INCLUS
Jérôme Boisneau
un cale ndri mois p er ar mois
Mon potager en
permaculture Nourricier Durable Écologique
Sommaire Avant-propos 6
La fertilité Les besoins essentiels des plantes
10
La fertilité du sol
16
Les cinq règles d’or
22
Mulchs, compost et engrais verts Les différents rôles des mulchs
30
La composition des mulchs
31
Les mulchs et leurs utilisations
33
Les composts et leurs utilisations
40
Les engrais verts et leurs rôles
43
Les bâches et cartons
46
4
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 4
23/11/2020 09:35
Comment bien démarrer votre jardin Évaluer la fertilité naturelle
50
Vos objectifs et vos moyens
51
Cultiver à plat ou sur butte ?
52
Le design de votre potager
55
Orientation et dimensions de vos bandes cultivées
58
Les associations
65
Les techniques pour démarrer
67
Plantation et semis Un petit point de vocabulaire
74
Semer ou planter ?
75
Comment planter ?
77
Comment semer ?
79
Planter les « spéciales »
83
Le calendrier mois par mois Janvier 90 Février 94 Mars 96 Avril 100 Mai 104 Juin 110
Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
112 114 118 120 122 123
Index 126 5
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 5
23/11/2020 09:35
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 8
23/11/2020 09:35
La fertilité Une bonne terre de jardin, bien fertile, c’est le rêve de nombreux jardiniers. Mais, dans la réalité, on a rarement l’exposition idéale, la texture parfaite et de quoi alimenter toutes les plantes qu’on aimerait voir pousser en bonne santé dans notre jardin. Heureusement la nature sait bien faire des choses, et en s’en inspirant (voir p. 11), on peut lui donner un coup de pouce pour arriver assez rapidement à un résultat presque idéal.
Les besoins essentiels des plantes La fertilité du sol Les cinq règles d’or
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 9
23/11/2020 09:35
Les besoins essentiels des plantes les unes aux autres, ne peuvent former un ensemble rigide que si elles sont gorgées d’eau. C’est le phénomène de turgescence. Si elle manque d’eau, la jeune plante devient molle, comme on peut le constater en cuisine quand une salade flétrit peu après la récolte (plasmolyse).
Pour bien pousser, une plante doit disposer de quatre éléments essentiels : l’eau, les nutriments, le soleil et l’air. Une plante pourra pousser même si ses besoins ne sont pas parfaitement fournis par son environnement. Mais elle poussera mieux si elle dispose de ces quatre éléments de manière optimale. Et toutes les plantes n’ont pas les mêmes besoins ! Certaines préfèrent la mi-ombre alors que d’autres apprécient le grand soleil. Idem pour l’eau et les nutriments.
L’eau qui circule dans la plante et s’évapore par les feuilles lui permet aussi de réguler sa température et ainsi de ne pas trop chauffer au soleil. Enfin, l’eau permet tout simplement la photosynthèse (voir p. 12). Et sans photosynthèse, pas de fabrication de « sucres », donc pas de croissance ni fructification.
L’eau L’eau, que la plante puise principalement par ses racines, joue de nombreux rôles dans son développement et sa santé.
Jeunes plants de choux en pépinière avec un léger paillage, adapté à la taille de la plante.
Dès son « enfance », l’eau est indispensable pour lever la dormance des graines (phénomène mis au point par les plantes afin que les graines ne germent que si les conditions idéales sont réunies pour que la future plante puisse pousser) et permettre leur germination. C’est ainsi que la graine vérifie si, après avoir germé, elle se trouvera dans un sol propice à son bon développement, c’est-à-dire un sol qui contient de l’eau. Ensuite, la jeune plantule ne fabrique que des cellules souples (cellulose) qui, collées
10
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 10
23/11/2020 09:35
Les mycorhizes Quand une plante et un champignon s’entraident, ils créent des mycorhizes. C’est-à-dire que la plante laisse les minces filaments du champignon pénétrer au cœur de ses cellules racinaires pour y procéder à des échanges. Ces champignons savent bien mieux que les plantes puiser dans le sol des éléments minéraux indispensables aux plantes (azote, phosphore, etc.) ainsi que de l’eau. Ils partagent donc tout cela avec leur plante « hôte » et reçoivent en retour des glucides, fabriqués par la plante grâce à la photosynthèse.
d’arrosage, etc.). Mais, attention, toutes les plantes du potager ne savent pas mycorhizer, notamment deux grandes familles : les Brassicacées (chou, radis, navet, moutarde, raifort, cresson, etc.) et les Chénopodiacées (épinards, chénopodes, arroches, blettes ou poirées et betteraves). Dans un potager en permaculture, on prendra donc soin de favoriser cette mycorhization. Pour cela, on va nourrir les champignons (grâce à des plantes et du paillage) et éviter de les embêter ! Les champignons n’aiment ni le travail du sol qui les découpe en petits morceaux, ni les fongicides parfois utilisés contre certaines maladies dues à d’autres champignons (comme la bouillie bordelaise).
Les plantes ainsi mycorhizées sont en général en meilleure santé et résistent mieux aux difficultés ponctuelles (coup de chaleur, attaques parasitaires, arrêts
Cette symbiose a aussi un « coût » pour la plante. Celle-ci donne au champignon une partie de ses sucres : entre 30 et 60 % selon les plantes et les conditions. Alors, si nos tomates trouvent des conditions idéales en début de vie, elles auront tendance à peu ou pas mycorhizer… et garder pour elles toute leur sève élaborée ! Mais, attention, en cas de pénurie (eau et nutriment), elles n’auront pas le temps de créer une bonne symbiose et subiront ce stress avec des conséquences sur leur santé et sur leur production.
