Skip to main content

Des filles épatantes

Page 1

À travers 12 portraits touchants, mêlant texte et BD, découvrez comment ces femmes ont avancé sur le chemin de la sainteté, avec patience et passion.

Geneviève de Gaulle Anthonioz

Au service des autres, leur foi a changé le monde !

ÉPATANTES

Raïssa Maritain

Madeleine Daniélou

Dorothy Day

filles

Jeanne Beretta Molla

Filles de princes ou de modestes artisans, enfants timides ou impétueuses, follement amoureuses ou résolument solitaires, ces filles épatantes ont eu le courage de croire et la volonté de faire bouger le monde. Portées par leur foi, elles ont fait face à la maladie, à la pauvreté, à la guerre, elles ont écrit des livres, fondé des écoles ou se sont entièrement consacrées à leurs enfants, se battant pour une vie meilleure.

Teresa de Calcutta

Des

Madeleine Delbrêl

« Pour être saint, évêque, d’être e ir a ss e c é n s a p t s ’e n il x. » u ie g li e r u o e s u ie g li e r prêtre, Pape F rançois

Zita de Habsbourg

Illustré par Lisa Raymond, Stéphanie Rubini et Géraldine Sy

Claire de Castelbajac

Vera Barclay

14.90 € TTC France www.mameeditions.com

Dorothy Stang

EXE_CV.indd Toutes les pages

Jeanne Garnier

04/03/2019 17:05


P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 3

01/03/2019 18:23


P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 4

01/03/2019 18:23


Sommaire Teresa de Calcutta....................................................................................................................................7 Madeleine Daniélou ............................................................................................................................13 Dorothy Day ..............................................................................................................................................19 Zita de Habsbourg ................................................................................................................................27 Vera Barclay.................................................................................................................................................33 Jeanne Garnier ..........................................................................................................................................39 Madeleine Delbrêl .................................................................................................................................45 Jeanne Beretta Molla ...........................................................................................................................51 Raïssa Maritain .........................................................................................................................................57 Geneviève de Gaulle Anthonioz ...............................................................................................63 Claire de Castelbajac ...........................................................................................................................69 Dorothy Stang ..........................................................................................................................................75

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 5

01/03/2019 18:23


P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 6

01/03/2019 18:23


depuis

2016

Teresa de Calcutta À LA TABLE DES PAUVRES

19101997 « Anjezë, ma fille, tu ne dois jamais oublier de prier Dieu et de demander à ses saints d’intercéder pour nous. Mais surtout, dans ta prière, parle à Dieu des pauvres et des misérables qui ne croient plus en lui. »

Sur le chemin de l’école, Anjezë repense aux paroles de sa mère et de tout son cœur, en marchant, elle commence à prier : « Mon Dieu, donnez-moi la même force que ma mère ». Le soir, lorsqu’elle rentre, la table de la maison est garnie de nourriture et en plus des assiettes des membres de sa famille, il y en a d’autres. Anjezë sait qui sont ces nouveaux invités : ce sont des pauvres, des hommes tristes, des femmes ou des orphelins que sa mère, Drâne, rencontre dans la rue et qu’elle invite le soir, pour qu’ils trouvent un repas chaud et un bon feu de cheminée. Parfois, Anjezë accompagne sa mère dans les rues de la ville. Ensemble, elles rencontrent beaucoup de pauvres, de malades, elles s’arrêtent pour parler avec eux, pour les rassurer ou pour partager un morceau de pain. Sa mère lui répète souvent cette phrase : « Ma fille, n’accepte jamais une bouchée qui ne soit partagée avec d’autres. »

L’Albanie souffre de guerres religieuses et la Première Guerre mondiale se propage à travers toute l’Europe, le pays s’appauvrit. Le père d’Anjezë essaye de maintenir son entreprise, il travaille tout le jour et parfois la nuit, mais son corps se fatigue, et en 1919, alors qu’Anjezë a neuf ans, il fait un malaise et meurt dans son lit. La tristesse remplit la maison familiale et la pauvreté frappe à la porte : l’entreprise du père a fait faillite, il ne leur reste plus rien pour vivre. Cependant, Drâne fait preuve d’un grand courage et, seule, elle décide de monter son atelier de couture pour survivre et permettre à ses enfants de manger à leur faim.

