Gilles Ruffet
Sommaire Préface
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Partir en famille sur un voilier et faire le tour du monde : et si on osait ?
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Le B.A.-BA de la vie sur un bateau avec ses enfants
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Gérer le départ psychologiquement Se préparer au départ S'organiser à bord selon l'âge de chacun Organiser la vie à bord Aller à l'école sur un bateau Prendre soin de la santé de chacun à bord Vivre en mer : quelques astuces avant de partir Larguer les amarres, bien sûr, mais pour aller où ?
Le choix du bateau
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Bien choisir son bateau 116 La charge utile ou ce qu'il faut charger... 117 Le nombre de cabines 118 Le carré 119 Le cahier des charges du monocoque de croisière 119 Une barre à roue, deux barres à roue ou une barre franche ? 131 Le cahier des charges spécifique au multicoque idéal 146 Le coût d'entretien d'un bateau et le budget de fonctionnement en grande croisière 156 Quel budget pour quel bateau ? 160
L'équipement 169 La perfection : non pas quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retirer... 170 Le mât et son gréement 170 Les voiles 174 L'ancre et le guindeau : du lourd... 184 L'annexe 191 Pilotage électronique ou régulateur d'allure ? 200 Les aides à la navigation 203 Les communications longue distance 207 Le frigo 210 Le congélateur 212 Le lave-linge 213 Le bilan électrique 217 La gestion et la production de l'eau 229 Les hélices 235 L'outillage 236 Le matériel électroportatif 237 La sellerie extérieure 239 Les pièces de rechange 240 Les jouets des grands (et des petits aussi) ! 242
Cahier d'escales
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Remerciements
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Le B.A.-BA de la vie sur un bateau avec ses enfants
Gérer le départ psychologiquement
notamment le Smartphone, représente un mode de communication adapté, avec certaines applications qui permettent, à partir du moment où l’on dispose d’une connexion Internet, de téléphoner, envoyer des photos et des vidéos, le tout pour un coût pratiquement nul. Pensez à vous munir d’un téléphone débloqué, car il est bien plus économique d’acheter une carte SIM en local, dans chacun des pays visités. Internet raccourcit les distances. Pensez à réaliser un petit album photo des proches restés en France, amis et famille. Ainsi, quand, au début du voyage, les absences commenceront à se faire sentir, le fait de voir en photo ceux qui sont restés viendra rapidement à bout d’une baisse de moral passagère. Cet album photo peut très bien exister sous forme numérique. De temps à autre, il faut tout de même remplacer le virtuel par le réel, et là aussi, les progrès faits par l’aviation civile commerciale nous permettent aujourd’hui, pour un coût finalement assez maîtrisé, de se rendre d’un bout à l’autre de la planète en moins de vingt-quatre heures. Et si les grands-parents se sentent trop vieux pour supporter un vol de vingtquatre heures, comme c’est le cas pour aller de Polynésie en France métropolitaine, alors peut-être les grands-parents mettront-ils la main à la poche afin de faire revenir, pour les vacances d’été, leurs petits-enfants qui leur manquent tant…
Il faut se fixer un objectif. Certains font inlassablement la tournée des salons nautiques chaque année et, en suivant le rythme d’un métronome, ressassent le même discours : « Dans quelques années, on part ! » Oui, mais quand ? Attendre que les enfants soient grands n’est peut-être pas la meilleure idée. La grande différence entre ceux qui veulent réellement partir et ceux qui aimeraient bien est que ceux qui vont partir auront déterminé une date de départ. Une date, c’est un jour, un mois et une année. Ensuite, il faudra se tenir à l’objectif donné. À partir du moment où la décision a été prise, plus rien ne doit venir interférer dans le projet.
