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Plantes poisons

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PLANTES

POISONS Secrets et pouvoirs des plantes toxiques


SOMMAIRE INTRODUCTION AUX PLANTES POISONS

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Pourquoi consacrer un ouvrage à des plantes poisons ?

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Mais, qu’est-ce qu’un poison ?

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Les plantes poisons sont-elles toxiques pour les abeilles ? 14 Y-a-t-il d’autres aspects qui plaident en faveur des plantes poisons ?

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Où peut-on trouver les plantes poisons ?

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Comment bien prélever les plantes poisons ?

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Pour conclure

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LES PLANTES POISONS

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L’aconit napel

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La belladone

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Le bois-joli

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Le caféier

40

Le colchique d’automne

47

Le cyclamen d’Europe

53

Le datura

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La digitale pourpre

64

L’euphorbe épurge

70

La grande chélidoine

75

La grande ciguë

80

L’if

84

L’ivraie enivrante

89

La jusquiame noire

96

Le muguet de mai

103

La pomme de terre

108

Le sceau-de-Salomon

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La scille maritime

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Le tabac

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Le vérâtre blanc

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BIBLIOGRAPHIE

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INDEX

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INTRODUCTION

AUX PLANTES POISONS


POURQUOI CONSACRER UN OUVRAGE À DES PLANTES POISONS ? a question est effectivement pertinente. Elle peut avoir comme substrat une certaine inquiétude, une sorte d’attitude de rejet inconscient, la crainte d’être l’objet d’un empoisonnement, crainte qui est sans doute aussi ancienne que l’humanité elle-même. Socrate, le grand philosophe grec du v e siècle av. J.-C., n’a-t-il pas été empoisonné par une coupe de ciguë qui fut sa sentence de mort pour ses idées « non orthodoxes » ? Certains peuples européens n’ont-il pas utilisé des plantes toxiques (troène) pour empoisonner leurs flèches destinées à la chasse ? Et, plus près de nous, au xviie siècle, n’y eut-il pas à la brillante cour de Louis xiv, l’affaire dite « des poisons » ? Il s’agissait de la « poudre de succession », administrée souvent par des femmes à leur mari pour entrer plus rapidement dans leur héritage. Madame de Sévigné, la spirituelle Marquise, en parle à l’envi dans une lettre à sa fille. Ces empoisonneuses se procuraient une plante poison, l’aconit napel, auprès d’un apothicaire qui en faisait venir d’Italie, connue à l’époque comme étant la meilleure provenance !

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Pour répondre à la question initiale, c’est donc avant tout pour faire connaître les plantes poisons que ce livre fut écrit.

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MAIS, QU’EST-CE QU’UN POISON ? e traduis ici la définition de M. Martin Furlenmeier, médecin en Suisse et auteur du livre Wunderwelt der Heilpflanzen (« Le monde merveilleux des plantes médicinales ») à propos du poison :

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« Le mot “poison” est un nom qui regroupe plusieurs concepts ; il n’y a pas de poison absolu. Une substance est décrite comme “toxique” dès lors qu’elle provoque un dommage dans un organisme. Son action dépend toujours de la quantité de la substance toxique et de la susceptibilité individuelle du sujet. En dessous d’un certain seuil, le “poison” n’a pas d’effet, ou plus exactement à la place d’un dommage se produit une réaction qui peut être mise à profit sur le plan thérapeutique. » Au xvie siècle, c’est exactement ce qu’a exprimé Paracelse, également médecin suisse, et spagyriste, à son époque, dans cette formule lapidaire : « Tout est poison, rien n’est poison, seule la dose compte. » De nos jours, l’homéopathie utilise toujours tout l’éventail des plantes poisons, celles-ci font même partie de ses remèdes majeurs (datura, cyclamen…)

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LES PLANTES POISONS SONT-ELLES TOXIQUES POUR LES ABEILLES ? a grande mortalité des abeilles qui dure depuis quelques décennies maintenant, et qui ne semble pas vouloir prendre fin, justifie de se poser cette question. Il n’y a pas eu d’essais systématiques à mon avis sur ce problème. Toutefois, des plantes extrêmement toxiques pour l’homme sont tout à fait visitées par les abeilles (bois-joli), au point même qu’un des noms allemands de cette plante est « Herbe à l’apiculteur ».

