Diane Ballonad Rolland
Le travail occupe une part considérable de notre journée, et à plus grande échelle, de notre vie ! Malheureusement il est aussi bien souvent source de stress et de mal-être : travail dans l’urgence, prises de risques, sollicitations permanentes, surcharge de travail, fatigue physique et psychologique… Prenez conscience de votre relation avec le travail, identifiez les problèmes et organisez-vous en conséquence : gérez votre temps, définissez des priorités claires, autorisez-vous à éteindre votre messagerie, limitez les comportements multitâches, réduisez les heures supplémentaires… Ce guide vous accompagne sur la voie de l’organisation et du bien-être professionnel. Conseils et astuces sont au rendez-vous pour vous aider à rester zen au quotidien. Faites le choix de la sérénité au travail !
MEPcouv-magicaltimingautravail.indd 1
TTC
Concilier sérénité et organisation
12,95 €
www.rustica.fr
MDS :46497
Diane Ballonad Rolland est consultante et formatrice en organisation et gestion du temps. Spécialiste de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, elle a fondé en 2010 le blog Zen & Organisée (www.zen-et-organisee.com).
Magical Timing au travail
Magical Timing au travail
24/02/2018 14:36
Note de l’auteur : les conseils prodigués dans le cadre de cet ouvrage valent bien entendu autant pour les hommes que pour les femmes.
© 2018, Éditions Rustica, Paris Dépôt légal : avril 2018 ISBN : 978-2-8153-1108-3 N°d’éditeur : 46497 (R18078) www.rustica.fr
Concilier sérénité et organisation
Sommaire Avant-propos.................................................................................................. 6 Introduction.................................................................................................... 8
première Partie - Stress au travail : agir ou subir ? « Au secours, je suis débordé… et épuisé. ».............................................. 12 Hyperconnexion, infobésité, saturation cognitive : mon cerveau est en surcharge !................................................................... 18 Du stress à la « gestion de soi » : je retrouve ma capacité d’agir............. 24
deuxième Partie - La gestion du temps, premier levier de la « gestion de soi » Mieux m’organiser, mieux gérer mon temps : pour quoi faire ?............. 30 Prioriser et planifier pour reprendre la main sur mon temps................ 37 Stratégies pour favoriser un esprit concentré et mettre en retrait les distractions............................................................. 47 Gérer mon temps quand le quotidien se complique…........................... 54
troisième Partie - La gestion du stress, deuxième levier de la « gestion de soi » Comprendre son stress pour être en mesure de le gérer…..................... 66 Remettre le travail à sa juste place !........................................................... 70 Adopter la stratégie du lâcher-prise........................................................... 74
4
quatrième Partie - La gestion de l’énergie, troisième levier de la « gestion de soi » Je travaille chaque jour dans le respect de mes valeurs et de mes besoins............................................................... 84 Créer le juste équilibre pour soi : je deviens l’artisan de mon équilibre.......................................................... 90 Gérer mon énergie avec la chronobiologie............................................... 96 Et le bonheur au travail, dans tout ça ?.................................................... 102
Mes 50 mantras.........................................................................................................................109 Mon carnet pratique Autodiagnostic : « J’identifie mes difficultés et mes bonnes pratiques personnelles ».................................................. 120 Relevé d’activités : Je fais le point sur mon agenda !.............................. 130 Problématiques, points de vigilance et objectifs personnels................. 132 Conclusion.................................................................................................. 134
Annexes Poursuivons le chemin ensemble !........................................................... 138 À propos de l’auteur................................................................................... 139 Bibliographie............................................................................................... 140 Remerciements........................................................................................... 142 Index............................................................................................................ 143
5
Avant-propos Alors que nous sommes pris dans l’accélération folle des modes de vie, débordés par le poids de la charge mentale et le stress professionnel (au point de voir un nombre croissant de burn out), parfois aussi prêts à tout pour éviter l’ennui, notre relation au temps est au cœur de nos vies et plus que jamais au cœur de notre vie professionnelle ! Selon la dernière enquête Monster-IFOP1 (1004 actifs interrogés, juin 2017) sur le bien-être en entreprise, les Français aspirent à redevenir maîtres de leur temps.
