Luigi Maria Epicoco Luigi Maria Epicoco
la pierre la pierre rejetée rejetée
CE QUE LES PERSONNAGES DE L’ÉVANGILE ONT À NOUS DIRE CE QUE LES PERSONNAGES DE L’ÉVANGILE ONT À NOUS DIRE
Traduction: Dominique de La Rochebrochard
MAME MAME 9782728930982_LaPierreRejetee_EP6.indd 3 9782728930982_PROT.indd 33 9782728930982_PROT.indd
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À Maria Sofia et Maria Chiara Rocio. Nous ne les oublierons jamais.
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PRÉAMBULE ’est à Assise qu’est né ce recueil de méditations, inspirées d’une C retraite d’exercices spirituels organisée par les sœurs Alcantarines dans la ville de saint François. Il est plus facile de parler de la grâce de Dieu, qui édifie des chefs-d’œuvre à partir de nos imperfections, justement dans le lieu où le pauvre d’Assise a choisi de devenir lui-même un marginal, un rejeté, le dernier entre tous. Effectivement, son expérience nous enseigne que l’Évangile ne se trompe pas quand il annonce que « les derniers seront les premiers. » Nous devons cependant apprendre à accueillir notre misère et ne pas craindre de nous asseoir à la dernière place en ce monde. Seuls les enfants n ’éprouvent aucune crainte à s’asseoir sur n’importe quel siège de la maison. Les serviteurs, en revanche, ont des places attribuées et passent leur vie à essayer d’occuper la place la plus proche du maître. Les premiers vivent en paix, tandis que les seconds vivent dans l’agitation permanente et la compétition. Ces chapitres conservent, chacun, le ton vif de la parole et ne sont rien d ’autre que la tentative de mettre en valeur des personnages habituellement négligés dans le récit biblique. Chaque histoire est comme un miroir et nous aide à regarder cette part en nous que nous ne regardons jamais. Dans cette perspective, les pages qui suivent peuvent
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LA PIERRE REJETÉE aider le lecteur à faire une semaine originale d’exercices spirituels, là où il se trouve, au sein de ses engagements, au travail, dans son quotidien, et s’apercevoir ainsi que la foi chrétienne ne se juxtapose pas à la vie, mais se trouve exactement là où se vit la vie. Le miracle, c’est l’œil neuf avec lequel nous la regardons. Comme toujours, je ne peux oublier de remercier toutes les personnes qui m’ont aidé à rassembler les notes utiles à la naissance de ce livre, pour leur patience et leur dévouement et, en particulier, don Antonio Romaniello et Veronica Musardo.
25 mars 2021 Fête de l ’Annonciation du Seigneur
Luigi Maria Epicoco
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I
DES PAINS ET DES POISSONS
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Pour réfléchir au mieux sur les thèmes délicats et existentiels que nous nous préparons à aborder, il est nécessaire, à partir d’un travail préparatoire, de faire le point et d’entrer dans une atmosphère d’écoute, de manière progressive, un peu à la fois. Pour cela, il est indispensable de faire la paix avec ce que chacun de nous est en train de vivre. Nous avons tous un vécu personnel emprunt de quotidien, au milieu duquel il est important de se rappeler le côté très affairé de Marthe, elle qui a toujours besoin de retrouver son chemin, de se convertir dans ses actions. Parfois, au sein de la confusion générée par les engagements de chaque jour, nous perdons conscience de ce que nous sommes en train de vivre. Nous avons tous un désir profond qui nous guide, mais peut-être ignorons-nous le motif véritable de notre présence ici. Que cherchons-nous réellement ? Quelles questions nous tiennent particulièrement à cœur ?
