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Mémoire des lieux, mémoires de vies..

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Jean Renault

Nathalie Andreu Renault

Mémoire des lieux, mémoires de vies… Comment nos émotions imprègnent nos lieux de vie


SOMMAIRE Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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CHAPITRE I : LA MÉMOIRE DES LIEUX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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1. De quoi est constituée la mémoire des lieux ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mémoire des lieux et mémoire des murs. . . . . Qu’entend-on par « mémoire des lieux » ?. . . . Le taux vibratoire du lieu. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. Un avant-goût. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3. Le monde invisible, âmes et entités . . . . . . . . Âmes humaines et entités non humaines. . . . Qu’est-ce que l’âme ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les entités non humaines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . Un ancien domaine agricole. . . . . . . . . . . . . . . . 4. Les phénomènes telluriques . . . . . . . . . . . . . . . Que sont les phénomènes telluriques ?. . . . . . La maison construite sur une faille tellurique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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SOMMAIRE

5. Les maisons neuves. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Une maison neuve a une mémoire !. . . . . . . . . . La construction d’une maison écologique. . . 6. Qu’est-ce que la géobiologie ? . . . . . . . . . . . . . Un vaste domaine d’études !. . . . . . . . . . . . . . . . Une connaissance très ancienne. . . . . . . . . . . .

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CHAPITRE II : L’IMPACT DE LA MÉMOIRE DES LIEUX. . . .

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1. Le ressenti. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Or, rappelez-vous… quand nous étions petits. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. La colère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Une colère tenace. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le gîte de la colère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . De colère en colère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3. La souffrance animale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4. D’autres émotions sur les lieux. . . . . . . . . . . . . La présence d’un mal-être . . . . . . . . . . . . . . . . . . La cave d’un magasin à Toulouse : mémoires de guerre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La force des émotions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5. Une maison : joies et peines. . . . . . . . . . . . . . . . 6. Denise « retient » sa maison. . . . . . . . . . . . . . . . 7. Une histoire de magie noire. . . . . . . . . . . . . . . . 8. Le déni du féminin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9. Un château, une femme en souffrance et un recouvrement d’âme. . . . . . . . . . . . . . . . . .

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SOMMAIRE

CHAPITRE III : LES LIEUX HISTORIQUES, DES SOUVENIRS DE GUERRE . . . . . . . . . . . . . . .

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1. Histoires de guerre et camp de concentration. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 2. Oradour-sur-Glane, un village martyr. . . . . . 93 3. La mémoire de Gabaudet . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 4. La mémoire perdue : Diên Biên Phu. . . . . . . . 98 5. Une si jolie plage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 6. La guerre de Cent Ans… toujours d’actualité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

CHAPITRE IV : LES MAISONS À CANCER ET LES MAISONS À DIVORCE. . . . . . . . . . . . . . . 119 1. La loi des séries. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les maisons du malheur. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’impact des failles telluriques. . . . . . . . . . . . . 2. Une salle de bains pour rien. . . . . . . . . . . . . . . .

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CHAPITRE V : L’IMPACT SUR LA VIE PROFESSIONNELLE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131 1. Des mémoires qui exacerbent les difficultés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. Un bureau dans une porcherie . . . . . . . . . . . . . 3. Un cabinet dans un « coffre-fort » . . . . . . . . . . 4. Mémoires de vins et de caves viticoles. . . . .

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SOMMAIRE

CHAPITRE VI : LA MÉMOIRE DES MUSÉES. . . . . . . . . . . . . . . . . . 143 1. Une mémoire cévenole. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. Le musée de la Torture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3. D’autres lieux « réjouissants ». . . . . . . . . . . . . . Une ancienne gendarmerie. . . . . . . . . . . . . . . . . Une ancienne caserne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Une cave. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

144 150 153 153 155 156

CHAPITRE VII : LA MÉMOIRE DE L’EAU . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159 1. L’eau informée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. Un cimetière dans le voisinage. . . . . . . . . . . . . 3. Une ville sous influence. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4. L’impact de la mémoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5. Des personnages en décomposition. . . . . . . .

