Jérôme Alphonse
rucher bio Mon petit
Tous les conseils pour bien débuter
Famille, amis, connaissances, rencontres, la liste serait bien trop longue pour remercier tous ceux qui, par leurs idées, leurs réflexions, leurs avis, ont contribué à l’écriture de ce livre. Avant le fruit, il y a la fleur. C’est auprès des abeilles et leur intemporalité éternelle, que chacune des idées a doucement mûri. Merci aux abeilles, merci à tous, Jérôme
© 2021, Éditions Rustica, Paris Dépôt légal : mars 2021 ISBN : 978-2-8153-1796-2 www.rusticaeditions.com
Sommaire Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Il paraît que les abeilles meurent. . . . . . . . . . . . . 8
Un monde étonnant et méconnu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11 Le parfum du bonheur.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Une mère, des pères. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le temps de la multiplication.. . . . . . . . . . . . . . . . . La symphonie fleurs/abeilles.. . . . . . . . . . . . . . . . . . Des cycles millénaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les conséquences de la présence d’un rucher. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Le bon environnement pour mes abeilles .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 Les milieux favorables. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le bon environnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bien aménager son rucher. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Se protéger des fourmis et prédateurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Trouver un lieu pour poser ses ruches. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Mes abeilles ne piquent pas.. . . . . . . . 43 Résoudre le problème des piqûres. . . . . . . . 44 Déplacer une ruche sans risque. . . . . . . . . . . . 47 Visiter une ruche, un moment de plaisir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
Adopter ses premières ruches.. . . . 55 Une très grande diversité de ruches.. . . . . . Choisir sa ruche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les accessoires indispensables. . . . . . . . . . . . . . Comment démarrer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Soigner ses peuples d’abeilles. . . . 71 Faire le choix du bio. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Maintenir son effectif simplement. . . . . . . . . . Les principales maladies.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Maintenir une santé irréprochable. . . . . . . . . Choisir de ne pas intervenir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Nourrir les abeilles.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Gérer l’agrandissement des ruches. . . . . . .
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Calendrier des travaux au rucher.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 Les interventions au rucher. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 Le suivi de l’hivernage.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Le démarrage de printemps. . . . . . . . . . . . . . . . . 104 La division sur essaimage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 Le suivi de la miellée principale. . . . . . . . . . . . 107 La récolte et la multiplication d’été.. . . . . . 108 Diminuer la pression de varroa en été. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 La mise en hivernage.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Les bienfaits des mes ruches. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113 Le label AB, agriculture biologique. . . . . . . 114 Faire son miel et ses autres produits de la ruche.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 Utiliser les produits de la ruche. . . . . . . . . . . . . . 119
Les bonnes adresses. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123 Ma bibliothèque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125 Index. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
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Mon petit rucher bio
Il paraît que les abeilles meurent Voilà généralement la toute première réflexion que l’on vous fera quand vous direz que vous êtes apiculteur. Très inégalement réparties, ces pertes font disparaître jusqu’à un tiers du cheptel européen les plus mauvais hivers ; pour certains, cela s’est traduit par la disparition complète de toutes leurs colonies. Cherchant à désigner un coupable, les différents lobbies s’affrontent sans grand résultat. Et pour cause ! Les scientifiques nous mettent en garde : la biodiversité est en train de s’éteindre. Ces quarante dernières années, un quart de la
faune mondiale a déjà disparu et les trois quarts des plantes sont en péril. À l’heure où la sixième extinction des espèces est probablement en marche, la mort des abeilles ne représente qu’une toute petite partie de l’immense iceberg. Comme tous, vous buterez à votre tour contre cet obstacle. Si vous n’y êtes pas préparé, la première perte importante découragera tous vos efforts. C’est ainsi que des milliers d’apiculteurs ont cessé leur activité ces dernières années, ne comprenant pas pourquoi ce qui avait toujours fonctionné conduisait soudain à la mort leurs chères protégées.
Laisser faire la nature ? Le premier réflexe est de penser que tout cela n’est sûrement pas si compliqué et qu’il suffit de revenir à des pratiques bien plus naturelles : mettre les ruches dans un environnement sauvage, ne jamais les ouvrir et cela devrait leur suffire pour prospérer et accumuler du miel. Les apiculteurs aimeraient que ce soit aussi simple !