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LA PIERRE REJETÉE Une page du chapitre 6 de l ’évangile de Jean nous aide dans ce mécanisme de réconciliation avec le présent. À la différence des autres évangélistes, Jean, dès les premières pages de son évangile, ne s’intéresse pas vraiment à l’histoire en tant que telle, à savoir le récit biographique de la vie de Jésus. L’évangéliste donne une profondeur à son récit et à chaque détail. Le récit ne devient plus qu’un prétexte. Il parle d’événements simples, comme prendre un peu d’eau, rencontrer quel qu’un, toucher, guérir et multiplier. Dans cet évangile, évoquer une guérison ou une libération n’est pas seulement raconter un fait, c’est approfondir son sens caché. Pour nous qui ne sommes pas entraînés à cette manière de voir et sommes absorbés par le caractère immédiat des événements, la vision de l’évangéliste est extrêmement importante. Prenons une personne malade : son attention est complètement tournée vers la maladie qui la touche, qui engendre un problème relationnel, et toute son énergie est absorbée par cette pensée. Toutefois, si nous prenons la maladie comme exemple, nous avons besoin de comprendre qu’elle a une profondeur, une signification cachée, non immédiate. Il faut du temps pour en faire émerger un sens, grâce à une sorte de médiation. Pour cette raison, Jean est compliqué à comprendre. Nous pouvons être touchés, mais nous ne pouvons pas dire l’avoir compris. Pour le comprendre, il faut le lire, le relire, le replacer dans le contexte. Celui qui écrit ces pages n’a pas seulement vécu l’histoire de Jésus, mais l ’a déjà intégrée à ce qui la précède, des récits de l ’Ancien Testament à l’histoire du Salut. Il est intéressant de partir d’une page de l’évangile de Jean nous faisant immédiatement comprendre que le véritable motif de notre présence n’est pas ce qui semble, ou tout au moins n’est pas ce dont
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Des pains et des poissons nous sommes convaincus. Il y a toujours une autre raison, cachée, une raison qui n’entre pas dans notre logique, mais que seul l’Esprit connaît. Il est le seul à pouvoir nous révéler pour quel motif il nous a appelés et pourquoi il a voulu nous parler. Par conséquent, l’essentiel est de renoncer, dès maintenant, à notre envie de tout diriger : ce n’est pas nous qui tenons les rênes, mais l’Esprit. Après cela, Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne et là, il était assis avec ses disciples. Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » (Jn 6,1-5).
Le chapitre 6 de saint Jean commence avec Jésus qui se déplace sur l’autre rive de la mer. La plus grande partie de l’histoire d’Israël se produit de l’autre côté de la mer. Jean nous signifie ainsi que, pour comprendre Israël, il faut toujours se souvenir qu’Israël vient de l’autre côté, de l’Égypte. Et qu’a fait Dieu ? Dieu a sauvé Israël de l’esclavage d’Égypte en lui faisant traverser indemne la mer Rouge. La Terre promise se trouve au-delà de la mer, sur la rive opposée à la servitude. Ceci est une indication importante car nous, chrétiens, pensons souvent que nous avons déjà rencontré le salut. D’une certaine manière,
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LA PIERRE REJETÉE nous avons déjà écouté et rencontré Jésus-Christ, éprouvant ce que signifie être sauvé de l’esclavage, de l’obscurité et de la mort. Tous, nous nous sentons déjà sauvés et, pourtant, en nous trouvant au-delà de la mer, nous nous sentons un peu dépaysés. Nous sommes rachetés et, pourtant, dans le même temps, nous sommes encore en recherche de rédemption. Ce n’est pas la première fois que nous lisons un extrait de l’Évangile, que nous récitons un Ave Maria ou un Notre Père. Nous avons déjà une grande familiarité avec le christianisme. Et pourtant, en dépit de tout ce que nous connaissons, il y a en nous le désir profond de demander : comment vivre en racheté ? Après avoir traversé la mer et expérimenté cette rédemption, comment vit-on dans la Terre promise ? Prenons une situation concrète : une personne mariée avec des enfants a fait un choix de vie. Moi, je suis prêtre, j’ai donné ma vie pour l’Église, pour mes frères, pour le ministère de la réconciliation et de l’Eucharistie. Donc moi aussi, j’ai donné ma vie au Seigneur pour une mission déterminée, un charisme spécifique. Que nous soyons mères, pères, sœurs, prêtres, consacrés, médecins, étudiants... quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons en ce moment, nous nous demandons pareillement comment aller de l’avant après avoir fait ces choix, comment nous sauver et ce qui peut nous y aider. La réponse est toujours identique : Jésus. Il nous accompagne sur l’autre rive, nous aide à fuir d’Égypte et nous apprend comment vivre en Terre promise. Il y a un détail important dont il faut se souvenir : Jésus n’est pas seulement utile quand nous sommes dans une situation difficile ou traumatisante. Le Christ doit être le pivot de notre vie, nous
