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Dis-nous Joseph

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Les amis de saint Joseph

Dis-nous Joseph Père, modèle et compagnon de route pour les familles aujourd’hui


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MAME

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« On ne naît pas père, on le devient. Et on ne le devient pas seulement parce qu’on met au monde un enfant, mais parce qu’on prend soin de lui de manière responsable. Toutes les fois que quelqu’un assume la responsabilité de la vie d’un autre, dans un certain sens, il exerce une paternité à son égard1 ».

1. Pape François, Lettre apostolique Patris corde, 7.

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Note liminaire À notre Dieu et Père soit toute la gloire1 !

À l’unanimité, nous avons adopté le qualificatif d’« amis de saint Joseph » ; et décidé d’imiter l’effacement de celui qui aurait pu nous renseigner encore plus sur Jésus et Marie. Nous avons compris qu’il a choisi de nous « parler autrement », par sa vie, sans paroles. Que le père nourricier de Jésus, l’époux de Marie, a recherché une attitude de repli, dans l’ombre du Père, privilégiant l’anonymat. Nous attirait aussi l’acte d’humilité que sont les écrits spirituels anonymes qui nourrissent notre tradition chrétienne. C’est ainsi que, après deux années de labeur, d’étude et d’échanges, notre petit groupe de prêtres et de laïcs, hommes et femmes, vous propose ce travail. Il a abouti au moment même où le pape François propose à toute l’Église la figure de notre « bon ami ». Dans cet ouvrage, saint Joseph nous raconte sa vie, en alternant souvenirs, « confidences », joies, sentiments, angoisses, épreuves, craintes, luttes… Il ne s’agit cependant pas d’une biographie au sens propre car le style volontairement atypique privilégie un déroulé thématique, plutôt qu’un strict ordre chronologique. Les auteurs exposent pourquoi saint Joseph est « juste » dans la connaissance et la mise en 1. Cf. Premier Livre des Chroniques 29, 10-13 et Lettre aux P ­ hilippiens 4, 20.

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pratique de l’Écriture ; ils énoncent aussi comment il en a tiré des conséquences concrètes que nous pouvons tout à fait appliquer à notre vie.

C’est pourquoi, au détour des événements marquants ou ordinaires qui ont jalonné son existence, celui qui a vécu si près de Jésus et de Marie peut nous parler et nous interpeller pour nous faire réfléchir sur notre chemin, dans nos rapports avec Dieu et avec les autres et nous faire ainsi prendre part à sa paternité.

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Avant-propos Jésus-Christ est l’unique modèle. Tout converge vers lui. La Providence a voulu d’un Dieu-Homme, né au sein d’une famille, celle de Marie et de Joseph, lui-même « de la maison de David ». Pensé de toute éternité, ce dessein divin a réuni trois personnes que ni l’Histoire, ni la théologie, ni la piété ne sauraient séparer. Aussi pour mieux connaître notre Rédempteur et Sauveur, mieux comprendre sa sainte mère et pour les aimer davantage, nous faut-il nous familiariser avec cet homme qui a joué un rôle si particulier dans l’intimité de son foyer. Pourtant, peu de sources évoquent Joseph…

Joseph est cependant le premier et le seul Nazaréen dont l’Histoire fasse mention avant Jésus. Aucun texte antérieur à l’Évangile ne parle de Nazareth, qu’il s’agisse d’un écrit juif ou païen. Les Évangiles de Marc et de Jean ne font allusion qu’au métier de Joseph. Luc parle de lui, mais uniquement en fonction de Jésus et de Marie. Seul Matthieu présente directement Joseph pour mieux introduire le Christ dans l’histoire du peuple de Dieu.

Comme le silence du désert révèle souvent des richesses insoupçonnées, le silence de Joseph est des plus instructifs. D’expérience, nous savons que chaque silence est porteur 9 9782728929054_Joseph_BAT.indd 9

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d’un message précis. Impressionnants sont les silences du deuil, de la tristesse, de la honte. Le silence du péché, de la colère, de la peur, de la dissimulation, celui de la jalousie, de la vengeance, de la paresse… tous sont gorgés de contenu. Comme sont lourds aussi ceux de l’ignorance et du respect humain… Celui de Joseph est un silence très particulier et surtout très éloquent. Diseur de vertus : d’humilité et de prudence, de charité et de sérénité, de paix intérieure et de respect, de travail, de recueillement et de vie contemplative, d’abandon dans la providence divine.

Dès le ive siècle, tout ce qu’il y avait à dire de Joseph a été dit, et remarquablement dit. Comment ne pas faire mention cependant des apports majeurs des saints Augustin et ­Thomas d’Aquin,Thérèse d’Avila et Josémaria Escriva1 ? Leurs ouvrages et enseignements nous ont aidés à méditer ; c’est de l’ensemble de cette tradition que nous sommes redevables. Notre intention est d’aider le lecteur à connaître et aimer ce saint si proche de Dieu, de sa Mère et de chacun de nous. ***

Les représentations souvent touchantes, mais parfois un peu mièvres, de l’imagerie pieuse des siècles passés risquent de nous détourner de la stature de ce saint. Après Marie, Joseph a été le plus grand saint. Il a mené, comme elle, une existence effacée et commune. Ils ont atteint la plus grande sainteté sans rien faire d’extraordinaire, sans avoir réalisé le moindre miracle.

1. Bien des apports également significatifs, sans parler de l’enseignement des papes, seraient à signaler sur ce sujet : le chancelier J. Gerson, J. Piat et Mgr Christiani ; Mgr Brenat, L. M. Herrán, le cardinal Vivès,­ H. Caffarel, M. Gasnier, F. Mendoza, J. Perrin, R.P. Riondel et, récemment Frère D ­ ominique-Joseph, Mgr Rey ou Mgr Le Tourneau.

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De plus, il a été le témoin des trois grands mystères : l’Incarnation1, en étant constitué père de Jésus, la Trinité, en accueillant sa révélation2 et en faisant appel au Père et au Saint-Esprit pour éduquer l’enfant Jésus, et la Rédemption, quand Jésus lui a fait comprendre que « les affaires de son Père3 » étaient d’un ordre différent de ce qu’il imaginait. Bien plus que Moïse ou Élie, saint Joseph a vécu en présence de Dieu : on peut même dire qu’aucun homme n’a été si profondément en contact avec le Dieu fait homme et avec celle dont celui-ci a pris chair. Dans l’Ancien Testament, Dieu a voulu fixer le lieu de sa ­présence au milieu de son peuple dans l’arche de l’Alliance4, figure de la Vierge Marie, que protègent deux chérubins, qui pourraient être regardés en quelque sorte, comme l’image de saint Joseph et peut-être de saint Jean : ces deux grands saints ont été appelés à veiller attentivement sur la première et sur la seconde partie de la vie de la Vierge sainte, tabernacle choisi par l’Éternel pour y faire sa demeure.