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CHAPITRE VIII : LES LIEUX SACRÉS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179 1. Des lieux sacrés perturbés : la chapelle de la Madeleine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. Ces lieux sacrés où l’on se sent infiniment bien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Stonehenge, c’est ma maison . . . . . . . . . . . . . . . La grande pyramide de Gizeh : une présence vertigineuse. . . . . . . . . . . . . . . . . . Les mégalithes du Morbihan . . . . . . . . . . . . . . .

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CHAPITRE IX : UNE TROUSSE DE PREMIERS SECOURS . . . . 201 1. Quelques conseils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 De l’encens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 8


SOMMAIRE

Les fréquences sonores. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La lithothérapie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Veiller à nos propres pensées. . . . . . . . . . . . . . . 2. L’appel à un professionnel . . . . . . . . . . . . . . . . .

203 203 204 205

Conclusion de Nathalie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208 Conclusion de Jean. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210 Glossaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213 Index . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219

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AVANT-PROPOS Rien n’arrive par hasard. Nous faisons partie d’un tout, et nous constituons ­chacun et chacune une partie du monde. Et le monde est constitué de nous tous, humains, mais aussi d’animaux, de végétaux, de minéraux, etc. Chacun avec ses spécificités, son individuation. Et sur notre chemin de vie, les situations, les personnes que nous rencontrons ne sont pas le fruit du hasard. Nous ne pensons pas que « tout est écrit », non, car nous avons notre libre arbitre, mais elles viennent nous dire quelque chose. Elles viennent nous susurrer à l’oreille des mots – plus ou moins doux – pour nous faire avancer dans notre évolution humaine et divine à la fois. Quand ce sont des mots d’amour, pas de problème, au contraire : nous savons alors que nous sommes sur « le bon chemin », la Vie nous envoie des signes pour nous 10


AVANT-PROPOS

dire « Tu es aimé(e). » Les lieux dits sacrés sont assez forts pour cela. Nous y reviendrons plus tard. Mais quand il s’agit de violence ? Quand nous arrivons dans un lieu, que nous entendons à l’intérieur de nous des cris, des hurlements ; que des scènes de massacre nous viennent d’un coup, que faut-il en faire ? Qu’est-ce que cela vient nous dire ?

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CHAPITRE I

LA MÉMOIRE DES LIEUX


1I

DE QUOI EST CONSTITUÉE LA MÉMOIRE DES LIEUX ?

Nous entendons parler de plus en plus de la mémoire des lieux ou de la mémoire des murs (il y a une légère différence), et c’est une bonne chose.

MÉMOIRE DES LIEUX ET MÉMOIRE DES MURS

Juste une précision, la mémoire des lieux est celle qui prend en compte une certaine surface, bâtie ou non. Il peut s’agir d’un lieu sans limites administratives précises ou évidentes au premier abord. Nous parlons plus précisément de mémoire des murs lorsqu’il s’agit d’un endroit clos, bâti. Cet intérêt nouveau est le signe que les êtres humains s’ouvrent de plus en plus à leur environnement, dans tous les sens du terme. Que leur regard et leur attention ne s’arrêtent plus à la limite de leurs yeux, mais que leur conscience commence à explorer au-delà du visible. Les films, les livres, Internet offrent aujourd’hui des possibilités infinies pour se lancer à la découverte de terres encore inconnues, celles du « monde invisible ». Ce monde, souvent perçu jusqu’à présent que

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DE QUOI EST CONSTITUÉE LA MÉMOIRE DES LIEUX ?

par quelques-uns ou quelques « initiés » ou se présentant comme tels, n’a pourtant jamais cessé d’exister et d’influencer le vivant, c’est-à-dire chacun d’entre nous. Que l’on y croit ou que l’on n’y croit pas !