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Des pains et des poissons accompagner dans les temps troublés comme dans le quotidien, là où la plus grande partie de nos difficultés surviennent et disparaissent. Nous sommes malheureux et insatisfaits jusqu’au bout. Nous comprenons que, même si nous avons tout, cela ne suffit pas. Nous avons les ingrédients, à côté de nous, cependant c’est comme s’il nous manquait quelque chose d’essentiel pour être véritablement heureux. Le Christ nous accompagne également dans les moments normaux, dans cette Terre promise qu’il rejoint en traversant la mer de Galilée, quand Jean écrit : « Une grande foule le suivait. » Quand nous prenons du temps pour nous-mêmes, pour prier, pour méditer, nous pensons laisser les problèmes de côté. En réalité, quand débute le temps du silence personnel, nous nous apercevons alors qu’une grande foule nous a suivis. Nous ne sommes pas seuls, nous sommes poursuivis par une multitude d’inquiétudes, de pensées, de désirs, de blessures et d’espérances. Nous sommes tous habités par une foule : c’est elle le vrai problème dont nous devrions nous débarrasser. Il est intéressant d’observer que l’attitude de Jésus, face à cette foule, n’est pas violente, il la laisse le suivre. Peut-être devrions-nous également accepter de ne pas pouvoir nous en libérer facilement. Il ne suffit pas de dire simplement : « Maintenant, cela suffit. »
Nous sommes à un moment particulier de notre vie, dans lequel nous avons, en nous, une foule qui nous suit. Voici alors ma question : si, en ce moment, dans votre prière, vous affrontiez votre vie, et nommiez sans peur votre foule personnelle en lui donnant un nom précis, comment feriez-vous?
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LA PIERRE REJETÉE Chacun de nous devrait prendre un temps pour se demander ce qui le fait souffrir, quels sont ses désirs, ce qui lui tient à cœur, ce qui, au contraire, lui pèse ou ce qui lui plaît. Ainsi, bien ou mal, lumière ou obscurité, nous devons nommer précisément cette foule. Pour certains, ce sera le travail, pour d’autres, une relation ou un pan de son histoire passée, ou encore l’inquiétude face à l’avenir. Ce qui est certain, c’est que cette foule ne peut pas rester dans le vague et doit porter un nom. En effet, la vie spirituelle n’est pas de la magie, et pour pouvoir être utile, elle a besoin de concret. Une personne ne doit pas simplement subir ce qu’elle est en train de vivre, il est nécessaire qu’elle en ait conscience. Il est difficile de comprendre et de nommer cette foule, car il faut à la fois découvrir, accepter et accueillir, justement dans notre part la plus intérieure, ce que nous sommes en train de vivre. L’important est de ne pas se précipiter, un peu comme face à un buffet bien garni : on ne se jette pas sur tout ce qu’il y a, on prend ce qui nous convient, ce qui nous semble meilleur à ce moment-là. Il est important de suivre notre propre rythme, de nous laisser guider par l’Esprit Saint, et de prendre ce qui peut nous aider le plus dans la méditation. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit :
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Des pains et des poissons « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » (Jn 6,5-7).
Nous désirons nous libérer de la foule, et nous nous apercevons au contraire que Jésus nous cloue devant l’expérience. C ’est du moins ce qu’il fait dans l ’évangile de Jean. Sachant ce qui va s’accomplir, il met Philippe à l’épreuve. Il nous fait ainsi comprendre que les jours consacrés au retrait et à la prière ne sont pas des moments de paix et de bien-être, mais plutôt des moments de tentation dans lesquels il nous met à l’épreuve. Jésus n’est quasiment jamais synonyme de bien-être, et même l’expérience du Christ n’est jamais rassurante. Nous voudrions toujours aller bien, et voilà pourquoi nous oublions parfois de prier, vu que cela ne nous procure pas de bien-être. Parfois, nous renonçons à une vie chrétienne régulière car elle nous déçoit : nous ne recevons pas ce que nous attendons. Mais Jésus ne nous a pas promis le bien-être. Il nous a promis les fruits de l’Esprit, ce qui est bien différent. Se sentir bien revient à arranger les choses, à trouver un moyen de rester à flot, à clarifier ses idées, à contrôler les événements. Mais ce n’est pas l’objectif de Jésus, et nous devons renoncer à l’idée qu’il intervienne ainsi dans la vie des personnes. Ce serait alors de la psychologie et non la réalité du Christ. En feuilletant l’Évangile, on s’aperçoit que Jésus ne laisse jamais les gens tranquilles, bien au contraire, il les dérange et les peine. Certes, son but est grand, bon et beau, mais n’est néanmoins pas axé sur la tranquillité. Il ne va pas chez Pierre en lui disant : « Bon travail. » Non, il l’envoie pêcher, et quand ce dernier a passé la nuit entière sans rien prendre, il lui fait lâcher ses filets à son retour de la mer, et lui dit : « Suis-moi. »
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LA PIERRE REJETÉE Face à celui qui lui annonce : « Je te suivrai où tu iras », il répond « non », alors qu’il s’adresse à celui qui ne se présente pas devant lui en disant : « Toi, au contraire, tu dois me suivre. » Par conséquent, le Christ bouleverse les attentes de chacun de nous. Jésus ne sert pas à arranger, à ajuster la vie, il n’est pas une source de bien-être. Plus vite nous en serons convaincus, plus vite nous arrêterons d’être déçus face à l’expérience de la foule.