La figure et la vie de Joseph doivent être une invitation forte à y découvrir un modèle de contemplation et d’action ; ainsi qu’un soutien, par son intercession toujours crédible dans la conduite de nos propres vies, souvent malmenées, d’hommes et de femmes chrétiens5 !

Contrairement à certaines idées reçues, la vie de Joseph n’a pas été de tout repos. Les rares événements le concernant, relatés par les auteurs des Évangiles, nous le montrent 1.  Cf. Évangile de saint Matthieu 1, 18-23. 2.  Ibidem. 3.  Cf. Évangile de saint Luc 2, 41-52. 4.  Cf. Livre de l’Exode 25-26 ; 31 ; Livre des Nombres 17. 5. Vézelay, Pellevoisin, L’Île-Bouchard, Montligeon, Mont-Saint-Michel,

Cotignac (Var)… Sur ces lieux de pèlerinage, le dynamisme de la dévotion envers l’époux de Marie et père putatif de Jésus ne cesse de croître.

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en effet aux prises avec les contradictions d’une vie où se mêlent, comme pour chacun, recherche du bonheur personnel, accueil de la volonté de Dieu et lutte contre les forces du mal et les embûches du Malin.

Tout au long de sa vie, il a dû sans cesse chercher à discerner, dans la foi, la volonté de Dieu pour mieux l’accomplir en dépit des difficultés. Sa discrétion silencieuse dans les Évangiles n’est jamais le signe d’une absence ou d’un simple effacement, loin de là. Le patriarche est présent, là où il doit être : à sa place, au bon moment, fidèle à sa tâche et à ses responsabilités. Sa vocation et sa mission sont vécues de façon aussi exemplaire qu’ordinaire. C’est pourquoi nous devons apprendre à le « retrouver » et à l’apprécier dans tout ce qu’il fait. Ce sera toujours pour nous une trouvaille qui nous nourrira de sa plénitude, qui n’aura justement pas besoin de mots pour dévoiler le mode d’emploi idéal et à notre portée, de chercher le meilleur accomplissement de la volonté de Dieu. En définitive, le saint patriarche trace l’accès privilégié à la sainteté, en nous révélant le secret de toute vie spirituelle authentique, incarnation des Béatitudes : « prendre, chez nous » – dans notre cœur – pour notre bien et notre bonheur, Marie et Jésus, comme il a si bien su le faire ! Suivant ses pas, nous emprunterons magistralement la voie chrétienne et mariale.

Saint Joseph continue à exercer au Ciel son ministère de service en faveur des membres du corps mystique, comme il le fit pour sa tête, le Christ. C’est pourquoi, à la demande des pères du concile Vatican I, le pape Pie IX le proclama patron de l’Église universelle1. Un demi-siècle plus tard, le pape Benoît XV invitait tous les chrétiens, spécialement les

1. Décret Quemadmodum Deus du 8 décembre 1870.

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travailleurs et les agonisants, à prendre saint Joseph comme modèle et patron, puisque « la dévotion à saint Joseph conduit normalement à Marie et à Jésus1 ». Si nous déposons nos prières entre les mains de Joseph, père nourricier de Jésus et époux de Marie, Dieu ne peut que nous entendre, et nous exaucer. ***

Aucune révélation ni vision n’ont accompagné ni inspiré la rédaction de ces pages. Elles sont le fruit de la méditation et de l’oraison. Comme les saints d’antan et de tout temps l’ont exprimé, la parole de Dieu doit devenir la vie de notre vie, la nourriture de notre âme et de notre prière car en germe, tout y est divinement dit, de façon implicite ou explicite. L’Écriture sainte informe notre âme et nos pensées et vouloirs. Nous la recevons et la vivons dans l’Église, qui nous la transmet et nous en ouvre le sens, en nous fournissant aussi d’autres moyens nécessaires pour notre salut. Une tâche primordiale pour le croyant consiste à plonger dans la Bible, avec une intensité telle qu’il devienne effectivement dans chaque scène « un personnage de plus ». Nous osons affirmer que telle a été notre attitude qui nous a permis de glaner dans l’Écriture ce qui a pu principalement informer l’âme de saint Joseph. Les années passant, le personnage de Joseph nous est devenu familier, lumineux, très présent et éloquent. Dans la vie cachée de Jésus, apparaissait progressivement, aux côtés de Marie, la figure de Joseph qui, de quasi-invisible, se dévoilait peu à peu, occupant une place fondamentale pour l’histoire du salut. Ses attitudes et son

1. Motu proprio Bonum sane du 25 juillet 1920.

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comportement, ses réactions et son rôle exemplaires nous semblaient non seulement parler mais crier parfois.

Dans cet ouvrage, Joseph relate à la première personne ce que l’Évangile décrit, évoque ou suggère. Ce faisant, il peut davantage nous introduire dans toutes les scènes et nous aider à les vivre pour que nous devenions un personnage non seulement spectateur mais « acteur » de l’Évangile. Le lecteur sera peut-être étonné que nous ayons osé faire parler celui qu’on appelle le grand silencieux. Mais si les évangélistes ne rapportent pas un seul mot et ne parlent que peu de lui, il n’est pas interdit de penser qu’il n’a pas voulu éventer lui-même « le secret messianique ». Le gardien sur terre du Verbe, de celui qui est la parole du Père n’en était peut-être pas pour autant un grand muet et nous avons voulu, dans ces pages, nous replacer dans la tradition du Moyen Âge et de tous ces Noëls provençaux qui n’hésitent pas à faire parler les personnages de la crèche.

… Sauf que Joseph est vivant comme tous les bienheureux du Ciel. Il s’adresse donc, maintenant, à vous, chers lecteurs, vous interpellant parfois, et vous permettant d’être placés à ses côtés pour partager ce dont il a été le témoin direct.

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Prenez votre vie au sérieux Je m’appelle Joseph, comme le fils préféré du grand patriarche, celui qui fut appelé Israël, ce qui veut dire « celui qui a lutté avec Dieu1 », et donna son nom à mon peuple. Dès mon plus jeune âge, j’ai compris que, tout en me reconnaissant bien peu de chose, j’étais pourtant le dépositaire d’un magnifique héritage, que j’étais le fruit d’une longue lignée.

J’ai très tôt compris que tout dans ma vie était un don de Dieu. Dans les confidences qui vont suivre, ne soyez donc pas étonnés si je fais souvent référence à notre Dieu. Il a en effet multiplié les alliances avec nous et a laissé son empreinte dans les fibres mêmes de notre être.