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Un des lecteurs de mon livre Grimoire des plantes de sorcière, M. Housez, désirant installer une ruche, m’adressa le courriel suivant :

J’ai lu votre magnifique livre Grimoire des plantes de sorcière. Je souhaite savoir si un carré de plantes de sorcière (du moins celles qui sont hautement toxiques), telles que la mandragore, la belladone, l’aconit napel « Casque de Jupiter », la jusquiame noire, le datura..., est incompatible avec la pratique de l’apiculture. Est-ce que le miel produit par des abeilles qui iraient butiner de telles plantes ne serait pas toxique ? En vous remerciant par avance, Bien cordialement,

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Je remercie ce lecteur de m’avoir posé cette question qui m’a incitée à faire des recherches dont je veux vous faire profiter à votre tour. Je lui ai fait une réponse assez circonstanciée, dont voici un extrait :

[…] Les plantes toxiques que vous citez (mandragore, belladone, aconit napel, jusquiame noire, datura, etc.) ne font pas vraiment partie des familles botaniques recherchées par les abeilles. Celles-ci affectionnent notamment (mais pas exclusivement) les Rosacées, dont font partie presque tous les arbres fruitiers. D’où l’intérêt de poser des ruches dans les vergers. Une très grande partie des cultures maraîchères est également pollinisée par les abeilles. Plus d’abeilles, plus de légumes, ou presque ! […] […] ce qui est toxique pour l’homme ne l’est pas forcément pour un autre animal (pour classer l’homme dans cette catégorie par facilité de langage). Dans son ouvrage Les insectes pollinisateurs, André Pouvreau cite dans son chapitre « Le comportement de butinage des abeilles – Adaptations à la récolte du nectar », p. 67 : « Chez certaines Renonculacées (aconit, hellébore…), les pétales sont généralement transformés en nectaires de formes variées : cornets, languettes, urnes, etc. ». (Delachaux & Niestlé, 2003.) Le livre, extrêmement spécialisé, ne dit pas que la mort de l’abeille s’ensuive. On peut donc supposer que de minuscules quantités de miel d’aconit ou d’hellébore peuvent se trouver dans des miels dits « Miel toutes fleurs » ou « Miel de forêt », suivant l’endroit où la ruche avait été posée. […]

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Y-A-T-IL D’AUTRES ASPECTS QUI PLAIDENT EN FAVEUR DES PLANTES POISONS ? utre leur fonction de nourriture pour les abeilles et le rôle fondamental en agriculture de celles-ci, les plantes poisons constituent aussi des éléments décoratifs dans un jardin (tabac), sur une terrasse ou même à l’intérieur (caféier). Modestes d’aspect (colchique d’automne) ou spectaculaires (digitale pourpre), elles contribuent toutes à l’embellissement de notre environnement et à la préservation de la biodiversité.

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Ce live se voudrait aussi un guide de reconnaissance des plantes poisons, non à la manière d’une flore classique où l’on compte les étamines et les sépales, etc., mais en développant chez le lecteur l’observation d’ensemble d’une plante, et de son environnement immédiat, pour finir par « sentir » en quelque sorte à quelle plante il a affaire. Comme par ailleurs beaucoup de plantes poisons sont rares, voire très rares, les avoir vues illustrées permettra de les reconnaître si par chance on les aperçoit sur le terrain. Le lecteur y apprendra en même temps quelles plantes sont protégées. La protection peut s’étendre au territoire national dans sa totalité, ou simplement à une région. Une plante peut être protégée dans sa totalité (fleurs, feuilles, tiges, racines) ou seulement dans ses parties souterraines. Dans

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ce dernier cas, les parties aériennes peuvent être cueillies, sachant toutefois que la cueillette doit être raisonnable, la station ne doit pas être épuisée pour que les plantes puissent former leurs graines et se propager ainsi.

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OÙ PEUT-ON TROUVER LES PLANTES POISONS ?

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omme nous l’avons vu, beaucoup de plantes poisons sont en même temps ornementales, vous les trouverez donc dans les jardineries et chez les grainetiers.

