Laurent Renault
Attirer coccinelles et autres petites bêtes gentilles au jardin
Les alliés d’un jardin au naturel
Sommaire INTRODUCTION
6
Qu’est-ce qu’un auxiliaire du jardin ?
7
Pourquoi accueillir les auxiliaires et en quoi peuvent-ils être utiles ?
9
Contre quoi doit-on protéger les jardins ?
10
COMMENT ATTIRER TOUTES CES PETITES BÊTES AU JARDIN ?
12
Créer une mosaïque de milieux
12
Miser sur les principes de l’écologie
16
Fabriquer des habitats de substitution
20
LES PETITES BÊTES
33
La coccinelle Le syrphe ou la mouche des fleurs La chrysope Le staphylin La forficule ou le perce-oreille La punaise
34 36
La mouche tachinaire ou mouche des chenilles Le carabe La guêpe parasitoïde L’abeille La mésange Le rouge-gorge La sittelle torchepot Le hérisson La musaraigne La chauve-souris Le crapaud La salamandre Le lézard L’orvet
46 48 50 52 54 56 58 60 62 64 66 68 70 72
38
ANNEXES
74
40 42
Régime alimentaire de quelques oiseaux présents en France
76
44
Plantes sauvages et habitats
78
5
32
LES
PETITES BÊTES
LA COCCINELLE CATÉGORIE : INSECTE PRÉDATEUR Peut-être la plus populaire de toutes les petites créatures du jardin. LA PETITE BÊTE Nous devrions parler des coccinelles. Il en existe en effet de nombreuses espèces dont les plus populaires et identifiables sont celles à 7 points, Coccinella septempunctuata, et celles à 2 points, Adalia bipunctuata, qui peuvent être rouges à points noirs ou noires à points rouges ! Explorez un peu votre jardin et vous verrez celles à 14 points qui sont jaunes et noires, Propylea quatuordecimpunctuata. Encore un petit effort et vous remarquerez les plus petites (3 mm) du genre Scymnus qui chutent généralement lorsqu’elles sont dérangées ou celles du genre Chilocorus (noires à 2 points rouges), très discrètes sur les arbres fruitiers. Toutes les larves sont de véritables machines de guerre d’aspect bien moins sympathique que les adultes. Il est absolument indispensable de les reconnaître durant ce stade larvaire pour ne pas risquer de les déranger ou pire de les détruire. Les coccinelles passent l’hiver à l’état adulte. Au printemps, les adultes s’accouplent. Les femelles pondent à proximité d’une colonie de ravageurs. Les larves passent par 4 stades de développement puis deviennent des nymphes pour donner des adultes qui recommencent un cycle.
LES VICTIMES Les coccinelles à 2, 7 et 14 points consomment beaucoup de pucerons au stade larvaire, elles sont dites aphidiphages. Les adultes consomment des pucerons mais aussi du pollen et du nectar. Celles du genre Scymnus s’attaquent aux pucerons, celles du genre Stethorus aux acariens et celles du genre Chilocorus se nourrissent de cochenilles.
Larve de coccinelle 34
EFFICACITÉ La prédation des pucerons se fait à des températures moyennes de 12 à 15 °C. Les coccinelles aphidiphages tuent plus de pucerons qu’elles n’en consomment vraiment. On les qualifie de nettoyeuses, car elles peuvent stopper la prolifération exponentielle des colonies de pucerons. Les fourmis défendent d’ailleurs âprement ces colonies qu’elles ont elles-mêmes installées.
HABITAT Les feuilles mortes et les écorces l’hiver, les haies, les friches, les prairies sauvages et la flore spontanée sont les zones à partir desquelles, au printemps, elles pourront migrer vers les colonies de ravageurs développées sur les plantes du jardin. Les coccinelles communes ne sont pas spécialisées dans une espèce de pucerons ou de cochenilles. Leur présence sur toutes les plantes attaquées dès le printemps permet d’avoir un réservoir d’individus prêts à combattre les proliférations annuelles de ravageurs sur les plantes cultivées.
LE SAVIEZ-VOUS ? Une bonne intention écologique nous a conduits à élever et relâcher des coccinelles asiatiques Harmonia axyridis qui se sont si bien adaptées à nos régions qu’elles sont désormais considérées comme invasives. Elles sont pourtant très efficaces contre les pucerons, les acariens, les psylles et les cochenilles. Ce sont des auxiliaires de nettoyage. 35
LE SYRPHE OU LA MOUCHE DES FLEURS CATÉGORIE : INSECTE PRÉDATEUR C’est pour leur vol stationnaire étonnant que ces mouches colorées sont les plus remarquables. Leurs larves sont de redoutables carnassières. LA PETITE BÊTE Ce sont des mouches à une paire d’ailes, dont l’abdomen – même s’il présente, en fonction des espèces, des rayures comparables à celles de guêpes – n’en a jamais la fine taille. Les adultes ont des yeux globuleux et une trompe à nectar qui en fait de très bons butineurs et donc pollinisateurs. Les rayures sur l’abdomen peuvent être jaunes, noires ou blanches et dessiner des motifs caractéristiques de chaque espèce. Parmi les 500 espèces présentes en France, les plus
36
courantes sont le syrphe ceinturé, Episyrphus balteatus, le syrphe porte-plume, Sphaerophoria scripta, le syrphe du groseiller, Syrphus ribesii, le syrphe des corolles, Eureodes corollae et le syrphe Luniger, Eupeodes luniger. Les larves peuvent avoir des couleurs différentes allant du vert pâle au jaune-brun. Elles se tortillent pour avancer jusqu’à s’emparer gloutonnement de leurs proies car elles ne possèdent pas d’organes locomoteurs.
