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Le Vagnon de la chasse sous-marine

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TEXTE : JULIEN COLLET • PHOTOGRAPHIES : DANIEL DEFLORIN

HISTOIRE•MATÉRIEL•TECHNIQUES•MILIEUX•ESPÈCES


Sommaire

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Préfaces Introduction

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Histoire

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Une pratique ancestrale Les pionniers : 1920-1945 L’âge d’or : 1946-1965 Gloire et défiance : 1966-1985 La révolution médiatique et technologique : 1986-2005 Chasser à l’Anthropocène : depuis 2006

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La chasse sous-marine d’aujourd’hui et de demain

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Des mutations écologiques rapides Espaces et espèces protégés Une pratique responsable La dimension sportive

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Le milieu marin

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Les différents biotopes Les lois physiques Les marées Vents et courants La vie marine

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60 62 64 66

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Le matériel

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Le masque Le tuba Les palmes Le lest Comment déterminer son lest ? La combinaison Le matériel de signalisation Les accessoires Les fusils sous-marins Le matériel pour les grands poissons

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Aquacité et apnée

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Les effets de la pression Sinus et tympans Physiologie de l’apnée Passer sous la surface

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Les techniques de pêche

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Chasser en équipe La coulée La pêche à trou L’agachon L’indienne La chasse en pleine eau La chasse profonde

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La chasse sous-marine dans le monde

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Méditerranée Atlantique tempéré Atlantique tropical et subtropical Caraïbes Océan Indien Pacifique Mers froides

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Pêcher dans le courant Les techniques particulières Chercher, trouver, gérer À bord d’une embarcation Cartes et amers GPS et sondeurs Travail, conservation et préparation du poisson L’apprentissage numérique

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La sécurité

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Annexes

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Les principaux dangers Animaux venimeux La ciguatera Les prédateurs tropicaux

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Réglementation Les fédérations Formations Palmarès Bibliographie Index des espèces

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Poissons, crustacés et céphalopodes

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Les proies du chasseur Poissons de l’Atlantique Nord Poissons méditerranéens Poissons tropicaux Poissons pélagiques Crustacés Céphalopodes Oursins et coquillages

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LA CHASSE SOUS-MARINE D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN

Une pratique responsable pas nécessairement champions du canton. Mais surtout, elle permet aux chasseurs de se côtoyer en grand nombre, de faire des rencontres, de lier des amitiés, de comparer des solutions techniques, d’apprendre énormément des autres. Enfin, elle astreint à une pratique plus assidue, motive pour sortir dans des conditions difficiles, contraint à plus de remise en question. Le niveau du pratiquant s’en trouve naturellement amélioré, qu’il poursuive ou non sa carrière de compétiteur.

Il y a probablement autant de conceptions d’une éthique de la chasse sous-marine que de chasseurs. L’important consiste peut-être à s’en forger une et à s’y tenir. S’il est une règle qui me semble intangible, c’est de veiller à ce que toute prise capturée soit finalement consommée. Pour le reste, je serais bien en peine de donner des leçons à qui que ce soit. Une longue pratique de la pêche sousmarine, dans différentes régions, au contact de cultures maritimes et sportives variées, conduira inévitablement à commettre ponctuellement ou régulièrement ce qui, ailleurs, s’apparente à un crime.

Une partie d’échecs Outre l’engagement et le dépassement, participer à une compétition ajoute une dimension stratégique et tactique à cette activité. S’il est autorisé, le repérage avant la compétition constitue un préambule déterminant. Selon le temps que l’on peut consacrer sur chaque zone, il faudra trouver des pierres peu

L’existence ou non d’une réglementation, l’absence de contrôle (ce qui, malheureusement, revient à une absence de réglementation), la richesse de la faune et la santé du biotope, la pression de pêche réelle sur la zone peuvent conditionner différents comportements de chasse (de très sélectif à très « actif ») sans que l’on puisse nécessairement théoriser sur le caractère vertueux ou vicieux de l’action de pêche. Moins le pratiquant est encadré, plus sa responsabilité individuelle est engagée. À lui de déterminer le bien-fondé de son action. L’idéal étant de rester un simple régulateur soucieux du maintien des populations. Sur le territoire national, les règles sont claires et les abus les plus criants, comme l’utilisation d’une corde plombée (qui, simulant un filet, effraie, bloque et concentre le poisson), ont été prohibés. La protection des espaces, la lutte contre le braconnage (en bouteille ou la nuit) et la prévention contre la revente du poisson (concurrence déloyale à une profession sinistrée) concentrent, à juste titre, l’essentiel des efforts de l’État.

Les compétitions N’en déplaise à ses détracteurs, la compétition sportive en chasse sous-marine compte de nombreuses vertus. Aux chasseurs trop sûrs d’eux, elle enseigne à ne plus dire qu’il n’y a pas de poisson sur une zone, mais plutôt qu’ils n’en ont pas vu. Elle apprend aussi aux Tartarin de Tarascon, champions du village, qu’ils ne deviendront

Ludovic Herpe : le coup du roi, île de Houat, Morbihan.

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UNE PRATIQUE RESPONSABLE

individualisme pour s’affirmer plus collectivement, notamment au sein des fédérations, uniques organes permettant de participer au dialogue législatif. Pour apparaître à la communauté comme des interlocuteurs responsables, les chasseurs devront continuer d’amender les règles de compétition (un travail bien entamé), et s’imposer dans les discussions concernant la création des espaces protégés ou les moratoires de protection d’espèces, de communiquer sur l’aspect hautement sportif et sélectif de la pratique. La société occidentale dans son ensemble s’avère plus sensible au spectacle d’un animal harponné. Aux chasseurs d’expliquer que le plus souvent, c’est la capture en chasse sous-marine qui occasionne au poisson le moins de stress et la mort la plus rapide. L’affirmation de notre légitimité passe, et c’est paradoxal, par plus de publicité mais aussi une certaine discrétion. Trop mettre en avant les plus beaux tableaux de chasse – témoignages démultipliés par Internet et les réseaux sociaux – véhicule toujours le même malentendu (il s’agit d’une pêche exceptionnelle, le spectateur imagine que c’est quotidien) et suscite des jalousies plus exacerbées que par le passé : la petite pêche traditionnelle tire la langue et les pêcheurs amateurs sont beaucoup plus nombreux. Mieux vaut parfois rester discret que trop incompris.