Joseph, dans notre langue, cela veut dire : « Dieu ajoute, Dieu augmente2. » Le Très-Haut m’a choisi pour ajouter encore des merveilles à celles que notre Seigneur a

1. « Ton nom ne sera plus Jacob, mais Israël (c’est-à-dire : Dieu lutte), parce que tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu l’as emporté » (Livre de la Genèse 32, 29). 2. Cf. Livre de la Genèse 30, 24.

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réalisées en notre faveur de génération en génération, pour augmenter le nombre de ceux qui se diront l’un à l’autre : ­« Goûtez et voyez : le Seigneur est bon 1 ! » Et moi-même, je dis mon adoration et ma gratitude au Tout-Puissant : « Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu. Beaucoup d’hommes verront, ils craindront, ils auront foi dans le Seigneur2. »

Mon passé, en tant que tel, croyez-moi, présente pour vous peu d’intérêt. J’en parlerai plus avant ; il a été une préparation à ma vraie vie, qui a commencé par la rencontre de l’amour de ma vie, au moment où j’ai plongé pleinement dans le dessein divin du salut. Avant de m’adresser à vous, d’âme à âme, de père à enfant, je veux d’abord évoquer le monde dans lequel je vivais.

Le peuple d’Israël, dont je fais partie, a toujours su que le premier élan de l’âme dans la prière se résume en ces mots : Écoute et souviens-toi ! « que le Seigneur ton Dieu t’as fait sortir à main forte et à bras étendus. C’est pourquoi le ­Seigneur ton Dieu t’a ordonné de célébrer le jour du sabbat3 ». Très tôt, nos pères et nos maîtres nous ont conduits à nous rappeler que le salut avait été une délivrance : la libération de l’esclavage, accomplie jadis par nos pères en Égypte4. Mais un affranchissement plus radical nous attendait encore : celui du péché et de la mort éternelle conséquence de la transgression d’Adam et Ève, et de nos propres péchés. Le Seigneur devait susciter « une femme » qui écraserait la tête de

1. Livre des Psaumes 33, 9. 2. Livre des Psaumes 39, 4. 3. Livre du Deutéronome 5, 15. 4. Cf. Livre de l’Exode 12-18.

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l’ennemi qui nous a valu l’éloignement du Seigneur1. Toute notre histoire ne serait que la préparation de ce grand jour. Nos livres saints nous ont appris comment vivre la foi et la pratiquer ainsi que la prière, et nous ont parlé des sacrifices de beaucoup d’hommes justes. Abel, Hénoch, Noé, les patriarches et les prophètes, tous ont « précédé et préparé » la rédemption : le Salut. ***

« Préparer le Salut » : quelle incomparable dignité ! Mais «  coopérer  » à l’œuvre du Seigneur, cela semble inouï. Et pourtant, déjà dans les temps anciens, tous ceux qui ont été conduits par la main de Dieu n’appartiennent-ils pas déjà au royaume des Cieux, ne coopèrent-ils pas avec le ToutPuissant ? C’est une des largesses du Très-Haut que d’accorder en effet à chaque personne la possibilité de seconder ses plans pour le bien de l’humanité. Le tout est d’y consentir, de remettre librement notre volonté dans les mains du Père !

Telle était ma démarche humble et abandonnée. A ­ vancer dans la vie de façon honnête, en faisant de mon mieux, plaçant mes pas dans ceux de mes pères, et sous le regard de Dieu. Je voulais faire mon devoir, sans encombre, sans bruit, sans héroïsme et sans éclat. Avancer à la bougie, pas à pas, éclairé à la lanterne de la volonté du Seigneur. Frères et sœurs de Jésus mon enfant, le Dieu de miséricorde m’a permis de comprendre que pour vivre heureux sur terre, un point essentiel est notre jugement sur nous-mêmes ; que le bonheur qui 1. « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon » (Livre de la Genèse 3, 15). Annonce de la lutte acharnée, mais victorieuse, du bien contre le mal.

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en résulte est complet. J’ai compris que la valeur qui est la nôtre ne dépend pas de ce que nous avons (biens matériels ou dons personnels), pas plus que de ce que nous faisons (succès ou réussites), mais de l’Éternel qui nous a créés et nous a donné ce que nous avons et ce que nous sommes, qui a rêvé de nous et nous a choisis avant toute autre création1 : « Toutes choses lui étaient connues, avant d’être créées ; elles le sont encore après leur achèvement2. » Pour ces raisons, j’ai répété sans cesse cette prière simple, si lumineuse : « C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère3 », ainsi que ces belles déclarations d’amour du Seigneur Dieu : « Je t’ai gravé sur les paumes de mes mains4. » Et d’insister : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré ; je fais de toi un prophète pour les nations5. » Que pouvait-il m’arriver de mauvais ? Ma prière, ma vie ! étaient totalement abandonnées entre les mains du Seigneur Dieu.

Et je suis tombé amoureux de Marie, éperdument amoureux ; de cette jeune fille qui était aussi amoureuse de son Seigneur. J’ai certainement voulu l’épouser, telle qu’elle était : son corps et son âme, son esprit et sa foi fervente. Son irruption dans ma vie a changé totalement ce que j’avais en moi de plus profond. Jusqu’à la fin de mes jours, j’allais me nourrir de son exemple merveilleux. Personne n’a collaboré ni ne collaborera jamais aux desseins de Dieu mieux qu’elle ; elle, l’unique, l’incomparable. Puis-je seulement dire que c’est en la regardant,

1. « ll nous a choisis dans le Christ avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour » (Lettre aux Éphésiens 1, 4). 2. Livre de Ben Sira le Sage 23, 20. 3. Livre des Psaumes 138, 13. 4. Livre d’Isaïe 49, 16. 5. Livre de Jérémie 1, 5.