QU’ENTEND-ON PAR « MÉMOIRE DES LIEUX » ? C’est très simple. Depuis la nuit des temps, il s’est toujours passé quelque chose sur la Terre. Le premier type de mémoire qui vient tout naturellement est ­celui des combats, des batailles qui ont forgé à coups de glaives et d’épées les nations d’aujourd’hui. Il est facile d’imaginer que des mètres cubes de larmes et de sang ont abreuvé la terre depuis les trente derniers siècles. Chaque village pillé, chaque ville réduite en cendres ou peuple massacré, chaque affrontement guerrier, génère un raz de marée émotionnel qui prend sa source dans la rage, la peur, la colère, l’injustice, et j’en passe, des belligérants. Toutes ces vagues d’émotions, issues des acteurs du moment, imprègnent alors la terre où se déroule le drame. À partir de cet instant, la cristallisation de ces émotions extrêmes et puissantes va nourrir encore et encore chaque molécule du lieu et, pendant de longues décennies, chaque parcelle de la conscience collective. C’est une énergie qui, tel un liquide, va infiltrer la terre et se répandre dans le sol, habiter les pierres et les racines au sens littéral du terme. Et pour appuyer là où cela fait mal, le lieu peut même être rebaptisé de manière à rappeler le drame passé. Des fois 15


LA MÉMOIRE DES LIEUX

que l’on oublierait… Par exemple, la ville de Castillonla-Bataille se nomme ainsi depuis la bataille qui a marqué la guerre de Cent Ans. Et les hameaux ou les lieux-dits s’appelant « Maladrerie » ou « Madeleine » rappellent l’existence d’une ancienne maladrerie, ou léproserie, nous aurons l’occasion d’en reparler. Inutile de préciser les mémoires présentes dans de tels lieux, même si le temps a pu alléger la souffrance. Que penser de ces lieux de soins et de ces mouroirs gérés par les religieux, puis confisqués sous la Révolution pour souvent devenir des fermes, l’église étant alors transformée en grange. Ajoutez le cimetière proche pour enterrer les malades défunts, patientez quelques ­décennies que l’oubli fasse son effet, et vous retrouvez des maisons, voire des lotissements, construits sur de tels endroits. Au-delà de ces lieux très particuliers, l’humain étant ce qu’il est, alors que la végétation envahit peu à peu les lieux désolés et meurtris, le paysan rebâtit sur les ruines abandonnées. La vie reprend ses droits, car les lieux de vie étant rarement choisis par hasard, il est naturel de recommencer là où l’environnement offre le plus de possibilités : présence d’eau, opportunités défensives, nourriture abondante, voies de communication aisées, etc.

LE TAUX VIBRATOIRE DU LIEU

Au fil de l’histoire, nous retrouvons ainsi une continuité dans l’occupation des lieux. Les siècles s’écoulent lentement au gré des massacres, des instants de paix et 16


DE QUOI EST CONSTITUÉE LA MÉMOIRE DES LIEUX ?

des essors économiques et démographiques. Chaque événement, chaque situation, et la façon dont les habitants vont les ressentir, vont créer une fréquence vibratoire ou, autrement dit, le taux vibratoire du lieu. Aujourd’hui, la physique quantique parle aussi de fréquence pour tout ce qui nous entoure, y compris les êtres vivants. Les scientifiques expliquent ainsi l’existence de certains phénomènes et résonances dont ils ne voulaient pas entendre parler il y a peu. Ils parlent de connexions multiples et commencent à explorer avec bonheur un monde qu’ils ont tant refusé de voir. C’est justement une fréquence vibratoire qui, au fil de la vie, se met en place dans le lieu. Sans aller très loin, c’est elle que vous ressentez en parlant d’ambiance, d’atmosphère lorsque vous arrivez quelque part et que vous vous mettez à l’écoute de vos sensations. Le fait de vous sentir très bien ou très mal est le résultat de ce que vous captez énergétiquement et intuitivement. Vous percevez alors par votre « champ vital » différentes informations issues de cette mémoire du lieu mais aussi de l’influence d’autres phénomènes présents tels que les phénomènes telluriques, la présence d’âmes humaines, les entités non humaines, etc. La mémoire n’est donc pas le seul élément à prendre en compte dans la mesure d’une fréquence vibratoire, nous y reviendrons.

