la vie
Bruno Humbeeck
Bénéficiez de l’accompagnement
d’un
Psychopédagogue
Comment préserver ses enfants lors d’une
SÉPARATION ?
Ne pas banaliser l’événement Éviter que l’enfant ne devienne un messager Aménager des conditions de vie épanouissantes
SOMMAIRE Quelques mots d’introduction pour parler de la séparation ….........................4 Zara, Théo et Arthur, trois enfants de la séparation « nouvelle génération »............................................................................................................. 10 Tom, le père........................................................................................................................................................ 1 3 Caroline, la mère.............................................................................................................................................. 14 Zara...................................................................................................................................................................... 15 Théo..................................................................................................................................................................... 18 Arthur.................................................................................................................................................................. 18 L’ÉVOLUTION DU CADRE JURIDIQUE............................................................................................................... 21 Divorce « pour faute ».....................................................................................................................................22 Divorce « réussi »..............................................................................................................................................24 DU CÔTÉ DE L’ENFANT.......................................................................................................................................25 Respecter le désengagement de l’enfant..................................................................................................25 Tenir compte de l’âge de l’enfant.................................................................................................................28 Reconnaître les signes d’emprise parentale.............................................................................................32
Autoriser le lâcher-prise..........................................................................................................34 ALIÉNATION ET AUTO-ALIÉNATION PARENTALE : À QUOI FAUT-IL ÊTRE ATTENTIF ?..............................35 L’antériorité du vécu....................................................................................................................................... 37 Un discours sans nuance : savoir reconnaître les propos sous emprise parentale....................... 46 Une prise de position invariable.................................................................................................................. 51
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PRÉSERVER SES ENFANTS DE L’ALIÉNATION PARENTALE OU DE L’AUTO-ALIÉNATION.............................54 Le parent dénommé, renommé ou surnommé.........................................................................................55 Les reproches qui tournent en boucle.........................................................................................................58 La loupe grossissante...................................................................................................................................... 61 La phrase hors contexte................................................................................................................................ 64 La diabolique métamorphose...................................................................................................................... 68 Le diable et le bon Dieu....................................................................................................................................71 Plusieurs conduites malsaines en une........................................................................................................ 72 L’APPEL À TÉMOIN : UN VÉRITABLE DÉFI AU LÂCHER-PRISE....................................................................... 75 Prendre l’enfant à témoin..............................................................................................................................76 Prendre l’enfant comme témoin..................................................................................................................78 Prendre l’enfant pour témoin.......................................................................................................................82