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la contemplant, la vénérant, que j’ai pleinement découvert la responsabilité d’assumer ma place sur terre et le rôle tout particulier qui m’était échu, à moi, Joseph ? J’ai réalisé que je trouverais ma plénitude et mon épanouissement en mettant ma liberté, et tout mon être, comme Marie, au service du plan divin. Ma vie tout entière a pris du sens quand j’ai compris qu’elle devait être à la lettre une « présentation ». Oui, une mise en avant de Marie et de Jésus, dans un effacement aimant et complet pour que toute la gloire soit exclusivement réservée au Dieu fait homme et à la Vierge, sa mère. Obéir fidèlement au dessein de Dieu m’a amené à m’oublier pour que les bergers de Bethléem et les mages venus d’Orient puissent adorer l’Enfant-Roi et offrir un hommage de vénération à la pleine de grâce1. Telle a été ma première coopération visible à la manifestation de Dieu. J’ai accepté l’invitation qu’il adresse à tout le monde : l’invitation à accueillir Jésus, à regarder Jésus, à le laisser pénétrer dans votre intimité, à partager votre vie avec lui et à tenter le plus possible d’imiter les perfections de cet homme, toutes vécues dans l’amour, jusqu’au don complet de soi. J’ai mis tout ce que j’étais et tout ce que j’avais, mes pauvres talents, toute ma petitesse et mes faiblesses, tout ce que je réalisais, au service de l’œuvre de celui qui m’avait été confié, le Fils du Père : l’œuvre de la rédemption. ***

Vous n’avez pas choisi de vivre, ni d’être des hommes ; vous n’avez pas plus choisi votre pays de naissance, votre lignage, ou votre époque… Marie et moi, non plus. À bien y réfléchir, seul Jésus, notre Dieu et notre enfant, a choisi, de toute éternité, au sein de la Trinité, le moment précis – « la plénitude 1. Évangile de saint Luc 1, 28.

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des temps1 » –, pour demander à Marie d’être sa mère, afin de ­s’incarner en Palestine et y devenir un homme. Il y a un ici et maintenant où l’histoire éternelle rejoint la temporalité et la finitude de chaque humain. Notre bien le plus cher, notre liberté, y est convoqué. C’est ainsi que le Seigneur m’a choisi, moi, parmi tous les hommes. Le choix de Dieu devait être aussi… le mien. Notre vie, c’est à nous de la choisir, et souvent avec crainte et tremblement quand le Seigneur appelle – c’est toujours ainsi – à ce qui nous dépasse. Ce fut le cas de tous nos prophètes, Isaïe2, Ézékiel3, Jonas4… Il fallait être Marie, la « pleine de grâce5 » pour dire oui du premier coup. En revanche, moi, avaisje seulement caressé auparavant l’idée qu’un jour je pourrais être établi… comme père de mon Seigneur ? Quel insondable mystère ! Je me suis d’abord réfugié dans ce qui m’était familier, la Loi, et j’ai failli commettre l’irréparable : renvoyer celle qui m’était promise. Mais le Seigneur veillait et m’a envoyé son ange pour me rassurer et obtenir mon consentement : j’ai souscrit à l’idée de devenir comme le père de mon Dieu et le chef de sa maison ainsi que le dit littéralement un psaume : « Il fait de lui le chef de sa maison, le maître de tous ses biens6. » J’ai été établi comme témoin de son amour, dans l’amour, par pur amour et pour l’amour. Quelqu’un a-t-il jamais ouï dire de son fils que celui-ci avait choisi à l’avance son propre « père » ? Or, c’est cela qui m’est arrivé ! Si vous aviez pu désigner votre père, ou votre mère, sur qui aurait porté votre choix ? Et si vous aviez pu le façonner, le concevoir et l’inventer, quelles auraient été ses 1. Lettre aux Galates 4, 4. 2. Cf. Livre d’Isaïe 6, 1-13. 3. Cf. Livre d’Ézékiel 2, 1-6. 4. Cf. Livre de Jonas 1, 1-3 ; 2, 11 ; 3, 1-3. 5. « L’ange entra chez elle et dit : Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est

avec toi. (Évangile de saint Luc 1, 28).

6. Livre des Psaumes 104, 21.

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qualités ! Tout comme j’aimerais utiliser le cèdre du Liban, ce bois si précieux, pour des ouvrages de valeur, vous auriez fait vos parents avec le meilleur bois ! Pour Dieu, c’est aussi prodigieux et simple que ceci : Il pouvait le faire ; cela était convenable ; il le fit. Il le fit cependant à sa façon, comme il l’a toujours fait, en choisissant le plus petit de tous, moi le modeste charpentier d’une bourgade inconnue de tous, le descendant de ce berger auquel on ne pensait même pas1, David, le fidèle observateur de cette loi donnée par « l’homme le plus humble que la terre ait porté2 », Moïse. « Celui qui règne dans les cieux s’en amuse, le Seigneur les tourne en dérision3 » mais les humbles, il les prend en considération et les élève au point de leur confier les plus sublimes missions.

À chacun de nous, le Seigneur accorde une place particulière dans son plan d’amour. Pour le bien comme pour le mal, Dieu veut courir le risque de notre liberté. Il a souvent voulu dépendre d’un homme, ou d’une femme, pour mener à bien ses desseins. Élohim4, le Tout-Puissant, ne s’impose pas et choisit d’être suspendu aux décisions de notre liberté. Écoutez-moi bien, mon enfant : le temps de la « préparation » est définitivement révolu, et Dieu cherche maintenant des coopérateurs à son œuvre de salut. Si vous désirez mettre

1. « Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. » Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. » Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » (Premier Livre de Samuel 16, 10-12). 2. Livre des Nombres 12, 3. 3. Livre des Psaumes 2, 4. 4. Un des noms synonymes en hébreu pour désigner le vrai Dieu de l’Ancien Testament.

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vos pas dans les miens, si ma vie avec Jésus et Marie est en mesure de vous inspirer, entrez en prière et commencez par vous souvenir. Par le passé, vous avez fait le bien autour de vous, vous avez semé de bonnes graines dans votre milieu de travail, dans votre famille, auprès de vos amis… D’où cela venait-il ? Comment, pourquoi, cela s’est-il déroulé ainsi ? Pensez à votre passé et vous constaterez que rien n’est le fruit du hasard, que le Seigneur a depuis longtemps commencé à vous révéler la place qu’il souhaitait vous donner pour que vous deveniez collaborateur de son salut. Si vous regardez de plus près, vous découvrirez qu’il y a des constantes qui, par définition, se répètent. Ces « constantes » sont les dons et les charismes que Dieu vous a donnés. En les utilisant, vous êtes fidèles à la volonté du Seigneur et, à votre tour, vous accomplissez votre vocation. Il est temps de méditer tout cela sérieusement pour tenir la bonne place : celle qui vous est préparée depuis si longtemps ! Demandez à l’Esprit Saint d’éclairer votre intelligence pour entrer dans la « logique » à laquelle je me suis abandonné. J’ai toujours « joué le jeu », en toutes circonstances, sûr que la meilleure route que nous puissions suivre est celle que Dieu propose à notre liberté. C’est pourquoi je me permets de vous glisser un conseil à l’oreille : si vous voulez être pleinement heureux, recherchez la plus grande docilité au dessein de Dieu, qu’il nous fait toujours connaître. C’est là que nous sommes attendus. C’est là le secret de la liberté intérieure et son plus grand enjeu.

