Gilles & Paul Fert
12 mois avec
mes ruches
Le guide pour prendre soin de mes abeilles et intervenir au rucher toute l’année !
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JA
SOMMAIRE Introduction Avant de se lancer : une année apicole !
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Janvier-février 8 Mars-avril 8 Mai-juin 8 Juillet-août 9 Septembre-octobre 9 Novembre-décembre 9
Janvier 10
Les abeilles et l’hiver 11 Tour d’horizon des prédateurs et autres dangers 12 Entretenir et désinfecter son matériel 15 Renouveler ou installer de nouvelles ruches 16 Pour aller plus loin : les réunions et formations apicoles 18
Février 19
L’importance de l’environnement 20 Le contrôle des ruches en fin d’hiver 23
Mars 24
La visite de printemps 25 Installations, entretiens et nouveautés 28 S’occuper de ses colonies 31 L’importance de la reine 31 S’occuper de son premier essaim 33 Attention au manque de pollen ! 33
Avril 34
Les essaims : c’est parti ! 35 Le matériel indispensable de l’apiculteur 38 Trouver des emplacements 40 Poser une première hausse 41
Mai 44
Gare aux varroas ! 45 Biruche ou ruche divisible ? 45 De l’importance de la cire ! 46
Juin 48
Se lancer dans le miel en rayon ? 49 Qu’est-ce que le pain d’abeille ? 49 Phéromones, agressivité et productivité 50
Juillet 52
Un peu de récolte ! 53 Les points d’attention 56
Août 60
Le retour des traitements et autres piégeages 61 La récolte de la gelée royale 63 Les points d’attention 64 C’est la bonne période pour l’apiculture avec les enfants 66
Septembre 67
Se lancer tardivement dans l’apiculture 68 La mise en hivernage des ruches 70
Octobre 73
Anticiper les possibles problèmes à venir 74 Les produits dérivés des ruches 76 Renforcement et amélioration des ruches 78
Novembre 80
Prendre soin de ses abeilles 81 Le choix des abeilles 84 Préparer sa cire 87
Décembre 88
Les visites d’hiver 89 Les points d’attention 90 Déguster son miel 91
Annexes 92
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Introduction
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os abeilles ont besoin de soins réguliers. Non pas tous les jours comme les autres animaux de compagnie bien entendu, mais certaines interventions clés sont nécessaires. À chaque saison correspondent des tâches bien précises. Tout commence avec les premières belles journées printanières. Cette visite de contrôle indispensable se fait par une journée ensoleillée, lorsque les abeilles sont occupées à récolter leurs premières pelotes de pollen et gouttes de nectar. Ensuite, les interventions sont déclenchées en fonction de l’évolution de la population, de la météo et des apports alimentaires. L’intervention la plus importante et absolument nécessaire est certainement le traitement contre le petit parasite varroa. Le choix de la période pour l’application de ce traitement est important. Un autre moment important pour l’apiculteur est celui de l’essaimage. Au cœur du printemps et au début de l’été, si votre ruche manque de place ou bien que la reine est devenue âgée, le risque d’essaimage devient important. Bien sûr, on peut laisser faire la nature, mais si on souhaite absolument faire une récolte de miel, certaines pratiques permettent de contrôler plus ou moins cet essaimage. Nous savons tous que notre environnement évolue, et pas toujours pour le mieux. Nos abeilles ont moins de fleurs à leur disposition, font face à une météo de plus en plus capricieuse. Nous sommes donc amenés parfois à compenser ces carences par un nourrissement à base de sirop de sucre ou de miel et de galettes de protéines. Entre ces quelques visites incontournables, vos abeilles ne s’en porteront que mieux si vous les dérangez le moins possible. Mais la curiosité fait qu’il est tentant, surtout au début, d’observer ce qu’il se passe dans la ruche. Respectez bien vos abeilles, en n’intervenant que par de belles journées, quand une partie de la population est occupée à l’extérieur au butinage. Enfumez le moins possible, mais suffisamment pour ne pas écraser d’abeilles et éviter les piqûres. En bref, assouvissez votre curiosité et prenez du plaisir. Toutes ces visites au cours de l’année seront au final des moments d’émotion et de bonheur.
