3 HISTOIRES POUR APPRENDRE À NE PAS SE LAISSER DÉBORDER PAR SES ÉMOTIONS
Peur du noir, peur de la maîtresse, peur de sauter du grand plongeoir à la piscine… La peur est une émotion que tu rencontres souvent. Elle est parfois plus discrète, cachée dans ton cœur : peur du changement, peur d’être rejeté, peur de ne plus être aimé. Avec ce livre, tu vas apprendre à reconnaître cette émotion : quand tu as les jambes qui tremblent ou une boule au ventre, quand tu as la chair de poule ou les dents qui claquent et quand tu penses que tu n’es pas capable de faire quelque chose… Et surtout, tu vas apprendre à apprivoiser tes peurs pour ne pas te laisser paralyser par elles. Avec Eliott et Pétronille, tu découvriras des outils qui te permettront de t’occuper de tes émotions pour être plus fort et plus heureux. Dans chaque histoire, tu pourras suivre, par des petits dessins dans la marge, les étapes franchies par Eliott et Pétronille pour traverser leur peur.
Bonne lecture, et vive les émotions !
6
Histoire 1
La Nouvelle Maîtresse Cette année, la maîtresse de Pétronille, c’est madame Violette. Elle est trop chouette ! Chaque matin, elle accueille les enfants à la porte de la classe. Elle a une voix douce comme du velours quand elle dit bonjour. Pétronille aime bien ce moment-là. Ça la met de bonne humeur pour toute la journée. Mais ce matin, pas de madame Violette. À sa place, il y a une nouvelle maîtresse avec une robe noire affreuse et des cheveux tout emmêlés. Quand Pétronille franchit la porte de la classe, la nouvelle maîtresse la regarde avec des yeux sévères. Pétronille a envie de rentrer sous terre. 7
Pétronille remarque les réactions de son corps.
Elle file s’asseoir à sa place et demande à Eliott, son voisin : – Tu as vu la nouvelle maîtresse ? Elle a vraiment une drôle de tête ! Eliott hausse les épaules et dit : – Bah non, elle est normale. Tout à coup, la maîtresse se dresse derrière son bureau et crie d’une voix perçante : – Silence ! Pétronille sursaute sur sa chaise ! Plus personne n’ose faire un geste. Elle sent dans son ventre comme un nœud qui se serre, qui se serre… Ses jambes tremblent sous son bureau. Elle a froid. Elle a presque envie de pleurer ! Toute la journée, Pétronille a mal au ventre. Elle n’a pas faim pour les frites à la cantine. Elle n’arrête pas de faire tomber ses cahiers. Dès que la maîtresse regarde dans sa direction, elle sent qu’elle fond comme un glaçon !
8
Quand enfin la sonnerie retentit, Pétronille déguerpit sans même attendre Eliott. D’habitude, ils rentrent ensemble de l’école car ils habitent dans la même rue. Mais aujourd’hui, sur le chemin du retour, Pétronille marche seule. Elle repense à la maîtresse : « On dirait qu’elle ne m’aime pas… À un moment, elle m’a regardée avec des petits yeux de vipère. Je suis sûre qu’elle est méchante. Elle va nous faire des interros surprises, elle va nous donner des tonnes de lignes à écrire, elle va nous supprimer les récrés ! » pense Pétronille, affolée. 9
Pétronille accueille son émotion.
Quand elle arrive à la maison, elle raconte à sa maman son horrible journée : – On a une nouvelle maîtresse, elle s’appelle madame Bergeron, elle est affreuse. Elle crie ! Elle est méchante ! Elle me fait peur ! Je ne veux plus aller à l’école ! Pétronille lui dit tout cela d’un coup, sans reprendre sa respiration.