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Devenez juste Naître au sein du peuple d’Israël forge une profonde identité ; se laisser façonner par nos saintes Écritures amène tout naturellement à aspirer à devenir soi-même « juste ». Le psaume ne dit-il pas : « Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban1 » ? Le jeune croyant que j’étais ne pouvait oublier le sacrifice d’Abel qui avait donné à Dieu ce qui lui était le plus précieux2. Mes modèles et guides, Abraham3 et Job4 avaient été confrontés au sacrifice. Mais Dieu rend au centuple ce qu’il paraît prendre ou exiger. Déconcertante vérité, mystère, que cette façon d’agir du Seigneur ! Concrètement, comment le Seigneur s’y prend-il pour faire de nous des « justes » ?

Le Seigneur exigerait un renoncement… à ce qu’il avait pourtant donné… pour le restituer ensuite ! Je me trouvais moi aussi face à la même exigence : Dieu m’avait donné Marie. Quelle épreuve de découvrir cette surprenante grossesse5. Mon amour pour la Toute-Belle m’était-il demandé 1. Livre des Psaumes 91, 13. 2. Cf. Épître aux Hébreux 11, 4. 3. Cf. Livre de la Genèse 22, 1-14. 4. Cf. Livre de Job 1, 1-3 ; 19-22 ; 2, 7. 5. Cf. Évangile de saint Matthieu 1, 18-24.

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en sacrifice ? Dieu voulait-il ainsi me l’enlever après me l’avoir donnée ? Mon amour pour elle était tel que j’ai vécu un drame épouvantable. Par ce coup de massue je me suis senti trahi et humilié, profondément déçu, envahi par l’amertume du doute et de la solitude : j’ai fait l’expérience de la cruauté de la douleur amoureuse…

Sans rentrer dans de grands raisonnements, la seule force de mon amour m’empêchait de la dénoncer publiquement. Par amour, pour ménager sa réputation, il me fallait me séparer d’elle et la renvoyer en secret1. J’avais renoncé librement à ce qui était le plus précieux et le plus intime de ma vie : mon amour pour celle qui comblait mon cœur. Ces moments ont sans doute constitué la plus grande épreuve de ma vie. C’est alors que je fus délivré de cette angoisse quand l’ange réclama ma pleine disponibilité intérieure à la volonté de Dieu. Ma mémoire chercha des références, quelques repères dans notre histoire : un ange avait rassuré Abraham en sauvant finalement la vie de son fils2 ; tout comme pour Tobie, à la veille de ses noces, après tant d’embûches3. Ce n’était pas la même situation mais l’enjeu était identique : la confiance aveugle dans mon Dieu, le roi des siècles. L’ange me rassura. L’aide divine m’a poussé à faire le pas : consentir à entrer pleinement dans le plan de la Providence, sans toutefois toujours le comprendre4. En fait, lorsque j’assemble différentes pièces taillées dans le pin de Jérusalem pour constituer un meuble, c’est un processus semblable ! Les bouts de bois doivent se laisser faire par les mains de l’artisan qui doit forcément tailler, couper, poncer, 1. Cf. Évangile de saint Matthieu 1, 19. 2. Cf. Livre de la Genèse 22. 3. Cf. Livre de Tobie 5-7. 4. Cf. Évangile de saint Matthieu 1, 20.

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transpercer, clouer. Dieu voulait mon acquiescement à une justice non pas terrestre mais un assentiment inconditionnel à sa très sainte volonté pour m’accorder la surabondance de ses dons : « À tout instant j’expose ma vie : je n’oublie rien de ta loi. (…) Tes exigences resteront mon héritage, la joie de mon cœur. Mon cœur incline à pratiquer tes commandements : c’est à jamais ma récompense1. »

Si le Maître de l’univers demande toujours, toujours il donne. Être juste envers l’Infini, c’est sans doute vivre avec cette certitude. Curieuse justice, en rien conforme à la nôtre – car en Dieu l’équité n’est pas possible, Il donne sans compter : il nous « rend » bien plus que nous n’avons donné. Ainsi, quand Il demande quelque sacrifice, c’est pour, en retour, nous surprendre et nous combler de sa divine surabondance. Je vivais, nous vivions Marie et moi, face à Dieu dans ce curieux équilibre de donner et nous donner, sans compter, et le plateau de la balance – joie et paix, amour, amitié… – penchait toujours à notre avantage : « Heureux les habitants de ta maison, Seigneur2. » Attentif et appliqué à être un juif pieux, j’aimais plus que tout la justice, la loi et les requêtes divines ! J’avais expérimenté que toutes trois sont sources de liberté et permettent à l’amour de s’épanouir. Si je dis cela, c’est que Marie l’avait certainement remarqué et que, pour cette raison peut-être, elle m’avait choisi. Les psaumes faisaient mes délices : « Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur ! Jamais ils ne commettent d’injustice, ils marchent dans ses voies3. » 1. Livre des Psaumes 118, 109-112. 2. Livre des Psaumes 83, 5a. 3. Livre des Psaumes 118, 2-3.

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Seul ou en chœur, à la maison, je répétais : « Que le Seigneur soit votre joie ! Exultez, hommes justes1 ! » ou ­ encore, enchaînant un autre psaume : « Ce que tu veux que je fasse, Adonaï2, voilà ce que j’aime3. » Je demandais au Seigneur de me bénir et faire de moi un homme cohérent et fidèle, devant Dieu et devant les hommes, un homme qui trouve la plénitude de l’amour dans la docilité à ses exigences. Dans la synagogue et dans le Temple, j’ai écouté, je me suis instruit, me suis laissé former et c’est ainsi que j’ai pu entrer dans les voies du Seigneur. Si j’aimais plus que tout le long psaume de la Loi4, de la « grâce de la Loi », je vibrais tout particulièrement lors de cette magnifique fête du don de la Loi5 cinquante jours après Pâque lorsque, pour sceller les fiançailles entre Dieu et le peuple juif, on lit le chant d’amour du Cantique des Cantiques, cette recherche éperdue de la bien-aimée qui se cache. Je m’y retrouvai et compris que le Seigneur avait semblé me l’enlever précisément pour me faire prendre conscience de la force de mon amour naissant. De même que le Seigneur avait demandé à Abraham le sacrifice du fils de la promesse pour aviver sa 1. Livre des Psaumes 31, 11a-b. 2. Nom hébreu qui signifie « Mon Seigneur », ou « Mon Maître » et qui désigne

Dieu.