L’éloignement avec la famille et les amis Nous avons la chance de vivre en ce début de xxie siècle, en pleine ère Internet, et jamais encore dans l’histoire de l’humanité les communications longue distance n’avaient été aussi aisées. À partir de neuf ou dix ans, les enfants sont bien plus à l’aise avec les écrans que ne le sont leurs parents. Cette nouvelle autonomie leur permettra de rester en contact direct avec les copines et les copains, les grands-parents, les cousines et les cousins, les tantes et les oncles, qui partageront et découvriront avec bonheur ce mode de vie sur l’eau, au fil du vent, des vagues et des îles. Le téléphone portable, et
La vie sociale des enfants La vie de voyage est ainsi faite que les rencontres d’aujourd’hui seront les séparations de demain, et elles seront parfois douloureuses quand il faudra brusquement interrompre des amitiés à peine écloses. Certains font le choix de changer un temps leurs
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projets et virent de bord pour suivre leurs amis. Cela permet aux enfants de profiter un peu plus longtemps de leurs nouvelles relations, avant que les chemins ne se séparent une fois de plus. Ainsi va la vie de nomade en bateau. Souvent, les différences d’âge disparaissent en bateau, des « grands » de douze ans peuvent très bien jouer avec des « petits » de huit ans, voire moins, et tout le monde s’amuse et passe du bon temps ensemble. Après quelques mois de voyage, les rencontres se font plus facilement, naturellement, et les nouveaux arrivants s’intègrent rapidement aux « anciens » du groupe. Affiliations qui peuvent parfois atteindre une dizaine d’enfants, et il incombe alors aux parents « receveurs », quand la smala a jeté son dévolu sur l’un ou l’autre des bateaux, de préparer un repas pour rassasier toutes ces
bouches affamées ! La langue est-elle un problème ? Si pour les plus grands il est indispensable d’avoir une langue commune (mais ils parlent en général l’anglais), pour les plus petits, elle n’est pas une barrière. Des bambins peuvent très bien s’amuser et échanger alors que la langue de l’un est incompréhensible pour l’autre.
Des enfants qui s’ennuient… Et comment s’occupent-ils, ces enfants ? À la maison, il n’est pas rare qu’ils se débattent sous des mètres cubes de jouets en tous genres ; certains serviront uniquement le premier jour de l’ouverture du cadeau, et d’autres… tout le temps ! En bateau, où l’espace est compté, quelques valeurs sûres sauront vous accorder des heures et des
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heures de tranquillité. Un incontournable : les Lego ! On y est tous passés, nos enfants s’en délectent, et nos petits-enfants y joueront également à leur tour. Le Lego, c’est génial. Les petits aiguisent leur esprit d’innovation et de création en fabriquant avions, motos, voitures, maisons, cabanes, camions et vaisseaux spatiaux. Et pour Noël, alors que la boîte atteint déjà un beau volume, que peuvent-ils encore demander ? Des Lego ! Avant de partir, du moins pour une année, pensez à les acheter au pays, là où vous saurez obtenir de meilleurs prix. Bien cachés au fond d’un coffre, déjà emballés, il suffira de les sortir pour les glisser discrètement sous le sapin. Autre valeur sûre, les Playmobil. Inconvénient de ces petits objets : ils se glissent partout et, sous un pied nu, ça peut faire mal, surtout la nuit… Il y a encore les crayons de couleur et feutres en tous genres (sauf indélébiles !). Les plus petits préféreront des cahiers de coloriage, et les plus grands, des feuilles blanches sur lesquelles ils pourront donner libre cours à leur imagination. Ayez également des cahiers de brouillon en quantité suffisante. Enfin, il faudra vous habituer à naviguer avec
des enfants… qui ne sont pas les vôtres. Car il n’est pas rare qu’ils embarquent sur tel ou tel bateau le temps d’une traversée de quelques heures pour pouvoir continuer à jouer ensemble. Parfois, ce sera l’occasion de regarder un film, et même les inviter pour la nuit.
Le manque d’espace Armelle a vécu sa première grossesse (Camille) alors que nous habitions dans un mobile-home d’une trentaine de mètres carrés, tandis que je construisais sur le même terrain une maison dont les loyers, une fois terminée, financeraient en partie notre voyage en bateau. Quand le bébé est arrivé, la maison terminée, nous avons déménagé dans un petit deux-pièces, avec une seule chambre. Que cet espace nous paraissait petit avec un bébé ! Nous, les parents, dormions dans un convertible de la pièce principale avec un coin cuisine, tandis que Camille était installée dans l’unique chambre. Tout comme le mobile-home, l’appartement devait mesurer une trentaine de mètres carrés. Un
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bateau de 40 pieds doit offrir à peine 25 m², constitués en grande partie de couchettes ou d’assises, l’espace libre au sol se limitant à quelques mètres carrés seulement. Mais cet espace limité est bien organisé, et on ne s’y sent pas à l’étroit. Dehors, le cockpit double pratiquement l’espace. Et surtout, il y a autour du bateau l’immensité de tous les océans du monde. À cela s’ajoute une grosse différence : à terre, on ne choisit pas de vivre dans un aussi petit espace, on le subit surtout, en général pour des raisons financières, tandis que la vie en bateau est un choix. Et cela change tout ! Il est important que chacun des membres de la famille puisse s’adonner aux activités qui lui sont chères, et donc s’isoler pour lire, écrire
ou regarder une vidéo, en se retrouvant dans sa cabine ou dans le carré, quand par exemple les enfants jouent dans une des cabines (voir à ce sujet le chapitre sur le choix du bateau, et notamment le nombre de cabines, p. 118).