Nous comprendrons alors que notre prière a également un sens quand elle ne produit pas les effets attendus, et qu’une Eucharistie vécue de cette manière, sans attendre de bien-être, est extrêmement précieuse. La fidélité à la vie chrétienne nous mène parfois à penser : « Mais qui m’a poussé à vivre ainsi ? Ceux qui ne se posent pas toutes ces questions vivent mieux ! » Faut-il continuer à être fidèle à une vie qui nous bouleverse et nous déstabilise ? Ainsi, Jésus pourrait sembler être un « démon » venu pour nous « empoisonner » la vie. Mais le démon, ce n’est pas seulement l’enfer, ses flammes et tout l’imaginaire autour du mal. Le diable est porteur de l’esprit du monde, à savoir une mentalité mondaine et exclusivement humaine. En raisonnant seulement avec la mentalité du monde, selon une perspective humaine, Jésus semble venu pour nous gâcher la vie, puisqu’il met à mal le mode de raisonnement simplement humain que nous suivons parfois. En réalité, Jésus est venu nous apporter une chose que le monde ne peut nous donner : une autre façon de penser.
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Des pains et des poissons Rappelons-nous le reproche que Jésus fait à Pierre dans le chapitre 16 de l’évangile de Matthieu : « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Mt 16, 23). Nous souhaitons peut-être très humainement trouver un peu de respiration, d’air frais, mais Jésus nous offre autre chose : ce qui, pour Paul, est joie, paix, bienveillance, douceur et contrôle de soi, à savoir les dons de l ’Esprit. Ainsi seulement, nous trouverons la paix en pleine guerre, nous serons parfaitement heureux même dans les moments douloureux, nous nous dominerons malgré les tentations, et nous répondrons avec bienveillance au mal reçu. Ce n’est plus d’ordre humain, le don de l’Esprit ne nous conduit pas à des idées neuves. Il s’agit de quelque chose qui survient en nous, au-delà de nous, et malgré nous. C ’est définitivement mieux que le bien-être. La foule a faim et cherche Jésus. Celui-ci met Philippe – et chacun de nous – à l’épreuve, en demandant : comment résoudre ces problèmes ? Où trouverons-nous l’argent pour rassasier toute cette foule ? C’est ainsi que Jésus pousse Philippe à se convertir. Le disciple répond de la façon la plus humaine possible, utilisant l’argument mathématique : « Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. » Philippe cherche humainement une manière directe pour résoudre un problème pratique : il y a une foule immense et l’argent manque pour pouvoir donner à manger à tous. À travers Philippe, nous prenons conscience de la disproportion entre notre vie et nos capacités. Le Christ essaye de faire entendre cela à Philippe, lui donnant le vertige, le poussant à comprendre la situation et à utiliser ses capacités pour résoudre un problème.