Maintenir le cap éducatif....................................................................................................... 86 COMPRENDRE LES BESOINS PSYCHOLOGIQUES DE L’ENFANT.......................................................................87 L’armoire des besoins......................................................................................................................................87 Bilan des besoins sociaux de chacun......................................................................................................... 98 LES ÉMOTIONS FAMILIALES ENCHEVÊTRÉES................................................................................................. 107 La colère : une tristesse à peine entrevue et une peur mal entendue.............................................. 110 Identifier ses émotions : l’immeuble à trois étages................................................................................113 À chacun son état affectif : le modèle des trois guichets.................................................................... 116
Organiser la garde alternée................................................................................................120 QU’EST-CE QUE L’ALTERNANCE ?.....................................................................................................................121 La succession dans l’espace........................................................................................................................124 La succession dans le temps.......................................................................................................................130
Une conclusion en forme de recommandations..................................................... 132 Table des outils.............................................................................................................................140
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QUELQUES MOTS D’INTRODUCTION POUR PARLER DE LA SÉPARATION… 4
Des parents qui se séparent, de nos jours, ce n’est plus la fin du monde. C’est seulement la fin d’une histoire. C’est sans doute vrai. Mais pour un enfant, la fin de l’histoire qui réunissait ses parents peut aussi être vécue comme la fin de son monde puisque c’est la fin du monde qui l’a vu naître et grandir, et donc la fin du seul monde qu’il ait véritablement connu. Les adultes auront beau banaliser, prétendre, statistiques à l’appui, que cela arrive de plus en plus souvent, qu’un couple sur trois ne mène plus sa parentalité jusqu’au bout, ensemble, sous le même toit. Pour l’enfant, les statistiques ne veulent rien dire. Elles lui parlent d’un monde qui n’est pas le sien et donc d’un monde qui n’existe pas. Pour l’enfant, ses parents qui se séparent, c’est un monde qui se fissure, un univers qui se brise en deux en le laissant lui, au milieu, comme un trait d’union devenu inutile, comme un pont inachevé, bombardé ou démoli, qui ne parvient plus à relier deux rives désormais isolées l’une de l’autre, comme une passerelle désaffectée que plus personne ne veut emprunter parce que les territoires qu’elle relie sont désormais fermés l’un à l’autre. C’est difficile, pour un enfant, d’être un trait d’union inutile, un pont détruit ou une passerelle sans objet. Il a parfois l’impression alors de ne plus servir à rien, d’avoir échoué dans la mission qu’il s’était donné de souder les liens de sa famille, de n’avoir pas été assez fort, assez solide, assez résistant ou assez grand pour tenir sous la mitraille. Il veut maintenir le cap en dépit des tensions et continuer à faire circuler l’affection malgré l’érosion des sentiments. C’est difficile aussi pour un enfant d’être « séparé » parce que la rupture de ses parents, qu’on le veuille ou non, impose à l’enfant d’accepter d’être, lui, séparé du couple que formaient ses parents.
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Ceux-ci tentent de rassurer à coup de « On sera toujours ton papa et ta maman », « Même désunis, on reste tes parents pour la vie » et autres « Papa et maman ne sont plus amoureux l’un de l’autre mais leur amour pour toi ne faiblira jamais », dont l’enfant ne sera pas dupe. Il sait pertinemment, lui, que papa et maman, c’est fini. Il y a désormais papa d’un côté et maman de l’autre. C’est maintenant papa ou maman, l’un après l’autre, dans des espaces bien séparés et dans des temps parfaitement distingués. Et cela, pour un enfant, cela prend inévitablement des allures de séparation. La vie ne sera plus comme avant et il lui faut donc faire le deuil de l’idée que l’on pourra s’y aimer tous ensemble, en famille. La rupture parentale, pour l’enfant, est une séparation d’avec le temps d’avant. Il est difficile d’être un enfant séparé du couple de ses parents parce qu’il sait instinctivement qu’il lui faudra, maintenant, toujours compter avec un absent. Quand on sera avec l’un, c’est assurément parce que l’on est privé de l’autre et quand on sera avec l’autre, c’est parce que l’un n’est plus là. Et l’absence, dans la tête d’un enfant, est souvent quelque chose de difficile à concevoir, d’impossible à