LES VICTIMES Essentiellement les pucerons dont les colonies qui se développent à très grande vitesse par parthénogénèse peuvent ainsi être contrôlées. Les larves peuvent dévorer (en fait elles sucent le contenu de leurs victimes !) entre 200 et 800 pucerons au cours de leur courte vie d’une semaine. S’ils viennent à manquer, elles peuvent s’attaquer à d’autres petits insectes.
EFFICACITÉ
HABITAT
Ce sont les asticots, les larves de ces mouches, qui sont d’excellents prédateurs. Ils peuvent tuer jusqu’à 100 pucerons par jour en cas de forte infestation. Les adultes pondent à proximité des colonies (jusqu’à 1 000 œufs blancs) afin que les larves puissent facilement trouver de quoi manger à proximité de leur lieu de naissance. Il y a plusieurs générations par an en fonction des pullulations de pucerons. N’utilisez jamais d’insecticides, car les syrphes y sont très sensibles et la destruction des colonies de pucerons les prive de leur source de nourriture.
Il faut absolument privilégier les massifs contenant des espèces très nectarifères afin que les populations d’adultes ne s’éloignent jamais beaucoup des espaces cultivés. Prairies fleuries sauvages, massifs de plantes exotiques à fleurs simples de la famille des astéracées ou des ombellifères ainsi que toutes les rosacées comme la plupart de nos arbres fruitiers sont très favorables à leur présence.
LE SAVIEZ-VOUS ? Les syrphes ne mordent, ni ne piquent, car ils ne possèdent qu’une trompe en forme d’entonnoir pour prélever le nectar et le pollen. Les adultes sont capables de voler en marche arrière, ce qui est particulièrement spectaculaire. Ce sont des auxiliaires de nettoyage. 37
LA CHRYSOPE CATÉGORIE : INSECTE PRÉDATEUR Elle est élégante et gracieuse avec ces grands yeux couleur d’or, qu’on ne se doute pas que ses larves sont de terribles carnassières. LA PETITE BÊTE On peut distinguer 2 genres : Chrysoperla et Chrysopa et plusieurs espèces. La plus facilement identifiable est Chrysoperla carnea de couleur verte en été et jaune en hiver. Certaines espèces sont marron. Toutes sont reconnaissables à leurs longues ailes transparentes qui, repliées au repos, forment un toit sur l’abdomen. La taille moyenne des adultes est d’environ 20 à
38
25 mm. Ceux-ci sont très discrets. Leurs yeux ont la couleur de l’or, d’où leur nom. Les larves voraces sont longilignes et munies de puissantes mandibules en forme de pinces. Elles sucent et aspirent le contenu de leurs proies. Les chrysopes ont de 2 à 4 générations annuelles. L’hibernation a lieu à l’état adulte. Certains individus survivent cependant sous forme de cocons dans la nature à l’abri des anfractuosités, feuilles mortes ou bois creux.
LES VICTIMES Surtout des pucerons de multiples espèces, des œufs de lépidoptères, de jeunes chenilles, des acariens, des cochenilles, des aleurodes ou des œufs de psylles. La plupart des adultes sont des butineurs.
EFFICACITÉ
HABITAT
Les larves, et chez certaines espèces les adultes, sont relativement polyphages. Pendant leur développement qui dure de 15 à 20 jours, elles peuvent consommer jusqu’à 500 pucerons. La protection intégrée en agriculture les utilise en milieu clos. Dans le commerce, on peut trouver des larves envoyées par La Poste, protégées par des coques de son de riz ou de sarrasin.
Elles affectionnent les greniers, les remises et les lieux près de nos habitations pour se protéger durant l’hiver. Elles occupent volontiers les abris, hôtels à insectes et murs de pierres sèches du jardin. Les adultes ont besoin de fleurs pour butiner ou de miellat qu’ils trouvent sur les plantes attaquées par les pucerons. Prairies hautes pour Chrysoperla carnea, arbustes ou arbres pour Chrysoperla lucasina, vous ne les verrez jamais près du sol dans une végétation rase.
LE SAVIEZ-VOUS ? Les œufs des chrysopes sont identifiables, car fixés en bouquet ou isolément mais toujours sur de longs et fins pédicelles reliés au végétal. Ces pédicelles les protègent des attaques des fourmis. Attirés par la lumière, les chrysopes sont souvent observées les soirs d’été près des habitations. Ce sont des auxiliaires de nettoyage. 39
Attirer coccinelles et autres petites bêtes gentilles au jardin Quand on pense petites bêtes au jardin, on songe souvent à celles qui nous mènent la vie dure à nous, jardiniers et jardinières ! Et pourtant… le jardin regorge de mignonnes et gentilles bestioles qui non seulement embellissent notre carré de verdure, mais nous aident aussi au quotidien, que ce soit pour lutter contre les nuisibles ou pour participer à la pollinisation, etc.
9,95 € TTC
www.rusticaeditions.com
MDS : RU19225
Coccinelles, hérissons, mésanges, lézards, découvrez ou redécouvrez ces petites bêtes de nos jardins dans des fiches pratiques et accessibles pour mieux les comprendre et les aider à s’installer !