Mise à l’eau par mer calme, en Atlantique.

susceptibles d’être connues, essayer d’exploiter au mieux les endroits propices en fonction de ses points forts techniques (raguer, agachonner, chasser profond), éviter de se faire repérer et surveiller le repérage des autres. Si le compétiteur « local de l’étape » semble faire des repérages quelques jours avant la compétition, c’est certainement qu’il veut induire en erreur ses concurrents pour éviter d’être trop suivi le jour J, etc. Ensuite, pendant le concours, il faudra être efficace et discret, savoir passer rapidement à un plan B si la place est prise, tenir compte des renseignements communiqués (nombre et taille des prises et zonage des autres compétiteurs) et aller au bout de ses capacités physiques tout en gardant la tête froide.

S’affirmer sans s’afficher De plus en plus, sur le territoire européen, les réglementations s’alourdissent, les interdictions spécifiques à la chasse sous-marine comme les zones interdites se multiplient. C’est donc naturellement que le chasseur se trouve incité à devenir plus soucieux de préserver ses droits et ses territoires. Il devra également et nécessairement abandonner une part de son farouche

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LE MILIEU MARIN

Les différents biotopes La zone de prospection et d’exploration des apnéistes comme des plongeurs représente une infime partie des mers et des océans. Les chasseurs investissent les 20 à 30 premiers mètres tandis que les plongeurs évoluent jusqu’à 60 mètres environ. C’est dans les 100 premiers mètres de profondeur que se concentre l’essentiel de la vie sous-marine, perchée sur la frange supérieure du plateau continental, avide de lumière comme des alluvions nourricières. Le chasseur rencontre en général quatre grands types de biotopes : les fonds sédimentaires, les herbiers, les fonds rocheux (dans certaines régions, partiellement ou totalement recouverts de corail) et la pleine eau. Le relief des côtes, la végétation des bassins versants et l’hydrographie influent considérablement sur la richesse et la santé de ces biotopes. Le climat, la circulation des courants et l’ampleur des marées déterminent les principaux cycles d’échanges et les migrations, horizontales ou verticales.

continental s’amorce généralement entre 100 et 200 mètres), constitue la base de tout le biotope environnant (de nombreuses espèces animales effectuent des migrations saisonnières verticales). Plus ce plateau est large, plus la région est potentiellement poissonneuse.

Les fonds sédimentaires Sableux ou vaseux, ils représentent l’essentiel des fonds sous-marins. La finesse et la nature du sédiment sont déterminantes pour la richesse de la faune : vers, mollusques, poissons. C’est souvent à proximité d’un fond rocheux ou d’un herbier que ces zones s’avèrent intéressantes. En milieu tropical, des formes particulières d’éponges, de gorgones ou d’hydraires colonisent ces bordures. Près des côtes, les estuaires et les mangroves

Le climat Le climat conditionne la distribution des espèces, favorisant ou interdisant leur émergence. Certains phénomènes récurrents (saison des pluies, upwelling, cyclones, vents dominants) déterminent des cycles de migration. Il est important de différencier les zones géographiques : les caractéristiques de la zone équatoriale atlantique (forte turbidité, vie fixée et nombre limité d’espèces) ne sont pas comparables à ce que l’on observe dans le Pacifique ou l’océan Indien aux mêmes latitudes. La Méditerranée, la mer des Caraïbes et la mer Rouge sont autant d’exemples de zones peuplées d’espèces endémiques, aux conditions saisonnières propres.

Le plateau continental Cette partie du fond marin qui prolonge les côtes émergées, avant de basculer vers les abysses (le talus

Fond corallien dans le lagon, Polynésie.

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LES DIFFÉRENTS BIOTOPES

Un herbier de posidonie en Méditerranée.

Pour le chasseur néophyte, les champs de laminaires, ondulant comme d’épais cheveux, peuvent s’avérer inquiétants. Depuis la surface, le fond semble être une anémone géante prête à vous engloutir ! Glissezvous dessous, comme un géant plongeant la tête dans un sous-bois, les pieds des laminaires sont autant de troncs autour desquels les poissons circulent et chassent les petits crustacés, à l’abri de la frondaison mouvante. Les vieilles peuvent être nombreuses si un gisement de moules se trouve à proximité. En Méditerranée, les herbiers de posidonie les plus anciens forment des « mattes ». Ces accumulations de racines et de substrat compact résultant de la dégradation des générations passées créent des galeries, des marches, des couloirs et des surplombs qui miment parfaitement les zones rocheuses. Ces mattes peuvent donc retenir des colonies (notamment de corbs ou de sars) et attirer des animaux de passage.

sont utilisés par de nombreuses espèces (même pélagiques) pour la reproduction et la croissance des juvéniles. Les passes communiquant avec des lagunes ou des étangs sont aussi des lieux de passage régulier.

Les champs d’algues, d’herbes et de posidonie Dans les régions océaniques et tempérées, les zones sableuses sont souvent bordées de champs d’algues (Atlantique tempéré, Manche, mer du Nord). En plus du rôle régénérant qu’ils assurent, grâce à la photosynthèse, ils constituent un lieu de ponte et une nurserie idéale pour de nombreux poissons ainsi qu’un espace de prospection et de refuge occasionnel pour certains prédateurs. Dans les pays tropicaux comme en Méditerranée, de vastes herbiers remplissent le même office. Aux confins des zones tempérées croissent des forêts de kelp, algue brune géante munie de petits flotteurs, dont le pied, fixé à plus de 20 mètres de fond, se prolonge par un tronc et des « feuilles » flottant en surface !