Cette reconquête passerait essentiellement par : l’octroi de jours de congés supplémentaires pour 28 % d’entre eux (34 % pour les 18-24 ans), une plus grande souplesse dans les horaires de travail pour 27 % d’entre eux (26 % pour les 18-24 ans), le respect du droit à la déconnexion pour 17 % d’entre eux (20 % pour les 18-24 ans) , ou encore la possibilité de faire du télétravail pour 12 % d’entre eux (10 % pour les 18/24 ans). L’étude a ainsi choisi de mettre le focus sur la génération Y, qui prend de la distance avec la valeur travail et fonde son épanouissement sur un juste équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
1- https://www.monster.fr/conseil-carriere/article/les-salaries-francais-et-le-bien-etre-autravail.
6
Parallèlement, selon une étude MGEN-Opinion Way2 sur la souffrance psychique et morale au travail, réalisée du 3 au 28 février 2017, 90 % des actifs, soit 9 Français sur 10, estiment que la souffrance au travail a augmenté depuis 10 ans. Première cause identifiée : le stress quotidien ! Alors, comment travailler mieux en travaillant moins ? Et est-ce vraiment possible ? Peut-on réellement concilier sérénité et organisation au travail ? Lorsque l’on creuse en profondeur le sujet, se pose inévitablement, tôt ou tard, la question de notre efficience, et plus spécifiquement de notre efficacité au travail : peut-on, in fine, concilier performance au travail et équilibre personnel ? Une question en apparence anodine mais qui peut en appeler beaucoup d’autres… Vais-je continuer à être performant au travail si je fais le choix, en conscience, de préserver mon équilibre ? A contrario, est-il réellement possible que je devienne plus performant au travail si je choisis de préserver mon équilibre ? À toutes ces questions, je réponds « oui », sans la moindre réserve, et je vais tenter, à ma modeste mesure, de vous en convaincre au fil de cet ouvrage.
2- https://www.mgen.fr/fileadmin/documents/5_Le_groupe_MGEN/Communiques_de_ presse/2017/MGEN_OpinionWay_sante_mentale_travail_01.pdf.
7
Introduction À l’heure où il est de plus en plus question de bien-être des salariés et même de bonheur au travail, perdure au sein des entreprises, tant publiques que privées, une kyrielle de fausses représentations qui impactent nos modes de management, comme par exemple : La parentalité et la grossesse pèsent sur les performances économiques de l’entreprise. La parentalité, en particulier pour les femmes, rime avec un manque de disponibilité (pendant la grossesse et au-delà). Quitter tôt le travail ou être à temps partiel signifie être moins investi et travailler moins ou moins bien. Pour « bien » travailler et atteindre ses objectifs, il faut travailler beaucoup, si possible plus que les autres, et ne pas compter ses heures ! La culture du présentéisme, encore très ancrée dans les entreprises françaises, nous fait croire à tort que seul compte le nombre d’heures passées sur le lieu de travail. Plus nous arrivons tôt et partons tard, « meilleurs travailleurs » nous sommes, que nous soyons salariés ou indépendants d’ailleurs ! Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien, mais les stéréotypes ont la vie dure : les réunions continuent à être programmées à 18 heures et les comités de direction le mercredi ! Nous savons aussi que l’un des principaux freins, par exemple, au développement du télétravail en France s’explique par une culture managériale basée sur le présentéisme (encore) et sur une crise de confiance qui incite les managers à vouloir garder un contrôle visuel de leurs collaborateurs. Il est urgent de déconstruire les idées reçues et de faire évoluer les mentalités en matière de management.
8
L’enjeu aujourd’hui est de taille : il s’agit de lever les craintes et les réticences (pour ne pas dire « résistances ») associées à de nouveaux modes d’organisation du travail (le télétravail en est un exemple parmi de nombreux autres), et donc de nouveaux modes de pensées. L’entreprise de demain devra nécessairement, pour évoluer, s’appuyer sur une vision plus humaine, voire humaniste, de son management, et apprendre à composer avec une « flexibilité positive » bénéfique pour toutes les parties prenantes, respectant l’individu et ses contraintes / besoins / aspirations sans renoncer, loin s’en faut, à sa performance économique. Bref, une relation gagnant-gagnant dans laquelle les intérêts sont partagés ! Le manager de demain devra nécessairement savoir faire preuve de souplesse, donc de flexibilité, et d’ouverture. Il devra abandonner une vision taylorienne du travail basée sur le contrôle et la productivité et apprendre à faire confiance. Plus concrètement, et afin de favoriser une meilleure articulation de nos différents temps de vie, il évitera les horaires de réunion tôt le matin ou tard le soir, il encadrera l’envoi d’e-mails aux heures tardives et le week-end, il favorisera l’accès au temps partiel choisi pour tous, sans que cela nuise à la vie professionnelle. Au-delà de la question, pourtant centrale, de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, l’entreprise d’aujourd’hui ne peut globalement plus perdurer dans des modes d’organisation du travail qui privilégient le « court-termisme », le culte de l’urgence et le multitasking, au détriment de la santé des salariés et de la qualité de vie au travail. Le slow management, comme le slow working, ou encore le slow business, qui fait une percée timide mais remarquée dans les entreprises, réhabilite la qualité au détriment de la quantité, et nous rappelle que pour travailler mieux, il faut travailler plus lentement. Réapproprions-nous notre temps, y compris dans les entreprises !