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LA MÉMOIRE DES LIEUX

CHAMP VITAL

Champ énergétique constitué de couches énergétiques successives autour de notre corps physique. Ce champ est le fruit du rayonnement de notre corps vital (en nous) lié à nos émotions. Ainsi, la taille de ce champ ­varie en fonction de notre environnement énergétique et de notre état émotionnel à l’instant T. C’est par lui, entre autres, que nous percevons des informations comme la colère d’une personne avant d’en prendre conscience, le fait de se sentir bien ou mal dans un lieu ou percevoir l’invisible. Une personne avec un peu de sensibilité peut ressentir en le touchant le champ vital d’une autre personne. C’est notre base de travail pour l’essentiel de nos stages en énergétique ou en géobiologie.

PHÉNOMÈNES TELLURIQUES

Phénomènes énergétiques qui sont liés à la Terre et influencent le vivant. Les plus connus sont les réseaux telluriques (Hartmann, Peyré, Curry), les courants d’eau souterrains, les failles telluriques, etc.

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2I

UN AVANT-GOÛT

Avant d’aller plus loin, voici un exemple de ressenti vécu alors que j’ignorais tout de ce sujet1.

Alors âgé d’une vingtaine d’années, je fus invité au mariage d’un couple d’amis. La cérémonie se déroulant en Bretagne (pour le coup, une terre aussi mythique, mystique que mystérieuse), je dus rester quelques jours sur place dans la maison parentale de la jeune mariée. Je m’intéressais déjà sans l’étudier précisément au monde, qui me paraissait fantastique, de l’invisible. Mais h ­ onnêtement, pas plus que cela. La maison se trouvait être un ancien monastère. À l’origine construit en U, une de ses ailes avait été détruite. L’ensemble était encore suffisamment grand pour imposer le respect et surtout exciter l’imagination d’un passionné d’histoire comme moi. De quels secrets, et éventuellement quels drames, ces murs restaient-ils les seuls témoins ? J’en étais à mes réflexions lorsque j’entrai pour la première fois dans le bâtiment principal. Face à moi, un immense escalier montait vers les étages. Je remarquai aussitôt les marches incurvées en leur milieu. Usé jour après jour inlassablement par les sandales des moines, le 1. Jean. 19


LA MÉMOIRE DES LIEUX

creux des pierres montrait, à qui savait ­encore ­regarder, l’empreinte, voire la mémoire, du passé. Je visualisai alors les religieux en procession, capuche rabattue sur le visage, récitant à voix basse des psaumes en gravissant les marches une à une. Leurs chants grégoriens envahissaient tout à coup mon esprit. Certes, c’était une belle image d’Épinal. Pendant tout mon séjour, à chaque fois que je montais cet escalier, je m’imaginais poser mes pas dans ceux des ecclésiastiques. La première nuit fut agitée. Maintes fois, je me réveillai, avec l’impression de voir trois moines dont les troncs sortaient du mur, juste au-dessus de mon lit comme pour m’observer. Pour tout dire, même le jour, lorsque j’arpentais les longs couloirs agrémentés de meubles anciens, je ne pouvais empêcher un certain sentiment de peur, sans que je puisse en trouver la raison valable et cartésienne. Bien entendu, à l’époque, je me suis bien gardé de partager cette expérience avec mes camarades. Alors, imagination débordante, présence d’âmes humaines, mémoire des lieux ? Il est certain que je porte aujourd’hui un autre regard sur cette « aventure ». J’ai longtemps mis tout ceci sur le compte de mon imagination. C’est fort possible, mais compte tenu maintenant de notre expérience, je rajouterais : « pas que… ». Mais loin de moi l’idée d’affirmer que l’image des moines montant l’escalier en procession était forcément une scène du passé que j’aurais perçue. De même que les apparitions des moines surgissant au-dessus de ma tête de lit soient tout simplement 20