Les fonds rocheux ou coralliens Ce sont les zones les plus intéressantes. Les rochers permettent l’épanouissement de la vie fixée mais aussi

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LE MATÉRIEL

palmage. Le premier avec un rythme assez soutenu et une amplitude de mouvement courte et le second avec un rythme plus lent et une amplitude plus grande. Un bon palmage présente de nombreux avantages : il propulse efficacement avec une dépense minimale d’énergie, il est confortable et n’entraîne pas de gêne ou de douleur sur un long parcours, il est relativement silencieux et provoque peu d’éclaboussures en surface.

Le palmage doit s’adapter à chaque type de palmes.

deviennent rapidement douloureuses, les palmes sortent trop de l’eau et engendrent éclaboussures et nuisances sonores, l’envergure du mouvement est trop faible. Avec un palmage trop souple (on dirait alors que le nageur pédale), le genou plie trop, la propulsion perd beaucoup de son efficacité, le talon recule vers les fesses (ce qui est contre-productif), les chevilles supportent une grande amplitude d’effort pour un résultat diminué, le buste subit une oscillation verticale (contraignante pour les lombaires), l’envergure du mouvement est trop grande. Le geste juste s’acquiert avec la pratique. Le buste et les hanches doivent rester rectilignes, sans oscillations verticales ou horizontales. La hanche, le genou et la cheville ne plient pas à plus du quart de leur possibilité. Les fesses affleurent à la surface, les palmes doivent à peine sortir de l’eau (au niveau du talon), l’amplitude du mouvement conjugué des deux palmes n’excède pas 40 à 50 centimètres. L’effort doit s’adapter, dans sa forme, son intensité et sa fréquence, au type de voilure. Les palmes longues (à la différence des palmes courtes) entraînent un temps de réponse différé entre action et réaction. Il faut donc adopter un rythme qui tienne compte de ce décalage. Reste deux grands styles de

Le palmage vertical, dit de sustentation En position verticale, la tête hors de l’eau, le palmage est lent et avec une grande amplitude, en pliant peu le genou. Cela permet de rester en surface pour parler à un compagnon, nettoyer son masque ou inspecter les alentours.

Le palmage dorsal On ne voit plus le fond mais on peut se relaxer ! La position dorsale est très confortable. La force de propulsion et l’appui dorsal concourent à maintenir la tête hors de l’eau. Cette position plonge le bassin sous l’eau et le palmage augmente en amplitude et en souplesse. Enfin, la musculature travaille différemment, ce qui permet un repos partiel. En descente, l’amplitude doit rester limitée.

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LES PALMES

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LE MATÉRIEL

Le matériel pour les grands poissons du sens de la traction. Elle fait ainsi office d’ardillon géant, le câble supporte tout l’effort et le poisson ne prend plus appui sur la flèche en se débattant.

Flécher un poisson de plus de 30 kilos (et jusqu’à plus de 200 kilos !) nécessite beaucoup de puissance… et un matériel adapté. L’équipement, spécifique, doit pouvoir résister à la défense explosive des grands poissons pélagiques ou à leur fuite éperdue.

Le « bungie » Pour les poissons pélagiques, les plus gros moulinets restent insuffisants : la flèche doit être directement reliée par une longue drisse à un train de bouées en surface. On peut ajouter un « bungie », un long sandow de 10 à 20 mètres qui vient s’intercaler entre la drisse reliée à la flèche et celle reliée aux bouées de surface. Il joue un rôle d’amortisseur qui soulage la ligne d’une traction trop brutale mais surtout fatigue le poisson. Celui-ci n’a plus de répit : dès qu’il cesse de forcer, le sandow le tire inexorablement en arrière.

Les fusils américains et australiens Américains et Australiens ressentirent les premiers l’urgence de posséder des armes capables de transpercer les grands poissons pélagiques. Jay Riffe, Steve Alexander ou Barry Paxman mirent au point à la fin années 1970 des arbalètes démesurées et commencèrent à les populariser durant les années 1980. Les plus longues peuvent mesurer jusqu’à 1,80 mètre (sans la flèche), être équipées de cinq sandows et comporter de grands ailerons latéraux permettant de stabiliser l’arme au moment du tir ! Ces fusils projettent efficacement des flèches de 7,5 à 9,5 millimètres à plus de 6 mètres. Leur fût massif participe à l’amortissement du recul de l’arme, beaucoup plus violent que sur un fusil ordinaire. Cet effet de recul impose de maintenir le bras, le poignet et la crosse dans le même axe au moment du tir au risque, sinon, de s’exposer à une luxation du poignet ou de l’articulation du pouce. Les modèles de taille moyenne (1,50 mètre, 3 sandows), désormais au catalogue de nombreux artisans et de marques européennes comme Teak Sea®, sont beaucoup plus polyvalents. Ils permettent de traquer carangues, lutjans et grands barracudas avec des taux de réussite très confortables.

Les pointes détachables Les plus gros poissons peuvent tordre les flèches les plus épaisses et briser les axes d’ardillon les plus solides. La pointe détachable est une pièce acérée qui vient s’emmancher à la terminaison de la flèche, reliée à cette dernière par un câble d’acier. Lors du tir, l’ensemble, solidaire, traverse le poisson. La pointe se désolidarise de la flèche lorsqu’il se débat. Étant fixée au câble en son milieu, elle se positionne en travers

Montage d’une pointe détachable.

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LE MATÉRIEL POUR LES GRANDS POISSONS

mobiles sous-marins (à l’agencement varié), composés de lamelles métalliques brillantes, dont le pouvoir d’attraction est autant visuel que sonore.