Les prairies pleines de fleurs sauvages où peuvent butiner les abeilles sont de plus en plus rares.
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Malheureusement, c’est oublier que les marais riches en biodiversité, les grandes prairies remplies de fleurs et fauchées lentement, les fermes plantées de multitudes de fruitiers, de tilleuls et autres framboisiers, ont été remplacés dans bien des régions par de grandes surfaces agricoles de monoculture dopées aux traitements chimiques dévastateurs.
Il paraît que les abeilles meurent
Sans abeille pour butiner, plus de fruits, plus de fleurs, plus de lait…
C’est oublier que les variations climatiques bouleversent dans bien des régions le cycle des ressources en nectar et en pollen. Enfin, c’est oublier que la main de l’homme est intervenue partout, y compris dans le croisement des abeilles et dans le transport des parasites et prédateurs d’un continent à l’autre.
Aider les abeilles à se multiplier Devenir apiculteur aujourd’hui, c’est changer de point de vue : modifier l’état de consommateur qui pense « miel bio » pour passer dans le monde de la protection
des abeilles, abandonner l’idée illusoire de contrôle de la nature pour laisser simplement s’exprimer son infinie diversité. Vous pouvez aider vos abeilles ! Les zones favorables existent, sachez les utiliser ! Les pertes sont compensables, découvrez comment aider les colonies à se multiplier ! Apprenez également à nourrir quand il le faut et à maintenir une santé irréprochable dans vos ruches. Même si ces gestes nécessitent un peu d’apprentissage, ils restent accessibles à tous et sont aujourd’hui la meilleure voie pour devenir un « apiculteur », cet homme humble qui aide ses peuples d’abeilles à rester sur le fil de l’équilibre avec leur environnement.
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Un monde étonnant et méconnu Dans son étymologie première, l’apiculteur est celui qui rend culte aux abeilles. Peu importe les catalogues impressionnants des magasins apicoles, peu importe tous ces matériels témoins de l’inventivité humaine, la vraie joie de l’apiculteur réside dans la compréhension de cet insecte, de son étonnant cycle de vie, de son harmonie avec les fleurs. Si les abeilles vous choisissent, vous serez bien vite fasciné par tant de beauté et vous ne pourrez plus passer une journée sans vous préoccuper de vos chères protégées. Si la nature vit bien sans l’homme, l’homme ne vit pas sans elle. Les abeilles vous rendront bien cet intérêt en vous apportant la conscience de la météo et des caprices de la nature, la connaissance de l’état de la diversité et de la qualité de notre environnement.
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Mon petit rucher bio
Le parfum du bonheur Groupées par milliers en une sphère compacte, les abeilles ne peuvent voir la reine dans la pénombre rassurante de la ruche. Pourtant toutes le savent : elle est bien là !
Les odeurs au centre de la vie Les abeilles formant la cour des accompagnatrices les plus proches de la reine dégustent son odeur en permanence, du bout de la langue, puis touchent les langues de leurs voisines. Ainsi, de langue en langue, les phéromones de la reine se diffusent dans la ruche. Peu importe leur filiation : une reine forte et en bonne santé et c’est toute la colonie qui sera heureuse et calme. Une reine malade, défaillante ou absente, et la pagaille s’installe en quelques minutes : toutes les abeilles la cherchent activement. Cette communication, savamment appelée « trophallaxie », est imperceptible aux hommes, qui ne sont pas capables de sentir l’odeur pourtant si présente des phéromones.
Les signes de l’absence de la reine
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abeilles s’agitent, piquent anormalement, n’étendent pas les feuilles de cire fraîchement ajoutées : il sait qu’il y a de fortes chances que la mère soit absente.
Les réactions ne tardent pas Le subtil et complexe mélange d’odeurs est non seulement à la source de toutes les décisions collectives, mais conditionne aussi les mécanismes biologiques. Il suffit que les phéromones de reine disparaissent, et toute la colonie essaie d’élever de nouvelles reines ! Qu’elles n’y parviennent pas et, en quelques semaines, les ovaires des abeilles se développent : elles se mettent à pondre à leur tour.
