Emmanuelle Grundmann
L’intelligence des animaux marins
Sommaire Qu’est-ce que l’intelligence ?
L’océan, un milieu pluriel Vivre sous l’eau, quels défis ? Respirer sous l’eau Le poids de l’eau Vivre dans le noir Brrrr, il fait froid La drôle de vie d’un oiseau marin Dialogues subaquatiques Le cerveau fait-il le poids ? Y a-t-il des bêtes bêtes ? Les intellos sous l’eau
L’intelligence, c’est quoi ? La boîte à outils des animaux Sommeil et rêves Les dauphins inventeurs Pêches delphiniennes L’intelligence émotionnelle Les animaux mathématiciens L’intelligence communicative Tromper l’autre
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La mémoire du voyage Se mouvoir dans le bleu de l’océan Auto-stoppeurs des mers Cultures et traditions Enseigner pour transmettre À chacun son identité Le mystère du poulpe D’une génération à l’autre
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L’intelligence collective
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La coopération La technique du nombre L’entraide Les stations de nettoyage Bêtes en sursis
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La supêche : quand les océans se vident 76 Océan poubelle : des marées noires à répétition 78 Le plastique, c’est toxique ! 80 Le réchauffement climatique bouleverse l’océan 82 Le déclin des récifs coralliens 84 L’urbanisation du littoral 86 Les menaces pesant sur la mangrove 88 Ne mange pas ta soupe ! 90 Bruit et lumière 92 Lexique 94
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L’OCÉAN, UN MILIEU PLURIEL Les différents étages et écosystèmes* Atlantique, Pacifique, Indien, Arctique… Plusieurs noms pour un seul et même océan qui colore notre planète en bleu profond. Cependant, si l’océan est un, il est aussi pluriel dans les écosystèmes* qu’il renferme. De la surface aux profondeurs abyssales*, chaque étage possède sa faune* et sa flore*, mais aussi ses contraintes et défis.
Gratte-ciel liquide
Profondeurs
L’océan est un vaste immeuble dont la terrasse, au plus près du ciel et du chaleureux soleil, abrite ceux qui ne peuvent se passer de lumière ou d’air. Oiseaux et mammifères* se retrouvent pour crever la surface dans un sens ou dans l’autre, et pour profiter des algues et autres plantes dépendantes de la photosynthèse*, ainsi que des récifs de corail ou des bancs de poissons de passage. Cette surface peut être très chaude aux Caraïbes ou dans la mer des Célèbes, mais également gelée, sur plusieurs mètres parfois en Arctique et en Antarctique, pour former la banquise.
À ces étages baignés de lumière succède celui où règne un crépuscule permanent. C’est le plus vaste, comptant pour 90 % du volume océanique. Privé de l’énergie solaire, cet étage est dénué de plantes. Cependant, un grand nombre d’espèces animales y vivent, de façon permanente ou seulement temporaire.
Abysses
Encore méconnues et peu explorées, les plaines abyssales* et les fosses océaniques* s’enfoncent, pour certaines, à plus de 10 000 mètres de profondeur. Ici, l’obscurité est totale, le froid, glacial et la pression, insoutenable.
Grand bleu
Dans le niveau inférieur encore baigné de lumière flotte et nage une ribambelle d’espèces animales allant des plus colossales, comme les baleines, les requins, les poissons-lunes et les méduses à crinière de lion, aux plus minuscules, comme les diatomées, le krill et tout ce cortège de lilliputiens formant le plancton.
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nt réservoir L’océan constitue un importa nnaît près de de vie sur la planète. Si on co chercheurs 235 000 espèces marines, les ns vivant sur en ont décrit plus de 2 millio pendant la terre ferme. Il resterait ce core inconnues, 7 à 10 millions d’espèces en t dans les océans. dont plus de 2 millions vivan Migration* verticale
Beaucoup d’animaux ne quittent pas leur étage. Mais certains, tels que le cachalot, certains requins, et les petits habitants du plancton, jouent au yoyo et effectuent régulièrement, voire quotidiennement, des voyages de la surface vers les profondeurs. La migration* quotidienne de ce dernier, si elle est très discrète, n’en reste pas moins l’une des plus impressionnantes. Ce sont plusieurs milliards de minuscules animaux qui, à la nuit tombée, remontent vers la surface.
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VIVRE DANS LE NOIR Dans les abysses aux proportions quasi infinies, les animaux doivent faire face à plusieurs défis de taille : se maintenir entre deux eaux sans être écrasés par la pression de l’incroyable masse aquatique au-dessus d’eux, mais aussi se nourrir, trouver un partenaire pour se reproduire et éviter les prédateurs, le tout dans une nuit d’encre.
Lumière !
Les rayons du soleil étant depuis longtemps absorbés, pour voir et se faire voir, il faut ici fabriquer sa lumière soi-même. De nombreux animaux éclairent ainsi les abysses. Le mystère de cette lueur tient dans deux molécules*, la luciférine et la luciférase qui, en interagissant, produisent une lumière dite « froide » car elle ne dégage pas beaucoup de chaleur. Certains animaux la fabriquent eux-mêmes, comme le siphonophore feu d’artifice ou la baudroie abyssale*. D’autres ont le corps couvert de petits photophores renfermant des bactéries bioluminescentes*, comme le calamar bijou ou le poisson-lanterne.