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LA PIERRE REJETÉE L ’évangile ajoute : « Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car luimême savait ce qu’il allait faire. » C’est Philippe qui ne sait pas encore ce que Jésus va accomplir. Ce vertige est le point de départ. Il est indispensable de laisser le Seigneur nous déstabiliser, d’accepter que nous n’avons pas la solution et que, même en essayant, nous ne pouvons pas résoudre le problème. Jésus veut déplacer le regard de Philippe et lui faire comprendre que seul lui, l’unique, peut le faire. Il veut en réalité susciter en Philippe la foi dont il semble manquer. Avoir trop recours aux mathématiques dans la vie est un signe clair d’absence de foi. Quand nous analysons trop les situations, ou quand nous voulons trouver par nous-mêmes – humainement parlant – la solution à nos problèmes, la foi n’est pas présente. Car l’une des manifestations les plus importantes de la foi est justement la confiance en ce que le Seigneur nous demande de vivre, même si c’est difficile. Les moments pendant lesquels nous nous sentons abandonnés et n’avons plus confiance ne manquent pas. Nous nous sentons incompris, nous sentons que Dieu existe, mais qu’il est inutile puisqu’il ne nous sert à rien. Au-delà du regard de Philippe, évoquons celui d ’André : Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » (Jn 6, 8-9).
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Des pains et des poissons Philippe a recours aux mathématiques pour résoudre le problème : « Nous n’avons pas l’argent pour pouvoir payer de quoi manger. » À l’inverse, André semble avoir fait un pas en avant et répond : « Il n’est pas vrai que nous n’avons vraiment rien, nous avons quelque chose, nous en avons un petit peu. Nous avons cinq pains et deux poissons – et il ajoute tout de suite – mais qu’est-ce que cela représente face à tant de monde ? » Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que le Christ opère le miracle à partir du peu qu’offre le goûter d’un jeune garçon. Jésus part toujours de notre peu, mais parfois la conscience de ce « peu » présent dans notre vie nous mène à la dépression. Au lieu de penser que c ’est à partir de là que le Christ commence à faire quelque chose, nous déprimons et nous décourageons. « Seigneur, je parviens seulement ici. Mais que signifie arriver ici si mon problème est infiniment plus grand ? Je ne réussis plus à prier, je réussis juste à dire un Notre Père, un Je vous salue, Marie, et un Gloire au Père, moi qui ai promis de dire le bréviaire. » Nous voyons toujours notre « peu » de manière négative, parce que nous voyons qu’il est trop peu. Pourtant, c’est de là que part le miracle. Par conséquent, dans un premier moment d’écoute et de prière, nous devons, d’une part, nous donner du temps pour nommer la foule qui nous habite, nommer ce que nous avons vécu et décrire notre présent, d’autre part, nous devons comprendre que nous n’avons pas assez de ressources. Il est essentiel de renoncer à la volonté de résoudre par nous-mêmes nos problèmes.
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LA PIERRE REJETÉE La foule n’est pas la seule à devoir être nommée, même le « peu » doit être défini, comme s’il fallait trouver le nom de nos propres cinq pains et deux poissons. Nous ne serons pas capables de tout, mais nous sommes capables de quelque chose. Il est important d’être conscient du peu, de ne pas se décourager et de comprendre que le Christ part de là pour faire quelque chose d’autre. Mais ce n’est pas simple. En effet, quand une personne pense être dans l’obscurité, il est plus facile pour elle de voir tout en noir, et de dire qu’il n’y a plus rien à faire. Mais ce n’est pas vrai, tout n’est pas sombre, il y a quelque chose : une petite flamme, un peu d’espérance, un peu de lumière. Il est vital de se demander : qu’est-ce qui est fiable dans ma vie en ce moment ? Quelles sont les rares choses justes que je parviens à faire ? Quels sont mes cinq pains et mes deux poissons ? L ’expérience de l’Évangile part de cette grande humilité : prendre conscience que nous avons tous besoin de quelque chose. Le christianisme commence au moment où l’on comprend qu’il n’est pas possible d’être heureux par soi-même, que le bonheur ne vient pas exclusivement de nous, mais qu’il est un don. On s’éloigne ainsi de la mentalité de Philippe pour qui le bonheur peut se vendre ou s’acheter. Les dons ne peuvent que se recevoir, on peut les espérer, les désirer, et on peut s’y préparer, mais on ne peut pas les acheter ou les commercialiser. À titre d’exemple, regardons combien est grand et profond le désir d’amour dans la vie de chacun. Ce qui nous fait souffrir le plus, c’est de brader l’amour. Il suffit de penser à ces chantages émotionnels à travers lesquels nous cherchons l’attention de quelqu’un, et nous voudrions ensuite que notre communauté – mari, épouse, enfants, collègues, amis, personnes – nous donnent ce retour rassurant, juste pour que