Plus de sandows pour plus de puissance.

Les leurres Le baron, popularisé par Jack Passe et Pierre Baubet à Mayotte, se présente comme un poisson factice découpé dans l’enveloppe argentée d’un cubitainer de vin rouge (le fameux Baron d’Arignac), agrémenté de quelques traits de marqueurs pour parfaire l’illusion. Légèrement lesté, il se trouve relié par une douzaine de mètres de fil de pêche à un petit flotteur en polystyrène. Le chasseur tient le flotteur dans sa main, soit en surface, soit en s’immergeant de quelques mètres (augmentant d’autant la profondeur du baron). Au moment où un poisson s’approche du leurre, le chasseur, s’il est en surface, abandonne le flotteur et effectue une coulée. S’il est en profondeur, il peut lâcher le flotteur et contrôler la remontée de celui-ci en pinçant légèrement le fil de pêche : le baron remonte lui aussi, entraînant le poisson (s’il est suffisamment curieux) jusqu’au chasseur en attente. Le flasher des Américains comme le gling-gling des Australiens sont des montages moins figuratifs : des

Les fusils à cartouche de CO2 L’utilisation d’armes dont la puissance est obtenue par un moyen artificiel est interdite presque partout. Pourtant, dès les années 1950, des inventeurs mirent au point des armes très efficaces équipées d’une cartouche de CO2 sous pression. Le fusil Pelletier fut très populaire auprès des aventuriers d’après-guerre et continue de séduire les utilisateurs avertis. Extrêmement simple et maniable, il projette une flèche de 10 millimètres de diamètre à près de 10 mètres de distance ! Cette arme n’était pas encore destinée aux grands poissons pélagiques mais plutôt aux mérous géants, aux requins et autres pièces phénoménales. Si le concepteur, Jacques Pelletier, désormais disparu, ne pourra plus fournir de pièces détachées, d’autres marques perpétuent désormais cette tradition marginale et explosive.

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AQUACITÉ ET APNÉE

Passer sous la surface la verticalité du corps et la glissade vers le fond. La jambe « inactive » rejoint verticalement la première au moment où les palmes passent sous la surface, prêtes à entamer le mouvement de palmage. Le « canard pêcheur » se traduit par un mouvement plus lent (le contrepoids est moins important), plus facile à maîtriser et surtout plus discret que le « canard équerre ».

Les deux techniques de canard sont des méthodes d’immersion, qui ont pour but de propulser l’apnéiste sous la surface, avec une dépense minimale d’énergie et de manière à ce qu’il puisse poursuivre sa descente en profitant de l’élan acquis. La descente, les évolutions sous-marines, comme la remontée obéissent aux mêmes impératifs : évoluer avec un maximum d’efficacité en basse consommation. L’appréhension correcte de la verticalité et la juste appréciation de son état de flottabilité (négative, positive ou neutre) sont ensuite primordiales pour parfaire son aquacité.

Erreurs à éviter Les principales erreurs rencontrées lors de l’apprentissage du canard résultent d’un excès de zèle de l’apnéiste : le mouvement de bascule se révèle trop soudain, buste et jambes dépassent la verticale et le canard est avorté. Pressé de rejoindre les abysses, l’apnéiste commence à palmer alors que ses palmes sont encore hors de l’eau, l’incursion furtive se transforme

Le « canard équerre » (à deux jambes) Bien exécuté, il permet de se retrouver en position verticale, palmes immergées, et d’entamer la descente dans un élan obtenu quasiment sans effort. Dans un premier temps, allongé en surface, le chasseur peut donner un léger coup de palme pour obtenir une impulsion. L’apnéiste prend une dernière inspiration et plie le buste en avant (en s’aidant éventuellement d’un mouvement propulsif des bras) pour l’amener à la verticale : le buste forme alors un angle droit avec les jambes restées à l’horizontale en surface. L’apnéiste lève alors les jambes en l’air dans le prolongement du tronc. Celles-ci agissent comme un contrepoids et entraînent le plongeur, parfaitement vertical, vers le fond. Le palmage ne commence, bien sûr, qu’au moment où les palmes sont entièrement immergées. C’est la technique la plus efficace, mais sachez que le fait de lever les deux jambes simultanément peut provoquer un déséquilibre et faire dévier le buste de la verticale et que ce mouvement soudain peut aussi se révéler bruyant.

Le « canard pêcheur » (à une jambe) Le mouvement général est identique au « canard équerre » mais, ici, l’apnéiste ne lève qu’une seule jambe à la verticale. L’autre reste perpendiculaire en surface (comme inerte) agissant comme un stabilisateur : elle permet de gérer de façon plus progressive

Trop d’éclaboussures pour ce « canard équerre ».

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PASSER SOUS LA SURFACE

correctement sa vitesse de descente pour atterrir en douceur à l’endroit souhaité. Il peut également incurver sa trajectoire en cours de route pour la ralentir et observer le fond avant de choisir un point d’observation.

Dernière impulsion avant de basculer.

alors en concert d’éclaboussures. Ou bien, trop imprégné de théorie, le néophyte oublie qu’il s’agit d’un seul et même mouvement continu. S’il n’entame pas immédiatement le palmage après avoir franchi la surface, il risque de remonter comme un bouchon, victime de sa flottabilité, toujours positive.

La remontée Tout comme la descente, le retour doit être planifié. La remontée doit être amorcée quand l’envie de respirer devient perceptible. Il faut alors effectuer une légère impulsion au fond pour profiter d’un point d’appui et, immédiatement, réaliser un palmage régulier et puissant qui doit être maintenu jusqu’à obtenir la vitesse de remontée nécessaire. Le palmage doit ensuite permettre de rejoindre à vitesse égale le début de la zone de flottabilité positive. Là encore, la verticalité est primordiale, c’est le plus court chemin ! Inutile aussi de vouloir remonter trop vite. La précipitation n’a pas cours en apnée. Elle ne peut que se révéler dangereuse et contre-productive. L’apnéiste doit se concentrer sur l’efficacité de sa dépense d’énergie, en gardant le menton légèrement rentré. Idéalement, les derniers mètres du retour en surface s’effectuent sans palmer, relâché et détendu.