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Avant de se lancer : une année apicole ! Comparé à d’autres élevages, vos abeilles nécessiteront peu de soins. Mais lorsqu’il faut intervenir, pas question de reporter l’opération ! La curiosité de l’apiculteur débutant fait qu’il visite trop régulièrement l’intérieur de sa ruche. On considère qu’une visite rigoureuse dans le corps de ruche au printemps et une autre à l’automne suffisent, tant qu’il n’y a pas de suspicion de problème sanitaire particulier, de reine défectueuse ou de besoin de changer cette dernière. Le plus important reste la maîtrise du varroa, pour lequel vous pouvez faire des contrôles de mortalité naturelle pendant la saison. Peupler plusieurs ruches vous permettra d’équilibrer les faibles, d’assurer une production annuelle et… d’assouvir votre passion.
Janvier-février
Mai-juin
Évitez d’ouvrir votre ruche si la température extérieure n’atteint pas au moins les 13 °C. Retirez les derniers traitements anti-varroa si vous utilisez des inserts. Soupesez votre ruche afin de vérifier son poids. Si nécessaire, placez un pain de candi dans le nourrisseur, mais pensez surtout à bien isoler la ruche juste au-dessus des cadres.
C’est la plus belle période au rucher, avec des fleurs partout, mais également l’essaimage naturel et la division des colonies. Posez la deuxième hausse si nécessaire. Attention, si vous avez produit du miel de colza, il faut impérativement l’extraire et le mettre en pots à l’issue de la floraison, car sa cristallisation est rapide. Ensuite, vos abeilles ne seront qu’une source de plaisir au rythme des floraisons et des saisons.
Mars-avril Effectuez la visite dite de printemps ! Cela consiste à vérifier qu’il n’y a pas de problème sanitaire. Ensuite, retirez les 2-3 cadres les plus vieillissants et remplacez-les par des cadres de cire gaufrée. Attention, en zone de colza ou de pissenlit, la colonie évolue très vite. Après avoir posé la première hausse, rien ne vous empêche de mettre en place une trappe à pollen afin d’en prélever une partie.
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Juillet-août C’est l’été, avec le miel qui coule de l’extracteur. Tant qu’il y a des mâles, vous pouvez également faire des divisions en vue d’augmenter le rucher pour la saison suivante. Ces essaims de fin de saison nécessitent plus de soins, en nourrissement par exemple, pour les amener à une population suffisante pour l’hivernage. N’hésitez pas à leur faire passer l’hiver dans une ruchette 5 cadres bien isolée.
Septembre-octobre C’est une période particulièrement importante, probablement la plus importante pour retrouver au printemps suivant un rucher en bonne santé : vos colonies seront, à la sortie de l’hiver à venir, telles que vous les avez bichonnées à l’automne.
On peut dire que la saison apicole commence à cette période cruciale. À vous d’être rigoureux dans les traitements anti-varroa, de veiller à ce que les abeilles amassent de bonnes réserves de lipides grâce au pollen ou aux pâtes de protéines.
Novembre-décembre C’est la période idéale pour faire un traitement contre le varroa en absence de couvain. L’acide oxalique appliqué par dégouttement reste efficace. Faites l’entretien du rucher en élaguant les arbres à risque et n’hésitez pas à améliorer l’accès pour faciliter le travail la saison venue. Profitez de cette période pour chercher de nouveaux emplacements, vous former et parcourir la littérature apicole.