7

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 7

01/03/2019 18:23


Durant ces années, Anjezë participe à la vie de la paroisse.

Vers l’âge de douze ans, Anjezë pense entendre en elle la voix de Dieu qui l’appelle à le suivre. Les pères jésuites invitent à la paroisse de nombreux missionnaires qui viennent donner des conférences et raconter leur mission en pays étrangers. Anjezë écoute en silence et laisse mûrir en elle l’appel de Dieu. Mais est-ce Dieu qui l’appelle ? Comment en être certaine ? À dix-sept ans, elle discute avec un des pères jésuites, au sujet de sa vocation : « Mon père, dit-elle, comment est-il possible de savoir ce que je dois faire ? Comment savoir précisément ce que Dieu veut pour moi ? – Ma fille, répond le prêtre jésuite, c’est simplement par la joie, par la joie que te procurera cette vocation que tu sauras que c’est elle qu’il faut suivre. » La joie, la joie ! C’est en suivant la joie qu’à dix-huit ans Anjezë demande à sa mère l’autorisation d’entrer dans la congrégation des sœurs de NotreDame-de-Lorette. Sa mère est heureuse de savoir que Dieu appelle sa fille à ses côtés, mais elle est aussi peinée de voir sa fille s’en aller. Le frère d’Anjezë essaye de la retenir mais l’appel de Dieu est trop puissant.

Après un court passage en Irlande, pour apprendre l’anglais et discerner sa vocation, Anjezë est envoyée en Inde pour son noviciat. Dès son arrivée, elle remarque qu’il y a dans ce pays une pauvreté si extrême, qu’elle est difficilement imaginable : « Si les gens de nos pays voyaient ces spectacles, ils cesseraient de se plaindre de leurs petits ennuis » écrit-elle à un journal de son village en Albanie. 8

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 8

01/03/2019 18:23


Elle reçoit alors la formation des sœurs, elle prie avec la communauté et, quelques années plus tard, elle porte l’habit religieux pour la première fois. « Anjezë, tu te consacres à Dieu désormais, quel nom choisis-tu ? lui demande la mère supérieure. – Je veux prendre le nom de Teresa, répond-elle, je serai Sœur Teresa, en l’honneur de sainte Thérèse de Lisieux, qui répétait souvent cette phrase : « Ma vocation, c’est l’amour. » Car moi aussi je veux suivre l’amour, l’amour du Christ. »

Sœur Teresa prononce ses vœux définitifs le 24 mai 1937. Elle est alors enseignante dans une école dont elle devient rapidement directrice grâce à ses talents. Cependant, l’enseignement n’occupe pas toutes ses journées, et elle consacre tous ses temps libres à visiter les pauvres dans les bidonvilles. Le soin qu’elle apporte aux pauvres et aux enfants lui vaut le surnom de « Ma », qui signifie « mère ». Rapidement, la jeune sœur Teresa devient Mère Teresa.

Quelques années plus tard, alors que Sœur Teresa est dans le train pour Darjeeling, une ville où a lieu la retraite de la communauté, elle entend la voix de Jésus. Elle raconte elle-même cet événement sur un de ses carnets de notes : « Soudain, j’entendis avec certitude la voix de Dieu. Le message était clair : je devais sortir du couvent et aider les pauvres en vivant avec eux. C’était un ordre, un devoir, une certitude. Je savais ce que je devais faire, mais je ne savais pas comment. » L’appel de Dieu la touche au plus profond du cœur : elle doit alors se séparer des sœurs qui lui ont tout appris. Elle part de la communauté avec un peu d’argent en poche, traverse l’Inde et se rend dans un hôpital pour recevoir une formation d’infirmière. Après de longs mois de recherche et d’échanges avec son évêque, elle décide de fonder une nouvelle congrégation dont le but premier est de nourrir les pauvres et de vivre avec eux, ce sont les Sœurs Missionnaires de la Charité. Mère Teresa décide de vivre simplement : le vêtement de sa congrégation est le sari, l’habit traditionnel indien, l’habit des pauvres, un vêtement que tous peuvent coudre eux-mêmes. Mère Teresa veut apporter une présence chrétienne à ces pauvres, et rayonner de la lumière du Christ. Le chapelet autour de ses reins est un instrument 9