9
10
Première partie
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
11
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
« Au secours, je suis débordé… et épuisé. » Stress au travail : des chiffres alarmants
Nous n’avons jamais, à l’échelle de l’humanité, si peu travaillé, et pourtant, le travail est devenu la principale source de stress dans les pays développés : en France et en Allemagne, 12 % des actifs auraient un risque élevé de burn out. Plus personne ne conteste cette réalité : le stress au travail a un coût économique, social et humain. On évalue entre 2500 et 3500 le nombre de décès imputables chaque année au stress au travail, sans compter les centaines de milliers de journées d’arrêt maladie. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), le coût du stress au travail représenterait chaque année entre 830 et 1656 millions d’euros (20 milliards en Europe, 300 milliards aux États-Unis), et 10 à 20 % de la branche accidents du travail/maladies professionnelles de l’assurance-maladie. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) définit le stress au travail comme « l’ensemble des réactions que les employés peuvent avoir lorsqu’ils sont confrontés à des exigences et des pressions professionnelles ne correspondant pas à leurs connaissances et à leurs capacités et qui remettent en cause leur capacité à faire face ».
12
« AU SECOURS, JE SUIS DÉBORDÉ… ET ÉPUISÉ. »
Le travail, source d’insécurité permanente
Aujourd’hui, le travail est plus que jamais une source de stress car son intensification contribue à ce que l’organisation soit perçue comme un endroit de contraintes et d’insécurité pour chacun. En général, un individu cherche à donner le meilleur de lui-même dans le but de réussir et de réaliser parfaitement son travail. Or, dans la plupart des cas, de nombreux phénomènes parasites l’empêchent de donner le maximum de ses compétences : Il reçoit des ordres souvent contradictoires. Il est dérangé en permanence par des collaborateurs, et cela d’autant plus facilement qu’aujourd’hui on travaille en open space. Il doit gérer des aléas qui réclament de s’adapter régulièrement à de nouvelles conditions de travail. La hiérarchie demande de faire plus avec moins, dans l’urgence, et donc de prendre des risques. Cela déstabilise l’individu, le conduit au doute et au mal-être. Le travail qui, au départ, devait nous apporter la sécurité, nous met aujourd’hui dans l’insécurité permanente.
Quand la pression devient trop forte…
Parmi les principaux facteurs de stress au travail (on parle alors de « stresseurs »), figure en tête de liste la surcharge de travail, qui implique une forte « demande psychologique » assortie de pression. En effet, beaucoup de salariés rapportent une sensation d’accélération au travail : plus de tâches, d’activités, de contacts… en moins de temps. Si les technologies de l’information permettent, certes, de gagner du temps, elles multiplient cependant les sollicitations et donnent la sensation que le rythme des tâches s’est accéléré.
13
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
La demande psychologique devient également plus prégnante. De collectif, le travail est devenu davantage individualisé. Tout salarié s’impute le moindre retard, le manque de vérifications, la lenteur à obtenir des informations ou des résultats… À l’évidence psychologique, la pression devient très vite physique, d’où une sensation d’oppression. Les principales sources de contraintes psychologiques sont : la monotonie et la répétition des tâches à accomplir, une attention requise et une concentration intense et permanente, la non-reconnaissance du statut professionnel ou des qualifications inadaptées, une forte responsabilité du travail ou, au contraire, un manque d’autonomie, les relations avec l’entourage professionnel ou avec la clientèle/ les usagers, les conflits éventuels, l’apparition de nouvelles technologies telles que le télétravail, le travail sur ordinateur, des exigences dans l’organisation liées aux besoins croissants de performance, la violence physique et mentale.