10
Maman s’assoit à côté d’elle. – Eh bien ! Cette maîtresse a l’air terrible ! Pétronille fait oui de la tête. Maman poursuit : – Tu as eu peur, tu as eu une grosse émotion. Quand on a peur, on tremble, on a chaud ou froid, on a mal au ventre parfois… C’est un signal pour nous prévenir qu’il y a peut-être un danger. Cette émotion, c’est important de l’écouter. Ensuite, ça fait du bien d’en parler. – Un danger ? Ah oui ! Cette nouvelle maîtresse, c’est un véritable danger ! Moi, je suis sûre qu’elle est méchante. Je vois bien qu’elle me regarde d’une drôle de façon. Elle ne m’aime pas ! – Peut-être que oui, peut-être que non ! Oui, si tous les jours elle crie sans raison, si elle est injuste avec toi ou si elle te fait du mal. Dans ce cas, il faut te protéger et en parler à quelqu’un. Mais, parfois, le danger n’est pas si important qu’on le croit. Il est dans notre imagination. Peutêtre que madame Bergeron avait peur, elle aussi, pour son premier jour dans la classe… Alors, pour être sûre qu’on lui obéisse, elle a eu envie de crier. Qu’en penses-tu ? 11
Pétronille a quand même du mal à croire que les élèves fassent peur à madame Bergeron. Mais, bon, pourquoi pas ! Elle réfléchit… Pétronille réfléchit.
Alors maintenant, ma peur, j’en fais quoi ? – Dis-moi, qu’est-ce que tu voudrais pour aller mieux ? demande maman en souriant. – Je veux que cette maîtresse s’en aille ! Et ne plus avoir peur !
Pétronille reconnaît son besoin de sécurité.
Maman lui dit : – Tu ne peux pas renvoyer ta maîtresse ! En revanche, ta peur, tu peux t’en occuper. Voyons, voyons… Qu’est-ce que tu pourrais faire pour la surmonter ? J’ai trouvé ! Et si je te proposais des lunettes qui font voir autrement ? Maman dessine sur une feuille une étrange paire de lunettes en forme de gros nuages gris et une autre en forme de soleils jaunes. – Tu vois, tu peux choisir quel regard tu veux avoir. Si tu prends les lunettes-nuages, tu verras uniquement les défauts de ta maîtresse, et ta peur 12
sera toujours là. Si tu prends les lunettes-soleils, celles de la bienveillance, tu verras peut-être qu’elle est simplement une maîtresse angoissée par son premier jour de rentrée, qui peut aussi avoir des bons côtés. Qu’est-ce que tu préfères, toi ? Pétronille fait un gros effort pour imaginer la nouvelle maîtresse aussi gentille que madame Violette. Allez ! Elle en a assez d’avoir peur. Elle choisit les lunettes-soleils ! Même si, au fond d’elle-même, elle n’est pas encore très rassurée…
13
Pétronille choisit la vertu de bienveillance.
Pour sortir de sa peur, Pétronille utilise un outil : les lunettessoleilS.
Le lendemain matin, devant son bol de chocolat, elle retrouve son nœud à l’estomac. Sur le chemin de l’école, elle marche à la vitesse d’un escargot pour ne pas arriver trop tôt. Quand elle arrive à la porte de la classe, au secours ! madame Bergeron est là. Hop ! Pétronille met ses lunettes invisibles. Tiens ! La maîtresse a peutêtre l’air un tout petit peu plus gentille, aujourd’hui. Pétronille ose un sourire maladroit. Elle va s’asseoir à son bureau, mais à peine estelle assise que madame Bergeron se met à crier : – Pétronille ! Viens au tableau réciter ta poésie ! « Oh ! Zut alors ! se dit Pétronille. Ça tombe sur moi ! » Plus de lunettes, plus de sourire… Elle se lève en tremblant comme une feuille et avance lentement jusqu’au tableau. Elle commence en bégayant : – La… la… la… La cigale ne veut pas sortir ! Ni la fourmi ni aucun autre mot. C’est la tempête dans sa tête, tout se bouscule et se mélange. 14
Ce n’est pas tout d’éprouver des émotions, il faut aussi savoir quoi en faire ! Une proposition originale et unique pour tous les enfants qui ont l’âge de raison ! 3 histoires autour de la peur.
Des outils pour aider les héros à transformer la peur en énergie positive.
Et dans sa tête, une petite voix se met à lui dire tout bas : « Tu es nulle. Tu n’oses même pas les suivre. Tu vois que tu es une peureuse ! Allez, vas-y ! » C’est vrai, Pétronille a peur. Pétronille accueille son émotion.
Pétronille réfléchit.
Pétronille reconnaît son besoin : être conseillée.
Pour sortir de sa peur, Pétronille utilise un outil : serrer les poings.