Caché
Le calamar bijou porte bien son nom. Grâce à de nombreux petits photophores à l’intérieur desquels vivent des bactéries qui émettent de la lumière en continu, il semble serti de milliers de pierres précieuses. Il scintille car, comme on ouvre ou ferme des volets, le calamar peut masquer ou non cette lumière. Ainsi, il peut soit se faire voir de ses congénères, pour chercher l’âme sœur par exemple, soit se rendre invisible aux yeux de ses prédateurs. Cependant, son numéro d’illumination-disparition ne le protège pas des cachalots qui raffolent de calamars.
Diversion
Lorsque la méduse Atolla est attaquée, elle lance des éclairs de lumière bleue sur son assaillant afin d’attirer l’attention d’un prédateur sur lui. Pendant ce temps-là, elle peut en profiter pour s’échapper. C’est le système de sirène antivol !
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Manger dans le noir
Riquiqui
Faire son marché pourrait, dans les abysses, se révéler mission impossible. C’est sans compter sur l’ingéniosité des espèces qui ont développé diverses stratégies pour pallier cette grande obscurité. Une solution consiste à avaler toute l’eau qui leur tombe dans la bouche, puis à en filtrer les minuscules particules ; une autre réside dans l’embuscade et la mise en place de pièges, comme chez l’éponge lampadaire. Les sphères de ce drôle d’animal aux allures de luminaire des années 1970 sont recouvertes de petits crochets. Gare à l’imprudent qui s’y pose, car à la manière d’une bande agrippante, elles l’accrochent et déclenchent la migration* de cellules* digestives à la surface des sphères. Le dîner est servi !
À ces profondeurs, non seulement on ne voit rien, mais en plus, la nourriture est rare. Les géants doivent s’abstenir, car ne peuvent survivre que les plus petits. Dotés d’une plus petite masse musculaire, ces derniers ont aussi besoin de moins d’énergie. Ainsi, si ce dragon à ventre noir sans écaille paraît pour le moins impressionnant. Vu de près, le monstre ne mesure que 24 cm de long. Comme la baudroie, il utilise la technique de la canne à pêche lumineuse : de son menton part un long filament, au bout duquel pend un leurre bioluminescent* aux allures de proie. Attirés par l’idée d’un bon repas, des petits animaux s’approchent et… hop ! Ils finissent engloutis dans la grande gueule du dragon. 17
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LE DÉCLIN DES RÉCIFS CORALLIENS La fièvre du corail
moins chaudes. Ce déplacement pourrait ne pas paraître problématique, et pourtant, seule une partie des espèces de coraux est capable de déménager. Les larves ne sont pas toutes équipées pour parcourir de longues distances, puis encore faut-il que les roches et le substrat* de leur futur milieu leur soit favorable pour s’établir et former une nouvelle colonie.
Hissés sur le podium des principales victimes du réchauffement climatique : les coraux. Fragiles, un quart d’entre eux a déjà disparu. La hausse de température provoque en effet l’expulsion des algues qui vivent en étroite coopération dans ses cellules*. Or, elles sont essentielles car elles fournissent au corail sa nourriture et lui donnent sa couleur. Conséquence : le corail blanchit et… meurt.
Plus de bébés sur le récif australien
Déménagement corallien
La Grande Barrière de corail australienne est malade. Les épisodes de blanchiment à répétition ont eu un effet sur la reproduction du corail. La colonisation par des bébés polypes* a chuté de près de 90 % depuis 2016. Or, la survie de ce vaste édifice animal dépend entièrement de ces jeunes individus qui, en s’épanouissant, assurent le futur du récif.
Le corail n’aime pas l’eau trop chaude, et le réchauffement climatique fait désormais fuir les récifs, qui reculent petit à petit des eaux tropicales ourlant l’équateur pour se rapprocher des eaux subtropicales. D’après de récentes recherches, les jeunes pousses de corail ont décliné de 85 % dans les récifs déjà établis de longue date, et les larves s’installent de préférence dans des eaux
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L’espoir du Bélize
Au Bélize, sous la surface des eaux turquoise, les coraux se portent étonnamment bien. Ce succès est lié au vaste projet de restauration de cet écosystème*. Près de 90 000 petits coraux élevés en nurserie ont été repiqués dans les eaux peu profondes du récif, augmentant la surface corallienne de 35 %. Près de 90 % ont survécu et prospéré. C’est le plus vaste projet de restauration de récif corallien jamais entrepris dans cette région qui abrite la deuxième plus grande barrière au monde.
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L’intelligence des animaux marins Sous la surface, les animaux marins ont dû s’adapter à des conditions de vie très différentes de celles des animaux terrestres, développant une intelligence surprenante. Mais lesquels ont réussi à tirer leur épingle du jeu de la meilleure manière ? Serait-ce la baudroie des abysses, avec sa lanterne qui leurre les proies pour lui permettre de se nourrir malgré l’obscurité ? Ou bien le dauphin, et sa façon si personnelle de communiquer ? Découvre les astuces que les animaux marins ont développées pour vivre plus aisément dans leur milieu si particulier, et aujourd’hui menacé par la pollution, et lesquels sont devenus de vrais cerveaux sous l’eau !
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