La descente Une fois les palmes complètement immergées, le palmage commence. La première chose à faire consiste à équilibrer ses tympans et le volume interne du masque avant de dépasser les 2 mètres de profondeur. Le mouvement des palmes est ample et régulier, sans trop plier les genoux. La tête est dans l’axe du corps, mais ne « rentre » pas dans les épaules. La verticalité est primordiale, surtout tant que l’on n’a pas rejoint une profondeur entraînant une flottabilité négative. L’apnéiste choisit ensuite de poursuivre en palmant ou non selon la profondeur qu’il désire atteindre, en veillant à compenser régulièrement et avec anticipation. Rejoindre le fond ne suppose plus que de jauger

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LES TECHNIQUES DE PÊCHE

Chasser en équipe Si la pêche en duo est théoriquement une nécessité, elle est souvent le compagnonnage de deux chasseurs solitaires qui se surveillent de loin en loin, ne se rejoignant que pour des coopérations ponctuelles ; ils ne profitent alors pas de la sécurité, de la confiance en soi, de l’efficacité et de la complémentarité d’actions que procure la présence d’un binôme. Statistiquement, le nombre de captures sera moindre, mais le plaisir de pêcher « à deux cerveaux », l’assurance de pouvoir compter à chaque instant sur son équipier, le confort d’un rythme imposé permettent un meilleur relâchement physique, une meilleure lecture du terrain et une meilleure gestion des situations.

L’inclination naturelle du chasseur est de s’éloigner de son partenaire pour découvrir une roche prometteuse, une proie malheureuse. Il n’est pas inutile, en phase d’apprentissage et dans certaines situations, de s’imposer un fusil (et une bouée si nécessaire) pour deux. Il est plus facile, alors, de s’astreindre à la règle de base de l’exercice : ne jamais perdre de vue son équipier et, le cas échéant, se trouver en position de lui porter assistance.

Créer une relation de confiance En repérage, deux nageurs tirant à tour de rôle une unique bouée de signalisation, et effectuant des demicoulées en parallèle seront d’une grande efficacité à moindres frais. Au moment de se préparer pour une descente, le chasseur confie la gestion de la bouée à son équipier, qui maintiendra en outre une surveillance des engins motorisés de surface. Dans le courant, il fera même une « poussette » en palmant à sa place à la fin de sa préparation ! En chasse profonde, le binôme peut descendre à une dizaine de mètres pendant l’apnée de son compagnon, pour maintenir un contact visuel. Il pourra aussi venir à sa rencontre lors de la remontée pour le soulager et le sécuriser. Il est important de pratiquer régulièrement avec son binôme pour obtenir des automatismes, connaître les points forts de chacun mais surtout forger la confiance. L’équipier doit faire preuve de dévouement et doit par exemple être au rendez-vous, à 10 mètres de profondeur, pour empoigner la prise du chasseur après une remontée éprouvante, ou traîner la bouée dans le courant quand il n’en peut plus. Seule cette discipline consentie permettra de récolter les fruits que concède l’exercice : une relation, humaine et sportive, qui favorise l’épanouissement et la progression des deux protagonistes.

Choisir un leader En mer, il faut toujours un capitaine. Si les décisions sont souvent collégiales, il faut savoir, en situation de pêche comme face à des difficultés, prendre la place de

En équipe, il faut toujours veiller à son partenaire.

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CHASSER EN ÉQUIPE

Le butin en partage.

décideur ou celle de subordonné. C’est une acceptation tacite des niveaux de compétence qui dicte les rôles. Le niveau technique ou la connaissance d’une zone peuvent désigner un leader naturel, mais le rôle de stratège peut revenir à celui qui a vu ou tiré le premier, au plus inspiré. Il peut surtout basculer de l’un à l’autre si la confiance entre les partenaires est optimale. La défiance ou l’autorité ne doivent pas entrer en jeu. Une équipe expérimentée peut ainsi passer des heures dans l’eau et pêcher très efficacement, sans échanger un mot.

Une chasse plus précise Si la surface explorée est nécessairement plus réduite que s’ils avaient évolué chacun de leur côté, chaque chasseur, bénéficiant d’un surcroît de quiétude, peut descendre plus profond et plus longtemps. La capture du poisson est mieux assurée : l’équipier peut doubler rapidement une proie mal fléchée, coopérer dans l’extraction d’un animal enragué ou la traque d’un gibier blessé, réfugié au fond. Ce meilleur taux de réussite évite de trop perturber la zone de pêche.

Certains poissons ne se prennent qu’en équipe.

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LES TECHNIQUES DE PÊCHE

La chasse profonde La chasse profonde commence à 25 mètres. Si les conditions sont optimales, à partir de 30 mètres. Après 35 mètres, c’est très profond, et jusqu’à 45 mètres, pour les athlètes de haut niveau. C’est une pratique, une discipline à part entière qui nécessite d’être méthodique au niveau de la préparation physique, du matériel, de la technique et de l’aquacité. Il faut finalement changer toutes les habitudes prises. Modifier son palmage, sa position dans l’eau. Apprendre à utiliser la largable, maîtriser la gestion du volume d’air interne du masque. S’appliquer et se concentrer différemment.

Cela demande une concentration, un effort, un contrôle de soi très important.