La place des jouets Dans une maison ou un appartement, quand les enfants ont leur chambre, l’encombrement des jouets n’est pas un problème. Cette gestion est différente en bateau, et il faut faire accepter aux enfants l’idée d’un tri drastique dans leurs jouets. Vous pouvez leur proposer une caisse, dans laquelle doivent prendre place tous ceux qu’ils souhaitent emporter. Bien sûr, il n’est pas
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TÉMOIGNAGE On a beau faire attention, être prudent et faire en sorte que rien n’arrive, ce qui ne doit pas arriver arrive parfois. Au cours du voyage de Coccinelle, Apolline est passée trois fois à deux doigts de se faire mal, voire très mal. C’était notre première escale aux Canaries, à Graciosa. Nous étions à la plage et Apolline, trois ans, portait en guise de gilet une ceinture de piscine, dont le volume de flottabilité s’adapte en fonction du poids de l’enfant à l’aide de pains de mousse. Sa maman l’a laissée quelques secondes, elle a été déséquilibrée et en l’espace d’un instant, elle s’est retrouvée la tête en bas, les pieds battant l’air, cherchant sans y arriver un moyen de se redresser pour pouvoir sortir la tête de l’eau. La deuxième fois, elle avait quatre ans peut-être. Coccinelle est un dériveur lesté dont la dérive se manœuvre depuis un winch situé à l’intérieur, sous la table du carré. Ce bout de relevage fait quatre tours sur le winch avant d’être tourné sur un taquet. La petite a réussi à défaire le bout de son taquet, et heureusement, elle l’a lâché, ou du moins aucune boucle n’est venue attraper son poignet qui aurait alors été sectionné. La dérive pèse environ 200 kilos. Elle est ensuite tombée d’un coup et un an plus tard, il a fallu la sortir pour refaire les butées basses qui avaient été endommagées. La troisième fois, nous étions seuls au monde, mouillés dans un lagon aux Tuamotu, et nous étions descendus à terre tous les quatre pour nous initier au tressage des feuilles de cocotier. Je tenais la machette et coupais des branches, les enfants étaient devant moi. J’étais concentré sur les coups de machette et j’ai un instant relâché mon attention sur les enfants. Apolline s’était glissée derrière moi et la machette est passée très près de sa tête…
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Les enfants entre sept et douze ans
entre les parents et les enfants. Dans une maison, les ados ont leur chambre, passent du temps sur leur téléphone, et surtout (quand ils en ont l’autorisation…), ils peuvent rejoindre des jeunes de leur âge, qui ont les mêmes centres d’intérêt mais également les mêmes préoccupations, les mêmes problèmes. C’est l’âge de l’émancipation, des premiers amours, pas évidents à vivre sur un bateau. Ils ont besoin de rencontrer et d’échanger avec d’autres ados. Leurs désirs sont plus affûtés, et il ne faudra pas hésiter à modifier le programme de navigation pour le faire coïncider avec celui d’autres bateaux ayant à leur bord d’autres ados… En amont, il faudra bien anticiper le voyage, le préparer en leur compagnie pour qu’ils ne se sentent pas exclus. Ils seront associés à l’itinéraire. Mais si le projet ne prend pas, s’ils n’y adhèrent pas, alors il ne servira à rien de les forcer. Mettre un jeune de quinze ans sur un bateau alors qu’il a toujours vécu à terre n’a rien d’aisé. On ne compte plus les voyages planifiés pour durer quelques années, et avortés au bout de quelques mois, souvent en raison de divergences d’objectifs. Avec les ados, il faudra négocier, anticiper, et parler ! Évoquer l’exiguïté des cabines, et surtout gérer l’absence des copains et copines. En théorie, un voyage avec des adolescents est une période bénie où les jeunes adultes en devenir et leurs parents vivent ensemble des moments fabuleux. En pratique, les ados ont besoin de s’épanouir ailleurs qu’auprès de papa et maman. Autant il est relativement aisé d’écrire sur les enfants en bateau, autant, en ce qui concerne les ados, il existe probablement autant d’expériences qu’il existe d’adolescents ayant vécu l’expérience.