Si les plantes que vous recherchez ne sont pas proposées par le commerce spécialisé, vous avez toujours quelques autres ressources à votre disposition. Tout d’abord, surveillez les différentes animations proposées localement et régionalement, notamment entre le printemps et l’automne. Beaucoup de communes organisent des « Bourses aux plantes » dont le nombre va croissant depuis plusieurs années. La plupart du temps, ce sont des associations de passionnés de plantes et de botanique qui vous proposent leurs végétaux. Certaines d’entre elles proposent également leurs propres graines. L’intérêt de ces bourses aux plantes réside d’une part dans le coût très faible des plantes proposées, étant produites par des adhérents motivés et sans but commercial ; d’autre part, de nombreuses « Bourses » sont en fait des bourses d’échange : vous apportez un végétal (ou graines), vous en repartez avec un autre. Ici, c’est le principe de solidarité qui prévaut. Regardez aussi du côté des fêtes médiévales, il en existe un grand nombre en France, et la presse locale les mentionne volontiers. Le thème des plantes médicinales, dont beaucoup sont toxiques, y est en général bien représenté.

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Souvent ce sont également les collectivités territoriales (Conseil général, Conseil régional, etc.) qui proposent des « Journées vertes » ou « Journées d’initiation à l’environnement » ou d’autres animations de ce type. La plupart du temps, vous y rencontrerez des exposants qui proposent des plantes, souvent un peu rares, souvent un peu inhabituelles, qui peuvent vous fournir en même temps tous les conseils de précaution nécessaires ainsi que les recommandations pour la culture de ces plantes poisons. Si toutes ces pistes s’avèrent infructueuses pour vous procurer vos plantes poisons convoitées, il vous reste la ressource héroïque : vous déplacer vous-même sur le terrain, ouvrir grand vos yeux et cueillir les objets de vos désirs. En prenant bien sûr garde à leur éventuelle toxicité, leur rareté et leur statut de protection.

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COMMENT BIEN PRÉLEVER LES PLANTES POISONS ? our prélever des spécimens de plante dans la nature, il vous faut un minimum d’équipement. Tout d’abord, ne transportez pas des plantes fraîches dans des sacs en plastique. Le temps d’être de retour chez vous, elles seraient écrasées et flétries, et elles reprendraient difficilement. Utilisez un seau, vous y mettrez les plantes debout (sans ajouter d’eau). Il vous faut ensuite un transplantoir, petite pelle pour soulever hors de terre la plante sans abîmer ses racines ou le collet. Il s’ensuit que le meilleur moment pour prélever un végétal est après une bonne pluie, quand la terre est détrempée. Celle dans les campagnes est extrêmement difficile à soulever quand elle est sèche. En cas de plantes très toxiques, il peut s’avérer utile de travailler avec des gants en plastique jetables que vous retournerez avant de les jeter pour éviter tout contact avec une tierce personne ou avec des denrées alimentaires. En tout cas, prévoyez une grande bouteille d’eau pour bien vous rincer les mains quand vous aurez terminé votre récolte.

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Enfin, sachez que tout sol a son propriétaire qui peut être privé ou public. Théoriquement, il est donc interdit d’y prélever quoi que ce soit. S’il existe une tolérance pour la cueillette de petites quantités de plantes, il faut pour tout prélèvement plus important l’accord de ce propriétaire. Parfois la cueillette est autorisée, mais limitée à certaines dates. La mairie peut vous fournir des renseignements à ce sujet.

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POUR CONCLURE ous voyons donc un intérêt tout à fait justifié pour la mise à l’honneur des plantes poisons. Intérêt culturel, intérêt botanique, intérêt pour la biodiversité, intérêt horticole, intérêt historique sont quelquesuns des sujets qui plaident en faveur de ces plantes parfois trop peu connues.

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Les Petits Précieux

PLANTES

POISONS De nombreuses plantes cachent sous leur belle apparence de sombres desseins : irritantes, hallucinogènes voire mortelles, les plantes poisons, souvent méconnues et appréciées des sorcières pour leur toxicité, sont néanmoins précieuses pour la biodiversité. Datura, belladone, ciguë, mais aussi muguet et pomme de terre : apprenez sans plus tarder à apprécier les plantes poisons tout en vous préservant de leurs dangers !

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