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Préface Qu’est-ce qu’un homme, une femme peut faire de grand de sa vie ? Aimer, c’est-à-dire la donner. Au soir du Jeudi saint, s’apprêtant lui-même à donner sa vie, Jésus explicitera : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13). Aimer vraiment, aimer jusqu’au bout, aimer pleinement, cela veut dire donner sa vie. L’amour vrai va jusqu’au don total. Cette intuition est partagée par tous, croyants ou non. Ce qu’il y a de plus beau, de plus grand chez l’homme et la femme, c’est leur capacité à se donner, à tout donner par amour. Pour la foi chrétienne, qui anime le cœur et éclaire le travail d’Ange Provost, cette capacité d’aimer vient de Dieu, elle est comme la trace que Dieu a laissée en tout homme. C’est en cela que nous sommes créés à l’image de Dieu, puisque « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8). Ainsi, un couple qui s’aime dit quelque chose de Dieu. La tendresse qui se révèle, cette attention délicate à l’autre, ces regards de bienveillance, la joie des retrouvailles, cet accueil de l’autre dans son mystère… Tout cela transparaît page après page dans cet ouvrage. Il faut relire le Cantique des cantiques, le livre d’Osée et tant d’autres passages de la Bible pour comprendre que l’histoire du Salut est une grande histoire d’amour, avec ses blessures et ses pardons, ses joies et ses larmes, ses grands désirs et ses attentes… Tout culmine quand l’Époux se livre pour aimer cette humanité blessée et la sauver : les noces de l’Agneau sont célébrées, la Vie nous est donnée. Ceux qui ne croient pas ont, malgré tout, l’intuition qu’aimer leur est donné, que cette capacité d’aimer, cet élan de l’amour qui peut aller jusqu’au don total est un trésor reçu, confié, dont il faut prendre soin. C’est ce que nous avons de plus beau en nous, c’est ce qui nous fait donner le meilleur de nous-mêmes. Il nous faut aimer d’une façon ou d’une autre pour nous accomplir. C’est l’amour conjugal qui est célébré dans ce livre à travers ces couples mis en lumière. Ce sont ces jeunes et ces fiancés émerveillés de se découvrir, d’apprendre à s’aimer, de rêver ensemble la belle aventure de leur vie. Plus aucune montagne ne leur fait peur, ils se sentent capables de traverser toutes
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les tempêtes, ils sont prêts à toutes les audaces. Leur vie – ils le pressentent – ne sera pas tranquille car il n’est jamais facile d’aimer pleinement. Mais elle sera belle, parce qu’elle sera donnée ! Ce sont aussi ces époux, après quelques années de mariage à peine ou déjà au soir de leur vie. La tendresse, la joie d’aimer, la générosité à se donner jour après jour sont toujours là. Les années ont éprouvé l’amour mais l’ont rendu aussi plus profond, plus juste, plus offert. Le pardon – sommet de l’amour – a pris sa place. L’amour fougueux désormais sait patienter, se mettre au rythme de l’autre, se faire attentif aux petits gestes du quotidien. On apprend à aimer ce qui est plus simple, plus vrai, plus profond. On s’est accordé peu à peu. On continue d’apprendre à se connaître, parce qu’on n’aura jamais fait le tour d’une personne, du mystère qu’est l’autre… parce qu’on n’aura jamais cessé d’apprendre à aimer l’autre tel qu’il nous est donné… Mais l’amour prend aussi d’autres visages, tellement différents, incarnant chacun à leur façon le don d’une vie. Parents, amis, religieux, soignants ou militaires, enseignants… tous celles et tous ceux qui, quel que soit leur état de vie, dans le quotidien de leur métier, de leurs engagements, de leur vie familiale ou amicale, essayent de se donner jour après jour, dans la joie comme dans les épreuves. Tout prend de la valeur – même l’activité la plus banale – quand on y met de l’amour. L’amour dans les petites choses, l’amour du temps ordinaire, la fidélité du quotidien. Elle suffit à faire des saints ! Toute vocation est une vocation à l’amour. Toute vocation est une histoire d’amour. On peut vivre à contrecœur ou de tout cœur, c’est le grand choix qui nous reste toujours : aimer ou pas, aimer encore un peu, aimer et se donner puisqu’on est fait pour cela. Merci, Ange Provost, pour ces photographies et portraits qui disent quelque chose de l’amour et du don. Merci pour ce travail au service de la beauté de l’amour vrai ! Qu’il aide chacun à garder un cœur émerveillé de cette capacité d’aimer que nous avons tous reçue, que nous sommes tous appelés à mettre en œuvre, selon notre vocation. Bienheureux ceux qui gardent cet émerveillement, malgré les blessures et les pauvretés ! Toute vie est belle quand on essaye d’aimer et de se laisser aimer. Toute vie est précieuse et trouvera sa fécondité si elle est donnée. Ces couples vivent la joie de l’amour, ils sont les témoins d’un amour toujours possible, au cœur même de nos fragilités, puisque nous avons tous une vie à offrir, à donner. Abbé Pierre-Hervé Grosjean
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Introduction Pourquoi ce livre ? Pourquoi des photos d’amoureux ? Pourquoi maintenant ?… Pourquoi pas maintenant ? Voilà bien trop longtemps qu’une pandémie nous prive du plaisir des romances sur les pavés, ces couples accostés aux ports des terrasses de café, ces silencieux rappels que l’amour est partout pour qui veut bien le voir. Alors, j’ai voulu le remettre à portée de main, à portée de contemplation. Je n’ai pas la prétention d’avoir contenu en quelques pages toutes les facettes de l’Amour, de l’Éros à l’Agapé, mais j’y aurai montré toutes celles que j’ai croisées en passant mes journées à photographier ses protagonistes. Il y a, dans cet ouvrage, plusieurs années de travail. J’ai l’impression de vous livrer mes archives. Des archives, c’est aussi un travail imparfait, gardé pour soi. S’il voit pourtant le jour aujourd’hui, c’est parce que je voudrais qu’il vous divertisse. Pas au sens pascalien : je voudrais que ce tas de papier traîne toujours sur un coin de table basse, et que vous l’ouvriez aléatoirement pour vous divertir, au sens latin, c'est-à-dire pour vous « détourner » d’un quotidien parfois routinier, pour vous plonger dans un hymne à la tendresse en nuances de gris. Revenir à lui comme à une source de jouvence et contempler, dans cet amour monochrome, Celui qui a montré l’amour sans mesure.