UN AVANT-GOÛT

issues de mes rêves ou d’un demi-sommeil et non des âmes humaines reste une possibilité. Soit, mais dans tous les cas, c’est au minimum lié à cette fameuse mémoire des lieux, et ici, plus précisément, à la mémoire des murs. Il est évident, pour qui s’intéresse à ce genre de phénomènes, que toute la puissance émotionnelle et religieuse de ceux qui ont vécu dans ce lieu une bonne partie de leur vie a forcément imprégné, informé la structure même des pierres qui le composent. Ensuite, la façon dont nous percevons les informations s’appuie sur notre propre « banque d’images » ou plus généralement notre « banque de données ». Ainsi, les images reçues, comme les moines montant l’escalier par exemple, ne sont pas forcément « réelles » mais font appel aux images que j’ai en mémoire afin de me faire comprendre le contexte. Elles apparaissent par rapport à mes propres références afin de mieux me faire saisir le sens d’une situation ou d’une information. Cela se passe ainsi en harmonisation des lieux. Rien d’étonnant : le canal de l’imaginaire est le même que celui de l’intuition. Lors des premiers exemples cités précédemment, nous avons parlé de cas extrêmes : batailles, sinistres, etc. Heureusement, me direz-vous, il n’y a pas eu de ­batailles ou de combats « à tous les coins de rue ». C’est vrai, mais cela dépend aussi des régions. À certaines périodes de l’histoire nationale, des contrées entières ont été tout particulièrement meurtries par les guerres. Et certaines, compte tenu de leur situation ­géostratégique, 21


LA MÉMOIRE DES LIEUX

ont subi des destructions à répétition. Il suffit de voyager en Normandie ou dans le nord-est de la France pour en prendre toute la mesure. Le sud-ouest a a­ ussi connu ses villages martyrs pendant les guerres de Religion, voire pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais il n’y a pas que ces affrontements à grande échelle qui créent des mémoires. Ainsi, un couple qui se déchire de longues années durant, la ­souffrance d’une personne malade avec toutes les conséquences prévisibles sur son état et celui de ses proches, les drames familiaux ou simplement les difficultés de la vie q ­ uotidienne créent des émotions qui vont nourrir la mémoire du lieu. Rassurez-vous, il y a aussi des lieux qui connaissent de grands bonheurs, l’amour, mais par définition, nous sommes rarement appelés pour réharmoniser de tels lieux…

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3I

LE MONDE INVISIBLE, ÂMES ET ENTITÉS

La mémoire des lieux est, nous l’avons dit, l’empreinte émotionnelle d’une succession d’événements. Mais il n’y a pas que cela.

ÂMES HUMAINES ET ENTITÉS NON HUMAINES

Ces mêmes événements peuvent aussi entretenir la présence d’autres phénomènes qui ajouteront leur propre impact à cette fréquence (rappelez-vous, la mémoire des lieux est une fréquence vibratoire). Par ­expérience, nous n’avons encore jamais harmonisé en géobiologie un habitat ou un lieu professionnel sans y rencontrer des présences d’âmes humaines et d’entités non humaines. Celles-ci sont inhérentes à la mémoire des murs (ou des lieux). Ce sont des phénomènes « naturels » et beaucoup plus courants qu’on l’imagine. Dans la majorité des cas, il n’y a aucune raison d’en avoir peur.

QU’EST-CE QUE L’ÂME ? Mais avant de poursuivre, apportons une précision importante afin de tous parler le même langage. Une âme 23


LA MÉMOIRE DES LIEUX

humaine est une partie du Divin (sans connotation religieuse) qui, à partir de sa création, doit s’élever sur différents plans de conscience (toujours des fréquences). Pour ce faire, cette âme vit, au fil de ses incarnations, de multiples expériences dans la matière qui, lorsqu’elles sont réussies du point de vue de la compréhension de l’âme, lui permettent de gravir un échelon dans la conscience. Mais même si cette âme est une partie du Divin, elle est par définition (et concrètement) aussi incarnée dans un corps physique le temps de son passage sur terre. Elle est alors séparée de son « savoir » divin pour habiter pleinement cet humain soumis à l’ego et aux émotions. Si le sujet vous intéresse, nous vous recommandons chaudement les enseignements de Sri Aurobindo et de la Mère (voir ci-contre).