Histoire 2
Une grosse bêtise
Elle sait bien que, si elle y va, elle risque de se noyer. Mais si elle n’y va pas, les autres vont se Non ! C’est décidé, elle n’ira pas ! moquer d’elle. Et elle a horreur de ça. Elle réfléchit quelques instants. Elle hurle aux autres qui atteignent déjà les preAujourd’hui, c’est mercred i ! Eliott a invité miers rochers de l’îlot : Pétronill à jouer Alors maintenant, ma epeur, j’en fais ? tout quoi l’après-m idi. Il fait beau, – Vous êtes fous, revenez ! La mer monte. Vous l’air est chaud. Ils vont bien s’amuser. À peineallez être encerclés ! arrivée, J’y vais ? J’y vais pas ? Pétronill Pétronille ne sait pas… e tend l’oreille : Ohpourrait Elle cherche ce –qui l’aider. Qu’auraient ! C’est beau Mais ils ne veulent pas l’écouter. Félix lui crie : ! Écoute ! – C’est dit maman ou tante Aglaé ? Norbert, le serin d’Achille. Son parrain – Nous, on n’a pas peur ! lui a rapporté du Mozamb ique, et il en est très fier Et tous, ils se mettent à rire, même Eliott. Et elle ! Pétronill Ça y est, elle a trouvé ! Un jour, tante Aglaé a dit qui croyait que c’était son copain… La voilà toute e est tout excitée. que la mer monte toute allure cet endroit ; et – Jeà peux seule sur la plage. Elle n’ose pas trop s’éloigner. le voir,à s’il te plaît ? Pétronille la croit. Allez ! Elle prend son courage Eliott l’emmèn e devant la belle cage en fer forgé. Secrètement, elle espère que les autres ne vont à deux mains, elle très fort Elleserre pas tarder à rentrer… En attendant, elle ramasse s’extasie : les poings et elle sent une grande monter des coquillages. Des chapeaux pointus, des – force Oooooh, qu’ilenestelle. joli ! 34 si, Alors, même chaque jour, Achille serine à tout le monde de laisser la cage bien fermée, Eliott
Pétronille choisit la vertu de force.
Pétronille pratique la vertu de force.
35
18 19
Des explications à hauteur d’enfant.
8. DÉCISION
Le chemin des émotions
Je choisis une attitude : regarder le bon côté, dire la vérité, oser.
Une émotion est une réaction à la suite d’un événement perçu par nos 5 sens. Elle nous informe que nous avons besoin de quelque chose. À nous, ensuite, de la traverser ! Pour mieux comprendre ce qui se passe, suis Eliott et Pétronille le long du chemin des émotions !
Je peux m’aider d’outils pour avancer. Mettre des lunettes-soleils, enlever le masque du mensonge, serrer les poings.
Amour, paix, joie, respect, estime de soi, etc.
10. JE PRATIQUE JOUR APRÈS JOUR
10 9 Regret
Comme ce n’est pas toujours facile de pratiquer les vertus, Eliott et Pétronill e ont trouvé des outils 1 ! Retrouve pour s’aider -les dans les histoires et relie les outils aux vertus correspondantes.
le
8
7
Rancœur, haine, frustration, malaise, etc.
• •
2. RÉACTION ÉMOTIONNELLE
Je sens : mon cœur qui palpite, des tremblements, une boule dans le ventre… Je me sens : impuissant, paralysé, incapable…
Zoom sur la vertu de force
Vertu d’honnêteté
Eliott retire son masque pour dire la vérité.
3
•
•
3. IDENTIFICATION DE L’ÉMOTION
6
5. DISCERNEMENT Alors maintenant,
Pétronille serre très mon émotion, fort les poings pour se donner du courage.
Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je ressens de la peur.
•
4. ACCUEIL DE L’ÉMOTION Vertu de force • Je l’accueille telle qu’elle est : ni bonne ni mauvaise.
5
Pétronille choisit les lunettes-soleils pour voir ce qui est bien chez sa maîtresse.
4
JE
La vertu de force, c’est un peu pareil, c’est une capacité de ton âme à être forte et courageus e pour faire le bien. Plus tu t’entraîne s à la pratiquer, plus tu es capable d’affronter les difficultés pour avancer ! Cette vertu est une des quatre vertus cardinales avec la tempérance, la prudence et la justice. Cardinale ? Comme les quatre points cardinaux sur la boussole ?
Alors maintenant, mon émotion, j’en fais quoi ?