Les vacances, les vraies ! Sept ans, c’est l’âge de raison. Le grand changement intervient le jour où votre enfant apprend à nager. Finies les angoisses de l’accident, de la noyade, terminées les tensions quand il s’agit de leur imposer le port d’un gilet de sauvetage, dans l’annexe, sur le pont, ou pire encore, sur la plage alors qu’ils se trouvent en compagnie d’autres enfants qui, eux, savent nager, la honte ! Le jour où tous les enfants savent nager, un autre voyage commence. Ils peuvent être parfois laissés seuls sur le bateau le temps d’une soirée. Il est important de leur apprendre le fonctionnement de la VHF ou du téléphone portable. Ainsi, ils sauront appeler les parents ou un autre bateau en cas de besoin, ou tout simplement pour être rassurés. Les plus débrouillards pourront démarrer l’annexe et la conduire (bracelet coupe-moteur obligatoire !), et les plus ambitieux voudront partager les débuts des nuits de quart avec l’un ou l’autre des parents.
Les ados en bateau Il sera souvent préférable de ne pas attendre que vos enfants aient quinze ans pour les emmener en voyage autour du monde. Il serait un peu tard… Pas trop tard cependant, mais les choses pourraient être plus compliquées. De grands changements interviennent chez les ados, qui passent de l’enfance à l’âge adulte au prix de tensions et d’incompréhensions. À terre, la transition est parfois difficile, et l’adolescence peut être la cause d’une véritable rupture, passagère la plupart du temps,
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Le choix du bateau
Bien choisir son bateau C’est en partie grâce (ou à cause) au (du) choix du bateau que va dépendre la réussite (ou non) d’un projet. Trop petit ou trop gros, pas assez de cabines, pas suffisamment confortable, un moteur qui tombe en panne, des voiles fatiguées, des équipements pléthoriques mais dont certains ne fonctionnent pas, et vous risquez de passer à côté de tout un pan de bonheur. Chaque bateau est une somme de compromis. Au fil du temps, une relation particulière va s’établir entre une embarcation et une famille qui s’y épanouit. Le bateau en devient un membre à part entière, il a son nom, on parle de « lui » comme s’il avait une âme… Moitessier l’avait écrit : les bateaux ont une âme, et ceux qui ne peuvent pas le comprendre ne comprendront jamais rien à la mer ni aux bateaux. Un voilier est conçu selon un cahier des charges. Au-delà de la taille (généralement déterminée par le budget), la trame des aménagements influe aussi dans la réussite d’une croisière en famille. La taille agit directement sur le budget de fonctionnement et d’entretien du bateau. Dix mètres semblent représenter un minimum pour traverser sereinement un océan, mais avec combien de personnes à bord ? Un petit bateau est plus accessible, et est donc bien adapté à un jeune couple avec un enfant. Au-delà de cette taille, le mauvais temps commence plus tard. Plus un bateau est gros, et plus on recule le moment où il faudra ariser.
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Au portant, les différences de comportement et de confort à la mer sont finalement assez moindres. Dans un vent frais de 20-25 nœuds, un bateau de 10 mètres naviguera au portant avec deux ris dans la grand-voile et son génois déjà enroulé, quand un bateau d’une cinquantaine de pieds naviguera avec encore tout dessus, ou peut-être un ris dans la grand-voile. Les choses changent au fur et à mesure que l’on se rapproche du vent. Au travers, l’inconfort commence plus tôt à bord d’un petit bateau. La remontée contre le vent (mais surtout contre les vagues !), s’avérera plus compliquée et nettement plus sportive à bord d’un petit bateau. Auquel cas il faudra se remémorer que « si tu navigues au près, c’est que tu as mal choisi ta route ». C’est ce qu’on appellera le premier principe d’Antoine. Car le chanteur navigateur en a décrit un second : « Toute mécanique possède un état normal, stable et naturel, l’état de panne ; on peut parfois, pour une durée toujours limitée et avec beaucoup d’efforts, la maintenir dans un état instable et anormal, l’état de marche ; ainsi, moteurs hors-bord, alternateur, circuits électriques et pompes en tous genres sont venus nous taquiner dans notre paradis. »
La charge utile ou ce qu'il faut charger...