maîtriser, de compliqué à vivre. Avant l’âge de dix ans, l’absence ressemble, en fait, très fort à de l’abandon et évoque sournoisement une petite mort continue, dont on revient, certes, à chaque fois mais qui recommence sans fin. Il est difficile encore, pour un enfant, d’avoir à donner son avis, d’émettre une opinion ou de participer à un choix alors même qu’en réalité, dans cette séparation, il est surtout question de subir le choix des adultes. C’est difficile, alors que l’on se trouvait en pleine croisière, de se conformer à l’avis de tempête déposé par deux parents qui estiment que le bateau familial n’est plus en état de naviguer en gardant tout le temps tout le monde à son bord. Voilà pourquoi il est difficile, pour un enfant, de vivre la séparation de ses parents. L’enfant a l’impression de ne pas avoir tout fait comme il
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le fallait pour maintenir la famille éternellement réunie, il perçoit qu’il lui faudra maintenant apprivoiser l’absence et enfin, même si beaucoup de gens et notamment ses parents, s’intéressent à la façon dont il vit les choses, il se rend très vite compte que dans l’aventure, son avis ne vaudra pas grand-chose. Il ne faut pas banaliser le vécu de l’enfant – et pas davantage celui de l’adolescent – pendant la séparation, et ce d’autant plus que cette séparation est, de nos jours, trop souvent perçue comme un nonévénement, un acte somme toute banal qui marque le cours de tellement de vies qu’il n’est désormais plus vraiment question de s’interroger pour vérifier comment il pourrait être possible de se séparer moins douloureusement. Comment agir pour que cela se passe le mieux possible ? Que faire pour que l’enfant puisse vivre la séparation sans tourment majeur ? Que dire pour qu’il puisse rester à sa place d’enfant en demeurant à l’abri des préoccupations adultes ? Comment faire en sorte que l’ébranlement qu’il subit n’affecte pas son développement ? On peut donner quelques pistes d’emblée, bien entendu, mais pour qu’elles soient plus concrètes, il faudra s’attacher à les creuser, et pour se les rendre accessibles, il faudra veiller à les illustrer. C’est précisément ce que nous ferons dans cet ouvrage. e pas banaliser l’événement pour autoriser l’enfant à lâcherN prise par rapport à toutes les composantes du traumatisme qui ne le concernent pas. Permettre à l’enfant qui, inévitablement, est touché par la séparation, de ne pas avoir à s’impliquer d’une façon ou d’une autre dans la rupture et dans la manière dont elle se réalise. Maintenir le cap éducatif en considérant les besoins psychologiques, affectifs et émotionnels de l’enfant.
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’aider à comprendre que, s’il ne peut intervenir au niveau de la réalité L vécue par ses parents, il peut en revanche d’une certaine façon contrôler l’impression qu’elle a sur lui et le retentissement qu’elle provoque sur sa propre existence. Aménager le mieux possible la garde alternée et les conditions de vie de l’enfant pour qu’il ait la conviction que son épanouissement demeure au centre des préoccupations de chacun. En théorie, ces quatre propositions devraient fonctionner. En théorie, tout marche généralement sans mal. C’est en pratique que cela se corse. Quand la réalité frappe de toutes ses forces pour nous dire que ce que l’on avait conçu ne fonctionne pas comme prévu. Il faut alors se résoudre à revoir nos théories et à les réaménager. C’est ce que nous ferons page à page en suivant la situation vécue par Zara, Théo et Arthur, trois enfants d’un divorce qui « se passe mal » entre deux parents devenus pour l’un, un adulte effondré d’avoir été quitté, et l’autre, un adulte heureux d’avoir réaménagé sa vie pour la rendre plus conforme à ce qu’il souhaitait. Zara, Arthur et Théo ne connaissent pas les quatre axes théoriques développés ci-avant. C’est donc sur eux (en les signalant au moyen d’un picto) que nous compterons dans ce livre pour les soumettre à l’épreuve du réel. C’est par eux, des enfants fictifs composés de tous ceux, dans une situation similaire, que j’ai réellement rencontrés, que nous envisagerons les intentions adultes à l’aune de ce qu’en font les enfants quand ils subissent une situation dont ils peuvent au mieux constituer les « acteurs passifs ». Tous les besoins psychosociaux de l’enfant subissent en réalité une secousse quand ses parents se séparent. Ses besoins affectifs, au premier chef, quand ses besoins d’attachement, d’acceptation et