LES ENTITÉS NON HUMAINES Une entité non humaine, dans notre formulation, est une charge énergétique qui n’a jamais été humaine en tant que telle. Dans certains ouvrages ou sur Internet, les âmes humaines (donc un pléonasme) peuvent être nommées « entités ». Rien n’est vraiment faux, c’est une question de définition. Donc, lorsque nous parlons d’entités non humaines (encore un pléonasme pour nous), il s’agit bien de charges énergétiques d’origine émotionnelle le plus souvent mais jamais incarnées dans un corps physique. 24


LE MONDE INVISIBLE, ÂMES ET ENTITÉS

SRI AUROBINDO ET LA MÈRE

Sri Aurobindo naît en 1872 à Calcutta. Après une carrière politique axée sur l’indépendance de l’Inde, il se consacre entièrement, à partir de 1910, à une vie spirituelle. Dès lors, à Pondichéry, il crée le yoga intégral. Le but est de libérer la conscience de l’homme et ainsi de transformer sa nature par une réalisation spirituelle. La Mère, de son vrai nom Mirra Alfassa, naît à Paris le 21 février 1878. Elle s’applique dès son enfance une discipline intérieure et vit différentes expériences spirituelles. À partir de 1920, elle travaille avec Sri Auro­bindo au développement du yoga intégral. Elle est à l’origine de la ville expérimentale d’Auroville, en Inde. Ils ont travaillé toute leur vie pour que soit manifesté un monde de conscience bien au-delà de l’esprit, appelé « supramental ». La Mère laisse de nombreux enseignements regroupés par un de leurs disciples français, Satprem, dans les treize tomes de L’Agenda de Mère. Ainsi, la mémoire des murs est composée de l’impact des émotions liées aux événements passés mais ­aussi de celui des présences d’âmes et d’entités. Ces deux types de présences étant vibratoirement basses, elles se trouvent être dans le « plan astral », et elles aussi sont soumises aux émotions. Nous pouvons donc rencontrer des âmes toujours en colère, d’autres d’où émane une tristesse infinie, d’autres rongées par la culpabilité, etc. Et des entités aussi de colère, de 25


LA MÉMOIRE DES LIEUX

t­ristesse, etc. Tout cela ajoute un « poids » sensible à l’atmosphère du lieu.

UN ANCIEN DOMAINE AGRICOLE Voici un premier exemple de mémoire liée à la fonction ne serait-ce que temporaire d’une pièce. Nous sommes appelés pour l’harmonisation d’un ancien domaine agricole. Selon son propriétaire actuel, le lieu en lui-même est habité depuis l’époque gallo-romaine et appartient à sa famille depuis 400 ans. La maison principale est une maison de maître qui a bien entendu évolué au fil des siècles. À un moment donné, les baguettes de sourcier, dont nous nous servons en harmonisation, nous guident dans une pièce du rez-de-chaussée. À peine entrés, nous sommes saisis par l’atmosphère particulière de ce petit salon. Le temps semble être figé, littéralement. Certes, la dizaine de fauteuils anciens (voire très anciens) qui épousent la forme rectangulaire du salon pourrait faire penser que le ressenti est lié à l’ameublement, d’autant que les autres meubles appartiennent aussi à un passé lointain, mais notre impression va bien au-delà de ces simples apparences. Il règne vraiment une ambiance « statique ». Nous pourrions facilement imaginer ajouter au décor une grande horloge comtoise qui, à peine installée contre le mur, verrait le mouvement de son balancier s’arrêter subitement. En franchissant la porte d’entrée, nous semblons accéder à un autre espace-temps. Un espace où le temps est immobile. Ce sont des images, bien sûr, 26