encombrantes et surtout bien lourdes cartes marines en papier d’antan. Sur un tour du monde, ces centaines de cartes représentaient des dizaines et des dizaines de kilos. Les documents nautiques en ont également pris le chemin, et les multiples ouvrages de navigation sont désormais numérisés, et accessibles depuis les différents écrans du bord. Il faudra sécuriser la fiabilité des documents électroniques, en les ayant en double, ou même en triple. Certains choisissent d’imprimer sur papier les zones d’arrivée potentielle et d’avoir au moins une carte routière. On peut également faire des copies d’écran de cartes à différentes échelles, consultables sur un autre appareil.
Les choses ont bien changé depuis le siècle dernier : deux éléments ont permis de substantiels gains de poids à bord des voiliers de grande croisière. D’une part, la généralisation de la navigation électronique (et la numérisation des ouvrages, des livres et des films, de la musique aussi…), et d’autre part, le développement des dessalinisateurs.
La navigation électronique
La numérisation
La navigation électronique a permis l’usage des logiciels de navigation (MaxSea, Adrena, Navionics, Open CPN, etc.) et de la cartographie associée. De nos jours, de nombreux bateaux naviguent avec une simple tablette. Des applications très simples et peu coûteuses, comme Open CPN (gratuite) ou encore Navionics, permettent, pour quelques dizaines d’euros, d’acquérir un logiciel et sa cartographie marine associée. La position est obtenue par le GPS intégré à la tablette, et un petit routeur Wifi pourra lui transmettre d’autres informations telles que les cibles AIS, les données fournies par le loch, le speedo, le sondeur ou l’anémomètre. Cette numérisation a permis de débarquer les coûteuses,
Idem pour les livres. Exit les bourses d’échange des livres papier qui voyageaient autour du monde de bateau en bateau, après avoir tenu compagnie à des dizaines d’équipiers de quart. Une liseuse de qualité (avec rétroéclairage, plus confortable) associée à un logiciel pour convertir le format des livres (Calibre) permet de convertir pratiquement n’importe quel document. Des milliers de films prennent place sur un seul disque dur de 1 ou 2 Tera octets. Côté musique, les CD ont eux aussi été remisés et la musique se lit désormais sur un téléphone ou une tablette, et s’écoute sur une enceinte connectée.
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Le coût d'entretien d'un bateau et le budget de fonctionnement en grande croisière
Les bateaux ayant entre cinq et vingt ans
Sur le marché de l’occasion, il est tout à fait possible de trouver un bateau de 11 mètres, pas très jeune mais ayant fait ses preuves, propre, équipé de panneaux solaires, de bonnes batteries, d’un gréement dormant pas trop vieux et de voiles encore en état de fonctionnement, à partir de 35 000 €. À ce moment de la réflexion, il convient de chiffrer le coût d’entretien du bateau. Il est difficile d’établir un budget référence de dépenses d’entretien, tant ils sont différents selon le type de bateau, monocoque ou multicoque, son âge, l’entretien qui lui a été prodigué, les investissements qui ont ou non été réalisés, et par des professionnels ou non. Ce qui fait varier la facture du simple au quintuple. L’achat d’un bateau est une chose, son entretien en est une autre. Certaines règles se vérifient au fil du temps.