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d’investissement subiront une attaque frontale, mais aussi ses besoins cognitifs quand il devra réaménager ses sources de stimulation et se découvrir de nouveaux terrains d’expérience. Il ne faut pas non plus négliger l’impact d’une séparation parentale sur les besoins sociaux de l’enfant en matière de communication, de structure et de considération. Cet impact se manifestera chaque fois qu’il se sentira ballotté d’un lieu à l’autre, et quand il redoutera que les canaux de communication ne reposent que sur le rôle de messager que ses parents, parce qu’ils rechignent à se parler, tendent à lui attribuer. Quant au besoin de considération, il risque aussi d’être éprouvé chaque fois qu’il aura le sentiment confus de devoir se construire une identité pour papa… et une autre pour maman. Voilà donc ce que propose ce livre, aux parents bien entendu lorsqu’ils sont confrontés à l’épreuve de la séparation, mais aussi à tous ceux qui, par leur action professionnelle, sont chargés d’accompagner les enfants de la séparation pour que cela se passe le mieux possible. Il s’agit d’un cheminement aux côtés de Zara, de Théo et d’Arthur pour percevoir la façon dont un divorce de conjoints – une séparation d’adultes, une rupture de parents – peut être vécue par une préadolescente et deux enfants qui le subissent en ne développant leurs symptômes qu’à bas bruit, sans faire trop de vagues, comme peuvent si bien le faire les enfants quand, soucieux de ne pas encombrer leurs parents, ils mettent une énergie folle à devenir… transparents ! Et puis, parce qu’un itinéraire a besoin, pour qu’on le suive en toute quiétude, de repères qui indiquent qu’on est sur la bonne direction, le livre sera jalonné d’outils en forme de questionnaires pour améliorer la lucidité éducative, de check-lists pour ne rien oublier quand ils s’adressent aux parents, et de comptines pour se donner le droit de lâcher-prise quand il est question de parler aux enfants.
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L’ÉVOLUTION DU CADRE JURIDIQUE On peut parler difficilement des pratiques éducatives à mettre en place auprès des « enfants de la séparation » sans les contextualiser en rappelant l’évolution du cadre juridique qui, depuis les « divorces pour cause déterminée » jusqu’à celui qui se prononce sur la seule base d’une « désunion irrémédiable », s’est accompagné d’un passage de la notion de « droit de garde » à celui de « garde alternée ». L’évolution du contexte légal a eu inévitableL’évolution du ment un impact sur le vécu psychosocial de contexte légal a tous les acteurs qu’elle concerne. Trop souvent, eu inévitablement on agit comme si, l’évolution paraissant un impact sur le naturelle, tout devait aller de soi, et comme si vécu psychosocial de tous les acteurs les personnes, adultes comme enfants, allaient qu’elle concerne. somme toute s’adapter sans mal. Ce faisant, on entérine le changement des prescriptions légales et on néglige la mise en place de l’accompagnement qui aurait dû y être associé pour limiter les effets négatifs, dans les cas où l’évolution contiendrait des facettes moins faciles à vivre. Il est un peu paradoxal de constater que, depuis que l’intérêt de l’enfant est placé au centre des préoccupations sociales et juridiques, le vécu de la séparation met parfois davantage de pression sur lui. Mais en effet, il arrive que, justement, parce que l’on tient compte de lui, on l’enferme dans un rôle qu’il ne souhaite pas jouer.
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Divorce « pour faute » Dans les années 1960, on parlait de séparation de corps pour évoquer ce qui faisait alors toujours l’objet d’une réprobation sociale. On ne divorçait que pour une « cause déterminée » et s’il pouvait être question de « consentement mutuel », celui-ci était censé, dans tous les cas, entériner l’échec d’une vie commune. S’il y avait divorce, c’était généralement parce que l’un des partenaires avait « trompé » l’autre en commettant ce qui était alors considéré comme un délit, l’adultère. On pouvait aussi reconnaître s’être trompé ensemble en admettant d’un commun accord, par consentement mutuel, que les torts étaient partagés. Dans tous les cas, il ne pouvait être question que de torts, de manquements ou de fautes et le divorce était, en toutes circonstances, considéré comme l’aboutissement d’un échec que la séparation venait d’une certaine manière sanctionner. Jusqu’au milieu des années 1970, tant en Belgique qu’en France, seul le divorce pour faute existait. La loi se chargeait de désigner un coupable. L’enfant était ipso facto dédouané de ce rôle. Il était confié à « l’innocent » qui avait obtenu le divorce et « le fautif », exclu de la famille, n’avait plus qu’à méditer sa peine dans une solitude qu’il lui appartenait de peupler comme il le pourrait et dans une vie qui serait dans tous les cas sevrée des enfants de ce mariage dont il était accusé d’avoir causé la ruine. Les enfants de ces divorces-là, quant à eux, grandissaient dans une demi-famille considérée comme sans tache, immaculée et moralement apte à les élever dans le parfait respect des valeurs chrétiennes bafouées par cette autre moitié de famille composée du parent juridiquement déclaré coupable de la faillite du couple. Le divorce, en ce temps-là, était un drame causé par l’irresponsabilité d’un adulte et l’enfant, même s’il en subissait les conséquences, n’avait aucun rôle effectif ou affectif à y jouer.