3. Livre des Psaumes 39, 9. 4. Le psaume 118, le plus long de tous les psaumes, fait l’éloge de la loi divine

dans ses multiples facettes : dans la Loi, le juste « touche » Dieu. Le rapport entre l’orant et la Loi se décline en plusieurs registres : admiratif, suppliant, reconnaissant, enthousiaste. La Loi est perçue comme lumière, vie, miséricorde, richesse, plaisir, amour ; aussi comme consolation devant le spectacle déplorable des impies ; et encore comme le message de salut que le croyant entend proclamer autour de lui. Estimée comme son trésor précieux, « plus qu’un monceau d’or » (v. 72), le juste « vit de la Loi », à l’unisson avec elle et il est façonné par le Seigneur de la Loi. 5. « Chavouot » : une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme, avec « Pessa’h » et « Souccot ».

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foi, de même Il avait semblé me demander le sacrifice de mon amour pour me faire découvrir une nouvelle Loi, celle de l’Amour : la Torah, la bien-aimée du Cantique, avait pris le visage de Marie.

Mais Marie était plus qu’une personnification de la Torah. Elle était son incarnation ; et le fruit, ô merveille, qui grandissait dans son sein si pur, accomplissait littéralement la parole divine : « Ta loi me tient aux entrailles1. » La justice, qu’étaitelle donc devenue pour moi ? Surtout une confiance et un abandon sans bornes, ceux-là mêmes de l’enfant envers celui qui peut tout et qui ne veut que votre bien : « Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait2. » ***

Cheminant habituellement sur cet itinéraire intérieur d’abandon confiant, j’ai expérimenté alors un tournant incomparable dans ma vie. Subitement, j’ai compris que Dieu est un éducateur qui accompagne chaque personne de bonne volonté pour la rendre plus juste.

C’est ainsi qu’une nouvelle justice apparaissait à mes yeux et à mon esprit. Surtout à mes yeux, car je la voyais personnifiée. J’ai pris conscience petit à petit qu’elle était… Jésus lui-même ! Car Jésus, dans tout ce qu’il faisait, ne cessait d’aimer, d’« être » amour. La justice, avec Jésus, ne consistait plus à accomplir mais à… aimer ! C’était une loi nouvelle, jamais imaginée auparavant ! Une loi d’amour qui s’imposait comme un nouveau mandat impératif venant magnifier et synthétiser, en les enrichissant, les dix commandements reçus de Moïse. Et je voyais également comment Marie se 1. Livre des Psaumes 39, 9. 2. Livre des Psaumes 144, 17.

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conformait parfaitement à cette nouvelle dimension qui donnait une configuration supérieure à tout. Ma justice changeait de perspective, où donner juste « ce qu’il faut », « ce qui serait dû » devenait insuffisant car ce n’était plus donner… Ma famille, vraiment semblable en bien des points aux autres familles, avait en elle effectivement le « Germe » et le « Principe » de cette Loi nouvelle. C’était quelqu’un : l’Enfant-Dieu, qui la rendait de fait surtout différente ! Cette « Loi suprême », vécue au sein de notre famille, « ajustait » tout et embrassait tous nos rapports. Elle contenait une vigueur douce et à la fois passionnée. Tout, dans notre foyer était un reflet sublimé du Cantique des Cantiques : « L’amour est fort comme la Mort ; ses flammes sont des flammes de feu. Les grandes eaux ne pourront l’éteindre, ni les fleuves l’emporter1. »

Dans notre prière avec Marie, une intention montait à nos cœurs : « que toutes les familles de la terre puissent vivre selon cette loi nouvelle ! » ; « que tous les peuples se conforment à la loi de l’amour ». Voilà l’esprit qui anima la vie de notre divin fils, tel le message qu’il allait proclamer avec autorité, quand son « heure » arriverait, pour le salut et la conversion du monde.

En agissant comme l’ange du Seigneur m’avait prescrit2, j’ai été certain d’accomplir la chose la plus juste de mon existence. J’ai compris que la foi, tout en étant l’assentiment profond de l’âme devant la révélation que Dieu fait de lui-même, est également cette confiance filiale qui permet l’abandon au projet de Dieu, à la volonté du Père, aussi fou

1. Cantique des Cantiques 8, 6-7. 2. Cf. Évangile de saint Matthieu 1, 20.

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qu’il soit à nos yeux ! Car le Père est « justice et pitié1 ». Jésus, depuis sa prime enfance allait nous le confirmer, de plus en plus ouvertement et de diverses manières : « Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé2 ! » ***

Docile à l’Esprit Saint, je n’ai eu qu’à suivre ce qui m’a été appris par les deux êtres qu’il m’a lui-même confiés : Justice et justesse ointes d’amour. Je rends témoignage de ce que j’ai vu de mes yeux et touché de mes mains3. Je ­m’efforçais de suivre ces modèles parfaits qui m’instruisaient constamment. Je constatais chaque jour qu’ils appliquaient parfaitement les enseignements reçus à la synagogue et les sublimaient, étant infusés dans leur être, car ils se nourrissaient de l’intérieur par cette nouvelle Loi. L’objectif pour devenir juste m’apparaissait clairement : chercher à « plaire à Dieu » en tout, en achevant chaque action, avec soin, ponctualité, humilité et esprit de service, sans jamais rien omettre. Chacune des qualités prêchées par nos rabbins, je la voyais incarnée, débordante d’aimables vertus. La tâche de ma vie était donc de m’ajuster – c’est le mot exact – à leur façon d’agir, voie royale vers la justice face à Dieu et face aux autres.

1. Livre des Psaumes 114, 5. 2. Évangile de saint Jean 17, 25. 3. Cf. : « Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce

que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous » (Première Lettre de saint Jean 1, 1-2).

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Ma vie a été unifiée par les trois pôles fondamentaux qui l’ont orientée : j’ai cherché en tout la gloire de Dieu ; telle a été la finalité absolue que j’ai inlassablement visée. Pour y parvenir, je me suis assidûment efforcé d’y adhérer par toutes mes facultés : mon intelligence, ma volonté et mes sentiments. J’ai tenté enfin de toujours la mettre en œuvre avec les moyens concrets qui occupaient mon heureuse vie : ma prière et ma famille, ma lutte pour acquérir les vertus, mon travail et mes relations avec les autres.