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Ces chiffres sont indicatifs, et il n’existe pas deux bateaux qui vieillissent de la même manière. Après cinq ans, les systèmes électroniques commencent à faire des leurs. Les vaigrages commencent à s’user, et sur certains bateaux, les vernis des aménagements, d’une qualité insuffisante, donnent les premiers signes de vieillissement. Les planchers peuvent commencer à s’user. Selon leur usage et la douceur avec laquelle l’équipage aura manœuvré les voiles, elles auront plus ou moins vieilli. Elles seront à considérer comme amorties (même si elles n’ont pas souffert de conditions rudes, elles ont été utilisées de façon intense). On peut considérer que leur durée de vie est de l’ordre de cinq à huit ans, un peu plus pour le génois, et un peu moins pour la grand-voile. Au fil des ans, elles seront de plus en plus déformées, de moins en moins performantes, et surtout moins solides que des voiles neuves. Au bout de dix ans, elles commencent à être sérieusement usées. En cas de coup de vent, il faudra en tenir compte et être prudent. Et il y a tout le reste : les pompes qui flanchent, qu’il s’agisse des pompes de cale ou d’eau sous pression. Les bouts sont aussi sollicités et, de temps à autre, il faudra les recouper, en brûler les extrémités. Lors de chaque carénage, un traitement des œuvres mortes devrait permettre en théorie de conserver un bel aspect au bateau. Pour ce faire, il faut nettoyer la coque à l’éponge au savon doux, avant de rincer et appliquer au spray de l’acide oxalique, communément appelé déjaunissant. Après son application il faut rincer de nouveau, à l’eau savonneuse, pour bloquer l’action de l’acide, puis à l’eau claire, et quand la coque est sèche, passer du polish qui va
rendre la coque brillante. Ainsi, les salissures auront plus de mal à s’y accrocher. Ce traitement permet à certains bateaux d’être toujours rutilants après plus de trente années de navigation.
Les bateaux de plus de vingt ans Après vingt ans, de nombreux éléments seront à revoir, et s’il n’y a pas d’opération lourde à proprement parler, l’âge est bien là. C’est donc une multitude de petites actions qui, si elles n’ont pas été effectuées au fur et à mesure, devront être menées, chronophages et dispendieuses. Vérifiez l’état des fonds. Y a-t-il de l’eau qui stagne ? Quant aux coffres, ont-ils été repeints ? Il est généralement admis que l’entretien annuel d’un bateau représente environ 10 % de sa valeur d’achat. Ce chiffre peut paraître énorme et pourtant, au fil des années, lorsque l’on met tout bout à bout, il se révèle être juste. Certes, les moteurs peuvent coûter jusqu’à 15 % du prix du bateau, mais on ne les change pas tous les ans. Idem pour les voiles, le dormant, le courant, la cuisinière, le frigo, les coussins des assises et des couchages, l’émetteur BLU, l’iridium, le pilote automatique, les voiles, la hi-fi, les WC, les pompes de la cuisine et de la ou des salles de bains, etc. Quand on lisse l’ensemble, et à condition de faire son possible pour que le bateau reste pimpant, on ne sera pas très éloigné de ces 10 %. Et si vous faites ponctuellement appel à des professionnels, alors ce pourcentage sera totalement vérifié. Dans la marine marchande ou dans la Royale, on utilise l’expression « en mode dégradé » pour caractériser un navire dont tous les systèmes ne sont plus opérationnels. Il reste cependant possible de contrôler ledit navire
avec les moyens du bord. Il n’est pas sérieux de prendre le large avec un bateau mal préparé. C’est pourquoi l’entretien d’un bateau vise à le maintenir en un (presque) parfait état de fonctionnement. Cela représente beaucoup d’argent, mais outre la satisfaction et la sécurité apportée par un bateau « propre », une unité bien entretenue sera également plus facile à revendre sur le marché de l’occasion. Commençons par les frais fixes, incompressibles. ▶ L’assurance L’assurance responsabilité civile : Elle n’est pas obligatoire, mais il est important d’assurer son bateau au tiers. Cela vous couvrira en cas de dégâts causés à un tiers, si votre bateau venait à chasser sur son ancre par exemple, et s’en venait toucher un maxi-yacht battant pavillon d’Antigua et appartenant à un (très) riche américain. Une simple éraflure sur la peinture peut très bien vous coûter, si elle doit être refaite, plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une telle assurance vous mettra à l’abri de ce genre de problème. Comptez environ 200 euros par an. L’assurance responsabilité civile couvre également les frais de renflouage éventuels. L’assurance tous risques : Si elle ne pose (encore) pas de trop de problèmes aux Antilles, il devient de plus en plus difficile de trouver un assureur qui acceptera de vous couvrir « tous risques, toutes zones », surtout si votre bateau est âgé de plus de quinze ou vingt ans. Les primes s’élèvent en général à 2 % de la valeur agréée du bateau, même si cela change en fonction de l’assureur, de la nature du bateau, de son âge et de son état, etc. Pour un bateau d’une valeur inférieure à 50 000 €, la prime s’élèvera à 1 400 € environ.