C HIS
Vertu de bienveillance
R ÉFLÉ
Parole ou attitude de quelqu’un (menace, punition, cris…). Événement (accident, bêtise, bruits étranges, obscurité…).
Être fort, tu sais bien ce que cela signifie. C’est avoir des muscles pour porter un poids très lourd ou pour courir très vite.
Malheur
2
1. STIMULUS
Je réfléchis à ce qui est bien pour moi.
6. RECONNAISSANCE DE MON BESOIN J’ai besoin d’être rassuré, cajolé, apaisé, protégé.
7. RECHERCHE DES ATTITUDES POUR RÉPONDRE À MON BESOIN
VERTUS / VICES Bienveillance, Honnêteté, Force. Malveillance, Malhonnêteté, Paresse.
Maintenant,
à toi
Oui, car ces vertus t’indiquen t la bonne direction pour orienter ta vie !
de pratiquer les vertus !
44
45
Des pages d’explications pour les adultes pour guider les enfants dans leurs émotions.
in co ts Le paren des
Un jeune enfant sait identifier une émotion à partir de l’âge de raison – autour de 7 ans – alors il peut s’en occuper. La spécificité de cette collection autour des émotions est de proposer un chemin vertueux pour vivre heureux.
Comprendre ses émotions nous permet aussi de comprendre celles des autres et d’avoir de meilleures relations. En tant que parent, enseignant ou éducateur, comment réagir lorsqu’un enfant a peur ? Devez-vous lui dire que ce n’est rien ? qu’il ne s’inquiète pas ? ou, au contraire, lui signifier que c’est épouvantable ?
punition. En classe, Pétronille veut se protéger de sa maîtresse en n’allant plus à l’école.
Comment accompagner un enfant qui a peur ?
Pour commencer, gardez-vous d’émettre un jugement sur sa peur, même si vous la trouvez absurde, et accueillez l’émotion de l’enfant. • Choisir le bon moment Dès que possible ! Avec le temps, la peur peut s’intensifier et bloquer l’enfant. En parler rapidement permet d’éviter cet écueil. • Être pleinement disponible Mettez de côté votre téléphone portable, vos activités et adressez-vous à l’enfant. Regardez-le… ou pas. En effet, l’enfant peut avoir honte de sa peur et votre regard peut le mettre mal à l’aise. Vous le sentirez en fonction de la situation.
Voici quelques pistes pour vous aider.
S’il accepte, n’hésitez pas à poser votre main sur l’épaule de l’enfant ou sur sa main pour lui montrer toute votre attention.
Définition
Votre présence (imperturbable !) offre un cadre rassurant à l’enfant.
La peur est une émotion désagréable, voire très désagréable, qui peut surgir subitement ou progressivement. On a parfois le réflexe de l’ignorer ou d’en avoir honte.
• Écouter Invitez l’enfant à dire ce qu’il ressent et à nommer son émotion. Vous pouvez lui proposer d’évaluer l’intensité de sa peur en donnant une note entre 1 et 10, pour vous aider à mieux cerner l’ampleur de son émotion.
Comment s’exprime la peur ? La peur prend des formes variées : mal au ventre, tremblements, augmentation du rythme cardiaque. Le corps tout entier se mobilise pour faire face à un possible danger. Une décharge d’adrénaline permet à l’organisme de mobiliser une forte énergie pour réagir : affronter le danger ou le fuir. Dans nos histoires, la peur de voir Achille se noyer donne à Pétronille
Tentation
J’agis
J’acc uei l
Des vertus pour grandir et aller mieux !
Pour surmonter leurs peurs, Eliott et Pétronill e choisissent dans chaque histoire une vertu. Sais-tu ce qu’est une vertu ? C’est quand tu prends l’habitude de choisir et de faire le bien. Au début, cela demande un effort. Ensuite, cela devient de plus en plus facile. Un peu comme quand tu apprends à rouler à vélo !
Bonheur
9. ACTION
Tl est important de laisser à l’enfant le temps de trouver ses mots et de terminer ses phrases pour qu’il extériorise son émotion.
la force d’aller chercher du secours. Eliott, qui a fait une bêtise, a peur de ne plus être aimé ; il se cache pour se protéger d’une éventuelle
48
49
9,90 € France TTC www.mameeditions.com
Avec un grand chemin des émotions pour apprendre à repérer les émotions et à les traverser, à l’aide des vertus chrétiennes.