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Divorce « réussi » On a ensuite tout doucement, parce que l’idée de liberté individuelle gagnait du terrain, commencé à évoquer l’idée d’un « divorce réussi » autrement que comme un oxymore. Réussir un divorce. Le mot sonnait comme une contradiction, un peu comme si on pouvait, en faisant intelligemment la part des choses, métamorphoser un échec en succès, obtenir un gain là où il n’était somme toute question que d’une perte, et se sortir par le haut de ce qui était perçu avant tout comme une faillite. À partir de là, le filon était tout trouvé. Restait à tirer dessus pour, de fil en aiguille, en arriver à considérer le divorce et la séparation comme des événements de vie sans importance qui jalonnaient désormais les parcours de vie. Il n’a plus alors été véritablement question de réussir son divorce mais de réussir sa vie au-delà du ou des divorces qui en encombraient inévitablement le cours. Quant aux enfants qui en subiraient les éventuelles conséquences, il n’a plus été question pour eux que de s’adapter à des vies adultes devenues trop compliquées pour supporter des contraintes supplémentaires. Il s’agissait désormais pour eux de se considérer comme des victimes collatérales de la séparation de leurs parents et d’accepter que les relations humaines, dans ce bas monde, ne possèdent plus une armature suffisamment forte pour se garantir une durée éternelle et une solidité à toute épreuve.
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DU CÔTÉ DE L’ENFANT De nos jours, le divorce n’est plus l’affaire d’un coupable et d’une victime mais le résultat du choix de deux adultes responsables qui, en pesant le pour et le contre, ont décidé que l’idée de poursuivre le chemin ensemble devenait pour l’un, pour l’autre, ou pour l’un et l’autre, une charge trop difficile à concevoir et qu’il fallait alors mieux se délester de ce lien devenu trop encombrant. Mais le prix de la liberté ne doit pas être sous-estimé dès lors qu’il fait peser, sur ceux qui en font le choix, le poids de la responsabilité de tout ce qui, en bien ou en mal, en découlera.
Respecter le désengagement de l’enfant Être enfant, c’est aussi, quand on le souhaite, être autorisé à ne pas parler (le mot « enfant » vient du latin infans : celui qui ne parle pas), à ne pas prendre parti et à n’être utilisé comme témoin par personne. Pouvoir se taire, rester neutre et ne pas être impliqué dans le spectacle de deux parents qui se déchirent, c’est un droit que l’on doit à tout prix préserver chez l’enfant et chez l’adolescent. Être contraint de dire ce qu’il pense ou ce qu’il ressent peut être vécu de façon très violente par un enfant dès lors que cela signifie à ses yeux qu’on ne lui reconnaît le droit ni à la confusion des sentiments ni au mélange d’opinions qui se manifestent inévitablement quand il voit son univers familial se fractionner.