Toutes les citations sans nom d’auteur sont des textes d’Ange Provost.
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Je n’ai jamais imaginé qu’on pût être à ce point hanté par une voix, par un cou, par des épaules, par des mains. Ce que je veux dire, c’est qu’elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis.
ROMAIN GARY, LA PROMESSE DE L’AUBE.
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Je t’aime, je suis fou, je n’en peux plus, c’est trop ; Ton nom est dans mon cœur comme dans un grelot, Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne, Tout le temps, le grelot s’agite, et le nom sonne ! De toi, je me souviens de tout, j’ai tout aimé : Je sais que l’an dernier, un jour, le douze mai, Pour sortir le matin tu changeas de coiffure ! J’ai tellement pris pour clarté ta chevelure Que, comme lorsqu’on a trop fixé le soleil, On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil, Sur tout, quand j’ai quitté les feux dont tu m’inondes, Mon regard ébloui pose des taches blondes !
EDMOND ROSTAND, CYRANO DE BERGERAC.
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Pauline Quittez cette chimère, et m’aimez. Polyeucte Je vous aime, Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-même. Pauline Au nom de cet amour, ne m’abandonnez pas. Polyeucte Au nom de cet amour, daignez suivre mes pas. Pauline C’est peu de me quitter, tu veux donc me séduire ? Polyeucte C’est peu d’aller au ciel, je vous y veux conduire.
PIERRE CORNEILLE, POLYEUCTE.
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Je raffole de trois choses : des voyages, de Paris… et de vous.
COLETTE, CLAUDINE EN MÉNAGE.
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Sire, j’aime Iseult éperdument, au point d’en perdre le sommeil. Ma décision est irrévocable : j’aime mieux vivre comme un mendiant avec elle, me nourrir d’herbes et de glands, plutôt que de posséder le royaume d’Otran.
TRISTAN ET ISEULT
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On voyait se glisser dans les portes cochères, Puisqu’on n’y croise plus l’ombre d’un attelage, Une ombre cavalière, un baiser mousquetaire Qui murmurait : « Ce soir, ne soyons pas trop sages. »
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Un soupir, un regard, un mot de votre bouche, Voilà l’ambition d’un cœur comme le mien. Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien.
JEAN RACINE, BÉRÉNICE.
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Mon cher George, J’ai quelque chose de bête et de ridicule à vous dire. Je vous l’écris sottement, au lieu de vous l’avoir dit, je ne sais pourquoi, en rentrant de cette promenade. J’en serai désolé, ce soir. Vous allez me rire au nez, me prendre pour un faiseur de phrases dans tous mes rapports avec vous jusqu’ici. Vous me mettrez à la porte et vous croirez que je mens. Je suis amoureux de vous, je le suis depuis le premier jour où j’ai été chez vous.
LETTRE D’ALFRED DE MUSSET À GEORGE SAND, 25 JUILLET 1833.
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J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, j’aurais beau avoir toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais.
SAINT PAUL (1 CO 13, 1-8).
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Vivez ! Croissez ! semez le grain à l’aventure ! Qu’on sente frissonner dans toute la nature, Sous la feuille des nids, au seuil blanc des maisons, Dans l’obscur tremblement des profonds horizons, Un vaste emportement d’aimer, dans l’herbe verte, Dans l’antre, dans l’étang, dans la clairière ouverte, D’aimer sans fin, d’aimer toujours, d’aimer encor, Sous la sérénité des sombres astres d’or ! Faites tressaillir l’air, le flot, l’aile, la bouche, Ô palpitations du grand amour farouche ! Qu’on sente le baiser de l’être illimité ! Et paix, vertu, bonheur, espérance, bonté, Ô fruits divins, tombez des branches éternelles !
VICTOR HUGO, MUGITUSQUE BOUM.
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« J’ai l’impression de vous livrer mes archives. » Dans un ouvrage très personnel, la photographe Ange Provost partage les clichés qui l’ont touchée au fil des ans et nous dévoile les regards, les sourires et les phrases qui ont fait d’elle la plus talentueuse porte-parole de l’Amour. Un hymne à la tendresse et au bonheur.
Ange Provost est aujourd’hui la photographe incontournable des amoureux. Chaque jour, plus de 20 000 personnes la suivent sur les réseaux sociaux.
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