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 9

01/03/2019 18:23


quotidien de sa prière. Mais si Mère Teresa dégage une force et un grand courage, au fond d’elle-même, elle ressent un vide permanent : Dieu est-il à ses côtés ? Elle ne sent plus sa présence et ses prières sont suppliantes : « Mon Dieu, viens remplir mon âme de ta chaleur. » Elle se sent petite et fragile, mais jamais elle ne lâche son combat, car elle sait qu’au bout de la route, Jésus l’attend. Elle comprend que c’est justement parce qu’elle est vide que Dieu peut venir la remplir de lui-même.

Très rapidement, des jeunes filles la rejoignent pour l’aider dans sa tâche. Ensemble, elles montent des écoles pour les pauvres. Mère Teresa se rend dans les villages les plus reculés, elle distribue des savons, et explique aux pauvres comment s’en servir. Le problème central c’est l’hygiène et la santé : les gens meurent car ils ne sont pas soignés, les malades sont délaissés et doivent quitter leur famille. Mère Teresa décide d’ouvrir un mouroir, un lieu où, avec ses sœurs, elle accueille les gens délaissés que la maladie a écartés de leur famille. Cependant, cet établissement est installé à côté d’un temple hindou, ce que ne supportent pas certains Indiens qui cherchent à détruire ce dispensaire. Les sœurs de Mère Teresa sont détestées, beaucoup d’hindous cherchent à les éloigner et à monter la population contre elles. Mais alors que des émeutes éclatent, l’un des principaux opposants à Mère Teresa tombe malade : sa maladie est visible sur son visage et il est rejeté par sa famille qui le considère impur. Alors qu’il déambule dans les rues du village, il croise Mère Teresa : « Viens avec moi, lui dit-elle, tu ne vas pas rester comme cela, tout seul. Nous allons te soigner. – Mais… Sais-tu qui je suis ? lui répond-il, sais-tu tout ce que j’ai fait ? – Oui, répond Mère Teresa, tu es un enfant de Dieu, et tous les enfants de Dieu doivent être soignés. » Au bout de quelques mois l’homme est soigné par les sœurs et il retourne au village pour vanter les talents de Mère Teresa : elle est enfin acceptée dans le pays.

10

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 10

01/03/2019 18:23


EN SE PROMENANT, ELLE DÉCOUVRE UN ENFANT ABANDONNÉ DANS SES LANGES.

Lorsque Mère Teresa rencontre la misère, elle offre une réponse immédiate. Au cours des années suivantes, elle découvre la maladie de la lèpre. Les lépreux ont le visage et les membres marqués par des plaies et en Inde ils sont rejetés et exclus de leur famille, parce qu’on croit que Dieu les punis. Elle veut ouvrir une cité pour les lépreux, où ils pourraient vivre en paix, mais l’argent manque car Mère Teresa a choisi de vivre pauvrement, de ne jamais accumuler de pièces et de billets. Cependant, le pape Paul VI est en voyage en Inde durant cette période : il décide d’offrir à Mère Teresa sa voiture pour qu’elle la revende et finance ainsi sa cité. C’est la Providence qui guide Mère Teresa dans tous ses choix, depuis son enfance : elle qui a décidé de se donner entièrement à Dieu, elle a un sourire et une joie sans fin qu’elle répand autour d’elle. Même durant sa vieillesse, elle reste aux côtés des pauvres, elle partage avec eux son repas, refusant tous les honneurs. Lorsqu’elle accepte le Prix Nobel de la paix, c’est pour que le monde entier se tourne vers les pauvres et non vers elle.