Bien se préparer et maîtriser la technique Laissons la parole à Bernard Salvatori, maître incontesté en la matière : « La pêche profonde, c’est véritablement, à mon sens, l’expression de la pêche extrême. Comme l’escalade en solo dans le domaine de l’alpinisme. Il faut être humble. L’humilité est un mode de survie. L’engagement physique et le risque sont à leur maximum. C’est excitant de maîtriser ce risque et c’est ce qui m’intéresse tant. C’est une question de contrôle de soi. Physiquement, psychologiquement, techniquement et tactiquement. Tout l’intérêt est là. Je dirais presque qu’à 35 mètres, il est plus simple, ou disons moins dangereux, de capturer un denti à l’agachon que de flécher un sar à trou. La succession d’actions pour aller prendre un poisson à trou demande une grande précision et s’avère coûteuse en énergie. L’agachon requiert de savoir s’arrêter à bon escient et demande de grandes capacités d’apnéiste. L’essentiel est de ne pas faire l’effort de trop, d’être extrêmement lucide. Il faut évidemment être plus attentif à sa forme physique et aux conditions de la mer. L’eau sale et le courant sont les deux ennemis principaux du “profondiste”, ils ajoutent stress et dépense physique. Comme le froid ou la longueur d’une séance, tous les facteurs handicapants doivent être soigneusement soupesés. La pratique profonde doit devenir un hobby particulier, une fin en soi, et il n’y a pas de meilleur entraînement que la pratique en mer ! Là, plus qu’ailleurs, l’entraînement en binôme, évidemment obligatoire, ne fera qu’accroître les automatismes et la connaissance de son équipier. Descendre profond implique que l’on sache exactement où l’on va. Que l’on ait visualisé le point d’atterrissage. Il est indispensable d’être précis sur ce chapitre du positionnement.

La devise du chasseur profond : lenteur, amplitude et économie. À grande profondeur, tout devient très vite compliqué. Tout doit être sans cesse recalculé en fonction des imprévus et des problèmes rencontrés.

Premier objectif : atteindre rapidement le fond.

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LA CHASSE PROFONDE

Utiliser une largable est un gage de sécurité.

En surface, la préparation respiratoire prend parfois trop de temps : on veut trop bien faire et c’est finalement contre-productif car cela accroît le risque d’entrer en hyperventilation. Corriger la façon de palmer apporte souvent des progrès très significatifs. Le travail consiste à rendre le palmage à la fois plus efficace et plus économe. Ce n’est pas facile à obtenir. Il faut changer les postures et ses habitudes : rentrer la tête dans les épaules et palmer jusqu’au fond. On gagne ainsi des secondes qui seront précieuses pour l’action de pêche. Il est déterminant d’utiliser des palmes vraiment adaptées à sa morphologie et à son style. Des voilures plus rigides pour ceux qui ont un rythme soutenu et une amplitude réduite. Et des voilures souples pour un palmage moins rapide et avec une plus grande amplitude. Lors de la remontée, récupérer un peu d’air dans le masque est un inconfort qu’il faut savoir accepter lorsque l’on entreprend d’atteindre

Remonter sans ceinture évite des efforts éprouvants.

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LES TECHNIQUES DE PÊCHE

Travail, conservation et préparation du poisson Un poisson bien fléché, rapidement achevé et mis au frais constitue un produit comestible de qualité exceptionnelle. Travail et conservation doivent être à la hauteur de cette qualité. Vider, nettoyer, tirer des filets, conserver, congeler et décongeler dans les règles de l’art participent au bagage technique indispensable de tout honnête chasseur.

alternative : l’accroche-poissons servira de gibecière le temps de la sortie. Dans la Manche et l’Atlantique, si le soleil ne menace pas de sécher les prises, on peut les poser sur la planche et limiter ainsi la résistance à la traction de l’ensemble. Il faut tout de même veiller à « arroser » son poisson régulièrement ou à le protéger avec quelques laminaires ou une toile de jute. En Méditerranée, l’été, l’action conjuguée du soleil et de la chaleur peut rapidement « blanchir » des poissons fragiles (mostelles, corbs, rougets), pourtant immergés. L’utilisation d’un accroche-poissons plus long et alourdi à l’extrémité permettra aux prises (vessie natatoire percée ou vidée) de rester à une profondeur plus compatible avec leur conservation.

Dans l’eau Au-delà de l’aspect éthique, un animal tué instantanément ne risque plus de s’abîmer et ne produit plus de toxines susceptibles d’altérer sa chair. Une grosse prise se « détendra » d’autant plus rapidement au frais qu’elle aura été achevée sans délai. La mort donnée, se pose immédiatement le problème de la conservation du poisson. Pour le chasseur à la palme tirant sa bouée ou sa planche, aucune

Vider le poisson : une opération à effectuer avec soin.

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TRAVAIL, CONSERVATION ET PRÉPARATION DU POISSON

constituent une réserve de sang source de mauvaises odeurs à la cuisson. En milieu tropical, le glaçage est très important ; il faut si possible utiliser de la glace en paillettes et veiller à bien en recouvrir le poisson (remplir également, pour une plus longue conservation, l’intérieur des opercules et de l’abdomen).

Vider un poisson La première étape consiste à ouvrir l’abdomen, à partir de l’orifice anal, en passant entre les deux nageoires pelviennes, jusqu’à la base de l’arc branchial (que l’on tranche ou non). On détache ensuite les branchies des opercules et aux extrémités de l’arc branchial en prenant soin de ne pas trancher la partie solidaire de l’œsophage. Bien exécutée, cette opération permet d’éviter d’ouvrir le poisson jusqu’à l’intérieur de la mâchoire (plus esthétique et utile pour tirer correctement les filets). L’ensemble des viscères doit ensuite s’extraire avec les branchies. Ouverture de l’abdomen jusqu’à l’arc branchial.

Dans le Pacifique, la présence parfois insistante des requins a poussé les chasseurs à mettre au point la « plate », sorte de landau flottant qui permet de maintenir le poisson hors de l’eau tout en le protégeant de l’ardeur du soleil. Plus généralement, le climat tropical s’avère souvent rude pour le poisson mort. S’il n’a pu être glacé avant de sortir de l’eau, on s’assurera de le protéger ensuite au maximum, de le glacer et le vider rapidement.