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3

Acceptez d’être aimés et d’aimer Quelle vision avez-vous de moi à l’époque de mes fiançailles ? Voyez-vous un vieil homme fané, réduit à l’état de vieillard ? Pourquoi ces conjectures inventées pour, soidisant, protéger prétendument et « rendre évidente » la virginité de Marie ? Est-ce aussi une manière de me mettre totalement à l’écart pour que toute la fraîcheur, la tendresse et l’admiration soient reportées exclusivement sur Marie et Jésus ? Pas de place pour le vieil homme devenu une espèce d’ombre, un accompagnateur forcé, silencieux, et à occulter. Attention, vous risquez alors de fausser la nature de l’amour qui m’a lié à Marie, de ne penser qu’à Marie-mère en oubliant Marie-épouse, et de concevoir un foyer « maternel » en oubliant l’époux et le père ! Ma rencontre avec Marie s’est produite très tôt, durant ma jeunesse alors que j’étais un adolescent. La masculinité des jeunes Hébreux coulait dans mes veines, j’étais plein de la force physique reçue du Créateur et Seigneur et je la garderais pendant de nombreuses années. À me rappeler aujourd’hui les premières rencontres avec Marie, dans notre bourgade de Nazareth, une émotion profonde s’empare 31 9782728929054_Joseph_BAT.indd 31

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de moi et me replonge aux sources de mon fol amour pour elle. Elle avait « très belle apparence et était vierge » comme Rebecca1 ; comme Judith2 « elle craignait Dieu profondément » et « était pieuse », « avait belle allure » comme Rachel3, « des yeux délicats4 », comme Léa. S’y ajoutait ce jene-sais-quoi d’indéfinissable propre à celles qui se donnent éperdument à Dieu, sans compter et par amour. C’était elle, Marie, dans son être même qui me saisit immédiatement. Elle était, parmi toutes les jeunes filles, mon élue, et surtout l’élue de Dieu, choisie pour devenir la Mère du Messie… Mais je n’en savais rien. Qui d’ailleurs aurait pu s’en douter ? ***

La douceur de ce souvenir me pousse à vous inviter de tout mon cœur à revivre en vous les moments si particuliers de votre rencontre avec votre amour ; à faire fréquemment appel à votre mémoire pour vous rappeler les instants où tout votre être, corps-cœur-âme, a ressenti les premiers ravissements devant la personne aimée. Tout amour a besoin de se nourrir. Il rajeunit en revivant ses premiers élans. Comment pourrais-je, moi, vous montrer ce qui a bouleversé mon cœur en le comblant à la fois d’un amour si impétueux et si doux ? Rien d’extraordinaire ni d’extravagant certes et pourtant, dans ce décor ordinaire, voire banal, tout est devenu exceptionnel ! Allez chez nous, à Nazareth, ce petit village en Galilée, et vous ressentirez peut-être l’atmosphère de mes premières rencontres avec celle qui allait illuminer toute ma vie. Certains éléments, certains aspects de ce paysage qui fut élu par 1. Cf. Livre de la Genèse 24,16. 2. Livre de Judith 8, 8 et 31. 3. Cf. Livre de la Genèse 29, 17b. 4. Cf. Livre de la Genèse 29, 17a.

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l’Éternel (pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? – mystère du choix divin –) ont changé depuis, mais bien des lieux et des situations demeurent semblables : la fontaine où nous allions chercher l’eau chaque jour, l’ombre des figuiers, les chemins pierreux et poussiéreux. Les troupeaux de brebis, les ânes sont les mêmes… Au cœur de la bourgade se dresse toujours la synagogue. Et mon atelier. Alors que je découpais des poutres dans de grands troncs de chênes provenant du mont Thabor, Marie y est entrée… Elle avait été chargée par ses parents de demander un service ou faire une commission, je ne sais plus. Et c’est dans ces lieux et en ces circonstances si ordinaires de la vie du village, que nous nous sommes connus, fréquentés, et que notre amour est né : « Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies. Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre. Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, ma bien-aimée, ma toute belle, et viens1… »

Afin d’honorer ma lignée davidique, je devais choisir une épouse de la même ascendance. « Dieu merci ! » Marie était bien de la maison de David par son père Joachim et fille d’Aaron par sa mère Anne. Je cherchais toujours à vivre en juif fervent et en particulier à observer la loi d’Israël reçue de Dieu par Moïse. Or une « mitzvah2 » de la Torah, 1. Cantique des Cantiques 2, 10-13. Le Cantique des Cantiques est un poème exprimant l’amour de l’Éternel pour Israël. Le langage utilisé par l’Esprit Saint dans ce livre s’exprime en images tirées explicitement de l’amour entre l’époux et l’épouse. Sa lecture est toujours attachée aux fêtes liturgiques, notam­ment au jour de la fête du « don de la Loi » — « Chavouot » — au mont Sinaï. 2. Prescription à coloration morale, désignant habituellement une « bonne action ».

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connue de tout jeune pratiquant, indiquait que l’âge idéal du mariage pour l’homme juste est de dix-huit ans et que Dieu maudissait l’homme qui n’était pas encore marié au-delà de vingt ans. Nos rabbis fixaient donc très précisément l’âge du mariage entre dix-huit et vingt ans mais admettaient toutefois des dérogations pour des raisons exceptionnelles, des études bibliques, par exemple. Vous avez compris, chers amis, que j’étais un tout jeune homme ! ***

Nous nous étions fixés, Marie et moi, quatre points essentiels à vivre avec une particulière exigence : l’accomplissement de la volonté du Très-Puissant, notre vocation précise sur terre, notre désir de nous donner totalement au service du Créateur, et notre amour. Tout en voulant aimer ­l’Éternel de tout notre être, en étant prêts à renoncer à tout sur terre – y compris à un amour humain –, la situation concrète s’imposait à nous : Marie m’aimait et j’aimais Marie de tout mon cœur. Le Dieu de miséricorde présidait certainement à notre amour… J’ai ressenti une délivrance indescriptible quand nous avons compris que Dieu accueillait l’offrande totale que nous lui avions faite, et surtout qu’il la rendait compatible avec notre amour mutuel d’époux. Dieu aimait cet amour donné et reçu entre nous : notre offrande totale, d’amour pour lui, au travers de l’autre1 ! ***

Dieu, par Moïse laissa clairement établi un délai d’un an entre les fiançailles et le mariage. Durant cette période, 1. « Je te fêterai, toi, ma forteresse : oui, mon rempart, c’est Dieu, le Dieu de mon amour » (Livre des Psaumes 58, 18).

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le jeune homme a la responsabilité de pourvoir aux nécessités de sa fiancée, sans toutefois s’unir physiquement à elle qui demeure encore chez ses parents. Je me suis mis ainsi à l’école de la maîtrise de soi. J’ai lutté pour dominer mes passions charnelles et j’ai opté délibérément pour la sobriété et la vigilance dans tous les domaines : dans le boire, le manger, la garde de mes sens, m’investissant complètement dans mon travail et dans les relations familiales et amicales. J’ai apprécié le contenu délicat, exigeant et positif de la chasteté ainsi que le contexte qui l’enveloppait, afin de vivre et d’accorder la mienne à celle de Marie. Mon amour pour ma fiancée y a contribué énormément, et en retour ma capacité d’aimer a considérablement grandi en se purifiant. Qu’il est heureux de vivre fidèle à ce cheminement, en cette période de préparation à notre vie commune d’intimité scellée par le mariage. Ce temps béni permet aux fiancés d’être vraiment humains, en vivant dignement, guidés par la raison et non « à l’instinct ». Comment fonder autrement une relation sur le respect et l’accueil mutuel ; comment l’envisager comme un don ; comment donner la priorité à l’autre et en prendre soin ? Quels bienfaits n’en retire-t-on pas, sous la forme de bénédictions, qui nous font progresser et affermissent notre lutte pour la rendre encore plus belle et aimable ! J’aimerais vous dévoiler ce qui faisait la force de notre relation naissante. Avec Marie, nous aimions Dieu de toutes nos forces, cherchant à le connaître et à l’aimer toujours davantage. Nous grandissions en approfondissant le commandement à la fois ancien et éternellement nouveau, et surtout en le rendant concret et quotidien, d’abord entre nous deux : « Tu aimeras ton

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prochain comme toi-même »1. Il est exigeant mais il assure par-dessus tout bonheur et fidélité.

