Les portiques, arceaux et mâtereaux.................................. 42 Antennes, panneaux solaires, éoliennes… où les positionner ?......... 42 Les solutions possibles..................... 43
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Les cordages.................................. 45 Les matériaux utilisés....................... 45 La fabrication des cordages.............. 46 Quel cordage pour quelle manœuvre ?...................................... 48 Les écoutes...................................... 50 Les cordages flottants...................... 52 Les forces en présence..................... 54 Ce qui réduit la résistance d’un cordage..................................... 54 La bonne longueur des cordages........55 L’entretien et le bon usage des cordages............................................55 La durée de vie des cordages.............55 Où se procurer les cordages ?.............56 Ce qu’il faut retenir sur les produits....56 FOCUS MATELOTAGE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
Les retenues des cordages.............. 61 Les bloqueurs.................................... 61 Les coinceurs....................................65
Les manilles.....................................66 La fabrication....................................66 Le bon usage suivant les matériaux utilisés...............................................66 Les différentes formes.......................68 S’équiper en fonction des forces en présence.......................................69 L’entretien.........................................69
Les poulies.......................................70 Les différentes technologies..............70 Le choix selon la fonction................... 71 Pratique : choisir la poulie en fonction de la charge.....................72
Les mousquetons............................76 La fabrication....................................76 Les matériaux utilisés........................76 Les mousquetons standard................76 Les mousquetons de drisses et d’écoutes.......................................77 Les mousquetons à largage sous charge.......................................78 Les forces en présence......................78
L’accastillage textile....................... 80 Inox ou textile................................... 80 Nouveaux produits, nouvelles appellations....................... 80 L’utilisation du textile......................... 81
Sécurité.......................................... 84
Le pied de mât...................................98 La bôme.............................................98 L’entretien du mât et de son haubanage.........................101 La corrosion.................................... 103 La durée de vie d’un gréement.......... 103
Les enrouleurs de génois............... 104 L’enrouleur....................................... 104 L’emmagasineur................................110
Les voiles........................................ 117 La fabrication des voiles................... 117 Le langage des voiles........................119 La réduction de voilure.................... 123 L’entretien et l’inspection des voiles...125
Lignes de vie : câbles ou sangles....... 84 La fixation de la ligne de vie.............. 84 La bonne longueur de la ligne de vie...85 L’évolution des sangles.......................85 Les chandeliers et les filières.............86
Partie 2
MÂT, ENROULEURS ET VOILES.................... 88 Le mât............................................. 89 Les matériaux utilisés et la fabrication..................................89 Les différents gréements.................. 90 Le langage des mâts.......................... 91 Le réglage du mât............................. 94 Les mâts enrouleurs..........................96
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ENTRETENIR LE MOTEUR DU VOILIER
PARTIE 1
ACCASTILLAGE DE PONT
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Pa r t i e 1 • A c c as t i l l a g e d e p o n t
LES WINCHES Les voiliers sont livrés en standard avec les winches qui permettent d’effectuer les manœuvres courantes pour les voiles de série. La plupart du temps, pour les voiles optionnelles, ceux-ci font également partie des options. C’est le cas, par exemple, pour les spis. On peut également être amené à installer des winches supplémentaires, plus puissants, voire électriques.
Les winches manuels LES DONNÉES DES CONSTRUCTEURS Un winch est caractérisé par trois valeurs : le nombre de vitesses, le rapport de puissance et le rapport de démultiplication. Prenons un exemple : sur un modèle à une vitesse, un tour de manivelle équivaut à un tour de la poupée du winch. Si le rapport de puissance est de 16, deux tours de manivelle égalent un tour de winch. Au-delà d’un rapport de puissance de 16, les winches ont deux à trois vitesses. Le rapport entre les vitesses est fonction de la puissance.