Le stresseur temps : travailler dans l’urgence permanente
Le temps, enfin, est un facteur de stress largement partagé ! Le développement des technologies de l’information et « l’infobésité » croissante ont profondément modifié nos comportements au sein de l’entreprise, ainsi que notre rapport au temps :
14
« AU SECOURS, JE SUIS DÉBORDÉ… ET ÉPUISÉ. »
Avec un impact majeur sur l’efficacité, mais aussi sur la santé et le bien-être des salariés, et qui représente de facto, comme nous l’avons vu, un coût pour l’organisation. Avec un impact non négligeable sur les nouveaux modes d’organisation du travail, désormais réactifs, qui privilégient l’urgence, l’immédiateté et le court-termisme, au détriment de la qualité et de la durabilité. L’arrivée du numérique fait apparaître de nouveaux risques au travail : le travail s’est densifié, intensifié et place désormais le travailleur dans une course à l’urgence et une pression temporelle permanente dont les maîtres-mots sont « immédiateté » et « réactivité » ! Il faut aujourd'hui être en mesure de répondre aux sollicitations que nous recevons de toutes parts, et ce en un temps record, ou pire encore… en temps réel.
L’e-mail, première source de « technostress »
Tous les salariés, en particulier les cadres, sont aujourd’hui littéralement submergés, inondés sous les e-mails qu’ils ne parviennent plus à maîtriser. Pour tenter de faire face, ils consacrent un temps de plus en plus important à trier et traiter leur messagerie, en arrivant de plus en plus tôt le matin ou en partant de plus en plus tard le soir, voire en les traitant chez eux avant de partir au travail ou le dimanche soir pour bien démarrer la semaine. La seule gestion des e-mails représente 30 % de la journée d’un salarié ! Une gestion chronophage qui empiète sur le temps à consacrer aux autres tâches et génère un sentiment de découragement parce que la tâche semble sans fin… 15
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
Je mets en pratique Et vous, comment gérez-vous votre messagerie électronique ? - Combien d’e-mails recevez-vous par jour ? - Combien en envoyez-vous ? - Vous arrive-t-il de tout interrompre pour un e-mail ? De vous sentir submergé par ce flot ininterrompu d’e-mails ? - Combien de temps consacrez-vous par jour au traitement de votre messagerie électronique ? - Pour quel impact sur votre journée de travail, sur votre organisation et votre niveau de stress ?
Ces nouveaux comportements, cumulés à l’effacement des frontières entre la vie professionnelle et la vie personnelle avec l’usage presque généralisé des smartphones, génèrent ce que l’on nomme aujourd’hui le « technostress » : une pression croissante, ininterrompue, qui nous place dans une hypervigilance permanente, doublée d’un sentiment continu d’urgence pouvant conduire jusqu’à l’épuisement professionnel. Face à ce défi majeur en termes de qualité de vie au travail, de nombreuses entreprises se sont organisées en menant une réflexion collective sur l’usage des TIC (Technologies de l’information et de la communication) et leur pratique en interne et en externe, et en adoptant le plus souvent une Charte d’utilisation des outils informatiques et nomades, souvent difficilement applicable, et finalement peu appliquée dans les faits. Le droit à la déconnexion, entré en vigueur au 1er janvier 2017, marque un tournant dans cette prise
16
« AU SECOURS, JE SUIS DÉBORDÉ… ET ÉPUISÉ. »
de conscience collective et va assurément dans le bon sens, mais là encore, la mise en application reste timide. Néanmoins, agir individuellement paraît essentiel, voire indispensable, pour reprendre la main sur sa messagerie, se réapproprier la gestion de son temps, l’organisation de son travail, et maîtriser à son propre niveau le technostress.
17
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
Hyperconnexion, infobésité, saturation cognitive : mon cerveau est en surcharge ! Cerveaux en surcharge cognitive
Qui n’a jamais ressenti cette sensation d’avoir la tête encombrée, saturée de choses à faire, entre les « to-do lists »qui s’accumulent, les tâches à gérer dans l’urgence, les idées qui nous traversent et parfois nous emballent, les e-mails, SMS, informations à ne surtout pas manquer et multiples notifications en tous genres ? Jusqu’à avoir littéralement l’impression que notre tête va exploser, ou disjoncter… Trop d’informations à traiter à la fois, trop de pensées, trop de stress, trop d’images, et souvent pas assez de sommeil ni de temps de déconnexion et de repos pour récupérer… Si le cerveau est sur-sollicité, il risque de saturer, comme le disque dur de l'ordinateur lorsque ce dernier est trop plein : il « rame » ! On parle également de surcharge cognitive ou d’épuisement par saturation. Cette surcharge cognitive s’installe lorsque le cerveau, devant faire face à plus d’informations qu’il ne peut en traiter, se trouve tout 18
HYPERCONNEXION, INFOBÉSITÉ, SATURATION COGNITIVE : MON CERVEAU EST EN SURCHARGE !