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L'équipement
La perfection : non pas quand il n'y a plus rien à ajouter, mais quand il n'y a plus rien à retirer...
Le mât et son gréement
À terre, nos maisons débordent d’équipements divers et varié, qui sont censés nous faciliter la vie et y parviennent parfois, souvent même. On peut avoir envie de faire de même avec son voilier, et l’équiper de tout ce que le monde de la plaisance peut nous fournir. C’est tentant, avec la présence à bord d’un réfrigérateur (la base !) et d’un congélateur, d’un gros dessalinisateur, d’une climatisation réversible, d’un compresseur de plongée, du rice cooker, le tout alimenté par un groupe électrogène. Les paragraphes qui suivent décrivent les équipements d’un bateau de grande croisière en fonction de leur réelle utilité pour la navigation ou la vie à bord, le but étant de vous aider à faire la différence entre le nécessaire et l’accessoire. Hormis bien sûr une coque (ou deux sur un catamaran, ou une coque et deux flotteurs sur un trimaran), vous n’aurez finalement besoin que de peu de chose.
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Les mâts en aluminium tiennent avant tout par le gréement dormant. En théorie, plus les câbles sont récents, plus ils seront fiables. En théorie seulement, car les cas de démâtage sur des gréements neufs existent. Plus précisément, ce sont leurs terminaisons qui cèdent en premier, en sortie de sertissage. Les plus fragiles sont celles du bas, car l’eau de mer y pénètre et y stagne, provoquant une corrosion du métal. Un bris de toron peut cependant, même si c’est plus rare, survenir en haut du mât. Il existe deux techniques pour réaliser les terminaisons sur un câble. La plus répandue consiste à sertir les embouts à l’aide d’une presse. L’autre consiste à utiliser des embouts manuels de type Norseman ou Sta-Lok.
Prévention Avant toute traversée, montez ou faites-vous monter en haut du mât pour vérifier s’il n’y a pas un toron de cassé. Une inspection visuelle doit permettre de repérer tout problème, et prévenir des risques d’incident au cours d’une traversée. En règle générale, un toron cassé au niveau du sertissage est le signe avant-coureur d’une dégradation générale du dormant. Il est suivi bien souvent par un deuxième toron cassé, puis un troisième, jusqu’à ce que la résistance du câble devienne insuffisante pour maintenir le mât. Après chaque navigation, un petit rinçage des terminaisons inférieures aide à éliminer les résidus de sel.
Monter au mât
▶ La chaise de calfat Classique, elle est bien plus confortable qu’un baudrier qui, à la longue, maltraite les cuisses. La chaise de calfat n’est pas autonome dans le sens où il faut un équipier au niveau du pont pour se hisser en tête de mât. Attention : hisser un homme de 75 kilos à 17 mètres de haut n’a rien d’une promenade de santé, surtout pour le ou la wincheur. On préférera hisser l’équipier le moins lourd.
▶ Les échelons de mât Ils sont positionnés de chaque côté du mât et permettent de monter, à n’importe quel moment, plus ou moins haut dans l’espars. Les deux derniers échelons, tout en haut, à 1,20 mètre de la tête de mât, seront positionnés au même niveau, pour permettre d’y travailler debout. Certains modèles sont fixes, relativement bon marché, mais leur fardage est réel. Une drisse peut s’y prendre, et il peut s’avérer difficile de l’en déloger. Le problème peut être contourné en installant des garcettes entre hauban et marches, ou entre les marches elles-mêmes. Certains se contentent de poser des échelons uniquement jusqu’au premier étage de barres de flèche, mais leur utilité sera réduite à la surveillance des fonds des atolls. Dans tous les cas de figure, il ne faudra pas oublier de s’assurer avec une longe supplémentaire pour travailler en totale sécurité.
▶ Les solutions alternatives Il est possible de fabriquer (ou faire fabriquer) une échelle en cordage ou en sangles qui s’enverra soit en bordure libre sur la face avant du mât (en mer par exemple), soit avec des coulisseaux sur le rail de grand-voile. Cette dernière solution implique évidemment non seulement d’avoir affalé la grand-voile, mais aussi dégréé les coulisseaux. C’est faisable au mouillage, pas à la mer, car dans ce cas, le bateau risque de rouler bord sur bord et il sera très dangereux de monter au mât. À éviter.