Elles parlent avec la langue L’importance des échanges buccaux chez les insectes sociaux est connue depuis l’Antiquité. Certains leur attribuent même l’origine du baiser sur la bouche des humains. Pour assurer la cohésion de la colonie, les abeilles communiquent sans cesse avec leur langue.
Petit essaim de 10 000 abeilles autour d’une jeune reine ou grosse colonie de quelque 50 000 abeilles en plein été, période d’attente et de calme en plein hiver ou intense travail de butinage, ce formidable mécanisme est un alphabet complet qui coordonne toute la vie. Nos plus grands scientifiques de l’abeille commencent tout juste à en décoder quelques lettres.
Un renouvellement perpétuel
Tel un aveugle qui développe son ouïe, l’apiculteur incapable de sentir ces fameuses phéromones affûte ses sens pour décoder quelques signes révélateurs. Les
L’apiculteur ne se presse pas au rucher. Émerveillé, il prend de longues minutes pour observer ses abeilles, il les regarde s’affairer à leur tâche et leur donne le
Un monde étonnant et méconnu
temps qu’elles n’auront pas. Il sait qu’une abeille épuise en une journée un an de la vie d’un humain. Vingt et un jours pour naître, vingt et un jours dans la ruche, vingt et un à butiner et sa vie se termine. De mois en mois, l’apiculteur voit toujours la même colonie et la même reine mais les abeilles, elles, sont différentes.
Le rôle de la reine De nombreuses naissances sont nécessaires pour renouveler sans cesse cette vie brève. La reine y pourvoit constamment, elle pond de nombreux œufs chaque jour au centre de la colonie. Pour l’apiculteur, ces grandes galettes de larves sur les cadres sont du couvain. Un beau couvain à la belle saison est un signe de bonne santé.
Un énorme appétit Le formidable organisme de l’abeille, à la fois si simple et si perfectionné, fonctionne à grande vitesse. Si l’abeille était une vache, elle mangerait deux tonnes d’herbe par jour !
Abeille en train de naître.
la société des humains, occupent tous les métiers en fonction de leur maturité.
Le jeune âge
Trêve hivernale En hiver, le manque de pollen et le froid obligent les protégées de l’apiculteur à se recroqueviller en une grappe serrée. L’absence d’activité leur accorde un répit ; elles vivent alors de longues semaines à attendre que la fin de l’hiver vienne réveiller doucement les premières fleurs de noisetier.
Tous les métiers La colonie est un système complexe où, en pleine saison, cohabitent des abeilles de tous les âges. Alors que pratiquement tous les insectes sociaux se spécialisent par rôle, les abeilles, si souvent prises en modèle par
L’abeille qui vient de naître va d’abord se préoccuper du nettoyage de la ruche et des alvéoles. Après deux jours, elle prend en charge les jeunes larves auxquelles elle distribue la fameuse gelée royale qui perle au bout de ses glandes mandibulaires. Ce lait d’abeille est ainsi nommé car si les larves en reçoivent au-delà de leurs trois premiers jours de vie, elles se transforment en reines d’abeilles.
De nombreuses activités dans la ruche Au bout de douze à treize jours, les abeilles accueillent les butineuses au retour de leur vol pour prendre en charge le stockage et la ventilation du miel et du pollen.
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Que ce soit pour produire son miel, bien polliniser son jardin ou tout simplement agir pour l’écologie, nombreuses sont les motivations pour adopter quelques colonies d’abeilles. Vous trouverez dans ce livre tout ce qu’il faut savoir pour bien les accueillir et créer votre propre rucher en toute sécurité. Vous apprendrez à mieux connaître ces êtres étonnants, à agir en harmonie avec leur cycle naturel et serez bientôt à même de prendre soin de vos colonies tout au long de l’année en respectant leurs besoins. À l’écoute de la nature, vous saurez précisément à quel moment intervenir et quelles opérations réaliser au rucher pour accompagner votre cheptel. Vous passerez ainsi d’agréables heures à découvrir la vie fascinante de vos protégées, et votre entourage profitera de votre merveilleux miel. Agriculteur professionnel, adepte des ruches Warré et de l’apiculture fixe, Jérôme Alphonse a fait le choix du bio pour conduire ses ruches. Il anime stages de découverte ou perfectionnement dans ce domaine.
www.rusticaeditions.com
15,50 € TTC
MDS : 49484N2
www.labeilleduvercors.fr