simplement dépassé par le volume de sollicitations qui se présentent à lui. Et pour cause ! Nous sommes submergés quotidiennement par un déluge de données numériques qui provoque aujourd’hui un stress sans précédent, surtout dans le monde du travail. Aujourd’hui, la moitié de la population mondiale utilise Internet et nous échangeons 150 milliards d’e-mails chaque jour. L’humanité produit désormais plus d’informations en deux jours qu’elle ne l’a fait en 2 millions d’années ! Chaque seconde, 28 millions d’informations sont diffusées sur le Web, l’équivalent de deux fois le contenu de la Bibliothèque nationale de France, l’une des plus importantes au monde, soit 63 millions de Bibliothèques nationales de France par an3 !
Infobésité : « information overload » ou surcharge informationnelle
Apparue pour la première fois en 1962, soit bien avant l’arrivée d’Internet, l’expression « information overload » – ou « surcharge informationnelle » – est popularisée en 1970 par le futurologue américain Alvin Toffler. L’analogie alimentaire avec le terme « infobesity » fut inventée par David Shenk en 1993. Ce terme désigne l’excès de « masse grasse » formée par le bombardement d’informations qui étouffe nos processus intellectuels. La surinformation, ressentie aujourd’hui par les deux tiers des cadres en entreprise, serait donc le fait de recevoir plus d’informations qu’il n’est possible d’en traiter sans porter préjudice à l’activité4. 3- Données tirées du documentaire de Laurence Serfaty, « Hyperconnectés : le cerveau en surcharge », diffusé sur Arte et produit par ARTE France, Zed Productions, Inserm, 2016). https://boutique.arte.tv/detail/hyperconnectes_cerveau_en_surcharge. 4- Source : Sauvajol-Rialland Caroline, Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d’informations, Paris : Vuibert, 2013. 19
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
Des cadres très impactés par la saturation cognitive
Lorsque l’on est en situation d’encadrement, on doit à la fois gérer une part de la charge de travail opérationnelle dans son service (rares sont les managers qui ne font que « manager »), mais également toute la charge psychique du bon fonctionnement du service : s’assurer que tout est mis en œuvre pour que les objectifs soient atteints, répondre à la fois aux attentes de ses collaborateurs et à celles de sa hiérarchie. Les sollicitations sont incessantes et constituent un frein à la réalisation de leurs missions. Un cadre reçoit aujourd’hui un volume d’information 10 fois plus important que celui qu’il recevait il y a 15 ans et produit environ 10 % de données de plus chaque année. Et comme nous l’avons vu précédemment, il passe 30 % de son temps à gérer ses e-mails ! Par ailleurs, il emploie en réunions une grande partie de son temps de travail, jusqu’à parfois 50 %, et doit compenser ce temps perdu en allongeant son amplitude horaire, en venant plus tôt, parfois très tôt, et en partant de plus en plus tard, tout en continuant à emporter du travail à la maison, le soir et le week-end, avec des difficultés de plus en plus importantes à « déconnecter » et donc à « recharger les batteries ». Mais l’infobésité et le technostress ne touchent pas seulement le monde du travail : ils impactent également nos vies personnelles et familiales. Nous sommes aujourd’hui tous concernés, à des degrés divers.
20
HYPERCONNEXION, INFOBÉSITÉ, SATURATION COGNITIVE : MON CERVEAU EST EN SURCHARGE !
Charge mentale : quand les femmes restent l’ordinateur familial !
Pour la femme, dans la grande majorité des cas, la surcharge cognitive est double : elle cumule la charge mentale liée à son poste professionnel et celle liée à la responsabilité logistique du foyer. En effet, la désormais célèbre « charge mentale », popularisée ces derniers mois par la bande dessinée virale de l’illustratrice Emma, Fallait demander !, et reprise par la totalité ou presque des médias qui semblaient découvrir un concept pourtant théorisé par les sociologues dans les années 1970, est une réalité : même en cas de partage des tâches parfaitement équitable entre les deux parents, la femme, a fortiori lorsqu’elle est mère, reste dans la grande majorité des cas « l’ordinateur familial » ! C’est elle, le plus souvent, qui continue à porter toute la charge mentale de l’organisation familiale. Cette charge mentale, qui épuise littéralement les ressources cognitives (car il s’agit bien, là aussi, d’une surcharge cognitive) et sature la mémoire de travail, est énergivore, génère stress chronique et fatigue, pouvant aller jusqu’à l’épuisement. En 2014, une étude de Technologia5 révèle que les femmes sont globalement plus exposées au sur-engagement et à l’épuisement émotionnel au travail : elles sont 21 % à se sentir émotionnellement vidées par leur travail, contre 11 % des hommes. Toujours selon cette étude, et contrairement aux idées reçues, la victime type du burn out n’est pas nécessairement un jeune cadre urbain dynamique
5- http://www.technologia.fr/blog/wp-content/uploads/2014/01/Etude-burnoutapports-quanti.pdf
21
STRESS AU TRAVAIL : AGIR OU SUBIR ?