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Des pains et des poissons nous nous sentions mieux. À partir de là, nous commençons à entrer dans une sorte de circuit commercial, dans lequel nous pensons avoir investi énormément sans rien recevoir en échange. On ne peut commercer avec l’amour : soit on le reçoit comme don, soit cela ne marche pas. Il est beau de penser que le Christ nous donne gratuitement ce que nous essayons d’acheter tout au long de notre vie, de toutes les manières : par notre travail, notre bravoure, nos réalisations, nos mérites, notre ruse, nos talents. Jésus nous donne ce dont nous avons besoin. En revanche, si ce que seul le Christ peut nous donner, nous l ’attendons des autres, nous finissons par nous sentir mal. Imaginez aimer une personne qui ne vous aime pas en retour, il est évident que cela fait souffrir et donne l’impression d’être trahi. Très fréquemment, notre vie reste bloquée par ces blessures. Nous nous sommes investis, mais n’avons pas reçu de récompense. La vie change avec la certitude que le Christ est le seul pouvant vraiment nous donner ce que nous cherchons : cela nous permet d’aimer de manière différente nos frères, sans plus quémander ou marchander. Pensons à la Pâque et à la dernière fois que Jésus l’a fêtée. Cela a créé un désordre infini dans le temple, car il est entré et a jeté par terre les tables, les colombes, les devises et l’argent, affirmant : « Enlevez ça d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce » (Jn 2, 12-25). Jésus veut constamment évacuer la logique de commerce. Le temple est un lieu fait de pierres, un espace sacré et précieux. Jésus dit : « Domus mea domus orationis est, ma maison est lieu de prière. » Mais le temple véritable est aussi une relation, la relation à
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LA PIERRE REJETÉE Dieu. Jésus réaffirme : « Tu ne peux être en relation avec Dieu en pensant vendre ou acheter. Dans cette relation, on ne peut ni vendre ni acheter! » Maintenant, il n’y a plus le temple, mais il y a la foule et le pain. Un animal peut manger du pain. Contrairement à lui, nous ne mangeons pas seulement pour nous nourrir : pour nous, la nourriture est aussi un prétexte. C ’est l ’occasion de nous asseoir à table, d ’entrer en relation avec les autres. Les choses sont humaines dans la mesure où nous leur donnons cette dimension humaine par les interactions. Si on enlève au pain la dimension relationnelle, alors il reste seulement le pain, exactement comme pour l ’animal. On satisfait un besoin. Nous ne nous contentons pas de satisfaire une exigence immédiate, nous construisons des relations. C’est la différence. Établir des relations est également un signe de ce que le Seigneur est en train d’opérer dans notre vie. Jésus dit à Philippe que le pain ne se vend ni ne s’achète. Le pain dont le Christ parle ne se marchande pas. Les relations dont il est en train de parler ne peuvent être vendues ou achetées. Elles sont le miracle, le don qu’il nous fait à partir de notre peu : cinq pains et deux poissons. Les cinq pains et les deux poissons sont une ration journalière de nourriture. Mais Jean ne laisse jamais rien au hasard et énonce des nombres précis : 5 + 2. Le résultat de l’addition est 7, le chiffre de la perfection. André n’y prête pas attention, mais Jean nous suggère que, dans notre peu, dans la mesure où il semble que cela suffise juste pour la journée, il y a déjà tout. Le Seigneur nous invite à ne pas nous inquiéter du lendemain, mais à vivre le présent en sachant qu’il nous accompagne chaque jour et qu’il nous donne le pain quotidien dont nous avons besoin.
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Des pains et des poissons Souvent nous regardons notre peu, et nous nous inquiétons de l’avenir. Mais non, il ne faut pas penser au lendemain, mais vivre intensément chaque jour, car le Seigneur pourvoira. C ’est un regard complètement nouveau sur la vie. C’est véritablement une conversion. Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d ’environ cinq mille hommes. Alors, Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » (Jn 6, 10-12).