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Janvier
Janvier, bien qu’étant un mois frais à l’ensoleillement court, voit les jours progressivement rallonger. Ce rallongement peut produire un redémarrage de la ponte de la reine ainsi que la sortie de butineuses, si une remontée des températures a lieu. Cela s’est produit dans de nombreuses régions ces dernières années. Il convient néanmoins de se retenir encore un peu avant de visiter ses petites protégées. D’autres actions moins intrusives, mais aussi importantes, sont tout de même possibles.
Les abeilles et l’hiver Une période de repos bienvenue
L’hiver permet aux abeilles et aux apiculteurs de se reposer. Dans le cas où le froid se fait persistant, ne dégagez pas la neige qui couvrirait sur les ruches, c’est un bon isolant par période de grand froid. De plus, les abeilles sont très réactives à la lumière. En voyant le soleil rayonner sur la neige, elles
sortent et se retrouvent paralysées par le froid. En revanche, dès que la fonte est entamée, vous pouvez commencer à dégager les entrées pour éviter que cette neige gèle de nouveau la nuit et vienne obstruer l’entrée, risquant d’étouffer les abeilles.
L’hivernage des abeilles
En cette période, les abeilles doivent maintenir une température proche de 13 °C
Janvier 11
minimum au cœur de la grappe. Pour cela, elles trouvent l’énergie en consommant les réserves de miel. Par un phénomène de déplacement, les abeilles de la périphérie rejoignent le centre de la grappe après avoir rempli leur jabot de miel et dégagent ainsi la chaleur nécessaire à leur survie.
Si vous angoissez de savoir si vos colonies d’abeilles sont toujours vivantes, collez votre oreille sur le bois de la ruche et tapotez délicatement avec l’index : un léger bruissement se fera entendre en cas de survie de vos avettes. Un stéthoscope ou une caméra thermique pourront aussi vous rassurer. Attendez des jours meilleurs avant d’ouvrir les ruches !
Tour d’horizon des prédateurs et autres dangers Pendant les périodes froides, les colonies sont davantage vulnérables. Les prédateurs les plus communs sont les rongeurs, attirés par la chaleur de la ruche et les réserves de nourriture. La parade : un réducteur d’entrée calibré aux dimensions de l’abeille que l’on doit poser avant les premiers froids, c’està-dire en octobre. Cette grille sera retirée dès les premiers beaux jours printaniers, car l’activité intense des butineuses dissuade dès alors les intrus. Parfois, les rongeurs installent leur nid dans la ruche après avoir grignoté les cadres de cire éloignés de la grappe d’abeilles.
Les oiseaux
Très peu d’oiseaux importunent nos abeilles en période hivernale. Parfois, les mésanges charbonnières récupèrent les cadavres d’abeilles à l’entrée de la ruche, mais sans perturber pour autant la colonie. Bien à l’abri dans sa ruche, celle-ci ne peut pas être détruite par la bondrée apivore : ce rapace s’attaque principalement aux nids de guêpes et de frelons sans protection.
Le guêpier d’Europe
Le guêpier d’Europe (Merops apiaster) est devenu le cauchemar des éleveurs de reines dans les régions méditerranéennes, car il préfère capturer en vol les mâles et les reines vierges en période de fécondation. Sa présence dans le rucher, comme celle du frelon asiatique, stoppe l’activité des abeilles. S’agissant d’un oiseau protégé, la seule solution est de placer dans les ruchers visités des « affolants », que vous prendrez soin de changer régulièrement avant qu’il y ait accoutumance. 12 Janvier
Février
Février est un mois qui laisse encore du temps à l’apiculteur pour se préparer et anticiper sa saison apicole à venir. Tout apiculteur prévoyant peut ainsi profiter de ce mois pour ranger son atelier, faire l’inventaire de ses besoins futurs et passer commande avant que les vendeurs de matériel aient trop de demandes, entretenir et réparer son véhicule, préparer les cadres de cire gaufrée qui garniront les ruches en remplacement des anciens cadres âgés de plus de 3 ans, aménager son ou ses ruchers, etc.