Un mycélium (blanc) en symbiose avec une racine forme une mycorhize.
15
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 15
23/11/2020 09:35
La grelinette La grelinette a été inventée par monsieur Grelin. Ce dernier souhaitait pouvoir décompacter son sol sans le retourner. Le décompactage apporte de l’air au sol tout en aidant les racines à trouver leur chemin vers les profondeurs. Les horizons du sol ne sont pas inversés, ce qui serait néfaste pour la vie souterraine. Enfin, cet outil ayant deux manches, il permet au jardinier de travailler dans des postures qui n’engendrent pas de mal au dos. Quels que soient le nombre de dents et la nature de votre sol, cela reste un moment sportif !
sera riche en porosité biologique et plus il ressuiera vite jusqu’à ce qu’il atteigne un tel niveau de porosité que vous n’aurez plus besoin de grelinette ! Il y a deux périodes propices pour greliner : l’automne (après les cultures d’été) et le printemps (avant les cultures d’été). Les sols argileux et limoneux ont tendance à devenir secs et durs en surface alors qu’ils sont encore trop mouillés à 20 cm de profondeur. Avec un paillage en surface, le ressuyage est plus long mais aussi plus homogène.
Quand passer la grelinette ? Ce travail du sol doit être réalisé au moment propice pour en diminuer les effets néfastes. Commencez par observer votre terre à la profondeur d’une dent de grelinette. Si vous arrivez à la rendre lisse, comme pour faire de la poterie, ce n’est pas le moment. Il faudra attendre qu’il y ait moins d’eau et que les mottes se cassent en petits agrégats. Dans un sol léger et sableux, les moments favorables sont fréquents car le sol ressuie vite. On dit qu’un sol est ressuyé lorsqu’il n’y a plus d’eau dans les porosités. Il est juste humide. Dans un sol lourd et argileux, ces moments sont plus rares. Mais plus votre sol sera vivant, plus il
24
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 24
23/11/2020 09:35
Comment passer la grelinette ?
1.
2.
Tenez la grelinette bien verticale, les dents posées au sol.
Montez sur la barre horizontale pour que les dents s’enfoncent dans la terre. Si elles ne s’enfoncent pas toutes seules, bougez un peu vers l’avant puis vers l’arrière ou alors de droite à gauche, jusqu’à ce que les dents descendent.
3.
4. Relevez le manche de manière
Quand les dents sont complètement enfoncées, tirez le manche vers l’arrière. Le sol se soulève alors un peu en créant des petites ou grosses mottes selon les cas.
à ce que ces mottes reviennent à peu près à leur place initiale. Reculez d’un petit pas et recommencez l’opération tous les 10 à 20 cm.
25
PERMACULTURE_INT_Chap1.indd 25
23/11/2020 09:36
Engrais vert de phacélie (en violet) et de moutarde (en jaune). On y aperçoit les jeunes siliques (petites gousses) contenant les jeunes graines pas encore matures. Il est temps de détruire cet engrais vert.
PERMACULTURE_INT_Chap2.indd 28
23/11/2020 09:32
Mulchs, compost et engrais verts Mulchs ou paillage ? On pourrait faire une distinction entre ces deux mots mais je préfère désigner sous ces deux termes tout ce qu’on pose au sol et qui va rapidement être décomposé. La plupart du temps, il s’agit de végétaux morts (frais comme la tonte de pelouse ou secs comme la paille), mais on peut aussi utiliser des mulchs d’origine animale (plumes, laine de mouton, etc.) ou un mélange des deux, comme tous les fumiers (mélange de paille et de déjections animales).
Les différents rôles des mulchs La composition des mulchs Les mulchs et leurs utilisations Les composts et leurs utilisations Les engrais verts et leurs rôles Les bâches et cartons
PERMACULTURE_INT_Chap2.indd 29
23/11/2020 09:32
Mon potager en
permaculture Quelle que soit la surface dont vous disposez, vous pouvez créer votre potager en permaculture ! Cet ouvrage vous donne toutes les informations indispensables pour mettre en place un tel potager, à la fois productif, autonome et respectueux de l’environnement. Vous découvrirez ainsi : •Les grands principes de la permaculture vous permettant d’améliorer
la fertilité de votre sol et la santé de vos plantes.
•Les différentes étapes pour créer, cultiver et entretenir votre potager, le tout avec de nombreux conseils pratiques. •Un calendrier indiquant quels gestes accomplir tout au long de l’année. Nécessitant peu d’efforts par rapport à un potager traditionnel, votre potager en permaculture vous offrira ainsi de belles récoltes de légumes sains et savoureux !
L’auteur Ingénieur de formation, formé à la permaculture en 2003, Jérôme Boisneau a créé une micro-ferme diversifiée dans le Gers en 2009.
www.rusticaeditions.com
12,95 € TTC
MDS : RU17368
Potager, verger, poules et abeilles s’y côtoient pour former un ensemble permacole résilient. Sur le blog www.permaraicher.com, il partage ses expériences, et transmet aussi ses connaissances aux jardiniers et futurs maraîchers au cours d’ateliers-formations.