▶ Une technique empruntée à la spéléo L’un des systèmes les plus populaires utilise des coinceurs Petzl associés à des pédales pour monter de manière autonome. La technique consiste à faire glisser les coinceurs sur une drisse en se hissant vers le haut grâce à ses jambes et en utilisant les pédales comme échelons. Inconvénient de la méthode : il faut, entre l’ascension et la descente, changer de drisse et s’assurer avec un autre coinceur de type huit de descente. Cette manipulation demande du savoir-faire et la sécurité imposera de s’assurer au moment de la transition. Attention, il existe des poignées pour droitiers et des poignées pour gauchers. D’autres systèmes existent, notamment celui que propose la société ATN, le fabricant de chaussettes à spi.
▶ Et sur un multicoque ? Le catamaran est par définition très raide à la toile, ce qui induit des rappels plus brusques que sur un monocoque. Ce dernier répond à une survente par une gîte plus importante, ce qui a pour effet d’évacuer le surplus de pression sur le gréement. Les efforts encaissés par le gréement d’un multicoque sont plus importants car il ne gîte pas, et son gréement vieillit plus vite. La souplesse de sa plateforme empêche le dormant d’être complètement souqué, ce qui induit de petites oscillations favorables à l’usure.
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Cahier d'escales
Cahier d'escales De 2012 à 2018, Gilles, Armelle, Apolline et Camille ont sillonné les océans à bord de leur voilier, Coccinelle. Leur route les a menés du port de La Rochelle aux paysages de l'Alaska, en passant par les Açores, les Antilles, ou encore la Californie. dans ce genre de voyage, il y a les escales prévues, les escales où on retrouve ses proches, celles où des amitiés et des attachements se nouent, celles où l'on avait prévu de passer trois jours et que l'on quitte le cœur lourd au bout de trois semaines... Mais bien sûr, il y a aussi les incontournables aléas qui bousculent les plans. Un anticyclone un peu trop virulent, une navigation plus compliquée que prévu, un démâtage : voilà les types d’événements qui font que la route planifiée n'est jamais celle que l'on fait au final. On n'accoste donc pas toujours dans toutes les escales souhaitées, mais à chaque changement de programme peut correspondre une escale imprévue qui se révèle être un coup de cœur ! Tout cela pour dire que chaque voyage et chaque croisière est unique, tout comme le sont chacun des équipages qui naviguent ! Alors nous vous présentons ici une série d'escales inspirée par les tribulations de Coccinelle, mais bien entendu, si vous vous apprêtez à prendre la mer, ce sera à votre tour de construire votre propre journal de croisière, au gré de vos propres aventures ! Cette petite sélection a juste pour but de vous faire rêver et de vous suggérer des idées. Pour en savoir plus sur les escales de Coccinelle et les aventures de son équipage, rendez-vous sur le blog : http://voiliercoccinelle.blogspot.com/
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Les Açores
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Sao Miguel
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Embarquer en famille pour une croisière de plusieurs années autour du monde : voilà une idée qui peut paraître un peu folle au premier abord. Et pourtant, ils ne sont pas si rares, les aventuriers qui relèvent le défi ! Il faut dire que c’est tentant : escales de rêves, école buissonnière sur les plus belles îles du monde, rencontres qui changent la vie… Les avantages d’un tel voyage sont évidents ! Mais une croisière autour du monde en famille demande énormément de préparation, de logistique et d’investissement personnel et matériel. Cela peut impliquer de vendre son habitation pour acheter un voilier, de quitter son travail, de couper les ponts avec ses proches, ou encore de sortir les enfants du circuit scolaire classique… En bref, ce n’est pas une décision à prendre à la légère, ni un départ qui se joue sur un coup de tête ! Dans ce guide illustré très complet, Gilles Ruffet, navigateur passionné et expérimenté qui a lui-même voyagé autour du monde avec femme et enfants à bord du voilier Coccinelle de 2012 à 2018, vous livre toutes les clés indispensables pour réussir votre aventure : choix, préparation et équipement du bateau ; logistique ; vie à bord…
MDS : VA00311
www.vagnon.fr
29,95 € TTC
Vous saurez tout sur tout, et serez bien armé pour réussir cette formidable aventure de la croisière familiale autour du monde !