RAPPORT DE PUISSANCE ET DÉMULTIPLICATION Lorsque l’on effectue une manœuvre, le rapport de puissance, c’est le rapport entre la force côté manivelle et celle reproduite côté manœuvre. Pour le calculer, la longueur de la manivelle de commande entre en jeu. Plus elle est longue, moins l’effort à fournir est important pour obtenir le même résultat côté manœuvre. Pour pouvoir définir des
valeurs, la longueur standard d’une manivelle est de 254 millimètres. Cette valeur a été déterminée par les fabricants de winches suite à une étude biomécanique. Pour déterminer le rapport de puissance, il suffit de faire le quotient entre la longueur de la manivelle et le rayon du winch, et de multiplier le résultat par le rapport de vitesse. Les constructeurs indiquent pour un modèle donné les rapports de vitesses, le diamètre de la poupée et le numéro. Le numéro d’un winch correspond à la force maximale obtenue lorsqu’on exerce, sur le rapport de vitesse le plus élevé, une force de 1 kg sur la manivelle. Sur un modèle numéro 44 à deux vitesses : sur la vitesse la plus élevée, donc la deuxième, 1 kg sur la manivelle correspond à 44 kg en amont du winch. Prenons un exemple concret. • Modèle numéro 50. • Poupée d’un diamètre de 110 millimètres (donc rayon 55 millimètres). • Rapport sur la vitesse 1 de 2,40. • Rapport sur la vitesse 2 de 10,90. Rapport de puissance sur la première vitesse : (254 ÷ 55) × 2,4 = 11,08 Rapport de puissance sur la deuxième vitesse : (254 ÷ 55) × 10,9 = 50,3 Donc en théorie, lorsqu’on applique une force de 1 kg sur la manivelle, elle se traduit par 11,08 kg sur la vitesse 1 et par 50,33 kg sur la 2. En pratique, il faut tenir compte des différents frottements mécaniques et réduire cette force de 10 % à 15 %. Quant à la puissance maximale, elle ne peut pas être supérieure à 20 fois le power ratio, soit 1 000 kg sur un modèle numéro 50. C’est bien supérieur à la force humaine dont la traction
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ENTRETENIR LE MOTEUR DU VOILIER
PARTIE 2
MÂT, ENROULEURS ET VOILES
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Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
LE MÂT Sur un voilier, le mât et son gréement (haubans, bas-haubans, etc.) ainsi que la bôme sont les éléments essentiels qui le font avancer. C’est son moteur. Si le mât est bien dimensionné et utilisé dans des conditions normales, il est rare que l’on soit amené à le changer, sauf accidents (démâtage, foudre, talonnage, etc.). Toutefois, un mât et son gréement sont sollicités en permanence, que ce soit en navigation ou au port. Ils doivent être vérifiés régulièrement, réglés, et les pièces défectueuses, changées. Un démâtage est souvent dû à un mauvais entretien ou à une usure du haubanage.
Les matériaux utilisés et la fabrication La majorité des mâts et de leur accastillage (barre de flèche, bôme, vit de mulet, etc.) sont en alliage d’aluminium. Quant aux câbles (haubanage) et aux embouts, ils sont en inox. Il y a également des haubans en Rod. Le Rod est une barre d’acier qui présente des caractéristiques mécaniques importantes. À sa construction, tous les perçages, la coupe, etc. sont exécutés dans un centre d’usinage et les renforts (cadènes, tête de mât) sont soudés ou rivetés.
Haubannage avec des câbles inox.
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Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
Les différents gréements Le gréement est composé d’un dormant et d’un courant. Le dormant est l’ensemble des câbles qui le maintiennent et le positionnent (étai, haubans, pataras). Le courant correspond à l’ensemble des cordages utilisés pour envoyer les voiles (drisse), pour les régler (écoutes) et pour retenir
les éléments mobiles (bôme, tangon, etc.). Il existe plusieurs types de gréements, les plus courants sont ceux en tête et les gréements fractionnés. Sur celui en tête (voir le dessin page 92), l’étai est fixé en tête de mât. Le gréement fractionné (voir le dessin page 93) est fixé en dessous (9/10e ou 7/8e de la hauteur du mât).
Les barres de flèches qui écartent les haubans du mât peuvent être positionnées sur un ou plusieurs étages.
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Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
Les barres de flèches qui écartent les haubans du mât peuvent être positionnées sur un ou plusieurs étages. Ces barres de flèches peuvent être : • Poussantes : elles forment un angle par rapport au mât ; • non poussantes : elles sont dans l’axe ; • continues : les haubans sont simplement guidés dans les embouts de barre de flèches sans y être fixés ; • discontinues : chaque câble est aligné et disposé de manière que toutes les pièces se positionnent logiquement avec la chape en haut et l’œil correspondant en bas. Quant au mât, il est soit directement sur le pont, soit traversant et posé sur la quille.
Le langage des mâts Bastaques : elles ne sont pas présentes sur tous les bateaux. On les trouve souvent sur les gréements fractionnés. Elles sont fixées sur le côté du mât et leur tension se règle avec des palans (bastaque au vent tendue, bastaque sous le vent détendue). Étais : il y en a plusieurs. Celui de l’avant empêche le mât de partir en arrière et permet d’endrailler la voile d’avant. L’étai de trinquette sert à endrailler une voile d’étai. L’étai intermédiaire ancré à 60 % de la hauteur du triangle avant a pour but de maintenir longitudinalement la partie basse du mât. On peut également avoir un bas étai au niveau des premières barres de flèches pour maintenir la partie basse du mât. Gréement courant : il concerne les drisses, les palans, la retenue de bôme, etc. Haubanage : parmi celui-ci, il y a les galhaubans qui maintiennent le mât sur le plan latéral. Ils sont fixés sur le côté du mât au niveau de l’étai, passent par l’extrémité des barres de flèches et sont retenus sur le pont par des cadènes. S’il y a plusieurs étages de barres de flèches, des haubans intermédiaires sont positionnés au niveau des plus hautes. Restent les bas-haubans situés au niveau du premier étage des barres de flèches. Il peut y en avoir deux (un vers l’avant, un vers l’arrière) qui, non seulement, retiennent le mât sur le plan longitudinal, mais agissent aussi sur la quête du mât. Pataras : à l’inverse de l’étai, il empêche la tête de mât d’aller vers l’avant. À l’aide d’un ridoir ou d’un palan, on intervient sur la quête du mât.