En bateau Si l’on dispose d’une embarcation, une glacière contenant un système réfrigérant efficace reste la meilleure solution. La tolérance est évidemment plus grande en novembre au large de Barfleur (Cotentin) qu’en août au large de Tabarka (Tunisie) ! Dès qu’un poisson est pris, il doit être glacé. Idéalement, on l’écaille et on le vide auparavant. Plus un poisson est frais, plus il s’écaille facilement. Les ouïes sont susceptibles de faire tourner plus vite le poisson et

L’appareil branchial et les viscères sont retirés.

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POISSONS, CRUSTACÉS ET CÉPHALOPODES

Poissons méditerranéens

Mérou brun Nom scientifique : Epinephelus marginatus Famille : serranidés Localisation : Méditerranée, Atlantique Est (de la Bretagne Sud – rare – et du golfe de Gascogne à l’Afrique du Sud), Brésil, Uruguay, Argentine. Signalé à La Réunion et au sud de Madagascar. Période de frai : juillet et surtout août (la température de l’eau des couches supérieures doit atteindre 24-25 °C) Taille maximale : 1,50 m, 60 kg Maturité sexuelle : espèce hermaphrodite protogyne, le mérou brun naît femelle immature, puis devient mature vers l’âge de 5 à 7 ans (45-50 cm) avant de changer de sexe pour devenir mâle, entre 7 et 15-17 ans (50-80 cm) Durée de vie connue : 50 ans Le mérou est protégé en France. Le dernier moratoire a été reconduit en décembre 2013 pour dix ans Milieu et comportement Poisson solitaire et territorial, le mérou affectionne tous les abris sous roches : failles horizontales ou verticales, éboulis, amoncellement de blocs, pierres isolées au large, etc. Sur une même zone, le mérou fréquente des pierres de chasse distinctes de sa pierre d’habitat : elles sont plus ouvertes pour faciliter son affût. Son territoire doit pouvoir lui apporter gîte et ressources en nourriture. Ce carnassier est amateur de céphalopodes (seiches, poulpes, calmars), de crustacés (langoustes et crabes) et de poissons. On trouve aussi beaucoup de visiteurs autour des pierres à mérou : les sars, les corbs, voire les dentis, semblent rassurés par sa présence. Les juvéniles se rencontrent dans moins de 10 mètres de fond tandis que les adultes évoluent dans des eaux plus profondes. Approche L’idéal est de parvenir à le flécher à la coulée, hors du trou. S’il est repéré à trou, tout doit être programmé, pensé, réfléchi. C’est généralement une chasse profonde,

au-delà de 20 mètres, qui demande des efforts et la gestion d’apnées répétitives ; il faut savoir optimiser ses aptitudes, évaluer une situation, savoir aussi ne pas tirer si les conditions ne sont pas optimales. Capture Si ce n’est pas un grand nageur (bien qu’il ait un démarrage puissant), le mérou blessé à trou développe une force combative impressionnante : il va se coincer dans son trou en se hérissant et résister. Aussi le tir doit-il être décisif et tuer net le poisson. S’il ne se présente pas bien, de face ou de côté, mieux vaut tenter de revenir à un autre moment.

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Une fois fléché, si le mérou s’enrague, les difficultés commencent. La première chose à faire consiste à maintenir le fil en tension (un petit ballon fixé à l’arbalète peut tenir ce rôle). S’il résiste à la traction, il faudra essayer de le doubler ou utiliser un attendrisseur (une flèche dépourvue d’ardillon) pour l’achever. Les pêcheurs de mérous ne se séparent pas du « ganchou » (un crochet monté sur un axe plus ou moins long, terminé par une poignée) pour pouvoir extraire leur prise. Il n’est pas inutile de préciser que beaucoup d’accidents graves ont pour origine des mérous enragués. Le matériel complet La panoplie du chasseur de mérou est composée d’un fusil (90 ou 100 centimètres) équipé d’une flèche de 7 millimètres et d’un moulinet, d’un attendrisseur, d’un ganchou, d’au moins deux « ballons à mérou », d’une lampe puissante, d’un système de balisage type bobino et d’une ceinture larguable (drisse, flotteur et bouée).


POISSONS MÉDITERRANÉENS

Poissons méditerranéens

Loup Nom scientifique : Dicentrarchus labrax (espèce identique au bar de l’Atlantique) Famille : moronidés Localisation : Méditerranée, mer Noire On connaît mal les limites géographiques des stocks de loups, néanmoins les études montrent qu’il existerait deux bassins de population (occidental et oriental) en Méditerranée Période de frai : de décembre à mars Taille maximale : 110 cm Maturité sexuelle : 28-30 cm (2 ans) chez le mâle, 37-40 cm (3 ans) chez la femelle Croissance plus rapide en Méditerranée (54 cm pour un mâle âgé de 5 ans) qu’en Atlantique (39 cm pour le même individu) Durée de vie connue : environ 15 ans Taille minimale de capture : 30 cm Le loup est soumis au marquage par ablation de la partie inférieure de la nageoire caudale Milieu et comportement Le loup nage seul ou en petits groupes (surtout les juvéniles). Les périodes de reproduction, en hiver, permettent de rencontrer de grosses concentrations

(« les compagnes ») près des côtes, dans peu d’eau. Aux beaux jours, les loups évoluent en profondeur sur les épaves ou les secs exposés au courant. En Camargue et en Provence, la période de frai marque la sortie des loups des étangs littoraux et leur rassemblement en compagnes en mer. Il faut alors éviter de capturer les femelles pleines… Le reste de l’année, on croise le plus souvent des solitaires occasionnels. Approche et technique L’agachon a été inventé par les Marseillais pour attraper ce poisson curieux et sûr de lui. Un appel sonore peut l’aider à se décider (frottement des gants sur la roche, bulles, bruits de gorge, etc.). Il viendra plus facilement si la visibilité est mauvaise. À trou, s’il y en a plusieurs, il faut commencer par des agachons successifs pour attiser leur curiosité et ne tirer que ceux qui sortent pour préserver la fertilité de la pierre. En groupe, les petits spécimens sont souvent en tête, suivis des plus gros. Lors du frai, les femelles ventrues sont souvent