Dans les quatre évangiles, la multiplication des pains a tellement touché l’imaginaire des disciples et des évangélistes qu’ils racontent l’épisode au moins six fois. Notre propre récit est le septième récit, car nous sommes le septième miracle à chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie. Nous concluons la série des récits sur la multiplication des pains et des poissons, car l’Eucharistie est le lieu où notre peu est multiplié par la grâce de Dieu. « Faites-les s ’étendre »
Voici le temps de la halte et du pain, selon une gestuelle précise, celle de l’Eucharistie. Il est parfois difficile de comprendre comment la liturgie se mêle à notre existence, et réciproquement. Nous vivons ces deux éléments en les opposant, sans comprendre combien ils constituent une partie de l’autre, sans prendre en considération que tous les drames existentiels
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LA PIERRE REJETÉE que nous vivons trouvent une grâce mystérieuse dans le signe de la liturgie. Cette dernière devient donc la grande clé de lecture de notre vie qui devient, à son tour, matière première de la liturgie. Les verbes présents dans le texte, comme : il prit, il rendit grâce, il donna, appartiennent au langage de l’Eucharistie. Le Christ rassasie tout le monde. Il invite à manger « autant qu’ils en voulaient », parce que Jésus n’est pas de ceux qui donnent une chose sans l’autre. Il donne tout, tout ce que nous sommes en train de chercher. Il nous comble totalement, autant que nous en avons besoin. Si nous éprouvons un désir infini d’amour, Jésus nous prend au sérieux et ne s’arrête pas en chemin. Il ne mesure pas, il dit : « Autant qu’ils en voulaient. » Toutes les réponses se trouvent en Jésus, seulement en lui. Penser qu’il puisse exister quelque chose dans notre vie qui soit en mesure de nous combler totalement est de l’idolâtrie. Nos expériences peuvent être belles, intéressantes, profondes, fascinantes, mais elles ne satisfont pas totalement nos attentes. Arrêtons-nous sur le don immense de mettre au monde un enfant. Cet événement semble se suffire à lui seul. Pourtant, face à quelque chose d’aussi important, il manque quelque chose, sans que ni l’enfant, ni ceux que tu aimes ou qui t ’entourent e n soient responsables. De la même façon, en commençant une expérience au sein de l’Église – et ceci même avec les meilleures intentions –, on découvre avoir des attentes. Très souvent, la vie ne correspond pas exactement à ce que l’on s’était imaginé. Cela nous met en colère et nous passons notre temps à faire reposer la faute sur quelqu’un. En réalité, nous devrions
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Des pains et des poissons cesser d’agir ainsi, car, même si les personnes sont saintes, bonnes, belles, extraordinaires, elles ne peuvent pas combler le désir que nous avons dans le cœur. Seul Jésus peut le combler totalement. Si Jésus est à la première place, on ne tombe pas dans la tentation de diviniser autre chose. Quand Jésus occupe la première place, cela signifie que lui seul peut étancher la soif dans notre cœur et que nous le savons. « Autant q u’ils en voulaient.»
On pourrait penser que le miracle réside dans le fait d’avoir rassasié ces cinq mille hommes, mais l’Évangile continue en énonçant : « Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : “Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu” », donc non seulement Jésus les a rassasiés, mais il y a eu des restes. Le Christ remplit le vide et va au-delà. Il ne s’agit pas seulement de ce que nous pensons de lui ou de ce que nous attendons de lui, il ne remplit pas « simplement » de sens et de signification notre vie. Jésus avance, va au-delà, nous offrant beaucoup plus que nous ne pouvons espérer et désirer. Il ne se limite pas à nos besoins car il est plus grand qu’eux. Les exégètes disent que ces restes sont le signe de la vie éternelle. La vie éternelle est le plus qui remplit le cœur et le fait déborder. Un cœur risque d’exploser quand il garde tout pour lui, mais s ’il se laisse remplir, et q u’ensuite il déborde, alors il n ’explose pas. Par conséquent, la vie éternelle, c’est être tellement rempli de l’amour de Dieu qu’on ne peut pas faire moins que de le partager, le donner. C ’est être comblés du Christ jusqu’à en déborder.
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LA PIERRE REJETÉE Il y a un terme théologique qui aide : la gratitude, le besoin de partager le fait de rendre grâce. Les saints ne sont pas ceux qui se sont tournés vers Jésus pour obtenir un bien-être, mais ceux qui ont laissé remplir leur vie au point de la transformer en une action de grâce continuelle. Le Christ est celui qui pardonne, réconcilie, remet sur pied, donne la paix et fait justice. Mais il va au-delà, et il remplit notre vie à tel point qu’on ne peut oublier de rendre grâce. Et tout ce que l ’on fait alors, on le fait avec reconnaissance. Nous qui, très souvent, parcourons notre vie, conditionnés par la culpabilité, nous commençons à changer de direction en rencontrant le Christ. Je ne sais pas comment c’est possible. Je crois que cela fait partie de la grande histoire que l’Esprit construit en chacun de nous. Ce qui est certain, c’est que nous sommes nés pour cela. Par conséquent, il est fondamental de se réapproprier le sens caché des événements, de se faire raconter par l’Esprit quelque chose que nous n’avons pas encore compris, de manière que chacun de nous, faisant la paix avec sa propre foule, s’aperçoive qu’elle n’est pas une malédiction. Elle donne à Jésus l’occasion de nous montrer q u’il est fils de Dieu, le Messie, q u’il est celui que nous cherchons. Le récit de l’Évangile se conclut par la tentative de la foule de transformer Jésus en roi : À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C ’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. (Jn 6, 14-15).