LE MONDE INVISIBLE, ÂMES ET ENTITÉS

mais c’est le ressenti que nous avons et qui, en outre, est partagé par les habitants. Nous commençons donc les investigations et percevons rapidement que chaque fauteuil est… occupé. En effet, il y a une âme sur chacun d’eux, comme si tout ce petit monde semblait continuer à discourir tranquillement comme il pouvait le faire 100 ou 200 ans plus tôt. Nous ne ressentons pas d’émotions particulières de la part de ces âmes. Sans être pesante, l’ambiance est grave. Et une notion de mort ou de rituel nous vient à l’esprit. Ceci nous est confirmé par le propriétaire des lieux : il pense savoir que cette pièce était réservée il y a fort longtemps aux veillées mortuaires de la famille. Une époque révolue où les défunts étaient veillés pendant au moins trois jours. Des psaumes récités jour et nuit aidaient l’âme à monter dans la lumière. Rituel ­religieux dont la disparition peut, d’après nous, être l’une des causes du nombre croissant d’âmes humaines qui restent parmi nous et que nous rencontrons dans l’exercice de notre travail. Ainsi avons-nous dans ce salon l’exemple type où des « phénomènes », les âmes présentes et les entités non humaines détectées par la suite, liées notamment à la tristesse, viennent renforcer la mémoire de ces murs. Celle-ci fut nourrie par les émotions de tristesse, peutêtre de désespoir, de colère, par les larmes des vivants, et tout ceci en étroite relation avec la dernière fonction de la pièce, c’est-à-dire un lieu de veillée mortuaire. Le changement de destination de cet endroit, une pièce comme les autres devenue un lieu de rituel et de re27


LA MÉMOIRE DES LIEUX

cueillement lié à l’accompagnement des morts, a créé tout au long de ces longues veillées une mémoire qui lui est propre. Une mémoire où tout semble figé, le temps arrêté, un peu comme la mort qui se veut intemporelle. Un endroit où même les vivants parlent à voix basse, comme s’ils ne voulaient pas oublier qu’ils sont dans un lieu de passage entre la vie et la mort, hors du temps. Inutile de préciser que nous n’avons trouvé cette impression d’immobilité que dans cette pièce de la maison. En revanche, nous avons retrouvé ce phéno­mène dans d’autres maisons anciennes où s’étaient aussi déroulées des veillées mortuaires. Mêmes causes, mêmes effets.

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Mémoire des lieux, mémoires de vies… Il vous est certainement déjà arrivé de vous trouver dans un endroit et de vous y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, d’y ressentir de la tristesse, mais sans comprendre l’origine de ces émotions. Cela signifie que vous avez perçu, sans le savoir, la mémoire du lieu ! Qu’appelle-t-on la mémoire des lieux ? Comment se manifeste-t-elle ? Existe-t-il des lieux sans mémoire ? Y a-t-il de bonnes mémoires des lieux ? Quelles en sont les causes ? Que sont les phénomènes telluriques ?… Vous trouverez toutes les réponses à ces questions et à bien d’autres encore dans cet ouvrage dans lequel Nathalie Andreu Renault et Jean Renault, tous deux géobiologues, vous livrent de nombreux exemples étonnants basés sur leur expérience. Les auteurs

Analyste-interprète de rêves et géobiologue, Nathalie Andreu Renault est ce que la vie a sculpté pour elle : une hypersensible en quête d’humanité. Elle vit et travaille avec Jean, son binôme masculin, entourée d’animaux, en pleine nature dans le Lot. Passionné d’histoire et cartésien, Jean Renault « sait » pourtant que la réalité n’est pas forcément celle que nous voyons. Géobiologue, il aime capter dans l’invisible les blessures de l’Histoire « connue » tout autant que celles, au quotidien, de chacun d’entre nous. 17,50 € TTC MDS : SR00524

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Mémoire des lieux, mémoires de vies.. by Fleurus Editions - Issuu