C’est par la prière qu’elle trouve la force d’accomplir toutes ces actions pour tirer les pauvres de leur misère. Mère Teresa vieillit, elle souffre d’une maladie incurable et la vieillesse l’affaiblit. Elle réunit autour d’elle les sœurs qui désirent prolonger son action auprès des humbles et des démunis, et sans faire de grand discours, elle leur offre ce poème : « Le fruit du silence est la prière. Le fruit de la prière est la foi. Le fruit de la foi est l’amour. Le fruit de l’amour est le service. Le fruit du service est la paix. » 11

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 11

01/03/2019 18:23


P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 12

01/03/2019 18:23


Madeleine Daniélou UNE ÉDUCATION SOUS LE REGARD DE DIEU 18801956 « Maman, maman, est-ce que je peux aller les suivre à cheval aussi ? – Voyons, Madeleine, as-tu terminé ton travail ? – Il est presque terminé mais si je ne pars pas maintenant, mes frères vont partir sans moi. – Va, mais reviens au plus vite ! »

Madeleine a douze ans, sa famille vit en Indochine depuis un an où son père est colonel de l’armée française. Dès qu’elle sort de l’école, elle court rejoindre ses frères qui l’emmènent faire des balades à cheval. Elle les suit partout : elle n’a peur de rien. Madame Clamorgan, la mère de Madeleine ne la retient pas, elle est heureuse de voir sa fille rentrer les joues rouges et les cheveux en bataille. Mais dès que Madeleine a bien couru, Madame Clamorgan la fait entrer dans son bureau pour travailler : « Ma fille, lui dit-elle, il ne faut jamais que tu oublies que les amusements sont là pour t’aider à mieux travailler. Tu as de grandes capacités, ne les délaisse pas. Et surtout n’oublie pas de prier Dieu qui t’a fait ce don. »

Tous les soirs, Madeleine a pris l’habitude de prier Dieu pour qu’il lui donne la plus belle vie qui soit et pour qu’il ne l’oublie pas : le monde est si vaste, se dit-elle, pourtant vous m’aimez vraiment mon Dieu, n’est-ce pas ? Madeleine reçoit beaucoup de joie par la prière.

Un an plus tard, la famille rentre en France où les écoles sont meilleures pour les frères aînés de Madeleine. Ils s’installent à Brest, en Bretagne. Madeleine est inscrite au collège où elle développe rapidement son intelligence et impressionne ses camarades.

13

P01-80-FILLES_EPATANTES-ok.indd 13

01/03/2019 18:23


À travers 12 portraits touchants, mêlant texte et BD, découvrez comment ces femmes ont avancé sur le chemin de la sainteté, avec patience et passion.

Geneviève de Gaulle Anthonioz

Au service des autres, leur foi a changé le monde !

ÉPATANTES

Raïssa Maritain

Madeleine Daniélou

Dorothy Day

filles

Jeanne Beretta Molla

Filles de princes ou de modestes artisans, enfants timides ou impétueuses, follement amoureuses ou résolument solitaires, ces filles épatantes ont eu le courage de croire et la volonté de faire bouger le monde. Portées par leur foi, elles ont fait face à la maladie, à la pauvreté, à la guerre, elles ont écrit des livres, fondé des écoles ou se sont entièrement consacrées à leurs enfants, se battant pour une vie meilleure.

Teresa de Calcutta

Des

Madeleine Delbrêl

« Pour être saint, évêque, d’être e ir a ss e c é n s a p t s ’e n il x. » u ie g li e r u o e s u ie g li e r prêtre, Pape F rançois

Zita de Habsbourg

Illustré par Lisa Raymond, Stéphanie Rubini et Géraldine Sy

Claire de Castelbajac

Vera Barclay

14.90 € TTC France www.mameeditions.com

Dorothy Stang

EXE_CV.indd Toutes les pages

Jeanne Garnier

04/03/2019 17:05


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Des filles épatantes by Fleurus Editions - Issuu