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MAINTENIR LE CAP ÉDUCATIF
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COMPRENDRE LES BESOINS PSYCHOLOGIQUES DE L’ENFANT Pour maintenir le cap éducatif, il sera utile de disposer de panneaux indicateurs pour savoir où l’on va quand on éduque, d’un inventaire des besoins psychologiques sous forme de check-list pour ne rien oublier et d’une armoire à trois tiroirs pour tout ranger. « De quoi un enfant a-t-il besoin pour grandir ? » Poser la question, c’est interroger les fondements de l’acte éducatif. C’est aussi une façon, pour un papa et une maman, de se donner des repères pour savoir où ils en sont. Aimer et se sentir aimé, être actif et avoir du plaisir à l’être, et être capable de vivre en société, voici sans doute des indicateurs qui montrent que l’on ne s’en sort pas trop mal dans la vie. Trois directions vers lesquelles nous allons tendre.
L’armoire des besoins Sur ces trois chemins, il y en a un qui suppose de soutenir l’enfant dans tout ce dont il a besoin pour se construire affectivement. Ses besoins affectifs formeront un premier inventaire et seront rangés dans le premier tiroir de notre armoire : on y mettra soigneusement tout ce qui permet à un enfant de se sentir aimé pour ce qu’il est au sein de sa famille, à un adolescent de percevoir que même s’il doit progressivement prendre ses distances par rapport à cette famille, les liens qui le relient à elle semblent à toute épreuve, et à l’adulte qu’il deviendra de se construire une famille à son tour dont il fixera les contours et la forme pour s’y sentir également aimé et accepté de manière durable…
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Check-list des besoins psychologiques de l’enfant AFFILIATION
ACCOMPLISSEMENT
AUTONOMIE
Besoins affectifs
Besoins cognitifs
Besoins sociaux
Attachement Acceptation Investissement
Stimulation Expérience Renforcement
Communication Considération Structure
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Aimer et être aimé Quitter une famille dans laquelle on s’est senti bien à sa place pour en fonder une qui nous permettra à nous-même et à ceux que l’on implique dans cette construction d’éprouver le même sentiment positif, c’est l’indice d’une éducation qui, sur le plan affectif, est parfaitement réussie. On appelle cela, dans le langage des sciences humaines, réussir son affiliation. C’est le nom que nous donnerons au premier tiroir dans lequel nous rangerons le besoin d’être reliés avec ceux que nous aimons d’une façon à la fois agréable et confortable (le besoin d’attachement), le besoin de ressentir que ces liens nous sont proposés parce que nous sommes nousmêmes et que nous sommes précisément aimés pour ce que nous sommes (on appelle ce besoin le besoin d’acceptation). Enfin, pour que tout cela tienne solidement, il faut que cela ait du sens dans la durée et que nous puissions éprouver une confiance suffisante dans la qualité et la solidité de ce lien ; on appelle ce besoin le besoin d’investissement. Ce besoin de faire de la part des autres l’objet d’un projet affectif durable et solide suppose que le lien survivra aux épreuves et se maintiendra quelles que soient les circonstances de la vie. C’est évidemment, lorsqu’il est question de parents qui se séparent, un besoin dont il faudra se préoccuper avec une attention toute particulière. Nous le rangeons donc dans notre armoire pour nous assurer de le retrouver lorsque nous aurons terminé notre inventaire.
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La séparation, pour un enfant, c’est la fin de l’histoire qui réunissait ses parents, et ce peut être la fin du monde… À l’aide de conseils, d’outils d’évaluation et de « petites leçons de lâcher-prise », vous cheminerez aux côtés de Zara, Théo et Arthur, une pré-adolescente et deux jeunes enfants, pour comprendre les enjeux d’un tel cataclysme. Comment agir pour que cela se passe le mieux possible ? Que dire pour préserver l’enfant des préoccupations des adultes ? Comment organiser une garde alternée pour qu’il continue de grandir sereinement ?
L’amour ne se divise pas quand il se partage. Bruno Humbeeck est psychopédagogue et chercheur en sociopédagogie familiale et scolaire. Spécialiste de la résilience et des situations de rupture, il est aussi formateur et auteur de plusieurs publications dans le domaine de l’éducation familiale.
14,95 € MDS : MN29141