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Des pains et des poissons Ici, la foule est rassasiée et veut faire de Jésus un roi, démontrant ainsi n ’avoir encore rien compris. Nous aussi, nous nous convertissons, et puis, à un certain moment, nous avons de nouveau besoin de nous convertir. Nous pensons avoir compris, et pourtant le Seigneur nous plonge à nouveau dans un débat. Il n’est jamais possible de dire : « Maintenant j’ai tout compris. » Non, le Seigneur nous remet sans cesse en chemin, nous sommes en permanence ses disciples, toujours derrière lui. La véritable évolution concerne la rapidité avec laquelle nous comprenons devoir marcher derrière lui. La maturité spirituelle, c’est se simplifier la vie, c’est-à-dire l’axer sur l’essentiel. Quand tout est complexe, il suffit d’un seul péché pour nous bloquer. Grandir spirituellement, c’est savoir s’arrêter et dire : « Je ne commettrai plus ce péché. » Certes, ce serait beau si c’était aussi simple, mais il y a encore quelque chose de plus précieux : la rapidité avec laquelle nous sortons de l’obsession du péché, si nous nous attachons à la Miséricorde qui remet sur pied. Le chemin de l’Esprit est un parcours de simplification visant à rendre la vie toujours plus axée sur l’essentiel. Cessons de nous compliquer la vie, attachons-nous à l’essentiel et retournons à la simplicité ! C ’est seulement comme cela que l’on peut bénéficier de l’amour. En effet, le manque de simplicité nuit à l ’expérience. La beauté de l’Évangile réside dans son infinité de personnages vivant des situations diverses, parfois terribles. Très souvent, ceux-ci démontrent leur sainteté dans la simplicité avec laquelle ils savent recevoir le pardon, la consolation, la guérison et la miséricorde. Pensons à ces lépreux qui cherchent Jésus et qui lui demandent, de loin, de faire
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LA PIERRE REJETÉE quelque chose pour eux. Cela constitue un miracle inhabituel, puisque le Christ ne les guérit pas tout de suite. Il leur conseille d’aller se montrer aux prêtres et aux lévites, et les lépreux, suivant avec confiance sa parole, entament leur chemin et guérissent pendant le voyage. Nous ne réfléchissons presque jamais sur notre réaction face à la lèpre – l’image d’une difficulté – et sur le fait que nous restons bloqués dessus. Jésus nous demande, au contraire, de retourner à l’essentiel et à la confiance. En réalité, nous manquons de confiance et de simplicité. Certes, il s’agit là de dons. Mais mûrir dans sa vie spirituelle signifie justement grandir en simplicité et en confiance, tout en conservant son caractère, sa pauvreté, son histoire, en conservant ce qui rend chacun unique. Beaucoup de choses ont été dites dans ce premier chapitre, et il n’est pas nécessaire de chercher à fonder sa prière ou sa réflexion sur chacun des éléments évoqués. Là encore, soyez simple et concentrez-vous sur ce qui vous aide à prendre conscience de la réalité. Faites-vous guider par l’Évangile, relisez-le, pensez-y, souvenez-vous-en. Bonne prière.
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TABLE DES MATIÈRES Préambule ...............................................................................................7 I – Des pains et des poissons...................................................................9 II – Une veuve.........................................................................................31 III – Naamân et Gehazi.......................................................................... 53 IV – Tobith et Sarra................................................................................ 77 V – Deux enfants et un ami..................................................................101 VI – Les trois femmes...........................................................................123 VII – Les serviteurs, les lépreux et le centurion...................................143 VIII – La pierre rejetée..........................................................................167 IX – En naviguant.................................................................................. 191
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