L’amour prenait la toute première place dans ma vie. Quand j’ai peu à peu et concrètement pris conscience de ce que je savais si bien déjà – que Dieu m’aimait ! –, je suis devenu fou d’amour. Dieu m’aime : le Tout-Puissant, le ­Créateur, le Tout-Autre m’aime puisqu’il me donne de vivre mon amour pour Marie ! Cela peut vous paraître invraisemblable mais le mariage d’amour à notre époque n’était pas de mise ; loin de là. D’autres raisons s’imposaient habituellement pour conclure une alliance. C’est pourquoi, à cette époque des fiançailles, prenant conscience que Marie elle aussi m’aimait – elle, toute revêtue d’une beauté spirituelle que je devinais et qui me semblait si supérieure à mes pauvretés –, mon âme jubilait sans parvenir à contenir tant d’émoi. J’allais comprendre bientôt, au moment de son annonciation angélique, que Marie, le cœur en prière tout rempli de Dieu, était aussi entièrement donnée à l’époux que je ne tarderais pas à devenir pour elle. Elle m’avait choisi parmi tous : je m’en sentais tellement indigne ! En quoi avais-je pu l’attirer ? Que pouvait-elle aimer chez moi ? Avait-elle décelé en moi un quelconque genre de beauté ou une masculinité particulière ? Ou alors, mon regard dévoilait-il à ce point le profond élan de mon cœur, reflétait-il les sentiments incomparables de mon âme ? Qui étais-je, moi, pour être ainsi choisi et aimé… de Dieu et de Marie ? J’avais si souvent demandé au Très-Puissant de trouver « sous son aile un refuge2 » et en sa compagnie, et me voilà exaucé au-delà de mes rêves les plus fous car Dieu et Marie m’assuraient

1. Livre du Lévitique 19, 18b. 2. Livre des Psaumes 90, 4.

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d’« habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie1 ». Beau et grand mystère qui m’a porté et confondu jusqu’à mon dernier jour sur terre. Je n’ai cessé de les aimer pardessus tout. « Ceux qui aiment le Seigneur, le Seigneur les regarde : il est bouclier puissant, appui solide, abri contre le vent brûlant et le soleil de midi, protection contre l’obstacle, secours qui préserve de la chute ; il relève l’âme, illumine le regard, donne guérison, vie et bénédiction2. » Là a résidé l’incomparable privilège qui a donné plénitude de sens et de bonheur à ma vie.

1. Livre des Psaumes 26, 4. 2. Livre de Ben Sira le Sage 34, 19-20.

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Table Note liminaire............................................................. 7 Avant-propos.............................................................. 9 1. Prenez votre vie au sérieux..................................... 15 2. Devenez juste......................................................... 23 3. Acceptez d’être aimés et d’aimer............................ 31 4. Écoutez la voix de Dieu......................................... 39 5. Obéissez à Dieu pour être souverainement libres... 47 6. Engagez-vous dans votre mariage.......................... 55 7. Pour être souverainement libres, soyez aussi fidèles....................................................... 61 8. Aimez d’un cœur pur............................................. 69 9. Voyez Dieu............................................................ 77

10. Adorez................................................................. 85

11. Battez-vous pour tout !......................................... 95 12. Soyez des hommes, des femmes d’honneur.......... 103 13. Aimez votre époux, votre épouse.......................... 109 14. Faites preuve de la force de la douceur...................... 117

15. Travaillez face à Dieu et face aux hommes........... 123

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16. Croyez, espérez, aimez !........................................ 131

17. Aimez votre paternité.......................................... 139 18. Pères, soyez des éducateurs................................... 147 19. Aimez toute vocation........................................... 157 20. Sanctifiez le sommeil........................................... 165 21. Offrez votre journée............................................. 171 22. Vivez au-dedans................................................... 177 23. Soyez contemplatifs............................................. 185 24. Soyez heureux en famille...................................... 195 25. Soyez fiers d’être des serviteurs............................ 205

26. Imitez et identifiez-vous à Jésus............................. 213 27. Grisez-vous du divin silence................................ 231 Conclusion. Oh, belle mort............................................ 243 Épilogue..................................................................... 255 Dévotionnaire............................................................. 259

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« Nous pouvons tous trouver en saint Joseph l’homme qui passe inaperçu, l’homme de la présence quotidienne, discrète et cachée, un intercesseur, un soutien et un guide dans les moments de difficultés. (…) Joseph nous enseigne ainsi qu’avoir foi en Dieu comprend également le fait de croire qu’il peut agir à travers nos peurs, nos fragilités, notre faiblesse. Et il nous enseigne que, dans les tempêtes de la vie, nous ne devons pas craindre de laisser à Dieu le gouvernail de notre bateau. » Pape François, Lettre apostolique Patris corde

Saint Joseph nous fait découvrir ce que le Seigneur attend de chacun de nous et propose concrètement d’innombrables manières d’accomplir sa volonté, pour faire de nos familles des foyers épanouis, saints, lieux de foi, d’espérance et de charité.

14,90 € France TTC www.mameeditions.com

Illustration de couverture : ©TM/droits réservés, 2021

Écrit par les « Amis de saint Joseph », un collectif de prêtres et de laïcs (pères et mères de famille), ce livre audacieux prend le risque de faire parler, à la première personne, le saint patriarche dont les Évangiles ne livrent qu’un portrait silencieux. Nourries de la méditation de la parole de Dieu, de la contemplation du mystère de l’Incarnation qui grandit sous son toit, de la plénitude du bonheur conjugal partagé avec la Vierge Marie, les confidences de Joseph nous éclairent sur la façon dont il a assumé ses responsabilités de père et d’époux. Au fil des pages, il nous apostrophe pour nous montrer, en compagnon de route bienveillant et pédagogue, le chemin du bonheur véritable.


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