Les barres de flèche peuvent être poussantes : elles forment un angle par rapport au mât ; ou bien non poussantes : elles sont dans l’axe.
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Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
Pataras Étai Bastaques Étai de trinquette
Basses bastaques
Étai intermédiaire
Bas étai
Gréement en tête de mât.
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Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
Pataras Étai Bastaques
Basses bastaques
Gréement fractionné.
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Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
Le réglage du mât Le haubanage d’un mât travaille. Et bien que les câbles qui le constituent soient préétirés et les ridoirs sans jeu, il est normal que cet ensemble se détende et demande à être réglé périodiquement. Les premiers réglages se font au port et sont ensuite affinés sous voiles. Il faut savoir que lorsque l’on installe un mât neuf, que l’on reprenne le réglage d’un mât qui semble mal réglé ou après le changement d’un élément, par exemple l’étai ou un hauban, il faut reprendre l’ensemble des réglages. Un mât posé sur la quille doit avoir une courbure vers l’avant jusqu’au pied de mât. Ce cintrage sur un mât classique ne doit pas dépasser 2 %. Pour le vérifier, on tend un bout de la tête du mât au pied. Attention, sur un mât enrouleur, la courbure doit être minimale et ne doit en aucun cas dépasser 1 %. La majorité des réglages sont sensiblement les mêmes pour un mât posé sur le pont et un autre posé sur la quille. Par contre, ils sont différents en fonction du gréement et des barres de flèches (poussantes, non poussantes et nombre).
LES RÉGLAGES AU PORT Gréement en tête barre de flèches non poussantes • Vérifier la quête du mât. Au besoin, la régler en utilisant la chape ou le ridoir de l’étai. • Vérifier la rectitude du mât. On se place en pied de mât et on regarde la gorge. • En tendant le bas étai, on donne un petit cintrage au mât.
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Gréement en tête plusieurs étages de barres de flèches poussantes • Vérifier et régler la quête du mât. • Tendre les galhaubans. • Vérifier la rectitude du mât. • Augmenter la tension du pataras et des galhaubans. • Vérifier de nouveau la rectitude du mât. Lorsque les barres de flèches sont non poussantes, les réglages sont sensiblement les mêmes. Les différences portent sur le fait que l’accroissement de la tension des galhaubans pousse le mât vers l’avant, créant un cintre. Pour le réduire, il faut raidir les bas-haubans et les intermédiaires.
LES RÉGLAGES EN MER Pour affiner les réglages faits au port, il faut effectuer une sortie en mer par mer plate et vent moyen. Le bateau navigant aux allures de près, le premier point à vérifier est l’alignement du mât. Pour cela, on se place en pied de mât pour regarder l’alignement de la gorge. Ce contrôle doit se faire sur les deux amures. L’alignement doit être rectiligne et les galhaubans sous le vent légèrement détendus. S’ils le sont symétriquement, le réglage est bon. Si ce n’est pas le cas, il faut reprendre les réglages.
Pa r t i e 2 • M ât, e n r o u l e u r s e t v o i l e s
Réglage de l’étai.
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L’accastillage de pont a beaucoup évolué ces dernières années. En effet, les besoins des coureurs et des régatiers ont amené les constructeurs à repenser certains équipements, et les nouveaux produits issus de ces réflexions ont été déclinés pour la plaisance et sont désormais adaptables sur les voiliers anciens et nouveaux.
Dans ce guide illustré très pratique nous abordons tout l’accastillage de pont, des winches aux enrouleurs en passant par les voiles, le mouillage, les manilles ou encore les poulies. Nous vous donnons un maximum d’informations utiles, qui vous permettront par exemple de changer les cordages en optant pour les matériaux les plus récents, de passer de l’inox à l’accastillage textile (manille, mousquetons, coinceurs, etc.) ou de maîtriser les nouvelles coupes de voile. Sur tous les sujets abordés, des conseils pratiques de montage et d’utilisation vous sont donnés, et des photos et illustrations techniques vous guident dans vos choix et vos installations d’équipements !
Albert Brel, chevalier de l’ordre du mérite maritime, diplômé EPHE, ingénieur électronicien, collabore comme journaliste à des revues françaises et européennes spécialisées dans le nautisme. Il est l’auteur aux éditions Vagnon de nombreux ouvrages pratiques.
www.vagnon.fr
MDS : VA00370 • 22,95 €
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