L’importance de l’environnement Les ravageurs qui nuisent aux abeilles
Les échanges internationaux ont introduit dans notre environnement de nouveaux ravageurs. Certains ont des conséquences inopportunes sur les abeilles, donnons pour exemple le cynips du châtaignier, une mouche qui détruit les bourgeons. Autre ravageur de taille, la pyrale du buis (Cydalima perspectalis), est doublement dérangeante : au niveau des buis que sa chenille détruit, et au niveau des champs de lavande, dont le papillon consomme massivement le nectar.
Les chenilles vertes de pyrales du buis sont visibles dans les buis au mois de juinjuillet. Certains les enlèvent patiemment avec des gants, d’autres pulvérisent du Bacillus thuringiensis à ce moment précis. Le papillon peut aussi se capturer, généralement la nuit, avec des pièges à phéromones. LE SAVIEZ-VOUS ?
La compétition entre les insectes pollinisateurs existe dans certains cas lorsque les ressources manquent. Elle est souvent à l’avantage des insectes les plus nombreux ou les plus massifs. Les abeilles sont donc généralement défavorisées face aux bourdons et aux nuées de pyrales, mais elles peuvent avoir le dessus sur d’autres petits insectes solitaires.
Arbres et pollens
L’arbre est souvent sous-estimé dans le monde apicole. Nous parlons souvent de ces miellées spectaculaires effectuées sur les grandes étendues violettes de lavande ou jaunes de colza, de tournesol… mais nous rapportons plus rarement de ce que nous offre la forêt. Directement ou indirectement La pyrale du buis
20 Février
(lierre, sous-bois, etc.), celle-ci permet à nos abeilles de produire plus de la moitié du volume de miel au niveau national.
L’acacia
Robinia pseudoacacia donne certainement le miel le plus apprécié. En plus de la production de bois d’œuvre, de piquets ou de bois de chauffage, l’acacia, en fonction de son âge et du pH du sol, produirait de 300 à 550 kg de miel par hectare, selon des travaux hongrois.
L’acacia (robinier pseudoacacia)
Le mélèze
Les butineuses récoltent parfois un miel qui cristallise tellement vite dans les cadres qu’il rend son extraction impossible. C’est le cas du miellat de mélèze. Cet arbre forestier de la famille des sapins se rencontre fréquemment dans les plantations forestières. La seule solution, récoltez souvent et rapidement les cadres de miellat.
Le noisetier
Le noisetier est un des premiers pollens que les colonies vont chercher avec les premiers beaux jours. Mais c’est aussi un pollen avec très peu de protéines. Si vous voyez vos abeilles butiner les chatons des noisetiers, c’est qu’elles n’ont pas d’autre choix. Préférez donc un environnement avec des saules, du pissenlit, du cognassier du Japon ou des camélias.
Le mélèze
Incitons paysagistes et forestiers à planter des essences mellifères et pollinifères dans nos villes, comme dans nos forêts. Le noisetier
Février 21
Interventions et visites de vos ruches, suivi de la bonne santé de vos abeilles, récolte du miel et de la propolis : autant d’astuces, d’idées et de conseils judicieux pour prendre soin de vos ruches et de vos abeilles avec brio ! Cet ouvrage vous guide mois après mois et geste après geste pour vous aider dans la réussite de votre année apicole. Gilles Fert est un apiculteur professionnel installé dans le Béarn. Il élève et sélectionne des reines depuis une trentaine d’années et participe à différents programmes internationaux de formation, de développement de l’apiculture et de conservation d’abeilles locales. Paul Fert est diplômé de Sciences-Po Bordeaux et apiculteur depuis 2015. En parallèle de la ferme apicole familiale qu’il reprend et développe dans le Béarn, il est formateur, consultant et auteur d’ouvrages aussi bien techniques que grand public sur les abeilles et l’apiculture.
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