et hyperstressé. Il s’agit plutôt d’une femme, quinquagénaire, mère de famille et… agricultrice.
Comment reconnaître les signes d’une surcharge mentale ?
La personne en surcharge mentale se sent fatiguée, vidée, avec cette impression de ne plus disposer de ses pleines capacités intellectuelles. Elle souffre de trous de mémoire qui sont plus souvent révélateurs d’un stress intense que de l’apparition d’une maladie d’Alzheimer. Elle rencontre également des difficultés de concentration, ce qui aggrave encore sa situation puisqu’elle est déjà surchargée de travail. Non seulement la personne a trop de tâches à accomplir, mais en plus elle les réalise plus lentement qu’auparavant ! Elle va aussi commettre plus d’erreurs et donc devoir passer du temps à les corriger. Et également du temps à expliquer pourquoi elle s’est trompée ou pourquoi elle est en retard sur les délais prévus. Elle va également perdre la capacité à prendre du recul et à avoir une vision globale des situations. Elle a donc plus de difficultés à la fois à relativiser et à prendre des décisions. Tous ces symptômes vont alimenter le sentiment de perte d’efficacité professionnelle.
Faire descendre la pression pour « désactiver » le stress
Il existe différentes méthodes pour soulager un cerveau sursollicité et encombré : à chacun d’entre nous de trouver celles qui fonctionnent le mieux, mais globalement, toutes les activités qui procurent du bien-être et donc « désactivent » le stress sont bénéfiques pour le cerveau :
22
HYPERCONNEXION, INFOBÉSITÉ, SATURATION COGNITIVE : MON CERVEAU EST EN SURCHARGE !
D’abord, s’offrir de bonnes nuits de sommeil car le sommeil est vital pour le cerveau ; il lui permet notamment de se débarrasser des « déchets » (toxines) produits par l’activité neuronale et accumulés en temps de veille. Mettre son cerveau en repos : alterner activités cérébrales et activités qui ne vont pas solliciter le cortex préfrontal pour ménager ses méninges en privilégiant le « réseau par défaut », pratiquer plus souvent des micro-pauses ! Une à deux minutes prises régulièrement peuvent suffire. Pratiquer, enfin, la méditation de pleine conscience. Et si on est sur le point de craquer, il faut impérativement et le plus tôt possible faire redescendre la pression : s’accorder une pause plus importante en s’éloignant physiquement de toutes les sources de pression, en déconnectant par exemple des outils numériques, en posant deux ou trois jours de congés si nécessaire et en partant si possible se ressourcer à proximité de la nature.
23
Diane Ballonad Rolland
Le travail occupe une part considérable de notre journée, et à plus grande échelle, de notre vie ! Malheureusement il est aussi bien souvent source de stress et de mal-être : travail dans l’urgence, prises de risques, sollicitations permanentes, surcharge de travail, fatigue physique et psychologique… Prenez conscience de votre relation avec le travail, identifiez les problèmes et organisez-vous en conséquence : gérez votre temps, définissez des priorités claires, autorisez-vous à éteindre votre messagerie, limitez les comportements multitâches, réduisez les heures supplémentaires… Ce guide vous accompagne sur la voie de l’organisation et du bien-être professionnel. Conseils et astuces sont au rendez-vous pour vous aider à rester zen au quotidien. Faites le choix de la sérénité au travail !
MEPcouv-magicaltimingautravail.indd 1
TTC
Concilier sérénité et organisation
12,95 €
www.rustica.fr
MDS :46497
Diane Ballonad Rolland est consultante et formatrice en organisation et gestion du temps. Spécialiste de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, elle a fondé en 2010 le blog Zen & Organisée (www.zen-et-organisee.com).
Magical Timing au travail
Magical Timing au travail
24/02/2018 14:36