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devant, les mâles derrière elles. Dans les deux cas, il faut attendre pour tirer. Chasse d’hiver Les jours où une mer un peu formée génère un champagne d’écume sur les bords rocheux, il faut choisir une zone proche d’un écoulement d’eau douce (embouchure de rivière, estuaire de lagune). Équipé d’un fusil de 90 centimètres, à l’agachon, ou progressant à l’indienne sous le champagne, le chasseur a de bonnes chances de croiser un solitaire ou quelques individus à la poursuite de crustacés déboussolés et de petits poissons aveuglés.


LA CHASSE SOUS-MARINE DANS LE MONDE

La Réunion Isolée, exposée à la houle, aux vents et aux courants, l’île de La Réunion compte de nombreux chasseurs sous-marins, certains professionnels. La zone la plus intéressante correspond au récif corallien qui borde la côte ouest. Celui-ci est désormais presque entièrement protégé, seuls subsistent quelques spots où la chasse s’avère profonde et technique puisque la pression de pêche se concentre désormais sur une petite portion du littoral. Plus au sud, de Saint-Pierre à Sainte-Rose, la barrière de corail laisse place à des tombants de roche volcanique ; peu de mises à l’eau sont possibles et les requins s’invitent souvent à la fête : la présence d’un guide local est obligatoire !

Madagascar C’est une île immense qui, comme le Mozambique, reste à explorer. Au nord-ouest, dans la baie d’Ampasindava, les îles de Nosy Be, Nosy Komba (Ambariovato) et Nosy Sakatia abritent de nombreux prestataires spécialisés dans la chasse sous-marine. La meilleure saison s’étend de septembre à décembre, puis d’avril à mai. La température de l’eau est comprise entre 26 à 30 °C. Sites remarquables : îles sur le rivage ouest de Madagascar (éviter les estuaires des plus grands

Carangue noire, La Réunion.

fleuves). Tuléar (Toliara), îles Sainte-Marie, extrémité nord du pays, au-delà de la baie d’Andovobatofotsy.

Indonésie L’Indonésie est si vaste qu’il serait vain de définir une zone plus propice qu’une autre. La côte ouest de Sumatra, Nias, les Mentawai, la côte sud de Java, les côtes de Bornéo, les îles de la Sonde, Sulawesi, les Molluques sonnent comme autant de paradis sousmarins, parmi les moins exploités de la planète. La pêche sous-marine est peu développée mais néanmoins autorisée. La réglementation change avec les régions et il est important de se renseigner auprès des autorités compétentes. Généralement, les sites de plongée sous-marine font l’objet d’une protection particulière, notamment à Bali. La meilleure saison s’étend d’août à décembre avec des conditions généralement optimales en septembre et en octobre.

Thon à dents de chien, Mayotte.

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OCÉAN INDIEN

pour les chasseurs sud-africains, particulièrement Tugela River, Lighthouse Reef, Mission Rocks, Cap Vidal, Pompano Pinnacle, Leven Point, Sodwana, Diepgat, qui sont autant de spots.

La barrière de corail, Mayotte.

Afrique du Sud Une faune endémique d’espèces étranges et magnifiques (poensies, red steenbras, galjoen, musselcracker), de grands poissons pélagiques (sérioles, wahoos, thazards, barracudas, maigres) et une multitude de spots à découvrir le long des rivages de l’océan Indien. Du sud vers le nord, une première partie correspond à l’Eastern Cape (Plettenberg Bay, Grootbank, Eersteriver, Cape St Francis, Bird Island nécessitent de grosses logistiques). Puis, après Port Elisabeth, la côte s’incurve et les eaux chaudes du détroit du Mozambique modifient l’atmosphère ; en revanche les nombreuses rivières rendent l’eau parfois trouble. La meilleure saison correspond à l’hiver austral, de juillet à septembre. Sites remarquables : Coffee Bay, Port Saint Johns, Cracker Reef, Umhlanga River, Paradise Reef, Stud Rock. Ensuite, on entre au Zululand, zone mythique

Mérou de l’océan Indien.

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La chasse sous-marine est une discipline aussi exigeante qu’enrichissante. Deux qualificatifs qui décrivent très bien ce livre unique, tant par son volume que par la qualité de ses contenus et de ses photographies. Les passionnés, et ils sont nombreux, y trouveront tout ce qu’ils recherchent : histoire et palmarès, matériel et techniques, apnée, sécurité, espèces à chasser… rien n’est oublié. Cette véritable bible est, à coup sûr, l’indispensable de la bibliothèque de tout bon chasseur sous-marin !

L’auteur Julien Collet pratique la chasse sous-marine depuis l’enfance. Il a décroché le titre de champion de France en double en 1992, tout en exerçant le métier de guide de pêche sous-marine en Afrique. Rédacteur et photographe, il travaille pour la presse et la télévision. Il est également co-auteur d’un guide pédagogique sur le snorkeling et auteur pour des guides de voyages.

MDS : VA00092

Daniel Deflorin avait six ans quand il s’est mis à la plongée. Après avoir été moniteur d’État, puis scaphandrier, il s’est tourné vers la presse. Membre historique de Plongée Magazine et d’Apnéa, il a publié ses photographies dans nombre de parutions de presse nationales et internationales.

3 9 € TT C

Le photographe


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Le Vagnon de la chasse sous-marine by Fleurus Editions - Issuu